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Illusion démocratique: De l’abstention à l’abstention politique ou du ras le bol au renouveau de conscience

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“L’urne est le cercueil de vos illusions.”

“Voter, c’est abdiquer.”

~ Vieux slogans anarchistes ~

 

“Si voter changeait quoi que ce soit, ce serait interdit depuis longtemps.”

~ Emma Goldman ~

 

Il n’y a pas, n’y a jamais eu et n’y aura jamais de solutions dans le système. Voter, c’est se soumettre au consensus du statu quo oligarchique et n’est que pisser dans un violon.

~ Résistance 71 ~

 

 

De l’abstention à l’abstention politique

 

Résistance 71

 

19 avril 2017

 

Une fois de plus, le peuple français est appelé le week-end prochain à participer à la grande messe de la pseudo-démocratie: l’élection présidentielle, puis un peu plus tard à sa petite messe, celle des “législatives”. Auparavant tous les 7 ans, depuis peu tous les 5 ans, les sujets contribuables-électeurs sont invités à venir déposer un papelard portant le nom d’un clown, dans la boîte à suggestions pour esclaves. Comme pour toute boîte à suggestions qui se respecte, personne ne lit jamais les messages introduits, la hiérarchie s’en contre-fout, la manip’ ne servant qu’à donner L’ILLUSION que les gens ont le choix ou leur mot à dire sur le processus politique contrôlé par les intérêts particuliers idoines servant l’oligarchie politico-financière en place.

Pratiquement plus personne de nos jours ne croient sérieusement que voter serve à quoi que ce soit, en tout cas, certainement pas à changer quoi que ce soit en mieux, dans ce système au bout du rouleau. Simplement, le système, dans sa pourriture ultime, avant sa chute, parvient encore à persuader un nombre suffisant de personnes d’aller quand même voter “utile”, c’est à dire pour le moindre mal, pour le soi-disant moindre des fléaux proposés.

Le fait est qu’il n’y a pas de solution au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu et qu’il n’y en aura jamais. Croire le contraire est au mieux naïf, au pire d’une imbécilité navrante. Quoi qu’il en soit, si depuis bien longtemps il fut dit que voter c’était se soumettre, voter c’était abdiquer, voter c’était se choisir un maître, ce qui est toujours vrai de nos jours, il s’est ajouté depuis, une caractéristique que nous nous devons mentionner ici: Voter c’est être complice ! Voter c’est être complice du mensonge perpétuel, de la perpétuation sans fin de l’illusion démocratique, des crimes et des turpitudes des larbins de l’oligarchie mis en place pour satisfaire les intérêts particuliers de leurs maîtres.

Néanmoins, il convient de constater que de grande messe en grande messe, de plus en plus de personnes comprennent et jettent l’éponge pour ce combat des petits sous-chefs, truqués à souhait, ce qui produit de grande-guignolade en grande-guignolade, toujours plus d’abstention. Ceci est bien… mais pas suffisant.

Imaginons un scenario assez idéal afin que l’abstention du dégoût puisse devenir directement une abstention politique efficace et positive:

Imaginons que le nouveau Bozo (ou la nouvelle Bécassine) soit élu(e) avec 30% de participation. Rêvons un peu…

Quelle légitimité cela a t’il ? Aux yeux de la loi: aucun lézard, le blaireau est élu avec 30, 20, 10, 5% de participation ? Aucun problème, c’est enterriné, car il n’y a rien dans le système qui dit que Bozo doit être élu avec tel pourcentage de participation minimum ou à défaut, l’élection serait caduque. Nous savons que ce constat fera bondir les veautards de base et leur fera immanquablement dire: “Donc, vous voyez bien que l’abstention ne sert à rien puisque l’élection tiendra quoi qu’il arrive, alors autant voter utile ou pour le troll qui vous sied le mieux…” Ce à quoi nous répondrions: “Que nenni, car ceci ne ferait qu’endorser le système, qui par un taux de participation au plus bas, se disqualifie politiquement de lui-même et il ne tient donc plus qu’à nous de lui tourner le dos à tout jamais…

Ainsi, un ou une gugusse élu(e) avec 30% de participation n’a absolument aucune légitimité politique, même si le système bien sûr s’empresserait de valider l’affaire. De là résulte que les 70% d’abstentionnistes ont parfaitement le droit, le devoir même, de dire en substance: “Ce ou cette guignol(ette) ne représente en rien la volonté de 70% des gens qui vous ont dit par leur abstention qu’ils n’en ont plus rien à cirer de vos loufoqueries et qu’ils refusent de continuer à jouer ce jeu inique et criminel. En conséquence, nous retirons illico notre consentement à votre illusion démocratique et nous nous organisons entre nous car nous refusons de reconnaître quelque légitimité à votre ineptie que ce soit… Bon vent !

Ceci représenterait la base de départ d’un élan politique nouveau qui verrait tomber comme un fruit trop mûr, sans armes, ni haine, ni violence, l’État, ses institutions et toutes les institutions politico-économiques de la société du spectacle marchand arrivé finalement au bout du bout du banc, la base d’une véritable révolution sociale.

Etienne de la Boétie nous l’avait déjà dit au XVIème siècle dans son “Traité de la servitude volontaire” où il disait déjà, il y a plus de 400 ans, de retirer notre consentement au système (monarchique à l’époque, aristocratique républicain aujourd’hui, c’est du kif…) et de le voir s’effondrer de lui-même et sur lui-même, faute de participants. Il est grand temps de comprendre et d’utiliser à notre profit, c’est à dire au profit de l’intérêt commun de toutes et tous, le fait que la clique oligarque a besoin de nous pour fonctionner, pour continuer à exercer sa coercition, son imposition de la division de la société entre dominants et dominés, chose la plus anti-naturelle qui soit, et que nous n’avons ABSOLUMENT pas besoin d’elle ni du système de contrôle qu’elle a mis en place pour fonctionner de manière libre et émancipée de toute contrainte.

De ce constat juste et implacable émergera une action politique organique qui fera qu’un très grand nombre de gens, de partout, s’associeront et organiseront la mise en place de la société des sociétés, société égalitaire, anti-autoritaire, où la violence du rapport fabriqué de dominant à dominé, de détenteur à sujet du pouvoir, sera une bonne fois pour toute éradiquée.

Mais tout ceci passe au préalable par le boycott du vote et des institutions, chose en voie de compréhension par le plus grand nombre.

En 1872, le congrès de l’Internationale anti-autoritaire réunit à St Imier dans le Jura déclarait:

“1- La destruction de tout pouvoir politique [d’état] est le devoir premier du prolétariat*.

2- Toute organisation d’un pouvoir politique soi-disant provisoire et révolutionnaire pour amener cette destruction ne peut être qu’une tromperie de plus et serait aussi dangereuse pour le prolétariat* que tous les gouvernements existant aujourd’hui.”

(*) prolétariat: segment de la société capitaliste constitué par tous ceux qui n’ont rien d’autre que leur force de travail à vendre pour subsister en milieu étatico-capitaliste.

Force est de constater que rien n’est toujours plus vrai de nos jours. Voter ne changera absolument rien, voter c’est maintenir le consensus du statu quo oligarchique. Refusons de coopérer plus avant avec ce système inique et criminel.

Boycott du vote, boycott des institutions pour une société qui s’émancipera elle-même par la volonté et l’action du commun de ses membres volontairement associés et se remettra finalement en quête du bonheur pour tous, chose qui a été particulièrement négligée ces quelques 250 dernières années.

Réflexion, union, action directe pour une société émancipée !

Boycott du vote… Boycott des institutions… Érigeons la société des sociétés !…

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A lire notre dossier « Illusion démocratique »

Résistance politique: L’État et son obsolescence…

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« L’État n’est que l’ombre de l’Homme, l’ombre de son obscurantisme, de son ignorance et de sa peur. »
~ Emma Goldman ~

« L’État est une institution qui a été développée dans le but d’établir des monopoles en faveur des propriétaires d’esclaves, puis de serfs, les propriétaires terriens canoniques et laïcs, les guildes de marchands, les prêteurs d’argent, les rois, les commandants militaires, les « nobles », et finalement au XIXème siècle, les capitalistes industriels, auxquels l’État supplée les mains laborieuses enlevées de la terre. »
~ Pierre Kropotkine, 1912 ~

 

Une critique de la théorie sociale libérale ou le mythe de l’État libéral

 

Brian Morris (1993)

 

7 Août 2016

 

url de l’article original:

https://robertgraham.wordpress.com/2016/08/06/brian-morris-the-myth-of-the-liberal-state/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le livre très utile de David Miller sur “L’anarchisme” (1984) fut une tentative, nous assurait-il, de sauver l’anarchisme de la poubelle de l’histoire. Il pensait que l’anarchisme était une tradition politique importante et qu’il avait une valeur. Il pouvait nous enseigner au sujet des abus du pouvoir, et sur les possibilités de relations sociales libres. Miller, en tant que socialiste de marché, se faisait l’avocat de trois valeurs spécifiques: l’efficacité économique, la justice de distribution et le contrôle des attitudes “anti-sociales”. En ces termes, l’anarchisme était vu comme une option politique viable. Il argumentait pour dire que sans un système de marché et l’état-nation, ces valeurs étaient tout simplement inatteignables. C’est pourquoi Miller faisait la promotion d’un socialisme de marché, autrement connu sous le vocable plus familier du capitalisme de l’état providence.

Pourtant, lorsque nous observons le monde réel, au-delà des cloîtres de Nuffield College, que pouvons-nous constater ? Aucune des valeurs tant estimées de Miller ne sont mises en évidence.

Prenons l’efficacité économique. Que trouvons-nous la concernant ? Pauvreté, malnutrition et famine à travers le continent africain et en Amérique Latine. Dégradation écologique, augmentation de la désertification, destruction des forêts et des habitats naturels, déplétion à tous les niveaux. Tout ceci étant dû au soi-disant “développement”, à l’intensification de l’agriculture et au maraudage économique du capital multinational toujours à la recherche de profits. Jugé en termes d’efficacité économique, le capitalisme, l’économie de marché, est un échec total et une sérieuse menace à la survie de l’espèce humaine.

Quant à la “justice de distribution”, que trouvons-nous ? Corruption, injustice, inégalités sociales offusquantes et obscènes partout et toujours. La possession de la terre et du capital productif, ainsi que l’accès aux médias sont partout au plus mal distribués. Ainsi par exemple nous observons qu’au Pérou, 10% des propriétaires terriens possèdent 93% de la surface arable des sols. On trouve qu’au Soudan entre 1982 et 1985, furent exportées des milions de tonnes de sorgho afin de nourrir les animaux des pays riches, tandis que des milliers de paysans du sud du pays mouraient de faim. Des gens d’une pauvreté extrême, sans accès à la terre, sans moyen de survie et souvent sans toit au dessus de leurs têtes, vivent aux côtés d’une minorité se vautrant dans le luxe et l’abondance. Il y a toujours eu une relation perverse et obtuse de l’idée de “justice de distribution” et le capitalisme. Là où la production de commodités prévaut ou s’introduit, invariablement augmentent les disparités sociales et économiques. La soi-disante “révolution verte” en Inde a non seulement été le terreau d’émeutes sociales et de la violence, mais aussi comme l’a si bien décrit Vandana Shiva, a mené à une AUGMENTATION des inégalités sociales.

Quant à l’État-Nation gardien de la paix ou contrôlant les attitudes “anti-sociales”, que trouvons là encore en réalité ? exactement le contraire. L’État est LA SOURCE de la répression violente, du harcèlement politique et social et du rognement des libertés civiles partout et en tout. Le militarisme est rampant de par le monde et la répression des peuples par les bureaucrates des administrations souvent au profit d’intérêts commerciaux est devenu la norme. Comme l’a dit Vithal Rajan en se référant à l’Inde: si on braconne un tigre, la communauté internationale en fait une affaire mondiale, mais si la police flingue 10 personnes d’un clan défendant leur droit coutumier d’accès à la forêt, ceci n’est souvent même pas considéré comme un crime et cela n’est certainement pas rapporté dans les médias internationaux.

David Miller, comme tous les autres libéraux, a une idée plutôt rétrograde, pensant que les gouvernements sont essentiuellement neutres avec des institutions bénignes, faits pour nous protéger des actions “anti-sociales” de certaines personnes. La réalité est néanmoins bien différente: de telles institutions sont là pour protéger et défendre la propriété privée et les intérêts capitalistes. Ceci a été clairement établi dans la toute dernière étude de David Powell sur l’industrie du charbon en Grande-Bretagne, dans son ouvrage intitulé à juste titre “The Power Game” ou “Le jeu du pouvoir”. Le livre montre très clairement de quel côté était l’État dans la lutte entre le travail et le capital durant les années du développement industriel. A la périphérie du système capitaliste, l’État ne protège en rien le peuple, il est en fait l’institution contre laquelle le peuple doit être protégé ! L’État représente la violence organisée (NdT: dont il en a le monopole…) et il est la raison du pourquoi le pouvoir possède cet effet capillaire sur la société moderne, comme l’argumentait Foucault, non pas par manque d’intitutions centralisées, mais parce que l’État est devenu trop puissant. Il est infrastructurel, pénétrant les institutions sociales, tout en étant ouvertement coercitif et despotique. L’État est incompatible avec la liberté au même titre que le capitalisme est incompatible avec un système économique. De nos jours on ne peut plus faire le distingo et une forme de capitalisme d’état prévaut. (NdT: Ce que Mussolini considérait être la parfaite définition du fascisme: la fusion de l’État et de la grosse industrie et du capital, aujourd’hui plus que jamais, transnationaux…)

Il n’y a aucune preuve de la correlation supposée entre le capitalisme et la liberté, ce que des universitaires libéraux comme Milton Friedman, Hayek, Gray et Fukuyama sont si enclins à affirmer. John Hall et John Ikenberry dans leur livre “L’État”, Open University Book, 1989, nous disent que l’Europe moderne des débuts était caractérisée par un lien intrinsèque entre le commerce et la liberté. Une telle lecture déformée de l’histoire n’est possible que si on ignore totalement le fait qu’il y avait en fait tres peu de liberté en Europe pour les travailleurs durant cette époque, mais aussi que le commerce dont ils font état est un commerce rapace, fondé sur le génocide et l’esclavage. Le capitalisme comme l’écrit Ngugi Wa Thiongo “vint au monde ruisselant de sang”. Il va sans dire que quelques chantres de ce libéralisme économique tels des gens comme Hulme et Locke, furent personnellement impliqués dans le commerce des esclaves. Il n’y a jamais eu de corélation entre le capitalisme et la liberté, on ne peut le dire si on voit le capitalisme pour ce qu’il est réellement: un système mondial exploitant intrinsèquement les gens et l’environnement naturel.

En tant que scientifique de la politique, Miller n’a que peu d’intérêt dans l’écologie. Même les gens qui se voient comme des écologistes radicaux, des écrivains comme Arne Naess, Paul Ekins et Robin Ekersley et qui sont au courant des problèmes actuels en relation avec la “justice sociale” et la “durabilité écologique”, embrassent tous, lorsqu’il s’agit de donner une vision d’un futur alternatif, le type de modèle de l’état providence suggéré il y a des lustres par les érudits libéraux. Leur vision n’est en rien différente de celle de Miller. Ils sont donc tous de fervents soutiens de l’économie de “marché” comme étant le meilleur moyen d’alouer les ressources en assumant que le “marché” cessera éventuellement d’être un exploiteur des gens et de la nature. L’État, selon eux, se transformera en une institution sans conséquence, qui fournira une sorte de “macro-contrôle” sur le marché, protégeant l’intégrité des écosystèmes, la justice sociale et l’égalité, ainsi que limitant les concentrations excessives de pouvoir économique (NdT: se transformant en pouvoir politique en achetant le politique…). Une vision politique qui n’est ni nouvelle, ni radicale: cela donne juste à leurs pairs une petite mise à jour sur la théorie libérale prenant en considération la crise mondiale écologique et économique. Ce n’est qu’une tentative de “mettre au vert” la théorie de la politique libérale, tout comme, à un autre niveau, les entreprises multinationales sont engagées dans la “mise au vert” du monde des affaires et du commerce. (NdT: tout ceci rapportant des milliards de dollars aux mêmes suspects habituels des escroqueries par le biais notamment de cette vaste fumisterie planétaire qu’est le dogme imposé sur fond de science tronquée et falsifiée, du “Réchauffement Climatique Anthropique”, mué depuis 2009 et le scandale du ClimateGate en un “changement climatique” à l’anthropisme maintenant sous-entendu…)

Solution politique pour demain: Un exemple de commune fondée sur les associations libres…

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germinal

 

Germinal de la Sierra ville anarchiste

 

Colonne Kropotkine

 

Espagne, libertaire

 

Note de Résistance 71: Nous tenons à préciser que cette description correspond à une expérience espagnole qui a réellement eut lieu dans les années 1930. Ceci néanmoins n’est qu’un exemple de ce qui peut se faire collectivement et n’est en rien un modèle à suivre à la lettre, mais une expérience qui peut être adaptée à notre vie plus moderne. L’argent et le salariat ayant été abolis, nous sommes en présence d’un modèle communal tel que le préconisait Pierre Kropotkine. Tout modèle se doit d’être adaptable et flexible pour être viable.

Le numérotage corespond à celui de la carte sur la photo du dessus.

A lire: Juillet 1936-Juillet 2016, 80ème anniversaire de la révolutions sociale espagnole

=*=

Nous voulons avec cette carte que ton esprit cesse de penser pour un moment au système où nous vivons et entame ainsi avec nous un beau voyage vers cette petite ville anarchiste appelée Germinal de la Sierra. Cette commune libre se forme après avoir fait triompher la Révolution Sociale, menée à bien par le peuple contre l’État, avec toute sa logique. Nous voulons dire que l’émancipation populaire n’est pas arrivée au moyen de la violence, bien qu’il y eut des cas où on est arrivé à la confrontation directe avec la bourgeoisie et ses défenseurs (policier, armée, église, etc….), qui n’ont pas voulu restituer les biens et les terres qu’ils ont volés, et qu’ont sués avec sang et larmes un millier de travailleurs ; cette émancipation n’a eu lieu que parce que le peuple est enfin  préparé, conscientisé et instruit pour mener à bien une nouvelle vie dans laquelle règne la plus haute expression de l’ordre naturel des choses: l’Anarchie. Nous nous fonderons sur le fonctionnement de Germinal de la Sierra, composé  de 5.000 habitants et où on a proclamé le Communisme Libertaire.

Les principes de cette ville sont la solidarité, l’appui mutuel, l’égalité et le respect.

Dans Germinal de la Sierra l’argent a été aboli. Ses habitants ont tous les mêmes droits et les mêmes devoirs, on travaille selon ses forces et on reçoit selon ses besoins. La propriété privée et tout privilège ont été abolis. Nous sommes tous des êtres humains qui ont le droit de jouir de la vie. Nous voulons souligner que les habitants de cette ville sont anarchistes, c’est-à-dire préparées à aimer leurs tâches quotidiennes et sont conscients que tout est pour le bien commun. Toutes les décisions sur le fonctionnement de la commune sont prises en assemblée et chaque habitant depuis sa branche d’activité.

Après avoir lu ce prologue, parcourons Germinal de la Sierra.

1 FÉDÉRATION LOCALE

C’est le siège où se réunissent les délégué-e-s des différentes branches pour voir de façon plénière les affaires qui concernent la commune, ou en séance plénière traiter les accords pris dans leurs assemblées respectives de branche. Les délégué-e-s sont choisi-e-s par chaque assemblée et leur mission est d’expliquer et de défendre les accords pris par leurs compagnons. Les délégué-e-s sont seulement une liaison entre la séance plénière et l’assemblée. Ils ne peuvent décider d’aucun changement dans les accords ; pour cela doivent les communiquer à leur branche et celle-ci, si l’accord est très urgent, convoquera rapidement une assemblée extraordinaire pour ne pas entraver le bon fonctionnement de la commune. La Fédération Locale est aussi le siège du Comité Local.

Celui-ci est nommé par toute la commune, sa fonction est administrative, non exécutive. Sa durée est à temporaire, remplaçé ensuite par un nouveau Comité. Le Comité Local se charge de mener à bien les fonctions confiées par les assemblées de branche et d’être en contact avec les Fédérations Locales des autres communes.

NOTE : Les Comités, sont de tout type (de branche, locaux, régionaux, etc….), ils ne peuvent pas décider par eux-mêmes ni prendre des accords. Leur durée est à court terme et peuvent être révoqués  à tout moment. Les Comités sont seulement un instrument administratif qui exerce les fonctions confiées par leur branche ou par la commune. Tous leurs membres, comme les autres habitants, sont consommateurs-producteurs et accomplissent quotidiennement leurs tâches dans la branche à à laquelle ils appartiennent.

2 HÔPITAL ISAAC PUENTE

Dans toutes les communes libres il y a un hôpital pour donner assistance sanitaire au peuple.

L’hôpital de Germinal de la Sierra est proportionné à l’importance démographique de la commune. Tous les habitants ont droit à l’assistance médicale, à n’importe quelle specialité. Les tâches de l’hôpital sont distribuées en sections. Chaque section a son assemblée propre, les sections marquent le fonctionnement de l’hôpital.

Tout est coordonné depuis l’assemblée générale, où chaque section envoie à ses délégué-e-s avec les propositions de leur section ou pour traiter tout problème qui est apparu. Il y a un Comité d’Administration dans l’hôpital nommé par toutes les sections, lequel se charge d’être en contact avec les autres hôpitaux et d’exercer les fonctions que leur confient les sections (voir note point n. 1).

3 THÉÂTRE/CINÉMA ELISÉE RECLUS

Les représentant-e-s du fonctionnement et du maintien du théâtre et du cinéma appartiennent à une section de la Branche de Spectacles (voir point n. 6 Branche de Spectacles).

4 ÉCOLE RATIONALISTE FRANCISCO FERRER Y GUARDIA

La base de la formation de l’être humain est l’éducation. Dans l’École Rationaliste ce qui est principal, en plus d’enseigner à lire, écrire, mathématiques, littérature, etc., est d’apprendre les principes de la commune nommés dans le  prologue. Les élèves préparent des débats sur différents sujets. Ils décident avec les professeurs de la façon dont ils veulent donner les classes. Les Écoles Rationalistes ou Libres sont mixtes.

Un des sujets très important dans l’école est l’éducation sexuelle. Dans l’École Rationaliste il n’y a pas d’examens, ni de prix, ni da punition. On essaie d’en faire sortir des jeunes gens totalement libres, parce qu’il connaissent la liberté absolue comme tu découvres le respect.

NOTE : Pour avoir plus d’information sur le fonctionnement d’une École Rationaliste vous pouvez lire l’oeuvre de Francisco Ferrer y Guardia «l’École Moderne» ou le livre «Paideia École Libre», écrit par Josefa Martín Luengo, appartenant au Paideia collectif.

5 SIÈGE DE LA BRANCHE CONSTRUCTION, MÉTAL ET BOIS

C’est le siège où les branches mentionnées se réunissent en assemblée et aussi leurs sections respectives.

Nous avons déjà nommé le mot section, mais, qu’est-ce qu’une section de branche ? Les sections sont les différents offices qui composent une branche, par exemple : la Branche du Métal est composée  de la section d’électriciens, la section plombiers et égouts, la section de forgerons, etc..

Ceci est un exemple, puisqu’elles sont au service de leur assemblée de section ou branche, qui décident de la manière de fonctionner, toujours en vue d’un meilleur rendement dans la tâche commune. La même chose se produit avec toutes les autres branches.

NOTE : Ce siège est partagé par ces trois branches. Au siège sont les archives et les différents secrétariats de chaque branche, où les comités exercent leurs fonctions et s’occupent des demandes de chaque section. Le siège, peu à peu, est devenu petit pour loger les trois branches et c’est pour cela on a convoqué une assemblée où, assistaient des délégué-e-s de toutes les sections appartenant à ces trois branches, chaque délégué-e apportant l’accord pris par sa section. À la fin de l’assemblée, l’accord pris par toutes les sections concernées a été le suivant : la construction d’un nouveau local où on transférerait la Branche de la Construction et le Métal, en laissant dans l’ancien siège la Branche du Bois. Cet accord a été communiqué à la Fédération Locale, où le Comité Local à son tour l’a envoyé à toutes les branches qui composent la commune et ceux-ci à leurs sections.  Dans la dernière séance plénière locale a été approuvé cet accord par toutes les branches de la commune, lequel est mis en pratique de nos jours (voir point n 41).

6 SIÈGE DE LA BRANCHE HÔTELLERIE ET ALIMENTATION, ET DE LA BRANCHE DE SPECTACLES

Ces deux branches se réunissent dans ce siège. La Branche Hôtellerie et Alimentation a la rôle suivante: il se charge du fonctionnement de l’hyper-magasin, de la cuisine de l’hôpital, du bar-restaurant, du magasin de grains, de la cafeteria de la salle de festivités, et de la cafeteria de l’Auditoire. Un groupe appartenant à une section se charge de l’agriculture écologique.

La Branche de Spectacles se charge de préparer et de coordonner les festivités populaires, les concerts, les pièces de théâtre, les projections de cinéma, etc..

Les heures de travail et les tours sont décidées dans leurs assemblées respectives, on fait de la même façon dans les autres branches.

NOTE : Un groupe appartenant aux Branches de Transports Publics et Sanitaires a formé une compagnie de théâtre et interprète différentes oeuvres. Dans l’école atelier on a formé différents groupes de musique, dans la Branche de l’Enseignement il y a quelques poètes, dans la Branche Paysan-ne-s ,il y a des personnes consacrées à la sculpture, peinture, chant, etc..

Tous ces gens sont consommateurs- producteurs et remplissent quotidiennement les tâches de leur branche, en se consacrant à ces penchants pendant son temps libre. Nous devons tenir compte que le capitalisme a disparu, aboli par la Révolution Sociale. Il n’y a déjà pas d’exploiteurs qui oppriment au peuple pour augmenter leur pouvoir et leur capital, en distribuant seulement de la misère entre les familles ouvrières. Tu vis maintenant dans une nouvelle société où il n’y a de maîtres auxquels obéir, personne n’est propriétaire de personne, mais les gens sont organisées entre eux et travaillent dans l’ensemble pour le bien de tous les êtres humains et de la nature qui nous entoure.

Le chômage, la faim, la misère, le racisme et la xénophobie créés par la propriété privée et par les frontières qui divisent les pays, ont été abolis dans cette société. Ici, dans les ateliers, dans les usines, dans les champs travaillent un maximum travailleur-se-s, chacun selon sa branche, en partageant le travail. Les machines, entre les mains des travailleur-se-s, se chargent des tâches les plus dures et plus risquées.  On travaille ainsi un minimum d’heures et en ayant du temps pour le repos, pour penser, pour lire, écrire, développer ses penchants décrits plus haut, enfin pour jouir des plaisirs de la vie en paix.

7 ATHÉNÉE LIBERTAIRE LOUISE MICHEL

L’Athénée, avec la bibliothèque-librairie et les écoles rationalistes est la principale source de culture. Dans l’Athénée on organise colloques, débats, conférences, etc.. On invite auteurs, philosophes, scientifiques, agriculteurs, constructeurs, écoles rationalistes, etc.., de différents endroits de la Terre appartenant à d’autres communes, lesquels montrent leur façon de fonctionner, en découvrant nouvelles méthodes pour faire avancer et améliorer les moyens d’éducation et de production.

L’Athénée organise des journées culturelles où on invite d’autres communes. Dans ces journées tu peux trouver des expositions et des excursions. L’Athénée est ouvert à toutes les personnes de la commune qui le souhaitent. On s’organise, on a ses assemblées, on a son groupe de travail, etc..

NOTE : L’imagination et le désir d’apprendre sont toujours présents dans Germinal de la Sierra.

8 RIVIÈRE LE SOLEIL

Il naît dans la Montagne d’Esperanto et aboutit la commune de Luz de Mar.

9 BAR – RESTAURANT

La Branche Hôtellerie et Alimentation en a la charge. Deux sections y exercent leur activité : serveurs et cuisiniers.

10 HYPER-MAGASIN

C’est ici où l’on stocke les produits alimentaires et autres ustensiles variés dont les habitants de la commune ont besoin pour leur vie quotidienne.

Tous les aliments et ustensiles sont bien organisés en rangs pour leur meilleure localisation. Les sections qui ont leur tâche dans l’hyper-magasin appartiennent à la Branche Hôtellerie et Alimentation. Ces sections sont les suivantes : fournisseurs, grossistes, boulangers, caissier-ère-s, et un Comité d’Administration.

Les habitants se fournissent à l’hyper-magasin selon leurs besoins. Au passage de ses caisses il est pris note des aliments et des produits qui sortent au moyen d’ordinateurs. Un rapport est établi pour le Comité d’Administration. Celui-ci se charge se réapprovisonner le magasin.

NOTE : Après avoir lu ce dernier texte, tu auras sans doute pensé avec ton éducation capitaliste: «Il y a pas de flics, et je peux  prendre tout ce que je 
veux. Alors, je prends tout.»  Les habitants de de Germinal de la Sierra te repondent : «Et pour quoi faire ?, si tu as besoin d’un kilo de tomates, pourquoi en prendre six ?. Ça va s’abimer a la maison. L’hyper-magasin ouvre tous les jours.»

11 ATELIERS DE MENUISERIE ET DÉRIVÉS

12 ATELIERS de FORGE, GALVANISÉS ET DÉRIVÉS

13 ATELIERS ÉLECTRICITÉ, MÉCANICIEN, PLOMBERIE ET DÉRIVÉS

Fonction des ateliers : C’est là où on effectue les tâches quotidiennes des différentes branches.

Certaines groupes réparent les pièces ou les fabriquent à l’atelier, d’autres, s’activent dans la commune, selon ce qui est décidé par leurs assemblées (par exemple : à la construction de bâtiments, à la réparation d’un pont dans la rivière ou à la réfection de câble téléphonique ou d’éclairage public). Il y a aussi des groupes qui travaillent dehors dans d’autres communes, en aidant à d’autres sections de leur même branche (ceci se produit quand la tâche est très importante et la branche qui doit l’effectuer insuffisante. Alors, des communes les plus proches arrivent des compagnons de la même branche. Voila un bon exemple d’appui mutuel).

Les branches sont toutes connectées entre elles et entièrement coordonnées. Quand elles doivent effectuer une certaine tâche qui incombe à un secteur, à une province ou à une région (par exemple, faire des routes, reboiser des montagnes, faire des ponts, etc..) celles-ci-ci ont leurs séances plénières où chaque délégation porte ses accords et ont le même fonctionnement, comme expliqué dans des points précédents.

14 ÉCOLE ATELIER

Les jeunes, à la fin de l’École Rationaliste, vont à l’École Atelier, où chacun choisit le métier qu’il aime. On peut même en choisir plus d’un. On enseigne ici théorie et pratique. Pour commencer à exercer leur art, on les charge de tâches simples, où peu à peu ils acquièrent de l’expérience. Au fur et à mesure que les jeunes deviennent plus expérimentés, ils sont incorporés aux branches qu’ils ont choisies, où ils terminent totalement l’apprentissage de leur métier.

NOTE : Il y a des métiers qu’on peut pas trouver dans cette commune, ce pourquoi beaucoup de jeunes choisissent d’aller dans d’autres communes où ils peuvent apprendre le métier qu’ils aiment. Certains entre eux restent à vivre là où ils ont été transférés et d’autres, s’ils sont dans une commune proche, font l’aller-retour tous les jours. Ils sont libres de choisir.

15 LOGEMENTS INDÉPENDANTS

Les logements indépendants sont destinées aux habitants plus jeunes ou à ceux qui n’ont pas de compagnon ou de compagne stable, ou n’ont pas formée une famille. Tous les habitants consommateurs-producteurs ont droit à un logement (on inclut ici aussi aux vieux qui, bien qu’ils soient maintenant seulement consommateurs, pendant toute sa vie ont été producteurs). A Germinal de la Sierra, les logements indépendants sont divisés en logements pour deux personnes et en logements pour quatre personnes.

Chaque habitant est libre de choisir où il veut vivre. Les logements de deux habitants sont préparés pour les personnes qui aiment la tranquillité. Les logements pour quatre personnes sont habités, la plupart, par des jeunes. Les logements sont partagés par les deux sexes, ils partagent les tâches : propreté, cuisine, etc..

NOTE : Les jeunes de Germinal de la Sierra, ayant passé les 16 /17 ans, sont libérés de leurs parents, en pouvant partager un logement indépendant. Ainsi le jeune, avec l’éducation reçue et son travail, se forme comme personne responsable, saine et indépendante.

16 LOGEMENTS FAMILIAUX

Dans ces logements, comme son nom l’indique bien, vivent les couples avec leurs enfants. Les citoyens qui habitent dans les logements indépendants, si en formant un couple stable, arrivent à former une famille, déménagent automatiquement vers les logements familiaux.  Les vides qu’ils ont laissés dans ces logements indépendants sont occupés par de nouveaux jeunes qui viennent d’être libérés ou qui viennent d’une autre commune vivre à Germinal. Dans chaque zone urbaine, il y a un Comité d’Administration qui se charge de constater les changements effectués, les logements libres, etc..

NOTE : Dans Germinal de la Sierra les couples sont libres de s’unir comme ils sont libres de se séparer.

17 EXPLOITATION AGRICOLE ÉCOLOGIQUE

Coexistent ici des êtres humains et animaux domestiques. Le traitement que reçoivent les animaux dans ta société est sauvage et irrationnel, on les exploite de la même façon que les êtres humains pour gagner de l’argent et du pouvoir, sans souci de la tristesse, la souffrance, l’agonie et la mort.  A Germinal de la 
Sierra les animaux sont traités avec grande affection, la Nature aussi. D’elle on prend seulement le nécessaire pour l’approvisionnement de la commune. A Germinal de la Sierra leurs habitants ont un régime végétarien, se nourrissant de leurs cultures et des fruits que donne la terre, même si on  ajoute quelques aliments que donnent les animaux, comme le lait, les oeufs, le miel, etc., toujours sans exploiter les animaux, ni leur faire de mal.

18 CHAMPS CULTIVÉS

La Branche Paysans se charge des champs. Ils y ont leurs locaux où ils gardent les machines et leurs outils de travail.

De là on approvisionne le magasin à grains, l’hyper-magasin. On exporte aussi les types d’aliments qui ne sont pas cultivés dans d’autres communes.

19 SERRES

Une section de la Branche Paysans et Paysans se charge de son entretien.

20 SIÈGE DE LA BRANCHE PAYSANS ET PAYSANNES

C’est le siège où se réunit cette branche. C’est celui qui comprend le plus de sections de toute la commune. Les bases de leur fonctionnement sont identiques à celles des autres branches. Dans le siège tu pourras trouver les différents secrétariats et le Comité d’Administration.

21 BIBLIOTHEQUE-LIBRAIRIE FEDERICA MONTSENY

De la bibliothèque-librairie se charge un groupe nommé par l’Athénée. Il est chargé de son organisation et de son entretien.

22 DÉPOT

Une section de la Branche de la Construction se charge de son fonctionnement.

On stocke ici les matériels qui manquent pour mener à bien les tâches des différentes branches.

23 MAGASIN de GRAINS. (Voir les N6)

24 GARAGES (CAMIONS ORDURES ET RECYCLAGE) (Voir les N35)

25 CONTAINERS DE RECYCLAGE

26 PROMENADE FRANCISCO ASCASO

27 PARCS (B. DURRUTI, M. BAKOUNINE, P. KROPOTKINE)

28 PLACE DU 1ER MAI

29 FONTAINES

30 AUDITORIUM ENRICO MALATESTA

Est chargée de son maintien une section de la Branche de Spectacles.

31 CIMETIÈRE- CRÉMATOIRE

Dans Germinal de la Sierra on pratique aucune religion. Ses habitants peuvent librement choisir s’ils veulent être enterrés, incinerés ou tout autre système.

32 JARDINS-POTAGERS

Les jardins fonctionnent de la même façon que les champs cultivés, coordonnés par la Branche Paysans et Paysanes.

33 PISCINES PUBLIQUES Et VILLE SPORTIVE

Ces installations sont au bénéfice de tous les habitants de la commune. À cinq kilomètres de la commune il y a aussi un lac avec une zone verte où beaucoup d’habitants passent leurs heures libres.

34 PÂTURES POUR le BÉTAIL (Branche Paysans et Paysans)

35 SIÈGE TRANSPORTS PUBLICS ET PROPRETÉ PUBLIQUE

C’est le siège où se réunissent en assemblée ces deux branches. La Branche du Transport se charge de coordonner les transferts à d’autres communes, soient personnes, d’aliments ou autres marchandises. Etc. se charge aussi des véhicules pour les excursions, séances plénières, congrès. La Branche de Propreté se charge la propreté urbaine, de containers d’ordures, recyclage, ville sportive et piscines publiques.

36 GARAGES DES TRANSPORTS PUBLICS

Dans les garages sont garés les véhicules de cinq à quatre-vingt passagers, ainsi que ceux de l’hôpital.

NOTE: En ce moment on construit une voie ferrée qui passera par Germinal de la Sierra.

37 SALLE DES FÊTES

C’est l’un des nombreux emplacements où se réunissent les habitants de la commune leurs heures de loisir pour écouter de la musique ou pour danser.

38 DÉLÉGATION ANTI-INCENDIES

Cette branche se charge de coordonner l’extinction d’un feu ainsi que les actions de sauvetage dans toute catastrophe naturelle. Ils donnent aussi des stages où les habitants apprennent à faire face à ces dangers et en cas d’urgence se soutenir les uns les autres pour aider à lutter contre ces fléaux.

39 ATELIERS VÊTEMENT ET CHAUSSURES

Son siège se trouve dans le plus haut étage des ateliers. Dans l’Avenue Teresa Claramunt, qui fait l’angle entre les ateliers vêtement et chaussures et l’hyper-magasin, on trouve divers locaux où les habitants sont approvisionnés des différents types chaussures et vêtements.

40 SALON DE COIFFURE

Comme dans les ateliers vêtement et chaussures, le siège trouve aussi sa place dans le même local, qui est assez vaste.

Par ce local passent les habitants chaque fois qu’ils veuillent une coupe cheveux, coiffure, rasage et autres prestations capillaires. De la même façon que dans les autres branches, les coiffeurs et les coiffeuses marquent leurs tours et leurs heures de travail.

41 BÂTIMENTS EN CONSTRUCTION

Logements et bâtiments de services.

42 STATION-SERVICE

L’entretien et le fonctionnement de la pompe à essence sont du ressort d’une section de la Branche de Transports Publics.

NOTE : Les énergies et les combustibles ne nuisent pas à notre santé ni à notre environnement.

43 USINE DE RECYCLAGE

L’usine n’est pas marquée sur le plan parce qu’elle est aux alentours de la ville, et est coordonnée par toutes les communes de cette region.

Résistance politique: Abattre l’oligarchie, la dernière guerre…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, économie, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 20 décembre 2015 by Résistance 71

Les banquiers: Nous créons juste de l’argent électronique de l’air du temps, un argent totalement fictif, puis nous vous le prêtons et nous vous faisons payer des intérêts sur ces prêts ; ensuite, nous saisissons vos maisons et toute votre véritable richesse physique lorsque vous ne pouvez pas ou plus payer.

La dernière guerre

Mohawk Nation News

18 décembre 2015

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2015/12/18/the-last-war/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

La dernière guerre sera celle du peuple contre les banquiers. Les banquiers profitent de la guerre, les peuples eux perdent. Le peuple se doit d’éliminer les clauses de responsabilité des actionnaires dans le droit commercial, clauses qui permettent aux banquiers de toujours échapper au fait qu’ils financent toutes les guerres.

Plus jamais d’actionnaires ou de corporations qui ne sont pas responsables de leurs dettes et de leurs crimes. Plus de possibilité de se planquer derriere un masque entrepreneurial. Pas un seul coup de feu a besoin d’être tiré. Ce sera fini en 24 heures. Il n’y aura plus jamais besoin de guerre. Plus jamais d’ordo ab chao ni d’attentats faux-drapeau où que ce soit. La guerre c’est comme l’addiction à l’héroïne. Les banquiers devront être sœuvrés et ils vont suer sang et eau comme les junkies.

La guerre est un marché, une économie (un racket). Les gens sont accrocs à leur économie, mais en fait ils sont accrocs à la guerre. Ils doivent apprendre au sujet d’une économie de paix.

De toutes les adictions, la guerre est la pire de toutes. A l’encontre de l’héroïne, il n’y a pas de programme de substitution à la méthadone pour la guerre. Les banquiers sont immergés dedans depuis le XVIIIème siècle. Une attaque mène à 1000 autres et ils ne peuvent jamais en avoir assez, le peuple ne peut pas s’immerger dans la guerre. Les va t’en guerre devront être sœuvrés.

Les banquiers devraient prendre note de cette chanson de George Thorogood, parce qu’ils vont boire seuls sur leur sentier de la guerre: I drink alone, yeah, with nobody else. I drink alone with nobody else. When i drink alone, I prefer to be by myself.  Every morning just before breakfast, I don’t want no more coffee or tea. Just me and my good buddy, Wiser, that’s all I ever need, cause I drink alone with nobody else. Cause when I drink alone  prefer to be by myself”.[I drink alone].

Anthropologie politique: Comprendre la société originelle pour mieux changer la nôtre (Pierre Clastres)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, documentaire, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 3 janvier 2015 by Résistance 71

Après Howard Zinn hier, Pierre Clastres aujourd’hui, pour que 2015 parte sur les chapeaux de roues !

— Résistance 71 —

 

Retour des lumières

 

Pierre Clastres

 

Extraits de “Recherches d’anthropologie politique” (1980)

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 de la version anglaise “Archeology of Violence” (2010) ~ Janvier 2015 ~

 

Note du traducteur: Dans cet écrit, Clastres critique l’approche sociologique de l’historien et sociologue Pierre Birnbaum quant à la société, l’origine de l’état et de la domination politique. C’est une réponse à la critique que Birnbaum avait énoncée dans son article: “Sur les origines de la domination politique. A propos d’Etienne de la Boétie et de Pierre Clastres”, dans la Revue française de science politique 27 (1977), no. 1, pp. 5-21.

 

[…] Ma présentation des faits ethnographiques concernant la chefferie indienne (des Amériques) n’est pas du tout nouvelle: Elle existe depuis un bon moment, au point de devenir ennuyeuse et est apparue dans des documents écrits d’inombrables voyageurs, chroniqueurs, missionnaires, ethnographes, qui se sont succédés sur les chemins du Nouveau Monde depuis le XVIème siècle. Ce n’est donc pas moi qui, de ce point de vue, ait découvert l’Amérique…

Comprise comme une structure ontologique de la société, comme l’état naturel de l’être social, la division entre maîtres et sujets a constamment été pensée comme l’essence de toutes sociétés réelles ou même possible. Il ne pourrait y avoir donc, dans cette vision sociale, une origine de la domination politique puisqu’elle est inséparable de la société humaine, puisqu’elle est une caractéristique immédiate de la société. Ce qui mena à la grande stupéfaction des premiers observateurs des sociétés “primitives”: des sociétés non divisées, où les chefs n’ont pas de pouvoir, le peuple pas de foi, pas de loi, pas de roi. De quelle façon les Européens pouvaient-ils alors décrire les sauvages ? Soit questionner leur propre conviction que la société ne pouvait pas être conçue sans la division et admettre que les peuples primitifs constituaient des sociétés au sens plein du terme ; ou alors décider qu’un groupement non-divisé politiquement, où les chefs ne commandent pas et où personne n’obéit, ne pouvait pas être une société: Les sauvages sont vraiment des sauvages et ils doivent en conséquence être civilisés, être “policés”, une voie théorique et pratique que les occidentaux du XVIème siècle empruntèrent de manière unanime. Ceci peut-être à l’exception de Montaigne et de La Boétie, le premier sans doute sous l’influence du second, qui seuls, pensèrent contre le courant de l’époque.

[…]

Quel est le but de Birnbaum (sinon son approche) ? Pour lui, c’est une matière d’établir que “la société contre l’état se présente… comme une société totalement restrictive.” En d’autres termes, si la société primitive n’a pas conscience de la division sociale, c’est au prix d’une aliénation bien plus terrifiante, une qui soumet la communauté à un système oppresseur de normes que personne ne peut changer. “Le contrôle social” est absolu: Ce n’est plus la société contre l’État, c’est la société contre l’individu. De manière ingénieuse, Birnbaum nous explique pourquoi il en connait autant sur les sociétés primitives: Il a lu Durkheim. Il est un lecteur tout en confiance, aucun doute n’entre dans son esprit: l’opinion de Durkheim au sujet des sociétés primitives est véritablement la vérité au sujet des sociétés primitives.

[…]

Birnbaum a loupé la chance ici d’un bon mot, d’une bonne accroche, je vais la lui suppléer. Il pense, mais sans le dire expressément, que le mythe est l’opium des sauvages. En tant qu’humaniste et progressiste, Birnbaum souhaite bien évidemment la libération des sauvages: nous devons les désintoxiquer (nous devons les civiliser). Tout ceci est plutôt bête. En fait, Birnbaum est totalement inconscient que son athéisme banlieusard, solidement enraciné dans un scientisme déjà démodé à la fin du XIXème siècle, rencontre de plein fouet, justifie l’entreprise du discours missionnaire le plus dense et la pratique coloniale la plus brutale. Il n’y a rien ici pour être fier.

Contemplant la relation entre la société et la chefferie, Birnbaum appelle à la rescousse un autre spécialiste éminent des sociétés primitives, J.W. Lapierre, dont il fait sienne l’opinion: “… Le chef […] a le monopole de l’utilisation du discours légitime et […] personne ne peut prendre la parole afin de s’opposer à celle du chef sans commettre un sacrilège condamné par une opinion publique unanime.” Ceci est au moins clair. Mais le professeur Lapierre est très certainement péremptoire. Comment en sait-il tant ? Quel livre a t’il donc lu ? Considère t’il le concept sociologique de légitimité ? Ainsi les chefs dont il parle possèdent seuls la légitimité de la parole ? Et que dit cette parole légitime ? Nous serions très curieux de le savoir. Ainsi, personne ne peut s’opposer à cette parole sans commettre un sacrilège ? Mais alors ceux-ci sont des monarques absolues, des Attila et des pharaons ! Nous perdons alors notre temps à réfléchir sur la légitimité de leur parole, car si ce sont les seuls qui parlent, alors ce sont eux qui commandent ; s’ils commandent, ce sont donc eux qui possèdent le pouvoir politique, s’ils possèdent le pouvoir politique, c’est que la société est divisée entre les maîtres et les sujets. Revenons au notre de sujet: Je suis intéressé aux sociétés primitives et non pas au despotisme archaïque. Lapierre/Birnbaum devraient choisir afin d’éviter une petite contradiction: ou la société primitive est soumise à la “restriction totale” de ses normes ou alors elle est dominée par la parole légitime du chef. Permettons au professeur d’en parler et de revenir à ses élèves qui auraient besoin de plus d’explications le plus brièvement possible.

Qu’est-ce que la société primitive ?

C’est une société homogène non-divisée, elle l’est de telle manière, que si elle est inconsciente de la différence entre le riche et le pauvre a fortiori, c’est parce que l’opposition entre les exploiteurs et les exploités est absente. Mais ceci n’est pas la matière essentielle. Ce qui est absent de manière tout à fait notoire, est la division politique en dominants et en dominés: les chefs ne sont pas là pour commander, personne n’est destiné à obéir, le pouvoir n’est pas séparé de la société qui, en tant que totalité singulière, est la détentrice exclusive du pouvoir. J’ai écrit un grand nombre de fois auparavant (et il semblerait que cela ne soit pas suffisant…), que le pouvoir n’existe que quand il est utilisé: un pouvoir qui n’est pas mis en pratique est de fait, rien. Que fait donc la société primitive du pouvoir qu’elle possède ? Elle l’exerce bien sûr et en première instance sur le chef, précisément pour prévenir qu’il ne satisfasse éventuellement un désir de pouvoir, pour l’empêcher d’agir comme un chef. De manière plus générale, la société exerce le pouvoir de manière à le conserver, de manière à prevenir la séparation, la division de son pouvoir, afin de tenir écartée l’irruption de la division dans le corps social, la division entre maîtres et sujets. En d’autres termes, l’utilisation du pouvoir par la société est faite pour assurer la conservation de son être indivisé, cela crée une relation entre l’être social et lui-même.

Quel troisième terme établit cette relation ? C’est précisément ce qui cause tant de souci à Birnbaum/Durkheim, c’est le monde du mythe et des rites, c’est la dimension religieuse. Birnbaum n’est-il pas au courant qu’il n’y a de société que sous le signe de la Loi ? C’est probable. La religion ainsi assure la relation de la société avec sa Loi, c’est à dire l’ensemble de normes qui organise les relations sociales. D’où cette loi provient-elle ? Où la loi comme fondation légitime de la société est-elle née ? A une époque antérieure à la société, dans les temps mythiques: son lieu de naisance est à la fois immédiat et très, très lointain, c’est l’espace des ancêtres, des héros culturels, des dieux. C’est là que la société s’institue en tant que corps indivisé ; ce sont ceux qui décrètent la loi comme un système de normes, cette loi que la religion a pour mission de transmettre et de s’assurer qu’elle soit éternellement respectée. Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que la fondation de la société est extérieure à elle-même, la société ne s’est pas fondée elle-même: la fondation de la société primitive n’a pas pour origine la décision humaine, mais celle de l’action divine.

[…]

Birnbaum/Lapierre, un apôtre tardif de l’âge des Lumières, voit-il maintenant plus clairement ce qui est légitime dans le discours du chef sauvage ? J’en doute, je vais donc le clarifier pour lui. Le discours, la parole du chef est celui de la tradition (et en cette capacité, il n’en a bien sûr pas le monopole), celle qui dit de respecter les normes enseignées par les Ancêtres ! Ne changeons rien à la Loi ! C’est un discours qui établit la Loi comme le garant de la société en tant que corps indivisé, la Loi qui exorcise le spectre de la division ; la loi garantit la liberté des Hommes contre la domination. En tant que porte-parole de la loi ancestrale, le chef ne peut pas en dire plus, il ne peut pas sans prendre de grands risques pour lui-même, se positionner en législateur de sa propre société, substituer à la loi de la communauté la loi de son désir. Dans une société indivisée, où mèneraient le changement et l’inovation ? A rien d’autre que la division sociale, à la domination d’un petit nombre sur le reste de la société. Après cela, Birnbaum peut certainement disserter sur la nature oppressive de la société primitive ou même sur ma conception organiciste de la société. Se pourrait-il qu’il ne comprenne pas ce qu’il lit ? La métaphore de la ruche (métaphore et non pas modèle…) n’est pas de mon cru, mais de celui des Indiens Guayaki, ces irrationnalistes, lorsqu’ils célèbrent le festival du miel, se comparant eux-mêmes en fait, contre toute logique, à une ruche ! Ceci ne pourrait pas arriver à Birnbaum: il n’est pas un poète, mais un universitaire de froide Raison. Puisse t’il la garder.

En page 10 de son essai. Birnbaum déclare que je suis incapable de donner une explication sociologique de la naissance de l’État. Mais en page 19, il paraît que cette naissance “pourrait bien être maintenant expliquée par un rigoureux déterminisme démographique.” C’est, brièvement, le choix du lecteur. Quelques clarifications peuvent guider son choix.

Jusqu’à maintenant, je n’ai jamais rien dit au sujet de l’origine de l’État, à savoir, sur l’origine de la division sociale, l’origine de la domination. Pourquoi ? Parce que ceci est le sujet d’une question fondamentale de sociologie et non pas de théologie, de philosophie ou d’histoire. En d’autres termes, poser la question de l’origine dépend d’une analyse du social: sous quelles conditions la division sociale peut-elle survenir au sein d’une société indivisée ? Quelle est la nature des forces sociales qui mènerait les sauvages à accepter la division entre maîtres et sujets ? Sous quelles conditions la société primitive meurt-elle en tant que société indivisée ? Une généalogie de la malchance, une recherche du clinamen social, qui ne peut bien sûr être développé qu’en questionnant l’être social primitif: le problème de l’origine est strictement sociologique et ni Condorcet, ni Hegel, ni Comte, ni Engels, ni Durkheim, ni Birnbaum ne peuvent être de quelque aide que ce soit avec ceci. Afin de comprendre la division sociale, nous devons commencer avec la société qui a existé pour l’empêcher. Quant à savoir si je peux ou non articuler une réponse à la question de l’origine de l’État, je n’en sais toujours rien et Birnbaum le sait encore moins. Attendons, travaillons, il n’y a pas urgence.

[…]

Comme tout le monde, Birnbaum a endorsé passivement ce que l’ethnologie a enseigné: les sociétés primitives sont des sociétés sans État, sans un organe séparé du pouvoir. Très bien. Prendre les sociétés primitives sérieusement d’un côté et le discours ethnologique sur ces sociétés de l’autre, je me demande pourquoi elles sont sans État, pourquoi le pouvoir n’est pas séparé du corps social. Il m’apparait alors petit à petit que cette non-séparation du pouvoir, cette non-division de l’être social est dûe non pas à l’état fœtal ou embryonnaire des sociétés primitives, non pas à un fait d’inachèvement, mais est lié à un acte sociologique, à une institution du social en tant que refus de la division, comme refus de la domination: si les sociétés primitives sont sans État, c’est parce qu’elles sont contre l’État.

Birnbaum, d’un seul coup, tout comme bien d’autres avec lui, ne l’entend plus de cette oreille. Cela les perturbe. La notion de sans état ne les gêne pas, mais contre l’État, minute papillon ! Ceci est un scandale. Qu’en est-il de Marx alors ? Et de Durkheim ? et de nous ? Ne pouvons-nous plus raconter nos petites histoires ? Non, ce n’est pas possible ! Nous avons ici un cas très intéressant de ce que la psycho-analyse appelle résistance ; nous voyons ce à quoi tous ces docteurs resistent et la thérapie sera un soulagement.

[…]

N’approchons-nous pas de la vérité ? Il semblerait. L’analyseur ultime de tout ceci ne serait-il pas ce que nous appelons le marxisme ? Il est vrai que pour décrire l’anthropologie qui revendique une filiation avec le marxisme, j’ai utilisé l’expression (qui semble troubler Birnbaum) de “marécage marxiste”. Ce fut dans un moment de bienveillance excessive. L’étude et l’analyse de la pensée de Karl Marx est une chose, l’examen de tout ce qui s’affuble du vocable de “marxiste” en est une autre. En ce qui concerne le “marxisme” anthropologique ou l’anthropologie marxiste, une évidence commence à (doucement) émerger: cette “anthropologie” est faite d’un double mensonge. D’un côté, elle affirme de manière éhontée et mensongère sa relation avec la lettre et l’esprit de la pensée marxienne ; de l’autre côté, elle tente frauduleusement et fanatiquement d’exprimer l’être social de la société primitive scientifiquement. Les anthropologues marxistes n’ont que faire des sociétés primitives ! Elles n’existent même pas pour ces théologiens obscurantistes qui ne peuvent que parler et concevoir des sociétés pré-capitalistes. Rien d’autre que le dogme sacré ! La doctrine par dessous tout ! Spécifiquement au-dessus de la réalité de l’être social.

Les sciences sociales (et notablement l’ethnologie) sont, comme nous le savons, le théâtre d’une puissante tentative d’investissement idéologique. C’est la marxification ! hurle la droite, qui a perdu depuis longtemps toute faculté de compréhension. Mais Marx, à ce qu’il me semble, n’a pas grand chose à faire avec cette cuisine ; car il ne fut capable de voir qu’un peu plus loin que le nez d’Engels, il les a vu venir de loin, les marxistes en béton armé. Leur idéologie de combat sombre, élémentaire, dominatrix (domination… cela ne dit-il rien à Birnbaum ?), peut-être reconnue sous les masques interchangeables du léninisme, du stalinisme, du maoïsme: c’est cette idéologie de conquête du pouvoir total (le pouvoir ne dit-il rien à Birnbaum ?), c’est cette idéologie de granit, dur à détruire, que Claude Lefort a commencé à attaquer au burin.

[…]

Et il (Birnbaum) n’a pas peur après tout cela, de me parler de liberté, de pensée, de pensée de liberté. Il n’a aucune honte.

Quand à sa farce en regard de mon pessimisme, des textes comme le sien ne sont sûrement pas de ceux qui me rendent optimiste. Mais je peux assurer Birnbaum d’une chose: je ne suis pas un défaitiste.

 

La véritable démocratie.. La société contre l’État (Etienne Chouard sur David Graeber)

Posted in actualité, altermondialisme, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 17 août 2014 by Résistance 71

Nous sommes très heureux de relayer un écrit d’Etienne Chouard que nous respectons beaucoup sur une anlayse de l’anthropologue politique David Graeber. Chouard est en fait un anarchiste qui n’a pas encore « lâché prise » d’avec le modèle étatique. Repenser et réécrire la constitution fera perdurer l’État, par contre, il est parfaitement envisageable de considérer une « constitution » comme une charte (con)fédérative, rassemblant des communes libres, auto-gérées, c’est notre vision politique après de nombreuses années d’analyse. Athènes n’est pas le modèle démocratique (esclavage de rigueur, étrangers et athéniens d’origine étrangère interdits de vote, société patriarcale où la femme était inexistante, etc…), le modèle de société amérindien l’est, bien sûr adaptable au monde technologique moderne.

Etienne Chouard mentionne Pierre Clastres, dont Graeber est un peu le fils spirituel. Nous encourageons de lire Graeber et Pierre Clastres, Robert Jaulin et Marshall Sahlins avant, pour mieux situer son travail. Clastres est mort au moment où il atteignait une aporie dans l’anthropologie politique concernant l’État, il travaillait à la résoudre…

— Résistance 71 —

 

Innombrables expériences démocratiques non athéniennes :
lire Graeber, Dupuis-Déri et Rediker

 

Etienne Chouard

 

1er Août 2014

 

url de l’article original:

http://chouard.org/blog/2014/08/01/innombrables-experiences-democratiques-non-atheniennes-lire-graeber-dupuis-deri-et-rediker/

 

 

David Graeber est épatant. Après m’avoir remué en profondeur sur le sujet de la monnaie avec son livre Dette : 5 000 ans d’histoire, voici qu’il me retourne sur celui de la démocratie avec son livre La démocratie aux marges (avec une passionnante préface d’Alain Caillé).

Après m’avoir fait comprendre que presque tout ce qu’on nous apprend en « économie » sur la monnaie et la dette est un tissu de contresens, voilà que David me fait réaliser, à moi qui justement croyais avoir déjà fait un bon travail de démystification sur le plan politique autour de la démocratie, que j’ai encore un étage à monter pour prendre conscience des erreurs courantes en la matière.

Cet anthropologue observe les sociétés humaines réelles, y compris et surtout les communautés dont l’imaginaire n’a pas encore été colonisé par les marchands (et leurs armées), les sociétés qu’on appelle « primitives » et qui sont, en fait, à bien des égards, plus humaines et plus généreuses que nous, stupides consommateurs matérialistes et compétiteurs égoïstes – décervelés par la réclame et les jeux du cirque – que nous sommes devenus.

Du point de vue de l’anthropologue Graeber, Athènes n’est pas la seule démocratie au monde, loin de là, et c’en est même une version plutôt dégradée (militaire et brutale), alors que toutes les sociétés sans État se sont organisées et s’organisent encore, naturellement, spontanément de façon démocratique ! C’est-à-dire en se réunissant tous pour discuter ensemble et décider ensemble, et presque toujours sans voter ! En cherchant toujours le consensus, sorte de quasi-unanimité… Cornegidouille, ça secoue !

Le passage sur le petit nombre de sociétés qui votent leurs lois (alors que je pensais, après l’avoir pas mal étudiée, que la démocratie, c’est précisément voter nous-mêmes nos lois au lieu d’élire des maîtres) est passionnant : Graeber explique que les sociétés qui votent leurs lois sont toujours des sociétés de soldats, donc armées, donc redoutables, capables d’imposer leurs vues par la force, et pour qui le vote est une solution raisonnable pour ne pas s’entre-tuer et économiser des vies humaines en se comptant avant de se battre.

Et il décrit, au contraire, la multitude des autres sociétés (que les anthropologues connaissent bien mais que nous ignorons trop), les communautés sans coercition, sans État, où personne n’a les moyens d’imposer un comportement à qui que ce soit, et qui préfèrent la solution apparemment la plus difficile : négocier plutôt que voter, chercher un consensus plutôt qu’une majorité.

Graeber explique ce choix étonnant d’une façon lumineuse (page 48 et s.) :

On doit se demander pourquoi ces méthodes [lever la main pour dire son accord ou désaccord avec une proposition] sont si rarement employées. Et pourquoi, à l’inverse, les communautés humaines ont toujours préféré s’imposer la tâche bien plus difficile d’aboutir à des décisions unanimes.

L’explication que je voudrais suggérer est la suivante : il est plus facile, dans des communautés de face-à-face, de se représenter ce que la plupart des membres veulent faire, que d’imaginer les moyens de convaincre ceux qui sont en désaccord.

La prise de décision consensuelle est typique des sociétés au sein desquelles on ne voit aucun moyen de contraindre une minorité à accepter une décision majoritaire, soit parce qu’il n’existe pas d’État disposant du monopole de la coercition, soit parce qu’il ne manifeste aucun intérêt ni aucune propension à intervenir dans les prises de décisions locales. S’il n’y a aucun moyen de forcer ceux qui considèrent une décision majoritaire comme désastreuse à s’y plier, alors la dernière chose à faire, c’est d’organiser un vote. Ce serait organiser une sorte de compétition publique à l’issue de laquelle certains seraient considérés comme des perdants. Voter serait le meilleur moyen de provoquer ces formes d’humiliation, de ressentiment et de haine qui conduisent au bout du compte à la disparition des communautés. […]

Cela ne veut pas dire que tout le monde doit être d’accord. La plupart des formes de consensus incluent toute une variété de formes graduées de désaccords. L’enjeu est de s’assurer que personne ne s’en aille avec le sentiment que ses opinions ont été totalement ignorées […]

La démocratie majoritaire ne peut donc émerger que lorsque deux facteurs sont conjointement à l’œuvre : 1) le sentiment que les gens doivent avoir un pouvoir égal dans la prise de décision au sein du groupe, et 2) un appareil de coercition capable d’assurer l’application des décisions.

Dans la plus grande partie de l’histoire humaine, ces deux conditions n’ont été qu’exceptionnellement réunies au même moment. Là où existent des sociétés égalitaires, imposer une coercition systématique est jugé habituellement de façon négative. Parallèlement, là où un appareil de coercition existait pour de bon, il ne venait guère à l’esprit de ses agents qu’ils mettaient en œuvre une quelconque volonté populaire.

Nul ne saurait contester l’évidence que la Grèce antique a été l’une des sociétés les plus compétitives que l’histoire ait connues. Elle avait en effet tendance à faire de toute chose un objet de rivalité publique, de l’athlétisme à la philosophie ou à l’art dramatique, etc. Il n’est donc guère surprenant que la prise de décision politique ait connu elle aussi un sort semblable.

Plus crucial encore est le fait que les décisions étaient prises par le peuple en armes.

En d’autres termes, si un homme est armé, on a tout intérêt à prendre en compte son opinion. […]

Chaque vote était, au sens fort du terme, une conquête. »

Source : David Graeber, La Démocratie aux marges, Bord de l’eau, 2014

En lisant la suite, je voudrais tout publier, tout relayer :

  • ▪ le « miroir des horreurs » (le spectacle dégoûtant d’une foule cruelle et dangereuse que le prince renvoie exprès à son peuple — à travers les jeux du cirque hier, ou à travers les déformations télévisées à 20 h aujourd’hui —, pour le dissuader de convoiter le pouvoir en ayant peur de lui-même),
  • ▪ la réfutation parfaite de la thèse ridicule de Samuel Huntington (qui prétend que les valeurs démocratiques sont spécifiquement « occidentales », alors que la réalité des élites en question est au contraire, toujours et partout, la haine de la démocratie et le massacre des démocrates),
  • ▪ l’évocation du travail formidable de Marcus Rediker sur l’éthique profondément démocratique des pirates des mers (premiers résistants farouches à la brutalité marchande à la fin du XVIIe siècle),
  • ▪ la mise en valeur de l’extraordinaire expérience de l’AZLN dans la forêt du Lacandon (« Les zapatistes ont développé un système très élaboré d’assemblées communautaires opérant par voie de consensus, complétées par des comités de femmes et de jeunes ─ afin de contrebalancer la domination traditionnelle des adultes mâles ─ et des conseils formés de délégués révocables. »),

Ce texte de Graeber (assez court, finalement) est d’utilité publique, il faudrait le faire lire dans les écoles, il devrait être en libre accès sur Internet pour tous ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter des livres.

Donc, pour Graeber, les démocraties dignes de ce nom ne sont advenues — et ne peuvent advenir (et c’est là, pour l’avenir, que j’espère qu’il se trompe) — QUE à l’abri de l’État, qu’aux marges des sociétés ayant institué un monopole de la coercition à une puissance publique.

J’aimerais bien échanger avec lui, pour passer au feu de sa critique mon idée de « processus constituant populaire », car, même après l’avoir lu, je continue à me demander comment une société peut protéger efficacement les 99 % contre les 1 % les plus forts et les plus égoïstes sans organiser une puissance publique protectrice qui soit, par construction, supérieure à toute puissance privée et sous contrôle public permanent.

Dans sa conclusion, cet anar de Graeber (mais la vraie démocratie est-elle autre chose que l’anarchie, ce projet fondamentalement généreux et pacifique défendu par des héros comme Proudhon, Kropotkine, Tolstoï ?), cet anar de Graeber, donc, nous suggère de résister à l’Empire du moment avec la méthode zapatiste d’une refondation démocratique par l’auto-organisation de communautés autonomes. Ça me fait penser aux « micro-résistances », que Michel (Onfray) suggère d’organiser contre ce qu’il appelle des « micro-fascismes ». Ces deux propositions sont intéressantes, évidemment, mais elles ne me paraissent pas tout à fait à la hauteur de la puissance et de la cruauté du projet d’asservissement des grands privilégiés qui nous préparent une toute prochaine guerre… Ils devraient bien s’entendre, ces deux-là (David et Michel), d’ailleurs. On dirait que les anthropologues (Graeber, Clastres…), à force d’étudier des sociétés bien réelles sans chefs et pourtant calmes et prospères, deviennent naturellement anarchistes… D’ailleurs (mais je ne vais pas démarrer là-dessus), David Graeber a écrit un troisième petit livre, lui aussi tout à fait passionnant du début à la fin : Pour une anthropologie anarchiste (2004)… Je vous en parlerai une autre fois.

Résistance politique: La démocratie participative directe dans la confédération iroquoise… Une réalité et un exemple adaptables à notre société

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , , on 26 mai 2014 by Résistance 71

Mots de préambule

 

Mohawk Nation News

 

23 mai 2014

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2014/05/23/words-that-come-before/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Rotiyaner enhatinotonko ne katstenhowanen”. Lorsque le peuple s’assemble en réunion pour discuter d’affaires regardant la communauté, le Rotiyaner (chef) en fait l’ouverture. Gratitude et remerciements sont offerts à nos cousins hommes d’état et à tout le monde. Des remerciements sont offerts à notre terre-mère, à l’eau, lacs et rivières, au maïs, au fruits, aux herbes et plantes médicinales, aux arbres, aux forêts pour leur utilité et aux animaux qui nous servent de nourriture, nous donnent leur fourrure en guise de vêtements, aux grands et petits vents, au tonnerre, au soleil, ce puissant guerrier, à la lune, aux messagers de la création qui révèlent leurs souhaits et donnent tant de choses utiles aux Hommes, sources de la vie et de la santé sur Terre.
Wampum 7.

Les enfants et la terre sur laquelle ils sont nés sont la responsabilité du Conseil des Femmes. Les conseils des hommes s’assurent que l’interaction entre les communautés se fasse en accord avec Kaianerehkow:wa, la Grande Loi de la Paix.

Par exemple dans le processus de prise de décision chez les Mohawks, il y a trois clans (NdT: Un clan est une communauté de familles). Toute affaire, qu’elle soit amenée par un individu ou un conseil ou le chef de guerre, est discutée dans un processus à trois clans. La mère du Clan de la Tortue se saisit du sujet et en discute en premier lieu avec son clan. Chaque personne a un devoir de discuter de ce sujet. S’ils deviennent un esprit sur ce sujet (unanimes), ils passent le sujet à la Mère du clan du Loup qui va discuter du pourquoi et comment cela est devenu un sujet de discussion, comment le clan de la Tortue voit l’affaire et comment ils vont le voir collectivement. S’ils deviennent un esprit avec le clan de la Tortue (unanimité), ils passent le sujet à la Mère du clan de l’Ours, qui présente le pourquoi et le comment de l’affaire et comment les deux autres clans la perçoivent. Puis le clan de l’Ours délibère et confirme ou rejette la décision. Si le clan de l’Ours n’est pas d’accord, le sujet retourne au début du processus pour une autre journée (NdT: le désaccord étant bien expliqué aux autres clans). S’ils ne tombent toujours pas d’accord (unanimité), cela passe dans le domaine des sujets en attente.

La constitution des Etats-Unis est supposée être fondée sur ce puissant système consensuel de prise de décision (NdT: à l’unanimité et non pas à la majorité, qui est une procédure dictatoriale et coercitive par essence puisque en pratique, 49% d’un segment d’une communauté dont les arguments en partie ou en totalité peuvent–être parfaitement valides, est mis en minorité et doit se plier à la décision des 51% “gagnant”, divisant de fait à coup sûr la communauté sur au moins un sujet particulier, souvent bien plus…). Le Conseil National des Femmes est devenu un sénat masculin (NdT: à l’origine et jusqu’à récemment). Le conseil national des hommes est devenu la maison du congrès. La fonction exécutive du président est l’autocratie qui s’est placée elle-même au dessus du peuple. Leur système de partis est la version occidentale du système de clans, qui est vouée à l’échec. Ils n’ont pas de Mère de Clan ni de Conseils des Femmes. Tous les clans viennent des mères. Vous ne pouvez pas appartenir au clan de votre père.

51% de votes pour un des candidats sélectionnés par les oligarques est du corporatisme déguisé en démocratie. Au lieu de rester autour du feu (symbolique) jusqu’à ce que tout le monde devienne un esprit, ils quittent le feu (lieu de négociations) lorsqu’un consensus de 51% de majorité est atteint. La division est alors créée au sein du peuple et le conflit voire la guerre, deviennent certains.

Cat Stevens chante “les mots”: “Morning has broken, like the first morning/Blackbird has spoken, like the first bird/Praise for the singing, praise for the morning/Praise for the springing fresh from the world”. https://www.youtube.com/watch?v=e0TInLOJuUM

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Watch “Gayanerekowa, the Great Law of Peace” Great Law Video. Great Law Video. Read: Great Law Book [MNN home page].

Also “The Confusion between the Great Law and the Handsome Lake Code”.  http://www.mohawknationnews.com/index_htm_files/Confusion_Great_Law_Handsome_Lake_Code_OPT.pdf