Archive for the guerre iran Category

Guerre impérialiste au Moyen-Orient: ARAMCO en flamme… Le point de vue d’un (ex) général français critique de l’entité sioniste

Posted in actualité, colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 23 septembre 2019 by Résistance 71

Point de vue intéressant d’un ex-général français à mettre en parallèle de notre traduction de l’article récent de VT sur le sujet…

~ Résistance 71 ~

 

 

Un général français analyse les frappes contre les sites pétroliers saoudiens: Pourquoi douter de la revendication houthie

 

Al Manar

 

21 septembre 2019

 

Url de l’article: http://french.almanar.com.lb/1502657

 

Par le général Dominique Delawarde : Ancien chef «Situation-Renseignement-Guerre électronique» à l’État major interarmées de planification opérationnelle

 

A l’annonce des frappes revendiquées par les Houthis et aux diverses questions qu’elles suscitent, je réponds ceci :

Je n’ai aucune raison de mettre en doute la revendication houthie pour les raisons suivantes:

– C’est une action en légitime défense parfaitement compréhensible.

Les territoires tenus par les Houthis sont bombardés quotidiennement depuis près de quatre ans par la coalition initiée et conduite par l’Arabie Saoudite sous l’égide des États-Unis et d’Israël et de leurs vassaux occidentaux (FR et UK). Face à cette agression, les Houthis, incontestablement soutenus par l’Iran, ont résisté comme ils ont pu, puis se sont organisés.

Ils mènent depuis deux ans des attaques aux drones contre le territoire de leur adversaire principal. Ces attaques à l’intérieur du territoire saoudien sont devenues, au fil du temps, plus précises, plus puissantes, plus fréquentes, plus profondes. Elles sont conduites en «légitime défense» dans le seul but de faire cesser l’agression saoudienne et l’ingérence de la «coalition occidentale» qui, toutes deux, sont meurtrières pour la population yéménite, et illégales car non approuvées par l’ONU. Des frappes houthies au cœur de l’Arabie Saoudite ne sont donc pas nouvelles. Elles ont toujours été annoncées avant (sans préciser l’objectif) et revendiquées après.

Accuser l’Iran est d’une stupidité sans nom. Pourquoi l’Iran mènerait-il une attaque illégitime, voir suicidaire à partir de son sol, alors que leur allié houthi peut le faire, en légitime défense, à partir du territoire yéménite ?

En outre, tous les mouvements d’objets volants sont suivis avec précision, surtout au Moyen-Orient, tant par les occidentaux que par les Russes qui disposent des moyens les plus sophistiqués pour le faire (radars, satellites).

Je ne parle évidemment pas des Saoudiens qui disposent de tous ces moyens de protection anti-aériens de fabrication US mais qui ne savent peut être pas s’en servir….

Bien sûr, l’Iran a aidé les Houthis à construire leurs drones (ingénieurs, technologies). Peut-être les a-t-elle même conseillés pour leur mise en œuvre. Eh alors !

Après tout, les avions de la coalition saoudienne qui frappent quotidiennement le Yémen et les bombes ou obus qui tuent les Yéménites sont de fabrication US, britannique ou française. Les bateaux qui assurent le blocus maritime du Yémen et réduisent la population yéménite à la famine le sont aussi. Que dire devant un tel constat ?

Ce qui me frappe, c’est la frénésie des fausses accusations occidentales de plus en plus fréquentes et de moins en moins crédibles qui nous sont rabâchées quotidiennement par les médias mainstream. Tout ce qui ne va pas en Europe dans le sens voulu par nos élites dirigeantes, c’est la faute à la Russie (Ukraine, Brexit, élections nationales, affaire Skripal); tout ce qui ne va pas en Asie, c’est la faute à la Chine; tout ce qui ne va pas au Proche et Moyen-Orient, c’est la faute à l’Iran; tout ce qui ne va pas en Amérique du Sud, c’est la faute au Venezuela ….etc…

On ne construit pas de politiques étrangères solides en imputant aux autres les résultats de ses insuffisances.

Dans les cercles du pouvoir, personne ne semble vouloir s’interroger sur les véritables causes des désordres mondiaux qui crèvent pourtant les yeux. Pour faire simple il s’agit, avant tout, des ingérences néoconservatrices tous azimuts et tous prétextes dans les affaires de pays souverains, ingérences d’une coalition occidentale en déclin qui cherchent désespérément à maintenir son hégémonie sur le reste du monde et ses «avantages acquis» au sortir de la 2ème Guerre Mondiale.

L’origine des désordres mondiaux, c’est aussi la défense inconditionnelle et aveugle d’un État dont le comportement est souvent inacceptable, voire indéfendable et qui constitue, n’ayons pas peur des mots, un véritable «pot de pus» qui empoisonne l’existence de tous ses voisins des Proche et Moyen-Orients, mais aussi celle de la coalition occidentale toute entière depuis 72 ans…. 

NdR71: Sans le citer, il parle ici bien entendu de l’entité sioniste: Israël

Au-delà de cette frappe et de ses conséquences en termes d’approvisionnement pétrolier, on peut se demander si cette action houthie ne constitue pas aussi un triple message de l’Iran à l’adresse des États-Unis, de l’Arabie Saoudite et du reste du monde.

Le premier message adressé aux USA, et plus largement à la «coalition occidentale», pourrait bien être le suivant:

« Si les Houthis sont parvenus, avec une vingtaine de drones et missiles, et des moyens limités, à frapper des cibles à 1000 kilomètres de leurs bases, en déjouant «le dôme de fer» saoudien, s’ils sont parvenus à réduire de moitié la production saoudienne de pétrole en une seule attaque, imaginez quel pourrait être le résultat si un grand pays comme l’Iran devait riposter à une «agression» saoudienne ou US avec plusieurs centaines de drones aussi furtifs qu’efficaces. L’Iran 2019 n’est pas l’Irak de 2003. Il est équipé et armé pour un conflit asymétrique et il n’est pas seul. Russie, Chine, Inde notamment coopèrent avec lui. N’oubliez pas que l’équilibre économique du monde est aujourd’hui très fragile et peut être ébranlé à votre détriment. A bon entendeur, salut…. »

Ce message est fort, et semble avoir été entendu jusqu’à présent par ses destinataires d’autant qu’il a été appuyé par une action incontestablement efficace et d’ampleur inattendue….

Le deuxième message adressé aux Saoudiens et plus largement aux pays du Golfe, pourrait être le suivant :

« La confiance aveugle que vous avez mis dans les armements occidentaux achetés à grands frais et dans des alliances destinées à protéger vos familles régnantes n’est pas justifiée. Le résultat de la «frappe d’avertissement» houthie montre que ni l’armement, ni le soutien, achetés à vos alliés n’ont permis de vous protéger. Cessez donc d’écouter et de suivre ceux qui s’ingèrent dans vos affaires pour leur seul intérêt. La sécurité dans la région du Golfe est l’affaire des pays riverains qui doivent coopérer entre eux et refuser les ingérences intéressées des pays occidentaux.»

Ce message est également fort et a été reçu 5 sur 5 par les Émirats et le Qatar à défaut de l’être encore par la jeune «tête brûlée» d’Arabie Saoudite qui surestime les capacités de son pays alors même qu’il est mis en échec par le David yéménite. Un à un, les pays du Golfe reprennent peu à peu le chemin de Téhéran.

Le troisième message iranien adressé au monde entier et qui sera relayé par de nombreux pays «amis» (de l’OCS notamment) pourrait être le suivant :

« Ne confiez pas la direction du monde et votre protection à un État unique qui sème aujourd’hui le désordre et le chaos partout où il s’ingère, qui n’a plus de parole et remet en cause les traités du jour au lendemain, qui agit par la contrainte et les sanctions extraterritoriales, même à l’encontre de ses alliés, et surtout qui n’a plus les moyens militaires classiques adaptés à ses ambitions pour l’emporter dans des conflits asymétriques. Et, pour votre protection anti-aérienne, achetez le S400 russe, plus efficace et moins cher que le Patriote US qui a montré ses limites tant en Arabie Saoudite qu’en territoire Israélien».

Publicités

Guerres impérialistes de la dictature marchande: Qui a bombardé ARAMCO en Arabie Saoudite ?… (VT)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 17 septembre 2019 by Résistance 71

 

MAJ du 19/9/19 : L’Arabie emboîte le pas (comme par hasard) des Yankees et accuse l’Iran de l’attaque sur ARAMCO. Le chemin vers la guerre ouverte se trace une fois de plus sur un False-Flag… Les banquiers tiennent-ils leur guerre majeure tant désirée. La guerre sauve l’État et le Capital, elle en est leur nécessaire béquille.

https://francais.rt.com/international/65886-attaques-arabie-saoudite-riyad-pointe-pour-la-première-fois-la-responsabilité-de-teheran

 

L’étrange affaire des incendies des raffineries saoudiennes

Qui a bombardé l’Arabie Saoudite ?

 

Gordon Duff

 

16 septembre 2019

 

url de l’article original:

https://www.veteranstoday.com/2019/09/16/neo-the-strange-case-of-the-burning-saudi-refineries/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’attaque de septembre 2019 qui a coupé la production de pétrole saoudienne de près de 60% et qui a jeté le monde dans le chaos, n’a pas été une surprise. L’affirmation du ministre des affaires étrangères américain que “c’est l’Iran qui l’a fait” n’est, bien entendu, pas non plus une surprise.

Que le Yémen l’ait fait, ait détruit le plus grand complexe de raffinerie de pétrole au monde et qui a (presque) la meilleure défense anti-aérienne au monde (NdT: on parle ici du complexe de raffinerie d’ARAMCO), ça par contre en est une de surprise. Il est aussi tout à fait possible que quelqu’un d’autre dans ce “jeu” soit responsable. Postulons un peu, peut-être même en creusant dans le genres de théories du complot qui, jusqu’ici se sont révélées exactes encore et encore. D’abord l’Arabie Saoudite a récemment demandé à la Russie son système de défense antiaérien ultra performant du S-400. L’Arabie a dépensé des milliards de dollars sur des systèmes de défense antiaérienne et malgré tout, périodiquement, des drones et des missiles yéménites passent au travers.

La même chose se produit avec Israël, ce qui l’a mené à faire des accords “sous la table” avec le Hamas encore et toujours tandis que les likoudistes jouent leur rôle de va t’en guerre marchant au “pas de l’oie” pour donner le change à une population israélienne totalement sous l’emprise propagandiste, une population soumise à la censure militaire sur absolument tout ce qu’elle lit, voit et entend.

Voyez-vous, le S-400 est un système de défense contre beaucoup de choses, mais pour l’Arabie Saoudite qui a déjà un système robuste de défense, le S-400 serait utilisé pour mettre en échec les attaques d’avions furtifs, c’est sa spécialité. De tous les acteurs régionaux, seul Israël possède un tel avion (NdT: le F-35 yankee)

Mais, l’Arabie et Israël ne sont-ils pas super potes ? Après tout, ils ont tous deux secrètement financé et aidé l’EIIL et Al Qaïda pendant des années. Mais sont-ils vraiment “amis” ou ceci n’est-il qu’un “mariage de convenance” ? Pour ceux qui lisent les merdias de masse, ces questions ne seront pas familières car le pacte terroriste de ces deux nations a été mis sous le boisseau et largement censuré.

Qu’est-ce qui pourrait bien amener Israël à bombarder l’Arabie ? Et bien Israël est en phase électorale et un point clef de cette élection est le rapport qu’Israël a avec son “premier couple”, les Netanyahou.

L’argent la-bas, dicte la politique comme partout ailleurs et la famille Adelson, les Israéliens les plus riches, ont choisi l’agenda politique des Netanyahou depuis des années. C’est fini. Maintenant, les Adelson disent que les Natanyahou sont fous et Miriam Adelson est une psychologue patentée. Ceci n’est pas un problème anodin car les Adelson sont aussi les plus gros pourvoyeurs financiers politiques aux Etats-Unis.

Pour dépasser ça, Netanyahou a promis de déclarer l’annexion de la plupart si ce n’est de toute la Cisjordnaie à Israël s’il est élu ; ceci marquant un coup d’arrêt aux relations de détente que certains pays avaient entrepris à l’égard d’Israël comme par exemple la Turquie, l’Arabie Saoudite et même l’Irak. Tout ceci est fini maintenant.

Puis il y a le problème des bombardements indiscriminés d’Israël sur la Syrie, qui clament bombarder des troupes iraniennes, mais qui tue le plus souvent des civils ; ainsi que celui de l’aide aux groupes terroristes régionaux (NdT: EIIL, AQ et affiliés…). Ajoutons ici que par groupes terroristes, nous voulons dire des groupes qui sont officiellement déclarés comme tels par la Russie. Une liste sur laquelle on n’est pas ajouté aussi facilement que cela comme c’est la cas aux Etats-Unis. La Russie chasse véritablement les terroristes. (NdT: mercenaires essentiellement de l’empire…)

D’après des rapports publiés dans le “Jerusalem Post”, la Russie a exprimé une “profonde préoccupation” sur les attaques d’Israël sur la Syrie, mais aussi sur son action de saisir les territoires palestiniens ad hoc en Cisjordanie et sur “le nettoyage ethnique” de la population civile palestinienne, causant un désastre humanitaire sans précédent.

Netanyahou est rentré de sa dernière visite à Moscou en septembre 2019 avec la queue entre les pattes, tous les rapports indiquant qu’il fut sévèrement réprimandé par Poutine.

Puis il y a la perte de John Bolton, l’ancien conseiller du président américain qui, ces dernières décennies, a émargé à un groupe d’intérêt spécial à Israël ou à un autre, un homme que beaucoup d’Américains considèrent comme le pire conseiller à la sécurité qui ait jamais été en fonction, un de ceux qui continue à revenir à la vie en bon zombie qu’il est.

Le réponse est simple. Israël en est au bout du chemin avec l’Arabie. L’EIIL est vaincu et leur coopération dans le soutien de l’EIIL contre la Syrie et l’Irak devient maintenant un embarras total. L’Arabie recherche maintenant la paix avec le Yémen, ceci est un désastre pour la politique israélienne régionale qui dicte de “continuer toutes les guerres”.

Pire encore, Les Emirats Arabes Unis (EAU) et l’Iran coopèrent maintenant ouvertement au sujet de la sécurité dans le Golfe Persique. Ainsi, lorsqu’un énorme complexe de raffinement pétrolier saoudien est touché encore et encore dans un style d’attaque rappelant le 11 septembre, se figurer qui a bien pu perpétrer ces attaques devient relativement facile.

Tout ceci ne bénéficie en rien à l’Iran. Ceci constituerait une attaque directe sur l’Arabie et l’Iran a gagné la guerre politique non seulement avec les EAU mais aussi avec la Russie et l’union Européenne et ce avec un soutien continu de la Chine. L’Iran n’avait aucune raison d’attaquer.

Le Yémen est en guerre contre l’Arabie et possède quelques capacités, mais pas celles-là, pas celles de pouvoir annihiler le plus gros producteur de fric que possède l’Arabie. Une seule nation dans la région possède le F-35 furtif, un avion conçu pour détruire de fait des complexes pétroliers.

Voyez-vous, avec sa capacité à être furtif, le F-35 a des limites. S’il opère seul, sans l’appui de bombardiers comme le F-15E, la charge minimale de bombes embarquées ne peut-être efficace que contre des cibles vulnérables aux armements plus légers, des cibles comme par exemple les raffineries de pétrole.

Ceci prouve la capacité. Je pense que nous avons fait mieux que prouver la motivation et le timing d’Israël pour ce genre d’action. Nous pourrions toujours dire que le Yémen l’a fait et celui-ci serait bien heureux d’en accepter tout le crédit, mais voilà aucun expert militaire ne peut croire un instant que ce soit le Yémen qui l’ait fait.

Nous savons qu’il n’y a aucune raison pour l’Iran de le faire. L’Iran gagnait déjà. Nous pouvons aussi chercher des analogies récentes. Pourquoi la Syrie se serait-elle tournée vers l’utilisation de gaz de combat alors qu’elle était dans la dernière phase d’écrasement des zones occupées par les terroristes liés à Israël ?

Que disons-nous ou ne disons-nous pas ici ?

Ainsi, lorsque la Russie a emmené 40 membres de l’organisation des Casques Blancs au tribunal de La Haye pour qu’ils témoignent de leur complicité dans le mise en scène de fausses attaques au gaz au nom d’une puissance étrangère non nommée et d’Israël, quand des douzaines de témoins, de parents des enfants kidnappés par les Casques Blancs ou les médecins, menacés par eux, témoignèrent, la presse boycotta et ne relaya rien de tout cela.

Sur le long terme, la guerre maintenant longue de deux décennies qui impliquent de faux évènements terroristes, des révolutions colorées et une malfaisance politique sans fin, nous trouvons en son centre Israël et ses alliés politiques qui détiennent le pouvoir aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en France, grâce au soutien financier de secteurs liés à Israël, pas seulement des lobbyistes mais aussi des groupes criminels.

Gardant le couvercle au dessus de ce chaudron de malfaisance, il y a une armée de faux think-tanks, de politiciens corrompus et achetés ainsi que leurs associés de la presse, de groupes médiatiques totalement sous contrôle et les monolithes des médias sociaux politisés.

En fin de compte, Israël est quand même en train de se rapprocher du tout-à -l’égout, plus détestée que jamais, plus isolée et bizarrement de moins en moins un “état juif” et de plus en plus un “état criminel”.

Pour prouver ce point, il suffit de se référer aux déclarations de Donald Trump sur la trahison d’Israël par les juifs américains, des gens qui mettent la morale avant la politique, qui placent l’Amérique devant le régime autoritaire et brutal israélien.

Trump a appelé les juifs américains des “traîtres”. Beaucoup les appellent simplement des Américains comme les autres. A un moment, Israël était défendue par sa capacité de tout ramener à l’holocauste et de diffamer pour antisémitisme lorsque sa brutalité était exposée.

Le temps ne joue plus pour cela. Israël a t’il bombardé l’Arabie ? L’homme d’Israël restant à Washington, Mike Pompeo, va t’il obtenir la guerre que demande Israël ? Une guerre qui verra la destruction d’Israël également ?

Attendez, qui voudrait détruire Israël pour se sauver lui-même ? Les Netanyahou sont-ils aussi fous que l’affirment Shelly et Miriam Adelson ? Brûleraient-ils Israël pour échapper aux accusations de corruptions et à la prison ? Qui bénéficie si même Israël est détruit dans une guerre commencée pour avancer les intérêts d’Israël ?

Comprenez bien ceci, il est nécessaire de penser le monde comme étant dans une phase “post-nation” pour bien saisir de quoi il retourne. Quand on le fait, les conspirations deviennent soudainement bien plus faciles à comprendre… et à accepter.

= = =

Note de R71: Dans cette réponse à la dernière question, Duff montre sans la nommer, l’hydre du Nouvel Ordre Mondial transnational dont le cœur se situe à la City de Londres. Le Nouvel Ordre Mondial c’est la mutation de l’empire actuel sur le déclin et en déroute en un supra-empire transnational, qui abolira les nations et sera géré par les grandes entreprises transnationales qui sont en train de fusionner pour mieux pouvoir diriger. Tout cela sera mis en place avec la 5G, les “cryptomonnaies”  et le puçage RFID qui refermeront la grille de contrôle à l’échelle planétaire dans une dictature technotronique mondiale dont les rois seront les CEO des grandes entreprises.

Avec cela viendra un “nettoyage” de 7 milliards d’humains, les 500 millions restant étant parqués dans des mégalopoles connectés, véritables goulags technotroniques, tandis que l’élite toujours auto-proclamée vivra dans ses “zones vertes” de luxe, de jouvance et de délires transhumanistes.

Bienvenue à Dystopialand, paradis des nantis, enfer des démunis…

 

11 septembre et les trois mensonges systémiques du Nouvel Ordre Mondial

Posted in 11 septembre, actualité, altermondialisme, colonialisme, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, Internet et liberté, militantisme alternatif, N.O.M, réchauffement climatique anthropique, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologie, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 11 septembre 2019 by Résistance 71

“Celui qui est contre la guerre est par ce seul fait dans l’illégalité. L’état capitaliste considère la vie humaine comme la matière véritablement première de la production du capital. Il conserve cette matière tant qu’il est utile pour lui de la conserver. Il l’entretient car elle est une matière et elle a besoin d’entretien et aussi pour la rendre plus malléable il accepte qu’elle vive.
[…] L’état capitaliste se sert de la vie. La guerre n’est pas une catastrophe, c’est un moyen de gouvernement. L’état capitaliste ne connaît pas les hommes qui cherchent ce que nous appelons le bonheur, les hommes dont le propre est d’être ce qu’ils sont, les hommes en chair et en os ; il ne connaît qu’une matière première pour produire du capital. Pour en produire, il a besoin à un certain moment de la guerre, comme un menuisier a besoin d’un rabot, il se sert de la guerre. […] L’état capitaliste a besoin de la guerre, c’est un de ses outils. On ne peut tuer la guerre sans tuer l’état capitaliste. Je parle objectivement. Voilà un être organisé qui fonctionne… Dans cet être organisé, si j’enlève la guerre, je le désorganise si violemment que je le rend impropre à la vie, à sa vie, comme si j’enlevas le cœur au chien, comme si je sectionnais le 27ème centre moteur de la chenille. […]
Je préfère vivre. Je préfère vivre et tuer la guerre et tuer l’état capitaliste. Je préfère m’occuper de mon propre bonheur. Je ne veux pas me sacrifier ; je n’ai besoin de sacrifier qui que ce soit. Je ne veux me sacrifier qu’à mon bonheur et au bonheur des autres. Je refuse les conseils des gouvernements de l’état capitaliste, des professeurs de l’état capitaliste, des poètes, des philosophes de l’état capitaliste. […] Il n’y a qu’un seul remède: notre force. Il n’y a qu’un seul moyen à utiliser: la révolte, puisqu’on n’a pas entendu notre voix. Puisqu’on ne nous a jamais répondu quand on a gémi.”
~ Jean Giono, “Refus d’obéissance”, 1937 ~

Ô toi, historien, qui d’encre non menteuse
Écris de notre temps l’histoire monstrueuse,
Raconte à nos enfants tout ce malheur fatal,
Afin qu’en te lisant ils pleurent notre mal,
Et qu’ils prennent exemple aux pêchés de leurs pères,
De peur de ne tomber en pareilles misères.
~ Ronsard, extrait du Discours des misères de ce temps, 1562 ~

 

 

Trois mensonges systémiques et leurs effets sur nos vies

Les trois piliers du Nouvel Ordre Mondial en marche

 

Résistance 71 

 

11 septembre 2019

 

Aujourd’hui, est le 18ème anniversaire du plus grand évènement faux-drapeau de l’histoire de l’humanité: les attentats du 11 septembre 2001 à New York et à Washington DC.

Pour ceux qui étaient en âge de le faire, nous nous rappelons tous où nous étions et ce que nous faisions en ce jour funeste.

Il y a de toute évidence un avant et un après 11 septembre 2001. Le monde a changé, dramatiquement. Les évènements correspondirent à l’annonce faite deux ans auparavant dans un document de think tank américain, le “Project for a New American Century” ou PNAC, de la nécessité d’un nouveau “Pearl Harbor” pour faire avancer un agenda hégémonique global de l’empire anglo-américano-sioniste pour une domination totale et sans partage de la planète.

Cet évènement eut donc lieu sous la formes des attentats du “11 septembre” et certainement pas de la façon dont le narratif officiel veut nous le faire croire.

Il y a un peu moins de deux ans, en novembre 2017, nous traduisions et publiions un article / document d’une ampleur exceptionnelle sur les preuves de plus en plus affirmées, même si étouffées, pour un 11 septembre nucléaire. Veuillez suivre ce lien pour vous rafraîchir la mémoire ou simplement en prendre connaissance.

Depuis, rien de nouveau sous le soleil, si ce n’est un nouveau dossier étayant toujours plus le modus operandi de la destruction / pulvérisation, atomisation des trois tours du WTC le 11 septembre 2001.

Dans ce billet nous irons au-delà de ceci et étendrons le débat aux trois mensonges annoncés dans le titre pour nous mener (en bateau) jusqu’à la finalisation de notre mise en esclavage définitive dans un Nouvel Ordre Mondial ultra oligarchique, dictatorial et eugéniste.

L’agenda de notre domination finale sous tous les aspects possibles repose sur trois mensonges et manipulations effectifs:

Mensonge # 1 – Le 11 septembre 2001, attaque nucléaire sous faux-drapeau

Cet évènement auto-destructeur de grande amplitude, construit et mis en scène de toute pièce par le segment psychopathe d’une élite auto-proclamée ; la destruction par arme nucléaire d’un centre administratif de renommée mondiale au centre de New York et celle d’une aile du Pentagone par un missile à Washington DC, a permis la mise en place immédiate puisque déjà programmée, de ce que le gouvernement américain d’alors (Bush fils) avait étiqueté comme la “Global War On Terrorism” ou GWOT, la “guerre totale au terrorisme”, terrorisme bien entendu géré et piloté depuis les instances profondes de l’empire anglo-américano-sioniste en expansion constante. Cette guerre s’est peu à peu transformée en une guerre perpétuelle impérialiste marchande pour le contrôle absolu des ressources naturelles et humaines mondiales au seul profit d’une oligarchie débridée et sans complexe ni remord.

Depuis le 11 septembre 2001, nous avons vu l’empire attaquer sous les prétextes les plus mensongers et les manipulations les plus grossières, directement ou par procuration, l’Afghanistan (2001), le Venezuela (2002), l’Irak (2003), le Liban (2006), la Palestine (Gaza 2008), la Libye (2011), la Syrie (2011), le Soudan (2013), le Yémen (2014), l’Ukraine (2014), de nouveau le Venezuela (2018-19).

Il semblerait que le plus gros morceau arrive: l’Iran depuis 2017 et la monté de tensions préfabriquées.

Cet état de guerre perpétuelle a généré et génère toujours des milliards de dollars de revenus pour les industries qui en croquent et sont inondées de contrats gouvernementaux et privés pour l’armement, la “défense”, (l’offensive serait un terme plus approprié), les ventes d’armes (légales et illégales), la surveillance et la sécurité dans le développement d’états policiers partout en occident sous couvert de cette supercherie de la GWOT.

Aujourd’hui, l’empire est néanmoins confronté à un problème majeur: sa propagande fonctionne de moins en moins et dupe de moins en moins de personnes dans le monde et surtout en occident. Dans les grandes largeurs, le public ne marche plus dans la combine et il devient de plus en plus difficile de justifier la guerre perpétuelle, finalement déclarée aux peuples du monde et à personne d’autre. A cet effet, interviennent les deux autres mensonges du contrôle…

Mensonge # 2 L’escroquerie du Réchauffement Climatique Anthropique

La manipulation et la mise sous contrôle de la science au profit d’un agenda sur la capacité de décider du comment les gens doivent vivre en fonction d’un dogme scientifico-religieux appliqué à la vie quotidienne: nous, les humains par notre activité industrielle intensive ces derniers 150 ans, avons déclenché une catastrophe incommensurable au gré de nos émissions croissantes de CO2 qui, saturant notre atmosphère, engendre un effet de serre et de réchauffement planétaire, qui d’après les calculs de modèles informatiques pondus et bidouillés à cet effet, nous mène à la fin de l’humanité si nous ne faisons rien contre ce carbone déclaré notre ennemi, un Al Qaïda / Daesh sous forme gazeuse si on veut…

Tout ceci nonobstant les arguments de scientifiques intègres et raisonnables, de plus en plus nombreux, qui contredisent en permanence les “trouvailles” et “analyses” du GIEC, politburo du dogme du RCA.

Ce dogme permet à l’empire d’à la fois contrôler nos vies, de nous diriger, de nous forcer à limiter nos activités, à nous taxer et de plus à mettre en place toute une industrie “de la marchandise verte”, générant des milliards de dollars de revenus à quelques privilégiés dont les produits (éoliens ou photovoltaïques) sont incapables de générer une quantité suffisante d’énergie pour faire fonctionner une ville de petite taille.

Mais la science et la technologie ont également été détournées pour mettre en place le toute dernière invention en date pour la mise en place finale de la grille de contrôle planétaire du Nouvel Ordre Mondial…

Mensonge # 3 , 5G la technologie du futur dystopique

Appelé aussi “l’internet des choses”, la technologie de communication de 5ème génération ou 5G est une puissance en cours d’installation de ce qu’il est convenu d’appeler une tyrannie technotronique. Cette technologie, présentée de manière anodine comme la globalisation de toute l’information, de l’échanges de données à bien plus grande vitesse et de manière fiable, est en fait:

1- Un moyen de refermer la grille de contrôle planétaire sur les populations qui auront dès lors énormément de mal à échapper à une totale surveillance puisque tout appareil aussi anodin soit-il, de la vie de tous les jours, sera connecté et enverra constamment des données à des centres de recueil d’information. Tout ce qui sera branché ou non sur le secteur pourra rendre compte des faits, gestes et paroles de quiconque. L’ensemble de notre vie sera géré depuis des centres électroniques sous surveillance, qui nous donneront accès (ou pas) aux aspects les plus futiles de notre vie quotidienne (comme ouvrir une porte, démarrer sa voiture, faire une transaction financière ou admirer notre frigo commander du lait tout seul comme un grand…), comme aux plus importants, au moyen d’une puce électronique physiologiquement insérée, la fameuse RFID ou carte d’identité à fréquence radio, connectée en tout lieu et en tout temps pour contrôler tous les aspects de notre vie.

Ça ne vous plaît pas ? Vous entrez en dissidence ? Le centre de contrôle le plus proche éteint votre RFID et vous ne pouvez plus rien faire du tout, même plus rentrer chez vous.

2- Un moyen également de finaliser le plan eugéniste de réduction massive de la population mondiale, pour la ramener au chiffre plus “gérable” de 500 à 600 millions d’individus. Ce qui implique un programme de réduction de la population mondiale de l’ordre de 7 milliards d’individus. Questions: qui seront les heureux élus ? et surtout qui décidera de qui vivra et qui mourra ?

La 5G agit comme un amplificateur de micro-ondes, elle nous fera baigner dans un océan d’ondes déjà prouvées néfastes pour notre santé et favorisera donc le développement de maladies associées aux radiations, cancers, troubles psychiques et autres joyeusetés du genre.

Elle est en quelque sorte l’arme de destruction massive rêvée et à moins de vivre en permanence dans une cage de Faraday ambulante, il sera difficile d’éviter toute exposition aux effets néfastes et mortifères à terme de ces ondes.

Comme pour les deux précédents mensonges et manipulations, ceci génère de très gros revenus pour quelques entreprises du sérail, dont la technologie informatique de haut niveau et le système de patente est directement liée aux budgets militaires et à ceux qui les contrôlent.

Ces trois mensonges fournissent des revenus gigantesques aux mêmes entreprises, elles-mêmes contrôlées par les mêmes personnes de la même caste psychopathe et permet de mettre en place la solution finale à la lutte radicale des peuples pour leur liberté.

Aujourd’hui, percer le mystère des attentats du 11 septembre n’est plus suffisant. Nous devons ébranler et effondrer ces trois piliers du mensonge systémique sur lesquels repose l’avancée du Nouvel Ordre Mondial tout en sachant qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu et qu’il ne saurait y en avoir.

Nous devons reprendre la barre du bateau ivre et balancer toute cette fange technotronique humaine et systémique par dessus bord afin de remettre le cap vers les rivages paisibles de la société des sociétés ; la seule qui nous mènera à notre humanité achevée dans la reconquête de notre être profond, hors des antagonismes marchands et de leur dictature et dans l’harmonie enfin trouvée de notre complémentarité universelle.

“Chaque état, c’est à dire donc tout gouvernement et toute administration des masses populaires qui vient d’en-haut, étant nécessairement enracinée dans une lourde bureaucratie et se reposant sur des armées, l’espionnage et le clergé, ne sera jamais capable d’établir une société organisée sur la base du travail et de la justice, puisque ces entités sont par leur essence même, naturellement enclines à opprimer le travailleur et lui refuser toute justice. Comme nous le voyons, le travailleur ne sera jamais capable de se libérer de l’oppression en ce monde à moins qu’il ne substitue à ce corps démoralisant, la fédération libre de tous les groupes producteurs, une fédération fondée sur la solidarité et l’égalité.”
~ Résolution du congrès anarchiste de St Imier (Fédération du Jura), le 15 septembre 1872 ~

“Vous ne serez et ne demeurerez que des commodités aussi longtemps que l’empire existera…”
~ Russell Means, Oglala, Lakota ~

Lectures complémentaires:

Crimes, enquête, mensonges, falsifications pour masquer un 11 septembre nucléaire (VT, 11 septembre 2019)

Manifeste pour la Société des Sociétés

Au sujet d’un 11 septembre nucleaire

La_City_de_Londres_au_coeur_de_lempire

911_History_english

Compilation Howard Zinn

Resistance71_L’essentiel_articles_2010_2018

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Zenon_Inversion

Scientist 5G appeal

stop-linky-gazpar-5G

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Agenda-oligarchique-de-depopulation-sarkozy-et-les-compteurs-intelligents

Manuel_du_sceptique_climatique_No1

Manuel du Sceptique II-V4

la-tele-medecine-cest-pas-bon-pour-la-sante

dossier-complet-pour-refuser-le-tout-connecte-via-la-5g-la-smart-city-ou-ville-connectee

PSanchez_MESSAGE HUMANI-TERRE A L’INTENTION DE LA COMMUNAUTE INTELLECTUELLE

Biblio_Publications_Marcel_Leroux

 

Guerre impérialiste au Moyen-Orient: Le succès de l’opération « Avivim » efface la « ligne rouge » de l’entité sioniste (Al Manar)

Posted in actualité, colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 4 septembre 2019 by Résistance 71

 

Après l’opération d’Avivim, le Hezbollah a brisé la plus grande ligne rouge d’Israël

 

Al Manar

 

2 septembre 2019

 

url de l’article en français:

http://french.almanar.com.lb/1483341

 

article complémentaire:

https://lecridespeuples.fr/2019/09/01/terreur-a-la-frontiere-israelo-libanaise-des-mannequins-de-bois-remplacent-les-soldats-israeliens/

 

Le secrétaire général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah a appelé les Israéliens à retenir la date du 1er septembre 2019, qui marque le début d’une nouvelle phase le long de la frontalière au Moyen-Orient:mère libanaise avec la Palestine occupée, dans la défense du Liban, sa souveraineté, sa dignité, sa sécurité et son peuple. Il a également expliqué que l’opération de la résistance contre une cible militaire israélienne à Avivim (nord des territoires occupés) a brisé les lignes rouges israéliennes.

‘Dans le passé, quand la résistance voulait riposter aux agressions israéliennes, elle le faisait à partir des territoires libanais occupés. Ce qui n’est pas le cas dans l’opération d’Avivim, qui a été réalisé à partir du Liban et contre une cible israélienne à l’intérieur des territoires occupés en 1948. Cette opération a imposé une nouvelle force de dissuasion et brisé la plus grande ligne rouge d’Israël qui interdisait de s’approcher de la barrière frontalière ou même d’y ouvrir le feu en l’air’, a noté le numéro un du Hezbollah.

‘Le Hezbollah n’a plus de ligne rouge dans sa confrontation avec l’entité sioniste’, a-t-il assuré.

« Le message est clair: si vous agressez, toutes les frontières, vos soldats, vos colonies, à la frontière, en profondeur (du territoire) ou à son coeur, pourront être menacés et ciblés », a-t-il encore martelé.

S’agissant des drones israéliens qui violent la souveraineté du Liban, Sayed Nasrallah a affirmé que cette question est désormais entre les mains des combattants de la Résistance sur le terrain.

Voici les principaux points de son discours :

Je voudrais aborder les derniers développements liés à l’opération de la Résistance et aux réactions qui ont surgi.

Tout d’abord, nous remercions Dieu le Tout Puissant, les dirigeants et membres de la Résistance, qui depuis 8 jours étaient prêts 24 heures sur 24 le long des frontières avec la Palestine occupée. Grâce à leur engagement, courage, professionnalisme, nous sommes parvenus à protéger notre pays et dissuader l’ennemi.

Nous remercions également l’armée libanaise, notre peuple surtout ceux qui sont restés dans les régions frontalières, en dépit des tensions. Un merci aux dirigeants de l’Etat pour leurs fermes positions ainsi qu’à la couverture des médias qui ont dévoilé les mensonges de l’ennemi.

Dans une évaluation des faits sur le terrain, il y a eu d’abord un raid israélien sur le village syrien d’Akraba, causant le martyre de deux de nos résistants. Quelques heures après, l’ennemi a envoyé de deux drones piégés vers la banlieue sud de Beyrouth: le premier est tombé et le 2ème a échoué dans sa mission. L’ennemi sait bien de quoi je parle. Le drone a échoué à atteindre sa cible, grâce à Dieu.

Après cela, nous avons affirmé notre refus à tout changement des règles d’engagement entrés en vigueur, depuis la guerre de 2006.

Nous avons dit haut et fort que nous allons riposter à partir du Liban, et nous avons appelé les Israéliens à attendre notre riposte. On aurait pu garder le silence, et les surprendre. Mais un de nos principaux objectifs est d’ordre psychologique. Il s’agit d’un défi de la part de la Résistance.

Depuis mon discours de dimanche dernier jusqu’à la réalisation de cette opération complexe, l’ennemi israélien a évacué le long des frontières, déserté les postes militaires et les casernes à une distance de 5 à 7 km.

La correspondante d’une télévision (RT) a dans ce contexte montré l’évacuation totale par les soldats de la caserne d’Avivim, qui renferme un centre de commandement.

Même son de cloche dans les colonies : absence de tout mouvement. De plus, l’état d’alerte a été renforcé, les systèmes de défense anti-aérienne ont été actionnés.

En général, telle a été l’image incarnant la faiblesse de cette entité arrogante qui se présente comme celle qui possède l’armée la plus forte dans la région. Tout cela faisait partie du châtiment administré par la Résistance.

Par contre, l’armée libanaise n’a pas évacué ses positions le long des frontières, les résistants eux étaient déployés où ils étaient censés l’être, les habitants du sud se déplaçaient avec liberté. La confiance, la tranquillité régnaient dans la partie libanaise.

La Résistance a pris la décision d’agir en plein jour et sous les yeux des drones qui survolaient le ciel, et non pas dans la nuit. En dépit des objectifs fictifs qu’ils (israéliens) tendaient à la résistance, pour solliciter notre frappe et en finir, les combattants de la résistance ont patienté pour atteindre leur objectif avec précision.

Le plus important dans cette opération, c’est qu’elle a été réalisée en plein jour et en dépit des menaces israéliennes, selon lesquelles ils riposteront avec fermeté à tout tir.

S’ajoutent à cela, des messages diplomatiques durs menaçant de renvoyer le Liban à l’âge de pierre.

Or, ni la résistance, ni les responsables libanais n’ont reculé face à ces intimidations.

Dans le passé, quand les Israéliens nous agressaient, le Hezbollah ripostait dans les fermes de Chebaa, c’est-à-dire dans les territoires libanais occupés.

Avant, il était interdit de s’approcher des territoires palestiniens occupés depuis 1948, ou même d’y ouvrir le feu dans l’air. Ceci constituait une ligne rouge pour Israël.

Or après cette opération, la résistance a brisé la grande ligne rouge d’Israël.

De plus, l’Israélien s’est efforcé, hier, à contenir la riposte de la résistance et bombardé des terrains vides, craignant d’autres opérations de la résistance.

Nous avons imposé une nouvelle équation de dissuasion. La riposte se faisait dans les territoires libanais occupés, mais à partir de maintenant elle aura lieu dans les territoires palestiniens occupés.

C’est là l’importance de notre message : si vous nous agressez, ce seront toutes vos frontières, soldats, colonies, à la frontière, en profondeur (du territoire) ou à son coeur, et villes seront dans la ligne de mire de la résistance.

Je dis aux Israéliens: retenez la date du 1er septembre 2019 qui marque le début d’une nouvelle ère le long de la frontière libanaise avec la Palestine occupée, dans la défense du Liban, sa souveraineté, sa dignité, sa sécurité et son peuple. Il n’y a plus de lignes rouges.

Dans le second titre de mon discours, je voudrais dire que nous sommes en face d’une étape qui, nous pouvons le dire, est terminée et le Hezbollah est prêt à confronter les drones israéliens dans le ciel du Liban.

Nous avons auparavant appelé en vain à mettre fin à la violation du ciel libanais.

Cette question est désormais entre les mains les combattants sur le terrain, après la confirmation du droit du Liban à défendre l’espace aérien libanais.

Quand nous allons abattre le 1er  drone, certains se plaindront que cet acte créera des tensions au Liban. A ces gens je leur dis clairement: dites aux Israéliens de mettre fin à la violation de notre souveraineté. Cette étape est révolue.

Nous avons imposé une nouvelle équation en renforçant la force de dissuasion.

Je dis aux Israéliens que ces évolutions sont le résultat de la stupidité de Netanyahu qui ne cherche qu’à échapper à la justice face aux dossiers de corruption dans lesquels il est impliqué.

Toute agression contre le Liban ne passera plus sans riposte.

= = =

A lire:

Hezbollah son histoire de linterieur naim qassem

 

La guerre est la paix ?… Arrêtons la guerre sans fin… arrêtons le sionisme… (Kurt Nimmo)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, colonialisme, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 25 juillet 2019 by Résistance 71


ConstituSION ?…

 

Mettre un terme à la guerre sans fin ?… Mettons un terme au pouvoir du sionisme

 

Kurt Nimmo

 

24 juillet 2019

 

url de l’article original:

https://kurtnimmo.blog/2019/07/24/end-forever-war-divest-zionism/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Mercredi dernier, la chambre des “représentants” américaine a passé une résolution qui viole à la fois la constitution et le droit naturel.

Les serviteurs de l’AIPAC (NdT: lobby israélien très puissant aux Etats-Unis) croient que la capacité de confronter et de s’opposer à la politique d’apartheid d’Israël doit être criminalisée, et ce même aux dépends de la constitution qu’ils ont supposément juré de préserver (ceci est une vaste fumisterie depuis un bon moment).

Mais peu importe la constitution, qui est si proche d’être lettre morte. En tant qu’être humain libre, vous avez parfaitement le droit naturel de vous opposer et de refuser de faire quelque affaire que ce soit avec n’importe quel individu ou entité que ce soit et vous pouvez aussi encourager les autres à faire de même, aussi loin que cette opposition et sa manifestation ne sont ni violentes ni coercitives.

Le congrès des Etats-Unis ne croit pas que ce droit naturel soit légal, du moins pas tant que cela touche à Israël. D’après nos soi-disants “représentants”, la critique de l’état sioniste décrite sans exception comme “tropisme raciste”, est ipso facto antisémite et ne doit donc pas être acceptée et doit être vigoureusement condamnée, non seulement cela, mais elle doit aussi être maintenant criminalisée.

La criminalisation du mouvement de boycott d’Israël BDS (Boycott, Divestment, Sanction) est le dernier effort en date d’Israël et de ses groupes de pressions non enregistrés aux Etats-Unis, pour détruire tout activisme politique lié à la cause palestinienne. C’est un effort concerté pour maintenir le système d’apartheid en Israël, un système qui à terme nettoiera ethniquement tous les Palestiniens de cet état artificiel mis en place pour les juifs par la Grande-Bretagne et la France il y a un siècle.

L’attaque du mouvement BDS n’est pas le seul effort d’expulsion des non-juifs d’Israël (ou au mieux en faire des citoyens de seconde voire troisième zone) et de destruction des états qui soutiennent les Palestiniens, essentiellement l’Iran, la Syrie et le Liban (ce dernier ayant été envahi par Israël en maintes occasions). Il est tout à fait possible de dire que les guerres sans fin qui ont miné les Etats-Unis depuis plus de 15 ans, ont été menées au bénéfice et au service d’Israël.

Ceci est indiscutable. Il est bien connu, ou du moins il devrait être connu que Saddam Hussein n’était en aucun cas une menace pour les Etats-Unis. Il soutenait les Palestiniens non seulement rhétoriquement mais aussi financièrement, l’Iraq se devait donc d’être envahi d’abord par Bush père, qui imposa avec l’ONU des sanctions draconiennes qui virent la mort de 500 000 enfants Iraquiens, puis par Bush fils et son administration infestée de nouveaux-cons.

Les attentats du 11 septembre et l’invasion de l’Afghanistan furent perpétrés pour mettre en place la “guerre contre le terrorisme” et de dépeindre les musulmans comme les ennemis des Etats-Unis, donnant ainsi un prétexte d’attaquer les ennemis d’Israël, l’Iraq, la Libye, la Syrie et le Liban. Tant qu’il y aura une résistance à la politique raciste d’Israël et sa violente domination et nettoyage ethnique des Palestiniens arabes, il y aura une “guerre contre le terrorisme”.

Ces dernières années, le point de focale de cette série d’invasions sans fins et hautement lucrative pour le complexe militaro-industriel a basculé directement ou indirectement sur ce que les Etats-Unis voient comme l’ennemi: le peuple américain, à commencer avec les “suprémacistes blancs” qu’on nous dépeint comme l’avant-garde d’une nouvelle vague mondiale de l’antisémitisme. En fait, ce supposé antisémitisme est une attaque sur des nationalistes qui en ont ras le bol de l’état et de son parasitisme.

Il est fort peu probable que l’Iran soit envahi avant les élections à moins que l’Iran ne provoque les Etats-Unis et leurs partenaires européens à l’attaquer. Souffrant de la maladie mentale de l’hubris et de l’exceptionnalisme (et dans le cas d’Israël, de racisme ouvertement affirmé), les ennemis de l’Iran sont incapables de comprendre que toute attaque sur ce pays résultera en un énorme carnage, spécifiquement en Israël et dans toutes les bases militaires américaines encerclant l’Iran. Les nouveaux-cons et les soutiens “d’Israel #1” qui infestent l’administration/gouvernement Trump croient sincèrement qu’ils peuvent s’en tirer sans aucune conséquence  ou si peu, en bombardant l’Iran, proclamant une fois de plus à qui veut entendre que c’est du gâteau.

A l’encontre de l’Iraq, l’Iran n’a pas souffert d’un démantèlement complet sous un régime de sanctions médiéval punitif, bien que si les sanctions continuent d’empirer, l’Iran pourrait bien finir aussi brisé que l’Iraq avant l’invasion de Bush le minus. Mais les leaders de l’Iran ne laisseront jamais cela se produire.

De plus, l’Iran montre maintenant de la détermination et refuse de jouer le jeu dans les termes imposés par la clique des globalistes  et des nouveaux-cons , adorateurs d’Israel #1. Pour chaque coup américain, il y a un contre-coup iranien. Il est si évident maintenant que Trump est frustré avec l’Iran et son manque de volonté bornée de se plier à l’effort néolibérale et sioniste pour détruire le pays et le balkaniser. L’Iran contre-attaquera.

Et ce combat pourrait être emmené jusqu’en Amérique et pas seulement aux militaires stationnés autour de l’Iran. Si ceci se produit, bien entendu, l’outrance et la colère rallieront les Américains à soutenir une guerre finale. Les Américains sont de fait très peu différents des Allemands sous le joug nazi, trompés à marcher en guerre par la rhétorique et des opérations sous faux-drapeau. La propagande est bien plus efficace maintenant, bien plus qu’il y a 80 ans. (NdT: là, nous ne sommes pas d’accord avec KN. La propagande marche de moins en moins bien et de plus en plus de monde est au courant des politiques de faux-drapeaux passées et présentes…en cela, monter une opération faux-drapeau est plus compliquée maintenant car le système en a usé et abusé, plus grand monde est dupe. Il suffit de voir a quelle vitesse les attaques chimiques faux-drapeau en Syrie furent exposées et dévoilées, quasiment en temps réel !…)

Je n’ai pas grand espoir que le virus sioniste qui infecte le gouvernement américain soit éliminé avant que la guerre finale n’éclate, une annihilation nucléaire de toute vie sur terre.

Les tentacules de la menace sont profondément enterrées et ancrées dans les centres du pouvoir et du contrôle. Si la guerre contre le mouvement BDS nous montre quoi que ce soit, c’est que nos soi-disants “représentants” et la marionnette pro-sioniste de la Maison Blanche, réagiront inlassablement à toute menace contre l’état sioniste aussi minime soit-elle.

Une loi est passée dans l’état de Floride et fut célébrée à Jérusalem, loi qui fait de la critique d’Israël un crime, dénotant un antisémitisme. Cette loi définit aussi le BDS de la manière la plus sérieuse en l’assimilant à une menace identique à celle de l’Etat Islamique:

Dans cette loi. le mouvement BDS est définie comme un groupe terroriste qui n’est pas en cela différent du Ku Klux Klan (KKK) ou de l’EIIL, ce qui a déclenché toute une série de questions si la critique de l’état juif pouvait-être mal caractérisée comme étant une critique anti-sémite du peuple juif.

D’après un député démocrate qui a voté pour cette loi, son adoption est une “mitzvah”, c’est à dire en hébreu, un devoir moral, un ordre de foi.

Si cette folie continue, des blogs comme celui-ci ne pourront plus être permis sur internet. Toute critique d’Israël et du sionisme va devenir illégale, punissable comme crime, comme ça l’est maintenant en France et dans la plupart des pays d’Europe et une fois de plus, la constitution et le 1er amendement (sur la liberté d’expression) seront lettre morte… une fois pour toute.

 

Empire et géopolitique: Les Frères Musulmans comme supplétifs du Pentagone (thierry Meyssan)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, colonialisme, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 8 juillet 2019 by Résistance 71

Article intéressant mais entaché d’une remarque qui nous a forcé à mettre une note en aparté. Ceci fait toujours poser la question: malgré les apparences, pour qui Meyssan pédale t’il vraiment ?… Fragment de réponse plus bas, car commence à se dégager subrepticement un certain canevas…

~ Résistance 71 ~

 


Daesh = Gladio 2.0

 

Les Frères Musulmans comme supplétifs du Pentagone

 

Thierry Meyssan

 

5 juillet 2029

 

url de l’article: https://www.voltairenet.org/article206726.html

 

Nous poursuivons la publication du livre de Thierry Meyssan, « Sous nos yeux ». Dans cet épisode, il décrit comment l’organisation terroriste des Frères musulmans a été intégrée au Pentagone. Elle a été rattachée aux réseaux anti-Soviétiques constitués avec les anciens nazis durant la Guerre froide.

5— Les islamistes pris en main par le Pentagone

Au début des années 1990, le Pentagone décide d’incorporer les islamistes — qui jusque-là dépendaient de la seule CIA — dans ses activités. C’est l’opération Gladio B, en référence aux services secrets de l’Otan en Europe (Gladio A [1]).

Durant une décennie, tous les chefs islamistes — y compris Oussama Ben Laden et Ayman Al-Zawahiri — se déplacent à bord des avions de l’US Air Force. Le Royaume-Uni, la Turquie et l’Azerbaïdjan participent à l’opération [2]. Par voie de conséquence, les islamistes — qui jusqu’ici étaient des combattants de l’ombre — sont «  publiquement  » intégrés aux forces de l’Otan.

L’Arabie saoudite — à la fois État et propriété privée des Saoud — devient officiellement la société chargée de gérer l’islamisme mondial. Le roi proclame une Loi fondamentale, en 1992, selon laquelle «  L’État protège la foi islamique et applique la charia. Il impose le Bien et combat le Mal. Il accomplit les devoirs de l’islam. (…) La défense de l’islamisme, de la société et de la patrie musulmane est le devoir de chaque sujet du roi.  »

En 1993, Charles, le prince de Galles, place l’Oxford Centre for Islamic Studies sous son patronage, tandis que le chef des services secrets saoudiens, le prince Turki, en prend la direction.

Londres devient ouvertement le centre névralgique du Gladio B, au point que l’on parle de «  Londonistan  » [3]. Sous le parapluie de la Ligue islamique mondiale, les Frères musulmans arabes et la Jamaat-i-Islami pakistanaise créent quantité d’associations culturelles et cultuelles autour de la mosquée de Finsbury Park. Ce dispositif permettra de recruter de nombreux kamikazes, de ceux qui attaqueront l’école russe de Beslan à Richard Reid, le Shoe bomber. Le Londonistan comprend surtout de nombreux médias, maisons d’édition, journaux (Al-Hayat et Asharq Al-Awsat — tous deux dirigés par des enfants de l’actuel roi Salmane d’Arabie —) et télévisions (le groupe MBC du prince Walid ben Talal émet une vingtaine de chaînes), qui ne sont pas destinés à la diaspora musulmane au Royaume-Uni, mais diffusés dans le monde arabe  ; l’accord entre les islamistes et l’Arabie saoudite ayant été étendu au Royaume-Uni — totale liberté d’action, mais interdiction de s’ingérer dans la politique intérieure. Cet ensemble emploie plusieurs milliers de personnes et brasse des quantités d’argent gigantesques. Il restera publiquement en place jusqu’aux attentats du 11 septembre 2001 où il deviendra impossible aux Britanniques de continuer à le justifier.

Abou Moussab «  Le Syrien  » — un rescapé du coup d’État avorté de Hama devenu agent de liaison entre Ben Laden et le Groupe islamique armé (GIA) algérien — théorise le «  jihad décentralisé  ». Dans son Appel à la résistance islamique mondiale, il pose en termes islamiques la doctrine déjà bien connue de la «  stratégie de la tension  ». Il s’agit de provoquer les autorités pour susciter une terrible répression qui conduira le peuple à se soulever contre elles. Cette théorie a déjà été utilisée par les réseaux Gladio de la CIA/Otan en manipulant l’extrême gauche européenne dans les années 1970-80 (Bande à Baader, Brigades rouges, Action directe). Bien sûr il n’était pas question que cette stratégie aboutisse et la CIA/Otan savait qu’elle n’avait aucune chance d’y parvenir — elle n’a jamais été victorieuse, nulle part —, mais elle entendait utiliser la réaction répressive de l’État pour placer ses hommes au pouvoir. «  Le Syrien  » désigne l’Europe — et surtout pas les États-Unis — comme le prochain champ de bataille des islamistes. Il fuit la France après les attentats de 1995. Deux ans plus tard, il créé à Madrid et au Londonistan l’Islamic Conflict Studies Bureau, sur le modèle d’Aginter Press, que la CIA avait créé à Lisbonne durant les années 1960-70. Les deux structures excellent dans l’organisation d’attentats sous faux drapeaux (de celui attribué à l’extrême gauche Piazza Fontana, en 1969, à ceux attribués aux musulmans à Londres, en 2005).

Simultanément, les Frères élaborent un vaste programme de formation des leaders arabes pro-US. Le Libyen Mahmoud Jibril el-Warfally, professeur à l’université de Pittsburg, leur apprend à parler le «  politiquement correct  ». Il forme ainsi des émirs et des généraux d’Arabie saoudite, du Bahreïn, d’Égypte, des Émirats, de Jordanie, du Koweït, du Maroc et de Tunisie (mais aussi de Singapour). Mêlant principes de Relations publiques et étude des rapports de la Banque mondiale, les pires dictateurs sont désormais capables de disserter sans s’esclaffer de leur idéal démocratique aussi bien que de leur profond respect des Droits de l’Homme.

La guerre contre l’Algérie déborde en France. Jacques Chirac et son ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua, interrompent le soutien de Paris aux Frères musulmans et font même interdire les livres de Youssef Al-Qaradâwî (le prêcheur de la Confrérie). Il s’agit pour eux de maintenir la présence française au Maghreb que les Britanniques veulent éradiquer. Le Groupe islamique armé (GIA) prend en otage les passagers du vol Air France Alger/Paris (1994), fait exploser des bombes dans le RER et en divers points de la capitale (1995) et planifie un gigantesque attentat — qui sera déjoué — lors de la Coupe du monde de football (1998), incluant la chute d’un avion sur une centrale électrique nucléaire. Chaque fois, les suspects qui parviennent à fuir trouvent asile au Londonistan.

La guerre de Bosnie-Herzégovine débute en 1992 [4]. Sur instruction de Washington, les services secrets pakistanais (ISI), toujours soutenus financièrement par l’Arabie saoudite, envoient 90 000 hommes y participer contre les Serbes (soutenus par Moscou). Oussama Ben Laden reçoit un passeport diplomatique bosniaque et devient conseiller militaire du président Alija Izetbegovic (dont l’États-unien Richard Perle est conseiller diplomatique et le Français Bernard-Henri Lévy, conseiller médiatique). Il constitue la Légion arabe avec d’anciens combattants d’Afghanistan et distribue le financement de la Ligue islamique mondiale. Par réflexe communautaire ou en compétition avec l’Arabie saoudite, la République islamique d’Iran se porte également au secours des musulmans de Bosnie. En bonne intelligence avec le Pentagone, elle envoie plusieurs centaines de Gardiens de la Révolution et une unité du Hezbollah libanais. Surtout, elle livre l’essentiel des armes utilisées par l’armée bosniaque.

Les services secrets russes, qui pénètrent dans le camp de Ben Laden, constatent que la totalité de la bureaucratie de la Légion arabe est rédigée en anglais et qu’elle reçoit directement ses ordres de l’Otan. Après la guerre, un Tribunal international spécial est créé. Il poursuit de nombreux combattants pour crimes de guerre, mais aucun membre de la Légion arabe.

Après trois ans de calme, la guerre entre musulmans et orthodoxes reprend en ex-Yougoslavie, au Kosovo cette fois. L’armée de libération du Kosovo (UÇK) est composée à partir de groupes mafieux formés au combat par les Forces spéciales allemandes (KSK) sur la base turque d’Incirlik. Les Albanais et les Yougoslaves musulmans ont une culture Naqchbandie. Hakan Fidan, le futur chef des services secrets turcs, est officier de liaison entre l’Otan et la Turquie. Les anciens de la Légion arabe intègrent l’UÇK, dont une brigade est commandée par un des frères d’Ayman Al-Zawahiri. Celle-ci détruit systématiquement les églises et monastères orthodoxes et chasse les chrétiens.

En 1995, renouant avec la tradition des assassinats politiques, Oussama Ben Laden tente d’éliminer le président égyptien, Hosni Moubarak. Il remet cela l’année suivante contre le Guide libyen, Mouammar Kadhafi. Ce deuxième attentat est financé à hauteur de 100 000 livres par les services secrets britanniques qui veulent sanctionner le soutien libyen à la Résistance irlandaise [5]. Toutefois l’opération échoue. Plusieurs officiers libyens fuient au Royaume-Uni. Parmi eux, Ramadan Abidi, dont le fils sera chargé des années plus tard, toujours par les services britanniques, de réaliser un attentat à Manchester. La Libye transmet des preuves à Interpol et émet le premier mandat d’arrêt international contre Oussama Ben Laden en personne, lequel dispose toujours d’un bureau de relations publiques au Londonistan.

En 1998, la Commission arabe des Droits humains est fondée à Paris. Elle est financée par la NED. Son président est le Tunisien Moncef Marzouki, et son porte-parole le Syrien Haytham Manna. Son objectif est de défendre les Frères musulmans arrêtés dans différents pays arabes en raison de leurs activités terroristes. Marzouki est un médecin de gauche travaillant avec eux depuis longtemps et Manna un écrivain qui gère les placements d’Hassan el-Tourabi et des Frères soudanais en Europe. Lorsque Manna se retire, sa compagne reste la directrice de l’association. Il est remplacé par l’Algérien Rachid Mesli, qui lui est avocat, notamment d’Abassi Madani et des Frères algériens.

En 1999 (c’est-à-dire après la guerre du Kosovo et la prise du pouvoir par les islamistes à Grozny), Zbigniew Brzezinski fonde avec une cohorte de néoconservateurs l’American Committee for Peace in Chechnya (Comité américain pour la paix en Tchétchénie). Si la première guerre de Tchétchénie était une affaire intérieure russe dans laquelle quelques islamistes s’étaient immiscés, la seconde vise la création de l’Émirat islamique d’Itchkérie. Brzezinski, qui préparait cette opération depuis plusieurs années, tente de reproduire l’expérience afghane. Les jihadistes tchétchènes, comme Chamil Bassaïev, n’ont pas été formés au Soudan par Ben Laden, mais en Afghanistan par les Talibans. Durant toute la guerre, ils bénéficient du soutien «  humanitaire  » de la Millî Görüs turque de Necmettin Erbakan et de Recep Tayyip Erdogan et de l’«  IHH – Droits de l’Homme et Libertés  ». Cette dernière association turque a été créée en Allemagne sous le nom d’Internationale Humanitäre Hilfe (IHH). Par la suite, ces jihadistes organiseront plusieurs grandes opérations  : notamment contre le Théâtre de Moscou (2002, 170 morts, 700 blessés), contre une école de Beslan (2004, 385 morts, 783 blessés) et contre la ville de Naltchik (2005, 128 morts et 115 blessés). Après le massacre de Beslan et la mort du leader jihadiste Chamil Bassaïev, la Millî Görüs et l’IHH organisent à la mosquée Fatih d’Istanbul de grandes funérailles, sans le corps mais avec des dizaines de milliers de militants.

Durant cette période, trois grands attentats sont attribués à Al-Qaïda. Cependant, aussi importantes que soient ces opérations, elles représentent une déchéance pour les islamistes qui sont intégrés au sein de l’Otan et se voient simultanément ravalés au niveau de terroristes « anti-américains ». 

  • En 1996, un camion piégé fait exploser une tour de huit étages à Khobar en Arabie saoudite, tuant 19 soldats US. D’abord attribué à Al-Qaïda, la responsabilité de l’attentat est reportée sur l’Iran, puis finalement sur personne. 
  • En 1998, deux bombes explosent devant les ambassades états-uniennes à Nairobi (Kenya) et Dar-es-Salam (Tanzanie), tuant 298 Africains – mais aucun États-unien – et blessant plus de 4 500 personnes. Ces attentats sont revendiqués par une mystérieuse Armée islamique de libération des lieux saints. Selon les autorités US, ils auraient été commis par des membres du Jihad islamique égyptien en rétorsion à l’extradition de quatre de leurs membres. Pourtant, les mêmes autorités accusent Oussama Ben Laden d’être le commanditaire et le FBI émet — enfin — un mandat d’arrêt international contre lui. 
  • En 2000, une embarcation suicide vient exploser contre la coque du destroyer USS Cole en rade d’Aden (Yémen). L’attentat est revendiqué par Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), mais un tribunal états-unien en rendra responsable le Soudan.

Ces attentats surviennent alors que la collaboration entre Washington et les islamistes se poursuit. Ainsi, Oussama Ben Laden a conservé son bureau au Londonistan jusqu’en 1999. Situé dans le quartier de Wembley, l’Advice and Reformation Committee (ARC), vise à la fois à diffuser les déclarations de Ben Laden et à couvrir les activités logistiques d’Al-Qaïda, y compris en matière de recrutement, de paiements, et d’acquisition de matériels. Parmi ses collaborateurs à Londres, on trouve le Saoudien Khaled Al-Fawwaz et les Égyptiens Adel Abdel Bary et Ibrahim Eidarous, trois hommes qui font l’objet de mandats d’arrêt internationaux, mais ont pourtant reçu l’asile politique au Royaume-Uni. C’est en parfaite légalité à Londres que le bureau de Ben Laden publiera en février 1998 son célèbre Appel au Jihad contre les juifs et les croisés. Gravement malade des reins, Ben Laden est hospitalisé, en août 2001, à l’hôpital américain de Dubaï. Un chef d’État du Golfe m’a confirmé lui avoir rendu visite dans sa chambre où sa sécurité était assurée par la CIA.

6— La fusion des deux « Gladio » et la préparation de Daesh

Dans la même logique, l’administration Bush rend les islamistes responsables des gigantesques attentats qui surviennent le 11 septembre 2001 aux États-Unis. La version officielle s’impose bien qu’elle comprenne d’innombrables incohérences. Le secrétaire à la Justice assure que des avions ont été détournés par des islamistes, même si selon les compagnies aériennes, aucun des suspects ne s’est trouvé à bord. Le département de la Défense publiera une vidéo dans laquelle Ben Laden revendique les attentats, alors même qu’il les avait publiquement rejetés et que les experts en reconnaissance faciale et vocale affirment que l’homme de la vidéo n’est pas Ben Laden. Quoi qu’il en soit, ces événements servent de prétexte à Washington et à Londres pour lancer la « Guerre sans fin » et attaquer leurs anciens alliés, les Talibans en Afghanistan, et l’Irak de Saddam Hussein.

Bien qu’il ait souffert d’insuffisance rénale chronique, Oussama Ben Laden succombe à sa maladie le 15 décembre 2001 des suites d’un syndrome de Marfan. Un représentant du MI6 assiste à ses obsèques en Afghanistan. Par la suite, plusieurs sosies plus ou moins ressemblants vont maintenir sa fable en vie, dont un sera lui-même assassiné par Omar Sheikh, en 2005, selon la Première ministre pakistanaise Benazir Bhuto.

En août 2002, le MI6 organise à Londres une conférence des Frères musulmans sur le thème «  La Syrie pour tous  ». Les orateurs y développent l’idée que la Syrie serait opprimée par la secte des alaouites et que seuls les Frères musulmans offriraient une véritable liberté.

Après Sayyed Qutb et Abou Moussab «  Le Syrien  », les islamistes se dotent d’un nouveau stratège, Abou Bakr Naji. En 2004, ce personnage, qui semble n’avoir jamais existé, publie un ouvrage sur Internet, La Gestion de la barbarie, une théorie du chaos [6]. Bien que certains aient cru reconnaître le style d’un auteur égyptien, il semble que l’ouvrage ait été écrit en anglais, puis enrichi de citations coraniques superfétatoires et traduit en arabe. La «  Barbarie  » dans le titre du livre, ne désigne pas le recours à la terreur, mais le retour à l’état de nature avant que la civilisation ne crée l’État. Il s’agit de renvoyer l’Humanité au moment où «  L’homme est un loup pour l’homme  ». La stratégie du chaos tient en trois phases  : 

  • Premièrement, démoraliser et épuiser l’État en l’attaquant sur ses flancs les moins bien protégés. On choisira donc des cibles secondaires, souvent sans intérêt, mais faciles à détruire et dispersées. Il s’agira de donner l’impression d’un soulèvement généralisé, d’une révolution. 
  • Deuxièmement, lorsque l’État se sera retiré des banlieues et des campagnes, conquérir certaines zones et les administrer. On s’appuiera sur la charia pour marquer le passage à une nouvelle forme d’État. Durant cette période, on nouera des alliances avec tous ceux qui s’opposent au Pouvoir et que l’on ne manquera pas d’armer. On mènera alors une guerre de position. 
  • Troisièmement, proclamer l’État islamique.

Ce traité ressort de la science militaire contemporaine. Il accorde une grande place aux opérations psychologiques, notamment à l’usage de la violence spectaculaire. Dans la pratique, cette stratégie n’a rien à voir avec une révolution, mais avec la conquête d’un pays par des puissances extérieures, car elle suppose un investissement massif. Comme toujours dans la littérature subversive, le plus intéressant réside dans ce qui n’est pas dit ou juste cité incidemment  : 

  • la préparation des populations pour qu’elles accueillent les jihadistes suppose la construction préalable d’un réseau de mosquées et d’œuvres sociales, comme cela a été fait en Algérie avant la guerre «  civile  »  ; 
  • pour être menées, les premières opérations militaires nécessitent des armes qu’il faudra importer au préalable. Surtout, par la suite, les jihadistes n’auront aucun moyen de se fournir en armes et encore moins en munitions. Ils devront donc être appuyés de l’extérieur  ; 
  •  l’administration des zones conquises suppose que l’on dispose de hauts fonctionnaires formés à l’avance, comme ceux des armées régulières chargées de «  reconstruire des États  »  ;
  • enfin la guerre de position suppose la construction de très vastes infrastructures qui nécessiteront quantité de matériaux, d’ingénieurs et d’architectes.

De facto, le fait de se réclamer de cet ouvrage atteste que les islamistes entendent continuer à jouer un rôle militaire pour le compte de puissances extérieures, mais cette fois à très grande échelle.

En 2006, les Britanniques demandent à l’émir Hamad du Qatar de placer sa chaîne de télévision panarabe, Al-Jazeera, au service des Frères musulmans [7]. Le Libyen Mahmoud Jibril, qui a formé la famille royale à parler en langage démocratique, est chargé d’introduire pas à pas ses Frères dans la chaîne et de créer des canaux en langues étrangères (anglais, et par la suite bosniaque et turc), ainsi qu’une chaîne pour les enfants. Le prédicateur Youssef Al-Qaradâwî devient «  conseiller religieux  » d’Al-Jazeera. Bien sûr, la chaîne diffusera et validera les enregistrements audio ou vidéo des «  Oussama Ben Laden  ».

Dans la même période, les troupes US en Irak doivent faire face à un soulèvement qui se généralise. Après avoir été abattus par la soudaineté et la brutalité de l’invasion (technique «  du choc et de la stupeur  »), les Irakiens organisent leur résistance. L’ambassadeur états-unien à Bagdad, puis directeur du Renseignement national, John Negroponte, propose de les vaincre en les divisant et en retournant leur colère contre eux-mêmes, c’est-à-dire de transformer la Résistance à l’occupation en guerre civile. Expert en opérations secrètes, il a notamment participé à l’opération Phoenix au Vietnam, puis a organisé la guerre civile au Salvador et l’Iran-Contras au Nicaragua, et a conduit à l’effondrement de la rébellion au Chiapas mexicain*. Negroponte appelle un des hommes sur lesquels il s’est appuyé au Salvador, le colonel James Steele. Il lui confie la charge de créer des milices irakiennes chiites contre les sunnites et sunnites contre les chiites. Pour ce qui est de la milice sunnite, Steele recourt aux islamistes. À partir d’Al-Qaïda en Irak, il arme une coalition tribale, l’Émirat islamique en Irak (futur Daech), sous couvert de la Police spéciale («  Brigade des Loups  »). Pour terrifier les victimes et leurs familles, il forme l’Émirat à la torture selon les méthodes de l’École des Amériques (School of America) et de la Political Warfare Cadres Academy de Taïwan, où il a enseigné. En quelques mois, une nouvelle horreur s’abat sur les Irakiens et les divise selon leur appartenance religieuse. Par la suite, lorsque le général David Petraeus prendra le commandement des troupes états-uniennes dans le pays, il désignera le colonel James H. Coffman pour travailler avec Steele et lui rendre des rapports sur l’opération, tandis que Brett H. McGurk rendra directement compte au président. Les principaux chefs de l’Émirat islamique sont recrutés au camp d’internement de Bucca, mais font l’objet d’une mise en condition à la prison d’Abou Ghraib selon les méthodes de «  lavage de cerveau  » des professeurs Albert D. Biderman et Martin Seligman [8]. Le tout est supervisé depuis Washington par le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, dont Steele dépend directement.

=*=

(*) Question et note de R71: D’où Meyssan tient-il que la rébellion zapatiste au Chiapas s’est effondrée ? Elle tient et est plus fortement organisée que jamais 25 ans après sa sortie au grand jour le 1er janvier 1994 ? C’est par ce genre de remarque non fondée, une affirmation sans aucun fondement, que Meyssan discrédite son propos… Il est malheureusement assez coutumier du fait (cf ses tirades sur le Rojava où il fait un amalgame systématique menant à une confusion qu’on peut supposer voulue…). Dommage… Mais on peut aussi se poser légitimement la question: pourquoi fait-il ce genre de réflexions, facilement qualifiables de désinformation ?… Quel est le but ?… Pour qui pédale t’il vraiment ?… Il est intéressant de noter qu’après le Rojava, il s’en prend ici sans aucun fondement et manifestement sans aucune connaissance approfondie du sujet, au Chiapas zapatiste, c’est à dire contre des mouvements anti-étatistes déclarés et avérés. Coïncidence?… On ne le pense pas. Il est de plus en plus clair que Meyssan suit une ligne directrice propagandiste de maintenance de tout mouvement dissident dans le consensus du statu quo oligarchique. Meyssan est et demeure malgré tout un agent du système même s’il s’est rebellée contre sa branche extrémiste des nouveaux cons yankee et ses ramifications planétaires…

=*=

En 2007, Washington informe la Confrérie qu’il va renverser les régimes laïcs du Moyen-Orient élargi, y compris ceux des États alliés, et qu’elle doit se préparer à exercer le pouvoir. La CIA organise des alliances entre les Frères et des personnalités ou des partis laïcs, de tous les États de la région. Simultanément, elle relie les deux branches du «  Gladio  » en tissant des liens entre les groupes nazis occidentaux et les groupes islamistes orientaux.

Ces alliances sont parfois bancales, par exemple lors de la «  Conférence nationale de l’opposition libyenne  », à Londres, les Frères ne parviennent à fédérer autour d’eux que le Groupe islamique combattant en Libye (Al-Qaïda en Libye) et la Confrérie wahhabite sénoussie. La plateforme programmatique prévoit de rétablir la monarchie et de faire de l’islam la religion d’État. Plus convaincante est la constitution du Front de salut national, à Berlin, qui officialise l’union des Frères et de l’ancien vice-président baasiste syrien Abdel Halim Khaddam.

Le 8 mai 2007, à Ternopol (dans l’ouest de l’Ukraine), des groupuscules nazis et islamistes créent un Front anti-impérialiste afin de lutter contre la Russie. Des organisations de Lituanie, de Pologne, d’Ukraine et de Russie y participent, dont les séparatistes islamistes de Crimée, d’Adyguée, du Dagestan, d’Ingouchie, du Kabardino-Balkarie, du Karatchaïévo-Tcherkessie, d’Ossétie, de Tchétchénie. Ne pouvant s’y rendre du fait des sanctions internationales prises contre lui, Dokou Oumarov — qui a aboli la République de Tchétchénie et proclamé l’Émirat islamique d’Itchkérie —, y fait lire sa contribution. Le Front est présidé par le nazi Dmytro Iarosh, qui deviendra lors du coup d’État de Kiev, en février 2014, secrétaire adjoint du Conseil de sécurité nationale d’Ukraine.

Au Liban, en mai/juin 2007, l’armée nationale entreprend le siège du camp palestinien de Nahr el-Bared, après que des membres du Fatah el-Islam s’y sont retranchés. Les combats durent 32 jours et coûtent la vie à 76 soldats dont une trentaine sont décapités.

En 2010, la Confrérie organise la Flottille de la Liberté via l’IHH. Il s’agit officiellement de braver l’embargo israélien et d’apporter de l’aide humanitaire aux Gazaouis [9]. En réalité, le principal bâtiment de cette équipée change de pavillon durant la traversée et poursuit sous les couleurs turques. De nombreux espions se mêlent aux militants non violents participant à l’expédition, dont un agent irlandais de la CIA, Mahdi Al-Harati. Tombant dans le piège que lui tendent les États-Unis, le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, donne l’assaut aux bateaux dans les eaux internationales, faisant 10 morts et 54 blessés. Le monde entier condamne cet acte de piraterie sous l’œil narquois de la Maison-Blanche. Israël, qui fournissait leurs armes aux jihadistes en Afghanistan et a soutenu la création du Hamas contre l’OLP de Yasser Arafat, s’est retourné contre les islamistes en 2008 et les a bombardés, ainsi que la population gazaouie. Nétanyahou paye de cette manière l’opération «  Plomb durci  » qu’il a menée avec l’Arabie saoudite contre l’avis de la Maison-Blanche. En définitive, les passagers de la Flottille sont libérés par Israël. La presse turque montre alors le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan rendant visite dans un hôpital à Mahdi Al-Harati.

[1] NATO’s secret armies : operation Gladio and terrorism in Western Europe, Daniele Ganser, Foreword by Dr. John Prados, Frank Cass/Routledge (2005). Version française : Les armées secrètes de l’Otan, Demi-Lune (2017).

[2] Classified Woman : The Sibel Edmonds Story : A Memoir, Sibel Edmonds (2012).

[3] Londonistan, Melanie Phillips, Encounter Books (2006).

[4] Wie der Dschihad nach Europa kam, Jürgen Elsässer, NP Verlag (2005) ; version française : Comment le Djihad est arrivé en Europe, préface de Jean-Pierre Chevénement, Xenia (2006). Intelligence and the war in Bosnia 1992-1995 : The role of the intelligence and security services, Nederlands Instituut voor Oologsdocumentatie (2010). Al-Qaida’s Jihad in Europe : The Afghan-Bosnian Network, Evan Kohlmann, Berg (2011).

[5] « David Shayler : « J’ai quitté les services secrets britanniques lorsque le MI6 a décidé de financer des associés d’Oussama Ben Laden » », Réseau Voltaire, 18 novembre 2005.

[6] The Management of Savagery : The Most Critical Stage Through Which the Umma Will Pass, Abu Bakr Naji, Harvard University (2006). Version française : Gestion de la barbarie, éd de Paris (2007).

[7] « Wadah Khanfar, Al-Jazeera et le triomphe de la propagande télévisuelle », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 23 septembre 2011.

[8] « Le secret de Guantánamo », par Thierry Meyssan, Оdnako (Russie) , Réseau Voltaire, 28 octobre 2009.

[9] « Flottille de la liberté : le détail que Netanyahu ignorait », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 juin 2010.

 


Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord

Empire et géopolitique: Les Frères Musulmans sbires du MI6 britannique et de la CIA (Thierry Meyssan)

Posted in actualité, colonialisme, documentaire, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 3 juillet 2019 by Résistance 71

Suite de la saga de la confrérie des Frères Musulmans, autre turpitude étatico-capitaliste et création des services.

~ Résistance 71 ~

 

Les frères musulmans comme force d’appoint du MI6 et de la CIA

 

Thierry Meyssan

 

28 juin 2019

 

url de l’article original:

https://www.voltairenet.org/article206725.html

 

Nous poursuivons la publication du livre de Thierry Meyssan, « Sous nos yeux ». Dans cet épisode, il décrit la manière dont le président Jimmy Carter et son conseiller national de Sécurité, Zbigniew Brzezinski, utilisèrent les capacités terroristes des Frères musulmans contre les Soviétiques.

La confrérie au service de l’administration Carter/Brzezinski

En 1972-73, un responsable du Foreign Office — et probablement du MI6 —, James Craig, et l’ambassadeur britannique en Égypte, Sir Richard Beaumont, commencent un intense lobbying pour que leur pays et les États-Unis s’appuient sur les Frères musulmans non seulement en Égypte, mais dans tout le monde musulman contre les marxistes et les nationalistes. Sir Craig sera bientôt nommé ambassadeur de sa Majesté en Syrie, puis en Arabie, et trouvera une oreille attentive à la CIA. Il sera, beaucoup plus tard, le concepteur des «  Printemps arabes  ».

En 1977 aux États-Unis, Jimmy Carter est élu président. Il désigne Zbigniew Brzezinski comme conseiller national de sécurité. Ce dernier décide d’utiliser l’islamisme contre les Soviétiques. Il donne son feu vert aux Saoudiens pour augmenter leurs versements à la Ligue islamique mondiale, organise des changements de régime au Pakistan, en Iran et en Syrie, déstabilise l’Afghanistan, et fait de l’accès états-unien au pétrole du Moyen-Orient un objectif de sécurité nationale. Enfin, il confie des moyens militaires à la Confrérie.

Cette stratégie est clairement expliquée par Bernard Lewis lors de la réunion du Groupe de Bilderberg [1] que l’Otan organise en avril 1979 en Autriche. L’islamologue anglo-israélo-états-unien y assure que les Frères musulmans peuvent non seulement jouer un grand rôle face aux Soviétiques et provoquer des troubles internes en Asie centrale, mais aussi balkaniser le Moyen-Orient dans l’intérêt d’Israël.

Contrairement à une idée reçue, les Frères ne se sont pas contentés de suivre le plan Brzezinski, ils ont vu plus loin et obtenu l’assistance de Riyad et de Washington pour constituer d’autres branches de la Confrérie dans d’autres pays  ; branches qui prendront ultérieurement leur essor. À cette époque, le roi d’Arabie octroie une moyenne de 5 milliards de dollars annuels à la Ligue islamique mondiale qui étend ses activités dans 120 pays et finance des guerres. À titre indicatif, 5 milliards de dollars, c’était l’équivalent du budget militaire de la Corée du Nord. La Ligue obtient le statut consultatif auprès du Conseil économique et social de l’ONU et un statut d’observateur à l’Unicef.

Au Pakistan, le général Muhammad Zia-ul-Haq, chef d’état-major des armées formé à Fort Bragg aux États-Unis, renverse le Président Zulfikar Alî Bhutto et le fait pendre. Membre de la Jamaat-e-Islami, c’est-à-dire de la version locale des Frères musulmans, il islamise la société. La charia est progressivement établie — y compris la peine de mort pour blasphème — et un vaste réseau d’écoles islamiques est installé. C’est la première fois que la Confrérie est au pouvoir hors d’Égypte.

En Iran, Brzezinski convainc le Shah de partir et organise le retour de l’imam Rouhollah Khomeini, qui se définit comme un «  islamiste chiite  ». Dans sa jeunesse, Khomeini a rencontré Hasan el-Banna au Caire, en 1945, pour le persuader de ne pas alimenter de conflits sunnites/chiites. Par la suite, il a traduit deux livres de Sayyid Qutb. Les Frères et le Révolutionnaire iranien s’accordent sur des sujets sociétaux, mais pas du tout sur les questions politiques. Brzezinski réalise sa méprise le jour même de l’arrivée de l’ayatollah à Téhéran, car celui-ci va prier sur les tombes des martyrs du régime du Shah et appelle l’armée à se révolter contre l’impérialisme. Brzezinski commet une seconde erreur en envoyant la Delta Force secourir les espions états-uniens qui sont retenus dans leur ambassade à Téhéran. Même s’il parvient à masquer aux yeux des Occidentaux que ses diplomates n’étaient pas des otages mais bien des espions, il ridiculise ses militaires dans l’opération manquée «  Serre d’aigle  », et installe au Pentagone l’idée selon laquelle il faudra se donner les moyens pour vaincre les musulmans.

En Afghanistan, Brzezinski met sur pied l’«  Opération Cyclone  ». Entre 17 et 35 000 Frères musulmans, originaires d’une quarantaine de pays, vont se battre contre l’URSS venue défendre à sa demande la République démocratique d’Afghanistan du terrorisme des Frères [2]— il n’y a jamais eu d’«  invasion soviétique  » comme le prétend la propagande US. Ils ne seront jamais plus de 15 000 à la fois. Ces hommes viennent en renfort d’une coalition de combattants conservateurs et des Frères musulmans locaux, dont le Pachtoune Gulbuddin Hekmatyar et le Tadjik Ahmed Chah Massoud. Ils reçoivent leur armement pour l’essentiel d’Israël [3]— officiellement leur ennemi juré, mais désormais leur partenaire. L’ensemble de ces forces est commandé depuis le Pakistan par le général Muhammad Zia-ul-Haq et financé par les États-Unis et l’Arabie saoudite. C’est la première fois que la Confrérie est utilisée par les Anglo-Saxons pour livrer une guerre. Parmi les combattants présents se trouvent les futurs responsables des guerres du Caucase, de la Jemaah Islamiyah indonésienne, du groupe Abou Sayyaf aux Philippines, et bien sûr d’Al-Qaïda et de Daech. Aux États-Unis l’opération antisoviétique est soutenue par le Parti républicain et un groupuscule d’extrême gauche, les trotskistes de Social Democrats USA.

La stratégie Carter/Brzezinski représente un changement d’échelle [4]. L’Arabie saoudite, qui était jusqu’ici le financier des groupes islamistes, se voit chargée de gérer les fonds de la guerre contre les Soviétiques. Le directeur général du Renseignement saoudien, le prince Turki (fils du roi de l’époque, Fayçal), devient une personnalité incontournable de tous les sommets occidentaux du Renseignement.

Les problèmes entre Arabes et Afghans étant récurrents, le prince Turki envoie d’abord le Palestinien Abdallah Azzam, l’«  imam du jihad  », remettre de l’ordre entre les Frères et administrer le bureau local de la Ligue islamique mondiale, puis le milliardaire Oussama Ben Laden. Azzam et Ben Laden ont été formés ensemble en Arabie saoudite par le frère de Sayyid Qutb.

Toujours durant le mandat Carter, les Frères musulmans entreprennent une longue campagne de terreur en Syrie, incluant l’assassinat des cadets non sunnites à l’Académie militaire d’Alep par l’«  Avant-garde combattante  ». Ils disposent de camps d’entraînement en Jordanie où les Britanniques leur dispensent une formation militaire. Durant ces années de plomb, la CIA parvient à sceller une alliance entre les Frères musulmans et le groupuscule ex-communiste de Riyad Al-Turk. Celui-ci et ses amis, Georges Sabra et Michel Kilo, avaient rompu avec Moscou durant la guerre civile libanaise pour soutenir le camp occidental. Ils s’affilient au groupe trotskiste états-unien, Social Democrats USA. Les trois hommes rédigent un manifeste dans lequel ils affirment que les Frères musulmans forment le nouveau prolétariat et que la Syrie ne pourra être sauvée que par une intervention militaire états-unienne. En définitive, les Frères tentent un coup d’État en 1982, avec le soutien du Baas irakien (qui collaborait alors avec Washington contre l’Iran) et de l’Arabie saoudite. Les combats qui suivent à Hama font 2 000 morts selon le Pentagone, 40 000 selon la Confrérie et la CIA. Par la suite, des centaines de prisonniers sont assassinés à Palmyre par le frère du président Hafez el-Assad, Rifaat, qui sera révoqué et contraint à l’exil à Paris lorsqu’il tentera à son tour un coup d’État contre son propre frère. Les trotskistes sont emprisonnés et la plupart des Frères fuient soit vers l’Allemagne (où réside déjà l’ancien Guide syrien Issam Al-Attar), soit vers la France (comme Abou Moussab «  Le Syrien  »), où le chancelier Helmut Kohl et le président François Mitterrand leur donnent asile. Deux ans plus tard, un scandale éclate au sein de l’opposition désormais en exil au moment du partage  : trois millions de dollars ont disparu sur une enveloppe de 10 millions donnée par la Ligue islamique mondiale.

4— Vers la constitution d’une internationale du Jihad

Durant les années 1980, la Ligue islamique mondiale reçoit instruction de Washington de transformer la société algérienne. Durant une décennie, Riyad offre la construction de mosquées dans les villages. Chaque fois, un dispensaire et une école y sont adjoints. Les autorités algériennes se réjouissent d’autant plus de cette aide qu’elles ne parviennent plus à garantir l’accès de tous à la Santé et à l’Éducation. Progressivement, les classes laborieuses algériennes se détachent d’un État qui ne leur est plus d’un grand secours et se rapprochent des mosquées si généreuses.

Lorsque le prince Fahd devient roi d’Arabie saoudite, en 1982, il place le prince Bandar (fils du ministre de la Défense) comme ambassadeur à Washington, poste qu’il conservera durant tout son règne. Sa fonction est double  : d’un côté, il gère les relations saoudo-états-uniennes, de l’autre il sert d’interface entre le directeur du Renseignement Turki et la CIA. Il se lie d’amitié avec le vice-président et ancien directeur de la CIA, George H.W. Bush, qui le considère comme son «  fils adoptif  »  ; puis avec le secrétaire à la Défense Dick Cheney, et le futur directeur de la CIA, George Tenet. Il s’insère dans la vie sociale des élites et intègre aussi bien la secte chrétienne des chefs d’état-major du Pentagone, The Family, que l’ultra conservateur Bohemian Club de San Francisco.

Bandar commande les jihadistes depuis la Ligue islamique mondiale. Il négocie avec Londres l’achat d’armement pour son Royaume auprès de British Aerospace en échange de pétrole. Les contrats du «  pigeon  », (en arabe Al-Yamamah), coûteront entre 40 et 83 milliards de livres sterling à Riyad dont une partie importante sera reversée par les Britanniques au prince.

En 1983, le Président Ronald Reagan confie à Carl Gershman, l’ancien leader de Social Democrats USA, la direction de la toute nouvelle National Endowment for Democracy [5]. C’est une agence dépendante de l’accord des «  Cinq Yeux  », camouflée en ONG. Elle est la vitrine légale des services secrets australiens, britanniques, canadiens, états-uniens et néo-zélandais. Gershman a déjà travaillé avec ses camarades trotskistes et ses amis Frères musulmans au Liban, en Syrie et en Afghanistan. Il met en place un vaste réseau d’associations et de fondations que la CIA et le MI6 utilisent pour soutenir la Confrérie là où c’est possible. Il se réclame de la «  doctrine Kirkpatrick  »  : toutes les alliances sont justes lorsqu’elles servent l’intérêt des États-Unis.

Dans ce contexte, la CIA et le MI6 qui avaient créé au plus fort de la Guerre froide la Ligue anti-communiste mondiale (WACL), vont l’utiliser pour acheminer en Afghanistan les fonds nécessaires au jihad. Oussama Ben Laden adhère à cette organisation qui compte plusieurs chefs d’États [6].

En 1985, le Royaume-Uni, fidèle à sa tradition d’expertise académique, se dote d’un institut chargé d’étudier les sociétés musulmanes et la manière dont les Frères peuvent les influencer, l’Oxford Centre for Islamic Studies.

En 1989, les Frères réussissent un second coup d’État, cette fois au Soudan au profit du colonel Omar el-Béchir. Il ne tarde pas à placer le Guide local, Hassan el-Turabi, à la présidence de l’Assemblée nationale. Ce dernier, dans une conférence délivrée à Londres, annonce que son pays va devenir la base arrière des groupes islamistes dans le monde.

Toujours en 1989, le Front islamique du Salut (FIS) surgit en Algérie, autour d’Abassi Madani, tandis que le parti au pouvoir s’effondre dans divers scandales. Le FIS est soutenu par les mosquées «  offertes  » par les Saoudiens, et par voie de conséquence par les Algériens qui les fréquentent depuis une décennie. À la faveur d’un rejet des dirigeants et non par adhésion à son idéologie, il gagne les élections locales. Considérant l’échec des politiques et l’impossibilité ontologique de négocier avec les islamistes, l’armée opère un coup d’État et annule les élections. Le pays s’enfonce dans une longue et meurtrière guerre civile dont on ne saura pas grand chose. La guérilla fera plus de 150 000 victimes. Les islamistes n’hésitent pas à pratiquer à la fois les punitions individuelles et collectives, par exemple lorsqu’ils massacrent les habitants de Ben Talha — coupables d’avoir voté malgré la fatwa l’interdisant — et rasent le village. À l’évidence, l’Algérie sert de laboratoire pour de nouvelles opérations. La rumeur se répand que c’est l’armée, et non pas les islamistes, qui massacre les villageois. En réalité, seuls quelques hauts responsables des services secrets formés aux États-Unis rejoignent les islamistes et sèment la confusion.

En 1991, Oussama Ben Laden, qui est retourné en Arabie saoudite comme un héros de la lutte anticommuniste à la fin de la guerre d’Afghanistan, se brouille officiellement avec le roi alors que les «  sourouristes  » se soulèvent contre la monarchie. Cette insurrection, le «  Réveil islamique  », dure quatre ans et se clôt avec l’emprisonnement des principaux leaders. Elle montre à la monarchie — qui s’imaginait disposer de toute autorité — qu’en entretenant le mélange entre religion et politique, les Frères ont créé les conditions d’une révolte via les mosquées.

Dans ce contexte, Oussama Ben Laden prétend avoir proposé l’aide de quelques milliers d’anciens combattants d’Afghanistan contre l’Irak de Saddam Hussein, mais, ô surprise, le roi aurait préféré le million de soldats des États-Unis et de leurs alliés. Il part «  donc  » en exil au Soudan, en réalité avec la mission de reprendre le contrôle des islamistes qui ont échappé à l’autorité des Frères et se sont soulevés contre la monarchie. Avec Hassan el-Tourabi, il organise des conférences populaires panarabes et panislamiques où il invite les représentants de mouvements islamistes et nationalistes d’une cinquantaine de pays. Il s’agit de créer au niveau des partis l’équivalent de ce que l’Arabie saoudite a déjà fait avec l’Organisation de la Conférence islamique qui réunit, elle, des États. Les participants ignorent que les rencontres sont payées par les Saoudiens et que les hôtels où elles se tiennent sont surveillés par la CIA. De Yasser Arafat au Hezbollah libanais, tous y participent.

Le FBI parvient à faire condamner la BCCI, une gigantesque banque musulmane devenue au cours du temps celle utilisée par la CIA pour ses opérations secrètes, notamment le financement de la guerre en Afghanistan — mais aussi le narcotrafic en Amérique latine [7]. Lorsque la faillite de la banque est prononcée, ses petits clients ne sont pas remboursés, mais Oussama Ben Laden parvient à récupérer 1,4 milliard de dollars pour poursuivre l’engagement des Frères musulmans au service de Washington. La CIA déplace alors ses activités sur la Faysal Islamic Bank et sa filiale Al-Baraka.

[1] « Ce que vous ignorez sur le Groupe de Bilderberg », par Thierry Meyssan, Komsomolskaïa Pravda (Russie) , Réseau Voltaire, 9 avril 2011.

[2] « Brzezinski : « Oui, la CIA est entrée en Afghanistan avant les Russes … » », par Zbigniew Brzeziński, Nouvel Observateur (France) , Réseau Voltaire, 15 janvier 1998.

[3] Charlie Wilson’s War : The Extraordinary Story of How the Wildest Man in Congress and a Rogue CIA Agent Changed the History of Our Times, George Crile, Grove Press (2003).

[4] Les dollars de la terreur, Les États-Unis et les islamistes, Richard Labévière, Éditions Bernard Grasset (1999).

[5] « La NED, vitrine légale de la CIA », par Thierry Meyssan, Оdnako (Russie) , Réseau Voltaire, 6 octobre 2010.

[6] Inside the League : The Shocking Expose of How Terrorists, Nazis, and Latin American Death Squads Have Infiltrated the World Anti-Communist League, Scott & Jon Lee Anderson, Dodd Mead & Company éd. (1986). « La Ligue anti-communiste mondiale, une internationale du crime », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 mai 2004.

[7] The BCCI Affair, John Kerry & Hank Brown, US Senate (1992) ; Crimes of a President : New Revelations on the Conspiracy and Cover Up in the Bush and Reagan Administration, Joel Bainerman, SP Books (1992) ; From BCCI to ISI : The Saga of Entrapment Continues, Abid Ullah Jan, Pragmatic Publishing (2006).