Archive pour amérindiens contre colonialisme

Réflexions politiques de convergence et esprit Gilet Jaune : l’anarcho-indigénisme avec le Pr. Taiaiake Alfred et Gordon Hill

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L’anarcho-indigénisme, entretien avec Gerald Taiaiake Alfred et Gord Hill

 

La Voie du Jaguar

 

26 mars 2020

 

url de l’article:

https://www.lavoiedujaguar.net/L-anarcho-indigenisme-Entrevues-avec-Gerald-Taiaiake-Alfred-et-Gord-Hill

 

Au moins depuis la publication du livre L’Entraide de Pierre Kropotkine [1], au début du XXe siècle, les anarchistes s’intéressent aux sociétés autochtones qui offrent des exemples de sociétés plus égalitaires et moins autoritaires. En 2005, le Mohawk Gerald Taiaiake Alfred, originaire de Kahnawá:ke, a proposé le terme « anarcho-indigénisme » pour désigner cette dynamique de convergence entre les idées et les pratiques des autochtones traditionalistes et des anarchistes altermondialistes. Nous avons lancé, voilà quelques mois, un projet de livre sur ce thème, dont chaque chapitre sera une entrevue avec un ou une autochtone qui livrera ses réflexions au sujet de la politique, du pouvoir, de l’égalité et de la liberté, en se référant à ses expériences et à celles de sa communauté. Nous vous présentons ici des extraits de deux des entrevues déjà réalisées.

Francis Dupuis-Déri et Benjamin Pillet

Possibles, Montréal, hiver 2016

Le livre L’Anarcho-Indigénisme, entretiens réunis et présentés par Francis Dupuis-Déri et Benjamin Pillet, a été publié en 2019 par les éditions Lux dans la collection « Instinct de liberté ».

Gerald Taiaiake Alfred

Membre de la nation mohawk, Gerald Taiaiake Alfred est originaire de Kahnawá:ke, en banlieue de la ville de Montréal (Québec). Il est professeur au programme de gouvernance autochtone et au département de science politique de l’Université de Victoria, et il est l’auteur de trois livres, Heeding the Voices of Our Ancestors : Kahnawake Mohawk Politics, and the Rise of Native Nationalism (1995), Wasáse : Indigenous Pathways of Action and Freedom (2005) et Peace, Power, Righteousness (2008).
NdR71: Les deux liens précédents mènent sur nos traductions (larges extraits) de ces deux livres du professeur T. Alfred
En français, il a signé l’article « Sur le rétablissement du respect entre les peuples kanien’kehaka et québécois », dans la revue Argument, en 2000. En 2008, il organisait une rencontre avec des universitaires et des activistes anarchistes et autochtones, pour réfléchir à l’idée de l’« anarcho-indigénisme ».

Vous semblez être le premier à avoir proposé l’expression « anarcho-indigénisme » ?

Je crois bien, en effet.

Comment cette idée vous est-elle venue ?

J’écrivais mon livre Wasáse : Indigenous Pathways of Action and Freedom vers 2005, et cette notion d’« anarcho-indigénisme » m’est apparue comme une façon évidente d’évoquer la collaboration qui se développait alors entre des activistes anarchistes et des gens comme Glen Coulthard, auteur de Red Skin, White Masks ; Richard Day, auteur de Gramsci Is Dead : Anarchist Currents in the Newest Social Movements ; et moi-même. C’était une manière d’attribuer un label à la pensée qui a émergé de cette rencontre. Cette expression a émergé dans un contexte où nous tentions de construire un mouvement. On nous posait alors plusieurs questions : « Quelle est votre relation à la philosophie autochtone traditionnelle ? » « Quelle est votre relation au progressisme ? » « Êtes-vous socialistes ? » Il s’agissait donc d’offrir aux gens un label, une étiquette politique, pour les attirer dans nos discussions. J’ai pensé qu’« anarcho-indigénisme » représentait correctement ce que nous tentions de faire, soit de faire converger les principes philosophiques de l’anarchisme et de l’indigénisme. C’était aussi cohérent avec le vocabulaire disponible, puisqu’il y a toutes sortes d’anarchisme-à-trait-d’union : anarcho-féminisme, anarcho-syndicalisme, anarcho-communisme, etc.

L’expression cherche à attirer l’attention des anarchistes, des autochtones, ou des deux à la fois ?

Celle des philosophes politiques ! C’était surtout orienté vers les gens non autochtones, mais je n’irais pas jusqu’à dire que c’était uniquement pour les « anarchistes ». Il s’agissait aussi de nous différencier d’autres individus ou groupes qui privilégiaient surtout une approche politique fondée sur les « droits » et la « reconnaissance ».

Comment définissez-vous l’« anarcho-indigénisme » ?

C’est difficile à définir, mais cela évoque clairement une approche à la politique qui n’est pas institutionnelle. L’anarchisme rejette fondamentalement tout projet de réformer l’État. Il s’agit plutôt d’être contestataire, de s’opposer à l’institutionnalisation de la vie des individus, et cela représente aussi ma conception de la philosophie indigène. Il s’agit surtout de l’aspiration d’un mouvement qui représente les principes de l’anarchisme et de la philosophie indigène. Tel est mon espoir.

Dans la tradition anarchiste, il est courant d’écrire au sujet des modèles traditionnels des sociétés dites « sans État », en partant du livre L’Entraide de Pierre Kropotkine vers 1900 jusqu’aux travaux de James C. Scott et de David Graeber (ainsi que de Pierre Clastres, dans les années 1970). Ces auteurs avancent que ces peuples offrent des modèles intéressants dont peuvent s’inspirer les anarchistes.

Il s’agit d’une sorte de primitivisme marqué par le respect à l’égard du passé, qu’on ne retrouve pas seulement chez les anthropologues, mais aussi chez les indigènes. Ces histoires offrent, en effet, des modèles pour réfléchir à la manière d’organiser la gouvernance, la société et les relations interindividuelles. Or je ne crois pas qu’on puisse retourner dans le passé. Le fondement de l’indigénisme, sans parler de l’anarcho-indigénisme, consiste à considérer que vos conceptions du monde et vos valeurs sont toutes inspirées de ce cadre philosophique qui prend racine dans les traditions indigènes. Voilà qui est fondamental pour fonder notre compréhension du monde et les traités, les cérémonies, les langues sont des incarnations de cette posture. Mais il s’agit d’un point de départ, et de là, il faut se dire : « Bon, je connais tout cela, je le comprends du mieux que je peux, mais je dois maintenant avancer et confronter le monde moderne, car je ne peux simplement respecter le passé en déclarant “Il faut que tout soit exactement comme avant”. Je dois avancer et respecter le passé et y référer en tant que fondement, mais je dois en même temps penser de manière créative tout en avançant. Je me réfère donc au passé comme source de motivation et d’inspiration, dans la mesure où c’est utile pour faire face aux défis d’aujourd’hui, par exemple la civilisation industrielle, le désastre écologique, le pouvoir et le contrôle qu’exerce l’État. Voilà les principaux défis d’aujourd’hui. Nous devons nous inspirer de la sagesse traditionnelle, mais nous devons y ajouter notre propre créativité.

Cette réflexion fait écho au mythe du « bon sauvage ».

Oui, et le « bon sauvage » n’a jamais été une représentation de la réalité des peuples autochtones. Il s’agit plutôt d’une création de pseudo-anthropologie venant d’Europe et de philosophes en Europe. Il est donc très dangereux de tenter de mimer le bon sauvage, surtout dans une perspective autochtone. Au mieux, vous tentez d’être le bon sauvage et donc, de correspondre à des standards impossibles à satisfaire. Au pire, ce bon sauvage a toujours eu la mort comme destin. Il était là pour être conquis, pour montrer que la personne qui le conquiert est puissante. En le conquérant, vous obtenez le droit à la terre de ce personnage exceptionnel.

Pensez-vous que les anarchistes cherchent dans la tradition autochtone ce bon sauvage qui serait, en quelque sorte, un anarchiste ou un proto-anarchiste ? 

Ce qui intéresserait donc les anarchistes dans l’anarcho-indigénisme est simplement de s’y retrouver à l’identique, plutôt que de s’intéresser aux autochtones pour ce qu’ils ou elles sont réellement.

Pour le colon (settler person) qui reconnaît que sa propre position est illégitime et qui se sent coupable de cette situation, il y aura toujours la tentation d’évoquer la représentation du bon sauvage et de s’identifier à elle pour se sentir plus légitime. Cela a toujours été une tentation, même si je perçois moins souvent ce problème maintenant. Les anarchistes plus jeunes que je côtoie s’orientent surtout vers des actions transformatives. L’idée d’« anarcho-indigénisme » les attire en tant que potentiel de pouvoir transformateur.

Les plus jeunes anarchistes qui s’engagent aujourd’hui dans la discussion sont plus sensibles à l’égard de leur propre position dans le colonialisme, plus sincères dans leurs efforts de vouloir apprendre.

Les anthropologues sympathiques à l’anarchisme et qui ont effectué des recherches sur l’histoire des « peuples sans État » présentent beaucoup d’informations au sujet de la chefferie non coercitive et de la politique délibérative ; les peuples autochtones étant dépeints comme très doués pour la délibération et les assemblées. Voilà des exemples concrets de ce qui peut être stimulant pour les anarchistes, à tout le moins pour expliquer aux gens : « Vous voyez, l’anarchie est quelque chose de possible, puisque c’est en quelque sorte la manière dont les peuples autochtones vivaient politiquement. »

Il s’agit là du lien le plus fort entre la politique indigène et l’anarchisme. Dans le monde actuel, plusieurs personnes peuvent être à la recherche d’une alternative politique offrant le choix entre le régime actuel et une vraie démocratie. Les modèles politiques indigènes historiques offrent d’intéressants exemples dont on peut apprendre, qu’on peut vouloir reproduire ou adapter.

Dans votre livre Wasáse, vous présentez le débat au sujet de la violence militante, et vous prenez position en faveur d’« un militantisme non violent, ce qui signifie de rester ferme face à la peur, de faire ce qui est nécessaire pour ce qui est juste, mais sans laisser des pensées et des émotions négatives vous contrôler » [p. 55]. 

Il y a dans le milieu anarchiste un débat sans fin au sujet de la violence politique, et même au sujet de la définition de la violence. Pour certaines et certains, dont les black blocs et leurs proches, bloquer une route ou fracasser une vitrine n’est pas violent.

Pour moi, il y a violence quand vous causez une blessure à une autre personne. Il ne s’agit pas seulement de violence physique, puisque la violence psychologique peut être blessante. Cela dit, je ne considère pas que bloquer une route soit violent. Fracasser une vitrine n’est pas violent. C’est de la destruction, mais pas de la violence. En conséquence, la non-violence signifie pour moi de ne pas chercher intentionnellement à causer une blessure à une autre personne, ou à d’autres êtres, car je ne veux pas limiter le débat aux êtres humains. Il existe aussi une violence envers les animaux et le monde naturel.

Cela dit, nous devons vivre avec un certain niveau de violence au quotidien. Ainsi en est-il de la condition humaine. Nous ne pourrions survivre et vivre sans violence. Nous violentons le monde naturel pour chauffer nos demeures, pour nous transporter, pour notre nourriture. La plupart d’entre nous mangeons des animaux. Même si vous ne mangez que des plantes, c’est encore de la violence envers le monde végétal.

Il faut réfléchir à cette question en contexte. Il s’agit de déterminer quel degré de violence nous sommes disposés à accepter et quelle forme de violence nous pouvons justifier dans nos vies, dans nos communautés. Pour moi, cette question ne devrait pas se réduire à savoir si ceci ou cela est violent ou non. C’est trop simpliste. Et cela renforce des positions conservatrices, alors que la société industrielle moderne est considérée comme non violente.

La question de la violence n’est pas si centrale dans Wasáse, mais vous insistez sur l’importance du courage chez le guerrier que vous appelez de vos vœux. Pouvez-vous expliquer pourquoi le courage vous apparaît à ce point politiquement important en politique ?

La psychologie des autochtones est fondée sur la peur, en raison de l’histoire de la colonisation, du racisme, des pensionnats, où tant d’enfants ont été placés après avoir été enlevés à leurs parents, etc. Nous avons peur des Blancs, mais nous avons aussi peur d’agir en accord avec ce que nous sommes réellement, d’agir de manière à faire ce qui est juste. Voilà d’où vient l’idée du courage. Il s’agit d’avoir le courage d’être sincère à l’égard de qui nous sommes réellement. Pour cela, nous devons dévoiler la vérité, nous tenir debout pour défendre la vérité et faire le nécessaire pour défendre cette vérité face à tous ces mensonges qui apparaissent comme la norme dans la société.

Parfois, comme en 1990, à Kanesatake et à Kahnawá:ke, le courage apparaît dans sa forme qui nous est très familière : « Ah ! Les gens vont affronter les militaires. » Voilà de la bravoure. Mais très souvent, ce n’est pas ainsi que s’exprime le courage. Sans doute ne reconnaîtrez-vous pas le courage de l’autochtone qui assiste à une cérémonie traditionnelle alors qu’elle a été élevée en bonne catholique et forcée de croire que la cérémonie était une affaire du diable, et qu’elle brûlerait en enfer si elle y participait. C’est vraiment courageux de mettre la peur de côté et d’avancer pour devenir à nouveau un membre participant de cette culture traditionnelle. Voilà un exemple que j’ai à l’esprit lorsque je parle de courage. Un autre exemple de courage ? Cette femme autochtone en Colombie-Britannique qui est allée pêcher et qui a pratiqué sa culture traditionnelle alors que tout le monde, en particulier le gouvernement, lui disait de ne pas le faire et la menaçait d’arrestation. Elle a subi les conséquences de son choix. C’est très courageux.


Rébellion indigène…

Être courageux, c’est donc avancer sur notre voie malgré les peurs qui nous contrôlent.

Et cela donne de la puissance…

Oui, réellement, et vous prenez conscience alors que d’autres gens sont sous le contrôle de cette peur qui vous contrôlait, et vous êtes plus à même de les aider et de devenir un leader ou un mentor qui leur explique le problème et qui les amène à leur tour à surmonter cette peur.

Que pensez-vous de l’État ?

J’avais l’habitude d’y penser souvent, et même tout le temps, en tant qu’étudiant puis professeur en science politique. De plus, l’État est central dans les politiques des Premières nations en ce qui concerne les revendications territoriales, l’autonomie gouvernementale, etc. Je n’avais jamais été capable de penser à la politique autrement qu’en référence à l’État et à ses diverses manifestations dans la vie de nos communautés. Mais cela a changé récemment, en grande partie grâce à ma rencontre avec l’anarchisme à travers des conversations et des lectures. J’ai alors compris que la politique va bien au-delà de l’État et qu’il est possible de vivre hors de l’État.

Du coup, j’essaie maintenant d’échapper à l’État ou de créer des occasions pour les peuples indigènes de vivre hors de l’État, ou à tout le moins, en réduisant au minimum leurs interactions avec l’État. Cela signifie donc de ne pas limiter nos luttes à vouloir réformer l’État, le transformer ou même le détruire. Même si l’État existe, ce n’est pas cette grande entité monolithique qui occupe tout l’espace de la vie sociale et politique. En fait, l’État est très fracturé et incomplet.

Voilà le projet que j’ai tenté de développer ces dernières années. J’étais alors en partie inspiré de l’anarchisme ainsi que de mon expérience avec les gens des communautés de Kahnawá:ke, d’Akwesasne et de la côte Ouest qui ont toujours fonctionné à partir de cette prémisse. Il y a beaucoup de gens dans nos communautés qui luttent contre l’État et qui ne se sont jamais réellement laissé intégrer dans l’État.

De l’extérieur des communautés autochtones, la situation semble vraiment déprimante. On n’entend parler que de pauvreté, de violence… 

Que pensez-vous de votre propre communauté ? Êtes-vous optimiste ou pessimiste ? Est-ce possible d’être les deux à la fois ?

Bien sûr !

Je ne suis pas pessimiste, car je ne pense pas que notre peuple soit en voie d’extinction. Mais je ressens un pessimisme psychologique et spirituel. Je suis pessimiste, car je vois que les autochtones les plus éduqués et dotés de potentiel sont aspirés par l’assimilation.

Mais mon optimisme me vient du fait qu’il y a des occasions aujourd’hui pour les peuples autochtones qui n’existaient pas avant, y compris de vivre une vie qui n’est pas totalement minée par le racisme qui nous hanterait comme individu. Le « bon sauvage » ou « l’Indien alcoolique », ces représentations existent encore, mais elles ne nous définissent plus. Mes garçons sont plus libres de créer leur propre identité en tant qu’autochtones.

= = =

Gord Hill

Membre de la nation Kwakwaka’wakw, sur le territoire connu sous le nom de Colombie-Britannique, sur la côte pacifique du Canada, Gord Hill est un militant anticapitaliste et anticolonialiste, un artiste et un auteur de bandes dessinées, qui signe souvent des textes sous le pseudonyme Zig Zag. Il a publié deux bandes dessinées, 500 Years of Indigenous Resistance et The Anticapitalist Resistance Comic Book, dans lesquelles il rend hommage aux luttes de résistance des militants autochtones et anticapitalistes.

Quelle fut ta première rencontre avec l’anarchisme et le militantisme autochtone ?

Je me suis d’abord politisé à Vancouver dans les années 1980, en participant à un groupe de solidarité avec le mouvement de guérilla Farabundo Marti, qui résistait au Salvador au régime en place, soutenu par les États-Unis. Je me suis ensuite intéressé de plus en plus à la pensée anarchiste et j’ai intégré le mouvement anarcho-punk. Je vivais à Vancouver à l’époque et la scène anarcho-punk y était encore plutôt dynamique. Je ne me suis pas réellement intéressé aux luttes anticoloniales avant 1990. Ce n’est qu’après la crise d’Oka que j’ai commencé à m’engager plus sérieusement dans les mouvements de résistance autochtone. Avec le temps, j’ai tâché que mon engagement politique soit lié à la fois à la résistance anticoloniale et à l’anticapitalisme.

Si tu devais donner une définition simple de l’anarchisme et de l’indigénisme, comment présenterais-tu ces deux notions ?

L’anarchisme, c’est la conviction que les gens n’ont besoin ni de dirigeants ni d’autorité qui les gouvernent en étant en quelque sorte au-dessus d’eux. C’est aussi une notion qui encourage l’auto-organisation décentralisée et autonome des mouvements et des communautés. Si je n’utilise pas moi-même l’expression « indigénisme », je dirais néanmoins qu’elle fait référence aux éléments issus des cultures autochtones telles qu’elles existaient avant la colonisation, et donc qu’elle inspire une approche populaire et traditionnelle de gestion et d’organisation.

Tu as prononcé une conférence sur l’anarchisme et la résistance autochtone, en mai 2013 à La Déferle, un espace anarchiste dans Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal (Québec). Tu as alors expliqué qu’il y a eu plusieurs types d’organisations autochtones sociales et politiques en Amérique avant le début de la colonisation européenne, et que celles qu’on pourrait qualifier de plus anarchistes — car plus égalitaires et décentralisées — ont résisté plus longuement que les autres à la colonisation. Peux-tu préciser cette idée ?

Il y avait différentes formes d’organisation, certaines plus centralisées que d’autres. Pensons aux Incas, ou encore aux Aztèques du Mexique, qui avaient développé une grande civilisation comptant des millions d’individus et nombre de guerriers, mais ils ont été très rapidement vaincus par quelques centaines de conquistadors espagnols qui s’étaient alliés à des milliers d’individus qui avaient subi la domination aztèque. Les dirigeants ont été capturés et l’empire s’est effondré, sans oublier une épidémie massive qui a décimé le Mexique. À l’inverse, il y avait des sociétés autonomes et décentralisées, entre autres dans les grandes plaines d’Amérique du Nord, dont les Lakota, les Cheyenne, etc. Elles ont mené une guérilla pendant de longues décennies contre l’armée des États-Unis. 

Pensons aussi aux Mapuches en Amérique du Sud, également autonomes et décentralisés et que les Espagnols n’ont jamais réussi à vaincre pendant trois cents ans. On peut donc en tirer la leçon que les structures autoritaires et centralisées peuvent aisément être vaincues par une simple décapitation du pouvoir au sommet, alors que les mouvements autonomes de résistance sont bien plus difficiles à détruire parce qu’il n’est pas possible de simplement attaquer le sommet.

Tu as participé activement au mouvement contre les Olympiques à Vancouver, en février 2010 (No Olympics On Stolen Land — Pas de Jeux olympiques sur des terres volées). On a alors beaucoup parlé de solidarité entre les activistes anarchistes et les guerriers autochtones. Quelle était la réalité sur le terrain ?

Une campagne contre les Olympiques plus militante et radicale que d’ordinaire a été lancée au début de l’année 2007, regroupant à la fois des militants autochtones et des militants anti-pauvreté à Vancouver. Pendant ce temps, les anarchistes ont également commencé à mener des attaques contre des cibles gouvernementales et des entreprises privées, telles que des véhicules militaires, des banques, etc. C’est à peu près le modèle qu’a suivi la campagne lors des trois années qui ont suivi, avec d’un côté, l’organisation de la plupart des actions directes menées par les militants autochtones et anti-pauvreté, et en parallèle, des actions de sabotage et de vandalisme menées par les anarchistes.

L’exemple le plus marquant de coordination est survenu le jour des cérémonies d’ouverture. Le 12 février 2010, une manifestation d’environ cinq mille personnes contre les Olympiques a atteint le site des cérémonies, Place BC, et la police anti-émeute a affronté les aînés·e·s autochtones qui ouvraient la marche et qui ont demandé aux anarchistes formant un black bloc de venir les soutenir à l’avant de la manifestation, ce qu’ont fait les anarchistes pendant plusieurs heures, en affrontant physiquement la police.

Le lendemain, soit le jour d’ouverture des Jeux, le « Rassemblement crise cardiaque » (Heart Attack Rally) a été l’occasion pour un black bloc anarchiste d’endommager plusieurs bâtiments du quartier des affaires, dont un grand magasin de détail de la Compagnie de la Baie d’Hudson dont les vitrines ont été fracassées. Cette compagnie a été prise pour cible non seulement parce qu’elle était une partenaire importante dans l’organisation des Jeux de 2010, mais aussi en tant qu’agent historique très influent dans la colonisation du Canada [2].

En militant dans le mouvement anarchiste québécois, nous avons pu constater qu’il existe certains conflits entre les conceptions anarchistes et indigénistes, sur la question de la nation par exemple. Est-ce que c’est quelque chose que tu as également remarqué dans l’Ouest ?

Il est possible de comparer d’une part l’idéal anarchiste d’auto-organisation autonome et décentralisée et de l’autre, les formes d’organisation sociale traditionnelles en vigueur chez la majeure partie des peuples autochtones, au sein desquels les dirigeants officiels et l’autorité centralisée brillaient surtout par leur absence. Pour ce qui est des anarchistes, je les ai également comparés aux guerriers autochtones puisque ces deux figures politiques font usage de l’action militante à la fois pour mener des attaques et pour défendre la population. Il existe évidemment des conflits ou des divergences entre ces mouvements en Colombie-Britannique comme au Québec, sans doute principalement du fait de différences culturelles et tactiques. Par exemple, lorsque arrivent des confrontations, les autochtones ont tendance à être beaucoup plus prudents, en premier lieu parce que les actions menées peuvent avoir des conséquences démesurées sur leur communauté, leurs familles, etc.

Quelles sont les causes du rejet de l’anarchisme par beaucoup de communautés autochtones, et même par des activistes autochtones ?

Il existe d’importantes différences culturelles entre les anarchistes et les peuples autochtones. Les anarchistes ont tendance à se montrer beaucoup plus individualistes et adhèrent souvent à des modes de vie qui sont étranges ou « bizarres » aux yeux de plusieurs autochtones, comme le dumpster-diving (récupérer des aliments dans les poubelles), ou un certain rejet de l’hygiène corporelle. Évidemment, l’ensemble des anarchistes ne se reconnaît pas nécessairement dans ces pratiques, mais il s’agit néanmoins d’une réalité chez les anarchistes, avec pour conséquence que cela apparaît comme l’identité culturelle la plus visible et stéréotypée pour les observateurs extérieurs. Conséquemment, beaucoup de militants autochtones considèrent les anarchistes comme une variation des « hippies » et des punks. Un Aîné a dit un jour que lorsque l’on commence le processus de décolonisation, on se différencie de son groupe d’appartenance, de son peuple, et c’est une très bonne chose. Mais si notre décolonisation personnelle va trop loin, on risque également d’apparaître étranger aux yeux de notre propre communauté et de se l’aliéner. Voilà qui risque de limiter de manière draconienne notre capacité à s’y engager et à participer à ses luttes. C’est un peu le problème de beaucoup d’anarchistes qui transgressent d’une manière radicale différentes normes de leurs propres communautés, ce qui a pour conséquence de transformer l’anarchisme en un mouvement isolé qui finit par se replier sur lui-même, sur ses modes de vie et sur ses propres activités… Ce problème est d’autant plus important que le mouvement anarchiste nord-américain est en quelque sorte « antisocial », puisque beaucoup d’anarchistes détestent et rejettent leur société. À l’inverse, les militants autochtones ont plutôt tendance à se concentrer sur le travail à effectuer au sein de leur communauté, à établir des liens de solidarité avec d’autres mouvements, sans partager une telle perspective antisociale.

Qu’en est-il par exemple du végétalisme, présent dans beaucoup de milieux et communautés anarchistes ?

Le végétalisme fait partie de ces différences culturelles, bien que personnellement, je ne connaisse pas beaucoup de vegans au sein du mouvement anarchiste en Colombie-Britannique. C’est de toute manière un concept assez étranger aux peuples autochtones qui, traditionnellement, pêchaient et chassaient et qui, en plus, continuent à pratiquer ces activités de manière régulière.

Comment réagis-tu au fait que les anarchistes euro-américains sont eux-mêmes des colons, qui plus est, blancs, la plupart du temps ?

C’est un résultat inévitable de la colonisation européenne des Amériques. Je m’en accommode en essayant de comprendre l’histoire de cette colonisation et les dynamiques qu’elle engendre au sein des mouvements de résistance ; mais je le fais tout en reconnaissant la nécessité d’une résistance plurinationale et d’une solidarité entre mouvements sociaux, tout particulièrement en Amérique du Nord.

On peut constater que, dans les communautés autochtones, beaucoup acceptent et jouent le jeu capitaliste de l’État colonial. C’est le cas notamment de beaucoup de conseils de bande, ainsi que des chefs d’entreprises autochtones, qui tirent souvent une certaine fierté de leur « succès » politique ou financier. En extrapolant un peu, peut-on dire que même les anarchistes et les militants autochtones traditionalistes ont assimilé les idéaux capitalistes ? Et dans ce cas, que faire ?

C’est effectivement le cas, parce que toute personne qui vit dans une société capitaliste assimile l’idéologie capitaliste, à tout le moins partiellement. Un des problèmes auquel j’ai fait face est la promotion, par des militants autochtones, d’une décolonisation capitaliste, suivant la logique « il faut que nous ayons nos propres entreprises, il faut que nous soyons financièrement autonomes… », ce qui, au final, ne fait que donner lieu à un peu plus de merde capitaliste. Un processus de décolonisation imprégné d’une conscience anticapitaliste me semble être la meilleure façon de contrer l’idéologie capitaliste, sachant que la culture et les modes d’organisation traditionnels font généralement la promotion de modes de vie et d’organisation collectifs ou communaux, durables, horizontaux, autonomes, etc.

Quel avenir envisages-tu en ce qui concerne les anarchistes, les guerriers autochtones, et les possibles solidarités entre les deux groupes ?

De manière générale, je défends l’idée d’un mouvement plurinational de résistance qui serait à la fois anticolonial et anticapitaliste et je rappelle que la solidarité entre un grand nombre de secteurs de la société est globalement nécessaire. Je crois aussi que plus les conditions socio-économiques vont se détériorer, plus les gens vont devenir conscients et déterminés, et plus nous aurons un potentiel pouvant permettre l’expansion des mouvements de résistance.

Entretiens publiés
dans la revue Possibles
Montréal (Québec), hiver 2016.

Notes

[1] Note de la revue Possibles. Après son voyage au Canada en 1897, dans ses livres Journal canadien et Le Canada et les Canadiens, Kropotkine s’inspire de l’organisation de petites exploitations rurales autonomes de l’Ouest canadien comme modèle pour l’organisation de la ruralité sibérienne sans autorité centrale. Ces petites fermes de l’Ouest, compte tenu de l’époque de ce voyage et du lieu géographique, étaient vraisemblablement occupées notamment par des métis francophones, des autochtones vivant en commune et des doukhobores. Les doukhobores sont une secte de chrétiens russes, fondée au XVIIIe siècle, dont un grand nombre ont émigré au Canada dans les années 1897-1899, pour échapper à des persécutions par les autorités. Environ le tiers des fermes doukhobores étaient vraiment communistes (aucune propriété privée, partage total des biens). Ces Sibériens radicalement pacifistes se sont établis initialement en Saskatchewan (comme fermiers) puis, à la suite des conflits avec le gouvernement canadien, en Colombie-Britannique.

Dans ses études canadiennes, Kropotkine s’intéresse particulièrement aux questions de l’autodétermination locale (« self-government »), de l’agriculture, du régionalisme et du fédéralisme décentralisé, des autochtones et des doukhobores. Il prône, notamment comme modèle pour la Sibérie, une fédération libre d’associations agricoles et artisanales/industrielles, fonctionnant sur la base de l’entraide et de la solidarité.

[2] La Compagnie de la Baie d’Hudson a été fondée à Londres en 1670 pour pratiquer la traite des fourrures au Canada.

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

Coronavirus, avatar du génocide planétaire… Vision et sagesse native amérindienne (Mohawk Nation News)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, canada USA états coloniaux, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, santé, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 2 avril 2020 by Résistance 71

 


Cérémonie de purification…

 

“Il y a des connexions philosophiques entre les sociétés indigènes et quelques sensibilités anarchistes sur l’esprit de la liberté et les idéaux pour une bonne société. Des idées critiques parallèles et des visions d’un futur post-impérialiste ont bien été notées par quelques penseurs, mais quelque chose qu’on pourrait appeler ‘anarcho-indigénisme’ doit toujours se développer en une philosophie et une pratique cohérentes. Il y a également une grande similitude entre les façons de voir le monde des anarchistes et des peuples autochtones: un rejet des alliances avec des systèmes légalisés, centralisés d’oppression et une non-participation aux institutions qui structurent la relation coloniale, ainsi que la croyance d’amener le changement par l’action directe et la résistance au pouvoir d’état.”
~ Taiaiake Alfred, professeur sciences politiques, UniVic, Mohawk ~

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action étatique coloniale , se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !

~ Résistance 71 ~

 

Planète Terre purge la bulle capitaliste

 

Mohawk Nation News

 

30 mars 2020

 

url de l’article original:

https://mohawknationnews.com/blog/2020/03/30/earth-cleansing-the-capitalist-bubble/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’holocauste des peuples natifs et le déni du monde occidental ont commencé avant l’arrivée de Colomb en 1492 et continue jusqu’à aujourd’hui. Au XVIIème siècle, les Européens [chrétiens] ont affirmé être propriétaire des terres riches en ressources habitées par Onkwehonweh (peuples natifs) d’Amérique du nord et du sud. Ils organisèrent des savants fous qui développèrent des façons de perpétrer le plus grand holocauste de l’histoire de l’humanité. Quelques 150 millions d’Onkwehonweh, 95% des gens natifs de l’Île de la Grande Tortue furent annihilés. Aujourd’hui les dominants ne prêtent aucune attention à la rage sans fond qu’ils ont créée en nous. Nous sommes un peuple en colère et très déçu.

Les capitalistes ont pompé le sang des gens et de la terre. Le dernier chapitre de l’histoire de ce capitalisme vient de s’ouvrir. La bulle est bien trop grande, elle doit éclater.

L’esprit des colons est faible. Ils ont été conditionnés, endoctrinés depuis des siècles à suivre les ordres de leurs leaders.

Il est de notre devoir de mettre en garde les gens de tous dangers, comme l’aigle posé au sommet de l’arbre de la paix. Leurs religions les ont programmés par des codes que leurs leaders utilisent quand ils les veulent en guerre, quand ils veulent une effusion de sang et le chaos total. Les soi-disants leaders d’aujourd’hui sont des dictateurs et non pas les serviteurs des peuples.

Prière, foi et menaces réduisent au silence les gens, ainsi ils peuvent nous réduire jusqu’à un niveau gérable. Leur horreur passée et présente ne peut jamais être réconciliée ou oubliée. C’est notre terre-mère qui aura finalement le dernier mot et non pas tous ces manipulateurs scientifiques et médiatiques de l’attitude humaine. Nous sommes privés de 150 millions d’Onkwehonweh qui ne naquirent jamais. Nos ancêtres nous ont parlé du génocide.

Aujourd’hui, les couvertures contaminées à la variole sont remplacées par le CoVD19. Le vaccin est centralisé afin que les entrepreneurs capitalistes puissent une fois de plus s’engraisser. Les scientifiques mettent des déclencheurs dans l’esprit des gens pour que ceux-ci commettent des atrocités à la demande. Pour nous, notre terre-mère crée en nous, l’esprit de reconnaissance du fait que nous sommes tous partie d’un tout, nous appartenons ensemble. Elle agit et vit en nous et nous rappelle comment nous avons toujours essayé de l’aider. Les plans des colons pour nous tuer et nous supprimer ont toujours été maintenus dans l’ombre. Maintenant nous les voyons.

Le Coronavirus CoVD19 danse autour des colons prêts à tourmenter, provoquer et frapper. Ils sont terrifiées. Ce qu’ils nous ont fait est en train de se produire pour eux.

Le génocide est connu sous le nom d’AIONTATHENIENTHO’SHERON, ou “la torture continuelle”. Les psychopathes ne paniquent pas. Le président Trump n’a aucune empathie. Il voit son peuple souffrir, malade, hystérique et devenu fou alors qu’ils meurent. Les anticorps qu’ils possèdent sont pour les virus et les maladies qu’ils nous ont apportés afin de nous annihiler. Ils n’ont pas d’anticorps pour le CoVD19. Ils pensent toujours qu’ils sont plus forts que la nature. C’est leur plus grosse erreur. Les remarques de Trump ne sont que des bravades et des autosuggestions induisant l’idée que les personnes âgées devraient être volontaires à mourir pour sauver la bourse et que d’autres devraient se suicider pour l’équipe.

Le jour où notre voix a été muselée fut le jour où nous sommes supposément morts. Ils ont toujours tenu des comptes sur combien d’entre nous mouraient et combien existent toujours. Nous nous sommes cachés. Ils ont caché la vérité. Il continue de vouloir nous réduire au silence. Ils sont en train de perdre pied. Ils hurlent pour que nous les entendions. “Tenez, un peut de fric pour vos arts, vos films, vos spectacles, vos pow-wows, pour l’éducation, pour des livres etc… Dites nous-en un peut plus sur vous qu’on puisse planifier correctement la suite du génocide.” Les dominants veulent nous endormir en nous jetant du fric et des potions. Leurs conseils de bandes sont des putes. Ils sont cana’jon, squatters. La Grande Loi de la Paix s’occupera des traîtres. Ils vont tomber eux-mêmes dans les pièges qu’ils nous tendent.

La vérité est notre arme majeure… Leurs mensonges à notre sujet ont été martelés dans nos têtes. Maintenant, ils font l’expérience de leurs propres souvenirs falsifiés et inventés. Les dominants hypnotisent les gens avec des promesses, du fric et le “rêve américain”. Leurs mains sont toujours couvertes du sang du massacre de nos peuples. Ils nous ont assassinés, nous ont donné des couvertures infestées de variole pour nous tuer. Puis ils ont inventé des lois pour décriminaliser leurs actions et s’exonérer. Il est toujours immoral, mal et particulièrement odieux de réduire à dessein la population des peuples. Ils voulaient le champ libre pour piller et violer notre terre-mère.

Quand leur soif de notre sang sera t’elle étanchée ? Ils ne veulent pas que leur véritables désirs soient exposés au grand jour. Notre existence les perturbe grandement. Ils ont créé des psychologues, des neurologues, des psychiatres, des conseillers, des drogues et autres médicaments, des diversions pour couvrir et anesthésier leur hystérie.

Le ministre [canadien] des affaires indiennes nous a été envoyé pour nous hypnotiser avec ses “suivez-moi”, “n’ayez pas peur”, “je vais arrêter cette folie, ça n’arrivera plus”, “faites-moi confiance”. Les dominants dirigeants veulent qu’il nous parle en mohawk pour nous pacifier pour qu’ils puissent nous disséquer plus avant. S’ils devaient admettre ce qu’ils font, ils auraient des crises d’hystérie. Ils se précipiteraient sur leurs médicaments et sur leur “eau de feu” pour être temporairement aveuglés. Quand l’effet s’estompe, ils en reprennent. Les magasins d’alcool ne sont pas fermés durant cette pandémie et ce pour une bonne raison. Rien ne les réveille et les fait respecter la nature.

Nous étions absolument libres comme les oiseaux avant l’arrivée des Européens [chrétiens] occidentaux. Ils ne purent jamais emprisonner nos esprits. Avec Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix, nous devrions présider à la grande table des Nations-Unies, leur enseigner comment faire pour coexister avec autrui et avec notre terre-mère. Notre mentor karonhiaktajeh disait “J’ai attendu toute ma vie ce qu’ils appelaient civilisation”. Il ne la vit jamais. Comme le charismatique Jim Jones qui mène ses suiveurs en Guyane, Trump dira aux siens de “boire du kool aid”, ou de se faire piquer avec le vaccin qui existe sans doute déjà.

Les colons sont conditionnés pour écouter ou poster des suggestions hypnotiques ou des messages codés créés par des scientifiques influencés par Freud et [son neveu] Bernays qui contrôle toute la propagande, les médias et les systèmes d’ “éducation”. Le public est pré-moulé. Leurs systèmes de contrôle des esprits leur dit ce qu’ils doivent penser et que ce qu’ils pensent est leur plus profond désir. Ils ne comprennent pas qu’en fait il s’agit des désirs fabriqués des dominants qui ont été placés dans leurs esprits afin de contrôler tous les aspects de leurs vies. C’est tout ce qu’ils sont supposés savoir.

Nous voulons la liberté pour nous-mêmes et pour notre terre-mère. Ceci est le cadeau qui nous a été fait par la nature/création. Les dominants et leur système de pouvoir artificiel sont en ce moment en charge des affaires planétaires, mais plus pour longtemps. Leur système rend tout le monde soumis et obéissant, fait perdre le jugement et la confiance en soi. Les envahisseurs ne sont en rien des gens d’honneur. Ils n’ont pas traité directement avec nous, à part pour nous tirer dans le dos. Ils n’ont pas pu nous battre dans une confrontation directe.

Les dirigeants ne peuvent pas vaincre le virus qui provient d’eux. Le virus les a mis à genoux. S’il le pouvait, il n’y aurait plus de virus. Ils sont très frustrés de leurs échecs. Ils ont stocké quantité d’armes de destruction massive pour annihiler les gens au lieu d’utiliser leur énergie pour les sauver. Même les masques et les respirateurs sont inexistants à moins que les capitalistes puissent en tirer un profit spéculatif. Ceci ne peut mener qu’à une hystérie de masse.

Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix, ramènera les gens ensemble ainsi nous pourrons à la fois partager les fardeaux et les succès.

Le soi-disant “cadre d’accord” (“Framework Agreement” canadien) est leur plan du “je vais m’assurer que vous mourrez” pour nous. Seul Kaianerekowa clarifiera leur conscience. Les survivants essaieront de se sauver de l’Île de la Grande Tortue. Ils nous ont enfermé dans des camps de prisonniers de guerre comme des animaux, camps appelés “réserves indiennes”. Ils ont affirmé que nous étions “gardés en sécurité” !! Si nous sortions, on nous classait comme “criminels” et étions jetés en prison, nos familles détruites ou nous étions tués. Cette persécution continue toujours. Les envahisseurs essaient de détruire notre âme, notre esprit, d’y jeter l’obscurité. Cela a fonctionné avec les conseillers de bandes, les “Indiens de forts”. La meilleure arme que nous ayons est celle-ci: confrontons-les tout azimut avec la vérité. Ils ne basent aucune de leurs actions sur la loi naturelle.

En fin de compte ils s’entretueront et s’enterreront. Ils quitteront l’Île de la Grande Tortue et on les y verra plus jamais. Nous serons enfin libérés des serpents rouge, blanc et noir.

Onkwehonweh, les peuples de l’Île de la Grande Tortue vont renaître de leurs cendres et le monde se trouvera en bien meilleure posture par ce fait même. Kaianerekowa va rayonner à travers le monde. Une nouvelle ère va commencer. L’existence des envahisseurs va refouler jusqu’à la plus lointaine obscurité.

Nous ferons toujours partie du monde naturel. Notre conscience est en nous et nous connecte avec le monde, avec la terre.

Si les colons ne suivent pas Kaianerekowa, ils ne peuvent pas rester ici. Chacun a le choix car chacun à la capacité de la raison. Nous n’avons besoin que de nous-mêmes pour nous occuper de notre terre-mère.

La première guerre mondiale, 1918 et ce qui a suivi continuent, la grippe, la dépression, le crack boursier de 1929, la seconde guerre mondiale et la continuation et la célébration de la guerre encore et toujours.

La force naturelle en notre sein doit être relâchée afin que le grand pouvoir de la Grande Paix soit. Ce pouvoir fut constaté lorsque les trains furent récemment bloqués en soutien de notre famille de l’ouest des Wetsuweten qui ont résisté à Coastal Gas Link et son oléoduc qui est maintenant en construction totalement illégale. Nous, les peuples naturels, sommes ici pour survivre et pour coexister en tant que frères, sœurs et avec toute vie sur notre terre-mère.

Les dirigeants des colons envahisseurs musèlent la liberté et la connaissance. Leur empire sera renversé par une poignée. Leur argent fictif et volé sera inefficace.

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

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Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix (XIIème siècle)

Wasase, Professeur Taiaiake Alfred, UniVic

Un manifeste indigène, Professeur Taiaiake Alfred, UniVic

Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada, Tribunal International pour les Disparus du Canada (TIDC)

 


En langue iroquoise, le mot « guerrier »
n’existe pas. Le mot utilisé se traduit par
« Ceux qui portent le fardeau de la paix »…

Coin lecture spécial confinement coronavirus 3ème fournée : colonialisme, fléau d’hier et d’aujourd’hui

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, crise mondiale, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 31 mars 2020 by Résistance 71

 


La connexion profonde de l’humanité
est avec la terre…

 

« Cinq siècles plus tard cette résistance demeure, sous des formes variées, en Amérique du nord, du sud et centrale, comme cela se passe aussi chez tous les peuples indigènes sur d’autres terres qui ont souffert de la furie occidentale. En comparaison de ce qu’ils furent, les peuples natifs de la plupart de ces endroits ne sont plus maintenant que des reliques ; mais aussi dans chacun de ces endroits, la lutte pour la survie physique et culturelle et pour la renaissance d’une autonomie et d’une fierté bien méritées, continue sans discontinuer… »
~ David E. Stannard, Ph.D, dans l’introduction de son livre « American Holocaust », Oxford University Press, 1992 ~

 

Résistance 71

 

31 mars 2020

 

1ère fournée

2ème fournée

 

Pour la doxa étatico-capitaliste nous vivons dans un monde « post-colonial »… Vraiment ?… Réfléchissons-y ensemble si vous le voulez bien avec ces 15 textes de pensée critique à lire et partager sans aucune modération.

Bonne lecture !…


… même combat !

Canada : résistance au colonialisme, blocage des voies ferrées en solidarité du peuple Wetsuwetsen affrontant les pétroliers (Mohawk Nation News)

Posted in actualité, canada USA états coloniaux, colonialisme, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, sciences et technologies, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 18 février 2020 by Résistance 71

 


Barrage mohawk

 

Une autre paire de manches

 

Mohawk Nation News

 

16 février 2020

 

url de l’article original:

https://mohawknationnews.com/blog/2020/02/16/different-kettle-of-fish/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Lire le précédent article sur le sujet…

 

Le ministre des affaires indigènes de l’entreprise coloniale du gouvernement du Canada Inc. 1982, a rencontré les kanionkehaka’onwe of kentekeh. Ils se tiennent sur la voie ferrée qui traverse leur communauté en solidarité avec la terre souveraine Wat’suwet’en qui a été envahie par la Gendarmerie Royale du Canada (GRC / RCMP) à la botte de l’entreprise Coastal Gas Links qui est en train de construire illégalement un oléoduc privé de 670 km de long à travers leur territoire non cédé, non abandonné.


Repli du ministre…

(NdT: ce territoire natif se trouve au nord de la province coloniale de Colombie Britannique dans l’ouest du “Canada”)

Voici les principaux bénéficaires du vol de terre et de ressources de Wet’suwet’en :


Les visages de « Big Oil »…

Corrigeons la propagande des merdias sur certains termes clefs:

“réconciliation” : nos relations ont été amicales. Un flingue a toujours été pointé sur nous, Onkwehonweh a toujours été le gardien et le curateur de la terre et toujours été paisible.

Les Canadiens sont Cana’jon, qui veut dire “squatters” en langue iroquoise.

Les manifestants sont des “défenseurs de la terre” (et non pas des terroristes ou des “individus radicalisés”…)

Les “injonctions” n’ont aucune valeur.

Tehiohateh, le wampum deux rangées, est la seule relation qui fut accordée aux envahisseurs, pour avoir le droit d’être sur l’Île de la Grande Tortue. Cet accord a été rompu (de longue date). Ils doivent partir.

Les “manifestants” sont des gardiens et des curateurs de la terre-mère.

Les envahisseurs à la langue fourchue disent qu’ils veulent maintenant être plus délicats et plus sensibles !

D’après Kaianierakowa, la Grande Loi de la Paix, la guerre ne prend pas fin tant que la Grande Paix n’a pas gagné.

Trudeau dit : “Nous ne sommes pas le genre de pays où les politiciens disent aux gens ce qu’ils doivent faire…” Ce qui veut dire que les Cana’jon (canadiens “squatters”) vont nous envoyer des mercenaires. Ils nous menacent toujours de leurs armes.

“Parasite”: un organisme qui vit dans ou sur un organisme d’une autre espèce (son hôte) et qui en bénéficie en pompant les nutrients aux dépends de son hôte. L’entreprise coloniale du Canada est un état exploiteur, extracteur. Le wampum deux rangées et Kaianerekowa prévoient que lorsqu’ils sont brisés, les fauteurs de trouble doivent être expulsés afin que la paix puisse continuer à régner pour les 7 prochaines générations.

Nous avons entretenu la paix sur l’Île de la Grande Tortue, l’Amérique du nord et du sud pendant des milliers d’années avant que les immigrants du Vatican (chrétiens) ne ramènent la guerre avec eux.

La loi / bill C51 est créée et mise en place par des terroristes qui siègent au “parlement” du Canada colonial.

Le ministère / bureau des affaires indiennes est un département militaire qui a pour fonction de maintenir les “Indiens” en détention perpétuelle, à tout jamais. Leur “règle de la loi” est illégale parce que leur code criminel est fondé sur l’Indian Act et ne passera jamais les standards de la loi internationale.

Teiohateh, le bon message de Dekanavida, est la source archivée du premier accord entre des Européens et Onkwehonweh sur Onowaregeh (Île de la Grande Tortue de l’Amérique du nord et du sud). Sur cette planète, tout être vivant à la même mère. Elle est la terre. Nous avons tous le même père, la source d’énergie de toute existence naturelle. Nous sommes tous frères et sœurs et devront (sur)vivre et coexister en tant que tels.


Gaza, « réserves » indiennes… même combat !

 

Lectures complémentaires :

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

La_City_de_Londres_au_coeur_de_lempire

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

La_voie_Lakota_et_Crazy_Horse

Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

6ème_déclaration_forêt.lacandon

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

 


Teiohateh

Résistance au colonialisme: Onkwehonweh (peuple natif) est imbriqué dans la terre (Mohawk Nation News)

Posted in actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, colonialisme, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, pédagogie libération, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 16 février 2020 by Résistance 71


Teiohateh

 

Mise de points sur les “i” de bon aloi par la communauté mohawk sur la relation à la terre. Voir sous le texte notre note de commentaire à la traduction du courriel du ministre des affaires indiennes canadiens acceptant une réunion en territoire mohawk. A noter qu’en ce moment, les communautés mohawk bloquent les voies ferrées qui traversent (illégalement) leurs terres, de fait toutes les terres usurpées, volées par l’entité coloniale de la couronne (City de Londres) qu’est et qu’a toujours été le “Canada”, rien de plus qu’un squatter depuis longtemps indésirable et indésiré. Le message du ministre est un modèle du genre de l’arrogance de tout gouvernement face à ceux qu’ils (tentent) dominent.

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux colonisateurs se tenant côte à côte, main dans la mains avec les peuples colonisés, pour mettre en place la société de demain, celle de la société des sociétés, finalement émancipée de tout rapport dominant / dominé et en harmonie avec la nature.

A bas l’État, à bas la marchandise, à bas l’argent, à bas le salariat !

Pour que vive la commune universelle de l’être réconcilié, par delà le bien et le mal, celle de l’humain enfin réalisé. Ske:n’en, paix.

~ Résistance 71 ~

 

 

Iokwanatsoteh nous sommes imbriqués dans la terre

 

Mohawk Nation News

 

14 février 2020

 

url de l’article original:

https://mohawknationnews.com/blog/2020/02/15/iokwanatsoteh-we-are-embedded-in-the-land/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Depuis des temps immémoriaux, onkwehonweh, le peuple natif, a été le gardien et le curateur de l’Île de la Grande Tortue. “Onweh” représente notre pacte, notre accord avec la nature de vivre côte à côte avec nos frères et sœurs et toute vie en accord avec notre mode de vie jusqu’à la fin des temps. Nous sommes connectés avec notre mère au travers de notre clan. (NdR71: contrairement à toute idée reçue et inculquée par la propagande d’état, l’origine de la société humaine, la fibre de sa construction sociale n’est pas la famille, qui est déjà une construction centralisée structurée propre à l’État, mais le clan, dont la structure ancestrale a été brisée par l’avènement d’un contrôle fondé sur un rapport de dominant à dominé…La famille résulte de la volonté de briser le collectif et de diviser les clans en individualités contrôlables et surtout taxables et corvéables à merci)

Le Canada [entité coloniale] paie des conseils de bandes élus et des organisations territoriales et provinciales indiennes pour faire sa sale besogne.

Ce plan affairiste de 100 ans remonte à l’Indian Act de 1924, afin de mettre un terme à l’intérêt indien sur notre terre et de nous dissoudre en tant que partie de cet intérêt indien, avant 2024.

TERRE NON CÉDÉE

Le bureau des affaires indiennes sis au 10 Wellington à Gatineau (Québec) conserve les archives de tous les biens volés par l’entreprise coloniale du gouvernement du Canada. Il enregistre chaque parcelle de notre terre, ses ressources et enregistre tous les onkwehonweh qui font partie de l’intérêt indien. Ce qu’on appelle récemment le “cadre d’accord” ou “Framework Agreement” ne s’applique qu’aux conseils de bandes et à leurs suiveurs. Nous ne sommes tenus par aucun engagement, aucun traité ni aucun accord établi entre le Canada et ceux qui se sont vendus à lui. Leur “règle du jeu” est celle de la loi de l’envahisseur fondée sur la loi de l’amirauté et qui ne peut gérer que valeurs et argent.

Le Canada ne peut fournir aucune réception pour tout onkwehonweh ou bout de terre, car rien n’a été cédé ni abandonné. Le Canada est “cana’jon”, squatter.

Tkariwaieri iken est la grande puissance naturelle. Nous maintenons notre juridiction au travers nos paroles, nos chants, nos danses et nos cérémonies. Nous n’avons pas à nous cacher aujourd’hui pour le faire.

La fiction “des terres cédées” est un concept nul et non avenu.  Les gardiens ne peuvent pas donner (ou vendre) quelque partie que ce soit de l’Île de la Grande Tortue qui appartient à notre futur.

Les soi-disants “traités” établis entre le Canada et ses sbires des conseils de bandes n’est que pure fiction. Nous sommes le peuple de toujours et pour toujours. Rata’tha’wi veut dire que nous supervisons toute chose. Le Canada a pour projet de se réconcilier avec nous, qui avons l’accord naturel de vivre avec nos frères et sœurs et avec toute vie sur notre terre-mère. Seul Onkwehonweh peut déterminer ce qu’il se passe sur ou sous l’Île de la Grande Tortue.

Note de Résistance 71: ci-dessous le courriel du ministre des affaires indiennes précédant une réunion avec les Mohawks de Tyendinaga en rébellion ouverte. Il convient de constater une chose qui est typique du système étatique et colonial : avant même que la réunion n’ait lieu, dans les pourparlers préalables, on peut noter que le ministre demande déjà que les “dominés” en révolte fassent une concession, en l’occurence la levée des blocages ferroviers… Gonflé le mec hein ? Un standard classique de l’arrogance étatico-capitaliste. Le type est d’accord pour la réunion, mais demande la levée des blocages de voie ferrée (business oblige, le téléphone de son burlingue et son portable doivent sonner toutes les 30 secondes…) avant la rencontre et après avoir fait cette demande “espère une rencontre de paix et de considération”… Cela ressemble plus à un ultimatum qu’autre chose… Il se donne un levier de pression avant même la réunion. Le dominant doit perpétuellement assurer sa position et écraser le dominé. Tout acte de “dialogue” n’étant en fait qu’une mascarade, une illusion supplémentaire de l’ineptie “démocratique”…

Nous les peuples devons foutre toute cette merdasse arrogante de la dictature étatico-marchande par dessus bord et reprendre les rênes du bateau ivre, main dans la main avec les peuples natifs que nous avons opprimés de par le monde depuis plus de 5 siècles.

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a amais eu et ne saurait y en avoir. Toute négociation est futile ! Négocier c’est trahir ! Les Mohawks rafraîchissent la mémoire des colons actuels sur la réalité des choses naturelles. Il est grand temps d’y revenir… PARTOUT !

MINISTER OF INDIAN AFFAIRS GOES TO KENTEKEH TO “POLISH THE CHAIN” ON 15 FEB. 2020. https://www.rpr879.com/index.php/live-radio/

From: <Marc.Miller.P9@parl.gc.ca>

Date: February 13, 2020

Subject: Silver Chain Covenant

Shé:kon Kanenhariyo, . . . I am writing to confirm what I agreed orally a short while ago: that pursuant to the principles of the Silver Chain Covenant, I hereby agree to Polish the Chain with you and the Kanien’kehá:ka of Tyendinaga at a location of your choosing this coming Saturday. My request that I ask you kindly to consider is to discontinue the protest and barricade of the train tracks as soon as practicable. As you well know, this is a highly volatile situation and the safety of all involved is of utmost importance to me. I hope you will agree to this request and that we can meet in a the spirit of peace and cooperation that should guide our relationship. Please confirm receipt of this email at your earliest convenience and I will instruct my cabinet staff to prepare the meeting on Saturday.

[Traduction française, R71] :

Je vous écris pour confirmer que j’ai donné mon accord verbal il y a quelque temps: que persévérant dans les principes du traité de la chaîne d’argent, je confirme par la présente que je suis d’accord pour polir la chaîne avec vous et les Kanien’kehá:ka de Tyendinaga en un endroit de votre choix samedi prochain. Ma requête que je vous prie de bien vouloir considérer est de mettre un terme à la contestation et aux barricades sur les voies de chemin de fer dès que possible. Comme vous le savez très bien, ceci représente une situation très volatile et la sécurité de toux ceux et celles impliqués est pour moi de la plus haute importance. J’espère que vous serez d’accord avec cette requête et que nous pourrons nous rencontrer dans un esprit de paix et de coopération pouvant guider notre relation. Veuillez confirmer la réception de ce courriel dès que possible et je vais donner les instructions nécessaires à mon personnel de cabinet pour préparer la réunion de samedi.

Aiáwens tsi akwé:kon skén:nen ní:se.

Marc Miller, Minister of Indigenous Services

= = =

THIS IS THE HQ OF DEPT. OF INDIAN AFFAIRS https://ca.news.yahoo.com/dead-bats-blame-methane-levels-090000181.html qui est maintenant appelé les terrace de la Chaudiere

ROTIRIHOROTSTATUS, les sbires des oléoducs n’ont rien à faire ici !

Suite des évènements…

= = =

Lectures complémentaires :

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

La_City_de_Londres_au_coeur_de_lempire

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

La_voie_Lakota_et_Crazy_Horse

Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

6ème_déclaration_forêt.lacandon

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

 

 

Résistance au colonialisme: Convocation aux journées de la Terre-Mère (Conseil National Indigène)

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Convocation aux journées de défense de la Terre-Mère

 

Conseil National Indigène (CNI)

 

7 février 2020

 

Convocation

Frères et sœurs des peuples du Mexique et du monde,

 

Premièrement. Aujourd’hui plus que jamais le capitalisme se renforce par la guerre et le pillage de toutes les formes de vie. Les mauvais gouvernements et les grandes entreprises capitalistes, dont les noms sont bien connus, veulent rendre invisibles nos luttes en défense du territoire et de la Terre Mère, en normalisant même l’assassinat de nos frères qui les défendent. Aujourd’hui notre cœur collectif souffre des assassinats de :

● Samir Flores Soberanes, du peuple nahua d’Amilcingo, État de Morelos.

● Julián Cortés Flores, du peuple me’phaa de la Casa de Justicia de San Luis Acatlán, État du Guerrero.

● Ignacio Pérez Girón, du peuple tsotsil du village d’Aldama, État du Chiapas.

● José Lucio Bartolo Faustino, Modesto Verales Sebastián, Bartolo Hilario Morales et Isaías Xanteco Ahuejote,

du peuple nahua organisé en Conseil indigène et populaire du Guerrero – Emiliano Zapata (Cipog-EZ).

● Juan Monroy et José Luis Rosales, du peuple nahua d’Ayotitlán, État de Jalisco.

● Feliciano Corona Cirino, du peuple nahua de Santa María Ostula, État de Michoacán.

● Josué Bernardo Marcial Campo, connu aussi comme TíoBad, du peuple popoluca de l’État de Veracruz.

Nos compagnons ont été assassinés car ils se sont opposés à la guerre par laquelle le mauvais gouvernement veut s’emparer de nos terres, de nos montagnes et de nos eaux pour consolider le pillage qui menace l’existence de l’humanité.

Nous souffrons également de la disparition forcée de notre frère Sergio Rivera Hernández, Nahua de la Sierra Negra, État de Puebla, défenseur du territoire et de la Terre Mère.

Deuxièmement. Le capitalisme, dans son étape néolibérale actuelle, prend des formes de plus en plus monstrueuses et déclare une guerre ouverte contre l’humanité et contre la terre, notre mère. Le développement économique actuel — fondé à l’échelle planétaire sur la proéminence du capital financier qui domine les peuples, les nations et les continents entiers, soutenu par la grande industrie militaire et extractiviste, qui grandit grâce à des guerres réelles ou fictives, à la profusion du crime organisé, ainsi qu’aux invasions et aux coups d’État — nous entraîne, dans son insatiable logique de l’accumulation et de la consommation capitaliste, à un changement climatique irréversible et à une limite qui met en danger les conditions de la vie humaine sur la planète.

Troisièmement. De plus le système actuel, avec son organisation patriarcale héritée de systèmes et de civilisations antérieures mais approfondie durant les derniers siècles, s’exhibe comme un violent ennemi non seulement de l’humanité, mais particulièrement des femmes et de notre Terre Mère. Cela veut dire que l’exploitation et la profonde violence structurelle envers les femmes est propre au capitalisme ; bien qu’elle soit née auparavant, la propriété privée capitaliste, base de ce système, ne peut s’expliquer ni se comprendre autrement que comme partie d’un système patriarcal de domination sur les femmes et sur la terre.

Quatrièmement. Au Mexique, l’accélération de l’activité minière, d’extraction et de conduite d’hydrocarbures, la création de la Garde nationale dans la logique de l’Initiative Mérida et la mise en place, coûte que coûte, des mégaprojets (le corridor transisthmique Salina Cruz – Coatzacoalcos, le Train maya et le Projet intégral Morelos, le nouvel aéroport de la ville de Mexico) qui prétendent réorganiser les territoires, les populations et les frontières de l’Amérique du Nord et du Centre dans une logique de pillage et d’exploitation capitaliste, rendent urgentes la défense de la vie humaine, la défense des territoires de nos peuples et la défense de la terre dans une perspective clairement anticapitaliste et antipatriarcale. C’est donc pour tout ce qui précède que :

Nous convoquons les peuples du Mexique et du monde, les organisations et les collectifs de travailleurs et travailleuses de la campagne, de la mer et de la ville, les femmes, les étudiant·e·s, les enfants, les personnes âgées, celles et ceux qui participent de la diversité sexuelle

AUX JOURNÉES DE DÉFENSE DU TERRITOIRE ET DE LA TERRE MÈRE
« NOUS SOMMES TOUTES ET TOUS SAMIR »

Selon le calendrier suivant :

20 février 2020. Actions décentralisées au Mexique et dans le monde en défense du territoire et de la Terre Mère, pour la justice à nos mort·e·s, nos disparu·e·s, nos prisonnier·e·s et contre les mégaprojets de mort.

21 février 2020. Manifestation pour la justice à notre frère Samir Flores Soberanes, à nos mort·e·s, nos disparu·e·s, nos prisonnier·e·s et en défense du territoire et de la Terre Mère. Ville de Mexico. Départ : bureau de la Commission fédérale d’électricité sur l’avenue Reforma, à 16 heures.

22 février 2020. Assemblée en défense du territoire et de la Terre Mère, dans le centre de la communauté d’Amilcingo, municipalité de Temoac, État de Morelos, à partir de 10 heures.

Cordialement

7 janvier 2020.

Pour la reconstitution intégrale de nos peuples

Jamais plus un Mexique sans nous !

Assemblée de la résistance d’Amilcingo
Congrès national indigène, Conseil indigène de gouvernement
Armée zapatiste de libération nationale
Peuples, communautés, organisations, collectifs et individus participant au Forum en défense du territoire et de la Terre Mère

Réalisé les 21 et 22 décembre 2019 au Caracol Jacinto Canek/Cideci-UniTierra, San Cristóbal de Las Casas, Chiapas

Réseaux des organisations et des collectifs en résistance et rébellion adhérents à la Sexta nationale et internationale

Tribu yaqui du pueblo de Bácum, État de Sonora

Assemblée des peuples indigènes de l’isthme de Tehuantepec

Processus d’articulation de la Sierra de Santa Marta, État de Veracruz

Peuple náyeri, État de Nayarit

Conseil des habitants en résistance Tanque y Américas, Monterrey, État du Nuevo León

Communauté de San Lorenzo Azqueltán, État de Jalisco

Comuneros de Cherán, État de Michoacán

Profectar, peuple raramurí, État de Chihuahua

Un Salto de Vida, État de Jalisco

Organisation des douze villages de Tecámac, État de Mexico

Coordination pour les peuples et les organisations de l’est de l’État de Mexico

Assemblée générale des pueblos, barrios, colonias et pedregales de Coyoacán, ville de Mexico

Communauté coca de Mezcala, État de Jalisco

Communauté indigène nahua de Zacualpan, État de Colima

Conseil des ejidos et des communautés opposés au barrage de La Parota, État du Guerrero

Front des pueblos en défense de la terre et de l’eau du Morelos, de Puebla et de Tlaxcala

Association civile Ka Kuxtal Muh Meyaj, peuple maya de la péninsule, État du Campeche

Otomis résidant à Mexico

Front national pour la libération des peuples, État du Guerrero

Défenseurs de la rivière Metlapanapa, État de Puebla

Conseil indigène et populaire du Guerrero – Emiliano Zapata (Cipog-EZ)

Conseil régional indigène du Cauca (CRIC), Colombie

Assemblée des défenseurs du territoire maya Muuch Ximbal, État du Yucatan

Communauté indigène de Santa María Ostula

Ejido Tila, État du Chiapas

Conseil régional indigène et populaire de Xpujil, État de Campeche

Comité pour la défense des peuples indigènes (Codedi), État d’Oaxaca

Centre communautaire Raxajal Mayab et Collectif autonome de José María Morelos, État du Quintana Roo

Comuneros de Cuatro Venados, État d’Oaxaca

Zodevite, État du Chiapas

Conseil Tiyat Tlali de la Sierra Norte de Puebla

Mouvement agraire indigène zapatiste (MAIZ), États de Puebla et Oaxaca

Union d’organisations de la Sierra Juárez (Unosjo), État d’Oaxaca

Assemblée du peuple chontal, État d’Oaxaca

Communauté binnizá d’Unión Hidalgo, État d’Oaxaca

Communauté d’histoire mapuche, Chili

Femmes mapuches, Chili

Femmes du peuple kurde

GeoComunes

Mexicali résiste

Union des communautés indigènes de la zone nord de l’Isthme (Ucizoni), État d’Oaxaca

Tribu mayo

Conseil autonome de la côte du Chiapas

La Vida, État de Veracruz

 

Résistance au colonialisme: La question de souveraineté et d’inamovibilité des peuples et nations natifs (Mohawk Nation News)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, canada USA états coloniaux, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 12 février 2020 by Résistance 71

 


Kaianerekowa et Teiohateh

 

“Vous dites être le père et que je suis votre fils. Nous disons, nous ne serons pas comme père et fils, mais plutôt comme des frères. Cette ceinture Wampum confirme nos paroles. Ces deux rangées vont symboliser nos deux vies ou nos deux vaisseaux, descendant la rivière ensemble. L’un est un canoë d’écorce de bouleau et représente Onkwe’hon:we, leurs lois, leurs coutumes et leurs façons de vivre ; l’autre, un navire représentant le peuple blanc avec leurs lois, leurs coutumes et leurs façons de vivre. Nous voyagerons ensemble sur la rivière, côte à côte, mais chacun dans son embarcation. Aucun de nous ne fera des lois obligatoires ou n’interfèrera dans les affaires intérieures de l’autre. Aucun de nous n’essaiera de diriger l’embarcation de l’autre.”

“Aussi longtemps que le soleil brillera sur cette terre sera le temps de durée de NOTRE accord, aussi longtemps que l’eau coulera et aussi longtemps que l’herbe demeurera verte à certaines périodes de l’année. Maintenant nous avons symbolisé cet accord qui nous liera pour toujours aussi longtemps que notre terre-mère est toujours en mouvement.”
~ Traité Wampum Deux Rangées entre le peuple Rotinoshonni (iroquois) et le peuple hollandais de 1613, repris par les Français et les Anglais en 1701 ~

“Vous ne serez et ne demeurerez que des commodités aussi longtemps que l’empire existera…”
~ Russell Means, Oglala, Lakota ~

 

Pour comprendre plus en détail le fond du problème colonial actuel sur l’ensemble du continent américain et en particulier le conflit actuel qui oppose la nation Wetsuweten de Colombie Britannique au nom si colonial aux forces fédérales canadiennes, nous invitons comme d’habitude les lecteurs à lire toute la documentation que nous avons placé en « lectures complémentaires » sous l’article de MNN. Il est vital de comprendre le fond réel de cette affaire, car nous ne vivons en rien dans un monde « post-colonial » comme on veut nous le faire croire, mais bel et bien dans un monde de la fonctionnalité coloniale, celui de la tyrannie marchande totale et achevée.
L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux colonialistes éveillés de leur colonialisme passif, se tenant main dans la main avec leurs frères et sœurs dynamiquement colonisés créant ensemble la société des sociétés émancipée de demain. rappelons nous toujours que nous ne possédons pas la terre, nous ne faisons que l’emprunter à nos enfants et à notre descendance non-née.

~ Résistance 71 ~

 

 

Tenewatsotah, nous sommes les inamovibles

 

Mohawk Nation News

 

10 février 2020

 

url de l’article original:

https://mohawknationnews.com/blog/2020/02/10/tewenatsotah-we-are-the-immovables/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Nous sommes Kanienhehaka, les Mohawks, un des peuples placés sur l’Île de la Grande Tortue par la nature / création depuis des temps immémoriaux. Notre pacte avec la nature est d’aider à amener la paix et la liberté à chacun en ce monde. Nous sommes les protecteurs de toute l’Ile de la Grande Tortue pour toujours, d’un pôle à l’autre, d’un océan à l’autre.

Les conseils de bandes sont créés par le parlement (canadien) pour assister la police para-militaire à nous attaquer. Ils représentent le Canada, cette entité coloniale. La réponse ici a commencé lorsque Kentekeh a été menacé avec violence par CN Rail (NdT: la SNCF canadienne). Maintenant l’organisation para-militaire qu’est la Gendarmerie Royale du Canada (NdT: GRC, la “fameuse” police montée, créée à l’origine pour réprimer et traquer les peuples natifs), va prendre des mesures coercitives contre Unist’ot’en aujourd’hui (NdT: territoire et peuple du nord de la Colombie Britannique coloniale qui est en lutte pour préserver sa terre)

Une nation étrangère qui envahit notre terre, capture notre peuple et le place dans des camps de “prisonniers de guerre” (les “réserves”), perpétue un acte de guerre. Les attaques sur Wetsuweten sont la continuation du génocide perpétré de longue date sur nous par les gouvernements coloniaux et entrepreneuriaux, ainsi que sur nos terres et nos ressources.

Le gouvernement du Canada a déclaré aux Nations-Unies qu’il recherchait la réconciliation pour tout le mal qu’il nous a fait. Ce n’est qu’un truc de marchand de tapis pour pouvoir plus facilement enfumer le conseil de sécurité de l’ONU et gagner des sièges permanents en son sein.

Les tribunaux de l’amirauté canadiens et leur code criminel sont illégaux étant fondés sur la loi sur les Indiens (Indian Act). Ils affirment leur juridiction sur nos terre par les lois sur les terres édictées par l’Indian Lands Acts du 25 octobre 1924. C’est le plus grand vol de terres de l’histoire du monde. Ils n’ont absolument aucune autorité pour prendre des décisions sur des peuples souverains étrangers. Nous ne faisons en rien partie du Canada. Les peuples originels et nos alliés ne doivent pas permettre à cette espèce invasive de se propager plus avant et de détruire les espèces naturelles endémiques à l’Île de la Grande Tortue. Notre pacte principal avec la nature est de survivre et de coexister avec toute vie en tant que frères et sœurs sur cette planète Terre. Un accord sur nos relations fut établi sous les prérogatives du traité wampum deux rangées (Teiohateh ou Guswentha). Le Canada l’a immédiatement violé ; ils n’ont ainsi aucun droit d’être sur l’Île de la Grande Tortue.

Les tribunaux du Canada n’ont absolument aucune juridiction sur nous. Nous maintenons un espace d’acceuil sur Kahnawakeh (NdT: un des territoires mohawks) en solidarité avec notre famille onkwehonweh (peuple natif) de Wetsuweten. Les forces de police étrangères (NdT: la GRC de l’entité coloniale appelée “Canada”) ont envahi nos territoires et ont perturbé la paix et tout le monde.

Nous disons à l’entreprise coloniale du Canada et son “gouvernement” d’arrêter immédiatement votre agression et de vous retirer de ces terres sans délai. Vous n’avez rien à faire ici car vous violez en permanence Kaianerekowah, la Grande Loi de la Paix.

L’invasion ne fut en aucun cas un acte de la nature / création. Nous demandons à nos amis et alliés de joindre les mains avec nous.

Un accord sur notre relation fut établie sous les auspices de Teiohateh, le traité wampum deux rangées. Il fit violé illico par le Canada. Ils n’ont aucun droit sur l’Île de la Grande Tortue.

= = =

“Toute la tradition européenne, marxisme inclus, a conspiré pour défier l’ordre naturel de toutes choses. La terre-mère a été abusée, les pouvoirs ont été abusés et tout ceci ne peut pas continuer indéfiniment. Aucune théorie ne peut venir changer ce simple fait. La terre-mère va riposter, l’environnement va riposter et ceux qui abusent seront éliminés. Les choses reviennent au point de départ. C’est çà la révolution. C’est aussi une prophétie faite par mon peuple, par le peuple Hopi et bien des autres peuples corrects. Les Indiens des Amériques ont essayé d’apprendre cela aux Européens depuis des siècles ; mais, comme je l’ai dit plus tôt, les Européens sont incapables d’écouter. L’ordre naturel des choses gagnera et les abuseurs, les offenseurs mourront, comme les daims meurent lorsqu’ils brisent l’harmonie en surpeuplant une zone donnée. Ce n’est plus qu’une question de temps avant qu’une catastrophe naturelle ne se produise, une catastrophe aux proportions planétaires. C’est le rôle des Indiens et de toutes choses naturelles de survivre. Une partie de notre survie consiste à résister. Nous résistons non pas pour renverser un gouvernement ou pour saisir le pouvoir, mais simplement parce qu’il est normal et naturel de résister à l’extermination, de survivre. Nous ne voulons en aucun cas le pouvoir au-delà des institutions des blancs, ce que nous voulons c’est que les institutions des blancs disparaissent. C’est çà la révolution.
Nous, les Indiens des Amériques, sommes toujours en contact avec ces réalités, les prophéties, les traditions de nos ancêtres. Nous apprenons de nos anciens, de la nature, des pouvoirs. Et quand la catastrophe est passée, nous les Indiens des Amériques, nous serons toujours là pour habiter ces terres et ce continent. Peu importe si ce ne sera qu’une poignée d’entre nous au fin fond des Andes. Le peuple amérindien survivra, l’harmonie sera rétablie. C’est çà la révolution.”

~ Extrait du discours de Russell Means durant le Black Hills International Survival Gathering, Dakota du Sud, juillet 1980 ~

(traduit de l’anglais par Résistance 71)

Lectures complémentaires:

Nous_sommes_tous_des_colonisés (PDF)

Pierre_Clastres_Echange-et-pouvoir-philosophie-de-la-chefferie-indienne

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

kaianerekowa Grande Loi de la Paix