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Société contre l’État… Pour une meilleure compréhension du système pyramidal et sa mise à bas définitive

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 25 septembre 2022 by Résistance 71

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Dès que l’État n’est plus à même d’imposer l’union forcée, l’union surgit d’elle-même, selon les besoins naturels. Renversez l’État, la société fédérée surgira de ses ruines, vraiment une, vraiment indivisible, mais libre et grandissant en solidarité par sa liberté même.”
~ Pierre Kropotkine ~

« Anarchisme: Le nom donné à un principe de théorie et de conduite de la vie sous lequel la société est conçue sans gouvernement, l’harmonie dans une telle société étant obtenue non pas par la soumission à la loi ou par l’obéissance à l’autorité, mais par les consentements libres conclus entre des groupes territoriaux et professionnels variés, librement constitués pour les fonctions simples de production et de consommation et également pour la satisfaction d’une variété infinie de besoins et d’aspirations d’être civilisé. Dans une société développée selon ces lignes de conduite, les associations volontaires qui commencent déjà à couvrir tous les secteurs de l’activité humaine, prendraient une plus grande extension pour finir par se substituer elles-mêmes pour l’état et de ses fonctions. »
– Pierre Kropotkine (début de la définition de l’anarchisme qu’il écrivit pour la 11ème édition de L’Encyclopedia Britannica, 1910) –

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Pour une meilleure critique des pyramides humaines…

Est-ce une guerre de classe… ou juste une politique de caste ?

Faon Noir

Juillet 2022

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Septembre 2022

La terminologie de classe est une tentative démodée de catégoriser socio-économiquement les humains au sein de la société industrielle.

Les marxistes, spécifiquement les ex-marxistes, comme toutes les tendances gauchistes inspirées par le marxisme, se sont reposés sur la même vieille catégorisation tripartite de la société remontant à Aristote, maintenant divisée en trois grandes classes. Les sociologues contemporains des écoles marxistes de sociologie vont utiliser les statistiques des revenus moyens pour montrer qu’ils ont raison à ce sujet ; à savoir que la classe moyenne existe et qu’elle sombre dans la pauvreté ces dernières décennies, alors que le groupe des plus riches continue de s’enrichir et à devenir de plus en plus puissant. Tout cela est vrai, pourtant dans un des plus petits aspects du mastodon. Cela nous montre où sont situés la plupart des gens en termes de revenus, mais pas grand chose au sujet de tous ces gens et où ils se situent sur la courbe. Que ces gens ne font en rien partie d’une classe unifiée au sein du modèle de la tripartite “classe moyenne / prolétaire”, “pauvre / lumpen” ou “riche”. En réalité, ou en fait plus proche de ce que je qualifierai de réalité sociale, une moyenne statistique ne représente au mieux où une courbe en cloche est située au sein du spectre des données organisées de façon linéaire.

Avoir vécu des années sur le lieu de travail, dans les rues, hors du monde académique et universitaire, révèlera que le monde est bien plus complexe et est un endroit très fluide et dynamique, qui n’est pas fait de catégories et de classes, mais de personnes. Spécifiquement de groupes de personnes s’organisant constamment et complotant pour le pouvoir. Soit pour en acquérir toujours plus ou pour maintenir leurs “droits acquis”.

Cette interprétation marxiste des plus étriquées a aussi un autre but que de montrer les inégalités sociales que créent le capitalisme. C’est utile pour cacher ou ignorer la construction de privilège ou la consolidation de ces mêmes groupes de l’intelligentsia de la classe moyenne gauchisante ou de cette petite bourgeoisie qu’on trouve souvent en soutien des partis politiques de centre-gauche, des ONG, des syndicats ou gérant de manière plus pervasive une grande portion du secteur “à but non-lucratif”, surtout de ce secteur plus vocal au sujet des injustices sociales. Ils luttent pour leur propre élévation sur l’échelle sociale, en conflit avec ceux qu’il perçoivent, avec un certain niveau de justesse, limiter leur accès à de plus grandes position de pouvoir.

Idem pour les “riches”. Si vous me demandiez par exemple, qui est la personne / famille la plus riche de la planète, c’est une question à laquelle personne ne peut donner une réponse définitive. Une question aussi complexe : qui sont les “riches” ? La richesse est une notion plus complexe que ce qu’on vaut, mais les super-riches ne représentent pas que leur valeur monétaire… Ils utilisent aussi d’autres sortes de biens et de monnaies comme ressources, les métaux précieux et maintenant le Big Data. Les super riches tendent aussi à être des gens super-connectés. Leur richesse n’aurait pas grand sens si elle n’était pas un facteur de pouvoir au sein des réseaux sociaux.

La question de leur puissance est encore plus compliquée lorsqu’on regarde leurs plans politiques et leurs réseaux. Et même parmi les super-riches, il y a des factions, des milieux, des gangs, qui jouent au Monopoly avec cette escroquerie économique du monde. Depuis que Trump s’en est venu en politique, par exemple, il est devenu clair qu’il n’y avait pas qu’un seul gang de pouvoir aux Etats-Unis, que le plus dégoûtant d’entre tous, celui de ces suprémacistes blancs, chrétiens ultra-conservateurs, s’est engagé dans une bataille sans précédent contre l’establishment néolibéral, le gang dominant de ces dernières décennies. Ceci est même vrai dans une règle totalitaire comme la Chine, qui a différentes factions luttant au sein du PCC, jusqu’à des vendettas occasionnelles afin de consolider le pouvoir. Partout dans les sociétés capitalistes il y a des moindres riches de la classe moyenne supérieure, jusqu’aux mega-milliardaires, qui ont différents intérêts dans l’industrie, ou de degré dans leurs entrées politiques, et différentes positions, ce de la “gauche progressiste” de la famille Rothschild et de Georges Soros à l’extrême droite ultra-conservatrice de Murdoch et des frères Koch.

C’est pourquoi catégoriser les “riches” est toujours plus compliqué que cela ne paraît ; mais pour moi, les ultra-riches ne sont pas si importants qu’ils ne le furent en tant qu’antagonistes sociaux. Je sais qu’ils font de très mauvaises choses, qu’ils s’engagent dans des plans immondes qui maintiennent des milliards de personnes dans la misère. Et ils tiennent les rênes apparemment sur les gouvernements, les médias, les ONG, pour lesquels vous travaillez peut-être et la plupart des entreprises pour lesquelles vous travaillez.

Mais vous pourrez remarquer que votre centre de ressources progressiste local pour les sans-abris est plutôt géré par des gens de la classe moyenne. Ceci est adéquat puisque cela a à voir avec un service de charité, structuré de manière notoire sur cette même vieille relation binaire chrétienne ente ceux qui ont plus et ceux qui ont moins ou entre les plus éduqués et les moins éduqués. Le jour où vous verrez un centre de ressource pour sans-abris géré par des sans-abris, on ne sera plus dans la charité mais plutôt dans l’autonomie Pourtant les relations sociales continuent d’être structurées en hiérarchies entre castes de différents niveaux de privilège.

La société, étant elle-même un grand plan pyramidal ouvert, est donc remplie d’une myriade de gens impliqués dans des jeux plus ou moins crapuleux qui privent d’autres d’avoir la même qualité de vie dont ils bénéficient. Quand ce ne sont pas des familles blanches nucléaires se prélassant dans leurs bulles bien confortables dans les campagnes, ce sont les yuppies des villes dans leurs beaux appartements s’amusant avec leur gang d’amis sur toile de fond artistique. Vous pourriez noter un niveau de disparités et de consolidation de privilège, au sein du milieu sans-abris et des prisonniers. Mais comme d’habitude, il y a une part de bons motifs économiques derrière toute cette construction de privilège. Dans les grandes villes ciblées par une gentrification intense, les locataires ont intérêt à s’organiser avec des amis ou à construire un réseaux d’amis, afin de partager les loyers entre gens qu’ils connaissent de façon à ce que les loyers restent le plus bas possible.

Ceci donne aussi à ceux qui ont l’esprit le plus radical, la possibilité de mettre en œuvre des grèves de loyer sur une plus grande échelle et de faire plus de campagnes anti-expulsion et anti-augmentation de loyers, qui ont plus d’effet que juste des locataires isolés remplissant des formulaires de plainte. L’organisation collective est un puissant vaisseau amiral pour gagner plus de pouvoir.

Mais une fois de plus, quand on gagne plus de pouvoir, qu’est-ce qu’on en fait ? Quand des groupes de pairs créent leurs coops de logement et de travail ou même gèrent collectivement des squats là où ils existent toujours, quelle place reste t’il dans le monde au bout du compte, pour tous ces outsiders ayant moins de pouvoir ou pas de pouvoir du tout ?  Pour ceux qui finissent, une fois de plus, en bout de queue des machinations sociales de construction de privilège. Être “socialement bizarre”, désaxés ou trop “déclencheur” les rend en apparence plus horizontaux, démocratiques, collectivistes dans leurs plans et encore exclusifs pour ceux qui sont handicapés, âgés, genres ou pas suffisamment efficaces en relation sociale pour s’intégrer. Parce que, comme pour le reste de la société, ces projets sont produits au travers de dynamiques inclusives / exclusives, qui génèrent l’exclusion sociale en tant que produit de transformation et déchet.

D’une manière ou d’une autre, cela revient à se heurter à des portes closes, des murs, des barrières, toujours plus de nuits passées sur les trottoirs ou au mieux à naviguer dans des endroits de location avec des co-locataires mentalement dérangés… ainsi donc la hiérarchie sociale de la prison est maintenue en place. Bien sûr tout ça est du domaine des propriétaires et des “patrons” qui possèdent vos vies et vous tiennent par les couilles (i.e la relation de classe), mais comment les gens ne renforcent-ils pas cela par la dynamique de caste ? Ainsi, même lorsque ces plans sont considérés comme charitables, la séparation qu’ils induisent, voilà un truc sur lequel ces marxistes récents dits situationnistes, avaient raison, est toujours par essence et de manière fonctionnelle, aliénant. Il n’y a cependant aucun doute sur le bien que font certaines de ces personnes, ce malgré la structure aliénante et aliénée dans laquelle elles travaillent.

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Comment fonctionne un système de caste ?

Essentiellement, avec la reproduction des cultes identitaires, des clans ou des familles et de manière plus importante leurs cultures reliées, ce qui leur permet de se connecter les unes aux autres. La culture, y compris les représentations culturelles, est le lien qui les relie ; alors que les cultures sont utilisées comme moyen de renforcer le status quo de caste, qu’elles redéfinissent leur morale et établissent les frontières de la relation inclusion / exclusion tout en servant d’autres impératifs de contrôle. Ce ne sont pas des schémas que l’on observe au travers de grosses catégories sociales comme les classes, qui ne se sont définies que par leur activité économique productive mutuelle. La caste reproduit ses propres systèmes de représentations et de relations par delà sa simple activité socio-économique. La première actualisant l’autre et fournissant une sorte de notoriété, de prestige, de luxe ou autre chose ayant une valeur sociale ajoutée. Un sens de privilège sans vraiment en fournir un sens.

J’approfondirai plus là-dessus dans un prochain texte sur les contre-cultures et la normalisation, mais dans les riches trous à rats urbains de l’occident, nous pourrions avoir été les témoins ces dernières années, d’un mouvement émanant des parties des sub-cultures punks vers les castes supérieures snobinardes de la citoyenneté artistique. La mode des styles de vie urbains “in” a été revigorée par ce qui fut significatif des milieux marginaux : tatouages, piercings, code vestimentaire noir et coupes de cheveux asymétriques, même la meute de chiens (qui pour certains, a été remplacée par des enfants…), tout cela est maintenant bien prévisible, éléments sans surprise de l’environnement urbain, que l’on trouve dans quasiment toutes les grandes métropoles de la planète, même en dehors de l’occident.

Ceci fut un moyen de faire partie de la foule “in”, d’être accepté non seulement dans les squats, mais dans les espaces de location privés, de pouvoir avoir accès à des boulots décents dans des endroits “modes” et, le plus important, avoir un bon volume de relations sociales. Ce sera controversé que de dire que la même normalisation du milieu LGBTQ+ s’est opérée en tant qu’identité sociale et que cela a joué les mêmes rôles socio-économiques ayant les mêmes buts, tant bien même que par lui-même ce milieu représente un fourre-tout (NdT : en français dans le texte original) de différentes identités de genres minoritaires et de préférences sexuelles rassemblées dans une catégorie, pour que chacun sous cette bannière s’identifie indépendamment de sa signification en accord avec la sensibilité de chacun.

L’idée n’est pas de critiquer quelques sub-cultures que ce soit pour leurs valeurs ni même de blâmer les modes de vie urbains pour les avoir normalisés, mais de regarder comment fonctionne la dynamique de caste, grâce en grande partie à l’utilisation de signifiants culturels et de leur politique inhérente. Réaliser aussi comment l’individu ou la personne en tant que telle, est réduite au silence et rendue invisible par ces politiques de caste, ce malgré toutes les célébrités des médias sociaux, qui n’existent pas pour et par elles-mêmes par qui littéralement posent sur une scène au travers toute une série de représentations préfabriquées. Il n’y a pas de pronoms non genrés pour les personnes, seulement pour des objets inanimés ou des groupes dans une certaine mesure. (NdT : en anglais et son “it” neutre)

Ceci est, de mon point de vue, la cause la plus profonde derrière l’épidémie de meurtres de masse que nous éprouvons ici aux Etats-Unis. Bien que quelques unes de ces actions aient été fondées sur des idéologies démentes de haine contre des groupes minoritaires plus ou moins spécifiques, beaucoup de ces meurtres de masse sont souvent commis par des désaffranchis, des désaxés, des mâles socialement isolés qui, pour une raison ou une autre, n’ayant pas de meilleur analyse de ce qui leur arrive dans ce monde, décide de se venger de ceux qu’ils perçoivent comme leurs oppresseurs directs. C’est à dire, les castes sociales et leur environnement. Et d’une certaine façon, il est vrai que la dynamique de foule / de meute tend à rendre le groupement humain en général plus oppresseur tout en perdant de vue la conscience alors que leur nombre augmente dans un contexte donné.

Si la gauche comprenant vraiment les dynamiques de l’exclusion sociale, de l’oppression et du privilège, comment elles fonctionnent, alors peut-être pourrait-elle aider dans une bonne mesure contre une telle propagation de la violence meurtrière qui ne fait que bénéficier à toujours plus de contrôle despotique de la place publique. Mais la gauche est demeurée coincée, comme le savent quelques critiques anarchistes, dans une spirale sans fin d’analyse dépassée des dynamiques politique et sociale, le tout centré sur des représentations infantiles bien connues produites par les marxistes. Les castes sont définies par bien plus que juste l’activité productive de leurs membres et de la même manière, la reproduction socio-culturelle qui les définit, va bien au delà de leurs simples rôles socio-économiques productifs, quand elles en ont un en commun, même si l’on considère la société comme étant une méta-usine.

Le problème du comment les gauchistes pourrait l’améliorer en analysant mieux ne me concerne pas. Mais pourtant, je trouve de plus en plus difficile de ne pas payer attention aux flinguages de masse et en fait l’approche du “pas dans mon jardin” de ces problèmes sociaux pourrait bien ne pas trop s’appliquer facilement ici alors que tout le monde peut être potentiellement affecté par ces éruptions soudaines de violence interpersonnelle extrême.

Le but d’une telle perspective sur les relations sociales qui nous entourent est de ne pas être trompés par des croyances abusives dans la radicalité de nos “projets” ou de nos initiatives et de les regarder avec une loupe plus réalistiquement critique , montrant leurs insuffisances et leurs faiblesses se mettant en travers de la voie vers l’anarchie totale ou la révolution social que vous recherchez. Reproduire des relations de caste peut intrinsèquement amenuiser toute tentative visant à l’équité, l’autonomie et l’association libre.

Comme je l’ai dit trop souvent, les anarchistes et les nihilistes ont une opportunité spécifique, souvent gâchée, de créer une table rase sociale qui nie à la fois les dynamiques de construction de privilège en remettant en question les problèmes plus profond de la propriété et de la construction de capital tout en rendant aussi nul et non avenu le problème du “progrès social” poussé des décennies durant par la gauche, au travers de schéma de relations basées sur l’association libre.

Comme il n’y a pas besoin de travailler dans l’industrie si nous choisissons plutôt de libérer les biens et de créer des communs sur tout, où tout le monde peut en jouir sans les pièges et les inconvénients de la bureaucratie et de la propriété, passer de l’assistanat à “l’acquisition de terre” ; nous sommes toujours privés d’une relation immédiate avec le monde naturel. Il n’y a pas besoin de logement bon marché si vous trouvez le moyen d’occuper les espaces pour vivre et spécifiquement dans le partage. Il n’y a pas besoin de meilleures conditions de travail si vous abolissez le besoin d’argent, d’abord, afin d‘avoir de bonnes conditions de vie, d’être capable de faire des amis, des amants, des complices ou simplement d’avoir de bonnes conversations avec d’autres êtres humains, peu importe d’où ils viennent. Il n’y a aucun besoin de ces abris démoralisant pour sans-abris si vous avez des squats organisés où tout le monde a sa chance de vivre ensemble et desquels d’autres projets d’occupation des sols peuvent mûrir.

non

Le pouvoir de dire NON ! Est celui qui n’est pas reconnu par l’agencement libéral, ni non plus par les supposés “radicaux”. Et en fait, les marxistes ont une tendance historique à repousser la négation, car pour eux, la révolution est un processus évolutionniste dans lequel, d’abord, nous devons créer les conditions pour que les prolos puissent être capables de nier l’État et le capital… comme s’ils avaient trouvé le secret de l’immortalité !

Donc, comme pour le reste de la bourgeoisie libérale, enfreindre la loi, rechercher des plaisirs contre les moralités dominantes, sera réserver à l’espace privé, celui de la caste, de a communauté ou de la famille… ou à des groupes se réunissant sur des îles privées (NdT : ici, allusion directe à “l’affaire Epstein”…) et les immoralismes plus dangereux tels que le viol, les abus et autres violences sexuelles ou non, pourront aussi avoir lieu grâce à la bulle de sécurité promise dans l’espace clos privé, dans des milieux où cela ne pouvait pas se produire au grand jour.

Mais ceci est il bien une négation ou juste la reconstruction du même vieux schéma de l’appropriation et de l’exploitation, héritée des moralités dominantes ? Une transgression n’est pas nécessairement une négation d’un ordre, mais plutôt la contradiction qui le précède, dans la veine du “les règles sont faites pour être enfreintes”. L’”anti” principe n’est pas un non-principe ou une absence de principe ; c’est un contre par un sans. Satan existe(rait) parce qu’il y a(aurait) dieu. Ainsi le braqueur de banque ou le mineur de crypto est toujours à la recherche du gros pognon, simplement innovant dans leur mission de compléter l’impératif capitaliste bien connu (à moins bien entendu qu’il jettent le fric glâné dans les rues pour tout le monde…). Je ne dis pas que ce n’est pas bien… simplement que cela ne représente pas la négation d’un ordre de valeur…

La négation absolue de tous les ordres, la remise en question de tout, est ce qui est nécessaire pour retourner le pouvoir de la totalité sur nous-mêmes. Ainsi nous ne pouvons pas vraiment éviter ou abolir ces relations de caste qui nous séparent à la fois des autres et de nous-mêmes, ainsi que du monde qui nous entoure, sans mettre ces valeurs, ces impératifs sous le froid broyeur, la logique concrète de la négation totale.

La propriété n’est pas seulement le vol. Fondamentalement, “La propriété” n’est pas seulement quelque chose qui existe. Votre zone de confort connue comme votre foyer ou commune d’amis, ou mansion en haut de la colline… ne sont que des espaces privatisés inventés par les territorialisations capitalistes et renforcés par des murs, des portes et des serrures. Cela n’est “réel” qu’aussi loin que c’est une construction relationnelle, établie et protégée par la menace de violence judiciaire ou interpersonnelle. Vous ne pouvez pas prétendre à l’anarchisme, encore moins au “communisme”, tout en même temps jouir de ces privilèges qui vous sont donnés par un système de caste invisible et non-dit. Bien sûr vous le pouvez quand même, mais cela relève plus de la bonne vieille hypocrisie victorienne, renforcée par ces bonnes vieilles idéologies victoriennes, prétendant s’opposer au système dominant. Vous pouvez choisir d’être conservateur et donc d’être moins hypocrite de fait, pourtant le status quo du système de caste sera maintenu, simplement plus dénudé et évident. Mon postulat, qui n’est pas vraiment important à considérer, est que le libéralisme classique du XIXème siècle a maintenu la civilisation occidentale dans un système qui n’a pas évolué en système de caste officiel absolu ; du moins ceci fut retardé par un bon siècle de luttes de classe définies.

Quoi qu’il en soit, le domaine sauvage, naturel, ne connaît pas ces territorialisations. Et ne se soucie pas de savoir qui s’en soucie. Les sauvages ne se soucient que de leur subsistance, protection, plaisir et bien-être. Quoi que ce soit d’autre, toute tentative d’arrangement à quelque niveau de la sphère du système de caste, veut dire devenir plus “civilisé”, ou sur-civilisé, ceci étant les murs les plus intangibles et pourtant les plus reconnaissables de la civilisation, définis par la culture plus que par la politique et l’économique. Un vagabond peut profiter et bouffer au râtelier des hôtels de luxe ou des cafés chics afin d’éviter partiellement la misère liée au fait d’être sans-abri, il peut même errer dans les parties étudiantes  ou les clubs privés snobs, mais ce qui le chassera de ces sphères ne sera pas leur compte en banque, le statut officiel, ni même leur bord politique, ce sera leur apparence physique, leur tenue, leur façon de parler et leur étiquette, ou manque d’étiquette en ce cas précis. Car ce sont des standards culturels qui font de ces catégories sociales, des castes. Pas des classes, parce que, répétons-le, les castes sont des regroupements culturellement définis, bien plus que socio-économiquement définis.

[…]

Les sauvages ne se contentent-il pas de rechercher le pouvoir sur leur propre existence ? Pourquoi rechercheraient-il un plus grand pouvoir, si ce n’est pour chasser les buts définis par les dynamiques du pouvoir dominant ? Pour avoir le privilège qu’ils envient tant aux castes au dessus d’eux, ou pour “régner en enfer plutôt que de servir au paradis ?”

Peut-être parce que de telles dynamiques comme le terrorisme du système judiciaire sont intrinsèquement liées à ce pouvoir. Que le but ne serait pas de devenir une autre couche de ce système judiciaire, comme la culture sortante paraît le faire.

Là réside toute l’importance de la thèse initiale de cette tension. Le fait que les tendances marxistes de la gauche ont depuis le départ, adopté l’analyse de la lutte de classe de façon à forcer brutalement l’émancipation des gens, ce uniquement au travers de leur système hiérarchique. C’est pourquoi ils seront toujours confinés, mentalement restreints, à la notion que toute auto-défense, tout pouvoir indépendant et toute libération ne puissent être obtenus que par des moyens sociaux de masse ; ceci réflète plus profondément, le besoin de gain de pouvoir d’une caste plus ou moins spécifique de personnes “intelligentes” de la classe moyenne, par dessus ce qu’ils percevront toujours comme la masse du peuple qui est dans l’obscurité et qui a besoin de sauveurs ou d’organisateurs ou de leaders révolutionnaires charismatiques et au sang chaud afin de les sortir de leur transe politique induite.

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Je ne veux pas dire que ce fut le cas pour ces rebelles intrépides et éveillés tels Fred Hampton. Geronimo, Novatore ou Harriet Tubman. Ils étaient plus à mon avis, comme ces chats sauvages qui minèrent les pouvoirs consolidés de leur temps, de cette société soumise à une caste prédominante. Il va sans dire… qu’ils ne furent pas non plus de cette caste des arrogants sales gosses de la classe moyenne des banlieues, blanches et affamée de pouvoir.

Ainsi les marxistes ont besoin de ce vague modèle cartésien d’une catégorie sociale, la classe, qui est définie de manière inhérente par une position au sein d’une chaîne de production de la société industrielle. Tout comme de leur point de vue, on ne peut être rien d’autre qu’un travailleur ou un prolétaire (peut-être incluant un sous-prolétaire, “lumpen” prolo) afin de prendre part à la lutte des classes vers la libération de tous les travailleurs. Mais ces leaders, organisateurs ont-ils jamais été de ces travailleurs pour lesquels ils affirment mener la libération ? Ne postulent-ils pas en fait pour leur propre prise de.pouvoir par dessus les prolétaires, en utilisant la force de travail de ces travailleurs afin de pousser vers une dynamique du changement de pouvoir, où cette caste de l’intelligentsia atteindra un plus haut statut de privilégié au sein des processus de production ?

Dans la société néolibérale, le mieux qu’ils puissent faire est d’obtenir des positions de cols blancs bien payés. Peut-être même une entrée dans la politique étatique au sein d’un parti minoritaire. Ce qui n’empêche pas la veule corruption des avocats et autres profiteurs fonciers prenant de hautes positions de pouvoir au sein des partis dominants. Mais, pour redire l’évidence d’auparavant, ils courent tous après la même saucisse, simplement au travers de modes et de moyens légèrement différents. Et comme au bon vieux temps de l’URSS, ils auront les plus hautes positions dans la société !

Alors vous êtes “anticapitalistes” ? Super. Mais “anticapitalistes”, juste comme les “antifas”, est une position négative, ce qui ne dit pas grand chose sur le type de monde que vous voulez en lieu et place de l’ordre existant. Qu’est-ce que cela veut dire pour vous dans la vie quotidienne, au delà de quelques manifs et leur lot de graffitis ?…

Peut-être êtes-vous communistes ? Super aussi. Étant donné que c’est toujours subversif de l’être dans bien des parties du monde occidental, cela vous donne un petit côté rebelle tranchant. Mais une fois de plus, quel communisme ? Si vous parlez de la Commune, de quelle commune parlez-vous ? La forme communale de propriété dont nous parlait Marx soi-même, celle que les Grecs anciens inventèrent, ces propriétaires terriens patriarcaux et esclavagistes, qui n’étaient pas si différents de ceux qu’on nomme les “pères fondateurs” [des Etats-Unis] ? La Commune des Amis, où tout ce dont vous avez besoin est de devenir un “ami” afin d’y être intégré et d’y être considéré comme un égal ? Qu’est-ce que vous appelez un “ami” alors ?…

Mon intention ici n’est pas de trainer quiconque dans la boue avec leurs projets grandioses, mais de comprendre ce que les gens recherchent vraiment et pour quel intérêt spécifique. Comme un Stirner le dirait : Tant que la Commune n’est pas la mienne, ou aussi longtemps qu’elle frappe à ma porte, elle m’est étrangère, elle ne veut rien dire pour moi, car elle n’est que le bénéfice d’un petit groupe d’autres personnes.

Non seulement cela ne me bénéficie pas beaucoup, mais une bien vague masse de “prolos” camarades ou “amis” desquels je peux faire partie ou non, selon l’analyse faite par le groupe leader en charge, définit les catégories sociales et leurs narratifs (ceci est aussi connu sous le vocable de “politiciens identitaires”) et seulement si je me retrouve inclus en tant que camarade prolétaire pourrais-je bénéficier d’éventuels miettes de cette nomenklatua. Je bouffe les miettes des prolos de manière régulière en tant que partie de mes moyens de survie et pour objectifs écologiques secondaires, mais ce n’est jamais comme rétribution de mes services sous l’aile de cette catégorie sociale.

Le monde n’est pas dirigé par le fric, mais par les narratifs et leurs représentations.

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Il y a eu des époques où les humains ne pouvaient pas vivre sans dieu ; ou sans la chasse ou sans le feu. De la même manière, “un monde mené par l’argent” est un narratif matérialiste capitaliste, de la fin de l’ère industrielle. Un tel narratif, comme tous les autres, n’existe que par son système de soutien des relations au pouvoir. Pourtant il ne sera pas nécessairement sensé, le plus souvent il ne l’est pas. Si vous vous laissez définir et mener par cela, attirer par un groupe ou un autre, vous vous laissez encore et toujours avoir et contrôler par les groupes qui font que cela puisse se faire, puis cela devient un fait inévitable de l’existence. Ainsi donc ce groupe devient de facto une caste qui vous est supérieure… les hiérarques possédant tous les secrets de votre libération retardée à tout jamais. Accepter que tout cela me définisse, c’est accepter les rouages et les gonds de leur contrôle sur moi.

Ne laissons aucun doute à mes détracteurs potentiels et disons leur que la gauche marxiste n’a été utilisée ici que comme un exemple parmi bien d’autres itérations possibles. L’extrême-droite appelée aussi maintenant “Alt droite” pour “droite alternative”, comme nous pouvons le constater depuis plusieurs années, tend à avoir plus de succès en ce moment à leurs jeux de gain de domination sur une autre masse de gens bien mois éduqués / intelligents pour le bénéfice de leur caste. Ils sont après tout, connectés à des groupes spécifiques, ceux de l’aspect de la vieille droite blanche suprématiste du riche establishment, luttant pour retrouver le pouvoir qu’ils ont apparemment perdu dans l’après-guerre, surtout après le succès du mouvement des droits civiques aux Etats-Unis et dans l’ère de l’ordre néolibéral. En lieu et place de classe, ils vont utiliser les plus rétrogrades catégories sociales de races et/ou d’identité nationale. Ils furent après tout, le premier groupe identitaire du monde moderne, dans ce monde républicain, industriel et post-religieux, où le scientisme et les états-nations remplacèrent implacablement les vieilles idéologies religieuses.

La droite Alt rétrograde, plus libérale au sens classique que de fait conservatrice (et bien moins “libertarienne”), a aussi eu ses propres prêtres et papes de la justice sociale, se penchant sur des définitions brutales et superficielles de “l’humain” comme s’il devait être plus vieux et plus emprunt de droiture que la récente corruption LGBTQ+, les identités sociales des femmes et des non-blancs, affaiblissant leur ancienne domination sur les corps. Est-ce que ces nouvelles catégories produites par le neo-gauchisme et reproduites par les empires des réseaux sociaux, emmenés et créés par des mâles blancs normatifs soit dit en passant, sont plus authentiques ou véritables ? J’en doute fortement.

La seule identité sociale qui est réelle et précise est la vôtre, ou la mienne. La question que vous posez n’a pas de réponse toute faite. C’est la seule, sortie de votre définition même officielle de citoyen et entrepreneuriale mise en place par l’État peu de temps après votre naissance en tant qu’être physiquement vivant, qui peut vous définir.

Qui êtes-vous ! Ou qu’êtes-vous ?

Suis-je, moi, l’auteur de ces lignes, en position de mieux le savoir que vous-même ? Tout ce que je sais avec certitude, c’est que vous n’êtes peut-être pas ce que vous prétendez être, mais quelque chose de plus, de moins ou autre. Allez savoir… Peut-être même que vous existez !…

= = =

“L’État est une société d’assurance mutuelle entre le propriétaire terrien, le général militaire, le juge, le prêtre et plus tard, le capitaliste, afin de soutenir l’autorité de l’un l’autre sur le peuple et pour exploiter la pauvreté des masses tout en s’enrichissant eux-mêmes.
Telle fut l’origine de l’État, telle fut son histoire et telle est son essence actuelle.”
~ Pierre Kropotkine ~

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

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La société organique spirituelle pour un changement de paradigme politique avec Gustav Landauer et Saul Newman (2ème partie)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 22 septembre 2022 by Résistance 71

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L’anarcho-mysticisme de Gustav Landauer et la critique de la théologie politique*

Saul Newman

2020

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Juillet 2022

(*) théologie politique : croisée du chemin entre la philosophie politique et la théologie chrétienne, comment des concepts religieux, des croyances peuvent être sous-jacents à des modes d’organisation politiques, économiques et sociaux

1ère partie

2ème partie

Le texte de Saul Newman en format PDF made in Jo ;
Saul_Newman_L-anarcho-mysticisme-de-gustav-landauer

Esprit / Geist

L’esprit (Geist) est le référent central de la pensée anarcho-mystique de Landauer. Comme nous l’avons vu, des communautés d’esprit, fondées sur l’association volontaire et les affinités naturelles, sont opposées aux communautés artificielles sans esprit, comme l’état-nation par exemple. L’esprit est ce qui cimente la communauté en un tout de manière non-coercitive et ce qui permet la rédemption de l’humanité de la forme appauvrie dans laquelle elle se trouve aujourd’hui. De plus, comme nous l’avons vu, l’esprit est totalement différent de la théologie, qui implique l’obéissance à une révélation divine et qui, selon les termes de Schmitt, se transcrit directement en obéissance politique. Comment devons-nous donc comprendre cette notion, de concept d’esprit, de Geist ? Alors que la façon dont Landauer déploie parfois le terme est peu clair, il a l’intention de se référer à cette sorte de force non-coercitive qui, à certains moments et sous certaines circonstances, ravive les peuples et les cultures. C’est quelque chose qui fournit à la vie son sens et sa sacralité et imbibe le présent de joie, de force et de vitalité.

Il associe l’esprit de manière diverse avec le raffinement culturel, avec une vitalité intérieure qui unifie un peuple ou une communauté, avec une disposition vers la liberté, l’amour et la solidarité ; avec aussi, comme on l’a vu, la théologie mystique chrétienne par laquelle l’âme parvient à s’unifier avec dieu. Landauer parle de la grande époque de l’esprit, moments de l’histoire et de la culture humaines où cette vitalité était évidente, comme dans le moyen-âge chrétien. Alors qu’aujourd’hui, sous les conditions exploiteuses et oppressives du capitalisme et de l’état, l’esprit est dans un état de dissipation et de déclin, jusqu’à ce que soit latent chez les gens, comme une sorte de principe évolutionnaire, comme un héritage biologique de générations précédentes ; il peut être réveillé.

Le socialisme pour Landauer, offre l’opportunité d’un renouveau spirituel. De fait, dans un ouvrage tardif, “Appel au Socialisme” (1911), il argumente que le socialisme doit être vu comme uns disposition spirituelle, une nouvelle façon de vivre le présent. En ce sens, l’anarchisme, comme politique préfiguratrice et le socialisme sont très étroitement reliés. En fait, Landauer décrit le socialisme comme “anarchie et fédération”. Le socialisme et l’anarchisme ne sont pas deux systèmes sociaux distincts, mais se réfère à un mode de vie autonome, libre et coopératif. Le socialisme de Landauer est définitivement non-marxiste. Pour Landauer, le marxisme est autoritaire, centraliste et étranger au véritable esprit du socialisme. Le marxisme est non-spirituel parce qu’il tente de transformer le socialisme et une science et un parti politique, finissant comme une idéologie étriquée et doctrinaire, qui n’a rien à voir avec le socialisme véritable.

Les anarchistes du XIXème siècle et spécifiquement Bakounine, rejetèrent aussi les prétensions du marxisme, affirmant que cela mènerait à de nouvelles formes d’autoritarisme. La science est incapable de saisir les forces de la vie dans leur spontanéité et leur vitalité ou, pour le dire en termes de Landauer, leur esprit. Le problème du marxisme, aux yeux de Landauer,  était sa doctrine du matérialisme historique qui affirmait être capable de prédire les révolutions par une observation scientifique des lois du développement historique et du mode de production économique.

Prendre l’histoire de manière matérialiste et transformer toute l’existence humaine en une série de processus corporels c’était terminer dans un certain idéalisme : de fait pour Landauer, l’idéalisme n’est que le revers du matérialisme. La notion d’esprit (Geist) de Landauer est une alternative à la fois au matérialisme et à l’idéalisme. L’esprit résiste à la tendance du matérialisme à tout réduire au corporel ; tandis qu’il est la célébration de la spontanéité et de la richesse de la vie, il ne peut pas être enfermé dans des abstractions métaphysiques ni des tendances rigides d’une philosophie idéaliste. Alors que le socialisme est bien entendu associé à certains idéaux éthiques, le problème est que de ne voir le socialisme que comme un idéal, un état de perfection auquel parvenir, cela veut dire qu’il est constamment repoussé dans le futur, alors que Landauer lui est intéressé par ce qui peut être fait dans “l’ici et maintenant”. Ici réside l’esprit du socialisme, par opposition à l’idéal socialiste, c’est quelque chose de très présent, un potentiel qui peut être réalisé dans les relations quotidiennes, dans l’ici et le maintenant.

Allant de paire avec cette notion positive et affirmative d’esprit, nous devons aussi considérer sa dimension “négative”. Je veux dire par là la façon dont l’émergence d’un véritable esprit dépend d’abord du nettoyage du terrain de toutes fausses idées, illusions, abstractions métaphysiques ; ce que Landauer appelle, citant Stirner, des “fantômes”. Nous avons été bernés par tous ces fantômes sur dieu, l’état, le capital et l’individu : ainsi donc, comme nous l’avons vu, l’insistance de Landauer sur ce que nous devions nous retirer de ce monde d’illusions et nous engager dans une auto-destruction métaphorique. Ici, Landauer crédite le nominalisme de Stirner avec la destruction des abstractions métaphysiques, qui ne sont qu’un résidu de la religion.

A la fois Landauer et Stirner s’engagent dans une pensée négative et même une “théologie négative”, au centre de laquelle est le désir d’obtenir un centre de vide au-delà des illusions du monde et des catégories conceptuelles qui nous ont trompé et desquelles une nouvelle réalité pourrait émerger. La maxime de Stirner “Toutes choses ne sont rien pour moi”, trouve un écho distinct dans la pensée de Landauer. De plus, nous observons dans le travail de Landauer sur le linguiste Fritz Mauther, une pensée sceptique qui appelle au questionnement de la fonction représentative du langage lui-même.

Le langage crée une série de concepts et d’abstractions qui obscurcissent et aliènent la réalité. Afin d’avoir un contact plus direct et sans intermédiaire avec la réalité, nous devons d’abord contourner cette illusion. Il y a un désir, puis,  pour connecter avec une expérience mystique au-delà des noms et des concepts , ce n’est qu’en comprenant le néant au cœur de ces structures que nous pouvons y parvenir.

Landauer et le tournant impolitique

Un examen de la pensée mystique de Landauer trouve d’importants parallèles avec quelques approches récentes en philosophie politique continentale, particulièrement avec ce qui a été nommé la “pensée italienne”. D’après Roberto Esposito, la “pensée italienne”, se référant a divers penseurs italiens comme Agamben, Cacciari, Negri, Tronti at autres, est largement concernée par le problème de la théologie politique, cherchant à étendre les termes de l’analyse au delà des confinements du paradigme schmittien. Ce qui est commun à cette approche est la tentative de penser au delà des représentations et, en particulier, de penser la politique au delà la représentation théologique du pouvoir, c’est à dire au delà la souveraineté. Rappelons-nous que pour Schmitt, la fonction de la souveraineté est de représenter la société, de lui donner sa forme, un ordre et un sens en établissant en endroit transcendant et sacré pour l’autorité dans un monde autrement d’immanence sécularisée.

Pour Esposito, le problème avec ce type de théologie politique, est que bien que cela réponde à la neutralisation du politique que Schmitt vouait comme la tendance centrale de la modernité, dans sa tentative de contenir le politique au sein d’un ordre souverain, cela se termine en une nouvelle forme de dépolitisation : “une théologie politique, mais dont la politique est une politique de dépolitisation. Cette contradiction insolvable ou ce paradoxe, “théologise” la dépolitisation en une nouvelle forme politique. Nous trouvons une préoccupation similaire chez Massimo Cacciari et sa discussion de katechon, la mystérieuse figure théologique qui retarde et restreint la venue de l’Antéchrist mais qui, ce faisant, retarde aussi l’évènement que l’Antéchrist précède toujours : la seconde venue du Christ.

Pour Cacciari, le katechon, central à la théologie politique et que Schmitt associe à la souveraineté et l’empire chrétien, est une figure bien ambigüe : bien qu’elle ait pour intention de retenir ou de restreindre l’anomie qui sera amené par le règne de l’Antéchrist, en association avec la forme politique de souveraineté et d’empire, il va sans dire, dans sa fonction représentative ou politico-théologique, il est impossible d’éviter l’incarnation de cette même anomie qu’il est supposée maintenir à l’écart. Le problème de la théologie politique, selon Cacciari, est qu’elle est enfermée dans un conflit entre un point singulier unifié d’autorité et sa fonction de médiatrice et de représentante d’une multiplicité.

Cette critique de la théologie politique, suivant les termes du débat Schmitt-Peterson, a aussi été poursuivie par Agamben, qui a recherché à déplacer la souveraineté au travers de la notion d’oïkonomie, dérivant de la doctrine trinitaire et en montrant que ce n’est qu’un côté de la machine de gouvernement économique, dont les effets sont dispersés, dont l’autorité est déléguée (du Père au Fils aux Anges) et qui n’a pas de centre souverain unifié.

Pourtant, ce qui est curieux dans toutes ces approches, visant à être contre l’idée de souveraineté et sa capacité de représentation, est qu’elles rejettent, ou contournent, la question de l’anarchisme, qui, comme je l’ai défendu, est le rejet le plus radical de la souveraineté. Au lieu de cela, leurs analyses tendent se référer à “l’anarchie”, mais pour signifier, pour Agamben par exemple, la fondation ontologiquement anarchique non fondée de gouvernement économique ou, pour Cacciari, simplement le désordre, le chaos.

Alors qu’il y a de vagues allusions à une lecture alternative de l’anarchie, ainsi pour Agamben, l’anarchisme est invoqué de manière biaisée comme une possibilité de rédemption cachée derrière les voiles de la machine gouvernementale anarchique, la possibilité de ce qu’il appelle “l’ingouvernable”, il reste un petit espace pour une lecture plus positive et émancipatrice de l’anarchisme et leur traitement de cette question de manière générale demeure totalement ambigu et inadéquat.

Si, comme je l’ai suggéré, une rencontre avec l’anarchisme est nécessaire pour toute critique réelle de la théologie politique de la souveraineté, et pourtant si c’est aussi le cas que l’anarchisme révolutionnaire du XIXème siècle est tombé dans son propre piège politico-théologique, alors nous devons considérer ce que l’alternative, l’anarchisme mystique de Landauer a à offrir quelques unes de ces approches critiques contemporaines de la théologie politique. Il y a deux parallèles clefs que je voudrais adresser ici.

Premièrement, je pense que l’idée de Landauer d’une expérience mystique peut nous aider à comprendre l’idée “d’impolitique”, qu’Esposito contraste avec les déterminations de souveraineté de la théologie politique. Esposito définit l’impolitique comme l’horizon négatif de la politique : c’est ce qui résiste la fonction de représentation souveraine. Mais en même temps, l’impolitique n’est pas une simple négation du politique, mais en constitue plutôt sa limite : “L’impolitique est le politique, vu comme sa limite la plus extérieure.” Ceci n’est pas la même chose que l’apolitique ou l’anti-politique : cela ne réfère pas à une sorte d’espace utopique en dehors du politique, en dehors des relations de pouvoir. Mais plutôt, en regardant le politique depuis un autre espace qui lui est hétérogène, il essaie de le saisir, d’appréhender au sein de cette dimension ce qui est plus politique que lui-même, ce qui dépasse sa propre limite et catégories représentatives ; une intensité qui ne peut pas être exprimée au sein de ses catégories existantes.

La tentative de Landauer de parvenir à une expérience mystique au delà du pouvoir représentatif du langage et des concepts, en tant qu’expérience négative de détachement, est une façon de capturer exactement ce moment d’intensité. De plus, comme j’ai essayé de le montrer, ce détachement des institutions politiques et sociales existantes, et même d’une vue prescrite socialement du soi, n’est pas un désengagement des luttes politiques et de la véritable communauté de vie mais, plutôt, leur pré-condition. En s’effaçant des formes établies de la politique, cela ouvre un espace pour des formes autonomes d’engagement, d’organisation et d’association.

L’importance de la pensée mystique de Landauer ici devient même encore plus apparente lorsque nous la comparons avec deux autres penseurs qui sont souvent invoqués comme ayant une influence clef sur le “virage impolitique” : Simone Weil et Georges Bataille. Avec Weil, mystique chrétienne, qui a aussi pas mal d’affinités avec l’anarchisme, il y a une certaine emphase sur l’expérience mystique, comme l’attention de l’âme envers dieu. De manière similaire, à Landauer, cette expérience mystique est comprise dans un sens négatif en termes de détachement, du vide de l’âme et des pensées de tout attachement aux mots et au langage afin de permettre à la vérité de pénétrer. (NdT : nous sommes ici très proche des concepts de “vide interstitiel” et de lâcher-prise que l’on trouve dans le Zen et ses principes méditatifs…)

Cet acte de “dé-création”, que Weil assimile à la mort, nous rappelle de la notion de Landauer de l’auto-destruction métaphorique qui devient la pré-condition pour une plus grande connectivité avec le monde et les autres. De fait, les deux penseurs sont concernés, bien que de manière différente, par la connexion individuelle à la communauté au travers d’une forme de communion spirituelle. L’étude de Weil sur la condition moderne du “déracinement” qui voit les individus aliénés d’un travail qui a du sens et spirituellement enrichissant, de leur passé, de leur culture et par dessus tout, de la vie en communauté, semble refléter directement la préoccupation de Landauer sur la condition contemporaine de”non-esprit”.

Pour les deux penseurs, il y a une préoccupation pour un renouvellement spirituel au travers de l’établissement d’une nouvelle signification du terme d’enracinement dans la vie de la communauté et même avec les traditions et cultures passées qui autrefois donnèrent un sens et de la vitalité au peuple.

Une emphase similaire sur la communion mystique peut être trouvée chez Georges Bataille. Ici, l’expérience mystique est comprise en termes d’une transgression extatique du moi au travers de moments d’excès “souverain”, comme par exemple l’érotisme, l’auto-sacrifice et la mort. Bien qu’abordé en termes plus violents que la notion de détachement mystique de Landauer et de Weil, il y a toujours le même point de focalisation sur la transcendance des limites de l’individu en tant que figure séparée, discontinue, vers une plus grande fusion ou continuité avec les autres.

La notion de communion mystique de Bataille a été reprise par des penseurs continentaux plus récents, bien que d’une perspective plus critique. Jean-Luc Nancy argumente que la communauté, dans le sillage de l’effondrement du communisme (d’état, NdT), ne peut plus être un retour à quelque idée organique ou essentielle de communauté basée sur la nostalgie de traditions partagées, de culture et d’identité. De telles communautés d’immanence risquent toujours de nouvelles formes de totalitarisme, dans lequel la différence est éclipsée par l’unité, dans laquelle les individus sont avalés dans des collectifs aliénants.

Pourtant, tandis que cette critique du communautarisme et de la communauté organique pourrait paraître jurer avec l’intérêt de Landauer dans les traditions et cultures locales, je pense qu’il y a une bien plus grande résonance ici dans la tentative de penser l’individu et la communauté ensemble de telle façon qu’aucun des deux ne soit effacé, Ici, l’idée de singularité, plutôt que celle d’individualité, devrait être déployée pour un meilleur effet. La communauté pourrait de fait être pensée en termes de relation d’ouverture, ce qui rend des identités fermées et souveraines impossibles. Ceci serait comme l’idée de Landauer sur la communauté mystique sans frontières et sans état souverain.

Aussi, et malgré certaines réserves que Landauer exprima au sujet de l’individualisme de Stirner, un parallèle peut être fait entre la communauté mystique sans souveraineté et l’idée en apparence paradoxale de Stirner sur “l’union des égoïstes” : une association volontaire libre, acéphale, sans forme et décentralisée, une sorte de groupe d’affinité, qui, à l’encontre des communautés établies comme “l’État” ou “la société”, n’impose aucune obligation de lien sur ceux qui y participent. Le plus important pour les deux penseurs (Landauer et Stirner), c’est que ces opportunités ne sont pas composées d’identités pré-définies comme les “citoyens” ni même les “individus”, mais plutôt de formes ouvertes de subjectivité en mouvement, en flux, devenant une auto-constitution, ce que l’on pourrait appeler des “singularités”.

Une préoccupation similaire de repenser la communauté au delà de la souveraineté, en termes de relations d’ouverture et de co-appartenance plutôt que d’identité et de frontières, peut aussi être trouvée chez Esposito et Agamben. Esposito tente de penser au delà de la logique “immunitaire” de l’état bio-politique, où le désir profond de protéger et de sécuriser la vie et l’identité du corps social de ce qui pourrait le contaminer ou le menacer, est transcendé par des compréhensions alternatives de communalité définie par le don et même la dette, impliquant la réciprocité, la mutualité et l’obligation.

Agamben d’un autre côté, parle de la “communauté à venir” formée de “singularités”, une nouvelle sorte de figure politique post-souveraineté, qui ne peut pas être assimilée au sein des structures représentatives de l’état et dont l’apparence dans des réunions spontanées et des manifestations suggère la possibilité d’une toute nouvelle forme de post-identité de la politique. Ceci est une sorte de communauté ouverte, amorphique, sans identité ni frontières, quelque chose qu’il associe particulièrement avec les réfugiés et les gens apatrides, mais qui peut aussi s’appliquer à d’autres formes autonomes et sans état, c’est à dire des communautés anarchistes, aussi loin que de telles communautés de singularités ne puissent pas être représentées au sein de catégories normales politiques ou identitaires, comme une nation, une ethnie, une religion, ou même une classe, elles sont une menace inacceptables pour l’État. Nous pouvons alors parler d’une nouvelle politique de “désidentification” ou, dans les termes de Landauer, de “séparation”, dont le but est non pas la reconnaissance d’identités existantes, mais plutôt la tentative de créer de nouvelles manières d’être, de nouvelles formes de vie autonome et de communauté.

Un geste de désidentification peut être observé dans le port de masques et le camouflage d’identité qui l’on voit souvent dans les manifestations de nos jours, essentiellement associé avec les “Black Blocs” anarchistes. Ceci est plus qu’une mesure de contre-surveillance, mais plutôt un abandon symbolique de son identité et l’affirmation de l’anonymat dans un espace de liberté dans lequel on crée de nouvelles formes d’affinité et d’appartenance en opposition à l’état et sa souveraineté. Agamben prédit alors que, “la nouveauté de la politique à venir est telle que ce ne sera plus une lutte pour la conquête ou le contrôle de l’État, mais une lutte entre l’État et le non-État (l’humanité), une dislocation insurmontable entre quelque singularité que ce soit et l’organisation de l’État.” (NdT : voir aussi les travaux de l’anthropologue politique James C. Scott et notamment son travail sur Zomia et “l’art de ne pas être gouverné” que nous avons traduits sur Résistance 71…)

Conclusion

Aujourd’hui, cette lutte entre l’État et le non-État semble se jouer sous la forme de manifestations de masse qui se déroulent dans le monde et dans lesquelles les gens retirent collectivement leur servitude volontaire et refusent de reconnaître la légitimité symbolique non seulement de leur gouvernement, mais de plus en plus, de tout le système politico-économique qui affirme représenter leurs intérêts. La question qui demeure pour nous est le comment interpréter au mieux un tel phénomène. Aussi loin qu’ils remettent en question le pouvoir représentatif de la souveraineté et personnifient en lieu et place des formes alternatives d’organisation autonome et de vie politique, ils invoquent, je dirais, un nouveau type d’attitude politique qui possède une orientation anarchiste.

Et c’est ici, comme je l’ai affirmé, que la pensée “impolitique” de Landauer, inspirée par ce que j’ai appelé l’anarcho-mysticisme et caractérisé par des idées de retrait mystique, de pensée négative et de nouvelles formes de communauté et d’association, nous donne une véritable vision intérieure interprétant la réalité. Que la pensée politique de Landauer puisse être considérée, ou pas, comme une nouvelle formule de théologie politique radicale, se tenant aux côtés d’autres articulations radicales comme la théologie de la libération, l’athéisme chrétien, l’anarchisme chrétien, la théologie écologique ou toute autre approche émancipatrice des temps millénaristes post-séculiers dans lesquels nous nous trouvons, l’anarcho-mysticisme est, au bas mot, une voie de penser politiquement sans et en dehors de la souveraineté.

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Le texte de Saul Newman en format PDF made in Jo ;
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Saul_Newman

Saul Newman : 
Ph.D en Science Politique de l’université de Nouvelle-Galles-du-Sud (Australie) et co-directeur de l’Unité de Recherche sur la Théorie Politique Contemporaine de l’University of London (Goldsmiths). Il est spécialiste des théories politiques radicales et a extensivement publié sur le sujet (livres et articles), notamment sur le “post-anarchisme”, la théologie politique et des penseurs comme Max Stirner, Gustav Landauer.

Lire Gustav Landauer sur Résistance 71 (format PDF) :

L’appel au socialisme (traduction Résistance 71) et Texte complet

Vie et Œuvre de Gustav Landauer 

Notre page « Gustav Landauer et la société des sociétés organique »

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Il n’y a pas de solution au sein du système ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

SN_Postanarchisme

GL1

Lire, analyser, comprendre pour un changement faste de notre société, 8ème partie : Anarchie et société des sociétés et pause estivale 2022 (Résistance 71)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, documentaire, gilets jaunes, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 2 août 2022 by Résistance 71

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« C’est notre conviction et notre mode de pratique que pour se rebeller et lutter, aucun leader, patron, messie ou sauveur n’est nécessaire. Pour lutter, les gens ont besoin d’un sens de la honte, d’un peu de dignité et de beaucoup d’organisation. Pour le reste… Cela sert le collectif… ou pas. »
~ SCI Marcos ~

Résistance 71

2 août 2022

1ère partie : introduction
2ème partie : Histoire, anthropologie et archéologie
3ème partie : Science
4ème partie : religion et philosophie
5ème partie : spirituel et arts
6ème partie : analyse politique
7ème partie : colonialisme
8ème partie : anarchie et société des sociétés

Nous vous laissons avec une saine lecture pour les semaines à venir, Résistance 71 se met en veilleuse, pause estivale jusqu’à la première semaine de septembre. Dans ce dernier segment de lecture, nous récapitulons nos pages sur la pensée et la pratique anarchistes menant vers l’avenir de notre société humaine, celui de la société des sociétés émancipée de toutes les escroqueries et impostures étatico-marchandes.
Nous le disons et répétons sans cesse : il n’y a a et ne saurait  avoir de solution au sein du système, la seule option viable pour l’humanité est de se départir du paradigme de contrôle tyrannique et mortifère mis en place depuis des siècles et arrivant au bout du bout du banc et ayant la volonté de se métamorphoser une énième fois en ce monstre froid au nouveau visage, celui de la dictature technotronique, déjà en phase avancée. Il suffit de dire NON ! et de reprendre notre liberté individuellement et collectivement, liberté usurpée il y a bien longtemps, au point que plus personne ne se rappelle de quoi il s’agit vraiment.
Quelques lectures pour vous en rappeler, et comprendre pourquoi et comment agir !…
Solidarité Union Persévérance Réflexion Action (directe), devenons S.U.P.R.A résistants au Nouvel Ordre Mondial qui pense et met en place notre extermination et esclavagisme post-modernes.
A la rentrée, nous publierons quelques textes essentiels sur la reconquête de la spiritualité pour une société équilibrée avec les pensées lumineuses de Gustav Landauer et de Simone Weil, pour que le « souffle du dragon » revigore notre société décadente et sans esprit aucun et la mène enfin vers sa réalité universelle de diversité, de complémentarité et de bien-être doucereux pour toutes et tous.

A lire et diffuser sans aucune modération pour mieux comprendre anarchie et société des sociétés :

Les pages ci-dessus contiennent déjà un grand nombre de lectures en format PDF, ci-dessous, 10 textes à notre sens vitaux pour aider à la facilitation d’un changement radical de paradigme politique et notre émancipation finale :

yin-yang_univers

cerveau_gratuit

Dr Bones, écrits choisis (format PDF)

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Résistance 71

25 juillet 2022

Jo a réalisé une très belle compilation de nos traductions des textes du Dr Bones, à lire et diffuser sans aucune modération…

Cette compilation comprend des réflexions sur l’insurrection et l’utopie, le peuple en arme, commencer sa propre guerre contre le système dans un soucis d’émancipation universelle, sur le fait que seuls nous-mêmes pourrons nous sauver, sur le culte de la mort capitaliste et la prostitution / corruption totale de la science en une religion de la pensée unique, du formatage propagandiste de la dictature marchande à tous les étages… Des réflexions, percutantes, décapantes, sans langue de bois, qui devraient agir comme un coup de pied au cul au bon moment. Il est plus que grand temps de foutre toute cette merdasse étatico-marchande par dessus bord et de reprendre la barre du bateau ivre de notre société subissant les aléas de la trajectoire auto-destructrice de la dictature de la marchandise en mouvement.

Dr Bones, écrits choisis (PDF)
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Contre le mensonge d’État et le commerce de la servitude (Collectif Guerre de Classe)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, crise mondiale, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 28 juin 2022 by Résistance 71

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Contre les mensonges étatiques de l’économie de guerre, vive la guerre révolutionnaire du prolétariat contre le commerce de la servitude !

Collectif Guerre de Classe

26 juin 2022

Source:
http://guerredeclasse.fr/2022/06/25/contre-les-mensonges-etatiques-de-leconomie-de-guerre-du-capital-en-deliquescence-vive-la-guerre-revolutionnaire-du-proletariat-contre-le-commerce-de-la-servitude/

“Nous sommes en guerre !”. Le 16 mars 2020, le sinistre employé de banque en bail précaire à l’Élysée remâchait six fois l’étonnante formule… Sonnant la “mobilisation générale” contre un “ennemi invisible, insaisissable”, il annonçait le confinement généralisé de toute la population. “Jamais la France n’avait dû prendre de telles décisions en temps de paix“, précisait-il…

Le 26 février 2022, soit deux jours après le déclenchement de l’intervention militaire russe en Ukraine, programmée par les manipulations du Pentagone, le petit larbin inculte de l’OTAN, ouvrant le Salon de l’agriculture, prédisait aux agriculteurs déjà méthodiquement maltraités depuis des décennies : “Cette guerre va durer, et l’ensemble des crises qu’il y aura derrière auront des conséquences durables. De manière certaine, il y aura des conséquences pour nos exportations, sur les coûts de l’énergie, de l’alimentation du bétail… Tout cela implique la mobilisation nationale et européenne…”

Le 31 mai 2022, à l’issue d’un conseil européen extraordinaire, l’impuissant garde-chiourme de l’Union américaine en Europe Bruxelloise détaillait un sixième paquet de sanctions qui “va à la fois pénaliser l’économie russe à court terme, mais surtout va très profondément changer la manière dont les Européens s’approvisionnent. C’est ce qu’il faut voir derrière, c’est que c’est une restructuration de nos économies.”

Le 13 juin 2022, lors de l’inauguration du salon de l’armement terrestre Eurosatory à Villepinte, le comique pacifiste atlantiste trafiquant d’armes avouait finalement que la France était “entrée dans une économie de guerre dans laquelle je crois nous allons durablement nous organiser.”

Quelle est donc cette guerre que l’État a déclarée à un ennemi invisible, si impérieusement nécessaire qu’elle justifierait de détruire très visiblement des boutiques entières de la sur-production mondiale généralisée ?

Quelle est donc cette soi-disant “autre” guerre qui, à peine commencée, est immédiatement condamnée à durer, malgré les “crises” aux “conséquences durables” qu’elle engendrera “de manière certaine” ?

Que sont donc ces “sanctions” qui visent “surtout” à “très profondément restructurer nos économies” ?

Quelle est donc cette indispensable “restructuration” qui impose de faire “durablement” de “nos économies” des “économies de guerre” ?

Pour comprendre toutes les folies étatico-terroristes qui expriment la vérité du temps présent, qu’elles soient sanitaires ou militaires, immigrationnistes, climatiques ou LGBTistes, religieuses ou racailleuses, il faut toujours en revenir à la centralité de ce qui fait la totalité du devenir du monde universellement unifié dans les progrès de l’aliénation marchande. C’est l’implacable loi de la baisse du taux de profit – l’inguérissable maladie auto-immune mortelle du Capital – et la démentielle saturation des marchés qui en découle, lesquelles ont rendu nécessaire l’arrêt de l’économie mondiale par un confinement qui constituait certes un acte de guerre du Capital, mais contre lui-même, et ceci dans l’espoir de pouvoir ultérieurement re-démarrer, comme il le fit après ses deux Boucheries mondiales du XXe siècle…

Il va de soi que le spectacle de la marchandise, ne pouvant s’auto-désigner comme intrinsèquement pathogène par nature, est contraint de justifier sa colossale saignée économique par l’existence fantastique d’un agent infectieux extérieur foudroyant. La guerre en Ukraine est ensuite venue acter l’échec de la première phase “virale” de la guerre du bobard, son incapacité à permettre un vrai redémarrage de la valorisation capitaliste, et le passage nécessaire à une deuxième phase de destruction par le bombardement économique massif de l’Europe sous le prétexte des sanctions contre la Russie, cette dernière héritant ici du rôle de l’épouvantail précédemment dévolu au Coronavirus…

L’économie de guerre, c’est le moment crisique de la nécessaire reconversion étatiquement administrée des forces de production du Capital en forces de destruction : le moment où le Capital doit s’amputer pour essayer de se sauver… Cependant, cet anéantissement, indispensable au niveau du marché mondial, ne se fait pas indistinctement, mais dans le cadre géo-politique des rapports de force concurrentiels existants entre les différents blocs capitalistes les plus technologiquement à la pointe de l’extorsion machinique de la plus-value produite par les seuls prolétaires exploités.

La spécificité de la guerre actuelle est que ses protagonistes réels, les États-Unis et l’Europe, demeurent cachés derrière le voile d’une alliance géo-commerciale forcée qui dissimule fort mal que le vassal européen bruxellisé est contraint par son suzerain yankee d’à la fois s’auto-dévaster et rejeter son allié capitaliste naturel russe, afin d’empêcher qu’une Europe marchande unifiée et indépendante ne vienne définitivement remettre en cause l’Oncle Sam et l’hégémonie factice du dollar magique sur la planète-marchandise en décomposition.

Le réel ne ment jamais et, pour comprendre quelles sont les conflictualités vraiment à l’œuvre, il faut savoir l’écouter… Les États-Unis veulent à tout prix séparer l’Europe des hautes technologies de la Russie des vastes réserves énergétiques, en repoussant cette dernière dans les espaces asiatiques d’un capitalisme encore très massivement retardataire

Le Capital est entré en crise mortelle, mais il veut se croire éternel et cherche frénétiquement à se reconfigurer. La deuxième phase mythologique de la guerre du Coronavi-Russe, en coupant l’Europe d’une part essentielle de son approvisionnement en hydrocarbures, va accélérer le délire écolo-transitionnel énergétique obligatoire, ultime espoir capitaliste décroissant d’une progression retrouvée, aussi peu “propre” que totalement chimérique…

Les temps à venir seront donc décisifs et l’union sacrée des rackets politiques s’employant à dissimuler à la fois les perfidies de l’imposture élyséenne et le volcan brûlant de l’abstentionnisme croissant des colères prolétaires, finira évidemment par se désintégrer dans le retour incendiaire et communard des Gaulois réfractaires …

Pour la classe capitaliste européenne, et notamment française, le dilemme est désormais le suivant : consommer sa soumission à l’Amérique jusqu’à la lie en parachevant son auto-destruction et assumer la guerre sociale qu’elle engendrera immanquablement ; ou résilier son alliance atlantique et y substituer une union continentale avec la Russie, c’est-à-dire supporter le conflit ouvert avec les États-Unis… ET cette même guerre sociale que ce dernier engendrera aussi immanquablement…

De leur côté, les hommes de Vraie Jouissance seront sans dilemme. Ils savent qu’il n’y a qu’un chemin vers l’émancipation de toute exploitation et de toute aliénation : la Guerre de Classe mondiale contre tous les États de la planète-marchandise !

Pour mettre un terme définitif au cycle infernal des guerres de l’Avoir… Que vive la guerre de l’Être vers LA COMMUNE UNIVERSELLE POUR UN MONDE SANS ARGENT, SANS SALARIAT, NI ÉTAT !

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Il n’y a pas de solution au sein du système ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

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Deux communiqués sur la guerre en Ukraine à diffuser sans modération :

resistance1

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Réflexion critique : de l’aliénation capitaliste (OSRE)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, économie, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, média et propagande, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 22 juin 2022 by Résistance 71

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Qu’est-ce que l’aliénation capitaliste ?

Rébellion organe de l’OSRE

Mai 2022

Source: https://rebellion-sre.fr/quest-lalienation-capitaliste/

Le capitalisme n’est pas seulement un système économique, il est la matrice qui a engendré le monde moderne et aussi un type humain, que certains ont appelé Homo Oeconomicus, fruit d’une véritable transformation anthropologique. Il a réalisé ce que les régimes totalitaires du XX° siècle avaient rêvé de faire sans pouvoir le réaliser: donner naissance à un homme nouveau et cela à l’échelle mondiale. Armé de sa technique et de son dieu unique, l’Argent, il a conquis le monde, c’est-à-dire qu’il l’a transformé en désert. Désert autour des hommes mais désert aussi en l’homme. Pour comprendre ce nouveau monde et ce nouvel homme, pour savoir comment une telle chose a pu se produire, il faut revenir à un concept fondamental mis en lumière par Karl Marx dans son analyse du capitalisme: l’aliénation.

L’aliénation comme une dépossession

La définition que l’on trouve dans le dictionnaire du mot aliénation nous dit que c’est «l’état de l’individu qui, par suite des conditions extérieures (économiques, politiques, religieuses) cesse de s’appartenir, est traité comme une chose, devient esclave des choses et des conquêtes même de l’humanité qui se retournent contre lui». Le seul mot français aliénation traduit deux termes allemands utilisés par Marx: Entäusserung (v. entäussern: se défaire de; adj. äusser: extérieur, externe) et Entfremdung (v. entfremden: éloigner, détacher, détourner; adj. fremd: étranger). Ce terme traduit donc un sentiment d’extériorisation, de dépossession de soi et d’étrangeté face au monde et à soi-même. Mais pour Marx il ne peut se comprendre qu’au sein du processus de domination du capital qui passe par l’exploitation, l’aliénation, la réification.

Car cette dépossession est le résultat de l’exploitation capitaliste, c’est-à-dire du fait que dans l’entreprise capitaliste les salariés produisent une valeur équivalente à celle de la force de travail (travail concret qui leur est versé sous forme de salaire) mais aussi une valeur additionnelle (travail abstrait qui donne la plus-value, la valeur, que gardent les capitalistes). Le travail vivant (concret) est transformé en abstraction (la valeur), c’est-à-dire en argent. Dans le monde capitaliste l’immense majorité des individus ne possèdent pas leur outil de travail, ils sont obligés de rejoindre des entreprises qui leur fournissent les moyens de travailler. Ils en sont réduits à vendre leur seul bien, leur force de travail, c’est-à-dire eux-mêmes, pour fabriquer des marchandises. Dés lors leur travail n’est plus qu’une marchandise parmi d’autres et ils doivent agir comme des capitalistes: pour survivre ils doivent impérativement vendre leur marchandise-force de travail sur un marché du travail où les salariés du monde entier sont mis en concurrence. Le salarié est celui qui extériorise sa propre puissance subjective (sa force de travail) en lui donnant, sous la forme d’une marchandise, une existence objective et cela dans le but de gagner un salaire lui permettant d’acquérir d’autres marchandises.

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Elle n’est pas une fatalité

Ce que Marx a critiqué ce n’est pas le travail en lui-même mais la forme spécifique qu’il a pris dans le monde capitaliste, la forme-marchandise. Le travail n’était pas aliéné, il l’est devenu à la suite d’une transformation sociale dont on peut faire l’histoire (ce que Marx a fait dans le livre I du Capital). Cette forme d’aliénation n’est pas une conséquence inéluctable de l’histoire humaine et elle n’a pas toujours existé comme voudraient nous le faire croire les idéologues du système. Alors que le travail avait permis à l’individu de s’affirmer en tant qu’homme, de dépasser l’animalité, la seule nécessité, pour agir sur son milieu et le maîtriser, il est devenu une forme de servitude. Il n’est plus un but en lui-même, il est devenu un moyen de satisfaire des besoins en dehors du travail. Ce qui devrait permettre l’affirmation de soi est devenu l’instrument de la négation de soi. Le travail qui était liberté et indépendance devient servitude et enfermement dans un processus abstrait et technique que personne ne maîtrise plus. L’individu aliéné perd toute conscience de sa force, de son pouvoir d’agir et de transformer le monde. Il est dépossédé de la maîtrise du monde qu’il habite et de son destin. De la naissance à la mort, en passant par l’enfance, l’école, le travail, la sexualité, la politique, les loisirs, la vieillesse, tout est laissé aux mains des experts, des techniciens, des gestionnaires. Tout ce qui reste à l’homme, c’est vendre et acheter, c’est se vendre et consommer. La loi du commerce a remplacé les valeurs du travail. Et cette servitude est appelée à ne pas connaître de fin car dans le système capitaliste la production, rebaptisée croissance, est un moyen qui n’a d’autre fin qu’elle même.

L’aliénation capitaliste ne touche pas seulement ceux qui travaillent, elle s’est étendue à tous les humains et au monde entier à travers la domination absolue de l’argent. L’argent est la marchandise- reine, celle qui permet d’avoir toutes les marchandises, celle qui est là pour remplacer tous les liens traditionnels que le développement du capitalisme et l’atomisation des individus ont détruits. L’argent, comme le travail dans le système capitaliste, réduit l’individu à n’être qu’une abstraction. On ne travaille que pour en gagner car il est le signe de la puissance, qui s’appelle aujourd’hui «le pouvoir d’achat». Celui qui en possède n’a aucun pouvoir mais il offre tous les moyens d’en obtenir. L’argent est l’objet absolu de tous désirs, le Désir objectivé, matérialisé. En posséder permet de consommer, d’acquérir tous les objets techniques qui s’offrent comme le moyen d’échapper à cette solitude, à cette angoisse face à un mode devenu étranger et incompréhensible. Mais le sentiment de puissance que procurent ces objets n’est qu’éphémère et, tout comme la production de marchandises, il ne peut avoir de fin car il renforce ce qu’il est censé combattre: l’aliénation et la réification. Ce qui se présente comme un remède n’est que le renforcement du mal et ceux qui le possèdent sont tout autant aliénés que ceux qui n’en ont pas.

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Une marchandisation de l’humain

Ainsi la particularité de l’aliénation et de la réification capitalistes ne peuvent se comprendre qu’au sein de l’exploitation. D’un travail qui dans les sociétés traditionnelles était intégré dans la vie, le capitalisme a fait quelque chose d’extérieur, une marchandise comme une autre. L’individu aliéné en arrive à considérer le monde, les choses, les autres comme il considère son travail: un moyen pour autre chose. Le monde, la nature ne sont plus que «l’environnement», le décor plus ou moins naturel dans lequel il évolue; les choses ont acquis une vie propre: les objets techniques et les machines qui devaient le servir et l’aider l’emprisonnent toujours davantage en se transformant en prothèses indispensables entre lui et la réalité; les autres sont au mieux des amis virtuels avec qui on n’a de lien que par écran ou téléphone portable interposés mais le plus souvent ils ne sont que des objets vivants mais insignifiants pour lesquels on ne ressent ni haine, ni amour, ni aucune sorte d’empathie, juste de l’indifférence. Enfin «libéré» des devoirs et des obligations traditionnels perçus comme des liens entravant sa liberté, persuadé de n’avoir aucun pouvoir sur ce monde où de toute façon il se sent étranger et qu’il accepte passivement tel qu’il est, il ne reste à l’individu aliéné que lui, que cet ego que la publicité flatte pour mieux l’exploiter. Il cultive sa différence et son originalité, qui ne sont rien d’autre que le produit de l’aliénation. Il ne se préoccupe que de son «développement personnel» en exploitant de son mieux son entreprise: lui-même. Il considère son corps, ses capacités, ses sentiments, ses relations comme des investissements qu’il pense pouvoir gérer rationnellement, en bon manager. Il n’est plus soumis à la dictature de la marchandise, il est devenu marchandise. Il a fait siennes les lois du système capitaliste dont il n’est que le produit et il reproduit à son échelle, envers lui-même et les autres, les mécanismes de domination: exploitation, aliénation, réification. Dés lors le monde ne peut avoir comme seul sens que celui d’un grand marché où tout se vend, où tout s’achète, où tout le monde est en concurrence avec tout le monde, où rien n’est vrai et où tout est permis.

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Retour à l’essentiel

On rejoint alors la deuxième définition du mot aliénation donnée par le dictionnaire: «trouble mental passager ou permanent qui rend l’individu comme étranger à lui-même et à la société où il est incapable de se conduire normalement».

Dans le système capitaliste les hommes ne contrôlent pas leur propre activité productive mais sont dominés par les résultats de cette activité. Cette forme de domination prend l’aspect d’une opposition entre les individus et la société, qui se constitue en tant que structure abstraite. Cette domination abstraite est exercée sur les individus par des structures de rapports sociaux quasiment indépendantes, médiatisées par le travail déterminé par la marchandise. Le système capitaliste c’est cette société individualiste où se sont constitués des rapports sociaux tellement objectivés qu’ils ont pris une indépendance complète à l’égard des individus. C’est cette domination abstraite qui amène à la domination de classe et non le contraire. Dénoncer les banques et les oligarchies financières, prendre l’argent aux riches pour le donner aux pauvres, ne changeront en rien les structures du système de domination capitaliste et ne mettront donc pas fin à l’aliénation. Comprendre l’aliénation ce n’est pas en sortir car personne n’est en dehors de ce système et ne peut s’en faire le critique en prenant une position extérieure. Mais la comprendre c’est déjà faire un effort pour en prendre conscience, comprendre que cette domination a une histoire et chercher les voies permettant de la dépasser. Car il ne s’agit pas de revenir à «un bon vieux temps» d’avant l’aliénation, il s’agit de s’approprier ou de se réapproprier ce qui s’est constitué sous une forme aliénée.

Paru initialement dans le numéro 54 dans la revue Rébellion

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Il n’y a pas de solution au sein du système ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

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Deux communiqués sur la guerre en Ukraine à diffuser sans modération :

ÉTEIGNONS LES ÉCRANS RALLUMONS NOS VIES

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De l’abstentionnisme à l’action politique directe pour la création de zones autonomes d’association libre d’une société contre l’État et la marchandise (Résistance 71)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 14 juin 2022 by Résistance 71

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Résistance 71

14 juin 2022

Une fois de plus, une certaine conscience politique renaît au sein du peuple français. Pour la énième fois, l’abstention a atteint un niveau record au premier tour de la mascarade électorale « législative » en ce dimanche dernier d’illusion démocratique avec un taux officiel de 53%, ne tenant pas compte non plus des non-inscrits comme nous tous à Résistance 71, ce qui ferait passer le taux d’abstention sans aucun doute au-delà de la barre des 60%.
Alors, oui, c’est bien, quelque chose se passe, il y a un fossé de plus en plus large qui se creuse entre les pseudo-démocrates électoralistes invétérés de caste ou de complaisance et la masse des contestataires et des mécontents, reconnaissant de plus en plus par leur abstention qu’il n’y a finalement pas de solution au sein du système. Ne crachons pas dans la soupe, ceci est une bonne chose et nous devons nous en féliciter ; cela va dans le bon sens. Ceci dit, nous devons aussi cesser de clamer à qui veut l’entendre que « L’abstentionnisme est le premier parti politique ce France », parce que cela n’est en rien suffisant, nous l’avons fait auparavant, mais ce fut une erreur. Se reconnaître intrinsèquement comme « un parti politique » est encore acquiescer à ce système inique, criminel et obsolète !
Le temps est venu maintenant de joindre l’action dissidente au refus de jouer le jeu politique de la mascarade qui n’a que trop duré. Il est temps maintenant de nous joindre, de nous unir et de mettre en pratique une alternative populaire, de changer notre relation politique à l’État, à l’ignorer et à construire des zones émancipées, des zones autonomes temporaires à velléité perpétuelles, de mettre en place les cellules de notre société des sociétés, celle qui refuse toute relation à l’État, la hiérarchie, les institutions, la marchandise, l’argent et le salariat. Mettons en place des zones libres, des zones ou règne la libre association entre égaux et la gestion de la société selon le principe du « A chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins. »
Pour ce faire, nous n’avons pas du tout besoin que tout le monde soit d’accord, une fraction décidée et incorruptible de la population éveillée et réfractaire est suffisante, une solution à 10-15% qui aura un effet boule de neige par la qualité de son travail, de son organisation et de son modèle d’action et de gestion politico-sociale du quotidien de toutes et tous, ensemble, dans l’horizontalité de notre complémentarité dans la diversité.
Plus de 53% de la population adulte de ce pays refuse désormais de jouer le jeu politique truqué du mensonge institutionnalisé de la maintenance d’une caste de voyous au pouvoir d’un système criminel de domination et d’oppression perpétuelles. Que quelques millions de personnes de cette nouvelle entité politique créent, partout sur le territoire, des zones autonomes d’associations libres et ce sera fin de partie pour la pourriture étatico-marchande en place et ses marionnettes politicardes et bureaucratiques.
L’heure est venue, comme l’annonçait en son temps Victor Hugo qui disait : « Aucune armée au monde ne peut s’opposer à une idée dont l’heure est venue… »
Qui ose gagne !
Dans l’esprit Gilets Jaunes : tout le pouvoir aux ronds-points !
Solidarité Union Persévérance Réflexion Action (dans la) conscience politique…
Vive la Commune Universelle de notre humanité émancipée et enfin réalisée !

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Il n’y a pas de solution au sein du système ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

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Manifeste pour la Société des Sociétés

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Deux communiqués sur la guerre en Ukraine à diffuser sans modération :

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De la pourriture ambiante : le capitalisme comme culte de la mort et la science comme pute de luxe au service d’une idéologie marchande moribonde mais toujours bien dangereuse…

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jesuis

Le capitalisme est un culte de la mort et la science est une pute

Dr Bones

2015

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Le texte superbement mis en PDF par Jo:
Le-capitalisme-est-un-culte-de-la-mort-la-science-une-pute

Ce que l’on pourrait appeler “l’état d’esprit païen” pourrait en fait être mieux référer comme une “conscience radicale”.

Je ne me conçois pas comme un païen (je me vois plutôt comme un gnostique et un occultiste), mais dans mon travail j’en ai vu assez pour savoir que les pouvoirs et les divinités servis par ceux se considérant comme tels, sont bien réels. Ce n’est pas parce que je ne travaille pas avec eux que je doute de leur existence. Sur le plan métaphysique, j’ai plus à voir avec un polythéiste qu’avec un monothéiste quoi qu’il en soit. Ce sont deux visions du monde totalement différentes.

L’esprit païen ne fut pas quelque chose de superficiel, mais tout un nid de structures de croyance qui demeura infiltré même sous la main de fer de l’église : là résidaient les raisons pour lesquelles vous laissiez de la nourriture pour les morts, que vous ne coupiez pas certains arbres, que vous pouviez mettre la statue d’un saint à l’envers pour le punir si celui-ci ne faisait pas ce que vous lui demandiez. C’était une carte mentale remplie d’une inter-connectivité de toutes choses où même le plus commun des objets ou la créature la plus commune faisaient parties d’un tout plus grand, plus vaste, plus sacré. Ceci représentait l’affirmation de la vie et non pas la négation de celle-ci ; le monde, le “cosmos” était au-delà du bien et du mal, ses manifestations de la même façon partie d’une grande unité que ses qualités invisibles. Des puissances, que certains comprenaient d’autres pas, interagissaient les unes avec les autres et c’est de cette synthèse qu’était faite la réalité. Arlea Æðelwyrd Hunt-Anschütz a décrit ce concept en tant que Wyrd dans son “Qu’est-ce que le Wyrd ?

“Wyrd veut dire littéralement ‘ce qui est devenu’, cela porte l’idée de “transformation” à la fois dans le sens de devenir quelque chose de nouveau et dans le sens de retourner vers un point de départ. En termes métaphysiques, wyrd personnifie le concept que tout se transforme en quelque chose d’autre tout en étant à la fois tiré vers son point de départ et s’éloignant de ses origines. Ainsi, nous pouvons penser du wyrd comme étant un processus qui travaille continuellement les schémas du passé en ceux du présent.”

Même après sa perte de pouvoir sociétal suite à des générations d’éradication et de conversion, cet état d’esprit d’affirmation et de libération continua soit à exister dans la culture populaire de manière dégradée ou fut gardé gentiment à couvert ; parfois, comme dans ce cas fascinant du culte du crâne de Fontenelle, un peu des deux. Ceci persista parce que ça marchait. Mais maintenait tout cela parmi une culture monolithique et un système de croyance qui niait littéralement les choses que vous entendiez et dont vous étiez les témoins ce qui ne fut pas une mince affaire. Cette conscience radicale fut un rejet en bloc de tout ce que la structure de croyance dominante représentait.

Lorsque le monothéisme chrétien est devenu l’idéologie dominante, il a imposé quelques uns de ses axiomes indiscutables, des schémas de pensée informant les observations quotidiennes de ceux qui y croyaient. Alors qu’auparavant il y avait multiplicité, il n’y avait dorénavant plus qu’une seule et unique explication et un code écrit pour toute chose. Par exemple, seul dieu donne leurs âmes aux humains, les animaux étaient donc des choses insensibles à des fins d’utilisation par les humains. Ceci mena à tous les abus possibles sur le règne animal. L’environnement naturel n’était là donc que pour son utilisation par l’humain et donc avec rien d’autre que quelques outils de base et des armes, l’Ouest américain, cette frontière du “Far-West” vit en son époque une destruction écologique et humaine sans précédent dans la croyance que tout cela n’était juste que des ressources à exploiter. Dans la grande hiérarchie de Jehovah, l’homme sert dieu et la femme sert l’homme, faisant de la moitié d’une espèce des serviteurs permanents de l’autre. Ces édits n’étaient fondés que sur une vision totalement négative de la vie, que le monde d’ici-bas et tout ce qu’il contient n’étaient que de “qualité inférieure” au sein d’une grande hiérarchie emplie d’anges ; plus les choses en étaient éloignées et mieux c’était. Ces idées qui naquirent dans la chrétienté du Moyen-Age, devinrent profondément ancrées dans nos psychées et continuèrent à influencer la pensée humaine, ce longtemps après la substitution des ses ancêtres… jusqu’à aujourd’hui.

“L’esprit païen” en regard de cette idéologie en est l’anti-thèse. D.H. Lawrence in Etruscan Places le décrit fort justement :

“… Le concept de la vitalité de cosmos, la myriade de vitalités dans sa confusion sauvage, qui est toujours prise en compte : et l’humain, dans le tumulte, s’aventurant, luttant pour une chose, la vie, la vitalité, toujours plus de vitalité, emmagasiner en lui toujours plus de la vitalité du cosmos. Voilà le trésor. L’idée religieuse active fut que l’humain, par vivacité et en exerçant subtilement toute sa force, pourrait attirer plus de vie pour lui-même, plus de vie, plus de vitalité resplendissante, jusqu’à ce qu’il devienne brillant comme le matin, irradiant comme un dieu.

La bataille de l’idéologie s’est produite et s’est terminée et nous sommes victorieux.

Je ne dis pas que le fondamentalisme chrétien n’est plus une menace. Le danger rampant du dominionisme, mélange théocratique de fascisme et de christianisme, pourrait parfaitement pondre un daesh protestant si les choses deviennent par trop inconfortables et la pensée chrétienne fondamentaliste imprègne plus que certainement de très larges sections du parti républicain. Tout ceci est vrai. Mais ces gens sont des résidus ou plutôt ce qu’il se passe lorsqu’une communauté commence à fondre. Confrontés à une perte de pouvoir dans un monde changeant, les groupes tendent à placer leurs croyances en des temps de pouvoir sur un piedestal fétichiste. C’est la raison pour laquelle l’URSS devint si paranoïaque et pourquoi les Américains croient toujours que nous pouvons revivre “le bon vieux temps” si seulement nous pouvions nous débarrasser des ces stupides républicains / démocrates et la clique politique (flash Info : non, vous ne le pouvez pas…)

Les évangélistes sont une minorité. Peut-être vocale et amère, mais une minorité néanmoins. Le monde pense qu’ils appartiennent à un musée.

Parce que…

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Dieu est mort…

Le grand philosophe Frédéric Nietzsche, dans son style dynamité, l’a d’abord reconnu dans son ouvrage du “Gai savoir” lorsqu’il y disait :

Dieu est mort. Dieu restera mort et nous l’avons tué. Comment nous réconforterons-nous, meurtriers de tous les meurtriers ? Que fut le plus puissant et plus sacré de tout ce que le monde a possédé et qui fut saigné à mort de nos couteaux ; qui va nous laver du sang qui nous recouvre ? Quelle eau reste t’il pour nous laver ? Quels jeux sacrés devrons-nous inventer ? La grandeur de cet acte n’est-elle pas trop pour nous ? Ne devrions-nous pas nous-mêmes devenir des dieux simplement pour paraître le mériter ?

Il faisait ici remarquer que le vieux monde, le monde des valeurs chrétiennes fondé sur un ordre universel absolu, physiquement maintenu par une déité vengeresse et omnisciente, était perdu à tout jamais, détruit par la popularité et la technique de la science. Le christianisme et ses diktats ne pouvaient plus être pris pour vérité, les mots d’un prêtre crus par dessus tous les autres, les écritures (saintes) n’ont simplement agi que sur une foi et un asservissement aveugles. Et que si vous commenciez à douter de quelques uns de ses segments, alors l’ensemble commençait à s’effondrer. Qui aujourd’hui peut honnêtement dire, parmi le camp fondamentaliste, qu’il ou elle a la même foi que le paysan moyen du moyen-âge ? Qui rejoindrait une croisade des enfants et attendrait que l’océan s’ouvre et les accueille en “terre sainte” ? Tout ça est bel et bien fini !

Mais la nature a horreur du vide et quelque chose d’autre a alors pris sa place. Une nouvelle conscience encore plus étrangère à la notre est montée en puissance : la conscience du capital.

Et Marx fit son entrée

“La bourgeoisie, à chaque fois qu’elle a eu le dessus, a mis fin à toutes relations patriarcales féodales, idylliques. Elle a déchiré sans pitié les liens féodaux qui liaient l’humain à ses “supérieurs naturels” et n’a laissé à ce qui restait rien d’autre que le lien entre l’homme et l’intérêt personnel, le rugueux “paiement en argent sonnant”. Elle a noyé les plus grandes extases de ferveur religieuse, d’enthousiasme chevaleresque, de sentimentalisme philistin, dans l’eau glacée du calcul égoïste. Elle a résolu la valeur personnelle en une valeur d’échange et à la place de libertés nombreuses, invincibles et répertoriées, elle a substitué la liberté unique et sans conscience, celle du libre-échange. En un mot, pour l’exploitation, voilée d’illusions religieuses et politiques, l’exploitation brute, directe, avérée et sans honte.

La bourgeoisie a arraché l’aura de toute occupation, de tout métier vu et honoré. Elle a converti le médecin, l’avocat, le prêtre, le poète, l’homme de science, en travailleurs salariés. La bourgeoisie a arraché de la famille son voile sentimental et a réduit la relation familiale à juste une relation d’échange monétaire.” – Karl Marx, “Le manifeste du parti communiste”, 1848 –

Les êtres humains ont besoin de valeur, nous recherchons et plaçons une signification pour toute chose. Forcés dans un monde avec la (fausse) compréhension que rien n’a de signification intrinsèque, qu’il n’y avait pas d’ordre ni de raison à l’univers, nous avons du créer les nôtres et en les inventant, nous avons eu besoin de mesurer à quel point cela valait la peine parce que nous existions maintenant dans un univers sans ordre moral absolu. Ainsi, l’argent devint le parfait véhicule. L’argent est un outil d’échange facile et aussi de mesure de la valeur, universelle. Tout et toute chose peuvent être mesurés par l’argent. Comme par magie, nous pouvons mettre en équation la valeur de 100 pommes de terre et utiliser ce symbole de la valeur pour acheter et obtenir des choses de valeur similaire. Nous pouvons dire quelles sont les “bonnes” choses parce que les “bonnes” choses sont plus chères. De cette manière, la valeur commerciale devient un étalon pour la valeur réelle elle-même. Le problème est que cela devient la seule mesure de la valeur. Comme l’a dit Marx : “Si l’argent est le lien qui me lie à la vie humaine, qui me lie à la société, qui me connecte avec la nature et l’homme, alors l’argent n’est-il pas le lien de tous les liens ? Ne peut-il pas dissoudre et attacher tous les liens ? N’est-il donc pas aussi l’agent universel de la séparation ?

Si Marx n’est pas votre truc, d’autres philosophes ont aussi noté la même chose.

Tous les liens, du sacré au profane, sont réduits à leur valeur monétaire. Cette façon de penser, cette idéologie infecte toutes nos relations et les brise littéralement. La malédiction bien connue de la loterie en est la preuve. Combien d’argent cela prendrait-il pour vous faire faire quelque chose que vous regretterez le reste de votre vie ? Vendre, trahir un ami ? Être témoin d’un crime et regarder de l’autre côté ? Quelques centaines de dollars ? Milliers ?…

Le Dr Farrell dans la série sur l’Archonologie nous dit :

“Avant l’élection du cardinal Jorge Maria Bergoglio comme pape François 1er, j’ai fait remarquer qu’une chose à bien observer chez le nouveau pape serait sa position sur la banque du Vatican, qui fut, comme vous vous en souvenez, impliquée dans toujours plus de scandales dans des affaires de blanchiment d’argent et quelques transactions des plus opaques avec des banques américaines. Comme les lecteurs de mon ouvrage ‘Covert Wars and Breakaway Civilizations’ se le rappelleront, ceci est une relation remontant à au moins 1948, lorsque l’Institut des Œuvres Religieuses, l’IOR (le nom de la banque du Vatican), fut utilisée comme accessoire dans le blanchiment de fonds de la CIA entrant en Italie afin d’assurer une défaite du parti communiste italien dans les élections de cette année là.

Aucune organisation croyant honnêtement en un dieu vengeur omniprésent, tenant les comptes de toute transaction morale, ne participerait à de telles opérations. Mais elle le ferait si elle ne croyait pas vraiment en toutes ces choses qu’elle prêche et si tout ce qui la préoccupait était l’argent. Le vieux roi est mort. Longue vie au roi !

Mais le capital en lui-même n’est pas suffisant pour façonner le monde à son image. Une nouvelle église doit être construite à la place de l’ancienne, ne serait-ce pour empêcher les gens de remarquer à quel point le roi Capital est mauvais. Et bien, dans la bataille entre dieu et la science, qui gagne ?

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Construire un nouveau dieu

Il y a en fait une nouvelle religion, une nouvelle église mondiale en compétition pour une position, vous n’en avez peut-être jamais entendu parler auparavant : le scientisme. Décrit comme “la croyance en l’application universelle de la méthode et de l’approche scientifiques et la vision que la science empirique constitue la vision du monde la plus “compréhensive” ou la partie la plus valable de l’apprentissage humain, à l’exclusion de tout autre point de vue.” Ceci sonne bizarre, mais suffisamment inoffensif je pense. Analysons tout ça un peu mieux.

La science moderne est souvent décrite comme ayant émergé de la philosophie ; bon nombre des scientifiques modernes originaux étaient engagés dans ce qu’ils appelaient “une philosophie naturelle”. Plus tard la philosophie a été vue comme une activité distincte de, mais intégrante de la science naturelle, chacune adressant des questions séparées par complémentaires, soutenant, corrigeant et soumettant une connaissance l’une à l’autre. Mais le statut de a philosophie a beaucoup perdu ces derniers temps. Ce qui est central au scientisme est la saisie d’un territoire presque entier de ce qui était considéré auparavant comme appartenant à la philosophie. Le scientisme considère la science comme non seulement meilleure pour répondre aux questions de la philosophie, mais encore comme étant le seul moyen d’y répondre. Pour la plupart de ceux qui s’immergent gentiment dans le scientisme, ce glissement est inconnu et n’est peut-être même pas reconnu comme tel. Mais pour d’autres, c’est explicite. Atkins par exemple, est très critique dans sa réfutation de tout le domaine : “Je considère qu’il est défendable de dire qu’aucun philosophe n’a aidé à élucider la nature ; la philosophie n’est que le raffinement de l’obstruction.”

Mais pas n’importe quelle science…

Cette attitude a été articulée dans l’autre groupe principal des théories scientifiques, qui rivalise avec les compréhensions essentialistes, c’est à dire les théories “institutionnelles”, qui identifient la science avec l’institution sociale de la science et ses praticiens. L’approche institutionnelle peut-être utile aux historiens de la science, car cela leur permet d’accepter les définitions variées des domaines utilisés par les scientifiques qu’ils étudient. Mais quelques philosophes vont jusqu’à utiliser des “facteurs institutionnels” comme critères de bonne science. Ladyman, Ross et Spurrett par exemple, disent qu’ils “se démarquent de la bonne science, autour de lignes qui sont inévitablement opaques, en référence à des facteurs institutionnels et non pas à des facteurs directement épistémologiques.

Oh, vous voulez dire ces institutions ?

“Toute discussion sur l’état de la science doit s’adresser directement à une massive expansion de la science financée de manière privée ces dernières décennies. En d’autres termes, cela doit gérer un statu quo que peu de scientifiques questionnent ni même ne reconnaissent…

“Aujourd’hui, un grand nombre de scientifiques sont employés et donc payés par Big Pharma, Big Agriculture et toutes ces entreprises ayant des agendas allant à l’encontre de l’environnement et de la justice sociale. Dans le même temps, les universitaires, bien que toujours largement financés par des fonds publics, ont leurs propres liens avec le capital. Beaucoup reçoivent des budgets de recherche et des bourses d’étude en provenance des entreprises de la biotechnologie, pharmaceutiques ou agricoles. Ils siègent dans des comités de conseil, supervisent et participent dans des évènements et des colloques financés par l’industrie et dépendent de liens avec l’industrie comme des couloirs de sortie pour l’emploi de leurs élèves et doctorants.”

Mais il y a mieux :

Les résultats sont directement apparents. Le grand nombre de rétractations de publications pour cause de mauvaise méthodologie, d’approches erronées, et de mauvaise conduite générale dans la recherche, cette dernière décennie, est absolument époustouflant. On a vu une myriade d’erreurs et de mauvaises études dans quasiment tous les domaines de la science. Le pourcentage des articles scientifiques qui ont été rétractés a décuplé depuis 1975,

Ainsi en va t’il de la “vérité objective”.

Une fois de plus, le capital fait levier et utilise les structures existantes pour façonner le monde à son image, faisant avancer une vision du monde en adéquation avec ses intérêts, dissolvant tous les liens sauf les siens. Quand un système d’idées et de technologies est tenu par des intérêts financiers, ils prennent une toute autre importance, même lorsqu’il s’avère être inutile et même dangereux. Ce système devient un dogme religieux, un canon de vérité indiscutable, des bulles pontificales infaillibles, un test qui sert à déterminer les gens “bons et intelligents” des “mauvais et des idiots”. Les faits, les idées et même les technologies deviennent moins important que de s’assurer que le flot de fric continue de couler et la seule façon de le faire est de faire plaisir aux gens qui ont ce fric, essentiellement en s’assurant aussi que ces personnes continuent à avoir ce fric. Vous ne me croyez pas ? Demandez à Nicolas Tesla ou Rudolf Diesel (si vous pouvez le trouver)…

Une des critiques essentielles de Nietzsche au sujet du christianisme était que cette religion niait la vie, elle était une idéologie construite pour détruire et nier les sentiments naturels de l’Homme, le monde naturel lui-même. Il identifiait dans la vie deux instincts différents : un instinct réactif et un instinct pro-actif. Le Dr W. Large dans un essai sur l’athéisme de Nietzsche dit :

Les forces réactives, comme le suggèrent les mots n’existent qu’au travers une opposition à une autre force qu’elles rejettent. Les forces réactives nous dit Nietzsche sont toujours négatives.  Il serait mieux de comprendre cette relation en termes de modèle politique ou social, c’est à dire en termes de relations entre les groupes. Un groupe réactif est un groupe qui n’a un sentiment de pouvoir et de puissance qu’à travers la haine qu’il éprouve pour un autre groupe et qui ne gagne de valeur qu’à travers cette négation. Tout ce que nous faisons est bon, alors que tout ce que les autres font est mauvais. Les forces pro-actives au contraire s’affirment d’elles-mêmes ; elles possèdent leurs valeurs dès le début et ne les obtiennent pas au travers de la haine qu’ils éprouvent de ceux qui sont différents d’eux. Le christianisme, du point de vue de Nietzsche, est une philosophie réactive, se construisant toujours en insistant sur ce qu’il n’est pas, gagnant du pouvoir en niant les aspects de la vie et de la réalité en les supplantant avec sa propre interprétation et objectifs biaisés ; relevant d’une stricte dichotomie entre le nous et eux, ce monde et notre monde.

Une défense rigide de la science empêche les scientifiques de reconnaître que Monsanto monopolise la production de graines (OGM), dicte les prix du marché pour le bénéfice exclusif des agriculteurs riches, favorise l’émergence de super mauvaises herbes résistantes, permet la transmission transgénique à des cultures sauvages dans d’autres pays et utilise l’État pour doper ses revenus… Pourtant, das le sillage de ces infos qui endettent les fermiers, bon nombre d’entre eux furent amenés au suicide, bon nombre de groupies des cultures OGM ont écrit des réfutations drastiques, refusant d’admettre que la production et l’introduction du coton Bt de Monsanto et les goûts exorbitants des graines et produits chimiques associés ont créé une véritable crise de la dette chez un grand nombre de paysans indiens… Plus troublant encore, Monsanto et autres entreprises multi-millionnaires de l’agribusiness ont supprimé la recherche indépendante sur leurs cultures génétiquement modifiées, ce depuis des décennies.(Source)

Cela ne peut pas être mauvais parce que seuls les non-croyants stupides en la science sont mauvais ! Si on ne la défend pas, cela veut dire qu’ils pourraient avoir raison !” C’est une attitude observée un grand nombre de fois dans le camp fondamentaliste de la “science” et pourtant cette attitude s’accentue dans le monde de la communauté scientifique, qui va même pousser le bouchon jusqu’à fabriquer des citations pour affirmer à quel point ils ont raison et à quel point ont tort les non-croyants. Le système s’auto-nourrit : vous n’obtenez des budgets financiers pour votre science que si vous êtes une personne comp´´tente et intelligente. Comment cela est-il déterminé ? Si vous croyez les mêmes choses que nous, l’establishment, parce que nous savons ce qui est vrai ou faux. Comment le savons-nous ? Parce que les gens que nous payons pour faire la recherche nous ont assuré que nous avions raison. Bien sûr, il y a eu quelques uns de ces scientifiques qui se sont trompés, qui ont eu des vues hérétiques. Mais ne vos inquiétez pas, nous savons comment nous occuper d’eux…

Les similarités entre l’establishment scientifique et le système de patronage de l’église catholique au moyen-âge sont frappantes. Mais qu’est-ce exactement que cette glorieuse vista de progrès qui nous est introduit par les meilleurs esprits que le fric puisse acheter ?

Le modèle prévalent, pas seulement pour l’esprit humain, mais pour la réalité dans son ensemble, est un modèle mécanique déterministe : l’univers opère et se régit sous des lois immuables, sur un chemin immuable et inaltérable et nous ne sommes juste qu’une bande de machines pensantes . Votre personnalité, votre caractère et vos sentiments ne sont que des ornements ; les schémas de pensée collectés au travers de vos années d’existence que vous déterminez être “vous” ne sont que de toutes nouvelles strates de poussières. La vie n’est qu’une concurrence constante entre des factions en lutte pour la survie du plus apte et il n’y a rien d’autre, alors profitez-en du mieux possible tant que ça dure.

Charmant n’est-ce pas ? Quelle belle affirmation de la vie. Pas étonnant que sa très large adoption en Europe ait mené à une baisse drastique de la démographie et à une choquante révolte parmi sa jeunesse. Pris d’un excellent article de la revue Ritual :

“Les agences de renseignement estiment que des milliers de combattants étrangers d’Europe occidentale, se sont rendus en Syrie et en Irak pour répondre aux différents appels aux armes d’organisations djihadistes variées y opérant (NdT : essentiellement créées et maintenues opérationnelles par ces mêmes services de renseignement occidentaux..)… Qu’est-ce que ces jeunes élevés dans le confort tranquille du cœur de ce qui est supposé être “le meilleur des mondes possibles”, espèrent trouver parmi les ruines et les cadavres d’Alep ? Pourquoi des milliers de personnes quittent le soi-disant rêve banlieusard pour combattre et mourir sous la bannière d’un racket brutal dont l’apparence et l’idéologie ressemblent à une ombre atavique d’un autre temps ?

“Parmi les nombreux entretiens, témoignages, documentaires et messages vidéos au sujet et de ces “combattants étrangers” en Syrie, il y a un fragment de discussion de deux djihadistes belges sur leur motivation à rester, à combattre une guerre sanglante dans une ville largement désertée avec laquelle ils n’ont absolument aucune connexion. Au départ, la conversation se focalise sur un devoir théologique, un sens d’empathie humaine pour les victimes du régime d’Al Assad et la frustration émanant de la politique étrangère occidentale, les points de discussion disons classiques. Mais bientôt, la conversation opine vers la vie quotidienne du militant. Comment ici, sur le front d’une guerre sans espoir, ils ont trouvé une communauté de croyants qui mangent ensemble, qui prient ensemble, qui s’occupent les uns des autres, qui pansent leurs blessures et qui se couvrent l’un l’autre sur le champ de bataille. Comme l’a dit un djihadiste britannique : “Nous sommes comme un seul corps, si une partie souffre, les autres parties réagissent.” Ce qu’espèrent trouver ces âmes errantes dans les runes et les morts du Levant est quelque chose en quoi ils peuvent croire, quelque chose qui sature chaque action d’un sens pérenne qui supplante le tangible et le transcient, une communauté pour laquelle cela vaut la peine de vivre et de mourir et maintenue en place par quelque chose d’autre que la règle de l’or, du fric…

“Quand des jeunes de la classe moyenne de villages endormis du cœur de l’Europe décident de prendre les armes pour un racket brutal n’offrant pas grand chose d’autre qu’une mer de décapitations et une mort sous le soleil implacable de Levant, il reste peu de chose à dire au sujet du supposé “triomphe du progrès”, du capitalisme et de la démocratie libérale. Des mots d’un imam canadien dont quelques jeunes élèves sont partis combattre pour l’EIIL / Daesh : ‘Quand vous ne trouvez pas un but, un sens à la vie, la seule chose pour laquelle vous êtes impatient, c’est la mort.”

Quand mourir dans le désert pour une cause dont vous n’avez que la plus petite des connexions devient une meilleure option que l’existence dans un vide spirituel, nous devons nous demander juste à quel point ce système mécanique déterministe est-il valide et fiable. Ici, aux Etats-Unis, la supposée “terre de toutes les opportunités” et de capitalisme à fond la caisse, les gens sont plus déprimés que jamais auparavant et si la bahut est en session cette semaine, il y a une grande chance que quelqu’un y sera tué. Entre tout ça, le taux de suicide continue de grimper, laissant dans l’expectative des communautés entières qui se demandent qu’est-ce qui a bien pu se passer pour en arriver à ce marasme là.

Peut-être est-ce parce que nous sommes forcés de nier une réalité bien plus grande.

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Ne tolérez pas les hérétiques

Nietzsche, bien que virulent athée, a vu les “hommes de science” et les sceptiques de son temps comme n’étant pas meilleurs que ce qu’il pensait être les chrétiens dupés et dupeurs. Il a vu en eux la même marque de fabrique que le Vrai Croyant et a dit dans son livre “Par delà le bien et le mal” :

“L’homme objectif est un instrument, un instrument de mesure coûteux, facilement dommageable et un appareil de réflexion, qui doit être respecté et bien traité ; mais il n’est pas le but, il n’est pas l’homme complémentaire dans lequel le RESTE de l’existence se justifie de lui-même, il n’est pas la fin et pourtant moins que le commencement ou une cause première, rien de tel,

**

vous, taupes pessimistes !” […]

“Quelle est la nature de la réalité ? D’où cela provient-il ? L’univers a t’il eu besoin d’un créateur ? Traditionnellement, ces questions sont pour la philosophie, mais la philosophie est morte. La philosophie ne nous a pas maintenu au niveau des développements modernes de la science, de la physique en particulier. Les scientifiques sont devenus les porteurs du flambeau de la découverte dans notre quête de la connaissance.” — Stephen Hawking et Leonard Mlodinow, The Grand Design —

Vous vous rappelez du truc au sujet des philosophies réactives ? Dans un entretien avec le quotidien The Guardian de Londres, Hawking pontifie “Je considère le cerveau comme un ordinateur qui s’arrêtera de fonctionner lorsque ses composants casseront. Il n’y a pas de vie après la mort ni de paradis pour les ordinateurs brisés. Ce n’est qu’un conte de fée pour les gens qui ont peur du noir…” Vraiment ?

Une vie après la mort, la réincarnation et les vivants parlant avec les morts ? Peut-être après tout que les sorciers et sorcières savaient quelque chose de plus que le commun des mortels.

Et ce n’est pas juste l’existence d’une vie après la mort qu’ils voudraient juste expliquer, mais la nature même de la conscience. On nous dit que nous ne sommes que des machines, que notre esprit est constitué de petites tempêtes électriques, qu’il n’y a aucune preuve que notre esprit s’étende au delà de notre corps. En fait, James Randi, le légendaire sceptique, a offert jusqu’à 1 million de dollars à quiconque pourrait prouver fausse cette vison du monde. Mais voilà, ce n’est pas si simple :

[…]

“Ne faites pas attention à cet homme derrière le rideau”

Demeure la question du pourquoi, pourquoi nous gave t’on avec un establishment scientifique qui ignore pratiquement toutes les données contraires à cette vision du monde matérialiste, qui continue à hurler (même contre des preuves du contraire) qu’un univers vide et stérile est tout ce qu’il y a ? Simple. La seule science qui s’effectue est celle qui est payée, qui reçoit des budgets. Les seules personnes qui peuvent payer pour que tout ceci soit fait sont celles appartenant à des intérêts privés ayant beaucoup de capital. Ces gens veulent qu’une certaine vision du monde soit non seulement confirmée mais aussi disséminée. Parce que tout cela sert un objectif. Nous avons déjà établi comment le système capitaliste est un système global de contrôle et d’exploitation. Il serait impossible de maintenir en place ce système de servitude si la réalité du “non visible” était non seulement prouvée, mais aussi connue dans les grandes largeurs. Vous pensez que les strates supérieures de la pyramide capitaliste ne savent pas et ignorent ce qui a trait aux esprits, aux pouvoirs magiques et aux possibilités réelles de l’esprit humain ? Diable, la CIA possède sa propre division, son propre département de parapsychologie (et l’a fermé lorsqu’un agent en a parlé publiquement) et quelqu’un comme Poutine a un magicien grassement payé dans son personnel du nom d’Alexandre Douguine.

Non, la personne qu’ils ne veulent absolument qu’elle ait des connaissances sur ces sujets c’est VOUS, les gueux, la classe travailleuse, l’homme du commun. Et pourquoi ? Et bien c’est assez simple. Cela devient très difficile d’avoir quelqu’un se concentrer neuf heures ou plus par jour dans son temps de travail lorsque cette personne sait que sa conscience peut littéralement se déplacer dans le temps… Cela devient un défi de maintenir la jeunesse focalisée essentiellement sur l’acquisition de biens de consommation absolument inutiles quand ils sont certains que cette vie n’en est qu’une parmi tant d’autres. […]

En bref, leur monde, le monde du pognonthéisme devient non seulement sans importance, mais complètement futile et obsolète.

Le monde capitaliste repose sur un vide qui ne peut être que remplit par des biens matériels, repose sur des personnes terrifiées et se sentant effroyablement seules. Il va vigoureusement écraser et annihiler tout challenge à son existence vide parce que s’il les autorise à avoir raison, ne serait-ce qu’une fois, alors cela remet tout en question. Si les gens peuvent apprendre d’un monde plus profond, bien plus riche, complètement distancié du monde mesquin de la finance, un monde qui transcende les commodités et les prix, d’une plus grande existence sur laquelle ils peuvent se brancher aujourd’hui, sans avoir à payer quoi que ce soit… alors le monde de la production capitaliste tombe comme ce jouet bon marché et sans goût qu’il est. Ainsi, la vieille conscience radicale, maintenant mise sur les rails et se développant, sera maintenue censurée et enterrée.

Et tout comme nous avons survécu à la première suppression, nous survivrons à celle qui vient.

Le texte en PDF : Le-capitalisme-est-un-culte-de-la-mort-la-science-une-pute

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Il n’y a pas de solution au sein du système ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

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Deux communiqués sur la guerre en Ukraine à diffuser sans modération :

la-ou-nul-nobeit-personne-ne-commande

destruction_creation
La vie est une relation extatique entre la destruction et la création…
La société marchande est la mort…
La société des sociétés est la vie…

Il n’y a pas de solution au sein du système… Quand détruire est créer : de la tyrannie marchande à la société des sociétés en territoires émancipés…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 9 mai 2022 by Résistance 71

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux ayant lâcher-prise de l’illusion démocratique et se tenant main dans la main avec les peuples colonisés contre l’oppression étatico-marchande, marchant sur le chemin de la société des sociétés, celui de notre humanité enfin réalisée.

Il n’y a pas de solution au sein du système… Le comprendre et agir, enfin…

~ Résistance 71 ~

Astyle

Une lutte militante anarchiste internationale

Groupe anarchiste anonyme

2022

Traduit de l’anglais par Résistance 71 

9 mai 2022

Alors que les guerres entre les états-nations deviennent de plus en plus fréquentes et attirent des volontaires du monde entier, c’est le moment idéal pour réfléchir sur ce qui caractérise les militants anarchistes internationaux.

Leurs objectifs sont de :

  • Créer des territoires autonomes
  • Construire des communautés libératrices et des corps politiques
  • Se battre aux côtés des opprimés du monde
  • Fournir une solidarité internationale au-delà des frontières

Le terme “militant anarchiste” devrait être redondant car tous ceux qui se battent pour la libération devraient prendre une approche militante. Mais la tendance récente des soi-disants anarchistes en Occident est de libéraliser le mouvement anarchiste, ceci culminant avec ce renversement scandaleux des choses qui voit de tels groupes marcher dans les rues au son des tambours de l’OTAN et donc imposent le fait que la signification de ce qu’est être un anarchiste a besoin d’être réévalué et son héritage historique être continué.

Créer des communautés et des territoires autonomes

La priorité est de saisir des territoires afin d’aider à détruire et balayer les états-nations, de contrôler les moyens de production pour que les ressources soient équitablement distribuées et ne tombent pas entre les mains des exploiteurs capitalistes. Pour ce faire, la tache essentielle est de bâtir des forces et des groupements politiques de façon à ce que nous soyons une formidable faction lorsque le moment se présentera. C’est un processus qui prend du temps et de la motivation, de la patience, des années d’entraînement et d’étude (NdT : comme l’ont fait dans le secret des villages les Zapatistes du Chiapas entre 1984 et 1994). Ceci sera récompensé car lorsque les états et les démagogues se battront entre eux, nous pourrons prendre l’avantage sur le tumulte et créer un territoire.

Alors que nous construisons nos factions armées, nous bâtissons simultanément des structures libératrices et des communautés. Notre mouvement ne pourra pas réussir si un état oppresseur est remplacé par un autre, si la suprématie capitaliste blanche est remplacée par un démagogue autoritaire ou vice versa ; si une forme d’anarchistes oppresseurs et des citoyens de “seconde classe” remplacent un fascisme par un autre, un fascisme “démocratiquement imposé”.

Nos forces et nos communautés devraient être construites d’une façon consistante avec notre éthique et nos principes d’organisation : respect de chacun, priorité aux besoins des gens, recherche, éducation et connaissance fondées sur la lutte des peuples, une communauté de défense dispersée dans toute la société. Ces principes forment la base des décisions de chaque collectif.

Nous comprenons que la fondation centrale est la défense et la stratégie. Ceci est la place et le rôle du militant anarchiste. Voilà comment l’entrainement porte ses fruits. Avec la bonne préparation, nos territoire créent des espaces pour des communautés libérées et des structures sociales qui pourront fleurir, ceci crée aussi des zones tampon qui peuvent nous permettre de défendre ces zones.

Nous pouvons regarder et analyser les travaux de Makhno, de Zapata, de la Guerre d’Espagne et de la préfecture de Shinmin. Ces exemples nous montrent le chemin du succès et nous fournissent de bons signaux à suivre.

Nous apprenons de Shinmin que la défense doit être égale à la population qui vit dans le territoire, elle doit être étendue partout et pas seulement aux forces armées. Alors que les régimes haineux doivent être combattus, nous devons aussi reconnaître que tenir un territoire représente aussi une faiblesse dans une lutte de guérilla. Si des attaques sont lancées depuis notre région, nous devons être capable de contrer quelque réponse qu’elle occasionnera. Les attaques lancées doivent aussi incapaciter l’ennemi dans sa riposte.

La défense n’est pas juste s’entrainer aux armes et tenir un territoire, c’est aussi tenir une ligne politique sans flancher. Ceci est une des leçons essentielles de la guerre civile espagnole de 1936. Les militants furent trahis avant même qu’ils fussent capables de recueillir les fruits de leur batailles. La CNT insista pour rejoindre le gouvernement de coalition, affaiblissant ainsi la position des militants anarchistes en créant une ouverture pour que les fascistes saisissent le pouvoir. Ceci est un avertissement qui vaut pour tout anarchiste aujourd’hui. Tenir une ligne ferme entre le travail sans concession et ces soi-disants “radicaux” mous du genou et qui donne une idéologie au pouvoir, ils se sont déjà vendus avant même d’avoir obtenus quelque gain que ce soit. Une ligne entre ceux commis aux principes politiques et ceux prêts à abandonner doit être fortement tracée et vite.

Inévitablement, lorsque des territoires libérés existent, il doit y avoir par nécessité de survie et afin de ne pas être annihilés par des adversaires mieux armés, des négociations inconfortables et des compromis. Mais il est impératif de noter que ces compromis ne devront pas être faits à moins d’être absolument nécessaires. S’ils sont faits avant d’avoir des territoires, cela ne fait que renforcer l’État, sans que nous ne gagnions quoi que ce soit. Avant de prendre/libérer des territoires de l’État, notre ligne politique se doit d’être sans compromis, c’est notre forte éthique qui nous unit pour la lutte. Tous nos efforts doivent se focaliser sur la préparation de forces de combat et la promotion d’un mouvement plus fort. Nous devons focaliser notre énergie sur tous les aspects qui mèneront à des gains matériels pour notre côté.

Se battre du côté des opprimés du monde

Notre combat est du côté des opprimés du monde. Ceux d’entre nous vivant dans des états particulièrement malfaisants comme les Etats-Unis, les états européens, l’Australie ont une responsabilité particulière d’étudier et de comprendre comment ces états ont pillé le monde et de combattre ces états bec et ongles. Il est de notre responsabilité de demeurer imperméables et ultra résistants à leur propagande afin de ne pas devenir l’aile radicale de leur agenda. Par exemple, ces soi-disants anarchistes qui répètent en bons perroquets la propagande états-unienne au sujet de l’Ukraine ne font que renforcer leur politique mondialiste et hégémonique.

Nous ne devons JAMAIS écouter et donner une quelconque importance à leur propagande, celle qui dit qu’ils se battent pour “la liberté” et “la démocratie”. Ils ne font que se battre pour la liberté des marchés capitalistes et les seuls droits de la culture européenne et de la société blanche. Nous devons nous tenir en dehors de cette rubrique et nous aligner avec ceux qui ont senti le vent du boulet de cette “liberté”. Ne vous leurrez pas à croire que vous serez OK et en sécurité en vous alignant avec un tel pouvoir. En tant qu’anarchiste, votre seule allégeance est aux opprimés, au mouvement et à la destruction de ces états bestiaux.

Toute notre sécurité et notre futur demeurent dans un territoire libéré, émancipé. Le rôle de l’anarchie et des anarchistes et de libérer la lutte de toutes ces promesses creuses et des machinations soporifiques de la propagande d’état. Pour être du bon côté de l’histoire, nous devons nous tenir la main dans la main avec tous ceux que l’occident a pillé, qui ont été massacrés par ses mercenaires, qui ont été escroqués, abusés par ses soldats de fortune d’extrême droite. Nous devons prendre exemple sur nos camarades d’Amérique du Sud et Centrale, d’Afrique, afin de nous assurer depuis notre position au sein de la culture de ces assassins efficaces et les plus forts promoteurs des groupes politiques de la droite extrême, que nous luttons suffisamment fort et depuis la bonne perspective.

Solidarité Internationale au travers des Frontières

En tant qu’anarchistes vivant dans des états impérialistes ou des états qui s’ingèrent dans les affaires des autres, qui arment des nazis et qui mettent des régimes d’extrême droite au pouvoir un peu partout, qui tuent et attaquent des peuples qui ne font que défendre leurs maisons et leurs communautés, qui arment et entraînent des groupes pour faire la guerre par procuration (NdT : comme les Contras, Al Qaïda, L’EI/Daesh etc…), nous avons le devoir de combattre tout cela et de saboter leurs moyens de tortures des peuples en lutte. Si nous ne le faisons pas, nous ne sommes guère plus que des collabos. Avoir une perspective internationale veut dire comprendre le rôle du pays où vous êtes nés et son terrain géographique, géopolitique et de prendre les actions directes décisives pour l’empêcher de nuire. Ceci est la véritable signification de la solidarité.

Il n’y a jamais de bon moment où cela a un sens de collaborer avec un tel État. Notre but et seul devoir est de le saboter et de le détruire.

Cette solidarité ne vaudrait pas la peine si nous ne construisions pas activement un différent type de communauté, de structure politique pour s’enraciner sur les ruines de l’État. Nous agissons maintenant pour empêcher la mort de toujours plus de gens, d’empêcher la mort de camarades qui luttent à l’étranger et nous nous consacrons à la longévité de la lutte afin que les générations futures ne souffrent pas de cette même malfaisance.

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Il n’y a pas de solution au sein du système ! (Résistance 71)

Lire notre texte : “Nous sommes tous des colonisés !”

Voir nos pages : “Colonialisme, doctrine chrétienne de la découverte” &

“Colonialisme et luttes indigènes” & “Comprendre et démonter la loi coloniale” &

Réseau de Résistance et de Rébelilon International”

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

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Deux communiqués sur la guerre en Ukraine à diffuser sans modération :

chiapas_art

arbre_yinyang

Devant tous les mensonges et les impostures étatico-marchands… Les 5 points de la voie émancipatrice finale (Résistance 71)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, société des sociétés, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , on 18 mars 2022 by Résistance 71

R71slogan

Les cinq points de la voie émancipatrice

Résistance 71

18 mars 2022

Suivre ces cinq points essentiels nous mènera à la Commune Universelle de notre humanité enfin réalisée :

  1. Langage : ne pas laisser la langue être transformée, annihilée, restaurer et maintenir la langue traditionnelle
  2. Territoire : Selon le principe disant que la question sociale est une question agraire, nous devons nous reconnecter et changer notre relation avec la terre ancestrale
  3. Nourriture : la base d’une bonne santé et d’un système immunitaire opérationnel, ceci veut dire retour à un régime alimentaire traditionnel, complet et sain
  4. Peur : cesser d’avoir peur. La peur est l’outil de division et de contrôle du système qui n’a pu et ne peut perdurer que parce que nous sommes divisés et maintenus dans la peur de tout et de rien
  5. Pratique : mettre en place une pratique de groupe de là où nous sommes dans l’ici et maintenant et étendre peu à peu la sphère d’influence. Autonomie, entraide, solidarité et association libre sans pouvoir autoritaire sont les quatre piliers de la pratique sociale émancipée

    Le plus tôt une masse critique de personnes comprendra cela et le mettra en pratique dans l’ici et maintenant et au plus tôt nous atteindrons une masse critique de basculement vers le nouveau paradigme politique. Dire NON ! et agir en conséquence tel est et a toujours été le défi.
    A bas l’État, à bas la marchandise, à bas l’argent et à bas le salariat !
    Dans l’esprit de Cheval Fou 

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

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Deux communiqués sur la guerre en Ukraine à diffuser sans modération :

gaulois_refractaires_baffe

lionresistant