Archive pour octobre, 2019

Sous le plus grand chapiteau du monde: Raid Oussama 2.0… Baghdadi et Baghdada turlututu chapeau pointu

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, désinformation, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 31 octobre 2019 by Résistance 71


Bis… ter repetita

 

La Russie explique que la mort d’Al Bagdhadi, chef de Daesh, a été mise en scène par les Etats-Unis comme partie intégrante d’un nouveau plan de l’État Profond dans la région

 

Gordon Duff & Nahed Al Huseini (VT Damas)

 

29 octobre 2019

 

url de l’article original:

https://www.veteranstoday.com/2019/10/28/exclusive-russia-says-bagdadi-killing-faked-by-us-part-of-new-move-against-the-region-by-deep-state/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le renseignement russe en Syrie a rapporté que leur système anti-aérien S400 qui couvre toute la région d’Idlib, n’a vu aucun appareil américain survoler la zone du soi-disant raid américain contre Abou Bakhar Al-Bagdahdi.

Les Russes sont très déçus de Trump et disent que les Etats-Unis sont en train de mettre la grande force d’Al Qaïda d’Idlib sous le commandement joint d’une nouvelle forme d’EIIL/Daesh toujours sous protection américaine en Irak et dans de nouvelles zones occupées de Syrie où les forces américaines viennent juste de s’emparer de toujours plus de biens syriens. 

D’une source privée:

“L’Amérique voit son grand échec en Irak en ce que lorsque les USA, Israël et l’Arabie Saoudite ont créé ISIS/EIIL/Daesh, ils le firent alors que la Syrie, mis à part le Kurdistan, était unifiée. Maintenant ils poussent d’abord pour une guerre civile, puis un nouveau Daesh et la région kurde d’Irak est totalement sous le contrôle d’Israël. Al-Bagdahdi fait partie de ce processus, utilisant son influence personnelle sur la communauté sunnite irakienne.”

La Russie a donné à Trump trop de marge de manœuvre. Rappelez-vous qu’en mai 2018, les USA ont affirmé avoir tué 300 mercenaires russes qui étaient avec les forces syriennes pour sécuriser les mêmes champs pétroliers de Deir E-Zor.

La Russie a permis aux Etats-Unis de faire venir des entreprises pétrolières américaines en Syrie pour être ensuite victimes d’un chantage pour qu’ils regardent de l’autre côté alors que le pétrole syrien était pillé, afin de maintenir quelques opérations américaines et de limiter celles contre Damas, de créer des bases militaires saoudiennes et israéliennes dans la zone contrôlée par les Américains dans le sud de la Syrie, une zone toujours contrôlée par les Etats-Unis et qu’ils désirent garder afin de maintenir la menace pressante et directe sur Damas.

De RT:

Le ministère russe de la défense a dit que la coalition américaine n’a conduit aucun raid aérien de quelque sorte que ce soit sur Idlib récemment.

Plus tôt, Trump a fait une rare intervention depuis la Maison Blanche informant le monde qu’al-Bagdhadi a été éliminé dans le nord-ouest de la Syrie dans un “raid de nuit risqué” impliquant les forces spéciales américaines, des avions, des hélicoptères et des drones. Le chef de l’État Islamique (EI, ex-EIIL) a fini ses jours en “pleurant et en hurlant” devant la puissance américaine, a t’il dit.

Mais le ministère de la défense russe a insisté pour dire “qu’il y avait bien des questions et des doutes légitimes au sujet de cette opération militaire américaine et spécifiquement de son succès.”

Il a aussi rejeté les affirmations de Trump disant que les forces russes avaient ouvert l’espace aérien sous leur contrôle en Syrie pour faciliter les opérations des appareils américains en mission contre le leader de l’EI. Moscou a insisté sur le fait qu’elle n’a enregistré aucune attaque aérienne de la coalition américaine dans la zone de Idlib dans le nord-ouest de la Syrie le samedi de la supposée attaque.

Le ministère russe a questionné la possibilité même de la présence d’Al-Bagdhadi dans la région d’Idlib alors que la zone est sous contrôle d’une branche d’Al Qaïda, le Jabbat al Nosra, qui a toujours été l’ennemi mortel de Daesh. La ministre de la défense française Florence Parly a aussi questionné la signification de ce que les Américains disent avoir fait, indiquant que le raid ne faisait que marquer “une retraite prématurée d’un terroriste (al-Bagdhadi], mais pas de son organisation.” Moscou a noté que l’EI fut écrasé en Syrie au début 2018 dans un effort commun du gouvernement de Damas, et des forces russes, indiquant que ce rapport de la chute de Bagdhadi “n’a aucun effet sur la situation de terrain opérationnel en Syrie ou sur les actions de ce qu’il reste des terroristes à Idlib.”

Moscou nous a fait savoir il y a quelques instants que Bagdahdi est vivant, en bonne santé et qu’il travaille avec les Américains en Irak. Cette information est exclusive et provient directement de hautes sources qui donnent toujours des informations correctes et VT l’a prouvé encore et toujours.

Ce que nous ne savons pas est si Trump a menti délibérément, chose qu’il fait continuellement de toute façon, ou s’il est simplement manipulé. Maintenant que ce “retrait de Syrie” de Trump a été annulé et que les troupes envoyées en Irak sont retournées en Syrie, 100% d’entre elles, juste redéployées sur Deir E-Zor depuis Hasakah, son “mouvement pour la paix” est maintenant exposé au grand jour comme une supercherie.

Attendez la suite pour savoir ce que l’État Profond a en rayon pour a Syrie et l’Iran.

De plus, nos sources en Syrie et en Iran nous disent qu’Al-Baghdadi a été retiré de la protection turque et envoyé de l’autre côté de l’Euphrate et qu’il se trouve maintenant en compagnie du renseignement militaire américain en Irak. Ce genre de chose n’est pas du tout inhabituelle en ce qui concerne les faux leaders terroristes, fabriqués par les services, construits sur de fausses infos répandues par l’industrie du spectacle de l’information, ce sont des commodités de valeur. Voyons voir l’histoire complète.

*

L’État Profond mène une attaque concertée sur 4 fronts, commençant à Hong Kong pour faire pression sur la Chine à faire des concessions, pas commerciales mais sur la monnaie et le système bancaire, là où la Chine et d’autres partenaires non-alignés menacent le système mondial de transaction SWIFT des Rothschild avec un système parallèle de commerce et de nouvelles monnaies incluant les crypto-monnaies, défiant la supercherie sans fin de la crypto “pompée et larguée” qui a déjà versée des milliards dans les coffres du crime organisé transnational. (NdT: ici, nos lecteurs savent que nous ne sommes pas d’accord et que nous voyons la Chine comme partenaire principal de la mise en place du Nouvel Ordre Mondial technotronique transnational, mais bon…)

La planification ici est laissée à la Google Corporation et à Facebook, le de facto cœur de l’organisation de l’État Profond et leur capacité en Intelligence Artificielle (IA). Nous craignons pour Mark Zuckerberg, patron de Facebook, pour son arrogance devant le congrès des Etats-Unis, il est devenu un embarras et il se peut qu’il soit en danger physique, quelque chose qui briserait le cœur des groupies des crapauds de l’État Profond.

De Hong Kong, le mécanisme qui auparavant fomentait les révolutions colorées blâmées sur Soros, a commencé la répression indienne (israélienne) des musulmans au Cachemire et des attaques sur le Pakistan. Les passages nord de la frontière pakistanaise ont aussi été attaqués, mais ce projet est une provocation contre Imran Khan (NdT: premier ministre pakistanais, ami personnel de Gordon Duff) essayant de fragiliser son mouvement de réforme dans le pays.

Des milliers de troupes indiennes sont envoyées au Cachemire où les gens sont sortis violemment de leurs maisons et battus dans la rue, la vengeance de l’Inde sur des centaines d’années de réglementations musulmanes et britanniques. Derrière tout cela réside une course à l’armement entre l’Inde et la Chine, dans laquelle la Russie fournit continuellement de la technologie à l’Inde, ce qui amène aussi des contrats juteux avec la Chine vers Moscou.

(NdT: ceci a notre sens, représente le piège dans lequel est tombé la Russie: celui de la dépendance aux contrats à la fois en matière énergétique, le gaz et de l’armement, les deux plus grosses sources de revenus de l’état russe.. tant que les robinets ne tarissent pas… Ceci représente le levier pour amener la Russie dans le N.O.M, ce qu’elle fera par intérêt se retrouvant pieds et poings liés. Le problème n’ayant jamais été la Chine pour les Banksters, mais la Russie, qu’ils corrompent et forcent, à terme, dans le système du nouvel empire en mutation…)

Le problème derrière cela est qu’Israël a fabriqué des missiles balistiques intercontinentaux en Inde, les installant dans des facilités que les Etats-Unis ont construit en Israël, des missiles capables de toucher l’Amérique du Nord et inefficaces contre l’Iran.

Ce sont des missiles qui pourraient simuler une première attaque nucléaire sur les Etats-Unis en “provenance” de la Russie, tout comme les attentats du 11 septembre 2001 simulèrent une attaque terroriste islamiste sur les Etats-Unis. Tout ceci est la création de ce bel esprit qu’est Benjamin Netanyahou.

L’étape suivante fut au Liban où de véritables manifestations contre un faible gouvernement sont maintenant récupérées, tout comme ceci se fit en Ukraine, par des agents provocateurs, ajoutant à la violence et payés par les Saoudiens ; nous voulons dire ici des milliers de faux manifestants essayant de rediriger les manifestations anti-gouvernement contre le Hezbollah.

Les services de renseignement du Hezbollah ont tracé tout cela et vont sans doute riposter contre ceux impliqués dans ce complot israélo-saoudien. Le Hezbollah, après des années de combat contre l’État Profond et sa tentative de renverser la Syrie et de détruire l’Irak et l’Iran, est maintenant l’armée la plus formidable et une des forces militaires la plus formidable au monde, entraînée et armée (maintenant) par la Russie et hautement expérimentée.


« Sécurisez le pétrole !… »

Tout ceci est coordonné avec les récents évènements de Baghdad, des émeutes qui ont tuée près de 100 personnes et qui en réalité devraient manifester contre le vol organisé americano-turco-KRG-Daesh de près de la moitié des revenus pétroliers de l’Irak depuis 2014 et de près de 1500 milliards de dollars depuis l’occupation américaine (de 2003), qui a mené à des désastres économiques en cascade et un chômage au travers du plafond depuis bien des années.

Un gouvernement marionnette des Etats-Unis est toujours au pouvoir en Irak tandis que la vie commerciale et économique du pays n’est plus qu’une coquille vide, alors que tout l’argent et les biens ont été transférés dans des banques de Dubaï, laissant l’Irak pourrir sur pied.

Le coup al-Baghdadi est coordonné avec les soulèvements de Beyrouth et de Baghdad, maintenant infiltrés par l’État Profond et la mise en place d’un nouvel Etat Islamique / Daesh financé par des revenus des pétroles irakiens et syriens volés.

Puis le 26 octobre 2019, La Russie a annoncé que leur imagerie satellite a confirmé le vol du pétrole syrien par les Américains.

De Sputnik News: “La Russie, se basant sur des images satellites, dit que les Etats-Unis ont fait passer en fraude du pétrole syrien dans d’autres pays sous la protection de ses troupes avant et après la défaite du groupe terroriste takfiriste Daesh dans la région. Le porte-parole du ministère de la défense russe la Major Général Igor Konachenkov a dit samedi que “les images de renseignement prises de l’espace ont montré que du pétrole était activement extrait et exporté pour être raffiné en dehors de Syrie, et ce sous la protection des troupes américaines et ce avant et après la défaite du groupe terroriste Daesh.” Konachenkov a insisté sur le fait que les convois étaient gardés par des forces spéciales américaines” Puis ceci:

“La Russie est préoccupé du retour de l’armée américaine dans le nord de la Syrie… Commentaire du porte parole du MD russe Konachenkov:

Ce que fait Washington maintenant, la capture et le contrôle armé des champs pétroliers de l’Est de la Syrie est, pour parler simplement, du banditisme international d’état… Les réserves de pétrole syriennes et autres ressources naturelles n’appartiennent qu’à la république Arabe Syrienne, pas à Daesh ni aux Américains, protecteurs des terroristes de Daesh.

Il a aussi ajouté que “ni la loi internationale, ni la législation américaine ne peuvent justifier le but des troupes américaines de garder les réserves d’hydrocarbures syriennes hors de portée de la Syrie et de son peuple.

L’adjoint au MAE russe Sergueï Ryabkov a déclaré:

“Nous sommes très préoccupés de ce que les signaux en provenance de la Maison Blanche puissent réfléchir la même attitude: la préservation des conditions pour continuer une pression multi-factorielle sur les autorités légitimes de Damas… Ceci constitue le moment où nous ne sommes pas d’accord et ne pouvons être d’accord avec les Etats-Unis sur cette situation.”

Ce à quoi nous assistons est en fait quelque chose de bien plus sinistre. Voyez-vous, quand l’Irak est poussée à la guerre civile et c’est ce qu’il se passe maintenant, orchestré depuis le nord de l’Irak sous contrôle israélien ou comme on l’appelle: le Gouvernement Régional Kurde (KRD) d’Erbil, en coordination avec les forces militaires américaines en Irak et en Syrie, un nouveau Daesh est en train d’être construit pour justifier toujours plus de troupes américaines en Irak.

Pour le faire avec succès, un nouveau gouvernement toujours plus contrôlé par les Américains doit être installé à la place du régime marionnette en place actuellement et l’influence iranienne doit être effacée au travers d’une autre “révolution colorée” comme cela est en train d’être tenté en ce moment même.

De là, bien sûr, une guerre contre l’Iran peut-être mise en place, les revenus du pétrole irakien peuvent être volés pour la financer et Daesh peut être reconstitué alors que les Etats-Unis bougent et relocalisent ses leaders qu’ils ont gardé dans des camps d’entrainement dans les régions kurdes de la Syrie et qui se sont récemment “sauvés” dans la nouvelle zone de contrôle américaine à la frontière syro-irakienne.

Puis, bien entendu, Mossoul sera reprise, elle sera jointe à Erbil, le groupe terroriste MEK (NdT: Moudjahidines du peuple, groupe terroriste iranien force inféodée aux services occidentaux depuis sa création…) reviendra pour s’associer au nouveau Daesh et une nouvelle décennie de guerre s’ensuivra.

[…]

 

Gilets Jaunes… Pour avancer: A bas les chefs !…

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À bas les chefs !

 

Joseph Déjacque (1821-1864)

1912

 

Nous ne sommes plus au temps fabuleux de Saturne où le père dévorait ses enfants, ni au temps judaïque d’Hérode où l’on massacrait toute une génération de frêles innocents ; ce qui, après tout, n’a pas empêché Jésus d’échapper au massacre et Jupiter à la dévoration. Nous vivons à une époque où l’on ne tue plus guère les enfants par le glaive ou la dent, et où il paraît assez naturel que les jeunes enterrent les vieux. Enterrons donc tout ce qui a fait son temps. Hercule est mort, pourquoi chercher à le ressusciter ? on ne pourrait tout au plus que le galvaniser. La massue est moins forte que l’idée.

À toute idée présente et à venir, salut ! L’autorité a régné si longtemps sur les hommes, elle a tellement pris possession de l’humanité, qu’elle a laissé partout garnison dans son esprit. Aujourd’hui encore, il est difficile, autrement qu’en idée, de la saper de fond en comble. Chacun des civilisés est pour elle une forteresse qui, sous la garde des préjugés, se dresse en ennemie sur le passage de la liberté, cette envahissante amazone. Ainsi, tels qui se croient révolutionnaires et ne jurent que par le liberté, proclament néanmoins la nécessité de la dictature ; comme si la dictature n’excluait pas la liberté, et la liberté la dictature. Que de grands enfants, à vrai dire, parmi les révolutionnaires ! et de grands enfants qui tiennent à leur dada ; à qui il faut la République démocratique et sociale, sans doute, mais avec un empereur ou un dictateur, ce qui est tout un, pour la gouverner ; gens montés à califourchon, et la face tournée vers la croupe, sur leur carcasse d’âne, et qui, les yeux fixés sur la perspective du progrès, s’en éloignent d’autant plus qu’ils font plus de chemin pour s’en rapprocher, les pieds, dans cette position, galopant du côté opposé au devant de la bête. Ces révolutionnaires-là, politiqueurs au cou pelé, ont conservé, avec l’empreinte du collier, la tache morale de la servitude, le torticolis du despotisme. Hélas ! ils ne sont que trop nombreux parmi nous. Ils se disent républicains, démocrates et socialistes, et ils n’ont de penchant et ils n’ont d’amour que pour l’autorité au bras de fer, au front de fer ; plus monarchistes en réalité que les monarchiens, qui à côté d’eux pourraient presque passer pour des an…archistes.

La dictature, qu’elle soit une hydre à cent têtes ou à cent queues, qu’elle soit démocratiques ou démagogique, ne peut assurément rien pour la liberté ; elle ne peut que perpétuer l’esclavage, au moral comme au physique. Ce n’est pas en enrégimentant un peuple d’ilotes sous un joug de fer, puisque fer il y a, en l’emprisonnant dans un uniforme de volontés proconsulaires, qu’il en peut résulter des hommes intelligents et libres. Tout ce qui n’est pas la liberté est contre la liberté. La liberté n’est pas chose qui puisse s’octroyer. Il n’appartient pas au bon plaisir de quelque personnage ou comité de salut public que ce soit de la décréter, d’en faire largesses. La dictature peut couper des têtes d’hommes, elle ne saurait les faire croître et multiplier ; elle peut transformer les intelligences en cadavres ; elle peut faire ramper et grouiller sous sa botte de verges les esclaves, comme des vers ou des chenilles, les aplatir sous son pas pesant, mais seule la Liberté peut leur donner des ailes. Ce n’est que par le travail libre, le travail intellectuel et moral que notre génération, civilisation ou chrysalide, se métamorphosera en vif et brillant papillon, revêtira le type humain et prendra son essor dans l’harmonie.

Bien des gens, je le sais, parlent de la liberté sans la comprendre, ils n’en ont ni la science ni même le sentiment. Ils ne voient jamais dans la démolition de l’autorité régnante qu’une substitution de nom ou de personne ; ils n’imaginent pas qu’une société puisse fonctionner sans maîtres ni valets, sans chefs ni soldats ; ils sont pareils, en cela, à ces réacteurs qui disent : « Il y a toujours eu des riches et des pauvres, il y en aura toujours. Que deviendrait le pauvre sans le riche ? il mourrait de faim ! » Les démagogues ne disent pas tout à fait cela, mais ils disent : « Il y a toujours eu des gouvernants et des gouvernés, il y en aura toujours. Que deviendrait le peuple sans gouvernement ? Il croupirait dans l’esclavage » Tous ces antiquaires-là, les rouges et les blancs, sont un peu compères et compagnons ; l’anarchie, le libertarisme, bouleverse leur misérable entendement, entendement encombré de préjugés ignares, de niaises vanités, de crétinisme. Plagiaires du passé, les révolutionnaires rétrospectifs et rétroactifs, les dictaturistes, les inféodés à la force brutale, tous ces autoritaires cramoisis qui réclament un pouvoir sauveur, croasseront toute leur vie sans trouver ce qu’ils désirent. Semblables aux grenouilles qui demandent un roi, on les voit et on les verra toujours changer leur soliveau pour une grue, le gouvernement de Juillet pour un gouvernement de Février, les massacreurs de Rouen pour les massacreurs de Juin, Cavaignac pour Bonaparte, et demain, s’il se peut, Bonaparte par Blanqui… S’ils crient un jour : « A bas la garde municipale ! » c’est pour crier l’instant d’après : « Vive la garde mobile ! » Ou bien ils troquent la garde mobile contre la garde impériale, comme ils troqueraient la garde impériale contre les bataillons révolutionnaires. Sujets ils étaient, sujets ils sont, sujets ils seront. Ils ne savent ni ce qu’ils veulent ni ce qu’ils font. Ils se plaignent la veille de n’avoir pas l’homme de leur choix, ils se plaignent le lendemain de l’avoir trop. Enfin, à tout moment et à tout propos, ils invoquent l’autorité « au long bec emmanché d’un long cou, » et ils trouvent surprenant qu’elle les croque, qu’elle les tue !

Qui se dit révolutionnaire et parle de dictature n’est qu’une dupe ou un fripon, un imbécile ou un traître : imbécile et dupe, s’il la préconise comme l’auxiliaire de la Révolution sociale, comme un mode de transition du passé au futur, car c’est toujours conjuguer l’autorité à l’indicatif présent ; fripon et traître, s’il ne l’envisage que comme un moyen de prendre place au budget et de jouer au mandataire sur tous les modes et dans tous les temps.

Combien de nains, certes, qui ne demanderaient pas mieux que d’avoir des échasses officielles, un titre, des appointements, une représentation quelconque pour se tirer de la fondrière où patauge le commun des mortels et se donner des airs de géants ! Le commun des mortels sera-t-il toujours assez sot pour fournir un piédestal à ces pygmées ? Faudra-t-il toujours s’entendre dire : « Mais vous parlez de supprimer les élus du suffrage universel, de jeter par les fenêtres la représentation nationale et démocratique, que mettrez-vous à sa place ? Car enfin, il faut bien quelque chose, il faut bien que quelqu’un commande… un comité de salut public, alors ? Vous ne voulez plus d’un empereur, d’un tyran, cela se comprend ; mais qui le remplacera… un dictateur ? car tout le monde ne peut pas se conduire, et il en faut bien un qui se dévoue à gouverner les autres… » Eh ! messieurs ou citoyens, à quoi bon le supprimer, si c’est pour le remplacer ? Ce qu’il faut c’est détruire le mal et non le déplacer. Que m’importe à moi qu’il porte tel nom ou tel autre, qu’il soit ici ou là, si, sous ce masque et sous cette allure, il est encore et toujours en travers de mon chemin ? On supprime un ennemi, on ne le remplace pas. La dictature, la magistrature souveraine, la monarchie, pour bien dire, — car reconnaître que l’autorité, qui est le mal, peut faire le bien, n’est-ce pas se déclarer monarchiste, sanctionner le despotisme, apostasier la Révolution ? Si on leur demande, à ces partisans absolus de la force brutale, à ces prôneurs de l’autorité démagogique et obligatoire, comment ils l’exerceront, de quelle manière ils organiseront ce pouvoir fort, les uns vous répondent, comme feu Marat, qu’ils veulent un dictateur avec les boulets aux pieds et condamné par le peuple à travailler pour le peuple.

D’abord distinguons : ou ce dictateur agira par la volonté du peuple, et alors il ne sera pas réellement dictateur, ce ne sera qu’une cinquième roue à un carrosse, ou bien il sera réellement dictateur, il aura en mains guides et fouet, et il n’agira que d’après son bon plaisir, c’est-à-dire au profit exclusif de sa divine personne. Agir au nom du peuple c’est agir au nom de tout le monde, n’est-ce pas ? Et tout le monde n’est pas scientifiquement, harmoniquement, intelligemment révolutionnaire. Mais j’admets, pour me conformer à la pensée des blanquistes par exemple, — cette queue du carbonarisme, cette franc-maçonnerie ba-bé-bi-bouviste, ces invisibles d’une nouvelle espèce, cette sociétés d’intelligences… secrètes, — qu’il y a peuple et peuple, le peuple des frères initiés, les disciples du grand architecte populaire, et le peuple ou tourbe des profanes. Ces affiliés, ces conspirateurs émérites s’entendront-ils toujours entre eux ? Seront-ils toujours d’accord sur toutes les questions et dans toutes leurs sections ? Qu’un décret soit lancé sur la propriété ou sur la famille ou sur quoi que ce soit, les uns le trouveront trop radical, les autres pas assez. Mille poignards, pour lors, se lèveront mille fois par jour contre le forçat dictatorial. Il n’aurait pas deux minutes à vivre celui qui accepterait un pareil rôle. Mais il ne l’acceptera pas sérieusement, il aura sa coterie, tous les hommes de curée qui se serreront autour de lui, et lui feront un bataillon sacré de valets pour avoir les restes de son autorité, les miettes du pouvoir. Alors il pourra peut-être bien ordonner au nom du peuple, je ne dis pas le contraire, mais, à coup sûr, contre le peuple. Il fera fusiller ou déporter tout ce qui aura des velléités libertaires. Comme Charlemagne, ou je ne sais plus quel roi, qui mesurait les hommes à la hauteur de son épée, il fera décapiter toutes les intelligences qui dépasseront son niveau, il proscrira tous les progrès qui tendront plus loin que lui. Il fera comme tous les hommes de salut public, comme les politiques de 93, émules des jésuites de l’Inquisition, il propagera l’abêtissement général, il anéantira l’initiative particulière, il fera la nuit sur le jour naissant, les ténèbres sur l’idée sociale, il nous replongera, mort ou vif, dans le charnier de la civilisation, il fera du peuple, au lieu d’une autonomie intellectuelle et morale, une automatie de chair et d’os, un corps de brutes. Car, pour un dictateur politique comme pour un directeur Jésuite, ce qu’il y a de meilleur dans l’homme, ce qu’il y a de bon, c’est le cadavre !… D’autres dans leur rêve de dictature, diffèrent quelque peu de ceux-ci, en ce sens qu’ils ne veulent pas de la dictature d’un seul, d’un Samson uni-tête, mais à mille ou à cent mâchoires de baudet, de la dictature des petites merveilles du prolétariat, réputées par elles intelligentes parce qu’elles ont débité un jour ou l’autre quelques banalités en prose ou en vers, qu’elles ont barbouillé leurs noms sur les listes du scrutin ou sur les registres de quelques petite chapelle politico-révolutionnaire ; la dictature enfin des têtes et des bras à poils pour faire concurrence aux Ratapoils et avec mission, comme de juste, d’exterminer les aristocrates ou les philistins. Ils pensent comme les premiers, que le mal n’est pas tant dans les institutions liberticides que dans le choix des hommes tyranniques. Egalitaires de nom, ils sont pour les castes en principe. Et en mettant au pouvoir les ouvriers à la place des bourgeois, ils ne doutent pas que tout soit pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

Mettre les ouvriers au pouvoir ! En vérité il faut ne plus se souvenir. N’avons-nous pas eu Albert au gouvernement provisoire ? Est-il possible de voir rien de plus crétin ? Qu’a-t-il été, sinon un plastron ? A l’Assemblée constituante ou législative, nous avons eu les délégués lyonnais ; s’il fallait juger des représentés par les représentants, ce serait un triste échantillon de l’intelligence des ouvriers de Lyon. Paris nous a gratifiés de Nadaud, nature épaisse, intelligence de mortier, qui rêvait la transformation de sa truelle en sceptre présidentiel — l’imbécile ! Puis aussi Corbon, le révérend de l’Atelier, et peut-être bien le moins jésuite, car lui, du moins, n’a pas tardé à jeter le masque et à prendre place au milieu et côte à côte des réacteurs. Tels sur les marches du trône les courtisans sont plus royalistes que le roi, tels sur les degrés de l’autorité officielle ou légale les ouvriers républicains sont plus bourgeois que les bourgeois. Et cela se comprend : l’esclave affranchi et devenu maître exagère toujours les vices du planteur qui l’a éduqué. Il est d’autant plus disposé à abuser du commandement qu’il a été enclin ou forcé à plus de soumission et à plus de bassesse envers ses commandeurs. Un comité dictatorial composé d’ouvriers est certainement ce que l’on pourrait trouver de plus gonflé de suffisance et de nullité et, par conséquent, de plus anti-révolutionnaire. Si l’on veut prendre au sérieux le mot de salut public, c’est d’abord, et en toute occasion, d’évincer les ouvriers de toute autorité gouvernementale et ensuite, et toujours, d’évincer le plus possible de la société l’autorité gouvernementale elle-même. (Mieux vaut au pouvoir des ennemis suspects que des amis douteux.)

L’autorité officielle ou légale, de quelque nom qu’on la décore, est toujours mensongère et malfaisante. Il n’y a de vrai et de bienfaisant que l’autorité naturelle ou anarchique. Qui fut autorité en fait et en droit, en 48 ? Est-ce le gouvernement provisoire, la commission exécutive, Cavaignac ou Bonaparte ? Ni l’un ni l’autre. Car s’ils avaient en main la force brutale, ils n’étaient eux-mêmes que des instruments, les rouages engrenés de la réaction ; ils n’étaient donc pas des moteurs, mais des machines. Toutes les autorités gouvernementales, même les plus autocratiques, ne sont que cela. Elles fonctionnent par la volonté d’une faction et au service de cette faction, sauf les accidents d’intriques, les explosions d’ambition comprimée. La véritable autorité en 48, l’autorité de salut universel ne fut donc pas dans le gouvernement, mais, comme toujours, en dehors du gouvernement, dans l’initiative individuelle : Proudhon fut son plus éminent représentant (je parle dans le peuple et non dans la Chambre). C’est en lui que se personnifia l’agitation révolutionnaire des masses. Et pour cette représentation-là, il n’est besoin ni de titre, ni de mandat légalisés. Son seul titre, il lui venait de son travail, c’était sa science, son génie. Son mandat, il ne le tenait pas des autres, des suffrages arbitraires de la force brute, mais de lui seul, de la conscience et de la spontanéité de sa force intellectuelle. Autorité naturelle et anarchique, il eut toute la part d’influence à laquelle il pouvait prétendre. Et c’est une autorité qui n’a que faire de prétoriens, car elle est la dictature de l’intelligence : elle échauffe et elle vivifie. Sa mission n’est pas de garrotter ni de raccourcir les hommes, mais de les grandir de toute la hauteur de la tête, mais de les développer de toute la force d’expansion de leur nature mentale. Elle ne produit pas, comme l’autre, des esclaves au nom de la liberté publique, elle détruit l’esclavage au nom de l’autorité privée. Elle ne s’impose pas à la plèbe en se crénelant dans un palais, en se cuirassant de mailles de fer, en chevauchant parmi ses archers, comme les barons féodaux — elle s’affirme dans le peuple, comme s’affirment les astres dans le firmament, en rayonnant sur ses satellites !!

Quelle puissance plus grande aurait eue Proudhon, étant au gouvernement ? Non seulement il n’en aurait pas eu davantage, mais il en aurait eu beaucoup moins, en supposant même qu’il eût pu conserver au pouvoir ses passions révolutionnaires. Sa puissance lui venant du cerveau, tout ce qui aurait été de nature à porter entrave au travail de son cerveau aurait été une attaque à sa puissance. S’il eut été un dictateur botté et éperonné, armé de pied en cap, investi de l’écharpe et de la cocarde suzeraines, il eut perdu à politiquer avec son entourage tout le temps qu’il a employé à socialiser les masses. Il aurait fait de la réaction au lieu de faire de la révolution. Voyez plutôt le châtelain du Luxembourg, Louis Blanc, le mieux intentionné peut-être de tout le gouvernement provisoire, et cependant le plus perfide, celui qui a tirée les marrons du feu pour la réaction ; qui a livrés les ouvriers sermonnés aux bourgeois armés ; qui a fait comme font tous les prédicateurs en soutane ou à rubans autoritaires, qui a prêché la charité chrétienne aux pauvres afin de sauver le riche.

Les titres, les mandats gouvernementaux ne sont bons que pour les nullités qui, trop lâches pour être quelque chose par elles-mêmes, veulent paraître. Ils n’ont de raison d’être que pour la raison de ces avortons. L’homme fort, l’homme d’intelligence, l’homme qui est tout par le travail et rien par l’intrigue, l’homme qui est le fils de ses œuvres et non le fils de son père, de son oncle ou de n’importe quel patron, n’a rien à démêler avec ces attributions carnavalesques ; il les méprise il les hait comme un travestissement qui souillerait sa dignité, comme quelque chose d’obscène et d’infamant. L’homme faible, l’homme ignorant, mais qui a le sentiment de l’humanité, doit les redouter aussi : il ne lui faut pour cela qu’un peu de bon sens. Car si toute arlequinade est ridicule, de plus elle est odieuse ; c’est quand elle porte latte !

Tout gouvernement dictatorial, qu’il soit entendu au singulier ou au pluriel, tout pouvoir démagogique ne pourrait que retarder l’avènement de la révolution sociale en substituant son initiative, quelle qu’elle fût, sa raison omnipotente, sa volonté civique et forcée à l’initiative anarchique, à la volonté raisonnée, à l’autonomie de chacun. La révolution sociale ne peut se faire que par l’organe de tous individuellement ; autrement elle n’est pas la révolution sociale. Ce qu’il faut donc, ce vers quoi il faut tendre, c’est placer tout le monde et chacun dans la possibilité, c’est-à-dire dans la nécessité d’agir, afin que le mouvement, se communiquant de l’un à l’autre, donne et reçoive l’impulsion du progrès et en décuple et en centuple ainsi la force.

Ce qu’il faut enfin, c’est autant de dictateurs qu’il y a d’êtres pensants, hommes ou femmes, dans la société, afin de l’agiter, de l’insurger, de la tirer de son inertie ; et non un Loyola à bonnet rouge, un général politique pour discipliner, c’est-à-dire immobiliser les uns et les autres, se poser sur leur poitrine ; sur leur cœur, comme un cauchemar, afin d’en étouffer les pulsations ; et sur leur front, sur leur cerveau, comme une instruction obligatoire ou catéchismale, afin d’en torturer l’entendement !

L’autorité gouvernementale, la dictature, qu’elle s’appelle empire ou république, trône ou fauteuil, sauveur de l’ordre ou comité de salut public, qu’elle existe aujourd’hui sous le nom de Bonaparte ou demain sous le nom de Blanqui ; qu’elle sorte de Ham ou de Belle-Ile, qu’elle ait dans ses insignes un aigle ou un lion empaillé… la dictature n’est que le viol de la liberté par la virilité corrompue, par les syphilitiques ; c’est le mal césarien inoculé avec des semences de reproduction dans les organes intellectuels de la génération populaire. Ce n’est pas un baiser d’émancipation, une naturelle et féconde manifestation de la puberté, c’est une fornication de la virginité avec la décrépitude, un attentat aux mœurs, un crime comme d’abus du tuteur envers sa pupille… c’est un humanicide !

Il n’y a qu’une dictature révolutionnaire, qu’une dictature humanitaire : c’est la dictature intellectuelle et morale. Tout le monde n’est-il pas libre d’y participer ? Il suffit de le vouloir pour le pouvoir. Point n’est besoin autour d’elle, et pour la faire reconnaître, de bataillons de licteurs ni de trophées de baïonnettes ; elle ne marche escortée que de ses libres pensées, elle n’a pour sceptre que son faisceau de lumières. Elle ne fait pas la loi, elle la découvre ; elle n’est pas autorité, elle fait autorité. Elle n’existe que par la volonté du travail et le droit de la science. Qui la nie aujourd’hui l’affirmera demain. Car elle ne commande pas la manœuvre en se boutonnant dans on inertie, comme un colonel de régiment, mais elle ordonne le mouvement en prêchant d’exemple, elle démontre le progrès par le progrès.

— Tout le monde au même pas ! dit l’une, et c’est la dictature de la force brute, la dictature animale.

— Qui m’aime me suive ! dit l’autre, et c’est la dictature de la force intellectualisée, la dictature hominale.

L’une a pour appui tous les hommes bergers, tous les hommes troupeaux, tout ce qui commande et obéit au bercail, tout ce qui est domicilié dans la civilisation.

L’autre a pour elle les individualités faites hommes, les intelligences décivilisées.

L’une est la dernière représentation du paganisme moderne, le soir de clôture définitive, ses adieux au public.

L’autre est le début d’une ère nouvelle, son entrée en scène, le triomphe du socialisme.

L’une est si vieille qu’elle touche à la tombe ; l’autre est si jeune qu’elle touche au berceau.

— Vieille ! c’est la loi, — il faut mourir !

— C’est la loi de nature, enfant ! — tu grandiras !!

= = =

Lectures complémentaires:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Charles-Macdonald_Anthropologie_de_l’anarchie

Leducation-comme-pratique-de-la-liberte_Paulo_Freire_1965

Pierre_Kropotkine_L’anarchie-dans-l’evolution-socialiste-2eme-edition-1892

Pierre_Kropotkine_La_Commune_de_Paris_PDF

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Proudhon_Quest_ce_que_la_propriete

Du_Principe_Federatif_Proudhon

Manifeste pour la Société des Sociétés

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

Appel au Socialisme Gustav Landauer

 

Dictature technotronique 5G et le matériau biologique humain (Dean Henderson)

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L’humain… chair à canon 5G….

 

Le matériau biologique humain et l’arme 5G informatique

 

Dean Henderson

 

25 octobre 2019

 

url de l’article original:

https://hendersonlefthook.wordpress.com/2019/10/25/human-wetware-the-5g-computer-weapon/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En 1963, Les régulateurs fédéraux ont dit à IBM que l’entreprise ne pourrait pas commercialiser son nouvel ordinateur au public parce qu’il était une arme dangereuse par laquelle la désinformation pourrait être utilisée pour retourner des populations entières.

Quelques décennies de dérégulations plus tard, IBM eut finalement l’autorisation de vendre son système d’armement au monde. Dès 1993, la National Security Agency (NSA) avait installé des portes dérobées électroniques sous la forme d’un microprocesseur dérobé dans ces ordinateurs armés, leur donnant un monopole sur le processus d’encryptage.  Ceux qui furent inclus dans cet effort furent des gens comme John Podesta, Larry Summers, James Comey, Robert Mueller, Rod Rosenstein et George H. W. Bush (senior), via le groupe Carlyle (NdT: qui employa aussi le frère de Sarkozy…)

L’entreprise CISCO, connue pour être “l’enfant chéri” de la NSA, fut un partenaire clef dans cet effort. L’agent de la couronne / City de Londres, General Electrics (GE) fut aussi instrumental pour fournir le logiciel requis et volé PROMIS. Intel s’est joint à l’effort, installant une “commande à distance agressive” sur tous les microprocesseurs connus comme contrôleur moteur mécanique. C’est par son nouveau Point Focal Node Trusted Remote Access Control (PFNTRAC), que la NSA peut maintenant tout TRACer.

Hillary Clinton et toute la cohorte de sa firme légale de la Rose Law Firm a aidé en cela par neutralisation des litiges pour outre-passement constant des réglementations de patentes au profit de Big Tech, alors que les sponsors de la City et de l’armée savaient déjà que patentes et innovation seraient très importantes dans la domination totale qu’ils recherchaient avec leur nouvel arme informatique.

Tandis que le gouverneur d’alors de l’Arkansas, un certain Bill Clinton, utilisait l’aéroport de Mena comme centre d’importation de la cocaïne et que Jackson Stephens de Little Rock utilisait sa banque de Worthen Bank pour aider la BCCI (NdT: banque de la CIA) à laver plus blanc l’argent sale détourné du FMI depuis quelques pays pauvres du monde, Hillary Clinton quant à elle aidait l’IBM Eclipse Foundation à voler un logiciel clef de Leader Technologies qui deviendra éventuellement par la suite… Facebook.

Des gyroscopes crystal QRS-11 furent aussi envoyés depuis Little Rock à la NSA, ceux-ci seront vitaux pour le monopole de l’agence sur l’encryptage. Bientôt ceux-ci seront installés sur tous les engins volants des jumbo jets aux missiles en passant aussi par les véhicules routiers. Avec cette capacité à être allumés ou éteints par les contrôleurs de la NSA, les QRS-11 crystals deviendront dès lors la base fondamentale pour ériger l’internet des choses.

L’Agent de la couronne / City de Londres SERCO a reçu le contrat pour gérer le bureau des patentes américain et ainsi toutes les patentes liées à la 5G deviennant dès lors mystérieusement sous le contrôle du fondateur de l’entreprise Agilent et ex-exécutif de Hewlett Packard (HP), Richard P. Walker.

(https://resistance71.wordpress.com/2019/09/09/tyrannie-technotronique-qui-est-derriere-le-projet-de-genocide-planetaire-par-la-5g-dean-henderson/)

Au moment où le membre militaire d’AT&T et ancien de Bell Labs Eric Schmidt devint le CEO de Google, l’Eclipse Foundation d’IBM avait organisé sa sous-traitance de la Silicon Valley pour mettre en œuvre son rêve armé de technologie de 5ème Génération ou 5G. Ceci impliquerait du hardware informatique qu’ils avaient déjà et des logiciels qui allaient sortir au plus tôt des tiroirs des entités de la NSA de la Silicon Valley maintenant très bien financées, ainsi que la matériau biologique humain. (NdT: appelé aussi en jargon technotronique le “wetware” ou matériau humide…)

Le “matériau biologique / wetware” voulait dire des humains et autres créatures vivantes qui seraient ionisés et programmés sur la base d’une ADN hautement individualisée avec le hardware et le software informatiques pour créer une grille 5G complètement intégrée et contrôlable, armée pour être un système de domination totale de l’humanité. L’Intelligence Artificielle (IA) infiltrerait la grille, cherchant à s’auto-répliquer tout en éteignant pas à pas le matériel humain.

Ce fut peu après que Schmidt fut arrivé à Google que furent lancés les outils de collectes de données que sont Gmail, Facebook, Instagram et autres outils collecteurs de la NSA ; la Banque des Règlements Internationaux (BRI) de Bâle avec une faction renégate de la CIA sous son contrôle opérant depuis le CERN. Il était maintenant temps de personnaliser le wetware. Pour se faire, tout le monde devrait être émotionnellement, spirituellement, physiquement profilé et fiché.

Le parent de Google “Alphabet” écopa Boston Dynamics, la première entreprise à developper la robotique. L’attaque terroriste faux-drapeau du 11 septembre 2001 sur le territoire américain allait fournir le prétexte pour faire votre le “Patriot Act”, qui fut pensé par Robert Mueller (FBI) et sa cohorte de sbire traître à la solde de la City de Londres. Avec la constitution des Etats-Unis effectivement en suspend, les humains n’auraient dès lors plus de base légale pour résister à la grille de contrôle 5G prévue pour leur mise en esclavage finale.

L’entité du renseignement britannique de la couronne / City de Londres, le GCHQ, a maintenant ouvert un bureau avec pignon sur rue à Fort Meade dans l’état du Maryland, donnant une toute nouvelle signification à tout mandat de la Foreign Intelligence Surveillance Authority (FISA). Toutes les communications doivent maintenant être surveillées par le Board of Broadcasting Governors (BBG). Plus tard, le président Obama allait établir le Global Engagement Center  (GEC) au sein du ministère des affaires étrangères (State Department) pour servir en quelque sorte de “ministère de la vérité” très orwellien.

Le lieutenant des Rothschild, George Soros, attendit dans les travées pour mettre en scène sa révolution colorée si nécessaire. Ceci impliquerait le renversement du président Trump s’il n’obéissait pas à l’agenda de la couronne pour la mise en esclavage. Elle serait appelée la révolution pourpre, le pourpre étant la couleur des “royaux”.

Utilisant le marteau climatique de l’Agenda 21, les humains reçurent le rôle de méchant, de vilain, de l’histoire, pavant ainsi la route Rothschild pour un nouveau système de crédit social à l’empreinte carbone, fondé sur une monnaie numérique qui serait utilisée au sein de la grille 5G. Avec Big Brother ainsi totalement en place, tous les dissidents opérant sur une plateforme ordinateur/internet pourraient ainsi être retirés de la plateforme et des sites de collectes de donnés de la NSA. Facebook et Twitter ont banni les individus radicaux, YouTube a chassé les vidéos critiquant la 5G et les chemtrails et Amazon a banni les livres anti-vaccinations.

La diffusion des dossiers d’Edward Snowden fut arrêtée en mars dernier alors que le milliardaire s’en occupant se plaignait de problèmes d’argent… Julian Assange fut donné par le traître et nouveau président équatorien Lenin Moreno en échange d’un prêt conséquent du FMI. Les plus avisés auront noté qu’Assange n’a pas été emporté de l’ambassade équatorienne dans une voiture de police, mais dans un van propriété de l’Agent de la Couronne SERCO. 

= = =

Lectures complémentaires:

Dossier-complet–pour-stopper-net-la-dictature-technotronique

Alerte_scientifiques_medecins_5G

Naval-Medical-Research-Institute-1972-Full-Bibliography

dossier-complet-pour-refuser-le-tout-connecte-via-la-5g-la-smart-city-ou-ville-connectee

la-tele-medecine-cest-pas-bon-pour-la-sante

Agenda-oligarchique-de-depopulation-sarkozy-et-les-compteurs-intelligents

stop-linky-gazpar-5G

Dean Henderson NOM 4 cavaliers apocalypse pétrolière et familles banquières de l’oligarchie

 

Sur un air de pipeau… La saga Al Baghdadi / Daesh continue

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Quand le croquemitaine en cours est éliminé pour la… 3ème ou 4ème fois… Si on croit pas celle-là, ils nous en raconteront une autre… En attendant, il court, il court le furet, c’est bien connu.

~ Résistance 71 ~

 

Al-Baghdadi, un vieil épouvantail modifiant à point nommé la narration du retrait US de Syrie et marquant le retour de la vieille stratégie de la manipulation de l’Etat profond ou le retour de la stratégie du chaos durable

 

Strategika 51

 

27 octobre 2019

 

source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11517

 

La gigantesque machine de propagande et de manipulation est au régime maximal. Le Foreign Policy sonne le pas de charge en annonçant la perte par la République islamique d’Iran du Moyen-Orient. Première explication néo-conservatrice de la quatrième vague de révolutions affectant l’Irak et le Liban. Mais également d’autres pays à travers le monde.

Second pas de charge : l’élimination pour la énième fois de l’épouvantail dénommé Abou Bakr Al-Baghdadi marque le retour aux affaires des factions les plus intellectuellement sclérosées et bellicistes de l’État profond ou Deep State. Selon la nouvelle narration modifiée pour la grandeur de l’exceptionnalisme américain, le retrait des forces US du Nord et de l’Est de la Syrie avait pour objectif de débusquer Al-Baghdadi afin de l’éliminer pour la énième fois. Un outil, même démodé, peut toujours servir.

Que faut-il lire dans ces événements ?

L’outil « révolution » dans un contexte de crise économique aiguë et de fortes inégalités socio-économique ou de clivages (interconfessionnels, inter-ethniques ou n’importe quelle autre vraie ou fausse division de diversion) est quasiment imparable. Dans le le cas de l’Irak où des groupes armés ont infiltrés les manifestations, avec un très lourd tribut humain, la situation semble avoir atteint un seuil de non-retour.

Au Liban, pays en crise endémique, les forces de la résistance ont cerné le danger à temps. Ce danger mortel a commencé au moment précis où une partie des protestataires, sortis pour exprimer leur colère contre les conditions socio-économiques, a réclame le désarmement du Hezbollah Libanais, l’ultime rempart de ce pays de la Grande Syrie qui n’a jamais été vraiment à l’aise en tant qu’Etat-Nation.

Pour la Syrie, Hollywood reprend du service. Nous avons un nouveau film : Al-Baghdadi III est en pleine promo pour la sauvegarde de l’honneur d’un Rambo vieillissant et humilié. En réalité, Rambo a sous-traité le casting cette fois aux soldats turcs. Au retrait annoncé de Syrie, se superpose une nouvelle narration. Celle d’une ruse de guerre pour faire sortir Al-Baghdadi de sa prétendue cachette. Par toute coïncidence, cette cachette s’est déplacé à la vitesse de la Reine de Saba d’Irak en Libye avant de réapparaître en Syrie orientale, près du camp Delta de bérets verts de la CIA ayant abandonné leur positions depuis une année. Le générique de la fin du film est saine et sauve. Il y aura une suite au film comique de Ben Laden. La propagande de l’Empire carbure à plein régime. La contre-attaque a commencé à Hong Kong où la méthode utilisée est jugée imparable. Cette méthode a été encouragée par la mollesse et la faiblesse de la réaction chinoise, laquelle était en position de blocage dans un jeu de Go.

Il y aura des révolutions partout. Il y a cent ans la révolution bolchévique voulait s’exporter partout. Désormais c’est la révolution hybride, causée en partie par des conditions socio-économiques impossibles sur des populations qui n’en peuvent plus. Cette révolution en apparence légitime est alimentée et manipulée par les mêmes parties qui maîtrisent les coûts des matières premières, les taux d’intérêt et les dettes nationales.

Al-Baghdadi est donc un outil d’altération d’une narration justifiant ce que l’Etat profond qualifie d’errements de la politique étrangères US au Moyen-Orient.

L’épouvantail d’Al-Baghdadi vient à point nommé. La Turquie a joué et continue de jouer à un Janus regardant non plus dans deux directions opposées mais dans les quatre directions cardinales. Dans un jeu d’échec la Turquie ne serait pas la Tour mais le Fou du Roi. Ce Roi n’étant définitivement pas le président Erdogan mais le locataire sur un siège éjectable de la Maison-Blanche.

La manipulation grossière passera. Plus c’est grossier et plus c’est vraisemblable et l’on comprend maintenant pourquoi le système dominant cherche tant à abrutir les peuples et à niveler les niveaux d’éducation. Dans un monde où la télé-réalité et les commentaires abrutissants des réseaux sociaux sont devenus la norme, une autre élimination d’Al-Baghdadi passera comme une lettre à la poste.

Le monde d’aujourd’hui aura toujours besoin d’une menace et d’une justification d’une menace protéiforme dénommée commodément « Al-Baghdadi ». La manipulation n’a jamais cessé. Damas, Téhéran et Moscou devront réviser leurs copies. Beijing paie déjà son attitude mi-figues, mi-raisins. On s’allie pas avec le diable financier sans y laisser sa peau. A méditer…

Comment l’empire anglo-américain et ses mercenaires de Daesh volent le pétrole irakien et syrien depuis 2004… (Veterans Today)

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Mission: Pillage du pétrole irakien et syrien

 

Ça pue sérieusement la magouille dans le secteur des champs pétroliers syriens

 

Gordon Duff

 

28 octobre 2019

 

url de l’article original:

https://www.veteranstoday.com/2019/10/28/neo-something-stinks-in-syrias-oil-fields/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Lorsque les Etats-Unis se sont “retirés” de Syrie, Donald Trump a annoncé qu’il avait sécurisé le pétrole syrien des griffes de l’EIIL/Daesh et qu’il le protégeait. Des déclarations ultérieures allaient du reste indiquer que les Etats-Unis avaient laissé 500 soldats là-bas et qu’ils allaient y envoyer des blindés, ceci étant effectué bien au-delà de ce que l’accord avec la Russie avait prévu et sans aucun doute en violation flagrante de la souveraineté de la Syrie.

Il fut aussi annoncé que quelques 400 contractants militaires privés (mercenaires) y seraient également stationnés. Lorsque Trump annonça cela, à aucun moment, bien qu’on nous ait dit que cette région ait été purgée de Daesh par les Etats-Unis et leurs alliés kurdes, les Etats-Unis n’avaient opéré dans ou près de cette région. Ceci fut un mensonge éhonté, un des milliers que Trump a proféré mais unique sur bien des points.

Voyez-vous, les Etats-Unis ont été accusés encore et encore de protéger les bases de Daesh dans la région. Pas seulement cela, mais les Etats-Unis ont répétitivement utilisé leur force aérienne dite de “coalition” pour attaquer non seulement l’armée syrienne, mais aussi les forces russes qui tentaient d’attaquer les unités combattantes de l’EIIL dans et autour de la région.

Des officiers supérieurs du renseignement à la fois syrien et russe avec lesquels j’ai personnellement parlé, ont confirmé que les bases américains dans et autour de la zone pétrolière syrienne ont coexisté avec les formations environnantes de Daesh et qu’il y a une montagne de preuves que les Etats-Unis et Daesh collaboraient étroitement.

Puis bien entendu, nous avons les histoires, essentiellement d’Irak, disant que les Etats-Unis ont régulièrement transporté et ravitaillé les unités de Daesh, mais ces histoires n’ont pas de preuves vidéo et pourraient donc être écartées.

Derrière tout cela, nous avons cette longue histoire du vol de pétrole de la région mais d’abord, nous allons aborder les déclarations récentes faites par le président syrien Assad qui a affirmé que la Turquie d’Erdogan a volé pour des milliards de dollars de biens syriens, des usines entières, du pétrole, du blé, des antiquités et bien plus.

J’ai étudié les listes existantes avec le Dr. Najm, alors ministre syrien de la justice et maintenant professeur à la faculté de droit de Damas et pigiste pour Veterans Today.

Nous avons découvert un réseau de fausses ONG en Turquie et au Liban, certaines gérées par les Etats-Unis, d’autres par la Grande-Bretagne, qui se déplaçaient librement dans et hors de Damas sous protection, puis vers des zones plus larges et à travers les lignes de combat en territoire d’Al Qaïda et de Daesh.

De là. elles collectèrent des informations sur les biens et avoirs et arrangèrent pour leur transfert en Europe, en Israël et aux Etats-Unis pour être vendus aux enchères pour les pièces d’arts et les antiquités ou pour l’enrichissement des puissants de la politique. Puis bien sûr, nous avons cette affaire du pétrole. Lorsque la force aérospatiale russe a découvert que les Etats-Unis n’avaient pas fait qu’ignorer mais qu’ils protégeaient les 20 000 camions citernes qui pillaient les champs pétroliers du nord de l’Irak et de l’Est de la Syrie, nous avons vu là une continuité de la politique américaine remontant à 2004.

A cette époque, l’éditeur de VT Alex Powers supervisait la production pétrolière de l’Irak pour le commandant de l’occupation américaine, le pro-consul Paul Bremmer. Je connaissais Alex depuis quelque temps alors que nous avions travaillé ensemble sur quelques “projets” du Pentagone.

Lorsque je lui ai parlé la semaine dernière, au sujet de cette histoire et des évènements récents, il m’a rafraichi la mémoire sur l’accord privé avec les hauts-fonctionnaires de Bush, beaucoup loyaux à Israël, pour partager les profits du pétrole volé à l’Irak et transporté hors d’Irak par oléoduc.

Le pétrole irakien était identifié et envoyé dans le système comme s’il provenait d’Azerbaïdjan. La méthodologie pour ce faire est d’utiliser un instrument appelé “cochon”, un flotteur électronique itinérant qui sépare les différents envois de pétrole à l’intérieur du même oléoduc (pipeline).


Les pères fondateurs de Daesh

J’ai aussi parlé avec le chef du bureau local de VT Jeffrey Silverman qui me confirme que la même chose se passe toujours en effet, couvrant ainsi des milliards de dollars du pétrole volé d’Irak et que cela fut toujours possible jusqu’à ce que la Russie y mette un coup d’arrêt, mais que ceci continue toujours aujourd’hui depuis la Syrie, utilisant toujours les “cochons” dans les pipelines et fait sous le couvert d’entreprises pétrolières d’Azerbaïdjan travaillant avec BP et Exxon-Mobil.

Puis vient à l’esprit la déclaration de Trump au sujet de “sécuriser le pétrole”. Nos sources nous disent que des entreprises américaines ont tout ce temps opéré depuis la Syrie, en partenariat avec Daesh, faisant transiter le pétrole via la Turquie par les oléoducs et “cochonifié” en Turquie et identifié comme pétrole de la Caspienne en provenance des champs pétroliers de Bakou.

Ceci veut dire que depuis 2004, bref répit mis à part, Les Etats-Unis ont volé du pétrole irakien, puis irakien et syrien, d’abord sous occupation militaire puis plus tard… et bien … sous occupation militaire ; et on peut parfaitement concevoir que les opérations d’Al Qaïda et de Daesh (EIIL) en Irak et en Syrie furent également une occupation militaire américaine (par procuration), menée par l’entreprise criminelle. La preuve est édifiante. Pire encore, Trump vient tout juste de l’admettre,  et jusqu’ici, rien ne peut être fait contre cela de manière concrète à moins que la Syrie ne décide de défier militairement les Etats-Unis.


« Sécurisez le pétrole, sécurisez le pétrole ! »

Trump a deux raisons pour avoir fait ce qu’il a fait. Une accusation serait de dire qu’il profite personnellement des vols de pétrole et autres commodités comme le blé, tandis que le peuple syrien est soumis aux sanctions jusqu’à ce que famine s’en suive. Il est évident qu’il sécurise les champs pétroliers des forces syriennes qui ne sont qu’à quelques kilomètres de là, les sécurisant pour le partenariat Daesh/Washington qui a enrichi un groupe sélectionné de criminels du haut du panier depuis bien des années.

Ceci, bien entendu, a mis la Russie dans une position très difficile. Cette violation folle et criminelle de la souveraineté de la Syrie fondée sur des mensonges absurdes et sur l’admission virtuelle que l’Amérique a opéré depuis 2001 en tant qu’”état criminel” en Irak, en Afghanistan, mais seulement là ?

Combien de pétrole a été volé de Libye ? Quand on veut trouver un schéma opératoire, analyser l’Afghanistan devient nécessaire. Lorsque les Etats-Unis arrivèrent en Afghanistan après les attentats de 2001, la production d’opium dans le pays avait été quasiment éradiquée [par les Talibans]. En 5 ans d’occupation américaine, sous des efforts financés par l’USAID (NdT: vitrine internationale de la CIA avec la NED), l’Afghanistan produisait 95% de la quantité mondiale d’opium. Trois ans plus tard, l’Afghanistan produisait les produits dérivés de l’opium (NdT: morphine base, héroïne) avec des centres chimiques construits dans la province d’Helmand, l’équipement et les produits chimiques nécessaires à la transformation venant de Karachi au Pakistan.

J’ai lu des rapports de tout ceci lors d’entretiens avec le général Pasha, alors le Directeur Général de l’ISI, service de renseignement pakistanais, lorsque je l’ai rencontré en 2011.

Leurs sources en Afghanistan et ils en ont beaucoup bien évidemment, n’ont pas seulement tracé des exportations par voie aérienne et seulement les Etats-Unis avaient une capacité aérienne en Afghanistan, vers l’Europe occidentale et de manière présumée vers les Etats-Unis mais aussi par camions vers le Tadjikistan au nord, comme partie d’un programme de la CIA de transférer le plus d’héroïne possible en Russie.  

Conclusion

Nous avons identifié les criminels. Nous pouvons prouver les crimes commis. Ce que nous n’avons pas, est l’autorité adéquate pour mettre en application la loi internationale contre une conspiration criminelle qui contrôle le plus puissant appareil militaire au monde.

 


Tout part de là…

Liban visions de la rébellion: « Gilets Jaunes » libanais ou révolution colorée impérialiste ? (VT, NEO, Al Manar)

Posted in actualité, colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 28 octobre 2019 by Résistance 71

Nous publions ci-dessous deux textes sur la situation actuelle de protestations et de rébellion au Liban. Le premier d’André Vitchek que nous avons traduit de VT, initialement publié sur le site New Eastern Outlook (NEO, source russe) et le second de la chaîne Al Manar (Liban) rapportant les propos du chef du conseil exécutif du Hezbollah sur la situation.

Il est à noter que ces évènements interviennent dans le même temps que des mesures bancaires de l’empire pour tenter de freiner les échanges financiers du Hezbollah libanais. Y a t’il connexion entre les deux ? Sommes-nous au Liban en présence d’un mouvement similaire à celui des Gilets Jaunes de France ou en présence d’une énième “révolution colorée” ? Il semblerait que si ceci n’est pas téléguidé de l’extérieur, des forces sont déjà à l’œuvre pour récupérer la crise pour certains intérêts particuliers. A suivre donc…

~ Résistance 71 ~

 

 

Beyrouth brûle: la rébellion contre les élites a commencé

 

André Vitchek

 

25 octobre 2019

 

Source: 

https://www.veteranstoday.com/2019/10/25/neo-beirut-is-burning-rebellion-against-the-elites-has-begun/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les pneus brûlent, la fumée s’élève dans le ciel. On est en octobre, le 18ème jour du mois, la capitale du Liban, connue auparavant comme la “Paris de l’Orient”, est couverte de fumée.

Pendant des années j’ai averti que le pays, gouverné par des élites corrompues jusqu’à la moëlle, ne pourrait pas tenir indéfiniment. Pendant ces cinq années où j’appelais Beyrouth mon chez moi, les choses partaient sérieusement en sucette.

Rien ne s’améliorait: pratiquement plus de transports publics, des coupures d’électricité à outrance, de l’eau courante contaminée ou ne courant plus tant que ça. Périodiquement, les ordures ménagères s’entassaient dans les rues et dans les rues de banlieue. Une fois qu’un avion avait atterri et que les portes s’ouvraient, l’épouvantable puanteur des poubelles nous accueillait, nous les résidents de Beyrouth, de retour à la maison.

Pratiquement tout le monde savait que tout ça ne pouvait pas continuer indéfiniment. La ville souffrait de maladies rencontrées dans la quart monde tout en étant inondée de SUV Land Rover, de Maseratis et de Porsches, conduites par des personnes en costard Armani.

Beyrouth s’était presque effondrée au niveau de Djakarta avec, il faut l’admettre, toute une élite très intelligente et hautement éduquée, capable de converser simultanément en trois langues: le français, l’arabe et l’anglais. Ville ayant aussi des galeries d’art de tout premier ordre, des cinémas d’art & essai, des bars et des boîtes de nuit huppés, des marinas, ports de plaisance de tout premier ordre et les meilleures librairie de tout le Moyen-Orient.

Certains disent que Beyrouth a toujours été aux mains de l’esprit et de l’instinct, mais quelque chose est arrivé à son cœur. Maintenant, il n’y a plus rien qui marche vraiment ici. Mais si vous avez quelques millions de dollars, alors cela n’a pas vraiment d’importance, vous pouvez acheter ce que vous voulez ici.

Si vous êtes pauvre, destitué, abandonnez tout espoir. Et la vaste majorité des gens ici sont maintenant misérablement pauvres. Personne ne sait exactement combien de gens son destitués, car tout recensement est interdit afin de ne pas “déranger l’équilibre religieux” (ce fut, pendant des années, un consensus que de ne pas savoir combien de chrétiens et de musulmans résidaient dans le pays…)

Il est certain que la plupart des gens ne sont pas riches et maintenant, outragés par leurs dirigeants, politiciens corrompus et soi-disante “élite”, ils crient haut et fort: “Assez est assez !” “Halas, à bas le régime !”

***

Le gouvernement a décidé d’imposer un impôt/taxe sur les appels sur WhatApp. Pas grand chose sans doute en apparence, mais ce le fut et soudainement, cela devint toute une affaire. “La goutte d’eau…” sans doute. (NdT: comme la hausse du carburant, taxe carbone pour les Gilets Jaunes de France en novembre 2018…).

La ville explosa. Des barricades furent érigées. Des pneus mis à feu. Partout : dans les voisinages tout autant aisés que pauvres. “Révolution !” commencèrent à crier les gens. Le Liban possède une histoire d’insurrections de gauche, communiste même. Il a aussi sa part de fanatisme religieux et d’extrême droite. Qui va gagner ? Qui sera décisif dans cette rébellion nationale ?…

Le parti communiste a quelques trains de retard. Mais le Hezbollah, jusqu’à présent la force sociale la plus solide du pays, n’est pas encore convaincu que le gouvernement de Saad Hariri doit simplement démissionner. D’après l’agence Reuters:

“Le leader du Hezbollah libanais Sayyed Hassan Nasrallah a dit… que le groupe ne demandait pas la démission du gouvernement au sein des protestions nationales qui agitent le pays. Nasrallah a dit lors d’un discours télévisé, qu’il soutenait le gouvernement, mais appelait à un nouvel agenda, un “nouvel esprit”, ajoutant que les manifestations en cours montraient que le chemin à suivre n’était pas celui de toujours plus d’impôts.” et que tout impôt nouveau imposé aux pauvres le pousserait à appeler les supporteurs du Hezbollah à se rendre dans les rues, a ajouté Nasrallah.”

Jusqu’ici, les manifestations ont laissé un grand nombre de personnes blessées alors que deux immigrants syriens ont perdu la vie. des analystes locaux disent que ceci est la situation de soulèvement la plus sérieuse depuis celle de 2015 (incluant la campagne “Tu pues!”, en réaction à la grave crise de la collecte des ordures ménagères dans Beyrouth et au désastre social ne faisant qu’empirer), mais d’autres personnes, y compris l’auteur de ces lignes, pensent et sont convaincus que ceci constitue la plus grande catastrophe au Liban depuis les années 1980.

On entend la colère à chaque coin de rue de la capitale, dans les cafés et dans les magasins:

“La confiance est brisée!” Même ceux qui se situaient assez loin de toute action politique soutiennent maintenant les manifestants. Mlle Jehan, une employée de bureau de l’ONU à Beyrouth est une de ceux qui se sont retrouvés du côté de la rébellion:

“Ce qui se passe à Beyrouth et partout au Liban est bien. Il est grand temps que nous nous soulevions. Je vais y aller aussi. Ceci n’a absolument rien à voir avec les religions. C’est au sujet de nos vies brisées.”

***

En lisant les médias de masse occidentaux, on pourrait penser que le problème du Liban est lié à la dette étrangère (le Liban est, par habitant, le 3ème pays le plus endetté de la planète. La dette du pays se situe à 150% du PIB), de ses réserves minuscules de l’ordre de 10 milliards de dollars et de la façon dont le pays interagit avec les donneurs et les prêteurs. Le FMI et ses “conseils” sont constamment mentionnés.

Mais même les agences de presse comme Reuters doivent admettre que le problème est loin de n’être que problèmes structurels:

“Alors que les dollars se sont évaporés, les banques ont effectivement arrêté de prêter et ne peuvent plus remplir les opérations de change de base avec leurs clients, a dit un banquier.” “Le rôle des banques et de verser du fric dans la banque centrale pour financer le gouvernement et protéger la monnaie”, a t’il dit. “Rien n’est fait sur le déficit fiscal parce que faire quelque chose à ce niveau serait déranger les systèmes de corruption en place.”

Ici réside le mot clef: “corruption!” Les élites libanaises sont corrompues au-delà de l’imaginable. Seul des pays comme l’Indonésie peuvent entrer en compétition avec la corruption des clans troglodytes libanais lorsqu’il s’agit de pomper la richesse de toute la nation. Rien n’est propre ou pur au Liban, c’est aussi pour cela qu’il n’y a aucune statistique accessible.

L’argent provient de l’exploitation monstrueuse et sans vergogne des ressources naturelles de l’Afrique de l’ouest. Tout le monde le sait, mais personne n’en parle, publiquement du moins. J’ai travaillé en Afrique de l’Ouest et je sais pertinemment ce que les hommes d’affaires racistes libanais y font. Mais l’argent volé à ces Africains n’enrichit en rien le Liban et son peuple. (NdT: ce qui serait bien entendu tout aussi dégueulasse disons-le tout net…)

Il remplit les coffres des banques libanaises et est dépensé dans l’achat de yachts somptueux, de voitures de sport européennes surévaluées et dans des clubs privés bizarres dans et autour de la capitale. Tandis que bien des Libanais sont à la limite de la famine, des avions s’envolant pour Nice, Venise ou les îles grecques sont constamment remplis de ceux qui recherchent la dolce vita.

Le Liban fait des milliards de dollars du commerce de la drogue, particulièrement celles cultivées et raffinées dans la vallée de la Beqaa. Ces drogues sont exportées essentiellement à destination de l’Arabie Saoudite pour la consommation des riches ou injectées sur les champs de batailles du Yémen et de la Syrie, ces soi-disantes “drogues du combat”.

Une fois de plus, tout le monde le sait, mais rien n’est fait pour l’arrêter. Des centaines de familles, des paysans producteurs aux politiciens, deviennent honteusement riches de ce commerce. Ceci ne fait qu’ajouter quelques super yachts de plus dans les proverbiales marinas de Beyrouth..

Ensuite, il y a “l’aide étrangère”, “l’investissement européen dans l’infrastructure”, l’argent saoudien et qatari. La plupart de ce fric va directement dans les poches des hauts-fonctionnaires corrompus, du soi-disant “gouvernement” et de tous leurs potes, sous-traitants. Pratiquement rien n’est plus construit, mais l’argent lui est bien parti. Le Liban a des employés de chemin de fer qui reçoivent chaque mois leur salaire, mais il n’y a plus de chemin de fer…

Une gare a été convertie en bar à vodka. Le Liban mendie pour l’argent afin de pouvoir héberger des réfugiés de toute la région, mais pratiquement tout l’argent alloué va dans les poches profondes des corrompus. Bien peu va aux réfugiés ou aux Libanais pauvres qui doivent entrer en compétition pour des petits boulots sous-payés avec les désespérés syriens et palestiniens.

Les pauvres deviennent de plus en plus pauvres. Et pourtant, des employées de maison éthiopiennes, philippines et kenyanes trimbalent les courses des riches, essuient la bave de la figure des morveux nés dans les familles de l’élite libanaise et nettoient les toilettes. Certaines sont torturées par leurs maîtres, beaucoup se suicident. Le Liban est un endroit dur pour ceux qui n’ont pas l’allure phœnicienne ou européenne.

Et les bidonvilles du sud de Beyrouth s’agrandissent. Certains villes libanaises comme Tripoli au nord, ressemblent en totalité à de gigantesques bidonvilles.

Ali est un réceptionniste dans un hôtel du centre-ville de Beyrouth qui se plaint:

“Je travaille ici comme réceptionniste 14 heures par jour et ne gagne que 540 US$ par mois. J’ai besoin de minimum 700 US$ pour survivre. J’ai une sœur qui habite aux Etats-Unis et je veux la visiter pour une semaine, il m’est impossible d’obtenir un visa. Je n’ai que 24 ans. Je ne vois absolument aucun futur dans ce pays, je suis comme les milliers de personnes qui manifestent dans les rues de Beyrouth.”

D’après des estimations variées, le Liban pourrait bien totalement s’effondrer à partir de février 2020. Il est impossible d’en piller plus d’argent. La fin de partie approche.

Si le Liban s’effondre, les riches auront bien entendu leur parachute doré. Ils ont des familles à l’étranger: en Australie, au Brésil, en France, aux Etats-Unis. Certains ont deux passeports, d’autres ont des maisons dans les plus beaux endroits du monde.

Les pauvres resteront avec absolument rien: la carcasse desséchée d’un pays, pillé au préalable par ses “élites”. Il y aura partout de vieilles Ferrari, mais personne ne peut manger la carcasse d’une voiture. Il y aura des piscines luxurieuses abandonnées, juste à côté de plages détruites et polluées.

Les gens le savent et ils en ont assez. Mohamed, un travailleur de chez Starbucks à Beyrouth est déterminé:

“C’est terrible certes, mais il est grand temps. On ne peut plus le supporter. Nous devons changer le pays, drastiquement. Cette fois-ci les choses sont différentes. Ce n’est pas au sujet de nos convictions religieuses,  mais au sujet de nos vies quotidiennes.”

Le Liban, en comparaison avec d’autres pays honteusement capitalistes, est un pays bien éduqué. On ne peut pas/plus tromper les gens ici. La rébellion contre les “élites” ne fait que commencer. Les gens veulent reprendre leur pays. (NdT: et leur vie, pour vivre, tout simplement…)

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Manifestations au Liban… Second son de cloche:

 

 

Liban: Conseil exécutif du Hezbollah: Riyad et Abou Dhabi financent les protestations

 

Al Manar

 

28 octobre 2019

 

Url de l’article: http://french.almanar.com.lb/1536152

 

Le chef du conseil exécutif du Hezbollah, Sayed Hachem Safieddine, a mis en garde contre « tout atermoiement de la part des responsables libanais dans la mise en œuvre du plan des réformes… Faute de quoi, nous aurons une position claire et décisive devant tous les Libanais ».

« Au début de la fronde sociale des gens, nous nous sommes retrouvés plus proches d’eux, et aujourd’hui nous ne sommes pas en désaccord avec leur mouvement de protestation. Nous valorisons et respectons leurs objectifs et ce qu’ils font », a expliqué M.Safieddine.

Et de rappeler : « Quand nous avons dit que nous possédons des informations confirmées sur la présence des entités recevant un financement (douteux), nous ne voulions pas nécessairement dire tous ceux qui font partie de ce mouvement de protestation. Nous croyons ceux qui avaient dit qu’ils paient de leur propre argent. Mais les principaux accusés, qui sont bien connus, ne les ont pas nié ».

Implication des ambassades d’Arabie et des Emirats

Il convient de noter que plus d’une semaine après le début des protestations pacifiques au Liban contre la corruption et la vie chère, de nouvelles révélations ont été faites sur des sources suspectes de financement des manifestations.

Dans ce contexte, le PDG de la télévision libanaise LBC, Pierre Daher, a reconnu lors d’une rencontre avec le Premier ministre Saad Hariri, avoir reçu une aide financière avec ses collègues Tahsin Khayyat (al-Jadid) et Michel al-Murr (MTV).

Par ailleurs, une investigation du site libanais Al-Ahed révèle l’implication des ambassades d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis à Beyrouth dans cette affaire. Ceux-là même qui veulent en profiter dans le sens de leurs propres intérêts politiques.

Al-Ahed révèle que les sources de financement sont nombreuses, dont les plus importantes sont les ambassades d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.

Par ailleurs, des représentants de l’ambassade émiratie sont présents dans une cellule du commandement des manifestations, créée par le parti des « Forces libanaises » de Samir Geagea, tandis que d’autres personnes sur le terrain s’occupent des coordinations entre l’ambassade des Émirats arabes unis et les organisateurs des manifestations.

Des sources bien informées ont confirmé au journal Al-Ahed que l’ambassade des Émirats arabes unis a pris en charge les coûts de la médiatisation des événements et de la logistique nécessaire sur le terrain: transport, appareils audio, parasols, drapeaux, tentes, cabines de toilettes mobiles, repas et eau.

Des paiements en espèces ont été également observés: 100 dollars par jour pour tous ceux qui viennent quotidiennement dans les rues et pour bloquer les voies et les routes, et 150 dollars par jour pour ceux qui passent la nuit sous les tentes ou à ciel ouvert.

De nombreuses personnes qui avaient l’intention de rejoindre les manifestations disent qu’ils ont changé d’avis lorsqu’il ont vu ce soutien douteux de la part des étrangers, comme l’arrivée de plats chauds à une heure régulière pour un nombre déterminé de manifestants comme si c’était fait « à la commande ». Ces repas sont servis dans des boîtes imprimés avec des slogans qui invitent à la « révolution ».

Les manifestants qui se retirent de ce « mouvement » ont parlé au journaliste d’Al-Ahed de leurs inquiétudes après avoir vu des gens riches et des capitalistes célèbres du pays qui veulent « surfer sur les vagues » des protestations spontanées. De leurs aveux, beaucoup d’argent est versé dans les rues et de très nombreuses personnes sont payées plus d’une fois.

Les Émiratis ne sont pas les seuls à assurer le financement suspects des protestations: l’ambassade saoudienne à Beyrouth exercent aussi des pressions et des menaces financières sur la presse et plusieurs médias audiovisuels, les contraignant de couvrir les événements de manière tendancieuse.

 

Changement radical et nécessaire de paradigme : petite discussion sur l’anarchie avec Federica Montseny

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 28 octobre 2019 by Résistance 71

Quelques bons points développés ici par Federica Montseny*, qui nous donnent l’opportunité de montrer une fois de plus qu’il ne faut pas scinder une pensée, qu’il faut la voir dans son évolution progressive et intégrer chaque nouvel élément à ce qui précède. Il n’y a pas de “conflit” entre la pensée anarchiste du XIXème siècle et celle des penseurs et acteurs modernes, il n’y a qu’une continuité pour arriver à une conclusion finale qui est des plus similaires.

Il en va de même avec la pensée marxienne (et non pas marxiste de parti, qui n’existe que dans la division, le catéchisme et la dichotomie…), qui, au bout du chemin de la pensée et de la pratique, se réconcilie avec la pensée anarchiste pour énoncer la mise à bas de l’État, de ses institutions, de la marchandise, de l’argent et du salariat, dans un grand lâcher prise de toute l’illusion démocratique de la dictature de la marchandise écrasant tout sur son passage ; chosifiant tout pour l’assujettir dans un grand maelström menant à la destruction de l’humanité, qui n’est fort heureusement pas inéluctable pourvu que nous comprenions le sens réel et profond de l’histoire pour l’intégrer dans notre changement d’attitude radical envers le paradigme mortifère étatico-capitaliste en fin de parcours…

Voici un texte illustrant parfaitement ce propos.

~ Résistance 71 ~

 

 

Discussion sur l’anarchie

 

Federica Montseny*

 

Extrait des actes de la conférence: “Les anarchistes et l’Anarchie dans le monde contemporain” du 5 décembre 1969

Je rends hommage à la bonne volonté du Professeur Valiani et à l’effort méritoire qu’il a fait pour exposer les grandes lignes de la pensée anarchiste. Mais je dois dire qu’à mon avis il n’est pas allé au-delà de ce qu’on pourrait qualifier d’anarchisme du XIXe siécle, réduisant singuliérement les perspectives de l’anarchisme dans son ensemble. En parlant des anarchistes espagnols, par exemple, il ne cite que des hommes du XIXe siècle. Ses références à tout ce qu’a produit la pensée anarchiste espagnole, sont pratiquement inexistantes.

Contre l’avis de plusieurs historiens et de certains penseurs s’intéressant aux problèmes de l’anarchisme, j’affirme que ce mouvement ne c’est pas arrêté ni à la pensée de Proudhon, ni à celle de Bakounine, ni à celle de Kropotkine, ni même à la pensée de Malatesta, le plus proche de nous. L’anarchisme, aujourd’hui, n’est pas seulement une pensée philosophique, mais un mouvement politique et social qui dépasse largement cette conception artisanale de la société qu’on veut bien lui attribuer – communisme des premiers chrétiens, Guildes de Moyen Age, idéalisme bucolique à la Rousseau – L’anarchisme n’est pas une utopie fossilisée dans la conception mutualiste de Proudhon, de Bakounine, dans le communisme humaniste de l’Ethique et l’entraide de Kropotkine, son ‟ prenez dans le tas ” et sa croyance dans la bonté de l’homme, idées que nous trouvons déjà chez Rousseau. L’anarchisme est un mouvement en évolution continuelle et qui a, aujourd’hui comme hier, la faculté d’évoluer, de s’intégrer dans la marche de l’humanité, de reconnaître et d’accepter tous les faits nouveaux. Il y a donc, à mon avis, une erreur fondamentale lorsqu’on circonscrit l’anarchisme aux affirmations de ses premiers théoriciens.

Les anarchistes espagnols – je parle d’eux parce que ce sont eux que je connais les mieux – ont été constamment habités par l’idée de faire une révolution transformant la société actuelle et instaurant une nouvelle société, tout en tenant compte du progrès scientifique et technologique et des réalités économiques.

A plusieurs reprises, dans tous les congrès célébrés en Espagne, en dehors d’Espagne et dans le dernier Congrès anarchiste de Carrara, en 1968, nous avons eu soin de toujours apporter des projets d’organisation d’une nouvelle société, justement parce que nous avions pris conscience des réalités actuelle : pas des rêves et autre chose que des théories. Je veux insister sur ceci, parce que je sais que l’on admet généralement que cet anarchisme ‟ romantique ” et ‟ généreux ”, réduit à une affirmation de liberté, a plus ou moins inspiré différents mouvements internationaux, mais qu’il reste une pure aspiration, un mouvement de la pensée, coupé de l’évolution sociale, politique, scientifique, économique, du monde d’aujourd’hui.

Je tiens à dire que la révolution espagnole de 1936, dans un pays qui n’est pas évidemment le plus avancé de l’Europe, mais dans une contrée qui est la plus évoluée de l’Espagne, la Catalogne, a démontré par les faits que les anarchistes ne rêvent pas et qu’ils sont capables d’organiser la gestion de la production et la distribution et de prendre demain, en somme, l’organisation de la société.

Il y a une constante, il est vrai, dans l’idéologie anarchiste : c’est la destruction de l’Etat, non par une position philosophique, mais parce que nous sommes arrivés à la conclusion que l’Etat, tant qu’il existera, sera toujours l’origine et la cause de l’autorité et de tous les privilèges, injustices et inégalités que cette autorité implique.

Nous avons vécu l’expérience de la révolution russe. L’Etat a pris le nom de socialiste, de communiste, de révolutionnaire, mais il a été tout aussi oppresseur que l’Etat du passé et il a crée à nouveaux les organes et les besoins inhérents à tout Etat. Nous fondons notre idéologie sur la destruction de l’Etat, mais la destruction de l’Etat ne signifie ni chaos ni ‟ anarchie ”, dans le sens péjoratif du mot, non dans le sens éthymologique du terme. Nous voulons détruire l’Etat parce que nous croyons qu’il est à l’origine de tous les maux de l’humanité, et nous voulons le substituer par l’administration des choses, de l’homme jusqu’à la Commune et à la Confédération des Communes ; du producteur jusqu’au syndicat et à la Confédération des syndicats, pour parvenir enfin à la Confédération des peuples. C’est à dire, que nous avons cherché, et peut-être trouvé, un moyen d’utiliser les mêmes organismes que les travailleurs en révolte contre le capitalisme ont crée dans cette société, pour organiser la première période de la révolution, en substituant l’Etat et ses organismes par des Conseils élus directement par les producteurs et représentant toute la gamme des activités économiques et sociales. Conseils qui n’auront aucune faculté directive et qui seront constamment révocables et renouvables.

Plusieurs théoriciens, écrivains, militants syndicalistes, anarcho-syndicalistes, l’ont défini : on l’oublie et on ne lit probablement pas les théoriciens comme Malatesta ou Besnard qui dégagèrent des idées très réalistes sur l’organisation de la société nouvelle. Ou oublie tout ce que l’anarchisme a apporté de constructif, devenant chaque jour plus actuel, pour évoquer uniquement le vieil anarchisme ‟ romantique ” et ‟ généreux ” de tous les premiers théoriciens.

(*) Federica Montseny née à Madrid en 1905, décédée à Toulouse en 1994, anarchiste espagnole, ministre de la santé durant la révolution sociale espagnole de 1936 ; essayiste, chroniqueuse pour les journaux anarchistes Solidaridad Obrera (Solidarité Ouvrière) et Tierra y Libertad (Terre et Liberté). Membre de la Confederacion Nacional del Trabajo (CNT), rejoint la Federacion Anarquista Iberica (FAI) en 1927, grande oratrice et première femme “ministre” d’Europe Occidentale.
(Résistance 71)

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Lectures complémentaires:

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes