Archive pour crise économique

Changement radical: Une possibilité d’organisation de la société du futur (AIT, Bâle, 1869)

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Voici, présentée par l’AIT (1ère Internationale), réunie en congrès à Bâle en septembre 1869, une possibilité d’organisation de la société du futur sur une base économique. C’est une possibilité, à laquelle nous n’adhérons pas dans la mesure où, avec le recul possible du temps (le texte ci-dessous fut écrit en 1869 rappelons-le) et de la connaissance anthropologique, le marasme de la société humaine ne peut pas avoir de solution économique, mais seulement politique en relation avec la division politique (et non pas économique, cf P. Clastres) origienelle de la société.

D’autre part, il est ici fait état de changer le mode organisationnel de la société en attendant de pouvoir supprimer le salariat, cet esclavage des temps capitalistes modernes. Cette proposition est de la même veine que la proposition marxiste de saisie du pouvoir par le prolétariat organisé en son parti communiste, exerçant sa dictature (sur qui ?) jusqu’à la disparition inéluctable de l’Etat, remplacé par la société communiste achevée. Ici, organisons-nous différemment afin de préparer l’éradication du salariat. Les anarchistes affirment qu’il faut se défaire de l’État sans “attendre” son éventuelle “chute” des plus aléatoires, aux mains du prolétariat organisé. De même, pourquoi “attendre” pour se départir du salariat. Ceui-ci doit être éradiqué en même temps que l’État. Ceci découlera naturellement de la redilution du pouvoir politique dans le peuple, pouvoir qui réintégrera le corps social et ne pourra plus nuire aux mains de contrôleurs privilégiés organisés en entité séparée du corps social. En cela, la solution à nos problèmes est politique et non pas économique.

Nous présentons le texte ci-dessous afin de montrer qu’il peut aussi exister des solutions fondées sur le mode de fonctionnement “économique” de notre société, même si celles-ci ne peuvent être qu’incomplètes et sujettes. à terme. à corruption. Elles valent d’y réfléchir.

~ Résistance 71 ~

A lire: “Appel au socialisme” pour une société des sociétés de Gustav Landauer, 1911

 

Vers la société du futur

 

Jean-Louis Pindy

 

AIT, congrès de Bâle, septembre 1869

 

url de l’article original:

https://robertgraham.wordpress.com/2017/09/09/the-origins-of-anarcho-syndicalism-the-1869-basle-congress/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Nous anticipons que les travailleurs s’organisent de deux façons: premièrement, en groupement local qui permettra aux travailleurs de la même zone de se lier entre eux de manière quotidienne ; puis en se reliant à des localités, régions variées etc.

Le premier mode: ce groupement doit conserver les relations politiques de la société existante qu’il remplace avec un certain avantage. Ceci a été jusqu’ici l’approche de l’International Working Men’s Association (NdT: AIT ou Association Internationale des Travailleurs plus communément connue sous le nom de la 1ère Internationale, qui vit une lutte d’influence entre marxiste et anarchiste, Marx finissant par réussir à en faire expulser les anarchistes…) De manière implicite et là où sont concernées les sociétés mutualistes, se situe la fédération des sociétés locales, s’aidant l’une l’autre au moyen de réunions de discussions des affaires sociales, de prêts et , de concert, prenant des mesures d’intérêt mutuel.

Mais, alors que l’industrie se développe, un autre type d’organisation en parallèle de l’ancienne est nécessaire. Dans chaque pays, les travailleurs sentent bien que leurs intérêts sont inter-connectés et communs et qu’ils se retrouvent incapacités un par un. Le futur demande une organisation qui va au-delà des limites des villes et qui ignore les frontières, établissant une relocalisation rapide du travail à l’échelle mondiale ; pour satisfaire ce double besoin, les sociétés de commerce doivent être organisées internationalement: chaque corps de commerce devrait maintenir un échange de correspondance et d’information au sein du pays et avec les autres pays (…)

Ce type d’association devient alors un facteur de décentralisation, car il n’est plus question de fonder un centre industriel dans chaque pays, chacun d’entre eux se retrouvant concentré là où il est le plus développé, par exemple dans le cas de la France, tandis que la houille sera fédérée autour de St Etienne, les ouvriers de la soie seront fédérés autour de Lyon et les industries de luxe autour de Paris. Une fois ces deux organisations mises en place, le travail s’organise dans le présent et pour le futur afin d’éliminer l’esclavage du salariat. (…)

L’association des différentes corporations sur la base de la ville ou du pays mène à la Commune du futur, tout comme l’autre mode d’organisation mène à la représentation future du travail.

Le gouvernement (L’État) est remplacé par des conseils des corps de commerce et par un comité de leurs délégués respectifs, supervisant les relations du travail qui prendront la place de la politique (..) Nous proposons les solutions suivantes:

“Il est de l’avis commun que tous les travailleurs devraient activement s’engager dans la création de fonds de soutien aux grèves dans les différents corps de métier et de commerce.

Alors que ces sociétés prennent forme, elles invitent des sections, des groupes fédérés et des conseils généraux afin de maintenir les sociétés d’une même corporation informées, de façon à ce qu’elles puissent procéder à la formation de corps d’associations au niveau national.

De telles fédérations devront être chargées de collecter et rassembler toute information concernant leur industrie respective, supervisant les étapes à prendre de concert, régulant les grèves et travaillant activement pour leur succès, jusqu’à ce que le temps vienne pour que l’esclavage du salariat soit remplacé par la fédérations des producteurs libres.”

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Finance et Nouvel Ordre Mondial: l’axe Rockefeller / Morgan et le monopole financier (Dean Henderson)

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A lire du même auteur: Les huit familles de la réserve fédérale

Lire « Le dossier Rockefeller »

 

L’axe Rockefeller / Morgan

 

Dean Henderson

 

1er septembre 2017

 

url de l’article original:

https://hendersonlefthook.wordpress.com/2017/09/01/the-rockefellermorgan-axis/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En 1904, John Moody, fondateur de la Moody’s Investor Services, a déclaré qu’il était impossible de parler des intérêts des familles Rockefeller et Morgan comme séparés. En 1975, des 14,5 milliards de dollars de revenus en provenance du pétrole moyen-oriental arrivant aux Etats-Unis, 78% étaient déposés dans juste 6 mega-banques: Chase Manhattan, Morgan Guaranty Trust, Citibank, Bank of America, Manufacturers Hanover Trust et Chemical Bank. Dans les années 1960, l’économiste Peter Dooley identifia 15 groupes financiers majeurs aux Etats-Unis. Le groupe Rockefeller/Morgan faisait passer les 14 autres pour des nains. Il contrôlait 5 ou 6 des mega-banques mentionnées ci-dessus. La Bank of America quant à elle était contrôlée par les Rothschild. Le groupe contrôlait également le fond banquier du Banker’s Trust et Master Card.

Une étude faite en 1980 par le comité sénatorial sur les affaires gouvernementales intitulée “La structure de la concentration entrepreneuriale”, dit ceci: “Les institutions financières, parties ou extensivement inter-reliées  avec le complexe Rockefeller/Morgan, sont les forces dominantes de l’économie.” L’axe Rockefeller/Morgan contrôlait la télévision américaine au travers de 23% des parts de CBS, 25% des parts d’ABC et 7% de NBC. Le groupe contrôlait la 20th Century Fox, le New York Times, Columbia House, et AOL Time Warner. Il possédait les compagnies aériennes Northwest, American et United Airlines. Dans le secteur minier, le conglomérat contrôlait ASARCO, Reynolds et Kennicott. Leur Citigroup menait la charge dans la formation de holdings bancaires, qui permettaient aux mega-banques de consolider leur contrôle sur le monde et son économie au travers une propriété directe des actions des multinationales.

Le sénateur Lee Mercalf (D-MT) a fait une enquête au milieu des années 1970 sur la concentration du pouvoir économique aux Etats-Unis. Il a trouvé que la Chase Manhattan Banks des Rockefeller était parmi les 10 premiers actionnaires de 42 entreprises utilitaires de haut niveau américaines. Citibank une des 10 top propriétaires de 41 de ces entreprises. Manufacturers Honover était parmi les top 10 actionnaires de 31 entreprises. Ces trois là plus Chemical Bank contrôlaient 38% de tous les dépôts étrangers aux Etats-Unis Un rapport de la banque fédérale de 1973 a dit que 9 mega-bannques de New York détenaient 90% de la dette de l’industrie pétrolière, 75% de la dette des industries du caoutchouc et chimique et 66% de la dette de la sidérurgie et de la métallurgie.

Presque tous les présidents de la Fed sont venus des rangs du conglomérat Rockefeller/Morgan. Paul Volcker venait de la Chase Manhattan. Lorsqu’il est parti de la Fed il est devenu le président de la Commission Trilatérale fondée par David Rockefeller. Assumons qu’il ait eu une promotion… Alan Greenspan a succédé à Volcker comme président de la Fed. Il venait du Morgan Guaranty Trust  et a servait au comité directeur d’Exxon-Mobil des Rockefeller. Le premier gouverneur de la Fed fut Paul Warburg de la dynastie banquière allemande, tandis que le premier gouverneur de la Fed de New York fut Benjamin Strong de chez Morgan.

Le conglomérat Rockefeller/Morgan contrôle trois des quatre cavaliers du pétrole, essentiellement au travers de sa holding banquière et des comités directeurs inter-reliés, Il n’était que naturel qu’en 2000, la Chase Manhattan, qui avait déjà absorbée Manufacturer’s Hanover Trust et Chemical Bank, fusionne avec la descendante de la banque Morgan la Morgan Stanley et le Morgan Guaranty Trust et J.P. Morgan & Company pour former la JP Morgan Chase. Les géants banquiers Morgan et Rockefeller, grands recycleurs des pétrodollars en provenance d’Iran, d’Arabie Saoudite et des autres émirats membres du CCG, étaient maintenant unifiées.

Avec l’évènement du marché des futurs pétroliers en 1973, l’industrie pétrolière devint de plus en plus sous le contrôle des banquiers d’investissement. Comme l’a si bien dit une ancienne source de l’industrie du transport pétrolier du Fearnly’s Research de Norvège: “Aujourd’hui, entre le moment où un pétrolier est chargé disons à Dubaï et le moment où il est déchargé disons dans une raffinerie de Rotterdam, ce chargement pourrait être vendu 15 ou 20 fois ou même plus. Les marchés dérivatifs ont rendu tout cela possible… soit sur le London International Petroleum Exchange où se négocie le Brent de la Mer du Nord ou sur le Nymex (New York Mercantile Exchange), à New York, où les contrats du west Texas Intermediate sont négociés. Aujourd’hui le marché est complètement dominé par les traders, les courtiers.

En 2000, le raffineur de pétrole Tosco, qui avait acheté bien des raffineries obsolètes suite au passage de la loi sur l’air pur de 1990, a enregistré une action légale de 10 millions de dollars dans le district sud de New York et son tribunal fédéral. L’affaire accuse Arcadia petroleum, la compagnie commerciale pétrolière du japonais Mitsui, ainsi que le courtier pétrolier suisse Zug, d’utiliser des dérivatifs et des futurs pour étouffer le marché sur le London Exchange, ce qui a fait s’envoler le prix de l’essence.

Une semaine plus tard,  le président vénézuélien de l’OPEP Ali Rodriguez contra la propagande des médias américains disant que l’OPEP était responsable du pic des prix pour 2000, en émettant un rapport documentant que 8 US$ par baril est pompé par les courtiers sur la spéculation des marchés futurs. Le rapport argumentait que “la spéculation sur les marchés futurs et la manipulation des cours du marché du Brent sont les véritables causes de l’explosion des prix du pétrole ces derniers 15 mois…”

Les joueurs dominants des marchés futurs du pétrole sont les géants de l’investissement de Wall Street Morgan Stanley Dean Witter, Lehman Brothers, Golsman Sachs (par sa filiale de J.Aron), Citigroup’s Salomon Smith Barney (par Philbro), Merrill Lynch, UBS Warburg et Banker’s Trust.

Crise permanente du capitalisme… Pour ceux qui n’auraient pas encore compris qu’…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , on 13 septembre 2017 by Résistance 71

Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais ! Il est plus que grand temps d’agir et de mettre en mouvement la société des sociétés.

~ Résistance 71 ~

 

La prochaine crise systémique est déjà là

 

Badia Benjelloun

 

4 septembre 2017

 

url de l’article original:

http://www.librairie-tropiques.fr/2017/09/le-diagnostic-geopolitique-du-dr-benjelloun-la-crise-en-marche.html

 

Le FMI a récemment alerté les Usa sur la situation de leurs firmes dont le niveau d’endettement facilité par des taux d’intérêts très faibles risquent de compromettre la stabilité du système financier (1). C’est le cas particulièrement du secteur de l’énergie, de l’immobilier où la dette représente 4 à 6 fois les fonds propres. (2) L’actuelle reprise des forages pour exploiter le gaz de schiste au Dakota, au Texas et en Virginie avec de nouveaux prêts accordés bénéficie de la remontée du cours du baril depuis la restriction de l’offre mondiale résultant des accords Russie-Séoud pour l’OPEP.

La demande mondiale est atone, en accord avec la stagnation de la croissance mondiale. Un rebond de la consommation mondiale au deuxième trimestre est lié à un appétit plus important (2’) de l’Inde en hydrocarbures, géant continental qui est totalement dépendant de ses importations. Un contrat de dix ans signé au 2016 avec la Russie pour 100 millions de tonnes livrables en 10 ans assurera son ravitaillement. Rosneft a de plus acquis Essar Oil, une raffinerie sur la côte Ouest de l’Inde d’une capacité de 400 000 barils/jour. (2’’)

L’énorme dette privée étasunienne s’est encore accrue avec des prêts à la consommation, hausse au recours aux cartes de crédit de plus de 4% (encours de 880 Milliards) et prêts automobiles et dette étudiante. Elle continue de reposer sur les emprunts des particuliers. Le crédit immobilier en constitue une part majoritaire (8400 milliards sur 12 600) mais il recule dans sa composition.

Les constructeurs automobiles voient leur chiffre de vente baisser en 2017 et leur prévision pour 2018 n’est pas meilleure. Le nombre de stock d’invendu n’a jamais connu un pic de cette ampleur et le prix de l’occasion s’affaisse. La bulle de 1100 milliards du prêt pour l’automobile, grandement encouragé par les incitations fiscales de l’administration précédente est près d’éclater. (3)

La dette étudiante a atteint 1480 milliards en avril 2017. Les frais de scolarité ont grimpé 4 fois plus vite que les prix à la consommation en 40 ans. Trois raisons se sont conjuguées, une forte demande, une baisses des aides des collectivités et des revenus moindres des fonds d’investissement des universités depuis la dernière crise de 2007. C’est l’État fédéral qui est prêteur à plus de 70% à ceux qui espèrent tirer de leurs titres universitaires une source de revenus. La rente de ce prêt figure dans ses revenus, au même titre que ses recettes fiscales en baisse continue. En avril 2016, selon le Wall Street Journal 22 millions d’Étasuniens étaient en retard de leur paiement et un emprunteur sur 6, soit 3,6 millions d’ex étudiants, est en situation de défaut sur sa dette . Il n’a effectué aucun remboursement depuis plus d’un an. 3 millions ont obtenu un rééchelonnement de leur dette. Cette situation illustre la stagnation du « marché du travail », avec un chômage des diplômés du supérieur qui suit la courbe générale du chômage. La contraction de leurs salaires de 8%, rend encore plus difficile le remboursement de leur dette.

La dette publique des Usa caracole cette année vers les 20 000 milliards de dollars, elle dépasse largement le PIB. Elle est grosse d’un problème majeur jusque là occulté. Il s’agit des ponctions réalisées par l’État fédéral dans les fonds de réserve de la Sécurité Sociale et des retraites pour son fonctionnement alors qu’il s’est amputé de ses ressources pour réduire les impôts payés par les firmes. (4) Il est estimé que si les taux de rendement des fonds de pensions publics se situent à un niveau de 4% et non de 7% comme tel qu’il est apprécié par leurs gestionnaires, le manque de provisionnement des rentes à servir est de 5000 à 8000 milliards de dollars et non de 2000. (5) Une armée de futurs retraités, celle qui aura survécu à la dépression et à la dépendance aux opioïdes, va s ‘apercevoir que ses cotisations n’ont été investi ni dans l’appareil productif ni dans les infrastructures ni dans l’éducation de ses enfants. Qu’il lui faudra continuer à travailler si elle trouve à s’employer dans les petits boulots.

L’instance capitaliste dominante est en quasi-faillite permanente.

Elle semble dépendre de deux ingrédients, la dette et la guerre.

Elle a vu fondre sa classe moyenne, passée de 54% à 50% en 20 ans avec de plus un revenu médian en baisse constante. (6) 70% du PIB est porté par la consommation, donc il lui faut s’endetter.

Ce que masque mal l’alignement de ces données c’est la rétribution plus faible des salariés et une distribution du revenu de la production en faveur du capital. Un taux de chômage savamment maîtrisé contracte la masse salariale autochtone et favorise l’extorsion de la plus-value. Un autre mécanisme intervient pour la contenir à ce stade du capitalisme mondialisé.

La concurrence salariale exogène.

A côté des déplacements d’unités de production vers des pays où la classe des travailleurs n’est pas organisée et n’a pas l’expérience des luttes accumulée depuis le triomphe du mode de production industriel capitaliste en Occident, un autre mécanisme la contient et la livre sans défense au capitalisme mondialisé.

L’impérialisme ne se contente plus de la liberté de circulation des capitaux et des marchandises.

Jusque là la main d’œuvre, source de plus-value à l’origine du profit était localisée à une nation. Ces trois dernières décennies se sont caractérisées par l’expansion de l’utilisation d’un salariat immigré dans les pays du Centre avec une accélération de ce phénomène depuis l’encouragement de mouvements migratoires liés aux guerres fomentés dans les pays périphériques. Cette mutation sociale a des conséquences sur la forme des antagonismes sociaux, leur expression politique, leur ‘ethnicisation’.

Trump a été élu sur la base de ses promesses intenables de fermer les frontières aux migrants mexicains et de restreindre sinon d’abolir les permis de travail HB1 pour les travailleurs qualifiés asiatiques et européens.

Le problème est configuré de manière analogue en Europe.

L’agriculture californienne ne peut se passer des Mexicains illégaux.

Le tourisme français incorpore notoirement des sans-papiers, de même pour le bâtiment et les travaux publics.

Il existe également une pression sur les salaires des travailleurs intellectuels en raison de l’emploi par les firmes (en particulier de la Silicon Valley) d’étrangers avec des visas HB1. (7)La concurrence de jeunes diplômés venus de pays tiers, l’Inde et la Chine fournissent moins, le différentiel des salaires et l’environnement sont désormais moins attractifs, reflète la division internationale du travail et l’existence de nations dominantes qui aspirent à elles à moindre coût toutes les ressources, y compris ‘humaines’.

Trump a été élu sur la base de ses promesses intenables de fermer les frontières aux migrants mexicains et de restreindre sinon d’abolir les permis de travail HB1 pour les travailleurs qualifiés asiatiques et européens. L’importation d’une main d’œuvre étrangère massive a été rendu possible par l’extrême prolétarisation des populations dans les pays périphériques en raison de l’échange inégal, économique et politique, imposé depuis la divergence installée au 19ème siècle. Elle est visible. Mal vécue par les couches sociales qui sont victimes de cette concurrence, elle est exprimée par des choix électoraux xénophobes.

Le problème est configuré de manière analogue en Europe. Le parti de la famille Le Pen n’a pas été porté au pouvoir car il est resté une entreprise familiale de peu d’envergure qui n’a pas convaincu des segments suffisamment importants du secteur financier.

Effacement des nations.

 

Ainsi, le capitalisme après avoir désagrégé les communautés rurales, dissous les corporations artisanales, aboli les frontières pour les capitaux après deux guerres mondialisées sur le sol européen pour le partage des marchés et des colonies, est en train d’effacer les nations. Les puissances impériales du siècle dernier avaient redessiné selon leur gré d’un coup de crayon et d’une règle les limites des pays qu’ils n’ont plus administrés directement. Progressivement, elles-mêmes se trouvent engagées dans un processus de disparition. Les unités capitalistiques parcellaires en raison d’un phénomène de concentration extrême tendent à devenir une seule entité. Si la Deutsche Bank tombe, c’est aussi la BNP, la Société Générale et beaucoup d’autres.

Les nations bourgeoises et jacobines surgies sous la pression d’une classe de marchands alliée à des monarchies absolues qui ont stérilisé les classes féodales n’ont plus d’autre raison d’être que le prélèvement de l’impôt pour servir les intérêts de sa dette auprès de ses prêteurs privés et assurer une fonction de surveillance et de répression policière voire armée (8) des populations. Les monopoles semblent suffire à la tâche. En Vingt ans, Google a absorbé près de deux cent sociétés dont les activités étaient voisines des siennes (9). Le partenariat récent avec Walmart pour lancer un commerce en ligne et rogner le périmètre d’Amazon la lance dans la concentration horizontale (10) et indique qu’il n’y a plus de limite aux tailles de telles monstrueuses entités.

L’uniformisation du monde est en cours par la domination sans précédent de quelques firmes qui infligent au marché mondial leurs produits ‘spécifiques’. Ils sont si peu spécifiques et si peu indispensables que la ponction prioritaire du profit va à leur « marchandisation », le discours et ses moyens de persuasion. La fabrication de la camisole idéologique et sa dispersion est elle-même une industrie à part entière avec son réseau d’ouvriers spécialisés, pourvus de compétences techniques en matière d’images, de films et de scénarisations et de tropes sophistes.

Leurs prouesses en particulier le retournement du sens des notions en leurs contraires sont appréciées par les commanditaires de psy-ops.

La rhétorique de la guerre préventive permanente et la libération de peuples qui subissent une destruction de leur pays et de leur mode de vie et de pensée lors de campagnes de bombardement en sont des produits dérivés.

Le système a un besoin vital pour sa dynamique d’une polarisation du monde et de sa représentation en deux zones ou catégories énergétiques. Sans l’existence de deux phases hétérogènes, pas de circulation, pas de marchandises, pas de profit.

Une fois réglée (en apparence seulement) la question du communisme par la disparition de l’URSS, Al Qaida a été remise en service. La création occidentale de cette nébuleuse qui allait porter un coup fatal à l’Urss en l’enlisant en Afghanistan et la prolifération de ses multiples avatars permet l’occupation militaire d’une zone charnière entre l’Orient et l’Occident. Les conflits de cette intensité sont le carburant indispensable à la Pax Americana, ventes d’armes et incitation à l’enrôlement par Facebook de clients au suicide pour « Allah » compris.

Mais ils sont aussi un accessoire plus que nécessaire pour susciter un antagonisme racial dans les contrées occidentales entre les ‘indigènes’ qui voient se rétrécir leurs privilèges de natifs de pays dominants et les importés plutôt basanés et souvent musulmans.

Le travail incessant des filiales sans nombre de l’institution Georges Soros en témoigne. Elles ne sont pas découragées par ce qui sert encore de cadre étatique en Occident alors que leur mode de financement est aisément consultable. L’Open Society irrigue aussi bien les Antifas à Charlottesville , le CCIF (11) en France que les organisations en faveur des migrants qui se révèlent être parfois de simples trafiquants d’êtres humains. (12)Il dispense ses deniers également aux mouvements d’extrême-droite, sans quoi le spectacle serait imparfait.

Le paradigme de la guerre permanente vécu dans leur chair par les peuples arabo-musulmans ne recouvre qu’imparfaitement celui du Monde (capitaliste) en Crise Permanente.

Les périodes de développement homogène inter-critiques sont révolues.

Les turbulences majeures- recherche éperdue du redressement des taux de profit en chute, comment vendre à une populace sous-payée, l’équation est aussi triviale, observables depuis plus de 20 ans ne peuvent faire ignorer une tentative de restauration de l’humanité dans un contexte qui privilégie son émancipation et d’abord de celui de sa reproduction, subsistance et éducation- transmission de savoirs et de croyances.

Elle persiste par endroit et ne cherche qu’à trouver moyen d’éclore.

La crise prochaine est déjà là, elle est permanente.

Notes:

  1. http://www.imf.org/en/publications/gfsr/issues/2017/03/30/global-financial-stability-report-april-2017

voir chapitre 1 pages 7 à 9

  1. http://www.businessinsider.fr/us/debt-credit-npl-10-anniversary-jim-cramer-cnbc-meltdown-2017-4/

(2’) http://www.lepoint.fr/economie/petrole-l-aie-releve-sa-prevision-de-demande-mondiale-pour-2017–13-07-2017-2142827_28.php

(2’’) https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/010187939150-rosneft-frappe-un-grand-coup-sur-le-marche-indien-2108746.php

  1. https://www.lesechos.fr/17/02/2017/lesechos.fr/0211808135967_le-buzz-des-etats-unis—alerte-sur-la-dette-des-menages-americains.htm#
  2. http://www.les-crises.fr/dette-intragouvernementale/
  3. http://www.zerohedge.com/news/2017-08-31/pension-ponzi-exposed-minnesota-underfunding-triples-after-tweaking-one-small-assump
  4. http://www.latribune.fr/economie/france/la-classe-moyenne-disparait-aux-etats-unis-beaucoup-moins-en-france-550359.html
  5. https://www.france-esta.fr/visa/h1b-travail/
  6. https://www.vox.com/policy-and-politics/2017/8/28/16214600/trump-police-military-sessions
  7. https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_acquisitions_de_Google
  8. http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/walmart-et-google-annonce-un-partenariat-dans-le-commerce-en-ligne-1240721.html
  9. http://raton-laveur-l-aigle.hautetfort.com/george-soros-le-diable-s-habille-en-open-society/
  10. https://lecanarddechaineblog.wordpress.com/2015/09/17/trafic-trs-juteux-dtres-humains-financ-par-lopen-society-foundation-de-george-soros/

Résistance politique: Du réformisme syndical à la révolution sociale (sur une base d’un édito de la CNT-SO)

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Dans le contexte étatico-capitaliste de circonstance, ce que disent ci-dessous les compagnons de la CNT-SO est on ne peut plus juste, et leur action de terrain est hautement respectée, mais voilà… le piège tendu par l’oligarchie est celui de maintenir la lutte syndicale dans le réformisme, dans “l’aménagement” de la misère et de la précarité pour qu’elles deviennent plus “supportables”. Dans ce contexte précis, l’autogestion ne devient que l’autogestion de la même merde capitaliste, simplement laissé aux ouvriers et salariés. Beaucoup (trop) de compagnons tombent dans ce piège.

La seule solution est la révolution sociale, le tsunami qui emporte tout du monde obsolète étatique et capitaliste pour faire place à la société des sociétés, celle des associations libres  et des communes émancipées et confédérées, latente car fondement de l’organisation sociale humaine depuis quelques centaines de milliers d’années. Les compagnons des syndicats peuvent avoir une grande importance, celle de la coordination sur le terrain de la seule grève ayant un sens politique: la grève générale illimitée et expropriatrice !

Tout le reste n’est que réformisme béat et donc à terme… pisser dans un violon !

En bref: mettre un terme à  l’État, au capitalisme, au salariat, à l’économie de marché, à l’argent et au fétichisme de la marchandise en ayant présent à l’esprit en toute circonstance, que la solution n’est pas économique, mais politique. Mettre fin à la relation dominant/dominé, exploiteur/exploité n’est pas un acte économique, mais politique. Il faut abattre la pyramide du pouvoir, celle devenue exogène à la société, sortie de solution du peuple, pour l’y retourner, rediluer le pouvoir dans le(s) peuple(s). éliminer le rapport dominant/dominé, c’est faire en sorte que le pouvoir ne soit plus séparé du corps social, qu’il soit un et total avec le peuple, de là s’ensuivra une responsabilité croissante d’un mode de production qui ne sera plus basé sur l’argent, le profit, la spéculation et l’exploitation, mais sur la juste répartition en fonction des besoins et des capacités de chacun.

~ Résistance 71 ~

Édito : Macron : un gouvernement au service du fric et des patrons !

Confédération Nationale des Travailleurs-Solidarité Ouvrière

Bulletin été 2017

Source: http://www.cnt-so.org/Bulletin-de-la-CNT-Solidarite581

Pierre Gattaz, le patron du MEDEF peut être « sur un nuage », Macron veux passer en force, par ordonnances, d’ici septembre, sa nouvelle réforme du droit du travail qui viendra aggraver les logiques de la loi El Khomri et laminer toujours plus nos droits. D’autres attaques se profilent avec des mesures visant au démantèlement de la protection sociale solidaire et un nouveau coup d’austérité qui touchera durement les services publics et les fonctionnaires.

Les concertations prévues cet été sont bidons, le gouvernement déroule les mesures prévues dans le programme présidentiel de Macron et cherche même à aller plus loin. Les syndicats qui se prêtent à la mascarade du dialogue social avec le gouvernement ont tout faux. Plus que jamais, ce n’est pas de « partenaires sociaux » dont nous avons besoin mais de syndicats forts et combatifs pour nous défendre, gagner de nouveaux droits et porter collectivement le projet d’une autre société ! Tout est question de rapport de force, organisons-nous sans plus tarder !

Dans la bataille sociale à venir, il s’agit d’abord d’identifier et de comprendre les dangers, afin d’argumenter pour mobiliser sur nos lieux de travail et de vie. Avec ce quatre-pages d’analyse, la CNT – Solidarité Ouvrière essaye de forger un outil, au service de la lutte. Bonne lecture !

Macron : un gouvernement au service du fric et des patrons !

La loi El Khomri démultipliée

Plafonnement des indemnités prud’homales

Macron avait déjà introduit un barème indicatif suivant l’ancienneté dans l’entreprise avec sa loi de 2015. Il va plus loin en proposant un plancher et un plafond obligatoire pour les licenciements abusifs. Une nouvelle fois, ce sont les capacités de défense juridiques des salarié.e.s qui sont mises à mal : cette mesure favorisera les licenciements en faisant baisser le montant des réparations financières.

Liberté de négociation locale quasi totale

La loi El Khomri avait déjà inversé la hiérarchie des normes (primauté de la loi sur l’accord de branche puis d’entreprise) mais uniquement sur le temps de travail. Cette fois-ci tout sera directement négociable dans l’entreprise, au-delà du socle minimal du Code du travail. La portée des accords de branches, au nombre considérablement réduit (de 50 à 100 au lieu de 700 environ actuellement), serait limitée aux minimas salariaux et à l’égalité professionnelle. Avec le chantage permanent au licenciement, une faible syndicalisation particulièrement dans les TPE et PME, le rapport de force sera extrêmement défavorable aux salarié.e.s et nos droits tirés vers le bas !

Le référendum d’entreprise initié par les patrons

Avec la loi El Khomri, un accord d’entreprise devait être validé par des syndicats représentant au moins 50 % des salarié.e.s ou par une consultation directe des salarié.e.s basé sur un accord minoritaire (30%). Désormais l’employeur pourra lui même convoquer ces « référendums » et disposera d’un moyen de pression supplémentaire. Loin d’un dialogue social apaisé vanté par les macronistes, nous savons bien que la réalité du terrain dans les entreprises, c’est la guerre totale des patrons contre les syndicats qui refusent la collaboration et une pression continuelle sur les salarié.e.s.

Fusion des institutions représentatives des personnels (IRP)

Toutes les entreprises pourront désormais fusionner leurs IRP (délégué.e.s du personnel, CE, CHSCT) en une délégation unique (DUP). Cette fusion vise a réduire le nombre de représentant.e.s donc de salarié.e.s protégé.e.s. Les militant.e.s seront submergé.e.s par les tâches de chaque mandat et auront moins de temps pour l’action syndicale.

Le démantèlement de la protection sociale solidaire

Baisse des cotisations sociales pour les entreprises et indépendants

Nous allons avoir encore droit aux même recettes libérales avec des exonérations massives de cotisations sociales pour les indépendants et les entreprises (baisse de 6% et objectif zéro cotisation pour un salarié au SMIC soit une baisse de 10 %). L’objectif est clairement affiché : « rendre le travail moins cher pour les employeurs », en baissant nos salaires. Rappelons-le, les cotisations sociales ne sont pas des « charges » mais une partie intégrante de nos salaires, socialisés pour nous protéger des aléas de la vie. Les réduire, c’est réduire les salaires (voir le zoom en page 4) !

Basculement du financement de la protection sociale vers l’impôt

Les cotisations sociales maladie et chômage vont être supprimées pour les salarié.e.s et remplacées par une hausse de la CSG. On touche au cœur même de la sécurité sociale , en s’éloignant toujours plus d’un système de répartition solidaire entre salariés pour poursuivre son étatisation. En prélude à sa privatisation ? Dans ce cadre, la hausse des salaires nets, si elle est réelle, est un attrape-nigaud ! Si on assèche les sources de financement de la protection sociale, il faudra bien compenser le manque (le fameux trou !) soit par une baisse des services, des hausses d’impôts ou la privatisation de pans entiers de la protection sociale.

Répression des chômeurs.euses

La possibilité de toucher des allocations après une démission cache un flicage accru des chômeurs.euses avec un renforcement des sanctions (suspension des allocations après deux refus d’offre d’emploi « décent »). Il n’est pas certain que nous ayons la même définition d’un « emploi décent » que Pôle Emploi, là encore il s’agit de faire pression pour tirer nos conditions de travail et nos droits vers le bas.

Retraite à points

La réforme envisagée reste encore floue. Il s’agirait d’évoluer vers un système unique public/privé dit de « comptes notionnels » où chacun alimentera un capital individuel virtuel, revalorisé chaque année selon la croissance des salaires. Le total des droits accumulés serait converti au moment de la retraite en une pension, à l’aide d’un coefficient de conversion fonction de l’âge de départ, de l’année de naissance ou encore de l’espérance de vie de chaque génération. Au regard des conditions spécifiques de carrière, des règles de cotisations actuellement très différentes, notamment entre public et privé, il y a fort à parier que cette réforme fera de nombreux perdants. La possibilité de modifier régulièrement le coefficient de conversion fait aussi peser une lourde incertitude sur le montant réel des pensions à l’arrivée. Ce système incitera globalement à travailler plus vieux puisque plus l’âge de départ sera élevé plus la pension sera importante. De même, pour une espérance de vie supposée plus longue pour une génération, il faudra choisir entre partir plus tard ou avoir une pension moindre. Sauf que le choix sera fait individuellement et non plus en reculant clairement un âge de départ commun à tous, encore un tour de passe-passe macroniste pour rendre indolore une régression !

Casse des services publics et austérité pour financer les riches

Les dépenses publiques sabrées

Macron, c’est la poursuite de l’austérité avec un objectif annoncé de réduction des « dépenses publiques » à 50 % du PIB qui est chiffrée à 60 milliards sur 5 ans mais qui pourrait être bien supérieure (jusqu’à 170 milliards selon certains économistes). Derrière ces chiffres, c’est inévitablement une diminution de la qualité des services publics pour les usager.e.s et une dégradation des conditions de travail pour les fonctionnaires.

120 000 suppressions de postes et des droits amputés

Première conséquence de ces « économies », la suppression programmée de 120 000 postes dans la fonction publique (50 000 pour l’État et 70 000 pour la territoriale). Cela sera un nouveau coup dur pour des services publics déjà très fragilisés par les suppressions massives de la dernière décennie. Le poids sera important pour les collectivités locales qui devront faire avec moins d’agents alors que de nombreuses compétences leur ont été déléguées ces dernières années. Pour compenser, il est bien sûr envisagé de s’attaquer aux statuts (recrutement hors statuts, recours aux contractuels et/ou au privé).

Des sacrifices à sens unique

Le but de cette politique austéritaire est clairement affiché : financer les plus riches et les entreprises. En plus des réductions de cotisations, les entreprises vont bénéficier d’avantages fiscaux : notamment un taux d’imposition des sociétés abaissé à 25%. Macron projette de faire baisser la fiscalité sur les revenus fonciers et les dividendes ou encore de supprimer l’ISF pour le remplacer par un impôt sur la seule fortune immobilière, facilement contournable.

ZOOM : Le salaire socialisé, c’est quoi ?

Un employeur.e fait deux versements, l’un au salarié.e qu’il emploie, le salaire direct, composante individuelle ou salaire net au bas de la feuille de paye, l’autre aux caisses de Sécurité Sociale (chômage, maladie, retraite, etc.) sous forme de cotisations sociales proportionnelles au salaire direct : c’est la composante collective, le salaire indirect ou salaire socialisé.

La cotisation sociale fait donc partie intégrante du salaire. Réduire la cotisation sociale, sous prétexte de soulager les « charges » de l’entreprise, c’est réduire le salaire ! Elle n’est pas un prélèvement ou une charge, ni un impôt, ni une taxe, ni une épargne, ni une assurance mais du salaire ! Salaire lui-même défini en référence à un barème, un tarif négocié au sein des conventions collectives, basé sur une grille de classification et non pas sur les résultats de l’entreprise.

Cette cotisation sociale est répartie entre la part du salarié.e et la part dite patronale. Versée aux caisses, elle est immédiatement transformée en prestations sociales (elle transite en flux direct). Elle établit clairement le fait qu’à chaque instant, c’est le travail productif qui crée la valeur finançant la protection sociale, dont les retraites. C’est donc le salaire socialisé qui, en France, finance la protection sociale.

Le salaire socialisé permet la reconnaissance sociale de toutes les situations des travailleurs.euses et de prendre en compte les aléas de la vie. Qu’ils soient actifs.ves, précaires, chômeurs.euses, retraité.e.s, les salarié.e.s sont reconnus en tant que travailleurs.euses : le/la chômeur.euse indemnisé comme un salarié.e demandeur.euse d’emploi, le.la retraité.e, comme un salarié.e pensionné.e.

Cet aspect est fondamental car il pose comme principes :

  • la solidarité entre les travailleurs.euses
  • il confisque aux représentant.e.s de l’État la gestion d’une partie des revenus des travailleurs.euses : le salaire socialisé. L’État intervient par l’impôt dans une logique d’assistanat, d’aide aux plus pauvres. Grâce à la cotisation, il n’y a pas de « pauvres » mais des « salarié.e.s inactifs.ves », dont le revenu est maintenu.
  • La cotisation est une arme économique au service des travailleurs.euses. Elle permet de financer les retraites, les allocations familiales, les remboursements des frais médicaux de millions de salarié.e.s. Elle est indexée sur le salaire net, et suit donc son évolution.

En tant que révolutionnaires, nous ne nous contenterons pas de maintenir le statu-quo de comptes «  équilibrés » de la Sécu. Les richesses produites dans les entreprises sont le fruit de l’activité des travailleurs.euses, elles doivent donc leur revenir !

Ensemble revendiquons !

  • Refus des nouvelles mesures Macron
  • Abolition des lois Macron de 2015, El Khomry de 2016
  • Retour sur l’ensemble des contre-réformes depuis 1993 sur les retraites et la sécu, gestion directe des caisses par les travailleurs-euses
  • Au delà, il impératif demain de :
  • Travailler moins  : 30h hebdomadaires sans baisse des salaires,
  • Travailler tous : répartir la charge de travail pour faire cesser la précarité et le chômage,
  • Travailler autrement : autogestion et contrôle ouvrier sur les entreprises

Bilderberg 2017: les invités français… et autres…

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Bilderberg 2017 Chantilly USA les invités français… et autres

Résistance 71

2 juin 2017

Source: Réseau Voltaire

Cette année, la liste des participants a tardé à être publiée. La réunion secrète de l’élite du Nouvel Ordre Mondial se tient cette année et pour la 4 ème fois à Chantilly dans l’état de Virginie aux Etats-Unis du 1er au 4 juin.

Les élections française étant terminée et leur larbin de remplacement (Macron de chez Rothschild) étant en place, il y a peu de Français cette année à la réunion, Ils sont au nombre de six:

  • Henri de Castries: ex-patron du groupe d’assurance AXA et président de l’Institut Montaigne
  • Nicolas Baverez: éditorialiste au Figaro et au magazine Le Point
  • Thomas Buberl: président du groupe AXA
  • François Lenglet: chef du service économique de France 2 (service public !)
  • Benoît Puga: ancien chef d’état-major particulier de présidents de la république française (Sarkozy et Hollande)
  • Bruno Tertrais: directeur adjoint de la fondation pour la recherche stratégique

Invités intéressants:

Voir la liste sur l’article du Réseau Voltaire, mais à noter que seront présents:

  • Tiankai Cui: ambassadeur de Chine à Washington (quand on vous dit que la Chine fait partie du Nouvel Ordre Mondial… pas d’invités russes chaque année…)
  • Niall Ferguson: historien britannique de la colonisation et chercheur au Hoover Institute de l’université de Standford en Californie. ( même pédigré et même lieu de recherche qu’un autre célèbre historien britannique que nos lecteurs connaissent bien: Antony Sutton, qui lui n’a jamais été invité au Bilderberg ou s’il le fut pour le faire rentrer dans le rang, refusa l’invitation… Gageons que les recherches de ces deux historiens ne débouchent pas sur les mêmes conclusions… Ferguson, historien de la colonisation, tiens donc… une feuille de route à suivre ?…)
  • Pas mal de banquiers de tous les pays occidentaux et de journalistes et responsables de chaînes et éditorialistes

Renaissance de la conscience politique: Redevons le peuple, car celui-ci manque à l’appel…

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Soyons ce peuple qui manque

 

Thomas Moreau

 

9 mai 2017

 

url de l’article original:

http://www.revue-ballast.fr/soyons-peuple-manque/

 

Les pires choses ont une fin, et celle de la campagne présidentielle ne se paie pas, ou si peu, le luxe du soulagement : seulement du sursis — il ne tient qu’aux têtes dures de transformer ce répit en offensive. C’est d’ailleurs l’objet du présent texte aux allures de manifeste : revivifier la démocratie, ancrer l’émancipation, réveiller l’imaginaire, fabriquer des socialistes, renouer pratique et pensée, bref, écrit l’auteur, cesser de « pétrir la matière politique qu’à seules dates fixes ».

Pléthore sont les spécialistes1 à avoir émis, depuis bien longtemps, l’avis de décès du caractère démocratique de nos sociétés libérales et représentatives — ces représentants qu’Étienne de La Boétie qualifiait déjà de « mange peuple ». Cette démocratie n’est qu’un hochet frénétiquement secoué par la bourgeoisie républicaine afin d’asseoir et de perpétuer sa domination économique, politique, sociale et culturelle sur les démunis. La récente élection lève, une fois de plus, le rideau sur la nature post-démocratique de nos institutions : le vrai vainqueur est l’abstention — 21,8 % des inscrits (auxquels il faut ajouter environs 10 % de non inscrits) au premier tour ; 18,02 au second. Ces contempteurs du vote proviennent pour la plupart des quartiers populaires, de la classe ouvrière et employée. Une démocratie post-démocratique ? Oui, car les droits juridiques élémentaires, déjà malmenés par l’État et ses dépositaires, risquent de pâtir plus encore, nouveau mandat oblige. Le régime Hollande a donné le la — état d’urgence continuellement prolongé et mise en place de nouveaux outils pénaux et administratifs —, qu’il suffira d’étendre pour encadrer de plus belle les populations (la répression dans les quartiers populaires et lors des manifestations contre la loi Travail indiquent le chemin). Signe des temps présents : Macron a annoncé publiquement qu’il allait gouverner par ordonnances. Le caractère inégalitaire du débat ou de l’espace dit « public » est intégré : le CSA a ainsi jugé que l’égalité stricte commençait deux semaines avant le premier tour et que le temps de parole devait, en amont, être jaugé sur le seul principe de l’équité (son communiqué ne cache pas les inégalités de temps de parole, patentes, ni son échec dans sa mission d’arbitre). Il a suffi d’un ouvrier — partout moqué — pour déchirer, le temps d’un live, l’entre-soi des belles personnes. Emmanuel Macron a bénéficié de l’alignement des planètes de l’oligarchie : sa légitimité n’est que peau de lapin, l’honorant même du titre de président le moins bien élu de la Ve République.

Revivifier la démocratie

Il n’est pas question de diminuer le signifiant démocratique ; il s’agit de lui donner une substance, et non une forme, à même d’induire une pratique active et régulière. Le peuple ne saurait se plaindre d’être représenté s’il consent au principe représentatif ou borne son propre rôle à quelque vote épisodique. Sa participation à la vie de la Cité est un préalable au statut plein et entier de citoyen — ce que l’on nomme « protagonisme » en Amérique latine. Pour ce faire, une démocratie revivifiée dépend de trois champs, à labourer avec attention : la structure organisationnelle, le processus démocratique et l’implication du citoyen. Comme toute structure, une organisation fabrique de la hiérarchie et du pouvoir — des moyens simples permettent de les sangler : le mandat impératif, la démocratie directe, la rotation des mandats, l’abolition de la différenciation entre tâches manuelles et intellectuelles, un droit de priorité de parole aux minorités… Une démocratie vivifiée se doit de suivre un processus long, dans lequel la parole est distribuée en égalité comme en équité : les femmes, les racisés et les moins dotés en divers capitaux doivent être prioritaires dans l’attribution de la parole, sans toutefois les y contraindre. La démocratie est le dissensus — le référendum de 2005 fut en cela exemplaire, au regard de la durée et de la qualité des échanges organisés par les citoyens eux-mêmes : il permit d’impliquer en éduquant, par le questionnement collectif. L’organisation a tendance à tuer le non-similaire, le questionneur, le pas de côté, quand ces éléments forment l’ensemble des touches qui brossent le portrait d’un intellectuel collectif se nourrissant des singularités. Mettre un bulletin dans une urne ne consiste pas à voter pour tel ou tel candidat de quelque émission de télé-crochet musical. Ne pétrir la matière politique qu’à seules dates fixes, c’est prendre le risque de trop étreindre, donc de mal embrasser. Un citoyen entier ne se pose pas la question de sa capacité d’agir ou de peser ; il fait. L’économiste et fondateur de Socialisme ou Barbarie, Cornélius Castoriadis, avait déjà repéré les signes d’une barbarie soft à venir : « Il n’y a pas seulement la dilapidation inversible du milieu et des ressources non remplaçables. Il y a aussi la destruction anthropologique des êtres-humains transformés en bêtes productrices et consommatrices, en zappeurs abrutis2»

Le ventre mou de la classe moyenne

Le prolétariat — entendu comme la classe sociale opposée à la classe capitaliste — ne cesse de se diversifier, sans néanmoins avoir conscience de sa force : son remplacement par le « précariat » le situe dans un rapport de soumission alors qu’il est le producteur de richesse. Son salaire ne correspond, en valeur absolue, qu’à quelques heures par jour sur la totalité du mois : le reste est capté par un patron et les professions d’encadrement qui pantouflent dans des bullshit jobs3. Prestidigitateur sans pareil, le capital cache cet état de fait en s’attaquant à la construction même de nos individualités. Par la marchandisation du monde, des êtres et des choses, le capital est parvenu à effectuer la jonction entre une fabrique égotique du moi et l’intégration d’un ordo-libéralisme faisant de l’individu le seul responsable de sa réussite ou de sa déchéance sociale. Ce prestidigitateur joue sur le désir d’appartenance à la classe moyenne — ce ventre mou vers lequel tout le monde se projetterait sans vraiment en être. Le tour de magie consiste à développer des modes de consommations au rabais, ressemblant de loin à celui des classes supérieures : le Club Med était une forme de tourisme de nantis camouflés sous les hardes de la consommation de masse ; Uber est un service de taxi réalisé par des défavorisés ; Airbnb transforme votre espace le plus intime en hôtel… Ce ne sont plus des services mais un rang social apparent désirable, car voulu par une supposée majorité de personnes : la dernière décennie se plut à multiplier les besoins superflus. Cette promesse, ce sous-texte, se déploie de la publicité à la promesse-sésame cachée du nouveau président à ses vaillants électeurs. La déconnexion entre le travail et la consommation s’avère de plus en plus prégnante : le revenu universel, porté par Hamon, en constitue la traduction électorale.

Le ressentiment social, le bluff ou l’émancipation

Cette marchandisation du monde se retrouve dans la votation, devenue acte de consommation électorale. Lors des élections, les dominants de tout poil ont, par leur bulletin, comme réflexe premier de maximiser leur rente et leurs divers capitaux : la messe est dite. Les masses déshéritées peuvent se tourner vers des partis du ressentiment social, souvent orienté contre des individus, eux aussi vulnérables, et non contre les structures mêmes de l’ordre économique dominant. Les populations fragilisées peuvent faire le choix de l’abstention — ce qu’elles font majoritairement —, par lassitude, par désintérêt ou par rejet d’un système institutionnel et politique qui, d’alternance en alternance, ne change rien, sinon la couleur de ses cravates. Dans les anciennes citadelles ouvrières — les fameuses « banlieues rouges » —, elles maintiennent cependant quelque horizon émancipateur — a minima (France insoumise), ou plus radicalement (NPA, LO). Enfin, elles peuvent céder à la séduction du mythe du self-made-man, fort des slogans bruyants de l’auto-entrepreneuriat (En marche ! en est le parangon). Contrer, ne serait-ce que partiellement, le saccage de nos conquis sociaux — par un Macron, une Le Pen ou un Fillon — tenait, au premier tour, de la toilette minimale. Gardons-nous de fétichiser l’urne : c’est même le moindre moyen de transformation sociale, par les temps qui courent. Bien plus qu’une vaste recomposition partisane et politicienne (toujours trop intégrée au système et sans grands effets matériels chez les gens ordinaires), il importe de recréer, sans délai, un imaginaire capable de révéler notre force collective.

Insuffler un autre imaginaire 

La critique n’aura bientôt plus d’intérêt — nous hésitons même à recourir au présent. De siècle en siècle, les textes s’accumulent et les théoriciens théorisent. La lutte contre le capitalisme ne saurait se borner à quelque invocation : elle se fait dans la tête, dans nos modes d’êtres, d’échanger et de consommer. Cela passe par le fait de (se) dégager du temps, en cette ère d’accélération constante du quotidien, puis de (se) donner les moyens d’être enfin citoyen. L’heure de cette idée est venue, chacun le sait, le sent : elle flotte dans l’air. Déjà plus que palpable lors du 15-M, d’Occupy Wall Street ou de Nuit debout, la question démocratique fut un thème majeur, bien qu’intrinsèquement biaisé, de la dernière campagne. Déjà effectives, au quotidien, chez les anarchistes, les conseillistes et les communistes libertaires, cette pratique émancipatrice de la démocratie assure la réconciliation entre individu (désormais capable dans la Cité) et souci du commun — il aide, en sus, à croiser pratiques et théories. C’est sur la base des mouvements sociaux existants que doit s’opérer cette démocratisation des structures du pouvoir afin de contrer l’ensemble des hiérarchies institutionnelles à l’œuvre à tous les niveaux territoriaux (local, régional, national, extra-national), et ce dans tous les domaines. Cette prise de conscience de la force des collectifs et des communs est un agent de transformation également individuel : il charrie des modes de vie à impacts sociaux — citons, entre cent, ces formes d’auto-limitation volontaire et d’augmentation des liens et des formes de solidarités et de sociabilités (le convivialisme comme éthique de vie). La création de nouveaux imaginaires passe aussi par l’élaboration de cadres permettant au citoyen d’acquérir un pouvoir sur (la domination, l’exploitation, l’exclusion…), un pouvoir de faire (d’action), un pouvoir avec (dans la diversité des composantes) et un pouvoir dedans (dans un groupe qui diminue les effets de pouvoir).

L’idée socialiste en quête de relais

Autres temps, autres lieux, mais la militante libertaire Lucy Parsons avait déjà saisi les manquements du tout-urne : « N’allez pas croire que les riches vous autorisent un jour à leur ôter leur richesse par les urnes. » L’aspect spectaculairement ridicule de la dernière séquence électorale démontre combien cette seule voie tient de l’impasse. Il est temps de remettre en cause le fétichisme, hégémonique, au sein de la gauche, du processus électif, perçu comme horizon légitime. Si Podemos s’affiche en perte de vitesse, c’est en partie qu’il a tourné le dos aux luttes. Le continuum entre engagement partisan et les combats de terrain n’existe plus, ou devient l’exception, alors que c’est leur mise en dialectique qui permit justement d’arracher des victoires sur l’organisation capitaliste de nos sociétés : le Front populaire, le programme du Conseil national… Le règne de la séparation organisée entre les mouvements sociaux et les organisations politiques charrie défaites sur défaites. Sous configuration capitaliste, l’organisation des forces économiques et des êtres s’établit par le haut, après conquête de l’appareil d’État via des formations partidaires. Un bloc idéologique nous fait défaut. Ses relais aussi.

Fabriquer des socialistes

Coup d’œil dans le rétroviseur. Nos aïeux possédaient souvent de multiples casquettes. La CGT des premières heures était en partie anarchiste et ses militants animaient des bourses du travail à valeur d’écoles théoriques, pratiques et idéologiques de conscientisation et d’actions. Le militant PCF de l’immédiat après-guerre était souvent syndicaliste CGT. En revendiquant une neutralité politique au nom de la Charte d’Amiens, la CGT s’extirpe des logiques politiciennes mais elle aurait tort de les laisser aux uniques appareils partisans (notamment pour éviter de voir ses membres embrasser le discours du Front national ou afficher des comportements contraires aux valeurs dudit syndicat). Notre incapacité à nous organiser dans plusieurs sphères, par trop imperméables, justifie notre faiblesse : on peut multiplier les déclarations sur le manque de conscience des classes populaires acquises à l’auto-entrepreneuriat ou sur la classe salariée non-abstentionniste, qui verrait dans le voisin immigré l’ennemi, mais ce n’est que la traduction d’une dilution, voire d’une disparition des rapports de force et d’exploitation dans nos sociétés. George Orwell énonçait dans les années 1930 : « Les socialistes ont assez perdu de temps à prêcher des convertis. Il s’agit pour eux, à présent, de fabriquer des socialistes, et vite. » Impératif pareillement impérieux.

À quand un intellectuel collectif et organique ?

Une contre-culture se forme actuellement dans les sphères intellectuelles — des revues4, des chaînes YouTube5, des entretiens filmés6 ou encore des émissions radio7. Elle ne parvient que fort peu à entrer en résonance avec l’ordinaire ou la colère des classes populaires. Ces « gisements culturels », tels qu’évoqués par Castoriadis, tournent le plus souvent en circuit fermé. Si l’intellectuel traditionnel existe et squatte plateaux et tribunes journalistiques, l’organique — lié au peuple — est parti à la pêche avec les abstentionnistes. Ce ne sont pourtant pas les cadres de luttes qui manquent, qu’ils soient citoyens, associatifs, mutualistes, coopératifs, d’entraides, syndicaux, d’organisations politiques non-partisanes (AMAP, SEL, monnaies locales…). Les adeptes du raffinement analytique peuvent invoquer les totems de la réification, de l’aliénation ou du fétichisme, mais allons à l’essentiel : c’est la sujétion, dans son injonction à l’unanimisme et à l’unicité, qu’il s’agit de détruire dès lors qu’elle pointe le bout de son nez. Les moyens diffèrent. Mais l’étincelle est la conscience d’appartenir à une classe : cette conscience garantit la liaison entre praxis et théorie, être et conscience, autonomie individuelle et sociale — autant d’éléments à réunir pour retrouver notre force agissante collective. L’intendance suivra. La conseilliste Rosa Luxemburg nous dressait la voie en déclarant qu’un prolétariat en lutte se dote spontanément de l’organisation dont il a besoin. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer les chauffeurs Uber : ils se constituèrent in fine en syndicat, emboîtant le pas aux livreurs Deliveroo. Ces derniers — auto-entrepreneurs, salariés de fait mais sans les garanties minimales d’un travailleur — s’organisent, se syndiquent, rejoignent les cortèges de tête des dernières manifestations. Une fraction de la CGT (la Filière Traitement des Déchets Nettoiement Eau Égouts Assainissement) arbore à Paris les couleurs rouge et noire. Ce sont ces franges — où l’exploitation est la plus implacable et le travail le plus ingrat — qui redonnent de la combativité au mouvement syndical : ils sont à suivre dans la séquence qui vient. À l’instar des identités, les luttes se croisent, s’entre-croisent, se mélangent, se superposent, bref, nous fertilisent en dépit des dissensions et des points de départ respectifs. Le capitalisme s’est mué en fait social total : la lutte doit rivaliser d’ambition — l’exploitation dans les rapports de production, bien sûr, mais aussi le patriarcat, le racisme, le sexisme, l’homophobie, le validisme ou encore l’exploitation animale.

Une sphère militante qui tend la main

Prenons soin d’éviter la création d’un marquisat de la lutte — recherche perpétuelle du plus pur vécu, concours de qui pisse le plus loin, registre sacrificiel. Le militant, tout à son sincère dévouement à ses idées, oublie parfois que son rôle n’est pas de s’imposer mais d’accompagner la marche populaire, de l’aiguiser, de la ravitailler. Les trompettes de la radicalité rebutent : au mieux sans effets, au pire risibles. Si les militants peuvent anticiper la constitution d’un mouvement réel de mobilisation, jamais ils ne doivent chercher à le diriger : l’humilité est le socle de tout engagement activiste. Il faut savoir créer le désir, susciter des affects de joie ; s’impliquer dans les cadres militants n’est pas toujours chose aisée, notamment pour les moins dotés en capitaux économiques, sociaux, culturels, cognitifs… La création de Nuit debout, autour de la contestation de « la loi Travail et son monde », permit, malgré l’absence remarquée d’une banlieue ne se mobilisant pas pour la défense d’un salariat dont elle est exclue, une certaine diversité des profils sociaux et la rencontre, à défaut d’un rapprochement sur la durée, de traditions et de structures politiques diverses. Une esquisse à enforcir.

S’engager pour grandir et faire grandir ce peuple qui manque

Ces lieux d’engagement permettent de remplir des vies souvent aliénées par le travail ou vidées par l’organisation de celui-ci : donner un sens politique à sa vie, c’est tourner le dos à l’ère du vide, c’est se réapproprier en tant qu’être entier capable de faire. Le vide est plein de renoncements — s’impliquer dans une forme ou une autre d’activité militante, c’est commencer à construire des moments ou des espaces d’émancipation lorsque l’on travaille, lorsque l’on se trouve dans son quartier, lorsque l’on se détend ; c’est redonner de la densité à l’espace, une pesanteur au temps, quand tout, partout, « se liquéfie ». Des formes de projection et de conservation sont à façonner par une pratique en continu. Face aux périls économiques et autoritaires, il s’agit de faire bloc pour en créer un autre, en l’état de conquérir plus d’égalité et de justice sociale. Ce bloc ne peut marcher que sur deux jambes : la lutte sociale et la bataille politique. Face à Emmanuel Macron, il est plus que temps de le constituer. Pourquoi rester dans le chacun chez soi quand il y a tant de châteaux à raser ensemble ? Soyons ce peuple qui manque, dans toutes ses textures, pour nous libérer de toutes les formes d’exploitation d’un être vivant sur un autre. Construisons-le pas à pas comme sujet collectif ; il ne sera jamais que le fruit d’un processus politique d’élaboration, par-delà le seul et trop simpliste « eux » contre « nous ». Devenons nos propres maîtres et faisons faux bond à nos sectarismes — luttes et organisations politiques, théories et pratiques, être et conscience ont tout à gagner à savoir se parler et grandir ensemble.

Textes fondateurs pour un changement de paradigme politique…

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Résistance 71

 

27 mars 2017

 

Aucun programme politique émanant de qui que ce soit de l’intérieur de l’hydre politico-économique oligarchique qu’est le système étatique ne peut apporter quelque solution que ce soit au marasme ambiant. Si une quelconque efficacité était pertinente au système en place, çà se saurait depuis un bon moment…

La seule véritable urgence politique actuelle est de tourner irrévocablement le dos à tout ce cirque de la politique spectacle et d’analyser certaines choses qui se sont produites auparavant et se produisent pour certaines, toujours couramment ; choses qui ont permis et permettent à une masse de personnes de vivre et de s’organiser indépendamment de toute forme de contrôle coercitif de la société, sans État ou au minimum en association libre et volontaire engageant leur solidarité.

Nous avons traduit et publié trois textes fondamentaux aidant à l’organisation libre, non-coercitive et d’association libre de trois sociétés humaines différentes : deux sont amérindiennes, l’Haudenosaunee ou confédération de la longue maison datant du XIIème siècle et la Junta de Buen Gobierno des peuples descendants des Mayas du sud du Mexique, dont la dernière charte a été publiée en 2005, une autre est le confédéralisme démocratique des Kurdes turcs et syriens synthétisé dans un texte servant de repère historico-culturo-politique, publié en 2011.

Ces trois textes ont déjà été publiés sur notre blog et se trouvent maintenant sur une page qui leur ait réservé: « Textes Fondateurs pour un Changement Politique ».

Depuis lors, Jo de JBL1960 nous en a fait de superbes PDF, ce qui permet de les archiver, de les imprimer si besoin et de les étudier en un seul bloc.

Les voici ci-dessous dans leur version PDF donc. Le vide politique intersidéral qu’est devenu toute pseudo-substance en provenance de l’État et des hères qui l’animent pathétiquement, rend ces trois textes indispensables à la lecture pour que nous comprenions qu’il existe des alternatives parfaitement viables et durables à l’ineptie criminelle et aliénatrice étatique, qui nous a été imposée, qu’il y en a toujours eu et qu’il y en aura toujours, il suffit de le comprendre, de l’accepter, de lâcher-prise de l’ancien système/monde sombrant inéluctablement dans l’abîme induit, de s’associer et de marcher ensemble sur le renouveau de l’émancipation sociale.

Arrêtez d’écouter et de lire les imbécilités proférées par les élucubrateurs patentés d’un système à la totale dérive, fermez les télés, radios, balancez vos merdes de feuilles de chou obsolètes et lisez, ouvrez le portail de la conscience politique hors du moule établi par le consensus du statu quo oligarchique…

Ces trois textes méritent d’être lus, réfléchis, ils ne sont en rien une panacée, une recette de succès, puisqu’ils ne sont eux-mêmes que des adaptations faites selon des environnements politico-culturels bien précis, mais tous trois touchent à un sens universel de l’organisation de la société humaine et sont un hymne à la résurgence pour que soit suivie la loi naturelle des choses, de la solidarité, de la coopération, de la liberté d’association et d’un changement total de rapport politique entre individus et groupes associés. Ces choses n’ont pas à être apprises, ce ne sont pas des choses que nous ignorons, elles doivent être RÉapprises, elles font parties de nous, elles sont en nous, elles sont dans notre nature, il suffit de dépoussiérer, mais surtout d’avoir cette volonté individuelle d’abord puis associative, de radicalement vouloir changer le système politique et emprunter le seul chemin qui nous mènera à l’émancipation finale, définitive.

Arrêtez de croire en un messie, gourou, sauveur, guide, leader, parti politique, qui viendrait hypothétiquement vous « sauver », vous « guider » vers la lumière… Tout cela n’est que vue de l’esprit, croyance, superstition, espérance, vaines et éculées. Il n’y a pas, n’y a jamais eu, n’y aura jamais de solutions au sein du système. La SOLUTION… C’est NOUS, les peuples et personne d’autres, personne, absolument personne ! Arrêtez de prendre les vessies pour des lanternes !

Ces textes, contrairement aux artifices sus-nommés, nous éclairent… eux… Bonne lecture !

 

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