Archive pour amérindiens contre colonialisme

Abattre le colonialisme: le Canada entité entrepreneuriale coloniale de la City de Londres et génocide continu (MNN)

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La Grande Loi de la Paix du continent américain

 

La partie de poker du Canada

 

Mohawk Nation News

 

15 mars 2019

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2019/03/16/canadas-card-game/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le coup de poker du Canada a explosé en plein vol ! Le Canada est une dictature fasciste gérée par un petite groupe de l’élite criminelle. Le Canada est en fait une entreprises coloniale privée géré comme toute autre entreprise, simplement le Privy Council (NdT: conseil privée de la reine d’Angleterre qui décide et/ou donne son aval sur tout) en est le conseil d’administration, qui supervise ceux qui en font fonctionner les rouages. Leur fonction essentielle étant de perpétrer cette illusion de liberté tout en faisant tout pour augmenter les dividendes versés aux actionnaires de l’entreprise. Ces actionnaires sont la “Couronne” (NdT: la City de Londres) et la “couronne” est le Vatican. Le Canada a montré sa main lorsque le Privy Council est sorti de derrière le rideau pour montrer son rôle véritable, celui de diriger les officiants de l’entreprise. Les députés sont les abeilles ouvrières dont le boulot consiste à maintenir l’illusion de liberté et de “démocratie” sur l’ensemble des gens. Tout système pyramidal est géré comme votre loge maçonnique locale, suivant une formule de grille de contrôle pyramidale où chacun ne sait que le strict minimum permettant le fonctionnement et le cloisonnement du système.

Quelques membres du Privy Council représentant les actionnaires de l’élite de la Couronne sont sortis de l’ombre, des gens comme Michael Warwick, Keith Lynch [PCO, SNC], Frank Labucci {ancien juge de a Cour Suprême), David Lametti, Joe Wild de PCO et des Affaires Indiennes. Le public canadien devrait demander qui sont ces personnes non-élues et devraient aussi se demander si le peuple a besoin de ce Privy Council ? Seuls les actionnaires de la City de Londres en ont besoin !

Les hauts-fonctionnaires de l’entreprise coloniale sont: le premier ministre est le PDG, le leader de l’opposition le vice-président et le ministre des finances en est le trésorier.

Le contraire absolu du fascisme corporatiste est Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix.

Nous ne pourrons connaître la paix dans le monde que lorsque la dictature du 51% du système entrepreneurial étatique sera connu pour ce qu’il est: une mascarade de démocratie et sera éliminé. Quand les esclaves continuent de voter pour le système, le 1% (NdT: en fait le 0,0001%) continuera de tout posséder et de tout gérer à sa convenance.

Quand ceci prendra fin , alors la guerre prendra fin et le monde connaîtra la paix.

La solution pour éliminer le corporatisme entrepreneurial (colonial) est d’éliminer la clause de non-responsabilité des actionnaires et de fait les rendre responsables de tous les crimes commis envers la Nature par leur entreprise. La première question qui se pose dans toute consultation avec les peuples natifs originels du continent est celle-ci: “Nous voulons la liste complète des actionnaires de l’entreprise. Nous voulons savoir à quelles familles nous avons à faire, quelles corporations/entreprises font des affaires et du commerce sur nos terres ? Elles sont ici pour nous tuer et pour utiliser, piller nos terres et nos ressources afin de faire fonctionner leur machine de guerre autour du monde.”

Si les Canadiens arrêtaient de voter pour ce système inique et demandait au lieu de cela un referendum constitutionnel, ils pourraient alors célébrer leur émancipation de l’esclavage. (NdT: pourvu que ce sit hors système, l’État et la société marchande doivent être mise à bas !…)

Le Canada est coupable du plus grand crime humanitaire de l’histoire. Le Canada est une dictature fasciste qui est couramment dans le processus d’exterminer Onkwehonweh (peuples natifs) afin de forcer de manière illégale sa juridiction sur l’Île de la Grande Tortue et le monde. Le Canada vient juste de montrer ses cartes.

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

Et…

Kaianerekowa la Grande Loi de la Paix

Païens en Terre Promise, décoder la doctrine Chrétienne de la Découverte

Meurtre par Décret, le Crime de Génocide au Canada

Aimé Césaire: Discours sur le Colonialisme

Frantz Fanon: Peau Noire Masques Blancs

Comprendre le système légal colonial pour mieux le démonter avec:
– Peter d’Errico
– Steven Newcomb

Effondrer le colonialisme (Résistance 71 )

James C. Scott:

– L’art de ne pas être gouverné
– Contre le Grain, Histoire Profonde des Premiers États

 


1492-2019… continuité génocidaire

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Gilets Jaunes: vision pour une société émancipée planétaire… 25 ans de Chiapas Zapatiste en exemple à adapter

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Gilets Jaunes !… Le monde nous observe…

Réseau de Rébellion et Résistance International

 

Vingt-cinq ans d’insurrection zapatiste : 

« C’est une forme de démocratie réelle, radicale »

 

19 mars 2019, par Jérôme Baschet

 

Source:

https://www.lavoiedujaguar.net/Vingt-cinq-ans-d-insurrection-zapatiste-C-est-une-forme-de-democratie-reelle

 

Le 1er janvier 1994, jour d’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange nord-américain (Alena), commençait le soulèvement zapatiste dans le sud du Mexique. Communes autonomes, conseils de bon gouvernement, assemblées régionales, propriété collective des terres : Jérôme Baschet revient pour Rapports de force, site d’information pour les mouvements sociaux, sur cette expérience longue de vingt-cinq ans.

Quelle est la part du Chiapas qui est contrôlée par les zapatistes, et comment cela se passe-t-il avec les structures de l’État mexicain ?

L’expérience zapatiste se déploie dans la moitié orientale du Chiapas, qui est une région où la population indienne est très largement majoritaire. Cela représente une superficie équivalente à celle d’une région comme la Bretagne, ce qui n’est pas tout à fait négligeable en termes d’extension territoriale. Il faut cependant préciser qu’il ne s’agit pas d’un territoire homogène, car des zapatistes y cohabitent avec des non-zapatistes. Il y a donc coexistence sur le même territoire de deux systèmes politiques. Les communes autonomes zapatistes et les régions zapatistes avec leurs conseils de bon gouvernement sont totalement dissociées des structures administratives et politiques de l’État mexicain. Les communes n’en reçoivent aucun financement et n’ont aucun contact avec elles. Mais ces deux systèmes politiques coexistent, le plus souvent sans trop de tensions au niveau des villages et des communes.

Cependant, depuis vingt-cinq ans, l’État fédéral mexicain a déployé contre l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) toute la batterie des politiques contre-insurrectionnelles : interventions directes de l’armée en 1994 et 1995, paramilitarisation massive avec déplacement de population et massacres dans les années 1995-2000, division des communautés et création artificielle de conflits internes, programmes assistancialistes à visée clientéliste, incitations d’autres groupes ou organisations à attaquer les zapatistes et à s’emparer de leurs terres, etc. Pour ce dernier exemple, cela a conduit à l’assassinat de Galeano à La Realidad en 2014.

Les zapatistes ont résisté à tout cela durant vingt-cinq ans, et aujourd’hui, ils ont en outre annoncé qu’ils s’opposeraient fermement aux grands projets de développement mis en place — dans un déni total des droits des peuples indiens — par le nouveau gouvernement fédéral supposément progressiste. Ils ont affirmé très clairement, lors de l’anniversaire des vingt-cinq ans du soulèvement de 1994, qu’ils résisteraient à ces projets dès lors que ceux-ci s’attaqueraient aux territoires indiens, et notamment zapatistes, comme c’est le cas du si mal nommé « Train maya », destiné au tourisme.


Société des Sociétés

Que sont et comment fonctionnent les conseils de bon gouvernement ? Est-ce une forme de démocratie directe intégrant plus ou moins de fédéralisme en plus de l’autonomie ?

Les conseils de bon gouvernement sont les instances régionales de l’autonomie zapatiste. Elles en constituent le « troisième niveau », puisque l’autonomie s’organise d’abord au sein des villages, dont l’instance principale est l’assemblée communautaire. Puis ensuite au niveau des communes, chacune rassemblant des dizaines de villages. Enfin, la région englobe de trois à sept communes. Son étendue est du même ordre que celle d’un département français. Il y a cinq conseils de bon gouvernement dans les territoires zapatistes, siégeant chacun dans un centre régional dénommé « caracol » (escargot).

Les conseils de bon gouvernement, tout comme les conseils municipaux autonomes, sont élus pour trois ans, pour des mandats non renouvelables et révocables à tout moment. Ils interagissent pour l’élaboration des décisions avec une assemblée régionale, mais les principaux projets qui ne font pas l’objet d’un ample accord au sein de l’assemblée régionale sont renvoyés en discussion dans tous les villages, pour recueillir avis, amendements, oppositions, avec mission pour l’assemblée suivante d’élaborer une synthèse de toutes les remontées rapportées par les délégués des villages. Cela implique parfois plusieurs allers-retours avant l’adoption d’un projet.

L’autonomie est donc un mode de fonctionnement politique qui se construit par en bas, à partir des villages, puis par fédération ou coordination de ceux-ci au niveau des communes, puis des communes au niveau des régions. C’est une forme de démocratie réelle, radicale, fondée sur un principe de « déspécialisation » de la politique et de participation de tous aux instances décidant des affaires communes. Elle implique cependant — et cela nécessairement dès lors que l’on dépasse un niveau strictement local — des formes de délégation. Cependant, ces formes de délégation maintiennent le primat des assemblées et s’emploient à déjouer les risques de dissociations entre ceux qui assument temporairement des charges politiques et le reste des habitants de ces territoires.

Peut-on considérer que c’est une révolution politique et sociale ? Qu’en est-il de sa dimension économique ?

Les zapatistes préfèrent le vocabulaire de la rébellion à celui de la révolution. Parce qu’ils veulent se démarquer d’une conception classique de la révolution qui était étroitement liée à la conquête du pouvoir d’État et la centralité de celui-ci comme instrument de la transformation sociale et économique. Et ils ont bien raison de s’en dissocier car cette conception-là de la révolution a montré, au cours du vingtième siècle, son tragique échec. Cela dit, si vous construisez une réalité collective qui se déploie en sécession complète vis-à-vis des structures de l’État, que vous défendez un mode de vie échappant largement aux catégories fondamentales du capitalisme, et dont l’objectif, nullement limité à la dimension locale, entend lutter contre le capitalisme pour contribuer à sa destruction, alors il ne serait pas tout à fait absurde de prétendre qu’il s’agit d’une dynamique de type révolutionnaire.

S’agissant du domaine productif, les zapatistes entendent défendre une agriculture paysanne revitalisée par les pratiques agroécologiques : rejet des pesticides chimiques, défense des semences natives, prise en compte des enjeux écologiques, etc. Cela veut dire qu’ils produisent eux-mêmes l’essentiel de leur alimentation traditionnelle, à base de maïs, haricots rouges et courges, à quoi s’ajoutent les animaux de basse-cour et divers produits comme le riz, les fruits ou le miel. Il s’agit de formes d’autosubsistance qui se développent sur des terres dont la propriété est collective et l’usage familial. À cela il faut ajouter une capacité à soutenir l’autonomie collective, grâce aux dizaines de milliers d’hectares de terres récupérées en les reprenant aux grands propriétaires, lors du soulèvement de 1994. Ces terres sont la base matérielle de l’autonomie. C’est grâce à elles et aux travaux collectifs qui y sont accomplis que peuvent être couverts les besoins du système de santé, tout comme ceux qu’entraîne l’exercice de l’autogouvernement et de la justice autonome.

La capacité de produire par soi-même se développe aussi dans le cadre de coopératives artisanales dans les domaines du textile, de la cordonnerie, la charpenterie, la ferronnerie ou les matériaux de construction. Enfin, le Chiapas est une importante zone de production de café : les familles zapatistes disposent de petites parcelles dont la production est commercialisée à travers des coopératives et, surtout, des réseaux de distribution solidaires qui se sont organisés dans plusieurs pays d’Amérique et d’Europe. C’est un soutien très important que l’on peut ainsi apporter aux familles zapatistes car, en complément des cultures d’autosubsistance, c’est ce qui leur assure de modestes apports monétaires leur permettant d’acheter les produits de première nécessité qu’elles ne produisent pas.

Quelle est la place de l’EZLN aujourd’hui dans la révolution zapatiste, sachant que tout commence par une insurrection armée le 1er janvier 1994 ?

Il faut bien comprendre que le nom même de l’EZLN (Armée zapatiste de libération nationale) est trompeur. Il y a bien une dimension militaire qui s’est manifestée lors du soulèvement armé du 1er janvier 1994, qui n’a pas disparu, et a été rappelé lors de la célébration des vingt-cinq ans. Mais la partie militaire est nettement minoritaire au sein de l’EZLN. La très large majorité de ses membres sont des civils qui vivent dans les villages rebelles du Chiapas. Plus largement, la trajectoire de l’expérience zapatiste a consisté à mettre de côté les armes au profit de formes politiques civiles. Par contre, l’absence d’un accord de paix avec le gouvernement mexicain n’a pas permis d’y renoncer complètement. L’essentiel de l’expérience zapatiste, en particulier à partir de 2003, tient à la construction de l’autonomie dans les territoires rebelles du Chiapas. Cette expérience-là est entièrement civile. Elle se développe à côté de la structure militaire de l’EZLN, au point que ceux qui ont des responsabilités au sein de celle-ci ne peuvent y prendre part.

Le zapatisme est un peu passé en dessous des radars depuis dix ans. A-t-il encore une portée en tant que source d’inspiration ou modèle ? Que représente-t-il au Mexique ?

Pour être un peu plus précis, on a surtout entendu parler du zapatisme entre 1994 et 2001, du soulèvement armé à la marche vers Mexico en passant par la Rencontre intercontinentale pour l’humanité et contre le néolibéralisme. Ensuite, entre 2001 et 2012, les médias en ont très peu parlé, avec une longue phase de silence des zapatistes eux-mêmes entre 2009 et 2012. Pourtant, le silence des médias, voire des zapatistes eux-mêmes ne signifiaient pas que cette expérience avait cessé d’exister ni que de nombreuses personnes du monde entier continuaient à s’y intéresser. Depuis 2013, on en parle davantage me semble-t-il, car les zapatistes ont multiplié les initiatives nationales et internationales.

En 2013, ils ont organisé, en guise de bilan de vingt ans de construction de l’autonomie, la « Petite École zapatiste » qui a permis à plus de cinq mille personnes de se rendre dans les villages rebelles pour mieux comprendre le fonctionnement de leur autonomie. En 2014, ils ont organisé le Festival mondial des rébellions et des résistances contre le capitalisme. En 2015, ils ont convoqué un séminaire international sur « La pensée critique face à l’hydre capitaliste », puis, en 2016 et 2017, ils ont organisé d’autres rencontres internationales consacrées aux arts et aux sciences. En 2017, ils ont contribué, conjointement avec le Congrès national indigène, à la formation d’un Conseil indien de gouvernement au niveau national, qui s’est efforcé en vain de présenter sa porte-parole comme candidate indépendante lors de l’élection présidentielle de 2018.

Donc, oui : l’expérience zapatiste représente une source d’inspiration plutôt qu’un modèle, au Mexique et au-delà. Du moins, pour tous ceux qui pensent qu’il ne peut y avoir de solution au désastre actuel qu’à partir du moment où l’on cherche à sortir du système capitaliste, et qu’un anticapitalisme conséquent doit se construire par le biais d’une autre politique qui renonce à la centralité des formes d’organisation étatiques.

Pourquoi n’y a-t-il pas eu de contagion de cette rébellion au reste du Mexique depuis vingt-cinq ans ? N’est-ce pas un échec du mouvement ?

Il faut noter que les horizons de lutte des zapatistes ne sont pas seulement nationaux, mais aussi planétaires. Il faudrait donc parler aussi d’un échec au niveau planétaire. Mais cet échec n’est pas celui des zapatistes : il est le nôtre, à tous et toutes. Tant que le capitalisme n’aura pas disparu de notre planète, les zapatistes auront en effet échoué. Et nous tous avec eux. Mais où, sur cette planète, peut-on rencontrer un ample territoire où les gens ont construit des formes d’autogouvernement populaire, parviennent à résister aux attaques des forces liées aux intérêts du capital, et maintiennent des formes de vie et d’organisation autodéterminées ? Hormis le Chiapas et le Rojava, ainsi que des expériences d’autonomie telles que les ZAD, je ne vois pas.

Il est certain que la contagion de l’autonomie que les zapatistes s’efforcent de susciter n’a pas été jusqu’à présent à la hauteur de ce qu’on pourrait, autant qu’eux, souhaiter. Il ne faudrait cependant pas minimiser les avancées. Les zapatistes ont largement incité à la création du Congrès national indigène, qui rassemble de nombreuses luttes des peuples indiens du Mexique. Leur exemple est très important pour le développement d’autres formes d’autonomie. Par exemple, celle des autorités communautaires du Guerrero, ou celle de la commune de Cherán dans l’État du Michoacán qui depuis 2011 a réussi à s’auto-organiser pour repousser les assauts des narcotrafiquants.

Les zapatistes ont montré qu’une autre voie de transformation radicale était possible. C’est celle qu’ils dénomment autonomie et qui associe autogouvernement populaire et formes de vie autodéterminées. Elle ne demande qu’à croître partout où la dévastation provoquée par l’hydre capitaliste se fait de plus en plus flagrante et où toutes les solutions traditionnelles ont montré leurs limites ou leurs impossibilités. Cet esprit de l’autonomie n’est peut-être pas si éloigné de ce qui s’exprime dans les courants les plus novateurs des gilets jaunes, tels qu’on peut les voir à l’œuvre notamment dans la récente Assemblée des assemblées convoquée, fin janvier, à Commercy.

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

La psycho-pathologie coloniale d’hier et d’aujourd’hui (Mohawk Nation News)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 12 mars 2019 by Résistance 71

“Soyons bien clair sur une chose: l’Amérique est une compagnie pétrolière avec une armée !”
~ George Carlin  ~

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !

~ Résistance 71 ~

 

 

Qui est fou ?

 

Mohawk Nation News

 

10 mars 2019

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2019/03/10/whos-crazy/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 7 mars 2019, ce discours d’introduction fut donné au BIOPC Mental Health Symposium de l’université Concordia par Kahentinetha [Horn], de la nation Kanionkehaka (Mohawk), clan de l’Ours:

“Sego. Bienvenue. Pour quelqu’un qui a été sur liste noire pendant plus de 40 ans, c’est un acte d’échauffement, je vais faire de mon mieux.

Le PTSD (Post Traumatic Stress Disorder) est un traumatisme politique (NdT: ici donc Political Traumatic Stress Disorder en forme de jeu de mot) causé par une guerre psychologique contre les peuples natifs depuis plus de 500 ans. Il provient de la tentative de nous convertir à votre esprit malade et nous à résister à votre système “obéissez aux ordres sinon…” qui fait partie du processus de génocide.

La psychiatrie et les médicaments psychotropes sont une énorme industrie qui a besoin de victimes qui puissent être qualifiées de “cas cérébraux” plutôt que de “victimes de l’établissement colonial”.

La politique à notre encontre a été celle de “l’extermination” par l’invasion militaire, la famine, les maladies induites, le contrôle, la destruction, toujours en utilisant des professionnels de la santé. L’objectif politique fut et est toujours le vol des terres et des ressources naturelles, par l’assassinat et l’assimilation forcée.

Il y a eu et il y a toujours une tentative d’établir le fait que nous sommes des êtres inférieurs pour votre industrie de la “santé mentale” et vos programmes de stérilisation.

La psychothérapie fait partie de la colonisation. On m’a envoyé chez des psys toute ma vie, spécifiquement après la crise d’Oka en 1990 afin que j’obtienne de l’aide pour moi et mes enfants. Chaque psy que j’ai vu était blanc et j’ai du faire dans le créatif pour obtenir le certificat dont j’avais besoin. J’ai été mise en liste noire pendant 40 ans parce que j’ai toujours refusé de m’intégrer dans votre société malade et corrompue.

Nous sommes stressés des efforts continuels pour nous protéger de l’annihilation. Nous n’avons jamais rien eu à dire dans quelque plan que ce soit pour nous exterminer comme celui de 1857 et la loi pour notre “civilisation” graduelle, le British National Act (BNA) de 1867, qui est de fait la lettre de patente d’exploitation de nos terres et de nos ressources offerte à l’entreprise coloniale britannique “Canada” [gérée depuis la City de Londres]. La reine d’Angleterre [et la famille royale] n’est qu’une actionnaire de la “Couronne” / Vatican ; 1876 et la loi sur la politique d’assimilation ; 1884 la loi “d’avancement des Indiens” ; 1924 et les lois sur les terres indiennes pour légaliser le vol et le génocide, lorsque furent instaurés les Conseils de Bandes coloniaux ; 1928 et la loi sur les personnes disant que nous n’étions pas humains et que nos terres, nos ressources naturelles, nos enfants et le fond fiduciaire pour les Indiens devaient être pris de force ; 1969 et les “papiers blancs” du PM Chrétien mis en place pour notre “extinction” ; 1996 et le cadre d’accord entre voleurs, le Canada et ses Conseils de Bandes et 2019 qui est un autre cadre d’accord de directive de gouvernement pour établir une loi disant qu’il n’existent pas “d’Indiens”. Nous ne sommes toujours pas regardés comme des êtres humains.

Les envahisseurs continuent à créer des règles pour nous exterminer. Nous sommes en cages, appelées “réserves” et on nous affuble toutes sortes de classifications.

Vous, les colons, nous interviewez, mais vous ne nous demandez jamais ce que nous pensons de vous. Personnellement, je pense que la psychée du colon est malade, que les vapeurs de la moquette fumée la rendent hors de contrôle. L’assassinat, le vol, les maquillages de crimes, les enlèvements, les pensionnats, la relocation des gens, le ramassage des enfants, les femmes et filles enlevées et “disparues”, tout cela continue de plus belle, avec les règles, lois et réglementations pour continuer à tout nous prendre. Qu’en est-il de l’assassinat de 100 millions d’onkwehonwe (natifs du continent depuis plus de 500 ans) et du mensonge permanent à ce sujet ?… Vous les malades mentaux avez perpétré tout ça !

Évangéliser, christianiser, socialiser, minimiser, légiférer, assimiler, économiser et génocider, telle est la mission. Et au travers de toute cette folie furieuse, nous sommes toujours là… Maintenant vous voulez nous étudier pour comprendre comment se fait-il que quelques-uns d’entre nous aient survécu.

Vous êtes tellement malades que vous ne vous en rendez même pas compte. Que vous êtes la cause de toute cet PTSD. Qui êtes-vous ? Vous êtes les colons d’une société colonialiste qui perpétue les atrocités tout en développant une culture artificielle qui vous profite aux dépends de toute la nature.

Vous ne vous occupez aucunement de votre propre maladie créée par l’entreprise de la “Couronne” [City de Londres] et son entreprise coloniale régionale appelée “Canada”. Nous nous plaignons et nous rebiffons et vous voulez nous emmener chez les frapadingues.

L’actuel tumulte et démissions de votre système corrompu provient de ce que vous nous avez fait à nous et à notre terre. Le monde académique, militaire et de gouvernement ne réalise pas à quel point il est malade. La santé mentale de vos colons devrait être le point de focus de votre profession. Ces gens n’ont même pas de culture. Alors ils en inventent une. Ils parlent des langues étrangères. très peu d’entre eux ont appris une langue native. Ils n’ont pas de terre sauf quand le tout dernier d’entre nous sera mort ou absorbé dans le corps politique entrepreneurial colonial.

Quelle est la racine de votre maladie ? Vous passez trop de temps à étudier comment vous allez nous endoctriner dans votre système fasciste. Quand nous résistons, vous appelez cela une maladie (NdT: c’est le principe même du “goulag” et des hôpitaux psychiatriques des dictatures fascistes bruness et rouge autoritaires d’état…). Quand nous ne savons pas et ne mettons pas en pratique ce qu’on nous dit de faire… On est malade.

La maladie principale est appelée owista, une maladie de l’esprit qui transfère la priorité de la pensée du nous au je,au moi.

Nous avons diagnostiqué owista: la vénération de l’argent. C’est peut-être la première fois que vous entendez parler de cela. Le tueur à gages économique dit: ne vous souciez pas des gens, ne pensez qu’à vous-même !

Vous devriez étudier collectivement ce qu’est le programme MK Ultra développé par les têtes pensantes militaires et qui est derrière tout le programme de gestion des médias, de l’éducation, qui dirigent vos esprits colonialistes. Voilà votre maladie dont personne ne parle.

De votre point de vue, nous sommes tous des barjots, nous sommes des retardés mentaux. Comme je suis perçue comme une retardée mentale, mon message que je vous transmets est de quitter notre terre, redonnez-nous tout cet argent du fond fiduciaire indien volé. On se sentira bien mieux. Tout est à nous, vous êtes arrivés ici sans rien.

Nous nous sentirons mieux lorsque vous nous montrerez comment pensez-vous avoir acquis le titre de propriété de nos terres ancestrales. Le Canada n’a aucune constitution, ce qui, d’après le droit international, ne peut être créée que par referendum. Le Canada n’a aucune terre, aucune culture, aucun langage. Après votre referendum, vous devrez rencontrer les Onkwehonwe d’Onowaregeh (les peuples natifs de l’Île de la Grande Tortue), les peuples originaux placés ici par la création/nature. Vous ne pourrez demeurer ici que si vous suivez les préceptes de Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix et de Teiohateh, le wampum deux rangées.

Votre industrie de la santé mentale est faite, construite et créée dans votre société et maintenant vous avez infecté toutes les autres sociétés.

Merci de votre attention, je suis venue ici pour mettre un coup de pied dans la fourmillière.”

Il y eut un silence glacial dans l’audience. Un avocat se leva et s’approcha et fut d’accord avec tout ce qui avait été dit. “Vous avez raison. Le Canada n’a aucune constitution”. Une femme dit alors: “Nous devrions avoir un séminaire sur ce que vous venez de dire.”

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Lectures complémentaires:

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Peau_Noire_Masques_Blancs.Frantz_Fanon

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

Manifeste pour la Société des Sociétés

La_City_de_Londres_au_coeur_de_lempire

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Francis_Cousin Ce n’est qu’un début…

Effondrer-les-empires-coloniaux-par-apostasie-collective-de-jo-busta-lally

 


Wampum deux rangées

La gangrène capitaliste globale et l’assaut contre les peuples indigènes du monde…

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L’assaut mondial contre les peuples indigènes

 

Ken Orphan

 

4 mars 2019

 

url de l’article original:

https://www.counterpunch.org/2019/03/04/the-global-assault-on-indigenous-peoples/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

“Il n’y a pas vraiment de sans voix. Il n’y a que ceux délibérément réduits au silence ou ceux qu’on ne préfère pas entendre.”
– Arundhati Roy

“Nous devons répondre à leur appel. Notre terre-mère, militarisée, clôturée, empoisonnée, un endroit où les droits les plus fondamentaux sont systématiquement violés, demande que nous agissions. Construisons des sociétés capables de coexister dignement, d’une manière qui protège la vie. Rassemblons-nous et œuvrons dans la défense et l’attention du sang de la terre et de ses esprits.”
– Berta Caceres, activiste des droits indigènes et de l’environnement du peuple Lenca, assassinée au Honduras en 2016

Il y a quelques années lorsque j’étais au Panama, j’ai eu la chance de passer du temps parmi le peuple indigène Ngabe-Buglé, qui réside dans la jungle qui couvre la plupart du pays. Leurs villages sont simples, mais harmonieusement construits au sein du monde naturel qui les entoure. Les gens ont une révérence naturelle pour la vie sauvage, n’utilisant que ce dont ils ont besoin et pour qui la culture, les modes de vie ancestraux et la communautés sont des choses d’une importance capitale. Mais, comme partout sur la planète, leur existence même de peuple indigène est mise en péril, est placée sous état de siège par les forces du capital.

Des projets de barrage hydraulique, essentiellement conçus pour favoriser les compagnies minières ont inondés un grand nombre de ces villages et dévastés les cultures et les zones de pêche. Des espèces animales rares comme la grenouille de Tabasara sont menacées d’extinction à cause de la perte accélérée de leur habitat. Il y a quatre ans, un barrage a fait disparaître un village indigène sur la rivière sacrée Tabasara. Les villageois ont échappé de peu à la mort dans leur village qui fut inondé de nuit. On ne leur avait donné aucun avertissement de ce qui allait se produire.

Au moins de mai de l’an dernier, la rivière fut bloquée pour cause de réparations sur le barrage électrique de Barro Blanco. Des dizaines de milliers de poissons et de crustacées périrent asphyxiés dans la boue. Beaucoup d’autres projets hydrauliques sont prévus pour ce petit pays. Tandis que les Ngage-Buglé ot protesté de leur dépossession et de la destruction de leur mode de vie, ils n’ont rencontré que menaces, disparitions et violences de la part de l’état et des opérateurs des entreprises variées qui s’alignent pour profiter de la manne de ces projets. Mais les seigneurs du capital, les banques, détiennent le plus de pouvoir. Par exemple, la banque FMO de Hollande et la banque DGE d’Allemagne sont responsables du financement du barrage de Barro Blanco.

En parfait contraste avec le mode de vie des Ngabe-Buglé se situe la nouvelle haute section du capital, Panama City. Ici, des tours de d’acier et de verre escaladent le ciel chaud de la ville d’Amérique centrale. Pourtant il y a très peu de trottoirs dans cette zone. L’élite argentée rentre directement dans ses condominiums de luxe par des portes de garages sécurisés ayant un accès direct à la rue. Il n’y a ici ni désir ni besoin de marcher, à moins que vous ne soyez pauvre.

Ce paysage d’aliénation se répète dans le monde entier, de Djakarta à Manille en passant par Mumbaï, où les riches et puissants s’isolent de la masse croissante des gueux grouillante au-delà de leurs grilles dorées. Mais à à peine une heure de route de la capitale se situe la ville de Colón dont les habitants sont pratiquement tous de couleur et où la pauvreté est rampante. En réalité, la plus grande partie de la grande richesse qui pénètre le pays via le canal de Panama, est concentrée dans la classe dominante des 0,01%

Et ici touche t’on à un des résultats les plus tragiques de ces assauts économiques et écologiques: le déplacement des populations. Des millions et des millions de gens des peuples indigènes du monde entier ont été évincés de leurs terres ancestrales pour venir s’entasser dans les bidonvilles infernaux des mégapoles. Là, ils sont le plus souvent coincés dans la plus extrêmes des pauvretés, forcés d’abandonner leur culture, leur langage et leur conformité et sont immédiatement oubliés de la société. Soyez sûrs d’une chose: c’est le monde que veut pour nous tous le capitalisme mondialiste.

Mais que ce soit les Ngabe-Buglé du Panama, les Bonda d’Inde, les Wet’suwet’en du Canada, les Papoues de Nouvelle-Guinée, les Kariri-Xoko du Brésil, les Aborigènes d’Australie, les Ogoni du Nigéria ou les Lakota des Etats-Unis, la menace de l’annihilation est à la fois réelle et imminente. Par l’entremise d’un système capitaliste global, ils font face à des forces puissantes qui cherchent à piller la terre de ressources vitales pour le profit du plus petit nombre. Ces forces éliminent quiconque se trouve sur leur chemin. L’ONG Global Witness rapporte que plus de 200 activistes indigènes ont été assassinés dans le monde l’an dernier. Un record. L’activiste Berta Caceres fut une victime de ce crime global [au Honduras] et il n’y a aujourd’hui aucun signe indiquant que ce carnage va s’arrêter ou même ralentir.

Les assauts sur les peuples indigènes du monde ont tous un point commun. Ces gens sont en première ligne de la lutte féroce dans une guerre pour ce qui reste à piller. Une guerre des ressources qui rapporte énormément au plus petit nombre. Bien sûr, ces peuples ont toujours été sur cette ligne de front depuis les tous débuts du colonialisme ; ces jours où le génocide était chose commune. Mais au travers du prisme de l’effondrement écologique de la biosphère, l’ordre économique actuel doit être regardé comme le culte de la mort qu’il est, incapable d’introspection ou de contrôle, enivré par son arrogance et son narcissisme, tuant tout dans la poursuite de l’argent roi. Ce sont les peuples indigènes, qui sont les plus proches de la terre vivante qui se tiennent en obstacle à ce pillage. On en fait des non-personnes dans les médias entrepreneuriaux, on les déplace, les élimine de façon à ce que le flot du capital continue ininterrompu. Avec le capitalisme au bout de son rouleau, ce culte de la mort devient de plus en plus désespéré, veule, vicieux et sans pitié.

Je me souviens au Panama, marcher dans un village Ngabe un de ces tièdes après-midi, les insectes bourdonnant autour de moi.  Les cris des oiseaux tropicaux perçant la canopée de la jungle, l’air humide détrempant mes vêtements. Je pouvais entendre le son des enfants qui riaient en revenant de l’école. Des anciennes accrochaient des étoffes chatoyantes à sécher, qui me rappelèrent immédiatement des fanions et drapeaux de prière tibétains. Un jeune artiste assis dans l’encadrure d’une porte, sculptant un morceau de bois tombé. Il me regarda et sourit. “bienvenue, entrez je vous en prie…” dit-il. Je me demande parfois ce qu’il est advenu de lui et de son village, mais je dois admettre que j’ai peur de savoir.

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Lectures complémentaires:

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Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

 

3RI et Société des Sociétés… Du Chiapas zapatiste aux Gilets Jaunes en passant par le Rojava… Unification de la rébellion contre le système étatico-capitaliste

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 14 février 2019 by Résistance 71

“L’organisation [de l’EZLN] existe maintenant non pas parce que le gouvernement l’autorise, mais par notre lutte et notre organisation. Le gouvernement ne nous a jamais rien donné de bon. C’est le peuple qui décide. Nous existons parce que nous sommes. Ils ne peuvent pas nous faire disparaître.”
~ Cdt Abraham, Comité Révolutionnaire Indigène Clandestin ~

“Bien que nous ayons nos problèmes, les gens n’abandonnent jamais dans leur participation et nous avons déjà notre gouvernement de et par le peuple. Les comités de bon gouvernement sont attelés à la tâche de résoudre les problèmes, cela se fait petit à petit. Le peuple gère les comités, ceux-ci ne font en rien ce qu’ils veulent. Ici, c’est le peuple qui dirige.”
~ Lieutenante Insurgée Gabriela, santé publique ~

“En tant qu’armée zapatiste nous avons accepté le dialogue [avec le gouvernement mexicain] parce que c’est ce que le peuple nous a demandé de faire. Mais maintenant, tout cela est le passé, maintenant le peuple mexicain, indigène et non-indigène, comprend qu’on ne peut rien faire de positif avec le gouvernement. Le gouvernement et les riches qu’il sert ne vont pas juste continuer à nous exploiter: ils vont défendre leurs intérêts avec acharnement. Ils vont nous emprisonner, nous tuer, nous torturer, nous faire disparaître, parce que c’est leur façon de faire. Ils ont même essayé avec nous et nous sommes une armée organisée… Le problème est qu’il n’y a aucun gouvernement qui obéit au peuple, il n’y a que des gouvernements qui donnent des ordres, qui ne vous écoutent pas, qui ne vous respectent pas, qui pense que le peuple est incapable de réfléchir… Ainsi nous avons déjà une manière de mettre en pratique d’abord et d’ensuite de développer la théorie. C’est ainsi que ce fut fait après la trahison des partis politiques et du gouvernement mexicain qui refusèrent de reconnaître nos peuples, nous avons commencé à faire les choses par nous-mêmes. Dans la pratique nous avons commencé à mettre en place des communes autonomes, puis nous avons pensé à la manière de les relier entre elles en une association de communes libres et autonomes. Ceci constitua la base de ce qui est devenu plus tard les conseils de bon gouvernement [Juntas de Bueno Gobierno]… Nous avons mis en pratique une idée latente. Chaque municipalité a des problèmes différents. Il y en a qui progressent plus vite que d’autres, mais elles se sont unifiées et ont commencé à parler du comment résoudre les problèmes de chacune, ceci mena à la formation d’une nouvelle structure: les Comités de Bon Gouvernement.
Nous montrons au pays et au monde que nous pouvons avoir une bien meilleure vie et que tous peuvent le faire sans la participation des mauvais gouvernements des états… Pourquoi est-ce que les sociétés civiles du Mexique et d’ailleurs nous soutiennent ? Nous pensons que c’est parce qu’elles savent que nous ne faisons pas cela pour nous-mêmes. Nous disons simplement que les peuples peuvent parfaitement planifier leur vie et le comment ils veulent vivre ainsi que de la façon dont ils veulent être gouvernés.”
~ SCI Moisès ~

“Nous sommes les Zapatistes, les plus petits d’entre les petits, ceux qui couvrent leurs visages pour être vus, les morts qui meurent pour vivre ; et tout cela parce que le 1er janvier 1994 et avant cela dix ans plus tôt, le 17 novembre 1983*, dans les montagnes du sud-est mexicain, un petit groupe d’indigènes et de métis établirent un camp dans la jungle de Lacandon…”
~ SCI Marcos, 2003 ~

(*) note de R71: 17 novembre 1983, création de ce qui allait devenir l’EZLN zapatiste… 35 ans plus tard, jour pour jour, le 17 novembre 2018, lancement du mouvement des Gilets Jaunes.
Il y a quand même, de singulières coïncidences…
Les citations ci-dessus et ci-dessous sont traduites par nos soins.

 


Les assemblées des assemblées au quotidien

 

La Rébellion zapatiste

 

dimanche 3 février 2019, par Ernest London

Jérôme Baschet

 

La Rébellion zapatiste
Insurrection indienne et résistance planétaire

Flammarion, « Champs histoire », 2019

400 pages


3RI

Pour déjouer la logique médiatique qui réduit les réalités sociales et les rend incompréhensibles en concentrant les projecteurs sur un fait individuel, « ruse du spectacle ambiant qui s’efforce de neutraliser ses ennemis en les façonnant à son image », Jérôme Baschet entreprend avec cet ouvrage moins de revenir sur l’histoire du mouvement zapatiste depuis 1994 que de cerner la contribution de celui-ci à la « reconstruction d’une réflexion et d’une pratique critiques, à la fois radicales et rénovées » : 1994 représente un « anti-1989 », une dénonciation du mensonge de « la fin de l’histoire autoproclamée au profit du capitalisme triomphant », obligeant celle-ci à « reprendre sa marche ».

Il revient cependant aux origines pour donner rapidement quelques repères. Trois mouvements forment le terreau dans lequel va s’enraciner l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) : l’action pastorale de l’évêché de San Cristobal, inspirée de la théologie de la libération ; l’arrivée de militants politiques, maoïstes à partir de 1973, puis avec la Linea proletaria à partir de 1977 ; et le processus d’organisation autonome des communautés, surtout après 1983. L’EZLN est créée en 1969 à partir d’un groupe marxiste-léniniste (guévariste) qui va passer entre 1988 et 1989 de 80 à 1 300 combattants armés et beaucoup plus encore par la suite. L’élection frauduleuse de Carlos Salinas de Gortari en 1988, qui remit en cause l’article 27 de la Constitution concernant les acquis agraires de la Révolution mexicaine, fit certainement office de détonateur. Dans la nuit du 1er janvier 1994, le jour même de l’entrée en vigueur de l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena), une armée indigène s’empare de quatre municipalités du Chiapas et proclame les lois révolutionnaires applicables sur les territoires libérés. Sous la pression des manifestations de soutien, le président décrète un cessez-le-feu le 12 janvier. La guerre se déplace alors sur le terrain de la parole, avec la publication de déclarations et de communiqués. Malgré les provocations du gouvernement, les attaques des groupes paramilitaires, les promesses non tenues, l’organisation des villages se développe sur un territoire grand comme la Bretagne, puis se structure avec la création, le 8  août 2003, de cinq conseils de bon gouvernement, chargés de coordonner l’action des communes autonomes.

Après ces trente pages qui relatent de façon dense et détaillée, les principaux événements jusqu’à aujourd’hui (rencontres, marches…), Jérôme Baschet analyse comment le zapatisme est une critique, un dépassement du guévarisme. Il raconte le processus de transformation d’un groupe d’avant-garde révolutionnaire en un mouvement indigène de résistance. L’EZLN est une guérilla qui s’est transformée en armée régulière en surmontant son extériorité avec la population paysanne, en passant d’une lutte politico-militaire à une lutte plus politique que militaire, en rupture avec la tradition latino-américaine. « Le zapatisme est la guérilla de la fin de la guérilla. »

Le zapatisme est également une critique du léninisme dans le sens où il refuse la prise du pouvoir, militaire comme électoral, mais construit une nouvelle forme de pouvoir politique par en bas, une organisation politique construite depuis la société elle-même, dans une logique d’autonomisation et d’auto-organisation. Même si l’origine marxiste du « cocktail zapatiste » n’est jamais niée, le zapatisme revendique le droit à l’indéfinition et apparaît comme « une critique en acte des expériences révolutionnaires du XXe siècle ».

Alors que l’étape néolibérale du capitalisme a subordonné les États aux puissances transnationales du marché et de l’argent, ne leur accordant plus qu’un rôle, cependant déterminant, dans le maintien de l’ordre, la répression, le contrôle social, la conformation des territoires et des populations aux nécessités de l’économie, les zapatistes en appellent à « une autre politique » « en bas et à gauche », notamment à partir de la Sixième Déclaration de la Selva Lacandona en 2005, caractérisée par l’auto-organisation et l’autogouvernement, comme alternative à la destruction néolibérale. Il s’agit de construire dès à présent d’autres mondes possibles, de lutter contre le néolibéralisme et pour l’humanité. Ils considèrent la guerre froide, qui a connu 149 conflits et entraîné 23 millions de morts, comme la troisième guerre mondiale et, par conséquent, l’extension du chaos néolibéral comme la quatrième, une guerre « totalement totale » qui détruit tout pour homologuer la planète au modèle américain, une guerre contre l’humanité. « La mondialisation est l’extension totalitaire de la logique de marché à tous les aspects de la vie. » On estime que 10 pour cent de la population mondiale, soit 600 millions, vivent confortablement et pourtant la misère et la pauvreté que connaît l’immense majorité ne suffit pas à faire naître la révolte. Ceux qui détiennent les capitaux en quantité suffisante pour peser sur le destin des grandes entreprises, des États et de la planète tout entière constituent une minorité qui frôle l’inexistence statistique.

Alors que les relations sociales propres au capitalisme « dépouillent l’homme de son essence d’homme » (G. Lukacs), les zapatistes veulent lui rendre sa dignité, synonyme de rébellion et de lutte, « notion relationnelle, nécessairement réflexive et symétrique : elle est regard sur soi dépourvu de honte, regard respectueux envers l’autre autant que regard respectueux de l’autre ».

La parole zapatiste est une arme qui pratique l’humour, l’autodérision et l’indéfinition. Jérôme Baschet, qui appuie beaucoup son étude sur l’analyse des discours et des communiqués, explore les métaphores les plus récurrentes :

L’hydre, qui suggère la plasticité du capitalisme, sa capacité à reformuler ses modes de domination et dont la dimension collective du mythe est souvent occultée (Hercule n’aurait pu vaincre sans l’aide de Iolaos).

La tempête, qui désigne la crise structurelle, confirmée par Immanuel Wallerstein par exemple, qui va accentuer les destructions écologique, sociale et humaine.

La brèche insiste sur l’idée d’une lutte qui se construit à partir d’actes minuscules, apparemment insignifiants, qui tentent de se rejoindre. La brèche permet de voir ce qu’il y a derrière le mur, d’imaginer ce qui n’existe pas encore, alimentant notre combat pour le fissurer.

La guerre n’est pas seulement à l’origine du système capitalisme, elle demeure son mode opératoire principal, une guerre contre tout ce qui empêche qu’un être humain se transforme en machine à produire et à acheter : la dignité, la solidarité, la résistance, les manières de vivre et les savoirs qui impliquent une capacité d’organisation collective sont systématiquement détruits, au profit de l’avancée du « front de la marchandisation ».

L’auteur définit « le soulèvement du 1er janvier 1994 comme une révolte de la mémoire, une rébellion contre l’oubli ». Les références fréquentes aux événements majeurs de l’histoire mexicaine, plus encore que l’évocation générique des « cinq cents ans de luttes indigènes », légitiment les prises de position et les inscrivent dans une histoire répétitive qui souligne la permanence de l’oppression et des inégalités sociales, tout en précisant que cette conception cyclique du temps historique considère les répétitions comme « égales mais différentes », affirmant des ruptures dans la continuité. Cette « arme de la mémoire » développe une conscience historique du passé et une perspective nouvelle du futur contre l’idéal d’immédiateté et d’instantanéité imposé aux individus par les lois exacerbées de la rentabilité. À l’accusation d’être des « professionnels de la violence », les zapatistes répondent se définir comme des « professionnels de l’espérance ». Il s’agit de « regarder en arrière pour pouvoir cheminer vers l’avant ». « Rejeter le règne de l’aujourd’hui néolibéral suppose une conscience historique du passé, indispensable pour briser l’illusion de la fin de l’histoire et rouvrir la perspective d’un avenir qui ne soit pas une répétition du présent. »

À l’accélération caractéristique de la temporalité capitaliste, les zapatistes opposent et revendiquent la lenteur, la lenteur de l’escargot. Ils invitent à « cheminer en posant des questions » (caminar preguntando).

En réponse à l’idéologie indigéniste qui voudrait que le Mexique ne soit plus composé que de métis, ils revendiquent un autre modèle d’intégration, fondé sur le respect de leurs différences et de leurs spécificités. Ils promeuvent « une conception ouverte de l’ethnicité, toujours articulée à la dimension sociale et englobée dans une perspective plus vaste qui associe indigènes et non-indigènes ». L’autonomie zapatiste n’est ni un projet indépendantiste ni un idéal autarcique mais une rupture avec le centralisme de l’État dans un contexte de lutte nationale qui vise « l’autonomisation de la société civile dans son ensemble ». C’est « l’autogouvernement de la société l’emportant sur la logique du pouvoir d’État ». L’articulation du local, du national et de l’international s’effectue de telle sorte qu’aucun des trois ne puisse être compris hors de sa relation avec les deux autres.

La destruction des lieux, technique utilisée depuis la Conquête, théorisée par Machiavel, prolifère avec la globalisation néolibérale qui « atomise les forces de travail pour garantir un faible coût de la main-d’œuvre, diviser les peuples et concentrer leur attention sur des leurres, afin de mieux assurer l’unification marchande du monde ». L’autonomisation universaliste proposée par les zapatistes, articule le local avec le « souci du monde », revendique « la singularité des lieux et des expériences humaines en même temps qu’un internationalisme qui se moque des frontières et se préoccupe du destin commun de l’humanité ». Cependant l’universalisme abstrait des Lumières (« universalisme de l’Un ») est critiqué, opposé à un « universalisme des multiplicités ».

Dans une postface de 2019 à cet ouvrage initialement paru en 2002, l’auteur développe les principes de l’autonomie, déployée surtout à partir de 2004 avec l’instauration des cinq conseils de bon gouvernement, et qu’il considère comme « l’une des utopies réelles les plus remarquables et les plus radicales » :

● L’ancrage collectif assumé de la communauté.

● La résistance aux réformes néolibérales et la défense des territoires contre les grands projets (miniers, touristiques, énergétiques).

● Les efforts pour éviter le recours à l’argent. Les charges (santé, éducation, justice, assemblée) sont assurées bénévolement contre l’engagement de la collectivité de subvenir aux besoins matériels de ceux qui les occupent ou de cultiver à leur place leurs parcelles.

● L’éthique du bien vivre qui échappe aux injonctions productivistes.

● La lutte des femmes et la transformation des relations de genre.

● Une justice arbitrale de médiation plutôt qu’une justice punitive, dans le but de « restaurer la possibilité d’une vie collective pacifiée ».

● La déspécialisation des tâches politiques caractérisée par le mandar obedeciendo (« gouverner en obéissant ») qui articule l’organisation politique.

● Des décisions prises autant que possible par recherche de consensus et après discussions et analyses par les communautés.

● La critique des fondements de l’État moderne qui produit « l’absence du peuple, afin d’accroître sa soumission à des normes de vie hétéronomes qui, aujourd’hui, sont celles du monde de l’Économie ».

● L’absence de modèle préalable et figé, et le souci du caminar preguntando (« avancer en posant des questions ») et du buscar el modo (« chercher la manière »), relation particulière entre la théorie et la pratique.

Loin de se contenter de la superficialité d’une imagerie folklorique habituellement médiatisée, Jérôme Baschet dissèque minutieusement les discours pour comprendre dans toute sa complexité la pensée zapatiste, dans son « dépassement des oppositions classiques, à travers l’affirmation d’appartenances emboîtées et articulées entre elles ». Cet ouvrage est certainement le plus complet et le plus intéressant existant sur le zapatisme. Il propose l’analyse la plus approfondie sur un mouvement qui ne peut que continuer à être une source d’inspiration.

Ernest London,

le bibliothécaire-armurier

Bibliothèque Fahrenheit 451

1er février 2019.

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“Planter l’arbre de demain, voilà ce que nous voulons…
L’arbre de demain est un espace où tout le monde se trouve, où l’autre connaît et respecte les autres “autre” et où la fausse lumière perd sa dernière bataille. Si vous me le demandez plus précisément, je vous dirai que c’est un endroit ayant la démocratie, la liberté et la justice, voilà l’arbre de demain.”
~ SCI Marcos, 1999 ~

Conférence de Jérôme Baschet à Montpellier sur le Chiapas zapatiste, mai 2017:

Vidéo, durée, 54 minutes

Le PDF du texte réalisé par Jo de JBL160:

3ri-et-societe-des-societes-du-chiapas-zapatistes-aux-gilets-jaunes-en-passant-par-le-rojava-fevrier-2019

 

Lectures complémentaires:

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Pierre_Bance_Lheure_de_la_commune_des_communes_a_sonne

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Manifeste pour la Société des Sociétés

David Graber Fragments Anthropologiques pour Changer l’histoire de l’humanité

40ans_Hommage_Pierre_Clastres

6ème_déclaration_forêt.lacandon

Appel au Socialisme Gustav Landauer

 

Guerre impérialiste au Venezuela: communiqué de solidarité du groupe chilien anarcho-communiste Solidaridad avec le peuple venezuelien…

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3RI

 

Communiqué public sur la situation au Venezuela

 

Mouvement communiste libertaire chilien Solidaridad

 

Février 2019

 

url de l’article:

https://robertgraham.wordpress.com/2019/02/09/chilean-libertarian-communists-on-the-venezuelan-situation/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le Venezuela traverse une profonde crise de laquelle il est impossible d’exempter la responsabilité du leadership chaviste: un échec à ouvrir une voie qui permette au pays de dépasser sa sur-dépendance aux revenus du pétrole, l’inefficacité de la mise en place de mesures qui améliorent la situation économique du pays, la bureaucratie qui noie l’initiative populaire et tous les cas de corruption qui touchent les officiels et hauts-fonctionnaires officiant aux fonctions clefs de l’économie. Ceci ne représentant que quelques uns des problèmes irrésolus.

Mais quoi qu’il en soit, cette situation se tient au sein du cadre de la polarisation et du conflit de classes qui voit l’aile droite venezuelienne, représentante loyale des secteurs aisés de la population en conjonction avec les diverses administrations des différents gouvernements américains, mettre en place une stratégie de déstabilisation ayant pour but d’asphyxier l’économie venezuelienne en contribuant à la détérioration générale du cadre et du niveau de vie de la population venezuelienne, de millions de ses membres. L’objectif de cet effort est de minimiser le soutien populaire qui a essentiellement maintenu le processus du changement dans le pays.

Pire même, cette droite, qui se présente comme une alternative démocratique et qui cache son profond mépris pour la classe laborieuse derrière une langue de bois qui fait appel à la justice et au respect de la constitution qu’elle a autrefois copieusement insultée, opère de manière criminelle en faisant monter le niveau de la violence. Derrière la figure politique du président par interim auto-proclamé Juan Guaido et son Parti de la Volonté Populaire (Voluntad Popular), se cachant derrière de grands discours creux amplifiés par les médias, se tient une stratégie insurrectionnelle qui s’est révélée avec des attaques armées sur des baraquements militaires (NdT: sans doute pour faire basculer l’armée dans le camp de l’opposition…) [1], par la destruction de centres de santé publique, [2] par les incendies de hangars de stockage alimentaire pour les démunis, [3] parmi d’autres actions de sabotage qui eurent lieu durant ces dernières années.

Cela alla même jusqu’à l’assassinat de leaders politiques par des tueurs à gage [4] et jusqu’à des personnes brûléees vives pour le simple fait d’être chavistes. [5]

De ceci nous avons appris que si la droite reprend le pouvoir au Venezuela, non seulement elle mettra en place une politique de réajustement qui impliquera des privatisations d’entreprises publiques, un endettement accru auprès d’organismes financiers tels que le FMI et l’ouverture de projets pétroliers pour et avec des entreprises privées qui assumeront le rôle d’actionnaires principaux, [6] mais elle assumera également un gouvernement de revanche et de vengeance où la haine accumulée durant toutes ces années va se lâcher brutalement contre les secteurs organisés du peuple qui a osé rêvé d’un pays qui ferait sa transition vers un mode de vie non-capitaliste de vivre ensemble.

La réalisation d’un équilibre profond entre les progressistes d’Amérique Latine et en particulier de l’expérience venezuelienne, même avec toutes ses contradictions et potentiel est quelque chose qui reste à faire pour la gauche. Doit-on aussi dire que bien de ces expériences ont donné naissance à des processus politiques qui affligent directement la classe laborieuse. Mais malgré les différences légitimes que nous exprimons ouvertement avec ceux qui mènent le processus venezuelien, la gauche et le peuple doivent rejeter avec emphase cette nouvelle tentative de coup d’état, l’interférence non-stop des Etats-Unis et d’autres pays en matière de stratégie de déstabilisation, ceci incluant le gouvernement du président chilien Piñera et les secteurs politiques qui soutiennent sa politique étrangère depuis le Chili. Nous devons aussi demander à tous ces gouvernements qui se sont docilement rangés aux côtés de la position politique des Etats-Unis, de respecter les droits du peuple venezuelien à régler son propre conflit sans interférence d’autres états dans sa politique intérieure, en établissant a minima, la non-reconnaissance des délégations diplomatiques gagnées par Guaido.

Nous manifestons notre totale solidarité avec le peuple venezuelien directement depuis notre organisation, spécifiquement avec ces franges qui, même contre le grain chaviste et son leadership assument toutes les contradictions du changement en cours, qui luttent pour de nouvelles expériences dans la construction d’un pouvoir populaire qui va de la saisie des terres et de leur réorganisation collective à la socialisation d’entreprises auto-gérées par leurs propres ouvriers/salariés en passant par le gouvernement d’en bas (NdT: “et à gauche” comme dirait les compas zapatistes…) dans les communautés rurales et urbaines, [7] pour l’obtention d’espaces qui préfigurent le chemin du peuple qui lutte contre les conséquences généralisées du capitalisme patriarcal que nous voulons renverser et dépasser.

Solidaridad, février 2019

Notes

[1]  https://www.eltiempo.com/archivo/documento/MAM-53579

[2]  https://www.hispantv.com/noticias/venezuela/408335/ataque-incendio-hospitales-opositores-violencia

[3]  https://actualidad.rt.com/actualidad/242996-50-toneladas-alimentos-quemadas-venezuela

[4]  http://www.resumenlatinoamericano.org/2018/08/03/asesinados-tres-voceros-de-la-lucha-campesina-en-venezuela/

[5]  https://red58.org/cr%C3%ADmenes-de-odio-derecha-venezolana-quema-viva-a-personas-en-sus-protestas-923cfc58012c

[6] https://www.elinformador.com.ve/2019/01/31/descargue-aqui-el-plan-pais-lo-que-viene-para-venezuela/

[7] For an idea about the concrete experiences in building popular power in Venezuela we recommend you visit the following article written in 2016 written by two comrades of Solidaridad, “Political Situation in Venezuela: Crisis, Trends, and the Challenge of Class Independence.”

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Lectures complémentaires:

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Pierre_Bance_Lheure_de_la_commune_des_communes_a_sonne

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Manifeste pour la Société des Sociétés

Effondrer le colonialisme

Erich_Mühsam la liberté de chacun est la liberté de tous

6ème_déclaration_forêt.lacandon

confederalisme_democratique

Appel au Socialisme Gustav Landauer

 

Gilets Jaunes, Zapatistes, Rojava, toutes les luttes émancipatrices nous rassemblent.. Nous sommes tous inter-reliés !…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 25 janvier 2019 by Résistance 71

“Nous savons que nous avons bien des frères et sœurs dans d’autres pays et continents… Aujourd’hui, nous souffrons d’une nouvelle guerre mondiale, une guerre contre les peuples, contre l’humanité, contre la culture, contre l’histoire. C’est une guerre internationale, celle de l’argent contre l’Humanité, menée par une poignée de centres financiers, sans patrie et sans honte…
Nous sommes unis dans le mécontentement, dans le désir de faire quelque chose, par la non-conformité. L’histoire écrite par le pouvoir nous a appris que nous avions perdu, que le cynisme et le profit étaient des vertus, que l’honnêteté et le sacrifice étaient stupides, que l’individualisme était le nouveau dieu, que l’espoir était une monnaie dévaluée, n’ayant plus court sur les marchés internationaux sans avoir de pouvoir d’achat, sans espoir. Nous n’avons pas appris notre leçon. Nous avons été de très mauvais élèves. Nous n’avons pas cru ce que le pouvoir nous a enseigné. Nous avons fait l’école buissonnière lorsqu’ils enseignaient la conformité et l’imbécilité. Nous avons échoué dans le sujet de la modernité. Mais camarades de classe dans la rébellion, nous avons découvert et nous sommes trouvé des frères.
Nous sommes unis par l’imagination, par la créativité, par demain…”

~ SCI Marcos, 1995 ~

Traduction: Résistance 71

Solidarité ! Union ! Persévérance ! Réflexion ! Action !
Pour une SUPRA lutte émancipatrice.

Réseau de Résistance et de Rébellion International

 


Gilet Jaunes = Lutte d’émancipation indigène
Nous subissons la même oppression…
Ce n’est qu’une question de degré !

 

Le combat des zapatistes est le combat universel  de la vie contre la désertification de la terre

 

Raoul Vaneigem

 

21 janvier 2019

 

Source de l’article en français:

https://www.lavoiedujaguar.net/Le-combat-des-zapatistes-est-le-combat-universel-de-la-vie-contre-la

 

Alors que les intérêts financiers et le totalitarisme de l’argent tuent tout ce qui vit en le transformant en marchandise, le vent d’une révolte se lève et se propage, issue moins du souffle des idées que de l’existence intolérable imposées aux hommes et aux femmes du monde entier.

Cela fait cinquante ans que ce qu’il y avait de plus radical dans le Mouvement des occupations de mai 1968 a manifesté son refus de cette imposture qu’était le welfare state, l’état de bien-être consumériste. Il y a vingt-cinq ans qu’a retenti le « ¡Ya basta ! » par lequel les zapatistes manifestaient leur volonté de décider librement de leur sort en formant des collectivités capables de mettre fin à l’oppression qui depuis des siècles bafouaient leurs droits et leur dignité d’hommes et de femmes. Si cette expérience d’une vraie démocratie a très vite suscité des échos bien au-delà d’un petit territoire, dont le mensonge médiatique aurait aimé souligner le caractère strictement local, c’est que le volcanisme de cette éruption sociale faisait resurgir dans l’émoi la ligne de rupture sismique tracée par la liberté tout au long de l’histoire. Une éducation de l’ignorance et une culture du préjugé avaient enterré dans le passé les grandes espérances qu’avaient fait naître la Révolution française, la Commune de Paris, les soviets de Cronstadt, les collectivités autogérées de la Révolution espagnole. Or, la conscience humaine ne meurt jamais, elle s’assoupit, végète, tombe épisodiquement en léthargie, mais il y a toujours un moment où elle s’éveille et, en quelque sorte, rattrape le temps perdu.

La détermination combative des zapatistes, de même que la lutte acharnée du Rojava forment des zones de résonances où la conscience humaine se ressource, où le droit à la vie est déterminé à briser les puissances de la mort rentabilisée. Ce n’est pas sans raison que la cupidité capitaliste déploie sa force de frappe à l’encontre des territoires où des formes de société radicalement nouvelles redécouvrent, avec le sens humain, un style de vie fondé sur la solidarité, la gratuité, la création se substituant au travail. On l’a vu lorsque, en France, le gouvernement technocratique, véritable rouage de la grande broyeuse à profit a écrasé sous la botte de l’Ordre dominant les potagers collectifs, la bergerie, les habitats autoconstruits et la société nouvelle en gestation qui s’esquissait à Notre-Dame-des-Landes.

Dans le même temps que l’on entend s’aiguiser la faux de la désertification, résonnent aussi les cris d’une révolte longtemps contenue. Même si le mouvement des Gilets jaunes devait retomber dans les ornières du passé, sombrer dans la confusion, se déliter, il n’en restera pas moins qu’il a fait montre d’une radicalité appelée à renaître et à se développer. Le refus des chefs et de représentants, le rejet du clientélisme politique, la dénonciation du mensonge médiatique, la condamnation d’un système déshumanisant où le cynisme et l’arrogance imposent un plan de paupérisation tel qu’exigent la frénésie du profit à court terme et l’accroissement de sommes pharamineuses gonflant jusqu’à l’absurde la bulle spéculative. Des milliards sont là qui tournent par-dessus nos têtes et nous devons supporter les restrictions budgétaires qui affectent la santé, l’enseignement, les transports, les biens indispensable à la simple survie.

Retourner à la base est la seule façon d’en finir avec cette politique qui de sa hauteur imbécile prétend prendre des décisions à notre place. La république des statistiques, des bilans et des chiffres n’a rien de commun avec les notes de chauffage et la dégradation de l’environnement qui accablent celles et ceux que le pouvoir maltraite et manipule en les appelant « citoyens ».

Il n’y a que les assemblées locales qui soient au courant des problèmes rencontrés par les habitants d’un village, d’un quartier, d’une région. Il n’y a que l’assemblée populaire pour tenter de résoudre ces problèmes et pour fédérer ces petites entités afin qu’elles forment un front, inséparablement local et international, contre cette Internationale du fric dont la pourriture journalistique consacre le caractère et le développement inéluctable en le baptisant mondialisation. La solidarité avec l’EZLN a-t-elle une meilleure façon de se manifester que par la multiplication et la radicalisation spontanée de collectivités autogérées dans le monde entier ?

Ce qui est en train de se construire sans aucune forme institutionnelle, c’est une internationale du genre humain, c’est la découverte de cette poésie pratique qui, faite par tous et toutes et par chacune et chacun, décrète « nous ne sommes rien soyons tout ».

Raoul Vaneigem

Publié en espagnol par La Jornada,

Mexico, le 20 janvier 2019.

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“Nous les Zapatistes disons ceci: ‘Je suis comme je suis et vous êtes comme vous êtes. Construisons un monde où je puisse être sans avoir à cesser d’être moi, où vous pouvez être et ne pas avoir à cesser d’être vous, et où ni moi ni vous ne forceront qui que ce soit d’autre d’être soit comme moi ou comme vous.’ Ainsi, lorsque les Zapatistes disent: ‘Un monde où beaucoup de mondes s’intègrent’, ils disent plus ou moins ceci: ‘Chacun fait ses propres choses.’ “

~ SCI Marcos, 1999 ~

Traduction: Résistance 71

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération: