Archive pour dégradation sociale france

Gilets Jaunes, grévistes et peuple en lutte… Réfléchissons sur l’ordre et le désordre et agissons en conséquence !

Posted in actualité, autogestion, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société des sociétés, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 21 janvier 2020 by Résistance 71

 


le penseur… Gaulois réfractaire

 

 

État, anarchie, ordre et désordre

 

Pierre Kropotkine

 

Source: Encyclopédie Anarchiste (1934)

 

De quel ordre s’agit-il ? Est-ce de l’harmonie que nous rêvons, nous, les anarchistes? De l’harmonie qui s’établira librement dans les relations humaines, lorsque l’humanité cessera d’être divisée en deux classes, dont l’une est sacrifiée au profit de l’autre? De l’harmonie qui surgira spontanément de la solidarité des intérêts, lorsque tous les hommes formeront une seule et même famille, lorsque chacun travaillera pour le bien-être de tous et tous pour le bien-être de chacun? Evidemment, non! Ceux qui reprochent à l’Anarchie d’être la négation de l’Ordre, ne parlent pas de cette harmonie de l’avenir ; ils parlent de l’ordre tel qu’on le conçoit dans notre société actuelle. Voyons donc ce qu’est cet « Ordre » que l’Anarchie veut détruire.

L’Ordre, aujourd’hui, ce qu’ils entendent par « l’Ordre », c’est les neuf dixièmes de l’humanité travaillant pour procurer le luxe, les jouissances, la satisfaction des passions les plus exécrables à une poignée de fainéants. L’Ordre, c’est la privation, pour ces neuf dixièmes, de tout ce qui est la condition nécessaire d’une vie hygiénique, d’un développement rationnel des qualités intellectuelles. Réduire les neuf dixièmes de l’humanité à l’état de bêtes de somme vivant au jour le jour, sans jamais oser penser aux jouissances procurées à l’homme par l’étude des sciences, par la création artistique, voilà « l’Ordre! ».

« L’Ordre » c’est la misère, la famine devenue l’état normal de la société. C’est le paysan irlandais mourant de faim ; c’est le peuple d’Italie réduit à abandonner sa campagne luxuriante, pour rôder à travers l’Europe en cherchant un tunnel quelconque à creuser, où il risquera de se faire écraser, après avoir subsisté quelques mois de plus. C’est la terre enlevée au paysan pour l’élève du bétail ou du gibier qui servira à nourrir les riches, c’est la terre laissée en friche plutôt que d’être restituée à celui qui ne demande pas mieux que de la cultiver.

L’Ordre, c’est la femme qui se vend pour nourrir ses enfants ; c’est l’enfant réduit à être enfermé dans une fabrique ou à mourir d’inanition. C’est le fantôme de l’ouvrier insurgé aux portes du riche, le fantôme du peuple insurgé aux portes des gouvernants.

L’Ordre, c’est une minorité infime élevée dans les chaires gouvernementales, qui s’impose pour cette raison à la majorité et qui dresse ses enfants pour occuper plus tard les mêmes fonctions, afin de maintenir les mêmes privilèges par la ruse, la corruption, la force, le massacre.

L’Ordre, c’est la Guerre continuelle d’homme à homme, de métier à métier, de classe à classe, de nation à nation. C’est le canon qui ne cesse de gronder, c’est la dévastation des campagnes, le sacrifice des générations entières sur les champs de bataille, la destruction en une année des richesses accumulées par des siècles de dur labeur.

L’Ordre, c’est la servitude, l’enchaînement de la Pensée, l’avilissement de la race humaine, main­ tenue par le fer et par le fouet. C’est la mort soudaine par le grisou, la mort lente par l’enfouissement de milliers de mineurs déchirés ou enterrés chaque année par la cupidité des patrons et pourchassés à la baïonnette, dès qu’ils osent se plaindre. Voilà « l’Ordre! » 

Et le désordre, ce qu’ils appellent le désordre : C’est le soulèvement du peuple contre cet ordre ignoble, brisant ses fers, détruisant ses entraves et marchant vers un avenir meilleur. C’est ce que l’humanité a de plus glorieux dans son histoire : c’est la révolte de la pensée à la veille des révolutions ; c’est le renversement des hypothèses sanctionnées par l’immobilité des siècles précédents ; c’est l’éclosion de tout un flot d’idées nouvelles, d’inventions audacieuses, c’est la solution des problèmes de la science.

Le désordre, c’est l’abolition de l’esclavage antique, c’est l’insurrection des communes, l’abolition du servage féodal, les tentatives d’abolition du servage économique.

Le désordre, c’est l’insurrection des paysans soulevés contre les prêtres et les seigneurs, brûlant les  châteaux pour faire place aux chaumières, sortant de leurs tanières pour prendre leur place au soleil.

Le désordre – ce qu’ils nomment le désordre – ce sont les époques pendant lesquelles des générations entières supportent une lutte incessante et se sacrifient pour préparer à l’humanité une meilleure existence, en la débarrassant des servitudes du passé. Ce sont les époques pendant lesquelles le génie populaire prend son libre essor et fait, en quelques années, des pas gigantesques, sans lesquels l’homme serait resté à l’état d’esclave antique, d’être rampant, de brute avilie dans la misère.

Le désordre, c’est l’éclosion des plus belles passions et des plus grands dévouements, c’est l’épopée du suprême amour de l’humanité! 

= = =

Pierre Kropotkine sur Résistance 71

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


Veuillez laissez l’État dans les WC…
où vous l’avez trouvé en entrant !

 


Gilets Jaunes… par Cernunnos !…

Réflexion sur la (r)évolution… « Anarchisme et Organisation » avec Rudolph Rocker (version PDF)

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“Qu’est-ce que l’État ? C’est le signe achevé de la division dans la société, en tant qu’il est l’organe séparé du pouvoir politique: la société est désormais divisée entre ceux qui exercent le pouvoir et ceux qui le subissent. La société n’est plus un. Nous indivisé, une totalité une, mais un corps morcelé, un être social hétérogène… »
~ Pierre Clastres ~

 

Résistance 71

 

20 janvier 2020

 

Ci-dessous, le pdf « Anarchisme et Organisation » de Rudolph Rocker publié en 1919, sur une mise en page toujours aussi excellente de Jo. certaines choses ont un peu vieilli, mais ce document fournit toujours de solides bases pour une organisation solidaire hors structure étatique et marchande.

Nous devons intégrer à notre réalité qu’il n’y a pas de solution au sein du système et qu’il ne saurait y en avoir et qu’en conséquence, la seule solution viable pour la société humaine est celle de la société des sociétés, de l’organisation organique par les associations libres et l’entraide, que nous savons être un facteur primordial de l’évolution.

Il ne s’agit donc pas ici de changer de système par la REVOLUTION mais bel et bien par l’EVOLUTION. Telle est la voie.

Rudolph_Rocker_Anarchisme_et_Organisation
Version PDF

“Là où cesse l’État, c’est là que commence l’Homme, celui qui n’est pas superflu : là commence le chant de ce qui est nécessaire, la mélodie unique et irremplaçable. Là où cesse l’État — regardez donc mes frères ! Ne les voyez-vous pas, l’arc-en-ciel et les ponts du surhumain ?”
~ Friedrich Nietzsche, “De la nouvelle idole” ~

“Un ethnologue français, Pierre Clastres, a émis, pour les sociétés humaines en général, l’hypothèse que la tendance normale dans un groupe est la résistance collective aux excès du pouvoir. Dans une société encore peu complexe, les notables doivent s’attacher leurs obligés en redistribuant en permanence les richesses qu’ils réussissent à grand peine à accumuler. Dans une société guerrière où le prestige est lié aux prouesses de combat, les grands guerriers doivent remettre sans cesse leur titre en jeu, jusqu’au jour où ils finissent par être éliminés.
L’émergence de sociétés inégalitaires ne serait donc pas la norme, mais l’exception et le résultat d’un dysfonctionnment de ces mécanismes de contrôle. Finalement, l’inégalité ne serait pas naturelle…”
~ Jean-Paul Demoule, archéologue, ancien directeur de l’INRAP, 2012 ~

“La relation politique de pouvoir précède et fonde la relation économique d’exploitation. Avant d’être économique, l’aliénation est politique, le pouvoir est avant le travail, l’économique est une dérive du politique, l’émergence de l’État détermine l’apparition des classes.”
~ Pierre Clastres, directeur de recherche en anthropologie politique au CNRS, 1974 ~

 


A bas L’État, la marchandise, l’argent et le salariat !

Gilets Jaunes et Assemblée de la Commune des Communes les 18-19 janvier 2020 Commercy (Meuse)

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Veuillez laisser l’État…
dans les WC où vous l’avez trouvé en entrant !

 

Résistance 71

 

11 janvier 2020

 

Les 18 et 19 janvier prochains se tiendra à Commercy dans la Meuse la première rencontre nationale des communes libres et des initiatives municipalistes.

Ci-dessous le programme et infos de contact en format PDF.

Allons-y nombreux ! Cette initiative est le début du grand remplacement… de la machine étatique inique par la conscience associée du peuple uni en confédération des Communes Libres, agissant pour et par le peuple dans le seul souci du bien commun.

Le programme de l’Assemblée des Communes Libres:
Commune_des_Communes_rencontre_Commercy_18-19_janvier_2020

 

Qu’on se le dise !…
A bas l’État, à bas la marchandise, à bas le salariat !

 

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

Texte d’inspiration pour 2020 : Le discours de Stockholm Albert Camus (Nobel littérature 1957)

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Nous avions gardé sous le coude et commencerons l’année 2020 avec ce texte, l’enjeu le mérite très certainement. Il s’agit ici d’un des discours sans aucun doute les plus profonds et plus poignants du XXème siècle, celui que fit Albert Camus lors de la cérémonie de remise de son prix Nobel de littérature en 1957 à Stockholm.
2020 s’annonce être une année puissante pour toutes les luttes politiques et sociales dans le monde à commencer par la France, terre nourricière de toutes les Communes. Puisse ce texte toujours éclairer la voie de la justice réelle au gré d’une abnégation sans faille et d’une austérité créatrice. 
Albert Camus écrivit dans le journal clandestin de la résistance « Combat » créé en 1941 et en fut le rédacteur en chef entre 1944 et 1947. Il se rangea aux côtés du CNR et fut déchiré par le destin de son pays natal, l’Algérie. Albert Camus est un homme de la complémentarité , qui chercha toujours à tenter de gommer les antagonismes lorsque c’était possible. En cela mais pas que, il demeure un homme de l’universel dont la pensée ne peut qu’accompagner le grand mouvement politico-social en marche depuis novembre 2018, pour que surgisse enfin, la société des sociétés, unie dans sa complémentarité achevée.
La bande audio du discours de Camus lors de la cérémonie de son prix Nobel est sous le texte… Si cela ne vous donne pas la chair de poule, on ne sait pas ce qui le fera…

~ Résistance 71 ~

 

“On peut dire qu’il n’y a pas encore eu de révolution dans l’histoire, il ne peut y en avoir qu’une qui serait une révolution définitive. Le mouvement qui semble achever la boucle en entame déjà une nouvelle à l’instant même où le gouvernement se constitue. Les anarchistes, Varlet en tête, ont bien vu que gouvernement et révolution sont incompatibles au sens direct. Il implique contradiction, dit Proudhon, que le gouvernement puisse être jamais révolutionnaire et cela pour la raison toute simple qu’il est gouvernement.’  […] S’il y avait une seule fois révolution, en effet, il n’y aurait plus d’histoire. Il y aurait unité heureuse et mort rassasiée.“
~ Albert Camus ~

 

Discours de Stockholm (Prix Nobel de Littérature)

 

Albert Camus

 

10 décembre 1957

 

En recevant la distinction dont votre libre Académie a bien voulu m’honorer, ma gratitude était d’autant plus profonde que je mesurais à quel point cette récompense dépassait mes mérites personnels. Tout homme et, à plus forte raison, tout artiste, désire être reconnu. Je le désire aussi. Mais il ne m’a pas été possible d’apprendre votre décision sans comparer son retentissement à ce que je suis réellement. Comment un homme presque jeune, riche de ses seuls doutes et d’une œuvre encore en chantier, habitué à vivre dans la solitude du travail ou dans les retraites de l’amitié, n’aurait-il pas appris avec une sorte de panique un arrêt qui le portait d’un coup, seul et réduit à lui-même, au centre d’une lumière crue ? De quel cœur aussi pouvait-il recevoir cet honneur à l’heure où, en Europe, d’autres écrivains, parmi les plus grands, sont réduits au silence, et dans le temps même où sa terre natale connaît un malheur incessant ? 

J’ai connu ce désarroi et ce trouble intérieur. Pour retrouver la paix, il m’a fallu, en somme, me mettre en règle avec un sort trop généreux. Et, puisque je ne pouvais m’égaler à lui en m’appuyant sur mes seuls mérites, je n’ai rien trouvé d’autre pour m’aider que ce qui m’a soutenu, dans les circonstances les plus contraires, tout au long de ma vie : l’idée que je me fais de mon art et du rôle de l’écrivain. Permettez seulement que, dans un sentiment de reconnaissance et d’amitié, je vous dise, aussi simplement que je le pourrai, quelle est cette idée. Je ne puis vivre personnellement sans mon art. Mais je n’ai jamais placé cet art au-dessus de tout. 

S’il m’est nécessaire au contraire, c’est qu’il ne se sépare de personne et me permet de vivre, tel que je suis, au niveau de tous. L’art n’est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d’émouvoir le plus grand nombre d’hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes. Il oblige donc l’artiste à ne pas s’isoler; il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle. Et celui qui, souvent, a choisi son destin d’artiste parce qu’il se sentait différent apprend bien vite qu’il ne nourrira son art, et sa différence, qu’en avouant sa ressemblance avec tous. L’artiste se forge dans cet aller-retour perpétuel de lui aux autres, à mi-chemin de la beauté dont il ne peut se passer et de la communauté à laquelle il ne peut s’arracher. C’est pourquoi les vrais artistes ne méprisent rien; ils s’obligent à comprendre au lieu de juger. Et, s’ils ont un parti à prendre en ce monde, ce ne peut être que celui d’une société où, selon le grand mot de Nietzsche, ne régnera plus le juge, mais le créateur, qu’il soit travailleur ou intellectuel.

Le rôle de l’écrivain, du même coup, ne se sépare pas de devoirs difficiles. Par définition, il ne peut se mettre aujourd’hui au service de ceux qui font l’histoire : il est au service de ceux qui la subissent. Ou, sinon, le voici seul et privé de son art. Toutes les armées de la tyrannie avec leurs millions d’hommes ne l’enlèveront pas à la solitude, même et surtout s’il consent à prendre leur pas. Mais le silence d’un prisonnier inconnu, abandonné aux humiliations à l’autre bout du monde, suffit à retirer l’écrivain de l’exil, chaque fois, du moins, qu’il parvient, au milieu des privilèges de la liberté, à ne pas oublier ce silence et à le faire retentir par les moyens de l’art. 

Aucun de nous n’est assez grand pour une pareille vocation. Mais, dans toutes les circonstances de sa vie, obscur ou provisoirement célèbre, jeté dans les fers de la tyrannie ou libre pour un temps de s’exprimer, l’écrivain peut retrouver le sentiment d’une communauté vivante qui le justifiera, à la seule condition qu’il accepte, autant qu’il peut, les deux charges qui font la grandeur de son métier : le service de la vérité et celui de la liberté. Puisque sa vocation est de réunir le plus grand nombre d’hommes possible, elle ne peut s’accommoder du mensonge et de la servitude qui, là où ils règnent, font proliférer les solitudes. Quelles que soient nos infirmités personnelles, la noblesse de notre métier s’enracinera toujours dans deux engagements difficiles à maintenir- le refus de mentir sur ce que l’on sait et la résistance à l’oppression.

Pendant plus de vingt ans d’une histoire démentielle, perdu sans secours, comme tous les hommes de mon âge, dans les convulsions du temps, j’ai été soutenu ainsi par le sentiment obscur qu’écrire était aujourd’hui un honneur, parce que cet acte obligeait, et obligeait à ne pas écrire seulement. Il m’obligeait particulièrement à porter, tel que j’étais et selon mes forces, avec tous ceux qui vivaient la même histoire, le malheur et l’espérance que nous partagions. Ces hommes, nés au début de la Première Guerre mondiale, qui ont eu vingt ans au moment où s’installaient à la fois le pouvoir hitlérien et les premiers procès révolutionnaires, qui ont été confrontés ensuite, pour parfaire leur éducation, à la guerre d’Espagne, à la Seconde Guerre mondiale, à l’univers concentrationnaire, à l’Europe de la torture et des prisons, doivent aujourd’hui élever leurs fils et leurs œuvres dans un monde menacé de destruction nucléaire. Personne, je suppose, ne peut leur demander d’être optimistes. Et je suis même d’avis que nous devons comprendre, sans cesser de lutter contre eux, l’erreur de ceux qui, par une surenchère de désespoir, ont revendiqué le droit au déshonneur, et se sont rués dans les nihilismes de l’époque. Mais il reste que la plupart d’entre nous, dans mon pays et en Europe, ont refusé ce nihilisme et se sont mis à la recherche d’une légitimité. Il leur a fallu se forger un art de vivre par temps de catastrophe, pour naître une seconde fois, et lutter ensuite, à visage découvert, contre l’instinct de mort à l’œuvre dans notre histoire.

Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. Héritière d’une histoire corrompue où se mêlent les révolutions déchues, les techniques devenues folles, les dieux morts et les idéologies exténuées, où de médiocres pouvoirs peuvent aujourd’hui tout détruire mais ne savent plus convaincre, où l’intelligence s’est abaissée jusqu’à se faire la servante de la haine et de l’oppression, cette génération a dû, en elle-même et autour d’elle, restaurer à partir de ses seules négations un peu de ce qui fait la dignité de vivre et de mourir. Devant un monde menacé de désintégration, où nos grands inquisiteurs risquent d’établir pour toujours les royaumes de la mort, elle sait qu’elle devrait, dans une sorte de course folle contre la montre, restaurer entre les nations une paix qui ne soit pas celle de la servitude, réconcilier à nouveau travail et culture, et refaire avec tous les hommes une arche d’alliance. Il n’est pas sûr qu’elle puisse jamais accomplir cette tâche immense, mais il est sûr que, partout dans le monde, elle tient déjà son double pari de vérité et de liberté, et, à l’occasion, sait mourir sans haine pour lui. C’est elle qui mérite d’être saluée et encouragée partout où elle se trouve, et surtout là où elle se sacrifie. C’est sur elle, en tout cas, que, certain de votre accord profond, je voudrais reporter l’honneur que vous venez de me faire. 

Du même coup, après avoir dit la noblesse du métier d’écrire, j’aurais remis l’écrivain à sa vraie place, n’ayant d’autres titres que ceux qu’il partage avec ses compagnons de lutte, vulnérable mais entêté, injuste et passionné de justice, construisant son œuvre sans honte ni orgueil à la vue de tous, toujours partagé entre la douleur et la beauté, et voué enfin à tirer de son être double les créations qu’il essaie obstinément d’édifier dans le mouvement destructeur de l’histoire. 

Qui après cela attendre de lui des solutions toutes faites et de belles morales ? La vérité est mystérieuse, fuyante, toujours à conquérir. La liberté est dangereuse, dure à vivre autant qu’exaltante . Nous devons marcher vers ces deux buts, péniblement, mais résolument, certains d’avance de nos défaillances sur un si long chemin. Quel écrivain dès lors oserait, dans la bonne conscience, se faire prêcheur de vertu ? Quant à moi, il me faut dire une fois de plus que je ne suis rien de tout cela. Je n’ai jamais pu renoncer à la lumière, au bonheur d’être, à la vie libre où j’ai grandi. 

Mais bien que cette nostalgie explique beaucoup de mes erreurs et de mes fautes, elle m’a aidé sans doute à mieux comprendre mon métier, elle m’aide encore à tenir auprès de tous ces hommes silencieux qui ne supportent dans le monde la vie qui leur est faite que par le souvenir ou le retour de brefs et libres bonheurs. Ramené ainsi à ce que je suis réellement, à mes limites, à mes dettes, comme à ma foi difficile, je me sens plus libre de vous montrer pour finir, l’étendue et la générosité de la distinction que vous venez de m’accorder, plus libre de vous dire aussi que je voudrais la recevoir comme un hommage à toux ceux qui, partageant le même combat n’en ont reçu aucun privilège, mais ont connu au contraire malheur et persécution. Il me restera alors à vous en remercier, du fond du cœur, et à vous faire publiquement, en témoignage personnel de gratitude, la même et ancienne promesse de fidélité que chaque artiste vrai, chaque jour, se fait à lui-même, dans le silence.

= = =

Discours de Camus Stockholm 1957 (audio) :

 

 

 

Vœux (r)évolutionnaires 2020

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 1 janvier 2020 by Résistance 71

 

 

Résistance 71

 

1er janvier 2020

 

2019 a vu le mouvement des Gilets Jaunes, né le 17 novembre 2018, s’amplifier puis se métamorphoser en mouvement de résistance autonome au fur et à mesure de la prise de conscience collective des participants et sympathisants.

Il ne fait plus aucun doute aujourd’hui que le mouvement des Gilets jaunes, unique dans sa longévité, est un mouvement issu de la “tripe communarde” dormant en chacun d’entre nous, un mouvement de révolte et de conscience populaire certes encore confus, mais émanant du tréfond d’un peuple forgé à l’enclume de la lutte sociale depuis des siècles. Il a échappé à toutes les tentatives de récupération, d’enfermement dans la nasse réformiste et résiste après plus d’un an à une répression sans précédent de la part des gardes-chiourme du système que sont les forces de “l’ordre républicain”, véritables milices et bras armé du système de pouvoir coercitif et banquier, utilisant sans cesse une force démesurée pour casser le moral de la « canaille ». Une fois de plus, que devons-nous vraiment attendre d’un pouvoir coercitif du maintien de la division inhérente à ce système étatico-capitaliste ? De la compréhension ? De la compassion agrémentée de fleurs ?… Ou plutôt de la schlague et du cachot ? L’histoire est sans équivoque à ce propos et elle se perpétue sans défaut.

Historiquement parlant, la faiblesse avérée et visible du système essoufflé, nous ouvre une fenêtre sans précédent pour le mettre à bas. Le tout sera de saisir cette opportunité dans les mois qui viennent, pour mener à bien des missions plus larges que les manif’ et mouvements de rues ayant émaillés l’année 2019, utiles mais aujourd’hui devant être dépassés. Le mouvement de grève actuel doit plus se généraliser, devenir également sauvage, échapper impérativement aux contrôles des centrales syndicales foies jaunes qui bouffent au râtelier de l’État et du Capital depuis leur abandon tacite de la lutte révolutionnaire post 1945, pour suivre la voie du réformisme en échange de miettes pour la base et de privilèges pour leur hiérarchie corrompue…

La grève pour être efficace doit être générale et illimitée certes, mais aussi expropriatrice, c’est à dire que les travailleurs doivent prendre le contrôle de la machine de production et la mettre au service de toutes et tous dans un vaste format d’associations libres de producteurs et de consommateurs selon la formule d’”à chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins”, remettant directement en cause hiérarchie, institutions, marchandise, argent et salariat et fonctionnant de manière décentralisée, les décisions étant prises par les producteurs et les consommateurs, de manière concertée et hors rapport marchand. Là réside l’essence de la vie sociale universelle indivisée !

Notre problème n’est pas Macron et son gouvernement, qui ne sont que les dernières marionnettes en date du système étatico-capitaliste de contrôle pour la France, ne faisant que parachever un boulot de destruction entreprit il y a déjà des décennies, entreprit de fait dès la naissance de la capacité spéculatrice de l’échange, qui à terme phagocyte tout. Notre problème est l’ensemble de ce système, celui de la division maintenue en place par un pouvoir qui ne saurait être que coercitif (représenté par l’État et sa machine coercitive) et ayant favorisé à terme, la domination de la division spéculativement enrichie par  une marchandise phagocytant pas à pas sa contre-partie politique.

Il devient de plus en plus évident pour toujours plus de monde qu’il est impossible de trouver une solution quelconque dans ce système qui est intrinsèquement corrompu de par les fondements même de sa mise en place.

Nous devons en sortir. Nous devons reprendre le contrôle de nos vies. Nous devons retrouver la joie de vivre et non plus la grotesque satisfaction de juste survivre. Nous devons lâcher prise de notre peur de l’inconnu, de notre propension à accepter ce qui nous est imposé par une soi-disante “élite” nous imposant ce qu’elle pense être bien pour nous et l’ensemble de la société ; comme cette division sans cesse accrue de la société qui ne fait que nous monter les uns contre les autres au gré de quelque sujet pathétique que ce soit, pendant que la fine équipe habituelle continue à sa barrer avec la caisse et à nous opprimer, nous exploiter sans plus aucune retenue ni artifice. Il faut que nous lâchions prise de l’illusion de notre sécurité et de notre “liberté” et que nous entrions dans une ère de solidarité, d’union partant des quartiers et des lieux de travail et rayonnant sur l’extérieur pour que fleurissent les associations libres, ferment solide des communes émancipées qui seront l’ossature de la société de demain, de cette société des sociétés ayant lâché prise des antagonismes induits, ayant réintroduit l’entraide, la compassion et le service à l’autre dans un grand maelström de complémentarité dans notre diversité.

2020 a tout le potentiel pour voir naître les premiers pas de cette nouvelle société des sociétés, évolution plus que révolution sociales de l’être reprenant ses droits sur l’avoir marchand obsolète et mortifère, réifiant et détruisant tout sur son passage. Nous nous approchons de grands moment décisifs pour la suite des évènements, mais pour en saisir tout le potentiel et le réaliser dans notre pratique politique commune quotidienne, nous devons comprendre une fois pour toute qu’il n’y a pas de solution au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir. Nous devons sortir du cercle vicieux des révolutions futiles remettant encore et encore en selle le même système de contrôle, pour prendre une tangente salvatrice: celle de l’évolution vers l’équilibre naturel des choses qui ne peut passer que par la redissolution du pouvoir dans le corps social et la mise en place d’une société non hiérarchique et non coercitive satisfaisant aux besoins de toutes et de tous selon la capacité de chacun.

Puisse 2020 en être l’aube tant attendue et le mouvement des Gilets Jaunes en être le vecteur pratique ! C’est de fait à nous et à personne d’autre d’en décider ! Qui ose gagne !

Merci à toutes et à tous de votre fidélité.
Meilleurs vœux (r)évolutionnaires !

Collectif Résistance 71

 

Une curiosité de l’époque Thatcher: « Vive la révolution » une aventure de Tintin (1989)

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Résistance 71

 

31 décembre 2019

 

Voici le dernier PDF que nous publierons en 2019 : une curiosité en bien des points en directe provenance de l’Angleterre de la fin des années Thatcher. Publié en 1989 sous le titre « Breaking Free » qu’on peut traduire par « S’évader » dans le sens de « Se libérer », l’album fut traduit et publié en français en 2010 sous le tire de « Vive la révolution ! » Il reprend les personnages principaux des célèbres aventures de Tintin, les plaçant dans un contexte de révolution sociale en Angleterre. 30 ans plus tard, dans le contexte des Gilets Jaunes et du mouvement de grève qui devra s’étendre de manière sauvage s’il veut triompher, il conserve une certaine pertinence, en faisant abstraction de certains poncifs du genre.
Cet album n’est bien entendu pas une « recette » pour la révolution sociale, mais il donne quelques conseils pertinents d’organisation locale contre les institutions et pour le mieux-vivre ensemble dans la lutte organisée hors système… L’analyse faite des syndicats est particulièrement réaliste et savoureuse.

On pourra du reste s’amuser à reconnaître certains personnages et les replacer dans le contexte des albums de la célèbre série.
L’Angleterre des années 80, c’est le royaume des casses sociales thatchériennes, des briseurs de grèves, du dépeçage des acquis sociaux britanniques au seul profit de l’argent et de la marchandise régnant.
La Grande-Bretagne thatchérienne (1979-1990) peut se résumer en quelques citations de cette « dame de fer » soutenue par la City de Londres et dont le fils, au sus de la mère, trempera dans nombre de scandales d’état impliquant des ventes d’armes et des rétro-commissions, sale business habituel de la caste du pouvoir coercitif, qui a le sang de millions de personnes sur les mains…

« C’est un combat pour les fondations même de l’ordre social, c’est une croisade non pas pour simplement freiner le socialisme, mais pour mettre un terme une fois pour toute à sa marche en avant. »
~ Margaret Thatcher, octobre 1976 ~

« Mon boulot est de stopper la Grande-Bretagne de devenir rouge ! »
~ Margaret Thatcher, novembre 1977 ~

Voici ce qui est écrit en exergue de l’album:

« Cet ouvrage peut être librement reproduit entièrement ou en parties par n’importe quel groupe anarchiste, mais le copyright protège l’œuvre originale de toute récupération commerciale pour que crève enfin le capitalisme. Ce livre est régulièrement réédité, il ne s’agit donc pas d’une pièce de collection ou d’une rareté. Ne payez pas plus de 8 euros pour ce livre. Sinon, volez-le ! »

Bonne lecture de ce dernier PDF 2019 !…

 


Cliquez sur la couverture pour le pdf gratuit

 

 


illimitée et expropriatrice !

Infos sur les manifs du 28 décembre… « Pas de trêve jusqu’au retrait ! »

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 27 décembre 2019 by Résistance 71


A bas l’État ! A bas la marchandise ! A bas le salariat !

 

Manifestations du samedi 28 décembre : pas de trêve jusqu’au retrait !

 

Paris-Luttes Info

 

Décembre 2019

 

source:

https://paris-luttes.info/manifestation-samedi-28-pas-de-13177?lang=fr

 

Pour terminer en beauté cette première semaine de fêtes sans trêve, les fédérations syndicales de plusieurs secteurs mobilisés appellent à une forte journée d’actions et de mobilisation samedi 28 décembre. Une manifestation aura notamment lieu à Paris.

Période des fêtes de fin d’année : pas de trêve jusqu’au retrait !

Appel de Solidaires RATP, SUD Rail, SUD éducation, SUD urbains/interurbains :

Depuis le 5 décembre, un mouvement d’opposition massif contre le projet de réforme des retraites Macron-Delevoye s’est construit. Nos secteurs — la SNCF, la RATP et les transports urbains, l’éducation — sont apparus aux yeux des usager·ère·s comme les secteurs en pointe dans la mobilisation, ou du moins ceux dans lesquels les effets de la grève se sont fait le plus sentir. Un nombre important de personnels dans nos secteurs sont en grève reconductible depuis le 5 décembre, et nos organisations appellent l’ensemble des personnels à renforcer celle-ci. C’est le gouvernement qui, en refusant d’abandonner ce projet rejeté par la majorité de la population, est responsable du blocage.

Nous réaffirmons que ce mouvement n’est pas corporatiste et qu’il ne s’agit pas de défendre nos supposés « privilèges ». En nous mobilisant, ce sont les droits de toutes et tous que nous défendons : mis à part une minorité composée des plus riches — les vrais « privilégiés », c’est bien l’ensemble de la population qui va y perdre, en termes d’âge de départ à la retraite comme en termes de niveau de pensions. Les récentes déclarations du Premier ministre comme les annonces faites dans nos secteurs par nos ministres de tutelle n’y changent d’ailleurs rien : c’est bien le retrait du projet Macron-Delevoye qui est un préalable pour nous.

La période des fêtes de fin d’année approche. C’est l’occasion pour le gouvernement de mettre la pression sur les secteurs en grève reconductible, en brandissant l’exigence d’une « trêve de Noël » pour diviser la population. Cela ne marche pas, et ne rend pas le projet du gouvernement plus populaire. Pour nos organisations, il ne saurait y avoir de trêve de Noël. Nous le réaffirmons avec force : « pas de trêve jusqu’au retrait ! ».

Pendant les deux semaines qui viennent, l’ensemble des personnels de l’éducation nationale seront en vacances. Diverses actions seront prévues pendant cette période dans un cadre interprofessionnel, bien souvent liées à la grève à la SNCF ou à la RATP. Ces actions vont prendre diverses formes : actions de blocages divers et variés, actions de péages gratuits dès le week-end du 21 décembre, réveillons dans les gares, actions de tractage, AG interprofessionnelles, manifestations.

Le 28 décembre sera une journée de forte mobilisation et actions interprofessionnelles sur tout le territoire.

Nos organisations appellent :

  • tou·te·s à renforcer la grève et sa reconduction jusqu’au retrait 
  • — les personnels de nos secteurs à faire du lien localement et à organiser concrètement leur convergence à travers des initiatives communes (réunions, tractages, initiatives publiques, actions et manifestations diverses) 
  • — l’ensemble des personnels de l’éducation à participer pendant leur congé, sur le lieu d’habitation ou sur leur lieu de vacances, aux actions et initiatives prévues 
  • — l’ensemble de la population à venir soutenir les grévistes sous diverses formes, en participant aux diverses initiatives et aux caisses de solidarité

D’autres appels pour cette journée sur Démosphère.

À Paris, RDV samedi 28 décembre 13h à gare du Nord, en direction de Châtelet (lieux et parcours à confirmer).

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie