Archive pour nouvel ordre mondial

Migration et manipulation… Continuité de la stratégie du « diviser pour mieux régner » de la City de Londres (Dean Henderson)

Posted in actualité, altermondialisme, économie, canada USA états coloniaux, colonialisme, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 10 novembre 2018 by Résistance 71

Une fois de plus après la lecture de cette bonne analyse de Dean Henderson, il n’y a pas et ne saurait y avoir de solutions au sein du système ! Une preuve de plus s’il en fallait encore une… Il est plus que grand temps que plus de gens réalisent ce fait et agissent en conséquence. Cette analyse offre un angle différent d’approche de la situation de celui que nous avons relayé en provenance de MNN. Ces deux approches ne sont en rien antinomiques mais complémentaires.

Analyse et fragments de solutions dans notre “Manifeste pour la Société des Sociétés”, à lire, diffuser et surtout, discuter sans aucune modération.

~ Résistance 71 ~

 

Caravanes, narco-oligarques et la pseudo-gauche de George Soros

 

Dean Henderson

 

5 novembre 2018

 

Url de l’article original: 

https://hendersonlefthook.wordpress.com/2018/11/05/caravans-narco-oligarchs-the-soros-left/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Une marée de réfugiés laisser-pour-compte économiques continue sa marche vers le nord au travers de Mexico City, en direction de la frontière avec les Etats-Unis, où Trump a promis leur rencontre avec l’armée américaine renforcée de quelques 220 millions de dollars et une volée de balles contre une volée de pierres. (NdT: Gaza 2.0 quelqu’un ??…)

Ce dernier drame en date pour le diviser afin de mieux régner est parfaitement consistant avec le script écrit par la City de Londres, celui de développer les oligarchies d’extrême-droite au Honduras, au Guatémala et au Salvador pour protéger les intérêts de Chiquita et de Folgers, de priver les paysans locaux de leur gagne pain et mode de vie, d’amener la fausse aile humanitaire financée par George Soros et payer quelques sbires pour organiser un exode de masse vers les Etats-Unis et tout cela juste à temps pour la cloche des élections de la mi-mandat.

Dans l’acte II, l’administration Trump estampille Cuba, le Nicaragua et le Vénézuéla de “Troïka de la tyrannie” et impose des sanctions sur chacun de ces pays. Peu importe qu’aucun des migrants désespérés en marche ne provient de ces pays. Ceux-ci fuient plutôt les meilleurs alliés que les Etats-Unis ont pu acheter dans la région. Mais la fausse gauche Soros ne veut pas parler de tout ça. Le président nicaraguéen Daniel Ortega a gagné une élection très surveillée en 2016 avec 72,5% des suffrages puis a fait échouer de violentes tentatives de la CIA de le renverser… une fois de plus.

Le 26 novembre 2017, des élections au Honduras ont vu celui qui fut initialement déclaré vainqueur, comme rapporté par les agences Reuters et AP et autres services de presse, Salvador Nasralla, écarté le jour d’après en faveur du riche oligarque Juan Orlando Hernandez. Des émeutes s’en suivirent, comme après le coup d’état militaire du 29 juin 2009 contre le candidat de gauche populaire élu Manuel Zelaya.

La ministre des AE d’Obama d’alors, Hillary Clinton, éminente membre de la fausse gauche Soros, a joué un rôle majeur dans le coup qui sortit Zelaya. Son patron fut instrumental dans l’assassinat du président socialiste maintes fois réélu au Vénézuéla, Hugo Chavez.

Les récentes élections en Argentine, au Brésil, en Colombie ont amené des victoires de l’extrême-droite. La victoire de Bolsonaro au Brésil est particulièrement troublante, considérant les avancées faites par le Parti des Travailleurs dans ce pays ces deux dernière décennies.

La victoire en 2017 de Mauricio Macri en 2017 a amené une crise économique en Argentine, tandis que l’élection en 2018 de Duque en Colombie représente le contrôle établi continu du pays par la narco-oligarchie directement liée au MI6 britannique. (NdT: bras armé de la City de Londres, tout comme la CIA est celui de Wall Street, elle-même succursale de la City…)

Il est clair que la CIA et ses patrons banquiers ont été très occupés à renverser les gains révolutionnaires faits dans bien des pays d’Amérique Latine sous les leaderships de gens comme Chavez, les frères Castro à Cuba, Ortega au Nicaragua, Correa en Équateur et Morales en Bolivie. Il n’est pas surprenant de constater que la politique étrangère aidée par la caravane en marche de Trump est une continuation du colonialisme de la Couronne (City de Londres) depuis les croisades. Bien plus révélateur est la réaction des récemment fabriqués démocrates de George Soros, qui continuent leur voyage réactionnaire vers la droite où l’immigration, les droits des trans-genres et la légalisation du pétard ont plus d’intérêt que les mouvements anti-guerre, les syndicats ou le colonialisme américain en Amérique Latine, qui a créé ces pions désespérés recrutés pour cette nouvelle saga du diviser pour mieux régner.

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Brésil et néo-féodalisme… Le Nouvel Ordre Mondial a un visage… de plus…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 31 octobre 2018 by Résistance 71

Comment peut-on encore penser que l’élection puisse apporter quelque solution que ce soit dans un système à la dérive complète…
Il n’y a pas de solution au sein du système. il n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir. Voter c’est abdiquer, voter c’est être complice des crimes commis, où que ce soit pour quelque parti que ce soit. Il faut arrêter de gober les mouches et de céder à l’illusion démocratique.
A bas l’État, à bas la dictature marchande, pour que vive enfin la société des sociétés ! Soutien au peuple brésilien qui entre dans une période bien sombre.
Il est temps de former le Réseau de Résistance et de Rébellion International à l’appel de l’EZLN et des Caracoles de bon gouvernement du Chipas !
Deixa disso! / ¡Ya Basta!

~ Résistance 71 ~

 


Conscientização ~ Resistência 

 

L’élection d’un chef de gang d’extrême droite ouvre la porte à “un nettoyage jamais vu dans l’histoire dub Brésil”

 

Samil Hadj Ali

 

29 octobre 2018

 

url de l’article:

https://www.investigaction.net/fr/bresil-lelection-dun-chef-de-gang-dextreme-droite-ouvre-la-voie-a-un-nettoyage-jamais-vu-dans-lhistoire-du-bresil/

 

Bolsonaro a été élu ce dimanche avec 56% de voix environ, contre 44% de voix pour Fernando Haddad, à l’heure où ces lignes sont rédigées.  Son programme  se résume, pour reprendre ses propos, à : «  un nettoyage jamais vu dans l’histoire du Brésil ».

Quelques figures de la barbarie néo-fasciste

Voici de manière abrégée le portrait- et celui de quelques membres de son gang- de celui qui va gouverner par la terreur et l’écrasement le Brésil, au profit des classes exploiteuses, des néo-esclavagistes du 21ème siècle, de l’impérialisme US, et le conduire fatalement vers l’abîme.

Réélu systématiquement, Bolsonaro a siégé 26 années au Parlement durant lesquelles il a présenté 170 propositions de lois, dont deux seulement ont été discutées.

Au Parlement, il s’est abjectement distingué en votant pour une loi considérant la torture comme une pratique légitime, mais aussi en appelant à la répression contre les homosexuels, tout en tenant  régulièrement discours racistes, et discriminatoires des femmes. Ces agissements et propos lui ont valu trente poursuites judiciaires et trois condamnations. En 2003, il fut condamné par la justice à une amende de 150 000 reais, pour propos racistes, homophobes et incitation au viol, suite à l’agression verbale, dans l’enceinte du Parlement, de la députée du PT, Maria Rosario : « Tu ne mérites pas d’être violée. Tu es trop laide pour ça !

D’autres condamnations furent prononcées contre lui pour propos racistes à l’encontre des Afro-Brésiliens et des Quilombolas. (Communautés d’anciens esclaves afro-brésiliens qui réclament à ce jour la reconnaissance par l’État des terres sur lesquelles ils vivent et travaillent).

Au Parlement, il a systématiquement voté pour les lois antisociales, proposées par le gouvernement de l’usurpateur, golpiste et mouchard de l’ambassade US, Temer.

Il fut un ardent défenseur de la loi imposant le gel des dépenses publiques dite « de loi de la mort et de la fin du monde », en 2017, pour une durée de 20 ans.

L’un de ses votes les plus odieux, expression de sa haine de classe, concerne le rejet de la création d’une législation protégeant les droits des femmes de ménages, – « trabalhadoras domesticas », une profession surexploitée dans un Brésil non libéré des stigmates de l’héritage esclavagiste. Au plan économique il voté avec enthousiasme pour la vente des puits de pétrole off-shore aux multinationales.

Un anti-corruption corrompu jusqu’à l’os

Anti-corruption autoproclamé, la justice électorale a pu néanmoins établir contre lui l’existence entre 2000 et 2014 d’une « caixa dois », –caisse noire– pour ses campagnes électorales, renflouée par des dons financiers  non déclarés et  des pots-de-vin –propina-. À cet effet son nom figurait sur la liste des hommes politiques véreux, publiée par le site du Tribunal Supérieur Électoral en 2014.

Entre 2006 et 2018, soit en 12 ans, son patrimoine, sur la base de sa déclaration de biens pour l’élection présidentielles au TSE, augmenté de 168%, passant de 434 000 reais -100 000 euros environ-, à environ à 2 millions 287 000 reais, alors que son salaire de député est de 24 000 reais nets.

En 2009, une de ses ex-épouses, Cristina Siqueira, s’est refugiée avec leur fils en Norvège, et demandé l’Ambassadeur du Brésil, Carlos Henrique Cardim, de l’aider à obtenir l’asile politique, suite aux menaces de mort proférées par son mari.  Elle a certes démenti ses propres aveux, en septembre 2018, soit neuf années plus tard, malgré les documents consulaires confirmant ses aveux et sa démarche, publiés par ailleurs par la presse.

Dans une enquête s’appuyant sur les documents de la Policia civil de Rio de Janeiro, la presse brésilienne relate par ailleurs l’accusation faite par cette même ex-épouse du vol commis par Bolsonaro en octobre 2007, alors que le couple s’était engagé dans une procédure de divorce, de 30 mille dollars, de 800 mille reais – en bijoux, -200 000 euros-, et 200 mille reais en espèces-50000 euros-. Ces sommes et ces bijoux avaient été déposés dans le coffre-fort d’une agence de la banque du Brésil, à Rio de Janeiro, par son ex-épouse.

Son fils Eduardo, député fédéral, n’est pas en reste. De 2014 à 2018, le patrimoine de cet homme de haine et d’Ordre nouveau, a augmenté de plus de 430%, passant de 205 000 reais -50 000 euros-, à 1milion 400 mille reais – 400.000 euros environ-

Le général Mourâo. Le colistier adorateur des tortionnaires

Ce lugubre personnage, qui aime traiter les Indiens du Brésil de fainéants et les Afro-Brésiliens de bandits, est un adepte de la torture.

En activité dans l’armée lors de l’opération, constitutionnellement illégale, de destitution de Dilma, Roussef, il déclara à des officiers de réserve que le remplacement du PT n’entraînerait pas de « changement significatif dans le pays. L’avantage de ce changement aura pour avantage d’éliminer l’incompétence, la mauvaise gestion et la corruption ». La même année, il rendra un vibrant hommage, à titre posthume, toujours devant un public d’officiers de réserve, au colonel Carlos Alberto Brilhante Ustra, ancien commandant de DOI-CODI de l’État de São Paulo -Détachement d’opérations et d’information et centre d’opération de défense interne, structures spécialisées dans la répression et la torture des opposants-, en déclarant « Il a combattu le terrorisme et la guérilla, il est donc un héros ».


Brésil 1964

Le colonel Ustra fut le premier militaire dont la justice brésilienne a établi en 2008 le rôle de tortionnaire pendant la dictature. Il a été reconnu coupable de la mort et de la disparition de 60 personnes et d’avoir torturé 500 femmes et hommes, parfois devant leur enfants. Autant de chiffres à mettre sous le nez du spécialiste des questions internationales de CNews,  quant son commentaire sur la « torture non excessive » sous la dictature militaire au Brésil.

Le gang du psychopathe

Dans cette galerie, il y a d’abord le chef du parti néo-fasciste Parti social-libéral, Gustavo Bebianno. Cet homme qui déclare détester la politique, est un mixte d’avocat et d’homme de main. Ceinture noire de jiujitsu et homme de confiance de Bolsonaro, il est pressenti pour le ministère de la justice. À côté de lui se tient le député fédéral Juliano Bezzera. Doté d’un physique de videur, violent et grossier, il est réputé pour user de méthodes expéditives.  Lui aussi est appelé à de hautes responsabilités À ces deux individus prêts à tout, il faut ajouter Fernando Franceschini. Policier, aujourd’hui député fédéral, il fut Secrétaire à la sécurité publique de l’État de Parana. En 2015, il coordonna la violente répression de la police militaire et fédérale contre des enseignants qui manifestait pacifiquement devant l’Assemblée législative de l’État, provoquant 200 blessés graves par balles de caoutchouc et bombes lacrymogènes.  Ce tableau serait incomplet sans l’inévitable figure théocratique et obscurantiste attitrée du gang, le pasteur et ex-sénateur néo-pentecôtiste, Magno Pereira Malta.

Enfin, citons un autre général, en l’occurrence Elieser Girao, député fédéral, donné comme futur ministre de la défense. Partisan d’une moralisation-épuration des institutions du pays, il milite pour l’emprisonnement des juges du Tribunal supérieur fédéral, une institution pourtant totalement acquise à la destitution de Dilma Roussef et au gouvernement de Temer.

L’allié politico-idéologique privilégié

Un parti politique fait totalement corps idéologiquement avec Bolsonaro, au point de constituer une phalange. Il s’agit du Parti de la rénovation travailliste du Brésil -PRTB, dirigé par Fidelix Levy. Ce ramassis de politiciens aventuriers et corrompus a pour originalité d’entretenir des liens fraternels avec les groupes néo-fascistes et néonazis du Brésil, parmi lesquels le Frente Nacionalista- Front nationaliste-

Le parti agit fanatiquement pour une plus grande participation de l’armée dans la vie publique,  pour l’union entre l’État et la religion, et pour l’annulation de la Constitution de 1988.

En 2007, la presse démocratique révéla que le journal d’extrême droite, la Folha Politica, spécialisé dans la fabrication de fausses nouvelles et la falsification des faits historiques était financé par ce parti.

 Les fils Bolsonaro

Il y a Flavio Bolsonaro. Sénateur fédéral, il s’est fait une spécialité dans la promotion de la généralisation du port d’armes et la baisse de l’âge légal pour les peines pénales. Il s’est distingué récemment dans la destruction d’une plaque en hommage à la militante et élue progressiste de Rio de Janeiro, la sociologue Marielle Franco, assassinée en mars 2018 par un groupe armé, équivalent des Escadrons de la mort. À ce jour aucune trace des assassins de Marielle, dans une ville qui a donné 60% de suffrages à Bolsonaro

L’autre fils, Eduardo Bolsonaro, député fédéral, milite pour la criminalisation des idées communistes, la répression des homosexuels, et pour l’interdiction de la politique des quotas, qui a permis à de nombreux Afro-brésiliens d’accéder aux études supérieures. Il a été le contact permanent du suprémaciste Steve Bannon pour l’organisation des manipulations électorales.

Ce gang et ces hommes, dont les valeurs sentent et suintent la mort, dont la langue est celle de la torture, de la terreur, de l’exclusion, du racisme, de l’exploitation économique et de l’oppression, ont inauguré cette nuit l’ère de la bestialité politique au Brésil. Leur bestialité.

 

La route de la soie et le Nouvel Ordre Mondial vont passer par l’entité sioniste…

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Analyse intéressante de Meyssan, mais qui a notre sens ne descend pas suffisamment au fond du terrier du lièvre qu’il a levé. A sa question de savoir si Washington a autorisé Tel Aviv à ce rapprochement avec la Chine, la réponse est évidente: oui bien entendu…. La raison en est simple: Il n’y a pas de “rivalité” entre l’empire et la Chine, du moins cette “rivalité” n’est-elle qu’une façade pour masquer encore la mutation de l’empire. Depuis des années, depuis même le largage de Chang Kaï Chek par les Yankees au profit de Mao (dans le but de refaire le coup de la City de Londres et de Wall Street de 1917 en Russie sur la Chine, capturer un nouveau marché sur le long terme, facilité par le financement d’un régime totalitaire), la Chine croît, a été aidée à croître, pour éclore en ce modèle de contrôle rêvé par tous les oligarques eugénistes occidentaux, qu’ils appliqueront au reste du monde pour maintenir en place leur Nouvel Ordre Mondial fasciste (corporato-monopoliste) supranational.

La Chine a été et est toujours une dépendance de la City de Londres, qui l’a aboubée encore récemment. La création de la Banque Asiatique d’Infrastructure et d’Investissement (BAII) à Shanghaï il y a 2-3 ans est le nœud gordien de l’affaire du transfert financier impérialiste et de la complicité de la Chine dans l’avènement du nouvel empire. Nous avons dit et pensons plus que jamais que Bernard “l’empire”  Ermite est en train de changer de coquille et qu’il est vulnérable dans cette phase de transition, une fois le changement de coquille effectué et le nouveau Bernard l’ermite en place, plus grand, plus fort, plus prédateur, il sera plus compliqué (mais jamais impossible) pour les peuples de sortir de la nasse.


Bernard change de coquille..

Il n’y a que “rivalité” de façade, pour donner le change. Il y a connivence et convergence d’intérêts entre la haute finance transnationale et les grands patrons de l’entreprise monopoliste néo-esclavagiste transnationale, incluant bien entendu leur contrepartie chinoise.

De fait, ce qu’analyse Meyssan ci-dessous sur l’accord sino-israélien est la preuve même de la connivence profonde. C’est la preuve par Israël en quelque sorte. Une fois la Chine en possession majoritaire des grands ports israéliens, elle devra les défendre et donc elle devra projeter toujours plus de force militaire loin de ses bases et se transporter en force impérialiste associée et fusionnée avec celle de l’ancien empire. Israël s’en trouvera aussi “incidemment” protégée. Tout ceci fait partie de la mutation de l’empire, pilotée de concert par la City de Londres, Wall Street et la haute finance de Shanghaï, afin de mettre en place et de verrouiller leur Nouvel Ordre Mondial fasciste supranational. 

Tout le reste, comme la “montée des tensions entre la Chine et les USA”, n’est que poudre aux yeux. Suivez le fric, toujours. Regardez qui est derrière la BAII et les transferts (en dollar) de milliards sous contrôle de la “couronne” / City de Londres.

Une fois de plus on est en train de nous jouer un air de pipeau d’une main, tandis que l’autre nous fait les poches, la routine mon colonel…

~ Résistance 71 ~

“Vous voulez une idée de l’avenir ? Imaginez une botte militaire écrasant un visage… à tout jamais !”
~ George Orwell ~


Société des sociétés contre N.O.M

 

La route de la soie et Israël

 

Thierry Meyssan

 

30 octobre 2018

 

url de l’article: http://www.voltairenet.org/article203662.html

 

Bejing développe sans cesse son projet de « route de la soie ». Son vice-président, Wang Qishan, entreprend une tournée au Proche-Orient qui l’a notamment conduit quatre jours en Israël. Selon les accords déjà signés, la Chine contrôlera dans deux ans l’essentiel de l’agro-alimentaire israélien, de sa haute technologie et de ses échanges internationaux. Un accord de libre-échange devrait suivre. Toute la géopolitique régionale s’en trouvera chamboulée.

La visite du vice-président chinois, Wang Qishan, en Israël, en Palestine, en Égypte et aux Émirats arabes unis vise à développer la « Nouvelle route de la soie ».

À l’automne 2013, la Chine a rendu public son projet de création de voies de communication maritimes et surtout terrestres à travers le monde. Elle a débloqué des sommes colossales et commencé à très vive allure à le réaliser. Les principaux axes passent soit par l’Asie, soit par la Russie, vers l’Europe occidentale. Mais elle planifie aussi des voies à travers l’Afrique et l’Amérique latine.

Les obstacles à la Nouvelle route de la soie

Ce projet rencontre deux obstacles, l’un économique, l’autre stratégique.

D’un point de vue chinois, ce projet vise à exporter ses produits selon le modèle de l’antique « route de la soie » qui, du IIe au XVe siècle, relia la Chine à l’Europe via la vallée de Ferghana, l’Iran et la Syrie. Il s’agissait à l’époque de transporter des produits de ville en ville, de sorte qu’à chaque étape ils étaient échangés contre d’autres selon les besoins des marchands locaux. Au contraire, aujourd’hui, la Chine ambitionne de vendre directement en Europe et dans le monde. Or, ses produits ne sont plus exotiques (soies, épices etc.) mais sont identiques à ceux des Européens et souvent de qualité supérieure. La voie commerciale se transforme en autoroute. Si Marco Polo était ébloui par les soieries d’Extrême-Orient sans équivalent en Italie, Angela Merkel est terrifiée à l’idée de voir son industrie automobile terrassée par ses concurrents chinois. Les pays développés vont donc devoir à la fois commercer avec Beijing et préserver leurs industries du choc économique.

En exportant massivement sa production, la Chine va prendre la place commerciale que le Royaume-Uni d’abord seul, puis avec les États-Unis, occupent depuis la révolution industrielle. C’est précisément pour conserver cette suprématie que Churchill et Roosevelt ont signé la Charte de l’Atlantique et que les États-Unis sont entrés dans la Seconde Guerre mondiale. Il est donc probable que les Anglo-Saxons n’hésiteront pas à employer la force militaire pour faire obstacle au projet chinois [1] comme ils le firent en 1941 face aux projets allemands et japonais.

D’ores et déjà, le Pentagone a publié le plan Wright en 2013 qui prévoyait de créer un nouvel État à cheval sur l’Iraq et la Syrie pour couper la route de la soie entre Bagdad et Damas. Cette mission a été réalisée par Daesh, de sorte que la Chine a modifié le tracé de sa route. Bejing a finalement décidé de la faire passer par l’Égypte et a investi dans le doublement du Canal de Suez et la création d’une vaste zone industrielle à 120 kilomètres du Caire [2]. Identiquement, le Pentagone a organisé une « révolution colorée » en Ukraine pour couper la route européenne, ou encore des troubles au Nicaragua pour faire obstacle à la construction d’un nouveau canal reliant des océans Pacifique et Atlantique.

Malgré l’importance sans précédent des investissements chinois dans la Nouvelle route de la soie, il faut se souvenir qu’au XVe siècle, la Chine lança une formidable flotte pour sécuriser ses débouchés. L’amiral Zheng He, « l’eunuque aux trois joyaux », combattit les pirates du Sri Lanka, construisit des pagodes en Éthiopie et fit le pèlerinage à La Mecque. Cependant, à son retour, pour des raisons de politique intérieure, l’Empereur abandonna la route de la soie et brûla la flotte. La Chine se referma alors sur elle-même. Il ne faut donc pas considérer que, d’un point de vue chinois, le projet actuel est gagné d’avance.

Dans un passé récent, la Chine s’est investie au Moyen-Orient avec l’unique idée de s’approvisionner en pétrole. Elle a construit des raffineries en Iraq qui ont été malencontreusement détruites par Daesh ou par les Forces occidentales qui faisaient semblant de combattre les islamistes. Beijing est également devenu le principal acheteur de l’or noir saoudien. Elle a ainsi construit dans le royaume le gigantesque complexe pétrolier de Yasref-Yanbu pour 10 milliards de dollars.

Israël et la Nouvelle route de la soie

Les liens entre Israël et la Chine datent du mandat du Premier ministre israélien, Ehud Olmert, dont les parents fuirent les nazis pour s’installer à Shanghai. Le prédécesseur de Benjamin Netanyahu avait tenté d’établir de fortes relations avec Beijing. Ses efforts furent effacés par son soutien à un des groupes de pirates en Somalie, chargé par Washington de perturber le trafic maritime russe et chinois à la sortie de la mer Rouge [3]. Le scandale fut évité de justesse. La Chine fut autorisée à établir une base navale à Djibouti et Ehud Olmert fut écarté de la vie politique.

Depuis 2016, la Chine négocie avec Israël un traité de libre-échange. Dans ce contexte, le Shanghai International Port Group a acheté la concession d’exploitation des ports d’Haïfa et d’Ashdod, de sorte qu’en 2021, la Chine contrôlera 90 % des échanges commerciaux israéliens. Bright Food a déjà acquis 56 % de la coopérative des kibboutzim Tnuva et pourrait augmenter sa participation, de sorte que la Chine contrôlera l’essentiel du marché agricole israélien. Le fondateur du magasin en ligne Alibaba, Jack Ma, venu à Tel-Aviv au sein de la délégation officielle chinoise, n’a pas caché son intention de racheter de nombreuses start up israéliennes afin de récupérer leur haute technologie.

L’armement est le seul secteur important de l’économie israélienne préservé de l’appétit chinois. En septembre, le professeur Shaul Horev a organisé une conférence à l’université d’Haïfa avec l’aide du Hudson Institute états-unien pour alerter les officiers généraux du Pentagone des conséquences des investissements chinois. Les intervenants ont notamment souligné que ces contrats exposaient le pays à un espionnage intensif, rendaient difficile l’exploitation de son port pour ses sous-marins lanceurs d’engins nucléaires, et ses liens avec la Sixième flotte états-unienne.

L’ancien directeur du Mossad, Ephraïm Halevy, dont on connaît la proximité avec les États-Unis, a souligné que le Conseil de sécurité nationale n’avait jamais délibéré de ces investissements. Ils ont été décidés uniquement selon une logique d’opportunité commerciale. La question se pose donc de savoir si Washington a autorisé ou non ce rapprochement entre Tel-Aviv et Beijing.

Il ne faut pas se tromper sur les raisons qui permirent à la Chine d’implanter une base militaire à Djibouti et il paraît peu probable que Bejing ait conclu un accord secret avec Washington pour ce nouveau tracé de la route de soie. Certes, les États-Unis ne seraient pas inquiets d’un effondrement économique de l’Union européenne. Cependant, sur le long terme, la Chine et la Russie sont contraintes de s’entendre pour se préserver des Occidentaux. L’Histoire a montré que ces derniers ont tout fait et continuent à tout faire pour démanteler ces grandes puissances. Par conséquent, si une alliance sino-US serait à court et moyen terme en faveur de Beijing, elle conduirait par la suite à l’élimination successive de la Russie et de la Chine elle-même.

Les accords sino-israéliens laissent plutôt à penser que, selon la formule de Lénine, « Les capitalistes ont vendu la corde pour les pendre ».

[1] “The Geopolitics of American Global Decline”, by Alfred McCoy, Tom Dispatch (USA) , Voltaire Network, 22 June 2015.

[2] « La Chine se déploie au Proche-Orient », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 25 janvier 2016.

[3] « Pirates, corsaires et flibustiers du XXIe siècle », par Thierry Meyssan, Оdnako (Russie) , Réseau Voltaire, 25 juin 2010.

Nouvel Ordre Mondial et élections… Brésil, retour à la caserne ?…

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BRÉSIL : RETOUR À LA CASERNE

(TRADUCTION RENÉ BERTHIER)

 

Leonardo Brito (historien) et Luiz Merino (sociologue) Rio de Janeiro – Brésil. 

 

20 octobre 2018

 

Pour Le Monde Libertaire

 

url de l’article: 

https://www.monde-libertaire.fr/?article=Bresil_:_Retour_a_la_caserne

 

Le Brésil aujourd’hui est parcouru de tensions extrêmes qui peuvent être interprétées de manière différente. Le ml en ligne entend présenter aux lecteurs des points de vue différents sur la situation dans ce pays et se faire le lieu d’un débat en proposant ses colonnes aux camarades brésiliens. C’est pourquoi le présent article ne représente que l’opinion de son/ses auteurs

L’arrivée imminente au pouvoir du néofasciste Jair Messias Bolsonaro montre l’approfondissement de la scission qui existe dans le pays depuis près de deux décennies, résultant des contradictions, des limites et des erreurs de la gauche institutionnelle (soulignées par nous, anarchistes, toujours!). Pactiser avec la bourgeoisie a permis l’émergence des forces les plus autoritaires possibles au Brésil. Pour que vous ayez une idée, le nouveau gouvernement d’extrême droite probable suggère la nomination de plusieurs généraux de l’armée pour occuper des ministères à Brasilia (cinq sont déjà envisagés). Le plus grave est le fait que le gouvernement Michel Temer a, ces derniers mois, laissé le soin de créer un tel « groupe de travail » qui crée une vaste communauté d’information, de contrôle et de répression par de l’État brésilien. 

Comme si les contradictions de la très fragile démocratie bourgeoise libérale du Brésil, depuis la transition d’un gouvernement militaire à un gouvernement civil, dans ce que nous appelons la « nouvelle République », ne suffisaient plus, le processus aigu de militarisation de l’État et de la société civile brésilienne avance à grandes pas. Depuis la seconde moitié des années 1980, l’ordre politique établi au Brésil à partir de la charte constitutionnelle de 1988 a imposé certaines contraintes juridiques aux forces armées pour qu’elles agissent dans le paysage politique du pays. Malgré cela, les opportunités n’ont pas manqué aux gouvernements élus par le vote populaire d’avoir recours à ces mêmes forces pour agir dans le domaine de la sécurité publique dans les États brésiliens, largement soumis au trafic de drogue et au modèle avorté de « guerre contre la drogue », au cycle d’interventions violentes dans les quartiers pauvres des grands centres urbains du pays.

L’usage politique des forces de sécurité fédérales a toujours été l’objectif de tous les gouvernements brésiliens depuis la prétendue « ouverture » politique de l’avant-dernière décennie du siècle dernier. Des événements tels que la grève des travailleurs de la Companhia Siderúrgica Nacional (CSN) en 1988 et la très violente répression subie par les Métallos – comme le Massacre de Volta Redonda – ; le mouvement national de 1995 visant à paralyser les employés de Petrobrás dont l’un des principaux objectifs était d’empêcher la privatisation de Petrobrás, en application des ordonnances néolibérales du gouvernement Fernando Henrique Cardoso ; et plus récemment la paralysie des camions dans le pays (un mélange de grève des chauffeurs routiers autonomes et de lock-out) alimentée par la politique libérale perverse de prix du carburant, en vigueur dans le pays depuis la prise du pouvoir par le gouvernement Michel Temer : tous ces événements ont été clairement marqués par le recours à l’appareil répressif de l’État brésilien, illustrant comment le recours aux militaires a toujours été utilisé pour résoudre les conflits de classes au Brésil.

Cela illustre comment le recours aux militaires a toujours été utilisé pour résoudre les conflits de classes au Brésil. Au cours de la présente décennie, la période qui a précédé les grands événements du pays (la Coupe du monde de football de 2014 et les Jeux olympiques de Rio de Janeiro en 2016) a été marquée par d’importantes manifestations populaires contre le coût très élevé de ces événements et mettant l’accent sur le processus de gentrification [De l’anglais « gentry ». Dans une traduction libre, la réévaluation des zones dégradées de la ville qui, par le biais d’opérations public-privé (utilisant une grande quantité de ressources de l’État), a encouragé des interventions et des déplacements importants de communautés d’origine établies il y a plusieurs décennies dans certaines régions de villes comme Rio de Janeiro. Le meilleur et le plus tragique exemple d’enlèvement a été la communauté de «Vila Autódromo», un ancien village de pêcheurs qui a résisté autant que possible aux politiques d’enlèvement violent menées par la ville de Rio de Janeiro.] et la spéculation immobilière élevée dans plusieurs zones des centres urbains où eurent lieu ces événements sportifs.

En 2014, afin de statuer sur la possibilité de manifestations populaires semblables à celles de l’année précédente, le gouvernement Dilma Roussef (Parti des travailleurs) – une sorte de version « soft » du modèle néolibéral en vigueur depuis la décennie précédente – fit « cadeau » à la société civile de l’institution du GLO (Garantie de la loi et de l’ordre). Des attitudes comme celle-ci montrent que le PT, à travers ses gouvernements, a abandonné son projet politique, qualifié de « démocrate populaire » : cours des années qui ont précédé et marqué les gouvernements Lula et Dilma, ils sont devenus de moins en moins populaires et démocratiques.

Ainsi, l’instrument juridique et policier prévu par une interprétation plus large de la Constitution de 1988 permettrait en pratique l’intervention et la militarisation de zones où ont lieu des conflits et des protestations populaires contre toute mesure antipopulaire prise par le gouvernement fédéral. La « boîte à pandore » est ouverte dans les casernes brésiliennes. Les forces armées, en particulier les forces fédérales (marine, armée de terre, aéronautique et forces de sécurité nationales [Appareil répressif créé en 2004 par le gouvernement Lula da Silva (2003-2010) et constitué de policiers et pompiers militaires désignés par les services de sécurité publique de l’État.] ) se voyaient ouvrir les portes ouvertes et offrit toute la garantie légale afin d’agir en tant que pouvoir de police, ce qui est interdit par l’ordre constitutionnel actuel. En bref, cette maxime est vraie, qui dit qu’il est toujours possible de rejeter la démocratie libérale quand se trouve menacé le contrôle des fractions de classe dominante. C’est sans aucun doute la dimension principale de la domination autocratique de la bourgeoisie brésilienne, coloniale, autoritaire et caricaturale. Ce sont des caractéristiques communes aux élites dominantes des pays périphériques comme le Brésil.

Juste après le coup d’État de 2016 qui a renversé le pouvoir de l’ancienne présidente Dilma Rousseff et mis fin au gouvernement de coalition contradictoire, contre-réformiste et social libéral dirigé par le Parti des travailleurs, les  » hommes nouveaux du gouvernement » (pas si nouveaux!), pour la plupart des agents politiques parasites qui ont soutenu le gouvernement Rousseff et l’ont abandonné à son destin lorsque son taux d’impopularité a augmenté et lorsque sont devenus plus évidents les effets d’inversion du modèle économique des années Lula et Dilma, ces « hommes nouveaux » ont continué d’occuper des espaces dans l’appareil d’État brésilien.

L’illusion démocratique [Empruntant le titre du grand article de Michel D. publié dans Le Monde Libertaire 1798 de septembre 2018.] s’était dissipée. Toutes les contraintes (s’il en existait) des institutions démocratiques bourgeoises sont tombées à terre. Quelques mois après le coup d’État, la capitale du pays, Brasilia, a été le théâtre de manifestations populaires importantes en novembre 2016, contre l’approbation de l’amendement constitutionnel qui établissait un plafond pour les dépenses fiscales de l’Etat, point culminant de l’agenda ultra néolibéral de l’actuel président de la République, Michel Temer (ancien vice-président élu et réélu sous Dilma Rouseff).

La bourgeoisie brésilienne a ses tours et ses astuces. Elle a établi un plafond progressif principalement pour les dépenses sociales de l’État [ Il est important de rappeler que ce n’est qu’en 2016 que la capitale du Brésil a été le théâtre de 151 manifestations, appartenant toutes deux à des groupes de gauche, de droite et d’extrême droite. Les données proviennent du portail de la métropole. Disponible à l’adresse https://www.metropoles.com/distrito-f Federal/o-ano-dos-protestos-2016-teve-151-manifestacoes- en-planada. Consulté le 20 octobre 2018.] , qui sont fondamentales dans un pays foncièrement inégalitaire comme le Brésil. Quelques mois plus tard, après les protestations à grande échelle (et qui donnèrent lieu ensuite à des épisodes d’action directe par les secteurs les plus radicaux) le 24 mai 2017, le gouvernement Temer édicta un nouveau décret de GLO, permettant l’usage ostensible de l’armée, à Brasilia et dans d’autres villes du pays où auraient lieu des manifestations violentes. Face aux vigoureuses répercussions, même parmi les groupes politiques réactionnaires, le gouvernement Temer révoqua le lendemain le décret de « Garantie de la loi et de l’ordre ».

Le flirt avec l’autoritarisme était passé. Il y eut un nouveau retour à la caserne. Ce processus s’est considérablement développé et a créé un environnement favorable à la croissance électorale de l’extrême droite brésilienne, représentée par le néo-fasciste Jair Bolsonaro. Sur le point de parvenir à la présidence de la République par le vote populaire, Bolsonaro a reçu un cadeau du gouvernement moribond de Michel Temer. Il convient également de mentionner le rôle fondamental des grands médias et des réseaux sociaux virtuels, qui ont joué un rôle clé dans la propagation de fausses informations, principal instrument de campagne du candidat, qui représente l’ultra-droite néofasciste lors de l’élection présidentielle actuellement en cours au Brésil.

Temer, il faut le rappeler, est une marionnette des fractions rentières de la bourgeoisie brésilienne, un cadavre sans sépulture, qui vient d’être inculpé par la police fédérale pour son implication dans des groupes d’entreprises qui contrôlent les activités économiques dans le port de Santos, dans l’état de São Paulo [Pour plus de détails sur le scandale du « décret sur les ports » qui entraînera très probablement l’emprisonnement de Michel Temer, voir: https://www.cartacapital.com.br/politica/a-policia-federal-aperta-o-cerco-a-temer. Consulté le 20 octobre 2018.] .

À la suite de ces récents événements, le gouvernement brésilien a publié le 15 septembre un décret qui devrait être l’embryon d’un nouveau système organisé d’information et de « contrôle de l’ordre public », déjà désigné dans le pays comme le premier acte institutionnel [Il s’agit ici d’une référence historique à des actes institutionnels, à des décrets-lois limitant les libertés politiques minimales et approfondissant la dictature civil-militaire établie au Brésil le 1er avril 1964.] du probablement futur gouvernement Bolsonaro. Le décret présidentiel 9527/18 « crée le groupe de travail du renseignement pour lutter contre le crime organisé au Brésil ».

Ce groupe de travail est composé de divers organismes de répression, de police, d’information et de contrôle fiscal de l’État brésilien. [agence de renseignement brésilienne, centre de renseignement de la marine du commandement de la marine du ministère de la Défense, centre de renseignement de l’armée du commandement de l’armée Ministère de la défense, centre de renseignement aéronautique du commandement aéronautique du ministère de la défense, conseil de contrôle des activités financières du ministère des finances, secrétariat des recettes fédérales du ministère de la défense, département de la police fédérale du ministère de la sécurité publique, Police fédérale des autoroutes du ministère de la Sécurité publique, département des pénitenciers nationaux du ministère de la Sécurité publique, secrétariat national de la Sécurité publique, également de ce dernier ministère.]

Cette mesure est sans précédent dans l’histoire du Brésil depuis la création du tristement célèbre Système national d’information (SNI), institué par les secteurs militaire et d’affaires arrivés au pouvoir avec le coup d’État d’avril 1964. Une telle « communauté de l’information » avait été dans les années de dictature militaire, une sorte de grande Hydre de Lerne, personnage mythique très bien adapté pour comprendre ce que le SNI représentait pour tous ceux qui s’opposaient – et s’opposent – aux régimes autoritaires d’autrefois et d’aujourd’hui. Le fait est que, dans une interprétation large du décret du 15 octobre 2018, toute organisation qui « affronte l’État brésilien » (il s’agit d’une transcription textuelle de ce décret), incluant les organisations de gauche, les syndicats et autres organisations classiques, peut être compris comme des éléments constitutifs du « crime organisé » dans son rôle historique d’affrontement contre les maux sociaux et contre ’État brésilien lui-même.

Des temps sombres se dessinent à l’horizon pour les organisations de la gauche populaire en général et les libertaires / anarchistes en particulier. Faisons de ce retour à la caserne, exécuté par l’extrême droite brésilienne, un moment propice à réaction et l’organisation autonome de mouvements sociaux luttant contre la montée de cette autocratie bourgeoise si persistante, typique de notre formation sociale et historique. La grande leçon que la gauche institutionnelle dans son ensemble a tirée de ce processus a été de reconnaître les insuffisances et les limites évidentes des sphères représentatives que la démocratie libérale bourgeoise propose à la classe ouvrière.

Nos aspirations ne sont pas et (et ne le seront jamais !) dans les urnes. Cela fait au moins deux siècles que le militantisme socialiste libertaire le dit ! La situation au Brésil exige maintenant la construction d’un grand front antifasciste, puisqu’un éventuel succès électoral du néo-fasciste Jair Messias Bolsonaro n’est qu’une étape dans un long processus de régression politique et sociale qui tendra à s’étendre dans le pays au cours des prochaines décennies. Seule la résistance des travailleurs auto-organisés pourra changer le cours de cette histoire.

Leonardo Brito (historien) et Luiz Merino (sociologue) Rio de Janeiro – Brésil. 20 octobre 2018

Pour Le Monde Libertaire

Politique française: Quelques réflexions sur le « Mélenchongate »…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, média et propagande, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 22 octobre 2018 by Résistance 71

Ci-dessous l’article le plus posé et cohérent que nous ayons lu sur “l’affaire Mélenchon” qui deviendra effectivement au fil du temps, le “MélenchonGate”. Si l’analyse est pertinente sur l’ineptie et le totalitarisme pervers profond du système politico-judiciaire français, il convient de constater qu’il est possible d’étendre la critique à tout le système politico-étatique en vigueur sur cette planète, sur ce mode de gouvernance inique, totalitaire et imbécile qui régit l’ordre social de l’humanité, la France n’en étant qu’une partie peut-être il est vrai, plus touchée que d’autres. 

Nous devons massivement nous rendre à l’évidence que nous accrocher à l’espoir saugrenu de pouvoir “réformer” ce système mortifère, le rendre “plus vertueux” en y mettant à sa tête des hommes et des femmes plus “vertueux(ses)” au moyen de ces grandes messes électorales bidons et inutiles, ne relève désormais plus de la naïveté utopiste, mais quasiment d’une pathologie cérébrale de persistance dans l’erreur.

Nous l’avons dit à maintes reprises et le répèterons sans cesse: Il n’y a pas de solutions au sein du système, il n’y en a jamais eu et ne peut pas y en avoir. Nous devons mettre fin à notre dissonance cognitive collective organisée efficacement par la propagande d’État et commencer à nous organiser entre nous, en associations libres confédérées, qui une fois en place, verront pas à pas s’établir la société des sociétés juste, égalitaire, coopérative, transcendant les antagonismes politico-économico-culturels dans une acceptation de la complémentarité nous  reliant au grand tout de la vie organique, par delà le bien et le mal. Une fois enclenché, le processus se propagera de manière efficace très rapidement, parce que c’est ce que l’humain fait le mieux: s’auto-organiser efficacement. C’est pour cela qu’il a survécu des centaines de milliers d’années avant que le carcan étatico-capitaliste ne l’amène au bord de l’annihilation, de l’extinction totale en moins de 5000 ans d’état, de guerres, de dette et de capitalisme effrénés.

L’affaire Mélenchon n’est pas unique, elle n’est qu’un détail de plus  d’un flot historique qui devrait nous faire comprendre où réside la voie de l’intérêt général et nous inciter plus avant à enfin l’emprunter, pour prendre la tangente de ce cercle vicieux infernal de la relation oppresseur/opprimé résultant de la division politique de la société organique humaine et qui a ouvert la porte de cette ignominie de la violence d’État qui varie selon des degrés arrangeant la caste minoritaire de ceux du haut de la pyramide du pouvoir, au détriment de la vaste majorité de ceux d’en bas, de leurs vies et de leur existence même.

Démontons cette pyramide pierre par pierre pour que vive enfin la société des sociétés des humains pleinement réunifiés avec leur nature profonde: celle de l’harmonie, de la joie, du partage, de l’égalité et donc… de la liberté, tout le reste n’est que pisser dans un violon !…

~ Résistance 71 ~

 

 

« Mélenchongate » : demandez le programme !

 

Régis de Castelnau

 

21 octobre 2018

 

Source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article10524

 

J’avais conclu mon précédent article relatif à ce que l’on va désormais appeler le « Mélenchongate » en prévenant le patron de la France Insoumise qu’il allait vivre des moments assez difficiles et qu’il devait s’y préparer. A-t-il compris ce qui l’attendait ?

L’utilisation cynique de la violence d’État

On passera rapidement sur l’outrance maladroite de ses réactions, où il n’a pas compris que l’imprécation furieuse, registre où il excelle, n’était vraiment pas adaptée. Pas plus que ses attitudes précédentes face aux opérations judiciaires contre ses adversaires politiques. D’ailleurs, ses excès semblent le fruit d’une douloureuse surprise face à l’utilisation cynique de la violence d’État par le pouvoir. Comment ose-t-on infliger à Jean-Luc Mélenchon, pourtant consacré « adversaire et non ennemi » sur le Vieux-Port, le même traitement qu’à Sarkozy, Fillon et Le Pen ? Depuis le temps Jean-Luc Mélenchon, vous devriez savoir qu’en matière de justice politique, la recherche de la connivence avec celui qui tient le manche est toujours vouée à l’échec, mais également que l’innocence ne protège de rien. Là comme ailleurs seul compte le rapport de force, et privilégier la tactique au détriment de la défense des principes est toujours un très mauvais placement.

Alors bien sûr cher Monsieur Mélenchon, vos emportements ont permis aux gens d’en haut d’exprimer la haine qu’ils vous portent. Non seulement ce n’est pas grave mais cela va présenter quelques avantages. D’abord ces gens-là, parmi lesquels tous les anciens amis du PS que vous essayez actuellement de débaucher, vous combattront toujours, quoi qu’il arrive, puisqu’ils ont définitivement choisi le camp d’en face. Quant aux couches populaires, celles à qui vous devriez vous adresser autrement qu’en enfilant les gilets de sauvetage de l’Aquarius, il y a longtemps qu’elles ne sont plus dupes et qu’elles savent très bien à quoi s’en tenir concernant l’attitude et les discours des serviteurs de l’oligarchie. À quelque chose malheur est bon, vous pourrez ainsi compter ceux qui vous ont soutenu dans l’épreuve.

Répétons une fois de plus que l’opération du 16 octobre avec ses 15 (17 ?) perquisitions n’a pas pu être organisée sans que non seulement le pouvoir exécutif soit au courant, mais ait pris lui-même la décision. Tout permet de l’affirmer et notamment, au-delà de l’expérience professionnelle, l’utilisation du simple bon sens. Une opération de cette ampleur, le jour de l’annonce du remaniement, menée par le parquet mobilisant 100 policiers ( !) et dirigée contre un des premiers partis d’opposition, sans que les services de la place Vendôme et notamment le Garde des Sceaux soit au courant ? Sans que Madame Belloubet l’ait décidé en liaison étroite avec l’Élysée ? Une telle mobilisation policière sans que le ministère de l’intérieur ne soit au courant et ait donné son feu vert ? Il faut être sérieux.

Demandez le programme !

Je ne pense pas m’avancer beaucoup, en disant que la fameuse enquête préliminaire a dû déjà être fructueuse et que le parquet dispose d’un dossier bien étoffé. De la même façon il me semble probable que la décision de l’ouverture de l’information judiciaire et la saisine d’un ou plusieurs juges d’instruction est déjà prise, et les magistrats instructeurs choisis. Lors du déclenchement de l’affaire Fillon par le Parquet National Financier, tout le monde savait à l’avance dans le monde judiciaire qui serait le juge d’instruction désigné et que le candidat LR serait immédiatement mis en examen.

Avec le grand cirque médiatico-judiciaire qui va se dérouler, le raid du 16 octobre va rapidement apparaître comme un léger hors-d’œuvre. Collection de convocations diverses et variées aux dirigeants et collaborateurs de la France Insoumise. Soit pour des mises en examen spectaculaires avec des qualifications sonores, de celles qui enjolivent les manchettes, « escroqueries en bande organisée, détournement de fonds publics en réunion, blanchiment de fraude fiscale etc. etc. ». Soit pour des gardes à vue fatigantes dont les durées seront fonctions des qualifications et pourront aller jusqu’à 96 heures… Nouvelles perquisitions bien sûr chez les mêmes, avec des écoutes téléphoniques tous azimuts. La presse sera comme d’habitude scrupuleusement alimentée de copies partielles de procès-verbaux, de pièces de procédure de toute nature, de transcriptions trafiquées d’écoutes téléphoniques. Il est d’ailleurs probable que les interlocuteurs privilégiés sont déjà choisis, l’officine Mediapart, fidèle et zélé petit télégraphiste du pouvoir étant bien sûr de la fête. Et dans les médias, la surenchère et l’effet de meute joueront à fond. Et naturellement comme d’habitude aussi toutes les plaintes pour violation du secret de l’instruction (protégé, il faut le rappeler, par la loi), seront soigneusement rangées par le parquet avec les autres dans l’armoire prévue à cet effet. Et comme d’habitude encore, rapidement couverts de poussière, ils ne donneront jamais lieu à la moindre investigation.

Alors j’espère, qu’à la France Insoumise on ne va plus entendre psalmodier l’incantation imbécile : « il faut faire confiance à la Justice ! ». Tout le système judiciaire d’un pays démocratique repose sur la défiance qu’il faut avoir vis-à-vis de l’institution. Sinon, pourquoi avoir un avocat ? Pourquoi celui-ci doit-il disposer de prérogatives et de privilèges importants ? Pourquoi le double degré de juridiction, pourquoi la collégialité, pourquoi toutes ces règles de procédure ? Parce que l’on donne l’usage de la violence légitime de l’État à des Hommes faillibles qu’il faut impérativement encadrer en rappelant « qu’adversaire acharnée de l’arbitraire, la forme est- la sœur jumelle de la liberté ». Il y a ensuite l’autre incantation : « mais puisqu’on n’a rien fait ! » Je partage depuis longtemps l’opinion du cardinal de Richelieu qui disait : « Donnez-moi deux lignes de la main d’un homme, et j’y trouverai de quoi suffire à sa condamnation. » Je sais bien qu’en France où l’on préfère l’ordre à la justice, prétendre que l’innocence ne protège de rien est blasphématoire, alors que c’est pourtant la réalité. CE QUI PROTÈGE L’INNOCENT C’EST LE DÉBAT CONTRADICTOIRE DANS LE RESPECT DES RÈGLES ET DES PRINCIPES FONDAMENTAUX, DEVANT DES JUGES IMPARTIAUX. On ajoutera que dans les affaires politico-judiciaires le risque est moins la sanction finale si elle arrive un jour, que dans les mises en cause et le cirque médiatique qui les accompagne. Après son démarrage en fanfare, l’affaire Fillon a dormi paisiblement pendant près de deux ans. Les objectifs qui avaient justifié l’urgence initiale ayant été atteints avec l’élimination du candidat de droite. La particularité de ces affaires, et cela se vérifie à chaque fois, est que chaque emportement médiatique provoqué par des révélations opportunes issues des dossiers judiciaires, est toujours directement corrélé à une actualité politique concernant les mis en cause. Et c’est justement cette expérience de ce qui s’est produit pour Nicolas Sarkozy, François Fillon et Marine Le Pen, pour ne citer que les leaders politiques opposés au pouvoir de Hollande puis de Macron, qui permettent de faire ces prévisions.

En route vers le gouvernement des juges ?

Mais il y a deux autres facteurs qui viennent nourrir ce diagnostic. Tout d’abord Emmanuel Macron lui-même a délivré le verdict et annoncé à quelle sauce celui dont il avait dit qu’il n’était pas son ennemi va être dévoré. «  L’autorité judiciaire est une autorité indépendante dans notre pays, et j’en suis le garant. Pour tout le monde. N’en déplaise à certains, il n’y a pas d’exception ». Invocation habituelle du mantra « indépendance » qui n’a aucun sens dès lors que l’on n’en fait pas uniquement le moyen de ce qui est essentiel à l’office du juge : l’impartialité. Et là, le président de la République sait parfaitement à quoi s’en tenir, il dispose d’un haut appareil judiciaire qui n’a plus besoin de recevoir des ordres pour agir selon ses vœux. Il existe désormais des connivences sociologiques, politiques professionnelles et idéologiques qui rendent en partie inutile la mise en place de courroies de transmission. C’est ici le deuxième facteur qui permet de prévoir ce qui va se passer. Dans la conduite des affaires politiques, les juridictions soi-disant spécialisés se sont transformées en juridictions d’exception appuyées par les chambres d’instruction et validée par la Cour de cassation. Utilisant des méthodes et mettant en place des jurisprudences qui portent directement atteinte à la liberté politique.

Arrêtons-nous sur les questions en cause dans les deux dossiers qui concernent Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise, les attachés parlementaires et les frais de campagne électorale. Les lois de 1988 et 1990 et les textes qui les ont complétés ont mis en place un système de financement public de la vie politique. Dont les trois principes essentiels étaient, le financement par l’État en fonction des résultats électoraux, la limitation des dépenses pendant les campagnes électorales, le contrôle financier enfin exercé par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). Ce contrôle porte sur les recettes des partis afin d’éviter les dons interdits, et sur les dépenses en période électorale. Mais le contrôle des dépenses, ne doit porter que sur la réalité celle-ci afin de vérifier si celles-ci n’ont pas été minorées pour empêcher le dépassement du plafond avec toutes les conséquences désagréables qui en découlent. Mais, la stratégie électorale est libre et la commission nationale ne peut pas déterminer à la place du candidat ou du parti les dépenses qui étaient bonnes pour sa stratégie. Si un candidat pense que c’est bon pour son image de circuler en Ferrari, c’est son droit le plus strict. De même s’il pense qu’il faut s’adresser à un grand traiteur plutôt que de demander à ses militants de passer chez Picard surgelés, c’est également sa liberté. À condition d’inscrire les factures correspondantes à leur prix réel dans le compte de campagne. Les magistrats du pôle financier ont trouvé une astuce pour contourner cette évidence. Comme l’État rembourse une partie des frais de campagne aux candidats qui ont atteint un pourcentage minimum, leur raisonnement consiste à dire que du fait de ce versement de fonds publics le juge a un droit de regard sur la nature des dépenses exposées. Il peut contrôler si elles étaient bien justifiées par la campagne mais du point de vue du juge. Donc adieu la Ferrari, le traiteur Le Nôtre et les rémunérations conséquentes éventuellement versées à la société de Madame Chikirou. Ou tout autres dépenses qui auront l’heur de déplaire au président de la Commission nationale ou au juge d’instruction. Qui pourront ainsi les qualifier d’escroquerie non pas vis-à-vis du candidat, des équipes de campagnes, ou des militants mais vis-à-vis de l’État rembourseur. Adieu la liberté d’organiser votre campagne comme vous l’entendez, cette prérogative appartient désormais au juge.

Aucune surprise quand on voit de quelle façon la même Cour de cassation, suivant le pôle financier, a balancé par-dessus les moulins les principes de liberté politique et de séparation des pouvoirs à propos des assistants parlementaires. Un certain nombre de moyens matériels sont mis à la disposition de celui qui a recueilli les suffrages nécessaires pour devenir représentant de la nation. Il n’a de compte à rendre sur l’exécution de son mandat qu’à ses électeurs. Le choix des assistants parlementaires l’organisation et la nature du travail qu’ils effectuent relèvent de sa liberté politique. Dans une affaire qui concernait le Sénat et en justifiant indirectement le raid judiciaire contre François Fillon, la Cour de cassation vient de considérer que le juge avait un droit de regard sur l’organisation de leur travail par les parlementaires. C’est aussi ce qui s’est passé dans l’affaire Fillon et ce qui se passera dans l’affaire Mélenchon. Nouvelles atteintes aux principes, et par la grâce de la cour suprême, les députés de la République devront renoncer à la liberté d’exécuter leur mandat comme ils l’entendent, c’est désormais le juge qui imposera ses choix.

La liberté politique sous la grêle

Cette volonté devenue évidente de la haute fonction publique judiciaire de s’abstraire des principes fondamentaux de la liberté politique et de la séparation des pouvoirs génère des dérives particulièrement inquiétantes. Inquiétude renforcée par le fait qu’aux procédures spectaculaires dirigées contre les représentants de l’opposition politique, s’ajoute une passivité troublante vis-à-vis des affaires concernant les entourages du pouvoir. Comment ne pas soupçonner que la gestion de ces dossiers puisse être conduite par des subjectivités politiques et idéologiques qui n’ont rien à y faire ?

Ce que nous rappelle l’agression médiatico-judiciaire dont sont l’objet aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon et son organisation politique c’est bien l’existence de ces dérives dangereuses pour les libertés publiques. Alors quoi qu’on pense de Jean-Luc Mélenchon, il est nécessaire aujourd’hui de le défendre. Parce que ce sera défendre nos libertés et « quand elles sont sous la grêle, fol qui fait le délicat ».

Technologie et totalitarisme: toujours plus avant dans l’escroquerie des compteurs « intelligents » Linky…

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Le compteur Linky et autres gadgets inutiles avenants comme la 5G ou la grille de contrôle électronique planétaire se refermant sur les peuples…

Il suffit de dire NON ! Beaucoup le font, levons-nous en masse dans la désobéissance et le refus pur et simple de consentir et ce sera fin de partie garantie assurée pour l’oligarchie en place.

A bas l’État, à bas l’argent, à bas la marchandise, à bas le salariat !

Tous unis pour une société des sociétés !

~ Résistance 71~

 

Compteur Linky: l’ADEME s’enfonce dans le mensonge et la tromperie

 

Stéphane L’Homme

 

9 octobre 2018

 

url du communiqué:

http://refus.linky.gazpar.free.fr/com-mensonge-ademe.htm

 

Le 8 octobre 2018 (cf communiqué ci-dessous), nous avons révélé comment l’Ademe trichait délibérément en faveur du compteur Linky, en prétendant de façon mensongère que « l’installation des compteurs communicants électriques fait partie des quatre principales mesures que les français souhaiteraient voir adoptées pour limiter les émissions de gaz à effet de serre » (cf document, page 4).

Pour faire cette affirmation, l’Ademe s’est appuyée sur une de ses précédentes études… dans laquelle il n’était absolument pas question de compteurs communicants. Après que nous ayons révélé sa tromperie, l’Ademe a réagi… mais pas pour rétablir la vérité : le document de départ (de 181 pages) a simplement été supprimé et remplacé par un bien plus court qui ne permet plus de constater le mensonge pro-Linky de l’Ademe.

Heureusement, nous avions pris soin d’enregistrer le document de départ et le voici en ligne sur notre site : vous pouvez bien noter en page 107 qu’il n’est nullement question de compteurs électriques communicants mais seulement de compteurs électriques.

Il était déjà honteux que l’Ademe mente ouvertement pour favoriser le programme Linky, mais il est encore plus grave que, prise en flagrant délit, l’Ademe continue de mentir et tente de masquer la preuve de sa forfaiture.

Honte aux dirigeants de l’Ademe, tout aussi malhonnêtes que ceux d’Enedis, de l’UFC-QueChoisir ou de Promotelec.

Stéphane Lhomme

Conseiller municipal de Saint-Macaire

= = =

Compteur Linky : l’ADEME prise en flagrant délit de tromperie

L’ADEME (agence dite « de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie ») vient de publier un rapport (1) entièrement à la gloire du compteur communicant Linky. Ce n’est pas une surprise puisque l’Ademe est placée sous la tutelle du gouvernement qui est lui-même promoteur de ce compteur. Pour autant, rien ne peut justifier que l’Ademe s’autorise à mentir ouvertement pour tenter de soutenir l’industriel Enedis, confronté à un refus de plus en plus massif du compteur Linky.

Il se trouve que dans son rapport, l’Ademe s’appuie (en page 4) sur une de ses précédentes enquêtes, titrée « Représentations Sociales de l’effet de serre – 18ème vague, septembre 2017« , pour prétendre que « l’installation des compteurs communicants électriques fait partie des quatre principales mesures que les français souhaiteraient voir adoptées pour limiter les émissions de gaz à effet de serre« .

Mais, en se reportant à la dite enquête (2), on peut noter (page 107) que l’item proposé aux sondés était « Installer dans les foyers des compteurs électriques qui analysent les consommations pour permettre aux gens de faire des économies d’énergie ».

A aucun moment il n’était question de compteurs communicants comme le prétend aujourd’hui l’Ademe. Il s’agit donc d’un mensonge délibéré de l’Ademe dont nous exigeons une rectification immédiate et des excuses.

Par ailleurs, les items du sondage étaient proposés par l’Ademe et n’étaient absolument pas cités spontanément par les sondés, dont l’Ademe prétend aujourd’hui malhonnêtement qu’ils « souhaitent » les compteurs communicants, et même qu’il s’agit d’une demande « des français ».

Qui plus est, l’item « compteur », pratiquement présenté comme étant plébiscité, ne devance en réalité que les items relevant de mesures obligatoires, d’interdiction ou de taxation. Le comble est que l’item « compteur » n’est pas, lui, mentionné comme une obligation (assurément dans le but d’augmenter les réponses favorables) alors qu’Enedis et les pouvoirs ne cessent de prétendre que le Linky est obligatoire.

Il est par ailleurs notable que ce mensonge éhonté de l’Ademe renvoie à une tromperie d’Enedis selon qui l’installation de compteurs communicants serait « nécessaire » pour avoir accès à sa courbe de consommation et ainsi « faire des économies d’énergie ». Or :

– il est parfaitement possible d’obtenir en temps réel sa courbe de consommation avec un compteur ordinaire, et même avec un bon vieux compteur électromécanique (3) ;

– consulter une courbe de consommation ne fait faire aucune économie d’énergie, contrairement à des actions concrètes comme isoler son habitation et autres mesures (4) ;

– il n’y a par ailleurs aucun besoin d’avoir sa courbe de consommation pour connaître les moments où il est conseillé de faire fonctionner ses appareils énergivores, la nuit en particulier.

Globalement, le rapport de l’Ademe se contente de reprendre la propagande et les éléments de langage d’Enedis, avançant par exemple de prétendues « économies d’énergie » (inexistantes en réalité), l’intégration des énergies renouvelables (massive en Allemagne depuis 20 ans… sans le moindre compteur communicant), ou la « nécessité » de recharger les voitures électriques… dont l’Ademe feint d’ignorer qu’elles sont aussi nocives que les voitures thermiques (5).

En conclusion, bafouant sa mission d’information de la population, l’Ademe a menti délibérément pour promouvoir indûment le compteur Linky. L’Ademe doit présenter ses excuses, rectifier son rapport et, surtout, informer enfin honnêtement sur les tares et fausses « vertus » du compteur Linky.

SL

(1) https://www.ademe.fr/compteurs-communicants-lelectricite-linky

(2) Le document de départ a été retiré par l’Ademe pour cacher sa tromperie. Voir désormais ce document ici.

(3) http://refus.linky.gazpar.free.fr/preuve-tromperie-enedis-linky.htm

(4) https://www.consoglobe.com/15-astuces-reduire-facture-electricite-3524-cg

(5) https://www.lemonde.fr/economie/article/2015/10/23/emissions-de-co2-l-impasse-de-la-voiture-electrique_4795636_3234.html

 

France, le goulag est en marche: des lycéens, mineurs arrêtés au lycée Arago (Paris 12ème) détenus dans des conditions dignes de la gestapo…

Posted in actualité, altermondialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 9 octobre 2018 by Résistance 71

Peuple de France, le goulag est en marche… La répression systémique de la jeunesse est la marque de l’infamie totalitaire. Il est grand temps que le peuple réalise qu’il n’y a pas plus de liberté et de liberté d’expression au sein de l’État que de beurre en branche. La France et sa république bananière n’échappe en rien à la règle, il suffit de lire ce qui suit pour s’en convaincre.
Tout pouvoir coercitif induit en lui-même sa résistance,… Tout peuple sujet à la coercition et au muselage de ses droits (devenus privilèges temporaires…) est en état de légitime défense, à ce titre…

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme.
Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.

Montez de la mine, descendez des collines, camarades !
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite !
Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite…

C’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves.
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève…

Ici chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe.
Ami, si tu tombes un ami sort de l’ombre à ta place.
Demain du sang noir séchera au grand soleil sur les routes.
Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute…

Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?

~ Résistance 71 avec Joseph Kessel et Maurice Druon ~

Mise à jour du 10/10/18: Couverture internationale de la répression de l’état français sur les Gaulois Réfractaires aux inepties d’un système à la dérive total(itair)e. Cette photo de ce lycéen couvert de sang va faire le tour du monde sûr et certain…

https://www.rt.com/news/440806-paris-demonstration-clashes-police/

 

 

Soutien aux interpellé.e.s lycéens pacifiques d’Arago qui ont manifesté pacifiquement contre parcoursup, rendez-vous  les 19 et 22 octobre 2018 au TGI

 

Source anonyme

 

9 octobre 2018

 

« On les a traités comme des terroristes » : la colère des parents des jeunes interpellés au lycée Arago, à Paris

Après avoir occupé le lycée Arago, dans le 12e arrondissement de Paris, plusieurs dizaines de manifestants ont été interpellés et placés en garde à vue, mardi. Interrogés par franceinfo, leurs parents s’indignent des conditions de leur détention.  

« Cinq heures dans un bus sans sortir puis une nuit à croupir dans une cellule où des gens font leurs besoins par terre… Ça me révolte en tant que parent qu’une jeune de 16 ans soit confrontée à ce genre de situation ! » Réunis devant les grilles du tribunal de grande instance de Paris, jeudi 24 mai, plusieurs parents d’élèves du lycée Arago, situé dans le 12e arrondissement, dénoncent les conditions dans lesquelles leurs enfants ont été interpellés 

« Enfermés sans manger ni aller aux toilettes »

Autour de 20 heures, les manifestants sont transportés vers un commissariat du 18e arrondissement. « Mon mari les a suivis. Il a vu que les jeunes étaient restés enfermés dans des bus pendant près de cinq heures, jusqu’à environ minuit et demi, sans manger ni aller aux toilettes. C’est très grave », raconte la mère de Lila*, adolescente de 16 ans, scolarisée dans un autre lycée parisien.

Après la signification de leur placement en garde à vue, les jeunes sont répartis dans différents commissariats de la capitale. Lila passe la nuit dans des locaux du 4e arrondissement. « Nous, nous avons eu de la chance parce que nous avons réussi à savoir où elle avait été transportée, mais beaucoup de parents sont restés sans aucune nouvelle de leurs enfants », s’indigne sa mère. 

« J’ai passé la nuit à passer des coups de fil »

Pour retrouver la trace de sa fille, Hélène* a ainsi multiplié les appels. « J’ai passé la nuit à passer des coups de fil à tous les commissariats de Paris, mais on ne me disait rien. Ce n’est que le lendemain à midi que j’ai réussi à savoir où elle était. » Une mère de famille présente devant le tribunal de grande instance de Paris livre un récit similaire. « Heureusement, ma fille a pu me téléphoner lorsqu’elle était dans le bus pour me prévenir qu’elle avait été arrêtée, explique-t-elle. Sinon je n’aurais rien su avant 3 heures du matin, au moment où la police m’a appelée pour me dire que ma fille était placée en garde à vue. »

« Certains jeunes ont été baladés de commissariat en commissariat, sans pouvoir contacter leur famille ! C’est tout bonnement scandaleux », estime de son côté Jean-Jacques Renard, vice-président de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) de Paris.

”Ces jeunes sont juste rentrés dans un lycée pour manifester et on les a traités comme des terroristes. C’est absolument disproportionné comme réaction.”

— Jean-Jacques Renard, vice-président de la FCPE Paris

https://www.francetvinfo.fr/economie/greve/on-les-a-traites-comme-des-terroristes-la-colere-des-parents-des-jeunes-interpelles-au-lycee-arago-a-paris_2767807.html

Non à la répression policière et judiciaire ! Non aux procès politiques ! Que vive la solidarité face à la répression !

Le 22 mai dernier, suite à la manifestation de la fonction publique, 102 personnes dont une quarantaine de mineurs sont interpellées dans le lycée Arago qu’ils occupaient afin d’organiser pacifiquement une assemblée générale.

Leur garde à vue, prolongée par une nuit au dépôt et un déferrement au parquet pour la plupart d’entre eux, sera particulièrement indigne, longue (48h en moyenne, jusqu’à 60h pour certains) et entachée d’erreurs de procédures. Quasiment tous ces jeunes ont fait l’objet d’un fichage photo, digital et souvent ADN. Pour deux d’entre eux, sans aucun antécédents judiciaires : de la détention provisoire, plus de trois semaines pour l’un d’eux !

Les charges retenues contre ces jeunes sont délirantes et scandaleuses : « intrusion dans un établissement d’enseignement scolaire, les faits ayant été commis en réunion dans le but de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement », « rassemblement en vue de commettre des dégradations », etc.

Il s’agit, selon juristes et avocats, d’un détournement, à des fins de répression, d’un article du code pénal destiné à réprimer des “casseurs”, d’un dévoiement des droits politiques et syndicaux. Ces procès sont donc bien plus graves que de simples histoires de jeunes qui passent devant la justice pour quelques bêtises en manifestation ; ces procès soulèvent des questions beaucoup plus dérangeantes, qu’il est temps d’écouter et d’affronter : jouissons-nous encore, en France, de la liberté d’expression ? Sommes-nous toujours en État de droit ? Pouvons-nous accepter que des citoyens soient inquiétés alors qu’ils ne faisaient qu’exercer leur droit à manifester, à se rassembler pour discuter pacifiquement de lois iniques : Parcousup, loi ORE en l’occurrence ? Pouvons-nous accepter de glisser vers un musellement de la parole du peuple sans réagir ? 

Le 19 octobre sera examinée l’incompétence ou non du tribunal vu le caractère politique de cette affaire. 

Enfin, n’oublions pas et restons solidaires avec les 26 personnes 

Passage au tribunal : 

* Rendez-vous le vendredi 19 octobre à 13h30 au tgi, 10e chambre correctionnelle, section 2 (7 prévenus en procès)

* Rendez-vous le lundi 22 octobre à 9h au tgi, 29e chambre correctionnelle (5 prévenus en procès)

Rendez-vous de soutien : 

* Rendez-vous le mardi 16 octobre à 18h30 à la bourse du travail République pour préparer la mobilisation et organiser le soutien au tgi, à l’appel de la coordination contre la répression et les violences policières

* Rendez-vous le mercredi 17 octobre à 19h pour la 8e ronde des libertés autour du lycée arago, ronde qui préparera les rassemblements au TGI des 19 et 22 octobre

https://paris.demosphere.eu/rv/63910

contact : comitearago22mai@framalistes.org

https://paris-luttes.info/soutien-aux-interpelle-e-s-d-arago-10856

Le but du procès contre les lycéens manifestant contre Parcoursup est de « Traumatiser les jeunes pour les empêcher de se mobiliser »

témoignages de la maltraitance des lycéens manifestants contre Parcoursup pacifiquement pendant leur arrestation « on a été parqué 5 heures dans un bus de CRS, sans eau, sans nourriture, sans pouvoir contacter nos parents »

https://youtu.be/LEpcwl0n6BE

Une vidéo qui montre comment les lycéens qui ont manifesté pacifiquement contre Parcoursup au lycée d’Arago ont été traités comme des terroristes:

Des CRS casqués, armés encerclant le lycée pour attraper les lycéens qui voulaient manifester contre la réforme Blanquer. Lequel veut interdire le téléphone portable…On se demande pourquoi…Pour empêcher de filmer les bavures policières par exemple…

https://youtu.be/cUizXPtzZhM

le président de l’UNL est intelligent, il a compris que la suppression des profs c’est pour mieux fliquer les élèves:

«Nous allons supprimer 2600 postes de professeur•e•s au lycée. Ces économies nous permettront de financer une brigade spéciale qui sera chargée de tabasser les lycéen•ne•s qui protestent contre les 2600 suppressions de postes ».https://twitter.com/l_boyard/status/1046805932905238528

En plus du flicage dans les lycées, une directrice de lycée lance une interdiction du portable pour empêcher de filmer les bavures policières

https://twitter.com/unl57/status/1047529098673840128

Sarkozy voulait mettre des flics dans les lycées

http://www.leparisien.fr/societe/des-policiers-dans-les-53-etablissements-les-plus-durs-06-05-2010-911243.php

Sarkozy est pour la sélection à l’université

https://www.letudiant.fr/educpros/actualite/nicolas-sarkozy-prone-la-liberte-de-selectionner-a-l-universite.html

Les portables au lycée interdits dès la rentrée prochaine

Le Sénat veut autoriser les lycées à interdire les portables via leur règlement intérieur pour empêcher les lycéens de filmer les bavures policières, car on l’a vu, les flics arrêtent les journalistes qui filment les arrestations de lycéens par les policiers 

http://www.lepoint.fr/societe/vers-une-interdiction-du-portable-dans-les-lycees-17-07-2018-2236896_23.php

2 journalistes qui ont filmé la violente arrestation des lycéens manifestant contre Parcoursup au lycée Arago ont été arrêtés

https://www.streetpress.com/sujet/1528812614-reporters-independants-occupation-arago

Le 22 mai, environ 130 lycéens inquiets qui protestaient contre Parcoursup et occupaient

pacifiquement le lycée Arago ont été arrêtés. D’autres arrestations, y compris de mineurs ont eu lieu dans plusieurs établissements parisiens.

Ces jeunes ont été frappés par une répression inouïe, et cette première rencontre avec la Justice les a traumatisés ainsi que leur famille. Retenus 6 heures dans un bus bondé, sans toilettes, ni eau ni nourriture, gardes à vue prolongées, conditions de détention indignes, mineurs fouillés à corps, mineurs et jeunes majeurs déférés au Parquet placés sous contrôle judiciaire, jeunes placés en détention provisoire…

Les témoignages sont nombreux et concordants, et ils n’émanent pas de prétendus casseurs.

Le SNES-FSU condamne avec la plus grande fermeté les violences policières dont sont victimes les jeunes qui manifestent leur opposition au projet de tri social qu’est Parcoursup.

Il soutient les jeunes et leurs familles indûment poursuivis, et appelle à les soutenir en participant au rassemblement qui aura lieu à Paris le 15 juin 2018.

https://www.snes.edu/Lyceens-contre-Parcoursup-en-garde-a-vue-le-peril-jeune.html

2 journalistes qui ont filmé la violente arrestation des lycéens manifestant contre Parcoursup au lycée Arago ont été arrêtés

https://www.streetpress.com/sujet/1528812614-reporters-independants-occupation-arago

Avec le LPC, l’Etat français entreprend silencieusement le fichage informatique centralisé des compétences des citoyens, dès l’école et tout au long de la vie

l’éducation nationale n’a cessé de développer le fichage des enfants jusque dans l’enseignement supérieur et en apprentissage, multipliant notamment les environnements numériques de travail (ENT) et les téléservices en partenariat avec les collectivités territoriales et/ou au bénéfice de partenaires privés

Un courrier interne a également été dévoilé en mai 2017, démontrant que le ministère s’apprête à mettre les bases de données scolaires, y compris les répertoires des élèves, à disposition des GAFAM (Google, Appel, Facebook, Amazon, Microsoft et autres géants du web) et ce, dans un vide juridique total reconnu par la Cnil, ouvrant la porte à la commercialisation des données scolaires et au profilage des élèves par des sociétés privées (assureurs, recruteurs…).

Aujourd’hui, avec le retour de Blanquer aux commandes, mais cette fois comme ministre, de nombreux projets menacent l’éducation nationale et les pédagogies émancipatrices. La liberté pédagogique des équipes est menacée par un management pseudo-scientifique aux résultats, avec notamment le retour et la multiplication des évaluations nationales, favorisant les méthodes transmissives. La réforme du travail placera plus que jamais l’école dans un rôle de préparation à l’employabilité, dans un esprit de compétition exacerbée du marché des travailleurs, où chacun devra se vendre, sur la base de ses compétences. La lutte contre le Livret scolaire numérique LSUN ne peut être isolée de ces « réformes » qui sapent l’éducation.

https://retraitbaseeleves.wordpress.com/2017/09/12/appel-a-la-convergence-des-luttes-contre-le-lsun/

https://resistance71.wordpress.com/2018/08/31/education-sous-nouvel-ordre-mondial-la-vaste-fumisterie-elitiste-de-parcoursup-et-de-ses-sponsors-prives/

Le 22 mai 2018 se tenaient à Paris et dans toute la France des manifestations, regroupant des fonctionnaires, des étudiant.e.s, des lycéen.ne.s, des cheminot.e.s , des salarié.e.s de l’énergie. 

Des dizaines de milliers d’individu.e.s sont descendu.e.s dans la rue pour se dresser et protester contre les réformes de notre gouvernement et contre les politiques actuelles.

Le 22 mai 2018, à Paris, 12e arrondissement, s’est tenu un rassemblement devant le lycée Arago, improvisé par des étudiant.e.s et des lycéen.ne.s, venu.e.s protester contre les inégalités engendrées par ParcourSup. Ces manifestant.e.s sont rentré.e.s dans le lycée afin de tenir une occupation pacifique, et ont organisé rapidement une Assemblée Générale afin de discuter de la suite des événements dans le calme et le respect des lieux.

Le 22 mai 2018, dans le lycée Arago, 101 jeunes ont été interpellé.e.s, arrêté.e.s, et placé.e.s en garde à vue. Parmi ces 101 étudiant.e.s, nous constations la présence de mineur.e.s, parfois très jeunes. En résumé, ce sont 101 jeunes non masqué.e.s, non armé.e.s et non agressif.ve.s, venu.e.s avec pour seule intention celle de débattre, que le gouvernement a arrêtés.

Nous dénonçons les conditions de détention absolument honteuses, enfermé.e.s à plus de 60 dans un bus de 30 places pendant plus de 4 heures, garé dans le parking souterrain du commissariat du 18e arrondissement, puis parqué.e.s dans ce même parking comme des animaux, sans eau, sans droit d’aller aux toilettes, sans information. Nous dénonçons aussi les interrogatoires, la pression mise à des jeunes mineur.e.s, les cellules de 9 mètres carrés remplies par 25 personnes, les actes de violence de certains policiers, les mensonges sur les heures de sortie, les nombreux vices de procédures. Ces jeunes ont été pour la plupart retenus 60h en garde à vue avec l’impossibilité de contacter leurs proches.

Ce procès est un procès politique

Le Jeudi 24 mai 2018, 67 d’entre eux ont été déférés en comparution immédiate : parmi eux la plupart ont été mis en examen pour des charges telles que “intrusion” et “rassemblement en vue de commettre des dégradations” ; amenant une interdiction de pénétrer dans Paris jusqu’à la date du procès.

Ce procès est un procès politique. Aucune violence de la part des interpellé.e.s, aucune dégradation : rien ne justifie de telles sanctions, une telle dureté, si ce n’est faire peur aux lycéen.ne.s qui se mobilisent, aux manifestant.e.s, à ceux et celles qui font entendre leur voix !

Ces procès sont bien plus graves que de simples histoires de jeunes qui passent devant la justice pour quelques bêtises en manifestation ; ces procès soulèvent une question beaucoup plus dérangeante, que certains voudraient étouffer : avons-nous encore une totale liberté d’expression ?

Ces actes sont la preuve que nous glissons peu à peu vers un musèlement de la colère du peuple, vers un État de droit privatisant tout ce qu’il y a à privatiser et qui ne fonctionne que pour la machine bien huilée du patronat. 

La masse grondante dans la rue n’est pas une bande de gauchistes en manque d’attention ; nous sommes les étudiant.e.s mécontent.e.s, réclamant un libre accès aux études supérieures et du budget pour nos universités. 

Nous sommes les lycéen.ne.s à qui l’on refuse le droit d’étudier parce que nous n’avons pas eu les mêmes chances que certain.e.s plus aisé.e.s, et qui voyons nos rêves balayés par la politique de sélection profondément inégalitaire de ParcourSup. 

Nous sommes les cheminot.e.s , les fonctionnaires, les professeurs, les révolté.es, nous sommes la voix de toutes et tous les mécontent.e.s et nous sommes celles et ceux qui nous battons pour des droits que l’on nous refuse.

 Militant.e.s de tous bords, citoyens et citoyennes : le gouvernement préfère aujourd’hui arrêter 101 d’entre nous plutôt que d’écouter les dizaines de milliers qui sont dans la rue. Nous ne nous laisserons pas faire ; et nous avons besoin de vous. Nous avons besoin de votre voix, vos déclarations, de votre parole, mais aussi et surtout de votre présence devant le TGI

https://paris-luttes.info/101-a-arago-des-milliers-devant-le-10418

Mathilde Larrere, enseignante, s’est rendue au rassemblement organisée devant le lycée en soutien aux lycéens arrêtés dans la manifestation pacifique contre Parcoursup, elle raconte :

« Je suis allé au rassemblement en soutien aux gamins interpellés, ils seraient une soixantaine, dont un très grand nombre de mineurs. Ils sont élèves à Arago, Condorcet (Montreuil), Voltaire, etc. Ils sont rentrés dans le lycée Arago pour tenir une assemblée générale. La proviseure a appelé la police qui est alors entrée dans l’établissement. Les élèves ont été pressés, tous fouillés, palpés plusieurs fois. Une gamine a fait une crise d’angoisse, les pompiers ont donc été appelés et ont dû arracher à la police le droit d’entrer dans l’établissement. La mère a été appelée mais la police a refusé de la faire entrer. Finalement les pompiers sont parvenus à la faire rentrer puis la gamine a été évacuée en ambulance : c’est la seule qui n’ait pas été interpellée. Elle a pris la parole en larme lors du rassemblement, inquiète pour ses copains les autres gamins emmenés dans des bus. Certains ont 15 ans, ils sont restés dans ces bus plus de 4 h, sans eau, sans accès au toilettes, sans pouvoir voir d’avocat et sans pouvoir appeler leur parents. Certains parents ont écumé les commissariats toute la nuit à la recherche de leur progéniture. Lors du rassemblement de soutien, soit 24h après leur arrestation, certains parents ne savaient toujours pas où leur enfant était gardé à vue.

Sur twitter, un parent élu FCPE évoque des ordres venant de « beaucoup plus haut ».

A l’issue de leur garde à vue, les lycéens passent ce soir une deuxième nuit derrière les barreaux et seront déférés au Parquet demain matin, à la stupéfaction des policiers qui pensaient les relâcher et déclarent aux parents que « l’ordre vient de beaucoup beaucoup plus haut ! »

Le message gouvernemental est clair : ceux qui refusent d’être évalués, sélectionnés et triés par des algorithmes de Parcoursup, le seront par la police. Les lycéens l’entendront-ils de cette oreille ?

https://lundi.am/Arago-101-lyceens-et-grevistes-places-48h-en-garde-a-vue

Témoignage d’une arrêtée du lycée Arago

« J’ai les jambes qui tremblent, mon corps se place dans la forme de mon voisin. Je commence à concevoir pleinement l’espace qui nous entoure comme une denrée précieuse et rare. Cela fait quatre heures déjà, que nous sommes enfermés. »

Pour ma part, j’ai eu l’honneur de me faire fouiller deux fois de suite étant donné que la première flic avait oublié de transmettre à l’OPJ ma feuille de fouille.

Je suis emmenée un peu plus tard, en compagnie de 3 filles que je ne connais pas, dans un camion fourrière qui nous divisera dans deux commissariats différents. Nous arriverons, avec Sardine, dans le commissariat du Xe arrondissement. L’idée de me faire encore enfermer dans une boîte sans air me file une nausée terrible. Une fois dans la cellule, on arrive tout de même à s’endormir, à même le sol, en compagnie d’une Bulgare avec qui nous n’avons pas vraiment fait connaissance puisque cette dernière ne parle pas un mot de français. Il est environ 3 heures du matin. Je fais tout au long de la nuit des rêves étrangement heureux, me promenant, libre, en compagnie d’êtres imaginaires. Songes, bien sûr, qui se solderont par la frustration de se retrouver derrière les barreaux.

Nous sommes réveillées aux alentours de 7 heures avec l’offre de nous sustenter de gâteaux bretons périmés depuis 2014 et une brique de jus d’orange concentré. Je décline la proposition. Sardine part ensuite avec un de ces porcs. Elle revient quelques instants plus tard : elle a refusé les empreintes. C’est à mon tour, je m’exécute (il m’ont, par le passé, déjà volé mes mains). Le type en question qui m’imprime les doigts est une sorte de nain à l’expression remarquablement apathique, nous l’appellerons ici Humpty Dumpty. Hmpty Dumpty étant remarquablement petit, il fut donc dans l’impossibilité d’atteindre le mètre mesureur, relevé alors à son maximum. Je vis qu’il était dans l’embarras, et lui proposa avec amusement de le descendre à sa place.

Je regagnais ma cellule quand Sardine fut remmenée par le même gars, suivi, cette fois-ci, d’un bonhomme de deux mètres de haut, soi-disant « chef du département des empreintes » (qui, à mon avis, n’était qu’un malabar de la BAC). L’entretien me paraît long, trop long. Quinze minutes, une demi-heure passent, quand revient, toute abattue, ma petite compagne de cellule. « Ils m’ont dit que si je refusais ils m’enverraient en prison, que j’aurais une amende… 

— Mais je t’avais dit que c’était faux, c’est que du mensonge ! 

— Je sais, j’ai craqué, c’est tout. »

Les larmes lui viennent et ma haine s’aiguise immanquablement.

Nous faisons peu à peu connaissance en jouant aux devinettes, pour nous divertir de la situation. L’heure du déjeuner se fait sentir. On nous porte, par une petite trappe dérobée, deux plats en plastique fumants. Le riz méditerranéen est une première pour Sardine, qui le goûte sans trop rechigner. Pour ma part, j’aborde la nourriture fossilisée avec autant de méfiance qu’une tarentule m’inspire. Je n’ai pas faim de toute façon.

Nous devons passer désormais en audition. Nous nous étions accordées au préalable, pour ne rien dire. « Je n’ai rien à déclarer ». Fallait voir sa gueule à l’OPJ. On ne démordait pas. Ayant remarqué notre obstination, les flics décident de nous faire la totale. Sardine sera encore la première. En 5 minutes cette fois ils ont réussi à la convaincre de donner son ADN. Je fulmine. Le géant de deux mètre s’amène pour moi, je réplique :

« —Si c’est pour me prendre mon ADN ça sert à rien de me faire

déplacer. Je ne le donnerai pas. 

— C’est ce qu’on va voir. On va s’expliquer d’abord. 

— Ouais, on va s’expliquer. »

J’avais le mord. Une envie de tuer presque. Il me jette dans la petie salle des empreintes, se tient en face de moi, ce colosse à la voix pincée (on aurait dit qu’il s’était coincé les couilles dans un tiroir) et me dit, en montrant ses dents, comme un chien enragé :

« — Bon, tu va me le donner maintenant ton ADN, comme ta petite copine ! 

— Je n’ai rien à déclarer, en serrant les dents, pour l’imiter. 

— Mais encore ?

Je ne réponds pas. 

— MAIS ENCORE ? 

— Je vous ai déjà répondu. J’ai rien à vous dire. 

— Mais encore ? 

— Vous êtes sourd ou quoi ? Je changerai pas d’avis.

Il me cause toujours tandis que je lutte pour garder mon sang froid. Je finis pour dire : 

— Bon tu vas me frapper maintenant pour que je donne c’est ça ? 

— Tu joues à quoi là ? t’es gogol ou quoi ? 

— Ouais j’suis gogol, totalement gogol. »

Il finit par me faire sortir :

« Tu vas voir, tu vas te retrouver avec trois mois fermes ! j’te mets en prime une remarque sur ton comportement ! »

Je retrouve Sardine.

« J’l’ai pas donné. » et là, j’éclate en sanglots, à la fois de joie pour lui avoir tenu tête mais aussi pour libérer ma réelle frousse.Le garçon se débat, il crie : « Pourquoi ? Non…Non ! »

J’entends alors une volée de coups s’abattre sur lui. Il le supplie d’arrêter. Je me mets à gueuler et à tapper contre les vitres. En vain. Je me sens comme témoin d’une scène de torture de la Gestapo. En ressortant, le petit saigne près de l’oeil, sur la tempe, et marche avec peine

Nous sommes sorties à ce moment là de notre cellule avec Sardine et menottées au même banc que les nouveaux arrivants

Le baceux qui a frappé le premier se rend devant sa cellule. « Alors, comment il va le nabot ? » Un flic le fait sortir, le présente à l’homme de main. Il prend le visage du jeune homme entre ses deux doigts, le tourne en l’inspectant comme un vulgaire morceau de viande.

« — Ca va, je pensais qu’il serait plus amoché. Il a une bosse et arrive à marcher. C’est déjà ça. »

Les coups de vingt heures sonnent. Quatre policiers viennent pour moi. Je suis détachée du banc pour être remenottée, les mains dans le dos. Dans la voiture, je regarde les passants et essaye d’attirer le regard de certains. Un me regarde, me fait un geste de compassion. Arrivées au TGI flambant neuf nous devons passer une multitude de sas dont les portes restent encore défectueuses. La suite de l’histoire n’est pas exotique : je resterai quelques 16 ou 17 heures dans une cellule insonorisée à dormir, chanter … en attendant de voir mon avocat et la proc’.

Je sortirai avec une feuille m’annonçant mon procès, prévu dans 5 mois c’est à dire pour octobre 2018.

https://lundi.am/Temoignage-d-une-arretee-du-lycee-Arago

 


La république massacrante, hier…

 

 
… et aujourd’hui…


… en attendant demain !

 

Fragments de solution au problème:

Manifeste pour la Société des Sociétés