Archive pour gilets jaunes grève générale sauvage

Gilets Jaunes, grévistes et peuple en lutte… Réfléchissons sur l’ordre et le désordre et agissons en conséquence !

Posted in actualité, autogestion, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société des sociétés, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 21 janvier 2020 by Résistance 71

 


le penseur… Gaulois réfractaire

 

 

État, anarchie, ordre et désordre

 

Pierre Kropotkine

 

Source: Encyclopédie Anarchiste (1934)

 

De quel ordre s’agit-il ? Est-ce de l’harmonie que nous rêvons, nous, les anarchistes? De l’harmonie qui s’établira librement dans les relations humaines, lorsque l’humanité cessera d’être divisée en deux classes, dont l’une est sacrifiée au profit de l’autre? De l’harmonie qui surgira spontanément de la solidarité des intérêts, lorsque tous les hommes formeront une seule et même famille, lorsque chacun travaillera pour le bien-être de tous et tous pour le bien-être de chacun? Evidemment, non! Ceux qui reprochent à l’Anarchie d’être la négation de l’Ordre, ne parlent pas de cette harmonie de l’avenir ; ils parlent de l’ordre tel qu’on le conçoit dans notre société actuelle. Voyons donc ce qu’est cet « Ordre » que l’Anarchie veut détruire.

L’Ordre, aujourd’hui, ce qu’ils entendent par « l’Ordre », c’est les neuf dixièmes de l’humanité travaillant pour procurer le luxe, les jouissances, la satisfaction des passions les plus exécrables à une poignée de fainéants. L’Ordre, c’est la privation, pour ces neuf dixièmes, de tout ce qui est la condition nécessaire d’une vie hygiénique, d’un développement rationnel des qualités intellectuelles. Réduire les neuf dixièmes de l’humanité à l’état de bêtes de somme vivant au jour le jour, sans jamais oser penser aux jouissances procurées à l’homme par l’étude des sciences, par la création artistique, voilà « l’Ordre! ».

« L’Ordre » c’est la misère, la famine devenue l’état normal de la société. C’est le paysan irlandais mourant de faim ; c’est le peuple d’Italie réduit à abandonner sa campagne luxuriante, pour rôder à travers l’Europe en cherchant un tunnel quelconque à creuser, où il risquera de se faire écraser, après avoir subsisté quelques mois de plus. C’est la terre enlevée au paysan pour l’élève du bétail ou du gibier qui servira à nourrir les riches, c’est la terre laissée en friche plutôt que d’être restituée à celui qui ne demande pas mieux que de la cultiver.

L’Ordre, c’est la femme qui se vend pour nourrir ses enfants ; c’est l’enfant réduit à être enfermé dans une fabrique ou à mourir d’inanition. C’est le fantôme de l’ouvrier insurgé aux portes du riche, le fantôme du peuple insurgé aux portes des gouvernants.

L’Ordre, c’est une minorité infime élevée dans les chaires gouvernementales, qui s’impose pour cette raison à la majorité et qui dresse ses enfants pour occuper plus tard les mêmes fonctions, afin de maintenir les mêmes privilèges par la ruse, la corruption, la force, le massacre.

L’Ordre, c’est la Guerre continuelle d’homme à homme, de métier à métier, de classe à classe, de nation à nation. C’est le canon qui ne cesse de gronder, c’est la dévastation des campagnes, le sacrifice des générations entières sur les champs de bataille, la destruction en une année des richesses accumulées par des siècles de dur labeur.

L’Ordre, c’est la servitude, l’enchaînement de la Pensée, l’avilissement de la race humaine, main­ tenue par le fer et par le fouet. C’est la mort soudaine par le grisou, la mort lente par l’enfouissement de milliers de mineurs déchirés ou enterrés chaque année par la cupidité des patrons et pourchassés à la baïonnette, dès qu’ils osent se plaindre. Voilà « l’Ordre! » 

Et le désordre, ce qu’ils appellent le désordre : C’est le soulèvement du peuple contre cet ordre ignoble, brisant ses fers, détruisant ses entraves et marchant vers un avenir meilleur. C’est ce que l’humanité a de plus glorieux dans son histoire : c’est la révolte de la pensée à la veille des révolutions ; c’est le renversement des hypothèses sanctionnées par l’immobilité des siècles précédents ; c’est l’éclosion de tout un flot d’idées nouvelles, d’inventions audacieuses, c’est la solution des problèmes de la science.

Le désordre, c’est l’abolition de l’esclavage antique, c’est l’insurrection des communes, l’abolition du servage féodal, les tentatives d’abolition du servage économique.

Le désordre, c’est l’insurrection des paysans soulevés contre les prêtres et les seigneurs, brûlant les  châteaux pour faire place aux chaumières, sortant de leurs tanières pour prendre leur place au soleil.

Le désordre – ce qu’ils nomment le désordre – ce sont les époques pendant lesquelles des générations entières supportent une lutte incessante et se sacrifient pour préparer à l’humanité une meilleure existence, en la débarrassant des servitudes du passé. Ce sont les époques pendant lesquelles le génie populaire prend son libre essor et fait, en quelques années, des pas gigantesques, sans lesquels l’homme serait resté à l’état d’esclave antique, d’être rampant, de brute avilie dans la misère.

Le désordre, c’est l’éclosion des plus belles passions et des plus grands dévouements, c’est l’épopée du suprême amour de l’humanité! 

= = =

Pierre Kropotkine sur Résistance 71

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


Veuillez laissez l’État dans les WC…
où vous l’avez trouvé en entrant !

 


Gilets Jaunes… par Cernunnos !…

Paroles de Gilets Jaunes : grève générale sauvage et révolution sociale… Vive la Commune !

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L’heure n’est plus à pinailler sur des points de détail d’exposés, nous sommes de manière générale en accord avec les conclusions émises dans cette réflexion de J-Y Jézéquel citant également J Baschet, qui rejoignent tout à fait les nôtres et celles, par exemple, du collectif “Guerre de Classe”.

Solidarité Union Persévérance Réflexion Action, devenons S.U.P.R.A humain / Gilets Jaunes pour réaliser ensemble notre humanité achevée, émancipée de l’État, donc du pouvoir coercitif, de la marchandise, de l’argent et du salariat.

Vive la Commune des Communes des associations libres !..

Ce n’est pas de révolution dont il s’agit ici, celle-ci comme son nom l’indique ne faisant que nous ramener au point de départ ; mais il s’agit d’une véritable évolution, celle de nous faire passer au delà de la division et de la coercition du rapport dominant/dominé, au rapport émancipateur de l’organisation organique de notre humanité, faisant finalement triompher notre être sur l’avoir marchand.

Faisons de 2020 l’année où les communes unies de la base osent franchir la porte de notre émancipation déjà pourtant historiquement bien entrouverte.

Note: Nous pensions publier ce texte la semaine dernière, mais l’actualité géopolitique mondiale en a décidé autrement. Cette analyse mérite d’être lue et diffusée afin d’éveiller les consciences politiques toujours plus avant.

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir, que ce soit au niveau domestique ou internationale, la solution est l’émancipation définitive des peuples au sein des communes et associations libres. Le moment est venu de faire complète peau neuve par la révolution sociale, tout le reste n’est que pisser dans un violon…

~ Résistance 71 ~

 

 

Paroles de Gilets Jaunes et blocage généralisé

 

Jean-Yves Jézéquel

 

28 décembre 2019

 

url de l’article:

https://www.mondialisation.ca/paroles-de-gilets-jaunes-et-blocage-generalise/5640062

 

Nous sommes une majorité en France à ne pas vouloir « réussir » dans le monde de la macronie. Nous sommes une majorité dans le monde à ne pas vouloir de « Rolex » avant 50 ans. Nous sommes une majorité en France et dans le monde à ne pas vouloir que des millions de personnes « ne soient rien » pour permettre à quelques unes de les dominer en se prenant pour les « élites » seules utiles, seules nécessaires, seules indispensables pour la défense d’intérêts devenus ceux d’une caste égocentrée et sans avenir possible!

Nous devons mettre en place un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple: une démocratie. Nous devons faire sécession d’avec le système habituel d’étatisation. 

L’auto-gouvernement des citoyens présuppose et entraîne la déprofessionnalisation de la politique. C’est à nous d’organiser les communes libres et l’auto-gouvernement des Régions. Nous devons créer nos propres instances de justice, nos propres écoles, nos propres hôpitaux et centres de soins, en repensant le fonctionnement de toutes ces infrastructures. Nous devons « décoloniser les Provinces ». Nous n’avons pas besoin d’attendre quelque chose de ceux qui prétendent nous « gouverner »: faisons, agissons, dès maintenant sans attendre d’avantage. 

L’ultralibéralisme est l’ennemi à abattre parce que c’est lui qui a engendré un endettement croissant des Etats. Les Etats ont ainsi organisé, comme Macron le fait en France, un transfert massif de l’argent public issu des impôts vers le système bancaire principal détenteur du capital. En France, les deux tiers de l’impôt sur le revenu financent les intérêts de la dette!

Les Etats sont devenus complètement dépendants des marchés financiers par la « dette » et sont contraints de continuer à emprunter à ces mêmes marchés financiers, assurant à ses derniers une béatitude éternelle sur le dos de ceux qui alimentent par leurs impôts, ce monstre esclavagiste.

Les agences de notations veillent à ce que les Etats ne puissent pas s’écarter de l’orthodoxie idéologique de l’ultralibéralisme: une dégradation entraîne aussitôt « une hausse des taux d’intérêts de l’emprunt obligé!» 

C’est un mécanisme de vampirisation efficace qui a été organisé par le système financier capitaliste parasitaire. Ce sont donc les organismes bancaires qui décident quelle politique les Etats doivent appliquer: un comble absolu!

Toutes les politiques sont décrédibilisées. Les hommes politiques pratiquent obligatoirement la trahison, puisque pour être élus, ils ont besoin de promettre le mieux aux électeurs en les trahissant aussitôt élus, puisqu’ils ne peuvent rien faire sans la permission du système financier bancaire auquel ils doivent obéissance…

De là vient que le peuple ne veut plus des politiques qui le « représentent »: il veut gouverner lui-même par une démocratie directe!

C’est absolument logique et le point de rupture entre le peuple et la puissance bancaire qui veut garder son pouvoir totalitaire sur les sociétés!

De plus, la marchandisation s’est généralisée, jusque dans le domaine de la subjectivité humaine. C’est le système financier qui a supplanté l’économie: la finance n’est plus du tout au service de l’économie, c’est l’économie qui est au service de la finance. On a là un inversement pervers du couple « économie/finance ». La finance est dominante et elle fait la pluie et le beau temps à son gré, au gré des fluctuations boursières et des purs intérêts du Capital, quant à eux ne se souciant absolument pas de la condition humaine liée à la réalité économique.

Les Etats se trouvent piégés par la menace de la spéculation monétaire, le comportement pervers des marchés, la fuite des capitaux, la hausse des taux d’intérêt, la délocalisation des activités… C’est l’ensemble de ces mécanismes prédateurs qui bride les Etats et les tient sous leur domination.

Il s’agit donc fondamentalement de sortir absolument de la logique capitaliste, car on ne peut pas retrouver le « capitalisme » qui existait avant l’avènement de l’ultralibéralisme. Le capitalisme ne peut que produire ce qui nous détruit aujourd’hui en nous conduisant de plus au désastre écologique qui vient.

Le consumérisme compulsif avec l’obligation de la productivité est inhérent au capitalisme. La surenchère obligatoire et permanente du marchandisme, entraîne la catastrophe climatique qui va en s’accélérant rapidement. Il n’y a pas de capitalisme vert, une solution qui pourrait venir de la logique capitaliste. Toutes les énergies alternatives entraînent à leur tour de nouveaux problèmes écologiques à partir du moment où elles continuent de s’inscrire dans une logique productiviste, et c’est bien le cas…

Or, arrêter le productivisme dans la logique du capitalisme qui fait loi actuellement, équivaut à une chute spectaculaire dans la « crise » majeure, entraînant une autre catastrophe humanitaire inévitable. On est donc pris entre deux feux: celui de l’ultralibéralisme et celui de l’écologie, incompatibles entre eux.

Là où on en est arrivé, à cause de la logique capitaliste devenue l’ultralibéralisme, ne permet déjà plus d’arrêter le désastre à venir. Celui-ci aura donc lieu et il va détruire massivement les expressions diverses de la vie sur Terre. Seuls, ceux qui sont à l’écoute des règles de la vie sur Terre, pourront peut-être s’en sortir et constitueront un noyau de rescapés ayant l’obligation de repenser radicalement la façon de vivre de l’espèce menacée de disparition totale.

La question qui se pose à l’humanité présente, dit Jérôme Baschet, dans son livre « Une juste colère », éditions Divergences, 2019, est de « savoir si l’humanité parviendra à se débarrasser du capitalisme avant que celui-ci ne se débarrasse d’elle ! » 

Nous devons également nous rappeler ici, que le capitalisme n’est pas simplement une domination du monde de la finance à travers la consommation et la production marchande, c’est aussi une emprise sur tous les aspects de la subjectivité humaine, faisant de la vie des personnes une marchandise à plein temps. A cause de cela, les grèves et les manifestations ne sont plus suffisantes, il faut également concevoir la stratégie du « blocage », car le blocage fait échec à toute l’organisation capitaliste de la domination et de l’exploitation de l’homme comme marchandise…

C’est parce que le capitalisme a envahi les multiples aspects de la vie que le chômage de masse est apparu. Les chômeurs devenus légions ont rejoint les autres exclus du système et tous ensemble ils sont d’office condamnés à l’inexistence sociale.

Les citoyens se sont sentis radicalement dépossédés de leur droit d’exister décemment, de leur responsabilité, de leur souveraineté et de leur vie tout court. La réaction violente du gouvernement contre les Gilets Jaunes a prouvé que les personnes étaient massivement dépossédées de leur propre existence et empêchées de vivre normalement. Cela donne à la situation actuelle un caractère insupportable et parfaitement odieux qui ne peut que légitimer la réaction d’une résistance défensive proportionnée…

Chacun a le devoir de défendre sa vie. Si le gouvernement illégitime actuellement en place, se comporte comme un tyran, il va de soi que les citoyens ont le devoir de le traiter comme n’importe quel tyran: par l’élimination. Mais, avec lui, c’est le système tout entier qu’il faut radicalement éliminer.

Ce qui se passe donc actuellement dans la résistance des Gilets Jaunes, n’a rien à voir avec une pure et simple lutte des classes, et en particulier celle du prolétariat. C’est l’ensemble des citoyens qui est confronté à cette dépossession généralisée du droit d’existence décente.

Pour les « profiteurs d’en haut », ceux qui ne sont pas devenus eux-mêmes profiteurs avec ceux d’en haut, sont ceux qui « ne sont rien », dixit Macron.

C’est donc toute l’humanité qui est menacée par les « profiteurs d’en haut », ceux qui sont parvenus à « posséder une Rolex avant 50 ans », car la majorité des personnes formant l’humanité est radicalement dépossédée de son droit à une existence décente. C’est le capitalisme qui menace de détruire l’humanité: il faut donc s’y opposer sans attendre. 

Il ne s’agit plus de libérer le travail du capital, comme cela a été le cas dans la lutte des classes pendant longtemps, il s’agit aujourd’hui de se libérer de la tyrannie de « l’emploi », c’est-à-dire du « travail pénal », comme j’ai l’habitude de le qualifier, et non pas du travail créatif et réalisant…

L’asservissement des individus au travail pénal ou à « l’emploi » (en d’autres termes, à l’exploitation: les personnes sont « employées », utilisées et donc jetées dès qu’elles ne sont plus rentables) ne permet plus aux personnes d’accéder à une existence sociale décente et respectable. La résistance à l’économisme marchand, la destitution de ceux qui l’animent, la révolte et la sécession d’avec ce pouvoir prédateur, les initiatives de vie émancipée de la vision capitaliste des profiteurs d’en haut, doivent ensemble déboucher sur une réappropriation de tout ce qui explique la dépossession actuelle généralisée du droit à une existence décente. C’est là que les peuples ne doivent pas attendre quelque chose des gouvernants. Ils doivent gouverner eux-mêmes, ce qui présuppose le renversement de ce système mis en place par les « profiteurs d’en haut ».

C’est la raison pour laquelle, seule une démocratie réelle est aujourd’hui l’objectif et le sujet majeur de la révolte généralisée. Il faut maintenant que s’installent l’auto-organisation des villes et villages et l’autogouvernement des régions. Il s’agit de « décoloniser les provinces », comme le dit Michel Onfray, de généraliser les assemblées populaires; plus de « représentants » politiques. La dépossession de la souveraineté politique des citoyens doit cesser. 

Ces assemblées populaires doivent organiser la vie collective, émancipée de l’étatisation, sans tarder et sans perdre son temps dans des palabres interminables, au niveau des villages, des quartiers, des communes qui se fédéreront en régions auto gouvernées.

Les exemples ne manquent pas : nous avons déjà évoqué dans des articles précédents, le cas de la Commune de Paris en 1871, le cas de Marinaleda en Espagne, qui est une expérience avérée, fonctionnant depuis 1977, le cas du Val-de-Suse en Italie, le cas du Chiapas au Mexique qui a 25 ans d’expérience, le cas de Tarnac dans le Limousin, le collectif « Notre Dame des Landes »…

Nous avons largement exposé le cas du Chiapas comme exemplaire pour le projet des Gilets jaunes. Au Chiapas, « le peuple dirige et le gouvernement obéit ». C’est le peuple qui a décidé de se constituer comme gouvernement, sans demander l’avis du « gouvernement » mexicain en place. Pour cela il a constitué une « armée populaire de tradition zapatiste» capable de faire entendre au gouvernement mexicain qu’il ne devait pas l’empêcher de conquérir la démocratie!

Toutes les décisions générales doivent être prises en accord avec les assemblées locales. L’expérience du Chiapas démontre que les initiatives qui sont prises sans l’avis des assemblées locales sont toutes vouées à l’échec. On pourra se référer à l’article déjà publié sur « le Chiapas exemplaire », dans www.mondialisation.ca du 30 septembre 2019 et aussi à la synthèse de Jérôme Baschet dans son livre « Une juste colère », éditions Divergences, 2019, pages 80-86.

Les Français ont une capacité collective à s’autogouverner et cela légitime la destitution des pouvoirs étatiques en place. Le système politique « représentatif » était basé sur l’affirmation que le peuple est ignare, « il ne sait rien et surtout pas ce qu’il veut »; il est synonyme d’anarchie. Le régime « représentatif » implique une infantilisation des citoyens et une organisation qui les dépossède de leur souveraineté politique. Une vraie démocratie implique la souveraineté réelle du peuple. De cette manière, le pouvoir n’est plus une expression de la psycho pathologie humaine, (une perversion qui prétend être légitime et qui au nom de cette gageure s’exerce sur le peuple), il devient le « pouvoir de faire ». Il est clair que cette autonomie du pouvoir venant d’en bas élimine en soi les impératifs capitalistes imposés aux gouvernements qui s’imposent aux peuples depuis l’en haut des « élites » au service des intérêts financiers dont elles profitent elles-mêmes.

C’est une logique des espaces libérés de la mainmise des impératifs de l’économisme marchand que nous voulons mettre en place. Le démantèlement complet du système productif marchand doit faire place à un imaginaire créatif important pour ne pas simplement faire marcher un nouveau système de propriété même s’il est conçu au bénéfice de tous. Ce qui devra être produit n’est pas seulement déterminé par la question des « besoins », mais aussi par les décisions des assemblées communales concernées et qui impliquent une organisation collective… Ce qui doit se substituer à la valeur marchande, c’est le « bien vivre » explicité par Evo Morales en Bolivie et les communautés amérindiennes. Il ne s’agit pas de vouloir toujours « mieux vivre », ce qui entraîne le productivisme, il s’agit de « bien vivre ». Le « bien vivre » des humains s’éprouve, se vit, s’expérimente à travers l’existence de chacun. Le « bien vivre » met en échec la logique de l’économisme marchand, grâce aux espaces libérés de la tyrannie capitaliste dans sa forme actuelle ultralibérale. Ces espaces émancipés et libérés de la logique marchande vont devenir la seule organisation capable de résister au désastre écologique final qui vient. Certes, l’organisation mafieuse et violente du monde capitaliste tentera de s’imposer à ces expériences nouvelles. C’est pourquoi, le peuple doit être prêt à se défendre même avec les armes contre ces pouvoirs mafieux esclavagistes. « … La multiplication des espaces libérés et la perspective d’un blocage généralisé du monde » (Cf., J.Baschet, op.cit. page 97) de l’économisme marchand, sont complémentaires. La communauté de destin n’est pas un « nous » homogène, c’est un « nous » multiple, un ensemble qui fonctionne avec les différences et donc les complémentarités.

Il ne s’agit en aucun cas d’opposer une conception de l’individuel avec une conception du collectif. La propagande ultralibérale dit que seul l’individuel est libre alors que le collectif ne peut être envisagé que comme renoncement à la liberté individuelle et à la singularité. En réalité les singularités individuelles ne peuvent s’exprimer que grâce à la complémentarité des multiples formant un collectif coopératif. De même, selon la culture judéo chrétienne, l’homme serait en dehors de la nature et supérieur à la nature, le représentant du créateur de la nature se plaçant au-dessus de la nature. C’est ce qui l’a amené à saccager la nature, à dominer la nature, à l’exploiter et à la polluer. (Cf., Eugen Drewermann, « Le progrès meurtrier », éditions Stock, 1993) Il s’agit également de récuser ce fondement culturel désastreux et considérer que la Terre ne nous appartient pas, puisque c’est nous qui appartenons à la Terre.

Le monde que nous devons créer est un monde qui intégrera la pluralité des mondes (*). Les lieux sont singuliers et il y a une manière spécifique de les habiter. « Le bien vivre est un principe commun qui ouvre à la multiplicité de ses formes concrètes, en fonction de la diversité des lieux et des trajectoires des collectifs concernés. » (Cf., J.Baschet, op. cit., page 109)

(*) note de R71: ce que nous appelons avec Gustav Landauer, la “société des sociétés”.

Conclusion

Le capitalisme doit être aboli radicalement, car il est en soi biocide, écocide, pathologique et foncièrement humanicide, dit Jérôme Baschet dans son livre « une juste colère » (page 112 et 113). C’est le fanatisme productiviste de la marchandisation qui nous conduit à la destruction. Il n’y a pas d’autre solution que de rentrer en guerre contre cet économisme marchand. La solution n’est pas dans le fait de s’emparer de l’État et de le transformer, mais elle est dans le fait de libérer des espaces d’autonomie complète, permettant de sortir de toute dépendance avec cet économisme marchand. Bloquer tout ce qui permet de nous tuer et de nous déposséder de tout est la voie obligatoire de la résistance présente et urgente. Multiplier les « espaces libérés » ne sera pas suffisant. Il faut également intensifier les soulèvements et les blocages afin de ruiner cette entreprise de destruction qu’est l’économisme marchand.

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

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Gilets Jaunes résistance politique: Compte-rendu de la manif / action sur Rouen du 21 décembre 2019

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Tout le pouvoir aux Ronds-Points !

 

CR manif GJ Rouen

 

GJ du Rond-Point des Vaches

 

22 décembre 2019

 

Bonjour,

Belle manif en ce samedi 21 décembre. Départ place du Général De Gaulle alias place des Gilets Jaunes… allons place St Marc puis général Leclerc, désir commun de tourner et de remonter la rue Jeanne d’Arc, l’artère principale du centre… à la hauteur de la rue du Gros Horloge… là… un peloton de mobiles… face à face… nous bravons en scandant  : « laissez nous passer »… et autres désirs de continuer la manif… avance des gens d’armes… résistance, refus de partir… on reste en nombre, gens du commun parmi eux beaucoup de G.J. et de syndiqués… grande mobilisation de gens d’armes, policiers et baqueux… gazeuses poivrées et avancée des F.O… résistaaaaance.. une copine tombe, malaise, une autre a une crise de tétanies… un copain arrêté ( ils l’ont relâché peu après paraît-il ) … un lent repli s’opère…

Je relève dans un compte redu de « Rouen dans la rue » à propos de la manif de mardi cette navrante inversion quand ils écrivent : » Déception immense ( ils parlent du fait de ne pas être montés à la gare où il n’y a d’ailleurs personne mais symbole quand tu nous tiens )  donc pour ceux qui mettent leur corps en jeu pour amorcer la conflictualité nécessaire à cette lutte ».

Première remarque : un vrai terme macronien çà « conflictualité », on veut se la jouer  communiquant !  un face à face, voire un affrontement peuvent se révéler judicieux et ils sont l’oeuvre de la manif elle-même, pas forcément l’ oeuvre de quelques-uns qui s’autooctroient la marche à suivre…. il n’y a aucune  » déception immense » ( on est toujours au théââtre là! ) , vous tentez et çà marche pas alors basta ! Nous avons été quelques g.j pendant plusieurs manifs à orienter, par un bavardage assidu et spontané, l’orientation improvisée des parcours et cà marchait bien… on était pas toujours d’accord sur la gauche ou la droite mais le désir était partagé…et aujourd’hui il le fut de nouveau et pas seulement avec des G.J !

Ils écrivent plus loin : » la force de ce mouvement réside peut-être dans les actions de blocage, dans la nuisance réelle des grèves des secteurs clés et dans les rencontres entre ceux qui décident d’agir ensemble ». tiens donc la conflictualité est nécessaire mais l’agir ensemble dans les blocages, voire pour certains dans les grèves, çà c’est peut-être!!!!!! la force de ce mouvement ! La force de ce mouvement réside nécessairement dans les rencontres possibles entre gens du commun, c’est l’événement social même !

Vous essayez de plaquer votre idée de la manif, de ce qu’elle doit être sans la ressentir, sans la vivre, sans prendre le temps des rencontres possibles ! « Nécessaire »! « Nécessaire » est-ce que nous G.J. on a des gueules de nécessaire ?

Et pour finir une info de la legal team de Paris

https://www.gj-magazine.com/gj/interdit-de-manifester-pendant-6-mois-et-sans-proces-le-dernier-coup-tordu-contre-les-gilets-jaunes/

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

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Au-delà de la grève générale… vers la société des sociétés, à bas l’État, la marchandise et le salariat !

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… Expropriatrice !

 

Allons au-delà de la grève générale*

 

Paris-Luttes Infos

 

18 décembre 2019

 

url de l’article:

https://paris-luttes.info/allons-au-dela-de-la-greve-13121?lang=fr

 

(*) Note de R71: Au-delà de la grève générale, c’est non seulement la grève générale illimitée et expropriatrice, mais c’est surtout emprunter la seule voie possible vers la société des sociétés et des communes libres confédérées: A bas l’État ! A bas la marchandise ! A bas l’argent et à bas le salariat !… Qu’on se le dise !..

 

Nous y sommes : nous avons passé le 5 et le 17 décembre 2019, nous avons débuté des blocages dans tout le pays ! Première victoire. Néanmoins, nous n’avons pas encore les conditions d’une victoire totale. Certes, le gouvernement pourrait reculer sur la réforme des retraites… Mais que gagnerions-nous ?

Au mieux, un système de retraite par répartition qui contrebalance des cadences de travail effrénées. Aucun changement pour la Santé en grève depuis des mois ; aucun changement pour les précaires intérimaires pour qui « grève » rime avec « perdre son boulot de deux mois et le chômage des deux mois suivants ». 

Et que dire de ces cortèges syndicaux où l’on se met bien en rang derrière les lignes de policiers, que dire de ces AG dont la lourdeur bureaucratique plombe nos journées ?

Nous souhaitons ici critiquer pour aller plus loin que nos routines et nos prêts-à-penser, pour nos camarades, nos ami·e·s, nos copain·ine·s, et donner envie de s’organiser dans la grève et en dehors.

Au-delà de la retraite : un Pacte des grévistes

La mobilisation actuelle ne porte qu’une seule revendication : le retrait de la réforme sur les retraites. Ou, au mieux, la retraite à 60 ans à taux plein. Nous acceptons un terrible compromis avec le capitalisme : « Tuez-vous à la tâche et l’on vous libèrera plus tard, si vous survivez jusque-là ! »

Bon nombre de précaires ne songent ni à la retraite ni à la défendre : car comment songer à la vie après 60 ans, quand le quotidien est déjà une bataille ? 

Comment songer à une retraite quand la France refuse de te régulariser ? 

Et est-ce qu’une victoire sur la réforme des retraites augmentera le nombre de lits dans les hôpitaux publics par exemple ?

Devons-nous rappeler les revendications des secteurs en lutte dans ce mouvement ? 

L’éducation et la réforme du bac, la grève depuis des mois dans les urgences et chez les pompiers, le droit de retrait des cheminots pour s’opposer à la suppression des agents d’escales, et la liste est encore longue : tous ces secteurs étaient mobilisés bien avant la lutte contre la réforme des retraites et nous l’avons comme oublié. Aujourd’hui, nos camarades de la Santé ne souhaitent pas s’inscrire dans une convergence des luttes, pour que leurs revendications ne se dissolvent pas dans la revendication unique. 

Nous devons faire ce constat : oui, les revendications issues de nos combats disparaissent au détriment d’une pseudo-convergence des luttes. Et tant que cette situation perdurera, tous et toutes, nous perdrons tout.

N’avons-nous rien appris de Nuit debout et des Gilets jaunes ? 

Ces deux mouvements ont produit de multiples tribunes, des pots communs de revendications dans lesquels chacun·e pouvait piocher. 

Pas de représentants et rien à négocier : à nos ennemis de nous convaincre d’arrêter de lutter !

Parce que le mouvement actuel s’inscrit dans une grève générale de plusieurs secteurs déjà en lutte, nous souhaiterions la création d’un Pacte entre grévistes. Nous proposons :

  • Qu’un pot commun de revendications soit créé.
  • Que chaque nouveau collectif de grévistes rajoute ses revendications spécifiques à ce pot commun.
  • Que la grève se perpétue jusqu’à ce que toutes les revendications de ce pot commun soient acceptées.
  • Que nous n’ayons rien à négocier : car c’est aux patrons et à leur gouvernement de se plier à nos exigences.

Par ce pacte, chaque secteur en lutte pourrait compter sur les autres pour porter ses revendications. Les salarié·e·s d’entreprises privées, d’associations pourraient rentrer dans la bataille en se sachant soutenu·e·s par de plus gros secteurs. Nous sortirions de l’unique revendication sur les retraites et attirerions de nouvelles personnes dans la grève. Et en gagnant, nous gagnerions tout, sur tous les fronts, au même moment.

Au-delà des syndicats, de leurs cortèges et de leurs AG

Aujourd’hui, comme si le mouvement contre la loi Travail et les Gilets jaunes n’avaient jamais eu lieu, nous déléguons aux intersyndicales la responsabilité de déposer un trajet de manifestation et de l’amender selon le bon vouloir de la préfecture. Et nous allons gaiement dans ces cortèges sans proposer grand-chose d’ailleurs.

Ce problème est criant à Paris : la grève des transports et le « culte du chiffre » de manifestant·e·s, que les centrales syndicales portent, nous obligent quand on est en région parisienne, à monter sur Paris, en bus à pied à vélo, et à s’épuiser sans construire localement.

Plusieurs appels proposaient de manifester dans nos villes et villages, à ne pas rejoindre un seul grand cortège, mais à déambuler avec plusieurs cortèges pour multiplier l’impact économique et être vu·e·s de partout…

Devons-nous rappeler l’inutilité d’être un million sur un boulevard bordé de flics ?

Giletjaunons la grève ! La spontanéité est ce qui nous manque le plus

Des assemblées générales de grévistes se sont mises en place par secteur de travail ou interprofessionnel, par lieux de travail ou par zone géographique. Ces AG ont permis au 5 décembre de naître et à la grève de durer.

Mais pour légitimer ses actions, tout doit y être voté, parfois à l’extrême : 

« Est-ce que l’AG autorise telle action qui ne se fera peut-être pas ?
Est-ce que l’AG autorise tel·le·s personnes à être dans telle ou telle AG lointaine
 ?
Et moi, qu’est ce que j’y fais, oh pauvre humain corruptible
 ? » 

L’on délègue sa responsabilité à une haute instance, l’Assemblée locale souveraine, Petit Dieu de la Révolution, Porteuse de la vérité collective et Dé-faiseur de rois.

Non : l’organisation collective doit se fonder sur des petits groupes porteurs d’actions et de revendications. Ni déesses ni maîtresses de nos destins collectifs, les assemblées doivent être de simples caisses de résonance de toutes les mouvances qui la composent, avec leurs contradictions : nous ne devons pas chercher de consensus. Et entre nous, disons : « Qui aime nous suive ! » plutôt que : «  Qui est pour, qui est contre, adjugé vendu ! » 

Enfin localement, les unions locales syndicales doivent laisser de la place aux autres groupes affinitaires, jusque dans l’organisation matérielle et financière des bourses du travail (plan d’impressions, financement des tracts, etc.).

En résumé sur ce point :

  • Des millions de cortèges partout ! Pas des millions de moutons quelque part !
  • Nous sommes ensemble… en n’étant pas d’accord entre nous, et en le disant bien fort !

Notre horizon : nous organiser partout par nous-mêmes, pour nous-mêmes

La grève générale n’est pas une modalité d’action anodine : elle n’a pas pour finalité la victoire dans un secteur précis ni sur une loi précise. Arrêter le travail toutes et tous ensemble au même moment abolit nos habitudes, nos règles, nos lois et nous oblige à reconstruire autre chose.

Mais que voulons-nous construire ?

N’oublions pas que le blocage des raffineries n’aura d’impact que dans deux mois, quand les stocks de pétrole en réserve seront vides. Il nous faudrait tenir jusque-là, et alors que ferions-nous ?

Macron et son gouvernement pourraient ne rien lâcher, et dans ce cas notre seule victoire possible ce serait de profiter de la grève pour tout changer, sans leur avis.

Si nous revenons au travail, ça sera pour le transformer.
Sortons des rapports marchands et mettons en place de la gratuité dans un maximum de secteurs.

Note

Autogestion partout !

Note de R71: Autogestion oui, mais pas pour gérer la merdasse du capital et de l’État . Vive les Communes Libres !

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


Tout le pouvoir aux Ronds-Points !…

Contre l’imposture traîtresse de la hiérarchie syndicale… GiletJaunissons la grève : Tout le pouvoir aux ronds-points et aux conseils des travailleurs !

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 12 décembre 2019 by Résistance 71

 

 

Déclaration de l’AG des Gilets Jaunes de Belleville

 

9 décembre 2019

 

Source:

https://www.platenqmil.com/blog/2019/12/10/une-greve-gilet-jaunee

 

Une grève gilet-jaunée. Voilà la belle surprise de ce jeudi 5 décembre, les trois quarts des centaines de milliers de manifestants (un million et demi dans toute la France, 250 000 à Paris !), lycéens, étudiants, enseignants, travailleurs, chômeurs, grévistes qui ont marché en dehors des syndicats l’ont fait en criant à tue-tête des slogans gilets jaunes. Et, surprise encore, même dans le cortège syndical arrivant finalement avec ses ballons à 20h sur la Place de la Nation (après être parti six heures plus tôt de la Gare de l’Est !), ce sont les classiques chants des Gilets jaunes que l’on entend, à commencer par « Ré-vo-lu-tion ! ». La détermination des Gilets jaunes a fini par imprégner la société toute entière, et en 2019 c’est le dernier style de la contestation. C’est un bon début, mais il manque encore le versant pratique. En particulier ce prodige que constituent la multiplication, la divergence et l’exploration des manifestations sauvages.

Une convergence a déjà eu lieu. C’est la révélation du jeudi 5 et du vendredi 6 décembre au terme d’assemblées générales où l’on a pu mesurer la distance qui sépare les pratiques horizontales des Gilets jaunes et la logique de représentation corporatiste. Un Gilet jaune prend la parole à St Lazare après des prises de parole successives de travailleurs en lutte (enseignants, cheminots, ratp, etc.) : « Pour moi le mouvement des Gj c’est déjà la convergence, c’est un mouvement où il y a des jeunes, des plus anciens, et tous les corps de métiers représentés. Ce que je vois en face de moi, c’est pas des enseignants, des cheminots, c’est des humains ! Et c’est ce qui me plaît ici, c’est de voir des personnes différentes. Maintenant je préfèrerais vous voir devant l’assemblée ou devant l’Elysée. »

C’est ce chemin qu’il reste à faire ! Mais d’abord, il faut bien comprendre que les Gilets jaunes ne se définissent pas par leur profession, ils ne se définissent pas par ce qui les asservit, mais par ce qui les enrichit, par le fait d’être en lutte, par ce sentiment d’appartenir à une communauté d’humains qui partagent un même but, une même finalité. C’est cette force, ce sentiment unitaire qu’il nous faut arriver à partager avec tous.

Ils vont nous la faire à l’envers. Tout le monde, les syndiqués comme les non-syndiqués s’accordent à dire que les représentants des syndicats « vont nous la faire à l’envers », ajoutant : « comme d’habitude ». Nous sommes prévenus. De longue date. Et nous ne les laisserons pas faire.

Désectorialiser la grève. Pour cela, il nous faut faire dérailler le train-train de la négociation syndicale que tentent d’installer médias et gouvernement. Allons dans les AG professionnelles pour les désectorialiser. Créons des assemblées fondées sur la démocratie directe. Créons des lieux ouverts, créons des QG. Généralisons la critique ad hominem de toute forme de représentation comme les Gilets jaunes l’ont fait sur les politiques et les journalistes.


Tout le pouvoir aux ronds-points !

Faisons de décembre 2019 l’aboutissement et la réalisation de décembre 2018.

Pour le retrait de la loi sur les retraites !

Pour la justice fiscale, sociale et pour la démocratie directe !

Pour des lieux publics de rencontre et de délibération !

Dissolution de l’assemblée ! Macron et ta clique, dégagez !

Assemblée des Gilets jaunes de Belleville (9 décembre 2019)

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


L’émancipation réelle c’est: A bas l’État,
A bas la marchandise, A bas l’argent, A bas le salariat !

Grévistes en colère: « Bureaucrates, hors de nos grèves ! »

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 9 décembre 2019 by Résistance 71

Nous ne sommes pas les seuls à le dire loin s’en faut, mais il est vital de considérer ce fait évident: toute grève encadrée l’est par des foies jaunes qui bouffent depuis des lustres au râtelier du système et pour eux, la soupe est bonne…

Tout mouvement de grève encadré n’est que la mise de la lutte émancipatrice dans la nasse du réformisme.

Non pas que la base soit corrompus, mais la hiérarchie l’est, immanquablement et le texte ci-dessous est éclairant là dessus pour ceux/celles qui l’ignoraient encore.
Pour être vraiment efficace et peser : grève générale illimitée et expropriatrice, c’est à dire que les travailleurs reprennent les rênes du travail et produisent biens et services pour la communauté, en direct, et non plus pour soutenir ce système de la dictature marchande, du profit et sa clique de parasite (sortie de l’aliénation). Les conseils ouvriers italiens anarchistes de 1920 ont fait trembler le système de la sorte pour n’être trahi que par la fange habituelle des foies jaunes de partis, “communistes” en tête.

Quand on négocie, on est d’accord sur le principe du système dans lequel on évolue. Là doit se situer la grande rupture. La victoire émancipatrice ne peut venir qu’en dehors de l’État et de ses institutions, en dehors de la dictature marchande qui les régit depuis quelques 200 ans, en dehors des concepts monétaires et en dehors de l’esclavage salarial. Le but n’est pas d’améliorer cette merdasse immonde et contre-nature, mais de la supprimer sans espoir de retour.

Tel est l’enjeu, tout le reste n’est que favoriser le renforcement du système qui phagocyte toutes les luttes menées sur son terrain. Nous ne devons plus jouer cette partie sur leur terrain, mais sur le notre. Le nombre, l’organisation organique et la détermination sont notre force, même si pas encore bien comprise.

C’est la seule issue pour nous émanciper de cette société du vampirisme marchand et de pouvoir enfin vivre et mon plus survivre avant la mort.

Qu’on se le dise !

~ Résistance 71 ~

 


« A bas les grèves réformistes des impostures marchandes »

 

Bureaucrates hors de nos grèves !

 

Grévistes en colère

 

7 décembre 2019

 

source:

https://paris-luttes.info/bureaucrates-hors-de-nos-greves-13041?lang=fr

 

Impressions et analyses d’un gréviste sur comment se départir des bureacrates syndicaux afin de mener le mouvement vers la victoire.

Ayant déjà été grévistes en 2010 lors de la précédente réforme des retraites, qui, faut-il le rappeler, a été un flop énorme, et a épuisé la plupart des personnes l’ayant vécu, leur a brisé le moral jusqu’en 2016 où les têtes ont commencé à se relever, nous tenons à mettre au point un certain nombre de choses.

1-Le droit de grève étant encadré en France, nous ne sommes pas libres de faire grève quand nous le souhaitons. Le public et le privé sont pris en otage (pour une fois que c’est vrai) par les directions syndicales qui posent les appels nationaux, « couverture légale » de tout mouvement de grève.

Le privé peut se mettre en grève dès qu’il le souhaite, à condition d’être deux grévistes dans une boite : à moins d’un rapport de force particulièrement élevé, inutile de dire que c’est compliqué.

Le public doit attendre le bon vouloir des directions syndicales, même s’il y a des préavis tout le temps, absolument pas coordonnés : ah ouais c’est vrai, si on était coordonné·e, peut-être qu’on pourrait gagner, merde alors.

Jeudi, c’était le cas : grévistes partout, boulot nulle part, en plus pas de transports, tant mieux pour tout le monde.

Vendredi, déjà, les gens commencent à bafouiller : les buros sont de nouveau de sortie en AG pour nous expliquer que jeudi et mardi, c’est deux jours consécutifs. Comment faire passer des journées éparses pour une grève illimitée…


C’est pourquoi nous souhaitons que les gens arrêtent leurs salades : tout le monde veut une grève illimitée, qui sera notre seule chance de faire reculer les porcs qui veulent nous faire travailler jusqu’à la mort.

2-Comme la grève, ça coûte cher, et que tout le monde crève déjà la bouche ouverte, la question des caisses de grève se pose : qui parle de caisse en ligne, de demander l’aumône dans le métro (dommage, y en a plus), de faire des gâteaux et du vin chaud, etc., etc.


Nous tenons à rappeler que les syndicats ont des thunes pour ça et qu’elles ne sont pas réservées aux syndiqué·e·s, mais aux grévistes. Nous serions bien naïf·ve·s de laisser les syndicats contrôler ces caisses et avons besoin de caisses autonomes
 !

3-Retour des AG, retour des buros : les méthodes n’ont pas changé, on tient le crachoir, tout le monde est d’accord dans un consensus flou, toute parole est immédiatement lissée, policée. Bientôt le retour des invisibilisations, des limitations du temps de parole voire des intimidations verbales ou physiques envers les personnes qui parlent d’organisation sérieuse,

Il est nécessaire, dans toutes les AG, que les gens soient conscient·e·s des tours de passe-passe des habitué·e·s de la parole : qui récupère les numéros de téléphone et les mails et contrôle les informations diffusées, qui veut mettre tel mot à la place de tel autre, qui veut imposer son agenda syndical ou politique, qui veut proposer tel mode d’organisation, commission dans un but de contrôle, etc., etc.

Tous ces micmacs n’intéressent personne, on n’a pas le temps : tout ce qu’on veut, c’est décider ensemble, de nos actions, de nos moyens de faire grève, donc pression.

Que les bureaucrates fassent attention : on n’est pas prêt·e·s à se faire rouler de nouveau dans la farine !

À bon entendeur·euse·s, salut

Des grévistes qui en ont marre de se faire déposséder de leur lutte.

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

En amont du 5 décembre… A bas l’État, à bas la marchandise, à bas l’argent, à bas le salariat ! Seul chemin de l’émancipation politique et sociale….

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A bas l’État, à bas la marchandise, à bas le salariat !
Manifeste contre le travail

 

On se crève au travail, que crève le travail !

 

Paris-Luttes Info

 

27 novembre 2019

 

url de l’article orignal:

https://paris-luttes.info/on-se-creve-au-travail-que-creve-12952?lang=fr

 

S’il est essentiel de lutter à partir du 5 décembre contre la réforme annoncée des retraites, notre réplique ne saurait s’en tenir à des luttes conjoncturelles visant simplement à sauvegarder l’existant. Puisqu’il est vain de mal vivre aujourd’hui pour survivre à peine demain, réaffirmons que le cœur de la lutte doit bel et bien viser le travail qui, sous ses formes actuelles, ne peut être autre chose qu’une violence et un renoncement.

Pourquoi lutter à nouveau ?

Si nous serons dans la rue le 5 décembre, ce ne sera pas par plaisir de taquiner le pavé, par goût des promenades de santé sous la flotte de décembre, par atavisme militant ou habitude grégaire, par amour du folklore ou par pulsion de sacrifier une journée de salaire.

Pourquoi donc lutter à nouveau ? Parce que ce vieux monde est puant et va l’être encore davantage. Parce que nous refusons déjà cette piteuse retraite à 62 ans et que leurs 64 ans sont toujours le plafond de l’espérance de vie en bonne santé. Parce que cette réforme permettrait à nos chefaillons à venir de trafiquer la valeur des points au gré de leurs lubies budgétaires. Parce qu’en substituant au décompte actuel un système fondé sur l’ensemble de la carrière, on flinguera les plus précaires, les carrières hachurées, les temps partiels, les salaires de rien du tout – et, bien sûr, ce sont encore les femmes qui trinqueront les premières. Parce que les bouffeurs de homard pourront toujours placer leur épargne-retraite et — comme s’ils n’y avaient pas pensé tout seuls comme des grands — y seront même invités par d’appétissants avantages fiscaux. Parce que les massacreurs de la police et de l’armée, dont l’État compte bien se servir pour continuer à nous éborgner et exhiber leurs fusils d’assaut, snipers et autres joujoux d’apparat, sont les seuls exemptés de cette réforme de misère. Parce qu’une triste raison comptable d’État nous condamne à baigner dans le régime du moins-disant social au nom d’une « crise » qui n’est même pas la nôtre, mais celle des possédants, de leurs abus, de leur luxe, de leur sale besogne de privatisation des profits et de mutualisation des risques et des pertes. Enfin, parce que cette réforme révèle dans sa naïve splendeur la vanité et l’hypocrisie de cette clique de lambins, aussi prompts à se gargariser du nom de « République » qu’à piétiner à coups de gros rangers et de mocassins à glands les principes mêmes dont ils se prétendent les héritiers, ceux qui inspirèrent en 1944 à quelques résistants un système de « retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ».

La grande abdication

Toute une clique de clowns éditocrates pour laquelle l’idée de « pénibilité » se réduit à faire chaque matin en SUV le trajet du 16e arrondissement de Paris à un studio du 15e, se faire maquiller et passer sa journée le cul sur une chaise à lire des notes préparées par d’autres, nous placera du mauvais côté de l’histoire. On dégobille déjà, sur ces plateaux criards, contre le « conservatisme » des « gens » (« les gens », ça veut toujours dire « les autres ») qui « vivent dans le passé », refusent de « s’adapter », de se « moderniser », d’aller dans le sens du « progrès », de la « flexibilité », d’adouber sans jacter les « réformes » aussi « nécessaires » qu’« urgentes ». Interdisons-leur l’emploi de ces mots creux : il ne leur restera plus grand-chose à bavasser.

Comme d’habitude, ils y entravent walou. Nous ne sommes pas conservateurs, nous ne vivons pas dans le fantasme d’années passées et dépassées. Si nous ne voulons pas du 2020 qu’ils veulent nous refourguer, ce n’est pas que nous nous idolâtrons 2019, 1944 ou 1936. Mais ces marchands de rien arrivent à faire passer leur soupe. Les partis de gouvernement et syndicats de service se mettent à leur traîne : abandonnant tout espoir, englués dans leur défaitisme, ils meurent au crédit de leurs renoncements. Ceux qui animent ces grosses machines résignées sont incapables de voir que s’ils échouent même à sauvegarder l’existant, à arracher le status quo, c’est parce qu’ils ont renoncé à envisager du progrès. Leurs slogans en carton ne veulent que le maintien du même, parce qu’ils ont oublié d’exiger du mieux ; ils ont déjà perdu, parce qu’ils partent toujours perdants. Et, mollement, s’alignent les défilés sclérosés avec option ballons et mots d’ordre sans gouaille, comme pour dire au pouvoir qu’on ne fait que passer et qu’on ne veut surtout pas avoir l’air de déranger. Quelle morne abdication, quelle raison tronquée que celle qui refuse d’imaginer du changement pour autre chose que pour le pire. Pour notre part, nous ne voulons pas vivre « comme avant », nous voulons vivre toujours mieux, vivre d’une vie pleine : et la vraie question ici reste celle du travail.

La valeur du travail

Enfumés par l’illusion de travailler pour notre salaire, c’est bel et bien pour eux que nous travaillons, que nous produisons de la valeur. Pas besoin de lire de gros livres pour savoir que c’est notre sueur qui paye leurs yachts, leurs vacances, l’école privée de leurs chiards et la clinique de leurs croulants. Que ce sont nos troubles musculo-squelettiques (et notre business postcolonial) qui font augmenter le patrimoine de Bernaud Arnault de 792 euros chaque seconde et offrent à Lafarge le loisir de se faire du biff avec Daesh. Que ce sont nos angoisses et notre impuissance qui permettent aux banques de se faire chaque année 7 milliards d’euros sur nos seuls incidents bancaires — les sans-dents, ça rapporte — et aux groupes du CAC 40 de redistribuer les deux tiers de leurs bénéfices aux actionnaires contre 5% à nos gueules. Que ce sont les efforts de « ceux qui ne sont rien » qui autorisent les capitalistes à penser qu’ils sont tout. Qu’on claque un « pognon de dingue » pour traquer 60 millions de fraudes au RSA et qu’on colle de la ferme aux affamés pour un vol de sandwich en supermarché, sans se remuer pour les 3 milliards de fraudes fiscales de ceux qui ont eu la bonne idée de « traverser la rue » pour se payer un costard. Le tout avec son cortège d’humiliations, de harcèlements, de douleurs : celle de la caissière qui trimballe l’équivalent d’un éléphant chaque jour, celle du livreur à vélo qui se bouffe une portière par semaine, celle de la fille d’un suicidé de France Télécom à laquelle un patron avarié n’a rien su répondre d’autre que « c’est la faute de la dette » quand elle lui balançait, sévère et digne, dans la salle d’audience : « Vous avez tué mon père ».

Mais c’est aussi notre travail qui engraisse l’État, les policiers qui nous tabassent, les huissiers qui viennent nous soutirer notre télé ou notre baraque, les juges qui nous collent en zonzon, les profs qui nous hiérarchisent, les députés qui chouinent de devoir manger des pâtes parce qu’ils ne touchent que 5 000 euros par mois, les militaires qui vont bombarder des gens dont nous ignorons tout, sans qu’on nous demande notre avis, jusqu’au jour où on les retourne contre nous. Tous ceux-là vivent de nos misères, et pourtant ils sont nos maîtres. Encore et toujours, tout est à nous, rien n’est à eux.

La valeur-travail

Mais le fond de l’arnaque, le truc par excellence, c’est qu’ils veulent nous faire travailler — sans quoi ils n’existeraient pas, et leur indécence non plus. Nous avons une productivité telle qu’il n’y a pas 500 000 offres de travail pour dix fois plus d’inscrits chez Pôlot. Il y a bien longtemps que nous n’avons plus besoin de trimer autant pour produire à la hauteur de nos « besoins », même délirants. Si nous continuons à nous éreinter, c’est parce le travail a été érigé en vertu, en valeur, en obligation morale. Parce que le travail est la meilleure école de discipline et d’obéissance, d’ordre et de hiérarchie. Le labeur salarié est un labeur de serf ; un homme qui travaille est un homme dompté ; une femme au turbin est une femme acquise. Leur monde rafistolé ne tiendrait pas un quart de seconde si chaque personne ne travaillait plus que trois ou quatre heures par jour et occupait le reste de son temps libre à l’être réellement – et les mots ont un sens : c’est que le temps de travail est un temps d’esclave. Imaginez l’insubordination généralisée, si tous et toutes avaient les moyens de vivre une vie vraie, une vie d’humain. Voilà pourquoi ils nous ont imposé le travail comme unique modalité de réalisation de soi : c’est désormais en bossant qu’on doit devenir soi-même. D’où leurs team-building et afterworks avec des collègues qu’on ne peut pas piffer, leurs voyages de cohésion d’équipe et tous les petits dispositifs minables par lesquels ils essayent de nous faire croire que « le travail, c’est sympa ». Mais si l’on doit se réaliser par le turbin, c’est aussi par lui et en lui (amen) qu’on doit se définir : que l’on ose se présenter en soirée à des inconnus autrement que par son travail ; que l’on essaye donc de répondre par autre chose que par son travail à la question : « Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? ». Profession, piège à cons.

Tout cela n’est que magouille et pitrerie, puisqu’ils n’ont plus rien à proposer que des boulots de merde qui n’ont aucun sens, qui ne servent plus jamais à produire des choses vraies, qui nous aliènent même la fierté du beau geste ouvrier. Même ce qui produit du palpable perd son sens, dès lors qu’on élève des poulets ou fait pousser des tomates qui finiront dans une poubelle de supermarché (avec de la javel, pour ne pas casser les lois du marché), dès lors qu’on met la main à la pâte pour produire l’acier ou le plastique d’une trottinette électrique destinée à partir dans la Garonne avec son lithium pourri, après avoir trimballé la crème des imbéciles, prêts à payer 20 centimes la minute. Mais tout ça, désormais, il paraît que ce ne sont plus de vrais métiers : faut s’imaginer aussi, les types ils marchent dans la terre (alors que la terre c’est sale), ils bossent dans des usines (alors que les usines c’est sale), sans se rendre compte qu’ils pourraient comme tout le monde bosser en chaussettes dans un open space avec du top fun gazon artificiel et un patron-super-copain. Tout ça, c’est déjà un peu du passé, parce qu’on nous condamne à bosser au service d’entreprises elles-mêmes au service d’entreprises au service d’entreprises au service d’entreprises. Et ce néant n’est même pas le monopole du populo : on se demande toujours à quoi ça peut bien servir, un chief executive, un community manager, un chargé de projet en digital marketing ou un consultant en productique – et on espère qu’ils se le demandent aussi.

Mais au fond, le sens du travail est surtout un jeu truqué parce que nous n’avons qu’un seul travail, parce que tout est divisé, atomisé, spécialisé, et qu’il ne nous est pas donné de cultiver le matin, de fraiser l’après-midi et de chanter le soir sans jamais devenir cultivateur, fraiseur ou chanteur. C’est aussi un jeu truqué parce que nous avons le choix entre un surtravail débile qui nous arrache la vie, et un sous-travail stérilisant. Va donc te « réaliser au travail » en dormant quatre heures par nuit ou en jouant au Free Cell sept heures par jour. Et surtout, va t’y réaliser quand tu as sur le dos une clique de pseudo-experts sortis tout droit de leurs petites écoles de contremaîtres, qui viennent sous couvert de déconnades en franglish nous apprendre comment faire notre boulot.

Que crève le vieux monde !

Le 5 décembre et pour le reste de nos vies, on ne luttera pas pour la retraite « tout pareil qu’hier », parce qu’on ne marche pas dans la combine. On ne veut pas d’un « progrès » qui signifierait bûcher « un peu moins » comme un dératé, décaniller en faisant un cadavre « un peu moins » amoché, balancé entre quatre planches « un peu moins » cheap. On ne veut pas mal vivre aujourd’hui pour survivre à peine demain. On ne veut pas se sacrifier pour que nos enfants aient le droit de se sacrifier – de toute façon, ils ne viendront pas nous voir à l’EHPAD ces petits ingrats, ils auront trop à faire à payer leurs dettes, chercher une crèche, nourrir leurs mouflets, engraisser leur proprio et enterrer leurs rêves. À la lanterne donc, leur travail d’esclave qui, tel qu’il existe, ne peut être autre chose qu’une violence, un ennui, une dépendance, un sacrifice, à 64, à 44 et déjà à 24 ans. Nous voulons du travail qui ait du sens, qui ne sente ni la dèche ni la charogne, du travail par volonté et pas pour l’artiche, du travail qui ne soit plus la face visible de la lune alors que notre vraie vie végète dans l’ombre, du travail riche et pas du travail de riches, du travail qui nous fasse respirer, imaginer, labourer, gamberger, usiner, discuter, clouer, aimer, et tout ça dans la même journée : vingt-quatre heures, c’est long si on ne les use pas à larbiner. Ivres de rage et d’indignation, nos rangs seront serrés tant que n’aura pas crevé le vieux monde, tant qu’il y aura besoin de clamer, encore et encore, les beaux mots qu’Albert Libertad jetait déjà à la gueule des résignés de 1905 :

« Ô je hais la résignation !

J’aime la vie.

Je veux vivre, non mesquinement comme ceux qui ne satisfont qu’une part de leurs muscles, de leurs nerfs, mais largement en satisfaisant les muscles des faciaux tout aussi bien que ceux des mollets, la masse de mes reins comme celle de mon cerveau.

Je ne veux pas troquer une part de maintenant pour une part fictive de demain, je ne veux rien céder du présent pour le vent de l’avenir.

Je me moque des retraites, des paradis, sous l’espoir desquels tiennent résignés, religions et capital.

Je ris, de ceux qui accumulant pour leur vieillesse se privent en leur jeunesse ; de ceux qui pour manger à soixante jeûnent à vingt ans.

Je veux la joie pour moi, pour la compagne choisie, pour les enfants, pour les amis. Je veux un home où se puissent reposer agréablement mes yeux après le labeur fini.

Car je veux la joie du labeur aussi, cette joie saine, cette joie forte.

Je veux être utile, je veux que nous soyons utiles. Je veux être utile à mon voisin, et je veux que mon voisin me soit utile. Je désire que nous œuvrions beaucoup, car je suis insatiable de jouissance. Et c’est parce que je veux jouir que je ne suis pas résigné.

Il n’y a pas de Paradis futur, il n’y a pas d’avenir, il n’y a que le présent.

Vivons-nous !

Vivons ! La Résignation, c’est la mort.

La Révolte, c’est la vie ».

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Lectures complémentaires:

Alexandre_Skirda_Organisation_anarchiste_de_Proudhon_a_nos_jours

Voline_La_synthese_anarchiste

Murray_Bookchin_Ecoute_Camarade

Murray_Bookchin_Le_municipalisme_libertaire

Guy_Debord_La_societe_du_spectacle

Charles_Mcdonald_Anthropologie_Conferences-Causerie-et-Analyses

Charles-Macdonald_Anthropologie_de_l’anarchie

Friedrich_Nietzsche_La_morale_ou_la_contre_nature

L’essentiel-et-l’indispensable-de-Raoul_Vaneigem

Leducation-comme-pratique-de-la-liberte_Paulo_Freire_1965

Faire passer le proletariat pour fascisant_Francis_Cousin

Pierre_Kropotkine_La_Commune_de_Paris_PDF

Manifeste contre le travail

Un monde sans argent: le communisme

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie