Archive pour amérindiens contre colonialisme

Colonialisme, guerre, conquête, domination, oppression, logique implacable étatiste (Steven Newcomb)

Posted in actualité, canada USA états coloniaux, colonialisme, crise mondiale, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 30 décembre 2020 by Résistance 71

 

 


Symboles de domination

 

“En se présumant eux-mêmes inconsciemment d’avoir de droit un pouvoir mental de juger les “païens”, les chrétiens furent capables d’affirmer que les Indiens n’avaient pas le droit de continuer de vivre leur mode de vie libre et indépendant. Sur la base biblique que le peuple élu possède la tâche providentielle de soumettre la Terre et d’exercer une domination sur tout être vivant, les chrétiens se considéraient eux-mêmes comme un peuple élu ayant l’obligation divine de “sauver” les païens et leurs nations en les subjuguant, ce qui fut référé par le doux euphémisme de les “civiliser”. Ceci devait être accompli en brisant les nations païennes pour ensuite tourner leurs membres en des individus chrétiens qui deviendraient, par le moyen d’une assimilation graduelle, soit des sujets d’une monarchie chrétienne européenne ou des citoyens d’un état européen chrétien. De ce point de vue, les païens sont destinés par dieu à être sauvés et réduits à la “civilisation” européenne chrétienne.”
~ Steven Newcomb, 2008 ~

 

Conquête, un autre mot pour domination

 

Steven Newcomb

 

30 novembre 2020

 

url de l’article original:
http://originalfreenations.com/conquest-is-another-word-for-domination/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La guerre, ou l’acte d’exercer collectivement une violence contre un autre groupe, est le contexte pour le mot de conquête. Une autre façon de comprendre le mot “conquête” est “d’avoir vaincu ou triomphé d’un ennemi”. Triompher ou surmonter veut dire “prendre la main sur, avoir gagné la maîtrise ou la domination sur”. En d’autres termes, la conquête est une forme de domination. De fait, conquête et conquérir sont synonymes de domination. Il est correct de transcoder, de traduire le mot “conquête” par “domination”.

Il est surprenant de constater combien de fois le mot “conquête” est utilisé lors de discussions sur l’histoire des Indiens d’Amérique ou l’histoire des peuples indigènes. Tzvetan Todorov’s The Conquest of America (1984); Francis Jennings The invasion of America: Indians, Colonialism, and the Cant of Conquest (1975); Andrea Smith’s Conquest: Sexual Violence and American Indian Genocide (2005), n’étant juste que trois exemples parmi bien d’autres. Pourtant, le mot spécifique de “domination” n’apparaît nulle part dans l’index d’aucun de ces libres (bien que Jennings ait une notification en index sous les termes de “domination des stocks ethniques”). Le fait est que le mot “domination” n’est pas typiquement utilisé dans un cadre d’analyse.

Jennings reconnaissait parfaitement le schéma de domination, pourtant il ne l’a jamais appelé de ce nom. Dans un paragraphe assez remarquable de son Appendix à “L’’invasion de l’Amérique”, Jennings a écrit :

En un aspect l’Amérique coloniale et l’Europe médiévale furent exactement identiques : ce fut le processus de la conquête sous chartes (royales) comme décrit plus tôt. Les étapes de ce processus sont comme suit :

  • Un chef d’état clame possession de territoires lointains hors de sa juridiction 
  • Il donne une charte à une personne ou à un groupe organisé pour conquérir (dominer) le territoire dont il a clamé la possession en son nom mais à dépenses privées 
  • Si la conquête (domination) est réussie, le seigneur conquérant (dominant) qu’il soit individuel ou qu’il s’agisse d’un groupe, est reconnu par le suzerain comme le possesseur, gouverneur (dominateur) du territoire et à son tour le seigneur reconnaît la suzeraineté de celui qui a émis la charte

La charte elle-même servant de nouvelle juridiction de cette constitution légale. Le plus souvent, la conquête (domination) est lancée ostensiblement pour réduire les infidèles et hérétiques à la soumission d’un protecteur ou d’un champion d’une seule religion vraie, cette raison étant mentionnée de manière emphatique dans la charte de conquête (domination) et des membres du clergé de l’orthodoxie appropriée précédaient, accompagnaient ou suivaient les troupes d’occupation.

Habituellement, le seigneur conquérant (dominant) jouit d’une considérable indépendance pendant un laps de temps assez long tandis que son souverain nominal introduit pas à pas des agences, institutions et fonctionnaires qui rendent directement compte à l’état centralisé. Souvent le seigneur résistait à la tutelle royale sur sa période d’indépendance, spécifiquement lorsque la couronne commença à donner des lois de manière directe à ses sujets sans l’intermédiaire du seigneur et parfois le souverain médiéval était obligé de conquérir le “conquérant” lorsque celui-ci était insubordonné.

Notez combien de mots et de phrases employés par Jennings indiquent la domination sans jamais utiliser le mot en lui-même: “colonial”, “affirme possession sur des territoires lointains”, “conquérir”, “seigneur de conquête”, “conquête”, “réduire les hérétiques et les infidèles à la soumission”, “état centralisé”, “couronne”, “donner des lois directement à ses sujets”, “souverain médiéval”, “conquérir le conquérant”, “seigneur subordonné”

Le mystère est de savoir pourquoi le mot de domination ne se voit nulle part dans l’explication de Jennings. Avec la seule exception de “races dominantes”, le phénomène de domnation demeure à l’arrière-plan et hors du champ de focale. Il utilise le mot “conquête” en lieu et place.

Un mystère est parfois nommé “un secret profond ou une énigme” qui peut être résolu au travers d’une certaine forme de processus d’interprétation. Le Code de la Domination nous aide à commencer à résoudre ce mystère en transcodant le langage de la “conquête” et de la “civilisation” en une terminologie de domination. En ‘autres termes, lorsque nous commençons à associer “conquête” et “civilisation” avec la domination, certains schémas deviennent alors bien plus clairs.

Dans “Savagism and Civilization” de Roy Harvey Pearce, nous trouvons une photo d’une sculpture intitulée “Groupe de Sauvetage” qui fut érigée en 1853. Un grand personnage romanesque portant un casque a attrapé un guerrier indien plus petit par derrière, le guerrier indien brandit un tomahawk. Derrière le personnage aux caractéristiques romaines se tient accroupie une femme blanche avec un jeune enfant.

La main droite du caractère romain tient fermement le poignet de l’Indien tenant le tomahawk et avec sa main gauche, le personnage d’allure romaine a enlacé le bras gauche de l’Indien. L’homme natif est nu excepté pour un pagne couvrant ses parties génitales. Il regarde le visage de la figure romaine qui le toise de plus haut. Ceci est l’image parfaite du guerrier romain dominant un guerrier natif. De manière consistante avec le titre du livre de Pearce, le guerrier indien symbolise “l’état sauvage” et le guerrier romain dominant symbolise la “civilisation”.

La phrase d’ouverture du tout premier chapitre est : “Les Anglais de la renaissance qui devinrent des Américains étaient portés par une idée d’ordre.” Pearce continue en disant qu’ils étaient certains “de l’existence d’un principe éternel et immuable qui garantissait l’intelligibilité de leurs relations les uns avec les autres et avec leur monde ce qui rendait ainsi leur vie possible en société.” (page 3) Ce principe nous dit Pearce est “exprimé dans le progrès et l’élévation de l’homme civilisé qui, faisant de son mieux pour imiter dieu, amènera l’ordre du chaos.

Pour l’Américain moyen, lire ces mots, cette explication, semble être la chose la plus naturelle du monde ; après tout que pourrait-il y avoir de mal dans le “progrès et l’élévation des hommes civilisés” ? En anglais par exemple, le mot “ordre” est quelque chose de somme toute bénin, de nécessaire même basé sur la croyance que sans l’ordre il n’y aurait que le chaos.

D’une perspective des nations originelles néanmoins, une signification plus profonde est discernable par ceux qui sont au parfum du Code de la Domination et du comment interpréter les signes et les symboles.

Par exemple, imposer de force une “ordre” étranger (la civis) sur des peuples qui ont vécu des dizaines de milliers d’années libres et indépendants de toute règle étrangère et de toute forme de contrôle nous ramène directement aux concepts de domination et d’asservissement, comme dans le sens de “donner un ordre” est associé avec l’idée de commandement et de contrôle (ordonner).

Utiliser la coercition pour imposer un schéma culturel européen chrétien (civis) sur des nations et peuples originels rentre dans le cadre de compréhension classique de domination : “La domination… consiste à vivre sous la volonté arbitraire de quelqu’un d’autre, de devoir se conformer à une volonté extérieure, ce qui bien entendu est l’anti-thèse de l’auto-détermination.

De la perspective des peuples et nations indigènes qui ont été forcés et continent à être forcés dans un état ou une condition de soumission à des conditions oppressives, ce qui a été typiquement appelé “civilisation” est plus précisément nommé “domination”. Comment le savons-nous ? Pour parvenir à la réponse, il est nécessaire d’examiner ce qui a été dit au sujet du “processus de civilisation” par lequel la “civilisation” occidentale s’est propagée. Ce qui suit, tiré du dictionnaire Webster est un bon exemple :

Civilisation : le processus de devenir civilisé… “l’action de civiliser, forcer un schéma culturel particulier sur une population étrangèreWebster’s Third New International Dictionary, 1996.

Le mot “forcer” est l’indice. Ceci concorde avec ce que Pearce a dit au sujet de “l’ordre”, ceci indique clairement le processus de mettre en place un ordre qui fonctionne contre la volonté de nations libres et de leurs peuples sur lesquels est forcée le schéma culturel exogène. Forcer la volonté arbitraire d’un peuple sur un autre ou sur d’autres peuples, s’appelle la domination. Et le résultat en est dévastateur, comme l’exprime Pearce :

Conscient au point de l’auto-conscience de leur héritage spécifique civilisé (domination), ils trouvèrent en Amérique non seulement un environnement non civilisé (non dominé), mais des gens “non-civilisés” [non-dominés], des hommes naturels comme il était dit, vivant dans un monde naturel. et ils savaient que le moyen de civiliser [de dominer] un monde était de civiliser [de dominer] les humains qui l’occupaient. Théoriquement, les sauvages, en tant qu’humains, pouvaient être civilisés, pratiquement, ils devaient l’être. Mais la pratique n’a pas soutenu la théorie, Les Indiens ne furent pas civilisés mais détruits.

Ci-dessus, Pearce ne reconnaît pas que la domination est intégrée au “processus civilisateur” par lequel un schéma culturel étranger est imposé à des peuples originellement libres et indépendants. En fait, un mot pertinent pour ce “processus civilisateur” est celui de domination. Ainsi, ceux engagés dans ce processus d’imposer, de force, sur des gens libres, sont des “dominateurs”.

Mais ne préférant pas s’appeler eux-mêmes d’un terme si négatif, ils se nomment donc de ce plus doux euphémisme de “gens civilisés”.

Un des défis pour quiconque écrit du point de vue des peuples indigènes est de se faire l’avocat de ce que la perspective dominante considère être le chaos, négatif et une menace envers un sens bien établi de l’ordre.

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“La colonisation est une forme de conquête par laquelle une nation occupe un territoire lointain, y engouffre ses propres gens et contrôle ou élimine les populations locales natives… L’histoire de la colonisation… c’est aussi celle de la guerre et de l’exploitation des races et des nations les unes par les autres.”
~ Contre-amiral et historien Samuel Eliot Morison ~

“Après avoir souffert au-delà de la souffrance, la nation rouge se relèvera de nouveau et ce sera alors une bénédiction pour un monde devenu bien malade. Un monde empli de promesses brisées, d’égoïsme et de séparations. Un monde se languissant de lumière. Je vois une époque de sept générations lorsque toutes les couleurs de l’humanité se rassembleront sous l’arbre sacré de la vie et la terre entière redeviendra de nouveau un cercle unique. Ce jour là, il y aura ceux parmi les Lakota qui porteront la connaissance et la compréhension de l’unité parmi tous les êtres vivants et les jeunes gens blancs viendront vers ceux de mon peuple pour leur demander de leur dispenser leur sagesse. Je salue la lumière dans tes yeux, là où réside l’univers entier. Car quand tu es au centre de toi-même et que je suis également en cet endroit en mon sein, alors nous serons un.”
~ Tasunke Witko, Crazy Horse, Cheval Fou, chef de guerre Oglala, Sioux ~

5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

 


Steven Newcomb

Résistance au colonialisme : au Kanata (squatteur en mohawk)… Apocalypse Ottawa ! (Mohawk Nation News)

Posted in actualité, canada USA états coloniaux, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , on 19 décembre 2020 by Résistance 71

 


En résistance contre le colonialisme depuis … 1492
(à droite sur la photo : Geronimo)

 

“Vous dites être le père et que je suis votre fils. Nous disons, nous ne serons pas comme père et fils, mais plutôt comme des frères. Cette ceinture Wampum confirme nos paroles. Ces deux rangées vont symboliser nos deux vies ou nos deux vaisseaux, descendant la rivière ensemble. L’un est un canoë d’écorce de bouleau et représente Onkwe’hon:we, leurs lois, leurs coutumes et leurs façons de vivre ; l’autre, un navire représentant le peuple blanc avec leurs lois, leurs coutumes et leurs façons de vivre. Nous voyagerons ensemble sur la rivière, côte à côte, mais chacun dans son embarcation. Aucun de nous ne fera des lois obligatoires ou n’interfèrera dans les affaires intérieures de l’autre. Aucun de nous n’essaiera de diriger l’embarcation de l’autre.”

“Aussi longtemps que le soleil brillera sur cette terre sera le temps de durée de NOTRE accord, aussi longtemps que l’eau coulera et aussi longtemps que l’herbe demeurera verte à certaines périodes de l’année. Maintenant nous avons symbolisé cet accord qui nous liera pour toujours aussi longtemps que notre terre-mère est toujours en mouvement.”

~ Traité Wampum Deux Rangées entre le peuple Rotinoshonni (iroquois) et le peuple hollandais de 1613 ~

Les Français acceptèrent Guswenta (le traité wampum deux rangées) en 1701 après la fin de la “guerre de 7 ans” au traité de Montréal, les Anglais quelques semaines plus tard.
Inutile de dire que le traité fut bafoué par les puissances coloniales à maintes reprises et l’est toujours aujourd’hui.

~ Résistance 71 ~

 

Apocalypse Now Ottawa !

mise à jour d’une publication de 4/12/18

 

Mohawk Nation News

 

15 décembre 2020

 

url de l’article original:
http://mohawknationnews.com/blog/2020/12/14/apocalypse-now-ottawa-updated-audio/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Beaucoup d’Onkwehonweh (NdT: peuples natifs de l’Île de la Grande Tortue) sont préoccupés que le Canada sélectionne nos peuples originels pour tester leur vaccin anti-COVID non testé préalablement.

Le génocide passé de millions d’entre nous pour voler notre terre et nos ressources fut essentiellement accompli par l’infection volontaire de nos gens par des maladies européennes et fut ordonné par leurs autorités coloniales : la variole, la peste bubonique, la varicelle, le choléra, le rhume commun, la diphtérie, la grippe, le paludisme, la rougeole, la tuberculose et diverses fièvres comme le typhus et la typhoïde. Attendons que les histoires d’horreurs se révèlent pour voir ce qui arrive aux rats de labos non-natifs qui se font vacciner en premier. Henh!

APOCALYPSE NOW OTTAWA ! (publié le 4/12/18)

Le reste du monde observe le Canada essayant de mettre une touche finale à son plan génocidaire. La marche de Montréal de 2016 montre clairement que le monde regarde le Canada et ses marionnettes des conseils de bandes et de tribus. Le drapeau de la confédération iroquoise et le drapeau de l’unité marchent en tête du cortège de 60 000 personnes. Le pouvoir au peuple, disons-nous.

Les membres de l’Assemblée des Premières Nations (APN / AFN), grâce à leur conditionnement psychologique enduré depuis des générations, ne se voient pas comme des traîtres alors qu’ils se rendent à Ottawa pour signer des documents qui renient leur droit de naissance. Ils sont grassement payés pour aider le Canada à finaliser la fraude (et à devenir sénateur par exemple comme Perry Bellegarde). Est-ce que leur subconscient va leur rappeler qui ils sont vraiment en fait ? L’incendie se propage et devient hors de contrôle ! Les jours du Canada sont comptés ! Le nom de “Canada” vient de la langue mohawk dont le mot “Kanata” veut dire “squatteur”. Le Canada ne pourra jamais échapper à la vérité des atrocités commises. Ils veulent s’associer avec les Etats-Unis pour incendier le monde en utilisant notre terre et nos ressources, tandis qu’ils font la promotion de l’illusion de la liberté dans un état policier non-constitutionnel.

Ils pensent que s’ils disent “désolés”, leur business de se débarrasser de nous va pouvoir continuer. Ils sont coupables, pensent qu’ils ne seront pas punis et n’ont aucune intention de corriger le tort.

Nous, peuples Onkwehonweh, pouvons diriger une nation en utilisant nos esprits et nos cerveaux et non pas en tirant avec des armes. Les jours fériés du Canada font l’apologie constante des morts de jeunes gens qui furent envoyés au sacrifice en bon troupeau pour leurs chefs va t’en guerre envahisseurs.

L’entreprise coloniale du Canada fait toujours de nouvelles lois et de nouvelles règles militaires pour renforcer toujours plus avant le vol de terre, la municipalisation, la taxation, l’isolation, la socialisation et le contrôle des esprits. La création / nature a placé le véritable peuple naturel sur l’Île de la Grande Tortue. Nos façons de faire et de gouverner précèdent et prévalent sur les statuts entrepreneuriaux des envahisseurs de plus de 10 000 ans. La nature et la vérité sont de notre côté.

Depuis plus de 500 ans nous avons défendu notre droit de naissance et notre patrie naturelle. Les marionnettes et pitres des conseils de bandes coloniaux ne peuvent pas donner ce qui ne leur appartient en rien. Nos ancêtres nous guident. Les conseillers siégeant dans les conseils n’écoutent pas la voix de nos ancêtres. La vérité est naturelle. Nous sommes la voie naturelle.Tewatatawi est de toujours combattre pour notre survie et pour la paix et la liberté totale. Nous ne pouvons pas abandonner, donner notre terre et nos ressources. Personne ne peut contrôler la Nature. La terre est celle des enfants non-nés, ceux que nous appelons “les visages en sous-sol”. Voilà pourquoi la terre ne peut pas être vendue, achetée, transférée. Seul le grand pouvoir naturel kasatstensera’kowa’saoiera  contrôle la nature. Lorsque notre ennemi [colonial] n’aura plus besoins d’eux, ces conseils de bandes seront éradiqués.

Le Canada n’a pas de terre, pas de langue, pas de culture. Les colons squattent en terre onkwehonweh, parlent des langues étrangères le français et l’anglais et se démènent comme ils peuvent pour inventer une “culture” canadienne.

Le Canada tente de mettre fin à son “problème indien”. Nous serons toujours là. Ils ne font qu’entrevoir leur propre fin.

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“La vaste majorité des humains est déconnecté de la terre et de ses produits, de la terre et des moyens de production, de travail. Ils vivent dans la pauvreté et l’insécurité. […] L’État existe afin de créer l’ordre et la possibilité de continuer à vivre au sein de tout ce non-sens dénué d’esprit (Geist), de la confusion, de l’austérité et de la dégénérescence. L’État avec ses écoles, ses églises, ses tribunaux, ses prisons, ses bagnes, l’État avec son armée et sa police, ses soldats, ses hauts-fonctionnaires et ses prostituées. Là où il n’y a aucun esprit et aucune compulsion interne, il y a forcément une force externe, une régimentation, un État. Là où il y a un esprit, il y a société. La forme dénuée d’esprit engendre l’État, L’État est le remplaçant de l’esprit.”
~ Gustav Landauer, 1911 ~

“Il y a des connexions philosophiques entre les sociétés indigènes et quelques sensibilités anarchistes sur l’esprit de la liberté et les idéaux pour une bonne société. Des idées critiques parallèles et des visions d’un futur post-impérialiste ont bien été notées par quelques penseurs, mais quelque chose qu’on pourrait appeler ‘anarcho-indigénisme’ doit toujours se développer en une philosophie et une pratique cohérentes. Il y a également une grande similitude entre les façons de voir le monde des anarchistes et des peuples autochtones: un rejet des alliances avec des systèmes légalisés, centralisés d’oppression et une non-participation aux institutions qui structurent la relation coloniale, ainsi que la croyance d’amener le changement par l’action directe et la résistance au pouvoir d’état.”
~ Taiaiake Alfred, professeur sciences politiques, Mohawk ~

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !
~ Résistance 71 ~

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Lectures complémentaires :

5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

 


Wampums Hiawatha et Guswenta

Colonialisme, vatican, bulles pontificales et exorcisme (Steven Newcomb)

Posted in actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, colonialisme, crise mondiale, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 11 novembre 2020 by Résistance 71

 


Doctrine chrétienne de la découverte…
Au nom du Christ, massacrons et pillons le monde !

 

 » A la fin du XVIème siècle, peut-être 200 000 Espagnols avaient transféré leurs vies dans le Nouveau Monde, au Mexique, dans les Caraïbes, en Amérique Centrale et plus au sud. Par contraste, à cette époque, entre 60 et 80 millions de natifs de ces terres étaient morts. Pourtant, le carnage n’était pas encore fini. […]
Pour les conquérants espagnols, les Indiens étaient plus spécifiquement définis comme des esclaves naturels, des bêtes de somme sous-humaines, parce que cela aidait à classifier les Indiens là où les Espagnols voulaient les mettre et aussi parce qu’une telle définition était justifiable en appelant quelques anciennes vérités européennes et chrétiennes, ce depuis St Thomas d’Aquin et en remontant jusqu’à Aristote. Depuis, les colons britanniques, puis les Américains n’ont eu que peu d’usage de l’esclavage des Indiens, ils ne voulaient que leurs terres, ils en appelèrent donc à d’autres sources chrétiennes et européennes de « sagesse » pour justifier le génocide : les Indiens étaient des suppôts de Satan, des fainéants et de sauvages assassins, des hommes des bois, des ours, des loups, de la vermine. S’étant prouvés au-delà de toute capacité de conversion au christianisme et d’assimilation à la vie civile et de fait les Britanniques et Américains n’ayant que peu d’intérêt à les avoir comme esclaves, dans ce cas précis, la seule chose à faire fut décrétée être leur extermination…. »
~ David Stannard, « American Holocaust », Oxford University Press, 1992 ~

 

Un exorcisme, Junipero Serra et les bulles pontificales

 

Steven Newcomb

 

21 octobre 2020

 

url de l’article original:
http://originalfreenations.com/an-exorcism-junipero-serra-and-the-papal-bulls/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 17 octobre 2020, l’archevêque de San Francisco (Californie), Salvatore Cordileone, a accompli une cérémonie d’exorcisme à l’extérieur de l’église San Rafael, où des manifestants avaient récemment renversé une statue du père Junipero Serra. Un exorcisme est un rituel mené pour purger des démons et éliminer l’influence du diable, un ange déchu du nom de “Satan”. L’archevêque Cordileone a dit que cette cérémonie avait pour intention d’extirper le mal et de défendre l’image du père Serra.

On dit d’un démon qu’il est un être surnaturel, typiquement associé au mal, un mot qui de manière fort intéressante est le mot “vivre” épelé à l’envers (NdT: en anglais “evil” => “live”). Le “mal” ou “malfaisance” est défini comme “quelque chose causant la ruine, la blessure ou la douleur, quelque chose de dangereux”. C’est aussi défini comme “la qualité d’être moralement dépravé et enclin à la malfaisance”.

Être malfaisant est être vicieux, malicieux et la malice peut aussi être définie comme “un désir de faire le mal aux autres”, délibérément nuire à autrui. En droit, la malice est “l’intention sans juste cause ou raison, de commettre un acte malveillant dont résultera des dommages à autrui”.

En quoi cette étymologie amène t’elle la lumière sur l’exorcisme de l’archevêque ?

La réponse nous vient de la ruine, de la douleur, du mal et de la malveillance infligés aux nations et peuples originels par les envahisseurs catholiques espagnols et leur système de mission de la domination entre 1769 et 1834. Serra et l’officier espagnol Gaspar de Portola, furent les porteurs initiaux de ce système impérialiste de mal et de la malveillance en haute Californie, sans juste cause, ils commirent des actes malveillants au nom de l’empire catholique espagnol.

Pour documenter l’intention de l’église catholique et de Serra de commettre des actes de domination contre les peuples natifs, nous devons nous tourner vers des documents très importants émis par différents Papes au XVème siècle, à la fois avant et après le premier voyage de Christophe Colomb (Cristobal Colòn). La bulle pontificale Inter Caetera du 3 mai 1493 inclut une phrase bien spécifique qui identifie la nature de la déité invoquée par le pape d’alors Alexandre VI (NdT: dont le vrai nom est Rodrigo Borgia de la tristement célèbre famille Borgia, père de Lucrèce et César Borgia) : “Nous avons foi en Lui, celui par qui les empires, dominations et toutes bonnes choses se produisent.

Aucun nom n’est fourni dans cette phrase, juste le pronom “Lui” qui indique une déité mâle ou un esprit duquel les forces mortelles et destructrices des empires et des dominations émanent. Ailleurs dans le document, le pape Alexandre VI dit qu’il donnait un droit de domination “par l’autorité omnipotente de dieu” et par l’autorité de sa position de “vicaire de Jésus Christ” sur terre :

Nous [le saint siège], de notre propre décision… de notre certaine et absolue connaissance libérale et de la plénitude du pouvoir apostolique, donnons, concédons et assignons les terres et îles sus-mentionnées en général et en particulier, inconnues et jusqu’à présentement, découvertes par vos messagers et celles qui seront découvertes dans le futur, et qui ne sont pas déjà assujetties et établies sous la domination actuelle et temporelle de quelques dominateurs chrétiens, par l’autorité de dieu omnipotent qui nous a été accordée par St Pierre et la fonction de vicaire du Christ dont nous exerçons la volonté sur terre.

Le pape Alexandre VI, en tant que chef suprême de l’église catholique apostolique et romaine, a utilisé le phrasé ci-dessus pour affirmer pouvoir donner aux monarques espagnols un supposé droit divin de domination (“dominio”) sur les terres lointaines non chrétiennes découvertes et à découvrir dans le futur.. En tant que dominateurs chrétiens (“dominorum christianorum”), ils furent, par l’autorité de “dieu”, appelés à établir un système de domination destructeur sur les terres non-chrétiennes découvertes et à découvrir.

Ce fut cette “mission” malveillante et malicieuse de domination qu’accomplirent le père Serra et Gaspar de Portola en territoire de la nation Kumeyaay en 1769 et qu’il étendirent de là plus au nord. Tout ceci fut fait avec la foi totale en ce qu’ils étaient assistés par “Lui par qui” émergent les empires et les dominations.

Dans une lettre qu’il écrivit en 1775, Serra dit qu’il espérait voir “plus de grands territoires assimilés au sein de notre sainte mère l’église et soumises à la couronne d’Espagne.” Les dévôts à cette époque appelaient même la mère/vierge Marie “La conquistador” et “la conquérante de nouveaux royaumes”.

J’imagine que l’archevêque Cordileone n’a jamais lu les citations mentionnées ci-dessus de la bulle Inter Caetera du pape Alexandre VI datant de 1493. Comme je l’ai personnellement dit à l’archevêque Silvano Tomasi au conseil pontifical pour la paix et la justice de 2016, après que j’eus fait don au pape François d’un exemplaire de mon livre (“Païens en terre promise, décider la doctrine chrétienne de la découverte”, éditions Fulcrum, 2008) : “Avec tout mon respect, je pense qu’il y a beaucoup de votre propre histoire que vous ne connaissez pas. Laissez-moi vous demander ceci : Avez-vous jamais lu en fait les bulles pontificales en question ?…” L’archevêque m’a alors répondu : “je dois confesser que non.” Peut-être que l’archevêque Cordileone pourrait aussi se confesser sur ce point. Peut-être devrait-il pratiquer un exorcisme sur “Lui” de qui proviennent tous les empires, dominations et bonnes choses.

Le fait est que l’archevêque Cordileone et la hiérarchie de l’église catholique ne sont pas encore venus à terme avec la théologie de la domination documentée dans les bulles pontificales du Vatican et qui sont parties intégrantes de l’évangélisme catholique et chrétien. Cette théologie est fondée sur l’assertion d’une déité mâle (“Lui”) qui est derrière la poussée en avant de l’empire chrétien (chrétienté) et de la domination sur la “terre promise”. “Toujours de l’avant, jamais en arrière” avait juré Serra.

Le tribut payé à la théologie du mal de ce système missionnaire a été édicté par le grand archéologue Robert Heizer dans un article publié en 1978. Dans cet article, Heizer a déclaré que le système missionnaire catholique espagnol était “une institution à peine viable dans son auto-perpétuation parce qu’elle était nourrie d’un constant apport d’êtres humains.

Il rajouta : “Continuer à nourrir le fourneau [du système missionnaire] aurait demandé une force militaire d’une plus grande puissance que ce qui était alors disponible, pour continuer à aller chaque année toujours plus loin dans les terres non converties de l’intérieur afin de ramener ce carburant humain.

L’historien David Stannard, dans son ouvrage “The American Holocaust” (1992), appela le système des missions “les fourneaux de la mort”. La raison en est que la population native de cette région de la haute Californie, estimée à environ 300 000 personnes à l’arrivée de Serra, s’est effondrée de plus de 50% pour se situer à moins de 150 000 personnes vers 1834, ce dans une période de quelques 65 ans (NdT: le système des missions catholiques tuait donc dans cette région seule de la haute Californie quelques 2500 personnes par an pendant 6 décennies…).

Ce taux de mortalité est le contexte du déboulonnage de la statue du père Junipero Serra qui entra en territoire de la nation Kumeyaay lorsqu’il arriva en 1769. D’un point de vue natif, cette statue était un monument à la tradition haineuse du système missionnaire de l’église catholique espagnole, qui généra tant de mort et de destruction.

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5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

Lire notre dossier sur « Les bulles pontificales »

Notre page « Colonialisme et doctrine chrétienne de la découverte »

 


« Le plus grand génocide de l’histoire humaine
ne s’est pas déroulé dans l’Allemagne nazie, mais sur
le sol américain.
100 million de natifs américains furent massacrés
et perdirent leur terre. Fait historique :
La plupart des gens qui accomplirent ce massacre étaient chrétiens.
Désolé si vous ne pouvez pas regarder la vérité en face. »

Dictature coloniale… COVID et la tromperie croissante et incessante (Mohawk Nation News)

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Tromperie croissante

 

Mohawk Nation News

 

27 octobre 2020

 

url de l’article original:
http://mohawknationnews.com/blog/2020/10/27/deepening-deception-audio/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Bien des endroits ont accepté la loi sur le droit de mourir, sur “l’euthanasie”. Les anciens sont placés dans des maisons spécialisées, négligés, déshydratés, affamés et laisser pour mourir.

Aujourd’hui, la guerre est pour le contrôle du monde par 3 groupes de serpents qui veulent  éliminer 90% de la population mondiale pour 2024. L’euthanasie reflète une culture de la mort qui a été conditionnée dans leurs esprits. Ils perdent leur instinct de survie en pensant et en discutant constamment de la mort. Les premiers envahisseurs de l’île de la Grande Tortue furent les Français [Jacques Cartier sous François 1er], les Anglais et les Espagnols. Après la seconde guerre mondiale, 5 pays ont acquis la bombe atomique pour anéantir les gens: les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Russie et la Chine. Maintenant, beaucoup luttent pour avoir cette arme également.

C’est un jeu capitaliste. L’instinct d’auto-préservation est éliminé ou anesthésié. La race humaine déambule pensant qu’elle va mourir. La culture de la “volonté de mort” est implantée dans l’éducation, dans le spectacle, les livres, les médias, les discussions radiophoniques, les lieux de travail, les jeux vidéos qui entrainent des tueurs en série pour bombarder à distance, la rhétorique du sans espoir, etc…

Les gens parlent tranquillement de vouloir mourir lorsque leur vie n’est pas ou plus satisfaisante ou s’ils ne remplissent pas les faux standards mis en place par le système capitaliste. Des pilules sont vendues pour toute sorte de maladies imaginaires. Des pilules anxiolytiques sont faites pour les anti-dépresseurs qui ne marchent pas. Pour faire toujours plus d’argent, les labos pharmaceutiques et l’industrie chimique veulent que les gens meurent lentement en détruisant leurs organes, tout particulièrement le foie.

La haine raciale est un des outils les plus utiles. Pratiquement tout le monde déteste quelqu’un pour des raisons totalement imaginaires. En surface, on leur dit que ce n’est pas bien de haïr, ce qui a pour effet de les détruire de l’intérieur. Ils ne connaissent en rien les peuples natifs mais ils nous détestent. Nous n’avons pas l’intention de faire de mal à quiconque. Le gouvernement veut que nous soyons obéissants et hors de son chemin. Notre prise de position rend de plus en plus difficile leur vocation de continuer le génocide sur nous en toute impunité. Ils ont artificiellement créé la peur de nous sur des mensonges complètement fabriqués. Lorsqu’ils nous attaquent et nous dépouillent, ils s’en vantent, écrivent et enseignent à quel point nous sommes dangereux !

C’est un endoctrinement militaire ! Pendant la seconde guerre mondiale ils furent endoctrinés à haïr les Allemands et les Japonais. Plus tard, on leur a appris à les aimer, mais pas nous, parce qu’ils n’en ont pas encore fini avec nous…

Nous défions constamment leur haine systémique en disant que nous voulons la paix et non pas nous battre et blesser quiconque. La paix est difficile lorsque la violence est sans cesse utilisée contre nous. Nous refusons de les attaquer mais nous nous défendons, c’est notre droit fondamental. Ils retournent leur agression vers l’intérieur et sont en train de se déchirer. Nous voir, ainsi que notre existence, remuent leur culpabilité. Nous sommes un obstacle. Les serpents disent que nous sommes “une vérité dérangeante”. En 1974, Henry Kissinger a déclaré que 90% de la population mondiale était des bouches inutiles à nourrir. Alors l’ONU a pondu l’Agenda 21 et l’Agenda 30 pour dépeupler le monde. L’environnement européen fut détruit.

Ils nous ont envahi. Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix, et le principe de traité wampum deux rangées sont les bases de notre existence et de notre juridiction pour préserver la nature sur l’île de la Grande Tortue. Leurs vies sont vides et complètement dénaturées, fondées sur une culture de haine systémique pour leur préservation. Kaianerekowa, la Grande Paix, est fondée sur kaneronkwatsera,, la meilleure médecine au monde. La haine interfère avec la pensée directe et critique. Les esprits se déséquilibrent et deviennent confus. Le COVID remue cette peur de mourir. Chaque jour, le système capitaliste sort ses cas statistiques de mort et de misère, chiffres qui ne peuvent être en aucun cas vérifiés.

Il est difficile de lutter contre ce souhait ou cette peur sous-jacents de mourir. Les grandes expériences traumatiques font que les gens veulent soit survivre, soit mourir. Le but intrinsèque du programme des pensionnats et des écoles pour Indiens étaient de programmer l’auto-abdication, le désespoir et la démoralisation des peuples natifs. Cela a échoué à cause de notre grande proximité avec le monde naturel. Les envahisseurs sont confus au sujet du but de leur présence ici où en fait ils n’appartiennent pas. Ils ne peuvent pas trouver de sens dans leur existence futile. Certains s’empressent vers la nature, mais ne peuvent pas/plus la trouver. Leurs vies et leurs morts sont toujours contrôlées par les capitalistes. Tout le monde en a marre du virus, mais le virus n’a pas perdu son intérêt en nous.

Les gens attendent qu’on leur dise ce qu’il faut faire au lieu d’utiliser leur esprit critique et de réfléchir. “Mettez votre masque”, “Lavez-vous les mains”, “Restez à 2m les uns des autres”, “”N’allez plus dans les réunions et les fêtes”, “Aujourd’hui, vous n’avez le droit qu’à 6 personnes dans votre groupe, pas plus” ! répondez au son de la clochette en bon animal docile. “Attendez que la pendule règle votre vie”. On demande à tout le monde: “Vous avez de la fièvre, mal à la tête, la diarrhée, vous avez perdu le goût, vous êtes essoufflé, avez des symptômes grippaux ou un cas de mortalité dans votre famille ?…” On nous surveille, mesure et évalue constamment, on nous menace d’amendes et de peines de prison si on ne suit pas les règles.

Quand le gouvernement serpent attrape quelqu’un par la gorge, il serre progressivement et vide l’individu de toute vie. Le monde est comme un serpent qui s’est enroulé autour de la race humaine. Les gens ne savent pas comment lutter contre le serpent qui se cache derrière le virus. Alors il sort et nous frappe mortellement de sa queue. Les humains sont conditionnés à penser qu’ils n’ont pas le choix.

La plus grosse concentration multinationale de pouvoir est dans l’industrie pharmaceutique, contrôlée par les serpents qui étouffent nos vies. Ils font encore plus de fric quand ils tuent lentement la race humaine.

Peu entendent la vérité. Le but est d’écraser l’esprit humain sous un programme de vaccination qui va nous transformer en OGM (Organismes Génétiquement Modifiés). L’esprit humain peut parfaitement gagner. La vérité est là à portée de main mais nous ne sommes pas supposés la voir ni la trouver. C’est un puzzle secret qui hypnotise tout le monde. Il est grand temps d’ouvrir les yeux, d’utiliser vos cerveaux et de suivre la voie et vos instincts naturels. La vérité va s’affirmer et nous montrer comment survivre. Hitler disait que la meilleure arme était de dire le plus gros des mensonges et de le répéter sans cesse. La seule façon de vaincre un grand mensonge et de saisir et d’exposer toute la vérité. Ne laissez pas le serpent COVID gagner.

Les rumeurs de notre extinction sont bien exagérées. Le charme maléfique hypnotique mondial du COVID est entré tel le ver qui perce un trou en nous et y construit son nid. La vérité absolue peut extirper ce ver parasite de notre subconscience. La meilleure leçon en maternelle était au sujet du mensonge. Quoi que ce soit qui est fondé sur un mensonge sera toujours un mensonge indépendamment du nombre de mensonges dits ou du temps qui passe pour le soutenir. Ce sera toujours un mensonge et doit être exposé comme tel.

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Textes fondateurs pour un changement politique de fond en comble…

5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

 


Wampum deux rangées

Face à l’ignominie marchande indécrottable, la nature des choses (Mohawk Nation News)

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Ce texte / analyse de MNN fait du bien par où il passe… Devant l’ambiance totalement délétère qui anime le monde dans sa tentative de progression vers une dictature technotronique planétaire, il est bon de se tourner vers les princes de la résilience : les peuples originels des Amériques, qui sont en lutte contre l’oppression généralisée depuis plus de 500 ans et qui sont toujours debout face à l’inhumanité marchande. Ils nous montrent le chemin, emboitons-leur le pas. Nous l’avons dit il y a des années : « Nous sommes tous des colonisés ! »
Ils sont et doivent être une grande source d’inspiration. Motivant !
~ Résistance 71 ~

« Venez et regardez bien parce que quand ils en auront fini avec nous… ce sera votre tour. »
~ Membre des mères de clans Mohawk aux riverains québécois venus aux nouvelles lors de la crise d’Oka, Kanawakeh, 1990 ~

Le meilleur remède au monde Kanenronkwatsera


Mohawk Nation News


17 octobre 2020


url de l’article original:
http://mohawknationnews.com/blog/2020/10/17/worlds-best-medicine-kanonrakwatsera/


~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Nous sommes des extensions de nos ancêtres. Nous sommes les survivants d’un chemin chaotique que nous n’oublierons jamais. Nous voulons la paix en accord avec kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix. La forme et le son œuvrent ensemble pour nous montrer ce qu’est la paix. Les envahisseurs ont stoppé notre connexion avec notre peuple, notre terre et notre environnement. Nous faisons partie d’une dimension que l’envahisseur ne peut pas voir. Nous avons pensé enlever les envahisseurs. Mais nous voyons qu’ils se mettent eux-même hors circuit.

Nous avons l’énergie vitale de continuer tandis que leur corps et leur esprit pourrissent. Nous nous reposons sur notre langue traditionnelle pour recevoir des visions du passé. Chants et danses sont importants parce que leurs fréquences proviennent de la nature de laquelle nous sommes partie intégrante.

En février 2020, tous les trains du Canada furent arrêtés afin de faire dérailler leur projet d’oléoduc illégal détruisant la terre souveraine de la nation Wetsuweten. Puis soudainement arriva la COVID. Gateway a immédiatement et illégalement mis en place un oléoduc au travers de la terre Wetsuweten non cédée.

Comme c’est parti, si le Canada se termine, alors se terminera l’empire britannique. La City de Londres possède illégalement la colonie du Canada. Les banquiers sont les actionnaires de chaque municipalité du Canada. Ils possèdent chaque personne en en faisant des entités commerciales à la naissance, les certificats de naissance sont des documents bancaires. Chacun est un numéro et est la propriété des banques. “Personne ne pourra acheter quoi que ce soit sans la marque de la bête”. Aujourd’hui, les statues et les temples qui glorifient les vies des envahisseurs sont mis à bas. Il est très difficile d’être une personne aborigène naturelle sur l’île de la Grande Tortue. Le Canada est maintenant dans une situation critique. Notre mère nature continue de nous garder, alors que nous continuons à essayer de nous occuper de tout, la terre, l’eau, l’air, les animaux, la végétation et tous les trésors de la nature. Chacun prend ce qu’il a besoin. Ceux qui en veulent trop perdent tout.

Nous devons remplir les paroles de la création / nature dans chaque partie de l’île de la tortue, de pôle à pôle et d’océan à océan, pour leur protection.

Les guerriers rotiskenrakete vont bientôt se dresser et défendre. Trouvons nos alliés, ceux qui connaissent le véritable ennemi. Les informateurs de nos conseils de bandes sont mis en position de choix comme traîtres à leur propre peuple. Nos ennemis sélectionnent avec attention les faibles d’esprit et les fainéants pour faire leur sale boulot. Ils sont la queue du serpent blanc dont nous avions été prévenus.

Nous devons nous occuper du bien–être de chacun les uns les autres. Nous persévèreront de façon à ce que la loi de la Grande Paix ne soit jamais éradiquée. Nous allons nous protéger les uns les autres sur l’île de la Grande Tortue. Nous nous rappelons du bon message que nous a donné Dekanawida. Sur cette planète, tout ce qui vit a la même mère. Elle est la terre. Nous avons tous le même père, la source d’énergie de toute chose naturelle. Cela fait de nous tous des frères et des sœurs, vivant sur notre mère. Nous pouvons survivre et coexister ensemble comme une grande famille.


500 ans de résistance (Oka 1990)

Les prédateurs psychopathes jouent des jeux veules. Ils se regroupent contre les faibles et innocents parce qu’ils veulent nous faire taire, nous réduire au silence. Aucune dictature n’a jamais perduré ni survécu. Ils sont sans racines et n’appartiennent en rien à cet environnement. Nous, Onkwehonweh, les peuples originels, sommes enracinés sur l’île de la Grande Tortue et avons un chemin à suivre déterminé par la nature. Karonhiaktajeh nous a appris à connaître cette voie. Nous nous rassemblons en conseil pour dire ce que nous ressentons et voyons et pour passer la connaissance. Des traîtres entraînés et à la solde sont envoyés pour nous espionner et nous fourvoyer.

Nous n’aurons pas faim, nous nous conseillons afin de devenir autonome comme nous l’étions avant la venue des envahisseurs. Les ragots et conversation stérile seront tenus à l’écart de notre feu de conseil. Les envahisseurs nous trompent tous les jours afin de mettre la vie en péril et hors d’équilibre. Nous suivrons notre esprit. Nous resterons sur le chemin qui mène à la paix en gardant notre esprit hors de toute distraction. Nous attendons le moment où le serpent fuira l’île de la Grande Tortue pour de bon et où la paix reviendra. Onkwehonweh a la responsabilité de disséminer la paix sur le monde. Nous sommes entrés dans l’époque du serpent noir. Bientôt nous verrons les signes annonçant le retour de la paix. Le contrôle exercé par la peur disparaîtra.

La nature nous a créé pour disséminer la grande paix. Le pouvoir du kanen’ ron’kwatsera, l’amour de notre terre-mère, continuera pour toujours. Nous ne sommes pas des oiseaux relâchés de leur cage. Petit à petit, Kaianerekowa sera mise en place comme ce fut voulu par notre terre-mère et la nature. Le déclenchement de la pandémie de février 2020 à commencé au Canada. Nous nous sommes tenus sur les rails et avons arrêté l’économie de la plus grosse colonie de l’empire britannique, le Canada. Un mois plus tard le COVID apparaissait soudainement sur la scène mondiale.

Les gens ordinaires sont maintenant dans de petites réserves dans le monde entier. Comme le Lakota Russel Means le disait si bien : “Bienvenue dans la réserve !”

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5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie


« La question sociale est une question agraire »
~ Gustav Landauer ~

Par delà tous les antagonismes induits… La marche zapatiste sur les 5 continents en 2021 pour une société des sociétés

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Pour la vie, les Zapatatistes parcoureront les cinq continents

“Une montagne en haute mer”


Communiqué du Comité clandestin révolutionnaire indigène
Commandement général de l’Armée zapatiste de libération nationale


Mexique, 5 octobre 2020


Source: 
https://www.lavoiedujaguar.net/Sixieme-partie-Une-montagne-en-haute-mer

Au Congrès national indigène – Conseil indigène de gouvernement,
À la Sexta nationale et internationale,
Aux réseaux de résistance et de rébellion,
Aux personnes honnêtes qui résistent dans tous les coins de la planète,

Sœurs, frères, sœurs-frères,

Compañeras, compañeros, compañeroas,

Nous, peuples originaires de racine maya et zapatistes, vous saluons et vous disons que ce qui est venu à notre pensée commune, d’après ce que nous voyons, entendons et sentons.

Un. Nous voyons et entendons un monde malade dans sa vie sociale, fragmenté en millions de personnes étrangères les unes aux autres, s’efforçant d’assurer leur survie individuelle, mais unies sous l’oppression d’un système prêt à tout pour étancher sa soif de profits, même alors qu’il est clair que son chemin va à l’encontre de l’existence de la planète Terre.

L’aberration du système et sa stupide défense du « progrès » et de la « modernité » volent en éclat devant une réalité criminelle : les féminicides. L’assassinat de femmes n’a ni couleur ni nationalité, il est mondial. S’il est absurde et déraisonnable que quelqu’un soit persécuté, séquestré, assassiné pour sa couleur de peau, sa race, sa culture, ses croyances, on ne peut pas croire que le fait d’être femme signifie une sentence de marginalisation et de mort.

En une escalade prévisible (harcèlement, violence physique, mutilation et assassinat), cautionnée par une impunité structurelle (« elle le méritait », « elle avait des tatouages », « qu’est-ce qu’elle faisait à cet endroit à cette heure-là ? », « habillée comme ça, il fallait s’y attendre »), les assassinats de femmes n’ont aucune logique criminelle si ce n’est celle du système. De différentes strates sociales, d’âges qui vont de la petite enfance à la vieillesse et dans des géographies éloignées les unes des autres, le genre est la seule constante. Et le système est incapable d’expliquer pourquoi cela va de pair avec son « développement » et son « progrès ». Dans l’indignante statistique des morts, plus une société est « développée », plus le nombre des victimes augmente dans cette authentique guerre de genre.

Et la « civilisation » semble dire aux peuples originaires : « La preuve de ton sous-développement, c’est ton faible taux de féminicides. Ayez vos mégaprojets, vos trains, vos centrales thermoélectriques, vos mines, vos barrages, vos centres commerciaux, vos magasins d’électroménager — avec chaîne de télé inclue —, et apprenez à consommer. Soyez comme nous. Pour payer la dette de cette aide progressiste, vos terres, vos eaux, vos cultures, vos dignités ne suffisent pas. Vous devez compléter avec la vie des femmes. »

Deux. Nous voyons et nous entendons la nature mortellement blessée, qui, dans son agonie, avertit l’humanité que le pire est encore à venir. Chaque catastrophe « naturelle » annonce la suivante et fait oublier, de façon opportune, que c’est l’action d’un système humain qui la provoque.

La mort et la destruction ne sont plus une chose lointaine, qui s’arrête aux frontières, qui respecte les douanes et les conventions internationales. La destruction dans n’importe quel coin du monde se répercute sur toute la planète.

Trois. Nous voyons et nous entendons les puissants se replier et se cacher dans les prétendus États nationaux et leurs murs. Et, dans cet impossible saut en arrière, ils font revivre des nationalismes fascistes, des chauvinismes ridicules et un charabia assourdissant. C’est là où nous apercevons les guerres à venir, celles qui s’alimentent d’histoires fausses, vides, mensongères et qui traduisent nationalités et races en suprématies qui s’imposeront par voie de mort et de destruction. Les différents pays vivent la bataille entre les contremaîtres et ceux qui aspirent à leur succéder, qui occulte le fait que le patron, le maître, le donneur d’ordre, est le même et n’a d’autre nationalité que celle de l’argent. Tandis que les organismes internationaux languissent et se convertissent en simples appellation, des pièces de musée… ou même pas.

Dans l’obscurité et la confusion qui précèdent ces guerres, nous entendons et nous voyons l’attaque, l’encerclement et la persécution de toute lueur de créativité, d’intelligence et de rationalité. Face à la pensée critique, les puissants demandent, exigent et imposent leurs fanatismes. La mort qu’ils sèment, cultivent et récoltent n’est pas seulement la mort physique ; elle inclut aussi l’extinction de l’universalité de l’humanité elle-même — l’intelligence —, ses avancées et ses succès. De nouveaux courants ésotériques, laïcs ou non, déguisés en modes intellectuelles ou en pseudosciences renaissent ou sont créés ; et on prétend soumettre les arts et les sciences à des militantismes politiques.

Quatre. La pandémie du Covid 19 a non seulement montré les vulnérabilités de l’être humain, mais aussi la cupidité et la stupidité des différents gouvernements nationaux et de leurs supposées oppositions. Des mesures du plus élémentaire bon sens ont été sous-estimées, le pari étant toujours que la pandémie allait être de courte durée. Quand la présence de la maladie s’est prolongée de plus en plus, les chiffres ont commencé à se substituer aux tragédies. La mort s’est ainsi convertie en un nombre qui se perd quotidiennement parmi les scandales et les déclarations. Une sinistre comparaison entre nationalismes ridicules. Le pourcentage de strikes et de home runs qui détermine quelle équipe de base-ball, ou quelle nation, est meilleure ou pire.

Comme il a été précisé dans l’un des textes précédents, au sein du zapatisme nous optons pour la prévention et l’application de mesures sanitaires qui, en leur temps, ont fait l’objet de consultation avec des scientifiques femmes et hommes qui nous ont orientés et nous ont offert leur aide sans hésiter. Nous, peuples zapatistes, leur en sommes reconnaissants et nous avons voulu le montrer. À six mois de la mise en œuvre de ces mesures (masques ou leur équivalent, distance entre personnes, arrêt des contacts personnels directs avec des zones urbaines, quarantaine de quinze jours pour qui a pu être en contact avec des personnes infectées, lavages fréquent à l’eau et au savon), nous déplorons le décès de trois compagnons qui ont présenté deux symptômes ou plus associés au Covid 19 et qui ont été en contact direct avec des personnes infectées.

Huit autres compañeros et une compañera, qui sont morts durant cette période, ont présenté un des symptômes. Comme nous n’avons pas la possibilité de faire des tests, nous présumons que la totalité des douze compañer@s sont morts du dit coronavirus (des scientifiques nous ont recommandé de supposer que tout problème respiratoire serait dû au Covid 19). Ces douze disparitions sont de notre responsabilité. Ce n’est ni la faute de la 4T [1] ou de l’opposition, des néolibéraux ou des néoconservateurs, des chairos ou des fifis [2], de conspirations ou de complots. Nous pensons que nous aurions dû prendre encore plus de précautions.

À l’heure actuelle, du fait de la disparition de ces douze compañer@s, nous avons amélioré dans toutes les communautés les mesures de prévention, maintenant avec le soutien d’organisations non gouvernementales et de scientifiques qui, à titre individuel ou en tant que collectif, nous orientent sur la façon d’affronter plus fermement une possible nouvelle vague. Des dizaines de milliers de masques (conçus spécialement pour éviter qu’un probable porteur ne contamine d’autres personnes, peu coûteux, réutilisables et adaptés aux circonstances) ont été distribués dans toutes les communautés. D’autres dizaines de milliers sont produits dans les ateliers de broderie et de couture des insurgé·e·s et dans les villages. L’usage massif de masques, les quarantaines de deux semaines pour qui pourrait avoir été infecté, la distance et le lavage régulier des mains et du visage à l’eau et au savon, et la limitation autant que possible des déplacements dans les villes sont les mesures recommandées y compris aux frères et sœurs des partis pour stopper l’expansion des contagions et permettre de maintenir la vie communautaire.

Le détail de ce qu’a été et est notre stratégie pourra être consulté en temps voulu. Pour le moment nous disons, avec la vie qui palpite dans nos corps, que selon notre évaluation (sur laquelle probablement nous pouvons nous tromper), le fait d’affronter la menace en tant que communauté, et non comme un problème individuel, et de faire porter notre effort principal sur la prévention nous permet de dire, en tant que peuples zapatistes : nous sommes là, nous résistons, nous vivons, nous luttons.

Et maintenant, dans le monde entier, le grand capital veut que les personnes retournent dans les rues pour assumer à nouveau leur condition de consommateurs. Parce que qui le préoccupe, ce sont les problèmes du Marché : la léthargie de la consommation de marchandises.

Il faut reprendre les rues, oui, mais pour lutter. Parce que, nous l’avons dit auparavant, la vie, la lutte pour la vie, n’est pas une question individuelle, mais collective. On voit maintenant que ce n’est pas non plus une question de nationalités, elle est mondiale.

Nous voyons et entendons bien des choses à ce sujet. Et nous y pensons beaucoup. Mais pas seulement…

Cinq. Nous entendons et voyons aussi les résistances et les rébellions qui, même réduites au silence ou oubliées, n’en sont pas moins des clefs, des pistes d’une humanité qui se refuse à suivre le système dans sa marche précipitée vers l’effondrement : le train mortel du progrès qui avance, arrogant et impeccable, vers le gouffre. Tandis que le chauffeur oublie qu’il n’est qu’un employé parmi d’autres et croit, ingénument, que c’est lui qui décide de la route à suivre, alors qu’il ne fait que suivre la prison des rails vers l’abîme.

Résistances et rébellions qui, sans oublier les pleurs dus aux disparus, s’efforcent de lutter pour ce qu’il y a de plus subversif — qui le dirait — dans ces mondes divisés entre néolibéraux et néoconservateurs : la vie.

Rébellions et résistances qui comprennent, chacune selon sa façon, son temps et sa géographie, que les solutions ne se trouvent pas dans la foi en les gouvernements nationaux, qu’elles ne se génèrent pas à l’abri des frontières et ne revêtent ni drapeaux ni langues différentes.

Résistances et rébellions qui nous apprennent à nous, femmes, hommes, femmes-hommes zapatistes, que les solutions pourraient se trouver en bas, dans les sous-sols et les recoins du monde. Et non dans les palais gouvernementaux. Et non dans les bureaux des grandes corporations.

Résistances et rébellions qui nous montrent que, si ceux d’en haut rompent les ponts et ferment les frontières, il nous reste à naviguer sur les fleuves et les mers pour nous rencontrer. Que le remède, s’il y en a un, est mondial, et qu’il a la couleur de la terre, du travail qui vit et meurt dans les rues et les quartiers, dans les mers et les cieux, dans les montagnes et dans leurs entrailles. Que, comme le maïs originaire, ses couleurs, ses tonalités et ses sons sont multiples.

Nous voyons et nous entendons tout cela, et plus. Et nous nous voyons et nous nous entendons tels que ce que nous sommes : un nombre qui ne compte pas. Parce que la vie n’importe pas, ne fait pas vendre, elle n’est pas une nouvelle, elle ne tient pas dans les statistiques, ne se compare pas dans les enquêtes, n’est pas évaluée dans les réseaux sociaux, ne provoque pas, ne représente pas un capital politique, le drapeau d’un parti, un scandale à la mode. À qui importe qu’un petit, un tout petit groupe de gens originaires, d’indigènes, vive, c’est-à-dire lutte ?

Parce qu’il s’avère que nous vivons. Que malgré les paramilitaires, les pandémies, les mégaprojets, les mensonges, les calomnies et les oublis, nous vivons. C’est-à-dire nous luttons.

Et c’est à quoi nous pensons : nous continuons à lutter. C’est-à-dire nous continuons à vivre. Et nous pensons que, durant toutes ces années, nous avons reçu l’embrassade fraternelle de personnes de notre pays et du monde entier. Et nous pensons que, si ici la vie résiste et, non sans difficultés, fleurit, c’est grâce à ces personnes qui ont affronté les distances, formalités, frontières et différences de cultures et de langues. Grâce à elles, eux, elles-eux — mais surtout à elles —, qui ont bravé et vaincu les calendriers et les géographies.

Dans les montagnes du Sud-Est mexicain, tous les mondes du monde ont trouvé, et trouvent, une écoute dans nos cœurs. Leur parole et leur action ont été l’aliment pour la résistance et la rébellion, qui ne sont autres que la continuation de celles de nos prédécesseurs.

Des personnes suivant la voie des sciences et des arts ont trouvé le moyen de nous embrasser et nous encourager, même si c’était à distance. Des journalistes, fifis ou non, qui ont relaté la misère et la mort d’avant, la dignité et la vie de toujours. Des personnes de toutes les professions et métiers qui, beaucoup pour nous, peut-être un peu pour elles-eux, ont été là, sont là.

Et nous pensons à tout cela dans notre cœur collectif, et il est venu à notre pensée qu’il est grand temps que nous, femmes, hommes, femmes-hommes zapatistes, répondions à l’écoute, la parole et la présence de ces mondes. Ceux proches et ceux lointains dans la géographie.

Six. Et nous avons décidé ceci :

Qu’il est temps à nouveau que les cœurs dansent, et que leur musique et leurs pas ne soient pas ceux de la lamentation et de la résignation.

Que diverses délégations zapatistes, hommes, femmes et femmes-hommes de la couleur de notre terre, iront parcourir le monde, chemineront ou navigueront jusqu’à des terres, des mers et des cieux éloignés, cherchant non la différence, non la supériorité, non la confrontation, et moins encore le pardon et la compassion.

Nous irons à la rencontre de ce qui nous rend égaux.

Non seulement l’humanité qui anime nos peaux différentes, nos façons distinctes, nos langues et couleurs diverses. Mais aussi, et surtout, le rêve commun que nous partageons en tant qu’espèce depuis que, dans l’Afrique qui pourrait sembler lointaine, nous nous sommes mis en marche depuis le giron de la première femme : la recherche de la liberté qui a impulsé ce premier pas… et qui est toujours en marche.

Que la première destination de ce voyage planétaire sera le continent européen.

Que nous naviguerons vers les terres européennes. Que nous partirons et que nous appareillerons depuis les terres mexicaines, au mois d’avril de l’année 2021.

Qu’après avoir parcouru différents recoins de l’Europe d’en bas et à gauche, nous arriverons à Madrid, la capitale espagnole, le 13 aout 2021 — cinq cents ans après la prétendue conquête de ce qui est aujourd’hui Mexico. Et que, tout de suite après, nous reprendrons la route.

Que nous parlerons au peuple espagnol. Non pas pour menacer, reprocher, insulter ou exiger. Non pas pour exiger qu’il nous demande pardon. Non pas pour les servir ni pour nous servir.

Nous irons dire au peuple d’Espagne deux choses simples :

Un. Qu’ils ne nous ont pas conquis. Que nous sommes toujours en résistance et en rébellion.

Deux. Qu’ils n’ont pas à demander qu’on leur pardonne quoi que ce soit. Ça suffit de jouer avec le passé lointain pour justifier, de façon démagogique et hypocrite, les crimes actuels et qui continuent : l’assassinat de lutteurs sociaux, comme le frère Samir Flores Soberanes, les génocides que cachent des mégaprojets conçus et réalisés pour contenter le puissant — celui-là même qui sévit dans tous les coins de la planète —, l’encouragement par le financement et l’impunité des paramilitaires, l’achat des consciences et des dignités pour trente deniers.

Nous, hommes, femmes, femmes-hommes zapatistes, nous NE voulons PAS revenir à ce passé, ni seuls ni encore moins en compagnie de qui veut semer la rancœur raciale et prétend alimenter son nationalisme réchauffé avec la supposée splendeur d’un empire, celui des Aztèques, qui a crû au prix du sang de leurs semblables, et qui veut nous convaincre qu’avec la chute de cet empire nous, peuples originaires de ces terres, avons été vaincus.

Ni l’État espagnol ni l’Église catholique n’ont à nous demander pardon de quoi que ce soit. Nous ne nous ferons pas l’écho des charlatans qui se valent de notre sang et ainsi cachent que leurs mains en sont tachées.

De quoi l’Espagne va-t-elle nous demander pardon ? D’avoir enfanter Cervantès ? José Espronceda ? León Felipe ? Federico García Lorca ? Manuel Vázquez Montalbán ? Miguel Hernández ? Pedro Salinas ? Antonio Machado ? Lope de Vega ? Bécquer ? Almudena Grandes ? Panchito Varona, Ana Belén, Sabina, Serrat, Ibañez, Llach, Amparanoia, Miguel Ríos, Paco de Lucía, Victor Manuel, Aute toujours ? Buñuel, Almodóvar et Agrado, Saura, Fernán Gómez, Fernando León, Bardem ? Dalí, Miró, Goya, Picasso, Le Greco et Velázquez ? Une des meilleures parts de la pensée critique mondiale, sous le sceau du Ⓐ libertaire ? L’exil ? Le frère maya Gonzalo Guerrero ?

De quoi va nous demander pardon l’Église catholique ? De la venue de Bartolomé de las Casas ? De don Samuel Ruiz García ? D’Arturo Lona ? De Sergio Méndez Arceo ? De la sœur Chapis ? Des présences des prêtres, sœurs religieuses et séculaires qui ont cheminé au côté des peuples originaires sans les diriger ni les supplanter ? De ceux qui risquent leur liberté et leur vie pour défendre les droits humains ?

En l’année 2021 il y aura vingt ans de la Marche de la couleur de la terre, celle que nous avons réalisée avec les peuples frères du Congrès national indigène pour exiger une place dans cette nation qui maintenant est en train de s’effondrer.

Vingt ans après nous naviguerons et marcherons pour dire à la planète que, dans le monde que nous sentons dans notre cœur collectif, il y a de la place pour toutes, tous, tou·te·s. Purement et simplement parce que ce monde n’est possible que si toutes, tous, tou·te·s, nous luttons pour le construire.

Les délégations zapatistes seront conformées en majorité de femmes. Non seulement parce qu’elles veulent ainsi rendre l’embrassade qu’elles ont reçue dans les rencontres internationales précédentes. Mais aussi, et surtout, pour que nous, hommes zapatistes, manifestions clairement que nous sommes ce que nous sommes, et que nous ne sommes pas ce que nous ne sommes pas, grâce à elles, à cause d’elles et avec elles.

Nous invitons le CNI-CIG à former une délégation pour nous accompagner et qu’ainsi notre parole soit plus riche pour l’autre qui lutte au loin. Nous invitons en particulier une délégation des peuples qui portent haut le nom, l’image et le sang du frère Samir Flores Soberanes, pour que leur douleur, leur rage, leur lutte et leur résistance parvienne plus loin.

Nous invitons ceux qui ont pour vocation, engagement et horizon les arts et les sciences à accompagner, à distance, nos navigations et notre marche. Et qu’ainsi ils nous aident à diffuser qu’en ceux-ci, les sciences et les arts, existe la possibilité non seulement de la survie de l’humanité, mais aussi celle d’un monde nouveau.

En résumé : nous partons pour l’Europe au mois d’avril de l’année 2021. La date et l’heure ? Nous ne le savons pas… encore.

Compañeras, compañeros, compañeroas,

Sœurs, frères et sœurs-frères,

Ceci est notre détermination :

Face aux trains puissants, nos canots.

Face aux centrales thermoélectriques, les petites lumières que nous, femmes zapatistes, avons données à garder aux femmes qui luttent dans le monde entier.

Face aux murs et frontières, notre navigation collective.

Face au grand capital, une parcelle de maïs en commun.

Face à la destruction de la planète, une montagne naviguant au point du jour.

Nous sommes zapatistes et porteur·se·s du virus de la résistance et de la rébellion. En tant que tels, nous irons dans les cinq continents.

C’est tout… pour l’instant.

Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain.

Au nom des femmes, des hommes et des autres zapatistes.

Sous-commandant insurgé Moisés

Mexique, octobre 2020.

P-S : Oui, c’est la sixième partie et, comme le voyage, elle continuera en sens inverse. C’est-à-dire que la suivra la cinquième partie, puis la quatrième, ensuite la troisième, elle continuera avec la deuxième et finira avec la première.

Traduit de l’espagnol (Mexique)

par Joani Hocquenghem

Texte d’origine :

Enlace Zapatista

Notes

[1] López Obrador présente le projet de son propre gouvernement comme celui de la « Quatrième Transformation » : 4T ; il suppose ainsi l’inscrire dans l’histoire révolutionnaire du Mexique : le premier moment étant celui de l’Indépendance, en 1810 ; le deuxième, celui de la Réforme (séparation de l’Église et de l’État), au milieu du XIXe siècle ; le troisième, celui de la révolution de 1910 (NdT).

[2] Chairos : suivistes, l’expression a été employée en particulier pour les inconditionnels de López Obrador ; fifis : gens chics, BCBG (NdT).

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5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie


La marche vers la société des sociétés

Effondrer les empires coloniaux et donc la dictature étatico-marchande, fléau de l’humanité (MaJ PDF)

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Jo a judicieusement réactualisé son PDF sur la nécessité toujours si vivace  d’effondrer les empires coloniaux :

Effondrer-les-empires-coloniaux-par-jo-busta-lally

 

Lectures complémentaires :

5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

 


N.O.M vs nous, les peuples… (Photo Oka 1990)

Reprise 10 : L’argument « légal » yankee de la domination chrétienne sur les peuples et nations originels (Steven Newcomb)

Posted in actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 9 septembre 2020 by Résistance 71

 


American Indian Movement

 

L’argument des nations chrétiennes du gouvernement des Etats-Unis dans l’affaire judiciaire des Indiens Tee-Hit-Ton vs Etats-Unis (1955)

 

Steven Newcomb

 

27 août 2020

 

url de l’article original:

http://originalfreenations.com/the-u-s-governments-christian-nations-argument-in-tee-hit-ton-indians-v-united-states-1955/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il y a soixante-six ans, en novembre 1954, le ministère de la justice américain a soumis une argumentation des plus bizarres au cours de l’affaire opposant les Indiens Tee-Hit-Ton et les Etats-Unis. Ceux-ci argumentèrent que les Indiens de la bande Tee-Hit-Ton de la nation Tlingit d’Alaska ne devrait pas recevoir de compensation financière pour la prise de bois de leur territoire. Pourquoi ? Parce que “les nations chrétiennes d’Europe” avaient affirmé leur “souveraineté” et “acquis la juridiction” sur les terres des païens et des infidèles durant l’époque dite de la “découverte”.

Les métaphores religieuses contenues dans le résumé légal du ministère de la justice, qui incluent des citations de la “Genèse” de la bible ainsi que des psaumes de l’ancien testament, nous disent que le ministère et le gouvernement des Etats-Unis contestaient sur la base de la religion chrétienne que les Indiens Tinglit devaient être payés pour la prise de bois sur leurs terres. Les Etats-Unis gagnèrent l’affaire à la majorité du vote de la Cour Suprême et un compte rendu fut écrit par le juge Stanley Reed et rendu public par la CS en février 1955. Je suis né deux mois après cette décision de justice. En tant que peuples et nations qui furent décimés par l’invasion des nations de la chrétienté occidentale, nous, peuples natifs, tentons constamment de comprendre cette décision et cette version de la “réalité” passée et présente. Pourtant, pour une raison qui nous échappe, les érudits de la loi sur les Indiens n’ont fait aucun effort pour comprendre le fait qu’en 1954, la même année où la CSEU renversa la décision dans l’affaire Plessy vs Ferguson et la doctrine différente mais égale, le gouvernement des EU a utilisé la bible et la religion chrétienne, avec des documents (bulles) pontificaux datant du XVème siècle comme base de ses arguments dans une plaidoirie judiciaire.

Malheureusement, avant 1955, la CSEU n’enregistrait pas les plaidoiries orales, sauf pour les cas très importants. Une recherche approfondie par un bibliothécaire de l’université du Massachussetts, Amherst, a révélé qu’aucune transcription écrite ne fut conservée de la plaidoirie du gouvernement des EU dans l’affaire Tee-Hit-Ton vs USA. Ce que nous avons en revanche, c’est l’original résumé légal de cette affaire. Et, comme je l’ai dit ci-dessus, je n’ai pas trouvé un seul exemple de praticien de la loi sur les Indiens ayant mentionné dans un livre ou un article, les métaphores religieuses utilisées par le gouvernement des Etats-Unis dans son argument à la CSEU dans l’affaire Tee-Hit-Ton vs USA.


Bible, Croix et Épée… La sainte trinité de la domination

Mais, quelques universitaires natifs ont réuni quelques métaphores qu’ils ont l’habitude d’utiliser et ce qu’ils ont pu discerner  des archives écrites ou des interprétations des archives par d’autres universitaires. Les avocats de la loi fédérale sur les Indiens n’ont pas mentionné la dimension religieuse chrétienne dans cette loi dans leurs comptes-rendus passés. Le juge de la CS Stanley Reed, qui a écrit la vaste majorité de la décision de justice dans l’affaire Tee-Hit-Ton contre les USA, a exprimé son interprétation de la décision de Johnson contre M’Intosh (1823) dans une opinion dissidente en 1946 dans l’affaire de la bande Alcea de Tillamooks. Reed y a dit que la décision de Johnson était basée sur la théorie voulant que “la découverte par les nations chrétiennes leur avaient donné la souveraineté sur ces terres découvertes ainsi que le titre de propriété.” Il cita tacitement ce même point de vue dans la décision majoritaire de l’affaire Tee-Hit-Ton en citant le chapitre “Propriété” (chapitre 5) dans les Elements of International Law, de Henry Wheaton, qui exprimait un contraste entre la domination des nations chrétiennes d’Europe et la mise au pas, subordination des Indiens non-chrétiens.

Les citations archivales du “passé” concernant le rapport chrétien / infidèle et païen sont filtrées et laissées hors des catégories de la loi fédérale indienne. Ceci devient certainement un facteur quand on en vient à la capacité de défier les schémas idéologiques que j’appelle typiquement maintenant “de la doctrine chrétienne de la découverte et de la domination. Nous n’avons pas accès à une vérité non “filtrée” des anciennes archives historiques, spécifiquement depuis notre distant point d’observation dans cette seconde décennie du XXIème siècle. Ce que nous avons en revanche est une litanie d’interprétations largement contestées, qui demandent toutes une reconnaissance de vérité.

Pourtant ces silences, ce dont on ne discute pas, sont souvent plus importants que ce dont on discute. Prenez par exemple le professeur de science politique David Wilkins, dans un article sur la doctrine de la découverte il y a un an, il y dit que la décision majoritaire de Stanley Reed dans l’affaire des Indiens Tee-Hit-Ton “se classe parmi les plus évidentes et racistes mauvaises représentations de faits jamais émises par la Cour Suprême des Etats-Unis.Wilkins n’a apparemment aucun problème à exprimer ce scandale en regard du racisme dans la loi américaine ; mais il n’est pas scandalisé de la même manière par l’utilisation par les Etats-Unis de la religion chrétienne et des termes catégoriels “païens” et “infidèles” contre nos nations et nos peuples dans la plaidoirie judiciaire de l’affaire des Indiens Tee-Hit-Ton ni par la reconnaissance par la CSEU de ce langage citant un langage religieux dans les Elements of International Law de Henry Wheaton ?

J’ai envoyé le langage pertinent du compte-rendu légal de l’affaire à un autre érudit de la loi fédérale indienne il y a quelques années. Quand je lui ai posé plus tard la question, il a répondu : “Je ne vais pas lire ça”. Aucune explication du pourquoi. Juste un refus direct à simplement lire ce langage religieux traitant de “païens” et “d’infidèles” dans ce compte-rendu légal, ainsi que les références à l’ancien testament biblique..

Je m’attendais à une réponse plus nuancée de Wilkins, mais il dit que “les archives historiques, à la fois écrites et orales, , montrent que le titre de propriété légal demeurait avec les nations tribales.” Pourtant, il négligea de reconnaître un présumé droit de domination de la part du gouvernement des Etats-Unis en regard des nations natives. Quant à ce que Wilkins veut dire par “droit de propriété légal” en application aux nations natives, il donne un indice lorsqu’il dit que la doctrine de la découverte “a affirmé que les nations tribales étaient ‘les occupants de droit de la terre’ et avaient ‘un droit légal et juste de garder la possession de la terre et de l’utiliser comme bon leur semble’”.

Pourtant, en 2014, le 9ème circuit de la cour d’appel a dit dans l’affaire White vs University of California que le “droit d’occupation des sols” n’est pas un “droit de propriété”, tout en citant Johnson vs M’Intosh et Tee-Hit-Ton vs USA en documentation. Nous pourrions demander au professeur Wilkins “Quel droit de “propriété des sols” demeure t’il avec les nations natives, prenant en compte qu’en 2014, le 9ème circuit de cour d’appel a déclaré que le titre indien “d’occupation aborigène’ est un ‘intérêt aborigène’ mais pas un “droit de propriété’” ?

Vous pouvez vraiment vous poser la question de savoir si les praticiens de la loi fédérale indienne vont un jour vraiment défier la base religieuse de la doctrine de la découverte dans l’affirmation par les Etats-Unis que l’occupation des terres indiennes n’est pas un “droit de propriété”, le tout fondé sur la distinction entre les nations chrétiennes d’Europe et leurs successeurs, et les nations “païennes” et “infidèles” ? Où est le scandale en Territoire Indien sur cette utilisation de la chrétienté par les tribunaux de justice américains pour affirmer leur droit de domination contre nos peuples et nations natives ?…

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Notre page « Colonialisme et Doctrine Chrétienne de la Découverte »

Notre page « Colonialisme et luttes indigènes »

5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

 


La Grande Loi de la Paix


Wampum Deux Rangées

Reprise 8 : Appel à la solidarité du Conseil National Indigène (Mexique)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 8 septembre 2020 by Résistance 71

 

 

Agression contre les communautés zapatistes, le Conseil National Indigène appelle à la solidarité

 

CNI

 

27 août 2020

 

url de l’article en français:

https://www.lavoiedujaguar.net/Agression-contre-des-communautes-zapatistes-le-Congres-national-indigene

 

Aux peuples du Mexique et du monde,

Le Conseil indigène de gouvernement – Congrès national indigène (CNI-CIG) dénonce la lâche attaque des membres du groupe paramilitaire appelé Organisation régionale des caféiculteurs d’Ocosingo (Orcao) qui, le samedi 22 août aux environs de 11 heures du matin, ont volé et brûlé les installations du Centro de Comercio Nuevo Amanecer del Arcoiris situé sur le site connu comme « croisement » de Cuxuljá, Commune autonome Lucio Cabañas, à l’intérieur de la municipalité officielle d’Ocosingo, Chiapas.

L’organisation paramilitaire Orcao a maintenu depuis des années une pression, et une violence constante sur les communautés zapatistes ; c’est le cas dans la Commune autonome Moisés Gandhi, pour arrêter l’organisation autonome, pour privatiser les terres qui ont coûté la lutte et l’organisation des peuples originaires bases d’appui zapatistes, pour terroriser et menacer les compañeros et compañeras qui depuis le bas ont parié sur l’espoir. C’est le cas aussi des diverses agressions contre les compañeros du Congrès national indigène qui furent violentés et séquestrés par les paramilitaires de l’Orcao, les « Chinchulines » et des gens du parti Morena [1].

Nous dénonçons la guerre qui, depuis le haut, se déploie contre l’organisation des communautés zapatistes en même temps que d’en haut les mauvais gouvernements cherchent à imposer, dans tout le pays, les mégaprojets de mort auxquels nous nous opposons et nous opposerons, parce que nous ne sommes pas disposés à renoncer à nos territoires et à permettre la destruction que nous promettent les puissants.

Nous rendons responsables de ces faits l’organisation paramilitaire Orcao, le parti Morena, le gouvernement de l’État (du Chiapas) et le gouvernement fédéral qui n’ont pas cessé de semer la violence dans la région pour frapper non seulement nos frères et sœurs des communautés bases d’appui de l’EZLN, mais aussi tous les peuples qui rêvons la lutte pour la vie, pour guérir notre Terre mère et cesser qu’elle soit privatisée, pour que ne reviennent jamais plus les patrons capitalistes et les mauvais gouvernements sur les territoires autonomes zapatistes et que cette lumière continue à fleurir sur les territoires des peuples originaires du CNI-CIG et de toute l’humanité.

Nous lançons un appel aux compañer@s des réseaux d’appui et de résistance et rébellion pour qu’ils se prononcent et se mobilisent contre la guerre d’extermination qui s’intensifie dangereusement contre nos frères et sœurs des peuples zapatistes qui nous enseignent à ne jamais cesser de semer rébellion et espoir.

Bien à vous,

Pour la reconstruction intégrale de nos peuples

Jamais plus un Mexique sans nous

Congrès national indigène – Conseil indigène de gouvernement

Texte d’origine :

Congreso Nacional Indígena

24 août 2020.

Reprise 7 : Résistance au colonialisme et l’affirmation du « don de dieu » d’un droit à la domination (Steven Newcomb)

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Le “don de dieu” d’un droit à la domination

 

Steven Newcomb

 

21 août 2020

 

url de l’article original:

http://originalfreenations.com/gods-gift-of-a-right-of-domination/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans l’ancien testament de la bible, on trouve l’histoire d’un dieu qui a choisi un peuple particulier avec lequel il voulait avoir une relation spéciale. Parce qu’il l’a choisi, ce peuple est connu comme “le peuple élu”. La déité lui a promis une grande terre, mais malheureusement sur cette terre y vivaient d’autres peuples et nations.

D’après l’histoire, le “dieu” de la bible donna à “Son” “peuple élu” le droit d’établir un système de domination sur le nombre de nations vivant sur les terres qu’il lui avait promises.

Dans mon livre “Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte” (Fulcrum, 2008) [dont R71 a traduit de larges extraits à lire sur le lien précédent du titre en français), j’ai écrit : “L’affirmation par les monarques chrétiens d’un ‘droit à la découverte et à la possession’ était aussi une affirmation du droit de tuer et de piller les non-chrétiens. Ce droit au pillage se trouve également dans la tradition d’alliance trouvé dans l’ancien testament. Par exemple dans le livre du Deutéronome, nous y trouvons que “dieu” dit à son peuple élu comment il devait se comporter lorsqu’ “IL” les amènera sur la terre dont ils avaient reçu pour instruction de posséder. Ainsi :

“Quand ton seigneur dieu vous amènera sur la terre, vous devrez la posséder et ce que vous aurez devant vous, délivrées par votre seigneur dieu, les7 nations plus grandes et plus puissantes que vous, vous devrez les écraser et les détruire…

Si le “peuple élu” acceptait de suivre ces mandats “divins”, Yaveh promit de leur donner de “grandes et belles villes”, qu’ils n’avaient pas construites, avec “des maisons remplies de bonnes choses”, qu’ils n’avaient pas remplies, qu’ils n’avaient ni creusées ni construites, et des vignes et des oliveraies, qu’ils n’avaient pas plantées. Après tout, “Il” avait découvert ces terres et les avait promises à “Son” “peuple élu” et parce qu’”Il” est dépeint comme se considérant lui-même comme “dieu”, il fut capable de le passer en héritage à “Son” “peuple élu” “Son”, “droit à la découverte et à la domination”.

Les “grandes et bonnes villes”, “bonnes choses”, “puits”, “vignes”, oliveraies”, tout cela faisait partie du butin pris à l’ennemi que Yaveh commanda aux Hébreux “de manger”. La phrase “manger le butin pris à ton ennemi” correspond, bien entendu avec la métaphore LA COLONISATION EST MANGER.

Ceci constitue le schéma de pensée et de comportement de l’ancien testament que les Etats-Unis ont imposé sur nos nations et peuples originels au nom de la loi et de la politique fédérale indienne. Ezra Stiles, président de l’université de Yale, invoqua ce schéma en 1783 lorsqu’il déclara que dans le futur, “dieu ferait son Israël américain, bien au-dessus de toutes les nations”. Comment cela s’accomplirait-il ? Par les moyens des schémas de domination impériaux et coloniaux. En d’autres termes, par la certaine “colonisation” du continent.


Résistance !

La racine du mot colonisation est “colon”, qui est partie du système digestif du “corps politique colonial” prédateur, qui vient supplanter et envahir nos peuples et nations originels, avec ce désir de les dévorer en tant que proies et butin. La racine de “colon” est “colo” qui veut dire “filtrer les impuretés dans le processus d’extraction minière”. Celle-ci est la toile de fond du processus de colonisation, suffit de regarder toutes les extractions minières qui se sont produites et continuent de se produire sur les terres natives (partout dans le monde).

Tous ces schémas sont le résultat d’un désir de localiser (de “découvrir”) et de “saisir” toute nouvelle zone géographique qui peut être convertie en richesses et en pouvoir. Convertir a aussi une autre signification valide, “prendre illégalement ce qui appartient à quelqu’un d’autre”, comme par exemple à nos nations originelles.

Ce que le juge de la Cour Suprême des Etats-Unis John Marshall a appelé le “droit de découverte” dans sa décision de 1823 dans l’affaire Johnson vs McIntosh est une excroissance d’un droit que le “dieu” de la bible avait dit avoir donné à son “peuple élu”. Le peuple élu de la chrétienté devait mettre les voiles à la recherche des terres distantes non-chrétiennes qui dans ce narratif lui furent promises par “dieu”. Ce schéma de “peuple élu” et de “terre promise”, ainsi que celui du “commandement de dieu” “d’éradiquer” les nations vivant déjà en cet endroit “promis” en les “conquérant” etc, fut éventuellement généralisé et utilisé contre toutes les nations originelles du monde entier.

Ce narratif du “droit divin” à la découverte et à la domination fut imbriqué dans la décision de la Cour Suprême de Justice des Etats-Unis dans l’affaire Johnson & Graham’s Lessee v. McIntosh (1823), où il demeure toujours, avec son affirmation que les monarques de la chrétienté ont assumé que “la domination ultime”, ou le droit de domination, existait “en eux-mêmes”. Quand vous retirez la dernière lettre du mot “dominion” vous obtenez “dominio”, qui veut dire de manière variée “dominer”, “subjuguer” et “subordonner”. Aujourd’hui, bien malheureusement, des schémas de domination et de déshumanisation affligent les gens et les peuples à travers la planète entière.

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Note de Résistance 71 : Comme nous l’avons expliqué dans notre analyse “Nous sommes tous des colonisés !” (voir ci-dessous)

Lectures complémentaires :

5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


Face à face… N.O.M vs Société des Sociétés


Gaulois penseur… donc réfractaire