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Nouvel Ordre Mondial: JP Morgan (Rockefeller) demande plus d’autoritarisme aux gouvernements européens…

Posté dans actualité, économie, crise mondiale, guerres hégémoniques, ingérence et etats-unis, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , le juin 20, 2013 par Résistance 71

Pour ceux qui en doutaient encore: Les banksters, l’économique, ont phagocyté le politique depuis belle lurette. Leurs diktats sont suivis à la lettre par les larbins de la politique. Croire encore que voter c’est pouvoir changer quoi que ce soit n’est même plus de la naïveté mais quasiment de la complicité de crimes contre l’humanité !

La banque JP Morgan Chase est la résultante de la fusion des intérêts financiers des familles Morgan et Rockefeller, gérés par les Rockefellers… Ces mêmes ordures étaient déjà derrière le financement de la révolution russe de 1917 avec Lénine et Trotski, d’Hitler, puis de Staline et de Mao.

Ces mêmes criminels monopolistes imposent maintenant les états policiers partout pour vérouiller la grille de surveillance de leur gouvernance mondiale tant souhaitée par les sbires tels Attali and Co…

A un moment donné, il faudra bien que les peuples se réveillent et reprennent les commandes, sans intermédiaire !..

– Résistance 71 –

 

JP Morgan réclame des régimes autoritaires en Europe

 

Stefan Steinberg

 

20 Juin 2013

 

url de l’article:


http://www.cameroonvoice.com/news/news.rcv?id=11326

 

Dans un document publié à la fin du mois de mai, le géant des banques d’investissement américain JPMorgan Chase réclame l’abrogation des constitutions démocratiques bourgeoises établies après la Seconde Guerre mondiale dans une série de pays européens et la mise en place de régimes autoritaires.

Le document de 16 pages a été réalisé par le groupe Europe Economic Research de JPMorgan et est intitulé « L’ajustement de la zone euro – bilan à mi-parcours. » Le document commence par faire remarquer que la crise de la zone euro a deux dimensions.

Pour commencer, il affirme que des mesures financières sont nécessaires pour garantir que les principales institutions d’investissement comme JPMorgan puissent continuer à engranger d’énormes bénéfices de leurs activités spéculatives en Europe. Ensuite, les auteurs soutiennent qu’il est nécessaire d’imposer des « réformes politiques » destinées à supprimer l’opposition aux mesures d’austérité massivement impopulaires qui sont appliquées au nom des banques.

Le rapport exprime sa satisfaction vis à vis de l’application par l’Union européenne d’un certain nombre de mécanismes financiers visant à garantir les intérêts bancaires. A cet égard, l’étude souligne que la réforme de la zone euro en est pratiquement à mi-chemin. Mais le rapport réclame aussi davantage d’action de la part de la Banque centrale européenne (BCE).

Depuis l’éruption de la crise financière mondiale de 2008, la BCE débloque des milliers de milliards d’euros en faveur des banques pour leur permettre d’effacer leurs créances douteuses et de redémarrer une nouvelle série de spéculations. En dépit d’une pression grandissante venant des marchés financiers, le chef de la BCE, Mario Draghi a déclaré l’été dernier qu’il ferait le nécessaire pour consolider les banques.

En ce qui concerne les analystes de JPMorgan, ceci n’est cependant pas suffisant. Ils exigent de la part de la BCE une « réponse plus spectaculaire » à la crise.

Les critiques les plus dures du document sont cependant formulées à l’égard des gouvernements nationaux qui ont mis bien trop de temps à appliquer le genre de mesures autoritaires nécessaires à l’imposition de l’austérité. Le processus d’une telle « réforme politique » précise l’étude, a « même à peine commencé. »

Vers la fin du document, les auteurs expliquent ce qu’ils entendent par « réforme politique. » Ils écrivent : « Au début de la crise l’on avait pensé que ces problèmes nationaux hérités du passé étaient en grande partie d’ordre économique, » mais « il est devenu manifeste qu’il y a des problèmes politiques profondément enracinés dans la périphérie qui, à notre avis, doivent être changés si l’Union monétaire européenne (UME) est censée fonctionner à long terme. »

Le document détaille ensuite les problèmes existant dans les systèmes politiques des pays de la périphérie de l’Union européenne – la Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Italie – qui sont au centre de la crise de l’endettement en Europe.

Les auteurs écrivent: « Les systèmes politiques de la périphérie ont été établis après une dictature et ont été définis par cette expérience-là. Les constitutions ont tendance à montrer une forte influence socialiste, reflétant la force politique que les partis de gauche ont acquise après la défaite du fascisme. »

« Les systèmes politiques autour de la périphérie affichent de manière typique les caractéristiques suivantes : des dirigeants faibles ; des Etats centraux faibles par rapport aux régions ; une protection constitutionnelle des droits des travailleurs ; des systèmes recherchant le consensus et qui encouragent le clientélisme politique ; et le droit de protester si des modifications peu appréciées sont apportées au statu quo politique. Les lacunes de cet héritage politique ont été révélées par la crise. » Quelles que soient les inexactitudes historiques contenues dans leur analyse, il ne peut y avoir l’ombre d’un doute que les auteurs du rapport de JPMorgan plaident pour que les gouvernements adoptent des pouvoirs de type dictatorial afin de mener à bien le processus de contre-révolution sociale qui est déjà bien avancé à travers toute l’Europe.

En réalité, il n’y avait rien de véritablement socialiste dans les constitutions établies durant la période d’après-guerre partout en Europe. De telles constitutions visaient à garantir le régime bourgeois dans une situation où le système capitaliste et ses agents politiques avaient été totalement compromis par les crimes des régimes fascistes et dictatoriaux.

Les constitutions des Etats européens, y compris celles de l’Italie, de l’Espagne, de la Grèce et du Portugal, ont été élaborées et appliquées en collaboration avec les partis socialistes et communistes des pays respectifs et qui ont joué le rôle clé dans la démobilisation de la classe ouvrière pour permettre à la bourgeoisie de maintenir son régime.

Dans le même temps cependant les classes dirigeantes discréditées de l’Europe étaient parfaitement conscientes que la Révolution russe demeurait une inspiration pour de nombreux travailleurs. Elles se sont senties obligées de faire une série de concessions à la classe ouvrière dans le but d’empêcher une révolution – sous la forme précisément de protections sociales et constitutionnelles, dont le droit de manifester, ce que JPMorgan aimerait à présent voir aboli.

Dans une certaine mesure, les critiques de la banque à l’égard du manque d’autoritarisme des gouvernements européens sonnent creux. Partout en Europe, les gouvernements ont à maintes reprises recouru ces dernières années à des mesures d’Etat policier pour réprimer l’opposition à l’encontre de leur politique.

En France, en Espagne et en Grèce, des décrets d’urgence et l’armée ont été utilisés pour briser des grèves. La constitution adoptée en Grèce en 1975, après la chute de la dictature des colonels, n’a pas empêché le gouvernement grec de licencier en masse des fonctionnaires. Et dans un certain nombre de pays européens, les partis dirigeants sont en train d’encourager le développement de partis néofascistes tel le mouvement Aube dorée en Grèce.

Toutefois, pour JPMorgan cela ne suffit pas. Afin d’éviter une révolution sociale dans la période à venir, ses analystes préviennent qu’il est indispensable que les gouvernements capitalistes partout en Europe se préparent aussi vite que possible à mettre en place des formes de régime dictatoriales.

A la fin du document, les auteurs avancent une série de scénarios qui, selon eux, pourraient découler de l’échec des gouvernements européens à ériger des systèmes autoritaires. Ces variantes comprennent : « 1) l’effondrement de plusieurs gouvernements favorables aux réformes en Europe méridionale, 2) un effondrement du soutien à l’euro ou à l’UE, 3) une victoire électorale incontestée de partis anti-européens radicaux quelque part dans la région, ou 4) l’ingouvernabilité de fait de certains Etats membres une fois que les coûts sociaux (notamment le chômage) dépasseront un certain seuil. »

C’est la voix authentique du capital financier qui parle. Il faut rappeler que JPMorgan est profondément impliqué dans les opérations spéculatives qui ont dévasté la vie de centaines de millions de travailleurs partout dans le monde. En mars de cette année, une commission du sénat américain a rendu public un rapport de 300 pages documentant les pratiques criminelles et la fraude réalisées par JPMorgan, la plus grande banque des Etats-Unis et le plus grand agent de produits dérivés du monde. En dépit des révélations détaillées dans le rapport, aucune action ne sera prise à l’encontre du PDG de la banque, Jamie Dimon, qui jouit de la confiance personnelle du président américain.

Cette même banque se permet à présent de faire la leçon aux gouvernements. Soixante-dix ans après la prise de pouvoir par Hitler et les nazis en Allemagne, dont les conséquences furent catastrophiques pour l’Europe et le monde, JPMorgan est le premier à réclamer des mesures autoritaires pour réprimer la classe ouvrière et éradiquer ses acquis sociaux.

Autisme syndical: Lutte des classes ?… Quésaco ?…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société libertaire, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , le juin 19, 2013 par Résistance 71

Excellente analyse succinte et directe sur la relation État, forces actives du travail, syndicats et entreprises. Le constat est simple: les syndicats foie jaune ne sont plus là pour lutter, mais pour arrondir les angles de façon à profiter des mannes et privilèges offerts aux moutons serviles.

Arrêtons cette mascarade ! Il est plus que temps de reprendre le chemin de la conscience politique. Question simple: Où est l’intérêt commun et qui s’en occupe ? Qui en a même encore simplement conscience ?…

– Résistance 71 –

 

La société que nous préparent le MEDEF et la CFDT

 

Pierre Bance

 

19 Juin 2013

 

url de l’article:


http://www.autrefutur.net/La-societe-que-nous-preparent-le

 

La loi du 14 juin 2013 sur la sécurisation de l’emploi a été validée pour l’essentiel par le Conseil constitutionnel. La loi est une reprise, sans modification majeure, de l’accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013. Signé entre le patronat d’un côté, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC de l’autre, cet accord, pour scélérat qu’il soit, ne tombe pas du ciel. Il s’inscrit dans une longue marche visant à réformer le droit du travail pour l’adapter aux contraintes d’une économie mondialisée.

Le droit du travail est le reflet de la lutte des classes. Quand les travailleurs avancent l’État et le patronat concèdent des améliorations aux conditions de travail. Quand ils reculent, parce que les conditions économiques sont peu favorables et les syndicats peu combatifs, les employeurs reprennent ce qu’ils avaient lâché.

Jusqu’en 1981, globalement, le droit du travail s’était amélioré, fruit d’un siècle de luttes ouvrières. Avec l’arrivée au pouvoir des socialistes, et dans un contexte de « crises » économiques, les choses vont changer. En la personne de la CFDT, patronat et sociaux-libéraux vont trouver un partenaire syndical qui accepte de collaborer pour construire un autre modèle de société qui n’est pas sans rappeler les systèmes corporatistes ou, si l’on veut être moderne, une version possible de projet libertarien. Patronat et syndicats réformistes adaptent le droit du travail à ce qu’ils considèrent comme les impératifs de l’économie de marché mondialisée, sous le regard bienveillant de l’État maintenu à ses strictes fonctions régaliennes : faire respecter l’ordre social par sa justice, et encore le moins possible ; par la force, si besoin.

C’est la thèse développée par Pierre Bance dans l’article ci-dessous, version actualisée de celle parue dans Le Monde libertaire, n° 1707 du 23 au 29 mai 2013.

À l’origine, l’État se construit par la force, Dieu la légitime, le droit la sert. Celui qui possède les moyens de la contrainte physique impose son État par la violence pour son profit. Celui qui possède la puissance financière achète la violence qui lui permettra de contrôler l’État pour étendre son pouvoir et grossir son capital [1]. L’inégalité et l’injustice entre les tenants du pouvoir, les forts, les riches, leurs protégés et ceux qui les subissent, les exploités, les faibles, les pauvres se révélèrent, au cours des siècles, de plus en plus insupportables avec le progrès des sciences et des techniques, avec les idées nouvelles. Les plus intelligents des exploiteurs comprirent qu’il fallait donner une autre légitimité au pouvoir d’État que la désignation divine. 
Á partir de la Révolution française, se construisit la démocratie inspirée de l’enseignement des philosophes des Lumières. Les révolutionnaires de 1789 décrétèrent que la légitimité du gouvernement de l’État ne viendrait plus de la violence expropriatrice des chefs barbares, du Dieu des rois et empereurs. Elle viendra du peuple. On entrait dans la modernité. La nouvelle puissance politique et économique, la bourgeoisie, conçut en moins d’un siècle cette merveille de l’exploitation paisible qu’est la démocratie parlementaire qu’Alain Badiou appelle le capitalo-parlementarisme [2]. Elle permet à la classe dominante de conserver la propriété des moyens de production et de contrôler le pouvoir tout en laissant croire à une égalité entre tous les citoyens. Le principe électoral est la base de cette illusion. Chacun imagine avoir sa part dans la conduite du pays alors que, quel que soit le gouvernement, l’État joue un rôle régulateur au profit de la propriété ; il veille à ce que certains exploiteurs n’aillent pas trop loin pour éviter des désordres ; il anticipe ou répond à la grogne des exploités pour désamorcer leur révolte. Le droit du travail, agissant sur la relation primaire du capitalisme, l’exploitation du travailleur salarié [3], le plus dangereux pour l’ordre établi, est l’exemple approprié pour comprendre l’enjeu et le mécanisme de la régulation démocratique.

Le droit du travail accessoire du droit des affaires

Quand les travailleurs sont en situation de force, l’État oblige le capital, s’il ne le comprend pas lui-même, à leur concéder des droits ou des avantages ; quand les travailleurs sont en situation de faiblesse, l’État laisse les exploiteurs les leur reprendre ou les limiter. Ce mouvement alternatif est inhérent à la lutte des classes et s’articule avec les fluctuations de l’économie. Quand cette dernière est en expansion, le patronat est disposé à partager pour éviter la confrontation sociale et si celle-ci se produit, il cède. Quand elle est en récession, du fait des dysfonctionnements de sa propre machine, le capital est prompt à inverser la tendance, invoquant la nécessité de réformer pour le bien commun, de restreindre dans l’intérêt général, de faire preuve de réalisme pour revenir à la prospérité.

En 1945, et les années qui suivent, la classe ouvrière, aguerrie dans la Résistance, bien organisée dans ses syndicats, est en mesure de mener une révolution, au moins une insurrection. Pour éviter l’une ou l’autre, l’État lui concède des droits importants : institution des comités d’entreprise et relance des délégués du personnel, statut « avantageux » des salariés des entreprises nationalisées, installation de la sécurité sociale et participation des syndicats à sa gestion, nouvelle loi sur les conventions collectives renforçant le rôle des syndicats par la représentativité, etc.

On pourrait aussi prendre pour exemple l’après-Mai 68 avec la loi sur les délégués syndicaux et la section syndicale d’entreprise, la mensualisation, le développement de la formation professionnelle, la loi de 1973 sur la cause réelle et sérieuse du licenciement, etc.

Á chaque situation comparable, l’État fait ainsi d’une pierre deux coups : en améliorant le sort des salariés, il désamorce la contestation tout en renforçant son emprise sur les organisations ouvrières enserrées dans un filet juridique les contraignant à collaborer au système d’exploitation.

Après la victoire socialiste de 1981, les lois Auroux de 1982, du nom du ministre du travail Jean Auroux, accordent de nouveaux droits non négligeables sur la représentation du personnel, la négociation collective, la durée du travail, la limitation des contrats à durée déterminée et du recours à l’intérim… Dans la foulée sont aussi votées la retraite à 60 ans et la cinquième semaine de congés payés. Mais, parallèlement, ces lois promeuvent des idées consensuelles telles que la « démocratie économique », les travailleurs « citoyens de l’entreprise », l’« entreprise citoyenne » qui préparent, perfidement, la déconstruction du droit du travail. Avant même le « tournant de la rigueur » de 1983, la première pierre en est posée par la loi du 13 novembre 1982 qui permet aux accords d’entreprise de déroger, en moins favorable, à des dispositions législatives et réglementaires lorsque lesdites dispositions l’autorisent. Les socialistes et la fraction éclairée du patronat s’étaient entendus pour, d’un côté, accorder des droits indispensables à la crédibilité des premiers, de l’autre, pour moderniser le droit du travail dans le sens voulu par la mondialisation de l’économie [4]. Le virus d’une remise en cause radicale de cent ans d’avancées sociales était instillé par une gauche phagocytée par les sociaux-chrétiens venus de la Confédération française démocratique du travail (CFDT).

Les choses se dégradent au long des années. La précarité de l’emploi pénètre le droit du travail par de multiples fissures légales et conventionnelles dont les plus significatives furent les lois Aubry de juin 1998 et janvier 2000 sur les 35 heures hebdomadaires, échangeant une réduction de la durée du travail contre sa flexibilité et la modération salariale ; cette réduction qui n’était pas une revendication première, fut un mauvais deal dont les salariés ne perçurent pas le vice sur le coup [5]. De retour au pouvoir en 2002, la droite pouvait parfaire le travail et accentuer le repli des droits des travailleurs. Notamment, les lois Fillon du 4 mai 2004 et Sarkozy-Fillon du 20 août 2008 étendent les cas où les accords d’entreprise peuvent déroger à la loi et leur permettent de contenir des dispositions moins favorables que la convention de branche. Pris dans un complexe jeu politique, les syndicats ne bougent pas voire encouragent le repli comme la CFDT approuvant la réforme scélérate des retraites en 2003 ce qui lui vaudra de perdre quelques dizaines de milliers d’adhérents [6]. Le programme de la gauche en 2012 n’a pas à son ordre du jour d’améliorations des droits sociaux. Tout occupé à leur faire accepter les fermetures d’entreprises, le gouvernement socialiste abandonne les travailleurs en rase campagne invoquant une énième crise plutôt que leur impuissance devant les multinationales. Pendant ce temps, la droite se droitise, l’extrême-droite prospère, les organisations syndicales sont bâillonnées par leurs bureaucraties politiciennes, surtout… s’affaiblit la conscience de classe. Le capitalisme oblige les ouvriers au recul : ils acceptent le développement de la flexibilité et de la précarisation, ils concèdent des retours en arrière sur les salaires, la durée du travail, la productivité, sous la menace de fermeture, de chantage aux délocalisations. L’État accompagne le mouvement et le prolonge avec la législation nécessaire en allongeant l’âge des départs en retraite et la durée de cotisation, en diminuant l’indemnisation du chômage comme les remboursements de l’assurance maladie. Les travailleurs fragilisés, menacés ne négocient plus le maintien de l’emploi mais les conditions de sa suppression quelquefois après des luttes dures, souvent désespérées.

L’ANI, comme une résurgence corporatiste

Désormais, la négociation sociale intègre la logique patronale des fatalités économiques telles les contraintes de la compétitivité internationale et la nécessité de délocaliser donc, l’impérative obligation de licencier. L’œuvre dévastatrice s’accélère avec l’accord national interprofessionnel (ANI) sur la compétitivité et la sécurisation de l’emploi du 11 janvier 2013 signé entre le Medef, la Confédération générale des petites et moyennes entreprises et l’Union professionnelle artisanale d’un côté, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC, de l’autre ; accord entériné, sans modification majeure, par la loi du 14 juin 2013 relative à la sécurisation de l’emploi [7]. Objet d’un recours de parlementaires UMP pour non-conformité à la Constitution de certaines de ses dispositions, la loi a été validée par le Conseil constitutionnel [8]. Après cette validation, le ministre du Travail, Michel Sapin, a déclaré : « la loi sur la sécurisation de l’emploi fera date dans l’histoire de nos relations sociales, elle contribuera à renforcer notre compétitivité et donc l’emploi en France, tout en s’inscrivant dans la filiation des lois améliorant les droits de salariés » [9]. Oui, Monsieur le ministre socialiste, elle fera date, mais non pour ce que vous dites…

Ce texte était initialement intitulé : projet de loi pour un « nouveau modèle économique et social au service de la compétitivité des entreprises et de la sécurisation de l’emploi ». La sobriété nouvelle de son titre n’en a pas modifié le contenu [10]. Reste la quadrature du cercle : être au service de la compétitivité des entreprises en préservant l’emploi des travailleurs. Reste ce qui paraît le plus probable : construire un nouveau modèle économique et social. D’inspiration néo-libérale, celui-ci tend à remettre l’élaboration de la norme aux partenaires sociaux, de préférence au niveau de l’entreprise qui serait le mieux adapté. La mission régulatrice de l’État est circonscrite au minimum, avec la tentation de limiter son rôle à homologuer ce qui a été négocié, sa justice se chargeant seulement de le garantir. Ainsi, voit-on que la crise, selon un schéma éprouvé, sert l’adaptation du capital aux nouvelles données économiques. S’agissant du droit social, base juridique de l’exploitation, un système, à visée quasi libertarienne, se met en place ; il repose sur trois principaux piliers :

  • Cogestion de la précarisation. L’entreprise doit être gérée par l’employeur avec des syndicats qui adhèrent à cette idée folle de préserver l’emploi en le précarisant [11]. Les accords signés dérogeront de plus en plus largement à la loi et se soustrairont de plus en plus à l’appréciation du juge déclaré incompétent en matière économique, voire hostile au marché. Renaît le mythe du juge rouge.
  • Fait majoritaire. Les accords signés par des syndicats représentant une majorité de salariés, voire moins, s’imposeront à tous les salariés lesquels ne pourront plus opposer les clauses plus favorables de leur contrat de travail et seront légitimement licenciés s’ils rejettent les dispositions conventionnelles [12]. Peut-être, à l’avenir, pourront-ils ne pas être licenciés mais considérés comme démissionnaires au nom de leur liberté individuelle.
  • Privatisation de la protection sociale. Petit à petit le patronat reprend en main la gestion et le contrôle de la protection sociale avec pour objectif de la privatiser ne laissant qu’une sécurité sociale résiduelle, une aide médicale pour ceux qui n’ont rien.

Les ambivalences et les évolutions du droit social se prolongent dans le domaine de la santé, il faut avoir une population bien portante pour bien produire ; de l’éducation qui doit former des corps professionnels compétents et dociles si possible ; du logement pour parquer le bétail salariés ; des transports et des infrastructures dont l’objet principal est de faciliter la circulation des marchandises et l’acheminement de la main-d’œuvre. Entre la rapacité du capital contrariée par ses obligations économiques, sa volonté d’appropriation du commun par la privatisation et la volonté de la population d’améliorer sa vie quotidienne s’établit, au mieux, un consensus qui maintient en place la société capitaliste, et que l’on voudrait provisoire, au pire, une collaboration de classes qui concourt à son adaptation voire à sa transformation. Ce dilemme hante le syndicalisme depuis ses origines mais c’est sa face la plus noire qu’il nous présente aujourd’hui.

Pour que l’on se libère de ces dominations économiques, juridiques et idéologiques, il faut que les syndiqués de la CFDT empêchent la poursuite de la rédaction, par leur centrale et le Medef, de la nouvelle Charte du travail, modèle pour une société corporatiste. Le veulent-ils ? Il faut que les syndiqués de la CGT jettent par-dessus bord cette absurdité de « syndicalisme rassemblé » vide de sens, pour revenir au syndicalisme de lutte des classes, au syndicalisme révolutionnaire. Le peuvent-ils ? Seuls les travailleurs organisés sont en mesure de stopper la fuite en avant de l’alliance du patronat et des sociaux-libéraux, de subvertir la passivité des bureaucraties syndicales par la grève générale.

Texte libre de droits avec mention de l’auteur : Pierre Bance, et de la source : Autrefutur.net, espace d’échanges ouvert à toutes les composantes anti-autoritaires, autogestionnaires et libertaires du mouvement ouvrier et révolutionnaire (www.autrefutur.net).

[1] Pour Norbert Elias, l’État se construit par la force incarnée dans l’armée, la violence légitime, et par la levée des impôts, un racket légitime (La Dynamique de l’Occident [1977], Calmann-Lévy, « Pocket, Agora », 2003, 320 pages).

[2] Pour une lecture militante d’Alain Badiou, voir Pierre Bance, « Badiou cerné par l’anarchisme », Un Autre futur, 2 février 2012 (
http://www.autrefutur.net/Badiou-ce…
).

[3] Il convient d’ajouter aux travailleurs salariés, les faux indépendants, tous ces travailleurs aux frontières du salariat.

[4] Martine Aubry, alors jeunes conseillère de Jean Auroux, faisait-elle déjà le relai avec le grand patronat chrétien ?

[5] Pour un constat critique, Paul Bouffartigue, Temps de travail et temps de vie. Les nouveaux visages de la disponibilité temporelle, Paris, Presses universitaires de France, « Le travail humain », 2012, 232 pages, voir notamment les pages 64 et suivantes.

[6] Pour Michel Noblecourt dans Le Monde du 20 novembre 2012, les départs dépassèrent les 80 000.

[7] Loi n° 2013-504 du 14 juin 2013, Journal officiel du 16 juin 2013, page 9958. Lors du dernier scrutin à l’Assemblée nationale, le 24 avril, ont voté pour le Parti socialiste, les radicaux de gauche et les centristes ; contre le Front de gauche, quatre socialistes et deux UMP ; se sont abstenus l’UMP, les écologistes et seize socialistes. C’est évidemment par pure inhibition politicienne que la droite n’a pas voté pour.

[8] Décision du Conseil constitutionnel n° 2013-672 DC du 13 juin 2013, Journal officiel du 16 juin 2013, page 9976. Le Conseil constitutionnel a cependant censuré la disposition permettant d’imposer, par une convention de branche, un ou plusieurs organismes chargés d’assurer la couverture complémentaire de tous les salariés de la branche estimant, comme les sénateurs et députés UMP, qu’elle méconnaissait « la liberté contractuelle et la liberté d’entreprendre ».

[9] Communiqué de presse du ministère du Travail du 13 juin 2013 (
http://travail-emploi.gouv.fr/actua…
).

[10] Sans pouvoir entrer, ici, dans le détail de multiples dispositifs, rappelons quelques points forts du de la loi issu de l’accord : – Mise en place – a minima – d’une mutuelle pour tous les salariés. – Le plan de sauvegarde de l’emploi (plan social assorti de licenciements collectifs) devra faire l’objet d’un accord signé par les syndicats représentant la majorité des salariés à défaut, d’une homologation du plan de l’employeur par l’administration du travail. – Un accord majoritaire pourra proposer une réduction de salaire ou un aménagement du temps de travail contre un maintien dans l’emploi pour une durée maximale de deux ans. En cas de refus individuel, le salarié fera l’objet d’un licenciement économique. – Un accord signé par les syndicats représentant 30 % des salariés pourra autoriser l’employeur à mettre en place une mobilité obligatoire professionnelle ou géographique. Là aussi, en cas de refus, le salarié fera l’objet d’un licenciement économique. Pour un résumé de l’ANI voir La Nouvelle Vie ouvrière du 25 janvier 2013, page 26 ; pour une étude de la loi voir le dossier de La Nouvelle Vie ouvrière du 31 mai 2013, page 19, illustré par Babouse, les titres de chapitre de ce dossier sont éloquents : – Des accords de chantage à l’emploi. – Les salariés contraints à la mobilité. – Temps partiel, une durée minimale mais des dérogations à foison. – L’accès à la justice entravée pour les salariés. – Des contreparties bien modestes pour les salariés. – Les institutions représentatives du personnel fragilisées. – Licenciement, un nouveau plan de sauvegarde de l’emploi.

[11] Employeur qui n’est souvent, même dans les petites et moyennes entreprises, que le gérant d’une multinationale lointaine, d’un fonds spéculatif mystérieux.

[12] Le résultat des élections de représentativité donnant, au niveau national, une majorité à la triplette CFDT-CFTC-CGC, 44,73 %, contre 42,71 % à la CGT et FO qui ne pourront faire opposition à l’ANI, est une heureuse surprise pour le camp de la collaboration (Voir le site du Ministère du travail :
http://travail-emploi.gouv.fr/espac…
).

Société contre l’État: Albert Camus l’anarchiste…

Posté dans actualité, politique et social, philosophie, politique française, militantisme alternatif, altermondialisme, autogestion, société libertaire, résistance politique, pédagogie libération avec des tags , , , , , , , , , , , , le juin 16, 2013 par Résistance 71

"Les anarchistes, Varlet en tête, ont bien vu que le gouvernement et la révolution sont incompatibles au sens direct. ‘cela implique la contradiction, disait Proudhon, que le gouvernement puisse être jamais révolutionnaire et cela pour la raison toute simple qu’il est gouvernement."

"Il est certain d’ailleurs que la capacité révolutionnaire des masses ouvrières a été freinée par la décapitation de la révolution libertaire, pendant et après la Commune de Paris. Après tout le marxisme a dominé facilement le mouvement ouvrier à partir de 1872, à cause sans doute de sa grandeur propre, mais aussi parce que la seule tradition socialiste qui pouvait lui tenir tête a été noyée dans le sang ; il n’y avait pratiquement pas de marxistes dans les insurgés de 1871… Quand on guillotine l’élite révolutionnaire et qu’on laisse vivre Talleyrand, qui s’opposerait à Bonaparte ?"

– Albert Camus, "L’homme révolté", 1951 –

*  *  *

Camus le libertaire et non pas "libertarien", qui représente un dogme capitaliste ultra-libéral, issu de l’école d’économie de Vienne, financée par les Rockefeller. Camus le libertaire et non pas le nihiliste, alors que certains tendent actuellement à volontairement amalgamer l’anarchisme ou communisme libertaire et nihilisme, bien sûr à des fins de confusion politique et d’entretien de la "peur". 

L’Idée libertaire d’une société égalitaire, libre, autogérée et non-coercitive refait surface très vite dans ces temps troublés et à juste titre car la société libertaire, anarchiste, représentant l’ordre moins l’État et les institutions dans sa phase d’autogestion populaire et confédérée, est la seule solution viable à terme pour l’humanité.

– Résistance 71 –

 

Albert Camus le libertaire

Albert Camus et la pensée libertaire

 

Le Monde Libertaire été 1996

 

url de l’article:


http://www.increvables-anarchistes.org/articles/date/1945-1967/albert-camus-le-libertaire

 

Voilà un sujet d’étude que lycéens et étudiants ont peu de chance de se voir proposer. 
Quant aux professionnels de la critique, qu’elle soit littéraire ou philosophique, ce n’est pas sous cet angle qu’ils abordent Camus. On lit Albert Camus, mais on le lit souvent mal. 
Est-ce que sa pensée dérangerait ? Pour les uns, c’est l’écrivain de l’absurde, pour les autres un moraliste bien pensant dissertant sur la révolte sans souci d’efficacité (critique de gauche pour simplifier) ou un adversaire du communisme (essai de récupération de droite). Ces diverses approches, par leur côté réducteur, sont autant de négations d’une pensée de l’équilibre entre justice et liberté, absurdité et révolte, homme et société, vie et mort.

De Bab-el-Oued au prix Nobel

Rien ne prédisposait Camus à obtenir le prix Nobel de littérature. Né en 1913, dans une famille pauvre, il perd son père en 1916, tué à la bataille de la Marne. Elevé par sa mère qui fait des ménages et ne sait pas lire, il est remarqué par son instituteur qui le présente à l’examen des bourses du secondaire. Bachelier, mais aussi footballeur et membre d’une troupe théâtrale, Camus, atteint de tuberculose, ne peut se présenter à l’agrégation de philosophie. 
Qu’importe ! Camus se lance dans l’aventure journalistique avec Pascal Pia. C’est Alger républicain où Camus se fait remarquer par des enquêtes qui dénotent sa volonté de justice et son souci de ne pas renier ses origines. Parallèlement, Camus commence à écrire et à publier L’Envers et l’endroit en 1937, Noces en 1939, L’Étranger et Le Mythe de Sisyphe en 1942. Commence alors l’aventure de la résistance dans le réseau de résistance " Combat. " Il fait partie de la rédaction de Combat clandestin. A la Libération de Paris en 1944, première diffusion libre du journal Combat dont Camus est rédacteur en chef… et qu’il quittera en 1947 quand ce journal perdra sa liberté de parole. Il publie La Peste en 1947 et L’Homme révolté en 1950.
L’actualité algérienne ne le laisse pas indifférent et comme il avait tenté d’alerter l’opinion métropolitaine lors du soulèvement de Sétif en 1945, il le fait au début de la guerre d’Algérie sans résultat, le processus étant trop avancé. En 1957, l’Académie suédoise lui décerne le prix Nobel. 
Ont eu encore le temps de paraître La Chute en 1956, Réllexions sur la guillotine en 1957 avant que Camus ne trouve la mort dans un accident de voiture le 4 janvier 1960. 
Quarante-sept ans d’une vie bien remplie !

De l’absurde à la révolte

Le thème de l’absurde est au centre de trois œuvres de Camus : L’Étranger, Caligula et enfin Le Mythe de Sisyphe, essai dont l’ambition est de nous faire réfléchir sur notre condition d’homme. 
Cette réflexion, devant la découverte de toute raison profonde de vivre, débouche sur le sentiment de l’absurde. Camus pose alors la question du suicide. Mais c’est pour l’écarter, car le suicide n’est pas seulement la constatation de l’absurde, mais son acceptation. Il écarte également la foi religieuse, les métaphysiques de consolation et nous propose la révolte, seule capable de donner à l’humanité sa véritable dimension, car elle ne fait dépendre notre condition que d’une lutte sans cesse renouvelée. L’absurde n’est pas supprimé, mais perpétuellement repoussé : " La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir le coeur d’un homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux ". 
"L’Homme révolté ", il s’agit là de l’ouvrage majeur de Camus et ce n’est pas un hasard s’il a provoqué tant de remous lors de sa publication. Il ne s’agit pas d’approfondir cette œuvre dans le cadre de cet article, mais simplement d’en dégager quelques éléments essentiels. 
Après avoir analysé La révolte métaphysique, révolte absolue, à travers Sade, Nietzche, Stirner, les surréalistes, Camus en vient à la suite logique, la révolte historique. De Marx au stalinisme, il met à jours les mécanismes qui transforment la révolution en césarisme. il met en cause le dogmatisme et le caractère prophétique de la pensée de Marx aggravée par la pensée léniniste qui instaure l’efficacité comme valeur suprême. Tout est prêt pour que la dictature provisoire se prolonge. 
C’est la terreur rationnelle. La révolution a tué la révolte. 
N’y a-t-il pas d’issue pour Camus ? Camus répond sous le titre La pensée de midi :" Les pensées révoltées, celle de la Commune ou du syndicalisme révolutionnaire, n’ont cessé de nier le nihilisme bourgeois comme le socialisme césarien." 
- " Gouvernement et révolution sont incompatibles en sens direct, car tout gouvernement trouve sa plénitude dans le fait d’exister, accaparant les principes plutôt que de les détruire, tuant les hommes pour assurer la continuité du Césarisme. " 
- " Le jour précisément, où la révolution césarienne a triomphé de l’esprit syndicaliste et libertaire, la pensée révolutionnaire a perdu, en elle-même, un contre poids dont elle ne peut sans déchoir, se priver. " 
Ces quelques citations aux accents proudhonniens, montrent que Camus a choisi sa voie et font comprendre l’accueil hostile réservé à L’Homme révolté par les intellectuels de gauche en pleine guerre froide. Marionnettes du communisme international et volontiers donneur de leçons, ils se déchaînèrent. Peu nombreux, à part les libertaires, furent les défenseurs de Camus à cette occasion.

Convergence entre Camus et les libertaires

On peut multiplier les exemples des interventions de Camus aux côtés des libertaires. Dans le procès contre Maurice Laisant, antimilitariste des " Forces libres de la paix " du meetings et manifestations organisés par les libertaires contre les procès et la répression en Espagne, ainsi que contre le socialisme " césarien " des pays de l’Est, contre la répression de Berlin-Est en 1953, celle des émeutes de Poznan en 1956 et celle de Budapest la même année. Quelques articles d’Albert Camus paraissent dans le Libertaire, puis dans le Monde Libertaire. Il est également très proche des syndicalistes révolutionnaires de la Révolution prolétarienne avec qui il fonda "Les groupes de liaison internationale", pour aider les victimes du stalinisme et du franquisme.
Enfin, quand Louis Lecoin lance en 1958 sa campagne pour l’obtention d’un statut des objecteurs de conscience, Albert Camus participe activement à cette campagne dont il ne pourra malheureusement voir l’aboutissement. 
Quand il trouve la mort en janvier 1960, c’est tout naturellement que le Monde libertaire de février 1960, qui est à l’époque mensuel et paraît sous un format 40X60 de quatre pages, il consacre l’ensemble de sa quatrième page avec, entre autres, des articles de Maurice Joyeux, Maurice Laisant, F. Gomez Pelaez et Roger Grenier. 
La rédaction du Monde libertaire, quant à elle, signe un article intitulé Albert Camus ou les chemins difficiles, ce qui résume bien sa vie et son œuvre.

Groupe Proudhon de Besançon

Le Monde libertaire n°1048s, HS n° 6 (été 1996)

Résistance politique: Communiqué du mouvement anarchiste turc

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état avec des tags , , , , , , , , , , , , , , le juin 6, 2013 par Résistance 71

Appel à la solidarité internationale contre la terreur d’État en Turquie

 

5 juin 2013, par Anarşist Faaliyet

 

url de l’article:


http://www.lavoiedujaguar.net/Appel-a-la-solidarite,1077

 

Les anarchistes révolutionnaires appellent à la solidarité internationale pour organiser une révolte générale contre le terrorisme d’État.

3 juin 2013.

 

La semaine dernière, un groupe de manifestants a commencé une action de sauvegarde de l’environnement après que quelques arbres ont été abattus illégalement au nom de projets de gentrification urbaine. Au deuxième jour de la protestation, très tôt le matin, la police a attaqué les manifestants avec des bombes de gaz, des canons à eau et des balles en plastique. De nombreuses personnes ont été blessées. Ce fut l’étincelle de la lutte contre ce terrorisme d’État qui s’est répandue dans tout le pays et s’est transformée en une action massive et organisée de révolte globale. Les gens impliqués contre l’augmentation des attaques, le terrorisme d’État et la violence de la police ont transformé les rues en zones de résistance. Cette révolte générale a grandi pendant quatre jours et se répand.

Des centaines de milliers de manifestants ont résisté, place Taksim, où le gouvernement a bloqué les entrées, et la violence de la police a atteint un sommet. Finalement, le square a été occupé après la construction de barricades autour de la place Taksim et les manifestants ont pris le contrôle de Taksim. Les manifestants à Ankara ont occupé les rues en solidarité avec Istanbul et des barricades ont été construites dans les lieux importants de la ville, diffusant la révolte. Des centaines de manifestants à Izmir, une autre grande ville, ont brûlé le bâtiment du parti au pouvoir.

La solidarité et le soutien aux mouvements de protestation et dans les zones d’affrontements sont très importants. Dans chaque ville où des affrontements sont en cours, les gens ont ouvert leurs maisons aux manifestants et aux personnes blessées. Beaucoup de gens ont mis à disposition des trousses de premiers soins et de la nourriture dans leurs cours pour les manifestants. Les équipes médicales volontaires auto-organisées se sont rendues dans les zones d’affrontements et ont aidé instantanément les manifestants blessés. Des avocats bénévoles aident les manifestants en détention.

Alors que les affrontements se poursuivent, le nombre de morts et de blessés est en augmentation. Les grands médias agissent toujours comme si rien ne s’était passé. Le nombre de morts serait d’une dizaine, mais ce n’est pas certain, car il n’y a pas de déclarations officielles. Un manifestant à Istanbul a été renversé par une voiture alors qu’il bloquait une rue, un autre a reçu un coup à cause des bombes à gaz, un autre encore a été renversé par la police et tous ont perdu la vie. Un manifestant à Ankara a été blessé à la tête par le feu de la police et il est en état de mort cérébrale.

Alors que l’action et les affrontements se poursuivent ici, la solidarité mondiale est en augmentation. Les « Anonymous » ont piraté les sites du parti au pouvoir, de la police d’Istanbul, de la municipalité d’Ankara et de nombreux autres organismes gouvernementaux. Les « Anonymous » ont déclaré qu’ils vont continuer les cyber-attaques tant que le terrorisme de l’État turc se poursuit. Alors que des millions de personnes résistent dans les rues aux attaques de la police dans tout le pays, certains partis de l’opposition tentent de tirer profit, de manipuler l’action en la politisant. Tout comme ce que nous avions vu dans certaines régions au cours du printemps arabe, les partis d’opposition (en particulier les kémalistes) tentent de s’approprier la portée des actions menées. Les partis d’opposition, en profitant de la politisation sociale, tentent de profiter de la situation dans l’espoir de prendre le pouvoir. La révolte en cours a laissé les politiciens et l’État dans une mauvaise position. Alors que le gouvernement tente de manipuler la révolte en la qualifiant d’être la manifestation d’« un groupe de radicaux », la crise se propage dans l’économie. La crise économique a montré de premiers signes dans le marché boursier.

Cependant, c’est une des plus grandes révoltes massives dans l’histoire du pays et les gens sont dans les rues afin de s’opposer à la hausse des politiques d’interdiction, d’oppression et de suppression, à la terreur d’État et à la violence policière qui n’a cessé d’augmenter pendant une longue période. Les personnes que l’État avait essayé de dompter par une oppression de centaines d’années sont maintenant directement en révolte contre lui.

Nous appelons tous les camarades qui luttent partout dans le monde : faites entendre la voix de la révolte générale, partout où vous pouvez, contre l’État turc et les grands médias qui tentent de la réduire au silence. Organisez des actions de solidarité pour être avec les millions de gens dans les rues.

Joignez votre voix à la révolte du peuple que l’État avait ignoré, opprimé et exploité pendant des années. Que le feu de la révolte contre l’État turc que nous avons commencé avec une étincelle et qui ne cesse de croître, se développe davantage.

Istanbul est partout et la résistance est partout contre le terrorisme d’État, la violence de la police et contre l’exploitation capitaliste.

Nous continuerons à diffuser les informations tant que l’émeute se poursuit.

Devrimci Anarşist Faaliyet (DAF) 
Action révolutionnaire anarchiste

Source et traduction : 
Fédération anarchiste

N’oubliez pas le week-end prochain…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire avec des tags , , , , , , , , , , , , , , le juin 3, 2013 par Résistance 71

Foire à l’autogestion 8 et 9 Juin à la parole errante… Allons-y nombreux !

 

Rendez-vous à la 2e édition de la Foire à l’autogestion les 8 et 9 juin 2013 à La Parole errante – La Maison de l’arbre 9, rue François Debergue 93100 Montreuil

Débattre, se rencontrer et vivre l’autogestion !

 

Visionnez ces petits clips vidéos de 30 à 50 secondes… Truculents et suggestifs !

 

"On a beau fouiller les quatre saisons, on a rien trover de plus poétique que l’autogestion !"

 


http://www.autrefutur.net/On-a-beau-fouiller-les-quatre

Société, état et démocratie: Kropotkine le visionnaire…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial avec des tags , , , , , , , , , , , , le juin 1, 2013 par Résistance 71

Ce texte fut écrit i y a juste cent ans: juste avant le 1ère guerre mondiale et 4 ans avant la "révolution bolchévique" de 1917, qui comme l’a bien analysé Emma Goldman, n’a amené qu’un capitalisme d’état monopoliste.

Observons et analysons où l’état "républicain social-démocrate" en est aujourd’hui et comprenons que la société anarchiste autogestionnaire, égalitaire, anti-autoritaire et non-coercitive est la seule voie de salut possible pour une humanité qui se trouve une fois de plus au bord du gouffre.

Pierre Kropotkine (1845-1921) l’avait bien compris et expliqué…

– Résistance 71 –

 

La Révolution sera t’elle collectiviste ?

 

 

Pierre Kropotkine

 

“Les Temps Nouveaux” No66, 1913

 

 

Très souvent nous entendons dire, par les anarchistes eux-mêmes, que l’Anarchie est un idéal très éloigné ; qu’elle n’a pas de chance de se réaliser d’ici à bientôt ; que très probablement la prochaine révolution sera collectiviste, et que nous devrons passer par un Etat Ouvrier, avant d’arriver à une société communiste, sans gouvernement.

Ce raisonnement nous semble absolument erroné. Il contient une erreur d’appréciation fondamentale, concernant la marche de l’histoire en général et le rôle de l’idéal dans l’histoire.

L’individu peut être guidé dans ses actes, par un seul idéal. Mais une société consiste de millions d’individus, ayant chacun son idéal, plus ou moins conscient et arrêté ; si bien qu’à un moment donné on trouve dans la société les conceptions les plus variées — celle du réactionnaire, du catholique, du monarchiste, de l’admirateur du servage, du bourgeois «libre contrat», du socialiste, de l’anarchiste. Cependant, aucune de ces conceptions ne se réalisera en son entier, précisément à cause de la variété des conceptions existant à un moment donné, et des nouvelles conceptions qui surgissent, bien avant qu’aucune des anciennes ait atteint sa réalisation dans la vie.

Chaque pas en avant de la société est une résultante de tous les courants d’idées qui existent à un moment donné. Et affirmer que la société réalisera d’abord tel idéal, puis tel autre, c’est se méprendre sur la marche entière de l’histoire. Le progrès accompli porte toujours le cachet de toutes les conceptions qui existent dans la société, en proportion de l’énergie de pensée et surtout d’action de chaque parti. C’est pourquoi la société qui résultera de la Révolution ne sera ni une société catholique, ni une société bourgeoise (trop de forces et toute l’histoire de l’humanité travaillant à démolir ces deux espèces de sociétés), ni un Etat Ouvrier, par cela même qu’il existe un courant anarchiste d’idées et des anarchistes, assez puissants, et comme force d’action, et comme force d’initiative.

Voyez, en effet, l’histoire. Les Républicains de 1793 passé rêvaient une République construite sur le modèle des républiques de l’antiquité. Ils rêvaient une république universelle, et pour faire triompher cette Rome ou cette Sparte nouvelle en France, ils se faisaient tuer dans les neiges des Alpes, sur les plaines de la Belgique, de l’Italie et de l’Allemagne.

Ont-ils réalisé cette République ? — Non ! non seulement l’ancien régime, pesant sur eux de tout son poids, les a tiré en arrière. Mais des idées nouvelles ont poussé la société en avant. Et lorsque leur rêve de la République universelle se réalisera un jour, cette République sera plus socialiste que tout ce qu’ils avaient osé rêver, et plus anarchiste que tout ce qu’un Diderot avait osé concevoir dans ses écrits. Elle ne sera plus République : elle sera une union de peuples plus ou moins anarchistes.

Pourquoi ? — Mais parce que bien avant que les républicains eussent atteint leur idéal de république égalitaire (de citoyens égaux devant la loi, libres et liés par des liens de fraternité), , de nouvelles conceptions, presque imperceptibles avant 1789, ont surgi et grandi. Parce que cet idéal même de liberté, d’égalité et de fraternité est irréalisable tant qu’il y a une servitude économique et misère, tant qu’il y aura des Républiques — des Etats — forcément poussés aux rivalités, aux divisions à l’extérieur et à l’intérieur.

Parce que l’idéal des républicains de 1793 n’était qu’une faible partie de l’idéal d’Egalité et de Liberté qui reparaît aujourd’hui sous le nom d’Anarchie.

Leur idéal était un communisme chrétien, gouverné par une hiérarchie élue d’anciens et de savants. Cet idéal eut un retentissement immense. Mais ce communisme ne s’est pas réalisé — et ne se réalisera plus jamais. L’idéal était faux, incomplet, suranné. Et lorsque le communisme commencera à se développer lors de la révolution prochaine, Il ne sera plus ni chrétien, ni étatiste. Il sera tout au moins un communisme libertaire, basé — non plus sur l’évangile, non plus sur la soumission hiérarchique, mais sur la compréhension des besoins de liberté de l’individu. Il sera plus ou moins anarchiste, pour cette simple raison qu’à l’époque où le courant d’idées exprimé par Louis Blanc travaillait à créer un état jacobin avec tendances socialistes — de nouveaux courants d’idées, anarchistes, surgissaient déjà — les courants dont Godwin, Proudhon, Bakounine, Coeurderoy et même Max Stirner furent les porte-paroles.

Et il en sera de même pour l’idéal de l’Etat Ouvrier des social-démocrates. Cet idéal ne peut plus se réaliser : il est déjà dépassé.

Cet idéal est né du jacobinisme. Il a hérité des jacobins sa confiance en un principe gouvernemental. Il croit encore au gouvernement représentatif. Il croit encore à la centralisation des différentes fonctions de la vie humaine entre les mains d’un gouvernement.

Mais bien avant que cet idéal se fût rapproché tant soit peu de sa réalisation pratique, une conception de la société — la conception anarchiste — se présentait, s’annonçait, se développait. Une conception qui résume une méfiance populaire des gouvernements, qui réveille l’initiative individuelle et proclame ce principe, devenu de plus en plus évident : «Pas de société libre sans individus libres», et cet autre principe, proclamé par tout notre siècle : «Libre entente temporaire, comme base de toute organisation, de tout groupement.»

Et quelle que soit la société qui surgira de la Révolution européenne, elle ne sera plus républicaine dans le sens de 1793, elle ne sera plus communiste dans le sens de 1848, et elle ne sera plus Etat Ouvrier dans le sens de la démocratie sociale.

Le nombre d’anarchistes va toujours en croissant. Et dès aujourd’hui même la social-démocratie se voit obligée de compter avec eux. La diffusion des idées anarchistes se fait non seulement par l’action des anarchistes, mais — qui plus est — indépendamment de notre action. Témoins — la philosophie anarchiste de Guyau, la philosophie de l’histoire de Tolstoï, et les idées anarchistes que nous rencontrons chaque jour dans la littérature et dont le Supplément de La Récolte et des Temps Nouveaux est un témoignage vivant.

Enfin, l’action de la conception anarchiste sur l’idéal de la social-démocratie est évidente ; et cette action ne dépend qu’en partie de notre propagande : elle résulte surtout des tendances anarchistes qui se font jour dans la société et dont nous ne sommes que les porte-paroles.

Qu’on se souvienne seulement de l’idéal centralisateur, rigidement jacobin, des social-démocrates avant la Commune de Paris. A cette époque, c’étaient les anarchistes qui devaient parler de la possibilité de la Commune indépendante, de la communalisation de la richesse, de l’indépendance du métier, internationalement organisé. Eh bien, ces points sont aujourd’hui acquis pour les social-démocrates mêmes. Aujourd’hui la communalisation des instruments de production — non la nationalisation — est chose reconnue, et l’on voit jusqu’à des hommes politiques discuter sérieusement de la question des docks de Londres municipalisés. «Les services publics», cette autre idée, pour laquelle les anarchistes eurent autrefois à soutenir tant de combats contre les jacobins centralisateurs dans les Congrès de l’Internationale, — aujourd’hui elle fait la pâleur des possibilistes.

Ou bien, prenez encore la grève générale, pour laquelle on nous traite de fous, et l’anti-militarisme qui nous faisait traiter de criminels par les révolutionnaires de la démocratie sociale !…

Ce qui est aujourd’hui pour nous de l’histoire ancienne, et qui n’évoque plus en nous qu’un sourire rêveur, comme une vieille fleur fanée, retrouvée dans un vieux livre, — fait les frais des programmes actuels de la social-démocratie, Si bien que l’on peut dire sans exagération que tout le progrès d’idées accompli depuis vingt ans par la social-démocratie n’a été que de recueillir les idées que l’anarchie laissait tomber sur son chemin, à mesure qu’elle se développait toujours. Relisez seulement les rapports jurassiens sur les services publics, les Idées sur l’organisation sociale, etc., pour lesquels les doctes savants du socialisme traitaient les «bakounistes» de fous enragés. C’est à ces sources que la social-démocratie boit à ce moment.

Ainsi l’Anarchie a déjà modifié l’idéal des social-démocrates. Elle le modifie chaque jour. Elle le modifiera encore durant la Révolution. Et, quoi qu’il sorte de la Révolution — ce ne sera plus l’Etat Ouvrier des collectivistes. Ce sera autre chose — une résultante de nos efforts, combinés avec ceux de tous les socialistes.

Et cette résultante sera d’autant plus anarchiste que les anarchistes développeront plus d’énergie — plus de force vive, comme on dit en mécanique — dans leur direction. Plus ils mettront d’énergie individuelle et collective, cérébrale et musculaire, de volonté et de dévouement, au service de leur idéal pur et simple ; moins ils chercheront de compromis, plus ils affirmeront nettement par la parole et par leurs vie, l’idéal communiste et l’idéal anarchiste pur et simple, — d’autant plus la résultante penchera de leur côté, vers le Communisme, vers l’Anarchie.

Oligarchie financière: La City de Londres, le nid de l’hydre à éliminer…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social avec des tags , , , , , , , , , , le mai 31, 2013 par Résistance 71

Rien ne se fait dans le monde, du moins pour sûr dans le monde occidental, sans l’aval de la City et son cartel banquier. Son influence sur le politico-économique a atteint son paroxysme et perdure depuis au moins les guerres napoléoniennes lorsque la banque Rotschild finançait les deux côtés de la belligérance. De fait, Wall Street n’existerait pas sans la city de Londres. Wall Street est inféodé à la City et non pas l’inverse. Les Rockefeller et autres Morgan, Warburg etc, sont les agents de la city au "nouveau monde", dans une Amérique soit disant "indépendante" de l’influence britannique. Le cartel des banques privées des banques centrales, incluant la Banque d’Angleterre et leur QG de la Banque des Règlements Internationaux de Bâle prennent leurs ordres à la City de Londres. La couronne d’Angleterre et sa banque sont inféodées à la City de Londres et non pas l’inverse.

La City de Londres est le nid de l’hydre, le mettre à bas serait un bon début…

– Résistance 71 –

 

La City de Londres capitale de la mafia planétaire !

 

Pierre Hillard

 

30 Mai 2013

 

url de l’article original:


http://www.bvoltaire.fr/pierrehillard/la-city-de-londres-capitale-de-la-mafia-planetaire,23788

 

Depuis 2007, la crise ne fait que s’accentuer. La récession s’impose et les États étouffent sous le poids de l’endettement. Cependant, il existe un monde parallèle qui agit comme une sève pour irriguer la gouvernance mondiale en formation : les paradis fiscaux. Ils sont définis par le journaliste économique Nicholas Shaxson comme un « lieu qui se propose d’attirer des activités économiques en offrant à des particuliers ou à des entités un cadre politiquement stable permettant de contourner les règles, les lois et les réglementations édictées dans les autres pays ». Appelés aussi « juridictions du secret », ces paradis fiscaux s’emploient à manipuler les mouvements d’argent internationaux.

On dénombre environ une soixantaine de ces « juridictions du secret » au cœur de la globalisation, qui se subdivisent en trois groupes :
1) Les paradis fiscaux européens comme le Luxembourg, le Liechtenstein ou Monaco ;
2) Les États-Unis, ses États fédérés (en particulier le Delaware) et les dépendances sous influence américaine (les îles Vierges, Panama, …) ;
3) la City de Londres organisée en 3 cercles concentriques : les dépendances de la Couronne (Jersey, Guernesey et l’île de Man), les quatorze territoires britanniques d’outre-mer (les îles Caïmans, les Bermudes, Gibraltar…) et des États entretenant des relations étroites avec l’ancien colonisateur : Hong Kong, Singapour, Dubaï…). Ces centres offshore combinent le secret bancaire et la non-imposition.

La capitale britannique est constituée de deux villes. La première est un vaste centre urbain de plusieurs millions d’habitants dirigé par un maire disposant de peu de pouvoirs. La deuxième est un espace de 3,16 km², appelé « City of London Corporation » ou « Square Mile », subdivisé en 25 quartiers appelés « wards » dont seuls quatre sont réellement habités, tandis que les autres regroupent les bureaux. Dirigée par un Lord-maire, véritable ambassadeur de tous les services financiers, la City est dotée d’un gouvernement (le « Guildhall »). Outre les 9.000 résidents de la City à voter, les représentants d’entreprises (23.000 personnes) ont aussi le droit de vote. Ainsi, Goldman Sachs, la banque Narodny de Moscou ou encore la Bank of China participent à la vie « démocratique » de la City. Ajoutons que des citoyens d’honneur anglais et étrangers appartiennent à ce corps électoral très particulier. Nous pouvons relever les noms de George Bush, Jr. et de Vladimir Poutine. La famille mondialiste est très variée.

La City est un véritable État dans l’État disposant d’un pouvoir total sans avoir de compte à rendre au Parlement de Westminster. Cette politique est rendue possible entre autres grâce au rôle du remembrancer (« remémoreur »), véritable lobbyiste et non-élu, qui est un relais entre la City de Londres et le Parlement anglais. Il est chargé de vérifier que les représentants du gouvernement ainsi que les différents ministères n’élaborent pas de mesures pouvant contrer la toute-puissance et l’indépendance de la City. Il est vrai que celle-ci concentre des intérêts jalousement gardés. Sur ce petit territoire, on trouve près de 550 banques, la moitié des assureurs de la planète — plus que ceux de New York, Paris et Francfort réunis — un volume d’affaires journalier cinq fois supérieur au PNB anglais, la moitié des entrées en bourse dans le monde et près de 80 % des hedge funds (fonds spéculatifs) européens. Comme l’a résumé joliment le député anglais Tony Benn, la City « est une île offshore amarrée sur la Tamise ».

Sachant que la quasi-totalité des investissements internationaux se fait via les centres offshore, en profitant au passage d’avantages fiscaux et de contraintes juridiques bien allégées, les multinationales s’en donnent à cœur joie. Pareille à une araignée au milieu de sa toile, la City de Londres régente tous ces flux financiers. La dérégulation des marchés qui s’est accélérée à partir des années 1980 a conduit à des volumes financiers colossaux transitant dans les paradis fiscaux. Selon l’économiste John Christensen, ils sont évalués à plus de 20.000 milliards de dollars (3). Une telle situation montre clairement que les politiques n’ont plus le pouvoir et que la finance a en main des atouts majeurs pour imposer un monde se rapprochant de l’idéal orwellien.

Vidéo en français sur la city de Londres:



 

Résistance politique: Le contre-pouvoir autogestionnaire existe, se porte bien et ne demande qu’à se propager… L’exemple de Marinaleda en Andalousie

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, documentaire, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société libertaire, Union Europeenne et nouvel ordre mondial avec des tags , , , , , , , , , , , , , le mai 29, 2013 par Résistance 71

Depuis plus de 30 ans, Marinaleda est un phare de l’autogestion en Europe. La commune constitue l’exemple parfait d’un compromis entre une démocratie directe autogestionnaire de tendance anarcho-communiste tout en maintenant en l’ayant considérablement amélioré, les tenants illusoires de la "démocratie représentative". Ceci n’aura plus raison d’être plus tard, mais se doit sans doute d’exister pour être "reconnu" du système "social-démocrate libéral" obsolète.

En effet, si le portrait du Che pend au mur de la mairie de Marinaleda, il convient aussi de rappeler que l’anarchisme et les anarchistes eurent une grande part dans la révolution cubaine et que l’anarchiste Cienfuegos était chef d’état-major des rebelles cubains et que Castro mît un moment à déclarer la révolution "marxiste" comme le souligne cet article que nous avions publié…

Il est grand temps que des Marinaleda fleurissent partout. Le contre-pouvoir autogestionnaire est la solution à la crise systèmique, car il est évident  pour tous maintenant qu’il n’y a pas de solution au sein du système. Il faut en sortir et créer, ensemble, unis, au-delà des divisions factices entretenues par l’oligarchie à seuls fin de faire perdurer ce système capitaliste escroc et criminel.

Marinaleda sur Résistance 71

– Résistance 71 –

 

Acharnement politique et judiciaire contre Sanchez Gordillo et Marinaleda

La terre est aux chevaux et aux ânes qui y paissent…

 

Jean Ortiz

 

28 Mai 2013

 

url de l’article original:


http://www.legrandsoir.info/acharnement-politique-et-judiciaire-contre-sanchez-gordillo-et-marinaleda.html

 

Le secrétaire du Syndicat andalou des travailleurs et député ("Gauche Unie") au parlement andalou est traîné une nouvelle fois devant les tribunaux espagnols, pour avoir, le 24 juillet 2012 et durant l’été 2012, occupé, avec 500 ouvriers agricoles, une grande propriété improductive appartenant à l’armée ("Las Turquillas", 1200 hectares). L’armée y élevait , blague à part, quelques ânes, en attendant d’acheter des drônes…

En Andalousie la terre appartient à ceux qui ne la travaillent pas, qui la possèdent par héritage familial ou vol (après la Guerre d’Espagne, les "vainqueurs" s’approprièrent de nombreux biens de familles "rouges"). L’oligarchie néo-franquiste possède des "cortijos" (propriétés) à perte de vue, pendant que des milliers d’ouvriers agricoles attendent sur la place du village que "el amo" (le maître) vienne les embaucher quelques jours à l’année.

Le syndicat andalou SAT pratique donc la "désobéissance" face à un ordre injuste, et des actions "illégales", mais ô combien légitimes, pour obtenir une authentique réforme agraire. Il occupe les terres oisives… pendant que l’armée espagnole occupe des pays lointains. Pour avoir campé pacifiquement sur un bien du ministère de la Défense , le SAT et Juan Manuel Sanchez Gordillo, son secrétaire général, ainsi que 52 militants , sont accusés "d’usurpation", de "désobéissance, de vol et autres "dégâts", par le Tribunal de Justice d’Andalousie. Le Tribunal évalue les "dégâts" à 794,14 euros… Colossal !! Le millième d’une chasse royale à l’éléphant. Et quel peut être "le prix" des près de 37% de chômeurs andalous ? Le prix des malversations dont se sont rendus coupables le gendre du roi et son infante d’épouse, un temps mise en examen, puis relaxée sur intervention royale dit-on ?

Selon le magistrat instructeur, les manifestants brisèrent une chaîne (quel beau symbole !) pour pénétrer sur cette riche terre où paissent, sur 1200 hectares, quelques ânes et chevaux… Les occupants voulaient y travailler, la faire prospérer… Insupportable "délit d’usurpation" et d’atteinte à la tranquillité des bourrins, leur signifia la garde civile, qui pacifia si bien l’Espagne après la guerre. Les gueux eurent même le culot de mettre un panneau proclamant "Egalité et Terre". Le magistrat en est atterré. La garde civile filma le crime qui sera présenté à la prochaine mostra de Carabanchel (ex-prison franquiste madrilène). Les vandales, se croyant tout permis, installèrent un campement sauvage pour dormir sur place et travailler la terre occupée. Ils utilisèrent même des abreuvoirs comme douches et s’emparèrent d’outils de labour abandonnés par les militaires.

Le 26 juillet, ils firent flamber 18 fagots de paille avec risque d’incendie, sans doute pour fêter l’assaut de la caserne Moncada par Fidel Castro.

Le 7 août, le "tribunal d’instruction numéro un de Osuna" ordonna l’expulsion des intrus, qui refusèrent d’obtempérer pendant 48 heures.

Le capitaine de "l’Institut armé" qui se rendit sur le front, déclara , désarmé, "avoir eu un peu peur" en rencontrant les leaders des rebelles. A Bagdad, il aurait fait dans son froc…

Incorrigibles, le premier mai 2013, les sans terre andalous ont occupé à nouveau le terrain et refusent aujourd’hui de répondre aux questions de la justice ; ils ne se sont même pas rendus à sa convocation. Ne pas se rendre : un impardonnable délit ; un acte de courage qui mérite toute notre solidarité. Les insoumis risquent de lourdes peines… Marinaleda, une utopie concrète.

Jean Ortiz

Disponible : « Marinaleda, l’ardente impatience », vidéo-documentaire de Dominique Gautier et Jean Ortiz).

Vidéo “Marinaleda l’ardente impatience”:



durée: 11 min 35

Propagande et endoctrinement: L’oligarchie prépare ses "cadres" à la répression des peuples…

Posté dans actualité, altermondialisme, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et social, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial avec des tags , , , , , , , , , , le mai 28, 2013 par Résistance 71

Des étudiants britanniques sont questionnés pour savoir s’ils feraient ouvrir le feu sur des manifestants

 

Kurt Nimmo

 

26 Mai 2013

 

url de l’article original:


http://www.infowars.com/british-students-asked-if-they-will-shoot-protesters/print/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Tuer des manifestant est décrit comme étant à la fois “nécessaire” et “moral”.

Des étudiants à la réception du premier ministre britannique David Cameron des anciens du collège Eton, ont été questionnés pour savoir s’ils tireraient sur des manifestants.

La question fut posée en tant que partie intégrante d’un concours pour gagner une des quatorze bourses scolaires royales du collège prestigieux en 2011.

En plus de Cameron, les anciens élèves incluent des générations des aristocraties britannique et étrangères ainsi que des membres de la famille royale, le plus récemment comme les princes William et Harry.

D’autres anciens élèves d’Eton College incluent 19 ancien premiers ministres britanniques allant de Sir Robert Walpole à Harold MacMillan.

L’école fut fondée en 1440 par le roi Henri VI. Le collège est situé à côté du château de Windsor, le palace d’Europe le plus longuement occupé, construit par Guillaume le Conquérant dans la décennie suivant l’invasion normande de 1066.

La question de l’examen était libellée de la sorte:

“Nous sommes en 2040. Il y a eu des émeutes dans les rues de Londres et de la Grande-Bretagne suite à une pénurie de pétrole après une grave crise au Moyen-Orient. Des manifestants ont attaqué des bâtiments publics. Plusieurs policiers ont été tués. En conséquence, le gouvernement a pris la décision de déployer l’armée pour rétablir l’ordre et stopper les manifestations. Après deux jours, les manifestations ont été arrêtées mais vingt-cinq manifestants ont été tués par l’armée. Vous êtes le premier ministre. Ecrivez le script d’un discours qui sera fait et retransmis en direct par les médias, dans lequel vous expliquez pourquoi vous avez fait appel à l’armée contre des manifestants violents et que cela était la seule option à votre disposition représentant une prise de décision à la fois nécessaire et morale.”

D’après le Huffington Post, le sujet de l’examen était “la cruauté et la clémence, est-il préférable d’être aimé plutôt que craint ?”

“La question débute avec la passage célèbre provenant du livre de Machiavel “Le Prince” se demandant s’il est préférable d’être craint plutôt qu’aimé en tant que dirigeant et ensuite de demander aux candidats d’imaginer une situation où la loi et l’ordre s’effondrent dans un scenario de crise pétrolière, l’armée dans les rues qui a tuée des manifestants”, a dit au journal le principal du Eton College, Tony Little.

Plus tôt cette année, un nominé du prix nobel de la paix 2009, Jim Garrow, a été informé par un vétéran militaire de haut rang que le “test litmus” du gouvernement Obama pour les nouveaux chefs militaires déterminait s’ils obéiraient au non à un ordre d’ouvrir le feu sur des citoyens américains.

 

Résistance politique: L’ère de la réjouissance du manque de travail est venue…

Posté dans actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique, sciences et technologies, société libertaire avec des tags , , , , , , , , , , , le mai 24, 2013 par Résistance 71

Pas mal de bon sens (anarchiste ??..) dans ce billet. Du point de vue anarchiste, le travail fonctionnant sur la base du salariat (nouvel esclavage moderne) est une aberration qui a eu son temps.

L’alternative est le travail pour le bien de collectivités librement associées où la société fonctionne selon l’adage suivant: "A chacun selon sa capacité, à chacun selon ses besoins". Ceci implique la suppression de la propriété privée et étatique des moyens de production, de distribution et de services (propriété et non pas possession…) comme l’avait préconisé Proudhon il y a déjà bien longtemps. C’est de cette façon que fonctionnaient la très vaste majorité des nations aborigènes d’Amérique du Nord avant la conquête et l’imposition dogmatique coloniale. Ce concept serait parfaitement adaptable au monde moderne et signerait la fin des oligarchies…

A lire en complément de ce billet: Le Salariat (Pierre Kropotkine)

– Résistance 71 –

 

Nous vaincrons le travail, vive le chômage !

 

Posté par calebirri

 

le 8 mai 2013

 

url de l’article original:


http://calebirri.unblog.fr/2013/05/08/nous-vaincrons-le-travail-vive-le-chomage/

 

Qu’on le veuille ou non, notre monde est condamné au chômage. Nombreux sont ceux qui- à droite comme à gauche- s’en effraient, mais cela devrait pourtant tous nous réjouir : car cela signifie que le progrès technique n’est pas mort, ce qui permet à l’homme d’espérer atteindre encore ce qui devrait être l’un de ses objectifs prioritaires, à savoir de se séparer, à terme, de la nécessité du travail dans nos sociétés.

Seulement le monde ne fonctionne plus, ne raisonne plus en terme de société, ni d’humain, ni même de progrès ou de besoin : nous en sommes arrivés à considérer le chômage comme une calamité, car le critère de référence universel est la rentabilité ; jusqu’aux décroissants qui raisonnent en termes économiques puisqu’ils veulent faire « mieux » avec « moins » (voir décroissance théorie économique bien trop sage).

Le paradoxe de cette situation réside dans le fait que le progrès technique favorise le chômage de masse et que le capitalisme favorise lui-même ce progrès (enfin jusqu’à il y a peu) ; mais aujourd’hui c’est que l’austérité engagée pour sauver le capitalisme conduit elle-aussi au chômage de masse, cette fois pour cause de « non-rentabilité ». Car si le capitalisme a besoin du travail de l’homme pour ses profits, il a également besoin du progrès technique, car les machines seront toujours, à terme en tous cas, plus rentables que l’être humain (24/24, 7 jours sur 7). Mais ce progrès technique, qui au départ était censé libérer les hommes de la contrainte du travail, est aujourd’hui un facteur de rentabilité privé qui s’oppose à l’économie « publique », en ce sens que les gains de productivité apportés par la technologie entraînent pour l’État un surplus de budget (les aides sociales : en 2009, plus de 30% du PIB, soit plus de 600 milliards) pour éponger les licenciements dus aux moindres besoins de main d’œuvre pour effectuer une même tâche (la « fameuse » privatisation des profits, socialisation des pertes). Mais comme aujourd’hui les investissements de production baissent -et qu’ils ne sont même pas compensés par l’obsolescence programmée (comment dans ces conditions la faire disparaître puisqu’elle contribue à « sauvegarder » l’emploi ?), nous arrivons à une situation « logique » d’un point de vue civilisationnel (il y a nécessairement besoin de moins en moins de travail), mais aberrant d’un point de vue économique (que l’on fasse de l’investissement ou de l’austérité, le chômage est en constante augmentation).

Sauf que nous les citoyens, nous sommes toujours contraints de subir ce qui devrait être une libération (le chômage, que le système capitaliste a transformé en fléau) car en dehors des prestations sociales seul l’argent que nous procure le travail nous permet de vivre- nous obligeant ainsi à trouver coûte que coûte cette denrée de plus en plus rare qu’est l’emploi : le résultat évident (enfin d’un point de vue capitaliste) est que le prix du travail (les salaires) est destiné à baisser au fur et à mesure que nous serons plus nombreux à vouloir en obtenir un. Et parallèlement les Etats se voient eux dans l’obligation -tout du moins s’ils se veulent démocratiques et ainsi éviter les contestations massives (des gens qui ne travaillent pas et n’ont aucun moyen de subsistance deviennent dangereux pour l’ordre public -en plus d’avoir du temps pour réfléchir à leur condition), de pourvoir au minimum vital. Et cela leur coûte cher, de plus en plus cher. A tel point qu’ils cherchent par tous les moyens de se soustraire à cette trop lourde dépense.

C’est ainsi que les pays dits « développés » en arrivent à des absurdités à la fois économiques et politiques comme celles que nous constatons aujourd’hui : ne pouvant décemment pas se résoudre à un changement de paradigme pourtant nécessaire et plutôt que d’engager des politiques de relance (déjà que nous gardons dans l’emploi de nombreux postes rendus inutiles dans de nombreuses administrations ou services publics pour ne pas augmenter le nombre de chômeurs), nos gouvernants préfèrent se soumettre à une politique d’austérité destinée à faire baisser le « coût du travail » (les salaires) ; évitant ainsi d’avoir à faire évoluer la technique qui accentuerait le chômage de masse. Déjà qu’il n’y a pas de travail pour tout le monde ! En définitive l’homme n’est un « outil » plus rentable que la machine que lorsqu’il travaille pour rien : l’esclavage est le seul idéal qui permet le plein emploi. A part peut-être la guerre ou une catastrophe naturelle de grande ampleur, une épidémie meurtrière ou que sais-je encore, la situation ne s’améliorera pas ; mais qui peut souhaiter ce genre « d’améliorations » ?

Donc on arrête d’investir, et ce même si de nombreux emplois ne sont pas pourvus (les métiers les plus pénibles ou considérés comme tels, ou tout simplement déconsidérés). Que peut-on faire pour tous ces gens ? On les indemnise un moment, et puis après ? Soit ils acceptent « n’importe quoi » (et on obtient ainsi de mauvais employés), soit ils vont au secours populaire, soit ils partent grossir les rangs des « émigrés », soit ils luttent contre le système qui ne les satisfait plus. Mais quoi qu’il en soit la situation n’est pas tenable à long terme, car même si tous acceptaient les travaux pénibles il en resterait un paquet sur le carreau.

Du coup on veut se séparer de cette charge, sans pour autant laisser les miséreux sans lien, sans dépendance avec l’Etat. C’est bien pour cela qu’on préfère leur faire creuser des trous qu’ils reboucheront plutôt que de les laisser sans activité ; et même si pour cela on doit recourir à la contrainte comme au travail gratuit ou même aux camps de travail (comme c’est parait-il prévu en Grèce- je n’ai pas trouvé autre chose, du moins en Français). Car ce à quoi nous ne pensons pas assez, c’est que lorsqu’un individu sort du cadre de l’assistance ou solidarité comme on voudra, il devient un anonyme sur lequel le pouvoir étatique n’a plus d’emprise. En quelque sorte il rentre dans la clandestinité et sort de la dépendance vis à vis de l’Etat ; et cela devient un danger potentiel pour le maintien de l’ordre public -en même temps qu’une preuve de l’incapacité de l’Etat à faire correspondre son modèle politique à la réalité sociale, comme on le voit ces derniers temps en Espagne ou en Grèce avec l’augmentation du travail au noir et la généralisation du « système D ».

On est même arrivés à un tel point de saturation -il faut se rendre compte de cet incroyable non-sens – que l’on préfère enterrer des innovations (même rentables d’un point de vue économique ou social caisses automatiques, informatisation) que d’avoir à supprimer encore des postes. Ne sachant plus que faire pour stopper les déficits on va jusqu’à couper les crédits de recherche et de développement, sans se rendre compte que nous sommes tous entrainés dans une spirale infernale qui nous conduira de toutes les manières au même résultat : il faudra bien un jour régler le problème du travail et de sa nécessaire obsolescence et admettre une bonne fois pour toutes que le temps du travail est révolu. Et que si nous voulons éviter les dérives autoritaires inhérentes au capitalisme nous devrons changer de paradigme.

Car si au lieu de nous inquiéter pour les retraites ou le chômage nous nous inquiétions pour notre bien-être ou notre santé, nous comprendrions très vite qu’il nous faut tout d’abord faire des enfants (et oui plutôt que de devoir travailler plus et plus longtemps pour mourir plus jeune sans avoir d’autre emploi que ce que le gouvernement nous autorise ou nous impose, nous n’avons qu’à faire des enfants !), car eux-seuls seront les garants de nos vieux jours, en plus de la promesse qu’ils représentent pour le futur.
Si nous cessions de viser la rentabilité nous comprendrions que le futur de l’homme est de se séparer de la contrainte du travail plutôt que de la désirer, avec des durées hebdomadaires allant sans cesse se réduisant, pour avoir plus de loisirs : « notre société sera une société de loisirs ou ne sera pas », disait un professeur d’économie que j’ai connu. Il avait raison : nous sommes condamnés à travailler de moins en moins. Pourquoi ne pas en faire un objectif avouable et positif , et se réjouir que même le cynisme et le calcul des capitalistes ne suffit pas à empêcher cette inéluctabilité ? Pour mettre en conformité les aspirations humaines avec la réalité sociale d’une société avancée et positive, nous devons changer les règles du jeu (voir); de toutes les manières les riches s’ennuient, tandis que les pauvres aimeraient bien s’ennuyer un peu plus, alors… Et même si nous devons tous « travailler » (on remplacera alors ce terme par un autre) pour notre propre bien -et celui des autres- nous devrions partager ce travail entre tous et dans des conditions équivalentes pour satisfaire chacun.

Et qu’on puisse un jour enfin crier tous ensemble « nous vaincrons le travail, vive le chômage » !

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