Archive pour mai, 2018

Etienne de la Boétie « Discours de la Servitude Volontaire » (version pdf)

Posted in actualité, altermondialisme, démocratie participative, guerres imperialistes, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 31 mai 2018 by Résistance 71

 

 

Résistance 71

 

31 mai 2018

 

Nous avons demandé à Jo de JBL1960 de nous faire un pdf à publier du « Discours de la Servitude Volontaire » d’Étienne de la Boétie, texte du XVIème siècle toujours tant d’actualité parce que sans doute rien n’a vraiment changé et seule l’illusion de « démocratie » règne depuis 1789 afin de maintenir le consensus du statu quo oligarchique. Voici donc ce texte à (re)lire et à diffuser sans aucune modération…

Discours de la Servitude Volontaire La Boetie 1548

 

Résistance politique: Union et solidarité contre le terrorisme d’état !…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société libertaire, syndicalisme et anarchisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 31 mai 2018 by Résistance 71


Pour la société des sociétés

 

Le gouvernement se radicalise, radicalisons nos solidarités !

 

Groupe anarchiste Salvador-Segui

 

28 mai 2018

 

Source: 

https://salvador-segui.org/2018/05/24/radicalisons-nos-solidarites/

 

Depuis plusieurs semaines maintenant, les cheminots ont engagé un rapport de force historique avec le gouvernement et la Direction de la SNCF contre le projet qui vise à achever ce qu’il reste du service public ferroviaire tout en passant au crible le statut cheminot. La classe politique au pouvoir ne s’embarrasse même plus de son image pseudo-progressiste, attachée au dialogue social et vient de réaffirmer sa détermination à passer en force sur cette réforme. Pour autant, la mobilisation est visiblement loin de faiblir ! Il faut dire qu’au cours de cette première année de présidence macronienne, les coups n’ont cessé de pleuvoir sur les travailleurs comme sur les plus précaires. Ordonnances de la loi Travail, réforme de l’assurance chômage, baisse des APL, réforme de l’ISF, loi ORE, casse du système public ferroviaire, la liste a de quoi donner des sueurs froides à quiconque connaît la dure réalité du système capitaliste.

Pour autant, des foyers de lutte existent et doivent être soutenus. Bien sûr chez les cheminots. La tactique éculée de stigmatisation de ces derniers peine à prendre, et ce, au grand dam des politiques et des patrons. Au contraire, la solidarité en acte, elle, est bel et bien là ! Des caisses de grève se sont multipliées et ont atteint des sommes astronomiques, signe d’une détermination fleurissante chez les travailleurs et travailleuses à stopper un gouvernement embarqué, depuis son arrivée au pouvoir, dans une frénésie libérale de casse sociale. À la poste, nombre de secteurs sont également entrés dans la lutte. La contestation avait également gagné les lycées et les universités, étudiants et professeurs, contre la loi ORE, jusqu’à ce que ceux-ci subissent la répression violente de l’État.

Récemment, les médias n’ont pas manqué de monter en épingle certaines « violences » qui ont émaillées la manifestation du 1er Mai. S’il apparait difficile de soutenir cette violence tous azimuts et systématique dans les cortèges, surtout lorsque celle-ci se fait au détriment des autres formes de mobilisation, ne nous y trompons pas : elle n’est que l’expression d’une violence plus quotidienne et insidieuse, une violence économique, politique et sociale structurée et entretenue, main dans la main, par les systèmes étatique et capitaliste. Cette violence c’est celle des mesures gouvernementales qui rognent un par un tous les acquis sociaux des travailleurs, c’est celle des licenciements qui se succèdent au nom de la « compétitivité », c’est celle des forces policières qui protègent les intérêts du patronat à coup de matraques, c’est celle d’un gouvernement qui, au fil des réformes conduites et annoncées, se radicalise, réprimant à tout va et passant systématiquement en force ses mesures.

Aujourd’hui, il nous faut organiser et ancrer les luttes là où elles émergent et sont prêtes à grandir. Nos victoires locales, pourront servir de modèles à d’autres, pour se déployer avec le concours de toutes celles et tous ceux prêts à se battre. Il nous faut soutenir les luttes en cours, à la hauteur de nos moyens individuels ou de nos organisations ; entretenir et développer nos liens de solidarité. Ainsi, nous pourrons favoriser la prise de conscience de ce système d’exploitation capitaliste. Ainsi nous pourrons contrer ce système politique centralisateur et autoritaire. De là pourront se créer les nouvelles institutions, par le maîtrise des travailleurs à la base.

Notre première ambition doit être la suivante : nous réapproprier les services publics pour les rendre accessibles à toutes et tous : ces services doivent être de qualité, tendre à la gratuité ; il faut que leur gestion passe aux mains des collectifs des travailleurs regroupés en syndicat ou structure de classe, seuls capables de contrôler et d’organiser la production avec les usagers des secteurs concernés, et ce, à la hauteur des besoins de tous et de chacun. Par extension, la gestion d’un quartier, d’une commune, doit se faire sur une base égalitaire et doit permettre à toutes et à tous de bénéficier des services municipaux indispensables.

= = =

Lectures complémentaires:

Manifeste pour la Société des Sociétés

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

Manifeste contre le travail

Un monde sans argent: le communisme

Inevitable_anarchie_Kropotkine

L’anarchie pour la jeunesse

Errico_Malatesta_écrits_choisis

petit_precis_sur_la_societe_et_letat

Appel au Socialisme (PDF)

Guerre impérialiste en Syrie: Stratégie russe contre propagande occidentale…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, canada USA états coloniaux, colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 31 mai 2018 by Résistance 71

Le décryptage de l’opération du 28 mai 2018 en Syrie

 

Press TV

 

30 mai 2018

 

url de l’article en français:

http://www.presstv.com/DetailFr/2018/05/30/563366/Syrie-fin-de-lalliance-iranorusse

 

Israël et l’Arabie saoudite s’échinent pour saper l’alliance russo-iranienne en Syrie, avec en toile de fond la volonté d’empêcher l’armée syrienne d’en finir avec les terroristes dans le Sud.

Quatre conseillers militaires russes ont été tués et trois autres blessés dans la province de Deir ez-Zor le 27 mai dernier, alors qu’un convoi militaire de l’armée syrienne traversait l’Euphrate.

Quatre jours plus tôt, le 23 mai, Daech avait attaqué de façon similaire l’armée gouvernementale non loin de la ville stratégique d’al-Mayadin, située dans le triangle frontalier Syrie/Irak/Jordanie. Après l’attaque, Amaq, l’agence de presse liée à Daech, a annoncé, là aussi, la mort de 23 soldats « syriens et russes ».

Quelques jours avant l’attaque du 27 mai, orchestrée visiblement par FDS interposées depuis la base américaine d’al-Tanf, la Russie a lancé un appel : elle a demandé le retrait de toutes les forces étrangères (amis et adversaires) du Sud syrien, voire de toute la Syrie, alors qu’un dialogue se déroule entre Russes d’une part et Jordaniens et Américains de l’autre sur le statut des régions du Sud.

Est-ce la fin de l’alliance Iran/Russie en Syrie ? Oui à en croire les presses israélienne et arabe. Selon Haaretz, « la Russie envisage de retirer les forces iraniennes de la frontière israélo-syrienne », car elle craint que les frappes d’Israël en Syrie finissent par miner le régime d’Assad. Le journal va encore plus loin en affirmant que Moscou « pourrait accepter de déplacer les pro-Iraniens à 60 kilomètres de la frontière israélienne ».

Et Haaretz d’ajouter : « Le changement de position de la Russie s’est produit au lendemain de l’affrontement militaire du 10 mai entre Israël et l’Iran en Syrie, dans la mesure où Moscou craint que d’autres mesures israéliennes ne menacent la stabilité du régime du président syrien Bachar al-Assad. »

En d’autres termes, Israël a fait peur à la Russie et a fini par briser en éclats l’une des alliances les plus efficaces et les plus porteuses d’espoir de l’histoire récente pour la Russie, alliance qui lui avait ouvert grand les portes du Moyen-Orient.

La thèse est pour autant absurde à un double titre :

1. La Russie n’a aucun moyen d’empêcher la présence de l’Iran en Syrie ou d’enjoindre aux conseillers militaires iraniens comment se positionner. Le gouvernement syrien n’aura aucun intérêt non plus à se détacher de son meilleur allié, l’Iran, venu à son secours avant l’arrivée de la Russie, et qui continuera à l’appuyer tant que la Syrie n’aura pas recouvré une souveraineté pleine et entière sur l’ensemble de son territoire. Si la Russie devait choisir entre l’Iran et Israël, sa décision serait probablement et en toute logique en faveur du premier et contre le second, tant est incontournable la place de l’Iran sur l’échiquier eurasiatique.

2. L’Iran a déjà annoncé qu’il ne participerait pas à la prochaine opération de Deraa dans le sud-ouest de la Syrie et l’ambassadeur iranien en Jordanie, Mojtaba Ferdowsi, l’a confirmé. Or l’annonce iranienne a été ignorée à dessein par les médias mainstream qui ont préféré se focaliser sur les appels russes au retrait des forces étrangères de la Syrie… sans comprendre le subtil manège irano-russe :

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a utilisé la décision iranienne pour offrir un marché aux États-Unis : seules les troupes de l’armée syrienne devront être à la frontière sud du pays avec la Jordanie et Israël. « Bien sûr, le retrait de toutes les forces non syriennes doit se faire sur une base mutuelle, cela devra être donnant donnant », a déclaré le ministre russe. Les États-Unis disposent de la base frontalière d’al-Tanf, située sur le triangle frontalier de la Syrie, de la Jordanie et de l’Irak. Lors de la même conférence de presse qui s’est tenue lundi, Lavrov a accusé les États-Unis de cacher les forces de Daech dans un camp de réfugiés voisin. Quand Lavrov a déclaré que « le retrait de toutes les forces non syriennes doit être effectué sur une base mutuelle », il offrait le retrait iranien (déjà annoncé) du sud-ouest de la Syrie en échange d’un retrait US d’al-Tanf dans le Sud-Est…

Nouvel Ordre Mondial et changement de coquille de l’empire « Bernard » (suite…)

Posted in actualité, canada USA états coloniaux, chine colonialisme, colonialisme, crise mondiale, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 30 mai 2018 by Résistance 71

Bien entendu cette info passe à la trappe des merdias de base, mais on touche là le cœur de l’affaire du « changement ce coquille » du Bernard l’Ermite impérialiste: la mort programmé du pétrodollar et le glissement de l’empire vers sa coquille sino-sympathique et compatible…
~ Résistance 71 ~

 

L’usage du yuan dans les relations irano-chinoises renforcera les relations bilatérales

 

Press TV

 

29 mai 2018

 

Source:

http://www.presstv.com/DetailFr/2018/05/29/563295/Iran-Chine-Angela-Merkel-reseau-bancaire-independant-Etats-Unis-Trump 

 

Selon un quotidien taïwanais, « les transactions pétrolières qui se font par la monnaie nationale chinoise aboutiront à l’essor des relations irano-chinoises ».

Le journal taïwanais Taipei Times a indiqué, dans un article publié le mardi 29 mai, que la multiplication des transactions pétrolières irano-chinoises par le yuan renforcerait le marché chinois et donnerait un coup de pouce aux relations entre Pékin et Téhéran.

« On parle récemment de l’internationalisation du yuan et c’est très probablement grâce à la multiplication des transactions pétrolières avec l’Iran que la Chine a actuellement plus de chances de faire de sa devise une monnaie d’échange internationale. Cependant, le gouvernement chinois a précisé que l’internationalisation du yuan constituait un processus qui dépendait de la croissance économique de la Chine », indique le Taipei Times.

Dans la foulée, le quotidien hongkongais The Morning Post a proposé l’inauguration d’un réseau commercial et bancaire indépendant via lequel des pays tels que la Chine pourraient entretenir des relations commerciales avec l’Iran, en réaction à la décision des États-Unis de se retirer de l’accord nucléaire.

Selon The Morning Post, « ce réseau indépendant permet aux pays européens de faire des transactions avec l’Iran en utilisant leurs monnaies nationales et cela sera profitable à toutes les parties ».

The Morning Post a écrit que le Premier ministre chinois avait parlé, lors de sa rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel à Pékin, du processus de l’internationalisation du yuan et de son lien avec l’Iran.

Au cours de cette même rencontre, Angela Merkel a déclaré que les sociétés européennes ne pouvaient pas et ne devraient pas quitter le marché iranien.

« La Chine et l’Allemagne partagent la même position face aux États-Unis, qui ont violé l’accord nucléaire, et elles condamnent la décision de Donald Trump », a-t-il indiqué.

Résistance politique contre la sélection universitaire (suite)

Posted in actualité, altermondialisme, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 30 mai 2018 by Résistance 71

Soutien aux étudiants contre la sélection arrêtés par les CRS lors des manifestations pacifiques officiels contre la sélection et contre la sélection Parcours Sup qui néolibéralise les universités françaises

 

Anonyme (par courriel)

 

29 mai 2018

 

Soutien à un camarade Tourangeau (habitant de Tours en patois pour ceux qui ne savent pas ce que cela veut dire tourangeau allez sur wikipedia pour connaître le patois de Tourraine)

Fête à Macron » : un étudiant tourangeau en détention pendant 105h pour s’être protégé des lacrymogènes

Lors du rassemblement parisien du 5 mai intitulé la « fête à Macron », un étudiant tourangeau a été interpellé, a subi 48h de garde à vue, a été placé deux jours en détention — notamment à Fleury-Mérogis — avant d’être déféré en comparution immédiate le mercredi 9 mai.

Son crime ? S’être protégé le visage lors d’un gazage et avoir prodigué des soins aux personnes touchées. Des actes requalifiés par le tribunal en « attroupement en vue de commettre des violences » et qui seront sanctionnés de 100 jours-amendes à 8 euros, ainsi que de 150 euros d’amende pour s’être protégé des gaz lacrymogènes. A cela s’ajoute un mois de prison avec sursis pour refus de prise d’ADN et 127 euros de frais de justice.

Le chef d’inculpation d’ « attroupement en vu de commettre des violences » n’est rien d’autre qu’un procès d’intention sans aucun début de preuve, si ce n’est la présence de l’étudiant au sein de la manifestation. Aucun élément matériel n’ayant été relevé dans ce sens, nous sommes là sur un pur procès d’intention : plus besoin de preuves ou de faits, on peut aujourd’hui condamner sur de simples présomptions non étayées. Bienvenue dans Minority Report !

Nous dénonçons cette criminalisation des mouvements sociaux, qui ne s’embarrasse même plus des faits. Nous apportons notre soutien à l’étudiant victime de cette répression délirante, et à toutes et tous les inculpé-es des mobilisations sociales de ce printemps.

Bonjour à toutes et tous,

Nous, étudiant-e-s mobilisé-e-s de Tours créons ce pot commun https://www.lepotcommun.fr/pot/31dspczf dans le but de venir en aide à un camarade interpellé en marge de la manifestation parisienne du 5 mai 2018. Il a été condamné le 9 mai pour « attroupement en vue de commettre des violences » à 1077€ d’amende (100 jours-amendes à 8€, 150€ pour s’être masqué afin de se protéger des gaz lacrymogènes et 127€ de frais de justice). Il a aussi pris un mois de prison avec sursis pour refus de donner ses empreintes et son ADN. Il a donc besoin d’une aide financière pour sa vie quotidienne.

Le chef d’inculpation « attroupement en vue de commettre des violenes » ne constitue rien d’autre qu’un procès d’intention, ne reposant sur aucune preuve ni aucun fait. Cela condamne uniquement sa présence à la manifestation. A aussi été avancé le fait qu’il a porté assistance à des personnes en souffrance à cause des lacrymogènes.

Nous vous remercions d’avance pour votre participation ❤

https://www.lepotcommun.fr/pot/31dspczf

Vidéo des #ViolencesPolicieres ce matin à #Arcueil #Nanterre : matraques, gazs et charges contre étudiant.e.s, cheminots, postiers (…)

Aucune autre réponse n’existe donc dans votre logiciel @EmmanuelMacron ?

https://twitter.com/cortegedetete/status/994892458516459520

Vendredi, à 10h, rejoignez nous place Jean Jaurès pour manifester contre la loi ORE !

https://twitter.com/CollectifEtu37/status/996867276740669440

Quand la météo annonce du lacrymo

https://twitter.com/EtudiantHarry/status/996352791651213312

Un prof dénonce la supercherie de Parcours Sup

https://twitter.com/malo_rambo1312/status/994593422173450240

Un autre prof universitaire critique Parcours Sup

http://www.snesup.fr/article/lettre-ouverte-dun-oncle-universitaire-son-frere-parent

On rappelle qu’à Tours, où un étudiant a été arrêté pour s’être opposé à la sélection, une lycéenne qui s’opposait à la sélection aussi a été agressée à coups de couteaux par une milice cagoulée de l’extrême droite royaliste, et comme par hasard, cette milice cagoulée n’a nullement été arrêtée elle, preuve d’une collusion entre mafia cagoulée et police.

 » Tours. Une lycéenne mobilisée attaquée au couteau par l’extrême droite

A Tours, ce mardi 17 avril, une élève mobilisée contre la loi Vidal a été attaquée au couteau par trois militants de l’extrême droite cagoulés. L’agresseur pourrait être un royaliste de l’Action Française. Un rassemblement de soutien, réunissant une soixantaine de lycéens, a eu lieu en milieu d’après-midi devant le lycée Balzac.

Aux alentours de 13 h, dans une ruelle près du lycée Balzac, trois militants d’extrême-droite cagoulés ont agressé une lycéenne du fait de son implication dans le mouvement lycéen à Tours contre la loi Vidal et Parcoursup. Selon des étudiants du collectif contre la loi Vidal, l’auteur des coups de couteaux pourrait être membre de l’Action Française. « Depuis les débuts du blocus, on se fait menacer par deux ou trois étudiants royalistes de l’Action Française », témoigne l’étudiante du collectif.

Après une Assemblée Générale, les étudiants ont décidé d’un rassemblement de soutien à la lycéenne attaquée au couteau devant le lycée Balzac, à partir de 15 h. Les forces de police étaient venues en nombre pour « accueillir » les lycéens et étudiants. Malgré la présence d’un cordon de CRS et de plusieurs membres de la BAC, le rassemblement de soutien a bien eu lieu et a réuni une soixantaine de personnes. »

https://www.revolutionpermanente.fr/Tours-Une-lyceenne-mobilisee-attaquee-au-couteau-par-l-extreme-droite

« Une lycéenne mobilisée agressée au lycée Balzac

Vers 13h, une lycéenne mobilisée du lycée Balzac aurait été harcelée et agressée au couteau par plusieurs personnes cagoulées, du fait de son implication dans le mouvement lycéen contre la sélection de Tours. La personne responsable du coup de couteau serait un membre des jeunesses royalistes de Tours. La lycéenne serait actuellement à l’hôpital. Un rassemblement de soutien est prévu à partir de 15h devant le lycée Balzac. »

Nouvelle répression ce lundi matin des lycéen-nes par les forces de police

Entre 500 et 1000 lycéen-nes et étudiant-tes se dirigent vers la gare. »

https://larotative.info/suivi-de-la-mobilisation-etudiante-2743.html

« Contre Parcoursup/ORE : évacuation à 23h du lycée Hugo occupé par les lycéen·nes ce jeudi 17 mai

De l’occupation nocturne contre Parcoursup des lycées Voltaire (16 mai) puis Victor Hugo (17 mai) aux opérations écoles mortes et collège mort du 94, la lutte de la maternelle à l’université continue !

Jeudi 17 mai : communiqué des occupant.e.s du Lycée Victor Hugo.

Nous, lycéen.ne.s d’Ile-de-France mobilisé.es occupons le Lycée Victor Hugo en signe de protestation contre la loi ORE, la réforme du lycée et du bac, et de manière générale contre la politique menée par le gouvernement en place. Notre action constitue une réponse légitime à la fermeture d’esprit et aurefus de négocier dont a fait preuve ce même gouvernement jusqu’à présent.

Elle signifie aussi, plus largement. le refus d’une société inégalitaire qu’Emmanuel Macron prône et que sa politique accentue.

Nous nous opposons à la sélection des personnes SOUS toutes ses formes. d’autant plus lorsqu’elle est basée sur des critères socio-économiques. L’université doit être libre pour tou.te.s, gratuite et émancipatrice. Elle doit favoriser la réflexion, le développement de l’esprit critique de chacun.e. Cela permet une réappropriation des espaces scolaires par les élèves, et de leur éducation.

Cette occupation se rallie aux luttes contre les oppressions, qu’elles soient sociales, économiques, culturelles. politiques. etc. Nous condamnons de même la répression policière et fasciste. Cette occupation appelle à soutenir toutes les luttes actuelles, en particulier la défense du service public sous toutes ses formes. Par conséquent. nous appelons le plus grand nombre de personnes à rejoindre la mobilisation et grossir nos rangs, notamment dans une manifestation unitaire le mardi 22 mai.

Nous tenons à préciser qu’aucune dégradation n’a été constatée et que l’occupation se déroule paisiblement, malgré la tension engendrée par la possible répression administrative et policière

Les lycéen.nes d’Ile-de-France

Mercredi 16 mai, une 100aine de militant·es dans la cour du lycée Voltaire après la manif de cette après midi… Une chouette représentation de la compagnie Jolie Môme, une ambiance de feu !

Communiqué de presse des personnels et parents d’élèves des lycées parisiens et franciliens engagés dans l’action d’occupation nocturne du lycée Voltaire

ce Mercredi 16 mai 2018 19h30 – soutenus par des sections syndicales CGT, SNES et SUD Education.

• Contre Parcoursup, contre les réformes du bac et du lycée général et professionnel.

• Contre la loi Pénicaud de démantèlement de l’ONISEP, de fermeture des CIO et de liquidation de l’enseignement professionnel sous statut scolaire.

• Pour le service public d’éducation nationale et contre le plan social dans la Fonction publique.

Nous, personnels enseignants et parents d’élèves, qui sommes confrontés depuis de nombreuses années à la ségrégation scolaire et au désengagement de l’État, dans des établissements parfois vétustes, mal connectés et subissant des diminutions récurrentes de moyens (réductions spectaculaires cette année encore), ne pouvons accepter la stigmatisation supplémentaire de nos élèves, de nos enfants que représenterait la mise en œuvre de la sélection à l’entrée à l’université avec la nouvelle procédure Parcoursup.

Issus d’établissements de gestion de flux en sureffectifs ou de relégation, nous refusons la disparition du bac national, seul garant de l’égalité de traitement entre nos élèves et ceux des « lycées d’élite » .

Attachés à ce diplôme donnant droit à la poursuite d’études supérieures, nous nous opposons, comme nos collègues universitaires et leurs étudiants, à la mise en place, dès le lycée, d’une formation enfermant les élèves dans une orientation contrainte par une offre scolaire restreinte et inégale d’un établissement à l’autre, par un parcours réduisant les horizons post bac possibles — ou, par une discrimination sociale aggravée, réservant les plus grands choix aux seuls initiés.

L’objectif du gouvernement est clair !

Il s’agit de barrer l’accès à l’enseignement supérieur public aux enfants des classes populaires et des classes moyennes auxquels la loi dite « pour la liberté de choisir son orientation professionnelle » (encore une antiphrase !) entend assigner une place la formation par apprentissage sous le contrôle du patronat.

Encore un paradoxe de nos gouvernants : l’orientation sert de justification à cette casse du service public d’éducation à laquelle elle n’échappe pas elle-même ! Fermeture des CIO, démantèlement de l’ONISEP, création enfin d’un marché lucratif de l’orientation.

Toujours moins d’heures d’enseignement, des enseignements toujours plus déconnectés de savoirs et pratiques pédagogiques disciplinaires, toujours moins d’enseignants (rendus interchangeables par les nouvelles polyvalences et le recours massif à la contractualisation), des effectifs toujours plus nombreux…

Au lycée comme à l’université les recettes de Blanquer sont connues : elles garantissent assurément l’échec scolaire, l’exclusion d’un grand nombre d’élèves et la crise des vocations enseignantes.

Nous disons simplement assez !

Derrière ces nouvelles réductions programmées des moyens, nous avons bien compris qu’il s’agissait d’organiser un plan social d’une ampleur sans précédent, que les attaques des statuts de la Fonction publique devraient bientôt rendre plus facile encore.

Nous disons simplement stop !

Val-de-Marne : semaine de lutte dans les écoles du 30 avril au 5 mai | 30 avril

La mobilisation continue aussi dans le primaire en lien avec les collèges, lycées et universités : la semaine prochaine, programme chargé !

Communiqué du Collectif Éducation de Fontenay-sous-Bois : actions « Écoles désertes » du 30 avril et « Collège Mort » du 2 mai

Les 30 avril et 2 mai derniers, le Collectif Éducation de Fontenay-sous-Bois, rassemblant des parents, enseignants et élus municipaux mobilisés contre la casse de l’éducation publique primaire et secondaire, a appelé les parents d’élèves à ne pas conduire leurs enfants à l’école ni au collège, en signe de protestation contre les fermetures de classes et le manque de moyens criant dans nos écoles et collèges. Cette action répondait elle-même à l’appel du Collectif Éducation 94.

Les parents ayant participé à cette action trouvent regrettable d’avoir à priver leurs enfants d’une journée de classe ou de cours pour faire entendre des revendications parfaitement légitimes, notamment :

• l’annulation de toutes les fermetures de classes dans les écoles et les collèges

• le rétablissement du RASED

• le recrutement d’enseignants remplaçants en nombre suffisant

• la mise en place d’un plan d’urgence éducative pour tout le Val-de-Marne

L’action a été massivement suivie dans 4 groupes scolaires de la ville, soit un tiers des écoles. Voici les taux d’élèves ayant participé à l’action “Écoles désertes” le lundi 30 avril

• École Mot : 50% de participation

• Groupe Scolaire Edouard Vaillant : 69% de participation en élementaire, 48% de participation en maternelle

• Groupe Scolaire Langevin : 50% de participation globale

• Groupe Scolaire Romain Rolland : 75% de participation en élémentaire, 70% de participation en maternelle

Le collège Jean Macé est également mobilisé contre la fermeture d’une classe de 5e l’année prochaine, avec le blocage du standard du collège le 11 avril et deux journées déclarées collège mort (le 18 avril et 2 mai).

Le Collectif Éducation de Fontenay-sous-Bois reste plus que jamais mobilisé contre la casse de l’éducation publique, et prévoit de nouvelles actions, ce printemps et à la rentrée de septembre, si ses revendications ne sont pas satisfaites.

https://paris-luttes.info/fontenay-sous-bois-bilan-des-10231

Macron veut faire comme Sarkozy, réduire le nombre d’enseignants de la fonction publique sur toute la France pour réduire le budget. Donc moins de d’étudiants seront acceptés au concours CAPES, AGREGATION même s’ils ont des bonnes notes, à cause des quotas, numéro clausus pour le recrutemement des enseignants. Pour 2018, il y aura 20% d’enseignants de moins qu’en 2017, car le concours a décidé de réduire le taux d’acceptation de titularisation d’enseignants de 20% https://www.lemonde.fr/campus/article/2017/11/30/concours-enseignants-le-nombre-de-places-au-capes-et-a-l-agregation-en-forte-baisse_5222883_4401467.html

Sarkozy a déjà supprimé 80 000 postes d’enseignants durant son quinquenat!

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/357513-sarkozy-et-l-education-entre-mepris-et-meconnaissance.html

France : les étudiants en marche contre Macron

https://solidaire.org/articles/france-les-etudiants-en-marche-contre-macron

soutien à un étudiant de Montpellier pris par les CRS pour avoir un livre de Prévert en poche!

Et plus précisément pour avoir aidé des manifestants à échapper à la nasse des CRS sous le matraquage des lacrimogènes. Sa mère Natalie Dubois qui est pauvre et n’a pas les sous pour payer les frais d’avocat (qui se font payer très cher dans cette sainte profession) a mis une demande de dons car les CRS veulent faire croupir l’étudiant Abi Dubois en prison afin de décourager le mouvement étudiant contre la sélection, donc si vous voulez l’aider c’est ici

https://www.leetchi.com/c/liberta-for-abi

Voici ce que sa mère Natalie Dubois dit:

– « Bonjour,

Je me présente, je suis la maman d’Abidjahel Dubois étudiant en 3ème années de lettres modernes à Paul Valéry. Comme vous le savez suite à la manifestation du 14 avril 2018 http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/04/01/97001-20180401FILWWW00182-montpellier-manifestation-nationale-des-etudiants-le-14-avril.php, il y a eu 51 personnes mises en garde à vue, il ne devait en rester que 4 et Abidjahel est resté parmi ces 4. Le dimanche soir, j’apprends qu’ Abi passe en comparution directe le lundi 16 avril à 14 heures au TGI de Montpellier. J’ai eu trois avocats en ligne de la ligue des droits de l’homme, c’est très grave Abi est accusé d’outrage et de violence envers deux fonctionnaires des forces de l’ordre, de faire partie d’une organisation ‘terroriste’, bref la totale (Abi nie tous les faits, il avait un livre de Prévert dans la poche, on l’accuse d’avoir tenté de lancer un pavé qui n’a pas été retrouvé. De plus les plaignants ne sont pas obligés de comparaitre, donc aucune confrontation si j’ai bien compris. Leur parole est d’or.). Un des avocats m’explique qu’ils veulent faire un exemple et que pour le moment on se contente d’obtenir un délai pour sa défense et qu’on fasse en sorte que ce délai il puisse le passer à l’extérieur sous contrôle judiciaire, je vous jure que c’était vraiment pas gagné…Bref l’objectif a été atteint, mais cela n’est qu’un sursis, le 14 Mai le procès débute.

J’ai demandé à l’avocat pour faire la demande d’aide juridictionnelle, malheureusement c’est trop tard car il faut le faire avant que l’instruction soit commencée. Abidjahel n’avait pas de carte d’identité (perdue).

Il risque un à trois ans de prison d’après ce que j’ai pu comprendre, pour seulement avoir voulu défendre des idées. Je ne comprends pas, c’est comme si vous étiez pris dans un tourbillon.

Déjà 142 euros à ce jour, je n’en reviens pas. Je vous remercie tous pour votre mobilisation et votre générosité car je sais combien certains doivent déjà être eux-mêmes en difficulté.

Merci encore. Nathalie DUBOIS et merci au nom d’Abi. Paix sur vous.

Nathalie Dubois « ·

– » En réponse à une question de Ray rosello

Bonjour

Effectivement lorsqu’un prévenu est mis en isolation, existence d’une caméra rotative dans la pièce, après effectivement il y a eu une collecte sur les gardes à vue. Mais en fait il est accusé de faits lors de la manifestation que mon fils nie. Il n’appartient à aucun groupe politique, ni syndicat, ni secte ni quoique soit d’autre. Il n’a pas de haine mais appréhende juste la suite ce qui est normal. Je ne peux pas vous en dire tellement plus car tout reste pour le procès. Déjà la semaine dernière il s’est rendu à un partiel organisé à Mermoz et des journalistes étaient là et voulaient l’interviewer ce qu’il a refusé. Je ne sais vraiment pas à quoi m’attendre, tout ce que je sais c’est la gravité de la situation que m’a fait entrevoir l’avocat et c’est vraiment très difficile car on est dans l’incompréhension.

Voilà, je vous remercie pour votre soutien.

Merci encore.

Natalie Dubois »

-« Bonjour,

On est à 455 euros, merci ! Que dire de plus, je suis tellement touchée et Abidjahel aussi.

Abi va bien étant donné la situation, je ne le vois pas beaucoup car il se démène ainsi que son Avocat, il passe beaucoup de temps avec les ami(e)s. Je comprends, en tant que mère j’ai du mal à dissimuler mon anxiété qui est cependant légitime je pense.

J’attends toujours un renversement de situation, je sais que cela peut paraître naïf, mais un des agents qui aurait des remords ou regrets d’avoir accusé injustement mon fils, il suffirait juste de pas grand chose.

Comment l’homme grandit-il ? De part ses expériences et en reconnaissant ses erreurs, son imperfection. Les institutions de police (et autres) étatiques devraient se rappeler cela car qu’est-ce qu’une institution en fait ? Ni plus ni moins qu’un groupement d’individus parfaitement imparfaits comme vous et moi, mais qui ont prêté serment pour l’Etat. Cela inclut-il le droit à de faux témoignages sur une personne parce que la hiérarchie le demande pour faire un exemple, pour tuer la force vive d’une contestation massive sociale.

La peur, peur de perdre son salaire, peur d’une répression si on ose parler, tout cela engendre une obéissance impeccable et implacable.

Le but n’est pas de stigmatiser une personne, peu importe, mais de montrer la résultante de leur impuissance et leur manière injuste et inadaptée de réaction.

Nathalie Dubois. »

– Bonjour,

Comme vous le savez pour la plupart le procès est reporté au 28 Mai sur demande de la partie adverse.

Je ne peux vous en dire plus, il faut tenir le coup c’est tout.

J’espère que le mouvement de soutien physique et moral pour Abidjahël ne faiblira pas avec le temps.

La cagnotte est à 715 euros, je ne vous remercierai jamais assez.heart

Merci à tous.

Natalie Dubois »

https://www.leetchi.com/c/liberta-for-abi

L’Association Solidaire Etudiant de Montpellier soutient Natalie Dubois et son fils Abidjahel Dubois contre la répression des CRS :

« Abidjahel encourt entre 1 an et 3 ans de prison ferme, rassemblement devant le Tribunal de Grande Instance de Montpellier lundi 14 mai à 14h !

Samedi 14 avril, Abi, étudiant en troisième année à l’université Paul Valéry et mobilisé contre le Plan Étudiants et son monde, a été interpellé par les forces de l’ordre durant la nasse du Carrefour City. Il était à la toute fin du cortège afin d’aider les manifestant-e-s à évacuer. Il s’est retrouvé parmi les premiers interpellés.

Lisant du Prévert durant le trajet en bus, il n’a cessé de garder son calme. En garde à vu il a demandé son appel, sa visite médicale, son avocat, et répondait qu’il n’avait rien à déclarer.

Deux policiers, dont un en flagrant état d’ébriété sont venus le placer en cellule d’isolement avec une brutalité injustifiée (clef de bras, bousculade) pendant plus d’une heure. Le policier saoul continuait de l’intimider lui disant qu’il allait le « détruire. »

Abidjahel sera jugé le 14 mai à 14h au Tribunal de Grande Instance de Montpellier. Aujourd’hui, il encourt entre un an et trois ans de prison ferme.

Cette procédure est une honte, cette justice une justice de classe. Il s’agit de sa parole contre celle de la police. Tout ça n’est que politique écoutante et volonté de faire un exemple.

Si des personnes l’ont vu se faire interpeller, merci d’envoyer un message à la page Paul-Va Lève Toi afin de rétablir justice.

Une cagnotte est également disponible pour d’aider la famille d’Abi à financer le procès. Devant cette justice de classe, nous n’avons que la solidarité : https://www.leetchi.com/c/liberta-for-abi

Nous vivons bien dans une justice à deux vitesses, pour rappel les agresseurs du 22 mars sont toujours en liberté https://revolutionpermanente.fr/attaque-de-l-extreme-droite-a-la-fac-de-montpellier-j-ai-vu-l-administration-applaudir-face-au-sang et un témoin clef de l’affaire c’était fait menacer « je vais te peter les genoux » par les forces de l’ordre de Montpellier.

Pas de justice, pas de paix »

https://www.facebook.com/events/425659891221526/

Des étudiants appellent également aux témoins de venir soutenir Abidjahël Dubois à l’audience du 28 mai:

« APPEL A TEMOINS]

Samedi 14 avril, après la manifestation de convergence des luttes Abidjahel Dubois, étudiant en troisième année à l’université Paul Valéry de Montpellier et mobilisé contre le Plan Étudiants et son monde, a été interpellé par les forces de l’ordre durant la nasse du Carrefour City.

Abidjahel Dubois était à la toute fin du cortège afin d’aider les manifestant-e-s à évacuer de la nasse des CRS.

Il s’est retrouvé parmi les premiers interpellés.

Il passe bientôt en procès. Afin de l’aider à préparer sa défense, nous lançons un appel à témoignages.

Si vous avez vu ou filmé l’intervention policière, les arrestations et la nasse du Carrefour City, faites nous signe !

[CONTACTEZ NOUS EN MP] PARTAGEZ SVP !!!! »

https://www.facebook.com/AGMontpellierEtatdUrgence/?hc_ref=ARSthPuYWTbyr_TODdZiOs-2zfN8QKsM5Pd3eOEsFxdp_Qh7VSor4qnzggXWm51i5PM&fref=nf

« RDV AU BARRICADE VENDREDI 25 MAI A PARTIR DE 19h30

Du son, à boire et à manger, soyez généreux.

Evènement de soutien à toutes les victimes de la repression de l’état à Montpellier, soutien aux camarades en prison pour des raisons politiques, aux personnes blessées, mutilés par les forces de l’ordre.

Solidarité face à une politique qui veut nous diviser, nous marginaliser, nous stigmatiser, nous exclure, nous exploiter, nous expulser »

https://www.facebook.com/events/765877020275738/

LES AGENTS DE SÉCURITÉ DE PATRICK GILLI AGRESSENT LES ÉTUDIANT·E·S DE PAUL-VALÉRY

Le président de l’université Paul-Valéry de Montpellier, Patrick Gilli, a embauché des agents de « sécurité » pour empêcher les étudiant·e·s mobilisé·e·s contre la loi ORE d’occuper le campus. L’un de ces agents a lâché son chien contre une étudiante, d’autres se sont montrés très agressifs.

Plusieurs bâtiments de la faculté ont tout de même été bloqués et des étudiant·e·s se sont ensuite réuni·e·s en assemblée générale pour organiser les suites de la mobilisation.

https://www.facebook.com/lepoinginfo/videos/1909621565738483/

Un étudiant est hospitalisé en soins intensifs depuis mercredi à #Toulouse après la chasse aux étudiants contre la sélection. Il a été blessé par l’explosion accidentelle d’une grenade de « désencerclement » lors de son interpellation par la police. Une enquête est ouverte. (Libération)

https://twitter.com/Brevesdepresse/status/994842464845524992

On se rappelle que en 2015, à Toulouse, un étudiant a aussi été arrêté pour avoir participé à une manifestation contre les violences policières suite à la mort de Rémi Fraisse à notre dame des landes http://www.letelegramme.fr/france/sivens-manifestation-en-soutien-a-l-etudiant-emprisonne-17-04-2015-10598968.php

A Toulouse, Les CRS sont tellement occupés à tabasser les lycées et les étudiants contre la sélection, qu’ une secte allemande a décidé de s’installer:

« Une secte qui a été dissoute en Allemagne en raison de maltraitances sur des enfants s’est installée à #Toulouse. L’organisation ferait du prosélytisme pour attirer des jeunes. La présidente d’une assoc. met en garde les autorités (qui ne font rien, puisque on l’a vu, les CRS maltraitent les jeunes qui sont contre la sélection). »

https://twitter.com/Brevesdepresse/status/994917452885712902

Les personnels de Rennes 2 dénoncent les violences policières sur leurs étudiant·e·s, 2 mai 2018.Le mouvement lycéen à Tours a surpris tout le monde, et d’abord les étudiants, un peu débordés jeudi, davantage préparés vendredi. Répression policière totalement disproportionnée (particulièrement vendredi : « dispersion » au gaz dans une rue étroite alors que les lycéens ne bloquaient rien, pas même le tram). À l’université : les motions de départements qui refusent de siéger dans les commissions pleuvent (socio, lettres, espagnol, sciences du langage, géo, droit-langues, liste non exhaustive). Signe que même si les collègues ne sont pas (encore ?) dans la rue, ils rejettent vraiment la loi.

Le CAC a voté une motion (jugée timorée par les étudiants, mais c’est une motion de CAC, dans lequel les élus syndicaux sont minoritaires, donc c’est un bel exploit, ils en ont convaincu d’autres). Le CA se tient demain et nos élus espèrent faire voter une autre motion.

L’AG des personnels a voté mardi dernier une motion qui soutient les lycéens et condamne la répression policière. La section SNESUP a adressé vendredi midi aux organisations syndicales du second degré une proposition de communiqué sur les mêmes questions et qui appelle à amplifier les mobilisations.http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article8203

Interpellations ultra-violentes des CRS et de la BAC alors que le cortège rejoignait l’université Paul Valéry pour organiser la Coordination Nationale des Luttes. Plusieurs personnes sont traînées au sol inanimées. De nombreuses autres blessures (visage, abdomen, bras, jambes). Au moins 2 ambulances appelées sur place. 51 interpellations au total (selon les medias de masse). Des bus sont affrétés par la TAM pour transporter les interpellés à l’hôtel de police.http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article8203#MONTP

Les professeurs de Sociologie de Bordeaux s’annoncent contre la sélection, mais le président vote pour et envoie les CRS https://www.facebook.com/events/209219103014294/:

« Le département de socio de l’Université de Bordeaux s’est prononcé contre la sélection en L1. Résultat : le président Manuel Tunon de Lara désavoue la commission… et le tri sera fait par des personnalités étrangères à la sociologie !

Soutien aux collègues qui montrent la supercherie de Parcoursup et qui défendent une université ouverte à tou.te.s les bachelier.e.s !

Chaîne humaine pour protéger l’Université de Bordeaux contre la loi ORE. L’Université est et doit rester un lieu de savoir ouvert à toutes et tous. Venez habillé.es dans les couleurs de l’Université (bleu). Apportez un livre

Soutien à la Commission d’examen des vœux de la Faculté de sociologie – Bordeaux

La commission d’examen des vœux qui a été constituée à la suite d’un vote de l’Assemblée de la faculté de sociologie a arrêté deux critères pour le classement des candidats à l’entrée en L1 de sociologie. Ces deux critères ont donné lieu à un classement effectif qui permet de répondre à l’ensemble des candidats par un OUI. La non validation par la Présidence de l’Université de Bordeaux de cette commission, qui signe de fait son désaveu, et la constitution d’une autre commission, est un acte grave, que nous ne saurions accepter.

Parcoursup n’est en rien destiné à « orienter », mais à gérer le hiatus entre l’augmentation des effectifs de bacheliers et les capacités d’accueil des universités. Comme en témoignent les difficultés de nombre de commissions en France, dont la presse nationale commence à se faire largement l’écho, il s’opère via un mode de classement particulièrement médiocre, remplaçant le tirage au sort, certes indéfendable mais marginal, par une loterie généralisée. Opaque, inéquitable selon les universités et les filières, triant au final des candidats souvent ex æquo sur des critères indéfendables, il s’expose à de nombreux recours. Nous, refusons de participer à un processus qui aboutira à une sélection injuste et à l’exclusion de nombreux bacheliers pourtant désireux d’entamer des études à l’Université. »

https://www.facebook.com/events/209219103014294/

Quand un étudiant britannique soutient la mobilisation étudiante en France contre la sélection et dénonce que le rêve de Macron est de faire une université comme chez les britanniques de la reine d’Angleterre, (n’oublions pas que Macron a des origines anglaises http://www.dailymail.co.uk/news/article-4695144/French-President-Macron-s-great-grandfather-British.html https://www.mirror.co.uk/news/world-news/french-president-emmanuel-macrons-great-10794502 https://www.express.co.uk/news/uk/801333/Emmanuel-Macron-holidays-in-Britain-wife-Brigitte-Trogneux-hates-Brexit-pro-Europe )

Message reçu dans la boite du comité de mob. A partager !

Chers Camarades,

Etudiant.e.s activistes et employés de l’Univeristé de Warwick au Royaume-Uni, nous avons eu l’idée de faire une vidéo pour soutenir la lutte engagée contre la loi ORE. En Angleterre, l’Université a subie des réformes similaires et nous en ressentons les conséquences au quotidien. Nous avons donc décidé de vous apporter du soutien et de la solidarité en expliquant le fonctionement de notre université qui correspond au rêve Macronien. Ce message reflète la position nationale des étudiants et professeurs de gauche en Angleterre. Nous espérons que le récit de notre expérience de l’Univeristé néo-libérale sera bénéfique a votre lutte.

Postez et partagez cette vidéo un maximum svp. (Si vous avez des contacts dans les médias et que vous pensez que ça peut vous être utile n’hésitez pas).

Solidarité

https://www.facebook.com/WarwickFreeEducation/videos/1124447101031622/?hc_ref=ARR5IirtC92ZqpjkCGyOuJdBZFmt0Lea-6PWZ2866WKbead2auMfTPyd2blzjSvUfIA

Warwick Student-Staff Solidarity – Warwick For Free Education – National Campaign Against Fees and Cuts

https://www.facebook.com/ComiteDeMobilisation/

Dans cette vidéohttps://www.facebook.com/WarwickFreeEducation/videos/1124447101031622/, les étudiants britanniques dénoncent l’avenir des universités françaises qui avec la sélection deviendront comme les universités anglaises, car le rêve macronien disent-ils, est de copier le modèle anglo saxon et disent que leurs universités s’empirent de plus en plus avec la sélection, devenant de plus en plus inaccessibles pour les anglais pauvres (les frais d’inscription sont de 11 000 euros par an, et doivent encore augmenter sans compter la suppression des bourses, etc…)

https://www.facebook.com/WarwickFreeEducation/videos/1124447101031622/

Ici Londres, résistez à la néolibéralisation de l’université sélective (c’est à dire à la sélection imposé par Vidal et Macron qui veulent mettre fin au droit de l’université pour tous http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/08/30/01016-20170830ARTFIG00337-emmanuel-macron-souhaiterait-la-fin-du-mythe-de-l-universite-pour-tous.php)

Les activistes de Warwick à travers les étudiants et le personnel de l’université de Warwick de Londres sont solidaires avec ceux qui, en France, s’opposent aux réformes de l’éducation néolibérale de Macron qui veut instaurer la sélection ! De nous tous à vous: Ne laissez pas tomber le combat!

Nous avons fait une vidéo https://www.facebook.com/WarwickFreeEducation/videos/1124447101031622/ qui détaille ce à quoi notre politique d’ université néolibérale nous oblige à subir – et pourquoi il est impératif de résister, à la fois pour nous pour changer notre université pour le mieux, et pour les étudiants et le personnel en France qui luttent pour garder leurs universités publiques et accessibles pour tous.

* VIVE LA RESISTANCE *

Résistance politique: Retour à la « norme » pour le congrès yankee qui musèle Trump et rembarre l’entité sioniste…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 29 mai 2018 by Résistance 71

Alors on peut s’extasier, mais la réalité constitutionnelle yankee est la suivante: seule le congrès peut déclarer la guerre à une nation ! Le président n’est que l’annonceur de l’affaire, du temps où “on “déclarait la guerre, ce qui ne se fait plus depuis au moins Bush (père). Donc on arrive au tour de force de faire s’extasier les citoyens sur.. un retour à la procédure normale ! Faudrait peut-être maintenant dire que tout ce qui a été fait depuis des années par les Yanks est ill´´gal et sont des crimes de guerre, crimes contre l’humanité… C’est sûrement trop demandé au « congrès » fumiste et corrompu de Yankland.

Toute cette fumisterie politique étatique n’est qu’une vaste mascarade qui doit être boycottée ! Là-bas, ici et partout !..

~ Résistance 71 ~

 

Le congrès des Etats-Unis empêche Trump d’entrer en guerre contre l’Iran sans son feu vert

 

Al Manar avec VT

 

29 mai 2018

 

Source: http://french.almanar.com.lb/912888

 

La Chambre des représentants aux Etats-Unis a adopté à l’unanimité un amendement interdisant au président Donald Trump de déclarer la guerre à l’Iran, a révélé le sire en ligne américain anti mainstream, Veterans Today.

Il a été présenté par le représentant démocrate Keith Maurice Ellison et parrainé par plusieurs autres législateurs démocrates et républicains. L’amendement exprime clairement la position du Congrès : il n’existe aucune loi donnant au président le pouvoir de lancer une attaque militaire contre la République Islamique.

Selon Gordon Duff, le rédacteur en chef du site, « cela pourrait être compris de plusieurs façons. Mais, chose jamais vue aux États-Unis, la Chambre des représentants entière rejette totalement la politique de Trump et du secrétaire d’État Mike Pompeo ».

« On pourrait aussi voir cela comme le prélude à la destitution du Président Trump. Il n’y a pas d’autre incertitude à ce sujet, ses politiques, sa relation avec Israël, ont été rejetées. Pour la première fois, Israël est rejeté à l’unanimité aux États-Unis», a-t-il ajouté lors d’un entretien avec la télévision iranienne Press TV

« Aucun membre du Congrès n’a voté en faveur de la demande d’Israël. Pas un seul. Inimaginable », a conclu Gordon Duff.

L’amendement d’Ellison arrive deux semaines après le retrait unilatéral de Washington de l’accord nucléaire multilatéral, officiellement connu sous le nom de Plan d’Action Complet Conjoint, signé entre l’Iran et les grandes puissances en 2015. Beaucoup ont vu dans cette décision une déclaration de guerre à Téhéran.

« L’adoption à l’unanimité bipartite de cet amendement est une réplique forte et opportune au retrait de l’administration Trump de l’accord avec l’Iran et à sa rhétorique de plus en plus hostile, » a déclaré le député Ellison.

Trump a annoncé le 8 mai que Washington se distançait de l’accord nucléaire conclu entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, États-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie et Chine, plus Allemagne.

Trump a aussi fait savoir qu’il allait rétablir les sanctions sur le nucléaire contre l’Iran et imposer « le plus haut niveau » d’exclusion économique à la République islamique.

A la recherche du temps scellé… Andreï Tarkovsky, cinéaste, poète et révélateur de vie

Posted in actualité, altermondialisme, documentaire, Internet et liberté, pédagogie libération, philosophie, politique et social with tags , , , , , , , on 28 mai 2018 by Résistance 71

“L’aspiration vers l’absolu est la force motrice du développement de l’humanité. Je relie à cette force la notion de réalisme dans l’art. L’art est réaliste lorsqu’il se propose d’exprimer un idéal moral. Le réalisme est l’aspiration à la vérité et la vérité est toujours belle. L’esthétique rejoint ici l’éthique.”

“Le maître tout-puissant de l’image cinématographique est le rythme, qui exprime le flux du temps à l’intérieur du plan… C’est ce flux du temps, fixé dans le plan, que le réalisateur doit saisir à l’intérieur des morceaux posés devant lui sur la table de montage… Le film vit dans le temps si le temps vit en lui. La spécificité du cinéma réside dans les particularités de ce double processus… Le cinéma se distingue des autres arts par le fait que le temps y est fixé dans la forme apparente du réel. Une fois fixé sur la pellicule, le phénomène est là, perçu comme une donnée immuable, même lorsque le temps y est très subjectif… Le rythme au cinéma se transmet au travers de la vie visible et fixée de l’objet dans le plan… Le rythme d’un film naît spontanément de la perception profonde que le réalisateur a de la vie, de sa ‘recherche du temps’…”

~ Andreï Tarkovski, “Le temps scellé”, 1989 ~

 

 

Andreï Tarkovski, cinéaste, poète de l’image et révélateur de la vie

 

Résistance 71

 

Mai 2018

 

Nous publions ci-dessous quelques extraits de la conclusion intense et réflexive du livre du grand cinéaste et génie de l’image Andreï Tarkovski (1932-1986), “Le temps scellé”, republié en français en 2014 aux éditions Philippe Rey, collection “Figures” et dont l’édition originale française remonte à 1989, aux éditions de l’Étoile, Cahiers du Cinéma.

Nous tenons à préciser ici que “Le temps scellé” est probablement un des tous meilleurs livres jamais écrits sur l’art en général et le cinéma en particulier et de loin. Nous encourageons tous ceux intéressés par ces sujets à lire ce livre d’une grande profondeur tant à la fois spirituelle et philosophique que technique sur son art. La conception de l’art chez Tarkovski rejoint notre vision de la complémentarité dans la société humaine, complémentarité animée par une universalité qui fait notre humanité.

Tarkovski dit ceci de l’art (p.50): “La connaissance scientifique, positiviste et froide de la réalité ressemble à l’ascension des marches d’un escalier sans fin. La connaissance artistique plutôt à un système illimité de sphères, où chacune est achevée et close, pouvant se compléter ou s’opposer, mais jamais s’annuler l’une l’autre. Au contraire, elles s’enrichissent réciproquement pour former comme une sphère globale qui tend vers l’infini.”

Dans cet ouvrage de profonde réflexion, écrit par bribes entre 1970 et 1986, date de sa mort, Tarkovski nous livre sa réflexion sur l’art, le temps, la vie, la mort, la technique cinématographique, la spiritualité et la relation du temps à l’image et commet une conclusion des plus puissantes à sa réflexion artistique, spirituelle et philosophique. La conclusion en elle-même fait près de 20 pages, nous n’en citerons que quelques passages clefs ci-dessous et encourageons tous les amoureux de l’art et du cinéma à lire ce livre testament d’un des plus grands artistes et cinéastes du XXème siècle, témoignage en première main d’une intensité spirituelle et artistique exceptionnelle.
Tarkovski touche à l’absolu à la fois dans ses films et dans sa réflexion analytique qui sont de fait inséparables. Il fait partie de ces artistes qui insufflent une énergie vitale dans leur œuvre et par delà, dans ce qui les entoure. Son œuvre est hors du temps, scelle, sculpte celui-ci dans de longs plans séquences dont il était devenu le maître absolu et nous fait communier avec l’esprit de la nature humaine la plus profonde, celle qui touche à l’universel. Tarkovski a laissé au patrimoine de l’humanité 7 œuvres magistrales nous rapprochant toujours au plus près de notre humanité égarée.


« Nostalgia », 1983

Brièvement, qui était Andreï Tarkovski ?

Né en 1932 à Zavraje dans la province d’Ivanovo sur le fleuve de la Volga, sa famille paternelle est originaire du Daghestan (Caucase). Il est le fils du célèbre poète Arséni Tarkovski dont certains poèmes résonneront en voix off dans plusieurs de ses films. Andreï Tarkovski se revendique de la poésie ; son père lui dira le soir de la première de son film “Le miroir” en 1974: “Andreï, ce ne sont pas des films que tu fais…” Il est d’abord intéressé par la musique et la peinture, fait des études de langues orientales et étudie l’arabe. Il arrête ses études pour partir en Sibérie pendant deux ans comme membre d’une expéditions de géologues, un peu sur les traces de Pierre Kropotkine, qui fit la même démarche en tant que géographe quelques décennies plus tôt. Il en revient en 1956 et entre à l’école d’étude cinématographique de Moscou, le VGIK (Institut du Cinéma) où il étudiera 4 ans de 1956 à 1960. Son projet de fin d’étude est le court métrage de très grande qualité et primé “Le violon et le rouleau compresseur” (1960).

Tarkovski réalisera son premier long métrage en 1962, le tout à fait remarquable “L’enfance d’Ivan” qui d’entrée de jeu remporte 8 consécrations suprêmes dans des festivals du film dont le Lion d’Or de la Mostra de Venise cette même année.

Suivront 6 autres longs métrages qui, les uns après les autres le feront entrer au panthéon du cinéma. Il réalise successivement la fresque mystico-historique “Andreï Roublev” en 1966 sur une partie de la vie du grand moine et peintre mystique orthodoxe russe éponyme , ce film a été souvent cité dans les 10 meilleurs films de l’histoire du cinéma et à juste titre, puis viendront successivement “Solaris” en 1972, film de science-fiction introspectif résonnant au diapason de son alter ego « 2001, odyssée de l’espace » de Stanley Kubrick, puis le sublime “Le miroir” en 1974, le film qui le fit connaître vraiment en Europe, “Stalker” en 1979, puis ses deux derniers films en exil, deux purs chef-d’œuvres si rares en cette fin de XXème siècle, l’exceptionnel “Nostalghia” en 1983 qui met en scène le plus long plan séquence de l’histoire du cinéma, une allégorie de la vie voyant un écrivain russe traverser une piscine thermale asséchée avec une bougie allumée et devant s‘y reprendre à trois fois, tourné en Italie et qui obtiendra le Grand Prix de la Création Cinématographique au festival de Cannes ex-aequo avec le film de Robert Bresson “L’argent”, puis son dernier film l’intrigant et à bien des titres, époustoufflant “Le sacrifice”, qu’il finit de tourner en 1986 et qui décrochera le Grand Prix spécial du Jury au festival de Cannes de cette année-là.

Atteint d’un cancer, Tarkovski meurt à Paris le 29 décembre 1986 en ayant revu son fils que l’URSS refusait de laisser sortir du pays, mais sans être retourné dans sa Russie natale. Son fils qu’il envoya à Cannes recevoir son prix ne pouvant se déplacer à cause de sa maladie.

Tarkovski n’a tourné que 7 films en 24 ans. Le temps de gestation entre ses œuvres n’a pas nécessairement été de son choix, mais plutôt celui du régime soviétique. En effet, dès son second long métrage “Andreï Roublev” en 1966, il se frotte à la censure du Goskino et son film est retardé de diffusion pendant près de deux ans. Tarkovski refusera toujours de compromettre son art aux desideratas d’un régime totalitaire matérialiste qui censure toute velléité spirituelle. Tarkovski dès lors ferraillera sans cesse contre la censure soviétique, ce qui le forcera à s’exiler après “Stalker”. A partir de 1982, il partagera son temps entre l’Italie et la France où il mourra des suites d’un cancer foudroyant des poumons fin 1986.

Tarkovski fut aussi metteur en scène de théâtre. Il réalisa “Hamlet” à Moscou en 1976 et “Boris Godounov” à Londres la même année que son film “Nostalghia”.

La spiritualité de Tarkovski l’a rapproché du christianisme en tant que souche culturelle russe, mais elle englobe également d’autres sphères spirituelles rendant son message universel. Ses films sont visuellement et symboliquement panthéistes où il fait subtilement interagir et se compléter des concepts spirituels et les éléments naturels tels que l’eau, l’air, le feu, la terre, qui furent dressés artificiellement les uns contre les autres. Ainsi dans “Ivan Roublev” y a t’il cette superbe longue scène séquence de la cérémonie païenne du bain dans la rivière dont la fluidité nous rappelle le flot naturel des choses auquel s’intègre la religion chrétienne en la personne du moine témoin de la scène, comme celle-ci le fit dans l’Irlande celte, sans heurt ni violence, mais en s’intégrant dans une certaine complémentarité.

Ainsi pour Tarkovski, l’art est indissociable de la spiritualité et à ce titre il nous dit (p.57): “Une œuvre d’art se développe comme un organisme vivant. Avec un conflit entre ses éléments composants, qui se fondent les uns dans les autres, dégagent un sens et se projettent vers l’infini.” Puis quelques pages plus loin: “Comme se vérifie ici ce qu’écrivait Tolstoï le 21 mars 1858 dans son journal: ‘Le politique exclut l’artistique, car pour convaincre il a besoin d’être unilatéral !’ En effet, l’image artistique, pour être crédible, ne peut être unilatérale, car pour prétendre à la vérité, elle doit pouvoir unir en elle les contradictions dialectiques inhérentes à la réalité.

Pour Tarkovski, l’objectif est l’union, la réunification de l’Homme, de la société avec son esprit égaré en chemin. Nous sommes sur ce même chemin mais utilisons un véhicule différent.


« Stalker », 1979

Extraits de la conclusion de son ouvrage testament: “Le temps scellé” initialement publié en 1989, deux ans après sa mort:

[] Ce livre a été élaboré au fil de longues années. C’est la raison pour laquelle j’éprouve ici le besoin d’en faire une sorte de bilan, avec le regard qui est aujourd’hui le mien. […]

Il m’apparaît actuellement beaucoup plus important plutôt que de l’art en général ou de la prédestination du cinéma en particulier, de réfléchir sur la vie en tant que telle… Aussi ai-je décidé, à la fin de ce livre, d’exposer brièvement ma pensée sur les problèmes de notre temps, dans leur aspect le plus fondamental, porteur d’un caractère en quelque sorte intemporel et lié au sens même de notre existence.

[…] Pour définir ma propre tâche en tant qu’artiste, mais avant tout en tant qu’Homme, il a fallu que je m’interroge moi-même sur l’état de notre civilisation considérée dans son ensemble, sur la responsabilité personnelle de chaque être humain et sur sa participation au processus historique.

Il me semble que notre époque achève et épuise une étape de l’histoire, qui aura été marquée par de “grands inquisiteurs”, des meneurs d’hommes ou certaines fortes personnalités, qui ont tous été animés par l’idée de transformer la société afin de la rendre plus “juste” et plus rationnelle. Tous ont cherché à se rendre maître de la conscience des masses en imposant de nouvelles idéologies ou des idées sociales nouvelles, qui appelaient au renouvellement de l’organisation de la vie au nom du bonheur de la majorité du peuple. Dostoïevski nous avait déjà mis en garde contre ces “grands inquisiteurs”, qui prétendent prendre sur eux le “bonheur de tous”.

[…] Toute l’histoire de la civilisation, tout son processus historique, montrent qu’au nom du salut du monde et de l’amélioration de la condition humaine, les Hommes n’ont cessé de se voir proposer une direction toujours “plus juste”, toujours plus “certaine”, mûrie dans les cervelles d’idéologues ou de politiciens.

[…] Dès le moment où nous confions à d’autres le soin de résoudre nos propres problèmes, le fossé qui sépare le processus matériel du processus spirituel ne cesse de s’élargir. Nous vivons dans un monde d’idées que d’autres ont élaboré à notre intention et où nous n’avons le choix qu’entre nous développer selon leurs normes, ou nous en écarter et entrer en conflit avec elles d’une manière toujours plus désespérée. Situation aussi aberrante que terrible !

Je crois que la seule voie possible, pour surmonter ce conflit entre l’individuel et le collectif, est de retrouver à un équilibre entre le spirituel et le matériel. Que signifie par exemple: “se sacrifier pour la cause commune” ? N’est-ce pas l’expression même du tragique conflit qui existe entre la personne et la société ? Si l’Homme n’est pas intimement convaincu de la part de responsabilité qu’il a lui-même dans l’avenir de la société, s’il ne ressent que le “droit” de disposer des autres, de diriger leurs destins de l’extérieur et de leur imposer sa vision de leur rôle dans le développement social, alors les désaccords entre les individus et la société ne peuvent que prendre un caractère de plus en plus fondamental. Le libre arbitre est la garantie de notre capacité à évaluer les phénomènes sociaux, ainsi que notre propre situation au milieu des autres et de pouvoir faire un libre choix entre le bien et le mal.

Tout contre le problème de la liberté, surgit en effet celui de la conscience morale. Si tous les concepts élaborés par la conscience collective sont bien le produit de l’évolution, celui de la conscience morale n’a par contre rien à voir avec le processus historique. Le concept de conscience morale et le sentiment que nous en possédons, est quelque chose d’immanent, de spécifique a priori à l’Homme, qui vient comme ébranler les assises de la société mal fondée qui est aujourd’hui la nôtre. La conscience morale empêche la stabilisation de cette société et va parfois à l’encontre des intérêts de l’espèce, voire de sa survie.

[…] La conséquence fatale en est que nous sommes devenus incapables de maîtriser ces conquêtes et de les utiliser pour notre propre bien. Nous avons créé une civilisation qui menace d’anéantir l’humanité.

Devant une catastrophe aussi globale, la seule question qui me semble importante, au plan théorique, est celle de la responsabilité personnelle de l’Homme, de sa disposition au sacrifice spirituel. La capacité au sacrifice dont je parle et qui doit devenir la forme organique et naturelle d’existence de tout Homme doué de quelque qualité spirituelle, ne peut être perçue comme une fatalité malheureuse, ni comme une punition qui serait imposée par on ne sait qui. Je veux parler de l’esprit de sacrifice, de l’essence même du service envers le prochain, reconnu comme unique forme possible d’existence et assumé librement par l’Homme au nom de l’amour.

[…] Libérer l’énergie de la spiritualité humaine ne peut être que le fruit d’un énorme travail intérieur, que l’individu seul doit décider d’entreprendre.

Note de R71: Tarkovski rejoint ici le concept de Gustav Landauer pour qui le changement menant à la révolution sociale passe par un changement d’attitude envers l’ensemble des institutions, résultant d’une énorme introspection et travail intérieur, de chacun retrouvant l’autre dans ce changement. En cela, le grand changement part de l’individu pour rayonner vers le collectif s’unifiant derrière l’esprit retrouvé de la société organique en embrassant notre complémentarité inhérente et en lâchant-prise de l’antagonisme illusoire prévalent. Pour Landauer nous devons retrouver “l’esprit, le Geist en allemand” de la société organique pour nous émanciper des contraintes que nous nous sommes auto-imposées. C’est ce que nous avons aussi essayé de faire ressentir dans notre “Manifeste pour la société des sociétés”

[…] Je suis persuadé que nous nous retrouvons actuellement au bord de l’anéantissement de notre civilisation, justement parce que nous ne tenons aucun compte de l’aspect spirituel du processus historique. Nous ne voulons pas nous avouer que nombre des malheurs qui frappent l’humanité proviennent de ce que nous sommes devenus impardonnablement et désespérément matérialistes.

En nous posant comme partisans de la science et pour rendre encore plus convaincantes nos intentions prétendument scientifiques, nous scindons en deux à l’horizontale le processus un et indivisible du développement de l’Homme et, après avoir mis à nu l’un de ses ressorts, le plus visible, nous le déclarons la cause unique de toutes choses et essayons avec lui d’expliquer les erreurs du passé et de construire notre avenir ! Mais peut-être que le sens de ces échecs est à chercher dans la patience de l’Histoire, qui attend que l’Homme fasse le choix véritable qui ne l’enfermera plus dans une impasse et à la suite duquel elle n’aura plus à effacer de ses rouleaux chacune des nouvelles tentatives humaines dans l’attente perpétuelle d’une suivante couronnée peut-être enfin de succès… De ce point de vue on ne peut que souscrire à l’opinion largement répandue selon laquelle l’histoire n’apprend jamais rien à personne et que l’humanité ne tient pas compte de l’expérience historique. En bref, si une civilisation est détruite, c’est qu’elle était dans l’erreur. Et si l’Homme est obligé de recommencer son chemin, cela signifie que tout son parcours antérieur n’était pas celui de son perfectionnement spirituel. Compris sous cet angle, l’art est l’image du processus abouti, l’imitation de la possession de la vérité absolue, même si ce n’est qu’au sens figuré, mais qui se passe du long et peut-être infini cheminement de l’histoire.


« Nostalghia », 1983

Comme on aimerait pouvoir parfois se reposer et croire, se donner, s’offrir complètement à une toute autre conception de la vie, à quelque chose comme les Véda par exemple. L’Orient était plus proche de la vérité que l’Occident. Mais la civilisation occidentale a englouti l’Orient avec ses prétentions matérielles.

Comparez la musique orientale et la musique occidentale. L’Occident s’écrie: “Me voilà ! Regardez-moi ! Ecoutez comme je souffre, comme j’aime ! Comme je suis malheureux, comme je suis heureux ! Je ! Moi ! Mon ! Mien !” L’Orient quant à lui, ne souffle mot sur lui-même, totalement ouvert à Dieu, à la Nature, au Temps. Se retrouver en tout ! Tout découvrir en soi ! La musique taoïste. La Chine, six cents ans avant le Christ.

[…] Le fond du problème est que nous vivons dans le monde que nous imaginons, dans le monde que nous créons et que nous dépendons de ses défauts, quand nous pourrions dépendre de ses qualités…

En dernière confidence: l’humanité n’a jamais rien créé de désintéressé, si ce n’est l’image artistique. Et peut-être que toute l’activité humaine trouve son sens dans a création d’œuvres d’art, dans l’acte créateur absurde et gratuit.

[…] Je voudrais enfin pour clore ce livre, dévoiler un espoir caché. J’aimerais que tous ceux qui auront été convaincus par ces pages, même si ce n’est qu’en partie et à qui je n’ai rien dissimulé, soient devenus maintenant pour moi comme des alliés, des âmes sœurs.

[Note de R71: sans doute est-ce la façon de Tarkovski de nous signifier que nous sommes tous inter-reliés pourvu que nous en fassions l’effort… Comment dit-on Mitakuye Oyasin en russe ?… Quand bien des chemins mènent au même endroit, au même concept, alors peut-on dire que cet endroit touche à universel ?… Trouverons-nous et oserons-nous entrer dans la “chambre” allégorique de la “Zone” de “Stalker” ?.. Elle nous attend, elle est en chacun de nous et est la clef du véritable progrès de l’humanité.]

~ Écrit à Moscou, San Gregorio et Paris entre 1970 et 1986 ~


Andreï Tarkovski

Version PDF de Jo: avec portfolio photographique film par film

Andrei Tarkovski cinéaste, poète et révélateur de la vie

Résistance politique: Ce qu’il faut dire avec Sébastien Faure (version PDF)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, documentaire, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 27 mai 2018 by Résistance 71

 

 

Résistance 71

 

27 mai 2018

 

 

Nous publions avec ce très beau pdf réalisé par Jo de JBL1960, une compilation de textes de Sébastien Faure dont ses fameux « 12 preuves de l’inexistence de dieu » et « Électeur, écoute ».
Nous suggérons aux lecteurs d’imprimer ce pdf afin de le lire à leur aise, dans la mesure où ces textes amènent pas mal de grain à moudre dans le champ de la réflexion et de la pensée critiques qui fait tant défaut depuis quelques décennies.
Bonne lecture à toutes et à tous !…

Sébastien Faure en PDF:

Ecrits-choisis-anarchistes-sebastien-faure-mai-2018

 

Résistance au colonialisme: Massacre en Palestine occupée et lutte des classes (7 du Québec)

Posted in actualité, canada USA états coloniaux, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 27 mai 2018 by Résistance 71

 

A Gaza, la bourgeoisie se planque et le prolétariat planche, encore une lutte de libération nationale bourgeoise

 

Robert Bibeau

 

23 mai 2018

 

Source: 

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/a-gaza-la-bourgeoisie-se-planque-et-le-proletariat-planche-encore-une-lutte-de-liberation-nationale-bourgeoise/

 

Que se passe t’il en Palestine occupée ?

Depuis plusieurs semaines (depuis le vendredi 30 mars 2018) le gouvernement israélien et l’armée israélienne ont assassiné plus d’une centaine de Palestiniens, de nombreux enfants notamment, et ils en ont blessé des milliers d’autres (plus de 11 000). Désarmés, ces Palestiniens ont été tués ou blessés pour le crime de manifester contre leur incarcération dans le plus grand bagne à ciel ouvert des temps modernes où un million cinq cent mille damnés de la terre s’entassent, emprisonnés depuis soixante-dix années.

Au-delà du dégoût et de la colère que provoque ces meurtres commis de sang-froid, sous l’œil des caméras (nonobstant leur myopie sélective) la question que soulève ces crimes contre l’humanité c’est : « Pourquoi ce carnage largement médiatisé ? »

Se peut-il que les palestiniens manifestant pensent que ces soldats totalement aliénés – endoctrinés – s’abstiendront de les tués ? Se pourrait-il que les Palestiniens innocents espèrent que les dirigeants israéliens reculeront devant ces crimes de guerre avérés ?  Je ne le crois pas. Les prolétaires palestiniens connaissent leurs geôliers « nazifiés » depuis soixante-dix ans maintenant, et il est évident qu’aucun de ces militants n’attend de pitié des mercenaires de Tsahal.

Il nous faut donc admettre que les martyrs palestiniens connaissent les risques qu’ils encourent face à ces tueurs programmés. Car autant le mystère est grand sur ce qui pousse ces militants bien intentionnés – mais manipulés – à s’immoler de la sorte, autant le mystère plane sur les motifs et les objectifs des autorités israéliennes qui ne peuvent ignorer le dommage que leur occasionne de telles spectacles d’assassinats publics télévisés et répétés. Qui après avoir vu ces crimes de guerre osera encore prétendre au droit à l’existence de cet État fantoche, de cet État voyou, de cet État illégale et illégitime, construit sur une Terre expropriée et ensanglantée.

Le peuple « juif » n’existe pas mais l’État colonial israélien existe

Il est évident que les dirigeants israéliens savent qu’ils forcent leurs comparses des capitales de la « communauté international » bidon à se démasquer et à s’exposer en compagnie de ces tueurs en série, ce qui les embarrasse assurément, c’est pourtant l’effet escompté. À travers cette allégeance occidentale à ses tortionnaires sionistes, le suzerain américain souhaite signifier aux prolétaires américains, israéliens, palestiniens, français, canadiens, et à ceux du monde entier, le sort qu’il réserve aux damnés de la Terre révoltés. Après George W Bush, après Barack Obama, voici Donald Trump qui proclame « Vous êtes avec nous ou vous êtes contre nous ». Voilà la signification profonde de cette tuerie contre le peuple Palestinien, massacre qu’exécute le protectorat israélien, ce soi-disant État d’un « peuple » qui n’existe pas et n’a jamais existé.

En effet, comme l’écrit Shlomo Sand un peuple – une nation – de quelques milliers d’individus n’a pu subsister dans l’errance, expatrier- éparpiller à travers le monde pendant deux milliers d’années, convertissant et intégrant des étrangers (goys) ayant pour seule composante identitaire un livre « révélé » (la Thorah) différemment interprété. (1)

La vraie nature du protectorat israélien

Il faut bien le comprendre, Israël est un protectorat créé par les impérialistes britanniques au siècle dernier, à une époque où pour contrôler et s’approprier une richesse naturelle (pétrole), son transport et ses marchés, une puissance impériale devait disposer d’une armée à proximité de la ressource, une armée capable d’intervenir rapidement pour frapper les bourgeoisies nationales récalcitrantes en cas de nécessité. C’est d’ailleurs ce que fit l’État fantoche israélien en 1956, aux ordres du Royaume-Uni et de la France, empires convoitant le Canal de Suez porte d’entrée des pétroliers ravitaillant le marché européen. Il en fut ainsi par la suite quand la nouvelle puissance hégémonique américaine eut pris le relais des vieilles puissances européennes déchues (Guerre de 1967, de 1973, bombardements de la Tunisie, de la Jordanie, de la Libye, de l’Irak, de la Syrie, invasions et occupation du Liban, et du Golan, etc.). Aujourd’hui, sous l’impérialisme moderne dont l’économie est mondialisée et financiarisée, l’entretien d’un contingent militaire en terre étrangère n’est plus nécessaire. Il faut en convenir Israël est une base militaire obsolète qu’il leur faudra tôt ou tard désaffectée. (2)

L’internationale « juive » ne fait plus recette, bienvenue au « false flag » sioniste

Nul ne doit se laisser berner par les jérémiades proto-sionistes à propos de la lubie de la judéité du « Peuple élu » et autres fadaises au sujet des prophéties de Theodor Herzl, un suprémaciste sponsorisé, et de l’assentiment prémédité de Lord Arthur Balfour (1917), et autres foucades folkloriques complotistes à propos des sectes « juives internationales » qui domineraient le monde avec leurs 16 millions d’adhérant (sur 7 milliards d’individus vivants soit 0,05%), comprenant quelques dizaines de prétendants « juifs » sur les 2500 milliardaires recensés (0,05% du total) , ou encore, à propos de l’État de tous les « Juifs » (dont la majorité des citoyens est athée) sur une Terre « promise » (sic) par Yahweh à cette populace d’exilée multiethnique rassemblée là par les pénuries de logements et d’emplois. Ne pas oublier non plus l’inévitable forfanterie de l’« AIPAC », un club sélect dont les milliardaires opportunistes américains se servent comme paravent pour dissimuler leurs méfaits et en accusé commodément les sanguinaires « juifs » expatriés. Vous cherchez un modèle de « False Flag », en voilà un.

Une époque tire à sa fin, l’alliance Atlantique s’effrite

Soupçonnent-ils ces capitalistes israéliens, ce que vous et moi nous savons déjà : que premièrement, leur mentor déclinant s’écarte progressivement de ses alliés et concurrents européens; que deuxièmement, une fois leur tuteur défaussé il ne restera plus personne pour les protégés; que troisièmement, le temps joue contre eux ! Imaginez dans trente ans combien de dizaines de millions d’arabes enragés –débarrassés de leurs dirigeants prostrés – encercleront cette base militaire néocoloniale abandonnée par les porte-avions US partis en galère faire la guerre de l’autre côté de la Terre, en mers de Chine, de Corée ou du Japon.

Te Deum en Palestine sacrifiée

Il n’y a qu’une explication possible à la tactique sanguinaire et suicidaire de l’État voyou israélien. Maintenant qu’il a reçu la dernière concession de son maître poltron à son ambassade relocalisée, le diable sioniste étale sa hargne désespérée avant de jouer son va-tout, ce bain de sang signifiant qu’il vendra chèrement chaque parcelle de terre spoliée, ce dont le Hamas et l’OLP ont pris acte à n’en pas douter à travers ces milliers de sacrifiés. Il est tout de même triste qu’une nouvelle fois (vingtième répétition depuis la Nakba de 1948) des milliers de Palestiniens aient ainsi payer de leur sang les tractations pour le partage des terres entre deux bourgeoisies nationalistes chauvines (3). Un jour, le bantoustan palestinien tant souhaité par Arafat et par Haniyeh ouvrira ses portes, veuillez en remercier ces milliers d’immolés. La véritable libération du prolétariat palestinien viendra plus tard, n’en doutez pas. (4)

NOTES

1.      1.http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-2-2/comment-le-peuple-juif-fut-invente/

2.      2.http://www.les7duquebec.com/7-au-front/wall-street-se-retire-de-laccord-sur-le-nucleaire-iranien/

3.      3. Selon Ismaïl Haniyeh, « les sangs versés à Gaza ont fait capoter la décision de Trump concernant le « deal du siècle ». « Donald Trump avait l’intention d’annoncer le « deal du siècle » et le « démantèlement de la Palestine » le jour même du transfert de l’ambassade US à Qods, mais les sangs versés à Gaza l’ont empêché d’exécuter sa décision », a dit le chef du Hamas.  http://www.presstv.com/Detail/2018/04/06/557610/Isral-Palestine-Gaza-Cisjordanie-retour

4.      4. Robert Bibeau (2017) Question nationale et révolution prolétarienne sous l’impérialisme moderne.  L’Harmattan. Paris. 150 pages. http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/question-nationale-et-revolution-proletarienne-sous-limperialisme-moderne-ouvrage-de-robert-bibeau/

Matérialisme historique: Marx, anarchisme, plagiat et trahison de la révolution sociale (avec Rudolph Rocker)

Posted in actualité, altermondialisme, documentaire, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état on 26 mai 2018 by Résistance 71

Plus on lit des analyses et l’historiographie du mouvement socialiste qui vit le jour en Europe dès le début du XIXème siècle avec la première révolution industrielle, comme celle ci-dessous de Rudolf Rocker en 1925 ou de recherche historique comme celle effectuée dans le remarquable ouvrage de Mark Leier “Bakunin, a Biography”, Thomas Dunne Books, 2006 qui analyse en profondeur la relation Marx / Bakounine via leurs écrits et correspondances diverses, on se rend compte non seulement à quel point la pensée de Marx tient du plagiat, mais aussi à quel point elle a perverti le mouvement révolutionnaire prolétaire existant en le divisant. A un tel point qu’on puisse légitimement se demander si elle ne fut pas une manœuvre délibérée et commanditée par l’oligarchie en place, terrifiée du grand mouvement révolutionnaire en marche et qui ne pouvait pas être contrôlé de l’intérieur sous sa forme anarchiste, mais qui le pouvait parfaitement sous la forme d’un “parti politique” (le parti communiste) cherchant à s’approprier le pouvoir dans un tumulte électoral et parlementaire piloté par une oligarchie jouant sur les deux tableaux et donc sur du velours.
Il y a donc du grain à moudre dans cette analyse lumineuse de Rudolf Rocker qui nous fait observer le marxisme et ses fondateurs Marx et Engels sous un angle d’approche novateur et plus pertinent que le catéchisme habituel sur le sujet.
~ Résistance 71 ~

“L’attaque de Engels sur Bakounine fut un bon exemple d’arrogance académique méprisante et de matérialisme historique à son niveau absolu de pire vulgarité. […] Là où Marx et Engels virent l’expansion de la production économique comme élément essentiel de la liberté humaine et ainsi soutinrent les Etats-Unis plutôt que le Mexique et l’Allemagne plus que les Slaves, Bakounine quant à lui argumentait qu’il était possible de créer des sociétés plus libres sans aucun rapport avec les niveaux économiques ; qu’il était possible pour des sociétés moins développées de faire la révolution sociale et d’enlever ces obstacles, ces systèmes sociaux et structures d’empire, d’état, d’église et de capitalisme, qui empêchaient les gens de contrôler leurs propres vies.”

“En 1848, les différences théoriques opposant Marx et Bakounine, différences de personnalité et de philosophie, les menèrent dans des directions différentes. Alors que l’Europe s’enrageait, Bakounine se jeta sur les barricades de Paris et de Dresde tandis que Marx commencerait sa longue marche au British Museum..”

~ Mark Leier, “Bakunin, a Biography”, 2006 ~

 

 

Marx et l’anarchisme

 

Rudolph Rocker

1925

I

Il y a quelques années, peu après la mort de Frédéric Engels, Edouard Bernstein, un des plus illustres membres de la communauté marxiste, étonna ses amis par quelques découvertes notables. Bernstein manifesta publiquement ses doutes quant à l’exactitude de l’interprétation matérialiste de l’histoire, de la théorie marxiste de la plus value et de la concentration du capital ; il alla même jusqu’à attaquer la méthode dialectique, arrivant à la conclusion qu’il n’était pas possible de parler d’un socialisme critique. Homme prudent, Bernstein garda pour lui ses découvertes jusqu’à ce que meure le vieil Engels, et alors seulement il les rendit publiques au grand effroi des prêres marxistes. Mais même cette prudence ne put le sauver, car on l’attaqua de tous côtés. Kautsky écrivit un livre contre l’hérétique, et le pauvre Edouard se vit obligé de déclarer au congrès de Hanovre qu’il était en état de péché mortel et qu’il se soumettait à la décision de la majorité scientifique.

Avec tout cela, Bernstein n’avait rien révélé de nouveau. Les raisons qu’il opposait aux fondements de la doctrine marxiste existaient déjà à l’époque où lui-même continuait encore à se faire l’apôtre fidèle de l’église marxiste. Ces arguments avaient été pris çà et là dans la littérature anarchiste, et le seul fait important était qu’un social-démocrate parmi les plus connus se réclamait d’eux pour la première fois. Personne ne niera que la critique de Bernstein avait produit une forte impression dans le camp marxiste : il avait ébranlé les fondements les plus importants de l’économie métaphysique de Karl Marx et il n’est pas surprenant que les respectables représentants du marxisme orthodoxe s’en soient vivement émus.

Tout cela ne serait pas très grave s’il n’y avait un autre inconvénient bien pire. Depuis près d’un siècle, les marxistes ne cessent de prêcher que Marx et Engels furent les inventeurs du socialisme dit scientifique ; une distinction artificielle s’est créée entre les socialistes dits utopiques et le socialisme scientifique des marxistes, différence qui existe seulement dans l’imagination de ces derniers. Dans les pays germaniques, la littérature socialiste a été monopolisée par les théories marxistes, et tout social-démocrate les considère comme de purs produits, absolument originaux, des découvertes scientifiques de Marx et de Engels.

Mais ce rêve s’est lui aussi évanoui : les recherches historiques modernes ont établi d’une manière incontestable que le socialisme scientifique n’était rien de plus qu’une conséquence des vieux socialismes anglais et français, et que Marx et Engels ont connu à la perfection l’art de revêtir le plumage d’autrui. Après les révolutions de 1848, commença en Europe une réaction terrible ; la Sainte Alliance revint tendre ses filets dans tous les pays avec l’intention d’étouffer la pensée socialiste qui produisait une littérature d’une très grande richesse tant en France qu’en Belgique, Angleterre, Allemagne, Espagne et Italie. Cette littérature tomba presque totalement dans l’oubli pendant cette période d’obscurantisme qui commença à partir de 1848. Beaucoup d’œuvres parmi les plus importantes furent détruites, et rares sont les exemplaires qui trouvèrent refuge dans la tranquillité de certaines grandes bibliothèques publiques ou chez des particuliers. C’est seulement à la fin du XIX° siècle et au début du XX° que cette littérature a été redécouverte et aujourd’hui, nous sommes remplis d’admiration devant les idées fécondes que l’on trouve dans les vieux écrits des écoles postérieures à Fourier et à Saint-Simon, dans les œuvres de Considérant, Demasi, Mey et de tant d’autres.

De la même manière, on y a trouvé l’origine du socialisme dit scientifique. Notre vieil ami W. Tcherkesoff fut le premier à offrir un ensemble de tous ces faits ; il démontra que Marx et Engels ne sont pas les inventeurs des théories qui furent considérées pendant tant de temps comme leur patrimoine intellectuel[1] ; il arriva même à prouver que certains des travaux marxistes parmi les plus fameux, comme le Manifeste communiste par exemple, n’étaient en réalité rien d’autre que des traductions libres du français, faites par Marx et Engels. Tcherkesoff a d’ailleurs eu le plaisir de voir ses affirmations relatives au Manifeste communiste, reconnues par Avanti, organe central de la social-démocratie italienne,[2] après que l’auteur ait eu l’idée de comparer le Manifeste communiste avec le Manifeste de la Démocratie de Victor Considérant, paru cinq ans avant l’opuscule de Marx et de Engels.

Le Manifeste communiste est considéré comme une des premières œuvres du socialisme scientifique et le contenu de ce travail a été tiré des écrits d’un utopiste, car le marxisme inclut Fourier dans les socialistes utopiques. Voilà une des ironies les plus cruelles que l’on puisse imaginer, et cela ne constitue pas assurément une recommandation favorable quant à la valeur scientifique du marxisme. Victor Considérant fut un des premiers écrivains socialistes que Marx connut ; il le mentionne déjà à une époque où il n’était pas encore socialiste lui-même. En 1842, la Allgemeine Zeitung attaqua la Rheinische Zeitung dont Marx était rédacteur en chef, lui reprochant de sympathiser avec le communisme. Marx répondit alors par un éditorial[3] dans lequel il déclarait : « Des œuvres comme celles de Leroux, Considérant et plus particulièrement le livre perspicace de Proudhon, ne peuvent être critiquées à partir de quelques observations superficielles ; il faut les étudier à fond avant de vouloir en faire la critique ». Le socialisme français a exercé la plus grande influence sur le développement de Marx ; mais de tous les écrivains socialistes de France, c’est P. J. Proudhon qui l’a le plus puissamment marqué.

Il est même évident que le livre de Proudhon Qu’est-ce que la propriété ? incita Marx à embrasser le socialisme. Les observations critiques de Proudhon sur l’économie nationale et les diverses tendances socialistes firent découvrir, avant Marx, un inonde nouveau, et ce fut principalement la théorie de la plus-value, développée elle aussi par le génial socialiste français, qui causa la plus forte impression sur l’esprit de Marx. L’origine de la doctrine de la plus value, cette grandiose « découverte scientifique » dont s’enorgueillissent tous nos marxistes, nous la trouvons dans les écrits de Proudhon. Grâce à celui-ci Marx parvint à connaître cette théorie, qu’il modifia plus tard, après l’étude des socialistes anglais Bray et Thompson. Marx alla jusqu’à reconnaître publiquement la grande signification scientifique de Proudhon et, dans un livre aujourd’hui complètement disparu de la vente,[4] il qualifia l’œuvre de celui-ci, Qu’est-ce que la propriété ?, de « premier manifeste scientifique du prolétariat français ». Cette œuvre n’a plus été éditée par les marxistes, ni traduite, malgré les grands efforts des représentants officiel du marxisme pour divulguer, dans toutes les langues, les écrits de leur maître. Ce livre a été oublié, on sait pourquoi ; sa réimpression ferait découvrir au monde le colossal contresens et l’insignifiance de tout ce que Marx a écrit plus tard au sujet de l’éminent théoricien de l’anarchisme.

Marx n’a pas été influencé seulement par les idées économiques de Proudhon, mais aussi par les théories anarchistes du grand socialiste français, et dans un de ses travaux de cette période, il combat l’Etat sous la même forme que l’avait fait Proudhon.

II

Tous ceux qui ont étudié attentivement l’évolution socialiste de Marx devront reconnaître que l’œuvre de Proudhon Qu’est-ce que la Propriété ? fut celle qui le convertit au socialisme. Ceux qui ne connaissent pas de près les détails de cette évolution et ceux qui n’ont pas eu la curiosité de lire les premiers travaux socialistes de Marx et de Engels, jugeront étrange et invraisemblable cette affirmation, car dans ses travaux postérieurs, Marx parle de Proudhon avec ironie et mépris, et ce sont précisément ces écrits que la social-démocratie publie de nouveau et réimprime constamment.

C’est ainsi que prend corps, petit à petit, l’opinion suivant laquelle Marx fut, dès le début, l’adversaire théorique de Proudhon et qu’il n’a jamais existé, entre eux deux, aucun point de contact. Il est vrai que, quand on lit ce que le premier a écrit à propos du second dans Misère de la philosophie, dans le Manifeste communiste et dans la nécrologie qu’il publia dans le Sozialdemokrat de Berlin, peu après la mort de Proudhon, il n’est pas possible d’avoir une autre opinion.

Dans Misère de la philosophie il attaque Proudhon de la pire manière, usant de tous les recours pour démontrer que les idées de celui-ci n’ont pas de valeur et qu’elles n’ont aucune importance, ni comme socialistes ni comme critique de l’économie politique : « Monsieur Proudhon – dit-il – a le malheur d’être compris d’une étrange manière ; en France il a le droit d’être un mauvais économiste, car on le considère comme un bon philosophe allemand ; en Allemagne, il peut être un mauvais philosophe, puisqu’il y est considéré comme le meilleur économiste français. En ma qualité d’Allemand et d’économiste, je me vois obligé de protester contre cette double erreur ».[5]

Et Marx va plus loin encore : il accuse Proudhon, sans avancer aucune preuve, d’avoir plagié les idées de l’économiste anglais Bray. Il écrit : « Nous croyons avoir trouvé dans le livre de Bray[6] la clé de tous les travaux passés, présents et à venir de Monsieur Proudhon ». Il est intéressant d’observer comment Marx, qui a utilisé tant de fois les idées d’autrui et dont le Manifeste communiste n’est en réalité qu’une copie du Manifeste de la Démocratie de Victor Considérant, traite les autres de plagiaires. Mais poursuivons. Dans le Manifeste communiste, Marx dépeint Proudhon comme un représentant bourgeois et conservateur.[7] Et dans la nécrologie qu’il écrivit dans le Sozialdemokrat (1865) nous lisons les mots suivants : « Dans une histoire, rigoureusement scientifique, de l’économie politique, ce livre (il se réfère à Qu’est-ce que la propriété ?) méritera à peine d’être mentionné. Car de semblables ouvrages jouent dans les sciences exactement le même rôle que dans la littérature de nouvelles ». Et dans le même article nécrologique, Marx réitère son affirmation comme quoi Proudhon manque totalement de valeur en tant qu’économiste, opinion qu’il émettait déjà dans Misère de la philosophie.

Il est facile de comprendre que de pareilles assertions, lancées par Marx contre Proudhon, devaient répandre la croyance, et pour mieux dire la conviction, qu’entre lui et le grand écrivain français il n’existait pas la moindre parenté. En Allemagne, Proudhon est presque totalement inconnu. Les éditons allemandes de ses œuvres, faites autour de 1840, sont épuisées. L’unique livre qui a été de nouveau publié en allemand est Qu’est-ce que la propriété ?, et même cette édition a été diffusée dans un cercle restreint. Cette circonstance explique le fait que Marx soit parvenu à effacer les traces de sa première évolution socialiste. Que son opinion ait été bien différente au début, nous avons eu l’occasion de le voit plus haut, et les conclusions qui suivent corroborent notre affirmation. Etant rédacteur en chef de la Rheinische Zeitung, un des principaux journaux de la démocratie allemande, Marx arriva à connaître les écrivains socialistes les plus importants de France, alors que lui-même n’était pas encore socialiste. Nous avons déjà mentionné une de ses citations dans laquelle il fait allusion à Victor Considérant, Pierre Leroux et Proudhon, et il ne fait pas de doute que Considérant, et spécialement Proudhon, ont été les maîtres qui l’amenèrent au socialisme. Qu’est-ce que la propriété ? a exercé, de toute évidence, la plus grande influence dans la maturation politique de Marx ; ainsi, à la période mentionné, il qualifia le génial Proudhon du plus « conséquent et sagace des écrivains socialistes ».[8] En 1843 la Rheinische Zeitung fut supprimée par la censure prussienne ; Marx partit pour l’étranger, et durant cette période, il poursuivit son évolution vers le socialisme. La dite évolution se constate très bien dans ses lettres à l’écrivain Arnold Ruge, et mieux encore, dans son livre La Sainte Famille ou Critique de la critique critique, qu’il publia conjointement avec Frédéric Engels. Le livre, paru en 1845, avait pour objet la contestation de la nouvelle tendance du penseur Bruno Bauer.[9] En plus de questions philosophiques, cette œuvre s’occupe aussi d’économie politique et de socialisme, et ce sont précisément ces parties qui nous intéressent ici.

De tous les travaux que publièrent Marx et Engels, La Sainte Famille est l’unique qui n’a pas été traduit en d’autres langues,[10] et dont les socialistes allemands ne firent pas d’autre édition. Il est vrai que Frantz Mehring, héritier littéraire de Marx et de Engels, a publié, à la charge du Parti socialiste allemand, La Sainte Famille avec d’autres écrits correspondant à la première période de l’activité socialiste de leurs auteurs, mais ceci se fit soixante ans après la sortie de la première édition, et, d’autres part, la réédition était destinée aux spécialistes, car son coût était excessif pour un travailleur. A côté de cela, Proudhon est connu d’une manière si limitée en Allemagne, que très peu se seront rendu compte de la profonde différence existant entre les premiers jugements que Marx émettait sur lui et ceux qu’il soutiendra plus tard.

Et cependant, ce livre démontre clairement le processus évolutif du socialisme chez Marx et l’influence puissante que Proudhon a exercé sur lui. Tout ce que les marxistes ont attribué ensuite à leur maître, Marx le reconnaissait, dans La Sainte Famille, comme les mérites de Proudhon. Voyons ce qu’il dit à ce sujet à la page 36 : « Tous les développements de l’économie politique supposent la propriété privée. Cette hypothèse de base, l’économie politique la considère comme un fait inattaquable ; elle ne la soumet à aucun examen et même, pour reprendre l’aveu naïf du Say,[11] n’en parle qu’accidentellement. Et voici Proudhon qui soumet la propriété privée, base de l’économie politique, à un examen critique, au premier examen catégorique aussi impitoyable que scientifique. C’est là le grand progrès scientifique qu’il a réalisé, un progrès qui révolutionne l’économie politique et rend pour la première fois possible une véritable science de l’économie politique. L’ouvrage de Proudhon Qu’est-ce que la propriété ? est aussi important pour l’économie politique moderne que l’ouvrage de Sieyès Qu’est-ce que le Tiers-Etat ? pour la politique moderne ».

Il est intéressant de comparer ces paroles de Marx avec celles qu’il a écrites ensuite à propos du grand théoricien anarchiste. Dans « La Sainte Famille » il dit que Qu’est-ce que la propriété ? a été la première analyse scientifique de la propriété privée et qu’elle a donné la possibilité de faire de l’économie nationale une véritable science ; mais dans sa nécrologie publiée dans le Sozialdemokrat, le même Marx assure que dans une histoire rigoureusement scientifique de l’économie, cette œuvre mérite à peine d’être mentionnée. Quelle est la cause d’une pareille contradiction ? Voilà une question que les représentants du socialisme dit scientifique n’ont pas encore éclaircie. En réalité, il n’y a qu’une réponse : Marx voulait cacher la fontaine dans laquelle il avait bu. Tous ceux qui ont étudié sérieusement le problème et qui ne se sentent pas entraînés par le fanatisme partisan devront reconnaître que cette explication n’est pas le fait d’un caprice.

Voyons encore ce que Marx constate quant à l’importance historique de Proudhon. A la page 52 du même livre, nous lisons : « Proudhon n’écrit pas seulement en faveur des prolétaires, mais il est un prolétaire lui-même, un ouvrier ; son œuvre est un manifeste scientifique de prolétariat français ».

Ici, comme on le voit, Marx exprime en termes précis que Proudhon est un théoricien du socialisme prolétarien et que son œuvre constitue un manifeste scientifique du prolétariat français. En revanche, dans Manifeste communiste, il assure que Proudhon incarne le socialisme petit-bourgeois et conservateur. Peut-on trouver plus grande contradiction ? Qui devons-nous croire, le Marx de La Sainte Famille ou l’auteur du Manifeste ? Et d’où provient cette divergence ? C’est une question que nous posons de nouveau, et, bien entendu, la réponse est toujours la même ; Marx voulait dissimuler au monde tout ce qu’il devait à Proudhon, et, pour lui, tous les moyens étaient bons. Il ne peut y avoir d’autre explication de ce phénomène ; les moyens que Marx employa plus tard dans sa lutte contre Bakounine prouvent à l’évidence qu’il n’était pas très délicat quant au choix de ceux-ci [Proudhon repose aussi sur un fait sordide. A (…) »[12]].

III

Les écrits politiques de Marx, à cette période, démontrent qu’il avait même été influencé par les idées anarchistes de Proudhon ; par exemple, l’article qu’il publia dans le Vorwerts de Paris.

Le Vorwerts était un journal qui paraissait dans la capitale française vers les années 1844-1845, sous la direction d’Henri Bernstein. Au début, il était seulement de tendance libérale. Mais plus tard, après la disparition des Annales franco-allemandes, Bernstein entra en relation avec les anciens collaborateurs de cette dernière publication, qui le conquirent à la cause socialiste. Le Vorwerts se convertit alors en organe officiel du socialisme et de nombreux collaborateurs de la revue de Arnold Ruge, tels Bakounine, Marx, Engels, Henri Heine, Georges Herwegh, etc. y participèrent.

Dans le numéro 68 de ce journal (7 août 1844), Marx publia une œuvre de polémique, Notes critiques du propos de l’article : Le Roi de Prusse et la réforme sociale. Il y étudia la nature de l’Etat et démontre l’incapacité absolue de cet organisme pour diminuer la misère sociale et pour supprimer le paupérisme. Les idées que l’auteur développe dans cet article sont les idées purement anarchistes et sont en parfaite concordance avec les concepts que Proudhon, Bakounine et autres théoriciens de l’anarchisme, ont établi à ce sujet. Les lecteurs pourront juger à partir du texte suivant extrait de l’étude de Marx : « Aucun gouvernement au monde n’a pris, immédiatement et sans accord avec les autorités, de mesures contre le paupérisme. Le parlement anglais envoya même des commissaires dans tous les pays d’Europe, afin de prendre connaissance des différents remèdes administratifs contre le paupérisme. Mais pour autant que les Etats sont occupés du paupérisme, ils en sont restés aux mesures d’administration et de bienfaisance ou en deçà.

  • L’Etat peut-il se comporter autrement ? 
  • L’Etat ne découvrira jamais dans l’Etat et l’organisation de la société, la raison des maux sociaux. Là où il y a des partis politiques, chacun trouve la raison de chaque mal dans le fait que son adversaire occupe sa place à la direction de l’Etat. Même les politiciens radicaux et révolutionnaires trouvent la raison non pas dans l’essence (Wesen) de l’Etat, mais dans une forme déterminée d’Etat qu’ils veulent remplacer par un autre. 
  • Du point de vue politique, l’Etat et l’organisation de la société ne sont pas deux choses différentes. L’Etat c’est l’organisation de la société. Dans la mesure où l’Etat reconnaît des anomalies sociales, il en cherche la raison, soit dans les lois naturelles qu’aucune puissance humaine ne peut plier, soit dans la vie privée qui est indépendante de l’Etat, soit dans une inadaptation de l’administration qui dépend de l’Etat. C’est ainsi que l’Angleterre trouve que la misère a sa raison d’être dans la loi naturelle, d’après laquelle la population doit toujours dépasser les moyens de subsistance. D’un autre côté, elle explique le paupérisme par la mauvaise volonté des pauvres, comme le roi de Prusse l’explique par le sentiment non-chrétien des riches et la Convention par la mentalité contre-révolutionnaire des propriétaires. C’est pourquoi l’Angleterre punit les pauvres, le roi de Prusse exhorte les riches, et la Convention guillotine les propriétaires. 
  • Enfin, tous les Etats cherchent dans des déficiences accidentelles ou intentionnelles de l’administration la cause, et par suite, dans des mesures administratives, le remède à tous leurs maux. Pourquoi ? Précisément parce que l’administration est l’activité organisatrice de l’Etat. 
  • L’Etat ne peut supprimer la contradiction entre la destination et la bonne volonté de l’Administration d’une part, ses moyens et ses possibilités d’autre part, sans se supprimer lui-même parce qu’il repose sur cette contradiction. Il repose sur la contradiction entre la vie publique et la vie privée, sur la contradiction entre l’intérêt général et les intérêts particuliers. L’administration doit donc se borner à une activité formelle et négative ; car là où la vie civile et son travail commencent cesse le pouvoir de l’administration. 

Bien plus, vis-à-vis des conséquences qui découlent de la nature non sociale de cette vie civile, de cette propriété privée, de ce commerce, de cette industrie, de ce pillage réciproque des différentes sphères civiles, vis-à-vis de ces conséquences, c’est l’impuissance qui est la loi naturelle de l’administration. Car cette division poussée à l’extrême, cette bassesse, cet esclavage de la société civile constituent le fondement sur lequel repose l’Etat moderne, de même que la société civile de l’esclavage constituait le fondement naturel sur lequel reposait l’Etat antique. L’existence de l’Etat et l’existence de l’esclavage sont inséparables. L’Etat antique et l’esclavage antique – franches oppositions classiques – n’étaient pas plus soudés l’un à l’autre que ne le sont l’Etat moderne et le monde moderne du trafic sordide, hypocrites oppositions chrétiennes ».

Cette interprétation essentiellement anarchiste de la nature de l’Etat, qui parait tellement étrange quand on évoque les doctrines postérieures de Marx, est une preuve évidente de l’origine anarchiste de sa première évolution socialiste. L’article mentionné reflète les concepts de la critique de l’Etat faite par Proudhon, critique qui trouva sa première expression dans Qu’est-ce que la Propriété ?. Cette œuvre immortelle a exercé l’influence la plus décisive dans l’évolution du communiste allemand, malgré qu’il se soit efforcé par tous les moyens – et ils ne furent pas des plus nobles – de nier les premières phases de son évolution de socialiste. Naturellement les marxistes soutinrent leur maître là-dessus et ainsi, petit à petit, se développa une fausse interprétation historique quant au caractère des premières relations entre Marx et Proudhon.

En Allemagne principalement, ce dernier étant pratiquement inconnu, les plus étranges affirmations purent circuler à propos. Mais mieux on connaît les œuvres importantes de la vieille littérature socialiste et plus on constate tout ce que le socialisme dit scientifique doit à ces utopistes, longtemps oubliés à cause de la réclame gigantesque que fit l’école marxiste ainsi que pour d’autres raisons qui contribuèrent à reléguer dans l’ombre la littérature socialiste de la première période. Et un des maîtres les plus importants de Marx, celui qui posa les bases de toute son évolution postérieure, fut précisément Proudhon, l’anarchiste si calomnié et si mal compris par les socialistes légalistes.

IV

Le 20 juillet 1870, Karl Marx écrivait à Frédéric Engels : « Les français ont besoin d’être rossés. Si les Prussiens sont victorieux, la centralisation des pouvoirs de l’Etat sera utile à la centralisation de la classe ouvrière allemande. La prépondérance allemande, en outre, transportera le centre de gravité du mouvement européen de France en Allemagne ; et il suffit de comparer le mouvement dans les deux pays depuis 1866 jusqu’à présent, pour voir que la classe ouvrière allemande est supérieure à la française, tant au point de vue de la théorie qu’à celui de l’organisation. La prépondérance, sur le théâtre du monde, du prolétariat allemand sur le prolétariat français serait en même temps la prépondérance de notre théorie sur celle de Proudhon ».

Marx avait raison : le triomphe de l’Allemagne sur la France traça une nouvelle voie dans l’histoire du mouvement ouvrier européen.

Le socialisme révolutionnaire et libéral des pays latins fut écarté, laissant le champ libre aux théories étatistes et anti-anarchistes du marxisme. L’évolution de ce socialisme vivant et créateur se vit contrariée par le nouveau dogmatisme de fer qui prétendait posséder une connaissance totale de la réalité sociale, alors qu’il n’était tout au plus, qu’un ensemble de phraséologie et de sophisme fatalistes, et le résultat fut la mort de toute véritable pensée socialiste.

Avec les idées, changèrent aussi les méthodes de lutte du mouvement socialiste. Au lieu des groupes révolutionnaires, assurant la propagande et l’organisation des luttes économiques, dans lesquels les internationalistes avaient vu le germe de la société future et les organes aptes à la socialisation des moyens de production et d’échanges, commença l’ère des partis socialistes et la représentation parlementaire du prolétariat. Petit à petit, on oublia la vieille éducation socialiste qui conduisait les ouvriers à la conquête de la terre et des usines, mettant à sa place la nouvelle discipline de parti qui considérant la conquête du pouvoir politique comme son idéal suprême.

Michel Bakounine, le grand adversaire de Marx, jugea avec clairvoyance, le changement de situation et, le cœur amer, il prédit qu’avec le triomphe de l’Allemagne et la chute de la Commune de Paris, commençait un nouveau chapitre dans l’histoire de l’Europe. Physiquement épuisé et tout près de la mort il écrivit, le 11 novembre 1874, ces mots importants à Ogarev :

« Le bismarckisme – qui devient militarisme, régime policier et monopole financier fusionnés dans un système s’intitulant Nouvel Etat – est en train de triompher partout. Mais peut-être que dans dix ou quinze ans l’évolution imprévue de l’espèce humaine éclairera de nouveau les sentiers de la victoire ». Bakounine se trompa en cette occasion, ne se doutant pas qu’un demi-siècle serait nécessaire ainsi qu’une terrible catastrophe mondiale, pour que le bismarckisme soit détruit.

V

De même que le triomphe de l’Allemagne en 1871 et la chute de la Commune de Paris furent les signes de la disparition de la vieille Internationale, de même la grande guerre de 1914 fût le point de départ de la banqueroute du socialisme politique.

Et ici se produit un événement singulier, véritablement grotesque, dont l’explication se trouve dans un manque total de connaissance quant à l’histoire du vieux mouvement socialiste. Bolcheviks, indépendants, communistes, etc, ne se privèrent pas d’accuser la vieille social -démocratie d’une trahison honteuse des principes du marxisme. Ils les accusèrent aussi d’avoir étouffé le mouvement socialiste dans le marais du parlementarisme bourgeois, d’avoir mal interprété l’attitude de Marx et de Engels sur l’Etat, etc. Le directeur spirituel des bolcheviks, Lénine, essaya de fonder son accusation sur des bases solides dans son célèbre ouvrage L’Etat et la Révolution qui est, d’après des disciples, la véritable et pure interprétation du marxisme. Au moyen d’une collection de citations parfaitement arrangées, Lénine prétend démontrer que les fondateurs du socialisme scientifique furent toujours des ennemis déclarés de la démocratie et du bourbier parlementaires, et que toutes leurs aspirations tendaient à la disparition de l’Etat.

Il ne faut pas oublier que Lénine fit tout récemment cette découverte quand son parti, contre toute espérance, se trouva en minorité après les élections pour l’Assemblée Constituante. Jusqu’alors les bolcheviks avaient participé, à côté des autres partis, aux élections, et faisaient bien attention de ne pas entrer en conflit avec les principes de la démocratie. Aux dernières élections de la Constituante de 1918, ils y prirent part avec un programme grandiose. Mais voyant que, malgré tout, ils restaient minoritaires, ils déclarèrent la guerre à la démocratie et provoquèrent la dissolution de l’Assemblée constituante, Lénine publiant alors L’Etat et Révolution comme justificatif personnel. La tâche de Lénine n’était pas simple, pour sûr : d’un côté il se voyait obligé de faire des concessions avancées aux tendances anti-étatiques des anarchistes, et de l’autre, de démontrer que son attitude n’était en aucune façon anarchiste, mais exclusivement marxiste. La conséquence inévitable de tout cela est que son œuvre est pleine d’erreurs qui défie toute logique sensée. Un exemple prouvera cette affirmation : Lénine, voulant accentuer le plus possible une tendance anti-étatique supposée de Marx, cite le paragraphe célèbre de la Guerre civile en France, où Marx donne son approbation à la Commune pour avoir commencé par bannir l’Etat parasitaire. Mais Lénine ne se donne pas la peine de rappeler que Marx se voyait obligé par ces paroles, – qui sont en contradiction ouverte avec toute son attitude antérieure – de faire une concession aux partisans de Bakounine, avec lesquels il poursuivait alors une lutte très aiguë.

Même Frantz Mehring – que l’on ne peut suspecter de sympathie pour les socialistes majoritaires – a dû reconnaître cette contradiction dans son dernier livre Karl Marx, où il dit : « Malgré tout l’aspect authentique des détails de cette œuvre, il est hors de doute que la pensée ici exprimée, contredit toutes les opinions que Marx et Engels proclamaient depuis le Manifeste communiste, soit un quart de siècle avant ».

Bakounine était dans le vrai en disant alors :

« L’effet de la Commune fut si formidable que les marxiens eux-mêmes, dont toutes les idées avaient été renversées par cette insurrection, se virent obligés de tirer devant elle leur chapeau. Ils firent plus : à l’inverse de la plus simple logique et de leurs sentiments véritables, ils proclamèrent que son programme et son but étaient les leurs. Ce fut un travestissement vraiment bouffon, mais forcé. Ils avaient dû le faire sous peine de se voir débordés et abandonnés de tous, tellement la passion de cette révolution avait été puissante ». (Lettre au journal La Liberté de Bruxelles, 5 octobre 1872)

VII

Lénine oublie encore quelque chose et cette chose est d’une importance capitale pour notre sujet. La voici : ce furent précisément Marx et Engels qui essayèrent d’obliger les organisations de la vieille Internationale à développer une action parlementaire, se faisant ainsi les responsables directs de l’embourbement collectif du mouvement ouvrier socialiste dans le parlementarisme bourgeois.

L’Internationale fut la première tentative pour unir les travailleurs organisés de tous les pays en une grande Union, dont l’aspiration finale serait la libération économique des travailleurs. Les idées et les méthodes des différentes sections se différenciant entre elles, il était d’une importance capitale d’établir des points de contact pour l’œuvre commune, et de reconnaître l’ample autonomie et l’autorité indépendante des diverses sections. Tant que cela se fit, l’Internationale grandit avec force et se développa dans tous les pays. Mais tout changea complètement à partir du moment où Marx et Engels s’obstinèrent à pousser les différentes fédérations vers l’action parlementaire. Ceci se produisit pour la première fois à la malheureuse conférence de Londres, en 1871, où il essayèrent de faire approuver une résolution qui se terminait par les mots suivants :

« • (…) considérant que contre le pouvoir collectif des classes possédantes le prolétariat ne peut agir comme classe qu’en se constituant en parti politique distinct opposé à tous les anciens partis formés par les classes possédantes ; que cette constitution du prolétariat en parti politique est indispensable pour assurer le triomphe de la révolution sociale et de son but suprême, l’abolition des classes ;

• que la coalition des forces ouvrières déjà obtenue par les luttes économiques doit aussi servir de levier aux mains de cette classe dans sa lutte contre le pouvoir politique de ses exploiteurs.

• La conférence rappelle aux membres de l’Internationale : que, dans l’état militaire de la classe ouvrière, son mouvement économique et son action politique sont indissolublement liés ».

(Résolution n° 9 de la Conférence de Londres, 17-25 septembre 1871)

Qu’une seule section ou fédération de l’Internationale adopte une telle résolution était chose fort possible, car seuls ses adhérents étaient tenus de l’appliquer ; mais que le Conseil exécutif l’impose à tous les membres de l’Internationale, et surtout s’agissant d’un sujet n’ayant pas été présenté au Congrès général, constituait un procédé arbitraire, en contradiction totale avec l’esprit de l’Internationale et qui devait soulever une protestation énergique de tous les éléments individualistes et révolutionnaires.

Le congrès honteux de La Haye, en 1872, conclut l’œuvre entreprise par Marx et Engels afin de transformer l’Internationale en une mécanique à élections, incluant à cet effet une clause qui obligeait les différentes sections à lutter pour la conquête du pouvoir politique. Marx et Engels furent donc responsables de la division de l’Internationale, avec toutes ses conséquences funestes pour le mouvement ouvrier, et ce sont eux, par l’action politique, qui provoquèrent l’embourbement et le dégénérescence du Socialisme.

VIII

Quand éclata la révolution d’Espagne en 1878, les membres de l’Internationale – presque tous anarchistes – dénoncèrent les pétitions des partis bourgeois et suivirent leur propre chemin vers l’expropriation de la terre et des moyens de production, avec un esprit socialement révolutionnaire. Des grèves générales et des révoltes éclatèrent â Alcoy, San Lucar de Barrameda, Cartagène et en d’autres endroits, qui durent être étouffées dans le sang. La ville portuaire de Cartagène résista plus longtemps, restant aux mains des révolutionnaires pendant plusieurs mois jusqu’à ce qu’elle tombe finalement sous le feu des bateaux de guerre prussiens et anglais. C’est alors que Engels attaqua sévèrement, dans le Volkstaat les bakouniniens espagnols et les invectiva pour ne pas vouloir s’allier aux républicains. Comme le même Engels aurait critiqué, s’il vivait encore, ses disciples communistes de Russie et d’Allemagne !

Après le célèbre congrès de 1891, quand les dirigeants des Jeunes furent exclus du parti social-démocrate, pour répondre à la même accusation que Lénine adressait aux opportunistes et kautskystes, ils fondèrent un parti à côté avec son organe propre : Der Sozialist à Berlin. Au début, ce mouvement fut extrêmement dogmatique et présenta des idées vraiment identiques à celles de l’actuel Parti communiste. Si on lit par exemple le livre de Teistler Le parlementarisme et la classe ouvrière, on rencontrera des concepts identiques à ceux de L’Etat et la Révolution de Lénine. De la même manière que les bolcheviks russes et que les membres du parti communiste allemand, les socialistes indépendants d’alors rejetaient les principes de la démocratie et se refusaient â participer aux parlements bourgeois sur les bases des principes réformistes du marxisme.

Et comment parlait Engels de ces jeunes qui se complaisaient, de même que les communistes, à accuser les dirigeants du parti social-démocrate de trahison envers le marxisme ? Dans une lettre à Sorge, en octobre 1891, le vieil Engels fait les aimables commentaires suivants : « Les sales Berlinois se sont convertis en accusés au lieu de continuer à se conduire en accusateurs et, ayant manœuvré comme de pauvres types, ils ont été obligés de travailler hors du parti, s’ils voulaient faire quelque chose. Il est certain, qu’il y a parmi eux des espions policiers et des anarchistes déguisés qui désirent travailler secrètement parmi nous. Avec ceux-ci il y a une quantité d’ânes, d’étudiants trompés et de clowns insolents de tout acabit. En tout, ils sont environs deux cents personnes ».

On serait véritablement curieux de savoir de quels adjectifs sympathiques Engels aurait honoré nos communistes d’aujourd’hui, qui prétendent être les gardiens des principes marxistes.

* * *

Il n’est pas possible de caractériser les méthodes de la vieille social-démocratie. Sur ce point, Lénine ne dit pas un mot et ses amis allemands moins encore. Les socialistes majoritaires doivent rappeler ce détail évocateur pour démontrer que ce sont eux les véritables représentants du marxisme ; quiconque connaît un peu d’histoire leur donnera raison. Le marxisme est responsable de l’orientation de la classe ouvrière vers l’action parlementaire et il a tracé le chemin de l’évolution poursuivie dans le parti social-démocrate allemand. C’est seulement quand on aura compris cela que l’on verra que la voie de la libération sociale nous conduit vers la terre heureuse de l’anarchisme, en passant bien au-dessus du marxisme.

[1] W. Tcherktsoff : Pages d’histoire socialiste, Les Précurseurs de l’Internationale.

[2] Cet article, intitulé Il inanifesto della democrazia, fut publié d’abord dans Avanti. (N° 1901 de l’année 1902).

[3] Rheinische Zeitung, n° 289, 16 octobre 1842.

[4] Il s’agit de la Sainte Famille, écrit en 1813 et publié en 1845 ! Cet ouvrage figure dans les Œuvres complètes (traduction Molitor) et les Editions sociales l’ont Publié dans une nouvelle traduction en 1969. Une soixantaine de pages élogieuses sont consacrées à Proudhon, que Marx défend contre les attaques d’Edgard Bauer.

[5] Marx Misère de la Philosophie. Introduction.

[6] Bray Labour’s wrougs and Labour’s remedy.

[7] Marx-Engels Das Kommunistische manifest, p. 2l.

[8] Rheinische Zeitung, 7 janvier 1843.

[9] Bruno Bauer un des participants les plus assidus du club berlinois Les Libres, où on pouvait rencontrer les figures les plus représentatives de la libre-pensée allemande (première moitié du XIX°), comme Feuerbach, l’auteur de L’essence du Christianisme, œuvre profondément athée, ou Max Stirner, auteur de L’Unique et sa propriété. La Pensée autoritaire de Karl Marx devait forcément se heurter avec les idées libres de B. Bauer, dont l’œuvre Kritik mit kirche und staat (La critique de l’Eglise et de l’Etat) fut totalement saisie par les dominicains et brûlée (première édition de 1843). La seconde édition (Berne, 1844) eut un sort meilleur, contrairement à son auteur qui fut condamné et incarcéré pour ses idées.

[10] Voir note 4.

[11] J.-B. Say, économiste français de l’époque dont les œuvres complètes furent traduites en allemand par Max Stirner. La phobie de Marx pour la pensée anarchiste française ou pour la libre-pensée allemande (une partie de son livre posthume L’idéologie allemande était destinée à minimiser l’importance de l’Unique et sa propriété de Stirner), se tournait aussi contre le sociologue Say, très commenté à l’époque par tous ceux qui critiquaient la tyrannie de l’Etat et qui tentaient de s’y soustraire.

[12] La rupture de Marx avec Proudhon repose aussi sur un fait sordide. A Paris en 1845-1846, Marx luttait contre l’influence de Karl Grün sur les Allemands émigrés. Tous les moyens étaient bons et Marx écrivit d Proudhon pour le mettre en garde contre cet individu « suspect ». En même temps, il proposait à Proudhon d’être son correspondant en France, en un mot de l’enrôler. Proudhon répondit par une longue lettre le 17 mai 1843. Il repousse fermement les accusations contre Grün et se refuse « après avoir démoli tous les dogmatismes (…) à endormir le peuple » (..) « ne nous faisons pas les chefs d’une nouvelle religion, cette religion fut-elle la religion de la logique, la religion de la raison (..). A cette condition j’entrerai avec plaisir dans votre association, sinon, non ! » . On conçoit l’effet que put faire cette, lettre sur Marx… A partir de ce moment, Proudhon était condamné. Il devenait « un parvenu de la science qui se rengorge de ce qu’il n’est pas et de ce qu’il n’a pas, (..) un crâneur et un encenseur de soi-même, etc. ! ».