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Gilets Jaunes : Quatre textes pour une pensée critique génératrice

Posted in actualité, altermondialisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société des sociétés with tags , , , , , , , , , , , on 20 septembre 2019 by Résistance 71

 

Résistance 71

 

20 septembre 2019

 

« La libération authentique, le processus d’humanisation, n’est pas un autre dépôt à faire dans l’esprit des gens. La libération est une praxis: la réflexion et l’action d’hommes et de femmes sur leur monde afin de le transformer. »
~ Paulo Freire ~

Pour qu’un mouvement politique avance dans le bon sens, celui de l’émancipation radicale et définitive, il lui faut une pensée critique devenant inséparable des actions toutes aussi critiques qui en découlent naturellement.
Agir sans pensée critique transformatrice n’est qu’activisme forcené et souvent futile ; penser (et parler) sans agir n’est que verbiage tout autant vain que futile…
L’ordre dans lequel les textes se présentent à la lecture n’est qu’une suggestion.

 

« Si une civilisation est détruite, c’est qu’elle
était dans l’erreur.
Si l’Homme est obligé de recommencer son chemin,
cela signifie que tout son parcours antérieur
n’était pas celui de son perfectionnement spirituel. »
~ Andreï Tarkovski ~

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Résistance au colonialisme: Fondements et permanences de l’ignominie de la domination avec Nils Andersson

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 19 septembre 2019 by Résistance 71

Nous avons utilisé le texte ci-dessous en mai 2013 pour écrire notre article « Nous sommes tous des colonisés ! » qui est devenu un des articles les plus lus sur Résistance 71. Le voici dans sa version numérique.

~ Résistance 71 ~

 

 

Fondements et permanence du colonialisme

 

Introduction rencontres d’été

 

Nils Andersson

 

Novembre 2011

 

Pendant des millénaires, premières colonisations : Égypte et Mésopotamie, monde gréco-romain et monde musulman, Asie hindouisée et sinisée, empire mongol, l’Eurasie et l’Afrique du Nord, furent des terres de conquêtes et de barbarie. Le plus ancien traité connu « de fraternité et d’amitiés » conclu vers 1280 av. J.-C, entre le roi d’Egypte, et le roi des Hittites fait l’objet d’un accord sur les frontières mais il est implacable envers les populations. Les souverains s’accordent d’extrader les fugitifs des deux camps qui cherchent asile soit en Égypte soit en pays hittite, le territoire est plus important que le sort des populations. C’est là une première permanence du système colonial et impérialiste, la primauté du territoire sur les populations.

Navigateurs, explorateurs et marchands vont êtres les premiers colonisateurs. En 1493, un arbitrage du pape accorde toutes les terres « trouvées ou à trouver, reconnues ou a reconnaître » à l’Espagne et au Portugal. Il s’agit d’un colonialisme mercantile et de mercenaires, avec le « système de l’exclusif ». La puissance coloniale s’assure le monopole des importations et exportations, ainsi les conquistadors s’attribuent pour leurs rois et pour eux-mêmes les richesses de l’Afrique et de l’Amérique. Au XIXe siècle, avec l’expansion du capitalisme industriel, la liberté du commerce, va prévaloir et modifier le système colonial en rationalisant et intensifiant l’exploitation économique, sociale et humaine des peuples colonisés. L’accaparement des richesses naturelles est la deuxième permanence du système colonial.

Autre composante constitutive du colonialisme, le goupillon, trois bulles du pape confient aux rois d’Espagne et du Portugal la christianisation des territoires « découverts et à découvrir ». Imposer sa religion fut tout au long de la conquête coloniale une composante essentielle de la mission civilisatrice de l’homme blanc. Évangéliser est la troisième permanence du système colonial.

Pour compenser la chute de la démographie qui résulte en Amérique de l’extermination des Indiens, du travail forcé auquel ils sont soumis et des maladies contagieuses amenées par les Européens, il est organisé dès le XVIIe siècle le plus ignoble des commerces, la traite négrière. Pendant trois siècles l’esclavagisme participera du système colonial. Si la traite négrière a été abolie, la « force noire » du général Mangin lui succéda, avec l’enrôlement massif comme chair à canon pour les guerres impérialistes des tirailleurs sénégalais, malgaches, algériens, marocains, tunisiens et indochinois, puis les colonisés deviendront une main d’œuvre exploitable sans limite dans les métropoles. Quatrième permanence du système colonial, l’exploitation sociale et humaine des peuples colonisés.

Le goupillon accompagne le glaive. La violence dont se vante le capitaine de Montagnac lors de la conquête de l’Algérie : « Toutes les populations qui n’acceptent pas nos conditions doivent être rasées. Tout doit être pris, saccagé, sans distinction d’âge ni de sexe… » est inhérente au colonialisme. Violence que justifie Alexis de Tocqueville – grande référence de la pensée libérale et démocratique – quand il écrit : « Du moment que nous avons admis cette grande violence de la conquête, je crois que nous ne devons pas reculer devant les violences de détail, qui sont absolument nécessaires pour la consolider. » Cinquième permanence du système colonial, le recours à la violence de la guerre et de la répression.

À la violence physique s’ajoute une entreprise de dépersonnalisation, symbolisée par le Code de l’indigénat en Algérie, l’apartheid en Afrique du Sud, la ségrégation aux États-Unis et ailleurs. règles fondées sur la supériorité de l’homme blanc. Le Code de l’indigénat, par exemple, était un régime d’exception avec la mise en place de deux collèges électoraux, un pour les Français, un pour les indigènes. L’interdiction faite aux Algériens d’être maire ou président d’une assemblée qui comprend des Français, leur exclusion de certaines écoles ou interdiction faite à un officier « indigène » de commander un officier français même d’un grade inférieur au sien. De plus les Algériens sont soumis à la loi de la « responsabilité collective », non seulement ils ne sont pas des citoyens égaux mais leur individualité est niée, ils sont une masse. Déniant leur identité aux peuples colonisés, les colonisateurs vont imposer leur langue, leur culture, leur idéologie, fondée sur la supériorité de l’homme blanc. Racisme et colonialisme ne font qu’un. L’aliénation du colonisé est la sixième permanence du système colonial.

Il n’y a pas eu un mais des colonialismes, des distinctions peuvent être opérées, mais dans l’échelle de l’abomination tous les colonialismes sont égaux. Et dans le nouvel ordre colonial, comme dans l’ancien on retrouve ces six permanences : primauté du territoire sur les populations, accaparement des richesses naturelles, imposition de la religion du colonisateur, exploitation sociale et humaine, recours à la violence de la guerre et de la répression, aliénation culturelle et idéologique du colonisé.

S’il est paru important de rappeler ces permanences du colonialisme, ce n’est pas pour énumérer les maux du colonialisme, mais pour inscrire notre débat dans les luttes émancipatrices présentes car, sans une approche globale du système colonial, il ne peut y avoir de sortie du colonialisme.

Sortir du colonialisme : désaliénation et luttes communes

L’indépendance nationale acquise au prix de grands sacrifices par la lutte armée ou accordée par le colonisateur est une étape essentielle de la décolonisation, mais elle n’est et ne pouvait être qu’une étape. Comment aurait-il été possible que le colonisé se libère de son aliénation du seul fait d’être indépendant. Rompre avec les chaines de siècles d’oppression politique, d’exploitation économique, de soumission idéologique demande un temps long. Il est donc normal que l’on se pose aujourd’hui, la question : comment sortir du colonialisme ?

Pour sortir du colonialisme au stade d’une « mondialisation » qui est inscrite dans le processus même des conquêtes coloniales, il y a deux démarches obligées : rompre avec l’aliénation coloniale et créer les conditions pour que les peuples colonisés, ex-colonisés et les peuples des métropoles mènent des luttes communes.

Rompre avec l’aliénation, Fanon dénonce combien les comportements humains des « damnés de la terre » sont gangrenés par le colonialisme et le racisme, la radicalité de Fanon répond à un besoin de survie identitaire. Il souligne l’importance du regard porté sur les résistances au colonialisme. Mais Enzo Traverso fait le constat : « Une large partie de l’historiographie dite post-coloniale, revisite le passé à travers le prisme de la victime, dans un horizon privé de toute utopie, où il n’y a plus de place pour la mémoire des luttes émancipatrices des esclaves et des colonisés… » Il faut rompre avec toute logique victimiste du colonisé, subissant l’oppression coloniale. Il faut au contraire redonner place à la longue mémoire des luttes de résistance et émancipatrices qui ont porté les peuples colonisés il y a un demi-siècle au centre de l’Histoire.

Quel chemin parcouru depuis 1885, summum de l’arrogance coloniale, où la Conférence de Berlin décide des règles de partage de l’Afrique où il est convenu que « toute puissance européenne installée sur la côte peut étendre sa domination vers l’intérieur jusqu’à rencontrer une ‘sphère d’influence’ voisine. » Plus simplement dit : là où l’homme blanc pose le pied, le sol et les gens lui appartiennent.

L’ordre colonial est à son apogée. Le monde se partage entre les Empires coloniaux anglais et français dominants, les empires espagnols, portugais et hollandais déclinants (lutte d’indépendance en Amérique latine), les nouveaux empires coloniaux allemand, italien et belge et les États-Unis et la Russie conquérants. Les possessions britanniques, première puissance coloniale, représentent alors un quart des terres du globe et un quart de la population mondiale. Seule puissance non occidentale à mener une politique impérialiste, le Japon.

La domination coloniale paraît alors sans fin. Mais les peuples colonisés s’organisent politiquement, certains engagent des luttes de libération nationale, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est affirmé dans le cadre des Nations Unies. C’est le temps des ruptures, des sacrifices aussi, de Bandoeng, de la révolution AAA (Afrique, Asie, Amérique latine), amenant un bouleversement historique majeur. On ne peut sortir du colonialisme sans faire vivre cette mémoire.

De très nombreuses contributions des ex-colonisés sur les effets de la colonisation et ceux, tout aussi ravageurs, du néo-colonialisme – favorisé par la complicité et la corruption d’une grande partie des élites locales – témoignent d’une désaliénation du colonisé. Émancipation nationale et sociale mais également culturelle, identitaire, au pays et de l’émigré. Mais cette question n’est pas prise dans toute sa dimension si nous ne posons pas cette autre question, la désaliénation concerne-t-elle le seul colonisé ?

Certes non. Il en est pour le colonisateur comme, pour le colonisé. Les peuples victimes du colonialisme doivent se construire, s’émanciper, se libérer de ce passé et du présent néo-colonial où suppôts des anciens colonisateurs maintiennent leurs peuples sous leur dépendance et celle des anciens maîtres. Mais l’homme occidental doit lui aussi assumer son histoire, se libérer de sa propre aliénation de colonisateur, il doit lui aussi faire, « peau neuve », sans quoi il ne cesse de reproduire son aliénation dominatrice et raciste. On reste dans l’attente que les « élus du ciel », les colonisateurs, comprennent la nécessité de mettre en question leur identité de colonialistes qui continue à pervertir leur raison et leurs comportements.

On ne peut créer les conditions de modifier les rapports de force dans le monde sans sortir du double piège de l’aliénation du colonisé et de celle du colonisateur, dans laquelle nous maintient l’actuel ordre mondial. Face à la gangrène raciste, xénophobe, qui se répand dans le discours politique, intellectuel et médiatique, il faut dénoncer, inventer, découvrir, rompre avec la pensée dominante, y compris dans ce qu’elle gangrène nos rangs.

Autre obligation, créer les conditions de mener des luttes communes. Je voudrais rapporter ici à ce propos un colloque tenu à Milan au Centre Franz Fanon en 1962, il y a donc 50 ans, dans un moment de grandes avancées des mouvements de libération nationale, colloque qui avait pour thème, la gauche occidentale et le tiers-monde. Il a été souligné lors de ce colloque que la responsabilité historique de la gauche européenne est « de ne pas avoir compris la véritable importance des révolutions du Tiers monde, d’avoir considéré ces révolutions comme un fait particulier, isolé, dans le processus révolutionnaire mondial. » Faute de cette compréhension « nous avons pu assister, alors même que le cours de la décolonisation changeait le monde à un renforcement indiscutable du pouvoir capitaliste, à un affaiblissement progressif des forces démocratiques en Europe… »

Il a été lors de ce colloque posé la question « Le passage pour les mouvements de libération de la lutte armée avec l’accession à l’indépendance à des luttes revendicatives, démocratiques, une fois l’indépendance acquise, fera-t-il apparaître avec plus de clarté que l’ennemi est commun et que la décolonisation n’est pas un épisode particulier, historiquement isolé », qu’il appartient au mouvement général d’émancipation et que sans une solidarité active avec les peuples sortis du colonialisme, « la gauche européenne n’aura aucune efficacité. »

Cinquante ans après le constat est là, entre la gauche européenne et les peuples ex-colonisés ou encore colonisés, pris dans la nasse de l’économie de marché, soumis à la logique du néo-libéralisme dominante, il ne s’est pas créé une réelle solidarité et la question de l’efficacité de la gauche européenne reste posée.

Le monde a changé, les rapports de forces interétatiques ne sont plus les mêmes, les rapports de forces politiques, sociaux et économiques ne sont plus les mêmes, les rapports de force Nord-Sud ne sont plus les mêmes, les épicentres des mouvement d’émancipation et libérateur ne sont plus les mêmes. Mais le nouvel ordre mondial a aggravé les rapports dominants/dominés, colonisateurs/colonisés. Le capitalisme est toujours au fondement de la domination et de l’exploitation coloniale et sociale, nous sommes soumis aux mêmes maîtres, des maîtres dont les décisions sont de plus en plus exterritorialisées, loin de toute intervention et de tout contrôle citoyen, des maîtres qui nous mettent en concurrence, nous soumettent aux mêmes lois. Ce qui rend d’autant plus impératif de mener des luttes communes.

Sans cette solidarité, sans se sortir du double piège de l’aliénation colonialiste, dont nous ne sommes pas encore libérés et de l’aliénation néolibérale à laquelle il manque encore la radicalité d’un Fanon pour être dévoilée, on ne peut se libérer, ni les uns ni les autres, des lois de l’économie de marché, de la domination de l’idéologie néo-libérale auxquelles nous sommes soumis, nous ne pouvons faire prévaloir de la démocratie. Pour citer Jacques Bidet : « Auparavant n’existait que l’internationale : chaque classe exploitée se confrontait à sa classe exploiteuse, chaque peuple colonisé à son colonisateur. Et il pouvait s’établir entre eux une solidarité internationale. Aujourd’hui la logique du capital dessine l’horizon commun d’une histoire partagée. La lutte d’émancipation acquiert une perspective mondiale ».

Sortir du colonialisme, qui n’est nullement un système archaïque mais est aujourd’hui un constituant du système globalisé c’est, partant de mouvements locaux et nationaux, là où nous sommes, avec nos différences, nos expériences, en conjuguant nos mouvements, se donner la capacité d’influer sur l’ordre mondial.

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Note de Résistance 71, septembre 2019:

Tout ce que dit Nils Andersson est fort justement analysé, mais ce qu’il dit à la fin “se donner la capacité d’influer sur l’ordre mondial…” veut en d’autres termes dire:

“se donner la capacité” = pouvoir

pouvoir quoi ? “influer sur l’ordre mondial”, c’est à dire sur l’agencement, la décision politiques.

Ce que nous dit en d’autres termes Nils Andersson est de REPRENDRE LE POUVOIR… Mais pas pour en faire une nouvelle resucée de l’ordre ancien étatico-capitaliste, une énième et futile “réforme” d’un système qui ne peut être réformé, n’a jamais pu l’être ; mais bien au contraire de transformer cette réalité mortifère de la division et de la coercition à tout va pour en faire une réalité de notre humanité absolue et universelle, celle de l’amour, de la solidarité, de la paix, de l’entraide et de la compassion, nous faire entrer de plein pied dans la Société des Sociétés qui lâche prise des antagonismes et embrasse la complémentarité de notre diversité. Tout ceci bien considéré, on se rend alors bien compte qu’il n’y a pas de solution au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir. Il faut en sortir, le reléguer au musée des horreurs de l’histoire et avancer sur le seul véritable chemin de notre humanité vraie, celle de notre être profond réconcilié avec lui-même et la Nature.

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Lectures complémentaires:

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Peau_Noire_Masques_Blancs.Frantz_Fanon

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Manifeste pour la Société des Sociétés

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

6ème_déclaration_forêt.lacandon

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

Appel au Socialisme Gustav Landauer

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Nous_sommes_tous_des_colonisés (PDF)

Pierre_Clastres_De l’ethnocide

 

Leçon zapatiste d’autonomie politique dont les Gilets Jaunes devraient s’inspirer…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 16 septembre 2019 by Résistance 71


Zapatistes + Gilets Jaunes = Convergence

 

L’autonomie zapatiste avance et nous interpelle

 

Jérôme Baschet

 

Septembre 2019

 

url de l’article original:

https://www.lavoiedujaguar.net/L-autonomie-zapatiste-avance-et-nous-interpelle

 

Au Chiapas, le mois d’août a apporté une nouvelle réjouissante qui devrait susciter l’intérêt de toutes celles et ceux qu’atterrent l’emballement productiviste et sa spirale destructrice. Dans un contexte pourtant difficile, marqué par la nécessité de défendre leurs territoires face aux mégaprojets très offensifs du nouveau gouvernement mexicain, les zapatistes ont annoncé d’importantes avancées dans la construction de leurs instances d’autogouvernement, ainsi qu’une nouvelle phase d’échanges et d’interactions avec d’autres luttes, au Mexique et ailleurs.

Quatre nouvelles communes autonomes viennent s’ajouter aux vingt-sept qui existaient depuis 1994 et sept nouveaux caracoles [1], avec leurs « conseils de bon gouvernement » respectifs, s’ajoutent aux cinq déjà créés en 2003. Tout en invitant à participer à la construction de ces nouveaux caracoles (selon des modalités qui seront précisés ultérieurement), le même communiqué, signé par le sous-commandant Moisés, porte-parole de l’EZLN, annonce une impressionnante salve de rencontres, nationales et internationales : un Forum pour la défense des territoires et de la Terre-Mère, avec le Congrès national indigène et le Conseil indien de gouvernement, en octobre prochain ; un festival de cinéma « Puy ta Cuxlejaltic », prolongeant une initiative inaugurée en novembre dernier ; plusieurs rencontres consacrées aux arts, dans la suite des « pARTage pour l’humanité » organisés depuis 2016, mais cette fois spécifiques à chaque domaine, en y incluant la littérature ; une nouvelle rencontre pour débattre des sciences (« ConCiencias »), sans oublier, cette fois, les sciences sociales ; d’autres séminaires pour disséquer la Tourmente qui vient, dans le prolongement des débats engagés en 2015 avec « La pensée critique face à l’hydre capitaliste » ; une rencontre internationale des femmes qui luttent, comme celle que les femmes zapatistes avaient organisées seules, et sans la présence des hommes, en mars 2018 dans le caracol de Morelia [2] ; et d’autres initiatives encore à préciser et à imaginer. Enfin, ce même communiqué appelle à reprendre les discussions en vue de former un Réseau planétaire de résistances et de rébellions, permettant échanges et appui mutuel dans le respect de l’hétérogénéité des manières de penser et de lutter. Si de multiples initiatives en la matière sont souhaitables, les zapatistes indiquent que, plutôt que d’organiser une grande rencontre internationale, comme ils l’ont déjà fait par le passé, ils susciteront, cette fois, de petites rencontres « bilatérales » avec des groupes, collectifs et organisations impliquées dans les luttes sœurs, de par le monde.

On pourra être surpris par ces annonces, surtout si l’on se rappelle que, le 31 décembre dernier, les zapatistes avaient opté pour un repli face aux menaces gouvernementales, non sans rappeler leur capacité à défendre leurs territoires en cas d’attaque. Peut-être le premier geste, défensif et militaire, était-il nécessaire pour tenir les menaces à distance et permettre ensuite de faire un pas de plus dans la construction, civile, de l’autonomie. Sans doute fallait-il éviter de s’enfermer dans le piège d’un retrait et d’un silence trop prolongés. En tout cas, on aurait tort de croire que le contexte a profondément changé et que la tension provoquée par les mégaprojets lancés par Andrés Manuel López Obrador est retombée. Au Mexique, les attaques contre les territoires indiens et les assassinats de ceux qui les défendent se poursuivent. Le fait que les nouvelles initiatives zapatistes soient présentées comme une campagne dénommée « Samir Flores est vivant » — du nom de l’un des responsables indiens de la communauté d’Amilcingo (État de Morelos), froidement assassiné en février dernier pour participer à la lutte contre un projet de centrale thermoélectrique — est le rappel explicite de cette situation [3].

Les annonces qui viennent d’être faites sont incontestablement un signe de vitalité de l’autonomie zapatiste, capable de se projeter dans de nouveaux espaces qu’il faudra être en mesure de soutenir et de faire vivre, grâce à l’effort de toutes et de tous, et en particulier des nouvelles générations nées depuis le soulèvement de 1994 (« nous avons grandi et nous sommes devenus plus forts », disent les zapatistes, qui insistent aussi sur le rôle majeur des femmes dans les étapes récentes de l’autonomie). Mais il ne faut pas négliger le fait que cette action aux allures « offensives » (quoique civile) répond aussi à un besoin défensif. Elle est un autre moyen de répondre — par la construction et le renforcement des espaces autonomes — aux menaces qu’impliquent les grands projets du gouvernement mexicain, notamment le très mal nommé « Train maya », le « couloir transocéanique » de l’isthme de Tehuantepec (avec notamment les gigantesques parcs éoliens qui affectent les communautés de la côte Pacifique, et dans lesquels EDF est impliquée) ou encore la généralisation de plantations d’arbres fruitiers qui tentent de pénétrer les régions zapatistes. À cela, il faut ajouter le déploiement de la Garde nationale, corps de maintien de l’ordre militarisé tout juste créé par López Obrador : au total, ce sont onze mille nouveaux effectifs qui doivent prendre position au Chiapas, notamment pour contribuer à l’application des politiques migratoires imposées par les États-Unis (mais on peut remarquer que huit de ses treize bases au Chiapas sont situées dans les régions marquées par la présence zapatiste).

Même si on manque pour le moment d’informations sur la manière dont vont s’organiser les nouveaux « centres de résistance autonome et de rébellion zapatiste » [4] naissants, on peut supposer qu’ils répondent à des situations en partie différentes. Dans les zones où l’autonomie zapatiste est implantée depuis longtemps, de nouveaux caracoles devraient permettre d’en reconfigurer et d’en améliorer l’organisation. L’affirmation n’exclut pas, dans certains cas, un geste de défi : l’un des nouveaux centres va s’implanter à San Quintin, à proximité de l’une des principales installations de l’armée fédérale dans la forêt Lacandone, tandis que le Cideci-Université de la Terre, désormais transformé en caracol, regarde directement vers le monde urbain de San Cristóbal de Las Casas. Dans d’autres cas, l’autonomie s’affirme là où, jusqu’à présent, elle n’était pas explicitement présente, par exemple avec deux nouvelles communes autonomes assez éloignées des principales zones d’influence zapatistes : à Motozintla, près de la frontière guatémaltèque, mise à rude épreuve par les diktats trumpistes, et à Chicomuselo, région secouée par la résistance face à l’exploitation minière. Ailleurs, comme à Amatenango del Valle, de nouveaux centres se forment là où les communautés zapatistes étaient déjà bien implantées, mais sans s’être jusqu’à présent constituées en communes autonomes. Enfin, certaines localisations suggèrent une volonté de favoriser une plus grande interaction entre zapatistes et non-zapatistes dans la construction de l’autonomie — par exemple avec le caracol de Tila, petite ville qui s’est déclarée autonome il y a trois ans, sous l’égide du Congrès national indien.

Mais qu’est-ce que l’autonomie pour les zapatistes ? Loin de toute intention de se séparer du Mexique ou de s’enfermer dans une pure identité indienne, il s’agit pour ces femmes et ces hommes, mayas pour la plupart, de défendre une manière de vivre qu’ils ressentent comme leur, qui s’ancre dans un territoire singulier, préserve les liens de solidarité et d’entraide communautaire, fait valoir le respect du vivant qu’impose l’appartenance des humains à la Terre-Mère. Conscients que les politiques étatiques sont les vecteurs de la normalisation économique néolibérale, des grands projets destructeurs et de l’imposition des logiques de marché (transformation de la propriété sociale de la terre en propriété privée, primat des filières agro-industrielles, essor du consumérisme à travers des politiques de crédit agressives, etc.), ils en ont conclu qu’il n’y avait pas d’autre moyen, pour préserver ce à quoi ils tiennent, que d’entrer en sécession vis-à-vis du monde de l’économie et des institutions étatiques qui le soutiennent. C’est pourquoi ils ont élaboré leurs propres formes d’autogouvernement, avec des assemblées et des instances élues au niveau tant des villages et des communes autonomes que des régions qui en permettent la coordination. C’est pourquoi aussi, malgré d’immenses difficultés matérielles et dans un contexte largement adverse, ils ont créé de toutes pièces leur propre système de justice, de santé et d’éducation.

L’autonomie telle que la conçoivent les zapatistes consiste à se gouverner par soi-même, de sorte que la vie quotidienne s’organise conformément aux choix des habitants concernés. Cela suppose de se tenir à distance des institutions étatiques, désormais subordonnées aux logiques économiques qui entraînent le monde vers sa destruction accélérée. L’autonomie zapatiste récuse donc les cadres de la politique classique, fondée sur le principe de la représentation et centrée sur les partis et la compétition électorale pour le contrôle de l’appareil d’État. Elle déploie une autre politique qui part d’en bas, s’ancre dans les lieux de vie concrets et prend pour base la capacité des personnes ordinaires à s’organiser et à décider par elles-mêmes. Refus de la politique d’en haut et quête d’une politique d’en bas : il semble bien y avoir là un terrain d’affinité avec les aspirations qui se sont fait jour durant le soulèvement des GILETS JAUNES. (NdR71: les majuscules sont rajoutées par nos soins). À l’entrée des territoires zapatistes, de modestes panneaux expliquent : « Ici, le peuple dirige et le gouvernement obéit ». N’est-ce pas là l’expression d’une puissance populaire retrouvée et effectivement manifestée, en flagrant contraste avec la dépossession politique de plus en plus largement éprouvée par les habitants des démocraties représentatives ?

Les raisons ne manquent pas de s’intéresser à l’autonomie zapatiste, patiemment construite au cours des vingt-cinq dernières années. C’est aussi pourquoi l’appel à débattre de la formation d’un réseau planétaire de résistances et de rébellions devrait retenir l’attention de celles et ceux qui ne se résignent pas à la destruction du monde et qui considèrent qu’il n’y a pas d’autre moyen, pour tenter de l’interrompre, que de faire croître nos forces pour affronter l’hydre capitaliste et bloquer les rouages du monde de l’économie.

Notes

[1] Le terme signifie « escargot », la spirale étant très importante dans l’imaginaire maya-zapatiste. Les caracoles sont les centres régionaux de coordination où siègent les conseils de bon gouvernement et où sont réalisées les activités politiques et culturelles associant plusieurs communes autonomes.

[2] Voir « Première rencontre internationale, politique, artistique, sportive et culturelle des femmes qui luttent » (8-10 mars 2018, caracol de Morelia, Chiapas).

[3] « Au Mexique, les zapatistes du Chiapas s’opposent aux grands projets nuisibles ».

[4] Cette dénomination nouvelle englobe à la fois les communes autonomes et les caracoles.

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Lectures complémentaires:

Pierre_Clastres_Echange-et-pouvoir-philosophie-de-la-chefferie-indienne

Nous_sommes_tous_des_colonisés (PDF)

Leducation-comme-pratique-de-la-liberte_Paulo_Freire_1965

3ri-et-societe-des-societes-du-chiapas-zapatistes-aux-gilets-jaunes-en-passant-par-le-rojava-fevrier-2019

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Pierre_Bance_Lheure_de_la_commune_des_communes_a_sonne

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Manifeste pour la Société des Sociétés

Effondrer le colonialisme

6ème_déclaration_forêt.lacandon

 

Gilets Jaunes: Deux textes très utiles…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 14 septembre 2019 by Résistance 71

 

Résistance 71

 

14 septembre 2019

 

L’objectif profond du Mouvement des Gilets Jaunes est à terme, de changer de paradigme politico-social, d’en venir finalement à une société humainement viable et harmonieuse. Ceci ne pourra se produire que lorsque 10 à 15% de la population aura analysé, compris, intégré la réalité pour agir efficacement dans sa transformation vers la seule voie possible: celle de l’émancipation totale de l’aliénation générée par la division et l’antagonisme qui nous ont mené à la dictature étatico-marchande arrivée à son stade ultime.

Dans un souci de partage et de coopération, nous mettons à la disposition de toutes et tous, gratuitement, nos deux texte d’analyse critique de la situation de la société humaine afin de permettre le passage vers le changement radical (c’est à dire profond, depuis la racine) de notre réalité. Nous encourageons non seulement de lire individuellement ces textes, mais de les imprimer, de les mettre dans des classeurs en quelques exemplaires sur les ronds-points, dans les maisons du peuple, sur les lieux d’AG, partout où ils pourront être lus et surtout discutés, ensemble, collectivement.

Ces deux textes adressent le fondement même du mal qui ronge la société humaine, mais aussi, contrairement à bien d’autres textes, offrent une solution à mettre en place, sachant qu’il n’y a pas et ne saurait y avoir de solution au sein du système.

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


Aurore de la Société des Sociétés

 


Reconstruction Solidaire de notre Réalité

 

 

Solution anthropologique pour une société des sociétés

Posted in actualité, altermondialisme, démocratie participative, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés with tags , , , , , , , on 12 septembre 2019 by Résistance 71


… des sociétés

 

Résistance 71

 

12 septembre 2019

 

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie
(Version PDF)

 

En octobre 2017, nous avons publié un « Manifeste pour la société des sociétés » après plusieurs années de recherches historiques, anthropologiques, philosophiques et de mises en commun d’idées et d’analyses (parfois saugrenues) nécessaires à la réflexion critique entreprise.

Ce manifeste revisite et analyse quelques 1,8 millions années d’histoire de l’humanité et se termine par un exposé de ce que nous pensons être une sérieuse tentative de débroussaillage du chemin menant à un changement de paradigme politique viable et durable ayant pour but l’émancipation totale de la société humaine.
Pour ce faire, nous avons patiemment, au fil du temps, étudié les recherches historiques, anthropologiques, archéologiques de scientifiques exemplaires, souvent inconnus du grand public. Des gens intègres et sérieux comme Marcel Mauss, Pierre Clastres, Robert Jaulin, Jacques Lizot, Marshall Sahlins, James C. Scott, Charles McDonald, David Graeber, Alain Guillerm, Howard Zinn, Jean-Paul Demoule, Marylène Patou-Mathis.
Dans cette liste le second nommé fut sans aucun doute une révélation et un phare dans notre quête de réponses aux questions sur la société humaine, son organisation, l’origine de l’État, de la coercition, de la violence et pourquoi l’humanité en est là où elle en est aujourd’hui. Peut-on changer quelque chose radicalement ou sommes-nous voués à notre autodestruction sous le joug d’une entité factice et imposée ?

Si la réflexion et les résultats des recherches de Clastres, anthropologue politique anarchiste français (1934-1977) nous guida grandement, elle nous mena aussi à l’impasse de la question contradictoire (ce qu’on appelle une aporie en philosophie) à laquelle il était parvenu, mais que son décès précoce ne lui permit ni de formuler, ni bien sûr de solutionner.
Lors de la rédaction du « Manifeste pour la société des sociétés », nous nous sommes rendus compte que nous avions potentiellement résolu l’aporie à laquelle Clastres était parvenu.
Dans ce second essai, nous tentons de la formuler dans le contexte de son apparition au gré de la recherche de l’anthropologue et nous nous appuyons sur notre « manifeste » pour la résoudre et, nous le pensons, offrir une voie, certes en la circonstance toujours théorique, pour un changement radical (en remontant à la racine même du problème) de paradigme politique débouchant à terme sur la mise en place d’une société des sociétés, fondée sur la complémentarité et le lâcher prise de tous les antagonismes factices.

Sans plus attendre, nous vous livrons notre réflexion que nous laisserons un moment décanter sans plus rien publier pendant quelques temps comme nous l’avions déjà fait en 2017 pour le « manifeste ».
Nous répondrons bien entendu à tous commentaires et avons créé une adresse courriel spécifique sur laquelle vous pouvez nous contacter:
anthropologie.politique@protonmail.com

Merci à Jo pour la mise en page que nous désirions sobre.

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie
(Version PDF)

 


… politique

Escroquerie du Réchauffement Climatique Anthropique: La part de foi dans les prédictions des modèles… (Dr Roy Spencer)

Posted in actualité, altermondialisme, écologie & climat, média et propagande, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, réchauffement climatique anthropique, résistance politique, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 10 septembre 2019 by Résistance 71

 

Le composant de foi dans les prédictions du réchauffement climatique anthropique

 

Dr. Roy Spencer

 

8 septembre 2019

 

url de l’article original:

http://www.drroyspencer.com/2019/09/the-faith-component-of-global-warming-predictions/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il y a déjà 10 ans que j’ai abordé ce problème dans un billet de blog spécifique (NdT: voir le lien sous l’article), j’ai donc pensé que cela en valait la peine de le revisiter. Je le mentionne de temps en temps, mais ce qu’il dit est si important, qu’il faut toujours le répéter, encore et toujours.

Je continue d’appliquer simplement ces concepts, nouvelle tentative donc.

Ce qui suit est le plus concis que je puisse faire.

  1. Le changement de température en tout, y compris le système climatique, est le résultat d’un déséquilibre entre le taux de gain et de perte en énergie. Ce raisonnement provient de la 1ère loi de la thermodynamique. Un truc de base.
  2. 2 Le réchauffement global est supposé être dû à un petit déséquilibre (de l’ordre de 1%) entre la lumière solaire absorbée et l’énergie infrarouge perdue dans l’espace, ce en moyenne sur la Terre, causé par une augmentation du CO2 atmosphérique résultant de la combustion de sources d’énergie, de carburant fossile.
  3. 3 Mais nous ne savons pas si le système climatique, sans l’influence humaine, est dans un état de déséquilibre naturel quoi qu’il en soit. Nous ne connaissons pas la quantité moyenne de lumière solaire absorbée ni l’énergie infrarouge émise au travers de la planète, que ce soit par observation ou par des principes physiques premiers, nous ne le savons pas de manière si précise afin de blâmer le plus récent réchauffement sur les humains plutôt que sur la nature elle-même. Les meilleures estimations actuelles, fondées sur une variété de données, est d’environ 239-240 Watts par m2 pour ce flot d’énergie. Mais nous n’en savons en fait vraiment rien.

Lorsque les premiers modèles climatiques informatiques sont construits, ce flot d’énergie globale moyenne entrant et sortant du système climatique ne s’équilibre pas. Donc, les modeleurs ajustent tout chiffre des processus incertains dans les modèles (par exemple, la paramétisation des nuages) jusqu’à équilibre. Ils déroulent le modèle pour disons, 100 ans et s’assurent qu’il n’y a pas ou peu de variation de température sur la longue durée pour vérifier qu’il y a équilibre.

Puis, ils ajoutent l’effet de radiation des infrarouges de l’augmentation du CO2, qui crée un déséquilibre énergétique. Le réchauffement se produit. Puis ils disent quelque chose comme: “Vous voyez ? Le modèle prouve que le CO2 est responsable du réchauffement que nous avons depuis les années 1950.

Mais ils n’ont fait que démontrer ce qu’ils assument depuis le départ. C’est un raisonnement circulaire. Une tautologie. La preuve est abondante que la nature crée également un déséquilibre dans l’énergie totale, par exemple le grand réchauffement avant les années 1940 ; le petit âge de glace ; la période chaude médiévale. C’est pourquoi beaucoup de climatologues essaient de purger ces évènements des archives historiques, pour faire croire que seuls les humains causent un changement climatique.

Je ne dit pas que l’augmentation du CO2 ne provoque pas de réchauffement, je dis que nous n’avons aucune idée de la quantité de réchauffement qu’il provoque parce que nous n’avons aucune idée des déséquilibres énergétiques naturels existant dans le système climatique pour disons, les derniers 50 ans. On assume simplement que ces déséquilibres n’existent pas.

(et non, il n’y a aucune empreinte humaine sur le réchauffement. Tout réchauffement global, qu’il soit naturel ou causé par l’Homme, se ressemble. Si un déclin naturel des nuages marins était responsable, ou un déclin de renversement océanique, tous deux possibles dans un système chaotique, le réchauffement serait toujours plus grand au dessus de la terre qu’au dessus des océans, plus important dans les couches d’eau moins profondes que dans les couches d’eau profondes et plus important dans les grandes latitudes nord et moindre dans les grandes latitudes sud).

Ainsi, les projections faites concernant le réchauffement climatique comportent un grand élément de croyance, de foi programmée en elles.

Article mentionné par Spencer dans le 1er paragraphe:

http://www.drroyspencer.com/2010/01/a-demonstration-that-global-warming-predictions-are-based-more-on-faith-than-on-science/ 

Lectures complémentaires:

Manuel_du_sceptique_climatique_No1

Manuel du Sceptique II-V4

 

Tyrannie technotronique… Qui est derrière le projet de génocide planétaire par la 5G ?… (Dean Henderson)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 9 septembre 2019 by Résistance 71

« Un corps scientifique auquel on aurait confié le gouvernement de la société finirait bientôt par ne plus s’occuper du tout de la science mais d’une toute autre affaire et cette affaire, l’affaire de tous les pouvoirs établis, serait de s’éterniser et de rendre la société confiée à ses soins toujours plus stupide et par conséquent plus nécessiteuse de son gouvernement et de sa direction… »
~ Michel Bakounine ~

 

 

Qui est derrière la réduction programmée de l’humanité ?

 

Dean Henderson

 

7 septembre 2019

 

url de l’article original:

https://hendersonlefthook.wordpress.com/2019/09/07/whos-behind-the-5g-cull-of-humanity/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

MAJ 10 septembre 2019:

Scientist 5G appeal

en français: Alerte_scientifiques_medecins_5G

 

En 1999, l’informaticien de Hewlett Packard (HP), Richard P. Walker, reçut une patente pour ce qui allait être connu comme “l’internet de toute chose”, connu aujourd’hui sous le nom de 5G (NdT: pour communication électronique de 5ème génération). Walker et le reste de ses collègues de la Silicon Valley en Californie, reçurent de la technologie militaire via Lockheed Martin et IBM.

HP mit en place la même année Agilent Technologies comme véhicule par lequel la patente de Walker porterait ses fruits. Toutes les patentes subséquentes ayant rapport avec la 5G allaient par la suite être absorbées par Agilent, que ce soit dans le domaine de la surveillance, de la cybernétique, de l’ingénierie génétique, du puçage électronique humain (RFID) et des “wet works”.

la corporation qui pousse la patente de Walker à Agilent est SERCO, une entreprise britannique très puissante proche de Lockheed Martin, de General Electrics (GE) et de BAE. La première et la seconde de ces entreprises sont les deux plus gros contractants de la “défense” (lire armement) au monde. Tous les quatre font parties de Crown Agents USA Inc. La plus grosse part de SERCO était historiquement contrôlée au travers de British Nuclear Fuels (BNFL) et la reine Elisabeth II d’Angleterre.

En 2009, BNFL fut fermée après avoir créé sa maison succursale avec Westinghouse. Ils avaient acheté Westinghouse en 1999, 4 ans après que Westinghouse eut acheté la chaîne CBS. Les centrales nucléaires de BNFL furent privatisées en 1996 et furent reprises par British Energy. La même année, BNFL ferma ses portes et British Energy fut racheté par EDF (France).

En 2000, SERCO  et Lockheed Martin prirent le contrôle du site d’armement britannique Aldermaster. Elles contrôlaient également les deux-tiers de British Atomic Weapons Establishment (AWE). Le troisième tiers était détenu par BNFL Durant la dernière décennie, AWE a commencé à exporter de l’uranium enrichi américain volé depuis Eunice, NM au travers de sa succursale Urenco. Le PDG d’Urenco Stephen Billingham vient de British Energy. Ils furent aidés dans cet effort par le Highland Group auquel sont associés les Clinton et Robert Mueller (NdT: ex patron du FBI).

SERCO contrôle l’immigration et possède des laboratoires de recherches biologiques (sur les pathologies…) au Royaume-Uni et gère des centres de détention et des hôpitaux en Australie et en Nouvelle-Zélande. Mais le gros de ses revenus provient de contrats avec le gouvernement américain, contrats qui ne furent pas l’objet d’appels d’offre et reçus par le biais de membres de son bureau des Senior Executive Services (SES). Le SES consiste en des initiés de l’intérieur qui ne peuvent pas être virés après un an de service. Le président Obama a nommé 8000 d’entre eux.

Les membres du SES sont en fait des agents de la couronne britannique qui donnent des contrats avec le gouvernement américain, des innovations, des ressources et de l’information sensible à leurs patrons de la couronne (NdT lire la City de Londres)

SERCO reçoit entre 15 et 20 milliards de dollars par an en contrats gouvernementaux US. L’entreprise gère 63 tours de trafic aérien, gère le Obama Care, gère et opère les parcmètres et orodateurs des villes ainsi que les bus, les trains, des prêts offshore avec sa Overseas Private Investment Corporation (OPIC) et gère aussi les envois et correspondances de l’USAID (NdT: façade internationale de la CIA).

Mais 75% des contrats obtenus par SERCO sont avec le ministère de la défense. Avec des bureaux dans les centres de blanchiment d’argent sale de la couronne dans les îles de Guernesey, Jersey, les Île Caïmans, SERCO gère la “sécurité” pour toutes les branches, succursales de l’armée américaine et de nos services de renseignement.


…arme de destruction massive !

SERCO est profondément impliquée dans le programme spatial américain au travers d’Aerospace Corporation, qui prévoit de déployer quelques 24 000 nouveaux satellites au capacité 5G via Elon Musk’s SpaceX et Amazon’s OneWeb dans l’année qui vient. SERCO  a aussi des contrats avec La Millenium Foundation de Bill Gates, impliquant la stérilisation des Africains et des Indiens par la moyen de la vaccination.

Fondée en 1929, SERCO est sortie de RCA, une autre entreprise de la couronne qui s’est essentiellement métamorphosée en GE. RCA est plus connue pour son électronique de consommation mais ses affaires principales ont été dans les systèmes radars militaires et les équipements sonar. C’est cette même technologie qui est maintenant déployée en tant que 5G, dans mon livre, Big Oil & Their Bankers…, je démontre RCA comme étant primordiale dans l’assassinat du président Kennedy par les agents de la couronne.

Au début des années 60, RCA a développé le système britannique du Ballistic Missile Early Warning. Dans les années 80, ils reçurent le contrat de support de la nouvelle Agence Spatiale Européenne et commencèrent à entretenir les éclairages publics de la vile de Londres. En 1987, la vaste majorité de RCA est absorbée par GE, ce qui resta de l’entreprise devint SERCO. Dans les années 90 SERCO rendit ses “services” internationaux, en se focalisant sur les pays de l’alliance des 5 yeux: GB, Canada, USA, Australie et NZ. Le Canada, l’Australie et la NZ font partie du Commonwealth et sont donc sous contrôle direct de la couronne (City de Londres). SERCO commença aussi à opérer chez les pays marionnettes de la couronne, ces pays monarchiques de l’alliance de la coopération du Golfe au Moyen-Orient, là-bas. l’entreprise opère les systèmes de contrôle aérien. Elle a aussi gagné le contrôle de l’administration de l’aviation civile irakienne. Tout ceci rend beaucoup plus facile les trafics de drogue, d’armes, de pétrole et d’êtres humains de la couronne en provenance de cette région.

SERCO offre un “soutien technique” à l’accélérateur de particules du CERN en Suisse, gère les services de transport du North District Hospital de Hong Kong (un autre centre majeur du trafic de la drogue) et fournit un “soutien” aux bases militaires des pays des 5 yeux. SERCO gère aussi le laboratoire national de physique de GB et entraîne des soldats aux Etats-Unis et en Allemagne.

SERCO domine les contrats passés par le Department of Homeland Security (NdT: DHS, la Stasi américaine…) et est en charge de la région 9 de la FEMA qui inclut l’Alaska, Hawaii et la côte ouest américaine, qui a fait l’expérience il y a peu d’une série de catastrophes pas si naturelles que ça. SERCO a commencé à fournir un soutien informatique au parlement européen en 2014, a commencé à entraîner des pompiers américains en Afghanistan en 2016 et a commencé à opérer l’European Meteorological Satellites en 2017.

La spécialité de SERCO est de gérer des données cybernétiques très sensibles, incluant les archives criminelles, les archives des permis de conduire, les archives des vaccinations, les bases de données d’ADN et les archives militaires et de communication. Ceci les place dans la position de pouvoir totalement contrôler les gouvernements des pays des 5 yeux ainsi que leurs citoyens.

Mais l’infiltration du GCHQ (NdT: le QG du renseignement britannique) la plus importante par SERCO s’est produite en 2015 lorsque lui fut accordé le contrat de patente de classification aux Etats-Unis, qui la mit essentiellement en charge du bureau américain des patentes. Avec cette capacité, l’entreprise est capable de diriger et de gérer la patente Walker 5G dans la direction désirée par la couronne.

Cette direction, d’après leurs propres documents, est une réduction de 70% de la population britannique pour 2025 avec une réduction similaire pour le monde. SERCO est gérée par deux chevaliers hospitaliers britanniques. Sir Roy Gardner est la patron de SERCO qui s’occupe, d’après le site internet même de  l’entreprise, des “relations avec la City de Londres et les actionnaires majeurs” (la reine Elisabeth II). Le CEO Rupert Soames est le petit-fils de Winston Churchill. En 2010, il fut nommé Officier de l’ordre de l’empire britannique (qui bien sûr n’existe pas…). Tous deux proviennent de l’agent de la couronne GE, qui fabrique des compteurs intelligents et les lumières LED qui sont déployés avant la 5G. Monsanto (maintenant partie du descendant de la très nazie IG Farben, Bayer), est aussi très étroitement contrôlé par la couronne, ce qui explique pourquoi elle continue à empoisonner l’humanité avec le RoundUp.

Beaucoup de gens identifient maintenant les multiples menaces envers l’humanité, des chemtrails à la fluorisation de l’eau en passant par les vaccins, le glyphosate (RoundUp de Monsanto) et la 5G. Cet éveil s’est développé au point que l’establishment est maintenant en train de bannir ce type d’information de son internet DARPA (NdT: agence de recherche du Pentagone d’où émane initialement l’internet…). Quelques autres ont identifié ces attaques comme une tentative coordonnée de réduire la population mondiale de l’ordre de 90%.

Mais la prochaine chose à faire dans cette enquête criminelle ni plus ni moins, est la plus importante et se doit de devenir le point de focalisation. Nous devons identifier ceux qui perpétuent tout ça. Depuis des décennies l’oligarchie banquière dégénérée a exprimé son obsession de la surpopulation (NdT: ça a commencé au XVIIIème siècle avec le pasteur Malthus dont l’idéologie a infecté le darwinisme pour en faire un darwinisme social toxique). Le propre mari de la reine Elisabeth, le prince Philippe, a exprimé son désir d’être réincarné en un virus capable de détruire l’humanité.

Mais apparemment, la couronne n’attend pas après ça. Dans son programme accéléré pour éliminer des milliards d’êtres humains de cette planète, SERCO est la goupille qui implique la couronne en tant que perpétratrice de ce génocide impeccablement préparé. La technologie 5G est un outil clef dans leur plan génocidaire et doit être stoppée.

Quiconque protégeant ou permettant à ces criminels de mettre en place leur plan est un traître. Tous les gens au courant doivent transmettre ceci à leurs famille, amis, voisins et agences appropriées (NdT: pas d’accord avec Dean là-dessus, le système pédale sous contrôle et ne fera rien pour contrer la 5G et autres, mis à part quelques initiatives sporadiques qui seront écrasées… On ne peut pas se fier aux agences internes, trop de fonctionnaires ont peur de se retrouver à la rue… Le seul espoir c’est nous, les peuples). Il est grand temps de focaliser toute notre énergie sur l’ennemi et d’interner de toute urgence tous ces sociopathes lucifériens avant qu’il ne soit trop tard.

 


Les hordes génocidaires du NOM

 


Les harpies de la 5G

 


Stoppons la grille de contrôle planétaire !