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Société celtique, société gauloise: société contre l’État (version PDF à télécharger)

Posted in actualité, altermondialisme, guerres imperialistes, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 23 février 2017 by Résistance 71

En août 2015, nous sous sommes posés la question de l’origine de la société européenne (et française) et nous avions inroduit le livre de l’historien Alain Guillerm “Le défi celtique” de la façon suivante:

“Cette préoccupation politico-anthropologique nous a été dictée par le cheminement de notre recherche sur les solutions potentielles au marasme ambiant de nos sociétés occidentales, viciées et perverties par la doctrine suprématiste forcenée dominante depuis le XVème siècle (certains diront depuis l’ère de la première croisade à la fin du XIème siècle…) et sa mise en application globale par le truchement du colonialisme fondé sur l’hégémonie culturelle judéo-chrétienne engloutissant le monde. Nous avons identifié l’État et ses institutions, quelle qu’en soit la forme adoptée, comme outil du maintien de la division politique de la société à des fins de contrôle oligarchique des sociétés et au travers de l’étude des recherches d’anthroplogues, sociologues et d’historiens réputés comme (liste non exhaustive): Pierre Clastres, Marshall Sahlins, Robert Jaulin, David Stannard, Charles Mann, Taiaiake Alfred, Russell Means, Pierre Kropotkine, Sam Mbah, I.E. Igariwey et maintenant Alain Guillerm, que la société humaine a vécu de fait des millénaires sans structures étatiques, sans division politique de la société et que contrairement au dogme enseigné dans les deux grands courants anthropologiques “classiques” du structuralisme évolutionniste et du marxisme, l’État n’est non seulement pas la finalité de l’histoire, le sommet de l’évolution de la société humaine, son stade ultime de “maturation”, mais qu’il en serait au contraire une entrave, une anomalie, une certaine perversion le rendant en rien inéluctable aux société humaines sur cette planète. […] “

suite de l’introduction:

https://resistance71.wordpress.com/2015/08/15/societe-contre-letat-societe-celtique-et-gauloise-introduction-au-defi-celtique-dalain-guillerm/

Nous avions alors compilé et analysé l’excellent livre de Guillerm. Jo, de JBL1960 nous en a fait un excellent PDF en regroupant les différentes parties publiées sur un document unique que nous vous proposons aujourd’hui dans sa version finale:

 

le_defi_celtique_aguillerm

(Version PDF)

 

 

Nouvel Ordre Mondial: Erik Prince (Blackwater), mercenariat, Chine, Trump et mascarade géopolitique…

Posted in actualité, altermondialisme, chine colonialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 22 février 2017 by Résistance 71

Lire notre dossier: « La Chine et le Nouvel Ordre Mondial » … Cette information que nous avons traduite ci-dessous ne fait que confirmer plus avant la mascarade qui se joue devant nos yeux. L’histoire nous le dit: Wall Street (par Rockefeller) a fait normaliser les relations avec la Chine « communiste » via le couple infernal Kissinger/Nixon en 1971-73, Mao fut financé (tout comme Lénine, Trotski et Hitler) par Wall Street et la maison mère de la City de Londres. Ce que nous vivons aujourd’hui n’est que le prolongement d’accords passés de longue date… Le « pivot vers l’Asie » amorcé sous le criminel Obama ne se réfère pas à une attitude belliqueuse de l’empire contre la Chine (l’apparence de conflit est une mascarade) mais à l’intégration de la Chine dans le nouvel empire, celui qui voit le Bernard l’Ermite impérialiste changer de coquille sous nos yeux insouciants pour mieux se protéger…

~ Résistance 71 ~

 

Blackwater en route pour la Chine

 

James Corbett

 

21 février 2017

 

url de l’article original:

https://www.corbettreport.com/blackwater-heads-to-china/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

OK, OK, pas Blackwater. Cette force mercenaire criminelle condamnée pour crime de guerre, fondée par Erik Prince et qui ne pourra jamais aller plus vite que l’infâmie qui la poursuit et ce nonobstant le nombre de fois où elle change de nom (NdT: Xe puis Academi…)

Non, non non ! Pas Blackwater ! Mais Frontier Services Group (FSG), un groupe mercenaire complètement différent présidé par le même Erik Prince et qui lui, se rend en Chine ! Et ils ne vont pas là-bas pour vendre du service mercenaire… Absolument pas !… Ils ne font qu’aller y ouvrir quelques “bases opératrices d’avant-garde” afin d’entraîner des anciens bidasses de l’armée populaire de libération (APL) sur le comment devenir des mercenaires ! Complètement différent n’est-il pas ?…

Maintenant que ceci est bien clair, un peu de mise en contexte: Erik Prince, le mercenaire notoire qui croit être le descendant moderne de “Wild Bill” Donovan (NdT: Après la transformation de l’OSS après la seconde guerre mondiale en CIA, Donovan est considéré par l’agence de renseignement comme un de ses fondateurs.), Prince a même nommé son plus jeune fils Charles Donovan Prince, après lui. La carrière de Prince comme assassin contractant fut descendue en flamme en 2009 après qu’il fut révélé que Blackwater, l’entreprise qu’il créa, n’était qu’une façade de la CIA pour un de ses programmes d’assassinats perpétrés dans le monde entier. Prince a ensuite admis que “Blackwater était devenue une virtuelle extension de la CIA” et qu’il a reçu des ordres directs de l’agence de renseignement, mais à ce moment là, les feux de la rampe de l’info étaient passés sur autre chose.

Note de R71: Il convient ici de rappeler que la CIA est le bras armé de Wall Street. Il suffit du reste d’analyser les portes tourniquets de derrière la scène entre la CIA et les bureaux exécutifs des grandes entités financières et entrepreneuriales de Wall Street pour se rendre compte de la collusion évidente. Combien d’anciens directeurs de la CIA ont siégé dans les conseils d’administration d’entités de Wall Street et inversement?

Comme je l’ai rapporté l’an dernier, ce ne fut certainement pas la fin des machinations de Prince. Il est réapparu sur les radars en 2016 après avoir révélé qu’il était de nouveau l’objet d’une enquête fédérale, cette fois-ci pour avoir essayer de nouer des services mercenaires avec des gouvernements étrangers et avoir blanchi de l’argent des officiels libyens au travers d’une banque chinoise.

Les choses sont devenues encore plus bizarre lorsque Prince s’est embarqué dans le train en marche Trump en faisant un don de 150 000 dollars à la PAC de Trump (campagne présidentielle), devenant également un invité régulier de Steven Bannon sur son programme radio de Breibart où il se fit l’avocat de la résurrection du programme Phœnix, cette campagne d’enlèvement, de torture et de disparition du gouvernement américain au Vietnam, programme officieux du rôdage des escadrons de la mort, testés au Vietnam donc avant d’être appliqué dans le monde entier (sous la houlette de la CIA) et aux Etats-Unis sous celle du DHS (NdT: Ministère de la Sécurité de la Patrie, la Stasi yankee). En retour d’ascenceur, Trump a nommé la sœur de Prince comme secrétaire à l’éducation (Betsy Devos) et a pris Erik Prince lui-même comme conseiller officieux.

Et comme si tout cela n’était pas suffisant, voici les dernières nouvelles: la nouvelle entreprise d’Erik Prince “est en train de mettre en place une armée privée pour la Chine”. Voici ce que nous savons:

Erik Prince est maintenant le président du conseil de Frontier Services Group, uen entreprise publiquement enregistrée à Hong Kong et qui y est quotée en bourse et qui s’annonce comme prestataire de “services de logistique et de sécurité”.

A la fin de l’année dernière, le FSG a émis une note de presse dans laquelle ils se réjouissaient de leur nouvelle stratégie d’affaire: engranger du fric sur le pari du gouvernement chinois et de ses milliers de milliards de dollars d’investissement sur sa “nouvelle route de la soie”.

La nouvelle stratégie inclut de développer des bases opérationnelles dans la province chinoise du Yunnan et dans la région autonome du Xinjiang sujette à des troubles ethniques, afin ostensiblement de fournir “entrainement, communications, évaluation et gestion de risques, collecte d’information, évacuation sanitaire” ainsi que des “services de sécurité, de logistique et de transferts aériens” aux “entreprises des pays environnants”.

Des sources multiples au sein de l’entreprise sont maintenant en train de lancer l’alerte sur la proposition, tout en supputant néanmoins que Prince “a travaillé très dur afin que la Chine achète les services du nouveau Blackwater” et qu’il “est bien décidé à retrouver la tête du hit-parade des plus importants prestataires de services para-militaires privés de la planète.

FSG a nié les alégations de “nouveaun Blackwater”, disant que “Les services de FSG n’impliquent pas de personnels armés ni l’entrainement de personnels armés” ajoutant que les nouvelles bases seraient seulement utilisées pour “aider le personnel non-militaire à rendre des services de sécurité de protection rapprochée sans l’utilisation d’armes”, mais c’est la même entreprise qui a nié les rapports en 2016 disant que Prince courtisait le gouvernement chinois pour des “services de sécurité” en première instance. D’après le nouveau rapport:

“Quand Frontier a dit plus tard à son comité directeur qu’elle se changeait en services de sécurité, dans les grandes largeurs pour assister la politique de développement internatonale de la Chine, ce nouveau jour dégoûta profondément deux exécutifs américains de l’entreprise de Prince à Hong Kong.
Gregg Smith l’ancien CEO de Frontier a dit qu’il était prêt à partir en mars dernier si Erik Prince n’était pas sorti de l’entreprise. Puis, à une réunion du comité directeur à la fin du mois dernier, il a dit qu’un officiel de l’entreprise avait clairifié que Frontier fournirait des services de sécurité en vue du soutien des objectifs du gouvernement chinois.”

Le rapport révèle que l’ancien amiral en retraite américain William Fallon a démissionné avec Smith après que cette nouvelle stratégie fut dévoilée au comité directeur: “Ceci ne correspnd pas du tout ce pour quoi j’étais à bord de cette entreprise.”

Nonobstant ce que le comité directeur de FSG pensait avoir signé pour, il est en fait très peu surprenant qu’une entreprise présidée par Erik “nous avons besoin d’un nouveau programme Phœnix”, “contractant de la CIA”, “Conseiller officieux de Trump”, Prince pousse pour commencer une relation contractuelle (para)militaire avec une puissance étrangère majeure. Bien entendu, il est absolument illégal pour toute entreprise américaine de fournir “des articles ou des services de défense” à la Chine, mais depuis quand de simples lois ont-elle arrêté Erik Prince et ses entreprises de faire ce qu’ils veulent à l’étranger ? De plus, c’est pourquoi l’idée de “la base opérationnelle avancée” a été dite fournir des services aux entreprises des “pays voisins” alors que la base elle-même est en Chine. C’est aussi pourquoi l’entreprise contractera des portes-flingue de l’ex-APL plutôt que l’armée chinoise elle-même.

Mais attendez un peu… Je pensais qu’Ocenaia était supposée être en guerre contre Eastasia ? (NdT: clin d’œil ici à “1984” d’Orwell..). Pourquoi un conseiller de Trump aiderait-il “l’ennemi” principal ? C’est un peu comme si tout le conflit est une mascarade ayant de puissants marionnettistes derrière le rideau en tant que partie d’une guerre froide 2.0 afin de conserver les masses dans une stupeur et une peur constante de ce nouveau croquemitaine (secrètement soutenu par l’empire). Mais ce n’est pas possible n’est-ce pas ?…

Ah oui c’est vrai, j’oubliais: le plus gros actionnaire de l’entreprise Frontier Services Group est CITIC ou la China International Trust Investment Corporation (NdT: le fond d’investissement du gouvernement chinois !!…) et pour ceux qui sont déjà au courant de la relation entre la Chine et le Nouvel Ordre Mondial, la boucle est bouclée…

Il vaut mieux s’habituer à voir Erik Prince et à se familiariser avec le Frontier Services Group car, bien malheureusement, vous allez les voir tous deux bien plus dans les 4 à 8 ans à venir.

Nouvel Ordre Mondial: Russie contre Mafia Khazare ?…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , on 22 février 2017 by Résistance 71

La Russie appelle à l’élimination du Nouvel Ordre Mondial

 

Jonas Alexis

 

21 février 2017

 

url de l’article original:

http://www.veteranstoday.com/2017/02/21/russia-calls-for-the-elimination-of-the-new-world-order/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

“Lavrov a dit que le temps où l’occident décidait est fini et, reléguant l’OTAN à une relique de la guerre froide a ajouté: ‘j’espère que le monde va choisir un ordre mondial démocratique, un post-occidental, dans lequel chaque pays est défini selon sa souveraineté,’”

Parlant à la conférence de Munich sur la sécurité, on nous dit que le ministre des AE russe Sergueï Lavrov “a appelé samedi la fin d’un monde dominé par l’occident et a dit que Moscou voulait établir une relation ‘pragmatique’ avec les Etats-Unis.”

Ceci est très certainement une magistrale gifle au Nouvel Ordre Mondial et à ses agents tels que John McCain et la clique néoconservatrice, qui ne sont jamais fatigués de boire le sang des autres au Moyen-Orient et ailleurs. Et ceci n’est que le début:

“Lavrov a dit que le temps où l’occident décidait est fini et, reléguant l’OTAN à une relique de la guerre froide a ajouté: ‘j’espère que le monde va choisir un ordre mondial démocratique, un post-occidental, dans lequel chaque pays est défini selon sa souveraineté,’ Lavrov a ajouté que Moscou voulait construire des relations avec Washington qui seraient pragmatiques, fondées sur le respect mutuel et la reconnaissance de notre responsabilité envers la stabilité mondiale.”

Lavrov, qu’il le sache ou non, demande le retour de la raison pratique dans le firmament politique. Sa plaidoirie est certainement en accord avec ce que Kant aurait appelé un impératif catégorique qui recherche des principes universels. Comme je l’ai discuté dans le passé, l’impératif catégorique interdit la contradiction et l’irrationalité précisément parce qu’il est basé sur la loi morale elle-même, déclarant:

“N’agissez qu’en accord avec cette maxime par laquelle vous pouvez et en même temps voulez qu’elle devienne une loi universelle.”[1]

Ceci de manière évidente balance l’idéologie du N.O.M par la fenêtre parce que le N.O.M lui-même ne peut pas être universalisé. Les agents du N.O.M continuent de détruire un pays après l’autre sans aucun principe moral. Ce qui est le plus stupéfiant pour la majeure partie du monde est que les agents du NOM ne voient rien de mal à oblitérer des hommes, femmes et enfants. Ils n’ont aucun remords. Ecoutez attentivement ce que dit Ann Coulter ici:

“Désolés que nous ayions à utiliser votre pays, Irakiens, mais vous avez laissé Saddam au pouvoir et nous allons apporter la démocratie dans votre pays.” [2]

Ainsi, pour “instiller la démocrastie”, des hommes, femmes et enfants doivent mourir par milliers. Des mères doivent porter le deuil de leurs bébés et les pères doivent être disloqués. Cette “démocratie” est en fait l’enfer sur terre. Coulter et ses patrons continuent de vivre dans un monde fantasmagorique où la raison pratique ne joue absolument aucun rôle. Si ceci semble assez tiré par les cheveux, peut-être est-il utile alors d’amener le grain de sel de l’enflammé nouveau con(ervateur) juif Michael Ledeen qui a déclaré:

“La destruction créative est notre second prénom, à la fois dans notre société et à l’étranger. Nous déchirons tous les jours un peu plus l’ancien ordre mondial, du monde des affaires à la science, en passant par la littérature, l’art, l’architecture, le cinéma, la politique et le droit. Nos ennemis ont toujours détesté ce tourbillon d’énergie et de créativité qui menace leurs traditions (quelles qu’elles soient) et fait honte à leur incapacité de maintenir le rythme… Nous devons les détruire pour faire avancer notre mission historique.” [3]

Il se trouve que le Nouvel Ordre Mondial, que la mafia khazare et ses laquais tentent d’établir depuis des années n’est pas fondé sur la poursuite de la vérité ou de principes moraux, mais sur les mensonges catégoriques, les escroqueries monumentales, des moyens de déception et des falsifications et fabrications complètes. Vous rappelez-vous comment les agents du NOM ont mené le peuple américain à la guerre en Irak ? Vous vous rappelez comment ils ont mené les moutons en Afghanistan (NdT: qui fut en fait avant l’Irak… Afghanistan dès Octobre 2001, l’Irak en 2003..) puis en Libye (2011) ? Vous souvenez-vous comment ils voulurent la même chose pour la Syrie ? (NdT: 2011, après la Libye. L’armée “djihadiste” mercenaire de l’OTAN fut transférée par l’OTAN de Libye à la Syrie, puis d’autres mercenaires furent également formés en Arabie Saoudite et au Qatar, en Jordanie et en Turquie, et passés par les frontières limitrophes sous protection de l’aviation yankee…)

Voyez-vous, personne ne peut universaliser l’idéologie du NOM parce qu’elle est fondamentalement et existentiellement incohérente et Kant l’aurait sans nul doute jetée dans la poubelle de l’histoire une bonne fois pour toute.

La morale ou la loi universelle, dit Kant, est ce qui nous lie tous ensemble en tant que créatures rationnelles. Toute déviation de la morale est une recette pour un désastre. Ainsi, tout système qui cherche à écarter la morale doit avoir tort précisément parce que ce système va inévitablement devenir incohérent et sans aucune valeur métaphysique. Kant continue pour dire que pour qu’une action soit bonne, “il n’est pas suffisant qu’elle soit conforme à la morale, mais elle dit aussi être faite dans le but de la morale.” [4]

Kant une fois de plus tue l’idéologie du Nouvel Ordre Mondial ici. Et si vous pensez que Kant est hors de propos ici, écoutez ce que nous dit le nouveau con enflammé qu’est John Bolton:

“C’est une grosse erreur de notre part que de donner une quelcnque validité à la loi internartionale… parce que sur le long terme, le but de ceux qui pensent que cela veut vraiment dire quelque chose, sont ceux qui veulent restreindre les Etats-Unis.” [5]

Ce que finalement Bolton a dit est que la loi internationale et l’idéologie du NOM sont incompatibles. Pour que l’un existe, l’autre doit être supplanté. Mais Bolton ne s’est pas arrêté en si bon chemin ; il a continué et déclaré qu’il veut “faire la promotion du secret et faire passer ce mensonge !” et aussi “si je devait dire quelque chose que je sais faux pour préserver notre sécutité nationale, je le ferai.” A dit Bolton il y a quelques années.

En d’autres termes, des gens comme Bolton sont grassement payés pour mentir au peuple américain. Ce sont des satanistes.

De manière évidente, Lavrov semble avoir traité au niveau de Kant lorsqu’il a essentiellement demandé un arrêt du NOM, qui n’est que satanisme déguisé. Cela ne devrait pas être une surprise de voir que les agents du NOM sont toujours tristes et énervés de constater que la Russie continue de jouer un rôle majeur dans l’établissement de ce que Lavrov appelle un ordre mondial “pragmatique”.

Mais qui a établi l’idéologie du NOM dans le monde ? Qui est derrière les guerres perpétuelles en Irak et partout ailleurs ? Qui est derrière l’immigration forcée de masse en Amérique et en Europe ?

Réponse courte: la mafia khazare… La Russie dérange son agencement du monde et les membres de cette mafia veulent contre-attaquer, pas en termes moraux, mais sur un principe diabolique. La Russie les a empêché d’oblitérer la Syrie et la mafia khazare ne pardonnera jamais à Poutine ce crime politique.

Ceci est une des raisons pour laquelle les agents du NOM et les satanistes envoient les marionnettes nouveaux cons comme John McCain au front politique. C’est aussi une des raisons pour laquelle ce même McCain est incapable de mettre deux pensées cohérentes l’une derrière l’autre.

 

[1] Emmanuel Kant, Foundations of the Metaphysics of Morals (Indianapolis: Bobbs-Merrill, 1959), 39.

[2] George Gurley, “Tea With Miss Coulter,” NY Observer, November 12, 2011.

[3] Quoted in John Laughland, “Flirting with Fascism,” American Conservative, June 30, 2003.

[4] Emmanuel Kant, Groundwork for the Metaphysics of Morals (New York: Torchbooks, 1964), 390.

[5] Jon Basil Utley, “Trump and the Neoconservatives,” American Conservative, November 13, 2016.

Choses vécues (Voline)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, guerres imperialistes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société libertaire, syndicalisme et anarchisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 22 février 2017 by Résistance 71

 

« J’espère que le lecteur me pardonnera d’avoir à parler un peu de moi-même. Je fus involontairement impliqué dans la création du premier soviet (conseil) délégués des travailleurs, qui fut formé à St Petersbourg, non pas à la fin de 1905 mais en janvier-février de cette année là.
Je suis probablement aujourd’hui (Voline écrit sa « Révolution inconnue » en 1940) la seule personne qui puisse être liée, relater et dater cet épisode historique, à moins que d’autres ouvriers qui y prirent part à ce moment soient toujours en vie et capables de raconter l’histoire. »
~ Voline, 1940 ~

 

Après l’orage — Doutes — Hosannah — Terre promise

 

Voline (1922)

 

Par quoi dois-je commencer, amis ? On a tant vécu, tant pensé, tant éprouvé pendant ces années orageuses et surnaturelles… Et comment vécu, comment pensé, comment éprouvé ! Avec tout son cœur et toutes ses pensées, avec tout ses nerfs et son essence, avec tout son être et son sang… Par quoi dois-je commencer ?…

Certainement, vous attendez de moi beaucoup de nouveau, beaucoup de choses intéressantes et importantes, beaucoup d’extraordinaire. Vous chercherez dans ces lignes quelque chose de nouveau et d’extraordinaire. Mais, ne serai-je pas forcé de tromper votre attente ? Ne devrai-je pas vous désillusionner ?…

Je suis comme un voyageur échappé miraculeusement d’une terrible tempête et rejeté — abandonné et brisé — sur des rivages étrangers et inhospitaliers, n’ayant pas de place pour y reposer ma tête et couvrir ma nudité, arraché et du passé et des échos de la lutte et des livres : mes amis, et des amis : les lutteurs… Tout ce qui m’était sacré a été balayé par l’orage, dispersé par les vents, emporté par le torrent. Moi-même, je dois le ramasser miette à miette pour le rassembler…

Pourrai-je même maintenant — abandonné à l’étranger et privé de tout — pourrai-je vous dire des mots nouveaux, des mots nécessaires, des mots ayant un sens, des mots pouvant guider votre pensée vers une nouvelle voie ? Pourrai-je trouver de suite de telles paroles ? Pourrai-je vous aider à apaiser votre soif spirituelle ? Pourrai-je toucher vos cœurs pour vous émouvoir ?

Oh — mes beaux songes passés, mes forces non épuisées, ma parole non éteinte ! Mon âme déborde… Et je sais que je dois vous dire tout ce que j’ai vu et voulais dire avant ; tout ce que j’ai vu et compris maintenant, tout ce qui vit en moi — depuis longtemps, longtemps… Mais, saurai-je, pourrai-je, aurai-je le temps de construire mon autel et rallumer ma flamme sacrée ?… Saurai-je, amis, justifier votre attente ?

* * * *

Commençons par l’hosannah à la grande tempête. Commençons par l’hosannah à la révolution !

Oui, je veux vous dire le chant de la victoire. Je veux que parmi nous retentissent sans cesse des hymnes d’allégresse comme jamais il n’en fut…

Parce que, mes amis, une grande victoire a été gagnée par l’Anarchie.

— Victoire — Anarchie ?? Cela va vous étonner. Mais, à vrai dire, il en est fini de la Révolution. La Révolution est éteinte. La Révolution n’a pas atteint son but, n’a pas donné la terre promise… À vrai dire, les anarchistes n’ont pas été à la hauteur de la situation… Les anarchistes n’ont pas pu s’emparer des circonstances… Les anarchistes sont vaincus… À vrai dire — « encore une victoire comme celle-là — et de l’anarchisme… »

Oui, oui… J’entends. Je sais… Ne vous pressez pas…

N’ai-je pas écrit moi-même, aux débuts de la révolution, que si l’action était menée par la politique, l’autorité et l’organisation de nouveaux gouvernements, il n’en sortirait rien et la révolution — la vraie révolution — périrait à nouveau ? Oui, et pour nous tous n’était-ce pas clair auparavant ?

Mais, n’ai-je pas écrit alors que l’action, hélas ! serait menée sûrement et inévitablement par cette voie ? N’ai-je pas prévu l’inévitable (et peut-être plus ou moins prolongée) « victoire », non pas de la révolution, mais de la gauche, social-démocrates, révolutionnaires marxistes, bolcheviks ? N’ai-je pas dit que comme résultat de la lutte politique — lutte pour le pouvoir — ils prendraient sûrement le dessus et seraient au pouvoir ?

Je l’ai prévu, écrit, dit — précisément, clairement.

Donc, l’« insuccès » des anarchistes et la « victoire » des bolcheviks n’était pour moi ni imprévision, ni désillusion. J’ai prévu cela et autre chose. Et tout ce que j’ai vu dans la révolution russe a simplement confirmé — clairement et nettement — mes conceptions et prévisions. (Je remarquerai à propos : ce compte rendu a priori de la situation a probablement été une des raisons qui m’ont permis de ne pas m’égarer dans la tempête et de rester tel que j’étais alors que tant d’autres n’ont pas pu le faire…)

Réfléchissez maintenant sérieusement à mon aveu.

Prévoir la « victoire » des bolcheviks, signifiait prévoir tout le développement logique de la « révolution bolchevique ». Cela signifiait prévoir que les bolcheviks entraîneraient les masses, domineraient la révolution, s’empareraient de toute la machine gouvernementale, formeraient un gouvernement, établiraient une dictature du parti et d’individus, installeraient une police ouverte et secrète, okhrana, censure, introduiraient l’inquisition et la terreur, détruiraient la personnalité, tueraient l’initiative, rempliraient les prisons, écraseraient tout et tous — et, naturellement, se débarrasseraient des anarchistes…

Et, en effet, j’ai prévu l’inévitable de tout cela.

Déjà, pendant la révolution, les camarades péchaient en attirant exclusivement leur attention sur des facteurs négatifs partiels, en les attaquant furieusement et les critiquant sans éclaircissement approfondi, sans indication claire sur l’étroite dépendance logique de tous ces facteurs dans l’ensemble de la marche des événements — de la direction prise par la révolution…

Les bolcheviks aimant à citer ces exemples de cette menue critique, pour crier hypocritement contre les « critiques creuses », les « attaques démagogiques vides » des anarchistes, etc… Cela va sans dire, ils désiraient encore moins une critique d’ensemble constante et claire. Cependant, plus d’une fois l’occasion leur était favorable pour ces accusations hypocrites et ils l’utilisaient largement.

D’un autre côté, souvent — et encore maintenant — les anarchistes, approchant plus ou moins les bolcheviks, assurent, ainsi que ces derniers, qu’effectivement seuls sont mauvais les individus et exécuteurs, les actions partielles, qu’il y a des « défauts de mécanisme », que ces « défauts » doivent être « surmontés en dedans » etc., mais que tout le mécanisme, dans son entier et sa généralité, était uniquement possible, régulier, indispensable et qu’il fallait justement ainsi « faire la révolution ». Et ils accusent les autres anarchistes « incorruptibles » de mauvaise volonté criminelle », de ne pas comprendre la situation, de se limiter à une « critique démagogique », de ne pas aider l’autorité soviétique par sa participation organique à « combattre intérieurement ».

Ici se cache — c’est l’occasion de le dire — un des grands points obscurs sur lesquels je devrai m’arrêter plus loin en détail.

J’ai dit souvent aux camarades que leur méthode de critique est profondément erronée et stérile ; pour mener à de grands résultats, notre critique doit toujours donner aux choses une clarté générale ; elle doit poser la question dans tout son ensemble ; elle doit nettement indiquer et souligner que de deux choses l’une : ou toute la voie, dans tout son ensemble est réellement sincère, uniquement possible et historiquement indispensable — et alors tout facteur négatif doit être « adopté » par nous comme un mal temporaire duquel on se débarrasse petit à petit — ou toute la voie, dans tout son ensemble, n’est pas sincère, ne conduit pas au but, n’est pas historiquement indispensable et n’est pas uniquement possible, — et alors cette même voie et tous les facteurs qui lui sont liés sont stupides, inutiles, stériles. vraiment effrayants, périlleux et inapplicables. Notre critique disais-je toujours — doit clairement démontrer que toute la voie « bolchevique » est entièrement fausse, inutile, stupide, périlleuse et, pour cela, mène inévitablement à l’erreur ; et nous devons, ici même, établir une autre voie de révolution… Ce n’est que par ce moyen que l’on peut donner à la pensée critique une sérieuse poussée vers la réalité des événements.

Donc, j’ai toujours — avant et après — proposé de peser et résoudre, et moi-même je posais et résolvais la question de toute la voie dans son ensemble avec toutes ses suites logiquement inévitables.

Des conceptions qui m’ont permis d’examiner la voie suivie jusqu’à ce jour par la révolution russe et les suites malheureuses de cette voie ; ensuite, en supposant cette voie concrètement inévitable, pourquoi je ne l’estimais ni sincère, ni historiquement indispensable, ni uniquement possible et par suite considérais nécessaire de ne pas « combattre intérieurement » ses défauts, mais au contraire lutter idéalement de toute sa force et son énergie contre toute cette voie. De tout cela, je devrai parler dans ces « lettres » comme dans d’autres travaux, en liaison avec les nombreuses questions fondamentales et capitales de notre mouvement.

En ce moment, une autre question nous préoccupe.

Prévoyant l’inévitable de la voie « bolchevique » et ses conséquences, — que pouvais-je, amis, escompter pour l’Anarchie ? Quels résultats, quels succès, quelles premières « victoires » pouvais-je attendre pour elle ?

Je ne pouvais compter — et j’ai compté — fortement, stablement, que sur une seule chose : que la sincérité intérieure de l’Anarchisme, son pouvoir ignoré, sa profonde vérité se confirmeront maintenant clairement et définitivement — brilleront enfin par des rayons vivants. Pour cela, j’escomptais que le dernier mur cachant le soleil s’effondrerait, que l’insuccès des idées politico-gouvernementales, l’insuccès du « communisme » marxiste déblaierait et ouvrirait enfin la voie pour une large réception de nos idées anarchistes et, par conséquent, pour l’action fructueuse des masses dans l’avenir. Je n’en attendais pas davantage pour commencer. Je ne comptais pas, pour le moment, sur une grande victoire.

Vous verrez par la suite pourquoi je pensais ainsi. Vous verrez aussi pourquoi tout cela ne m’a nullement empêché de remplir jusqu’au bout mon devoir d’anarchiste et de révolutionnaire. Vous comprendrez bien alors pourquoi j’ai mis soigneusement entre parenthèses et l’« insuccès » des anarchistes et la « victoire » des bolcheviks. <Et cette clarté aura une grande signification pour vos déductions définitives ; autrement, je n’aurais naturellement pas soulevé ces questions.

Mais, dès maintenant, après ce qui vient d’être dit, — réfléchissez, amis, et dites : n’avais-je pas raison d’affirmer que l’anarchisme a remporté une grande victoire dans la Révolution russe ?

Dans notre milieu, — en Russie — on parle beaucoup maintenant de la « crise de l’anarchisme » et des fautes des anarchistes. Ils sont assez répandus, là-bas, les types d’« anciens » ou « anarchistes repentis » faisant leur mea culpa, déchirant leurs vêtements et se couvrant la tête de cendres. Ils vagabondent partout avec des visages attristés et des questions tragiques pour lesquelles ils attendent en vain une réponse d’en haut. En fait — ils n’ont jamais compris la profonde vérité de l’anarchisme, ils n’ont jamais eu sous les pieds une solide base anarchiste et ont actuellement perdu le faible bagage qu’ils possédaient autrefois. Et, saisis par les vents capricieux de la révolution, ces va-et-vient de l’anarchisme tantôt se jettent dans les étreintes attrayantes de la Grande Pécheresse bolchevique, tantôt, n’arrivant pas jusqu’à l’étreinte, reculent, effrayés et déçus, et restent au milieu de la route, puis à nouveau accourent vers l’Anarchie et à nouveau posent leurs questions incompréhensibles.

Maintenant, je dirai directement : personnellement, je ne vois aucune « crise de l’anarchisme ». On peut parler de la crise du marxisme révolutionnaire dont l’essai définitif s’effondre actuellement avec un furieux craquement international… Les bolcheviks peuvent dire d’eux-mêmes : encore une telle « victoire » et du bolchevisme il ne restera rien. L’œuvre anarchiste, pour telles ou telles raisons, ne s’est pas encore réalisée dans cette révolution et n’a donc pas pu amener les idées ni à une incarnation concrète, ni à sa crise.

Oh ! certainement, l’anarchisme a de quoi apprendre dans la révolution russe. L’anarchisme a des dommages qui exigent une réparation, des quadrats qui attendent d’être remplis, des manques qui exigent des pleins. Dans l’anarchisme, il y a de quoi penser, revoir et réévaluer. (Ce serait étrange s’il n’y avait pas cela !) Il est entendu que la révolution a donné une forte poussée à cette œuvre de réévaluation. Mais il y a encore loin de cela à la « crise ». Seuls, les « repentis » et « ex »-anarchistes éperdus, affolés, peuvent poser cette question de « crise ».

Donc, je ne vois pas de « crise de l’anarchisme ». Mais, sans doute, il existe une « crise des anarchistes » en Russie. Ce dernier fait est tout à fait naturel. L’anarchisme n’y perd pas grand chose. Encore une fois, dès le commencement de la révolution, il m’est arrivé de supposer que — en liaison avec les faits à venir — beaucoup d’« anarchistes » se troubleraient et nous quitteraient. Ceci, réellement, est arrivé. Mais, et alors, et maintenant, je ne trouvais et ne trouve ici rien de grave…

Certainement, les anarchistes ont été, dans beaucoup de circonstances, faibles, instables, non préparés. Certainement, il existait chez eux et des faiblesses et des fautes et des défauts. Mais il en était de même, et en aussi grande quantité, chez les bolcheviks ; en somme, il ne pouvait en être autrement, et, après tout, ce n’est pas une préparation et une force spéciales qui ont conduit les bolcheviks à la « victoire ». Certainement, il ne s’en trouvait pas beaucoup de forts et énergiques. (En général, il y a peu de gens forts et énergiques sur terre…) Certainement, les circonstances ont joué un certain rôle et il nous faudra encore en causer… Mais, les causes de la stérilité de la révolution consistent-elles dans cela ? L’anarchisme est-il démoli par cela ? Son incapacité de vivre est-elle démontrée ?

Et si les anarchistes s’étaient montrés plus forts, plus énergiques, mieux préparés ? S’ils avaient commis moins d’erreurs ? L’affaire se serait-elle terminée autrement ? La révolution aurait-elle suivi une autre voie ?

Certainement, non ; les raisons pour lesquelles la révolution a suivi une voie déterminée, raisons multiples et complexes, sont beaucoup plus profondes que la « non préparation » des anarchistes et la « préparation » des bolcheviks. Il nous reste à les approfondir sérieusement… J’ai en ce moment sous la main une de ces raisons — et non la moindre — en liaison avec le contenu de la présente lettre.

Les masses humaines contemporaines (et, à quelques rares exceptions, les individus isolés) vivent encore comme des enfants : elles ne savent pas, ne peuvent pas se guider avec des jugements, principes et idées abstraites ; il ne leur vient pas à l’idée de vivre, d’agir d’une manière ou d’une autre, en vertu de telles ou telles preuves et déductions raisonnables ; elles n’étudient pas les conceptions théoriques, la science, les livres, les pensées. (Et ou peuvent-elles — les masses humaines contemporaines — prendre le temps nécessaire pour s’éduquer et s’habituer, pour apprendre à voir et agir selon les conceptions de la pensée théorique et éducatrice ? Il est déjà bien beau que — sous l’influence du progrès économique, technique et, en général, social — soit passé le temps où les masses pouvaient être guidées par la foi religieuse, foi aveugle et naïve… Et l’époque est encore éloignée de nous où le livre deviendra le maître général de la vie, quand la masse humaine se guidera par une science pure, une idée pure, une prévision théorique consciente… Oh ! longtemps avant cela devra se réaliser la révolution sociale : parce que c’est elle seule qui ouvrira résolument la porte de ce noble avenir humain !

Actuellement, les masses ont besoin de leçons vécues pour leurs recherches et leurs luttes. La vie turbulente, la pratique des choses, l’exemple palpable, l’expérience directe les éduquent… Le front contre le mur et une bosse au front : voilà qui est convaincant et instructif pour les foules contemporaines… On ne peut certainement changer rapidement cet état de choses. (Je remarquerai, en passant, que, par rapport aux capacités créatrices et organisatrices des masses, cette situation n’a aucune relation et que ce serait une erreur grossière résultat d’irréflexion — d’en tirer des conclusions pessimistes par rapport à l’anarchisme. Je traiterai plus tard la question des masses et leur rôle dans la révolution.)

Les idées anarchistes ont été expliquées, développées, répandues pendant 40 ans — il est vrai avec difficulté et pas assez largement. — Les anarchistes ont prouvé pendant 40 ans, avec une étonnante clarté, qu’il ne sortirait rien de l’expérience d’une révolution du parti politico-gouvernemental et du « Communisme » consécutif. Mais, hélas ! sans expérience vive, sans leçons vécues et preuves, les grandes masses ne pouvaient connaître la vérité. Il fallait que, avec l’aide de circonstances favorables, contrainte monstrueuse, pression et hypocrisie, les bolcheviks fissent tour expérience historique pour que les masses, se frappant le front contre le mur, commencent à comprendre toute la faiblesse, toute la stérilité, toute l’horreur d’une telle révolution.

Oui cette expérience devait absolument être faite dans un pays ou un autre. Il fallait passer par cette inévitabilité, par cette expérience. Cette leçon devait être prise… Et la Russie se trouvait dans les meilleures conditions pour cela…

Actuellement, cette expérience est vécue. Elle est en arrière, amis ! Le dernier obstacle est tombé. Le dernier mur s’est effondré. La dernière bêtise est mise à jour. Le dernier mensonge est découvert.

Comme il fallait s’y attendre, le train gouvernemental du « Communisme » nous barrant l’horizon est tombé du remblai et la voie directe vers le but s’est ouverte à nos yeux… Il est vrai que cette voie est encore obstruée par des déchets, de la saleté, des gens estropiés, des cadavres… Mais maintenant il ne sera pas si difficile de la déblayer…

Voilà pourquoi, amis, je parle de la grande victoire de l’Anarchisme,

Certainement, ce n’est encore que la première victoire ; victoire plutôt morale que réelle, plutôt détournée que directe. Mais c’est cependant une victoire. La victoire suivante, réelle de l’Anarchie, il ne sera plus nécessaire de la démontrer. Elle parlera elle-même pour elle. Elle nous ouvrira l’entrée vers la terre promise…

Donc, en avant, en avant, amis, — bravement, courageusement, sûrement. À l’ouvrage, — encore plus chaudement, encore plus amicalement, encore plus gaiement !… Pour le grand, nécessaire et sérieux travail !

Oui, nous ne sommes pas encore arrivés à la terre promise. Nous, — les humains, — nous ne nous sommes pas encore montrés dignes d’elle. Nous. — anarchistes — devrons encore faire beaucoup pour l’atteindre. Mais, nous avons sauté par-dessus le dernier, le plus grand obstacle. Nous nous sommes approchés de cette terre. Son esquisse nous est nettement visible. Et nos poitrines peuvent respirer plus à l’aise. Et nos cœurs peuvent battre plus librement…

Et voilà pourquoi je termine cette lettre comme je l’ai commencée :

Hosannah à la révolution russe !

Hosannah à l’expérience accomplie !

Hosannah à la dernière bêtise humaine puisqu’elle nous était destinée !

 

Suisse, mars 1922.

 

Source: https://fr.wikisource.org/wiki/Choses_vécues

De la bible aux évangiles: la falsification typologique servant le mythe religieux et le dogme de la domination (Dr. Ashraf Ezzat)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, documentaire, pédagogie libération, philosophie, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 21 février 2017 by Résistance 71

“c’est la foi qui rend vraies les reliques et non pas elles qui rendent vraie la foi.”
(Umberto Ecco)

“Le peuple n’a pas plus de voix consultative dans l’État que dans l’église: son rôle est d’obéir et de croire…”
(Pierre-Joseph Proudhon)

A lire: notre dossier sur les falsifications des écrits bibliques et leur origine (Dr. Ashraf Ezzat)

 

La fuite de la sainte famille en Egypte est-elle un mythe ?

Plus grands que les pyramides d’Egypte sont les mythes et les mauvaises conceptions au sujet de cette ancienne terre

 

Dr. Ashraf Ezzat

 

12 février 2017

 

url de l’article original:

https://ashraf62.wordpress.com/2017/02/12/holy-familys-flight-into-egypt-is-myth/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Beaucoup des histoires bibliques ont été faussement et coercitivement associées à l’histoire et la terre de l’Egypte ancienne, comme l’histoire des patriarches israélites, Abraham et Joseph et bien sûr, la célèbre histoire de l’Exode, alias l’histoire du Pharaon et de Moïse.

Une des histoires bibliques les plus connues qui fut également liée de manière mensongère à l’Egypte antique fut celle de “la fuite de la sainte famille en Egypte”. Aussi loin que je sache, il n’y a eu qu’une seule sainte famille avec laquelle l’Egypte antique fut familière, celle du roi Osiris (le dieu assassiné qui ressucita d’entre les morts), mère Isis (l’épouse fidèle qui fut mise enceinte par l’esprit saint d’Osiris) et leur fils Horus, le fils de dieu (vivant).

Alors qu’on nous a fait croire que le dieu des Israélites protégeait Moïse et son peuple alors qu’ils sortaient d’Egypte, on se s’attendait donc pas à ce que ce dieu une fois de plus, envoie ses anges pour protéger l’enfant Jésus et sa mère durant leur voyage à travers l’Egypte.

Mais cette perception commune ne peut pas être plus loin de la vérité, car ni l’histoire de l’Exode, ni celle de la fuite de la sainte famille ne se sont produites en terre d’Egypte. Ces deux contes bibliques sont simplement des mythes qui ont été propagés par les autorités falsificatrices rabbiniques et christologiques.

Le conte populaire de l’évènement de la sainte famille cherchant refuge en Egypte est une de celles dont l’église copte (égyptienne) est particulièrement fière. Les premiers monastères et églises égyptiens furent de fait érigés dans les endroits visités par la sainte famille, selon les dires, lors de son voyage prédestiné en Egypte. La route supposée empruntée par la maman et l’enfant Jésus lors de leur voyage alla des terrains rugueux et escarpés du Sinaï jusqu’au-delà du Nil où ils arrivèrent au Mont Qussqam, environ 325km au sud du Caire, en passant par le delta du fleuve.

Le monastère d’Al-Muharraq se niche au pied de la partie occidentale de la montagne. Il fut construit dans la zone où il fut dit que la sainte famille demeura pendant plus de 6 mois. Leur temps sur place fut passé essentiellement dans une grotte qui devint dans l’ère chrétienne copte, l’autel de l’église de la vierge Marie, construite au bout de l’aile ouest du monastère. L’autel de pierre est devenu un lieu de pélerinage chrétien car il fut dit que l’enfant Jésus l’utilisa pour se reposer pendant les mois qu’il passa dans la grotte.

L’histoire du Christ, la fuite de l’enfant de Bethléem avec sa famille à destination de l’Egypte et l’éventuel retour du Christ de son sanctuaire égyptien n’est pas un évènement historique vérifiable (NdT: comme toute l’affaire du Christ du reste…) mais plutôt toute cette histoire fut construite sur une base mythique, ou sur ce que les érudits bibliques voudraient définir comme une prophétie.

Pour être encore plus spécifique, cette histoire fut concoctée comme une interprétation déformée de ce célèbre verset de la bible hébraïque: “Je rappelle mon fils d’Egypte” (Hosea 11:1)

La raison pour laquelle nous la qualifions d’interprétation déviée est parce que dans le verset de la bible, il n’y a aucune spécification sur qui était ce fils de dieu. En même temps qu’Hosea, bon nombre furent appelés fils de dieu. Même des rois et empereurs reçurent cette sainte qualification. Nous savons par exemple, que les rois assyriens et égyptiens étaient référés en tant que “fils de dieu”. Comme nous l’avons mentionné plus tôt, Horus était un fils de dieu.

Si nous jugions sur un critère typologique auquel les écritures bibliques ont notoirement adhéré dans leurs narratifs, nous devrions penser à Moïse comme étant le personnage du “mon fils” dans ce verset de la bible. Mais il y a un inconvénient dans cette vague prophétie… Dans sa version originale hébreue, le texte ne dit rien de l’Egypte ; en fait, il est plutôt dit ceci: “De Mizraïm vient mon Fils”. Ironiquement, au temps de l’écriture du livre d’Hosea, vers le VIIIème siècle AEC, la terre d’Egypte n’était pas appelée “Mizraïm”.

L’Egypte antique était connue sous le nom de “Copte/Gopte”, qui fut plus tard prononcé en langue grecque “Aegyptus”. Mizraïm était un ancien terme arabe pour désigner n’importe quelle zone urbaine. En ce sens, toute ville majeure de l’ancien proche-orient comme Damas, Tyre et Palmyre étaient appelées “Mizraïm” par les nomades des antiques Arabie et Yémen.

D’une certaine manière, ceci devrait attirer notre attention sur l’origine arabe des Israélites et de leurs lois mosaïques, comme nous l’avons détaillé dans notre livre “Egypt Knew No Pharaohs Nor Israelites”. Contrairement à ce que les masses ont été contraintes de croire tout au long de ces siècles de falsification et de mensonges, toutes les anciennes histoires des Israélites se sont passées dans le Yémen antique et non pas en Palestine. Ceci, bien évidememnt, si tant est qu’elles soient des histoires vraies. Le nom de “Hosea/Hoshea” est autant arabe qu’”Ismaïl” et “Hussein”, tout autant que ses histoires, prophéties et son livre.

La vague prophétie du “d’Egypte vient mon fils” fut plus tard très intelligememnt exploitée par l’église catholique romaine dans ses évangiles (en grec). Seule l’évangile de Mathieu utilise cette vieille prophétie biblique. Employant la même technique littérale de la typologie, Mathieu (ou qui que ce soit qui utilisa ce nom comme couverture) a tissé un drame complètement différent pour l’enfant Jésus et sa mère et ce dès la vieille histoire de Moïse.

Comme la libération de Moïse et de ses Israélites ne s’est produite qu’alors qu’ils quittaient l’Egypte, la même chose (parallèle typologique) se doit de se produire dans l’histoire de Jésus Christ. Juste comme le pharaon d’Egypte ordonna le meurtre de tout enfant premier-né israélite, Mathieu a dû rendre Hérode responsable d’un même ordre ainsi cela servirait d’impératif narratif dramatique pour leur fuite en Egypte.

“… Voyez, un ange de dieu est apparu en rêve à Joseph et lui dit: ‘Lève-toi, prends le jeune enfant et sa mère, fuit vers l’Egypte et restez-y jusqu’à ce que je t’envoie un message ; car Hérode va rechercher le jeune enfant pour Le détruire.” (Mathieu 2:13)

Un schéma de typologie rabbinique ancien était ici à l’œuvre. La typologie en théologie chrétienne et en exégèse biblique est une doctrine ou une technique littérale qui relie (fictivement) l’Ancien Testament au Nouveau Testament. Des évènements, personnes ou prophéties de l’Ancien Testament sont vus comme des préfigurations typiques ou sont surclassés par des anti-types, évènements ou aspects du Christ ou de sa révélation décrits dans le Nouveau Testament.

C’est comme un jeu de mots dans lequel les scribes bibliques ont dupliqué/copié un ancien conte miraculeux. Dans le processus, ils ont fini par créer des parallèles dramatiques et géographiques à une vieille histoire de la bible qui rendront leur nouvelle histoire sacrée aux yeux des masses inéduquées. Le but final de ce truc typologique est de créer l’illusion d’une prophétie qui dit vrai et se réalise.

La fuite en Egypte est un évènement biblique décrit dans les évangiles de Mathieu (Mathieu 2:13-23), dans lequel Joseph s’est enfui en Egypte avec Marie et l’enfant Jésus après une visite magique, car ils ont été mis au courant donc que le roi Hérode avait l’intention de tuer les enfants de cette zone.

L’évangile de Luc ne mentionne pas cet évènement, narrant plutôt que la sainte famille alla au temple de Jérusalem, et de là directement à Nazareth. Certains critiques en tirent ainsi la conclusion que la naissance et la jeunesse de l’enfant Jésus selon Luc et Mathieu sont toutes deux des fabrications. Ce thème qu’on retrouve dans l’évangile de Mathieu est très semblable à celui de Moïse pour une audience judaïque et la fuite en Egypte illustre juste ce thème typologique et mensonger.

Dans leur fuite de la fureur du roi Hérode, la sainte famille, de manière compréhensible, devait éviter les routes fortement empruntées, elles ont donc suivi des chemins inconnus et on a dit qu’ils furent guidés par les anges de dieu. Leur route fut choisie pour eux, jour après jour, par des vallées cachées et des plateaux non répertoriés, dans les vastes étendues désertiques du Sinaï. Comme Moïse et son peuple israélite, Marie et l’enfant Jésus ont dû errer pendant un bon moment dans les étendues sauvages du Sinaï. Le vieux scenario de l’Exode devait servir de storyboard pour la nouvelle histoire de la fuite en Egypte.

Ainsi. doit-on se demander ce qui fut la source de notre information sur la description complète du voyage de la sainte famille en Egypte ? Les voies tortueuses empruntées par celle-ci à travers le Sinaï et leurs voyages subséquents en Egypte furent narrés par le pape Théophile, 23ème patriarche d’Alexandrie (384-412 de notre ère). Il mentiona dans ses annales tant célébrées, qu’au soir du 6 novembre, après une longue et humble prière, la Vierge Marie lui est apparue. Celle-ci lui relata dans les détails le voyage de la sainte famille en Egypte et lui donna pour instruction d’enregistrer par écrit ce qu’il avait vu et entendu.

Voilà, la messe était donc dite : toute cette histoire de “la fuite en Egypte de la sainte famille” n’est en fait rien d’autre qu’un “rêve” et parce que ce fut le rêve du pape Théophile, les masses naïves et fidèles l’acceptèrent simplement comme une réalité, pour un autre miracle divin qui devait une fois de plus se dérouler en Egypte.

Mais, là encore, qui est ce pape Théophile qui a donc eu toute la confiance de la vierge Marie au point tel qu’elle s’est révélée à lui dans un des ses rêves bénis ? Théophile était le pape d’Alexandrie et le patriarche du saint siège de St Marc de l’église copte d’Alexandrie juste au tournant du IVème siècle de notre ère. Il devint pape dans une période de conflit entre les nouvellement dominants chrétiens et l’ancien establishmeent religieux égyptien à Alexandrie, chaque section étant soutenue par un segment de la population d’Alexandrie. Ce fut durant sa papauté, suivie de celle de son neveu, le tristement célèbre pape Cyrille, que la persécution des fervents des anciennes croyances et traditions égyptiennes, devint violente et sans pitié.

Les anciens temples égyptiens furent profanés, fermés ou brûlés. Les Egyptiens furent interdits de maintenir leurs anciens rites et on leur refusa toute autorisation d’entrée dans leurs temples et sanctuaires partout en Egypte et spécifiquement à Alexandrie. Le “Serapeum”, le dernier sanctuaire qui survécut de l’ancienne bibliothèque d’Alexandrie fut détruit et brûlé, car l’éclise copte voulait être la seule source de connaissance et d’autorité pour la nouvelle Egypte chrétienne.

Edward Gibbon a décrit le pape Théophile comme “…l’ennemi perpétuel de la paix et de la vertu, un méchant homme austère, dont les mains furent alternativement polluées par l’or et par le sang.”

Note de Résistance 71: Edward Gibbon, historien anglais (1737-1794), connu pour son œuvre phare: “L’histoire du déclin et de la chute de l’empire romain” (1776), grand critique des églises et de la religion organisée bien que converti au catholicisme. A enseigné à Oxford.

Les parchemins et les livres qui gravèrent la connaissance et la sagesse anciennes de l’humanité furent étiquetés (par Théophile et son neveu Cyrille), crasse et hérésie païennes ne méritant qu’à être livrées aux flammes. Après le départ de Théophile, l’intolérance et la violence religieuses à Alexandrie monta vers de nouveaux sommets sous la papauté de son neveu Cyrille.

Il conserva sa politique de tensions sectaires outrageantes qui menèrent au meurtre de la philosophe héléniste Hypatie par une foule de chrétiens fanatiques. Hypatie était une des dernières érudites de l’ancienne bibliothèque d’Alexandrie. Elle enseignait la philosophie, les mathématiques, la physique et l’astronomie dans la ville ancienne d’Alexandrie (NdT: d’où l’auteur Ashraf Ezzat est originaire et dont il connaît très bien l’histoire…), Hypatie fut kidnappée, dévêtue, mutilée en association et brûlée vive dans une église. La nouvelle de l’assassinat d’Hypatie provoqua une énorme critique et dénonciation de Cyrille qui ne voyait en la grande philosophe qu’une sorcière païenne.

L’assassinat brutal d’Hypatie a d’une certain façon, marqué la fin de l’ancien monde de la connaissance et de la sagesse. Alors que les masses naïves croyaient dans le rêve de Théophile sur la “vierge Marie”, l’aube de l’âge de l’obscurantisme se profilait à l’horizon. Une nouvelle ère naissait du narratif mensonger biblique au sujet de l’Egypte antique, une nouvelle ère obscurantiste, faite de dogmes intolérants, de faux prophètes et de fausses prophéties.

Quand un peuple reprend en compte sa politique et son économie… Le confédéralisme démocratique du Rojava

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A lire à titre complémentaire:

« Le confédéralisme démocratique » (Abdullah Ocalan, 2011, traduit par Résistance 71)

« Le Rojava syrien » sur Résistance 71

 

Economie coopérative: la voie du Rojava

 

X. Haval (dinamopress.it décembre 2016)

 

20 février 2017

 

Source française:

http://www.alternativelibertaire.org/?Economie-cooperative-La-voie-du

 

Encerclé par des forces hostiles, sous-équipé en infrastructures, le Kurdistan syrien doit pourtant relever un défi de taille : produire pour nourrir sa population. Loin des utopies étatistes et de la collectivisation forcée des staliniens de jadis, l’Auto-administration du Rojava encourage la libre association des productrices et producteurs.

L’administration autogérée leur a attribué la terre. Ils produisent sans engrais chimiques et vendent des légumes, du maïs et du lait aux sociétaires de la coopérative à un prix plus bas que celui du marché. Chaque part sociale vaut cent dollars. Celui qui n’a pas cette somme peut offrir sa force de travail ou s’unir à d’autres. Quand il y a besoin, les sociétaires s’entraident en passant une journée ensemble dans les champs. « Nous planterons aussi un bois et quand le projet sera terminé nous nous lancerons dans l’agrotourisme. Nous sommes en train de réaliser notre rêve », raconte Azad, visiblement ému.

Il fait partie d’une coopérative agricole avec 5.000 autres sociétaires dans le canton de la Cizîrê au Rojava. Il y a trois ans, dans ces contrées, les coopératives n’existaient pas. Puis, une révolution a commencé au nord de la Syrie, à seulement 400 km ­d’Alep ; improbable. Et pourtant elle existe, elle grandit et alimente depuis l’espoir dans le monde entier en portant loin son horizon grâce au fait qu’elle a fait de la coexistence la clé pour rendre la communauté plus forte. La voie inexplorée du Rojava est parcourue par beaucoup de personnes diverses et disposées à apprendre et à corriger le tir chaque jour.

« Quand la révolution a commencé en 2011, nous savions que le conflit allait se transformer en une guerre entre chiites et sunnites. Nous autres avons choisi une troisième voie, celle du vivre-ensemble, raconte Haval Jalil, coprésident de Tev-Dem [1]. Notre voie est celle d’une révolution culturelle qui passe avant tout par le renforcement de la communauté. » Nous sommes à Qamislo, 200.000 habitants, capitale du canton de la Cizîrê, non loin de la Turquie.

La région du Rojava s’est déclarée autonome en 2012 et, depuis, elle expérimente une forme d’autogouvernement inspiré des principes du confédéralisme démocratique, la théorie politico-sociale qui représente l’aboutissement de trente années de luttes du mouvement de libération kurde. Le confédéralisme démocratique préconise le dépassement du modèle de ­l’État-nation par des communautés organisées sur un modèle de démocratie directe, et poursuit le projet d’une société fondée sur la coexistence des cultures et des religions diverses, l’écologie, le féminisme, l’économie sociale et l’autodéfense populaire.

Une révolution est en cours

Une expérience unique au monde, au cœur d’un Proche-Orient meurtri par la guerre, la répression brutale et les fondamentalismes. Une expérience qui peut paraître incroyable si on ne la voit pas de ses propres yeux, surtout dans le contexte de l’atroce conflit syrien.

Je n’y suis pas resté longtemps mais je peux témoigner qu’une véritable révolution est en cours. Durant les trois dernières années, l’auto-administration portée par le Tev-Dem, l’organisation qui sert de lien entre les partis kurdes syriens et les mouvements sociaux, a été impliquée dans la réorganisation des institutions et l’élaboration de nouvelles lois.

L’unité organisationnelle et décisionnelle de base de la communauté est le komin (commune). Les komin sont organisés principalement sur une base territoriale, mais il y en a aussi sur des bases féminines et ethno-confessionnelles spécifiques. Dans chaque quartier, Il y a sept ou huit komin qui élisent des représentants dans les conseils de quartiers, puis dans les conseils de ville. Dans les komin on élabore les propositions, les demandes, et on répond collectivement aux besoins de la communauté. Dans les conseils de villes, les propositions de lois de l’Auto-administration démocratique (DSA) circulent pour être améliorées. Chacun des trois cantons du Rojava – Cizîrê, Kobanê et Efrîn – a aujourd’hui une administration séparée.

Il y a juste un an, une bonne partie de ces territoires était contrôlée par Daech. Les milices YPG (mixtes) et YPJ (féminines) ont récupéré une grande partie du territoire au travers de batailles très dures. Aujourd’hui, seul le canton d’Efrîn est encore séparé du reste du Rojava par une étroite zone occupée par l’armée turque, à laquelle Daech a cédé du terrain sans opposer de résistance. Malgré cette discontinuité territoriale, l’élection du premier « gouvernement confédéral du Rojava-Syrie du nord-est » est prévue pour l’an prochain, à travers le système de démocratie directe construit ces trois dernières années.

Mais le cœur battant de la révolution kurde, c’est la stratégie de transition du modèle économique capitaliste vers un nouveau paradigme : l’économie sociale. « Nous voulons une économie constituée à 80 % de coopératives. Nous ne croyons pas à un modèle socialiste qui interdirait l’initiative privée. ­Notre idée est que chaque personne ait un rôle économique actif dans la société et que le changement arrive graduellement à travers la participation des gens », explique Haval Rachid, coprésident du département Économie. Au Kurdistan, chaque charge publique est toujours attribuée à deux représentants, un homme et une femme, qui ont la fonction de coprésidents.

Il y a trois ans de cela, les coopératives n’existaient pas dans cette partie de la Syrie à l’exception de quelques unes, isolées et mal vues car liées au régime d’Assad. Aujourd’hui, dans le canton de Cizîrê, elles sont plus de 100 et elles se multiplient à une vitesse impressionnante. Kasrik est une coopérative agricole fondée il y a quatre mois à 120 kilomètres de Qamislo dans la direction d’Alep. Aujourd’hui, elle compte plus de 5.000 sociétaires et consommateurs ou consommatrices habitant près des villes de Girê Xurma [2] et de Dirbesye. « La DSA nous a attribué 5.000 hectares de terre. Notre projet est de long terme. Dans huit ans, nous prévoyons d’arriver à produire et à transformer la majeure partie des produits agricoles et d’élevage. Déjà, nous vendons des légumes, du maïs et du lait d’un troupeau de 1.250 chèvres. Environ 8% de ce qui est produit va aux travailleurs, le reste est réinvesti dans notre projet jusqu’à ce qu’il soit abouti », nous explique Azad, un des habitants et habitantes qui se sont uni.es pour donner vie à cet ambitieux projet.

Autosuffisance alimentaire

« Nous produisons sans intrants chimiques et vendons les produits à nos sociétaires à un prix plus bas que celui du marché. Chaque part sociale vaut 100 dollars. Celui qui n’a pas l’argent peut devenir sociétaire en offrant sa force de travail en échange, ou en se joignant à d’autres personnes. Quand nous en avons besoin, les sociétaires viennent nous aider par groupes sur une journée dans les champs. Nous comptons planter aussi un bois et, quand le projet sera fini, nous nous lancerons dans l’agrotourisme. Nous sommes en train de réaliser notre rêve », poursuit Azad, visiblement ému.

Les coopératives agricoles sont les seules qui ont un soutien direct de la DSA. À cause de l’embargo et des très faibles ressources économiques, les contributions sont minimes mais symboliquement nécessaires pour marquer l’importance de l’autosuffisance alimentaire. Beaucoup de coopératives sont encouragées par le mouvement des femmes Kongra Star, qui en a déjà formé une cinquantaine. Il s’agit pour la plupart de coopératives à petite échelle : agriculture, élevage, artisanat, restauration, transformation alimentaire.

Lorin est une coopérative qui prépare des conserves en utilisant des produits de saison. « Nous avons commencé il y a six mois. Nous préparons des conserves pour les vendre dans la communauté et au marché. Au début, nos maris n’approuvaient pas mais après ils ont compris. ­L’unique capital que nous avons est celui qui est entre nos mains et nous voulons l’utiliser pour participer », explique Sozda, une des nouvelles travailleuses sociétaires. « Nous avons aussi pour projet de créer une coopérative agricole pour cultiver directement les légumes que nous transformons. »

Havgartin, 26.000 sociétaires

Les coopératives naissent de différentes façons : à l’initiative des mouvements sociaux, des gens, des komin (à qui il est demandé d’en former au moins une), ou par transmission. Dans ce domaine, le rôle le plus actif est joué par Havgartin, la plus grande coopérative de la région qui compte 26.000 sociétaires.

« L’idée est née il y a un an dans le village de Zargan, pendant la crise du sucre. Nous étions sous embargo et les commerçants capitalistes spéculaient sur les prix des produits de base. C’est alors qu’est née l’idée de former une coopérative pour acheter du sucre et le revendre à un prix inférieur à celui du marché. Du sucre, nous sommes passés à beaucoup d’autres produits de première nécessité en proposant à tous les komin d’adhérer, dans chaque ville du canton. Au début, la coopérative agissait seulement comme grossiste, maintenant nous distribuons aussi les produits des autres coopératives et nous investissons 5% des profits dans la création de nouvelles coopératives. Huit coopératives supplémentaires sont nées dans le sillage de Havgartin », explique Zafer, membre du conseil d’administration. « Notre objectif final est de soustraire le marché au contrôle des commerçants et des grossistes qui ne socialisent pas les profits pour la communauté. Pour y parvenir, nous voulons aussi créer une banque pour promouvoir la constitution de nouvelles coopératives. »

Deux choses retiennent fortement notre attention dans ce processus absolument unique : la vitesse avec laquelle la société est en train de se réorganiser à partir d’un modèle jusqu’ici inexploré, et la capacité des gens à apprendre, à échanger et à corriger le tir si besoin. « Nous sommes en train d’expérimenter un nouveau chemin, nous cherchons à apprendre des erreurs que nous faisons chaque jour. Nous n’avons pas les réponses à toutes les demandes. Nous voudrions par exemple connaître davantage les expériences de coopératives dans d’autres pays et les bonnes idées qui peuvent être utiles à notre processus », conclut Zafer tout en nous servant un autre thé, pendant qu’à la télévision défilent, sans interruption, les images de la guerre, avec son atroce brutalité et ses inextricables contradictions.

X. Haval (Dinamopress.it, décembre 2016), traduit par Rémi (AL Lorient)

 

Résistance politique: État, monopole de la violence pseudo-légitime contre la coopération émancipatrice…

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Les violences de la police n’ont rien d’accidentelles

 

Mathieu Rigouste*

 

Entretien avec Ballast

 

17 février 2017

 

url de l’article original:

http://www.revue-ballast.fr/mathieu-rigouste-violences-de-police-nont-rien-daccidentel/

(*) Sociologue, auteur d’un livre fondé sur sa thèse de doctorat en sciences sociales,L’ennemi intérieur. La généalogie coloniale et militaire de l’ordre sécuritaire dans la France contemporaine,” (2009). Il a publié 5 autres ouvrages dont le dernier en date (2016): “État d’urgence et business de la sécurité”, Niet Éditions,

Le directeur de la Police nationale s’est ému de l’appel lancé par Libération, il y a deux jours de cela, qui exhortait à l’exemplarité de celle-ci : « Lorsqu’ils commettent des actes contraires à la loi ou à la déontologie, [les policiers] sont sanctionnés judiciairement et/ou administrativement », lança-t-il sans ciller. Théo L. : 22 ans, violé au moyen d’une matraque policière en février 2017. Adama Traoré : 24 ans, asphyxié par des gendarmes en juillet 2016. Rémi Fraisse : 21 ans, tué par un tir de grenade offensive en octobre 2014. Trois noms — on pourrait bien sûr étendre la liste — volontiers repeints en « bavures » : de regrettables cas individuels, isolés, finalement exceptionnels. Le sociologue Mathieu Rigouste, auteur d’État d’urgence et business de la sécurité, se porte en faux : la police et les forces de l’ordre doivent être analysées en tant que système, cadre et structure, et non plus considérées comme une somme d’agents autonomes et plus ou moins « bons » ou « méchants », « républicains » ou « honnêtes ». Entretien avec ce partisan libertaire de l’« autodéfense populaire ».

Q: Vous analysez la dimension structurelle de la logique sécuritaire, dans la France d’aujourd’hui. Les débats sur les violences policières masquent souvent cette dimension : ils se concentrent, émotionnellement, sur les individus qui forment le corps policier afin d’expliquer ces violences…

Ces considérations émotionnelles évitent de penser les structures de la violence d’État, les aspects systémiques et systématiques, et donc d’attaquer le problème à la racine. C’est pour ça qu’elles sont produites et mises en circulation de façon industrielle par l’éducation nationale, les grands médias, la classe dirigeante, les nouvelles technologies du divertissement et la plupart des institutions chargées de la légitimation des dominations. De larges pans des classes dominées intègrent ces appareils de dépolitisation. Et les institutions médiatiques et idéologiques tournent à plein régime pour légitimer la police. Du fait divers aux dessins animés, des séries policières aux journaux télévisés, on diffuse des storytellings dans lesquels les policiers « nous défendent » et tuent en toute légitimité. L’intense travail de production d’une « culture antiterroriste » a différents effets. Il semble qu’il renforce les mystifications dominantes auprès des strates sociales dominées les plus privées de moyens de construction d’une pensée autonome et contradictoire. Mais il émerge aussi des cultures de critique radicale dans tous les lieux qui subissent de plein fouet la police et son monde. La lutte, la grève, la révolte sont autant de situations au cours desquelles l’ordre des discours dominants peut être rompu collectivement et par lesquelles on peut apprendre ensemble à penser les racines des oppressions. On peut critiquer les réactions émotionnelles mais je crois qu’on ferait mieux de construire des moyens d’auto-éducation collective et populaire pour enquêter, se former et propulser des pensées critiques.

Q: Votre thèse de sociologie a débouché sur l’ouvrage L’Ennemi intérieur — La généalogie coloniale et militaire de l’ordre sécuritaire dans la France contemporaine : que teniez-vous à mettre en évidence ?

Il s’agissait d’analyser la construction des figures de l’ennemi intérieur dans la pensée militaire française, depuis la guerre d’Algérie jusqu’au milieu des années 2000. En suivant l’évolution de la figure de l’immigré post-colonial dans les archives de l’Institut des hautes études de la Défense nationale, cette recherche a permis de montrer comment une doctrine militaire et coloniale de terreur d’État — la doctrine de la guerre (contre)-révolutionnaire — avait pu continuer à évoluer dans l’armée française et inspirer la restructuration de la « pensée de défense et de sécurité » dans les états-majors militaires et policiers, politiques et économiques durant toute la Ve République. J’y ai formulé l’hypothèse plus large que la guerre coloniale constituait une matrice de l’ordre sécuritaire, un répertoire fondamental des restructurations du pouvoir dans l’ère contemporaine. Depuis, je m’intéresse plus généralement au développement du capitalisme sécuritaire, c’est-à-dire à la progression continue du marché du contrôle, qui permet d’aborder — me semble-t-il — de nombreux aspects des bouleversements en cours dans les formes de l’impérialisme.

Q: Qu’est-ce qui avait motivé votre démarche et votre méthodologie dans ce long travail ?

Je vois mon travail d’enquête comme une sorte d’artisanat ; je fabrique des outils pour et au travers des luttes sociales afin de les mettre à disposition des divers ateliers où des mouvements d’émancipation élaborent leurs propres armes. Je signe ces recherches pour qu’on puisse venir me demander des comptes, mais les réflexions qui les structurent sont construites collectivement, au cœur même des luttes auxquelles je prends part. Et je crois que toute pensée de l’émancipation ne peut être élaborée que collectivement, par les premières et premiers concernés, avec les alliés qu’elles et ils se choisissent. Ce sujet est venu de lui-même. J’ai grandi à Gennevilliers, une banlieue ouvrière — enfin, de moins en moins, car la « gauche plurielle » y mène un processus de « rénovation urbaine » intense depuis le début des années 1990 — où les classes populaires, en grande partie issues de la colonisation, se débattent entre misère économique et sociale, police, prison, racisme, sexisme et autres formes de mépris politique. Je ne savais pas trop bien pourquoi j’étais arrivé jusqu’à la fac, alors je m’y suis employé à analyser les mécanismes de conjugaison de ces dominations, dans l’idée de piller des savoirs et de construire des outils pour se libérer collectivement.

Q: À l’occasion de Nuit Debout et des manifestations contre la loi El Khomri, les centres urbains — alors plutôt peuplés de populations blanches et des classes dites moyennes —, ont expérimenté la brutalité des répressions policières, bien connue par les habitants des quartiers populaires depuis des décennies. Faut-il être personnellement touché par un phénomène pour lutter contre ? Comment faire prospérer cette lutte au-delà des personnes qui le subissent directement ?

On ne perçoit jamais aussi bien la profondeur d’une condition que lorsqu’on l’expérimente, que la plupart des conditions sociales ne se choisissent pas et que c’est encore bien différent d’expérimenter une situation par choix ou par nécessité. Mais les médias indépendants et les luttes contre les violences policières propulsent des moyens d’analyse, des idées et des pratiques, des pensées et des faits qui bousculent les réalités perçues dans différentes classes sociales et territoires. Il s’agirait peut-être de réussir à mieux coordonner, à mieux associer toutes ces plateformes. Il semble primordial que les premiers et premières concernés par chaque régime de domination trouvent ensemble les moyens de s’unir et de s’auto-organiser. La question des alliances en découle. Et il existe une infinité de possibilités d’intersections permettant aux luttes, aux formes d’organisation et d’autonomie et aux mouvements de libération de se rencontrer pour s’entraider. Je crois que c’est dans ces combats communs que des groupes ayant des expériences différentes peuvent tenter d’associer leurs histoires.

Q: Vous étiez présent sur le plateau de l’émission « Ce soir ou jamais », en mai 2016 : la comparaison avec les violences policières aux États-Unis n’a alimenté qu’une posture de minimisation. Le fait que le débat se réduise à une question de degrés de violence n’empêche-t-il pas toute analyse critique ?

La rhétorique du « c’est pire ailleurs » est une méthode classique de délégitimation de la critique qui suggère « soyez contents, fermez-la et sinon, cassez-vous ailleurs », sous-entendu « rentrez chez vous ». Mais c’est aussi toujours l’occasion de montrer que les puissances impérialistes partagent des structures communes, notamment dans la manière dont la police, la prison, les médias et les autorités œuvrent par des formes industrielles de coercition à maintenir des modèles de socio-apartheid. Bien entendu le champ médiatique est structuré pour empêcher ces critiques d’être formulées clairement. On peut s’en indigner : c’est une réaction spontanée lorsque, pour de nombreuses raisons, on a intégré les propagandes d’État sur la « liberté d’expression » et celle des médias. Mais cette indignation empêche souvent de comprendre que l’ensemble du champ médiatique est organisé dans le but de légitimer le faisceau des autres institutions. Tenter de parler aux classes dominées à travers l’institution médiatique est un véritable champ de bataille. Je crois que nous avons intérêt à nous auto-former collectivement à la prise de parole publique, afin que que chacun.e, depuis sa condition d’oppression et ses pratiques de résistance, puisse formuler et partager la complexité de sa propre pensée critique. Pour cela, je pense qu’il faut là encore se doter de structures d’autonomisation visant la création et le partage de savoirs émancipateurs.

Q: Les débats sur la violence policière, milieux militants compris, glissent souvent sur la question de la nécessité d’un corps policier dans une société donnée… 

C’est un débat fondamental : il s’impose forcément si on s’intéresse à la violence d’État. Est-ce une dérive qu’on peut corriger pour en « revenir » à un « État de droit » ? Ou est-ce la fonction de la police d’être violente ? Et, dans ce cas-là, faut-il remettre en cause toute la société qui la produit ? Quoi qu’il en soit, à travers ce débat émergent des positions communes, des lignes de consensus mais s’y délimitent aussi des lignes de tensions et de ruptures qui permettent de construire des alliances et de désigner des cibles communes, notamment de circonscrire les collaborateurs de la violence d’État qui se présentent en alliés. Pour maintenir une société autoritaire et inégalitaire, il faut la légitimer — cela s’obtient par de l’idéologie, du divertissement, de l’aménagement des désirs mais aussi par de la coercition. Les violences que la police distribue n’ont rien d’accidentel malgré ce que les médias dominants et la classe politique matraquent dans leurs discours. On peut entrer en lutte contre les violences policières de différentes manières, mais on en vient presque forcément à percevoir le caractère systématique de ces violences d’État. Il s’agit de se doter d’outils pour cartographier cette mécanique. On découvre alors que Par exemple, si de nouvelles pratiques ne viennent pas directement « d’en haut », elles les violences policières font système pour maintenir l’ordre social.peuvent émerger depuis les policiers en service. Elles remontent alors parfois lorsqu’elles perdurent et peuvent être validées, instituées ou tolérées, si leur impact ne s’écarte pas des objectifs généraux de chaque strate de pouvoir à l’intérieur et au-dessus de l’institution policière. La police est structurée comme une machine à produire et distribuer de la violence pour maintenir l’ordre social, économique et politique — elle est réglée, de manière rationnelle et bureaucratique. Dès lors, elle dysfonctionne régulièrement et peut être sabotée.

Mais la critique est absurde si elle sert à asseoir des postures hautaines de milieux politiques radicaux, parfois bien isolés des classes populaires et des mondes qui subissent la férocité de l’État. On peut mettre en cause l’existence de la police, de l’État et de toute forme de domination, mais c’est en cheminant entre opprimé.e.s, notamment dans les luttes pour la survie et pour une vie digne, qu’on peut créer des formes de solidarité réelles qui ouvrent sur des critiques vraiment radicales parce qu’elles découlent de pratiques collectives associées à ces réalités. À partir de là, on peut commencer à imaginer pouvoir se débarrasser des institutions qui nous pourrissent la vie plutôt que de chercher à les réformer. Ce qui importe vraiment, je crois, c’est que la critique soit menée horizontalement, qu’elle émerge d’en bas, de constats réels issus de la confrontation au monde et pas qu’elle soit assénée depuis des positions de principes surplombantes. Si quelqu’un avait la recette de l’émancipation, ça se saurait ! Il y a plein de révolutionnaires dans les classes populaires, dont une partie qui s’ignore. Dans les quartiers comme ailleurs, tout le monde a une conscience politique ; notre problème réside plutôt dans le fait que l’État réussit à empêcher l’auto-organisation révolutionnaire des opprimé.e.s. Je crois en la nécessité de construire ce mouvement révolutionnaire, mais je pense qu’il passe par des solidarités concrètes face aux galères de la vie avant de tracer de grandes perspectives théoriques.

Q* Lénine appelait à remplacer la police bourgeoise par « une milice populaire » de tous les citoyens de 15 à 65 ans, invoquant une « réforme dictée par toute la marche de la révolution ». Quel type d’organisation cela pourrait-il donner, aujourd’hui, si un régime émancipateur venait à prendre le pouvoir en France ?

Le Lénine de L’État et la Révolution appelait à se débarrasser de l’État, mais en prenant le pouvoir pour faire un « État socialiste », qui devrait disparaître ensuite. Or il nous a démontré par la pratique l’erreur de cette stratégie. Après le renversement de l’État tsariste par l’insurrection populaire en février, le parti bolchévique prend effectivement l’État en octobre 1917. Il convoque le « pouvoir des Soviets » tout en refermant le moment révolutionnaire. Une bureaucratie se remet alors en place autour d’une administration, d’une police, d’une armée, qui accompagneront le développement d’un capitalisme d’État puis d’un impérialisme russe, après la restauration des classes dominantes. L’enchevêtrement historique du pouvoir et de la guerre met en œuvre un phénomène de « concurrence mimétique » au cœur de la lutte des classes. Cette dynamique traverse les modèles de contre-révolution et de contre-insurrection. Il s’agit de pousser un mouvement d’émancipation qui devient menaçant, à entrer en concurrence avec l’État pour la prise du pouvoir. En l’amenant à employer des armes et des techniques similaires, des moyens et des cibles semblables, on le dirige finalement vers des formes identiques à celles de l’État. La contre-insurrection tente parallèlement d’éliminer les forces de libération pour laisser surgir les concurrences autoritaires susceptibles de commander le mouvement de l’intérieur. Au point que le mouvement révolutionnaire qui cherche à prendre le pouvoir d’État s’engage dans une restructuration toujours plus bureaucratique qui permettra de restituer une domination de classe, si l’ancien régime est renversé. Le mouvement révolutionnaire qui s’engage dans cette voie commence généralement à poursuivre des « ennemis intérieurs » en son propre sein, à créer des structures « de sécurité » pour cela.

J’avais tenté de raconter, dans une préface au Manuel du guérilléro urbain, comment un « complexe de Marighella » répond au « complexe de Salan » (contre-guérilléro devenu guérilléro OAS puis ennemi intérieur de l’État gaulliste), dont Carl Schmitt parle dans sa Théorie du partisan. Car Marighella — révolutionnaire brésilien à la tête de l’Armée de libération nationale — affirme effectivement qu’il faut former des services de renseignement intérieurs à la guérilla, chargés de purger les supposés infiltrés. Ces services devront, dit-il, constituer les états-majors policiers fondateurs du nouvel État, lorsqu’il sera conquis. Il nous montre, malgré lui, qu’en cherchant à prendre l’État, l’ALN est entrée en concurrence mimétique avec l’appareil bureaucratique et a commencé à lui ressembler en préparant les formes du proto-État, c’est-à-dire la fin du processus révolutionnaire et la restauration des systèmes de dominations. L’ALN a finalement été écrasée et le mouvement révolutionnaire brésilien a survécu en prenant des formes bien plus horizontales. La contre-insurrection propulse la « concurrence mimétique » en accompagnant la fascination de ses unités les plus féroces pour « l’ennemi (intérieur) ». Ainsi, des militaires en sont venus à faire de la (contre-)guérilla en se passionnant pour les théories révolutionnaires. Et des baqueux [membres de la BAC, brigade anti-criminalité, ndlr] s’habillent en Ünkut (la marque de Booba), copient le langage et les codes de la rue, adoptent des pratiques et des postures « mafieuses » ou, même, depuis peu, renversent les slogans et certaines pratiques du mouvement contre la loi Travail et son monde (manifs sauvages, de nuit, cagoulées…).

Comme nous le montrent au quotidien les peuples révolutionnaires du Chiapas ou du Rojava, la révolution est un mouvement continu qui ne peut pas passer par la reprise en main des formes de la domination, dont l’État fait partie. Et même si les langues coloniales les appellent parfois « polices communautaires », ce sont des formes d’autodéfense populaire collectives qui sont expérimentées et non « une police » comme appareil d’État, ni même « de la police » comme dispositif de pouvoir. En revanche, comme on l’observe dans certaines régions du Mexique et dans différentes configurations historiques, des « autodéfenses populaires » qui ne sont pas directement et continuellement l’expression d’un mouvement de libération collective, qui ne seraient pas l’incarnation quotidienne du peuple en armes, semblent condamnées à voir resurgir leur affiliation à des systèmes mafieux et para-étatiques — et donc à se transformer en police. Je crois donc que la locution « régime émancipateur » est piégée et inopérante parce qu’elle pourrait laisser croire à des manières d’émanciper les gens et à des formes d’État assimilables à de l’autonomie populaire. L’Histoire nous démontre en permanence que, si personne ne se libère tout seul, personne ne libère les autres non plus. Les formes étatiques qui se sont déclarées « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » ont généralement démontré, au contraire, la colonialité du pouvoir centralisé. L’expression « se gouverner soi-même » utilisée au Chiapas notamment, est une traduction en espagnol qui trahit en fait les expressions indigènes auxquelles elle renvoie, lesquelles ne parlent pas de « bon gouvernement » mais plutôt de « bonne manière de faire les choses ». Et pourtant l’expression « buen gobierno » fait sens dans tout le Mexique, même auprès des anarchistes, dans sa manière d’être utilisée pour désigner justement des formes d’autonomisation populaires.

Quel que soit le nom qu’on donne aux formes réelles d’autodéfense et d’auto-organisations, la logique de police, de gouvernement et de gestion s’abolit en même temps que les classes et les rapports de domination, à travers le processus révolutionnaire. Il ne peut exister d’émancipation que par la transformation des conditions réelles d’existence au quotidien, par la mise en commun et l’autonomisation concrète des classes dominées. Tandis que la contre-insurrection tente de nous renfermer sur la guerre et la mise en dépendance, de nous pousser à faire la guerre pour la gagner, et à nous transformer en reflet du pouvoir, nous cherchons à déstructurer l’ancien système et à construire autre chose. Dans l’interstice des monstres, la répression oblige le mouvement révolutionnaire à se défendre. Le champ de bataille impose la guerre. Mais si le mouvement de libération choisit de se structurer pour prendre l’État, il commence à creuser sa propre tombe… Mais, dans les fissures du vieux monde, émergent partout des résistances et des formes d’auto-organisations qui nous invitent à penser la révolution comme un mouvement sans fin, un mouvement de lutte contre toutes les formes de domination, un mouvement en auto-construction permanente de nouvelles formes de vie émancipatrices.

Q: Le continuum entre police et justice est régulièrement tracé : est-on dans une logique d’institutions qui défendent leur pré carré au sein de l’État ou d’une alliance de ces institutions avec les gouvernements qui se succèdent ?

Ce sont deux logiques qui coexistent réellement et ne sont pas contradictoires. Les institutions policières et judiciaires se reproduisent historiquement en assurant le maintien de l’ordre pyramidal de la société. Elles sont intimement liées notamment parce qu’elles partagent la production de l’incarcération de masse et les aspects répressifs du socio-apartheid. Michel Foucault avait sûrement raison d’observer que la Justice ayant de plus en plus besoin de la police, elle lui est de plus en plus subordonnée. Mais aucune institution n’est pour autant homogène ni monolithique. Chacune est un champ de bataille où des fractions se font concurrence tout en cherchant à protéger leur marché commun. Pour autant, les états-majors policiers et judiciaires partagent le même système d’intérêts et de privilèges, avec des fractions des classes dirigeantes et possédantes. Mes recherches ont tendance à observer que la police et la justice sont structurées par des logiques internes de champs, des logiques externes entre champs en même temps que par des logiques transversales de classes et de strates.

Q: Une partie de la population, militants syndicaux compris, s’était insurgée contre les « casseurs ». Les oppositions entre « bons et mauvais manifestants » et l’instrumentalisation de la part des gouvernants ont-ils alors affaibli le mouvement ?

Je n’ai pas perçu d’insurrection de la population générale contre les « casseurs ». Le mouvement a commencé sur des bases habituelles quant aux formes instituées et inoffensives de mobilisation. Mais c’est en rejoignant les possibilités de formes offensives, autonomes et libres du cortège de tête, que des strates très diversifiées des classes populaires et de la petite-bourgeoisie en voie de précarisation ont pu se confronter différemment aux questions des matériels de protection physique, de protection de son anonymat et aux pratiques de sabotage. Je crois que c’est ce qui a permis de fissurer la figure d’ennemi intérieur forgée par les appareils médiatico-policiers. Des centaines, parfois des milliers de précaires et de personnes issues de strates privilégiées, des jeunes des centres-villes et d’autres de banlieue, des ados et des vieux, des travailleuses syndiquées ou non, des chômeurs et des lycéennes se sont auto-organisés collectivement à travers le cortège de tête mais aussi dans de multiples blocages et occupations. Tous ont participé à cette forme de lutte digne et joyeuse dans laquelle il était légitime d’attaquer des banques, des agences immobilières, des magasins de luxe… Du coup, la figure du déglingo qui vient tout péter parce qu’il est, au choix, selon le territoire à réprimer, « un voyou ethnique » ou un « gauchiste antiflic », a été considérablement fragilisée. Tout cela a eu des impacts aussi sur ce grand retour de la classe ouvrière au devant de la scène politico-médiatique mais aussi de la culture populaire. À l’intérieur de la CGT, depuis plusieurs grands mouvements, des bases s’autonomisent face à leur bureaucratie. Comme le monde ouvrier en général, elles n’ont pas particulièrement peur de l’emploi de la contre-attaque et des pratiques d’action et de démocratie directes y trouvent de nouveaux échos. Le sabotage est peut-être l’une des formes de contre-attaque les mieux partagées dans l’histoire par le mouvement ouvrier, les mouvements révolutionnaires, les résistances antifascistes et anticolonialistes, les luttes des prisonniers et celles des esclaves. Je crois en la diversité stratégique. On peut concevoir des puzzles de luttes, de tactiques et de cibles dont la diversité brouille les capacités de prévision du contrôle et multiplie les probabilités de défaillance des mécaniques institutionnelles. On peut réussir à associer les luttes autonomes et forger des complicités pour que les tactiques se renforcent les unes les autres plutôt que de se gêner ou de se faire concurrence.

Q: Que faire des policiers militant dans des syndicats de gauche ? Comment aborder la fameuse question des « contradictions internes » de la police ?

Plutôt que de véritables contradictions, il y a de la concurrence interne dans la police, des lignes d’opposition pour son commandement et des frictions à sa tête. Il existe aussi des conflits entre strates sociales dominantes et dominées dans la production du travail policier. La syndicalisation des institutions policières et carcérales est structurelle ; elle permet à l’État de gérer la « grogne » permanente de ses agents en contexte sécuritaire, c’est-à-dire en situation de mobilisation intensive. Elle permet également, comme d’autres bureaucraties syndicales, de maintenir l’ordre social et politique à l’intérieur d’une corporation. Les dirigeants de ces syndicats peuvent continuer leurs carrières directement dans les hautes strates de l’État comme dans les préfectures, ou pantoufler dans le privé, notamment dans l’intelligence économique ainsi que dans le « conseil et l’audit », pour les industriels. À la marge de cette syndicalisation structurelle, il y a quelques minorités « de gauche » dont le militantisme consiste généralement à en appeler à un modèle républicain mythologique qui aurait été trahi et qu’il faudrait rétablir, mais aussi à demander « plus de moyens » pour ce « service public ». L’expression politico-médiatique de ces « syndicats de gauche » tente de faire croire à une pluralité de discours et au mythe de la pluralité démocratique jusqu’à l’intérieur des institutions d’État. Mais elle permet aussi de légitimer certaines stratégies d’État parfois en contradictions avec les revendications des syndicats de police majoritaires. Dans la réalité, l’État conjugue toujours des politiques « de gauche » et « de droite », des formes de hard et de soft power, des dispositifs de conquête des cœurs et des esprits, des moyens biopolitiques et des dispositifs d’écrasement nécro et thanatopolitiques.

Je ne crois pas beaucoup en la défection de policiers par suite de critiques idéologiques ou d’analyses sociologiques, ni parce qu’on les aurait appelés à « rejoindre les luttes ». La police est justement l’institution qui a inventé des modes de sélection et de domestication de ses agents qui lui permettent d’éviter des ruptures de ce type. Cela consiste à trier et former des agents ayant tendance à renforcer leurs convictions dans le métier à mesure qu’ils produisent des violences de plus en plus « illégitimes » et à mesure qu’ils se confrontent aux colères sociales qui surgissent face à leurs violences. J’ai plutôt l’impression que c’est l’intensité, la diversité, la créativité des luttes sociales qui approfondissent les lignes de tension et de concurrence dans la police ainsi qu’entre la police et les autres institutions et qui peuvent donc faire augmenter les probabilités de dysfonctionnements et d’impuissance dans l’appareil. Des policiers et des militaires ne « rompent les rangs » que lorsque l’État n’est plus capable de leur assurer une « sécurité » minimale face aux contre-attaques populaires. Lorsqu’il ne peut plus légitimer le degré de violence qu’il leur demande de fournir. Mais aussi lorsqu’il n’a plus les moyens de les rémunérer assez pour cela. Cela nous renvoie à la nécessité de construire les moyens de la grève générale illimitée et un mouvement de libération capable de proposer un niveau d’organisation sociale crédible, des formes de vie sociale libres, autonomes, égalitaires et joyeuses qui montrent à l’ensemble des forces en présence que la vie est bien plus digne et promet plus de justice sociale du côté des mouvements d’émancipation que du côté de leur écrasement.

Q: Comme dans de nombreuses villes de France, un collectif dénonçant les violences policières s’est créé à Strasbourg, plus précisément autour de l’affaire du meurtre d’Hocine Bouras, jeune homme abattu par un gendarme lors d’un transfèrement le 26 août 2014. Quels moyens d’action sont les plus pertinents, selon vous, afin que ces collectifs puissent avoir plus de portée ?

La construction de leur autonomie est l’axe central. En se donnant leurs propres moyens de s’organiser, de penser et de lutter, ces collectifs peuvent ensuite trouver des moyens de s’associer ou de coopérer sur certains plans avec d’autres forces auto-organisées. Chaque collectif a besoin de différents types de soutien (argent, lieux de réunion et d’organisation, présence dans les manifs et rassemblements, médias indépendants…), et à chacun de déterminer l’aide qu’il veut recevoir, sa provenance ainsi que les frontières de ses alliances. Une fois cela admis, je crois qu’on peut s’activer pour mettre en synergie des lieux et des collectifs autonomes permettant notamment aux luttes des classes les plus populaires de profiter de ce que le mouvement libertaire réussit à faire éclore : des lieux et des moyens ainsi que des répertoires de pratiques et d’idées liées à l’autonomisation notamment. La construction dans les villes et les campagnes, puis un jour dans chaque quartier et chaque village, de comités d’autodéfense populaire face à la police et à toutes les violences d’État peut être un premier mouvement en direction d’une entraide réelle des luttes contre toutes les formes de dominations. Nous pouvons réussir à faire coopérer avec les luttes d’autodéfense populaire, des lieux autonomes de production alimentaire, vestimentaire, énergétique, des projets de santé communautaire et d’éducation populaire. Il s’agirait de mettre en commun tous les moyens de briser les mises en dépendance qui assurent la reproduction du système impérialiste.