Archive pour amérindiens contre colonialisme

Effondrer les empires coloniaux et donc la dictature étatico-marchande, fléau de l’humanité (MaJ PDF)

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Jo a judicieusement réactualisé son PDF sur la nécessité toujours si vivace  d’effondrer les empires coloniaux :

Effondrer-les-empires-coloniaux-par-jo-busta-lally

 

Lectures complémentaires :

5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

 


N.O.M vs nous, les peuples… (Photo Oka 1990)

Reprise 10 : L’argument « légal » yankee de la domination chrétienne sur les peuples et nations originels (Steven Newcomb)

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American Indian Movement

 

L’argument des nations chrétiennes du gouvernement des Etats-Unis dans l’affaire judiciaire des Indiens Tee-Hit-Ton vs Etats-Unis (1955)

 

Steven Newcomb

 

27 août 2020

 

url de l’article original:

http://originalfreenations.com/the-u-s-governments-christian-nations-argument-in-tee-hit-ton-indians-v-united-states-1955/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il y a soixante-six ans, en novembre 1954, le ministère de la justice américain a soumis une argumentation des plus bizarres au cours de l’affaire opposant les Indiens Tee-Hit-Ton et les Etats-Unis. Ceux-ci argumentèrent que les Indiens de la bande Tee-Hit-Ton de la nation Tlingit d’Alaska ne devrait pas recevoir de compensation financière pour la prise de bois de leur territoire. Pourquoi ? Parce que “les nations chrétiennes d’Europe” avaient affirmé leur “souveraineté” et “acquis la juridiction” sur les terres des païens et des infidèles durant l’époque dite de la “découverte”.

Les métaphores religieuses contenues dans le résumé légal du ministère de la justice, qui incluent des citations de la “Genèse” de la bible ainsi que des psaumes de l’ancien testament, nous disent que le ministère et le gouvernement des Etats-Unis contestaient sur la base de la religion chrétienne que les Indiens Tinglit devaient être payés pour la prise de bois sur leurs terres. Les Etats-Unis gagnèrent l’affaire à la majorité du vote de la Cour Suprême et un compte rendu fut écrit par le juge Stanley Reed et rendu public par la CS en février 1955. Je suis né deux mois après cette décision de justice. En tant que peuples et nations qui furent décimés par l’invasion des nations de la chrétienté occidentale, nous, peuples natifs, tentons constamment de comprendre cette décision et cette version de la “réalité” passée et présente. Pourtant, pour une raison qui nous échappe, les érudits de la loi sur les Indiens n’ont fait aucun effort pour comprendre le fait qu’en 1954, la même année où la CSEU renversa la décision dans l’affaire Plessy vs Ferguson et la doctrine différente mais égale, le gouvernement des EU a utilisé la bible et la religion chrétienne, avec des documents (bulles) pontificaux datant du XVème siècle comme base de ses arguments dans une plaidoirie judiciaire.

Malheureusement, avant 1955, la CSEU n’enregistrait pas les plaidoiries orales, sauf pour les cas très importants. Une recherche approfondie par un bibliothécaire de l’université du Massachussetts, Amherst, a révélé qu’aucune transcription écrite ne fut conservée de la plaidoirie du gouvernement des EU dans l’affaire Tee-Hit-Ton vs USA. Ce que nous avons en revanche, c’est l’original résumé légal de cette affaire. Et, comme je l’ai dit ci-dessus, je n’ai pas trouvé un seul exemple de praticien de la loi sur les Indiens ayant mentionné dans un livre ou un article, les métaphores religieuses utilisées par le gouvernement des Etats-Unis dans son argument à la CSEU dans l’affaire Tee-Hit-Ton vs USA.


Bible, Croix et Épée… La sainte trinité de la domination

Mais, quelques universitaires natifs ont réuni quelques métaphores qu’ils ont l’habitude d’utiliser et ce qu’ils ont pu discerner  des archives écrites ou des interprétations des archives par d’autres universitaires. Les avocats de la loi fédérale sur les Indiens n’ont pas mentionné la dimension religieuse chrétienne dans cette loi dans leurs comptes-rendus passés. Le juge de la CS Stanley Reed, qui a écrit la vaste majorité de la décision de justice dans l’affaire Tee-Hit-Ton contre les USA, a exprimé son interprétation de la décision de Johnson contre M’Intosh (1823) dans une opinion dissidente en 1946 dans l’affaire de la bande Alcea de Tillamooks. Reed y a dit que la décision de Johnson était basée sur la théorie voulant que “la découverte par les nations chrétiennes leur avaient donné la souveraineté sur ces terres découvertes ainsi que le titre de propriété.” Il cita tacitement ce même point de vue dans la décision majoritaire de l’affaire Tee-Hit-Ton en citant le chapitre “Propriété” (chapitre 5) dans les Elements of International Law, de Henry Wheaton, qui exprimait un contraste entre la domination des nations chrétiennes d’Europe et la mise au pas, subordination des Indiens non-chrétiens.

Les citations archivales du “passé” concernant le rapport chrétien / infidèle et païen sont filtrées et laissées hors des catégories de la loi fédérale indienne. Ceci devient certainement un facteur quand on en vient à la capacité de défier les schémas idéologiques que j’appelle typiquement maintenant “de la doctrine chrétienne de la découverte et de la domination. Nous n’avons pas accès à une vérité non “filtrée” des anciennes archives historiques, spécifiquement depuis notre distant point d’observation dans cette seconde décennie du XXIème siècle. Ce que nous avons en revanche est une litanie d’interprétations largement contestées, qui demandent toutes une reconnaissance de vérité.

Pourtant ces silences, ce dont on ne discute pas, sont souvent plus importants que ce dont on discute. Prenez par exemple le professeur de science politique David Wilkins, dans un article sur la doctrine de la découverte il y a un an, il y dit que la décision majoritaire de Stanley Reed dans l’affaire des Indiens Tee-Hit-Ton “se classe parmi les plus évidentes et racistes mauvaises représentations de faits jamais émises par la Cour Suprême des Etats-Unis.Wilkins n’a apparemment aucun problème à exprimer ce scandale en regard du racisme dans la loi américaine ; mais il n’est pas scandalisé de la même manière par l’utilisation par les Etats-Unis de la religion chrétienne et des termes catégoriels “païens” et “infidèles” contre nos nations et nos peuples dans la plaidoirie judiciaire de l’affaire des Indiens Tee-Hit-Ton ni par la reconnaissance par la CSEU de ce langage citant un langage religieux dans les Elements of International Law de Henry Wheaton ?

J’ai envoyé le langage pertinent du compte-rendu légal de l’affaire à un autre érudit de la loi fédérale indienne il y a quelques années. Quand je lui ai posé plus tard la question, il a répondu : “Je ne vais pas lire ça”. Aucune explication du pourquoi. Juste un refus direct à simplement lire ce langage religieux traitant de “païens” et “d’infidèles” dans ce compte-rendu légal, ainsi que les références à l’ancien testament biblique..

Je m’attendais à une réponse plus nuancée de Wilkins, mais il dit que “les archives historiques, à la fois écrites et orales, , montrent que le titre de propriété légal demeurait avec les nations tribales.” Pourtant, il négligea de reconnaître un présumé droit de domination de la part du gouvernement des Etats-Unis en regard des nations natives. Quant à ce que Wilkins veut dire par “droit de propriété légal” en application aux nations natives, il donne un indice lorsqu’il dit que la doctrine de la découverte “a affirmé que les nations tribales étaient ‘les occupants de droit de la terre’ et avaient ‘un droit légal et juste de garder la possession de la terre et de l’utiliser comme bon leur semble’”.

Pourtant, en 2014, le 9ème circuit de la cour d’appel a dit dans l’affaire White vs University of California que le “droit d’occupation des sols” n’est pas un “droit de propriété”, tout en citant Johnson vs M’Intosh et Tee-Hit-Ton vs USA en documentation. Nous pourrions demander au professeur Wilkins “Quel droit de “propriété des sols” demeure t’il avec les nations natives, prenant en compte qu’en 2014, le 9ème circuit de cour d’appel a déclaré que le titre indien “d’occupation aborigène’ est un ‘intérêt aborigène’ mais pas un “droit de propriété’” ?

Vous pouvez vraiment vous poser la question de savoir si les praticiens de la loi fédérale indienne vont un jour vraiment défier la base religieuse de la doctrine de la découverte dans l’affirmation par les Etats-Unis que l’occupation des terres indiennes n’est pas un “droit de propriété”, le tout fondé sur la distinction entre les nations chrétiennes d’Europe et leurs successeurs, et les nations “païennes” et “infidèles” ? Où est le scandale en Territoire Indien sur cette utilisation de la chrétienté par les tribunaux de justice américains pour affirmer leur droit de domination contre nos peuples et nations natives ?…

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Notre page « Colonialisme et Doctrine Chrétienne de la Découverte »

Notre page « Colonialisme et luttes indigènes »

5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

 


La Grande Loi de la Paix


Wampum Deux Rangées

Reprise 8 : Appel à la solidarité du Conseil National Indigène (Mexique)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 8 septembre 2020 by Résistance 71

 

 

Agression contre les communautés zapatistes, le Conseil National Indigène appelle à la solidarité

 

CNI

 

27 août 2020

 

url de l’article en français:

https://www.lavoiedujaguar.net/Agression-contre-des-communautes-zapatistes-le-Congres-national-indigene

 

Aux peuples du Mexique et du monde,

Le Conseil indigène de gouvernement – Congrès national indigène (CNI-CIG) dénonce la lâche attaque des membres du groupe paramilitaire appelé Organisation régionale des caféiculteurs d’Ocosingo (Orcao) qui, le samedi 22 août aux environs de 11 heures du matin, ont volé et brûlé les installations du Centro de Comercio Nuevo Amanecer del Arcoiris situé sur le site connu comme « croisement » de Cuxuljá, Commune autonome Lucio Cabañas, à l’intérieur de la municipalité officielle d’Ocosingo, Chiapas.

L’organisation paramilitaire Orcao a maintenu depuis des années une pression, et une violence constante sur les communautés zapatistes ; c’est le cas dans la Commune autonome Moisés Gandhi, pour arrêter l’organisation autonome, pour privatiser les terres qui ont coûté la lutte et l’organisation des peuples originaires bases d’appui zapatistes, pour terroriser et menacer les compañeros et compañeras qui depuis le bas ont parié sur l’espoir. C’est le cas aussi des diverses agressions contre les compañeros du Congrès national indigène qui furent violentés et séquestrés par les paramilitaires de l’Orcao, les « Chinchulines » et des gens du parti Morena [1].

Nous dénonçons la guerre qui, depuis le haut, se déploie contre l’organisation des communautés zapatistes en même temps que d’en haut les mauvais gouvernements cherchent à imposer, dans tout le pays, les mégaprojets de mort auxquels nous nous opposons et nous opposerons, parce que nous ne sommes pas disposés à renoncer à nos territoires et à permettre la destruction que nous promettent les puissants.

Nous rendons responsables de ces faits l’organisation paramilitaire Orcao, le parti Morena, le gouvernement de l’État (du Chiapas) et le gouvernement fédéral qui n’ont pas cessé de semer la violence dans la région pour frapper non seulement nos frères et sœurs des communautés bases d’appui de l’EZLN, mais aussi tous les peuples qui rêvons la lutte pour la vie, pour guérir notre Terre mère et cesser qu’elle soit privatisée, pour que ne reviennent jamais plus les patrons capitalistes et les mauvais gouvernements sur les territoires autonomes zapatistes et que cette lumière continue à fleurir sur les territoires des peuples originaires du CNI-CIG et de toute l’humanité.

Nous lançons un appel aux compañer@s des réseaux d’appui et de résistance et rébellion pour qu’ils se prononcent et se mobilisent contre la guerre d’extermination qui s’intensifie dangereusement contre nos frères et sœurs des peuples zapatistes qui nous enseignent à ne jamais cesser de semer rébellion et espoir.

Bien à vous,

Pour la reconstruction intégrale de nos peuples

Jamais plus un Mexique sans nous

Congrès national indigène – Conseil indigène de gouvernement

Texte d’origine :

Congreso Nacional Indígena

24 août 2020.

Reprise 7 : Résistance au colonialisme et l’affirmation du « don de dieu » d’un droit à la domination (Steven Newcomb)

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Le “don de dieu” d’un droit à la domination

 

Steven Newcomb

 

21 août 2020

 

url de l’article original:

http://originalfreenations.com/gods-gift-of-a-right-of-domination/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans l’ancien testament de la bible, on trouve l’histoire d’un dieu qui a choisi un peuple particulier avec lequel il voulait avoir une relation spéciale. Parce qu’il l’a choisi, ce peuple est connu comme “le peuple élu”. La déité lui a promis une grande terre, mais malheureusement sur cette terre y vivaient d’autres peuples et nations.

D’après l’histoire, le “dieu” de la bible donna à “Son” “peuple élu” le droit d’établir un système de domination sur le nombre de nations vivant sur les terres qu’il lui avait promises.

Dans mon livre “Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte” (Fulcrum, 2008) [dont R71 a traduit de larges extraits à lire sur le lien précédent du titre en français), j’ai écrit : “L’affirmation par les monarques chrétiens d’un ‘droit à la découverte et à la possession’ était aussi une affirmation du droit de tuer et de piller les non-chrétiens. Ce droit au pillage se trouve également dans la tradition d’alliance trouvé dans l’ancien testament. Par exemple dans le livre du Deutéronome, nous y trouvons que “dieu” dit à son peuple élu comment il devait se comporter lorsqu’ “IL” les amènera sur la terre dont ils avaient reçu pour instruction de posséder. Ainsi :

“Quand ton seigneur dieu vous amènera sur la terre, vous devrez la posséder et ce que vous aurez devant vous, délivrées par votre seigneur dieu, les7 nations plus grandes et plus puissantes que vous, vous devrez les écraser et les détruire…

Si le “peuple élu” acceptait de suivre ces mandats “divins”, Yaveh promit de leur donner de “grandes et belles villes”, qu’ils n’avaient pas construites, avec “des maisons remplies de bonnes choses”, qu’ils n’avaient pas remplies, qu’ils n’avaient ni creusées ni construites, et des vignes et des oliveraies, qu’ils n’avaient pas plantées. Après tout, “Il” avait découvert ces terres et les avait promises à “Son” “peuple élu” et parce qu’”Il” est dépeint comme se considérant lui-même comme “dieu”, il fut capable de le passer en héritage à “Son” “peuple élu” “Son”, “droit à la découverte et à la domination”.

Les “grandes et bonnes villes”, “bonnes choses”, “puits”, “vignes”, oliveraies”, tout cela faisait partie du butin pris à l’ennemi que Yaveh commanda aux Hébreux “de manger”. La phrase “manger le butin pris à ton ennemi” correspond, bien entendu avec la métaphore LA COLONISATION EST MANGER.

Ceci constitue le schéma de pensée et de comportement de l’ancien testament que les Etats-Unis ont imposé sur nos nations et peuples originels au nom de la loi et de la politique fédérale indienne. Ezra Stiles, président de l’université de Yale, invoqua ce schéma en 1783 lorsqu’il déclara que dans le futur, “dieu ferait son Israël américain, bien au-dessus de toutes les nations”. Comment cela s’accomplirait-il ? Par les moyens des schémas de domination impériaux et coloniaux. En d’autres termes, par la certaine “colonisation” du continent.


Résistance !

La racine du mot colonisation est “colon”, qui est partie du système digestif du “corps politique colonial” prédateur, qui vient supplanter et envahir nos peuples et nations originels, avec ce désir de les dévorer en tant que proies et butin. La racine de “colon” est “colo” qui veut dire “filtrer les impuretés dans le processus d’extraction minière”. Celle-ci est la toile de fond du processus de colonisation, suffit de regarder toutes les extractions minières qui se sont produites et continuent de se produire sur les terres natives (partout dans le monde).

Tous ces schémas sont le résultat d’un désir de localiser (de “découvrir”) et de “saisir” toute nouvelle zone géographique qui peut être convertie en richesses et en pouvoir. Convertir a aussi une autre signification valide, “prendre illégalement ce qui appartient à quelqu’un d’autre”, comme par exemple à nos nations originelles.

Ce que le juge de la Cour Suprême des Etats-Unis John Marshall a appelé le “droit de découverte” dans sa décision de 1823 dans l’affaire Johnson vs McIntosh est une excroissance d’un droit que le “dieu” de la bible avait dit avoir donné à son “peuple élu”. Le peuple élu de la chrétienté devait mettre les voiles à la recherche des terres distantes non-chrétiennes qui dans ce narratif lui furent promises par “dieu”. Ce schéma de “peuple élu” et de “terre promise”, ainsi que celui du “commandement de dieu” “d’éradiquer” les nations vivant déjà en cet endroit “promis” en les “conquérant” etc, fut éventuellement généralisé et utilisé contre toutes les nations originelles du monde entier.

Ce narratif du “droit divin” à la découverte et à la domination fut imbriqué dans la décision de la Cour Suprême de Justice des Etats-Unis dans l’affaire Johnson & Graham’s Lessee v. McIntosh (1823), où il demeure toujours, avec son affirmation que les monarques de la chrétienté ont assumé que “la domination ultime”, ou le droit de domination, existait “en eux-mêmes”. Quand vous retirez la dernière lettre du mot “dominion” vous obtenez “dominio”, qui veut dire de manière variée “dominer”, “subjuguer” et “subordonner”. Aujourd’hui, bien malheureusement, des schémas de domination et de déshumanisation affligent les gens et les peuples à travers la planète entière.

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Note de Résistance 71 : Comme nous l’avons expliqué dans notre analyse “Nous sommes tous des colonisés !” (voir ci-dessous)

Lectures complémentaires :

5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


Face à face… N.O.M vs Société des Sociétés


Gaulois penseur… donc réfractaire

Le colonialisme en question… Quand la couronne parasite crée le virus couronne (Steven Newcomb)

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“”Les Etats-Unis, créés par une bande d’esclavagistes qui voulurent être libres… Le rêve américain, oui, parce que vous devez être endormis pour y croire.”
~ George Carlin ~

Deux colons yankees (ou canucks) discutent entre eux. L’un dit à l’autre: “Vraiment en ce moment nous avons un sacré problème avec l’immigration”. Dans l’arrière plan, un Indien qui a entendu la conversation dit: “Oui, je sais, ne m’en parlez pas !”
~ Résistance 71 ~

“Oui, regardez et comprenez bien ce qui se passe ici, parce que quand ils en auront fini avec nous… ce sera votre tour !”
~ Mère de clan de la nation mohawk s’adressant à des colons québécois badauds venus aux nouvelles lors de la crise d’Oka en 1990 ~

 

 

Le virus de la couronne (“corona”) et les affaires états-uniennes

Les affaires de l’Amérique sont les affaires

 

Steven Newcomb

 

Avril 2020

 

url de l’article original:

http://originalfreenations.com/the-crown-corona-virus-and-the-business-of-america/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le président américain Calvin Coolidge (en exercice de 1923 à 1929) est mal cité pour soi-disant avoir dit en 1925 que “les affaires de l’Amérique sont les affaires”. Voici ce qu’il a effectivement dit:

Après tout, les affaires principales du peuple américain sont les affaires. Ils sont profondément préoccupés à produire, à acheter, à investir et à prospérer dans le monde.

La vérité ici exprimée par Coolidge avec cette déclaration est liée avec une signification peu connue se trouvant derrière le mot “America” [Amérique], un nom généralement associé avec l’explorateur et aventurier Amerigo Vespucci. Un cartographe allemand du nom de Martin Waldseemüeller plaça, en l’honneur de Vespucci, le nom “Ame Rica” sur une carte du monde en 1507 qu’il était en train de faire, afin de dénommer ce qui est connu sous le nom d’hémisphère occidental.

En analysant le mot de “Ame Rica” que Waldseemüller créa en 1507, nous trouvons le terme latin “Ame” qui est un commandement voulant dire “Aimez !” et “rica” qui est le mot latin pour “richesses ou opulence”, faisant donc de l’expression un “Aimez les richesses !” ou “Aimez l’opulence !” ce qui serait une interprétation correcte du mot “America”. Ceci constitue en d’autres termes, un esprit et un mode de vie de la veulerie. “Make America Great Again !” (NdT: le slogan de Trump “Rendre l’Amérique de nouveau grande !”) veut en fait dire “Rendre la veulerie de nouveau grande !” (NdT: comme si elle avait jamais cessé… ) Le “rêve américain” a commencé dans la poursuite des richesses et de l’opulence, emmenée par ceux qui en bénéficiaient le plus, la classe aristocratique des avocats, des politiciens, des banquiers, des propriétaires de plantations et d’esclaves. Le objectif politique et économique fut de poursuivre l’opulence au moyen de la vie, de la liberté et de la poursuite de la “propriété” (NdT: mot qui, comme le nota Howard Zinn, fut substitué à celui de “bonheur”… Il en va de même dans les DDHC françaises), spécifiquement, les terres et territoires des nations natives de l’endroit, plus de 3 milliards d’acres de ces terres.


Résistants au terrorisme (colonial) depuis 1492
(à droite: Géronimo)

Les territoires des nations natives du continent de l’Île de la Grande Tortue (Amérique du nord) fournirent aux colons envahisseurs les “matières premières” du rêve américain, avec des ressources naturelles sans limite, terre, eau, forêts, minéraux. Le but était de saisir et de dominer tous les éléments de la vie qui pourraient être colonisés et exploités et, par un processus alchimique, de tout transformer en profit, sans aucun regard pour la sacralité de l’eau et des écosystèmes finis et délicats.

Mondialement, la trajectoire de la colonisation des terres n’a été qu’en rapport à une “société de consommation” dévorant (consumant) la terre-mère aussi rapidement qu’humainement possible, pour le profit, la richesse, sans aucune considération pour le principe thermodynamique d’entropie et les limites biologiques et écologiques de la planète.

La racine même du mot “colonisation” est “colon”, qui est le tube digestif du corps politique. La planète est dévorée, consommée, consumée et digérée par un style d’organisation appelé “corps politique”, qui étend son influence et son contrôle sur de toujours plus grandes zones géographiques par le moyen de la colonisation (c’est à dire de la digestion). Le corps politique prédateur américain a besoin d’une chaîne ininterrompue de butins et de proies à consommer, sur lesquelles se nourrir. La société prédatrice est fondée sur la prédation globale par le moyen des empires (des états) et d’entreprises de la planète. Le cycle prédateur-proie est la fondation non seulement de l’économie américaine mais aussi de toute l’économie mondiale (NdT: le capitalisme est prédateur de tout, il réifie tout, il est son propre prédateur et se cannibalise lui-même à terme, se faisant rendant impossible sa propre reproduction…).

Il y a un effort incessant de recherche, de localisation et de découverte de nouvelles “ressources” (pensez aux minéraux rares comme le lithium etc…), de façon à ce que le système de domination et de profit existant puisse être maintenu en colonisant (dévorant, digérant) les nations natives et leurs terres (comme par exemple Standing Rock, le Dakota Access Pipeline et les “sables bitumeux” du Canada…)

La racine du mot pour la voie digestive, “colon” est “colo”, qui veut dire “filtrer les impuretés dans le processus d’extraction”, ce qui est critique au processus digestif (colonial). L’exploitation-extraction de minéraux du sol incluant l’agriculture (faire pousser des plantes qui tirent les minéraux du sol…), est une préoccupation centrale des maîtres du patriarcat, des intérêts miniers et de l’énorme agro-business. Les “déchets” toxiques et empoisonnés de l’exploitation sont laissés derrière.

Le but du processus de colonisation de l’empire est d’extraire, d’exploiter tout et quiconque de façon à ce que quoi que ce soit qui est exploité, incluant les océans, les rivières, les autres êtres humains, leurs esprits, leurs données personnelles etc, puisse être transformé en profit ou du moins en service de dette payé aux banquiers. L’État d’intelligence artificielle est programmé pour être la prochaine vague de profit engendrée dans le future pour l’oligarchie.


La couronne parasite qui a créé le virus couronne

Intervient le virus de la couronne (corona). Il est bien triste de voir des gens tomber malades et mourir ; mais comment peut-on déterminer quelles statistiques sont fiables et lesquelles ne le sont pas ? On nous explique qu’il nous faut écouter les “experts”. Mais comment pouvons-nous être sûrs s’ils nous disent la vérité et quand ils nous la disent ?…

Sans avoir un pourcentage signifiant de la population testé, peut-on vérifier l’exactitude des chiffres de mortalité avancés ? Bien entendu, tout ce que nous avons à faire est de nous en remettre et écouter les “experts”, certains d’entre eux comme le Dr Antony Fauci, travaillent pour le gouvernement, qui a une très longue tradition de mentir au public. Mais cette fois-ci, on peut croire le gouvernement et les “experts” n’est-ce pas ?

Ceci dit, cette contamination par le virus à couronne peut-il être une sorte de retour de bâton karmique, étant donné les 100 milliards de dollars des contribuables que le professeur de droit Francis Boyle estime que le gouvernement a investi dans le développement d’agents de guerre biologique et bactériologique entre 2000 et 2016 ?…

La signification plus profonde du terme “guerre biologique” est “guerre contre la vie”. Les “experts” dans ce domaine ont conduit des recherches virologiques pour qu’elles soient utilisés au profit de l’empire américain ; et bizarrement, le Dr Fauci et son organisation du National Institute for Allergies and Infectious Diseases (NIAID), a été rapporté avoir donné 3,7 millions de dollars de fonds de recherche au labo de Wuhan en Chine.

Depuis maintenant des décennies, les maîtres du patriarcat américain ont voulu mettre en place une guerre biologique virale pour leurs propres objectifs. Ceci fait partie du programme de domination totale à l’horizon 2020 qui fut mis en place et activé en 2000, avec pour but une suprématie politico-économique de l’empire américain.

2020 veut dire cette année, qui est l’année de culmination d’un plan mis en place 20 ans plus tôt sur le long terme. L’émergence de ce virus corona en cette année 2020 ne saurait bien entendu pas être une coïncidence.

Une chose est certaine, la pandémie du virus couronne a amené le monde des affaires et du travail en Amérique à une halte abrupte, pour un soulagement temporaire des systèmes écologiques. Des millions de personnes se sont retrouvées au chômage d’un jour à l’autre. Il apparaît plus que probable qu’un très grand nombre de petits propriétaires, patrons de PME et de gens de la classe moyenne vont rester sur le carreau.

Les gens l’ont sévère à penser positif vers le futur alors qu’ils doivent attendre dans une file de plusieurs kilomètres pour avoir leur prochain repas ou se sentent dévastés lorsqu’ils perdent leur emploi, ou sont hyper stressés sur le comment simplement garder les portes de leur petit commerce ouvertes.

Alors que la classe des milliardaires a déjà engrangé toujours plus de milliards du pactole de stimulus et de dédommagement, pactole de quelques 4000 milliards de dollars (NdT: bien entendu, empruntés aux banquiers à intérêt…), les petits commerces eux coulent et des dizaines de millions sont sans emploi. Ainsi il apparaît que s’approche de l’horizon une panne fonctionnelle du système de “consommation” de l’Amé Rique (Ame Rica). L’histoire nous dit que c’est de cette façon que les empires déclinent et chutent.

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Lectures complémentaires :

5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

Notre page « CORONAVIRUS, guerre biologique contre l’humanité »

 


N.O.M vs peuples autochtones…
quels qu’ils soient !… (photo Oka 1990)

Effondrer le colonialisme… Du pathétique discours de Trump « Donnie mains d’enfant » au « Mont Rushmore » le 3 juillet 2020 (Steven Newcomb)

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A tous les naïfs qui pensent toujours que Trump est “l’homme qui lutte contre l’état profond et le système”… Il n’est que la continuation de la norme coloniale, oppressive et destructrice. Il ne porte pas le même masque que ses prédécesseurs, mais l’objectif est exactement le même : tromper, diviser pour toujours mieux opprimer et exploiter…

~ Résistance 71 ~

 

Le discours de Trump au Mont Rushmore… L’adjudant de batterie à son pupitre de la domination coloniale

 

Steven Newcomb

 

5 juillet 2020

 

url de l’article original:

https://originalfreenations.com/trumps-speech-at-mt-rushmore-the-bully-at-the-bully-pulpit/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le présidant Trump a fait un discours le 3 juillet 2020 au massif montagneux que les peuples d’Oceti Sakowin ou de la “Grande Nation Sioux” appellent le “6ème Grand-Père” ou Tunkasila Sakpe Nake Kihe en langue Lakota. En regardant Trump donner ce discours, j’ai eu l’impression qu’il tentait d’étayer le narratif “standard” de l’Amérique. Il croit peut-être que ce narratif est menacé par le grand nombre de personnes qui montrent du doigt l’empire américain passé et présent de racisme et de domination et qui condamnent ces schémas dans le monde moderne et la vie des Etats-Unis.

Dans un précédent article sur ce site, j’ai montré que les Etats-Unis ont été fondés sur le principe d’une aristocratie par des avocats, des banquiers, propriétaires d’esclaves et ceux comme George Washington, qui avaient cette “fièvre de la terre”, une maladie contagieuse de veulerie basée sur une faim insatiable de terres et de territoires, ceux des nations originelles du continent. En tant qu’un des aristocrates contemporains des Etats-Unis, Trump semble suggérer que les Américains n’ont qu’une histoire vertueuse qui se dit d’être comptée et mise en valeur. A en juger par son discours, l’héritage américain du génocide perpétré contre les nations originelles de ce continent ne mérite même pas la plus petite des mentions.

Trump a aussi invoqué la Destinée Manifeste, cette idée issue de la bible d’un peuple élu, choisi, prenant possession de son héritage continental comme une “possession à perpétuité”, une terre promise qui leur fut accordée par leur “dieu” toujours plus affamé de terres.

Comme l’a dit Louis B. Wright dans sa “Culture on the Moving Frontier”(1955): “la doctrine politique de la destinée manifeste qui a joué un rôle si important dans l’expansion territoriale vers l’ouest ne fut qu’une excroissance de la croyance puritaine qu’ils étaient le peuple choisi, élu de dieu. Les colons de la Nouvelle-Angleterre  (NdT: la région du Nord-Est des Etats-Unis couvrant aujourd’hui 6 états: Maine, Vermont, New Hampshire, Massachussetts, Rhode Island et Connecticut, couvrant environ 180 000 km2, population d’environ 16 millions d’hab. ville principale: Boston), que ce soit au XVIIème siècle ou plus tard, ont toujours eu une particulièrement forte conviction de l’appel divin leur ayant été fait pour améliorer le monde.” (p.32)

La montagne de granite appelée “le 6ème Grand-Père” par les peuples de l’Oceti Sakowin (Grande Nation Sioux) a été appelé “Mount Rushmore” par le peuple colon américain autoproclamé “choisi” de manière supposée par leur “dieu” pour qu’IL établisse sa domination sur la “terre promise” déjà habitée par d’autres nations (NdT: non-chrétiennes, là fut toute le finalité des bulles pontificales du XVème siècle ordonnant annexion et mise en esclavage de toutes terres non chrétiennes rencontrées…). Ainsi “dieu” avait de bien meilleurs plans que de laisser la terre aux mains de ces “païens sans foi ni loi”.

Bien que ce mémorial de “Mount Rushmore”, représentant gravées dans la pierre, les visages de quatre des présidents américains anti-indiens, puisse paraître “séculier”, c’est à dire non-religieux, il est en fait une excroissance du racisme religieux qui est le fondement de la théorie de la providence de l’empire du “peuple américain blanc élu de dieu”. Il est en d’autres termes, une chapelle religieuse chrétienne fondée sur une idée biblique de la domination de la destinée manifeste américaine sur les nations originelles de ce continent.

Trump n’est que l’actuel adjudant de batterie, le brimeur en chef, gérant et admonestant le monde depuis le pupitre de la brimade impérialiste américaine, au nom de la Liberté de la Justice pour tous et de la “règle de la loi”. La preuve de ces “valeurs” peut-être trouvée dans son discours de commencement donné à l’académie navale en 2018 lorsqu’il a dit : “Nous sommes les témoins du réveil du grand esprit et de la puissance américains”. Dans un passage critique très important de ce discours qui ne reçut aucune attention médiatique que je sache, Trump évoquait la colonisation de l’ouest juste avant qu’il ne donne sa doctrine de domination globale :

Nous sommes en train de nous affuter au combat, des compagnies de fusiliers marins (Marines) aux navires de guerre, afin de pouvoir délivrer une force létale maximale. L’ennemi dit savoir que nous avons cela. Nous nous reconsacrons à cette vérité fondamentale: Nous sommes une nation maritime et en tant que telle, nous sommes entourés d’océans. Nous dominerons toujours cette étendue d’eau. Nous dominerons toujours les océans.

Waouh! La vision de Trump : la domination américaine va s’étendre partout et n’importe où sur tous les océans de la planète.

La domination américaine au nom de la “règle de la loi” est ce que nous voyons à chaque fois que nous regardons les visages de ces quatre présidents anti-indiens incrustés dans le “6ème Grand-Père”. D’après la loi organique fondamentale, les Collines Noires sont toujours aujourd’hui une partie de droit du territoire des Oceti Sakowin, ce, suivant les accords des traités de Fort Laramie de 1851 et de 1868. (NdT: Il faut ici noter que ces deux traités sont intervenus à la demande des Etats-Unis dont l’armée fut chaque fois vaincue, surtout en 1868, par l’Oceti Sakowin, alliée aux Arapahos et aux Cheyennes. Les traités de Fort Laramie voient les Etats-Unis vaincus, demandant la paix, la Grande Nation Sioux n’a JAMAIS rien cédé, elle ne fut jamais vaincue militairement. Par contre, les traités furent changés, falsifiés, “perdus dans les traductions” et violés en long, en large et en travers. Le second conflit survint à cause du viol du traité de 1851, il mena à la défaite yankee et au second traité… Jusqu’à la défaite du Vietnam en 1975, la seule défaite militaire des Etats-Unis fut celle contre les Sioux de Crazy Horse et de Sitting Bull. Qu’en disent les livres d’histoire ?… Tout cela a été réduit à des anecdotes folkloriques n’ayant jamais eu une quelconque importance aux yeux des colons.) La doctrine de la domination américaine dit autre chose.

“Une justice égale” sous “la loi de la domination” fut symbolisée par Christophe Colomb sous la forme d’échafauds comportant 13 cordes. Ces échafauds servirent à pendre les Indiens de manière “égale” sous un chiffre correspondant à Jésus et ses 12 apôtres. Ceci est le symbole par excellence de la domination chrétienne, ainsi que l’amputation des mains des Indiens qui ne ramenaient pas leur quota “requis” d’or et la chasse aux Indiens faites avec de gros chiens, molosses aux puissantes mâchoires portant des cuirasses de protection. Ce genre de scènes sanglantes furent une excroissance des “valeurs” apportées par la chrétienté (empire chrétien) depuis leur vieux monde jusque sur ce continent très loin à l’ouest de l’Europe.

Cet endroit n’était “nouveau” que pour les envahisseurs venus de l’Est. 

(NdT: De plus, Colomb n’a vraisemblablement pas “découvert” le continent, qui le fut par les Vikings et avant eux, par les Celtes irlandais, tels que narré dans les Sagas Vikings et les récits de Brendan et son « Navigatio ») C’est de ces “valeurs” de domination et de déshumanisation que les valeurs américaines ont émergé : “Tous les hommes (mais pas les femmes, les esclaves et les gens de couleur) sont créés égaux et ont reçu de leur créateur certains droits inaliénables…

Mais le créateur de “SA” créature, “l’Homme” a aussi vu de manière sensible que certaines personnes qui seraient pour toujours “inférieur” à sa créature “Homme”, seraient donc destinées à servir “l’Homme” du créateur afin qu’il puisse accumuler richesse et pouvoir. Tout ceci fait donc partie de la toile de fond et du contexte historique du discours de Trump donné au 6ème Grand-Père dans les Collines Noires (He Sapa) localisé en territoire Oceti Sakowin.

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Lectures complémentaires:

Nietzsche_Lantechrist

Nous_sommes_tous_des_colonisés (PDF)

Pierre_Clastres_Echange-et-pouvoir-philosophie-de-la-chefferie-indienne

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Manifeste pour la Société des Sociétés

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

La_voie_Lakota_et_Crazy_Horse

Effondrer le colonialisme

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

 


Dans l’esprit de Crazy Horse / Cheval Fou

Résistance au colonialisme : Annuler le jour du Canada, de « Ô Canada » à « Ô Cana’jon », prise de conscience de la réalité coloniale

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L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !
~ Résistance 71 ~

“Vous dites être le père et que je suis votre fils. Nous disons, nous ne serons pas comme père et fils, mais plutôt comme des frères. Cette ceinture Wampum confirme nos paroles. Ces deux rangées vont symboliser nos deux vies ou nos deux vaisseaux, descendant la rivière ensemble. L’un est un canoë d’écorce de bouleau et représente Onkwe’hon:we, leurs lois, leurs coutumes et leurs façons de vivre ; l’autre, un navire représentant le peuple blanc avec leurs lois, leurs coutumes et leurs façons de vivre. Nous voyagerons ensemble sur la rivière, côte à côte, mais chacun dans son embarcation. Aucun de nous ne fera des lois obligatoires ou n’interfèrera dans les affaires intérieures de l’autre. Aucun de nous n’essaiera de diriger l’embarcation de l’autre.”
“Aussi longtemps que le soleil brillera sur cette terre sera le temps de durée de NOTRE accord, aussi longtemps que l’eau coulera et aussi longtemps que l’herbe demeurera verte à certaines périodes de l’année. Maintenant nous avons symbolisé cet accord qui nous liera pour toujours aussi longtemps que notre terre-mère est toujours en mouvement.”
~ Traité Wampum Deux Rangées entre le peuple Rotinoshonni (iroquois) et le peuple hollandais de 1613 ~

 

1er juillet 2020

 

Résistance 71

 

Nous ne vivons en rien dans un monde « post-colonial » comme l’oligarchie et son histoire falsifiée veulent nous le faire croire. Des territoires entiers, couvrant des continents comme l’Amérique (nord et sud) et l’Océanie sont toujours sous le joug du colonialisme actif de source européenne, remontant aux bulles pontificales du XVème siècle (essentiellement Romanus Pontifex du pape Nicolas V et Inter Caetera du pape Alexandre VI / Rodrigo Borgia) et sur tout un système pseudo-légal de domination fondé sur cette ignominie. Le Canada en est sans doute un des exemples les plus marquants.

Depuis quelques années, la pays s’est lancé dans une vaste campagne propagandiste de nettoyage de son passé sous la forme d’une « Commission Vérité et Réconciliation » qui fut une vaste entreprise de blanchiment d’un passé criminel, employant des méthodes de pression et de manipulation et ne remettant dans le fond rien en cause.
Nous vous invitons à (re)lire le contre-rapport de cette CVR par mesurer l’étendue de la supercherie:
« Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada »

En ce 1er juillet, fête nationale du « Canada », Mohawk Nation News republie l’hymne canadien revisité :

Hymne national canadien révisé: “O Cana’jon”

Mohawk Nation News

Décembre 2019

Note: “cana’jon” en langue mohawk veut dire “squatteur”

 

“o cana’jon, you squat on native land. 

with greedy minds you do the banks command. 

you pay them tax and shop around on onowarekeh. 

on turtle island the land of our birth. 

no more TRAPS TRICKS OR GENOCIDE. 

the great peace is the only way. 

o cana’jon you must fix mother earth. 

o cana’jon you must fix mother earth.”

 

En français, traduction Résistance 71 :

 

O Cana’jon, squatteurs en terre native

De cet esprit veule vous obéissez aux banques

Leur payez des impôts et pillez Onowarekeh

Sur l’Île de la Tortue, terre de notre naissance

Plus de pièges, d’illusions, de génocide

La Grande Paix est la seule solution

O Cana’jon soignez notre terre-mère

O Cana’jon soignez notre terre-mère

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“Vous ne serez et ne demeurerez que des commodités aussi longtemps que l’empire existera…”
~ Russell Means, Oglala, Lakota ~

“Il y a des connexions philosophiques entre les sociétés indigènes et quelques sensibilités anarchistes sur l’esprit de la liberté et les idéaux pour une bonne société. Des idées critiques parallèles et des visions d’un futur post-impérialiste ont bien été notées par quelques penseurs, mais quelque chose qu’on pourrait appeler ‘anarcho-indigénisme’ doit toujours se développer en une philosophie et une pratique cohérentes. Il y a également une grande similitude entre les façons de voir le monde des anarchistes et des peuples autochtones: un rejet des alliances avec des systèmes légalisés, centralisés d’oppression et une non-participation aux institutions qui structurent la relation coloniale, ainsi que la croyance d’amener le changement par l’action directe et la résistance au pouvoir d’état.”
~ Taiaiake Alfred, professeur sciences politiques, Mohawk ~

“En se présumant eux-mêmes inconsciemment d’avoir de droit un pouvoir mental de juger les “païens”, les chrétiens furent capables d’affirmer que les Indiens n’avaient pas le droit de continuer de vivre leur mode de vie libre et indépendant. Sur la base biblique que le peuple élu possède la tâche providentielle de soumettre la Terre et d’exercer une domination sur tout être vivant, les chrétiens se considéraient eux-mêmes comme un peuple élu ayant l’obligation divine de “sauver” les païens et leurs nations en les subjuguant, ce qui fut référé par le doux euphémisme de les “civiliser”. Ceci devait être accompli en brisant les nations païennes pour ensuite tourner leurs membres en des individus chrétiens qui deviendraient, par le moyen d’une assimilation graduelle, soit des sujets d’une monarchie chrétienne européenne ou des citoyens d’un état européen chrétien. De ce point de vue, les païens sont destinés par dieu à être sauvés et réduits à la “civilisation” européenne chrétienne.”
~ Steven Newcomb, 2008 ~

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Lectures complémentaires :

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte »

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« L’art de ne pas être gouverné », James C. Scott

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Aux source de l’empire : Les Etats-Unis furent-ils créés comme une démocratie ? Analyse critique avec Steven Newcomb

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“Les Etats-Unis… créés par une bande d’esclavagistes qui voulurent être libres…”
~ George Carlin ~

“Vers 1776, quelques personnes importantes dans les colonies anglaises firent une découverte qui améliorerait énormément les deux cents années suivantes. Ils découvrirent qu’en créant une nation, un symbole, une unité légale appelée États-Unis d’Amérique, ils pourraient contrôler la terre, les profits et le pouvoir politique des favoris de l’empire britannique. Dans le processus, ils pourraient aussi contrer un nombre potentiel de rébellions et créer un consensus de soutien populaire pour la règle d’un nouveau leadership privilégié. Ainsi les pères fondateurs ont-ils créé le système le plus efficace de contrôle national inventé dans l’ère moderne et ont montré aux générations futures de leaders les avantages de combiner le paternalisme avec le commandement.
[…] Nous avons ici une prévision de la longue histoire de la politique américaine, la mobilisation de l’énergie de la basse classe de la société par les politiciens membres de la haute classe, ce pour leurs propres intérêts.”
~ Howard Zinn, 1980 ~

 


S. Newcomb

 

Les Etats-Unis furent-ils fondés comme une démocratie ?

 

Steven Newcomb

 

17 mai 2020

 

url de l’article original:

https://originalfreenations.com/was-the-united-states-founded-as-a-democracy/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans son splendide livre The Lawless Law of Nations (1925), Sterling E. Edmunds dit que les gouvernements peuvent bien être définis comme des “groupes d’hommes possédant le pouvoir arbitraire sur d’autres hommes.” (p.426) Si Edmunds a raison, l’idée “d’auto-gouvernement” n’est pas un remède ayant tant de mérite pour les Amérindiens, car un tel système impliquerait qu’un relativement petit groupe d’hommes et de femmes de la communauté native  exerce un pouvoir arbitraire sur le reste des gens. Pour un grand nombre de nations natives, ceci est exactement ce que “l’auto-gouvernement” natif est devenu. (NdT : Avec la grande exception des nations iroquoises et Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix, certes diminuée par les “conseils de bandes et de tribus” instaurés sous les lois fédérales coloniales indiennes, mais toujours en application ce depuis le XIIème siècle, dans le mode de gouvernance traditionnel…)

Depuis maintenant des générations, le gouvernement fédéral des Etats-Unis a exercé un pouvoir arbitraire et abusif, souvent référé en tant que “pouvoir plénier”, sur les nations et peuples natifs. Aujourd’hui, ce même gouvernement fédéral, dans un esprit de bonne volonté, a décidé que les communautés natives devraient évoluer vers une “auto-gouvernance”. De quoi cela a t’il l’air ? Dans un livret intitulé “Auto-gouvernement, une initiative tribale”, on y trouve cette déclaration : “L’auto-gouvernement est au sujet du transfert du financement des programmes disponibles, des services, des fonctions et des activités, vers un contrôle tribal de ceux-ci. Les tribus sont responsables devant leur propre peuple pour la gestion des ressources, des services et du développement.

Le livret explique également que l’auto-gouvernance native consiste à fournir aux gouvernements tribaux “plus d’autorité de contrôle et de prise de décisions sur les ressources financières fédérales mises à la disposition du peuple indien pour son avantage.” C’est au sujet d’un “nouveau partenariat entre les tribus indiennes et les Etats-Unis dans leurs relations de gouvernement à gouvernement”. Le but est de minimiser l’intrusion et l’implication fédérales. (NdT: en clair, mettre des gestionnaires inféodés au système en place pour gérer la merdasse du capital…)

Mais historiquement, nous devons regarder en arrière et comprendre qu’une idée d’auto-gouvernement natif fondé sur la gestion “des ressources financières fédérales” ne fut jamais partie intégrante de notre existence avant l’invasion de nos territoires et de nos nations. De fait, ce livret distribué par le “Projet de Démonstration de Gouvernance Tribale” reconnaît clairement ce point crucial. Une lettre d’introduction publié avec le pamphlet dit ceci : “Toutes nos sociétés tribales ont eu des existences libres et autonomes durant des milliers d’années avant l’exploration et la colonisation de ce continent par les Européens occidentaux.

Plus encore, nos nations et nos peuples eurent un mode de vie libre et indépendant avant que les envahisseurs européens n’ait assumé un droit de domination sur nos nations et nos ancêtres. Les auteurs du pamphlet reconnaissent qu’un système de domination fut imposé sur nos nations puis écrivent :

“L’auto-suffisance fut remplacée alors que les Etats-Unis par leur congrès, leurs tribunaux et particulièrement la bureaucratie fédérale (NdT: qui n’agit que sur ordre) transformèrent, parfois brutalement,  le statut tribal indépendant par une dépendance tribale envers l’état fédéral. Après des générations de domination et de contrôle fédéraux, il y eut même quelques Indiens pour croire à cette dépendance imposée [domination].”

Après avoir reconnu que les Etats-Unis imposaient un système de domination sur nos nations, les personnes qui ont écrit ce livret bizarrement ont déclaré, “Nos cultures ont fourni les philosophies de base incarnées dans la constitution des Etats-Unis.” Si des philosophies démocratiques étaient incarnées dans la constitution des Etats-Unis alors ceux-ci opéraient-ils hors de leur constitution pour imposer un système de domination sur nos peuples et nations ?…

Ou est-il possible que les auteurs du livret se soient trompés parce que la constitution des Etats-Unis est un instrument de l’empire et de domination et non pas une démocratie ? Dans son livre The Rising American Empire (1962), l’historien Richard Van Alstyne a clairement documenté le fait que les Etats-Unis furent fondés comme un empire. Et d’après R.H.S Crossman, la constitution des Etats-Unis fut écrite comme “l’organe central d’une autorité coercitive, tout en préservant une relative indépendance aux autorités locales, aux législatures des états” (R. H. S. Crossman, Government and the Governed, 1969, p. 96). Cette “autorité coercitive” incarnée dans la constitution ne fut pas basée sur le règle populaire, car des hommes comme James Madison furent très clairs sur leur dénonciation de la démocratie.

Madison était préoccupé parce que:

Il y aura des créditeurs et des endettés, fermiers, marchands et industriels. Il y aura particulièrement cette distinction entre riche et pauvre… Nous ne pouvons pas quoi qu’il en soit, être regardé en ce moment comme une masse homogène dans laquelle tout ce qui affecte une partie va affecter de la même manière l’ensemble. En cadrant un système que nous voulons durable pendant bien longtemps, nous ne devons pas perdre de vue le changement produit par l’âge. Une augmentation de la population va nécessairement augmenter la proportion de ceux qui travaillent (sic) sous toutes les duretés de la vie et qui vont secrètement soupirer pour une plus grande égalité de distribution de ses mannes. Ceux-ci seront dans le temps plus nombreux que ceux placés au dessus des sentiments d’indigence (de pauvreté). D’après les lois du suffrage (par le vote), le pouvoir va glisser dans les mains des masses. Aucune tentative agraire n’a été faite dans ce pays, mais les symptômes d’un esprit d’effervescence comme nous le comprenons, s’est suffisamment développé dans certains endroits pour nous notifier le danger futur en provenance des masses. Comment peut-on se préserver de ce danger sur des principes républicains ?” (Crossman, p.96-7)

Madison posa aussi une autre question. Comment la classe de propriétaires pourrait-elle se préserver contre les dangers se posant aux riches comme les “coalitions” de la majorité, trimant dans leur vie quotidienne ? (Crossman, p.97). Madison, que beaucoup regardent comme le plus important des “pères fondateurs”, envisiona toutes les communautés comme divisées entre le petit nombre et la masse. “Les premiers sont les riches et les biens nés et l’autre les masses de gens qui rarement jugent ou déterminent le droit.” (Ibid)

Comme le fait remarquer Crossman, les hommes d’affaire qui ont écrit la constitution réussirent à sortir d’un système, sous la couronne britannique, fondé sur l’idée de la soumission du peuple vivant en obéissance traditionnelle à une plus haute autorité royale et d’un parlement, vers un “système de contrôle si intriqué, que pratiquement pas une vague populaire ne pourrait se propager. (Ibid) Le fédéralisme, dit Crossman, fut créé comme barrière, garde-fou, contre la turbulence de la démocratie.” (Ibid.) De telles idées furent-elles empruntées aux cultures natives de ce continent ? Manifestement pas.

Et pourtant, pour une raison indéterminée, bien des natifs ont souscrit à une mythologie faisant le portait des Etats-Unis comme étant une société “démocratique”, fondé sur un “système de gouvernance du peuple, par le peuple et pour le peuple”. Le problème avec ce slogan simpliste est que le “peuple” auquel il se réfère n’y est jamais identifié. En fait, le “peuple” est un terme suffisamment vague pour faire diversion du fait que ce terme se réfère aux “riches et biens nés” pour lesquels Madison étaient si préoccupés. Comme l’observe Fernand Braudel dans sa “Grammaire des civilisations” (1987) :

La déclaration d’indépendance des Etats-Unis proclama le droit de se rebeller et d’être égaux devant la loi. Mais la grande idée qui préoccupa et motiva les propriétaires terriens, les hommes d’affaire, les avocats, les patrons de plantations, les spéculateurs et les banquiers, ces “aristocrates”, était de sauvegarder et préserver la propriété, la richesse et le privilège social. L’Amérique était nouvellement née, mais elle avait déjà des gens riches dont la richesse les prédisposait à mener les autres. Nous en avons pour preuve ce que disaient les pères fondateurs assemblés à la Convention de Philadelphie, ou de lire leur correspondance avec leurs pairs. Leurs assomptions de base sont très claires. Charles Pickney, un jeune planteur, proposa que seuls ceux possédant au moins 100 000 US$ pouvaient devenir président. Alexander Hamilton appela à l’étouffement de “l’impudente démocratie”. Tous, comme Peggy Hutchinson, fille de gouverneur, regardaient les masses comme la “foule crasseuse”.

“Un jeune diplomate et homme d’état, le gouverneur Morris, déclara : “La foule commence à penser et à raisonner. Pauvres reptiles ! Ils se réchauffent au soleil et bientôt, ils vont mordre… Les gentilshommes commencent à les craindre.” L’avocat et politicien James Murray Mason reconnut : “Nous avons été trop démocrates… faisons attention à ne pas aller trop loin dans l’autre extrême.” Personne finalement fut plus imbu des sacro-saints principes de démocratie que Jeremy Belknap, un prêtre de la Nouvelle-Angleterre ; pourtant il écrivit à un de ses amis : “Nous devrions soutenir en tant que principe que le gouvernement dérive du peuple, mais obliger le peuple à comprendre qu’il n’est pas capable de gouverner par lui-même.

Braudel conclut qu’il y “avait un ordre à imposer au nom de la liberté et de l’égalité et que c’était un ordre capitaliste”, dans lequel “le pouvoir et la responsabilité appartiennent aux riches.” Qu’en est-il donc de ces gens du bas de la pyramide sociale ? Comme le fait remarquer Braudel “Les autres reçurent la grande concession d’être protégés des riches alors que les riches étaient contre eux.” Ainsi, lorsque nous parlons de la constitution des Etats-Unis, nous parlons d’un système de gouvernement, créé par des propriétaires terriens, des hommes d’affaire, des avocats, des planteurs, des propriétaires d’esclaves, des banquiers et des spéculateurs, que les riches mirent en place comme moyen d’organiser l’utilisation du pouvoir coercitif pour les protéger, eux, leurs propriétés et leur privilège de blancs contre la masse du commun. Pour nous aujourd’hui, en tant que peuples et nations natifs de ce continent, dire que nos cultures natives “ont fourni les principes démocratiques de base incarnée fans la constitution des Etats-Unis”, n’est rien d’autre que de perpétuer une erreur et un mensonge tout en déformant le narratif historique dans une proportion incroyable.

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Lectures complémentaires :

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

 


« Livre », croix et épée, piliers coloniaux


Combattant le terrorisme depuis… 1492 !

Racisme et antiracisme comme outils de la division et de l’ingénierie sociale (Thierry Meyssan)

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 23 juin 2020 by Résistance 71

 

“Bref, ni le pouvoir et la puissance de l’État centralisé, ni les enseignements doctrinaires de la haine mutuelle et de la lutte sans merci qui vinrent parés des atours de la science, en provenance de philosophes et sociologues obéissants, n’ont pu se débarrasser du sentiment de solidarité humaine, profondément logé dans la compréhension des hommes et dans leur cœur, parce que ceci a été chéri et cajolé par toute notre évolution précédente.
[…] Et l’Homme est appelé à être guidé dans ses actes, non pas seulement par l’amour qui est toujours personnel, ou au mieux tribal, mais par la perception de son unicité, du sentiment de ne faire qu’un avec chaque être humain.”
~ Pierre Kropotkine, “L’entraide, un facteur de l’évolution” ~

L’ouvrage mentionné et cité ci-dessus est l’antidote absolu à l’idée même de hiérarchie des espèces et des “races”, un antidote au racisme qui n’est qu’une construction sociale, un artifice construit pour maintenir le rapport dominant / dominé sous toutes les coutures possibles. Analyse intéressante de Thierry Meyssan sur le sujet et dont nous adhérons à la conclusion.

~ Résistance 71 ~

 


« Les martyrs, cher ami, doivent choisir d’être oubliés,
raillés ou utilisés ; quant à être compris, jamais. »
~ A. Camus, « La chute », 1956 ~

 

Racisme et antiracisme comme mensonges

 

Thierry Meyssan

 

16 juin 2020

 

url de l’article original:

https://www.voltairenet.org/article210211.html

 

Les idéologies de l’antiracisme et du racisme se fondent sur la même imposture : il existerait des races humaines distinctes ne pouvant avoir de descendance commune en bonne santé ; postulat stupide dont chacun peut constater l’ineptie. Interrogés à ce sujet, les partisans de ces deux idéologies ne peuvent qu’assurer parler au figuré, mais reprennent peu après leur interprétation raciale de l’humanité et de son histoire. Comme le montre Thierry Meyssan, ce couple passionné n’a jamais servi que les intérêts des puissances dominantes.

Les communautés humaines ont tendance à surestimer leur mode de vie et à se méfier de celui des autres. Pour maintenir la cohésion de leur groupe, certains de ses membres ont un réflexe de rejet des nouveaux arrivants. Cependant, dès qu’ils font leur connaissance, qu’ils comprennent que ce sont des hommes comme eux, les tensions s’apaisent.

À ce fonctionnement ethnologique, des idéologies sont venues s’ajouter au XIXème et XXème siècle : le racisme et l’antiracisme. Dans le contexte de l’impérialisme britannique et du développement de la biologie et de la génétique, ces théories permettaient de justifier la hiérarchie ou l’égalité en droits des populations.

Le racisme scientifique

Suite aux théories de Charles Darwin (1809-1882) sur l’évolution des espèces animales, Herbert Spencer (1820–1903), posa qu’il existait des races humaines distinctes et que la sélection naturelle avait abouti à la supériorité des Blancs. C’était le début du « social-darwinisme ». Un cousin de Darwin, Sir Francis Galton (1822-1911), étalonna les races et relia le taux de fécondité des femmes à la dégénérescence des individus. Il put ainsi non seulement prouver la supériorité des Blancs sur les gens de couleur, mais aussi des riches sur les pauvres.

Un « consensus scientifique » établit que les accouplements interraciaux étaient à l’origine de nombreux handicaps. Dès lors, il devenait indispensable de les interdire au même titre que l’inceste pour préserver chaque race. C’était l’« eugénisme ». La mise en application de ce principe fut d’autant complexe que, quelle que soit la définition de chaque race, aucun individu n’est de race pure, par conséquent chaque situation est sujette à discussion. Aux États-Unis cette logique ne conduisit pas seulement à décourager la formation de couples entre Européens d’un côté et Indiens, Noirs ou Chinois de l’autre, mais aussi à privilégier les Blancs Anglo-Saxons sur les Blancs non-Anglo-Saxons (Italiens, Polonais, Serbes, Grecs etc.) (Immigration Act en vigueur de 1924 à 1965).

L’Institut du Kaiser Wilhelm (équivalent allemand du CNRS français) démontra que non seulement la préservation de la race exigeait de ne pas se reproduire avec des individus de race différente, mais aussi de ne pas s’accoupler du tout. En effet, dans le cas de pénétration anale, les gènes de l’un et de l’autre se mêlaient bien que n’ayant pas de descendance. D’où la prohibition de l’homosexualité par les nazis.

Il fallut attendre la chute du nazisme et la décolonisation pour que le « consensus scientifique » se retourne et que l’on prenne conscience de l’incroyable diversité au sein de chaque race supposée. Ce qui nous ressemble chez certains individus d’autres races supposées est beaucoup plus important que ce qui nous distingue d’individus de notre race supposée.

En juillet 1950, l’Unesco proclame l’inanité du « darwinisme social » et de l’« eugénisme ». Tout simplement, l’humanité est certes issue de plusieurs races d’homo sapiens préhistoriques distinctes, mais ne constitue qu’une seule race dont les individus peuvent s’accoupler sans risques. Évidemment, il n’était pas nécessaire d’être scientifique pour le remarquer, mais les idéologies impérialiste et coloniale avaient provisoirement obscurci l’esprit des « savants ».

Le racisme juridique

Alors que les scientifiques retrouvaient leur unité, les juristes se divisaient en deux manières différentes d’aborder la question. Cette fois ce ne sont pas les idéologies impérialiste et coloniale qui les séparent, mais leurs conceptions de la Nation. Pour les Anglo-Saxons, celle-ci est un rassemblement ethnique (au sens culturel), tandis que pour les Français, elle est un choix politique. Le principal dictionnaire juridique US dispose : « Nation : Un grand groupe de personnes ayant une origine, une langue, une tradition et des coutumes communes constituant une entité politique » (“Nation : A large group of people having a common origin, language, and tradition and usu. constituting a political entity,” Black’s Law Dictionary, 2014). Au contraire la France depuis la Révolution dispose : Nation : « Personne juridique constituée par l’ensemble des individus composant l’État » (Arrêté du roi Louis XVI du 23 juillet 1789).

La vision française est aujourd’hui à peu près universelle, celle des Britanniques n’est défendue que par eux et par leurs créations coloniales : les Frères musulmans et le RSS indien [1].

Ainsi malgré les progrès de la science, les Britanniques vivent aujourd’hui sous le Race Relations Act 1976 (Lois sur les relations raciales de 1976) et sont arbitrés par la Commission for Racial Equality (Commission pour l’égalité raciale), tandis que les textes officiels français parlent de « prétendue race ». Dans la pratique, les deux sociétés n’établissent pas de différences « raciales », mais de classe sociale pour les Britanniques et de niveau social pour les Français.

L’antiracisme

En Occident, l’antiracisme est désormais confondu avec l’antifascisme. Alors même qu’il n’y a plus de racisme faute de races, ni de fascisme, faute des situations économiques auxquelles cette pensée répondait. Les groupes qui se réclament de ces idées ont aujourd’hui la particularité de se réclamer de l’extrême-gauche anticapitaliste, mais d’être subventionnés par le spéculateur George Soros et de travailler pour le compte de l’Otan, champion du capitalisme. Ils disposent donc d’un entraînement militaire.

C’est non sans délectation que le président turc Recep Tayyip Erdoğan n’a pas manqué de souligner, lors d’un entretien téléphonique avec son homologue US le 8 juin 2020, que l’Otan avait utilisé les Brigades internationales antifascistes à la fois contre la Syrie et contre la Turquie [2] ; les mêmes « Antifas » qui coordonnent les émeutes antiracistes actuelles aux États-Unis.

En réalité, le racisme et l’antiracisme sont les deux faces d’une même pièce. Tous deux se fondent sur le fantasme des races dont nous savons pourtant qu’elles n’existent pas. Dans les deux cas, il s’agit d’un conformisme à l’air du temps. Les racistes correspondaient aux idéologies impérialiste et coloniale, les antiracistes à la globalisation financière. Leur unique utilité politique commune est d’occuper le terrain pour masquer les authentiques luttes sociales.

Notes :

[1] « Histoire mondiale des Frères musulmans » (6 parties), Thierry Meyssan, 21 juin 2019. « Déjà 10 mois de confinement du Jammu-et-Cachemire », par Moin ul Haque, Dawn (Pakistan) , Réseau Voltaire, 10 juin 2020.

[2] « Les Brigades anarchistes de l’Otan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 septembre 2017.

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


Décolonisons le monde !… Croire que nous vivons
dans un monde « post-colonial »
quand la marchandise a tout colonisé est…
pure utopie ! Le racisme est un dérivé marchand…

Rapport dominant / dominé : Une vue sur l’esclavage et la domination blanche (Steven Newcomb)

Posted in actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, colonialisme, documentaire, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 16 juin 2020 by Résistance 71

 

 

“D’abord les Hollandais, puis les Anglais, dominèrent  le commerce des esclaves. dès 1795, Liverpool avait plus de 100 navires transporteurs d’esclaves et comptait pour environ la moitié du commerce négrier européen… En 1800, entre 10 et 15 millions d’Africains avaient été transportés vers les Amériques, représentant environ un tiers de tous les noirs africains capturés en Afrique. On estime que le continent africain a perdu plus de 50 millions de personnes entre les morts violentes et l’esclavage au cours de ces siècles que nous appelons le début de la civilisation moderne occidentale et ce aux mains d’esclavagistes commerçants et propriétaires de plantations en Europe occidentale et en Amérique, ces pays dits les plus avancés au monde…”
~ Howard Zinn, “Une histoire populaire des Etats-Unis”, 1980 ~

“Votre révérence m’écrit que vous désireriez savoir si les nègres qui sont envoyés vers vos contrées ont été légalement capturés. A ceci je répond que votre révérence ne doit avoir aucun scrupule sur ce point, parce que ceci est une question qui a été posée au comité de conscience de Lisbonne et que tous ses membres sont des hommes instruits et consciencieux, ainsi qu’aux évêques de Sao Tomé, du Cap Vert et ici à Loando, tous des hommes savants, pieux et vertueux, ne trouvent aucun défaut à tout ceci. Nous sommes nous-mêmes ici depuis 40 ans et il y a eu parmi nous des Pères très instruits… Ils n’ont jamais considéré ce commerce comme illicite. Ainsi, nous, ainsi que les Pères du Brésil, achetons ces esclaves pour notre service sans aucun scrupule.”
~ Frère Luis Brandaon en réponse à une lettre du Père catholique Sandoval dans laquelle celui-ci demandait la position de l’église catholique sur le commerce des esclaves, lettre du 12 mars 1610, cité par Howard Zinn dans son “Histoire populaire des Etats-Unis”, 1980 ~

 

 

Une vue sur l’esclavage et la domination blanche

 

Steven Newcomb

 

30 avril 2020

 

url de l’article original:

https://originalfreenations.com/a-view-of-slavery-and-white-domination/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Depuis l’élection de D. Trump comme président des Etats-Unis, on insiste de nouveau sur la “suprématie blanche” et le “nationalisme blanc” et leurs rôles dans l’origine des Etats-Unis.

En résultat de la commémoration du 400ème anniversaire de l’arrivée du premier vaisseau chargé d’esclaves en Virginie en 1619, les gens en 2019 ont passé pas mal de temps à réfléchir sur la connexion entre l’esclavage et l’origine des Etats-Unis. Menant à cette année, James Oliver Horton et Lois E. Horton ont publié leur livre “Slavery and the Making of America” (Oxford University Press), comme compagnon de lecture à une série télévisée éponyme du Public Broadcasting Service (PBS).

Il semble remarquable que la forme de domination appelée “esclavage” ne s’est officiellement terminée aux Etats-Unis qu’il n’y a qu’un peu plus de 150 ans Je trouve curieux que le dictionnaire Webster’s Third New International Dictionary (1996), ne liste pas une seule fois le mot “domination” dans sa définition de l’esclavage.

Parmi les entrées effectuées sous le mot “esclavage” / “slavery” nous trouvons : “travail forcé, corvées” et “soumission à une influence dominante”. focaliser sur la personne dominée comme étant “soumise” garde l’attention hors du dominant qui est activement engagé dans un acte de domination sur l’autre personne ou en d’autres termes, qui impose un système sur l’esclave.

La définition du dictionnaire Webster’s liste aussi “l’exploitation inhumaine d’un bien”, plutôt que les termes “d’exploitation inhumaine d’autres êtres humains”. Le mot anglais “chattel” remonte aux temps médiévaux et du mot “chatel” voulant dire “biens, propriété” et le terme latin moyen “capitale”.

Une question se pose du point de vue du maître d’esclave : est-il possible de s’engager dans une “exploitation inhumaine” d’un bétail non-humain, de biens ou de propriété ? Le philosophe anglais William Backstone appelait la propriété “le dominion despotique”, qui est correctement traduit par “domination”.

d’après Dictionnary.com “la suprématie blanche” est la croyance, la théorie ou la doctrine disant que les humains de race blanche sont supérieurs de manière inhérente aux personnes de tous les autre groupes raciaux, spécifiquement noirs et sont donc de droit le groupe dominant de toute société. Wikipedia, bien que ne considérant pas une source faisant autorité ajoute:

Le terme est aussi typiquement utilisé pour décrire une idéologie politique qui perpétue et maintient la domination sociale, politique, historique ou institutionnelle des blancs.” Wikipedia ajoute de plus qu’une telle domination est “prouvée par les structures socio-politiques historiques et contemporaines comme la traite d’esclaves trans-atlantique, les lois de Jim Crow aux Etats-Unis et le régime d’apartheid en Afrique du Sud.

Voici donc la question à laquelle je veux en venir : étant donné que la suprématie blanche est vue comme une idéologie politique qui perpétue et maintient la “domination des hommes blancs”, pourquoi n’est-elle jamais appelée “domination blanche”  lorsqu’elle est défiée ou débattue dans les médias ou les forums sociaux ?…

Nous avons vu comment le dictionnaire place une emphase sur l’être caractérisé comme “soumis”. Pourquoi ne pas dire “ils sont dominés” plutôt que de dire qu’ils sont “soumis”. Sans doute parce que cela mettrait alors l’emphase sur ceux qui s’engagent dans la domination systématique des autres. Ce type d’attention mettrait alors l’accent sur les dominateurs plutôt que sur ceux qui sont dominés. Dans le contexte de “suprématie blanche”, le mot “suprématie” veut dire “domination”. La “domination blanche” est le terme le moins poli pour nommer précisément ce qu’il s’est passé depuis des siècles. En appelant un chat un chat avec le terme de “domination”, nous fournissons un cadre de vision et de compréhension bien plus juste et éloquent.

Les schémas et arrangements de la domination du passé continuent de dominer le présent. Nulle art ceci est plus évident que dans le domaine de la loi et politique fédérales sur les Indiens. Depuis la fondation des Etats-Unis, lorsque l’esclavage fut inscrit dans la constitution américaine, il y a eu un effort concerté d’établir et de maintenir un système de domination sur les peuples et nation natifs sur la base de la distinction entre le “peuple chrétien” et les “natifs païens”, pour citer la décision de la Cour Suprême des Etats-Unis de 1823 dans l’affaire Johnson vs M’Intosh.

Ce qui est appelé suprématie blanche a émergé de l’empire chrétien (chrétienté) et de la domination exemplifié par les documents en langue latine émis par la Papauté au XVème siècle sous forme de bulles pontificales et leurs traductions anglaises ; j’y ai trouvé un vocabulaire bien établi utilisant des expressions de domination ce de différentes façons comme : envahir, capturer, vaincre, soumettre, réduire en esclavage perpétuel et saisir toutes leurs possessions et propriétés.

Ce vocabulaire et code de la domination illustrent la signification du mot de langue anglaise “dominion”, qui expose à son tour la véritable signification de la phrase de la Cour Suprême des Etats-Unis utilisée dans son rendu de l’affaire Johnson vs McIntosh “ultimate dominion”, en 1823. Cette décision est la base fondamentale de l’affirmation des Etats-Unis de leur droit de domination sur toutes les nations natives. Il est intéressant de savoir que dans le temps de Rome le fléau à flageller, utilisé par le maître pour flageller son esclave, était un symbole de dominio qui en latin veut dire dominer. (NdT: pour voir cette saloperie à l’œuvre, cf la scène de la flagellation de Jésus dans le “Passion” de Mel Gibson, réaliste à souhait…)

Le mot “dominion” peut paraître bénin en anglais, mais c’est un mot horrible, précisément défini comme “un droit affirmé de domination avec droit de vie ou de mort”. (NdT: Notons qu’il n’y a pas encore si longtemps, la Canada ne pouvant émettre ses propres passeport que depuis 1982… Le Canada et ses “citoyens” se déplaçaient avec un passeport britannique où il était notifié : “Dominion of Canada”, c’est à dire que le Canada était, et est toujours, une domination de la couronne britannique, qui y exerce son “droit” de domination, en clair, le Canada est une entité coloniale servant la “couronne”, de fait La City de Londres qui est la “couronne”…)

Rappelez-vous que cette idée de “domination blanche chrétienne” sur les “païens” est toujours le fondement du système idéologique actuel américain appelé “Loi et politique fédérales indiennes”.

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Lectures complémentaires:

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

Compilation Howard Zinn

« Comprendre le système légal de l’oppression coloniale », Steven Newcomb

« Les chaînes de l’esclavage », Jean-Paul Marat

« Discours sur e colonialisme », Aimé Césaire

« Peau noire, masque blanc », Frantz Fanon

« La pédagogie des opprimés », Paulo Freire