Archive pour canada USA terrorisme d’état

Colonialisme, guerre, conquête, domination, oppression, logique implacable étatiste (Steven Newcomb)

Posted in actualité, canada USA états coloniaux, colonialisme, crise mondiale, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 30 décembre 2020 by Résistance 71

 

 


Symboles de domination

 

“En se présumant eux-mêmes inconsciemment d’avoir de droit un pouvoir mental de juger les “païens”, les chrétiens furent capables d’affirmer que les Indiens n’avaient pas le droit de continuer de vivre leur mode de vie libre et indépendant. Sur la base biblique que le peuple élu possède la tâche providentielle de soumettre la Terre et d’exercer une domination sur tout être vivant, les chrétiens se considéraient eux-mêmes comme un peuple élu ayant l’obligation divine de “sauver” les païens et leurs nations en les subjuguant, ce qui fut référé par le doux euphémisme de les “civiliser”. Ceci devait être accompli en brisant les nations païennes pour ensuite tourner leurs membres en des individus chrétiens qui deviendraient, par le moyen d’une assimilation graduelle, soit des sujets d’une monarchie chrétienne européenne ou des citoyens d’un état européen chrétien. De ce point de vue, les païens sont destinés par dieu à être sauvés et réduits à la “civilisation” européenne chrétienne.”
~ Steven Newcomb, 2008 ~

 

Conquête, un autre mot pour domination

 

Steven Newcomb

 

30 novembre 2020

 

url de l’article original:
http://originalfreenations.com/conquest-is-another-word-for-domination/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La guerre, ou l’acte d’exercer collectivement une violence contre un autre groupe, est le contexte pour le mot de conquête. Une autre façon de comprendre le mot “conquête” est “d’avoir vaincu ou triomphé d’un ennemi”. Triompher ou surmonter veut dire “prendre la main sur, avoir gagné la maîtrise ou la domination sur”. En d’autres termes, la conquête est une forme de domination. De fait, conquête et conquérir sont synonymes de domination. Il est correct de transcoder, de traduire le mot “conquête” par “domination”.

Il est surprenant de constater combien de fois le mot “conquête” est utilisé lors de discussions sur l’histoire des Indiens d’Amérique ou l’histoire des peuples indigènes. Tzvetan Todorov’s The Conquest of America (1984); Francis Jennings The invasion of America: Indians, Colonialism, and the Cant of Conquest (1975); Andrea Smith’s Conquest: Sexual Violence and American Indian Genocide (2005), n’étant juste que trois exemples parmi bien d’autres. Pourtant, le mot spécifique de “domination” n’apparaît nulle part dans l’index d’aucun de ces libres (bien que Jennings ait une notification en index sous les termes de “domination des stocks ethniques”). Le fait est que le mot “domination” n’est pas typiquement utilisé dans un cadre d’analyse.

Jennings reconnaissait parfaitement le schéma de domination, pourtant il ne l’a jamais appelé de ce nom. Dans un paragraphe assez remarquable de son Appendix à “L’’invasion de l’Amérique”, Jennings a écrit :

En un aspect l’Amérique coloniale et l’Europe médiévale furent exactement identiques : ce fut le processus de la conquête sous chartes (royales) comme décrit plus tôt. Les étapes de ce processus sont comme suit :

  • Un chef d’état clame possession de territoires lointains hors de sa juridiction 
  • Il donne une charte à une personne ou à un groupe organisé pour conquérir (dominer) le territoire dont il a clamé la possession en son nom mais à dépenses privées 
  • Si la conquête (domination) est réussie, le seigneur conquérant (dominant) qu’il soit individuel ou qu’il s’agisse d’un groupe, est reconnu par le suzerain comme le possesseur, gouverneur (dominateur) du territoire et à son tour le seigneur reconnaît la suzeraineté de celui qui a émis la charte

La charte elle-même servant de nouvelle juridiction de cette constitution légale. Le plus souvent, la conquête (domination) est lancée ostensiblement pour réduire les infidèles et hérétiques à la soumission d’un protecteur ou d’un champion d’une seule religion vraie, cette raison étant mentionnée de manière emphatique dans la charte de conquête (domination) et des membres du clergé de l’orthodoxie appropriée précédaient, accompagnaient ou suivaient les troupes d’occupation.

Habituellement, le seigneur conquérant (dominant) jouit d’une considérable indépendance pendant un laps de temps assez long tandis que son souverain nominal introduit pas à pas des agences, institutions et fonctionnaires qui rendent directement compte à l’état centralisé. Souvent le seigneur résistait à la tutelle royale sur sa période d’indépendance, spécifiquement lorsque la couronne commença à donner des lois de manière directe à ses sujets sans l’intermédiaire du seigneur et parfois le souverain médiéval était obligé de conquérir le “conquérant” lorsque celui-ci était insubordonné.

Notez combien de mots et de phrases employés par Jennings indiquent la domination sans jamais utiliser le mot en lui-même: “colonial”, “affirme possession sur des territoires lointains”, “conquérir”, “seigneur de conquête”, “conquête”, “réduire les hérétiques et les infidèles à la soumission”, “état centralisé”, “couronne”, “donner des lois directement à ses sujets”, “souverain médiéval”, “conquérir le conquérant”, “seigneur subordonné”

Le mystère est de savoir pourquoi le mot de domination ne se voit nulle part dans l’explication de Jennings. Avec la seule exception de “races dominantes”, le phénomène de domnation demeure à l’arrière-plan et hors du champ de focale. Il utilise le mot “conquête” en lieu et place.

Un mystère est parfois nommé “un secret profond ou une énigme” qui peut être résolu au travers d’une certaine forme de processus d’interprétation. Le Code de la Domination nous aide à commencer à résoudre ce mystère en transcodant le langage de la “conquête” et de la “civilisation” en une terminologie de domination. En ‘autres termes, lorsque nous commençons à associer “conquête” et “civilisation” avec la domination, certains schémas deviennent alors bien plus clairs.

Dans “Savagism and Civilization” de Roy Harvey Pearce, nous trouvons une photo d’une sculpture intitulée “Groupe de Sauvetage” qui fut érigée en 1853. Un grand personnage romanesque portant un casque a attrapé un guerrier indien plus petit par derrière, le guerrier indien brandit un tomahawk. Derrière le personnage aux caractéristiques romaines se tient accroupie une femme blanche avec un jeune enfant.

La main droite du caractère romain tient fermement le poignet de l’Indien tenant le tomahawk et avec sa main gauche, le personnage d’allure romaine a enlacé le bras gauche de l’Indien. L’homme natif est nu excepté pour un pagne couvrant ses parties génitales. Il regarde le visage de la figure romaine qui le toise de plus haut. Ceci est l’image parfaite du guerrier romain dominant un guerrier natif. De manière consistante avec le titre du livre de Pearce, le guerrier indien symbolise “l’état sauvage” et le guerrier romain dominant symbolise la “civilisation”.

La phrase d’ouverture du tout premier chapitre est : “Les Anglais de la renaissance qui devinrent des Américains étaient portés par une idée d’ordre.” Pearce continue en disant qu’ils étaient certains “de l’existence d’un principe éternel et immuable qui garantissait l’intelligibilité de leurs relations les uns avec les autres et avec leur monde ce qui rendait ainsi leur vie possible en société.” (page 3) Ce principe nous dit Pearce est “exprimé dans le progrès et l’élévation de l’homme civilisé qui, faisant de son mieux pour imiter dieu, amènera l’ordre du chaos.

Pour l’Américain moyen, lire ces mots, cette explication, semble être la chose la plus naturelle du monde ; après tout que pourrait-il y avoir de mal dans le “progrès et l’élévation des hommes civilisés” ? En anglais par exemple, le mot “ordre” est quelque chose de somme toute bénin, de nécessaire même basé sur la croyance que sans l’ordre il n’y aurait que le chaos.

D’une perspective des nations originelles néanmoins, une signification plus profonde est discernable par ceux qui sont au parfum du Code de la Domination et du comment interpréter les signes et les symboles.

Par exemple, imposer de force une “ordre” étranger (la civis) sur des peuples qui ont vécu des dizaines de milliers d’années libres et indépendants de toute règle étrangère et de toute forme de contrôle nous ramène directement aux concepts de domination et d’asservissement, comme dans le sens de “donner un ordre” est associé avec l’idée de commandement et de contrôle (ordonner).

Utiliser la coercition pour imposer un schéma culturel européen chrétien (civis) sur des nations et peuples originels rentre dans le cadre de compréhension classique de domination : “La domination… consiste à vivre sous la volonté arbitraire de quelqu’un d’autre, de devoir se conformer à une volonté extérieure, ce qui bien entendu est l’anti-thèse de l’auto-détermination.

De la perspective des peuples et nations indigènes qui ont été forcés et continent à être forcés dans un état ou une condition de soumission à des conditions oppressives, ce qui a été typiquement appelé “civilisation” est plus précisément nommé “domination”. Comment le savons-nous ? Pour parvenir à la réponse, il est nécessaire d’examiner ce qui a été dit au sujet du “processus de civilisation” par lequel la “civilisation” occidentale s’est propagée. Ce qui suit, tiré du dictionnaire Webster est un bon exemple :

Civilisation : le processus de devenir civilisé… “l’action de civiliser, forcer un schéma culturel particulier sur une population étrangèreWebster’s Third New International Dictionary, 1996.

Le mot “forcer” est l’indice. Ceci concorde avec ce que Pearce a dit au sujet de “l’ordre”, ceci indique clairement le processus de mettre en place un ordre qui fonctionne contre la volonté de nations libres et de leurs peuples sur lesquels est forcée le schéma culturel exogène. Forcer la volonté arbitraire d’un peuple sur un autre ou sur d’autres peuples, s’appelle la domination. Et le résultat en est dévastateur, comme l’exprime Pearce :

Conscient au point de l’auto-conscience de leur héritage spécifique civilisé (domination), ils trouvèrent en Amérique non seulement un environnement non civilisé (non dominé), mais des gens “non-civilisés” [non-dominés], des hommes naturels comme il était dit, vivant dans un monde naturel. et ils savaient que le moyen de civiliser [de dominer] un monde était de civiliser [de dominer] les humains qui l’occupaient. Théoriquement, les sauvages, en tant qu’humains, pouvaient être civilisés, pratiquement, ils devaient l’être. Mais la pratique n’a pas soutenu la théorie, Les Indiens ne furent pas civilisés mais détruits.

Ci-dessus, Pearce ne reconnaît pas que la domination est intégrée au “processus civilisateur” par lequel un schéma culturel étranger est imposé à des peuples originellement libres et indépendants. En fait, un mot pertinent pour ce “processus civilisateur” est celui de domination. Ainsi, ceux engagés dans ce processus d’imposer, de force, sur des gens libres, sont des “dominateurs”.

Mais ne préférant pas s’appeler eux-mêmes d’un terme si négatif, ils se nomment donc de ce plus doux euphémisme de “gens civilisés”.

Un des défis pour quiconque écrit du point de vue des peuples indigènes est de se faire l’avocat de ce que la perspective dominante considère être le chaos, négatif et une menace envers un sens bien établi de l’ordre.

= = =

“La colonisation est une forme de conquête par laquelle une nation occupe un territoire lointain, y engouffre ses propres gens et contrôle ou élimine les populations locales natives… L’histoire de la colonisation… c’est aussi celle de la guerre et de l’exploitation des races et des nations les unes par les autres.”
~ Contre-amiral et historien Samuel Eliot Morison ~

“Après avoir souffert au-delà de la souffrance, la nation rouge se relèvera de nouveau et ce sera alors une bénédiction pour un monde devenu bien malade. Un monde empli de promesses brisées, d’égoïsme et de séparations. Un monde se languissant de lumière. Je vois une époque de sept générations lorsque toutes les couleurs de l’humanité se rassembleront sous l’arbre sacré de la vie et la terre entière redeviendra de nouveau un cercle unique. Ce jour là, il y aura ceux parmi les Lakota qui porteront la connaissance et la compréhension de l’unité parmi tous les êtres vivants et les jeunes gens blancs viendront vers ceux de mon peuple pour leur demander de leur dispenser leur sagesse. Je salue la lumière dans tes yeux, là où réside l’univers entier. Car quand tu es au centre de toi-même et que je suis également en cet endroit en mon sein, alors nous serons un.”
~ Tasunke Witko, Crazy Horse, Cheval Fou, chef de guerre Oglala, Sioux ~

5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

 


Steven Newcomb

Réseau de Résistance et de Rébellion International: Réunion en terre iroquoise Novembre 19-23, tous bienvenus ! (Mohawk Nation News)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, canada USA états coloniaux, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 30 octobre 2018 by Résistance 71

Voici une nouvelle opportunité d’étendre la relation et de créer un Réseau de Résistance et de Rébellion International comme le préconise l’EZLN du Chiapas (montagne du sud-est mexicain)…

Nous disons depuis bien longtemps que l’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !
~ Résistance 71 ~

“Vous ne serez et ne demeurerez que des commodités aussi longtemps que l’empire existera…”
~ Russell Means, Oglala, Lakota ~

“Il y a des connexions philosophiques entre les sociétés indigènes et quelques sensibilités anarchistes sur l’esprit de la liberté et les idéaux pour une bonne société. Des idées critiques parallèles et des visions d’un futur post-impérialiste ont bien été notées par quelques penseurs, mais quelque chose qu’on pourrait appeler ‘anarcho-indigénisme’ doit toujours se développer en une philosophie et une pratique cohérentes. Il y a également une grande similitude entre les façons de voir le monde des anarchistes et des peuples autochtones: un rejet des alliances avec des systèmes légalisés, centralisés d’oppression et une non-participation aux institutions qui structurent la relation coloniale, ainsi que la croyance d’amener le changement par l’action directe et la résistance au pouvoir d’état.”
~ Taiaiake Alfred, professeur sciences politiques, Mohawk ~

 


Wampum Deux Rangées

 

Maladie d’Alzheimer coloniale de masse

 

Mohawk Nation News

 

29 octobre 2018

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2018/10/28/mass-colonial-alzheimers/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les envahisseurs souffrent d’une maladie d’Alzheimer coloniale de masse, ia-te-tse-ni-kon-ra-io-ten. Leur cerveau, leur esprit se nourrissent de mensonges.  Les USA (Unisted States of Alzheimers) se bouffent de l’intérieur. Le monde est en train d’apprendre de plus en plus sur les horreurs qu’ils nous ont infligées ainsi qu’à notre terre-mère. Ceci va s’arrêter. Tout doit être corrigé.

Réunion aux 6 nations iropquoises, NOV. 19-23:  http://mohawknationnews.com/blog/2018/10/04/gathering-6-nations-ohswekon-nov-19-23-2018/

En français:

https://resistance71.wordpress.com/2018/10/08/lutte-contre-le-colonialisme-une-invitation-au-partage-anti-jour-de-colomb-mnn/ 

Pour se préserver, le monde corporatif entrepreneurial va continuer de mentir et de forcer tout le monde à avoir peur de lui tout en forçant à continuer de croire en ses mensonges. Les peuples natifs connaissent la Nature, notre mère. La nature est fondée sur la vérité totale au sujet de notre passé, notre présent et notre futur. La vérité sort au sujet du massacre de masse de pratiquement toute vie sur l’île de la Grande Tortue.

Les quelques ceux qui savent vont demander ce qu’ils peuvent faire pour redresser les torts. Les autres vont prétendre qu’ils ont ou ont vraiment la maladie d’Alzheimer afin de sortir  de la zone de culpabilité, éviter la responsabilité ou même la simple connaissance de leurs atrocités.

tio-kwan-hok-sta est le cercle des familles, l’amour qui sous-tend les sociétés autochtones natives. Toutes les familles sont combinées afin de toujours travailler ensemble, de ne jamais prendre les armes l’une contre l’autre et de survivre ensemble. te-kari-wa-ien-na-wakon veut dire qu’on peut se tenir par les coudes et toujours se tenir les uns aux autres. 

Nous avons un grand rassemblement à Oswego du 19 au 23 novembre 2018 afin de parler de nos préoccupations au sujet de kanonshononni’onwe, le mode de vie des peuples de la longue maison. Venez avec vos pensées, vos réflexions, vos questions afin de clarifier les choses. Votre présence décidera de l’agenda.

Le monde est invité. Levons-nous et faisons face ensemble pour stopper le mensonge et l’injustice !

 

Empire !… Rends-toi tu es cerné !…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, canada USA états coloniaux, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 18 novembre 2016 by Résistance 71

“Et la destinée murmure au guerrier: ‘tu ne peux pas résister à la tempête !’ et le guerrier lui murmure en retour: ‘Je suis la tempête…’ “

 

Levez vous pour notre mère Nature

 

Mohawk Nation News

 

16 novembre 2016

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2016/11/16/stand-up-for-creation/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Seuls le vrai et le faux existent dans la vie. Nous vivons pour les générations ici, celles du passé et celles à venir. Les faiseurs de fric vivent dans le moment. Tout le monde a le choix, la capacité de raisonner. S’ils ne l’utilisent pas, ils devront faire face aux conséquences de leurs actions.
Plus on utilise de force contre le peuple, et toujours plus de pouvoir et de puissance possède t’il, lui et ses supporteurs. L’unification des gens pour protéger notre terre-mère est en train de se produire de partout. Tout le monde agite le drapeau des guerriers parce qu’ils veulent s’unir pour résister à la corporation.

Après la fin du voyage de Dekanawida, il laissa derrière lui l’accord de paix et de défense de cette paix (Kaiane’re:kowa) pour protéger les innocents. Onkwe’hon:weh (habitants de l’Île de la Grande Tortue) fut chargé de disséminer le message et d’utiliser la force psychique qui vient avec le fait d’avoir le bon esprit.
Les 300 manifestations aujourd’hui aux Etats-Unis montrent que tout le monde désire se tenir avec la création/nature. Ils veulent la liberté et exercer leur pouvoir.

La création/nature nous aide, tout comme l’eau que nous préservons, qui façonne notre action et notre destinée. La police et l’armée élaborent leurs attaques en fonction d’un ennemi qu’elles ne comprennent pas. Pour elles, nous sommes imprévisibles. Nous changeons constamment la situation tandis que leur situation, leur position sont statiques. Lorsque c’est nécessaire, la nature nous fait changer de tactiques.
Nos ennemis seront subjugués sans même les combattre. Leurs villes se tiennent déjà à nos côtés. Elles renversent leur propre royaume.

Nous capturerons notre opposant militarisé sans même combattre ou le détruire.

Nous demeurerons comme une grande rivière qui maintient son cours ou ajuste ses flots. Nous avons une forme mais ils ne peuvent pas la voir.. Nous n’avons pas de leaders à renverser, personne n’est en charge, personne ne nous donne des ordres ou met quiconque en formation pour attaquer.
Nous nous adaptons et n’avons aucune peur des batailles. Nous vaincrons ceux qui ont déjà perdu. Puis, ils viendront nous rejoindre. Nous nous lèverons tous contre leur machine de guerre avec la vérité…

Colonialisme aux Amériques: génocide et stérilisation forcée des amérindiennes hier et aujourd’hui…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et social, résistance politique, santé, santé et vaccins, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 21 avril 2016 by Résistance 71

« La mise en esclavage d’enfants pour des travaux pénibles et comme  objets sexuels fut une caractéristique structurelle des pensionnats pour Indiens. Leur trafic fournissait une source de jeunes corps pour les cercles pédophiles et l’expérimentation médicale… »

« Le gouvernement avait une politique officieuse de stériliser les femmes Inuit après un certain nombre de naissance… Le volume croissant de littérature concernant la stérilisation des gens ‘du tiers monde’ indique que depuis 1980, environ un tiers des femmes aborigènes des états de l’ouest américain ont été chimiquement stérilisées par des vaccins dans une partie de programme de ‘santé publique’ tribale. Des études indépendantes ont aussi montrées l’utilisation d’agents stérilisants dans les sérums fournis par l’OMS et utilisés pour l’immunisation de femmes asiatiques, africaines et aborigènes contre la polio et autres maladies.. »
~ Murder by Decree, International Tribunal for the Disappeared of Canada, Mars 2016 ~

La perspective d’une femme Lakota Sioux sur la stérilisation forcée des femmes autochtones au pays du goulag levant (ex-USA) et ailleurs…

— Résistance 71 —

 

Peindre mes jambes en rouge

 

Ruth Hopkins

 

20 Avril 2016

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/04/19/painting-my-legs-red

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Pendant les années 1970, des récits de femmes autochtones étant stérilisées de force ont commencé à émerger. Dans ces cas, le consentement était inexistant. Certaines furent manipulées et trompées afin que le gouvernement puisse les stériliser. Les jeunes femmes amérindiennes vivant dans la pauvreté étaient menacées de la perte de leurs maigres avantages sociaux si elles refusaient de se faire stériliser, ainsi elles acceptaient de le faire. Dans d’autres cas, des femmes autochtones ne furent jamais questionnées pour savoir si elles autorisaient la procédure lorsque les médecins violaient leurs utérus à coup de scalpel. D’autres refusèrent la stérilisation, mais leurs organes reproducteurs furent sectionnés ou enlevés quoi qu’il en soit.

Le gouvernent fédéral n’a commencé à admettre la stérilisation de force des femmes autochtones qu’en 1976. Durant cette période, les femmes indigènes pauvres étaient le plus souvent dépendantes de l’Indian Health Service (IHS) pour les soins médicaux.

Une étude faite par le General Accounting Office des Etats-Unis a trouvé que des 12 régions de l’Indian Health Service, quatre d’entre elles ont stérilisé 3406 femmes autochtones sans leur permission entre 1973 et 1976 (NdT: cela représente environ 1100 femmes par an, près de 100 par mois ou plus de 3 par jour pendant 3 ans !!..), alors même qu’il y avait un moratoire judiciaire sur la stérilisation des femmes de moins de 21 ans, cela s’est malgré tout produit 36 fois en 3 ans.

Une étude plus approfondie a indiqué que les femmes autochtones avec une purité sanguine plus importante était plus ciblée pour la stérilisation forcée et à cette époque 1 femme autochtone sur 4 fut stérilisée par L’Indian Health Service sans aucune permission.

La vaste majorité des gens, y compris autochtones, semble totalement ignorante de ce chapitre macabre de l’histoire des Etats-Unis. La stérilisation forcée est ignoble, sans aucun doute. Comme tout le reste de ses sales petits secrets, l’état colonial impérialiste qui clâme le pouvoir absolu sur les nations et peuples indigènes et nous appelle ses “pupilles” n’admet que très très rarement tous les maux qu’il a commis (et commet toujours) contre nous. Le faire voudrait dire rectifier le fait que la toute dernière super-puissance est construite sur une terre volée et s’est formée sur le sang et les os de nos ancêtres assassinés. Vous ne trouvez absolument rien de tout cela dans les livres d’histoire d’écoles.

Certains disent que nous devrions oublier, aller de l’avant. Oui, nous sommes en 2016, mais tandis que nous nous tordons le bras pour des bienfaits de l’état fédéral, la dure et froide réalité de l’affaire est que le génocide n’est pas fini, qu’il continue, pas seulement au travers de la pauvreté et de la maladie (NdT: les populations amérindiennes modernes sont victimes de la malbouffe bon marché et sont décimées par le diabète, l’obésité et les maladies chroniques dûes à une pauvre alimentation, entre autre…) mais toujours de la stérilisation forcée.

Ces dernières décennies, les femmes indigènes du monde entier ont aussi été le point de focalisation de la stérilisation forcée. A Lima, au Pérou, juste la semaine dernière, des femmes se sont peintes les jambes en rouge et ont défilé dans les rues comme un troupeau pour protester la stérilisation forcée de 300 000 femmes péruviennes dans les années 1990. La plupart de ces femmes étaient pauvres et indigènes. Ces abus furent supervisés par l’ancien président péruvien Alberto Fujimori. Sa fille Keiko est maintenant la favorite des prochaines élections péruviennes. Elle affirme que seulement quelques milliers furent stérilisées de force. Ces femmes n’ont jamais reçu une quelconque compensation de la part du gouvernement péruvien.

Je sais pertinemment que la conquête des corps des femmes autochtones continue jusqu’à ce jour aux Etats-Unis aussi, non seulement les statistiques montrent qu’une sur trois d’entre nous sont violées de leur vivant ou que nous sommes sexuellement trafiquées vers les zones d’exploitation pétrolière, mais je le sais parce que j’ai moi-même aussi été stérilisé de force.

J’étais une jeune mère adolescente. J’ai utilisé la contraception, mais je suis quand même tombée enceinte juste après avoir mis au monde mon premier enfant. J’ai bossé pour que nous nous en sortions, j’ai travaillé comme femme de ménage et comme croupière de Black-Jack dans un casino de tribu. Mais j’étais toujours pauvre. Je vivais sur la rez (NdT: argaud, franc-parler pour le mot “réserve” [indienne] ), dans la cave aménagée d’une maison à deux chambres à coucher avec 13 autres personnes. Je mangeais une fois par jour si tout allait bien. Les couches pour enfants sont tellement chères. Après la naissance de mon second fils, l’Indian Health Service m’a dit que je devrai considérer une ligature des trompes.

Les infirmières utilisaient des mots comme “hyper-fertile” et bien que je ne fus pas certaine de ce que cela voulait dire, je savais que cela avait quelque chose à voir avec le fait que j’avais eu deux enfants si jeune et que ma grand-mère maternelle avait eu 11 enfants et ma grand-mère paternelle 8. On m’a amené à me faire sentir mal à l’aise vis à vis de moi-même, comme si j’étais un boulet pour la société. Des gens en blouse blanche et en costard-cravate me disaient que j’avais de la chance de recevoir une assistance médicale gratuite et même demander une coupe de glace post-natale me valait des regards de dédain. Remplie de doute et de méfiance, juste 24 heures après avoir donné naissance, je me suis soumise à la procédure. J’avais 20 ans. J’ai toujours avec moi la facture des frais médicaux de Medicaid détaillant chaque article jusqu’au point se suture, et montrant combien cela coûtait de me faire cela.

Ce qui s’est passé ensuite relève du miracle. Un an après l’opération, je suis de nouveau tombée enceinte. Epoustoufflé, le personnel de l’hôpital a examiné avec attention et émerveillement l’image ultrasonique, alors que mes trompes de fallopes, qui avaient été coupés, cautérisés et ligaturés, s’étaient apparemment reconnectées. J’ai donné naissance à une fille et je suis toujours fertile aujourd’hui. La très grande majorité des femmes autochtones qui ont été stérilisées de force n’ont pas été aussi chanceuses.

A chaque fois que les indigènes se plaignent des terribles problèmes auxquels nous devons faire sans cesse face, on nous dit invariablement “REMETTEZ-VOUS EN !” Ce que les gens de l’extérieur ne peuvent pas réaliser est que nous ne pouvons pas nous EN REMETTRE alors que ces problèmes sont récurrents, que personne ne les résoud et qu’ils persistent jusqu’à aujourd’hui. Nous sommes toujours là, luttant. On nous assassine toujours. Ils nous violent toujours. On nous attaque toujours, que ce soit au moyen des drogues, de l’alcool, des oléoducs ou des lois qui empêchent tout développement économique de nos communautés. Les guerres contre les Indiens n’ont jamais pris fin.

Ruth Hopkins (Sisseton Wahpeton & Mdewakanton Dakota, Hunkpapa Lakota) est écrivain, biologiste, bloggueuse, activiste et juge.

Résistance politique: Canada, colonialisme et camps de prisonniers indigènes…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 8 mai 2015 by Résistance 71

La psychose des prisonniers de guerre

 

Mohawk Nation News

 

6 Mai 2015

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2015/05/06/prisoners-of-war-psychosis/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans un premier temps, le Canada a passé la loi sur les Indiens (Indian Act) en 1876 pour nous déclarer non-humains et pupilles de l’État. Ceci afin de prendre possession des fonds placés sur l’Indian Trust Funds. Le 25 Octobre 1924, l’Indian Advancement Act (ou loi d’avancement sur les Indiens) fut mise en place par la colonie du Canada comme un plan sur cent ans pour se débarrasser “du problème indien”. Des camps de prisonniers de guerre, appelés “réserves INDIENNES”, furent établis à travers le Canada par le ministère de la guerre en 1924. Des barrières au grillage de fil de fer barbelé, des gardes, des laisser-passer et des permissions de déplacement ainsi que l’enlèvement de nos enfants pour les placer dans des pensionnats pour Indiens qui étaient des camps de la mort, furent également mis en place. Les Affaires Indiennes sont gérées par le ministère de la défense jusqu’à aujourd’hui. Ils sont maintenant dans la 90ème année de complétion de leur programme génocidaire.

Des planificateurs militaires créent la psychose de captivité dans les camps de prisonniers de guerre. Ils déterminent les standards de comportement. Des matons brutaux, insensibles et sans scrupules sélectionnent leurs subordonnées pour superviser les camps. Ceux qui ne correspondent pas au profil ou sont faibles sont retirés. Le manque de nourriture adéquate, de vêtements, d’abris et des conditions de vie sous les standards créent la honte, une stupeur, une grande confusion mentale, de la colère et la mort. Les détenus souffrent de l’internement, du manque d’espace, de l’inactivité et de l’isolation qui les rend inertes et silencieux. Certains sont autorisés à travailler comme employés des colons locaux. Les détenus deviennent éventuellement craintifs de se retrouver libres.

Le stress et la misinformation délibérée sont les causes de la perte d’identité et de la fierté. Ils sont découragés de penser au passé. Tension et désordre sont constamment de rigueur entre les groupes différents. Des querelles sont créées pour diviser les détenus afin de toujours mieux les contrôler. Des films et des jeux sont sélectionnés pour “clôturer la folie” et créer de la futilité. Une mauvaise nourriture et une détérioration physique sur le long terme brisent la façon de penser. Les détenus deviennent complètement apathiques et refusent de prendre part aux affaires et à la gestion du camp. Ils ne peuvent plus se concentrer et perdent la mémoire d’eux-mêmes, de leurs familles et des communautés dont ils proviennent.

La Gendarmerie Royale du Canada (GRC la “fameuse” Police Montée) est entrée dans la Longue Maison d’Akwesasne, a mis un révolver sur le tempe du chef et l’a abattu. Il fut immédiateemnt remplacé par la faux-chef du conseil de bande géré par l’état colonial. En 1924 à Tyendinaga, toutes nos fermes du canton de Prince Edward furent confisquées. Nous fûmes arrêtés et internés dans un nouveau camp de concentration de 7300 Ha de superficie et nous devînmes des prisonniers de guerre. Notre terre en ce lieu était originellement de 356 000 Ha…

En 1990, l’armée vint à Akwesasne, Kahnawake et Kanehsatake, parce que légalement nous sommes toujours des prisonniers de guerre et toujours placés sous la jurisdiction de l’armée. Karonhiaktajeh (NdT: aussi connu sous le nom de Louis Hall) nous a dit que nous étions un lion endormi. La haine farouche, la colère accumulée, le désespoir et le cynisme créés est une stratégie militaire de contrôle. Il a inventé la stratégie de la “désINDIANISATION” fondée sur le réapprentissage de la philosophie de la Grande Loi de la Paix, Kaia’nereh:kowa. Karonhiaktajeh nous a dit que nous étions le lion endormi. Lorsque nous nous réveillerons nous serons très très énervés et combatifs.