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Le chemin du changement de paradigme politique vers la société des sociétés de notre humanité réalisée (Gustav Landauer)

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GL1

Anarchisme, socialisme

Gustav Landauer

Journal pour l’Anarchisme et le Socialisme (1895)

Journal for Anarchism and Socialism — Voici ce que dit notre journal

L’anarchie est le but que nous poursuivons : l’absence de domination et d’État ; la liberté de l’individu. Le socialisme est le moyen par lequel nous voulons atteindre et sécuriser cette liberté : solidarité, partage et travail coopératif.

Certains prétendent que nous avons inversé les choses en faisant de l’anarchie notre but et du socialisme notre moyen. Ils voient l’anarchie comme quelque chose de négatif, comme l’absence d’institutions, alors que le socialisme incarnerait l’ordre social positif. Ils pensent que le positif devrait être le but et le négatif le moyen nous aidant à détruire ce qui nous empêche d’atteindre le but. Ces gens ne comprennent pas que l’anarchie n’est pas simplement un concept abstrait de liberté mais que notre notion de vie libre et d’activité libre inclut ce qui est concret et positif. Il y a du travail, distribué équitablement , mais ce ne sera de manière calculée, avec pour seul but d’être le moyen de développer et de renforcer nos forces naturelles si riches, d’avoir un impact sur nos frères humains, la culture et la nature afin aussi de jouir pleinement des richesses de la société.

Quiconque n’est pas aveuglé par les dogmes des partis politiques reconnaîtra que l’anarchie et le socialisme ne sont pas opposés mais co-dépendants. Un véritable travail coopératif et une véritable communauté ne peuvent exister que lorsque les individus sont libres, et des individus libres ne peuvent exister que là où nos besoins sont satisfaits par la solidarité fraternelle.

Il est obligatoire de lutter contre les fausses affirmations de la démocratie-sociale disant que le socialisme et l’anarchie sont aussi opposés que l’eau et le feu. Ceux qui affirment cela habituellement argumentent ainsi : le socialisme veut dire la “socialisation”. Ce qui veut dire que la société, un terme vague qui comprend tous les humains qui vivent sur terre, sera amalgamée, unifiée et centralisée. Les soi-disants “intérêts de l’humanité” deviennent la plus haute des lois et les intérêts particuliers de certains groupes sociaux et d’individus deviennent secondaires. L’anarchie d’un autre côté, veut dire individualisme, c’est à dire le désir des individus d’assujettir le pouvoir sans aucune limite, ce qui veut dire atomisation et égoïsme. Ainsi il en découle que nous obtenons deux concepts totalement opposés  la socialisation et le sacrifice de l’individu d’un côté et l’individualisation et l’égocentrisme de l’autre.

Je pense qu’il est possible de démontrer l’erreur de ces assomptions en faisant une simple allégorie. Imaginons une ville faisant à la fois l’expérience de la pluie et du soleil. Si quelqu’un suggérait que la seule façon de protéger la ville de la pluie était de construire un gigantesque toit qui recouvrirait tout et qui serait toujours là qu’il pleuve ou non, alors ceci serait une solution “socialiste” en accord avec la pensée social-démocrate. D’un autre côté, si quelqu’un suggérait qu’en cas de pluie, chaque personne pouvait se servir d’un parapluie mis à disposition par la ville et que ceux qui arriverait en retard n’aurait pas de chance, alors ceci serait une solution dite “anarchiste”. Pour nous, anarchistes socialistes, les deux solutions nous apparaissent tout aussi ridicule l’une que l’autre. Nous ne voulons ni forcer les gens sous un toit commun et nous ne voulons pas non plus de bagarre entre ceux qui arrivent à temps et ceux qui sont en retard pour prendre un parapluie. Lorsque c’est utile, nous pouvons partager un toit commun, aussi loin qu’il puisse être retiré lorsqu’il n’est pas utile. dans le même temps, les gens peuvent avoir leur propre parapluie aussi loin qu’ils sachent comment le gérer. Et en regard de cela, ceux qui veulent être mouillés et bien personne ne va les forcer à rester secs.

Laissons de côté les allégories, voici ce dont nous avons besoin : des associations de l’humanité dans les affaires qui concernent les intérêts de l’humanité, des associations de gens particuliers dans les affaires qui les concernent, des associations de groupes sociaux dans les affaires qui les concernent, des associations de deux personnes dans les affaires qui les concernent et l’individualisation des affaires de ce qui ne concerne qu’une seule personne. En lieu et place de l’état national et de l’état mondial dont rêvent les sociaux-démocrates, nous anarchistes, voulons un ordre libre d’associations multiples, colorées, entremêlées. Cet ordre sera basé sur le principe que tous les individus sont au plus près de leurs propres intérêts et que leurs chemises leur est plus proche que leurs vestons. Il ne sera que très rare de s’adresser à l’humanité afin de gérer un problème spécifique, il n’y a a donc aucun besoin d’un “parlement” mondial et se toute autre institution globale.

Il y a des affaires qui concernent toute l’humanité, mais dans ces cas de figure, les groupes différents trouveront une façon de les résoudre par le consensus. Prenons le cas du transport international et des horaires de train si compliqués par exemple. Ici, les représentants de chaque pays trouvent des solutions malgré l’absence d’un pouvoir de coordiination supérieur et la raison en est simple : la nécessité le veut. Il n’est donc pas surprenant que je trouve le Reichskurbuch comme étant la seule publication bureaucratique valant la peine d’être lue. Je suis convaincu que ce livre recevra bien plus d’honneurs dans le futur que tous les libres de droit de toutes les nations confondus !

D’autres affaires qui auront besoin d’une attention globale sont : les mesures, les termes techniques et scientifiques, et les statistiques, qui sont importantes pour la planification économique, bien qu’elles soient bien moins importantes que ce qu’en pensent les sociaux-démocrates, qui veulent en faire le trône sur lequel assoir la domination globale des peuples. Ceux qui ne sont pas condamnés à l’ignorance par les conditions que la puissante force au dessus d’eux, va bientôt faire usage des statistiques appropriées sans institution globale. Il y aura probablement une organisation quelconque qui compile et compare les différentes données statistiques mais elle ne jouera pas un rôle signifiant et ne sera jamais une force politique puissante.

Y a t’il des intérêts communs au sein d’une nation ? Il y en a quelques-uns : la langue, la littérature, les arts, les coutumes, et les rites qui ont tous des caractéristiques nationales. Mais, dans un monde sans domination, sans “territoires annexés” ni de concept de “terre nationale” (qui doit être à la fois défendue et élargie), de tels intérêts ne voudront pas dire ce qu’ils veulent dire aujourd’hui. Le conseil de “travail national” par exemple, disparaîtra complètement. Le travail sera structuré d’une manière qui ne suit ni la langue ni l’ethnographie. Pour les conditions de travail dans les communautés locales, la géographie et la géologie sont très importantes. Mais qu’est-ce que notre état-nation a à voir avec ces réalités ?

En parlant de travail, il y a différents courants de pensée au sein du camp anarchiste. Certains anarchistes propagent le droit à la libre consommation. Ils pensent que tous les individus doivent produire en accord avec leurs capacités et consommer selon leurs besoins. Ils pensent que personne sauf les intéressés ne peut connaître sa propre capacité de travail et ses propres besoins. La vision est d’avoir des maisons de dépôt remplies par le travail volontaire effectué en accord avec les besoins des gens. Le travail sera fait parce que chacun comprendra que la satisfaction des besoins de chacun demande un effort collectif. Des statistiques et une information sur les conditions de travail dans les communautés spécifiques donneront les directives sur la quantité à produire et combien de travail sera nécessaire., en prenant en compte à la fois la technologie et la main d’œuvre disponibles. Le besoin de travailleurs sera l’objet d’annonces publiques à tous ceux capables d’y subvenir. Ceux qui refusent de travailler, entièrement ou partiellement, alors même qu’ils peuvent le faire, seront socialement ostracisés.

Je pense que ceci est un résumé précis et non biaisé des idées des communistes. Je veux maintenant expliquer pourquoi je considère ces notions sur l’organisation du travail comme étant insuffisantes et injustes. Je ne les pense pas impossibles. Je pense que le communisme et le droit à la consommation libre peuvent exister. Mais je pense aussi que bien des gens choisiront l’option de ne pas travailler. La mise au ban social n’aura que peu d’effet sur eux, ils s’assureront du respect et du soutien de ceux qui pensent et agissent comme eux.

Ceci n’est pourtant pas le plus gros problème. Celui-ci est qu’une nouvelle autorité morale serait créée, une de celles qui déclare “les meilleurs êtres humaines” comme étant ceux qui travaillent le plus, ceux qui sont prêts à faire les boulots les plus durs et les plus sales et qui se sacrifient pour les faibles, les fainéants et les profiteurs. La contrainte d’une telle moralité et des récompenses sociales induites seront bien pires et bien plus dangereuses que la plus acceptable des contraintes que nous connaissions : l’égoïsme. J’en suis arrivé à cette conclusion après une très longue contemplation du sujet. Une société fondée sur la contrainte de la moralité sera bien plus unidimensionnelle et injuste qu’une société fondée sur la contrainte de l’intérêt particulier.

Les anarchistes qui partagent cette opinion voient une connexion entre le travail des individus et leur consommation. Ils veulent organiser le travail sur la base de l’égoïsme naturel. Ce qui veut dire que ceux qui travaillent travailleront essentiellement pour eux-mêmes. En d’autres termes, ceux qui rejoignent une ligne spécifique de travail le feront parce qu’ils y voient un gain personnel pour eux-mêmes, ceux qui travailleront plus le feront parce qu’ils ont plus de besoins à satisfaire, ceux qui font les boulots les plus durs et plus insalubres (boulots qui devront toujours être faits même si de manière moins vile qu’aujourd’hui), le feront parce que, contrairement à aujourd’hui, ces travaux seront les plus valorisés et les mieux payés.

La critique de ce type d’organisation du travail peut-être faite sur trois niveaux : d’abord. on voit qu’il y a une injustice contre les intellectuellement ou physiquement faibles, secundo, on peut craindre que les richesses individuelles puissent être encore accumulées et qu’une nouvelle forme d’exploitation ne survienne et tertio, on peut être concerné par le fait qu’une classe exclusive de producteurs gagnera en privilèges et donc voudra les défendre.

Je considère toutes ces préoccupations comme infondées. Il est vrai qu’il y aura une différentiation du travail. Mais si les gens sont bien éduqués et leurs talents convenablement nourris, alors chacun trouvera un travail qui lui convient et qui colle à ses qualifications. Les personnes âgées, les handicapés peuvent contribuer en bien des points et nous nous occuperons d’eux comme nous nous occupons de nos enfants. Le principe d’entraide deviendra alors tout à fait central.

Il sera impossible aux individus d’accumuler des richesses menant à l’exploitation car tout le monde en société anarchiste comprendra que l’usage commun de la terre et des moyens de production est dans l’intérêt de tous les individus. Ainsi, ceux qui travaillent le plus dur pourront avoir un avantage en matière de possession personnelle mais ils ne gagneront aucun moyen d’exploiter les autres.

Finalement, aucun groupe n’y gagnera à devenir exclusif. Il serait instantanément boycotté. Si un groupe devait gagner un certain avantage dans un secteur donné de production, de nouveaux producteurs apparaîtront et il ne se passera pas longtemps avant qu’un nouvel équilibre ne s’établisse. Lorsque les travailleurs vont et viennent librement et lorsqu’il y a une réelle libre concurrence parmi des hommes libres et égaux, alors les inégalités permanentes deviennent impossibles.

Il n’est pas inconcevable que l’organisation du travail, comme je l’ai décrite plus haut, puisse prendre deux formes simultanément dans des régions différentes ou dans des domaines différents du travail. L’expérience pratique déterminera très rapidement la forme la plus faisable et efficace. En tous les cas, le but des deux formes est le même : la liberté de l’individu sur la base d’une solidarité économique. Il n’y a aucune raison d’argumenter  voire de se disputer au sujet de l’organisation du travail dans la société du futur. Il est bien plus important de combiner nos forces afin d’établir les conditions sociales permettant l’apparition des expériences pratiques qui détermineront et résoudront ces affaires.

L’anarchie n’est pas un système sans vie ni un système de pensées toutes prêtes. L’anarchie est la Vie ; la vie qui nous attend après que nous nous soyons enfin libérés du carcan [étatico-capitaliste] qui nous restreint et contraint.

NdR71 : Ici, Landauer n’aborde pas une problématique pourtant essentielle : celle de l’argent et du salariat. Pour qu’une transformation efficace et durable ne se produise dans nos rapports avec les institutions (étatiques et économiques), il est impératif d’établir que la nouvelle relation émancipatrice ne pourra s’opérer qu’en dehors de tout rapport institutionnel, marchand, monétaire et salarial. La société des sociétés si chère à Gustav Landauer et à bon nombre d’anarchistes, dont nous faisons partie, ne pourra voir le jour qu’après avoir renoncé à toute relation étatique, marchande, monétaire et salariale sous quelque forme que ce soit, car il est évident pour qui réfléchit de manière critique et radicale qu’il n’y a pas et ne saurait y avoir de solution au sein du système qui est par essence un nœud inextricable de corruption aliénatrice.

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Voir notre page “Gustav Landauer et la société des sociétés”

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

LM_pouvoir

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Communiqué EZLN – Chiapas – Mexique

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 23 septembre 2021 by Résistance 71

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COMMUNIQUÉ DU COMITÉ CLANDESTIN RÉVOLUTIONNAIRE INDIGÈNE – COMMANDEMENT GÉNÉRAL DE L’ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE

LE CHIAPAS AU BORD DE LA GUERRE CIVILE

Source :
http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2021/09/21/le-chiapas-au-bord-de-la-guerre-civile/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+EnlaceZapatista+%28Enlace+Zapatista%29


MEXIQUE.

19 SEPTEMBRE 2021.

AU PEUPLE DU MEXIQUE,

AUX PEUPLES DU MONDE,

À LA SEXTA NATIONALE ET INTERNATIONALE,

À L’EUROPE D’EN BAS À GAUCHE,

PREMIÈREMENT.– LE 11 SEPTEMBRE 2021, LE MATIN ET ALORS QUE LA DÉLÉGATION ZAPATISTE AÉRIENNE SE TROUVAIT DANS LA VILLE DE MEXICO, DES MEMBRES DE L’ORCAO, ORGANISATION PARAMILITAIRE AU SERVICE DU GOUVERNEMENT DE L’ÉTAT DU CHIAPAS, ONT SÉQUESTRÉ LES COMPAÑEROS SEBASTÍAN NUÑEZ PEREZ ET JOSE ANTONIO SANCHEZ JUAREZ, AUTORITÉS AUTONOMES DU CONSEIL DE BON GOUVERNEMENT DE PATRIA NUEVA, CHIAPAS.

L’ORCAO EST UNE ORGANISATION POLITICO-MILITAIRE À CARACTÈRE PARAMILITAIRE ; ELLE A DES UNIFORMES, DES ÉQUIPEMENTS, DES ARMES ET DES MUNITIONS ACQUISES AVEC L’ARGENT QU’ELLE REÇOIT DES PROGRAMMES SOCIAUX. ELLE EN GARDE UNE PARTIE ET DONNE L’AUTRE AUX FONCTIONNAIRES POUR QU’ILS COMMUNIQUENT SUR LE FAIT QUE LA POLITIQUE D’ASSISTANAT SE RÉALISE BIEN. AVEC CES ARMES, ELLE TIRE TOUTES LES NUITS SUR LA COMMUNAUTÉ ZAPATISTE DE MOISÉS Y GANDHI.

L’EZLN A ATTENDU AVEC PATIENCE JUSQU’À CE QUE S’ÉPUISENT TOUTES LES VOIES POSSIBLES VERS LA SOLUTION. PENDANT QUE LE GOUVERNEMENT DE L’ÉTAT DU CHIAPAS SABOTAIT ET ENTRAVAIT LA LIBÉRATION, CE SONT DES ORGANISATIONS DE DÉFENSE DES DROITS HUMAINS ET L’ÉGLISE CATHOLIQUE PROGRESSISTE QUI ONT ÉVALUÉ AVEC JUSTESSE CE QU’IL POURRAIT SE PASSER.

DEUXIÈMEMENT.– LOS COMPAÑEROS ONT ÉTÉ PRIVÉS DE LEUR LIBERTÉ PENDANT 8 JOURS ET ONT ÉTÉ LIBÉRÉS AUJOURD’HUI, LE 19 SEPTEMBRE 2021, GRÂCE À L’INTERVENTION DES PRÊTRES DE SAN CRISTÓBAL DE LAS CASAS ET D’OXCHUC, QUI FONT PARTIE DU DIOCÈSE DE SAN CRISTÓBAL DE LAS CASAS. LES COMPAÑEROS ONT ÉTÉ DÉPOUILLÉS D’UNE RADIO DE COMMUNICATION ET DE 6000 PESOS EN LIQUIDE QUI APPARTIENNENT AU CONSEIL DE BON GOUVERNEMENT.

TROISIÈMEMENT.– LE DÉLIT DE SÉQUESTRATION EST PUNI PAR LES LOIS DU MAUVAIS GOUVERNEMENT ET PAR LES LOIS ZAPATISTES. PENDANT QUE LE GOUVERNEMENT DE L’ÉTAT DU CHIAPAS COUVRE ET ENCOURAGE CES CRIMES, ET NE FAIT RIEN, L’ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE A PROCÉDÉ À LA PRISE DES MESURES NÉCESSAIRES POUR LIBÉRER LES SÉQUESTRÉS ET ARRÊTER ET SANCTIONNER LES RESPONSABLES DU CRIME.

QUATRIÈMEMENT.- SI L’ESCALADE DU CONFLIT N’A PAS DÉBOUCHÉ SUR UNE TRAGÉDIE, C’EST GRÂCE À L’INTERVENTION DES PRÊTRES MENTIONNÉS, DES ORGANISATIONS DE DÉFENSE DES DROITS HUMAINS ET GRÂCE AUX MOBILISATIONS ET AUX DÉNONCIATIONS RÉALISÉES AU MEXIQUE, ET SURTOUT EN EUROPE.

CINQUIÈMEMENT.– LA MAUVAISE ADMINISTRATION DE RUTILIO ESCANDÓN EST EN TRAIN DE FAIRE TOUT SON POSSIBLE POUR DÉSTABILISER LE SUD-ORIENTAL ÉTAT MEXICAIN DU CHIAPAS :

ELLE RÉPRIME AVEC LUXE DE VIOLENCES LA COMMUNAUTÉ DES ÉCOLES NORMALES RURALES ;

ELLE SABOTE LES ACCORDS PRIS ENTRE LE PROFESSORAT DÉMOCRATIQUE ET LE GOUVERNEMENT FÉDÉRAL, POUSSANT LES INSTITUTEURS À SE MOBILISER RADICALEMENT POUR QUE SOIENT RESPECTÉS LES DITS ACCORDS ;

SES ALLIANCES AVEC LE NARCOTRAFIC FONT QUE LES COMMUNAUTÉS ORIGINELLES SE VOIENT OBLIGÉES DE FORMER DES GROUPES D’AUTODÉFENSE, PARCE QUE LE GOUVERNEMENT NE FAIT RIEN POUR PRÉSERVER LA VIE, LA LIBERTÉ ET LES BIENS DES HABITANTS. NON SEULEMENT LE GOUVERNEMENT DU CHIAPAS COUVRE LES GANGS DE NARCOTRAFIQUANTS, MAIS IL ENCOURAGE, PROMEUT ET FINANCE AUSSI DES GROUPES PARAMILITAIRES COMME CEUX QUI ATTAQUENT CONTINUELLEMENT DES COMMUNAUTÉS À ALDAMA ET À SANTA MARTHA.

IL MÈNE UNE POLITIQUE VACCINALE INTENTIONNELLEMENT LENTE ET DÉSORDONNÉE QUI EST EN TRAIN DE PROVOQUER DES DÉSACCORDS PARMI LA POPULATION RURALE ET QUI NE TARDERA PAS À EXPLOSER. PENDANT CE TEMPS, LE NOMBRE DE MORTS DUES À LA COVID AUGMENTE DANS LES COMMUNAUTÉS SANS QU’ELLES SOIENT PRISES EN COMPTE.

SES FONCTIONNAIRES SONT EN TRAIN DE VOLER TOUT CE QU’ILS PEUVENT DU BUDGET DE L’ÉTAT DU CHIAPAS, SE PRÉPARANT PEUT-ÊTRE À UN EFFONDREMENT DU GOUVERNEMENT FÉDÉRAL OU PARIANT SUR UN CHANGEMENT DE PARTI AU POUVOIR.

IL A MAINTENANT ESSAYÉ DE SABOTER LA SORTIE DE LA DÉLÉGATION ZAPATISTE QUI PARTICIPE À LA TRAVERSÉE POUR LA VIE, CHAPITRE EUROPE, EN ORDONNANT À SES PARAMILITAIRES DE L’ORCAO L’ENLÈVEMENT DE NOS COMPAGNONS, LAISSANT LE CRIME IMPUNI ET ESSAYANT DE PROVOQUER UNE RÉACTION DE L’EZLN DANS LE BUT DE DÉSTABILISER UN ÉTAT DONT LA GOUVERNANCE NE TIENT QU’À UN FIL.

SIXIÈMEMENT.– SI L’OBJECTIF DU PARTI VERT ÉCOLOGISTE DU MEXIQUE (PVEM) EST DE PROVOQUER UN PROBLÈME QUI AURA DES RÉPERCUSSIONS INTERNATIONALES, AINSI QUE DE DÉSTABILISER LE RÉGIME AU POUVOIR, IL FERAIT MIEUX DE RECOURIR À LA CONSULTATION DE RÉVOCATION DE MANDAT.

LE PVEM EST UN DES NOMS QUE LE VIEUX PRI UTILISE SUR CES TERRES. PARFOIS C’EST LE PAN, PARFOIS LE PRD, MAINTENANT C’EST LE PVEM, MAL DÉGUISÉ EN PARTI DE MOUVEMENT DE RÉGÉNÉRATION NATIONALE. CE SONT LES MÊMES DÉLINQUANTS D’HIER ET MAINTENANT ILS FONT PARTIE DU MAL NOMMÉ MOUVEMENT «D’OPPOSITION», COMME «CINQUIÈME COLONNE» DANS LA 4T.

LES RESPONSABLES SONT : Rutilio Escandón et Victoria Cecilia Flores Pérez.

SI CE QUE VOUS VOULEZ C’EST FAIRE TOMBER L’ACTUEL GOUVERNEMENT FÉDÉRAL, OU LUI CAUSER DES DIFFICULTÉS EN REPRÉSAILLES DES INVESTIGATIONS PÉNALES À VOTRE ENCONTRE, OU QUE VOUS ÊTES EN TRAIN DE JOUER DANS L’UNE DES FACTIONS QUI SE DISPUTENT LA SUCCESSION DE 2024, UTILISEZ LES CANAUX LÉGAUX AUXQUELS VOUS AVEZ ACCÈS ET CESSEZ DE JOUER AVEC LA VIE, LA LIBERTÉ ET LES BIENS DES CHIAPANÈQUES. VOTEZ ET APPELEZ À VOTER POUR LA RÉVOCATION DU MANDAT ET CESSEZ DE JOUER AVEC LE FEU CAR VOUS ALLEZ VOUS BRÛLER.

SEPTIÈMEMENT.– NOUS APPELONS L’EUROPE D’EN BAS ET À GAUCHE ET LA SEXTA NATIONALE ET INTERNATIONALE À MANIFESTER DEVANT LES AMBASSADES ET CONSULATS DU MEXIQUE, ET LES CASAS DEL GOBIERNO DE L’ÉTAT DU CHIAPAS, POUR EXIGER QU’ILS CESSENT DÈS MAINTENANT LES PROVOCATIONS ET QU’ILS ABANDONNENT LE CULTE DE LA MORT QU’ILS PROFESSENT. LA DATE FIXÉE EST LE VENDREDI 24 SEPTEMBRE 2021.

DEVANT L’ACTION ET L’OMISSION DES AUTORITÉS D’ÉTAT ET FÉDÉRALES FACE AU CRIME ACTUEL ET AUX CRIMES ANTÉRIEURS, NOUS PRENDRONS LES MESURES PERTINENTES POUR QUE LA JUSTICE SOIT APPLIQUÉE AUX CRIMINELS DE L’ORCAO ET AUX FONCTIONNAIRES QUI LES PARRAINENT.

C’EST TOUT. LA PROCHAINE FOIS IL N’Y AURA PLUS DE COMMUNIQUÉ. C’EST-À-DIRE, IL N’Y AURA PAS DE MOTS, MAIS DES ACTES.

Depuis les montagnes du Sud-est mexicain

Au nom du CCRI-CG de l’EZLN

Sous-commandant insurgé Galeano

Mexique, 19 septembre 2021.

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Lecture complémentaire :

6ème déclaration zapatiste d ela forêt de Lacandon (2005)

Mouvement Zapatiste : le feu et la parole

Réseau de Résistance et de Rébellion Internationales

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Résistance politique : Errico Malatesta, retour sur une vie

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, syndicalisme et anarchisme, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , on 23 septembre 2021 by Résistance 71

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Errico Malatesta, retour sur une vie

Le Monde Libertaire

20 septembre 2021

Source:
https://monde-libertaire.fr/?article=Des_idees_et_des_luttes_Errico_MALATESTA

« La légende est plus vraie que l’histoire, plus intéressante. » Cette citation d’Errico Malatesta au sujet de la Commune de Paris de 1871 pourrait parfaitement s’appliquer à sa vie. On la connaît par les rapports de police essentiellement consacrés à noircir le personnage pour mieux l’enfermer, mais quid de sa vie intérieure, ses sentiments, son introspection. Très difficile exercice car il parlait assez peu de lui-même, tout consacré à une cause, l’anarchie à laquelle il consacrera un livre éponyme. Certes, il existe des articles, des discours, des propos enflammés d’amis, de compagnons qui magnifient le militant charismatique, lui qui voulait rester discret, au service des autres. Vittorio Giacopino publie chez Lux, un livre « roman historique » pour faire vivre la légende. Rien n’est faux, mais il fait parler Malatesta au plus près de ses lettres à ses amis, de ses réflexions. Enfermé vivant dans un petit appartement rue Andrea-Doria à Rome, surveillé, perquisitionné, harcelé par les nervis fascistes de Mussolini, il se remémore sa vie d’aventures, son départ en Amérique du Sud, ses voyages à Londres, un internationaliste qui rencontre Bakounine à Saint-Imier, se lie avec Pierre Kropotkine. 

La Révolution universelle

La Commune de Paris de 1871 sera sa prise de conscience de la nécessité de se battre pour un monde meilleur, il y pense encore en 1931, un an avant sa mort et croit toujours dans la Révolution universelle. « Nous ne reconnaissons d’autre patrie que la révolution universelle, d’autre ennemi que la tyrannie sous quelque forme qu’elle se présente. »

Ses premières actions relèvent du coup de poing, des initiatives à la hâte, des échecs, des procès, de la prison, mais toujours « je ne peux que nourrir du mépris pour ceux qui non seulement ne veulent rien faire, mais se complaisent à blâmer et maudire ceux qui agissent. » Alors, il agit toujours à l’affût d’une action, d’un espoir à relayer. « La foi, ce n’est pas une croyance aveugle : c’est le résultat d’une volonté ferme alliée à une forte espérance. »

Les souvenirs remontent à la surface, des regrets jamais, de la nostalgie parfois comme son séjour à Paris et le retour des communards en 1880, son exclusion de l’Internationale et le mépris de Marx à l’encontre des « anarchistes qui ne représentent pas les vrais travailleurs, mais des gens déclassés avec certains travailleurs abusés, comme troupe. »

Ses propos sont d’une actualité étonnante, bien qu’écrits au début du XXème siècle. « Tout le système social en vigueur est fondé sur la force brutale mise au service d’une petite minorité qui exploite et opprime la grande masse. » Il y oppose Le programme anarchiste qui se conclut ainsi « Nous voulons donc abolir radicalement la domination et l’exploitation de l’homme par l’homme. Nous voulons que les hommes, unis fraternellement par une solidarité consciente, coopèrent volontairement au bien-être de tous. […] Nous voulons pour tous le pain, la liberté, l’amour et la science. »

Une solidarité consciente

Ses regrets ? Oui sans doute le ralliement de Kropotkine et de quelques anarchistes à la guerre en 1914. Et puis aussi la révolution soviétique, même si au début il croit dans cette lumière qui se lève à l’Est, mais il écrit aussi en 1919 qu’en réalité « il s’agit de la dictature d’un parti, ou plutôt des chefs d’un parti […] qui préparent les cadres gouvernementaux qui serviront à ceux qui viendront après pour profiter de la révolution et la tuer. » Dans Pensiero et Volontà, il dénonce Lénine en ces termes, « lui, avec les meilleures intentions, fut un tyran, l’étrangleur de la Révolution russe, et nous qui ne pûmes l’aimer vivant, nous ne pouvons le pleurer mort. » Rappelons que Cronstadt, Mahkno et l’Ukraine, l’élimination des anarchistes sont passés par là. 

« Faire les anarchistes »

En 1920, se développe dans le Nord de l’Italie, une mobilisation ouvrière sans pareil, Malatesta en fait partie évidemment. Il faut occuper les usines et paralyser le système bourgeois. Cependant, les socialistes modérés, les syndicats limitent l’ampleur de la mobilisation et le reflux ne tarde pas à se faire sentir. Il en résultera des attentats du désespoir. 

Poursuivi par les fascistes, il se réfugie à Rome où la situation sera encore pire qu’à Milan. Isolé, il sent ses forces le quitter, entouré par les séides de Mussolini. Alors que faire, Errico Malatesta ? « Faire les anarchistes ; nous unir, nous organiser, approfondir les problèmes d’aujourd’hui et de demain. […] Ce qui importe le plus, c’est que le peuple, les hommes, perdent l’instinct et les habitudes grégaires que l’esclavage millénaire leur a insufflés, et apprennent à penser et à agir librement. Et c’est à cette grande œuvre de libération que les anarchistes doivent se consacrer. »

Francis Pian

Errico Malatesta, Vittorio Giacopino. Ed. LUX, 2018

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Errico Malatesta sur Résistance 71

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

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Résistance anti-coloniale de Mana Whenua pour la terre ancestrale sur Aoteraora (Nouvelle-Zélande)… Ihumatao 2015-2021

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“La colonisation est une forme de conquête par laquelle une nation occupe un territoire lointain, y engouffre ses propres gens et contrôle ou élimine les populations locales natives… L’histoire de la colonisation… c’est aussi celle de la guerre et de l’exploitation des races et des nations les unes par les autres.”
~ Contre-amiral et historien Samuel Eliot Morison ~

“La révolte est, dans l’homme, le refus d’être traité en chose et d’être réduit à la simple histoire. Elle est l’affirmation d’une nature commune à tous les hommes, qui échappe au monde, la puissance.”
~ Albert Camus ~

« En point de départ, je suggèrerais de conceptualiser ce qu’on pourrait appeler l’anarcho-indigénisme […] Le mot indigène* qui évoque l’enracinement spirituel et culturel dans cette terre et la lutte pour la justice et la liberté d’Onkwe’hon:weh ; combiné au mouvement politique et philosophique qui est fondamentalement anti-institutionnel, radicalement démocratique et dévoué à prendre action afin d’amener le changement: l’anarchisme. »
~ Taiaiake Alfred, 2005, Mohawk et professeur de science politique ~

(*) dans cette citation, les peuples indigènes sont “onkwehonwe”, dans l’article que nous avons traduit ci-dessous, ils sont Mana Whenua en maori… Les mêmes choses, les mêmes luttes s’appliquent quel que soit le continent, car nous vivons toujours dans un monde colonial, de fait deux continents entiers, ceux des Amériques et de l’Océanie, sont toujours des entités coloniales actives, qui extraient ressources naturelles et humaines pour la clique de margoulins spéculateurs.

N’oublions jamais que si les hommes certes créent le système, celui-ci crée aussi les hommes qui le maintiennent en place… (Résistance 71)

Ihumatao

Ihumatao : récupérer la terre et résister au capitalisme colonisateur sur Aoteraora* / Nouvelle -Zélande

Anarchistes Tamaki Makaurau

Février 2020

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

(*) Aoteraora est le nom maori pour la “Nouvelle-Zélande” qui en est le nom colonial. Aoteraora en maori veut dire “la terre du long nuage blanc”.

Sur Aotearoa, une des principales formes de lutte sociale est la lutte indigène maorie pour récupérer la terre qui leur a été volée par le gouvernement colonial néo-zélandais en tant que partie intégrante de la colonisation capitaliste d’Aotearoa. Depuis 2015 se produit la plus grande lutte pour la terre de la décennie à Ihumatao, Tamaki Makaurau / Auckland où des Maoris et non-Maoris de l’action Save Our Unique Landscape (SOUL, acronyme qui veut dire “âme” en anglais) ont occupé la terre pour arrêter la firme de construction capitaliste Fletcher Building (FB) de commencer un projet de développement immobilier nuisible à l’environnement et à la communauté et aussi afin de retourner la terre à mana whenua (NdT: qui veut dire en maori “les gens de la place”, l’équivalent austral du “honkwehonwe” / peuples indigènes, mohawk dont nous parlons souvent ici…). Cette lutte pour la terre est la plus récente dans la longue histoire d’Ihumatao.

Il y a 800 ans, Ihumatao fut un des premiers endroits où arrivèrent les Maoris et établirent leurs communautés sur Aotearoa, dans une zone maintenant connue sous le nom de Otuataua Stonefields. Là, ils cultivèrent plus de 8000 hectares de terres afin de faire pousser kumara, taro, yams et potirons pour se nourrir. Ils ont aussi nourri les colons britanniques lorsque ceux-ci arrivèrent et commencèrent à coloniser Tamaki Makaurau et créer Auckland après la signature du traité de Te Tiritti O Waitangi entre quelques sous-tribus maories Hapu (NdT: les collabos de tout système colonial…) et l’empire britannique. Mais une telle coopération entre les Maoris et Pakeha (colons) ne dura pas bien longtemps, alors que la poussée pour toujours accumuler plus de biens et de richesses par le gouvernement de manière inhérente au capitalisme, mena le gouvernement néo-zélandais à utiliser plusieurs moyens pour transformer la terre communale maorie en terre d’état (colonial) et privée, moyens incluant la Native Land Court, des ventes de terres illégales et des guerres, ainsi que la version d’Aoteraora de la mise sous clotures des communaux (NdT :propriétés communales, comme dans l’Angleterre de Cromwell et sous la révolution française bourgeoise…)

Ceci culmina avec la guerre de Waikato, partie de la plus vaste guerre de Nouvelle-Zélande, qui commença en 1863 entre le gouvernement de la NZ, mené par le gouverneur de la couronne George Grey, leurs alliés maoris de Kupapa/Queennitanga et le mouvement Kingitanga qui voulait que Te Tiritti soit honoré. Durant la guerre, un fonctionnaire britannique fut envoyé à Ihumatao et demanda que les Maoris de l’endroit jurent allégeance à la couronne d’Angleterre et déposent les armes sous peine d’expulsion. Les Maoris refusèrent et en réponse, la couronne confisqua illégalement Ihumatao et la donna en 1869 à une famille Pakeha (colon), la famille Wallace, afin d’en faire une vaste entreprise agricole capitaliste alors que les Maoris étaient destitués et devenaient sans terre.

Durant le XXème siècle, alors que les Wallace géraient leur très vaste ferme, le centre de traitement des eaux usagées de Mangere fut construit entre 1960 et 2000, polluant dans le temps, l’air, l’eau et les fonds marins avoisinants. Les volcans furent nivelés pour la construction de l’aéroport d’Auckland ainsi que les réseaux routiers. En 2009, la deuxième construction d’une autoroute pour l’aéroport d’Auckland, mena au nivellement par bulldozers du très vieux centres funéraires (urupa) près de Manukau Harbor, mettant à jour 89 tombes. en 2012, le conseil de la province d’Auckland essaya de faire de cette terre un espace public et ceci fut amené devant le tribunal de l’environnement et ils durent retoquer la terre pour tout futur développement économique. En février 2014, la tribu locale iwi Te Kawerau de Maki signa un traité avec le gouvernement pour arranger la violation du traité Te Tirriti par le gouvernement. En juillet 2014, le gouvernement et le conseil d’Auckland désignèrent 32ha adjacents au Otuataua Stonefields et sa réserve historique comme zone spéciale de développement immobilière ou SHA62 pour le développement futur d’une zone d’habitation.

Lorsque ceci fut annoncé, la locale de Ihumatao, Pania Newton, ainsi que ses cousins, formèrent l’association SOUL en 2015 afin de mettre un terme à la rezonification. En 2016, les Wallace vendirent la terre à une société de construction capitaliste Fletcher Building, qui planifia la construction de 480 logements. En réponse à cela, en novembre 2016, SOUL commença son occupation de la terre et demanda l’arrêt immédiat du projet de FB et que la SHA62 soit dissoute. Un mois plus tard, Joe Hawke, le leader de l’occupation à Bastion Point, rendit visite à SOUL et proposa ses conseils. Dans les trois années qui suivirent, SOUL mit en place toute une série de tactiques diverses afin de tenter d’enrayer le plan de FB, ceci incluant une requête à l’ONU, la traduction de l’entreprise devant un tribunal environnemental ainsi que de nombreuses pétitions au gouvernement de Wellington / Poneke et du conseil de la province d’Auckland, tout ceci effectué à grand renfort de campagne médiatique dans les réseaux sociaux. Mais aucune de ces mesures n’eut de succès et le projet de développement de FB continua. En réponse, Te Kawerau a Maki négocia avec FB de mettre des logements au profit de la tribu Iwi puis soutint le projet, disant que cela était pour le mieux et que SOUL n’était pas Mana Whenua (autochtone)…

Sans plus d’obstacle devant elle, FB essaie maintenant de commencer les constructions sur Ihumatao. La police fut envoyée le 23 juillet 2019 pour exécuter des ordres d’expulsion et arrêta trois manifestants / activistes. Lorsque ceci se produisit, les trois ans de campagne de SOUL portèrent leurs fruits avec des centaines de personnes arrivant sur place pour renforcer le blocus et empêcher les constructions sur Ihamarao. Des membres anarchistes de Tamaki Makaurau se trouvèrent parmi elles. Grâce à ce blocus, le gouvernement qui avait initialement dit qu’il n’interviendrait pas le 24 juillet, déclara le 26 juillet que toute construction sur Ihumatao cesserait tandis qu’une solution entrait en cours de négociation entre Te Kawerau ā Maki, Fletchers et le conseil d’Auckland.

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Malheureusement, SOUL ne fut pas invité aux négociations et ils continuèrent le blocus essentiellement aussi parce que la police et FB demeuraient sur place à Ihumatao, les kiataki / protecteurs de Ihumatao étant capables de pousser la ligne de blocus toujours plus proche de la place tout en faisant face à une présence policière renforcée le 5 août. Le jour suivant, il y eut une journée nationale d’action en solidarité avec les demandes des locaux d’Ihumatao. Ceci aida grandement à maintenir la pression sur Fletcher et le gouvernement après que les Kingitanga offrirent de tenir un hui entre SOUL et Te Kawerau ā Maki pour en venir à une position acceptée par les deux camps.

Alors que continuèrent les négociations, ainsi continua aussi le blocus, la majorité des forces de police évacuant Ihutamao le 16 août alors que SOUL organisait une marche sur le bureau de la première ministre Jacinda Ardern afin qu’elle vienne voir ce qui se passait à Ihumatao, ce qu’elle refusa de faire. les Négociations prirent fin le 18 septembre, voyant SOUL et Te Kawerau ā Maki être d’accord sur le fait que Ihumatao devrait retourner à mana whenua. Depuis la mi-septembre 2019, des négociations continuent bien que SOUL ait été empêché d’y participer. Il y a nombre de signes positifs indiquant qu’une solution devrait être trouvée avec le gouvernement disant le 19 novembre qu’il considérait prêter de l’argent au conseil d’Auckland pour racheter Ihumatao à FB afin d’en faire un espace public tandis que Pania Newton annonçait le 23 décembre 2019 qu’une résolution verrait bientôt le jour et serait annoncée. Cette bonne nouvelle mena à un très joyeux Noël en 2019.

En 2020, la lutte pour Ihumatao commença bien avec FB retirant ses barrières de l’endroit. Il y avait aussi une attente de règlement de conflit imminent, Kingitanga baissant le drapeau de Ihumatao de manière symbolique alors que leur travail pour parvenir à un accord arrivait à sa fin. Mais toujours pas de résolution au jour de Waitangi. En rétrospective, le boulot de SOUL dans cette affaire de protection de la terre fut simplement un succès phénoménal, le mouvement transforma son action de réclamation initial de petite envergure en une campagne d’action directe qui créa un mouvement de masse sur Tamaki Makaurau et à travers tout Aotearoa afin de mettre un terme au développement immobilier de Fletcher, ceci soutenu par une remarquable campagne de gain d’attention dans les réseaux sociaux. Ceci permit aussi une nouvelle approche dans la politique maorie, menant une nouvelle génération d’activistes recherchant plus l’action directe afin que soient retournées les terres volées sans plus se fier aux structures corporatrices et institutionnelles en place pour négocier avec le gouvernement et pour obtenir des gains sur les traités en compensations financières ne faisant qu’enrichir une nouvelle classe / caste maorie capitaliste bouffant au râtelier du système.

Quoi qu’il en soit, cette lutte n’est pas encore arrivée à son terme et les actions du gouvernement ne peuvent être vues qu’avec scepticisme car ils feront tout ce qui est possible pour mettre un terme au fait que cette dispute soit utilisée comme un précédent pour retourner des terres privées aux Maoris dans de futurs arrangements sur les traités contestés. Si cela se produit, alors toutes les terres volées sur Aotearoa pourraient bien être retournées aux Maoris, déstabilisant ainsi les piliers de développement colonial capitaliste sur Aotearoa, ce que ce soit au sujet de terres privées ou en possession d’état. Peu importe ce qu’il adviendra, la campagne de SOUL pour réclamer Ihumatao a mis en pratique le cri anti-colonial maori de son chef Rangitira, Rewi Maniapoto, lancé durant la guerre de Waikato : “Ka whawhai tonu mātou, Ake! Ake! Ake! – Nous continuerons à nous battre encore et toujours !”

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“Il y a des connexions philosophiques entre les sociétés indigènes et quelques sensibilités anarchistes sur l’esprit de la liberté et les idéaux pour une bonne société. Des idées critiques parallèles et des visions d’un futur post-impérialiste ont bien été notées par quelques penseurs, mais quelque chose qu’on pourrait appeler ‘anarcho-indigénisme’ doit toujours se développer en une philosophie et une pratique cohérentes. Il y a également une grande similitude entre les façons de voir le monde des anarchistes et des peuples autochtones: un rejet des alliances avec des systèmes légalisés, centralisés d’oppression et une non-participation aux institutions qui structurent la relation coloniale, ainsi que la croyance d’amener le changement par l’action directe et la résistance au pouvoir d’état.”
~ Taiaiake Alfred, professeur sciences politiques, Mohawk ~

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !
~ Résistance 71 ~

5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

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Mana Whenua

Sur la piste de l’esprit de la société (Hakim Bey)

Posted in actualité, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, sciences et technologies, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 21 septembre 2021 by Résistance 71

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Anarchisme spirituel : sujets de recherche

Peter Lamborn Wilson (alias Hakim Bey)

Octobre 2002

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Septembre 2021

1.

Conservatisme de l’âge de pierre (tribal, essentiellement égalitaire, proto-chamanique, chasseur / cueilleur / jardinier, économie du don, etc…)

Les villes-états summériennes (4ème millénaire AEC) : la cassure de la politique originele humanine non-stratifiée, l’émergence de la séparation (voir Pierre Clastres)

Enkidu de Gilgamesh: domestication de “L’homme sauvage”.

La bonne vieille cause et l’éternel évangile, ce que Blake appela le druidisme, a en fait toujours été le déguisement de notre chamanisme de l’âge de pierre et de la déesse du paganisme contre l’escroquerie illuminati vieille de 6000 ans : la religion d’état.

L’émergence de l’argent comme sexualité des morts.

2.

L’âge de bronze : paganisme du dieu de la guerre, menant au paganisme impérial de Rome dans l’âge de fer, la Grande Bête de la Révélation ;

contre cela, l’église originelle apparaît comme une dialectique de la résistance, spécifiquement dans sa forme Essène ou Nazaréenne / Ebionite, Zèle, gnostisme, réforme sociale (les prêteurs et les marchands hors du temple, les évangiles du pauvre etc) et le mysticisme néo-platonicien contre “le don de Constantin”, l’appropriation du christianisme par Rome (tout comme les rois-prêtres summériens s’approprièrent la spiritualité néolithique en tant que “contenu censuré” des cultes du temple…)

Le christianisme qui fut originellement un culte gnostique radical (“Le royaume de dieu est en vous”) fonctionne pathétiquement maintenant comme une religion d’état baignant dans de sévères contradictions et une culture schizophrénique.

3.

Mais toute religion est ancrée dans une contradiction basique : le contenu spirituel de l’âge de pierre (le mythos clastrien si on veut) placardé sur l’idéologie de la séparation hégémonique de l’âge du métal. (voir spécifiquement l’Enuma Elish ou “la génèse babylonienne” où le dieu de la guerre Marduk tue la déesse néolithique Tiamat…) La religion tente constamment de dépasser ou de rectifier cette contradiction. Mais les prêteurs et les marchands retournent toujours au temple et la rectification est une fois de plus transformée en hérésie, apostasie, ombres magiques et crime rituel.

Des sectes hérétiques millénaires parlent de restaurer l’âge d’or : ce rêve dérive de souvenirs réels (stockés dans les mythes) de cet âge de pierre égalitaire des chasseurs / cueilleurs / jardiniers, de l’économie du don et de la société chamano-païenne.

4.

La spiritualité n’est pas religion. La spiritualité est le créatif imaginaire du social (l’esprit, NdT: ce que Landauer appelle le “Geist”…), la religion son opposé ou sa négation, son “spectre” comme le dit si bien Blake : “l’aliénation de cette créativité dans des pouvoirs d’opposition.” Mais, à cause de paradoxes complexes de la dialectique, la graine, le joyau de la spiritualité est souvent trouvé dans les coquilles de la religion, spécifiquement avec les mystiques comme avec Maître Eckhardt et les Franciscains spirituels, et le poison de la religion souvent entache les hérésies, spécifiquement si elles gagnent un véritable pouvoir.

5.

Dans des temps religieux tout discours ou pratique non-autoritaire sera exprimé en termes religieux, souvent en ces termes : hérésie, schisme, apostasie, magie, sorcellerie etc… mais parfois aussi comme “réforme de l’église” ou comme des formes excessives marginales mais permises (comme par exemple le communisme monastique, le monachisme)

Les historiens de l’anarchisme qui le trace jusqu’aux cyniques grecs directement aux Lumières avec rien entre les deux, ne savent pas apprécier la réalité de la mentalité : chaque âge traversé doit faire l’expérience de quelque chose de la liberté (si seulement même son rêve) sous peine de perdre son humanité. L’histoire de l’anarchisme en tant que conscience (plutôt que d’idéologie) réside enterrée dans toute une archéologie de résistance spirituelle. Nous devons lire de nouveau les hérétiques (voir par exemple le travail de Raoul Vaneigem sur l’hérésie de l’esprit libre).

6.

Le problème du dualisme gnostique, une forme extrême de spiritualité qui identifie souvent le monde social avec le monde naturel et les condamne tous deux. Ils rejettent le “dieu de la création” comme étant le mal et exècre “l’âme” comme principe de vie. Seul “l’esprit” satisfait de tels extrémistes. Leur détestation du corps devient plus exagéré et sévère que celle de l’église même (qui condamne au moins le suicide et promet la résurrection du corps)

Le problème du dualisme hante l’anarchisme, je pense. La haine de dieu de Proudhon a pu dériver de ses lectures initiales de la littérature gnostique dualiste (lorsqu’il la mettait sous presse en tant qu’ouvrier typographe), une sorte de catharisme séculier. Le matérialisme athéiste à la Bakounine, peut paraître bizarrement immatériel parfois, piloté par ses propres démons, ses impératifs catégoriques, adoration aveugle de la science, la machine primant l’humain et une étrange asexualité.

Une aide possible pour résoudre un tel crypto-dualisme pourrait bien venir d’une approche “moniste panthéiste” au moyen de modèles chamaniques et païens, ce que T. McKenna appelait “le renouveau archaïque”, pas un retour à l’âge de pierre, mais un retour de l’âge de pierre…

7.

Parce que nous sommes tous de la génération post-lumière que cela nous plaise ou non, la “science” nous pose le problème de la téléologie (ou téléonomique comme l’appelait Bergson). Nous croyons vraiment en la mort de dieu. L’aspect spectral des lumières, ce qu’Adorno  (?) appelait “l’instrumentalisation cruelle de la raison”, aplatit la conscience permise en une grande carte 2-D. toute manifestation de sens menacerait le monopole de “accident brutal”, de la “collision sauvage des particules”, des modèles mécanistes / comportementaux de la conscience.” (“Newton’s Night”).

D’où cette peste contemporaine de la futilité : nous sentons tous ses germes rampant derrière une sorte de fin canevas de lumière hygiénique. L’effondrement de la morale, de l’éthique. Aucune pensée pendant sept générations. Arrêtons les feux de forêts en coupant les arbres et en se débarrassant des forêts. “La société n’existe pas.” Nous disait déjà la baronne Lady Margaret Thatcher.

8.

Le mouvement du social au niveau de l’inconscient constituait en lui-même une sorte d’(anti)religion. après tout, quelle preuve existe t’il pour un matérialisme athéiste ? Tout aussi foireux que dieu, vraiment ; l’absence de sens.

Le parti communiste comme encore un autre saint empire romain.

Et la faiblesse philosophique de l’anarchisme sans doute réside quelque part près de la ligne de fracture entre le non-sens et l’éthique. Comment pourrait-il y avoir une bonne façon de vivre dans un univers absurde ? Par l’implication existentielle ? Un grand saut dans le noir ? Mais pourquoi ne pas simplement découper sa propre part ou plus encore ?

Bien sûr Nietzsche devint fou et signa sa dernière lettre “Dionysos et le Crucifié”, un dieu qui renaît, mais seulement dans un abysse silencieux. Nous devons sans doute considérer l’exigence d’une “dure moralité” et peut-être une sorte de sens, bien qu’inexprimable, ou même “spirituel”.

9.

Maintenant, avec l’effondrement du social et le triomphe du capital global, nous, le reliquat pulvérisé, pouvons arborer un visage heureux et dire que le mondialisme est le nouvel internationalisme, l’étape finale du Capital et que bientôt, les moyens de production vont tomber bien mûrs entre les mains d’un prolétariat mondial éveillé. Ou, nous pourrions admettre amèrement que la totalité nous a englobés, que l’Histoire est morte, que l’aliénation est universelle, que les clôtures des terres sont parachevées, que la logique des moyens combinés de la technologie et de l’argent se termine avec l’élimination de l’humain. La pollution de l’espace-temps de Virillo, le Grand Accident. Ou, nous pourrions refuser d’accepter cette dichotomie, continuer en demandant l’impossible. Mais qu’est-ce que l’impossible si ce n’est une forme de spiritualité ?

Si à la fois la religion et l’idéologie nous ont trahis, alors peut-être avons-nous besoin d’un nouveau paradigme. Mais chaque “nouvelle” vision du monde a ses ancêtres. Le post-modernisme n’a pas eu besoin de signifier de simplement aspirer les déchets de l’histoire pour construire plus de commodités et d’attitudes “révolutionnaires”. Disons que nous désirons essayer d’imaginer un mouvement vert non-autoritaire basé sur un anarcho-fédéralisme proudhonien et l’entraide de Kropotkine, une “plomberie anarchiste” de base là vraiment, mais ancré dans une forme de spiritualité. Qu’est-ce qui pourrait nous inspirer ? Avons-nous une “tradition” en ce domaine ?

10.

Une généalogie de la résistance ? une “chaîne de transmission dorée” passant l’esprit autonomiste de l’âge de pierre au travers des âges ?

Puisque nous avons mentionné l’Europe médiévale, commençons par là : malheureusement, nous devrons ignorer l’ère classique, l’Orient etc.. le taoïsme par exemple ou le soufisme et aussi l’extrémisme chiite, la Cabale radicale (Sabbatai Sevi et Jacob Frank), l’hindouisme (spéc- tantrique ou les syncrétistes extrémistes comme Kabir ou le parti terroriste du Bengale), aussi le chamanisme tribal et son histoire de l’âge de pierre à aujourd’hui. Nous en resterons au christianisme, peut-être simplement parce que la plupart d’entre nous a été éduquée à le considérer comme l’Ennemi par excellence.

Sujet de recherche :

Joachim de Fiori et les Franciscains spirituels ; Beghards & Beguines, les frères du libre-esprit

Les Adamites (Le retour littéral à l’âge d’or, allèrent nus à la recherche “d’un signe”);

L’aile radicale de l’hermétisme de la Renaissance, spécifiquement Giordano Bruno, brûlé au bûcher pour hérésie en 1600 et l’alchimiste Paracelsus, qui soutint la révolte paysanne de 1525 contre Luther et les princes ;

La Réforme radicale, ni catholique, ni protestante. Les anabaptistes et le “communisme de la bible”

Les spiritualistes : Sebastian Frank, Schwenckfeld, Paracelsus, qui prêchaient pour une église invisible exotérique sans dogme, sans sacrements, sans ministères ni autorités

Les Libertins;

La famille de l’amour;

Les Rose-Croix, l’idée de la “tolérance radicale”, l’influence de l’alchimie soufiste et de la Cabale juive

Les mystiques allemands : Eckhardt, Tauler, Suso puis plus tard, Jacob Boehme et les piétistes hermétiques (Jane Leade et les Philadelphiens de Londres) ; 

La révolution anglaise (voir Christopher Hill et J,P Thompson), Digger, Ranters, Levellers, Seekers, les hommes de la 5ème monarchie et les muggletoniens, les Quakers originaux, les autonomistes, plus tard les chapelles des blasphémeurs

La franc-maçonnerie de gauche : John Toland, les druides et les libres-penseurs. Paine et Blake comme “druides”. Les sociétés maçonniques derrière la révolution française.

William Blake — sine qua non;

L’aile gauche du romantisme allemand et anglais ; Charles Fourier en tant que socialiste hermétique, les romantiques américains, Henry David Thoreau, S. Pearl Andrews, la réforme spiritualiste et radicale, la “religion d ela nature” et toute l’influence de la culture amérindienne.

Gustav Landauer, Gh Scholem, W. Benjamin; Surrealism (spécifiquement la fascination de l’hermétisme) — aussi R. Callois and G. Bataille;

Le retour du chamanisme (depuis au moins le XVIIIème siècle)

Le néo-paganisme, les hérésies universalistes, les cultes psychédéliques, le “cérémonialisme enthéogénique” etc…

11.

La critique de la civilisation a besoin d’une science forte. La science post-lumière avec sa crypto-métaphysique de la “matière morte” a besoin d’une révolution khunienne. La restitution du sens. Le ré-enchantement du paysage. Pas seulement un mythe sorélien mais un vrai mythe. Une spiritualité surréaliste centrée sur la Terre, une hypothèse Gaïa qui serait plus qu’hypothétique, une expérience spirituelle. Une extase en tant qu’entase (voir Bakhtin), un festival de conscience comme magie.

Dans ce contexte, l’hermétisme se recommande de lui-même à cause de sa vision rectifiée néo-platonicienne de la matière comme esprit, la doctrine de la terre comme être vivant. (Nicolas de Cusa, Pico, Ficino, les néo-platoniciens de Cambridge etc…). L’hermétisme n’est pas une religion mais une science de l’esprit et de l’imagination, empirique, expérimentale ; historiquement plus proche de nous que le chamanisme ou les voies orientales, culturellement familière (bien que toujours bien étrange). Compatible avec le mysticisme chrétien, islamique, juif et hindou, peut-être aussi avec le taoïsme et le bouddhisme, très certainement avec la Rose-Croix et la Maçonnerie et avec la plupart des grandes hérésies.

12.

Je ne veux pas argumenter pour une “spiritualité anarchiste” ou un “anarchisme spirituel” sur le principe. C’est par ses fruits que tu les connaîtras. “Recherche” ici veut dire participation, une volonté d’halluciner et d’être renversé au-delà du censeur de la raison des lumières, peut-être même dans le démoniaque. Psychonautes dans les batysphères du psychisme.

Hakim Bey sur Résistance 71

Photo d’illustration du haut tirée du film « Le miroir », Andreï Tarkovski, 1974

Pistes pour trouver la voie de la société des sociétés : une réflexion critique ~ 2ème partie ~

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TAZ
Des Zones Autonomes Temporaires (ZAT)…
à une Zone Autonome Permanente Planétaire (ZAPP)

Pour une solution vers la société des sociétés par-delà les impostures et les guéguerres de clochers stériles qui divisent le mouvement de résistance radicale au système étatico-capitaliste.
Seul mot d’ordre viable pour notre émancipation finale :
A bas l’État ! A bas la marchandise ! A bas l’argent ! A bas le salariat !
Tout le reste n’est que pisser dans un violon. N’oubliez pas ça alors que commence à donner la fanfare de la mascarade étatico-politico-marchande du cirque électoral pour 2022. Mettre à bas dictature et illusions !
Vive la Commune Universelle de notre humanité réalisée dans la complémentarité de notre diversité !
~ Résistance 71 ~

Anarchisme

Hakim Bey

2009

Qu’est-ce que l’anarchisme ?

Le Prophète Mahomet a dit que tous ceux qui vous saluent par « Salam ! » (paix) doivent être considérés comme musulmans. De la même manière, tous ceux qui s’appellent eux-mêmes « anarchistes » doivent être considérés comme des anarchistes (à moins qu’ils ne soient des espions de la police) – c’est-à-dire, qu’ils désirent l’abolition du gouvernement. Pour les soufis, la question « Qu’est-ce qu’un musulman? » n’a absolument aucun intérêt. Ils demandent, au contraire, « Qui est ce musulman ? Un dogmatique ignorant ? Un coupeur de cheveux en quatre ? Un hypocrite ? Ou bien est-ce celui qui tend à expérimenter la connaissance, l’amour et la volonté comme un tout harmonieux ? »

« Qu’est-ce qu’un anarchiste ? » n’est pas la bonne question. La bonne question c’est : « Qui est cet anarchiste ? Un dogmatique ignorant ? Un coupeur de cheveux en quatre ? Un hypocrite ? Celui-là qui proclame avoir abattu toutes les idoles, mais qui en vérité n’a fait qu’ériger un nouveau temple pour des fantômes et des abstractions ? Est-ce celui qui essaye de vivre dans l’esprit de l’anarchie, de ne pas être dirigé / de ne pas diriger – ou bien est-ce celui qui ne fait qu’utiliser la rébellion théorique comme excuse à son inconscience, à son ressentiment et à sa misère ? »

Les querelles théologiques mesquines des sectes anarchistes sont devenues excessivement ennuyeuses. Au lieu de demander des définitions (des idéologies), posez la question : « Qu’est-ce que tu sais ? », « quels sont tes véritables désirs ? », « que vas-tu faire à présent ? » et, comme Diaghilev le dit au jeune Cocteau : « Étonne-moi ! »

Qu’est-ce que le gouvernement ?

Le gouvernement peut être décrit comme une relation structurée entre les êtres humains par laquelle le pouvoir est réparti inégalement, de telle manière que la vie créatrice de quelques-uns est réduite pour l’accroissement de celle des autres. Ainsi, le gouvernement agit dans toutes les relations dans lesquelles les intervenants ne sont pas considérés comme des partenaires à part entière agissant dans une dynamique de réciprocité. On peut ainsi voir à l’œuvre le gouvernement dans des cellules sociales aussi petites que la famille ou « informelles » comme les réunions de voisinage – là où le gouvernement ne pourra jamais toucher des organisations bien plus grandes comme les foules en émeute ou les rassemblements de passionnés par leur hobby, les réunions de quaker ou de soviets libres, les banqueteurs ou les œuvres de charité.

Les relations humaines qui s’engagent sur un tel partenariat peuvent, au travers d’un processus d’institutionnalisation, sombrer dans le gouvernement – une histoire d’amour peut évoluer en mariage, cette petite tyrannie de l’avarice de l’amour ; ou bien encore une communauté spontanée, fondée librement afin de rendre possible une certaine manière de vivre désirée par tous ses membres, peut se retrouver dans une situation où elle doit gouverner et exercer une coercition à l’encontre de ses propres enfants, au travers de règles morales mesquines et des reliquats d’idéaux autrefois glorieux.

Ainsi, la tâche de l’anarchie n’est jamais destinée à perdurer qu’à court terme. Partout et toujours les relations humaines seront concrétisées par des institutions et dégénéreront en gouvernements. Peut-être que l’on pourrait soutenir que tout cela est « naturel »… Mais quoi ? Son opposé est tout aussi « naturel ». Et s’il ne l’était pas, alors on pourrait toujours choisir le « non-naturel », l’impossible.

Cependant, nous savons que les relations libres (non gouvernées) sont parfaitement possibles, car nous en faisons l’expérience assez souvent – et plus encore lorsque nous luttons pour les créer. L’anarchiste choisit la tâche (l’art, la jouissance) de maximiser les conditions sociales afin de provoquer l’émergence de telles relations. Puisque c’est ce que nous désirons, c’est ce que nous faisons.

Et les criminels ?

Les considérations ci-dessus peuvent être comprises comme impliquant une forme d’« éthique », une définition mutable de la justice dans un contexte existentiel et situationniste. Les anarchistes ne devraient probablement considérer comme « criminels » que ceux qui contrarient délibérément la réalisation des relations libres. Dans une société hypothétique sans prison, seuls ceux que l’on ne peut dissuader de telles actions pourront être livrés à la « justice populaire » ou même à la vengeance.

Aujourd’hui, cependant, nous ferions bien de réaliser que notre propre détermination à créer de telles relations, même de manière imparfaite et utopique, nous placera inévitablement dans une position de « criminalité » vis-à-vis de l’État, du système légal et probablement de la « loi non écrite » du préjugé populaire. Depuis longtemps être un martyr révolutionnaire est passé de mode – le but présent est de créer autant de liberté que possible sans se faire attraper.

Comment fonctionne une société anarchiste ?

Une société anarchiste œuvre, partout où deux ou plusieurs personnes luttent ensemble, dans une organisation de partenariat original, afin de satisfaire des désirs communs (ou complémentaires). Aucun gouvernement n’est nécessaire pour structurer un groupe de potes, un dîner, un marché noir, un tong (ou une société secrète d’aide mutuelle), un réseau de mail ou un forum, une relation amoureuse, un mouvement social spontané (comme l’écosabotage ou l’activisme anti-SIDA), un groupe artistique, une commune, une assemblée païenne, un club, une plage nudiste, une Zone Autonome Temporaire. La clé, comme l’aurait dit Fourier, c’est la Passion – ou, pour utiliser un mot plus moderne, le désir.

Comment pouvons-nous y parvenir ? En d’autres termes, comment maximiser la potentialité que de telles relations spontanées puissent émerger du corps putrescent d’une société asphyxiée par la gouvernance ? Comment pouvons-nous desserrer les rênes de la passion afin de recréer le monde chaque jour dans une liberté originelle du « libre esprit » et d’un partage des désirs ? Une question à deux balles – et qui ne vaut réellement pas beaucoup plus puisque la seule réponse possible ne relève que de la science-fiction.

Très bien. Mon sens de la stratégie tend vers un rejet des vestiges des tactiques de l’ancienne « Nouvelle Gauche » comme la démo, la performance médiatique, la protestation, la pétition, la résistance non-violente ou le terrorisme aventurier. Ce complexe stratégique a été depuis longtemps récupéré et marchandisé par le Spectacle (si vous me permettez un excès de jargon situationniste).

Deux autres domaines stratégiques, assez différents, semblent bien plus intéressants et prometteurs. Le premier est le processus résumé par John Zerzan [1] dans Elements of Refusal – c’est-à-dire, le refus de mécanismes de contrôle étendus et largement apolitiques inhérents aux institutions comme le travail, l’éducation, la consommation, la politique électorale, les « valeurs familiales », etc. Les anarchistes pourraient tourner leur attention vers des manières d’intensifier et de diriger ces « éléments ». Une telle action pourrait bien tomber dans la catégorie traditionnelle de l’« agitprop », mais éviterait la tendance « gauchiste » à institutionnaliser ou « fétichiser » les programmes d’une élite ou avant-garde révolutionnaire autoproclamée.

L’action dans le domaine des « éléments du refus » est négative, « nihiliste » même, tandis que le second secteur se concentre sur les émergences positives d’organisations spontanées capables de fournir une réelle alternative aux institutions du Contrôle. Ainsi, les actions insurrectionnelles du « refus » sont complétées et accrues par une prolifération et une concaténation des relations du « partenariat original ». En un sens, c’est là une version mise à jour de la vieille stratégie « Wobbly » [2] d’agitation en vue d’une grève générale tout en bâtissant simultanément une nouvelle société sur les décombres de l’ancienne au travers de l’organisation des syndicats. La différence, selon moi, c’est que la lutte doit être élargie au-delà du « problème du travail » afin d’inclure tout le panorama de la « vie de tous les jours » (dans le sens de Debord).

J’ai essayé de faire des propositions bien plus spécifiques dans mon essai Zone Autonome Temporaire (Autonomedia, NY, 1991) ; donc, je me restreindrai ici à mentionner mon idée que le but d’une telle action ne peut être désigné proprement sous le vocable de « révolution » — tout comme la grève générale, par exemple, n’était pas une tactique « révolutionnaire », mais plutôt une « violence sociale » (ainsi que Sorel l’a expliqué). La révolution s’est trahie elle-même en devenant une marchandise supplémentaire, un cataclysme sanglant, un tour de plus dans la machinerie du Contrôle – ce n’est pas ce que nous désirons, nous préférons laisser une chance à l’anarchie de briller.

L’anarchie est-elle la Fin de l’Histoire ?

Si le devenir de l’anarchie n’est jamais « accompli » alors la réponse est non – sauf dans le cas spécial de l’Histoire définie comme auto-valorisation privilégiée des institutions et gouvernements. Mais, l’histoire dans ce sens est déjà probablement morte, a déjà « disparu » dans le Spectacle, ou dans l’obscénité de la Simulation. Tout comme l’anarchie implique une forme de « paléolithisme psychique », elle tend traditionnellement vers un état post-historique qui refléterait celui de la préhistoire. Si les théoriciens français ont raison, nous sommes déjà entrés dans un tel état. L’histoire comme l’histoire (dans le sens de récit) continuera, car il se pourrait que les humains puissent être définis comme des animaux racontant des histoires. Mais l’Histoire, en tant que récit officiel du Contrôle, a perdu son monopole sur le discours. Cela devrait, sans aucun doute, travailler à notre avantage.

Comment l’anarchie perçoit-elle la technologie ?

Si l’anarchie est une forme de « paléolithisme », cela ne signifie nullement que nous devrions retourner à l’Âge de la pierre. Nous sommes intéressés par un retour au Paléolithique et non en lui. Sur ce point, je crois que je suis en désaccord avec Zerzan et le Fifth Estate [3] ainsi qu’avec les futuro-libertariens de CaliforniaLand. Ou plutôt, je suis d’accord avec eux tous, je suis à la fois un luddite et un cyberpunk, donc inacceptable pour les deux partis.

Ma croyance (et non ma connaissance) est qu’une société qui aurait commencé à approcher une anarchie générale traiterait la technologie sur la base de la passion, c’est-à-dire, du désir et du plaisir. La technologie de l’aliénation échouerait à survivre à de telles conditions, alors que la technologie de l’amélioration survivrait probablement. La sauvagerie, cependant, jouerait aussi nécessairement un rôle majeur dans un tel monde, car la sauvagerie est le plaisir. Une société basée sur le plaisir ne permettra jamais à la techné [4] d’interférer avec les plaisirs de la nature.

S’il est vrai que toute techné est une forme de médiation, il en va de même de toute culture. Nous ne rejetons pas la médiation per se (après tout, tous nos sens sont une médiation entre le « monde » et le « cerveau »), mais plutôt la tragique distorsion de la médiation en aliénation. Si le langage lui-même est une forme de médiation alors nous pouvons « purifier le langage de la tribu » ; ce n’est pas la poésie que nous haïssons, mais le langage en tant que contrôle.

Pourquoi l’anarchie n’a-t-elle pas marché auparavant ?

Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? Elle a marché des milliers, des millions de fois. Elle a fonctionné durant 90 % de l’existence humaine, le vieil Âge de la pierre. Elle marche dans les tribus de chasseurs/cueilleurs encore aujourd’hui. Elle marche dans toutes les « relations libres » dont nous avons parlé auparavant. Elle marche chaque fois que vous invitez quelques amis pour un piquenique. Elle a « marché » même dans les « soulèvements ratés » des soviets de Munich ou de Shanghai, de Baja California en 1911, de Fiume en 1919, de Kronstadt en 1921, de Paris en 1968. Elle a marché pour la Commune, les enclaves de Maroons, les utopies pirates. Elle a marché dans les premiers temps du Rhodes Island et de la Pennsylvanie, à Paris en 1871, en Ukraine, en Catalogne et en Aragon.

Le soi-disant futur de l’anarchie est un jugement porté précisément par cette sorte d’Histoire que nous croyons défunte. Il est vrai que peu de ces expériences (sauf pour la préhistoire et les tribus primitives) ont duré longtemps – mais cela ne veut rien dire quant à la valeur de la nature de l’expérience, des individus et des groupes qui vécurent de telles périodes de liberté. Vous pouvez peut-être vous souvenir d’un bref, mais intense amour, un de ces moments qui aujourd’hui encore donne une certaine signification à toute votre vie, avant et après – un « pic d’expérience ». L’Histoire est aveugle à cette portion du spectre, du monde de la « vie de tous les jours » qui peut aussi devenir à l’occasion la scène de l’« irruption du Merveilleux ». Chaque fois que cela arrive, c’est un triomphe de l’anarchie. Imaginez alors (et c’est la sorte d’histoire que je préfère) l’aventure d’une importante Zone Autonome Temporaire durant six semaines ou même deux ans, le sens commun de l’illumination, la camaraderie, l’euphorie – le sens individuel de puissance, de destinée, de créativité. Aucun de ceux qui ont jamais expérimenté quelque chose de ce genre ne peut admettre, un seul moment, que le danger du risque et de l’échec pourrait contrebalancer la pure gloire de ces brefs moments d’élévation.

Dépassons le mythe de l’échec et nous sentirons, comme la douce brise qui annonce la pluie dans le désert, la certitude intime du succès. Connaître, désirer, agir – en un sens nous ne pouvons désirer ce que nous ne connaissons déjà. Mais nous avons connu le succès de l’anarchie pendant un long moment maintenant – par fragments, peut-être, par flashes, mais réel, aussi réel que la mousson, aussi réel que la passion. Si ce n’était pas le cas, comment pourrions-nous la désirer et agir peu ou prou à sa victoire ?

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

vivre_libre

resistanceA

Obsédés de la piquouze OGM ?… Gardez votre délire pour vous !

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, coronavirus CoV19, crise mondiale, guerres hégémoniques, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 19 septembre 2021 by Résistance 71

ARNm_poison

L’obsession de la “vaccination” contre la COVID19

Jean-Yves Jézéquel

11 septembre 2021

source:

L’obsession de la « vaccination » contre la COVID-19

Depuis le début de cette campagne de propagande covidiste acharnée dans le seul but de rendre obligatoire la « vaccination » anti-Covid, ou tout au moins dans le but de faire pression sur les personnes afin de les pousser, bon gré mal gré, à se faire injecter les produits expérimentaux à ARNm ou à ADN, je constate que ceux qui ont « accepté » ou qui défendent aujourd’hui, l’opportunité de ces injections appelées « vaccins », me démontrent tous, sans exception, qu’ils ont pris une décision plus émotionnelle que rationnelle !

Si vous lisez attentivement et si vous prenez le temps d’étudier les publications scientifiques – non pas les publications imaginaires présentées par les médias travaillant au service d’on ne sait quels intérêts, ou les publications bidons du style de celle du « Lancet Gate » destinée à provoquer la confusion et permettre une interdiction scandaleuse et précipitée des prescriptions de traitements réellement efficaces – mais celles qui sont publiées par les chercheurs directement en cause dans ce programme de « vaccination » mondiale ; si vous écoutez, pas théoriquement, mais honnêtement, sérieusement, les médecins les plus qualifiés sur ces questions, ceux qui sont reconnus mondialement par la communauté scientifique ; si vous vous donnez la peine de suivre rigoureusement les débats d’experts de haut niveau sur tout ce qui est en cause dans cette histoire de « vaccin anti-Covid », alors si vous voulez rejoindre les « vaccinés », vous pourrez prétendre avoir pris une « décision libre et éclairée » en toute connaissance de cause, sachant, à partir de ce long travail, quel est le pour et le contre de cette nouvelle expérience en phase 3 des essais…

Parmi toutes les personnes que je connais, dans ma famille et chez les amis, qui se sont faites injecter soit un produit à ARNm soit un produit à ADN, je peux parier sans hésiter qu’aucune d’elles n’a lu vraiment, honnêtement, attentivement les documents d’études de Pfizer, les demandes d’autorisations européennes de Pfizer ! Personne n’a lu les fiches d’informations qui commentent leur approbation par les instances européennes ! Tous les risques importants y sont décrits et pourtant, personne n’a lu ces documents, pas même les médecins de mon entourage, avant d’accepter et de se soumettre à la campagne de pression scandaleuse qui a été orchestrée par les Etats qu’il faut appeler « voyous » comme l’Etat français qui est exemplaire dans le domaine de la délinquance…

On va me dire béatement et radoter comme toujours, que je suis « complotiste » et que je vois le mal partout ! Certes, comme toujours, si l’on m’écarte du revers de la main en me traitant de « complotiste », ou de « délirant », ou de « rassuriste » ou « d’anti-vax », c’est justement parce qu’il n’y a pas d’argument valable contre ce que je viens de dire en me posant toutes ces questions archi légitimes. Traiter quelqu’un de « ceci ou de cela » n’est pas un argument ! Dès qu’on vous traite de « complotiste », ou autre nom d’oiseaux, c’est qu’il n’y a aucune rationalité en face ; c’est parce que le mensonge n’étant pas quelque chose de rationnel, il ne tient pas la route face à la raison qui se pose des questions de bon sens, des questions non pas subjectives mais objectives.

S’il s’avère qu’au final j’avais tort, il sera toujours temps pour moi de me faire « vacciner » plus tard, avec toute la connaissance acquise et le recul de l’observation !

Mais si c’est le contraire qui est vrai : si les « vaccinés » anti Covid se retrouvaient très prochainement dans le camp de ceux qui avaient effectivement tort, ils auraient signé leur condamnation à mort ou à devoir souffrir peut-être des conséquences d’ordre sanitaires encore pires que la mort elle-même, par pure ignorance, par croyance en un Etat et en des autorités sanitaires « au-dessus de tout soupçon », par confiance en un système qui n’a jamais été préoccupé par le véritable intérêt des personnes, mais certainement par celui du grand capital !

Si les « vaccinés anti-Covid » s’avéraient avoir eu tort, (on le saura dans les cinq ans qui viennent), ils n’auraient rien d’autre à dire que ceci : « qu’ils avaient accepté cette injection expérimentale en phase 3 et avec AMM provisoire, (voire aucune AMM comme c’est le cas du produit expérimental de Pfizer), parce qu’ils avaient fait ce qu’il fallait faire » !

Où est le bon sens ? Où est la raison qui raisonne encore ? Où est le délire et où est l’équilibre d’un jugement sain ?

Les médecins qualifiés et reconnus, épidémiologistes, virologues, microbiologistes, pneumologues, biologistes évolutionnistes, chercheurs généticiens, le co-inventeur de l’ARNm en personne ainsi que l’inventeur du test PCR…, toutes ces personnes hautement qualifiées ont publié des présentations infiniment détaillées sur les risques, la pathologie, le mécanisme d’inoculation, la formation des cellules T, les protéines de pointe, précisément la protéine Spike,  l’ARN messager, et toutes sortes de débats hautement scientifiques, autour des risques du vaccin… Qui les a lues ? Qui peut honnêtement dire qu’il s’est sérieusement informé auprès de tous ces gens-là qui étaient, en réalité les seules personnes à tenir un discours cohérent et compétent sur ces questions ?

Comment se fait-il que tout cela soit passé à la trappe ? Pourquoi les autorités sanitaires n’ont-elles pas jugé nécessaire d’informer correctement et honnêtement les populations ? Les masses populaires seraient-elles traitées d’ignorantes, de retardées, d’incapables de comprendre ces choses si élevées et si complexes que seules les « élites » peuvent appréhender ?! Il y a une classe de gens qui n’est pas autorisée à penser et une autre qui pense pour elle ?

Pourquoi, aujourd’hui, les « vaccinés » sont-ils enclins à penser, quasi spontanément, que les experts récalcitrants sont forcément des « complotistes », des « réfractaires », des têtes de mules, de mauvais scientifiques, des « délirants », des « menteurs » et des théoriciens qui en profitent pour faire leur pub à bon marché, alors qu’ils risquent au contraire leur réputation et leur propre carrière ?!

Si un test D-Dymer est le SEUL moyen de savoir si quelqu’un est une bombe à retardement qui risque de mourir d’une coagulation microcapillaire (c’est déjà prouvée), dans 2, 3 ou 5 ans – bien au-delà de la portée des tests EUA de 60 jours – à quoi ressemblera notre avenir démentiel ? 

Tous ceux qui se posent des questions légitimes sont jugés, étiquetés, classés, condamnés comme « coupables » et « irresponsables » ! Qui peut m’expliquer, en me regardant dans les yeux, que je devrais prendre de tels risques sur ma santé, juste parce que « c’est la bonne chose à faire », juste parce que Macron et Véran le veulent et parce qu’une meute d’imbéciles, se portant garante d’une vérité révélée, radotent le même discours sur les plateaux de télévision ?! Qui peut m’expliquer pourquoi je devrais obéir à un argument purement émotionnel ? Pourquoi ne serais-je pas plutôt informé ou influencé par la science réelle, cohérente, et par des faits vérifiés, expérimentés … ?

Je ne peux, en aucun cas, prendre une décision sur ma santé future, en me basant sur le chantage émotionnel utilisé par ces gouvernements de pantins, les médias, les « scientifiques en conflits d’intérêts », les radoteurs patentés de la télévision pour moutons dociles, les faux amis qui m’ont rayé de leur cercle et étiqueté comme « délirants », « réfractaire » et « irresponsable » ! 

Jusqu’à nouvel ordre, puisque les ingrédients des « vaccins anti-Covid » n’ont pas été révélés, ceux-ci sont donc potentiellement plus dangereux que le virus lui-même…

Etant donné que l’Etat français a commencé à voir le déluge des plaintes lui tomber dessus, le Sénat s’est mobilisé pour faire savoir à tous les Français, que le décret sur le passe sanitaire obligatoire n’était pas encore publié et que personne ne savait donc à quel moment la loi deviendrait effective ! Quelle bonne nouvelle et quelle arrogance !

Autrement dit : toute cette histoire utilisant le chantage de la loi rendant obligatoire la vaccination anti Covid, n’était que du bluff, une astuce pour faire pression sur les citoyens et les obliger indirectement à se précipiter dans les centres de « vaccination ». En réalité ce décret si important n’est toujours pas publié et donc il n’y a aucune obligation réelle à présenter ce passe sanitaire et encore moins à se faire injecter ces produits expérimentaux… Mais le culot des politiques n’a plus aucune borne : ils osent tout, même l’impossible !

La dernière Décision du Conseil Constitutionnel, qui n’a pas fini de faire polémique, ne s’est pas encore traduite en loi qui est toujours en « attente de publication », dit le Sénat ! On se demande ce qu’ils attendent pour publier ces directives si importantes dans le cadre des obligations faites aux citoyens. Il y a là une incohérence qui ne peut s’expliquer que par la pure « obsession vaccinale ». Le but ce n’est évidemment pas le combat contre le Coronavirus, dont la réelle létalité est, selon les statistiques objectives, beaucoup moins importante que celle de la grippe saisonnière. Le but n’est pas plus de combattre son variant Delta, le but c’est de « vacciner » à tours de bras, un maximum de gens. Mais pourquoi cette obsession du « vaccin », alors qu’il est désormais incontestable qu’une série de traitements efficaces existe pour soigner les malades de la Covid-19 ou de son variant Delta ?

Encore une fois, à tous ceux qui pensent encore que le motif sanitaire est le centre de ce qui inspire nos gouvernants, je dois leur dire à ceux-là qu’ils sont de grands naïfs, ou des innocents que l’on mène au massacre ou carrément des imbéciles qui ont oublié qu’ils avaient une cervelle pour penser… 

CONCLUSION

Lorsqu’on n’hésite pas une seconde à remplacer les valeurs éthiques, philosophiques, morales, culturelles, historiques, en donnant la priorité à un bien, certes enviable en soi : la santé, mais cautionnant ainsi le pan-médicalisme qui s’impose désormais en priorité sur toutes les valeurs de notre civilisation, c’est que celle-ci est en fin de parcours ; c’est que la civilisation est en chute libre ; c’est que la société ne comprend plus rien de ce qui est prioritaire dans l’échelle des valeurs ; c’est que la confusion généralisée s’est emparée des peuples en pleine décadence… C’est que ce monde en errance, a un gros problème avec la question de la mort.

Il vaut mieux souhaiter ardemment la disparition d’une telle société parce qu’elle ne comprend plus rien à la vie. Je pense que la vie se chargera elle-même de supprimer ce qui est décadent, non conforme à ses principes et à sa logique organisationnelle…

Avec cette crise « covidiste », nous avons été confrontés à un choc considérable : la révélation soudaine de notre réelle situation dans ce monde ou l’état des lieux désastreux de la civilisation qui est la nôtre et qui par cette aberration pan-médicaliste vient d’annoncer sa chute finale !

Ce n’est pas le « coronavirus » qui nous rend malades, ce fameux SARS-COV-2, « Variant Delta » ou autres mutagènes que jamais personne n’a encore isolé clairement par analyse chez les théoriques victimes de la Covid-19, ce qui nous rend vraiment malades, c’est la perte totale du sens des valeurs et le fait que notre société se trouve prise en otage dans les mains de quelques prédateurs opportunistes saisissant de manière ouvertement affirmée, « cette fenêtre d’opportunité » pour nous imposer leur « Great Reset » !

Puis-je sérieusement entériner ma propre élimination par cette idéologie d’un Nouvel Ordre Mondial qui veut passer au contrôle absolu des populations dociles et coopérantes en instaurant le « tout numérique », un transhumanisme « bienheureux » grâce à l’Internet des objets devenant l’Internet des corps ?

A chacun de donner sa propre réponse. Pour ma part, j’ai la mienne.

Les sources :

https://www.fluoridefreepeel.ca/fois-reveal-that-health-science-institutions-around-the-world-have-no-record-of-sars-cov-2-isolation-purification/

Christian Vélot, généticien moléculaire : Les coronavirus mutent très peu. Leur spécialité c’est la recombinaison : en présence d’un autre virus, ils se mélangent et cela donne des variants. Pour qu’il y ait recombinaison, il faut au moins 2 virus en même tps dans la même cellule…ce qui est assez rare. Or que font les vaccins covid ? Ils apportent le patrimoine génétique du Covid dans les cellules. Il suffit donc qu’un seul autre virus soit présent pour qu’il y ait recombinaison et donc nouveau variant. Conclusion : les vaccins créent des variants.

C’est d’ailleurs dans les pays qui ont testé les vaccins (Royaume-Uni, Brésil, Afrique du Sud pour AstraZeneca) que les premiers variants sont apparus. 

A.M.M. Conditionnelle ? : https://reinfocovid.fr/science/amm-conditionnelle/ 

https://www.catherinefrade.com/blog/2021/04/01/eclairage-sur-les-donnees-publiques-europeennes-des-amm-conditionnelles-pour-les-4-vaccins-covid-19-31-mars-2021/?cn-reloaded=1 

https://www.ema.europa.eu/en/documents/product-information/comirnaty-epar-product-information_fr.pdf 

D’après l’Inserm et le gouvernement:

L’ARNm demande au corps de produire la protéine « Spike » qui active une réponse immunitaire : La fabrication d’anticorps. L’ARNm est ensuite détruite très rapidement. Mais en réalité ce qui était considéré comme certain s’est révélé, avec l’expérience, inexact ! Le contraire est constaté par l’ensemble des chercheurs et cette nouvelle donnée bouleverse la théorie ainsi que la conception même des « vaccins » à ARNm.

https://www.gouvernement.fr/le-fonctionnement-d-un-vaccin-a-arn-messager 

https://presse.inserm.fr/les-vaccins-a-arnm-susceptibles-de-modifier-notre-genome-vraiment/41781/ 

https://dailyexpose.co.uk/2021/05/19/scientific-study-finds-the-spike-protein-used-in-covid-vaccines-causes-strokes-heart-attacks-and-blood-clots/ 

https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2021.06.01.21258176v2 

De l’Internet des objets à l’Internet du corps

https://europa.eu/european-union/about-eu/agencies/ema_fr

https://francemediasnumerique.com/2021/09/05/excellente-base-de-donnees-dinformations-sur-les- vaccins/ 

https://francemediasnumerique.com

https://myessentielles.fr/enorme-maitre-brussa-balanc..

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Lire notre page “Coronavirus, guerre contre l’humanité”

cobaye

Le Hezbollah brise le complot américano-sioniste et achemine du carburant iranien au Liban en crise (Al Manar)

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L’entrée du convoi de carburant de Syrie au Liban sous protection du Hezbollah

Se donner les moyens de résister et savoir dire NON ! de manière ferme et définitive. Que les peuples prennent ces actions en exemple pour refuser la tyrannie qu’on leur impose qui par COVID ou colonialisme interposés.
Vive la Résistance !…
~ Résistance 71 ~

Carburant iranien pour le Liban : la stratégie du Hezbollah pour déjouer les complots américains

Al Manar

17 septembre 2021

url de l’article original :
https://french.almanar.com.lb/2149402

En temps de crise, où aucun pays n’entendait aider le Liban, l’Iran n’a point hésité à y acheminer ses navires chargés de carburant, a déclaré un expert libanais.

Lors de son récent discours à l’occasion du deuil d’Achoura, le secrétaire général du Hezbollah a annoncé l’acheminement de navires iraniens transportant du carburant à destination du Liban et a mis en garde contre toute attaque visant ces navires.

Tout de suite après ce discours, les médias libanais et étrangers ont commencé à semer le doute sur la manière de payer les expéditions afin de troubler l’opinion publique libanaise.

Pour Ali Yasser, expert libanais, « il s’agit d’une décision politique et stratégique dont toutes les dimensions et les conséquences avaient été examinées par le Hezbollah qui menait des discussions à ce propos avec les responsables iraniens ».

« En vue d’éviter tout danger, les navires transportaient du pétrole lourd au lieu d’essence pour nourrir les réacteurs et les générateurs d’électricité qui produisent le courant pour les hôpitaux, les usines et les boulangeries », a déclaré Ali Yasser.

« Le grand défi auquel le Hezbollah faisait face était celui que le pétrole acheté à l’Iran ne fasse l’objet de sanctions et qu’aucun port libanais ne soit en droit d’accueillir les pétroliers iraniens. Pour relever le défi, Sayed Hassan Nasrallah a opté pour une stratégie rigoureuse : il a déclaré que le navire iranien faisait partie du territoire du Liban et s’est dit prêt à riposter à toute agression visant le navire… »

Ali Yasser a souligné que le navire iranien avait traversé le canal de Suez avant d’être déchargé dans le port syrien de Baniyas. « La cargaison a été ensuite transférée au Liban par des camions-citernes spéciaux. »

« Cette stratégie du Hezbollah a déjoué le complot qu’avaient fomenté les États-Unis, Israël et certains pays arabes qui entendaient provoquer les Libanais contre le Hezbollah par le biais des sanctions visant le secteur pétrolier du Liban. Autrement dit, Washington et Tel-Aviv souhaitaient faire passer le Hezbollah pour un facteur principal de la crise intérieure du Liban qui empêche non seulement la formation d’un nouveau gouvernement, mais qui bloque aussi l’arrivée de toute aide internationale dans le pays. »

« Lorsque Sayed Nasrallah a annoncé l’acheminement d’un navire iranien vers le territoire libanais, les États-Unis, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite ont craint que tous leurs complots ne soient déjoués. Cette crainte les a poussés à annoncer, via l’ambassadrice des États-Unis à Beyrouth, qu’un vieux gazoduc, qui reliait auparavant le désert du Sinaï à la Jordanie, à la Syrie et au Liban serait remis en service pour que le gaz égyptien soit transféré au Liban via la Jordanie en passant par la Syrie », a expliqué Ali Yasser.

Et d’ajouter: « il s’agit d’une grande victoire stratégique du Hezbollah, puisque celui-ci a réussi à résoudre le problème de la pénurie d’électricité du Liban via les ennemis du Liban ! »

« D’autre part, les États-Unis ont été contraints de violer la loi César qu’ils ont établie eux-mêmes pour imposer un boycott tous azimuts à la Syrie, en autorisant que ledit gazoduc traverse le sud-ouest de la Syrie », explique M.Yasser.

Le projet du transfert de carburant iranien bel et bien accompli sous le nez des pirates de mer somaliens, de l’Arabie saoudite et d’Israël, n’est pas uniquement un projet économique, mais plutôt un plan politique destiné à briser les sanctions pétrolières américaines.

A lire aussi:

Le Hezbollah brise le blocus américain. Les convois de carburant iranien arrivent au Liban via la Syrie :

https://french.almanar.com.lb/2148555

HBgroupe
Autorité + Oppression => Résistance
Résister n’est pas terroriser… Gouverner est terroriser !

Lutte anti-coloniale : pas de place pour les juifs arabes dans le sionisme

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 18 septembre 2021 by Résistance 71

fratrie
Complémentarité dans la diversité…
Telle est l’humanité, l’antagonisme est une fabrication

“Israël”… colonie européenne implantée en Palestine

Hadar Cohen

17 septembre 2021

Source:
http://mcpalestine.canalblog.com/archives/2021/09/17/39132732.html

Le sionisme n’a pas de place pour une juive arabe comme moi.

L’Etat d’Israël nous a conditionnés à voir comme impossible l’intersection de «juif» et «arabe» — alors même que ma famille maintient cette identité depuis des générations.

A chaque fois que je me retrouve dans une manifestation de gauche contre l’occupation, il y a toujours quelqu’un tenant une pancarte qui dit: «Les juifs et les Arabes refusent d’être ennemis».

Cette phrase est devenue, d’une certaine façon, le socle de l’idéologie de gauche promouvant la coexistence en Israël/Palestine. Mais quand je vois cette phrase, je me sens immédiatement désorientée. De quel côté suis-je?

Si je suis sur le côté juif», est-ce que je perds l’identité arabe à l’intérieur de moi ? Est-ce que je peux m’identifier comme une Arabe, alors même que je jouis des privilèges d’une citoyenne juive israélienne? Qui a décidé d’opposer une ethnie à une religion?

La colonisation agit sur nos esprits pour déformer notre compréhension de l’identité et perpétuer son agenda propre. A cause de cela, mon identité a été une grande source de confusion interne, qu’il m’a pris des années à déballer et à démêler.

Récemment, j’ai commencé à comprendre comment ce dialogue interne avec moi-même représente un dilemne politique né dans la colonisation de la Palestine.

Je m’identifie comme juive arabe. Ma famille a vécu à Jérusalem pendant plus de 10 générations et les autres cités de mes ancêtres incluent Alep en Syrie, Baghdad en Iraq et Shiraz en Iran, ainsi qu’un petit village dans le Kurdistan.

J’ai grandi dans des traditions et des cultures principalement syro-palestiniennes. Ma grand-mère était une peintre féministe, passionnée de cinéma et de littérature. Mon grand-père était un imam, expert dans l’art du maqamat, un cadre mélodique arabe unique, et qui récitait les prières dans la tradition syro-hiérosolymitaine

Ma famille priait en hébreu et en arabe, avec un fort accent qui roulait sur nos langues quand nous prononcions les bénédictions juives. J’ai grandi avec [le chanteur arabe] Mohamed Abdel Wahab et avec les piyyouts du Shabbat, les poèmes liturgiques juifs, chantés ensemble. Jusqu’à la génération de mes parents, l’arabe était le langage dominant dans ma famille.

Dans notre foyer juif traditionnel, observer notre héritage et notre culture syro-palestiniens se faisait facilement. La judéité et l’arabité s’accordaient parfaitement — il n’y avait pas de contradiction. Mais hors de notre maison, ma religion et ma culture étaient en conflit.

L’Etat d’Israël m’a conditionnée à voir l’intersection de «juive» et «arabe» comme non-existante, ou impossible, même alors que les juifs arabes ont vécu pendant des années à cette intersection. J’ai appris que pour appartenir à la société israélienne et participer au projet sioniste, j’avais à rejeter des parties de moi-même — les parties arabes.

Le sionisme enseigne que les «Arabes» sont les ennemis des juifs, et ce faisant, il a complètement fragmenté mon identité. Ces subtils changements se sont accumulés graduellement pour subvertir mon identité originelle. Cela a créé une dissonnance entre la réalité que je vivais intérieurement et le narratif attendu du projet colonial, à l’extérieur.

Je me retrouve constamment à devoir choisir entre ma judéité et mon arabité. Est-ce que je fais partie de la vaste communauté juive, étant donné que je suis sa foi et ses coutumes? Ou est-ce que j’appartiens à la communauté arabe, dont les traditions culturelles et les styles de vie sont plus en résonnance avec les miennes?

Le sionisme a créé un système de castes raciales, plaçant les juifs d’origine européenne, connus sous la dénomination d’ashkenazes, au-dessus de tous les autres. Les communautés juives qui étaient arabes ou ressemblaient aux communautés arabes étaient catégorisées comme des Mizrahim, juifs orientaux, et traitées comme inférieures.

Non seulement nous avons été dépouillés des foyers de nos ancêtres depuis des milliers d’années, mais à l’avénement de l’Etat nouvellement fondé d’Israël, les immigrants miszrahim ont fait l’expérience d’un racisme brutal et ont été placés dans les ma’abarot, les camps de transit.

Il y a d’innombrables exemples du racisme continu de l’Etat d’Israël envers les Mizrahim. Dans les années 1950, les autorités israéliennes ont kidnappé des milliers de bébés mizrahim, et les ont placés illégalement en vue d’une adoption dans des familles ashkénazes sans enfants. On a dit aux parents que leurs enfants étaient morts.

A peu près au même moment, un médecin israélien confirmé a soumis à des radiations expérimentales des milliers d’enfants juifs arabes, contre la teigne, une infection de la peau non mortelle, et on a découvert plus tard que ce traitement provoque des cancers et d’autres maladies.

La vision d’une «libération juive» sous le sionisme n’incluait clairement pas tous les juifs, et ne traitait pas tous les juifs en égaux. Le sionisme européen était ancré dans une attitude impérialiste coloniale qui visait à créer un pays européen en Palestine.

Cela ne signifiait pas seulement une guerre contre les communautés palestiniennes autochtones sur ces terres, mais aussi une guerre culturelle contre les identités et les traditions des juifs arabes. L’arabité elle-même est devenue ennemie de l’Etat, et tout ce qui ressemblait à l’arabité devait être rabaissé, masqué ou détruit.

C’est une identité compliquée à maintenir parce que, d’un côté, je jouis des privilèges juifs de la part de l’Etat; de l’autre côté, je dois haïr ma part arabe pour devenir une part intégrante de la société israélienne.

Il n’y a pas de place pour l’arabité dans le sionisme. Je dois réprimer, effacer et cacher mon style de vie arabe et m’assimiler aux notions européennes de judéité. Sous un tel système de castes raciales, vous ne pouvez jamais vous intégrer, peu importe à quel point vous vous assimilez.

Il y a quelques semaines, j’ai décidé de partager l’histoire de ma famille sur Instagram. J’ai posté des photos de famille et des anecdotes sur la lignée de mes ancêtres — mais aussi sur mes façons de lutter avec mon identité.

Le post d’origine s’est depuis multiplié dans sa propre communauté internationale, intersectionnelle. Des milliers de followers de diverses identités et de différentes ethnies ont partagé leurs histoires et leurs luttes avec leurs propres identités. C’est devenu un lieu de solidarité et d’avancée en commun vers la guérison.

J’ai été particulièrement émue par les histoires de musulmans des pays arabes partageant leur sentiment de perte et leur chagrin après le départ des communautés juives de leur pays d’origine.

L’étymologie sémitique du mot «arabe» est «mixte», étant donné que pour la plus grande partie de son histoire, la région arabe a été un lieu où les peuples de différents continents venaient vivre ensemble. C’est en partie pourquoi la culture arabe est centrée sur l’hospitalité et l’accueil des étrangers. Nous étions un lieu de bras ouverts, acceptant les voyageurs et les réfugiés avec amour et attention.

Pourtant avec les puissances impérialistes européennes qui ont construit des frontières et des murs pour séparer les pays et les communautés, nous avons perdu notre chemin.

Je choisis de m’identifier comme juive arabe parce que cela met à bas les murs qui entourent l’identité que le sionisme a créée. Cela brise le cadre colonial et crée la possibilité d’un narratif différent. Pour moi, c’est essentiel dans l’évolution du discours.

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Fusionner, la différence est une illusion…

De l’antagonisme à la complémentarité : Nietzsche et la tradition anarchiste 8ème partie « Nietzsche et les anarchistes » (Max Leroy)

Posted in actualité, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 17 septembre 2021 by Résistance 71

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« Querelles de clochers, orthodoxie, militantisme austère, foi sacrificielle, sectarisme, postures moralisatrices et culpabilisantes… Chacun chasse le déviant et l’hérétique, traque le mot en trop, guette celui qui manque. Tel groupuscule exclut et tel journal évince. Les chapelles s’entre-déchirent sous les lazzis de l’adversaire. Le socialisme radical a passé trop de temps à épurer ses rangs et à chercher des poux dans la tête de ses partisans, toujours en quête d’un Homme qui n’existe que dans les manuels. »
~ Max Leroy ~

Nietzsche et les anarchistes

Max Leroy

2014

2ème partie

1ère partie

3ème partie

4ème partie

5ème partie

6ème partie

7ème partie

8ème partie

Ce texte est la très belle conclusion du livre de Max Leroy “Dionysos au drapeau noir, Nietzsche et les anarchistes” (Résistance 71 )

Le compagnonnage ne fait plus de doute. La diversité de ces parcours peut cependant étonner : syndicalistes espagnols, activistes anti-fascistes, poètes, chanteurs, fils d’ouvriers ou héritiers, philosophes et bourlingueurs… Plusieurs d’entre eux connurent la prison. Certains l’exil. D’autres la mort violente. Mais en dépit de leur diversité et de leurs dissonances évidentes, des lignes de force émergent sans peine : l’insoumission, la solitude, l’élan, la vitalité, le refus des carcans idéologiques, la méfiance à l’endroit des foules, l’autonomie, le rejets des utopies et de l’Absolu. Révolte et mélancolie. Cœurs écorchés mais fiers. Tous, surtout, partagèrent la même passion pour la liberté. Mot fanfaron et creux ? Le prix payé par trop d’entre eux dénie tout droit à l’interrogation. Leur liberté, cela s’entend, mais aussi celle de tous ceux qui, le dos fourbu ou les yeux baissés, n’aimeraient jurer que par elle.

Ces libertaires aiment la vie, pourtant si dure, cette vie qui brise les plus démunis et broie si souvent les âmes moins aguerries. La vie pleine, ascendante, hardie et ardente. La vie contre les passions tristes et la main froide du temps. La vie envers et contre tout. Sans commander ni s’incliner, sans diriger ni obéir.

Loin des machines, des garde-chiourmes, des patrons.

Loin des agioteurs, des affairistes, des usuriers.

Loin des trônes, des transactions, des princes.

Loin du pouvoir.

Loin de l’avoir.

Nietzsche a escorté, d’un pas posthume, ces trajectoires incandescentes. Sa présence ne fut jamais de tout repos : on ne peut aimer le philosophe allemand d’un cœur béat. Il y a des âmes qui éraflent ceux qui tentent de s’y lover. Nombre de ces héritiers luttèrent contre ce père coupable d’avoir écrit que les anarchistes n’étaient que “le déchet de la société présente”.

Note de résistance 71 : L’auteur se réfère ici selon sa propre note, à un écrit de la “Volonté de puissance” de Nietzsche, publié chez Gallimard en 2004. Hors, Nietzsche n’a JAMAIS écrit “La volonté de puissance”, il n’en avait que des notes éparses. C’est sa sœur Elisabeth (1846-1935), qui a “compilé” et “écrit” ce qui devait être la continuité du testament philosophique de Nietzsche après “Ainsi parlait Zarathoustra”. Tout texte publié sous le titre “La volonté de puissance” par Nietzsche est une falsification et ce texte a grandement participé à la mauvaise interprétation que bien des gens ont fait de Nietzsche et de sa philosophie. La sœur de Nietzsche s’est rapprochée des nazis et a sans aucun doute trahi la pensée de son frère en long en large et en travers, elle se maria avec un activiste antisémite… Nietzsche refusa d’aller au mariage de sa sœur. Celle-ci partit un temps avec son mari fonder une communauté “aryenne” au Paraguay, qui fut un échec. Elisabeth manipula les archives et écrits non publiés de son frère de sa mort en 1900 à la sienne en 1935. Elle n’autorisa la publication de l’autobiographie de son frère “Ecce homo” qu’après que celle-ci n’ait été caviardée de quelques écrits très critiques à son égard. La liste est longue…

Ainsi de Landauer, Rocker ou bien de Serge qui tinrent explicitement à reléguer ce qui, dans son œuvre, ébrèche la dignité humaine et s’oppose à l’émancipation de tous, et spécialement des plus humbles. Trier sans trahir, prélever sans renier — tâche impossible ?

Camus dit de la servitude qu’elle fut la grande passion du XXème siècle. Les barbelés et les tranchées, les bombes à fission et les déportations, les corvées de bois et les pelotons d’exécution, tel fut, de fait, la funeste valse du siècle. Il y eut des républiques qui torturèrent au nom des droits de l’Homme et des pays socialistes qui remplirent leurs camps de travail de révolutionnaires. Il y eut des révolutionnaires qui aimèrent le pouvoir qu’ils condamnaient naguère et des démocraties qui bombardèrent des populations entières, il y eut des innocents crevés dans le fond des prisons et des coupables élus à la tête de nations. Il y eut tout cela et plus encore… “La vérité est que nous ne sommes que quelques-uns à ne pas pouvoir se passer de liberté”, écrivit un jour Louis Calaferte, nous aimerions tant qu’il se soit trompé.. La vérité ? Parlons-en ! Ceux qui glosent en son nom et trop souvent vendent leur esprit comme d’autres vendent leur corps, ceux-là suivirent souvent  la marche ou l’air du temps : intellectuels fascistes, staliniens, maoïstes hier et néoconservateurs aujourd’hui, grands libéraux ou chantres de la mondialisation heureuse… Colonnes de chars ou de journaux… Croupions d’État ou des marchands…

Nos anarchistes eurent au moins un mérite : celui de ne jamais gagner. Perdants magnifiques au grand jeu de la gloire et des galons. Leur honneur ne s’achète pas d’une légion. Bien sûr, ils furent parfois confus et excessifs. Bien sûr ils eurent du mal à se faire entendre de leur vivant. Bien sûr. Mais leur voix nous rappelle à jamais que la révolte sera sans répit : toute révolution aura besoin de ces électrons insolemment libres pour lui rappeler qu’elle risque encore comme de juste, de trahir ses propres idéaux.

Nietzsche agit comme antidote à la médiocrité, à la rancœur, à l’apathie, à la désinvolture et à la dérision. Mais que l’on y prenne garde : l’élixir tourne parfois les têtes plus que de raison…

Si l’individualisme peut à l’évidence être entendu comme la possibilité pour chaque individu d’exister réellement, en pleines possessions de son autonomie, et non plus comme sujet et rouage d’une machine politique, cléricale ou marchande, et, s’il peut s’articuler sans la moindre peine avec des agencements collectifs et révolutionnaires, il peut aussi prêter main forte au système capitaliste en ce que ce dernier se réjouit de l’éclatement des sociétés et des peuples en électrons égotistes.

Dans sa formulation stirnienne, l’individualisme n’est  qu’une modalité, esthétisée et lyrique, de la guerre de tous contre tous, ce qu’Engels mit pertinemment en évidence dans “La situation de la classe laborieuse en Angleterre” : “Cette indifférence brutale, cet isolement insensible de chaque individu au sein de ses intérêts particuliers, sont d’autant plus répugnants et blessants que le nombre de ces individus confinés dans cet espace réduit est plus grand. Et même si nous savons que cet isolement de l’individu, cet égoïsme borné sont partout le principe fondamental de la société actuelle, ils ne se manifestent nulle part avec une impudence, une assurance si totales qu’ici, précisément dans la cohue de la grande ville. La désagrégation de l’humanité en monades dont chacune a un principe de vie particulier et une fin particulière, cette atomisation du monde est poussée ici à l’extrême.

Une mise en garde que l’on retrouve aussi sous la plume d’un révolutionnaire désenchanté formé au matérialisme historique, nous nommons Régis Debray, lorsqu’il écrivit dans “A l’ombre des lumières”, qu’un certain nietzschéisme de gauche, dans son expression la plus individualiste, “peut faire bon ménage avec le consumérisme ambiant”. Les questions de société s’avancent ainsi sur la scène et relèguent le combat social, par trop fané, dans les loges de l’Histoire : on ne veut plus changer de vie mais vivre la sienne.. Plus de normes, plus de limites, de règles et d’interdits, plus d’institutions — ontologiquement répressives — ni d’autorité — par essence fasciste — seulement le pur instant de jouissance sans entraves et supposément subversive. “Si la mondialisation libérale c’est le marché sans l’État, la critique ultra-gauche de l’État lui aura bien servi la soupe.

Il est des anarcho-nietzschéens qui se complaisent dans l’élitisme et le dédain. Frisson de celui qui se croit seul contre tous, dandy et damné, martyr et outlaw. Caprices de l’individu autocentré et auto-réalisé, sans passé ni parents, sans attaches ni ancrages et mu par ses seuls désirs. Orgueil du petit maître, radicalisme chic et mépris du plouc. Le rejet définitif qu’ils affichent parfois pour la morale et non point seulement la morale monothéiste et bourgeoise, les coupe durablement du peuple dont ils peuvent, par ailleurs, se faire les défenseurs, sécession d’autant plus dommageable qu’il œuvrent à renverser la société capitaliste et qu’un tel projet ne se fera jamais sans la participation, plus ou moins active, dudit peuple. Si la toxicité du bien et du mal, en tant qu’ils forment un ordre moral venu d’en haut, n’est plus à démontrer, on aurait tort de faire litière de toutes appréciations éthiques, nous ne pouvons vivre en société sans recourir à un socle minimal de valeurs communes et partagées de tous, ce qu’Orwell, ce tory anarchiste, remarquable, nommait la “common decency” ou la décence ordinaire et que Bruce Bégoût dans un de ses ouvrages, a défini comme une catégorie politique et anthropologique an-archiste puisqu’elle inclut en elle “la critique de tout pouvoir institué au profit d’un accomplissement sans médiation du sens du juste et de l’injuste.” L’hubris nietzschéenne appliquée à l’anarchisme produit de périlleuses mixtions, d’où l’invitation salutaire de Camus à penser la liberté dans une perspective collective : la liberté absolue fait en dernière instance la loi du plus fort…

Le grand mal de la gauche, c’est l’anesthésie de la vie”, écrit Paul Ariès dans son appel au “Bien vivre” et au “Socialisme gourmand”. Querelles de clochers, orthodoxie, militantisme austère, foi sacrificielle, sectarisme, postures moralisatrices et culpabilisantes… Chacun chasse le déviant et l’hérétique, traque le mot en trop, guette celui qui manque. Tel groupuscule exclut et tel journal évince. Les chapelles s’entre-déchirent sous les lazzis de l’adversaire. Le socialisme radical a passé trop de temps à épurer ses rangs et à chercher des poux dans la tête de ses partisans, toujours en quête d’un Homme qui n’existe que dans les manuels.

Nous aimons mieux miser sur l’homme fait de chair et d’os. Sortons de l’ombre les mesquineries, les jalousies, les passions tristes, les faiblesses, les égoïsmes, les avarices, les petitesses et les incompréhensions — celles qui échappent à la pureté catégorique des hommes sans mains et des slogans platoniciens. Ne rechignons pas à plonger les concepts dans le bain de solvant du réel, quitte à risquer leur éventuelle et parcellaire décomposition. Le déclin d’une illusion n’est jamais un recul, bien au contraire, il assure le seul chemin qui existe pour nous, matérialistes déniaisés : la concrétude d’un monde terrestre, sans cieux ni limbes, sans anges ni démons. Les paradis, qu’ils soient rouges ou noirs, sont voués à l’enfer.

La littérature anarchiste contemporaine reste trop souvent gorgée de vœux pieux : ouvrons séance tenante, toutes les prisons et les frontières, abolissons la papier monnaie et l’argent, supprimons le travail, abattons l’État, mettons fin au salariat etc. Demain matin, l’Homme nouveau déjeunera à la table fraîchement purgée de l’oppression, de la méchanceté, du malheur et du verglas. Nous signons certes ; voilà qui est sans risques (et amuse les nantis). L’absolutisme et la pureté condamnent toute action et l’isolent dans dans le gel des bonnes intentions. Parier sur l’utopie  entrave les luttes effectives : le premier songe-creux venu qui, par crainte de disconvenir à la blancheur de ses idéaux, refuse de se mêler à la boue du vivant fait, qu’il le veuille ou non, l’affaire du système qu’il entend briser…

Les raisons de désespérer ne manquent pas.

L’avenir semble sans issue, sinon celle de nos maîtres, de droite comme de gauche, ont tracé, tracent et traceront sans nous.

Le navire humain prend l’eau de toutes parts, l’eau glacée du calcul marchand.

Restera t’il assez de ces perdants magnifiques ?

Ceux qui, depuis que la terre tourne, disent non.

Non comme un Oui.

= = =

L’intégrale de Nietzsche en PDF sur Résistance 71

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