Archive pour manifeste pour la société des sociétés

L’antidote en action : L’État est une relation sociale, qui ne peut être détruit que par l’instauration de nouvelles relations entre les individus (Gustav Landauer)

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 28 juillet 2021 by Résistance 71

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Faibles hommes d’état, plus faible peuple !

Gustav Landauer

“Der Sozialist”, juin 1910

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Un homme pâle, nerveux et malade est assis à son bureau. Il écrit des notes sur une feuille de papier. Il compose une symphonie. Il travaille rapidement, utilisant tous les secrets de son art qu’il a appris. Quand cette symphonie est jouée, cent cinquante musiciens jouent dans l’orchestre ; dans le troisième mouvement, il y a dix timpani, quinze instruments de percussion et un orgue ; dans le mouvement final, un chœur en huit parties de cinq cents choristes est ajouté ainsi qu’un orchestre supplémentaire de fifres et de tambours. L’audience est stupéfaite par l’énorme force et la vigueur imposante de l’œuvre.

Nos hommes d’état et nos politiciens et de plus en plus la totalité de la classe dirigeante, nous rappellent ce compositeur qui ne possède en rien un quelconque pouvoir, mais permet aux masses d’apparaître puissante. Nos politiciens et hommes d’état cachent également leur faiblesse réelle et leur incapacité derrière un orchestre géant désirant obéir à leur commandement. Dans ce cas précis, l’orchestre est le peuple en armes, l’armée.

Les voix coléreuses des partis politiques, les plaintes des citoyens et des travailleurs, les poings fermés dans les poches du peuple, rien de tout cela ne doit être pris au sérieux par le gouvernement. Ces actions manquent de force réelle parce qu’elles ne sont pas soutenues par les éléments qui sont naturellement les plus radicaux en chaque personne : les jeunes hommes de la tranche d’âge des 20-25 ans. ces hommes sont sous les drapeaux dans des régiments sous le commandement de notre gouvernement inepte. Ils suivent chaque ordre sans poser de questions. Ce sont eux qui aident à camoufler les véritables faiblesses du gouvernement, leur permettant de demeurer indétectées, à la fois dans et en dehors de notre pays.

Nous, socialistes, savons comment le socialisme, c’est à dire la communication immédiate des véritables intérêts, a lutté contre la règle des privilégiés et leur politique fictive depuis plus de cent ans. Nous voulons continuer et fortifier cette tendance historique puissante, qui mènera à la liberté et à l’équité. Nous voulons le faire en éveillant l’esprit et en créant des réalités sociales différentes. Nous ne sommes en rien concernés par la politique d’état.

Si les pouvoirs d’une politique de non-esprit et violente gardent suffisamment de force pour créer de grandes personnalités, comme de forts politiciens ayant vision et énergie, alors nous devons respecter ces hommes même s’ils sont dans le camp ennemi. Nous pouvons même concéder que les vieux pouvoirs garderont encore quelque temps la main. Néanmoins, il devient de plus en plus évident que l’État n’est pas fondé sur des hommes à l’esprit fort et sur le pouvoir naturel. Ceci est fondé sur l’ignorance et la passivité du peuple. Ceci vaut également pour les moins heureux d’entre tous, pour les masses prolétariennes. Celles-ci ne comprennent pas encore qu’elles doivent échapper à l’État et le remplacer, qu’elles doivent construire l’alternative. Ceci n’est pas seulement vrai ici en Allemagne, ceci est vrai partout dans n’importe quel pays.

D’un côté nous avons le pouvoir de l’État et l’impuissance politique des masses divisées en individus déconnectés et de l’autre, nous avons l’organisation socialiste, une société des sociétés, une alliance des alliances, en d’autres termes : un peuple et son esprit. La lutte entre les deux côtés doit devenir réelle. Le pouvoir des états, le principe de gouvernement et ceux qui représentent l’ancien ordre vont devenir de plus en plus faibles. Le système entier disparaîtrait sans laisser de trace si le peuple commençait à se constituer en tant que peuple hors de l’État. Mais les gens n’ont pas encore compris cela. Ils n’ont pas encore compris que l’État va remplir certaines fonctions et demeurer une nécessité inévitable aussi longtemps que son alternative, la réalité socialiste, n’existe pas.

On peut retourner une table ou casser une fenêtre. Mais ceux qui croient que l’État est aussi une chose ou un fétiche qui peut être renversé ou cassé sont des sophistes et des croyants en la Parole. L’État est une relation sociale ; une certaine façon par laquelle les gens se mettent en relation les uns avec les autres. Il ne peut être détruit que par la création de nouvelles relations sociales, c’est à dire par le fait que les gens changent leur relation les uns avec les autres.

Le monarque absolu dit : L’État c’est moi. Nous, qui nous sommes emprisonnés dans l’état absolu, devons comprendre la vérité : Nous sommes l’État ! Et nous le serons aussi longtemps que nous ne sommes pas quelque chose de différent ; aussi longtemps que nous n’ayons pas créé les institutions nécessaires à une véritable communauté, à une véritable société d’êtres humains.

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Résistance politique : Comprendre pour en sortir, « L’État et la Société » avec Colin Ward et quelques textes annexes

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L’État et la société

Colin Ward (1924 – 2010)

Conférence donnée devant la “Cole Society”, Société de Sociologie à l’université d’Oxford le 19 février 1962

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Quand G.D.H Cole est mort, je me souviens avoir été surpris alors que je lisais les hommages qui lui étaient rendus dans les journaux variés de gens comme Hugh Gaitskell et Harold Wilson, qui laissaient entendre que leur socialisme leur fut instruit par lui ici, parce qu’il m’est toujours apparu que son socialisme était de fait complètement différent en caractère de celui de ces politiciens du parti travailliste (NdT: le PS britannique). Parmi ceux qui firent son éloge funèbre, ce fut un communiste yougoslave dissident, Vladimir Dedijer, qui fit remarquer quelle était cette différence, remarquant sur sa découverte que Cole “rejetait l’idée d’une suprématie continue de l’État” et pensait que celui-ci “était condamné à disparaître”.

Pour Cole, comme pour les philosophes anarchistes depuis Godwin, faire la distinction entre la société et l’État était le commencement de la sagesse, et dans sa conférence inaugurale de prise de chaire de théorie politique et sociale de cette université (NdT: Oxford), il fit remarquer “Je sais que cela fait partie du climat traditionnel non seulement à Oxford, mais du monde académique et de la pensée en Grande-Bretagne, de rendre l’État le point de focale central en considération des hommes dans leurs relations sociales”, puis il déclara qu’il pensait que “Notre siècle n’a pas besoin d’une simple théorie politique ayant l’État pour problème central, mais d’une théorie sociale bien plus large au sein de laquelle ces relations et concepts puissent trouver leur juste place.

Pour lui, ceci demandait un “pluralisme” reconnaissant la valeur positive de la diversité des relations sociales et qui répudiait ce qu’il appelait “la notion idéaliste que toutes les valeurs sont ultimement des aspects d’une seule valeur, qui doit donc trouver corps dans une institution universelle et pas dans les êtres individuels qui en vérité seuls ont la capacité de penser, de ressentir et de croire et seuls ou en association, d’exprimer leurs pensées, leurs sentiments et croyances en actions qui font progresser ou empêchent leur bien-être et celui des autres.

Ce rejet tout particulier de la théorie idéaliste de l’État fut exprimée en 1945, l’année où les Etats qui liquidèrent Hiroshima et l’état qui liquida les Koulaks célébrèrent leur victoire sur l’état qui liquida les juifs. Si vous pensez que les philosophies personnelles des gens sont une réponse à l’expérience de leur propre génération, alors vous vous attendriez à ce que cette année là, de toutes les années, aurait déclenché une période durant laquelle une vaste majorité de personnes, reculant devant la leçon objective de la nature profonde de l’État, de tous les états, auraient commencé à retirer leur allégeance à leurs états respectifs, ou du moins de cesser de s’identifier avec ces états qui leur demandaient cette allégeance.

Mais la vague de rejet des grandes et ultimement létales théories politiques n’a été en fait que très largement un mouvement de… profs d’université. […] C’est venu de la droite, du centre, et en moindre mesure de la gauche, mais cela ne semble pas avoir été accompagné d’une nouvelle théorie de la société et de l’État et de la relation existant entre les deux.

De la manière laxiste et sans aucun doute erronée avec laquelle nous attachons des courants de pensée à des décennies particulières, nous pouvons caractériser les années 1950 comme la période des théories politiques messianiques et des “idéologies” et nous pouvons noter comment cela coïncida avec la période du début des années 50, lorsque le sujet le plus important discuté au sein de l’intelligentsia était la croyance fabriquée du “toi” et du “non-toi”, alors qu’une nouvelle génération se lamentait qu’il n’y ait plus de causes pour s’énerver. Puis, d’un seul coup, le climat réflexif changea et les gens qui pensaient se retrouvèrent face à face avec ces questions ultimes de philosophie sociale sur lesquelles nos professeurs nous avaient donné tant d’indices. Suez, la Hongrie (Budapest 1956), la bombe (A et H), la mise à bas du stalinisme, ont du faire que des millions de personnes à l’Est comme à l’Ouest se posent ces questions qui se résolvent dans la question du “A qui dois-je allégeance et pourquoi ?

Est-ce que j’appartiens à moi-même ou à quelqu’un, quelque chose d’autre ? Est-ce que mes obligations sociales sont envers les nombreux et informels groupes sociaux qui s’enchevêtrent et se superposent et auxquels j’adhèrent de mon plein gré et desquels je peux me retirer à souhait, ou envers une entité que je n’ai pas choisi, que je n’ai pas rejoint de mon plein gré et qui assume l’existence d’un contrat que je n’ai en rien signé ? Ma loyauté est-elle envers la société ou l’État ?

Ce ne sont pas des questions académiques ou rhétoriques. Elles sont répondues aujourd’hui par l’État dans son tribunal pénal central où comparaissent ces membres du Comité des 100 qui ont osé dire au travers de la désobéissance, que leurs loyautés sont ailleurs.

Cole déclara en 1945 : “Nous devons commencer non pas depuis les idées contrastées de l’individu atomisé et de l’État, mais depuis l’homme dans toute sa complexité de regroupements et de relations, partiellement incarnés dans des institutions sociales variées, jamais en équilibre, mais en changement perpétuel, de façon à ce que les schémas de loyauté et de comportement social change avec lui.” Cette approche qui est à la fois pluraliste et sociologique dans son orientation, explique la sympathie ressentit par Cole pour des anarchistes comme Kropotkine, qui chercha aussi “le développement le plus complet de l’individualité combiné avec le plus haut degré d’association volontaire dans tous ses aspects, dans tous les domaines possibles, pour tous buts imaginables…des associations toujours modifiées qui portent en elles-mêmes les éléments de leur durabilité et assument constamment de nouvelles formes qui répondent au mieux les aspirations multiples de tous.

Le “pluralisme” de Cole avait une ascendance, je pense partiellement dans la tradition éclectique et libertaire présente dans le socialisme anglais et partiellement d’une tradition académique de ces premiers sociologues allemands qui réagissaient contre la philosophie idéaliste allemande. Ceci fut énoncé en écho par le professeur Edward Shils exprimant ses regrets que ce qu’il appelle la “théorie pluraliste” ait “au fil des années, dégénéré en un figment d’un syllabus antique de cours universitaires en science politique et de gouvernement.” Il pense que c’est prêt pour une “nouvelle et bien meilleure vie” à cause de sa pertinence aux besoins des “nouvelles” nations d’Afrique et d’Asie, qui sont dites manquer de ce que Gunnar Murdal appelle une infrastructure définie comme “le réseau complexe des organisations civiques et d’intérêts, de société coopératives, d’autorités locales indépendantes, de syndicats, d’associations d’échange, d’universités autonomes, de corps professionnels, d’associations citoyennes et des groupes philosophiques, au travers desquels une participation bien plus efficace pourrait être obtenue que celles permise par les instances et institutions des gouvernements représentatifs.

Et bien, je ne sais pas pourquoi le pluralisme (et les infrastructures qu’il implique) devrait être confiné dans la malle aux oripeaux de la politique, qui nous pensons pourrait bien devenir utile pour nos pauvres relations au sein des “nouvelles” nations. Quand on voit l’impuissance des individus et des petits groupes en face à face dans le monde aujourd’hui et demandons pourquoi ils sont si impuissants, nous répondons qu’ils ne sont pas faibles à cause des vastes agglomérations de pouvoir (ce qui est évident), mais parce qu’ils ont abandonné leur pouvoir à l’État. C’est comme si chaque individu possédait une certaine quantité de pouvoir, mais que par défaut, négligence ou bêtise et habitude sans imagination aucune, il a permis à quelqu’un d’autre de le récupérer, plutôt que de l’utiliser lui-même pour ses propres objectifs.

L’anarchiste allemand Gustav Landauer a fait une profonde et simple contribution à l’analyse de l’État et de la société en une phrase : 

L’état n’est pas quelque chose qui peut être détruit par une révolution, mais il est un conditionnement, une certaine relation entre les êtres humains un mode de comportement humain, nous le détruisons en contractant d’autres relations, en nous comportant différemment. 

C’est nous et non pas une entité abstraite externe, implique Landauer, qui nous comportons d’une manière ou d’une autre, de manière orientée vers l’État ou la société, politiquement ou socialement. (NdT: attention ici, le politique est social et le social politique, la politique est liée au pouvoir tout comme le social… Il y a complémentarité et non pas antagonisme.)

L’ami de Landauer et son exécuteur testamentaire Martin Buber dans son essai “La société et l’État” commence son étude par une observation du sociologue américain Robert MacIver disant qu’ “identifier le social avec le politique c’est se rendre coupable de la plus grosse des confusions, qui empêche toute compréhension de la société et de l’état.” Il trace ensuite, au travers de philosophes comme Platon et Bertrand Russel, la confusion entre le politique et le social. Le principe politique, pour Buber, est caractérisé par le pouvoir, l’autorité, la hiérarchie, la domination. Le principe social, il le voit à chaque fois que des hommes se liguent entre eux en association fondée sur le besoin et l’intérêt communs. (NdT: à l’instar de Pierre Clastres, nous pensons que les deux principes sont liés au pouvoir et à la forme qu’il prend pour s’exercer, le pouvoir est inhérent à la société humaine et il ne s’exerce que de deux manières possibles: non-coercitive ou coercitive. Buber identifie la société au pouvoir non-coercitif et le politique au pouvoir coercitif, ce qui est réducteur. C’est plus complexe. Le politique gère le pouvoir et il peut donc être non-coercitif ou coercitif. Le pouvoir étatique depuis 5000 ans est intrinsèquement coercitif, quelque soit la forme mise en place… Le politique est un attribut de la société, dont le nœud gordien est le concept du pouvoir… Il n’y a pas de société sans pouvoir, tout est question de la forme qu’il prend par choix ou par contrainte…)

Qu’est-ce qui donne au principe politique son ascendance ? demande t’il. Et il répond en disant : “Le fait que chaque personne se sente menacée par les autres donne à l’État son pouvoir défini unificateur ; cela dépend de l’instinct d’auto-préservation de la société elle-même, la crise externe latente lui permet de garder la main dans les crises internes. Un état permanent de véritable, positive et créative paix entre les gens et les peuples diminuerait grandement la suprématie du principe politique sur le social.

Buber continue : “Toutes les formes de gouvernement ont ceci en commun : tous possèdent plus de pouvoir qu’il est nécessaire aux conditions données ; en fait, cet excès dans la capacité de prendre des dispositions est ce que nous comprenons en fait comme étant le pouvoir politique. La mesure de cet excès, qui ne peut bien entendu pas être précisément calculée, représente l’exacte différence entre administration et gouvernement.” Il appelle cet excès le “surplus politique” et observe que “sa justification dérive de l’instabilité externe et interne, de l’état latent de crise entre les nations et au sein de chaque nation.

Le principe politique est toujours plus fort que le principe social, ce en toute condition. Le résultat en est une diminution continuelle de la spontanéíté sociale. “Le conflit entre ces deux principes, domination et association libre comme les appelle Gierke, est un aspect permanent de la condition humaine. “Le mouvement d’opposition entre l’État et la société” dit Lorenz von Stein, “est le contenu de l’histoire totale de tous les peuples.” Comme le dit Kropotkine dans “Science moderne et anarchisme” : “A travers l’histoire de notre civilisation, deux traditions, deux tendances opposées, ont été en conflit : la tradition romaine et la tradition populaire, la tradition impériale et la tradition fédéraliste, la tradition autoritaire et la tradition libertaire.

Il y a une corrélation inverse entre les deux : La force de l’un est la faiblesse de l’autre. Si nous voulons renforcer la société, nous devons affaiblir l’État. Les totalitaires de tout poil comprennent cela, c’est pourquoi ils essaient invariablement de détruire ces institutions sociales qu’ils ne peuvent pas dominer. Avec les morceaux de métaphysique avec lesquels les politiciens et les philosophes l’ont enveloppé, l’état peut être défini comme un mécanisme politique utilisant la force et pour le sociologue, il est une des différentes formes de l’organisation sociale. Néanmoins, “il se distingue de toutes autres associations par son investissement exclusif avec le pouvoir final de coercition” (MacIver et Page: Society) Et contre qui ce pouvoir final est-il dirigé ? Il est dirigé contre l’ennemi extérieur, mais vise la société sujette du dedans.

C’est pourquoi Buber déclare que c’est le maintien de la crise latente externe qui permet à l’État de garder la main dans les crises internes. Est-ce une procédure consciente ? Est-ce parce que des barjots contrôlent l’État ? Ou est-ce une caractéristique fondamentale de l’État et de ses institutions ? C’est parce qu’elle tira cette conclusion finale lors de l’écriture de son essai “Réflexions sur la guerre”, que Simone Weill déclara : “La grande erreur de pratiquement toutes les études sur la guerre, une erreur dont furent victimes tous les socialistes, a été de considérer la guerre comme un épisode de la politique étrangère, alors qu’elle est essentiellement un acte de politique intérieure, et l’acte le plus atroce de tous.” De la même manière, Marx trouva que dans l’ère du capitalisme sans restriction, la concurrence entre les employeurs, ne connaissant pas d’autre arme que l’exploitation des travailleurs, fut transformée en une lutte de chaque employeur contre ses propres employés et de manière ultime de toute la classe des employeurs contre ceux qu’ils emploient, ainsi l’État utilise la guerre et la menace de la guerre comme d’une arme contre sa propre population. “Comme l’appareil dirigeant n’a pas d’autre façon de combattre l’ennemi qu’en envoyant ses soldats, requis et contraints, à leur mort, la guerre d’un état contre un autre se résout en une guerre de l’état et de son appareil militaire contre son propre peuple.

Cela n’en a bien sûr pas l’air, si vous faites partie de l’appareil dirigeant, calculant quelle proportion de la population vous pouvez vous permettre de perdre dans une guerre nucléaire, tout juste comme le font le gouvernement des Etats-Unis et tous les gouvernements des grandes puissances. Mais cela en a tout l’air si vous faites partie de cette population périssable, à moins que vous n’identifiez votre carcasse avec l’appareil d’état, comme des millions le font.

Au XIXème siècle, T.H. Green avoua que la guerre est l’expression de l’état “imparfait”, mais il avait tort. La guerre est la santé de l’État, c’est son “heure de gloire”, elle en exprime sa presque parfaite forme. C’est pourquoi l’affaiblissement de l’État, le développement progressif de ses imperfections est une nécessité sociale. Le renforcement d’autres loyautés, de points de focalisation alternatifs du pouvoir, de différents modes de comportement humain, est essentiel pour la survie. Au XXème siècle (NdT: et au XXIème siècle de surcroit), la volatilité, la désobéissance et la subversion sont les caractéristiques d’une citoyenneté responsable dans la société.

NdR71 : ceci fut le texte d’une conférence donnée à Oxford en 1962 !! Est-ce toujours possible aujourd’hui considérant ce qui est dit dans ce texte ? L’auteur serait-il aujourd’hui banni, harcelé et étiqueté de “complotiste” ?…

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Notre page “Anthropologie politique”

Notre page “Gustav Landauer et la société des sociétés”

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

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En 2011, des anarchistes analysaient et conseillaient fraternellement le mouvement Occupy Wall Street… Toujours valide 10 ans plus tard ! (CrimethInc)

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Cette lettre / analyse aux participants du mouvement “Occupy Wall Street” (OWS) a été écrite il y a 10 ans, observons sa justesse non seulement concernant le mouvement OWS, mais aussi concernant bien des mouvements sociaux s’étant tenus ces 10 dernières années, y compris celui du mouvement des Gilets Jaunes en France de 2018 à 2020. Il est important de réfléchir et d’analyser rétrospectivement si nous ne voulons pas commettre les mêmes erreurs encore et toujours… Albert Einstein avait déjà défini la “folie” comme étant la répétition d’erreurs tout en en attendant un résultat différent..
De fait, le mouvement OWS, bien qu’ayant eu de grands moments, s’est étiolé mais a surtout succombé (par infiltration ? sûrement mais pas que…) au réformisme, s’est perdu dans les méandres du blablatage futile et stérile. Il n’a pas tenu la route parce qu’il a succombé aux vieux démons de la conciliation et de cette idéologie perverse et neutralisante de la “réforme au sein du système”.
Il est essentiel pour tous les résistants de comprendre, afin de faire table rase sur toute supposée différence “idéologique”, et qu’il n’y a pas de solution au sein du système et qu’il ne saurait y en avoir. A partir de là, penser et agir hors du “moule” devient seconde nature, de fait, notre nature profonde qui remonte à la surface, libérée du fatras de l’ineptie idéologique qui la musèle depuis quelques 5000 ans…
Inutile de dire que ce texte d’anarchistes yankees résonnent particulièrement juste à nos oreilles, car regardons autour de nous, nous y sommes toujours et il est temps de comprendre et d’avancer sur le chemin définitif et radical de notre émancipation finale.
Qu’on se le dise et agissons en accord avec notre pensée critique individuelle et collective.

Dans l’esprit de Cheval Fou

~ Résistance 71 ~

Lettre ouverte d’anarchistes aux Occupants du mouvement Occupy Wall Street (OWS)

CrimethInc

Octobre 2011

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Juin 2021

Soutien et solidarité ! Nous sommes inspirés par cette occupation de Wall Street et ailleurs dans le pays. Enfin, les gens prennent la rue de nouveau ! Le momentum autour de ces actions a le potentiel de raviver la protestation et la résistance dans ce pays. Nous espérons que ces occupations vont augmenter à la fois en nombre et en substance et nous ferons de notre mieux pour y contribuer.

Pourquoi devez-vous nous écouter ? Brièvement, parce que nous avons une longue pratique de tout cela. Nous avons passé des décennies en lutte contre le capitalisme, à organiser diverses occupations et à prendre des décisions par consensus. Si ce nouveau mouvement n’apprend pas des erreurs de ceux qui l’ont précédé, nous courrons le grand risque de les répéter. Nous avons résumé ici quelques-unes des leçons durement apprises…

Occuper n’est en rien nouveau. La terre sur laquelle nous nous trouvons en ce moment même est déjà un territoire occupé. Les Etats-Unis furent fondés sur l’extermination des peuples indigènes vivant ici préalablement et sur la colonisation de leurs terres qui leur furent volées et ceci sans même mentionner les siècles d’esclavages et d’exploitation. Pour qu’une contre-occupation ait un sens, elle doit commencer avec cette histoire. Mieux encore, elle devrait embrasser l’histoire de la résistance s’étendant et incluant l’auto-défense des peuples indigènes et les révoltes d’esclaves en passant pas les divers mouvements de travailleurs et de révolte anti-guerre et ce jusqu’au mouvement bien plus récent anti-mondialiste.

Les fameux “99%” ne sont pas un seul corps social, mais plusieurs. Quelques occupants ont présenté un narratif dans lequel les “99%” sont caractérisés en tant que masse homogène. Les visages qui semblent vouloir représenter les “gens ordinaires” ressemblent de manière souvent suspicieuse à ces citoyens de la classe moyenne blanche et bien-pensante qu’on a l’habitude de voir dans les programmes de télévision, alors même que ceux-ci ne sont qu’une minorité de la population générale.

C’est une erreur que de balayer d’un revers de la main notre diversité. Tout le monde ne se réveille pas aux injustices du capitalisme pour la première fois maintenant, certains segments de la population ont été ciblés par la structure du pouvoir pendant des années voire des générations. Les employés de la classe moyenne qui commencent à perdre maintenant leur standing social peuvent beaucoup apprendre de ceux qui ont été la cible incessante de cette injustice depuis bien bien plus longtemps.

Le problème n’est pas qu’il y a juste “quelques moutons noirs” La crise n’est pas le résultat de l’égoïsme de quelques investisseurs banquiers ; elle est l’inévitable conséquence d’un système économique qui récompense à outrance la concurrence sauvage, ce à quelque niveau que ce soit de la société. Le capitalisme n’est pas un mode de production et de vie statique mais un processus dynamique qui carbonise tout sur son passage, transformant, réifiant le monde pour plus de profit et plus de chaos. Maintenant que tout a été mis dans la chaudière, le système s’effondre, laissant même ses anciens bénéficiaires de la classe moyenne sur le carreau. La réponse à ceci n’est pas de revenir à une étape précédente du capitalisme, de revenir au standard or, par exemple, car non seulement ceci est impossible, mais ces étapes précédentes n’ont pas non plus profité aux “99%”. Pour sortir de ce merdier (sic), nous allons devoir redécouvrir d’autres façons d’interagir entre nous et avec le monde qui nous entoure (NdT: ce que disait exactement Gustav Landauer…)

On ne peut pas avoir confiance en la police Ce sont peut-être aussi des “travailleurs ordinaires”, mais leur boulot est de protéger les intérêts de la classe dirigeante. Aussi loin qu’ils demeurent employés comme fonctionnaires de police, nous ne pouvons en rien compter sur eux, aussi sympas peuvent-ils être parfois. Les occupants qui ne savent pas déjà cela vont l’apprendre très bientôt à leurs dépends dès qu’ils menaceront les déséquilibres de richesse et de pouvoir sur lesquels notre société est fondamentalement ancrée. Quiconque pense et insiste sur le fait que la police existe pour protéger et servir le peuple a probablement vécu une vie de privilégié(e), ou une vie d’obéissance crasse.

Ne fétichisez pas l’obéissance à la loi. Les lois ne servent qu’à protéger les privilèges des riches et des puissants, leur obéir n’est en rien nécessairement moralement correct, cela peut être même bien immoral. L’esclavage était légal. Les nazis avaient des lois. Nous devons développer la force de conscience pour faire ce que nous savons être le meilleur et ce en dépit des lois.

Pour avoir une diversité de participants, un mouvement doit faire de la place à une diversité de tactiques. C’est reposant et auto-gratifiant de penser savoir comment chacun devrait agir dans la poursuite d’un monde meilleur. Dénoncer les autres ne fait que renforcer les autorités dans la délégitimisation, la division et la destruction du mouvement dans sa totalité. La critique et le débat propulse un mouvement vers l’avant, tandis que la lutte d’influence le handicape. Le but ne devrait pas être de forcer tout le monde à adopter les mêmes tactiques, mais de découvrir comment des approches différentes peuvent être mutuellement bénéficiaires.

N’assumez pas systématiquement que ceux qui enfreignent la loi et combattent physiquement la police sont des agents provocateurs. Bien des gens ont bien des raisons d’être particulièrement en colère. Pas tout le monde s’est résigné à un pacifisme légaliste ; certaines personnes savent encore comment rester debout. La violence policière n’est pas seulement faite pour nous provoquer, elle est faite pour nous faire mal, pour nous blesser et pour nous terroriser à demeurer inactif. Dans ce contexte, l’auto-défense est essentielle.

Assumer que ceux qui sont en ligne de front des clashes avec les autorités sont systématiquement des collaborateurs de celles-ci n’est pas seulement illogique, mais cela délégitimise l’esprit qui doit être présent pour défier le statu quo (oligarchique) et cela décourage quelque peu ceux qui sont préparés à le faire. Cette allégation est assez typique de gens privilégiés à qui on a enseigné de faire confiance aux autorités et de craindre tous ceux qui leur désobéissent.

Aucun gouvernement, c’est à dire aucun pouvoir centralisé, ne va jamais mettre les besoins du commun des gens devant les besoins des puissants. Il est bien naïf de croire en cela. Le centre de gravité de ce mouvement (OWS) doit être notre liberté et notre autonomie et l’entraide que celles-ci peuvent générer et maintenir et non pas le sempiternel désir d’un pouvoir centralisé “responsable et responsabilisé”. Cela n’a jamais au grand jamais existé ; même en 1789, les révolutionnaires présidaient sur une “démocratie” à esclaves, sans mentionner le clivage riche-pauvre.

Ceci veut clairement dire qu’il ne s’agit pas simplement de faire des demandes à nos dirigeants, mais de construire un tel pouvoir qui nous permettra de réaliser dans les faits nos propres demandes par nous-mêmes. Si nous le faisons de manière efficace,  les puissants devront prendre nos demandes très très sérieusement, ne serait-ce que pour conserver notre attention. Nous ne pouvons faire levier sur la situation que si nous développons notre propre force.

Ainsi, un bon nombre de mouvements passés ont appris de la manière dure qu’établir sa propre bureaucratie, si “démocratique” se voulait-elle, n’a fait que diminuer et handicaper leurs objectifs originaux. Nous ne devons pas donner l’autorité à de nouveaux “leaders”, ni même de nouvelles structures de prises de décisions ; mais nous devons trouver le moyen de défendre et d’étendre toujours plus notre liberté toute en abolissant les inégalités qu’on nous a forcé à admettre et à suivre.

Les occupations vont grandir des actions que nous entreprenons. 

Nous ne sommes pas juste là pour “dire la vérité au pouvoir”, quand nous ne faisons que parler, les riches et les puissants font la sourde oreille. Donnons de l’espace à des initiatives autonomes et organisons l’action directe, celle qui confronte la source même des inégalités et des injustices sociales.

Merci de lire, de planifier et d’agir. Que vos rêves se réalisent.

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

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Manifeste pour la Société des Sociétés

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Recadrage

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Mission : Réhabilitation des chauve-souris…

Recadrage

Résistance  71

23 juin 2021

L’évolution de la “crise sanitaire” liée à la maladie induite par le virus de laboratoire SRAS-CoV-2 nous a amené ces derniers temps à relayer un bon nombre d’informations aidant à comprendre non seulement la supercherie et la fabrication, la planification de cette crise par l’oligarchie, mais aussi son niveau de criminalité en tant qu’”expérience” génétique planétaire au moyen des injections chimériques “vendues” au public comme “vaccins anti-COVID19”.

Dès mars 2020, nous avions traduit et relayé l’information documentée que ce virus du SRAS-CoV-2 a de fait été fabriqué dans le laboratoire de l’université de Caroline du Nord aux Etats-Unis entre 2006 et 2015, puis récupéré par le Pentagone pour en faire une arme biologique dans ses labos militaires. Ceci n’exclut en rien que d’autres labos aient pu travailler de concert ou indépendamment sur ce même virus initialement issus des chauve-souris, comme cela a été suggéré par ailleurs. Nous avons créé par la suite sur le blog une page au libellé sans équivoque : “Coronavirus, guerre contre l’humanité”, que nous mettons à jour régulièrement au fil de nos traductions et publications.

Depuis plus d’un an, nous faisons partie de ceux qui dénoncent sans relâche cette infamie planétaire eugéniste qu’est cette “pandémie” fabriquée de toute pièce pour générer la peur du public et son acceptation des moyens de contrôle dictatoriaux mis en place, moyens qui culminent depuis quelques mois avec une campagne de pseudo-vaccination planétaire avec une substance transgénique toxique injectable qui a non seulement déjà occasionné des dizaines de milliers de mort dans le monde, mais en a handicapé des centaines de milliers d’autres et certainement bien plus à venir. Le but final de l’opération est cette “Grande Réinitialisation” prônée par le Forum Economique Mondial, structure exécutrice du décisionnaire oligarchique planétaire, un Nouvel Ordre Mondial revampé sauce fin du capitalisme.

Si l’info vitale fut mise sous le boisseau très vite durant la crise grâce à la complicité des merdias qui, sur ordre, censurèrent l’information sur l’origine du virus, les traitements simples et efficaces existant, et les véritables chiffres bien en-deça de ce qui fut annoncé, et entretinrent la peur du public en complète coordination avec les instances étatico-capiltalistes en place et firent une propagande éhontée de l’agenda, du “remède miracle” que serait le “vaccin”, permettant d’empoisonner des centaines de millions de personnes à court, moyen et long termes tout en permettant à Big Pharma de s’en foutre une fois de plus plein les poches au passage ; l’info a fini par émerger via le canal des médias alternatifs pour atteindre aujourd’hui un niveau de diffusion tel, qu’il n’est plus possible pour les criminels aux manettes de l’étouffer, ce qui les amène à entrer en mode de “contrôle des dégâts” et du “sauve qui peut”.

L’acharnement sans précédent dont est victime le peuple de France au sein de cette crise, n’a de raison que la velléité oligarchique transnationale de briser ce “Gaulois Réfractaire”, communard dans l’âme, pour mieux faire passer la pilule dictatoriale au vieux continent. Mais une fois de plus, pas à pas, le Communard qui sommeille en chacun de nous, gens du peuple, s’éveille et commence à réaliser l’ampleur de la supercherie dont il a été et est toujours la victime. Sanction immédiate anti-système : 68% d’abstention des inscrits aux dernières élections régionales, c’est à dire pas loin de 80% de la population en âge de déléguer son pouvoir aux criminels patentés et institutionnalisés, avec une moyenne de 85% d’abstention dans la tranche d’âge 18-34 ans, superbe jeune génération qui commence à rejeter en masse la falsification “républicaine” et “démocratique” de la dictature marchande en mouvement. Ces chiffres sont rassurants et montrent aussi que la peur est en train de changer de camp, les larbins privilégiés font dans leur froc et savent maintenant que la fin est proche. L’Illusion démocratique n’agit plus, le charme est rompu, le ressort est cassé et c’est tant mieux, il est plus que grand temps ajouterions-nous. Nous devons donc concrétiser l’avancée des consciences vers une reprise en main du pouvoir, c’est à dire de la capacité de décider et de mettre en œuvre la construction et le développement de notre société selon le seul critère juste et valide, celui de la satisfaction du bien commun, du bien-être de tous dans une société harmonieusement connectée avec la Nature et ses lois fondamentales, dont celle du “plus fort” érigée en dogme incontournable depuis des siècles, ne fait évidemment pas partie. Qui mieux que nous-mêmes peut y parvenir ?…

Pour ce faire, nous devons individuellement d’abord puis par rayonnement collectif, comprendre qu’il n’y a pas de solution au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu et qu’il ne saurait y en avoir, tant celui-ci ne peut perdurer que sur la base de la division, de la supercherie, du mensonge et de la falsification à outrance et artificiellement induits. A partir de là nous devons analyser critiquement notre réalité afin de pouvoir agir sur elle et la changer radicalement, c’est à dire en retournant à la racine des choses, qui est la seule question du pouvoir.

Nous devons donc opérer un recadrage de notre réflexion et de notre action, qui toutes deux doivent provenir d’une pensée et analyse critiques de notre réalité politico-sociale et mener à une action directe individuelle et collective tout aussi critique et décisive pour que triomphe enfin le bien commun dans son écrin de la société des sociétés.

Tout part de l’individu, de sa volonté de dire NON ! de penser et d’interagir avec ses semblables, s’unifiant pour ignorer la supercherie ambiante et agissant ensemble pour cette transformation décisive de la société en une entité organique symbiotique viable et durable, utilisant la complémentarité de notre diversité comme ciment social.

Pour l’heure, nous avons donc décidé de recadrer notre action et de retourner à notre fonction pédagogique initiale, celle de mettre à la disposition du plus grand nombre possible, quelques outils de réflexion critique politique et sociale permettant d’ouvrir quelques portes vers notre humanité enfin réalisée, bref, nous retournons aux fondamentaux. Nous ne relaierons dorénavant que des infos vraiment décisives sur la situation de la pandémie COVID fabriquée et nous recentrerons nos publications sur la compréhension critique de notre monde afin que les solutions hors système étatique et marchand puissent pas à pas émerger et être embrasser par le plus grand nombre agissant.

Ce n’est pas d’un “vaccin” dont nous avons besoin contre ce monde toxique en tout point, mais d’un antidote… et tout comme l’hydroxychloroquine… Il existe !

Vive la Commune Universelle de notre humanité enfin réalisée !

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Un avant goût ci-dessous et toujours plus à venir :

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Commune_1871-2021
… de notre humanité enfin réalisée !

Analyse du livre de J. Baschet « Basculements, mondes émergents, possibles, désirables » (Pierre Bance)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 11 juin 2021 by Résistance 71

La société des sociétés se construira hors État, hors marchandise, hors argent et hors salariat ou ne sera pas. L’État et le capitalisme sont au bout du rouleau certes, mais se métamorphosent une énième fois, fusionnent en ce que leur oligarchie appelle le “Nouvel Ordre Mondial”, fusion supranationale des mega-entreprises et des états en une entité dictatoriale technotronique et transhumaniste supra-élitiste.
L’antidote à ce cauchemar dystopique est la société des sociétés de notre humanité réalisée au sein de la diversité de notre complémentarité, hors antagonisme et en harmonie avec la simple loi naturelle.
Tout part de l’individu qui dit NON ! à tout et en tout et se ligue avec ses semblables à la racine humaine profonde du refus d’obtempérer. L’individu comprend, refuse, agit en se liguant, rayonnant ainsi de l’individu au collectif. Nous avons mis sous cet article d’analyse de livre, quelques textes qui pourront aider à la réalisation individuelle et collective de la seule société future viable pour l’humanité, quelque soit le nom qu’on lui donne.
~ Résistance 71 ~

Cronstadt100ans1
1871, 1921, 1936, 1956, 1968…
Vive Commune Universelle de notre humanité réalisée !

Basculer d’accord mais du bon côté

Pierre Bance

Mai 2021

Source:
http://www.autrefutur.net/Basculer-d-accord-mais-du-bon-cote

Jérôme Baschet n’aime pas l’idée d’effondrement « inéluctable et fatal », chère à la collapsologie, parce qu’elle n’a d’autre perspective que la résignation. Il préfère parler de « basculements », titre de son dernier livre. Certes les basculements portent une part d’incertitude mais ils n’écartent aucune hypothèse émancipatrice ‒ « le champ des possibles ».

La crise du Covid-19 ne se terminera pas par le basculement final. L’État-nation pourrait même s’en trouver ragaillardi, sollicité par les citoyens pour renforcer le service public de santé, sollicité par le capital pour rétablir l’ordre sanitaire qu’ils ont ensemble contribué à désorganiser. Il ne faudrait cependant pas s’arrêter à cette impression, déclare Jérôme Baschet, car, parallèlement, cette crise « a mis en évidence les hésitations, les louvoiements et les défaillances des gouvernements plutôt que leur toute puissance » (p. 24). Il y a donc des raisons d’espérer. La crise peut servir d’appui « pour porter la réflexion jusque vers l’après-capitalisme » (p. 17). Le Léviathan aurait des bases pourries et si le capitalisme est désorganisé par un virus, c’est peut-être un autre des signes annonçant qu’il est en bout de course, sans toutefois sous-estimer sa capacité de réaction, d’adaptation. Ainsi Baschet réfléchit-il au sens de la promotion d’un capitalisme vert et numérisé, nouvelle image de sa modernité. Ce leurre néolibéral qui permettra de saper la contestation écologique tout en évitant le seul effondrement certain s’il persévère dans sa dynamique de domination et de d’accumulation : l’extinction de l’humanité. Quels que soient les scénarios que le capitalisme empruntera – continuer comme aujourd’hui, se verdir ou adhérer au modèle autoritaire chinois ‒, ses méfaits chaque jour constatés, ses crises à répétition ne peuvent que favoriser des réactions antisystémiques et nourrir l’espérance en des « mondes émergents » et des « possibles désirables » (sous-titre du livre). Comment et lesquels ? C’est à cette question que l’auteur tente de répondre dans ce livre servi par d’impressionnantes connaissances et une plume agile.

Si l’on veut en finir avec la domination étatique et le productivisme capitaliste afin de respecter la nature, promouvoir la liberté et l’égalité des différentes communautés humaines, ce monde émancipé sera fondé sur l’autonomie communale, l’équilibration des contraires et la fédération des « espaces libérés ». Voilà un programme ‒ un parti pris ‒ sur lequel s’accordent de plus en plus de personnes même si les voies pour y parvenir sont multiples et peuvent se combiner, du grand soir insurrectionnel aux luttes interstitielles, en passant par l’action institutionnelle (sociale-démocrate).

Encore faudra-t-il renoncer aux références philosophiques et éthiques de nos sociétés. « On ne peut espérer sortir du capitalisme, écrit Jérôme Baschet, sans récuser une modernité qui a pour principaux fondements le naturalisme, l’individualisme et l’universalisme ‒ à quoi il faudrait ajouter la vision d’une histoire linéaire, identifiée au mouvement unique et illimité du Progrès » (p. 175). C’est un préalable qui fera déjà problème, à commencer par son rejet de l’universalisme. Pour Baschet, ce rejet n’est pas négociable si l’on veut que, sur la terre, des mondes multiples s’entrelacent dans des existences communales et se fondent dans « une condition planétaire vécue dans son hétérogénéité constitutive » (p. 178).

L’auto-administration et ses instituions

Les grandes lignes du modèle de société communaliste que propose Jérôme Baschet sont connues : assemblée communale souveraine, mandat précis et révocable des délégués, rotation des responsabilités, fédération « postlocale » pour les questions relevant de plusieurs unités territoriales. Il ne pousse pas plus loin la question de l’organisation, considérant qu’il appartiendra aux assemblées concernées de la mettre en place. Certainement sous-estime-t-il l’importance d’avoir posé la règle préalablement à « l’événement ». Pourtant, tout en disant qu’une constitution n’est pas nécessaire, au paragraphe suivant, il en écrit un morceau sur les conditions de la délégation (p. 112). Si le projet révolutionnaire ne prévoit pas les institutions de l’auto-administration [1] et leur fonctionnement, si ce n’est dans le détail tout au moins dans leurs principes politiques et juridiques, s’il s’en remet à la spontanéité du moment révolutionnaire ou aux fragiles fédérations d’alternatives mises en place en régime capitaliste, il y a fort à parier que l’État reprendra le dessus militairement ou, encore mieux, par des élections, comme en 1968. Si l’appareil d’État est affaibli au point de n’être plus en mesure de réagir, l’absence d’institutions capables d’agir immédiatement laissera le champ libre à quelque parti ou quelque leader charismatique pour s’approprier la révolution et rétablir un État sous leur domination.

De même, une fois l’installation révolutionnaire réussie, si comme le dit Jérôme Baschet chacun doit participer à la décision politique, n’en va-t-il pas autrement pour son exécution. Sont nécessaires des instances administratives stables qui n’ont pas seulement « un rôle spécial d’initiative et d’impulsion » (p. 121), mais qui exercent une autorité de compétence sous le contrôle des assemblées locales ou fédérales mandantes pour que ne se constitue pas une bureaucratie « d’intelligents ».

L’auteur, bien sûr, n’ignore pas tout cela mais se méfie de toute règle, tout « programme contraire à l’esprit de l’autonomie » (p. 119) telle qu’il la conçoit : « la reconnaissance d’une capacité partagée qui récuse toute suspicion d’incompétence ou d’ignorance » (p. 125). Il n’est pas non plus naïf : « Les discordances sont inévitables, comme les manquements au faire-commun ; et, en cas d’infraction aux règles collectivement assumées, des décisions visant à réparer le tort commis doivent être prises par les instances de justice communale » (p. 165), une justice du consensus, ajoutera-t-on.

L’autogestion de la production

Jérôme Baschet est plus à l’aise avec la question économique. Il conduit une critique serrée de la nature productiviste du capitalisme, puis envisage le « démantèlement de l’actuel système productif-destructif » (p. 83). Pour ce, il recense les secteurs qui pourraient être rationnalisés voire supprimés vu leur inutilité ou leur nuisance et conclut que « ce qu’il est pertinent de produire n’est rien d’autre que ce qui est défini comme tel par les collectifs concernés » (p. 88, voir aussi p. 103). La formule est belle, mais recouvre nombre de difficultés pratiques et juridiques pour lesquelles il vaudrait mieux envisager des procédures dès aujourd’hui. Ainsi de « la disparition des principales formes de propriété des moyens de production », du remplacement de la propriété privée par l’usage (p. 88), ou de la question de la planification que Baschet rejette au nom des mauvais souvenirs du socialisme réel qui ne le fut guère (p. 87). Peut-on envisager le fédéralisme sans planification, avancer à l’aveuglette ?

Il aborde aussi un sujet qui intéressera particulièrement les lecteurs des Chroniques Noir et Rouge : la production relève-t-elle de l’assemblée des producteurs ou de l’assemblée des citoyens de la commune ? Elle revient à la commune ou à l’instance « supralocale » compétente, répond Baschet. Si cela est vrai pour le choix de ce que l’on produit, le comment-on-le-fait doit rester aux mains des travailleurs ‒ encore un mot qui relève des catégories du capitalisme. Ce sont eux, par exemple, qui sont en mesure de mieux rompre avec la division du travail, d’édicter les normes du point de vue des exigences écologiques.

Pour résumer, il s’agira, le moment venu, de « relocaliser et réduire drastiquement la production, retrouver le sens des proportions, réencastrer les décisions productives dans les choix de vie » (p. 103). Du Bookchin.

Bookchin justement

Après avoir écarté l’option étatique pour enclencher la transformation révolutionnaire et souligné la nécessité pour les expériences alternatives de s’organiser en réseau pour sortir de « leur impuissance, sinon [de] leur insignifiance » (p. 183, voir aussi p. 197), Jérôme Baschet se rapproche, en partie, des propositions de Murray Bookchin. Il adhère à la stratégie de marginalisation de l’État par l’autonomie communale, en l’associant avec des actions de blocages (grèves, occupations, barrages routiers, boycottages par les consommateurs, etc.). Cependant, Baschet critique Bookchin sur certains points. Il lui reproche de ne pas prendre en compte la diversité culturelle, ce qui est vrai et ce grief lui est souvent opposé. Il lui reproche aussi, mais c’est moins convaincant parce que réducteur [2], « de faire d’une politique municipale alternative le levier exclusif de la sortie du capitalisme » (p. 198). Il aurait aussi pu parler du « progrès » chez Bookchin, objet de discussions, parfois de disputes, dans le monde de l’écologie sociale.

Pendant que l’on débat des mérites des théories de Bookchin, les révolutionnaires du Rojava qui s’en revendiquent au travers du confédéralisme démocratique, mesurent concrètement combien il est difficile d’abattre l’État pour mettre en place une démocratie directe. Plus qu’au Chiapas [3], dont on rappelle que Jérôme Baschet est l’un des meilleurs connaisseurs, c’est en Syrie du Nord que le discours alternatif et les théories autonomiste se confrontent au réel sur une grande échelle et dans des conditions géopolitiques dantesques. Les reculs, les échecs, les tergiversations que les ennemis de l’Administration autonome démocratique ne manquent pas de relever, peuvent, en effet, décourager, faire douter. Il faut alors prendre les oiseaux de mauvais augure à contrepied. L’analyse de chaque défaillance doit être une source d’avancée dans la compréhension du processus révolutionnaire au même titre que l’œuvre constructive de la révolution comme, simple exemple, l’application systématique du principe d’égalité [4]. Avancées qui, quel que soit le sort de cette révolution, contribueront à imaginer des réponses aux problèmes sous-jacents aux thèses de Baschet. Car il serait périlleux, le jour venu, de décider dans l’urgence, voire la panique, faute d’anticipation.

* * *

Pour conclure, Jérôme Baschet propose, sans écarter d’autres pistes, une hypothèse de basculement qui « allie stratégies interstitielles antagoniques et stratégies non étatiques de rupture – les deux interagissant dans une dynamique de crise structurelle » (p. 217). Qu’on soit ou non d’accord avec cela, ou d’autres de ses analyses adjacentes, on remerciera Baschet d’avoir alimenté la dynamique réflexive vers l’après-capitalisme et, du coup, de nous pousser à aller plus loin encore pour penser le projet d’un autre futur, pour le faire partager au plus grand nombre. Autant dire qu’il reste du travail contre-et-au-delà, comme dirait John Holloway [5].

Pierre Bance

(article paru dans les Chroniques Noir et Rouge N°5)

Jérôme Baschet, « Basculements. Mondes émergents, possibles désirables », 

La Découverte, 2021, 254 pages dont 18 pages de bibliographie, 15 € –

[1] Voir, Floréal M. Romero, Agir ici et maintenant. Penser l’écologie sociale de Murray Bookchin, Éditions du commun, 2019, 272 pages, 16 €

[2] Voir, Floréal M. Romero, Agir ici et maintenant. Penser l’écologie sociale de Murray Bookchin, Éditions du commun, 2019, 272 pages, 16 €

[3] Pierre Bance, « Rojava et Chiapas, deux lueurs d’émancipation dans un monde halluciné », Autre futur.net, 22 mars 2017 (http://www.autrefutur.net/Rojava-et-Chiapas-deux-lueurs-d-emancipation-dans-un-monde-hallucine).

[4] Pierre Bance, La Fascinante Démocratie du Rojava. Le Contrat social de la Fédération de la Syrie du Nord, Éditions Noir et Rouge, 2020, 600 pages. Voir cette revue, n° 2, mai-juin 2020, page 7.

[5] « Le mouvement vers l’autodétermination est un mouvement contre cette société basée sur la négation de l’autodétermination, et c’est en même temps une projection au-delà de cette société – une projection permettant de rêver, de parler, d’agir » (John Holloway, « Douze thèses pour l’anti-pouvoir », Contretemps, n° 6, « Changer le monde sans prendre le pouvoir ? Nouveaux libertaires, nouveaux communistes », février 2003, article page 38 ; également sur le site Europe solidaire sans frontière (www.europe-solidaire.org/spip.php?article4498).

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

desobeissance-civile

SlogBD5

SlogBD4

Devant la dictature de la peur et de l’angoisse organisées par le coronacircus, organisons la désobéissance civile et embrassons l’esprit communard universel (Collectif Guerre de Classe)

Posted in actualité, crise mondiale, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 23 avril 2021 by Résistance 71

stress

Une nouvelle convergence d’analyse et osmose de solution se réalise.
Le 30 janvier dernier nous publiions “État des lieux avant chambardement”, le 24 février dernier, nous publiions en complément “Ce qui nous est promis”, en rapport au Coronacircus, la mise en place de la dictature technotronique planétaire permettant une énième mutation du capitalisme vers son devenir aléatoire de précipitation dans les oubliettes de l’histoire et la solution collective que nous devrons y apporter.
Cette analyse du collectif Guerre de Classe que nous reproduisons ci-dessous vient parfaitement s’emboiter et compléter notre analyse et ne pouvons que nous réjouir de ce constat de convergence et de complémentarité.
Ce qui est notable est que malgré l’origine différente et à première vue antagoniste de nos analyses, il y a convergence de vue, de finalité et total accord sur la solution à venir. Ceci ne fait que nous conforter dans cette idée que nous promouvons depuis déjà un bon moment, à savoir que finalement l’idée commune (avec ou sans jeu de mot…) existe, l’analyse juste de notre réalité historique, quelques soient les outils utilisés, mène à un fond universel qui ne peut à terme qu’exploser à la vue et compréhension de toutes et tous. Le problème commence lorsqu’on laisse l’Idée s’habiller des oripeaux du dogme et donc de la division. Le défi est d’aller au-delà de l’antagonisme factice, fabriqué à dessein et savamment piloté pour un contrôle oligarchique de la dissidence et de rechercher la complémentarité symbiotique et donc unificatrice dans la radicalité des choses, c’est à dire à leur racine profonde.
Par delà les guéguerres de clochers, le “bien et le mal” arbitrairement posés, convergeons vers notre seul intérêt commun, celui du bonheur de chacun par le bonheur de tous dans une société des sociétés qui mettra en place la Commune Universelle de notre humanité enfin réalisée.
Avec GDC clamons ensemble : A bas l’État ! A bas la marchandise ! A bas l’argent et A bas le salariat ! Ravivons la désobéissance civile et l’esprit communard réincarné récemment par l’esprit Gilet Jaune, ce seul esprit qui fait trembler le système et le déboulonnera à terme, qui fait chier dans son froc l’oligarchie, la faisant fantasmer sur la terreur thermidorienne et versaillaise, outil de la réaction de la bassesse étatico-capitaliste à l’élan insurrectionnel organique de cet esprit communard indomptable et indompté.

Tout le reste n’est que pisser dans un violon car il n’y a pas et ne saurait y avoir de solution au sein du système…

Qu’on se le dise !

Dans l’esprit de Cheval Fou

~ Résistance 71 ~

vive_la_commune!
Tout le pouvoir aux ronds-points !…

Le Coronamensonge étatique mondial qui nous gouverne depuis plus d’un an, tente pitoyablement de faire de la Peur et de l’Angoisse, le moteur permanent de l’Histoire afin d’essayer d’en faire disparaître la Lutte des Classes…
Mais il n’y parviendra pas…

Collectif Guerre de Classe

21 avril 2021

url de l’article original :
http://guerredeclasse.fr/2021/04/21/le-coronamensonge-etatique-mondial-qui-nous-gouverne-depuis-plus-dun-an-tente-pitoyablement-de-faire-de-la-peur-et-de-langoisse-le-moteur-permanent-de-lhistoire-afin-d/

La grande mondialisation financière de l’endettement infini qui avait pour fonction de s’ingénier à remédier à la saturation du marché mondial de la libre circulation aliénée des hommes et des marchandises a échoué et a donc enclenché la mystification du Covid-19 comme expérience de vaste déguisement orwellien à l’échelle totalitaire planétaire…

Il fallait en effet, une grande diversion sanitaire pour chercher à dissimuler la faillite du spectacle de la marchandise à bout de souffle… Ce fut donc l’énorme imposture des armes de la dévastation virale qui nous fit ainsi remake intense et surmultiplié de ce que l’on avait dû supporter durant plus d’une décennie de bobards journalistiques sur les armes de destruction massive de Saddam Hussein… Après la fiole du pauvre clown Colin Powell, sont donc arrivés les mille flacons, prélèvements et ampoules de l’OMS, des saltimbanques Buzyn, Salomon, Véran et autres foultitudes flicardes de la grotesque médecine médiatique du Capital…

Au terme d’un gigantesque et permanent trucage statistique accompagné d’interdits délirants concernant les vraies thérapies efficaces propres aux traditionnelles épidémies saisonnières, le gouvernement du spectacle de la marchandise mondiale a fait – sur fond de démentiels confinements continus – des nouveaux variants incessants et du vaccin infini, la quintessence policière de la science du contrôle social du grand enfermement interminable

L’homme totalement chosifié est donc au bout du vaccin. Et au bout des vaccinations sans cesse reconduites, doit dès lors émerger le trans-humain de la domestication capitaliste totalement réalisée…

Le projet de la folie cybernétique de la tyrannie démocratique de la valeur d’échange est de démanteler le réel humain et de nous convertir en simples appendices commerciaux asservis du fétichisme de la marchandise pour faire de nous la triste foule disciplinée et abêtie de milliards de solitudes machiniques errantes

Le Capital n’a plus d’avenir et cette réalité lui explose au visage… Aussi pour fuir la crise catastrophique du taux de profit, tente-t-il désespérément d’abolir le réel lui-même… A l’heure où la démesure de l’argent universel ne peut plus rien contrôler de la réalité du monde, il s’essaye alors à lui substituer un assemblage fictif de réalités irréelles qu’il pense pouvoir aisément quadriller, un monde virtuel à son image schizophrénique, un monde de démence absolutiste dont il définit morbidement le contenu, l’espace et le temps, de telle sorte que toute perception ne soit plus que la duplication morne et monotone de l’auto-espionnage technologique généralisé de notre propre enfermement atomistique..

Puisque la mise en friche est la seule issue possible pour la sur-production pléthorique du Capital mondial, le spectacle de l’usine globale des hommes partout incarcérés ne peut plus évidemment fonctionner sur le mode du désir de la consommation aliénante… Il n’a plus d’autre choix pour survivre que d’opter pour l’horizon despotique de la crainte et de l’effroi partout industriellement diffusés dans l’infernale paralysie autiste de toute la sur-vie quotidienne …

La distanciation sociale généralisée comme séparation pathologiquement concentrationnaire entre des êtres masqués, terrorisés et dissociés tout à la fois des autres et d’eux-mêmes est ainsi la première obligation de l’inversion du réel et de l’apparition d’un univers fallacieux et chimérique, tout entier occupé et contrôlé par le chaos illimité de l’indistinction marchande… Toute la vie contemporaine dans laquelle règnent les conditions modernes de production du boniment Coronaviral s’annonce comme une immense accumulation de spectacles d’hébétude où le véridique doit être transmuté en fallacieux… Toute la vérité se voit directement défigurée dans la promotion de l’illusoire et du captieux de sorte que les relations humaines soient digitalisées et soumises à l’omnipotente censure des réseaux sociaux du chiffre de la valeur d’échange… La dictature numérique du faux sanitaire est là en charge de normaliser le devenir du monde à coup d’algorithmes totémiques choisissant pour nous les paroles et les pensées autorisées dans le dessein de nous engluer dans l’idolâtrie médicaliste du Capital, l’incompréhension superstitieuse de l’histoire et l’enclos narcissique de l’image qui anéantissent toute capacité séditieuse.

La grande épouvante de la domination pleinement réalisée de la marchandise autocratique, si forte et si faible à la fois, c’est ce retour incendiaire à l’organique récalcitrant qui fait spontanément communauté de lutte et dont les Gilets Jaunes ne furent qu’un préambule… On comprend dès lors que le gardiennage médical et la répression policière aient fusionné dans la surveillance de la surveillance aux fins de retarder au maximum le temps du prochain réveil des luttes de classes…

Issu de l’espace péri-urbain si méprisé par les mégapoles privilégiées de la mondialisation cosmopolite… A l’anti-thèse des syndicats et partis subventionnés du gouvernementalisme de la liberté dictatoriale de l’argent… Totalement aux antipodes des clientèles favorisées de l’immigrationnisme, du sans-papiérisme, du LGBTisme et de l’écolo-boboïsme, ce mouvement – né d’une colère prolétaire profonde – est, par sa nature instinctive, un bouillonnement incontrôlable réellement venu du cœur de l’insubordination humaine. La recherche de la rencontre chaleureuse et de la parole franche aux ronds-points et lors des manifestations, l’aspiration simple et saine de pouvoir vivre hors des diktats du solvable omniprésent démontrent – par la richesse de l’humus historique – que ce qui a émergé hier resurgira demain et dans des niveaux de turbulences incomparables…

Le prolétariat est l’ensemble des hommes dépossédés de leur vie et qui n’ayant plus aucun pouvoir sur celle-ci se trouvent contraints de fournir le travail vivant dont la domination par la grande usine automate globale du travail mort constitue le rapport de production appelé Capital. Aujourd’hui, dans la tyrannie totalement réalisée de la crise historique de la domination de la marchandise, des masses innombrables de paysans, artisans ou commerçants tombent dans le prolétariat lequel apparaît de plus en plus comme la classe universelle des exploités-producteurs de valeur…

De couvre-feux allongés en reconfinements prolongés, les Bistrots et Brasseries où la saveur du vieux goût gaulois réfractaire venait accompagner de cochonnailles, fromages et bons vins, la vieille pensée communarde qui refaisait le monde, sont dorénavant programmés comme devant disparaître puisque l’industrie des mille malbouffes exotiques, américaines, kebabisées et arc en ciel du hors-sol abêtissant doit remporter la mise…

Dès maintenant et face à l’immense dévastation industrielle, commerciale et bancaire qui se prépare, oeuvrons à préparer l’insoumission sociale… Rassemblons- nous et organisons-nous contre les fabulations épidémiques du Coronavirus étatique qui a artificiellement voilé le blocage de la machinerie capitaliste afin d’empêcher que l’on voit justement que le processus d’exploitation mondiale ne parvient plus à pouvoir reproduire sa production…

Pour commencer à préparer l’Avenir, anticipons aujourd’hui, la considérable explosion sociale qui approche !

Ouvrons Bars, Bistrots et Brasseries ! Faisons-en des lieux de joie, d’humour et d’humeur, des espaces critiques où les humains se retrouvent et dénoncent toutes les intox étatiques du capitalisme mondial, en sachant que la belle et sensuelle nutrition de la vie est ennemie de tous les obscurantismes scientifiques de l’ordre marchand…

À bas la tyrannie sanitaire des mensonges du spectacle étatique de la crise finale du Capital !

Vive la Guerre de Classe mondiale du Prolétariat contre tous les Partis et Syndicats de la planète-marchandise et pour un monde sans exploitation ni aliénation !

VIVE LA COMMUNE UNIVERSELLE POUR UN MONDE SANS ARGENT NI ÉTAT !

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1871 ~ 2021 La Commune a 150 ans : Le manifeste de la mairie du 18eme arrondissement d’avril 1871

Posted in actualité, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , on 22 mars 2021 by Résistance 71

 

 

 

Manifeste de la mairie du 18ème arrondissement de Paris (Extraits)

 

Avril 1871

 

Cité par Louise Michel dans “La Commune, histoire et souvenirs”, 1898

 

“De grandes et belles choses se sont accomplies depuis le 18 mars, mais notre œuvre n’est pas achevée, de plus grandes encore doivent s’accomplir et s’accompliront parce que nous poursuivons notre tâche sans trêve, sans crainte dans le présent ni l’avenir.

Mais pour cela, il nous faut conserver tout le courage, toute l’énergie que nous avons eue jusqu’à ce jour, et qui plus est, il faut nous préparer à de nouvelles abnégations, à tous les périls, à tous les sacrifices : plus nous seront prêts à donner, moins il nous en coûtera.

Le salut est à ce prix, et votre attitude prouve suffisamment que vous l’avez compris.

Une guerre sans exemple dans l’histoire des peuples nous est faite, elle nous honore et flétrit nos ennemis. Vous le savez, tout ce qui est vérité, justice ou liberté n’a jamais sa place sous le soleil sans que le peuple ait rencontré devant lui, et armés jusqu’aux dents, les intrigants, les ambitieux et les usurpateurs qui ont intérêt à étouffer nos légitimes aspirations.

Aujourd’hui citoyens, vous êtes en présence de deux programmes.

Le premier, celui des royalistes de Versailles, conduit par la chouannerie légitimiste et dominés par des généraux de coup d’état et des agents bonapartistes, trois partis qui se déchireraient eux-mêmes après la victoire et se disputeraient les Tuileries.

Ce programme, c’est l’esclavage à perpétuité, c’est l’avilissement de tout ce qui est peuple ; c’est l’étouffement de l’intelligence et de la justice ; c’est le travail mercenaire ; c’est le collier de misère rivé à vos cous ; c’est la menace à chaque ligne ; on y demande votre sang, celui de vos femmes et de vos enfants, on y demande nos têtes comme si nos têtes pouvaient boucher les trous qu’ils font dans nos poitrines, comme si nos têtes tombées pouvaient ressusciter ceux qu’ils vous ont tués.

Ce programme, c’est le peuple à l’état de bête de somme, ne travaillant que pour un amas d’exploiteurs et de parasites, que pour engraisser des têtes couronnées, des ministres, des sénateurs, des maréchaux, des archevêques et des jésuites.

C’est Jacques Bonhomme à qui l’on vend depuis ses outils jusqu’aux planches de sa cahute, depuis la jupe de sa ménagère jusqu’aux langes de ses enfants pour payer les lourds impôts qui nourrissent le roi et la noblesse, le prêtre et le gendarme.

L’autre programme citoyens, c’est celui pour lequel vous avez fait trois révolutions (NdR71 : 1789, 1830, 1848), c’est celui pour lequel vous combattez aujourd’hui, c’est celui de la Commune, le vôtre, enfin.

Ce programme c’est la revendication des droits de l’homme, c’est le peuple maître de ses destinées, c’est la justice et le droit de vivre en travaillant, c’est le sceptre des tyrans brisé sous le marteau de l’ouvrier, c’est l’outil l’égal du capital, c’est l’intelligence punissant la ruse et la sottise, c’est l’égalité d’après la naissance et la mort.

Et, disons-le citoyens, tout homme qui n’a pas son opinion faite aujourd’hui n’est pas un homme ; tout indifférent qui ne prend pas part à la lutte ne pourra jouir en paix des bienfaits sociaux que nous préparons, sans avoir à en rougir devant ses enfants.

[…] Ce n’est plus un 1830 ni un 1848, c’est le soulèvement d’un grand peuple qui veut vivre libre ou mourir.

Et il faut vaincre parce que la défaite ferait de vos veuves des victimes pourchassées, maltraitées et vouées aux courroux des vainqueurs farouches, parce que vos orphelins seraient livrés à leur merci et poursuivis comme de petits criminels, parce que Cayenne serait repeuplé et que les travailleurs y finiraient leurs jours rivés à la même chaîne que les voleurs, les faussaires et les assassins, parce que demain les prisons seraient pleines et que les sergents de ville solliciteraient l’honneur d’être vos geôliers et les gendarmes vos gardes-chiourmes, parce que les fusillades de Juin recommenceraient, plus nombreuses et plus sanglantes.

Vainqueurs, c’est non seulement votre salut, celui de vos femmes, de vos enfants, mais encore celui de la république et de tous les peuples.

Pas d’équivoque : celui qui s’abstient ne peut même pas se dire républicain.

[…]

Courage donc, nous touchons au terme de nos souffrances, il ne se peut pas que Paris s’abaisse au point de supposer qu’un Bonaparte le reprenne d’assaut ; il ne se peut pas qu’on rentre ici régner sur des ruines et sur des cadavres ; il ne se peut pas qu’on subisse le joug des traîtres qui restèrent des mois entiers sans tirer sur les Prussiens et qui ne restent pas une heure sans nous mitrailler.

Allons, pas d’inutiles, que les femmes consolent les blessés, que les vieillards encouragent les jeunes gens, que les hommes valides ne regardent pas à quelques années près pour suivre leur frères et partager leurs périls.

Ceux qui, ayant la force, se disent hors d’âge se mettent dans le cas que la liberté les mette un jour hors la loi et quelle honte pour ceux là.

C’est une dérision. Les gens de Versailles, citoyens, vous disent découragés, fatigués, ils mentent et le savent très bien. Est-ce quand tout le monde vient à vous ? Est-ce que quand de tous les coins de Paris on se range sous votre drapeau ? Est-ce quand les soldats de la ligne, vos frères, vos amis, se retournent et tirent sur les gendarmes et les sergents de ville qui poussent à vous assassiner ? Est-ce quand la désertion se met dans les rangs de nos ennemis, quand le désordre, l’insurrection règnent parmi eux et que la peur les terrifie, que vous pouvez être découragés et désespérer de la victoire ?

Est-ce quand la France toute entière se lève et vous tend la main, est-ce quand on a su souffrir si héroïquement pendant huit mois  qu’on se fatiguerait de ne plus avoir que quelques jours à souffrir, surtout quand la liberté est au bout de la lutte ? Non ! Il faut vaincre et vaincre vite, et avec la paix, le laboureur retournera à sa charrue, l’artiste à ses pinceaux, l’ouvrier à son atelier, la terre redeviendra féconde et le travail reprendra. Avec la paix, nous accrocherons nos fusils et reprendrons nos outils et heureux d’avoir bien rempli notre devoir, nous aurons le droit de dire un jour : je suis un soldat citoyen de la grande révolution.”

Les membres de la Commune,

Dereure, J-B Clément, Vermorel

Pashal Grousset, Cluseret

Arnold, Th. Ferré

= = =

Lectures complémentaires :

Pierre Kropotkine, “La Commune et la Commune de Paris” (1880-82)

Michel Bakounine, “La commune de Paris et la notion d’État”, 1871

Karl Marx, “La guerre civile en France, la Commune de Paris”, 1871

Louise Michel, “La Commune, histoire et souvenirs”, 1898

Jules Guesde, “La Commune de 1871”, 1892

Pierre Olivier Lissagaray, “Histoire de la Commune de 1871”, 1896

150 ans de la Commune : Recherche esprit communard désespérément

Pour_tout_changer_Un_appel_anarchiste

Mars-1871-Mars-2021-lesprit-communard-de-la-commune-en-marche

JY-Beriou-Theorie-revolutionnaire-et-cycles-historiques-1973

1871-2021-Esprit_communard_de_la_Commune_aux_Gilets_Jaunes

 

150 ans de la Commune : Recherche esprit communard désespérément (Résistance 71 )

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Recherche esprit communard désespérément…

Résistance 71

18 Mars 2021 

Pour le cent-cinquantenaire de la Commune de Paris

18 mars 1871-18 mars 2021

“La commune de Paris est la première tentative de réalisation des principes du socialisme révolutionnaire et de remplacer l’État par l’auto-organisation du peuple.”
~ Michel Bakounine, 1871 ~

“La commune n’est plus une agglomération territoriale, mais plutôt un terme générique, un synonyme pour le regroupement d’égaux ne connaissant ni frontières ni barrières.”
~ Pierre Kropotkine, mai 1880 ~

“La commune de demain saura qu’elle ne peut admettre de supérieur ; qu’au-dessus d’elle il ne peut y avoir que les intérêts de la Fédération, librement consentie par elle-même avec d’autres communes… Elle ne supprimera pas l’État pour le reconstituer, et bien des communes sauront prêcher l’exemple, en abolissant le gouvernement de procuration, en se gardant de confier leur souveraineté aux hasards du scrutin.”
~ Pierre Kropotkine , 1881 ~

“La revendication de la révolte est l’unité, la revendication de la révolution historique est la totalité.”
~ Albert Camus ~

Il y a cent cinquante ans, le 18 mars 1871, le peuple d’un Paris assiégé empêchait la saisie de ses canons qu’il avait financés et qui étaient maintenus sur la Butte Montmartre. A partir de là, le peuple parisien entrait en rébellion et proclamait son autonomie en déclarant la Commune et ne se voulant en rien le “directoire” de la France, mais le fer de lance d’un élan national vers une confédération de communes libres et volontairement associées. Dans sa proclamation du 6 avril 1871 aux départements, la Commune déclare :

On vous trompe en vous disant que Paris veut gouverner la France et exercer une dictature qui serait la négation de la souveraineté nationale… Paris n’aspire qu’à conquérir ses franchises communales… Si la Commune de Paris est sortie du cercle de ses attributions, c’est à son grand regret, c’est pour répondre à l’état de guerre provoqué par le gouvernement de Versailles. Paris n’aspire qu’à se renfermer dans son autonomie, plein de respect pour les droits égaux des autres communes de France.

Sur la Commune de Paris, plus de 5000 livres ont été écrits et/ou traduits en plus de 10 langues. Les étudiants japonais qui combattaient les forces de police à Tokyo et dans les grandes villes nipponnes en 1968 en parlaient dans leurs réunions. Elle inspira bien des insurrections, des élans révolutionnaires et la terreur chez le pouvoir coercitif établi. La terrible répression de la réaction bourgeoise qui la massacra a fait passer la Commune à la postérité du martyr de l’émancipation sociale et l’enveloppa de cette aura romantique de l’exaltation révolutionnaire. Pourtant, même si les chiffres sont discordants, la Commune se solda par un lourd bilan humain de plus de 20 000 morts durant les combats et surtout résultant des exécutions sommaires des Communards par les troupes versaillaises lors de leur progression dans Paris, des peines de mort rendues après les procès et les déportations de masse, les “empontonnements”, qui envoyèrent des milliers de communards, hommes et femmes, dans les bagnes de la “république”, comme le fut entre bien d’autres Louise Michel.

La Commune de Paris est-elle unique ? Dans ce contexte particulier, on peut dire que oui. Elle est la toute première tentative de prise en compte autonome d’un peuple pour s’arracher à la règle et à la loi arbitraires de l’État. Si cette expérience est unique au moment où elle se produit, nous allons voir qu’elle ne tombe pas du ciel, qu’elle est de fait le résultat d’un long processus historique de lutte et de maturation politique des peuples contre la tyrannie étatico-marchande, se cristallisant en France pour et par des raisons précises. Mais avant que d’en parler, disons ici que la Commune de Paris possède une caractéristique unique : son contexte historique spatio-temporel.

Brièvement, le contexte de la rébellion parisienne et d’autres communes de France, nous verrons que Paris ne fut pas la seule, s’établit à la fin d’une période historique, celle du second empire qui vit Napoléon III déclarer la guerre à la Prusse. La guerre de 1870 qui s’en suivit vit la défaite de la France dans la débâcle de Sedan au cours de laquelle Napoléon III fut fait prisonnier. Les Prussiens assiègèrent Paris. En septembre 1870, la république est déclarée. Le nouveau gouvernement, teinté de royalisme, mené par Adolphe Thiers, quitte Paris et va s’installer à Versailles. L’armée française est battue, essentiellement prisonnière et désarmée, un armistice est signé le 26 janvier 1871. Paris assiégée est affamée et s’auto-organise, au sortir de l’hiver, le peuple de Paris proclame son indépendance avec “La Commune”. Ce qui suit est unique dans l’histoire de l’humanité. Voyant son autorité mise en question et en péril, le gouvernement français, gouvernement d’un pays vaincu, engage des négociations avec son vainqueur prussien afin que celui-ci libère ses soldats et les réarment non pas pour guerroyer, mais pour réprimer l’insurrection parisienne. Les Prussiens, emmenés par le fin renard Bismarck, comprennent sans doute qu’il vaut mieux laisser les Français gérer la crise révolutionnaire entre eux, plutôt que de voir potentiellement l’idée révolutionnaire arriver chez eux. L’armée française est réarmée pour mâter l’insurrection sous les yeux goguenards des Prussiens. Ainsi la Commune de Paris devra subir les assauts non pas de l’armée prussienne, mais de l’armée française, celle d’une toute jeune “république”, qui réprimera dans le sang et la sauvagerie, l’élan émancipateur de son peuple.

Il convient aussi de dire que Paris ne fut pas la seule à proclamer la Commune. D’autres villes de France telles : Lyon, d’abord (où combattit Bakounine sur ses barricades), puis Saint-Etienne, Le Creusot, Marseille, Toulouse, Lille, Narbonne et Limoges, crièrent Vive la Commune ! et à bas Versailles ! Ces mouvements, moins suivis, furent réprimés et chutèrent avant la fin mars. Une des clefs de la mauvaise fortune de la Commune réside sans doute dans ce que résuma le journaliste et écrivain Jules Guesde dans un article du journal allemand  Die Zukunft” en 1877 :

[…] En même temps que, par ses déclarations répétées que ses seules forces suffiraient à avoir raison de Versailles, elle [la Commune] retint l’arme au pied, une foule de braves gens qui se fussent fait, au contraire, un devoir d’intervenir à coups de fusil, si on leur avait dit franchement ce qu’il en était, c’est à dire que la victoire n’était possible qu’au prix de leur entrée en ligne. Telles sont, je le répète, les raisons de la défaite d’un mouvement qui avait pour lui plus des deux tiers du pays, et il n’y en a pas d’autres. Messieurs les conservateurs pourront s’en convaincre en temps et lieu.

Ceci dit, si la Commune de Paris est un évènement historique unique, d’où provient-il ? Est-ce un évènement spontané ou la résultante d’un processus de maturation historique ? C’est ce que nous allons analyser maintenant.

L’esprit communard, son origine, sa destinée

On en parle souvent, il est souvent cité, mais qu’en est-il ? Dans un premier temps, il convient de se poser la question de ce qu’est cet “esprit communard”.

communard”, “communeux”, “communaleux”, esprit communaliste de coopération, d’entraide, de compassion, de partage. Un esprit ancestral visant à affirmer et établir la fraternité et la solidarité humaines par-delà cultures existantes et frontières factices et fabriquées. Si la Commune de Paris l’a remis en selle, elle ne l’a en rien inventé. Cet esprit est celui de la Nature Humaine, celui qui anime notre société malgré la chape de plomb oppressive qu’on lui inflige depuis quelques 5000 ans d’imposition étatique, période courte si on se réfère à l’ensemble de l’histoire de l’humanité remontant à l’Homo erectus il y a quelques 1,8 millions d’années. Nous avons détaillé tout cela dans notre “Manifeste pour la société des sociétés” (2017) auquel nous référons les lecteurs pour de plus amples détails et analyses en ce domaine.

L’esprit communard est cet esprit qui nous pousse à toujours désirer l’égalité et la réalisation du bonheur de tout à chacun en faisant primer l’intérêt général et le bien-être de toutes et tous, contre l’individualisme et l’inégalité nés de la division artificielle initiale du corps social, l’exploitation et l’accaparement marchand. Il est l’incarnation de la résistance inhérente à toute forme de coercition et d’usage de la force à des fins de contrôle des individus à la fois dans leurs sphères individuelles et collectives. La relation sociale est une relation de pouvoir, de prise de décisions afin de faciliter nos vies, de les rendre plus agréables et sans contraintes, harmonieuses avec la nature et autrui, tendant en cela à ce bonheur tant recherché. Ainsi la question se résume à celle-ci : qui prend les décisions concernant la gestion de notre vie de groupe aussi petit ou grand soit-il ? Une société sans pouvoir, sans capacité décisionnaire n’existe pas et ne peut exister. Le pouvoir est inhérent à la société, le pouvoir existe et s’exerce de facto. Toute la question est de savoir qui l’exerce, comment et à quelles fins ? L’esprit communard est l’esprit de l’association libre et du pouvoir non coercitif qui est le fondement multi-millénaires de notre société humaine. Il est le ciment et le garant du flot naturel des choses. Le pouvoir coercitif quant à lui, issu de la division politique de la société dès lors que le pouvoir est maintenu séparé du corps social, est l’expression de la contre-nature dominatrice par artifice induit. L’État et le rapport marchand en sont à la fois les effets et les outils de contrôle. La vie en société est une relation au pouvoir qui ne peut prendre que deux chemins : celui de la non-coercition ou celui de la coercition. L’esprit communard incarne, de tout temps, le premier, l’État le second.

L’esprit communard, communeux est cet esprit qui insuffle la vie de l’être social, cet esprit gouailleur, jovial, festif et emprunt de bonté et de volonté à servir l’intérêt commun, à travailler pour vivre pleinement, ensemble, dans le partage et l’égalité et non pas vivre pour travailler et entretenir le parasitisme induit, forcé. Il est cet esprit de jouissance sans entrave qui, une fois meurtri et étouffé laisse un vide que comble l’État et ses institutions monopolistes répressives, créatrices d’angoisses et de névroses depuis des siècles et culminant aujourd’hui dans l’effondrement du système étatico-marchand arrivé au bout de son chemin historique et cherchant à perdurer dans une énième mutation toxique anti-naturelle et exacerbée. L’État n’est qu’un artifice de remplacement du souffle de la vie sociale ; la nature ayant horreur du vide, elle remplace l’effacement de l’esprit de la société divisée par une construction substitutive : l’État, qui est un mécanisme de gestion et de contrôle empêchant coercitivement un retour au décisionnaire non coercitif. C’est pour cela que sporadiquement, au fil de l’histoire de la progression du contrôle étatico-marchand par essence oligarchique, a resurgi cet esprit ramenant les communautés sur la voie de l’évolution et vers une humanité enfin réalisée. En 1951, Albert Camus dans son “Homme révolté”, continuait à nous avertir : “Toutes les révolutions modernes ont abouti à un renforcement de l’État. 1789 amène Napoléon, 1848, Napoléon III, 1917, Staline, les troubles italiens de 1920, Mussolini, la république de Weimar, Hitler.” Ainsi, l’esprit communard est-il une contre-contre-nature, celle qui annihile l’État et veille à son extinction définitive ; rien d’étatique ne peut être revendiqué par ou de l’esprit communard.

De la résurgence en alternance de la société à pouvoir non coercitif chez les Celtes qui peuplèrent l’Europe du Danube à l’Irlande pendant plus de 8 siècles (gardons toujours à l’esprit que l’épisode de la “Guerre des Gaules” et Vercingétorix ne furent que le dernier carré, les derniers instants d’une civilisation qui dura plus de 800 ans sur presque toute l’Europe, que 3 siècles et demi avant Alésia, les Gaulois avaient conquis Rome sans l’occuper, les Gaulois n’ayant aucune velléité impérialiste…), aux jacqueries paysannes du moyen-âge et de la renaissance en passant par les cités médiévales qui abolirent un temps les lois féodales entre les XIème et XIVème siècles dans toute l’Europe, pour se rematérialiser dans la France des sections entre 1790 et 1793, les révolutions de 1830, 1848, la Commune de 1871 donc, puis la Russie des soviets avant la trahison de Lénine et Trotski, Cronstadt 1921, les conseils ouvriers italiens de 1920 et hongrois de 1956, la révolution sociale espagnole, la Catalogne autonome et les collectifs aragonais et du Levant de 1936, ceux de France et des grèves sauvage de 1967-68, puis de nos jours avec les communes autonomes autochtones du Chiapas et d’Oaxaca au Mexique, la commune internationaliste du Rojava, le mouvement des ZAD, les ZAT en tout genre et le mouvement des Gilets Jaunes depuis 2018, tous ces phénomènes ont en commun une chose s’étendant au-delà des cultures et des frontières: l’esprit communard.

Comme le fit si justement remarquer Pierre Kropotkine dans son essai sur “La Commune” (1880) : “Si la commune du Moyen-Age cherchait à se circonscrire dans ses murs ; celle du XIXème siècle cherche à s’étendre, à s’universaliser. A la place des privilèges communaux, elle a mis la solidarité et la fraternité humaine.L’esprit communard en cela, est l’incarnation même de l’évolution sociale humaine. C’est lui qui empêchera de reconstituer l’État une fois celui-ci aboli, mort et enterré. C’est lui qui écrira l’histoire de l’affranchissement des communes et des associations libres contre l’État et sa négation de la liberté, de l’égalité, de la fraternité, son absolutisme et sa règle systémique de l’arbitraire et de l’illusion démocratique en son stade final représentatif.

L’esprit communard fait surgir l’union spontanée des gens, la mise en commun du travail et de sa récompense de manière non forcée, de la manière la plus naturelle qui soit. Plus loin, Kropotkine nous dit encore : “Renversez l’État, la société fédérée surgira de ses ruines, vraiment une, vraiment indivisible, libre et grandissant en solidarité par la liberté même.

L’esprit communard est celui qui pilote la société à se gérer sur le mode du slogan d’à chacun selon ses capacités, à chaque selon ses besoins et de traiter autrui comme on voudrait être soi-même traité en pareille circonstance.

Alors, bien entendu la Commune de Paris ne fut pas parfaite, c’est l’évidence. Des erreurs furent commises (les exécutions d’otages, la non saisie de la Banque de France, le recours à l’élection, le refus d’appeler la France à l’aide pêchant en cela sans doute par sinon arrogance, du moins par mauvaise analyse de la situation etc…), mais il faut aussi tenir compte de l’incroyable situation dans laquelle elle fut plongée dès le départ, durant une guerre déclarée par la France qui la perd face à la Prusse et la coalition étatique des belligérants pour l’écraser. Pensons à ce que les Communards ont réalisé dans ces circonstances extrêmes et surtout, imaginons avoir le même nombre de participants en proportion à l’échelle nationale, aujourd’hui, pour mettre en place la confédération des communes libres… Ce serait la fin de partie immédiate pour le système étatico-capitaliste ! C’est çà qui les fait trembler comme des feuilles mortes et il n’y aurait sans doute pas besoin de violence pour changer radicalement (par la racine) de paradigme politique le moment venu. 

Soixante-cinq ans plus tard, la révolution sociale espagnole subira le même sort, écrasée par la coalition des états et de leur oligarchie terrifiée à l’idée de perdre son pouvoir (coercitif) privilégié sur la masse s’émancipant. L’écrasement de la commune espagnole se fera une fois de plus au moyen unique d’une alliance historiquement pourtant improbable, celle de république dite modérées (française, espagnole), d’une monarchie constitutionnelle (Angleterre et Royaume-Uni) et de trois dictatures soi-disant opposées : L’Italie fasciste de Mussolini, l’Allemagne nazie d’Hitler et l’URSS bolchévique de Staline. La terreur que suscite l’esprit communard fait tomber les masques pour le temps de son écrasement et met au grand jour le visage de la véritable oligarchie : celle de la haute finance transnationale ayant tout phagocyté sur son passage.

L’esprit communard est universel, il a traversé les âges et les périodes historiques et s’est exprimé à des degrés divers, des révoltes d’esclaves organisées, de Spartacus aux Gilets Jaunes en passant par les cités médiévales, la ligue hanséatique, les jacqueries paysannes qui secouèrent l’Europe à intervalles réguliers du moyen-âge au XVIIIème siècle, la casse sociale des campagnes qui fit migrer la masse paysanne vers les villes lors de la 1ère révolution industrielle du tout début XIXème en Angleterre puis dans toute l’Europe, les sections parisiennes, la France révolutionnaire des sections, l’organisation organique ouvrière, les grèves, révoltes et communes / conseils variés. Nous voyons que l’histoire regorge des expressions sporadiques de cet esprit communard. 

Le titre de cet article est volontairement trompeur et un brin ironique : l’esprit communard n’a pas à être “recherché”. Il est là, toujours présent. Il fait partie de notre patrimoine humain de notre nature profonde à résister à l’injustice, à l’inégalité et aux constructions sociales toxiques qui nous asservissent, il suffit simplement de la dépoussiérer. Il est simplement parfois plus exacerbé qu’à d’autres moments. La pourriture systémique, dans sa phagocytose marchande a réussi depuis la fin de la seconde guerre mondiale et la généralisation de la société de consommation sauce yankee depuis les années 1960, a nous endormir, à enfouir cet esprit communard sous un fatras d’illusions démocratico-marchandes.

L’érosion historique suit son cours et depuis quelques décennies, État et Capital sont entrés en phase auto-destructrice programmée. Aux “trente glorieuses” de l’après-guerre succède l’effondrement systémique prévu depuis les analyses de Marx au XIXème siècle. L’État, outil coercitif par excellence, permet d’ajuster le degré d’oppression sur les masses. Ne pouvant plus masquer sa véritable nature oppressive et manipulatrice, le système et son oligarchie aux commandes font monter la température despotique et amorcent une ultime mutation en une hydre dictatoriale technotronique planétaire, ce qui à terme et par effet de vases communicants, fait monter le niveau de résistance et de rébellion face à un système qui se durcit et mute en une forme toujours plus despotique et inhumaine de contrôle des populations. La crise COVID fabriquée, sévissant depuis novembre 2019, n’est qu’un outil de plus dans la trousse des contrôleurs monopolistes du despotisme débridé de l’État et de la marchandise en mouvement.

Toutes ces mesures ne font que déterrer pas à pas l’esprit communard enfoui sous un fatras illusoire depuis des lustres. Il ne s’agit donc pas d’une “recherche” de l’esprit communard, omniprésent et inhérent à la société humaine comme seul garde-fou des délires autocrates et despotiques et qui aurait été perdu, mais de son dépoussiérage, de sa remise en condition optimale d’existence pour qu’une fois de plus, il sauve l’humanité de la contre-nature à l’œuvre. Ce que nous vivons est un mal “nécessaire”, celui de nous faire enfin et définitivement comprendre quel est le véritable chemin de notre émancipation et de l’optimisation de la vie sur cette planète. Nous devons embrasser cette apparente contradiction, cet apparent antagonisme pour l’intégrer dans le maelström de l’harmonie organique que doit être notre vie sociale. Il n’y a pas d’antagonisme, il n’y a que complémentarité incomprise, le Yin a besoin du Yang et inversement pour que le Tout puisse exister. L’esprit communard n’est pas antagoniste à l’État, il est son régulateur, l’outil du rétablissement de l’équilibre naturel des choses que l’État a brisé en emplissant un vide créé par le rapport défaillant au pouvoir, né dans la division de la société. L’État ne pourra disparaître qu’avec l’avènement définitif de l’esprit communard, lui-même amenant un changement d’attitude total envers les institutions et nos compagnons tout comme nous opprimés.

Lorsque la société humaine se sera définitivement émancipée de l’État, des institutions, de la marchandise, de l’argent et du salariat, qu’elle aura établi la société des sociétés des associations libres en harmonie les unes avec les autres et avec la nature, celle de la Commune Universelle, alors l’esprit “communard” redeviendra ce qu’il est au fond et le plus simplement du monde : le souffle de la vie sociale, l’esprit de notre société humaine, ce “Geist” tant vanté par Gustav Landauer et qui doit être activé de nouveau pour nous mener à l’émancipation finale. L’État, l’argent, la marchandise ne sont en rien inéluctables, ce sont des constructions sociales, des constructions humaines, qui, comme telles peuvent être parfaitement déconstruites et abandonnées. Il est certain qu’il est bien plus facile de s’en débarrasser quand elles sont au creux de la vague et au bout de leur rouleau. De fait, l’État et les institutions mises en place pour le faire fonctionner sont les verrous empêchant le passage à une relation de pouvoir non coercitive. Pour que la société des sociétés dans sa complémentarité remette en place un pouvoir non coercitif en le rediluant là où il est particulièrement soluble, le corps social, il est impératif de changer notre relation directe au pouvoir et donc de renier et de faire sauter le verrou qui nous ferme la porte de l’harmonie sociale. L’esprit communard est la clef, ou le pied de biche, c’est selon, qui nous le permettra.

Conclusion

Nous venons de voir que l’esprit communard est intrinsèque à la société humaine par delà la culture et le temps. Si nous le cherchons, il ne faut certainement pas aller bien loin, il est toujours là à portée de main. Les Gilets Jaunes chez nous, sont les derniers en date à l’avoir retrouvé, même si quelques ajustements se doivent d’être opérés, le mouvement tient le bon bout car il a démontré après plus d’un an de lutte de terrain qu’il est insoumis, résilient et incorruptible. Il doit affiner sa vision politique et comprendre que finalement, il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ; c’est alors que le chemin menant à la confédération des associations libres, des nouvelles communes, qui, comme le dit Kropotkine en exergue de cet article, ne sont plus des endroits physiques, mais une relation sociale entre égaux, n’en sera plus que plus lumineux.

Ceci dit, l’esprit communard, s’il s’est manifesté dans les grandes villes de France en 1871, s’est aussi manifesté dans les campagnes ukrainiennes entre 1918 et 1923, puis dans les collectifs agricoles aragonais en 1936. L’idée est de comprendre que cet esprit n’est pas une exclusivité citadine et/ou ouvrière. De fait, aucune (r)évolution ne peut aller bien loin sans manger. Les campagnes doivent être inclues dans le processus de lutte et de transformation de la réalité politique et sociale, de fait, on pourrait même dire à l’instar de Landauer que “la question sociale est une question agraire.” Ceci constitue un facteur clef pour le futur et celui des communes à venir.

Pierre Kropotkine écrivit ceci en toute fin de son analyse de “La Commune de Paris” (1882) en guise d’avertissement : “Il y a cependant une lacune regrettable dans les réunions populaires que nous tenons à signaler. C’est que rien, ou presque rien, n’a été fait pour les campagnes. Tout s’est borné aux villes. La campagne semble ne pas exister pour les travailleurs des villes. Même les orateurs qui parlent du caractère de la prochaine révolution évitent de mentionner les campagnes et le sol… L’émancipation du prolétariat ne sera même pas possible tant que le mouvement révolutionnaire n’embrassera pas les villages. Les communes insurgées ne sauraient tenir même un an si l’insurrection ne se propageait pas en même temps dans les villages. Lorsque l’impôt, l’hypothèque, la rente seront abolies, lorsque les institutions qui les prélèvent seront jetées aux quatre vents, il est certain que les villages comprendront les avantages de cette révolution. […] La révolution ne sera victorieuse que le jour où le travailleur des usines et le cultivateur des champs marcheront la main dans la main à la conquête de l’égalité pour tous, en portant le bonheur dans les chaumières comme dans les édifice des grandes agglomérations industrielles. 

Il n’y a pas de fait un monde rural et un monde citadin, deux entités séparées et étrangères l’une à l’autre, dans lesquelles agissent de manière séparée deux “esprits communards”, mais une société devant fonctionner de manière symbiotique, complémentaire dans sa diversité, synthétisant cet esprit. De manière simpliste : l’ouvrier n’est rien sans le paysan qui le nourrit et le paysan n’est rien sans les outils que lui fabrique l’ouvrier. C’est leur travail commun qui satisfait les besoins de la société et de fait certainement, hors État, hors relation marchande et salariale.

La Commune Universelle qui résultera du succès de l’esprit communard réunifiera, réconciliera le rural et le citadin dans leur complémentarité naturelle pour l’émancipation finale et le passage vers notre humanité enfin réalisée.

En cette occasion du cent-cinquantenaire de la Commune de Paris, réfléchissons et œuvrons ensemble pour que ce changement de paradigme devienne réalité pour nous et les générations futures.

De la relation révolte et histoire, A. Camus nous dit, toujours dans son ouvrage phare qu’est “L’homme révolté” : “La révolte aux prises avec l’histoire ajoute [à la révolte métaphysique] qu’au lieu de tuer et mourir pour produire l’être que nous ne sommes pas, nous avons à vivre et faire vivre pour créer ce que nous sommes.” Marchons donc vers cette toute puissance créatrice ontologique, elle est en nous et ne demande qu’à être libérée !

Dans l’esprit communard et de Cheval Fou, suivons le chemin qui mettra à bas l’État, la marchandise, l’argent et le salariat et comprenons une bonne fois pour toute qu’il n’y a pas de solution au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu et qu’il ne saurait y en avoir !

F, S, L, J2, C, E, B, T

le 18 mars 2021

Le texte ci-dessus en format PDF

Bibliographie :

Pierre Kropotkine, “La Commune et la Commune de Paris” (1880-82)

Michel Bakounine, “La commune de Paris et la notion d’État”, 1871

Karl Marx, “La guerre civile en France, la Commune de Paris”, 1871

Louise Michel, “La Commune, histoire et souvenirs”, 1898

Jules Guesde, “La Commune de 1871”, 1892

Pierre Olivier Lissagaray, “Histoire de la Commune de 1871”, 1896

Albert Camus, “L’homme révolté”, 1951, éditions Gallimard, Folio essais

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Publié le 19 mars 2021 : « Pour tout changer, un appel anarchiste », le manifeste du collectif CrimethInc

“La vaste majorité des humains est déconnecté de la terre et de ses produits, de la terre et des moyens de production, de travail. Ils vivent dans la pauvreté et l’insécurité. […] L’État existe afin de créer l’ordre et la possibilité de continuer à vivre au sein de tout ce non-sens dénué d’esprit (Geist), de la confusion, de l’austérité et de la dégénérescence. L’État avec ses écoles, ses églises, ses tribunaux, ses prisons, ses bagnes, l’État avec son armée et sa police, ses soldats, ses hauts-fonctionnaires et ses prostituées. Là où il n’y a aucun esprit et aucune compulsion interne, il y a forcément une force externe, une régimentation, un État. Là où il y a un esprit, il y a société. La forme dénuée d’esprit engendre l’État, L’État est le remplaçant de l’esprit.”
~ Gustav Landauer ~

« La machine de l’État est oppressive par sa nature même, ses rouages ne peuvent fonctionner sans broyer les citoyens, aucune bonne volonté ne peut en faire un instrument du bien public ; on ne peut l’empêcher d’opprimer qu’en le brisant. »
~ Simone Weil ~

“On peut dire qu’il n’y a pas encore eu de révolution dans l’histoire. Il ne peut y en avoir qu’une qui sera la révolution définitive… Les anarchistes, Varlet en tête, ont bien vu que gouvernement et révolution sont incompatibles au sens direct.” […]

“Il est certain d’ailleurs que la capacité révolutionnaire des masses ouvrières a été freinée par la décapitation de la révolution libertaire pendant et après la Commune. Après tout, le marxisme a dominé facilement le mouvement ouvrier à partir de 1872, à cause sans doute de sa grandeur propre, mais aussi parce que la seule tradition socialiste qui pouvait lui tenir tête a été noyée dans le sang ; il n’y avait pratiquement pas de marxistes parmi les insurgés de 1871. Cette épuration automatique de la révolution s’est poursuivie par les soins des états policiers jusqu’à nos jours. De plus en plus, la révolution s’est trouvée livrée à ses bureaucraties et à ses doctrinaires d’une part, à des masses affaiblies et désorientées d’autre part. Quand on guillotine l’élite révolutionnaire et qu’on laisse vivre Talleyrand, qui s’opposerait à Bonaparte ?”
~ Albert Camus, “L’homme révolté”, 1951 ~


1871…


… 2021

Rien… Aux fils de l’haut

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, crise mondiale, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 16 mars 2021 by Résistance 71

Résistance 71

16 mars 2021

Dernière chronique en date du (presque) Dr Tché Rien superbement mis en page par Jo.

Rappel des trois maximes socratiques toujours utiles : « Je sais que je ne sais rien », « Connais-toi toi-même » et « Nul n’est méchant volontairement »…

« Au temps de ces contes qui nous viennent de la nuit des temps, de la tradition orale, pas de signature. Quelle belle notoriété que l’anonymat ! » (Rien)

Rien_Aux_fils_de_l’haut
(Rien, PDF)

1921-2021… Cronstadt, l’autre commune massacrée par le capitalisme d’état lénino-trotsko-bolchévique (Résistance 71)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, syndicalisme et anarchisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 3 mars 2021 by Résistance 71


1921 : Tout le pouvoirs aux soviets (assemblées populaires)
2021 : Tout le pouvoir aux ronds-points !

“Je ne pouvais pas croire que Lénine et Trotski pensaient vraiment que les hommes de Cronstadt étaient coupables d’une contre-révolution. […] Léon Trotski est outragé que l’on ait fait revivre ‘l’épisode’ Cronstadt et posé des questions sur la part qu’il y a prise.”
~ Emma Goldman, 1931, 1938 ~

Mars 1921-Mars 2021 : Centenaire de la Commune de Cronstadt (Russie)

Résistance 71

3 mars 2021

En mars 1921, les marins, ouvriers et habitants de la commune de Cronstadt (île au large de Pétrograd) soutiennent la grèves des ouvriers de Pétrograd contre le régime de la NEP (Nouvelle Politique Economique) de Lénine (programme libéral capitaliste d’état) et de son parti communiste bolchéviste. Le but de la grève et de la rébellion est un retour aux sources de la révolutions russes : tout le pouvoir aux “soviets” ou assemblées populaires. Ceci a été trahi dans les grandes largeurs par Lénine et Trotski dès qu’ils purent consolider leur pouvoir afin de renvoyer l’ascenceur à ceux qui les mirent là où ils étaient: la City de Londres (via des banques allemandes) et sa succursale de Wall Street (pour Trotski).

Les deux énergumènes frappèrent du sceau de l’infamie “contre-révolutionaire” la rébellion alors que ce furent eux les contre-révolutionnaires depuis au moins 1920 dans les faits et depuis toujours dans l’intention et décidèrent d’écraser la commune de Cronstadt dans un bain de sang. Plus de 10 000 ouvriers, marins et communards locaux seront massacrés par l’armée rouge alors commandée par Trotski.

Les mots d’ordre des communards de Cronstadt étaient:

  • Tout le pouvoir aux soviets et non aux partis
  • Les soviets et non la constituante sont le rempart des travailleurs
  • Vive Cronstadt la Rouge avec le pouvoir des soviets libres

Nestor Makhno, leader de la rébellion anarchiste paysanne ukrainienne écrira en 1926 :

Cronstadt défendit tout ce qu’il y avait de meilleur dans la lutte des ouvriers et des paysans dans la révolution russe, contre l’oligarchie bolchéviste. C’est pour cela que cette dernière exterminera les Cronstadtiens, en partie physiquement lors de la victoire militaire et le reste dans les cachots des casemates, héritées par elle de l’ordre tsariste et bourgeois ; parmi ceux qui purent gagner l’étranger, beaucoup pourrissent dans des camps de concentration, en Finlande en particulier.
Ainsi comprise, la journée du 7 mars (1921) apparaît comme un moment douloureux pour les travailleurs de tous les pays. Ce jour-là, ce n’est pas seulement de la poitrine des travailleurs russes que jaillira un grand cri de douleur, en souvenir des révolutionnaires de Cronstadt ayant péri dans la lutte et des rescapés pourrissant dans les geôles des bagnes bolchévistes.

Voici ce que disait la presse ouvrière du Cronstadt révolutionnaire le 3 mars 1921 (No1 des Izvestia), publié par le comité révolutionnaire provisoire :

A la population de la forteresse et de la ville de Cronstadt,

Camarades et citoyens,

Notre pays traverse une période difficile.Voici déjà trois ans que la famine, le froid et le chaos économique nous enserrent dans un étau terrible. Le Parti Communiste qui gouverne le pays, s’est détaché des masses et s’est révélé impuissant de les sortir d’un état de débIâcle générale. Le parti n’a tenu aucun compte des troubles qui ont eu lieu, ces temps derniers, à Pétrograd et à Moscou, et qui ont démontré clairement qu’il a perdu la confiance des masses ouvrières. Il n’a tenu, non plus, aucun compte des revendications formulées par les ouvriers. Il considère tout cela comme des menées de la contre-révolution. Il se trompe profondément.
Ces troubles, ces revendications, c’est la voix du peuple entier, de tous ceux qui travaillent. Tous, les ouvriers, marins et soldats rouges voient nettement aujourd’hui que seuls les efforts communs, seule la volonté commune des travailleurs pourront donner au pays du pain, du bois et du charbon, pourront vêtir et chausser le peuple, pourront sortir la république de l’impasse où elle se trouve.

Question simple : pourquoi cent ans plus tard, tout ceci résonne (raisonne ?) toujours si juste dans nos têtes et dans nos cœurs ? Serait-ce parce qu’au fond, mise à part quelques arrangements cosmétiques, cent ans plus tard, nous en sommes toujours au même point ?… Celui de l’oppression oligarchique étatico-capitaliste tout azimut ?

Retrouvons le chemin des communards de Cronstadt et avant eux de la Commune de Paris dont le cent-cinquantenaire approche (18 mars) et après eux des conseils ouvriers de Budapest en 1956 et des grèves sauvages de 1967-68 qui ébranlèrent un système déjà défaillant, avant que la contre-révolution de la gauchiasse trotskiste et maoïste ne vienne une fois de plus, saboter l’élan révolutionnaire de la base au profit de ses maîtres du capital et de l’État.

Tirons les leçons de l’histoire !

A bas l’État ! A bas la marchandise ! A bas l’argent ! A bas le salariat !

Vive les associations libres de la société des sociétés menant à la Commune Universelle de notre humanité enfin réalisée !

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie


France des sections 1790-93
Commune de Paris 1871, Kronstadt 1921, Budapest 1956
Grèves sauvages de France 1967-68
Gilets Jaunes 2018 à aujourd’hui…

L’Esprit Communard en marche !