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Réflexion politique: Un changement radical pose automatiquement la question de l’éducation… Vision critique avec Francisco Ferrer

Posted in actualité, altermondialisme, documentaire, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 9 avril 2019 by Résistance 71


Francisco Ferrer et l’école moderne…
fondée sur une pédagogie critique

 

La rénovation de l’école

 

Francisco Ferrer*

“L’école rénovée”, avril 1908

 

(*) Francisco Ferrer était un éducateur anarchiste catalan, fondateur de la “Nouvelle École” ou “École Moderne”, revendiquant un esprit critique afin de sortir l’éducation de l’étau religieux (catholique). Son école eut un certain succès et plus de 40 écoles ouvrirent et enseignèrent en Catalogne. Il fut arrêté, jugé et condamné à mort par l’état espagnol agissant pour l’église catholique et le Vatican, qui mit une forte pression sur le gouvernement espagnol pour arrêter cette hérésie des “écoles athées”. Le gouvernement fit fermer les écoles en 1907, mais Ferrer les réouvrit. Il fut fusillé dans la sinistre prison de la forteresse de Montjuich à Barcelone le 13 octobre 1909. 

Des écoles modernes ouvrirent leurs portes dans plusieurs pays dont les Etats-Unis.

Il est possible de faire un parallèle entre la mort de Ferrer et celle de Socrate dans la mesure où les chefs d’accusation qui menèrent à leur mort respective furent quasi-identiques: “la non-croyance en le(s) dieu(x) de la cité” et la “corruption de la jeunesse”… Connecter l’éducation et la pensée critique est on ne peut plus subversif et l’oligarchie le sait pertinemment, d’où sa persécution systématique des éducateurs critiques faisant le lien entre éducation et émancipation. Ferrer en est mort, le Brésilien Paulo Freire aurait été assassiné s’il ne s’était exilé après le coup d’état militaire de 1964. L’éducation est une affaire trop sérieuse pour la laisser à l’État…

~ Résistance 71 ~

 

Deux moyens d’action sont offerts à ceux qui veulent rénover l’éducation de l’enfance: soit travailler pour la transformation de l’école par l’étude de l’enfance, afin de prouver scientifiquement que l’organisation actuelle de l’enseignement est défectueuse et adopter des améliorations progressives; soit fonder des écoles nouvelles dans lesquelles s’appliquent directement des principes guidés par l’idéal que se font de la société et des hommes ceux qui réprouvent les conventionnalismes, les cruautés, les artifices et les mensonges qui servent de base à la société contemporaine.

Le premier moyen présente de grands avantages et répond à une conception évolutive que défendront les hommes de science et qui, selon eux, est la seule capable d’arriver à ses fins. En théorie cela est vrai et nous sommes disposés à le reconnaître.

Il est évident que les recherches en psychologie et en physiologie produiront d’importants changements dans les méthodes éducatives, que les professeurs, parfaitement capables de comprendre l’enfant, pourront et sauront adapter leur enseignement aux lois naturelles. Je suis même d’accord de dire que cette évolution se réalisera dans le sens de la liberté, parce que je suis convaincu que la violence est la raison de l’ignorance et que l’éducateur véritablement digne de ce nom, obtiendra tout de la spontanéité parce qu’il connaîtra les désirs de l’enfant et saura seconder son développement en lui permettant simplement de les satisfaire le plus possible.

Mais, en réalité, je ne crois pas que ceux qui luttent pour l’émancipation humaine puissent espérer beaucoup de ce moyen. Les gouvernements ont toujours veillé à diriger l’éducation du peuple et ils savent mieux que personne que leur pouvoir repose totalement sur l’école et que c’est pour cela qu’ils la monopolisent avec chaque fois plus d’acharnement. Le temps où les gouvernants s’opposaient à la diffusion de l’instruction et où ils essayaient de restreindre l’éducation des masses est révolu.

Cette tactique était possible avant, car la vie économique des nations permettait l’ignorance populaire, cette ignorance qui facilitait la domination. Mais les circonstances ont changé : les progrès de la science et la multiplication des découvertes ont révolutionné les conditions de travail et de production. Il n’est plus possible de maintenir le peuple dans l’ignorance. On a besoin qu’il soit instruit pour que la situation économique d’un pays soit préservée et progresse face à la concurrence universelle. Cela étant, les gouvernements ont voulu une organisation de l’école de plus en plus complète non parce qu’ils espèrent que par l’éducation la société se rénove, mais parce qu’ils ont besoin d’individus, ouvriers, instruments de travail plus perfectionnés pour faire fructifier les entreprises industrielles et les capitaux qui y sont affectés. Et nous avons vu les gouvernements les plus réactionnaires suivre ce mouvement; ils ont compris que l’ancienne tactique était dangereuse pour la vie économique des nations et qu’il fallait adapter l’éducation populaire aux nouveaux besoins.

Ce serait une grave erreur de croire que les dirigeants n’ont pas prévu les dangers que causerait le développement intellectuel des peuples et que par conséquent ils allaient devoir changer les modes de domination. Et en effet, leurs méthodes se sont adaptées aux nouvelles conditions de vie, travaillant à récupérer la direction des idées en évolution. S’efforçant de conserver les croyances sur lesquelles la discipline sociale reposait auparavant, ils ont tenté de donner aux conceptions nées de l’effort scientifique une signification qui n’affecterait pas les institutions établies, les conduisant ainsi à l’appropriation de l’école.

Les gouvernants, qui auparavant laissaient aux curés le soin d’éduquer le peuple parce que leur enseignement au service de l’autorité leur était alors utile, ont pris dans tous les pays la direction de l’organisation scolaire.

Le danger, pour eux, était que la stimulation de l’intelligence humaine devant le nouveau spectacle de la vie ne fasse surgir dans les consciences une volonté d’émancipation. Il aurait été fou de lutter contre les forces en évolution; il fallait les canaliser et, pour cela, plutôt que de s’obstiner par d’anciens procédés gouvernementaux, ils en adoptèrent de nouveaux d’une efficacité évidente. Il ne fallait pas être extraordinairement génial pour trouver cette solution; le simple cours des choses mena les gens du pouvoir à comprendre ce qu’il fallait opposer à ces dangers: ils fondèrent des écoles, ils oeuvrèrent à répandre l’instruction à pleines mains, et si au début certains résistèrent à cette impulsion – certaines tendances étant favorables à certains partis politiques opposés – tous comprirent vite qu’il était préférable de céder et que la meilleure tactique était d’assurer la défense des intérêts et des principes par de nouveaux moyens.

On vit alors se produire de terribles luttes pour la conquête de l’école. Dans tous les pays ces luttes acharnées continuèrent. Ici triompha la société bourgeoise et républicaine, là-bas le cléricalisme l’emporta. Tous les partis furent conscients de l’importance de l’objectif et ils ne reculèrent devant aucun sacrifice pour s’assurer la victoire. Leur cri commun: « Pour et par l’école ! » Et le bon peuple dut être reconnaissant d’une telle sollicitude. Tout le monde voulut son élévation par l’instruction et son bonheur par la même occasion. En d’autres temps, certains pouvaient dire: « Ceux-là essayent de te maintenir dans l’ignorance pour mieux t’exploiter; nous, nous te voulons instruit et libre. » A présent ce n’est plus possible : de toutes parts des écoles en tous genres se construisent.

Ce changement d’idées aussi unanime, opéré par les directeurs à propos de l’école, explique les raisons de ma méfiance à l’égard de cette bonne volonté et les raisons qui me font douter de l’efficacité des moyens de rénovation que tentent de mettre en place certains réformateurs. Pour le reste, ces réformateurs font peu de cas, en général, de la signification sociale de l’éducation; ce sont des hommes qui cherchent ardemment la vérité scientifique mais qui laissent de côté tout ce qui est parallèle à l’objet de leur étude. Ils travaillent patiemment à la connaissance de l’enfant et parviendront à nous dire – leur science est encore jeune – quelles sont les méthodes d’éducation qui conviennent mieux à leur développement intégral. Mais cette indifférence, d’une certaine manière professionnelle, est, à mon sens, très préjudiciable à la cause qu’ils pensent servir.

Je ne les considère nullement comme inconscients des réalités du milieu social et je sais qu’ils attendent de leur travail les meilleurs résultats pour le bien général. « En travaillant à révéler les secrets de la vie humaine, pensent-ils, en cherchant le processus du développement physique et psychique normal, nous imposerons à l’éducation un régime favorable à la libération des énergies. Nous ne voulons pas nous occuper directement de la rénovation de l’école; en tant que savants nous n’y arriverions pas, parce que nous ne pourrions pas encore, à ce moment-là, définir exactement ce qui devrait être fait. Nous procéderons par palier, lentement, convaincus que l’école se transformera, par la force des choses, à mesure que nous ferons des découvertes. Si vous nous demandez quelles sont nos espérances, nous répondrons que nous sommes d’accord avec vous sur l’enregistrement d’une évolution dans le sens d’une large émancipation de l’enfant et de l’humanité par la science, mais nous sommes aussi convaincus que notre oeuvre poursuit complètement cet objectif et l’atteindra par les voies les plus rapides et directes. » Ce raisonnement est évidemment logique, personne ne peut le nier et cependant il s’y mêle une grande part d’illusion.

Reconnaissons-le, si les dirigeants, en tant qu’hommes, avaient les mêmes idées que les réformateurs désintéressés, si réellement ils prenaient soin de l’organisation continue de la société vers la disparition progressive des servitudes, nous reconnaîtrions que les seuls efforts de la science amélioreraient le sort des peuples; mais loin de cela, il est tout à fait manifeste que ceux qui se disputent le pouvoir ne voient que la défense de leurs intérêts, que seuls leurs avantages et la satisfaction de leurs appétits les préoccupent. Il y a longtemps que nous avons cessé de croire aux paroles par lesquelles ils déguisent leurs ambitions; certains candides admettent qu’il y a en eux encore un peu de sincérité et ils s’imaginent même que parfois le désir de bonheur de leurs semblables les anime; mais ils sont de plus en plus rares et le positivisme du siècle devient trop cruel pour qu’il puisse subsister des doutes sur les véritables intentions de ceux qui nous gouvernent.

De la même manière qu’ils ont su s’arranger lorsque le besoin d’instruction s’est fait sentir, pour que cette instruction ne se convertisse pas en danger, ils sauront aussi réorganiser l’école en conformité avec les nouvelles données de la science de façon à ce que rien ne puisse menacer leur suprématie. Ces idées sont difficiles à accepter, mais il faut avoir vu de près ce qui se passe et comment ils arrangent les choses dans la réalité pour ne pas tomber dans le leurre de leurs paroles.

Ah! Que n’avons-nous pas attendu et attendons encore de l’instruction! La plus grande partie des hommes progressistes en attendent tout et certains n’ont toujours pas compris que l’instruction ne produit que des illusions. Elle tombe sous le coup de l’inutilité des connaissances acquises à l’école par les systèmes d’éducation actuellement en vigueur; elle se vit comme une attente vaine, en raison de l’organisation de l’école, qui loin de répondre à l’idéal qu’elle inspire en fait le plus puissant moyen d’asservissement aux mains des dirigeants. Leurs professeurs ne sont que des instruments conscients ou inconscients de leurs volontés. En plus d’être formés eux-mêmes à ces principes depuis leur plus tendre enfance, ils ont, plus que quiconque, souffert de la discipline de leur autorité; rares sont ceux qui ont échappé à la tyrannie de cette domination les rendant généralement impuissants contre elle, parce que l’organisation scolaire les opprime avec une telle force qu’ils n’ont d’autres choix que d’obéir. Je ne ferai pas ici le procès de cette organisation, suffisamment connue pour que je puisse la caractériser d’un seul mot: violence.

L’école assujettit les enfants physiquement, intellectuellement et moralement pour diriger le développement de leurs facultés dans le sens qu’elle désire, et les prive du contact avec la nature pour les modeler à sa manière. Voilà ce que je voulais expliquer: le soin que les gouvernements ont mis à diriger l’éducation des peuples et l’échec des espoirs des hommes de liberté. Eduquer équivaut aujourd’hui à dresser, entraîner, domestiquer. Je ne crois pas que les systèmes utilisés aient combiné en connaissance de cause les résultats souhaités, cela relèverait du génie; mais les choses se présentent exactement comme si cette éducation répondait à une vaste conception d’ensemble remarquable: on n’aurait pas pu faire mieux.

Pour la réaliser ils se sont simplement inspirés des principes de discipline et d’autorité qui guident les organisateurs sociaux de tout temps, qui ont une idée très claire et une volonté, à savoir que les enfants s’habituent à obéir, à croire et à penser selon les dogmes sociaux qui nous régissent. Cela dit, l’instruction ne peut être plus que ce qu’elle est aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’accompagner le développement spontané des facultés de l’enfant, de le laisser chercher librement à satisfaire ses besoins physiques, intellectuels et moraux; il s’agit d’imposer des pensées toutes faites, de les empêcher à tout jamais de penser autrement que de manière nécessaire à la conservation des institutions de notre société, de faire de lui, en somme, un individu strictement adapté à la mécanique sociale.

Il n’est pas étonnant, dès lors, qu’une telle éducation n’ait aucune influence sur l’émancipation humaine. Je le répète, cette instruction n’est rien d’autre qu’un moyen de domination aux mains des dirigeants qui n’ont jamais voulu l’élévation de l’individu, mais son asservissement, et il est parfaitement inutile d’espérer quoi que ce soit d’avantageux de l’école d’aujourd’hui. Et ce qui s’est produit jusqu’aujourd’hui continuera à se produire dans l’avenir. Il n’y a aucune raison pour que les gouvernements changent de système. Ils sont parvenus à se servir de l’instruction à leur bénéfice. Ainsi continueront-ils aussi à profiter des améliorations qui se présenteront. Il leur suffit de conserver l’esprit de l’école, la discipline autoritaire qui y règne, pour que toutes les innovations leur soient bénéfiques. Pour que cela soit ainsi ils seront constamment vigilants. Soyez-en sûrs.

Je souhaite attirer l’attention de ceux qui me lisent sur cette idée: toute la valeur de l’éducation réside dans le respect de la volonté physique, intellectuelle et morale de l’enfant. De même qu’en science il n’y a pas d’autre démonstration possible que celle des faits, de même il n’y a de véritable éducation que celle qui est exempte de tout dogmatisme, qui laisse à l’enfant la direction de son effort et qui ne vise qu’à en accompagner sa manifestation. Mais il n’y a rien de plus facile que de pervertir le sens et rien de plus difficile que de le respecter. L’éducateur impose, oblige, violente toujours; l’éducateur véritable est celui qui, contre ses propres idées et volontés, peut défendre l’enfant, en faisant appel au plus haut point aux énergies propres de l’enfant.

Par cette démonstration on peut juger de la facilité avec laquelle l’éducation est façonnée et combien la tâche de ceux qui veulent dominer l’individu est aisée. Les méthodes se révélant les meilleures se convertissent entre les mains du pouvoir en autant d’instruments plus puissants et plus parfaits de domination. Notre idéal est celui de la science et nous ferons appel à lui au nom du pouvoir d’éduquer l’enfant pour favoriser son développement par la satisfaction de tous ses besoins au fur et à mesure qu’ils se manifesteront et se développeront.

Nous sommes persuadés que l’éducation de l’avenir sera une éducation absolument spontanée, même s’il est clair qu’il n’est pas encore possible de la réaliser, mais l’évolution des méthodes pour une plus large compréhension des phénomènes de la vie et le fait que tout perfectionnement signifie la suppression de la violence, tout cela indique que nous sommes sur le chemin de la vérité lorsque nous espérons de la science la libération de l’enfant. Est-ce là l’idéal de ceux qui détiennent actuellement l’organisation scolaire? Est-ce cela qu’ils proposent de faire? Aspirent-ils aussi à supprimer les violences? Non, ils emploieront les méthodes nouvelles et plus efficaces aux mêmes fins qu’à présent: c’est-à-dire la formation d’êtres qui acceptent tous les conventionnalismes, tous les mensonges sur lesquels est fondée la société.

Nous n’avons pas peur de le dire: nous voulons des hommes capables d’évoluer sans arrêt, capables de détruire, de renouveler constamment les moyens et de se renouveler eux-mêmes; des hommes dont l’indépendance intellectuelle est leur force suprême, qui ne s’assujettissent jamais à rien; toujours prêts à accepter le meilleur, heureux du triomphe des idées nouvelles et qui aspirent à vivre des vies multiples en une seule vie. La société craint de tels hommes: on ne peut, dès lors, espérer qu’elle ne veuille jamais une éducation capable de les produire. Quelle est donc alors notre mission? Quel est donc alors le moyen que nous devons choisir pour contribuer à la rénovation de l’école? 

Nous suivrons attentivement les travaux des savants qui étudient l’enfant et nous nous hâterons à chercher les moyens d’appliquer leurs expériences à l’éducation que nous voulons fonder, dans le sens d’une libération plus complète de l’individu. Mais, comment atteindrons-nous notre objectif? En mettant directement les mains à la pâte, en favorisant la création d’écoles nouvelles qui dans la mesure du possible établissent cet esprit de liberté qui, nous le pressentons, doit gouverner toute l’oeuvre éducative à venir.

Nous avons déjà prouvé qu’elle peut donner d’excellents résultats. Nous pouvons détruire tout ce qui actuellement dans l’école répond à l’organisation de la violence, les moyens artificiels par lesquels les enfants sont éloignés de la nature et de la vie, la discipline intellectuelle et morale pour imposer des pensées toutes faites, des croyances qui pervertissent et anéantissent les volontés. Sans crainte de nous tromper, nous pouvons mettre l’enfant dans le milieu qu’il sollicite, le milieu naturel où il se trouvera en contact avec tout ce qu’il aime et où les sensations vitales remplaceront les leçons fastidieuses. Si nous ne faisions que cela, nous aurions préparé une grande partie de l’émancipation de l’enfant.

Dans de tels milieux, nous pourrions appliquer librement les faits de la science et travailler avec fruit. Je sais bien que nous ne pourrions pas réaliser ainsi tous nos espoirs, que fréquemment nous serions obligés, par carence de savoir, d’employer des méthodes réprouvées; mais une certitude soutiendrait notre obstination, à savoir que sans avoir encore atteint complètement notre objectif, nous ferions plus et mieux, malgré l’imperfection de notre oeuvre, que ce que réalise l’école actuelle. Je préfère la spontanéité libre d’un enfant qui ne sait rien, que l’instruction de mots et la déformation intellectuelle d’un enfant qui a souffert de l’éducation qui se donne actuellement.

Ce que nous avons tenté à Barcelone, d’autres l’ont tenté ailleurs et nous avons tous vu que l’oeuvre était possible. Je pense donc qu’il est temps de s’y investir immédiatement. Nous ne voulons pas attendre que se termine l’étude de l’enfant pour entreprendre la rénovation de l’école; en ne faisant qu’espérer, on ne fera jamais rien. Nous appliquerons ce que nous savons et ce que nous apprendrons au fur et à mesure. Un plan d’ensemble d’une éducation rationnelle est déjà possible et dans des écoles telles que celle que nous avons conçue, les enfants peuvent se développer libres et heureux, selon leurs aspirations. Nous travaillerons à la perfectionner et à l’étendre.

Tels sont nos projets: nous n’ignorons pas la difficulté de réalisation; mais nous voulons la commencer, persuadés que nous serons aidés dans notre tâche par ceux qui luttent partout pour émanciper les êtres humains des dogmes et des conventionnalismes qui assurent la prolongation de l’actuelle organisation sociale inique.

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Lectures connexes:

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Manifeste pour la Société des Sociétés

 

 

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Gilets Jaunes, Chiapas, Oaxaca, Acapatzingo, Rojava, luttes anticoloniales… en marche vers la société des sociétés ! (1ère partie)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 4 avril 2019 by Résistance 71


Vers la Société des Sociétés…

Parce qu’il n’y a pas de solution au sein du système
et ne saurait y en avoir…

 

Acapatzingo, Mexique, communauté autonome urbaine 

Un monde nouveau au cœur de l’ancien

 

mardi 2 avril 2019, par Raúl Zibechi

 

Source:

https://www.lavoiedujaguar.net/Acapatzingo-communaute-autonome-urbaine-Un-monde-nouveau-au-coeur-de-l-ancien

 

1ère partie

2ème partie

 

À partir de cette brève description, d’où se détachent deux idées centrales, celle de communauté et celle de culture, j’aimerais revenir sur certains aspects qui me semblent décisifs au moment de créer cet espace communautaire, autonome et en résistance : la transformation des subjectivités, l’organisation interne et les accords qui rendent possible la vie collective, c’est-à-dire les règlements approuvés par toutes les familles qui décident de vivre ensemble. Ces trois aspects sont intimement liés et, si je les isole, c’est uniquement pour examiner chacun d’eux plus en profondeur. Ce que j’essaie de comprendre, c’est comment ils ont pu produire une communauté à partir de la somme des individus.

Les subjectivités se modifient en un long processus d’interactions internes et externes, vers l’intérieur et vers l’extérieur, au cours duquel on voit combien sont importants les moments critiques (répression) et de crise (divisions) qui permettent de déterminer qui nous sommes, ce nous ne voulons pas être, et avec qui nous pouvons et voulons agir. Un beau document semi-interne décrit en détail les parties de ce processus, en mettant l’accent sur « les mandats d’arrêt prononcés contre nos dirigeants, la rupture avec ceux qui étaient nos camarades puis ont trahi les principes de l’organisation pour devenir députés, et les gens qui ont choisi de les suivre parce que, là-bas, ils n’allaient plus avoir à travailler [1] ».

Répressions et trahisons ont engendré du « désenchantement » mais aussi de l’isolement et de l’impuissance, ce qui a obligé ceux qui restaient organisés à travailler davantage dans de mauvaises conditions. Sont évoqués la douleur due aux morts survenues pendant la lutte mais également « les couples détruits, les enfants qui sont partis », l’énorme effort de travail collectif déployé sur le terrain après dix heures passées dans des emplois mal payés et précaires pour assurer leur survie. Cette douleur partagée constitue l’une des forces contribuant à faire exister la communauté. On ne devrait jamais oublier une vérité élémentaire : « Toutes les grands sujets collectifs naissent dans la douleur. [2] »

Les membres du Front populaire Francisco Villa indépendant (FPFVI) et de la communauté Acapatzingo indiquent que la douleur des séparations, de la répression et du dur labeur « a servi à faire le ménage, pour que ne restent que les meilleurs, les plus combatifs, les vrais camarades [3] ». Sans ce ménage, il n’y a rien, il n’y a pas de développement intérieur. Plus encore, sans les trahisons, sans les morts, ils ne seraient pas arrivés là où ils en sont. Rappelons-nous que le mouvement urbain populaire à Mexico a impliqué plus de cent mille familles depuis les années 1970, que le Front créé en 1988 a rassemblé quelque dix mille familles, et que de tout ce flot le FPFVI regroupe aujourd’hui environ mille familles. Les autres sont restées en chemin, se sont dispersées ou intégrées au système en perdant leur autonomie. Cela fait partie de l’apprentissage, de la tragédie de la politique mexicaine actuelle qui nous enseigne que « seule la douleur constitue la conscience [4] ».

La subjectivité s’est transformée lorsqu’ils ont commencé à être en mesure de vaincre « nos propres peurs, de combattre les traumatismes enfouis en nous depuis l’enfance, de rompre avec l’égoïsme, avec l’apathie [5] ». Ce travail intérieur est individuel au sein du collectif, c’est-à-dire en fait ni l’un ni l’autre, la polarité individuel-collectif se brise, s’évanouit sans qu’il y ait confusion, sans que les deux termes disparaissent ; ils ne font que s’évanouir en tant que polarité. Comment ? Dans l’occupation de terres et dans les installations converties en écoles à ciel ouvert, où « les assemblées, la marche, la garde ou les journées de travail se traduisaient en collectivité, en souci d’autrui [6] ». En résumé, je suis dans la mesure où je partage avec l’autre ; je ne suis pas dans la solitude, mais avec les autres. Et c’est au travers des autres que mon individualité peut croître, s’affirmer et exister.

Pour le dire avec les mots d’Eric Hobsbawm, en référence aux ouvriers du début du XXe siècle, l’élément fondamental de leurs vies était « la collectivité, la prééminence du “nous” sur le “moi” », parce qu’ils avaient compris que « les gens comme eux ne pouvaient améliorer leur situation par une action individuelle mais seulement par une action collective », au point que « la vie était, même sous ses aspects les plus agréables, une expérience collective [7] ». Cela explique pourquoi les fuites individuelles sont qualifiées de « trahisons », terme négatif habituellement appliqué aux personnes qui collaborent avec la police en dénonçant leurs camarades. Pour les membres du FPFVI, abandonner la communauté et opter pour la voie individuelle, entrer dans les institutions pour obtenir des postes de représentation électorale ou gagner la confiance personnelle de dirigeants politiques, a le même statut que la délation. Cette option s’accompagne généralement d’une vie plus aisée, comparable à celle que mènent les ennemis des communautés en résistance.

Cette transformation notable de la subjectivité que l’on observe chez les acteurs du mouvement a une racine populaire évidente dans les colonias mexicaines où il existe « naturellement » une culture communautaire. Le Front l’a sauvée, pour éviter qu’elle ne se perde entre les mains du marché, des partis et du patriarcat. « L’objectif le plus important est que le sauvetage et la conservation d’une culture communautaire s’étendent et touchent les familles entières, que les enfants et les jeunes grandissent dans un cadre imprégné de ces valeurs, subversives en soi, dans une société comme celle que nous vivons. [8] »


Réseau Résistance Rébellion International

Il convient de préciser au passage que le Front refuse une conception avant-gardiste selon laquelle la conscience serait apportée de l’extérieur des sujets par les militants des partis. Le sujet des changements existe déjà ; c’est la culture communautaire. Le travail consiste « seulement » à la sauver, l’étendre et la libérer des « préjugés et traumatismes » propres au système comme le racisme et la violence familiale qui « peuvent être combattus par la prévention et la prise en charge communautaire ».

Second point : l’organisation du Front est axée sur les tâches de sauvetage et de consolidation de la communauté. D’un côté, il y a la structure organisationnelle, de l’autre, ce que cette organisation fait. La base est toujours la même : les brigades formées par vingt-cinq familles, tant sur des sites comme Acapatzingo que dans les occupations et les installations. Chaque brigade nomme des responsables pour les commissions, habituellement au nombre de quatre : presse, culture, surveillance et maintenance. Acapatzingo compte vingt-huit brigades ; ailleurs, leur nombre varie beaucoup en fonction du nombre de familles. À leur tour, les commissions, dont les membres tournent, nomment des représentants au conseil général de toute l’installation où se retrouvent des représentants de toutes les brigades.

« L’idée des brigades est qu’elles permettent de constituer des cellules dans lesquelles les gens peuvent tisser des liens, et les commissions sont des courroies de transmission qui fonctionnent dans les deux sens, vers l’organisation et vers les familles, ce qui permet de faire un meilleur travail », explique Enrique Reynoso [9]. Dans les brigades on ne manque pas de temps ni de confiance interpersonnelle, pour approfondir tous les sujets. Celui de la participation à l’Autre Campagne [10] a été débattu en réunion dans chacune des brigades. Ensuite se tient une assemblée générale (mensuelle à Acapatzingo, hebdomadaire sur d’autres sites), instance suprême pour la prise de décisions.

Il est important de voir de plus près ce qui se passe dans les brigades, parce qu’elles sont au cœur de l’organisation territoriale et à la base de l’organisation générale, tout en étant aussi le noyau de la communauté. Durant leurs réunions, chaque famille détient une voix. On y débat des sujets les plus importants, comme les règlements du site qui ont été examinés dans chacune des brigades et révisés jusqu’à ce que toutes tombent d’accord. En cas de conflit, la brigade intervient, même s’il s’agit d’un problème domestique, et elle peut demander, si la situation est grave, l’intervention de la commission de surveillance, voire du conseil général. Chaque brigade se charge une fois par mois de la sécurité du site ; toutefois, la surveillance dont on parle n’a pas le sens traditionnel de contrôle mais prend appui sur l’autoprotection communautaire et revêt, par conséquent, une dimension éducative forte. « La commission de surveillance ne peut être la police du site », explique Reynoso, « parce que ce serait reproduire le pouvoir de l’État [11] ».

La commission de surveillance a également pour rôle de marquer et fixer la limite entre l’intérieur et l’extérieur, de dire qui peut entrer et qui ne le peut pas. C’est là un aspect central de l’autonomie, peut-être le plus important. L’autonomie nécessite d’établir un contour physique et politique qui différencie l’espace intérieur de l’extérieur, et empêche le corps autonome de se diluer dans son environnement. Ainsi fonctionnent les systèmes vivants, en créant un périmètre qui délimite le territoire où s’effectuent les interactions, en permettant à l’ensemble de fonctionner comme une unité [12].

C’est le même système de « clôture » qui fonctionne dans les communautés zapatistes. Grâce à lui, se créent à l’intérieur du périmètre des liens différents de ceux qui se tissent à l’extérieur, ce qui donne au système ses caractéristiques propres. Mais ce n’est pas un système fermé ; il possède de multiples liens avec l’extérieur. La communauté d’Acapatzingo travaille activement avec le quartier où elle est implantée : la commission de surveillance a contribué à créer des comités de voisins dans le quartier avec lesquels sont organisés des cours sur la sécurité du quartier et sur le comportement à tenir en cas d’expulsions, que le quartier rétribue avec des vivres. Ces comités ont donné dans les écoles des conférences sur la sécurité pour les jeunes et, grâce à la radio, ils ont établi des liens avec les commerçants qui diffusent leurs annonces grâce à l’émetteur radio communautaire. Quelques jeunes du quartier participent aussi à des émissions. « Nous restons animés par une utopie qui ne consiste pas à créer un îlot mais un espace ouvert capable de contaminer la société », explique Reynoso [13]. Sur les autres sites, presque tous situés dans la zone de Pantitlán, les collectifs du Front tissent des liens avec le quartier surtout à l’occasion du carnaval et d’autres fêtes qu’ils organisent avec les voisins.

Depuis qu’ils participent à l’Autre Campagne, les membres du FPFVI encouragent à s’organiser les chauffeurs de minibus déplacés par l’ouverture de nouvelles sections du métro, les commerçants du secteur informel et les wagonniers [14] qui vendent à l’intérieur du métro. Ils ont réussi à organiser dix lignes de transport et à rassembler trois organisations de commerçants du secteur informel, comptant trois mille adhérents chacune, comme aussi des artisans et des cireurs de chaussures, entre autres, au sein de l’Alliance mexicaine d’organisations sociales (AMOS), active dans la partie orientale de la ville et qui compte quelque quinze mille membres. Ils participent en outre au Réseau de résistances autonomes anticapitalistes avec une dizaine d’organisations de tout le pays.

L’une des tâches centrales que s’est fixées l’organisation, peut-être la plus importante, est d’inclure la formation dans le cadre d’un projet culturel ou de culture alternative. Durant ses vingt ans d’existence, elle a bénéficié du soutien d’étudiants universitaires et de professionnels qui ont mené ce travail culturel. Avant même l’occupation du site où s’est installée la communauté, le travail culturel occupait déjà une place importante. Aux débuts du Front, sur le site d’El Molino, la coopérative Huasipungo s’est proposé de créer un centre pédagogique pour former des enseignants d’école maternelle, projet qui s’est ensuite traduit par un accord avec le syndicat des enseignants, car la zone comptait peu d’écoles et les enfants des installations faisaient l’objet de discriminations. Conjuguées à la projection de films, aux ateliers de sérigraphie et aux activités sportives, ces initiatives ont préfiguré, il y a deux décennies, ce qui allait devenir le « projet culturel ».

En 1999, deux ans après la division à l’origine du Front « indépendant », des liens sont établis avec des universitaires en grève des facultés de psychologie et de sciences exactes, avec des professeurs et des étudiants de l’Université pédagogique, des groupes musicaux et culturels, au moment où commençait la construction des logements à La Polvorilla. La commission de la culture d’Acapatzingo a canalisé ces liens pour consolider les actions déjà en cours comme le Club du livre, le Centre de première éducation (CEI) et les espaces d’alphabétisation, de niveaux primaire et secondaire [15].

À son troisième congrès, le Front décide que l’« une des priorités de l’organisation est d’élaborer un projet culturel […] dans le but de créer les conditions nécessaires au changement et à la transformation de cette société [16] ». Dans un premier temps, le CEI travaille avec des mères célibataires, et le Centre pédagogique pour le développement intégral des intelligences (CEPPEDII) en soutien scolaire ; les universitaires montent des « consultations du samedi » pendant quatre ans pour développer la créativité des enfants, un ciné-club voit le jour et la radio communautaire commence à émettre comme un « atelier de radio klaxon », en plus des espaces d’alphabétisation pour adultes.

A suivre…

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

Gilets Jaunes: La culture est dans la rue.. Hommage à l’imagination populaire…

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Resistance 71

 

19 mars 2019

 

En ces temps si pénibles, apprécions cette note de culture et d’humour populaires circonstanciés. Si le bonheur est dans le pré, la (r)évolution est sans nul doute dans nos rues et nos campagnes.

Voici un petit florilège (subjectif) de slogans trouvés de ci de là, vous en trouverez bien plus sur « La rue ou rien » qui a fait un remarquable boulot de compilation des tags et slogans des Gilets Jaunes et autres manifs ayant eu lieu récemment ou non.

Certains nous ont fait rire aux larmes. Notre « Tag d’or » et son 1er accessit en toute fin.

L’art du slogan est un art populaire et pour cause…

 

1er accessit:

Notre « Tag d’Or » à l’hilarité générale
mais aussi pour sa profondeur:

 

L’imagination populaire est intarissable !
Vive la Commune !

Gilets Jaunes 17ème round: Au sujet de l’organisation de la révolution sociale (Voline 1947)

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Organisation et imposition

 

Voline

1947

 

Extrait de son ouvrage “La révolution inconnue”

 

De façon générale, une interprétation erronée – ou, le plus souvent, sciemment inexacte – prétend que la conception libertaire signifie l’absence de toute organisation. Rien n’est plus faux. Il s’agit, non pas d’ “ organisation  » ou de  » non-organisation « , mais de deux principes différents d’organisation.

Toute révolution commence, nécessairement, d’une manière plus ou moins spontanée, donc confuse, chaotique. Il va de soi – et les libertaires le comprennent aussi bien que les autres – que si une révolution en reste là, à ce stade primitif, elle échoue. Aussitôt après l’élan spontané, le principe d’organisation doit intervenir dans une révolution, comme dans toute autre activité humaine. Et c’est alors que surgit la grave question : quels doivent être le mode et la base de cette organisation ? 

Les uns prétendent qu’un groupe dirigeant central – groupe  » d’élite  » – doit se former pour prendre en main l’œuvre entière, la mener d’après sa conception, imposer cette dernière à toute la collectivité, établir un gouvernement et organiser un Etat, dicter sa volonté à la population, imposer ses  » lois  » par la force et la violence, combattre, éliminer et même supprimer ceux qui ne sont pas d’accord avec lui. 

Les autres estiment qu’une pareille conception est absurde, contraire aux tendances fondamentales de l’évolution humaine et, en fin de compte, plus que stérile : néfaste à l’œuvre entreprise. Naturellement, disent les anarchistes, il faut que la société soit organisée. Mais cette organisation nouvelle, normale et désormais possible doit se faire librement, socialement et, avant tout, en partant de la base. Le principe d’organisation doit sortir, non d’un centre créé d’avance pour accaparer l’ensemble et s’imposer à lui, mais – ce qui est exactement le contraire – de tous les points, pour aboutir à des nœuds de coordination, centres naturels destinés à desservir tous ces points. Bien entendu, il faut que l’esprit organisateur, que les hommes capables d’organiser – les  » élites  » – interviennent. Mais, en tout lieu et en toute circonstance, toutes ces valeurs humaines doivent librement participer à l’œuvre commune, en vrais collaborateurs et non en dictateurs.

Il faut que, partout, ils donnent l’exemple et s’emploient à grouper, à coordonner, à organiser les bonnes volontés, les initiatives, les connaissances, les capacités et les aptitudes, sans les dominer, les subjuguer ou les opprimer. Pareils hommes seraient de vrais organisateurs et leur œuvre constituerait la véritable organisation, féconde et solide, parce que naturelle, humaine, effectivement progressive. Tandis que l’autre « organisation « , calquée sur celle d’une vieille société d’oppression et d’exploitation – donc adaptée à ces deux buts -serait stérile et instable parce que non conforme aux buts nouveaux, donc nullement progressive. En effet, elle ne comporterait aucun élément d’une société nouvelle ; au contraire, elle porterait à leur paroxysme toutes les tares de la vieille société, puisque n’ayant modifié que leur aspect.

Appartenant à une société périmée, dépassée sous tous les rapports, donc impossible en tant qu’institution naturelle, libre et vraiment humaine, elle ne pourrait se maintenir autrement qu’à l’aide d’un nouvel artifice, d’une nouvelle tromperie, d’une nouvelle violence, de nouvelles oppressions et exploitations. Ce qui, fatalement, détournerait, fausserait et mettrait en péril toute la révolution. Il est évident qu’une pareille organisation resterait improductive en tant que moteur de la Révolution Sociale.

Elle ne pourrait aucunement servir comme « société de transition  » (ce que prétendent les “communistes »), car une telle société devrait nécessairement posséder au moins quelques-uns des 

germes de celle vers laquelle elle évoluerait ; or, toute société autoritaire et étatiste ne posséderait que des résidus de la société déchue. 

D’après la thèse libertaire, c’étaient les masses laborieuses elles-mêmes qui, au moyen de leurs divers organismes de classe (comités d’usines, syndicats industriels et agricoles, coopératives, etc.), fédérés et centralisés selon les besoins réels, devaient s’appliquer, partout sur place, à la solution des problèmes constructifs de la Révolution. Par leur action puissante et féconde, parce que libre et consciente, elles devaient coordonner leurs efforts sur toute l’étendue du pays. Et quant aux « élites », leur rôle, tel que le concevaient les libertaires, était d’aider les masses : les éclairer, les instruire, leur donner les conseils nécessaires, les pousser vers telle ou telle initiative, leur montrer l’exemple, les soutenir dans leur action, mais non pas les diriger gouvernementalement.

D’après les libertaires, la solution heureuse des problèmes de la Révolution Sociale ne pouvait résulter que de l’œuvre librement et consciemment collective et solidaire de millions d’hommes y apportant et y harmonisant toute la variété de leurs besoins et de leurs intérêts ainsi que celle de leurs idées, de leurs forces et capacités, de leurs dons, aptitudes, dispositions, connaissances professionnelles, savoir-faire, etc. Par le jeu naturel de leurs organismes économiques, techniques et sociaux, avec l’aide des « élites » et, au besoin, sous la protection de leurs forces armées librement organisées, les masses laborieuses devaient, d’après les libertaires, pouvoir effectivement pousser en avant la Révolution Sociale et arriver progressivement à la réalisation pratique de toutes ses tâches. 

La thèse bolcheviste était diamétralement opposée. Selon les bolcheviks, c’était l’élite – leur élite – qui, formant un gouvernement (dit  » ouvrier  » et exerçant la soi-disant  » dictature du prolétariat « ), devait poursuivre la transformation sociale et résoudre ses immenses problèmes. Les masses devaient aider cette élite (thèse inverse de celle des libertaires : l’élite devant aider les masses) en exécutant fidèlement, aveuglément,  » mécaniquement « , ses desseins, ses décisions, ses ordres et ses  » lois « . Et la force armée, calquée elle aussi sur celle des pays capitalistes, devait obéir aveuglément à « l’élite ». 

Telle fut – et telle est – la différence essentielle entre les deux idées. 

Telles furent aussi les deux conceptions opposées de la Révolution Sociale au moment du bouleversement russe de 1917. 

Les bolcheviks, nous l’avons dit, ne voulurent même pas entendre les anarchistes, encore moins les laisser exposer leur thèse devant les masses. Se croyant en possession d’une vérité absolue, indiscutable, “ scientifique « , prétendant devoir l’imposer et l’appliquer d’urgence, ils combattirent et éliminèrent le mouvement libertaire par la violence, dès que celui-ci commença à intéresser les masses ; procédé habituel de tous les dominateurs, exploiteurs et inquisiteurs.

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 


Tout le pouvoir aux Ronds-Points !

 


Vive la Commune !

Mythes, mites, antisémites et règlement de compte avec Xochipelli

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Los Cantos de Xochi: A chacun Ses Mythes et Ses Mites Anti-Sémites!

 

Dominique Guillet

 

Publié le 23 février 2019

 

url de l’article original:

http://xochipelli.fr/2019/02/los-cantos-de-xochi-a-chacun-ses-mythes-et-ses-mites/

 

Au grand plaisir de l’Education des Peuples et de la Correction de notre ADN Païen qui ne fut pas imaginé, originellement, pour être Sionisé: l’intégralité de mes essais, et de mes traductions, est libre de droits sur la Toile. J’invite tous les révolutionnaires sincères, et non psychopathes, à les disséminer à leur bon gré et à leur bonne humeur.

Je souhaite préciser, également, qu’il n’est pas dans mes habitudes de m’épancher sur des épisodes de ma vie qui n’intéressent, à priori, que moi-même – ou que nous-mêmes, dirais-je, car comme tout un chacun devrait le faire, je tente, quotidiennement, de me soigner ma nature contaminée, par la culture génocidaire Sioniste – car même s’il est aisé de se libérer des virus Sionistes mentaux, il l’est moins de se décontaminer du génocide ambiant à la mode Fukushima. L’une de ces corrections fondamentales, et quotidiennes, consiste, par conséquent, à éradiquer, de notre ADN humain, tous ces engramnes et autres virus Sionistes qui y ont été imprégnés par l’Etat, la Religion, la Culture, l’Educastration, les Langues, les Organisations Internationales, etc.

Il m’a fallu, par exemple, quelques dizaines d’années pour appréhender que l’histoire des trois dernières boucheries Franco-Allemandes n’était qu’une falsification totale: la Guerre des Tranchées Mentales. Vers l’âge de 18 ans, la lecture de certains ouvrages théologiques – ou prétendument théologiques – (ceux du grand Yogi Sri Aurobindo, du Pasteur Protestant Allemand Dietrich Bonhoeffer, du demi-rebelle Jésuite et Panthéiste Pierre Teilhard de Chardin, du Lama Tibétain Anagarika Govinda ou encore du Théosophe Dane Rudhyar) me fascinèrent et me firent comprendre que rien n’était aussi simple, et divinement inspiré, quant à la nature réelle des trois monothéismes qui constituaient, même, à mes jeunes yeux, une soupe peu ragoutante dont les concepts théologiques étaient d’un tel creux de la vague que cela ne risquait pas de générer un tsunami existentiel modifiant l’ADN de toute l’humanité  – originellement programmée, pour une question de survie, avec un ADN Païen.

Quelques années, plus tard, les enseignements de Carlos Castañeda, de Jiddu Krishnamurti et, même, de l’Anthroposophe Rudolf Steiner – dans ses essais et ouvrages extrêmement Païens et non contaminés par ses inclinations dépressives de tendance christocentrique – me firent prendre conscience que les trois monothéismes (Judaïsme, Christianisme, Islam) sont fondés sur la même Falsification de l’Histoire et qu’il sont, tous les trois, des religions de l’enfant supplicié. 

J’invite tous mes dé/tracteurs, qui ne me feront pas bouger d’un pouce, et tous mes dif/famateurs, qui me font une promotion fantastique, à aller se faire voir chez les Grecs. Vu l’état de la Grèce, une colonie de vacances de l’Allemagne, ils se feront parler de la Vie de Gueux. Je les invite, également, à aller se faire voir au Moyen-Orient (le coeur de la civilisation “Occidentale”): ils y seront sûrement, par contre, accueillis avec plaisir car l’Etat d’Israël, quotidiennement, détruit l’espace du camp de concentration des Sémites Palestiniens pour agrandir ses propres colonies de “vacance” épuratrice. Tout va bien?

J’invite tous les minauds qui trainent devant leur ordinateur, et sur les prétendus forums, plutôt que d’aller bêcher leur jardin – en succombant au syndrome du flipper – d’aller s’éduquer. Le jardin constitue un magnifique, et fertile, espace d’apprentissage de la vraie vie organique: les prétentions sont irrecevables.

Chez tous les Fakebookés, le cerveau est bouchonné à force d’inséminations chimériques: il est Fakebouché. Chez tous les Fakebookés, le cerveau est grillé par une overdose constante de stimuli sensoriels – insensés: il est Fakeboucané. Chez tous les Fakebookés, le cerveau sur mode “like” est plongé dans une auto-flagellation constante – j’aime, je te hais: il est Fakeboukémissaire. Tous les Fakebookés savent, intuitivement, qu’un oeuf qui roule n’amasse pas mousse – un reliquat de la nature sauvage qui perdure chez tous les individus normaux à l’exception des psychopathes invétérés.

C’est pour cela que tous les Fakeboulonnés ont les nerfs en pelote et en boule: ils savent qu’un oeuf qui roule ne mousse pas masse! C’est pour cela, aussi, qu’un certain nombre de Fakebookés déprimés, et flippés du ciboulot, se vengent – sur les réseaux sociaux qui ne leur font pas toujours des risettes – en tapant au hasard sur un clavier. C’est le syndrome du billard électrique – dénommé “flipper” – et des jeux vidéo: à force de taper au hasard sur des touches, le flippé arrive parfois à percuter une cible – dans un cycle tellement bienheureux, et confortable, de collusion victime-perpétrateur.

Je suis bien trop impliqué, présentement, dans la Pharmacie (aux sens nobles, du terme, de remède et de poison) que je ne puis honorer l’un de mes rêves de jeunesse: monter sur la scène – sur un mode Gaïadonné – afin de soutenir, dans son entreprise de déconstruction, l’un de mes humoristes préférés – qui se comptent sur les doigts d’un seul pouce – du moins, tant qu’il ne s’enlourdit pas, outre mesure, dans sa Quenelle de Lourdes!

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Suite à la dissémination d’un publi-rédactionnel, orchestrée par les Antifas de la Maison de Soros, me concernant – et je remercie sincèrement l’auteur/faker pour cette promotion généreuse et très circonstanciée de liens vers mes sites web – je présume que l’internaute, qui ne me connaîtrait pas encore, va venir enquêter, dans les prochaines semaines, sur le web encerclé, pour vérifier la nature éventuelle des propos “Anti-Sémites” du fondateur de Kokopelli, le Rebelle de la Semence. Quand on veut noyer un Xochi, on le qualifie d’anti-Sémite – du moins, cela fonctionnait encore un peu, jusqu’à ces derniers temps.

Ce publi-rédactionnel est bâclé parce que, sans doute, rédigé dans la précipitation d’une commande participant du vaste enfumage, orchestré par les Autorités Psychopathiques et Criminelles de la France, visant à occulter les vraies problématiques soulevées par les Gilets Jaunes. Témoin la valse des guignols Sionistes, tous plus pathétiques et pleurnichards les uns que les autres, tentant, désespérément, de contenir les vagues du Tsunami de dénonciation et de déconstruction Populaires qui les subjuguent.

L’Empire Sioniste s’écroule, devant nos yeux, sous le poids de ses propres mensonges car il n’arrive plus a générer assez d’énergie pour faire perdurer la gangue d’envoûtement mental qu’il a fait subir aux Peuples de la Planète depuis une telle pléthore de siècles que l’on peut même parler de millénaires. L’Empire Sioniste – dans tous ses Etats, ses Eglises, ses Religions, ses Partis Politiques, ses Télévisions, ses Hollywood, ses Syndicats, ses Europes et ses Euros – s’écroule comme les sept Tours du WTC en septembre 2001

Il semblerait que les Peuples de la Terre commencent à s’organiser pour orchestrer, à leur tour, une dynamique de démolition contrôlée de l’Empire Sioniste.

Et comme le disait le chat noir de mon Tertön bien-aimé, il n’y pas de coïncidence dans ce monde non-linéaire: hier même, j’expliquais, à Ananda, que ma Dakini était, “justement”, en processus de m’insuffler, dans les neurones, un essai intitulé “l’Anti-Sionisme pour les Nuls”. C’est donc promis, je vais m’y atteler – très prochainement – car le petit Peuple, dépourvu des valises intellectuelles des “philosophes” qui encombrent les déserts existentiels des “émissions” (très “missionnées”) des Télévisions d’Etat et d’Israël, a besoin d’un langage simple qui puisse lui expliquer les valeurs de survie de l’Anti-Sionisme.

En toute transparence, et sous une identité publiquement reconnue, je m’appelle Xochi et je vais parler. Je suis Anti-Sioniste depuis l’âge de 18 ans – sinon, génétiquement, depuis le berceau. Je vécus toute mon enfance et adolescence à Saint-Nazaire – un clin d’oeil de ma destinée de pourfendeur des monothéismes. Je n’ai jamais connu mon grand-père paternel qui était tellement sourd, de ferronnerie au fond des cales, qu’un soir il n’entendit pas le train passer. La Vie des Gueux! A l’âge de huit ans, en allant quérir des baguettes de pain blanc déminéralisant chez le boulanger du quartier, j’ai vu les CRS charger militairement, à la grenade et pas juste à la baguette, les ouvriers des chantiers navals, dont certains étaient sûrement des cousines ou des oncles, qui n’appréciaient plus leurs conditions d’esclaves  ferrailleurs hyper-alcoolisés – au petit Muscadet. Le Voyou Castaner n’a rien inventé sur le plan des castagnes à l’encontre du Peuple Révolté.

A quinze ans, en mai 1968, j’étais sur les barricades en compagnie du frère de celui qui allait devenir l’un des chefs de file du Sionisme Vert, Cohn-Bendit – un grand soutien éternel du looser Macron. On chantait à gorge déployée les pleurnicheries officialisées par le Gang: « Je suis tombé par terre, c’est la faute à Nanterre… nous sommes tous des Juifs Allemands, etc, etc». Trois années plus tard, je me suis réveillé à la réalité de leurs fadaises.

Je fus le premier objecteur de conscience, insoumis à l’ONF, et au Décret de Brégancon – pondu par le Sioniste Pompidou qui donna la France aux Banques en 1972 – à passer au Tribunal de l’Injustice Française pour Insoumission. Je n’ai de leçons à recevoir de nul prétendu anarchiste ou libertaire de salon financé par le Gang.

Je suis Insoumis à toutes les Religions, à tous les Etats et à toutes les Religions d’Etat.

Aujourd’hui, et 50 années plus tard, les Gilets Jaunes pourraient, à juste titre satirique – et pour célébrer leur libération du syndrome d’inversion accusatoire – chanter:

« Je suis tombé par terre, la faute à Castaner

Le nez dans le ruisseau, c’est la faute à Griveaux,

La proie de ces bandits, la faute à Cohn-Bendit »

J’affirme qu’un animal humain qui n’a pas le courage de s’opposer au Sionisme n’est pas digne de survivre – et ne va pas survivre. Pouvons-nous nous déformater le mental, aujourd’hui même, de sorte à prendre conscience que toutes les religions ont pollué l’Atmosphère Vivante de notre Mère, la Terre – depuis 2700 années, pour le moins? Ces religions constituent, fondamentalement, des systèmes de contrôle social, au mieux, et des systèmes de persécution et de génocide systématiques, au pire. Et il n’est que d’ouvrir les yeux – si tant est qu’ils ne soient pas colmatés par des siècles d’oppression idéologique – afin de valider l’assertion selon laquelle les trois religions monothéistes de l’enfant supplicié – le fruit toxique des Tzaddiks – possèdent la palme de l’annihilation de la Biosphère.

Aujourd’hui, l’Agence Européenne de l’Espace annonce sa toute nouvelle découverte de ce que les Shamans affirment depuis des lustres, sinon des millions d’années : à savoir que l’Atmosphère de la Terre s’étend à 630 000 kms, bien au-delà de la Lune – ce qui signifie que la contamination biocidaire, de notre Biosphère Terrestre, dépasse l’espace propre à la Lune.

En attendant ce prochain essai sur mon Anti-Sionisme – génétiquement programmé en tant qu’animal humain cherchant à survivre – voici un bref synopsis de mes “oeuvres” car l’âge implique, parfois, une certaine pléthore de contributions! Du moins, lorsque la passion de l’arrogation, et de l’innovation, est toujours présente chez les animaux humains qui, plutôt que de sortir un numéro de diffamateur anonyme, à la Grande Loterie de Gaïa, ont eu la “chance” d’émaner une identité unique d’innovateur passionné et enthousiaste.

Je précise, une nouvelle fois, pour tous les diffamateurs professionnels – antifas et autres Wekstein de l’Amos – soudoyés par le CRIF, et toutes ses filiales incrustées dans les Institutions d’Etat, que tous mes sites et blogs sont strictement gratuits et au plaisir de l’éducation des Tribus du Futur.

Pourrait-on proposer, en apéritif, pour être éducatif, la définition par l’organe de désinformation par excellence, à savoir Wikipedia, du vocable “Sémite”? Ainsi, selon ce qu’il en est dit, les langues Sémitiques, éteintes et actuelles, seraient au nombre de 18, incluant: l’Arabe, l’Hébreu, l’Araméen, l’Amharique (en Ethiopie), le Maltais (à Malte), le Mandéen (en Irak et en Iran), le Syriaque (au Proche-Orient), etc, etc. Est-il bien, donc, bien clair que toutes les ethnies Arabes soient des Peuples Sémites?

Wikipedia, d’ailleurs, ne fait que reprendre ce que proposait l’orientaliste Allemand A. L. Schlozel qui créa le vocable “Sémitique”, vers 1781, afin de désigner des langues dont la parenté était perçue, dès le Moyen-Age, par les Docteurs Juifs: l’Hébreu, l’Arabe et l’Araméen – selon la définition de l’Encyclopédie Universelle Larousse. En voilà un bon extrait, pour le hors d’oeuvre:

« Les langues sémitiques, groupe le plus important de la famille chamito-sémitique, sont parlées actuellement au Moyen-Orient et dans le nord du continent africain. Elles se divisent en 3 sous-groupes : le sémitique oriental (akkadien), le sémitique occidental du Nord (ougaritique, phénicien, moabite, hébreu et araméen), le sémitique occidental du Sud (arabe, sudarabique et langues éthiopiennes). »

Quelle devrait-être, alors, la définition “encyclopédique et universelle” de “l’Anti-Sémitisme”? Parce que si nous faisons confiance à la définition actuelle de l’Encyclopédie Universelle Larousse, cela signifie que l’Etat d’Israël, qui persécute des Sémites Palestiniens depuis 1947, est non seulement un Etat Terroriste (une forme de pléonasme) mais, aussi, un Etat extrêmement Anti-Sémite. D’autant plus qu’Israël persécute tout autant la Syrie depuis mars 2011, lorsque BH Lévy et Sarkozy orchestrèrent la destruction de la Libye de Kadhafi – pour la Libérer, bien sûr – avec la complicité de tous les partis politiques, y compris les écologistes (ou surtout les Ecologistes vu la manière dont je me suis fait insulter par une de leurs lumières Sionistes, Alain Lipietz?)

Et si l’Encyclopédie Universelle Larousse propage des fake-news quant à l’identité Sémitique réelle et historique, il est peut-être nécessaire, très vite, de la dénoncer à la clique des petits voyous au pouvoir qui prétendent justement légiférer à l’encontre des informations mensongères contaminant la Toile, et l’espace civil, afin de protéger le très fragile Peuple Français, qui a les nerfs en pelote et en boule, de se faire du mal à l’âme.

Et pour un intermezzo de récréation, voici un Pré en Bulles Carrées, ou un Pré Carré de Bulles, selon la capacité de chacun de pouvoir, en profondeur et sans picorer, analyser le lisier des nouvelles fécales – les fakenews – qui ne sont bien souvent, d’ailleurs, que de vieux fèces mal compostés, mal faisselés, mal fesselés et resservis à peine épissés, par les emboueurs du Sinistère de l’Educastration, du Sinistère de l’Aculturation et du Sinistère de la Promotion de la Terreur. Ces intox sur-fakées ne sont pas vraiment du noeuf sur le plat mais, cependant, elles sont gobées – non crues ou crues – sur scène de peurs paniques. La farce du gobage, et donc le gavage de la farce terroriste, est facilité par le Brouillage d’Oeuf Deep – du célèbre Sigmund Schlomo de Galicie – qui hypnotise les poulettes dans un mental concentrationnaire et enchêné, le Deep State ou le Syndrome de la Galle. Et ron et ron, petit poulet pond; et rond, et rond, les petits macarons!

D’autant que l’âme du Peuple Français risque de saigner encore plus lorsqu’il va prendre conscience que la destruction programmée, et très saignante de vrai sang humain, par la Coalition “Occidentale” – France, Angleterre, USA, Israël, Arabie Saoudite, etc, ad nauseam – de la Libye, de la Syrie, de l’Irak, du Yemen, etc, est une vaste campagne Anti-Sémite visant à détruire tous les Pays Arabes qui ne sont pas sous la coupe des Frères Musulmans et autres groupuscules extrémistes – financés et organisés par la dite Coalition.

Qu’attendent Castaner, Macron, la LICRA et le CRIF, pour attaquer le Groupe Lagardère, propriétaire de l’Encyclopédie Universelle Larousse? N’est-il pas révélateur que le Mouvement des Gilets Jaunes soit assimilé à de l’Anti-Sémitisme, par toutes les serpillères Sionistes, alors que le Groupe Lagardère clame, haut et fort, que l’Anti-Sémitisme est un racisme à l’encontre des Ethnies parlant les langues Akkadienne, Arabes, Sudarabique, Ethiopiennes, Ougaritique, Phénicienne, Moabite, Hébraïque et Araméenne. Tout va bien?

Dans quelle choucroute, trop fermentée, va t-elle pédaler, l’incontournable télé-visante, et archi-contaminante, Ruth Elkrief – qui donne rarement dans le Grivois Gaulois et très généreusement dans les Griefs du Gang – si tant est qu’elle souhaite continuer à proférer ses litanies télévisées, et Anti-Anti-Sémites, afin de pouvoir raccommoder, ensemble, la définition Sioniste officielle et celle du Groupe Lagardère?  Si elle prétend, en effet, qu’une dénomination multi-ethnique (celle de l’Encyclopédie Larousse) se métamorphose, dans son contraire, en une dénomination mono-ethnique (les “Juifs”), il va s’avérer urgent de modifier l’intégralité de la structure de l’Edu-castration Française – ce qui ne serait pas dramatique quant au fond et quant à la forme. Du moins, la modifier dans l’expression d’une langue, que l’on appelle le Français, si tant est que l’on veuille encore accorder aux termes une signification qui ne vogue pas aux grés des vents Sionistes et, bien sûr, si tant est que cette langue représente encore un intérêt quelconque pour tous ceux qui souhaitent transformer l’intégralité des Peuples en vaste melting-pot, ou autre soupe à la grimace. Et les guerres d’extermination sont, pour le moins, de très amples vecteurs de soupe indifférenciée de chair humaine à canon.

Allons, Poulettes de la Batterie,

Dansez, dansez la Vaccinade

Qui mollira vos chairs à la douce marinade.

En Marque, En Marque

En cadence de francisque Gallique

Vers la Loterie Génocidaire

– le Rut de l’EmPire –

Et, pour le Grand Bonheur de tous les Réfractaires Gaulois, et pour être encore plus éducatif et innovateur…

… pourrait-on proposer, en plat de Résistance, que le premier acte de Salubrité Populaire, de la Première Démocratie Française, soit de dissoudre le CRIF – le Conseil des Représentants Israéliens en France – et tous ses pseudopodes?

Car, franchement, pouvons-nous être audacieux au point d’imaginer, en toute satire, le Président du CRBF, le Conseil des Représentants du Bénin en France – un Africain, digne de ce nom, qui n’aurait pas sa langue dans sa Kippah, par exemple Kémi Séba – saisir le bras, de la Première Marionnette de la République de France, pour lui faire, en public, une prise” de Judo Sioniste? – pour ne pas dire une “crise” de Judéo-Sioniste!

Sous des couverts d’hégémonie Torahriste, le Conseil des Représentants Israéliens en France est, fondamentalement, une organisation Terroriste qui terrorise le Peuple Français, “Juifs” inclus. Et qui terrorise même ses obligés: il n’est que d’analyser le visage pétrifié d’Emmanuel Macron dont le bras est saisi par Jakubowicz – le grand expert en inversion jaccusatoire.

Le Peuple Français est pris en otage par trois organisations Terroristes: en pinces de crabes par le CRIF et l’OTAN (Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord) et sous le couvert de la marmite de technocrates corrompus et non élus par les Peuples – à savoir l’Europe Soviétique. A savoir, encore mieux, ce que le Judéo-Bolchévisme n’a pas réussi à faire totalement en Russie – après avoir exterminé des dizaines de millions d’humains appartenant à des centaines de Peuples et d’Ethnies diverses sur ce territoire. Et ce qu’il ne réussira pas à réaliser, non plus, en Europe, car les Peuples sont en Marche.

J’informe également, par courtoisie, tous mes détracteurs et diffamateurs, qu’il n’est pas productif de tenter de m’épingler comme “Anti-Juif”: cette carte est strictement périmée – pour ne pas dire très mitée. Depuis un quart de siècle, mes plus intimes partenaires, et compagnons de route, en Amérique du nord, dans le commerce des semences bios et dans la lutte pour la Libération du Domaine Public, sont “Juifs”, du moins Juifs de persécution et d’éducastration… Je pressens, de suite, quelques rires provocateurs émanant du fond de la salle qui seraient enclins à insinuer que, de toutes façons, je n’avais que peu d’alternatives… dans mes amitiés/inimitiés de commerce. Je le concède volontiers mais c’est un autre sujet… Nonobstant, tous mes amis “Juifs” sont, bien évidemment, “Anti-Sionistes” – tout comme la famille de Yehudi Menuhin et tout comme le célèbre joueur de jazz Anglais, Gilad Atzmon. Il ne me viendrait pas à l’esprit, ou à l’âme, de fréquenter des Psychopathes Juifs, pas plus que des Psychopathes de toutes races, couleurs et ethnies. Maintenant, il est vrai, qu’il serait sage de parler de pourcentages… mais ce sera pour un autre Canto.

L’un de mes amis “Juifs” me confiait, d’ailleurs, la semaine passée, qu’il haïssait les Rabbins: «I hate the Rabbis». Ce pourrait être le titre d’un “Heat Parade” – pour ne pas dire un “Hate Parade” – en ces temps sociaux surchauffés et en cette période glaciale de réchauffement climatique à croissance négative.

 

Au grand plaisir de l’Education des Peuples

et de la Correction de notre ADN Païen:

Mon site “Magie Tantrique Gaïenne” constitue mon oeuvre la plus transgressive : c’est l’équivalent d’une vingtaine de gros ouvrages de traductions de toute l’oeuvre écrite, et en partie orale, de John Lash – entreprise dès 2006. Je conseille à tous ceux qui voudraient me chercher des mites, et autres poux “Anti-Sionistes”, sur la tête de ma Mère, de plonger la leur, s’ils en ont le courage, dans ce bain de transgression. Cela ne risque en rien de les contaminer, spirituellement parlant, car les Psychopathes ont développé une immunité spéciale à l’encontre de tout ce qui n’est pas mensonges – et, surtout, à l’encontre de l’Authenticité de la Vie.

“Magie Tantrique Gaïenne” : C’est de l’artillerie lourde, d’un point de vue arrogation, mais l’heure est venue d’innover dans la confection de grenades de désencerclement idéologique anti-BHL!

J’invite, d’ailleurs, tous mes détracteurs et diffamateurs – très souvent amateurs dans le mauvais sens du terme – à plonger d’autant plus la tête dans mon bouillon de transgression Païenne et Gaïenne qu’ils souhaiteraient, réellement, tenter de me classer – ou de me certifier. En effet, on ne peut classer que des entités qui se soumettent aux critères de classification du classificateur – qui n’est, que trop souvent, un falsificateur.

Je me suis auto-certifié non-conforme, depuis mes tendres années”, et surtout même depuis l’adolescence, lorsque j’abandonnai, à son triste sort, la soupe mitée de l’anarcho-ouvriérisme de St-Nazaire, la mal nommée, teinté de christo-centrisme et déconnecté de l’authentique Source – Celtique, en l’occurence.

En apéritif, ma “Perle Jaune”, à savoir un Appel à l’Insurrection Jaune d’Oeuf – qui date du mois de janvier 2018, donc huit mois avant le début de la Grande Correction Sociale en France – et qui m’encourage à fortifier mes inclinations à l’auto-gratification, et à encourager tout un chacun de même, car il est difficile de devenir intuitif si on ne s’imagine pas l’être, soi-même, en premier lieu. “Dansez la Vaccinade, vers la Grande Hommelette Finale” est un Pamphlet anti-vaccinaliste pour les grands amoureux de la satire. Je convie tous les Antifas – et autres Anti-Faits – à produire un pareil chef d’oeuvre sémantique. Le mien est tellement excellent qu’il est, d’office, hors concours.

Un Nouveau Mac Rond pour 2019

La société Apple, dans un souci légitime d’arrondir les angles d’une hyper-censure médiatique pouvant inviter la popoulation à la contre-carrer, va introduire sur le marché un tout nouvel ordinateur aux formes rondes et sensuelles du Macaron de la Pomme croquée – un Mac Rond. Ses formes organiques vont, ainsi, résonner idéalement avec la politique de gestion de l’inconscience publique fondée sur la perception qu’un oeuf qui roule n’amasse pas mousse, si ce n’est la mousse fugitive, très dopaminergique, des faits d’ovaires pondus à la va vite par des journalistes sous-protéinés parce que nourris à la botte de foin. Des journalistes qui sont aussi à la botte des Disséminateurs/Encodeurs, pour ne pas dire sur rebootage permanent, en fonction des Inséminations Oeufficielles du psychisme collectif. Co, Co and Co: le Codage Collectif des Coquelets. Le croqué symbolise la première becquée fatidique pour le Coq Originel, le Coq Adam, dans la pomme de la connaissance que lui tendit sa coquette Eve, incarnée en Serpent de Sagesse, l’ancêtre du worm paralysant, contre-fakant, l’Intelligence Artificielle – une allégorie du dilemme éternel entre la Nature et l’AviCulture, entre l’Aigle et la poule pondeuse. C’est à cause de cette insurrection avortée que, châtié, le Coq Adam les perdit – les dents.

Mes monographies concernant des plantes médicinales puissantes sont toutes dans la rubrique “monographies” sur “Xochipelli.fr” ou sur le blog de Kokopelli. Je mets au défi tous les Antifas – qui, à l’image de l’anonyme Romain, se font les avocats de la vaccination génocidaire – de sortir un quelconque texte qui ait du sens, médicinalement parlant, alors que l’humanité est en train de sombrer dans une catastrophe sanitaire et dans une obligation vaccinale archi-criminelle.

Pour tous les amoureux des plantes, médicinales ou non, mes trois sites botaniques sont ici, en Anglais:

Mon site web “Eriogoneae.com” présente 150 espèces d’Eriogonum, à savoir de Sarrasins sauvages. C’est le seul site web, sur la planète, présentant le quatrième genre botanique aux USA avec 400 espèces et sous-espèces. Merci Xochi.

Mon site web “Liberterre.fr” présente une Flore de l’Oregon.

Mon site web “Gaianethnobotany.com” présente une pléthore de plantes sauvages et médicinales  de la côte ouest des USA, dont une collection unique au monde de Lomatiums, un genre très médicinal dans la Famille des Apiacées. Merci Xochi.

Pour des biscuits très compacts – de type “aliment pour chair à canon dans les tranchées destinées à éliminer des millions de paysans inutiles, Français et Allemands” – à servir à tous les impatients de découvrir des perles “Anti-Sionistes” dans mes oeuvres écrites, voici une sélection de mes derniers essais les plus transgressifs. Je conseille, nonobstant, à tous les illettrés antifas de se munir de très gros dictionnaires car ils risquent d’être linguistiquement “dépaysés” – si tant est que la notion de “pays” et de “paysans” évoque encore, pour eux, une quelconque signification. Tout en sachant qu’il n’est aucun dictionnaire, sur la Planète, qui puisse sauver l’âme asséchée d’un Antifa professionnel – à savoir, expert en manipulation sociale et salarié par le gang de George Soros pour semer le Chaos dans les Peuples.

Los Cantos de Xochi: Au Festival des Quenelles de l’Humour: Macron dégage!

C’est à Dieudonné M’bala-M’bala que je dédie, bien sûr, ce pamphlet de Quenelles de Gueux. Tout d’abord, au titre de la libre expression car cet artiste a été persécuté, durant de trop nombreuses années, par les Autorités Israéliennes de la France et par toutes les serpillères en charge de la Ripoublique. Secondement, parce qu’il est l’un des plus courageux trésors d’humour et dons de l’amer, que la Mère Noire ait fait fertiliser dans les Terres Païennes d’Europa.

Los Cantos de Xochi: Paroles de Réfractaire gaulois.

Dans ce Canto, je précise en avant-propos: Ce n’est pas mon sujet de développer des fixations à l’encontre d’Emmanuel Macron qui n’est qu’une marionnette au service des Prédateurs et sur siège éjectable, à court ou moyen terme, comme toutes les personnalités politiques chargées de maintenir le cap des criminels du complexe militaro-industriel alors que leur Titanic Sioniste est en train de s’enfoncer dans l’océan de ses exactions, de ses turpitudes et de ses mensonges – sous les vagues du Tsunami de dénonciation et de déconstruction Populaires. Dans l’ambiance bon enfant de ce Canto, Macron ne représente que la cerise sur le gâteau intégralement toxique de la gente politique corrompue jusqu’à la moelle et, fondamentalement, constituée de serpillères sur lesquelles leurs Maîtres, les Banksters, s’essuient quotidiennement leurs pieds ensanglantés par des guerres permanentes d’extermination.

J’ajouterai, également, que le jour ou Emmanuel Macron fut “élu” par le Peuple Français, j’ai informé mes proches que les Banksters venaient de placer, sur le siège éjectable de Premier Larbin de la Ripoublique, un jeune morveux prétentieux dans le rôle bien connu de “l’Agneau Sacrificiel” qui allait se faire immoler sur l’autel de la Vindicte Populaire.

A la vitesse où le jeune Macron est en train de se faire prendre, lui-même, en pinces de crabe, sa “France en Marche” risque de dégénérer, très rapidement, en eau de boudin pour ne pas dire en “Macron à Méchoui”.

Los Cantos de Xochi: Les Tambours de Xochipelli se sont libérés.

Il semblerait que les Tambours se soient, en effet, bien libérés car j’y évoque… les victimes de la chasse aux troubadours et aux troubadouresses car l’amour courtois, sensuel et orgasmique, constitue l’antithèse même du Sanguinolent percé de tous membres – une Poupée de Vaudou Juif  – qui hante et envoûte toutes les croisées de chemins, de la France prétendument “laïque”, et qui contamine l’atmosphère psychique de multiples Peuples, Ethnies et Nations. C’est le syndrome du cercle vicieux de collusion victime-perpétrateur – par la glorification de la souffrance –  et le fondement du tissu social Européen depuis près de vingt siècles. Le supplicié cloué sur le Bois mort est une image inversée de l’initiation du Shaman à l’Arbre Pendu, un arbre vivant, dans les mythologies Nordiques.

Los Cantos de Xochi: Les Tambours de Xochipelli se sont réveillés. 

Los Cantos de Xochi: Chroniques de l’Oregon.

Pour Prévenir et Guérir la Malaria: les Armoises d’Artémis ou les vaccins chimériques de la Pharmacratie? Dossier 02.

Pour Prévenir et Guérir la Malaria: les Armoises d’Artémis ou les vaccins chimériques de la Pharmacratie? Dossier 01.

Les Insectes Chimériques sont-ils le dernier radeau de l’Agriculture Chimérique?

Tulsis et autres Vérités Basilico-moléculaires pour se libérer de la Terreur Pharmacratique.

Mes articles sur le Cannabis, chanvre et ganja, sont sur mon site Gaianethnobotany.com. Et ils font, carrément, dans l’énorme dénonciation à la fois de la prohibition et de la pseudo-légalisation.

Mes articles sur les Enthéogènes, sont sur mon site Liberterre.fr.

Mes traductions de Stephen Harod Buhner, mon principal guide en thérapeutique de plantes médicinales, sont sur mon site “Xochipelli.fr” ou sur le blog de Kokopelli.

Une grosse partie technique de mon ouvrage “Semences de Kokopelli” est en ligne, gratuitement, sur le blog de Kokopelli.

Mes très nombreux et anciens articles en Français, en Anglais et en Espagnol sont placés sur mon site “Gaianethnobotany.com” et sur mon site “Liberterre.fr”, ainsi que mes traductions d’autres auteurs, tels que Terence McKenna, Paul Shepard, Paul Stamets, etc, etc.

Mes articles dénonçant l’arnaque du Réchauffement Climatique Anthropique sont placés sur deux de mes sites, 10 ans avant la prise de conscience par les Peuples que nous sommes effectivement partis vers un nouveau cycle de froid qui va durer de 400 à 600 ans – comme d’habitude. Je dois avouer que j’ai pris un pied d’acier – et deux mois de travail – à rédiger ces quatre articles d’une soixantaine de pages sur les Arnaqueurs de la Mouvance Verte – et on se bouche le nez: Greenpeace, les Verts, Jadot, Cohn-Bendit, Duflot, etc, ad nauseam – tous des handicapés mentaux issus du Judéo-Bolchévisme verdâtre. Ces serpillères Sionistes sont encore plus glissantes que les autres car elles opèrent à couvert et entraînent des millions de jeunes dans des campagnes pour sauver les phoques, les ours blancs, le climat, les transgenres – en bref, la Planète des dupes.

J’invite tous les réchauffistes débiles à consulter des ouvrages de géologie et à se demander pourquoi, il y a 12 000 ans de cela, des communautés humaines vivaient sur des sites qui sont, aujourd’hui, à 80 mètres sous l’eau, à l’abord des côtes. Sans plaisanter, le niveau de médiocrité de notre époque est proprement hallucinant. S’ils n’ont pas le temps, au cas où ils sachent lire, je leur conseille l’ouvrage très court, et rédigé en 1950, d’Edouard Le Danois, un zoologiste marin: les Rythmes du Climat.

Est-il possible de s’éveiller au fait que depuis 1950, les Rythmes du Climat n’ont pas changé juste parce que le Prophète Al Gore – celui qui a imposé les Chimères Génétiques à l’Europe entière avec la complicité de Jospin et de Voynet – a réalisé un film de science-fiction, en omettant de parler de ses propres jets privés?

« Cette diversion est, présentement, orchestrée par tous les idiots utiles du Système, les pseudo activistes et autres fats antifas tels que le nombriliste “alter-mondialiste” Cyril Dion – dont la capacité de parler pour ne rien dire n’a d’égale que sa crasse ignorance à pouvoir exprimer ce qu’il entend par “Climat” et n’a d’égale que sa très forte inclination à se pavaner dans la Presse aux Bottes des Autorités. L’arrogance dénuée de capacité d’arrogation est tout simplement détestable. Je mets au défi Cyril Dion, l’aspirateur Macroniste – ou tout autre guignol climatique à la mode Foucart – de produire une définition cohérente, holistique, vivante et sensible du concept “Climat” avant d’en évoquer le réchauffement, le changement, le sauvetage, les crimes, le négationnisme… – ou avant de proférer ses incantations de Rédempteur de Climat se voyant déjà sur le perchoir suprême en tant que pape du Sionisme Vert».  Pourrais-je suggérer, de plus, comme règle d’or – pour toute illumination sociale digne de ce nom – que toute “Croisade” promue par les Autorités criminelles, psychopathiques et génocidaires, soit suspectée, d’emblée, d’être un vaste mensonge, et une vaste arnaque, au service de cette même dynamique sociale en 3 D? Cyril Dion, et toute la mouvance qu’il incarne pour “sauver le climat”, constitue, à son insu ou non, l’une des peu nombreuses dernières cartes, sous nuances verdâtres, du Sionisme. Il n’existe aucune urgence climatique. L’unique urgence est d’éliminer l’Ennemi Unique de l’Humanité et de la Biosphère.

Sur la Stérilisation Vaccinale des Femmes dans le Tiers-Monde

Je ne vais, évidemment, pas reprendre le catalogue de mes “perles” déclinées, par le dernier Antifa anonyme sus-cité, avec tous les liens à l’appui pointant, très gracieusement, vers mes divers sites web. En effet, l’auteur de cette “diffamation” se disqualifie, de suite, lorsqu’il reprend les arguments éculés et mités, des Décodeurs Menteurs de l’ImMonde et autre Fakebookers, pour invalider mes informations portant sur des vaccins stérilisateurs de jeunes femmes. Je reproduis, plus avant, l’intégralité de mon passage sur les vaccins stérilisateurs et j’invite tous les lecteurs attentifs, et sincères – même s’ils ne disposent pas du “quotient intellectuel” des Lumières, à la mode BHL, qui contrôlent les marionettes de  l’Etat – à consulter mes essais, dénonçant ces abominations, et à aller enquêter, directement, par eux-mêmes sur les pages officielles du site web de l’OMS – que l’on peut taxer de Mafieux arrogants mais pas de complotistes vis à vis d’eux-mêmes – ainsi que dans les articles des revues médicales ou scientifiques très “conformistes”, comme la revue Lancet.

Ceux qui répandent, comme Romain l’Antifa, des fake-news sur l’authenticité de la relation vaccins/stérilité sont, au mieux, des idiots utiles et, au pire, des criminels qui soutiennent les Organisations Internationales, et la Mafia Pharmacratique, dans leurs campagnes génocidaires de stérilisation des femmes pauvres dans les pays du Tiers-Monde.

Qu’attendent tous les mouvements anti-racistes pour dénoncer la stérilisation des Femmes dans le Tiers-Monde? Sont-ils, aussi, tous financés par George Soros?

De toutes manières, au-delà du drame de la stérilisation vaccinale de millions de Femmes, dans les pays du Tiers-Monde, c’est toute la Mafia Vaccinale qu’il est essentiel de porter devant les Tribunaux des Peuples. Car elle génocide en permanence tous les bébés et les enfants de la planète.

Romain, l’illettré et le fat antifa, est bien sûr inconscient qu’aujourd’hui aux USA, ce sont 25 millions de personnes qui se sont fait vacciner avec des vaccins porteurs de vecteurs leucémiques issus de souris. Faut-il vous l’envelopper ou est-ce pour génocider de suite?

Voici donc ce que j’ai écrit à ce sujet dans l’un de mes Cantos:

L’une des contre-intox annoncée par les Décodeurs du gang Décodex/Fakebook concerne le prétendu hoax ainsi libellé « On retrouve notamment toute une galaxie d’opposants à la vaccination… d’autres ont partagé des contenus conspirationnistes présentant par exemple les vaccins comme une manière de contrôler les naissances » ou encore « Les vaccins envoyés en Afrique contiennent-ils des agents anti-fertilité?». Malheureusement, oui, pour les très nombreux millions de femmes vaccinées/stérilisées au Mexique, au Nicaragua, en Tanzanie, aux Philippines… – par l’OMS. Malheureusement, oui, pour le demi-million de femmes vaccinées contre le tétanos au Kenya en 2014/2015 par l’OMS avec des vaccins à haute teneur en une hormone stérilisante dénommée la gonadotrophine chorionique – ou hCG. Et ce n’est que la petite partie immergée de l’iceberg d’un programme de vaccination génocidaire lancé par l’OMS dès 1972. Contrairement à ce que prétend la contre-intox intoxicante des Décodeurs, il existe des valises de dossiers concernant ce scandale eugéniste dont des articles dans la revue médicale le Lancet du 4 juin 1988 (pages 1273 et 1296) et du 11 juin 1988 (pages 1295 à 1298) – dont un article intitulé “Phase 1 Clinical Trials of a World Health Organisation Birth Control Vaccine”. Les décodeurs criminels peuvent également se référer au rapport de l’OMS, l’Organisation des Massacreurs de la Santé, intitulé “Vaccines for Fertility Regulation, » Chapter 11, pages 177-198, Research in Human Reproduction, Biennial Report (1986-1987), WHO Special Programme of Research, Development and Research Training in Human Reproduction. WHO, Geneva 1988.”

Il existe, par ailleurs, une multitude d’études publiées sur le site web du Ministère US de la Santé, et émanant du monde entier, quant aux vaccins anti-fertilité. Peut-être les Décodeurs ne sont-ils pas conscients que toutes les études publiées sur les vaccins ne sont pas manipulées par la Mafia Pharmacratique et qu’il existe, encore sur la planète, un Domaine Public de chercheurs non vérolés – et en quête de vérités.

Xochi. 22/25 février de l’An 01 des Gilets Jaunes

 

Illusion démocratique: aux origines du pouvoir

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 26 février 2019 by Résistance 71

 

Aux origines du pouvoir 

Mythe, nationalisme et politique : analyse de quelques outils de domination

Aviv Etrebilal

2011

Ce que l’on nomme État est comme un tissage et un tressage fait de dépendances et d’adhésion, une appartenance commune, où tous ceux qui font cause commune s’accommodent les uns des autres, dépendent les uns des autres. Il est l’ordonnancement de cette dépendance mutuelle. Vienne à disparaître le roi, qui confère l’autorité à tous, de haut en bas, jusqu’au valet du bourreau, l’ordre n’en serait pas moins maintenu, contre le désordre des instincts bestiaux, par tous ceux qui ont le sens de l’ordre bien ancré dans leur conscience. Que l’emporte le désordre, ce serait la fin de l’État.

Mais cette idée sentimentale de s’accommoder les uns des autres, de faire cause commune et de dépendre les uns des autres, peut-elle vraiment nous convaincre ? À ce compte, l’État serait la réalisation même de l’amour, où chacun serait pour autrui et vivrait pour autrui. Mais le sens de l’ordre ne va-t-il pas mettre en péril l’individualité ? Ne va-t-on pas se contenter d’assurer l’ordre par la force, de telle sorte que nul « ne marche sur les pieds du voisin », que le troupeau soit judicieusement parqué ou ordonné ? Tout est alors pour le mieux dans le meilleur des ordres et cet ordre idéal, mais c’est l’État.

Nos sociétés et nos États existent, sans que nous les fassions, ils sont réunis sans notre assentiment, ils sont prédestinés, ils ont une existence propre, indépendante, ils sont contre nous, les individualistes, ce qui existe de façon indissoluble. Le monde d’aujourd’hui est, comme on dit, en lutte contre l’ « état des choses existant ». Cependant, on se méprend, en général, sur le sens de cette lutte, comme s’il ne s’agissait que de troquer ce qui existe actuellement contre un nouvel ordre qui serait meilleur. C’est bien plutôt à tout ordre existant, c’est-à-dire à l’État, que la guerre devrait être déclarée, non pas à un État en particulier, encore moins à la forme actuelle de l’État. L’objectif à atteindre n’est pas un autre État (« l’État populaire » par exemple), mais l’association, association toujours changeante et renouvelée, de tout ce qui existe.

L’État est présent même sans mon entremise. J’y nais, j’y suis élevé, j’ai envers lui mes devoirs, je lui dois « foi et hommage ». Il me prend sous son aile tutélaire et je vis de sa grâce. L’existence indépendante de l’État est le fondement de mon manque d’indépendance. Sa croissance naturelle, sa vie comme organisme exigent que ma nature à moi ne croisse pas librement, mais soit découpée à sa taille. Pour qu’il puisse s’épanouir naturellement, il me passe aux ciseaux de la « culture ». L’éducation, l’instruction qu’il me donne sont à sa mesure, non à la mienne. Il m’apprend, par exemple, à respecter les lois, à m’abstenir de porter atteinte à la propriété de l’État (c’est-à-dire à la propriété privée), à vénérer une majesté divine et terrestre, etc. En un mot, il m’apprend à être irréprochable, en sacrifiant mon individualité sur l’autel de la « sainteté » (est saint n’importe quoi, par exemple, la propriété, la vie d’autrui, etc.). Telle est la sorte de culture et d’instruction que l’État est apte à me donner. Il me dresse à devenir un « instrument utile », un « membre utile de la société ».

C’est ce que doit faire tout État, qu’il soit « État populaire », absolu ou constitutionnel. Il le sera tant que nous serons plongés dans l’erreur de croire qu’il est « moi », et, comme tel, une « personne » morale, mystique ou publique.

— Max Stirner, L’unique et sa propriété, 1845.

« Je n’aime pas les peuples, je n’aime que mes amis. »

— Hannah Arendt.

Un mythe est un récit qui se veut explicatif et surtout fondateur d’une pratique sociale commune. Il peut être porté à l’origine par une tradition orale, qui propose une explication pour certains aspects fondamentaux du monde et de la société qui a forgé ou qui véhicule ces mythes, il peut aussi être fabriqué de toutes pièces par des groupes qui ont la ferme intention de s’en servir à leurs fins. Le mythe est fondateur par définition. Il fonde les religions, les nations, les peuples, les identités. Nous partons ici de l’évidence que le mythe, comme la religion, est un instrument d’oppression et d’auto-oppression, de servitude à de fausses utopies ne servant qu’à des minorités — ou bien des majorités dans le cadre du démocratisme utopique — à asseoir leur domination sur un socle d’adhésion bienvenue. Le fait de gouverner est inséparable du mythe et de la création d’un imaginaire, et l’analyse matérialiste de l’histoire d’un Marx par exemple, qui ne veut voir dans l’histoire humaine que des rapports économiques là où se trouvent des rêves, des croyances, des mythes et des idéologies paraît bien légère si l’on considère plus l’histoire des idées et des relations entre les individus et les groupes d’individus que les cours du blé.

On peut citer de nombreux exemples. Les systèmes totalitaires modernes les plus brutaux et absolus, tels ceux qui ont parsemé la première moitié du siècle dernier (nazisme, fascismes etc.), étaient tous basés sur un imaginaire et un socle de croyances communes différentes : l’existence de divisions raciales au sein de l’humanité accompagnée d’une hiérarchie entre elles, la nécessité d’un surhomme pour guider le troupeau des faibles, la volonté d’un retour à une forme mythique n’ayant aucune trace d’existence réelle (la romanité, la Magna Germania etc.) ou encore la négation des différences entre les individus menant à l’unité forcée sous la forme d’une masse imaginée comme tendant vers la totalité et autres mythes fondateurs.

La nation elle-même, pour laquelle le sang n’a jamais cessé d’être versé au nom d’intérêts qui ne sont pas ceux des individus, n’est rien d’autre que le produit d’un imaginaire utilitaire et un assemblage de mythes épars. Les créateurs de nationalismes sont parfois prêts à l’admettre d’eux-mêmes, jusqu’à en faire leur force. En effet, il est indéniable qu’aucun nationalisme ne se fonde sur autre chose que sur des mythes et des visions erronées de l’histoire. La Nation est un concept proche de celui de Peuple, qui est lui-même un concept mobilisateur basé sur des interprétations simplistes de l’histoire. La nation comme le peuple sont censés recouvrir la pseudo-réalité d’une communauté humaine identifiée dans des limites géographiques (parfois fluctuantes au cours de l’histoire), mais dont le trait commun supposé est la conscience d’une appartenance à un même groupe. Mais au fond, quelle appartenance commune entre picards, celtes et germains des siècles passés, intégrés de force ou non dans le carcan de la très conceptuelle nation française et de son Etat ? Aucune, sinon une humanité non moins différente de celle de l’aborigène d’Australie. C’est donc à partir du mythe que l’on peut forger dans les rêves des concepts comme Nation ou Peuple. De fait nous appartenons à une nation comme nous appartenons à une religion, on est français ou allemand comme on est catholique ou musulman, c’est-à-dire par le biais de la domestication civilisatrice. Rien dans nos gènes ne nous rattache à un peuple, une terre ou une nation. Comme le décrivait Rocker en 1937 dans son Nationalisme et culture, il n’y a pas d’État qui ne consiste pas en un groupe de populations différentes qui étaient à l’origine de différentes descendances et de différentes langues, forgées ensemble en nation unique seulement par des intérêts dynastiques, économiques et politiques.

Ce besoin du mythe est constant dans l’histoire de l’humanité, il est intrinsèque à toutes les dynamiques de pouvoir et de gestion des populations, autrement dit, à la politique. Il n’y aurait nul besoin de politique si l’homme ne ressentait pas le besoin universel et tellurique de se regrouper, mais comment gouverner des hommes sans décider soi-même des critères de regroupement de ceux-ci ? De fait, les individus dans ce monde ne se choisissent pas les uns les autres, ils ne s’associent pas, mais sont associés. C’est-à-dire qu’ils n’ont aucun pouvoir sur les critères qui sont censés les rassembler entre eux et les regrouper autour d’une nation, d’un pays, d’un peuple ou entre les frontières préétablies d’un État. Et si en tant qu’individu je peux me sentir plus proche d’un individu « Quechua » du Pérou que de mon frère biologique, ce n’est de toute façon pas moi qui choisis ce que je suis aux yeux du pouvoir : ma carte d’identité affiche que je suis français, que mes yeux sont de telle couleur et que ma mère a perdu les eaux à tel endroit du globe, et c’est cela qui me définit, pas ma créativité, pas mes idées, pas ma façon de vivre et d’aimer. Lorsque l’on expulse une personne qui a traversé une frontière sans les autorisations nécessaires, si les accords diplomatiques entre États le permettent, il est renvoyé dans son pays. Les policiers, juges et autres préfets qui effectuent cette tâche aux divers maillons de la chaîne de commandement ne se posent pas la question de savoir si l’individu en question (qui n’est en fait pas un individu, mais une parcelle d’une unité plus large, comme un pays) identifie ce pays comme le sien. S’il y a même déjà vécu autre chose qu’une naissance ou un coup de tampon dans un bureau n’est pas la question, si son cœur habite aux côtés d’un être cher qui est ici ou encore ailleurs ne rentre pas dans l’équation non plus, puisque son identité géographique est forgée par un coup de tampon et non pas par l’endroit où son cœur a choisi de jeter l’ancre.

Le regroupement dans un monde où la vie en commun est basée sur le principe d’autorité c’est justement cela : l’absence de choix, la prédominance de la raison d’Etat sur les raisons du cœur. La liberté est donc bannie des formes d’associations qui nous sont imposées avant même que nous ne soyons capables de faire nos propres choix. Et si je ne possède pas le carburant de la vie sous domination, l’argent, je ne pourrai jamais me départir entièrement de ce système de domination, lui-même en partie basé sur l’argent.

« Lorsqu’une association s’est cristallisée en société, elle a cessé d’être une association, vu que l’association est un acte continuel de réassociation. Elle est devenue une association à l’état d’arrêt, elle s’est figée. […] Elle n’est plus que le cadavre de l’association ; en un mot, elle est devenue société communauté. »

— Max Stirner, L’Unique et sa propriété, 1845.

Pourquoi donc sommes nous regroupés, parqués à l’intérieur de catégories imaginaires comme la nation, l’Etat, le peuple ou l’ethnie ? Parce qu’il faut, pour gouverner, savoir qui l’on gouverne, il faut délimiter les contours d’un dominion à gouverner, et il faut bien trouver des critères géographiques pour délimiter, et créer une mythologie pour assurer la cohésion de ces critères géographiques forcément irrationnels. Là, le mythe joue son rôle mobilisateur en créant de l’adhésion, car il est plus facile d’adhérer à une forme de domination lorsqu’elle se travestit du voile mythique que lorsque le fer rutilant de son épée apparaît tel qu’il est. La force métaphysique du mythe tient dans le fait qu’elle provoque bien plus que la simple acceptation, elle provoque l’adhésion et même l’enthousiasme jusqu’au sacrifice, les guerres entre nations, ethnies et religions à travers le monde et l’histoire en témoignent.

Nous avons donc vu que pour dominer, il faut pouvoir regrouper, et que pour regrouper il faut du mythe. Les dictatures les plus froides qui ne se sont pas mêmes parées du moindre voile mythique n’ont jamais duré. Il faut à toute forme d’État une forme de religiosité pour perdurer, une justification ontologique spiritualisée, car la violence pure ne peut être efficace qu’un temps, jusqu’à ce que l’insupportable de cette vie éclate à la face du pouvoir, le mythe sert justement à rendre la vie sous domination supportable. Avoir une religion, une communauté, une idéologie et autres artefacts pour nous rendre communs plutôt qu’uniques permet de donner un sens facile et confortable à sa vie, il permet de la laver de toute singularité, comme une façon lâche de conjurer l’absurdité du monde et de la vie, que nous préférons balisée et sécurisée à libre et risquée. De tous les côtés du spectre de la domination, de la gauche à la droite du pouvoir, les dominants trouvent donc leur intérêt au développement de ces mécanismes d’appartenance imaginaires, parfois même jusqu’à ce qu’ils deviennent dangereux pour le pouvoir en place. Il s’agit de réduire les effets destructeurs et démobilisateurs de la guerre permanente qu’impose nécessairement la forme étatique.

George Sorel, grand théoricien du syndicalisme révolutionnaire, principal introducteur du marxisme en France et proto-fasciste notoire, théorisera l’importance du mythe en politique et son rôle mobilisateur, sans lequel aucune prise de pouvoir durable n’est possible. Lui fera le choix de développer le mythe de la grève générale, bien conscient (de son propre aveu) que celle-ci n’adviendra pas, car peu importe au fond que celle-ci advienne ou non, elle n’est pas le but, la fin réelle de cette stratégie n’est en réalité pas la grève générale, mais la mobilisation d’une masse acritique de croyants prêts à se sacrifier pour atteindre ses objectifs à lui.

Cela n’est rien d’autre que la forme la plus basique de manipulation des foules, autrement dit, la politique. Dit encore autrement, cela s’appelle prendre les gens pour des cons, chose efficace si l’on en croit l’histoire. Le rôle mobilisateur du mythe chez Sorel — en particulier celui de la grève générale — et la fonction anti-intégratrice et régénératrice de la violence n’avaient en fait pour but que la prise de pouvoir à la place du pouvoir en place.

Le fascisme français, tel qu’il fut nommé par Sternhell et qui inspirera bientôt le diffèrent fascisme italien, qui accédera, lui, au pouvoir, fut l’une des premières théories modernes à admettre froidement que la création du mythe n’est en fait qu’un enjeu tactique dans lequel on peut certes finir par croire soi-même, mais dont le seul but est de mobiliser des troupes pour la prise de pouvoir, et le maintien de celui-ci. On incarcère, on tue, on mutile, on ment, on domine, mais cela est acceptable, car c’est pour une raison qui nous dépasse, cette raison même qui fait de cette vie de chien une vie acceptable ; du moins, plus acceptable que l’absurdité de la créativité totale et de l’abandon de tout modèle prédéfini. C’est ainsi que, par le biais d’un « contrat social », on finit par confier le contrôle de sa vie à un Etat, son corps à un patron, sa santé à un médecin, sa responsabilité individuelle à un juge qui nous jugera mieux que nous-mêmes.

Il n’y a pas de Contrat Social sans mythe fondateur, et il n’y a pas un seul système politique qui n’ait perduré sans une mythologie sacrificielle pour assurer sa subsistance et l’adhésion des masses à son calendrier mortel. Sans unité, pas de cohésion sociale et sans mythe, pas de cohésion entre des personnes qui a priori n’ont aucun intérêt en commun. En effet, quel fut l’intérêt commun entre le troufion faisant office de chair à canon dans les tranchées de la grande boucherie de 14–18 et le grand industriel sinon celui, basé sur de la poussière de mythe, de la nation française en danger ? Comment expliquer L’Union Sacrée sinon par la force métaphysique et la capacité mobilisatrice miraculeuse du mythe ? L’Union Sacrée fut le nom donné au mouvement de rapprochement politique qui a soudé les Français de toutes tendances politiques ou religieuses et de toutes classes lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale. Le terme fut utilisé pour la première fois à la Chambre des députés le 4 août 1914, par le président Poincaré, dans son message aux Assemblées. L’union fut éprouvée dans les faits immédiatement car l’ensemble des organisations syndicales et politiques de gauches, essentiellement la CGT et la SFIO, se rallièrent au gouvernement. Cette unanimité nationale persista jusqu’à la fin du conflit, mis à part quelques dissidences de gauche ou anarchistes ainsi que de trop rares mais très belles mutineries de soldats des deux côtés. Un mouvement analogue se produisit chez l’ensemble des belligérants comme en Angleterre, en Russie ou en Allemagne, lorsque le Parti socialiste d’Allemagne, le SPD, votera l’entrée en guerre en août 1914, lançant le mouvement qui prit le nom de Burgfrieden. L’Union Sacrée confirmera les thèses fascistes de Sorel sur le rôle mobilisateur du mythe, en l’occurrence celui de la nation menacée ; et sur la fonction régénératrice de la violence, en l’occurrence la guerre et ses effets régénérateurs sur l’économie et l’union de diverses franges contre d’autres.

« Soyons terribles pour dispenser le peuple de l’être »

— Danton, discours du 10 mars 1793.

Intéressons nous donc à cette fameuse idéologie du contrat social, appelée contractualisme. Le contractualisme est un courant moderne de philosophie politique qui pense l’origine de la société et de l’État comme un contrat originaire entre les hommes, par lequel ceux-ci acceptent une limitation de leur liberté en échange de lois garantissant la perpétuation d’une société donnée. Le contrat social présuppose un état de nature avec lequel il rompt, état préexistant à toute société organisée. Cet état de nature ne correspond nullement à une réalité qui aurait précédé l’instauration des lois, mais à l’état théorique et hypothétique de l’humanité soustraite à toute loi dans la tête des quelques théoriciens à l’origine des modes de gouvernement modernes. Quitter cet état de nature pourtant si hypothétique, voire même farfelu, est la raison invoquée pour justifier le transfert du contrôle de chaque individu sur sa propre vie à celui d’une entité large et structurée par un pouvoir et des lois, autrement dit, un Etat.

La théorie du contrat social, en rompant avec le naturalisme politique des philosophes classiques (platoniciens et aristotéliciens), a provoqué l’émergence de la notion d’égalité politique, formelle et matérielle, mythe fondateur de nombreuses formes d’Etat à travers ces derniers siècles, de l’URSS aux démocraties parlementaires et capitalistes d’aujourd’hui, sans ne jamais garantir en réalité une quelconque égalité, même une égalité dans la misère.

Se situant au tout premier rang des penseurs de la « science » juridique et de la philosophie de l’État, le penseur Grotius fut le premier dans l’histoire de la philosophie politique, au XVIIe siècle, à théoriser le contrat social moderne. Le contractualisme sera repris et discuté par Kant, Fichte et Hegel, lesquels tenteront de réconcilier la « liberté originaire et radicale de l’homme » (Hegel) avec l’Etat et la reconnaissance sociale. Mais les penseurs que l’on peut identifier aujourd’hui comme les principaux théoriciens du contractualisme, à l’origine de notre mode de vie actuel, sont très certainement Hobbes et Rousseau (mais aussi Locke de façon moins importante).

Pourquoi cette société ? Pourquoi la société ? Pourquoi vivre avec des hommes et des femmes avec qui l’on ne veut pas nécessairement vivre, et pourquoi se soumettre à des règles auxquelles on n’a pas choisi de se soumettre ? Tant de questions qui commencent à peine à tourmenter un XVIIe siècle en pleine crise de sens. Mais face à ces questions auxquelles il est factuellement impossible de répondre si l’on évacue consciemment la possibilité d’un autre monde bâti sur la libre-association des individus selon leurs propres critères et sans aucune autorité au-dessus de leurs têtes ; face à ces questions qui auraient pu faire surgir des réponses incendiaires, qui auraient pu laisser place à une explosion de créativité iconoclaste et à l’abandon de tous les modèles du vieux monde, ces philosophes ont construit des cadres rigides, des structures idéologiques dans lesquelles il fut impossible d’imaginer autre chose sans être immédiatement taxé d’antimodernisme et d’aller contre le sens de la marche de l’inévitable Progrès. Par ces structures de pensée, ceux-là mêmes ont véhiculé ce qu’ils pensaient devoir placer au centre de la société. Rousseau, qui pour schématiser, se détachera en créant après lui une sorte d’aile gauche du contractualisme, placera au centre de ce contrat social l’égalité, tandis que Hobbes, lui précurseur de la droite moderne, privilégiera la sécurité. Pour arriver à leurs fins, les deux préconiseront quoi qu’il en soit de troquer une partie de la liberté contre un peu d’égalité pour l’un ou de sécurité pour l’autre.

Les deux partent donc du principe que la liberté est divisible, qu’elle peut se fragmenter en petits morceaux et que l’on peut donc, comme avec un marchand de tapis sur l’agora, troquer un petit morceau de liberté contre un petit morceau d’autre chose. La liberté est donc vue comme quelque chose de quantifiable, mesurable, sécable, partiel.

Cette vision de la liberté est aujourd’hui au pouvoir, dans les hémicycles comme dans les têtes de chacun, qu’il soit parlementariste, extra-parlementariste ou même révolutionnaire, l’humain moderne fragmente la liberté en petits bouts et la conjugue au pluriel plutôt qu’au singulier. Liberté d’expression, liberté d’installation, liberté de circulation, liberté de travailler, liberté de ne pas travailler et les diverses déclinaisons judiciaristes : droits de l’homme, droit à la vie, droits des enfants, droit au logement, droit au travail, droit du travail, droits des animaux, droits des femmes etc. Et ainsi, on donne aux opposants, qu’ils soient ou non révolutionnaires, un os à ronger, des marottes à défendre qui garantissent au pouvoir que ceux-ci restent bien dans les contours prédéfinis par le pouvoir et par la légalité, dans les contours d’une lutte délimitée par la bourgeoisie et convenue avec l’Etat.

Quel pouvoir aimerait voir naître des mouvements insurrectionnels massifs qui ne revendiquent rien, qui ne lui demandent rien, pas même une miette de liberté, qui ne veulent même plus reconnaître son existence et cessant de dialoguer avec lui autrement que par la destruction ?

Selon moi, la lutte contre toute autorité commence par l’affirmation de l’individu comme un être indivisible et insécable, comme une unité et non comme une parcelle d’unité que l’on peut ranger dans des catégories du pouvoir. Elle nécessite une pensée et une pratique iconoclaste en ce qu’elle doit avoir pour but de détruire tous les mythes mobilisateurs qui permettent aux pouvoirs de diviser l’humanité, d’effectuer des regroupements autoritaires selon des critères qui ne sont pas ceux de l’individu comme les Etats, les Nations, les ethnies, les religions, les idéologies. Cette lutte ne doit pas accepter que l’on puisse diviser la liberté en catégories séparées et marchandisées, la liberté ne se conjugue pas, ne se négocie pas, ne s’achète pas ni ne se troque, elle est totale et indivisible ou elle n’est pas, comme l’individu. Citons encore Stirner : « La liberté ne peut être que toute la liberté ; un morceau de liberté n’est pas la liberté ».

La lutte contre l’autorité, c’est le refus total de toute forme de gestion de l’humain, et donc de toute forme de politique. Il faudra se débarrasser de tous les mythes fondateurs pour détruire les fondations sociales et retrouver une liberté qui ne pourra se conjuguer qu’au singulier.

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

Illusion démocratique: Sur les élections (Pierre Kropotkine)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , on 18 février 2019 by Résistance 71


Dossier « Illusion Démocratique »

 

Sur les élections

 

Pierre Kropotkine

1880

 

Les vices des Assemblées représentatives ne nous étonneront pas, en effet, si nous réfléchissons, un moment seulement, sur la manière dont elles se recrutent et dont elles fonctionnent.

Faut-il que je fasse ici le tableau, si écœurant, si profondément répugnant, et que nous connaissons tous – le tableau des élections ? Dans la bourgeoise Angleterre et dans la démocratique Suisse, en France comme aux États-Unis, en Allemagne comme dans la République Argentine, cette triste comédie n’est-elle pas partout la même ?

Faut-il raconter comment les agents et les Comités électoraux « forgent », « enlèvent », canvass une élection (tout un argot de détrousseurs de poches !), en semant à droite et à gauche des promesses, politiques dans les réunions, personnelles aux individus : comment ils pénètrent dans les familles, flattant la mère, l’enfant, caressant au besoin le chien asthmatique ou le chat de « l’électeur » ? Comment ils se répandent dans les cafés, convertissent les électeurs et attrapent les plus muets en engageant entre eux des discussions, comme ces compères d’escroquerie qui vous entraînent au jeu « des trois cartes » ? Comment le candidat, après s’être fait désirer, apparaît enfin au milieu de ses « chers électeurs », le sourire bienveillant, le regard modeste, la voix câline – tout comme la vieille mégère, loueuse de chambres à Londres, qui cherche à capter un locataire par son doux sourire et ses regards angéliques ? Faut-il énumérer les programmes menteurs – tous menteurs, qu’ils soient opportunistes ou socialistes-révolutionnaires – auxquels le candidat lui-même, pour peu qu’il soit intelligent et connaisse la Chambre, ne croit pas plus qu’aux prédictions du « Messager Boiteux » et qu’il défend avec une verve, un roulement de voix, un sentiment, dignes d’un fou ou d’un acteur forain ? Ce n’est pas en vain que la comédie populaire ne se borne plus à faire de Bertrand et de Robert Macaire de simples escrocs, des Tartufe, ou des filouteurs de banque, et qu’elle ajoute à ces excellentes qualités celle de « représentants du peuple », en quête de suffrages et de mouchoirs à empocher.

Faut-il enfin donner ici les frais des élections? Mais tous les journaux nous renseignent suffisamment à cet égard. Ou bien reproduire la liste de dépenses d’un agent électoral, sur laquelle figurent des gigots de mouton, des gilets de flanelle et de l’eau sédative, envoyés par le candidat compatissant « à ces chers enfants » de ses électeurs. Faut-il rappeler aussi les frais de pommes cuites et d’œufs pourris, « pour confondre le parti adverse », qui pèsent sur les budgets électoraux aux États-Unis, comme les frais de placards calomnieux et de « manœuvres de la dernière heure », qui jouent déjà un rôle si honorable dans nos élections européennes ?

Et quand le gouvernement intervient, avec ses « places », ses cent mille « places » offertes au plus donnant, ses chiffons qui portent le nom de « crachats », ses bureaux de tabac, sa haute protection promise aux lieux de jeu et de vice, sa presse éhontée, ses mouchards, ses escrocs, ses juges et ses agents…

Non, assez ! Laissons cette boue, ne la remuons pas ! Bornons-nous simplement à poser cette question : Y a-t-il une seule passion humaine, la plus vile, la plus abjecte de toutes, qui ne soit pas mise en jeu un jour d’élections ? Fraude, calomnie, platitude, hypocrisie, mensonge, toute la boue qui gît au fond de la bête humaine – voilà le joli spectacle que nous offre un pays dès qu’il est lancé dans la période électorale.

* * *

C’est ainsi, et il ne peut pas en être autrement, tant qu’il y aura des élections pour se donner des maîtres. Ne mettez que des travailleurs en présence, rien que des égaux, qui un beau jour se mettent en tête de se donner des gouvernants – et ce sera encore la même chose. On ne distribuera plus de gigots ; on distribuera l’adulation, le mensonge – et les pommes cuites resteront. Que veut-on récolter de mieux quand on met aux enchères ses droits les plus sacrés ?

Que demande-t-on, en effet, aux électeurs ? 

De trouver un homme auquel on puisse confier le droit de légiférer sur tout ce qu’ils ont de plus sacré : leurs droits, leurs enfants, leur travail ! Et on s’étonnerait que deux ou trois mille Robert Macaire viennent se disputer ces droits royaux ? On cherche un homme auquel on puisse confier, en compagnie de quelques autres, issus de la même loterie, le droit de perdre nos enfants à vingt et un ans ou à dix-neuf ans, si bon lui semble ; de les enfermer pour trois ans, mais aussi pour dix ans s’il aime mieux, dans l’atmosphère putréfiante de la caserne ; de les faire massacrer quand et où il voudra en commençant une guerre que le pays sera forcé de faire, une fois engagée. Il pourra fermer les Universités ou les ouvrir à son gré ; forcer les parents à y envoyer les enfants ou leur en refuser l’entrée. Nouveau Louis XIV, il pourra favoriser une industrie ou bien la tuer s’il le préfère ; sacrifier le Nord pour le Midi ou le Midi pour le Nord ; s’annexer une province ou la céder. Il disposera de quelque chose comme trois milliards par an, qu’il arrachera à la bouche du travailleur. Il aura encore la prérogative royale de nommer le pouvoir exécutif, c’est-à-dire un pouvoir qui, tant qu’il sera d’accord avec la Chambre, pourra être autrement despotique, autrement tyrannique que la feu royauté. Car, si Louis XVI ne commandait qu’à quelques dizaines de mille fonctionnaires, il en commandera des centaines ; et si le roi pouvait voler à la caisse de l’État quelques méchants sacs d’écus, le ministre constitutionnel de nos jours, d’un seul coup de Bourse, empoche « honnêtement » des millions.

Et on s’étonnerait de voir toutes les passions mises en jeu, lorsqu’on cherche un maître qui va être investi d’un pareil pouvoir ! Lorsque l’Espagne mettait son trône vacant aux enchères, s’étonnait-on de voir les flibustiers accourir de toutes parts? Tant que cette mise en vente des pouvoirs royaux restera, rien ne pourra être réformé : l’élection sera la foire aux vanités et aux consciences.

* * *

Mais, que demande-t-on maintenant aux électeurs ? – On demande à dix, vingt mille hommes (à cent mille avec le scrutin de liste), qui ne se connaissent point du tout, qui ne se voient jamais, ne se rencontrent jamais sur aucune affaire commune, à s’entendre sur le choix d’un homme. Encore cet homme ne sera-t-il pas envoyé pour exposer une affaire précise ou défendre une résolution concernant telle affaire spéciale. Non, il doit être bon à tout faire, à légiférer sur n’importe quoi, et sa décision fera loi. Le caractère primitif de la délégation s’est trouvé entièrement travesti, elle est devenue une absurdité.

Cet être omniscient qu’on cherche aujourd’hui n’existe pas. Mais voici un honnête citoyen qui réunit certaines conditions de probité et de bon sens avec un peu d’instruction. Est-ce lui qui sera élu ? Evidemment non. Il y a à peine vingt personnes dans son collège qui connaissent ses excellentes qualités. Il n’a jamais cherché à se faire de la réclame, il méprise les moyens usités de faire du bruit autour de son nom, il ne réunira jamais plus de 200 voix. On ne le portera même pas candidat, et on nommera un avocat ou un journaliste, un beau parleur ou un écrivassier qui apporteront au parlement leurs mœurs du barreau et du journal et iront renforcer le bétail de vote du ministère ou de l’opposition. Ou bien ce sera un négociant, jaloux de se donner le titre de député, et qui ne s’arrêtera pas devant une dépense de 10.000 francs pour acquérir de la notoriété. Et là où les mœurs sont éminemment démocratiques, comme aux États-Unis, là où les comités se constituent facilement et contrebalancent l’influence de la fortune, on nommera le plus mauvais de tous, le politicien de profession, l’être abject devenu aujourd’hui la plaie de la grande République, l’homme qui fait de la politique une industrie et qui la pratique selon les procédés de la grande industrie – réclame, coups de tam-tam, corruption.

Changez le système électoral comme vous voudrez : remplacez le scrutin d’arrondissement par le scrutin de liste, faites les élections à deux degrés comme en Suisse (je parle des réunions préparatoires), modifiez tant que vous pourrez, appliquez le système dans les meilleures conditions d’égalité – taillez et retaillez les collèges -, le vice intrinsèque de l’institution restera. Celui qui saura réunir plus de la moitié des suffrages (sauf de très rares exceptions) chez les partis persécutés, sera toujours l’homme nul, sans convictions – celui qui sait contenter tout le monde.

C’est pourquoi – Spencer l’a déjà remarqué – les parlements sont généralement si mal composés. La Chambre, dit-il dans son Introduction, est toujours inférieure à la moyenne du pays, non seulement comme conscience, mais aussi comme intelligence. Un pays intelligent se rapetisse dans sa représentation. Il jurerait d’être représenté par des nigauds qu’il ne choisirait pas mieux. Quant à la probité des députés, nous savons ce qu’elle vaut. Lisez seulement ce qu’en disent les ex-ministres qui les ont connus et appréciés.

Quel dommage qu’il n’y ait pas de trains spéciaux pour que les électeurs puissent voir leur « Chambre », à l’œuvre. Ils en auraient bien vite le dégoût. Les anciens soûlaient leurs esclaves pour enseigner à leurs enfants le dégoût de l’ivrognerie. Parisiens, allez donc à la Chambre voir vos représentants pour vous dégoûter du gouvernement représentatif.

* * *

A ce ramassis de nullités le peuple abandonne tous ses droits, sauf celui de les destituer de temps en temps et d’en nommer d’autres. Mais comme la nouvelle assemblée, nommée d’après le même système et chargée de la même mission, sera aussi mauvaise que la précédente, la grande masse finit par se désintéresser de la comédie et se borne à quelques replâtrages, en acceptant quelques nouveaux candidats qui parviennent à s’imposer.

Mais si l’élection est déjà empreinte d’un vice constitutionnel, irréformable, que dire de la manière dont l’assemblée s’acquitte de son mandat ? Réfléchissez une minute seulement, et vous verrez aussitôt l’inanité de la tâche que vous lui imposez.

Votre représentant devra émettre une opinion, un vote, sur toute la série, variée à l’infini, de questions qui surgissent dans cette formidable machine – l’État centralisé.

Il devra voter l’impôt sur les chiens et la réforme de l’enseignement universitaire, sans jamais avoir mis les pieds dans l’Université ni su ce qu’est un chien de campagne. Il devra se prononcer sur les avantages du fusil Gras et sur l’emplacement à choisir pour les haras de l’État. Il votera sur le phylloxera, le guano, le tabac, l’enseignement primaire et l’assainissement des villes ; sur la Cochinchine et la Guyane, sur les tuyaux de cheminée et l’Observatoire de Paris. Lui qui n’a vu les soldats qu’à la parade, répartira les corps d’armée, et sans avoir jamais vu un Arabe, il va faire et défaire le Code foncier musulman en Algérie. Il votera le shako ou le képi selon les goûts de son épouse. Il protégera le sucre et sacrifiera le froment. Il tuera la vigne en croyant la protéger ; et il votera le reboisement contre le pâturage et protégera le pâturage contre la forêt. Il sera ferré sur les banques. Il tuera tel canal pour un chemin de fer, sans savoir trop dans quelle partie de la France ils se trouvent l’un et l’autre. Il ajoutera de nouveaux articles au Code pénal, sans l’avoir jamais consulté. Protée omniscient et omnipotent, aujourd’hui militaire, demain éleveur de porcs, tour à tour banquier, académicien, nettoyeur d’égouts, médecin, astronome, fabricant de drogues, corroyeur ou négociant, selon les ordres du jour de la Chambre, il n’hésitera jamais. Habitué dans sa fonction d’avocat, de journaliste ou d’orateur de réunions publiques, à parler de ce qu’il ne connaît pas, il votera sur toutes ces questions, avec cette seule différence que dans son journal il amusait le concierge à son réchaud, qu’aux assises il réveillait à sa voix les juges et les jurés somnolents, et qu’à la Chambre son opinion fera loi pour trente, quarante millions d’habitants.

Et comme il lui est matériellement impossible d’avoir son opinion sur les mille sujets pour lesquels son vote fera loi, il causera cancans avec son voisin, il passera son temps à la buvette, il écrira des lettres pour réchauffer l’enthousiasme de ses « chers électeurs », pendant qu’un ministre lira un rapport bourré de chiffres alignés pour la circonstance par son chef de bureau ; et au moment du vote il se prononcera pour ou contre le rapport, selon le signal du chef de son parti.

Aussi une question d’engrais pour les porcs ou d’équipement pour le soldat ne sera-t-elle dans les deux partis du ministère et de l’opposition, qu’une question d’escarmouche parlementaire. Ils ne se demanderont pas si les porcs ont besoin d’engrais, ni si les soldats ne sont pas déjà surchargés comme des chameaux du désert – la seule question qui les intéressera, ce sera de savoir si un vote affirmatif profite à leur parti. La bataille parlementaire se livrera sur le dos du soldat, de l’agriculteur, du travailleur industriel, dans l’intérêt du ministère ou de l’opposition.

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