Archive pour amérindiens contre colonialisme

Résistance au colonialisme : Annuler le jour du Canada, de « Ô Canada » à « Ô Cana’jon », prise de conscience de la réalité coloniale

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L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !
~ Résistance 71 ~

“Vous dites être le père et que je suis votre fils. Nous disons, nous ne serons pas comme père et fils, mais plutôt comme des frères. Cette ceinture Wampum confirme nos paroles. Ces deux rangées vont symboliser nos deux vies ou nos deux vaisseaux, descendant la rivière ensemble. L’un est un canoë d’écorce de bouleau et représente Onkwe’hon:we, leurs lois, leurs coutumes et leurs façons de vivre ; l’autre, un navire représentant le peuple blanc avec leurs lois, leurs coutumes et leurs façons de vivre. Nous voyagerons ensemble sur la rivière, côte à côte, mais chacun dans son embarcation. Aucun de nous ne fera des lois obligatoires ou n’interfèrera dans les affaires intérieures de l’autre. Aucun de nous n’essaiera de diriger l’embarcation de l’autre.”
“Aussi longtemps que le soleil brillera sur cette terre sera le temps de durée de NOTRE accord, aussi longtemps que l’eau coulera et aussi longtemps que l’herbe demeurera verte à certaines périodes de l’année. Maintenant nous avons symbolisé cet accord qui nous liera pour toujours aussi longtemps que notre terre-mère est toujours en mouvement.”
~ Traité Wampum Deux Rangées entre le peuple Rotinoshonni (iroquois) et le peuple hollandais de 1613 ~

 

1er juillet 2020

 

Résistance 71

 

Nous ne vivons en rien dans un monde « post-colonial » comme l’oligarchie et son histoire falsifiée veulent nous le faire croire. Des territoires entiers, couvrant des continents comme l’Amérique (nord et sud) et l’Océanie sont toujours sous le joug du colonialisme actif de source européenne, remontant aux bulles pontificales du XVème siècle (essentiellement Romanus Pontifex du pape Nicolas V et Inter Caetera du pape Alexandre VI / Rodrigo Borgia) et sur tout un système pseudo-légal de domination fondé sur cette ignominie. Le Canada en est sans doute un des exemples les plus marquants.

Depuis quelques années, la pays s’est lancé dans une vaste campagne propagandiste de nettoyage de son passé sous la forme d’une « Commission Vérité et Réconciliation » qui fut une vaste entreprise de blanchiment d’un passé criminel, employant des méthodes de pression et de manipulation et ne remettant dans le fond rien en cause.
Nous vous invitons à (re)lire le contre-rapport de cette CVR par mesurer l’étendue de la supercherie:
« Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada »

En ce 1er juillet, fête nationale du « Canada », Mohawk Nation News republie l’hymne canadien revisité :

Hymne national canadien révisé: “O Cana’jon”

Mohawk Nation News

Décembre 2019

Note: “cana’jon” en langue mohawk veut dire “squatteur”

 

“o cana’jon, you squat on native land. 

with greedy minds you do the banks command. 

you pay them tax and shop around on onowarekeh. 

on turtle island the land of our birth. 

no more TRAPS TRICKS OR GENOCIDE. 

the great peace is the only way. 

o cana’jon you must fix mother earth. 

o cana’jon you must fix mother earth.”

 

En français, traduction Résistance 71 :

 

O Cana’jon, squatteurs en terre native

De cet esprit veule vous obéissez aux banques

Leur payez des impôts et pillez Onowarekeh

Sur l’Île de la Tortue, terre de notre naissance

Plus de pièges, d’illusions, de génocide

La Grande Paix est la seule solution

O Cana’jon soignez notre terre-mère

O Cana’jon soignez notre terre-mère

= = =

“Vous ne serez et ne demeurerez que des commodités aussi longtemps que l’empire existera…”
~ Russell Means, Oglala, Lakota ~

“Il y a des connexions philosophiques entre les sociétés indigènes et quelques sensibilités anarchistes sur l’esprit de la liberté et les idéaux pour une bonne société. Des idées critiques parallèles et des visions d’un futur post-impérialiste ont bien été notées par quelques penseurs, mais quelque chose qu’on pourrait appeler ‘anarcho-indigénisme’ doit toujours se développer en une philosophie et une pratique cohérentes. Il y a également une grande similitude entre les façons de voir le monde des anarchistes et des peuples autochtones: un rejet des alliances avec des systèmes légalisés, centralisés d’oppression et une non-participation aux institutions qui structurent la relation coloniale, ainsi que la croyance d’amener le changement par l’action directe et la résistance au pouvoir d’état.”
~ Taiaiake Alfred, professeur sciences politiques, Mohawk ~

“En se présumant eux-mêmes inconsciemment d’avoir de droit un pouvoir mental de juger les “païens”, les chrétiens furent capables d’affirmer que les Indiens n’avaient pas le droit de continuer de vivre leur mode de vie libre et indépendant. Sur la base biblique que le peuple élu possède la tâche providentielle de soumettre la Terre et d’exercer une domination sur tout être vivant, les chrétiens se considéraient eux-mêmes comme un peuple élu ayant l’obligation divine de “sauver” les païens et leurs nations en les subjuguant, ce qui fut référé par le doux euphémisme de les “civiliser”. Ceci devait être accompli en brisant les nations païennes pour ensuite tourner leurs membres en des individus chrétiens qui deviendraient, par le moyen d’une assimilation graduelle, soit des sujets d’une monarchie chrétienne européenne ou des citoyens d’un état européen chrétien. De ce point de vue, les païens sont destinés par dieu à être sauvés et réduits à la “civilisation” européenne chrétienne.”
~ Steven Newcomb, 2008 ~

= = =

Lectures complémentaires :

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte »

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« L’art de ne pas être gouverné », James C. Scott

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Aux source de l’empire : Les Etats-Unis furent-ils créés comme une démocratie ? Analyse critique avec Steven Newcomb

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“Les Etats-Unis… créés par une bande d’esclavagistes qui voulurent être libres…”
~ George Carlin ~

“Vers 1776, quelques personnes importantes dans les colonies anglaises firent une découverte qui améliorerait énormément les deux cents années suivantes. Ils découvrirent qu’en créant une nation, un symbole, une unité légale appelée États-Unis d’Amérique, ils pourraient contrôler la terre, les profits et le pouvoir politique des favoris de l’empire britannique. Dans le processus, ils pourraient aussi contrer un nombre potentiel de rébellions et créer un consensus de soutien populaire pour la règle d’un nouveau leadership privilégié. Ainsi les pères fondateurs ont-ils créé le système le plus efficace de contrôle national inventé dans l’ère moderne et ont montré aux générations futures de leaders les avantages de combiner le paternalisme avec le commandement.
[…] Nous avons ici une prévision de la longue histoire de la politique américaine, la mobilisation de l’énergie de la basse classe de la société par les politiciens membres de la haute classe, ce pour leurs propres intérêts.”
~ Howard Zinn, 1980 ~

 


S. Newcomb

 

Les Etats-Unis furent-ils fondés comme une démocratie ?

 

Steven Newcomb

 

17 mai 2020

 

url de l’article original:

https://originalfreenations.com/was-the-united-states-founded-as-a-democracy/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans son splendide livre The Lawless Law of Nations (1925), Sterling E. Edmunds dit que les gouvernements peuvent bien être définis comme des “groupes d’hommes possédant le pouvoir arbitraire sur d’autres hommes.” (p.426) Si Edmunds a raison, l’idée “d’auto-gouvernement” n’est pas un remède ayant tant de mérite pour les Amérindiens, car un tel système impliquerait qu’un relativement petit groupe d’hommes et de femmes de la communauté native  exerce un pouvoir arbitraire sur le reste des gens. Pour un grand nombre de nations natives, ceci est exactement ce que “l’auto-gouvernement” natif est devenu. (NdT : Avec la grande exception des nations iroquoises et Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix, certes diminuée par les “conseils de bandes et de tribus” instaurés sous les lois fédérales coloniales indiennes, mais toujours en application ce depuis le XIIème siècle, dans le mode de gouvernance traditionnel…)

Depuis maintenant des générations, le gouvernement fédéral des Etats-Unis a exercé un pouvoir arbitraire et abusif, souvent référé en tant que “pouvoir plénier”, sur les nations et peuples natifs. Aujourd’hui, ce même gouvernement fédéral, dans un esprit de bonne volonté, a décidé que les communautés natives devraient évoluer vers une “auto-gouvernance”. De quoi cela a t’il l’air ? Dans un livret intitulé “Auto-gouvernement, une initiative tribale”, on y trouve cette déclaration : “L’auto-gouvernement est au sujet du transfert du financement des programmes disponibles, des services, des fonctions et des activités, vers un contrôle tribal de ceux-ci. Les tribus sont responsables devant leur propre peuple pour la gestion des ressources, des services et du développement.

Le livret explique également que l’auto-gouvernance native consiste à fournir aux gouvernements tribaux “plus d’autorité de contrôle et de prise de décisions sur les ressources financières fédérales mises à la disposition du peuple indien pour son avantage.” C’est au sujet d’un “nouveau partenariat entre les tribus indiennes et les Etats-Unis dans leurs relations de gouvernement à gouvernement”. Le but est de minimiser l’intrusion et l’implication fédérales. (NdT: en clair, mettre des gestionnaires inféodés au système en place pour gérer la merdasse du capital…)

Mais historiquement, nous devons regarder en arrière et comprendre qu’une idée d’auto-gouvernement natif fondé sur la gestion “des ressources financières fédérales” ne fut jamais partie intégrante de notre existence avant l’invasion de nos territoires et de nos nations. De fait, ce livret distribué par le “Projet de Démonstration de Gouvernance Tribale” reconnaît clairement ce point crucial. Une lettre d’introduction publié avec le pamphlet dit ceci : “Toutes nos sociétés tribales ont eu des existences libres et autonomes durant des milliers d’années avant l’exploration et la colonisation de ce continent par les Européens occidentaux.

Plus encore, nos nations et nos peuples eurent un mode de vie libre et indépendant avant que les envahisseurs européens n’ait assumé un droit de domination sur nos nations et nos ancêtres. Les auteurs du pamphlet reconnaissent qu’un système de domination fut imposé sur nos nations puis écrivent :

“L’auto-suffisance fut remplacée alors que les Etats-Unis par leur congrès, leurs tribunaux et particulièrement la bureaucratie fédérale (NdT: qui n’agit que sur ordre) transformèrent, parfois brutalement,  le statut tribal indépendant par une dépendance tribale envers l’état fédéral. Après des générations de domination et de contrôle fédéraux, il y eut même quelques Indiens pour croire à cette dépendance imposée [domination].”

Après avoir reconnu que les Etats-Unis imposaient un système de domination sur nos nations, les personnes qui ont écrit ce livret bizarrement ont déclaré, “Nos cultures ont fourni les philosophies de base incarnées dans la constitution des Etats-Unis.” Si des philosophies démocratiques étaient incarnées dans la constitution des Etats-Unis alors ceux-ci opéraient-ils hors de leur constitution pour imposer un système de domination sur nos peuples et nations ?…

Ou est-il possible que les auteurs du livret se soient trompés parce que la constitution des Etats-Unis est un instrument de l’empire et de domination et non pas une démocratie ? Dans son livre The Rising American Empire (1962), l’historien Richard Van Alstyne a clairement documenté le fait que les Etats-Unis furent fondés comme un empire. Et d’après R.H.S Crossman, la constitution des Etats-Unis fut écrite comme “l’organe central d’une autorité coercitive, tout en préservant une relative indépendance aux autorités locales, aux législatures des états” (R. H. S. Crossman, Government and the Governed, 1969, p. 96). Cette “autorité coercitive” incarnée dans la constitution ne fut pas basée sur le règle populaire, car des hommes comme James Madison furent très clairs sur leur dénonciation de la démocratie.

Madison était préoccupé parce que:

Il y aura des créditeurs et des endettés, fermiers, marchands et industriels. Il y aura particulièrement cette distinction entre riche et pauvre… Nous ne pouvons pas quoi qu’il en soit, être regardé en ce moment comme une masse homogène dans laquelle tout ce qui affecte une partie va affecter de la même manière l’ensemble. En cadrant un système que nous voulons durable pendant bien longtemps, nous ne devons pas perdre de vue le changement produit par l’âge. Une augmentation de la population va nécessairement augmenter la proportion de ceux qui travaillent (sic) sous toutes les duretés de la vie et qui vont secrètement soupirer pour une plus grande égalité de distribution de ses mannes. Ceux-ci seront dans le temps plus nombreux que ceux placés au dessus des sentiments d’indigence (de pauvreté). D’après les lois du suffrage (par le vote), le pouvoir va glisser dans les mains des masses. Aucune tentative agraire n’a été faite dans ce pays, mais les symptômes d’un esprit d’effervescence comme nous le comprenons, s’est suffisamment développé dans certains endroits pour nous notifier le danger futur en provenance des masses. Comment peut-on se préserver de ce danger sur des principes républicains ?” (Crossman, p.96-7)

Madison posa aussi une autre question. Comment la classe de propriétaires pourrait-elle se préserver contre les dangers se posant aux riches comme les “coalitions” de la majorité, trimant dans leur vie quotidienne ? (Crossman, p.97). Madison, que beaucoup regardent comme le plus important des “pères fondateurs”, envisiona toutes les communautés comme divisées entre le petit nombre et la masse. “Les premiers sont les riches et les biens nés et l’autre les masses de gens qui rarement jugent ou déterminent le droit.” (Ibid)

Comme le fait remarquer Crossman, les hommes d’affaire qui ont écrit la constitution réussirent à sortir d’un système, sous la couronne britannique, fondé sur l’idée de la soumission du peuple vivant en obéissance traditionnelle à une plus haute autorité royale et d’un parlement, vers un “système de contrôle si intriqué, que pratiquement pas une vague populaire ne pourrait se propager. (Ibid) Le fédéralisme, dit Crossman, fut créé comme barrière, garde-fou, contre la turbulence de la démocratie.” (Ibid.) De telles idées furent-elles empruntées aux cultures natives de ce continent ? Manifestement pas.

Et pourtant, pour une raison indéterminée, bien des natifs ont souscrit à une mythologie faisant le portait des Etats-Unis comme étant une société “démocratique”, fondé sur un “système de gouvernance du peuple, par le peuple et pour le peuple”. Le problème avec ce slogan simpliste est que le “peuple” auquel il se réfère n’y est jamais identifié. En fait, le “peuple” est un terme suffisamment vague pour faire diversion du fait que ce terme se réfère aux “riches et biens nés” pour lesquels Madison étaient si préoccupés. Comme l’observe Fernand Braudel dans sa “Grammaire des civilisations” (1987) :

La déclaration d’indépendance des Etats-Unis proclama le droit de se rebeller et d’être égaux devant la loi. Mais la grande idée qui préoccupa et motiva les propriétaires terriens, les hommes d’affaire, les avocats, les patrons de plantations, les spéculateurs et les banquiers, ces “aristocrates”, était de sauvegarder et préserver la propriété, la richesse et le privilège social. L’Amérique était nouvellement née, mais elle avait déjà des gens riches dont la richesse les prédisposait à mener les autres. Nous en avons pour preuve ce que disaient les pères fondateurs assemblés à la Convention de Philadelphie, ou de lire leur correspondance avec leurs pairs. Leurs assomptions de base sont très claires. Charles Pickney, un jeune planteur, proposa que seuls ceux possédant au moins 100 000 US$ pouvaient devenir président. Alexander Hamilton appela à l’étouffement de “l’impudente démocratie”. Tous, comme Peggy Hutchinson, fille de gouverneur, regardaient les masses comme la “foule crasseuse”.

“Un jeune diplomate et homme d’état, le gouverneur Morris, déclara : “La foule commence à penser et à raisonner. Pauvres reptiles ! Ils se réchauffent au soleil et bientôt, ils vont mordre… Les gentilshommes commencent à les craindre.” L’avocat et politicien James Murray Mason reconnut : “Nous avons été trop démocrates… faisons attention à ne pas aller trop loin dans l’autre extrême.” Personne finalement fut plus imbu des sacro-saints principes de démocratie que Jeremy Belknap, un prêtre de la Nouvelle-Angleterre ; pourtant il écrivit à un de ses amis : “Nous devrions soutenir en tant que principe que le gouvernement dérive du peuple, mais obliger le peuple à comprendre qu’il n’est pas capable de gouverner par lui-même.

Braudel conclut qu’il y “avait un ordre à imposer au nom de la liberté et de l’égalité et que c’était un ordre capitaliste”, dans lequel “le pouvoir et la responsabilité appartiennent aux riches.” Qu’en est-il donc de ces gens du bas de la pyramide sociale ? Comme le fait remarquer Braudel “Les autres reçurent la grande concession d’être protégés des riches alors que les riches étaient contre eux.” Ainsi, lorsque nous parlons de la constitution des Etats-Unis, nous parlons d’un système de gouvernement, créé par des propriétaires terriens, des hommes d’affaire, des avocats, des planteurs, des propriétaires d’esclaves, des banquiers et des spéculateurs, que les riches mirent en place comme moyen d’organiser l’utilisation du pouvoir coercitif pour les protéger, eux, leurs propriétés et leur privilège de blancs contre la masse du commun. Pour nous aujourd’hui, en tant que peuples et nations natifs de ce continent, dire que nos cultures natives “ont fourni les principes démocratiques de base incarnée fans la constitution des Etats-Unis”, n’est rien d’autre que de perpétuer une erreur et un mensonge tout en déformant le narratif historique dans une proportion incroyable.

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Lectures complémentaires :

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

 


« Livre », croix et épée, piliers coloniaux


Combattant le terrorisme depuis… 1492 !

Racisme et antiracisme comme outils de la division et de l’ingénierie sociale (Thierry Meyssan)

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“Bref, ni le pouvoir et la puissance de l’État centralisé, ni les enseignements doctrinaires de la haine mutuelle et de la lutte sans merci qui vinrent parés des atours de la science, en provenance de philosophes et sociologues obéissants, n’ont pu se débarrasser du sentiment de solidarité humaine, profondément logé dans la compréhension des hommes et dans leur cœur, parce que ceci a été chéri et cajolé par toute notre évolution précédente.
[…] Et l’Homme est appelé à être guidé dans ses actes, non pas seulement par l’amour qui est toujours personnel, ou au mieux tribal, mais par la perception de son unicité, du sentiment de ne faire qu’un avec chaque être humain.”
~ Pierre Kropotkine, “L’entraide, un facteur de l’évolution” ~

L’ouvrage mentionné et cité ci-dessus est l’antidote absolu à l’idée même de hiérarchie des espèces et des “races”, un antidote au racisme qui n’est qu’une construction sociale, un artifice construit pour maintenir le rapport dominant / dominé sous toutes les coutures possibles. Analyse intéressante de Thierry Meyssan sur le sujet et dont nous adhérons à la conclusion.

~ Résistance 71 ~

 


« Les martyrs, cher ami, doivent choisir d’être oubliés,
raillés ou utilisés ; quant à être compris, jamais. »
~ A. Camus, « La chute », 1956 ~

 

Racisme et antiracisme comme mensonges

 

Thierry Meyssan

 

16 juin 2020

 

url de l’article original:

https://www.voltairenet.org/article210211.html

 

Les idéologies de l’antiracisme et du racisme se fondent sur la même imposture : il existerait des races humaines distinctes ne pouvant avoir de descendance commune en bonne santé ; postulat stupide dont chacun peut constater l’ineptie. Interrogés à ce sujet, les partisans de ces deux idéologies ne peuvent qu’assurer parler au figuré, mais reprennent peu après leur interprétation raciale de l’humanité et de son histoire. Comme le montre Thierry Meyssan, ce couple passionné n’a jamais servi que les intérêts des puissances dominantes.

Les communautés humaines ont tendance à surestimer leur mode de vie et à se méfier de celui des autres. Pour maintenir la cohésion de leur groupe, certains de ses membres ont un réflexe de rejet des nouveaux arrivants. Cependant, dès qu’ils font leur connaissance, qu’ils comprennent que ce sont des hommes comme eux, les tensions s’apaisent.

À ce fonctionnement ethnologique, des idéologies sont venues s’ajouter au XIXème et XXème siècle : le racisme et l’antiracisme. Dans le contexte de l’impérialisme britannique et du développement de la biologie et de la génétique, ces théories permettaient de justifier la hiérarchie ou l’égalité en droits des populations.

Le racisme scientifique

Suite aux théories de Charles Darwin (1809-1882) sur l’évolution des espèces animales, Herbert Spencer (1820–1903), posa qu’il existait des races humaines distinctes et que la sélection naturelle avait abouti à la supériorité des Blancs. C’était le début du « social-darwinisme ». Un cousin de Darwin, Sir Francis Galton (1822-1911), étalonna les races et relia le taux de fécondité des femmes à la dégénérescence des individus. Il put ainsi non seulement prouver la supériorité des Blancs sur les gens de couleur, mais aussi des riches sur les pauvres.

Un « consensus scientifique » établit que les accouplements interraciaux étaient à l’origine de nombreux handicaps. Dès lors, il devenait indispensable de les interdire au même titre que l’inceste pour préserver chaque race. C’était l’« eugénisme ». La mise en application de ce principe fut d’autant complexe que, quelle que soit la définition de chaque race, aucun individu n’est de race pure, par conséquent chaque situation est sujette à discussion. Aux États-Unis cette logique ne conduisit pas seulement à décourager la formation de couples entre Européens d’un côté et Indiens, Noirs ou Chinois de l’autre, mais aussi à privilégier les Blancs Anglo-Saxons sur les Blancs non-Anglo-Saxons (Italiens, Polonais, Serbes, Grecs etc.) (Immigration Act en vigueur de 1924 à 1965).

L’Institut du Kaiser Wilhelm (équivalent allemand du CNRS français) démontra que non seulement la préservation de la race exigeait de ne pas se reproduire avec des individus de race différente, mais aussi de ne pas s’accoupler du tout. En effet, dans le cas de pénétration anale, les gènes de l’un et de l’autre se mêlaient bien que n’ayant pas de descendance. D’où la prohibition de l’homosexualité par les nazis.

Il fallut attendre la chute du nazisme et la décolonisation pour que le « consensus scientifique » se retourne et que l’on prenne conscience de l’incroyable diversité au sein de chaque race supposée. Ce qui nous ressemble chez certains individus d’autres races supposées est beaucoup plus important que ce qui nous distingue d’individus de notre race supposée.

En juillet 1950, l’Unesco proclame l’inanité du « darwinisme social » et de l’« eugénisme ». Tout simplement, l’humanité est certes issue de plusieurs races d’homo sapiens préhistoriques distinctes, mais ne constitue qu’une seule race dont les individus peuvent s’accoupler sans risques. Évidemment, il n’était pas nécessaire d’être scientifique pour le remarquer, mais les idéologies impérialiste et coloniale avaient provisoirement obscurci l’esprit des « savants ».

Le racisme juridique

Alors que les scientifiques retrouvaient leur unité, les juristes se divisaient en deux manières différentes d’aborder la question. Cette fois ce ne sont pas les idéologies impérialiste et coloniale qui les séparent, mais leurs conceptions de la Nation. Pour les Anglo-Saxons, celle-ci est un rassemblement ethnique (au sens culturel), tandis que pour les Français, elle est un choix politique. Le principal dictionnaire juridique US dispose : « Nation : Un grand groupe de personnes ayant une origine, une langue, une tradition et des coutumes communes constituant une entité politique » (“Nation : A large group of people having a common origin, language, and tradition and usu. constituting a political entity,” Black’s Law Dictionary, 2014). Au contraire la France depuis la Révolution dispose : Nation : « Personne juridique constituée par l’ensemble des individus composant l’État » (Arrêté du roi Louis XVI du 23 juillet 1789).

La vision française est aujourd’hui à peu près universelle, celle des Britanniques n’est défendue que par eux et par leurs créations coloniales : les Frères musulmans et le RSS indien [1].

Ainsi malgré les progrès de la science, les Britanniques vivent aujourd’hui sous le Race Relations Act 1976 (Lois sur les relations raciales de 1976) et sont arbitrés par la Commission for Racial Equality (Commission pour l’égalité raciale), tandis que les textes officiels français parlent de « prétendue race ». Dans la pratique, les deux sociétés n’établissent pas de différences « raciales », mais de classe sociale pour les Britanniques et de niveau social pour les Français.

L’antiracisme

En Occident, l’antiracisme est désormais confondu avec l’antifascisme. Alors même qu’il n’y a plus de racisme faute de races, ni de fascisme, faute des situations économiques auxquelles cette pensée répondait. Les groupes qui se réclament de ces idées ont aujourd’hui la particularité de se réclamer de l’extrême-gauche anticapitaliste, mais d’être subventionnés par le spéculateur George Soros et de travailler pour le compte de l’Otan, champion du capitalisme. Ils disposent donc d’un entraînement militaire.

C’est non sans délectation que le président turc Recep Tayyip Erdoğan n’a pas manqué de souligner, lors d’un entretien téléphonique avec son homologue US le 8 juin 2020, que l’Otan avait utilisé les Brigades internationales antifascistes à la fois contre la Syrie et contre la Turquie [2] ; les mêmes « Antifas » qui coordonnent les émeutes antiracistes actuelles aux États-Unis.

En réalité, le racisme et l’antiracisme sont les deux faces d’une même pièce. Tous deux se fondent sur le fantasme des races dont nous savons pourtant qu’elles n’existent pas. Dans les deux cas, il s’agit d’un conformisme à l’air du temps. Les racistes correspondaient aux idéologies impérialiste et coloniale, les antiracistes à la globalisation financière. Leur unique utilité politique commune est d’occuper le terrain pour masquer les authentiques luttes sociales.

Notes :

[1] « Histoire mondiale des Frères musulmans » (6 parties), Thierry Meyssan, 21 juin 2019. « Déjà 10 mois de confinement du Jammu-et-Cachemire », par Moin ul Haque, Dawn (Pakistan) , Réseau Voltaire, 10 juin 2020.

[2] « Les Brigades anarchistes de l’Otan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 septembre 2017.

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


Décolonisons le monde !… Croire que nous vivons
dans un monde « post-colonial »
quand la marchandise a tout colonisé est…
pure utopie ! Le racisme est un dérivé marchand…

Rapport dominant / dominé : Une vue sur l’esclavage et la domination blanche (Steven Newcomb)

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“D’abord les Hollandais, puis les Anglais, dominèrent  le commerce des esclaves. dès 1795, Liverpool avait plus de 100 navires transporteurs d’esclaves et comptait pour environ la moitié du commerce négrier européen… En 1800, entre 10 et 15 millions d’Africains avaient été transportés vers les Amériques, représentant environ un tiers de tous les noirs africains capturés en Afrique. On estime que le continent africain a perdu plus de 50 millions de personnes entre les morts violentes et l’esclavage au cours de ces siècles que nous appelons le début de la civilisation moderne occidentale et ce aux mains d’esclavagistes commerçants et propriétaires de plantations en Europe occidentale et en Amérique, ces pays dits les plus avancés au monde…”
~ Howard Zinn, “Une histoire populaire des Etats-Unis”, 1980 ~

“Votre révérence m’écrit que vous désireriez savoir si les nègres qui sont envoyés vers vos contrées ont été légalement capturés. A ceci je répond que votre révérence ne doit avoir aucun scrupule sur ce point, parce que ceci est une question qui a été posée au comité de conscience de Lisbonne et que tous ses membres sont des hommes instruits et consciencieux, ainsi qu’aux évêques de Sao Tomé, du Cap Vert et ici à Loando, tous des hommes savants, pieux et vertueux, ne trouvent aucun défaut à tout ceci. Nous sommes nous-mêmes ici depuis 40 ans et il y a eu parmi nous des Pères très instruits… Ils n’ont jamais considéré ce commerce comme illicite. Ainsi, nous, ainsi que les Pères du Brésil, achetons ces esclaves pour notre service sans aucun scrupule.”
~ Frère Luis Brandaon en réponse à une lettre du Père catholique Sandoval dans laquelle celui-ci demandait la position de l’église catholique sur le commerce des esclaves, lettre du 12 mars 1610, cité par Howard Zinn dans son “Histoire populaire des Etats-Unis”, 1980 ~

 

 

Une vue sur l’esclavage et la domination blanche

 

Steven Newcomb

 

30 avril 2020

 

url de l’article original:

https://originalfreenations.com/a-view-of-slavery-and-white-domination/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Depuis l’élection de D. Trump comme président des Etats-Unis, on insiste de nouveau sur la “suprématie blanche” et le “nationalisme blanc” et leurs rôles dans l’origine des Etats-Unis.

En résultat de la commémoration du 400ème anniversaire de l’arrivée du premier vaisseau chargé d’esclaves en Virginie en 1619, les gens en 2019 ont passé pas mal de temps à réfléchir sur la connexion entre l’esclavage et l’origine des Etats-Unis. Menant à cette année, James Oliver Horton et Lois E. Horton ont publié leur livre “Slavery and the Making of America” (Oxford University Press), comme compagnon de lecture à une série télévisée éponyme du Public Broadcasting Service (PBS).

Il semble remarquable que la forme de domination appelée “esclavage” ne s’est officiellement terminée aux Etats-Unis qu’il n’y a qu’un peu plus de 150 ans Je trouve curieux que le dictionnaire Webster’s Third New International Dictionary (1996), ne liste pas une seule fois le mot “domination” dans sa définition de l’esclavage.

Parmi les entrées effectuées sous le mot “esclavage” / “slavery” nous trouvons : “travail forcé, corvées” et “soumission à une influence dominante”. focaliser sur la personne dominée comme étant “soumise” garde l’attention hors du dominant qui est activement engagé dans un acte de domination sur l’autre personne ou en d’autres termes, qui impose un système sur l’esclave.

La définition du dictionnaire Webster’s liste aussi “l’exploitation inhumaine d’un bien”, plutôt que les termes “d’exploitation inhumaine d’autres êtres humains”. Le mot anglais “chattel” remonte aux temps médiévaux et du mot “chatel” voulant dire “biens, propriété” et le terme latin moyen “capitale”.

Une question se pose du point de vue du maître d’esclave : est-il possible de s’engager dans une “exploitation inhumaine” d’un bétail non-humain, de biens ou de propriété ? Le philosophe anglais William Backstone appelait la propriété “le dominion despotique”, qui est correctement traduit par “domination”.

d’après Dictionnary.com “la suprématie blanche” est la croyance, la théorie ou la doctrine disant que les humains de race blanche sont supérieurs de manière inhérente aux personnes de tous les autre groupes raciaux, spécifiquement noirs et sont donc de droit le groupe dominant de toute société. Wikipedia, bien que ne considérant pas une source faisant autorité ajoute:

Le terme est aussi typiquement utilisé pour décrire une idéologie politique qui perpétue et maintient la domination sociale, politique, historique ou institutionnelle des blancs.” Wikipedia ajoute de plus qu’une telle domination est “prouvée par les structures socio-politiques historiques et contemporaines comme la traite d’esclaves trans-atlantique, les lois de Jim Crow aux Etats-Unis et le régime d’apartheid en Afrique du Sud.

Voici donc la question à laquelle je veux en venir : étant donné que la suprématie blanche est vue comme une idéologie politique qui perpétue et maintient la “domination des hommes blancs”, pourquoi n’est-elle jamais appelée “domination blanche”  lorsqu’elle est défiée ou débattue dans les médias ou les forums sociaux ?…

Nous avons vu comment le dictionnaire place une emphase sur l’être caractérisé comme “soumis”. Pourquoi ne pas dire “ils sont dominés” plutôt que de dire qu’ils sont “soumis”. Sans doute parce que cela mettrait alors l’emphase sur ceux qui s’engagent dans la domination systématique des autres. Ce type d’attention mettrait alors l’accent sur les dominateurs plutôt que sur ceux qui sont dominés. Dans le contexte de “suprématie blanche”, le mot “suprématie” veut dire “domination”. La “domination blanche” est le terme le moins poli pour nommer précisément ce qu’il s’est passé depuis des siècles. En appelant un chat un chat avec le terme de “domination”, nous fournissons un cadre de vision et de compréhension bien plus juste et éloquent.

Les schémas et arrangements de la domination du passé continuent de dominer le présent. Nulle art ceci est plus évident que dans le domaine de la loi et politique fédérales sur les Indiens. Depuis la fondation des Etats-Unis, lorsque l’esclavage fut inscrit dans la constitution américaine, il y a eu un effort concerté d’établir et de maintenir un système de domination sur les peuples et nation natifs sur la base de la distinction entre le “peuple chrétien” et les “natifs païens”, pour citer la décision de la Cour Suprême des Etats-Unis de 1823 dans l’affaire Johnson vs M’Intosh.

Ce qui est appelé suprématie blanche a émergé de l’empire chrétien (chrétienté) et de la domination exemplifié par les documents en langue latine émis par la Papauté au XVème siècle sous forme de bulles pontificales et leurs traductions anglaises ; j’y ai trouvé un vocabulaire bien établi utilisant des expressions de domination ce de différentes façons comme : envahir, capturer, vaincre, soumettre, réduire en esclavage perpétuel et saisir toutes leurs possessions et propriétés.

Ce vocabulaire et code de la domination illustrent la signification du mot de langue anglaise “dominion”, qui expose à son tour la véritable signification de la phrase de la Cour Suprême des Etats-Unis utilisée dans son rendu de l’affaire Johnson vs McIntosh “ultimate dominion”, en 1823. Cette décision est la base fondamentale de l’affirmation des Etats-Unis de leur droit de domination sur toutes les nations natives. Il est intéressant de savoir que dans le temps de Rome le fléau à flageller, utilisé par le maître pour flageller son esclave, était un symbole de dominio qui en latin veut dire dominer. (NdT: pour voir cette saloperie à l’œuvre, cf la scène de la flagellation de Jésus dans le “Passion” de Mel Gibson, réaliste à souhait…)

Le mot “dominion” peut paraître bénin en anglais, mais c’est un mot horrible, précisément défini comme “un droit affirmé de domination avec droit de vie ou de mort”. (NdT: Notons qu’il n’y a pas encore si longtemps, la Canada ne pouvant émettre ses propres passeport que depuis 1982… Le Canada et ses “citoyens” se déplaçaient avec un passeport britannique où il était notifié : “Dominion of Canada”, c’est à dire que le Canada était, et est toujours, une domination de la couronne britannique, qui y exerce son “droit” de domination, en clair, le Canada est une entité coloniale servant la “couronne”, de fait La City de Londres qui est la “couronne”…)

Rappelez-vous que cette idée de “domination blanche chrétienne” sur les “païens” est toujours le fondement du système idéologique actuel américain appelé “Loi et politique fédérales indiennes”.

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Lectures complémentaires:

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

Compilation Howard Zinn

« Comprendre le système légal de l’oppression coloniale », Steven Newcomb

« Les chaînes de l’esclavage », Jean-Paul Marat

« Discours sur e colonialisme », Aimé Césaire

« Peau noire, masque blanc », Frantz Fanon

« La pédagogie des opprimés », Paulo Freire

 

Colonialisme d’hier et d’aujourd’hui… La continuité coloniale au Canada et la farce de la Commission Vérité et Réconciliation (Steven Newcomb)

Posted in actualité, canada USA états coloniaux, colonialisme, crise mondiale, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 10 juin 2020 by Résistance 71

 


Natifs vs Colons (Oka 1990)

 

La réconciliation et l’affirmation du Canada d’un droit de domination sur les nations natives

 

Steven Newcomb

 

21 mai 2020

 

url de l’article original:

https://originalfreenations.com/reconciliation-and-canadas-claim-of-a-right-of-domination-over-native-nations/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Regardons de plus près le processus de “Vérité et Réconciliation” embrassé par le Canada. Dans un contexte particulier, “réconcilier” veut dire “restaurer l’amitié”. Soyons clair ici, il n’est pas possible de “restaurer” une amitié qui n’a jamais existé en première instance entre la société dominante du Canada et les peuples et nations originels du continent. 

Considérons une autre définition de réconciliation, “causer la soumission ou accepter” et “amener à l’acquiescement”. Supposez que le gouvernement du Canada (et des ses provinces variées) aient utilisé le mot “réconciliation” dans un effort de “causer” le fait que les peuples indigènes “se soumettent ou acceptent” l’affirmation faite par le Canada d’un droit à la “domination de la Couronne”. Supposez qu’il ait voulu amener les nations natives du continent à “acquiescer” à l’affirmation du Canada et de son droit de domination sur les nations natives.

Il y a une excellente raison pour un pays comme le Canada de mettre en marche un processus étiqueté “réconciliation” en relation à nos nations originelles. Le Canada a voulu utiliser ce processus pour tromper les nations natives à accepter passivement l’idée que le Canada possède un droit légitime de “souveraineté” sur les nations originelles et les peuples de ce continent. Le potentiel de sécuriser l’acquiescement, financièrement très lucratif, des nations natives à l’affirmation de la domination de la “couronne” (NdT: de fait la City de Londres, qui est la “couronne”…) créa une excellente raison pour le gouvernement du Canada d’utiliser ce concept de “réconciliation”.

Réconciliation n’est pas un mot de libération. C’est un mot de soumission et de mise au pas. Il est maintenant typiquement utilisé par l’église catholique en remplacement du mot de “confession”. C’est un mot piège. Il peut mener par exemple, à l’acceptation par nos nations natives de l’affirmation de souveraineté fédérale ou de la couronne, de leur domination sur nos existences mêmes. Le mot réconciliation est fait pour apaiser et pacifier le mécontentement bruyant de mouvements comme Idle No More et Standing Rock. De mon point de vue, ce mot est utilisé pour nous endormir.

La preuve pour soutenir cette assertion se trouve dans le rapport final de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) du Canada de juillet 2019. Après avoir discuté dans les grandes largeurs de la soi-disante doctrine de la découverte, le rapport dicte : “Nous ne suggérerions pas que la répudiation de la doctrine de la découverte mène nécessairement à l’invalidation de la souveraineté de la couronne.


Reconciliation mohawk…

Exprimons ceci de nouveau en langage plus simple : l’analyse de la doctrine de la découverte par ceux qui ont écrit ce rapport final de la commission n’a pas provoqué chez ces rédacteurs le moindre questionnement sur la validité de l’affirmation d’un droit de domination (exprimé sous la forme de “souveraineté”) de la part de la couronne. Les rédacteurs semblent dire : “Nous sommes prêts à accepter l’affirmation de domination de la couronne (“souveraineté”) comme étant valide bien que le fondement de cette affirmation de droit de domination par la Couronne est l’invalide doctrine de la découverte, qui mérite elle, d’être répudiée.

Le rapport final de la CVR exprime la vision du gouvernement du Canada, en tant que pays appartenant au Commonwealth. Cela ne devrait pas surprendre que des représentants de la “couronne” soient prêts à accepter l’affirmation par cette même couronne d’un droit de domination (‘“souveraineté”) en relation avec les peuples et nations originels.

Le rapport final de la CVR dit : “La doctrine de la découverte… a été invoquée comme justificatif de l’exploitation continue jusqu’à ce jour des ‘terres, territoires et ressourcesdes peuples indigènes.” Soyons plus précis sur ce point : C’est l’affirmation d’un droit de domination par la couronne britannique, que l’on peut tracer depuis la charte donnée à John Cabot et son fils en 1496 et toute la série de bulles pontificales remontant au XVème siècle (NdT: Dum Versitas (1452), Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493) pour être plus précis), que le Canada a utilisées pour justifier l’exploitation continuelle jusqu’à ce jour des ‘terres, territoires et ressources’ des peuples indigènes. L’affirmation d’un droit de domination de la couronne puise son origine dans l’image d’un monarque chrétien devenant le premier représentant de l’empire chrétien (chrétienté, NdT: qui n’est autre qu’une extension de l’empire romain depuis l’empereur Constantin…) à localiser des terres non chrétiennes, terres sur lesquelles aucun système de domination chrétienne ne s’est encore exercé. Une définition de la propriété se colle à l’affirmation de la couronne sur les terres et les territoires des nations originelles du continent : “le premier établissement d’une domination physique socialement approuvée sur des parties du monde naturel.


Doctrine chrétienne de la découverte

Nous trouvons cette imagerie exprimée dans la charte de John Cabot de 1496 par exemple. Les Cabot devaient avancer et “subjugare” (subjuguer, dominer) les terres au nom du roi, de ces païens infidèles inconnus du peuple chrétien.” Cette commission royale donnée aux Cabot n’est juste qu’un document utilisé pour justifier de la domination et exploitation perpétuelles des terres, territoires et ressources de nos nations originelles de l’Île de la Grande Tortue.

Pourtant, le rapport final de la CVR s’arrête court de défier l’affirmation de droit de domination de la couronne. Ce rapport ne fait que cadrer la doctrine de la découverte en termes d’”histoire européenne et évite de l’étiqueter ‘chrétienne’. (NdT: Rappelons ici que le livre de l’auteur de cette article s’intitule: “Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte”… dont nous avons traduit de larges extraits.) Le rapport de la commission évite donc soigneusement de reconnaître que la soi-disante doctrine de la découverte est enracinée dans l’idée de Peuple Élu, de Terre Promise, de la bible et de christianisme. Le rapport dit que la souveraineté de la couronne est toujours valide même après que la base fondamentale de cette affirmation de “souveraineté de la couronne” (domination) ait été rejetée.

Comment pouvez-vous répudier la fondation conceptuelle de l’affirmation de la couronne sur son droit de domination sur les peuples et nations originels tout en maintenant l’affirmation de la couronne sur son droit de domination ? Vous le faites en affirmant que bien que la source de l’affirmation de la couronne sur son droit de domination se soit révélé être invalide, vous devez affirmer que cette révélation ne mène pas à la conclusion que l’affirmation qui a émergé de cette source invalide, soit elle-même invalide.

En écrivant soigneusement d’une manière “réconciliante” (“acquiesçante” donc) envers l’affirmation du Canada d’un droit de domination de la couronne, les scribes du rapport final de la CVR ont appelé à la répudiation de la fondation conceptuelle de la “souveraineté de la couronne” sans appeler à la répudiation de l’idée de la “souveraineté de la couronne” (“domination”). Les auteurs du rapport final de la CVR ont dit “il y a d’autres moyens d’établir la souveraineté de la couronne”, mais ils n’ont as mentionné lesquels. Peut-être se sont-ils arrêtés courts dans le partage de cette information parce qu’ils ne pouvaient pas se figurer quels pouvaient bien être ces “autres moyens”.

Quoi qu’il en soit, le rapport final de la CVR échoue à expliquer pour quelle raison les nations originelles de ce continent devraient avoir pour acquiescer à l’affirmation du Canada sur un droit de domination de la couronne sur elles. Maintenant, la base conceptuelle de l’affirmation de droit de domination de la couronne sur les nations natives s’est révélée n’être qu’une escroquerie basée sur la bible, le christianisme, des bulles pontificales et le racisme européen ainsi que les idées exprimées par le juge de la Cour suprême des Etats-Unis John Marshall dans sa décision dans l’affaire Johnson contre M’Intosh qui fut édictée par la Cour Suprême en 1823.

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Résistance au terrorisme depuis… 1492 !

 

Lire le contre-rapport de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) du Canada (PDF):

“Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada”, Tribunal International des Disparus du Canada (TIDC)

Lectures complémentaires en PDF :

“Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte, Steven Newcomb, 2008

“Comprendre le colonialisme” avec Peter D’Errico et Steven Newcomb

“Wasase” et “Manifeste indigène”, Taiaiake Alfred

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

 


Steven Newcomb, Shawnee
Historien & légiste

 

Analyse historique : Les Etats-Unis… épitomé de la culture coloniale occidentale, de son racisme et de sa barbarie (Andre Vltchek)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, crise mondiale, France et colonialisme, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 8 juin 2020 by Résistance 71

 

 

“Les Etats-Unis d’Amérique… créés par une clique d’esclavagistes qui voulurent être … libres !”
~ George Carlin ~

George Floyd… Parce que nous sommes tous des colonisés !
~ Résistance 71 ~

 

“Le monde ne peut pas respirer !” Écrasé par les Etats-Unis, un pays construit sur le génocide et l’esclavage

 

Andre Vltchek

 

5 juin 2020

 

Source de l’article en français:

https://www.mondialisation.ca/le-monde-ne-peut-pas-respirer-ecrase-par-les-etats-unis-un-pays-construit-sur-le-genocide-et-lesclavage/5646323

 

Plus de deux siècles de mensonges sont maintenant dévoilés. Les contes farfelus sur la liberté et la démocratie s’effondrent comme des châteaux de cartes.

La mort d’un homme déclenche une avalanche de rage chez ceux qui, pendant des années, des décennies et des siècles, ont été humiliés, ruinés et exterminés.

Cela s’est toujours passé de la même manière tout au long de l’histoire de l’humanité – une seule mort, une seule « goutte de trop », un événement qui déclenche toute une chaîne d’événements, et soudain, plus rien n’est pareil. Rien ne peut plus être pareil. Ce qui semblait inimaginable hier encore, devient « la nouvelle normalité » littéralement du jour au lendemain.

Depuis plus de deux siècles, le pays qui se qualifie lui-même de pinacle de la liberté, est en fait tout le contraire de cela ; l’épicentre de la brutalité et de la terreur.

Dès sa naissance, afin de « libérer l’espace » pour ses colons européens brutaux et impitoyables, il a systématiquement liquidé la population locale du continent, au cours de ce qui pourrait largement être décrit comme l’un des génocides les plus scandaleux de l’histoire humaine.

Lorsque les Blancs ont voulu des terres, ils les ont prises. En Amérique du Nord, ou n’importe où dans le monde. Dans ce qui est aujourd’hui les États-Unis d’Amérique, des millions « de natifs » ont été assassinés, infectés volontairement par des maladies mortelles ou exterminés de différentes manières. La grande majorité des premiers propriétaires légitimes de la terre ont disparu. Les autres ont été enfermés dans des « réserves ».

En même temps, la « Terre de la Liberté » a prospéré grâce à l’esclavage. Les puissances coloniales européennes ont littéralement pourchassé les êtres humains sur tout le continent africain, les empaquetant, comme des animaux, dans des bateaux, afin de satisfaire la demande de main-d’œuvre gratuite dans les plantations d’Amérique du Nord et du Sud. Les colonialistes européens, main dans la main, ont coopéré, en commettant des crimes, dans toutes les parties du monde.

Que sont réellement les États-Unis ? Quelqu’un se demande-t-il, en faisant des recherches sur ses racines ? Qu’en est-il ; une réponse simple et honnête : Les États-Unis sont essentiellement la progéniture musclée de la culture colonialiste européenne, de son exceptionnalisme, de son racisme et de sa barbarie.

Encore une fois, des faits simples : d’énormes parties des États-Unis ont été construites sur l’esclavage. Les esclaves étaient humiliés, violés, torturés, assassinés. Quelle façon monstrueuse d’écrire les premiers chapitres de l’histoire du pays !

Les États-Unis, un pays de liberté ? Pour qui ? Sérieusement ! Pour les blancs chrétiens ?

Quel récit déformé ! Pas étonnant que notre humanité soit devenue si perverse, si immorale, si perdue et confuse, après avoir été façonnée par un récit qui a été fabriqué par un pays qui a exterminé la grande majorité de ses propres fils et filles indigènes, tout en s’enrichissant démesurément grâce à des vols inimaginables, des meurtres de masse, l’esclavage et plus tard – le semi-esclavage de la dictature corporative sauvage !

La brutalité endémique et institutionnalisée aux États-Unis a fini par s’étendre à toutes les régions de la planète. Aujourd’hui, depuis plusieurs décennies, les États-Unis traitent le monde entier comme une multitude d’esclaves personnels. Qu’est-ce qu’ils nous offrent à tous : des guerres constantes, des occupations, des expéditions punitives, des coups d’État, des assassinats réguliers de dirigeants progressistes, ainsi qu’un pillage complet des entreprises. Des centaines de millions de personnes ont été sacrifiées sur le grotesque autel américain de la « liberté » et de la « démocratie ».

Liberté et démocratie, vraiment ?

Ou peut-être simplement le génocide, l’esclavage, la peur et la violation de tous ces rêves humains merveilleux et naturels, et de la dignité humaine ?

Puis la mort d’un seul homme dont le cou a été écrasé par le genou d’un flic sans pitié. Et le pays a explosé. Des centaines de milliers de combattants et de militants pro-démocratie inondent maintenant les rues de Minneapolis, Washington, New York, Atlanta, Los Angeles et d’autres villes américaines.

La mort de George Floyd est vraiment un symbole, car les Noirs sont assassinés de la manière la plus méprisable qui soit, presque tous les jours. De janvier 2015 à ce jour, par exemple, 1 250 citoyens afro-américains ont été abattus par la police, aux États-Unis démocratiques.

Dans le « Pays de la Liberté », 2,3 millions d’êtres humains pourrissent vivants dans les prisons de plus en plus privatisées. Le taux de prisonniers aux États-Unis est le plus élevé au monde. Garder les gens derrière les barreaux est une affaire de gros sous. Les minorités constituent un pourcentage disproportionné des détenus.

Et ce n’est pas tout. En fait, le monde entier est déjà devenu une immense prison. Regardez autour de vous : la planète entière est maintenant surveillée, contrôlée à la manière très spéciale et très approfondie des États-Unis ; surveillée, brutalisée, et si elle ose protester – impitoyablement réprimée.

Les termes essentiels sont tous déformés. Le pays qui maltraite son propre peuple, ainsi que le monde entier, est défini par son système de médias et de propagande d’entreprise, comme « libre » et « démocratique ». Les nations qui défendent leur propre peuple contre le diktat brutal de l’empire sont insultées, appelées « régimes » et « dictatures ».

J’ai déjà décrit cette folie dans mon livre de 800 pages, « Exposer les Mensonges de l’Empire », après avoir été témoin de certaines des tendances les plus meurtrières déployées par les États-Unis dans quelque 160 pays.

Le meurtre de George Floyd a déchaîné la résistance ; il a ouvert les yeux d’un grand nombre de personnes. Aux États-Unis, et partout ailleurs. M. Floyd, les Afro-Américains, les Amérindiens et les autres opprimés des États-Unis sont les frères et sœurs de ces milliards d’hommes et de femmes qui sont, à ce jour, colonisés, brutalisés et assassinés par l’Empire, partout dans le monde.

Que ce soit le début d’une nouvelle vague de la lutte de libération mondiale !

Maintenant, de plus en plus de gens peuvent enfin voir ce que peu d’entre nous ont répété pendant des années : Le monde entier a le cou écrasé par la botte américaine. Le monde entier « ne peut pas respirer » ! Et le monde entier doit se battre pour son droit de pouvoir respirer !

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Lire aussi:

Nous sommes tous des colonisés!

Effondrer le colonialisme 

« Vous ne pouvez pas être neutre dans un train en marche » Howard Zinn

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

Et aussi :

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

… Nous mêmes (photo ci-dessous: Oka 1990)

Coronavirus : Regard natif sur le bocal colonialiste infectieux (Mohawk Nation News)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, canada USA états coloniaux, colonialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 29 avril 2020 by Résistance 71

 

 

“Ça s’appelle le rêve américain parce que vous devez être endormi pour y croire.”
~ George Carlin ~

 

Le dernier avertissement

 

Mohawk Nation News

 

26 avril 2020

 

url de l’article original:

https://mohawknationnews.com/blog/2020/04/26/the-final-warning/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le CoV19 est devenu partie intégrante des 95% de la dépopulation du monde selon l’agenda 21 et 30 de l’ONU.

En 1974, l’ONU a informé le monde que l’État n’avait que faire de “bouches inutiles”. Les maîtres des colons établis sur l’Île de la Grande Tortue mirent en place un système décidant de qui allait vivre ou mourir. Les envahisseurs ont répandu virus et bactéries sur nous et 150 millions d’entre nous, natifs du continent, furent exterminés. Les envahisseurs établirent des lois afin de s’octroyer le droit de nous assassiner sans être accusés ni condamnés pour homicide. Nous fûmes déclarés être des non-personnes. Les immigrants [européens chrétiens] reçurent la permission de nous exterminer et de voler notre terre. Ils commencèrent avec les virus qu’ils amenèrent d’Europe, puis mirent nos têtes à prix, puis nos scalps. Maintenant, c’est le CoV19 qui est arrivé, il va se diluer dans l’environnement pour revenir ensuite. Les colons sont conditionnés psychologiquement à obéir à leurs maîtres qui les maintiennent sous un état hypnotique.

Leur homme médecine sans aucune éducation suggère même qu’ils s’injectent des produits de nettoyage pour tuer le virus. Tout le monde est mis en quarantaine à la maison, les gens doivent rester à 2m de distance les uns des autres, porter des masques filtrant, se laver constamment les mains et ne doivent pas aller dans leur résidence secondaire. Ils n’ont plus de travail, plus d’argent. Les commerces sont fermés. Le prix du pétrole s’est effondré à un prix négatif au baril. Les vieilles personnes tombent comme des mouches et maintenant leurs maîtres leur suggèrent de jouer à la roulette russe avec leur santé en retournant au travail et en tentant leur chance de ne pas mourir du virus.

Le gouvernement contrôle la fourchette et donc la population. De plus en plus de personnes constatent à quel point leur existence est inutile. Ils ne font que le sale boulot de leur maître. Ils veulent retourner à ce qui est “normal”, c’est à dire continuer de détruire notre mère nature dans le monde entier.

Leur routine est la suivante: le couple se lève le matin et chacun va son chemin différent. Maintenant, ils sont ensembles tout le temps et les relations s’effondrent. Les crimes venus d’Europe comme l’inceste, la pédophilie et l’abus d’enfants montrent leurs sales têtes maintenant plus que jamais.

Changer leur routine a occasionné une énorme confusion. Leur système éducatif les conditionne à faire exactement la même chose chaque jour et à la même heure. Extinction des feux, dormir, se lever, manger, s’assoir à un bureau des heures durant, ou aller à l’usine, obéir à leurs maîtres.

Ils sont obnubilés par leur salaire et se jalousent les uns les autres au sujet d’une existence matérialiste. Le rêve américain est devenu un cauchemar depuis longtemps. L’industrie du spectacle ne peut plus renforcer leur vie fondée sur l’argent. On leur raconte des mensonges et on les trompe comme nous le fûmes il y a plus de 500 ans Ils sont terrifiés de la pénurie de travail, de nourriture et d’argent.

Le fondement même de leur vie est contre nature et soit ils ne savent pas quoi faire ou soit ils sont trop fainéants pour le faire.

Okwehonweh, le peuple natif, a été programmé pour suivre la nature. Nous sommes éduqués à ne jamais faire passer l’argent en premier. Faites votre activité du mieux de votre capacité et vos besoins seront assouvis.

Le virus a intensifié leur frustration, leur stress et leur paranoïa. La peur, la perte et un futur inconnu dominent leurs vies. L’industrie pétrolière a fermé parce que plus personne n’achète. On fabrique maintenant des camions sans conducteurs. Il n’y a plus d’immigrants techniquement qualifiés qui sont amenés dans la force de travail.

Pratiquement plus personne ne conduit, les avions ne volent plus, les usines sont fermées, plus personne ou presque ne travaille, tous les commerces sont fermés pour une durée indéterminée.

Leurs maîtres psychopathes veulent qu’ils retournent au boulot et qu’ils “tentent leur chance”.

Onkwehonweh n’écoute pas ces dictateurs étrangers. Nos ancêtres nous ont prevenu de ne jamais faire confiance à l’homme blanc. Ceux qui le peuvent rassemblent de la nourriture tandis que l’infrastructure s’effondre.

Les hommes blancs ont besoin de maîtres qui leur donnent des ordres. Ils vont obéir et retourner au travail parce qu’ils sont absolument désespérés. La société de consommation perd des clients qui achètent des trucs dont ils n’ont pas besoin.

Et tous ces gens vont passer le reste de leur vie à acheter des trucs dont ils n’ont pas besoin avec de l’argent qu’ils n’ont pas et à payer 18% d’intérêt pour le crédit de ces conneries qu’ils n’aiment plus dès qu’ils arrivent à la maison de toute façon… pas très malin tout ça les gars, pas très malin…”
~George Carlin ~

Lectures complémentaires:

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte » (Steven Newcomb)

« Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada » (TIDC)

« Effondrer le colonialisme » (Résistance 71)

« Nous sommes tous des colonisés ! » (Résistance 71 )

« Manifeste pour la société des société » (Résistance 71)

« Comprendre le système de l’oppression coloniale » (Peter d’Errico)

« Comprendre le système d’oppression coloniale » (Steven Newcomb)

 


La révolution sociale… est la question de la terre !

Face à face…

Posted in actualité, altermondialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés with tags , , , , , , , , , on 15 avril 2020 by Résistance 71

 

 


Dictature vs Résistance…*

 

« La force, même cachée, induit la résistance. »
(Proverbe Lakota / Sioux )

 

(*) Photo: face à face armée canadienne, protecteur mohawk, Oka 1990

 

 

Résistance 71

15 avril 2020

Coronavirus et tyrannie capitaliste… S’emparer et jeter les clefs du Nouvel Ordre Mondial (Mohawk Nation News)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, canada USA états coloniaux, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, France et colonialisme, gilets jaunes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 10 avril 2020 by Résistance 71

“Vous ne serez et ne demeurerez que des commodités aussi longtemps que l’empire existera…”

~ Russell Means, Oglala, Lakota ~

“Il y a des connexions philosophiques entre les sociétés indigènes et quelques sensibilités anarchistes sur l’esprit de la liberté et les idéaux pour une bonne société. Des idées critiques parallèles et des visions d’un futur post-impérialiste ont bien été notées par quelques penseurs, mais quelque chose qu’on pourrait appeler ‘anarcho-indigénisme’ doit toujours se développer en une philosophie et une pratique cohérentes. Il y a également une grande similitude entre les façons de voir le monde des anarchistes et des peuples autochtones: un rejet des alliances avec des systèmes légalisés, centralisés d’oppression et une non-participation aux institutions qui structurent la relation coloniale, ainsi que la croyance d’amener le changement par l’action directe et la résistance au pouvoir d’état.”
~ Taiaiake Alfred, professeur sciences politiques, Mohawk ~

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !

~ Résistance 71 ~

 


Oka 1990… armée coloniale contre guerriers mohawks

 

Evolution du système de contrôle pyramidal

 

Mohawk Nation News

 

9 avril 2020

 

url de l’article original:

https://mohawknationnews.com/blog/2020/04/09/evolution-of-the-top-down-system-of-control/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Nous devons attraper et jeter les clefs du nouveau royaume (NdT: le Nouvel Ordre Mondial)

Les gens éveillés, comme les peuples natifs, peuvent mener une révolte contre cette guerre contre l’humanité. Noam Chomsky a dit: “Il est ironique de constater que les peuples les plus opprimés des Amériques, les Amérindiens natifs, sont ceux qui vont sauver cette terre appelée “Amérique” et le monde n’en sera alors qu’un bien meilleur endroit.Le concept même de la Grande Loi de la Paix (Kaianerekowa) va s’étendre au monde.

Onkwehonweh (peuples natifs de l’Île de la Grande Tortue) a versé son sang pour lutter contre la tyrannie et la destructions de l’Île de la Grande Tortue, ce durant cinq siècles. Les envahisseurs venus d’Europe ont vu qu’il y avait un paradis sur terre ici où les gens vivaient en harmonie absolue avec la nature. Nous voulons notre paradis de retour. Les envahisseurs ont voulu ce paradis pour eux-mêmes. C’est pour cela qu’ils ont perpétré leur premier faux-drapeau appelé “la révolution / indépendance américaine”, guerre entre les Britanniques du Royaume-Uni et ceux de l’Amérique du Nord afin de détruire la Grande Loi de la Paix et l’harmonie pour qu’ils puissent créer la première “république de la guerre”.

Il y a eu beaucoup d’attaques biologiques sur nous depuis l’arrivée des Jésuites au tout début du XVIIème siècle, ce qui provoqua le génocide de quelques 90% d’entre nous ; tout cela de concert avec le pire de tous les virus, celui de la veulerie et de la violence. La couverture pour ce programme matérialiste fasciste fut créée. La vérité de leur histoire et de leur attitude présente a été totalement cachée. Les gens sont hypnotisés et conditionnés pour préférer le confort dans leur pensée plutôt que les faits tels qu’ils sont. Leurs esprits sont remplis de mythes totalement fictifs au sujet de leur “grandeur”. Une société d’aveuglement à la vérité et d’abrutissement dans la non-pensée a été créée.

Nous, les survivants du plus grand holocauste de l’histoire de l’humanité, sommes prudents et intrépides, sans peur, l’Île de la Grande Tortue nous appartient, à nous, à notre terre, à la création et à nos enfants non-nés.

Le gang de voyous criminels a saisi notre terre et a imposé sa volonté au monde par la guerre. Ils affirment que nous ne les comprenons pas, mais nous ne les comprenons que trop bien. Comme nos ancêtres avant nous, nous avons survécu pour continuer de porter le message et de le diffuser. Nous sommes montés dans les collines pour y cicatriser (NdT: selon la prophétie…). le serpent noir dira qu’ils n’ont aucune querelle avec nous.

Nous ne baisserons jamais les bras. Nous récupérons, cicatrisons et continuons nos devoirs pour un autre jour, un jour à la fois. Nous sommes les agresseurs pour la paix. Nous devons étendre Kaianerekowa sur le monde entier. Lorsqu’on nous amène devant un tribunal de l’amirauté pour des “infractions”, on nous demande si nous comprenons ce qui se passe. Nous disons invariablement : “Je ne comprends rein de tout cela. Tout ce que je sais c’est que ceci est ma terre ancestrale.”

Le coronavirus CoV19 est en train de balayer le monde. Le système immunitaire des gens est compromis par la technologie. L’agenda 21 de l’ONU, cet agenda de peur, est en train de se dérouler. Le CoV19 est en train de devenir un exercice militaire pour mettre en place la loi martiale. Bientôt, les gens vont demander une solution. C’est alors que nous verrons qui est derrière tout cela. Il s’agit de cette ONU fasciste et de son OMS, partie incestueuse de l’ONU. Les personnes âgées semblent être les cibles de ce virus car ce sont aussi les personnes de la connaissance. Elles meurent esseulées ainsi on ne peut jamais savoir de quoi elles meurent vraiment. Nous assumons que leurs pensions de retraite sont redirigées. Les tyrans promettent la liberté si on respecte leur pouvoir et qu’on ferme notre gueule !

Les tyrans utilisent leurs boniches serviles pour donner naissance à leur Nouvel Ordre Mondial. Nous, véritable peuple naturel de l’Île de la Grande Tortue, n’avancerons pas les mains vides face à leurs armes. Ils paieront très chers pour ce qu’ils nous ont fait.

Préparez-vous ! L’économie va s’effondrer. le monde a changé depuis notre blocage des trains. Ils ont entraperçu le pouvoir de la nature/création.

En février 2020, le monde nous a vu, nous et nos alliés, bloquer les trains allant d’Est en Ouest du Canada. Nous n’avons utilisé aucune arme. Ils ot vu le pouvoir de la terre-mère et la passion de nos peuples. Nous nous sommes tenus et avons bloqué les voies de chemin de fer et le monde s’est tenu à nos côtés. Le Canada voulait que nous tirions les premiers pour qu’il puisse nous bombarder.


L’armée coloniale rejoint le peuple…

Les traîtres parmi nous les ont aidé. Notre défense fut nos esprits. Nous n’avons plus de temps à perdre avec les idiots qui veulent savoir la vérité mais qui lui tourne le dos dès qu’on leur montre. Nous ne voulons pas l’égalité. Nous ne pouvons pas être égaux avec des voleurs et des assassins. Nous avons les moyens de construire un monde de justice et d’égalité. Kaianerekowa mettra un terme à leur guerre de 500 ans.. Cela commencera à la porte Est de l’Île de la Grande Tortue (NdT: les gardiens de la porte Est sont la nation Mohawk, elle l’est depuis le XIIème siècle, plus de 900 ans !…) et se répandra à travers le monde.

La volonté du peuple est que ceux qui utilisent leurs cerveaux doivent gérer le monde. Nous nous noyons dans le marécage de la guerre des tyrans. Kaianerekowa va se débarrasser de ceux qui nous ont trahi, ils cesseront d’exister. Les capitalistes auront disparu. Nous pensons à nos enfants et à ce qui nous appartient, qui nous sera rendu afin d’être bien entretenu.

Les gens perdent leur pouvoir lorsqu’ils choisissent des tyrans menteurs et voleurs comme leaders.

l’Île de la Grande Tortue est notre terre-mère. Nous n’avons rien à déclarer ni à admettre ! Les Canadiens et les Américains ont une différente patrie, une où ils retourneront s’ils refusent de vivre selon la Grande Loi de la Paix.

L’agenda de la mise en place planétaire d’un Nouvel Ordre Mondial de l’ONU pour 2030 peut abolir le concept de patrie mais pas pour les peuples indigènes qui sont les enfants de la terre-mère là où la création / nature nous a placé.

Le Canada et les Etats-Unis ne suivent en rien la volonté des gens. Un gribouillage sur un bout de papier appelée selon eux “traité” n’est en rien notre volonté. Cela ne représente que les signatures d’Indiens traîtres qui ont vendu une terre qui n’appartient qu’à nos bébés encore non-nés, une terre qui ne peut être ni vendue ni transférée.

Lorsqu’ils quitteront l’Île de la Grande Tortue métaphoriquement ou littéralement, ils prendront avec eux tous leurs bouts de papiers sans signification et leurs marionnettes des conseils de bandes. Nous nous défendrons, ce qui est un droit pour tout être humain en ce monde. Nous avons été forcés dans ce vortex de massacres et de vols bien des fois. C’est fini ! (NdT: ¡Ya Basta! ont dit d’autres natifs, un peu plus au sud, en 1994…)


Oka 1990

Bientôt, les colons fascistes du Canada déserteront. Beaucoup d’alliées peuvent venir et vivre ici avec nous sous Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix. Nous n’avons jamais été défaits, jamais vaincus. Nous avons toujours pousser pour faire tomber le carcan de la tyrannie capitaliste mondiale.

Nous ne battrons pas en retraite. Nous parlerons toujours pour notre mère. Il n’y aura plus de couards, de traîtres, la Grande Loi de la Paix n’a pas de place pour eux.

Notre résistance va créer beaucoup de responsabilités. Nous devons savoir de quoi sont faits les gens. Nous n’avons jamais souhaiter être des leaders bien que nous ayons Kaianerekowa. La peur va les bouffer de l’intérieur. Nous observons ceux qui vont nous trahir et quand.

Qu’est-ce qui est plus important ? La vérité ou la procédure. Nous avons le choix de vaincre ou mourir. Le génocide fut accompli pour leur besoin historique. Il n’y aura plus une goutte de notre sang qui sera versée. Si c’est le cas, il y aura des rivières du leur. Qui survit, eux ou nous ? Peut-être tous. Nous n’arrêterons pas. Au bout du compte, leur volonté de faire le mal sera brisée.

Dans leur société, ceux qui possèdent les médias contrôlent les esprits. Les journaux et autres ne sont que des instructions de leur monde maléfique fondées sur leur irréalité fictive ne servant qu’à justifier leurs théories inventées de toute pièce. Même un fou n’en douterait pas. Les conspirateurs finissent toujours pas être confondus et éliminés. La peur, la force et la répression ne sont que les outils d’une faible autorité.

Les idées de nos ancêtres sont immortelles. Nous sommes immortels. Nous, les peuples indigènes allons mettre le feu au monde avec des idées de paix. La voie du déviant et du malfaisant est sombre. Ils ne voient pas ou ne comprennent pas sur quoi ils trébuchent.

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La version intégrale des 117 wampums de Kaianerekowa que nous avons intégralement traduite en français, mise en page de Jo :

Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix

Wasase, Taiaiake Alfred (Ph.D)

Manifeste indigène, Taiaiake Alfred (Ph.D)

 

 

Réflexions politiques de convergence et esprit Gilet Jaune : l’anarcho-indigénisme avec le Pr. Taiaiake Alfred et Gordon Hill

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L’anarcho-indigénisme, entretien avec Gerald Taiaiake Alfred et Gord Hill

 

La Voie du Jaguar

 

26 mars 2020

 

url de l’article:

https://www.lavoiedujaguar.net/L-anarcho-indigenisme-Entrevues-avec-Gerald-Taiaiake-Alfred-et-Gord-Hill

 

Au moins depuis la publication du livre L’Entraide de Pierre Kropotkine [1], au début du XXe siècle, les anarchistes s’intéressent aux sociétés autochtones qui offrent des exemples de sociétés plus égalitaires et moins autoritaires. En 2005, le Mohawk Gerald Taiaiake Alfred, originaire de Kahnawá:ke, a proposé le terme « anarcho-indigénisme » pour désigner cette dynamique de convergence entre les idées et les pratiques des autochtones traditionalistes et des anarchistes altermondialistes. Nous avons lancé, voilà quelques mois, un projet de livre sur ce thème, dont chaque chapitre sera une entrevue avec un ou une autochtone qui livrera ses réflexions au sujet de la politique, du pouvoir, de l’égalité et de la liberté, en se référant à ses expériences et à celles de sa communauté. Nous vous présentons ici des extraits de deux des entrevues déjà réalisées.

Francis Dupuis-Déri et Benjamin Pillet

Possibles, Montréal, hiver 2016

Le livre L’Anarcho-Indigénisme, entretiens réunis et présentés par Francis Dupuis-Déri et Benjamin Pillet, a été publié en 2019 par les éditions Lux dans la collection « Instinct de liberté ».

Gerald Taiaiake Alfred

Membre de la nation mohawk, Gerald Taiaiake Alfred est originaire de Kahnawá:ke, en banlieue de la ville de Montréal (Québec). Il est professeur au programme de gouvernance autochtone et au département de science politique de l’Université de Victoria, et il est l’auteur de trois livres, Heeding the Voices of Our Ancestors : Kahnawake Mohawk Politics, and the Rise of Native Nationalism (1995), Wasáse : Indigenous Pathways of Action and Freedom (2005) et Peace, Power, Righteousness (2008).
NdR71: Les deux liens précédents mènent sur nos traductions (larges extraits) de ces deux livres du professeur T. Alfred
En français, il a signé l’article « Sur le rétablissement du respect entre les peuples kanien’kehaka et québécois », dans la revue Argument, en 2000. En 2008, il organisait une rencontre avec des universitaires et des activistes anarchistes et autochtones, pour réfléchir à l’idée de l’« anarcho-indigénisme ».

Vous semblez être le premier à avoir proposé l’expression « anarcho-indigénisme » ?

Je crois bien, en effet.

Comment cette idée vous est-elle venue ?

J’écrivais mon livre Wasáse : Indigenous Pathways of Action and Freedom vers 2005, et cette notion d’« anarcho-indigénisme » m’est apparue comme une façon évidente d’évoquer la collaboration qui se développait alors entre des activistes anarchistes et des gens comme Glen Coulthard, auteur de Red Skin, White Masks ; Richard Day, auteur de Gramsci Is Dead : Anarchist Currents in the Newest Social Movements ; et moi-même. C’était une manière d’attribuer un label à la pensée qui a émergé de cette rencontre. Cette expression a émergé dans un contexte où nous tentions de construire un mouvement. On nous posait alors plusieurs questions : « Quelle est votre relation à la philosophie autochtone traditionnelle ? » « Quelle est votre relation au progressisme ? » « Êtes-vous socialistes ? » Il s’agissait donc d’offrir aux gens un label, une étiquette politique, pour les attirer dans nos discussions. J’ai pensé qu’« anarcho-indigénisme » représentait correctement ce que nous tentions de faire, soit de faire converger les principes philosophiques de l’anarchisme et de l’indigénisme. C’était aussi cohérent avec le vocabulaire disponible, puisqu’il y a toutes sortes d’anarchisme-à-trait-d’union : anarcho-féminisme, anarcho-syndicalisme, anarcho-communisme, etc.

L’expression cherche à attirer l’attention des anarchistes, des autochtones, ou des deux à la fois ?

Celle des philosophes politiques ! C’était surtout orienté vers les gens non autochtones, mais je n’irais pas jusqu’à dire que c’était uniquement pour les « anarchistes ». Il s’agissait aussi de nous différencier d’autres individus ou groupes qui privilégiaient surtout une approche politique fondée sur les « droits » et la « reconnaissance ».

Comment définissez-vous l’« anarcho-indigénisme » ?

C’est difficile à définir, mais cela évoque clairement une approche à la politique qui n’est pas institutionnelle. L’anarchisme rejette fondamentalement tout projet de réformer l’État. Il s’agit plutôt d’être contestataire, de s’opposer à l’institutionnalisation de la vie des individus, et cela représente aussi ma conception de la philosophie indigène. Il s’agit surtout de l’aspiration d’un mouvement qui représente les principes de l’anarchisme et de la philosophie indigène. Tel est mon espoir.

Dans la tradition anarchiste, il est courant d’écrire au sujet des modèles traditionnels des sociétés dites « sans État », en partant du livre L’Entraide de Pierre Kropotkine vers 1900 jusqu’aux travaux de James C. Scott et de David Graeber (ainsi que de Pierre Clastres, dans les années 1970). Ces auteurs avancent que ces peuples offrent des modèles intéressants dont peuvent s’inspirer les anarchistes.

Il s’agit d’une sorte de primitivisme marqué par le respect à l’égard du passé, qu’on ne retrouve pas seulement chez les anthropologues, mais aussi chez les indigènes. Ces histoires offrent, en effet, des modèles pour réfléchir à la manière d’organiser la gouvernance, la société et les relations interindividuelles. Or je ne crois pas qu’on puisse retourner dans le passé. Le fondement de l’indigénisme, sans parler de l’anarcho-indigénisme, consiste à considérer que vos conceptions du monde et vos valeurs sont toutes inspirées de ce cadre philosophique qui prend racine dans les traditions indigènes. Voilà qui est fondamental pour fonder notre compréhension du monde et les traités, les cérémonies, les langues sont des incarnations de cette posture. Mais il s’agit d’un point de départ, et de là, il faut se dire : « Bon, je connais tout cela, je le comprends du mieux que je peux, mais je dois maintenant avancer et confronter le monde moderne, car je ne peux simplement respecter le passé en déclarant “Il faut que tout soit exactement comme avant”. Je dois avancer et respecter le passé et y référer en tant que fondement, mais je dois en même temps penser de manière créative tout en avançant. Je me réfère donc au passé comme source de motivation et d’inspiration, dans la mesure où c’est utile pour faire face aux défis d’aujourd’hui, par exemple la civilisation industrielle, le désastre écologique, le pouvoir et le contrôle qu’exerce l’État. Voilà les principaux défis d’aujourd’hui. Nous devons nous inspirer de la sagesse traditionnelle, mais nous devons y ajouter notre propre créativité.

Cette réflexion fait écho au mythe du « bon sauvage ».

Oui, et le « bon sauvage » n’a jamais été une représentation de la réalité des peuples autochtones. Il s’agit plutôt d’une création de pseudo-anthropologie venant d’Europe et de philosophes en Europe. Il est donc très dangereux de tenter de mimer le bon sauvage, surtout dans une perspective autochtone. Au mieux, vous tentez d’être le bon sauvage et donc, de correspondre à des standards impossibles à satisfaire. Au pire, ce bon sauvage a toujours eu la mort comme destin. Il était là pour être conquis, pour montrer que la personne qui le conquiert est puissante. En le conquérant, vous obtenez le droit à la terre de ce personnage exceptionnel.

Pensez-vous que les anarchistes cherchent dans la tradition autochtone ce bon sauvage qui serait, en quelque sorte, un anarchiste ou un proto-anarchiste ? 

Ce qui intéresserait donc les anarchistes dans l’anarcho-indigénisme est simplement de s’y retrouver à l’identique, plutôt que de s’intéresser aux autochtones pour ce qu’ils ou elles sont réellement.

Pour le colon (settler person) qui reconnaît que sa propre position est illégitime et qui se sent coupable de cette situation, il y aura toujours la tentation d’évoquer la représentation du bon sauvage et de s’identifier à elle pour se sentir plus légitime. Cela a toujours été une tentation, même si je perçois moins souvent ce problème maintenant. Les anarchistes plus jeunes que je côtoie s’orientent surtout vers des actions transformatives. L’idée d’« anarcho-indigénisme » les attire en tant que potentiel de pouvoir transformateur.

Les plus jeunes anarchistes qui s’engagent aujourd’hui dans la discussion sont plus sensibles à l’égard de leur propre position dans le colonialisme, plus sincères dans leurs efforts de vouloir apprendre.

Les anthropologues sympathiques à l’anarchisme et qui ont effectué des recherches sur l’histoire des « peuples sans État » présentent beaucoup d’informations au sujet de la chefferie non coercitive et de la politique délibérative ; les peuples autochtones étant dépeints comme très doués pour la délibération et les assemblées. Voilà des exemples concrets de ce qui peut être stimulant pour les anarchistes, à tout le moins pour expliquer aux gens : « Vous voyez, l’anarchie est quelque chose de possible, puisque c’est en quelque sorte la manière dont les peuples autochtones vivaient politiquement. »

Il s’agit là du lien le plus fort entre la politique indigène et l’anarchisme. Dans le monde actuel, plusieurs personnes peuvent être à la recherche d’une alternative politique offrant le choix entre le régime actuel et une vraie démocratie. Les modèles politiques indigènes historiques offrent d’intéressants exemples dont on peut apprendre, qu’on peut vouloir reproduire ou adapter.

Dans votre livre Wasáse, vous présentez le débat au sujet de la violence militante, et vous prenez position en faveur d’« un militantisme non violent, ce qui signifie de rester ferme face à la peur, de faire ce qui est nécessaire pour ce qui est juste, mais sans laisser des pensées et des émotions négatives vous contrôler » [p. 55]. 

Il y a dans le milieu anarchiste un débat sans fin au sujet de la violence politique, et même au sujet de la définition de la violence. Pour certaines et certains, dont les black blocs et leurs proches, bloquer une route ou fracasser une vitrine n’est pas violent.

Pour moi, il y a violence quand vous causez une blessure à une autre personne. Il ne s’agit pas seulement de violence physique, puisque la violence psychologique peut être blessante. Cela dit, je ne considère pas que bloquer une route soit violent. Fracasser une vitrine n’est pas violent. C’est de la destruction, mais pas de la violence. En conséquence, la non-violence signifie pour moi de ne pas chercher intentionnellement à causer une blessure à une autre personne, ou à d’autres êtres, car je ne veux pas limiter le débat aux êtres humains. Il existe aussi une violence envers les animaux et le monde naturel.

Cela dit, nous devons vivre avec un certain niveau de violence au quotidien. Ainsi en est-il de la condition humaine. Nous ne pourrions survivre et vivre sans violence. Nous violentons le monde naturel pour chauffer nos demeures, pour nous transporter, pour notre nourriture. La plupart d’entre nous mangeons des animaux. Même si vous ne mangez que des plantes, c’est encore de la violence envers le monde végétal.

Il faut réfléchir à cette question en contexte. Il s’agit de déterminer quel degré de violence nous sommes disposés à accepter et quelle forme de violence nous pouvons justifier dans nos vies, dans nos communautés. Pour moi, cette question ne devrait pas se réduire à savoir si ceci ou cela est violent ou non. C’est trop simpliste. Et cela renforce des positions conservatrices, alors que la société industrielle moderne est considérée comme non violente.

La question de la violence n’est pas si centrale dans Wasáse, mais vous insistez sur l’importance du courage chez le guerrier que vous appelez de vos vœux. Pouvez-vous expliquer pourquoi le courage vous apparaît à ce point politiquement important en politique ?

La psychologie des autochtones est fondée sur la peur, en raison de l’histoire de la colonisation, du racisme, des pensionnats, où tant d’enfants ont été placés après avoir été enlevés à leurs parents, etc. Nous avons peur des Blancs, mais nous avons aussi peur d’agir en accord avec ce que nous sommes réellement, d’agir de manière à faire ce qui est juste. Voilà d’où vient l’idée du courage. Il s’agit d’avoir le courage d’être sincère à l’égard de qui nous sommes réellement. Pour cela, nous devons dévoiler la vérité, nous tenir debout pour défendre la vérité et faire le nécessaire pour défendre cette vérité face à tous ces mensonges qui apparaissent comme la norme dans la société.

Parfois, comme en 1990, à Kanesatake et à Kahnawá:ke, le courage apparaît dans sa forme qui nous est très familière : « Ah ! Les gens vont affronter les militaires. » Voilà de la bravoure. Mais très souvent, ce n’est pas ainsi que s’exprime le courage. Sans doute ne reconnaîtrez-vous pas le courage de l’autochtone qui assiste à une cérémonie traditionnelle alors qu’elle a été élevée en bonne catholique et forcée de croire que la cérémonie était une affaire du diable, et qu’elle brûlerait en enfer si elle y participait. C’est vraiment courageux de mettre la peur de côté et d’avancer pour devenir à nouveau un membre participant de cette culture traditionnelle. Voilà un exemple que j’ai à l’esprit lorsque je parle de courage. Un autre exemple de courage ? Cette femme autochtone en Colombie-Britannique qui est allée pêcher et qui a pratiqué sa culture traditionnelle alors que tout le monde, en particulier le gouvernement, lui disait de ne pas le faire et la menaçait d’arrestation. Elle a subi les conséquences de son choix. C’est très courageux.


Rébellion indigène…

Être courageux, c’est donc avancer sur notre voie malgré les peurs qui nous contrôlent.

Et cela donne de la puissance…

Oui, réellement, et vous prenez conscience alors que d’autres gens sont sous le contrôle de cette peur qui vous contrôlait, et vous êtes plus à même de les aider et de devenir un leader ou un mentor qui leur explique le problème et qui les amène à leur tour à surmonter cette peur.

Que pensez-vous de l’État ?

J’avais l’habitude d’y penser souvent, et même tout le temps, en tant qu’étudiant puis professeur en science politique. De plus, l’État est central dans les politiques des Premières nations en ce qui concerne les revendications territoriales, l’autonomie gouvernementale, etc. Je n’avais jamais été capable de penser à la politique autrement qu’en référence à l’État et à ses diverses manifestations dans la vie de nos communautés. Mais cela a changé récemment, en grande partie grâce à ma rencontre avec l’anarchisme à travers des conversations et des lectures. J’ai alors compris que la politique va bien au-delà de l’État et qu’il est possible de vivre hors de l’État.

Du coup, j’essaie maintenant d’échapper à l’État ou de créer des occasions pour les peuples indigènes de vivre hors de l’État, ou à tout le moins, en réduisant au minimum leurs interactions avec l’État. Cela signifie donc de ne pas limiter nos luttes à vouloir réformer l’État, le transformer ou même le détruire. Même si l’État existe, ce n’est pas cette grande entité monolithique qui occupe tout l’espace de la vie sociale et politique. En fait, l’État est très fracturé et incomplet.

Voilà le projet que j’ai tenté de développer ces dernières années. J’étais alors en partie inspiré de l’anarchisme ainsi que de mon expérience avec les gens des communautés de Kahnawá:ke, d’Akwesasne et de la côte Ouest qui ont toujours fonctionné à partir de cette prémisse. Il y a beaucoup de gens dans nos communautés qui luttent contre l’État et qui ne se sont jamais réellement laissé intégrer dans l’État.

De l’extérieur des communautés autochtones, la situation semble vraiment déprimante. On n’entend parler que de pauvreté, de violence… 

Que pensez-vous de votre propre communauté ? Êtes-vous optimiste ou pessimiste ? Est-ce possible d’être les deux à la fois ?

Bien sûr !

Je ne suis pas pessimiste, car je ne pense pas que notre peuple soit en voie d’extinction. Mais je ressens un pessimisme psychologique et spirituel. Je suis pessimiste, car je vois que les autochtones les plus éduqués et dotés de potentiel sont aspirés par l’assimilation.

Mais mon optimisme me vient du fait qu’il y a des occasions aujourd’hui pour les peuples autochtones qui n’existaient pas avant, y compris de vivre une vie qui n’est pas totalement minée par le racisme qui nous hanterait comme individu. Le « bon sauvage » ou « l’Indien alcoolique », ces représentations existent encore, mais elles ne nous définissent plus. Mes garçons sont plus libres de créer leur propre identité en tant qu’autochtones.

= = =

Gord Hill

Membre de la nation Kwakwaka’wakw, sur le territoire connu sous le nom de Colombie-Britannique, sur la côte pacifique du Canada, Gord Hill est un militant anticapitaliste et anticolonialiste, un artiste et un auteur de bandes dessinées, qui signe souvent des textes sous le pseudonyme Zig Zag. Il a publié deux bandes dessinées, 500 Years of Indigenous Resistance et The Anticapitalist Resistance Comic Book, dans lesquelles il rend hommage aux luttes de résistance des militants autochtones et anticapitalistes.

Quelle fut ta première rencontre avec l’anarchisme et le militantisme autochtone ?

Je me suis d’abord politisé à Vancouver dans les années 1980, en participant à un groupe de solidarité avec le mouvement de guérilla Farabundo Marti, qui résistait au Salvador au régime en place, soutenu par les États-Unis. Je me suis ensuite intéressé de plus en plus à la pensée anarchiste et j’ai intégré le mouvement anarcho-punk. Je vivais à Vancouver à l’époque et la scène anarcho-punk y était encore plutôt dynamique. Je ne me suis pas réellement intéressé aux luttes anticoloniales avant 1990. Ce n’est qu’après la crise d’Oka que j’ai commencé à m’engager plus sérieusement dans les mouvements de résistance autochtone. Avec le temps, j’ai tâché que mon engagement politique soit lié à la fois à la résistance anticoloniale et à l’anticapitalisme.

Si tu devais donner une définition simple de l’anarchisme et de l’indigénisme, comment présenterais-tu ces deux notions ?

L’anarchisme, c’est la conviction que les gens n’ont besoin ni de dirigeants ni d’autorité qui les gouvernent en étant en quelque sorte au-dessus d’eux. C’est aussi une notion qui encourage l’auto-organisation décentralisée et autonome des mouvements et des communautés. Si je n’utilise pas moi-même l’expression « indigénisme », je dirais néanmoins qu’elle fait référence aux éléments issus des cultures autochtones telles qu’elles existaient avant la colonisation, et donc qu’elle inspire une approche populaire et traditionnelle de gestion et d’organisation.

Tu as prononcé une conférence sur l’anarchisme et la résistance autochtone, en mai 2013 à La Déferle, un espace anarchiste dans Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal (Québec). Tu as alors expliqué qu’il y a eu plusieurs types d’organisations autochtones sociales et politiques en Amérique avant le début de la colonisation européenne, et que celles qu’on pourrait qualifier de plus anarchistes — car plus égalitaires et décentralisées — ont résisté plus longuement que les autres à la colonisation. Peux-tu préciser cette idée ?

Il y avait différentes formes d’organisation, certaines plus centralisées que d’autres. Pensons aux Incas, ou encore aux Aztèques du Mexique, qui avaient développé une grande civilisation comptant des millions d’individus et nombre de guerriers, mais ils ont été très rapidement vaincus par quelques centaines de conquistadors espagnols qui s’étaient alliés à des milliers d’individus qui avaient subi la domination aztèque. Les dirigeants ont été capturés et l’empire s’est effondré, sans oublier une épidémie massive qui a décimé le Mexique. À l’inverse, il y avait des sociétés autonomes et décentralisées, entre autres dans les grandes plaines d’Amérique du Nord, dont les Lakota, les Cheyenne, etc. Elles ont mené une guérilla pendant de longues décennies contre l’armée des États-Unis. 

Pensons aussi aux Mapuches en Amérique du Sud, également autonomes et décentralisés et que les Espagnols n’ont jamais réussi à vaincre pendant trois cents ans. On peut donc en tirer la leçon que les structures autoritaires et centralisées peuvent aisément être vaincues par une simple décapitation du pouvoir au sommet, alors que les mouvements autonomes de résistance sont bien plus difficiles à détruire parce qu’il n’est pas possible de simplement attaquer le sommet.

Tu as participé activement au mouvement contre les Olympiques à Vancouver, en février 2010 (No Olympics On Stolen Land — Pas de Jeux olympiques sur des terres volées). On a alors beaucoup parlé de solidarité entre les activistes anarchistes et les guerriers autochtones. Quelle était la réalité sur le terrain ?

Une campagne contre les Olympiques plus militante et radicale que d’ordinaire a été lancée au début de l’année 2007, regroupant à la fois des militants autochtones et des militants anti-pauvreté à Vancouver. Pendant ce temps, les anarchistes ont également commencé à mener des attaques contre des cibles gouvernementales et des entreprises privées, telles que des véhicules militaires, des banques, etc. C’est à peu près le modèle qu’a suivi la campagne lors des trois années qui ont suivi, avec d’un côté, l’organisation de la plupart des actions directes menées par les militants autochtones et anti-pauvreté, et en parallèle, des actions de sabotage et de vandalisme menées par les anarchistes.

L’exemple le plus marquant de coordination est survenu le jour des cérémonies d’ouverture. Le 12 février 2010, une manifestation d’environ cinq mille personnes contre les Olympiques a atteint le site des cérémonies, Place BC, et la police anti-émeute a affronté les aînés·e·s autochtones qui ouvraient la marche et qui ont demandé aux anarchistes formant un black bloc de venir les soutenir à l’avant de la manifestation, ce qu’ont fait les anarchistes pendant plusieurs heures, en affrontant physiquement la police.

Le lendemain, soit le jour d’ouverture des Jeux, le « Rassemblement crise cardiaque » (Heart Attack Rally) a été l’occasion pour un black bloc anarchiste d’endommager plusieurs bâtiments du quartier des affaires, dont un grand magasin de détail de la Compagnie de la Baie d’Hudson dont les vitrines ont été fracassées. Cette compagnie a été prise pour cible non seulement parce qu’elle était une partenaire importante dans l’organisation des Jeux de 2010, mais aussi en tant qu’agent historique très influent dans la colonisation du Canada [2].

En militant dans le mouvement anarchiste québécois, nous avons pu constater qu’il existe certains conflits entre les conceptions anarchistes et indigénistes, sur la question de la nation par exemple. Est-ce que c’est quelque chose que tu as également remarqué dans l’Ouest ?

Il est possible de comparer d’une part l’idéal anarchiste d’auto-organisation autonome et décentralisée et de l’autre, les formes d’organisation sociale traditionnelles en vigueur chez la majeure partie des peuples autochtones, au sein desquels les dirigeants officiels et l’autorité centralisée brillaient surtout par leur absence. Pour ce qui est des anarchistes, je les ai également comparés aux guerriers autochtones puisque ces deux figures politiques font usage de l’action militante à la fois pour mener des attaques et pour défendre la population. Il existe évidemment des conflits ou des divergences entre ces mouvements en Colombie-Britannique comme au Québec, sans doute principalement du fait de différences culturelles et tactiques. Par exemple, lorsque arrivent des confrontations, les autochtones ont tendance à être beaucoup plus prudents, en premier lieu parce que les actions menées peuvent avoir des conséquences démesurées sur leur communauté, leurs familles, etc.

Quelles sont les causes du rejet de l’anarchisme par beaucoup de communautés autochtones, et même par des activistes autochtones ?

Il existe d’importantes différences culturelles entre les anarchistes et les peuples autochtones. Les anarchistes ont tendance à se montrer beaucoup plus individualistes et adhèrent souvent à des modes de vie qui sont étranges ou « bizarres » aux yeux de plusieurs autochtones, comme le dumpster-diving (récupérer des aliments dans les poubelles), ou un certain rejet de l’hygiène corporelle. Évidemment, l’ensemble des anarchistes ne se reconnaît pas nécessairement dans ces pratiques, mais il s’agit néanmoins d’une réalité chez les anarchistes, avec pour conséquence que cela apparaît comme l’identité culturelle la plus visible et stéréotypée pour les observateurs extérieurs. Conséquemment, beaucoup de militants autochtones considèrent les anarchistes comme une variation des « hippies » et des punks. Un Aîné a dit un jour que lorsque l’on commence le processus de décolonisation, on se différencie de son groupe d’appartenance, de son peuple, et c’est une très bonne chose. Mais si notre décolonisation personnelle va trop loin, on risque également d’apparaître étranger aux yeux de notre propre communauté et de se l’aliéner. Voilà qui risque de limiter de manière draconienne notre capacité à s’y engager et à participer à ses luttes. C’est un peu le problème de beaucoup d’anarchistes qui transgressent d’une manière radicale différentes normes de leurs propres communautés, ce qui a pour conséquence de transformer l’anarchisme en un mouvement isolé qui finit par se replier sur lui-même, sur ses modes de vie et sur ses propres activités… Ce problème est d’autant plus important que le mouvement anarchiste nord-américain est en quelque sorte « antisocial », puisque beaucoup d’anarchistes détestent et rejettent leur société. À l’inverse, les militants autochtones ont plutôt tendance à se concentrer sur le travail à effectuer au sein de leur communauté, à établir des liens de solidarité avec d’autres mouvements, sans partager une telle perspective antisociale.

Qu’en est-il par exemple du végétalisme, présent dans beaucoup de milieux et communautés anarchistes ?

Le végétalisme fait partie de ces différences culturelles, bien que personnellement, je ne connaisse pas beaucoup de vegans au sein du mouvement anarchiste en Colombie-Britannique. C’est de toute manière un concept assez étranger aux peuples autochtones qui, traditionnellement, pêchaient et chassaient et qui, en plus, continuent à pratiquer ces activités de manière régulière.

Comment réagis-tu au fait que les anarchistes euro-américains sont eux-mêmes des colons, qui plus est, blancs, la plupart du temps ?

C’est un résultat inévitable de la colonisation européenne des Amériques. Je m’en accommode en essayant de comprendre l’histoire de cette colonisation et les dynamiques qu’elle engendre au sein des mouvements de résistance ; mais je le fais tout en reconnaissant la nécessité d’une résistance plurinationale et d’une solidarité entre mouvements sociaux, tout particulièrement en Amérique du Nord.

On peut constater que, dans les communautés autochtones, beaucoup acceptent et jouent le jeu capitaliste de l’État colonial. C’est le cas notamment de beaucoup de conseils de bande, ainsi que des chefs d’entreprises autochtones, qui tirent souvent une certaine fierté de leur « succès » politique ou financier. En extrapolant un peu, peut-on dire que même les anarchistes et les militants autochtones traditionalistes ont assimilé les idéaux capitalistes ? Et dans ce cas, que faire ?

C’est effectivement le cas, parce que toute personne qui vit dans une société capitaliste assimile l’idéologie capitaliste, à tout le moins partiellement. Un des problèmes auquel j’ai fait face est la promotion, par des militants autochtones, d’une décolonisation capitaliste, suivant la logique « il faut que nous ayons nos propres entreprises, il faut que nous soyons financièrement autonomes… », ce qui, au final, ne fait que donner lieu à un peu plus de merde capitaliste. Un processus de décolonisation imprégné d’une conscience anticapitaliste me semble être la meilleure façon de contrer l’idéologie capitaliste, sachant que la culture et les modes d’organisation traditionnels font généralement la promotion de modes de vie et d’organisation collectifs ou communaux, durables, horizontaux, autonomes, etc.

Quel avenir envisages-tu en ce qui concerne les anarchistes, les guerriers autochtones, et les possibles solidarités entre les deux groupes ?

De manière générale, je défends l’idée d’un mouvement plurinational de résistance qui serait à la fois anticolonial et anticapitaliste et je rappelle que la solidarité entre un grand nombre de secteurs de la société est globalement nécessaire. Je crois aussi que plus les conditions socio-économiques vont se détériorer, plus les gens vont devenir conscients et déterminés, et plus nous aurons un potentiel pouvant permettre l’expansion des mouvements de résistance.

Entretiens publiés
dans la revue Possibles
Montréal (Québec), hiver 2016.

Notes

[1] Note de la revue Possibles. Après son voyage au Canada en 1897, dans ses livres Journal canadien et Le Canada et les Canadiens, Kropotkine s’inspire de l’organisation de petites exploitations rurales autonomes de l’Ouest canadien comme modèle pour l’organisation de la ruralité sibérienne sans autorité centrale. Ces petites fermes de l’Ouest, compte tenu de l’époque de ce voyage et du lieu géographique, étaient vraisemblablement occupées notamment par des métis francophones, des autochtones vivant en commune et des doukhobores. Les doukhobores sont une secte de chrétiens russes, fondée au XVIIIe siècle, dont un grand nombre ont émigré au Canada dans les années 1897-1899, pour échapper à des persécutions par les autorités. Environ le tiers des fermes doukhobores étaient vraiment communistes (aucune propriété privée, partage total des biens). Ces Sibériens radicalement pacifistes se sont établis initialement en Saskatchewan (comme fermiers) puis, à la suite des conflits avec le gouvernement canadien, en Colombie-Britannique.

Dans ses études canadiennes, Kropotkine s’intéresse particulièrement aux questions de l’autodétermination locale (« self-government »), de l’agriculture, du régionalisme et du fédéralisme décentralisé, des autochtones et des doukhobores. Il prône, notamment comme modèle pour la Sibérie, une fédération libre d’associations agricoles et artisanales/industrielles, fonctionnant sur la base de l’entraide et de la solidarité.

[2] La Compagnie de la Baie d’Hudson a été fondée à Londres en 1670 pour pratiquer la traite des fourrures au Canada.

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie