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Résistance politique: Pouvoir dire non et ne pas être gouvernés !… de ZAD à Zomia ?…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, colonialisme, démocratie participative, guerres imperialistes, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 8 juin 2018 by Résistance 71

“Chaque état qui a eu l’ambition de contrôler des parties de la Zomie, que ce soit l’administration et ses fonctionnaires Han du Yunnan et du Guizhou, la cour royale thaïe d’Ayutthaya, la cour birmane d’Ava, les chefs Shan (Sawbwa), l’état colonial britannique et les gouvernements nationaux indépendants, ont toujours cherché et ont aussi toujours échoué à créer des chefferies avec lesquelles ils pourraient traiter pour gérer…”

“L’inaccessibilité et la dispersion sont les ennemies de l’appropriation ; et pour une armée en marche comme pour un état, l’appropriation est la clef de la survie… Le premier principe de l’évasion est la géo-location.”

“Choisir de pratiquer l’agriculture de collines et de plateaux, c’est choisir une vie socio-politique hors du cadre de l’État.”

~ James C. Scott, “L’art de ne pas être gouverné, une histoire anarchiste des hauts-plateaux d’Asie du Sud-Est”, 2009 ~

“Un point important à souligner est qu’une paysannerie, en assumant qu’elle ait largement de quoi subvenir à ses besoins essentiels, ne va pas automatiquement produire un surplus que des élites pourraient s’approprier, mais elle devra être forcée de le faire…”

“La mobilité physique et la dispersion sont les cauchemars du collecteur d’impôts…”

~ James C. Scott, “Against the Grain, a Deep History of the Earliest States”, 2017 ~

 

Point de vue et analyse très intéressants que nous partageons
~ Résistance 71 ~

 

N’être pas gouvernés

 

Roméo Bondon

 

29 mai 2018

 

Source: https://www.revue-ballast.fr/netre-pas-gouvernes/

 

Des communautés d’une vaste région du sud-est asiatique rejettent obstinément leur intégration aux État-nations. Cette zone, c’est la « Zomia » — « Zo » signifie « retiré » et « Mi » le « peuple ». 100 millions de personnes y vivent, loin des gouvernements des plaines, sur une superficie correspondant à environ 55 % de l’Union européenne. L’auteur, fort d’une lecture du libertaire James C. Scott, nous invite à considérer la ZAD nantaise comme une formulation possible, à bien moindre échelle, de cette expérimentation non-étatique.

L’attention des anthropologues s’est bien souvent restreinte au « sauvage », à l’ailleurs, cette altérité en apparence si franche qu’elle semble parfaitement objectivable. La géographie, elle, bien qu’elle ait des racines libertaires certaines1, s’est aussi largement constituée comme science coloniale et étatique2. Peu nombreuses sont les recherches portant sur les « autres » d’ici, souvent présentés, du reste, comme d’archaïques ruraux déjà dépassés par l’avancée de l’Histoire3. Peu nombreuses aussi sont les études géographiques s’arrachant du cadre des États-nations4. Et si l’étrange, dont la différence fait aussi l’intérêt, n’était pas nécessairement lointain dans le temps et l’espace, ni aussi marginal qu’on pourrait le penser ? Et si l’Histoire s’était faite en majeure partie à l’écart de l’État, ou en tout cas contre ses premières formes (États rizicoles en Asie, proto-États dans l’Europe médiévale, jusqu’à leur consolidation progressive à l’époque moderne5) ? L’expérience en cours dans le bocage nantais, à « la ZAD », peut s’inscrire dans ce que le politologue James C. Scott a défini comme des « Zomia Studies », domaine de recherche ouvert avec son ouvrage Zomia, au sous-titre éloquent en ce contexte de lutte(s) : « ou l’art de ne pas être gouverné ».

La ZAD une Zomia à l’échelle locale ?

« La Zomia est la dernière région du monde dont les peuples n’ont pas été intégrés à des États-nations6 ». Zone de deux millions et demi de kilomètres carrés en Asie du Sud-Est, la Zomia est avant tout une construction géographique dont les caractéristiques politiques et culturelles s’opposent fondamentalement à tout type d’État — en l’occurrence celui fondé sur la riziculture sédentaire autour des collines et montagnes de cette partie de l’Asie. « Zone refuge » formée de multiples « zones de morcellement7 », la Zomia n’obéit pas à des frontières fixes ; plus précisément, elle s’inscrit contre ces dernières, les fuyant à mesure qu’elles se sont étendues. Bien que la ZAD (Zone à défendre) de Notre-Dame-des-Landes se soit inscrite dans la délimitation stricte d’une ZAD (Zone d’aménagement différé) créée dans les années 1970, c’est sa pluralité d’identités, fédérées contre un projet et le monde qui le porte, qui la caractérise. Si l’on remplace dans le texte de James C. Scott le terme de « colline », propre à son terrain d’étude, par celui de « bocage », la ZAD apparaît comme un lieu exemplaire illustrant ce qu’est une Zomia. « Les collines ne sont pas seulement un espace de résistance politique : elles sont une zone de refus culturel8 ». C’est justement cet ajout que ne veulent pas voir les pourfendeurs de la ZAD, et qui les empêche d’en comprendre la portée.

Certes, le combat politique le plus visible a été gagné avec l’abandon du projet d’aéroport. Mais la lutte s’est toujours inscrite aussi contre une normalisation des comportements, dans la revendication d’une altérité qui se décline politiquement — des naturalistes en lutte aux autonomes, en passant par des paysans reconvertis — aussi bien que dans les pratiques — une agriculture à la marge des impératifs productivistes imposés par les subventions, des projets s’ancrant sur un territoire réduit mais en interdépendance avec celui-ci (là où la mondialisation implique une déterritorialisation des produits). Dans la région d’Asie qui occupe l’auteur, « “Habitants des forêts” ou “personnes des collines” est synonyme de non-civilisé9 » : n’est-ce pas comme tel que sont traités les opposants, traqués par une troupe de CRS détruisant toute habitation considérée comme précaire sur son passage ? Pour James C. Scott, « plus vous laissez de traces, plus grande est votre place dans l’histoire10 » : les archives sont matérielles ; l’Histoire qui en résulte est nécessairement partielle. De même qu’il ne reste plus rien du centre universitaire de Vincennes aujourd’hui, si ce n’est une clairière11, les autorités souhaitent que la lutte, victorieuse une fois, ne le soit pas de manière pérenne à travers une installation permanente. Les constructions collectives sont détruites pour cette même raison : elles symbolisent ce dont l’État ne veut pas, à savoir la mutualisation, la mise en commun, à rebours d’une jeune tradition propriétaire qui se veut originelle12. Le refus par l’État de tout projet collectif va dans ce sens ; la destruction d’un lieu au nom aussi symbolique que « La Ferme des Cent Noms » également. Car « même les structures sociales et les types d’habitats dans les collines pourraient être utilement envisagées comme des choix politiques13 ». L’utilisation de matériaux de récupération et légers sur la ZAD, comme dans les arbres à Bure ou à l’Amassada à deux pas des Causses, est une décision dictée par la nécessité de construire vite, mais est surtout la traduction d’une volonté de montrer qu’autre chose est possible : des chantiers collectifs pour des cabanes, des hangars, un phare, des habitations aussi diverses qu’il y a d’habitants, comme autant de pieds de nez à l’imposition de chantier décrétés « d’utilité publique ».

Se fédérer contre, se diviser pour

Sur la ZAD peut-être plus que sur les autres sites en lutte, la diversité dans les profils d’habitants est la règle. Cette multiplicité s’est unie contre un projet, alors même que les installations sont diverses et les raisons de continuer la lutte aussi. Là où le cauteleux Nicolas Hulot a appelé à « ne pas confondre écologie et anarchie », les habitants de la ZAD prouvent que les deux sont indissociables dans leur combat. Une fois de plus, l’anarchie souffre de son image défigurée par ceux qui ont le pouvoir de le faire depuis plus d’un siècle. Qui mieux que le géographe libertaire Élisée Reclus pour rappeler que l’attention au milieu comme à la terre et l’anarchie s’associent bien plus qu’ils ne s’opposent ? Lui qui déplore les conséquences de l’industrialisation de son époque sur les cours d’eau dans son Histoire d’un ruisseau (1869) a également œuvré toute sa vie pour la réalisation de ses principes : « Notre destinée, c’est d’arriver à cet état de perfection idéale où les nations n’auront plus besoin d’être sous la tutelle ou d’un gouvernement ou d’une autre nation ; c’est l’absence de gouvernement, c’est l’anarchie, la plus haute expression de l’ordre14. » Les occupants de la ZAD l’avaient depuis le début annoncé : ils luttaient « contre l’aéroport et son monde » — Hulot n’a retenu que le premier de ces combats. L’aéroport étant abandonné, place au monde qui l’a porté : « Nous savons tous que ce que nous aurons à arracher demain sera le maintien de l’usage commun d’un territoire insoumis et ouvert, qui en inspire d’autres. Et que pour ce faire, nous devons construire des formes inédites15. »

Même si ce sont les barricades qui sont les plus visibles, la lutte est avant tout idéologique ; elle dessine un nouveau front entre les tenants de la propriété, l’État, et ceux qui souhaitent bâtir une vie hors d’un cadre uniformisé, dans un ensemble de projets collectifs. James C. Scott oppose une « agriculture d’évasion », qu’il perçoit comme faisant partie de « formes de culture destinées à se soustraire à l’appropriation étatique16 », à une agriculture sédentaire, pratiquée dans les plaines asiatiques et promue par les États pour fixer les populations. Les propositions d’installation sur la ZAD se veulent à la marge des cadres réglementaires habituellement mobilisés mais n’excluent pas d’être intégrées à un territoire dépassant la zone. Le grand écart avec l’État se situe dans la manière dont ces installations souhaitent durer. La « Ferme des Cent Noms » en est l’exemple le plus frappant : ce sont des projets collectifs qui étaient jusqu’à peu proposés, sans titre de propriété individuel. Le collectif des Cent Noms regroupait une vingtaine de personnes travaillant aux alentours de la ferme éponyme ; les chantiers collectifs, comme ceux menés au Très Petit Jardin en dépit des nuages de lacrymo, participent à la réalisation par tous d’un projet qui ne s’arrête pas à une personne. Étendre cette communalisation serait rendre les occupants invisibles pour les instances de régularisation agricoles (MSA et chambres d’agriculture) ; c’est cela même qui gêne tant l’État. « Les dirigeants étatiques considèrent comme presque impossible d’instaurer une souveraineté effective sur une population constamment en mouvement, qui n’a pas de forme permanente d’organisation, qui ne se sédentarise pas, dont le gouvernement est éphémère, dont les formes de subsistance sont flexibles et peuvent changer17 ».

L’impossible souveraineté, et dès lors l’improbable autorité étatique sur ces projets, implique un emploi de la force pour les détruire. La seule alternative proposée passe par la propriété individuelle. À cela, les habitants de la ZAD pourraient opposer l’histoire coloniale de l’État français et ceux qui lui ont résisté. C’est cette même altérité qui a été combattue dans une Algérie colonisée par la loi Warnier (1873), interdisant toute indivision des terres et permettant l’accaparement de plus de terres encore par les colons. S’appuyant sur d’autres exemples historiques, situés pour leur part en forêt, Jean-Baptiste Vidalou a rappelé la connivence entre la colonisation et l’aménagement du territoire, la colonisation et l’action violente de l’État, là où ce dernier peine à se faire « respecter »18. La propriété en indivision décrétée par les opposants au transformateur électrique de Saint-Victor-et-Melvieu, village où s’est bâti l’Amassada, est une manière de lutter contre une confrontation par trop déséquilibrée entre un propriétaire et l’État. Celui-ci trouve face à lui une pluralité d’habitants, qu’il ne sait dès lors comment traiter autrement que par la force.

Se diviser contre, se fédérer pour

On pourrait appliquer à chaque territoire en lutte ce que l’anthropologue Pierre Clastres relevait de ses observations chez les Guarani et dans ses lectures ethnographiques : une Zomia, la ZAD ou le Chiapas, ces espaces se définissent comme un « tout fini » parce qu’ils sont « un Nous indivisé ». Pour Clastres, « la communauté primitive peut se poser comme totalité parce qu’elle s’institue comme unité19 ». En dépit d’un essentialisme problématique chez l’auteur, on peut néanmoins souligner que ce même processus est visible à Notre-Dame-des-Landes et sur nombre de territoires en lutte : un combat fédère et englobe dès lors, sous un seul nom, une multitude de choix. Ce « Nous indivisé » que forment les « zadistes » peut également s’atomiser pour contraindre au mieux l’avancée des forces de l’ordre, en utilisant leur terrain. Cette connaissance de l’espace, les habitants de la ZAD la partagent avec les Ariégeois lors de la guerre des Demoiselles au XIXe siècle ou les Cévenols au XVIIe lors de la guerre des Camisards, chacun des deux territoires s’étant opposé à l’avancée de la puissance étatique. Comme le rappelle Jean-Baptiste Vidalou, la pratique quotidienne de la forêt était un atout dans la dispersion des habitants ou le regroupement opportun. Au sein de la ZAD, s’il y a division, c’est avec bienveillance — du moins, tant que faire se peut —, entre les différents choix de vie expérimentés : « Il y avait dans l’air comme un esprit joyeux de jacquerie et de partage : “On se côtoyait aussi bien autour d’un repas que derrière une barricade”. Gilles s’anime : “Au cours de ces moments intenses, les étiquettes disparaissent”, les identités deviennent poreuses, “de l’anarcho-communisme au paysan, du punk au naturaliste, on ne sait plus qui est qui”20. »

S’il y a division, c’est aussi sous la contrainte, comme outil stratégique pour éviter de s’enfoncer dans un conflit sans fin — c’est la « stratégie d’autodéfense administrative », soit l’acceptation, par une délégation, de proposer des projets d’installation individuels va dans ce sens. Mais il ne fait aucun doute que ces derniers n’auront d’individuel que le nom : le nom de celui ou celle qui subira les obligations imposées par l’UE et l’État à toute exploitation agricole. La multifonctionnalité des paysans, réclamée par l’OCDE dès les années 1990 et décrétée dans les années 2000 avec la réforme de la PAC, est pourtant au principe de ce qu’est la paysannerie. L’impératif « post-productif » lancé aux campagnes aujourd’hui croit être novateur en mêlant travail sur la terre et préservation du paysage : c’était pourtant un processus à l’œuvre bien avant que l’agriculture industrielle ne s’immisce au cœur des pratiques paysannes. Seulement, alors que l’accroissement normatif est avant tout dirigé vers les monocultures céréalières, chacun y est sujet comme s’il était aussi néfaste sur le plan environnemental — et les projets portés à Notre-Dame-des-Landes n’y feront peut-être pas exception. Bien que l’étude soit datée, les affirmations du sociologue rural Henri Mendras prophétisant La Fin des paysans (1967) peuvent encore être lues avec profit : « c’est le passage de la logique paysanne à la rationalité économique dans la gestion des exploitations qui résume et symbolise le conflit de civilisation et la transformation du paysan en producteur agricole21 ». C’est aujourd’hui le mouvement inverse qui effraie l’État et déclenche sa logique répressive.

L’indivision est un principe fondamental de ces luttes, laissant à la diversité des projets la possibilité de s’étendre sans entrave. Mais la fédération de chacun autour d’un combat ne s’opère pas seulement contre un monde ou une agression ; elle se construit également pour un avenir commun. Des expérimentations similaires se retrouvent sur chacun des territoires en lutte ou en passe de l’être : des projets agricoles ayant à cœur de revenir à l’autonomie paysanne, des lieux de vie communs où échanger et partager comme à l’Amassada de Saint-Victor-et-Melvieu, des bibliothèques comme celle du Taslu à la ZAD, communes elles-aussi… L’importance des moyens mis en œuvre pour déloger les habitants de la ZAD indique la crainte de l’État de voir son autorité remise en cause. Mais, peut-être plus encore, c’est de voir émerger un contre-pouvoir qui, au lieu de combattre frontalement, ne souhaite que rester à l’écart et prouver que ce qu’il fait est possible, qui effraie. Ce qui se joue à Notre-Dame-des-Landes prouve que se poser à la marge n’est pas une attitude si absurde que ça ; que c’est plutôt encourager l’inacceptable — de l’agriculture industrielle à la financiarisation de la culture, de la précarisation des travailleurs au délaissement des plus démunis — qui est inimaginable.

Notes:

1. Elisée Reclus et Pierre Kropotkine ont tous deux appliqué leur raisonnement géographique à leur anarchisme, et inversement. Le premier a écrit une Nouvelle Géographie Universelle (1876-1894) aussi bien que L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchique (1902) ; le second appuie sa théorisation de l’entraide sur les observations qu’il a pu mener en Sibérie.
2. L’Institut Géographique National (IGN) est issu du Service Géographique de l’Armée (SGA) ; les colonies françaises ont servi de terrain à de nombreux géographes, constituant un courant à part entière — la géographie coloniale — dont la géographie tropicale puis du développement sont issues.
3. Voir Yvonne Verdier, Façons de dire, façons de faire, Gallimard, 1979.
4. Le géographe libertaire canadien Simon Springer revient sur cette connivence dans son ouvrage Pour une géographie anarchiste (2018) : les géographes ont d’abord été mobilisés dans des contextes belliqueux — Emmanuel De Martone a par exemple été convoqué pour la modification des frontières européennes suite à la Première Guerre mondiale — puis pour l’aménagement du territoire. Par ailleurs, si le marxisme, à la suite de David Harvey, est bien représenté dans la discipline, l’anarchisme était jusqu’à peu quasiment inexistant.
5. Voir Philippe Contamine (dir.), Guerre et concurrence entre les États européens du XIVe au XVIIIe siècle, PUF, 1998.
6. James C. Scott, Zomia ou l’art de ne pas être gouverné, Seuil, 2013, p. 9.
7. Ibid., p. 29.
8. Ibid., p. 44.
9. Ibid., p. 54.
10. Ibid., p. 61.
11. Voir Virginie Linhart, Vincenne, l’université perdue, coproduction Arte France, Agat films & Cie, 2016.
12. Le droit de propriété est défini comme droit naturel et imprescriptible dans l’article deux de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen ; la Loi du partage du 5 juin 1793 réduit la possibilité d’user de biens communaux. Tout comme le mouvement des enclosures en Angleterre, l’avènement de la propriété privée comme droit est historique, datable donc, et non naturel.
13. James C. Scott, op. cit., p. 59.
14. Elisée Reclus, L’Anarchie (1894), dans Écrits sociaux, Héros-Limite, 2012.
15. Collectif Mauvaise Troupe, Saisons – nouvelles de la zad, éditions de l’Éclat, 2017.
16. James C. Scott, op.cit., p. 47.
17. Ibid., p. 67.
18. Voir Jean-Baptiste Vidalou, Être forêts, habiter des territoires en lutte, La Découverte, 2017.
19. Pierre Clastres, Archéologie de la violence, la guerre dans les sociétés primitives, éditions de l’Aube, 2013, p. 43.
20. Gaspard d’Allens et Lucile Leclair, Les Néo-paysans, Seuil / Reporterre, 2016, p. 62.
21. Henri Mendras, La Fin des paysans, Acte Sud, 1992, p. 24.

 


Zomia Asie du Sud-Est

Lectures complémentaires:

Manifeste pour la Société des Sociétés

David Graber Fragments Anthropologiques pour Changer l’histoire de l’humanité

L’anarchisme-africain-histoire-dun-mouvement-par-sam-mbah-et-ie-igariwey

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

40ans_Hommage_Pierre_Clastres

Quand Hulot rime avec Monsanto

 

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Analyse politique: que sont état, nation et peuple (Rudolph Rocker)

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Quelques précisions utiles de Rudolph Rocker pour comprendre à qui on a à faire, séparer l’utile de l’inutile et du parasitaire.

Quelques lectures complémentaires:

Discours de la Servitude Volontaire La Boetie 1548

Manifeste pour la Société des Sociétés

Dieu et lEtat_Bakounine

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

petit_precis_sur_la_societe_et_letat

 

 

État, Nation, Peuple

Rudolph Rocker

1937

La vieille opinion qui attribue la création de l’État nationaliste à l’éveil de la conscience nationale du peuple n’est qu’un conte de fées, très utile aux protagonistes de l’idée de l’État national, mais néanmoins faux.

La nation n’est pas la cause, mais le résultat, de l’Etat. c’est l’Etat qui crée la nation, non la nation qui crée l’Etat. En vérité, de ce point de vue il existe entre peuple et nation la même distinction qu’entre société et État.

Chaque unité sociale est une formation naturelle qui, sur la base de besoins communs et d’accord mutuel, est construite organiquement de bas en haut pour garantir et protéger l’intérêt général. Même quand les institutions sociales graduellement s’ossifient ou deviennent rudimentaires leur but d’origine peut en la plupart des cas être clairement reconnu. Chaque organisation d’État, cependant, est un mécanisme artificiel imposé d’en haut sur les hommes par quelques gouvernants, et il ne poursuit pas d’autre fin que de défendre et sauvegarder les intérêts des minorités privilégiées dans la société.

Un peuple est le résultat naturel de l’union sociale, une association mutuelle d’hommes poussés par une certaine similitude de conditions extérieures de vie, une langue commune, et des caractères particuliers dus au climat et au milieu géographique. De cette façon apparaissent vivants certains traits communs chez chaque membre de l’union et formant la partie la plus importante de son existence sociale. Ces rapports intimes peuvent aussi être engendrés artificiellement que détruits artificiellement.

La nation, d’autre part, est le résultat artificiel de la lutte pour le pouvoir politique exactement comme le nationalisme n’a jamais été autre chose que la religion de l’État moderne. L’appartenance à une nation n’est jamais déterminée, comme l’est l’appartenance à un peuple, par des causes naturelles, profondes ; elle est toujours sujette à des considérations politiques et fondée sur ces raisons d’État derrière lesquelles les intérêts de minorités privilégiées se cachent toujours. Un petit groupe de diplomates, qui sont simplement les chargés d’affaires de classe ou caste privilégiée, décide tout à fait arbitrairement la qualité nationale de certains groupes d’hommes dont le consentement n’est même pas demandé mais qui doivent se soumettre à cet exercice du pouvoir parce qu’ils ne peuvent agir d’eux-mêmes.

Des peuples et groupes de peuples existaient bien avant que l’État n’apparaisse. Aujourd’hui aussi ils existent et se développent sans l’assistance de l’État. Ils sont seulement gênés dans leur développement naturel lorsque quelque pouvoir extérieur intervient par la violence dans leur vie et lui impose une forme qu’elle ne connaissait pas avant. La nation est soudée à lui pour le meilleur et pour le pire et doit son existence seulement à la présence de celui-ci. En conséquence la nature essentielle de la Nation nous échappera si nous tentons de la séparer de l’État et de la doter d’une vie propre qu’elle n’a jamais possédée.

Un peuple est toujours une communauté avec des limites assez étroites. Mais une nation, en règle générale, enferme toute une série de différents peuples et groupes de peuples qui ont été, par des moyens plus ou moins violents, pressés dans le cadre d’un État commun. En fait, dans toute l’Europe il n’y a pas d’État qui ne consiste pas en un groupe de peuples différents qui étaient à l’origine de différentes descendances et de langue et furent forgés ensemble en nation unique seulement par des intérêts dynastiques, économiques et politiques.

… … … … … … …

Les Etats nationaux sont des organisations d’églises politiques ; la prétendue conscience nationale n’est pas née en l’homme mais enseignée à lui. C’est un concept religieux ; on est allemand, français, italien, exactement comme on est catholique, protestant ou juif.

 

“Le peuple consent parce qu’on le persuade de la nécessité de l’autorité ; on lui inculque l’idée que l’homme est mauvais, virulent et trop incompétent pour savoir ce qui est bon pour lui. C’est l’idée fondamentale de tout gouvernement et de toute oppression. Dieu et l’État n’existent et ne sont soutenus que par cette doctrine.”

“L’État n’a pas plus de réalité que n’en ont les dieux ou les diables. Ce ne sont que des reflets, des créations de l’esprit humain, car l’homme, l’individu est la seule réalité. L’État n’est que l’ombre de l’homme, l’ombre de son obscurantisme, de son ignorance et de sa peur.”

“Plus encore, l’esprit de l’homme, de l’individu, est le premier à se rebeller contre l’injustice et l’avilissement; le premier à concevoir l’idée de résistance aux conditions dans lesquelles il se débat. L’individu est le générateur de la pensée libératrice, de même que de l’acte libérateur. Et cela ne concerne pas seulement le combat politique, mais toute la gamme des efforts humains, en tout temps et sous tous les cieux.”
~ Emma Goldman ~

L’histoire de la philosophie anarchiste de Lao Tseu à Kropotkine

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Rudolph Rocker

 

Extrait de “Anarchisme et anarcho-syndicalisme” (1949)

 

~ Traduction Résistance 71, mai 2018 ~

 

On trouve les idées anarchistes dans littéralement toutes les périodes de l’histoire connue. On les a rencontré dans la Chine antique avec le sage Lao Tseu et plus tard avec les philosophes grecs, les hédonistes, pré-socratiques et les cyniques et autres avocats du droit naturel, particulièrement Zénon, le fondateur de l’école du stoïcisme et grand opposant de Platon. Elles ont trouvé leur chemin dans les enseignements des Carpocrates gnostiques d’Alexandrie et ont eu une influence sans aucun doute sur certaines sectes chrétiennes du Moyen-Age en France, en Allemagne, en Italie, en Hollande et en Angleterre, dont la plupart furent les victimes des plus atroces et sauvages persécutions par l’église chrétienne de Rome. Elles trouvèrent un puissant champion en la personne de Peter Chelciky pour la réforme bohémienne, qui dans son travail “Le filet de la foi”, passa le même jugement sur l’église et l’état que celui que fit Léon Tolstoï quelques siècles plus tard.

Parmi les grands humanistes on trouve Rabelais, qui dans sa description du bonheur de vivre de son Abbaye de Thélème (Gargantua, 1535), présentait une image de la vie libérée de toutes contraintes autoritaires et coercitives. Un autre pionnier libertaire fut Etienne de la Boétie ainsi que Sylvain Maréchal et par dessus tous Denis Diderot dans les gros volumes duquel on trouve les prémisses d’une grande pensée qui s’est débarrassée des préjudices autoritaires.

Dans le même temps, il fut réservé au temps plus modernes de l’histoire de donner une forme plus claire et articulée de la conception anarchiste de la vie et de la connecter avec le processus immédiat de l’évolution sociale. Ceci fut fait pour la première fois avec William Godwin (1756-1836) dans son remarquable ouvrage “Enquête sur la justice politique et son influence sur la vertu et le bonheur” (Londres, 1793). On peut dire que le travail de Godwin fut le fruit arrivé à maturité de sa longue évolution des concepts de radicalisme politique et social en Angleterre qui commença avec George Buchanan jusqu’à Richard Hooker et Gerard Winstanley, Algernon Sidney, John Locke, Robert Wallace et John Bellers to Jeremy Bentham, Joseph Priestley, Richard Price et Thomas Paine.

Godwin a vu très rapidement et très clairement qu’on devait rechercher la cause du mal social, non pas dans la forme que prend l’État mais dans son existence même, mais il a aussi reconnu que les êtres humains ne pouvaient vivre ensemble et librement que si les bonnes conditions économiques existaient et quand l’individu ne peut plus être soumis à l’exploitation des autres, chose qui fut à l’époque pratiquement toujours négligée par les autres radicalismes socio-politiques. C’est pourquoi ceux-ci étaient toujours obligés de faire de plus grandes concessions à l’État alors qu’ils avaient souhaité le réduire à son strict minimum. L’idée de Godwin d’une société sans état impliquait la socialisation de la terre et des instruments de production et la mise en place économique de coopératives de producteurs et de consommateurs. La réflexion de Godwin gagna les cercles avancés des travailleurs anglais et les sections plus libérales de l’intelligentsia. Plus important il contribua au jeune mouvement socialiste en Angleterre qui produisit Robert Owen, John Gray et William Thompson, et lui donna ce caractère indubitablement libertaire qu’il garda pendant longtemps et que ses contre-parties allemande et d’autres pays n’assumèrent jamais.

On doit aussi mentionner le Français Charles Fourier (1772-1832) et qui fut un des pionniers des idées libertaires.

  

Celui qui eut une bien plus grande influence sur le mouvement anarchiste fut le Français Pierre Joseph Proudhon (1809-1865), sans aucun doute un des plus doués et au caractère multi-talentueux du socialisme moderne. Proudhon était complètement enraciné dans la vie sociale et intellectuelle de son époque et ceci influença son attitude sur chaque question qu’il se posait. Ainsi, il ne doit pas être jugé, comme il le fut par bien de ses suiveurs, par ses propositions pratiques spéciales, qui naquirent des besoins de la conjoncture à laquelle il devait faire face. De tous les penseurs socialistes de son époque, il fut celui qui comprit le mieux la cause profonde du dérèglement social et qui possédait de surcroit la vision la plus large de l’affaire. Il était le pourfendeur de tous les systèmes sociaux artificiels et vit dans l’évolution sociale le besoin éternel de nouvelles formes plus élevées de la vie sociale et intellectuelle. Il était convaincu que cette évolution ne pouvait être contenue ni limitée par des formules abstraites et définies.

Proudhon s’opposa à l’influence de la tradition jacobine qui dominait la pensée des démocrates français et de la plupart des socialistes de cette époque avec la même ferveur et détermination que l’interférence de l’état central et du monopole économique dans le progrès naturel de l’avancée sociale. Pour lui, débarrasser la société de ces deux croissances cancéreuses était la grande tâche de la révolution du XIXème siècle. Proudhon n’était pas communiste. Il condamnait la propriété comme étant le privilège de l’exploitation mais reconnaissait la possession des instruments de travail pour tous, rendue efficace par des groupes industriels reliés les uns aux autres par le moyen de l’association libre, aussi loin que ce droit ne serve pas à l’exploitation des autres et aussi loin que le produit total du travail soit reversé à chaque membre de la société.

Cette association fondée sur la réciprocité (mutuelle) garantit des droits égaux pour chacun en échange de services sociaux.. Le temps moyen de travail requis pour produire devient la mesure de sa valeur et est la base de l’échange mutuel au moyen de bons du travail De cette façon le capital se retrouve privé de son pouvoir usurier et est complètement lié en la performance au travail. Une telle forme d’économie rend tout système de pouvoir politique coercitif superflu. La société devient une ligue de communautés libres qui arrangent leurs affaires en fonction de leurs besoins, par elles-mêmes et en association avec d’autres et dans lesquelles la liberté de quelqu’un est équivalent à la liberté d’un autre et non pas sa limite, mais de fait sa sécurité et sa confirmation. “Plus l’individu est libre, indépendant et entreprenant, au mieux pour la société.

Cette organisation de fédéralisme pour laquelle Proudhon vit un futur immédiat pour l’humanité n’établit aucune limite définie pour les futures possibilités de développement et offre une grande variété pour chaque activité individuelle et sociale. A commencer avec la Fédération, Proudhon combattit de la même manière l’aspiration pour une unité nationale politique et l’éveil du nationalisme ; il trouva de puissants alliés avec Mazzini, Garibaldi, Lelewel et d’autres. A cet égard, Proudhon fut plus fin dans sa reconnaissance du problème du nationalisme que la plupart de ses contemporains. Il exerça une forte influence sur le développement du socialisme, qui se fit sentir spécifiquement plus fort dans les pays latins.

Des idées similaires aux concepts politiques et économiques de Proudhon furent propagées par les adeptes de ce qui fut appelé l’anarchisme individualiste aux Etats-Unis comme Josiah Warren, Stephen Pearl Andrews, William B. Greene, Lysander Spooner, Benjamin R. Tucker, Ezra Heywood, Francis D. Tandy et bien d’autres, bien qu’aucun d’entre eux n’ait eu l’approche et la profondeur de pensée de Proudhon. Une des caractéristiques de ce mouvement est que la plupart de ces adeptes de la pensée libertaire ne puisa pas sa réflexion de Proudhon mais plutôt des traditions du libéralisme américain, ce qui fit affirmer à Tucker que “les anarchistes ne sont que des démocrates jeffersonniens consistants”.

Une expression unique des idées libertaires se trouve dans le livre de Max Stirner (de son vrai nom Johann Kaspar Schmidt, 1806-1856), “Der Einzige und sein Eigentum” qui, il est vrai, passa rapidement dans l’oubli et n’eut pas de réelle influence sur le mouvement anarchiste en tant que tel. Le livre de Stirner est essentiellement un livre de philosophie qui trace la dépendance de l’Homme à ces soi-disants puissances supérieures de toutes les façons déviantes possibles. C’est le livre d’un insurgé conscient et délibéré qui ne révèle aucune révérence à l’autorité et qui appelle à une pensée puissamment indépendante.

L’anarchisme trouva un champion des plus virils et d’une vigoureuse énergie révolutionnaire en la personne de Michel Bakounine (1814-1876), qui basa sa réflexion sur les enseignements de Proudhon, mais qui les étendit sur le plan économique lorsqu’il se fit l’avocat avec les autres membres de l’aile fédéraliste de la 1ère Internationale, de la propriété collective de la terre et de tous les autres moyens de production et désiraient réduire le droit à la propriété privée au seul produit du travail individuel. Bakounine était aussi un opposant du communisme, qui a son époque avait une caractéristique autoritaire, comme celui exercé de nos jours par le bolchévisme. “Je ne suis pas un communiste parce que le communisme unifie toutes les forces de la société dans l’État et est absorbé par celui-ci, parce que cela mène inévitablement à la concentration de la propriété dans les mains de l’État, alors que je recherche l’élimination complète des principes d’autorité et de gardiennage gouvernemental, qui sous le prétexte de rendre les Hommes moraux et de les civiliser, n’a fait jusqu’à maintenant qu’à les réduire en esclavage, les opprimer, les exploiter et les ruiner.

Bakounine était un révolutionnaire déterminé et ne croyait pas du tout en un ajustement à l’amiable des conflits existants dans la société. Il reconnaissait que la classe dirigeante s’opposait aveuglément et avec entêtement à chaque possibilité de réformes sociales plus larges et en cela ne voyait que la révolution sociale internationale pour sauver l’humanité, révolution qui abolirait toutes les institutions de pouvoir politique et l’exploitation économique pour introduire en remplacement une fédération des associations libres de producteurs et de consommateurs qui fourniraient la subsistance de la vie quotidienne. Comme lui et la plupart de ses contemporains croyaient en l’imminence de la révolution, il dirigea son énorme énergie à la contribution à la véritable révolution des éléments libertaires au sein et en dehors de l’Internationale pour protéger la révolution à venir contre toute dictature ou régression dans les vieilles conditions sociales. Il devint ainsi, dans ce sens, le véritable fondateur, créateur du mouvement anarchiste moderne.

L’anarchisme trouva également une valeur très sûre en la personne de Pierre Kropotkine (1842-1921), qui se fixa pour objectif de rendre les résultats de la science naturelle moderne disponibles pour le développement du concept sociologique de l’anarchisme. Dans son livre très ingénieux “L’entraide, facteur de l’évolution”, il s’arrogea contre le soi-disant darwinisme-social, dont les partisans essayèrent de prouver l’inévitabilité des conditions sociales existantes depuis la théorie darwinienne de la lutte pour la survie et de la survie du plus fort, du plus apte et menant à la problématique du faible contre le fort au statut d’une loi naturelle d’airain, à laquelle l’Homme est aussi sujet. En réalité, cette théorie était fortement influencée par la doctrine malthusienne expliquant que la grande table de la vie n’était pas avancée pour tout le monde et que les inutiles devaient se réconcilier et accepter cet ordre des choses.

Kropotkine montra que cette conception de la nature en tant que champ infini de guerre n’est qu’une caricature de la véritable vie et qu’avec la lutte brutale pour l’existence, qui est combattue becs et ongles, il y a aussi une tendance dans la nature une autre tendance qui est exprimée dans la combinaison sociale des espèces plus faibles et la continuité des races par l’évolution de l’instinct social qui seul lui a permis de se maintenir dans son premier environnement contre la supériorité physique des autres espèces et de s’assurer un niveau de développement dont on aurait pu rêver. Ceci est démontré par la certaine régression de ces espèces dont la tendance dans la lutte pour l’existence est supérieure à la première, qui n’ont aucune vie sociale et qui ne sont dépendantes que de leur force physique.

Cette vue, qui est bien plus acceptée aujourd’hui dans les sciences naturelles et dans la recherche sociologique, a ouvert de nouvelles possibilités dans les perspectives de ce qu’est l’évolution de l’espèce humaine.

D’après Kropotkine, le fait demeure que même soumis au pire des despotismes la grande majorité des relations personnelles de l’Homme avec ses congénères est régie par les habitudes sociales, accord librement consenti et la coopération, sans laquelle la vie sociale ne serait pas du tout possible. Si ce n’était pas le cas, même la plus grosses machine coercitive qu’est l’État ne serait pas capable de maintenir l’ordre social pendant un laps de temps suffisamment long. Quoi qu’il en soit, ces formes d’attitudes naturelles, qui proviennent de la nature la plus profonde de l’humain, sont aujourd’hui constamment perturbées et handicapées par les effets de l’exploitation économique et de la tutelle gouvernementale, représentant la forme brutale de lutte pour l’existence dans la société humaine et qui a remplacé toute les formes d’entraide et de coopération libre. La conscience de la responsabilité personnelle et de la capacité à l’empathie avec les autres, qui fait toute la morale sociale et rend possible l’idée de justice sociale, se développe le mieux dans la liberté.

Comme Bakounine, Kropotkine était aussi un révolutionnaire. Mais il vit, comme Elisée Reclus et d’autres, dans la révolution seulement une phase spéciale du processus de l’évolution, qui apparaît lorsque les nouvelles aspirations sociales sont si restreintes dans leur développement naturel par l’autorité qu’elles doivent briser la vieille coquille de manière violente avant de pouvoir fonctionner comme de nouveaux facteurs de la vie humaine. En contraste du fédéralisme proudhonien ou du collectivisme bakouninien, Kropotkine se faisait l’avocat de la propriété commune non seulement des moyens de production mais aussi des produits du travail, car il était convaincu que dans l’état technologique présent aucune mesure correcte de la valeur du travail individuel est possible mais qu’au contraire, par une direction nationale de nos méthodes modernes de travail il sera possible d’assurer une abondance comparative pour chaque être humain.

L’anarcho-communisme, qui avait déjà été prôné avant Kropotkine par Joseph Dejacque, Elisée Reclus, Carlo Cafiero et d’autres et qui est reconnu aujourd’hui par la plus vaste majorité des anarchistes, trouva en lui un brillant avocat.

Nous devons aussi ici mentionner Léon Tolstoï (1828-1910) qui, du christianisme primitif et sur la base de principes éthiques établis dans les évangiles, parvint à l’idée d’une société sans dirigeants.

Ce qui est commun à tous les anarchistes est le désir d’une société libre de toutes institutions politiques et sociales coercitives, institutions qui sont des obstacles au développement et à l’avènement d’une humanité émancipée et donc libre. En ce sens, le mutualisme, le collectivisme et le communisme ne doivent pas être vus comme des systèmes économiques fermés ne permettant plus aucun développement, mais juste comme des assomptions politico-économiques pour établir les moyens de la sauvegarde d’une communauté humaine libre. Il y aura probablement dans chaque forme de société libre du futur des formes différentes de coopération économique existant côte à côte, car tout progrès social doit être associé avec l’expérience libre et le test dans la pratique de nouvelles méthodes pour lesquelles il y aura toute les opportunités possibles dans une société de libres communautés (NdT; ce que nous avons nommé avec Gustav Landauer “la société des sociétés”…)

La même chose vaut pour les méthodes variées de l’anarchisme. Le travail de ses adhérents est essentiellement un travail éducatif pour préparer les gens intellectuellement et psychologiquement aux tâches de leur libération sociale. Chaque tentative de limiter l’influence du monopole économique et du pouvoir de l’État est un pas qui nous rapproche de la réalisation de cet objectif. Tout développement d’organisation volontaire dans les champs variés de l’activité sociale et vers la liberté individuelle et la justice sociale, approfondit la conscience [politique] des gens et renforce leur responsabilité sociale, sans laquelle aucun changement ne peut être accompli.

La plupart des anarchistes de notre époque sont convaincus qu’une telle transformation de la société prendra des années de travail constructif et d’éducation et ne peut pas s’opérer sans quelques convulsions révolutionnaires qui jusque maintenant ont toujours aidé à accomplir tout progrès dans la vie sociale. Le caractère de ces convulsions bien entendu, dépend entièrement de l’intensité de résistance de la classe dirigeante et dans quelle mesure celle-ci sera capable de résister à la réalisation de ces nouvelles idées. Au plus large les cercles sociaux qu’elles inspireront dans l’esprit du socialisme de la liberté, et au moins douloureux sera l’accouchement des changements sociaux du futur.

Les révolutions ne peuvent que développer et faire venir à maturité les idées qui existent déjà et qui ont déjà une nature établie dans la conscience humaine, mais elles ne peuvent pas créer de nouvelles idées ou générer de nouveaux mondes du néant.

Avant l’apparition des états totalitaires en Russie, en Italie, en Allemagne et plus tard au Portugal et en Espagne et le déclenchement de la seconde guerre mondiale, des organisations et des mouvements anarchistes existaient dans tous les pays ; mais comme tous les mouvements socialistes de cette époque, Ils devinrent les victimes de la tyrannie fasciste et des invasions des armées allemandes et ne pouvait mener qu’à une existence clandestine. (NdT: ceci est aussi valable avec le fascisme rouge tel que le dénonça Voline et la guerre ouverte bolchévique contre l’anarchisme originel de la révolution russe, qui mena à la fin du slogan de “tout le pouvoir aux soviets [conseils des travailleurs]” et à l’avènement du capitalisme d’état soviétique par la NEP de Lénine et de son comparse Trotski tous deux agents des banquiers transnationaux…) Depuis la fin de la guerre, une résurrection des mouvements anarchistes dans tous les pays d’Europe de l’ouest s’est faite remarquer. Les fédérations des anarchistes français et italiens ont déjà tenu leur première convention, tout comme l’a fait l’anarchisme espagnol dont bien des membres vivent toujours en exil, pour la plupart en France, en Belgique et en Afrique du Nord. De nombreux journaux et périodiques anarchistes sont publiés dans bon nombre de pays européens ainsi qu’en Amérique du nord et du sud.

Lectures complémentaires:

Manifeste pour la Société des Sociétés

Ecrits-choisis-anarchistes-sebastien-faure-mai-2018

L’anarchisme-africain-histoire-dun-mouvement-par-sam-mbah-et-ie-igariwey

Dieu et lEtat_Bakounine

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

Daniel_Guerin_L’anarchisme

Inevitable_anarchie_Kropotkine

Errico_Malatesta_écrits_choisis

La Morale Anarchiste de Kropotkine)

Les_amis_du_peuple_révolution_française

Appel au Socialisme (PDF)

Résistance politique: Commune de Paris 1871 et démocratie radicale

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Les « Versaillais » de Macron à la manœuvre

N’oublions jamais que la Commune de Paris, cette poussée démocratique radicale issue des profondeurs de la nature humaine anarchiste et auto-organisatrice, ayant pour objectif l’égalité et le bonheur pour tous, a été réprimée dans un bain de sang (entre 25 et 30 000 morts dans la semaine sanglante) suivi de milliers de déportations, par une république dite « modérée », gérée par une ordure royaliste (A.Thiers). La répression fut menée tambours battants par une armée française vaincue par l’armée prussienne quelques mois auparavant et à laquelle fut rendue ses armes pour écraser le peuple sous les regards goguenards des Prussiens appréciant le sale boulot fait par des rats vaincus au nom d’une oligarchie toute puissante gérant les deux pays et qui tremblait comme une feuille morte à l’idée d’une victoire des Communards.

L’Idée a survécu et survivra toujours jusqu’à sa réalisation finale, la Commune n’est pas morte et jamais ne mourra ! Le brouillon de 1871 servira à ériger la société des sociétés de demain. Tendez bien l’oreille, on entend ses pas dans le lointain, portés par l’esprit communard qui vit en toute lutte pour la liberté.

État rend-toi… Tu es cerné !

~ Résistance 71 ~

 

Mars 1871: Face au péril, le peuple de Paris répond par la démocratie

 

Les Amies et Amis de la Commune de Paris 1871

 

27 mai 2018

 

url de l’article original: http://www.commune1871.org

 

Editorial de Mai 2018

 

Après avoir subi le poids de l’Empire pendant 20 ans, les Parisiens, avides de liberté et de justice, vont avoir un sursaut patriotique et prendre leur destin en main. Spontanément, la population parisienne, dans sa diversité, va tenter de relever ce nouveau défi. La Commune de Paris va devenir la première république sociale, produite par la démocratie et tirant sa légitimité de son élection.

Le peuple souverain prend conscience de sa force émancipatrice et de ses droits fondamentaux. Les clubs, les quartiers, les Chambres ouvrières et syndicales deviennent des lieux d’éveil de la conscience politique. La parole est libérée. La presse est abondante et indépendante. La présence en nombre des femmes démontre que l’heure est venue d’affirmer leurs droits et leur dignité. De ce foisonnement des idées, vont découler de nombreuses initiatives et décisions de portée sociale et sociétale, d’une audace remarquable.

De nos jours encore, l’imaginaire et les idéaux de la Commune de Paris continuent de faire rêver les peuples en lutte. Suite à la réhabilitation des communards par l’Assemblée nationale, le 29 novembre 2016, nous nous mobilisons pour que l’œuvre de la Commune de Paris soit mieux connue, mieux enseignée et trouve sa visibilité dans l’espace public. Malgré les nombreux obstacles rencontrés, notre demande de station de métro « Commune de Paris 1871  » reste un objectif majeur.

La perspective du 150e anniversaire de la Commune de Paris est un défi auquel tous nos comités de province seront associés. Nous établissons des contacts avec les organisations et associations qui ont en partage les valeurs de la Commune, à qui nous proposerons des initiatives communes ou particulières.

Depuis peu, le ciel européen voit s’amonceler des nuées brunes menaçantes et de mauvais augure. Une société d’accumulation et de concentration éhontées des richesses industrielles et financières par une minorité, assortie d’une précarisation et d’un déclassement des populations, d’une régression sociale, de la peur de perdre son travail, facilite l’opposition des individus entre eux, suscite la peur et le repli sur soi, et est de nature à raviver les conflits.

La liberté de la presse et l’indépendance de la justice se trouvent parfois remises en cause. Les discours sécuritaires à forts relents nauséabonds produisent leurs effets. Les peurs sont plus fortes que le désir d’avenir. Dans ces conditions, le désintérêt des citoyens pour la vie politique les éloigne des décisions démocratiques, abandonnant leurs destins entre les mains de dirigeants réactionnaires et conservateurs.

Cette situation mérite une analyse qui peut se nourrir de la modernité de l’œuvre de la Commune, de ses pratiques innovantes et de ses valeurs et idéaux fraternels, sources d’apaisement et de paix entre les peuples.

L’urgence démocratique, l’éveil des peuples, de leur conscience politique deviennent, alors, des priorités.

= = =

Lectures complémentaires:

Manifeste pour la Société des Sociétés

Que faire ?

Le_monde_nouveau_Pierre_Besnard

Exemple_de_charte_confederale_Bakounine

La Morale Anarchiste de Kropotkine)

Appel au Socialisme (PDF)

Résistance politique: Union et solidarité contre le terrorisme d’état !…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société libertaire, syndicalisme et anarchisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 31 mai 2018 by Résistance 71


Pour la société des sociétés

 

Le gouvernement se radicalise, radicalisons nos solidarités !

 

Groupe anarchiste Salvador-Segui

 

28 mai 2018

 

Source: 

https://salvador-segui.org/2018/05/24/radicalisons-nos-solidarites/

 

Depuis plusieurs semaines maintenant, les cheminots ont engagé un rapport de force historique avec le gouvernement et la Direction de la SNCF contre le projet qui vise à achever ce qu’il reste du service public ferroviaire tout en passant au crible le statut cheminot. La classe politique au pouvoir ne s’embarrasse même plus de son image pseudo-progressiste, attachée au dialogue social et vient de réaffirmer sa détermination à passer en force sur cette réforme. Pour autant, la mobilisation est visiblement loin de faiblir ! Il faut dire qu’au cours de cette première année de présidence macronienne, les coups n’ont cessé de pleuvoir sur les travailleurs comme sur les plus précaires. Ordonnances de la loi Travail, réforme de l’assurance chômage, baisse des APL, réforme de l’ISF, loi ORE, casse du système public ferroviaire, la liste a de quoi donner des sueurs froides à quiconque connaît la dure réalité du système capitaliste.

Pour autant, des foyers de lutte existent et doivent être soutenus. Bien sûr chez les cheminots. La tactique éculée de stigmatisation de ces derniers peine à prendre, et ce, au grand dam des politiques et des patrons. Au contraire, la solidarité en acte, elle, est bel et bien là ! Des caisses de grève se sont multipliées et ont atteint des sommes astronomiques, signe d’une détermination fleurissante chez les travailleurs et travailleuses à stopper un gouvernement embarqué, depuis son arrivée au pouvoir, dans une frénésie libérale de casse sociale. À la poste, nombre de secteurs sont également entrés dans la lutte. La contestation avait également gagné les lycées et les universités, étudiants et professeurs, contre la loi ORE, jusqu’à ce que ceux-ci subissent la répression violente de l’État.

Récemment, les médias n’ont pas manqué de monter en épingle certaines « violences » qui ont émaillées la manifestation du 1er Mai. S’il apparait difficile de soutenir cette violence tous azimuts et systématique dans les cortèges, surtout lorsque celle-ci se fait au détriment des autres formes de mobilisation, ne nous y trompons pas : elle n’est que l’expression d’une violence plus quotidienne et insidieuse, une violence économique, politique et sociale structurée et entretenue, main dans la main, par les systèmes étatique et capitaliste. Cette violence c’est celle des mesures gouvernementales qui rognent un par un tous les acquis sociaux des travailleurs, c’est celle des licenciements qui se succèdent au nom de la « compétitivité », c’est celle des forces policières qui protègent les intérêts du patronat à coup de matraques, c’est celle d’un gouvernement qui, au fil des réformes conduites et annoncées, se radicalise, réprimant à tout va et passant systématiquement en force ses mesures.

Aujourd’hui, il nous faut organiser et ancrer les luttes là où elles émergent et sont prêtes à grandir. Nos victoires locales, pourront servir de modèles à d’autres, pour se déployer avec le concours de toutes celles et tous ceux prêts à se battre. Il nous faut soutenir les luttes en cours, à la hauteur de nos moyens individuels ou de nos organisations ; entretenir et développer nos liens de solidarité. Ainsi, nous pourrons favoriser la prise de conscience de ce système d’exploitation capitaliste. Ainsi nous pourrons contrer ce système politique centralisateur et autoritaire. De là pourront se créer les nouvelles institutions, par le maîtrise des travailleurs à la base.

Notre première ambition doit être la suivante : nous réapproprier les services publics pour les rendre accessibles à toutes et tous : ces services doivent être de qualité, tendre à la gratuité ; il faut que leur gestion passe aux mains des collectifs des travailleurs regroupés en syndicat ou structure de classe, seuls capables de contrôler et d’organiser la production avec les usagers des secteurs concernés, et ce, à la hauteur des besoins de tous et de chacun. Par extension, la gestion d’un quartier, d’une commune, doit se faire sur une base égalitaire et doit permettre à toutes et à tous de bénéficier des services municipaux indispensables.

= = =

Lectures complémentaires:

Manifeste pour la Société des Sociétés

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

Manifeste contre le travail

Un monde sans argent: le communisme

Inevitable_anarchie_Kropotkine

L’anarchie pour la jeunesse

Errico_Malatesta_écrits_choisis

petit_precis_sur_la_societe_et_letat

Appel au Socialisme (PDF)

Résistance politique contre la sélection universitaire (suite)

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Soutien aux étudiants contre la sélection arrêtés par les CRS lors des manifestations pacifiques officiels contre la sélection et contre la sélection Parcours Sup qui néolibéralise les universités françaises

 

Anonyme (par courriel)

 

29 mai 2018

 

Soutien à un camarade Tourangeau (habitant de Tours en patois pour ceux qui ne savent pas ce que cela veut dire tourangeau allez sur wikipedia pour connaître le patois de Tourraine)

Fête à Macron » : un étudiant tourangeau en détention pendant 105h pour s’être protégé des lacrymogènes

Lors du rassemblement parisien du 5 mai intitulé la « fête à Macron », un étudiant tourangeau a été interpellé, a subi 48h de garde à vue, a été placé deux jours en détention — notamment à Fleury-Mérogis — avant d’être déféré en comparution immédiate le mercredi 9 mai.

Son crime ? S’être protégé le visage lors d’un gazage et avoir prodigué des soins aux personnes touchées. Des actes requalifiés par le tribunal en « attroupement en vue de commettre des violences » et qui seront sanctionnés de 100 jours-amendes à 8 euros, ainsi que de 150 euros d’amende pour s’être protégé des gaz lacrymogènes. A cela s’ajoute un mois de prison avec sursis pour refus de prise d’ADN et 127 euros de frais de justice.

Le chef d’inculpation d’ « attroupement en vu de commettre des violences » n’est rien d’autre qu’un procès d’intention sans aucun début de preuve, si ce n’est la présence de l’étudiant au sein de la manifestation. Aucun élément matériel n’ayant été relevé dans ce sens, nous sommes là sur un pur procès d’intention : plus besoin de preuves ou de faits, on peut aujourd’hui condamner sur de simples présomptions non étayées. Bienvenue dans Minority Report !

Nous dénonçons cette criminalisation des mouvements sociaux, qui ne s’embarrasse même plus des faits. Nous apportons notre soutien à l’étudiant victime de cette répression délirante, et à toutes et tous les inculpé-es des mobilisations sociales de ce printemps.

Bonjour à toutes et tous,

Nous, étudiant-e-s mobilisé-e-s de Tours créons ce pot commun https://www.lepotcommun.fr/pot/31dspczf dans le but de venir en aide à un camarade interpellé en marge de la manifestation parisienne du 5 mai 2018. Il a été condamné le 9 mai pour « attroupement en vue de commettre des violences » à 1077€ d’amende (100 jours-amendes à 8€, 150€ pour s’être masqué afin de se protéger des gaz lacrymogènes et 127€ de frais de justice). Il a aussi pris un mois de prison avec sursis pour refus de donner ses empreintes et son ADN. Il a donc besoin d’une aide financière pour sa vie quotidienne.

Le chef d’inculpation « attroupement en vue de commettre des violenes » ne constitue rien d’autre qu’un procès d’intention, ne reposant sur aucune preuve ni aucun fait. Cela condamne uniquement sa présence à la manifestation. A aussi été avancé le fait qu’il a porté assistance à des personnes en souffrance à cause des lacrymogènes.

Nous vous remercions d’avance pour votre participation ❤

https://www.lepotcommun.fr/pot/31dspczf

Vidéo des #ViolencesPolicieres ce matin à #Arcueil #Nanterre : matraques, gazs et charges contre étudiant.e.s, cheminots, postiers (…)

Aucune autre réponse n’existe donc dans votre logiciel @EmmanuelMacron ?

https://twitter.com/cortegedetete/status/994892458516459520

Vendredi, à 10h, rejoignez nous place Jean Jaurès pour manifester contre la loi ORE !

https://twitter.com/CollectifEtu37/status/996867276740669440

Quand la météo annonce du lacrymo

https://twitter.com/EtudiantHarry/status/996352791651213312

Un prof dénonce la supercherie de Parcours Sup

https://twitter.com/malo_rambo1312/status/994593422173450240

Un autre prof universitaire critique Parcours Sup

http://www.snesup.fr/article/lettre-ouverte-dun-oncle-universitaire-son-frere-parent

On rappelle qu’à Tours, où un étudiant a été arrêté pour s’être opposé à la sélection, une lycéenne qui s’opposait à la sélection aussi a été agressée à coups de couteaux par une milice cagoulée de l’extrême droite royaliste, et comme par hasard, cette milice cagoulée n’a nullement été arrêtée elle, preuve d’une collusion entre mafia cagoulée et police.

 » Tours. Une lycéenne mobilisée attaquée au couteau par l’extrême droite

A Tours, ce mardi 17 avril, une élève mobilisée contre la loi Vidal a été attaquée au couteau par trois militants de l’extrême droite cagoulés. L’agresseur pourrait être un royaliste de l’Action Française. Un rassemblement de soutien, réunissant une soixantaine de lycéens, a eu lieu en milieu d’après-midi devant le lycée Balzac.

Aux alentours de 13 h, dans une ruelle près du lycée Balzac, trois militants d’extrême-droite cagoulés ont agressé une lycéenne du fait de son implication dans le mouvement lycéen à Tours contre la loi Vidal et Parcoursup. Selon des étudiants du collectif contre la loi Vidal, l’auteur des coups de couteaux pourrait être membre de l’Action Française. « Depuis les débuts du blocus, on se fait menacer par deux ou trois étudiants royalistes de l’Action Française », témoigne l’étudiante du collectif.

Après une Assemblée Générale, les étudiants ont décidé d’un rassemblement de soutien à la lycéenne attaquée au couteau devant le lycée Balzac, à partir de 15 h. Les forces de police étaient venues en nombre pour « accueillir » les lycéens et étudiants. Malgré la présence d’un cordon de CRS et de plusieurs membres de la BAC, le rassemblement de soutien a bien eu lieu et a réuni une soixantaine de personnes. »

https://www.revolutionpermanente.fr/Tours-Une-lyceenne-mobilisee-attaquee-au-couteau-par-l-extreme-droite

« Une lycéenne mobilisée agressée au lycée Balzac

Vers 13h, une lycéenne mobilisée du lycée Balzac aurait été harcelée et agressée au couteau par plusieurs personnes cagoulées, du fait de son implication dans le mouvement lycéen contre la sélection de Tours. La personne responsable du coup de couteau serait un membre des jeunesses royalistes de Tours. La lycéenne serait actuellement à l’hôpital. Un rassemblement de soutien est prévu à partir de 15h devant le lycée Balzac. »

Nouvelle répression ce lundi matin des lycéen-nes par les forces de police

Entre 500 et 1000 lycéen-nes et étudiant-tes se dirigent vers la gare. »

https://larotative.info/suivi-de-la-mobilisation-etudiante-2743.html

« Contre Parcoursup/ORE : évacuation à 23h du lycée Hugo occupé par les lycéen·nes ce jeudi 17 mai

De l’occupation nocturne contre Parcoursup des lycées Voltaire (16 mai) puis Victor Hugo (17 mai) aux opérations écoles mortes et collège mort du 94, la lutte de la maternelle à l’université continue !

Jeudi 17 mai : communiqué des occupant.e.s du Lycée Victor Hugo.

Nous, lycéen.ne.s d’Ile-de-France mobilisé.es occupons le Lycée Victor Hugo en signe de protestation contre la loi ORE, la réforme du lycée et du bac, et de manière générale contre la politique menée par le gouvernement en place. Notre action constitue une réponse légitime à la fermeture d’esprit et aurefus de négocier dont a fait preuve ce même gouvernement jusqu’à présent.

Elle signifie aussi, plus largement. le refus d’une société inégalitaire qu’Emmanuel Macron prône et que sa politique accentue.

Nous nous opposons à la sélection des personnes SOUS toutes ses formes. d’autant plus lorsqu’elle est basée sur des critères socio-économiques. L’université doit être libre pour tou.te.s, gratuite et émancipatrice. Elle doit favoriser la réflexion, le développement de l’esprit critique de chacun.e. Cela permet une réappropriation des espaces scolaires par les élèves, et de leur éducation.

Cette occupation se rallie aux luttes contre les oppressions, qu’elles soient sociales, économiques, culturelles. politiques. etc. Nous condamnons de même la répression policière et fasciste. Cette occupation appelle à soutenir toutes les luttes actuelles, en particulier la défense du service public sous toutes ses formes. Par conséquent. nous appelons le plus grand nombre de personnes à rejoindre la mobilisation et grossir nos rangs, notamment dans une manifestation unitaire le mardi 22 mai.

Nous tenons à préciser qu’aucune dégradation n’a été constatée et que l’occupation se déroule paisiblement, malgré la tension engendrée par la possible répression administrative et policière

Les lycéen.nes d’Ile-de-France

Mercredi 16 mai, une 100aine de militant·es dans la cour du lycée Voltaire après la manif de cette après midi… Une chouette représentation de la compagnie Jolie Môme, une ambiance de feu !

Communiqué de presse des personnels et parents d’élèves des lycées parisiens et franciliens engagés dans l’action d’occupation nocturne du lycée Voltaire

ce Mercredi 16 mai 2018 19h30 – soutenus par des sections syndicales CGT, SNES et SUD Education.

• Contre Parcoursup, contre les réformes du bac et du lycée général et professionnel.

• Contre la loi Pénicaud de démantèlement de l’ONISEP, de fermeture des CIO et de liquidation de l’enseignement professionnel sous statut scolaire.

• Pour le service public d’éducation nationale et contre le plan social dans la Fonction publique.

Nous, personnels enseignants et parents d’élèves, qui sommes confrontés depuis de nombreuses années à la ségrégation scolaire et au désengagement de l’État, dans des établissements parfois vétustes, mal connectés et subissant des diminutions récurrentes de moyens (réductions spectaculaires cette année encore), ne pouvons accepter la stigmatisation supplémentaire de nos élèves, de nos enfants que représenterait la mise en œuvre de la sélection à l’entrée à l’université avec la nouvelle procédure Parcoursup.

Issus d’établissements de gestion de flux en sureffectifs ou de relégation, nous refusons la disparition du bac national, seul garant de l’égalité de traitement entre nos élèves et ceux des « lycées d’élite » .

Attachés à ce diplôme donnant droit à la poursuite d’études supérieures, nous nous opposons, comme nos collègues universitaires et leurs étudiants, à la mise en place, dès le lycée, d’une formation enfermant les élèves dans une orientation contrainte par une offre scolaire restreinte et inégale d’un établissement à l’autre, par un parcours réduisant les horizons post bac possibles — ou, par une discrimination sociale aggravée, réservant les plus grands choix aux seuls initiés.

L’objectif du gouvernement est clair !

Il s’agit de barrer l’accès à l’enseignement supérieur public aux enfants des classes populaires et des classes moyennes auxquels la loi dite « pour la liberté de choisir son orientation professionnelle » (encore une antiphrase !) entend assigner une place la formation par apprentissage sous le contrôle du patronat.

Encore un paradoxe de nos gouvernants : l’orientation sert de justification à cette casse du service public d’éducation à laquelle elle n’échappe pas elle-même ! Fermeture des CIO, démantèlement de l’ONISEP, création enfin d’un marché lucratif de l’orientation.

Toujours moins d’heures d’enseignement, des enseignements toujours plus déconnectés de savoirs et pratiques pédagogiques disciplinaires, toujours moins d’enseignants (rendus interchangeables par les nouvelles polyvalences et le recours massif à la contractualisation), des effectifs toujours plus nombreux…

Au lycée comme à l’université les recettes de Blanquer sont connues : elles garantissent assurément l’échec scolaire, l’exclusion d’un grand nombre d’élèves et la crise des vocations enseignantes.

Nous disons simplement assez !

Derrière ces nouvelles réductions programmées des moyens, nous avons bien compris qu’il s’agissait d’organiser un plan social d’une ampleur sans précédent, que les attaques des statuts de la Fonction publique devraient bientôt rendre plus facile encore.

Nous disons simplement stop !

Val-de-Marne : semaine de lutte dans les écoles du 30 avril au 5 mai | 30 avril

La mobilisation continue aussi dans le primaire en lien avec les collèges, lycées et universités : la semaine prochaine, programme chargé !

Communiqué du Collectif Éducation de Fontenay-sous-Bois : actions « Écoles désertes » du 30 avril et « Collège Mort » du 2 mai

Les 30 avril et 2 mai derniers, le Collectif Éducation de Fontenay-sous-Bois, rassemblant des parents, enseignants et élus municipaux mobilisés contre la casse de l’éducation publique primaire et secondaire, a appelé les parents d’élèves à ne pas conduire leurs enfants à l’école ni au collège, en signe de protestation contre les fermetures de classes et le manque de moyens criant dans nos écoles et collèges. Cette action répondait elle-même à l’appel du Collectif Éducation 94.

Les parents ayant participé à cette action trouvent regrettable d’avoir à priver leurs enfants d’une journée de classe ou de cours pour faire entendre des revendications parfaitement légitimes, notamment :

• l’annulation de toutes les fermetures de classes dans les écoles et les collèges

• le rétablissement du RASED

• le recrutement d’enseignants remplaçants en nombre suffisant

• la mise en place d’un plan d’urgence éducative pour tout le Val-de-Marne

L’action a été massivement suivie dans 4 groupes scolaires de la ville, soit un tiers des écoles. Voici les taux d’élèves ayant participé à l’action “Écoles désertes” le lundi 30 avril

• École Mot : 50% de participation

• Groupe Scolaire Edouard Vaillant : 69% de participation en élementaire, 48% de participation en maternelle

• Groupe Scolaire Langevin : 50% de participation globale

• Groupe Scolaire Romain Rolland : 75% de participation en élémentaire, 70% de participation en maternelle

Le collège Jean Macé est également mobilisé contre la fermeture d’une classe de 5e l’année prochaine, avec le blocage du standard du collège le 11 avril et deux journées déclarées collège mort (le 18 avril et 2 mai).

Le Collectif Éducation de Fontenay-sous-Bois reste plus que jamais mobilisé contre la casse de l’éducation publique, et prévoit de nouvelles actions, ce printemps et à la rentrée de septembre, si ses revendications ne sont pas satisfaites.

https://paris-luttes.info/fontenay-sous-bois-bilan-des-10231

Macron veut faire comme Sarkozy, réduire le nombre d’enseignants de la fonction publique sur toute la France pour réduire le budget. Donc moins de d’étudiants seront acceptés au concours CAPES, AGREGATION même s’ils ont des bonnes notes, à cause des quotas, numéro clausus pour le recrutemement des enseignants. Pour 2018, il y aura 20% d’enseignants de moins qu’en 2017, car le concours a décidé de réduire le taux d’acceptation de titularisation d’enseignants de 20% https://www.lemonde.fr/campus/article/2017/11/30/concours-enseignants-le-nombre-de-places-au-capes-et-a-l-agregation-en-forte-baisse_5222883_4401467.html

Sarkozy a déjà supprimé 80 000 postes d’enseignants durant son quinquenat!

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/357513-sarkozy-et-l-education-entre-mepris-et-meconnaissance.html

France : les étudiants en marche contre Macron

https://solidaire.org/articles/france-les-etudiants-en-marche-contre-macron

soutien à un étudiant de Montpellier pris par les CRS pour avoir un livre de Prévert en poche!

Et plus précisément pour avoir aidé des manifestants à échapper à la nasse des CRS sous le matraquage des lacrimogènes. Sa mère Natalie Dubois qui est pauvre et n’a pas les sous pour payer les frais d’avocat (qui se font payer très cher dans cette sainte profession) a mis une demande de dons car les CRS veulent faire croupir l’étudiant Abi Dubois en prison afin de décourager le mouvement étudiant contre la sélection, donc si vous voulez l’aider c’est ici

https://www.leetchi.com/c/liberta-for-abi

Voici ce que sa mère Natalie Dubois dit:

– « Bonjour,

Je me présente, je suis la maman d’Abidjahel Dubois étudiant en 3ème années de lettres modernes à Paul Valéry. Comme vous le savez suite à la manifestation du 14 avril 2018 http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/04/01/97001-20180401FILWWW00182-montpellier-manifestation-nationale-des-etudiants-le-14-avril.php, il y a eu 51 personnes mises en garde à vue, il ne devait en rester que 4 et Abidjahel est resté parmi ces 4. Le dimanche soir, j’apprends qu’ Abi passe en comparution directe le lundi 16 avril à 14 heures au TGI de Montpellier. J’ai eu trois avocats en ligne de la ligue des droits de l’homme, c’est très grave Abi est accusé d’outrage et de violence envers deux fonctionnaires des forces de l’ordre, de faire partie d’une organisation ‘terroriste’, bref la totale (Abi nie tous les faits, il avait un livre de Prévert dans la poche, on l’accuse d’avoir tenté de lancer un pavé qui n’a pas été retrouvé. De plus les plaignants ne sont pas obligés de comparaitre, donc aucune confrontation si j’ai bien compris. Leur parole est d’or.). Un des avocats m’explique qu’ils veulent faire un exemple et que pour le moment on se contente d’obtenir un délai pour sa défense et qu’on fasse en sorte que ce délai il puisse le passer à l’extérieur sous contrôle judiciaire, je vous jure que c’était vraiment pas gagné…Bref l’objectif a été atteint, mais cela n’est qu’un sursis, le 14 Mai le procès débute.

J’ai demandé à l’avocat pour faire la demande d’aide juridictionnelle, malheureusement c’est trop tard car il faut le faire avant que l’instruction soit commencée. Abidjahel n’avait pas de carte d’identité (perdue).

Il risque un à trois ans de prison d’après ce que j’ai pu comprendre, pour seulement avoir voulu défendre des idées. Je ne comprends pas, c’est comme si vous étiez pris dans un tourbillon.

Déjà 142 euros à ce jour, je n’en reviens pas. Je vous remercie tous pour votre mobilisation et votre générosité car je sais combien certains doivent déjà être eux-mêmes en difficulté.

Merci encore. Nathalie DUBOIS et merci au nom d’Abi. Paix sur vous.

Nathalie Dubois « ·

– » En réponse à une question de Ray rosello

Bonjour

Effectivement lorsqu’un prévenu est mis en isolation, existence d’une caméra rotative dans la pièce, après effectivement il y a eu une collecte sur les gardes à vue. Mais en fait il est accusé de faits lors de la manifestation que mon fils nie. Il n’appartient à aucun groupe politique, ni syndicat, ni secte ni quoique soit d’autre. Il n’a pas de haine mais appréhende juste la suite ce qui est normal. Je ne peux pas vous en dire tellement plus car tout reste pour le procès. Déjà la semaine dernière il s’est rendu à un partiel organisé à Mermoz et des journalistes étaient là et voulaient l’interviewer ce qu’il a refusé. Je ne sais vraiment pas à quoi m’attendre, tout ce que je sais c’est la gravité de la situation que m’a fait entrevoir l’avocat et c’est vraiment très difficile car on est dans l’incompréhension.

Voilà, je vous remercie pour votre soutien.

Merci encore.

Natalie Dubois »

-« Bonjour,

On est à 455 euros, merci ! Que dire de plus, je suis tellement touchée et Abidjahel aussi.

Abi va bien étant donné la situation, je ne le vois pas beaucoup car il se démène ainsi que son Avocat, il passe beaucoup de temps avec les ami(e)s. Je comprends, en tant que mère j’ai du mal à dissimuler mon anxiété qui est cependant légitime je pense.

J’attends toujours un renversement de situation, je sais que cela peut paraître naïf, mais un des agents qui aurait des remords ou regrets d’avoir accusé injustement mon fils, il suffirait juste de pas grand chose.

Comment l’homme grandit-il ? De part ses expériences et en reconnaissant ses erreurs, son imperfection. Les institutions de police (et autres) étatiques devraient se rappeler cela car qu’est-ce qu’une institution en fait ? Ni plus ni moins qu’un groupement d’individus parfaitement imparfaits comme vous et moi, mais qui ont prêté serment pour l’Etat. Cela inclut-il le droit à de faux témoignages sur une personne parce que la hiérarchie le demande pour faire un exemple, pour tuer la force vive d’une contestation massive sociale.

La peur, peur de perdre son salaire, peur d’une répression si on ose parler, tout cela engendre une obéissance impeccable et implacable.

Le but n’est pas de stigmatiser une personne, peu importe, mais de montrer la résultante de leur impuissance et leur manière injuste et inadaptée de réaction.

Nathalie Dubois. »

– Bonjour,

Comme vous le savez pour la plupart le procès est reporté au 28 Mai sur demande de la partie adverse.

Je ne peux vous en dire plus, il faut tenir le coup c’est tout.

J’espère que le mouvement de soutien physique et moral pour Abidjahël ne faiblira pas avec le temps.

La cagnotte est à 715 euros, je ne vous remercierai jamais assez.heart

Merci à tous.

Natalie Dubois »

https://www.leetchi.com/c/liberta-for-abi

L’Association Solidaire Etudiant de Montpellier soutient Natalie Dubois et son fils Abidjahel Dubois contre la répression des CRS :

« Abidjahel encourt entre 1 an et 3 ans de prison ferme, rassemblement devant le Tribunal de Grande Instance de Montpellier lundi 14 mai à 14h !

Samedi 14 avril, Abi, étudiant en troisième année à l’université Paul Valéry et mobilisé contre le Plan Étudiants et son monde, a été interpellé par les forces de l’ordre durant la nasse du Carrefour City. Il était à la toute fin du cortège afin d’aider les manifestant-e-s à évacuer. Il s’est retrouvé parmi les premiers interpellés.

Lisant du Prévert durant le trajet en bus, il n’a cessé de garder son calme. En garde à vu il a demandé son appel, sa visite médicale, son avocat, et répondait qu’il n’avait rien à déclarer.

Deux policiers, dont un en flagrant état d’ébriété sont venus le placer en cellule d’isolement avec une brutalité injustifiée (clef de bras, bousculade) pendant plus d’une heure. Le policier saoul continuait de l’intimider lui disant qu’il allait le « détruire. »

Abidjahel sera jugé le 14 mai à 14h au Tribunal de Grande Instance de Montpellier. Aujourd’hui, il encourt entre un an et trois ans de prison ferme.

Cette procédure est une honte, cette justice une justice de classe. Il s’agit de sa parole contre celle de la police. Tout ça n’est que politique écoutante et volonté de faire un exemple.

Si des personnes l’ont vu se faire interpeller, merci d’envoyer un message à la page Paul-Va Lève Toi afin de rétablir justice.

Une cagnotte est également disponible pour d’aider la famille d’Abi à financer le procès. Devant cette justice de classe, nous n’avons que la solidarité : https://www.leetchi.com/c/liberta-for-abi

Nous vivons bien dans une justice à deux vitesses, pour rappel les agresseurs du 22 mars sont toujours en liberté https://revolutionpermanente.fr/attaque-de-l-extreme-droite-a-la-fac-de-montpellier-j-ai-vu-l-administration-applaudir-face-au-sang et un témoin clef de l’affaire c’était fait menacer « je vais te peter les genoux » par les forces de l’ordre de Montpellier.

Pas de justice, pas de paix »

https://www.facebook.com/events/425659891221526/

Des étudiants appellent également aux témoins de venir soutenir Abidjahël Dubois à l’audience du 28 mai:

« APPEL A TEMOINS]

Samedi 14 avril, après la manifestation de convergence des luttes Abidjahel Dubois, étudiant en troisième année à l’université Paul Valéry de Montpellier et mobilisé contre le Plan Étudiants et son monde, a été interpellé par les forces de l’ordre durant la nasse du Carrefour City.

Abidjahel Dubois était à la toute fin du cortège afin d’aider les manifestant-e-s à évacuer de la nasse des CRS.

Il s’est retrouvé parmi les premiers interpellés.

Il passe bientôt en procès. Afin de l’aider à préparer sa défense, nous lançons un appel à témoignages.

Si vous avez vu ou filmé l’intervention policière, les arrestations et la nasse du Carrefour City, faites nous signe !

[CONTACTEZ NOUS EN MP] PARTAGEZ SVP !!!! »

https://www.facebook.com/AGMontpellierEtatdUrgence/?hc_ref=ARSthPuYWTbyr_TODdZiOs-2zfN8QKsM5Pd3eOEsFxdp_Qh7VSor4qnzggXWm51i5PM&fref=nf

« RDV AU BARRICADE VENDREDI 25 MAI A PARTIR DE 19h30

Du son, à boire et à manger, soyez généreux.

Evènement de soutien à toutes les victimes de la repression de l’état à Montpellier, soutien aux camarades en prison pour des raisons politiques, aux personnes blessées, mutilés par les forces de l’ordre.

Solidarité face à une politique qui veut nous diviser, nous marginaliser, nous stigmatiser, nous exclure, nous exploiter, nous expulser »

https://www.facebook.com/events/765877020275738/

LES AGENTS DE SÉCURITÉ DE PATRICK GILLI AGRESSENT LES ÉTUDIANT·E·S DE PAUL-VALÉRY

Le président de l’université Paul-Valéry de Montpellier, Patrick Gilli, a embauché des agents de « sécurité » pour empêcher les étudiant·e·s mobilisé·e·s contre la loi ORE d’occuper le campus. L’un de ces agents a lâché son chien contre une étudiante, d’autres se sont montrés très agressifs.

Plusieurs bâtiments de la faculté ont tout de même été bloqués et des étudiant·e·s se sont ensuite réuni·e·s en assemblée générale pour organiser les suites de la mobilisation.

https://www.facebook.com/lepoinginfo/videos/1909621565738483/

Un étudiant est hospitalisé en soins intensifs depuis mercredi à #Toulouse après la chasse aux étudiants contre la sélection. Il a été blessé par l’explosion accidentelle d’une grenade de « désencerclement » lors de son interpellation par la police. Une enquête est ouverte. (Libération)

https://twitter.com/Brevesdepresse/status/994842464845524992

On se rappelle que en 2015, à Toulouse, un étudiant a aussi été arrêté pour avoir participé à une manifestation contre les violences policières suite à la mort de Rémi Fraisse à notre dame des landes http://www.letelegramme.fr/france/sivens-manifestation-en-soutien-a-l-etudiant-emprisonne-17-04-2015-10598968.php

A Toulouse, Les CRS sont tellement occupés à tabasser les lycées et les étudiants contre la sélection, qu’ une secte allemande a décidé de s’installer:

« Une secte qui a été dissoute en Allemagne en raison de maltraitances sur des enfants s’est installée à #Toulouse. L’organisation ferait du prosélytisme pour attirer des jeunes. La présidente d’une assoc. met en garde les autorités (qui ne font rien, puisque on l’a vu, les CRS maltraitent les jeunes qui sont contre la sélection). »

https://twitter.com/Brevesdepresse/status/994917452885712902

Les personnels de Rennes 2 dénoncent les violences policières sur leurs étudiant·e·s, 2 mai 2018.Le mouvement lycéen à Tours a surpris tout le monde, et d’abord les étudiants, un peu débordés jeudi, davantage préparés vendredi. Répression policière totalement disproportionnée (particulièrement vendredi : « dispersion » au gaz dans une rue étroite alors que les lycéens ne bloquaient rien, pas même le tram). À l’université : les motions de départements qui refusent de siéger dans les commissions pleuvent (socio, lettres, espagnol, sciences du langage, géo, droit-langues, liste non exhaustive). Signe que même si les collègues ne sont pas (encore ?) dans la rue, ils rejettent vraiment la loi.

Le CAC a voté une motion (jugée timorée par les étudiants, mais c’est une motion de CAC, dans lequel les élus syndicaux sont minoritaires, donc c’est un bel exploit, ils en ont convaincu d’autres). Le CA se tient demain et nos élus espèrent faire voter une autre motion.

L’AG des personnels a voté mardi dernier une motion qui soutient les lycéens et condamne la répression policière. La section SNESUP a adressé vendredi midi aux organisations syndicales du second degré une proposition de communiqué sur les mêmes questions et qui appelle à amplifier les mobilisations.http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article8203

Interpellations ultra-violentes des CRS et de la BAC alors que le cortège rejoignait l’université Paul Valéry pour organiser la Coordination Nationale des Luttes. Plusieurs personnes sont traînées au sol inanimées. De nombreuses autres blessures (visage, abdomen, bras, jambes). Au moins 2 ambulances appelées sur place. 51 interpellations au total (selon les medias de masse). Des bus sont affrétés par la TAM pour transporter les interpellés à l’hôtel de police.http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article8203#MONTP

Les professeurs de Sociologie de Bordeaux s’annoncent contre la sélection, mais le président vote pour et envoie les CRS https://www.facebook.com/events/209219103014294/:

« Le département de socio de l’Université de Bordeaux s’est prononcé contre la sélection en L1. Résultat : le président Manuel Tunon de Lara désavoue la commission… et le tri sera fait par des personnalités étrangères à la sociologie !

Soutien aux collègues qui montrent la supercherie de Parcoursup et qui défendent une université ouverte à tou.te.s les bachelier.e.s !

Chaîne humaine pour protéger l’Université de Bordeaux contre la loi ORE. L’Université est et doit rester un lieu de savoir ouvert à toutes et tous. Venez habillé.es dans les couleurs de l’Université (bleu). Apportez un livre

Soutien à la Commission d’examen des vœux de la Faculté de sociologie – Bordeaux

La commission d’examen des vœux qui a été constituée à la suite d’un vote de l’Assemblée de la faculté de sociologie a arrêté deux critères pour le classement des candidats à l’entrée en L1 de sociologie. Ces deux critères ont donné lieu à un classement effectif qui permet de répondre à l’ensemble des candidats par un OUI. La non validation par la Présidence de l’Université de Bordeaux de cette commission, qui signe de fait son désaveu, et la constitution d’une autre commission, est un acte grave, que nous ne saurions accepter.

Parcoursup n’est en rien destiné à « orienter », mais à gérer le hiatus entre l’augmentation des effectifs de bacheliers et les capacités d’accueil des universités. Comme en témoignent les difficultés de nombre de commissions en France, dont la presse nationale commence à se faire largement l’écho, il s’opère via un mode de classement particulièrement médiocre, remplaçant le tirage au sort, certes indéfendable mais marginal, par une loterie généralisée. Opaque, inéquitable selon les universités et les filières, triant au final des candidats souvent ex æquo sur des critères indéfendables, il s’expose à de nombreux recours. Nous, refusons de participer à un processus qui aboutira à une sélection injuste et à l’exclusion de nombreux bacheliers pourtant désireux d’entamer des études à l’Université. »

https://www.facebook.com/events/209219103014294/

Quand un étudiant britannique soutient la mobilisation étudiante en France contre la sélection et dénonce que le rêve de Macron est de faire une université comme chez les britanniques de la reine d’Angleterre, (n’oublions pas que Macron a des origines anglaises http://www.dailymail.co.uk/news/article-4695144/French-President-Macron-s-great-grandfather-British.html https://www.mirror.co.uk/news/world-news/french-president-emmanuel-macrons-great-10794502 https://www.express.co.uk/news/uk/801333/Emmanuel-Macron-holidays-in-Britain-wife-Brigitte-Trogneux-hates-Brexit-pro-Europe )

Message reçu dans la boite du comité de mob. A partager !

Chers Camarades,

Etudiant.e.s activistes et employés de l’Univeristé de Warwick au Royaume-Uni, nous avons eu l’idée de faire une vidéo pour soutenir la lutte engagée contre la loi ORE. En Angleterre, l’Université a subie des réformes similaires et nous en ressentons les conséquences au quotidien. Nous avons donc décidé de vous apporter du soutien et de la solidarité en expliquant le fonctionement de notre université qui correspond au rêve Macronien. Ce message reflète la position nationale des étudiants et professeurs de gauche en Angleterre. Nous espérons que le récit de notre expérience de l’Univeristé néo-libérale sera bénéfique a votre lutte.

Postez et partagez cette vidéo un maximum svp. (Si vous avez des contacts dans les médias et que vous pensez que ça peut vous être utile n’hésitez pas).

Solidarité

https://www.facebook.com/WarwickFreeEducation/videos/1124447101031622/?hc_ref=ARR5IirtC92ZqpjkCGyOuJdBZFmt0Lea-6PWZ2866WKbead2auMfTPyd2blzjSvUfIA

Warwick Student-Staff Solidarity – Warwick For Free Education – National Campaign Against Fees and Cuts

https://www.facebook.com/ComiteDeMobilisation/

Dans cette vidéohttps://www.facebook.com/WarwickFreeEducation/videos/1124447101031622/, les étudiants britanniques dénoncent l’avenir des universités françaises qui avec la sélection deviendront comme les universités anglaises, car le rêve macronien disent-ils, est de copier le modèle anglo saxon et disent que leurs universités s’empirent de plus en plus avec la sélection, devenant de plus en plus inaccessibles pour les anglais pauvres (les frais d’inscription sont de 11 000 euros par an, et doivent encore augmenter sans compter la suppression des bourses, etc…)

https://www.facebook.com/WarwickFreeEducation/videos/1124447101031622/

Ici Londres, résistez à la néolibéralisation de l’université sélective (c’est à dire à la sélection imposé par Vidal et Macron qui veulent mettre fin au droit de l’université pour tous http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/08/30/01016-20170830ARTFIG00337-emmanuel-macron-souhaiterait-la-fin-du-mythe-de-l-universite-pour-tous.php)

Les activistes de Warwick à travers les étudiants et le personnel de l’université de Warwick de Londres sont solidaires avec ceux qui, en France, s’opposent aux réformes de l’éducation néolibérale de Macron qui veut instaurer la sélection ! De nous tous à vous: Ne laissez pas tomber le combat!

Nous avons fait une vidéo https://www.facebook.com/WarwickFreeEducation/videos/1124447101031622/ qui détaille ce à quoi notre politique d’ université néolibérale nous oblige à subir – et pourquoi il est impératif de résister, à la fois pour nous pour changer notre université pour le mieux, et pour les étudiants et le personnel en France qui luttent pour garder leurs universités publiques et accessibles pour tous.

* VIVE LA RESISTANCE *

Résistance politique: Ce qu’il faut dire avec Sébastien Faure (version PDF)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, documentaire, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 27 mai 2018 by Résistance 71

 

 

Résistance 71

 

27 mai 2018

 

 

Nous publions avec ce très beau pdf réalisé par Jo de JBL1960, une compilation de textes de Sébastien Faure dont ses fameux « 12 preuves de l’inexistence de dieu » et « Électeur, écoute ».
Nous suggérons aux lecteurs d’imprimer ce pdf afin de le lire à leur aise, dans la mesure où ces textes amènent pas mal de grain à moudre dans le champ de la réflexion et de la pensée critiques qui fait tant défaut depuis quelques décennies.
Bonne lecture à toutes et à tous !…

Sébastien Faure en PDF:

Ecrits-choisis-anarchistes-sebastien-faure-mai-2018