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Résistance politique: Ingérence directe d’Israël dans la vie politique britannique et d’ailleurs…

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Combien de députés britanniques (et français) travaillent pour Israël?

 

Jonathan Cook

 

18 janvier 2017

Source: https://www.legrandsoir.info/combien-de-deputes-britanniques-et-francais-travaillent-pour-israel.html

« Jadis, personne n’aurait hésité à appeler les politiciens britanniques agissant dans l’intérêt d’une puissance étrangère, et obtenant très probablement des avantages financiers pour le faire, des « traîtres ». Et pourtant, comme le montrent les vidéos secrètement filmées par Al Jazeera, les espions israéliens comme Shai Masot peuvent facilement rencontrer et conspirer avec le proche assistant d’un ministre conservateur pour discuter de la meilleure façon de « faire tomber » le ministre adjoint des Affaires étrangères, Alan Duncan, à cause de ses critiques contre les colonies illégales d’Israël dans les territoires occupés. Maria Strizzolo, l’assistante du ministre de l’éducation Robert Halfon, suggère de façonner un « petit scandale » pour porter préjudice à Duncan. »

Cet article concerne la Grande-Bretagne, mais un pays qui organise une conférence pour la paix en Palestine et décommande les Palestiniens, dont la capitale arbore le drapeau israélien, dont le candidat socialiste à la présidentielle se targue d’être « éternellement lié à Israël, quand même ! », où la Ligue de Défense Juive, classée organisation terroriste par Washington et Tel-Aviv, peut jouer les vigilantes (et les vigiles) en toute impunité (fi des promesses gouvernementales de démanteler la miliceMeyer Habib veille au grain), où un Président de région finance la colonisation israélienne avec l’argent public, et où la dénonciation de l’influence du premier lobby américain (l’AIPAC, ouvertement sioniste) équivaut à un arrêt de mort politique (liste non exhaustive) devrait certainement se poser la question : des élus français feraient-ils passer les intérêts d’Israël – et leurs intérêts personnels – avant ceux de la France ? Et qu’en est-il des médias ? La France reste-t-elle le pays des droits de l’homme ou le pays collaborationniste par excellence ?

Voir la liste interminable des « Amis Français d’Israël » où gauche et droite rivalisent de servilité : votre élu en fait-il partie ? N’hésitez pas à l’en féliciter : les valeurs racistes, colonialistes et suprématistes se perdent, et les criminels de guerre et criminels contre l’humanité sont par trop décriés. Heureusement que des hommes et femmes courageux savent reconnaître le mérite et portent haut nos couleurs. Mention spéciale pour le Front de Gauche François Asensi, Député-maire de la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis, qui conjugue la vice-présidence du groupe France-Palestine avec celle du groupe d’Amitié France-Israël. Comme disait l’autre, « Ce ne sont pas les girouettes qui tournent, c’est le vent. »

Sayed Hasan

* * *

Al Jazeera doit être félicitée pour une enquête clandestine exposant quelque chose que la plupart d’entre nous aurions probablement pu deviner : que certains membres du personnel de l’ambassade d’Israël au Royaume-Uni – ne faisons pas les vierges effarouchées, des agents du Mossad – travaillent avec des militants et de hauts responsables politiques des Partis conservateur et travailliste afin de subvertir leurs propres partis de l’intérieur, et réorienter la politique étrangère britannique pour qu’elle profite aux intérêts d’Israël au lieu des intérêts britanniques.

On ne peut pas vraiment blâmer Israël pour cela. La plupart des États promeuvent leurs intérêts du mieux qu’ils peuvent. Mais on peut et doit exposer et faire honte aux politiciens britanniques qui collaborent avec Israël pour nuire davantage à la démocratie représentative de la Grande-Bretagne.

Ce n’est pas comme si ces personnes ne pouvaient pas être facilement identifiées. Ils annoncent même ce qu’ils vont faire. Ils sont membres du groupe parlementaire des Amis conservateurs d’Israël et des Amis travaillistes d’Israël. Ils dominent les deux partis du Parlement, mais surtout les conservateurs. Selon les chiffres des Amis conservateurs d’Israël, 80% des députés conservateurs appartiennent au groupe des Amis d’Israël du parti.

Jadis, personne n’aurait hésité à appeler les politiciens britanniques agissant dans l’intérêt d’une puissance étrangère, et obtenant très probablement des avantages financiers pour le faire, des « traîtres ». Et pourtant, comme le montrent les vidéos secrètement filmées par Al Jazeera, les espions israéliens comme Shai Masot peuvent facilement rencontrer et conspirer avec le proche assistant d’un ministre conservateur pour discuter de la meilleure façon de « faire tomber » le ministre adjoint des Affaires étrangères, Alan Duncan, à cause de ses critiques contre les colonies illégales d’Israël dans les territoires occupés. Maria Strizzolo, l’assistante du ministre de l’éducation Robert Halfon, suggère de façonner un « petit scandale » pour porter préjudice à Duncan.

Masot et les services de renseignement d’Israël ne peuvent pas influencer la politique étrangère britannique à travers le parti d’opposition travailliste, mais cela ne les empêche pas d’avoir aussi un vif intérêt pour les députés travaillistes. Masot est filmé en train de parler au Président des Amis travaillistes d’Israël, Joan Ryan, à propos de « beaucoup d’argent » – plus d’un million de livres sterling – qu’il a reçu du gouvernement israélien pour envoyer encore une autre brochette de députés travaillistes dans un voyage tous frais payés en Israël, où ils seront choyés, cajolés, et apprêtés par de hauts fonctionnaires israéliens pour qu’ils adoptent des positions pro-israéliennes encore plus extrêmes. Les Amis travaillistes d’Israël sont connus pour envoyer la plus grande proportion de députés en Israël dans ces genres de voyages.

Est-ce que cela a un effet sur la politique intérieure britannique ? Vous pouvez le parier ! Israël n’est pas un organisme de bienfaisance.

Un grand nombre de ceux qui ont rendu infernale la vie du leader travailliste Jeremy Corbyn font partie des Amis travaillistes d’Israël. Ce sont les mêmes députés qui ont fait tout un tapage sur une prétendue « crise d’antisémitisme » dans le parti travailliste – basée sur zéro preuve tangible – depuis que Corbyn est devenu le chef du parti. Suivaient-ils alors ce que leur dictait leur conscience ? Craignaient-ils vraiment qu’une épidémie d’antisémitisme ait soudainement frappé leur parti ? Ou jouaient-ils une politique profondément cynique pour évincer un leader qui soutient la justice pour le peuple palestinien et est considéré par le gouvernement de droite d’Israël, qui n’a aucun intérêt à faire la paix avec les Palestiniens, comme de mauvaises nouvelles pour Israël ?

L’enquête menée par Al Jazeera n’a pas encore été diffusée, et nous ne pouvons donc nous baser que sur les extraits publiés jusqu’à présent, soit par Al Jazeera elle-même, soit d’autres fuites de l’enquête fournies par le Mail on Sunday.

Il vaut la peine d’écouter un ministre conservateur du gouvernement de David Cameron, qui nous a récemment quittés, qui s’exprime anonymement dans le Mail on Sunday. Il nous avertit d’un double coup dur pour la politique du Royaume-Uni causé par Israël et ses partisans britanniques – et qui commence à se rapprocher des dommages causés au système politique des États-Unis par Israël.

Le gouvernement britannique biaise sa politique étrangère pour éviter de contrarier les donateurs juifs, dit-il. Les députés, quant à eux, agissent comme des agents d’une puissance étrangère – à leur insu, suppose-t-il généreusement – plutôt que des représentants du peuple britannique. Oubliez le droit international, ces politiciens ne promeuvent pas même les intérêts britanniques.

Voici ce que le ministre écrit :

La politique étrangère britannique est soumise à l’influence israélienne au cœur de notre politique, et les personnes en autorité ont ignoré ce qui se passe.

Pendant des années, les Amis conservateurs d’Israël et les Amis travaillistes d’Israël ont travaillé avec – et même pour – le gouvernement israélien et leur ambassade de Londres pour promouvoir la politique israélienne et contrecarrer la politique du gouvernement du Royaume-Uni et les actions des ministres qui tentent de défendre les droits des Palestiniens.

Beaucoup de pays essaient d’imposer leurs points de vue aux autres, mais ce qui est scandaleux au Royaume-Uni est que, au lieu d’y résister, les gouvernements successifs s’y sont soumis, ont pris l’argent des donateurs, et ont permis au trafic d’influence israélien de façonner la politique et même de déterminer le sort des ministres.

Même maintenant, si je devais révéler qui je suis, je serais soumis à un barrage incessant d’injures et à une mise à mort politique. […]

Il semble maintenant clair que les membres des Partis conservateur et travailliste ont travaillé avec l’ambassade d’Israël, qui les a utilisés pour diaboliser et honnir les députés qui critiquent Israël ; une armée d’idiots utiles d’Israël au Parlement.

C’est quelque chose de politiquement corrompu et de diplomatiquement indéfendable. La conduite de certains députés doit être exposée au grand jour, de même que l’infiltration toxique et trompeuse de notre politique par les agents involontaires d’un autre pays. […]

Nous avons besoin d’une enquête complète sur l’ambassade d’Israël, les liens, les accès et le financement des Amis conservateurs d’Israël et des Amis travaillistes d’Israël. Il est rare que je sois d’accord avec un ministre du gouvernement conservateur, mais une telle enquête ne peut pas être diligentée trop tôt.

Notez également que le fait qu’Al-Jazeera, plutôt que le quatrième pouvoir britannique, ait exposé les agissements d’Israël pour subvertir le système politique britannique constitue un acte d’accusation contre les médias du Royaume-Uni. Ce n’est pas comme si les journalistes de la BBC, du Guardian, du Times et du Mail n’avaient pas vu des ministres comme celui/celle citée précédemment se plaindre à eux durant des années au sujet des interférences en provenance d’Israël. Alors pourquoi n’ont-ils pas envoyé depuis longtemps des équipes d’infiltration pour exposer cette collusion entre Israël et les députés britanniques ?

Nous avons eu des semaines d’histoires sur les efforts supposés de la Russie et de Poutine pour subvertir l’élection américaine, sans encore le moindre soupçon d’aucune preuve, et sur la base d’une allégation centrale contre les Russes selon laquelle ils auraient compromis le résultat des élections en diffusant des informations véridiques sur des actes répréhensibles du Parti démocrate. Des diplomates russes ont été expulsés sur la base de ces affirmations infondées, et le Président Obama a promis d’autres mesures secrètes contre la Russie.

Ici, nous avons des preuves documentées que le gouvernement israélien complote secrètement avec des députés britanniques « amis » pour évincer un ministre du gouvernement britannique. Si ce n’est pas là de l’ingérence dans le système politique britannique, je ne sais pas ce qui en serait. Aurons-nous de même des semaines de couverture de cette histoire dans les médias au Royaume-Uni, ou sera-t-elle rapidement classée et oubliée ?

Et au-delà du renvoi de Masot, une quelconque action sera-t-elle exigée par le gouvernement britannique ? Cela semble peu probable. Le Ministère des Affaires étrangères a déjà publié une déclaration disant que, après le renvoi de Masot, il considérait l’affaire close.

Jonathan Cook

Jonathan Cook est un journaliste britannique indépendant basé à Nazareth, lauréat du prix spécial Martha Gellhorn pour le journalisme, et spécialiste du conflit israélo-palestinien.

Article en anglais : http://www.jonathan-cook.net/blog/2017-01-08/how-many-british-mps-are-…

Épisodes du documentaire d’Al-Jazeera (en anglais) :
https://youtu.be/ceCOhdgRBoc
https://youtu.be/Vuk1EhkEctE
https://youtu.be/L3dn-VV3czc
https://youtu.be/pddH2sfNKNY

Traduction : Sayed Hasan

Résistance politique: État sioniste et ingérence politique, une dénonciation israélienne…

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Les opérations noires d’Israël contre les gouvernements étrangers sont immorales et paranoïaques

 

Yossi Melman

 

10 janvier 2017

 

url de l’article en français:

http://arretsurinfo.ch/les-operations-noires-disrael-contre-les-gouvernements-etrangers-sont-immorales-et-paranoiaques/

 

L’état d’esprit dominant au sein du gouvernement israélien est que le « monde est contre nous ». Mais laisser des gens comme Shai Masot calomnier des politiques étrangers ne peut que mal tourner.

Lorsqu’on a appris qu’un responsable d’ambassade israélienne conspirait pour « faire partir » des députés, le principal suspect fut le ministère israélien des Affaires stratégiques. Ces derniers mois, ce ministère a été chargé de combattre ce que le gouvernement israélien de droite considère comme des responsables et des politiques « anti-Israéliens » dans le monde entier.

Toutefois, il s’est avéré que le responsable qui a été filmé, Shai Masot, était en fait employé par le ministère israélien des Affaires étrangères.

C’est d’autant plus embarrassant : le ministère des Affaires étrangères est considéré comme un îlot de valeurs libérales, de modération et de raison dans la mer en pleine expansion des gens de droite contrôlant la bureaucratie israélienne.

Masot n’est pas un diplomate. Il a servi en tant que major dans la marine israélienne puis a été transféré dans l’unité de liaison de l’armée israélienne avec l’Autorité palestinienne.

Là-bas, il était chargé d’un département international, responsable des fonctionnaires et des diplomates étrangers visitant Gaza et les postes-frontières israéliens qui y conduisaient.

Il y a sept ans, il a quitté l’armée et a commencé à travailler pour Miri Regev, alors députée de droite et aujourd’hui véhémente et provocante ministre de la Culture et des Sports.

Il y a trois ans, Masot a déménagé à Londres et fut embauché à titre non diplomatique comme assistant d’Ethan Naeh, chargé d’affaires et numéro deux de l’ambassade. Dans le langage bureaucratique israélien, un tel poste est connu sous le nom de « travailleur local israélien ».

Toutes les missions diplomatiques israéliennes dans le monde emploient des centaines de travailleurs ayant un statut similaire en plus du millier de diplomates qualifiés et formés qui jouissent d’une immunité diplomatique complète.

Masot a été surpris en train de parler en octobre dernier à Maria Strizzolo, une fonctionnaire qui fut l’assistante d’un ministre conservateur. La conversation ciblait spécifiquement Alan Duncan, le ministre adjoint aux Affaires étrangères britannique, en raison de son opposition à la construction de colonies israéliennes.

L’ambassadeur israélien, Mark Regev, s’est excusé auprès de Duncan vendredi et a précisé que « l’ambassade considérait ces propos totalement inacceptables ».

Cependant, on ne sait pas précisément si Masot était à l’initiative de cette réunion et si les idées qu’il a exprimées étaient les siennes ou si son patron était au courant et approuvait.

En raison de la violation du protocole diplomatique, le ministère israélien des Affaires étrangères a décidé de mettre fin à son contrat de travail.

Néanmoins, la réaction rapide et chirurgicale ne peut cacher le fait que le comportement de Masot semble représenter quelque chose qui pénètre de plus en plus profondément dans de nombreuses parties du gouvernement et de la fonction publique israéliens.

« Travail secret, sous les radars »

Il existe un état d’esprit dominant qui répand largement l’idée paranoïaque que « le monde entier est contre nous » et la tendance à assimiler l’opposition à l’occupation israélienne de la Cisjordanie palestinienne et sa politique de colonisation à de l’« antisémitisme ».

Ces notions sont particulièrement exprimées par Netanyahou, qui a récemment riposté contre les Nations unies qui ont soutenu une résolution du Conseil de sécurité dénonçant les colonies.

Netanyahou a ordonné le rappel des ambassadeurs israéliens de certains de ces États, a annulé une visite du Premier ministre ukrainien et a arrêté le financement israélien partiel de l’ONU ainsi qu’un projet d’irrigation en Afrique.

La même attitude préside la décision de Netanyahou de confier au ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, la direction du ministère des Affaires stratégiques et la lutte contre les « anti-Israéliens ».

À cette fin, le gouvernement a alloué un budget de près de 50 millions de dollars – dont la moitié consacrée aux « opérations ».

Pour remplir sa mission, le ministère des Affaires stratégiques a désigné comme directrice générale l’ancien général de brigade Sima Vaknin-Gil, ancienne directrice de la censure de l’establishment de la défense. Elle a recruté d’anciens agents des renseignements pour travailler pour le ministère et a déclaré à la Knesset que « notre travail doit être secret et sous les radars ».

L’objectif principal du ministère des Affaires stratégiques est le BDS – la campagne internationale lancée il y a dix ans par un activiste palestinien pour le « boycott, [le] désinvestissement et [la] sanction » d’Israël mais, au vu de l’incident diplomatique londonien, il semble qu’il agit plus largement contre quiconque serait défini par le gouvernement israélien comme un « anti-Israélien ».

Certains Israéliens, moi y compris, ont mise en garde il y a plusieurs mois le gouvernement contre l’idée même de mener « opérations noires », ce qui inclurait des campagnes de diffamation contre des fonctionnaires, des diplomates, des politiques ou des militants étrangers.

De telles actions ne sont pas seulement immorales et opposées à l’étiquette diplomatique, elles portent également atteinte à la souveraineté des gouvernements étrangers et elles peuvent aussi se retourner contre Israël et lui causer plus d’ennuis vis-à-vis de la communauté internationale.

 

Yossi Melman | 9 janvier 2017

Yossi Melman est un commentateur spécialiste de la sécurité et du renseignement israéliens. Il est co–auteur de Spies Against Armageddon.

Colonisation des esprits: Infiltration d’agents sionistes dans le mouvement étudiant britannique…

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Et partout en occident. Le colonialisme est aussi une pollution mentale, intellectuelle et culturelle.
~ Résistance 71 ~

 

Comment le lobby sioniste a infiltré des agents dans le mouvement étudiant au Royaume Uni

 

Al Jazeera

 

11 janvier 2017

 

url de l’article en français:

 

http://chroniquepalestine.com/lobby-sioniste-agents-mouvement-etudiant-royaume-uni/

 

L’ambassade d’Israël au Royaume-Uni influence les étudiants et les groupes de jeunesse des principaux partis, révèle l’Unité d’enquête d’Al Jazeera.

Israël influence des groupes d’étudiants, de militants et parlementaires au Royaume-Uni, offrant une assistance financière et stratégique afin de gagner le soutien des jeunes organisateurs et pouvoir ainsi façonner la politique britannique, révèle l’Unité d’enquête d’Al Jazeera.

Pendant six mois, le journaliste Robin (un pseudonyme) a infiltré des groupes pro-israéliens qui tentent de freiner le mouvement puissant et en constant renforcement contre l’occupation illégale des terres palestiniennes.

Il a découvert un lien étroit entre Shai Masot, dont la carte de visite le présente comme un haut responsable politique à l’ambassade israélienne à Londres, et un réseau d’hommes politiques, de militants et de commentateurs en Grande-Bretagne qui manifestent leur sympathie à l’égard d’Israël.

Cet agressif lobbying s’est développé alors que le mouvement de boycott, de désinvestissement et de sanctions (BDS) ne cesse de se renforcer et que le Parti travailliste (ou « Labour », aujourd’hui dans l’opposition) est conduit par Jeremy Corbyn, un défenseur reconnu des droits des Palestiniens.

Le mouvement BDS bénéficie d’un large soutien dans les universités britanniques. En juin 2015, le Syndicat national des étudiants (NUS) a voté pour le boycott.

Un an plus tard, le NUS a élu sa première présidente féminine, qui est aussi d’origine africaine et musulmane : Malia Bouattia, défenseur des droits des Palestiniens.

Contrairement à la NUS, l’Union des étudiants juifs (UJS) qui dispose de 64 représentations dans les universités britanniques, s’oppose fermement au mouvement BDS.

Complot contre la présidente du NUS

L’unité d’enquête d’Al Jazeera a découvert que l’UJS non seulement a reçu de l’argent de l’ambassade d’Israël, mais a également tenté d’influencer les élections pour désigner la présidence du NUS, et même évincer Bouattia après sa victoire.

Michael Rubin, jeune parlementaire et militant pro-israélien qui s’est vanté de travailler « beaucoup avec l’ambassadeur et l’ambassade », a déclaré à Robin que Bouattia était « vraiment mauvaise » et « horrible ».

« Nous faisions campagne pour la personne qui se présentait contre elle parce que nous ne voulions pas qu’elle gagne », a déclaré Rubin, qui était au moment des élections le président du groupe des étudiants du Labour.

Durant la campagne électorale, Richard Brooks, vice-président de NUS, a tenu des réunions « secrètes » avec Russell Langer, directeur de campagne de l’UJS, et Rubin.

« L’objet de nos réunions secrètes était de planifier ce qu’il fallait pour placer des personnes modérées, avec la bonne vision politique, à certains endroits, » a-t-il dit, ajoutant que le groupe travaillait « de façon très soudée ».

Robin a discuté avec Brooks la possibilité d’évincer Bouattia.

« Vous pouvez m’en parler parce que je suis en train de les organiser », a déclaré Brooks, qui avait déjà pris l’initiative inhabituelle de critiquer le président du NUS à la radio nationale.

L’enquête révèle également que l’UJS a offert à Brooks un voyage tous frais payés en Israël, quelque chose qu’il omis de mentionner dans son interview radio.

Le NUS représente plus de quatre millions d’étudiants.

Parmi les hommes politiques les plus connus qui ont servi comme responsable du NUS se trouvent les travaillistes Jack Straw, ancien secrétaire des Affaires étrangères, et Charles Clarke, un ancien secrétaire du Home Office.

Par ailleurs, Adam Schapira, qui a posé une candidature sans succès à la présidence de l’UJS, a déclaré à notre journaliste infiltré : « L’ambassade d’Israël au Royaume-Uni donne de l’argent à l’UJS. »

Schapira a travaillé auparavant avec le Centre Pinsker, un groupe de réflexion dont le siège est au campus et qui vise à « éduquer intelligemment sur le sionisme et le conflit israélo-arabe ».

Schapira a confirmé à notre journaliste que le puissant lobby américain pro-israélien, l’AIPAC, canalise de l’argent vers les campus britanniques par le biais du Centre Pinsker.

« Des groupes comme l’AIPAC ont donné de l’argent », a-t-il fait savoir.

Ces groupes s’activent durement pour contrer le mouvement BDS qui a pris son modèle sur la campagne de masse pour isoler l’Afrique du Sud pendant l’ère de l’apartheid, et qui vise à faire pression sur Israël par des tactiques d’isolement économique et culturel.

Le Labour en ligne de mire

Tout au long de l’enquête, Robin s’est présenté comme un militant diplômé avec de fortes sympathies pour Israël et désireux d’aider à combattre le mouvement BDS.

Masot, le diplomate de l’ambassade israélienne, a insisté auprès de Robin qu’il était particulièrement important pour lui de construire un réseau de soutien à Israël à tous les niveaux du Parti travailliste, qui, selon lui, était dirigé par le leader « fou » de l’opposition, Jeremy Corbyn.

À un moment donné, il a offert à Robin un emploi de dirigeant dans l’organisation de jeunesse des « Travaillistes amis d’Israël » (LFI).

Dans une discussion à une station de métro, Robin a demandé à Masot : « Avez-vous déjà construit quelque chose, comme un groupe ? »

Masot a répondu: « En Israël et ici … Rien dont je puisse parler, mais oui. C’est bon de laisser ces organisations indépendantes, mais nous les aidons à [se construire] ».

Masot a conseillé à Robin de procéder étape par étape sur la façon de mettre en place un nouveau groupe pro-Israël, et il a offert l’appui de l’ambassade dans la fourniture d’un « orateur intéressant » lors d’événements.

Le diplomate israélien se vante d’avoir eu l’idée de constituer une organisation de jeunesse des « Conservateurs amis d’Israël » (FCI), un groupe fort de 2000 membres mis en place l’an dernier.

LFI et CFI ont été fondées dans les années 1950 et 1970 respectivement.

« [Mais] il n’y a personne qui éduque les gens de la base du parti … En particulier dans le Parti travailliste, tandis que les Conservateurs n’en ont pas besoin », a déclaré Masot à Robin.

Influencer l’opinion

Dans une nouvelle tentative pour influencer l’opposition, Masot a déclaré qu’il était impliqué dans le groupe de la jeunesse de la « Fabian Society », un influent groupe de réflexion du Parti travailliste, et qu’il a « emmené un groupe de ‘Fabians’ en Israël ».

Un « Fabian », Martin Edobor, a plus tard dit à Robin dans un pub de Londres que Masot était « un gars super ».

Edobor a ajouté qu’il avait fait partie d’une délégation en Israël, et a il nié comme « faux » et de la « propagande » un récent article publié dans Haaretz au sujet d’Israël coupant l’approvisionnement en eau dans la Cisjordanie occupée.

Sur son site Internet, la Fabian Society affirme être « un mouvement pluraliste pour créer un espace de débat ouvert » qui croit « dans la lutte contre l’inégalité ».

Plus tard, lors d’une réunion privée dans un hôtel de Londres avec le personnel de l’ambassade israélienne et des partisans britanniques, Masot a présenté Robin à Michael Freeman, responsable des affaires civiles à l’ambassade.

Freeman a expliqué à Robin que l’ambassade était à la recherche de quelqu’un pour « étudier les différents mouvements BDS, sur qui ils sont et ce qu’ils sont », avant que Gilad Erdan, ministre israélien des affaires stratégiques, ait pris la scène comme invité d’honneur.

La tâche principale du ministère d’Erdan est de lutter contre le mouvement BDS dans le monde entier

Selon Yossi Melman, journaliste et écrivain israélien spécialisé dans les affaires de sécurité et de renseignement, le ministère recrute « principalement d’anciens officiers de renseignement ».

Masot, qui est bien impliqué, a ensuite suggéré que Robin contacte Rubin, l’officier parlementaire, pour recueillir des conseils sur la construction d’un nouveau groupe. Rubin a déclaré à notre journaliste infiltré que Joan Ryan, député du Labour et président du LFI, s’entretenait avec Masot « presque tous les jours ».

« Le Parti travailliste n’est pas un bon endroit, pour dire le moins… », a déclaré Rubin, alors qu’il conseillait à Robin de se lier d’amitié avec « des jeunes de par-ci par-là … qui ont de bonnes vues sur Israël ».

En ce qui concerne l’organisation de jeunesse du LFI, Rubin a déclaré: « Je pense que nous devons faire attention à ne pas être considérés comme une ‘sorte d’ambassade israélienne pour la jeunesse’… Nous travaillons très étroitement ensemble, mais c’est juste que nous essayons de conserver au LFI une identité distincte de l’ambassade. Le LFI nous permet de contacter des gens qui ne voudraient pas s’impliquer directement avec l’ambassade. En fin de compte, nous voulons le même objectif qui est d’amener plus de gens à être pro-Israël et à mieux comprendre le conflit. »

Ben White, un chercheur et journaliste qui a écrit sur le conflit israélo-palestinien, a déclaré à Al Jazeera qu’Israël cherche de plus en plus à influencer les hommes politiques britanniques au fur et à mesure que ses craintes à propos du mouvement BDS se renforcent.

« Nous savons que le ministère israélien des Affaires étrangères, et aussi – un fait intéressant – le ministère israélien des affaires stratégiques par lequel cet individu [Masot] parait être employé, sont très concentrés sur la lutte contre ce qu’ils considèrent comme dangereux, avec un accent particulier sur la volonté de contrecarrer et de saper les campagne du mouvement BDS », a déclaré White.

11 janvier 2017 – Al Jazeera – Traduction : Chronique de Palestine

Colonialisme en Palestine: la politique du flinguer pour tuer de l’état sioniste

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Tuez-les tous !

 

Jonas Alexis

 

4 janvier 2017

 

url de l’article original:

http://www.veteranstoday.com/2017/01/04/kill-them-all/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Bien avant que Netanyahou s’en vint sur la scène politique, le premier ministre israélien Yitzhak Shamir avait comparé les Palestiniens à une “nuée de sauterelles”.

HRW vient juste de condamner la politique d’Israël du “tirer pour tuer”. Politique simple: si la force de défense israélienne et les policiers perçoivent ou pensent qu’un Palestien va commettre un crime, alors ces personnels encouragent la force de défense à abattre immédiatememt et sans hésitation le Palestinien en question.

Tout membre des force de défense devrait être capable de “tirer pour tuer” le Palestinien “sans y penser à deux fois… aucun attaquant, homme ou femme, ne devrait sortir de quelque attaque que ce soit vivant.”[1]

La preuve n’est en rien importante. Ce qui est le plus important est que si la police ou l’armée veut tuer un Palestinien, alors ils peuvent le faire. La FDI et la police sont en elles-mêmes la preuve du bienfondé de l’action. Tout ce qu’elles ont alors à faire pour défendre leur cas est de simplement dire que le Palestinien allait faire quelque chose de mal. Sari Bashi, le directeur de la branche israélienne à HRW, a déclaré que ceci est clairement une violation du droit international. [2]

Les question est simplement celle-ci: Le régime israélien a t’il abattu dans le passé des Palestiniens en se basant sur cette politique ridicule ?
La question est OUI.
Ceci ne devrait pas être une surprise du tout. Nous savons et pouvons tenir pour fait établi que la politicienne et ministre de la justice israélien Ayelet Shaket a sans équivoque et ontologiquement déclaré que les Palestiniens étaient les ennemis d’Israël.

“Qui est l’ennemi ?” a t’elle demandé. “Le peuple palestinien. Pourquoi ? Demandez-leur, ils ont commencé…” L’idéologie politique de Shaked en regard des Palestiniens vaut la peine d’être citée entièrement:

“Le peuple palestinien nous a déclaré la guerre et nous devons répondre par la guerre. Pas une opération, lente et de basse-intensité, pas une escalade contrôlée, pas de destruction d’infrastructure terroriste, pas d’assassinats ciblés. Assez de toutes ces biaiseries. C’est une guerre. Les mots ont un sens. C’est une guerre.

Ce n’est pas une guerre contre le terrorisme, pas une guerre contre l’extrémisme, pas même une guerre contre l’Autorité Palestinienne. Tout ceci est également une forme d’ignorance de la réalité. Ceci est une guerre entre deux peuples. Qui est l’ennemi ? Le peuple palestinien. Pourquoi ? Demandez-leur, ils ont commencé…

Derrière chaque terroriste se tiennent des douzaines d’hommes et de femmes sans qui ils ne pourraient pas s’engager dans le terrorisme. Les acteurs de la guerre sont ceux qui incitent dans les mosquées, qui écrivent des curricula assassins pour les écoles, qui protègent, qui fournissent des véhicules et tous ceux qui les honorent et leur donnent un confort moral.

“Ils sont tous des ennemis combattants et leur sang sera leur responsabilité. Maintenant ceci inclut aussi les mères des martyrs, qui les envoient en enfer avec des fleurs et des baisers. Elles devraient suivre leurs fils, rien ne serait plus juste. Elles devraient dégager, tout comme les maisons, foyers physiques où elles ont élevé leurs serpents. Autrement, d’autres petits serpents y seront élevés.” [3]

Shaked déclare qu’elle a l’intention de “promouvoir des processus avancés” de démocratisation en Israël”, mais comment cela peut-il être compatible avec l’idée que les Palestiniens sont l’ennemi ? Shaked peut-elle vraiment penser que la démocratie pourrait ne serait-ce qu’exister sans ce que Kant qppellerait l’impératif catégorique ou la raison pratique ? Les lois d’Israël en regard des Palestiniens peuvent-elles vraiment être unversalisées ?…

L’idéologie de Shaked n’est pas du tout la démocratie. C’est en fait une perversion de démocratie. Et si vous pensez que c’est exagéré, peut-être devrions-nous amener dans la discussion le rabbin Yitzhak Ginsburg qui a dit de manière non équivoque:

Tout procès en justice qui se base sur la supposition que les juifs et les goyim sont égaux est un total travesti de justice.”[4]

La question à un million de dollars est celle-ci: Shaked a t’elle été jamais mise en doute par la mafia sioniste et les marionnettes nouveaux cons pour avoir de telles saloperies au sujet des Palestiniens ? Y a t’il eu un quelconque politicien américain la réprimandant pour ce qui est essentiellement un plan diabolique ?

Bien sûr que non !

Le fait est que Benjamin Netanyahou et autres officiels israéliens (passés et présents) ont dit des choses tout à fait similaires sur les Palestiniens. “Dans notre voisinage”, a dit le roi bibi “nous devons nous protéger des animaux sauvages… Si un soldat israélien est condamné pour meurtre, il devrait être immédiatement libéré.” dit Natanyahou.

Bien avant que Netanyahou ne vont sur la scène politique, le premier ministre israélien Ytzhak Shamir avait comparé les Palestiniens à une nuée de sauterelles [5] L’ancien chef de la FDI Raphael Eitan avait déclaré dans les années 1980:

“Nous déclarons ouvertement que les Arabes n’ont aucun droit de s’établir ne serait-ce que d’un centimètre sur Eretz Israel… La force est tout ce qu’ils ont et n’est que ce qu’ils comprendront toujours. Nous devrons utiliser la force ultime jusqu’à ce que les Palestiniens viennent à nous à quatre pattes.”

Rabbin Yaacov Perrin: “Un million d’Arabes ne valent pas un ongle juif” [6]

Le rabbin MK Eli Ben-Dahan lui-même a déclaré que les Palestiniens étaient “des animaux, ce ne sont pas des humains.” Puis il a ajouté: “Un juif a toujours un bien plus grande âme qu’un gentil, même s’il est homosexuel.

Les homosexuels d’Amérique et d’occident ne devraient-ils pas être en colère de la dégradation faite ici par Ben-Dahan ? L’organisation juive aux Etats-Unis ne nous vante t’elle pas ad nauseam que l’homosexualité est une grande chose ? Pourquoi cette organisation ne réprimande t’elle pas le rabbin Ben-Dahan pour ses vues discriminatoires ?..

[1] “‘Israeli shoot-to-kill policy belongs to western movie laws’ – HRW official to RT,” Russia Today, January 4, 2017.

[2] Harriet Agerholm, “Israeli officials back shoot-to-kill policy of Palestinian suspects, says Human Rights Watch,” Independent, January 3, 2017.

[3] Ishaan Tharoor, “Israel’s new justice minister considers all Palestinians to be ‘the enemy,’” Washington Post, May 7, 2015.

[4] Quoted in Alan Cowell, “An Israeli Mayor Is Under Scrutiny,” NY Times, June 6, 1989.

[5] Ron Kampeas, “Andrew Sullivan owes Yitzhak Shamir an apology,” Jewish Telegraphic Agency, May 6, 2015.

[6] Quoted in Clyde Haberman, “West Bank Massacre; Israel Orders Tough Measures Against Militant Settlers,” NY Times, February 28, 1994.

Crime et colonialisme: Le pouvoir israélien demande la grâce présidentielle pour son bidasse exécuteur d’un escadron de la mort condamné…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, N.O.M, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , on 9 janvier 2017 by Résistance 71

Le criminel Azaria met à nu” la banalité du mal”(*) dans le colonialisme israélien

 

Neve Gordon

 

6 janvier 2017

 

url de l’article en français:

http://chroniquepalestine.com/criminel-azaria-banalite-mal-colonialisme-israelien/

 

(*) cf Hannah Arendt

 

Elor Azaria n’est pas une pomme pourrie. Son assassinat d’un Palestinien expose la normalisation du projet colonial israélien.

Ce n’est pas une coïncidence si le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu – suivi ensuite d’une foule de ministres et de membres de la Knesset – a demandé une grâce présidentielle pour le soldat israélien Elor Azaria.

Azaria a été reconnu coupable d’homicide involontaire après avoir visé et tué de sang-froid Yusri al-Sharif, alors que celui-ci était étendu blessé au sol.

Cette mobilisation exceptionnelle pour blanchir Azaria de son crime – mobilisation qui traverse les lignes partisanes et inclut les députés du Parti travailliste – ne devrait en aucun cas nous surprendre, car la grâce présidentielle exigée ne consiste pas vraiment à absoudre un meurtrier en particulier mais plutôt à défendre 50 ans d’occupation.

Consciemment ou non, chaque officiel du gouvernement qui demande une telle absolution comprend qu’Azaria n’est en aucune façon une aberration du projet colonial israélien, mais plutôt un clair symptôme de sa structure même.

Ceux qui ont assisté au meurtre on un comportement des plus révélateurs

Les spectateurs témoignent de l’effet de ce système. La vidéo publiée par l’organisation israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem nous montre d’abord Al Sharif étendu sur le sol, blessé, alors que des dizaines de soldats et de colons se tenaient près de lui en train de bavarder, de parler au téléphone et de prendre des photos.

Plusieurs médecins sont sur les lieux, mais ils ne tiennent aucun compte du blessé palestinien. En effet, l’un de ces médecins est le tueur.

Après le meurtre, aucun des spectateurs ne semble surpris. Personne ne s’en prend à Azaria et l’éloigne de la scène, personne ne court vers al-Sharif pour voir s’il peut être maintenu en vie. Bien au contraire, les spectateurs continuent simplement de discuter entre eux.

La nonchalance quotidienne de ceux qui se tiennent à quelques mètres d’un crime en train d’être commis peut certainement être comprise comme une manifestation de ce que Hannah Arendt a appelé la « banalité du mal ».

Pourtant, elle révèle aussi profondément quelque chose de crucial sur la structure du projet colonial d’Israël.

La brigade Kfir

Azaria est un soldat de la brigade Kfir. Cette brigade, comme l’a récemment révélé John Brown, a été responsable de la mort de nombreux Palestiniens, dont Mustafa Tamimi qui a été abattu à la tête avec une cartouche de gaz lacrymogène à longue portée lors d’une manifestation hebdomadaire dans son village de Nabi Saleh.

Le soldat qui a tué Tamimi en 2011 était assis dans une jeep militaire à cinq mètres de Tamimi quand il l’a pris pour cible et a tiré sur lui.

Il y a deux mois, quatre autres soldats de la même brigade ont été inculpés pour électrocution d’un Palestinien. Il est apparu qu’ils avaient pris des photos de lui alors qu’il les suppliait de le laisser la vie. Deux autres soldats ont été inculpés d’avoir torturé des enfants palestiniens, propulsant au visage de l’un d’entre eux de l’air brûlant avec un sèche-cheveux.

John Brown cite encore une confession faite par un soldat de la même brigade:

« Nous allions faire une patrouille, et si nous voyions même un enfant nous regarder d’une manière pas avenante, il recevrait immédiatement une gifle. Lors d’une de ces patrouilles, certains nous ont jeté des pierres. Nous avons attrapé un des enfants qui avaient vu le lanceur, et nous l’avons tabassé jusqu’à ce qu’il nous livre le nom du lanceur … Nous l’avons alors tiré [le lanceur de pierre de 14 ans] de son lit en dehors de sa maison. Nous avons alors enfoncé les canons de nos fusils dans sa bouche en lui disant : ‘Tu veux mourir ici ? Choisis un endroit où tu veux être enterré’. »

Azaria n’est pas « une pomme pourrie »

Azaria, en d’autres termes, n’est pas une pomme pourrie. Au contraire, ses actions doivent être comprises comme faisant partie intégrante de la structure plus vaste qui constitue et forme le projet colonial d’Israël.

Azaria n’a simplement pas eu de chance parce qu’il a été filmé alors qu’il assassinait un Palestinien.

En fait, une grande partie du public israélien se rend compte de cela et ne ne considère en rien Azaria comme un hors-la-loi, ce qui contribue à expliquer le soutien général dont ce criminel bénéficie.

Ainsi, ce serait une grave erreur d’en conclure, comme l’a fait la presse israélienne, que les hommes politique se contentent de plaire à la masse. Netanyahou reconnaît qu’Azaria est un rouage dans la machine, comme le ministre de la Défense Avigdor Lieberman, et c’est pour cette raison qu’ils demandent au président de lui pardonner.

Ils savent également que si Azaria est condamné à vingt ans de prison, la structure qui produit les individus comme Azaria et autorise et encourage la violence quotidienne pour soutenir l’effort colonial d’Israël pourrait bien être contestée de l’intérieur.

Mais il est également crucial de ne pas perdre de vue ce qu’ils soutiennent consciemment. Pour Azaria et pour ceux qui se tenaient près de lui dans les rues d’Hébron, ainsi que pour tous ses partisans – citoyens et hommes politiques – les Palestiniens comme Yusri al-Sharif ne sont jamais des victimes ou des êtres humains : ce sont des proies.

Les Palestiniens peuvent seulement être légitimement pris pour cible, mais les tuer n’est jamais un crime et le plus souvent, ce n’est même pas considéré comme un délit.

* Neve Gordon est un politologue et historien israélien, il est l’auteur de Israel’s Occupation, et de The Human Right to Dominate (co-écrit avec Nicola Perugini).

Résistance politique et militaire au colonialisme impérialiste: Israël avoue être impuissant face au développement du Hezbollah

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 8 janvier 2017 by Résistance 71

« Ainsi le projet sioniste fut formé avec un point de focalisation sur le fanatisme religieux et le préjudice sémitique, utilisant les pires méthodes pour parachever les objectifs du projet… L’entité sioniste a ainsi continué son expansion coloniale, son occupation et ses affirmations de légitimité comme la fondation de base disant que le mouvement raciste sioniste est expansion, objectif soutenu par des fondations religieuses tirées de la bible (torah).. »
~ Naïm Qassem, secrétaire général adjoint du Hezbollah, 2005 ~

 

Quels préparatifs manquent à Israël face au Hezbollah ?

 

Al Manar & Al Akhbar

 

7 janvier 2017

 

url de l’article en français:

http://french.almanar.com.lb/181007

 

L’Entité sioniste est de plus en plus convaincue de son incapacité à réaliser une victoire décisive face au Hezbollah, et à protéger ses villes stratégiques devant le développement des potentiels et des tactiques de la résistance libanaise.

Ces constats figurent dans plusieurs rapports israéliens. Mais des interrogations se posent sur leur véracité, surtout que l’Entité israélienne est une puissance  régionale sur le plan militaire et technologique, soutenue par une puissance mondiale, les Etats-Unis, à tous les niveaux: économique, militaire, technologique, politique et diplomatique.

Abstention israélienne de lancer une guerre

Il ne s’agit pas de simples rapports de presse, ni d’estimations des experts militaires, mais de déclarations officielles faites entre autre par le contrôleur de l’Etat. Celui-ci a averti que le front interne n’est pas encore disposé à faire face aux missiles du Hezbollah.

Sur le plan pratique, les dirigeants sionistes affirment depuis dix ans qu’ils poursuivent les préparatifs pour optimiser les potentiels offensifs et défensifs, dans le but de s’apprêter à une confrontation globale avec le Hezbollah. Cet état de fait se traduit par l’abstention israélienne au long des dernières années de lancer une nouvelle guerre contre le Liban.

En effet, les résultats de la guerre de juillet 2006 contre le Liban ont créé le choc auprès des deux institutions politique et militaire israélienne. Et malgré les préparatifs permanents annoncés, le contrôleur de l’Etat a critiqué fermement l’inaptitude du front interne à affronter une guerre globale.
 Cependant, l’Entité sioniste était, et demeure aujourd’hui, complètement prête à mener des guerres d’envergure et destructrice contre le Liban ou contre tout autre pays.

Réaliser l’objectif escompté

Mais des questions se posent dans ce contexte: Israël est-il capable de réaliser l’objectif escompté dans une confrontation militaire? De quelle capacité israélienne parle-t-on? Et de quel objectif? S’agit-il d’une simple dissuasion, ou d’une victoire décisive, ou de la volonté de détruire les capacités du Hezbollah?

Donc, il ne s’agit pas seulement pour l’Entité sioniste de développer les capacités militaires offensives de son armée,  mais aussi d’avoir les atouts de force nécessaires pour protéger le front interne, après que le Hezbollah a entrainé ce dernier dans l’équation. Ce qui a largement affecté les choix ultérieurs de l’ennemi.
 Cette doctrine ne se serait pas élaborée chez les décideurs politiques et militaires israéliens, s’ils avaient trouvé les moyens nécessaires pour mettre un terme à la capacité du Hezbollah de frapper au cœur du front interne stratégique israélien.

L’armée en 2016 répond aux capacités du Hezbollah de 2006!

Autrement dit, il semble que la direction israélienne ait admis ces dernières années que l’armée ne possède pas la solution adéquate à la menace du Hezbollah d’ébranler la sécurité nationale israélienne.

Partant de là, les déclarations officielles sur l’impuissance du front interne face à une guerre globale impliquent que l’Entité sioniste ne possède pas les moyens d’interception des missiles du Hezbollah.
 De plus, les propos de responsables sionistes reflètent le manque de confiance quant à la capacité de priver le Hezbollah de sa force stratégique.

Probablement, l’armée ennemie, qui continue de développer ses capacités militaires à la base des résultats de la guerre de 2006, aurait pu acquérir les moyens de riposte aux capacités du Hezbollah du 2006. Mais les dirigeants israéliens répètent souvent que leur inaptitude à se lancer dans une guerre globale est due aux efforts permanents du Hezbollah de développer ses potentiels.

Pas de victoire décisive

Parallèlement, il importe de noter que l’impuissance israélienne face au Hezbollah démontre son incapacité de réaliser des objectifs bien déterminés. Alors qu’Israël possède une force destructrice énorme, il admet qu’il ne peut pas réaliser une victoire décisive.

Toutefois, il faut admettre que l’absence de tels atouts de force ne signifie pas qu’une confrontation globale est hors question. Les responsables du Hezbollah prennent en compte que l’ennemi peut faire des calculs erronés et s’aventurer dans une guerre d’envergure.

Quoi qu’il en soit, les constats des décideurs politiques et sécuritaires israéliens sur le manque de force face au Hezbollah a assuré au Liban dans la dernière décennie une protection et une force de dissuasion, et a consacré des équations régionales ayant des effets politiques et dissuasifs.

Traduit du site al-Akhbar

Résistance au colonialisme: Janus, Trump, Israël et conseil de sécurité de l’ONU…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 6 janvier 2017 by Résistance 71

Janus, dans la mythologie romaine, dieu aux deux visages, dieu des commencements et des fins, un visage vers le passé, l’autre vers l’avenir…

~Résistance 71 ~

 

Sionistes antisémites

Uri Avnery & Gush Shalom*

31 décembre 2016

url de l’article original:

http://www.veteranstoday.com/2017/01/01/avnery-the-unsc-resolution/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

(*) Uri Avnery est écrivain, journaliste israélien et le fondateur du mouvement pour la paix “Gush Shalom”, 94 ans, juif allemand émigré en Palestine en 1933, ancien de l’Irgoun, ancien député de la gauche israélienne à la Knesset, anti-sioniste.

Ce qui m’a particulièrement touché fut les applaudissements. Ils étaient là, assis autour de la table (du Conseil de Sécurité de l’ONU), les représentants du monde entier, applaudissant leur propre boulot, la résolution qu’ils venaient juste d’adopter unanimement.

Le CS de l’ONU, comme la Knesset, n’est pas habitué aux applaudissements ou à toute autre manifestation spontanée et pourtant ils frappèrent dans leurs mains comme des enfants qui venaient de recevoir leurs cadeaux de Noël. C’était en fait la veille de Noël et le 1er jour d’Hanoukah, une coïncidence qui se produit une fois par décennies dans la mesure où les chrétiens utilisent un calendrier solaire et les juifs un calendrier lunaire modifié.

Les délégués étaient joyeux au point du délire. Ils venaient juste de faire quelque chose qui leur échappait depuis bien des années: condamner la violation ouverte de la loi internationale par le gouvernement d’Israël.

Des présidents consécutifs des Etats-Unis ont utilisé leur pouvoir anachronique de veto pour empêcher l’ONU de faire son devoir. Maintenant, le président Barack Obama, à la toute fin de sa présidence, osa défier le gouvernement de Benjamin Netanyahou, une personne qu’il déteste du plus profond de son cœur.

Ainsi donc, après des années de frustration, le corps le plus élevé de la réglementation internationale a pu adopter une résolution sur Israël en accord avec ses convictions profondes. Pas étonnant qu’ils se comportèrent comme des gamins quittant l’école pour les grandes vacances. Des vacances qui hélas pourraient bien être de très courte durée.

A l’analyse, cette joie était sans doute exagérée. La résolution n’avait pratiquement aucune signification. Elle n’avait pas de pouvoir puisque non contraignante. Netanyahou aurait pu utiliser le vieil adage oriental et dire: “les chiens aboient et la caravane passe” ; mais la réaction immédiate de Netanyahou fut bien différente. Il a agi comme un animal blessé: pétant les plombs, gesticulant, mordant tout ce qui passait à sa portée.

Certaines de ses réactions frisèrent le ridicule. Il aurait pu minimiser la résolution, la moquer, comme tant de leaders israéliens l’ont fait auparavant. Au lieu de cela, il a rappelé ses ambassadeurs du Sénégal et de Nouvelle-Zélande (traditionnellement des nations amies dociles), annula des visites de personnalités étrangères, appela les ambassadeurs étrangers pour un remontage de bretelles le jour de Noël, insulta et calomnia le président Obama.

C’était bien évidememnt une chose stupide à faire. Le président américain a toujours 21 jours de mandat à effectuer, 21 longs jours qui pourraient faire bien du mal à Netanyahou. Il pourrait par exemple, permettre le vote d’une résolution irrévocable de l’ONU reconnaissant l’état de Palestine comme menbre de plein droit de l’ONU. En ce moment, tous les hauts-fonctionnaires israéliens sont en panique totale en anticipation d’une telle chose.

Si Netanyahou avait lu Machiavel, il saurait qu’on ne défie pas un lion, à moins d’être capable de le tuer. Spécifiquement pourrais-je ajouter, un lion que vous avez insulté et blessé plusieurs fois auparavant. Même les lions parfois se fâchent. Mais l’attitude de Netanyahou n’est peut-être pas si stupide qu’il y paraît. En fait, elle pourrait même être maligne, tout dépend de son objectif.

Comme stratégie diplomatique, c’est absolument désastreux. Mais comme stratégie électorale, c’est intéressant. Voilà le grand héro, le nouveau roi David, combattant pour son peuple, faisant face à la terre entière. Y a t’il quelqu’un en Israël qui pourrait se comparer à lui ?

Dans les vieux mauvais jours de l’ère Golda Meir, un des orchestres militaires israéliens chanta une chanson joyeuse qui commençait avec ces mots: “Le monde entier est contre nous/Mais on en a rien à foutre…” l’orchestre dansait aussi sur la musique.

Pour une raison inconnue, les juifs sont satisfaits de la condamnation du monde entier. Cela ne fait qu’affirmer ce que nous savons depuis bien longtemps: que les nations du monde nous détestent. Cela montre à quel point nous sommes spéciaux et supérieurs. Cela n’a bien entendu rien à voir avec notre attitude, non, non, ce n’est juste que pur anti-sémitisme.

Netanyahou est parti pour faire plus fort que Golda (Meir). La vieille bonne femme maintenant le comtemple du ciel (ou de l’enfer ?) avec envie.

Le Sionisme était supposé libérer Israël de ces vieux complexes juifs. Nous étions supposés devenir une nation normale, des Israéliens au lieu de juifs “exilés”, admirés par les autres nations. Il semblerait qu’on n’ait pas réussi la manip’.

Mais il y a un grand espoir, un espoir géant en fait qui s’appelle Donald Trump.

Il a déjà twitté qu’après son intronisation au pouvoir, tout allait changer en ce qui concerne l’ONU. Vraiment ? Y a t’il quelqu’un, lui inclus, qui sait vraiment ce qu’i a en tête ? Netanyahou peut-il en être si certain ?

C’est vrai, il a envoyé un juif américain enragé ultra-méga sioniste comme ambassadeur à Tel Aviv (ou à Jérusalem on verra) ; un type tellement à droite qu’il fait passer Netanyahou pour un gauchiste.

Mais dans le même temps Trump a nommé comme son assistant le plus proche un suprémaciste blanc radical possédant tout le pédigré antisémite. Peut-être, comme le croient certains, cela dépendra de l’humeur de Trump. Qui sait de quelle humeur sera t’il le jour du premier vote important à l’ONU sur Israël ? Sera-ce Trump le sioniste ou Trump l’antisémite ?…

En fait, çà pourrait bien être les deux, pas de problème vraiment. Le but avoué du sionisme est de rassembler tous les juifs du monde dans un état juif. Le but avoué de tous les antisémites est de virer tous les juifs de leurs pays. Les deux côtés veulent la même chose !! Pas de conflit là-dessus.

Theodor Hertzl, le père fondateur du sionisme (moderne), a reconnu cela depuis le départ. Il alla en Russie tsariste, dont le gouvernement était profondément antisémite et offrit un accord: on vous retire les juifs de chez vous, mais vous nous aider à les convaincre de partir. C’était au bon vieux temps des pogroms meurtriers. Mais les nuifs qui s’enfuirent de Russie allèrent en masse aux Etats-Unis, très peu d’entre eux s’en allèrent en Palestine sous contrôle ottoman (turc).

Ceci ne fut pas un chapitre unique de cette histoire. Au travers de l’histoire sioniste, bien des tentatives ont été faites pour enlister les antisémites afin d’aider à la mise en place du projet sioniste.

Avant même que le mouvement sioniste ne naisse. Les évangélistes américains et britanniques prêchèrent le rassemblement des juifs exilés sur la terre sainte. Ils furent peut-être une inspiration pour Hertzl. Mais quoi qu’il en soit, ce message de rédemption pour les juiifs avait une clause secrète.

Le retour des juifs en Palestine permettrait la seconde venue du christ. Mais alors, les juifs se convertiraient au christianisme. Ceux qui refuseraient seraient annihilés.

En 1939, lorsque le danger nazi devint évident, le leader extrémiste sionsite Vladimir (Ze’ev) Jabotinski appela pour une réunion de ses suiveurs en Pologne. Les leaders de l’armée secrète de l’Irgoun en Palestine furent de cette réunion. L’un d’entre eux était Abraham Stern, de son nom de guerre Ya’ir.

La réunion déboucha sur la décision d’approcher les commandants antisémites de l’armée polonaise et de leur offrir un accord: vous armez et entrainez la jeunesse juive polonaise et nous libérerons la Palestine et y transporterons les juifs polonais. Les officiers acquièscèrent et des camps d’entrainement furent établis en Pologne. La seconde guerre mondiale mit un terme à ce plan.

Avec la guerre, Jabotinski, ardent anglophile malgré tout, ordonna à l’Irgoun d’arrêter toutes actions et de coopérer avec les britanniques. Stern proposa une approche inverse. Son credo était: notre ennemi est la Grande-Bretagne. La guerre nous donne une grande opportunité de les mettre dehors. L’ennemi de notre ennemi est notre ami. Adolf Hitler est un antisémite, mais maintenant il est notre allié potentiel.

L’approche de Stern causa une scission de l’Irgoun. Un débat envenimé éclata dans toutes les cellules secrètes. J’y pris part alors que j’avais juste 16 ans. Etant un réfugié de l’allemagne nazie, je rejetais la thèse de Stern.

Stern créa alors son propre groupe, plus tard appelé Lehi, initiales hébreues de Combattants pour la Liberté d’Israël, aussi connu sous le vocable de “Gang de Stern”. Il envoya un émissaire à la Turquie neutre, où il fit délivrer une lettre adressée à “Mr. Hitler” à l’ambassadeur allemand en place, y offrant sa coopération. Hitler n’y répondit pas. C’était bien sûr avant l’holocauste.

Stern fut attrapé par les Britanniques et abattu “en tentant de s’échapper”. A la fin de la guerre et lorsque l’URSS devint l’ennemi de la GB et de l’occident, les héritiers de Stern approchèrent Staline et leui offrirent leur coopération. Staline, dont l’antisémistisme grandissait à cette époque, ignora l’offre.

Pendant la guerre, un des architectes de l’holocauste fut Adolf Eichmann, l’officier SS qui fut en charge de l’organisation du transport des juifs hongrois vers Auschwitz. A Budapest, il établit le contact avec un groupe de sionistes emmené par Israël Kastner, avec qui il passa un accord. Comme geste de bonne volontee, il lui permit d’envoyer plusieurs centaines de juifs en Suisse neutre.

Eichmann envoya un membre du groupe, Yoel Brand, à Istanboul, porteur d’une offre paraissant démente au leadership sioniste à Jérusalem: si les alliés fournissaient aux nazis 1000 camions, la déportation des juifs hongrois seraient arrêtée.

Contrairement aux instructions qu’il avait reçues, Brand passa la frontière en Syrie occupée par les Britanniques et y fut arrêté. La déportation des juifs hongrois, dix mille par jour, continua.

Quel était le but des nazis dans cette affaire bizarre ? Ma propre théorie est que Heinrich Himmler était déjà déterminé à détrôner Hitler et à faire la paix avec les alliés occidentaux. Eichmann servait son plan d’établir le contact avec les alliés. En tant qu’antisémite convaincu, Himmler était convaincu que les juifs contrôlent le monde.

Quelque temps après la guerre, en captivité en Israël, Eichmann écrivit ses mémoires. Il déclara qu’il croyait que les sionistes étaient l’élément “biologiquement positif” de la race juive. Mahmoud Abbas, soit dit en passant, a écrit sa thèse de doctorat à l’université de Moscou sur la coopération entre les nazis et les sionistes.

Les assistants de Trump peuvent-ils inclure dans le même temps des sionistes enragés et des antisémites tout aussi enragés ? Bien sûr que cela est possible !

Cette semaine, notre ministre de la défense de l’extrême droite Avigdor Lieberman, a condamné le plan français de réunir à Paris dans quelques jours, une conférence sur la paix israélo-palestinienne.

Le gouvernement israélien a peur que là, le ministre des AE américain John Kerry, n’y soumette son plan pratique détaillé pour un accord de paix, incluant l’établissement de l’état de Palestine. Ce plan serait adopté à la conférence, puis par le CS de l’ONU.

Ceci constituerait le coup de départ du président Obama. Pas de veto. Au fait, le plan de Kerry est presque identique à celui qu’un de mes amis et moi-même avions publié en 1957, il y a 59 ans et appelé “Le Manifeste Hébreu”.

En fureur totale, Lieberman a comparé cela avec l’affaire Dreyfus. Il y a quelques 120 ans, un capitaine juif de l’armée française fut condamné à tort pour espionnage au profit de l’Allemagne et fut envoyé au bagne de Cayenne sur l’île du diable. Il fut plus tard acquitté. La mythologie sioniste veut que Theodor Herzl, alors correspondant à Paris pour un journal autrichien, fut si secoué par cette affaire que cela lui inspira son idée sioniste.

La conférence de Paris à venir, a supputé Lieberman colériquement, est une nouvelle affaire Dreyfus, simplement cette fois-ci, il s’agit du peuple juif entier. Mais pas d’inquiétude à avoir: Donald Trump et ses sionistes antisémites vont tout remettre en ordre.