Archive pour janvier, 2014

Résistance politique: Dieudonné… dans l’esprit de la Commune de Paris (Gilad Atzmon)

Posted in actualité, altermondialisme, France et colonialisme, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 31 janvier 2014 by Résistance 71

La signification de Dieudonné

 

Gilad Atzmon

 

31 janvier 2014

 

url de l’article original:

http://www.gilad.co.uk/writings/the-meaning-of-dieudonne.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Depuis la révolution étudiante de 1968, la gauche américaine et européenne, ensemble avec une harde d’intellectuels juifs progressistes, ont investi énormément d’effort pour tenter de briser la société en de nombreux segments identitaires.

La gauche a adopté cette approche péculière parce qu’elle ne pouvait jamais accepter son propre échec de communion avec le peuple des travailleurs.

Les intellectuels juifs, qui menèrent la campagne, réalisèrent que les nations divisées et fragmentées sont ainsi bien moins dangereuses pour les juifs. Comme nous le savons, les juifs se sentent menacés par le nationalisme patriotique et cohésif et ce pour une bonne raison. Après tout, ils furent parmi les toutes premières victimes d’une telle idéologie.

Assez bizarrement pourtant, émoustillée par la fausse prophécie émergente post-soixante-huitarde de “politique identitaire”, la gauche fut prompte à larguer son ethos universel. Tandis que par le passé, elle visait à estomper la division et à unifier le peuple travailleur, la gauche post-soixante-huitarde divisa et ghettoïsa les sujets occidentaux par le moyen identitaire.

Au lieu d’être et de célébrer qui et ce que nous sommes, nous avons appris à nous identifier avec des citations toutes faites. Plutôt que d’être simplement Jill, Joseph, Abe ou Youssef, nous sommes maintenant identifiés comme “femme”, “homo”, “juif” ou “musulman”, etc. En pratique, la nouvelle gauche a érigé des murs autour de nous dans une tentative de nous séparer en des groupes identitaires infinitésimalement petits et marginaux. Péculièrement, c’est la gauche post-soixante-huitarde, plutôt que les capitalistes, qui nous a menée à la ségrégation, à l’isolation et à la paralysie politique.

C’est alors, que jaillissant presque de nulle part, vint Dieudonné, un comique français noir, qui parvint à réunir le peuple travailleur: les communautés migrantes, les noirs, les musulmans, les nord-africains tout autant que les prolétaires blancs et en même temps à délivrer un message universel.

Dieudonné nous a rappelé ce pour quoi la gauche combattait en première instance, avant qu’elle ne soit conquise par Marcuse et ses potes Yeshiva de Francfort. C’est le saltimbanque français qui amène la lumière sur la vision la plus instinctive de la gauche: nous sommes en fait unis et nous nous identifions en opposition à nos oppresseurs, à savoir, l’establishment.

La “quenelle”, un salut qui fut introduit initialement par Dieudonné , personnifie une ouverture modeste et gracieuse de véritable résistance. C’est une prise simple, modérée et poétique du geste plus vulgaire anglo-américain “dans ton cul”. Le geste est manifestement universel et un appel ouvert, car tout le monde y est le bienvenu, incluant les juifs, par opposition aux discours identitaires post-soixante-huitards qui sont largement définis par la biologie et la race. Étant un emblème de point de vue universaliste éthiquement motivé, la quenelle symbolise aussi une opposition à la suprémacie de la souffrance juive et à la tyrannie du politiquement correct.

Dieudonné est le héro définitif d’une pensée socialiste véritable dans l’esprit même de la Commune de Paris et comme tel, il pose de fait un grand danger pour les nouveaux faux gauchistes et leurs patrons du CRIF. Le diplômé kosher de Francfort voit les masses françaises se rassembler et gagner en momemtum et les gens marcher dans les rues de Paris en criant “L’empereur est nu”. En fait, il n’y a plus grand chose à cacher ou à supprimer. Une fois de plus, la vérité nue se révèle et ce contre toute attente.

OGM et eugénisme… L’éradication planifiée de la vaste majorité de la race humaine…

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Empoisonnement et stérilisation sur le long terme au programme des réjouissances agro-alimentaires de l’humanité. Reprendre le contrôle de la chaîne alimentaire est un IMPERATIF vital pour les peuples.

— Résistance 71 —

 

Les Organismes Génétiquement Modifiés ou OGM, ultimes machines à tuer

 

Stéphanie Relfe

 

25 janvier 2014

 

url de l’article:

http://dprogram.net/2014/01/25/the-ultimate-killing-machine-gmos/#more-148718

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Cela ressemble à la même chose, le pain, les tartes, les sodas, même les épis de maïs ; tant ce que nous mangeons aujourd’hui ressemble à ce que c’était il y a plus de 20 ans. Mais quelque chose de profondément différent s’est passé sans notre connaissance ou même notre accord et d’après certains prominents médecins, ce que nous ne savons pas est déjà en train de nous endommager sévèrement.

Que sont les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM), parfois les initiales GM pour Génétiquement Modifé sont utilisées. L’ingénierie génétique est très différente de la création naturelle parce que cela implique de prendre des gènes d’espèces complètement différentes et de les insérer dans l’ADN d’autres espèces, plantes ou même animaux.

Pour la première fois dans l’histoire, bactéries, plantes et animaux peuvent être complètement mélangés ensemble. Par exemple aujourd’hui, l’ADN de bactéries est mise dans des plantes alimentaires.

Les deux raisons principales pour lesquelles les plantes sont modifiées génétiquement sont pour leur permettre de:

  1. Boire et résister au poison ou
  2. Produire du poison

Les buveuses de poison sont transformées avec des gènes de bactéries qui leur permettent de survivre à des doses autrement mortelles de pesticides. Le poison principal utilisé est le Glyphosate, le poison qui se trouve dans l’herbicide RoundUp de Monsanto. Les entreprises de la biotechnologie vendent les graines et l’herbicide en package et les fermiers peuvent alors utiliser des centaines de millions de litre en plus d’herbicide qu’il serait possible d’utiliser sans que les plantes ne meurent.

Les plantes productrices de poison sont appelées cultures Bt. Des gènes insérés de bactérie produisent un pesticide (poison) dans chaque cellule de la plante. Ce qui tue les insectes, nous tue également. Ceci est un pesticide qui se trouve DANS la plante elle-même. Vous ne pouvez pas le laver !!

Plus de 70% de la nourriture qui se trouve sur les étagères des supermarchees contient des produits alimentaires génétiquement modifiés. Prenez une loupe et lisez la liste des ingrédients. Sauf si les mots qui suivent sont étiqueté “Bio”, ne les mangez pas !

  • Maïs
  • Soja
  • Colza (huile de colza. Ceci est toxique et ne devrait pas être mangé de toute façon)
  • Graines de coton (toxique, impropre à la consommation)
  • Sucre (la béterave sucrière est OGM, la cane à sucre jusqu’ici est OK.)
  • Papaye hawaiienne
  • Zucchini & potiron

Certaine pays ont ou importent du riz et des pommes de terre OGM.

Mais il y a pire. Comme il y a maintenant de la luzerne OGM et que la luzerne, le maïs et le soja sont donnés à manger au bétail, à moins que ce ne soit certifié bio, vous ne devriez pas manger:

  • Produits laitiers
  • Viande
  • œufs
  • Poissons ou fruits de mer provenant de l’aquaculture.

Du glyphosate (poison du RoundUp) a été trouvé dans les corps de vaches laitières au Danemark, parce que l’Europe importe de la nourriture animalière OGM !! Ainsi nous savons que cela sera dans le lait !

Voici pourquoi nous ne mangeons plus jamais nulle part à l’extérieur. Aucun restaurant n’utilise de la nourriture 100% Bio et sans OGM, ou vous donne la liste des ingrédients de ce qui se trouve dans la nourriture qu’ils vous servent, vous serez quasiment obligés de manger du poison dans virtuellement tous les restaurants où vous irez, dans les chaînes fastfood et les cantines d’école.

La nourriture Bio est faite pour être sans OGM, mais nous nous rendons de plus en plus compte que même cela n’offre plus de garantie. C’est bien trop facile de tricher. Il y a eu jusqu’ici deux cas où des OGM ont été trouvés dans de la nourriture certifiée Bio. Dans les deux cas, la découverte n’a pas été faite par les organisations qui devraient vous protéger, comme la FDA (aux Etats-Unis). Ils furent découverts par des organismes indépendants. La nourriture pour bébé fut un des cas, ce qui fait vraiment peur. La seule nourriture qu’un nourisson devrait avoir est le lait maternel et quand il est prêt pour la nourriture solide, une nourriture faite maison avec des ingrédients contrôlés en utilisant une eau filtrée par osmose inversée, doit être utilisée.

Les céréales Kashi “Bio” furent un autre cas. Le Cornucopia Institute trouva que ces céréales avaient un haut taux d’OGM dans ses céréales “Bio”. On sera peut-être moins surpris de cela en sachant que Kashi n’est pas propriété d’amoureux de la nature mais de Kellogg’s (NdT: intérêts Rockefeller)

Des animaux nourris au maïs transgénique pendant deux ans ont développé des TUMEURS MASSIVES.

Dans la toute première étude de long terme sur les OGM (NdT: celle du professeur Séralini), des rats furent nourris leur vie durant avec un des maïs génétiquement modifié et développèrent des tumeurs, subirent de graves disfonctionnement organiques du foie, des reins et organes reproducteurs.

Le maïs est supposé être nourrissant, pas fait pour ceci

(Voir photos sur article original)

Les animaux qui ont été nourris au maïs transgénique ont eu des petits-enfants stériles.

Lorsque les OGM furent créés, certaines personnes savaient qu’ils étaient mauvais pour la santé, mais personne ne savait à quel point ils l’étaient. Nous le savons maintenant. En fait, non seulement ils tuent les gens parce qu’ils sont hautement toxiques, mais ils ont aussi quelque chose de fondamentalement différent de la nourriture naturelle normale, ils éliminent la race humaine sur le long terme. Parce que les animaux nourris aux OGM n’ont plus de petits-enfants féconds. Aucune autre nourriture toxique ne fait cela ! Ceci est la preuve que nous avons à faire avec quelque chose de radicalement différent. Un mal pur, en voici quelques preuves:

Concernant une expérience conduite conjointement avec la National Association for Gene Security et l’Institute of Ecological and Evolutionary Problems, voici ce que le Dr. Alexei Surov a eu à dire:

“Nous avons sélectionné plusieurs groupes de hamsters et les avons gardé en couples et en cage en leur donnant de la nourriture ordinaire”, dit Alexei Surov, “Nous n’avons rien ajouté pour un groupe mais l’autre a été nourri avec du soja ne comportant aucun composant GM, tandis que le troisième groupe avait des composants GM dans la nourriture et la quatrième groupe avait une quantité acrue d’OGM. Nous avons surveillé leur comportement, leur gain de poids et leur reproduction. Au départ, tout se déroula gentiment. Nous avons noté quelques effets sérieux lorsque nous avons sélectionné de nouveaux couples au sein de leurs enfants et avons continué à les nourrir comme avant. La croissance de ces couples (du 4ème groupe) fut altérée et se ralentît, ils arrivèrent à maturité sexuelle plus tard. Quand nous sélectionnèrent de nouveaux couples de leur progéniture de la troisième génération, nous n’avons pas pu faire se reproduire ceux qui étaient nourris avec la nourriture OGM. Il fut prouvé que ces couples avaient perdu leur capacité de reproduction.” A dit le Dr Surov.

Une autre surprise fut découverte par les scientifiques dans des hansters de troisième génération. Des poils de mirent à pousser dans la bouche des animaux qui prirent part à l’expérience.

Les OGM demeurent en nous.

La seule étude publiée sur la nourriture humaine a révélé un des plus dangereux problème concernant la nourriture transgénique. Le gène inserté dans le soja GM se tranfère dans l’ADN des bactéries vivant dans nos intestins et continue de fonctionner. Ce qui veut dire que même longtemps après avoir arrêté de manger des OGM, nous pouvons toujours avoir des protéines potentiellement dangereuses à l’intérieur de nous.

Plus directement, manger du maïs provemant d’une source GM Bt peut transformer notre flore intestinale en une usine vivante de pesticides, et ce potentiellement pour le reste de nos vies.

SVP, diffusez cette information à toute votre famille et amis !!

Les OGM détruisent les organes

Si les OGM ne font rien, alors les organes des animaux nourris aux OGM devraient être exactement les mêmes que ceux des animaux nourris normalement. Mais ils sont radicalement différents comme vous pouvez le constater sur ces photos. Si cela ne vous convainct toujours pas que ceci est très, très sérieux que vous soyez préoccupés par les OGM dans votre alimentation, voici une autre photo qui vous montre l’altération du corps par la nourriture GM. Cette photo est la comparaison des testicules de rat:

Voir photos sur l’article original

Les gens meurent jeunes, et nous savons en regardant ces photos d’organes totalement changés, que les OGM sont un facteur, si non la cause MAJEURE derrière tout cela. Vous n’entendrez pas parler de cela dans les médias, parce que le pouvoir de Monsanto est tentaculaire. Ce qui suit sont justes quelques exemples de ce que j’ai pu collecter:

Ma cousine de 40 ans est décédée d’un cancer du sein cette nuit…

Note du traducteur: La suite de l’article explique l’agonie de cette personne et plusieurs autres cas de décès de personnes dans la “fleur de l’âge”… A lire dans l’article original (en anglais).

[…]

Plus d’info sur les OGM:

  1. GMOs in Beer
  2. GMOs by Country
  3. GMO genes are jumping species!
  4. Boycott these Companies that are Pro-GMO
  5. Scientists get Fired for Finding that GMOs are Really Bad for us
  6. Kevlar Tires now required to Traverse “Spear-like” GMO crops
  7. GMO Bananas, Rice, Potatoes, Sugar Cane are on the wayThe Non-GMO Project

 

Stephanie Relfe was born in Sydney, Australia in 1960. She has a Bachelor of Science degree from Sydney University where she majored in Histology (the study of cells) and Zoology. Stephanie has had over 200 hours in training in Specialized Kinesiology and over 100 hours training in Clearing, a technology which helps a person to improve their thoughts and actions using a biofeedback meter. She has worked as a professional Specialized Kinesiologist since 1993, both in Australia and the USA. Stephanie has developed her own method of Specialized Kinesiology called Synergistic Kinesiology. She is married to Michael Relfe from the USA and has a son.

Résistance politique: Solution à la fraude de l’entreprise « Canada »…

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Piloter la révolution

 

Mohawk Nation News

 

29 janvier 2014

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2014/01/29/steering-the-revolution/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistsance 71 ~

 

Le Canada et les mondialistes essaient de voler l’agenda au travers d’”Idle No More Inc”. Lorsque Idle No More s’est déclarée entrepreneuriale, l’association est devenue enregistrée comme une sous-entreprise assujettie aux règles de l’entreprise “Canada”. Idle no More Inc n’est pas un mouvement de la base, la base n’a pas des millions de dollars pour démarrer des douzaines d’ateliers à travers le pays en même temps. Les globalistes sont en charge. “Idle No More Inc.”

Il est grand temps de virer cette machine à fric des banquiers. Sans cela, rien ne changera jamais. Pierre Elliott Trudeau a plongé le Canada dans l’esclavage de la dette avec les banquiers internationaux. En 1974, il a frauduleusement donné le pouvoir aux banques privées d’imprimer l’argent à intérêt. Pour la première fois dans l’histoire canadienne, les Canadiens ont eu à apprendre la signification du mot “déficit”. Chaque enfant canadien doit dès sa naissance 85 000 dollars aux banksters, à la Couronne (NdT: La City de Londres et sa Banque d’Angleterre, contrôlée par la famille Rothschild). Regardez sur internet la part de chaque personne dans le déficit national. Le plan est que personne ne s’échappera plus jamais de la dette.

Aujourd’hui, le fils de Trudeau, Justin, veut devenir le nouveau PDG de l’entreprise “Canada”. Il devrait arranger ce que son père a cassé. Quand la machine à fric aura cessé d’exister, alors les banquiers seront accusés de fraude et de vol et mis en prison, comme ils le furent dans un pays comme l’Islande. . “Iceland Revolution”. La dette est une fiction. Elle n’existe pas. Personne ne leur doit un centime.

Il est l’heure maintenant de dissoudre la grille des conseils de bandes et de tribus qui “supervise” nos terres et nos ressources et qui sert l’entreprise “Canada”. Sans ces injuns entrepreneuriaux, l’entreprise “Canada” devra traiter directement avec ses véritables propriétaires.

Pour nos frères victimes de ce système de corruption britannico-canadien, les citoyens canadiens, la solution est pour chaque communauté de former un conseil auto-suffisant, autogéré, pour prendre soin de tout à chacun au travers des options offertes par Guswentha ou le Traité Wampum à Deux Rangées sous la Loi de la Grande Paix, Kaiainerehko:wa, la véritable loi de ce territoire.

Pete Seeger. Two Row Wampum supporter. Pete Seeger, 1919-2014 a dit: “Les chansons  sont de drôles de choses. Elles peuvent traverser les frontières, proliférer en prison, pénétrer de dures carapaces. J’ai toujours pensé que la bonne chanson, chantée au bon moment pourrait changer l’histoire.”   Pete Seeger. “Turn, turn, turn.” 

Résistance politique: Plongée dans l’école zapatiste mexicaine…

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À l’école des zapatistes

 

lundi 27 janvier 2014, par Georges Lapierre

 

url de l’article original:

http://www.lavoiedujaguar.net/A-l-ecole-des-zapatistes

 

Morelia, Torbellino de nuestras palabras, « Tourbillon de nos paroles », caracol [1] zapatiste sur les hauteurs d’Altamirano qui dominent la plaine d’Ocosingo, il fait nuit, il bruine, nous distinguons des attroupements, les couleurs vives du corsage des femmes tzeltales ou tzotziles, des feux sous de sombres marmites, zones d’ombres et zones de lumière. Le voyage depuis San Cristóbal n’a pas été trop long, entre trois et quatre heures, plutôt l’attente avant d’être répartis dans les camions, redilas [2] ou autobus en partance pour les cinq caracoles, les centres régionaux zapatistes. À la descente de l’autobus, chaque voyageur se voit attribuer un ange selon son sexe. Il y a deux files d’anges à gauche de la porte, si le catéchumène est de sexe masculin, c’est un ange que l’on peut supposer du même sexe qui l’accompagnera durant tout son séjour, s’il s’agit d’une femme ou d’une petite fille, c’est un ange de l’autre file qui en prendra soin. Ainsi se trouve résolue la question du sexe des anges. Le hasard semble commander cette répartition et nous voilà déambulant dans la boue accompagnés de notre ange gardien ou votán ou plus simplement guardián ou guardiana. Nous ne sommes plus en enfer mais nous ne sommes pas encore au paradis ; nous ne sommes pas non plus tout à fait morts, du moins nous le supposons, mais cela fait une impression étrange d’errer, de nous rencontrer et de nous saluer en telle compagnie.

Je bois un café avec des tortillas séchées, quelques haricots et du riz, avant de prendre le chemin du dortoir, qui se trouve en plein vent, dans ce qui sera l’auditorium le lendemain ; peu de places disponibles si bien que mon gardien finit par me proposer le bureau de la « banque », où je serai vite rejoint par d’autres âmes aventureuses.

Premier jour, les professeurs passe-montagne forment comme une frise chevaleresque au-dessus des tables tout le long de l’estrade ; à tour de rôle, ils parleront de l’organisation politique de la population zapatiste : des assemblées communales ou locales, dites encore régionales, au conseil municipal et aux diverses commissions et des conseils municipaux à la junta de buen gobierno du caracol, centre politique d’une zone étendue comprenant de trois à neuf municipalités zapatistes.

Pendant plus de sept ans l’EZLN a mené campagne pour faire reconnaître les droits et la culture des peuples indiens, une campagne pacifique faite de dialogues, de rencontres, de manifestations diverses, en vain. En février 2001, sensibles à l’ouverture que semble représenter l’élection de Vicente Fox — représentant un autre parti que le PRI — à la présidence de la République, les zapatistes (représentés par vingt-trois commandants plus le sous-commandant Marcos) entreprennent une longue marche [3] sur Mexico pour promouvoir les accords de San Andrés. Tout au long de son périple, la Marche de la couleur de la terre reçoit un accueil enthousiaste. Forts de ce soutien populaire et d’avoir pu faire entendre leurs doléances lors d’une session du Congrès de l’Union, les zapatistes retournent au Chiapas au cours du mois de mars.

Le 25 avril, le gouvernement approuve à l’unanimité, tous partis confondus, une réforme constitutionnelle sur la question indienne. Cette réforme constitutionnelle va à contre-courant des accords de San Andrés, dont elle ignore délibérément les points capitaux. Elle est la parfaite expression de la peur et du mépris, ces deux sentiments confondus, de la classe politique confrontée à l’exigence des peuples. C’est une loi indigéniste, où tous les éléments qui auraient favorisé l’autonomie et la libre détermination ont été effacés. Les peuples sont considérés comme entités d’intérêt public, ils ne sont toujours pas reconnus comme sujets de droit.

Fin du dialogue avec l’État, les peuples zapatistes commencent sans plus attendre à édifier pratiquement leur autonomie. Elle se définit par le lien qui unit étroitement l’activité politique et une activité sociale reposant sur des valeurs, disons traditionnelles, comme le sens de la responsabilité face à la collectivité, la solidarité, le travail en commun (tequio ou faena), la réciprocité…

Chaque commune zapatiste a redéfini ses limites territoriales en fonction de critères qui lui sont propres et qui touchent à la langue parlée, à l’histoire, à la géographie, aux échanges, aux usages qui ont cours, à la tradition, au mode de vie. C’est en prenant en compte cet ensemble de critères permettant aux habitants de se reconnaître et de former somme toute un assortiment assez homogène de communautés, de villages et de hameaux, que furent créées les municipalités zapatistes — non par une décision venue d’en haut mais par décision des assemblées locales. Ce furent celles-ci qui décidèrent par consensus leur regroupement à l’échelon municipal et, de l’échelon municipal à celui du caracol.

Les assemblées locales dites encore régionales désignent leurs représentants au conseil municipal où ils occuperont pendant trois ans, à titre bénévole, des charges dans différentes commissions (justice, santé, éducation, production…). Cette recomposition des Municipios Autónomos Rebeldes Zapatistas (Marez) s’est faite d’une manière très pragmatique, les zapatistes ont tenu compte de la division des communautés entre zapatistes et partidistas [4] (rares sont les communautés entièrement zapatistes) et de la dispersion des zapatistes au sein de la population indigène qui en découle. Bien souvent l’assemblée locale regroupant les zapatistes d’une région tient lieu d’assemblée communale, c’est elle qui désigne les « autorités » responsables et décide des initiatives. Ces autorités seront les délégués de la région au niveau de la municipalité zapatiste où, réunies avec les délégués d’autres régions, elles désigneront les autorités municipales et les responsables des commissions ; ce même schéma est reproduit au dernier et troisième niveau, celui du caracol, centre politique et administratif d’une zone étendue regroupant plusieurs municipalités.

Face au processus généralisé de destruction et d’érosion de la vie sociale, les zapatistes ont réagi. Ils ont, d’une part, renforcé les institutions traditionnelles comme l’assemblée et le système des « charges » ainsi que le travail collectif et, d’autre part, innové en prenant en compte d’autres domaines, qui étaient jusqu’à présent du ressort de l’État, ou encore laissés à l’initiative individuelle, comme l’éducation, la santé, la justice, la production et la commercialisation de certains produits destinés à l’exportation dont le café. Nous avons affaire à une mise en place d’une autonomie politique prenant racine dans ce que j’appellerai, faute de mieux, une culture (un passé, une mémoire, une histoire, un savoir-vivre). L’autonomie ne concerne pas seulement le domaine politique, celui de l’autogouvernement (c’est la partie la plus visible), elle touche aussi tout cet immense pan de la vie sociale, ignoré par les professionnels de la politique et dont on parle moins. L’autonomie concerne aussi les fêtes, les rituels, les obligations réciproques, les échanges de services, tous les usages et les savoir-vivre d’une population, qui a forgé le « vivre ensemble » et, si possible, le « bien vivre ensemble ». À l’individualisme exacerbé, au chacun pour soi, à la guerre de tous contre tous, les zapatistes opposent le sens de la collectivité et du bien commun. Ce sont de vieilles valeurs qui ne nous sont pas totalement étrangères, qui éveillent encore de vagues souvenirs et, parfois, de vagues nostalgies : la vie communale, la communalité, les biens communaux.

Les zapatistes sont des communalistes en résistance.

Avec la création des municipalités autonomes (Marez), nous avons affaire à l’expression d’un pouvoir ; ce pouvoir, que nous pourrions qualifier de communal, n’est pas abstrait de la vie sociale proprement dite, des modes de vie, des usages et des mœurs, il n’entre pas en contradiction avec les habitus de la population. Le pouvoir est l’émanation d’une volonté commune, consensuelle ; loin de contrarier la cohésion sociale, il la renforce. L’autonomie politique va de pair avec un mouvement de reconstruction culturelle et de renforcement des valeurs sur lesquelles repose la vie communale. Elle apparaît comme l’émanation de la vie commune, l’expression de l’intérêt commun. L’organisation politique mise en avant par les zapatistes n’est alors qu’une étape dans un processus beaucoup plus profond de recomposition d’une vie sociale sans État, sans pouvoir séparé. Nous en sommes sans doute encore loin, mais nous avons là un premier pas, le pas qui enclenche et engage tout le processus : une organisation sociale qui n’a pas été dictée d’en haut, mais qui s’est construite peu à peu, par tâtonnements successifs (avec des erreurs, des retours en arrière), d’une manière presque organique, à partir d’un savoir-vivre ancestral.

En fin d’après-midi, les néophytes et leurs anges se préparent à partir pour les agences locales ou les communautés d’accueil. La répartition est faite en fonction des possibilités d’accueil de chaque agence. Le caracol de Morelia comprend trois municipalités rebelles : Lucio Cabañas, 17 Novembre et Commandante Ramona. Il est très étendu : d’un côté, il dépasse Ocosingo en direction de Palenque ; de l’autre, il s’étend jusqu’à Comitán. À partir de Morelia, le temps des trajets varie d’une heure à plus de quatre heures. Nous nous entassons dans les redilas, je me retrouve avec toute une bande d’anges des deux sexes, guardián et guardiana, une bande d’étourneaux prête à s’envoler, et l’on plaisante, et l’on rigole, et les yeux brillent dans la fente des passe-montagnes, ils ont la jeunesse de l’éternité. Je ne suis pas l’étranger, un kaxlan [5] que l’on craint, l’inconnu que l’on appréhende, mais l’étranger qu’on accueille, qu’on protège, qu’on instruit et j’apprécie de me retrouver sur ce pied d’égalité avec des gamins et des gamines. Ils avaient, quoi ? Quatre ans, cinq ans en 1994 au moment de l’insurrection ? La relève semble assurée, en tout cas ces jeunes sont sûrs de leur fait et vont de l’avant sans appréhension, sans inquiétude, avec même un certain enthousiasme et une joie de vivre certaine.

Avec la nuit tombe une pluie très fine, glacée, qui nous gèle peu à peu, si bien que nous arrivons à notre destination, l’agence locale Primero de Enero, tout grelotants. Nous sommes conduits dans un immense hangar ouvert à tout vent où nous sommes reçus avec musique et discours de bienvenue par les autorités locales en présence de toutes les familles zapatistes de la région.

Primero de Enero est une ancienne finca dont les terres furent occupées en 1994. Elle se trouve à la sortie d’Ocosingo sur la route qui mène à Palenque. En 2000, dans le cadre de la guerre dite de basse intensité menée dès le début contre les zapatistes, les occupants de la finca se divisèrent entre ceux qui acceptèrent les projets d’assistance du gouvernement pour entrer dans une organisation liée aux partis politiques, l’ORCAO, et ceux qui ne se rendaient pas. Je me souviens bien de cette guerre fratricide attisée par le « mauvais gouvernement » et qui avait abouti à l’incendie de la tienda zapatiste Arcoíris (magasin Arc-en-ciel), qui se trouve, elle, de l’autre côté d’Ocosingo. Aujourd’hui, la tienda a repris ses belles couleurs, je l’ai repérée sur le chemin du retour. Le calme est revenu, les ex-zapatistes membres de l’ORCAO et les zapatistes vivent côte à côte, ils ne se parlent pas.

Après cette petite cérémonie, une autorité nous attribue nos familles d’accueil et nous partons tous les cinq, le mari, l’épouse, une petite fille, qui dit s’appeler Marta-Estella, mon gardien et moi (ou moi et mon gardien) dans la nuit et dans la boue jusqu’à la maison.

Deuxième journée, petit déjeuner, le mari s’enferme dans un mutisme convenu, l’épouse est souriante et avenante ; comprend-elle l’espagnol ? Sans doute. Le parle-t-elle ? Peut-être. La petite fille comprend et parle le castillan mais elle obéira à la consigne : ne pas parler avec l’étudiant et passer par l’ange gardien pour communiquer avec lui. Ils parlent tzeltal en ma présence et font ceux qui ne comprennent pas le castillan, je ne suis pas dupe et ils le savent, une petite connivence pointe le bout de l’oreille, mais c’est la consigne, non ? Et nous la respecterons. Peur des indiscrétions ? Des malentendus ? De l’envahissement ? Je ne sais pas, mais nous devons passer par la médiation de l’ange gardien. Cela ne me gêne pas trop d’autant que les possibilités de parler avec les zapatistes qui ne sont pas directement impliqués ne manqueront pas, frères, beaux-frères, voisins, seulement j’éviterai de me montrer trop indiscret.

Nous partons nettoyer la milpa, qui n’est pas très éloignée, une demi-heure de marche à peine, sur une terre ejidal partagée entre zapatistes, deux récoltes par an, le climat s’y prête, les plants de maïs ont poussé, quatre ou cinq feuilles déjà et c’est la première étape de limpieza, qui consiste à enlever avec une sorte de pioche les herbes qui entourent les plants. Mon gardien y retrouve son père qui a accueilli un couple homo, ils sont cinq à travailler d’arrache-pied sur sa parcelle, ce qui m’amène à me poser une nouvelle fois, pour un bref instant, la question du sexe des anges.

Nous retournons assez vite à la maison pour prendre le pozol, de l’eau dans laquelle a macéré du maïs moulu, l’épouse mélange bien le tout avec ses doigts, c’est frais et nourrissant. Le lendemain elle m’enseignera comment faire le pozol et comment faire les tortillas ; la cuisson du maïs est un peu différente dans les deux cas, moins longue pour le pozol, le grain après avoir bouilli avec une cuillère à soupe de cal (chaux) doit être encore assez ferme, il est ensuite lavé à grandes eaux plusieurs fois, quatre ou cinq, puis moulu assez grossièrement dans un petit moulin à main fixé sur la table. L’opération est la même pour les tortillas seulement la cuisson est plus longue et le maïs moulu plus finement ; avec cette farine mélangée à l’eau, la ménagère fera des petites boules de pâte dans ses mains, qu’elle aplatira avant de les mettre à cuire sur le comal.

Nous nous retrouvons, mon gardien et moi, dans la vaste baraque qui sert de chambre à coucher, la famille y a son lit dans un coin entouré de rideaux, nous avons nos lits de planches dans les deux coins opposés, tout un pan est occupé par des caisses en carton et par un fil à linge où sont pendus les vêtements. Une petite table avec deux chaises se trouve au milieu de cette vaste pièce. Notre table de travail et d’étude. Nous nous plongeons, chacun de notre côté dans la lecture des cuadernos de texto de primer grado del curso de « La libertad según l@s zapatistas » (cahiers de texte de cours premier degré « La liberté selon les zapatistes »). Parfois je pose une question à laquelle mon guardián répond, il a été maître d’école, maintenant il fait partie de la commission de production.

Au tout début du soulèvement zapatiste, j’avais été surtout sensible à l’idéologie dont il était porteur, une idéologie qui s’ancrait dans l’histoire, histoire des civilisations, histoire des peuples, avec ses mouvements souterrains, ses oscillations, ses à-coups, ses avancées, tout ce travail géologique des sociétés sur elles-mêmes, mouvements de libération des nations, mouvement d’émancipation des peuples.

Je voyais le mouvement zapatiste à la croisée des chemins entre un mouvement pour la révolution de type marxiste et un mouvement pour l’autonomie des peuples, le mouvement pour l’autonomie atténuant le travers concernant le mouvement marxiste pour la révolution.

le sous-commandant Marcos a eu plusieurs fois l’occasion de révéler combien les relations nouées au tout début avec les communautés tzeltales, tzotziles, choles ou tojolabales au fin fond de l’État du Chiapas ont pu arrondir les angles révolutionnaires de ce petit groupe de guérilleros parti à la poursuite d’un rêve, celui du « Che » pénétrant les profondeurs de la jungle bolivienne pour y fomenter la révolution. C’est un rêve tenace, que nous comprenons mal en Europe. Il se situe juste à la frontière où se confondent les eaux de trois grands courants : le courant de la libération des nations colonisées par l’Occident chrétien, celui de la révolution sociale et enfin celui de l’émancipation des peuples. L’autonomie des peuples est alors perçue comme le premier pas dans un processus d’émancipation concernant la nation mexicaine tout entière, qui, prenant racine dans son passé préhispanique, retrouvera, après ces temps obscurs de la colonisation, le fil de son histoire — d’une histoire libérée du capitalisme.

Alors qu’en Occident le capitalisme reste lié à l’histoire intérieure de la société européenne, ici il est saisi comme une manifestation du colonialisme, comme une idée venue d’ailleurs : se libérer de la domination de l’Occident, c’est, dans le même mouvement, se libérer du capitalisme. Les États-Unis sont perçus par cette ancienne colonie de la couronne espagnole à la fois comme une nouvelle métropole et la pointe avancée du monde capitaliste. L’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) est née de la rencontre fortuite dans la Selva Lacandona de Simón Bolivar et de Karl Marx.

Ce point de vue sur le monde ne manque pas d’intérêt, il permet de saisir l’activité capitaliste pour ce qu’elle est : la pratique d’une pensée séparée, étrangère à celle qui anime les peuples, extérieure et coercitive, s’imposant par les armes. Nous, en Occident, nous la saisissons comme aliénation, l’histoire de l’Occident est alors perçue comme l’histoire de l’aliénation de la pensée, ce qui est un peu différent. Nous saisissons l’argent comme aliénation de notre propre pensée de l’échange, faire la révolution consiste à se ressaisir d’une pensée qui ne nous appartient plus, et qui, comme un petit ballon dont nous aurions lâché la ficelle, s’est irrémédiablement éloignée de nous. Pour les peuples des Amériques, la pensée de l’échange, ou pensée de l’activité sociale, de leur activité sociale, n’est pas éloignée des gens, elle entre seulement en conflit avec une autre pensée venue d’ailleurs.

La petite école, la escuelita, en me faisant partager le quotidien d’une famille zapatiste, m’apporte une perspective différente, plus terre-à-terre, plus pragmatique, elle ne contrarie pas nécessairement le point de vue de l’historien ou du théoricien, mais, entre passé et futur, elle m’offre le présent. Et dans ce quotidien, je rencontre des gens, des gens en lutte, des gens qui s’organisent pour résister à l’avancée, qui semble inéluctable, du monde occidental, chrétien et capitaliste. Elle a donné un visage ou, plutôt, des visages au mouvement zapatiste. Ces femmes et ces hommes, qui ont dû se cacher, mettre un passe-montagne ou un paliacate, pour se rendre « visibles », se montrent tels qu’ils sont à leurs invités. Contradiction ? Je ne le pense pas : avec le passe-montagne ils se rendent visibles aux yeux de l’État tout en se cachant devant sa police. Dans la relation avec nous, les invités, une rencontre (dont ils ont eu l’initiative) est possible, envisageable même, et ils nous donnent à voir leur vrai visage.

Troisième jour, c’est dimanche, je veux aller sarcler les plants de maïs, pas de travail le dimanche, me dit mon ange gardien. Nous nous baladons, nous allons voir la clinique et je discute avec les promoteurs de santé qui me paraissent très compétents ; en tout cas, ils prennent leur travail au sérieux. Il y a aussi un dentiste, une famille vient se faire soigner les dents. Nous nous rendons à la finca Primero de Enero où un collectif de femmes prépare des petits pains avec des étudiantes qui mettent la main à la pâte. La plus grande partie de la communauté zapatiste est là et nous discutons à bâtons rompus par petits groupes, c’est dimanche. Plus tard, après avoir mangé quelques petits pains sortis tout chauds du four, nous suivons un collectif de femmes sur la colline qui domine l’agence municipale, elles y ont un champ collectif. Elles veulent nous montrer comment on sème le maïs. Munies chacune d’un bâton pointu, elles avancent rapidement ; à chaque pas, elles creusent avec le bâton un petit trou dans lequel elles jettent trois grains de maïs, elles travaillent vite, elles s’amusent aussi, c’est seulement une démonstration, c’est dimanche ; je me suis assis à l’ombre, une famille est venue me rejoindre et partage avec moi des chayottes préalablement cuites à l’eau. Ah, j’oubliais, il y a eu aussi de grands matchs de basket, équipes féminines et équipes masculines, étudiant•e•s contre zapatistes, enfin pas tout à fait, il fallait tout de même équilibrer les équipes si l’on voulait rendre la partie intéressante, alors des étudiants sont passés du côté des zapatistes pour affaiblir leur équipe et des zapatistes sont passés du côté des étudiants pour renforcer l’équipe. C’était dimanche.

En octobre 2007, à Vícam, dans le désert ocre des Yaquis, dans l’État de Sonora, eut lieu, à l’initiative des zapatistes, une rencontre des peuples du continent dit américain. Le front fut tout de suite dessiné entre l’esprit des peuples reposant sur une relation de sujet à sujet étendue à tout l’environnement et le monde des Blancs éminemment destructeur, dominé par l’intérêt privé :

« Mon peuple comme beaucoup d’autres, vient d’une société matriarcale, où les femmes sont les protectrices de la terre. Traditionnellement, elles ont pour rôle de veiller sur les rivières, les lacs, la terre, les enfants, la nourriture. Au XIXe siècle, les colonisateurs en furent choqués ; ils y virent un obstacle au vol des terres et à leur domination. Ils définirent aussitôt quel devait être le rôle des femmes. Ils entreprirent d’éradiquer l’Indien en nous, de bannir notre identité en promulguant des lois qui nous interdisaient l’accès aux poissons, aux rivières, à la terre. L’Indian Act, promulgué en 1876, remplace notre identité indienne par une autre identité, qui se définit par une lignée exclusivement patriarcale. [6] »

Pour les tribus indiennes, la guerre se présente comme une confrontation entre deux civilisations : la civilisation indienne en osmose avec son environnement, qui connaît une relation de sujet à sujet avec tout ce qui existe, et la civilisation blanche en rupture avec tout ce qui existe, ne connaissant qu’une relation dominatrice de sujet à objet.

Pour les peuples mésoaméricains ou andins ainsi que pour le monde métis, le rapport avec le monde occidental est plus nuancé, des passerelles sont jetées, ce n’est plus la confrontation entre deux cosmovisions incompatibles. Pour eux, la lutte des peuples rejoint la lutte des classes et la guerre de libération tourne à la révolution. Dans le premier cas, le conflit oppose les nations indiennes à la société occidentale. Ce n’est même pas l’État, ou son absence, qui est évoqué pour définir l’opposition entre les deux formes de société, mais le mode de vie : guerre entre deux civilisations, entre deux courants civilisateurs. Dans le second cas, l’État pointe le bout de son nez avec le terme de nation (au singulier, l’État national) ; la confrontation devient une guerre de libération nationale, et l’armée, une armée de libération nationale (EZLN [7]). Le fantôme de l’État hante le mouvement zapatiste comme il hante aussi bien les mouvements de libération nationale que les mouvements révolutionnaires. Héritage des civilisations théocratiques mésoaméricaines et andines, la survivance de l’esprit politique et de son idéologie au sein du monde indigène vient perturber, troubler et corrompre le mouvement d’émancipation des peuples. Force ou faiblesse des zapatistes ?

Cet héritage préhispanique permet aux zapatistes de faire le pont entre la lutte des peuples pour l’autonomie et le marxisme qui, sous diverses formes plus ou moins travesties (d’Ivan Illich à Immanuel Wallerstein en passant par l’Église des pauvres et la théologie de la libération et, pendant que nous y sommes, par Hardt et Negri), continue à hanter la pensée occidentale et chrétienne. Nous devons reconnaître que le mouvement zapatiste, à la croisée des chemins entre libération nationale, révolution et émancipation, ne privilégie pas une voie particulière. Cette situation lui donne une souplesse qui le conduit à rechercher la rencontre et le dialogue avec les différents courants souterrains qui agitent la société mexicaine et, plus généralement, les laissés-pour-compte du monde capitaliste. Trouver et se faire des alliés dans un combat si inégal, ne pas couper les ponts, reste l’élément clé, crucial, d’une stratégie.

Recouvrer les fondements de la vie sociale mexicaine, el México profundo, pour secouer le joug de la domination néocoloniale : redonnons la parole à la population indigène du Mexique, qu’elle soit métisse ou indienne ; reconstruisons une nouvelle relation entre la nation et l’ensemble des citoyens qui la composent, « en bas et à gauche » ; libérons la politique séquestrée par les politiciens à la solde des États-Unis et des multinationales ; faisons « une révolution qui rende possible la révolution » (dixit le sous-commandant Marcos). Cette idée se trouve à l’origine de toutes les initiatives prises par les zapatistes en direction de « madame la société civile », elle explique le sens de la « Convention démocratique » et du « Mouvement de libération nationale » au tout début du soulèvement zapatiste jusqu’à l’« Autre Campagne » (la Otra) en passant par le « Front zapatiste de libération nationale ». Et aujourd’hui, la Sexta, entendu la Sixième Déclaration de la forêt Lacandone vue comme un manifeste pour une nouvelle internationale. Les zapatistes ont de la suite dans les idées, c’est le moins que l’on puisse dire. Maintenant la escuelita.

L’histoire politique de ce mouvement est faite de l’enthousiasme des rencontres et des fiançailles auxquels succèdent les déceptions et les séparations. Pourtant, à travers tous ces aléas de la vie politique, toutes ces péripéties, le mouvement zapatiste reste lui-même, il s’approfondit, je dirai qu’il s’éclaircit, il retrouve l’origine historique qui fut la sienne dès le début : un mouvement social de récupération des terres et des territoires.

En prenant pied au sein d’une communauté zapatiste, dans des familles tzeltales et tzotziles, dans les environs d’Ocosingo, je retrouve cette origine, je prends contact avec un commencement et ce commencement est une victoire et une résistance. Que signifie cette victoire, la victoire des peones et des petits paysans indigènes sur les terratenientes, les grands propriétaires, les éleveurs de bétail de la vallée d’Ocosingo ? Elle signifie libération, elle signifie émancipation. Maintenant, il s’agit de tenir, il s’agit de résister. Ce qu’ils font. La résistance est une accumulation de force (se désagrègent, se décomposent toutes les parties faibles jusqu’au noyau dur) pour une nouvelle offensive. L’offensive d’ailleurs fait partie de la résistance, mais c’est une offensive qui se développe, qui se construit lentement à partir de positions préalablement renforcées.

Quatrième jour, nous aiguisons les machettes, rassurez-vous nous n’allons pas partir à la conquête d’Ocosingo, nous allons plus simplement débroussailler le potrero, le potrero dans notre cas est une partie de la montagne laissée en friche et consacrée à l’élevage. Les autres étudiants accompagnés de leur ange gardien et du chef de famille nous rejoignent à l’agence Primero de Enero et nous partons en file indienne en direction de la montagne, nous traversons le hameau où habitent ceux de l’ORCAO et nous montons tout doucement, nous longeons des cafetales, c’est le moment de la récolte du café ; certains arbustes sont malades avec quelques grains de café accrochés à des branches nues comme des squelettes. Ils ne peuvent pas le vendre mais ils me disent qu’ils s’en servent pour le « nescafé ». Ils appellent « nescafé » le pseudo-café, qu’ils font avec des haricots blancs et ronds (frijoles) grillés, réservé à un usage domestique. Nous traversons un río sur une étroite poutre et le sentier se fait un peu plus raide. La promenade est très agréable. Nous arrivons assez vite à destination, petite halte avant de se lancer à l’attaque des feurtaches (buissons, mais cette fois c’est un mot de chez nous) ; parfois nous nous arrêtons pour aiguiser avec une lime la machette. « Est-ce la machette qui ne coupe plus ou la main qui fatigue ? » me demande avec un sourire mon compagnon de corvée, un vieux de la vieille, « je crois bien que c’est la main ». Au détour d’un buisson, je me trouve nez à nez (c’est une façon de parler) avec un taureau, mais pas n’importe quel taureau ! Une vieille connaissance, un taureau charolais (ils prononcent « tcharolaille »), enfin presque, il lui manque quelques rondeurs aux fesses (j’apprendrai qu’il est un mélange de tcharolaille et de suisse). C’est un troupeau commun ou collectif de quarante-cinq vaches, ils gardent les génisses et se réservent les taurillons pour la vente, ils ont un troupeau d’une quarantaine de veaux dans un autre endroit. L’argent de la vente est utilisé pour des initiatives à caractère collectif. Les femmes aussi, de leur côté, ont commencé à se constituer un troupeau de moutons, pour la viande, ni pour le lait et fromage ni pour la laine, du moins pour l’instant. Elles nous le montreront dans l’après-midi.

« Nos camarades vont pouvoir continuer à travailler pour construire leur autonomie concernant la santé, l’éducation, les travaux collectifs et à former leurs propres autorités, mais toujours dans le respect des autres (…). L’autonomie des peuples, voilà ce que ne veulent pas nos mauvais gouvernements parce qu’ils veulent continuer à tenir sous leur domination les peuples originaires et ils ont beaucoup de haine quand nous, les peuples indiens, apprenons à nous organiser et à nous gouverner seuls mais, quoi qu’il en soit, personne ne pourra arrêter cette lutte qui nous anime. » Cette déclaration a été envoyée le 13 octobre 2010 par le conseil de bon gouvernement « Cœur central des zapatistes devant le monde », dans l’État du Chiapas. Elle annonce le retour dans leur communauté de San Marcos Avilés des Indiens zapatistes, qui en avaient été chassés quelque temps plus tôt sur l’ordre des partis politiques.

La récupération des terres accaparées par les finqueros est aussi une réappropriation de leur territoire par les peuples indiens de la région et cette réappropriation du territoire est en même temps l’affirmation d’une autonomie, autonomie politique mais aussi, plus largement, autonomie sociale. Elle est l’affirmation d’un mode de vie, qui, pour se renforcer et se reconstruire est amené à se confronter à l’État, à l’espace occupé par l’État mais aussi à l’espace occupé par un autre mode de vie, le mode de vie développé par le système-monde capitaliste. L’EZLN est là pour maintenir autant que faire se peut l’État mexicain à distance de ce processus de consolidation, il se présente comme une armée rebelle destinée à disparaître dès que le gouvernement aura reconnu l’autonomie des peuples indiens, ce n’est pas pour demain. L’EZLN, le bras armé des zapatistes, forme comme un cordon protecteur, dégageant un espace d’autonomie à l’intérieur duquel les gens ont pu garder leur liberté de mouvement leur permettant de développer une vie sociale qui leur est propre : « D’autres révolutionnaires disent qu’ils vont prendre le pouvoir, mais ils ne font rien ; nous, nous disons que nous n’allons pas prendre le pouvoir et nous nous organisons vraiment » (insurgée Gabriela).

La tactique de l’État consiste à profiter des conditions de vie désastreuses dans lesquelles il a plongé depuis plus de cinq cents ans les peuples et du besoin tragique de terres pour pervertir les mécanismes traditionnels de cohésion sociale et prôner l’intérêt particulier, le chacun pour soi, contre la communauté. Dans cette guerre de tous contre tous dont il est le promoteur, il a levé les paysans les uns contre les autres pour quelques arpents de terre, en l’occurrence les paysans affiliés aux partis d’État (PRD ou PRI) contre les zapatistes. Il a aussi créé de toutes pièces tout un réseau de paramilitaires afin de faire obstacle à l’avancée zapatiste dans les villages qui, à ses yeux, ont une position stratégique dans la guerre dite de basse intensité.

Dans l’expérience zapatiste, nous voyons à l’œuvre une pensée stratégique qui s’exerce dans deux directions : le premier axe est celui de la confrontation avec l’État où il s’agit de manœuvrer au plus juste pour préserver (ou étendre) un espace d’autonomie conquis de haute lutte sur les forces de destruction ; le second axe est celui de la construction, du renforcement et du développement de l’autonomie, il ne s’agit pas d’intervenir directement dans ce processus, mais d’offrir les conditions favorables à son développement, c’est dans ce cadre que s’inscrit l’initiative des caracoles. « Là ce qui aide beaucoup, c’est l’expérience ancestrale des communautés, qui vient de siècles accumulés, d’abord pour se développer au sein de leurs cultures, et ensuite pour survivre aux diverses tentatives d’anéantissement et d’ethnocide qu’elles ont subies tout au long de leur histoire, de la découverte de l’Amérique jusqu’à nos jours » (sous-commandant Marcos, juillet 2003).

L’État, c’est-à-dire l’ensemble de l’appareil institutionnel et administratif, n’est que l’instrument coercitif d’une pensée asociale qui le dépasse, ce que nous appelons le système-monde capitaliste. La collectivité zapatiste qui m’a accueilli ne se confronte pas seulement à l’État mexicain, elle se confronte à tout un monde, le monde occidental, chrétien et capitaliste. Ce monde marchand est un monde asocial, un monde à l’envers, dominé par l’intérêt particulier, le sauve-qui-peu, la guerre de tous contre tous, le chacun pour soi, l’individualisme. Comment résister à l’attraction de ce monde inversé, de ce trou noir ? Comment résister à l’attraction de la marchandise ? Aux chants de sirène de la propagande commerciale ? Comment résister à l’argent et à tout ce qu’il représente ?

Dans cette confrontation, l’expérience zapatiste est une expérience unique au monde par son ampleur, elle oppose pratiquement un point de vue sur le monde, le point de vue du vivre ensemble, le point de vue communaliste, au point de vue individualiste et asocial du marchand. Elle s’appuie, certes, sur une tradition ancestrale, et cette tradition ancestrale ne nous est pas totalement étrangère, mais elle doit aussi tout réinventer, tout reconstruire à travers cette confrontation, au fur et à mesure, à chaque instant de cette confrontation. C’est une certaine idée de l’homme et de la femme qui fait son chemin. Ce n’est pas une idée préconçue, c’est une idée qui chemine. C’est une idée qui ne tient plus qu’à un fil.

J’apprends que c’est notre dernier jour ici et que demain nous allons nous lever à l’aube pour retourner à Morelia. Le temps a passé très vite, trop vite. Mon hôtesse a été très attentionnée, souriante, agréable et pas seulement dans le but d’accomplir au mieux son « devoir d’hôtesse à l’égard de l’invité », il y avait cette sympathie, cette sincérité, cette ouverture sur l’autre, cette curiosité qui rendent possibles les rencontres et les échanges.

En fin d’après-midi de ce dernier jour nous avons pique-niqué en famille, les familles d’accueil, les étudiants et leurs anges gardiens ; le collectif des femmes avait préparé l’atole et les tamales. Et puis, le soir, nous nous sommes tous réunis dans le hangar pour des adieux en musique et en discours, pas des discours-discours mais des discours-paroles.

Cinquième jour, nous nous retrouvons, étudiants, anges gardiens et familles d’accueil, au petit jour sur le terre-plein de l’agence Primero de Enero ; le temps de remercier les familles qui nous ont reçus et nous nous entassons à nouveau dans la bétaillère, il bruine, aussi nous retrouvons nous sous la toile en quête d’un peu d’air frais, heureusement le voyage n’est pas trop long, nous nous arrêtons même un instant en cours de route. Arrivés au caracol de Morelia, nous retrouvons ceux qui étaient partis dans d’autres directions et nous partageons nos expériences. Nous restons tous un peu sur notre soif : nous avions à peine commencé à tisser une relation, à nous comprendre (et j’aime bien cette forme pronominale qui marque non seulement une compréhension mutuelle, réciproque, mais qui nous renvoie aussi à nous-mêmes) et déjà nous devons nous séparer. Nous retrouvons sous l’auditorium la frise des professeurs passe-montagne, qui me rappelle obstinément la tapisserie de Bayeux, pour un complément d’information sur l’organisation politique des communautés zapatistes, puis, musique et, l’après-midi, une ronde de spectacles, jeux de scène, chants, chorales, groupes de rock, contes, histoires drôles, danses, poésies, présentés par les étudiants ; le soir, bal, cumbia, cumbia… La nuit a été courte. Lever, quatre heures du matin ; départ, six heures.

Avec la petite école, nous avons pu nous faire une idée assez précise de l’organisation sociale et politique des zapatistes, desde abajo y a la izquierda, en bas et à gauche, mais qui a eu l’idée de l’escuelita ?

L’exercice de l’autonomie sociale et politique se déploie ainsi de la région (assemblée communautaire, lieu de débat et de décision où sont désignés les délégués de au conseil municipal) à la commune (conseil municipal et commissions) et de la commune à la « zone » (caracol et conseil de bon gouvernement). Au-delà des caracoles, l’autonomie sociale et politique rencontre la pensée stratégique — qui est en quelque sorte sa limite — comme l’autonomie sociale et politique reste la limite de la pensée stratégique. Cette réciprocité contraint les deux parties à un dialogue continu.

Dans la situation présente, les peuples ne peuvent se dispenser d’une pensée stratégique et c’est bien là que le bât blesse : cette impérieuse nécessité est la source de tous les dangers et de toutes les dérives. « L’aspect fondamental de cette résistance, c’est qu’elle est collective », le sous-commandant Marcos nous avait déjà signalé tout au début du soulèvement zapatiste que le Comité clandestin révolutionnaire indigène (CCRI-CG) ne pouvait prendre aucune initiative d’importance sans l’accord préalable et tacite des populations. La pensée sous son aspect stratégique est au service de cette résistance, l’inverse, les peuples au service d’une pensée stratégique, fruit de quelque cénacle idéologique, produit tous ces revers dont l’histoire des révolutions est grosse. La pensée stratégique ne peut en aucun cas s’imposer contre la collectivité, la violenter, c’est une pensée portée par un consensus, non seulement elle est portée par l’assentiment des guerriers mais aussi par l’approbation de l’ensemble de la société concernée.

La relation que les peuples indiens du Chiapas ont pu nouer avec le groupe de guérilleros au début et ensuite avec le sous-commandant Marcos, chef des forces armées, n’est pas sans rappeler certains cas historiques où les Indiens ont confié leur défense militaire à des transfuges, plus à même de mener campagne par la connaissance qu’ils ont de l’ennemi. Nous avons l’exemple célèbre de Gonzalo Guerrero, marin castillan qui s’échoua avec d’autres naufragés sur la côte yucatèque en 1511. Il rejeta la main tendue de Cortés, devint capitaine des Indiens mayas de la région et fut le promoteur des guerres contre les conquistadores. Il périt en 1536 sur la côte des Hibueras (Honduras) dans un affrontement contre les Espagnols.

La force difficilement contestable du CCRI-CG et de l’EZLN est d’avoir maintenu jusqu’à présent ce lien qui le rattache aux communautés tzeltales, tzotziles, tojolabales, choles, mames, zoques et métisses, ce qui leur a permis, dans les conditions pernicieuses d’une guerre contre-insurrectionnelle permanente, de sauvegarder le processus d’autonomie des communautés en résistance et même de le renforcer considérablement.

La distance qui existe entre le noyau dirigeant que l’on trouve dans le CCRI-CG (auquel nous ajoutons le sous-commandant Marcos) et la vie des communautés se transforme en distance stratégique permettant des initiatives rapides ou plus élaborées. Cependant la direction politico-militaire garde une relation étroite avec les communautés par la voie du dialogue, incitant la collaboration permanente des villages, favorisant la discussion et faisant en sorte que les propositions de l’état-major soient connues, acceptées et retenues par les communautés. Cet échange, cet aller-retour permanent entre ce que nous appelons l’état-major zapatiste et les communautés prend des formes diverses, qui, toutes, contribuent à réduire la distance qui pourrait les séparer : les membres qui composent le CCRI-CG sont issus des communautés dont ils partagent le quotidien et les préoccupations ; même s’il existe un « noyau dur », un renouvellement permanent des commandants et des commandantes se fait autour de ce noyau dur, avec une participation relativement importante des femmes ; les décisions sont présentées, expliquées et discutées dans les assemblées ; les gens eux-mêmes ont été continuellement appelés à participer aux rencontres nationales et internationales qui se sont tenues. La dernière initiative en date est la « petite école », au cours de laquelle des invités, sympathisants de la cause zapatiste, ont pu partager le quotidien d’une famille et surtout saisir sur le vif, de l’intérieur, le travail d’accouchement d’une vie sociale autonome.

Nous pouvons ajouter que la création des conseils régionaux libère l’EZLN des problèmes intérieurs et locaux qu’elle était, par « la force des choses », amenée à résoudre : « Avec ça, je veux dire que la structure militaire de l’EZLN “contaminait” d’une certaine façon une tradition de démocratie et d’autogouvernement, l’EZLN était, pour ainsi dire, un des éléments “antidémocratiques” dans une relation de démocratie directe communautaire (un autre élément antidémocratique, c’est l’Église, mais ce serait le sujet d’un autre texte) » (lettre du sous-commandant Marcos, juillet 2003). Éviter le plus possible de s’immiscer dans les affaires relevant de la société comme celle concernant l’autogouvernement a été un souci constant de l’Armée zapatiste.

Une telle situation, tout à fait nouvelle à notre époque, requiert toute notre attention. Nous pourrions y voir l’embryon de la formation d’un État avec, d’une part, ceux qui ont la pensée stratégique et, d’autre part, la population qui s’autogouverne et connaît une vie sociale qui lui est propre, et penser aux États théocratiques mésoaméricains auxquels j’ai fait allusion plus haut ; pourtant il n’en est rien et il faut remonter plus loin dans le temps pour la comprendre et s’adresser aux tribus amérindiennes. Celles-ci en temps de guerre déléguaient la conduite de la guerre à celui qui, à leurs yeux, était le plus apte à mener bataille, c’était en quelque sorte une délégation de pouvoir pour une tâche bien précise et ce pouvoir disparaissait une fois la mission accomplie.

La position du CCRI-CG n’est pas sans évoquer celle des chefs de guerre dans les sociétés sans État. Mener la guerre est une « charge », dans le sens traditionnel du terme, dont sont investis les commandants du Comité clandestin par leur peuple respectif. « Le meilleur exemple, note Raúl Ornelas [8], est sans aucun doute la déclaration de guerre faite au gouvernement mexicain : discutée, approuvée et signée par des dizaines de milliers d’Indiens zapatistes, elle conduisit à la remise du bâton symbolisant l’autorité, donc le commandement, au Comité clandestin révolutionnaire indigène, désormais chargé de la conduite de la guerre. »

Sixième jour, San Cristobal, onze heures du matin.

Cette rencontre fut tout de même une rencontre à haut risque, pas pour nous, mais pour les zapatistes. Nous, nous venons avec tout notre arsenal de comportements, d’automatismes, de manières d’être, de préjugés, de bonnes consciences, d’idées toutes faites, nous sommes des gens du premier monde, issus du premier monde, modelés, formés, que nous le voulions ou non, par ce « premier » monde, par le monde dominant. Inconsciemment nous cherchons à dominer, chercher à retenir ce réflexe de domination, qui s’exprime de mille manières, est déjà un signe de domination qui ne trompe pas. Que peuvent-ils opposer à cet ego ? La simplicité de l’être dans sa dimension sociale. À la liberté de l’individu réduit à l’immédiateté de l’ego, ils opposent celle de l’être saisi dans sa dimension spirituelle et humaine, « la liberté selon les zapatistes ». Cette simplicité est la force véritable des zapatistes.

Janvier 2014, 
Georges Lapierre

Notes

[1] Escargot, nom donné au centre d’une zone regroupant plusieurs municipalités rebelles.

[2] Bétaillère.

[3] Cf. La Fragile Armada. La marche des zapatistes, Textes choisis et présentés par Jacques Blanc, Yvon Le Bot, Joani Hocquenghem et René Solis, Éditions Métailié, Paris, 2001.

[4] Adhérents d’un parti politique, PRI, PRD, PAN, etc.

[5] Déformation de l’espagnol castellano : castillan.

[6] Angela, porte parole de la nation gitxsan, de la province qu’elle appelle la « Colombie-Britannique occupée » in Hocquenghem, Joani, Le Rendez-vous de Vícam. Rencontre de peuples indiens d’Amérique, Rue des Cascades, Paris, 2008.

[7] EZLN : Ejercito Zapatista de Liberación Nacional (Armée zapatiste de libération nationale).

[8] Ornelas Bernal (Raúl), L’Autonomie, axe de la résistance zapatiste, Rue des Cascades, Paris 2007.

Science: Des chercheurs déterrent la sympathique bactérie Y pestis (peste bubonique) d’un cimetière médiéval…

Posted in actualité, N.O.M, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , on 29 janvier 2014 by Résistance 71

Comment doit-on « prendre cela » ? Comme un avertissement  de la Nature ou des eugénistes en charge ? En général, quand les « blouses blanches » mettent la main sur ce genre de truc… C’est pour le transformer en arme bactériologique… Sûrement déjà fait du reste. Question à toujours se poser: A qui profite encore tout cela ? A l’humanité ? A la science « préventive » ?… Vraiment ?… Ou alors, bientôt des chemtrails à la peste bubonique ? Entre çà et l’ébola en aérosol, ils vont bien réussir à nous pondre une catastrophe bactériologique/virale. 6,5 milliards d’humains à éliminer selon ces ordures de Rockefeller, Rothschild, Gates, Soros… Y a du boulot ! Considérons aussi les dires de scientifiques comme le Dr. Eric Pianka, professeur de zoologie de l’université d’Austin, Texas, pour qui toutes les mesures eugénistes (contrôle des naissances par vaccins, stérilisation de masse etc..) sont trop lentes. Ce professeur au sobriquet de « Dr. Apocalypse » (Dr. Doom) est un partisan de la dispersion du virus ébola pour accélérer le processus d’éradication de la race humaine. Ce type donne cours en université et tout va bien !…

— Résistance 71 —

 

Des scientifiques trouvent l’ADN de la toute première peste bubonique et avertissent d’une potentielle nouvelle épidémie

 

RT

 

28 Janvier 2014

 

url de l’article original:

http://rt.com/news/dna-first-bubonic-plague-278/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Des scientifiques ont reconstruit le génôme de la toute première peste bubonique de l’histoire et l’ont comparé aux deux pandémies ultérieures. Des souches plus sophistiquées de la maladie qui a tuée des millions d’Européens dans des périodes du Moyen-Age pourraient voir le jour dans le futur, avertissent-ils.

Des chercheurs ont réussi à tirer l’ADN de la maladie des dents de deux victimes de la peste du justinien, une pandémie qui balaya l’empire byzantin en 541-42 ap. J.C, victimes trouvées dans un cimetière médiéval en Bavière, d’après une étude publiée mardi par la revue du Lancet sur les maladies infectieuses.

La peste de justinien est pensée avoir éradiqué jusqu’à la moitié de la population médiévale connue à cette époque. La nouvelle recherche clairement fait le lien entre la peste de justinien et la peste bubonique dite peste noire, qui fut diffusée par les rats au XIVème et XVIIème siècles ainsi que quelques autres pandémies ultérieures aux XIXème et XXème siècles.

La recherche montre que ce qui causa les trois pandémies fut la même bactérie Yersina Pestis (Y pestis) ; mais les souches de la première pandémie sont suffisamment différentes de celles des pandémies ultérieures pour alerter les scientifiques, qui croient que la même bactérie avec des lignées d’ADN différentes est un signe assez préoccupant.

Ces résultats montrent que les espèces de rongeurs dans le monde représentent des réservoirs importants pour une réémergence de souches diverses de Y pestis dans les populations humaines”, conclut l’étude.

Hendrik Poinar, le directeur du centre d’études des anciennes ADN de l’université McMaster au Canada a mené cette recherche et croit que les scientifiques doivent garder un œil averti sur la peste dans les populations de rongeurs, qui sont les porteurs principaux de la maladie, afin de prévenir de nouvelles apparitions futures chez les humains.

Tandis que les antibiotiques modernes sont capables d’arrêter les souches connues de pestes, le chercheur n’a pas exclu la possibilité pour des mutations potentiellement dangereuse de la bactérie. Si une version aériennes émergeait, la peste de ce type pourrait tuer les gens en 24 heures après infection, a averti Poinar.

Si nous assistons à des morts massives de rongeurs quelque part dans le monde avec la peste, alors cela deviendrait alarmant”, a dit le scientifique à Associated Press.

L’avertissement a été repris par Tom Gilbert, un professeur d’histoire naturelle au musée du Danemark, qui a écrit un commentaire accompagnant l’étude.

 “Ce que cela montre est que la peste est passée aux humains en plusieurs occasions et est devenue dévastatrice. Ceci montre que ce saut n’est pas difficile à effectuer et n’a pas été un manque de pot.”

La peste, une des plus anciennes maladies connues, demeure endémique (régionalisée) dans des zones surtout tropicales et sub-tropicales, d’après l’OMS. Une maladie de rongeurs, qui se propage par la piqûre des puces. Il y a environ 2000 personnes par an dans le monde qui souffrent de cette maladie.

Lorsqu’il est rapidement diagnostiqué et promptement traité, le patient guérit de la peste, réduisant la mortalité de 60 à moins de 15% dit l’OMS.

Sciences, eugénisme et Nouvel Ordre Mondial: Bill Gates, Rockefeller & Co planifient le génocide planétaire…

Posted in actualité, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, OGM et nécro-agriculure, politique et lobbyisme, politique et social, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 28 janvier 2014 by Résistance 71

Nous l’avions dit il y a plusieurs années déjà: l’escroquerie au réchauffement climatique anthropique dévoilée (surtout depuis le ClimateGate de 2009 et la révélation des données de la stagnation des température depuis maintenant 17 ans…) sera remplacée par une poussée du bon vieux Malthus et ses fadaises sur la « surpopulation » de la planète, le tout mâtiné d’imbécilités à la sauce darwiniste-sociale classique… Nous y sommes… On peut lire dans la fange oligarchique (presque) comme dans un livre ouvert…

Grand temps de mettre un coup d’arrêt et de balais dans toute cette fange pseudo-scientifique et véritablement criminelle !

— Résistance 71 —

 

Eugénisme et contrôle de la population: Comment les 85 personnes les plus riches du monde voient les 3,5 milliards les plus pauvres

 

Aaron Dykes & Melissa Melton

 

26 janvier 2014

 

url de l’article:

http://truthstreammedia.com/eugenics-and-population-control-how-the-85-richest-see-the-3-5-billion-poorest/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistsance 71 ~

 

Avec un timing imparable, Bill et Melinda Gates ont publié une lettre dans le Wall Street Journal au sujet des trois mythes sur les pauvres du monde, coïncidant avec un rapport annonçant que les 85 personnes les plus riches du monde (une liste dont ils font solidement partie…) ont plus d’argent que les 3,5 milliards plus pauvres de la planète, concrètement la moitié de la population terrestre.

Vidéo: Bill Gates applaudit le suicide démographique des populations:

http://www.youtube.com/watch?v=PMCAVORRl4c

Ceci représente un fossé complètement fou. Ces gens et leurs multi-mega-milliards règnent essentiellement sur le monde.
Dans le troisième mythe de leur réponse, les Gates félicitent la Thaïlande comme bon exemple de planification familiale parce que les femmes thaïlandaises sont passées de 6 enfants en moyenne par femme il y a encore quelques décennies, à juste 1,6 enfant par femme aujourd’hui.

Il y a simplement un problème. Le taux de remplacement de la population, qui est le nombre d’enfants nécessaires pour maintenir une population stable ; ce taux est de 2,1 enfants par femme (mais il est plus haut pour les pays ayant une plus grande mortalité). Ce qui veut dire qu’aujourd’hui la Thaïlande est en dessous du taux de remplacement de sa population, une réalité qui torpille les fondations socio-économiques du pays. C’est si terrible en Thaïlande (NdT: et que dire du Japon où le taux est récemment tombé à 1,2…), que des articles ont décrit en détail la “crise du vieillissement de la population” auquelle doit maintenant faire face le pays à cause de son taux de fécondité très bas. En fait, toutes la nations asiatiques font maintenant face à ce problème et la vaste majorité des pays développés est aussi sous le taux de remplacement de leur population.

Comptez sur Bill Gates, milliardaire eugéniste extraordinaire, pour applaudir les pays qui commettent un suicide démographique.

Pour plus d’info sur la “bonne conscience” et le complexe de l’industrie de la charité, voir:http://www.nytimes.com/2013/07/27/opinion/the-charitable-industrial-complex.html?_r=0

Population Control: A Centuries Old Agenda Driven by Philanthropic Dollars

Depuis un peu plus d’un siècle, depuis sa formation en 1913, la Fondation Rockefeller et d’autres organisations créées par la dynastie des Rockefeller ont mené les attitudes vers le contrôle des naissances, des populations et l’eugénisme.

L’argent de l’élite de la côte Est des Etats-Unis s’est joint à celui de la foule scientifique d’inclinaison aristocratique de la Grande-Bretagne pour créer une tentative organisée pour établir l’eugénisme comme mode de pensée qui permettrait un contrôle de l’élite et donnerait une raison pour intervenir dans la procréation de ceux qui seraient jugées impropres à la reproduction. Les magnats industriels ont jeté leur richesse derrière les champs du travail social, de la génétique, de la médecine, des agences de santé publique et de politiques pour établir de nouveaux bureaux, de nouvelles organisations et de nouvelles lois pour renforcer la mise en application de l’eugénisme, déclarant les “tarés” n’ayant plus droit à la reproduction, tout en glorifiant la reproduction des meilleurs comme ceux faisant progresser la race de l’état du monde.

Les Rockefeller furent des leaders dans ce domaine, utilisant leur fondation pour poursuivre des recherches sur l’eugénisme dans les universités et tentant de créer un “nouvel homme” en contrôlant la science de la vie et en établissant une tyrannie sur le cycle de reproduction. De manière privée, la famille Rockefeller finança Margaret Sanger, fondatrice d’une organisation qui devint Planned Parenthood et qui fut à la pointe de controverse dans un témoignage devant le congrès pour avoir effreint la loi en promouvant la contraception (et la stérilisation). Elle finança également des eugénistes extrêmes comme Paul Popenoe aux Etats-Unis et le Kaiser Wilhem Institute en Allemagne nazie, qui fut mis en place spécialement pour étudier l’eugénisme sous la responsabilité d’individu comme le tristement célèbre Dr Joseph Mengele.

Après la seconde guerre mondiale et la marque infâmante laissée par les nazis, les Rockefeller aidèrent l’eugénisme à muer de ses associations macabres et le fit renommer sous une étiquette comme celle de “Family Planning & Worldwide Planned Parenthood” au travers d’organisations comme celle notablement de John D. Rockefeller III et son Population Council ou Conseil sur la Population. L’argent des Rockefeller paya pour une vaste propagande et institua une campagne de programmes de stérilisation involontaire à Porto-Rico, au Brésil et en Californie même, parmi quelques endroits où ils furent effectués. Les ministères de plannification familiale nationale en Inde, en Chine au Pérou et ailleurs ont alors mis en place des campagnes de stérilisation obligatoire et/ou des limites de naissance comprenant des méthodes dictatoriales et génocidaires de contrôle des populations. Les programmes de planification familale furent poussés dans presque tous les pays en voie de développement du monde, avec une instance toute particulière sur les pays ayant un fort taux de croissance démographique, ce qui fut exprimé en écho dans la célèbre National Security Memorandum 200 d’Henry Kissinger en 1974, qui identifiait la population comme la menace majeure à la sécurité nationale et recommandait l’utilisation de “la nourriture comme arme” afin de faire chuter la croissance démographique.

Dans les années qui suivirent, la Fondation Rockefeller finança le développement de plantes génétiquement modifiées contenant des contraceptifs, comme au travers des travaux de Charles Arntzen. La Fondation Rockefeller finança aussi en catimini un vaccin stérilisant à l’HcG qui fut utilisé dans le vaccin du tétanos pour déclancher des avortment chimiquement induit chez des femmes enceintes et la stérilité chez de jeunes femmes vaccinées. Des études scientifiques ont démontré l’utilisation de ces vaccins trafiqués à des fins de stérilisation en Thaïlande et aux Philippines.

Tout ceci fut fait alors que les dollars des Rockefeller finançaient également lourdement l’industrie médicale et pharmaceutique et poussaient pour l’utilisation des vaccins dans le monde. Plus récemment, la Fondation Bill & Melinda Gates est devenue le plus grand philanthrope et a formé des alliances multiples avec la Fondation Rockefeller, étant d’accord pour utiliser leurs fortunes pour remplir leurs buts. Ceci peut-être vu dans l’alliance GAVI de la vaccination, AGRA (Alliance for a Green Revolution in Africa, NdT: à grand renfort d’OGM bien entendu !…) et CGIAR (Consultative Group on International Agriculture Research), parmi d’autres, qui poussent pour toujours plus de vaccins et de cultures OGM dans les pays en voies de développement tout comme développés.

Depuis cette époque, Gates et Rockefeller ont poussé le bouchon encore plus loin, organisant une réunion secrète entre milliardaires “philanthropes” du style de celle du Bilderberg pour coordonner l’agenda des efforts du contrôle de la population et autres sujets dominants. Cette réunion fut couverte par les médias avec tout l’apparat nécessaire, faisant le portrait de ces milliardaires barjots de contrôle comme celui de super-héros et de “sauveurs de la planète”.

Aaron Dykes a couvert précédemment comment les fonds aloués par la Fondation Gates paient de manière inadvertente pour une bonne publicité Voici juste quelques exemples de couverture dégoulinante dans un article de London Guardian en 2009, de ce soi-disant “Good Club” (NdT: Lien vers cet article dans l’article original en anglais)

  • “Peu doutent des bonnes intentions de Gates et Winfrey et de leur espèce. Ils ont déjà amélioré les conditions de vie de millions de personnes dans les pays en voie de développement. Mais les personnes les plus riches du monde peuvent-elles sauver la planète ?
  • “Des sources disent que Gates fut le plus brilant orateur, tandis que Turner fut le plus locace”.
  • “Il y a peu de doute que les membres du ‘Good Club’ ont fait un super boulot”.
    • “ [Editor’s Note: Soros’s actions here are less philanthropy
      “La Fondation Soros a fait un très bon travail en créant des institutions démocratiques et des médfias indépendants à travers les pays de l’ex-bloc de l’Est” et même sans conteste est prône à couvrir des changements de régimes politiques en tandem avec les objectifs des Etats-Unis…

Ce type de propagande se lit partout, elle est faite sur mesure pour brosser la manche de ces milliardaires comme Gates et Rockefeller, les mettant sur un piedestal qui protège leur importance et leur donne du crédit pour s’être appointés eux-mêmes à la barre du bateau mondial et ce de manières décidément non démocratiques.

Le Guardian a néanmoins émit quelques critiques de ce “Good Club”, Paul Harris écrit:

L’existence de ce Good Club fait penser à beaucouo que cela est une épée à double tranchant. D’un côté ils représentent un nouvel âge d’or de la philanthropie, rappelant les débuts du XXème siècle quand les gens comme Rockefeller, Vanderblit et Carnegie devinrent célèbres pour leur travail caritatif. Pourtant la portée et le pouvoir de ce Good Club sont vraiment nouveaux. Ses membres contrôlent une énorme richesse et avec cette richesse vient un énorme pouvoir qui pourrait remodeler les nations en accord avec leur volonté.
[…]
Il y a aussi le problème de la responsabilité, même le plus répressif des gouvernements est quand mème tenu par son peuple ou a la capacité de changer et réformer sous la pression populaire. Mais qui vote pour le Good Club ? Personne. C’est tout le problème. Ceci est une toute petite classe de gens qui se sont nommés eux-mêmes pour règler les problèmes du monde, à leur façon.

La même disparité de richesse qui a créée les 85 plus riches personnes du monde comme plus riches que la moitié de la population mondiale, leur a donné un melon sufisamment gros pour qu’ils puissent décider eux-mêmes de ce qui est bon. Qui les arrêtera ? Qui montrera du doigt même le mal fait, plutôt que de juste assumer qu’ils sont des saints et les remercier leurs actions unilatérales?

Comprendre pour mieux résister: La société et le principe d’état… 2ème partie

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 28 janvier 2014 by Résistance 71

2014 année du bicentenaire de la naissance du grand théoricien et militant anarchiste russe Mikhaïl Bakounine. A cette occasion, nous publions un texte rare d’un manuscrit inédit de l’auteur sur sa réflexion ultime sur l’État.

A lire et diffuser sans modération…

— Résistance 71 —

 

Le Principe de l’État

Manuscrit inédit de Michel Bakounine (1896)

 

1ère partie

 

~ 2ème partie ~

Les métaphysiciens modernes, à partir du XVIIe siècle, ont essayé de rétablir la morale, en la fondant non sur Dieu, mais sur l’homme. Par malheur, obéissant aux tendances de leur siècle, ils avaient pris pour point de départ non l’homme social, vivant et réel, qui est le double produit de la nature et de la société, mais le Moi abstrait de l’individu, en dehors de tous ses liens naturels et sociaux, celui même que divinisa l’égoïsme chrétien, et que toutes les Églises, tant catholique que protestantes, adorent comme leur Dieu.

Comment est né le Dieu unique des monothéistes ? Par l’élimination nécessaire de tous les êtres réels et vivants.

Pour expliquer ce que nous entendons par là,il devient nécessaire de dire quelques mots sur la religion. Nous voudrions bien ne pas en parler du tout, mais par le temps qui court il devient impossible de traiter les questions politiques et sociales sans toucher à la question religieuse.

C’est bien à tort qu’on a prétendu que le sentiment religieux n’est propre qu’aux hommes ; on en retrouve parfaitement tous les éléments fondateurs dans le monde animal, et parmi ces éléments le principal, c’est la peur. « La crainte de Dieu », disent les théologiens, « est le commencement de la sagesse. » Eh bien ! cette crainte ne se retrouve-t-elle pas, excessivement développée, dans les bêtes, et tous les animaux ne sont-ils pas constamment effarouchés. Tous éprouvent une terreur instinctive vis-à-vis de la toute-puissante nature qui les produit, les élève, les nourrit, il est vrai, mais qui en même temps les écrase, les enveloppe de toutes parts, en menaçant leur existence à chaque heure et qui finit toujours par les tuer.

Comme les animaux de toutes les autres espèces n’ont pas cette puissance d’abstraction et de généralisation dont l’homme seul est doué, ils ne se représentent pas la totalité des êtres que nous appelons la nature, mais ils la sentent et ils en ont peur. C’est là le vrai commencement du sentiment religieux.

L’adoration même ne manque pas. Sans parler du tressaillement d’allégresse qu’éprouvent tous les êtres vivants au lever du soleil, ni de leurs gémissements à l’approche d’une de ces terribles catastrophes naturelles qui les détruisent par milliers, — on n’a qu’à considérer, par exemple, l’attitude du chien en présence de son maître. N’est-ce pas là tout à fait celle de l’homme vis-à-vis de son Dieu ?

L’homme aussi n’a pas commencé par la généralisation des phénomènes naturels, et il n’est arrivé à la conception de la nature comme être unique, qu’après bien des siècles de développement moral. L’homme primitif, le sauvage, peu différent du gorille, partagea sans doute très longtemps toutes les sensations et les représentations instinctives du gorille ; ce ne fut que très à la longue qu’il commença à en faire l’objet de ses réflexions, d’abord nécessairement enfantines, à leur donner un nom, et par là même à les fixer dans son esprit naissant.

Ce fut ainsi que le sentiment religieux qu’il avait en commun avec les animaux des autres espèces prit corps, devint en lui une représentation permanente et comme le commencement d’une idée, celle de l’existence occulte d’un être supérieur et beaucoup plus puissant que lui et généralement très cruel et très malfaisant, de l’être qui lui fait peur, en un mot, de son Dieu.

Tel fut le premier Dieu, tellement rudimentaire, il est vrai, que le sauvage qui le cherche partout pour le conjurer, crut le trouver parfois dans un morceau de bois, dans un torchon, un os ou une pierre : ce fut l’époque du fétichisme dont nous retrouvons encore aujourd’hui des vestiges dans le catholicisme.

Il fallut, sans doute, des siècles encore pour que l’homme sauvage passât du culte des fétiches inanimés à celui des fétiches vivants, à celui des sorciers. Il y arrive par une longue série d’expériences et par le procédé de l’élimination : ne trouvant pas la puissance redoutable qu’il voulait conjurer dans les fétiches, il la cherche dans l’homme-Dieu, le sorcier.

Plus tard et toujours par ce même procédé d’élimination et en faisant abstraction du sorcier, dont l’expérience lui avait enfin démontré l’impuissance, l’homme sauvage adora tour à tour les phénomènes les plus grandioses et les plus terribles de la nature : la tempête, le tonnerre, le vent et continuant ainsi, d’élimination en élimination, il monta enfin au culte du soleil et des planètes. Il paraît que l’honneur d’avoir créé ce culte appartient aux peuples païens.

C’était déjà un très grand progrès. Plus la divinité, c’est-à-dire la puissance qui fait peur, s’éloignait de l’homme et plus elle paraissait respectable et grandiose. Il n’y avait plus qu’un seul grand pas à faire, pour l’établissement définitif du monde religieux, ce fut d’arriver à l’adoration d’une divinité invisible.

Jusqu’à ce salto mortale de l’adoration du visible à l’adoration de l’invisible, les animaux des autres espèces avaient pu, à la rigueur, accompagner leur frère cadet, l’homme, dans toutes ses expériences théologiques. Car eux aussi adorent à leur manière tous les phénomènes de la nature. Nous ne savons pas ce qu’ils peuvent éprouver pour les autres planètes ; toutefois, nous sommes certains que la lune et surtout le soleil exercent sur eux une influence très sensible. Mais la divinité invisible n’a pu avoir été inventée que par l’homme.

Mais l’homme lui-même, par quel procédé a-t-il pu découvrir cet être invisible, dont aucun de ses sens, pas même sa vue n’ont pu l’aider à constater la réelle existence, et au moyen de quel artifice a-t-il pu en reconnaître la nature et les qualités ? Quel est enfin cet être supposé absolu et que l’homme a cru avoir trouvé au-dessus et en dehors de toutes choses.

Le procédé ne fut autre que cette opération bien connue de l’esprit que nous appelons abstraction ou élimination, et le résultat final de cette opération ne peut être que l’abstrait absolu, le rien, le néant. Et c’est précisément ce néant que l’homme adore comme son Dieu.

En s’élevant par son esprit au-dessus de toutes les choses réelles et vivantes, y compris son propre corps, en faisant abstraction de tout ce qui est sensible ou même seulement visible, y compris le firmament avec toutes les étoiles, l’homme se trouve en face du vide absolu, du néant indéterminé, infini, sans aucun contenu, comme sans aucune limite.

Dans ce vide l’esprit de l’homme qui l’avait produit au moyen de l’élimination de toutes choses, ne put rencontrer nécessairement que lui-même à l’état de puissance abstractive qui voyant tout détruit et n’ayant plus rien à éliminer, retombe sur elle-même dans une inaction absolue, et qui, se considérant elle-même dans cette complète inaction, qui lui paraît sublime, comme un être différent d’elle-même, se pose comme son propre Dieu et s’adore.

Dieu n’est donc autre chose que le Moi humain devenu absolument vide à force d’abstraction ou d’élimination de tout ce qui est réel et vivant. C’est précisément de cette manière que l’avait conçu Bouddha, qui de tous les révélateurs religieux, fut certainement le plus profond, le plus sincère, le plus vrai.

Seulement Bouddha ne savait pas et ne pouvait pas savoir que c’était l’esprit humain lui-même qui avait créé ce dieu-néant. C’est à peine vers la fin du siècle dernier qu’on a commencé à s’en apercevoir, et ce n’est que dans notre siècle à nous que grâce à des études beaucoup plus approfondies sur la nature et sur les opérations de l’esprit humain, on est parvenu à s’en rendre compte tout à fait.

Alors que l’esprit humain créa Dieu, il procéda avec la plus complète naïveté ; et sans s’en douter le moins du monde, il put s’adorer dans son dieu-néant.

Cependant il ne pouvait s’arrêter devant ce néant qu’il avait fait lui-même, il devait à toute force le remplir et le faire redescendre sur la terre, dans la réalité vivante. Il arriva à cette fin toujours avec la même naïveté et par le procédé le plus naturel, le plus simple. Après avoir divinisé son propre moi arrivé à cet état d’abstraction ou de vide absolu, il s’agenouilla devant lui, l’adora et le proclama la cause et l’auteur de toutes choses ; ce fut le commencement de la théologie.

Alors il se fit un revirement complet, décisif, fatal, historiquement inévitable sans doute, mais tout de même excessivement désastreux dans toutes les conceptions humaines.

Dieu, le néant absolu, fut proclamé le seul être vivant, puissant et réel, et le monde vivant et, par une conséquence nécessaire, la nature, toutes les choses effectivement réelles et vivantes en tant que comparées à ce dieu, furent déclarées néant. C’est le propre de la théologie de faire du néant le réel, et du réel le néant.

Procédant toujours avec la même naïveté et sans avoir la moindre conscience de ce qu’il faisait, l’homme usa d’un moyen très ingénieux et très naturel à la fois pour remplir le vide effrayant de sa divinité : il lui attribua tout simplement, en les exagérant toutefois jusqu’à des proportions monstrueuses, toutes les actions, toutes les forces, toutes les qualités et propriétés, bonnes ou mauvaises, bienfaisantes ou malfaisantes, qu’il trouva tant dans la nature que dans la société. Ce fut ainsi que la terre, mise au pillage, s’appauvrit au profit du ciel, qui s’enrichit de ses dépouilles.

Il en résulta ceci, que plus le ciel, l’habitation de la divinité, s’enrichit et plus la terre devenait misérable, et qu’il suffit qu’une chose fût adorée dans le ciel, pour que tout le contraire de cette chose se trouvât réalisé dans ce bas monde. C’est ce qu’on appelle les fictions religieuses ; à chacune de ces fictions correspond, on ne le sait que trop bien, quelque réalité monstrueuse ; — ainsi l’amour céleste n’a jamais eu d’autre effet que la haine terrestre, la bonté divine n’a jamais produit que le mal, et la liberté de Dieu signifia l’esclavage ici-bas. Nous verrons bientôt qu’il en est de même pour toutes les fictions politiques et juridiques, les unes comme les autres n’étant d’ailleurs que des conséquences ou des transformations de la fiction religieuse.

Ce n’est pas d’un seul coup que la divinité assuma ce caractère absolument malfaisant. Dans les religions panthéistes de l’Orient, dans le culte des brahmanes et dans celui des prêtres de l’Égypte, aussi bien que dans les croyances phéniciennes et syriennes, elle se présente déjà sous un aspect bien terrible. — L’Orient fut de tout temps et reste encore aujourd’hui, dans une certaine mesure au moins, la patrie de la divinité despotique, écrasante et féroce, négation de l’esprit et de l’humanité. C’est aussi la patrie des esclaves, des monarques absolus et des castes.

En Grèce la divinité s’humanise, — son unité mystérieuse reconnue en Orient seulement par les prêtres, son caractère atroce et sombre sont relégués dans le fond de la mythologie hellénique, — au panthéisme succède le polythéisme. L’Olympe, image de la fédération des villes grecques, est une sorte de république très faiblement gouvernée par le père des dieux, Jupiter, qui lui-même obéit aux décrets du destin.

Le destin est impersonnel ; c’est la fatalité même, la force irrésistible des choses, devant laquelle tout doit plier, hommes et dieux. D’ailleurs, parmi ces dieux, créés par les poètes, aucun n’est absolu ; chacun représente seulement un côté, une partie soit de l’homme, soit de la nature en général, sans pourtant cesser d’être pour cela des êtres concrets et vivants. Ils se complètent mutuellement et forment un ensemble très vivant, très gracieux et surtout très humain.

Rien de sombre dans cette religion, dont la théologie fut inventée par les poètes, chacun y ajoutant librement quelque dieu ou quelque déesse nouvelle, selon les besoins des cités grecques, dont chacune tenait à l’honneur d’avoir sa divinité tutélaire, représentante de son esprit collectif. Ce fut la religion non des individus, mais de la collectivité des citoyens d’autant de patries restreintes et (la première partie d’un mot illisible) …ement libres, liées d’ailleurs entre elles plus ou moins par une sorte de fédération très imparfaitement organisée et très (un mot illisible).

De tous les cultes religieux que nous montre l’histoire ce fut certainement le moins théologique, le moins sérieux, le moins divin et à cause de cela même le moins malfaisant, celui qui entrava le moins le libre développement de la société humaine. — La seule pluralité des dieux à peu près égaux en puissance était une garantie contre l’absolutisme ; persécuté par les uns, on pouvait chercher protection chez les autres, et le mal causé par un dieu trouvait sa compensation par le bien produit par un autre. Il n’y avait donc pas dans la mythologie grecque cette contradiction logiquement aussi bien que moralement monstrueuse, que le bien et le mal, la beauté et la laideur, la bonté et la méchanceté, la haine et l’amour se trouvent concentrés dans une seule et même personne, comme cela se présente fatalement dans le dieu du monothéisme.

Cette monstruosité, nous la trouvons tout active dans le dieu des juifs et des chrétiens. Elle était une conséquence nécessaire de l’unité divine ; et, en effet, cette unité une fois admise, comment expliquer la coexistence du bien et du mal ? Les anciens Perses avaient au moins imaginé deux dieux : l’un, celui de la Lumière et du Bien, Ormuzd ; l’autre, celui du Mal et des Ténèbres, Ahriman ; alors il était naturel qu’ils se combattent, comme le mal et le bien se combattent et l’emportent tour à tour dans la nature et dans la société. Mais comment expliquer qu’un seul et même Dieu, tout-puissant, tout vérité, amour, beauté, ait pu donner naissance au mal, à la haine, à la laideur, au mensonge ?

Pour résoudre cette contradiction, les théologiens juifs et chrétiens ont eu recours aux inventions les plus révoltantes et les plus insensées. D’abord, elles attribuèrent tout le mal à Satan. Mais Satan d’où vient-il ? Est-il, comme Ahriman, l’égal de Dieu ? Pas du tout ; comme tout le reste de la création, il est l’œuvre de Dieu. Donc ce fut Dieu qui engendra le mal. Non, répondent les théologiens, Satan fut d’abord un ange de lumière, et ce ne fut qu’après sa révolte contre Dieu qu’il devint l’ange des ténèbres. Mais si la révolte est un mal, — ce qui est très sujet à caution, et nous croyons au contraire qu’elle est un bien, puisque, sans elle, il n’y aurait jamais eu d’émancipation sociale, — si elle constitue un crime, qui a créé la possibilité de ce mal ? Dieu, sans doute, vous répondront encore les mêmes théologiens, mais il n’a rendu le mal possible que pour laisser aux anges comme aux hommes, le libre arbitre, et qu’est-ce que le libre arbitre ? C’est la faculté de choisir entre le bien et le mal, et de se décider spontanément soit pour l’un soit pour l’autre. Mais pour que les anges et les hommes aient pu choisir le mal, aient pu se décider pour le mal, il faut que le mal ait existé indépendamment d’eux, et qui a pu lui donner cette existence, sinon Dieu ?

Aussi, prétendent les théologiens, après la chute de Satan qui précéda celle de l’homme, Dieu, sans doute éclairé par cette expérience, ne voulant pas que d’autres anges suivent l’exemple fatal de Satan, les priva du libre arbitre, ne leur laissant plus que la faculté du bien, de sorte que désormais ils sont forcément vertueux et ne s’imaginent plus d’autre félicité que de servir éternellement comme valets ce terrible seigneur.

Toutefois, il paraît que Dieu n’a pas été suffisamment éclairé par sa première expérience, puisque, après la chute de Satan, il créa l’homme, et par aveuglement ou méchanceté, ne manqua pas de lui accorder ce don fatal du libre arbitre qui a perdu Satan et qui devait le perdre aussi.

La chute de l’homme, aussi bien que celle de Satan, était fatale, puisqu’elle avait été déterminée, de toute éternité, dans la prescience divine. D’ailleurs, sans remonter si haut, nous nous permettrons d’observer que la simple expérience d’un honnête père de famille aurait dû empêcher le bon Dieu de soumettre ces malheureux premiers hommes à la fameuse tentation. Le plus simple père de famille sait fort bien qu’il suffit qu’on interdît aux enfants de toucher à une chose pour qu’un instinct de curiosité invincible les force à y toucher absolument. Aussi s’il aime les enfants et s’il est réellement juste et bon leur épargnera-t-il cette épreuve aussi inutile que cruelle.

Dieu n’eut ni cette raison, ni cette bonté, ni cette (un mot illisible) et quoiqu’il sut d’avance qu’Adam et Ève devaient succomber à la tentation, aussitôt cette faute commise, ne voilà-t-il pas qu’il se laisse emporter par une fureur vraiment divine. Il ne se contente pas de maudire les malheureux désobéissants, il maudit toute leur descendance jusqu’à la fin des siècles, vouant aux tourments de l’enfer des milliards d’hommes qui étaient évidemment innocents puisqu’ils n’étaient pas même nés lorsque la faute fut commise. Il ne se contenta pas même de maudire les hommes, il maudit avec eux toute la nature, sa propre création, qu’il avait trouvé lui-même si bien faite.

Si un père de famille en avait agi de même, ne l’aurait-on pas déclaré fou à lier ? Comment donc les théologiens ont-ils osé attribuer à leur Dieu ce qu’ils auraient trouvé absurde, cruel, (un mot illisible), anormal de la part d’un homme. Ah c’est qu’ils ont eu besoin de cette absurdité ! Comment donc auraient-ils expliqué l’existence du mal dans ce monde qui devait être sorti parfait des mains d’un ouvrier si parfait, de ce monde créé par Dieu lui-même ?

Mais une fois la chute de l’homme admise, toutes les difficultés s’aplanissent et s’expliquent. Ils le prétendent au moins. La nature, d’abord parfaite, devient tout d’un coup imparfaite, toute la machine se détraque ; à l’harmonie primitive succède le choc désordonné des forces ; la paix qui régnait d’abord entre toutes les espèces d’animaux, fait place à ce carnage effroyable, à l’entre-dévorement mutuel ; et l’homme, le roi de la nature, la surpasse en férocité. La terre devient la vallée de sang et de larmes, et la loi de Darwin — la lutte pour l’existence impitoyable — triomphe dans la nature et dans la société. Le mal déborde le bien, Satan étouffe Dieu.

Et une pareille ineptie, une fable aussi ridicule, révoltante, monstrueuse a pu être sérieusement répétée par de grands docteurs en théologie pendant plus de quinze siècles, que dis-je, elle l’est encore aujourd’hui ; plus que cela, elle est officiellement, obligatoirement enseignée dans toutes les écoles de l’Europe. Que faut-il donc penser de l’espèce humaine après cela ? Et n’ont-ils pas mille fois raison ceux qui prétendent que nous trahissons même encore aujourd’hui notre très proche parenté avec le gorille ?

Mais là ne s’arrête pas l’esprit (un mot illisible) des théologiens chrétiens. Dans la chute de l’homme et dans ses conséquences désastreuses tant pour sa nature que pour lui-même, ils ont adoré la manifestation de la justice divine. Puis ils se sont rappelé que Dieu n’était pas seulement la justice, mais qu’il était encore l’amour absolu et, pour concilier l’une avec l’autre, voici ce qu’ils ont inventé :

Après avoir laissé cette pauvre humanité pendant quelques milliers d’années sous le coup de sa terrible malédiction, qui eut pour conséquence de vouer quelques milliards d’êtres humains à la torture éternelle, il sentit l’amour se réveiller dans son sein, et alors que fit-il ? Retire-t-il de l’enfer les malheureux torturés ? Non, pas du tout ; c’eût été contraire à son éternelle justice. Mais il avait un fils unique ; comment et pourquoi il l’avait, est un de ces mystères profonds que les théologiens, qui le lui ont donné, déclarent impénétrable, ce qui est une manière naturellement commode de se tirer d’affaire et de résoudre toutes les difficultés. Donc, ce père plein d’amour, dans sa suprême sagesse, décide d’envoyer son fils unique sur la terre, afin qu’il s’y fasse tuer pour les hommes, pour sauver non les générations passées, ni même les générations à venir, mais, parmi ces dernières, comme le déclare l’Évangile lui-même, et comme le répète chaque jour l’Église tant catholique que protestante, seulement un fort petit nombre d’élus.

Et maintenant la carrière est ouverte, c’est, comme nous l’avons dit plus haut, une sorte de course au clocher, un sauve-qui-peut, à qui sauvera son âme. Ici les catholiques et les protestants se divisent : les premiers prétendent qu’on n’entre au paradis qu’avec la permission spéciale du saint-père le pape ; les protestants affirment, de leur côté, que la grâce immédiate et directe du bon Dieu seul en ouvre les portes. Cette grave dispute continue encore aujourd’hui ; nous ne nous en mêlerons pas.

Résumons en peu de mots la doctrine chrétienne :

Il est un Dieu : Être absolu, éternel, infini, tout-puissant, il est l’omniscience, la vérité, la justice, la beauté et la félicité, l’amour et le bien absolus. En lui tout est infiniment grand, en dehors de lui le Néant. Il est, à la fin des comptes, l’Être lui-même, l’Être unique.

Mais voici que du Néant, — qui par là même paraît avoir eu une existence à part, en dehors de lui, ce qui implique une contradiction et une absurdité, puisque Dieu existant partout, remplissant de son être l’espace infini, rien, pas même le Néant ne peut exister en dehors de lui, ce qui fait croire que le Néant dont nous parle la Bible fut en Dieu, c’est-à-dire que ce fut l’Être divin lui-même qui fut le Néant ; — de ce Néant, Dieu créa le monde.

Ici se pose d’elle-même une question. La création fut-elle accomplie de toute éternité ou bien dans un moment donné dans l’éternité ? Dans le premier cas, elle est éternelle comme Dieu lui-même et ne peut pas avoir été créée ni par Dieu ni par personne ; car l’idée de la création implique la précédence du créateur à la créature. Comme toutes les idées [théologiques l’idée de la création est une idée tout humaine, prise dans la pratique de l’humaine société. Ainsi l’horloger crée une montre, l’architecte une maison, etc. Dans tous ces cas le producteur existe créant (?) le produit, en dehors du produit, et c’est là ce qui constitue essentiellement l’imperfection, le caractère relatif et pour ainsi dire dépendant tant du producteur que du produit.

Mais la théologie, comme elle le fait d’ailleurs toujours, a pris cette idée et ce fait tout humain de la production, et l’appliquant à son Dieu, l’étendant à l’infini et le faisant sortir par là même de ses proportions naturelles, elle en a fait une imagination aussi monstrueuse qu’absurde.

Donc, si la création est éternelle, elle n’est point création. Le monde n’a pas été créé par Dieu, par conséquent il a une existence et un développement indépendants de lui, — l’éternité du monde est la négation de Dieu même, — Dieu étant essentiellement le Dieu créateur.

Donc le monde n’est plus éternel, — il y eut une époque dans l’éternité où il n’existait pas. Donc il se passa toute une éternité pendant laquelle Dieu absolu, tout-puissant, infini, ne fut pas un Dieu créateur, ou ne le fut qu’en puissance, non dans le fait.

Pourquoi ne le fut-il pas ? Était-ce par caprice de sa part, ou bien avait-il besoin de se développer pour arriver à la fois à la puissance effective de créer ?

Ce sont des mystères insondables, disent les théologiens. Ce sont des absurdités imaginées par vous-mêmes, leur répondons-nous. Vous commencez par inventer l’absurde, puis vous nous l’imposez comme un mystère divin, insondable et d’autant plus profond qu’il est plus absurde.

C’est toujours le même procédé : Credo quia absurdum.

Une autre question : La création, telle qu’elle sortit des mains de Dieu, fut-elle parfaite ? Si elle ne le fut pas, elle ne pouvait être la création de Dieu, car l’ouvrier, c’est l’Évangile lui-même qui le dit, se juge d’après le degré de perfection de son œuvre. Une création imparfaite supposerait nécessairement un créateur imparfait. Donc, la création fut parfaite.

Mais si elle (le) fut, elle ne put avoir été créée par personne, car l’idée de la perfection absolue exclut toute idée de dépendance ou même de relation. En dehors de lui rien ne saurait exister. Si le monde est parfait, Dieu ne peut exister.

La création, répondront les théologiens, fut assurément parfaite, mais seulement par rapport à tout ce que la nature ou les hommes peuvent produire, non par rapport à Dieu. Elle fut parfaite, sans doute, mais non parfaite comme Dieu.

Nous leur répondrons de nouveau que l’idée de la perfection n’admet pas de degrés comme ne l’admettent pas l’idée de l’infini, ni celle de l’absolu. Il ne peut y avoir là ni de plus ni de moins. La perfection est une. Si donc la création fut moins parfaite que le créateur, elle fut imparfaite. Et alors nous reviendrons à dire que Dieu créateur d’un monde imparfait n’est qu’un créateur imparfait, ce serait derechef la négation de Dieu.

On voit que de toutes les manières l’existence de Dieu est incompatible avec celle du monde. Le monde existant, Dieu ne peut être. Passons outre.

Donc, ce Dieu parfait crée un monde plus ou moins imparfait. Il le crée dans un moment donné de l’éternité, par caprice, et sans doute pour désennuyer sa majestueuse solitude. Autrement, pourquoi l’aurait-il créé ? Mystères insondables, nous crient les théologiens. Sottises insupportables, leur répondrons-nous.

Mais la Bible elle-même nous explique les motifs de la création. Dieu est un Être essentiellement vaniteux, il a créé le ciel et la terre pour être par eux adoré et loué. D’autres prétendent que la création fut l’effet de son amour infini. — Pour quoi ? Pour un monde, pour des êtres qui n’existaient pas, ou qui n’existaient d’abord que dans son idée, c’est-à-dire toujours pour lui. (Fin de la page 36 du manuscrit ; la suite est introuvable.)

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Source: http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Principe_de_l’État