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Guerre impérialiste au Moyen-Orient: Les Yankees refusent l’élimination de Daesh…

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… qui est leur création ne l’oublions jamais. Le savant fou qui refuse de détruire sa créature, n’est-ce pas un grand classique ?…
~ Résistance 71 ~

 

Le leader du Hezbollah affirme que les Etats-Unis aident Daesh et refusent que le groupe terroriste soit éliminé

 

Press TV

 

8 octobre 2017

 

url de l’article original: 

http://www.presstv.com/Detail/2017/10/08/537890/Washington-offering-generous-support-to-Daesh-terrorists-Nasrallah

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le SG du Hezbollah Hassan Nasrallah dit que les Etats-Unis ne veulent pas que le groupe terroriste takfiri Daesh soit détruit et fournissent une assistance aux terroristes via leurs bases militaires en Syrie.

Nasrallah a fait cette remarque alors qu’il faisait un discours lors d’une cérémonie se tenant à al-Aïn dans le nord de la région de la Bekaa, pour comémorer la mémoire de deux martyrs du mouvement de la résistance.

La cérémonie s’est tenue après la mort au combat du commandant du Hezbollah Ali al-Hadi al-Asheq et du combattant Mohammad Nasserdine, avec cinq autres combattants alors que ceux-ci se battaient contre les terroristes de Daesh la semaine dernière.

“Seuls les Etats-Unis ne veulent pas que Daesh soit totalement annihilé,” a dit Nasrallah dans son discours.

Le leader du Hezbollah a ajouté que les Etats-Unis aidaient Daesh au moyen de leurs bases de la ville syrienne de Raqqa et aussi depuis une base à la frontière syro-jordanienne où les terroristes de Daesh sont en fait entraînés.

L’armée de l’air américaine ne permet pas à l’armée syrienne et aux groupes de la résistance d’avancer vers les positions occupées par Daesh,” a t’il ajouté.

Insistant sur le besoin de continuer le combat contre le groupe takfiri terroriste malgré les efforts de préservation déployés par les Etats-Unis, Nasrallah a dit “si nous ne continuons pas la guerre contre Daesh, le groupe va se reformer et attaquer de nouveau ainsi que recommencer sa campagne de terreur et de massacres.”

Nasrallah a insisté sur le fait que Daesh retournerait dans toutes les zones qu’il a perdu si on arrêtait le combat contre le groupe ; le groupe takfiri est une tumeur cancéreuse qui doit être déracinée. Nasrallah a dit que les Etats-Unis ne voulaient pas que l’armée libanaise combatte Daesh dans ces zones et pour parvenir à ce résultat, ils ont même arrêté toute aide envers l’armée libanaise depuis un certain temps.

Il a ajouté que le groupe wahhabite de Daesh n’était présent que dans de petites portions de l’Irak et de la Syrie mais que le groupe doit être totalement annihilé, faute de quoi, il continuera à terme, de menacer et l’Irak et la Syrie.

Il a noté que la stratégie principale suivie par Daesh était de prolonger son existence de façon à ce qu’il puisse lancer de nouvelles batailles pour reconquérir les villages et les villes perdues récemment.

Ailleurs dans son discours, Nasrallah a noté que le MO faisait face à un nouveau schéma de division aux mains des Etats-Unis et de l’Arabie Saoudite, plan qui était destiné à nuire à l’Iran. Il a déclaré que Washington et Tel Aviv ont continué de mentir au sujet du programme nucléaire de l’Iran, car ils étaient furieux et vexés par l’influence de la République Islamique dans la région.

Le leader du Hezbollah a dit que le problème majeur entre les Etats-Unis et l’Iran était le fait que la RI a fait en sorte que l’Arabie échoue dans son plan régional.

Il a ajouté que la politique de Ryad finira par échouer en Syrie malgré le fait que les autorités saoudiennes envoyaient de larges sommes d’argent et des munitions aux terroristes takfiris sur place.

Nasrallah a ensuite insisté sur le fait que le Hezbollah était un mouvement de résistance très populaire qui bénéficiait d’un grand soutien à la fois au Liban et en dehors, à travers toute la région moyen-orientale, notant au passage que la politique de sanctions des Etats-Unis échouerait dans sa volonté de faire changer les positions du groupe.

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La guerre, nature profonde de l’État colonial (Mohawk Nation News)

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“Pour détruire un peuple, vous devez d’abord le couper de ses racines.”
~ Alexandre Soljénytsine ~

“Notre civilisation ne conçoit le dialogue avec l’Autre que sous la forme d’un monologue à sens unique ; la réciprocité ne peut résulter que d’une lutte, dont les formes sont multiples et qui peut durer très longtemps.”

“Le monde occidental lui-même est une communauté, mais négative et cette négativité est la mort de toute communauté, de toute civilisation. L’idée ‘blanche’ selon laquelle il y aurait d’un côté ‘la Nature’, nature que l’on respecte ou non, et de l’autre l’Humanité, est une idée décivilisée.”

~ Robert Jaulin, 1970 ~

 

 

Nature contre Guerre

 

Mohawk Nation News

 

3 octobre 2017

 

url de l’article original: http://mohawknationnews.com/blog/2017/10/03/nature-vs-war/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Quel est l’héritage de nos enfants ? Kasotsra a fait la vie que l’on vit. Nos ancêtres essayèrent de garder une philosophie et un principe de l’intention que la création/nature a pour nous et pour les sept prochaines générations. Ils le payèrent le prix fort.

Nous avons besoin d’une véritable compréhension de ce qu’est le fait d’être onkwe’honweh, le véritable peuple de la terre de l’Île de la Grande Tortue. Toutes les dictatures s’effondrent, ceci inclut la république de la guerre des Etats-Unis. La nature frivole de l’homme blanc ne peut plus être mise en avant, nous ne pouvons plus risquer cela. Ils nous ont presque exterminé. Il est malade. Les symptômes sont haine, colère, rage et guerre. Ils manquent de véritable émotion humaine et ne peuvent jamais être en paix. Ils pensent qu’ils doivent contrôler l’humanité.

Les envahisseurs de ce qui est maintenant l’Amérique du Nord sont absolument terrifiés d’observer leur propre histoire et tous ces esprits tordus et criminels qui ont répandus leur semence malfaisante à travers l’Île de la Grande Tortue.

On nous a assassiné et incinéré sans cligner de l’œil, sans aucun remord. Maintenant l’entreprise coloniale [de la couronne, City de Londres] essaie de nous régler notre compte dans une exécution finale. Nous devons y faire face. Tout le monde hérite à la fois du bien et du mal.

Leur langue crée leurs phrases sans aucun sens et des mots afin de nous demander de leur pardonner, ce qui est un sentiment dont ils n’ont aucune expérience. Tout le monde connaît l’assassinat de masse, le génocide dont a été victime notre peuple.

Avant qu’ils n’arrivent, nous ne nous faisions plus la guerre (NdT: les 5 nations iroquoises, en suivant Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix, ne se sont plus combattues entre elles depuis le XIIème siècle et à un moment donné 49 nations autochtones suivaient les principes de Kaianerekowa et ce de manière non coercitive…), nous n’avions ni prisons et ne connaissions pas le meurtre. Nous vivions par nos véritables sens, suivant nos instincts pour vivre en accord avec les instructions originelles de la création/nature. La Grande Loi de la Paix qui fut émise pour tout le monde, doit être dite et connue. La république de la guerre de l’homme blanc ne veut jamais de la paix. Leur existence n’a aucun sens. La notre est de ressentir. Ils ne connaissent pas les actions du véritable amour pour les humains et la vie. Ils le prétendent, mais cela n’est que vanité.

Leur future est fait d’insanité perpétuelle, de haine, de jalousie, de rage, aucune joie véritable qui pourrait faire de l’homme blanc quelqu’un de grand. Karonhiaktajeh a dit: “J’attends toujours cette soi-disante ‘civilisation’ qu’ils ont promis d’amener ici depuis leur vieux pays.”

Ils veulent que nous rentrions dans le rang afin de nous contrôler plus facilement. Notre mère a d’autres instructions pour nous. Ils essaient de nous régimenter, mais ils échouent. Notre esprit, notre corps et notre énergie sont faits pour la liberté totale.

Attentats en série: L’axe Marseille-Las Vegas-Edmonton pour toujours plus de lois liberticides…

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Résistance 71

3 octobre 2017

Votre avis nous intéresse… Que pensez-vous de cette photo prise peu de temps après la fusillade de Las Vegas ?

Un voleur à la tire relâché de garde à vue poignarde deux personnes sur le parvis d’une garde de Marseille et est abattu par des militaires, un africain agresse un policier à un barrage et tente par la suite d’écraser des gens avec un camion de location à Edmonton en arborant le drapeau de l’EI. Il a été interpelé. A Las Vegas, un retraité de 64 ans de l’entreprise Lockheed Martin (complexe militaro-industriel) ouvre le feu, nous dit-on, à l’arme automatique depuis le 32ème étage d’un hôtel sur une foule assistant à un concert de Country Music en contrebas, faisant 58 morts et quelques 400 blessés. Il décède sur place.

Bon, pour Marseille et Edmonton, les perpétrateurs sont musulmans, l’un crie « Allah Akbar », l’autre a le drapeau idoine en sa possession… Tout va bien. Le cas de Las Vegas est plus intéressant et puis… plus de 500 victimes, on est dans une autre dimension spectaculaire. Ce qui est sûr, c’est que ces trois crises simultanées, qu’elles soient réelles et spontanées ou fabriquées, vont être politiquement récupérées (ou ont été fabriquées…) par les instances oligarchiques pour essentiellement faire passer toujours plus de lois liberticides. A cet égard, le cas des Etats-Unis est emblématique.

Si ce pays n’est pas encore sous le joug du goulag pleinement déployé, c’est parce que son peuple est armé. Il l’est, dans les textes, essentiellement pour se protéger de la tyrannie potentielle, mais depuis longtemps avérée, de son gouvernement et des entités qui le pilotent de derrière le rideau. Depuis des années, toutes les crises, attentats qui ont eu lieu impliquant des armes à feu dans des flinguages de masse n’ont eu qu’un seul but: pas à pas, faire passer à la trappe le droit constitutionnel du peuple américain à être armé, car ce fait empêche le déroulement de la mise en place de l’état/corporation fasciste total. Voyons comment la clique Trump va négocier cette opportunité…

Qu’en savons-nous ? Qu’un retraité de 64 ans de l’entreprise Loockheed Martin (avions de combat, missiles, ingénierie militaire haute technologie), très aisé, Steven Paddock, possédant une maison de 400 000 US$, pilote privé au demeurant sans licence, allant en vacance sur des yachts, jouant au poker pour des sommes conséquentes, choses que nous savons par l’intermédiaire de l’entretien que des médias ont immédiatement eu avec son frère Eric, qu’il était l’occupant, nous affirme t’on, d’une chambre au 32ème étage de l’hôtel/resort du Mandalay Bay de Las Vegas. Paddock avait entassé une dizaine d’armes automatiques dans sa chambre (comment ? en provenance de où ? quels types d’armes ? Comment passer ces armes avec la sécurité ambiante ?…) ; qu’il a attendu le moment d’un concert de Country Music en soirée et en plein-air en contrebas de son hôtel, pour tirer dans la foule avec les résultats dramatiques que l’on connaît. Quelques minutes après l’attaque, il a été dit que Paddock s’était suicidé, on sait depuis qu’il a été abattu par une équipe du FBI intervenue (si rapidement ?) sur les lieux. Le narratif commence à se fissurer.

Les médias prompts à lier l’affaire aux terrorisme international, passent l’info que Paddock « se serait converti récemment à l’Islam », ben voyons… Le FBI ne confirme pas. On donne alors un second narratif: Les enquêteurs auraient retrouvé dans sa chambre en sus des multiples armes automatiques, de la littérature Antifa (donc « d’extrême gauche »…), ce qui le lierait à un « terrorisme domestique » et d’où la cible de la foule d’un concert de Country, pas vraiment « gauchisante ».

Les vidéos prisent par smartphones sur place montrent des scènes de chaos, mais circule aussi sur la toile une (ou plusieurs) vidéo montrant que des coups de feu ont été tirés du 4ème ou 5ème étage de l’hôtel, c’est à dire bien plus bas que l’endroit de la chambre de Paddock. On espère donc que seront comparés ballistiquement, les angles de pénétration des munitions dans les corps des victimes, parce que la thèse du « loup solitaire », tireur isolé situé sur un point fixe à 80m du sol tirant sur une foule à quelques 400m de là, va, doit, éliminer toute autre possibilité d’angle de pénétration des balles. Tout ceci se calcule simplement par trigonométrie. Des experts militaires ont aussi déjà témoigné disant que les longues rafales de 10 secondes et plus et le rythme des détonations, indiquent que l’arme utilisée était un fusil mitrailleur ou une mitrailleuse, arme de guerre de calibre .30 ou 7.62, approvisionnée par bande ou par chargeur circulaire de plus de 50 cartouches.

Comme on peut déjà le constater, cette affaire de Las Vegas pose énormément de question. Une chose est certaine… Attendons-nous dans les pays concernés à une volée de lois liberticides à venir et gardons présent à l’esprit que jamais on ne gagne plus de sécurité en abandonnant ses libertés. Les mâchoires totalitaires se resserrent sur nous, les peuples. Soyons des plus vigilants et interactifs. La dissidence de la gauche radicale va sans doute se retrouver sous les feux de la rampe du « terrorisme domestique », toujours complètement fabriqué ou piloté de l’extérieur.

« l’histoire du terrorisme est écrite par l’État, en cela elle est éducative. » (Guy Debord)

Source d’info pour ce billet: divers médias de masse, VT, Press for Truth

Résistance politique: de l’objection de conscience à la conscience humaine renouvelée… (Léon Tolstoï)

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Comme le rappelle souvent Jo, cette citation de Coluche s’applique à bien des choses courantes, passées et à venir tant qu’on ne changera pas de paradigme politique:

“Ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison…”

Sur le texte per se de Tolstoï, il est lumineux, mais ici réside notre différent avec lui, lorsqu’il dit ceci: “Les hommes qui se comportent actuellement avec droiture et raisonnablement le font, non pas parce qu’ils suivent les prescriptions du Christ, mais parce que la ligne de conduite qui a été indiquée il y a dix-huit cents ans s’est assimilée à la conscience humaine.”

Il  pense de manière “christo-centriste”, il pense que la parole du “christ” est devenue conscience humaine, voilà qui nous paraît particulièrement arrogant ; en réalité, le christianisme n’a rien d’orignal, il ne fait que poser des concepts inhérents à la nature humaine que la pensée dite “païenne” avait elle aussi énoncée transcendant l’espace et le temps. De fait, c’est le christianisme qui n’est qu’une ligne de pensée de la conscience humaine universelle. Très vite du reste, le message de la figure allégorique qu’est le “christ” a été dilué dans une récupération autoritaire, dogmatique et sectaire, érigée en “église”, c’est à dire en la fin du christianisme et de sa pensée touchant à l’universel.

Ainsi nous rappellerons cet aphorisme bien à propos du même Coluche:

“Quelle différence y a t’il entre dieu et le père noël ?… Le père noël lui, il est vrai.”

Bonne lecture

~ Résistance 71 ~

 

Le commencement de la fin

 

Léon Tolstoï

 

Écrit le 8 janvier 1897

Au cours de l’année dernière, en Hollande, un jeune homme nommé Van der Veer a été appelé pour entrer dans la Garde Nationale. À la convocation du commandant, Van der Veer a répondu par la lettre suivante : –

« TU NE TUERAS PAS »

À M. Herman Sneiders, Commandant de la Garde Nationale dans le district de Midleburg.

Cher Monsieur,

La semaine dernière, j’ai reçu un document m’ordonnant de me présenter au bureau municipal afin d’être, selon la loi, enrôlé dans la Garde Nationale. Comme vous avez probablement remarqué, je ne me suis pas présenté, et cette lettre vise à vous informer, clairement et sans équivoque, que je n’ai pas l’intention de me présenter devant la commission. Je sais très bien que je prends une lourde responsabilité, que vous avez le droit de me punir, et que vous ne manquerez pas d’utiliser ce droit. Mais cela ne m’effraie pas. Les raisons qui me conduisent à cette résistance passive me semblent assez fortes pour l’emporter sur la responsabilité que je prends.

Moi qui, si vous voulez savoir, ne suis pas un chrétien, comprends mieux que la plupart des chrétiens le commandement qui a été placé en tête de cette lettre, le commandement qui est enraciné dans la nature humaine, dans l’esprit de l’homme. Quand je n’étais qu’un garçon, je me suis laissé enseigner le métier de soldat, l’art de tuer : mais maintenant, j’y renonce. Je ne tuerais pas aux ordres des autres, et avoir ainsi un meurtre sur la conscience sans motif personnel ni aucune raison.

Pouvez-vous mentionner quelque chose de plus dégradant pour un être humain que de commettre ce genre de meurtre, ce genre de massacre ? Je suis incapable de tuer, même de voir un animal tué; par conséquent je suis devenu végétarien. Et maintenant je suis pour me faire ordonner de tirer des hommes qui ne m’ont causé aucun tort; car je comprends que ce n’est pas pour tirer sur des feuilles et des branches d’arbres que les soldats se font enseigner à utiliser des armes à feu.

Mais vous répliquerez, peut-être, que la Garde Nationale est en dehors de cela, et spécialement pour maintenir l’ordre civique.

M. le Commandant, si l’ordre régnait réellement dans notre société, si l’organisme social était réellement en santé – en d’autres mots, s’il n’y avait plus d’abus criants dans nos relations sociales, s’il n’était pas établi qu’un homme mourra de faim alors qu’un autre gratifie tous ses caprices de luxe, alors vous me verriez dans les premiers rangs des défenseurs de cet état ordonné. Mais je refuse catégoriquement de contribuer à maintenir le prétendu « ordre social » actuel. Pourquoi, M. le Commandant, devrions-nous nous jeter mutuellement de la poudre aux yeux ? Nous savons très bien tous les deux que le « maintien de l’ordre » signifie : soutenir le riche contre les travailleurs pauvres, qui commencent à percevoir leurs droits. Ne savons-nous pas le rôle qu’a joué la Garde Nationale dans la dernière grève à Rotterdam ? Sans aucune raison, la Garde devait être en service des heures et des heures pour surveiller le bien des maisons commerciales qui étaient touchées. Pouvez-vous supposer un seul instant que je devrais descendre des travailleurs qui agissent tout à fait selon leurs droits ? Vous ne pouvez pas être si aveugle. Pourquoi alors compliquer le sujet? Il m’est certes impossible de me laisser être dressé en un obéissant soldat de la Garde Nationale, comme vous voulez et devez avoir.

Pour toutes ces raisons, et spécialement parce que je déteste le meurtre sur commande, je refuse de servir comme soldat de la Garde Nationale, et je vous demande de ne pas m’envoyer un uniforme ou des armes, parce que j’ai fermement résolu de ne pas m’en servir. – Je vous salue, M. le Commandant,

         J. K. Van der Veer.”

À mon avis, cette lettre a une grande importance. Les refus du service militaire dans les états chrétiens ont commencé quand le service militaire est apparu dans les états chrétiens. Ou plutôt quand les états, dont le pouvoir est basé sur la violence, se sont réclamés du christianisme sans abandonner la violence. En vérité, il ne peut pas en être autrement. Un chrétien, à qui la doctrine enjoint l’humilité, la non-résistance à celui qui est mauvais, l’amour de tous (même du plus malveillant), ne peux pas être un soldat; c’est-à-dire qu’il ne peut pas joindre une classe d’hommes dont l’occupation consiste à tuer leurs semblables. C’est pour cela que les chrétiens ont toujours refusé et refusent encore aujourd’hui le service militaire.

Mais il n’y a jamais eus que peu de vrais chrétiens. La plupart des gens dans les pays chrétiens mettent au nombre des chrétiens seulement ceux qui professent la doctrine d’une Église, dont les doctrines n’ont rien en commun, sauf le nom, avec le vrai christianisme. Qu’occasionnellement une recrue sur des dizaines de milliers refuse de servir n’a pas troublé les centaines de milliers, les millions d’hommes qui acceptent le service militaire chaque année.

Il est impossible que la totalité de l’énorme majorité des chrétiens qui entrent dans le service militaire soit dans l’erreur, et qu’il y ait seulement les exceptions, parfois des gens sans instruction, qui aient raison; alors que tous les archevêques et les hommes de savoir pensent que le service est compatible avec le christianisme. C’est ainsi que pense la majorité, et, nullement troublé de se considérer eux-mêmes chrétiens, ils entrent dans le rang des meurtriers. Mais voilà qu’apparait un homme qui, comme il le dit lui-même, n’est pas un chrétien, et qui refuse le service militaire, non pas pour des motifs religieux, mais pour des motifs des plus simples, des motifs intelligibles et communs à tous les hommes, de quelque religion ou nation qu’ils soient, Catholiques, Musulmans, Bouddhistes ou Confucianistes, espagnols ou japonais.

Van der Veer refuse le service militaire, non pas parce qu’il suit le commandement « Tu ne tueras point », non pas parce qu’il est chrétien, mais parce qu’il considère le meurtre comme contraire à la nature humaine. Il écrit qu’il déteste simplement toute tuerie, et ce au point d’être devenu végétarien seulement pour éviter d’avoir part à l’exécution d’animaux; et surtout, il dit qu’il refuse le service militaire parce qu’il pense que le « meurtre sur commande » c’est-à-dire l’obligation de tuer ceux qu’on nous ordonne de tuer (ce qui est la nature réelle du service militaire) est incompatible avec la droiture d’un homme.

Faisant allusion à l’objection habituelle que s’il refuse d’autres suivront son exemple, et que l’ordre social actuel sera détruit, il répond qu’il ne souhaite pas maintenir l’ordre social actuel, parce qu’il est mauvais, parce que dans celui-ci le riche domine le pauvre, ce qui ne doit pas être. De sorte que, même s’il avait n’importe quel autre doute quant à la justesse de servir ou ne pas servir, la seule considération du fait qu’en servant comme soldat il doive, en portant des armes et en menaçant de tuer, supporter les riches oppresseurs contre les pauvres opprimés, l’oblige à refuser le service militaire.

Si Van der Veer donnait comme raison de son refus son adhérence à la religion chrétienne, ceux qui joignent aujourd’hui le service militaire pourraient dire : « Nous ne sommes pas des sectateurs et ne reconnaissons pas le christianisme, par conséquent nous ne voyons pas le besoin d’agir comme vous le faites. »

Mais les raisons données par Van der Veer sont tellement simples, claires et universelles qu’il est impossible de ne pas les appliquer chacun à son propre cas. Les choses sont ainsi que pour nier la force de ces raisons dans son propre cas, quelqu’un doit dire : – « J’aime le meurtre, et je suis prêt à tuer, non seulement les gens disposés au mal, mais mes propres compatriotes infortunés, et je ne vois rien de mal dans la promesse de tuer aux ordres du premier officier que je rencontre, qui que ce soit qu’il me commande de tuer. »

Voici un jeune homme. Quel que soit l’environnement, la famille ou le credo dans lesquels il a été élevé, il a appris qu’il doit être bon, qu’il est mal de frapper et de tuer, non seulement des hommes, mais même des animaux; il a appris qu’un homme doit tenir à sa droiture, laquelle droiture consiste à agir selon sa conscience. Cela est également apprit par les confucéens en Chine, les shintoïstes au Japon, les bouddhistes et les musulmans. Soudainement, après avoir appris tout cela, il entre dans le service militaire, où il est tenu de faire exactement le contraire de ce qu’il a appris. On lui dit de se mettre en état de blesser et de tuer, non pas des animaux, mais des hommes; on lui dit de renoncer à son indépendance[1] en tant qu’homme, et d’obéir, dans la profession du meurtre, à des hommes qu’il ne connaît pas, absolument inconnus de lui.

À un tel commandement, quelle réponse juste un homme d’aujourd’hui peut-il donner? Assurément seulement celle-ci : « Je ne le veux pas, et je ne le ferai pas ».

Exactement la réponse que Van der Veer donne. Il est difficile d’imaginer une réplique pour lui ou pour ceux qui dans une position similaire font comme lui.

Quelqu’un peut ne pas voir ce fait, parce qu’il n’a pas exigé son attention; quelqu’un peut ne pas comprendre le sens d’une action, aussi longtemps qu’il demeure inexpliqué. Mais une fois montré et expliqué, personne ne peut plus ignorer, ou faire semblant de ne pas voir ce qui est évident.

Il peut encore y avoir des hommes qui ne réfléchissent pas à leur agissement en entrant dans le service militaire, et des hommes qui veulent la guerre avec les étrangers, et des hommes qui continueraient d’opprimer la classe laborieuse, et même des hommes qui aiment le meurtre pour le meurtre. De tels hommes peuvent continuer à être soldats; mais même eux ne peuvent pas ignorer maintenant qu’il y en a d’autres, les meilleurs du monde – pas seulement parmi les chrétiens, mais parmi les musulmans, les brahmanistes, les bouddhistes, les confucianistes, – dont le nombre s’accroît à chaque heure, qui considèrent la guerre et les soldats avec aversion et mépris. Aucun argument ne peut faire taire ce simple fait, qu’un homme avec le moindre sens de sa propre dignité ne peut pas s’asservir à un maître inconnu, ou même connu, dont l’occupation est le meurtre. Or c’est en cela seulement que consiste le service militaire, avec toute sa contrainte de discipline.

« Mais considèrez les conséquences pour celui qui refuse, » me dit-on. « C’est très bien pour vous, un vieil homme exempté de cette exaction,[2] et en sécurité par votre position, pour prêcher le martyre; mais qu’en est-il de ceux à qui vous prêcher, et qui, croyants en vous, refusent de servir et ruinent leurs jeunes vies? »

« Mais que puis-je faire? » – réponds-je à ceux qui parlent ainsi.- « Dois-je, en conséquence du fait que je suis vieux, ne pas indiquer le mal que je vois clairement, incontestablement, le voyant précisément parce que je suis vieux, que j’ai vécu et pensé pendant longtemps? Est-ce qu’un homme qui se tient de l’autre côté de la rivière, hors de l’atteinte du voyou qu’il voit en train d’obliger un homme à en tuer un autre, ne doit pas crier au meurtrier, lui dire de s’abstenir, pour la raison qu’une telle intervention va enrager encore plus le voyou? De plus, je ne vois pas pourquoi le gouvernement, persécutant ceux qui refusent le service militaire, ne retourne pas son châtiment contre moi, en reconnaissant en moi un instigateur. Je ne suis pas trop vieux pour la persécution, pour des châtiments quelconques de toutes sortes, et ma position en est une sans défense. Quoiqu’il arrive, blâmé et persécuté ou non, que ceux qui refusent le service militaire soient persécutés ou non, je ne cesserai pas, alors que je suis en vie, de dire ce que je dis maintenant : car je ne peux pas m’abstenir d’agir en accord avec ma conscience. » C’est justement en cela même que la vérité chrétienne est puissante, irrésistible; c’est-à-dire qu’en étant l’enseignement de la vérité, en agissant sur l’homme, elle ne doit pas être gouvernée par des considérations extérieures. Jeune ou vieux, persécuté ou non, celui qui adopte la conception chrétienne de la vie, la vraie, ne peux pas reculer devant les exigences de sa conscience. C’est en cela que se trouve l’essence et la particularité du christianisme, le distinguant de tous les autres enseignements religieux; et c’est en cela que se trouve son pouvoir indomptable.[3]

Van der Veer dit qu’il n’est pas un chrétien. Mais les motifs de son refus et son comportement sont chrétiens. Il refuse parce qu’il ne veut pas tuer un frère humain; il n’obéit pas, parce que les ordres de sa conscience sont plus obligatoires pour lui que les ordres des hommes. C’est précisément pour cette raison que le refus de Van der Veer est si important. Il démontre ainsi que le christianisme n’est pas une secte ou un credo que les uns peuvent professer et les autres rejeter; mais que ce n’est rien d’autre qu’une vie suivant la lumière de la raison qui illumine tous les hommes. Le mérite du christianisme n’est pas qu’il prescrive telle ou telle action aux hommes, mais qu’il voit d’avance et indique le chemin[4] par lequel toute l’humanité doit aller et va effectivement.

Les hommes qui se comportent actuellement avec droiture et raisonnablement le font, non pas parce qu’ils suivent les prescriptions du Christ, mais parce que la ligne de conduite qui a été indiquée il y a dix-huit cents ans s’est assimilée à la conscience humaine.

C’est la raison pour laquelle je pense que l’action et la lettre de Van der Veer sont très importantes.

De même qu’un feu allumé dans une prairie ou une forêt ne mourra pas qu’il n’ait brûlé tout ce qui est sec et mort, et donc combustible, la vérité, une fois articulée en langage humain, ne cessera pas son oeuvre jusqu’à ce que toute fausseté, destinée à être réduite à rien, enveloppant et cachant la vérité de toutes parts comme elle fait, soit réduite à rien. Le feu couvre longtemps; mais aussitôt qu’il éclate en flammes tout ce qui peut brûler brûle rapidement.

Ainsi en est-il avec la vérité, qui prend du temps pour parvenir à une expression droite, mais une fois exprimée clairement en parole,[5] la fausseté et l’erreur sont bientôt détruites. L’une des manifestations partielles du christianisme, – l’idée que les hommes peuvent vivre sans l’institution de l’esclavage, – même si elle était contenue dans la conception chrétienne, ne fut clairement exprimée, il me semble, que par des écrivains du dix-huitième siècle.[6] Jusqu’à cette époque-là, non seulement les anciens païens, comme Platon et Aristote, mais même des hommes plus près de nous dans le temps, et chrétiens, ne pouvaient pas imaginer une société humaine sans esclavage. Thomas More ne pouvait pas imaginer même une Utopie sans esclavage.[7] Tout comme les hommes du début du siècle ne pouvaient pas imaginer la vie de l’homme sans guerre. L’idée que l’homme puisse vivre sans guerre n’a été clairement exprimée qu’après les guerres napoléoniennes.[8] Aujourd’hui, cent ans sont passés depuis la première expression claire que l’humanité peut vivre sans esclavage : et il n’y a plus d’esclavage dans les nations chrétiennes. Il ne se passera pas encore un autre cent ans après l’expression claire que l’humanité peut vivre sans guerre, avant que la guerre ne cesse d’exister. Sans doute restera-t-il une forme de violence armée, de même que le travail salarié demeure après l’abolition de l’esclavage; mais, au moins, les guerres et les armées seront abolies dans la forme outrageuse, tellement répugnante à la raison et au sens moral, qu’elles existent présentement.

Les signes que ce temps est proche sont nombreux. Ces signes sont comme par exemple la position désespérée des gouvernements, qui augmentent de plus en plus leurs armements; la multiplication des taxes et le mécontentement des nations; le degré extrême d’efficacité avec lequel les armes mortelles sont fabriquées; l’activité des sociétés et des congrès de paix; et, par dessus-tout, les refus de la part d’individus de faire le service militaire. La clé de la solution du problème se trouve dans ces refus. Vous dites que le service militaire est nécessaire; que, sans soldats, il nous arrivera des désastres. C’est possible; mais, pour m’en tenir à l’idée du bien et du mal qui est universelle parmi les hommes aujourd’hui, y compris vous-mêmes, je ne peux pas tuer des hommes sur commande. De sorte que si, comme vous dites, le service militaire est nécessaire – alors arrangez-le de manière qu’il ne soit pas si contradictoire avec ma conscience, et la vôtre. Mais, d’ici à ce que vous l’ayez arrangé ainsi, ne me demandez pas ce qui est contre ma conscience, à laquelle je ne peux désobéir en aucun cas.

C’est ainsi que doivent répondre tous les hommes honnêtes et raisonnables, inévitablement et très bientôt; non seulement les hommes de la chrétienté mais aussi les musulmans, et les soi-disant païens, les brahmanistes, les bouddhistes et les confucéens. Peut-être que par la force de l’inertie la coutume de la profession de soldat va continuer encore pendant un certain temps; mais déjà maintenant la question est résolue dans la conscience humaine, et tous les jours, toutes les heures, de plus en plus d’hommes arrivent à la même solution; arrêter le mouvement à ce stade-là est impossible. C’est toujours à travers un conflit entre la conscience qui s’éveille et l’inertie de la vieille condition qu’un homme parvient à toute reconnaissance d’une vérité, ou plutôt à toute délivrance d’une erreur, comme dans le cas de l’esclavage sous nos yeux.[9]

Au début l’inertie est si puissante, la conscience est si faible, que le premier effort pour échapper à l’erreur fait seulement l’objet d’étonnement. La nouvelle vérité semble de la folie. Propose-t-on de vivre sans esclavage? Mais alors qui travaillera? Propose-t-on de vivre sans se battre? Mais alors tout le monde viendra nous conquérir.[10]

Cependant, le pouvoir de la conscience s’accroît, l’inertie s’affaiblit, et l’étonnement se change en mépris et en moquerie. « Les Saintes Écritures reconnaissent des maîtres et des esclaves. Ces rapports ont toujours existées, et voilà qu’arrivent ces prétendus sages qui veulent changer le monde entier »; c’est ainsi que les hommes ont parlé à propos de l’esclavage. « Tous les scientifiques et les philosophes reconnaissent la légalité, et même le caractère sacré de la guerre[11]; allons-nous croire directement que la guerre n’est plus nécessaire? »

C’est de cette manière que les gens parlent de la guerre. Mais la conscience continue de grandir et s’éclaircie; le nombre de ceux qui reconnaissent la nouvelle vérité s’accroît, et la moquerie et le mépris font place au faux-fuyant et la tromperie. Ceux qui supportent l’erreur ralentissent la compréhension, et ils admettent l’absurdité et la cruauté de la pratique qu’ils défendent, mais ils pensent que son abolition est impossible pour le moment, alors ils la retardent indéfiniment. « Qui ne sait pas que l’esclavage est un mal? Mais les hommes ne sont pas mûrs pour la liberté, et l’affranchissement produira de terribles désastres » – avait l’habitude de dire les hommes à propos de l’esclavage, il y a quarante ans.[12] « Qui ne sait pas que la guerre est un mal? Mais alors que l’humanité est encore tellement bestiale, l’abolition des armées fera plus de mal que de bien, » disent aujourd’hui les hommes à propos de la guerre.»

Néanmoins, l’idée fait son oeuvre; elle grandit, elle consume la fausseté; et le temps est arrivé où la folie, l’inutilité, la dangerosité et la méchanceté de l’erreur sont si évidentes (comme c’est arrivé avec l’esclavage en Russie et en Amérique dans les années soixantes) que déjà maintenant il est impossible de la justifier. Telle est la situation actuelle quant à la guerre. Exactement comme dans les années soixantes, alors qu’on ne faisait aucun effort pour justifier l’esclavage mais seulement pour le maintenir; de même aujoud’hui personne n’essaie plus de justifier la guerre et les armées, mais cherche seulement, en silence, à utiliser l’inertie qui les supporte encore, en sachant très bien que cette organisation immorale et cruelle pour le meurtre, qui parait si puissante, peut s’écrouler à tout moment, pour ne plus jamais se mettre en branle.

Une fois qu’une goutte d’eau suinte à travers le barrage, une fois qu’une brique se détache d’un grand édifice, une fois qu’une maille devient lâche dans le filet le plus solide – le barrage éclate, l’édifice tombe, le filet se détisse. C’est comme une telle goutte, une telle brique, une telle maille desserrée que m’apparait le refus de Van der Veer, rendu intelligible à toute l’humanité par des raisons universelles.

Suite au refus de Van der Veer des refus similaires doivent se présenter de plus en plus souvent. Aussitôt qu’ils deviennent nombreux, les hommes mêmes (leur nom est légion) qui, le jour précédent disaient : «  C’est impossible de vivre sans guerre, » diront tout d’un coup qu’ils ont déclaré depuis longtemps que la guerre est une folie et une immoralité, et ils conseilleront à tous le monde de suivre l’exemple de Van der Veer. Alors, de la guerre et des armées, telles qu’elles sont maintenant, il ne restera plus que le souvenir. Et ce temps s’approche.

Quand l’empire assassine bien l’histoire… (John Pilger)

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Assassiner l’histoire

 

John Pilger 

 

21 septembre 2017

 

Url de l’article en français:

https://www.legrandsoir.info/assassiner-l-histoire.html 

L’un des « événements » les plus en vogue de la télévision américaine, The Vietnam War (La guerre du Vietnam), a débuté sur la chaîne de télévision PBS. Les auteurs sont Ken Burns et Lynn Novick. Acclamé pour ses documentaires sur la guerre de Sécession, la Grande Dépression et l’histoire du jazz, Burns dit que ses films sur le Vietnam « vont encourager notre pays à commencer à parler et à réfléchir sur la guerre du Vietnam d’une manière entièrement nouvelle ».

Dans une société souvent dépourvue de mémoire historique et en proie à la propagande sur son « exceptionnalisme », la guerre du Vietnam « entièrement nouvelle » de Burns est présentée comme une « œuvre historique épique ». Sa campagne de publicité luxueuse fait la promotion de son plus grand bailleur de fonds, Bank of America, qui, en 1971, a été incendié par les étudiants de Santa Barbara, en Californie, comme symbole de la guerre haïe au Vietnam.

M. Burns dit qu’il est reconnaissant envers « toute la famille de Bank of America », qui « a longtemps soutenu les anciens combattants de notre pays ». Bank of America était le soutien d’une entreprise à une invasion qui a peut-être tué jusqu’à quatre millions de Vietnamiens et a ravagé et empoisonné une terre autrefois fertile. Plus de 58 000 soldats américains ont été tués, et on estime qu’environ autant se seraient suicidés.

J’ai regardé le premier épisode à New York. Dès le départ, il ne laisse planer aucun doute sur ses intentions. Le narrateur dit que la guerre « a été déclenchée de bonne foi par des gens décents à cause de malentendus fatals, d’une confiance excessive des Américains et de malentendus liés à la guerre froide ».

La malhonnêteté de cette déclaration n’est pas surprenante. La fabrication cynique de ’faux drapeaux’ qui ont conduit à l’invasion du Vietnam est un fait historique – l’’incident’ du golfe du Tonkin en 1964, que Burns soutient comme vrai, n’en était qu’un parmi d’autres. Les mensonges jonchent une multitude de documents officiels, notamment les Pentagon Papers, que le grand lanceur d’alerte Daniel Ellsberg a publiés en 1971.

Il n’y avait pas de bonne foi. La foi était pourrie et cancéreuse. Pour moi – comme cela doit être le cas pour beaucoup d’Américains – il est difficile de regarder ce fouillis de cartes sur le ’péril rouge’, d’interviews inexpliquées, d’archives montées de façon incompétente et de séquences de champs de bataille américains malhonnêtes.

Dans le communiqué de presse de la série en Grande-Bretagne – la BBC a l’intention de la diffuser — il n’y a aucune mention des morts vietnamiens, seulement des morts Américains. « Nous sommes tous à la recherche d’un sens à cette terrible tragédie », aurait dit Novick. Très post-moderne.

Tout cela sera familier à ceux qui ont observé comment les médias américains et le mastodonte de la culture populaire ont révisé et nous ont servi le grand crime de la seconde moitié du XXe siècle : des films comme Les Bérets verts, Voyage au Bout de l’Enfer et Rambo ont légitimé les guerres d’agression qui ont suivi. Le révisionnisme ne s’arrête jamais et le sang ne sèche jamais. L’envahisseur se voit apitoyé et lavé de toute culpabilité, tout en « cherchant un sens à cette terrible tragédie ». Pour citer Bob Dylan :’Où étais-tu, mon fils aux yeux bleus ?’ [paroles de la chanson A Hard Rain’s A-Gonna Fall – NdT]

J’ai pensé à la « décence » et à la « bonne foi » en me souvenant de mes premières expériences en tant que jeune reporter au Vietnam : je regardais hypnotiquement la peau des enfants touchés par le napalm tomber comme du vieux parchemin, et les pluies de bombes qui laissaient les arbres pétrifiés et ornés de chair humaine. Le général William Westmoreland, le commandant américain, qualifiait les gens de « termites ».

Au début des années 1970, je me suis rendu dans la province de Quang Ngai, où, dans le village de My Lai, entre 347 et 500 hommes, femmes et enfants ont été assassinés par les troupes américaines. À l’époque, cela fut présenté comme une aberration : une « tragédie américaine » (Newsweek). Dans cette province, on estime que 50 000 personnes avaient été massacrées à l’époque des ’zones franches’ américaines [zones où il était permis de tirer sur tout ce qui bougeait – NdT]. Un homicide collectif. Ce n’était pas nouveau.

Au nord, dans la province de Quang Tri, plus de bombes ont été larguées que dans toute l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. Depuis 1975, les munitions non explosées ont causé plus de 40 000 morts dans le ’Sud Vietnam’, le pays que l’Amérique prétendait ’sauver’ et, avec la France, conçu comme une ruse singulièrement impériale.

Le ’sens’ de la guerre du Vietnam n’est pas différent de celui de la campagne génocidaire contre les Amérindiens, des massacres coloniaux aux Philippines, des bombardements atomiques du Japon, du nivellement de toutes les villes de la Corée du Nord. L’objectif fut décrit par le colonel Edward Lansdale, le célèbre homme de la CIA qui inspira Graham Greene pour son personnage central dans son roman Un Américain bien tranquille .

Citant The War of the Flea de Robert Taber, Lansdale a dit : « Il n’y a qu’un seul moyen de vaincre un peuple insurgé qui ne veut pas se rendre, c’est de l’exterminer. Il n’y a qu’une seule façon de contrôler un territoire qui résiste, c’est de le transformer en désert. »

Rien n’a changé. Lorsque Donald Trump s’est adressé à l’Organisation des Nations Unies le 19 septembre – un organisme créé pour épargner à l’humanité le « fléau de la guerre » -, il a déclaré qu’il était « prêt, disposé et capable » de « totalement détruire » la Corée du Nord et ses 25 millions d’habitants. Son auditoire fut ébahi, mais le langage de Trump n’était pas inhabituel.

Sa rivale pour la présidence, Hillary Clinton, s’était vantée qu’elle était prête à « totalement anéantir » l’Iran, une nation de plus de 80 millions d’habitants. C’est la Voie Américaine ; il ne manque plus que les euphémismes.

De retour aux Etats-Unis, je suis frappé par le silence et l’absence d’opposition – dans la rue, dans la presse et les arts, comme si la dissidence, autrefois tolérée dans le ’mainstream’, avait régressé en une dissidence métaphorique et clandestine.

Il y a beaucoup de bruit et de fureur dirigés contre Trump l’odieux, le « fasciste », mais pratiquement aucun contre Trump le symptôme et la caricature d’un système durable de conquête et d’extrémisme.

Où sont les fantômes des grandes manifestations anti-guerre qui ont déferlé sur Washington dans les années 1970 ? Où est l’équivalent du mouvement qui a envahi les rues de Manhattan dans les années 1980, réclamant que le président Reagan retire les armes nucléaires des champs de bataille d’Europe ?

L’énergie et la persévérance morale de ces grands mouvements ont largement réussi ; en 1987, Reagan négocia avec Mikhaïl Gorbatchev un traité sur les forces nucléaires de portée intermédiaire (INF) qui mit fin à la guerre froide.

Aujourd’hui, selon des documents secrets de l’OTAN obtenus par le journal allemand Suddeutsche Zetung, ce traité vital est susceptible d’être abandonné car « le recours aux armes nucléaire est de plus en plus envisagé ». Le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel a mis en garde contre « la répétition des pires erreurs de la guerre froide… Tous les bons traités sur le désarmement et la maîtrise des armements de Gorbatchev et Reagan sont en péril. L’Europe est à nouveau menacée de devenir un terrain d’entraînement militaire pour les armes nucléaires. Nous devons élever la voix contre ça. »

Mais pas en Amérique. Les milliers de personnes qui se sont ralliées à la « révolution » du sénateur Bernie Sanders pendant la campagne présidentielle de l’an dernier sont collectivement muettes sur ces dangers. Le fait que la majeure partie de la violence des États-Unis à travers le monde a été perpétrée non pas par des Républicains ou des mutants comme Trump, mais par des Démocrates libéraux, demeure un tabou.

Barack Obama a fourni l’apothéose, avec sept guerres simultanées, un record présidentiel, dont la destruction de la Libye en tant qu’État moderne. Le renversement par Obama du gouvernement élu ukrainien a eu l’effet escompté : une concentration de forces de l’OTAN dirigées par les Américains sur la frontière occidentale de la Russie, par laquelle les nazis ont envahi le pays en 1941.

Le ’pivot vers l’Asie’ d’Obama en 2011 a marqué le transfert de la majorité des forces navales et aériennes américaines vers l’Asie et le Pacifique, sans autre but que de confronter et de provoquer la Chine. La campagne mondiale d’assassinats du lauréat du prix Nobel de la paix est sans doute la plus vaste campagne de terrorisme depuis le 11 septembre 2001.

Ce que l’on appelle aux Etats-Unis « la gauche » s’est effectivement alliée aux plus sombres secteurs du pouvoir institutionnel, notamment au Pentagone et à la CIA, pour empêcher un accord de paix entre Trump et Vladimir Poutine et pour réintégrer la Russie en tant qu’ennemie, sur la base d’aucune preuve de son ingérence présumée dans l’élection présidentielle de 2016.

Le véritable scandale est l’arrivée insidieuse au pouvoir d’intérêts sinistres et guerriers pour lesquels aucun Américain n’a voté. L’ascension rapide du Pentagone et des agences de surveillance sous Obama a représenté un changement historique de pouvoir à Washington. Daniel Ellsberg a à juste titre qualifié cela de coup d’État. Les trois généraux qui dirigent Trump en sont témoins.

Tout cela ne parvient pas à pénétrer ces « cerveaux libéraux marinés dans le formaldéhyde de la politique identitaire », comme l’a noté Luciana Bohne de façon mémorable. C’est la « diversité », devenue un produit de grande consommation et testée sur les marchés, qui est la nouvelle marque du progressisme, et non pas l’appartenance à une classe sociale, indépendamment de son sexe et de leur couleur de sa peau, ni la responsabilité de tous d’arrêter une guerre barbare pour mettre fin à toutes les guerres.

Michael Moore dans son spectacle à Broadway, Terms of My Surrender, un vaudeville pour les désaffectés sur fond de Trump dans le rôle de Big Brother, dit « Comment sommes-nous tombés dans ce merdier ? »

J’ai admiré le film de Moore, Roger & Me, sur la dévastation économique et sociale de sa ville natale de Flint, Michigan, et Sicko, son enquête sur la corruption des soins de santé aux Etats-Unis.

Le soir où j’ai vu son spectacle, son public était joyeux et applaudissait sa réassurance que « nous sommes la majorité » et les appels à « destituer Trump, un menteur et un fasciste ». Son message semblait être que si vous vous bouchez le nez et votez pour Hillary Clinton, la vie serait à nouveau prévisible.

Il a peut-être raison. Au lieu de bousculer le monde comme Trump, le Grand Obliterator aurait peut-être attaqué l’Iran et lancé des missiles sur Poutine, qu’elle a comparé à Hitler : un blasphème particulier étant donné les 27 millions de Russes morts dans l’invasion d’Hitler.

« Ecoutez, a dit Moore, mis à part ce que font nos gouvernements, les Américains sont vraiment aimés du monde entier ! »

Il y eut un silence dans la salle.

Guerre coloniale au Moyen-Orient: La forfaiture de la vraie fausse indépendance du Kurdistan sous l’égide impérialiste… (Veterans Today)

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A lire: “Que se passe t’il au Rojava ? Le Confédéralisme Démocratique a t’il été trahi ?”

« Manifeste pour un Confédéralisme Démocratique » 2011

Gordon Duff de VT est un spécialiste de l’endroit où il a vécu (nord de l’Irak, “Kurdistan d’Irak”) et a travaillé. Duff nous rejoint tout à fait pour confirmer que le nœud de l’affaire est le “Kurdistan” mafieux de Barzani à la solde de la CIA depuis des lustres et que ce qu’il se passe au Rojava est une trahison du Confédéralisme Démocratique du peuple kurde de cette région et de l’autonomie kurde par quelques mafieux corrompus du PYD. Le but pour l7empire, étant de relier le “Kurdistan occidental” (syrien) au “Kurdistan oriental” (irakien) sous la même bannière mafieuse contrôlée par l’empire. 

Duff le dit clairement, la corruption et le chantage sont à l’œuvre et le plan israélo-yankee ne pouvait pas fonctionner avec le CD des assemblées populaires en place. Il fallait impérativement casser le CD et imposer une forme étatique “édulcorée” pour donner le change, ceci fut fait l’an dernier avec l’application de cette escroquerie qu’est le “contrat social du Rojava” (suffit de le lire pour s’en convaincre… ce n’est qu’un document constitutif d’un état n’ayant rien à voir avec le CD établi et renforcé depuis 2012 au Rojava). Une fois ce “contrat social” en place, le CD devient impossible et la jonction avec le Kurdistan d’Irak et sa mafia devient une réalité voulue et planifiée par l’empire. Tel est le plan et il est impossible pour tout anarchiste ayant les idées en place, de soutenir une telle forfaiture ! Telle est notre vision de la chose et G. Duff confirme notre position avec cet article ci-dessous.

~ Résistance 71 ~

 

Kurdistan et le voile de mensonges

 

Gordon Duff

 

20 septembre 2017

 

url de l’article:

https://www.veteranstoday.com/2017/09/20/neo-kurdistan-and-the-veil-of-lies/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Avec le vote au referendum kurde à venir (NdT: en Irak le 25 septembre), plusieurs choses sont claires, “claires comme du jus de chaussettes” comme on dit. Après tout, tout le monde aime bien les Kurdes, les gens les plus charmants et gentils de la planète. Est-ce pour ça que les Turcs les ont massacrés ou que Baghdad est sens dessus-dessous à ce sujet ou pourquoi, lorsqu’on remonte un peu dans le temps, le président américain George H.W Bush (le père) a permis à un Saddam Hussein vaincu de gazer à mort 30 000 Kurdes avec l’accord tacite des Américains ?

Peut-être que ce n’est pas en fait le peuple kurde en lui-même, mais quelque chose d’autre. Nous allons analyser ce vote à venir et ceux qui sont impliqués derrière le rideau. Commençons.

Le referendum kurde est, peut-être, l’évènement le plus mal documenté et le plus mal rapporté des temps récents. Pour l’avide consommateur de fausses nouvelles, le peuple kurde veut avoir un gouvernement indépendant et ne plus être dirigé par Baghdad. Ceci est vrai, bien que saupoudré de faits alternatifs, de pirouettes et de conjecture. En réalité, nous assistons à l’escroquerie du siècle.

Allons droit au but sans perdre de temps inutilement. La nouvelle nation kurde sera un “fourre-tout” pour les clients qui ont manipulé le peuple kurde comme des marionnettes  au travers de leur leadership oligarchique. Et oui, nous parlons ici de gros comptes en banque suisses et de bien des années d’affiliation avec les agences de renseignement israélienne, américaine, turque et saoudienne.

Le peuple kurde lui-même, peut-être parmi les peuples les plus décents et les plus enclins au pardon de la planète, possède quelques uns des biens les plus précieux sur Terre. Il est assis sur d’énormes réserves de pétrole et de gaz naturel, est sur la route des oléoducs et, peut-être de manière plus importante, peut–être modelé en une nation en forme de serpent s’étendant de la Méditerranée en Syrie, à travers cette nation, à travers l’Irak, vers l’Iran et la Mer Caspienne.. Les Kurdes qui ne désirent que leur diaspora disséminée dans le monde, retourne à la maison, vers la sécurité et la stabilité, vont se retrouver une nouvelle fois “dans la panade”. Voyez-vous, il n’y aurait jamais eu d’EIIL/Daesh en Irak sans ll’accord fait entre les anciennes forces baathistes de Saddam, l’armée construite par le général américain David Petraeus (NdT: avant qu’il ne devienne directeur de la CIA sous Obama, aujourdhui en “disgrâce”..), le tout combiné avec le fric saoudien (NdT: et qatari), l’entraînement fourni par la CIA et les conseillers militaires en armement d’Israël.

Les excellents hôtels de la ville d’Erbil et non plus le seul hôtel d’il y a 10 ans le “Erbil International”, ont depuis des années maintenant été les lieux d’hébergement des équipes des ISR (Intelligence/Reconnaissance and Surveillance), qui ont aidé l’EIIL à devenir cette force militaire crainte.

Erbil, avec son aéroport international, était le véritable QG de l’EIIL/Daesh. Des “hommes d’affaire” travaillant pour des compagnies pétrolières imaginaires entraient et sortaient sans cesse, des agences de sécurité les escortaient au “front”, eux et leur expertise, leur équipement haute technologie, les yeux et les oreilles et la planification stratégique de l’Etat Islamique, d’Al Nosra (NdT: Al Qaïda en Syrie), de l’Armée Libre Syrienne et de douzaines d’autres groupes.

De l’équipement lourd qui ne fut pas seulement suppléé par des traîtres payés par la CIA en Syrie et en Irak et qui détournèrent des milliards de matos militaire vers les terroristes, inondèrent les ratières, Aqaba en Jordanie, Israël, l’Arabie Saoudite, mais surtout la route des Balkans à travers la Turquie, tout y passa, des gaz chimiques jusqu’aux missiles les plus avancés TOW (anti-chars).

Derrière tout ceci est l’histoire, pas seulement de ces 20 dernières années, mais de milliers d’années, alors que le Moyen-Orient fut martelé par un empire après l’autre, les plus importants comme l’Egypte, l’empire perse, l’empire ottoman ou les derniers “acteurs colioniaux vif-argent” en date comme les Français, les Britanniques et maintenant les Américains. Le Kurdistan était Sumaria et Chaldea, Ur et Nineveh, 6000 ans d’histoire commençant avant les contes de la création des derniers venus israélites.

Nous reconnaissons les Kurdes comme une ethnicité unique et ce dès le XVème siècle lorsque commença leur relation bancale avec la Turquie et l’empire Ottoman ; un de ces épisodes étant combattu aujourd’hui, quelques 500 ans plus tard, dans le nord de la Syrie actuelle.

Alors que l’occident divisait le Moyen-Orient à la fin de la grande guerre, créant de telles entités telles que la Turquie moderne et le royaume des Saoud, il n’y eut pas de patrie pour les Kurdes, un peuple laissé à la dérive de l’histoire, un peu beaucoup comme les Palestiniens dans l’après seconde guerre mondiale. Là où les Palestiniens furent expulsés et marginalisés, les Kurdes existaient comme une petite épine dans le pied du géant turc jusqu’à ce que l’heure sonne pour la CIA de se servir d’eux contre Saddam Hussein.

De là, La CIA a infiltré les régions kurdes de l’Iran, fomentant la discorde dans l’après révolution islamique de 1979, évènement qui fut si catastrophique pour les intérêts des Etats-Unis.

Israël a utilisé les Kurdes pour infiltrer l’Irak, espionnant sur les programmes d’armement de Saddam en achetant son chemin au sein des tribus dissidentes qui joueraient un rôle lorsque Saddam serait parti. Est-ce que ce fut Israël qui manœuvra Saddam dans l’invasion du Koweît, servant de relais à l’accord des Américains pour l’incursion de Saddam et qui fut complètement soutenu par Bush (père), du moins initialement ?

Est-ce un des premiers évènements où le nexus israélo-saoudien montra sa sale tête ? Ceci serait-il aussi un signe montrant à quel point est importante la pénétration des affaires étrangères américaines par les entités israélienne, saoudienne et turque ? La montée des nouveaux cons à la fin des années 1990 fut-elle un autre signe ? Quid du 11 septembre ?…

La “situation” kurde aujourd’hui n’est peut-être qu’un “plan de secours” considérant la défaite à venir de l’EIIL. Si Trump est contrôlé par une agence de renseignement étrangère, ne serait-ce pas bien plus possible que ce soit celle d’Israël plutôt que celle de la Russie ? Est-ce que l’action de l’Amérique, poussant les Kurdes sur Deir Ezzor et vers une confrontation directe avec l’Armée Arabe Syrienne et la Russie sur place, ne va pas bien servir les intérêts d’Israël ? L’effort simultané saoudien offrant ses “bons services” pour régler la dispute Erbil/Baghdad n’est-il pas aussi cousu de fil blanc ?…

Si l’Amérique de Trump est, comme bon nombre le suspecte, un état-client israélo-saoudien, l’effort concerté de l’AS, d’Israël et des Etats-Unis pour utiliser un état kurde comme un tremplin pour bouger contre l’Iran et renouveler le terrorisme dans toute la région, ne serait-il pas une certitude ?…

La Turquie d’Erdogan va t’ellle laisser passer, minimisée, dépassée, bloquée qu’elle est par sa demande d’intégration dans l’UE ou une alliance rivale va t’elle se former ?… Est-ce que le Pakistan, maintenant en porte-à-faux avec les Etats-Unis, va t’il finir pas se séparer de l’AS ? Reconnaissant l’effort de cette nation en Afghanistan et le rôle négatif qu’il a eu sur la sécurité pakistanaise ?…

Quand on examine les intérêts nationaux et le contexte historique, on ignore souvent trop simplement la simple corruption et le chantage et le rôle que joue de tels efforts sur la scène internationale ?

La plupart de la “magie” derrière l’EI était simplement cela, corruption et chantage, les généraux Irakiens et Syriens et même des gouvernements entiers siégeant à Washington, Erbil et Ankara. Sans une plus grande “boîte à outils”, le referendum à venir va peut-être bien fournir le terreau pour une nouvelle génération de massacres, la dernière des choses que veuille le peuple kurde…

Guerres impérialistes: Israël danger permanent pour le monde…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, N.O.M, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 25 août 2017 by Résistance 71

D’après l’ancien officier de la CIA Philip Girardi Israël est vraiment dangereux

 

Jonas Alexis

 

21 août 2017

 

Url de l’article original:

http://www.veteranstoday.com/2017/08/21/former-cia-officer-philip-giraldi-israel-is-really-dangerous/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Philip Giraldi a récemment écrit un article intéressant révélant quelques faits très compromettants pour Israël et le gouvernement turc. Il y a dit: “l’ancien conseiller à la sécurité Michael Flynn a été récemment obligé de s’enregistrer comme un agent de la Turquie après qu’il ait reçu 530 000 US$ de pots-de-vin afin de soutenir la vue d’Ankara en regard de ceux que le gouvernement turc pense être derrière le coup d’état de l’an dernier.”[1]

Ok, Flynn est un salaud. Mais qu’en est-il d’Israël, dit Giraldi ? “ironiquement, écrit-il, le lobby de gouvernement étranger le plus puissant et le plus influent à Washington est si dominant, qu’il a pu négliger de s’enregistrer ces 55 dernières années. L’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) a été en dernier lieu confronté par la FERA lorsque son prédécesseur, l’American Zionist Council fut mis sous pression par le ministère de la justice du président Kennedy en 1962 et 1963. “La mort de Kennedy a stoppé cet effort abruptement et mit fin aux tentatives de la Maison Blanche de tenir Israël pour responsable du développement de son programme d’armement nucléaire secret qui dépendait de matériel nucléaire quittant illégalement les Etats-Unis avec la complicité d’une entreprise privée locale en Pennsylvanie du nom de NUMEC [2]”

On peut débattre qu’israël a ses empreintes digitales partout sur la scène de l’assassinat de Kennedy. Israël, continue de dire Giraldi, continue de sucer le sang de l’Amérique sur un plan financier:

“Le pouvoir du lobby israélien et de l’AIPAC n’est pas gratuit pour le public américain. Les 3 milliards de dollars annuels qu’Israël reçoit bien qu’étant une économie de premier ordre, comme assistance militaire des Etats-Unis viennent s’ajouter aux 130 milliards de dollars qu’il a déjà reçu depuis 1949..

Protéger Israël dans les organisations internationales comme l’ONU a parfois marginalisé les Etats-Unis dans ces assemblées et l’influence du lobby sur la politique étrangère américaine a souvent été bien remarquée. En 2010, le général David Petraeus a déclaré que la politique d’Israël mettait les personnels militaires américains au Moyen-Orient en danger, il s’est néanmoins vite rétracté.” [3]

Ceci n’est pas rien. Et que diable ont donc fait les politiciens israéliens avec tout ce fric ? L’ont-ils utilisé d’une manière qui protègerait les Etats-Unis ? Non. En fait, ils ont historiquement et diaboliquement utilisé les propres armes de l’Amérique ainsi que l’argent du contribuable pour bombarder des soldats et vaisseaux américains. Vous rappelez-vous de l’affaire de l’USS Liberty ?

Le 8 juin 1967, pendant la guerre des six jours, Israël a bombardé le navire USS Liberty, tuant 34 militaires américains à son bord et en blessant des centaines d’autres. Israël attaqua le navire américain de logistique et de “recherche électronique” USS Liberty parce qu’ils pensèrent pouvoir blâmer l’attaque sur leur ennemi et ainsi forcer les Etats-Unis à entrer en guerre. Une fois pris la main dans le sac, les Israéliens déclarèrent que l’attaque fut une erreur, argumentant qu’ils n’avaient pas pu identifier le vaisseau, mais les preuves montèrent contre eux. [4] John J. Mearsheimer de l’université de Chicago et Stephen W. Walt d’Harvard appelèrent cet évènement “une tragique attaque” dans l’histoire. [5]

Bryce Lockwood, un sergent du corps des Marines, expert en langue russe, récipiendaire de l’étoile d’argent pour bravoure au combat et prêtre baptiste était à bord du USS Liberty.

“Pour Lockwood et bien d’autres survivants, la colère se mélange à l’incrédulité: qu’Israël puisse attaquer un allié important, puis attribuer l’attaque à une erreur d’identification par ses pilotes qui ont confondu ce navire américain si caractéristique avec un transporteur de chevaux de cavalerie égyptien qui était la moitié de cette taille et ne lui ressemblait pas du tout.

Et ils sont si incrédules que, pendant des années, leur propre gouvernement allait rejeter leurs appels pour que soit menée une enquête minutieuse.” “Ils ont essayé de s’en sortir en mentant !” crie Lockwood. “Je n’y crois pas une seule minute. Vous ne vous mettez simplement pas à tirer sur un navire en mer sans l’avoir identifié, vous être assurés que c’est la bonne cible !” Quatre décennies plus tard, beaucoup des quelques deux douzaines de survivants de l’USS Liberty localisés et interviewés par le journal de La Tribune ne peuvent toujours parler de cette attaque sans crier ou sangloter.”[6]

Les officiels américains ont largement accepté les affirmations que l’attaque fut un accident. Portant, le ministre des AE Dean Rusk et l’amiral Thomas Moorer ne virent absolument aucune preuve de cela et les documents montrent très clairement que les Israéliens savaient qui ils attaquaient, écrit James Barnford.

“Dès 10:55 du matin, les pontes israéliens savaient qu’ils avaient un navire espion américain dans leur entourage. Non seulement le vaisseau était clairement visible de l’ennemi depuis El Arish, mas il avait aussi positivement identifié par le QG de la marine israélienne.”

Avant l’incident, le commandant américain Prichas Pinchasy “envoya un rapport au chef des opérations navales au QG de la marine israélienne à Haïfa. Le rapport clairement stipulait que le navire américain qui croisait lentement au large d’El Arish était un navire de collecte d’informations électroniques de la marine américaine du nom de Liberty dont le numérotage de coque était GTR-5. Ce numéro d’identification était non seulement peint en grand des deux côtés de la proue et de la poupe, mais il avait aussi son nom peint en grand “USS Liberty” 146. Tout le monde à bord du navire croyait que les Israéliens savaient pertinemment ce qu’ils faisaient.

A 2:09, le porte-avions américain l’USS Saratoga, croisant au large de la Crète, confirma l’appel de détresse de l’USS Liberty. “Stand by pour plus de communication”, signala t’il. Après avoir mis les tourelles de tir hors d’usage, les pilotes israéliens visèrent les antennes du navire afin de couper sa voix et le rendre sourd ainsi il ne put plus demander de l’aide ni recevoir de communications. “C’est comme s’ils connaissaient leurs positions exactes” a dit Stan White, Senior Chief.

Le commandant de la NSA Dave Lewis en charge des opérations de surveillance sur le navire fut d’accord. “ Il me semble que chaque section pivotante de chaque antenne haute fréquence avait un trou dedans”, dit-il. Cela a demandé une grosse planification pour embarquer des missiles à détection thermique pour éliminer toutes nos communications au tout début de l’attaque…”

“Alors que les Israéliens continuaient leur massacre, ni eux, ni l’équipage du Liberty n’avaient idée que des témoins de la scène étaient présents très haut-dessus. Jusque maintenant. D’après les informations, les entretiens et les documents obtenus du corps secret pendant près de 35 ans, la NSA a caché le fait qu’un de ses avions étaient en train de voler au dessus de la zone au moment de l’incident, espionnant ce qu’il se passait dessous.”[7]

Le journal israélien Haaretz a rapporté que “les avions de l’armée de l’air  et les bateaux de la marine d’Israël qui ont attaqué le USS Liberty le 8 juin 1967, au sommet de la guerre des six jours, étaient parfaitement au courant qu’il s’agissait d’un navire de renseignement américain. Le rapport déclara que la NSA américaine, à laquelle appartenait le navire attaqué, fut capable d’intercepter les communications de l’armée de l’air israélienne durant lesquelles en plusieurs points les pilotes israéliens identifièrent le navire comme étant américain mais furent pousser à continuer l’attaque quoi qu’il en soit.”[8]

Quelques unes de ces transcriptions de communications sont dans les archives du gouvernement des Etats-Unis et prouvent sans l’ombre d’un doute que les Israéliens savaient pertinemment ce qu’ils faisaient.

“Le directeur adjoint des opérations de la NSA au temps de l’attaque sur l’USS Liberty, Oliver Kirby, est cité par le journal de la Tribune comme confirmant l’existence de ces transcriptions, disant également les avoir personnellement lues. “Ils disaient, nous l’avons dans le zéro.”  a dit Kirby, “quoi que cela veuille dire, je pense le visuel de quelque chose”, puis l’un d’entre eux a dit “Pouvez-vous voir le drapeau ?” Les pilotes ont dit “oui, c’est un américain, américain.” Ils l’ont dit plusieurs fois, il n’y avait donc aucun doute qu’ils le savaient.”[9]

Kirby est même allé jusqu’à dire que l’attaque était “quelque chose qui m’a gêné, perturbé toute ma vie, je suis prêt à jurer sur une pile de bibles que nous savions qu’ils savaint.”[10]

Pourtant, à la lumière de ces faits, “le gouvernement américain, soucieux et anxieux d’épargner la réputation d’Israël et de préserver son alliance avec les Etats-Unis, clôtura le dossier avec ce que les participants même disent maintenant avoir été une enquête particulièrement rapide et bâclée.”[11] Barnford note “Malgré les preuves accablantes qu’Israël avait délibérément attaqué le navire et tué tant de militaires, l’administration du président Johnson et le congrès couvrirent totalement l’incident.”[12] Q. Tony Hart, officier subalterne stationné au Maroc au moment des faits a déclaré après une grande réflexion sur l’incident: “Le président Johnson ne va pas entrer en guerre ou embarrasser un allié des Etats-Unis suite à la mort de quelques marins américains.”[13]

Le journal Haaretz a descendu la maisonnée sioniste le mois dernier en publiant un document d’archives prouvant sans l’ombre d’un doute que seul Israël fut derrière l’attaque sur l’USS Liberty.

“Dans le document, également publié sur le site internet de la CIA, une source anonyme est citée pour dire: “Ils ont dit que le ministre de la défense d’alors, Moshé Dayan, avait personnellement ordonné l’attaque sur le navire et qu’un de ses généraux, totalement opposé à l’opération s’était exclamé: “Ceci n’est que pur assassinat !”[14]

Il y avait bien plus au sujet de cette attaque que ce qu’on a bien voulu dire.

“Le nouveau livre cite une histoire rapportée par l’ambassadeur américain au Liban, Dwight Porter, que se rappelait d’une conversation entre un pilote israélien et la salle de commandement de l’armée de l’air israélienne, qui fut apparemment enregistrée par un avion de la NSA et câblé par inadvertance aux bureaux de la CIA à travers le monde:

– Pilote israélien à la Salle de commandement de l’armée de l’air israélienne (SCAAI): “C’est un navire américain, voulez-vous toujours que nous attaquions ?…”

– SCAAI au pilote: “Oui, suivez les ordres.”

-Pilote: “Mais c’est un navire américain… Je peux voir son drapeau !”

– SCAAI: “Aucune importance, attaquez-le.”[15]

Alors, Israël devrait-elle toujours être traitée comme allié des Etats-Unis ? Ne devrait-elle par être plutôt considérée comme un ennemi de l’Amérique et du reste du monde ?…

Notes:

[1] Philip Giraldi, “Should AIPAC Register as a Foreign Agent?,” American Conservative, July 28, 2017.

[2] Ibid.

[3] Ibid.

[4] See A. Jay Cristol, The Liberty Incident (Annapolis, MD: Naval Institute Press, 2013); James Scott, The Attack on the Liberty The Untold Story of Israel’s Deadly 1967 Assault on a U.S. Spy Ship (New York: Simon & Schuster, 2009); James M. Ennes, Assault on the Liberty: The True Story of the Israeli Attack on an American Intelligence Ship (New York: Ballantine Books, 1987).

[5] Mearsheimer and Walt, The Israel Lobby, 42.

[6] John Crewdson, “New Revelation in Attack on American Spy Ship,” Chicago Tribune, October 2, 2007.

[7] James Bamford, Body of Secrets: Anatomy of the Ultra-Secret National Security Agency (New York: Anchor Books, 2002), 212.

[8] Yossi Melman, “Israeli Communications Said to Prove IAF Knew Liberty was US Ship,” Haaretz, April 10, 2007.

[9] Ibid.

[10] Ibid.

[11] Crewdson, “New Revelation in Attack on American Spy Ship,” Chicago Tribune, October

2, 2007.

[12] Bamford, Body of Secrets, 229.

[13] Melman, “Israeli Communications Said to Prove IAF Knew Liberty was US Ship,” Haaretz, April 10, 2007.

[14] Ofer Aderet, “’But Sir, It’s an American Ship.’ ‘Never Mind, Hit Her!’ When Israel Attacked USS Liberty,” Haaretz, July 11, 2017.

[15] Ibid.