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Pour les nations originelles des Amériques comme pour les Gilets Jaunes, l’ennemi vient autant de l’intérieur… (Mohawk Nation News)

Posted in actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 17 janvier 2019 by Résistance 71


Kaianerekowa et Teiohateh

 

L’ennemi de l’intérieur

 

Mohawk Nation News

 

11 janvier 2019

 

url de l’article:

http://mohawknationnews.com/blog/2019/01/11/the-enemy-within/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’ennemi de l’intérieur sont les chefs issus de l’Indian Act (loi coloniale sur les Indiens) dans nos communautés, des vendus achetés par l’entreprise coloniale du Canada. Le 25 octobre 1924, le véritable peuple originelle de l’Île de la Grande Tortue fut illégalement dépossédé de ses structures de gouvernance et de tous ses territoires sous la menace du fusil. Les lois sur les terres indiennes ont saisi illégalement nos terres et les ont données aux provinces afin d’en extraire les ressources.

A des fins de relations publiques et d’arrondissage des angles, des acteurs corrompus natifs furent mis en place dans le rôle de “chefs”. L’Indian Act, l’église et les banques établissent un cordon invisible autour de nous, appelant les camps de la mort pour prisonniers des “réserves”, où nous fûmes forcés de vivre jusqu’à ce que nous n’existions plus en tant que véritable peuple natif de ce continent. Le plan affairiste sur une durée de cent ans mis en place en octobre 1924 est supposé arriver à complétion en octobre 2024. Avec les natifs enfermés, parqués, interdits de cultiver ou de chasser, ils ont pu nous affamer jusqu’à la soumission et ils l’ont fait dans les grandes largeurs.

Un agent indien de la GRC (NdT: Gendarmerie Royale du Canada, la “fameuse” Police Montée) fut installé au portail. On nous a dirigé comme du bétail vers les camps de prisonniers de guerre à travers tout le Canada. Ceux qui se sauvaient étaient déclarés non-indiens par le ministère des affaires indiennes, leurs propriétés illégalement confisquées. Les colons s’installaient immédiatement sur nos terres, terres que nous n’avons JAMAIS cédées.

Les têtes des natifs, hommes, femmes et enfants, furent mises à prix. Nos os furent enterrés au milieu de nos communautés, là où nous fûmes assassinés. Les colons bâtirent leurs villes sur les ossements de nos ancêtres.

Les barrières furent retirées dans les années 60. Les traîtres prirent le rôle ambivalent de chef de mascarade et d’agent indien pour la colonie. Le script fabriqué du “conseil de bande” continue de fonctionner pour aider les colons à finir leur plan et à se débarrasser de nous. A L’HEURE OU NOUS ECRIVONS CES LIGNES, Trudeau pousse une nouvelle législation pour finalement parvenir à cet objectif. Leur action est d’évangéliser, de christianiser, de socialiser, de minimiser, de légiférer, d’assimiler, de financiariser et de génocider.

Seuls des chrétiens pouvaient siéger dans les conseils. Les églises nous envoyèrent les jésuites qui amenèrent une armée de colons pour extirper et tuer les natifs et occuper, coloniser nos terres. Les églises avec l’aide des “chefs” a leur solde, assassinèrent nos enfants dans les pensionnats pour Indiens et kidnappèrent nos bébés et nos enfants dans le grand coup de filet des années 60. Les Indiens membres des conseils de bandes (NdT: de tribus pour les USA) sont en première ligne de la guerre contre nous.

Ces traîtres mettent en application le programme génocidaire. Tous les Indiens qui participent à la règle des 51% de la majorité dans les élections coloniales visant à élire les conseils de bandes sont accablés de la maladie mentale appelée “owistah” dont un des symptômes majeurs est de faire passer l’individu de la mentalité de “nous” à celle du “je/moi”.

Aujourd’hui, ces traîtres imitent et parodient leurs maîtres d’Ottawa en mentant et en trompant constamment. Le temps est venu de retourner à la période du jour d’avant le 25 octobre 1924 et d’abolir sine die toutes les lois coloniales sur les terres indiennes. Ils doivent traiter directement avec nous, le peuple natif ; maintenant ils ne traitent qu’avec des larbins qu’ils ont eux-mêmes nommés en ces fonctions pour remplir leurs objectifs de pillage.

Les femmes sont les donneuses et porteuses de vie qui continuent de remplir leurs devoirs. La responsabilité des hommes est de protéger l’eau, la terre, l’air, les animaux, les oiseaux, les insects et de protéger les femmes et les enfants dans les communautés et toutes nos relations étendues, partout sur l’Île de la Grande Tortue.

La protection de notre mère est dans notre subconscient, mis dans nos esprits par nos ancêtres. Les conseillers siégeant dans les conseils coloniaux ont renié leur droit de naissance et ne sont plus Onkwehonweh.

Nous avons toujours eu le droit d’exercer notre libre utilisation et satisfaction de cette terre et de tout ce qui est dessus comme création de la nature. Les envahisseurs et leurs marionnettes des conseils de bande de la loi coloniale sur les Indiens essaient de convaincre tout le monde que nos droits n’existent que dans les limites artificielles créées par des étrangers et sauvegardées par l’armée. Toujours plus de force est dirigée contre nous à cause de notre opposition au viol et au pillage de notre terre-mère et de toute la nature qu’elle contient.

Le système entrepreneurial colonial est un crime organisé qui commence au Vatican, à la Couronne britannique (NdT: la City de Londres est la “couronne”, rien d’autre…) et se ramifie au Canada, à ses provinces coloniales et à ses conseils de bandes.

Oui, le conseil de bande et tous ceux qui aident les envahisseurs sont otsinonwaksen, ou de mauvaises créatures dans tous les sens du terme. Nous ne trahirons pas nos ancêtres ni les générations à venir. Nous ne sommes pas venus ici sur un bateau. Nous fûmes placés ici sur notre mère par la Nature/création.

 


Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

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Resistance au colonialisme: Le Canada comme force militaire occupante et entité coloniale (Mohawk Nations News)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 14 janvier 2019 by Résistance 71


Kaianerekowa en français

 

Nous sommes la Nature

 

Mohawk Nation News

 

8 janvier 2019

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2019/01/09/we-are-nature/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les gouvernements provinciaux et fédéral continuent de suivre leur pratique coloniale illégale qui ont détruit la plus grande partie de la vie sur l’Île de la Grande Tortue. L’attaque du 8 janvier 2019 sur les Wetsuweten (NdT: en Colombie Britannique), viole tous les principes fondamentaux de la “démocratie”, de la moralité et de la légalité. Le Canada montre au monde qu’il n’est qu’une force d’occupation militaire [coloniale] déguisée en “démocratie”.

La corporatocratie [coloniale] fut imposée au système de clans le 25 octobre 1924. Les lois sur les terres indiennes furent votées pour permettre aux provinces d’extraire les ressources des sols. On nous a emprisonné dans des camps de prisonniers appelés “réserves”. Toutes nos terres furent saisies. Nous fûmes incarcérés ou dispersés ou assassinés. La Gendarmerie Royale du Canada (NdT: GRC, la “fameuse” police montée) est entrée dans nos longues maisons, a mis une balle dans la tête des chefs et ont installé les Conseils de Bandes (NdT: élus au sein du système colonial et devenu la voie coloniale de “négociations”, de fait entre chefs mafieux locaux, provinciaux et fédéraux ne répondant qu’à leurs maîtres de la haute finance capitaliste).

Les Wetsuweten refusent de voir notre souveraineté violée. Nous sommes placés en cet endroit pour assurer l’équilibre entre les humains et les autres formes de vie. Le Canada a commencé le déséquilibre dès le premier contact. Les Wetsuweten de Colombie Britannique (côte ouest) ont été attaqués, battus, ont eu leurs têtes piétinées dans la neige par les bottes d’une GRC militarisée, ont été arrêtés, traînés dans la neige pour être incarcérés et tout cela parce qu’ils ont défendu leurs propres terres non-cédées, non inclues dans un quelconque “traité”.

Le Canada ne suit pas les décisions de sa Cour Suprême quand il s’agit des terres des peuples natifs. Il envoie l’armée pour tuer les natifs qui résistent à leur loi coloniale, ici au manquement à une décision de justice. Pendant la construction du chemin de fer trans-Canada au XIXème siècle, l’armée était dans les wagons en tête de train. Elle tuait les natifs pour “faire la route”. Tout ceci avec l’argent volé du fond fiduciaire indien.

Tous les ans, quelques unes de nos communautés et nos familles sont attaquées, économiquement, socialement, politiquement, les terres sont volées, les gens emprisonnés, nos enfants kidnappés et tués et nos vies détruites. Ceci fait partie du plan de génocide qui doit être complété avant 2024 (NdT: 1924-2024, le gouvernement colonial canadien s’est donné un siècle pour compléter le génocide au moment de la réforme de l’Indian Act…), date à laquelle nous devrons être tous être absorbés dans le corps politique corporatiste colonial d’une manière ou d’une autre.

Famille, frères, sœurs, amis et alliés, à la prochaine cérémonie du lever de soleil, réveillez-vous avec le soleil, remerciez-le. Ne vous recouchez pas. Le soleil mène à bien ses responsabilités. Nous allons remplir les nôtres et protéger nos familles, nos terres et toutes nos relations avec le monde naturel.

= = =

Lectures complémentaires:

Marshall-Sahlins-La-nature-humaine-une-illusion-occidentale-2008

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Manifeste pour la Société des Sociétés

David Graber Fragments Anthropologiques pour Changer l’histoire de l’humanité

L’anarchisme-africain-histoire-dun-mouvement-par-sam-mbah-et-ie-igariwey

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

La_voie_Lakota_et_Crazy_Horse

Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

si-vous-avez-oublie-le-nom-des-nuages-vous-avez-oublie-votre-chemin

 

Nouvel Ordre Mondial: Demandez le programme de la destruction à venir, prochaine étape … Les Caraïbes

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 10 janvier 2019 by Résistance 71

Le commanditaire de ce réjouissant programme ci-dessous est bien entendu… La City de Londres, cœur de l’hydre étatico-capitaliste depuis les guerres napoléoniennes.

~ Résistance 71 ~

 

L’effroyable destruction à venir du “bassin des Caraïbes”

 

Thierry Meyssan

 

8 janvier 2019

 

url de l’article: http://www.voltairenet.org/article204577.html

 

Alors que le président Trump a annoncé le retrait des troupes de combat US du « Moyen-Orient élargi », le Pentagone poursuit la mise en œuvre du plan Rumsfeld-Cebrowski. Il s’agit cette fois de détruire les États du « Bassin des Caraïbes ». Pas du tout, comme dans les années 70, du renversement de régimes dits « pro-Soviétiques », mais de la destruction de toutes les structures étatiques régionales sans considération des amis ou des ennemis politiques. Thierry Meyssan observe la préparation de cette nouvelle série de guerres.

Dans une série d’articles précédents, nous avons présenté le plan du SouthCom en vue de provoquer une guerre entre Latino-américains afin de détruire les structures étatiques de tous les États du « Bassin des Caraïbes » [1].

Préparer une telle guerre, qui devrait succéder aux conflits du « Moyen-Orient élargi » dans le cadre de la stratégie Rumsfeld-Cebrowski, demande une décennie [2].

Après la période de déstabilisation économique [3] et celle de préparation militaire, l’opération proprement dite devrait débuter dans les années à venir par une attaque du Venezuela par le Brésil (soutenu par Israël), la Colombie (allié des États-Unis) et le Guyana (c’est-à-dire du Royaume-Uni). Elle serait suivie d’autres, à commencer contre Cuba et le Nicaragua (la « troïka de la tyrannie » selon John Bolton).

Cependant, le plan initial est susceptible de modifications, notamment en raison du retour des ambitions impériales du Royaume-Uni [4] qui pourrait influer sur le Pentagone.

Voici où nous en sommes :

Évolution du Venezuela

Le président vénézuélien Hugo Chávez avait développé des relations avec le « Moyen-Orient élargi » sur une base idéologique. Il s’était particulièrement rapproché du président iranien Mahmoud Ahmadinejad et du président syrien Bachar el-Assad. Ensemble, ils avaient imaginé la possibilité de fonder une organisation intergouvernementale, le « Mouvement des alliés libres » sur le modèle du « Mouvement des non-alignés », celui-ci étant paralysé par l’alignement au cours du temps de certains de ses membres sur les États-Unis [5].

Si Nicolas Maduro tient le même discours qu’Hugo Chávez, il a choisi une toute autre politique étrangère. Il a certes poursuivi le rapprochement avec la Russie et a, à son tour, accueilli des bombardiers russes au Venezuela. Il a signé un contrat d’importation de 600 000 tonnes de blé pour faire face à la disette dans son pays. Surtout, il s’apprête à recevoir 6 milliards de dollars d’investissements dont 5 dans le secteur pétrolier. Les ingénieurs russes prendront la place qui revenait aux vénézuéliens mais que ceux-ci ont laissé vacante.

Nicolas Maduro a réorganisé les alliances de son pays sur de nouvelles bases. Il a ainsi noué des liens étroits avec la Turquie, qui est membre de l’Otan et dont l’armée occupe actuellement le Nord de la Syrie. Maduro s’est rendu quatre fois à Istanbul et Erdoğan une fois à Caracas.

La Suisse était un allié d’Hugo Chávez qu’elle avait conseillé pour rédiger sa constitution. Craignant de ne plus pouvoir raffiner l’or de son pays en Suisse, Nicolas Maduro l’adresse désormais à la Turquie qui transforme le minerai brut en lingots. Par le passé, cet or restait dans des banques suisses pour garantir les contrats pétroliers. Désormais, les liquidités ont été également transférées en Turquie tandis que le nouvel or traité retourne au Venezuela. Cette orientation peut être interprétée comme fondée non plus sur une idéologie, mais sur des intérêts. Reste à définir lesquels.

Simultanément, le Venezuela fait l’objet d’une campagne de déstabilisation qui a commencé avec les manifestations des guarimbas, s’est poursuivie par la tentative de coup d’État du 12 février 2015 (« Opération Jéricho »), puis par des attaques sur la monnaie nationale et l’organisation de l’émigration. Dans ce contexte, la Turquie a fourni au Venezuela la possibilité de contourner les sanctions US. Les échanges entre les deux pays ont été multipliés par quinze en 2018.

Quelle que soit l’évolution du régime vénézuélien, rien n’autorise ce qui se prépare contre sa population.

Coordination des moyens logistiques

Du 31 juillet au 12 août 2017, le SouthCom a organisé un vaste exercice avec plus de 3 000 hommes venant de 25 États alliés, dont la France et le Royaume-Uni. Il s’agissait de préparer un rapide débarquement de troupes au Venezuela [6].

La Colombie

La Colombie est un État, mais pas une nation. Sa population y vit géographiquement séparée selon les classes sociales, avec d’énormes différences de niveaux de vie. Presque aucun Colombien ne s’est aventuré dans un quartier attribué à une autre classe sociale que la sienne. Cette stricte séparation a rendu possible la multiplication de forces paramilitaires et par voie de conséquence des conflits armés intérieurs qui ont fait plus de 220 000 victimes en une trentaine d’années.

Au pouvoir depuis août 2018, le président Iván Duque a remis en cause la fragile paix intérieure conclue par son prédécesseur, Juan Manuel Santos, avec les FARC —mais pas avec l’ELN—. Il n’a pas écarté l’option d’une intervention militaire contre le Venezuela. Selon Nicolas Maduro, les États-Unis forment actuellement 734 mercenaires dans un camp d’entrainement situé à Tona en vue d’une action sous faux drapeau pour déclencher la guerre contre le Venezuela. Compte tenu de la particularité sociologique de la Colombie, il n’est pas possible de dire avec certitude si ce camp d’entraînement est contrôlé ou non par Bogota.

Le Guyana

Au XIXème siècle, les puissances coloniales sont convenues de la frontière entre la Guyane britannique (l’actuel Guyana) et la Guyane hollandaise (actuel Suriname), mais aucun texte n’a fixé la frontière entre la zone britannique et la zone espagnole (actuel Venezuela). De fait, le Guyana administre 160 000 km2 de forêts qui restent disputés avec son grand voisin. En vertu de l’accord de Genève du 17 février 1966, les deux États s’en sont remis au secrétaire général de l’Onu (à l’époque le Birman U Thant). Rien n’a changé depuis, le Guyana proposant de porter l’affaire devant la Cour d’arbitrage de l’Onu, tandis que le Venezuela privilégie des négociations directes.

Ce différent territorial ne semblait pas urgent car la zone contestée est une forêt non peuplée et que l’on croyait sans valeur, mais c’est un espace immense qui représente les deux-tiers du Guyana. L’accord de Genève a été violé 15 fois par le Guyana qui a notamment autorisé l’exploitation d’une mine d’or. Surtout, un enjeu de taille a surgi en 2015 avec la découverte par ExxonMobil de gisements pétroliers dans l’Océan atlantique, précisément dans les eaux territoriales de la zone contestée.

La population du Guyana est composée de 40 % d’Indiens, de 30 % d’Africains, de 20 % de métis et de 10 % d’Amérindiens. Les Indiens sont très présents dans la fonction publique civile et les Africains dans l’armée.

Le 21 décembre, une motion de censure était déposée contre le gouvernement du président David Granger, un général pro-britannique et anti-vénézuélien, au pouvoir depuis 2015. À la surprise générale, un député, Charrandas Persaud, votait contre son propre parti et, dans une indescriptible pagaille, provoquait la chute du gouvernement qui n’avait qu’une voix de majorité. Depuis, la plus grande instabilité règne : on ne sait pas si le président Granger, qui suit une chimiothérapie, sera en mesure d’assurer les affaires courantes, tandis que Charrandas Persaud a quitté le Parlement avec une escorte par une porte dérobée et s’est enfui au Canada.

Le 23 décembre 2018, en l’absence de gouvernement, le Ramform Thethys (battant pavillon des Bahamas) et le Delta Monarch (Trinidad et Tobago) ont entrepris des explorations sous-marines dans la zone contestée pour le compte d’ExxonMobil. Considérant que cette intrusion viole l’accord de Genève, l’armée du Venezuela a chassé les deux navires. Le ministère guyanais des Affaires étrangères, agissant en affaires courantes, a dénoncé un acte hostile.

Le ministre de la Défense du Royaume-Uni, Gavin Williamson, a par ailleurs déclaré au Sunday Telegraph du 30 décembre 2018, que la Couronne mettait fin à la décolonisation qui, depuis l’affaire de Suez en 1956, était la doctrine de Whitehall. Londres se prépare à ouvrir une nouvelle base militaire dans les Caraïbes (pour le moment le Royaume n’en a qu’à Gibraltar, Chypre, Diego Garcia et sur les îles Falklands). Elle pourrait être à Montserrat (Antilles) ou plus probablement au Guyana et devrait être opérationnelle en 2022 [7].

Le Guyana est voisin du Suriname (la Guyane hollandaise). Son président, Dési Bouterse, est poursuivi en Europe pour trafic de drogues ; une affaire antérieure à son élection. Mais son fils, Dino, a été arrêté au Panama en 2013, bien qu’il soit entré avec un passeport diplomatique. Il a été extradé aux États-Unis où il a été condamné à 16 ans de prison pour trafic de drogues ; en réalité parce qu’il installait le Hezbollah libanais au Suriname.

Le Brésil

En mai 2016, le ministre des Finances du gouvernement de transition du Libano-Brésilien Michel Temer, Henrique Meirelles, désigna l’Israélo-Brésilien Ilan Goldfajn comme directeur de la Banque centrale. Mereilles présidant le Comité de préparation des Jeux Olympiques, fit également appel à Tsahal pour coordonner l’armée brésilienne et la police et garantir ainsi la sécurité des Jeux. Tenant à la fois la Banque centrale, l’armée et la police brésiliennes, Israël n’eut pas de difficulté à soutenir le mouvement populaire de ras-le-bol face à l’incurie du Parti des Travailleurs.

Croyant que la présidente Dilma Rousseff avait maquillé les comptes publics dans le cadre du scandale Petrobras, mais sans qu’aucun fait ne soit établi, les parlementaires la destituèrent en août 2016.

Lors de l’élection présidentielle de 2018, le candidat Jair Bolsonaro partit en Israël se faire baptiser dans les eaux du Jourdain. Il obtint ainsi massivement les voix des évangéliques.

Il se fit élire avec le général Hamilton Mourão comme vice-président. Ce dernier déclara durant la période de transition que le Brésil devait se préparer à envoyer des hommes au Venezuela comme « force de paix », une fois que le président Maduro aurait été renversé ; des propos qui constituent une menace à peine voilée et que le président Bolsonaro tenta de minorer.

Dans un entretien, le 3 janvier 2019, à la chaîne SBT, le président Bolsonaro a évoqué des négociations avec le Pentagone en vue d’accueillir une base militaire US au Brésil [8]. Cette déclaration a soulevé une forte opposition au sein des forces armées pour qui le pays est capable de se défendre seul.

Lors de son investiture, le 2 janvier 2019, le nouveau président accueillit le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. C’était la première fois qu’une personnalité israélienne de cette importance se rendait au Brésil. Le président Bolsonaro annonça à cette occasion le prochain transfert de l’ambassade brésilienne de Tel-Aviv à Jérusalem.

Le secrétaire d’État US Mike Pompeo, qui s’était également rendu à l’investiture où il a également rencontré le ministre péruvien des Affaires étrangères, Néstor Popolizio, a annoncé avec le président Bolsonaro son intention de lutter avec lui contre les « régimes autoritaires » du Venezuela et de Cuba. De retour aux États-Unis, il a fait escale à Bogota pour rencontrer le président colombien, Iván Duque. Les deux hommes sont convenus de travailler à isoler diplomatiquement le Venezuela. Le 4 janvier 2019, les 14 États du Groupe de Lima (dont le Brésil, la Colombie et le Guyana) se sont réunis pour considérer « illégitime » le nouveau mandat de Nicolas Maduro qui débute le 10 janvier [9] ; un communiqué qui n’a pas été signé par le Mexique. En outre, six des États-membres déposeront une plainte à la Cour pénal internationale contre le président Nicolas Maduro pour crime contre l’humanité.

Il est parfaitement clair aujourd’hui que le processus vers la guerre est en marche. Des forces énormes sont en jeu et peu de choses peuvent désormais les arrêter. C’est dans ce contexte que la Russie étudie la possibilité d’établir une base aéronavale permanente au Venezuela. L’île de La Orchila —où le président Hugo Chávez avait été retenu prisonnier lors du coup d’État d’avril 2002— permettrait de stationner des bombardiers stratégique. Ce serait une menace bien plus grande pour les États-Unis que ne le furent, en 1962, les missiles soviétiques stationnés à Cuba.

[1] « Plan to overthrow the Venezuelan Dictatorship – “Masterstroke” », Admiral Kurt W. Tidd, Voltaire Network, 23 février 2018. « Le « Coup de Maître » des États-Unis contre le Venezuela », par Stella Calloni, Traduction Maria Poumier ; « Les États-Unis préparent une guerre entre latino-américains », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 11 mai et 18 décembre 2018.

[2] The Pentagon’s New Map, Thomas P. M. Barnett, Putnam Publishing Group, 2004. « Le projet militaire des États-Unis pour le monde », par Thierry Meyssan, Haïti Liberté (Haïti) , Réseau Voltaire, 22 août 2017.

[3] “Declaration of a National Emergency with Respect to Venezuela”, “Executive Order – Blocking Property and Suspending Entry of Certain Persons Contributing to the Situation in Venezuela”, by Barack Obama, Voltaire Network, 9 March 2015.

[4] « Brexit : Londres assume sa nouvelle politique coloniale », Réseau Voltaire, 3 janvier 2019.

[5] « Assad et Chavez appellent à la formation d’un Mouvement des alliés libres », Réseau Voltaire, 28 juin 2010.

[6] « Grandes manœuvres autour du Venezuela », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 23 août 2017.

[7] “We are opening new overseas bases to boost Britain”, Christopher Hope, Sunday Telegraph, December 30, 2018.

[8] “‘Ficamos satisfeitos com a oferta da base militar’, diz Pompeo”, Eliane Cantanhêde, O Estado de S. Paulo, 6 Janeiro 2019.

[9] « Declaración del Grupo de Lima », Red Voltaire , 4 de enero de 2019.

Message de Gilets Jaunes depuis 1492 !… Nous sommes tous inter-reliés (Mohawk Nation News)

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Ce texte ci-dessous s’applique bien entendu à l’ensemble des territoires et peuples volés, pillés, usurpés, exploités sur l’ensemble du continent des Amériques, de l’extrême pointe nord du Québec arctique jusqu’au Cap Horn, incluant l’espace des Caraïbes, continent étant toujours de nos jours sous le joug colonial de l’Europe christo-capitaliste…

Gilets Jaunes !… Comprenons que la lutte n’est pas uniquement la nôtre, pour notre survie ou l’amélioration de nos conditions de vie. La lutte d’émancipation du joug oppresseur est MONDIALE ! Nous n’en sommes aujourd’hui qu’une partie et ne pourrons réussir l’émancipation qu’unis dans notre complémentarité avec les autres peuples globalement opprimés. Nous devons comprendre que nous luttons pour quelque chose de bien plus grand que de changer la merdouille macronienne ambiante, qui n’est qu’un aléa conjoncturel de l’histoire, qui elle est en marche… Nous appartenons, que nous le voulions ou non, à un Réseau de Résistance et de Rébellion International.

Qu’on se le dise !

Akwe tewatatenoh, nous sommes tous inter-reliés.

~ Résistance 71 ~

 

A lire en complément:
« Gilets Jaunes: ne pas succomber aux chants des sirènes »

 

 

Le crime du Canada contre la Nature

 

Mohawk Nation News

 

7 janvier 2019

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2019/01/07/canadas-crime-against-nature/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

De KANISTERNSERA, LES MERES [DE CLANS], P.O. BOX 2125, KAHNAWAKE [VIA QUEBEC CANADA] J0L IB0

Courrier enregistré avec accusé de réception

DATE: Jan. 7, 2019

NOTIFICATION DE CESSATION ET DE DESISTEMENT

Cette notification s’adresse à :  Prime Minister Justin Trudeau; David Eby, Attorney General of BC; Michelle Mungall, BC Minister of Energy, Mines & Petroleum Resources; George Heyman, BC Minister of Environment & Climate Change; Scott Fraser, Minister of Indigenous Relations & Reconciliation; Jody Wilson-Raybould, Minister of Justice and Attorney General of Canada; Royal Canadian Mounted Police, BC [E Division]; Carolyn Bennett, Minister Aboriginal Affairs Canada; Queen Elizabeth; Governor General, Coastal GasLink Pipeline, TransCanada Pipeline; Northern Gateway Pipeline; Fatou Bensouda,chief prosecutor International Criminal Court The Hague.

She:kon.

Kanistensera de rotino’shonni:onwe, d’après Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix, sont les progénitrices de toute vie sur Onowarekeh, l’Île de la Grande Tortue, et ce depuis le tout début de l’existence de la vie humaine sur Terre.

Teioha’teh (wampum deux rangées) fait que nous vivons et coexistons avec toute vie en tant que frères et sœurs sur notre terre-mère. Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix est la volonté de la nature/création.

Cet ordre naturel est une objection au viol et au pillage de toutes vies, arbres, plantes, sols, animaux, eau, air, oiseaux, territoires et peuples d’Onowarekeh, de toute vie qui forme et appartient au cercle de la vie. Les entreprises privées ne vont pas violer Kaianerekowa en continuant leur carnage sur terre pour le profit sans aucune considération pour quelque forme de vie que ce soit autre que celles bénéficiant des dividendes de leurs actionnaires.

Nous vous rappelons qu’une fois que vous aurez abattu le dernier arbre, pollué la dernière gorgée d’eau et empoisonné la dernière bouffée d’air, vous réaliserez alors que vous ne pouvez pas manger votre argent.

Kanistensera affirme que les organisations indiennes issues de l’Indian Act (loi sur les Indiens), les conseils de bandes, de tribus au niveau provincial et territorial, sont des organisations qui ont vendu leur droit de naissance et ne parlent en aucun cas pour le peuple natif. Ils ont quitté le canoë et ont rejoint le navire corporatiste de l’entreprise coloniale.

NOUS ORDONNONS QUE: 

  1. L’ETAT COLONIAL MILITAIRE DU CANADA ET LES ENTREPRISES ENGAGEES DANS LE VIOL, LE PILLAGE ET L’ASSASSINAT DE NOTRE MERE, cessent immédiatement leurs activités et se désistent et que
  1. L’ETAT COLONIAL MILITAIRE DU CANADA ET LES ENTREPRISES ENGAGEES DANS LE VIOL, LE PILLAGE ET L’ASSASSINAT DE NOTRE MERE, respectent teiohateh, le traité wampum deux rangées comme base fondamentale de notre relation sur cette terre ;

AINSI: Onkwehonweh, le peuple qui existe sur cette portion de terre pour toujours, puisse appliquer son devoir et ses responsabilités et ordonne à toutes les entités coloniales de quitter l’Île de la Grande Tortue comme le stipule Kaianerekowa et ce en accord avec la relation originelle entre nous et la création/nature, Onkwehonweh, le peuple naturel parlant pour toute la vie existante.

Nous informons L’ETAT COLONIAL MILITAIRE DU CANADA ET LES ENTREPRISES ENGAGEES DANS LE VIOL, LE PILLAGE ET L’ASSASSINAT DE NOTRE MERE, de cesser leur carnage et de se désister immédiatement. 

Kanistensera ordonne que L’ETAT COLONIAL MILITAIRE DU CANADA ET LES ENTREPRISES ENGAGEES DANS LE VIOL, LE PILLAGE ET L’ASSASSINAT DE NOTRE MERE,  cessent et se désistent de toutes leurs occupations sur Onowarekeh immédiatement, ainsi que cessent et se désistent du massacre de masse entrepris de toute vie ; arrangez vos affaires en conséquence.

Akwe tewatatenoh, nous sommes tous inter-reliés.

ENVOYEZ VOS COMMENTAIRES A:

-Province of BC. David Eby, Attorney General of BC, 250-387-1866, Fax: 250-387-6411, AG.minister@gov.bc.ca

-Honourable Michelle Mungall, Minister of Energy, Mines and Petroleum Resources, PO Box 9060, Station Prov Gov, Victoria, BC, V8W 9E2 Ph: 250-953-0900, Fax: 250-356-2965, EMPR.Minister@gov.bc.ca

–Honourable George Heyman, Minister of Environment and Climate Change Strategy, ENV.Minister@gov.bc.ca Phone: 250 387-1187 Fax: 250 387-1356

–Honourable Scott Fraser, Minister of Indigenous Relations and Reconciliation IRR.Minister@gov.bc.ca, Phone: (250) 953-4844 Fax: (250) 953-4896

–Federal: The Right Honourable Justin Trudeau – Telephone: 613-992-4211 justin.trudeau@parl.gc.ca

Fax: 613-941-6900
–The Honourable Jody Wilson-Raybould, Minister of Justice and -Attorney General of Canada mcu@justice.gc.ca Fax: 613-954-0811- —–RCMP BC (E Division), 778-290-2929 bcrcmp@rcmp-grc.gc.ca

National RCMP headquarters Ottawa 613-843-5999 ——-RCMP.HQMediaRelations-DGRelationsmedias.GRC@rcmp-grc.gc.ca media office)

-Carolyn Bennett, Minister Aboriginal Affairs, 10 Wellington, Ottawa K1A 0H4.

-Governor General, Rideau Hall, 1 Sussex Dr., Ottawa K1A 0A1;

-Queen Elizabeth, Buckingham Palace +44 303 123 7300.

-Coastal Gaslink Pipeline, coastalgaslink@transcanada.com

Ph: 1-855-633-2011 –TRANSCANADA PIPELINE, 517 – 10TH Ave. SW, Calgary AB-Northern Gateway Pipeline 343-292-6096

-Fatou Bensouda, Chief Prosecutor, International Court of Justice, Peace Palace, Carnegicplcin 2, 2517 KJ The Hague, The Netherlands, information@icj-cij.org +31[0]703022323.

-Contact: Office of the wetsuweten: 250-847-3630 http://www.wetsuweten.com/contact/

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

Lectures complémentaires sur le colonialisme:

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Friedrich-Nietzsche_L’Antéchrist_1888

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

La_City_de_Londres_au_coeur_de_lempire

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Guerre impérialiste en Syrie… Fin de la guerre propagandiste vendue par l’occident ?

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 30 décembre 2018 by Résistance 71

La guerre en Syrie telle qu’elle nous à été vendue par les médias est terminée

 

Stratégika 51

 

28 décembre 2018

 

Source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article10754

 

Le rétablissement des relations diplomatiques entre les Émirats Arabes Unis et la Syrie a coïncidé avec un remaniement ministériel en Arabie Saoudite où Adel Al-Jubayr, ministre des Affaires étrangères a été relégué au rang de Secrétaire d’État. Al-Jubayr fut le responsable saoudien ayant multiplié le plus grand nombre de déclarations hostiles à la Syrie.

Le retour de la Syrie au sein de la Ligue Arabe de laquelle elle a été exclue au début de la guerre en Syrie n’est plus qu’une question de formes.

La Ligue Arabe est entièrement sous l’influence de Ryad depuis le début de ce que certains ont baptisé le Printemps Arabe.

Cela veut dire qu’il y a eu des contacts entre les pays du Golfe et Damas et qu’ils ont trouvé moins un terrain d’entente qu’une preoccupation commune : la Turquie.

Damas est en train d’envoyer des renforts vers Manbij tout en appelant les populations kurdes à se retourner contre les forces étrangères et à contrer l’envahisseur turc. Cette tentative de récupération vise avant tout à saper la politique de Paris et de Londres.

En parallèle, Ankara renforce ses unités militaires et le président turc Tayep Recep Erdogan jure que l’Armée turque ira mettre un pied sur la rive orientale de l’Euphrate et que les jours de la kermesse autonomiste kurde sont comptés.

Ankara est en brouille avec Ryad et ses alliés du Golfe, maintient des troupes au Qatar, émirat en conflit avec Ryad sur fond de rivalité régionale. Du coup, l’hostilité avec Damas en est atténuée d’autant plus que les syriens crient à qui veut les entendre que leur pays a subi l’ingérence du Qatar, pays pour qui sous-traitent la France et le Royaume-Uni.

Si vous croyez que c’est compliqué, patientez un peu. Ce n’est que le début : le retrait et la diminution de l’organisation Daech ont débuté avec le déclenchement du conflit ouvert entre Ryad et Doha. Cette brouille qui a failli se transformer en conflit armé a également impacté Al-Qaïda en Syrie mais également sa branche soeur au Yémen.

Remarquez aussi que le Royaume-Uni a lancé l’organisation des casques blancs, la Turquie parraine une douzaine de puissants groupes politiques armés dont un se prévalant représenter le gouvernement de la province rebelle d’Idleb tandis que la France louvoie entre les groupuscules kurdes et le Front Ennosra (un ultime avatar de la franchise Al-Qaïda).

En termes moins châtiés, ces pays, tous de vénérables membres de l’Alliance Atlantique et se prévalant d’appartenir au monde faussement libéral soutiennent tous le terrorisme en Syrie.

Le président américain Donald Trump a débarqué sur une base militaire US en Irak pour débusquer ses adversaires internes. Les réactions des politiques irakiens ne trompent personnes. Le clientélisme de la classe politique irakienne, l’une des plus corrompues au monde, fait partie des rouages de la corruption de la faune de parasites tournant autour du complexe militaro-industriel US et donc l’État profond américain dans ce qu’il a de plus caricatural.

Personne n’avait trouvé à redire lorsque Obama, Hillary Clinton ou Cameron mettaient les pieds en Irak et pour cause. Le régime fantôche irakien est une création des néoconservateurs les plus rétrogrades. Trump n’est pas du tout le type avec qui ils peuvent faire des affaires.

Trump a affirmé que les forces US stationnés en Irak allaient continuer à intervenir en Syrie. Une façon de dégonfler les rumeurs d’une fronde organisée par les soutiens de Jim Mattis et ses partisans. L’information est confirmée par des fuites savamment distillés par les grands titres de la presse néocon (devenue subitement démocrate ! )

La déclaration du retrait des forces US de l’est de l’Euphrate mais pas d’Al-Tanf ou du moins pas encore aurait du inciter les israéliens à moins de retenue car cela signifie que Washington se désengage partiellement de la Syrie sans les conditions requises, à savoir un retrait des forces pro-iraniennes de Syrie. De ce fait, Israël aurait pu se sentir libéré des entraves US et aurait pu agir. Ce qu’il a tenté de faire, en envoyant une vingtaine de bombes et de missiles sur des sites militaires syriens situés au Sud-Ouest de Damas et qui recevaient la nuit du raid manqué, la visite d’une délégation de haut rang du Hezbollah libanais. Les israéliens ont tente d’utiliser deux avions de ligne à la fois comme bouclier et comme leurre. Une tactique fort reprehensible et contraire aux principes de la guerre. Les israéliens espéraient que la Syrie abatte un avion de ligne chinois pour crier à l’État paria et en même temps brouiller Damas avec Beijing.

Pari manqué. Les syriens n’ont pas été autorisés par les russes à utiliser leur batteries de missiles S-300 car ils avaient flairé le piège. La DCA syrienne a intercepté 12 des 19 GBU et les missiles Air-Sol israéliens lancés à partir de l’espace aérien libanais. Une batterie de S-200 syrienne positionnée au Golan a détecter l’évasion des dizaines de F-16 israéliens et leur a tiré dessus : des missiles S-200 ont pénétré dans l’espace aérien israélien.

Le dôme ABM s’est déclenché et cela a été le prétexte de crier à l’agression.

Dans cet imbroglio fort complexe et que personne n’arrive vraiment à analyser sans parti pris, quelle est l’utilité pour la France de se ruiner et d’aller s’embourber dans un conflit où personne n’est près à en sortir indemne ? 

Réponse claire : les lobbies pro-Israël en France. Ces derniers considèrent désormais la France comme leur dernière chance et une alternative. Ce qui est en soi un aveu d’échec.

Il n’y a aucune chance qu’une solution militaire s’impose en Syrie.

Le pari sur un État kurde indépendant à cheval entre la Turquie et la Syrie et l’Irak est perdu d’avance. Non seulement aucun pays de la région n’accepte cette éventualité mais cela risque de fédérer des États rivaux en guerre autour d’une menace existentielle commune.

Les deux pays qui en sortent déjà perdants sur tous les plans sont les deux pions que sont la France et le Royaume-Uni. D’abord vis à vis de leur propres populations, lesquelles découvrent effarées que leurs gouvernements sont devenus dignes de la dernière république bananière.

Les vieux démons de la Turquie se sont réveillés et Ankara poursuit, décomplexé, une politique étrangère néo-ottomane spécifique aggressive, résolue et répondant par dessus tout à ses propres intérêts stratégiques. Sa présence au sein de l’OTAN n’est plus que symbolique pour les turcs : Washington a besoin de l’importance stratégique de la Turquie comme un État pivot aux confluences de l’Occident et de l’Orient, à la jonction de l’Europe et l’Asie et du Nord et du Sud.

La guerre en Syrie telle qu’elle nous été vendue par les médias est terminée.

Ironie du sort, la Syrie est désignée comme un pays « frère » par les Émirats Arabes Unis. Lorsqu’on sait ce qu’ont dépensé les Émirats Arabes Unis pour abattre le régime syrien il y a de quoi suspecter la présence d’un couteau derrière le sourire.

La Syrie est détruite mais son régime politique et son idéologie sont toujours debout. Son retour dans la ligue arabe signifie la fin de la guerre. Le président Bashar Al-Assad cherche maintenant à retablir l’autorité de l’État sur Idleb et au Nord-Est tout en revendiquant le Golan. Il lui faudra aussi faire preuve de pragmatisme politique et débloquer le système syrien, afin de neutraliser toute nouvelle contestation interne susceptible d’être exploitée par ses ennemis. La nécessité d’une nouvelle constitution garantissant une plus grande ouverture politique, un dialogue politique inclusif ainsi que les principes d’un État de droit garantissant les libertés individuelles et politiques. C’est le seul gage de sortie de crise.

Les États-Unis s’en sortent plutôt bien cette fois mais en se retrouvant dans une situation de guerre civile jusqu’ici circonscrite au sein de l’État profond. Les USA abandonnent les guerres asymétriques et reviennent au modèle de confrontation symétrique en s’opposant à la Russie et à la Chine, deux puissances qualifiées officiellement aux États-Unis de « puissances révisionnistes » car contestant le leadership US ou le concept du nouveau siècle américain.

La Russie a réussi ce que l’ex-Union Soviétique a toujours rêvé. Elle est est revenue de très loin. Moscou joue désormais un rôle de premier plan au Moyen-Orient mais se heurte à la résurrection de la rivalité symétrique US dans ses marches occidentales, septentrionales (Arctique) et méridionales. Moscou le sait et perçoit la menace directe pesant sur son existence en tant que puissance militaire de premier ordre. D’où son rapprochement stratégique et assez spectaculaire dans tous les domaines avec la Chine de Xi Jinping. Une propagande outrancière pourrait considérer cette super alliance entre le pays disposant du plus grand arsenal nucléaire avec le pays le plus peuplé et en même temps la fabrique du monde comme un autre avatar plus puissant de l’empire Mongol eurasien. En fait nous avons assisté en 2018 à l’émergence d’une très grande concentration de puissance militaire et économique entre la mer de Chine et les grandes plaines européennes à l’ouest de la Russie. Cela préfigure l’état du rapport de forces d’ici 2039.

Israël est en crise. Sa stratégie régionale et extra-régionale a aggravé sa posture stratégique. Son obsession à anéantir les régimes qui lui sont hostiles par des puissances tierces s’est retourné à son détriment. En 1995, Israël n’était entouré par aucune puissance susceptible de lui tenir tête ou le menacer. En 2018, il est parvenu à se créer de formidables adversaires à deux pas de Tibériade et à quelques encablures de l’emplacement antique d’Armageddon. En dépit de l’immense soutien qu’il reçoit des pays occidentaux et de son arsenal fort impressionnant, L’avenir d’Israël n’a jamais paru aussi sombre et sans perspectives.

Au final, c’est la Chine qui va rafler la mise : La reconstruction de la Syrie. Un marché faramineux de 500 milliards de dollars !

Résistance au colonialisme: L’étiquette coloniale des institutions des Amériques (Mohawk Nation News)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, canada USA états coloniaux, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 20 décembre 2018 by Résistance 71

Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux auront de chance d’être répudiés.

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“Vous dites être le père et que je suis votre fils. Nous disons, nous ne serons pas comme père et fils, mais plutôt comme des frères. Cette ceinture Wampum confirme nos paroles. Ces deux rangées vont symboliser nos deux vies ou nos deux vaisseaux, descendant la rivière ensemble. L’un est un canoë d’écorce de bouleau et représente Onkwe’hon:we, leurs lois, leurs coutumes et leurs façons de vivre ; l’autre, un navire représentant le peuple blanc avec leurs lois, leurs coutumes et leurs façons de vivre. Nous voyagerons ensemble sur la rivière, côte à côte, mais chacun dans son embarcation. Aucun de nous ne fera des lois obligatoires ou n’interfèrera dans les affaires intérieures de l’autre. Aucun de nous n’essaiera de diriger l’embarcation de l’autre.”
“Aussi longtemps que le soleil brillera sur cette terre sera le temps de durée de NOTRE accord, aussi longtemps que l’eau coulera et aussi longtemps qe l’herbe demeurera verte à certaines périodes de l’année. Maintenant nous avons symbolisé cet accord qui nous liera pour toujours aussi longtemps que notre terre-mère est toujours en mouvement.”
~ Traité Wampum Deux Rangées entre le peuple Rotinoshonni (iroquois) et le peuple hollandais de 1613 ~

et aussi parce que: 

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !

~ Résistance 71 ~

 


Réseau de Résistance et de Rébellion International

 

L’expression “First Nations / Nations Premières” est une étiquette de l’entreprise coloniale

 

Mohawk Nation News

 

17 décembre 2018

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2018/12/17/first-nations-is-a-corporate-label/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le Canada une fois de plus essaie de retirer et de faire disparaître notre véritable identité en tant que peuples originaux placés sur Onowarekeh (L’Île de la Grande Tortue, sous continent de l’Amérique du Nord) par la création/nature.

Le Canada et les Etats-Unis nous ont désigné comme des “affaires domestiques” afin de retirer ce problème de l’attention internationale, d’en faire une affaire interne ne regardant qu’eux. Ils ont prévenu les autres pays de ne pas interférer avec leurs programmes génocidaires, qu’ils appellent aussi des “affaires internes” ! Les Conseils de Bandes (de tribus aux Etats-Unis) et la loi qui les a mis en place comme l’Indian Act ou la loi sur les Indiens au Canada, ainsi que le système de police, coercition colonialiste de la “police indienne” ne sont que la version canadienne de la police secrète nazie dite : Gestapo.

[Lire“Policing Indigenous Movements. Dissent and the Security State” by Andrew Crosby and Jeffrey Monaghan 2018.]  

Lorsque nous utilisons les termes coloniaux d’”Indiens”, de “Nations Premières”, d’”Aborigène”, de “bandes” (ou “tribus” aux Etats-Unis), de peuple “indigène”, de “tribus”, de “nations” et tout autre nom artificiel créé à cet effet, nous donnons une base légale au Canada et à ses conseils de bandes coloniaux. Ils nous veulent dans leur rafiot et nous n’avons plus de canoë pour nous-mêmes. Nous sommes forcés d’admettre et de nous soumettre à leur système. L’entreprise coloniale qu’est le Canada nous force à écrire nos noms en lettres capitales d’imprimerie faisant de nous des entreprises au service de la colonie, des entités artificielles coloniales plutôt que des personnes de chair et de sang. Ceci nous retire toute protection des droits humains ou constitutionnels.

Les accords sur les disputes foncières et territoriales mettent des limites corporatrices coloniales sur notre identité au travers de la suppression de nos noms originaux, des noms d’endroits et des mots qui nous connectent avec notre terre-mère et qui violent le contrat original entre nous et ces charlatans, professionnels de la fraude et du vol. Nous sommes Onkwehonwe (peuples originaux), Nishinabwe, Diné, Lakota, Cree, Mik’maq etc… Nous sommes kanionkehaka’onwe et notre territoire est Kanienkeh, à tout jamais. Nous avons tous des noms originaux naturels et notre territoire à tous est l’ensemble de l’Île de la Grande Tortue.

Tout le processus d’appropriation de terre et l’affirmation coloniale de la propriété sur l’ensemble de ce territoire est une gigantesque fraude. Il est dit dans leur notification de la loi sur l’accès à l’information [Indian & Northern Affairs, A-2011-01840/LD2]: 

Fourni tous les documents en possession du gouvernement en rapport avec une déclaration du gouverneur en conseil que le “Registry Group” “Mohawk Council of Akwesasne” sont une bande dans les limites des termes énoncés dans la loi sur les Indians / Indian Act.” Ils établissent des contrats qui n’ont que l’apparence d’accords se tenant entre Onkwehonweh et le Canada. L’assertion de terre de Dundee fut signée par l’entreprise coloniale du Canada et ses employés du conseil de bande et non pas par Onkwehonweh, ce qui va totalement à l’encontre de la seule véritable loi de la terre, Kaianerekowa La Grande Loi de la Paix, à tout jamais.

Ceux qui abusent furent d’accord pour survivre et coexister avec toute vie en tant que frères et sœurs sur cette portion de notre terre-mère, jusqu’à la fin de leur temps à demeurer ici. (NdT: Le traité wampum deux rangées entre les peuples originaires et les Hollandais à la fin du XVIIème siècle et avec les Français et les Anglais en 1701…) Ils ont brisé cet accord lorsqu’ils créèrent le premier évènement faux-drapeau sur ce continent connu sous le nom de la révolution américaine pour l’indépendance.

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Lectures complémentaires:

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

Marshall-Sahlins-La-nature-humaine-une-illusion-occidentale-2008

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Manifeste pour la Société des Sociétés

L’anarchisme-africain-histoire-dun-mouvement-par-sam-mbah-et-ie-igariwey

La_City_de_Londres_au_coeur_de_lempire

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

si-vous-avez-oublie-le-nom-des-nuages-vous-avez-oublie-votre-chemin

Géopolitique et Nouvel Ordre Mondial: La guerre par procuration des Yankees contre le Vénézuela en préparation…

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L’Opération Condor 2.0 en marche, comme annoncé précédemment …
~ Résistance 71 ~

 

Les Etats-Unis préparent une guerre entre Latino-Américains

 

Thierry Meyssan

 

18 décembre 2018

 

url de l’article: http://www.voltairenet.org/article204385.html

 

Petit à petit les partisans de la doctrine Cebrowski avancent leurs pions. S’ils doivent cesser de créer des guerres au Moyen-Orient élargi, ils le feront dans le Bassin des Caraïbes. Avant toutes choses, le Pentagone planifie l’assassinat d’un chef d’État élu, la ruine de son pays, et sape l’unité de l’Amérique latine.

John Bolton, le nouveau conseiller national de Sécurité des États-Unis, a relancé le projet du Pentagone de destruction des structures étatiques du Bassin des Caraïbes.

On se souvient que, dans la foulée des attentats du 11-Septembre, le secrétaire à la Défense de l’époque, Donald Rumsfeld, avait créé un Bureau de transformation de la force (Office of Force Transformation) et désigné l’amiral Arthur Cebrowski pour le diriger. Sa mission était de former l’armée états-unienne à sa nouvelle mission à l’ère de la globalisation financière. Il s’agissait de changer la culture militaire afin de détruire les structures étatiques des régions non-connectées à l’économie globale. Le premier volet de ce plan a consisté à disloquer le « Moyen-Orient élargi ». La seconde étape devait être de faire de même dans le « Bassin des Caraïbes ». Le plan prévoyait de détruire une vingtaine d’États côtiers et insulaires, à l’exception de la Colombie, du Mexique et autant que faire se peut des territoires britanniques, états-uniens, français et néerlandais.

Lors de son accession à la Maison-Blanche, le président Donald Trump s’était opposé au plan Cebrowski. Cependant deux ans plus tard, il n’est parvenu qu’à interdire au Pentagone et à l’Otan de confier un État aux groupes terroristes qu’ils emploient (le « Califat »), mais pas à renoncer à manipuler le terrorisme. Concernant le Moyen-Orient élargi, il est parvenu à faire décroitre la tension, mais les guerres continuent à moindre intensité. En ce qui concerne le Bassin des Caraïbes, il a bridé le Pentagone, lui interdisant de déclencher des opérations militaires directes.

Au mois de mai dernier, Stella Calloni révélait une note de l’amiral Kurt Tidd, commandant en chef du SouthCom, exposant les moyens mis en œuvre contre le Venezuela [1]. Une seconde pénétration est conduite simultanément au Nicaragua et une troisième depuis un demi-siècle contre Cuba.

De diverses analyses précédentes, nous avions conclu que la déstabilisation du Venezuela, débutée par le mouvement des guarimbas, poursuivie par la tentative de coup d’État du 12 février 2015 (opération Jéricho) [2], puis par les attaques sur la monnaie nationale et l’organisation de l’émigration, déboucherait sur des opérations militaires [3] conduites depuis le Brésil, la Colombie et de la Guyana. Des manœuvres multinationales de transport de troupes ont été organisées par les États-Unis et leurs alliés en août 2017 [4]. L’accession au pouvoir à Brasilia, le 1er janvier 2019, du président pro-israélien Jair Bolsonaro rendra cela possible.

En effet, le prochain vice-président brésilien sera le général Hamilton Mourão, dont le père joua un rôle notable lors du coup d’État militaire pro-US de 1964. Lui-même s’est illustré par ses déclarations contre les présidents Lula et Rousseff. En 2017, il avait déclaré —au nom du Grand Orient du Brésil— que le moment d’un nouveau coup d’État militaire était venu. En définitive, il a été élu avec le président Bolsonaro. Dans un entretien à la revue Piaui, il a annoncé un prochain renversement du président vénézuélien, Nicolás Maduro, et le déploiement d’une force de « paix » brésilienne (sic). Devant la gravité de ces propos qui constituent une violation de la Charte des Nations unies, le président élu Bolsonaro a assuré que personne ne voulait faire la guerre à personne et que son vice-président parlait trop.

Quoi qu’il en soit, le président Maduro, dans une conférence de presse le 12 décembre 2018, a révélé que le conseiller national de Sécurité US John Bolton assurait la coordination entre l’équipe du président colombien Iván Duque et celle du vice-président brésilien. Un groupe de 734 mercenaires est actuellement à l’entrainement à Tona (Colombie) afin de perpétrer une attaque sous faux drapeau du Venezuela contre la Colombie et justifier ainsi une guerre de la Colombie contre le Venezuela. Il serait commandé par l’ancien colonel Oswaldo Valentín García Palomo, aujourd’hui en fuite après la tentative d’assassinat par drone du président Maduro lors de l’anniversaire de la Garde nationale, le 4 août dernier. Ces mercenaires sont appuyés par des Forces spéciales stationnées sur les bases militaires US de Tolemaida (Colombie) et d’Eglin (Floride). Le plan états-unien prévoit de s’emparer dès le début du conflit des trois bases militaires vénézuéliennes Libertador de Palo Negro, Puerto Cabello et Barcelona.

Le Conseil national de Sécurité US tente de convaincre divers États de ne pas reconnaître le second mandat de Nicolás Maduro (réélu en mai dernier, mais qui devrait débuter avec la nouvelle année). C’est pourquoi les États du Groupe de Lima ont contesté le scrutin présidentiel avant même sa tenue et ont interdit illégalement aux consulats vénézuéliens de l’organiser. De même, la crise migratoire s’avère n’être qu’une manipulation de plus : les Vénézuéliens qui ont fuit la crise monétaire en croyant trouver facilement du travail dans un autre État latino-américain sont aujourd’hui nombreux à tenter de rentrer chez eux. Mais le Groupe de Lima les en empêche, interdisant aux avions vénézuéliens qui tentent de les rapatrier de survoler leur espace aérien et aux autobus venus les chercher de franchir les frontières.

Tout se passe donc comme si l’on assistait à un remake des événements qui ensanglantent le Moyen-Orient élargi depuis les attentats du 11 septembre 2001. L’essentiel ne réside pas dans les actions militaires, mais dans la représentation du désordre que donnent les événements. Il s’agit d’abord de faire prendre des vessies pour des lanternes [5]. En cinq ans, le Venezuela et le Nicaragua qui disposaient d’une image positive à l’étranger sont aujourd’hui considérés à tort comme des « États faillis ». Si l’on ne réécrit pas encore l’histoire des Sandinistes et de leur lutte face à la dictature des Somoza, on pose comme acquis qu’Hugo Chávez Frías était un « dictateur communiste » (sic) alors que son pays a vécu un incroyable bond en avant, politique et économique, sous sa présidence. Il sera bientôt possible de détruire ces États sans que personne ne trouve rien à y redire.

Le temps s’écoule de plus en plus vite. Ainsi, lorsqu’en 1823, le président James Monroe décida de fermer les Amériques à la colonisation européenne, il ne se doutait pas que sa doctrine évoluerait 50 ans plus tard en une affirmation de l’impérialisme US. De même aujourd’hui, lorsque le président Donald Trump affirmait le jour de son investiture que le temps des changements de régime était révolu, il ne pensait pas qu’il serait trahi par les siens. Pourtant, le 1er novembre 2018 son conseiller de sécurité John Bolton déclarait à Miami que Cuba, le Nicaragua et le Venezuela forment la « troïka de la tyrannie ». Puis son secrétaire à la Défense, le général James Mattis, affirmait le 1er décembre devant le Reagan National Defense Forum que le président élu Maduro est un « despote irresponsable » qui « doit partir » [6].

[1] « Plan to overthrow the Venezuelan Dictatorship – “Masterstroke” », Admiral Kurt W. Tidd, Voltaire Network, 23 février 2018. « Le « Coup de Maître » des États-Unis contre le Venezuela », par Stella Calloni, Traduction Maria Poumier, Réseau Voltaire, 11 mai 2018.

[2] « Obama rate son coup d’État au Venezuela », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 23 février 2015.

[3] « Le général Jacinto Pérez Arcay considère « inexorable » l’invasion du Venezuela », Réseau Voltaire, 10 juin 2016.

[4] « Grandes manœuvres autour du Venezuela », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 23 août 2017.

[5] « Venezuela, l’intervention illégale », par Julio Yao Villalaz, Traduction Maria Poumier, Réseau Voltaire, 3 mars 2018.

[6] “Mattis condemns Venezuela’s Maduro as a ’despot’ who has to go”, Reuters, Phil Stewart, December 1, 2018.