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Guerre impérialiste au Moyen-Orient: le fiasco saoudien au Yémen et la réalité sous-jacente (Pepe Escobar)

Posted in actualité, colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 7 octobre 2019 by Résistance 71

Pepe Escobar: Les Houthis continueront jusqu’à la Mecque

 

Pepe Escobar

 

4 octobre 2019

 

Source: http://french.almanar.com.lb/1515802

 

Ne jamais sous-estimer le pouvoir du retour de flamme. En ce moment même, le prince héritier Mohammad bin Salman (MBS), le dirigeant de facto de la Maison des Saoud, regarde fixement un abîme inquiétant ouvert par les Houthis au Yémen.

Le week-end dernier, le porte-parole des forces armées yéménites, le brigadier Yahya al-Sari, a décrit cliniquement comment Ansarallah, également connu sous le nom de mouvement rebelle houthi, aidé par ce que les Yéménites appellent les « comités populaires », a capturé trois brigades saoudiennes de 2 400 soldats – en haillons – et des mercenaires yéménites et soudanais ainsi que des centaines de véhicules de combat. Au moins 500 soldats saoudiens ont été tués et blessés, a affirmé Ansarallah. (Un porte-parole de la coalition dirigée par les Saoudiens a nié l’allégation).

Cela faisait partie de l’Opération Nasrallah dans l’axe de Najrane, limitrophe de l’Arabie Saoudite. Les Houthis, qui ont beaucoup appris, tactiquement et stratégiquement, du Hezbollah, ont fait l’éloge des moudjahidins et des « comités populaires » impliqués dans l’Opération Nasrallah.

Le colonel Pat Lang, dans son blog, offre une observation particulièrement utile sur les véhicules saoudiens capturés. Certains appartenaient à la Garde nationale saoudienne (SANG) :

« Je suppose que ces troupes provenaient du SANG modernisé que les États-Unis ont travaillé dur pour former et équiper pendant cinquante ans ou plus. La reddition facile de ces bédouins est une très mauvaise nouvelle pour la monarchie saoudienne ».

(…)

Comme je l’ai déjà dit, les opérations de plus en plus audacieuses des Houthis en Arabie Saoudite ne peuvent être couronnées de succès qu’avec des renseignements solides sur le terrain.

Quant aux soldats saoudiens capturés et dépouillés, Mohamed Al-Bukhaiti, qui fait partie de l’aile politique d’Ansarullah, confirme qu’ils sont pour la plupart des takfiristes – de vrais croyants qui pensent voir parmi leurs compagnons musulmans des légions d’apostats, méritant la peine capitale – et des Djihadistes.

A Beyrouth, j’ai passé beaucoup de temps dans des conversations détaillées avec Hassan Ali Al-Emad, érudit, homme politique et fils d’un cheikh yéménite influent dominant 12 tribus. A l’origine Zaydi lui-même, Al-Emad avec l’aide d’autres sources yéménites a confirmé que les principaux acteurs sont en fait le mouvement houthi – et pas seulement la tribu houthie, qui n’est qu’une tribu parmi de nombreuses tribus Zaydi du nord du Yémen. La capitale Sana’a a été reprise par le mouvement houthi, et pas seulement par la tribu houthie.

C’est essentiel pour comprendre le fait que la majeure partie du nord du Yémen a désormais adhéré au mouvement houthi – qui est aussi le gouvernement du nord du Yémen. Il n’est pas exagéré de penser que le mouvement houthi pourrait finir par unir l’écrasante majorité du Yémen contre la Maison des Saoud.

Ce que MBZ est en train de faire

Al-Emad a tenu à souligner que parmi la mosaïque tribale yéménite d’une complexité vertigineuse, le seul facteur unificateur est la lutte contre un envahisseur étranger, en l’occurrence un bombardeur en série, responsable depuis 2015 de la crise humanitaire la plus grave du monde selon les Nations Unies. J’ai fait remarquer à Al-Emad que le modèle tribal yéménite ressemble beaucoup à celui de l’Afghanistan. Il a visiblement apprécié la comparaison.

Al-Emad a également confirmé que les mercenaires qui combattent dans le sud du Yémen rejoignent en masse le mouvement houthi. Cela posera encore plus de défis à la soi-disant « coalition » qui bombarde le Yémen depuis 2015 et qui est maintenant réduite à la Maison des Saoud après que les EAU aient opté pour des « pourparlers ».

Sur le terrain, la situation est encore plus sombre. Les Houthis – soutenus par l’Iran – combattent peut-être Riyad, mais ils combattent aussi les restes d’Al-Qaïda et quelques Djihadistes de Daesh. La Maison des Saoud crée l’illusion qu’ils font la même chose. En fait, ils ne font rien.

De plus, les Houthis combattent également le Conseil de Transition du Sud (CTS), formé il y a seulement deux ans. C’est un groupe séparatiste qui veut un Yémen du Sud indépendant. Pourtant, le CTS est avant tout une cinquième colonne des Émirats Arabes Unis, financée et militarisée par Abu Dhabi.

Alors, qu’est-ce que Mohammed Bin Zayed (MBZ), le mentor de MBS à Abu Dhabi, fait vraiment au Yémen ? Suivez l’argent (du pétrole). Ce qui compte vraiment, c’est le contrôle total du détroit immensément stratégique de Bab-el-Mandeb qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden. C’est une question de commerce du pétrole et de connectivité. La Chine, avec une base à proximité de Djibouti, est très attentive à ce qui se passe à Aden et dans le sud du Yémen.

Pendant ce temps, le « gouvernement » du Yémen, dirigé par le président Abed Rabbo Mansour Hadi, reste une fiction inefficace. Fondamentalement, la seule chose que fait Hadi est de soutenir le Conseil de Transition du Sud pour combattre les Houthis.

Un autre angle pétrolier fascinant entre encore en jeu. Hadi est en train de déménager son entreprise dans la mythique Ma’arib – la légendaire capitale de Balqis, la reine de Saba.

Tout comme Freud comparant les couches de l’inconscient aux couches de ruines romaines, il y a une myriade de Ma’aribs superposés dans l’histoire extraordinaire du Yémen. Ma’arib était la capitale originelle de l’Arabie Heureuse, louée par d’éminents historiens tels que Strabo et Diodore de Sicile, une ville envoyant mille talents d’encens à Babylone tous les douze lunes pour la fête de Baal ou pour la vente d’ivoire, d’or et de peaux de léopard aux caravanes d’Hatchepsout, la reine d’Egypte.

Le regard de Ma’arib est fixé sur le Rub al-Khali, le Grand Désert Vide, rêvant d’un nouvel Empire arabe – certainement pas gouverné par la Maison des Saoud, minable, corrompue et suprêmement ignorante. Entre en jeu, encore une fois, le point de vue des Émirats arabes unis.

Ma’arib est la terre d’origine du cheikh Zayed, le père de MBZ. C’est de là que sa tribu est partie. Dans les années 1970, Cheikh Zayed finançait en fait une armée d’archéologues et d’ingénieurs agricoles impliqués dans la renaissance de Ma’arib. Aujourd’hui, en tant que pouvoir caché derrière le gouverneur Sultan al-Aradah, son fils MBZ voudrait le contrôler pour peut-être réaliser le rêve de papa. Le problème, c’est que les Houthis ne le laisseront jamais faire.

Le désert recèle tous les secrets

Essayer de décoder le puzzle yéménite, c’est comme être plongé dans un labyrinthe de miroirs de Jorge Luis Borges. En fait, une pyramide de miroirs.

A Beyrouth, j’ai eu le privilège de partager d’innombrables histoires avec mon amie la Princesse Vittoria Alliata de Sicile, incarnation de l’aristocratie cool, islamiste de renom et première traductrice italienne du « Seigneur des Anneaux » (Tolkien a beaucoup aimé la traduction).

Vittoria, qui a traduit nos conversations avec al-Emad, m’a gracieusement offert l’un des rares exemplaires restants de la première édition de 1980 de Garzanti de son fascinant « Harem » , une étude sur les femmes du monde arabe sous la forme de souvenirs de voyage. J’y ai trouvé ce passage immaculé de Hasan ibn Ahmad al-Hamdani, écrit en 935 de notre ère à Sana’a :

« Dans les sables du désert est enterrée une pyramide à l’envers ; elle contient la vérité de la race humaine. La vérité est enterrée dans les sables du désert, donc celui qui la découvre par hasard sera considéré par les hommes comme un fou avec son cerveau brûlé par la solitude et le soleil ».

Le fait que les barbares de la Maison des Saoud cherchent à détruire l’Arabie Heureuse – le siège d’une fabuleuse civilisation millénaire du désert et une réserve de connaissances – en dit long sur notre époque sordide. Les vrais Yéménites y voient clair.

En termes plus prosaïques, après l’attaque spectaculaire et révolutionnaire contre Abqaiq, le mouvement houthi, via le président du Conseil politique suprême du Yémen Mahdi al-Mashat, a offert un cessez-le-feu à MBS. Son entourage n’a accepté qu’un arrêt « partiel » de la campagne de bombardements incessants. Des opérations plus audacieuses, avec des essaims de drones et des missiles Quds-1, sont donc inévitables. Comme l’a fait remarquer Boukhaiti, ils « viseront des installations plus vitales et critiques des Saoudiens ».

Un avant-goût de ce qui nous attend est l’incendie de la gare de Djeddah – qui est la plaque tournante de plus de 7 milliards de dollars de la liaison ferroviaire à grande vitesse de 300 km de MBS vers La Mecque et Medina. La rue arabe est dévorée par les rumeurs selon lesquelles les Houthis ne s’arrêteront pas avant d’atteindre La Mecque.

En ce qui concerne les capacités du missile de croisière yéménite Quds-1, voici une superbe analyse technique, qui s’accompagne d’un aperçu crucial au vu des affirmations britanniques, allemandes et françaises selon lesquelles l’Iran est derrière les attaques pétrolières saoudiennes:

« Notamment, le Pentagone n’a pas accusé l’Iran de l’attaque et se tait, sachant très bien que le missile de croisière Quds venait du territoire houthi » .

Après Abqaiq et l’Opération Nasrallah, dire que MBS se prend un brutal retour de flammes est un euphémisme. Le bombardement incessant du Yémen pendant plus de quatre ans pendant son mandat de ministre de la Défense est son bébé Frankenstein.

À Beyrouth, j’ai également passé de nombreuses heures à discuter du bourbier interne saoudien avec des analystes de l’opposition organisée, qui dirigent le site Web The Saudi Reality.

Entre autres choses, ils ont dit que Jamal Khashoggi avait été tué parce que le consul saoudien à Istanbul avait exagéré la dose de la piqûre pour le paralyser. Puis il a été scié à la scie à os et le corps a été brûlé – donc pas étonnant qu’on ne l’ait jamais retrouvé.

L’opposition considère la dynamique interne saoudienne comme l’homme de Trump à Riyad – à cause de l’angle pétrolier – alors que la CIA, comme Khashoggi, préfère traiter avec une monarchie constitutionnelle et avoir son propre atout en main.

L’instabilité totale règne. La seule certitude est que l’offensive de plus en plus sophistiquée du mouvement houthi continuera d’être déployée en Arabie Saoudite, à moins que MBS n’abandonne sa guerre brutale. Sinon, il ferait mieux de réserver un aller simple pour Londres.

= = =

Lecture complémentaire:

Le_mythe_biblique_ashraf_ezzat

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Guerre impérialiste au Moyen-Orient et le ministère américain du terrorisme

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Un point de vue et angle d’analyse intéressants sur la relation de l’empire avec l’Iran et l’attaque récente sur les raffineries d’ARAMCO en Arabie Saoudite…
~ Résistance 71 ~

 

 

Le ministère américain du terrorisme

 

Kurt Nimmo

 

21 septembre 2019

 

url de l’article original:

https://kurtnimmo.blog/2019/09/21/the-us-dept-of-terrorism/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le ministère des affaires étrangères (NdT: State Department américain), sous le leadership du voyageur sioniste, ancien patron de la CIA et chef de char Mike Pompeo, a twitté la propagande suivante, produite avec vos impôts (ou votre dette qui sera passée en héritage à vos enfants…)

La production du Grand Mensonge au sujet de la soi-disante  malfaisance de l’Iran envers ses voisins, est dotée d’une musique dramatique et de pleins de graphiques pour soutenir un faux évident: l’Iran est l’état terroriste #1 au monde.

En fait, cette nomination est réservée au gouvernement des Etats-Unis et à son petit associé: Israël.

L’histoire déborde d’exemples, des deux guerres mondiales aux douzaines de feux de brousse impérialistes allumés, incluant ceux du Vietnam et de l’Irak. Quant à Israël, l’entité est en guerre avec ses voisins arabes depuis plus de 70 ans.

Le State Department est le grand chorégraphe du conflit et du meurtre au nom des banquiers entrepreneuriaux neo-libéraux et leur ordre planétaire qui est maintenant en train de s’effondrer. Il est le plus grand et le pire terroriste de cette planète. Récemment, il a installé des rebus nazillons au pouvoir en Ukraine, a réduit la Libye en état fantoche et a armé des fanatiques wahhabites en Syrie.

La vidéo ci-dessus (NdT: voir sur l’article original, en anglais) est essentiellement une publicité pour la torture cruelle du peuple iranien au travers d’une guerre économique en plus de l’assassinat sur place de scientifiques par des sbires américano-israéliens, des attaques de logiciel toxique informatique sur l’infrastructure iranienne et des attaques terroristes variées, incluant une attaque sur le parlement iranien en 2017.

Ce dernier incident fut blâmé sur l’EI, un groupe terroriste fabriqué par le Pentagone (Pentagon fabricated terror group.). Si vous croyez qu’un groupe réel islamiste terroriste (de confession sunnite / wahhabite) est responsable de cette attaque et une autre simultanée sur le mausolée de Rouhollah Khomeini, alors vous serez peut-être intéressé par le pont que j’ai à vendre à Brooklyn. En 2014 j’écrivais ceci:

“D’après un rapport de l’agence Reuters aujourd’hui, les sanctions imposées à l’Iran ont pour résultat de ce que le pays a des problèmes pour acheter du riz, de l’huile de cuisine et autres denrées alimentaires pour nourrir sa population de 74 millions de personnes. Ce n’est pas simplement l’huile de cuisine que ciblent les sanctions, mais toute sorte d’importations d’après les agents de commodités boursières…

Avant longtemps seront engagées des crimes de guerre encore plus barbares après qu’Israël bombarde des sites nucléaires suspectés de l’Iran et que les Etats-Unis emboitent le pas avec des bombardements des infrastructures civiles du pays, similairement a ce qu’ils ont fait préalablement en Serbie/Yougoslavie et en Irak, deux crimes classés en catégorie crimes de guerre selon le tribunal de Nüremberg.”

Depuis ce temps, la situation est devenue bien pire pour les Iraniens.

En 2014, Les Etats-Unis et Israël n’ont pas bombardé des “sites nucléaires suspectés” en Iran, essentiellement grâce à Obama, qui bien que menant l’agenda globaliste à la sauce démocrate, a reculé devant l’annihilation du pays à laquelle poussait Bibi Netanyahou.

Ce ne fut pas le cas en Libye qui n’avait pas la possibilité de riposter comme l’Iran l’a.

John Bolton a essayé d’obtenir un raid aérien mais a échoué à cause de la peur de Trump d’une invasion qui tournerait à un vaste conflit régional et qui ruinerait ses chances de réélection. Trump le schizo qui va de crises de violente rhétorique visant l’Iran (et le Venezuela, Cuba, la Corée du Nord, la Syrie) et qui dit que nous n’avons pas besoin d’une nouvelle guerre très chère au Moyen-Orient.

Donald Trump est un miracle à lui tout seul, d’un côté non-interventionniste proclamé et de l’autre un nouveau con phagocyté par le régime d’apartheid d’Israël. Son trouble de la personnalité est exposé 24/24 et 7/7. Après avoir viré Bolton, il a loué les services d’un nouveau con plus fréquentable et moins abrasif pour être son conseiller à la sécurité.

La dernière kerfuffle en Arabie Saoudite a eu pour effet de voir Trump injecter des troupes dans cette nation des plus médiévales, un message à l’Iran qu’il ne sera pas permis de résister et de répondre à la destruction économique en marche.

J’ai d’abord pensé que l’attaque sur les raffineries saoudiennes était un false-flag pour mettre la guerre sur les rails. Je pense maintenant que l’Iran est responsable de cette attaque. Le pays a averti il y a des mois que l’embargo mis sur ses exportations de pétrole verrait l’Arabie Saoudite souffrir d’un problème identique. L’Iran tient sa promesse et délivre sa réponse.

Pour l’élite “indispensable” régnante, la self-défense est interdite à moins que vous ne désiriez des montagnes de cadavres en décomposition chez vous, amenant typhus et choléra ainsi que des cancers en résultat de l’uranium appauvri déversé sur votre sol par les munitions employées ; ainsi que toutes les autres toxines militaires à l’avenant, que vous ne souhaitiez la famine pour votre population et des conflits religieux sectaires sans fin pour empêcher le vassal de poursuivre les vrais coupables. La Libye, la Syrie et le Yémen ne sont que les derniers exemples en date.

L’Iran possède la capacité de résister à cette poussée frontale mortifère néo-libérale. Il a été décidé que la guerre et ses conséquences horribles seront plus honorables que l’humiliation de la famine et de la maladie, ce qui est le dernier message de la propagande absurde de la vidéo du ministère des affaires étrangères américain.

 

Effondrer le colonialisme: La falsification sioniste de l’histoire

Posted in actualité, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 27 septembre 2019 by Résistance 71

“Après 70 ans d’excavations et de fouilles extensives sur la terre d’Israël, les archéologues ont trouvé que les actions du patriarque sont des histoires de légende ; nous n’avons pas séjourné en Egypte, ni fait un exode, nous n’avons pas conquis la terre. Il n’y a pas non plus de mention de l’empire de David et de Salomon. Ceux qui s’y intéressent savent tout cela depuis des années, mais Israël est un peuple têtu et ne veut pas en entendre parler.”
~ Professeur Ze’ev Herzog, chef du département d’archéologie et d’études de l’ancien Proche-Orient à l’université de Tel-Aviv, dans un entretien avec le magazine Ha’aretz le 29 octobre 1999

“Le sionisme a sécularisé et nationalisé le judaïsme. Pour y parvenir, les penseurs sionistes affirmèrent la possession du territoire biblique et recréèrent, en fait le réinventèrent, comme le berceau de leur nouveau mouvement nationaliste. Comme ils le voyaient, la Palestine étaient occupée par des ‘étrangers’ et avaient été repossédée. ‘Étrangers’ ici voulait dire tout non-juif qui avait vécu en Palestine depuis la période romaine. En fait pour bien des sionistes, la Palestine n’était même pas une terre ‘occupée’ quand ils arrivèrent dessus en 1882, mais plutôt une terre ‘vide’: les natifs palestiniens qui vivaient là leur étaient invisibles ou sinon, ils faisaient partie de la dureté et des obstacles de la nature et à ce titre devaient être conquis et retirés du paysage. Rien, ni pierres, ni Palestiniens, devaient se mettre sur le chemin de la ‘rédemption’ nationale de la terre convoitée par le mouvement sioniste. Jusqu’à l’occupation de la Palestine par la Grande-Bretagne en 1918, le sionisme était un mélange d’idéologie nationaliste et de pratique colonialiste…”
~
Ilan Pappe, professeur et chaire d’histoire à l’université d’Exeter, “The Ethnic Cleansing of Palestine”, 2006 ~

 

 

Sionisme… Un siècle de falsification

 

Pierre Stambul

 

Février 2010

 

Source:

https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Dossier-Palestine-Sionisme-Un

 

Le sionisme est une forme de messianisme dévoyé qui a voulu créer un « homme nouveau » en éradiquant son passé. Pas étonnant donc qu’en matière d’invention pure et simple de mythes nationaux, Israël batte tous les records. Archéologues et « nouveaux historiens » israéliens l’ont bien mis en lumière ces dernières années.

Le sionisme est un nationalisme particulier : il a inventé une histoire, une langue et une identité. Comme tous les nationalismes, il pratique la négation de l’autre. C’est un colonialisme sans métropole qui ne vise pas à asservir le peuple colonisé mais à l’expulser. C’est une idéologie qui instrumentalise l’antisémitisme et le génocide nazi : les sionistes cultivent le complexe de Massada [1]. Ils et elles ont « peur de ne plus avoir peur » et la peur permet toutes les exactions. L’idéologie sioniste a créé un État sur des bases contraires à l’égale citoyenneté de toutes et tous et en a fait un pion avancé de l’Occident au Proche-Orient.

Une histoire merveilleuse mais inventée

Les fondateurs du sionisme pour la plupart n’étaient pas croyants, mais ils sont allés chercher dans la Bible les justifications d’un projet colonial. L’archéologie a établi avec certitude que les Hébreux sont un peuple autochtone. Ils ne sont pas venus de Mésopotamie et n’ont jamais été en esclavage en Égypte. Les trompettes n’ont jamais sonné à Jéricho. La conquête sanglante de Canaan par Josué qui sert aujourd’hui de justification aux colons religieux de Cisjordanie est une fiction. Le grand royaume unifié de David et Salomon que les sionistes ont voulu reconstruire n’a pas existé. À l’époque présumée de Salomon et de son temple, Jérusalem n’était qu’un village.

Certes, tout n’est pas faux dans le discours biblique. La Palestine antique a toujours été peuplée par plusieurs peuples (Hébreux, Cananéens, Moabites, Iduméens, Philistins…) avec des religions différentes [2], mais cette réalité contredit le récit sioniste.

Pour les sionistes, le peuple juif a été expulsé de sa terre en 70 après J.-C. par l’empereur Titus et s’est dispersé dans le monde. Or la religion juive était déjà présente dans différentes régions, de Babylone à Alexandrie ou Rome. C’est la religion qui s’est dispersée, pas le peuple. La religion juive a été prosélyte pendant des siècles et c’est la victoire du christianisme qui l’a obligée à cesser de l’être. Les conversions au judaïsme se sont poursuivies en Afrique du Nord (les Berbères) ou entre Caspienne et mer Noire (les Khazars) très tard. Bref, les Juifs d’aujourd’hui sont majoritairement des descendants de convertis. Il n’y a eu ni exil, ni retour [3]. Et les descendants des Hébreux de l’Antiquité sont essentiellement… les Palestiniens.

Une fausse réponse à l’antisémitisme

Le centre des histoires juives, c’est la diaspora. Les langues, les traditions, les rites et les cultures des différentes communautés juives viennent de Pologne, du Maghreb, d’Espagne, d’Allemagne, de Salonique ou du Yémen. Dans le monde chrétien, les Juifs ont vécu massacres, expulsions, discriminations, enfermement. Avec le début de l’émancipation des Juifs en Europe à la fin du XVIIIe siècle, l’antijudaïsme chrétien s’est transformé en antisémitisme racial, les Juifs personnifiant pour tous les nationalistes l’obstacle à leurs rêves fous de nations ethniquement pures. Les références des Juifs à la Palestine sont purement symboliques. D’ailleurs, quand l’Empire ottoman a ouvert ses portes aux Juifs espagnols, très peu sont allés en Palestine.

À la fin du XIXe siècle, la moitié des Juifs vivent dans un seul pays : l’Empire russe. Prolétarisés, beaucoup ont abandonné la religion et adhéré à diverses idéologies socialistes dont celle du Bund [4]. C’est dans ce contexte que naît le sionisme.

Une théorie de la séparation et un effaceur d’identité

Parodiant les nationalismes européens qui vont mener à la boucherie de 1914 ou au nazisme, les sionistes considèrent que l’antisémitisme est inéluctable et renoncent a priori à tout combat pour l’émancipation ou l’égalité des droits. Le sionisme postule l’impossibilité du mélange, clame que les Juives et les Juifs ne peuvent vivre qu’entre eux, que la diaspora n’est qu’une parenthèse. Il ne combatte pas l’antisémitisme, il l’utilise pour convaincre les Juifs de partir. Lord Balfour qui a voulu en Palestine un « foyer national juif » était un antisémite. Son but était à la fois d’implanter un morceau d’Occident au Proche-Orient et de se débarrasser de ses Juifs.

Le sionisme repose sur toute une série de mensonges fondateurs : « une terre sans peuple pour un peuple sans terre » ; « En 1948, les Arabes sont partis d’eux-mêmes » ; « du désert, nous avons fait un jardin »…

Pour créer l’Israélien nouveau, il a fallu tuer la figure du Juif cosmopolite, universaliste, engagée dans la société et dans les luttes et le remplacer par un nationaliste militariste, chauvin et imbu de sa supériorité. Il a fallu effacer les langues, les traditions et les cultures juives. Il a fallu inventer une solution territorialiste, reposant sur un processus de conquête coloniale, de négation, de marginalisation et d’expulsion de l’indigène. Le courant dit révisionniste du sionisme qui naît vers 1930 avec Jabotinsky [5] a imposé ses idées aujourd’hui : le « transfert » de tous les Palestiniens au-delà du Jourdain.

En fait, le sionisme a gommé les différences idéologiques. Toutes les institutions qu’il a créées, y compris le syndicat Histadrouth n’ont eu qu’un seul but : créer et renforcer un État pour les Juifs excluant les autochtones.

Retour au crime fondateur

L’ouverture des archives a établi avec certitude ce que les Palestiniennes et les Palestiniens ont toujours dit : l’expulsion de 800 000 personnes en 1948 était délibérée et il n’y aura pas de solution à cette guerre sans réparation de ce crime fondateur. La confiscation des terres, les villages rasés dont les traces ont été effacées et le refus du retour des expulsés étaient prémédités. Le remplacement des Palestiniens par les Juifs venus du monde arabo-musulman a été organisé. Le sionisme a construit un État ethnique où les non-Juifs sont des sous-citoyens. Il a fait de cet État une tête de pont de l’Occident. La conquête de 1967 n’est pas accidentelle, c’est la gauche sioniste qui a décidé la colonisation et qui a aidé à la création du courant national-religieux pour la réaliser. La colonisation est devenue le centre de la politique israélienne et 500 000 Israéliennes et Israéliens habitent aujourd’hui les territoires conquis en 1967.

Le sionisme ne s’est pas achevé avec la création d’Israël. Ce qui est à l’œuvre aujourd’hui, c’est « l’achèvement de la guerre de 1948 », la tentative de faire en sorte que les Palestiniens, comme les Aborigènes d’Australie, ne puissent plus jamais revendiquer leurs droits.

Ce qui rend le crime possible, c’est un travail idéologique en profondeur, la destruction des identités juives, le complexe de Massada qui persuade les Israéliens que les Palestiniens poursuivent l’œuvre des nazis et que les seules victimes, ce sont les Juifs. C’est une exploitation organisée de la mémoire du génocide alors que la résistance juive au nazisme n’était en général pas sioniste. C’est la certitude entretenue qu’« il n’y a pas de partenaire pour la paix » et que tout compromis signifie « les Juifs à la mer ».

Le sionisme est à la fois criminel pour les Palestiniens et suicidaire pour les Israéliens. Sans rupture avec le sionisme ou passage à un postsionisme, il n’y aura pas de paix.

Pierre Stambul

  • Pierre Stambul est militant de l’Union juive française pour la paix et Ami d’AL.

[1] À Massada, les zélotes révoltés contre Rome en 74 après J.-C. ont préféré le suicide à la reddition.

[2] Israël Finkelstein, Neil Asher Silberman, La Bible dévoilée, les nouvelles révélations de l’archéologie, Bayard, 2002.

[3] Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé, Fayard, 2008.

[4] Parti socialiste révolutionnaire juif en Europe orientale, très hostile au sionisme.

[5] Vladimir Jabotinsky (1880-1940), leader sioniste inspiré par le fascisme mussolinien.

= = =

Lectures complémentaires:

Nous_sommes_tous_des_colonisés (PDF)

Pierre_Clastres_De l’ethnocide

La Bible Déterrée Israel Finkelstein

Effondrer le colonialisme

Ashraf Ezzat Mythe Biblique

 

Guerre impérialiste au Moyen-Orient: ARAMCO en flamme… Le point de vue d’un (ex) général français critique de l’entité sioniste

Posted in actualité, colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 23 septembre 2019 by Résistance 71

Point de vue intéressant d’un ex-général français à mettre en parallèle de notre traduction de l’article récent de VT sur le sujet…

~ Résistance 71 ~

 

 

Un général français analyse les frappes contre les sites pétroliers saoudiens: Pourquoi douter de la revendication houthie

 

Al Manar

 

21 septembre 2019

 

Url de l’article: http://french.almanar.com.lb/1502657

 

Par le général Dominique Delawarde : Ancien chef «Situation-Renseignement-Guerre électronique» à l’État major interarmées de planification opérationnelle

 

A l’annonce des frappes revendiquées par les Houthis et aux diverses questions qu’elles suscitent, je réponds ceci :

Je n’ai aucune raison de mettre en doute la revendication houthie pour les raisons suivantes:

– C’est une action en légitime défense parfaitement compréhensible.

Les territoires tenus par les Houthis sont bombardés quotidiennement depuis près de quatre ans par la coalition initiée et conduite par l’Arabie Saoudite sous l’égide des États-Unis et d’Israël et de leurs vassaux occidentaux (FR et UK). Face à cette agression, les Houthis, incontestablement soutenus par l’Iran, ont résisté comme ils ont pu, puis se sont organisés.

Ils mènent depuis deux ans des attaques aux drones contre le territoire de leur adversaire principal. Ces attaques à l’intérieur du territoire saoudien sont devenues, au fil du temps, plus précises, plus puissantes, plus fréquentes, plus profondes. Elles sont conduites en «légitime défense» dans le seul but de faire cesser l’agression saoudienne et l’ingérence de la «coalition occidentale» qui, toutes deux, sont meurtrières pour la population yéménite, et illégales car non approuvées par l’ONU. Des frappes houthies au cœur de l’Arabie Saoudite ne sont donc pas nouvelles. Elles ont toujours été annoncées avant (sans préciser l’objectif) et revendiquées après.

Accuser l’Iran est d’une stupidité sans nom. Pourquoi l’Iran mènerait-il une attaque illégitime, voir suicidaire à partir de son sol, alors que leur allié houthi peut le faire, en légitime défense, à partir du territoire yéménite ?

En outre, tous les mouvements d’objets volants sont suivis avec précision, surtout au Moyen-Orient, tant par les occidentaux que par les Russes qui disposent des moyens les plus sophistiqués pour le faire (radars, satellites).

Je ne parle évidemment pas des Saoudiens qui disposent de tous ces moyens de protection anti-aériens de fabrication US mais qui ne savent peut être pas s’en servir….

Bien sûr, l’Iran a aidé les Houthis à construire leurs drones (ingénieurs, technologies). Peut-être les a-t-elle même conseillés pour leur mise en œuvre. Eh alors !

Après tout, les avions de la coalition saoudienne qui frappent quotidiennement le Yémen et les bombes ou obus qui tuent les Yéménites sont de fabrication US, britannique ou française. Les bateaux qui assurent le blocus maritime du Yémen et réduisent la population yéménite à la famine le sont aussi. Que dire devant un tel constat ?

Ce qui me frappe, c’est la frénésie des fausses accusations occidentales de plus en plus fréquentes et de moins en moins crédibles qui nous sont rabâchées quotidiennement par les médias mainstream. Tout ce qui ne va pas en Europe dans le sens voulu par nos élites dirigeantes, c’est la faute à la Russie (Ukraine, Brexit, élections nationales, affaire Skripal); tout ce qui ne va pas en Asie, c’est la faute à la Chine; tout ce qui ne va pas au Proche et Moyen-Orient, c’est la faute à l’Iran; tout ce qui ne va pas en Amérique du Sud, c’est la faute au Venezuela ….etc…

On ne construit pas de politiques étrangères solides en imputant aux autres les résultats de ses insuffisances.

Dans les cercles du pouvoir, personne ne semble vouloir s’interroger sur les véritables causes des désordres mondiaux qui crèvent pourtant les yeux. Pour faire simple il s’agit, avant tout, des ingérences néoconservatrices tous azimuts et tous prétextes dans les affaires de pays souverains, ingérences d’une coalition occidentale en déclin qui cherchent désespérément à maintenir son hégémonie sur le reste du monde et ses «avantages acquis» au sortir de la 2ème Guerre Mondiale.

L’origine des désordres mondiaux, c’est aussi la défense inconditionnelle et aveugle d’un État dont le comportement est souvent inacceptable, voire indéfendable et qui constitue, n’ayons pas peur des mots, un véritable «pot de pus» qui empoisonne l’existence de tous ses voisins des Proche et Moyen-Orients, mais aussi celle de la coalition occidentale toute entière depuis 72 ans…. 

NdR71: Sans le citer, il parle ici bien entendu de l’entité sioniste: Israël

Au-delà de cette frappe et de ses conséquences en termes d’approvisionnement pétrolier, on peut se demander si cette action houthie ne constitue pas aussi un triple message de l’Iran à l’adresse des États-Unis, de l’Arabie Saoudite et du reste du monde.

Le premier message adressé aux USA, et plus largement à la «coalition occidentale», pourrait bien être le suivant:

« Si les Houthis sont parvenus, avec une vingtaine de drones et missiles, et des moyens limités, à frapper des cibles à 1000 kilomètres de leurs bases, en déjouant «le dôme de fer» saoudien, s’ils sont parvenus à réduire de moitié la production saoudienne de pétrole en une seule attaque, imaginez quel pourrait être le résultat si un grand pays comme l’Iran devait riposter à une «agression» saoudienne ou US avec plusieurs centaines de drones aussi furtifs qu’efficaces. L’Iran 2019 n’est pas l’Irak de 2003. Il est équipé et armé pour un conflit asymétrique et il n’est pas seul. Russie, Chine, Inde notamment coopèrent avec lui. N’oubliez pas que l’équilibre économique du monde est aujourd’hui très fragile et peut être ébranlé à votre détriment. A bon entendeur, salut…. »

Ce message est fort, et semble avoir été entendu jusqu’à présent par ses destinataires d’autant qu’il a été appuyé par une action incontestablement efficace et d’ampleur inattendue….

Le deuxième message adressé aux Saoudiens et plus largement aux pays du Golfe, pourrait être le suivant :

« La confiance aveugle que vous avez mis dans les armements occidentaux achetés à grands frais et dans des alliances destinées à protéger vos familles régnantes n’est pas justifiée. Le résultat de la «frappe d’avertissement» houthie montre que ni l’armement, ni le soutien, achetés à vos alliés n’ont permis de vous protéger. Cessez donc d’écouter et de suivre ceux qui s’ingèrent dans vos affaires pour leur seul intérêt. La sécurité dans la région du Golfe est l’affaire des pays riverains qui doivent coopérer entre eux et refuser les ingérences intéressées des pays occidentaux.»

Ce message est également fort et a été reçu 5 sur 5 par les Émirats et le Qatar à défaut de l’être encore par la jeune «tête brûlée» d’Arabie Saoudite qui surestime les capacités de son pays alors même qu’il est mis en échec par le David yéménite. Un à un, les pays du Golfe reprennent peu à peu le chemin de Téhéran.

Le troisième message iranien adressé au monde entier et qui sera relayé par de nombreux pays «amis» (de l’OCS notamment) pourrait être le suivant :

« Ne confiez pas la direction du monde et votre protection à un État unique qui sème aujourd’hui le désordre et le chaos partout où il s’ingère, qui n’a plus de parole et remet en cause les traités du jour au lendemain, qui agit par la contrainte et les sanctions extraterritoriales, même à l’encontre de ses alliés, et surtout qui n’a plus les moyens militaires classiques adaptés à ses ambitions pour l’emporter dans des conflits asymétriques. Et, pour votre protection anti-aérienne, achetez le S400 russe, plus efficace et moins cher que le Patriote US qui a montré ses limites tant en Arabie Saoudite qu’en territoire Israélien».

Résistance au colonialisme: Fondements et permanences de l’ignominie de la domination avec Nils Andersson

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 19 septembre 2019 by Résistance 71

Nous avons utilisé le texte ci-dessous en mai 2013 pour écrire notre article « Nous sommes tous des colonisés ! » qui est devenu un des articles les plus lus sur Résistance 71. Le voici dans sa version numérique.

~ Résistance 71 ~

 

 

Fondements et permanence du colonialisme

 

Introduction rencontres d’été

 

Nils Andersson

 

Novembre 2011

 

Pendant des millénaires, premières colonisations : Égypte et Mésopotamie, monde gréco-romain et monde musulman, Asie hindouisée et sinisée, empire mongol, l’Eurasie et l’Afrique du Nord, furent des terres de conquêtes et de barbarie. Le plus ancien traité connu « de fraternité et d’amitiés » conclu vers 1280 av. J.-C, entre le roi d’Egypte, et le roi des Hittites fait l’objet d’un accord sur les frontières mais il est implacable envers les populations. Les souverains s’accordent d’extrader les fugitifs des deux camps qui cherchent asile soit en Égypte soit en pays hittite, le territoire est plus important que le sort des populations. C’est là une première permanence du système colonial et impérialiste, la primauté du territoire sur les populations.

Navigateurs, explorateurs et marchands vont êtres les premiers colonisateurs. En 1493, un arbitrage du pape accorde toutes les terres « trouvées ou à trouver, reconnues ou a reconnaître » à l’Espagne et au Portugal. Il s’agit d’un colonialisme mercantile et de mercenaires, avec le « système de l’exclusif ». La puissance coloniale s’assure le monopole des importations et exportations, ainsi les conquistadors s’attribuent pour leurs rois et pour eux-mêmes les richesses de l’Afrique et de l’Amérique. Au XIXe siècle, avec l’expansion du capitalisme industriel, la liberté du commerce, va prévaloir et modifier le système colonial en rationalisant et intensifiant l’exploitation économique, sociale et humaine des peuples colonisés. L’accaparement des richesses naturelles est la deuxième permanence du système colonial.

Autre composante constitutive du colonialisme, le goupillon, trois bulles du pape confient aux rois d’Espagne et du Portugal la christianisation des territoires « découverts et à découvrir ». Imposer sa religion fut tout au long de la conquête coloniale une composante essentielle de la mission civilisatrice de l’homme blanc. Évangéliser est la troisième permanence du système colonial.

Pour compenser la chute de la démographie qui résulte en Amérique de l’extermination des Indiens, du travail forcé auquel ils sont soumis et des maladies contagieuses amenées par les Européens, il est organisé dès le XVIIe siècle le plus ignoble des commerces, la traite négrière. Pendant trois siècles l’esclavagisme participera du système colonial. Si la traite négrière a été abolie, la « force noire » du général Mangin lui succéda, avec l’enrôlement massif comme chair à canon pour les guerres impérialistes des tirailleurs sénégalais, malgaches, algériens, marocains, tunisiens et indochinois, puis les colonisés deviendront une main d’œuvre exploitable sans limite dans les métropoles. Quatrième permanence du système colonial, l’exploitation sociale et humaine des peuples colonisés.

Le goupillon accompagne le glaive. La violence dont se vante le capitaine de Montagnac lors de la conquête de l’Algérie : « Toutes les populations qui n’acceptent pas nos conditions doivent être rasées. Tout doit être pris, saccagé, sans distinction d’âge ni de sexe… » est inhérente au colonialisme. Violence que justifie Alexis de Tocqueville – grande référence de la pensée libérale et démocratique – quand il écrit : « Du moment que nous avons admis cette grande violence de la conquête, je crois que nous ne devons pas reculer devant les violences de détail, qui sont absolument nécessaires pour la consolider. » Cinquième permanence du système colonial, le recours à la violence de la guerre et de la répression.

À la violence physique s’ajoute une entreprise de dépersonnalisation, symbolisée par le Code de l’indigénat en Algérie, l’apartheid en Afrique du Sud, la ségrégation aux États-Unis et ailleurs. règles fondées sur la supériorité de l’homme blanc. Le Code de l’indigénat, par exemple, était un régime d’exception avec la mise en place de deux collèges électoraux, un pour les Français, un pour les indigènes. L’interdiction faite aux Algériens d’être maire ou président d’une assemblée qui comprend des Français, leur exclusion de certaines écoles ou interdiction faite à un officier « indigène » de commander un officier français même d’un grade inférieur au sien. De plus les Algériens sont soumis à la loi de la « responsabilité collective », non seulement ils ne sont pas des citoyens égaux mais leur individualité est niée, ils sont une masse. Déniant leur identité aux peuples colonisés, les colonisateurs vont imposer leur langue, leur culture, leur idéologie, fondée sur la supériorité de l’homme blanc. Racisme et colonialisme ne font qu’un. L’aliénation du colonisé est la sixième permanence du système colonial.

Il n’y a pas eu un mais des colonialismes, des distinctions peuvent être opérées, mais dans l’échelle de l’abomination tous les colonialismes sont égaux. Et dans le nouvel ordre colonial, comme dans l’ancien on retrouve ces six permanences : primauté du territoire sur les populations, accaparement des richesses naturelles, imposition de la religion du colonisateur, exploitation sociale et humaine, recours à la violence de la guerre et de la répression, aliénation culturelle et idéologique du colonisé.

S’il est paru important de rappeler ces permanences du colonialisme, ce n’est pas pour énumérer les maux du colonialisme, mais pour inscrire notre débat dans les luttes émancipatrices présentes car, sans une approche globale du système colonial, il ne peut y avoir de sortie du colonialisme.

Sortir du colonialisme : désaliénation et luttes communes

L’indépendance nationale acquise au prix de grands sacrifices par la lutte armée ou accordée par le colonisateur est une étape essentielle de la décolonisation, mais elle n’est et ne pouvait être qu’une étape. Comment aurait-il été possible que le colonisé se libère de son aliénation du seul fait d’être indépendant. Rompre avec les chaines de siècles d’oppression politique, d’exploitation économique, de soumission idéologique demande un temps long. Il est donc normal que l’on se pose aujourd’hui, la question : comment sortir du colonialisme ?

Pour sortir du colonialisme au stade d’une « mondialisation » qui est inscrite dans le processus même des conquêtes coloniales, il y a deux démarches obligées : rompre avec l’aliénation coloniale et créer les conditions pour que les peuples colonisés, ex-colonisés et les peuples des métropoles mènent des luttes communes.

Rompre avec l’aliénation, Fanon dénonce combien les comportements humains des « damnés de la terre » sont gangrenés par le colonialisme et le racisme, la radicalité de Fanon répond à un besoin de survie identitaire. Il souligne l’importance du regard porté sur les résistances au colonialisme. Mais Enzo Traverso fait le constat : « Une large partie de l’historiographie dite post-coloniale, revisite le passé à travers le prisme de la victime, dans un horizon privé de toute utopie, où il n’y a plus de place pour la mémoire des luttes émancipatrices des esclaves et des colonisés… » Il faut rompre avec toute logique victimiste du colonisé, subissant l’oppression coloniale. Il faut au contraire redonner place à la longue mémoire des luttes de résistance et émancipatrices qui ont porté les peuples colonisés il y a un demi-siècle au centre de l’Histoire.

Quel chemin parcouru depuis 1885, summum de l’arrogance coloniale, où la Conférence de Berlin décide des règles de partage de l’Afrique où il est convenu que « toute puissance européenne installée sur la côte peut étendre sa domination vers l’intérieur jusqu’à rencontrer une ‘sphère d’influence’ voisine. » Plus simplement dit : là où l’homme blanc pose le pied, le sol et les gens lui appartiennent.

L’ordre colonial est à son apogée. Le monde se partage entre les Empires coloniaux anglais et français dominants, les empires espagnols, portugais et hollandais déclinants (lutte d’indépendance en Amérique latine), les nouveaux empires coloniaux allemand, italien et belge et les États-Unis et la Russie conquérants. Les possessions britanniques, première puissance coloniale, représentent alors un quart des terres du globe et un quart de la population mondiale. Seule puissance non occidentale à mener une politique impérialiste, le Japon.

La domination coloniale paraît alors sans fin. Mais les peuples colonisés s’organisent politiquement, certains engagent des luttes de libération nationale, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est affirmé dans le cadre des Nations Unies. C’est le temps des ruptures, des sacrifices aussi, de Bandoeng, de la révolution AAA (Afrique, Asie, Amérique latine), amenant un bouleversement historique majeur. On ne peut sortir du colonialisme sans faire vivre cette mémoire.

De très nombreuses contributions des ex-colonisés sur les effets de la colonisation et ceux, tout aussi ravageurs, du néo-colonialisme – favorisé par la complicité et la corruption d’une grande partie des élites locales – témoignent d’une désaliénation du colonisé. Émancipation nationale et sociale mais également culturelle, identitaire, au pays et de l’émigré. Mais cette question n’est pas prise dans toute sa dimension si nous ne posons pas cette autre question, la désaliénation concerne-t-elle le seul colonisé ?

Certes non. Il en est pour le colonisateur comme, pour le colonisé. Les peuples victimes du colonialisme doivent se construire, s’émanciper, se libérer de ce passé et du présent néo-colonial où suppôts des anciens colonisateurs maintiennent leurs peuples sous leur dépendance et celle des anciens maîtres. Mais l’homme occidental doit lui aussi assumer son histoire, se libérer de sa propre aliénation de colonisateur, il doit lui aussi faire, « peau neuve », sans quoi il ne cesse de reproduire son aliénation dominatrice et raciste. On reste dans l’attente que les « élus du ciel », les colonisateurs, comprennent la nécessité de mettre en question leur identité de colonialistes qui continue à pervertir leur raison et leurs comportements.

On ne peut créer les conditions de modifier les rapports de force dans le monde sans sortir du double piège de l’aliénation du colonisé et de celle du colonisateur, dans laquelle nous maintient l’actuel ordre mondial. Face à la gangrène raciste, xénophobe, qui se répand dans le discours politique, intellectuel et médiatique, il faut dénoncer, inventer, découvrir, rompre avec la pensée dominante, y compris dans ce qu’elle gangrène nos rangs.

Autre obligation, créer les conditions de mener des luttes communes. Je voudrais rapporter ici à ce propos un colloque tenu à Milan au Centre Franz Fanon en 1962, il y a donc 50 ans, dans un moment de grandes avancées des mouvements de libération nationale, colloque qui avait pour thème, la gauche occidentale et le tiers-monde. Il a été souligné lors de ce colloque que la responsabilité historique de la gauche européenne est « de ne pas avoir compris la véritable importance des révolutions du Tiers monde, d’avoir considéré ces révolutions comme un fait particulier, isolé, dans le processus révolutionnaire mondial. » Faute de cette compréhension « nous avons pu assister, alors même que le cours de la décolonisation changeait le monde à un renforcement indiscutable du pouvoir capitaliste, à un affaiblissement progressif des forces démocratiques en Europe… »

Il a été lors de ce colloque posé la question « Le passage pour les mouvements de libération de la lutte armée avec l’accession à l’indépendance à des luttes revendicatives, démocratiques, une fois l’indépendance acquise, fera-t-il apparaître avec plus de clarté que l’ennemi est commun et que la décolonisation n’est pas un épisode particulier, historiquement isolé », qu’il appartient au mouvement général d’émancipation et que sans une solidarité active avec les peuples sortis du colonialisme, « la gauche européenne n’aura aucune efficacité. »

Cinquante ans après le constat est là, entre la gauche européenne et les peuples ex-colonisés ou encore colonisés, pris dans la nasse de l’économie de marché, soumis à la logique du néo-libéralisme dominante, il ne s’est pas créé une réelle solidarité et la question de l’efficacité de la gauche européenne reste posée.

Le monde a changé, les rapports de forces interétatiques ne sont plus les mêmes, les rapports de forces politiques, sociaux et économiques ne sont plus les mêmes, les rapports de force Nord-Sud ne sont plus les mêmes, les épicentres des mouvement d’émancipation et libérateur ne sont plus les mêmes. Mais le nouvel ordre mondial a aggravé les rapports dominants/dominés, colonisateurs/colonisés. Le capitalisme est toujours au fondement de la domination et de l’exploitation coloniale et sociale, nous sommes soumis aux mêmes maîtres, des maîtres dont les décisions sont de plus en plus exterritorialisées, loin de toute intervention et de tout contrôle citoyen, des maîtres qui nous mettent en concurrence, nous soumettent aux mêmes lois. Ce qui rend d’autant plus impératif de mener des luttes communes.

Sans cette solidarité, sans se sortir du double piège de l’aliénation colonialiste, dont nous ne sommes pas encore libérés et de l’aliénation néolibérale à laquelle il manque encore la radicalité d’un Fanon pour être dévoilée, on ne peut se libérer, ni les uns ni les autres, des lois de l’économie de marché, de la domination de l’idéologie néo-libérale auxquelles nous sommes soumis, nous ne pouvons faire prévaloir de la démocratie. Pour citer Jacques Bidet : « Auparavant n’existait que l’internationale : chaque classe exploitée se confrontait à sa classe exploiteuse, chaque peuple colonisé à son colonisateur. Et il pouvait s’établir entre eux une solidarité internationale. Aujourd’hui la logique du capital dessine l’horizon commun d’une histoire partagée. La lutte d’émancipation acquiert une perspective mondiale ».

Sortir du colonialisme, qui n’est nullement un système archaïque mais est aujourd’hui un constituant du système globalisé c’est, partant de mouvements locaux et nationaux, là où nous sommes, avec nos différences, nos expériences, en conjuguant nos mouvements, se donner la capacité d’influer sur l’ordre mondial.

= = =

Note de Résistance 71, septembre 2019:

Tout ce que dit Nils Andersson est fort justement analysé, mais ce qu’il dit à la fin “se donner la capacité d’influer sur l’ordre mondial…” veut en d’autres termes dire:

“se donner la capacité” = pouvoir

pouvoir quoi ? “influer sur l’ordre mondial”, c’est à dire sur l’agencement, la décision politiques.

Ce que nous dit en d’autres termes Nils Andersson est de REPRENDRE LE POUVOIR… Mais pas pour en faire une nouvelle resucée de l’ordre ancien étatico-capitaliste, une énième et futile “réforme” d’un système qui ne peut être réformé, n’a jamais pu l’être ; mais bien au contraire de transformer cette réalité mortifère de la division et de la coercition à tout va pour en faire une réalité de notre humanité absolue et universelle, celle de l’amour, de la solidarité, de la paix, de l’entraide et de la compassion, nous faire entrer de plein pied dans la Société des Sociétés qui lâche prise des antagonismes et embrasse la complémentarité de notre diversité. Tout ceci bien considéré, on se rend alors bien compte qu’il n’y a pas de solution au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir. Il faut en sortir, le reléguer au musée des horreurs de l’histoire et avancer sur le seul véritable chemin de notre humanité vraie, celle de notre être profond réconcilié avec lui-même et la Nature.

= = =

Lectures complémentaires:

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Peau_Noire_Masques_Blancs.Frantz_Fanon

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Manifeste pour la Société des Sociétés

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

6ème_déclaration_forêt.lacandon

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

Appel au Socialisme Gustav Landauer

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Nous_sommes_tous_des_colonisés (PDF)

Pierre_Clastres_De l’ethnocide

 

Guerres impérialistes de la dictature marchande: Qui a bombardé ARAMCO en Arabie Saoudite ?… (VT)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 17 septembre 2019 by Résistance 71

 

MAJ du 19/9/19 : L’Arabie emboîte le pas (comme par hasard) des Yankees et accuse l’Iran de l’attaque sur ARAMCO. Le chemin vers la guerre ouverte se trace une fois de plus sur un False-Flag… Les banquiers tiennent-ils leur guerre majeure tant désirée. La guerre sauve l’État et le Capital, elle en est leur nécessaire béquille.

https://francais.rt.com/international/65886-attaques-arabie-saoudite-riyad-pointe-pour-la-première-fois-la-responsabilité-de-teheran

 

L’étrange affaire des incendies des raffineries saoudiennes

Qui a bombardé l’Arabie Saoudite ?

 

Gordon Duff

 

16 septembre 2019

 

url de l’article original:

https://www.veteranstoday.com/2019/09/16/neo-the-strange-case-of-the-burning-saudi-refineries/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’attaque de septembre 2019 qui a coupé la production de pétrole saoudienne de près de 60% et qui a jeté le monde dans le chaos, n’a pas été une surprise. L’affirmation du ministre des affaires étrangères américain que “c’est l’Iran qui l’a fait” n’est, bien entendu, pas non plus une surprise.

Que le Yémen l’ait fait, ait détruit le plus grand complexe de raffinerie de pétrole au monde et qui a (presque) la meilleure défense anti-aérienne au monde (NdT: on parle ici du complexe de raffinerie d’ARAMCO), ça par contre en est une de surprise. Il est aussi tout à fait possible que quelqu’un d’autre dans ce “jeu” soit responsable. Postulons un peu, peut-être même en creusant dans le genres de théories du complot qui, jusqu’ici se sont révélées exactes encore et encore. D’abord l’Arabie Saoudite a récemment demandé à la Russie son système de défense antiaérien ultra performant du S-400. L’Arabie a dépensé des milliards de dollars sur des systèmes de défense antiaérienne et malgré tout, périodiquement, des drones et des missiles yéménites passent au travers.

La même chose se produit avec Israël, ce qui l’a mené à faire des accords “sous la table” avec le Hamas encore et toujours tandis que les likoudistes jouent leur rôle de va t’en guerre marchant au “pas de l’oie” pour donner le change à une population israélienne totalement sous l’emprise propagandiste, une population soumise à la censure militaire sur absolument tout ce qu’elle lit, voit et entend.

Voyez-vous, le S-400 est un système de défense contre beaucoup de choses, mais pour l’Arabie Saoudite qui a déjà un système robuste de défense, le S-400 serait utilisé pour mettre en échec les attaques d’avions furtifs, c’est sa spécialité. De tous les acteurs régionaux, seul Israël possède un tel avion (NdT: le F-35 yankee)

Mais, l’Arabie et Israël ne sont-ils pas super potes ? Après tout, ils ont tous deux secrètement financé et aidé l’EIIL et Al Qaïda pendant des années. Mais sont-ils vraiment “amis” ou ceci n’est-il qu’un “mariage de convenance” ? Pour ceux qui lisent les merdias de masse, ces questions ne seront pas familières car le pacte terroriste de ces deux nations a été mis sous le boisseau et largement censuré.

Qu’est-ce qui pourrait bien amener Israël à bombarder l’Arabie ? Et bien Israël est en phase électorale et un point clef de cette élection est le rapport qu’Israël a avec son “premier couple”, les Netanyahou.

L’argent la-bas, dicte la politique comme partout ailleurs et la famille Adelson, les Israéliens les plus riches, ont choisi l’agenda politique des Netanyahou depuis des années. C’est fini. Maintenant, les Adelson disent que les Natanyahou sont fous et Miriam Adelson est une psychologue patentée. Ceci n’est pas un problème anodin car les Adelson sont aussi les plus gros pourvoyeurs financiers politiques aux Etats-Unis.

Pour dépasser ça, Netanyahou a promis de déclarer l’annexion de la plupart si ce n’est de toute la Cisjordnaie à Israël s’il est élu ; ceci marquant un coup d’arrêt aux relations de détente que certains pays avaient entrepris à l’égard d’Israël comme par exemple la Turquie, l’Arabie Saoudite et même l’Irak. Tout ceci est fini maintenant.

Puis il y a le problème des bombardements indiscriminés d’Israël sur la Syrie, qui clament bombarder des troupes iraniennes, mais qui tue le plus souvent des civils ; ainsi que celui de l’aide aux groupes terroristes régionaux (NdT: EIIL, AQ et affiliés…). Ajoutons ici que par groupes terroristes, nous voulons dire des groupes qui sont officiellement déclarés comme tels par la Russie. Une liste sur laquelle on n’est pas ajouté aussi facilement que cela comme c’est la cas aux Etats-Unis. La Russie chasse véritablement les terroristes. (NdT: mercenaires essentiellement de l’empire…)

D’après des rapports publiés dans le “Jerusalem Post”, la Russie a exprimé une “profonde préoccupation” sur les attaques d’Israël sur la Syrie, mais aussi sur son action de saisir les territoires palestiniens ad hoc en Cisjordanie et sur “le nettoyage ethnique” de la population civile palestinienne, causant un désastre humanitaire sans précédent.

Netanyahou est rentré de sa dernière visite à Moscou en septembre 2019 avec la queue entre les pattes, tous les rapports indiquant qu’il fut sévèrement réprimandé par Poutine.

Puis il y a la perte de John Bolton, l’ancien conseiller du président américain qui, ces dernières décennies, a émargé à un groupe d’intérêt spécial à Israël ou à un autre, un homme que beaucoup d’Américains considèrent comme le pire conseiller à la sécurité qui ait jamais été en fonction, un de ceux qui continue à revenir à la vie en bon zombie qu’il est.

Le réponse est simple. Israël en est au bout du chemin avec l’Arabie. L’EIIL est vaincu et leur coopération dans le soutien de l’EIIL contre la Syrie et l’Irak devient maintenant un embarras total. L’Arabie recherche maintenant la paix avec le Yémen, ceci est un désastre pour la politique israélienne régionale qui dicte de “continuer toutes les guerres”.

Pire encore, Les Emirats Arabes Unis (EAU) et l’Iran coopèrent maintenant ouvertement au sujet de la sécurité dans le Golfe Persique. Ainsi, lorsqu’un énorme complexe de raffinement pétrolier saoudien est touché encore et encore dans un style d’attaque rappelant le 11 septembre, se figurer qui a bien pu perpétrer ces attaques devient relativement facile.

Tout ceci ne bénéficie en rien à l’Iran. Ceci constituerait une attaque directe sur l’Arabie et l’Iran a gagné la guerre politique non seulement avec les EAU mais aussi avec la Russie et l’union Européenne et ce avec un soutien continu de la Chine. L’Iran n’avait aucune raison d’attaquer.

Le Yémen est en guerre contre l’Arabie et possède quelques capacités, mais pas celles-là, pas celles de pouvoir annihiler le plus gros producteur de fric que possède l’Arabie. Une seule nation dans la région possède le F-35 furtif, un avion conçu pour détruire de fait des complexes pétroliers.

Voyez-vous, avec sa capacité à être furtif, le F-35 a des limites. S’il opère seul, sans l’appui de bombardiers comme le F-15E, la charge minimale de bombes embarquées ne peut-être efficace que contre des cibles vulnérables aux armements plus légers, des cibles comme par exemple les raffineries de pétrole.

Ceci prouve la capacité. Je pense que nous avons fait mieux que prouver la motivation et le timing d’Israël pour ce genre d’action. Nous pourrions toujours dire que le Yémen l’a fait et celui-ci serait bien heureux d’en accepter tout le crédit, mais voilà aucun expert militaire ne peut croire un instant que ce soit le Yémen qui l’ait fait.

Nous savons qu’il n’y a aucune raison pour l’Iran de le faire. L’Iran gagnait déjà. Nous pouvons aussi chercher des analogies récentes. Pourquoi la Syrie se serait-elle tournée vers l’utilisation de gaz de combat alors qu’elle était dans la dernière phase d’écrasement des zones occupées par les terroristes liés à Israël ?

Que disons-nous ou ne disons-nous pas ici ?

Ainsi, lorsque la Russie a emmené 40 membres de l’organisation des Casques Blancs au tribunal de La Haye pour qu’ils témoignent de leur complicité dans le mise en scène de fausses attaques au gaz au nom d’une puissance étrangère non nommée et d’Israël, quand des douzaines de témoins, de parents des enfants kidnappés par les Casques Blancs ou les médecins, menacés par eux, témoignèrent, la presse boycotta et ne relaya rien de tout cela.

Sur le long terme, la guerre maintenant longue de deux décennies qui impliquent de faux évènements terroristes, des révolutions colorées et une malfaisance politique sans fin, nous trouvons en son centre Israël et ses alliés politiques qui détiennent le pouvoir aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en France, grâce au soutien financier de secteurs liés à Israël, pas seulement des lobbyistes mais aussi des groupes criminels.

Gardant le couvercle au dessus de ce chaudron de malfaisance, il y a une armée de faux think-tanks, de politiciens corrompus et achetés ainsi que leurs associés de la presse, de groupes médiatiques totalement sous contrôle et les monolithes des médias sociaux politisés.

En fin de compte, Israël est quand même en train de se rapprocher du tout-à -l’égout, plus détestée que jamais, plus isolée et bizarrement de moins en moins un “état juif” et de plus en plus un “état criminel”.

Pour prouver ce point, il suffit de se référer aux déclarations de Donald Trump sur la trahison d’Israël par les juifs américains, des gens qui mettent la morale avant la politique, qui placent l’Amérique devant le régime autoritaire et brutal israélien.

Trump a appelé les juifs américains des “traîtres”. Beaucoup les appellent simplement des Américains comme les autres. A un moment, Israël était défendue par sa capacité de tout ramener à l’holocauste et de diffamer pour antisémitisme lorsque sa brutalité était exposée.

Le temps ne joue plus pour cela. Israël a t’il bombardé l’Arabie ? L’homme d’Israël restant à Washington, Mike Pompeo, va t’il obtenir la guerre que demande Israël ? Une guerre qui verra la destruction d’Israël également ?

Attendez, qui voudrait détruire Israël pour se sauver lui-même ? Les Netanyahou sont-ils aussi fous que l’affirment Shelly et Miriam Adelson ? Brûleraient-ils Israël pour échapper aux accusations de corruptions et à la prison ? Qui bénéficie si même Israël est détruit dans une guerre commencée pour avancer les intérêts d’Israël ?

Comprenez bien ceci, il est nécessaire de penser le monde comme étant dans une phase “post-nation” pour bien saisir de quoi il retourne. Quand on le fait, les conspirations deviennent soudainement bien plus faciles à comprendre… et à accepter.

= = =

Note de R71: Dans cette réponse à la dernière question, Duff montre sans la nommer, l’hydre du Nouvel Ordre Mondial transnational dont le cœur se situe à la City de Londres. Le Nouvel Ordre Mondial c’est la mutation de l’empire actuel sur le déclin et en déroute en un supra-empire transnational, qui abolira les nations et sera géré par les grandes entreprises transnationales qui sont en train de fusionner pour mieux pouvoir diriger. Tout cela sera mis en place avec la 5G, les “cryptomonnaies”  et le puçage RFID qui refermeront la grille de contrôle à l’échelle planétaire dans une dictature technotronique mondiale dont les rois seront les CEO des grandes entreprises.

Avec cela viendra un “nettoyage” de 7 milliards d’humains, les 500 millions restant étant parqués dans des mégalopoles connectés, véritables goulags technotroniques, tandis que l’élite toujours auto-proclamée vivra dans ses “zones vertes” de luxe, de jouvance et de délires transhumanistes.

Bienvenue à Dystopialand, paradis des nantis, enfer des démunis…

 

Crimes, enquête, mensonges, falsifications pour masquer un 11 septembre nucléaire (VT)

Posted in 11 septembre, actualité, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, presse et média, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 12 septembre 2019 by Résistance 71

 

Les vrais crimes du 11 septembre

 

Gordon Duff

 

11 septembre 2019

 

url de l’article original:

https://www.veteranstoday.com/2019/09/11/the-real-crimes-of-9-11/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Note de R71: En relation à notre billet d’hier sur « les trois mensonges systémiques du Nouvel Ordre Mondial », ce qui suit est l’introduction de GD, senior editor de Veterans Today, sur la dernière compilation d’information de Heinz Pommer sur le modus operandi de la destruction nucléaire des tours du WTC le 11 septembre 2001. Suivre le lien ci-dessus pour l’article en entier qui présente de nombreux croquis et vidéos  explicatifs de ce 11 septembre nucléaire. Nous avons traduit et publié en novembre 2017 l’essentiel de cette information, nous avons mis le pdf sous l’article. Bonne lecture !

Nous savons tous que cela fait maintenant 18 ans. Les crimes, le mensonge public, la corruption des médias, d’abord les médias de masse, puis quelques faux témoins, l’implantation de quelques bennes de camions de fausses preuves.

Puis les films, les passagers appelant depuis les avions, les pirates de l’air avec leurs cutter que les passagers des avions sur une ligne aérienne américaine, auraient mangé tout cru au petit déjeuner. Oh et puis des avions qui ne sont pas abattus, voilà comment ça a commencé, suivis de bâtiments que rien ne touchent, comme ce WTC7 qui tombe quand même, des feux qui brûlent pendant des mois, du granit et de l’acier fondus transformés en poussière. Des bombes nucléaires.

Des années de mensonge, des irradiations appelées, “soupe toxique”, disant au monde que la poussière de murs de bâtiments tue.

Puis les falsificateurs, la poudre magique et les armes à rayon de l’espace qui ont fait tomber les bâtiments, un cirque ambulant de la veulerie.

Au delà de tout ça, la véritable enquête, des meurtres, un grand jury secret, qui relie tout ça à des gangsters, à Israël, à l’Arabie Saoudite et à une cabale mondiale du trafic d’armes, tous les noms mentionnés depuis longtemps, avec des pièces d’enquête fuitées depuis longtemps et enterrées par… un effort très concerté de contrôle médiatique de toute sorte avec en son cœur, des entreprises de l’internet comme Facebook, YouTube et bien entendu Google.

Les nouveaux articles allemands sont devenus viraux, sur VT et partout (NdT: traduit en 2017 par nos soins et mentionnés dans notre article précédent…), de la science de qualité, des preuves au delà de toute imagination.

Aujourd’hui, toutes la preuve est sortie, des engins nucléaires dans les sous-bassements des tours jumelles, de petits engins nucléaires dans les réservoirs de la climatisation pour le bâtiment 7 et une enquête du FBI-CIA et de la Maison Blanche qui avait prédit cela 4 ans en avance mais sans pouvoir l’arrêter alors même que nos archives montrent qu’ils ont suivi le trajet des engins nucléaires de l’aéroport de Teterboro dans le New Jersey jusqu’au consulat d’Israël à Manhattan.

Pourquoi ?

Regardez les médias aujourd’hui, quelques sites vont vous lancer un os ici ou là du style “les incendies n’ont pas pu faire tout ça.” Je vous l’assure, ceux qui écrivent cette merde ont eu entre les mains des séries de preuves en provenance de la véritable enquête, ils avaient tout ça à leur disposition mais ils n’en ont pas utilisé un mot.

Leur science ? Une falsification infantile. D’abord le “rapport” du NIST, puis les “troofers”, une bande de clowns ambulants qui ne sont en fait pas tellement marrants.

Quand on demande pourquoi ils l’ont fait, les réponses que nous recevons mènent dans une direction.

Quelques uns de ceux qui parlent de “théories du complot” maintenant étaient là avant le 11 septembre.

Et ça continue, faux tireurs, vrais morts, faux morts, fausse attaque au gaz de combat, l’Amérique qui gère l’EIIL/Daesh et les casques blancs de la mort, la vérité est sortie, a été amenée devant des tribunaux de l’ONU, mais censurée aux Etats-Unis (NdT: et ailleurs…)

Tout en ce domaine est censure ou connerie totale.

[lire le nouveau document pleins de croquis de Heinz Pommer sur l’article original de VT]

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Articles connexes:

“11 septembre et les trois mensonges systémiques du Nouvel Ordre Mondial”

Au sujet d’un 11 septembre nucleaire

 


Atomisation du WTC…

Dans la vidéo ci-dessous, on nous montre la littérale vaporisation d’une des tours jumelles et notamment on y voit la vaporisation en continu de la colonne représentée sur les photos ci-dessus, c’est montré sous plusieurs angles que nous ne connaissions pas… Stupéfiant !