Archive pour USA terrorisme d’état

Guerre impérialiste au Moyen-Orient: Israël en guerre au Yémen

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A Varsovie, Israël révèle son engagement militaire au Yémen

 

Réseau Voltaire

 

15 février 2019

 

url de l’article: https://www.voltairenet.org/article205196.html

 

La Conférence ministérielle de Varsovie sur la Paix et la sécurité au Moyen-Orient n’a accouché que d’une chose importante et pas celle qui avait été prévue : Israël s’y est affiché avec des États arabes, discutant avec eux alors qu’ils n’entretiennent pas de relations diplomatiques officielles.

Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu a profité du vote de la Chambre des représentants US contre la guerre du Yémen pour révéler son engagement militaire dans ce pays.

En réalité, cette guerre a commencé dès le premier jour avec des troupes saoudiennes, émiraties et israéliennes. Les trois États avaient installé un état-major commun au Somaliland, un pays non-reconnu mais contrôlé par Tel-Aviv.

Cette guerre avait fait l’objet de plusieurs années de négociations entre Israël et l’Arabie saoudite. Elle avait pour objectif d’exploiter les réserves pétrolières du « quart vide », cette zone à cheval sur l’Arabie et le Yémen. Elle devait se prolonger par un projet commun dans la corne de l’Afrique.

Pour Israël, la révélation de son engagement au Yémen est un pas de plus après celui de ses interventions incessantes en Syrie. Il s’agit de s’affirmer comme un État agissant contre les intérêts iraniens. C’est en réalité une réécriture de l’Histoire puisque avant les interventions israéliennes, il n’y avait pas d’Iraniens, ni en Syrie, ni au Yémen.

Pour les États-Unis, cette révélation est un pas de plus dans la constitution de l’alliance judéo-sunnite contre les chiites, annoncée par le secrétaire d’État, Mike Pompeo.

Une soixantaine de délégations étrangères a assisté à ce show sans réagir. La presse occidentale a passé cette conférence sous silence.

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Déclaration de soutien du gouvernement cubain au peuple venezuelien… avec un bémol qui s’impose…

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“L’État c’est la force et il a pour lui avant tout le droit de la force, l’argumentation triomphante du fusil à aiguille, du chassepot.”
~ Michel Bakounine ~

Même si, comme le disait fort justement Albert Camus en 1951 dans “L’homme révolté”: “Les anarchistes, Varlet en tête, ont bien vu que gouvernement et révolution sont incompatibles au sens direct : ‘il implique contradiction, dit Proudhon, que le gouvernement puisse être jamais révolutionnaire et cela pour la raison toute simple qu’il est gouvernement.’ Expérience faite, ajoutons à cela que le gouvernement ne peut être révolutionnaire que contre d’autres gouvernements…”, notons et soutenons cette déclaration de soutien de Cuba au Venezuela en y mettant toutefois les réserves d’usage quant à la légitimité d’états “socialistes” et “révolutionnaires” se gardant toujours bien de rediluer le pouvoir dans le peuple et de remettre en cause les règles imposées du capitalisme, ne faisant que les adapter pour continuer à survivre et pouvoir en appeler à la “communauté internationale” des états larbins, assujettis au pouvoir de l’usure bancaire et de la société marchande depuis leur création même.

Solidarité avec le peuple venezuelien (et cubain) oui, car eux aussi toujours opprimé(s) par l’aile “gauche” du conservatisme capitaliste. La solution est dans l’émancipation, dans une grande évolution sociale mettant à bas État, gouvernements, institutions, société marchande, argent, salariat et tous les rouages induits de la domination et de l’exploitation.

Il n’y a pas de solution au sein du système, il n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! Ceci doit maintenant devenir une évidence planétaire et les peuples d’en tirer les conclusions et les actions qui s’imposent !

Solidarité, Union, Persévérance, Réflexion, Action !

Soyons SUPRA et devenons ce que nous sommes fondamentalement,

¡Ya Basta!

Ça suffit !

Enough !

Genug !

Basta cosi !

достаточно!

~ Résistance 71 ~

 

Déclaration du gouvernement révolutionnaire cubain sur la situation au Venezuela

 

14 février 2019

 

Source:

https://www.legrandsoir.info/venezuela-declaration-du-gouvernement-revolutionnaire-cubain.html

 

Il est urgent de stopper l’aventure militaire impérialiste contre le Venezuela 

Le Gouvernement révolutionnaire de la République de Cuba dénonce l’escalade de pressions et d’actions de l’administration étasunienne qui prépare une aventure militaire sous couvert d’ « intervention humanitaire » en République bolivarienne du Venezuela et appelle la communauté internationale à se mobiliser pour l’empêcher.

Du 6 au 10 février 2019, des avions de transport militaire ont volé vers l’aéroport Rafael Miranda de Porto Rico, vers la base aérienne de San Isidro en République dominicaine et vers d’autres îles des Caraïbes stratégiquement situées, sûrement à l’insu des gouvernements de ces nations, en provenance d’installations militaires étasuniennes où opèrent des unités des forces d’opérations spéciales et de l’infanterie de marine qui sont utilisées pour des actions clandestines, y compris contre des dirigeants d’autres pays.

Des milieux politiques et médiatiques, y compris étasuniens, ont révélé que des jusqu’au-boutistes de cette administration, qui ont derrière eux une longue carrière d’actions et de mensonges visant à provoquer ou à stimuler des guerres, tels que John Bolton, conseiller à la sécurité nationale, Mauricio Claver-Carone, directeur du département Continent américain au Conseil de sécurité nationale, de concert avec Marco Rubio, sénateur de la Floride, ont conçu, financé et organisé directement et en détail, depuis Washington, la tentative de coup d’État au Venezuela par le biais d’un individu qui s’est proclamé président de la manière la plus illégale.

Ce sont ces mêmes individus qui, personnellement ou par département d’État interposé, exercent des pressions brutales sur de nombreux gouvernements pour les obliger à appuyer une convocation arbitraire à de nouvelles élections présidentielles au Venezuela, tout en promouvant la reconnaissance de cet usurpateur qui n’a décroché que 97 000 voix comme parlementaire, face aux plus de six millions de Vénézuéliens qui ont élu en mai dernier le président constitutionnel Nicolás Maduro Moros.

Après que le peuple bolivarien et chaviste a résisté à ce coup d’État, comme le prouvent ses manifestations massives d’appui au président Maduro, et que les Forces armées nationales bolivariennes ont ratifié leur loyauté, l’administration étasunienne a intensifié sa campagne politique et médiatique internationale et renforce ses mesures économiques coercitives unilatérales contre le Venezuela, qui incluent entre autres le blocage dans des banques de pays tiers de plusieurs milliards de dollars appartenant à ce pays et le vol des revenus pétroliers de cette nation sœur, ce qui provoque de graves dommages humanitaires et de dures privations à son peuple.

Non contents de ce pillage cruel et injustifiable, les USA prétendent fabriquer un prétexte humanitaire pour entamer une agression militaire contre le Venezuela et se sont proposé d’introduire sur le territoire de cette nation souveraine, en recourant à l’intimidation, aux pressions et à la force, une prétendue aide humanitaire qui est mille fois inférieure aux dommages économiques que cause la politique d’encerclement imposée depuis Washington.

Le soi-disant « président », un vil usurpateur, a déclaré sans vergogne qu’il était prêt à réclamer une intervention militaire des Etats-Unis sous prétexte de recevoir cette « aide humanitaire » et a taxé le rejet digne et souverain de cette manœuvre par le gouvernement vénézuélien de « crime contre l’humanité » !

De hauts fonctionnaires étasuniens rappellent jour après jour, d’une façon arrogante et sans le moindre scrupule, que « toutes les variantes, dont la variante militaire, sont étalées sur la table » en ce qui concerne le Venezuela.

Cherchant à fabriquer de toutes pièces des prétextes, l’administration étasunienne a recouru à la tromperie et à la calomnie en présentant au Conseil de sécurité des Nations Unies un projet de résolution où, cyniquement et hypocritement, elle exprime sa vive inquiétude pour « la situation humanitaire et celle des droits de l’homme » au Venezuela, « les tentatives récentes de bloquer l’arrivée de l’aide humanitaire, l’existence de millions de migrants et de réfugiés, […] le recours excessif à la force contre des manifestants pacifiques, la situation de rupture de la paix et de la sécurité internationales », et où elle appelle instamment à « l’adoption des mesures nécessaires ».

Il coule de source que les Etats-Unis préparent le terrain pour établir par la force « un couloir humanitaire » sous « protection internationale », en invoquant « l’obligation de protéger » les civils et d’appliquer « toutes les mesures requises ».

Faut-il rappeler que les Etats-Unis ont suivi une conduite similaire et fabriqué des prétextes semblables comme prélude aux guerres qu’ils ont déclenchées contre la Yougoslavie, l’Iraq et la Libye, causant d’énormes pertes de vies humaines et d’immenses souffrances ?

L’administration étasunienne tente de faire sauter le plus gros obstacle – la Révolution bolivarienne et chaviste – à sa domination impérialiste sur « Notre Amérique » et au vol au peuple vénézuélien des plus grandes réserves certifiées de pétrole sur notre planète et d’autres abondantes ressources naturelles et stratégiques.

On ne saurait oublier la triste et douloureuse histoire d’interventions militaires des USA au Mexique à plusieurs reprises, au Nicaragua, en République dominicaine, en Haïti, à Cuba, au Honduras et, plus récemment, à la Grenade et au Panama.

Raúl Castro Ruz avait averti le 14 juillet 2017 :

« L’agression et la violence putschiste au Venezuela font du tort à toute “Notre Amérique” et favorisent uniquement les intérêts de ceux qui s’acharnent à nous diviser pour dominer nos peuples, peu importent les conflits aux conséquences incalculables qu’ils provoquent dans la région, à l’image de ceux auxquels nous assistons à différents endroits du monde. »

L’Histoire jugera sévèrement une nouvelle intervention impérialiste dans la région et la complicité de ceux qui, d’une manière irresponsable, la secondent.

La souveraineté et la dignité de l’Amérique latine et des Caraïbes, ainsi que celles des peuples du Sud, sont en jeu aujourd’hui au Venezuela. La survie des normes du droit international et de la Charte des Nations Unies est aussi en jeu. La question de savoir si la légitimité d’un gouvernement émane de la volonté expresse et souveraine de son peuple ou de la reconnaissance de puissances étrangères est pareillement en jeu.

Le Gouvernement révolutionnaire de Cuba appelle la communauté internationale à se mobiliser pour défendre la paix au Venezuela et dans la région, conformément aux principes de la Proclamation faisant de l’Amérique latine et des Caraïbes une Zone de paix adoptée par les chefs d’État ou de gouvernement de la Communauté des États latino-américains et caribéens (CELAC) en 2014.

Il se félicite, tout en l’appuyant, de l’initiative dite Mécanisme de Montevideo, lancée par le Mexique, l’Uruguay, la Communauté des Caraïbes (CARICOM) et la Bolivie afin de préserver la paix au Venezuela en se fondant, comme l’affirme sa récente Déclaration, sur les principes de non-intervention dans les affaires intérieures des États, d’égalité juridique des États et de règlement pacifique des différends.

Il se félicite de ce que le président Maduro Moros et la communauté internationale aient accueilli favorablement cette Initiative et exprime sa vive inquiétude devant le rejet catégorique de la part de l’administration étasunienne des initiatives de dialogue, dont celle-ci, lancées par plusieurs pays.

Le Gouvernement révolutionnaire de Cuba réitère sa solidarité résolue et invariable avec le président constitutionnel Nicolás Maduro Moros, avec la Révolution bolivarienne et chaviste, et avec l’union civico-militaire de ce peuple, et lance un appel à tous les peuples et gouvernements du monde pour qu’ils défendent la paix et s’unissent, au-delà des divergences politiques ou idéologiques, pour stopper une nouvelle intervention militaire de l’impérialisme en Amérique latine et dans les Caraïbes qui fera du tort à l’indépendance, à la souveraineté et aux intérêts des peuples depuis le Río Bravo jusqu’à la Patagonie.

La Havane, le 13 février 2019

Guerre impérialiste en Syrie: Du rififi dans les forces d’occupation… Les Yankees se servent des forces françaises comme de bouclier…

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MAJ: confirmation de Stratégika51

 

Syrie: Les USA se servent des forces françaises comme d’un bouclier

 

Press TV

 

13 février 2019

 

url de l’article:

https://www.presstv.com/DetailFr/2019/02/13/588432/Syrie-Raqqa-France-cellule-de-renseignement-espionnage

 

En France où les médias sont visiblement sommés de désinformer au lieu d’informer, personne n’en parle et pourtant, l’information est bien fiable. Des sources militaires syriennes ont fait part d’une forte explosion produite dans le QG de renseignement et d’espionnage des forces françaises, à Raqqa. Des forces spéciales françaises auraient été tués ou blessés. Il s’agirait, selon Sputnik, d’une moto piégée qui a explosé au sein même de la cellule de renseignement et d’espionnage des forces françaises à Raqqa, ville qui a été le théâtre, il y a quelques jours, des manifestations anti-américaines et anti-françaises à l’occasion desquelles les habitants ont brûlé les drapeaux de ses deux pays, en réclamant le retrait des « forces d’occupation étrangères » de leur ville et de toute de la Syrie.

Selon Sputnik, « personne n’a réussi jusqu’à présent à pénétrer dans le lieu de l’explosion et de plus amples informations sur le niveau des dégâts causés par l’explosion se font toujours attendre ».

Des camions de pompiers et des ambulances ont pourtant été aperçus sur les lieux de l’explosion où les forces de la coalition américaine ont immédiatement mis en place un périmètre de sécurité, ajoute Sputnik.

L’usine sucrière qui abrite le QG des forces françaises à Raqqa est située sur la route Raqqa/Hassaké dans le nord de Raqqa. La déflagration est intervenu alors que des sources syriennes ont fait part lundi de la fuite de militaires américains, en pleine nuit, de la ville de Tabqa dans la banlieue sud-ouest du gouvernorat de Raqqa, après que les habitants de la ville ont brûlés le drapeau américain.

Selon Sputnik, une colonne militaire composée de 30 véhicules s’est dirigée de Tabqa vers le chef-lieu de la province de Raqqa. Les Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par les États-Unis avaient coupé l’électricité des localités et villages situés dans la banlieue ouest de Raqqa, au moment du retrait des troupes US. Ces sources ajoutent que la majorité de forces américaines se seraient retirées de Tabqa et que seule une unité d’espionnage serait restée dans une école au sud de la ville, avec pour mission de brouiller les systèmes de communication des forces syriennes et de perturber leur fonctionnement.

Des habitants syriens de la province de Raqqa ont manifesté le samedi 9 février pour réclamer une fois de plus le retrait des forces américaines et françaises de Syrie et la fin des ingérences étrangères dans leur pays.

Sur les images vidéo diffusées à ce sujet sur les réseaux sociaux, on voit les manifestants réclamer la fin de l’occupation américaine et le retrait de toutes les troupes étrangères de Syrie. Les participants à cette manifestation ont brûlé les drapeaux américains et français en signe de protestation contre l’occupation de leur pays. Ils scandaient aussi des slogans contre les forces d’occupation.

Les Américains se servent-ils des forces françaises à titre de bouclier? Tout est possible, affirment les analystes qui soulignent aussi l’implication directe des Rafale français dans des frappes qui ont visé ces derniers jours les localités de Deir ez-Zor. Une information reprise samedi par SANA a évoqué des frappes de l’aviation française contre la localité stratégique d’Abou Kamal sur les frontières avec l’Irak.

Guerre impérialiste au Venezuela: communiqué de solidarité du groupe chilien anarcho-communiste Solidaridad avec le peuple venezuelien…

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3RI

 

Communiqué public sur la situation au Venezuela

 

Mouvement communiste libertaire chilien Solidaridad

 

Février 2019

 

url de l’article:

https://robertgraham.wordpress.com/2019/02/09/chilean-libertarian-communists-on-the-venezuelan-situation/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le Venezuela traverse une profonde crise de laquelle il est impossible d’exempter la responsabilité du leadership chaviste: un échec à ouvrir une voie qui permette au pays de dépasser sa sur-dépendance aux revenus du pétrole, l’inefficacité de la mise en place de mesures qui améliorent la situation économique du pays, la bureaucratie qui noie l’initiative populaire et tous les cas de corruption qui touchent les officiels et hauts-fonctionnaires officiant aux fonctions clefs de l’économie. Ceci ne représentant que quelques uns des problèmes irrésolus.

Mais quoi qu’il en soit, cette situation se tient au sein du cadre de la polarisation et du conflit de classes qui voit l’aile droite venezuelienne, représentante loyale des secteurs aisés de la population en conjonction avec les diverses administrations des différents gouvernements américains, mettre en place une stratégie de déstabilisation ayant pour but d’asphyxier l’économie venezuelienne en contribuant à la détérioration générale du cadre et du niveau de vie de la population venezuelienne, de millions de ses membres. L’objectif de cet effort est de minimiser le soutien populaire qui a essentiellement maintenu le processus du changement dans le pays.

Pire même, cette droite, qui se présente comme une alternative démocratique et qui cache son profond mépris pour la classe laborieuse derrière une langue de bois qui fait appel à la justice et au respect de la constitution qu’elle a autrefois copieusement insultée, opère de manière criminelle en faisant monter le niveau de la violence. Derrière la figure politique du président par interim auto-proclamé Juan Guaido et son Parti de la Volonté Populaire (Voluntad Popular), se cachant derrière de grands discours creux amplifiés par les médias, se tient une stratégie insurrectionnelle qui s’est révélée avec des attaques armées sur des baraquements militaires (NdT: sans doute pour faire basculer l’armée dans le camp de l’opposition…) [1], par la destruction de centres de santé publique, [2] par les incendies de hangars de stockage alimentaire pour les démunis, [3] parmi d’autres actions de sabotage qui eurent lieu durant ces dernières années.

Cela alla même jusqu’à l’assassinat de leaders politiques par des tueurs à gage [4] et jusqu’à des personnes brûléees vives pour le simple fait d’être chavistes. [5]

De ceci nous avons appris que si la droite reprend le pouvoir au Venezuela, non seulement elle mettra en place une politique de réajustement qui impliquera des privatisations d’entreprises publiques, un endettement accru auprès d’organismes financiers tels que le FMI et l’ouverture de projets pétroliers pour et avec des entreprises privées qui assumeront le rôle d’actionnaires principaux, [6] mais elle assumera également un gouvernement de revanche et de vengeance où la haine accumulée durant toutes ces années va se lâcher brutalement contre les secteurs organisés du peuple qui a osé rêvé d’un pays qui ferait sa transition vers un mode de vie non-capitaliste de vivre ensemble.

La réalisation d’un équilibre profond entre les progressistes d’Amérique Latine et en particulier de l’expérience venezuelienne, même avec toutes ses contradictions et potentiel est quelque chose qui reste à faire pour la gauche. Doit-on aussi dire que bien de ces expériences ont donné naissance à des processus politiques qui affligent directement la classe laborieuse. Mais malgré les différences légitimes que nous exprimons ouvertement avec ceux qui mènent le processus venezuelien, la gauche et le peuple doivent rejeter avec emphase cette nouvelle tentative de coup d’état, l’interférence non-stop des Etats-Unis et d’autres pays en matière de stratégie de déstabilisation, ceci incluant le gouvernement du président chilien Piñera et les secteurs politiques qui soutiennent sa politique étrangère depuis le Chili. Nous devons aussi demander à tous ces gouvernements qui se sont docilement rangés aux côtés de la position politique des Etats-Unis, de respecter les droits du peuple venezuelien à régler son propre conflit sans interférence d’autres états dans sa politique intérieure, en établissant a minima, la non-reconnaissance des délégations diplomatiques gagnées par Guaido.

Nous manifestons notre totale solidarité avec le peuple venezuelien directement depuis notre organisation, spécifiquement avec ces franges qui, même contre le grain chaviste et son leadership assument toutes les contradictions du changement en cours, qui luttent pour de nouvelles expériences dans la construction d’un pouvoir populaire qui va de la saisie des terres et de leur réorganisation collective à la socialisation d’entreprises auto-gérées par leurs propres ouvriers/salariés en passant par le gouvernement d’en bas (NdT: “et à gauche” comme dirait les compas zapatistes…) dans les communautés rurales et urbaines, [7] pour l’obtention d’espaces qui préfigurent le chemin du peuple qui lutte contre les conséquences généralisées du capitalisme patriarcal que nous voulons renverser et dépasser.

Solidaridad, février 2019

Notes

[1]  https://www.eltiempo.com/archivo/documento/MAM-53579

[2]  https://www.hispantv.com/noticias/venezuela/408335/ataque-incendio-hospitales-opositores-violencia

[3]  https://actualidad.rt.com/actualidad/242996-50-toneladas-alimentos-quemadas-venezuela

[4]  http://www.resumenlatinoamericano.org/2018/08/03/asesinados-tres-voceros-de-la-lucha-campesina-en-venezuela/

[5]  https://red58.org/cr%C3%ADmenes-de-odio-derecha-venezolana-quema-viva-a-personas-en-sus-protestas-923cfc58012c

[6] https://www.elinformador.com.ve/2019/01/31/descargue-aqui-el-plan-pais-lo-que-viene-para-venezuela/

[7] For an idea about the concrete experiences in building popular power in Venezuela we recommend you visit the following article written in 2016 written by two comrades of Solidaridad, “Political Situation in Venezuela: Crisis, Trends, and the Challenge of Class Independence.”

= = =

Lectures complémentaires:

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Pierre_Bance_Lheure_de_la_commune_des_communes_a_sonne

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Manifeste pour la Société des Sociétés

Effondrer le colonialisme

Erich_Mühsam la liberté de chacun est la liberté de tous

6ème_déclaration_forêt.lacandon

confederalisme_democratique

Appel au Socialisme Gustav Landauer

 

Venezuela et opération Condor 2.0… Échec au plan d’invasion de l’empire ?…

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Les Amériques centrale et du sud ainsi que toute la région Caraïbe se trouve sous le coup d’une Opération Condor 2.0 menée depuis Washington et fomentée, commanditée depuis la City de Londres, cœur de l’hydre oligarchique totalitaire mondialiste.
Il semblerait que le coup d’état en marche au Venezuela ainsi que son invasion militaire par les proxies de l’armée yankee aient été jusqu’ici empêchés… Affaire à suivre néanmoins de près.

~ Résistance 71 ~

 


Opération Condor 2.0

 

Un scoop que Le Grand Soir a hésité à publier

 

Théophraste R.

 

10 février 2019

 

url de l’article:

https://www.legrandsoir.info/un-scoop-que-le-grand-soir-a-hesite-a-diffuser.html

 

Notre ami et correspondant à Caracas, Thierry Deronne, un Belge devenu Vénézuélien, envoie au Grand Soir, en s’amusant à le titrer en anglais (« Very good news »), un scoop si incroyable que legrandsoir.info hésite depuis deux jours à le diffuser.

Le Grand Soir contacte alors, (Thierry le lui pardonnera, il sait ce qu’est l’obsession du vrai) un journaliste, Marseillais d’adoption, qui se trouve ces jours-ci (et ce n’est pas par hasard) à Caracas. Il s’agit de Romain Migus, un autre collaborateur du GS qui a vécu dix ans au Venezuela.

Bing, bang ! Thierry et Romain citent leur source. Irréfutable. Elle est signée Diosdado Cabello, fidèle collaborateur de Chavez, puis de Maduro, aujourd’hui président de l’Assemblée Nationale Constituante du Venezuela.

Et que nous apprend-il sur son blog ? Du 10 au 15 février, la Russie et la Chine participeront, avec l’armée vénézuélienne, à des manoeuvres militaires pour préparer les troupes à faire face à toute tentative d’agression par une puissance étrangère.

C’est surtout la participation de l’armée Chinoise dans ces manœuvres qui étonnait.

Du coup, l’hypothèse (quasi certaine ces derniers jours) d’une invasion du Venezuela fait un bond en arrière. Même Macron, on l’imagine, ne souhaite pas un affrontement armé des trois plus grandes puissances nucléaires pour installer au pouvoir Juan Guaido, traître à sa patrie (1).

Le bain de sang est, pour le moins, reporté. Very good news !

Théophraste R. Auteur de la thèse (en cours) : « L’extraordinaire essor de la démocratie dans les pays pétroliers libérées par les USA ».

Note (1). Nos correspondants à Caracas voient sur place ce qui se passe sans le truchement de nos médias. Pour eux, le putsch de Guaido a échoué. Même au plan international, les pays qui le soutiennent sont minoritaires et désavoués (ONU).

C’est pourquoi Guaido sort sa dernière carte : l’armée US sur le sol de son pays

= = =

Lectures complémentaires:

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Dean Henderson NOM 4 cavaliers apocalypse pétrolière et familles banquières de l’oligarchie

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

Manifeste pour la Société des Sociétés

La_City_de_Londres_au_coeur_de_lempire

Que faire ?

Effondrer le colonialisme

Errico_Malatesta_écrits_choisis

6ème_déclaration_forêt.lacandon

confederalisme_democratique

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

Appel au Socialisme Gustav Landauer

Guerre impérialiste et Nouvel Ordre Mondial: l’Iran, ses alliés et la mise en échec de l’empire anglo-américano-sioniste

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, crise mondiale, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique with tags , , , , , , , on 10 février 2019 by Résistance 71

Résumé du discours prononcé par le SG du Hezbollah Hassan Nasrallah à l’occasion du 40ème anniversaire de la révolution islamique en Iran.  Il est important de comprendre l’enjeu impérialiste et géopolitique qu’a représenté cet évènement et comment depuis lors, l’empire anglo-américano-sioniste a été grandement tenu en échec dans la région.

L’Iran est le dernier domino qui doit tomber pour parachever le plan impérialiste de contrôle absolu du Moyen-Orient élargi (cf le témoignage du général américain Wesley Clark en 2007 sur le plan de renversement de 7 pays moyen-orientaux par le Pentagone), tous les efforts depuis 40 ans ont été mis en place, à cet effet mais l’Iran et ses alliés ont non seulement résisté, mais ont aussi rendu quasiment impossible l’asservissement de la région aux diktats impérialistes. 

Nasrallah met en lumière ici la face de l’histoire que l’on cache aux occidentaux, la face cachée de la turpitude colonialiste moderne, car il doit être évident pour tout le monde que nous ne vivons en aucun cas, quoi que veuille nous faire croire l’oligarchie dominante, dans un monde “post-colonial”, mais bel et bien dans un monde de domination coloniale exacerbée par les toujours grandissants intérêts particuliers du plus petit nombre. Sous ce résumé, quelques textes essentiels pour mieux comprendre de quoi il retourne ainsi qu’un article du Réseau Voltaire faisant une sorte de contre-analyse de Nasrallah…

~ Résistance 71 ~

 

Hezbollah son histoire de linterieur naim qassem
(version abrégée PDF)

 

Nasrallah: L’Iran ne sera pas seul en cas de guerre

 

Al Manar

 

8 février 2019

 

Source: http://french.almanar.com.lb/1243200

 

[…]

Voici les principaux points du discours de Hassan Nasrallah :

Tout d’abord, je voudrais vous remercier pour votre participation au 40ème anniversaire de la victoire de la Révolution islamique en Iran. Je voudrais rendre hommage à l’Imam Khomeini, le précurseur de cette révolution et aux martyrs. Je voudrais féliciter l’Imam Khamenei (guide suprême de la Révolution islamique), tous les dirigeants de la République islamique ainsi que le peuple iranien et tous ceux qui ont soutenu cette révolution durant ces 40 ans.

Cette révolution était une victoire pour l’islam, pour l’Ummah (nation) islamique et pour tous les opprimés du monde.

Avant la révolution, l’Iran était gouverné par un Chah, depuis les années 60. Il n’y avait pas de libertés, pas d’attention envers les besoins du peuple. L’Iran du Chah était un pays inféodé aux Etats Unis. 40.000 conseillers américains et certains évoquent un chiffre de 60 mille américain qui contrôlait l’Iran. Le Chah, qui était également connu comme ‘le policier du Golfe’, entretenait des relations stratégiques avec Israël.

Le Shah permettait aux États-Unis de piller les ressources pétrolières de l’Iran et il servait les intérêts des Américains. Il entretenait également des relations stratégiques avec Israël et lui donnait du pétrole gratuit.

Au début des années 60, un homme vivant à Qom, un philosophe, intellectuel, leader exceptionnel doté d’un courage absolu est passé à l’action pour se dresser devant le Shah qui suivait des plans aboutissant à une dépendance encore plus approfondie de l’économie iranienne aux États-Unis et à Israël.

L’Iran : un pays de poids

40 ans après la victoire de la Révolution islamique, l’Iran s’est placé au premier rang dans plusieurs domaines parmi les pays de la région. Il s’agit d’un pays de poids qui influence les évolutions de la région.

Une vraie indépendance, voici l’acquis le plus grand de la Révolution islamique, indépendance qu’elle a su préserver 40 ans durant. L’Iran a en effet préservé tout ce dont il disposait avant la Révolution ; aucune raffinerie n’a été détruite, aucun puits de pétrole ni aucune banque n’a été pillée, aucune église n’a été rasée et aucune minorité religieuse ne s’est faite harceler.

L’Iran avait réussi à protéger son unité malgré toutes les tentatives des États-Unis, de l’Occident et du Royaume-Uni destinées à semer la zizanie entre les communautés arabes et kurdes vivant en Iran.

Non seulement Téhéran a réussi à vaincre Saddam qui bénéficiait du soutien des États-Unis, de l’Union soviétique et des pays du golfe Persique, mais en plus il s’est lancé dans un processus de reconstruction du pays après la guerre et il ne s’est en plus pas exonéré de ses responsabilités régionales en soutenant la Palestine, le Liban, la Syrie et l’Afghanistan.

Comparaison entre l’ère du Shah et l’Etat du Velayat al-Faqih

L’Iran de l’époque du Shah ne s’attribuait aucune place pour ce qui est la production de la science alors que l’Iran d’aujourd’hui s’est placé au premier rang de la région et au septième du monde sur la liste des innovations et au 16ème du monde concernant la production de la science.

Au moment de la victoire de la Révolution islamique, ce pays n’avait que 22 universités et institutions scientifiques alors que le nombre de ces établissements dépasse actuellement les 3 000.

En 1979, seuls 165 000 étudiants faisaient leurs études dans les universités alors qu’à présent quelques 4 800 000 étudiants iraniens font des études universitaires.

Avant la Révolution, les femmes constituaient seulement 6% des étudiants iraniens alors que ce nombre s’élève actuellement à 75%.

Avant la Révolution, 5 800 médecins étaient actifs alors qu’à présent plus de 200 000 experts en médecine travaillent en Iran.

Après les États-Unis, l’Iran vient en deuxième place dans le domaine des cellules-souche.

Les chiffres que je viens d’annoncer n’ont pas été rendus public par l’État iranien mais par l’Organisation des Nations unies et d’autres organisations internationales. L’Iran n’a plus besoin d’importer de médicaments.

L’Iran est au premier rang de la région pour les mathématiques et au 13ème du monde dans le domaine des mathématiques et des physiques. Ce pays s’est placé au 18ème rang du monde concernant l’économie et il subvient à 90% de ses besoins défensifs.

L’Iran fabrique des navires, des bateaux et des avions de petite et de moyenne taille et il a atteint l’autosuffisance en ce qui concerne la production d’électricité.

Les accomplissements de la Révolution islamique

– Evincer le régime du Chah.

– Chasser les Etats Unis de l’Iran, leurs conseillers pilleurs des ressources iraniennes.

– Chasser Israël de l’Iran et remplacer son ambassade par celle de la Palestine.

– Parvenir à l’indépendance et à la souveraineté réelle.

Ils ont instauré le régime sur base de la Souveraineté populaire qui est l’équivaut de la démocratie dans notre région.

Dès le 1er jour, les Iraniens ont organisé un référendum sur le République islamique et sa constitution.

Les élections et les référendums ne se sont pas arrêtés ou reportés, même au moment où Saddam bombardait Téhéran.

Une guerre mondiale (USA- Union soviétique et pays du Golfe) a été imposée contre l’Iran qui a résisté et réussi à avorter ce complot.

Quand l’Iran résistait, il n’a pas abandonné les causes de la région, la Palestine, l’occupation du Liban et l’occupation de l’Afghanistan voisine par l’Union soviétique.

L’Iran de la Velayat al-Faqih est un pays constitutionnel et souverain et non pas celui du roi et du dictateur.

Par contre, nous reconnaissons qu’il y a des problèmes en Iran en raison des sanctions et de certains différends internes.

Opposition à l’hégémonie américaine et au projet sioniste

Un des plus importants acquis de la Révolution islamique est de s’opposer à l’hégémonie américaine et au projet sioniste.

La réalité des musulmans n’a pas été témoin de la convergence et de la coopération à travers l’histoire, comme cela s’est passé depuis la révolution islamique jusqu’à nos jours.

Le rôle de l’Iran dans le soutien des forces de résistance dans la région, au Liban et en Palestine et à l’axe de la résistance a été très important, faute de quoi Israël et les Etats Unis auraient étendu leur emprise sur tout. S’ajoute à cela sa lutte contre le terrorisme et le takfirisme et son soutien à l’Irak et à la Syrie face à la guerre qui leur a été imposé. Ainsi que son aide à la Résistance au Liban dans sa lutte contre les takfiristes (Daesh et Nosra).

Cependant la majorité des médias propagent des images obscurs sur l’Iran alors qu’ils ignorent la situation dans certains pays dictatoriaux de la région.

Création du modèle wahhabite

Pour contrer le modèle islamique iranien, les USA ont demandé à l’Arabie de propager la version wahhabite dans le monde. C’est ce qu’a d’ailleurs reconnu le prince héritier saoudien, sans mentionner la raison. L’Arabie a dépensé des millions de dollars pour promouvoir le wahhabisme qui a inspiré Daesh.

Le modèle de la République islamique d’Iran, son développement à tous les niveaux, son indépendance, sa tolérance…qui déplaisent aux Etats Unis. Et la création par les USA d’un modèle sauvage au nom de l’Islam (Daesh) qui propage la décapitation, la destruction, les tueries, les tortures…

L’Iman Khomeiny n’a pas appelé à un seul Etat islamique sur lequel il imposera son pouvoir, mais il a demandé aux autres pays de la région de préserver leurs frontières, leurs peuples,  prônant une union entre les pays islamiques semblable à l’Union européenne.

Je dis aux peuple arabes que l’Iran ne veut rien de vous, ne veut pas vous arracher vos armes, votre argent, par contre il est prêt à partager avec ses voisins son expérience sur tous les niveaux.

Une guerre US contre l’Iran

Ce qui se passe depuis 40 ans jusqu’à aujourd’hui c’est une guerre américaine contre la République islamique d’Iran et elle se poursuivra. L’Arabie et certains pays du Golfe sont un simple outil dans ce conflit comme l’avait été Saddam.

Les Etats Unis sont déterminés à combattre l’Iran pour deux raisons:

1-L’Iran est un Etat indépendant souverain qui contrôlent ses richesses pétrolières, humaines et matérielles et n’est pas soumis aux USA.

2-Le role regional de l’Iran, son soutien aux opprimés et sa position envers la Palestine et les forces de résistance. Tout le monde pourrait abandonner la Palestine, ce qui n’est pas le cas pour l’Iran qui s’attache à la cause palestinienne, AlQuds et aux lieux saints.

Les sanctions contre l’Iran ont été imposées à l’Iran depuis 1979, c’est-à-dire avant la naissance du Hezbollah ou du Hamas et du Jihad islamique palestinien. Le problème des USA avec l’Iran est que ce dernier est un pays indépendant qui refuse d’être un policier travaillant à la solde des Etats Unis.

Les différentes formes de la guerre contre l’Iran se poursuivront tant que l’Iran, son leader, ses dirigeants et son peuple s’attachent à la souveraineté et à la dignité de l’Iran ainsi qu’à son indépendance qui est une ligne rouge.

Les Etats Unis finiront par leur défaite à l’instar de l’échec de projets américano-israéliens en 1979.

Le conflit dans la région persistera et prendra plusieurs formes. La République islamique d’Iran est aujourd’hui une des plus puissantes dans la région. L’axe de la Résistance est devenu plus fort que jamais. Par contre, les Etats Unis iront de retrait à un autre dans la région et ‘Israël’ sera envahi par plus d’effroi et de terreur.

Israël osera-t-il frapper l’Iran ? Je me contenterai d’esquisser un rictus… Israël craint trop la riposte iranienne.

En cas de guerre contre l’Iran, il ne sera pas seul. Le sort de la région et de son peuple est désormais lié au destin de ce régime béni.

Le seul choix restant aux USA est de recourir aux sanctions et parier sur les divisions internes. Mais l’Iran surmontera ces sanctions. Nous aussi, nous allons surpasser les difficultés grâce à notre volonté et détermination. L’horizon est celui de la victoire de cet axe et la défaite de l’autre projet (US-Israël-pays du Golfe).

Prêt à aider l’armée libanaise

Il est interdit (par les USA et leurs alliés) à l’armée d’acquérir des armes défensives. Je suis prêt à fournir mon aide à l’armée libanaise pour qu’elle soit la plus forte dans la région.

Le gouvernement libanais osera-t-il accepter les propositions iraniennes? Pourquoi le Liban devrait-il avoir peur de coopérer avec l’Iran?

Dans la logique des Etats Unis, il est interdit de coopérer avec l’Iran.

Je suis un ami de l’Iran et je suis disposé à faire en sorte que les systèmes de défense aérienne de l’armée libanaise venus d’Iran font face aux avions violant l’espace aérien libanais.

L’Iran est prêt à aider le Liban sur tous les niveaux. Nous avons un grand ami qui ne demande rien en échange. Pourquoi nous ignorons un Etat ami qui veut nous aider dans le domaine de la défense, du développement, de la science, et dans les instances internationales.

= = =

Lectures complémentaires pour bien comprendre les tenants et aboutissements de la guerre impérialiste au Moyen-Orient et de la peste coloniale et impérialiste occidentale dans son ensemble:

Dean Henderson NOM 4 cavaliers apocalypse pétrolière et familles banquières de l’oligarchie

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

Peau_Noire_Masques_Blancs.Frantz_Fanon

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Manifeste pour la Société des Sociétés

Hezbollah son histoire de linterieur naim qassem

Effondrer le colonialisme

40ans_Hommage_Pierre_Clastres

Ci-dessous un article récent de Thierry Meyssan noircissant quelque peu le tableau de l’Iran et de ses résultats dans la région. Intéressante vue en contre-point de l’analyse de Nasrallah…

https://www.voltairenet.org/article205002.html

 

 

Testament moral et politique de Bartolomeo Vanzetti (1927)

Posted in actualité, altermondialisme, démocratie participative, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 1 février 2019 by Résistance 71

«Si cette chose n’était pas arrivée, j’aurais passé toute ma vie à parler au coin des rues à des hommes méprisants. J’aurais pu mourir inconnu, ignoré : un raté. Ceci est notre carrière et notre triomphe. Jamais, dans toute notre vie, nous n’aurions pu espérer faire pour la tolérance, pour la justice, pour la compréhension mutuelle des hommes, ce que nous faisons actuellement par hasard. Nos paroles, nos vies, nos souffrances ne sont rien. Mais qu’on nous prenne nos vies, vies d’un bon cordonnier et d’un pauvre vendeur de poissons, c’est cela qui est tout ! Ce dernier moment est le nôtre. Cette agonie est notre triomphe.»
~ Tirade de Bartolomeo Vanzetti au juge Thayer 9 avril 1927 ~

Condamnés à mort sans preuves, dossier maintenu clos malgré les aveux en prison du malfrat ayant perpétré le crime dont Sacco et Vanzetti furent injustement accusés et qui les vit périr en martyr sur la chaise électrique, cette métaphore de la barbarie moderne, Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti, immigrés italiens et anarchistes, détestés par l’establishment pour ces deux raisons, immortalisés dans la culture populaire par la célèbre chanson de Joan Baez sur une musique d’Ennio Morricone (voir sous l’écrit de Vanzetti), vivent toujours dans les esprits en lutte. Oui, leur agonie fut leur triomphe et au-delà, le triomphe d’une cause qui ne pourra s’éteindre que lorsque l’humain transcendera sa condition sectaire par delà le bien et le mal.

~ Résistance 71 ~

 

Vanzetti et Sacco

 

Ma vie de prolétaire

 

Bartolomeo Vanzetti

1927

 

Texte rédigé dans la prison de Charlestown de Boston, aux États-Unis, où Vanzetti et Nicola Sacco furent enfermés jusqu’à leur exécution, le 22 août 1927.

Ma vie ne peut être prise comme exemple, de quelque façon qu’on la considère. Anonyme dans la foule anonyme, elle tire sa lumière de la pensée, de l’idéal qui pousse l’humanité vers de meilleurs destins. Et cet idéal, je le résume tel qu’il me vient à l’esprit.

Je suis né le 11 juin 1888, de Jean-Baptiste Vanzetti et de Jeanne Nivello, à Villafalletto, province de Cuneo, Piémont. Cette commune qui s’élève sur la rive droite de la Maira, aux pieds d’une magnifique chaîne de montagnes[1], est essentiellement agricole. J’y ai vécu jusqu’à l’âge de treize ans, au sein de ma famille.

Je fréquentai les écoles locales ; j’aimais m’instruire et j’obtins le premier prix à l’examen de fin d’études, le second au catéchisme. Mon père hésitait entre me faire poursuivre des études et me donner un métier. Un jour, il lut dans la Gazzetta del popolo qu’à Turin, quarante-deux avocats avaient concouru pour un emploi à 45 lires par mois. Cela le décida. En 1901, il me conduisit auprès de M. Comino qui tenait une pâtisserie dans la ville de Cuneo.

J’y travaillai une vingtaine de mois ; on travaillait de sept heures du matin à dix heures du soir et j’avais trois heures de libre sortie tous les quinze jours.

De Cuneo, je me rendis à Cavour auprès de M. Goitre chez qui je travaillai trois ans. Les conditions de travail ne différaient que par le fait d’avoir cinq heures de libre au lieu de trois. Le métier ne me plaisait pas, mais je continuai pour faire plaisir à mon père et parce que je n’aurais pas su quel autre métier choisir. En 1905, de Cavour je me rendis à Turin dans l’intention de trouver du travail. Ne trouvant pas d’emploi dans cette ville, je me rendis à Cuorgnè où je travaillai six mois. De Cuorgnè je revins à Turin où je travaillai en qualité de confiseur.

A Turin, en février 1907, je tombai malade. J’avais grandi à la peine, toujours enfermé, privé d’air, de soleil et de joie comme « une triste fleur de serre. »

Mon père vint et me demanda si je préférais retourner à la maison ou aller à l’hôpital. A la maison m’attendait ma mère, ma bonne, mon adorée mère, et j’y retournai.

Les trois heures de train, je les laisse apprécier à qui a souffert de pleurésie.

Ma mère m’accueillit en sanglotant et me mit au lit ; j’y restai plus d’un mois et pendant deux autres mois je marchai en m’appuyant sur une canne. Enfin, je recouvrai la santé. De ce moment, jusqu’au jour où je partis pour l’Amérique, je vécus au sein de ma famille. Cette période fut une des plus heureuses de ma vie. J’avais vingt ans : l’âge des espoirs et des rêves, même pour celui qui, comme moi, a feuilleté précocement le livre de la vie. Je jouissais de l’amitié et de l’estime de tous : je m’occupais de la gestion du café et de cultiver le jardin de mon père.

Mais une telle sérénité fut vite anéantie par le plus atroce malheur qui puisse frapper un homme.

Un triste jour, ma mère tomba malade. Ce qu’elle souffrit, ma famille, moi, aucune plume ne peut le décrire. Le plus léger bruit lui causait des spasmes atroces. Combien de fois suis-je allé le soir à la rencontre de joyeux cortèges de jeunes qui s’approchaient en chantant, les suppliant pour l’amour de Dieu et de leur mère d’interrompre leur chant ; combien de fois ai-je prié les hommes qui bavardaient au coin de la rue de s’éloigner. Dans les dernières semaines, ses souffrances devinrent si déchirantes que ni mon père ni les parents ou les amis les plus chers n’avaient le cœur de l’assister. Moi seul eut le courage de ne jamais l’abandonner. Je l’assistai jour et nuit : deux mois durant, je ne me dévêtis point.

Les efforts de la science, les vœux, les soins, l’amour n’y purent rien ; après trois mois de lit, dans le silence crépusculaire du soir, elle expira dans mes bras.

Ce fut moi qui la plaçai dans le cercueil, moi qui l’accompagnai jusqu’à sa dernière demeure, moi qui jetai le premier une poignée de terre sur le cercueil ; je sentis qu’une partie de moi-même était descendue dans la fosse avec ma mère.

Mais ce fut trop : le temps, au lieu de l’atténuer, augmentait ma douleur.

Je vis mon père blanchir en peu de temps. Moi-même, je devenais toujours plus sombre et silencieux ; je restais des jours entiers sans parler et je passais la journée à errer dans les bois qui bordaient la Maira. Souvent, faisant une halte sur le pont, je m’arrêtais pour regarder les pierres blanches et sèches de son lit sec avec une grande envie de me jeter la tête la première et de me fracasser le crâne. Bref, je voyais avec désespoir la folie et le suicide devant moi.

C’est alors que je décidai de venir en Amérique. Le 9 juin 1908, je quittai ma chère famille. Ma douleur était telle que je les embrassai et leur serrai les mains sans pouvoir prononcer un mot.

Mon père. serré par le même étau, était muet comme moi, tandis que mes sœurs sanglotaient comme lorsque mourut maman. La population était accourue au pas des portes et me saluait émue. D’un baiser, je pris congé des amis venus m’accompagner en masse à la gare et je sautai dans le train.

Je termine par une anecdote. Quelques heures avant de partir, j’allai saluer une bonne vieille qui avait pour moi un amour maternel. Je la trouvai sur le seuil de sa maison en compagnie de la jeune épouse d’un de ses fils.

— Ah, tu es venu, me dit-elle. Je t’attendais. Va et que Dieu te bénisse ; on n’a jamais vu un fils faire pour sa mère ce que toi tu as fait. Va et sois béni.

Nous nous embrassâmes. Je me tournai vers la jeune épouse et lui tendis la main.

— Embrasse-moi aussi ; je te veux tant de bien, tu es tellement bon, me dit, en larmes, cette noble fille du peuple. Je l’embrassai et m’enfuis. Je les entendis sangloter.

Le 11 juin, je quittai Turin en direction de Modane. Pendant que la machine haletante tournait le dos à l’Italie, m’emportant vers la frontière, quelques larmes silencieuses coulèrent de mes yeux si peu habitués à pleurer. Ainsi, ce « sans patrie » abandonnait la terre natale.

Après deux jours de train à travers la France et sept autres de navigation à travers l’océan, j’arrivai à New York. Un compagnon de voyage me conduisit dans la 25ème rue, à l’angle de la 7ème avenue, où habitait un de mes concitoyens. A huit heures du soir, je descendais l’escalier mélancoliquement.

Seul, étranger, incapable de comprendre ou de me faire comprendre, je me promenai longtemps dans le quartier en quête d’un logement.

A la batteria[2], le personnel de service traitait les passagers de 3ème classe comme du bétail — triste surprise pour qui débarque plein d’espérance sur ce rivage ; le quartier ensuite produisit sur moi une impression vraiment épouvantable.

Je trouvai un logement misérable dans une maison équivoque. Trois jours après mon arrivée, mon concitoyen qui travaillait comme chef cuisinier dans un club de la 86ème rue ouest au bord de l’Hudson, m’emmena travailler avec lui en qualité de plongeur. J’y restai trois mois.

L’horaire était long ; dans la mansarde où l’on dormait, la chaleur était suffocante et les parasites ne nous laissaient pas fermer l’œil de toute la nuit. Je décidai de dormir sous les arbres.

Après avoir quitté ce poste, je trouvai le même emploi au restaurant Mauquin.

Le pantry était horrible.[3] Aucune fenêtre ; si on éteignait la lumière électrique, il fallait s’arrêter de travailler ou avancer à tâtons dans le noir pour ne pas se heurter l’un contre l’autre ou trébucher sur les objets. La vapeur de l’eau bouillante qui s’échappait des bassines où on lavait la vaisselle, les casseroles et l’argenterie, formait de grosses gouttes d’eau sur le plafond qui tombaient une à une sur les têtes moites de sueur. Pendant les heures de travail, la chaleur était horrible. Les restes des repas, amassés dans des récipients spéciaux, dégageaient des exhalaisons toxiques. Les sinks[4] n’avaient pas de tuyaux de canalisation et l’eau tombait sur le sol glissant vers le centre où s’ouvrait un trou d’évacuation. Chaque soir, ce trou se bouchait et l’eau débordait par-dessus les châssis de bois posés par terre et destinés à nous protéger de l’humidité. On pataugeait alors dans la boue.

On travaillait douze heures un jour, quatorze le lendemain ; tous les deux dimanches, on avait cinq heures de sortie. Nourriture pourrie (pour la racaille), cinq ou six écus de paye par semaine. Après huit mois, je m’en allai pour ne pas attraper la phtisie.[5]

Triste année que celle-là. Les pauvres dormaient à la belle étoile et renversaient les immondices des poubelles à la recherche d’une feuille de choux ou d’une pomme pourrie. Trois mois durant, je parcourus New York de long en large, sans réussir à trouver de travail. Un matin, dans un bureau de placement, je rencontrai un jeune plus miséreux que moi. La veille, il s’était couché sans manger et il était encore à jeun. Je le conduisis à un restaurant : après avoir dévoré un déjeuner avec une voracité de loup, il me dit que rester à New York était une bêtise et que s’il avait eu de l’argent il serait parti pour la campagne. Là-bas, au moins, on travaillait un peu, suffisamment pour gagner un morceau de pain et un grabat, sans compter l’air pur et le beau soleil qui ne coûtaient rien. Quelques sous en poche, j’en avais encore et, sans hésiter plus longtemps, le jour même, nous prîmes le Steam-Boat[6] et nous nous rendîmes à Hartford.[7] De là, nous partîmes en train pour un petit village — je ne me rappelle pas son nom — où mon compagnon avait précédemment habité. Nous nous adressâmes pour travailler à une famille américaine d’agriculteurs, mais en vain. Toutefois, à la fin, vue notre condition et plus par humanité que par nécessité, ils nous donnèrent du travail pour deux semaines. Je me souviendrai toujours de la bonté de cette famille et je regrette de ne pas me souvenir de son nom.

Je ne raconte pas ici, pour abréger, notre pèlerinage à la recherche de travail. Nous visitâmes un nombre infini de villages, mon compagnon frappait à la porte des bureaux de toutes les usines, mais en revenant, il me lançait un « rien » à vingt pas de distance. L’argent s’épuisa. Nous arrivâmes à pied près d’un village à la tombée de la nuit. Nous nous engageâmes dans une étable abandonnée et y passâmes la nuit.

A l’aube, nous partîmes en direction du village, South Glanstonberry, si je ne me trompe pas, où mon compagnon avait habité un moment. Un piémontais, fermier dans une grande plantation de pêchers, nous servit un repas copieux. Inutile de dire que nous fîmes honneur au cuisinier. Vers les trois heures de l’après-midi, nous arrivâmes à Middletown. Fatigués, déguenillés, affamés et trempés par trois heures de pluie ininterrompue.

A la première personne rencontrée, nous demandâmes s’il y avait quelque Italien du Nord (mon illustre compagnon possédait à l’excès l’esprit de clocher), et elle nous indiqua une maison voisine. Nous frappâmes à la porte ; nous fûmes reçus par deux siciliennes : la mère et la fille. Nous leur demandâmes la faveur de laisser sécher nos vêtements près du poêle. Tandis que nos vêtements séchaient, nous leur demandâmes des informations sur le travail dans le pays. Elles nous répondirent qu’il était impossible de trouver du travail et nous conseillèrent de nous rendre à Springfield, toute proche, où se trouvaient trois fours à briques.

Observant nos visages livides et nous voyant trembler, elles nous demandèrent si nous avions faim. Nous répondîmes : « Nous n’avons rien mangé depuis six heures du matin. » Alors, la fille nous tendit un gros pain et un long couteau en nous disant : « Je ne peux vous donner autre chose, j’ai cinq enfants et ma vieille maman à nourrir ; mon mari travaille sur la voie ferrée et gagne 1,35 dollar par jour et de plus, moi, je suis malade depuis longtemps. » Pendant que je coupais le pain, elle nous tendit trois pommes qu’elle avait réussi à dénicher au fond d’une huche. Restaurés tant bien que mal, nous partîmes à la recherche des fours.

Qu’y aura-t-il là-bas où s’élève cette cheminée ? demandai-je à mon compagnon.

La briqueterie.

Nous allons demander du travail ?

Il est trop tard, répondit-il, nous ne trouverons personne sur place.

Nous irons à la maison des patrons.

— Allez, continuons, nous trouverons mieux ; ce sont de sales boulots, impossibles pour toi.

Pendant que les demandes et les réponses se succédaient, je retournai en esprit, auprès de cette pauvre famille songeant que ce soir-là, à son maigre repas, manquerait le pain que nous avions mangé, et je sentis un frisson en pensant au froid enduré la nuit précédente. Je me regardai : j’étais couvert de haillons.

La réalité me poussa à persévérer dans l’idée qu’il était nécessaire de trouver du travail à tout prix et d’en finir avec cette vie de privation inouïe.

Allons, demande du travail, dis-je encore à mon compagnon de misère.

Avançons, répondit-il de nouveau avec un accent goguenard.

Non, si tu ne veux pas va au moins demander du travail pour moi.

Voyant qu’il ne s’arrêtait pas, d’un saut je me plantai devant lui. Je devais être bouleversé car je le vis pâlir.

— Eh ! tu es vraiment un green[8], me répondit-il. Mais il demanda et obtint du travail.

Lui, il s’enfuit après vingt jours sans donner un sou à la famille qui nous avait offert l’hospitalité. Moi, je travaillai dans cette place une dizaine de mois. Nous étions une colonie de Piémontais, de Lombards et de Vénitiens ; il y avait un petit orchestre, on dansait et on chantait beaucoup ; du moins ceux qui en étaient capables bien entendu. Pas moi qui pour la danse ne montrai aucune adresse.

Mais il y avait aussi les fièvres et tous les jours quelqu’un claquait des dents.

De Springfield, je me rendis à Meridan,[9] où je travaillai pour un entrepreneur dans deux carrières de pierre, en qualité de manœuvre. Je vécus, pendant les deux années où je restai là, avec deux bons petits vieux, le mari et la femme, tous deux toscans, apprenant ainsi la belle langue toscane.

De Meridan, à la suite d’invitations répétées d’un de mes concitoyens, je retournai à New York. « Cherche dans ton métier, » me dit-il. En fait, je trouvai du travail au Sovarin’s Restaurant, à Broadway, en qualité d’aide-pâtissier. Après six ou huit mois, je fus licencié, je ne sais si ce fut par erreur ou à cause de la perfidie de mes compagnons de travail. Je trouvai presque aussitôt du travail dans un hôtel situé sur la 7ème avenue, entre la 4ème et la 47ème rue, si je ne me trompe. Cinq mois après, je fus licencié.

A cette époque, les chefs changeaient souvent d’ouvriers,[10] partageant avec les bureaux de placement le pourcentage de la paie que les ouvriers déboursaient pour obtenir l’emploi.

Le concitoyen qui me logeait répétait sans cesse : « Ne te décourage pas, cherche dans ta branche. Tant que j’aurais une maison, pain et lit ne te manqueront pas et quand tu auras besoin d’argent tu n’auras qu’à me le dire. » Et il me donnait de temps en temps de l’argent sans que j’en demande.

Il y a de grands cœurs parmi la canaille, n’est-ce pas les pharisiens ?

Pendant cinq mois, je battis les trottoirs de New York sans réussir à trouver du travail, non seulement dans mon métier mais même comme plongeur. Finalement, j’échouai dans un bureau de Mulberry Street, qui cherchait des hommes pour des travaux de terrassement. Je me proposai ; je fus conduit avec un troupeau d’autres loqueteux dans un baraquement au milieu des bois, dans le Massachusetts, près de Springfield, où on construisait un tronçon de voie ferrée. Je travaillai là jusqu’à ce que j’eus payé les cent écus de dettes que j’avais laissés à New York et grappillé un petit magot, après quoi, je me rendis avec un autre compagnon dans un baraquement des environs de Worcester. Je travaillai d’abord dans une fabrique de fil de fer puis comme manœuvre. Là, je vécus plus d’un an et je connus des compagnons et des amis dont je garde au cœur le souvenir fort de l’affection inaltérée et inaltérable.

De Worcester, je me rendis à Plymouth (il y a maintenant sept ans) : je travaillai d’abord dans la villa de M. Stone, pendant plus d’une année, puis pour la Cordage Co., pendant environ dix-huit mois. Abandonnant le travail à l’usine, je commençai à travailler comme manœuvre sur les chantiers. Je travaillai pour MM. Sampson et Douland, pour la commune : je peux presque dire que j’ai participé à tous les principaux chantiers de Plymouth ; je crois superflu de prendre de la place pour exposer et démontrer ce que tous savent : mon assiduité au travail, la modestie de ma vie.

Environ huit mois avant mon arrestation, un ami qui voulait regagner sa patrie me dit : « Pourquoi n’achètes-tu pas ma charrette avec les couteaux et la balance et ne vas-tu pas vendre du poisson au lieu de t’assujettir aux bosses ? »[11] C’est ainsi que j’achetai le tacot et devins marchand de poisson par amour de l’indépendance. Déjà en ce temps-là — 1919 — le désir de revoir ma chère famille, la nostalgie de ma terre natale, s’étaient emparés de moi ; mon père qui ne m’écrivait pas une lettre sans m’inviter à rentrer, insistait plus que jamais, et ma bonne sœur Louise se joignait à lui. Les affaires étaient maigres, toutefois, en travaillant comme un nègre, je continuais. Le 24 décembre fut le dernier jour de 1919 où je vendis du poisson ; le froid et les intempéries m’obligèrent à m’interrompre. Peu de jours après Noël, je commençai à travailler pour M. Petersani à casser la glace. Un jour qu’il n’y avait pas de travail pour tout le monde, je travaillai à l’Electric House à transporter le charbon aux chaudières. Abandonnant la glace, je travaillai pour M. Houland dans les forages pour la Zinc Co., jusqu’à ce que la grande neigée me contraigne à l’oisiveté. Erreur ; je me mis aussitôt au service de la town pour débarrasser de la neige les rues puis les rails des trains à la gare de marchandises et à celle des voyageurs.[12]

Ce travail occasionnel terminé, je travaillai à la construction d’une conduite d’eau que M. Sampson effectuait pour le compte de la Puritan Wollen Mill, et j’y restai jusqu’à la fin des travaux.

On était à l’époque de la grève des cheminots ; par conséquent le ciment manquait et c’est la raison pour laquelle il me fut impossible de trouver du travail. Alors, je recommençai à vendre du poisson quand je pouvais en avoir ; lorsqu’il m’était impossible de m’en procurer, je ramassais des clams mais le profit était lilliputien,[13] le coût du poisson et le transport ne laissaient pas de marge de profit.

Un jour du mois d’avril, la vente rapidement terminée, je me rendis au bord de la baie où je trouvai mon pêcheur occupé à préparer sa barque. On parla de la mer, de la pêche, de la vente, etc. Je lui dis que j’avais une petite clientèle, que je m’étais habitué à mon travail mais que pour le moment je préférais travailler ailleurs, tout au moins jusqu’à ce que la pêche ait commencé à Plymouth. « Cherche du travail à ta convenance, me dit-il. Dans deux semaines, je commencerai la pêche et si tu veux nous pécherons et nous vendrons ensemble, en divisant la recette. » J’acceptai.

Pour ne pas perdre de temps, le lendemain à l’aube j’étais sur la route à la recherche de travail.

As-tu du travail pour moi ? demandai-je à un foreman.[14]

Non, je n’ai même pas de travail pour les vieux ouvriers.

Voyant l’échafaudage pour le concrete,[15] je lui demandai quand il commencerait à le faire.

Dis-moi quand arrivera le ciment et je te dirai quand nous commencerons.

Au diable l’avarice, me dis-je à moi-même, en rentrant chez moi. J’ai travaillé tout l’hiver, bientôt je commencerai la pêche. Eh bien, je veux me distraire un peu pendant ce laps de temps.

Peu après, je reçus une lettre de l’ami et camarade Sacco. Il m’invitait à aller le retrouver rapidement car sa mère étant morte il comptait rentrer en Italie.

Arrivé à Boston le dimanche 2 mai, j’allais trouver Sacco le lundi suivant. Le 5 mai, je fus arrêté alors qu’avec Sacco nous retournions ensemble à Brockton.

Après onze jours de procès, je fus déclaré coupable. Le 16 août, je fus condamné à quinze ans de prison pour un délit que je n’avais pas commis.

J’ai fréquenté l’école de six à treize ans. J’aimais l’étude d’une vraie passion. Durant les trois ans passés à Cavour, j’eus la chance d’approcher quelques personnes savantes. Je lisais tous les journaux qui me tombaient entre les mains. Mon patron était abonné à un hebdomadaire catholique de Gênes. J’étais alors un fervent catholique.

A Turin, je n’ai fréquenté que des camarades de travail, jeunes employés de magasin et ouvriers. Mes camarades de travail se disaient socialistes et raillaient ma religiosité, me traitant de bigot et de dévot. Un jour, je me bagarrai avec l’un d’eux.

Maintenant que du socialisme je connais toutes les écoles, je me rends compte qu’ils ne connaissaient même pas la signification du mot socialisme. Ils se disaient tels par sympathie pour De Amicis[16] et par esprit du lieu et du moment ; tant et si bien que rapidement moi aussi je commençai à aimer le socialisme, sans le connaître, et à me croire socialiste.

Somme toute, le degré d’évolution de cette petite communauté me fut bénéfique et me fit faire quelques progrès. L’humanisme et l’égalité des droits commencèrent à pénétrer dans mon cœur. Je lus Cœur de De Amicis et plus tard Voyages et les Amis.

A la maison, il y avait un livre de saint Augustin. Il ne m’en reste en tête que cette sentence : « Le sang des martyrs est la semence de la liberté. » Je trouvai aussi I promessi Sposi[17] et je le lus deux fois ; enfin je trouvai une Divine Comédie[18] couverte de poussière.

Hélas ! Mes dents n’étaient pas faites pour un tel os ; toutefois, je me préparais à ronger désespérément et pas en vain, je crois.

Dans les derniers temps où je demeurai au pays, j’appris beaucoup du docteur Francia, du chimiste Scrimaglio et du vétérinaire Bo.

Déjà à cette époque, je comprenais que les plaies qui déchirent l’humanité sont l’ignorance et la dégénérescence des sentiments naturels. Ma religion n’avait plus besoin de temples, d’autels et de prières formelles. Dieu était pour moi un Être spirituel parfait, dépouillé de tout attribut humain.

Bien que mon père m’ait souvent dit que la religion est nécessaire pour mettre un frein aux passions humaines et consoler l’homme affligé, moi j’hésitais entre l’acceptation et le refus. Je traversai l’océan dans cet état d’âme.

Arrivé ici, j’éprouvai toutes les souffrances, les désillusions les chagrins, inévitables de celui qui débarque à vingt ans, ignorant de la vie et un peu rêveur. Ici, je vis toutes les saletés de la vie : toutes les injustices, la corruption, l’égarement dans lequel s’agite tragiquement l’humanité.

Malgré tout, je réussis à me fortifier physiquement et intellectuellement. C’est ici que j’étudiai les œuvres de Pierre Kropotkine, de Gori, de Merlino, de Malatesta, de Reclus. Je lus le Capital de Marx, les travaux de Leone, de Labriola, le Testament politique de Carlo Piscane, les Devoirs de l’homme de Mazzini, et bien d’autres œuvres à caractère social. Ici, je lus les livres de chaque fraction socialiste, patriotique et religieuse, ici j’étudiai la Bible, la Vie de Jésus de Renan et le Jésus-Christ n’a jamais existé de Milesbo ;19 ici, je lus l’histoire grecque et romaine, les Croisades, deux commentaires d’histoire naturelle, l’histoire des États-Unis, de la Révolution française et de l’italienne. J’étudiai Darwin, Spencer, Laplace et Flammarion, je revins sur la Divine Comédie, sur la Jérusalem délivrée, et je sanglotai avec Leopardi. Je lus les œuvres de Victor Hugo, de Léon Tolstoï, de Zola, de Cantû, les poésies de Giusti, de Guerrini, de Rapisardi et de Carducci. Ne me crois pas un puits de science, cher lecteur ; l’erreur serait énorme.

Mon instruction de base fut trop incomplète et mon état intellectuel n’est pas suffisant pour mettre à profit et assimiler entièrement un si vaste matériau. Et puis, tu dois considérer que j’étudiais tout en travaillant durement et sans commodité aucune. A l’étude, cependant, j’ajoutai une observation minutieuse, continue et inexorable des hommes, des animaux, des plantes, tout ce qui — en un mot — environne l’homme. Le livre de la vie : voilà le livre des livres ! Tous les autres n’ont pour but que d’apprendre à lire celui-là. Livres honnêtes, s’entend, car les malhonnêtes poursuivent un autre but.

La méditation de ce grand livre détermina mes actions et mes principes ; je méprisai la devise « Chacun pour soi et Dieu pour tous, » je me rangeai du côté des faibles, des pauvres, des opprimés, des simples et des persécutés, je compris qu’au nom de Dieu, de la Loi, de la Patrie, de la Liberté, des plus pures abstractions de la pensée, des plus nobles idéaux humains, on perpétrait et on continuerait de perpétrer les crimes les plus féroces, jusqu’au jour où, la lumière acquise, il ne sera plus possible à un petit nombre de faire commettre le mal, au nom du bien, au plus grand nombre.

Je compris que l’homme ne peut impunément piétiner les lois non écrites, ni violer les liens qui l’unissent à l’univers. Je compris que les montagnes, les mers, les fleuves appelés frontières naturelles se sont formés antérieurement à l’homme, par un ensemble de processus physiques et chimiques et non pour diviser les peuples.

J’eus confiance dans la fraternité, dans l’amour universel. Je fus convaincu que celui qui fait du bien ou du mal à un homme fait du bien ou du mal à l’espèce. Je cherchai ma liberté dans la liberté de tous, mon bonheur dans le bonheur de tous.

Je compris que l’égalité de fait, dans les nécessités humaines, des droits et des devoirs est la seule base morale sur laquelle puisse se fonder une société humaine. Je gagnai mon pain honnêtement à la sueur de mon front ; je n’ai pas une goutte de sang sur les mains ni sur la conscience.

A présent ? A trente-trois ans, je suis candidat au bagne et à la mort.

Et cela m’étonnerait fort qu’il n’en soit pas ainsi.

Pourtant, si je devais recommencer le « chemin de notre vie », je reprendrais la même route, cherchant cependant à réduire la somme des fautes et des erreurs et à multiplier celle des bonnes actions.

J’adresse aux camarades, aux amis, à tous les bons, un fraternel baiser, ma profonde reconnaissance, mon amour et mes vœux.

Bartolomeo Vanzetti

Post-scriptum

Je compris que le but suprême de l’homme est le bonheur ; que les bases immuables et éternelles du bonheur humain sont : la santé, la tranquillité de la conscience, la liberté, la satisfaction des besoins physiques et une foi sincère. Je compris que tout individu a deux « moi », l’un réel et l’autre idéal, que le second est le ressort du progrès et que chercher à identifier le premier au second relève de la mauvaise foi. La différence entre les deux « moi » reste constante car, aussi bien dans la perfection que dans la dégénérescence, la même distance les sépare.

Je compris que l’homme n’est jamais assez modeste envers lui-même et qu’un peu de sagesse existe dans la tolérance.

Je voulus un toit pour chaque famille, un pain pour chaque bouche, l’éducation pour chaque cœur, la lumière pour chaque intelligence.

Je suis convaincu que l’histoire humaine n’est pas encore commencée, que nous nous trouvons dans la dernière période de la préhistoire. Je vois avec les yeux de l’âme le ciel s’éclairer des rayons du nouveau millénaire.

J’estimai inaliénable le droit à la liberté de conscience, comme celui à la vie. Je cherchai de toutes mes forces à faire converger le savoir humain au profit de tous. Je sais par expérience que les droits et les privilèges s’acquièrent et se conservent par la force et qu’il en sera ainsi tant que l’humanité ne se sera pas améliorée elle-même.

Dans la véritable future histoire humaine, une fois abolis les classes et les privilèges, ainsi que les antagonismes d’intérêts entre l’homme et l’homme, le progrès et les mutations seront déterminés seulement par l’intelligence et par un commun intérêt général.

Si nous et la génération que portent en leur sein nos femmes n’arrivons pas à ce résultat, nous n’aurons rien obtenu de réel et l’humanité continuera d’être toujours plus misérable et malheureuse.

Reconnue la nécessité d’invoquer la force au service du bien contre le règne du mal, je suis et je serai jusqu’au moment suprême (sauf si je m’aperçois que je suis dans l’erreur) communiste-anarchiste parce que je crois que le communisme est la forme la plus humaine du contrat social, parce que je sais que c’est seulement avec la liberté que l’homme s’élève, s’ennoblit et se complète.

[1] Les Alpes cotiennes, qui culminent au Mont Viso, à 3841 m

[2] Vanzetti italianise le nom du centre d’accueil, en anglais « Battery »

[3] L’office, les dépendances de la cuisine

[4] Éviers

[5] Tuberculose

[6] Bateau à vapeur

[7] Dans le Connecticut

[8] En français un bleu, quelqu’un qui débute, qui manque d’expérience ; littéralement « un vert »

[9] Toujours dans le Connecticut

[10] En français dans le texte

[11] Patrons, chefs

[12] La ville

[13] Palourdes

[14] Contremaître

[15] Ciment

[16] Edmondo De Amicis (1846-1908) auteur en 1886 du « best-seller » Cuore, que tout jeune Italien du XXème siècle a lu, véritable manuel d’instruction civique se distanciant de la religion. En 1890, écrivain adulé, il découvre le socialisme et par la suite ses écrits réflèteront son intérêt pour les couches populaires, publiant entre autres des articles dans Critica Sociale et La Lotta di Classe.

[17] I promessi, sposi (en français : les Fiancés) est un autre immense succès de la littérature italienne, sans doute la plus représentative du Risorgimento et du Romantisme italien, écrit vers 1820 par Alessandro Manzoni (1785-1873). Pour Umberto Ecco, ce roman est l’archétype du roman historique (le récit se passe au XVIIème siècle)

[18] Initialement appelée La Comedia, cet immense poème allégorique en trois chants, de Dante Alighieri (1265-1321) est considéré comme l’œuvre fondatrice de la langue italienne.