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Résistance au colonialisme: Frankenstein et les Indiens (Steven Newcomb)

Posted in actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 18 février 2017 by Résistance 71

Frankenstein et les peuples natifs ou l’expression d’une ironie

Le Frankenstein de Mary Shelley sanglota sur les actes ignobles commis par les chrétiens européens [sur les Indiens]

 

Steven Newcomb

 

14 février 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/frankenstein-native-peoples-expression-irony/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

A lire: « Païens en terre promise, décider la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, Fulcrum, 2008 (version française PDF, traduction Résistance 71, mise en page JBL1960, 2016)

 

Si ce n’était pas à cause de mon bon ami Peter d’Errico, je ne saurais pas que Mary Shelley mentionne les Amérindiens dans son célèbre livre d’horreur “Frankenstein”. Peter est une des seules personnes que je connaisse qui a en fait lu le livre plutôt que de se référer aux films d’Hollywood sur cette histoire. Dans le “Frankenstein” de Shelly, une jeune Arabe du nom de “Safie” est instruite par son tuteur Félix. Un des livres qui est utilisé pour son éducation est “Ruines d’empire” du Comte Volney. Des leçons, le monstre de Shelley dit: “J’ai entendu parler de la découverte de l’Amérique et j’ai pleuré avec Safie sur le triste sort de ses habitants originels.

Quelle parfaite expression de l’ironie: le monstre de Shelley pleure sur les actes monstrueux commis par les chrétiens européens contre les peuples originels de ce continent, connu sous le nom de “Continent des Amériques”. Il y a une autre ironie en regard du Frankenstein de Mary Shelley, livre qui d’après certains érudits, est un des tous premiers livres de science-fiction: son histoire fut joué en premier lieu sous forme de pièce de théâtre en 1823, la même année que la décision de fiction légale par la Cour Suprême des Etats-Unis dans son verdict de l’affaire Johnson c. M’Intosh, décision qui a eu pour résultat tant de destruction pour nos nations originelles et qui est toujours vu et considéré aujourd’hui comme un précédent légal valide et actif.

La fiction de la CS dans sa décision Johnson c. M’intosh suit ce que John Steinbeck appelait “le schéma de la réalité contrôlé et façonné par la pensée de l’écrivain.La décision de Johnson c. M’Intosh est un schéma de réalité créé par l’esprit du juge John Marshall, utilisant des idées préexistantes et sous-jacentes à la sémantique de la domination que l’on trouve dans la langue anglaise. Une idée que Marshall créa dans son rendu de la décision qu’il écrivit pour la cour unanime, est que la liberté des nations originelles de ce continent a été “nécessairement diminuée” par le “peuple chrétien” supposément en “découvrant” des terres “habitées” par des non-chrétiens (“natifs qui étaient païens”).
Etant donné l’effort de la cour de Marshall pour utiliser l’expression d’idées dans la décision de l’affaire Johnson comme moyen d’essayer de mettre un terme à la liberté des nations originelles du continent, quelle ne fut pas l’ironie du sort de voir que la fameuse cloche de la liberté de Philadelphie se fissura lorsqu’elle résonna lors de la processon des funérailles du juge Marshall, comme l’a décrit Alfred Steinberg en 1835:

“Tandis que la dépouille du juge Marshall était portée dans les rues de Philadelphie vers les embarcadères pour qu’elle soit restituée à Richmond en Virginie, les autorités de la ville lui rendirent un grand honneur. Elles ordonnèrent que la Cloche de la Liberté qui avait sonné l’indépendance des Etats-Unis depuis len beffroi de l’Independance Hall le 4 juillet 1776, sonna en l’honneur du juge Marshall. Durant son carillonage, la cloche se fendit soudain et une grande fissure apparut sur son flanc.”

Quelle synchronicité ironique: la Cloche de la Liberté est morte durant un effort de la faire sonner en l’honneur du juge Marshall, que le peuple des Etats-Unis tient en haute estime, mais qui a tant fait pour tuer la liberté de nos nations originelles. Mary Shelley a utilisé son personnage de Frankenstein comme moyen de commenter de telles injustices. Témoin de l’instruction reçue par le jeune Safie, le monstre pose une question qui semble capturer à merveille la contradiction entre l’injustice de la décision de Johnson c. M’Intosh écrite par le juge Marshall et la haute estime que lui porte le peuple américain.

En parlant des leçons d’histoire dont il a été le témoin, Frankenstein déclare: “Ces superbes narrations m’ont rempli de sentiments étranges. L’Homme fut-il en fait à un moment donné si puissant, si vertueux et magnifique et pourtant à la fois si méchant et vil ?” Le monstre continue avec un commentaire qui semble capturer les vues contradictoires de Marshall, dépendant de la perspective de chacun: “Il apparaît à un moment donné comme un héritier du principe du mal et à un autre moment tout ce qui pourrait être considéré de noble et de divin.” Puis le monstre dit: “Pendant très longtemps je n’ai pas pu concevoir comment un homme pouvait aller de l’avant et tuer un de ses semblables ni même pourquoi il y avait des lois et des gouvernements, mais quand j’ai entendu les détails du vice et du massacre, j’ai cessé de me poser la question…

Ici Frankenstein semble suggérer que ces “détails historiques de vice et de massacre” fournissent une réponse à la question du “Pourquoi y a t’il des lois et des gouvernements ?” Ceci ne répond pas en tout cas à ce que les lois et les gouvernements soient utilisés comme moyens de perpétrer le vice et le massacre, comme nous le trouvons fréquemment dans l’histoire des lois et des gouvernements des Etats-Unis (gouvernement fédéral ET les gouvernements des états) qui sont utilisés contre les nations originelles de ce continent et résultant dans le type d’histoires tragiques aur lesquelles sanglota le monstre de Mary Shelley.

Frankenstein continue ses réflexions et dit: “Chaque conversation des villageois ont ouvert maintenant de nouvelles préoccupations pour moi.” Il continue:

Tandis que j’écoutais l’enseignement que Félix donnait à l’Arabe [Safie], l’étrange système de la société humaine me fut expliqué. J’ai appris au sujet de la division de la propriété, d’immense richesse et de pauvreté abjecte ; du rang, de la descendance, de l’ancestralité et du sang noble.

La propriété est le point de focus de la décision de l’affaire Johnson c. M’Intosh. Marshall l’indiqua lorsqu’il écrivit que “le droit de la société de prescrire ces règles par lesquelles la propriété peut être acquise et préservée n’est pas et ne peut pas être remis en cause.Le verdict de Johnson c. M’Intosh, qui fait partie intégrante du système légale foncier des Etats-Unis d’Amérique a eu pour résultat l’accumulation “d’une très grande richesse” pour les Etats-Unis et une “pauvreté abjecte” pour les nations originelles de ce continent.

Le Dr David Nichols dans son livre Lincoln and the Indians, fournit des détails à fendre le cœur sur ce que les peuples originels ont expérimenté comme résultat de leur appauvrissement sous la colonisation états-unienne de ce sous-continent nord-américain. Dans cet exemple au Kansas, le superintendant des affaires indiennes Coffin “a estimé le nombre de réfugiés indiens être entre 10 à 16 000.” Il a dit au haut-commissaire Dole: “Ils sont dans un état de destitution des plus déplorables, certains d’entre eux sont morts de faim et ont gelé [sic] à mort après la désastreuse bataille.” Nichols note “qu’ils manquent de provisions de toute sorte” et cite un médecin de l’armée américaine qui a décrit le degré de pauvreté extrême et la souffrance des Indiens, dans ce cas précis au Kansas:

Il est impossible pour moi de décrire l’état de délabrement de leur condition. Lere seule protection contre la neige sur laquelle ils s’allongent est l’herbe de la prairie et contre le vent des morceaux et lambeaux de tissus fixés et tendus entre deux poteaux. Certains d’entre eux avaient des vêtements mais beaucoup n’avaient que des vêtements en lambeaux qui ne masquaient pas leur nudité et j’ai même vu sept d’entre eux d’un âge variant entre 3 et 15 ans n’ayant absolument rien pour se couvrir.”

Nichols résume en déclarant: “Il y avait très peu de nourriture et la maladie fit des ravages.” Cette information citée nous ramène aux mots du monstre de Mary Shelley:

Les paroles des leçons m’incitèrent à l’introspection. J’ai appris que les possessions les plus estimées par vos semblables sont une belle et pure ascendance unifiée par des richesses. Un humain peut-être respecté avec seulement un seul de ces avantages, mais sans aucun des deux, il était considéré, à de rares exceptions près, comme un vagabond et un esclave, condamné à gaspiller son énergie pour le profit du petit nombre choisi !

La description fournie ci-dessus du Dr Nichols ne nous donne juste qu’un tout petit aperçu de l’incroyable degré de souffrance qui fut infligé aux peuples et nations originels par le verdict de l’affaire Johnson c. M’Intosh et son héritage, ainsi qu’avec la loi et la politique fédérales indiennes de manière générale. Le Frankenstein de Shelley pose une question qui fournit un cadre de référence pour le verdict de l’affaire Johnson c. M’Intosh et le code de la domination. C’est une question que ceux souffrant et mourant dans les vents glacés des prairies du Kansas auraient pu se poser: “Ai-je été un monstre, une vermine sur la terre, que tout le monde fuyait et déshérité de tous ?

Dressez-vous avec nous à Standing Rock !

Mni Wiconi: l’eau c’est la vie !

Empire, Standing Rock, DAPL et la preuve par neuf du vol des terres natives (Peter d’Errico)

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Excellentes analyse et démonstration ici de Peter d’Errico qui montre sur quel point d’usurpation et de criminalité se fonde la “loi de la terre” de l’empire. L’écrasement par la domination enracinée dans la falsification et le pseudo-droit de souveraineté “par la découverte chrétienne” de terres païennes. D’Errico taille en pièce cette ignominie de manière magistrale dans cet article que nous avons traduit ci-dessous !…

En fait les Etats-Unis disent ceci pour résumer succintement: la loi suprême de la terre est la loi des traités qui ne peut pas être surclasser ni par les agences gouvernementales, ni par les fonctionnaires, président inclus et les traités font loi.
Mais… par le simple fait de la “découverte” des terres paiennes par les chrétiens d’Europe, les Etats-Unis assument, par héritage, un “droit de domination et de souveraineté totale” inhérent sur toute terre et peuple païens y vivant. Ainsi la loi suprême de la terre aux Etats-Unis est la loi du “droit de domination par la découverte chrétienne”. Ceci a été gravé dans le marbre légal affabulateur et oppresseur zunien depuis 1823 et la décision de l’affaire Johnson contre McIntosh. Tout cela dans cette nation essentielle, ce phare de la liberté et de la démocratie éclairant le monde de sa docte et sage lumière que tous lui envient.
Turlututu, chapeau pointu! nous souffle Kiri le clown dans l’oreillette !…

Effarant non ?…

~ Résistance 71 ~

 

L’affirmation de domination des Etats Unis sur Standing Rock viole le traité de Fort Laramie de 1851

Le traité fait loi et la terre doit être honorée

 

Peter d’Errico

 

7 février 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/u-s-claim-domination-standing-rock-violates-treaty-of-1851/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Une déclaration succinte sur les problèmes auxquels doit faire face la nation Sioux à Standing Rock, écrite par Jeffrey Ostler et Nick Estes le 16 janvier 2017, a démontré qu’”il n’y a aucune question sur l’affirmation par Standing Rock qu’un oléoduc est construit à travers des terres reconnues comme étant des terres Sioux en territoire Sioux sous le traité de Fort Laramie de 1851.Ce point particulier au sujet de l’application du traité doit être clarifié haut et fort et de manière continue et répétée. Le traité de 1851 a défini des démarcations qui doivent être prises en compte pour la mesure et l’évaluation de toute route à emprunter de cet oléoduc. La carte fournit sur leur article est claire et montre le projet du DAPL traversant les terres protégées par traité.

Un second point de cet article doit aussi être mis en valeur chaque fois que possible: les traités sont, sous la constitution des Etats-Unis, “la loi suprême de la terre”. Chaque tribunal, chaque agence fédérale, chaque fonctionnaire aux Etats-Unis doit s’en remettre à la constitution fédérale. Ceci veut dire que tous doivent se référer au traité de Fort Laramie de 1851.

Aucune agence ou bureau gouvernementaux, incluant la présidence, n’a l’autorité d’agir contrairement à la “loi suprême de la terre”. Peu importe combien Donald Trump ou quiconque de son entourage, souhaitent qu’il soit un dictateur, leurs actions sont liées par la loi… à moins de faire un coup d’état, auquel cas, il y a aura des choses plus importantes à gérer que Standing Rock.

Ironiquement, d’après l’histoire des Etats-Unis, des violations des droits des peuples natifs, si le président veut utiliser le DAPL comme un véhicule pour fomenter un coup contre la constitution, alors Standing Rock sera en première ligne pour sauver la démocratie à l’américaine, en tant que sous-produit de la défense de l’eau !

Les soi-disants “problèmes indiens” ont historiquement monté les peuples autochtones contre les forces du développement capitaliste colonial. Ce schéma se répète une fois de plus avec le DAPL ; mais cette fois-ci, le conflit s’est étendu en dehors du pays indien, parce que de plus en plus de non-Indiens sont éveillés aux problèsmes sous-jacents, notamment celui de l’eau pour la vie.

Je veux ajouter quelques réflexions aux point établis par Ostler et Estes au-delà du traité de 1851, afin de clarifier les affaires au sujet de l’autorité du gouvernement américain sur les peuples originels.

Résistance 71: Ici, il faut considérer que d’Errico, qui est un juriste et a travaillé durant des années avec les natifs sur des affaires juridiques les concernant, notamment avec la nation Diné (Navajo), offre des conseils sur le comment pousser pour faire appliquer la loi existante. C’est du conseil juridique gratos en quelque sorte…

Leur analyse par trop pertinente se retrouve un peu en difficulté lorsqu’ils discutent des Collines Noires (Black Hills, terres sacrées Lakota). En premier lieu, lorsqu’ils s’en réfèrent à la décision de la Cour Suprême (CS) des Etats-Unis de 1980 sur les Black Hills, celle où la cour déclara “un plus grand cas de grand déshonneur ne peut être trouvé en toute probabilité dans notre histoire”, ils disent “Sous la loi fédérale, le gouvernement fédéral n’a pas l’autorité de retourner les terres illégalement saisies, ainsi la cour remédia à la saisie du territoire des Collines Noires et des terres de l’article 16 en accordant une compensation financière.

Secundo, lorsqu’ils font remarquer que la nation Sioux “a refusé de manière consistante toute compensation financière pour les terres volées et a au lieu de cela argumenté pour un retour de la majorité des terres des Collines Noires”, ils font référence à ces terres comme étant “sous propriété fédérale.”

Nous devons bien comprendre qu’à la fois l’affirmation que la loi américaine interdit le retour de terres et l’affirmation que les Collines Noires sont “sous propriété fédérale des Etats-Unis” sont des manifestations de l’affirmation générale des Etats-Unis d’un droit de domination sur les peuples natifs. Ceci remonte à la décision de la CS en 1823 dans l’affaire Johnson contre M’Intosh, décision basée sur le “droit de la découverte chrétienne”: “Right of Christian Discovery.”

Le “droit” de la découverte chrétienne, comme l’a reconnu la CS elle-même, remonte à des décrets pontificaux (bulles) du XVème siècle qui disent que les colonisateurs chrétiens pouvaient clâmer des terres qu’ils avaient “découvertes” et prendre contrôle des peuples natifs païens qui y vivaient.

Standing Rock ne devrait jamais acquiescer au fait que les Collines Noires sont “sous propriété fédérale”, ni ne devrait accepter l’assertion des Etats-Unis qu’ils ne peuvent pas rendre les terres qu’ils ont envahies et saisies. Le temps est venu de se dresser contre cette violation vieille de plusieurs siècles concernant les terres des nations autochtones et ce par quelque gouvernement que ce soit se réclâmant du “droit de la découverte”.

Je ne parle pas d’un évènement du passé. L’affaire Johnson n’a jamais été déboutée. Une recherche sur Westlaw (au 25 janvier 2016) a montré 330 affaires judiciaires citant Johnson c. M’Intosh, jusqu’au 1er juillet 2015 inclus.

De plus, bien des affaires se reposent sur le “droit de la découverte” sans citer Johnson. Par exemple City of Sherrill, N.Y. v. Oneida Indian Nation of New York (2005) a dit: “le titre de propriété de la terre occupée par les Indiens lorsque les colons arrivèrent changea de mains par la découverte faite par les nations européennes et plus tard les états originaux des Etats-Unis et l’état fédéral.” Le tribunal cita des décisions intermédiaires plutôt que Johnson c. M’Intosh.

Ostler et Estes établissent que “Le congrès des Etats-Unis a autorisé le barrage de Oahe sous la loi du contrôle des inondations de 1944… (mettant en marche) ce que l’universitaire Lakota Standing Rock Vine Deloria Jr a caractérisé par ‘la loi la plus destructrice jamais perpétré sur aucune nation aux Etats-Unis.’ “

Le tribunal de district déclara: “La loi sur le contrôle des inondations de 1944 NE PEUT PAS être la législation nécessaire qui autorise la prise de terres natives indiennes à moins qu’il ne puisse être soutenu qu7une loi générale approuvant une série de projets particuliers puisse s’appliquer à des terres indiennes liées par traitee (en l’occurence le traité de Fort Laramie de 1851). Nous croyons qu’une telle position est intenable. La législation d’ordre général n’est pas suffisante pour y inclure des terres tribales indiennes reconnues par traité.

Néanmoins le juge continua de citer des affaires de “droit de la découverte” et ajouta: “Le congrès des Etats-Unis peut abroger le traité afin d’exercer son droit de souveraineté… il doit ainsi y avoir une claire action congressionnelle qui indique une intention d’abrogation…

Le juge a ensuite conclus: “Afin d’insister sur la problématique dans cette décision, nous désirons réaffirmer que l’autorité du Congrès des Etats-Unis d’exercer le droit de domaine éminent sur les terres tribales indiennes n’est pas mis en question. Nous accordons la demande de la tribu à cause d’un manque d’exercice de cette autorité. Cette affaire peut-être rapidement remédiée en l’apportant à l’attention du Congrès.

Le Congrès des Etats-Unis fut très rapide d’affirmer son “droit souverain” fondé sur la “découverte chrétienne”: le 2 septembre 1958, il passa la loi publique 85-915, “afin de fournir l’acquisition de terres pour les Etats-Unis, terres requises pour le réservoir créé par la construction du barrage de Oahe sur la rivière Missouri et pour la réhabilitation des Indiens de la réserve sioux de Standing Rock dans le Dakota du Nord et du Sud.”

La supposée “autorité du Congrès” de violer le traité de 1851 prend sa racine dans l’assertion des Etats-Unis de son “droit de découverte”,une affirmation faite par le gouvernement fédéral que celui-ci possède les terres natives et peut contrôler les peuples autochtones comme bon lui semble.

Nous voyons ici qu’une fois de plus, Standing Rock doit faire face à l’assertion unilatérale des Etats-Unis de leur affirmation d’un “droit souverain” de dominer les Indiens.

En 1958, Les avocats de Standing Rock ne firent pas appel de cette affirmation des Etats-Unis. Comme l’avait dit le juge: “l’autorité du Congrès n’est pas remise en question…

 

Standing Rock ne devrait pas de nouveau faire cette erreur !!…

Résistance au colonialisme: Population amérindienne… décidément pas une population « immigrante »…

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« Pour la plus grande partie du XXème siècle, les archéologues croyaient que les Indiens sont arrivés sur le continent des Amériques à travers une ‘connexion terrestre’ établie dans le détroit de Béring, il y a environ 13 000 ans, à la fin du dernier âge glaciaire… En 1997, cette théorie s’est effondrée. certains de ses plus ardents partisans, comme Haynes, concédèrent publiquement que de nouvelles trouvailles archéologiques dans le sud du Chili ont montré des preuves irréfutables d’habitations humaines bien plus anciennes que 12 000 ans. Parce que ces gens vivaient à quelques 10 000km au sud du détroit de Béring, une trop grande distance pour être parcourue à cette époque, ces gens arrivèrent avant que le couloir du détroit ne soit libéré des glaces. Quoi qu’il en soit, de nouvelles recherches ont également jeté un grand doute sur l’existence même de ce couloir de Béring. Ainsi certains archéologues suggèrent que les premiers habitants des Amériques sont arrivés il y a plus de 20 000 ans… »
~ Charles C. Mann, « 1491 », 2005, p.17-18 ~

 

Nous ne sommes pas une nation d’immigrants

La discussion au sujet de l’immigration est de fait très opportune pour réfléchir de nouveau sur les nations premières et cette terre du continent

 

Spotted Crow Mann (Nation Nipmuc, Massachussetts)

 

11 février 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/not-nation-immigrants/

 

Comme nous avons cette conversation au sujet des immigrants (NdT: à Yankland…): qui est d’ici et qui ne l’est pas, ceci serait une excellente opportunité pour l’Amérique de réfléchir sur le peuple premier de cette terre.

Mais le silence à ce sujet est assourdissant. Alors qu’une multitude de protestations secouent le pays afin de laisser entrer des gens immigrants, les griefs et les requêtes du peuple indigène de l’Amérique semblent ne jamais sortir au grand jour. Si seulement la même vitalité pouvait-être soutenue en faveur des peuples premiers des USA et de Canada, la souffrance humaine disproportionnée au sein de ces communautés pourrait enfin entrevoir des solutions.

L’exégèse de ce narratif apathique remonte à l’église, puis aux médias, politiciens et au malaise général de la société (coloniale) concernant l’agencement indigène.
De manière ironique, si le chef Massasoit des Pokanoket avait été un peu moins altruiste envers les quelques 102 “pèlerins” à moitié affamés en 1620, nous n’aurions sans doute pas aujourd’hui cette conversation.

Nous ne l’aurions pas non plus si les Nipmucs (NdT: la nation originaire de l’auteur de ces lignes) n’avaient pas marché plus de 110km jusqu’à Boston avec des sacs de maïs sur leurs dos pour nourrir les Anglais affamés.

Les peuples originels avaient de manière générale une “politique de porte ouverte” envers tous nouveaux immigrants. Si vous désiriez prendre part dans la relation de réciprocité avec la terre, vous étiez les bienvenus.

Mais les Anglais n’en avaient jamais assez. En tout, ils voulaient toujours plus et ce plus mena à la guerre.

Ces nouveaux immigrants avaient très peu, voire aucun respect pour la terre ou l’agencement indigène.

Ainsi la lutte pour le sous-continent érupta à travers la Nouvelle-Angleterre en 1675, la guerre est connue sous le nom de “Guerre du roi Philippe

Il y eu énormément de pertes en vie humaines de part et d’autre et la communauté Nipmuc fut dévastée.

Des cessez-le-feu et des traités furent éventuellement “pondus”, mais pas avant que certains leaders de la nation ne fussent pendus, des familles réduites en esclavage et les Indiens christianisés internés sur Deer Island où des centaines d’entre eux moururent de faim et de froid.

Ainsi, des gens du peuple indigène comme mon arrière grand-père à la 5ème génération, combattirent aux côtés des jeunes colonisateurs pendant la guerre révolutionnaire dans la croyance que quelque chose de bon puisse sortir de cette calamité.

Ces juvéniles “Américains” martelèrent leur marteau hégémonique sur le dos de l’Île de la Grande Tortue et ainsi naquirent les Etats-Unis d’Amérique.

Lorsque l’Amérique fut au bord de l’effondrement 85 ans plus tard, des Américains natifs des peuples autochtones comme mon arrière grtand-père de la 3ème génération, Samuel Vickers, ses frères et ses cousins combattirent, et certains moururent, dans la guerre de sécession. Leurs dures et complexes histoires sont relatées dans un livre de David Nuamec.

Quelques colons de la première heure trouvèrent que la vie était insoutennable dans cette nouvelle région. Ils se tournèrent vers des remèdes indigènes pour survivre. Des gens comme mon second arrière grand-oncle, Samuel Hazard, étaient connus comme des guérisseurs traditionnels, des “Docteurs Indiens”. On lui demanda de soigner une jeunes blanche qui vivait près de Hatchet Pond sur la réserve Nipmuc. Il est écrit qu’il utilisa des plantes et des cœurs de crotales pour lui sauver la vie.

De telles histoires sont inbriquées dans chaque communauté tribale de la terre. Dire de nous que nous sommes des nations d’immigrants ne fait que nier notre existence, nos contributions et nos requêtes et griefs non résolus.

Pourquoi cela demeure t’il la supputation favorie est au-delà de toute compréhension ?

Les nations natives originelles des USA et du Canada (NdT: et du Mexique et de toute l’Amérique du Sud) ont donné et sacrifié bien plus qu’il ne pourra jamais être mentionné, avant et après l’établissement de ces dits pays. Le peuple natif de ce continent mérite d’être le point de focale de cette conversation.

Mais au lieu de cela, nos paroles sont ignorées, nos enfants enlevés de leurs maisons, “pour être physiquement, mentalement et moralement entraînés et ajustés pour des positions d’auto-suffisance honorable, d’utilité et de respectabilité.” C’est ce qui est arrivé à ma grande-tante: Anna Vickers, qui fut enlevée de son foyer à l’âge de 11 ans, ainsi que d’autres membres de la famille et fut envoyée à la Connecticut Industrial School for Girls en 1901.

Nous ne sommes en aucun cas de vulgaires badauds dans ce narratif historique de l’Amérique. Nous avons survécu à un traumatisme inter-générationnel, à une violence latérale et aux vicissitudes d’élever nos familles dans une soi-disante “nation d’immigrants”, où sa définition même, est l’affront final à nos vies, aux sacrifices endurés et à l’Être, l’existence même de ce continent.

C’est le summum de la dissonance cognitive et de l’amnésie historique (NdT: artificiellement induite…), bercé d’une sorte de schizophrénie patriotique. Il engendre les caricatures natives, les mascottes ainsi que l’échappatoire colonialiste, jusqu’à aujourd’hui.

Nous devrions dire: Oui, nous sommes une nation d’immigrants, descendants du cheptel d’esclaves des peuples premiers de cette terre. Ceci forcerait tous les Américains à se familiariser avec la véritable histoire de leur pays et de cette terre, histoire qui a forgé les opportunités dont ils jouissent à présent.

 

Solutions anti-coloniales pour une décolonisation de l’empire (version PDF Taiaiake Alfred)

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Introduction à “la grande loi du changement” et des solutions anti-coloniales pour une décolonisation de l’empire

 

Résistance 71

 

11 février 2017

 

Version PDF en français de la partie correspondante du livre “Wasase” du professeur de science politique Taiaiake Alfred de l’universite de Victoria en Colombie Britannique, Canada ; traduit de l’anglais par Résistance 71 et mise en page pdf par Jo de JBL1960.

Nous devons nous émanciper de l’idéologie coloniale qui a rendu et rend toujours possible les empires passés et l’empire actuel anglo-américain sur fond de mondialisme et de destruction des peuples et de la planète. Nous pensons que l’avenir de l’humanité passe par l’émancipation des peuples occidentaux de l’idéologie coloniale dominante et leur tenue côte à côte, main dans la main avec les peuples opprimés et colonisés du monde parce qu’en définitive, nous sommes tous des colonisés, ce n’est qu’une question de degré dans une matrice de la domination oligarchique.

Ce texte que nous avions publié en plusieurs parties en août et septembre 2014, traduit du livre du pr. Alfred “Wasase” (2005, 2009) est toujours d’une actualité brûlante pour la simple et bonne raison que rien ou pas grand chose n’a été fait pour sortir de ce marasme qui nous mène droit à l’abyme.

Nous pensons que ce texte fait partie de l’arsenal des outils de compréhension menant inévitablement à une solution de changement radical de la société, au besoin pour l’humanité de marcher enfin sur le chemin de l’harmonie une fois réalisé la fausse route que nous avons empruntée en suivant le modèle étatico-capitaliste de gestion de la société humaine. Place nette doit être faite dans les esprits et les attitudes, individuellement et collectivement, pour que surgisse et s’épanouisse la société des sociétés, la société humaine naturellement contre l’État et toute forme d’institution coercitive de domination.

Ainsi…

“Un guerrier confronte le colonialisme avec la vérité afin de régénérer l’authenticité et de recréer une vie digne d’être vécue et des principes pour lesquels on peut mourir. La lutte est de restaurer les liens qui ont été coupés par la machine coloniale… Traduire ce sens éthique en une philosophie politique concise est difficile. Je suggérerais en point de départ, de conceptualiser le terme d’ANARCHO-INDIGÉNISME. Pour prendre racine dans l’esprit des gens, la nouvelle éthique va devoir capturer l’esprit du guerrier en lutte et l’amener en politique. Il y a deux éléments fondamentaux: “indigène” qui évoque les racines culturelles et spirituelles de cette terre et de la lutte d’Onkwehonwe pour la justice et la liberté et la philosophie politique et le mouvement qui est fondamentalement anti-institutionnel, radicalement démocratique et totalement impliqué dans l’action pour amener un changement: l’anarchisme.”

“Le colon et le colonisé ont tous deux été forcés d’accepter de vivre dans un état de captivité. Ceci correspond au sens plus profond de la tournure qu’a pris le colonialisme moderne. Bien sûr tout ceci est possible parce que le grand mensonge a été incorporé dans tous les aspects de nos vies aussi loin que l’on puisse se rappeler comme étant la mémoire, l’identité et les relations politiques et économiques de domination et d’exploitation. Quelle type de culture a été produite par ce déni de vérité et en érodant l’authenticité des façons de vivre enracinée, saines et intelligentes, pour être au service du pouvoir politique et économique ? Cette question doit être posée non seulement aux assujettis mais également aux dominants.
Le colonialisme est une relation totale au pouvoir et il a façonné l’existence non seulement de ceux qui ont tout perdu mais aussi de ceux qui en ont profité.”

~ Taiaiake Alfred ~

 

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

VERSION FRANCAISE EN PDF

 

 

Comprendre le colonialisme: Le « droit de domination » chrétien tire sa pseudo-légitimité de la bible, empire américain = théocratie (Steven Newcomb)

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De cette conclusion de Newcomb nous pouvons en tirer et dire que la nation impérialiste des Etats-Unis d’Amérique est non seulement une fausse nation établie sur des terres volées et usurpées, mais qu’elle est aussi de fait une véritable théocratie avançant masquée, fondée comme telle et établie sur le génocide et le vol au nom du “droit du peuple chrétien élu sur une terre promise” qu’il a fallu voler.

~ Résistance 71 ~

 

Nos ancêtres Lenape furent massacrés durant l’évènement du Bowling Green Massacre

Kellyanne Conway s’est trompée de Bowling Green

 

Steven Newcomb

 

6 février 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/lenape-ancestors-bowling-green-massacre-manhattan-island/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans un entretien avec Chris Matthews, hôte de l’émission de télévision “Hardball” sur la chaîne MSNBC, Kellyanne Conway, une conseillère du président Donald Trump a mentionné la chose suivante: “Deux Irakiens sont venus dans ce pays, y ont été radicalisés et furent les cerveaux derrière le massacre de Green Bowling. La plupart des gens ne savent rien de cela parce qu’il n’y a eu aucune couverture médiatique de l’affaire.” Comme elle s’en est rendue compte plus tard, la plupart des gens ne savent rien de cela… parce qu’aucun massacre de la sorte n’a été commis par deux Irakiens. Elle a plus tard reconnu son erreur et s’est corrigée sur Twitter.

Ironiquement, la phrase de Mme Conway “Bowling Green massacre” nous donne l’opportunité de mentionner le massacre de notre peuple Lenape dans le district de Bowling Green dans le bas de l’île de Manhattan par les colons hollandais pendant la guerre de Kieft (1643-45). Pendant cette période, les Hollandais ont massacré des centaines de personnes de notre peuple Lenape. Un de ces incidents génocidaires notoires se produisit dans le bas de Manhattan, près de ce qui est aujourd’hui l’American Indian Museum et pas loin du site ou se tint Fort Amsterdam. Cet épisode fut narré par un Hollandais du nom de David Pietersz de Vries.

Au début des années 1640, le gouverneur hollandais William Kieft essaya d’imposer un impôt sur nos ancêtres Lenape. Ils refusaient de payer les étrangers pour avoir le “privilège” de vivre sur leur propre territoire. D’après de Vries, le gouverneur Kieft jugea les “relativement non belligérents Hackensack de Pavonia être en position de faiblesse.” Kieft promit de les faire se soumettre (Herbert C. Kraft, The Lenape: Archaeology, History, and Ethnography, Newark, 1986, p. 223).

De Vries n’eut aucun succès dans ses tentatives de faire renoncer le gouverneur Kieft à massacrer nos ancêtres Lenape. Le gouverneur refusait d’en être dissuadé. De Vries rapporta l’atrocité qui se produisit le 25 février 1643. L’évènement sanglant est difficile à lire et pour cause:

Je suis resté cette nuit là chez le gouverneur, ne pouvant dormir, j’allais m’assoir près du feu de la cuisine, lorsque vers minuit, j’ai entendu un grand hurlement ; je me suis précipité sur les ramparts du fort et y ai observé Pavonia. Je ne n’entendis rien que des coups de feu, entendis les hurlements des sauvages assassinés dans leur sommeil… Au petit jour, les soldats retournèrent au fort, après avoir massacrés 80 Indiens tout en considérant avoir rempli leur mission de valeur guerrière romaine en les assassinant pour la plupart dans leur sommeil. Des enfants furent arrachés du sein de leurs mères et taillés en pièces devant leurs parents. Les morceaux des enfants furent jetés au feu ou dans l’eau. D’autres bébés furent attachés sur des planches et furent découpés, percés et misérablement massacrés d’une manière à émouvoir même le plus dur des cœurs de pierre.

Certains furent jetés dans la rivière et lorsque les pères et les mères se précipitèrent pour les sauver, les soldats ne les laissaient pas revenir sur la terre ferme et ils les laissèrent tous se noyer, des enfants de 5 ou 6 ans ainsi que des vieillards. Ceux qui s’enfuirent du massacre et se cachèrent, revinrent le matin mendier un bout de pain et pour être autorisés à venir se réchauffer. Ils furent assassinés de sang froid et jetés au feu ou dans la rivière. Certains arrivèrent chez nous dans la campagne avec des mains ou des jambes amputées, certains tenaient leurs entrailles dans leurs mains, d’autres avaient de telles coupures et plaies béantes qu’il n’était pas possible que ce soit pire.” (Kraft, pp. 223-224)

Une trentaine ou plus de nos ancêtres Lenape furent aussi massacrés cette même nuit sur Corlaer Hook, ailleurs sur l’île de Manhattan. Les assaillants hollandais “retournèrent à fort Amsterdam avec 30 prisonniers et les têtes de plusieurs Indiens.” (Ibid. p 224)

Sheldon Wolfchild (Lakota) et moi-même avons inclus ceci et autres horribles incidents dans notre film documentaire The Doctrine of Discovery: Unmasking the Domination Code (2016). Ces incidents ne sont que quelques uns des inombrables exemples de la domination et de la déshumanisation qui furent utilisées contre nos nations autochtones et nos peuples par les envahisseurs coloniaux de la chrétienté, puis éventuellement par le gouvernement et les colonisateurs des Etats-Unis d’Amérique.

Peut-être devons-nous remercier Mme Conway d’avoir employé de manière erronée le terme de “Bowling Green massacre”. Elle nous a ainsi aidé à faire plus de publicité pour notre documentaire. Celui-ci documente les méthodes utilisées par le gouvernement des Etats-Unis contre nos nations et peuples autochtones, méthodes perpétuées par la loi et politique fédérales indiennes, basées sur la bible et le christianisme.

Un des exemples les plus récents d’utilisation par les Etats-Unis de l’affirmation chrétienne d’un droit de domination contre nos nations indigènes, est l’utilisation par le gouvernement Trump d’un décret d’approuvement du Dakota Access Pipeline. Des efforts sont entrepris pour finaliser la construction de cet oléoduc sur le territoire sioux de l’Oceti Sakowin (la Grande Nation Sioux), territoire du conseil des sept feux. Ceci est fait sans le consentement de la nation Oceti Sakowin et en violation directe du traité de Fort Laramie de 1851.

La doctrine de la domination chrétienne, comme elle est utilisée par les Etats-Unis, au nom de la “loi américaine”, argumente que nos nations sont de droit sujettes aux idées et aux règles développées par “les premiers chrétiens” (dixit la cour suprême des Etats-Unis) pour “découvrir” les terres non-chrétiennes des “natifs, qui étaient des païens” (des mots mêmes de la Cour Suprême). En accord avec le dictionnaire anglais d’Oxford, “païen” est “un mot d’origine chrétienne” ce qui veut dire que c’est un mot d’origine biblique, mot utilisé par la Cour Suprême des Etats-Unis.

Comment les Etats-Unis ont-ils pu échapper à l’accusation d’officiellement utiliser des doctrines de fondamentalisme chrétien et de la bible pour affirmer un droit de propriété sur nos terres et territoires ?

Réponse: Ils affirment “un droit de domination” sur nos peuples et nations fondé sur le modèle de l’Ancien Testament du “peuple élu et de la terre promise”. En d’autres termes, parce que la bible leur a dit de le faire.

Briser le conditionnement colonial…

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Des mitrailleuses pour des souvenirs enfouis

 

Mohawk Nation News

 

2 février 2017

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2017/02/02/gatling-guns-to-buried-memories/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

“orowiio” est la parfaite réalité. Ces envahisseurs entrepreneuriaux coloniaux n’appartiennent pas à notre façon de faire naturelle. Ils souffent de choc culturel. Nous connaissons le moyen d’une paix durable sur terre, pour toujours. Nous, leurs victimes, souffront de leur processus brutal de meurtres en série afin qu’ils puissent garder les richesses volées.
Leurs langues artificielles créent des souvenirs que leurs manipulateurs choisissent pour eux tout en essayant de nous forcer à abandonner notre culture. Notre langue est fondée sur des tons et des images issus de la nature et qui remontent aux origines, lorsque nous avons atteint le vérttable pouvoir. Ils n’ont que de vieux souvenirs enfouis et grotesques. Bientôt ils n’entendront plus que la vérité, qu’ils ne pourront ni ignorer ni accepter. Tout doit être corrigé ou ils devront alors quitter l’Île de la Grande Tortue. Le génocide ne restera pas impuni.

L’esprit des envahisseurs est construit par leurs manipulateurs de façon à ne pouvoir poser qu’un minimum de questions à l’autorité en charge.

Leur language possède une gâchette incorporée pour déclencher certaines actions lorsqu’activée. Notre existence, notre lien avec la nature ne peut jamais être brisé. Nous communiquons avec nos ancêtres par le language où se trouve nos réponses. Nous entendons des sons et voyons des images qui ne peuvent en aucun cas exister dans le langage de l’amirauté (colonial). Nous voyons le véritable pouvoir de la création. Pas par des artifices, mais par notre association intrinsèque avec toute vie naturelle.

L’église a planifié le programme diabolique qui annihile ceux qui se trouvent sur son chemin, comme par exemple l’assassinat de masse de plus de 100 millions d’entre nous sur le continent des Amériques.

L’entreprise, la corporation crée les guerres. Nous ne profitons en rien de ce qui est retiré de notre mère. Les créateurs de l’esprit “occidental” ont mis fin à leur capacité d’empathie. L’état pourrait bien d’un seul coup abandonner ces gens qui sont totalement dépendants de lui pour leurs instructions. Les plus vieux cauchemars retourneront pour se venger. Ils ne possèdent abolument rien légalement sur le continent des Amériques. Ils ont peur qu’on leur rappelle leur passé destructeur. Ces pirates ne sont bons qu’a piller. Certains ont une conscience. Malheureusement, ils n’ont pas de véritable langue pour l’exprimer.

Ils disent qu’ils sont maintenant prêts à faire face à la vérité, ce qui veut dire qu’ils vont se réconcilier avec leurs crimes passés. Nous prévoyons que les criminels vont créer leur propre police de la réconciliation afin de protéger ceux qui ont perpétrés ces crimes, les actionnaires de la “Couronne” (City de Londres). Ils continueront d’en profiter tant que cette illusion de réconciliation persiste.

Les banquiers ne peuvent plus perdre la guerre après avoir tant volé et commis tant d’atrocités. Les dirigeants ne veulent par perdre leur entreprise parce qu’ils sont essentiellement en faillite.

Les gens sont contrôlés en apprenant des mots artificiels ayant un sens créé par leurs dirigeants. Leur langue n’est pas fondée sur la nature, mais sur la veulerie et la possession. La liberté n’est pas au programme. Ceux qui parlent de liberté “disparaissent”. Les conseils de bandes (Canada) et de tribus (USA) qui appartiennent à la corporation ne sont que des nids de vipères ne faisant que parler pour leurs maîtres de la matrice, ce que le public peut plus généralement accepter. Ils doivent tous disparaître pour que commence vraiment la cicatrisation de la terre-mère.

Les gens vont gober les mensonges mais pas la nature. Nous sommes la conscience. La corporation a toujours essayé de nous dissoudre. Ceci a toujours échoué. Un retour en 1491 ferait de notre terre une grande terre de nouveau. Les gens sont aveuglément conditionnés pour suivre les règles des leaders de leurs sectes. Pour survivre, vivre de manière durable avec la terre-mère, ils doivent venir avec nous.

Résistance au colonialisme: Décoder la domination chrétienne (Steven Newcomb)

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Domination: le code secret utilisé contre nos nations

La vision états-unienne de la réalité est fondée sur un droit présumé

 

Steven Newcomb

 

24 janvier 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/domination-hidden-code-used-nations/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’histoire de la loi et politique fédérales indiennes rendent quelque chose parfaitement clair: la vision de la réalité des Etats-Unis est présumée sur un droit assumé de domination sur nos nations autochtones, sur nos terres et sur nos vie, ainsi que de l’expropriation de notre eau et de nos ressources. Alvin Toffler dans son livre “The Third Wave (1980), intitula son 4ème chapitre “Briser le code” / “Breaking the Code”. Dans la première phrase du chapitre il déclare: “Toute civilisation possède un code caché, un lot de règles ou de principes guidant toute ses activités comme une schéma répétitif.” L’histoire révèle que la “civilisation occidentale” et ce qui est appelé “la civilisation américaine”, ont un code caché et celui-ci opère en tant que schéma de domination récurrent.

Une des significations du mot “civilisation” est “forcer une culture particulière sur une population pour laquelle ce schéma culturel est étranger.” Une nation forçant un schéma de domination culturel, linguistique et politique sur une autre nation est bien évidemment accompli par un processus de domination (NdT: c’est le processus colonial ethnocidaire, sans être forcément génocidaire bien qu’il le soit souvent surtout s’il y a une politique de substitution démographique en prenant possession des terres). William Brandon dans son The American Heritage Book of Indians, cite un inspecteur du gouvernement des Etats-Unis des années 1850 qui mentionnait “la grande cause de la civilisation, qui, dans le cours naturel des choses, doit exterminer les Indiens.

Cette phrase pourrait tout aussi bien être mise en ces termes: “la grande cause de la domination, qui, dans le cours naturel des choses, doit exterminer les Indiens”. La connexion jamais vraiment remarquée entre “civilisation” et “domination” démontre que nous sommes capables de mettre à jour les codes cachés lorsqu’on prend le temps d’examiner les mots et les idées qui constituent la langue anglaise (NdT: pas seulement l’anglais, ceci est valable pour toutes les langues coloniales comme le français, l’espagnol, le portugais pour ne citer que les principales…) et donc le langage utilisé dans la loi fédérale indienne des Etats-Unis (NdT: et du Canada, de l’Australie, de Nouvelle-Zélande etc…). Etant donné qu’un code caché, un design récurrent, a été utilisé par les Etats-Unis en un effort concerté de détruire nos nations originelles, en tant que nations (citons pour exemple le colonel Richard H. Pratt: “Toute la caractéristique de l’Indien se trouvant dans la race devrait être mort. Tuez l’Indien pour sauver l’homme.”), comment cela se fait-il donc que la plupart d’entre nous, autochtones, sommes toujours ignorants de l’existence du code de domination ?”

La réponse est simple. Le droit assumé et le système de réalité de la domination demeurent déguisés. Cela reste dans le flou, entretenu par des mots ordinairement simples à comprendre que peu de gens vont associer avec la dominiation exercée, des mots comme par exemple: tribu, tribal, colonial, état, fédéral, loi fédérale indienne, royaume, dieu, juridiction, gouvernement, chrétien, dominion, titre, aborigène, occupation, possession, conquête, conquérir, subjugation, ascendance, pouvoir plénier etc…

Quiconque prend le temps de fouiller profondément va trouver que ces mots et d’autres sont des porteurs métaphoriques secrets ou tacites du code de la domination. Ce sont des mots qui portent des aspects différents du système de domination.

Ce qui est appelé la loi fédérale indienne des Etats-Unis est avant tout un système idéologique fondé sur un droit présumé et assumé de domination qui est maîtrisé par chaque nouvelle génération de hauts-fonctionnaires du gouvernement et qui est passé à la génération suivante. Les idées qui constituent la loi fédérale indienne ont commencé comme des concepts créés par l’esprit de l’homme blanc et son système de langue. Un excellent exemple est une déclaration faite par le juge de la cour suprême John Marshall dans son rendu de décision dans l’affaire Johnson c. M’Intosh en 1823. Marshall y dit que “le caractère et la religion des habitants du continent ont permis la logique de raisonnement pour considérer que les Indiens étaient un peuple sur lequel le génie supérieur européen pouvait affirmer une ascendance.” Le dictionnaire Webster’s définit le mot “ascendance” comme: “influence de contrôle, pouvoir de gouverner: DOMINATION” (en lettres majuscules dans le texte orignal du dictionnaire).

Le système idéologique de la loi fédérale indiennes US est aussi établi sur la prétention que le “peuple chrétien” (les lettres italiques sont une emphase mise par le gouvernement des Etats-Unis…) avait le droit d’affirmer et d’établir une domination chrétienne sur “les païens et les infidèles”. Ceci se manifesta par la prise de possession de la terre et de profiter économiquement des ressources de valeurs partout où vivaient des non-chrétiens. Cette prétention de droit divin de domination est maintenue jusqu’à ce jour par un nombre de techniques, telle que la désignation de nos nations comme étant des “tribus indiennes” et en imposant le concept et la nomination de mots comme “terres fédérales”, “occupation simple des sols” et “intérêt aborigène” sur les territoires de nos nations.

La loi fédérale indienne américaine peut-être remontée à une tradition de croisade chrétienne qui fut établie des siècles avant même les voyages entrepris par Christophe Colomb et autres colonisateurs chrétiens. Comme le dit si bien l’historien espagnol Francisco López de Gómara: “La conquête (domination) des Indes Occidentales commenca après que celle contre les Maures fut achevée, car les Espagnols ont toujours combattu contre les infidèles.” Le mot “conquête” est simplement un autre mot pour “domination”.

Ceux qui naviguèrent de la chrétienté vers d’autres parties de la planète au nom d’un esprit de “croisade” ou d’une “mission”, portèrent avec eux la supposition jamais questionnée que le monde chrétien avait parfaitement le droit d’établir un règne de domination sur toutes les nations non-chrétiennes que les voyageurs chrétiens pouvaient localiser. Ils appelèrent la domination chrétienne “conquête” pour créer un sens de “triomphe” ou de “victoire” pour la chrétienté.

Etant donnée la connexion entre le christianisme et la loi fédérale indienne, ce n’est pas du tout surpenant que cette loi fédérale est basée sur un phrasé de la domination que l’on trouve dans la bible Génèse 1:28: “Subjuguer la terre et dominer tous les êtres vivants” (Richard Friedman’s The Bible With Sources Revealed, 2005). La loi fédérale indienne est fondée en partie sur un mandat biblique de subjuguer et de dominer nos nations originellement libres et indépendantes.

En résultat du systeme de domination de la chrétienté et de toute la violence et de la déshumanisation infligées depuis des siècles sur nos ancêtres, il est maintenant largement assumé que nos ancêtres devinrent obligés et que maintenant leurs descendants sont tout aussi obligés, d’accepter passivement les mots, paroles et idées de la domination que les Etat-Unis continuent sans relâche d’utiliser contre nous, contre notre volonté. De ceci a résulté l’acceptation sans réserve que les droits de nos nations à une complète souveraineté et indépendance, furent diminués, et ainsi terminés, par la domination chrétienne et par la propagation de l’empire chrétien. Sur la base de l’affirmation de ce droit de domination chrétienne sur les nations non-chrétiennes et leur terre, les Etats-Unis affirment maintenant que leur Congrès a “plein pouvoir plénier” sur nos nations. Il serait plus juste de dire: le pouvoir plénier de domination assumé par le Congrès sur nos nations et nos territoires.

En résultat de l’affirmation par le gouvernement américain du droit de dominer notre existence, nous, en tant que nations autochtones avons été conditionnés pour croire qu’à chaque fois que la Cour Suprême des Etats-unis prend une décision au sujet de nos nations, en projetant mentalement et linguistiquement des mots, des idées et des arguments sur nos nations, que nous sommes obligés de nous conformer et d’obéir aux décisions de la CS et sa vision de la réalité orientée par la domination. Le gouvernement des Etats-Unis voudrait nous faire croire que nous somme complètement obligés de concéder passivement sans objection la supposition que les Etats-Unis possèdent un droit de domination sur nous, nos nations, nos terres, nos ressources et nos vies.

Malheureusement, nous avons été formatés, conditionnés, pour croire que nous n’avons aucun droit de défier les Etats-Unis et leur droit supposé et assumé de nous dominer. Comme l’a dit Richard Harvey Brown: “La chose en elle-même (quelle qu’elle soit), émerge du processus d’être nommée.” Une fois que nous avons appris à “voir” le code caché de la domination, alors il semble être omniprésent pour la simple et bonne raison que le système de réalité de la société dominante est totalement fondé dessus.

En conclusion, Claude Lévi-Strauss a déclaré au sujet de l’origine de l’anthropologie comme partie d’un processus global de domination, qui est applicable à la loi fédérale indienne des USA. C’est, dit-il “le résultat d’un processus historique qui a rendu une partie de l’humanité obéissante à l’autre et durant lequel des millions de victimes innocentes ont eu leurs ressources pillées et leurs croyances et institutions détruites, tandis qu’eux-mêmes étaient tués sans pitié, réduits en esclavage et contaminés par des maladies auxquelles ils ne purent résister.”