Archive pour résistance politique

Guerre impérialiste en Syrie: Acte de guerre de l’entité sioniste et de la France contre la Syrie et la Russie…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, N.O.M, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 20 septembre 2018 by Résistance 71

Israël utilise un avion militaire russe comme bouclier

 

Réseau Voltaire

 

18 septembre 2018

 

Url de l’article: http://www.voltairenet.org/article203021.html

 

Le 17 septembre 2018, vers 22h (heure locale), un turbo-propulseur Il-20 militaire russe a disparu des écrans radars en Méditerranée, à environ 35 kilomètres des côtes syriennes. Il retournait à la base aérienne d’Hmeymim avec 14 personnes à son bord.

L’incident est survenu alors qu’une bataille faisait rage dans la zone. Quatre F-16 israéliens attaquaient depuis les eaux internationales l’Institut des industries techniques de Lattaquié. La défense anti-aérienne syrienne est parvenue à détruire en vol plusieurs missiles ennemis.

Israël attaque désormais tous les centres de recherche scientifique liés aux armées. Il s’agit de poursuivre le programme d’assassinat des scientifiques militaires non-Israéliens du Moyen-Orient, tel qu’il a été déjà mené en Iran et en Iraq.

L’attaque israélienne a été précédée par l’intrusion d’un avion Torpedo britannique.

Les États-Unis ont accusé la Syrie d’avoir détruit l’avion russe par inadvertance dans le feu de l’action.

Cependant, la Syrie accuse la frégate française l’Auvergne d’avoir participé à la bataille, ce que Paris nie comme à son habitude.

De nombreux satellites ont observé la bataille du 17 septembre et en conservent des enregistrements.

L’Iliouchine Il-20 était un quadrimoteur à hélices qui menait une mission d’observation des forces occidentales dans la zone et des drones des jihadistes au moment où la bataille a débuté.

L’étude des enregistrements montre que

1) la France a bien tiré des missiles sur la Syrie

2) un des avions israéliens s’est caché derrière l’appareil russe, de sorte qu’un tir syrien le visant a atteint l’Il-20.

Le fait d’utiliser un avion d’un pays tiers pour se protéger de la DCA ennemie constitue un acte de guerre. C’est ce qu’a fait Israël à l’encontre de la Russie.

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« Ni dieu ni maître, histoire de l’anarchisme de 1840 à 1945 » (Documentaire)

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Résistance 71

 

19 septembre 2018

 

Nous avions mis en lien ce documentaire l’an dernier dans plusieurs de nos articles et de nos pages, mais un de nos lecteurs, que nous remercions, nous a signalé que le lien n’était plus actif.

Nous en profitons donc pour remettre la vidéo du documentaire de Tancrède Ramonet: « Ni dieu ni maître, histoire de l’anarchisme de 1840 à 1945 », diffusé sur la chaîne Arte en 2017. Cette fois-ci nous mettons le documentaire non tronqué de 2h21, à voir et diffuser sans aucune modération…

Nous plaçons ci-dessous une liste (non exhaustive) de textes complémentaires à lire que nous avons publiés. Pratiquement tous les auteurs qui y sont sont cités dans le documentaire. Leur lecture fera échos au documentaire qui ne détaille pas la pensée de chacun des protagonistes, tel n’est du reste par l’objectif.

 

 

Lectures complémentaires:
Proudhon_Quest_ce_que_la_propriete
La_Conquête_du_Pain_Kropotkine
Louise-Michel_De-la-commune-a-la-pratique-anarchiste
Un-autre-regard-anarchiste-sur-la-vie-avec-emma-goldman
Rudolph Rocker_Anarchie de la theorie a la pratique
Ecrits-choisis-anarchistes-sebastien-faure-mai-2018
Manifeste pour la Société des Sociétés
L’anarchisme-africain-histoire-dun-mouvement-par-sam-mbah-et-ie-igariwey
champs-usines-et-ateliers-par-pierre-kropotkine-1910
Dieu et lEtat_Bakounine
Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine
Un monde sans argent: le communisme
Voline_La revolution inconnue 3 livres
Daniel_Guerin_L’anarchisme
Inevitable_anarchie_Kropotkine
Que faire ?
Le_monde_nouveau_Pierre_Besnard
Nestor Makhno Anarchie dans la Revolution Russe
L’anarchie pour la jeunesse
40ans_Hommage_Pierre_Clastres
Errico_Malatesta_écrits_choisis
Bakounine_et_letat_marxiste_Leval
Erich_Mühsam la liberté de chacun est la liberté de tous
La Morale Anarchiste de Kropotkine)
Les_amis_du_peuple_révolution_française
vie_et_oeuvre_gustav_landauer
kropotkine_science-etat-et-societé
le-prince-de-levolution-Dugatkin
Appel au Socialisme Gustav Landauer

 

 

Résistance politique avec Ricardo Flores Magon, journaliste, anarchiste et révolutionnaire mexicain (1874-1922)

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Ricardo F. Magon et son frère Enrique

Nous allons publier une douzaine de textes de Magon qui ont pour la plupart l’avantage d’être courts dans un style puncheur rappelant la prose d’un autre grand militant anarchiste italien celui-là: Errico Malatesta.
En voici les deux premiers…
~ Résistance 71 ~

 

Je ne veux pas être tyran !

Ricardo Flores Magon*

1910

Je ne lutte pas pour un poste au gouvernement.

J’ai reçu des propositions de beaucoup de madéristes de bonne foi -car il y en a, et en assez grand nombre- pour que j’accepte un poste dans ce qu’on appelle le Gouvernement « provisoire », et le poste que l’on m’offre est celui de vice-président de la République. Avant tout, je dois dire que les gouvernements me répugnent. je suis fermement convaincu qu’il n’y a pas, qu’il n’y aura jamais de bon gouvernement. Tous sont mauvais, qu’ils s’appellent monarchies absolues ou républiques constitutionnelles. Le gouvernement c’est la tyrannie parce qu’il limite la libre initiative des individus et sert seulement à soutenir un état social impropre au développement intégral de l’être humain. Les gouvernements sont les gardiens des intérêts des classes riches et éduquées, et les bourreaux des saints droits du prolétariat. je ne veux donc pas être un tyran. je suis un révolutionnaire et le resterai jusqu’à mon dernier soupir. je veux être toujours aux côtés de mes frères, les pauvres, pour lutter avec eux, et non du côté des riches ni des politiciens, qui sont les exploitants des pauvres. Dans les rangs du peuple travailleur je suis plus utile à l’humanité qu’assis sur un trône, entouré de laquais et de politicards. Si le peuple avait un jour la très mauvaise idée de me demander d’être son gouverneur, je lui dirai: Je ne suis pas né pour être bourreau. Cherchez-en un autre !

Je lutte pour la liberté économique des travailleurs. Mon idéal est que l’homme arrive à posséder tout ce dont il a besoin pour vivre, sans qu’il ait à dépendre d’un quelconque patron, et je crois, comme tous les libéraux de bonne foi, qu’est arrivé le moment où nous, les hommes de bonne volonté, devons faire un pas vers la vraie libération, en arrachant la terre des griffes du riche, Madero inclus, pour la donner à son propriétaire légitime: le peuple travailleur. Dès qu’on aura obtenu cela, le peuple sera libre.

Mais il ne le sera pas s’il fait de Madero le Président de la République, parce que, ni Madero, ni aucun autre gouverneur, n’aura le courage de faire un pas dans ce sens et que s’il le faisait, les riches se soulèveraient et une nouvelle révolution suivrait la présente. Dans cette révolution, celle que nous sommes en train de contempler et celle que nous essayons de fomenter, nous devons enlever la terre aux riches.

= = =

Je ne veux pas être esclave !

Ricardo Flores Magon

1912

Note de R71: Il faut replacer ce texte dans son contexte politico-social de 1912. La révolution sociale a échoué là-bas comme ailleurs parce que la conjoncture politico-économique n’était pas propice. Elle l’est aujourd’hui mais les peuples n’ont plus de conscience politique affermie. De plus la révolution violente a historiquement montré ses limites. Il conviendra mieux de remplacer les institutions par les associations libres confédérées et créer la base de la société des sociétés, sans haine, ni armes, ni violence.

Camarades, Je ne veux pas être esclave ! crie le Mexicain, et, prenant le fusil, il offre au monde entier le spectacle grandiose d’une vraie révolution, d’une transformation sociale qui est en train de secouer les fondations mêmes du noir édifice de l’Autorité et du Clergé.

La présente révolution n’est pas la révolte mesquine de l’ambitieux qui a faim de pouvoir, de richesse et de commandement. Celle-ci est la révolution de ceux d’en bas; celle-ci est le mouvement de l’homme qui dans les ténèbres de la mine sentit une idée jaillir de son crâne et cria:  » Ce métal est à moi! « ; c’est le mouvement du péon qui, courbé sur le sillon, épuisé par la sueur de son front et les larmes de son infortune, sentit que sa conscience s’illuminait et cria:  » Cette terre est à moi, ainsi que les fruits que je lui fais produire! « ; c’est le mouvement de l’ouvrier qui, contemplant les toiles, les habits, les maisons, se rend compte que tout a été fait par ses mains et s’exclame ému: « Ceci est à moi! « ; c’est le mouvement des prolétaires, c’est la révolution sociale.

C’est la révolution sociale, celle qui ne se fait pas d’en haut vers le bas, mais d’en bas vers en haut; celle qui doit suivre son cours sans chefs et malgré les chefs; c’est la révolution du déshérité qui dresse la tête dans les festins des repus, réclamant le droit de vivre. Ce n’est pas la révolte vulgaire qui finit par le détrônement d’un bandit et la montée au pouvoir d’un autre bandit, mais une lutte de vie ou de mort entre les deux classes sociales: celle des pauvres et celle des riches, celle des affamés contre les satisfaits, celles des prolétaires contre les propriétaires, dont la fin sera, ayons foi en cela, la destruction du système capitaliste et autoritaire par la poussée formidable des courageux qui feront offrande de leur vie sous le drapeau rouge de Terre et Liberté !

Eh bien, cette lutte sublime, cette guerre sainte, qui a pour but de libérer le peuple mexicain du joug capitaliste, a des ennemis puissants qui, à tout prix et par tous les moyens, veulent empêcher son développement. La liberté et le bien-être – justes aspirations des esclaves mexicains – sont choses gênantes pour les requins et les vautours du Capital et de l’Autorité. Ce qui est bon pour l’opprimé est mauvais pour l’oppresseur. L’intérêt de la brebis est diamétralement opposé à celui du loup. Le bien-être et la liberté du Mexicain, de la classe ouvrière, signifie la disgrâce et la mort pour l’exploiteur et le tyran. C’est pour cela que lorsque le Mexicain met vigoureusement la main sur la loi pour détruire, et arrache des mains des riches la terre et les machines, des cris de terreur s’élèvent du camp bourgeois et autoritaire, et on demande que soient noyés dans le sang les généreux efforts d’un peuple qui veut son émancipation.

Le Mexique a été la proie de la rapacité d’aventuriers de tous les pays, qui se sont installés sur sa belle et riche terre, non pas pour faire le bonheur du prolétariat mexicain, comme le prétend continuellement le Gouvernement, mais pour exercer l’exploitation la plus criminelle qui ait existé sur la terre. Le Mexicain a vu passer la terre, les forêts, les mines, tout, de ses mains à celles des étrangers, ceux-ci appuyés par l’Autorité, et maintenant que le peuple fait justice de ses propres mains, désespéré de ne pouvoir la trouver nulle part, maintenant que le peuple a compris que c’est par la force et par lui-même qu’il doit retrouver tout ce que les bourgeois du Mexique et de tous les pays lui ont volé; maintenant qu’il a trouvé la solution au problème de la faim; maintenant que l’horizon de son avenir s’éclaircit et lui promet des jours de bonheur, d’abondance et de liberté, la bourgeoisie internationale et les gouvernements de tous les pays poussent le Gouvernement des Etats-Unis à intervenir dans nos propres affaires, sous le prétexte de garantir la vie et les intérêts des exploiteurs étrangers. Ceci est un crime ! C’est une offense à l’humanité, à la civilisation, au progrès ! On veut que quinze millions de Mexicains souffrent de la faim, des humiliations, de la tyrannie, pour qu’une poignée de voleurs vivent satisfaits et heureux !

Ainsi, le Gouvernement des États-Unis prête main forte à Francisco Madero pour étouffer le mouvement révolutionnaire, en permettant le passage des troupes fédérales par le territoire de ce pays, pour aller battre les forces rebelles, et exercer une persécution scandaleuse sur nous, les révolutionnaires, à qui on applique cette législation barbare qui a pour nom « lois de neutralité « . Eh bien : rien ni personne ne pourra arrêter la marche triomphale du mouvement révolutionnaire. La bourgeoisie veut la paix ? Elle n’a qu’à se convertir en classe ouvrière ! Ils veulent la paix ceux qui la font autoritairement ? Ils n’ont qu’à enlever leurs redingotes et empoigner, comme des hommes, la pelle et la pioche, la charrue et la bêche !

Parce que tant qu’il y aura inégalité, tant que quelques-uns travailleront pour que d’autres consomment, tant qu’existeront les mots bourgeoisie et plèbe, il n y aura pas de paix: il y aura guerre sans trêve, et notre drapeau, le drapeau rouge de la plèbe, continuera à provoquer la mitraille ennemie, soutenu par les braves qui crient: Vive Tierra y Libertad !

Au Mexique, les révolutions politiques sont passées à l’histoire. Les chasseurs de postes ne sont plus de ce temps. Les travailleurs conscients ne veulent plus de parasites. Les Gouvernements sont des parasites, c’est pour cela que nous crions : Mort au Gouvernement! Camarades, saluons notre drapeau.

Ce n’est pas le drapeau d’un seul pays, mais du prolétariat entier. Il contient toutes les douleurs, tous les supplices, toutes les larmes, ainsi que toutes les colères, toutes les protestations, toute la rage des opprimés de la Terre. Et ce drapeau ne renferme pas que des douleurs et des colères; il est le symbole de souriants espoirs pour les humbles et de tout un nouveau monde pour les rebelles. Dans les humbles demeures, le travailleur caresse la tête de ses enfants, rêvant ému que ces créatures vivront une vie meilleure que celle qu’il a vécue; ils ne traîneront plus de chaînes; ils n’auront plus besoin de louer leurs bras au bourgeois voleur, ni de respecter les lois de la classe parasitaire, ni les ordres des fripouilles qui se font appeler Autorité. Ils seront libres sans le patron, sans le curé, sans l’Autorité, l’hydre à trois têtes qui en ce moment, au Mexique, traquée, convulsée par la rage et la terreur, a encore des griffes et des crocs que nous libertaires lui arracherons pour toujours.

Voilà notre tâche frères de chaînes, écraser le monstre par le seul moyen qui nous reste : la violence ! L’expropriation par le fer, par le feu et par la dynamite !

Eh bien: cette lutte sublime, cette guerre sainte, qui a pour but de libérer le peuple mexicain du joug capitaliste, a des ennemis puissants qui, à tout prix et par tous les moyens, veulent empêcher son développement. La liberté et le bien-être – justes aspirations des esclaves mexicains – sont choses gênantes pour les requins et les vautours du Capital et de l’Autorité. Ce qui est bon pour l’opprimé est mauvais pour l’oppresseur. L’intérêt de la brebis est diamétralement opposé à celui du loup. Le bien-être et la liberté du Mexicain, de la classe ouvrière, signifie la disgrâce et la mort pour l’exploiteur et le tyran. C’est pour cela que lorsque le Mexicain met vigoureusement la main sur la loi pour détruire, et arrache des mains des riches la terre et les machines, des cris de terreur s’élèvent du camp bourgeois et autoritaire, et on demande que soient noyés dans le sang les généreux efforts d’un peuple qui veut son émancipation.

Le Mexique a été la proie de la rapacité d’aventuriers de tous les pays, qui se sont installés sur sa belle et riche terre, non pas pour faire le bonheur du prolétariat mexicain, comme le prétend continuellement le Gouvernement, mais pour exercer l’exploitation la plus criminelle qui ait existé sur la terre. Le Mexicain a vu passer la terre, les forêts, les mines, tout, de ses mains à celles des étrangers, ceux-ci appuyés par l’Autorité, et maintenant que le peuple fait justice de ses propres mains, désespéré de ne pouvoir la trouver nulle part, maintenant que le peuple a compris que c’est par la force et par lui-même qu’il doit retrouver tout ce que les bourgeois du Mexique et de tous les pays lui ont volé; maintenant qu’il a trouvé la solution au problème de la faim; maintenant que l’horizon de son avenir s’éclaircit et lui promet des jours de bonheur, d’abondance et de liberté, la bourgeoisie internationale et les gouvernements de tous les pays poussent le Gouvernement des Etats-Unis à intervenir dans nos propres affaires, sous le prétexte de garantir la vie et les intérêts des exploiteurs étrangers.

Ceci est un crime ! C’est une offense à l’humanité, à la civilisation, au progrès !

On veut que quinze millions de Mexicains souffrent de la faim, des humiliations, de la tyrannie, pour qu’une poignée de voleurs vivent satisfaits et heureux !

L’hypocrite bourgeoisie des États-Unis dit que nous, Mexicains, sommes en train de faire une guerre de sauvages. Ils nous appellent sauvages parce que nous sommes résolus à ne pas nous laisser exploiter ni par les Mexicains, ni par les étrangers, et parce que nous ne voulons pas de Présidents, ni blanc ni métis. Nous voulons être libres, et si un monde se met en travers de notre route, nous détruirons ce monde pour en créer un autre. Nous voulons être libres et si toutes les puissances étrangères se jettent sur nous, nous lutterons contre toutes ces puissances comme des tigres, comme des lions. je le répète, c’est une lutte de vie ou de mort. Les deux classes sociales sont face à face: les affamés d’un côté, de l’autre les satisfaits, et la lutte se terminera lorsque l’une des deux classes sera écrasée par l’autre. Déshérités, nous sommes les plus nombreux; nous triompherons !

En avant !

Nos ennemis tremblent; il faut être plus exigeants et plus audacieux; que personne ne se croise les bras : levez-vous tous ! Camarades !

Rien ne pourra parvenir à écarter les Mexicains du combat : ni la duperie du politicien qui promet monts et merveilles « après le triomphe », pour qu’on l’aide à prendre le Pouvoir : ni les menaces des sbires de ce pauvre clown qui s’appelle Francisco Madero, ni l’aide militaire des États-Unis. Cette lutte doit être menée jusqu’à son terme: l’émancipation économique, politique et sociale du peuple mexicain, qui se fera lorsqu’auront disparu de cette belle terre le bourgeois et l’Autorité, et flottera triomphant, le drapeau de Tierra y Libertad. Vive la Révolution Sociale !

(*) Ricardo Flores Magon (1874-1922) était un journaliste et activiste anarchiste mexicain, né à Oaxaca, influencé par les pensées de Bakounine, Reclus et surtout Kropotkine dont l’ouvrage “La conquête du pain” fut une grande source d’éveil politique pour lui. A partir des années 1910, il fut impliqué avec la révolution sociale mexicaine d’Emiliano Zapata et Pancho Villa. En exil aux Etats-Unis, il fut un farouche opposant à a première guerre mondiale. Il fut arrêté pour sédition et condamné à 20 ans de réclusion sous la loi scélérate contre “l’espionnage” de 1917. Il mourut des mauvaises conditions de sa détention sur sa santé fragile dans un pénitencier du Kansas en 1922 à l’âge de 48 ans.

Fragment de la voie du surpassement et de la lutte pour notre humanité réelle… « L’antéchrist » (Friedrich Nietzsche, 1888, version PDF)

Posted in actualité, pédagogie libération, philosophie, résistance politique with tags , , , on 18 septembre 2018 by Résistance 71

 

On pourrait tenter de résumer la philosophie, la pensée critique de Nietzsche, comme étant celle du dépassement ; de la mise à bas des artifices enchaînant l’humain pour que celui-ci puisse s’élever à sa véritable nature par delà le bien et le mal, par delà la morale établie en carcans religieux et philosophiques. Par sa récusation continuelle du carcan des lois, des obligations et des devoirs induits et anti-naturels, l’humain s’élève et transcende la condition où il est confiné par des idoles fictives et coercitives, qu’il s’est inventées et qu’on lui a également imposées.

Nietzsche nous incite à vouloir, parce que vouloir libère. Une des grandes étapes de la réconciliation entre le subjectif et l’objectif est de se libérer de l’illusion divine, car une fois débarrassé de “dieu et de sa morale”, l’humain retrouve sa solitude primordiale, il n’a plus de maître. En cela il proclame haut et fort, à l’instar de Max Stirner, le “je” non pas dans le sens égoïstico-maniaque, mais tel qu’il doit se constituer lui-même, dans une quête du devenir par delà le bien et le mal, affranchi de toute morale fictive. La Nature ne reconnaît ni bien ni mal, elle ne reconnaît que l’être et est amorale par essence. De fait, toute morale ne peut être que contre-nature, puisque la nature vue par le prisme religieux, est la source du pêché.

Albert Camus disait: “Pour Nietzsche, [à l’inverse de Marx,] la nature est ce à quoi on obéit pour subjuguer l’histoire.” Voilà qui ne serait sans doute pas désavoué par la pensée organique des peuples premiers de tous les continents.

La pensée de Nietzsche dresse l’humain contre les fléaux principaux de l’esprit qui minent la volonté de dépassement, de franchissement, de lâcher-prise, elle même menant à une surhumanité inhérente: la religion, la morale et l’État. En cela, la philosophie de Nietzsche est la philosophie la plus anti-hégélienne qui soit.

Avec Zarathoustra, Nietzsche a ironiquement mis en scène le prêcheur anti-religieux et anti-étatique, avec son “Antéchrist” (que Nietzsche établit être le christianisme lui-même…) que nous reproduisons ici sous format pdf, il détruit pièce par pièce le christianisme, fléau de l’humanité et ce afin que l’humain aboutisse à une humanité supérieure à qui la tâche de gouverner la terre incombera, par delà le bien et le mal. Bonne lecture !

~ Résistance 71 ~

Friedrich-Nietzsche_L’Antéchrist_1888

Version PDF réalisé par Jo de JBL1960

~ On sait ce que j’exige du philosophe : de se placer par-delà le bien et le mal, — de placer au-dessous de lui l’illusion du jugement moral.
[…] Le jugement moral a cela en commun avec le jugement religieux de croire à des réalités qui n’en sont pas. La morale n’est qu’une interprétation de certains phénomènes, mais une fausse interprétation.
C’est ce que l’Église a compris : elle a perverti l’homme, elle l’a affaibli, — mais elle a revendiqué l’avantage de l’avoir rendu « meilleur ».
[…] Le christianisme admet que l’homme ne sache point, ne puisse point savoir ce qui est bon, ce qui est mauvais pour lui : il croit en Dieu qui seul le sait. La morale chrétienne est un commandement ; son origine est transcendante ; elle est au-delà de toute critique, de tout droit à la critique ; elle n’a de vérité que si Dieu est la vérité,— elle existe et elle tombe avec la foi en Dieu.
~ Friedrich Nietzsche, “Le crépuscule des idoles”, 1888 ~


A. Camus, et la pensée de Nietzsche

 

Introduction à la philosophie de Friedrich Nietzsche

tirée de “L’homme révolté” d’Albert Camus, dans la partie “La révolte métaphysique”, 1951

Compilation R71, septembre 2018

Pour introduire la philosophie de Nietzsche, nous laisserons donc la parole à celui qui en a sans doute le mieux parlé, Albert Camus. De fait, nous conseillons même de lire ce sous-chapitre de ‘L’homme révolté” dans sa totalité (environ 20 pages) avant de lire tout écrit du philosophe allemand, qui est sans aucun doute le philosophe le plus mal compris de l’histoire de la philosophie. Camus aide grandement à ne pas faire les erreurs d’interprétation qui pourraient subvenir à la lecture de celui qui pratiquait la philosophie au marteau.
~ Résistance 71 ~

“Nous nions dieu, nous nions la responsabilité de dieu, c’est seulement ainsi que nous délivrerons le monde.” Avec Nietzsche, le nihilisme semble devenir prophétique… En lui, pour la première fois, le nihilisme devient conscient.
[…] La première démarche de Nietzsche est ainsi de consentir à ce qu’il sait. L’athéisme, pour lui, va de soi. Il est “constructif et radical.” On sait que Nietzsche enviait publiquement à Stendhal sa formule: “La seule excuse de dieu c’est qu’il n’existe pas.” […] Le monde ne peut être jugé. Tout jugement de valeur porté sur lui finalement aboutit à la calomnie de la vie. […] Nietzsche accepte le fardeau entier du nihilisme et de la révolte. […] Il n’a donc pas formulé une philosophie de la révolte, mais édifié une philosophie sur la révolte.
[…] Le royaume des cieux est immédiatement à notre portée. Il n’est qu’une disposition intérieure qui nous permet de mettre nos actes en rapport avec des principes et qui peut nous donner la béatitude immédiate. Non pas la foi, mais les œuvres, voilà, selon Nietzsche, le message du Christ. A partir de là, l’histoire du christianisme n’est qu’une longue trahison de ce message. Le Nouveau Testament est déjà corrompu et, de Paul aux Conciles, le service de la foi fait oublier les œuvres.
Quelle est la corruption profonde que le christianisme ajoute au message de son maître ? L’Idée du jugement, étrangère à l’enseignement du Christ et les notions corrélative de châtiment et de récompense.
[…] “Qu’est-ce que le Christ nie ? Tout ce qui porte à présent le nom de chrétien.”
[…] “Tout individu collabore à tout l’être cosmique, que nous le sachions ou non, que nous le voulions ou non.” […] Seule, la terre “grave et souffrante” est vraie, de même que cet Empédocle qui se précipitait dans l’Etna pour aller chercher la vérité là où elle est, dans les entrailles de la terre, Nietzsche proposait à l’Homme de s’abîmer dans le cosmos pour retrouver sa divinité éternelle et devenir lui-même Dyonisos.
[…] Dans l’histoire de l’intelligence, exception faite pour Marx, l’aventure de Nietzsche n’a pas d’équivalent, nous n’aurons jamais fini de réparer l’injustice qui lui a été faite. On connait sans doute des philosophies qui ont été traduites et trahies dans l’histoire. Mais jusqu’à Nietzsche et au national-socialisme, il était sans exemple qu’une pensée tout entière éclairée par la noblesse et les déchirements d’une âme exceptionnelle ait été illustrée aux yeux du monde par une parade de mensonges et par l’affreux entassement des cadavres concentrationnaires.
[…] Puisque le salut de l’Homme ne se fait pas en dieu, il doit se faire sur la terre. Puisque le monde n’a pas de direction, l’Homme, à partir du moment où il l’accepte, doit lui en donner une, qui aboutisse à une humanité supérieure.

[…]


“La tâche de gouverner la terre va nous échoir.”

Résistance au colonialisme: La Fin de Sion (Gilad Atzmon)

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 17 septembre 2018 by Résistance 71

“La seule excuse de dieu, c’est qu’il n’existe pas.”
~ Stendhal ~

“ ‘La meilleure façon de contrôler l’opposition est de la mener nous-mêmes’ disait déjà Lénine dans sa vision politique subversive et ‘1984’ d’Orwell en a fourni un exemple fictif, celui d’un appareil politique dans lequel cette vision est mise en pratique… Dans ‘1984’, la tyrannie du politiquement correct restreint le discours et arrête net les gens de voir qu’Emmanuel Goldstein n’est pas vraiment un ‘ennemi de l’État’, mais que lui-même, n’est qu’un symptôme de la maladie. Et n’est-ce pas aussi le politiquement correct pur et simple, qui nous empêche de jamais mentionner le fait que le protagoniste, personnage de Goldstein, est lui-même, juif ?…”
~ Gilad Atzmon, “Being in Time”, 2017 ~

La fin de Sion

 

Gilad Atzmom

 

12 septembre 2018

 

url de l’article:

https://www.gilad.co.uk/writings/2018/9/12/the-end-of-zion

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Avant la nouvelle année juive, Rosh Hashana, les Hébreux sont ordonnés de faire une évaluation de leur position vis à vis du monde. Haaretz, le journal des soi-disants “Israéliens qui pensent”, a suivi cette Mitzvah, sondant les juifs israéliens sur leurs attitudes vis à vis du fait d’être juif, du judaïsme, de dieu et du “juif”.

Le dieu juif

Le dieu juif est, sans l’ombre d’un doute, une spectaculaire invention. Il ou elle a été inventé(e) par les juifs pour les aimer tout particulièrement. Le dieu juif est un personnage jaloux et vengeur. Il prend part à des projets génocidaires, utilisant des armes de destruction massive chimiques et biologiques comme pourrait en témoigner les anciens égyptiens. Il est évident que le dieu juif n’aurait aucune chance devant le TPI de La Haye, mais les juifs semblent aimer leur dieu et le plus sûrement ont peur de leur propre invention.

On pourrait bien entendu se demander pourquoi les juifs ont-ils inventé une déité si antipathique ; ne pouvaient-ils pas au contraire, contempler un père magnanime et sympathique ? Initialement, le sionisme était un mouvement nationaliste séculier juif qui essaya de séparer les juifs de leur méchant dieu, d’en faire un peuple sage. Ceci présent à l’esprit, il est fascinant d’examiner ce qui manquait à la “promesse” séculière sioniste.

Pas grand chose apparemment.

D’après le sondage de Haaretz “54% des juifs israéliens croient en dieu et un autre 21 % acceptent l’existence d’une puissance supérieure indéfinie autre que dieu”. Un sondage publié par Pew Research il y a quelques mois trouva que 56% des Américains croient au dieu original de la bible et 23% de plus croient en une force supérieure. Notons quand même qu’à l’encontre du dieu juif, le dieu américain est en majorité chrétien, gentil et miséricordieux.

Le sondage d’Haaretz révèle la relation très étroite entre la politique de droite et le judaïsme. 78% des Israéliens de droite croient en dieu. Seulement 15% des Israéliens de gauche croient en dieu. Ceci veut dire qu’alors qu’Israël devient de plus en plus religieuse, la destinée de la gauche israélienne est scellée. Ceci n’est pas du tout surprenant. La “gauche” est une attitude universelle. Le judaïsme est un concept tribal, le tribal et l’universel sont comme l’huile et l’eau, ils ne se mélangent pas. La gauche israélienne est destinée à mourir en assumant qu’elle n’est pas déjà morte.

L’exclusivité juive

Le sondage révèle qu’”un peu plus de la moitié des juifs israéliens croient que leur droit à la terre d’Israël provient de l’accord divin avec dieu dans la bible.” Je pense que ça ne laisse pas beaucoup d’espoir pour la paix. “56% croient que le peuple juif est le peuple élu de dieu.” Ce qui laisse encore moins d’espoir pour la paix. Et pour bien retirer tout espoir de paix et de possibilité d’une résolution paisible dans un futur proche, Haaretz révèle que “79% des israéliens de droite croient que dieu a choisi les juifs… 74% des gens de droite croient qu’Israël a reçu de dieu un titre de propriété sur la terre d’Israël.

La vaste majorité des Israéliens semblent adhérer à une notion judaïque très rigide du fait “d’être choisis” qui se traduit par la légitimité sur la terre de quelqu’un d’autre. (NdT: notons au passage ici que cette notion est très vivace chez les Yankees et qu’elle a aussi été gravée dans le marbre de la loi au moyen de la décision de la Cour Suprême des Etats-Unis dans l’affaire de Johnson c. McIntosh de 1823… L’exceptionnalisme et la destinée manifeste de son peule élu de dieu ne fait pas non plus de doute outre-Atlantique…)

Je me demande ce que les 13% d’Israéliens “de gauche” qui se voient également “choisis de dieu”, pensent ce qu’est réellement l’idéologie de gauche ?… La justice sociale est-elle “seulement pour les juifs et non pas pour le grand nombre” ?

La déité juive

Dans mon dernier livre “Being in Time”, j’argumente qu’une étude culturelle des juifs et de leurs nombreux préceptes religieux (judaï-sme, athé-isme, sion-isme, holocaust-isme, interventionn-isme moral, tout-isme etc…) révèle que les religions juives peuvent être caractérisées comme un ensemble d’idées facilitant la justification de la propriété sur la terre. L’holocauste, que quelques érudits et universitaires juifs pensent être la plus populaire des religions juives, est attachée à une liste de faits acquis d’ordre culturel, politique et bien entendu financier. Le sionisme, une autre religion très populaire juive, tient pour acquis que ce fut le “dieu d’Israël” qui a promis la Palestine au peuple choisi, élu.

Mais le droit juif à la terre n’est pas juste une attitude israélienne ou sioniste. Quand les juifs anti-sionistes font valoir leurs positions politiques, ils déclarent d’abord leur unique “droit de propriété” avec leurs croyances.

“En tant que juifs, nous sommes ici pour kosheriser le mouvement de solidarité aux Palestiniens.” Bon nombre des mêmes juifs qui ont “légitimé” la plaidoirie palestinienne, sont très occupés de nos jours à donner une validation kosher à Jeremy Corbyn (NdT: leader du parti travailliste/socialiste britannique). De manière générale, le droit de la gauche juive a été exercé en distribuant des “coups de tampon kosher” à ceux qui dépeignent les “juifs” sous une lumière humaine et positive.

Israël semble être divisée sur des affaires religieuses mais l’affaire est pourtant assez simple et directe. Avec 51% des personnes sondées croyant que le droit juif à la terre d’Israël a ses racines dans a promesse de dieu, la réconciliation régionale n’est probablement pas le prochain projet émergeant du “pipeline”.

Darwin n’a pas fait son Aliya

Le sondage suggère qu’Israël est séparée géographiquement et culturellement: “85% des Jérusalémites croient en dieu, comparé à seulement 44% à Tel Aviv et dans la région centrale. Seulement un quart des juifs israéliens observent le Shabbat, mais 66% le maintiennent à Jérusalem comparé à seulement 15% à Tel Aviv ou Haïfa. 37% ne croient pas que les humains et les primates ont un ancêtre commun, résultat troublant, mais à Jérusalem les anti-darwiniens jouissent d’une majorité absolue à 81% tandis qu’à Tel Aviv ils sont une minorité à “seulement” 27%.

Israel devient “plus juive”

Haaretz note que “les différences les plus notoires sont générationnelles. En Israël en 2018, les plus jeunes juifs auront tendance à être plus religieux, plus conservateurs et à vouloir imposer plus leurs croyances aux autres. 65% de la population laisseraient les supermarchés et commerces ouverts le jour du Shabbat, mais cette position n’est soutenue que par seulement 51% des gens entre 18 et 24 ans, en comparaison avec 84% pour les 65 ans et plus…

Haaretz fait remarquer que le glissement religieux vers les jeunes israéliens “se tient en contraste marqué avec ce qu’il se passe aux Etats-Unis et en Europe occidentale où les jeunes de ce millénaire larguent la religion en grand nombre.” En Israël, “les jeunes juifs vont à shul deux fois plus que leurs parents et grands-parents, tandis qu’aux Etats-Unis et en Europe c’est l’inverse qui est vrai.” En d’autres termes, “Israël devient plus juive, du moins à l’heure actuelle”.

Ces résultats indiquent qu’Israël s’écarte de la sagesse. Le sionisme a promis de moderniser et de civiliser les juifs au moyen du “retour à la terre promise”, mais l’état juif a réalisé exactement l’inverse. Alors qu’Israël s’est transformée en un ghetto obscurantiste et oppresseur entouré d’énormes murs de béton, c’est en fait les jeunes juifs de la diaspora qui creusent ce ghetto et le renforcent.

 

Darwinisme et biologie sociale…. Rétablir la réalité avec une pensée critique sur l’évolution de l’Homme (Kropotkine et Darwin)

Posted in actualité, documentaire, média et propagande, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 17 septembre 2018 by Résistance 71

Pensée critique sur l’évolution de l’homme et le darwinisme

Pierre Kropotkine

Tirées d’écrits de Pierre Kropotkine publiés en Angleterre entre 1910 et 1915 sur sa pensée de l’évolution humaine et du darwinisme. Ces écrits furent publiés dans “the “Nineteenth Century and After”.

Nous avons traduits ces extraits d’une compilation réalisée par George Woodcock en 1995 dans la seconde partie de son livre “Evolution and Environment” chez Pierre Kropotkine. (éditions Black Rose Books). Dans ce recueil de pensées, Kropotkine analyse la pensée de Darwin sur l’évolution de l’Homme et la sélection naturelle et se lamente que bien des biologistes et socio-biologistes ne peuvent pas le démarquer du malthusianisme latent alors même qu’il avait reconnu que son hypothèse sur la survie du plus apte fondé sur la compétition naturelle, n’avait pas la validité escomptée. Laissons-lui la parole, celle de la voie du milieu dans laquelle Kropotkine excellait.

~ Résistance 71 ~ septembre 2018 ~

[…] Il n’y a pas le moindre doute sur le fait que l’hésitation de bien des biologistes à reconnaître la sociabilité et l’entraide comme une caractéristique fondamentale de la vie animale est due à la contradiction qu’ils voient entre une telle reconnaissance et la dure lutte pour la survie énoncée par Malthus, qu’ils considèrent comme le fondement même de la théorie darwinienne de l’évolution ; alors même qu’on leur rappelle que Darwin lui-même dans son second ouvrage “La filiation de l’Homme”, avait reconnu la valeur dominante de la sociabilité et des sentiments de “sympathie” dans la préservation des espèces ; ils ne peuvent pas réconcilier cette assertion avec la partie que Darwin et Wallace assignaient à la lutte individuelle malthusienne pour des avantages individuels dans leur théorie de la sélection naturelle.

[…] Darwin savait parfaitement que que sa sélection naturelle n’était qu’une HYPOTHESE et que pour être acceptée comme théorie, elle devait passer deux tests: sa capacité à expliquer un grand nombre de faits, incluant les cas difficiles et une certaine preuve à montrer que les processus auxquels elle faisait appel se produisent vraiment dans la Nature. Ainsi, quand on étudie son travail et sa correspondance, on est frappé par le mal de chien qu’il s’est donné pour tester la valeur de la sélection naturelle comme hypothèse capable d’expliquer la plus grande variété imaginable de faits biologiques et les problèmes les plus complexes rencontrés par l’évolution.

[…] Cette lettre [réponse de Darwin au biologiste George Lewes], écrite en 1868, est très instructive. Elle montre que Darwin distinguait déjà deux parties différentes dans le processus d’adaptation. Les facteurs extérieurs, par leur action directe sur une plante, produisent les commencements d’organes adaptés, des épines élémentaires, dues à l’avortement des lobes des feuilles.

[…] Une lettre de Darwin au géologue Moritz Wagner en 1868 est importante sous un autre aspect. Dans cette lettre il admettait franchement qu’il avait sous-estimé le facteur lamarckien, l’action directe de l’environnement:

A mon avis, la plus grande erreur que j’ai commise a été de ne pas envisager un poids suffisant de l’action directe de l’environnement comme par exemple la nourriture, le climat etc, indépendamment de la sélection naturelle. Des modifications ainsi causées qui ne sont ni à l’avantage ni au désavantage de l’organisme modifié, seraient spécifiquement favorisées, comme je peux le voir maintenant au travers de vos observations importantes, par l’isolation dans une endroit restreint où seuls quelques individus des espèces vivaient dans des conditions pratiquement uniformes. Lorsque j’ai écrit “L’origine de l’espèce” et quelques années après, Je n’ai pu trouver que de minces preuves pour une action directe de l’environnement alors que maintenant il y a un très vaste corps de preuves et votre cas de Saturna est un des plus remarquables qu’il m’ait été donné d’entendre (dans “Vie et correspondance”)

= = =

De la filiation de l’Homme (extraits), Charles Darwin, seconde édition 1874

Sur le concept de coopération, de sympathie et d’entraide

Chapitre V.

“[…] Les hommes primitifs, ou nos ancêtres simio-humains, n’ont pu devenir sociables qu’après avoir acquis les sentiments instinctifs qui poussent certains autres animaux à vivre en société ; ils possédaient, sans aucun doute, ces mêmes dispositions générales. Ils devaient ressentir quelque chagrin lorsqu’ils étaient séparés de leurs camarades pour lesquels ils avaient de l’affection ; ils devaient s’avertir mutuellement du danger et s’entr’aider en cas d’attaque ou de défense. Ces sentiments impliquent un certain degré de sympathie, de fidélité et de courage. Personne ne peut contester l’importance qu’ont, pour les animaux inférieurs, ces diverses qualités sociales ; or il est probable que, de même que les animaux, les ancêtres de l’homme en sont redevables à la sélection naturelle jointe à l’habitude héréditaire.

[…] Et d’abord, à mesure qu’augmentent la raison et la prévoyance des membres de la tribu, chacun apprend bientôt par expérience que, s’il aide ses semblables, ceux-ci l’aideront à leur tour. Ce mobile peu élevé pourrait déjà faire prendre à l’individu l’habitude d’aider ses semblables. Or la pratique habituelle des actes bienveillants fortifie certainement le sentiment de la sympathie, laquelle imprime la première impulsion à lu bonne action. En outre, les habitudes observées pendant beaucoup de générations tendent probablement à devenir héréditaires. […] “

De la conclusion de la seconde édition de “La filiation de l’Homme” de Charles Darwin, 1874:

“Le développement des qualités morales est un problème plus intéressant et plus difficile. Leur base se trouve dans les instincts sociaux, expression qui comprend les liens de la famille. Ces instincts ont une nature fort complexe, et, chez les animaux inférieurs, ils déterminent des tendances spéciales vers certains actes définis ; mais les plus importants de ces instincts sont pour nous l’amour et le sentiment spécial de la sympathie. Les animaux doués d’instincts sociaux se plaisent dans la société les uns des autres, s’avertissent du danger, et se défendent ou s’entr’aident d’une foule de manières. Ces instincts ne s’étendent pas à tous les individus de l’espèce, mais seulement à ceux de la même tribu. Comme ils sont fort avantageux à l’espèce, il est probable qu’ils ont été acquis par sélection naturelle.

[…]

Le désir d’aider les membres de leur communauté d’une manière générale, mais, plus ordinairement, le désir de réaliser certains actes définis, entraîne les animaux sociables. L’homme obéit à ce même désir général d’aider ses semblables, mais il n’a que peu ou point d’instincts spéciaux. Il diffère aussi des animaux inférieurs, en ce qu’il peut exprimer ses désirs par des paroles qui deviennent l’intermédiaire entre l’aide requise et accordée. Le motif qui le porte à secourir ses semblables se trouve aussi fort modifié chez l’homme ; ce n’est plus seulement une impulsion instinctive aveugle, c’est une impulsion que vient fortement influencer la louange ou le blâme de ses semblables. L’appréciation de la louange et du blâme, ainsi que leur dispense, repose sur la sympathie, sentiment qui, ainsi que nous l’avons vu, est un des éléments les plus importants des instincts sociaux.

[…]

Néanmoins les bases ou l’origine du sens moral reposent dans les instincts sociaux, y compris la sympathie, instincts que la sélection naturelle a sans doute primitivement développés chez l’homme, comme chez les animaux inférieurs.

Voici ce que disait Nietzsche du darwinisme dans son « Crépuscule des idoles », 1888:

« Pour ce qui en est de la fameuse « Lutte pour la Vie », elle me semble provisoirement plutôt affirmée que démontrée. Elle se présente, mais comme exception ; l’aspect général de la vie n’est point l’indigence, la famine, tout au contraire la richesse, l’opulence, l’absurde prodigalité même, — où il y a lutte, c’est pour la puissance… Il ne faut pas confondre Malthus avec la nature. — En admettant cependant que cette lutte existe — et elle se présente en effet, — elle se termine malheureusement d’une façon contraire à celle que désirerait l’école de Darwin, à celle que l’on oserait peut-être désirer avec elle : je veux dire au détriment des forts, des privilégiés, des exceptions heureuses. Les espèces ne croissent point dans la perfection : les faibles finissent toujours par se rendre maîtres des forts — c’est parce qu’ils ont le grand nombre, ils sont aussi plus rusés… Darwin a oublié l’esprit (— cela est bien anglais !), les faibles ont plus d’esprit… »

= = =

Lectures complémentaires:

Manifeste pour la Société des Sociétés

David Graber Fragments Anthropologiques pour Changer l’histoire de l’humanité

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Résistance politique: La vérité sur le Nouvel Ordre Mondial chinois (James Corbett et Luke Rudkowski)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, chine colonialisme, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 16 septembre 2018 by Résistance 71

Résistance 71

 

16 septembre 2018

 

Excellente vidéo d’un dialogue entre deux « pointures » de la dissidence non-contrôlée (et ces gens sont rares de nos jours…), que nous suivons depuis plus de 10 ans: Luke Rudkowski de WeAreChange.org et James Corbett du CorbettReport.com qui débattent que le rôle de la Chine dans le Nouvel Ordre Mondial.

En une vingtaine de minutes, ils abordent les sujets suivants, que nous avons aussi abordé il y a plusieurs années dans différents articles:

La vidéo est en anglais, durée 23 minutes qui ne font que confirmer ce que nous avons également dit ici même.

https://www.bitchute.com/video/2A5txSbuYr4/