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Gilets Jaunes: Brève revue de la 3ème Assemblée des Assemblées de Montceau-les-Mines des 28-30 juin 2019

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés with tags , , , , , , , , , , on 23 juillet 2019 by Résistance 71

 

Brève relation sur  la 3ème assemblée des assemblées de Montceau-les-Mines (28-29-30 juin) 

 

par un mandaté du rond-point des Vaches 

de St.-Etienne-du-Rouvray banlieue sud de Rouen  

 

Juillet 2019

  

Un grand chapeau bas aux Gilets Jaunes du Magny et de la région pour cette 3ème ADA. Toutes les critiques que nous pouvons émettre sur l’organisation ou le fonctionnement ne réduiront aucunement ce retour de sympathie que nous leur adressons fraternellement. 

  Rappelons les six axes de réflexion proposés aux 250 groupes pour 650 environ mandatés et observateurs G.J et travaillés en groupes, avec quelques commentaires succints. 

1 Le référendum d’initiative partagée.

   Il concerne la non privatisation des Aéroports de Paris. Il y a eu ici une unanimité pour la tenue du RIP ce qui demandera donc une très forte mobilisation. 

2 Doit-on et/ou peut-on sortir du capitalisme ?

   La synthèse finale de cet axe semblait ne pas correspondre aux discussions lors des débats des groupes sur ce sujet. Aussi certains ont décidé de la refaire, ce qu’ils ont entrepris le dimanche matin près de votre serviteur qui s’occupait d’un stand pour distribuer l’affiche « le briseur de chaines de l’arène social ». Les trois « G.J » qui s’activaient à l’écriture se sont focalisés sur le rappel de la définition du capitalisme dans un langage marxeux, pas une seule fois je ne les ai entendus parler du  travail des groupes de réflexion qu’ils étaient censés synthétiser. Bigre ces trois là refaisaient le monde avec fébrilité ! Pour les taquiner j’ai demandé à une des rédactrices une seule phrase pour définir le capitalisme, elle m’a répondu immédiatement : « c’est la surexploitation de l’homme par l’homme ». Dans cette époque de confusionnisme j’aurais pu lui faire remarquer idiotement son manque de féminité mais j’ai préféré lui rétorquer sérieusement que l’on retrouvait cette surexploitation à Athènes au Vème siècle avant J C et que ce n’était pas encore le capitalisme. Aïe aïe aïe ! Corriger la copie ! Nous verrons plus loin comment a été accueillie leur prose. Je note cependant que la plupart ne connaissent pas  ou ne comprennent pas la meilleure critique positive de Marx, jamais réfutée à ma connaissance,  celle de J.- P. Voyer  dans son livre de 1976 : « Une Enquête sur la nature et les causes de la misère des gens » éd Anonymes  (voir à partir du 2ème chapitre : Confidential report)(1) et je me range avec humilité aux cotés des G.J du Magny pour lesquels cette question les laisse encore « perplexes, divisés et méfiants ». Nous ne sommes pas obsédés par le but, nous construisons notre chemin… Et j’ai de plus en plus de mal à supporter les relents méphitiques des idéologies politico-religieuses !

(1) disponible sur le site :http://leuven.pagesperso-orange.fr/ rubrique : « publication ».

3 Les assemblées citoyennes locales. 

  Ce terrain d’expérimentation intéresse beaucoup les G.J des zones rurales et péri-urbaines avec lesquels j’ai pu discuter : terrain prêté par le maire ou un paysan, bâtiment quelquefois… J’en profite pour saluer tous les G.J que j’ai rencontrés, ceux du Gard,  du  Morvan, , de l’Aude, de Lot-et-Garonne, de Metz… et le très sympathique Nico de  Dieppe, mon  compagnon de voyage.

4 Occuper le terrain. 

   Comment assurer notre visibilité puisque c’est précisément là-dessus que nous sommes combattus. Diverses opérations ont donc été discutées (Tour de France cycliste, fête du 14 juillet…)

5 Les ada, assemblée des assemblées. 

Comment renforcer, améliorer cette assemblée. Notons d’abord qu’il est fort dommage que l’ appel de Commercy (chapeau bas aussi aux G.J de là-bas pour le travail effectué) du 26 janvier pour la première assemblée des assemblées s’est adressé à des comités populaires locaux (sic !) autrement dit à  des groupes ou collectifs qui n’avaient absolument pas l’expérience de vie, le vécu relationnel des G.J des ronds-points ou de ceux qui, trop éloignés, les accompagnent dans leurs opérations. La porte était grande ouverte pour ceux qui apprécient de débattre confortablement assis sur le « vivre ensemble », grande ouverte pour confondre Gilets Jaunes et soutiens aux Gilets Jaunes(1). La 3èmè ADA ne fait que confirmer cette présence ennuyeuse des « G.J » de centre ville que l’on remarque vite par le style laborieux du langage militant ou de l’activisme lourdingue (évidemment je connais des G.J de centre ville qui ont un grand savoir-vivre mais la tendance dominante est à la lourdeur !) 

(1) cf http://laviedesidees.fr/La-banlieue-jaune.html et surtout les articles sur les Gilets Jaunes sur le site https://collectiflieuxcommuns.fr/ qui a accepté de publier notre courte thèse : « Des différences – comportementales, psychologiques-sociologiques-financières entre Gilets Jaunes péri-urbains et « Gilets Jaunes » du centre ville à Rouen »  

6 Les convergences. 

Quatre groupes composaient cet axe de réflexion. C’est en participant à un de ces groupes que l’idée m’est venue, grâce à deux Gilets Jaunes, de remplacer le terme « convergence » par « alliance » et de préciser l’apport de notre mouvement comme « protection et avancée du bien commun » plutôt que « défense de l’intérêt général » dans les futures alliances. Là aussi on a eu droit en plénière à la vieille chanson de cette gauche faussement appelée radicale que l’on retrouve dans les centres des villes   importantes  avec l’appel soporifique du « blocage total du pays » par un jeune emporté alors que les racineux sont les G.J ruraux et péri-urbains.  Si un jour une paralysie réelle des activités gagne le pays ces miltants pseudo-radicaux penseront en être la cause par leurs incantations répétées mille fois et plaquées à chaque mouvement. Indécrottables !

Une précision importante pour les lecteurs :

Après la discussion d’un groupe, deux ou trois personnes effectuent une synthèse écrite. Cette synthèse devrait retourner au groupe qui peut s’en satisfaire, l’amender ou la refondre. A défaut de retour l’esprit vivant de chaque groupe se perd souvent dans la synthèse. De plus quand vous avez 4 groupes pour un thème donc quatre synthèses, que celles-ci ne font pas retour et vont former une synthèse globale, on comprend pourquoi  cette  synthèse globale paraît indigeste à tous ceux qui ont participé au thème.

Quelques anecdoctes très peu croustillantes

Mini pression de groupes de « G.J »   lors de  la déclamation sur l’axe 2 « doit-on et /ou peut-on sortir du capitalisme ? » où la conclusion « il faut détruire le capitalisme »  a été applaudie par certains en scandant « révolution ». Hélas ! La destruction du capitalisme n’implique pas l’établissement d’une société fraternelle et les cendres des staliniens, anti-capitalistes d’Etat bien connus, ont du virevolter de plaisir dans leurs urnes. Aussi applaudissements et scansion n’ont pas pris l’envol escompté, la très grande majorité des G.J attendant avec sérénité que le silence revienne !

Mini pression de groupes de « G.J »  lors de la déclamation sur l’axe 6 « convergence » où la conclusion « blocage total du pays » a été applaudi par certaines en scandant  « anticapitaliste ». Hélas encore ! « le blocage total du pays » n’implique pas l’établissement d’une société fraternelle et les cendres des staliniens, anticapitalistes d’Etat bien connus, ont du virevolter de plaisir dans leurs urnes. Aussi applaudissements et scansion n’ont pas pris l’envol escompté, là encore la très grande majorité des G.J attendant avec sérénité que le silence revienne !  

Ces deux mini-pressions ont été surtout l’oeuvre de « G.J » de centre ville (on les reconnaît vite au fait que la plupart ne portent pas la tunique d’or, la chasuble de l’espoir !), « G.J » pseudo-intellos ou activistes. Attention, je ne divise pas, c’est une simple question d’honnêteté ! C’est une question d’expérience vécue et il importe de reconnaître les différences plutôt que de les dénier.

C’est une majorité des mêmes qui conspuèrent une mandatée qui avait eu le tort de se montrer trop insistante dans son groupe de réflexion pour que les manifs soient déclarées. La pauvrette a versé quelques larmes devant ces manqueurs de savoir-vivre, ces petits insolents, vite fait bien fait réprimandés par les organisatrices et réduits au silence.

Alors que je sortais quelques minutes de la plénière pour fumer une clope, je me suis retrouvé avec un jeune homme et deux femmes. Je ne sais plus comment la discussion est venue sur F. Boulo. Je disais au jeune que s’il voulait être mandaté, François pouvait l’être puisqu’il était G.J, celui-ci me rétorqua « c’est un homme de pouvoir ». Je lui répondis que « ce n’est pas parce qu’il passe dans les médias que c’est un homme de pouvoir, pour l’instant c’est un homme d’influence ». Alors il se raidit et répliqua « c’est un homme de pouvoir, je ne discute pas » et rentra dans la salle. Ce bouffon confond radicalité et impertinence ! Montpellier-centre je crois, vous voyez là encore un centriste, un nombriliste. Certains priment l’organisation, d’autres le savoir-vivre c’est la différence qui crée la différence !

Le véritable apport de l’ada : les recontres entre Gilets Jaunes – un exemple pratique

La décence commune, chère à Orwell et repris par J.C. Michéa dans son essai « le complexe d’Orphée » ed Champs essais, autrement dit la triple obligation de « donner, recevoir, redonner », constitue le socle de toutes les relations humaines. L’ordre néo-libéral vise à déraciner totalement cette manière de communiquer son humanité et encourage officiellement la cupidité, la trahison ou le cynisme pour encourager les parvenus. L’idéal de ces gens là ne nous intéressent pas ; l’égoïsme borné, le mauvais je, le je sans nous, le moi-je qui ne reconnaît pour « autre » que son ombre sauf quand il est en danger et appelle au-secours c’est bon pour les trous du cul ! Le président d’ici qui ne sera pas toujours président en est le parfait exemple ! Le fondement anthropologique de la décence commune se prolonge par le savoir-vivre et le bon sens si appréciés de tous les peuples. Ce sont ces trois manières de faire et de penser qui nous amènent à critiquer la notion de « convergence » et à lui substituer l’ « alliance », le concept enfin trouvé qui réunit l’idée et le réel : 

  Le mouvement des G.J ne peut converger avec les luttes syndicales ou les combats des partis politiques puisque dès le commencement il s’est auto-organisé, auto-constitué et auto-défini en défiance vis à vis des syndicats et des partis. Converger signifie se diriger vers un point commun, tendre au même résultat. On saisit immédiatement l’intérêt de parvenir à circonscrire le mouvement des G.J comme composante dans une convergence pour les syndicats et les partis, les trois rivières confluant dans le même fleuve de telle sorte que notre mouvement se dilue jusqu’à ce qu’il disparaisse. Ce confusionnisme nous le dénonçons et nous opposons la clarté, l’honnêteté qui ici consiste à nommer « alliance » les rapports que nous envisageons avec les travailleurs, syndiqués ou non. Quant aux partis qu’ils convergent donc entre eux. S’allier à un partenaire c’est s’engager mutuellement en sachant que les buts de chaque partenaire sont reconnus différents. Créer un pacte d’alliance c’est poser un échange. Ainsi les G.J soutiennent toutes les revendications partielles de travailleurs syndiqués ou non, par exemple sauvegarder leur emploi menacé, augmenter leur salaire, dénoncer un manque d’effectifs, etc… En échange de notre soutien actif, de notre engagement dans leurs luttes nous leur apportons notre contribution pour la protection et l’avancée du bien commun dans le secteur dans lequel ces salariés turbinent. Nous leur demandons donc de prendre en considération ce que pensent et formulent les G.J, cette partie du peuple qui donne le ton, qui fait l’histoire. Et voici, citoyennes et citoyens, un exemple concret avec la grève des urgentistes :

AUX URGENTISTES EN GREVE 

   Nous, G.J du rond-point des vaches de St Etienne du Rouvray de la banlieue sud de Rouen, nous sommes directement concernés par vos revendications qui concernent le manque crucial d’effectifs et de moyens. D’ailleurs nous vous sommes reconnaissants d’avoir assisté les G.J éborgnés, défigurés, déglingués (547 blessés 

fin mai dont 244 au visage). Nous saluons aussi les 35 ophtalmologistes qui ont écrit à celui qui est encore appelé « président » (il ne le sera pas ad vitam aeternam n’est-ce-pas !) pour dénoncer les LBD. Vous tous urgentistes vous avez été témoins de cette violence inouïe et disproportionnée voulue par le gouvernement pour rendre invisible notre mouvement (visage –  visible – viser – même racine latine de visus, part. passé de videre, voir) et vous avez été témoin de la falsification des faits par Castaner. En échange de notre soutien actif nous vous demandons de prendre en considération ces pensées concernant la politique de la santé exprimées par bon nombre de G.J :

1 Nous sommes opposés à la fermeture des hôpitaux de proximité qui ne peut que surajouter de l’anxiété, du stress voire de l’angoisse à des personnes déjà fragilisées par la pénétration douloureuse de l’argent dans tout ce qui existe et par la multiplication des taxes à leur encontre.

2 Nous sommes opposés et voulons un vrai débat sur la survaccination des nourrissons imposée par le lobby pharmaco-chimique uniquement pour son profit.

3 Nous sommes opposés et voulons un vrai débat sur la manière dont s’effectue la mise sur le marché des médicaments. « 80% des médicaments mis sur le marché ne servent à rien » écrit le professeur Even, président de l’Institut Necker et coauteur du rapport sur le système de contrôle des médicaments.

4 Nous sommes opposés et voulons un vrai débat sur ce cataclysme des maladies iatrogènes car le cabinet du médecin se change le plus souvent en supermarché. Le chiffre de 150.000 personnes rendues malades tous les ans par les médocs est un minimum (voir l’étude EMIR conduite par le réseau des centres régionaux de pharmaco-vigilance). Plus de 10.000 décès par an, les chiffres variant de 13.000 à 34.000. A comparer avec les 3500 à 4000 morts par accidents de la route.

5 Nous sommes opposés et voulons un vrai débat sur la surmédication (notamment de nos vieilles et de nos vieux – plus de 115.000 d’entre eux hospitalisés pour iatrogénie en 2011) et aux interventions chirurgicales totalement inutiles, environ 30% (cf Jörg Blech : « Ces traitements dont il faut se méfier » éd : Actes Sud )

6 Nous sommes opposés à la commercialisation du corps des femmes. Les milliards que va engendrer la G.P.A pour les mêmes riches qui détruisent et pillent les nations et qui vont donc contraindre des dizaines de milliers de femmes pauvres à louer leur ventre pour pouvoir subsister et nourrir leur famille.

7 etc… Sur la dictature allopathique instituée par les labos… etc… Pour une recherche réelle sur les effets placebo et nocebo…etc… Hommage à tous les chercheurs qui ont vécu les pires difficultés jusqu’à en perdre quelquefois  la vie face au lobby pharmaco-chimique, pour n’en citer que trois : Dr Semmelweis , Dr Maschi, Dr Beljanski…etc…

Rond-Point des Vaches banlieue sud de Rouen – 17 juillet 2019

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

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Révolution sociale espagnole 1936-1939: Les persécutions politiques dans l’Espagne républicaine (Emma Goldman)

Posted in actualité, altermondialisme, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 23 juillet 2019 by Résistance 71

 

Persécution politique dans l’Espagne républicaine

 

Emma Goldman

 

“Freedom, Spain & the World”

1937

 

Lors de mon premier séjour en Espagne en septembre 1936, rien ne m’a autant surpris que la liberté politique visible partout. Certes, elle ne s’étendait pas aux fascistes, mais, à part ces ennemis déclarés de la révolution et de l’émancipation des travailleurs, tout le monde au sein du front anti-fasciste jouissait d’une liberté politique qui n’avait jamais existé dans aucune soi-disant démocratie européenne. Le parti qui en a fait le meilleur usage était le PSUC [Parti socialiste unifié de Catalogne], le parti stalinien. Leur radio et leurs hauts-parleurs remplissaient l’air. Ils exhibaient quotidiennement aux yeux de tous leurs défilés en formation militaire et leurs drapeaux flottant au vent. Ils semblaient prendre un malin plaisir à défiler devant les bâtiments du Comité Régional comme si ils voulaient démontrer à la CNT-FAI leur détermination à lui porter le coup fatal lorsqu’ils auraient obtenu les pleins pouvoirs. C’était l’évidence pour tous les délégués étrangers et les camarades venus soutenir la lutte anti-fasciste. Ce ne l’était pas pour nos camarades espagnols. Ils prenaient à la légère les provocations communistes. Ils affirmaient que tout ce cirque n’influerait pas la lutte révolutionnaire, et qu’ils avaient des choses plus importantes à faire que de perdre leur temps pour des exhibitions sans intérêt. Il m’avait semblé alors que les camarades espagnols n’avait que peu de compréhension de la psychologie des masses qui a besoin de drapeaux, de discours, de musique et de manifestations. Alors que la CNT-FAI, à l’époque, était concentrée sur des tâches plus constructives et combattait sur différents fronts, ses alliés communistes préparaient les lendemains qui chantent. Ils ont démontré depuis ce quelles étaient leurs intentions.

Durant mon séjour de trois mois, j’ai visité beaucoup de lieux de propriétés et usines collectivisées, des maternités et des hôpitaux à Barcelone, et, enfin et surtout la prison « Modelo ». C’est un endroit qui a hébergé quelques uns des révolutionnaires et anarchistes les plus distingués de Catalogne. Nos camarades héroïques Durruti, Ascaso, Garcia Oliver et tant d’autres, ont été les voisins de cellule de Companys,[1] le nouveau président de la Generalitat. J’ai visité cette institution en présence d’un camarade,35 un médecin spécialisé en psychologie criminelle. Le directeur m’a laissé libre accès à tous les secteurs de la prison et le droit de parler avec tous les fascistes sans la présence des gardes. Il y avait des officiers et des prêtres parmi les admirateurs de Franco. Ils m’ont assuré d’une seule voix du traitement juste et humain dont ils bénéficiaient de la part du personnel pénitentiaire, dont la plupart était membre de la CNT-FAI.

J’étais loin de penser à l’éventualité que les fascistes seraient bientôt remplacés par de révolutionnaires et anarchistes. Au contraire, l’apogée de la révolution à l’automne 1936 laissait percevoir l’espoir que la salissure que représente la prison serait effacée lorsque Franco et ses hordes seraient vaincus.

La nouvelle du meurtre odieux du plus doux des anarchistes, Camillo Berneri et de son colocataire, Barbieri, fut suivi par des arrestations, des mutilations et des assassinats de masse. Cela semblait trop démesuré, le changement de la situation politique trop incroyable pour y croire. J’ai décidé de retourner en Espagne pour voir de mes propres yeux jusqu’à quel point la liberté nouvellement acquise du peuple espagnol avait été annihilée par les hommes de mains de Staline.

Je suis revenue le 16 septembre de cette année. Je me suis rendue directement à Valence et j’ai découvert là que 1 500 membres de la CNT, des camarades de la FAI et des Jeunesses Libertaires, des centaines de membres du POUM et même des Brigades Internationales, emplissaient les prisons. Durant mon court séjour ici, j’ai retourné chaque pierre pour obtenir la permission de rendre visite à quelques-uns d’entre eux, parmi lesquels Gustel Dorster que j’avais connu en Allemagne alors qu’il militait principalement dans le mouvement anarcho-syndicaliste avant que Hitler n’accède au pouvoir. J’avais obtenu l’assurance que l’on me le permettrait, mais au dernier moment, avant mon départ pour Barcelone, on m’informa que les étrangers n’étaient pas admis dans la prison. J’ai découvert plus tard la même situation dans chaque ville et village où je me suis rendue. Des milliers de camarades et de révolutionnaires intègres emplissaient les prisons du régime stalinienne de Negrin-Prieto.

Lorsque je suis revenue à Barcelone, au début octobre, j’ai immédiatement cherché à voir nos camarades à la prison Modelo. Après de nombreuses difficultés, le camarade Augustin Souchy a réussi à obtenir la permission d’avoir un entretien avec quelques camarades allemands. A mon arrivée à la prison, j’ai retrouvé, à ma grande surprise, le même directeur encore en fonction. Il m’a reconnu aussi et m’a, à nouveau, donné libre accès. Je n’ai pas eu à parler avec les camarades à travers les horribles barreaux. J’étais dans la grande salle où ils se rassemblent, entourée de camarades allemands, italiens, bulgares, russes et espagnols, essayant tous de parler en même temps et de me raconter leurs conditions de détention. J’ai découvert que les accusations portées contre eux n’auraient tenu devant aucun tribunal, même sous le capitalisme, et qu’on leur avait préféré celle stupide de « trotskisme ».

Ces hommes de toutes les régions du globe qui avaient afflué en Espagne, souvent en faisant la manche en chemin, pour aider la révolution espagnole, rejoindre les rangs des anti-fascistes et risquer leur vie dans la lutte contre Franco, étaient maintenant détenus prisonniers. D’autres avaient été arrêtés en pleine rue et avaient disparu sans laisser de traces. Parmi eux, Rein,[2] le fils du menchevique russe internationalement connu, Abramovich.

La victime la plus récente était Kurt Landau un ancien membre du Comité Directeur du Parti Communiste Australien, et lors de son arrestation, du Comité Directeur du POUM.[3] Toutes les tentatives pour le retrouver avaient été vaines. Suite à la disparition de Andrés Nin 38 du POUM et de nombreux autres, il est raisonnable de penser que Kurt Landau a connu le même sort.

Mais revenons à la prison Modelo. Il est impossible de donner tous les noms parce qu’ils sont trop nombreux à être incarcérés ici. Le plus extraordinaire est un camarade qui, en charge de hautes responsabilités avant les événements de mai, avaient remis des millions de pesetas, trouvés dans des églises et des palaces à la Generalitat. Il est détenu sous l’accusation absurde, d’avoir détourné 100 000 pesetas.

Le camarade Helmut Klaus, un membre de la CNT-FAI. Il a été arrêté le 2 juillet. Aucune accusation n’a été prononcée contre lui à ce jour et il n’a pas comparu devant un juge. Il était membre de la FAUD en Allemagne (une organisation anarcho-syndicaliste). Après avoir été arrêté plusieurs fois, il a émigré en Yougoslavie à l’été 1933. Il en a été expulsé en février 1937 à cause de ses activités anti-fascistes et est venu en Espagne en mars. Il a rejoint le service frontalier de la FAI, dans le bataillon « De la Costa ». Après sa dissolution, en juin, il a été démobilisé et est entré au service de la coopérative agricole de San Andres. A la demande de son groupe, il a entrepris plus tard la réorganisation de la coopérative de confection du Comité des Immigrés. L’accusation de la Tchéka, selon laquelle il aurait désarmé un officier alors qu’il était en service sur la frontière à Figueras est sans aucun fondement.

Le camarade Albert Kille. Il a été arrêté le 7 septembre. On ne lui a donné aucune raison. En Allemagne, il était membre du Parti Communiste. Il a émigré en Autriche en 1933. Après les événements de février, il s’est enfui à Prague puis retourna plus tard en Autriche d’où il fut expulsé et partit pour la France. Là, il rejoignit un groupe d’allemands anarcho-syndicalistes. En août 1936, il arriva en Espagne où il fut immédiatement dirigé vers le front. Il fut blessé une fois. Il a appartenu à la colonne Durruti jusqu’au moment de sa militarisation. En juin, il a été démobilisé.

J’ai aussi visité la section du POUM. Beaucoup de prisonniers sont espagnols mais il y a aussi un grand nombre d’étrangers, italiens, français, russes et allemands. Deux membres du POUM m’ont approchée personnellement. Ils ont peu parlé de leurs souffrances personnelles mais m’ont demandé de délivrer un message pour leur femme à Paris. C’était Nicolas Sundelwitch – le fils du célèbre menchevique qui avait passé la plus grande partie de sa vie en Sibérie. Nicolas Sundelwitch ne m’a certainement pas donné l’impression d’être coupable des accusations sérieuses portée contre lui, notamment d’avoir « communiqué des informations aux fascistes », entre autres. Il faut un esprit communiste pervers pour emprisonner un homme parce qu’il a fuit illégalement la Russie en 1922.

Richard Tietz a été arrêté alors qu’il sortait du Consulat d’Argentine à Barcelone où il s’était rendu après l’arrestation de sa femme. Lorsqu’il a demandé le motif de son arrestation, le commissaire lui a nonchalamment répondu « Je la considère justifiée ». C’est évidemment suffisant pour garder Richard Tietz en prison depuis juillet.

Pour autant que les conditions carcérales puissent être humaines, la prison Modelo est certainement supérieure à celles de la Tchéka introduites en Espagne par les staliniens d’après les meilleurs modèles en Union Soviétique. La prison Modelo conserve encore ses privilèges politiques traditionnels tels que le droit des détenus de se rassembler librement, d’organiser leurs comités pour les représenter auprès du directeur, de recevoir des colis,du tabac, etc., en plus des maigres rations de la prison. Ils peuvent aussi écrire et recevoir des lettres. En outre, les prisonniers éditent des petits journaux et bulletins qu’ils peuvent distribuer dans les couloirs où ils s’assemblent. J’en ai vu dans les deux sections que j’ai visité, ainsi que des affiches et photos des héros de chaque partie. Le POUM avait même un joli dessin de Andres Nin[4] et une photo de Rosa Luxembourg, alors que la section anarchiste avait Ascaso et Durruti sur les murs.

La cellule de Durruti qu’il a occupé jusqu’à sa libération après les élections de 1936 était des plus intéressantes. Elle a été laissée en l’état depuis qu’il en a été le locataire involontaire. Plusieurs grandes affiches de notre courageux camarade la rendent très vivante. Le plus étrange, cependant, est qu’elle est située dans la section fasciste de la prison. En réponse à ma question sur ce point, le garde m’a répondu que c’était comme « exemple de l’esprit vivant de I’esprit de Durruti qui détruira le fascisme ». Je voulais photographier la cellule mais il fallait l’accord du ministère de la justice. J’ai abandonné l’idée. Je n’ai jamais demandé aucune faveur au ministère de la justice et je demanderai encore moins quoi que ce soit au gouvernement contre-révolutionnaire, la Tchéka espagnole.

Ma visite suivante fut pour la prison des femmes, que j’ai trouvé mieux tenue et plus gaie que celle du Modelo. Seules, six prisonnières politiques s’y trouvaient à ce moment. Parmi elles, Katia Landau, la femme de Kurt Landau,qui avait été arrêtée quelques mois avant lui. Elle ressemblait aux révolutionnaires russes d’antan, entièrement dévouée à ses idées. J’étais déjà au courant de la disparition de son mari et de sa possible mort mais je n’ai pas eu le cœur d’aborder le sujet avec elle. C’était en octobre. En novembre, j’ai été informée par quelques-uns de ses camarades à Paris que Mrs. Landau avait commencé une grève de la faim le 11 novembre. Je viens juste de recevoir un mot selon lequel Katia Landau a été libérée suite à deux grèves de la faim.[5]

Quelques jours avant mon départ d’Espagne, j’ai été informée par les autorités que l’affreuse vieille Bastille, Montjuich, allait être utilisée à nouveau pour loger des prisonniers politiques. L’infâme Montjuich, dont chaque pierre pourrait raconter l’histoire de l’inhumanité de l’homme envers l’homme, celle des milliers de prisonniers conduits à la mort, rendus fous ou poussés au suicide par les méthodes de tortures les plus barbares. Montjuich, où en 1897, l’Inquisition espagnole avait été réintroduite par Canovas del Castillo, alors premier ministre d’Espagne. Ce fut sous ses ordres que 300 ouvriers, parmi lesquels d’éminents anarchistes, ont été gardé pendant des mois dans des cellules humides et sales, régulièrement torturés et privés d’assistance juridique. Ce fut à Montjuich que Francisco Ferrer fut assassiné par le gouvernement espagnol et l’Église catholique. L’année dernière, j’ai visité cette forteresse terrifiante. Il n’y avait alors aucun prisonnier. Les cellules étaient vides. Nous sommes descendus dans les profondeurs sombres avec des torches éclairant notre chemin. Il me semblait entendre les cris d’agonie des milliers de victimes qui avaient poussé leur dernier souffle dans cet épouvantable trou. Ce fut un soulagement que de retrouver la lumière du jour.

L’histoire ne fait que se répéter, après tout. Montjuich remplit à nouveau son effroyable rôle. La prison est surpeuplée d’ardent révolutionnaires qui ont été parmi les premiers à se précipiter sur les différents fronts. Les miliciens de la colonne Durruti, offrant librement leur force et leur vie, mais pas disposés à être transformés en automates militaires ; des membres des Brigades Internationales venus en Espagne de tous les pays pour combattre le fascisme, seulement pour découvrir les différences flagrantes entre eux, leurs officiers et les commissaires politiques, ainsi que le gaspillage criminelle de vies humaines du à l’ignorance du domaine militaire et au nom des objectifs et de la gloire du parti. Ceux-ci, et d’autres encore, sont de plus en plus emprisonnés dans la forteresse de Montjuich.

Depuis la boucherie mondiale et l’horreur perpétuelle sous les dictatures, rouges et brunes, la sensibilité humaine a été atrophiée ; mais il doit bien en exister quelques-uns qui ont encore le sens de la justice. Certes, Anatole France, George Brandes et tant autres grands esprits, dont les protestations ont sauvé vingt-deux victimes de l’état soviétique en 1922, ne sont plus parmi nous. Mais il y a encore les Gide, Silone, Aldous Huxley, Havelock Ellis, John Cowper Powys, Rebecca West, Ethel Mannin et d’autres, qui protesteraient certainement si ils avaient connaissance des persécutions politiques systématiques sous le régime communiste de Negrin et Prieto.

Je ne peux rester silencieuse d’aucune façon face à de telles persécutions politiques barbares. Par justice envers les milliers de camarades en prison que j’ai laissé derrière moi, je dois et vais dire ce que je pense.

[1] Luis Company a été emprisonné de 1934 à 1936 pour avoir été à la tête de la rébellion séparatiste catalane contre le gouvernement madrilène de droite.

[2] Il s’agit ici de Marc Rein, un correspondant à l’époque d’un journal social-démocrate suédois, arrêté au début d’avril 1937. Rafail A. Abramovich, une figure éminente des exilés mencheviques après la consolidation du pouvoir par les bolcheviques en Russie, écrivant encore et toujours en contact avec les clandestins anti-bolcheviques russes, fut une des cibles principales des purges staliniennes lors des procès des années 1930.

[3] Kurt Landau (1905- 1937?) était devenu un dirigeant de la gauche allemande pro-trotskiste opposée aux communistes, en 1923 et secrétaire de la vague organisation internationale rassemblant cette tendance. En 1931, il avait formé son propre groupe politique avant que de fuir le régime nazi deux ans plus tard. Il était arrivé en Espagne en novembre 1936 pour aider le POUM – bien que apparemment il n’était pas membre du Comité Directeur, comme le suggère ici Goldman. Néanmoins, les agents soviétiques et les communistes en général le décrivaient comme un acteur majeur de la « conspiration internationale trotskiste-fasciste ». Il a été enlevé le 23 septembre 1937 et assassiné par la suite par la police stalinienne. Pour plus de détails, voir le récit de sa femme Katia Landau, « I.e Stalinisme : Bourreau de la révolution espagnole, 1937- 1938 » Spartacus (Paris), n°40 (Mai 1971).

[4] Andrés Nin (1892- 1937) fut d’abord un dirigeant de la CNT qu’il représentait lors du congrès fondateur du Komintern en Russie. Après son adhésion au communisme, il forma avec d’autres le Parti Communiste Espagnol et fut le secrétaire de l’Internationale Syndicale Rouge. A ce poste, il se rangea du côté de Trotski contre Staline et retourna en Espagne en 1931 pour organiser la gauche communiste d’opposition. En 1935, son groupe fusionna avec un autre pour former le POUM, avec Nin comme l’un des deux principaux dirigeants. Arrêté le 16 juin 1937, avec d’autres dirigeants du POUM dans une tentative communiste pour briser le parti en prouvant sa « responsabilité » dans les événements de mai et, pire encore, son rôle comme agent de la Gestapo, Nin fut exécuté le 20 juin 1937. Étant donné ses nombreux contacts à travers le monde et son prestige, sa disparition et le crime stalinien causèrent un scandale international.

[5] En fait, la libération que Goldman mentionne ici n’a duré qu’une semaine. Elle fut arrêtée et emprisonnée de nouveau avant d’être expulsée d’Espagne.

= = =

Lectures complémentaires:

Un-autre-regard-anarchiste-sur-la-vie-avec-emma-goldman

Manifeste pour la Société des Sociétés

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

Un monde sans argent: le communisme

petit_precis_sur_la_societe_et_letat

Appel au Socialisme Gustav Landauer

 

20 juillet 1969 ~ 20 juillet 2019… 50 ans pour passer de héros à zéro (version PDF)

Posted in actualité, altermondialisme, désinformation, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 22 juillet 2019 by Résistance 71

 

 

MAJ R71 du 22 juillet 2019:

Jo de JBL1960 nous a fait un superbe PDF de notre article d’avant-hier (sans doute un des plus lu sur une période de 48 heures de l’histoire de Résistance 71…) sur le cinquantenaire de l’alunissage d’Apollo 11:
« 20 juillet 1969 ~ 20 juillet 2019… 50 ans pour passer de héros à zéro »

 

La version PDF à télécharger:
20-juillet-1969-20-juillet-2019-50-ans-pour-passer-de-heros-a-zero

 

Retrouvez les 121 PDF sur la bibliothèque de Résistance 71:

Les PDF à lire et diffuser sans modération

 

20 juillet 1969 ~ 20 juillet 2019… 50 ans pour passer de héros à zéro ?…

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« Dans un monde de mensonge perpétuel, dire la vérité est un acte révolutionnaire. »
~ George Orwell ~

Jusqu’à il n’y a pas si longtemps que ça, nous n’avions aucune raison tangible de mettre en doute la plus formidable des réalisations exploratrices humaines: l’envoi d’êtres humains sur notre satellite naturel: la lune.
Puis est venu le 11 septembre 2001 et pour bon nombre d’entre nous… tout a changé. Il ne devenait plus possible de croire en le narratif officiel d’un évènement historique de grande ampleur 
impactant sur la destinée de l’humanité. Il ne devenait plus possible de croire les élucubrations de nos gouvernements mis en place pour perpétrer ad vitam aeternam, la dictature de la marchandise et des intérêts particuliers.
Pour beaucoup d’entre nous, nous avons vu l’alunissage d’Apollo 11 en direct. On nous avait rappelés dans les écoles pour suivre l’évènement, car en 1969, aussi incroyable que cela puisse paraître à la jeune génération, tout le monde n’avait pas la télévision… Qui pouvait alors douter de la véracité de l’évènement ? Nos grands-parents et arrières-grands-parents ? Mais ces vieux schnocks n’étaient que des rétrogrades refusant la modernité n’est-ce pas ?…
Pas à pas, avec le décorticage des évènements du 11 septembre, l’analyse historique sur le fond des affaires se généralisa. L’alunissage d’Apollo 11 et ceux qui suivirent ne pouvait plus échapper à l’analyse critique. Bien des choses farfelues ont été dites et écrites, d’autres bien plus sensées et argumentées l’ont aussi été.
Ci-dessous, nous avons traduit un long article de VT sur le sujet, sans aucune doute le meilleur que nous ayons lu sur le sujet, car il analyse non seulement l’aspect technique, technologique et humain mais aussi le contexte géopolitique de l’époque. Nous vous le soumettons et de là, chacun est libre de continuer son analyse et de croire en ce qu’il veut, mais une chose est certaine: il y a d’énormes zones ouvertes à toute sorte de mise en question dans le narratif de ce qui se présente comme la plus grande aventure de l’histoire de l’humanité. Ne prenez rien pour garanti et recherchez par vous-mêmes. A vous de juger… Nous ne sommes plus sûrs de rien…
~ Résistance 71 ~

 

 OU

 

Les alunissages, énorme escroquerie sur l’humanité ?

 

Kevin Barrett

 

15 juillet 2019

 

url de l’article original:

https://www.veteranstoday.com/2019/07/15/landings/

 

Nous recommandons après lecture de notre traduction d’aller sur l’article original de KB car il y a un foisonnement de photos, de vidéos et de liens à suivre pour chaque argument invoqué. Nous en mettons quelques-uns mais pas tous (tout est en anglais…) ~ R71 ~

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~
~ Publié le 20 juillet 2019 ~

 

L’article ci-dessous en version pdf téléchargeable (merci Jo ! ):

20-juillet-1969-20-juillet-2019-50-ans-pour-passer-de-heros-a-zero

 

Alors que les Etats-Unis célèbrent le 50ème anniversaire de l’alunissage d’Apollo 11, la vaste majorité du monde demeure quelque peu sceptique.

Etait-ce juste encore un mensonge du gouvernement des Etats-Unis sur la véritable histoire des années 1960, comme les versions officielles sur les affaires Kennedy, Matin Luther King, Malcom X, les assassinats de Manson, l’incident du Golfe du Tonkin, la naissance du mouvement hippie et bien d’autres encore ? Ou est-ce alors une de ces fois où les sources officielles semblent dire la vérité ?

Jusqu’à il y a encore assez récemment, l’hypothèse des faux alunissages était une de ces théories de la conspiration à laquelle je ne croyais pas. Mais après avoir regardé le documentaire (de 3h30) de Massimo Mazzucco American Moon, et après avoir lu l’article du sceptique sur les alunissages ci-dessous, j’ai dû reconsidérer ma position.

Note: La personne se cachant derrière le pseudonyme de “Moon Landing Sceptic” va très bientôt révéler sa véritable identité lors d’un entretien qu’il/elle aura avec moi sur mon émission de radio –Kevin Barrett, Veterans Today Editor

Voici une version révisée de mon article éponyme posté en avril sur  unz.com , corrigé et enrichi de ce que j’ai appris de la richesse des commentaires et des sources fournies (le documentaire “American Moon” étant en tête de liste… Note de R71: le documentaire de Massimo Mazzucco existe en français en DVD sur le site de l’auteur). Ceci est maintenant et plus que jamais un travail collectif. Merci à toutes et à tous.
– Moon Landing Sceptic –

 

 

Les alunissages: un vaste canular joué à l’humanité ?

version révisée

Moon Landing Skeptic

 

Est-ce que les croyants sont en danger d’extinction ?

Voilà, on y est: le 50ème anniversaire de l’alunissage d’Apollo 11.

En 2016, un sondage a montré que 52% du public britannique pensaient que les alunissages étaient bidons. Le scepticisme est plus important chez ceux qui sont trop jeunes pour avoir vu l’évènement en direct à a télévision: 73% des personnes interrogées dans la tranche d’âge 25-34 ans ne croient pas qu’on ait jamais aluni, comparés au 38% des plus de 55 ans. Ces chiffres semblent augmenter d’année en année.

Les non-croyants britanniques n’étaient que 25% il y a 10 ans. On ne sait pas combien ils sont aujourd’hui, mais un sondage russe de 2018 par le Centre de Recherche en Opinion Publique a révélé que 57% des russes interrogés croyaient qu’il n’y avait jamais eu d’alunissages humains. Le pourcentage grimpe à 69% chez les gens de l’éducation supérieure: ainsi, plus les gens sont éduqués et moins ils croient aux alunissages humains.

Pour les Américains, un sondage Gallup de 1999 a donné juste 6% de sceptiques et en 2013, un sondage de l’institut de recherche Pew a montré que leur nombre était passé à juste 7%. Ceci est suspicieusement bien bas. Un sondage en 2005-2006 “a trouvé que plus d’un quart des Américains de 18 à 25 ans ont exprimé certains doutes sur le fait que l’être humain ait jamais posé le pied sur la lune.” Ceci est plus proche des données britanniques et bien plus plausible. Il est intéressant de noter que dans un sondage de Knight Newspaper réalisé juste un an après le premier alunissage, plus de 30% des sondés étaient suspicieux des voyages de la NASA sur la lune. Un bon nombre de ces sceptiques de la première heure ont pu se convertir par la suite à la croyance ou ont simplement perdu leur énergie de dissident.

Mais la théorie du canular lunaire a repris du mouvement avec l’avènement de l’internet et le développement de YouTube, qui permet une scrutinité accrue des vidéos du programme Apollo pour tous ceux qui ‘y intéressent. Avant l’internet, toux ceux qui avaient de sérieux doute n’avaient que peu de moyens pour les partager et de faire des recherches pour rendre leur argument convaincant. Un des pionniers de l’affaire fut Bill Kaysing qui attaqua le sujet avec son livre de 1976 publié à compte d’auteur  We Never Went to the Moon: America’s Thirty Billion Dollar Swindle. On peut parler de lui comme d’un lanceur d’alerte, car il travaillait pour Rocketdyne, une entreprise qui a créé et construit les fusées du programme Apollo. Puis vint le physicien Ralph René avec son  NASA Mooned America: How We Never Went to the Moon and Why, qui fut le premier à introduire toute l’affaire des radiations des ceintures de Van Allen.

La recherche gagna en profondeur et en diversité et l’incrédulité devint une épidémie aux alentours du 30ème anniversaire de l’alunissage d’Apollo 11, ce grâce en grande partie au cinéaste britannique David Percy, qui fut le co-auteur du livre Dark Moon avec Mary Bennett et qui réalisa le documentaire de 3 heures What Happened on the Moon? An Investigation into Apollo (2000), présenté par Ronnie Stronge. Ce documentaire demeure jusqu’à aujourd’hui, essentiel pour quiconque ayant la volonté de développer une opinion bien informée. Puis il y eut le bien plus court A Funny Thing Happened on the Way to the Moon (2001), de Bart Sibrel, qui offre une vision du contexte historique de l’évènement.

Sibrel défia aussi les astronautes de la NASA de jurer sur la bible, devant caméra, qu’ils avaient bien marché sur la lune et il compila ces séquences dans son Astronauts Gone Wild, avec d’autres extraits de déclarations embarrassantes et bizarres faites par des astronautes de la NASA qui étaient supposés avoir marché sur la lune mais qui paraissaient et résonnaient comme étant incompétents et inconsistants ; Allan Bean par exemple de la mission Apollo 12 apprenant de la bouche de Sibrel qu’il avait traversé la ceinture de radiations de Van Allen, ce morceau de choix est à voir… (also here).

Puis, utilisant du matériel de ces films et d’autres sources, s’en vint le documentaire télévision dévastateur Did We Land on the Moon? en 2001, réalisé par John Moffet pour Fox TV. C’est une super introduction à la controverse, bien qu’il contienne quelques erreurs d’interprétation sur les photos lunaires. Vous pouvez regarder ce documentaire dans cette version de 2013 qui a été rediffusée:

Avons-nous aluni ?

Très récemment, le photographe et réalisateur italien Massimo Mazzucco, qui a préalablement réalisé un super documentaire sur les attentats du 11 septembre 2001, a diffusé American Moon (2018), qui est jusqu’ici le meilleur documentaire jamais réalisé sur la controverse des alunissages. Le documentaire est remarquable en tous points sur la précision de l’argumentation et de la documentation fournie. Mazzucco a le grand mérite de répondre en détail à chaque contre-argument des debunkers. En tant que réalisateur et photographe professionnel, sa contribution majeure, bien que ce ne soit pas la seule, se situe dans la qualité de l’analyse des photos (il corrige quelques erreurs communes trouvées dans le documentaire Did We Land On The Moon?). Mazzucco a aussi sollicité les contributions analytiques de plusieurs grands photographes de renom, dont les analyses sont absolument dévastatrices pour la crédibilité de la NASA en ce qui concerne ses photos lunaires. Vous pouvez écouter l’entretien de Mazzucco sur l’émission radiophonique de Kevin Barrett, mais je recommande grandement que vous visionniez le DVD du documentaire.

Il y a peu de livres disponibles sur le sujet. Je n’ai pas connaissance d’un livre mieux documenté que One Small Step? The Great Moon Hoax and the Race to Dominate Earth From Space du chercheur allemand Gerhard Wisnewski, publié originellement en 2005 et duquel je tire souvent mes références et mes citations.

Il y a aussi d’autres bonnes sources dont je ne parlerai pas plus que cela ici par manque de temps et d’espace, comme Randy Walsh’s The Apollo Moon Missions: Hiding a Hoax in Plain Sight (Part I), publié en 2018. Son chapitre 2 démontre que, comme le suspectait déjà Kaysing, les moteurs F-1 de la fusé Saturne V utilisée pour les missions Apollo n’avaient pas suffisamment de carburant ni de puissance pour envoyer la fusée en condition de décollage (poids d’environ 3000 tonnes) en orbite basse terrestre. Son chapitre 3 détaille le composant de guidage de l’ordinateur de navigation d’Apollo construit par Raytheon et les taches impossibles qu’on attendait qu’il produise afin de naviguer en sécurité la mission vers la lune et son retour,

Hautement recommandée est aussi l’enquête humoristique de feu David MacGowan Wagging the Moondoggie (aussi here on pdf). Je ne vais pas discuter de toutes les preuves amenées par ces sources ; je ne peux que les recommander ainsi que quelques autres. Je vais simplement énoncer ce que je pense être les arguments les plus convaincants, j’y ajouterai quelques développements récents, je donnerai ma meilleure conclusion, placerai l’affaire dans une perspective historique plus large et tirerai quelques leçons de tout cela à propos de la matrix dans laquelle nous vivons.

D’abord, nous devons être clairs sur le but d’une telle enquête.

Nous ne devons pas nous attendre à une preuve conclusive que Neil Armstrong ou tout autre astronaute, n’aient pas marché sur la lune. Ceci ne peut pas être prouvé, sans la preuve absolument irréfutable qu’il était ailleurs (orbitant la Terre par exemple) au moment précis où il a affirmé avoir marché sur la lune. Dans la plupart des cas, on ne peut pas prouver que quelque chose ne s’est pas produit, tout comme vous ne pouvez pas prouver que quelque chose n’existe pas. Vous ne pouvez pas prouver par exemple que les licornes n’existent pas. C’est pour cela que le poids de la preuve réside sur ceux qui affirment qu’elles existent. Si je vous dis que j’ai marché sur la lune vous allez me demander de le prouver et vous ne prendrez pas pour réponse quelque chose comme : “non, c’est à vous de prouver que je n’y ai pas été.”

Est-ce que cela fait une différence si je suis la NASA ? Oui, parce que dire que la NASA ment va inévitablement vous mener à questionner tout ce que vous avez toujours cru en provenance de votre gouvernement, des institutions éducatives, de la communauté scientifique et des médias de masse. C’est un pas de géant en effet ! Tout comme les enfants de parents abusifs, les citoyens décents de gouvernements abusifs tendront à réprimer la preuve de la malveillance impliquée. Donc, les gens choisissent de croire dans les alunissages sans même demander plus de preuves, simplement parce que “Ils n’auraient pas pu mentir pendant 50 ans. Les médias auraient exposé le mensonge il y a bien longtemps (rappelez-vous de l’affaire du Watergate…). Et quid des quelques 250 000 personnes impliquées dans le projet ? Quelqu’un aurait fatalement parlé.” Je peux en fait m’entendre parler de la sorte il y a encore 10 ans. Toutes ces objections doivent être de fait adressées.

Mais avant cela, la chose scientifique à faire est de se poser cette question: Est-ce que la NASA peut prouver qu’elle a envoyé des hommes sur la lune ? Si la réponse est non, l’étape suivante est de décider si on doit les croire sur parole ou non. Ceci implique de se demander quelles auraient bien pu être les raisons d’un tel énorme mensonge. Nous y viendrons. Mais d’abord, la NASA peut-elle fournir des preuves tangibles des alunissages ?

Preuve solide comme la roche.. d’Antarctique

Oui Elle le peut. Ils ont ramené des morceaux de la lune: environ 380 kg de pierres lunaires et d’échantillons de sol sur toutes les missions Apollo combinées. Les pierres lunaires prouvent les alunissages n’est-il pas ? Oui sans aucun doute, pourvu qu’on puisse établir sans l’ombre d’un doute qu’elles ne furent pas excavées de la terre. Là réside le problème. Comme expliqué ici (lien dans l’article original) “des météorites ont été trouvées en Antarctique ayant les mêmes caractéristiques que les pierres lunaires.” Il peut être utile de savoir qu’en 1967, deux ans avant la mission lunaire d’Apollo 11, la NASA envoya une mission en Antarctique, à laquelle se joignit Werner von Braun, le propagandiste (allemand) de la NASA pour les missions lunaires (NdT: et spécialiste allemand des fusées et moteurs à réaction pour les nazis durant la seconde guerre mondiale, récupéré par les Yankees au cours de “l’opération paperclip” d’exfiltration des nazis ayant une valeur pour travailler avec l’empire et aussi les soustraire à l’URSS…). L’Antarctique est la région terrestre la plus riche en météorites. Des spécimens furent ramenés de cette expédition, officiellement à titre de référence comparative pour les échantillons lunaires à venir. (comme le dit Mazzucco dans son documentaire)

Ainsi donc les pierres lunaires sont bien loin de représenter une preuve tangible des alunissages. De fait, aucune des soi-disantes pierres lunaires ne peuvent être prouvées en provenance de la lune et non pas de l’Antarctique ou quelque part d’autre sur terre. Mais il y a pire: quelques unes de ces soi-disantes pierres lunaires ont été prouvées fausses de manière conclusive. L’astro-biologiste britannique Andrew Steele reçut le rare privilège de voir de très près quelques uns des précieux échantillons fournis par la NASA dans une de ses places hautement sécurisées. Imaginez sa surprise lorsqu’il découvrit que ces échantillons contenaient des poils, des morceaux de plastique, de nylon et de téflon et de petits animaux terrestres (Wisnewski p.207). Une autre de ces pierres lunaires fit la une des journaux lorsque, 40 ans après avoir été personnellement donnée par Neil Armstrong et Buzz Aldrin au premier ministre hollandais, elle fut analysée et prouvée être du bois pétrifié.

Bien entendu, une fausse pierre lunaire ne prouve pas que tous les échantillons sont faux. Mais cela devrait être une raison suffisante pour commencer à faire un examen scientifique systématique des centaines d’autres échantillons que les Etats-Unis donnèrent le plus cérémonieusement du monde en 1969 et dans les années 70. Malheureusement, la plupart sont perdus. Comme l’a rapporté Associated Press le 13 septembre 2009: “Près de 270 pierres ramassées par la astronautes furent données à des nations étrangères par l’administration Nixon. […] Des 135 pierres données après Apollo 17 aux leaders des nations, seules environ 25 ont pu être localisées. […] La prospective pour tracer les quelques 134 pierres d’Apollo 11 données est même bien plus basse. L’endroit de moins d’une douzaine est connu.” (Associated Press reported on September 13, 2009, )

La preuve vidéo et photographique

Quelle autre preuve a la NASA de ses alunissages ? Les films et les photos bien sûr !… Malheureusement, les films disponibles des archives télévisées sont très flous. Comment par exemple, peut-on être sûr que l’astronaute David Scott de la mission Apollo 15, lâche bien un vrai marteau et une vraie plume pour démontrer la gravitation newtonnienne dans un environnement sans atmosphère, alors que l’on peut à peine voir les objets ? Plus important, comment peut-on être sûr que l’apparence d’une gravité moins forte lors des sorties extra véhiculaires lunaires n’a pas été obtenue en simplement utilisant un ralenti d’images ? Des sceptiques ont fait remarqué que si on double la vitesse de passage des films, cela donne l’impression de mouvements quasi similaires à ceux qu’ils auraient sur Terre.

Certains même questionnent si le ralenti des films des missions Apollo est réaliste. William Cooper par exemple, explique que dans un environnement où la gravité est de 1/6 de celle de la Terre, les bonds et sauts des astronautes devraient être bien plus longs et plus haut que sur terre: ils pourraient en toute logique sauter 6 fois plus haut que sur terre. Certains Astronautes comme Eugene Cernan de la mission Apollo 17 ont particulièrement aimé apparemment faire des sauts de kangourous sur la lune, mais pourquoi ne semblent-ils pas capables de sauter plus haut qu’une trentaine de centimètres ?

La très mauvaise qualité des images télévisées est due au processus de leur réalisation : “parce que l’équipement de la NASA n’était pas compatible avec la technologie de la TV de cette époque, les transmissions originales ont dû être diffusées sur un moniteur et être refilmées par une caméra de TV pour être rediffusées à l’antenne.” (comme expliqué dans ce rapport de l’agence Reuters le 15 août 2006: Reuters). Pour être précis, la NASA affirme que les images reçues de la lune étaient en couleur et qu’elles furent refilmées depuis un moniteur 16mm noir et blanc (en couleur à partir de la mission Apollo 14), utilisant un kinescope, qui est un objectif se focalisant sur le moniteur / écran. Ce dont nous avons besoin pour une enquête de bonne qualité sont les enregistrements originaux de la NASA. Des chercheurs demandent depuis des années, des décennies, d’y avoir accès sous une procédure de la loi sur la liberté de l’information (Freedom of Information Act ou FoIA)

En 2006, ils reçurent une réponse. Le porte-parole de la NASA, Grey Hautaluoma déclara : “Nous ne les avons pas vu depuis un bon moment. On a cherché pendant plus d’un an et on ne les a pas trouvées…” Ainsi, 700 cartons contenant des bandes vidéo magnétiques ont disparu, dit le rapport déjà cité de Reuters, ajoutant:

La NASA a admis en 2006 que personne n’a pu retrouver les vidéos originales et les enregistrements du 20 juillet 1969 et de l’alunissage. Depuis lors, Richard Nafzager, un ingénieur du Goddard Space Flight Center de la NASA dans le Maryland, qui supervisa le processus télévisé d’Apollo 11, les recherche. La bonne nouvelle est qu’il a trouvé où elles sont parties. La mauvaise nouvelle est qu’elles firent partie des quelques 200 000 cassettes vidéos qui furent effacées magnétiquement pour être réutilisées afin d’économiser de l’argent.

Toutes les données télémétriques ont aussi apparemment disparu, reçues et enregistrées pour contrôler la localisation et le fonctionnement mécanique du vaisseau spatial, ainsi que les fréquences cardiaques des astronautes.. Perdus également sont les plans des modules lunaires (LEM), des rovers lunaires et des fusées multi-sections Saturne V.

As a result of this NASA admission, Russian officials have started demanding an international investigation. les Russes ont demandé une enquête internationale.

Pour conclure sur le sujet des enregistrements vidéos originaux disparus et donc manquants, il est approprié ici de mentionner un des arguments les plus puissants présentés par les “Apollo truthers”: la capacité limitée de batterie embarquée dans les modules lunaires comme dûment documenté par la NASA (as documented by NASA), celle-ci était ridiculement insuffisante pour la transmission d’un signal vidéo vers la Terre, et ce même s’ils avaient une antenne directement pointée sur Houston, ce qu’ils n’avaient pas. Ce point est particulièrement bien débattu par le cinéaste américain Joe Frantz et un ingénieur en fréquences radio dans cette vidéo (this video ), vous y verrez également ce clip absolument stupéfiant d’astronautes transparents, trahissant une mauvaise composition en studio.

Nous n’avons pas les films, mais heureusement nous avons les photos. A part planter des drapeaux américains et collecter des échantillons de roche (“ne venez jamais sur la lune sans un marteau”, avait plaisanté Allan Bean, astronaute de la mission Apollo 12), les astronautes ont passé beaucoup de temps à prendre des photos sur la lune. Et soyons juste: en 2015, la NASA a publié pour le public des milliers d’entre elles en très haute résolution. On peut les voir là (here,) et on peut les examiner dans le détail. La plupart d’entre elles sont absolument remarquables dans leur qualité. L’équipage de la mission Apollo 11 a utilisé un Hasselblad 500C standard avec quelques modifications, incluant le retrait du miroir réflex. Le film utilisé était un standard Ektachrome diapositives de 160 ASA.

De manière surprenante, ceci est un film très sensible pour prendre des photos dans un endroit où la lumière solaire n’est pas filtrée par une atmosphère, considérant spécifiquement que certaines photos sont sorties sans être surexposées alors que prises directement dans la lumière du soleil. Il y a aussi quelques problèmes d’ordre technique et de fiabilité de ce matériel photographique à la surface de la lune où la température au soleil et à l’ombre passe de +100oC à -100oC: la seule protection contre la chaleur pour à la fois l’appareil photo et le magasin contenant le film n’était qu’une couche protectrice réfléchissante. (comment les astronautes ont eux-mêmes survécus à ces amplitudes thermiques est même encore plus un problème…)

Un autre aspect posant problème est la qualité professionnelle de la vaste majorité de toutes ces photos. Toutes les photos prises par Neil Armstrong par exemple, sont parfaitement cadrées et exposées. Wisnewski (144-149) fait correctement remarquer à quel point ceci est remarquable, considérant le fait qu’Armstrong et tous les autres astronautes, ne pouvaient pas viser, car l’appareil photo était fixé sur leurs poitrines et qu’il ne pouvait même pas le voir. Sans mentionner la difficulté de sélectionner et de régler l’exposition pour chaque photo, de régler la distance focale, la vitesse d’exposition du film, le tout manuellement dans des gants pressurisés, sans système de visée et sans expérience de photographie sur la lune et son environnement. Nous devons nous rappeler qu’à l’époque, la photographie était un métier et ce même sur terre et il est absolument étonnant de voir que les photos prises par Armstrong furent juste parfaites. Plus directement. Y a t’il une preuve quelconque que ces photos ont été prises sur la lune ? Absolument aucune.

Elles sont facile à faire en studio. Et de fait, la NASA a été très loin dans l’entraînement des astronautes dans des endroits intérieurs protégés pour recréer les conditions de la surface de la lune telles qu’ils l’imaginaient, fabricant des tonnes de “poussière lunaire” à cet effet (avant même que quiconque n’ait pu voir à quoi ressemblait vraiment cette poussière) ; ils allèrent même jusqu’à simuler le ciel noir. Quelques-unes de ces photos prises lors d’entrainement dans ce type de studios de cinéma, comme celle-ci prise des archives de la NASA, seraient difficiles de distinguer des “vraies” si elles étaient cadrées un peu différemment.

Armstrong et Aldrin s’entraînant sur de la fausse poussière lunaire sous un faux ciel noir

Soyons francs: il n’y a aucune preuve qu’une quelconque photo prise durant le programme Apollo soit vraie. Cela ne sera pas suffisant pour déstabiliser les croyants. Mais ce qui devrait est qu’un bon nombre de ces photos “débordent d’anomalies et d’inconsistances”, des mots de David Percy, qui prouve son argument dans son documentaire What Happened on the Moon? Le film contient un entretien avec Jan Lundberg, l’ingénieur du projet pour le Hasselblad Apollo. Lorsque questionné sur certaines inconsistances en regard des ombres et de l’exposition à la lumière (comme par exemple une photo d’un astronaute complètement éclairé alors qu’il se tient dans l’ombre du LEM, comme celle qui illustre la couverture du livre de Wisnewski, il répond: “Je ne peux pas l’expliquer. Ça m’échappe… pourquoi ?..

Incidemment, l’admission embarrassante de Lundberg est la parfaite illustration de phénomène de compartimentage, ce qui a sans doute rendu cette supercherie d’alunissage possible. Comme les centaines de milliers de personnes impliquées dans ce projet, Lundberg travaillait sur une base de “minimum de connaissance” et n’avait aucune raison de suspecter qu’il travaillait sur quelque chose  d’autre que ce dont on lui avait dit, du moins jusqu’à ce que quelqu’un le mit au défi d’expliquer des photos impossibles dans le contexte du programme. Juste une poignée de personnes devaient savoir le plan complet et il n’est même pas certain que le président Nixon lui-même ait été au courant. Il a été estimé que quelques 20 000 entreprises sous-traitantes et fournisseurs, répartis aux quatre coins des Etats-Unis, ont travaillé sur le projet Apollo: aucun de leurs employés n’avait les moyen sans parler même de l’intérêt, de questionner l’utilité de ce qu’ils faisaient.

Comme l’illustre très bien Wisnewski dans son livre (p. 121-126) avec le programme Corona alias Discoverer (un satellite de recherche américain lancé en 1959 avec le but secret d’espionner l’URSS), il est faux d’assumer que l’armée et les communautés du renseignement et de l’aérospatiale ne peuvent pas garder un secret. Un autre exemple, des centaines de milliers de personnes ont travaillé sur le Manhattan Project, qui est resté totalement inconnu du public jusqu’à ce que la bombe soit larguée sur Hiroshima.

Je ne vais pas ici lister ni analyser toutes les anomalies des photos du programme Apollo, car tout cela a été analysé dans les documentaires mentionnés ci-dessus. Le plus récent d’entre eux, celui de Massimo Mazzucco, “American Moon”, donne sans aucun doute les meilleures preuves, qui nous sont présentés par des photographes professionnels (NdT: de réputation mondiale et qui, comme le dit Mazzucco dans le film, était tous convaincus de la véracité des alunissages…) sur la falsification des photos Apollo. Un de ses mérites supplémentaires est aussi de corriger certains faux arguments des “chercheurs de vérité” notamment en ce qui concerne l’angle et la direction des ombres sur certaines photos et aussi les “croix” des photos recouverts par des sujets.

Ajout de R71: Nous vous mettons ici un entretien en français avec le réalisateur/photographe Massimo Mazzucco au sujet de son dernier documentaire « American Moon ». A voir et diffuser sans aucune modération. Le passage des entretiens avec les top photographes professionnels qui analysent les photos lunaires est absolument dévastateur…

Pour juste donner une idée aux débutants, voici un exemple d’inconsistance dans la direction des ombres sur la photo de la NASA #AS14-68-9486/7, qui, d’après des sceptiques, prouve que la source de lumière est plus proche que le soleil (et non pas “sources de lumière multiples”, comme il est dit de manière erronée dans Did we Go to the Moon?): [voir la photo en question sur l’article original…]

Les affirmations concernant les analyses sur les ombres sont néanmoins ouvertes à des réfutations sans fin. Je trouve beaucoup plus instructif et pertinent d’examiner attentivement quelques photos des modules lunaires qui peuvent être trouvées en haute résolution sur le site internet des archives de la NASA (NASA archive site.) Je recommande de les observer et d’utiliser votre simple bon sens. Demandez-vous par exemple si vous pouvez vraiment croire le que module lunaire Eagle de la mission Apollo 11 que l’on peut voir (here, here, ou here), aurait pu faire alunir deux astronautes et les faire repartir vers le module de commandement en orbite lunaire. Ou bien prenez le LEM Antares d’Apollo 14 (here), ou Orion d’Apollo 16 (here, or here avec le rover lunaire qui en est miraculeusement sorti…) ou Challenger de la mission Apollo 17 (here). 

Gardez présent à l’esprit que ces cabanes délabrées devaient demeurer tout ce temps hermétiquement pressurisées dans un environnement de vide spatial, à chaque fois qu’un astronaute sortait ou rentrait de ses explorations extra-véhiculaires et dans les deux derniers cas, deux astronautes ont passé plus de 3 jours (respectivement 71 et 76 heures), sur la lune et ont dormi 3 nuits dans le module. Si vous voulez être guidé dans cette réflexion voici une vidéo de 15 minutes [en anglais] ( this 15-minute video.) Mais vous aurez une bien meilleure explication de ce problème dans le récent documentaire American Moon.

Où sont passées toutes les étoiles ?

Si les équipages des missions Apollo avaient photographié le ciel étoilé depuis la lune, la NASA aurait pu utiliser ces images pour contrer les accusations de fraude. Dans les années 1960, il aurait été particulièrement difficile d’utiliser des calculs ordinateur pour rendre frauduleusement les constellations d’étoiles consistantes avec ce qu’elles devaient être.

Malheureusement, personne n’y a pensé à la NASA. On a demandé aux astronautes de regarder par terre et de collecter des cailloux et pas de regarder en l’air et étudier les étoiles. C’est comme si la NASA était devenue une congrégation de géologues qui détestaient l’astronomie. Et de penser que de nos jours la même administration dépense des milliards de dollars pour envoyer des télescopes en orbite…

Avant les missions Apollo, on pensait largement que les étoiles seraient particulièrement brillantes lorsque vues au delà de l’atmosphère terrestre: “exceptionnellement brillantes” les avaient décrites Youri Gagarine depuis son orbite terrestre en 1961. Les astronautes du programme Gemini témoignèrent également de s’être émerveillés à la beauté des étoiles.

Voici une photo du site internet de la NASA avec l’explication suivante: “Si vous pouviez arrêter l’atmosphère d’éparpiller la lumière solaire si brillante, le ciel de jour aujourd’hui pourrait ressembler à quelque chose comme cela” (de McGowan, chapitre 12) [NdT: photo sur l’article original]

Pourtant les missions Apollo ont apparemment torpillé cette croyance: il n’y avait pas d’étoiles visibles dans le ciel lunaire. Point barre. Le problème n’est pas que les étoiles ne sont pas visibles sur les photos de la NASA prise de la surface de la lune: c’est normal, disent les photographes interviewés par Mazzucco, car l’exposition nécessaire pour capturer les étoiles sur film aurait surexposé la surface lunaire.

Le problème réside dans le fait que les astronautes n’ont pas vu d’étoiles avec leurs propres yeux. Tous, d’Apollo 11 à Apollo 17, ont déclaré de manière consistante que le ciel était complètement noir: “Un ciel immense noir de velours, totalement noir”, des mots mêmes de l’astronaute Edgar Mitchell, le 6ème homme sur la lune.

Etait-ce parce que la surface lunaire était trop brillante et qu’ainsi leurs yeux ne pouvaient pas s’ajuster (un jour sur la lune dure 27 jours terrestres, donc les astronautes qui ont aluni sur la face illuminée de la lune n’ont jamais fait l’expérience d’une nuit lunaire} ? Si telle est la raison, alors les astronautes auraient dû voir plein d’étoiles lors de leur voyage de la terre à la lune. Ils n’ont pas rapporté en avoir vu aucune. Lorsqu’ils orbitèrent autour de la lune et passèrent du côté sombre, ils se sont retrouvés dans un noir d’encre et ils n’ont toujours pas vu d’étoiles. Michael Collins qui a orbité autour de la lune plusieurs fois à bord du module de commandement alors qu’Armstrong et Aldrin étaient sur la lune, a déclaré dans leur conférence de presse en 1969: “Je ne me rappelle pas en avoir vu une !” Voilà une des remarques les plus bizarres que vous pouvez entendre de la part d’un astronaute, mais toute cette conférence de presse est bizarre, en faire l’expérience est aussi bizarre.

Ne demandez pas à Neil Armstrong

L’interview de Neil Armstrong de novembre 1970 est juste très bizarre. (November 1970 interview ) Elle a été utilisée par quelques sceptiques comme preuve qu’il ment. Je ne peux que recommander cette analyse professionnelle commissionnée par Richard D. Hall de RichPlanet TV par Peter Hyatt, expert national reconnu sur la détection du mensonge. je trouve cette analyse absolument dévastatrice pour la crédibilité d’Armstrong.

[Analyse vidéo du mensonge de Neil Armstrong par le psychologue analyste spécialiste Peter Hyatt, en anglais -]

Après ça, Armstrong a dû être ordonné de rester à l’écart de tout entretien. Il fit une toute dernière apparition très rapide le 20 juillet 1994 en présence du président Clinton, seulement pour se comparer à un perroquet, “le seul oiseau capable de parler” mais “qui ne vole pas très bien” et de conclure sur une remarque cryptique au sujet “des avancées encore non effectuées disponibles à ceux qui peuvent enlever une des couches de protection de la vérité”. Puis il retourna dans son isolement et refusa de participer (ou on ne lui a pas demandé…) aux célébrations du 40ème anniversaire de l’alunissage et de ses premiers pas sur la lune. Fort heureusement pour les gardiens du mythe, il a maintenant vraiment et définitivement quitté la Terre et son histoire peut maintenant être narrée par Hollywood.

Bouclez vos ceintures Van Allen

On s’est fixé de savoir si une quelconque preuve des alunissages est réelle. Jusqu’ici, nous n’en avons trouvée aucune. En lieu et place, nous avons trouvé la preuve qu’ils n’étaient pas réels. Mais en fait, tout ceci était à peine nécessaire, car les ingénieurs de la NASA eux-mêmes nous disent qu’ils sont impossibles, pour la simple et bonne raison que les astronautes auraient dû voyager à travers les létales ceinture de radiations de Van Allen (Van Allen Radiation Belts) qui commencent à partir de 1600 km au-dessus de la Terre et qui vont jusqu’à 42 000km. Même au-delà de ces ceintures de radiations, les astronautes continueraient à être bombardés par toutes sortes de radiations mortelles (un très bon article là-dessus here). Le 24 juin 2005, la NASA fit cette déclaration remarquable:

La vision de la NASA pour l’exploration spatiale appelle à un retour sur la lune comme préparation à de plus longs voyages vers mars et au-delà. Mais il y a un rabat-joie potentiel: les radiations. L’espace au-delà de l’orbite basse terrestre, est noyé dans une intense radiation en provenance du soleil et de sources profondes galactiques comme par exemple les supernovas. […] la façon la plus commune de gérer les radiations est de simplement les bloquer physiquement, tout comme la très épaisse paroi de béton armé le fait autour d’un réacteur nucléaire. Mais fabriquer des vaisseaux spatiaux en béton armé n’est pas une option…” (cité de McGowan, chapitre 3).

Il y a des centaines de documents disponibles d’ingénieurs de la NASA expliquant pourquoi voyager au-delà de la basse orbite terrestre demeure un obstacle pour les missions impliquant des êtres humains embarqués, par exemple celui-ci: this one:

“Les radiations dans l’espace sont bien plus dangereuses que les radiations rencontrées sur terre. Même si la Station Internationale se situe juste dans le champ magnétique protecteur de la planète, les astronautes y reçoivent plus de 10 fois les radiations que celles qu’ils recevraient naturellement sur terre. Hors du champ magnétique terrestre, c’est le domaine des Rayons Cosmiques Galactiques (RCG), des évènements de particules solaires et des ceintures de Van Allen qui contiennent des radiations piégées ne pouvant s’échapper. La NASA parvient à protéger les astronautes des évènements solaires en leur disant de se mettre derrière des accessoires de protection supplémentaire dans une zone spécifique à cet effet. Mais il est plus difficile de se protéger contre les RCG. Ces particules à haute énergie proviennent de partout dans la galaxie. Elles ont tant d’énergie qu’elles peuvent passer au travers de métaux, de plastique, d’eau et tout matériau cellulaire. Alors que ces particules énergétiques traversent l’environnement, des neutrons, des protons et d’autres particules sont générées dans une réaction en chaîne qui se produit à travers les matériaux de protection. Cette radiation secondaire peut parfois créer une situation plus dangereuse pour l’équipage.

L’ingénieur de la NASA, Kelly Smith, a expliqué dans un documentaire très court, le programme Orion, que les ceintures de Van Allen posent un sérieux défi que “nous devons résoudre avant d’envoyer des humains dans cette région de l’espace” (voir le documentaire complet ici, here). La séquence clef est incluse dans la vidéo ci-dessous, parmi d’autres séquences d’astronautes qui admettent par inadvertance que la technologie pour envoyer des astronautes au-delà de l’orbite basse terrestre n’a pas encore été inventée. Ne manquez surtout pas l’astronaute expérimenté de la NASA Donald Roy Pettit qui explique qu’en fait la technologie n’est plus disponible : “Le problème est que nous n’avons plus la technologie pour le faire. On l’avait, mais on a détruit cette technologie et c’est un processus très douloureux que de la reconstruire.

L’obstacle des radiations est peut-être la raison du pourquoi aucune mission humaine vers la lune n’a été tentée, ni même au-delà de l’orbite basse terrestre, depuis les jours de Tricky Dick. Rappelez-vous que la Station Spatiale Internationale orbite la terre à une distance de 370 km, alors que la lune est à environ une distance 1000 fois supérieure. Le 14 janvier 2004, le président Bush, qui parlait depuis le QG de la NASA, a annoncé une nouvelle aventure, celle de “remettre le pied sur la lune” et au-delà, faisant remarquer: “Ces trente dernières années, aucun être humain n’a mis le pied sur un autre monde ou ne s’est aventuré plus loin dans l’espace que la distance entre Washington DC et Boston.” (cité par Wisnewski p-329). Aucune mission humaine vers la lune n’est venue de cette annonce.

Le temps travaille pour les chercheurs de vérité au sujet du programme Apollo, car chaque année qui passe et plus de gens se demandent: “si ce fut facile d’envoyer des hommes sur la lune entre 1969 et 1972, pourquoi est-ce que cela ne s’est jamais reproduit depuis ?” Moins de la moitié des Britanniques et des Russes interrogés croient toujours aux alunissages. Parmi les gens plus éduqués, ce pourcentage chute de plus en plus vite. Que se passera t’il dans 20 ans lorsque les Américains réaliseront qu’il n’y a plus qu’eux qui y croient encore ? Les Etats-Unis survivront-ils à la divulgation de cette immense supercherie ? Les mensonges tendent à se reproduire, un peu comme des organismes vivants, car chaque mensonge doit être couvert par encore plus de mensonges. Ainsi, la mise au grand jour d’un mensonge conduit à mettre à jour d’autres mensonges alors que les gens perdent confiance et commencent à sérieusement questionner tout ce qu’on leur a appris.

Si les alunissages étaient réels, il serait facile pour la NASA de mettre fin à toute controverse. Comme le dit Massimo Mazzucco dans son documentaire American Moon:La possibilité d’inspecter l’endroit des alunissages s’est produite en 2007 lorsque Google a lancé le concours international du Lunar X Prize. Le concours offrait 30 millions de dollars de récompense à la première organisation privée qui pourrait envoyer sur la lune un robot capable de voyager au moins 500 m en retransmettant des images en direct vers la Terre. Plus de vingt équipes du monde entier avaient exprimé leur désir de participer à ce concours. Google avait aussi introduit un bonus de 4 millions de dollars pour ceux qui pourraient transmettre des images en direct d’un des sites d’alunissage des missions Apollo sur la lune.

A cette époque, Astrobotic Technology, une entreprise de Pittsburg, annonça qu’elle planifiait de visiter avec sa propre sonde le site le plus célèbre de tous… Celui d’Apollo 11.” Mais bizarrement, au lieu de voir ce défi comme une opportunité d’apporter une preuve de source indépendante pour leurs missions Apollo, la NASA publia en 2011 une législation sans précédent demandant qu’aucun robot n’approche aucun des sites d’alunissages des missions Apollo dans un rayon de 2km…

Le document de 93 pages de la NASA “Recommendations to Space-Faring Entities: How to Protect and Preserve the History and Scientific Value of U.S. Government Lunar Artifacts” justifie la décision prise par le besoin de préserver les sites historiques des premiers alunissages de toute contamination possible. Pour satisfaire à la demande de la NASA, Astrobotic Technology transféra son objectif de mission vers le pole nord de la lune et tous les participants au concours de Google décidèrent de jouer selon les règles de la NASA, le bonus de 4 millions de dollars fut levé comme fut rapporté dans l’article cité par Mazzucco “Rocketeers obey NASA moon rules”.

En 2018, Google annonça qu’aucun concurrent ne pourrait être prêt à la date butoir de mars 2018. Dans le même temps, la NASA produisait un nouveau document insistant encore que tout projet interférant avec les sites des alunissages des missions Apollo devraient faire l’objet d’une autorisation préalable de l’administration.

Kennedy, Johnson et la NASA

Si les alunissages Apollo furent bidons, de sérieuses questions doivent être posées au sujet de la NASA pour commencer. Puis, il y a besoin d’une réflexion profonde sur ce que sont devenus les Etats-Unis depuis la seconde guerre mondiale. Plus encore, l’escroquerie des alunissages est le parfait point de départ pour réfléchir sur le contrôle hypnotique exercé par la télévision et les médias d’information sur nos esprits. Ce n’est pas qu’un problème politique, c’est aussi une bataille pour nos esprits, nos âmes.

Le premier pas est de grandir et de sortir de nos croyances infantiles au sujet de la NASA et de faire quelques recherches de base sur ce qu’elle est. L’Administration Nationale de l’Espace et de l’Aéronautique (de son acronyme anglais: NASA) a été fondée par le président Eisenhower en 1958. Pas mal de gens aujourd’hui félicite Eisenhower pour avoir averti les Américains en quittant ses fonctions à la Maison Blanche, contre la menace grandissante du complexe militaro-industriel et le “potentiel pour une montée désastreuse d’un pouvoir déplacé/détourné”. De manière tout à fait ironique, la création de la NASA fut un pas de géant pour ce complexe militaro-industriel. Il ne fait aucun doute que le programme de la NASA soi-disant “programme aérospatial civil” était en premier lieu et principalement “une couverture élaborée pour la recherche, le développement et le déploiement d’un armement et de systèmes de surveillance depuis l’espace” (des mots de McGowan). La loi de 1958 créant la NASA explicite une collaboration avec le ministère de la défense et dans la pratique, le Pentagone fut impliqué dans toutes les décisions impliquant les programmes Mercury, Gemini et Apollo (NdT: d’où proviennent les astronautes en très vaste majorité si ce n’est de l’USAF et de l’aéro-navale yankee, sauf Armstrong il est vrai, mais il voulait un “non-militaire” pour “faire les premiers pas sur la lune”……)

Erlend Kennan et Edmund Harvey ont très bien documenté ce point dans leur Mission to the Moon: a critical examination of NASA and the space program, dès 1969 pour conclure:

Il est impératif que la NASA conserve son statut de decorum  de porte-parole de l’âge de l’espace et donne au ministère de la défense et ses efforts spatiaux une ‘couverture’ efficace.” (cité par Wisnewski, p.296) a part lancer des satellites à des fins d’espionnage la NASA devait contribuer au développement des fusées transcontinentales, car après la seconde guerre mondiale, l’équation était devenu très simple: Fusée + bombe atomique = pouvoir mondial. (Wisnewski p.62)

Le but paramilitaire de la NASA est essentiel pour bien comprendre l’escroquerie Apollo. Car en matière de programmes militaires, “ce que le public sait est aussi connu de l’ennemi. Ce qui veut dire qu’en principe, le public et l’ennemi peuvent être vus comme une seule et même chose.” (Wisnewski 7) C’est pourquoi nous devons bien comprendre que tromper les Américains ne fut pas une perversion du but original de la NASA, mais cela faisait partie intégrante du processus.

Ce fut le rôle de Kennedy de vendre le programme spatial au congrès et au public américain afin de faire augmenter dramatiquement le budget de la NASA. Le 25 mai 1961. juste 43 jours après que Youri Gagarine ait soi-disant accompli son tour de la Terre en orbite, Kennedy délivra un message spécial devant le congrès des Etats-Unis (Kennedy delivered before the Congress a special message) sur les “besoins urgents nationaux”. Il demanda un rajout de 7 à 9 milliards de dollars sur une période de 5 ans pour le programme spatial, pour le but, affirma t’il, “de parvenir au but, avant la fin de la décennie, de faire alunir un homme sur la lune et de le ramener sur Terre en sécurité. Aucun projet spatial dans cette période ne sera plus impressionnant pour l’humanité, ou plus important pour l’exploration de longue portée de l’espace.

On peut blâmer Kennedy pour avoir tromper le public américain, mais il est plus que probable qu’il ait été lui-même trompé, tout comme il fut trompé par la CIA dans cette désastreuse invasion loupée de la Baie des Cochons à Cuba juste un mois plus tôt. En tout cas, la lune était le projet de Johnson, pas celui de Kennedy. On pense que ce fut un memorandum de Lyndon Johnson qui convainquit Kennedy, “Evaluation of Space Program”, daté du 28 avril 1961, supposément fondé sur des discussions avec des tops exécutifs de la NASA. Le memo assurait le président de “la possibilité de l’alunissage et du retour en toute sécurité d’un homme sur la lune vers 1966-67”, si “un gros effort” était fait.

Pour le bénéfice de l’affaire, Johnson le présenta de cette façon:

D’autres nations, sans regard aucun sur leur appréciation de nos valeurs idéales, tendront à s’aligner sur le pays qu’elles pensent être le leader mondial, le vainqueur sur la durée. Des réussites dramatiques dans le domaine de l’espace sont de plus en plus identifiées comme indicateur majeur d’un leadership mondial.

Deux semaines après avoir reçu le memo de Johnson, Kennedy fit son célèbre discours au congrès (le 25 mai 1961) disant: “Je pense que cette nation devrait se commettre au but avant la fin de la décennie, de mettre un homme sur la lune et de le ramener en toute sécurité sur terre.” Puis, un mois plus tard, Il nomma officiellement son vice-président chef du National Aeronautics and Space Council à charge d’explorer le projet lunaire. Comme l’a dit Alan Wasser: “Peu de gens réalisent ou se souviennent aujourd’hui, qu’un seul homme, Lyndon Baines Johnson ou “LBJ”, est principalement responsable d’à la fois avoir commencé et mis un terme à la “course à l’espace’”.

Ceci explique pourquoi les industries texanes furent les plus grosses bénéficiaires du programme spatial et pourquoi le NASA Manned Spacecraft Center de Houston fut rebaptisé le Lyndon B. Johnson Space Center en 1973. Sous Eisenhower, Johnson fut à la fois le leader de la majorité au sénat et un joueur clef dans le secteur texan du complexe militaro-industriel. Il est du reste intéressant de savoir que dans le brouillon original du discours de départ d’Eisenhower, écrit par ses assistants Malcom Moos et Ralph Williams, il devait parler de “complexe militaro-industrio-congressionnel”, mais Eisenhower fit retirer le mot “congressionnel” par peur peut-être de Johnson.

La corruption de Johnson s’aggrava lorsqu’il devint vice-président et nomma ses amis texans à la tête de la marine, d’abord John Connally, puis Fred Korth, qui démissionna en 1963 après que le ministère de la justice, emmené par Robert Kennedy, l’impliqua dans un réseau de corruption dans les contrats des avions TFX pour la force commune armée de l’air-aéronavale. Le contrôle de Johnson sur la NASA fut fait par James E. Webb, que Johnson nomma grand administrateur de la NASA. Celui-ci joua un rôle décisif dans le lobbying en faveur du programme Apollo. Web était si lié à Johnson qu’il démissionna lorsque LBJ annonça sa décision de ne pas se représenter à un second mandat présidentiel en 1968, évitant ainsi d’être en charge lors des glorieux alunissages Apollo.

Le programme Apollo reçut également le soutien efficace du sénateur Robert S. Kerr de l’Oklahoma, autre associé en affaire et allié politique de Johnson. Dans ses mémoires “Wheeling and Dealing: Confessions of a Capitol Hill Operator”, l’aide de camp de Johnson Bobby Baker “se rappelle des efforts pour collecter 500 000 dollars en liquide demandés par le sénateur Kerr de l’industrie Savings and Loans en retour d’un ajustement législatif favorable.

(Andrew Cockburn, “How the Bankers Bought Washington: Our Cheap Politicians,” CounterPunch).

Dans son très récent film, Massimo Mazzucco apporte une information clef qui enrichit notre compréhension de la relation entre Johnson et Kennedy et pourrait bien faire de la lumière sur l’assassinat de Kennedy. Nous y apprenons que, bien que Kennedy ait laissé le projet Apollo sous la supervision directe de Johnson, le 18 septembre 1963, il fit appeler Webb au bureau ovale pour partager ses doutes quant à la possibilité et la valeur d’envoyer des hommes sur la lune, ce qui allait coûter “un sacré paquet de pognon”, suggérant que suffisamment de données et de connaissances scientifiques pourraient être recueillies en y envoyant simplement des sondes. “Envoyer un homme sur la lune ne vaut pas tout ce paquet de milliards”, dit-il lors de cette conversation enregistrée. Webb insista alors qu’il était trop tard pour changer les plans.

Deux jours après cette réunion, dans un discours qu’il fit à l’ONU, Kennedy invita publiquement l’URSS à collaborer à l’exploration spatiale et en particulier dans une “expédition commune vers la lune”. Kroutchev déclina poliment l’offre américaine en faisant cette déclaration:

Nous ne planifions pas en ce moment de vols de cosmonautes vers la lune. J’ai lu un rapport que les Américains veulent alunir avant 1970. Nous leur souhaitons tout le succès possible. Et nous verrons comment ils voleront là-bas et comment ils vont alunir et plus important encore, comment ils vont en décoller et revenir. Nous ne voulons pas entrer en concurrence en envoyant des gens vers la lune sans une préparation des plus sérieuses.

Deux jours plus tard, Kennedy fut assassiné à Dallas. La chronologie est importante parce qu’elle révèle que Kennedy essaya de neutraliser un des arguments majeurs de la course vers la lune, ce qui devait en faire un champ de bataille de la guerre froide. Cette tentative de Kennedy doit être mise en relation avec ce qui est par ailleurs connu des communications secrètes entre Kennedy, Kroutchev et Castro dans ses efforts de mettre fin justement à la guerre froide, en relation aussi avec son intention aujourd’hui bien documentée de retirer les troupes américaines du Vietnam.

La fabrication de la croyance

La NASA n’était pas juste une opération de camouflage pour les développements militaires. elle était aussi un rêve fabriqué pour que les Américains continuent de regarder vers le ciel alors que leur gouvernement commettait les pires atrocités au Vietnam. Ainsi donc, la NASA avait aussi de très étroites relations avec l’industrie cinématographique. Son premier patron T. Keith Glennan (de 1958 à 1961) avait une longue expérience dans la gestion de studios de cinéma à Hollywood (Wisnewski p.298)

Dans la période de transition entre Johnson et Nixon, Apollo 8 soi-disant transporta trois astronautes 10 fois autour de la lune. Puis, après deux autres missions tests (Apollo 9 et 10), six équipages Apollo alunirent entre 1969 et 1972, toutes durant la présidence Nixon. Wisnewski (130-139) fournit un parallèle spectaculaire montrant comment les informations de Une en rapport avec le programme Apollo détournèrent de manière fort utile l’œil du public américain des crimes de la guerre du Vietnam (voir aussi McGowan, Chap.3). Apollo 11 alunit deux mois après que les médias aient exposé le bombardement parfaitement illégal du Cambodge. Le coup de téléphone de Nixon depuis la Maison Blanche à Neil et Buzz sur la lune fit monter sa popularité. Le programme Apollo s’arrêta juste après la fin officielle de l’ingérence américaine en Asie du Sud-Est. Wisnewski écrit:

Tandis que les Etats-Unis massacraient des milliers de Vietnamiens, brûlant un hectare après l’autre de la jungle vierge et empoisonnant les sols avec des produits chimiques [agent orange], ils tentaient d’un autre côté de fasciner ou devrions-nous dire d’hypnotiser ? le monde avec sa conquête d’une toute autre nature.” (p.131)

Pour le reste du monde l’excitation culturelle et technologique causée par les alunissages dut être submergeante et aussi désarmante comme l’impact négatif des attentats du 11 septembre 2001 le fut plus tard. Jusqu’à aujourd’hui, les Etats-Unis tirent profit et force de l’admiration sans bornes qu’a générée ces alunissages. Et je maintiens toujours que cette ‘conquête’ de la lune, cet ancien mythe de l’humanité, a élevé l’Amérique au statut de nation quasi-divine. Les alunissages cadrent parfaitement avec la grande stratégie psychologique du pays de l’auto-agrandissement, combiné avec le fait de subjuguer, de diminuer et de démoraliser les autres.” (p.287)

Le voyage spatial civil est devenu une forme ‘d’opium du peuple’, une promesse de rédemption amenant un nouveau et meilleur futur à l’univers.” (p.63)

Il est vrai que voyager de la terre à la lune et en revenir vivant est un exploit aux proportions mythiques. Cela relève de voyager vers “l’au-delà” et revenir dans le monde des vivants avec votre corps physique. Cela fait des astronautes de la NASA des équivalents des héros super-naturels antiques (Hercule etc…), des demis-dieux immortels et cet aspect semi-divin se rapporte de fait aux Etats-Unis dans son entièreté. Telle fut la signification des alunissages Apollo: une nouvelle religion qui éleva les Etats-Unis au dessus de toutes les autres nations. Beaucoup a été dit au sujet des religions institutionnalisées comme moyen de contrôle mental collectif. Mais aucune croyance religieuse ne peut se comparer à la croyance aux alunissages en terme d’abus cynique de la naïveté des gens. Et aucune religion ne peut de fait entrer en compétition, du moins jusqu’à récemment, avec le nombre global de croyants.

La leçon plus profonde aussi à retenir est que tout ceci fut rendu possible grâce à la télévision et cela aurait été impossible sans elle. Pratiquement personne ne l’aurait cru s’ils ne l’avaient pas vu de leurs propres yeux. Dans le livre de Lewis Carroll Through the Looking Glass, Alice dit à la reine blanche “on ne peut pas croire aux choses impossibles”, mais la reine insiste que cela est possible avec suffisamment de pratique: “Quand j’avais ton âge, je le faisait pour au moins une demi-heure par jour. Ainsi, parfois, j’ai pu croire en jusqu’à six choses impossibles avant même le petit déjeuner.” Avec la télévision, croire en six impossibles alunissages s’est produit sans aucun effort.

Appendice: l’hypothèse Kubrick

Avant d’être diffusé à la télévision, les alunissages Apollo furent des productions de studios. Pas étonnant donc qu’un des plus importants et influents lanceurs d’alerte fut le réalisateur d’Hollywood Peter Hyams avec son film Capricorn One (1978).

Bien que cela n’ait aucune incidence sur l’affaire de la réalité ou de la possibilité des alunissages et ne doit pas être pris comme argument, je voudrais ici mentionner un des développements les plus intrigant de la théorie de la conspiration sur l’escroquerie de ces alunissages: la suggestion que le réalisateur Stanley Kubrick collabora avec la NASA dans la conception des films Apollo en faisant son célèbre film “2001: Odyssée de l’espace” (1968), film sur lequel il commença à travailler dès 1964, juste après avoir fini sont très anti-militariste “Dr Folamour”.

La rumeur veut que Kubrick ait été poussé à signer un contrat faustien en échange de financements et autre aide. Que Kubrick ait reçu une aide de la NASA pour faire son “2001…” n’est absolument pas un secret: le scenario fut co-écrit par Arthur C. Clarke, supporteur enthousiaste et contributeur des aventures de la NASA et plusieurs assistants sur le film comme Harry Lange et Frederick Ordway, travaillèrent pour la NASA et des sous-contractants de l’aérospatiale. Certains croient en conséquence que “2001…” faisait partie d’un programme de la NASA pour à la fois fasciner le public avec des histoires de voyages spatiaux mais aussi pour tester des techniques de production.

Cette hypothèse s’est d’abord développée lorsque des sceptiques étudiant des photos des missions Apollo furent convaincus que celles-ci furent faites dans des studios de cinéma utilisant la technique dite de “la projection sur écran”, qui fut perfectionnée par Kubrick pour son film “2001…” La théorie était déjà émise depuis un certain temps losqu’un documentaire satirique français appelé Dark Side of the Moon, ou “La face cachée de la lune”, réalisé par le cinéaste franco-israélien William Carel, fut diffusé sur la chaîne Arte en 2002 dans une tentative de discréditer la théorie en proposant la fausse confession d’un faux Kubrick ainsi que mettant en scène des paroles détournées et hors contexte de gens comme Donald Rumsfeld et Henry Kissinger.

La stratégie est de prétendre soutenir la théorie de la conspiration avec quelques “preuves” bidons facilement réfutables afin de fabriquer un argument prêt-à-l’usage contre l’ensemble de toute la théorie expliquant l’escroquerie des alunissages. A mon avis, le fait même que des médias officiels financent et diffusent un tel documentaire en obtenant la permission de Rumsfeld et de Kissinger de détourner leurs paroles afin de discréditer la théorie Kubrick, est une raison en elle-même suffisante pour prendre cette thèse sérieusement.

La théorie Kubrick gagna une nouvelle vigueur lorsque le réalisateur Jay Weidner, après avoir documenté la technique de la projection sur écran utilisée dans les photos et les films des missions Apollo (voir ici, here), y ajouta le fait que Kubrick fit une crypto-confession de sa participation dans son film de 1980 “The Shining”. Weidner présente son argumentation dans son documentaire de 2011:

 Kubrick’s Odyssey: Secrets Hidden in the Films of Stanley Kubrick. Part One: Kubrick and Apollo. Il y donne aussi un bref résumé de sa théorie dans son documentaire Room 237 (2012), visible on Vimeo (Weidner’s contribution is between 00:44:25 and 00:51:55, and between 1:16:00 and 1:16:45).

Lorsque j’ai pris connaissance de cette théorie et que j’ai visionné Room 237 (je n’ai as vu Kubrick’s Odyssey), je n’en ai d’abord pas pensé grand chose. Mais après avoir regardé de nouveau le film de Kubrick “The Shining” avec le documentaire présent à l’esprit et avoir étudié d’autres films de Kubrick, spécifiquement son tout dernier “Eyes Wide Shut”, mis en salles le 16 juillet 1999, soit 30 ans jour pour jour après le premier jour du lancement d’Apollo 11, comme Kubrick l’avait spécifié sur son contrat avec les studios, et leurs couches de signification implicite, masquée, en apprenant aussi à quel point Kubrick était un perfectionniste, à la limite de l’obsession pour chaque détail d’un film, je trouvais alors la théorie non seulement fascinante, mais franchement hautement plausible.

Le point de départ de Weidner est l’observation que, bien que le film de Kubrick The Shining soit supposément basé sur le roman éponyme de Stephen King, Kubrick ignora le scenario adapté par King lui-même et changea tant de choses dans l’histoire qu’on peut dire que c’est en fait une histoire complètement différente, ce qui rendit King mécontent. Kubrick semble avoir utilisé le roman de King comme d’une couverture pour une histoire qui lui était propre. Ce qui est donc particulièrement intéressant, c’est de se concentrer exclusivement sur les éléments du film qui sont différents du roman de King et sur les détails qui semblent n’avoir aucun lien direct avec le narratif central. Weidner n’est pas le seul à adopter cette approche du film: bon nombre des admirateurs de Kubrick pensent que le film a bel et bien des significations cachées.

Certains argumentent, je pense de façon convaincante, que le film contient des crypto-références sur l’abus des enfants, ce qui est aussi un thème sous-jacent de “Eyes Wide Shut” ; mais Weidner fait une crypto-lecture du film qui s’apparente à une auto-confession de Kubrick sur son rôle dans la falsification des alunissages Apollo onze ans plus tôt.

D’après cette interprétation, Jack Torrance, joué par Jack Nicholson dans le film, représente Kubrick lui-même, tandis que le Overlook Hotel (construit sur un site funéraire indien), représente les Etats-Unis. Le gérant de l’hôtel, Stuart Ullman (joué par Barry Nelson), représenté physiquement comme JF Kennedy, représente le gouvernement des Etats-Unis (ainsi que peut-être le JFK Space Center), tandis que son assistant Bill Watson, qui ne fait qu’observer Torrance sans dire un mot lors de leur réunion, représente le monde sous-terrain du renseignement (NdT: ce qu’on appelle aussi le composant actif essentiel de l’état profond…).

Deux scènes du film en particulier donnent les clefs de ce crypto-narratif. La première est lorsque Danny (le fils de Torrance, représentant l’enfant de Kubrick c’est à dire les films Apollo) se lève portant un sweat-shirt “Apollo 11” sur un tapis ayant un motif graphique similaire au complexe de lancement depuis lequel les fusées du programme Apollo furent lancées. Peu après, Danny entre dans la fameuse chambre 237 qui contient le secret de l’hôtel. Dans le livre de King, le numéro de chambre était 217, mais Kubrick a changé le numéro en 237 en référence à la distance communément admise à l’époque, de la terre à la Lune qui est de 237 000 miles.

La “chambre 237” est en fait la “chambre de la lune”, parce que “room” (NdT: chambre en anglais) est similaire à “moon” (Ndt: lune en anglais) lorsqu’on le lit à l’envers et Kubrick nous a appris à lire les mots à l’envers dans la scène où le mot “redrum” devient en fait “murder” (meurtre) dans le miroir.

La seconde scène plus importante du film du point de vue de l’interprétation de la sous-jacence de Kubrick dans le film est lorsque Wendy (NdT: la femme de Torrance jouée par Shelley Duvall) découvre que Jack, son mari, qui est supposé écrire un roman, n’a en fait tapé q’une seule et même phrase encore et encore sur des pages et des pages: “All work and no play makes Jack a dull boy.” Cette phrase, qui a été choisie par Kubrick pour un but très précis, prend une dimension supplémentaire une fois que vous comprenez que le mot “All”, tapé sur une machine à écrire américaine, ne peut pas être différencié de A11, qui signifie Apollo 11.

Lorsque Jack surprend alors Wendy lisant ses pages, il lui dit [NdT: dans une longue tirade que Nicholson rend à la perfection] à quel point mortel son contrat est sérieux:

As-tu déjà pensé un seul petit moment à mes responsabilités envers mes employeurs ?… […] Est-ce que cela a une quelconque importance pour toi, que les propriétaires aient placé leur confiance complète et totale en moi et que j’ai signé une lettre d’accord, un contrat, dans laquelle j’ai accepté cette responsabilité ? […] As-tu seulement pensé ce qui arriverait à mon futur si j’échouais dans mes responsabilités ?..

En dehors de ces deux scènes clefs, il y a un grand nombres d’autres indices soutenant cette lecture sous-jacente du film. Pourquoi par exemple Kubrick a t’il fait de la grande tapisserie murale indienne dans le lobby de l’hôtel, une grande fresque représentant des fusées ? Est-ce que Jack les visant en faisant rebondir une balle de baseball sur elles représente Kubrick “shooting” les films Apollo ?… [NdT: lors de cette scène, Torrance/Nicholson est nerveux, voire hargneux et il lance la balle sur la fresque avec violence, ceci peut aussi être interprété comme la hargne et la colère qui ronge Kubrick de l’intérieur 11 ans plus tard… 11 ans, comme Apollo 11… « The Shilling » n’est pas sorti en 1979 ni en 1981, mais en 1980, 11 ans après Apollo 11… coïncidence ? venant de Kubrick ?…]

Juste après cette séquence, Wendy et Danny entre dans le labyrinthe végétal dans le jardin de l’hôtel. Jack observe une maquette du labyrinthe dans le lobby de l’hôtel qui bientôt se confond dans un fondu-enchaîné avec le vrai labyrinthe, suggérant que celui-ci n’est pas réel. Ceci est aussi suggéré par une vue aérienne de l’hôtel Overlook, qui montre clairement qu’il n’y a pas de labyrinthe à côté de lui. De la part de Kubrick, ceci ne peut pas être une simple erreur de continuité dans le film.

Certaines impossibilités spatiales ont aussi été détectés dans le film par des analystes très attentifs du film comme Rob Ager. Il n’y a pas d’erreurs, Kubrick s’est donné beaucoup de mal pour les produire. Ainsi, elles doivent avoir un message à dire, possiblement que ce qui apparaît se passer en extérieur était en fait filmé en intérieur.

Il y a aussi deux très brèves allusions à la télévision qui cadrent parfaitement avec le narratif sous-jacent: une remarque sarcastique de Torrance sur la notion que si on le voit à la TV “c’est OK !” (voir la scène ici, here), et une mystérieuse télévision sans aucun fil (impossible en 1980) qui montre le film “Summer of 42”.

“Tu vois, c’est OK, il l’a vu à la télé !””

Un autre indice possible laissé ar Kubrick pour nous faire savoir qu’il avait l’intention que son film “The Shining” soit vu et lu avec son crypto-contexte autobiographique, est le documentaire qu’il demanda à sa fille Vivian de réaliser sur le tournage du film (qui est maintenant inclus comme bonus dans les DVD de réédition du film). Le documentaire fait apparaître Kubrick comme une véritable image miroir de Torrance. Ceci a même été détecté par des critiques de cinéma n’ayant absolument aucun intérêt dans l’histoire de la théorie sur les films Apollo, comme Rob Ager qui écrit:

La décision de Kubrick de permettre qu’un documentaire soit filmé sur le tournage et sur les lieux de tournage mêmes du film “the Shining” fut un bris de routine sans précédent dans sa politique de travail qui est de procéder de manière ultra-secrète. Toutes les scènes de plateaux hors champs furent filmées par sa fille Vivian. Sans en être conscient, beaucoup de critiques de cinéma et de biographes ont accidentellement identifiés les motifs de Kubrick pour diffuser ce documentaire. Encore et toujours ont-ils décrit son attitude très psychologiquement limite dans des scènes de derrière les décors, comparable à celle de Jack Torrance, le personnage principal du film. Une des biographies que j’ai lue […] a même affirmé qu’il y avait des blagues de plateau au sujet des similarités dans l’apparence et l’attitude du personnage joué par Nicholson et Kubrick lui-même.

Ma théorie est que Kubrick a délibérément créé ces parallèles de personnalité et de caractère entre lui-même et Jack Torrance, à la fois dans le documentaire et parmi les personnels de son film de manière générale. Mais l’exemple le plus probant de ce parallèle volontaire est le traitement absolument dégradant que Kubrick réserva à l’actrice Shelley Duvall (Wendy) et à l’acteur Scatman Crothers (Halloran), dont les deux personnages dans le film étaient les victimes de la folie de Jack Torrance.

 


La vérité libère !…

Anthropologie politique: Ethnologie et anarchisme, don et partage avec Charles MacDonald

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, documentaire, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 17 juillet 2019 by Résistance 71

Analyse très intéressante de Charles MacDonald surtout la partie sur la différence entre le don et le partage. Une fois cela assimilé, amenons le principe de gratuité et on résout quasiment tout le problème “économique” qui n’est rappelons-le, qu’une dérive du politique en tant qu’il est une fiction, création de l’humain, une fabrication imposée qui n’a aucun lieu d’être. La marchandise et l’argent, la propriété et l’exploitation sont des créations humaines qui peuvent être défaites et mises à la poubelle sans espoir de retour. Il suffit de dire NON !

Là réside, dans la reprise du décisionnaire, donc du politique par les associations libres et la neutralisation définitive de la dictature marchande et de l’état, le chemin vers la société des sociétés.

= Résistance 71 =

 

 

Ethnologie et anarchisme

Ethnologie, anthropologie et anarchisme (version préliminaire)

 

Charles Macdonald

(Aix Marseille Univ, CNRS, EFS, ADES, Marseille, France)

 

Communication au Colloque Anarchisme et sciences sociales, Université de Lille, 23- 24 mars 2018

 

Source:

https://anarchogregaire.wordpress.com/2018/03/20/ethnologie-et-anarchisme/

« L’anarchie, une société sans gouvernement, a existe depuis les temps immémoriaux. L’anarchisme, la doctrine qui veut qu’une telle société soit désirable, est un développement bien plus récent. » (R. Graham, Anarchism, 2018)

Dans cette présentation je traiterai brièvement de deux questions principalement, avant de conclure sur des considérations plus générales avec une note sur un mouvement libertaire récent, la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. La première question concerne le rapport entre l’anarchisme et l’ethnologie ou l’anthropologie sociale. La seconde traite de la nature des collectifs anarchiques ou d’agrégation faible et des concepts qui permettent de les comprendre. (Les citations qui renvoient aux données contenues dans cette présentation sont indiquées dans la bibliographie de mon ouvrage L’Ordre contre l’Harmonie, Editions Petra, Paris 2018).

I- Anarchisme et anthropologie

La première question est celle du rapport entretenu entre l’ethnologie ou anthropologie sociale –du 19ème siècle au début du nôtre– d’une part, et les théories anarchistes et/ou libertaires jusqu’à aujourd’hui d’autre part. C’est un fait très paradoxal que les ethnologues de ces cent dernières années n’aient généralement pas adopté une approche inspirée par les fondateurs de l’anarchisme (Godwin, Bakounine, Kropotkine, Proudhon, etc.) pour interpréter les systèmes sociaux des peuples qu’ils étudiaient alors que nombre de ceux-ci, les Inuit par exemple, offraient des exemples évidents d’une organisation anarchiste, c’est-à-dire sans Etat ou même sans chefs. Pourquoi l’anarchisme n’a-t-il pas eu de succès avec les ethnologues ? Je vois plusieurs raisons à cela.

La première tient peut-être au caractère fondamentalement utopique de l’anarchisme politique et son incompatibilité avec la très grande majorité des systèmes sociaux existant. L’humanité tout entière, à quelques rares exceptions près (communes ou petits groupes ethniques géographiquement marginaux et isolés) est aujourd’hui rassemblée sous la bannière de l’Etat-Nation, dans toutes ses variantes, autoritaires et démocratiques. Les bandes de chasseurs-cueilleurs nomades paraissaient alors comme des espèces sociales simplement amputées d’un organe principal. D’un point de vue évolutionnaire, entre celles-ci et les sociétés modernes (pour adopter un schéma néo-évolutionniste pas vraiment abandonné), se situaient les chefferies, les tribus, les confédérations, les royaumes et finalement l’Etat moderne avec la paysannerie quelque part au milieu. Pour Morgan, puis Marx et Engels la société primitive était communaliste et proto-démocratique mais l’évolution des forces et des rapports de production lui enlevait toute pertinence en tant que modèle pour une société moderne. Dans cette perspective étatiste, qui suppose la nécessité d’un organe central de gouvernement, les peuples sans Etat restaient soit dans une sorte de magma primordial dépourvu de toute structure, soit étaient dotés de quelque chose qui ressemblait ou préfigurait l’Etat. C’est ainsi que, classiquement, les anthropologues britanniques interprétaient le système lignager des peuples nilotiques, « l’anarchie ordonnée » d’Evans-Pritchard. Ce système permettait une centralisation et une organisation linéaire par une distribution systématique des individus dans les groupes au moyen d’une hiérarchie segmentaire. Les études de parenté, qui formaient le cœur de la discipline, permettaient de croire à l’existence de dispositifs primaires d’assignation des statuts, de formation des groupes et de structuration linéaire de l’organisation sociale dans son ensemble. A partir des années 80, les études de parenté sont passées à la trappe sans qu’aucune réflexion majeure sur les structures sociales ne vienne les remplacer. L’ethnologie, en devenant anthropologie, a perdu son paradigme initial (l’étude des peuples

« primitifs ») et s’est éparpillée dans d’innombrables digressions interprétatives et journalistiques. Elle aurait pu se saisir de la pensée anarchiste et libertaire mais ne l’a pas fait, bien qu’intéressée par les mouvement autonomistes toujours présents ou les nombreuses formations marginales et interstitielles : clubs de football, joueurs d’échecs, adeptes du surf ou sectes évangélistes.

Une autre raison importante doit être signalée : la domination du marxisme et sa pénétration dans la théorie ou les théories anthropologiques du social. Les anthropologues ont ainsi répété l’histoire : la défaite de Bakounine lors du Congrès de La Haye (qui voit l’exclusion de celui-ci de la Première Intenationale en 1872), celle de Strirner que Marx démolit dans l’Idéologie allemande, et celle des anarcho-syndicalistes face au parti communiste stalinien dans l’entre-deux guerre. La voix isolée d’un ethnologue français, Pierre Clastres, s’est bien faite entendre et son œuvre est souvent citée, –un peu comme celle de Tönnies qu’on cite régulièrement sans l’avoir lu–, mais très rarement suivie.

J’ajouterai à tout cela une raison d’ordre plus général. On a fait depuis Rousseau de la propriété privée le fondement d’un ordre social jugé injuste et la révolution bolchévique a fait de son rejet un de ses principaux arguments. En revanche l’existence d’une hiérarchie ou de chefs ne représentait pas, bien au contraire, un obstacle à l’édification d’une société juste et équitable. Il nous est de toute façon beaucoup plus facile d’imaginer une société sans propriété qu’une société sans chef. Or ceci n’est pas vérifié par les faits. Dans nombre de groupes humains anarchiques et grégaires, qu’ils soient chasseurs-cueilleurs nomades, nomades marins ou agriculteurs itinérants, ceux que l’on appelle chefs (souvent des anciens ou des spécialistes religieux) n’ont aucun pouvoir et ne peuvent donner d’ordre à personne. En revanche il existe toujours une forme minimale de propriété privée même dans les groupes les plus démunis de biens matériels. Des anthropologues chevronnés comme Marshall Sahlins ont soutenu qu’il n’existait nulle part de groupe humain dénué de toute hiérarchie, ne serait-ce qu’entre les parents et les enfants. On peut cependant démontrer que pouvoir et autorité sont deux principes distincts et que l’égalité se construit avec de l’asymétrie. Les groupes sans chefs existent. Les groupes sans propriété n’existent pas.

Si le tableau que je viens d’esquisser est conforme dans son ensemble à l’histoire de la discipline, il est apparu ici et là de notables exceptions. Clastres déjà cité a été l’une d’elles, mais académiquement il n’a pas fait école. Il faut regarder vers nos collègues et prédécesseurs anglo-saxons. Parmi ceux-ci citons les noms de Stanley Diamond aux Etats-Unis et Brian Morris au Royaume-Uni. Plus récemment, ceux de Jim Scott et David Graeber tiennent la tête de l’affiche. Le présent colloque fournit aussi la preuve d’un regain d’intérêt pour la pensée anarchiste et libertaire dans les sciences sociales.

II- Régimes anarcho-grégaires (ou collectifs d’agrégation faible)

J’entends par ce néologisme hybride et peu élégant (« anarcho-grégaire ») une forme d’organisation qui a trois caractéristiques. La première est simplement d’être dépourvue de pouvoir politique, de ne pas avoir de chefs et de refuser toute forme de hiérarchie. La deuxième, liée à la connotation habituelle du mot « anarchique » comme « chaotique », est d’être complexe et aléatoire, non linéaire, stochastique. La troisième, « grégaire », est de posséder une force de cohésion propre à toute l’espèce humaine, basée sur la nécessité de vivre en groupe ou en troupeau. L’homme est grégaire avant d’être social.

Dans la mesure où dans un groupe, personne ne donne d’ordre à personne, où il n’y a pas de coercition, les agents sont autonomes et par conséquents égaux. Ils le sont en tout cas politiquement de façon absolue, et tendanciellement du point de vue économique. Dans ce système, l’autonomie des agents, leur égalité et l’absence de hiérarchie constituent une tautologie sur le plan logique. Dans la mesure où ces agents coopèrent, ils le font volontairement, de façon non coercitive. Coopération volontaire, égalité et autonomie s’impliquent mutuellement.

Dans sa forme la plus épurée et théorique cette proposition se justifie de la façon suivante. La communauté se fonde sur la coopération. Celle-ci est fondée à son tour, dans l’hypothèse d’agents autonomes, sur la volonté des agents de coopérer, de consacrer leurs efforts à la poursuite d’un but commun qui profite à tous les agents coopérateurs. Ils ne peuvent donc être strictement égoïstes, mais n’ont pas besoin non plus d’être complètement altruistes. La maxime est la suivante : agir de manière altruiste en poursuivant un intérêt personnel (action altruiste d’intérêt personnel). Autrement dit, il faut qu’il y ait un coefficient d’altruisme dans l’action des agents et il faut que cette action leur profite aussi. C’est le mutualisme qui est plus synthétique que la réciprocité. De nombreux essais et réflexions ont été menés –sur la base par exemple du « stag hunt » (emprunté à Rousseau)– à ce sujet.

Ce qui est vrai de la coopération dans l’effort de production doit rester vrai au moment de la répartition du produit. Si les agents ont des parts trop inégales, ils cessent de coopérer . Si des agents autonomes ne tirent aucun profit de leur effort ils ne coopèrent plus. Il faut donc une certaine dose d’égalitarisme dans la répartition du produit, faute de quoi les agents cessent de coopérer. Ou alors il faut que la coopération cesse d’être volontaire et devienne obligatoire, qu’il y ait coercition. On bascule alors dans un système hiérarchique où les agents ne sont plus égaux, ni dans le travail, ni dans le bénéfice du travail. Ils ne sont plus autonomes. C’est bien entendu le principe qui organise les sociétés dans lesquelles nous vivons. L’autonomie implique donc l’égalité, et réciproquement, dans l’action et dans le résultat de l’action. La communauté, c’est-à-dire la cohésion d’un groupe de coopérateurs autonomes, s’édifie et se stabilise sur cette base. Se crée ainsi une communauté (collectif doué d’une cohésion relative) basée sur l’action d’agents autonomes et égaux au niveau de l’action et du résultat de l’action.

Maintenant, se pose la question de savoir si cette solution est possible, souhaitable ou tout simplement attestée par les faits. Dans les trois cas la réponse est oui, mais seulement dans des conditions particulières. La condition particulière essentielle est la condition démographique, mais il y en a d’autres, dont celle de la compétition ou de son absence pour des ressources rares.

La situation générale est celle-ci : tous les hommes vivent en groupe et coopèrent. La question est donc de comprendre comment ils coopèrent sans hiérarchie (personne ne donne d’ordre, il n’y a aucune coercition). L’observation la plus élémentaire et l’expérience commune butent immédiatement sur la constatation suivante : il est déjà difficile d’organiser de façon efficace l’activité de plusieurs acteurs autonomes, mettons une dizaine, comment est-il possible de le faire quand les acteurs sont plus de mille, voire des millions ? La réponse unanime des sociétés post-néolithiques est : la hiérarchie et un système d’ordre coercitif.

La possibilité et la nature de la coopération volontaire sont au centre de la problématique des communautés anarchiques pour lesquelles j’évite le terme de « social » et de ses dérivés. Il s’agit là d’une question que l’anthropologie sociale n’a pas résolue. Comme je l’ai dit plus haut une société sans chefs paraît être une pure utopie. Mais il n’en est rien.

Un certain nombre de groupes étudiés par les ethnologues (Aché, Piaroa, Inuit, Semai, Batek, Chewong, Paliyan, Lobi, Hadza, etc. etc.) présentent une configuration « non sociale » et les auteurs des monographies concernant ces peuples se sont vu opposer que la sociologie ou l’anthropologie de ces groupes ne correspondaient à aucune théorie en cours. Il aurait fallu, ont dit certains, inventer une nouvelle théorie, une théorie qui n’a jamais vu le jour. C’est ce que, pour ma part, j’essaie de faire. La cécité de l’anthropologie partagée par l’ensemble des sciences sociales est, sur ce point, stupéfiante, d’autant plus que, encore une fois, les ethnographes et ethnologues de ces groupes avaient sous les yeux des exemples de ce type. Il s’agissait clairement de communautés ayant des langues et des cultures, des modes de vie stables, une éthique comportementale, des valeurs et représentations communes, se reproduisant sur de longues périodes (des centaines, voire des milliers d’années). Mais les concepts permettant de faire sens de ces formations manquaient. Lesquels ? Dans la section suivante je vais en présenter quelques-uns.

Liens forts (permanents) et liens faibles (temporaires)

La notion de lien faible a été introduite avec profit en sociologie (Granovetter) à partir du contraste qui existe entre liens interindividuels intenses et fréquents par opposition à des liens neutres et épisodiques, comme l’amitié différant de la simple accointance. Une famille domestique a des liens forts et un cercle de « connaissances », de gens qui « se connaissent de vue », des liens faibles.

J’utilise ces termes dans un sens légèrement différent, car ce n’est pas l’intensité émotionnelle du lien qui me paraît être sociologiquement le plus important. C’est d’une part le fait d’être conçu comme permanent, et d’autre part de devoir être validé par un tiers. Une corporation, qui est une « personne morale », est fondée sur des liens forts. Un groupe de randonneurs est fondé sur des liens faibles. Le mariage est un lien fort (il est ou était conçu comme « éternel »), et il est ou était « sacré », c’est- à-dire validé par un tiers (l’Eglise ou l’Etat, le curé ou le Maire). Un lien amoureux est faible : il est intense mais ne dure pas (généralement !) et dépend uniquement de la disposition des amoureux qui sont autonomes et n’ont besoin d’aucune autorité tierce pour s’unir ou se séparer. Notons en passant que les systèmes hiérarchiques dans lesquels nous vivons, qui existent principalement sur la base de liens forts, c’est-à-dire « sacrés » et « éternels », veulent nous faire croire que des liens faibles, comme l’amitié ou l’amour, sont des liens forts (sacrés, plus forts que la mort et ainsi de suite). Cette duperie est constamment reprise par nos idéologies, notre littérature et nos philosophies. Les sociétés post-néolthiques se sont constituées avec des liens forts, des corporations, des nations, même si les liens faibles restaient présents dans les relations interpersonnelles. La notion de « réseaux sociaux » a une forte résonnance aujourd’hui par ce qu’ils substituent aux liens forts qui constituent l’armature sociale, des liens faibles qui créent un environnement d’agents autonomes.

Il est clair que les petites communautés de chasseurs-cueilleurs, essarteurs, etc. (tout comme les repas entre amis, navigations de plaisanciers, rencontres mondaines, etc.) sont formées exclusivement de liens faibles, une vérité impossible à prendre au sérieux pour une sociologie durkheimienne attachée à une définition du social comme fondé sur la permanence et la fixité de liens forts et transcendants. Il résulte de cela que ces communautés sont en proie à une turbulence permanente, celle de liens faibles qui se nouent et se dénouent constamment. Cela fait désordre et notre pensée du social s’en trouve remise en question.

Conditions de félicité de la vie collective

Je suis immédiatement conduit à introduire cette notion qui s’impose à la suite des considérations précédentes. En effet, si des liens faibles, essentiellement impermanents et fragiles, constituent la base du lien communautaire, une certaine dose de renforcement desdits liens s’impose nécessairement. Tout fragiles et fréquemment rompus qu’ils sont, ils doivent malgré tout assurer une certaine continuité à la coopération. Pour que celle-ci soit réitérée et ne se dissolve pas immédiatement, ou ne se trouve bloquée dès le départ, certaines conditions sont nécessaires. J’emprunte à la linguistique et à la sociologie gofmanienne la notion de « conditions de félicité ». Elles existent quand les liens interpersonnels entre agents coopérateurs sont renforcés et favorisés par des prestations de sentiments et d’actes mutuellement bienveillants.

C’est dans ce domaine entre autres qu’Homo sapiens a montré le plus d’imagination. Les dispositifs qui indiquent aux agents coopérateurs les bonnes dispositions d’autres agents coopérateurs s’étendent de la musique et de la danse, à l’humour, la plaisanterie, les codes de l’étiquette, de la déférence, de l’obéissance, du respect, de la familiarité, en passant par une vaste chorégraphie de signaux verbaux, de grimaces faciales et de postures corporelles. La simple politesse a d’abord cette fonction. Si la caissière du supermarché vous dit bonjour c’est qu’elle ne veut pas vous tuer, mais agir en coopérant dans l’achat de vos boîtes de conserve. Si vous lui rendez son salut, vous indiquez que vous faites de même en sortant votre carte de crédit. Une

distance respectueuse teintée de bienveillance est établie. L’employée subalterne et le client roi font profession d’égalitarisme dans l’échange de salutations propices à la transaction commerciale. Les conditions de félicité sont respectées. Vous sortez avec vos sacs et elle s’occupe du client suivant.

Dans l’étude de communautés anarchiques, amérindiennes, asiatiques ou africaines, l’étude de ces comportements acquiert une importance théorique majeure et ne concerne pas seulement des fonctions cosmétique ou ludiques accessoires, comme le voulait une sociologie tournée vers la « gravitas » du social.

Réciprocité et partage

Je me tourne maintenant vers une distinction conceptuelle cruciale qui a échappé et échappe encore à la grande majorité des anthropologues sociaux. Le don et la réciprocité d’un côté, le partage de l’autre possèdent des logiques différentes et antithétiques.

Dans la réciprocité telle que théorisée par Mauss et ses successeurs jusqu’à aujourd’hui, il y a trois obligations successives : de donner, de recevoir et de rendre. Ces trois relations sont attestées dans toutes les sociétés et leur domaine d’application s’étend sur les sphères économiques et morales. Elles constituent un véritable moteur social et on a fréquemment qualifié le don de contrat social, surtout en ce qui concerne les sociétés non marchandes. Ce modèle a été exploré et examiné sous toutes les coutures et s’est révélé être un des modèles les plus robustes dans l’ensemble des sciences sociales.

Il éclairait incontestablement une grande portion de la réalité mais laissait dans une zone d’ombre des transactions qui ne relevaient pas de lui. Celles-ci appartiennent au partage. Le don et le système qu’il induit suppose une asymétrie initiale entre celui qui donne et celui qui reçoit. C’est la dette. Dans la dette le créancier se trouve dans une position superordonnée et le débiteur dans une position subordonnée. Dans le partage il n’y a ni don ni dette, il n’y a que des bénéficiaires qui restent égaux entre eux, dans une position de symétrie.

Prenons un exemple simple. Dans de vieilles sociétés rurales, dit-on, le maître de maison coupait lui-même le pain de la miche qu’il était seul à tenir. Il en tendait des morceaux successivement à tous les convives autour de la table. Il faisait un don qui signifiait très clairement que lui, le Maître de maison, nourrissait ses dépendants, femme, enfants et valets de ferme, en échange de l’obligation où ils étaient de lui fournir des services. Dans un dîner entre amis, au contraire, le pain est coupé en tranches et chacun se sert à son tour dans la panière qui circule autour de la table. Personne ne donne le pain à personne. Le partage du pain ne suppose aucune asymétrie entre les convives.

Le partage introduit une dimension mutualiste que même le don pur ne comporte pas parce que la distribution s’effectue sur un bien dont personne n’est propriétaire. Dans la réalité le partage repose sur des dispositifs et des croyances variées. Pour des peuples chasseurs, l’idée est que le chasseur n’est pas propriétaire du gibier, ou en tout cas n’en a pas la propriété exclusive. Ainsi, pour les Inuit, l’animal –dans certains cas au moins—s’est sacrifié pour le chasseur mais à condition qu’il partage la viande avec les autres. Ou alors la proie fait l’objet d’une répartition selon des règles qu’il ne fixe pas. Pour les Palawan c’est le Maître des animaux sauvages qui consent à donner un de ses animaux domestiques, le sanglier. Le chasseur ne fait qu’apporter la carcasse dans la communauté et un autre que lui la répartit. Pour les Nayaka c’est la forêt qui est pourvoyeuse. Chez les Hazda ce n’est pas celui qui récolte les noix oléagineuses qui en est le propriétaire mais les femmes qui ont fabriqué le filet pour leur transport. Chez les Australiens la coutume permet de prendre un bien contre le gré de son propriétaire (« demande forcée »), lui déniant ainsi le droit même de propriété. Chez nous on croit au Père Noël. Tout se passe comme si le produit de la chasse, ou de la collecte, venait de l’extérieur de la communauté humaine et non pas de celui ou celle qui l’a obtenu. Il ne la possède pas plus que le facteur ne possède le colis qu’il dépose dans votre boîte aux lettres.

C’est la communauté dans son entier qui la reçoit et la répartit entre ses membres. Le partage est ainsi un facteur de mutualisme et d’égalitarisme. Il ne crée aucune subordination et n’implique pas la dette.

Il n’empêche que les cultures qui privilégient le partage comme dimension morale de leurs transactions, se livrent aussi à toutes sortes de dons, d’échanges et de prêts. Ces différentes formes de transaction se mêlent et finissent par former des circuits complexes dans lesquels le partage et la réciprocité alternent ou s’additionnent. Le partage est au moins autant un contrat social que la réciprocité avec ses dons et ses contre-dons, mais un contrat égalitaire. Au cœur de la réciprocité, en revanche, il y a la dette et la subordination. Répétons la fameuse parole du chasseur inuit qui disait à son compagnon européen : « Ici on ne fait pas de cadeaux, parce que c’est avec les cadeaux qu’on fait les esclaves, comme c’est avec le fouet qu’on dresse les chiens ». Ou alors la parole de Sénèque beneficium accipere libertatem vendere est (« accepter une faveur c’est vendre sa liberté »).

III Conclusions

L’appareil conceptuel succinctement présenté ici ne suffit pas à rendre compte de tous les aspects des communautés anarchiques mais il en forme déjà une base provisoirement acceptable. Une conclusion générale se dégage.

Des communautés et des groupes établissent leur ethos et leur mode de fonctionnement sur des maximes simples : les sujets sont des personnes concrètes et idiosyncratiques en relation d’équivalence entre elles, dans un rapport d’immanence, leur action obéit à l’entraide, au mutualisme et au partage. Leur comportement est altruiste mais reste d’intérêt personnel. Leurs liens sont faibles et négociables et doivent respecter certaines conditions, comme la déférence et l’amitié. Il n’y a pas de pouvoir.

Les sociétés dans lesquelles nous vivons, tout au contraire, sont basées sur la supposition que les sujets sont des agents abstraits ontologiquement définis par leur appartenance à des entités fictives et transcendantes (la Nation, le Peuple, la classe sociale, etc.). Les sujets ne sont pas équivalents mais hiérarchisés. Leur action est principalement fonction d’un intérêt égoïste. Les liens entre sujets sont forts (pensés comme permanents et sanctifiés par une autorité transcendante). Le pouvoir est une dimension essentielle de la vie collective.

L’examen des données de la préhistoire et de l’évolution me permet d’avancer l’hypothèse que la première formule est celle qui a été adoptée par les premiers groupes d’Homo sapiens et qu’elle forme le noyau de notre moralité hominienne aujourd’hui encore.

Un exemple récent peut fournir un test de ces hypothèses générales. Celui de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. D’après les témoignages et écrits de plusieurs de leurs membres il apparaît clairement que les maximes énoncées plus haut sont mises en œuvre : construction de la communauté à partir du consensus de personnes concrètes et équivalentes entre elles, refus de la hiérarchie et de sa représentation dans l’Etat (et de ses lois abstraites écrites par d’autres), partage et mutualisme. A cela il faut ajouter la création de richesse et le projet de survie sur une base économique viable (à partir du maraîchage, de l’élevage, de l’exploitation respectueuse de l’environnement).

L’effort d’une telle association est double : lutter contre l’Etat mais créer en même temps une communauté. Le projet communautaire est alimenté et renforcé par un engagement environnementaliste qui lui est étroitement lié. Le collectif ainsi formé a tous les aspects d’autres collectifs d’agrégation faible : groupe ouvert sans examen ou droit d’entrée, hybridité sociale, religieuse, idéologique, culturelle, pas de structure autoritaire, égalité posée entre hommes et femmes, nombreuses activités conviviales et hédonistes, organisation horizontale et réticulaire, autonomie des membres qui peuvent quitter le groupe librement, coopération technique et économique, ou même quasi-militaire dans les affrontements avec les forces de l’ordre, mais affirmation de pacifisme comme valeur cardinale. La communauté est vue comme durable, comme une forme d’organisation collective qui s’oppose globalement à la société politique environnante et qui tend vers un idéal incompatible et de valeur supérieure à « Babylone2 ».

Dans un opuscule du Collectif « Mauvaise Troupe », Défendre la Zad, (Editions de l’Eclat, 2016) les points suivants sont clairement énoncés :

• Priorité dans la construction de la communauté terrienne « d ‘une destinée commune » (Résolutions de 1915) fondée sur « l’intelligence collective », « une compréhension partagée »

• Relation symbiotique à l’environnement « créer un lien intime avec les mares, les prairies naturelles ou les salamandres… » et attachement à l’écoumène,

« inconcevable de partir d’ici »

• Organisation réticulaire, horizontale, à partir de micro-communautés « soixante lieux de vie sur la ZAD », « 200 collectifs locaux en France »

• Complexité dynamique, ordre stochastique, entropie assumée, état de désorganisation fonctionnelle, ethnogénèse permanente « emmêlement d’expériences singulières », « groupes informels qui se composent et se

recomposent », « foisonnement constant » « enjeux complexes » (ressortissant de la justice, la santé, l’économique, etc.) « communauté de lutte en train de naître »,

« pépinière », « zone expérimentale permanente », état d’effervescence anarchique dans le conflit et la résolution du conflit

• Immanence « légitimité du vécu ne relevant d’aucune transcendance »

• Implication de personnes concrètes, dans leur totalité, à partir de liens affectifs et

intellectuels multiples « histoires d’amour et d’amitié », « belles rencontres »

• Refus du pouvoir « irrépressible disposition à l’insoumission », « foisonnement qui

conjure la possibilité d’une prise de pouvoir », « pas d’instance hégémonique »

• L’autonomie comme valeur suprême, valeurs utilitaires subalternes « autarcie au

profit de l’autonomie politique » l’autarcie (utilitaire) est le moyen d’une fin morale

et sociétale

• Elaboration et effectuation d’une éthique personnelle souvent définie par opposition

aux valeurs de Babylone telle que « le consumérisme, les logiques marchandes, le moi social, l’individualisme, le sexisme » et l’ensemble des statuts hiérarchisés qui définissent le sujet « social » (babylonien »)

• Hédonisme « divertissements, banquets, transes nocturnes, musique »

• Communitas « « irrépressible émotion collective » (à propos de la commune de

1871)

• Hybridité et ouverture du groupe « paysans, mineurs en fugue, sans-abris, réfugiés

de Calais, visiteurs intéressés… »

• Idée de « partage » de « prix libres » de « bien commun » (terre, ressources)

• Recherche d’auto-gouvernement par consensus et quasi-unanimité « assemblées

bisannuelles », « coopératives », « autogestion »

• Dérision et humour dans les désignations « Chat-Teigne, NoTaverne », « tracteurs

vigilants », acronymes « COPAINS »

• Solidarité « dans la lutte » et dans la mobilisation inter-communautés

Nous trouvons donc là tous les élément des collectifs anarcho-grégaires que les acteurs de la ZAD, bien qu’issus du ventre même de Babylone, avaient trouvé en eux-mêmes pour y adhérer passionnément, un indice certainement de la persistance dans le psychisme humain de la grégarité non sociale.

Un mot encore. Toutes ces considérations justifient-elles un projet d’anthropologie anarchiste ? Non, car l’anthropologie veut être une science et non une idéologie. On ne peut pas fonder une science sur des jugements de valeur. Il n’y a pas de botanique qui se base sur la distinction entre « bonnes » et « mauvaises » herbes. Ce sont les utilisateurs qui décident si une plante est utile ou nuisible. Mais elles justifient l’incorporation dans la théorie anthropologique des concepts et notions-clé des penseurs anarchistes, comme l’entraide, le mutualisme, l’égalité et l’autonomie des agents. Réciproquement, l’anthropologie des communautés anarchiques éclaire et valide en grande partie un projet anarchiste. Il lui apporte un sens nouveau en lui conférant une place de premier plan dans l’évolution hominienne.

En fin de compte, les anarchistes comme les anthropologues redécouvrent les vertus primordiales de la personne concrète et mettent fin à la domination idéologique de sujets abstraits, c’est-à-dire de personnes radicalement aliénées.

 


Vers la société des sociétés

Résistance politique: Coopération et socialisme (Pierre Kropotkine)

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Manifeste pour la Société des Sociétés

 

Coopération et socialisme

 

Pierre Kropotkine

Les Temps Nouveaux, juillet/août 1895

 

Il faut se reporter aux années trente et quarante de ce siècle pour réaliser l’enthousiasme avec lequel on envisageait alors la coopération, ou bien « l’association », comme on disait en France, et pour apprécier l’audace de Proudhon qui osa l’attaquer de front.

L’association, dans les idées d’alors, devait tout changer. Pour éviter de payer un tribut formidable aux intermédiaires du commerce, un groupe d’ouvriers se cotisait pour acheter ensemble un sac de farine, et la revendre aux membres du groupe au prix de revient, plus quelques frais minimes d’administration. Et, peu à peu, à force de privations et de luttes, ce groupe réussissait à en attirer d’autres et à se fournir mutuellement tout ce qu’ils consommaient à 20 ou 30 pour 100 au-dessous des prix chez les fournisseurs marchands.

Ce petit essai devait peu à peu réformer le monde. La petite coopération ferait tache d’huile, elle finirait par englober tous les travailleurs. Elle supprimerait les intermédiaires. Pain, viande, logement seraient fournis au prix de revient : le travailleur s’émanciperait du vautour-intermédiaire. Il gagnerait l’habitude de l’association, de la gérance de ses propres affaires. Il toucherait du doigt les avantages du communisme et acquerrait graduellement des vues plus larges sur les rapports nationaux et internationaux.

Puis, en utilisant une part des bénéfices pour élargir les affaires, on créerait des groupes producteurs. Au lieu d’acheter le drap ou les chaussures au fabricant capitaliste, on formerait des associations de production qui fourniraient aux associations de consommateurs tout ce qu’elles achètent aujourd’hui aux vautours capitalistes. Peu à peu, ceux-ci seraient éliminés de la production, aussi bien que de la consommation. Et si les travailleurs réussissaient à forcer l’État à leur ouvrir crédit pour la production (projet Louis Blanc, repris plus tard par Lassalle et encore en vogue dans la démocratie socialiste), la révolution économique serait faite.

Le travailleur, affranchi du capitaliste, se trouverait en possession de l’outillage nécessaire pour produire. Il jouirait du produit intégral de son travail. Les bons de travail aidant, pour permettre à l’ouvrier d’acheter sans attendre que la vente de ses produits soit faite, c’était la révolution sociale accomplie.

Il ne serait pas juste de traiter le mouvement coopératif d’insignifiant. Au contraire. En Angleterre et en Écosse, plus de 1.600.000 personnes et ménages font partie des coopératives de consommation. Les coopératives se rencontrent partout, surtout dans les villes et villages du Nord. Leurs affaires se chiffrent par des milliards de francs. Et la coopérative centrale, en gros, à Manchester, qui fournit tout aux coopératives locales, est un établissement formidable, dont les magasins à plusieurs étages couvrent tout un quartier, sans parler de ses immenses magasins dans les docks de Liverpool. Elle envoie ses cinq ou six vaisseaux chercher le thé en Chine, elle achète le sucre aux Indes, le beurre au Danemark, les cotonnades aux grands producteurs, et ainsi de suite… — « Supposez une révolution sociale à Manchester, demandai-je aux administrateurs, pourriez-vous nourrir et vêtir toute la cité, et distribuer les produits dans tous les quartiers ? — Avec notre matériel, nos arrangements et les hommes de bonne volonté, ce serait fait en vingt-quatre heures. Fournissez l’argent ou le crédit pour acheter, — il n’y aurait pas l’ombre de difficulté », fut la réponse immédiate.

Et c’est vrai. Il faut voir l’établissement pour comprendre la justesse de l’affirmation.

En outre, la tendance est depuis quelque temps de fonder des associations de production sur une large échelle, qui fabriquent le nécessaire. Après nombre d’échecs, les coopérateurs anglais ont réussi à faire bien marcher leurs fabriques de chaussures, leurs moulins à farine, leurs boulangeries. Un tiers du pain mangé par les 686.000 habitants de Glasgow est déjà fourni par les coopératives.

En un mot, les coopérateurs anglais et écossais ont eu un succès considérable ; ils sont une force qui grandit encore. Seulement, ce succès est tel que les premiers coopérateurs s’en seraient détournés avec dégoût ; car, jusqu’à ces dernières trois ou quatre années, où l’esprit socialiste a commencé à envahir les coopératives, aussi bien que la bourgeoisie elle-même, les coopératives anglaises restaient les forteresses du bourgeoisisme ouvrier.

Quant à leurs effets directs sur le bien-être de l’ouvrier, ils sont bien minces.

Nos lecteurs suisses se souviennent de la misère qui régnait à la Chaux-de-Fonds en 1877-78. On ouvrit alors une cantine municipale, où l’on avait un bon repas à bas prix. Mais déjà, deux mois après l’ouverture de la cantine, le loyer des chambres dans un rayon d’un demi-kilomètre de la cantine avait monté d’au moins cinq francs par mois. — « Mais monsieur peut bien payer cinq francs de plus pour la chambre, puisqu’il sera à deux pas de la cantine », répondaient ces dames avec un doux sourire.

Le gros bourgeois anglais a fait plus : il a imposé le partage des bénéfices dus aux coopératives. Il y a quelques années, un coopérateur de Newcastle nous amena chez un vieux mineur qui devait nous initier aux avantages de la coopération, et il le fit en ces termes :

« Eh bien, vous voyez. Avec 9 shillings de salaire par semaine, je vis aujourd’hui tout aussi bien que je vivais, il y a vingt ans, avec 16 shillings. Et cela, grâce à la coopérative. La maisonnette m’appartient ; je l’ai achetée par la coopérative et n’ai plus de loyer à payer. Sur tout ce que j’achète, j’économise au moins trente pour cent. Et mes neuf shillings suffisent là où seize suffisaient à peine. »

On prévoit notre question : « Mais pourquoi ne gagnait-il plus que 9 shillings au lieu de 16 ? » et l’on prévoit aussi la réponse : — « Le travail ne marche pas ; nous ne travaillons que trois jours par semaine ! »

Autrement dit : puisque le capitaliste a tout avantage à tenir une armée de mineurs, qu’il ne fera travailler que trois jours par semaine et qui, au moment où les prix du charbon montent, pourront doubler la production — il le fait. Il fait en grand ce que les bonnes dames de la Chaux-de-Fonds faisaient en petit. Il profite de la coopérative.

Ces deux petits tableaux — deux petits coins de la réalité — résument toute l’histoire des coopératives. La coopérative peut accroître le bien-être de l’ouvrier ; cela va sans dire. Mais pour que l’ouvrier ne perde pas tout l’avantage à la suite de salaires rognés, de chômages exagérés, de rentes sur la terre et, partant, des loyers montant toujours, et des impôts toujours grandissants, — pour que l’avantage acquis par la suppression de l’intermédiaire ne soit pas volé par le seigneur foncier, le banquier, le patron et l’État, il faut qu’il attaque de front cette nouvelle coopérative de vautours ; il faut qu’il lutte avec eux par la famine ou la torche des grèves, par la conspiration et la révolte. Et s’il ne le fait pas — il a travaillé pour l’autre coopérative, celle des vautours.

On en arrive toujours au même point. La lutte, la guerre contre l’exploiteur, reste toujours la seule arme de l’exploité.

Mais il y a pire.

Tandis que la lutte, par la grève, la guerre aux machines, la guerre contre le seigneur foncier (qui prend mille caractères divers selon les localités), et la révolte contre l’État, unit les travailleurs, — ces expédients, tels que la coopérative, les divisent.

En effet, jusqu’à ces dernières trois ou quatre années, il n’y avait pas en Angleterre pires patrons que les coopérateurs. Leurs congrès de 1886 et 1887 étaient frappants sous ce rapport. L’égoïsme des coopérateurs, surtout dans le Nord, a été un des plus grands obstacles au développement du socialisme dans cette partie de l’Angleterre. La peur de perdre le peu qu’ils avaient acquis après tant de luttes — l’homme aime toujours ce pour quoi il a lutté — s’élevait comme une barrière contre toute propagande de solidarité, soit dans les grèves, soit dans la propagande des idées socialistes. Il était bien plus facile de convertir un jeune bourgeois au socialisme que d’y amener un coopérateur.

Cela change aujourd’hui, empressons-nous de le dire à haute voix. Certainement, cela change ; mais le « comment » du changement est hautement instructif. Cela change, parce que d’autres ont mieux fait à côté.

En effet, lors de la dernière grève des mineurs du Yorkshire, tout le monde lisait avec stupéfaction que la coopérative en gros de Manchester avait versé 125.000 francs d’un coup au fonds gréviste. On imagine l’effet de ce cadeau sur l’issue de la grève. Mais ils ont fait mieux. On nous affirme que la coopérative centrale avait ouvert un crédit de près d’un million de francs aux petites coopératives locales dans les villages de mineurs, et quiconque sait combien la négation de tout crédit est un article de foi chez les coopérateurs, appréciera encore mieux cette avance qui permit aux coopératives locales d’ouvrir crédit aux mineurs.

Des amis dignes de foi nous affirment, en outre, que dans les nouvelles associations de production, les relations entre ouvriers-ouvriers et ouvriers-patrons changent complètement, et nous nous empressons d’admettre qu’il en soit ainsi.

Mais d’où vient donc ce vent nouveau qui souffle dans les coopératives ?

— Des « théoriciens », parbleu ! Les coopératives aussi se ressentent du souffle de socialisme qui fait aujourd’hui des recrues jusque dans le camp ennemi des bourgeois.

Deux courants se dessinaient nettement, il a cinquante ans, au sein des socialistes. Les uns voulaient. Être « pratiques » et se lançaient dans une série d’expédients. « Puisque les travailleurs ne sont pas communistes, disaient-ils, il faut les rendre communistes par intérêt personnel. La coopérative, basée sur l’égoïsme personnel, les habituera au communisme. » Et pendant cinquante ans on a fait la pratique de cet expédient, avec les résultats que l’on connaît.

Mais, heureusement, il y avait aussi des « théoriciens », des « écervelés », parmi les socialistes. Ils n’ont pas voulu entendre parler d’esprit communiste développé par l’étroit égoïsme pécunier. Ils ont tourné le dos aux expédients (tout comme nous, anarchistes, tournons aujourd’hui le dos aux expédients politiques et économiques). Ils ont suivi leur évolution naturelle.

Deux lignes divergentes se sont ainsi produites de cette façon. Les hommes aux expédients ont suivi l’une, les socialistes ont suivi l’autre. — « Vous êtes des théoriciens, des rêveurs, des insensés, des fous, a-t-on dit à ceux-ci ; vous devriez devenir pratiques, faire de la coopération et le reste ! » À quoi ils répondaient avec un mépris hautain et suivaient leur voie — la voie de la propagande et de la révolte contre tout l’ensemble de la civilisation actuelle, contre toutes les formes de l’exploitation à la fois.

Et ils avaient mille fois raison. Les deux lignes ont divergé de plus en plus. Et voilà que maintenant lorsque le socialisme, dans son entier, et l’anarchie, dans son entier, ont fait impression profonde sur les idées du siècle, lorsque la révolte contre toute exploitation économique et étatiste a fait des recrues dans toutes les couches sociales, — les « expédientistes » aussi sont atteints, et leur ligue commence à verser dans le courant socialiste.

Elle sera forcée d’y verser entièrement. Autrement, elle appartiendrait au monde qui s’en va, et serait condamnée à disparaître.

Peut-on demander, après cela, si les socialistes ont eu raison de refuser les compromis et de rester « théoriciens », comme les bourgeois aimaient à dire ? S’ils rentraient dans le courant coopérateur — faux à son origine même, puisque basé sur l’affranchissement partiel de l’individu, dans une partie minime seulement de ses servitudes, — si le courant socialiste versait dans la coopération, il y était noyé, il devenait méconnaissable, il y perdait son essence même ; il devenait ni chair ni poisson — un compromis.

Mais il a préféré rester dans son isolement. Plutôt être une poignée que de perdre ses traits distinctifs, de sacrifier le meilleur de sa pensée ! Et il a fini par forcer l’autre courant à donner tout ce qu’il devait donner, à se développer entièrement et, alors, verser ses eaux dans le courant socialiste.

Absolument la même chose arrive avec le courant anarchiste. Nous savons que dans la révolution sociale l’association des consommateurs et des producteurs sera une des formes de la société naissante. Mais pas cette association ayant pour but d’encaisser sa plus-value ou son bénéfice. Et nous propageons toute notre pensée, nous soufflons toute notre révolte contre le monde qui s’en va. Nous propageons nos idées partout, dans l’union ouvrière, dans la coopération comme dans les masses ouvrières non organisées — et en faisant cela, — puisque nous sommes dans le vrai, — nous finirons par faire verser tous ces courants partiels dans un grand courant : — l’anarchie.

 

Résistance au colonialisme: Mise en demeure du gouvernement canadien par le Tribunal International des Disparus du Canada

Posted in actualité, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 15 juillet 2019 by Résistance 71

The International Tribunal for the Disappeared of Canada
Established on January 1, 2016 under the Law of Nations

Lettre ouverte à Justin Trudeau, premier ministre du Canada du directoire du Tribunal international pour les Disparus du Canada (TIDC)

 

9 juillet 2019

 

Monsieur le premier ministre,

Le mois dernier vous avez publiquement admis que le crime de génocide des peuples aborigènes a été perpétré au Canada. Votre manque à ajouter “… par l’état et l’église du Canada” ne minimise en rien la responsabilité et la culpabilité de votre gouvernement et de ses associées les églises, dans ce crime contre l’humanité et pour la mort d’innombrables hommes, femmes et enfants aborigènes.

En vérité, votre admission du crime de génocide amène ses inévitables conséquences en regard de la loi internationale et de la loi canadienne. La convention de l’ONU sur le crime et la prévention du génocide, ratifiée par le Canada en 1952, requiert maintenant que le Canada soit “mis en accusation et puni” pour ce crime. Cette poursuite judiciaire et cette punition doivent être mises en œuvre par des états signataires de la convention et membre de l’ONU, mais aussi par les citoyens canadiens en accord avec les principes légaux de Nüremberg et la convention de la Cour Pénale Internationale, qui demandent que les citoyens ne soient pas les accessoires des crimes de leur propre gouvernement.

Le temps des paroles vides et des “enquêtes” de complaisance menées par les perpétrateurs même du crime est révolu. L’état canadien et ses complices dans le crime doivent maintenant être traduits en justice par la communauté internationale et par le peuple canadien lui-même. Et vous, Justin Trudeau, devez vous tenir comme premier accusé sur le banc de ce procès pour crime. Chose que vous savez pertinemment bien, puisque vous avez été publiquement inculpé le 7 juin courant et avez reçu une demande de comparution devant le tribunal international, qui se réunira à Vancouver le 16 septembre de cette année.

En tant que co-conspirateur inculpé pour crimes contre l’humanité, vous et votre gouvernement devez vous réfréner de toute action supplémentaire qui aide et sert le génocide continuel des peuples aborigènes, ou qui le masque. Par exemple, votre gouvernement doit immédiatement arrêter de distribuer des statuts d’exonération d’impôt et des privilèges à vos co-conspirateurs dans le génocide, à savoir: l’église catholique romaine, les églises anglicane et unifiée du Canada et vous devez abroger le Concordat Financier du Canada avec l’église de Rome ; car fournir à ces églises de tels privilèges incite les Canadiens à financer des entités criminelles et ainsi à violer la loi internationale et domestique.

De plus, votre gouvernement et la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) font une obstruction active à la justice en réduisant au silence des témoins du génocide et en détruisant des archives vitales, des sites de charniers et des preuves documentaires du génocide par l’état canadien et les églises. Vous devez immédiatement cesser et vous désister de ces actions illégales et remettre toutes ces preuves à notre tribunal afin de permettre une totale transparence publique.

Finalement et comme corollaire à ces requis émergeant de votre statut en tant que co-conspirateur cité dans des crimes contre l’humanité, ni vous, ni aucun autre élu du gouvernement canadien ne doivent rechercher un autre mandat électoral dans les élections à venir du 21 octobre courant. Le faire, serait demander aux Canadiens de cautionner et de devenir des complices continuels de l’attitude criminelle de l’état canadien.

Monsieur le premier ministre, nous attendons dûment que vous-même et tous les membres de votre gouvernement obéissiez à ces demandes et aux diktats de la loi internationale et de la moralité.

A cette fin, une délégation du directoire de notre tribunal, escortée par des gardiens de la paix et des observateurs internationaux, se rendra à Ottawa le lundi 15 juillet 2019 afin de rendre public ces faits lors d’une conférence de presse et durant d’autres évènements publics. Nous requérons une réunion en votre compagnie ainsi que celle de votre cabinet à cette date ou autre proche de cette date afin de discuter de ces affaires et de nous assurer que vous obéirez aux requis de la loi internationale.

Nous avons demandé à notre secrétaire de terrain canadien, le révérend Kevin Annett, d’être présent durant ces évènements et la réunion avec vous. Ce dernier quart de siècle, le révérend Annett a mené une campagne de documentation et de mise en accusation pour crime de génocide au Canada. Il a fait ceci a grand risque et coût personnels et contre une campagne concertée de l’état canadien, des églises et de la GRC qui ont perturbé son travail, traîné son nom dans la boue et lui ont retiré toute possibilité de vie décente, le privant de sa famille et de libertés civiles. Nous pensons très approprié qu’il soit présent.

Veuillez noter que tout manque de votre part ou de vos représentants de répondre à cette lettre ouverte et de notification sera pris en compte par les juges présidant au tribunal du 16 septembre devant lequel vous et vingt autres officiels, avez été légalement requis de comparaître.

Salutations,

Ellen Bradbury-Dufort, LL.B., M.A. (signed in the original)

Secretary and on behalf of The Directorate of the International Tribunal for the Disappeared of Canada 

disappearedofcanada@gmail.com , www.murderbydecree.com 

cc: Reverend Kevin Annett, federal politicians, Cabinet Ministers, United Nations affiliates and the world media

 

https://www.youtube.com/watch?v=jfKiOhcN1I0&feature=youtu.be

 

Traduit de l’anglais par Résistance 71

le 13 juillet 2019

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Lectures complémentaires:

« Sur l’imposture du droit à l’existence de l’état d’Israël »

Nous_sommes_tous_des_colonisés (PDF)

Pierre_Clastres_De l’ethnocide

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

Manifeste pour la Société des Sociétés

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte