Archive pour anarchie

Analyse politique: La théorie identique de l’église et de l’État (Michel Bakounine)

Posted in actualité, altermondialisme, documentaire, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 10 mai 2019 by Résistance 71

 

Résistance 71

 

10 mai 2019

 

« Ceux qui sont unis par une pensée vivante, par une volonté et par une grande passion communes, sont réellement frères, lors même qu’ils ne se connaissent pas. »

« Le tort de cette philosophie et de cette révolution, c’était de n’avoir pas compris que la réalisation de l’humaine fraternité était impossible, tant qu’il existerait des États, et que l’abolition réelle des classes, l’égalisation politique et sociale des individus ne deviendra possible que par l’égalisation des moyens économiques, d’éducation, d’instruction, du travail et de la vie pour tous. »

« L’État est le frère cadet de l’Église — et le patriotisme, cette vertu et ce culte de l’État, n’est qu’un reflet du culte divin. »

« La science juridique et le droit politique, comme on sait, sont issus de la théologie d’abord ; et plus tard de la métaphysique, qui n’est autre chose qu’une théologie masquée, une théologie qui a la prétention ridicule de ne point être absurde, s’est efforcée vainement de leur donner le caractère de la science. »

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Nous avons ce texte de Bakounine datant de 1869 sous le coude depuis un bon moment et hésitions à le publier, essentiellement à cause d’une certaine approche anthropologique erronée des origines de l’humain qu’il énonce en 3ème partie de ce texte. Cependant, nous reconnaissons que Bakounine n’avait pour étayer sa position que la connaissance du moment c’est à dire la fraîchement émoulue théorie darwinienne et une connaissance archéo-anthropologique des plus rudimentaire en opposition au créationisme qui tenait jusqu’ici la corde par défaut. Il pêchait donc par défaut d’information et ne pouvait mieux dire en l’état des connaissances scientifiques de l’époque. Rappelons ici que l’archéologie et l’anthropologie sont des sciences récentes…

Nous mettons sous le lien du texte de Bakounine dont Jo nous a fait un très beau pdf, quelques textes complémentaires pour mieux comprendre les progrès effectués dans la connaissance de notre évolution depuis le paléolithique (âge de la pierre taillée) jusqu’à nos jours et en quoi cela est important de connaître: quand on prend la peine de se pencher sur les trouvailles récentes de l’archéologie et de l’anthropologie (qui se nourrissent l’une de l’autre, sont très complémentaires entre elles déjà ,  mais aussi avec la recherche plus large qu’est « l’histoire »…).

Pour comprendre le présent et anticiper l’avenir, nous nous devons de connaître les origines de l’humain et de nos sociétés. Il est important de comprendre POURQUOI le modèle d’organisation de la société humaine proposée depuis des siècles n’est ni la panacée, ni immuable, ni inéluctable. Comme nos anciens, nous avons des choix possibles et surtout UN choix pour revenir vers notre humanité vraie, fourvoyée depuis quelques milliers d’années (sur les 1,8 millions d’années d’existence de l’être humain sous sa forme Homo erectus…).

Bonne lecture !

Notre page « Anthropologie politique »

 

 

Michel_Bakounine_La_theorie_identique_de_leglise_et_de_letat
(Version PDF)

 

Lectures complémentaires:

La Bible Déterrée Israel Finkelstein

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Marshall-Sahlins-La-nature-humaine-une-illusion-occidentale-2008

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Manifeste pour la Société des Sociétés
(notre manifeste contient un condensé de l’histoire de l’humanité fondé sur les plus récentes données issues de la recherche archéologique et anthropologique…)

David Graber Fragments Anthropologiques pour Changer l’histoire de l’humanité

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine 
(ce texte est l’anti-poison contre le darwinisme social toujours en vigueur aujourd’hui et sur lequel se fonde la théorie de la domination oligarchique…)

40ans_Hommage_Pierre_Clastres

Le_mythe_biblique_ashraf_ezzat

Clastres_Préface_Sahlins

On a retrouvé l’histoire de france (Jean Paul Demoule)

Le_Défi_Celtique_Alain_Guillerm

 

 

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Texte d’actualité pour Gilets Jaunes: « La commune de Paris et la notion d’état » (Michel Bakounine 1871) version PDF

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Résistance 71

 

6 mai 2019

 

Nous vous proposons ce texte de Michel Bakounine de 1871, que nous pensons être inédit en français en ligne (nous ne l’avons trouvé nulle part en français) et que nous avons traduit pour le bénéfice de toutes et tous.

Ce texte fait suite à ses « Lettres à un Français » datant de 1870 et Bakounine y analyse à la fois la Commune de Paris et ses rapports politiques avec la notion d’état.
Une fois de plus, on peut se poser la question de savoir pourquoi ce texte paraît-il toujours si d’actualité aujourd’hui ? et la réponse étant invariablement : parce que rien n’a fondamentalement changé, les problèmes posés hier et avant-hier sont toujours posés aujourd’hui et que nous ne pourrons pas y trouver de solutions tant que nous accepterons la réalité politique et économique qui nous est imposée depuis bien trop longtemps.

Depuis novembre 2018, le mouvement des Gilets Jaunes met à jour les contradictions internes et permanentes d’un système étatico-capitaliste à bout de souffle et moribond. Pas à pas, les consciences politiques s’éveillent au-delà de la critique de base de la « vie quotidienne » et un plus grand nombre de gens réalisent, comme nous le disait déjà en substance Bakounine il y a 148 ans, qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir…

Reste à y réfléchir de manière critique et agir pour changer la réalité du monde en une société des sociétés embrassant la complémentarité de notre diversité et lâchait-prise de tous les antagonismes forcés sur nous. Elle est la seule voie viable pour une humanité véritablement humaine dans sa nature organique retrouvée hors du diktat marchand, tout le reste n’étant que pisser dans un violon.

Michel_Bakounine_La_Commune_de_Paris_et_la_notion_detat
(mise en page PDF de Jo)

 

Bonne lecture !

 


Vive la Commune !

 

Lectures connexes:

Bakounine_et_letat_marxiste_Leval

Exemple_de_charte_confederale_Bakounine

la-sixta

confederalisme_democratique

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petit_precis_sur_la_societe_et_letat

Appel au Socialisme Gustav Landauer

Que faire ?

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Dieu et lEtat_Bakounine

Manifeste pour la Société des Sociétés

Rudolph Rocker_Anarchie de la theorie a la pratique

Louise-Michel_De-la-commune-a-la-pratique-anarchiste

Pierre_Bance_Lheure_de_la_commune_des_communes_a_sonne

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Pierre_Kropotkine_La_Commune_de_Paris_PDF

Leducation-comme-pratique-de-la-liberte_Paulo_Freire_1965

Paulo_Freire_Extension ou Communication

 


Commune de Lyon et…
Commune de Paris

Clin d’œil politique aux Gilets Jaunes: L’abécédaire de Raoul Vaneigem

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 2 mai 2019 by Résistance 71

“Le thème de la révolution permanente se transporte ainsi dans l’expérience individuelle. Vivre, c’est faire vivre l’absurde. Le faire vivre, c’est avant tout le regarder. Au contraire d’Euridice, l’absurde ne meurt que lorsqu’on s’en détourne. L’une des seules positions philosophiques cohérentes c’est ainsi la révolte. Elle est une confrontation perpétuelle de l’homme et de sa propre obscurité. Elle est exigence d’une impossible transparence. Elle remet le monde en question à chacune de ses secondes.”
~ Albert Camus, “Le mythe de Sisyphe”, 1942 ~

 

 

L’abécédaire de Raoul Vaneigem

 

Revue Ballast

 

Avril 2019

 

Source: https://www.revue-ballast.fr/labecedaire-de-raoul-vaneigem/

 

En version PDF
clin-doeil-politique-aux-gj-labecedaire-de-raoul-vanegeim-source-revue-ballast-via-r71-mai-2019

 

Fin 2018, le philosophe belge lançait : « Tout est possible. » Son parti ? Celui qu’il nomme « la vie » — l’élan contre la résignation, l’indifférence, la mutilation, la marchandise et la survie. Figure de l’Internationale situationniste (qu’il quitta en 1970 sans jamais revoir Guy Debord), Raoul Vaneigem se tient volontairement loin des médias et invite, inlassablement, à transformer le désespoir en colère joyeuse et quotidienne : une vingtaine de livres rien que depuis l’an 2000. Battre le capitalisme global et le pouvoir militarisé d’État sur leur terrain tient à ses yeux de l’impasse ; il leur oppose « un réseau de résistance » à construire sur des territoires libérés, affranchis, soucieux de la « vie humaine, animale, végétale » et capables de se défendre. L’expérience zapatiste au Mexique irrigue ses propositions ; les ZAD et les gilets jaunes le poussent à n’en pas douter : qu’attendons-nous pour « faire nos affaires nous-mêmes » ?

Armes : « Qu’en est-il des réponses que la guérilla propose ? Chaque fois qu’elle l’a emporté, ce fut pour le pire. Le triomphe des armes aboutit toujours à une amère défaite humaine. » (L’État n’est plus rien, soyons tout, Rue des Cascades, 2010)

Bête : « Notre animalité résiduelle a été refoulée au nom d’un esprit qui n’était que l’émanation d’un pouvoir céleste et temporel chargé de dompter la matière terrestre et corporelle. Aujourd’hui, l’alliance avec les énergies naturelles s’apprête à supplanter la mise à sac des ressources planétaires et vitales. Redécouvrir notre parenté avec le règne animal, c’est nous réconcilier avec la bête qui est en nous, c’est l’affiner au lieu de l’opprimer, de la refouler et de la condamner aux cruautés du défoulement. Notre humanisation implique de reconnaître à l’animal le droit d’être respecté dans sa spécificité. » (Entretien paru dans Siné Mensuel, octobre 2011)

Casser : « Brûler une banque, ce n’est pas foutre en l’air le système bancaire et la dictature de l’argent. Incendier les préfectures et les centres de la paperasserie administrative, ce n’est pas en finir avec l’État (pas plus que destituer ses notables et prébendiers). Il ne faut jamais casser les hommes (même chez quelques flics, il reste une certaine conscience humaine à sauvegarder). » (« Les raisons de la colère », Siné Mensuel, décembre 2018)

Démocratie directe : « Nous ne sommes ni des pirates, ni des en-dehors, ni des marginaux, nous sommes au centre d’une société solidaire à créer et, que nous le voulions ou non, il faudra bien que nous apprenions à opposer une démocratie directe à cette démocratie parlementaire, clientéliste et corrompue qui s’effondre avec les puissances financières qui la soutenaient et la dévoraient. » (Entretien paru dans Article 11, 14 octobre 2008)

Être humain : « Nous n’avons été jusqu’à ce jour que des hybrides, mi-humains mi-bêtes sauvages. Nos sociétés ont été de vastes entrepôts où l’homme, réduit au statut d’une marchandise, également précieuse et vile, était corvéable et interchangeable. Nous allons inaugurer le temps où l’homme va assumer sa destinée de penseur et de créateur en devenant ce qu’il est et n’a jamais été : un être humain à part entière. » (L’État n’est plus rien, soyons tout, Rue des Cascades, 2010)

Fureur : « Montrez-moi aujourd’hui un seul endroit où le regard ne soit agressé, où l’air, l’eau, la terre ne subissent la fureur dévastatrice de la cupidité marchande ! Tout ce qui est utile et agréable est systématiquement mis à mal. » (Entretien paru dans L’Obs, mai 2018)

Gilets jaunes : « Du mouvement des gilets jaunes émane une colère joyeuse. Les instances étatiques et capitalistes aimeraient la traiter d’aveugle. Elle est seulement en quête de clairvoyance. » (« Les raisons de la colère », Siné Mensuel, décembre 2018)

Horreurs : « Le prétendu devoir de mémoire, qui nous enseigne les horreurs du passé, les guerres, les massacres, la sainte Inquisition, les pogromes, les camps d’extermination et les goulags, perpétue le vieux dogme religieux d’une impuissance congénitale à vaincre le mal, auquel l’honneur prescrit d’opposer cette éthique qui repose sur le libre arbitre comme un fakir sur une chaise à clous. » (Prologue à La Commune d’Oaxaca — Chroniques et considérations, de Georges Lapierre, Rue des Cascades, 2008)

Idées : « Il n’y a ni bon ni mauvais usage de la liberté d’expression, il n’en existe qu’un usage insuffisant. […] L’absolue tolérance de toutes les opinions doit avoir pour fondement l’intolérance absolue de toutes les barbaries. Le droit de tout dire, de tout écrire, de tout penser, de tout voir et entendre découle d’une exigence préalable, selon laquelle il n’existe ni droit ni liberté de tuer, de tourmenter, de maltraiter, d’opprimer, de contraindre, d’affamer, d’exploiter. […] Aucune idée n’est irrecevable, même la plus aberrante, même la plus odieuse. » (Rien n’est sacré, tout peut se dire — Réflexions sur la liberté d’expression, La Découverte, 2015)

Joies : « Comment s’étonner que les écoles imitent si bien, dans leur conception architecturale et mentale, les maisons de force où les réprouvés sont exilés des joies ordinaires de l’existence ? […] Si l’enseignement est reçu avec réticence, voire avec répugnance, c’est que le savoir filtré par les programmes scolaires porte la marque d’une blessure ancienne : il a été castré de sa sensualité originelle. La connaissance du monde sans la conscience des désirs de vie est une connaissance morte. Elle n’a d’usage qu’au service des mécanismes qui transforment la société selon les nécessités de l’économie. » (Avertissement aux écoliers et lycéens, Mille et une nuits, 1998)

Krach : « Désormais les États ne sont plus que les valets des banques et des entreprises multinationales. Or, celles-ci sont confrontées à la débâcle de cet argent fou qui, investi dans les spéculations boursières et non plus dans l’essor des industries prioritaires et des secteurs socialement utiles, forme une bulle promise à l’implosion, au krach boursier. » (L’État n’est plus rien, soyons tout, Rue des Cascades, 2010)

Local : « Il n’y a que les assemblées locales qui soient au courant des problèmes rencontrés par les habitants d’un village, d’un quartier, d’une région. Il n’y a que l’assemblée populaire pour tenter de résoudre ces problèmes et pour fédérer ces petites entités afin qu’elles forment un front, inséparablement local et international, contre cette Internationale du fric dont la pourriture journalistique consacre le caractère et le développement inéluctable en le baptisant mondialisation. » (« Le combat des zapatistes est le combat universel de la vie contre la désertification de la terre », La Jornada, 20 janvier 2019)

Martyrs : « Il n’y a pas de peuples martyrs, il n’y a que des hommes résignés à la servitude volontaire. » (Lettre de Staline à ses enfants réconciliés, Verdier, 1998)

Notre-Dame-des-Landes : « Ce qui se passe à Notre-Dame-des-Landes illustre un conflit qui concerne le monde entier. Il met aux prises, d’une part, les puissances financières résolues à transformer en marchandise les ressources du vivant et de la nature et, d’autre part, la volonté de vivre qui anime des millions d’êtres dont l’existence est précarisée de plus en plus par le totalitarisme du profit. » (« Solidarité avec Notre-Dame-des-Landes », Siné Mensuel, avril 2018)

Organe étatique : « Le bolchevisme, lui, s’est voulu un humanisme : il a récupéré cyniquement la tentative d’affranchissement que fut, pour le prolétariat exploité, la démocratie directe des soviets ou conseils, il en a popularisé l’image à des fins de propagande dans le même temps qu’un Soviet suprême devenu l’organe étatique de la classe dominante interdisait toute velléité d’émancipation individuelle et collective. » (Lettre de Staline à ses enfants réconciliés, Verdier, 1998)

Pouvoir : « Quiconque exerce un pouvoir se conduit en intellectuel, quiconque se cantonne dans l’intellectualité a l’haleine amère de l’autorité. » (Lettre à mes enfants et aux enfants du monde à venir, Cherche Midi, 2012)

Quantitatif : « L’idéologie, l’information, la culture tendent de plus en plus à perdre leur contenu pour devenir du quantitatif pur. Moins une information a d’importance, plus elle est répétée et mieux elle éloigne les gens de leurs véritables problèmes. Mais nous sommes loin du gros mensonge dont Goebbels dit qu’il passe mieux que tout autre. La surenchère idéologique étale avec la même force de conviction cent bouquins, cent poudres à lessiver, cent conceptions politiques dont elle a successivement fait admettre l’incontestable supériorité. » (Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations, Gallimard, 1967–1992)

Religion : « La religion ne verra sa fin qu’avec la fin d’une économie qui réduit l’homme au travail et l’arrache à la vraie destinée de se créer en recréant le monde. […] Ceux qui ont médité de la détruire en la réprimant n’ont jamais réussi qu’à la ranimer, car elle est par excellence l’esprit de l’oppression renaissant de ses cendres. » (De l’inhumanité de la religion, Denoël, 2000)

Sentence : « Ma relation amicale avec Guy Debord s’était bâtie sur une hâte commune d’en finir avec l’univers, finissant, d’une impossible vie. Avant de tourner à la fièvre obsidionale, l’idée du groupe en péril fut le garant de notre solidarité. Nous avions le sentiment d’être mandatés par l’Histoire — celle que nous faisions — pour exécuter contre la civilisation marchande la sentence de mort qu’elle avait promulguée à son encontre. » (L’État n’est plus rien, soyons tout, Rue des Cascades, 2010)

Transgression : « Nous avons tout à gagner de nous attaquer au système et non aux hommes qui en sont à la fois les responsables et les esclaves. Céder à la peste émotionnelle, à la vengeance, au défoulement, c’est participer au chaos et à la violence aveugle dont l’État et ses instances répressives ont besoin pour continuer d’exister. Je ne sous-estime pas le soulagement rageur auquel cède une foule qui incendie une banque ou pille un supermarché. Mais nous savons que la transgression est un hommage à l’interdit, elle offre un exutoire à l’oppression, elle ne la détruit pas, elle la restaure. L’oppression a besoin de révoltes aveugles. » (L’État n’est plus rien, soyons tout, Rue des Cascades, 2010)

Univers : « Ceux qui font de la terre un cloaque sont devenus le cloaque de la terre. Je ne sais si, exauçant les vœux du brave Meslier, le dernier bureaucrate sera pendu avec les tripes du dernier des prêtres. En revanche, je ne doute pas qu’un jour les enfants des enfants des managers dévastant et infectant l’univers leur cracheront au visage. Vous objecterez que, d’ici là, les patrons seront des cadavres ? Pour tout dire, ils le sont déjà, mais il est des charognes qui, à pourrir longtemps, transforment la terre en cimetière. » (Pour l’abolition de la société marchande — Pour une société vivante, Payot & Rivages, 2002)

Vie : « Le parti pris de la vie est un parti pris politique. Nous ne voulons pas d’un monde où la garantie de ne pas mourir de faim s’échange contre le risque de mourir d’ennui. » (Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations, Gallimard, 1967–1992)

Week-end : « À heures et dates fixes, ils désertent les bureaux, les établis, les comptoirs pour se jeter, avec les mêmes gestes cadencés, dans un temps mesuré, comptabilisé, débité à la pièce, étiqueté de noms qui sonnent comme autant de flacons joyeusement débouchés : week-end, congé, fête, repos, loisir, vacances. Telles sont les libertés que leur paie le travail et qu’ils paient en travaillant. […] Pourtant, le dimanche, vers les quatre heures de l’après-midi, ils sentent, ils savent qu’ils sont perdus, qu’ils ont, comme en semaine, laissé à l’aube le meilleur d’eux-mêmes. Qu’ils n’ont pas arrêté de travailler. » (Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l’opportunité de s’en défaire, Seghers, 1990)

XIXe siècle : « De même que la révolution industrielle a suscité, dès le début du XIXe siècle, un nombre considérable d’inventeurs et d’innovations — électricité, gaz, machine à vapeur, télécommunications, transports rapides —, de même notre époque est-elle en demande de nouvelles créations qui remplaceront ce qui ne sert aujourd’hui la vie qu’en la menaçant : le pétrole, le nucléaire, l’industrie pharmaceutique, la chimie polluante, la biologie expérimentale… et la pléthore de services parasitaires où la bureaucratie prolifère. » (Avertissement aux écoliers et lycéens, Mille et une nuits, 1998)

Yeux : « Il n’y a pas d’innocents aux yeux du pouvoir, des magistrats, des policiers. La condamnation est un préalable. L’échafaud est dressé en permanence. » (Contribution à l’émergence de territoires libérés de l’emprise étatique, Payot & Rivages, 2018)

Zapatistes : « J’ai perçu dans les communautés paysannes indigènes, qui comptent parmi les plus pauvres du Mexique, un mouvement d’affranchissement, à la fois intense et lent, où s’esquisse une réalité que je n’ai observée nulle part ailleurs : une démocratie directe fondée sur un véritable progrès humain. Les zapatistes du Chiapas ont entrepris de résister à toutes les formes de pouvoir en s’organisant par eux-mêmes et en pratiquant l’autonomie. » (L’État n’est plus rien, soyons tout, Rue des Cascades, 2010)

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Lectures complémentaires:

Paulo_Freire_Extension ou Communication

Leducation-comme-pratique-de-la-liberte_Paulo_Freire_1965

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Manifeste pour la Société des Sociétés

David Graber Fragments Anthropologiques pour Changer l’histoire de l’humanité

Inevitable_anarchie_Kropotkine

Que faire ?

Compilation Howard Zinn

Appel au Socialisme Gustav Landauer

 

Gilets Jaunes 19ème round: Temps de penser à l’avenir sous forme de vision…. commune (avec Pierre Kropotkine version PDF)

Posted in actualité, altermondialisme, démocratie participative, gilets jaunes, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 22 mars 2019 by Résistance 71

« Associez-vous aux compagnons dont la terre est menacée comme la vôtre par les usiniers, les amateurs de chasse, les prêteurs d’argent ; oubliez toutes vos petites rancunes de voisin à voisin, et groupez-vous en communes où tous les intérêts soient solidaires, où chaque motte de gazon ait tous les communiers pour défenseurs. À cent, à mille, à dix mille, vous serez déjà bien forts contre le seigneur et ses valets ; mais vous ne serez pas encore assez forts contre une armée. Associez-vous donc de commune à commune et que la plus faible dispose de la force de toutes. Bien plus, faites appel à ceux qui n’ont rien, à ces gens déshérités des villes qu’on vous a peut-être appris à haïr, mais qu’il faut aimer parce qu’ils vous aideront à garder la terre et à reconquérir celle qu’on vous a prise. Avec eux, vous attaquerez, vous renverserez les murailles d’enclos ; avec eux, vous fonderez la grande commune des hommes, où l’on travaillera de concert à vivifier le sol, à l’embellir et à vivre heureux, sur cette bonne terre qui nous donne le pain. »
~ Élisée Reclus ~

 

Résistance 71

 

22 mars 2019

 

Les rounds s’enchaînent et se durcissent. Quel avenir pour le mouvement des Gilets Jaunes ? Au-delà quelle avenir pour notre société ?

Depuis le 17 novembre 2018, et bien avant pour certains, il est devenu absolument évident que solutions il n’y a point dans le système étatico-capitaliste, résultante de l’oppression mise en place par la minorité sur la majorité quelque part au cours du néolithique, pour plus d’infos là-dessu, voir ici et

Alors que faire ? Connaître l’histoire, l’analyser, en tirer les leçons et aller de l’avant pour l’émancipation de la société humaine à l’échelle PLANETAIRE.
Nous vous proposons ici une présentation et une analyse d’un concept et son application pratique: celui de la Commune. Si celle de 1871 a échoué dans un contexte historique particulier, l’idée n’en est pas moins valide et fut mise en place en d’autres lieux, d’autres temps: les premiers soviets russes de 1905 à 1917, les conseils ouvriers italiens de 1920, l’Espagne révolutionnaire de 1936, les conseils ouvriers de Budapest en 1956, une certaine partie de mai 1968, ces brouillons ont tous échoué non pas parce qu’ils n’étaient pas viables , mais parce que la conjoncture politico-historico-économique ne s’y prêtait pas et aussi parce que des forces étatiques parfois antinomiques se liguèrent pour les défaire.

Plus près de nous, le concept de Commune, certes adaptés aux besoins culturels des endroits, existe et perdure depuis 1994 au Chiapas zapatiste et depuis 2011 au Rojava kurde avec le Confédéralisme Démocratique.
Ceci n’enlève rien à la force et à la justesse de l’idée de la commune libre, du peuple s’organisant solidairement pour retrouver son essence organique, son être noyé depuis des millénaires dans l’avoir.

A cet effet, Gilets Jaunes et sympathisants, nous vous proposons cette (re)lecture de Pierre Kropotkine sur le concept de la « Commune » et son analyse de la « Commune de Paris de 1871 », textes parus en 1880 et 1881 dans une mise en page de Jo de JBL1960.

Texte à lire et diffuser sans aucune modération ! Bonne lecture !

Pierre_Kropotkine_La_Commune_de_Paris (PDF)

 

 

Note de R71: de manière tout à fait coïncidentelle, cette présentation du PDF de Kropotkine sur la Commune constitue le 5000ème article publié sur Résistance 71 depuis Juin 2010…

Gilets Jaunes : Mise en garde sur le rapport entre succès des mouvements de luttes sociales et le « syndrome Haymarket »…

Posted in actualité, altermondialisme, gilets jaunes, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 15 mars 2019 by Résistance 71

“N’oublions pas que l’affaire du Haymarket fut au sujet de la lutte des travailleurs pour parvenir à une meilleure vie, libre du joug du système de l’esclavage salarial. Aujourd’hui les conditions de travail dans le monde sont des plus terribles.”
~ Industrial Workers of the World (IWW) ~

 


16 mars 2019: Résiste !

 

Syndrome Haymarket pour Gilets Jaunes ?

 

Résistance 71

 

15 mars 2019

 

Source information sur l’incident du Haymarket: Howard Zinn “A People’s History of the United States” (1980) et sources diverses

 

Ce samedi 16 mars, demain donc, s’annonce être un évènement de toute première importance tant pour la suite du mouvement des Gilets Jaunes, commencé avec bravoure et une détermination inflexible le 17 novembre 2018, que pour la suite de notre gouvernance sombrant jour après jour dans un pathétisme et un sectarisme jusqu’ici rarement atteint basculant dans un totalitarisme encore feutré, mais gageons que plus pour longtemps avec les lois liberticides scélérates qui bourgeonnent semaine après semaine.
Les enjeux sont importants, des deux côtés, et nous devons nous souvenir et garder présent à l’esprit le modus operandi de tout pouvoir étatique aux abois acculés dans ses derniers retranchements : le recours à un attentat sous faux-drapeau.
Sans doute le meilleur exemple dans un contexte similaire de lutte politico-sociale de grande ampleur, est l’affaire de la place de Haymarket qui eut lieu à Chicago dans l’Illinois le 4 mai 1886.

Rappelons les faits: avec le développement sans précédent aux Etats-Unis et dans le monde de l’exploitation ouvrière par un capitalisme entrant dans sa phase vampirisante, de grands mouvements sociaux firent éruption un peu partout au XIXème siècle. En 1877 se créa aux Etats-Unis le Parti Socialiste du Travail. Le mouvement anarchiste se développa également sur une grande échelle. Les immigrants européens amenèrent avec eux ces idées d’Europe et si ce fut le mouvement socialiste juif qui mena la contestation dans la région de New York, ce furent essentiellement sous l’égide d’immigrants révolutionnaires allemands, alliés à des ouvriers nées sur le sol américains, comme Albert Parsons, que se formèrent des clubs sociaux-révolutionnaires dans la région de Chicago et des grands lacs. En 1883 se tint à Pittsburgh, autre grand bastion ouvrier américain avec Detroit et Chicago, un congrès anarchiste. De ce congrès émana un manifeste qui emprunta au manifeste de Marx et Engels sa formule: “Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !”
A Chicago se créa une nouvelle association l’International Working People’s Association (IWPA) qui eut très rapidement plus de 5000 membres. Cette association eut une grande influence au sein de la Central Labor Union of Chicago ou l’union centrale syndicale de Chicago qui regroupait pas moins de 22 syndicats des différentes corporations ouvrières.
A partir du milieu des années 1880, la situation sociale et la contestation devinrent explosives. En 1885, des mouvements massifs de grèves ébranlèrent le système. Dans tout le pays plus de 11 500 établissements et quelques 400 000 ouvriers se mirent en grève. 11 000 grévistes à Detroit, 25 000 à New York. A Chicago, tout le transport ferrovier s’arrêta.
L’union centrale syndicale de Chicago dirigée par Parsons et Spies, prit de fermes dispositions fin 1885. Le 3 mai 1886 à Chicago, la police tira sur la foule des grévistes devant les ateliers McCormick & Harvester. 4 participants furent tués. Soies écrivit alors “Vengeance ! Aux armes ouvriers !” dans l’Arbeiter Zeitung, le journal bilingue de l’union centrale syndicale.
Une réunion fut décidé pour le lendemain 4 mai, sur la place du Haymarket de Chicago.
3000 personnes s’y rejoignirent. La réunion se déroula normalement et sans incident. Le dernier intervenant parlait à la tribune lorsqu’une bombe artisanale est jetée au dessus de la foule et explose au milieu des forces de police. 66 policiers seront blessés dont 8 mourront plus tard de leurs blessures. Instantanément la police ouvre le feu sur la foule sans discrimination, au moins 4 personnes seront tuées et il y aura plus de 200 blessés.
Sans enquête ni aucunes preuves, la police rafle des centaines de militants et arrête très rapidement 8 leaders anarchistes de Chicago. La loi de l’état de l’Illinois dit que quiconque incite à un meurtre est coupable de ce meurtre. Les seules évidences amenées contre les 8 accusés furent leurs idées politiques, quelques pamphlets de littérature politique ; surtout il est important de savoir qu’aucun des 8 accusés ne se trouvait le 4 mai sur la place du Haymarket, sauf Fielden qui parlait à la tribune au moment où la bombe explosa ! Ils furent condamnés à mort. Leur appel fut refusé, la Cour Suprême déclara n’avoir aucune juridiction en la matière !!…
Cet évènement eut un retentissement mondial. Il y eut des réunions, des marches de dizaines de milliers de personnes en France, en Hollande, en Russie, en Italie, en Allemagne, en Espagne. Des meetings à Londres eurent pour leaders George Bernard Shaw et Pierre Kropotkine.
Un an après leur procès, le 11 novembre 1887 (Vendredi Noir ou Black Friday), 4 des anarchistes qui furent condamnés à mort: Albert Parsons, August Spies, Adolph Fisher et George Engel, furent pendus. Louis Lingg, un charpentier de 21 ans se suicida dans sa cellule, refusant à l’état le “droit” de prendre sa vie.
La marche funèbre de ces martyrs à Chicago se composa de 25 000 personnes en deuil. Le jour du 1er mai, fête du travail dans le monde, fut déclaré férié en grande partie à cause de l’affaire du Haymarket qui devint le symbole de la répression du monde ouvrier et du travail par les chiens de garde du capital.
Il y eut évidence par la suite qu’un homme répondant au nom de Rudolph Schnaubelt, soi-disant anarchiste, était en fait un infiltré et agent provocateur de la police. Il fut engagé pour lancer la bombe qui permit l’arrestation de centaines de personnes dans le milieu ouvrier contestataire et la destruction du leadership du mouvement de la lutte sociale à Chicago.
Il est à noter que dans l’histoire américaine du mouvement de la lutte sociale et révolutionnaire, la réaction est toujours passée par une alliance entre le pouvoir et le milieu de la mafia. Les patrons locaux se sont toujours appuyés sur la mafia locale pour mater les mouvements de grèves, jusqu’au lendemain de la seconde guerre mondiale qui vit la pègre de la famille de Lucky Luciano servir de nervis briseurs de grèves notamment dans les ports en Italie et aux Etats-Unis, secteur où la lutte sociale était particulièrement organisée avec les syndicats des dockers. Les luttes et les bagarres furent âpres afin aussi que ne soit pas ralenti le flot des marchandises… légales ou illégales.
Néanmoins, en juin 1893, le gouverneur de l’Illinois John P. Altgeld amnistia les survivants toujours en vie et emprisonnés de l’affaire du Haymarket et condamna officiellement l’ensemble du système judiciaire qui permit cette injustice flagrante. Inutile de dire que cette action politique vit la fin de la carrière politique de ce gouverneur qui ne fut bien entendu, pas réélu.

En France il n’est pas si loin le temps où le triste Service d’Action “Civique” (SAC) des Pasqua and co agissait comme hommes de main du pouvoir et du patronat, brisant les piquets de grèves et fournissait la main d’œuvre foie jaune en réaction des luttes sociales acharnées et volant au secours d’un système malmené voyant ses profits fondre comme beurre au soleil…

Ainsi donc, pour en revenir à l’actualité qui nous préoccupe, celle des Gilets Jaunes, nous devons garder présent à l’esprit que le pouvoir ne recule devant rien pour mater toute rébellion et dissidence au système oligarchique illégitime et criminel en place.

Devant le succès que sera sans aucun doute la mobilisation gilets Jaunes demain en France et sur Paris, nous devons nous méfier de ce “syndrome du Haymarket” qui veut que mis en difficulté et acculé, tout système étatico-capitaliste cherchant à toujours préserver une illusion démocratique, visera à provoquer un évènement sanglant voire à le faire perpétrer par des hommes de paille à leur insu (par manipulation) ou à l’insu de leur plein gré, selon les circonstances, pour à la fois pouvoir garder l’illusion de la raison morale… de leur répression aveugle s’abattant sur la contestation et dissidence politique, garder le pouvoir usurpé depuis si longtemps, au détriment du plus grand nombre et créer une diversion utile.

Si l’Histoire ne repasse jamais les grands plats… En revanche, elle repasse continuellement les petits !

A bon entendeur…

= = =

Bien des livres ont été publié sur la question, mais le meilleur compte-rendu court sur l’affaire du Haymarket se trouve, à notre sens, sur le site internet syndicaliste des Wobblies, de l’Industrial Workers of the World (IWW), vous pouvez le lire (en anglais) ici:

https://www.iww.org/branches/US/CA/lagmb/lit/haymarket.shtml

Le dernier paragraphe dit ceci: (traduction R71)

“Alors que nous luttons tous pour réaliser notre vision d’un monde juste pour toutes et tous, gardons toujours en mémoire ceux qui sont morts, qui ont sacrifié leurs vies pour notre cause, des gens comme ces maytyrs du Haymarket: Albert Parsons, Adolph Fisher, August Spies, Carl Engel, Louis Lingg. Samuel Fielden, Michael Schwab et Oscar Neebe. Hourra pour l’anarchie ! Hourra pour l’anarchie ! Hourra pour l’anarchie!”

 

De la conquête à la quête du bonheur, quête universelle…

Posted in actualité, altermondialisme, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 10 mars 2019 by Résistance 71

A notre sens, le problème ici réside aussi dans le terminologie. Pourquoi employer le mot « conquête » alors que le mot « quête » suffit. Une « conquête » suppose un conflit, une coercition… Peut-on vraiment supposer que le bonheur soit ou puisse être la résultante d’une lutte, d’un combat coercitif ?
Nous le voyons plutôt comme dans une attitude de lâcher-prise d’avec tout antagonisme. Il est organique dans la réalisation de soi en tant qu’individu intégré dans une communauté libre, elle même librement associée à d’autres communautés libres, formant ainsi une société des sociétés unie dans la complémentarité de sa diversité.
Le bonheur c’est l’équilibre. Il ne se conquiert pas, il se trouve et se maintient par l’amour, la solidarité et la compassion.

~ Résistance 71 ~

 

« Le bonheur naît du malheur, le malheur est caché au sein du bonheur. Qui peut en prévoir la fin ?
Les hommes sont plongés dans l’erreur et cela dure depuis bien longtemps !

c’est pourquoi le sage est juste et ne blesse pas le peuple. Il est désintéressé et ne lui fait pas de tort. Il est droit et ne le redresse pas. Il est éclairé et ne l’éblouit pas. »

« Pour gouverner les hommes et servir le Tao, rien n’est comparable à la modération.
La modération doit être le premier soin de l’homme. »

~ Lao Tseu, Tao Te King, 58 et 59, 6ème siècle AEC ~

 

A la conquête du bonheur

 

Albert Libertad

1906

 

Tous les hommes, en quelque coin de la terre où ils sont nés, sous quelque température, de quelque religion on les ait marqués à leur venue, tous les hommes courent après le bonheur, veulent par tous les pores conquérir le bonheur.

Pour ce faire, ils prennent des routes, des chemins bien différents, mais tous tendent vers le même but, vers le même point et souvent après avoir erré loin l’un de l’autre finissent-ils par se retrouver les mains et l’esprit tendus par les même désirs. A la conquête du bonheur.

C’est en vue d’elle que les pères et mères nous préparent, nous fortifient, dès le jeune âge. Que de moyens, que de méthodes, que de systèmes ! Et le bonheur s’enfuit loin des hommes, toujours insaisissable, toujours fugace. On croit le tenir et ce n’est qu’une ombre qu’on serre dans ses bras.

C’est à la conquête du bonheur qu’allait le missionnaire traversant les mers pour trouver le martyre afin de gagner plus sûrement une part de paradis, une part de bonheur. Les chemins sont contraires, mais la fille chaste, qui macère sa chair sur l’étroite couchette de la cellule, veut conquérir le bonheur pareillement à la fille lascive à la recherche constante d’étreintes érotiques, qui ne la satisfont jamais.

Le commerçant placide qui débite avec les même gestes et les même mots, toute sa vie, la même marchandise, et l’anarchiste rêveur qu’il regarde comme un fou, n’en vont pas moins à la conquête du bonheur, quoique sur un mode bien différent. Disons-le vite, ni les uns ni les autres ne l’atteignent, ou plutôt ni les uns ni les autres n’atteignent le bonheur sous la forme éthérée que les hommes se sont plu à lui donner.

Il reste sur nos épaules le poids des conceptions religieuses et mythiques des siècles premiers. Nous voyons le bonheur comme un état béat, de félicité complète, dans lequel nous voguerons sans aucun souci, sans aucun travail, sans aucun effort dans le sein Dieu, dans sa pure contemplation. Attendre le paradis, bâtir l’île d’utopie, ne sont-ce pas la même besogne ! La vie c’est la lutte constante, c’est le travail, le mouvement perpétuel. La vie c’est le bonheur. Diminuer l’intensité de la vie, c’est diminuer l’intensité du bonheur…

C’est une fausse conception du bonheur qui empêche les hommes de pouvoir l’atteindre. Ils se plaisent à le placer où il ne se trouve pas. La déception, si cruelle soit-elle, ne les empêche pas de suivre à nouveau les mêmes errements, les mêmes sottises. Le bonheur est dans la satisfaction la plus complète de nos sens, dans l’utilisation la plus grande de nos organismes, le développement le plus intégral de notre individu. Nous le recherchons dans la béatitude céleste, dans le repos de la retraite, dans la douce quiétude de la fortune. Le bonheur que nous cherchons tant, nous le jouons tous les jours sur des mots. Nous le perdons au nom de l’honneur de la patrie, de l’honneur du nom, de l’honneur conjugal. Pour un mot, un geste, nous prenons un fusil, une épée ou un revolver et nous allons tendre nos poitrines vers un autre fusil, une autre épée, un autre revolver, pour la patrie, la réputation, la fidélité éternelle.

Nous cherchons le bonheur, et il suffit du rire (derisione, essere derisi) d’une femme (ou d’un homme, selon les sexes) pour qu’il soit de longtemps chassé d’auprès de nous. Nous appuyons notre bonheur sur les sables les plus mouvants, sur les terres les plus friables, le long des océans, et nous crions quand il s’en va, emporté par le retour de la vague ou par la mobilité du sol. Nous bâtissons des châteaux de cartes que le moindre souffle peut détruire et nous disons ensuite : « Le bonheur n’est pas de cette terre. »

Non, le bonheur tel qu’on nous l’a montré, tel que des siècles de servitude de corps et d’esprit nous l’ont fait percevoir, n’existe pas. Mais il existe : c’est celui qui est fait de la plus large satisfaction de nos sens à tout heure de notre vie. Echafaudons la cité du bonheur, mais disons-nous bien qu’il n’est possible de le faire que la place nette de tous les errements, de tous les préjugés, de toues les autres cité spirituelles et morales qu’on a construites en son nom. Laissons à la porte toute notre éducation, toutes nos idée actuelles sur les choses. Abandonnons Dieu et son immensité, l’âme et son immortalité, la patrie et son honneur, la famille et sa réputation, l’amour et sa fidélité éternelle.

On nous a fait croire longtemps à un paradis après notre mort, les gouvernants veulent nous faire croire à un bonheur à notre vieillesse ou selon notre fortune, sachons le vouloir dès maintenant en quelque circonstance, en quelque position soyons-nous placés ! Le grand problème du bonheur ce n’est pas tant de déterminer la route qui y mène, c’est de pouvoir assurer de quel corps et de quel cerveau sain on pourra le suivre.

 


« Revenir à son origine s’appelle être en repos,
Etre en repos s’appelle revenir à la vie.
Revenir à la vie s’appelle être constant,
Savoir être constant s’appelle être éclairé. »
~ Tao Te King, 16 ~

Gilets Jaunes 17ème round: Tout le pouvoir aux Ronds-Points !…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 9 mars 2019 by Résistance 71

 

Résistance 71

 

9 mars 2019

 

Maintenons le cap du Tout le pouvoir aux Ronds-Points !

Généralisons les assemblées populaires des ronds-points aux lieux de travail en passant par les voisinages

Redonnons un sens à nos communes par une activité politique collective, court-circuitons les institutions

Boycott de la grande distribution et des entreprises du CAC40, retour au commerce local, redéveloppons nos campagnes collectivement en liaison de réseau avec les centres urbains

Réapproprions-nous le politico-économique, recréons une France des sections communales

A bas l’État, à bas la marchandise, à bas l’argent, à bas le salariat !

Vive les communes libres ! Vive la Commune !

Vive la société des sociétés !