Archives de canada terrorisme d’état

Résistance au système: Conseils aux gens ciblés… C’est à dire à tout le monde !

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 26 avril 2017 by Résistance 71

Maturer et sortir du système: quelques conseils aux gens ciblés

 

Kevin Annett

 

20 avril 2017

 

url de l’article original:

http://kevinannett.com/2017/04/20/on-growing-up-and-moving-out-some-advice-to-targeted-individuals/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

A lire: “Le bouclier du lanceur d’alerte”

Version PDF: le bouclier du lanceur d’alerte

 

Cette semaine, sans surprise, deux de mes amis qui avaient publiquement défié la torture rituelle d’enfants et leur trafic au Canada, ont été soudainement attaqués et menacés de la perte de la garde de leurs enfants ou de leur profession. Leur réponse à cet assaut à été la même: chercher une solution au sein des tribunaux de cette même autorité qui les attaque.

Aucun de ces deux amis n’est mal informé ou naïf, au contraire, ils ont combattu le système pendant des années et comprennent sa nature implacable et criminelle. Mais lorsqu’ils furent personnellement attaqués et menacés de perdre ce qu’ils avaient de plus cher, leur première réaction fut de balancer leur compréhension des choses par la fenêtre en se disant de manière éronnée “que tout allait s’arranger” avec ceux qui les attaquaient. Ils refusent de voir qu’ils ont tous deux été ciblés pour l’élimination à cause de qui ils sont. Et donc tous deux se sont exclamés face à moi: “que puis-je faire d’autre que de négocier ?” “Ignorez les et passez votre chemin” leur ai-je dit. “Recherchez votre propre justice”. “Mais çà va me causer encore plus de problèmes” fut leur timide refrain.

Max Planck était un vieux sage, pour un scientifique. Il y a un peu plus d’un siècle, il a découvert qu’en fait toute matière est énergie et ce malgré son apparence solide. N’étant pas exempte des lois de l’univers, la société est aussi comme cela (NdT: Hmmm, la société est une création humaine, constituée de corps organiques étant énergie si on veut… bref…). une institution en apparence innamovible est en fait un champ d’énergie en perpétuel changement qui est soit nourri ou dissipé. Chacun d’entre nous étant aussi énergie, peut soit nourrir ou rediriger son énergie, lorsque nous connaissons notre véritable nature.

Le signal particulier énergétique de la chose qui attaque mes deux amis cette semaine se nourrit de peur et la dirige pour paralyser et capturer l’énergie de ses cibles. C’est toujours comment une institution criminelle gère ses critiques: en les bousculant ou les matraquant de retour dans le moule, là où ils pourront y être neutralisés ou éliminés. La raison pour laquelle ceci fonctionne presque toujours est parce que même les activistes ou spécialistes les plus érudits n’ont pas maîtrisé leur propre signal énergétique, ce que Sun Tzu dans “L’art de la guerre” appelle le “chi” et donc ils abandonnent généralement la partie contre leur opposition en maintenant cette attitude du “que puis-je faire d’autre ?”

Parlons un peu des fondamentaux. Nous, nos enfants et la nature de cette planète elle-même devons faire face à une extermination par une guerre globale. Nous sommes tous à haut risque du simple fait que nous vivons au XXIème siècle et du fait que nous vivons dans un état de guerre permanente. Et pourtant, lorsque nous nous heurtons au système qui nous fait la guerre et que des attaques se font contre nous, nous répondons comme des gens en paix. Nous faisons confiance en l’humanité et la bonne volonté de notre ennemi, qualités qui ne sont pas là de toute évidence. Bref, nous ne sommes pas mentalement préparés pour les conditions de guerre, ce qui représente une condition fatale pour notre bien-être.

Être en guerre veut dire opérer sous un réalisme de roc, c’est à dire de voir les situations et les opposants pour ce qu’ils sont et non pas comme nous voudrions qu’ils soient, ceci inclus bien entendu le moment où ces forces nous attaquent personnellement. C’est la partie la plus difficile. Comme nous le montre l’usage de l’internet, il est plus facile pour nous de trouver des solutions aux dangers auxquels les autres doivent faire face. Mais lorsque ces mêmes dangers nous frappent, nous avons tendance à nous sauver et à nous protéger derrière la barricade de nos propres illusions et de notre dépendance envers ce même système qui recherche notre obéissance ou notre destruction. Grandir, maturer et sortir de cette dépendance n’est jamais chose aisée, spécifiquement pour quelqu’un qui est acclimaté aux pseudo-sécurités d’un boulot, d’une famille et d’une maison. La cage mentale qui nous maintient liés au statu quo, malgré nos meilleures intentions, consiste en un calcul attentif de nos actions en fonction de ce que nous pourrions gagner en comparaison de ce que nous pourrions perdre. L’âme docile veut toujours avoir un échappatoire de toute situation à risque et une garantie d’absolue sécurité avant d’agir.

En réalité, le problème n’est jamais au sujet du risque impliqué dans tout conflit, mais plutôt notre peur de perdre ou que tout soit fini. Jusqu’à ce que cette peur soit confrontée et surmontée et que nous recouvrions notre chi, nous sommes sans défense interne contre toute attaque intime nous visant. Et notre adversaire le sait très bien.

Sun Tzu disait que dans toute bataille, quoi que ce soit que nous aimons nous rend vulnérable et doit donc être abandonné. Mes deux amis indiquent par leurs actions qu’ils ne veulent pas procéder de la sorte ; en conséquence leur ennemi sait exactement comment les contrôler et rediriger leur chi.

Le bons sens commun (et Sun Tzu) nous dit que lorsque nous devons faire face à un ennemi plus puissant, on ne doit pas l’engager sur ses termes mais se retirer afin de dissiper ses attaques et trouver le temps et l’espace pour agir en nos propres termes. Mais ignorer leur ennemi n’est pas non plus une solution pour mes amis: pas seulement parce qu’ils ont peur de le faire, mais de manière plus fondamentale parce qu’ils sont toujours coincés dans l’état d’esprit et le chi de leur ennemi.

Par exemple, la préoccupation immédiate de mes deux amis n’était pas ce qu’il ferait dans la suite des évènements, mais ce que leur adversaire ferait. Leurs yeux se portaient sur une autre substance plutôt que la leur. En fait, dès qu’on est attaqué, on ne doit jamais répondre dans les termes de notre ennemi, ce qui ne fait qu’alimenter sa puissance. Nous devons plutôt créer notre propre terrain et termes de la bataille, car qui met en place les termes a tendance à l’emporter, si l’expérience nous enseigne quelque chose, c’est bien cela. Mais pour être capable de faire cela, il faut d’abord se concentrer et rassembler son propre chi.

Quelque soit votre taille en rapport à une grosse institution, vous pouvez définir vos termes et définir le terrain de votre bataille, pourvu que vous n’abandonniez pas votre chi à votre opposition.

Mais ce qui est également vrai est que vous ne pouvez pas le faire seul. Plutôt que de répondre aux lettres ou menaces de votre adversaire, vous devez d’abord rechercher d’autres personnes qui vont vous aider à établir votre pouvoir. Vous devez créer un contre-poids collectif à ce qui vous attaque, car il est presque impossible pour un individu seul de briser le statu quo et établir son chi. Un contre-poids égal est nécessaire contre une grosse puissance, ceci est juste de la simple physique. Donc vous devez immédiatement rendre l’affaire publique, remuer la merde, et rallier les autres à votre cause, parfois juste pour montrer à votre ennemi que vous n’êtes pas seul.

J’ai recommandé cette réponse à mes deux amis, mais aucun d’eux n’a voulu m’écouter. Leur seule préoccupation était ce que le salaud allait leur faire ensuite et comment pouvaient-ils individuellement éviter d’être touché et blessé. Ils ont peur de ce que les autres peuvent penser en apprenant ce qui leur est arrivé dans le cas où cela pourrait “décevoir” leur adversaire et ainsi “compromettre” un éventuel protocole d’accord. Une telle mentalité défaitiste et de capitulation fait que mes amis ont déjà perdu la bataille, car ils ont déjà abandonné leur autonomie et leur capacité de manœuvrer et de répondre en leurs propres termes, ce qui représente la seule sécurité que possède une petite force contre une plus grosse. Quiconque est ciblé pour une destruction institutionnelle devra faire face aux même dilemmes et choix. L’individu ciblé apprend très rapidement que leur principale faiblesse réside en leur déférence acquise à l’autorité, à savoir de ne pas décevoir la main levée de la figure parentale à laquelle on s’oppose. Mais pour ceux qui ont lâcher-prise de cette habitude fabriquée et conditionnée de gagner l’approbation de l’autorité en toute circonstance, ils apprennent très rapidement que leur capacité à mettre hors de position et à surmonter un opposant plus gros et donc plus gêné dans les entournures, est sans limite.

La peur, comme toujours, est la barrière principale d’une telle force. La plupart des gens ne me croient toujours pas quand je leur dis que je n’ai pas de revenus réguliers et que je ne me soucie pas d’où viendront mes prochains revenus. Ils ne me comprennent pas parce qu’ils n’ont pas fait l’expérience de l’effet libérateur de tout perdre dans sa vie et de continuer à être bien vivant, actif et efficace. Une fois qu’on a perdu la peur de la mort, une vie éternelle et une puissance interne se sont ouvertes pour chacun de nous et ce pouvoir, cette puissance intérieure est la seule garantie de sécurité pour quiconque soudainement pris dans la ligne de mire de la tyrannie.

Mes deux amis qui bataillent la peur au ventre cette semaine ne comprennent pas encore ce fait de manière à les faire agir différemment. Ils devront apprendre de leur propre douleur et expérience que ce qui leur est en fait demandé par leur adversaire n’est pas juste une obéissance et un acquiescement de ce qui est mal, mais la rédition de leur substance même. Énergétiquement, ceci est après tout la nature même de toute entité parasite entrepreneuriale que nous devons affronter: chacune de ces entités veut nous absorber, nous incorporer (NdT: notons au passage le terme affairiste d’ »Incorporated » portant le sigle “Inc.” à côté du nom de l’entreprise, pour désigner la mise sous tutelle entrepreneuriale… la phagocytose politico-économique de fait, la toute puissance) en elle, ce qui veut littéralement dire nous tuer et nous assimiler comme partie de son propre corps. Mais pour que ceci puisse se produire, ce qui doit d’abord mourir est notre croyance en nous-même et notre propre capacité de dire NON et d’agir en nos propres termes, nonobstant les dangers auxquels nous faisons face.

C’est George Bernard Shaw qui a dit: “La seule véritable peur qui affecte l’autorité officielle n’est pas les gens qui vont lui résister, mais ceux qui vont l’ignorer.”

Allez et faites-le et réappropriez-vous le monde !

Mettre fin au colonialisme: démantèlement des corporations « USA et Canada » par les peuples (Mohawk Nation News)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, canada USA états coloniaux, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 18 avril 2017 by Résistance 71

“Regardez bien ce qui se passe ici, parce quand ils en auront fini avec nous ce sera votre tour.”

~ Membre du conseil des femmes de la nation Mohawk aux Québécois locaux venus aux nouvelles lors du siège d’Oka en 1990~

 

A lire: « Païens en terre promise, décoder la doctrie chrétienne de la découverte » (Steven Newcomb, 2008, traduction Résistance 71, mise en page Jo de JBL1960) et « Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada », TIDC, 2016, traduction Résistance 71

 

Guerre mondiale zéro

 

Mohawk Nation News

 

17 avril 2017

 

Url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2017/04/17/world-war-0/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Une personne a été frappée et sortie d’un vol de l’Unitedf Airlines par des agents de sécurité de la compagnie aérienne à l’aéroport O’Hare. Les gens dans le monde entier ont manifesté leur colère et leur désaprobation. Il y a maintenant des discussions internationales afin de protéger les passagers de telles violences.

Depuis 2016, Standing Rock est la scène d’une brutalité étatique ouverte et vicieuse, des attaques chimiques ont eu lieu contre des protecteurs pacifiques et désarmés de l’eau si précieuse. L’entreprise coloniale appelée USA attaque et essaie de tuer ceux qui se mettent en travers de son chemin. Depuis plus de 500 ans nous avons combattu cette entreprise seuls. Maintenant les autres sont ciblés également.

Les Etats-Unis, le Canada et le Mexique ont systématiquement couvert leur brutalité à notre encontre. Des milliers des nôtres sont brutalisés et victimisés, assassinés en prison comme prisonniers politiques et otages. Beaucoup sont vicieusement battus à mort pour être déclarés “mourir de pneumonie”. Nos prisonniers politiques et économiques doivent être libérés. L’ordre d’extermination totale de nos peuples doit être répudié. Le système carcéral nous individualise et nous sépare. Pour être libéré, vous devez vous soumettre et obéir.

Des forums publics se tiennent maintenant au sujet des problèmes et affaires indigènes afin “d’enregistrer” notre souffrance émanant de la politique du génocide qui continue jusqu’à ce jour. L’entreprise coloniale a mis en place des conseils de bandes (Canada) et de tribus (USA) et des organisations d’état et provinciales pour nous représenter de manière frauduleuse au travers du prisme politique colonial. Les membres de ces conseils aident au vol de notre terre, de nos ressources, de nos possessions et au meurtre de masse.

De véritables négociations doivent faire valoir un tiers neutre que les deux côtés jugent équitable.

Le gouvernement a mis en place notre souffrance et notre mort planifiée, chose que nous essayons d’enrayer. On nous met sous pression d’accepter les termes entrepreneuriaux coloniaux. Le public est soumis à une intense propagande pour qu’il soutienne les concessiosn en leur faveur.
Les criminels ne peuvent pas tracer la voie, Ils n’ont du reste jamais essayé de rectifier leur tort.

Des attaques faux-drapeau régulières et des menaces créent la peur de ce qui en découle. Nous sommes le peuple de la paix mondiale. Nous n’avons pas d’armée qui puisse être achetée ou contrôlée.

Le sens des mots doit bien être compris par les deux parties impliquées dans les deux langues utilisées. Le gouvernement dit généralement: “Nous avons dit ceci mais nous voulions dire cela…” Nous, Onkwe’honweh, le peuple originel de l’Île de la Grande Tortue, ne pouvons qu’utiliser notre cerveau, notre esprit, et ne nous occuper que de la vérité.

L’État utilise la propagande menée par ses merdias de masse afin de tromper le public. Celui-ci est conditionné à croire que “c’est une situation sans espoir” et que nous devons abandonner et nous en remettre à la corporation. Les critiques sont étiquetés comme terroristes et ciblés. Nous avons refusé d’être dépeints comme des terroristes pour ne faire que défendre nos vies, notre terre-mère et la vie qu’elle supporte en révélant le passé.

L’ennemi est rompu à la tactique du diviser pour mieux règner, de séparer les gens en groupes afin de créer des conflits de toute pièce.
Le peuple va dissoudre la corporation coloniale et tous les actionnaires seront traînés devant la justice pour les crimes commis par leurs entreprises. Nous déciderons qui parle pour nous, en accord avec notre processus politique traditionnel et ancestral. Notre position sur tel ou tel sujet sera lue ouvertement et publiquement, aux conseils et assemblées publiques. Le monde va enfin savoir la vérité au sujet du plus grand holocauste de l’histoire de l’humanité qui se perpétue jusqu’à aujourd’hui.

La corporation coloniale semble ne pas se sentir concernée du fait que le monde entier voit sa brutalité éhontée. Les actionnaires de l’entreprise ne pourront jamais échapper aux conséquences des crimes commis et des génocides passés et présents. Nous continuons inlassablement à suivre la loi naturelle de la terre.

Les piètres compensations (financières) n’y feront rien. Les règles entrepreneuriales seront démantelées et ne domineront plus jamais les lois naturelles d’Ono’waregeh (Île de la Grande Tortue).

Les Etats-Unis doivent prendre un engagement ferme de paix pour le monde.

 

 

Résistance au colonialisme: la face cachée du mot « indigène »… (Steven Newcomb)

Posted in actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 15 avril 2017 by Résistance 71

Que veut dire “indigéniser” ?

 

Steven Newcomb

 

10 avril 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/what-does-it-mean-to-indigenize/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

A lire: « Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte » (Steven Newcomb, 2008, traduction Résistance 71, mise en page PDF, Jo de JBL1960)

 

Comme je suis fasciné par les mots, j’ai été très intrigué par l’utilisation du mot “indigène” en tant que verbe, comme dans le mot d’action “indigéniser”, Mon Webster’s Third New International Dictionary dit que le verbe “indigéniser” (NdT: indigenize en anglais) veut dire: “causer des caractéristiques indigènes ; adapter à des conditions ou des pratiques indigènes” et “causer une personnalité principalement indigène”.

Analyser le mot “indigène” fournit des résultats variés: “natif” et “originaire, produit ou se développant dans une région ou une terre particulières ou un environnemnt particulier.” Nous trouvons aussi “en rapport, fait, créé par pour des natifs”, “inné, inhérent”. Et pourtant, il manque quelques chose du désir exprimé de la part de certains d’”indigéniser” plus de choses dans le monde, comme les programmes pédagogiques universitaires par exemple.
Le contexte manquant de l’utilisation typique du mot “indigéniser » est trouvé dans l’avant-propos du rapport de l’ Independent Commission on International Humanitarian Issues de 1987: “Indigenous Peoples A Global Quest for Justice,” Après avoir discuté la notion stéréotype du mot “indigène”, que les auteurs du rapport disent “évoquer” une image de “peuple primitif”, les auteurs disent plus loin:

Cachée derrière les stéréotypes, se trouve la sombre réalité qui appelle à l’empathie et défie notre humanité. Celle-ci est à la fois triste et rayonnante: d’un côté la colonisation, le génocide et une lutte constante pour la survie physique et culturelle ; de l’autre côté, un glorieux passé et un futur qui doucement mais sûrement, commence à apparaître plus rayonnant et vibrant.

Les auteurs du rapport sont imprécis en disant que le terme “indigène” a deux aspects. Le point le plus important est que le contexte incessant et actuel de la catégorie peuples “indigènes” est, comme ils le disent, “colonisation, génocide… et une lutte constante pour la survie physique et culturelle.” Les auteurs du rapport essaient d’éviter le point en mentionnant “un glorieux passé” et un “futur” qui “commence à rayonner”. Mais rayonnant en comparaison de quoi ? En comparaison des ténèbres de la colonisation et du génocide (extermination) ce qui rend nécessaire la “lutte constante pour la survie physique et culturelle” ? Et étant donné le fait que toutes nations et peuples étiquetés “indigènes” sont toujours bloqués dans un schéma institutionnalisé de domination et de déshumanisation, on peut se demander sur quelle base le futur apparaît-il plus rayonnant et vibrant ?

Placer une insistance étriquée sur des mots comme “natif”, “inné”, ou inhérent” ne va pas nous donner une claire image mentale du concept d’”indigène”. Ceci parce que la signification du terme “indigène” est très inclusive d’un contexte sombre et mortifère de l’invasion par des étrangers et inclusive des efforts de destruction des nations et peuples originels (nos ancêtres), qui, avant l’invasion, vivaient toujours de manière “non civilisée” parce qu’is vivaient libres et indépendants d’une telle invasion. La trajectoire de la “civilisation” chrétienne européenne est une trajectoire d’invasion et de domination chrétienne et européenne. (NdT: ici Newcomb implique que pour autrui, civilisation = invasion et domination)

Lorsque les auteurs du rapport de cette commission indépendante mentionnèrent un “passé glorieux” pour les peuples “indigènes”, ils avaient sans aucun doute ce mode de vie pré-invasion en tête. Mais l’imagerie pertinente ne s’arrête pas en si bon chemin. Le contexte complet pour le terme d’”indigène” inclut de sinistres forces gouvernementales et entrepreneuriales qui ont causé et continuent de causer la domination et la déshumnanisation des nations originelles, ainsi ce contexte pour le terme “indigène” est inclusif des forces de domination qui menacent la base même de l’existence culturelle, physique et politique de tout peuple ou nation originel, ce que les auteurs du rapport reconnaissent implicitement en parlant de la “lutte constante pour la survie physique et culturelle.”

Comment alors l’appel pour notre existence, des programmes pédagogiques universitaires, ou quoi que ce soit d’autre, puissent être “indigénisés”, puisse avoir un sens comme terme de libération lorsque le contexte même du terme “indigène”veut dire des nations et des peuples qui sont forcés à être dominés, ce qui va à l’encontre de toute forme de libération ? Comment cela peut-il avoir un sens quand une part centrale du contexte “indigène” veut dire avoir été soumis à des forces gouvernementales et entrepreneuriales de domination et de déshumanisation au point que la survie physique et culturelle de nos nations ait été et est toujours en question ? Pourquoi ne pas juste appeler à notre libération de ces formes et schémas de domination ? L’appel pour notre existence doit-il être “indigénisé” plus avant ? Ceci doit-il être une tentative de séparer notre existence pré-invasion et utiliser cette imagerie de pré-domination comme un modèle positif de nos vies contemporaines ?

Est-ce que l’utilisation du terme “indigéniser”, ou de tout autre mot savant ayant pour but de faire mousser comme celui d’”indigénéité”, est un effort de revitaliser et d’émuler des images d’un “passé glorieux” mentionnées dans le rapport indépendant sus-nommé ? l’appel pour “indigéniser” nos vie ou pour “célébrer” notre “indigénéité” pourrait avoir un sens si cela avait pour intention d’exclure l’ère de post-invasion, ère remplie de mort, de destruction et de désintégration.

Pourtant, comment pouvons-nous séparer et exclure cette ère post-invasion de la signification du terme “indigène” lorsque notre existence “indigène” contemporaine est, par définition et par expérience, inclusive des schémas de domination imposés par l’État (colonial) et les entreprises (coloniales), schémas de colonisation, de déshumanisation masqués derrière la phrase “loi et politique” ? Si vous ne me croyez pas, nommez une nation ou un peuple appelé “indigène”, où que ce soit dans le monde aujourd’hui et qui vit libre et indépendant de tout contexte de domination et de déshumanisation créé par les états et les corporations / entreprises.

Résistance politique à l’empire et à tout colonialisme: Un manifeste indigène (Taiaiake Alfred)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, canada USA états coloniaux, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 10 avril 2017 by Résistance 71

 

Résistance 71

 

10 avril 2017

 

Nous avions traduit de larges extraits du livre du professeur de science politique à l’université de Victoria (CB, Canada), Taiaiake Alfred: « Paix, Pouvoir et Rectitude: un manifeste indigène » et Jo de JBL1960 nous en a fait un de ces PDF dont elle a le secret.

Le voici, vous pourrez également le trouver sur notre page spéciale PDF (plus de 20 à télécharger dans trois rubriques: histoire, politique et science)

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

Lettre ouverte à une sénatrice canadienne, négationniste de l’holocauste des Amérindiens du Canada… (Kevin Annett)

Posted in actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 4 avril 2017 by Résistance 71

« Si je devais choisir de tuer la moitié des enfants indiens qui sont sous notre attention, il n’y a pas de meilleur instrument à utiliser que votre pensionnat typique mis en place. »
~ Neil Parker, Superintendant aux affaires indiennes du Canada, 1949 ~

« Il est juste de dire que 50% des enfants qui sont passés au travers de ces écoles pensionnats n’ont pas vécu pour bénéficier d’une quelconque éducation en leur sein. »
~ D.C Scott, adjoint au superintendant au ministère des affaires indiennes, juillet 1913, rapporté par CBS News en juin 2015 ~

« Nous ne pouvions pas commencer une enquête sur les morts dans les pensionnats pour Indiens, ceci aurait constitué une enquête bien trop énorme… »
~ Gendarme Gerry Peters, de la division « E » de la Gendarmerie Royale du Canada, Vancouver, juillet 1997 ~

« Les chances d’un élève des pensionnats pour Indiens de mourir dans les premières années du programme étaient d’une sur deux. Alors bon, OK, 50% est une juste estimation du taux de mortalité. »
~ Murray Sinclair, président de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR), le 3 mars 2011 ~

 

Dans un miroir, sombrement: conseil à une négationiste de l’holocauste (amérindien)

 

Kevin Annett

 

28 mars 2017

 

url de l’article original:

http://itccs.org/2017/03/28/in-a-mirror-darkly-some-advice-to-a-holocaust-denier/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Une information en provenance d’Ottawa en date du 8 mars 2017: La sénatrice canadienne Lynn Beyak défend le système des pensionnats pour Indiens et affirme “qu’ils n’ont pas voulu faire de mal à quiconque”…

Ottawa

Chère Lynn,

Il a été dit de la vie au sénat canadien qu’elle est si pathétique que tout ce que vous pouvez y entendre est le bruit du ruminage et des ventres de porc. Je veux donc vous remercier pour donner tort à tous ces cyniques. Je n’avais absolument aucune idée que votre petite côterie d’appointés politiques à la platitude tant reconnue puisse produire une penseuse d’une telle originalité comme vous-même.

Quelle bonne bouffée d’air frais que d’entendre une politicienne canadienne affirmer que noir est en fait blanc et avec une telle conviction ! Et dire que j’avais perdu l’espoir en la capacité d’un quelconque de nos leaders d’ici, du Grand Nord tout blanc, de maîtriser la realpolitik machiavellienne. Je dis: bien vu, excellent !

Sénatrice, je vous donne un A+ pour vos efforts, mais si vous me permettez, j’ai quand même quelques conseils à vous donner en ce qui concerne la meilleure façon de propager votre gros mensonge bien particulier. En un mot, vous êtes trop crâneuse. Subtilement, est toujours après tout, la meileure méthode pour cacher un crime de groupe et de convaincre les gens qu’il ne s’est jamais passé: quelque chose que votre collègue du sénat Murray “Mr je blanchis tout par la CVR” Sinclair ne connaît que trop bien.

Note de R71: CVR est l’acronyme de la Commission Vérité et Réconciliation, la farce officielle de l’état canadien pour blanchir et minimiser l’affaire du génocide dans les pensionnats pour Indiens entre 1867 et 1996. Si l’état canadien s’est fendu d’”excuses officielles”, personne n’a jamais été condamné pour la disparition et meurtres de plus de 50 000 enfants autochtones dans les murs des camps de la mort qu’étaient les pensionnats pour Indiens, gérés par les églises, au nom du gouvernement canadien. Voir à cet effet notre traduction du contre-rapport à la CVR du Tribunal pour les Disparus du Canada: “Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada” (2016), ce texte est le fruit de plus de 20 ans de recherches, d’enquêtes et de témoignages.

Mettez une sourdine à votre hyperbole dans un premier temps. Même le plus fleur bleue, trouillard des Injuns des Canucks (Canadiens) aura du mal à avaler votre affirmation disant que votre typique curé frappeur d’enfant ne faisait en fait “qu’essayer de son mieux” avec tous ces sauvages. Allons, allons Lynn, aller au charbon avec rien d’autre que cette rhétorique va permettre à tout critique de vous cueillir avec juste une simple citation du ratio de plus de 50% de décès parmi tous ces enfants basanés qui étaient pensionnaires de ce que vous appelez “les pensionnats scolaires”.

Bref, le grand mensonge, çà doit être convaincant.

Point suivant: Pour l’observateur neutre, vous agissez comme le badeau dans le script pré-arrangé de quelqu’un d’autre. Je veux dire, regardez comment tous les gros matous aborigènes sautent après vos paroles, comme des violeurs d’enfants en rut. Vous donnez à des gens comme Murray Sinclair, Pat Brazeau et tous les autres sultans de la trahison ; la parfaite méthode pour poser en champions de leur peuple, leurs frères Indiens, qu’ils ont trahis pendant des années. Est-ce cela que vous voulez vraiment ?

Quant à votre affirmation que les camps d’internement chrétiens ont en fait sauvé plutôt que tué les enfants basanés: une fois de plus, vous êtes hors piste, sans aucune sécurité. Pourquoi ne pas aligner le gang habituel des lècheurs de bottes, de ces “survivants” aborigènes, Indiens des forts, pour qu’ils endorsent publiquement votre affirmation et affirment aux yeux de tous à quel point la vie était belle dans les camps ? Nous savons qu’il y en a un bon paquet alentours, nous savons aussi qu’ils ne demandent pas cher non plus pour “témoigner”…

Enfin, essayez de lancer quelques miettes rhétoriques à cette bête connus sous le vocable du politiquement correct. C’est la meilleure façon de désarmer vos critiques. Donnez-nous quelques lignes au sujet de la cicatrisation et de la réconciliation. Nous, pauvres visages pâles Canucks, aimons entendre ces mots. Ils nous font nous sentir bien au sujet de nous-mêmes, ce qui est après tout, tout le but de l’exercice: spécifiquement depuis que nous sommes tous partie d’une conspiration criminelle condamnée.

Il est vrai que toutes ces erreurs n’auront peut-être pas d’importance sur la distance considérant les remous que vous faites dans la presse et parmi beaucoup d’entre-nous pâles Canucks. Finalement a émergé un leader qui dit ce que tous ces paroissiens ont ressenti, mais qu’étant Canadiens, n’ont jamais dit: que ces Injuns l’ont eu trop belle et qu’ils nous pompent jusqu’à la lie, et que merde, après tout, ils vont peut-être finir par récupérer toute la putain de place de nouveau !

J’espère que vous considérez devenir premier ministre, ou peut-être est-ce là toute l’affaire ?…

Quoi qu’il en soit, pour vraiment maîtriser l’art du mensonge et de la déception Lynn, vous devez comprendre les détails de ce que vous essayez de pirrouetter. Connaître son ennemi est la clef pour gagner quelque bataille que ce soit après tout. Je vous invite donc à regarder quelques dures preuves de vie et de mort dans ce que vous appelez les joyeuses colonies de vancances que furent les pensionnats pour Indiens, preuves contenues dans ma composition de plus de 20 ans de recherche intitulée “Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada” (2016). Je l’ai écrit pour mettre une électrode dans le fion de Murray Sinclair, vous devriez donc vous réjouir à sa lecture.

Un de bien des survivants de ces pensionnats que je cite dans mon livre, Sylvester Green, était sur le détail des enterrements du camp de l’Église Unifiée du Canada à Edmonton dans les années 1960. Il a dû mettre en terre plus de 100 autres enfants durant les deux ans où il y fut incarcéré, avant qu’il ne s’en échappe.

Sylvester m’a dit qu’une fois à un réveillon de Noël, lui et d’autres enfants reçurent des vêtements propres et furent paradés devant une congrégation de notables blancs afin de chanter des chants de Noël pour toute cette foule chrétienne joyeuse et réceptive. Puis, Sylvester et les autres enfants furent ramenés dans leur camp et reçurent en récompense de leurs beaux chants, de choisir parmi eux lesquels seraient violés et pire par le révérend Jim Ludford et ses acolytes. Normalement les enfants n’avaient pas le choix.

J’ai juste pensé que vous apprécieriez le témoignage de Sylvester sur le comment le système n’était pas si mauvais après tout.

Sincèrement vôtre,

Kevin Annett

Résistance au colonialisme: Nations indigènes et domination politique (Steven Newcomb)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, canada USA états coloniaux, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 1 avril 2017 by Résistance 71

« En point de départ, je suggèrerais de conceptualiser ce qu’on pourrait appeler l’anarcho-indigénisme […] Le mot indigène qui évoque l’enracinement spirituel et culturel dans cette terre et la lutte pour la justice et la liberté d’Onkwe’hon:weh ; combiné au mouvement politique et philosophique qui est fondamentalement anti-institutionnel, radicalement démocratique et dévoué à prendre action afin d’amener le changement: l’anarchisme. »
~ Taiaiake Alfred, 2005 ~

A lire également: « La grande loi du changement », Taiaiake Alfred (extrait de son livre « Wasase », traduction R71)

et « Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte » (traduction R71)

 

La souveraineté indigène et la subordination politique de nos nations

La véritable signification de la souveraineté indigène n’est pas ce que nous en savons ou croyons savoir

 

Steven Newcomb

 

27 mars 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/indigenous-sovereignty-political-subordination-nations/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La langue anglaise est profondément problématique pour les nations originelles de l’Île de la Grande Tortue (“Amérique du Nord”). En toute précaution, nous ne devrions pas assumer que nous comprenons un mot particulier simplement parce qu’il est devenu un terme coutumier de l’art. Un exemple probant est le mot “souveraineté”, un terme qu’on dit avoir été inventé par l’absolutiste et philosophe politique français Jean Bodin, qui a défini alors sa signification comme étant “la suprématie sur des citoyens ou des sujets sans restriction de la loi.

En d’autres termes, ceux appelés “citoyens” ou “sujets” sont considérés “sujets” aux “lois du souverain”. Mais, “le souverain” est vu comme “le sujet d’aucune loi” parce qu’il est mentalement imaginé comme existant “au dessus” ou “a un niveau supérieur” de tout le monde et de toute chose. Comme c’est un concept ou une idée qui n’existe pas pas physiquement, il vaut ici d’être noté que “le souverain” n’existe pas physiquement “au dessus” ou “à un niveau supérieur” de tout le monde et de toute chose. Néanmoins, ceux qui agissent au nom du “souverain” sont capables d’exercer un degré de force en relation à ceux qui sont désignés être citoyens ou sujets, ceci résultant parfois en de terribles ou mortelles conséquences pour ceux contre qui cette force est exercée.

On peut illustrer ceci avec les sites de massacres de l’époque jusqu’à l’utilisation traumatique des forces de police militarisées de nos jours à Standing Rock, dans un effort pour l’état “souverain” d’utiliser la force qui accompagne la “souveraineté” quand il veut imposer sa volonté pour les intérêts banquiers et corporatistes coloniaux.
Dans son livre “Captives of Sovereignty” (2011), le philosophe politique Jonathan Havercroft note que des philosophes politiques tels Hannah Arendt, Michel Foucault, Giorgio Agamben, Michael Hardt et Antonio Negri concourrent pour dire que la “souveraineté” est, comme le dit Agamben, “une forme injuste de domination qui limite la liberté humaine”. De ce point de vue, il devient raisonnable de dire que placer le mot “indigène” devant celu de “souveraineté”, résulte en l’idée d’une “forme indigène de domination qui limite la liberté humaine”. Pourtant, je ne connais personne impliqué dans la défense des droits des nations et peuples indigènes, qui travaille pour un droit de domination autochtone. Ceci veut pourtant dire qu’il y a une confusion à la base qui n’est pas adressée.

C’est aussi plus compliqué que cela. Dans le contexte des Nations-Unies, le terme “indigène” veut dire originellement libre mais maintenant existant sous une dominance ou domination. Ceci contredit directement le sens de “souveraineté”, à savoir qui est au dessus de tout le monde et de toute chose. Il est impossible pour quelque chose qui est dit au dessus de tout et de tout le monde, d’exister aussi sous la domination d’un pouvoir politique.

Ainsi, l’expression “souveraineté indigène” est un oxymore ; c’est la combinaison de deux termes qui s’auto-excluent, qui s’annulent l’un l’autre. C’est incohérent. La même chose vaut pour l’expression “souveraineté tribale” dans le contexte de la loi et de la politique fédérales indiennes, invoquant la “souveraineté tribale” dans un effort d’être du bon côté de la lutte, mais ceci est équivalent à dire “ne pas être souverain”, parce que le mot “tribal” indique que c’est une forme moindre ou non-suprème de “suprématie”, ce qui est un non sens.

Au nom des nations originelles de l’Île de la Grande Tortue, les gens ont tenté de combiner un terme indiquant une identité politique subordonnée: “indigène”, avec une identité politique suprêmement dominante: “souveraineté”. Ils ont fait cela dans un effort de nous libérer d’une subordination politique imposée à tort. Ils ont fait cela dans un effort de libérer nos nations et peuples d’une position conceptuellement imposée qui est faite pour exister sous la domination du pouvoir de l’état et de son affirmation au droit de domination.

Ce que la plupart d’entre nous n’ont pas remarqué est l’impossibilité d’être libéré d’une identité politique subordonnée en continuant d’invoquer une identité politique subordonnée. Utiliser le mot “souveraineté” précédé du mot “indigène” n’enlève pas ni n’élève le niveau de subordination politique, cela ne fait que renforcer la subordination. De plus, comme mentionné ci-dessus, cela adopte le concept de domination elle-mieme comme un mondèle d’existence qui contredit en tous points nos systèmes realtionnels traditionnels.

Nous avons tenté de nous défendre contre ceux qui affirment une “souveraineté” sur nous au nom de concepts tels que ceux de la “couronne”, des “Etats-Unis”, du “Canada”, de “L’État” et autres catégories de domination. Mais quoi qu’il en soit, le système conceptuel dominant utilisé pour nous défendre a été fait de façon à ce que tout défi au système renforce ces catégories de domination. Le défier au nom de la “souveraineté indigène”, c’est en fait le renforcer, ne pas le défier est le renforcer. Vous êtes baisés si vous le faites et baisés si vous ne le faites pas, la classique double-liaison.

Une alternative est d’approcher notre défense conceptuellement, ce qui veut dire de nommer et de directement défier le Code de la domination à sa source, afin de défier ses racines profondes. Faire cela revient à travailler depuis la position qui affirme qu’il n’y a aucun droit à la domination ni aucun droit corollaire à la déshumanisation. Ceux qui autrefois considéraient l’esclavage comme étant une institution sacro-sainte utilisèrent aussi un code de domination, un système de rationalisation (idées + arguments) afin de le justifier. (NdT: comme la rédaction de “codes noirs” par exemple pour la France sous Louis XIV et sous le 1er empire, car n’oublions pas que Napoléon a rétabli officiellement l’esclavage que la révolution avait aboli… L’abolition officielle définitive datant de 1848, c’est à dire il y à moins de 170 ans pour la France… “pays des lumières et de la liberté”… qui dans la foulée augmenta son empire colonial…) Ceux qui défièrent l’esclavage ne furent couronnés de succès que lorsqu’ils attaquèrent la fondation conceptuelle de la domination: le concept de dire que certaines personnes ont un droit de domination sur d’autres.

Ceux qui officient maintenant la loi et politique fédérale indienne pour le gouvernement des Etats-Unis sur la base de catégories de domination, ont un système de ratinalisation pour justifier l’affirmation par les Etats-Unis d’un “droit de domination chrétienne” sur nos nations, Un “droit” faussement appelé “conquête”. Ce système de rationalisation a été clairement stipulé dans le verdict et son rendu de l’affaire Johnson c. M’Intosh, Cour Suprême des Etats-Unis sous l’autorité du juge John Marshall, 1823.

Le défi auquel nous avons maintenant à faire face est celui de libérer nos esprits de la confusion qui résulte du point très mal et peu compris qui dit que le terme de “souveraineté” est une forme de domination et le terme “indigène” veut dire “existant sous une forme de domination”. Ainsi la souveraineté indigène est une forme de souveraineté sous un système de domination. Pour nous libérer, nous devons d’abord libérer nos esprits.

Résistance au colonialisme: A Standing Rock les prières ont échoué, quelle suite pour stopper l’oléoduc ?… (Mohawk Nation News)

Posted in actualité, altermondialisme, écologie & climat, canada USA états coloniaux, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 30 mars 2017 by Résistance 71

“Le traité de Fort Laramie de 1868 [reconfirmant essentiellement celui de 1851] place la limite orientale des terres de la “Grande Nation Sioux”, Oceti Sakowin sur les rives Est de la rivière Missouri. La presque totalité de l’aquifère connu sous le nom de Formation Madison se situe dans les limites de ces frontières de notre territoire, comme défini par ce(s) traité(s). Ceci veut dire que toute l’eau de la rivière Missouri et de son expansion occidentale, ainsi que les réseaux phréatiques de la partie occidentale du Dakota du Sud, appartiennent au peuple Lakota. Notre droit à cette ressource a été garantie à perpétutité par les Etats-Unis et son gouvernement à Fort Laramie.
De cette manière, nos ancêtres ont pourvu à ce que notre peuple conserve d’amples réserves d’eau afin que se développe notre terre ancestrale, génération après génération. Même après que nos Paha Sapa (Collines Noires) et notre ‘territoire indien non-cédé’ nous furent volés en 1877, la rivière Missouri et la vaste majorité du réseau aqueux demeurèrent notre propriété. Les Américains étaient intéressés dans l’or à cette époque. L’eau n’était pas une préoccupation, donc l’eau fut laissée en terre indienne…”

~ Ward Churchill & Russell Means, discours de Means, 1982 ~

“L’homme blanc nous a fait maintes promesses, mais il en a gardé une seule. Il avait promis de prendre notre terre et il la prise.”
~ Chef Lakota Nuage Rouge, 1882 ~

 

Alignez vos prières

 

Mohawk Nation News

 

29 mars 2017

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2017/03/29/line-up-your-prayers/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les Etats-Unis furent si heureux lorsque tout le monde se mit à prier pour arrêter l’oléoduc du DAPL à Standing Rock.

En 1974, l’American Indian Movement (AIM) devint célèbre à travers le monde pour se dresser contre la corruption.
Le mouvement du pouvoir rouge (Red Power) commença à Minneapolis au début des années 1970 lorsque des hommes onkwe’hon:weh (autochtones des peuples originels) commencèrent à volontairement patrouiller les rues, remplissant ainsi leur responsabilité de maintenir leur peuple en sécurité. Ceci évolua en la création de l’AIM. La dépravité et les meurtres sur la réserve de Pine Ridge atteignirent des proportions épiques. L’AIM fut appelé à la rescousse par le peuple traditionnel et ses conseils. L’AIM y invita ses alliés et ses supporteurs. Puis un des hommes fut tué par un agent du gouvernement. Les Etats-Unis et les entreprises coloniales poussèrent pour que le chef tribal (élu) CEO de Pine Ridge et marionnette gouvernementale, Bill Wilson et son conseil tribal colonial, virèrent l’AIM de la réserve pour y avoir exposé la dépravité et la corruption ambiantes.

L’AIM fut affaibli parce que des saboteurs l’infiltrèrent. Doug Durham, alors proche des leaders du mouvement, était un agent du FBI. Ward Churchill écrivit “Agents of Repression”, sur le comment le gouvernement infiltra et détruisit l’AIM, les mouvements noirs et quiconque essayait de se défendre justement de l’oppression subie.

Churchill fut viré avec perte et fracas de l’université du Colorado et sa réputation fut éclaboussée et ternie pour avoir critiqué l’histoire officielle du gouvernement au sujet de la démolition contrôlée des tours jumelles du WTC en 2001.

Aujourd’hui, nos hommes portent les symboles de la résistance. Certains d’entre eux agissent même comme l’homme blanc en tuant, attaquant et volant leur propre peuple.

Une fois de plus en 2016, les alliés et supporteurs furent invités à Standing Rock pour mettre un coup d’arrêt à l’oléoduc. Plus de 10 000 d’entre eux s’y rendirent.

Les gens du monde entier se sont rendus compte des périls auxquel la nation Lakota devait faire face. Une fois de plus le conseil tribal colonial du gouvernement des Etats-Unis de Standing Rock a viré tous les supporteurs.

Avec toute cette attention, qu’ont protégé les protecteurs de l’eau ? Les prières n’ont rien changé. Ils voulaient une récompense pour quelque chose qu’ils n’ont pas fait. D’autres voulaient juste quelques photos souvenirs du fait d’y avoir été.

Les oléoducs sont en construction. Toujours plus de prières s’alignent. La terre n’est pas protégée.

= = =

Note de résistance 71:

MNN pose ici la question devenue classique du quand assez est-il assez ? Le monde colonial occidental est un monde de domination et d’oppression, de coercition et de rapports de force. Son outil coercitif majeur, l’État et ses institutions de la domination, ne connait que la force et la violence dont il monopolise la soi-disant “légitimité”, même quand il viole et bafoue traités et loi internationale et faveur de transnationales qui à terme paient les états pour garantir leur pérennité.

La question posée par MNN est simple: que fait-on quand on a épuisé l’action non-violente pour rétablir une situation fondée à la base sur une usurpation et un abus de pouvoir par les autorités, reconnus par l’analyse des traités légiférant dans le système même impliqué ? On plie les gaules, on dit “tant pis…” et on laisse faire ? Ou on passe à autre chose ?

Les leçons tirées de la crise d’Oka en 1990 sont que le système colonial serait dans l’impossibilité physique de répondre efficacement non pas à un Oka, mais à 10 Oka simultanés éparpillés sur l’ensemble de l’Amérique du Nord ; en l’occurence, n’oublions pas que toute cette affaire d’oléoducs implique un vaste réseau appelé à l’origine Keystone XL Pipeline, dont le DAPL n’est qu’un tronçon. Ce réseau vise à amener cette merde ignoble d’hydrocarbure issue des sables bitumeux d’Alberta au Canada, mélangé pour être mieux liquéfié à des produits chimiques hyper-toxiques, au Golfe du Mexique, le tout pour l’exportation vers la Chine !
Ce qui veut dire que stratégiquement, il serait raisonnable de penser à déclencher des opérations coup d’arrêt simultanées en territoires autocthones à la fois en terre coloniale états-unienne et en terre coloniale canadienne. Opérations où il y aurait moins de “prières” et plus d’action de blocage menées de manière coordonnée par les “warrior societies” des nations concernées, leurs alliés et supporteurs, sur une dizaine de sites, de manière conjointe et coordonnée.

MNN pose la question de l’action directe marchant la main dans la main avec la diplomatie. Oka en fut une réussite récente dont les leçons ont été tirées…