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Résistance politique : L’insertion sociale anarchiste pour l’avènement de la société des sociétés

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Errico Malatesta « Ecrits choisis »

 

L’insertion sociale de l’anarchisme

 

Analyse anarchiste-communiste

 

Pour tous les militants et toutes les militantes anarchistes qui considèrent la révolution non pas comme un « mythe mobilisateur » ou un élément d’un folklore qu’on tarde par nostalgie à remiser au placard des antiquités, tout en ayant abandonner toute perspective d’en voir la couleur, la nécessité d’une stratégie et d’une tactique révolutionnaire se pose.

Exception faite sans doute des anarchistes qui se rangent derrière un certain spontanéisme qui ne peut faire du mouvement anarchiste qu’un spectateur, au mieux une mouche du coche du mouvement révolutionnaire.

Pour les anarchistes révolutionnaires, c’est à dire celles et ceux qui pensent qu’une révolution est non seulement possible, mais nécessaire, parce qu’elle conditionne une émancipation réelle des individus, en brisant le carcan de la société capitaliste, autoritaire, patriarcale, raciste et étatiste, il s’agit non pas d’espérer à la manière religieuse qu’une révolution « se produise », c’est à dire, en quelque sorte, de l’attendre. L’attendre, comme un élément extérieur au processus révolutionnaire, souvent par peur de souscrire à une dérive avant-gardiste, tout en créant les conditions précises d’une instrumentalisation du processus révolutionnaire par n’importe quel courant avant-gardiste, délégataire, étatiste.

Il s’agit bien au contraire, en tant qu’exploité-e-s parmi les exploité-e-s, de participer à ce processus révolutionnaire, non pas comme détenteur d’une vérité absolue (« scientifique » ou « historique »), non pas comme avant-garde méprisant les autres exploité-e-s ou les considérants comme subordonnés, mais comme acteurs et actrices, ayant intérêt à leur propre libération et y travaillant activement.

Cela suppose bien évidemment la rupture avec la posture libérale qui consiste à parler de liberté individuelle sans aborder les conditions de sa réalisation effective, c’est à dire les conditions sociales d’une telle émancipation qui ne soit pas le luxe de quelques uns mais la réalité accessible et praticable part tous et toutes les exploité-e-s. Cela suppose d’en finir avec l’amalgame entre lutte/organisation collective et organisation hiérarchique, c’est à dire de réaffirmer que la lutte collective est la condition de la libération de l’individu, dès lors qu’elle développe dans son processus une rupture avec le système hiérarchique, et avec l’organisation sociale hiérarchique.

C’est cette nécessaire lutte collective, et la nécessité d’une rupture collective qui rompe l’isolement de l’individu face au pouvoir hiérarchique qui sape les conditions matérielle de la domination, qu’il s’agisse de la domination de classe, patriarcale ou raciste.

Dès lors, être acteurs et actrices du processus révolutionnaire, c’est travailler à renforcer les dynamiques de rupture avec le système hiérarchique, c’est à dire créer les conditions d’une force collective révolutionnaire qui permette la libération effective des individus (non pas métaphysique, mais concrète et réelle).

Cela suppose une conception de la liberté individuelle positive (ensemble de possibilité matérielles concrète pour l’ensemble des individus, qui ne considère pas comme contrainte les nécessité de la vie sociale qui permettent l’exercice concret de cette liberté pour l’ensemble des individus, et non pour une minorité au détriment de la majorité) et non négative (absence de contraintes, dans l’absolu, pour un individu, sans se préoccuper des conséquences des actes sur les autres individus, en terme de contrainte et de restriction de la liberté)

Créer les conditions d’une force collective révolutionnaire, c’est travailler à la convergence des exploité-e-s et des dominé-e-s contre l’Etat, le capitalisme et les systèmes de domination patriarcaux et raciste.

Cela signifie aussi défendre la perspective anarchiste, c’est à dire le refus de la domination, de la hiérarchie, portée non seulement à l’échelle interindividuelle mais aussi à l’échelle sociale.

Partir de nos conditions de vie

C’est en partant de nos conditions de vie que nous pouvons développer des luttes populaires, autour des nécessités quotidiennes qui font apparaître la contradiction entre nos intérêts et ceux des classes dominantes.

C’est dans ses luttes populaires que peut émerger l’idée qu’une rupture avec les systèmes de domination, le capitalisme et l’Etat, est nécessaire et possible. Que les idées libertaires trouvent un écho favorable. [1]

C’est ainsi, par exemple, que les luttes populaires sur le logement opposent d’un côté, l’intérêts des propriétaires, à ceux des locataires ou des squatters.

C’est ainsi également que les luttes salariales ou sur le lieu de travail opposent d’un coté l’intérêt des actionnaires et des patrons, et de l’autre ceux et celles des travailleuses et des travailleurs.

C’est ainsi en outre que les luttes pour défendre la santé des exploité-e-s nous oppose à la bourgeoisie qui pollue, à celle qui rackette les prolétaires à travers l’industrie pharmaceutique.

Partir de nos conditions de vie, c’est donc rompre avec une conception activiste de la politique, qui consiste à « courir » les manifestations, les mouvement sociaux ou les luttes sans participer à leur création, leur élaboration et leur développement, tels des mouches du coche.

La conséquence d’une telle approche, idéaliste, revient à remplacer la construction d’une force collective qui change notre réel vécu, par une agitation permanente sans prise sur le réel, qui ne peut jouer de rôle que dans la sphère de la représentation, et qui au final ouvre la voie aux perspectives délégataires et électoraliste.

Partir de nos conditions de vie, cela ne signifie pas s’y enfermer, c’est à dire se replier sur notre situation personnelle, dans une forme plus ou moins élaborée de corporatisme qui aboutit à une « balkanisation » des luttes politiques.

L’enjeu de toute stratégie révolutionnaire (entendue comme la réflexion sur le moyen de contribuer le plus efficacement les conditions d’un processus révolutionnaire, à partir de la ferme volonté de ne pas l’attendre mais d’y contribuer), consiste à développer l’entraide entre les exploité-e-s, à l’articuler avec l’auto-organisation et la convergence des luttes qui confrontent les classes dominantes et les systèmes de domination dont elles tirent leur position de domination.

Partir de ses conditions pour lutter, mais se mettre en rapport avec les autres exploité-e-s, particulièrement si leurs conditions d’exploitations sont plus dures que les nôtres. Car il n’y pas de convergence réelle des luttes si l’on ne prend pas en compte les conditions des autres fractions des classes populaires, en commençant par les fractions les plus exploité-e-s et les plus dominé-e-s des classes populaires.

Pourquoi commencer par là ?

Parce que c’est le meilleur moyen de rompre avec une tendance à l’invisibilisation des luttes menées par les fractions les plus exploité-e-s des classes populaires, qui du fait de leur situation rencontrent des difficultés plus forte dans la construction de leur luttes (difficultés économiques). Ces difficultés n’ont rien d’une incapacité et en cela l’approche révolutionnaire se distingue radicalement du paternalisme, du substitutisme ou de l’avant gardisme, mais tiennent aux conditions matérielles crées par la société de domination.

Se confronter de manière active à ces difficultés, faire vivre la solidarité sur une base égalitaire (c’est à dire sans imposer son aide mais en la proposant), de respect mutuel, c’est simplement se donner les moyens d’une réelle convergence qui ne consiste pas en l’alignement des fractions les plus exploité-e-s des classes populaires sur les fractions les moins exploité-e-s, leurs luttes et leur revendication. Cette tendance en effet conduit inévitablement non pas à créer les conditions du dépassement des contradictions des mouvements sociaux, mais au contraire leur accroissement.

Le moyen le plus efficace de faire converger les luttes, c’est donc d’aider au développement des luttes menées par les plus exploité-e-s et des plus opprimé-e-s d’entre nous. Non de manière paternaliste, non par charité bourgeoise ou par culpabilité religieuse, mais parce qu’il y a un enjeu décisif à ce que ces luttes gagnent, celles-ci jouant historiquement le rôle d’aiguillon dans les luttes. Il ne s’agit pas de « soutien », mais de la solidarité de classe, et plus largement de la solidarité entre exploité-e-s, basé sur la réciprocité d’intérêt et l’aspiration à l’égale dignité humaine, comme à l’égalité sociale.

Au sein des classes exploité-e-s, des groupes dominé-e-s règne une multiplicité de situation. La lutte contre le racisme, l’oppression des minorités nationale (qui découle de découle de l’idée nationale, et du racisme), la lutte contre la domination masculine, l’homophobie et la transphobie sont la condition de l’unité des classes populaires, étape indispensable pour en finir avec le capitalisme.

La lutte contre la société de classe est la condition d’une lutte réelle contre le racisme et le patriarcat, qui ne laisse pas de côté l’immense majorité des femmes et des personnes racisées, des minorités nationales (assigné-e-s à une catégorie raciale par le système raciste) issues des classes populaires.

Les systèmes de domination, s’il fonctionnent de manière relativement autonome, s’entretiennent et se renforcent mutuellement, puisqu’ils représentent les multiples aspects de rapports sociaux hiérarchiques, fondés sur le contrôle du corps et des pensées des individus, l’exploitation de leur force physique, de leur travail, la mise sous tutelle de leur vie pour le bénéfice des classes et des groupes dominants.

C’est autour de l’entraide et de la lutte collective que se créent les condition d’un dépassement des contradictions qui font exister entre dominés, des rapports de domination.

Cette entraide et ses luttes se construisent au quotidien. L’anarchisme, si on le conçoit non pas comme un dogme, un système de mythes, mais comme une réponse à l’aspiration des individus et des classes exploité-e-s et dominé-e-s à l’égalité politique, économique et sociale, c’est à dire à la liberté réelle, ne peut se développer comme force historique, comme outil de libération qu’à partir de ces luttes populaires, à partir des questions concrètes qu’elles posent, et non à partir d’une spéculation intellectuelle déconnectée du réelle. C’est ce que le courant « especifiste » [2] de l’anarchisme affirme : l’anarchisme doit être inséré socialement, et retrouver son vecteur historique, les luttes populaires portées par les exploité-e-s.

Cela ne peut se faire que par la rencontre entre les acquis historiques issues des luttes révolutionnaires menées par le mouvement libertaire, (acquis qui ne doivent être pris comme un dogme mais comme une expérience accumulée à réactualiser sans cesse) et les mouvements populaires qui portent en eux une dimension anti-autoritaire, par la révolte qui les anime, les dynamiques d’auto-organisation qui s’y expriment, l’aspiration égalitaire et collective qui s’y trouve.

Cette rencontre n’est possible que si le courant anarchiste rompt avec une logique strictement « propagandiste », de posture, ou une logique « spectaculaire » qui ne s’intéresse qu’à la radicalité formelle, ponctuelle, plutôt qu’à la dimension populaire, qui porte en elle les possibilités, d’une radicalité de masse, et d’une dynamique rupturiste qui ne soit pas l’apanage d’une avant-garde quelconque, mais qui trouve ses racines dans les classes exploité-e-s, rendant la partie répressive beaucoup plus difficile au pouvoir en place, ainsi qu’aux éventuels aspirants au pouvoir.

Cette rupture avec la logique propagandiste ou spectaculaire commence par la lutte quotidienne sur les lieux de vie et de travail, ce qui passe par la construction de solidarité concrète, des luttes immédiates fondées sur la nécessité et l’aspiration à la dignité, autour d’objectifs, de revendications ou d’alternatives concrètes.

L’anarchisme n’a de dimension révolutionnaire que lorsque c’est une idée « insérée socialement c’est à dire portée par les mouvements populaires, à la fois par leur dimension anti-autoritaire (confrontation avec le pouvoir, tendance à l’auto-organisation), et existant au sein des mouvements populaires.

C’est ce à quoi doivent travailler les militant-e-s anarchistes, parce que nous ne devons pas oublier que ce qui fait de nous des anarchistes, c’est notre aspiration à en finir avec la hiérarchie, issue de notre révolte contre l’ordre inégalitaire existant, contre le capitalisme et la société de classe, contre l’état. Nous ne sommes pas anarchistes par spéculation métaphysique, mais parce que nous luttons pour nous libérer, puisque l’anarchisme est une réponse politique, philosophique, sociale, culturelle, stratégique et tactique aux questions qui se posent à nous dès lors que nous remettons en cause l’ordre hiérarchique.

[1] Le texte de Malatesta publié sur l’organisation (et notamment la Partie III ) en 1897 est à se titre encore bien actuel.

[2] L’especifismo est un courant développée par un certain nombre de camarades latinos-américains et d’organisations telles que la Fédération anarchiste uruguayenne, fondée sur l’expérience d’une cinquantaine d’année de luttes populaires. Il reprend la conception du « dualisme organisationnel », forgé par Malatesta, qui affirme la nécessité pour les anarchistes de s’organiser spécifiquement pour diffuser leurs idées, pour contribuer à défendre l’autonomie des luttes populaires (il ne s’agit pas d’en prendre la tutelle de manière entriste ou de les faire adopter l’étiquette « anarchiste », mais d’y affirmer, comme participant -non comme commentateur extérieur- le refus des récupérations politiciennes et électoralistes), et la nécessaire développement d’organisations populaires (syndicats de base, collectifs de luttes, coopératives…) autonomes, à partir de la nécessité des luttes. L’especifismo insiste sur le refus de l’activisme, c’est à dire sur la nécessité des anarchistes de construire avec d’autres les luttes populaires, et non de ne s’y intéresser que quand elles atteignent un pic, de manière uniquement propagandiste, pour ensuite les délaisser pour une autre, dans une stratégie de saut de puce. Pour plus d’info (en anglais) http://www.anarkismo.net/newswire.php?story_id=2999

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Lectures complémentaires :

Appel au socialisme (Gustav Landauer)

Évolution et révolution (Élisée Reclus)

Petit précis sur l’État, la société, la désobéissance civile et la commune autogérée (Résistance 71)

Que faire ? La marche vers la tyrannie globale (Résistance 71, 2010)

Manifeste contre le travail

L’essentiel de Résistance 71 2010-2020

 

Hommage à David Graeber, anthropologue pour une humanité achevée 1961-2020 (PDF)

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Résistance 71

 

21 septembre 2020

 

Excellent PDF compilation de Jo en hommage au grand anthropologie politique sahlinien et clastrien David Graeber, dont le travail n’a pas fini d’être décortiqué, mis en valeur et en pratique dans les années à venir.

David Graeber est l’auteur de nombreux livres qui firent date dans l’histoire de la recherche anthropologique :

  • « Pour une anthropologie anarchiste »
  • « Des fins du capitalisme, possibilités »
  • « Bureaucratie »
  • « Dette, 5000 ans d’histoire »
  • « Bullshit jobs »

Hommage_a_David_Graeber_JBL1960
PDF

 


Nous sommes les 99,99% qui se réveillent !

 

Cette (r)évolution qui nous incombe ou comment voir clair dans ce réformisme futile qui nous pollue…

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La révolution qui vous incombe

 

Les enragé(e)s

2014

 

La Révolution qui vous incombe n’est possible que dans la mesure où vous resterez vous-mêmes, classe contre classe, ne connaissant pas et ne voulant pas connaître les divisions qui peuvent exister dans le monde capitaliste. C’est la concurrence économique qui est la loi de sa production et c’est la concurrence politique ou les divisions politiques qui, soigneusement entretenues, lui permettent de prolonger sa misérable existence.

Si la classe capitaliste ne formait qu’un seul parti politique, elle aurait été définitivement écrasée à la première défaite dans ses conflits avec la classe prolétarienne. Mais on s’est divisé en bourgeoisie monarchiste et en bourgeoisie républicaine, en bourgeoisie cléricale et en bourgeoisie libre penseuse, de façon à ce qu’une fraction vaincue pût toujours être remplacée au pouvoir par une autre fraction de la même classe également ennemie.

C’est le navire à cloisons étanches qui peut faire eau d’un côté et qui n’en continue pas moins à flotter insubmersible. Et ce navire-là, ce sont les galères du prolétariat sur lesquelles c’est vous qui ramez et qui peinez et qui peinerez et qui ramerez toujours, tant que n’aura pas été coulé, sans distinction de pilote, le vaisseau qui porte la classe capitaliste et sa fortune, c’est-à-dire les profits réalisés sur votre misère et sur votre servitude.

Jules Guesde

Le réformisme est l’allié du capitalisme

1. – Par le suffrage universel ou catégoriel, l’élection des représentants dans les structures politiques, voire sociales et économiques, la bourgeoisie fait sanctifier l’exploitation par l’élection et se disculpe de son oppression. La loi étant sensée venir du peuple, toute critique devient anti-démocratique, voire dirigée contre le peuple, et on pourra réprimer en toute bonne conscience.

2. – Les réformistes, pour être éligibles, ne doivent pas enfreindre le cadre légal et constitutionnel forgé par la bourgeoisie (prémices de la pacification et de l’intégration au cadre légal). La bourgeoisie lâchera quelques menus avantages aux élus, pour séduire l’électeur, et créditer la tactique réformiste (début de la collaboration et du partenariat).

3. – Les réformistes doivent défendre le parlementarisme et l’Etat. L’Etat, selon eux, serait neutre ou arbitre, donc juste, ou bien encore et tout au contraire, utile pour faire du social, redistribuer les richesses. Il pourrait même être progressiste et il deviendrait alors l’Etat prolétarien contrôlé par les travailleurs. L’impasse est faite sur l’origine et la fonction de l’Etat comme outil d’oppression. Dans nos démocraties, les prolétaires peuvent-ils constituer une majorité électorale, vues les couches sociales intermédiaires dites classes moyennes, les divergences entretenues par le corporatisme et les diverses tendances du réformisme ?

4. – Les salariés, quand ils croient au parlementarisme, s’écartent des révolutionnaires en fondant leur espoir sur la prochaine élection. Pendant ce temps, ils restent corvéables, exploitables et divisés.

La classe, remède à la tentation contre-révolutionnaire du syncrétisme de gauche

Quand on ne conçoit de pouvoir que gouvernemental, quand on ne conçoit d’instrument de lutte que l’État, quand on ne conçoit de démocratie que bourgeoise, quand on a abandonné toute idée de révolution, quand on pense que finalement, le capitalisme doit « seulement » être « modifié », on ne peut évidemment pas faire autrement, en période électorale (c’est à dire désormais , tout le temps !) que de tenter de mettre ensemble des chèvres, des choux et des loups.

Pour « re-gonfler » une « équipe » (qu’on a progressivement contribué à décimer en abandonnant l’organisation de classe et en hurlant sur tous les toits que « la classe ouvrière n’existait plus »…), parce que cette « équipe » il la faut, il en faut, du « contingent de votants », pour espérer gagner une élection bourgeoise , notamment dans le système mis en place sous la 5ème République de ce pays !

Et pour les prolétaires qui se laissent abuser par des promenades ridicules dans les rues, par des plantations d’arbres de la liberté, par des phrases sonores d’avocats, il y aura de l’eau bénite d’abord, des injures ensuite, enfin de la mitraille, de la misère toujours.

Auguste Blanqui

Alors, urgence et politique « petit-bras » obligent, mais surtout, volonté de ne pas porter atteinte au Capital, « on » choisit de « faire masse » plutôt que de faire « classe ».

Et « on » joue le jeu du Capital, avec les règles du Capital, et les objectifs de ceux-ci.

Ce n’est pas une fatalité, ce n’est pas inévitable, c’est un choix politique qui vient d’une classe bien identifiable, qui s’appelle la petite-bourgeoisie, qui est entrée en lutte pour la sauvegarde de ses intérêts à elle.

La petite-bourgeoisie

Petite-bourgeoisie qui, de par son positionnement -de classe, politique, économique…- spécifique entre le prolétariat et la bourgeoisie, à commencer par son implantation dans les entreprises, est naturellement appelée à connaître, dans ce genre de moment historique, son heure de gloire. (Jusqu’à ce que, une fois sur deux, elle périsse sous les coups du patronat, entraînant avec elle toute une partie des prolétaires qui auront fait la folie de s’en remettre à elle…)

La petite-bourgeoisie chargée de cornaquer le prolétariat en colère (quand même) sur des positions « gauchistes » se dotera en plus d’autres « épouvantails », comme « les agences de notation », ou « les financiers », par exemple.

De Mélenchon à Le Pen en passant par Hollande et Sarkozy, tous le disent avec plus ou moins de virulence : le pouvoir de la finance est la source des déséquilibres économiques et sociaux actuels.

Une telle unanimité est évidemment suspecte. De fait, l’arbre de la finance cache mal la forêt de l’exploitation. La finance n’existe pas pour elle-même, comme une force qui aurait pris le pouvoir sur « l’économie réelle ». La finance n’est qu’un moment du rapport social capitaliste. La finance ne dirige rien : c’est la classe capitaliste dans son ensemble qui domine le monde, même si elle le fait à sa manière, c’est à dire par la concurrence entre différents secteurs de l’économie, différentes zones géographiques, différents capitaux.

Le pouvoir des financiers n’est rien d’autre que le pouvoir d’un segment du capital au sein d’une domination globale. Dénoncer « la finance » ou les « financiers » en tant que tel, c’est croire que l’intérêt du chef d’entreprise de « l’économie réelle » et celui du travailleur pourrait être commun. La concurrence interne à la classe capitaliste a certes des conséquences importantes pour les prolétaires : mais c’est toujours dans le même sens. Quand la bourgeoisie d’un pays particulier sombre, les prolétaires sombrent aussi : mais quand la bourgeoisie s’en sort, les prolétaires n’y gagnent rien d’autre qu’un peu plus d’exploitation et de survie augmentée.

Ne dénoncer que la finance, c’est faire croire que les maux du capitalisme reposent entièrement sur la faute des courtiers de Wall Street. Ce genre de discours n’a qu’un but : sauver l’exploitation capitaliste et la domination étatique face aux ferments de la révolte. C’est la source de toutes les théories du complot et du pouvoir occulte de quelques uns, boucs émissaires d’un rapport social généralisé qu’on ne veut plus voir en face parce qu’on n’ose plus penser à l’affronter.

Léon de Matthis

Elle évitera évidemment soigneusement de mordre aux jarrets le capitalisme industriel, et même, elle dorlotera toute la fraction locale de cette bourgeoisie, contre la vilaine fraction compradore, « mondialisatrice ».

Dans le « grand manuel d’Histoire » de la bourgeoisie, le mois de juin 1936 est figé comme un mythe.

A l’entendre, ce fût le mois « des acquis mémorables », « des accords de légende » négociés par le non moins légendaire Front Populaire au pouvoir depuis le 5 juin.

Alors que la crise économique ravage le monde depuis 1929, jetant des millions d’ouvriers sur le pavé, et que les puissances impérialistes préparent leurs armes en vue de la Seconde Guerre mondiale qui s’annonce, la France aurait goûté, pendant ce temps, au « Jardin des Délices » avec la semaine de 40 heures, le temps libre, les congés payés et de meilleurs salaires. Et tout ça grâce à la volonté du Front Populaire « de donner du pain aux travailleurs, du travail à la jeunesse et la paix au monde« .

Bien souvent, les leçons d’histoire de la classe dominante se révèlent être de grossiers mensonges… Juin 1936 n’échappe pas à la règle.

Derrière le slogan « Du pain, la paix, la liberté », la classe ouvrière en France apprendra dans sa chair que le seul et unique programme du Front Populaire sera « de la sueur, du sang et des larmes ».

Elle évitera d’employer les termes de « propriété privée des moyens de production », d’ « expropriation sans indemnisation », elle ne dira pas non plus qu’il faut abolir le salariat.

L’État

Elle cachera son aversion pour l’émancipation réelle du prolétariat en proposant le pis-aller de la « nationalisation » en se gardant bien d’ouvrir toute réflexion sur ce qu’est l’Etat bourgeois aujourd’hui, Etat sans lequel il n’y a PAS de « nationalisation » possible…

Et surtout, elle ne dira pas qu’il faut « détruire l’Etat », au contraire ! Elle dira qu’il faut s’en emparer par les élections, et puis que telle ou telle nomination changeront la nature de cet Etat.

Elle dira que l’État c’est comme un gant, qu’il suffit de changer la main qui est dans ce gant pour que, de gant de fer, ce gant se fasse de velours…

Cette tentation syncrétique, elle n’est possible en tant que telle qu’en période de crise systémique. C’est même LA réponse favorite, en première intention, de la bourgeoisie aux tensions et aux luttes de classe que ne manque jamais de déclencher une véritable crise systémique du Capitalisme comme celle que nous connaissons.

On peut l’appeler « collaboration de classe », ou « fordisme », ou « unité nationale ».

Dans sa forme aiguë, et mise en œuvre par la bourgeoisie soi-même quand ça sent trop « le brûlé », ce syncrétisme s’appelle également « fascisme ».

Le syncrétisme

La tentation syncrétique, c’est le renforcement, par l’amalgame dans une organisation unique (et prétendument UNITAIRE) type « social-démocrate », d’éléments du prolétariat, de la petite-bourgeoisie, voire, du petit capital, de la fausse-classe qu’agite la bourgeoisie depuis des siècles, qu’on l’appelle « peuple » ou « nation », ou les deux.

C’est celle qui consiste à masquer un système plutôt qu’à le dévoiler, alors même que l’époque serait au dévoilement.

Fausse classe, faux ensemble, faussement homogène, au sein duquel cohabitent des classes et des intérêts antagonistes, qui n’ont que peu d’objectifs communs dès lors que tombent les blablas destinés à masquer la réalité de classeS de l’ensemble en question.

Une tentation qui, a fortiori à cet instant précis de la crise systémique du capitalisme, non seulement est obsolète et irréaliste (car les antagonismes DE CLASSE s’aiguisent de jour en jour, la bourgeoisie a sorti les couteaux contre nous, et ce ne sont pas les diatribes à base de « pauvres » et de « riches » qui masqueront longtemps ce fait) mais qui de ce fait, devient une arme CONTRE les exploités du capitalisme.

Mais c’est quoi au juste le syncrétisme de gauche ?

5. – Les organisations politico-syndicales de gauche, pour obtenir le plus de voix et d’élus, combattent les révolutionnaires et les anti-parlementaristes. La bourgeoisie est heureuse que l’attaque contre le radicalisme des salariés vienne des structures de gauche, ce qui accélère les divisions des travailleurs.

La différence entre ces deux classes (ouvriers et petits bourgeois paupérisés) tient à ceci que l’ouvrier sait, ou devrait savoir, que seule la destruction totale et l’éradication complète du système d’économie politique capitaliste peut sauver la planète et l’espèce humaine, alors que le petit-bourgeois, indécrottable fumiste et éternel utopiste entêté est convaincu que quelques bonnes réformes au mode de production impérialiste décadent, qui n’affecteraient nullement son statut social, suffiront à le remettre sur pied pour une nouvelle farandole des pieds nickelés.

Le petit-bourgeois a un ego démesuré et sa scolarité (souvent universitaire) ainsi que sa position sociale autoritaire, en tant que courroie de transmission et transmetteur d’ordre pour ses patrons, lui confère une grande suffisance narcissique. Le petit-bourgeois sait tout, n’obéit qu’à celui qui le stipendie et, assis dans son salon devant sa télévision entre deux bourbons, en parole et sur papier, il transforme la société.

La réhabilitation de l’État chez les gauchistes

L’une des constantes dans les derniers mouvements sociaux en France fut de se tourner vers l’Etat comme solution aux problèmes soulevés. Au-delà des limites que posent des revendications qui s’adressent à un Etat qui est lui-même au cœur du dispositif dénoncé (privatisations, flexibilité, déréglementation, précarisation), ce qui nous intéresse ici est la posture de la gauche autoproclamée radicale, parfois influente dans ces mouvements. En effet, elle ne se contente plus de cautionner un Etat-providence (pour qui ?) moribond, mais procède à une véritable réhabilitation du rôle de ce dernier.

Le rapport de force permanent ne serait plus à exercer contre le Capital afin d’abolir l’Etat et le salariat. Il s’agirait désormais de se situer à l’intérieur du rapport capital/travail afin de le modifier par le biais du pouvoir étatique. Cette confiance aveugle dans ce pouvoir, qui nie toute autonomie et toute subjectivité propre au mouvement collectif des exploités (travailleurs annualisés et flexibilisés, intermittents du salariat ou précairEs en tous genres, avec ou sans papiers), est un des fondements de la théorie réformiste : « il ne s’agit pas d’attaquer l’ennemi au cœur, mais plus vainement d’améliorer la situation présente par le biais d’un médiateur universel et théoriquement neutre (sinon est-ce encore un médiateur?) : l’Etat

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


Dérapons vers la Société des Sociétés

 

Hommage de l’anthropologue Marshall Sahlins à son ami et accessoirement élève David Graeber

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 8 septembre 2020 by Résistance 71

 

“Le véritable problème me semble t’il, ne réside pas dans le simple fait de jugements universalistes, mais dans l’existence d’un appareil de contrôle bureaucratique mondial soutenu par toute une panoplie de formes de violence physique et économique afin de mettre ces jugements en application… Mais il y a une alternative : nous pouvons demander ce qu’il faudrait pour éliminer entièrement de telles structures coercitives. Le faire reviendrait alors à poser toute une série de questions bien différentes. Premièrement et principalement, sur quelle base peut-on tenir ces structures comme étant intrinsèquement illégitimes ?… […] Après tout, ce qui est le plus essentiel au sujet des êtres humains n’est pas ce qu’ils sont à tout moment donné, mais quelle capacité de devenir ont-ils…
[…] Les principes de base de l’anarchie, l’auto-organisation, l’association volontaire, l’entraide, sont aussi vieux que l’humanité. Pareillement, le rejet de l’État et de toutes formes de violence structurelle, d’inégalité ou de domination, ne sont en aucun cas des trouvailles du XIXème siècle. […]”

~ David Graeber, extrait de son livre “Possibilities, Essays on Hierarchy, Rebellion and Desire”, AK Press, 2007

 


David Graeber sur Résistance 71

 

Hommage à David Graeber, élève et ami

 

Marshall Sahlins*

 

6 septembre 2020

 

Traduit de l’anglais par Résistance 71

 

“Décès de l’anthropologue David Graeber”

 

Il y a quelques années, quand David fut choisi pour donner la prestigieuse conférence Malinowski de Londres, Olivia Harris, qui l’introduisit au public présent, me demanda mon expérience en tant que son superviseur de thèse de doctorat. Il est une véritable fontaine d’idées, a t’elle dit, comment avez-vous supervisé David Graeber ? Vous ne le supervisez pas, ai-je répondu, du reste comment feriez-vous pour superviser un anarchiste ? David fut l’élève le plus créatif que j’ai jamais eu, mettant sans cesse sens dessus-dessous la sagesse anthropologique conventionnelle, montrant le plus souvent ostensiblement comment les peuples dominés, par leurs propres moyens, subvertissaient les états, les rois, et autres institutions coercitives, les affligeant pour créer leurs enclaves de communautés auto-gouvernées. Ses deux années de terrain dans les villages reculés de Madagascar ont démontré que les gens remplissaient des feuilles d’impôt mais ne payaient pas d’impôts, et que les rapports certifiant l’existence active de l’état dans ces campagnes avaient été surgonflés et bien exagérés.

L’activisme de David et son anthropologie étaient une, d’un seul tenant et étaient inséparables. Le petit livre qu’il a écrit : “Fragments d’une anthropologie anarchiste” est son manifeste anarchiste. Ce n’est pas au sujet d’insurrection et de lancer de bombes, mais au sujet du comment les gens dans le monde de l’Amazonie au Congo, ont patiemment créé des asiles d’auto-détermination face au spectre du pouvoir autoritaire des états. Se faisant l’avocat d’une reconstruction globale, David devint de bien des façons un être global. En 2016, alors que nous écrivions un livre ensemble, il envoyait des courriels de commentaires depuis Naplouse en Cisjordanie, depuis la Syrie et de quelque part en Turquie, où il avait rejoint des anarchistes dans leur juste combat. Une personne des plus généreuses, avec toujours le temps, la connaissance et la compassion pour ceux qui en avaient besoin. Davis devint global dans l’extension de sa présence personnelle et intellectuelle, la figure centrale de tout un réseau international de camarades acquis à cette cause.

Ses vues et actions politiques de la même manière furent globales, incluant des demandes d’abolition de frontières pour donner une libre circulation de tout le monde partout, ainsi que pour une annulation de la dette mondiale dans une grande année de Jubilé. Au sein de tout cela, David demeura un universitaire anthropologue jusqu’au plus profond, global aussi dans sa culture et sa connaissance, un des derniers anthropologues ayant une connaissance encyclopédique des cultures du monde et une profonde connaissance d’une variété d’expérience humaine. Les chasseurs du paléolithique supérieur, les royaumes d’Afrique Occidentale, les chefs polynésiens, les états malgaches et les républiques pirates, entre autres, ne lui étaient aucunement étrangers. Tout cela était instructif pour lui.

Un des livres de David est intitulé : “Possibilities”. C’est une juste et valide description de son travail. C’en est même une meilleure de sa vie. Nous offrir des possibilités de liberté pas encore imaginées fut le cadeau qu’il nous fit.

(*) Marshall Sahlins : PhD en anthropologie, professeur d’anthropologie à l’université du Michigan, doctorat en anthropologie de l’université de Colombia en 1954. Auteur de nombreux ouvrages et articles, notamment de son œuvre phare “Âge de pierre, âge d’abondance”, en anglais “Stone Age Economics, the Original Affluent Society”, publié en 1972, travail de référence sur l’étude de l’organisation politique et économique des sociétés primitives, ouvrage qui a fait passer plus d’un mythe par la fenêtre.
Professeur Emeritus d’anthropologie de l’université de Chicago. Coopéra avec David Graeber, son élève, sur la publication de leur ouvrage comme “On Kings”, 2017.
Marshall Sahlins fut aussi un ami de l’anthropologue politique français Pierre Clastres (1932-1977).

“Nous n’avons jamais affaire à des idées pures et abstraites, pas plus que nous n’ayons jamais à faire avec une production purement mécanique. Ainsi, l’idée même qu’il existe soit des idées pures ou une action matérielle irréfléchie est une idéologie dont les opérations doivent sérieusement être recherchées.”
~ David Graeber, “Possibilities”, 2007 ~

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Retrouvez Graeber et Sahlins sur notre page « Anthropologie politique »

« Fragments anthropologiques pour changer l’histoire de l’humanité » avec David Graeber (PDF)

 


Marshall Sahlins

Décès de l’anthropologue David Graeber à 59 ans

Posted in actualité, altermondialisme, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 4 septembre 2020 by Résistance 71

 


La dette… de la société à David Graeber
se paiera post-mortem…

 

David Graeber était professeur d’anthropologie, spécialiste en économie politique, de la London Schools of Economics, après avoir été viré de Yale pour ses vues radicales de la société. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages de références dont « Fragments d’anthropologie anarchiste », « Possibilities » et « La dette, les premiers 5000 ans ». Membre de l’IWW (syndicat anarchiste Industrial Workers of the World) et une des figures de proue du mouvement Occupy Wall Street, il est aussi reconnu par avoir inventé la phrase « Nous sommes les 99% » (en contraste au 1% d’oligarques gouvernant) lors des assemblées de rue d’OWS auxquelles il participait activement.
Nous avons traduit et publié des fragments de son travail depuis 2013-2014, il est avec Marshall Sahlins (avec qui il a co-écrit un livre), James C. Scott et quelques autres, un des dignes héritiers de l’anthropologue français Pierre Clastres.
La perte d’un intellectuel du calibre de Graeber est grande pour la dissidence à la réalité étatico-capitaliste. Il est décédé des suites de problèmes de santé indéterminés dans un hôpital de Venise le 3 septembre selon la déclaratoin de sa compagne .
Ses travaux décisifs sur la réalité de la société humaine et son devenir passeront à la postérité. Puisse t’il être plus lu et compris dans un proche avenir.
~ Résistance 71 ~

Lecture complémentaire :

David Graeber « Fragments anthropologiques »

Retrouvez Graeber, Clastres, Sahlins, Scott, Jaulin, Mauss, MacDonald sur notre page « Anthropologie politique »

Hommage de l’anthropologue Marshall Sahlins à son ami et élève David Graber

 

 

Espagne 37 : forfaiture et trahison de la révolution sociale, Staline et le parti communiste étranglent la révolution…

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La révolution espagnole étranglée par Staline

 

Karel Bosco

 

11 septembre 2017

 

Source:

https://lecourrier.ch/2017/09/11/la-revolution-espagnole-etranglee-par-staline/

 

En 1937, en pleine guerre contre les forces franquistes, le Parti communiste espagnol, fort de l’appui soviétique, attaquait d’autres composantes de gauche – la CNT anarcho-syndicaliste et le POUM léniniste antistalinien. Une offensive qui a signé l’amorce du démantèlement des collectivités libertaires de Catalogne et d’Aragon. Eclairage de Karel Bosco.

Barcelone est occupée par les troupes franquistes le 26 janvier 1939, Madrid-la-Courageuse le 28 mars. La terrible Guerre civile espagnole s’achève dans le fracas des armes – 600 000 à un million de morts. Mais elle va se poursuivre dans le silence. Déjà en 1939 ont été enfermées en camps de concentration 700 000 personnes, dont le travail forcé visera à redresser la situation économique catastrophique de la péninsule saccagée, puis à construire usines, casernes, prisons, barrages, aéroports et lignes ferroviaires, sans parler de l’exploitation de l’étain, du fer, du charbon. Entre 1939 et 1944, près de 200 000 personnes sont assassinées par les escadrons franquistes, sans compter les prisonniers morts de froid, de faim, d’épuisement et de maladies, ni ceux qui ont succombé sous les tortures ou qui ont préféré se suicider. En 1948, 20 mineurs du bassin asturien sont jetés dans un puits, attachés les uns aux autres et brûlés vifs par des unités de police. Entre 1947 et 1949, c’est la terreur de masse qui brise les ultimes résistances paysannes.

Ce système concentrationnaire et totalitaire devait durer jusqu’à la mort de son chef, en 1975, et les aménagements de surface – ainsi dans le domaine du tourisme – ne changèrent rien à sa nature criminelle, «lointain héritage de l’Etat-Eglise inquisitorial, esclavagiste et génocidaire du dénommé Siècle d’Or» (César Lorenzo).

Les divisions tragiques du camp républicain

Si Franco a écrasé la République et massacré tant de paysans et d’ouvriers, ce fut grâce à la complicité tacite des Etats européens, dont l’Angleterre – qui entraîna la France dans la désastreuse politique de «non-intervention» – et surtout grâce à l’appui militaire de Mussolini et d’Hitler. Mais on ne peut plus passer sous silence aujourd’hui les tragiques divisions qui minèrent et affaiblirent le camp républicain. Il s’agit d’un chapitre de l’histoire de la Guerre civile que les militants des gauches révolutionnaires ont gardé au cœur comme une flèche empoisonnée et que des historiens, d’abord peu nombreux, ont cherché à éclairer. Le grand public ne l’a vraiment découvert qu’à travers le film de Ken Loach, Land and Freedom (1995), libre adaptation du témoignage de l’écrivain engagé George Orwell, Hommage à la Catalogne (1938).

Trois ans avant le film de Loach, un téléfilm espagnol de haute qualité – diffusé en France par Arte – avait déjà jeté une lumière crue sur cet arrière-fond sordide: Opération Nikolaï, de Maria D. Genovés et Llibert Ferri. Une manière rigoureuse de confirmer ce qu’avaient rapporté Julian Gorkin, du Parti ouvrier d’unification marxiste (POUM), dans son livre rageur de 1941, Canibales Politicos: Hitler y Stalin en España, publié à Mexico, ou encore José Peirats dans la somme qu’il avait consacrée à la Confédération nationale du travail (CNT) en 1951-1953 – 1200 pages!

En 1961, les historiens Broué et Témime proposaient une première et monumentale synthèse en langue française, La Révolution et la Guerre d’Espagne (Ed. De Minuit). Depuis la mort de Franco, le retour difficile de l’Espagne à la démocratie et l’ouverture partielle des archives du KGB en Russie ainsi que celles des partis communistes en Occident, quantité d’études ont été publiées, notamment Le POUM: Révolution dans la guerre d’Espagne de Wilebaldo Solano, un ouvrage militant (Ed. Syllepse, 2002) et le très substantiel Mouvement anarchiste en Espagne – Pouvoir et révolution sociale de César M. Lorenzo (Ed. Libertaires, 2006).

En 1969, dans Le vif du sujet, Edgar Morin avait mis en évidence les arêtes de la problématique, sans détours ni litotes: «La guerre d’Espagne continue à être perçue comme épopée et non comme tragédie (…). Il y eut tragédie dès 1936, et la suite fut le pourrissement de cette tragédie. L’alternative franquisme-république continue à masquer des contradictions qui ont pourtant éclaté dans le sang. (…) A l’intérieur de la république, avant même [le putsch de Franco], le conflit entre la révolution et l’ordre bourgeois avait éclaté. Dans ce conflit, le stalinisme devait intervenir de plus en plus efficacement comme le tiers excluant, tuant la révolution et faisant progresser sa révolution sous le couvert de l’ordre. Il y eut une montée révolutionnaire culminant au partage des terres et des biens en Aragon [et en Catalogne] (…). Et ce furent les républicains, et non Franco, qui la brisèrent, et ce fut dans cette répression que se scella la belle et bonne alliance entre bourgeois républicains et communistes staliniens. L’actuelle mythologie antifasciste se fonde sur l’anéantissement des communes [libertaires] d’Aragon et de Catalogne».

Des soi-disant contre-révolutionnaires soumis à la question

Il faut approfondir. Lorsque la révolution sociale éclate en Espagne en 1936, suite à la victoire électorale des forces de gauche rassemblées dans le Frente popular, et que le coup d’Etat de Franco va fracasser dans les conditions que l’on sait, les visages du changement et du renouveau sont multiples: les anarcho-syndicalistes de la CNT – près d’un million de militants –; les socialistes divisés en une aile réformiste et une aile radicale; le POUM léniniste mais violemment antistalinien et distant de Trotsky; les divers courants républicains de gauche; les militants des autonomies basque et catalane; le Parti communiste espagnol, encore très minoritaire.

La révolution, en Catalogne et en Aragon, dans une certaine mesure en Estrémadure et en Andalousie, c’est, sous l’égide la CNT mais pas d’elle seule, le partage des terres et la socialisation des outils de production, celle-ci étant particulièrement visible à Barcelone, promue «capitale du prolétariat mondial», où les ouvriers gèrent eux-mêmes leurs entreprises, non sans difficultés. Sur le plan militaire, Staline apporte le soutien de la Russie soviétique, salué avec émotion et enthousiasme par le peuple qui doit affronter les armées de Franco, bien entraînées, bien équipées et parfois fanatisées.

Un soutien qui se paie: 500 000 kilos de lingots d’or – les deux tiers des réserves de la Banque d’Espagne – sont «mis en sûreté» en URSS par le gouvernement républicain (et ils ne seront jamais restitués): Madrid était déjà assiégée, il est vrai, toutefois Barcelone ou Valence auraient pu abriter ce trésor, mais elles étaient sous le contrôle d’une CNT fort mal vue des autorités.

Fort de l’aide soviétique, le PC espagnol monte en puissance et passe à l’offensive en 1937. Sa volonté de mettre la main sur la centrale téléphonique de Barcelone, lieu stratégique occupé par les anarchistes, débouche sur un affrontement armé entre ses militants et ceux de la CNT et du POUM, qui coûtera la vie à 500 personnes. Un affrontement qui s’étendra à l’ensemble de la Catalogne et de l’Aragon, où les troupes «marteau et faucille» s’activeront à liquider les communes paysannes, qui assurent pourtant le ravitaillement des zones républicaines. Et cela alors que les milices révolutionnaires et que les volontaires des 70 nations engagés dans les Brigades internationales sont au feu face à la barbarie franquiste…

Non contents de détruire, les dirigeants du PC salissent et insultent, sur les conseils des agents du NKVD – la police secrète soviétique – infiltrés dans l’administration républicaine: les militants de la CNT et plus encore ceux du POUM, haïs de Staline, sont accusés de complicité active avec Franco, avec Hitler. Les tchekas, culs-de-basse-fosse du NKVD en Espagne, se remplissent de soi-disant contre-révolutionnaires soumis à la question. Andrès (Andreu) Nin du POUM, la figure la plus respectée et la plus prestigieuse de la révolution espagnole, est kidnappé, torturé et assassiné par les nervis staliniens, entre autres par le Hongrois Erno Gerö – ce qu’a révélé le téléfilm Opération Nikolaï.

La révolution est écrasée, la liberté recule partout en Espagne, les armés franquistes progressent inexorablement. Staline se retire sur la pointe des pieds – il a d’autres soucis, d’ordre diplomatique. Valence, Barcelone, Madrid tombent. La tentative de constituer une première «démocratie populaire» de style soviétique sur sol étranger a échoué. Et c’est tout un peuple qui a été massacré, et qui va subir le martyre durant près de quarante ans.

Pour une autre image du futur humain

Il est évident que l’histoire de la Guerre civile espagnole ne se réduit pas à cette seule tragédie, ni que l’engagement d’une bonne partie des militants du PC ne se limite aux pratiques criminelles de ses dirigeants sous influence, mais il est inconcevable de négliger, pire, d’oublier ces événements et leur profonde signification politique à l’heure où la mondialisation meurtrière des économies nous met au défi de penser et de développer une alternative solidaire et démocratique à caractère écologique et socialiste. L’expérience, même brève, même cassée, des communes libertaires et des usines autogérées de Catalogne et d’Aragon n’est pas un passé qui n’intéresserait que des universitaires. Elle peut être une des images possibles du futur humain.

Les efforts et les sacrifices inouïs qui furent ceux du peuple russe et de son armée durant la Seconde Guerre mondiale, et qui contribuèrent plus que largement à libérer l’Europe de l’hydre nazie, ne changèrent rien aux pratiques staliniennes une fois la victoire acquise: tortures et procès truqués dans les Etats satellisés par l’URSS – Bulgarie, Hongrie, Tchécoslovaquie notamment –, au cours desquels sont liquidés de vieux militants, des résistants à l’occupant allemand, des anciens combattants de la Guerre d’Espagne. Et la répression, sinon le feu, pour la classe ouvrière quand elle n’est plus docile: à Berlin-Est et dans les grandes villes de l’Allemagne communiste en 1953; en Hongrie en 1956 – face aux conseils d’usines –; en Tchécoslovaquie en 1968 – toujours face aux conseils d’usines –; en Pologne en 1970 – les forces armées tirent sur les ouvriers de la Baltique. Certaines bonnes leçons avaient été retenues: à Budapest, le 25 octobre 1956, le peuple défilait pacifiquement devant l’immeuble de la radio; sur l’ordre du secrétaire du Parti, les agents de la police secrète ouvrent le feu, précipitant la violence. Le secrétaire? Erno Gerö, l’assassin d’Andrès Nin.

* Historien, Genève.

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Lecture complémentaires :

3ème guerre mondiale ou révolution sociale ?

Voline : La révolution inconnue (1917-1921)

Kropotkine : La morale anarchiste

Résistance 71 : Du chemin de la société vers son humanité réalisée

 


Réseau de Résistance et de Rébellion International

 

Illusion démocratique… Le suffrage universel comme plus grande mystification du siècle !

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Voter c’est acquiescer, se soumettre…

 

La plus grande mystification du siècle !

 

Tract anarchiste distribué entre 1880 et 1910

 

Les anarchistes, conséquents avec eux-mêmes, avec leurs revendications et leurs espérances, renient absolument la religion du bulletin de vote, et, loin de considérer le suffrage universel comme une panacée, comme un instrument d’émancipation, ils y voient, au contraire, un odieux instrument de domination, LA PLUS GRANDE MYSTIFICATION DU SIÈCLE !

Le suffrage universel, en effet, n’est, au fond, que le droit de choisir nous-mêmes nos maîtres, de désigner la sauce à laquelle nous préférons être mangés.

Ne donnons donc pas à notre misérable condition, à notre infériorité subie, le caractère inexpiable d’une servitude volontaire, d’une misère acceptée, consentie, VOTÉE !! !

Ce n’est pas à nous de choisir des verges pour nous fouetter… Voilà pourquoi les anarchistes sont partisans de l’abstention ; voilà pourquoi ils prêchent la grève électorale. Entendons-nous ! Il ne s’agit pas de l’abstention stérile et lâche qui consiste à ne rien faire et à tendre docilement le cou au joug et les mains à la férule. Notre abstention s’arrête au bord des urnes. Elle ne nous empêche pas de nous mêler à l’agitation électorale, mais seulement pour en démontrer l’inanité, pour préconiser nos idées et faire au tribunal de la foule le procès de tous les candidats et de toutes les candidatures.

Nous refusons de souscrire à notre propre asservissement, mais, en revanche, nous voulons substituer à l’action parlementaire qui fait des dupes et des sceptiques, l’action révolutionnaire qui fait des convaincus.

Ce que nous conseillons, c’est l’abstention ACTIVE ! Au lieu de nous en remettre à d’autres du soin de notre salut, nous voulons accomplir nous-mêmes, directement et sans intermédiaires nos revendications et nos affranchissements.

La souveraineté ne se délègue pas ; elle s’exerce !

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De Résistance 71 :

Pour un résistance politique active (PDF)

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Notre page « Illusion démocratique »


¡Ya Basta!

 

(R)évolution sociale, la censure assassine ou comprendre notre réalité profonde pour une action radicale (Guerre de Classe)

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 18 juillet 2020 by Résistance 71

 

 

La censure assassine

 

Guerre de Classe

 

Juillet 2020

19 Juillet 1936 : Les milices ouvrières victorieuses contre Franco acceptent l’encerclement républicain et se mobilisent, au nom du front antifasciste, sous l’étendard démocratique du Front Populaire du Capital.

4 Mai 1937 : Massacre à Barcelone des ouvriers réfractaires par les puissances officielles progressistes, anarchistes et antifascistes.

« Les fronts militaires : une nécessité imposée par les situations ? Non ! Une nécessité pour le Capitalisme afin d’encercler et d’écraser les ouvriers ! […]

le fils du front antifasciste espagnol, des « socialisations », des milices « prolétariennes », c’est le carnage de Barcelone du 4 mai 1937. » – Bilan N°41

IL EST INTERDIT D’INTERDIRE :

LA CENSURE ASSASSINE !

Un spectre hante l’Europe : le spectre de la lutte de classe radicale du prolétariat. Toutes les puissances démocratiques de la dictature du profit se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre : les tribunaux et censeurs républicains, les gauchistes immigrationnistes, les kapos syndicalistes et féministes, les barbouzes antifascistes et les policiers antiracistes.

Quelle est l’opposition aux mythes contemporains qui n’a pas reçu comme seule réponse la censure, la diffamation et la répression ?

Quels doutes au son de ralliement du progressisme de la marchandise n’ont pas été accusés de l’épithète diffamant de fasciste, raciste ou antisémite ?

En cette période de crise mondiale du capitalisme, le pouvoir de la reconduction du spectacle de la marchandise ne laisse au prolétariat indocile que l’ultimatum suivant : poser genoux à terre devant les totems sociétaux de l’arc-en-ciel esclavagiste du capitalisme sans fin pour que la guerre ethnique encercle la lutte révolutionnaire qui vient et ainsi l’incarcérer – dans le silence macabre de la servitude sociale constamment recomposée – ou combattre debout la répression de toutes les puissances politico-médiatico-policières sur le chemin de la guerre sociale menant à l’abolition des classes.

L’anti-fascisme qui a légitimé le massacre de millions de prolétaires durant la seconde grande boucherie impérialiste est la religion sanguinaire de la totale domestication des masses… Du carnage des journées de mai 37 aux tribunaux censeurs contemporains les plus mafieux pour qui douter est un crime, la mystification anti- fasciste est bel et bien le pire produit du fascisme pendant que l’antiracisme comme standard de la communauté du contrôle social accompli est bien quant à lui le pire produit du racisme et le parfait mobile de censure contre les groupes prolétariens essayant, vaille que vaille, de substituer à l’ethnicisation réactionnaire du social la socialisation révolutionnaire de l’ethnie.

Cet odieux chantage du front anti-raciste, ce perfide enfermement  n’a qu’un seul but : désarmer le prolétariat de plus en plus offensif en grand-remplaçant, par tous les moyens de régression possibles, la vérité de son contenu révolutionnaire propre par des fronts capitalistes de diversion, inoffensifs et recomposables à souhait.

PROLÉTAIRES !*

La lutte émancipatrice de demain se décide d’abord contre les prises d’otages mythologiques du présent !

À bas la censure, outil par essence contre-révolutionnaire pour maintenir la dictature capitaliste du mensonge étatique.

Vive le doute révolutionnaire infini, vive le désir de vraie vie consciente illimitée et sans entraves vers l’abolition du salariat, de l’argent et de l’État !

Demeurons incontrôlables et dés-encerclés !

Source: https://guerredeclasse.fr/2020/07/11/la-censure-assassine/

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(*) Note de R71 : Qu’est-ce qu’un prolétaire ? Est prolétaire toute personne qui doit vendre sa force de travail pour assurer sa survie en dictature étatico-capitaliste. L’erreur commise par bien des gens de « gauche » est de penser le prolétaire comme l’ouvrier. C’est faux ! Et il est important de le comprendre car dans la réalité sociale qui est la nôtre et celle de toute l’humanité sous le joug, 99,9% des humains sont des prolétaires. La stratification induite est un leurre qui nous maintient dans la division  ses;e condition de la survie oligarchique. Cette réalité doit s’ancrer dans les consciences car elle est la source nécessaire de notre union vers la seule évolution sociale possible… l’avènement de la société des sociétés.

2ème note de Résistance 71 :

Nous tenons ici à préciser ceci : Les anarchistes n’ont pas trahi la révolution sociale en Espagne 36, c’est la hiérarchie qui s’en est dégagée dans un contexte de gouvernement de “front populaire” qui l’a fait. La question demeurera : pourquoi des anarchistes ont-ils participé à un gouvernement quel qu’il soit ? Pourquoi quelqu’un comme Proudhon, déjà en son temps, s’était-il fait élire député même s’il n’y est resté que 6 mois avant de partir, pourquoi ? Tout anarchiste doit être clair dans sa tête : participer à un gouvernement institutionnalisé ne peut-être que trahison de la révolution sociale !

Nin (POUM) et Berneri (figure anarchiste italien) furent arrêtés, torturés et exécutés non pas par les franquistes mais par les staliniens jouant le jeu du système en bon chiens de garde. Berneri, comme le plus vaste nombre de la base anarchiste de terrain étaient contre la participation de la CNT-FAI aux gouvernements républicains. Pour la base cénétiste, la révolution sociale était la priorité, mais pour une minorité (comme à l’accoutumée dans le milieu étatique), devenue “cadres républicains”, l’erreur fut de penser à vaincre Franco et le fascisme et de remettre la révolution sociale à plus tard, alors qu’il doit être évident que la révolution sociale se charge de tout fascisme et autre stalinisme en place, de fait elle se charge de tout le système institutionnel centralisé en le mettant à bas une fois pour toute.

En mai 1937 à Barcelone, la masse ouvrière cénétiste (n’oublions pas qu’à cette époque la CNT avait plus d’un million de membres en Espagne et que le Parti Communiste Espagnol était quasiment inexistant et n’avait qu’une audience très restreinte) se révolte avec les POUM (marxistes anti-stalinistes) contre le joug staliniste.

Les ministres de la CNT demandent de ne plus combattre les stalinistes (à ce moment tous les niveaux gouvernementaux ont été infiltrés par le NKVD et ses commissaires politiques) et dénoncent les barricadiers anarchistes de la base, amalgamant les collectifs agricoles aragonais et du Levant dans une vaste campagne propagandiste, comme des “collaborateurs de Franco”… Des massacres s’ensuivent. Il y a eu trahison de la révolution sociale et la base a été lâchée par ce qui était devenu sa hiérarchie, bref, un classique une fois de plus…

Ainsi les “ouvriers réfractaires” mentionnés en exergue du tract de GDC étaient aussi et surtout des anarchistes. Une fois de plus, les petites mains du système divisèrent pour mieux régner et préserver l’État et le capitalisme coûte que coûte. C’est ce qu’il faut bien comprendre au delà de toutes les guerres de clochers mises en place par le système. Ces guéguerres sont le garant de sa survie et de sa perpétuation.

Qu’on se le dise.

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A lire:

“La révolution espagnole étranglée par Staline”

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

14 juillet… Enfin réaliser l’échec et agir pour une commune universelle

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Résistance 71

 

14 juillet 2020

 

« Liberté – Égalité – Fraternité » nous a t’on dit, promis et rien de tout cela ne s’est jamais matérialisé. La « république » n’a jamais été qu’un torchon oligarchique qui mis en place la dictature marchande de tous les MM Jourdain  de France et de Navarre pour toujours le profit du plus petit nombre. Une scélératesse en a remplacé une autre dans la grande logique étatico-marchande. Pourtant quelques espoirs naquirent, notamment avec la « France des sections » des années 1790-93, qui, si elle avait vécu, aurait sans doute pu mettre le peuple sur la voie de la commune universelle. Elle fut bien entendue éliminée, pas sans avoir laissé une trace écrite avec la DDHC de 1793 qui proclame dans ses deux derniers articles:

Article 34
Il y a oppression contre le corps social, lorsqu’un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé.

Article 35
Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs

(Deux derniers articles 34 et 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen du 24 juin 1793)

Ceci fut soigneusement enterré, mis sous le boisseau et les « constitutions » de toutes les républiques jusqu’à nos jours ne s’en sont jamais servie de base constitutionnelle et pour cause… Pourtant, cette DDHC figure toujours dans les archives du Conseil Constitutionnel et est exposée comme relique de ce qui est voulu comme être le « temps de l’enfance » de la « république ». Depuis la création des premiers états, la société humaine est en état de légitime défense face à l’oppression généralisée.

Dès 1774, Jean-Paul Marat le visionnaire écrivait déjà dans son tout à fait remarquable « Les chaînes de l’esclavage » :
« … bientôt la nation devient la pris des maltotiers, des financiers, des publicains, des concussionnaires : vampires insatiables qui ne vivent que de rapines, d’extorsions, de brigandages et qui ruinent la nation pour se charger de ses dépouilles. Les compagnies de négociants, de financiers, de traitants, de publicains et d’accapareurs, donnent toujours naissance à une foule de courtiers, d’agents de change et d’agioteurs : chevaliers d’industrie uniquement occupés à propager de faux bruits pour faire hausser ou baisser les fonds, enlacer leurs dupes dans des filets dorés et dépouiller les capitalistes en ruinant le crédit public…
C’est ainsi que les commerces métamorphosent les citoyens opulents et indigents en instruments d’oppression ou de servitude. Si le commerce corrompt presque tous ses agents, il a une influence bien plus étendue sur la société entière, par le luxe qu’il traîne toujours à sa suite.
[…] Pour rester libre, il faut sans cesse se garder de ceux qui gouvernent ; rien de plus aisé que de perdre celui qui est sans défiance et la trop grande sécurité des peuples est toujours l’avant-coureur de leur servitude. » (lire plus sur notre PDF)

Il est plus que grand temps que nous comprenions de manière collective qu’:

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Lectures complémentaires :

Révolution française : Les amis du peuple

Jean-Paul Marat « Les chaînes de l’esclavage »

Jean Paul Marat, les 685 numéros de « L’ami du peuple »

Pierre Kropotkine « La commune de Paris »

Résistance 71 : Petits précis sur la société et l’État

40 ans : hommage à Pierre Clastres

Gustav Landauer « Appel au socialisme »

Du Chiapas aux Gilets Jaunes

 


Notre racine profonde: la société de l’être

La société des sociétés comme évolution face au « progressisme » de la décadence étatico-capitaliste…

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« Ainsi, pratiquez et combinez l’entraide !
C’est le plus sûr moyen de donner à tous

la plus grande sécurité, la meilleure garantie d’existence 
et de progrès, corporellement, intellectuellement et moralement.
C’est ce que la nature nous enseigne et ce qu’ont fait ces animaux
qui ont atteint le plus haute degré dans leurs classes respectives. »
~ Pierre Kropotkine, « L’entraide facteur de l’évolution », 1910 ~

 

C’est l’anarchie qu’il nous faut !

IN UMANITÀ NOVA DU 10 MAI 2020, TRADUCTION DE TONI GROUPE GERMINAL DE MARSEILLE

 

24 mai 2020

 

Source: 

https://www.monde-libertaire.fr/?article=Cest_lAnarchie_quil_nous_faut

 

La crise sanitaire déclenchée par l’irruption de la pandémie du COVID19 exige dans les cas graves l’accueil aux services des urgences cardio-respiratoires . En submergeant les systèmes sanitaires de nombreux pays, en particulier ceux qui avaient le plus poursuivi les recettes néolibérales sur la santé publique, elle est devenue le sujet principal des discussions en public comme en privé. Maintenant que dans divers pays la peur de la mort, la sienne et celle des proches, s’atténue avec la diminution du nombre des nouveaux contaminés et des morts, et que peu à peu se libèrent des lits aux urgences qui ont été dépassés au moment du pic, nous voilà en train d’entrer dans une nouvelle peur : celle d’une crise économique sans commune mesure avec celles qu’a connues précédemment notre planète.

Durant cette période l’écroulement de la santé publique a imposé la ségrégation sociale pour éviter la catastrophe : cela a débouché, comme nous le savons tous, sur la cessation de presque toutes les activités de productions estimées non essentielles, ainsi que les souterraines (travail « au noir », voire illégales au sens strict) qui se déroulaient dans les secteurs considérés plus ou moins comme essentiels. Depuis, l’absence de revenus commence à se faire sentir : naturellement pour ceux qui ont dû interrompre totalement leurs activités, mais aussi, ce qui ne doit pas être sous-estimé, pour ceux qui ont conservé un certain revenu mais fortement diminué (chômages, pertes des heures supplémentaires qui habituellement amélioraient le revenu). Par ailleurs les promesses de divers aides annoncées par l’État sont relativement faibles et tardent à rentrer.

Aujourd’hui il n’est pas nécessaire de faire appel à Keynes et à son concept de multiplicateur / démultiplicateur [note] pour comprendre qu’on se trouve confronté à une crise qui s’annonce bien plus grave que celle de 2008 [note] qui se développa surtout dans un seul secteur, celui de la finance, avant de s’attaquer à tous les autres. Nous sommes dans une situation dans laquelle un très grand nombre de secteurs économiques – pratiquement tous – ont été atteints en même temps. Mais pas seulement : à la différence de toutes les crises précédentes qui ont suivi les guerres, l’étendue de la crise mettra probablement en difficultés même les pays qui ont réussi à affronter la crise en subissant moins de dégâts, parce que l’efficacité de leur système sanitaire a permis de limiter les restrictions ; en fait ces pays – l’Allemagne en est un exemple paradigmatique – dont l’économie était essentiellement tournée vers l’exportation, sont confrontés aux difficultés des pays importateurs, et leurs économies subissent par contre coup une chute drastique.

Il est difficile de faire des prévisions exactes sur de telles situations. Il est banal de proclamer que l’Histoire ne se répète jamais deux fois, et ceci vaut aussi pour l’Histoire économique. Cependant il ne s’agit pas de dire ce qui va arriver – vu que nous y sommes encore – mais sur la portée de cette crise qui, comme nous l’avons dit s’annonce majeure. Nous devons espérer qu’elle n’atteigne pas le niveau désastreux de celle de 1929 qui déboucha littéralement sur des famines ayant entraîné la mort au sein même des pays industrialisés de l’époque [note] . Il est pourtant très probable que l’avenir s’annonce avec un taux de chômage en croissance, une chute des salaires, et, pour beaucoup d’entre nous, de survie quotidienne, étant donné qu’au présent même nous voyions déjà dans nos pays des millions de familles, et des centaines de millions dans le Monde en général, en extrêmes difficultés du point de vue alimentaire. C’est déjà le scénario que nous devons affronter et qui risque de s’aggraver toujours davantage.

C’est dans de telles situations qu’on constate l’absence d’anarchie, et d’un communisme autogestionnaire, qui permettrait d’affronter la force meurtrière d’un système hiérarchique, de l’État, et du Capitalisme. Comme le disait Kropotkine dans La conquête du pain, l’économie politique de la bourgeoisie, sous couvert de science, cache un raisonnement idéologique erroné, à savoir que la référence de ses analyses et de ses agissements, repose sur le profit plutôt que sur la satisfaction des besoins des êtres humains. La crise qui est déjà la nôtre, et celle qui s’annonce, ne sont dues qu’aux contraintes de la législation de la propriété privée, du salariat et de la nécessité de faire du profit ; sans ces lois, sans les hiérarchies sociales, dans une société anarchiste, le problème ne se poserait absolument pas. Ni le matériel, et d’abord l’ensemble des machines, ni les compétences n’ont disparu. Ce sont les hiérarchies, la gestion étatique et capitaliste qui les rendent inexploitables. Sans celles-ci, les outils et les savoirs seraient disponibles pour une utilisation plus rationnelle afin de satisfaire les besoins de chacun et chacune.

C’est ce que nous ne devons pas perdre de vue pour affronter la crise actuelle et ses probables développements : la prise de conscience que le système hiérarchique produira des crises à répétition et, même dans des conditions normales, la misère pour la majorité et des richesses toujours plus démesurées pour une minorité toujours restreinte ; c’est ce système qui doit être surmonté pour le bien et la survie même de l’humanité.

Cependant, dans une situation de crise économique comme celle que nous sommes en train de traverser et qui pourrait s’aggraver vertigineusement, d’une part il faut certes revendiquer dans l’immédiat une redistribution de la richesse produite collectivement mais que le système hiérarchique détourne de la grande majorité de l’humanité à son seul profit, et pour cela privilégier, quand les rapports de force le permettent, l’accès direct aux biens et aux services plutôt qu’une compensation monétaire, et d’autre part développer le plus possible les actions de secours mutuels qui se sont spontanément créées partout dans le monde.

Les actions mutualistes, ont de fait de nombreux avantages. Avant tout elles préfigurent une société sans hiérarchies sociales et politiques, égalitaire et autogestionnaire, accoutumant les personnes à ce mode de rapports sociaux, et nous n’avions pas besoin de la pandémie pour le découvrir ; il représente notre seul espoir d’un futur à notre humanité. Par ailleurs elles habituent les personnes à ne compter que sur elles-mêmes, dans un engagement mutuel entre égaux, qui ignore l’aide malveillante des gouvernants et la logique mercantile.

Ce qu’il faudra faire concrètement dépendra naturellement des rapports de forces. Ce qui importe c’est qu’aujourd’hui nos actes contribuent à alléger les souffrances imposées par la crise capitaliste daSociété des sociétés, anarchiens le cadre d’une réflexion qui ne perde pas de vue l’objectif général et n’aille pas à contre-courant. Au fond, même dans le cas présent, le gradualisme révolutionnaire de Malatesta conserve toute son actualité : 

« Nous incitons les travailleurs à exiger et à imposer toutes les améliorations possibles et impossibles, et nous ne voudrions pas qu’ils se résignent à souffrir aujourd’hui dans l’attente d’un paradis futur. Et si nous sommes contre le réformisme ce n’est certes pas parce que nous ne nous soucions pas des améliorations partielles mais parce que nous croyons que le réformisme est un obstacle, non seulement à la révolution, mais aussi aux réformes. (…) Parce que sont atteints des gens qui s’étaient habitués à un certain bien-être et qui supportent mal sa dégradation, un accroissement de la misère, une grande crise industrielle et commerciale peuvent déboucher sur un mouvement insurrectionnel et engendrer une transformation sociale. Parce que, si l’avènement ne se produisait pas rapidement, et si on laissait passer le temps que le peuple s’habitue progressivement à un mode de vie inférieur, la misère qui s’est manifestée perdrait sa potentialité révolutionnaire et aboutirait à une dépression et à l’abrutissement. »

Ces paroles publiées il y a exactement cent ans, dans la situation du Biennio Rosso [note] et de la crise qui suivit la première guerre mondiale, doit demeurer aujourd’hui une référence non seulement pour nous, mais plus généralement, de tous ceux qui ne veulent pas que « tout revienne comme avant », voire, pire qu’avant.

Enrico Voccia, in Umanità Nova du 10 mai 2020, traduction de Toni

= = =

Lectures complémentaires :

« Errico Malatesta, écrits choisis »

« La conquête du pain », Pierre Kropotkine

« L’anarchie dans l’évolution socialiste », Pierre Kropotkine

« Anarchisme et organisation », Rudolph Rocker

« Évolution et révolution », Élisée Reclus

« La société du spectacle », Guy Debord

« De la Commune à la pratique anarchiste », Louise Michel

« L’inévitable anarchie », Pierre Kropotkine

« Un monde sans argent », Ber Yann Tillemont

« Petits précis sur la société et l’État », Résistance 71

« Appel au socialisme », Gustav Landauer

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie