Archive pour gilets jaunes contre foies jaunes

Gilets Jaunes 16ème round: Pour que les loups cessent de redevenir des moutons…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 1 mars 2019 by Résistance 71

Nous sommes d’accord avec ce qui est dit ci-dessous…
Une certaine mollesse s’est emparée du mouvement et il est temps de ressortir des passages cloutés du pouvoir.
Depuis plusieurs rounds déjà les GJ ne font plus peur au pouvoir, le mouvement est en voie de domestication, on en est presque arrivé au style de manifs syndicales saucisson, sandwich, on rentre à la maison.
Acquiescer au pouvoir, marcher dans les clous, c’est courber l’échine, le véritable changement de paradigme passe par la DESOBEISSANCE CIVILE..
Le pouvoir se rit de l’obéissance, il tremble devant la colère du peuple, il se liquéfie et se dilue devant l’union et sa réintégration au sein du corps social !
Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir. Qu’on se le dise !
~ Résistance 71 ~


« Nous n’avons pas de problème avec la désobéissance
civile… mais plutôt avec l’obéissance civile. »
~ Howard Zinn ~

 


Tout le pouvoir aux Ronds-Points !…

 

Gilets Jaunes de Paris, redevenez des loups !

 

Paris-Luttes Info

 

27 février 2019

 

url de l’article original:

https://paris-luttes.info/gj-de-paris-redevenez-des-loups-11724?lang=fr

 

En dehors du soleil et de la forte mobilisation, l’acte 15 parisien ne fut que déception et déconvenue. Sans un changement radical de stratégie, les actes du samedi n’ont plus aucune utilité pour la lutte.

En plus d’une désormais « traditionnelle » déclaration de la manif auprès de la préfecture (et donc d’un tracé décidé par les autorités) les milliers de Gilets Jaunes venus à Paris ont marché dans une « nasse géante et mobile » sur 15km : des forces de l’ordre occupant massivement les rues en début et fin de cortège et entourant totalement les GJ en faisant des cordons de policiers sur les deux côtés.

Cela ressemblait à une manif. Mais cela n’en était plus une. Les Gilets Jaunes étaient totalement parqués. Comme des bêtes. Sans aucune liberté d’action et de mouvement (en dehors de celle décidé par la préfecture).

Le pouvoir avait déjà tenté cette approche très radicale du maintien de l’ordre lors d’une ou deux manif contre la loi travail, mais avait dû renoncer face au côté anxiogène et aux affrontements qui en avaient découlés.

Lors de l’acte 15, les forces de l’ordre ont pu tranquillement tenir en laisse les milliers de manifestants sans être quasi inquiétées.

L’image est forte, terrible. Comment un mouvement social qui a connu autant de victimes (blessures, arrestations arbitraires, humiliations) peut-il se laisser mater aussi docilement par ses propres bourreaux ?

Les Gilets Jaunes clament que les moutons sont devenus des Loups. Mais quel intérêt d’être un loup si l’on accepte d’être tenu en laisse ?

Le problème n’est pas que cette stratégie policière puisse empêcher des violences mais qu’elle empêche tout (en dehors de marcher d’un point A à un point B). Les GJ n’ont ainsi pas pu faire d’arrêt, changer de tracé, occuper une intersection, bloquer la circulation ou faire fermer un magasin…bref aucune action de blocage ou de débordement n’a été possible. Difficile d’envisager quelque mouvement révolutionnaire dans ces conditions.

Or, la plupart des GJ se battent pour un changement radical du système. Un changement qui ne pourra se faire avec les personnes actuellement au pouvoir. On parle donc de renverser un pouvoir que l’on trouve injuste et inhumain.

On ne renverse pas un pouvoir en discutant et en négociant avec lui. Encore moins en lui donnant les clés de la gestion de ses propres rassemblements.

Les organisateurs de ces manif déclarées nous expliquent que ce cadre permet de rassurer le plus grand nombre de GJ et donc d’assurer une mobilisation importante. C’est totalement faux. Pourquoi ces rassemblements sont-ils depuis quatre semaines ceux qui rassemblent le plus sur Paris ? Tout simplement parce que les GJ cherchent un rendez-vous clair pour se réunir. Ce n’est pas le fait que la manif soit déclarée qui les motive, mais la certitude que la plupart des GJ seront à ce point de rdv. Cependant, une fois pris dans le piège de la nasse géante, impossible d’en sortir.

D’autre part, nous rappellerons que les premiers actes sur Paris furent sans aucun doute les plus violents et insurrectionnels du mouvement, sans commune mesure avec les « violences » de ces dernières semaines.Et pourtant, la mobilisation n’a pas faibli les semaines suivant les actes les plus violents.

Mais une chose a profondément changé : le pouvoir n’a plus du tout peur. Souvenez-vous : le jour de l’acte 4, Macron était retranché dans un « bunker » présidentiel, avec un hélicoptère prêt à l’exfiltrer en cas de complication. Pour l’acte 15, le même Macron se promène au salon de l’agriculture.

Nous espérons un sursaut de la part des GJ qui se rendront aux actes parisiens dans les prochaines semaines. Que les loups refusent de se faire promener en laisse et retrouvent vraiment leur liberté. Ne pas chanter « Paris, debout, soulève toi » ou « tout le monde déteste la police » en restant escorté par les forces de l’ordre.

Nous avons alerté les organisateurs des manif parisiennes déclarées sur le danger de cette stratégie. Si elle permet à ces quelques personnes de s’offrir une visibilité « médiatique » et une pseudo légitimité, elle se révèle dangereuse, voire même mortelle, pour la suite du mouvement.

Nous savons que ces personnes ne changeront pas d’avis et continueront à déclarer les manifs et à travailler « main dans la main » avec la préfecture et le pouvoir.

Reste donc à savoir comment agir collectivement face à cette situation. Cela doit probablement passer par le refus de rejoindre ces manifestations « officielles », et de proposer d’autres points de rdv. Avec le risque de dispersion que le mouvement parisien a connu courant décembre. Mais il en va de la survie du mouvement.

500 loups en liberté et déterminés seront toujours plus dangereux que 5000 loups domestiqués et résignés.

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

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Gilets Jaunes: Pourquoi la grève générale illimitée doit se faire hors des centrales syndicales foies jaunes !… (Organisation Socialiste Révolutionnaire)

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Les syndicats tout comme les partis politiques font partis des problèmes et non pas des solutions au marasme ambiant. Tous les syndicats sont réformistes, tous bouffent au râtelier de l’État et du patronat. N’oublions jamais que c’est avec la manne étatico-capitaliste que les syndicats (et les partis politiques) existent et peuvent subsister, surtout leurs hiérarchies corrompues.
Si la base demeure sans doute sincère, elle est trahie systématiquement par sa hiérarchie qui n’est qu’une courroie de transmission de la domestication de la contestation au profit de l’oligarchie et de ses rouages oppresseurs et exploiteurs.
Gilets Jaunes ! Non aux syndicats foies jaunes ! Confiance Zéro !
Reprenons le contrôle de nos destinées sur les lieux de travail, dans les voisinages. 
Tout le pouvoir aux Ronds-Points et aux assemblées populaires…

Vive les Assemblées des Assemblées ! Vive la Commune libre ! Pour que vienne la Société des Sociétés !

~ Résistance 71 ~

 


« Notre problème n’est pas la désobéissance
civile… C’est l’obéissance civile. »
~ Howard Zinn ~

 

Les syndicats face aux Gilets Jaunes

 

Louis Alexandre

 

18 janvier 201

 

Source: http://rebellion-sre.fr/les-syndicats-face-aux-gilets-jaunes/

 

Depuis les années 1990, nous vivons une transformation sociale sans précédente. Le glissement progressif vers le modèle libéral mondialisé a transformé les structures de l’économie et les équilibres sociaux. Cela a eu une répercutions directe sur l’environnement syndical ; la baisse régulière des effectifs des grandes centrales et de la participation aux élections professionnelles donne une idée du naufrage. Avec un des taux de syndicalisation les plus bas d’Europe (à peine 11% des employés sont syndiqués selon les sources officielles), les syndicats ne représentent plus une large majorité de travailleurs précaires et en voie « d’uberisation ». A peine 1% des intérimaires et 2% des CDD sont syndiqués, alors que 20 % des fonctionnaires le sont (cette forte représentativité est largement due aux enseignants qui utilisent les syndicats de manière très pratique dans leur évolution de carrière). Le gros des bataillons se regroupant dans le public ou les grandes entreprises, on ne les retrouve pas forcément sur les terrains sociaux chauds.

Les directions syndicales ont compris cette faiblesse et cherchent désormais à maintenir leur rôle de « partenaires sociaux représentatifs ». Le repli sur la cogestion des organismes de la protection sociale garantie par le système paritaire (État, patronats et syndicats étant représentés dans la direction des principales administrations de l’aide sociale) est pour eux le moyen de conserver cette armada de « permanents » et de « détachés » qui offrent des troupes mobilisables alors que les effectifs décroissent. Ce rôle de partenaire s’incarne dans le renforcement des négociations collectives au niveau de l’entreprise voulu dans le cadre de la réforme du Code du Travail. On demande d’avantage l’avis des syndicats, même si on a bien l’intention de ne surtout pas le suivre. Cette démocratie dans l’entreprise est clairement aux mains du patronat qui s’en sert juste pour valider au niveau de la forme ses pires plans sociaux.

La « base » des principaux syndicats doit faire face à une situation paradoxale dans la plupart des récents conflits. Alors que la combativité des travailleurs est forte, elle doit convaincre les directions de la suivre et de la soutenir. Jamais la rupture n’a été aussi profonde entre le sommet des syndicats et la masse des syndicalistes du quotidien. On constate même que les conflits se durcissent quand la présence syndicale est la moins forte. Les syndicats bureaucratiques mettent l’accent sur le maintien des acquis sociaux et non pas sur la conquête de nouveaux droits mais surtout ne proposent pas de sortir du système économique actuel. Ils ont eu d’ailleurs des positions défaitistes voire ont totalement capitulé dans de nombreuses conflits. ArcelorMittal ou Whirlpool à Amiens sont des cas d’école : leurs incapacité à résister a conduit à leur échec dans la mobilisation.

« Touchez pas au grisbi » !

Cela est triste à dire, mais les directions des principaux syndicats sont devenues des partenaire de la restructuration capitaliste dans sa phase mondialiste. Quand le mouvement des Gilets Jaunes apparaît, il est tout immédiatement considéré comme un trouble-fête dans le subtil jeu de donnant-donnant entre les partenaires du « gâteau social ». Même ceux qui ne ramassent que les miettes veulent les garder à tous prix. « Touchez pas au grisbi » est le cri du cœur des dirigeants syndicaux aux gilets jaunes !

Alors que de nombreux syndiqués de « base » se retrouvaient naturellement sur les ronds-points sans afficher leurs couleurs, les directions se sont acharnées à faire passer le mouvement naissant pour une émanation fasciste de l’extrême droite. Les appels à la vigilance de SUD ou de la direction de la CGT étaient d’une bêtise inégalée. Alors que la CFDT, ralliée depuis longtemps au gouvernement, proposait ses services et se voyer congédiée, le monde syndical voyait le monopole de l’expression populaire lui échapper.

La CGT a beaucoup perdu dans cette affaire en crédibilité. Les Gilets Jaunes « inorganisés » ont réussi là où une centrale centenaire à totalement échoué. Ils incarnent l’opposition extra-parlementaire et populaire à un gouvernement la plus forte de l’histoire contemporaine française, alors que la mobilisation contre la Loi Travail ou la réforme du code du travail avaient été des échecs.

La défiance des travailleurs est naturelle envers les syndicats et le refus des « gilets jaunes » de trouver un terrain d’action commun est sans appel pour beaucoup. Les gens ont la mémoire longue dans de nombreux endroits. Après avoir participé à la désintégration de l’économie française (fin des mines, des chantiers navals et de la sidérurgie « made in France »), les syndicats refusent de s’engager dans la vraie lutte pour la dignité du travail représentée par la France des Gilets Jaunes. Toutes les tentatives de récupération du mouvement par les directions syndicales doivent être combattues !

Quel rôle pour les syndicats maintenant ?

Que faire des syndicats dans le contexte actuel ? Peuvent-ils nous être utiles dans l’extension du mouvement radical né des Gilets Jaunes ? Devons-nous reprendre en main les syndicats par la base ? Organiser des coordinations ou des conseils en dehors ? Imposer l’autonomie des luttes ?

Désolé, nous n’avons pas de réponse miracle ou dogmatique pour vous. Mais nous pensons qu’une forme combinée des différents modes d’action va naturellement s’imposer sur le terrain. Que les bases syndicales vont rejoindre naturellement les combats des Gilets Jaunes.

Nous refusons toutes formes d’entrisme à Rébellion depuis l’origine, mais nous constatons que des voix « radicales » s’affirment à la base des grandes centrales pour contester l’étatisme des directions. Certaines sont orientées par des tendances très politiques ( les lambertistes du POI ou la France Insoumise par exemple), mais elles permettent à d’authentiques tenants d’un syndicalisme de combat de s’exprimer. La bureaucratie syndicale étant bien faite, elles auront du mal à se faire entendre dans les appareils verrouillés, mais risquent d’être entendues à leur niveau professionnel. Si elles savent s’adresser aussi aux éléments extérieurs à leur milieu, l’impact de ces voix sera surement un des éléments d’appui des Gilets Jaunes. Amis syndiqués (et vous êtes nombreux parmi nos lecteurs), soutenez-les pour faire bouger les lignes.

Les coordinations et les conseils ouvriers, impliquent un cadre précis qui a relativement disparu (les grands bassins industriels du XXème siècle) mais ce principe de démocratie populaire directe est bon. Il trouve son sens s’il converge en dehors de l’entreprise et touche tous les aspects de la vie.

A l’échelle de la France Périphérique, les conflits sociaux doivent devenir horizontaux. Il n’y a rien à attendre des directions syndicales, mais tout de ses voisins ou collègues d’autres secteurs. Les Gilets Jaunes sont la preuve de la réussite d’une action de solidarité et d’entraide enracinée dans un « terroir ». Les zones ravagées par les plans sociaux doivent s’unir et résister. C’est la convergence des luttes au niveau du peuple qui doit entrainer une sécession de vastes territoires du cadre du système. L’auto-organisation et l’union des luttes est le scénario que craint le plus le gouvernement. Faisons en sorte qu’il se réalise partout !

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

Gilets Jaunes 11ème round: Qui ose gagne !…

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“Ce n’est pas la désobéissance civile que nous devons craindre… mais l’obéissance civile.”
~ Howard Zinn ~

“Chaque état, c’est à dire donc tout gouvernement et toute administration des masses populaires qui vient d’en-haut, étant nécessairement enracinée dans une lourde bureaucratie et se reposant sur des armées, l’espionnage et le clergé, ne sera jamais capable d’établir une société organisée sur la base du travail et de la justice, puisque ces entités sont par leur essence même, naturellement enclines à opprimer le travailleur et lui refuser toute justice. Comme nous le voyons, le travailleur ne sera jamais capable de se libérer de l’oppression en ce monde à moins qu’il ne substitue à ce corps démoralisant, la fédération libre de tous les groupes producteurs, une fédération fondée sur la solidarité et l’égalité.”

~ Résolution du congrès anarchiste de St Imier (Fédération du Jura), le 15 septembre 1872 ~

 


Gilets Jaunes: 11ème round
Tout le pouvoir aux Ronds-Points !

 

Pour une marée jaune qui déborde… vraiment

 

Paris-Luttes Info

 

22 janvier 2019

 

url de l’article original:

https://paris-luttes.info/pour-une-maree-jaune-qui-deborde-11539?lang=fr

 

Difficile à dire si l’acte 10 fut une nouvelle victoire du mouvement ou plutôt du gouvernement. 

D’un côté la mobilisation a été encore très importante (battant même des records dans certaines villes). D’un autre, les rassemblements n’ont jamais semblé si inoffensifs pour le pouvoir, et n’ont jamais autant ressemblé à des manifestations traditionnelles, avec un parcours défini et un service d’ordre. Tout du moins sur Paris.

C’est peut-être moins vrai dans les autres villes (et heureusement).

Si cette tendance se confirme sur les actes à venir, le pouvoir se frottera les mains. Les rassemblements pourront continuer pendant des mois, sans jamais l’inquiéter. Les membres du gouvernement feraient quelques déclarations, quelques annonces de perlimpinpin…et laisseraient le mouvement mourir à petit feu.

Car qui peut aujourd’hui penser que Macron pourrait abandonner sa politique, et même son gouvernement, si le mouvement restait aussi important pendant des semaines mais dans un cadre bien maitrisé par le pouvoir et les forces de l’ordre, sans débordements ?

Ceux qui veulent un véritable changement, qui aspirent à renverser un pouvoir inique et méprisant, à offrir un avenir plus égalitaire et plus humaniste, savent. Ils savent que le combat devra se faire de façon plus offensive que dans le cadre de manif déclarée avec parcours et service d’ordre. Si les syndicats ont autant échoué et se sont coupés d’une grande partie de la population (y compris des plus pauvres), c’est notamment à cause de leur volonté de respecter les règles du jeu des manifs dictées par le pouvoir. Si les gens ont délaissé les manif sono/merguez pour aller en cortège de tête ces dernières années, ce n’est pas pour reproduire les mêmes simili-révoltes dans les rassemblements des GJ.

Nous l’avons déjà dit mais la force des premiers rassemblements a été, en grande partie, son refus d’obéir aux ordres, aux règles, imposées par le pouvoir. Non pas pour le plaisir d’être hors la loi mais parce que les GJ estimaient que ces ordres n’étaient pas justes et légitimes. Ce fut le cas pour l’acte 2 lors du rassemblement interdit sur les Champs Élysées. Ce fut le cas pour les actes suivants avec le refus de fouilles ou de parcages, avec les barricades et les débordements.

En étant aussi nombreux à être indisciplinés, le mouvement a totalement surpris les forces de l’ordre et le pouvoir, et l’a fait trembler (temporairement au moins).

Des centaines de milliers de personnes ont bouleversé leurs vies depuis des semaines pour cette lutte, pour que ce mouvement débouche sur des avancées sociales. Des milliers de GJ ont été blessés, mutilés, incarcérés, humiliés. Mais cela n’a en rien freiné le mouvement. Au contraire.

Aujourd’hui, nous devons faire un choix : celui de constater que rien ne change et que le pouvoir reste droit dans ses bottes qu’importe l’ampleur des mobilisations. Et donc de reprendre nos vies « normales ». Ou celui de faire que ces deux mois de rencontres, d’échanges et de luttes ne deviennent qu’une introduction à un mouvement de lutte bien plus massif et total. Cela inclut évidemment la nécessité d’y mettre encore plus d’énergie, de temps et de force. Et donc, que nos quotidiens en soient encore plus bouleversés. Mais le jeu n’en vaut-il pas la chandelle ?

Bousculer nos vies pour renverser leur vie de château.

Bousculer nos quotidiens pour construire un nouveau futur.

Ne plus se contenter des miettes mais réclamer, et obtenir, toute la boulangerie.

N’ayons pas peur d’être ambitieux, d’être idéalistes, d’être incontrôlables.

Multiplions les brèches, les débordements, les endroits où les règles sont sans cesse remises en question selon nos principes et non ceux imposés par le pouvoir.

Alors les actes futurs pourront devenir des actes fondateurs et nous pourront commencer à bâtir une nouvelle société, sur les cendres de celle que nous auront renversée. Mais il n’y a pas de cendres sans feu.

Et on déclarera nos manifs quand ils déclareront leurs revenus.

A samedi.

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 


La Solution à 10%
pour
Une société des sociétés

 

Gilets Jaunes 10ème round: Le peuple installe son pouvoir…

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Gilets Jaunes, gardons-nous des leurres et des subterfuges que sont le « Grand Débat » proposé par Micronus et le RIC dans son contexte étatique puisque constitutionnel.
Généralisons les assemblées populaires et le pouvoir des ronds-points comme l’ont appelé les GJ de Commercy et de Montreuil.
Entrer en palabres avec l’État et sa clique de représentants ne peut être que stérile et nous amener à la division.
Pour que vive la Commune des communes dans une société des sociétés horizontale et émancipée.

~ Résistance 71 ~

Voir aussi:
« Gilets Jaunes 10ème round: Tout le pouvoir aux Ronds-Points! »

 

 

Le “Peuple profond” installe son pouvoir

 

Philippe Grasset

 

13 janvier 2019 

 

Source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article10813

Au hasard des heures, j’ai vu quelques images et échanges des habituels convives des talk-shows de cette fin de journée, samedi. C’était désespérément plat, morne, croulant sous les redites et les sempiternelles analyses, les gémissements que nous entendons depuis des semaines, quelques vociférations fatiguées de la même indignation ahurie et désormais chuchotée (au cas où la fortune du destin les priverait de leurs maîtres en cours pour leur en désigner de nouveaux). Enfin, couvrant tout cela de l’ombre sinistre d’une grande aile noire, l’inévitable constat d’une mobilisation de plus en plus montante des GJ, après le premier samedi de rentrée qui avait démontré la vacuité de la narrative de l’“essoufflement”, et des GJ dans un désordre de mieux en mieux organisé sans perdre la vertu du désordre, évitant autant que faire se peut les violences, déployant une insoumission pacifique d’une remarquable efficacité, s’installant dans leurs domaines comme dans leurs meubles

Je me suis fait alors la remarque que nous étions en train de vivre un moment historique de plus : de voir se mettre en place une structuration extraordinaire, à la fois dépourvue de structures contraignantes et visibles, à la fois complètement libérée de ce fait et en voie d’institutionnalisation sans emprisonnement, suffisamment enfin pour manifester une légitimité désormais évidente. C’est un deuxième pouvoir, une sorte de “pouvoir des samedis” qui se met en place ; le “Peuple profond” contre un DeepState qui n’a plus rien de régalien, qui se dissout dans l’imposture comme son modèle de “D.C.-la-folle”. (C’est la raison de l’emploi de l’expression anglo-américaine installée en un néologisme comme marque de l’infamie.)

Les GJ forment désormais un pouvoir parallèle et une structure souveraine encore plus que souterraine, dont la légitimité tend évidemment à surpasser celle des autorités pseudo-“légales” ; il ne leur est même pas nécessaire de la supplanter tant les autres font bien cela, tous seuls, sans aide de quiconque… La morosité de tout l’appareil du communicationnisme de soutien, dont les nantis de la presseSystème en première ligne, est désormais la marque d’un réel découragement et la confirmation du sentiment que j’essaie ici de restituer.

Je considérerais donc, d’une façon symbolique pour le jour, que la France est entrée samedi dans une ère nouvelle. Désormais deux pouvoirs sont installés, et la façon stupide et indigne dont le nouveau pouvoir (les GJ) a été traité explique qu’il se soit radicalisé dans son essence, pour déployer toutes ses exigences, révéler sa vraie nature et s’affirmer clairement antiSystème.

La résilience et l’entêtement impassibles des insaisissables et inclassables GJ, l’espèce d’entente collective qui les meut et semble les ordonner comme en un ballet, comme si tous ces gens répondaient à un élan qui est en-dehors d’eux pour mieux les rassembler, tout cela ne cesse de me stupéfier. Les GJ, c’est tout le monde, c’est vous, c’est moi, c’est votre voisin, que sais-je encore ; et pourtant c’est un mystère, une énigme, comme une sorte de bataillon immense, sacrée et secret, venue d’un ailleurs dont on ne sait rien pour on ne sait quelle mission chargée de tant de secrets marqués du sceau du sacré… La seule certitude qui veuille bien nous habiter, c’est celle de juger que tout cela, et leur mission par conséquent, est décisif...

En face, les mots nous manquent… C’est le désordre et la confusion, la panique et la colère, la haine et l’incompréhension, et dominant le tout, comme un Empereur qui vient d’être oint de la ruse moqueuse du Seigneur, l’omniprésente Bêtise trône. La bêtise des modernes puissants et des postmodernes très-intelligents est un phénomène qui vous coupe le souffle. Passez en revue la violence policière exacerbée par la consigne de la bourgeoisie globaliste en son pouvoir de pacotille ; les boutades furieuses-monstrueuses et infantiles-impuissantes du philosophe de salon à la belle chevelure, qui voudrait bien qu’on en finisse en tirant la chasse, non pardon en tirant avec la quatrième armée du monde sur les Gilets-Jaunes ; les complots italiens de la secrétaire d’État de l’Égalité des Chances, des femmes et des hommes, et de leur Sottise bien-tempérée…

Par-dessus tout ça, l’Angelot du miracle de Noël, Jupiter tonnant des mécaniques, rappelant que la République“ c’est des droits” mais “c’est aussi des devoirs”… Cet homme est une énigme d’impuissance et de maladresse, une énigme invertie parce que sa mise à nu ne peut être qu’une catastrophe. J’arrête là, pour souffler un peu et surtout pour citer cette actrice, – surprenante incursion pourrait-on penser, – qui trouve des mots absolument appropriés pour décrire l’énigme (Isabelle Adjani, dans Elle, repris par Spoutnik-français) :

» “C’est incroyable d’être à ce point dans l’incapacité de communiquer !” […] Il y a une grande “frilosité gênée” dans [sa] façon de communiquer… Comme [s’il] refusait d’être associé, d’une façon ou d’une autre, à la frange la plus pauvre de la population. “On a l’impression qu’il ne faut pas qu’il soit touché par ça, et qu’il ne faut pas toucher à ça. Une impossibilité tactile, en tout cas avec le corps du pauvre. Il ne sait pas. Il y a là quelque chose qui est complètement en réserve et qui rend les gens fous.”

 » […Les] Gilets jaunes ne peuvent plus tolérer le discours aseptisé des politiques qui les gouvernent. “Ils ont mal, ils ont des échardes sur la langue à force d’avaler la langue de bois des politiques qui les assomment depuis des décennies”. »

Que voudrais-je dire de plus, à ce point ?

… Eh bien, ceci :la révolution s’est installée en France, sans crier gare, sans slogan ni guillotine. Elle ne la quittera plus jusqu’à ce que les événements qui doivent se faire, se fassent en vérité.

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Gilets Jaunes: Mot d’ordre (groupe des In-Contrôlables)

Posted in actualité, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 16 janvier 2019 by Résistance 71

 

Pour l’heure un seul mot d’ordre de mobilisation impératif:

 

Halte à la répression d’État !

Libération immédiate de tous les emprisonnés !

Amnistie de tous les condamnés !

Arrêt des poursuites judiciaires faussaires !

Celui qui pactise et papote avec l’État policier et ses domestiques n’est pas de notre camp!

 

Les In-Contrôlables

Gilets Jaunes: 2ème Appel de Commercy (Meuse) pour une Assemblée des Assemblées le 26 janvier 2019…

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Le 1er Appel de Commercy

 

Bonjour

2ème Appel des Gilets Jaunes de Commercy : assemblée des assemblées à Commercy.

 

 

Si vous êtes intéressés par notre démarche, relayez cette vidéo et ce message en masse.

Nous proposons que  l’assemblée des assemblées se tienne le samedi 26 janvier à 14h à Commercy ou environs.

Ordre du jour et modalités pratiques à venir sur notre page Facebook  » Les Gilets Jaunes de Commercy  » (https://www.facebook.com/Les-Gilets-Jaunes-de-Commercy-440617629803047/?ref=br_rs)

Inscription et remarques à adresser sur giletsjaunescommercy@gmail.com

Hébergement possible sur demande.

N’hésitez pas à nous contacter si possible avant le 13 janvier 2018

Solidairement,

Un Gilet Jaune de Commercy

Notre page Facebook

Notre chaîne YouTube

Notre adresse:

La cabane des gilets jaunes
Place Charles de Gaulle
55200 COMMERCY (FRANCE)

= = = Fin de communiqué = = =

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Gilets Jaunes et croisée des chemins… RIC ou révolution ?

Posted in actualité, altermondialisme, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 22 décembre 2018 by Résistance 71

A lire aussi notre dossier Gilets Jaunes et notre position sur le RIC, il est important de se regrouper et de changer de dimension. A un moment donné, il est évident que l’emploi de la grève sauvage, hors syndicats (tous foies jaunes bouffant au râtelier oligarchique), illimitée et expropriatrice deviendra nécessaire. Il y a une chose essentielle à comprendre et c’est ça qui fait trembler l’oligarchie comme une feuille morte: le système a expressément besoin de nous ; nous n’avons EN AUCUN CAS besoin de lui ! Ceci devrait devenir une évidence pour tout le monde. A partir de là, l’action solidaire concertée devient limpide.
Agissons dans le sens d’assemblés populaires au sein d’une confédération de Communes Libres, reprenons le pouvoir pour immédiatement le diluer dans l’environnement où il est le plus soluble et devient non coercitif par nature: le peuple !
Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et ne peut y en avoir ! Le RIC n’est qu’un leurre supplémentaire faisant garder la main à l’oligarchie en nous faisant participer DIRECTEMENT à l’organisation de notre esclavage à la marchandise.
Halte au sketch ! Assez est assez !

Gardons présent à l’esprit l’appel des GJ de Commercy dans la Meuse!

~ Résistance 71 ~

 


Pour la Société des Sociétés

 

RIC ou révolution ?

 

Paris-Lutte Info

 

19 décembre 2018

 

url de l’article:

https://paris-luttes.info/referendum-d-initiative-citoyenne-11340?lang=fr

 

La révolution : si on le prend au sérieux, le mot est vertigineux. Alors, par peur de lui même une partie du mouvement croit trouver dans le RIC une solution pacifique et institutionnelle. C’est une impasse.

Nous l’écrivions il y a quelques jours dans un texte qui a tourné : le RIC est une porte de sortie pour le pouvoir. Aujourd’hui, cette affirmation se vérifie. Les médias nous font bouffer du RIC matin, midi et soir. Pour autant, et en réalité nous le savons tous, rentrer chez nous avec le RIC, c’est retourner au chagrin, sans rien de plus dans le frigo. Mais alors, que faire ? Que proposer, vers où aller ?

Le RIC est une porte de sortie pour le pouvoir. Car on le sait bien, au final : le pouvoir ne nous donnera rien sur le terrain social. Ce qu’il nous a concédé jusqu’ici de plus gros est invisible, n’est pas une mesure en positif, c’est simplement le gel des prochaines mesures contre nous, suspendues le temps du mouvement.

C’est aussi une porte de sortie pour la partie du mouvement qui a peur d’elle-même, de ce qu’elle pourrait être amenée à faire pour gagner. Car la question que tout le monde se pose, c’est celle-là : jusqu’où devrons nous aller pour nous faire entendre, pour vivre mieux ?

Ce mouvement est dur. Les Gilets jaunes ont arrêté les voitures et camions en faisant barrage comme ils ont pu, parfois avec leurs corps. Quiconque est allé sur les ronds points le voit bien, le danger est présent, bien qu’on l’oublie, à se faire frôler par des voitures toute la journée. Dés le premier jour, une femme est morte. Le bilan s’est considérablement alourdi depuis. Et cela risque d’empirer, notamment car la police est d’une rare violence. Déjà, à Marseille, une vieille dame est morte, heurtée au visage par une grenade lacrymogène.

Ce mouvement est très violemment réprimé. Le pouvoir en place n’a pas hésité à menacer de mort les participants aux manifestations. Autoriser une manif tout en menaçant de mort ses participants est assez inédit comme pratique !

Mais ce mouvement tient. Les participants aux blocages sur les ronds points, aux manifs, ont tenu quand même. Malgré la répression, malgré les menaces, les amendes, les coups, les peines de prison ferme, les gilets jaunes ont tenu. Et dans ce climat tendu, nous avons avancé. Occupé la rue, mené des actions coups de poings… Jusqu’à faire trembler Macron.

Alors, le vertige ?

Quand on en arrive là, le geste de révolte qui est à l’initiative de ce mouvement reste comme suspendu, pris de vertige devant l’ampleur de sa portée. Car finalement, les mouvements sociaux, y compris 36 ou 68, se sont arrêtés, empochant des améliorations sociales. On pourrait causer de ce bilan, savoir si les mouvements d’alors ne se sont pas fait avoir, mais ce n’est pas le sujet. Ce mouvement n’a pas le luxe de cette question, il n’a rien obtenu, ou si peu, de la poudre de perlimpinpin. Il n’y a pas de « grain à moudre ». Nous avons face à nous une porte fermée à double tour. Les possédants ont jeté la clé. Pour sortir de notre cage, il faudra la fracasser : cela s’appelle une révolution. Et elle fait peur. On nous l’a tellement matraqué, qu’une révolution était dangereuse ! Tous les moments de remise en cause du pouvoir produisent de la peur. En 68, on appelait ça « le bloc de la trouille ». C’est une réaction logique, il s’agit d’un saut dans l’inconnu.

Le RIC est alors apparu, comme un moyen de s’épargner la révolution, plébiscité par nombres de gilets jaunes. Et sur le papier, on comprend cet enthousiasme. Un moyen de reprendre le contrôle à la base, sans risquer les coups de matraque, la répression. Le problème, c’est que les mêmes conditions qui font que nous n’avons rien obtenu jusqu’à présent conduisent aussi à penser que le RIC ne changerait rien : la classe possédante est prête à tout pour conserver son pouvoir social.

Que s’est il passé dans les autres pays ?

En Grèce, les gouvernements ont valsé. Les politiciens ont tous préféré démissionner qu’en finir avec l’austérité. Puis est arrivée l’alliance entre Syriza et ANEL, c’est-à-dire entre nationaliste et extrême-gauche. Et… Ils ont lâché comme les autres !

Pourtant, les grecs avaient répondu non au référendum sur l’austérité. Un référendum proposé par le gouvernement lui-même, mais qu’il n’a pu respecter. On retrouve des situations similaires en Argentine, en Espagne… Pourquoi ? C’est une question de force. Le pouvoir du capital, de l’argent, est une immense force. Face à lui, l’indignation, l’appel à la pitié n’est rien.

Songeons à la gravité terrestre qui tire tout corps vers le bas. Pour la contrer, on peut se plaindre tant qu’on veut, il nous faudra utiliser nos muscles, nous mettre en mouvement. Les muscles de cette société, ce sont les millions de prolos. La seule force capable de s’opposer à celle du capital, la voici. En temps normal, cette force est allongée, rivée au sol par le capital, qui la pompe comme un vampire. Avec ce mouvement, elle s’assoie et fait trembler le pouvoir. Reste à nous mettre debout : c’est la seule position d’où un combat peut être gagné. Et ce combat, nous n’en ferons pas l’économie.

En haut ils ne peuvent plus

Nous l’écrivions plus haut. La réalisation la plus importante du mouvement, c’est d’avoir stoppé les mesures contre nous pour un temps. Mais l’agenda est toujours là. Ce n’est pas par malveillance que les gouvernants nous imposent leur sales attaques. C’est parce qu’ils défendent le profit. Nous sommes à l’heure du flux tendu. A l’heure de l’austérité sans limite. A l’heure du grand appauvrissement.

Une époque du capitalisme où celui-ci n’a plus rien à lâcher. Ils n’arrivent même pas à nous donner trois sous sur le SMIC ! Nous l’écrivions au sujet du Brésil il y a peu, ce système vieux de deux siècles s’accroche à la vie avec la rage de la sénilité, ses mains serrées telles des griffes autour de notre cou. La prochaine crise approche et eux le savent. Toute mesure prise pour desserrer l’étau où nous sommes pris la précipitera. Précipitera les faillites, les krachs boursiers. Alors, tout est bon pour gagner du répit, gratter encore des bénéfices.

En bas nous ne voulons plus.

Nous sommes à bout. On a beaucoup parlé de goutte d’eau faisant déborder le vase. Mais ce n’est pas un vase, c’est un océan, où nous sommes en train de nous noyer ! Alors nous sommes tombés dans la rue et nous nous sommes aperçus que nous étions des millions. Que nous refusions d’avoir peur quand le pouvoir nous menaçait de mort. Que nous voulions continuer. En nous défiant de tous les représentants, toutes les instances à même de nous trahir. Mais nous en avons oublié une : nous-même. Car dans ce mouvement désespéré, le RIC est apparu comme une dernière planche de salut, un sursaut d’espoir.

Défions nous de l’espoir. L’espoir est une drogue qui intoxique. Qui amène à l’attente, que finalement tout s’arrange. Qu’on pourrait rentrer à la maison et attendre que tout aille mieux. Cela marche dans les fables. Mais dans ce monde-là, non. Dans ce monde, il nous faudra nous battre. Dans ce monde, les capitalistes n’auront que faire de nos votes s’ils ne vont pas dans leur sens. Souvenons-nous du Chili d’Allende, du coup d’état de Pinochet qui marque la fin de la tentative de réforme sociale. Souvenons-nous que chaque fois qu’on a dit aux exploités qu’il pouvait faire confiance à la démocratie, ils ont été écrasés. On nous dit que le RIC nous permettrait de faire passer les lois que nous voulons. Rappelons que ceux qui possèdent ce monde ne respectent pas ces lois. Rappelons que le passage de la démocratie à la dictature peut-être très rapide, si nous touchons aux intérêts des puissants. Et demandons-nous si le RIC nous protègera de la répression.

Alors, nous en appelons à tous les partisans du mouvement. Toutes celles et ceux qui se sont levés, et qui dans la lutte se sont retrouvés. Et nous leur disons : ne nous arrêtons pas, RIC ou pas RIC. Ayons confiance en nous-même. Seuls les exploités ont les ressources pour stopper la catastrophe en cours. Nous sommes face à un monstre à plusieurs visages. Celui de la misère, de l’exploitation, de la destruction de ce monde. Il a pour nom capital, et grandit à chaque minute en dévorant nos vies. Nous ne le stopperons pas avec des bulletins de vote.

La révolution, le mot est vertigineux, comme un pic immense qui touche le ciel. Mais de la haut, les étoiles sont plus proches, et l’air est pur. Alors ne cédons pas à la peur et au repli. Parlons d’amplifier le mouvement. Reprenons les ronds points. Explorons les pistes de l’extension de ce mouvement, comme celle de la grève. Elle fait son chemin, cette question. C’est que là ou elle est posée par les salariés, les patrons tremblent.

Osons lutter. Osons vaincre.

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Lectures complémentaires:

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération: