Archive pour crimes de guerre

Longue vie au Rojava !… Le texte du Confédéralisme Démocratique

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Résistance 71

 

13 octobre 2019

 

Devant l’ignominie perpétrée en ce moment même au Rojava (zone des communes libres autonomes du nord syrien) par l’impérialisme turc totalement soutenu par ses alliés dans le meurtre et le pillage de l’OTAN, vous savez cette Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord, il est important de comprendre ce qu’est le Rojava et son Confédéralisme Démocratique mis en place depuis 2005 et étendu depuis 2011.
La confusion règne, la propagande et l’amalgame vont bon train, faits pour que les opinions publiques maintenues dans l’ignorance puissent être toujours plus avant manipulées au profit des intérêts mafieux des états, du business de la guerre à tout va et de toutes les cliques de la dictature marchande.
Nous défendons le Confédéralisme Démocratique dans son principe et son application politico-sociale de terrain au Rojava sur la base du texte qui le définit, écrit et publié en 2011 par Abdullah Öcalan et s’avérant comme un glissement de la rigidité marxiste préalable du PKK (et de son extension YPG locale) vers le municipalise libertaire, refusant le principe de l’état-nation en faveur de la confédération des communes libres.

Nous engageons toutes celles et ceux désirant avoir une base sérieuse de réflexion sur le sujet du Rojava (à ne pas confondre avec le « Kurdistan » irakien qui n’a rien à voir politiquement avec le Rojava…) de lire les deux textes ci-dessous. Le premier est notre compilation illustrée faite du texte d’Öcalan, le second est le texte complet du « Confédéralisme Démocratique » (2011), nous les mettons dans cet ordre car ils furent publiés dans cet ordre sur notre blog mais le texte à lire est l’original d’Öcalan dans son intégralité. Il est à noter que ce qui a été appelé depuis 2016 la « Charte du Rojava » ou sa « constitution » est une imposture concoctée par les agents de l’empire afin de diviser à la fois la population kurde locale, mais aussi la diaspora et le soutien internationaliste au Rojava. Seul le Confédéralisme Démocratique insuffle la structure politique et sociale du Rojava.

Lisez et gardez présent à l’esprit que le Rojava est une application de ce texte:

confederalisme_democratique

Abdullah-Ocalan-Confederalisme-democratique

 

A lire:
Confédéralisme Démocratique du Rojava:
De l’État à la démocratie, anatomie d’un changement de paradigme


Réseau de Résistance et Rébellion International

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Falsification historique: le cas de la non-épuration de la France de 1943 aux années 50 (avec Annie Lacroix-Riz)

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L’historienne Annie Lacroix-Riz

 

Ô toi, historien, qui d’encre non menteuse
Écris de notre temps l’histoire monstrueuse,
Raconte à nos enfants tout ce malheur fatal,
Afin qu’en te lisant ils pleurent notre mal,
Et qu’ils prennent exemple aux pêchés de leurs pères,
De peur de ne tomber en pareilles misères.
~ Ronsard, extrait du Discours des misères de ce temps, 1562 ~

 

La non-épuration de la France de 1943 aux années 50 : la leçon magistrale d’Annie Lacroix-Riz

 

Comité Valmy

 

29 septembre 2019

 

url de l’article original:

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11490

 

En marge de ses tentatives pour comprendre, ou plus modestement pour proposer quelques contrechamps aux discours dominants sur les crises internationales, prochetmoyen-orient.ch a choisi, cette semaine, de parler d’un livre-événement (1) dont la grande presse n’a pas parlé et, sans doute, ne parlera plus davantage. Certes, le maniement de cette somme de plus de 600 pages requiert une bonne musculation, mais aussi une lecture attentive, sinon symptômale, tant le sujet sonde en profondeur l’un des virages les plus obscurs de notre histoire contemporaine. Davantage encore, l’entreprise de l’historienne Annie Lacroix-Riz constitue une leçon magistrale de politique générale.

Si on ne la voit guère sur les plateaux de télévision, parce qu’elle passe plus de temps à déchiffrer les archives que dans les dîners en ville, Annie Lacroix-Riz n’est pas n’importe quelle historienne. Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université de Paris-7, on lui doit nombre d’ouvrages importants, notamment : Le Vatican, l’Europe et le Reich ; Le Choix de la défaite ; De Munich à Vichy ; Industriels et banquiers sous l’occupation ; Les Elites françaises – 1940/1944 ; De la collaboration avec l’Allemagne à l’alliance américaine ; Aux origines du carcan européen – 1900/1960.

Annie Lacroix-Riz est aujourd’hui l’un de nos grands historiens de la Seconde guerre mondiale et de ses filiations à la fois plus anciennes et tellement actuelles. Impossible de résumer l’ouvrage, mais voyons plutôt quelques-unes de ses importantes découvertes.

« MIEUX VAUT HITLER QUE STALINE ! »

« Mieux vaut Hitler que Staline » : le mot d’ordre a non seulement inspiré bien des opposants au Front populaire – qui, de nombreuses façons, préparaient une débâcle de Mai 1940 acceptée comme une sorte de moindre mal avant de justifier Vichy et la collaboration avec l’occupant – ; mais il a aussi constitué l’un des fils rouges de la Libération, puis de la restauration de la France. Plus encore, la formule a aussi inspiré une machinerie à remonter le temps, servant à fabriquer une souveraine détestation de la Révolution française, de Robespierre et d’autres grands inventeurs de la République.

Sous les plumes de François Furet et Ernest Nolte notamment, la même machinerie a popularisé l’improbable équivalence entre nazisme et communisme théorisée par Hannah Arendt, confidente de Martin Heidegger qui venait de s’installer dans la chaire de philosophie qu’Edmund Husserl avait dû quitter pour fuir le régime nazi. Jusqu’à nos jours, cette imposture idéologique a survécu à travers les pantomimes médiatiques d’une « nouvelle philosophie » qui va traquer les « maîtres penseurs » initiateurs du Goulag, de Marx/Engels, de Hegel jusqu’à Platon et Aristote : leurs tentatives de « pensée totale » n’ayant été que de successives anticipations des totalitarismes de l’époque contemporaine.

Dans ce contexte idéologique très clivé, qui se transforme mais perdure depuis La Nuit de l’abolition des privilèges, les événements allant de 1943 aux années 1950 ont donné lieu à passablement de déformations, de contresens, sinon de trahisons. Durant cette période tourmentée, peut-on vraiment parler d’« épuration », celle promise sur les ondes de Londres et d’Alger contre les collaborationnistes et « assassins de patriotes » ? A l’appui d’une étude approfondie d’archives multiples, Annie Lacroix-Riz apporte les preuves que cette « épuration » n’a jamais eu lieu.

Alors que s’est imposée la fable dominante d’une « épuration sauvage » et spontanée persécutant les femmes coupables de « collaboration horizontale » – « femmes tondues » en place publique – et des notables ayant sciemment choisi Vichy et la collaboration avec l’occupant, le général de Gaulle et ses alliés politiques ont plutôt opté pour une « non-épuration » favorable au statu quo général des élites, inauguré par le Comité français de libération nationale d’Alger (CFLN). Cette posture bénéficia même à une multitude de criminels de sang tandis qu’étaient inquiétés nombre d’authentiques résistants !

Le mot d’ordre « Mieux vaut Hitler que Staline » survit aux conditions historiques de son émergence pour alimenter une mythologie (2) dont nous sommes aujourd’hui loin, très loin d’être sortis.

MYTHOLOGIES DE L’EPURATION

La première de ces mythologies recouvre les « approximations contemporaines sur la chronologie et les effectifs ». Selon Jean-Paul Cointet, il n’y aurait eu en France qu’un maximum de 1500 à 2000 collaborateurs « de sang », d’ailleurs exécutés « sommairement » en 1944 (avant ou après la Libération ?), pour dénoncer les parias, remplir les prisons, torturer, déporter, fusiller, massacrer, et parvenir à un bilan civil que la statistique officielle chiffra après-guerre à près de 150 000 morts. Les « pertes humaines » civiles furent fixées en mai 1947 à 30 000 fusillés, 150 000 déportés « morts ou disparus, sur un effectif (incluant une fraction des 766 000 travailleurs « déportés » en Allemagne) de 95 000 « déportés politiques » et de 100 000 « déportés raciaux ».

« Les recherches en cours nous rapprochent de cet effectif » , estime Annie Lacroix-Riz ; « les décès en Allemagne de travailleurs forcés (dont l’effectif total n’a pas varié depuis la statistique officielle de 1947) sont estimés à environ 30 000, soit moins de 5% du total déporté ; le chiffre de 75 000 déportés juifs fait consensus général. Celui des fusillés après condamnation atteint « sans doute 15 000 à 20 000 exécutés et massacrés », dont 36% de « communistes ». Encartés, c’est possible, FTP, c’est invraisemblable : ce pourcentage, avancé sans source, est incompatible avec la correspondance policière française et allemande, monomaniaque sur les FTP. Les « exécutés sommaires sont bien plus nombreux que les fusillés par condamnations », surtout dans les régions de « maquis puissants », auxquels s’ajoutèrent les liquidés en masse de « nettoyage des prisons au moment du départ des Allemands », et tant d’autres, tués « lors des libérations des villes, condamnés en France et exécutés en Allemagne », massacrés en masse de la fin de l’hiver 1943/44 à l’été 1944.

Elle conclut : « on peut évaluer le nombre de morts par balles dans une volonté de répression entre 15 et 20 000, sans compter les autres morts en camp de concentration et au combat. Bien plus nombreux : de combien ? Deux fois plus que les 20 000 condamnés ». Sur ces évaluations, la recherche n’a pas dit ses derniers chiffres…

Largement reprise par les historiens officiels de la Seconde guerre mondiale, une deuxième mythologie vise à réduire l’importance opérationnelle de la Résistance française. Exemple : Olivier Wieviorka, spécialiste déclaré de la Résistance française semble considérer que celle-ci n’a eu qu’un rôle militaire négligeable. Seuls les Anglais et surtout les américains auraient, depuis le débarquement de Normandie, assumé la dimension militaire du territoire français comme dans toute l’Europe occidentale. Annie Lacroix-Riz de commenter : « cette dépréciation de la Résistance et de ses combats attire logiquement les éditeurs champions de « l’épuration sauvage .. et de la réhabilitation de Vichy ».

De cette caricature témoigne l’un des ouvrages de la collection que dirige M. Wieviorka – Le Maquis des Glières -, de son ancien doctorant et disciple Claude Barbier. L’auteur s’y propose d’abattre le « mythe (du) maquis des Glières » ou de démontrer à la fois que « la bataille des Glières n’a(vait) pas eu lieu » et que les « réprimants « (sic) français des Glières étaient de braves gens, miliciens taraudés par « un cas de conscience », répugnant « à combattre aux côtés de la Wehrmacht ».

L’ouvrage, tiré en 2014 de sa thèse, devait valider le postulat de son directeur de recherches et éditeur sur la débilité militaire d’une Résistance française (surtout FTP) par ailleurs politiquement féroce : il était donc logique que les « miliciens ne (vissent) aux Glières que des partisans de Staline prêts à employer les méthode (du) NKVD pour assassiner des milliers d’officiers polonais » à Katyn sans les distinguer (…) des membres de l’AS (Armée secrète) » dignes de plus de ménagements.

La correspondance d’Otto Abetz, ambassadeur à Paris, exprime par exemple une grande inquiétude vis-à-vis des nombreux sabotages, assassinats ou « attaques perfides contre des soldats isolés » allemands perpétrés sur tout le territoire français. Et vers la fin de la guerre, le « commandant ouest » de la Wehrmacht, Gerd von Rundstedt, confirme lui-aussi la « gravité » de la situation pour les troupes allemandes dont les petites unités sont constamment attaquées « par des bandits en uniforme ou en civil », obligeant à mobiliser d’importantes forces de protection pour chacun de leurs déplacements.

Baptisée par Albert Speer – le ministre de l’armement de Hitler -, « l’armée des partisans », la résistance intérieure inquiéta assez les Allemands pour les convaincre de porter en France leurs troupes de 27 à 48 divisions entre novembre 1943 et avril 1944. En témoigne l’impressionnant bilan des FTP en matière de sabotages principalement dirigés contre le rail. D’avril à septembre 1943, en effet « 278 opérations contre les voies ferrées et les transports de troupes et de matériels allemands, avaient provoqué 138 déraillements, mettant hors d’usage 357 locomotives et 1698 wagons, et détruisant 38 wagons-citernes pleins d’essence ».

Les combattants patriotes responsables de ces attentats, rappelons-le, pratiquaient non des actes de terrorisme mais des « actes de guerre » définis comme tels par la jurisprudence du Comité de la France libre à Londres (qui s’était déclaré en guerre contre l’Allemagne en 1941).

Troisième mythe récurrent : le vieux distinguo entre « vilains SS » et une « Wehrmacht propre », légende que l’historiographie ouest-allemande a tardivement mais totalement liquidée pour l’Est occupé. Ce mythe s’était effrité à l’Ouest, contre les communistes et les juifs depuis l’été 1941. Il avait perdu tout son sens depuis 1943. Le Feld-Maréchal Hugo Sperrle et le général Gerd Von Rundsedt affichaient début 1944 la couleur dans « la guerre contre les partisans » conduite en France.

« SECTIONS SPECIALES » BLANCHIES

Retour à « l’épuration », engagée après la guerre sous le gouvernement gaulliste : le livre d’Annie Lacroix-Riz démontre qu’elle fut pratiquement inexistante, non en raison d’un climat de risque de guerre civile intérieure, ni de la menace extérieure soviétique, mais bien à cause d’un consensus établi à Alger entre le général de Gaulle et les Américains – pourtant à couteaux tirés (3).

A Alger, personne ne souhaitait une épuration massive de l’appareil économique, politique et militaire de Vichy. Annie Lacroix-Riz montre que, si des commissions d’épuration furent bien mises en place, ainsi que cela avait été prévu dès le début de l’Occupation au sein de la Résistance, elles furent aussitôt réduites à l’impuissance par différents subterfuges (absence de crédit, de personnel, non-transmission des dossiers, requalifications des chefs d’accusation, mesures dilatoires, etc.) avec l’assentiment des premiers ministres et hauts responsables de la Justice de la France libérée – dont François de Menthon, Pierre-Henri Teitgen et Robert Schuman.

A contrario, l’inventivité pour transformer les « épurables » en résistants semble ne pas avoir connu de limites. L’ardeur pour soustraire à l’examen des collaborationnistes notoires ou faire libérer ceux que les avocats décrivaient comme des « Français non coupables, injustement incarcérés » fut sans limite. Les efforts pour les disculper – qu’ils aient été responsables politiques, patrons de presse, banquiers, administrateurs de biens juifs, etc.) – se déployèrent sans relâche. Illustrés dans le livre par de nombreux extraits de lettres, de circulaires et autres, ils sont frappants de cynisme.

L’obstination des ministères et de la haute administration pour blanchir leurs membres donne une idée vertigineuse de la solidarité de « caste » ou de « classe » régissant alors la France de la Libération. Grâce à un système très ramifié de protections, peu de ceux qui devaient répondre « d’actes de trahison, collaboration avec l’ennemi et de menées antinationales » furent en effet condamnés. « Entre 44 et les années 1950 », souligne Annie Lacroix-Riz, « les pratiques d’Occupation indiscutablement établies ne pesèrent rien face aux témoignages dithyrambiques post-Liberationem, aux « certificats de résistance » ou médicaux, le plus souvent évidemment tarifés ».

Dans le domaine de ce blanchiment morbide, un seul exemple suffira, concernant l’appareil judiciaire : tous les dossiers des magistrats des « sections spéciales » qui avaient condamné à mort des résistants furent classés sans suite. Dans cette logique léviathanesque qui donne froid dans le dos, le cas de Maurice Papon est l’arbre qui cache la forêt !

Il faudra 17 années de batailles juridiques pour qu’il soit condamné le 2 avril 1998 à dix ans de réclusion criminelle pour complicité de crimes contre l’humanité pour les actes d’arrestation et de séquestration – lors de l’organisation de la déportation des Juifs de la région bordelaise vers le camp de Drancy d’où ils furent ensuite acheminés vers le camp d’extermination d’Auschwitz – commis lorsqu’il était secrétaire général de la préfecture de Gironde, entre 1942 et 1944. Mais, estimant qu’il n’existait pas de preuve que Papon ait eu connaissance – à l’époque – de l’extermination des Juifs, il fut acquitté pour toutes les charges de « complicité d’assassinat » et des « tentatives de complicité d’assassinat ».

Paradoxalement, ce furent les Résistants qui furent soupçonnés et attaqués. En 1948, le philosophe Vladimir Jankélévitch écrivait que sous l’égide de « la démocratie américaine » et du « libérateur de la France » (de Gaulle), « la défense de classe » avait « vite » permis aux « amis (français) du docteur Goebbels (…) redevenus les bien-pensants », de se remettre « de leur frayeur (…). Tout rentrait dans l’ordre », avec le retour en force de « l’ennemi numéro un : le communisme ». Il prévoyait aussi que « demain la Résistance devra(it) se justifier d’avoir résisté ».

LE « TOURNANT OBSCUR »

Dans sa jeunesse, l’auteur de ces lignes a eu la chance de partager l’amitié et les récits de plusieurs Résistants haut-savoyards. Issus des communautés de pêcheurs du lac Léman et des fermes de moyenne montagne, plus précisément de Rives (Thonon-les-Bains), d’Anthy-sur-Léman, de Meillerie et des villages de la Vallée Verte (Boëge), ces derniers avaient rejoint les Brigades internationales d’Espagne, se retrouvant intégrés à des unités républicaines soit de la FAI (Fédération anarchiste ibérique), soit du POUM (Parti ouvrier d’unification marxiste/Trotskiste) et d’autres groupes.

Leur crédo unanime était d’interroger sans cesse l’arrestation de Jean Moulin et son remplacement à la tête du CNR (Conseil national de la Résistance) par le démocrate-chrétien Georges Bidault (nom de guerre : Bip), qualifié par eux de « tournant obscur », reprenant ainsi le titre des mémoires du révolutionnaire russo-belge Victor Serge. « Tournant », expliquaient-ils parce qu’après la « neutralisation » de Jean Moulin – qui avant d’être préfet de Chartres fut nommé par Pierre Cot sous-préfet de Thonon-les-Bains (c’est durant cette période qu’il noue une relation forte avec le Rassemblement universel pour la Paix/RUP soutenant les effort de la Société des Nations/SDN contre la guerre de Mussolini en Ethiopie puis en appui de la République espagnole) – s’ensuivit une reprise en main opérationnelle et politique de la Résistance.

Sous la direction de Jean Moulin, les mouvements gardent une grande autonomie opérationnelle, adoptant le plus souvent les techniques asymétriques de la guérilla. Une fois les opérations terminées, ils se replient dans des régions boisées et montagneuses, prenant soin d’éviter les confrontations massives et frontales. Pour l’occupant, les fragmentations fluides de cet ennemi invisible donc insaisissable sont redoutables. Dans ces circonstances, les groupes de maquisards cultivent toutes leurs spécificités politiques et projettent leur combat dans la perspective de la reconstruction du pays. Pour Churchill et une partie de l’entourage du général de Gaulle, cette situation est insupportable. Anticipant les évolutions de la résistance en Grèce où la majorité des mouvements ancrés à gauche identifiait Libération et révolution sociale, ou celle prévalant en Yougoslavie avec les partisans de Tito, le commandement allié – selon les amis de l’auteur – a clairement privilégié une reprise en main « politique » de la Résistance française au détriment de son efficacité opérationnelle.

Ainsi, les parachutages d’armes furent attribués seulement aux maquis jugés « sûrs », alignés sur les directives de Londres. « Assez rapidement après l’arrestation de Caluire, les MURs (Mouvement unis de résistance) imposèrent leurs vues par l’intermédiaire de jeunes officiers et cadres issus, pour la plupart, des Chantiers de jeunesse de Vichy », expliquaient mes amis ; « la consigne était claire : il s’agissait impérativement de mettre sous tutelle nos groupes de guérilla, une tutelle d’encadrement et de commandement militaire classique pour reprendre la main idéologique. Les résultats se révélèrent rapidement dramatiques. Poursuivant leur obsession de reconstituer des corps d’armée classique centralisés, les responsables des MURs offraient ainsi des cibles faciles pour l’armée allemande. Début 1944 et sans surprise, suivirent les désastres du plateau des Glières au-dessus d’Annecy et des maquis du Vercors au-dessus de Grenoble. L’important pour Londres était bien-sûr de neutraliser Jean Moulin qui aurait pu faire de l’ombre au général de Gaulle dans une France libérée ».

Le récit de mes vieux amis – aujourd’hui disparus – correspond en tous points aux résultats des recherches bénédictines d’Annie Lacroix-Riz.

JEAN MOULIN TRAHI PAR LES SIENS

Le paroxysme de l’ignominie et du déshonneur culminera avec « l’affaire Jean Moulin » : l’arrestation du créateur et chef du CNR à Caluire (dans la banlieue lyonnaise) le 21 juin 1943 par le nazi Klaus Barbie (chef de la section IV (SIPO-SD) des services de la sûreté allemande basée à Lyon), se soldera par son supplice et sa mort officiellement datée du 8 juillet 1943 en gare de Metz durant son transfert à Berlin.

Comme Jean Multon, résistant retourné par la Gestapo, René Hardy est arrêté par Klaus Barbie, mais relâché juste avant la réunion de Caluire où Jean Moulin doit réorganiser la direction des maquis après l’arrestation à Paris du général Delestraint, le 9 juin 1943. D’après Pierre Péan, « c’est certainement René Hardy qui a vendu Jean Moulin, sur l’incitation de hauts responsables du plus proche entourage londonien du général de Gaulle » (4).

Annie Lacroix-Riz : « Pierre de Bénouville, Fradin et Dubost au secours des collaborationnistes notoires. Bénouville, passé sans transition de la Cagoule d’avant-guerre au MSR d’Occupation, faux gaulliste inféodé à Allen Dulles (NDLR : patron de l’OSS-117 qui deviendra la CIA) et anti-communiste obsessionnel avait depuis la Libération fait l’objet de rapports de police forts complaisants (…). Ami de Frenay, chef de file avec lui de la cohorte bigarrée des protecteurs d’Hardy, Bénouville fit la pluie et le beau temps à la justice où régnait son ami Fradin. Il y avait porte ouverte depuis l’automne 1944 pour soustraire les plus grands coupables à la prison et au jugement, à commencer par ses amis de la Cagoule, d’Eugène Schueller à Jean de Castellance ».

Encore : « le rôle des deux chefs de Combat est d’une autre portée que celui des « traîtres » avérés Multon et Hardy. Il explique la cohésion du bloc anticommuniste soudé autour d’Hardy pour nier les preuves formelles entassées de 1943 à 1947 contre l’exécutant et ses donneurs d’ordres. Et ce, plusieurs décennies avant les aveux partiels de Barbie et Hardy en 1983 et de Bénouville en 1997/98 qui ont convaincu Péan de la responsabilité des chefs de Combat dans les arrestations du général Delestraint et Jean Moulin ».


Le « trombone » avant le « Condor »

Dès la Libération, le nazi Klaus Barbie fut recyclé dans les services spéciaux américains et protégé par les autorités de Washington au plus haut niveau. Comme les ingénieurs allemands – concepteurs des V1 et V2, ayant semé la mort dans les villes britanniques – se retrouvèrent à la NASA et dans les laboratoires de la bombe atomique américaine, Klaus Barbie et de nombreux autres nazis, criminels de guerre notoires, se recyclèrent dans les services secrets des Etats-Unis. On retrouvera plusieurs d’entre eux – dont Barbie -comme conseillers de la CIA au cœur du « plan Condor » : une campagne d’assassinats, de lutte anti-guérilla et de coups d’Etat menée conjointement par les services secrets du Chili, de l’Argentine, de la Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de l’Uruguay au milieu des années 1970.

La leçon magistrale d’Annie Lacroix-Riz nous permet de relier et de comprendre ces événements, de la non-épuration à la domination d’une grande partie du monde : une grande leçon d’épistémologie historique et de politique générale. A lire bien-sûr, à faire lire et à diffuser le plus largement possible.

La semaine prochaine, nous poursuivrons notre rentrée studieuse en faisant retour aux Proche et Moyen-Orient avec un autre livre-événement très important : celui de Régina Sneifer (5) consacré à la « Grande Syrie » et au « Croissant fertile » d’Antoun Saadé, d’après les mémoires de sa femme Juliette. Safia Antoun Saadé, leur fille sera présente à la présentation-signature du livre de Régina Sneifer, le 26 septembre dès 18 heures dans les locaux des éditions Riveneuve – 85, rue de Gergovie, 75014 Paris (téléphone : 01 45 42 23 85 – M/Ligne 4/Alésia, M/Ligne 13/Plaisance). La rédaction de prochetmoyen-orient.ch y sera !

Richard Labévière 16 septembre 2019

1 Annie Lacroix-Riz : La Non-épuration en France de 1943 aux années 1950. Editions Armand Colin, août 2019.

2 Dans le sens de ce que Roland Barthes conceptualise dans ses Mythologies (Editions du Seuil, 1957), à savoir vider la réalité de sa dimension historique pour la transformer en une espèce de « nature éternelle » vouée au bons sens populaire, à la morale et à la haine du politique !

3 Eric Branca : L’ami américain – Washington contre De Gaulle 1940 – 1969. Editions Perrin, août 2017.

4 Entretiens avec Pierre Péan. Lire son livre : Vies et morts de Jean Moulin – éléments d’une biographie. Editions Fayard – 1998, abondamment cité (plus d’une vingtaine de fois) par Annie Lacroix-Riz.

5 Regina Sneifer : Une femme dans la tourmente de la Grande Syrie. D’après les mémoires de Juliette Antoun Saadé. Editions Riveneuve, septembre 2019.

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Lectures complémentaires:

Compilation Howard Zinn

Sutton_Le_meilleur_ennemi_quon_puisse_acheter

Sutton_Wall-Street_et_la_Révolution_Bolchévique

Dans ce livre, l’historien anglais Antony Sutton en 1976 (Professeur à l’université de Stanford), fait le boulot côté anglo-américain qu’Annie Lacroix-Riz a fait côté français avec ses recherches sur la collusion de la synarchie industrio-banquière française avec l’Allemagne nazie:

Sutton_Wall_Street_et_la_montée_d’Hitler

 


« La vraie passion du XXème siècle, c’est la servitude »
~ Albert Camus, 1957 ~

Canada et imposture coloniale, génocide et ethnocide programmés (Mohawk Nation News)

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Une fois n’est pas coutume, notre commentaire de texte sera ici un peu négatif, non pas sur le fond, car nous partageons ce qui y est dit, mais sur la forme, notamment en ce qui concerne l’utilisation du symbole du “serpent” comme celui du mal et de la fourberie. Ceci nous paraît en fait être très “eurocentrique”, ce qui est un comble vu la provenance du texte. Le serpent n’est-il pas le diable dans l’imbécile mythologie chrétienne ? Nous sommes surpris qu’une telle métaphore puisse être utilisée dans un discours traditionnel amérindien.
Le serpent est partie de la Nature. Il n’y a rien de “bien, mal ou vicieux” dans la Nature. Le serpent est et vit sa vie sans emmerder personne, ce sont nous, les humains, qui l’emmerdons dans son habitat naturel. Le serpent est un prédateur qui tue pour manger et survivre, il le fait de manière très parcimonieuse au moyen du poison ou de la constriction. Dans la très vaste majorité des cas, les interactions entre humains et serpents se passent très bien, chacun évite l’autre avec succès… Toute morsure endurée est le résultat d’un acte de défense de l’animal qui instinctivement connait la valeur de son venin et le distille avec parcimonie, occasionnant dans bien des cas, des morsures dites “sèches”, sans injection de venin.

Nous tenions à préciser ce fait, car nous ne sommes pas d’accord sur l’image du serpent convoyée ici ou dans d’autres textes. Nous sommes en fait surpris de l’usage fait de cette image négative par une source iroquoise traditionnelle…

10/10 sur le fond.. 2/10 sur la forme, peut mieux faire…

~ Résistance 71 ~

 

 

Se déguiser en “Indien”

 

Mohawk Nation News

 

25 septembre 2019

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2019/09/25/dressing-up-like-an-indian/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Nous, les peuples natifs de ce continent, nous habillons “comme les blancs” parce que nous ne pouvons pas nous payer ces superbes et très chers habits autochtones. Quand nous en avons un, nous sommes invités dans des fêtes pour faire des poses photos avec des politiciens, ou poser dans des inaugurations de supermarchés, de galeries marchandes ou pour poser avec des enfants dans les crèches.

L’entreprise coloniale qu’est le gouvernement du Canada travaille dur pour nous maintenir, nous et nos affaires, dans le domaine de l’invisible et conserver nos esprits ignorants. Voler, piller l’Île de la Grande Tortue d’un pôle à l’autre, d’un océan à l’autre est le plus grand vol organisé de l’histoire de l’humanité et de cette planète, pillage qui continue aujourd’hui. Des traîtres comme les membres de l’Assemblée des Premières Nations (APN/AFN) et les “conseils de bandes” sont complices et aident ces serpents à essayer de vider l’Île de la Grande Tortue de notre existence. Ils sont tout aussi coupables de génocide que leurs maîtres. Leur extinction, extermination des peuples natifs s’appellent aujourd’hui “le cadre d’accord” (NdT: Framework Agreement en anglais). Les banquiers sont les actionnaires de toutes les municipalités incorporées de l’entité coloniale du Canada. Ils sont les propriétaires du Canada et, par le truchement des actes de naissance, qui ne sont que des documents bancaires, ils possèdent les gens.

Le lavage de cerveau inclut couvrir de ridicule ou censurer la vérité sur notre véritable position en tant que peuples placés sur l’Île de la Grande Tortue par la nature/création. Nous sommes ignorés ou diagnostiqués comme ayant des limites mentales et physiques ou nous sommes simplement physiquement éliminés. Même notre identité propre est décidée pour nous, comme par exemple en nous forçant à n’utiliser qu’une identité électronique cadrée par l’entreprise coloniale. Ce n’est que documentation et gestion de leurs esclaves. L’entreprise coloniale a autorisé ses marionnettes des conseils de bandes de Nations Premières Inc. à signer l’ordre de notre extinction et de couper notre lien profond à la terre. Des mots comme “conflit”, “peur”, “envie, désir” et “haine” ou tous mots qui critiquent les serpents sont déplacés (NdT: et pas à pas criminalisés…).

Les langues étrangères officielles de l’Île de la Grande Tortue, l’anglais et le français, et les toutes nouvellement inventées langues des “premières nations”, basées sur une traduction depuis l’anglais, vont être utilisées pour limiter notre capacité de réflexion. L’anglais est une langue de mensonge et de tromperie.

Seuls des noms et des chiffres reconnus par le système bancaire sont acceptés comme valides. Nous nommer par nos véritables noms natifs va de nouveau devenir illégal. Une nouvelle histoire et de nouvelles religions vont faire avancer l’idée du serpent : la société autochtone est libre de tout contrôle de l’entreprise coloniale.


Antidote issus de la loi naturelle

Le désordre programmé est appelé “harmonie”. Les déracinés, désaxés sont envoyés dans des maisons de travail, dans des camps de travaux forcés et dans les unités militaires. Les anciens ayant la connaissance sont “mis à la retraite”. Les “sociétés pour l’enfance” et les généticiens encouragent les petites unités familiales et la stérilisation sans consentement. Tout le monde est classé par niveau d’intelligence et en rapport avec son utilité pour l’entreprise coloniale.

La répétition tue le naturel. Nous devons nous assoir sur des chaises à longueur de journée, à ne rien faire. Retourner à la maison. Refaire la même chose le lendemain.. Ceux qui voient au delà de tout ça, qui posent des questions, qui refusent d’être quotidiennement sous sédatif et résistent au conditionnement sont éliminés. Le “cadre d’accord” qui va nous municipaliser et nous taxer sous le régime colonial est le plan de base pour la standardisation et le contrôle.

L’entreprise coloniale a une peur bleue des différences qu’elle ne peut pas contrôler. Kaianerekowa est le fondement de notre mode de pensée. Les différences sont naturelles et très belles.

Notre musique, nos chansons, nos langues, nos danses et nos cérémonies sont ancrées profondément en nous et ainsi nous pouvons demeurer connectés avec nos ancêtres. L’État crée des drogues et des façons de réprimer les émotions profondes primordiales. Socrate a inventé l’échelle des 12 notes chromatiques pour cacher les 13 notes de solfèges originales. Elles sont les notes de la communication de la nature / création. L’entreprise coloniale a interdit notre musique pour, espère t’elle, arrêter de déclencher nos mémoires.

Nos rêves sont une combinaison de réalité, d’émotions et d’amour de notre peuple, ce qui nous est systématiquement retiré en amenuisant notre existence propre, notre essence. Nos parents et nos ancêtres eurent des joies et des peines. Les serpents ont amené la maladie de l’owistah (NdT: qu’on peut traduire par “veulerie”…) avec eux pour que viennent la guerre et la mort pour détruire le monde. Les serpents savent ce qu’est la brutalité de voler et de tuer nos jeunes et nos vieux. Nous avons le souvenir de nos enfants qui furent volés à leurs familles, pour nous retirer la lumière des yeux. Les serpents n’ont aucune empathie et ont un besoin impératif de dominer. Nos révoltes sont craintes (NdT: Wounded Knee 1973, Oka 1990, Sandy Creek 2016-17).

Le lavage de cerveau afin que nous commettions le suicide est fini. Ce cadre d’accord pour notre extinction ne va pas nous retirer notre connexion avec la nature et notre terre-mère. Nous serrons nos enfants, nos bébés contre nous pour sentir la chaleur, le confort et la beauté. Leur futur est dans nos esprits et nos bras. Nous éprouverons la joie, nous aurons la musique, l’amour et les cérémonies qui sont toujours dans les ombres et les échos.

Jimi Hendrix chante les changement à venir pour les châtelains quelque soit le costume qu’ils portent:

“A little Indian brave who before he was ten,

Played war games in the woods with his Indian friends,

And he built a dream that when he grew up,

He would be a fearless warrior Indian Chief

Many moons passed and more the dream grew stronger,

Until tomorrow, he would sing his first war song,

And fight his first battle, but something went wrong,

Surprise attack killed him in his sleep that night

And so castles made of sand,

Melts into the sea, eventually”

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Lectures complémentaires:

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Nous_sommes_tous_des_colonisés (PDF)

Pierre_Clastres_De l’ethnocide

Pierre_Clastres_Echange-et-pouvoir-philosophie-de-la-chefferie-indienne

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Manifeste pour la Société des Sociétés

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

si-vous-avez-oublie-le-nom-des-nuages-vous-avez-oublie-votre-chemin

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

 

Résistance au colonialisme: Fondements et permanences de l’ignominie de la domination avec Nils Andersson

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 19 septembre 2019 by Résistance 71

Nous avons utilisé le texte ci-dessous en mai 2013 pour écrire notre article « Nous sommes tous des colonisés ! » qui est devenu un des articles les plus lus sur Résistance 71. Le voici dans sa version numérique.

~ Résistance 71 ~

 

 

Fondements et permanence du colonialisme

 

Introduction rencontres d’été

 

Nils Andersson

 

Novembre 2011

 

Pendant des millénaires, premières colonisations : Égypte et Mésopotamie, monde gréco-romain et monde musulman, Asie hindouisée et sinisée, empire mongol, l’Eurasie et l’Afrique du Nord, furent des terres de conquêtes et de barbarie. Le plus ancien traité connu « de fraternité et d’amitiés » conclu vers 1280 av. J.-C, entre le roi d’Egypte, et le roi des Hittites fait l’objet d’un accord sur les frontières mais il est implacable envers les populations. Les souverains s’accordent d’extrader les fugitifs des deux camps qui cherchent asile soit en Égypte soit en pays hittite, le territoire est plus important que le sort des populations. C’est là une première permanence du système colonial et impérialiste, la primauté du territoire sur les populations.

Navigateurs, explorateurs et marchands vont êtres les premiers colonisateurs. En 1493, un arbitrage du pape accorde toutes les terres « trouvées ou à trouver, reconnues ou a reconnaître » à l’Espagne et au Portugal. Il s’agit d’un colonialisme mercantile et de mercenaires, avec le « système de l’exclusif ». La puissance coloniale s’assure le monopole des importations et exportations, ainsi les conquistadors s’attribuent pour leurs rois et pour eux-mêmes les richesses de l’Afrique et de l’Amérique. Au XIXe siècle, avec l’expansion du capitalisme industriel, la liberté du commerce, va prévaloir et modifier le système colonial en rationalisant et intensifiant l’exploitation économique, sociale et humaine des peuples colonisés. L’accaparement des richesses naturelles est la deuxième permanence du système colonial.

Autre composante constitutive du colonialisme, le goupillon, trois bulles du pape confient aux rois d’Espagne et du Portugal la christianisation des territoires « découverts et à découvrir ». Imposer sa religion fut tout au long de la conquête coloniale une composante essentielle de la mission civilisatrice de l’homme blanc. Évangéliser est la troisième permanence du système colonial.

Pour compenser la chute de la démographie qui résulte en Amérique de l’extermination des Indiens, du travail forcé auquel ils sont soumis et des maladies contagieuses amenées par les Européens, il est organisé dès le XVIIe siècle le plus ignoble des commerces, la traite négrière. Pendant trois siècles l’esclavagisme participera du système colonial. Si la traite négrière a été abolie, la « force noire » du général Mangin lui succéda, avec l’enrôlement massif comme chair à canon pour les guerres impérialistes des tirailleurs sénégalais, malgaches, algériens, marocains, tunisiens et indochinois, puis les colonisés deviendront une main d’œuvre exploitable sans limite dans les métropoles. Quatrième permanence du système colonial, l’exploitation sociale et humaine des peuples colonisés.

Le goupillon accompagne le glaive. La violence dont se vante le capitaine de Montagnac lors de la conquête de l’Algérie : « Toutes les populations qui n’acceptent pas nos conditions doivent être rasées. Tout doit être pris, saccagé, sans distinction d’âge ni de sexe… » est inhérente au colonialisme. Violence que justifie Alexis de Tocqueville – grande référence de la pensée libérale et démocratique – quand il écrit : « Du moment que nous avons admis cette grande violence de la conquête, je crois que nous ne devons pas reculer devant les violences de détail, qui sont absolument nécessaires pour la consolider. » Cinquième permanence du système colonial, le recours à la violence de la guerre et de la répression.

À la violence physique s’ajoute une entreprise de dépersonnalisation, symbolisée par le Code de l’indigénat en Algérie, l’apartheid en Afrique du Sud, la ségrégation aux États-Unis et ailleurs. règles fondées sur la supériorité de l’homme blanc. Le Code de l’indigénat, par exemple, était un régime d’exception avec la mise en place de deux collèges électoraux, un pour les Français, un pour les indigènes. L’interdiction faite aux Algériens d’être maire ou président d’une assemblée qui comprend des Français, leur exclusion de certaines écoles ou interdiction faite à un officier « indigène » de commander un officier français même d’un grade inférieur au sien. De plus les Algériens sont soumis à la loi de la « responsabilité collective », non seulement ils ne sont pas des citoyens égaux mais leur individualité est niée, ils sont une masse. Déniant leur identité aux peuples colonisés, les colonisateurs vont imposer leur langue, leur culture, leur idéologie, fondée sur la supériorité de l’homme blanc. Racisme et colonialisme ne font qu’un. L’aliénation du colonisé est la sixième permanence du système colonial.

Il n’y a pas eu un mais des colonialismes, des distinctions peuvent être opérées, mais dans l’échelle de l’abomination tous les colonialismes sont égaux. Et dans le nouvel ordre colonial, comme dans l’ancien on retrouve ces six permanences : primauté du territoire sur les populations, accaparement des richesses naturelles, imposition de la religion du colonisateur, exploitation sociale et humaine, recours à la violence de la guerre et de la répression, aliénation culturelle et idéologique du colonisé.

S’il est paru important de rappeler ces permanences du colonialisme, ce n’est pas pour énumérer les maux du colonialisme, mais pour inscrire notre débat dans les luttes émancipatrices présentes car, sans une approche globale du système colonial, il ne peut y avoir de sortie du colonialisme.

Sortir du colonialisme : désaliénation et luttes communes

L’indépendance nationale acquise au prix de grands sacrifices par la lutte armée ou accordée par le colonisateur est une étape essentielle de la décolonisation, mais elle n’est et ne pouvait être qu’une étape. Comment aurait-il été possible que le colonisé se libère de son aliénation du seul fait d’être indépendant. Rompre avec les chaines de siècles d’oppression politique, d’exploitation économique, de soumission idéologique demande un temps long. Il est donc normal que l’on se pose aujourd’hui, la question : comment sortir du colonialisme ?

Pour sortir du colonialisme au stade d’une « mondialisation » qui est inscrite dans le processus même des conquêtes coloniales, il y a deux démarches obligées : rompre avec l’aliénation coloniale et créer les conditions pour que les peuples colonisés, ex-colonisés et les peuples des métropoles mènent des luttes communes.

Rompre avec l’aliénation, Fanon dénonce combien les comportements humains des « damnés de la terre » sont gangrenés par le colonialisme et le racisme, la radicalité de Fanon répond à un besoin de survie identitaire. Il souligne l’importance du regard porté sur les résistances au colonialisme. Mais Enzo Traverso fait le constat : « Une large partie de l’historiographie dite post-coloniale, revisite le passé à travers le prisme de la victime, dans un horizon privé de toute utopie, où il n’y a plus de place pour la mémoire des luttes émancipatrices des esclaves et des colonisés… » Il faut rompre avec toute logique victimiste du colonisé, subissant l’oppression coloniale. Il faut au contraire redonner place à la longue mémoire des luttes de résistance et émancipatrices qui ont porté les peuples colonisés il y a un demi-siècle au centre de l’Histoire.

Quel chemin parcouru depuis 1885, summum de l’arrogance coloniale, où la Conférence de Berlin décide des règles de partage de l’Afrique où il est convenu que « toute puissance européenne installée sur la côte peut étendre sa domination vers l’intérieur jusqu’à rencontrer une ‘sphère d’influence’ voisine. » Plus simplement dit : là où l’homme blanc pose le pied, le sol et les gens lui appartiennent.

L’ordre colonial est à son apogée. Le monde se partage entre les Empires coloniaux anglais et français dominants, les empires espagnols, portugais et hollandais déclinants (lutte d’indépendance en Amérique latine), les nouveaux empires coloniaux allemand, italien et belge et les États-Unis et la Russie conquérants. Les possessions britanniques, première puissance coloniale, représentent alors un quart des terres du globe et un quart de la population mondiale. Seule puissance non occidentale à mener une politique impérialiste, le Japon.

La domination coloniale paraît alors sans fin. Mais les peuples colonisés s’organisent politiquement, certains engagent des luttes de libération nationale, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est affirmé dans le cadre des Nations Unies. C’est le temps des ruptures, des sacrifices aussi, de Bandoeng, de la révolution AAA (Afrique, Asie, Amérique latine), amenant un bouleversement historique majeur. On ne peut sortir du colonialisme sans faire vivre cette mémoire.

De très nombreuses contributions des ex-colonisés sur les effets de la colonisation et ceux, tout aussi ravageurs, du néo-colonialisme – favorisé par la complicité et la corruption d’une grande partie des élites locales – témoignent d’une désaliénation du colonisé. Émancipation nationale et sociale mais également culturelle, identitaire, au pays et de l’émigré. Mais cette question n’est pas prise dans toute sa dimension si nous ne posons pas cette autre question, la désaliénation concerne-t-elle le seul colonisé ?

Certes non. Il en est pour le colonisateur comme, pour le colonisé. Les peuples victimes du colonialisme doivent se construire, s’émanciper, se libérer de ce passé et du présent néo-colonial où suppôts des anciens colonisateurs maintiennent leurs peuples sous leur dépendance et celle des anciens maîtres. Mais l’homme occidental doit lui aussi assumer son histoire, se libérer de sa propre aliénation de colonisateur, il doit lui aussi faire, « peau neuve », sans quoi il ne cesse de reproduire son aliénation dominatrice et raciste. On reste dans l’attente que les « élus du ciel », les colonisateurs, comprennent la nécessité de mettre en question leur identité de colonialistes qui continue à pervertir leur raison et leurs comportements.

On ne peut créer les conditions de modifier les rapports de force dans le monde sans sortir du double piège de l’aliénation du colonisé et de celle du colonisateur, dans laquelle nous maintient l’actuel ordre mondial. Face à la gangrène raciste, xénophobe, qui se répand dans le discours politique, intellectuel et médiatique, il faut dénoncer, inventer, découvrir, rompre avec la pensée dominante, y compris dans ce qu’elle gangrène nos rangs.

Autre obligation, créer les conditions de mener des luttes communes. Je voudrais rapporter ici à ce propos un colloque tenu à Milan au Centre Franz Fanon en 1962, il y a donc 50 ans, dans un moment de grandes avancées des mouvements de libération nationale, colloque qui avait pour thème, la gauche occidentale et le tiers-monde. Il a été souligné lors de ce colloque que la responsabilité historique de la gauche européenne est « de ne pas avoir compris la véritable importance des révolutions du Tiers monde, d’avoir considéré ces révolutions comme un fait particulier, isolé, dans le processus révolutionnaire mondial. » Faute de cette compréhension « nous avons pu assister, alors même que le cours de la décolonisation changeait le monde à un renforcement indiscutable du pouvoir capitaliste, à un affaiblissement progressif des forces démocratiques en Europe… »

Il a été lors de ce colloque posé la question « Le passage pour les mouvements de libération de la lutte armée avec l’accession à l’indépendance à des luttes revendicatives, démocratiques, une fois l’indépendance acquise, fera-t-il apparaître avec plus de clarté que l’ennemi est commun et que la décolonisation n’est pas un épisode particulier, historiquement isolé », qu’il appartient au mouvement général d’émancipation et que sans une solidarité active avec les peuples sortis du colonialisme, « la gauche européenne n’aura aucune efficacité. »

Cinquante ans après le constat est là, entre la gauche européenne et les peuples ex-colonisés ou encore colonisés, pris dans la nasse de l’économie de marché, soumis à la logique du néo-libéralisme dominante, il ne s’est pas créé une réelle solidarité et la question de l’efficacité de la gauche européenne reste posée.

Le monde a changé, les rapports de forces interétatiques ne sont plus les mêmes, les rapports de forces politiques, sociaux et économiques ne sont plus les mêmes, les rapports de force Nord-Sud ne sont plus les mêmes, les épicentres des mouvement d’émancipation et libérateur ne sont plus les mêmes. Mais le nouvel ordre mondial a aggravé les rapports dominants/dominés, colonisateurs/colonisés. Le capitalisme est toujours au fondement de la domination et de l’exploitation coloniale et sociale, nous sommes soumis aux mêmes maîtres, des maîtres dont les décisions sont de plus en plus exterritorialisées, loin de toute intervention et de tout contrôle citoyen, des maîtres qui nous mettent en concurrence, nous soumettent aux mêmes lois. Ce qui rend d’autant plus impératif de mener des luttes communes.

Sans cette solidarité, sans se sortir du double piège de l’aliénation colonialiste, dont nous ne sommes pas encore libérés et de l’aliénation néolibérale à laquelle il manque encore la radicalité d’un Fanon pour être dévoilée, on ne peut se libérer, ni les uns ni les autres, des lois de l’économie de marché, de la domination de l’idéologie néo-libérale auxquelles nous sommes soumis, nous ne pouvons faire prévaloir de la démocratie. Pour citer Jacques Bidet : « Auparavant n’existait que l’internationale : chaque classe exploitée se confrontait à sa classe exploiteuse, chaque peuple colonisé à son colonisateur. Et il pouvait s’établir entre eux une solidarité internationale. Aujourd’hui la logique du capital dessine l’horizon commun d’une histoire partagée. La lutte d’émancipation acquiert une perspective mondiale ».

Sortir du colonialisme, qui n’est nullement un système archaïque mais est aujourd’hui un constituant du système globalisé c’est, partant de mouvements locaux et nationaux, là où nous sommes, avec nos différences, nos expériences, en conjuguant nos mouvements, se donner la capacité d’influer sur l’ordre mondial.

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Note de Résistance 71, septembre 2019:

Tout ce que dit Nils Andersson est fort justement analysé, mais ce qu’il dit à la fin “se donner la capacité d’influer sur l’ordre mondial…” veut en d’autres termes dire:

“se donner la capacité” = pouvoir

pouvoir quoi ? “influer sur l’ordre mondial”, c’est à dire sur l’agencement, la décision politiques.

Ce que nous dit en d’autres termes Nils Andersson est de REPRENDRE LE POUVOIR… Mais pas pour en faire une nouvelle resucée de l’ordre ancien étatico-capitaliste, une énième et futile “réforme” d’un système qui ne peut être réformé, n’a jamais pu l’être ; mais bien au contraire de transformer cette réalité mortifère de la division et de la coercition à tout va pour en faire une réalité de notre humanité absolue et universelle, celle de l’amour, de la solidarité, de la paix, de l’entraide et de la compassion, nous faire entrer de plein pied dans la Société des Sociétés qui lâche prise des antagonismes et embrasse la complémentarité de notre diversité. Tout ceci bien considéré, on se rend alors bien compte qu’il n’y a pas de solution au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir. Il faut en sortir, le reléguer au musée des horreurs de l’histoire et avancer sur le seul véritable chemin de notre humanité vraie, celle de notre être profond réconcilié avec lui-même et la Nature.

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Lectures complémentaires:

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Peau_Noire_Masques_Blancs.Frantz_Fanon

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Manifeste pour la Société des Sociétés

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

6ème_déclaration_forêt.lacandon

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

Appel au Socialisme Gustav Landauer

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Nous_sommes_tous_des_colonisés (PDF)

Pierre_Clastres_De l’ethnocide

 

Doctrine chrétienne de la découverte ou le profond désir chrétien de domination (Steven Newcomb)

Posted in actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 6 septembre 2019 by Résistance 71

“En se présumant eux-mêmes inconsciemment d’avoir de droit un pouvoir mental de juger les “païens”, les chrétiens furent capables d’affirmer que les Indiens n’avaient pas le droit de continuer de vivre leur mode de vie libre et indépendant. Sur la base biblique que le peuple élu possède la tâche providentielle de soumettre la Terre et d’exercer une domination sur tout être vivant, les chrétiens se considéraient eux-mêmes comme un peuple élu ayant l’obligation divine de “sauver” les païens et leurs nations en les subjuguant, ce qui fut référé par le doux euphémisme de les “civiliser”. Ceci devait être accompli en brisant les nations païennes pour ensuite tourner leurs membres en des individus chrétiens qui deviendraient, par le moyen d’une assimilation graduelle, soit des sujets d’une monarchie chrétienne européenne ou des citoyens d’un état européen chrétien. De ce point de vue, les païens sont destinés par dieu à être sauvés et réduits à la “civilisation” européenne chrétienne.”
~ Steven Newcomb, 2008 ~

Le profond désir chrétien de domination

 

Steven Newcomb

 

Juillet 2019

 

url de l’article original

http://originalfreenations.com/the-deep-desire-for-christian-domination/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le désir des nations chrétiennes de dominer les nations “infidèles” et leurs terres, a mené à un désir de “découvrir” ou de localiser toutes terres infidèles de par le monde, qui n’avaient pas encore été dominées. Ceci devait être fait afin d’étendre l’empire chrétien (NdT: le tristement célèbre “christianorum dominorum”…). Ce désir eut pour résultat le fait que les monarques chrétiens autorisèrent des voyages de recherche de toute terre non-chrétienne qui n’avaient pas encore été soumises à la domination chrétienne.

Le pape et les monarques de la chrétienté croyaient que c’était la volonté de dieu pour que “Son” empire et sa domination soient étendus sur toutes les parties de la planète. Pour ce faire, il devenait nécessaire de naviguer les océans à la recherche de tout endroit qui n’avait pas encore été forcé de vivre sous la domination du “dieu” chrétien et de son empire de domination. Nous savons tout cela grâce à une phrase écrite dans une bulle pontificale de 1493 (NdT: Inter Caetera du pape Alexandre VI, Rodrigo Borgia)), “Nous croyons en Lui (dieu), celui par qui se créent les empires et les dominations de toutes choses.

Ce qui a été appelé la “doctrine de la découverte” est fondée sur la croyance que ce fut la volonté de dieu que les monarques chrétiens localisent et dominent toutes terres non-chrétiennes. Ce soi-disant “droit de domination” divin se métamorphosa en un “droit de la découverte” ou en un “droit de la découverte chrétienne”. Dans ce contexte donc, le mot “découverte” dans l’expression “doctrine de la découverte” veut dire “accomplissement de la volonté de dieu de localiser les terres non-chrétiennes afin de les dominer ainsi que les peuples et nations y vivant.

Ce désir de domination se reflète dans un passage de la bible au psaume 2:8:

Demandez-moi et je vous donnerais les païens en héritage et ferais des plus belles parties de la terre votre possession.” Parce qu’un héritage est une forme de propriété, le psaume 2:8 dit de fait que les gentils et non-croyants seront donnés au “peuple élu” en tant que forme de propriété, ce avec toutes les parties non encore sous domination de la terre pour que tout cela entre en possession du “peuple élu”. Ceci évoque également un sens de la propriété que William Blackstone a défini comme un droit de “domination despotique” ou en d’autres termes, une affirmation du droit de domination.

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L’affirmation d’un droit de domination chrétienne

 

Steven Newcomb

 

Mai 2019

 

~ Traduction Résistance 71 ~

 

Ce qui a été typiquement appelé “La doctrine de la découverte” serait, de mon point de vue, mieux nommé comme étant la “doctrine de la domination chrétienne”. L’idée même de “découverte” n’a de sens que dans le contexte de ces monarques de la chrétienté s’aventurant dans la localisation des terres jusqu’ici inconnues du monde chrétien. Une fois que des terres correspondant à la description donnée étaient localisées au cours de longs voyages maritimes, les représentants du monarque particulier étaient instruits de pratiquer une sorte de rituel afin de s’approprier symboliquement un droit de domination sur cette position géographique particulière, que ce soit en tenant une poignée de la terre étrangère, en brisant une branche, en éparpillant de l’eau (“bénite”), en agitant une épée ou quoi que ce soit d’autre.

En 1823, La Cour Suprême des Etats-Unis (CSEU), sous la direction du juge John Marshall, remémora une partie de cette étrange histoire et examina ce que la cour appelait le “droit de découverte”. Marshall y déclara que le “droit de découverte” fut très bien illustré par la commission royale du roi d’Angleterre Henry VII donnée à John Cabot et à ses fils. Cette commission instruisit les Cabot de “rechercher, de découvrir, de trouver, quelques îles, terres et provinces des païens et des infidèles qui jusqu’à ce jour demeuraient inconnus de tout le peuple chrétien.

En d’autres termes, les Cabot reçurent pour instruction d’aller à la recherche de terres où vivaient des païens et des infidèles et une fois arrivés sur place, immédiatement s’emparer de l’endroit au nom du droit chrétien de domination de ces gens et de toutes ces terres non-chrétiennes. La CSEU appela cette affirmation d’un droit de domination l’”ultime dominion”. Bien trop de gens ne comprennent pas que le mot “dominion” dérive du mot latin signifiant “domination”.

Source:

http://originalfreenations.com/the-claim-of-a-right-of-christian-domination/

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“Après avoir souffert au-delà de la souffrance, la nation rouge se relèvera de nouveau et ce sera alors une bénédiction pour un monde devenu bien malade. Un monde empli de promesses brisées, d’égoïsme et de séparations. Un monde se languissant de lumière. Je vois une époque de sept générations lorsque toutes les couleurs de l’humanité se rassembleront sous l’arbre sacré de la vie et la terre entière redeviendra de nouveau un cercle unique. Ce jour là, il y aura ceux parmi les Lakota qui porteront la connaissance et la compréhension de l’unité parmi tous les êtres vivants et les jeunes gens blancs viendront vers ceux de mon peuple pour leur demander de leur dispenser leur sagesse. Je salue la lumière dans tes yeux, là où réside l’univers entier. Car quand tu es au centre de toi-même et que je suis également en cet endroit en mon sein, alors nous serons un.”
~ Tasunke Witko, Crazy Horse, Cheval Fou, chef de guerre Oglala ~

Résistance au colonialisme et au génocide (Mohawk Nation News)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, canada USA états coloniaux, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 5 septembre 2019 by Résistance 71

“Les autochtones, les autochtones, sous prétexte qu’ils sont ici depuis toujours ils se croient chez eux..”
~ Dieudonné Mbala Mbala ~

“Les pères fondateurs de ce pays [USA]: une bande d’esclavagistes proclamant que tous sont libres et égaux en droit…”
~ George Carlin ~

Le fondement du colonialisme moderne prend racine à la fin du XVème siècle avec la « doctrine chrétienne de la découverte » édictée au gré des bulles pontificales Dum Versitas (1452), Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493). Cette doctrine de domination et de mise en esclavage a été consolidée et intégrée au fil des siècles dans les « lois » du droit « positif » dominant, régnant sur les colonies, toujours actuelles, sur au moins deux continents et sur les cinq continents dans un passé plus ou moins lointain.
L’humanité ne s’émancipera totalement qu’avec les peuples occidentaux éveillés, se tenant debout la main dans la main avec leurs frères des peuples colonisés, par l‘avènement de la société des sociétés. Il est plus que grand temps de comprendre et de lâcher prise de cette doctrine de la division perpétuelle qui ne peut et ne sait engendrer que division, peur, haine, violence, domination et destruction. Nous sommes tous inter-reliés que nous en ayons conscience ou non.
~ Résistance 71 ~

 

 

Génocide de papier et nationalisme blanc

 

Mohawk Nation News

 

19 août 2019

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2019/08/19/paper-genocide-white-nationalism/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Une élection d’immigrants illégaux de l’entreprise coloniale du gouvernement du Canada est prévue pour le 19 octobre 2019. Le résultat possible de cette élection sera que cette entreprise coloniale va continuer. Le règne de la majorité des 51% est la manière dont on gère une entreprise, pas une nation. L’entreprise marchande possède et contrôle à la fois la “droite” et la “gauche” et tous les partis entre les deux et aux extrêmes. Le public croit toujours que son vote compte., les gens vont donc se précipiter aux urnes afin de continuer d’avoir l’illusion de la liberté dans cet état policier géré par la loi maritime de l’amirauté.

La création est la relation éternelle entre nous et notre terre-mère.. Le langage natif est la mesure et l’instruction de notre mère. Nos paroles émotionnelles peuvent réveiller les gens. Nous sommes le seul véritable peuple de l’Île de la Grande Tortue d’un pôle à un autre et d’océan à océan. La langue des blancs n’exprime essentiellement que la possession et le matérialisme de quelques-uns.

La tradition ancrée dans la psychée des 1% de nantis et leurs disciples

Le seul héritage de la culture canadienne et sa grande tradition est de tuer le peuple natif et de voler sa terre. Leur politique est de ne pas nous voir comme étant le véritable peuple de l’endroit. Nous sommes les victimes d’un “génocide de papier” (NdT: tout autant qu’un génocide et un ethnocide physiques…)

Esclavage

L’entreprise coloniale et ses esclavagistes font bosser les autres pour trois fois rien. Nous, ainsi que tout ce que nous avons est déclaré comme étant leur possession. Nos enfants sont enlevés, victimes de lavage de cerveau, achetés et vendus comme du bétail pour un profit appelé “investissement”. Les bénéfices sont partagés entre les actionnaires de l’entreprise coloniale du gouvernement du Canada et des entreprises qu’ils ont créées. La plupart d’entre nous furent affamés, assassinés, on s’est débarrassé de nous. Tout ceci fait partie du plan affairiste entrepreneurial en marche.

La création/nature a fait que tout ce qu’il y a dans la vie est impliquée à 100% dans la nature. Le premier accord passé avec la planète, lorsque nous sommes arrivés, est celui qui dit que nous devrons tous exister en tant que frères et sœurs avec toute vie existant sur notre terre-mère. Les étrangers envahisseurs ne peuvent plus continuer de bénéficier du vol de nos terres et de notre assassinat en règle.

Chaque esprit est important pour le Tout

Le tout premier jeu de tewaraton se joua avant que les humains ne furent placés sur l’Île de la Grande Tortue [nous dit la légende]. Il fut joué entre le peuple ailés et le peuple des quatre pattes. Les ailés gagnèrent parce que les quatre pattes ne permirent pas à l’écureuil de participer dans leur équipe. Il dit alors à l’aigle “je veux juste jouer”. L’aigle plaça alors une sorte d’extension souple de peau sous ses pattes et lui apprit à voler. L’écureuil volant força la balle hors du contrôle du daim et la donna au faucon qui marqua le but de la victoire pour le peuple ailé. La moralité de cette histoire est que chaque esprit est important pour l’ensemble. Ne préjugez jamais. Les humains furent alors acceptés. Le dernier recours avant une guerre est tewaraton.

Dans une impasse, une partie de tewaraton, aujourd’hui appelé le jeu de Lacrosse se joue pour résoudre le problème et remplacer un conflit. Le sport est supposé créer la paix dans le monde. En tant que peuple souverain tewatatati, on entre en compétition en tant que peuple et non pas en tant qu’individus contre des entreprises commerciales artificielles appelées “nations”. Le véritable sport ne devrait pas être joué entre le peuple naturel et des entreprises artificielles inanimées.

Le génocide est créé et perfectionné par l’armée qui usurpe le renseignement global. Les envahisseurs illégaux nous contrôlent par l’espionage. Toutes les données de nos ordinateurs, de nos cartes bancaires, possessions, relations familiales etc sont enregistrées, ainsi l’envahisseur peut piller nos terres et nos ressources.

Nos mémoires ancestrales sont la clef de tous les verrous dans l’univers. Trahir la confiance de quelqu’un pour une récompense, prendre de l’argent pour de la terre n’est ni naturel, ni légal.

Nous ne pouvons pas mentir à notre mère. Donc le 1% et leurs suiveurs nous ont déplacé de force pour nous rendre confus et nous déséquilibrer. Ça n’a pas marché. Nous sommes un peuple UN sur toute l’Île de la Grande Tortue. Nous partageons le grand plat [de la vie] avec une seule cuillère. Le mauvais système entrepreneurial blanc est fait pour nous tuer ainsi que nos enfants et nos descendants. Ce monstre hideux immigrant appelé “guerre, mal et veulerie” sera dissous.

Nous avons la volonté d’accomplir quoi que ce soit qui est décidé. Kaianerakowa, la Grande Loi de la Paix, nous fournit les outils pour ce faire.

Les envahisseurs ont toujours été veules et brutaux, faisant travailler les gens jusqu’à la mort et prenant tout. Le 1% et leurs suiveurs continuent de voler et de vendre notre terre et nos ressources les uns aux autres dans le monde entier. Les Sud-Américains refusent de travailler pour rien jusqu’à leur mort. La frontière est maintenus fermée de façon à ce qu’ils désespèrent.

Le 1% et leurs suiveurs déclarent péremptoirement que le travail d’un humain vaut bien plus que sa liberté. Notre cause est une survie politico-économique au sein d’un génocide organisé et contre ce hideux et brutal 1% et leurs suiveurs qui possèdent tout et tout le monde.

Ensemble nous comptons. Lorsque surgit en nous la force de la Nature, c’est instoppable. Nous avons une grande vision et de grands objectifs. Le 1% invite les gens du monde entier à venir sur l’Île de la Grande Tortue pour nous opprimer (NdT: comme la Chine par exemple qui a investi lourd dans l’extraction minière au Canada et à qui les colons sous-louent les terres non cédées natives…). Nous sommes vus comme un obstacle, une obstruction à leur grand plan de développement affairiste colonial.

Les étrangers ne vont pas nous opprimer. La création a planifié notre liberté. La reine (NdT: figure de la City de Londres, la véritable “couronne”…) ne doit plus recevoir notre argent, nos ressources, no richesses, nos impôts. Nous n’avons absolument aucun devoir de payer quelqu’impôt que ce soit à qui que ce soit.

Il y a deux sortes de natifs. Le 1% qui bossent pour les oppresseurs et les 99% de véritable peuple natif. Les indésirables utilisent la méthode du “diviser pour mieux régner” conçue par l’armée (NdT: de fait toutes les armées et administrations coloniales..). Ils détruisent, scindent nos familles, détruisent nos communautés, nous volent nos enfants, les martyrisent, leur lavent le cerveau, les assassinent.

Nos clans teotiokwanhoksten mèneront la véritable transition vers la liberté. Nous sommes un peuple UN en harmonie avec la création.

Teiohateh ou le wampum deux rangées est notre voie relationnelle avec la création. Ceux là qui viennent de l’autre côté de la mare d’eau salée ne sont pas les enfants de notre mère. Ils s’en vinrent ici par bateau sans rien. Sur l’eau et par l’eau, ils n’ont aucune histoire naturelle ou existence ici. Leur tourbillon fléchit et disparaît. Nous les avons nourris. Puis ces immigrants se sont retournés contre nous et nous ont tué. Le 1% et leurs suiveurs veulent toujours nous institutionnaliser ainsi que notre langue et notre culture, nous contrôler jusqu’à ce que nous ayons disparu. (NdT ceci est du reste la fonction de l’État: l’assimilation forcée par un mélange initial de génocide puis d’ethnocide, cf. Pierre Clastres et Robert Jaulin…) Utilisant nos ressources pour nous galvauder, ils créent la division, la guerre et essaient de nous détruire ainsi que notre pouvoir naturel. La création demeure. Nous ne disparaîtrons jamais !

La culture et les cérémonies ancestrales sont l’assertion de notre juridiction, tewatatawi.

Dehors le flic

Les traîtres suivent dieu et la couronne. Si nous refusons de nous défendre et ignorons le design de la création pour l’auto-préservation, alors nous cesserons d’exister. En tant que peuple naturel nous ne pouvons pas dévier de ce design originel de la création/nature. Les indésirables envahisseurs se détruisent eux-mêmes en essayant de nous prendre avec eux.

Ohstonwakowa, la danse de la grande plume, est une véritable victoire quand nous nous maintenons et protégeons les uns les autres et le monde naturel. Cette danse exprime la liberté en général et celle de nos frères et sœurs et de toutes nos relations du vivant.

Nous ne tournerons jamais le dos. Nous rechercherons toujours notre liberté, de l’ocean oriental à l’océan occidental, du pôle nord au pôle sud, nous mettrons un terme au règne de la misère, de la dévastation et de la mort.

Les étrangers ne se baigneront pas dans notre sang, ne nous volerons pas, ne nous terrifierons pas. Nous allons mettre un terme à la folie que ces indésirables envahisseurs ont apportée avec eux. Nous avons l’énergie, le talent, la force. Nous nous rappellerons comment utiliser notre mémoire.

Les espèces envahissantes

Les envahisseurs ont amené avec eux les maladies, la jalousie, la haine, la veulerie, la syphilis, les rats, les pigeons, les pissenlits et des insectes pour attaquer et malmener notre monde naturel, pour mettre en place la même société que celle qu’ils avaient laissée derrière eux. (NdT: pour faire court, des puritains anglais persécutés sont venus sur le “nouveau monde” pour persécuter à leur tour les populations locales, résultat si classique du colonialisme). Ils déféquaient et urinaient dans leur eau et la buvaient. Ils justifient de leur brutalité sans bornes en imposant une religion. Ils ne veulent reconnaître aucune responsabilité et prient “en dieu nous croyons” de façon à pouvoir faussement argumenter qu’ils ne sont pas responsables et qu’on ne peut pas les tenir pour responsables. Leur brutalité se fait par “la volonté de dieu” ainsi ne sont-ils jamais en faute, même après avoir dit “désolés” et ne versent pas une larme. Aucune puissance ne peut tenir leur dieu responsable parce qu’il n’existe pas.


Wampum deux rangée à l’université de Melbourne

Onwe, le peuple de toujours

Ils ne nous effaceront jamais de la création aionkiiatotarho, rien n’est plus grand que notre volonté d’être libre. Si quelqu’un des 1% et de leurs suiveurs restent ici, nous ne serons jamais vraiment libres.

Ces indésirables qui ne croient pas en Kaianerekowa et au wampum deux rangées ne sont que des squatters qui ne sont ici que parce que nous y avons consenti. Leur carte d’identité d’entreprise coloniale étrangère n’est pas valable ici.

L’oppression de nos enfants sera éradiquée en une génération. Nous ne justifierons pas notre façon de faire en utilisant les lois de l’amirauté de ces criminels. Il n’y a aucune vérité ni bienfaisance dans quoi que ce soit qu’ils fassent parce que c’est complètement artificiel.

De nos jours, le vol complet de notre terre ancestrale est tenté sous le couvert de ce soi-disant Framework Agreement de cette entreprise coloniale enregistrée avec le Vatican et numérotée: CANADA ISO #1366-2:CA 1867. Le premier ministre Pierre Trudeau a ouvert une nouvelle entreprise, corporation en 1982 appelée “gouvernement du Canada”. Un véritable ordre social naturel ne peut se faire que par le tewatatawi originel, kaianerokowa, la Grande Loi de la Paix. Des natifs proches des élites travaillent pour le 1% et ne nous représentent pas. Les véritables gardiens de la connaissance sont placés sur liste noire. Atonwa, danse de la plume, reconnaît la contribution de tout le monde à la grandeur de toute vie, pour mieux faire dans le futur. Notre voie promeut la paix et l’harmonie. Les envahisseurs nous ont montré en 250 ans qu’ils ne veulent pas la paix, que jamais ils ne la voudront ! Ils veulent une guerre perpétuelle après avoir coupé l’arbre de la paix à Onondaga, arbre planté par Dekanawida et les rotino’shonni’onwe originels.

Les chaînes sont en train de tomber. Nos enfants se souviendront que nous les avons libérés. Comme nos ancêtres, pouvons-nous donner plus ? Nous devons pousser à la persévérance. En 1701, les Français furent les premiers étrangers à accepter la Grande Paix. Les Anglais suivirent bientôt et vinrent également sous teiohateh, le wampum deux rangées. En 1710, nous avons amené cette paix en Europe. Kaianerekowa a secoué les monarchies européennes. En 1779, ils coupèrent le plus grand arbre de l’Île de la Grande Tortue, l’arbre de la paix, pour créer la république de la guerre. Le statut de limitations pour tous leurs crimes ne s’achèvent jamais. Nous tiendrons toujours ces criminels pour responsables.

La liberté est notre destinée

Nous confronterons tous ceux qui essaient de nous faire peur et de rendre nos vies invivables. Nous sommes un brave peuple très borné. Kaianerekowa est le décret de la création/nature. La liberté est naturelle. Les indiens assimilés qui ont aidé le 1% colonial ne peuvent pas rester sur l’Île de la Grande Tortue.

L’assemblée traître des nations Premières affilié à l’état colonisateur et les conseils de bandes nous tirent dans le dos devant notre peuple. Ils seront dissous et déclarés nuls et non avenus.

L’impôt est une extorsion et une extraction de nos ressources. Nos terres et nos ressources volées sont les garanties frauduleusement utilisées pour que ces voleurs puissent avoir des prêts dans le monde. Nous n’avons jamais signé quoi que ce soit. Le 1% et leurs suiveurs quitteront l’Ile de la Grande Tortue tout comme les serpents rouge, blanc et noir. Nos chaînes commencent à se désemmêler. Notre victoire est de ne perdre aucun d’entre nous, aucun de nos peuples.

Si le 1% et leurs suiveurs ne s’arrangent pas avec nous à notre satisfaction, nous continuerons d’être un cauchemar pour eux !

La religion de Handsome Lake est de prier et de souhaiter que leur maîtres prennent soin d’eux et de nous faire taire. Ils sont tous les bienvenus de quitter notre canoë et d’aller sur la navire des envahisseurs pour traverser la grande mare salée en sens inverse.

Le 1% et leurs suiveurs veulent réécrire notre histoire afin de nous effacer. Leur propre histoire est une fiction à deux balles.

Le cadre d’accord (Framework Agreement) et tout autre plan de démolition nous donnent plus de force. Le 1% et leurs suiveurs ne pourront jamais obtenir légalement notre terre de la création/nature, car elle ne peut pas être achetée ni vendue à d’autres.

Le génocide de papier ne va jamais nous faire périr. Notre survie est notre héritage et notre réussite. Kaianerekowa est dans nos esprits. La vérité est notre meilleure arme. Nous et la création décideront. Certainement pas des entités entrepreneuriales coloniales. Des lois privées comme ce récent cadre d’accord ne nous tueront pas.

Une rivière coule dans une direction. Une loi corporatrice coloniale ne peut pas changer cette direction sans créer un désastre.

Le 1% et leurs suiveurs vont là où il y a une guerre ou là où ils peuvent faire la guerre. Ils doivent quitter l’Île de la Grande Tortue. Pour nous, la bataille est une grande danse.

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Lectures complémentaires:

Pierre_Clastres_De l’ethnocide

Nous_sommes_tous_des_colonisés (PDF)

Effondrer-les-empires-coloniaux-par-apostasie-collective-de-jo-busta-lally

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

Manifeste pour la Société des Sociétés

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

si-vous-avez-oublie-le-nom-des-nuages-vous-avez-oublie-votre-chemin

Résistance au colonialisme: Mise en demeure du gouvernement canadien par le Tribunal International des Disparus du Canada

Posted in actualité, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 15 juillet 2019 by Résistance 71

The International Tribunal for the Disappeared of Canada
Established on January 1, 2016 under the Law of Nations

Lettre ouverte à Justin Trudeau, premier ministre du Canada du directoire du Tribunal international pour les Disparus du Canada (TIDC)

 

9 juillet 2019

 

Monsieur le premier ministre,

Le mois dernier vous avez publiquement admis que le crime de génocide des peuples aborigènes a été perpétré au Canada. Votre manque à ajouter “… par l’état et l’église du Canada” ne minimise en rien la responsabilité et la culpabilité de votre gouvernement et de ses associées les églises, dans ce crime contre l’humanité et pour la mort d’innombrables hommes, femmes et enfants aborigènes.

En vérité, votre admission du crime de génocide amène ses inévitables conséquences en regard de la loi internationale et de la loi canadienne. La convention de l’ONU sur le crime et la prévention du génocide, ratifiée par le Canada en 1952, requiert maintenant que le Canada soit “mis en accusation et puni” pour ce crime. Cette poursuite judiciaire et cette punition doivent être mises en œuvre par des états signataires de la convention et membre de l’ONU, mais aussi par les citoyens canadiens en accord avec les principes légaux de Nüremberg et la convention de la Cour Pénale Internationale, qui demandent que les citoyens ne soient pas les accessoires des crimes de leur propre gouvernement.

Le temps des paroles vides et des “enquêtes” de complaisance menées par les perpétrateurs même du crime est révolu. L’état canadien et ses complices dans le crime doivent maintenant être traduits en justice par la communauté internationale et par le peuple canadien lui-même. Et vous, Justin Trudeau, devez vous tenir comme premier accusé sur le banc de ce procès pour crime. Chose que vous savez pertinemment bien, puisque vous avez été publiquement inculpé le 7 juin courant et avez reçu une demande de comparution devant le tribunal international, qui se réunira à Vancouver le 16 septembre de cette année.

En tant que co-conspirateur inculpé pour crimes contre l’humanité, vous et votre gouvernement devez vous réfréner de toute action supplémentaire qui aide et sert le génocide continuel des peuples aborigènes, ou qui le masque. Par exemple, votre gouvernement doit immédiatement arrêter de distribuer des statuts d’exonération d’impôt et des privilèges à vos co-conspirateurs dans le génocide, à savoir: l’église catholique romaine, les églises anglicane et unifiée du Canada et vous devez abroger le Concordat Financier du Canada avec l’église de Rome ; car fournir à ces églises de tels privilèges incite les Canadiens à financer des entités criminelles et ainsi à violer la loi internationale et domestique.

De plus, votre gouvernement et la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) font une obstruction active à la justice en réduisant au silence des témoins du génocide et en détruisant des archives vitales, des sites de charniers et des preuves documentaires du génocide par l’état canadien et les églises. Vous devez immédiatement cesser et vous désister de ces actions illégales et remettre toutes ces preuves à notre tribunal afin de permettre une totale transparence publique.

Finalement et comme corollaire à ces requis émergeant de votre statut en tant que co-conspirateur cité dans des crimes contre l’humanité, ni vous, ni aucun autre élu du gouvernement canadien ne doivent rechercher un autre mandat électoral dans les élections à venir du 21 octobre courant. Le faire, serait demander aux Canadiens de cautionner et de devenir des complices continuels de l’attitude criminelle de l’état canadien.

Monsieur le premier ministre, nous attendons dûment que vous-même et tous les membres de votre gouvernement obéissiez à ces demandes et aux diktats de la loi internationale et de la moralité.

A cette fin, une délégation du directoire de notre tribunal, escortée par des gardiens de la paix et des observateurs internationaux, se rendra à Ottawa le lundi 15 juillet 2019 afin de rendre public ces faits lors d’une conférence de presse et durant d’autres évènements publics. Nous requérons une réunion en votre compagnie ainsi que celle de votre cabinet à cette date ou autre proche de cette date afin de discuter de ces affaires et de nous assurer que vous obéirez aux requis de la loi internationale.

Nous avons demandé à notre secrétaire de terrain canadien, le révérend Kevin Annett, d’être présent durant ces évènements et la réunion avec vous. Ce dernier quart de siècle, le révérend Annett a mené une campagne de documentation et de mise en accusation pour crime de génocide au Canada. Il a fait ceci a grand risque et coût personnels et contre une campagne concertée de l’état canadien, des églises et de la GRC qui ont perturbé son travail, traîné son nom dans la boue et lui ont retiré toute possibilité de vie décente, le privant de sa famille et de libertés civiles. Nous pensons très approprié qu’il soit présent.

Veuillez noter que tout manque de votre part ou de vos représentants de répondre à cette lettre ouverte et de notification sera pris en compte par les juges présidant au tribunal du 16 septembre devant lequel vous et vingt autres officiels, avez été légalement requis de comparaître.

Salutations,

Ellen Bradbury-Dufort, LL.B., M.A. (signed in the original)

Secretary and on behalf of The Directorate of the International Tribunal for the Disappeared of Canada 

disappearedofcanada@gmail.com , www.murderbydecree.com 

cc: Reverend Kevin Annett, federal politicians, Cabinet Ministers, United Nations affiliates and the world media

 

https://www.youtube.com/watch?v=jfKiOhcN1I0&feature=youtu.be

 

Traduit de l’anglais par Résistance 71

le 13 juillet 2019

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Lectures complémentaires:

« Sur l’imposture du droit à l’existence de l’état d’Israël »

Nous_sommes_tous_des_colonisés (PDF)

Pierre_Clastres_De l’ethnocide

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

Manifeste pour la Société des Sociétés

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte