Archive pour amérindiens contre colonialisme

L’histoire, l’anthropologie et les sciences sociales pour un changement radical de paradigme politique…

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Nous confirmons à notre plus modeste niveau ce qui est avancé ici: si l’histoire est importante pour comprendre aujourd’hui et potentiellement anticiper demain, elle ne suffit pas lorsque l’on cherche des solutions aux maux générés par le système politico-économique qui a été forcé sur les peuples du monde.
Lorsqu’on recherche des solutions véritables, c’est à dire résolument hors du système, une fois compris qu’il n’y a aucune solutions en son sein, alors nous devons agir recours à d’autres disciplines pour comprendre et analyser, puis synthétiser les données afin de pouvoir donner un visage à un changement de paradigme politique. Pour cela il est nécessaire de faire appel à la recherche et l’analyse en anthropologie, ethnologie, archéologie, sociologie, philosophie. C’est la démarche que nous avons adopté ici et qui nous a permis d’y voir bien plus clair et d’envisager un embryon de solution au marasme étatisé-capitaliste en cours qui nous amène, à dessein, droit dans le mur.
Nous sommes d’accord pour dire qu’une des meilleurs « synthèses » en application de terrain depuis plus de 20 ans est celle de l’expérience zapatiste du Chiapas au Mexique, que nous citons souvent dans ces colonnes. Les chemins menant à la société des sociétés convergent finalement…

~ Résistance 71 ~

 

Entretien avec Jérôme Baschet sur l’histoire, l’anthropologie, l’école et l’expérience de l’autonomie au Chiapas

 

La Voie du jaguar

 

24 juillet 2017

 

Source: http://www.lavoiedujaguar.net/Un-entretien-avec-Jerome-Baschet

 

Dans “Corps et âmes”, votre analyse historique débouche sur un élargissement anthropologique, où l’on quitte l’Occident pour le monde entier, et le Moyen Âge pour des temps qui sont à sa frontière (intérieure ?) et jusqu’à aujourd’hui. Pensez-vous en général que l’histoire doive s’élargir aux sciences sociales, afin d’y trouver une autre utilité sociale ? Dans la réflexion des chercheurs ? Dans l’enseignement ?

Il est clair, pour moi, que l’histoire fait partie du champ des sciences sociales et qu’elle doit se penser comme telle. Si elles ont des « terrains » différents, c’est-à-dire des modes de relation différents à leurs « sources », toutes les sciences sociales ont un même objectif essentiel : comprendre les logiques des structures sociales et leurs dynamiques de transformation, dans la diversité des expériences qui composent la géo-histoire de l’humanité et de ses multiples milieux. Au cours du XXe siècle, c’est la rencontre avec les autres sciences sociales qui a permis les plus féconds renouvellements de la discipline historique : la sociologie pour Marc Bloch et Lucien Febvre, la géographie notamment, pour Fernand Braudel, l’anthropologie pour Jacques Le Goff, qui en a tiré la proposition d’une « anthropologie historique ». Cela, pour ne mentionner que quelques exemples, parmi d’autres possibles.

Il me semble qu’aujourd’hui l’un des enjeux les plus aigus de la discipline historique consiste à développer des formes de comparatisme à la fois ambitieuses et rigoureuses. Cela n’a rien d’aisé, mais c’est indispensable au moment où semble s’imposer une nouvelle histoire globale, volontiers pensée à l’échelle de la planète. Or, tous les mondes sociaux qui ont composé les mondes du passé ne peuvent être analysés seulement sous l’angle de leurs « connexions » : il faut aussi être capable d’en mesurer les écarts, pour pouvoir les situer à leur juste place, les uns par rapport aux autres, sans essentialiser les différences (par exemple entre Occident et Orient) mais sans non plus exclure, par principe, de véritables singularités (sinon, comment comprendre la domination que l’Europe a imposée à presque tous les autres peuples du monde ?). Pour cela, l’histoire a besoin du secours de l’anthropologie, dont l’expérience en matière de comparatisme est bien plus ancienne et profonde.

Toutes ces questions ne concernent pas seulement la recherche et pourraient utilement trouver place dans l’enseignement secondaire. À travers les classes d’histoire, c’est bien à la compréhension de la multiplicité des formes de l’expérience collective qu’il s’agit d’introduire. Cela passe par la réflexion sur notre propre histoire, mais aussi sur celle des autres grandes trajectoires civilisationnelles, comme c’est le cas dans les programmes actuels. Mais du point de vue de l’objectif même des sciences sociales, le privilège accordé aux « Grandes Civilisations » est tout à fait indu et l’omission des sociétés qu’on disait autrefois « primitives » ne se justifie nullement (en réalité, seul le fait de voir dans l’État la forme légitime de l’organisation politique, permettant d’échapper au chaos de la guerre de tous contre tous, conduit à cette situation). Si on pense au contraire que les sociétés qu’on ne dit plus « primitives » sont tout aussi indispensables que les « Grandes Civilisations » à notre compréhension de l’expérience humaine dans sa diversité, alors, un recours accru à l’anthropologie devrait s’imposer. Les Indiens guaranis, par leur philosophie politique, ou les Achuars, par leur rapport aux non-humains, ont tout autant à nous apprendre que la Chine impériale des Ming !

Dans Adieux au capitalisme, quand vous abordez, brièvement, le domaine de l’école, c’est pour envisager une déscolarisation au moins partielle, dans la foulée d’Ivan Illich. Par ailleurs, il est fait allusion aux écoles zapatistes et, dans Enfants de tous les temps…, le « modèle École » est envisagé de manière plus constructive (par Vaneigem notamment). Ne pourrait-on pas envisager de considérer que les classes ou les écoles populaires (car actuellement l’enseignement à la maison ou dans des écoles indépendantes est le fait de membres des classes aisées) où est pratiquée une autre pédagogie, par exemple inspirée de Freinet ou de Freire, appartiennent à ces « espaces libérés » dont vous prônez l’expansion ?

C’est vrai que, dans Adieux au capitalisme, j’insiste surtout sur la déscolarisation, dans une démarche fortement inspirée par Ivan Illich, dont la pensée est très présente au Mexique, et notamment à l’Université de la Terre, à San Cristóbal de Las Casas. Cela est lié aussi à la perspective générale d’une déspécialisation qui me semble devoir caractériser le mouvement vers un monde libéré des logiques capitalistes — lesquelles poussent la division du travail et les dynamiques d’hyper-spécialisation à un point jamais atteint auparavant, qui dessaisit chacun d’une multitude de capacités à faire et aboutit souvent à des situations absurdes (comme le fait d’acheter des salades prélavées sous plastique, parce que la presse temporelle généralisée est telle qu’on croit ne pas avoir deux minutes pour faire le geste simple de laver une salade — ce qui implique qu’il existe de lourdes infrastructures, coûteuses en matériaux et en énergie, pour industrialiser la production de quelque chose d’aussi élémentaire qu’une salade).

En fait, je parle d’une déscolarisation partielle (une part des apprentissages pouvant se dérouler dans les divers espaces du faire collectif, une autre dans des lieux spécifiques, auxquels pourraient participer des personnes dont le rôle serait en grande partie de coordonner les échanges avec les détenteurs de savoirs particuliers). Mais, surtout, il ne doit y avoir, en cette matière, nul dogmatisme. Du type École ou déscolarisation (complète). Les expériences ne peuvent être que multiples, et évolutives. Du reste, dans l’expérience de l’autonomie zapatiste, l’attachement à la forme-École reste très fort, même si ses modes d’organisation et l’esprit qui l’anime s’écartent nettement du modèle dominant.

Les expériences pédagogiques alternatives, menées au sein de la forme-École, peuvent-elles être qualifiées d’« espaces libérés » ? 

Oui, assurément. Il faut pour cela préciser que je ne parle pas d’espaces entièrement libérés, purs de toute ingérence des formes de domination constitutives de la société de la marchandise. Il suffit qu’ils soient en procès de libération, en lutte contre la reproduction de la tyrannie et de la destruction capitalistes. Tout ce que nous faisons pour desserrer l’emprise de ces logiques, pour nous déprendre d’automatismes que nous reproduisons souvent nous-mêmes, dans la perspective qu’il est possible de nous avancer vers la construction de mondes non capitalistes, tout cela nous aurions, en effet, intérêt à nous le représenter comme la création et la défense d’espaces libérés.

Dans vos différents ouvrages, vous juxtaposez des centres d’intérêt dont on voit à la fois la spécificité et le lien : description des formes variées de l’enfance et de la manière dont elle a été et est considérée (Enfants de tous les temps, de tous les mondes), réflexion sur ce que peut être l’anticapitalisme aujourd’hui (Adieux au capitalisme. Autonomie, société du bien vivre et multiplicité des mondes), histoire médiévale permettant d’éclairer le contemporain (Corps et âmes pour le dernier). On est à mille lieux de l’homme de parti d’autrefois, pliant tout champ de réflexion à un unique lit de Procuste, mais on est également éloigné de la préciosité indifférente de nombre d’intellectuels du temps présent. N’y a-t-il pas là une figure nouvelle de l’engagement intellectuel ?

Pour moi, l’expérience concrète de la vie au Chiapas, au contact de la lutte d’hommes et de femmes, à la fois ordinaires et extraordinaires, qui construisent jour après jour un autre monde — le leur — en s’efforçant de repousser l’hétéronomie capitaliste, est ce qui a bouleversé ma vie et, accessoirement, mon travail comme historien. Cela m’a conduit à divers mélanges des genres qui, sans eux, n’auraient probablement pas eu lieu.

Par exemple, entre passé et présent. Il est clair que, du point de vue des luttes, du point de vue du désir de transformation sociale, l’histoire s’écrit au présent. Elle commence nécessairement par le présent. Marc Bloch avait déjà clairement souligné que le rapport entre présent et passé est constitutif du savoir historique. On le répète depuis, à sa suite. Mais, le plus souvent, sans en tirer toutes les conséquences. Or, si l’histoire pense le passé depuis le présent qui est le sien, penser ce présent devrait faire pleinement partie de sa tâche et être assumé comme tel (et pas seulement comme une réflexion menée à titre personnel).

Encore faut-il préciser que penser l’histoire depuis le présent n’oblige à nul enfermement dans ce présent. C’est là au contraire la principale maladie qui, aujourd’hui, affecte l’histoire, dans une époque où prévaut ce que François Hartog a appelé le présentisme. Oublieux de l’histoire et niant tout horizon alternatif, le présentisme nous voue à la fatalité de la réalité existante. C’est très exactement ce que proclamait François Furet, en même temps qu’il décrétait la « fin de la Révolution » : « Nous sommes condamnés à vivre dans le monde dans lequel nous vivons. » Les luttes réelles et les formes de rébellion et de résistance qui se manifestent un peu partout nous permettent de penser que cette sentence peut être démentie. Et l’histoire, jointe aux autres sciences sociales, en nous faisant voir, depuis le présent, d’autres mondes possibles, dans le passé et dans le futur, devrait alimenter la critique de ce présent et nourrir le désir d’échapper à la puissance de destruction, écologique et psychique, qui en émane, de façon sans cesse plus dévastatrice. Je ne sais pas si cela fait l’utilité sociale de l’histoire, mais c’est en tout cas ce qui nous la rend infiniment précieuse.

Cet entretien avec Jérôme Baschet

a été réalisé pour la revue de Questions de classe(s)

Résistance au colonialisme: En finir avec la sémantique colonialiste… (Steven Newcomb)

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Lectures connexes:

« Interdire un droit païen de domination »

Notre dossier: La sémantique colonialiste (Steven Newcomb)

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte » (Steven Newcomb, version pdf)

 

Les constructions imposées et intrusives de l’esprit européen

 

Steven Newcomb

 

22 juillet 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/invasive-imposed-constructs-european-mind/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La théorie du “titre aborigène” est un ensemble d’idées produit par l’esprit euro-américain, par des métaphores et autres constructions mentales, qui, au moyen d’une vague d’actes génocidaires, fut imposé par la force sur nos peuples et nations originels, ainsi que bien d’autres idées de provenance étrangère. La “théorie du titre indigène” est focalisée sur le livre “Indian Pueblo Water Rights,” co-écrit par Charles T. DuMars, Marilyn O’Leary et Albert E. Utton. Le premier développement du chapitre 3, “The Pueblo Water Right as Aboriginal,” , parle du développement historique de la “théorie du titre aborigène”.

Au moment de l’exploration et de la colonisation européenne de l’Amérique du Nord, les seuls habitants du sous-continent étaient les Indiens.” nous disent les auteurs. Avant que les chrétiens européens n’amènent de manière invasive les mots d’”Indien” ou d’Indiens” sur cette terre maintenant usuellement appelée “l’Amérique du Nord”, il n’y avait personne vivant ici, qui était identifié par ce nom. Pas une seule nation originelle dans cette partie de la planète s’identifiant du nom “d’indien” ou “Indiens”. Pour le dire autrement, avant que les envahisseurs christo-européens n’envahissent notre partie de la planète, absolument personne ici ne vivait sous ce nom “d’Indien”, absolument personne.

De tels termes sont des métaphores, mentalement et linguistiquement inventées par les Européens et, soutenues par des formes et moyens variés de force, projetés par les Européens sur ces peuples et nations vivant dans une vaste zone géographique que les Européens d’il y a longtemps connaissaient sous le non des “Indes”. Nos peuples et nations n’étaient pas, si ce n’est dans l’imaginaire et le langage des chrétiens ainsi que leurs activités mentales, connus sour le vocable “d’Indiens”.  Nos ancêtres ne furent connus sous ce nom qu’en direct résultat de l’imposition de leur langage et idées par les christo-européens sur nos ancêtres. Les chrétiens européens ont mentalement projeté des mots et des idées tels qu’Indiens” et “occupation indienne”, ils affirmèrent ensuite “voir” ces apports exogènes alors qu’ils n’étaient que leurs propres projections mentales et linguistiques.

Le livre “Indian Pueblo Water Rights” parle de “l’occupation indienne des terres” sans jamais mentionner que “l’occupation indienne” est une idée totalement inventée par les Européens, puis imposée sur  nos peuples et nations et leurs territoires. Les auteurs disent: “L’occupation originale des sols indienne est appelée possession aborigène et porte avec elle le titre aborigène d’occupation des sols.” Leur utilisation du mot “originale” pose la question “originale de quoi ?” L’expression utilisée “l’occupation originale indienne” suggère que le concept ou idée “d’occupation des sols indienne” a un point de départ ou un endroit d’origine. A la réflexion, cet “endroit” d’origine est trouvé dans les opérations imaginaires de l’esprit intrusif et envahisseur européen. Pour insister plus avant sur leur vision, les auteurs ajoutèrent une note de bas de page où ils écrivent: “Il n’y a aucun doute que les Indiens Pueblo étaient les occupants aborigènes originels.” Cette mention du “aucun doute” rend pour sûr la terminologie imposée “d’occupants aborigènes” comme factuelle, vraie, et correcte basée sur une “observation” objective.

De plus, en utilisant le mot “étaient”, les auteurs commentent sur le “fait d’être” des Indiens Pueblo, suggérant par là, comme si c’était un fait physique, que les “Indiens” Pueblo étaient des “occupants aborigènes”, indépendants de l’esprit des Européens chrétiens, plutôt que le résultat des idées politiquement et subjectivement motivées de l’esprit des dhrétiens européens.

Ces concepts sont le résultat direct de la façon de penser européenne en matière de colonisation au sujet de peuples et de nations existant sur ce continent bien avant que ces colons n’eurent envahi l’endroit. Considérant ces faits importants, nous sommes alors capables de comprendre que des idées qui furent estimées être “vraies” par les chrétiens européens, n’étaient en fait “vraies” que dans le contexte des assomptions de domination de ces Européens sur nos peuples et nations existant sur place bien avant que la colonisation européenne ne commence.

Bref, le concept “d’occupation des sols Indienne” n’a rien à voir avec avec le comment les peuples originels du continent se percevaient et se comprenaient eux-mêmes et leurs relations avec la terre et territoires sur lesquels ils vivaient. Les concepts européens dérivaient de l’esprit européen (ethno/euro-centrisme) et non pas de l’esprit des peuples natifs de l’endroit. (NdT: aucune universalité là-dedans, ce ne sont même pas des “concepts” puisqu’un concept est juste et universel par définition, ce ne sont que des impositions résultant donc de la projection mentale eurocentrique des colonisateurs, imposées par la force, la ruse et le mensonge..).

Au lieu de se concentrer sur le développement “historique” du “titre aborigène”, les auteurs de l’ouvrage nous auraient rendu un fier service s’ils avaient focalisé sur le développement mental des colonisateurs et de leurs idées sur le “titre aborigène” et “l’occupation des sols aborigène”. Une vision des plus utiles aurait vu le jour en dénonçant les mots et les idées comme “indiens”, “occupation”, “occupants aborigènes”, “possession aborigène” et “titre aborigène” et étant des mots et des constructions mentales imposés par les Européens chrétiens, imposés sur nous sans le libre consentement de nos nations originelles. Ceci est vrai en regard de tout le répertoire de langue anglaise (ou espagnol, pour ceux qui ont été colonisés par L’Espagne, ou portugais pour la colonisation portugaise…)

Il aurait aussi été utile de voir que les auteurs de Pueblo Indian Water Rights avaient mentionné que ces mots et idées européens n’étaient pas et ne sont toujours pas des caractéristiques physiques du monde naturel. Aucun de ces mots ou idées ne sont provenus de la pensée indépendante européenne ou indépendamment de quelque système linguistique que ce soit. Pour être plus précis, les co-écrivains du livre auraient dû écrire: “Il n’y a aucun doute que les Espagnols et autres chrétiens européens, ont mentalement conceptualisé et nommé unilatéralement les Indiens Pueblo comme ‘aborigènes’ et ‘occupants aborigènes’, ayant une ‘possession aborigène’ “.

Cette ligne d’analyse mène en fait à ceci: Nos peuples et nations originels n’ont pas développé mentalement ou linguistiquement ces mots et idées qui sont toujours maintenant utilisés dans les états variés de domination pour opprimer nos vies et nos territoires. Comment donc est venue cette assertion que nous sommes de droit les sujets des “colonisateurs”, de leurs mots et de leurs idées sans notre libre consentement ? Ceci s’est produit et a été maintenu avec succès parce que nous ne passons pas assez de temps à questionner et à défier les mots et les idées des colons comme “le titre aborigène”, le “titre d’occupation des sols aborigène” le tout fondé sur la vision et la présence chrétienne (“découverte”) sur des terres non-chrétiennes.

Résistance au colonialisme: Yankland, pays du goulag levant… Un faux peuple pour un empire de l’usurpation, du vol et du génocide… (Mohawk Nation News)

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La race parfaite !

 

Mohawk Nation News

 

24 juillet 2017

 

Source: http://mohawknationnews.com/blog/2017/07/23/the-perfect-race/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les Etats-Unis n’ont jamais été grands. Les envahisseurs sont venus des rues d’Europe, de l’esclavage, des prisons, des orphelinats, de la prostitution, les enfants du travail dans les fermes, afin de venir peupler les colonies. L’inceste fut un programme pour faire augmenter leur population.

Les femmes étaient des femmes simples ou des domestiques envoyées dans les villes pour peupler l’Ouest. Maintenant, la race blanche a le plus bas taux de fécondité au monde. Sa population est en déclin.

Les oligarques les conditionnent à devenir des esclaves gobant les mouches au travers de leurs institutions “éducatives”.

Ils vivent dans une société non viable très éloignée du monde naturel qu’ils trouvèrent pourtant lorsqu’ils arrivèrent sur l’Île de la Grande Tortue. Ils empoisonnèrent l’air, l’eau, la terre, l’environnement et toute la vie naturelle. Le génocide fut le moyen utilisé pour se débarrasser de nous, les peuples autochtones.

Il est au-delà de toute possibilité que les Indiens puissent avoir l’impression qu’il y ait eu une conspiration pour l’élimination de leur race par ce moyen [celui de la stérilisation].” (“An Act of Genocide, Colonization & Sterilization of Aboriginal Women”, p. 49. Karen Stote 1937.)

La Finlande, le Canada et les Etats-Unis ont le plus haut taux de maladie d’Alzheimer au monde, suivis par les populations européennes de la Suède, de la Suisse, de la Norvège, du Danemark, de la Hollande, de la Belgique, de l’Espagne, du Royaume-Uni, de la France, d’Israël, de l’Irlande, de l’Italie, du Luxembourg et de l’Allemagne.

Les monstres politico-financiers psychopathes ont mis en place la grande pieuvre globale de la guerre, de l’armée, du gouvernement, des fraudes bancaires, des médias, de l’état profond, du terrorisme faux-drapeau, de la propagande de guerre et des machines de lavage de cerveau que sont la religion et l’éducation (étatique).

Quand 10% de la population va se réveiller de cette torpeur institutionnalisée, alors les autres 90% suivront.

L’empire a brisé notre système de paix. Les immigrants furent partie intégrante de l’attaque qui fut menée sur nous.

Ce faux peuple n’a aucune base, aucun fondation naturelle sur notre terre. Ils se sont appropriés nos histoires, nous ont assassiné et ont intégré tout cela dans leur culture. Nous fûmes diabolisés dans les médias par Hollywood.

Nos histoires ancestrales sont fondées sur la nature en toute compréhension scientifique.

Ils ont évolué depuis un environnement mauvais et macabre. Ils changent leurs visages, leurs coiffures, leurs corps (transgenre) et ils ne savent pas du tout qui ils sont.

[…]

Ils votent pour que leur système artificiel continue.

Résistance au colonialisme: L’origine pseudo-légale raciste de l’ordre colonialiste zuniens (Steven Newcomb)

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Interdire un “droit païen” de domination

 

Steven Newcomb

 

19 juillet 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/disallowing-heathen-right-domination/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Lorsqu’un écrivain exprime une réalité particulière, la “réalité” exprimée est alors créée par l’esprit de l’écrivain. Lorsque le juge de la Cour Suprême des Etats-Unis (CSEU) John Marshall a écrit le compte-rendu du verdict de la CS dans l’affaire Johnson c. M’Intosh en 1823, il a mentalement créé cette version de la “réalité”: A chaque fois qu’un “peuple chrétien” localise une terre habitée par des païens, ceci donne automatiquement aux chrétiens un “titre [de propriété] ultime” sur cet endroit non-chrétien.

Ce que disait en fait Marshall dans ce rendu de l’affaire Johnson est ceci: Lorsque les chrétiens européens ont fait voiles vers quelques endroits non-chrétiens où aucun chrétiens n’avaient jamais été, les chrétiens se sont mentalement, métaphoriquement imaginés comme ayant ou “détenant” le titre de propriété sur les terres et les nations impliquées. Mais il y a quelque chose que Marshall n’a pas expliqué. Si ces évènements engendrant le “titre” se sont bien passés, ils ne se sont pas produits physiquement, ils se sont produits MENTALEMENT, comme le résultat d’un processus de pensée des chrétiens au sujet des terres “n’étant pas possessions d’un prince chrétien”. Les guillemets de ce qui précède sont mis pour noter le côté imaginaire et mental des constructions métaphoriques que nous sommes maintenant capables d’identifier, de défier et de contester mentalement avec notre propre processus de pensée.

Marshall a utilisé son écriture de la décision de l’affaire Johnson c. M’Intosh pour créer une version fondatrice d’une réalité juridique fondée sur la relation chrétien/non-chrétien. Il l’a fait en créant mentalement et en narrant une histoire particulière au nom de la CSEU. Ce fut une histoire que lui et le reste des juges de la CS avaient l’intention de faire garder par le gouvernement des Etats-Unis afin de pouvoir utiliser les profits et bénéfices de tout ceci politiquement et économiquement pour leurs générations futures et, plus important encore, comme moyen de créer et d’exercer un système de domination sur nos nations natives du continent.

Comme base de cette histoire qu’il racontait au nom des Etats-Unis, Marshall utilisait des mots et des idées en provenance d’anciens documents comme les bulles pontificales du Vatican et les chartes royales anglaises. Ces documents, de la même façon, émanèrent des esprits de leurs auteurs et furent mis en œuvre par les pouvoirs politiques et leurs institutions. Marshall expliquait une histoire au sujet du comment l’affirmation d’un droit chrétien de domination fut en premier lieu mentalement créé dans “les Amériques” (l’Île de la Grande Tortue) et c’est pourquoi il écrivit ceci:

Aucune des puissances d’Europe ne donna plus son consentement à ce principe [de domination] et ce sans équivoque possible, que l’Angleterre. Les documents à ce sujet sont nombreux et complets. Dès 1496, le monarque anglais donna une commission aux Cabots [père et fils] pour découvrir des pays et terres jusqu’ici inconnus du peuple chrétien et d’en prendre possession au nom du roi d’Angleterre. Dans la commission à John Cabot et à ses fils était inclue une présomption qu’un monarque chrétien (en l’occurence le roi Henri VIII), avait le droit de dominer des terres qui, jusqu’à ce qu’un représentant du monde chrétien ne s’y rende, étaient “incognito” au “peuple chrétien”. La charte Cabot et les décrets pontificaux du Vatican assumèrent que que le “peuple chrétien” possédait automatiquement un droit divin de domination sur toutes terres non -chrétiennes qu’il était capable de localiser et d’envahir.

Dans la version originale latine de la charte royale Cabot, dont je possède une copie, plusieurs termes de “domination chrétienne” sont utilisés: “Dominium Titulum” (domination du titre), “subjugare” (dominer, subjuguer). “jurisdictio” (diriger ou contrôler comme moyen de dominer avec succès). Avec pour résultat la loi fédérale indienne qui est enracinée dans le verdict de Johnson c. M’Intosh, ces termes de domination sont toujours utilisés aujourd’hui par le gouvernement des Etats-Unis contre nos nations natives et pour clâmer nos terres et nos territoires. L’histoire de Marshall dans son rendu du verdict de Johnson pourrait être intitulé* Il était une fois, des chrétiens envahirent des terres non-chrétiennes où les processus de la pensée chrétienne n’avaient jamais été encore exprimé.”

Le point important est le suivant: à chaque fois que des chrétiens envahissaient un endroit non-chrétien, les voyageurs, colons de la chrétienté avaient pour intention de créer une “réalité chrétienne” de colonisation et de domination avec l’intention de profiter des ressources existant sur place. C’est çà l’histoire que le juge Marshall expliquait au nom de la CSEU dans son rendu du verdict de l’affaire Johnson contre M’Intosh. Marshall disait que lorsque les chrétiens arrivèrent sur les terres des “natifs qui étaient des païens” (des mots même de Marshall), les chrétiens refusèrent de reconnaître les nations non-chrétiennes comme ayant un “droit du sol”. Les chrétiens refusèrent de penser que toute “nation païenne” avait un “droit de domination de propriété” sur sa propre terre non-chrétienne.

Il est important ici de garder présent à l’esprit que ce que le juge Marshall a écrit au sujet du passé dans le rendu du verdict de l’affaire Johnson, n’est pas ce qui s’est PHYSIQUEMENT passé, mais ce que Marshall a imaginé métaphoriquement et donc déclaré s’être passé quelques siècles plus tôt. Ce qu’il coucha sur le papier furent ses projections de l’imaginaire et son interprétation. Marshall y exprima son propre rendu imaginaire des évènements passés.

Maintenant, à chaque fois que nous relisons le verdict de Johnson, nous recréons de nouveau dans notre esprit la description mentale de Marshall du passé qu’il a créé dans son esprit. Ce fut ce processus mental que le juge Stanley Reed, dans une opinion écrite contradictoire qu’il écrivit dans United States v. Alcea Band of Tillamooks, utilisa pour faire sa déclaration au sujet d’une “théorie” dit-il que l’on trouve dans le verdict de l’affaire Johnson, stipulant qu’”une découverte par les nations chrétiennes leur a donné la souveraineté [domination] sur le titre de propriété des terres découvertes.”

Pensez-y. Si les chrétiens avaient mentalement reconnu pour toute “nation païenne” d’avoir un “droit de domination” sur son propre territoire, ceci pourrait logiquement mené à la conclusion que l’autorité de la nation païenne dans son propre pays était absolue et exclusive, à l’exclusion donc des chrétiens. A son tour, ceci pourrait mener à un argument puissant disant que les “païens” avaient le droit fondamental d’exclure les envahisseurs chrétiens de manière permanente et de nier leur “prétention” à un droit sur le titre de propriété en sol païen. Il semblerait que ceci soit l’intention clef du verdict de Johnson c. M’Intosh: d’empêcher toute pensée possible sur un “droit de domination païen” (dominion absolu).

La plupart des natifs ne savent toujours pas qu’une “réalité” mentalement créée de domination chrétienne est étroitement imbriquée dans le rendu du verdict de l’affaire Johnson c. M’Intosh. Ils ne savent pas non plus que ce droit affirmé de domination chrétienne sur des non-chrétiens est la base, la fondation dans la loi et politique fédérales indiennes. Non seulement  un droit assumé de domination des Etats-Unis sur nos nations est utilisé contre nous ; ceci est aussi masqué avec succès derrière de telles phrases: “la relation de confiance”, “le pouvoir plénier du Congrès des Etats-Unis”, “le titre aborigène” et “le droit d’occupation des sols”.

Résistance au colonialisme: La procédure d’enquête sur la disparition de dizaines de milliers d’enfants des pensionnats pour Indiens se lance à Yankland…

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Enfin il semblerait qu’une procédure d’enquête prenne forme pour rechercher le crime génocidaire contre les enfants autochtones des nations originelles aux Etats-Unis, enfants qui furent, comme au Canada, arrachés à leurs familles et incarcérés dans des pensionnats gérés par le gouvernement fédéral et les églises. Des dizaines de milliers d’entre eux ont « disparu » entre 1820 et les années 1980.

Il est important qu’une enquête soit menée de manière indépendante sans s’en remettre ni aux autorités fédérales qui masquent le crime depuis plus de 100 ans, ni à l’ONU, inféodée à l’empire par le financement de ses divers commissions et groupes de « recherche ». Quoi qu’il en soit, il ne fait plus lâcher l’affaire.

A lire: « Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada » par le TIDC, contre-rapport de la farce de la Commission Vérité & Réconciliation canadienne, qui ne fut qu’une entreprise de blanchiment d’un crime contre l’humanité, toujours impuni aujourd’hui parce que ceux qui « jugent » sont ceux-là mêmes qui ont commis le crime sur plus d’un siècle…

Voir le travail au Canada de Kevin Annett et des associations de survivants des pensionnats, on ne peut que souhaiter qu’un tel mouvement se mette enfin en place aux USA…

~ Résistance 71 ~

 

Avez-vous des informations au sujet de parents qui ont été dans les pensionnats pour Indiens ?

Quatre organisations ont besoin d’aide en regard des personnes ayant des parents ayant disparu dans les pensionnats pour Indiens aux Etats-Unis

 

Rick Kearns

 

16 juillet 2017

 

Source: https://indiancountrymedianetwork.com/history/people/information-relatives-attended-boarding-schools/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les leaders natifs en appellent à tout le monde en pays indien, ils demandes des informations au sujet d’enfants qui ne seraient jamais retournés chez eux et disparurent après avoir été envoyés dans les pensionnats pour Indiens aux Etats-Unis.

Les leaders veulent réunir ces informations et ensuite forcer le gouvernement des Etats-Unis à fournir toutes les archives au sujet des pensionnats et des enfants qui y ont été incarcérés, incluant les enfants disparus, à leurs familles.

La National Native American Boarding School Healing Coalition (NABS), le Native American Rights Fund, le National Congress of American Indians, et le International Indian Treaty Council rassemblent des documents et éléments pour être présentés au groupe des Nations-Unies de l’United Nations Working Group on Enforced and Involuntary Disappearances (UNWGEID).

Les groupes, par l’UNWGEID, demanderont aux Etats-Unis de “fournir une comptabilité complète des enfants autochtones qui furent envoyés dans les pensionnats pour Indiens et dont la destinée et la localisation demeurent inconnues”, d’après la déclaration de presse effectuée.

“Le gouvernement des Etats-Unis n’a jamais accepté la responsabilité des impacts inter-générationnels qu’a eu la politique et le programme des pensionnats pour Indiens, programme qui a retiré des milliers d’enfants indigènes de leurs familles et communautés entre 1869 et jusqu’à une période aussi récente que les années 1980 et ce pour l’objectif déclaré de l’assimilation forcée. Les Etats-Unis n’ont toujours pas donné de chiffres précis au sujet du nombre d’enfants qui sont morts alors qu’ils étaient détenus par les autorités gouvernementales sous cette politique, ils n’ont pas non plus fournis de preuves montrant que les familles impliquées furent informées de manière consistante du décès ou de la disparition de leurs enfants et ce malgré un grand nombre de tentative d’obtenir ces informations par le biais du Freedom of Information Act (FOIA) ou loi sur la liberté de l’information, dont des demandes furent dûment enregistrées par la National Native American Boarding School Healing Coalition, the Native American Rights Fund (NARF) et le International Indian Treaty Council (IITC),” déclare le communiqué de presse.

“NABS, IITC, NARF et le NCAI demandent respectueusement que les familles et les tribus rassemblent tous les témoignages possibles et partagent l’information lorsqu’approprié, afin de documenter tout cela auprès de l’ONU.”

Chacun des groupes a fait des demandes de demandes d’information officielles, d’après Christine McCleave de la nation Ojibwe, directrice du bureau de la National Native American Boarding School Coalition,  qui a enregistré des demandes d’information sous le FOIA en février 2016.

Dans sa demande officielle, le NABS a demandé ceci:

  • Le nombre de pensionnats établis pour des élèves autochtones entre 1819 et 1972, soutenus par un budget et/ou une politique fédéraux
  • Le montant du budget qui fut alloué par le gouvernement fédéral à l’opération des pensionnats et l’identité de chacune de ces écoles, églises, missions ou autres récipiendaires de ces fonds fédéraux.
  • L’endroit géographique de chacune de ces écoles, le nombre de leurs élèves pour chaque année en opération et l’identité de chacun des élèves emmené dans ces pensionnats incluant leur affiliation nationale (incluant les Pueblos et les villages d’Alaska) et
  • Ce qu’il est advenu de chacun de ces élèves, s’ils sont retournés chez eux, s’ils ont été transférés dans d’autres endroits pour plus de formation ou s’ils sont décédés et ont été enterrés dans ces pensionnats ou dans tout autre cimetière.

McCleave nota que le NABS a été en contact avec le Bureau des Affaires Indiennes (BIA) mais n’a reçu aucune des archives demandées.

Cette dernière décennie, il y a eu plusieurs découvertes de tombes anonymes, masquées dans plusieurs de ces pensionnats à travers les Etats-Unis. En 2015, la chercheuse universitaire Marsha Small a trouvé plusieurs tombes anonymes sur le site du cimetière de la Chemawa Indian School dans l’état de l’Oregon après avoir recherché cette zone au moyen d’un radar de pénétration.

L’historienne et experte de la tristement célèbre Carlisle Indian Industrial School, Barbara Landis, a remarqué des tombes anonymes tout comme le fait que des élèves disparus y sont des affaires toujours non résolues.

“Des 14 pierres tombales que nous avons découvertes, nous avons trouvé les noms de toutes sauf deux. Le gouvernement fédéral s’occupe d(obtenir les archives de la Cumberland County Historical Society et du Dickinson College pour un projet de numérisation en ligne.”

Le nombre total d’enfants autochtones disparus n’a pas (encore) été établi aux Etats-Unis (NdT: il est de plus de 50 000 au Canada, cf. notre traduction de “Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada”, le contre-rapport de la CVR canadienne qui fut une véritable farce et parodie de justice..), mais un universitaire natif, Preston McBride, a estimé que le chiffre pourrait être bien au-delà des 10 000 enfants disparus.

McCleave a aussi dit que le NABS n’a pas non plus collecté toutes les données.

“Nous avons quelques indices, mais nous sommes toujours dans le processus de la collecte de témoignages officiels. Nous savons que des enfants ont disparu parce que la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) canadienne a trouvé les noms de 6000 enfants (NdT: chiffres bidouillés par la commission en question, un chiffre conservateur est de 50 000 enfants morts/disparus certainement plus, au Canada, entre les années 1860 et 1996, date de fermeture du dernier des pensionnats…) qui moururent ou disparurent lors de leur séjours dans les pensionnats,” a dit McCleave.

“Il y a aussi des preuves s’accumulant concernant des tombes anonymes dans les cimetières de pensionnats aux Etats-Unis”, a t’elle ajouté. Dans leur demande officielle de FOIA de 2016, le NABS a estimé qu’il a pu y avoir jusqu’à 500 de ces pensionnats pour les enfants autochtones aux Etats-Unis.

Le NABS et les institutions coopérantes espèrent rassembler le plus de témoignages possibles au sujet des enfants disparus en août pour la réunion de l’UNWEIGD se tenant en septembre à Genève, mais ils pourront étendre la date limite si nous estimons que nous avons besoin de plus de temps pour rassembler plus de témoignages” a dit McCleave.

“Aidez-nous à contacter des familles et parents qui pourraient avoir des informations ou des témoignages plus spécifiques et désirant partager cette information concernant des membres de leurs familles ayant été dans les pensionnats et qui sont aujourd’hui toujours disparus et dont on ne sait pas ce qu’ils sont devenus,” a t’elle ajouté.

Résister au colonialisme… résister à l’état policier… (Mohawk Nation News)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, canada USA états coloniaux, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 16 juillet 2017 by Résistance 71

“Regardez et comprenez, car quand ils en auront fini avec nous… ce sera votre tour !”
~ Membre du conseil des femmes mohawk s’adressant à des Québecois venus aux nouvelles lors de la crise d’Oka, 1990 ~

« Lorsque je me promène dans l’Amérique profonde et que je vois la masse des blancs, ils ne se sentent pas opprimés, ils se sentent impuissants. C’est là que nous pouvons mesurer l’étendu du génocide psychologique qu’ils ont déjà infligé à leur propre peuple. »
~ John Trudell ~

Kahnasetake, 270 ans de résistance, reportage à voir et diffuser sans modération (VOSTF)

 

 

Mohawk contre état policier

 

Mohawk Nation News

 

14 juillet 2017

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2017/07/14/mohawk-v-police-state/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

A lire en complément: 

“Un manifeste indigène”, Pr. Taiaiake Alfred (Mohawk, clan de l’ours) et la Grande Loi de la Paix, Kaianerekowa, que nous avons intégralement traduite en français il y a quelques années.

 

Il y a des milliers de communautés onkwe’onweh, les véritables peuples naturels de ce sous-continent nord-américain. Tout cela est notre terre. Les voleurs de terre lorgnent dessus. On nous dépeint comme des sauvages et des terroristes vivant sur des propriétés que nous n’utilisons ni ne développons. Les colons établis veulent nous virer ou nous assassiner afin de nous retirer du chemin du plus grand profit.

Toute véritable vie sur notre terre immémoriale représente notre héritage. La création (nature) a fait cette terre pour nous, nos non-nés et toute la nature. Nous avons accepté en premier la grande loi de la paix et nous avons été d’accord pour la diffuser dans le monde entier.

Il y a 27 ans (NdT: Oka, Kahnasetake,1990), nous avons vu la distance que l’ennemi était prêt à aller pour saisir notre terre. Ils voulaient savoir le niveau de résistance auquel ils auraient à faire face dans cette escroquerie foncière de “développement”.

Ce test fut Oka. Le Canada supposa qu’il pourrait stopper cette révolte au moyen de leurs tactiques militaires. Ils ont vu que nous ne nous serions jamais rendus. Onowa’regeh, l’île de la grande tortue ne peut jamais être volée. elle est soumise à une occupation illégale. Nous n’avons jamais laissé, abandonné un pouce de terrain, jamais.

Ellen Gabriel de Kanehsatake (NdT: qui fut la porte-parole des Mohawks pendant toute la crise d’Oka), a brillamment expliqué que le Canada a peur du Québec, que toujours plus de politiciens et de voleurs de terres ont des penchants séparatistes. Ils ont l’intention de voler frauduleusement chaque pouce de notre terre et nous laisser sans territoires. Les Canadiens français ne peuvent que se séparer de leur contre-partie et corps politique anglais, mais pas de nous, pas de notre terre. Trudeau soutient les séparatistes car ceux-ci l’ont élu.

Tout le véritable peuple originel de l’île de la grande tortue va se tenir ensemble, debout sous la constitution de la paix (kaianerekowa). Les 6 nations (iroquoises) et tous leurs alliés sont prêts à faire leur devoir en accord avec notre loi.

Nous résisterons aux va t’en guerre. Comme l’a dit John Trudell: “Nous ne sommes militants parce que nous n’avons pas inventé le fusil pour tuer les gens… La loi entrepreneuriale (coloniale) est utilisée comme une balle pour nous détruire.”

Résistance au colonialisme: La dictature de la pensée occidentale à l’origine des lois coloniales toujours en vigueur (Steven Newcomb)

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A lire, la version PDF de « Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte »
(Steven Newcomb, 2009, traduction de larges extraits par Résistance 71)

Pour mieux comprendre la notion de pouvoir et de justice dans le paradigme autochtone: « Un manifeste indigène » (Taiaiake Alfred)

 

L’esprit de l’homme blanc est à l’origine de la soi-disante loi fédérale indienne

 

Steven Newcomb

 

28 juin 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/mind-white-man-origin-us-federal-indian-law/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

“Remonter à l’origine de la loi fédérale indienne est une tâche difficile.” – Felix S. Cohen

La loi est un pur produit de l’esprit humain.” – Steven L. Winter

Les concepts et les idées qui constituent la loi fédérale indienne américaine sont issus de là où toutes les idées ont leur origine, dans l’esprit humain. Mais pas n’importe quels humains ont créé ces concepts. Nos ancêtres indigènes n’ont pas créé les idées appelées aujourd’hui la “loi fédérale indienne”. Les descendants des colons européens créèrent les idées que vous lirez si vous prenez par exemple The Handbook of Federal Indian Law, de Felix Cohen. Je ne vois pas très bien pourquoi Cohen a eu des difficultés a comprendre un point clef: l’origine de la loi fédérale indienne est l’esprit de l’homme blanc.

L’esprit occidental, celui de l’homme blanc, a créé les idées qui ont été utilisées et continuent de l’être pour opprimer nos nations originelles. Lorsque les colonisateurs ont envahi nos territoires traditionnels, ils avaient avec eux des penseurs dont le boulot était de planifier et de comploter. Il y a eu de tels penseurs au cours des siècles. Ces esprits brillants étaient formés dès leur plus jeune âge à penser aux meilleurs moyens et pratiques pour phagocyter nos terres et territoires et pour imposer sur nos peuples et nations un vocabulaire limité et des idées qui créeraient un système de réalité dominatrice qui serait utilisé pour dominer et contraindre nos nations. Nous vivons aujourd’hui avec le résultat de cet héritage destructeur.

Nos ancêtres n’avaient pas le bénéfice de connaître en détail  la mentalité des colonisateurs. La plupart de nos ancêtres n’ont pas eu le bénéfice de pouvoir aller lire les archives des colons et, basés sur cette étude, de formuler des arguments en anglais, en français ou en espagnol/portugais, qui pourraient être utilisés pour identifier et fondamentalement défier les grands silences des colonisateurs et leurs assomptions les plus profondément cachées.

Lorsque les membres de nos familles furent forcés, enfants, dans les pensionnats blancs de la domination, la pédagogie du contrôle était faite “pour tuer l’Indien et sauver l’humain en lui”. On leur a appris à imiter et à embrasser le schéma mental du “dieu bénit l’Amérique” du colonisateur plutôt que de défier ces schémas dominateurs. “L’Indien” qui était désigné pour mourir était celui qui avait le plus de chance de défier ces schémas de l’agenda colonisateur de l’homme blanc. Ainsi, le système impérialiste américain de domination voulait dévorer nos ancêtres pendant leur enfance en les forçant dans les entrailles de l’empire (les rendant ainsi colon-isé), de façon à ce qu’ils puissent être “assimilés” (digérés) dans le corps politique de l’empire et finir par vivre tranquillement dans le corps de l’empire, captifs, si on peut dire, du “ventre” de la bête.

Enfants, nos ancêtres furent forcés à incorporer les pensionnats pour Indiens dans un effort de retirer tout ce qui pourrait maintenir nos nations ensemble. Nos nations devaient être et furent démantelées en suivant les coutures. Pour la plupart, nos nations n’étaient même pas référées comme étant des nations ; au lieu de cela, on apprît à nos ancêtres de se référer à la notion de “tribu” au lieu de nation  ou à un bas-ordre de “nations tribales”. Après quelques générations, ce vocabulaire dénaturant est devenu une partie imbriquée de la fabrique même de notre existence colonisée. Nos langues, que nos ancêtres firent évoluer au cours des millénaires devaient être étouffées, suffoquées. Ceci devait se faire en ne laissant pas nos ancêtres “respirer un mot” de leur langue maternelle durant leur enfance. Un système de punition vicieux et psychologiquement endommageant tout autant que ridicule fut mis en place et appliqué à tous ces enfants qui voulaient continuer à parler leur langue maternelle, ce qui était de fait la chose la plus naturelle du monde à faire. Le plan tordu des colonisateurs était de s’assurer que nous ne serions plus capables de parler les mots, de penser ou de connaître les enseignements de nos ancêtres. Dans la plus grande des mesures, ce programme fut un succès, il n’a échoué qu’en quelques circonstances.

A cause de l’héritage de ces pensionnats de la domination, le cliché de “devoir obtenir une éducation” ne veut jamais dire d’avoir besoin d’apprendre le langage et le système de connaissance traditionnel de nos propres nations pré-américaines. Cela veut dire “vous devez obtenir une éducation d’homme blanc” en apprenant à penser de la même manière que dans le système occidental des colonisateurs, en adhérant au système de la domination fédérale sur les Indiens (érigée en “loi”). Personne n’a encore expliqué comment maîtriser et maintenir le système de domination des idées utilisé contre nos nations, est supposé les libérer.

Aujourd’hui, malgré tout ce qui s’est passé, nous avons le bénéfice de la connaissance interne [du système de domination]. Nous avons l’avantage de pouvoir lire et analyser les archives historiques de la structure de l’argumentaire de l’homme blanc ainsi que de ses processus mentaux. Nous avons la capacité d’utiliser la théorie cognitive, qui explique les opérations de l’esprit humain, d’examiner les concepts et les idées qui font et constituent le système de domination de la loi fédérale indienne américaine qui a été et continue d’être utilisé contre nos peuples et nations originels.

Le système fédéral indien de la domination des Etats-Unis assume que nos nations et nos peuples sont sujets, doivent obéir à l’esprit de l’homme blanc ; mais si nous demandons “sur quelle base assumez-vous que nos nations doivent être sujettes à l’esprit de l’homme blanc ?” La réponse qui revient en boucle est : “sur la base de l’esprit de l’homme blanc.Comment nous sommes-nous donc retrouvés dans cet imbroglio dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui ? Simple. L’esprit de l’homme blanc a été capable de construire des idées et des arguments qui ont été utilisés pour donner l’impression [l’illusion] que nos nations sont de droit, sujettes à l’esprit (NdT: et donc à la domination) de l’homme blanc. Si nous ne faisons aucun effort pour défier ce raisonnement, alors nous nous sommes simplement résignés à notre propre destinée de dominés.

Si nous nous laissons mentalement conditionner à vivre nos vies selon le schéma conceptuel de l’homme blanc, nous continuerons à être mentalement emprisonné dans ce système conceptuel, qui continuera à être appelé “la loi”. Notre rechignement à défier les activités mentales de l’homme blanc a eu pour résultat que nous traitions les idées prévalantes de l’homme blanc comme “loi”. C’est “leur loi”. Alors que nos peuples et nations commencèrent à utiliser l’anglais comme langue principale de communication avec dans le même temps nos propres langues qui étaient réprimées et effacées au sein des pensionnats pour Indiens, nous internalisions dans nos esprits les assomptions très dominatrices qui sont toujours utilisées aujourd’hui pour dénaturer et retirer leur pouvoir à nos nations.

Nous avons besoin d’une approche différente et d’un genre différent de conversation au sujet du système de la loi fédérale indienne de domination, une approche qui questionne et défie la plus basique des assomptions qui dit que nos peuples et nations sont sujets à l’esprit de l’homme blanc par le simple fait que celui-ci a pensé de telle façon et parce qu’il l’a affirmé sur la base de la doctrine chrétienne de la découverte et de la domination.