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Pierre Joseph Proudhon: 3 textes essentiels en format pdf

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Résistance 71

 

16 juillet 2018

 

Mis en page par Jo de JBL1960, voici 3 textes essentiels de PJ Proudhon, un des pères fondateurs de la pensée anarchiste moderne, qui a inspiré Marx entre autre.

Chronologiquement il est le premier d’une trilogie l’associant aux pensées et actions de Michel Bakounine et Pierre Kropotkine.

A lire tranquille pendant les vacances d’été.. Bonne lecture !

 

Du_Principe_Federatif_Proudhon

Proudhon-du-principe-dautorite-et-les-malthusiens

Proudhon_Quest_ce_que_la_propriete

 

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Nouvel Ordre Mondial: Les 8 familles du cartel banquier transnational… Origine et fonctionnement (vidéo entretien Dean Henderson)

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La City de Londres, « Couronne »

 

Résistance 71

 

10 juillet 2018

 

Excellent entretien de Dean Henderson avec Zain Khan (media alternatif du journaliste écrivain hôte de Zain Khan Live ex-Tactical Talks, Khan est un transfuge des merdias de masse) sur les huit familles du cartel banquier, de leur origine à leur mode de contrôle du système de gouvernance mondial.

Vidéo (en anglais avec sous-titrage), durée: 22 minutes:

 

 

Lectures complémentaires:

La_City_de_Londres_au_coeur_de_lempire

Les huit familles derrière le cartel banquier transnational

Manifeste pour la Société des Sociétés

Que faire ?

Sutton_Wall_Street_et_la_montée_d’Hitler

Sutton_Wall-Street_et_la_Révolution_Bolchévique

 

De l’inter-connectivité au regain d’esprit… La reliance quantique pour une complémentarité révolutionnaire (Patrice Sanchez)

Posted in actualité, altermondialisme, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , on 8 juillet 2018 by Résistance 71

Patrice Sanchez, auteur de “Renaissance d’une apocalypse cérébrale” (L’Harmattan, 2017) nous a communiqué une lettre ouverte qu’il a envoyé à la présidence de la république à des fins de diffusion ; la voici ci-dessous.
Nous avons pris la liberté de placer quelques citations en préambule de publication, citations en relation directe avec l’expérience de Patrice…
~ Résistance 71 ~

Lecture complémentaire:
Manifeste pour la Société des Sociétés

“Mon orgueil est de dire en dix phrases ce que tout autre dit en un volume, ce qu’un autre ne dit pas en un volume.”
~ Friedrich Nietzsche, “Le crépuscule des idoles”, 1888

“Une goutte de sang de plus ou de moins dans le cerveau peut rendre notre vie indiciblement misérable et pénible, si bien que nous souffrons bien plus de cette goutte que Prométhée de son vautour. Mais cela n’est vraiment tout à fait épouvantable que lorsqu’on ne sait même pas que c’est une goutte qui en est la cause ; et que l’on se figure que c’est “le diable” ! ou “le pêché”…”
~ Friedrich Nietzsche, “Aurore, pensée sur les préjugés moraux”, 1881 ~

“[Pour Nietzsche] Le surhumain n’est pas le terme extrême d’une évolution biologique, mais l’aboutissement volontaire, justement, de l’homme tel qu’il a échappé au flux de l’histoire ou de l’évolution biologique. Le surhumain, d’où chez Nietzsche l’insurrection de la pensée contre l’histoire, est celui qui ne justifie pas de son actualité au moyen du passé, celui qui ne fait pas du passé un pont menant à lui-même, mais qui devra tout à lui-même et à sa volonté.”
~ Georges-Arthur Goldsmith ~

Et cette dernière Patrice, toute symbiotique:

“Nietzsche n’a jamais pensé qu’en fonction d’une apocalypse à venir, non pour l’exalter, car il devinait le visage sordide et calculateur que cette apocalypse finirait par prendre, mais pour l’éviter et la transformer en renaissance.”
~ Albert Camus, “L’homme révolté”, 1951 ~

 

 

LA RELIANCE QUANTIQUE

ou ma religion des particules élémentaires

Patrice Sanchez

Juillet 2018

Démonstration de preuve que Patience et longueur de Temps font plus que force ni que rage lorsque l’on adopte la Reliance Quantique comme principe de Vie avec mon droit de réponse envoyé à l’attention de la présidence de la République.

Droit de réponse d’un Hémiplégique à la pensée Zarathoustrienne à l’attention d’une Présidence Jupitérienne …

Peu avant l’élection Présidentielle de 2017, j’avais entendu le candidat Macron confier que ses adversaires politiques avaient des cerveaux hémiplégiques !

Cette petite phrase prononcée sur un ton badin n’était pas tombée dans les neurones auditifs d’un Cerveau hémiplégique malentendant et nous nous sommes dits, mon compère et moi-même, que le temps était plus que venu pour une petite explication de chose rectificatrice Quantique…

LA RELIANCE QUANTIQUE

ou ma religion des particules élémentaires

Monsieur le Président de la République,

Je vous avais contacté il y a un an environ pour vous relater mon témoignage sur mon parcours de vie hors de l’ordinaire.

Le présent courriel m’aura été inspiré par un bref séjour hospitalier que je viens de subir, une hospitalisation que j’ai mise en rapport avec la tragique mort de cette malheureuse jeune fille qui n’avait pas été prise en charge à temps par les secours et dont j’ai tiré quelques réflexions philosophiques hautement humanistes à propos de notre société, de notre monde et de son devenir … ce qui me permettra de vous parler de la Reliance Quantique qui offre la possibilité d’accéder aux problèmes fondamentaux.

Avant d’entamer mon témoignage, je tiens à préciser que je me dois d’être encore de ce monde grâce à la science, et je tiens à rendre hommage à mon sauveur et mon recréateur, le professeur de neuro-chirurgie Patrick Grellier qui m’aura permis de renaître de mon apocalypse cérébrale – à la suite de mon intervention chirurgicale et d’une période de coma profond je m’étais retrouvé paralysé des quatre fers et aphasique – ainsi cette renaissance m’aura offert la possibilité d’accomplir une fantastique odyssée psychologique et physique de vingt années au terme de laquelle je serai devenu qui je suis pour reprendre l’expression nietzschéenne … par surcroît, j’aurais découvert que je pouvais maîtriser ma destinée en toute conscience voila quelques années.

Depuis une dizaine d’années, je faisais des crises d’épilepsie à la fréquence infime d’une tous les ans, cependant ces derniers mois, j’avais été victime de malaises rapprochés avec des sensations de bourdonnements à la tête et une raideur dans la mâchoire … sur les conseils de mon médecin, je me suis fait hospitaliser aux urgences.

J’ai été admis le matin et l’on m’a fait passer durant la journée toute une série d’examens … au bout de 4 jours, je suis ressorti rassuré avec comme seule et unique prescription médicale, une dose accrue de mon traitement anti-épileptique.

Je ne vais pas revenir sur la prestation du personnel médical et soignant qui accomplit un travail fantastique dans des conditions souvent à la limite du soutenable, j’ai eu tout loisir de m’en apercevoir durant mes deux interminables années d’hospitalisation, de 1995 à 1996, mais je vais me livrer à deux réflexions d’ordre psychologiques si vous me le permettez.

Je tiens également à rendre hommage aux pompiers qui m’ont accompagnés aux urgences et que j’ai souvent sollicités, ils font preuve d’un dévouement extraordinaire !

  • Le jour de mon admission, je me suis retrouvé le soir à coté d’une dame âgée de 90 ans, cela faisait plus de dix heures, tout comme moi, qu’elle était sur son brancard inconfortable, toute débraillée avec sa couche et sa perfusion, elle se lamentait tant et plus de ne pouvoir intégrer une chambre, le personnel soignant a perdu un temps incalculable à répondre à ses interpellations incessantes sans pour autant faire quoi que ce soit pour soulager sa détresse…. Au bout de deux longues et interminables heures, on mettait fin au calvaire de cette vieille dame. ( Il est à noter qu’un petit caïd qui avait de toute évidence la mâchoire fracturée et qui était très agressif vis à vis des personnels soignants et des médecins, sera venu reboutonner les attaches dans le dos de sa blouse de patiente avec une infinie bienveillance…)
  • Je suis suivi par une assistante sociale depuis trois ans à la suite d’un déménagement extrêmement éprouvant, et cette dame, qui fut prévenue par la mairie de mon hospitalisation, a eu l’ idée « lumineusement zélée » de demander à un psychiatre de l’hôpital de procéder à une évaluation de mon état mental malgré l’avis contraire de mon médecin traitant qu’elle avait contacté. Quand j’ai vu arriver le spécialiste et qu’ il m’a soumis de but en blanc une série de questions incongrues, j’en suis resté sidéré et effaré, à un point tel qu’une fois rentré chez moi, il m’aura fallu écrire un courriel, une missive exocet, à ladite assistante sociale pour me défaire du mal-être qu’elle avait causé par son action pour le moins très inconsidérée !
    « … Non seulement je suis entré aux urgences la peur au ventre de crainte de faire un nouvel Avc, mais par surcroît, j’ai vu débarquer un psychiatre pour une évaluation intrusive de mon état mental, je me serais cru en plein « vol au dessus d’un nid de coucous » après dénonciation de l’Institution d’assistance sociale ! Ceci dit en passant, le spécialiste en matière psychologique n’aura pas été déçu du voyage « évaluatoire », car après m’avoir demandé la date, mon nom et la ville où nous nous trouvions, quand il a vu que je lisais le canard enchaîné et que j’avais sur ma table de chevet deux bouquins de Nietzsche, il aura coupé court à la séance… Mesurez-vous rétrospectivement la portée de votre acte Madame, le traumatisme qu’il aurait pu engendrer sur des esprits faibles … Et après, vous vous étonnerez que je fuie radicalement dans la solitude et la cogitation ce monde de plus en plus inhumain. Cependant et plus que jamais et avec humour toujours, je clame, je proclame et je déclame que ce qui ne me tue pas,  » ni ne m’interne « , me rend plus fort pour paraphraser l’aphorisme nietzschéen, le philosophe au Marteau qui a terminé sa vie totalement marteau ! … »

Voici mon expérience récente sur mon court séjour en secteur hospitalier durant lequel j’ai été aux prises avec un Système, et non pas le personnel soignant, de plus en plus déshumanisé à mesure que la technologie prend le pas sur notre Humanité, qu’elle est de plus en plus performante et orwellienne.

Depuis de très nombreuses années, le navigateur de l’apocalypse cérébrale que je suis, scrute à la manière d’un entomologiste à cheval entre la terre ferme et l’univers quantique notre humanité perdant progressivement ses repères et se coupant de ses racines profondes, j’observe stoïquement notre monde partir inexorablement à vau-l’eau… Cependant je ne saurais me résigner à devoir subir le sort de notre destinée collective catastrophique, ce spectre d’entropisation inéluctable, tout comme j’avais dû subir mon satané destin dans ma vie antérieure durant cinq années, du fait de l’annonce de la menace terrifiante de l’épée de Damoclès inopérable logée dans la partie gauche de mon cerveau et qui attendait son heure pour accomplir l’irréversible œuvre dévastatrice de mon abominable karma…

C’est pourquoi je voulais vous délivrer mon témoignage d’espoir et d’espérance, vous dire que « rien de ce qui s’accomplit dans ce monde ne saurait être inutile » et qu’au cours de mes douloureuses pérégrinations, j’aurai acquis la certitude que notre monde et notre univers obéissent à des valeurs hautement morales qui pourraient permettre à l’humanité d’accomplir des quasi-miracles … mon parcours de vie depuis ma renaissance en représente une preuve indubitable.

Si vous me le permettez, je vais vous narrer succinctement au travers de 3 textes écrits cette année, les grandes lignes de « la Renaissance de mon apocalypse cérébrale » ou mon Odyssée sous le soleil de Zarathoustra, mon cheminement intellectuel et ma méthode psychologique holistique qui, grâce à la Reliance Quantique ou comme j’aime à l’appeler, ma Religion des particules élémentaires, m’auront permis de maîtriser ma destinée contre vents et tsunamis.

Par delà toute croyance ou irréligion, entraidons-nous et aimons-nous les uns les autres, apprenons à dire oui à la vie en nous transcendant et faisons preuve d’une volonté inflexible et d’une pensée incorruptible … ce n’est qu’à cette seule et unique condition que nos particules élémentaires se manifesteront à Nous par l’intermédiaire des signes que ne manquera pas de nous envoyer Notre destin.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président Macron, en l’expression de mes respectueuses salutations.

Patrice Sanchez

P.S.. Mon intention première était d’adresser mon témoignage aux ministères concernés, cependant ma facétieuse destinée vient de m’inspirer un message à votre attention, « un argument Massue envoyé avec une Arbalète Quantique » comme je le relate au terme de ma lettre…

C’est pourquoi, je me suis permis de personnaliser l’intitulé de ma lettre en le renommant :

« Droit de réponse d’un Hémiplégique à la pensée Zarathoustrienne à l’attention d’une Présidence Jupitérienne … » car force est de reconnaître que ce droit de réponse inspiré par les cogitations et ruminations de l’un des Sémaphores de la psychologie occidentale démontre indubitablement qu’avec l’adoption de ce Mode de Pensée enfoui profondément dans la mémoire collective de l’Humanité, nous aurions la possibilité de nous jouer des coups du sort et des sortilèges que ne manquent pas de venir glisser sous nos pas nos destins individuels tout au long de nos existences, et qu’au final, nous pourrions clamer dans un grand éclat de rire Zarathoustrien : « Ce qui ne nous tue pas nous fortifie ».

Droit de réponse d’un Hémiplégique à la pensée Zarathoustrienne à l’attention d’une Présidence Jupitérienne.

LA RELIANCE QUANTIQUE OU MA RELIGION DES PARTICULES ELEMENTAIRES

Message à l’intention de la communauté des chercheurs

« Et le psychologue qui fait de tels sacrifices aura le droit de demander que la psychologie soit de nouveau proclamée reine des sciences, les autres sciences n’existant qu’à cause d’elle, pour la servir et la préparer. Car la psychologie est devenue la voie qui mène aux problèmes fondamentaux. »
Friedrich Nietzsche « Par delà bien et mal »

Ces sacrifices Messieurs-Dames, je les fais depuis une dizaine d’années, plus j’avançais dans ma compréhension de l’univers et plus il était naturel pour moi de faire ces concessions, cela s’imposait à mon esprit comme une évidence, si bien qu’à l’heure actuelle, je mène une vie d’ermite, je me suis délesté de tout pour atteindre mon essence et mon ciel des particules élémentaires !

J’avais envoyé il y a quelques jours à Monsieur le Directeur de l’ Université Paris 2019, une copie de la lettre ouverte écrite à l’attention des psychologues cognitifs, Messieurs Dehaene et Houdé, à propos de mon témoignage Humaniste dans l’espoir de l’avènement d’une science pluridisciplinaire quantique d’inspiration nietzschéenne. En effet, mon expérience de vie Unique grâce à mon Odyssée psychologique, mon auto-analyse introspective et rétrospective de 20 années consécutivement à une apocalypse cérébrale m’auront permis de découvrir que le monde et l’univers sont régis par des valeurs hautement morales et que, dans ma quête d’absolu, en respectant scrupuleusement ces principes grâce à une compréhension Globale de notre Univers, j’aurais découvert que je pouvais maîtriser mon destin par delà bien et mal.

Depuis une année environ, j’ai cette sensation prégnante, ce ressenti intuitif, d’avoir réussi à établir une connexion quantique entre ma pensée et un ailleurs … je me plaisais à imaginer que dans ces moments quasi-irréels, suspendus, tout mon être était connecté à la mémoire de l’Univers, ce que les anciens Hindous appelaient le champ Akashique et qui est un concept emprunté à la tradition spirituelle originelle… Mais je n’osais y croire, il me manquait une preuve, un témoignage irréfutable … quand voilà 15 jours, mon cerveau m’aura donné le Signal de départ de l’écriture de ma lettre ouverte ; alors je suis entré dans une phase intense d’activité intellectuelle et les idées, les intuitions, toujours plus fines et plus approfondies, me sont venues tout naturellement, elles coulaient telles un flot incessant et limpide dans mon cœur, dans mon âme et dans mon esprit… et puis l’idée s’est imposée à moi d’entamer la lecture du passage explicatif et ô combien éloquent de la pensée du philosophe au marteau quand une soudaine émotion indicible et inimaginable m’a submergé et bouleversé au plus profond de mon être et de mon âme en toute synchronicité…

Je vais me permettre de reprendre ce passage de « Ecce Homo » où Nietzsche évoque et décrit en détails les expériences d’inspiration de sa pensée créatrice tout droit venue du tréfonds de l’univers !

« POURQUOI J’ÉCRIS DE SI BONS LIVRES

Je raconterai maintenant l’histoire de Zarathoustra.

Quelqu’un a-t-il une idée nette, à la fin de ce XIX siècle, de ce que les écrivains des époques vigoureuses appelaient l’inspiration ? Si non je vais vous l’expliquer. Pour peu que nous soyons restés superstitieux, nous ne saurions nous défendre de l’impression que nous ne sommes que l’incarnation, le porte-voix, le médium de puissances supérieures. L’idée de révélation, si l’on entend par là l’apparition soudaine d’une chose qui se fait voir et entendre à quelqu’un avec une netteté et une précision inexprimables, bouleversant tout chez un homme, le renversant jusqu’au tréfonds, cette idée de révélation correspond à un fait exact. On entend, on ne cherche pas ; on prend, on ne demande pas qui donne ; la pensée fulgure comme l’éclair, elle s’impose nécessairement, sous une forme définitive : je n’ai jamais eu à choisir. C’est un ravissement dont notre âme trop tendue se soulage parfois dans un torrent de larmes ; machinalement on se met à marcher, on accélère, on ralentit sans le savoir ; c’est une extase qui nous ravit à nous-mêmes, en nous laissant la perception de mille frissons délicats qui nous parcourent jusqu’aux orteils ; c’est un abîme de félicité où l’horreur et l’extrême souffrance n’apparaissent pas comme le contraire, mais comme le résultat, l’étincelle du bonheur, comme la couleur nécessaire au fond d’un tel océan de lumière ; c’est un instinct du rythme qui embrasse des mondes de formes – car l’ampleur du rythme dont on a besoin donne la mesure de l’inspiration : plus elle écrase, plus il élargit… Tout cela se passe involontairement, comme dans une tempête de liberté, d’absolu, de force, de divinité… C’est dans le cas de l’image, de la métaphore, que ce caractère involontaire de l’inspiration est le plus curieux : on ne sait plus du tout ce qui est symbole, parallèle ou comparaison : l’image se présente à vous comme l’expression la plus juste, la plus simple, la plus directe. Il semble vraiment, pour rappeler un mot de Zarathoustra, que les choses mêmes viennent s’offrir à vous comme termes de comparaison (« – Toutes les choses viennent alors pour flatter ton discours et pour te caresser : car elles veulent que tu les portes. Chaque symbole t’offre son aile pour t’enlever vers chaque vérité. Tous les trésors du verbe s’ouvrent d’eux-mêmes pour toi ; tout être veut devenir verbe et tout devenir veut apprendre de toi à parler. ») Telle est mon expérience de l’inspiration ; et je suis sûr qu’il faudrait remonter jusqu’à des milliers d’années dans le passé pour trouver quelqu’un qui eût le droit de dire : « Cette expérience est la mienne aussi ».

Désormais, je peux affirmer que Ma preuve par Nietzsche est une démonstration et une évidence irréfutable et si je puis me permettre de faire de la prospective… une Révolution scientifique Fondamentale.

Je tenais absolument à vous faire part de cette découverte, la preuve vécue par l’exemple de « Mon Odyssée sous le soleil de Zarathoustra » qu’il est possible de maîtriser son Destin individuel et que par voie de conséquence, des chercheurs de bonnes volontés pourraient être en mesure de faire des trouvailles extraordinaires tout droit inspirées de la Mémoire de l’Univers.

La France a de tous temps été un phare dans le monde intellectuel, je fais le vœu que les étudiants, leurs professeurs et les chercheurs s’emparent et s’inspirent de cette Psychologie Nietzschéenne afin d’ensemencer notre univers-Terre de pensées profondément Humaines et rien qu’Humaines.

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Quelques jours se sont écoulés et, telles des pièces de jeu d’échecs se mettant définitivement en place en toute simultanéité dans la perspective d’une attaque de Mat imminente, ma pensée s’est encore davantage affinée et ce qui était une intuition de plus en plus prégnante s’est transmué en une certitude et une révélation ; ce ne sont plus des synchronicités dont il s’agit, mais bien d’un Ailleurs qui est en train de m’inspirer ce présent message, de me le chuchoter à l’oreille…

Vous trouverez à la fin de mon texte et de ma lettre ouverte, deux articles pour mieux respecter le cheminement de ma pensée inspirée par mon esprit et mon cœur pleinement connectés à mon environnement, avec un article adressé il y a quelques mois à Mme la Directrice de l’Institut des hautes études scientifiques et techniques pour que vous puissiez mieux comprendre ma démarche humaniste et rien qu’humaniste … je ne le répéterai jamais suffisamment, ma conscience m’impose de vous délivrer mon message d’espoir en toute humilité … je me doute du malaise qu’il va susciter, cependant, au même titre que mon hémorragie cérébrale aura été libératrice pour mon cerveau, cet électrochoc est une condition sine qua non pour une prise de conscience supérieure.

N’étais-ce pas Goëthe qui écrivait : « tant que tu n’auras pas compris le meurs et deviens, tu ne seras qu’un être mélancolique sur cette sombre Terre ! »

Eh bien, ce choc sur notre Ego est Fondamental, à défaut d’une apocalypse cérébrale, il devra représenter un Hapax existentiel pour qu’enfin, la prise de conscience supérieure s’accomplisse dans l’optique de la renaissance de notre mental ; c’est en cela que la psychologie nietzschéenne est Fondatrice, le génial philosophe est le seul à nous faire envisager le « par delà bien et mal »… car par delà le Bien et le Mal se trouvent notre volonté créatrice associée à l’analyse introspective toutes deux dédiées pour un seul et unique dessein qui est le rayonnement de l’humanité et de l’univers avec la complicité du ciel des particules élémentaires qui ne demandera qu’à nous accompagner et nous guidera de sa bienveillance infinie.

Cette prise de conscience progressive de notre nature spirituelle nous fera ressentir un mieux être général dans nos esprits et nos corps avec cette aptitude retrouvée à s’accepter tout d’un bloc, à nous accepter avec notre part d’ombre … ainsi délestés de ce poids mental, de ce cas de conscience que nous impose bien souvent notre égo, nos intuitions seront plus nombreuses, plus fines et plus prégnantes en même temps que nous n’accorderons d’importance qu’à l’essentiel … cette prise de conscience donc, libérera notre esprit et notre cœur s’ouvrira automatiquement à un monde merveilleux !

Voilà mon expérience de vie plus « qu’extra-ordinaire », mon ressenti dans mon corps et dans ma chair, dans mon esprit et dans mon âme dont je me faisais un absolu devoir Moral plus qu’humaniste, universel, de vous dévoiler…

Il y a longtemps que j’applique au quotidien l’aphorisme d’Albert Camus qui disait  : « La générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent » et par un retour de balancier cosmique, l’univers des particules élémentaires vous le rendra au centuple !

Mon esprit vous doit beaucoup Messieurs-Dames, l’essentiel même, pour ne pas dire l’essence et le ciel pour les physiciens quantiques, grâce à vous et à vos illustres devanciers, mon imaginaire aura été vivifié et vous m’aurez permis de devenir qui je suis.

Nietzsche nous apprend que notre monde est régi par les principes du bien et du mal intimement liés, inextricablement mêlés et intriqués, nous devrons sublimer ces principes, nous transcender par notre volonté sans concession, la véritable signification du surhomme Nietzschéen… alors on découvrira que notre Monde n’est pas tout noir ou tout blanc, qu’il y a à prendre et à laisser en toutes choses et que c’est par notre seul et unique libre arbitre et délestés une fois pour toutes de nos égos, que nous pourrons avoir prise sur notre destinée en ne nous consacrant qu’au bien et à l’amour de nos proches et de l’humanité tout entière… c’est alors, sans que nous n’attendions rien en retour, que le ciel des particules nous renverra ces messages magiques à travers les intuitions que nous délivreront nos cœurs et nos esprits et les synchronicités.

Pour vous donner un meilleur aperçu, une idée plus fine qu’en appliquant ces principes de vie, on a le sentiment net d’une reconnexion avec le monde qui nous entoure, les prolégomènes à l’accès d’un monde magique qui s’ouvre à nous pour se transmuter rapidement en un cercle vertueux s’auto-alimentant grâce à cette quête du bien et de l’amour indéfectible, je vais emprunter un passage de mon Odyssée sous le soleil de Zarathoustra…

(Renaissance d’une apocalypse cérébrale, chez l’Harmattan, P125 et suivantes )

La première réponse à ces questions m’est venue d’un article de Russell Means – un Indien d’Amérique du nord, activiste politique et acteur de cinéma – qui m’a le premier ouvert les yeux sur la cause profonde de ces incessantes coïncidences heureuses qui ont émaillé mon parcours de vie, notamment ces dernières années. Et j’en ai trouvé une explication plus précisément dans cette phrase dont je recopie des extraits : « L’univers qui contrôle toute vie a un équilibre […]. Cet équilibre […] doit devenir le facteur déterminant dans toutes les décisions que chacun prend […]. Une fois que l’équilibre est devenu une partie intégrante de la vie de chacun, toute planification, recherche, action directe et suivie devient une suite logique. Les buts ciblés deviennent des réalités de manière consistante. De bonnes choses arrivent aux bonnes personnes […]. ». Eurêka ! Tout devient soudain beaucoup plus clair. Tout vient à point à qui sait attendre. J’ai atteint l’équilibre. J’ai la réponse à mes questionnements. Dorénavant je n’aurai plus à m’interroger sur les innombrables coïncidences qui vont se multipliant ces temps derniers, pas plus que sur la facilité avec laquelle mon projet d’écriture se déroule comme une improvisation de musique de jazz, fruit d’un merveilleux duo joué avec mon compère Cerveau.

Qui s’efforce d’appréhender l’univers dans sa globalité et sa diversité parvient à comprendre que tout finit par nous réussir quand notre action s’inscrit dans le juste devenir équilibré du monde. Cela peut, de prime abord, sembler au- dessus de nos capacités d’entendement. Mais, quand on découvre progressivement, au fil du temps et des événements de la vie, qu’on a tous les solutions en soi, il suffit alors de se laisser guider par sa voix intérieure et son ouverture de conscience, son étoile personnelle, en gardant toujours bien présent à l’esprit que cet univers obéit à des principes simples, le bien, l’amour, la vérité ; cela bien intégré, le temps, qui fait bien les choses, sera notre allié. Nous avons notre devenir entre nos mains, nous pouvons être maîtres de notre destin. Insérons nous, par nos activités réfléchies, équilibrées, respectueuses des règles morales, dans l’ordre du monde et nous en serons comme récompensés. Et c’est bien le constat que j‘ai fait depuis des années, plus j’avais une vie morale, équilibrée, plus je prenais le temps d’embrasser le monde qui m’entoure, plus l’existence se montrait clémente et généreuse à mon égard. Et, à l’aune de ce que le monde pourrait être, compte tenu de notre possibilité de prendre ainsi en main notre destin, quand on observe tout ce qu’il recèle de déséquilibres, d’inégalités, de déréliction pour certains, d’indifférence pour ses semblables, on mesure l’ampleur du paradoxe qui prétend caractériser comme une civilisation évoluée, un monde qui patauge dans un tel état.

Nous sommes tous comme interconnectés dans un réseau où se tient tout ce qui existe, en sorte que chacun est affecté par les actions des autres éléments et que toute action d’un élément se répercute dans tous les autres. Un battement d’ailes de papillon et le monde s’en trouve tourneboulé. Ainsi, avec une pensée positive, nous pouvons révolutionner notre univers intérieur.

« Je suis moi-même un grain de sel rédempteur grâce auquel toutes choses se mélangent bien dans le vase de mélange. » Zarathoustra

Les petits affluents faisant les grosses rivières, il en ira de même pour les changements de notre avenir, c’est la conjonction de micro événements provoqués en toute conscience et lâcher prise qui feront que ces modifications subtiles adviendront et que, par voie de conséquence, nous pourrons influer sur notre ligne de destinée. Les heureuses coïncidences et les surprenantes synchronicités sont les signes révélateurs que l’on est sur la bonne voie, sur le chemin de la pleine sérénité.

La clé du bonheur est dans notre cerveau, ayons des pensées positives et le monde s’en portera d’autant mieux. Cela compris, on en vient à penser aux nombreuses possibilités de bifurcations qui ont jalonné et jalonnent notre arbre de vie, qui se sont offertes et qui s’offrent à nous tout au long de notre existence, on en vient à s’interroger sur ce qu’aurait été cet arbre de destinée si nous avions pris telle ou telle autre décision et sur l’impact que ces autres choix auraient eu sur notre entourage proche et lointain… On en vient à mesurer à quel point nous sommes responsables de l’ordre du monde.

La signature de l’article de Russell Means « Mitakuye Oyasin », signature qui reprend la salutation des sioux Lakotas, et qui signifie d’abord « au nom de ma parenté » mais dans laquelle le terme « parenté » recouvre l’univers entier, cette signature qu’on a traduite par « Nous sommes tous reliés », résume maintenant toute ma vision globale du monde.

Tout est interdépendant, tout est lié. Chacun de nous est lié à tout (à tout : aux autres hommes, aux mondes animal, végétal, et minéral, et même aux vents et aux marées).

Messieurs-Dames de la communauté scientifique, je fais le vœu que dans un avenir proche, vos particules élémentaires associées à vos pensées ensemencent notre Univers-Terre de trouvailles inimaginables, ce qui permettra à notre Humanité de se défaire définitivement de ses chaînes mentales…

Car après tout, et si Dieu, Satan ou bien ces ô combien facétieux Destins individuels et collectifs, n’avaient élaborés l’ère du matérialisme à dessein, et si toute cette joyeuse farce ô combien tragique que nous vivons actuellement n’était pas uniquement fomentée aux petites échalottes dans le projet malicieux d’une prise de conscience individuelle avant que d’être collective de notre pleine Humanité, pour qu’au final, nous soyons propulsés avec nos consciences pleinement éveillées vers un chaos libérateur (et non créateur !!! ) destiné à alimenter les pages du grand livre de l’Univers !?

J’ai une pensée émue pour nos « amis les trans-inhumanistes » sans passé, une fois théorisée cette méthode Psychologique Quantique, vous allez voir qu’ils ne pourront plus se passer de vous, ces doux rêveurs sans consciences et héminégligents de la mémoire de l’Humanité et de la citation prophétique Rabelaisienne : Science sans conscience n’est que ruine de l’âme et rouille des implants intracrâniens…

« Si vous avez jamais dit « oui » à un plaisir, ô mes amis, alors vous avez en même temps dit « oui » à toute douleur. Toutes choses sont enchaînées, enchevêtrées, liées par l’amour – Si vous avez jamais voulu qu’une fois fût deux fois, si vous avez jamais dit : « Tu me plais, bonheur ! moment ! instant ! », alors vous avez voulu que tout revienne ! – tout de nouveau, tout éternellement, tout enchaîné, tout enchevêtré, tout lié par l’amour » Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra

Il ne me reste plus qu’à me retirer Messieurs-Dames … le Message qui est apparu dans mon esprit devait de toute évidence vous être transmis absolument … je n’ai fait que jouer mon rôle de médiateur, mon rôle humble d’Humain, rien qu’un Humain pleinement connecté au Monde qui l’entoure.

Je fais un rêve, le rêve qu’une communauté de chercheurs solitaires inter-reliés et connectés à l’univers préside aux destinées de notre si belle planète à la Fraternité retrouvée.

Par delà toute croyance ou irréligion, entraidons-nous et aimons-nous les uns les autres, apprenons à dire oui à la vie par delà bien et mal en faisant preuve d’une volonté inflexible et d’une pensée incorruptible … ce n’est qu’à cette seule et unique condition que nos particules élémentaires se manifesteront à nous par l’intermédiaire des signes que vous enverra votre destin. Foi de Nous deux !!

Alors ce mode de pensée enfoui profondément dans la mémoire de l’Humanité, ce Monde merveilleux qu’a redécouvert Friedrich Nietzsche, émergeront de toutes parts des entrailles de Notre Terre-Mère et du plus profond de notre mémoire collective pour réensemencer la Planète et le Cosmos … c’est ainsi que notre Mission salvatrice accomplie, Nous pourrons clamer à la face de l’Univers : Ce qui ne nous tue pas nous fortifie en même temps que nous partirons d’un grand éclat de rire Zarathoustrien.

« On entend, on ne cherche pas ; on prend, on ne demande pas qui donne ; la pensée fulgure comme l’éclair, elle s’impose nécessairement, sous une forme définitive : je n’ai jamais eu à choisir. C’est un ravissement dont notre âme trop tendue se soulage parfois dans un torrent de larmes ; machinalement on se met à marcher, on accélère, on ralentit sans le savoir ; c’est une extase qui nous ravit à nous-mêmes, en nous laissant la perception de mille frissons délicats qui nous parcourent jusqu’aux orteils ; c’est un abîme de félicité où l’horreur et l’extrême souffrance n’apparaissent pas comme le contraire, mais comme le résultat, l’étincelle du bonheur, comme la couleur nécessaire au fond d’un tel océan de lumière ; c’est un instinct du rythme qui embrasse des mondes de formes – car l’ampleur du rythme dont on a besoin donne la mesure de l’inspiration : plus elle écrase, plus il élargit… Tout cela se passe involontairement, comme dans une tempête de liberté, d’absolu, de force, de divinité… »

Quantiquement votre !

Patrice Sanchez

P.S.. Je tenais à dédier cette lettre à mon ami, le Philosophe Pierre Héber-Suffrin, sans qui mon extraordinaire aventure de pensée n’aurait pu voir le terme.


Vers une science psychologique quantique d’inspiration nietzschéenne

« Et le psychologue qui fait de tels sacrifices aura le droit de demander que la psychologie soit de nouveau proclamée reine des sciences, les autres sciences n’existant qu’à cause d’elle, pour la servir et la préparer. Car la psychologie est devenue la voie qui mène aux problèmes fondamentaux. »
Friedrich Nietzsche « Par delà bien et mal »

Lettre ouverte à l’attention de Messieurs Stanislas Dehaene et Olivier Houdé, professeurs de psychologie cognitive.

Messieurs, permettez-moi de vous apporter mon témoignage d’espoir, je tiens à préciser que j’avais fait parvenir à monsieur le ministre Jean-Michel Blanquer, un texte faisant l’éloge de l’apprentissage du jeu d’échecs chez les jeunes, apprentissage qui dans mon cas précis aura été source de renaissance intellectuelle après que j’aie été victime d’une apocalypse cérébrale en 1995.

Je voulais vous faire part de mon odyssée psychologique d’une vingtaine d’années au terme de laquelle j’aurais pris conscience que je pouvais maîtriser mon destin par delà bien et mal.

J’ai relaté récemment mon expérience de vie dans un livre édité aux éditions L’Harmattan : « Renaissance d’une apocalypse cérébrale » ou mon odyssée sous le soleil de Zarathoustra et sous les bons auspices du philosophe Pierre Héber-Suffrin dont je vais reprendre la préface qu’il m’a fait l’amitié d’écrire pour mieux situer l’objet de mon courriel et illustrer mon propos.

« UN HOMME EN GRANDE SANTÉ

Un adolescent inquiet, un jeune adulte que l’angoisse conduit à la dépression, voire au bord de la névrose. Et puis l’horreur… Et puis des mois d’hôpital, de vie confinée, de routine ennuyeuse, de traitements toujours pénibles, parfois atroces… Et puis… et puis au bout du compte une sérénité baignée d’humour, une joie de vivre, un amour de la vie, non pas malgré un lourd handicap, mais – je crois vraiment pouvoir le dire – grâce à un lourd handicap.

Nietzsche l’appelle « grande santé », « cette santé débordante » qui, loin d’exclure la souffrance « se plaît à recourir à la maladie elle-même » ; cette santé qui sait faire de toute souffrance, physique et morale, un moyen de se dépasser soi-même, un instrument pour vivre plus, plus intensément, pour être plus puissant ; cette santé qui sait aussi faire de la maladie une occasion de penser, car – c’est encore Nietzsche qui l’explique – « la maladie [… offre] l’obligation absolue du repos, du désœuvrement, de l’attente et de la patience… Mais qu’est-ce tout cela, sinon penser ! ».

C’est parce qu’il fréquentait la pensée de Nietzsche que Patrice Sanchez m’a rencontré, comme il le raconte. Et c’est parce que j’ai trouvé dans son manuscrit plus qu’une illustration, une réalisation concrète, vécue de cette « grande santé » nietzschéenne que j’ai poussé Patrice à parfaire un peu son écrit pour faire éditer cette preuve, ce témoignage.

Preuve : preuve qui confirme – la vie de Nietzsche l’avait déjà établi – que ces idées ne sont pas simples élucubrations d’intellectuel.

Témoignage : témoignage qui ne se limite pas à rapporter des faits, mais qui est en même temps encouragement et qui n’est pas seulement encouragement, mais leçon ; disons, pour finir sur un de ces oxymorons qui plaisent tant à Patrice, témoignage qui est leçon de morale nietzschéenne.

Pierre Héber-Suffrin – Philosophe spécialiste de Nietzsche ».

J’avais été conditionné bien malgré moi depuis mon adolescence dans l’attente de crises d’épilepsie plus ou moins violentes et ce conditionnement mâtiné de fatalisme face à l’injustice de mon destin était allé crescendo en intensité dramatique avec la naissance de ma tragédie en devenir en 1990 et son diagnostic terrifiant de « l’absolument volumineux angiome » situé dans la partie gauche de mon cerveau, cette épée de Damoclès inopérable logée dans le sillon de Rolando qui attendait son heure pour accomplir son œuvre dévastatrice et irréversible.

La propédeutique rêvée pour le futur navigateur de l’apocalypse cérébrale en somme !

Passée ma très longue et douloureuse période d’hospitalisation, je n’avais eu d’autre alternative que de me battre et de me mettre en quête de sens pour tenter de comprendre la psychologie humaine si fascinante et pour le moins ô combien déconcertante.

Ma soif inextinguible de connaissances m’aura rapidement permis d’appréhender la discipline philosophique et plus particulièrement, la psychologie nietzschéenne, je me serai découvert une extrême proximité avec ce sémaphore de la pensée occidentale, il m’aura aidé à faire le point, à m’accepter avec mon nouveau corps, à surmonter mes appréhension et progressivement, je serai revenu dans le monde des vivants pour au final, dire définitivement oui à la vie !

J’avais poussé plus avant mes investigations avec les travaux de Carl Gustav Jung sur l’inconscient collectif et les synchronicités, et de fil en aiguille, j’en étais arrivé à avoir une approche de la physique quantique avec le monde merveilleux des particules élémentaires qui aura radicalement bouleversé ma perception de l’existence. Cette psychologie des profondeurs, “ ce cerveau universel ”, transposés à l’approche de l’étude de l’univers quantique m’aura fait prendre conscience de notre nature spirituelle individuelle et collective.

J’en suis arrivé au constat vécu, à l’expérimentation ressentie dans ma chair et dans mon âme que notre monde obéit à des principes moraux et éthiques qui font appel au bien et à l’amour, et que notre nature profonde ne fait pas exception à cette règle, il suffit de constater les bébés et les jeunes enfants vierges de toutes pensées malfaisantes !

Progressivement, j’aurai assimilé le principe de dualité qui est en chacun de nous avec le problème central de l’égo qui parasite notre mental.Je n’avais eu d’autre choix que de radicaliser ma pensée à l’extrême, me délestant du contingent pour me recentrer sur l’essentiel et ainsi, ne penser qu’à faire le bien auprès de mon entourage … en un mot comme en cent, adopter l’aphorisme d’Albert Camus qui disait : “ La générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent. ”

Grâce à ce principe de vie et à mon lâcher prise, à mon éthique et ma morale indéfectibles associés à ma compréhension holistique du monde, j’aurai progressivement pris conscience que je pouvais maîtriser ma destinée.

Ce cercle vertueux de pensée s’alimentant automatiquement, ma prise de conscience humaniste s’est accrue à un point tel que j’ai changé radicalement de régime alimentaire grâce à Pollux, mon Fox terrier objecteur de conscience végétarienne ; tant et si bien que depuis quelques années, j’ai adopté ce principe universel comme religion, ma religion des particules élémentaires qui me fait clamer : Par delà toute croyances ou irréligion, aimons-nous et entraidons-nous les uns les autres, nos particules élémentaires associées à nos pensées éthiques et morales n’auront pas fini de nous étonner et de nous émerveiller.

Cette compréhension supérieure, cet éveil de conscience sur le fait indubitable que nous sommes tous inter-reliés par le monde quantique, cet univers des particules élémentaires si bienveillant lorsqu’il est associé à nos pensées éthiques et morales, ce monde de l’infiniment petit créateur de réalité qui nous permettrait d’être reliés et connectés à la mémoire de l’humanité et de l’univers, à ce champ Akashique si cher aux anciennes traditions et prouvé par les physiciens quantiques, cette prise de conscience universelle donc, nous permettrait de relativiser en inhibant automatiquement nos égos et nous ferait enfin réaliser que nous pourrions reprendre en main nos destinées individuelles et par voie de conséquence collectives.

Un battement d’ailes de papillon, une ascension de conscience universelle de l’humanité et le monde s’en retrouverait tourneboulé… nous assisterions à n’en point douter à une libération d’énergies inimaginable !

L’histoire nous a appris que les Hommes ont réussi à se transcender dans les périodes de crises extrêmes, le temps est venu de prendre conscience que nous sommes tous inter-reliés, interdépendants, pour ne former qu’une seule et même communauté, la communauté des Humains pensant avec leurs cœurs et leurs intuitions…

En attendant qu’un jour prochain nous voyions les Hommes réussir à activer leurs cerveaux quantiques, je me plais à imaginer une communauté de chercheurs solitaires tout dévoués à l’émancipation de l’humanité … cependant, j’en suis arrivé à l’intuition prégnante que l’ère du matérialisme est un passage obligé destiné à Nous faire rebondir collectivement pour qu’enfin, Nous devenions pleinement Humains, rien qu’Humains.

« Il faut que nous soyons de ceux qui apprennent et découvrent le mieux tout ce qui est loi et nécessité dans le monde : il faut que nous soyons physiciens, […] c’est pourquoi : vive la physique ».
Friedrich Nietzsche “ Le gai savoir ”

Je vous prie de croire, Messieurs, en l’expression de mes respectueuses salutations.

Patrice Sanchez

Le pacte de la course à l’échalote et à l’oignon !

Je lisais un article sur le Bitcoin et sa bulle spéculative qui ne saurait tarder à exploser, à faire Pschittt à la manière de pétales des tulipes hollandaises s’envolant aux quatre vents sous l’effet d’une tempête homérique. Cette monnaie anonyme est totalement inique et ce sont assurément les prolégomènes à une débâcle financière annoncée, la première débâcle de la nouvelle monnaie numérique et la énième porte ouverte à toutes les magouilles des maîtres de l’immonde qui n’en finissent pas de mener l’humanité à la catastrophe.

Je m’interroge depuis de nombreuses années sur notre Monde plus qu’orwellien, sur notre destin collectif auquel nous n’avons plus aucune prise, car force est de reconnaître que nous sommes chahutés, transbahutés et médusés, totalement à la dérive tels des radeaux sur une mer de plus en plus démontée.

Ce petit jeu plus que machiavélique n’a rien d’humain et je vais tenter de me démarquer de toutes les théories que j’ai pu lire depuis de nombreuses années en y allant de mon interprétation personnelle et disons le tout de go, une interprétation carrément complotiste et métaphysique !

Dans notre Monde dichotomique, je verrais le principe du Bien et du Mal, ou Dieu et Satan selon nos croyances, ayant conclu un pacte dans le but de donner une leçon d’humanité à l’animal Homme face à sa soif inextinguible de puissance et de démesure.

J’ai appelé ce jeu qui s’apparenterait à une partie d’échecs universelle : Le pacte de la course à l’échalote et à l’oignon.

Ouvrons les yeux, observons et prenons du recul.

En notre époque matérialiste individualisée à outrance, où tout est fait pour nous diviser et nous couper de nos racines humaines profondes, nous sommes tous persuadés de détenir la vérité chacun selon notre niveau de conscience et de perception, et nous sommes enfermés dans nos mondes illusoires, cloisonnés selon le principe de « l’oignon de Tor » ( ce logiciel qui rend les pérégrinations sur internet anonymes en se servant d’une multitudes de serveurs connectés pris au hasard ), à un point tel que nos psychologies et nos valeurs morales ont disparu au profit de la loi de la jungle et du plus fortuné. Nous ne sommes plus dirigés que par nos émotions et nos égos avec les avancées du progrès technologique promu par des médias et la société du spectacle « lobotomisatrice » de masses, ce progrès qui a atteint à présent des sommets d’inhumanité avec l’intelligence artificielle, à un niveau tel que bientôt l’homme risque de devenir obsolète s’il ne s’en remet pas aux délires des transhumanistes avec leurs augmentations des capacités neuronales par la chirurgie des implants cérébraux.

Les destinées du troupeau humain consisteraient-elles en l’inéluctabilité de notre anéantissement comme l’on mènerait du bétail à l’abattoir, n’aurions-nous pas d’autre horizon indépassable que celui d’une apocalypse annoncée ?

J’en suis arrivé à l’intuition prégnante que cette fin de notre Monde est un passage obligé, une leçon de morale universelle pour remettre l’humanité dans le droit chemin, pour la pousser à réagir et pour qu’enfin, elle se secoue les neurones.

Nous sommes-nous questionnés sur ce que serait un Monde sans ce dualisme qui emprisonne nos consciences et nos esprits, un Monde qui ferait avant tout appel à l’amour et à l’entraide ? Un Monde d’harmonie, et enfin … un Monde humain.

Car avons-nous réfléchi aux possibilités que nous offrirait cette soudaine libération d’énergie créatrice dans nos cerveaux débarrassés une bonne fois pour toute de nos satanés égos qui empoisonnent et parasitent bien souvent nos vies, ces passions tristes qui nous rendent héminégligents par pur réflexe pavlovien, ou pire encore, par appât du gain ?

Et pourtant … Nous sommes tous inter-reliés par les particules élémentaires créatrices de réalités, ce monde merveilleux de l’infiniment petit si fascinant, les physiciens l’ont démontré et de tous temps des hommes de bonnes volontés ont prouvé qu’ils pouvaient accomplir de grandes choses, il suffit de penser au pouvoir de « l’inconscient collectif » des hommes de science, qui dans les temps anciens alors qu’ils n’avaient pas la possibilité d’échanger leurs informations, aura permis de réaliser des prouesses d’inventions synchroniques inimaginables pour le bien de l’humanité … ou bien encore, souvenons-nous en temps de guerres, les peuples tous unis se serrant les coudes dans un même but pour ainsi retrouver la liberté grâce à l’entraide et à l’amour du prochain. « Aide-toi et le ciel des particules élémentaires t’aidera » !

Volonté et puissance de nos pensées lorsque celles-ci sont associées à la bienveillance des particules élémentaires peuvent nous permettre d’accomplir des quasi-miracles, c’est pourquoi je ne saurais me faire à l’idée d’être victime malgré-moi d’une seconde apocalypse collective cette fois-ci, sans me battre comme je me suis battu pour revenir dans le monde des vivants, après avoir dû endurer une hémorragie cérébrale apocalyptique il y a vingt deux ans…

Avant tout, commençons par nous réapproprier nos univers intimes qui ne demandent qu’à nous accompagner de leurs bienveillances, je puis vous assurer que ce changement radical de pensée transformera nos existences individuelles et collectives du tout au tout avec les sentiments, les intuitions et les émotions merveilleux que ne manqueront pas de nous délivrer nos coeurs et nos esprits.

Par delà bien et mal, redevenons Humains … rien qu’Humains.

Le grand écrivain Russe Alexandre Soljénitsyne avait tout résumé dans son discours prophétique de 1978 intitulé, « Le Déclin du courage » : « Ce n’est que par un mouvement volontaire de modération de nos passions, sereine et acceptée par nous, que l’humanité peut s’élever au-dessus du courant de matérialisme qui emprisonne le monde. Quand bien même nous serait épargné d’être détruits par la guerre, notre vie doit changer si elle ne veut pas périr par sa propre faute. Nous ne pouvons nous dispenser de rappeler ce qu’est fondamentalement la vie, la société. Est-ce vrai que l’homme est au-dessus de tout ? N’y a-t-il aucun esprit supérieur au-dessus de lui ? Les activités humaines et sociales peuvent- elles légitimement être réglées par la seule expansion matérielle ? A-t-on le droit de promouvoir cette expansion au détriment de l’intégrité de notre vie spirituelle ? Si le monde ne touche pas à sa fin, il a atteint une étape décisive dans son histoire, semblable en importance au tournant qui a conduit du Moyen-âge à la Renaissance. Cela va requérir de nous un embrasement spirituel. Il nous faudra nous hisser à une nouvelle hauteur de vue, à une nouvelle conception de la vie, où notre nature physique ne sera pas maudite, comme elle a pu l’être au Moyen-âge, mais, ce qui est bien plus important, où notre être spirituel ne sera pas non plus piétiné, comme il le fut à l’ère moderne. Notre ascension nous mène à une nouvelle étape anthropologique. Nous n’avons pas d’autre choix que de monter … toujours plus haut. »

Permettez-moi de vous délivrer mon témoignage d’espoir et d’espérance :

Tout s’écroule sous nos yeux et nous sommes médusés, pétrifiés … je ne peux décidément me résoudre à accepter ce sort réservé à l’humanité, c’est pourquoi malgré la situation catastrophique de notre planète, j’ai fait mienne la formule de René Guénon que j’aime à citer : « Ceux qui pourraient se sentir tentés de se livrer au découragement devraient se rappeler que rien de ce qui s’accomplit dans ce monde ne peut être inutile, que la confusion, l’erreur et l’obscurité ne peuvent jouir que d’un triomphe trompeur et purement éphémère, que toute sorte de déséquilibre partiel et transitoire doit nécessairement contribuer au grand équilibre du tout, et que rien ne peut finalement prévaloir contre la puissance de la vérité… »

Une chose est, à mes yeux, certaine : nous n’avons pas, individuellement, la possibilité d’influer significativement sur les destinées de notre malheureuse planète en l’état actuel de sa situation calamiteuse. En revanche, nous pouvons prendre notre destin en main et commencer par nous entraider en laissant parler notre coeur, en positivant, en nous montrant, bons, généreux, sans calcul aucun, sans rien attendre en retour. Et je suis convaincu que tôt ou tard, nous en récolterons les fruits.

« Mon athéisme de départ ayant évolué, après mon accident vasculaire cérébral, vers ce que j’appellerai volontiers « ma pensée auto-créationniste d’inspiration nietzschéenne » j’ai pris conscience au fil du temps qu’il existait un principe supérieur universel, ces particules élémentaires créatrices de réalité qui sont à l’origine de toutes choses. Et donc j’ai pu comprendre que ma propre cogitation faisait jaillir de tels principes, en sorte que c’est par mon travail introspectif, ma volonté inébranlable et ma foi en l’avenir que j’ai réussi à influer sur ma destinée malgré et par-delà le pronostic dramatiquement sombre du corps médical. Nous pouvons être maîtres de notre destin. Et, reliés que nous sommes les uns aux autres par-delà la diversité de nos croyances et toutes nos différences, nous pouvons tous être acteurs de nos vies… Puissions-nous nous rassembler tous devant cette évidence expérimentée depuis la nuit des temps par des hommes de bonne volonté. » Ces signes du destin que je décrypte depuis quelques années grâce à mon lâcher prise, m’ont réservé dernièrement une avalanche de synchronicités qui m’auront inspiré un courriel envoyé à Madame la directrice de l’Institut des hautes études scientifiques et techniques.

« Je viens de lire votre éditorial : Innovez ! et faire avec l’inconnu et l’incertain

Permettez-moi de vous faire découvrir mon témoignage d’espoir et d’espérance, mon innovation avec ma méthode psychologique holistique d’inspiration nietzschéenne qui m’aura offert la possibilité de percer le secret de l’inconnu et de l’incertain de mon existence, ce témoignage s’intitule : Renaissance d’une apocalypse cérébrale ou mon odyssée sous le soleil de Zarathoustra.

Nietzsche remerciait son père pour lui avoir légué une constitution souffreteuse dans « Ecce homo », ce qui lui avait donné l’opportunité d’abandonner sa carrière de professeur de philologie au profit d’une existence cogitative et « de rumination », ainsi il aura pu passer à la postérité avec son grand oeuvre et plus particulièrement son Zarathoustra … Eh bien, il me faut savoir gré à mon karma grâce auquel ma vie aura basculée dans le néant, c’était en 1995, le jour de la fête des amoureux, je n’avais pas 30 ans et je venais de me retrouver paralysé des quatre fers à la suite d’une rencontre hémorragique apocalyptique. Je n’ai pas accepté ce si cruel destin qui s’imposait à moi et une fois achevée ma longue et douloureuse période de deux ans de rééducation, j’ai entamé un combat acharné pour revenir dans le monde des vivants, ce fût la naissance d’une odyssée physique et psychologique de plus de 20 années au cours de laquelle j’aurais été à la rencontre de mon incroyable destinée, car je peux clamer haut et fort que mon handicap hémiplégique m’aura poussé à me transcender tant et si bien que depuis quelques années les secrets de mon existence, le mystère de ma vie, se sont dévoilés. Je n’ai fait que m’inspirer des anciens maîtres de sagesse, tel Pythagore qui faisait l’éloge de la patience, de la cogitation et de l’examen de conscience pour atteindre « le connais-toi toi même »… C’est encore Nietzsche qui disait dans « le gai savoir » : « Il faut que nous soyons de ceux qui apprennent et découvrent le mieux tout ce qui est loi et nécessité dans le monde : il faut que nous soyons physiciens, […] c’est pourquoi : vive la physique ». Au cours de cette très longue période cogitative, j’ai élaboré une méthode psychologique d’auto- analyse grâce à laquelle j’aurais progressivement pris conscience que je pouvais maîtriser mon destin en ayant une approche globale du monde qui m’entoure, tandis que je me représentais imaginairement l’univers fascinant de l’infiniment petit de « ma nouvelle Religion des particules élémentaires », méthode que je résume avec cette sentence humaniste : Par-delà toute croyance ou irréligion, aimons-nous et entraidons-nous les uns les autres, nos particules élémentaires qui nous relient Tous et qui peuvent être créatrices de réalités lorsqu’elles sont associées à nos pensées éthiques et morales n’auront assurément pas fini de nous étonner et de nous émerveiller…

Je vois notre monde, notre humanité, dans un tel état de déréliction et de désespérance que je me faisais un devoir moral de vous apporter mon témoignage d’espoir.

J’avais publié mon histoire en novembre 2016 aux éditions l’Harmattan : « Renaissance d’une apocalypse cérébrale » ou mon odyssée sous le soleil de Zarathoustra et sous les bons auspices du philosophe Pierre Héber-Suffrin ; depuis lors, mon existence qui est tout sauf un long fleuve tranquille aura réservé un second épilogue à mon périple odysséen : une renaissance Amoureuse !

Renaissance amoureuse,

Par-delà toutes considérations psychologiques, philosophiques, religieuses ou athées, j’en suis arrivé à la conclusion définitive que seul l’amour pourra sauver l’humanité, cet amour passion qui m’aura permis d’occulter dans ma vie antérieure le spectre de l’absolument volumineuse malformation artério-veineuse diagnostiquée 5 ans avant l’horreur absolue, cette épée de Damoclès qui attendait son heure pour accomplir son oeuvre dévastatrice et irréversible ; c’est ce même amour passionnel grâce auquel je me serais accroché à la vie comme un beau diable dans mon existence d’après, car je me dois de confesser que ce sont les Femmes merveilleuses rencontrées tout au long de mon odyssée qui m’auront donné la force et le courage de toujours aller de l’avant tel un Sisyphe poussant son rocher ! Je viens de passer une longue période plongé dans mes pensées introspectives en même temps que mon projet d’écriture était sur le point de se finaliser, ce furent des années d’une existence extrêmement dure où je me serais imposé une discipline austère mais tellement riche intellectuellement et spirituellement, et grâce au lâcher prise et à l’approche de la physique quantique, j’aurais progressivement réalisé que je pouvais influer consciemment sur le cours de mon facétieux destin par l’entremise des synchronicités. Cependant je sentais mon âme et mon coeur terriblement secs tandis qu’un état apathique s’était emparé de moi depuis la parution de mon livre … je n’ai trouvé d’autre alternative pour m’en sortir que de retomber amoureux ! Une nouvelle fois, mon destin associé à mes pensées éthiques et morales m’aura ménagé une rencontre synchronique, et cette relation amoureuse extraordinaire avait provoqué une soudaine libération d’énergie spirituelle, un tourneboulement de mes sens tel qu’il aura régulé mes fonctions organiques de manière stupéfiante et inimaginable. Je m’étais questionné à d’infinies reprises sur ma récupération quasiment miraculeuse, sur ces innombrables synchronicités qui auront parsemé mon parcours de vie depuis ma renaissance, comme la plus merveilleuse d’entre toutes qui aura été de réussir à m’affranchir de toute dépendance, d’avoir pu re-marcher enfin seul après 12 interminables années à avoir dû être tributaire de mes proches pour le moindre de mes déplacements. J’attribue « ces miracles » à la passion amoureuse auto-régulatrice et réparatrice, c’est cette même passion amoureuse qui m’aura offert la possibilité de « déplacer des montagnes » depuis ma renaissance. 22 ans après mon hémorragie cérébrale, je suis la preuve incarnée que l’amour peut être plus fort que tout et après être devenu ce que je suis, la passion amoureuse est une fois de plus venue me chavirer pour clore en apothéose mon Odyssée. Cette Odyssée amoureuse que je voudrais retenir par-delà la Renaissance de mon apocalypse cérébrale, je la dédie à toutes les Femmes que j’ai aimées…

« Si vous avez jamais dit « oui » à un plaisir, ô mes amis, alors vous avez en même temps dit « oui » à toute douleur. Toutes choses sont enchaînées, enchevêtrées, liées par l’amour – Si vous avez jamais voulu qu’une fois fût deux fois, si vous avez jamais dit : « Tu me plais, bonheur ! moment ! instant ! », alors vous avez voulu que tout revienne ! – tout de nouveau, tout éternellement, tout enchaîné, tout enchevêtré, tout lié par l’amour ».
Zarathoustra

Contrairement à Zarathoustra qui s’évertuait à prêcher dans le vide du désert, je me contenterais de laisser un témoignage à la manière « d’un passeur de lumière », mon témoignage d’espoir, pour dire que sur cette satanée mais ô combien merveilleuse planète, vivait un homme à l’esprit libre comme le vent et qu’il aura fait de sa vie, par-delà bien et mal mais avec la complicité de ses particules élémentaires associées à ses pensées, une incroyable et extraordinaire odyssée.

Je ne saurais terminer mon témoignage sans honorer la mémoire de mon sauveur et mon recréateur, le Professeur de Neuro-chirurgie Patrick Grellier. »

Conclusion

Avant les élections présidentielles de 2017, j’avais vu un reportage sur la chaîne canal plus où le candidat Macron déclarait que ses adversaires politiques avaient des cerveaux hémiplégiques !

Connaissant mon facétieux co-auteur Cerveau, en joueur d’échecs invétéré rompu aux pires manœuvres retorses de ses adversaires, toujours d’attaque pour répondre à un défi avec cet amour du beau Jeu chevillé à l’esprit et l’ancienne championne d’argentine accrochée à son tableau de chasse soit dit en passant, je ne doutais pas qu’il saisirait l’occasion de cette petite phrase prononcée sur un ton badin pour relever le gant, et que patience et longueur de temps aidant, il s’arrogerait un droit de réponse quantique avec la complicité des mannes de Zarathoustra, ce qui donnerait par la même occasion une démonstration imparable, comme une attaque de mat au Jeu d’échecs, que la psychologie d’inspiration nietzschéenne permet de résoudre les problèmes fondamentaux.

La conclusion de mon témoignage d’espoir et d’espérance vient de s’offrir à moi avec un paragraphe emprunté à « L’arc et la massue », livre qui avait été écrit par l’auteur traditionaliste Julius Evola. Il me semble utile de préciser que je ne partage aucunement les idées politiques extrémistes de l’écrivain, mais que fidèle à ma psychologie holistique selon laquelle il y a à prendre et à laisser en toutes choses, j’ai trouvé les explications de Julius Evola d’une luminosité confondante quand il décrit la pensée traditionnelle Romaine des temps archaïques, une pensée respectueuse des lois universelles, une pensée juste et pleine de bons sens … et lorsqu’il en vient à évoquer le dieu Jupiter à la fin de l’extrait, Nous n’avons pu nous empêcher de songer avec tristesse, mon Compère Cerveau et Moi-même, que nous vivons décidément une drôle d’époque totalement héminégligente de son Passé et de ses Anciens.

« Selon l’acception moderne la plus courante, le “ destin ” est une puissance aveugle qui plane sur les hommes, qui s’impose à eux en faisant que se réalise ce qu’ils souhaitent le moins, en les poussant éventuellement vers la tragédie et le malheur. Fatum a ainsi donné naissance au mot “ fatalisme ”, qui est l’opposé de toute initiative libre et efficace. Selon la vision fataliste du monde, l’individu n’est rien ; son action, en dépit de toute apparence de libre-arbitre, est prédestinée ou vaine, et les événements se succèdent en obéissant à une puissance ou une loi qui le transcende et qui ne le prend pas en compte. “ Fatal ” est un adjectif qui a essentiellement une connotation négative : issue “ fatale ”, accident “ fatal ”, l’“ heure fatale de la mort ” , etc.

Selon la conception antique, le fatum correspondait par contre à la loi de manifestation continue du monde ; cette loi n’était pas réputée aveugle, irrationnelle et automatique – “fatale ” au sens moderne du mot – , mais chargée de sens et comme procédant d’une volonté intelligente, surtout de la volonté des puissances olympiennes. Le fatum romain renvoyait, de même que le rta indo-européen, à la conception du monde en tant que cosmos, en tant qu’ordre, et en particulier à la conception de l’histoire comme un développement de causes et d’événements reflétant une signification supérieure. Même les Moines de la tradition grecque, tout en présentant certains aspects maléfiques et “ infernaux ” (dus à l’influence de cultes préhelléniques et pré-indo-européens), apparaissent souvent comme des personnifications de la loi intelligente et juste qui préside au gouvernement de l’univers, dans certaines de ses expressions.

Mais c’est surtout à Rome que l’idée de fatum prend une importance toute particulière. Et ce parce que la civilisation romaine fut, de toutes les civilisations de caractère traditionnel et sacré, celle qui se concentra le plus sur le plan de l’action et de la réalité historique. Pour elle, il fut donc moins important de connaîtrel’ordre cosmique comme une loi supra-temporelle et métaphysique que de le connaître comme force en acte dans la réalité, comme vouloir divin qui ordonne les évènements. C’est à cela que se rattachait le fatum pour les Romains. Ce terme vient du verbe fari, d’où dérive aussi le mot fas, le droit comme loi divine. Ainsi, fatum renvoie à la “ parole ” – à la parole révélée, surtout à celle des divinités olympiennes qui permet de connaître la norme juste (fas) en tant que celle-ci annonce ce qui va arriver. On doit ajouter, à propos de ce second aspect, que les oracles, par lesquels un art traditionnel précis cherchait à saisir en germe des situations devant se réaliser, s’appelaient aussi fata ; ils étaient pratiquement la parole révélée de la divinité. Mais, pour bien comprendre ce que nous sommes en train d’étudier, il faut se souvenir du rapport que l’homme entretenait, dans la Rome antique et dans les civilisations traditionnelles en général, avec l’ordre global du monde. C’était un rapport très différent de celui qui devait s’instaurer plus tard. Pour l’homme antique, l’idée d’une loi universelle et d’un vouloir divin n’annulait pas la liberté humaine ; mais sa préoccupation constante était de mener sa vie et son action de sorte qu’elles fussent la continuation de l’ordre global et, pour ainsi dire, comme le prolongement ou le développement de cet ordre. A partir de la pietas, c’est-à-dire, pour un Romain, de la reconnaissance et de la vénération des forces divines, on se fixe comme tâche de pressentir la direction de ces forces divines dans l’histoire de façon à pouvoir y accorder opportunément l’action, à la rendre extrêmement efficace et chargée de sens. D’où le rôle très important que jouèrent dans le monde romain, jusque dans le domaine des affaires publiques et de l’art militaire, les oracles et les augures. Le Romain avait la ferme conviction que les pires mésaventures, et notamment les défaites militaires, dépendaient moins d’erreurs, de faiblesses ou de travers humains que du fait d’avoir négligé les augures, c’est-à-dire, pour en revenir à l’essentiel, d’avoir agi de façon désordonnée et arbitraire, en suivant de simples critères humains, en rompant les liens avec le monde supérieur (donc, pour un Romain, cela voulait dire avoir agi sans religio, sans “ rattachement ”), sans tenir compte des “ directions d’efficacité ” et du “ moment juste ” indispensables à une action couronnée de succès. On remarque que la fortuna et la felicitas ne sont souvent, dans la Rome antique, que l’autre face du fatum, sa face proprement positive. L’homme, le chef ou le peuple qui emploient leur liberté pour agir en conformité avec les forces divines cachées dans les choses connaissent le succès, réussissent, triomphent – et cela signifiait, dans l’Antiquité, être “fortuné ” et être “ heureux ” (ce sens s’est conservé dans des locutions comme “ une heureuse initiative ” , une “ heureuse manoeuvre ”, etc.). Un historien contemporain, Franz Altheim, a cru pouvoir déceler dans cette attitude la cause effective de la grandeur de Rome … Dans le monde romain antique et dans l’histoire romaine, on trouve un grand nombre d’épisodes, de situations et d’institutions où est justement mise en lumière l’impression de rencontres “ fatidiques ” entre le monde humain et le monde divin. Des forces supérieures sont à l’oeuvre dans l’histoire et se manifestent à travers les forces humaines. Pour nous contenter d’un seul exemple, rappelons que “ le moment culminant du culte romain de Jupiter était constitué par un acte où le dieu affirme sa présence, chez un homme, en qualité de vainqueur, de triomphateur. Ce n’est pas que Jupiter soit la seule cause de la victoire, il est lui-même le vainqueur ; on ne célèbre pas le triomphe en son honneur, mais c’est lui le triomphateur. C’est pour cette raison que l’imperator revêt les insignes du dieu ” (K. Kerényi, F. Altheim). Actualiser le divin – parfois prudemment, parfois audacieusement – dans l’action et dans l’existence fut un principe directeur que la Rome antique appliqua aussi à l’ordre politique. C’est pourquoi certains auteurs ont fait remarquer avec raison que Rome ignora, à la différence d’autres civilisations, le mythe au sens abstrait et anhistorique ; à Rome le mythe se fait histoire, et l’histoire, à son tour, prend un aspect “ fatal ”, devient mythique.

D’où une conséquence importante. Dans des cas comme celui évoqué, c’est une identité véritable qui se réalise. Il ne s’agit pas d’une parole divine qui peut être entendue ou non entendue. Il s’agit d’un déploiement des forces supérieures. On est ici en présence d’une conception spéciale, objective, nous serions tenté de dire transcendantale, de la liberté. En m’opposant au fatum, je peux bien sûr revendiquer pour moi un libre-arbitre, mais celui-ci est stérile, est un simple “ geste ” qui ne saurait avoir beaucoup d’incidence sur la trame de la réalité. Par contre, quand je fais en sorte que ma volonté continue un ordre supérieur, soit seulement l’instrument par lequel cet ordre se réalise dans l’histoire, ce que je veux dans un tel état de coïncidence ou de syntonie peut se traduire éventuellement par une injonction adressée à des forces objectives qui, autrement, ne se seraient pas pliées facilement ou qui n’auraient pas eu d’égard pour ce que les hommes veulent et espèrent.

On peut maintenant se poser la question suivante : comment en est-on arrivé à cette conception moderne qui fait du destin une puissance obscure et aveugle ? Comme tant d’autres, un tel glissement de sens n’a rien de fortuit. Il reflète un changement de niveau intérieur et s’explique, essentiellement, par l’avènement de l’individualisme et de l’“ humanisme ” compris dans un sens général, c’est-à-dire en rapport avec une civilisation et une vision du monde uniquement fondées sur ce qui est humain et terrestre. Il est évident que, cette scission s’étant produite, on ne pouvait plus saisir un ordre intelligible du monde, mais seulement un pouvoir obscur et étranger. Le “ destin ” devint alors le symbole de toutes les forces les plus profondes qui agissent et sur lesquelles l’homme, malgré sa maîtrise du monde physique, ne peut pas grand-chose parce qu’il ne les comprend plus, parce qu’il s’est détaché d’elles ; mais aussi d’autres forces que l’homme, par son attitude même, a libérées et rendues souveraines dans différents domaines de sa propre existence. »

Avec la Reliance Quantique ou Ma Religion des particules élémentaires et grâce à mon expérimentation de pensée, je crois avoir démontré que l’on pouvait être en mesure de se jouer des coups du sort, et que loin de les occulter ou de les dénier, nous devrons les accepter car ils nous seront utiles, ils nous seront nécessaires afin de trouver un sens, une direction et une signification à notre vie avec la prise de recul nécessaire associée au temps qui agence si bien les événements… alors l’existence se déroulera comme une suite logique sans que l’on ait l’impression de prendre de décisions, car celles-ci s’imposeront à nous comme une évidence, une révélation, et ce pour notre total accomplissement.

Par delà bien et mal, la Reliance Quantique qui me confère sans conteste le droit à l’emprunt du passage d’Ecce Homo où Nietzsche relate son expérience Spirituelle tout droit inspirée par un au-delà et qui m’autorise à confesser auprès de la Présidence Jupitérienne : Car cette expérience est la mienne aussi.

« … On entend, on ne cherche pas ; on prend, on ne demande pas qui donne ; la pensée fulgure comme l’éclair, elle s’impose nécessairement, sous une forme définitive : je n’ai jamais eu à choisir. C’est un ravissement dont notre âme trop tendue se soulage parfois dans un torrent de larmes ; machinalement on se met à marcher, on accélère, on ralentit sans le savoir ; c’est une extase qui nous ravit à nous-mêmes, en nous laissant la perception de mille frissons délicats qui nous parcourent jusqu’aux orteils ; c’est un abîme de félicité où l’horreur et l’extrême souffrance n’apparaissent pas comme le contraire, mais comme le résultat, l’étincelle du bonheur, comme la couleur nécessaire au fond d’un tel océan de lumière ; c’est un instinct du rythme qui embrasse des mondes de formes – car l’ampleur du rythme dont on a besoin donne la mesure de l’inspiration : plus elle écrase, plus il élargit… Tout cela se passe involontairement, comme dans une tempête de liberté, d’absolu, de force, de divinité… » Friedrich Nietzsche, «  Ecce Homo ».

Epilogue

J’avais partagé ma chambre d’hôpital avec Monsieur Rose un an après mon hémorragie cérébrale en 1996, c’est un peu grâce à lui également que l’inspiration de ce courrier m’est venue à l’esprit, car le malheureux vieil homme s’était retrouvé héminégligent à la suite d’un accident vasculaire cérébral.

Cette affection impressionnante pour l’entourage est une anomalie due à une lésion de l’un des deux hémisphères cérébraux qui conduit la personne atteinte à négliger et occulter la moitié de l’espace qui l’entoure … j’avais également assisté à un épisode ô combien cocasse quand un jour un patient atteint de la même pathologie avait fait irruption au réfectoire commun avec un coté de sa moustache rasé, ce qui avait déclenché l’hilarité générale…

Ces deux anecdotes pour dire qu’il serait grand temps pour l’Humanité de se réapproprier cette part escamotée de la mémoire de nos Anciens, et peu importe la méthode pourvu qu’elle soit respectueuse des lois Universelles…

Comme quoi tous les chemins de pensées mènent à Rome, à l’ Antiquité et à l’Univers merveilleux des particules élémentaires !

Patrice SANCHEZ

patricesanchez1965@gmail.com

Lien vers mon livre « Renaissance d’une apocalypse cérébrale »

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=51998

Résistance politique: « La conquête du pain » Pierre Kropotkine version PDF

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Résistance 71

 

7 juillet 2018

 

A l’initiative de Jo de JBL1960 nous republions sous format PDF le remarquable texte de Pierre Kropotkine « La conquête du pain » (1892), texte qui analyse et met en place les fondements de la révolution sociale qui établira enfin la « société des sociétés » si chère à Gustav Landauer (1, 2) et à l’ensemble des anarchistes.

Elle est l’avenir de l’humanité, car il doit être évident maintenant qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu et qu’il ne saurait y en avoir. Texte à lire, relire, méditer et diffuser sans aucune modération.

Bonnes lecture à toutes et à tous !

La_Conquête_du_Pain_Kropotkine

Société et déliquescence… Les 5 catégories de boulots de merde inutiles (David Graeber)

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Les cinq types de boulots de merde inutiles (David Graeber)

 

Résistance 71

 

1er juillet 2018

 

Dans un entretien avec le Real News Network (voir la vidéo ci-dessous, en anglais), l’anthropologue politique David Graeber a ironiquement et cyniquement identifié les 5 catégories de “boulots de merde inutiles” de notre société moderne déliquescente suite à une étude approfondie du sujet. 

Les voici:

 

1- Les fayot(e)s: Ces boulots n’existent que comme faire-valoir, pour faire briller en général un cadre de l’exécutif d’une entreprise (ou administration). Un exécutif est jugé par le nombre de ses subordonnés. Pour donner plus de crédibilité à cette caste de l’exécutif, une pléiade de millions de ces boulots inutiles est créée.

2- Les pousseurs(euses): n’existent que parce les autres entreprises en ont. Graeber compare avec les armées qui n’existent que parce que les autres en ont.

3- Les rafistoleurs (euses): Existent pour fixer des problèmes qui à la base n’ont aucun lieu d’être. Graeber utilise la comparaison suivante: Imaginez avoir une fuite à votre toiture. Vous payez quelqu’un pour vider les seaux toutes les demies-heures lorsqu’il pleut plutôt que de faire arranger votre toit. Ces boulots n’existent que pour fixer des problèmes dûs à une mauvaise organisation, ce qui avec une certaine efficacité ne devrait pas se produire. C’est de la gestion après coup de l’incompétence avérée. Il y a des millions de boulots de ce type.

4- Les cocheurs (euses) de cases: Ces boulots existent pour dire et rapporter le fait que ce qui devait être fait a été fait. Il y en a énormément dans les gouvernements et les administrations, mais aussi de plus en plus dans les entreprises. Inhérent à une bureaucratie rampante.

5- Les maîtres(ses) de cérémonie: Boulots qui existent pour superviser des gens qui n’ont pas besoin d’être supervisée. Cette catégorie représente la vaste majorité des activités de ce qu’on appelle le “mid-management”, toute cette myriade de “petits chefs” intermédiaires, dont la fonction est aussi de pourvoir à la création de nouveaux boulots inutiles…

David Graeber a étudié ces secteurs d’activité, il s’est entretenu avec des centaines d’employés de ces diverses fonctions et continuent de compiler les données de ce qu’il appelle en anglais les “Bullshit Jobs” et qu’il associe à la bureaucratisation effrénée de notre société moderne dans une “soviétisation” de la gestion économique des affaires, dans une soviétisation bureaucratique du capitalisme. Nous sommes de plein pied dans une société de la gestion de l’inutile. Il n’y a aucun doute que l’humain peut mieux faire, il l’a déjà fait et peut le refaire pourvu qu’il se débarrasse de toute cette fange qui obscurcit sa vision des choses.

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Lectures complémentaires:

David Graber Fragments Anthropologiques pour Changer l’histoire de l’humanité

Manifeste pour la Société des Sociétés

Manifeste contre le travail

Que faire ?

40ans_Hommage_Pierre_Clastres

Clastres_Préface_Sahlins

Notre page « Anthropologie politique »

 

Résistance politique: Au sujet de l’action directe avec Voltairine de Cleyre

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De l’action directe

 

Voltairine de Cleyre

1912

 

Du point de vue de celui qui pense être capable de discerner la route du progrès humain, si tant est qu’il doit y avoir un progrès ; du point de vue de celui qui discerne un tel chemin sur la carte de son esprit et s’efforce de l’indiquer aux autres, de le leur montrer comme il le voit ; du point de vue de celui qui, en faisant cela, a choisi des expressions claires et simples à ses yeux afin de communiquer ses pensées aux autres —, pour un tel individu, il apparaît regrettable et confus pour l’esprit que l’expression « action directe » ait soudain acquis, aux yeux de la majorité de l’opinion publique, un sens limité, qui n’est pas du tout inclus dans ces deux mots, et que ceux qui pensent comme lui ne lui ont certainement jamais donné.

Cependant, il arrive souvent que le progrès joue des tours à ceux qui se croient capables de lui fixer des bornes et des limites. Fréquemment des noms, des phrases, des devises, des mots d’ordre ont été retournés, détournés, inversés, déformés à la suite d’événements incontrôlables par ceux qui utilisaient ces expressions correctement ; et ceux qui persistaient à défendre leur interprétation, et insistaient pour qu’on les écoute, ont finalement découvert que la période où se développaient l’incompréhension et les préjugés annonçait seulement une nouvelle étape de recherche et de compréhension plus approfondie.

J’ai tendance à penser que c’est ce qui se passera avec le malentendu actuel concernant l’action directe. A travers la mécompréhension, ou la déformation délibérée, de certains journalistes de Los Angeles, à l’époque où les frères McNamara plaidèrent coupables, ce malentendu a soudain acquis, dans l’esprit de l’opinion, le sens d’ « attaques violentes contre la vie et la propriété » des personnes. De la part des journalistes, cela relevait soit d’une ignorance crasse, soit d’une malhonnêteté totale. Mais cela a poussé pas mal de gens à se demander ce qu’est vraiment l’action directe.

Qu’est-ce que l’action directe ?

En réalité, ceux qui la dénoncent avec autant de vigueur et de démesure découvriront, s’ils réfléchissent un peu, qu’ils ont eux-mêmes, à plusieurs reprises, pratiqué l’action directe, et qu’ils le feront encore.

Toute personne qui a pensé, ne serait-ce qu’une fois dans sa vie, avoir le droit de protester, et a pris son courage à deux mains pour le faire ; toute personne qui a revendiqué un droit, seule ou avec d’autres, a pratiqué l’action directe. Il y a une trentaine d’années, je me souviens que l’Armée du Salut pratiquait vigoureusement l’action directe pour défendre la liberté de ses membres de s’exprimer en public, de se rassembler et de prier. On les a arrêtés, condamnés à des amendes et emprisonnés des centaines et des centaines de fois, mais ils ont continué à chanter, prier et défiler, jusqu’à ce que finalement ils obligent leurs persécuteurs à les laisser tranquilles. Les Industrial Workers of the World mènent à présent le même combat, et ont, dans plusieurs cas, obligé les autorités à les laisser tranquilles, en utilisant la même tactique de l’action directe.

Toute personne qui a eu un projet, et l’a effectivement mené à bien, ou qui a exposé son plan devant d’autres et a emporté leur adhésion pour qu’ils agissent tous ensemble, sans demander poliment aux autorités compétentes de le concrétiser à leur place, toute personne qui a agi ainsi a pratiqué l’action directe. Toutes les expériences qui font appel à la coopération relèvent essentiellement de l’action directe.

Toute personne qui a dû, une fois dans sa vie, régler un litige avec quelqu’un et est allé droit vers la ou les personne(s) concernée(s) pour le régler, en agissant de façon pacifique ou par d’autres moyens, a pratiqué l’action directe. Les grèves et les campagnes de boycott en offrent un bon exemple ; beaucoup d’entre vous se souviennent de l’action des ménagères de New York qui ont boycotté les bouchers et obtenu que baisse le prix de la viande : en ce moment même, un boycott du beurre est sur le point de s’organiser, face à la hausse des prix décidée par les commerçants.

Ces actions ne sont généralement pas le produit d’un raisonnement profond sur les mérites de l’action directe ou indirecte, mais résultent des efforts spontanés de ceux qui se sentent opprimés par une situation donnée.

En d’autres termes, tous les êtres humains sont, le plus souvent, de fervents partisans du principe de l’action directe et la pratiquent. Cependant la plupart d’entre eux sont également favorables à l’action indirecte ou politique. Ils interviennent sur les deux plans en même temps, sans y réfléchir longuement. Seul un nombre limité d’individus se refusent à avoir recours à l’action politique dans telle ou telle circonstance, voire la récusent systématiquement ; mais personne, absolument personne, n’a jamais été « incapable » de pratiquer l’action directe.

La majorité de ceux qui font profession de réfléchir sont des opportunistes ; ils penchent tantôt vers l’action directe, tantôt vers l’action indirecte, mais sont surtout prêts à utiliser n’importe quel moyen dès lors qu’une occasion l’exige. En d’autres termes, ceux qui affirment que le fait de voter à bulletins secrets pour élire un gouverneur est néfaste et ridicule sont aussi ceux qui, sous la pression de certaines circonstances, considèrent qu’il est indispensable de voter pour que tel individu occupe un poste à un moment particulier. Certains croient qu’en général la meilleure façon pour les gens d’obtenir ce qu’ils veulent est d’utiliser la méthode indirecte : en faisant élire et en portant au pouvoir quelqu’un qui donnera force de loi à ce qu’ils désirent ; mais ce sont les mêmes qui parfois, dans des conditions exceptionnelles, prôneront que l’on se mette en grève ; et, comme je l’ai déjà dit, la grève est une forme d’action directe. Ou bien ils agiront comme l’ont fait les agitateurs du Socialist Party (organisation qui désormais s’oppose vigoureusement à l’action directe) l’été dernier, lorsque la police tentait d’interdire leurs meetings. Ils sont allés en force aux lieux de réunion, prêts à prendre la parole à n’importe quel prix, et ont fait reculer les forces de l’ordre. Même si cette attitude était illogique de leur part, puisqu’ils se sont opposés aux exécuteurs légaux de la volonté majoritaire, leur action constituait un exemple parfait, et réussi, d’action directe.

Ceux qui, en raison de leurs convictions profondes, sont attachés à l’action directe sont seulement… mais qui donc ? Les non-violents, précisément ceux qui ne croient pas du tout en la violence ! Ne vous méprenez pas : je ne pense pas du tout que l’action directe soit synonyme de non-violence. L’action directe aboutit tantôt à la violence la plus extrême, tantôt à un acte aussi pacifique que les eaux paisibles de Siloé. Non, les vrais non-violents peuvent seulement croire en l’action directe, jamais en l’action politique. La base de toute action politique est la coercition ; même lorsque l’État accomplit de bonnes choses, son pouvoir repose finalement sur les matraques, les fusils, ou les prisons, car il a toujours la possibilité d’y avoir recours.

Quelques exemples historiques

De nos jours, n’importe quel écolier américain a entendu parler de l’action directe de certains hommes non-violents, dans le cadre de son programme d’histoire. Le premier exemple qui vient à l’esprit est celui des premiers quakers qui s’installèrent au Massachusetts. Les puritains les accusèrent de « troubler les hommes en leur prêchant la paix ». En effet, les quakers refusaient de payer des impôts ecclésiastiques, de porter les armes, de prêter serment d’allégeance à un gouvernement, quel qu’il soit. (En agissant ainsi, ils ont pratiqué l’action directe, mais de façon passive.) Aussi, les puritains, partisans de l’action politique, ont fait voter des lois pour empêcher les quakers d’entrer sur leur territoire, les exiler, leur infliger des amendes, des peines de prison, des mutilations et finalement les pendre. Les quakers ont continué à arriver en Amérique (ce qui était cette fois une forme active d’action directe) ; et les livres d’histoire nous rappellent que, après la pendaison de quatre quakers, et la flagellation de Margaret Brewster qui fut attachée à une charrette et promenée à travers les rues de Boston, « les puritains renoncèrent à faire taire les nouveaux missionnaires » et que la « ténacité des quakers et leur non-violence finirent par triompher ».

Autre exemple d’action directe, qui appartient aux débuts de l’histoire coloniale américaine : cette fois, il ne s’agit pas d’un conflit pacifique, mais de la révolte de Bacon. Tous nos historiens défendent l’action des rebelles dans cette affaire, car ceux-ci avaient raison. Et pourtant il s’agissait d’une action directe violente contre une autorité légalement constituée. Laissez-moi vous rappeler les détails de cet événement : les planteurs de Virginie craignaient (avec raison) une attaque générale des Indiens. Partisans de l’action politique, ils demandèrent, ou plutôt leur dirigeant Bacon exigea que le gouverneur lui accorde le droit de recruter des volontaires pour se défendre. Ce dernier craignait — à juste titre — qu’une compagnie d’hommes armés ne devienne une menace pour lui-même. Il refusa donc d’accorder cette permission à Bacon. A la suite de quoi, les planteurs eurent recours à l’action directe. Ils levèrent des volontaires sans autorisation et combattirent victorieusement contre les Indiens. Le gouverneur décréta que Bacon était un traître mais le peuple était de son côté, si bien que le gouverneur eut peur de le traduire en justice. Finalement, la situation s’envenima tellement que les rebelles mirent le feu à Jamestown. Si Bacon n’était pas mort, bien d’autres événements se seraient produits. Bien sûr, la répression fut terrible, comme cela se passe habituellement lorsqu’une révolte s’effondre d’elle-même ou est écrasée. Néanmoins, pendant sa brève période de succès, cette révolte corrigea nombre d’abus. Je suis persuadée que, à l’époque, les partisans de l’action politique à tout prix, après que les réactionnaires furent revenus au pouvoir, ont dû s’exclamer : « Regardez tous les maux que provoque l’action directe ! Notre colonie a fait un bond d’au moins vingt-cinq ans en arrière » ; ils oubliaient que, si les colons n’avaient pas recouru à l’action directe, les Indiens auraient pris leurs scalps un an plus tôt, au lieu que nombre d’entre eux soient pendus par le gouverneur un an plus tard.

Dans la période d’agitation et d’excitation qui précéda la révolution américaine, on assista à toutes sortes d’actions directes, des plus pacifiques aux plus violentes ; je crois que presque tous ceux qui étudient l’histoire des États-Unis trouvent que ces actions constituent la partie la plus intéressante de l’histoire, celle qui s’imprègne le plus facilement dans leur mémoire.

Parmi les actions pacifiques, on peut citer notamment les accords de non-importation, les ligues pour porter des vêtements fabriqués dans la colonie et les « comités de correspondance ». Comme les hostilités se développaient inévitablement, l’action directe violente prit elle aussi de l’ampleur ; par exemple, on détruisit les timbres fiscaux, on interdit le débarquement des cargaisons de thé, on les plaça dans des locaux humides, on les jeta dans les eaux du port, comme à Boston, on obligea le propriétaire d’une cargaison de thé à mettre le feu à son propre bateau, comme à Annapolis.

Toutes ces actions sont décrites dans nos manuels d’histoire, et aucun auteur ne les condamne, ou ne les regrette, bien qu’il se soit agi à chaque fois d’actions directes contre des autorités légalement constituées et contre le droit de propriété. Si je cite ces exemples et d’autres de même nature, c’est pour souligner deux points à l’intention de ceux qui répètent certains arguments comme des perroquets : premièrement, les hommes ont toujours eu recours à l’action directe ; et deuxièmement, ceux qui la condamnent aujourd’hui sont également ceux qui l’approuvent d’un point de vue historique.

George Washington dirigeait la Ligue des planteurs de Virginie contre les importations ; un tribunal lui aurait certainement « enjoint » de ne pas créer une telle organisation et, s’il avait insisté, il lui aurait infligé une amende pour offense à la Cour.

La Guerre de Sécession

Lorsque le grand conflit entre le Nord et le Sud s’intensifia, ce fut encore l’action directe qui précéda et précipita l’action politique. Et je ferai remarquer que l’on n’engage jamais, que l’on n’envisage même jamais aucune action politique, tant que les esprits assoupis n’ont pas été réveillés par des actes de protestation directe contre les conditions existantes.

L’histoire du mouvement abolitionniste et de la Guerre de Sécession nous offre un énorme paradoxe, même si nous savons bien que l’histoire n’est qu’une chaîne de paradoxes. Sur le plan politique, les États esclavagistes luttaient pour une plus grande liberté, pour l’autonomie de chaque État et contre toute intervention du gouvernement fédéral ; par contre, les États non esclavagistes voulaient un État centralisé et fort, État que les sécessionnistes condamnaient avec raison, parce qu’il allait donner naissance à des formes de pouvoir de plus en plus tyranniques. Et c’est ce qui arriva. Depuis la fin de la guerre de Sécession, le pouvoir fédéral empiète de plus en plus sur les prérogatives de chaque État. Les négriers modernes (les industriels) se retrouvent continuellement en conflit avec le pouvoir centralisé contre lequel les esclavagistes d’antan protestaient (la liberté à la bouche mais la tyrannie au cœur). D’un point de vue éthique, ce sont les États non esclavagistes qui, en théorie, prônaient une plus grande liberté, tandis que les sécessionnistes défendaient le principe de l’esclavage. Mais cette position éthiquement juste était très abstraite : en effet, la majorité des Nordistes, qui n’avaient jamais côtoyé d’esclaves noirs, pensaient que cette forme d’exploitation était probablement une erreur ; mais ils n’étaient pas pressés de la faire disparaître. Seuls les abolitionnistes, une infime minorité, avaient une véritable position éthique : à leurs yeux seule importait l’abolition de l’esclavage — ils ne se souciaient pas de la sécession ni de l’union entre les États américains. Au point que beaucoup d’entre eux prônaient la dissolution de l’Union ; ils pensaient que le Nord devaient en prendre l’initiative afin que les Nordistes ne soient plus accusés de maintenir les Noirs prisonniers de leurs chaînes.

Bien sûr, toutes sortes de gens ayant toutes sortes d’idées voulaient abolir l’esclavage : des quakers comme Whittier (les quakers, ces partisans de la paix à tout prix, furent en fait les premiers partisans de l’abolition de l’esclavage, dès leur arrivée en Amérique) ; des partisans modérés de l’action politique qui voulaient racheter les esclaves pour résoudre le problème rapidement ; et puis des gens extrêmement violents qui croyaient en la violence et menèrent toutes sortes d’actions radicales.

En ce qui concerne les politiciens, pendant trente ans ils essayèrent de se défiler, de conclure des compromis, de marchander, de maintenir le statut quo, d’amadouer les deux parties, alors que la situation exigeait des actes, ou au moins une parodie d’action. Mais « les étoiles dans leur course combattirent contre Sisera », le système s’effondra de l’intérieur et, sans éprouver le moindre remords, les partisans de l’action directe agrandirent les fissures de l’édifice esclavagiste.

Parmi les différentes expressions de la révolte directe mentionnons l’organisation du « chemin de fer souterrain ». La plupart de ceux qui y participèrent soutenaient les deux formes d’action (directe et politique) ; cependant, même si, en théorie, ils pensaient que la majorité avait le droit d’édicter et d’appliquer des lois, ils n’y croyaient pas totalement. Mon grand-père avait fait partie de ce réseau clandestin et aidé de nombreux esclaves à rejoindre le Canada. C’était un homme attaché aux règles, dans la plupart des domaines, même si j’ai souvent pensé qu’il respectait la loi parce qu’il avait rarement affaire à elle ; ayant toujours mené la vie d’un pionnier, la loi le touchait généralement d’assez loin, alors que l’action directe avait pour lui la valeur d’un impératif. Quoi qu’il en soit, et aussi légaliste fût-il, il n’éprouvait aucun respect pour les lois esclavagistes, même si elles avaient été votées à une majorité de 500 pour cent. Et il violait consciemment toutes celles qui l’empêchaient d’agir.

Parfois, le bon fonctionnement du « chemin de fer souterrain » exigeait l’usage de la violence, et on l’employait. Je me souviens qu’une vieille amie me raconta qu’elle et sa mère avaient surveillé leur porte toute la nuit, pendant qu’un esclave recherché se cachait dans leur cave. Toutes deux avaient beau descendre de familles quakers et sympathiser avec leurs idées, elles avaient un fusil de chasse à portée de main, sur la table. Heureusement, elles n’eurent pas besoin de tirer, ce soir-là.

Lorsque la loi sur les esclaves évadés fut votée, grâce à certains politiciens du Nord qui voulaient encore amadouer les propriétaires d’esclaves, les partisans de l’action directe décidèrent de libérer les esclaves qui avaient été repris. Il y eut l’ « opération Shadrach » puis l’opération « Jerry » (cette dernière sous la direction du fameux Gerrit Smith), et bien d’autres qui réussirent ou échouèrent. Cependant les politiciens continuèrent leurs manœuvres et tentèrent de concilier l’inconciliable. Les partisans de la paix à tout prix, les plus légalistes, dénoncèrent les abolitionnistes, un peu de la même façon que des gens comme William D. Haywood et Frank Bohn sont dénoncés par leur propre parti aujourd’hui.

John Brown

L’autre jour, j’ai lu dans le quotidien Daily Socialist de Chicago une lettre du secrétaire du Socialist Party de Louisville au secrétaire national. M. Dobbs demandait que l’on remplace M. Bohn, qui devait venir parler dans sa ville, par un orateur plus responsable et plus raisonnable. Pour expliquer sa démarche, il citait un passage de la conférence de Bohn : « Si les frères McNamara avaient défendu avec succès les intérêts de la classe ouvrière, ils auraient eu raison, de même que John Brown aurait eu raison s’il avait réussi à libérer les esclaves. Pour John Brown, comme pour les McNamara, l’ignorance était leur seul crime. »

Et M. Dobbs de faire le commentaire suivant. « Nous nous élevons fermement contre de tels propos. Cette comparaison entre la révolte ouverte — même si elle était erronée — de John Brown d’un côté, et les méthodes clandestines et meurtrières des frères McNamara de l’autre, est le fruit d’un raisonnement creux qui conduit à des conclusions logiques très dangereuses. »

M. Dobbs ignore certainement ce que furent la vie et les actions de John Brown. Ce partisan convaincu de la violence aurait traité avec mépris quiconque aurait essayé de le faire passer pour un agneau. Et une fois qu’une personne croit en la violence, c’est à elle seule de décider quelle est la façon la plus efficace de l’appliquer, en fonction des conditions concrètes et de ses propres moyens. John Brown n’hésita jamais à utiliser des méthodes conspiratives. Ceux qui ont lu l’Autobiographie de Frederick Douglass et les Souvenirs de Lucy Colman savent que John Brown avait prévu d’organiser une série de camps fortifiés dans les montagnes de la Virginie-Occidentale, de la Caroline du Nord et du Tennessee, d’envoyer des émissaires secrets parmi les esclaves pour les inciter à venir se réfugier dans ces camps, et ensuite réfléchir aux mesures et aux conditions nécessaires pour fomenter la révolte chez les Noirs. Ce plan échoua surtout parce que les esclaves eux-mêmes ne désiraient pas assez fortement la liberté.

Plus tard, lorsque des politiciens à l’esprit tortueux, toujours soucieux de ne rien faire, votèrent la loi Kansas-Nebraska qui laissait les colons décider seuls de la légalité de l’esclavage, les partisans de l’action directe, dans les deux camps, envoyèrent des pseudo-colons dans ces territoires et ceux-ci s’affrontèrent. Les partisans de l’esclavage arrivèrent les premiers ; ils rédigèrent une constitution qui reconnaissait l’esclavage et une loi punissant de mort toute personne qui aiderait un esclave à s’échapper ; mais les Free Soilers, qui arrivèrent un peu plus tard parce qu’ils venaient d’États plus éloignés, rédigèrent une seconde constitution, et refusèrent de reconnaître les lois de leurs adversaires. John Brown se trouvait parmi eux et utilisa la violence, tantôt ouvertement tantôt clandestinement. Les politiciens décents, favorables à la paix sociale, le considéraient comme un « voleur de chevaux et un assassin ». Et il ne fait pas le moindre doute qu’il vola des chevaux, sans prévenir personne de son intention de les dérober, et qu’il tua des partisans de l’esclavage. Il se battit et réussit à s’en tirer un bon nombre de fois avant qu’il tente de s’emparer de l’arsenal de Harpers Ferry. S’il n’utilisa pas la dynamite, c’est seulement parce qu’elle n’était pas encore une arme très répandue à l’époque. Il attenta à la vie de beaucoup plus de gens que les frères McNamara, dont M. Dobbs condamne les « méthodes meurtrières ». Pourtant les historiens ont compris la portée des actions de John Brown. Cet homme violent, qui avait du sang sur les mains, fut condamné et pendu pour haute trahison ; mais tout le monde sait que c’était une âme forte et belle, désintéressée, qui ne pouvait supporter que quatre millions d’hommes soient traités comme des animaux. John Brown pensait que combattre cette injustice, ce crime horrible, était un devoir sacré qu’il accomplissait sur l’ordre de Dieu — car cet homme très religieux appartenait à l’Église presbytérienne.

C’est grâce aux actions, pacifiques ou violentes, des précurseurs du changement social que la Conscience Humaine, la conscience des masses, s’éveille au besoin du changement. Il serait absurde de prétendre qu’aucun résultat positif n’a jamais été obtenu par les moyens politiques traditionnels ; parfois de bonnes choses en résultent. Mais jamais tant que la révolte individuelle, puis la révolte des masses ne l’imposent. L’action directe est toujours le héraut, l’élément déclencheur, qui permet à la grande masse des indifférents de prendre conscience que l’oppression devient intolérable.

Les luttes actuelles contre l’esclavage salarié

Nous subissons maintenant l’oppression dans ce pays — et pas seulement ici, mais dans toutes les parties du monde qui jouissent des bienfaits fort contrastés de la civilisation. Et de même que l’ancien esclavage, le nouveau provoque à la fois des actions directes et des actions politiques. Une fraction de la population américaine produit la richesse matérielle qui permet à tous de vivre ; exactement de la même façon que quatre millions d’esclaves noirs entretenaient la foule de parasites qui les commandaient. Aujourd’hui ce sont les travailleurs agricoles et les ouvriers d’industrie.

A travers l’action imprévisible d’institutions qu’aucun d’eux n’a créées, mais qui sévissent depuis leur naissance, ces travailleurs, la partie la plus indispensable de toute la structure sociale, sans le travail desquels personne ne pourrait ni manger, ni s’habiller, ni se loger, ces travailleurs, disais-je, sont justement ceux qui disposent du moins de nourriture, de vêtements et des pires logements — sans parler des autres bienfaits que la société est censée leur dispenser, comme l’éducation et l’accès aux plaisirs artistiques.

Ces ouvriers ont, d’une façon ou d’une autre, joint leurs efforts pour que leur condition s’améliore ; en premier lieu par l’action directe, en second lieu par l’action politique. Nous avons des groupes comme la Grange, les Farmers’Alliances, les coopératives, les colonies expérimentales, les Knights of Labor, les syndicats et les Industrial Workers of the World. Tous ont organisé les travailleurs pour alléger le poids de l’exploitation, pour des prix meilleur marché, des conditions de travail moins catastrophiques, et une journée de travail un peu plus courte ; ou contre une réduction de salaire, la détérioration des conditions de travail ou l’allongement des horaires.

Aucun de ces groupes, à part les IWW, n’a reconnu qu’il existe une guerre sociale et qu’elle se poursuivra tant que se perpétueront les conditions sociales et juridiques actuelles. Ils ont accepté les institutions fondées sur la propriété privée, telles qu’elles étaient. Ces organisations regroupent des gens ordinaires, aux aspirations ordinaires, et elles ont entrepris de faire ce qu’il leur semblait possible et raisonnable d’accomplir. Lors de la création de ces groupes, ces militants ne se sont pas engagés sur un programme politique particulier, ils se sont associés pour mener une action directe, décidée par eux-mêmes, offensive ou défensive.

Il y a vingt-deux ans, j’ai rencontré des militants des Farmers’Alliances, des Knights of Labor et des syndicalistes qui m’ont dit cela. Ils voulaient lutter pour des objectifs plus larges que ceux proposés par leurs organisations ; mais ils devaient aussi accepter leurs camarades de travail comme ils étaient, et essayer de les inciter à lutter pour des objectifs immédiats qu’ils percevaient clairement : prix plus justes, salaires plus élevés, conditions de travail moins dangereuses ou moins tyranniques, semaine de travail moins longue. A l’époque où sont nés ces mouvements, les travailleurs agricoles ne pouvaient pas comprendre que leur lutte convergeait avec le combat des ouvriers des usines ou des transports ; et ces derniers ne voyaient pas non plus leurs points communs avec le mouvement des paysans. D’ailleurs, même aujourd’hui, peu d’entre eux le comprennent. Ils doivent encore apprendre qu’il n’existe qu’une seule lutte commune contre ceux qui se sont approprié les terres, les capitaux et les machines.

Malheureusement les grandes organisations paysannes ont gaspillé leur énergie en s’engageant dans une course stupide au pouvoir politique. Elles ont réussi à prendre le pouvoir dans certains États, mais les tribunaux ont déclaré que les lois votées n’étaient pas constitutionnelles, et toutes leurs conquêtes politiques ont été enterrées. A l’origine, leur programme visait à construire leurs propres silos, y stocker les produits et les tenir à l’écart du marché jusqu’à ce qu’ils puissent échapper aux spéculateurs. Ils voulaient aussi organiser des échanges de services et imprimer des billets de crédit pour les produits déposés afin de payer ces échanges. Si ce programme d’aide mutuelle directe avait fonctionné, il aurait montré, dans une certaine mesure, au moins pendant un temps, comment l’humanité peut se libérer du parasitisme des banquiers et des intermédiaires. Bien sûr, ce projet aurait fini par être liquidé, à moins que sa vertu exemplaire n’ait bouleversé tellement l’esprit des hommes qu’il leur ait donné envie de mettre fin au monopole légal de la terre et des capitaux ; mais au moins ce projet aurait eu un rôle éducatif fondamental. Malheureusement, ce mouvement poursuivit une chimère et se désintégra surtout à cause de sa futilité.

Les Knights of Labor sont eux aussi devenus pratiquement insignifiants, non pas parce qu’ils n’ont pas eu recours à l’action directe, ni parce qu’ils se sont mêlés de politique, mais parce qu’il s’agissait d’une masse d’ouvriers trop hétérogène pour réussir à conjuguer efficacement leurs efforts.

Pourquoi les patrons ont peur des grèves

Les syndicats ont atteint une taille bien plus imposante que celle des Knights of Labor et leur pouvoir a continué à croître, lentement mais sûrement. Certes, cette croissance a connu des fluctuations, des reculs ; de grandes organisations ont surgi puis disparu. Mais dans l’ensemble, les syndicats constituent un pouvoir en plein développement. Malgré leurs faibles ressources, ils ont offert, à une certaine fraction des travailleurs, un moyen d’unir leurs forces, de faire pression directement sur leurs maîtres et d’obtenir ainsi une petite partie de ce qu’ils voulaient — de ce qu’ils devaient essayer d’obtenir, vu leur situation. La grève est leur arme naturelle, celle qu’ils se sont forgée eux-mêmes. Neuf fois sur dix, les patrons redoutent la grève — même si, bien sûr, il peut arriver que certains s’en réjouissent, mais c’est plutôt rare. Les patrons savent qu’ils peuvent gagner contre les grévistes, mais ils ont terriblement peur que leur production s’interrompe. Par contre, ils ne craignent nullement un vote qui exprimerait « la conscience de classe » des électeurs ; à l’atelier, vous pouvez discuter du socialisme, ou de n’importe quel autre programme ; mais le jour où vous commencez à parler de syndicalisme, attendez-vous à perdre votre travail ou au moins à ce que l’on vous menace et que l’on vous ordonne de vous taire. Pourquoi ? Le patron se moque de savoir que l’action politique n’est qu’une impasse où s’égare l’ouvrier, et que le socialisme politique est en train de devenir un mouvement petit-bourgeois. Il est persuadé que le socialisme est une très mauvaise chose — mais il sait aussi que celui-ci ne s’instaurera pas demain. Par contre, si tous ses ouvriers se syndiquent, il sera immédiatement menacé. Son personnel aura l’esprit rebelle, il devra dépenser de l’argent pour améliorer les conditions de travail, il sera obligé de garder des gens qu’il n’aime pas et, en cas de grève, ses machines ou ses locaux seront peut-être endommagés.

On dit souvent, et on le répète parfois jusqu’à la nausée, que les patrons ont une « conscience de classe », qu’ils sont solidement soudés pour défendre leurs intérêts collectifs, et sont prêts individuellement à subir toutes sortes de pertes plutôt que de trahir leurs prétendus intérêts communs. Ce n’est absolument pas vrai. La majorité des capitalistes sont exactement comme la plupart des ouvriers : ils se préoccupent beaucoup plus de leurs pertes personnelles (ou de leurs gains) que des pertes (ou des victoires) de leur classe. Et lorsqu’un syndicat menace un patron, c’est à son portefeuille qu’il s’en prend.

Toute grève est synonyme de violence

Aujourd’hui chacun sait qu’une grève, quelle que soit sa taille, est synonyme de violence. Même si les grévistes ont une préférence morale pour les méthodes pacifiques, ils savent parfaitement que leur action causera des dégâts. Lorsque les employés du télégraphe font grève, ils sectionnent des câbles et scient des pylônes, tandis que les jaunes bousillent leurs instruments de travail parce qu’ils ne savent pas les utiliser. Les sidérurgistes s’affrontent physiquement aux briseurs de grève, cassent des carreaux, détraquent certains appareils de mesure, endommagent des laminoirs qui coûtent très cher et détruisent des tonnes de matières premières. Les mineurs endommagent des pistes et des ponts et font sauter des installations. S’il s’agit d’ouvriers ou d’ouvrières du textile, un incendie d’origine inconnue éclate, des pierres volent à travers une fenêtre apparemment inaccessible ou une brique est lancée sur la tête d’un patron. Quand les employés des tramways font grève, ils arrachent les rails ou élèvent des barricades sur les voies avec des charrettes ou des wagons retournés, des clôtures volées, des voitures incendiées. Lorsque les cheminots se mettent en colère, des moteurs « expirent », des locomotives folles démarrent sans conducteur, des chargements déraillent et des trains sont bloqués. S’il s’agit d’une grève du bâtiment, les travailleurs dynamitent des constructions. Et à chaque fois, des combats éclatent entre d’un côté les briseurs de grève et les jaunes et, de l’autre, les grévistes et leurs sympathisants, entre le Peuple et la Police.

Pour les patrons, une grève sera synonyme de projecteurs, de fil de fer barbelé, de palissades, de locaux de détention, de policiers et d’agents provocateurs, de kidnappings violents et d’expulsions. Ils inventeront tous les moyens possibles pour se protéger directement, sans compter l’ultime recours à la police, aux milices, aux brigades spéciales et aux troupes fédérales.

Tout le monde sait cela et sourit lorsque les responsables syndicaux protestent, affirmant que leurs organisations sont pacifiques et respectent les lois. Tout le monde est conscient qu’ils mentent. Les travailleurs savent que les grévistes utilisent la violence, à la fois ouvertement et clandestinement, et qu’ils n’ont pas d’autres moyens, s’ils ne veulent pas capituler immédiatement. Et la population ne confond pas les grévistes qui sont obligés de recourir à la violence avec les crapules destructrices qui les provoquent délibérément. Généralement, les gens comprennent que les grévistes agissent ainsi parce qu’ils sont poussés par la dure logique d’une situation qu’ils n’ont pas créée, mais qui les force à attaquer pour survivre, sinon ils seront obligés de tomber tout droit dans la misère jusqu’à ce que la mort les frappe, à l’hospice, dans les rues des grandes villes ou sur les berges boueuses d’une rivière. Telle est l’horrible situation devant laquelle se trouvent les ouvriers ; ce sont les êtres les plus humains — ils font un détour pour soigner un chien blessé, ou ramener chez eux un chiot et le nourrir, ou s’écartent d’un pas pour ne pas écraser un ver de terre — et ils recourent à la violence contre leurs congénères. Ils savent, parce que la réalité le leur a appris, que c’est l’unique façon de gagner, si tant est qu’ils puissent gagner quelque chose. « Vous n’avez qu’à mieux voter aux prochaines élections ! » affirment certains. Il m’a toujours semblé qu’il s’agit de l’une des réponses les plus ridicules qu’une personne puisse faire, lorsqu’un gréviste lui demande de l’aide face à une situation matérielle délicate, et alors que les élections auront lieu dans six mois, un an voire deux ans.

Malheureusement, ceux qui savent comment la violence est utilisée dans la guerre des syndicats contre les patrons ne prennent pas publiquement la parole pour dire : « Tel jour, à tel endroit, telle action spécifique a été entreprise ; telles et telles concessions ont été accordées à la suite de cette action ; tel patron a capitulé. » Agir ainsi mettrait en péril leur liberté et leur pouvoir de continuer le combat. C’est pourquoi ceux qui sont les mieux informés doivent se taire et ricaner discrètement en écoutant les ignorants pérorer. Pourtant seule la connaissance des faits peut éclaircir leur position.

Les adversaires de l’action directe

Ces dernières semaines, certains n’ont pas été avares de paroles creuses. Des orateurs et des journalistes, honnêtement convaincus de l’efficacité de l’action politique, persuadés qu’elle seule peut permettre aux ouvriers de remporter la bataille, ont dénoncé les dommages incalculables causés par ce qu’ils appellent l’action directe (ils veulent dire en fait la « violence conspiratrice » ).

Un certain Oscar Ameringer, par exemple, a récemment déclaré, lors d’un meeting à Chicago, que la bombe lancée à Haymarket Square en 1886 avait fait reculer le mouvement pour la journée de huit heures d’un quart de siècle. D’après lui, ce mouvement aurait été victorieux si la bombe n’avait pas été lancée. Ce monsieur commet une grave erreur.

Personne n’est capable de mesurer précisément l’effet positif ou négatif d’une action, à l’échelle de plusieurs mois ou de plusieurs années. Personne ne peut démontrer que la journée de huit heures aurait pu devenir obligatoire vingt-cinq ans auparavant.

Nous savons que les législateurs de l’Illinois ont voté une loi pour la journée de 8 heures en 1871 et que ce texte est resté lettre morte. On ne peut pas davantage démontrer que l’action directe des ouvriers aurait pu l’imposer. Quant à moi, je pense que des facteurs beaucoup plus puissants que la bombe de Haymarket ont joué un rôle.

D’un autre côté, si l’on croit que l’influence négative de la bombe a été si puissante, alors les conditions de travail et l’exercice des activités syndicales devraient être bien plus difficiles à Chicago que dans les villes où rien d’aussi grave ne s’est produit. Pourtant on constate le contraire. Même si les conditions des travailleurs y sont déplorables, elles sont bien moins mauvaises à Chicago que dans d’autres grandes villes, et le pouvoir des syndicats y est plus développé que dans n’importe quel autre endroit, excepté San Francisco. Si l’on veut donc absolument tirer des conclusions à propos des effets de la bombe de Haymarket, il faut tenir compte de ces faits avant d’avancer une hypothèse. En ce qui me concerne, je ne pense pas que cet événement ait joué un rôle important dans l’évolution du mouvement ouvrier.

Et il en sera de même avec la vigoureuse actuelle contre la violence. Rien n’a fondamentalement changé. Deux hommes ont été emprisonnés pour ce qu’ils ont fait (il y a vingt-quatre ans, leurs semblables ont été pendus pour des actes qu’ils n’avaient pas commis) et quelques autres seront peut-être incarcérés. Mais les forces de la Vie continueront à se révolter contre leurs chaînes économiques. Cette révolte ne faiblira pas, peu importe le parti qui remportera ou perdra les élections, jusqu’à ces chaînes soient brisées.

Comment pourrons-nous briser nos chaînes ?

Les partisans de l’action politique nous racontent que seule l’action électorale du parti de la classe ouvrière pourra atteindre un tel résultat ; une fois élus, ils entreront en possession des sources de la Vie et des moyens de production ; ceux qui aujourd’hui possèdent les forêts, les mines, les terres, les canaux, les usines, les entreprises et qui commandent aussi au pouvoir militaire à leur botte, en bref les exploiteurs, abdiqueront demain leur pouvoir sur le peuple dès le lendemain des élections qu’ils auront perdues.

Et en attendant ce jour béni ?

En attendant, soyez pacifiques, travaillez bien, obéissez aux lois, faites preuve de patience et menez une existence frugale (comme Madero le conseilla aux paysans mexicains après les avoir vendus à Wall Street).

Si certains d’entre vous sont privés de leurs droits civiques, ne vous révoltez même pas contre cette mesure, cela risquerait de « faire reculer le parti ».

Action politique et action directe

J’ai déjà dit que, parfois, l’action politique obtient quelques résultats positifs — et pas toujours sous la pression des partis ouvriers, d’ailleurs. Mais je suis absolument convaincue que les résultats positifs obtenus occasionnellement sont annulés par les résultats négatifs ; de même que je suis convaincue que, si l’action directe a parfois des conséquences négatives, celles-ci sont largement compensées par ses conséquences positives.

Presque toutes les lois originellement conçues pour le bénéfice des ouvriers sont devenues une arme entre les mains de leurs ennemis, ou bien sont restées lettre morte, sauf lorsque le prolétariat et ces organisations ont imposé directement leur application. En fin de compte, c’est toujours l’action directe qui a le rôle moteur. Prenons par exemple la loi antitrusts censée bénéficier au peuple en général et à la classe ouvrière en particulier. Il y environ deux semaines, 250 dirigeants syndicaux ont été cités en justice. La compagnie de chemins de fer Illinois Central les accusait en effet d’avoir formé un trust en déclenchant une grève !

Mais la foi aveugle en l’action indirecte, en l’action politique, a des conséquences bien plus graves : elle détruit tout sens de l’initiative, étouffe l’esprit de révolte individuelle, apprend aux gens à se reposer sur quelqu’un d’autre afin qu’il fasse pour eux ce qu’ils devraient faire eux-mêmes ; et enfin, elle fait passer pour naturelle une idée absurde : il faudrait encourager la passivité des masses jusqu’au jour où le parti ouvrier gagnera les élections ; alors, par la seule magie d’un vote majoritaire, cette passivité se transformera tout à coup en énergie. En d’autres termes, on veut nous faire croire que des gens qui ont perdu l’habitude de lutter pour eux-mêmes en tant qu’individus, qui ont accepté toutes les injustices en attendant que leur parti acquière la majorité ; que ces individus vont tout à coup se métamorphoser en véritables « bombes humaines », rien qu’en entassant leurs bulletins dans les urnes !

Les sources de la Vie, les richesses naturelles de la Terre, les outils nécessaires pour une production coopérative doivent devenir accessibles à tous. Le syndicalisme doit élargir et approfondir ses objectifs, sinon il disparaîtra ; et la logique de la situation forcera graduellement les syndicalistes à en prendre conscience. Les problèmes des ouvriers ne pourront jamais être résolus en tabassant des jaunes, tant que des cotisations élevées et d’autres restrictions limiteront les adhésions au syndicat et pousseront certains travailleurs à aider les patrons. Les syndicats se développeront moins en combattant pour des salaires plus élevés qu’en luttant pour une semaine de travail plus courte, ce qui permettra d’augmenter le nombre de leurs membres, d’accepter tous ceux qui veulent adhérer. Si les syndicats veulent gagner des batailles, tous les ouvriers doivent s’allier et agir ensemble, agir rapidement (sans en avertir les patrons à l’avance) et profiter de leur liberté d’agir ainsi à chaque fois. Et si, un jour, les syndicats regroupent tous les ouvriers, aucune conquête ne sera permanente, à moins qu’ils se mettent en grève pour tout obtenir — pas une augmentation de salaire, ni une amélioration secondaire, mais toutes les richesses de la nature — et qu’ils procèdent, dans la foulée, à l’expropriation directe et totale !

Le pouvoir des ouvriers ne réside pas dans la force de leur vote, mais dans leur capacité à paralyser la production. La majorité des électeurs ne sont pas des ouvriers. Ceux-ci travaillent à un endroit aujourd’hui, à un autre demain, ce qui empêche un grand nombre d’entre eux de voter ; un grand pourcentage des ouvriers dans ce pays sont des étrangers qui n’ont pas le droit de voter. Les dirigeants socialistes le savent parfaitement. La preuve ? Ils affadissent leur propagande sur tous les points afin de gagner le soutien de la classe capitaliste, du moins des petits entrepreneurs. Selon la presse socialiste, des spéculateurs de Wall Street assurent qu’ils sont prêts à acheter des actions de Los Angeles à un administrateur socialiste aussi bien qu’à un administrateur capitaliste. Les journaux socialistes prétendent que l’administration actuelle de Milwaukee a créé une situation économique très favorable aux petits investisseurs ; leurs articles publicitaires conseillent aux habitants de cette ville de se rendre chez Dupont ou Durand sur Milwaukee Avenue, qui les servira aussi bien qu’un grand magasin dépendant d’une grosse chaîne commerciale. En clair, parce que nos socialistes savent qu’ils ne pourront pas obtenir une majorité sans les voix de cette classe sociale, ils essaient désespérément de gagner le soutien (et de prolonger la vie) de la petite-bourgeoisie que l’économie socialiste fera disparaître.

Au mieux, un parti ouvrier pourrait, en admettant que ses députés restent honnêtes, former un solide groupe parlementaire qui conclurait des alliances ponctuelles avec tel ou tel autre groupe afin d’obtenir quelques mini-réformes politiques ou économiques.

Mais lorsque la classe ouvrière sera regroupée dans une seule grande organisation syndicale, elle pourra montrer à la classe possédante, en cessant brusquement le travail dans toutes les entreprises, que toute la structure sociale repose sur le prolétariat ; que les biens des patrons n’ont aucune valeur sans l’activité des travailleurs ; que des protestations comme les grèves sont inhérentes à ce système fondé sur la propriété privée et qu’elles se reproduiront tant qu’il ne sera pas aboli. Et, après l’avoir montré dans les faits, les ouvriers exproprieront tous les possédants.

« Mais le pouvoir militaire, objectera le partisan de l’action politique, nous devons d’abord obtenir le pouvoir politique, sinon on utilisera l’armée contre nous ! »

Contre une véritable grève générale, l’armée ne peut rien. Oh, bien sûr, si vous avez un socialiste dans le genre d’Aristide Briand au pouvoir, il sera prêt à déclarer que les ouvriers sont tous des « serviteurs de l’État » et à essayer de les faire travailler contre leurs propres intérêts. Mais contre le solide mur d’une masse d’ouvriers immobiles, même un Briand se cassera les dents.

En attendant, tant que la classe ouvrière internationale ne se réveillera pas, la guerre sociale se poursuivra, malgré toutes les déclarations hystériques de tous ces individus bien intentionnés qui ne comprennent pas que les nécessités de la Vie puissent s’exprimer ; malgré la peur de tous ces dirigeants timorés ; malgré toutes les revanches que prendront les réactionnaires ; malgré tous les bénéfices matériels que les politiciens retirent d’une telle situation. Cette guerre de classe se poursuivra parce que la Vie crie son besoin d’exister, qu’elle étouffe dans le carcan de la Propriété, et qu’elle ne se soumet pas.

Et que la Vie ne se soumettra pas.

Cette lutte durera tant que l’humanité ne se libérera pas elle-même pour chanter l’Hymne à l’Homme de Swinburne :

« Gloire à l’Homme dans ses plus beaux exploits, 

Car il est le maître de toutes choses. »

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Lectures complémentaires:

Louise-Michel_De-la-commune-a-la-pratique-anarchiste

Un-autre-regard-anarchiste-sur-la-vie-avec-emma-goldman

Rudolph Rocker_Anarchie de la theorie a la pratique

Ecrits-choisis-anarchistes-sebastien-faure-mai-2018

Manifeste pour la Société des Sociétés

Dieu et lEtat_Bakounine

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

Manifeste contre le travail

Un monde sans argent: le communisme

Bakounine_et_letat_marxiste_Leval

La Morale Anarchiste de Kropotkine)

Les_amis_du_peuple_révolution_française

petit_precis_sur_la_societe_et_letat

Appel au Socialisme Gustav Landauer

Une trilogie des femmes anarchistes: Emma Goldman, Louise Michel et Voltairine de Cleyre, textes choisis en format PDF 2/3

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Résistance 71

 

25 juin 2018

 

Après le pdf de quelques textes d’Emma Goldman, Jo de JBL1960 nous  a compilé quelques textes essentiels de Louise Michel en un tout aussi remarquable pdf que nous vous livrons ici:

Louise-Michel_De-la-commune-a-la-pratique-anarchiste

 

Nous terminerions la trilogie avec quelques textes essentiels de Voltairine de Cleyre, militante anarchiste américaine de la fin XIXène et début XXème siècles.