Archive pour amérindiens contre colonialisme

Gilets Jaunes !… D’autres combattants pour l’émancipation périssent, solidarité internationale suite au communiqué sur l’assassinat de membres du CNI au Mexique… (EZLN)

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En accord avec le Réseau de Résistance et de Rébellion International (3RI) mis en place par les Zapatista du Chiapas, nous réitérons ce que nous avons dit à maintes reprises:

« L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais ! »

Gilets Jaunes, Zapatistes du Chiapas, Communes Libres d’Oaxaca et du Rojava, peuple de Zomia, Palestiniens, peuples africains opprimés, Amérindiens, Kanaks, Aborigènes d’Australie, Maoris et tous les peuples colonisésMême combat !

Parce que nous sommes tous colonisés!

Lâchons prise des antagonismes induits et mettons en place la société des sociétés, celle des communes libres confédérées ayant abandonné la dictature étatico-marchande pour enfin devenir une humanité achevée, non aliénée, émancipée du chaos de la division.

~ Résistance 71 ~

 

 

Communiqué du CNI-CIG et de l’EZLN sur le lâche enlèvement et l’assassinat de compañeros du conseil populaire indigène Emiliano Zapata de la province mexicaine de Guerrero

 

EZLN, CNI, CGI

 

6 mai 2019

 

Source:

http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2019/05/05/communique-from-the-cni-cig-and-the-ezln-on-the-cowardly-kidnapping-and-murder-of-companeros-from-the-emiliano-zapata-popular-indigenous-council-of-guerrero-2/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+EnlaceZapatista+%28Enlace+Zapatista%29

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le Congrès National Indigène (CNI), le Conseil de Gouvernement Indigène (CGI) et l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) condamnent avec rage et douleur l’enlèvement et les assassinats de José Lucio Bartolo Faustino, membre du CGI de la communauté indigène Nahua de Xicotlán et de Modesto Verales Sebastián, délégué du CNI de Nahua. Tous deux faisaient partie du Conseil Indigène Populaire Emiliano Zapata qui est membre du CNI-CGI. Le crime a été commis par des groupes paramilitaires du cartel de la drogue qui opèrent depuis la municipalité de Chilapa de Alvarez et qui sont protégés par l’armée mexicaine ainsi que par les polices municipales et d’état.

Le 4 mai à 15H00, nos compañeros étaient à une réunion avec d’autres membres des conseils à Chilpancingo, Guerrero. Sur le chemin du retour vers leur communauté, ils furent enlevés et assassinés par ces groupes liés au narco-trafic qui agissent en toute impunité et sous la totale protection du mauvais gouvernement qui prétend adresser les demandes de sécurité et de justice des communautés indigènes. Ces communautés dénoncent depuis bien longtemps la manière dont le criminel Celso Ortega exerce et déchaîne la violence contre elles. Il convient de dire que les communautés ont depuis des années organisés leur propre police afin de pouvoir résister à la violence, l’extorsion, les menaces et la culture de la drogue qui sont imposés par deux entités criminelles dans la région de Los Ardillos et de Los Rojos. Ces deux groupes narco-criminels contrôlent les présidences des conseils municipaux de toute la région et sont protégés à la fois par l’armée mexicaine et les polices municipales et fédérales. A un moment ils parvinrent même à faire élire un de leurs leaders comme président du congrès de l’état de Guerrero.

Nous tenons pour responsables les trois niveaux de mauvais gouvernement pour ce crime lâche et odieux car ils sont coupables d’avoir réprimé notre peuple dans l’organisation de la défense de ses territoires. Nous tenons aussi pour responsable le mauvais gouvernement pour la sécurité de nos frères et sœurs des conseils indigènes.

En tant que CNI-CGI et EZLN nous envoyons toutes nos condoléances et notre solidarité vers les familles des compañeros assassinés et nous partageons avec elles la motivation de continuer sur la voie de l’autonomie et de la dignité que nos compagnons assassinés ont si vaillamment représentées. Ils sont des exemples pour toutes et tous.

Nous dénonçons sans réserve aucune l’intensification de la répression néolibérale contre les peuples, nations et tribus originels qui ne consentent en rien à ce projet de mort dans l’état de Guerrero et de fait dans tout le Mexique, ainsi que la violence utilisée pour nous imposer ces projets et la répression, les enlèvements, les disparitions et les assassinats de ceux d’entre nous qui ont décidé de semer les graines d’un nouveau monde depuis les espaces géographiques indigènes que nous sommes et où nous vivons.

Nous demandons justice pour nos compañeros

Dans l’attente…

Mai 2019

Pour la totale reconstructions de nos peuples

Plus jamais un Mexique sans nous

National Indigenous Congress

Indigenous Governing Council

Zapatista Army for National Liberation

= = =

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Canada entité coloniale… Le pillage continue (Mohawk Nation News)

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Cadre d’accord: Un vol éhonté

 

Mohawk Nation News

 

1er mai 2019

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2019/05/01/framework-a-barefaced-robbery/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’Île de la Grande Tortue est la terre de ratinakeri, le peuple naturel placé dans notre cadre naturel. Aucune race n’a un droit naturel quelconque de venir, d’envahir un endroit et d’exterminer d’autres races. (Wampum 73). Les étrangers ne suivent pas les préceptes de teohateh ou Wampum Deux rangées. Le Canada crée des pertes, agit de manière malfaisante, cause la souffrance d’onkwehonweh (peuple naturel d’onowaregeh, Île de la Grande Tortue), seul et véritable peuple originel du continent. Les étrangers furent instruits de ne pas contrôler, de ne pas interférer ni de faire de mal au rotinoshonni’onweh. Le peuple peut appeler Aserakowa ou le chef de guerre pour expulser les offenseurs en leur disant ce message: “Vous devez trouver un chemin et devez emmener tous vos gens loin d’ici.” (wampum 74)

URGENT/REGISTERED MAIL

April 30, 2019

TO: Assembly of First Nations, 55 Metcalfe Street Suite 1600, Ottawa, Ontario K1P 6L5. Phone: 613-241-6789. Toll Free: 1-866-869-6789. Fax: 613-241-5808. jyoungcastro@afn.ca 

RE: A l’attention du gouvernement colonial du Canada et son Assemblée des Nations Premières (AFN/ANP)

Sego.

Je suis une Onkwehonweh souveraine, membre du véritable peuple à tout jamais d’Onowaregeh, l’Île de la Grande Tortue. Mon nom, dans l’entreprise coloniale, est Audrey Horn. Mon véritable nom Kanionkehaka’onweh est Kahentinetha. Le Canada et l’ANP est le processus mis en place pour m’exterminer alors que j’ai été placée sur l’Île de la Grande Tortue par la nature/création.

L’AFN/ANP et les conseils de bandes coloniaux sont des agents payés par l’entreprise coloniale du “gouvernement du Canada”. Trudeau a menacé les premières nations que s’ils ne signaient pas ce qu’on leur demandait, il couperait leur financement. l’AFN/ANP a usurpé la juridiction de manière illégale sur moi et ma propriété sans mon consentement ni même m’avertir de quoi que ce soit. L’identification d’enregistrement de l’ANP entrepreneuriale est: NATIONAL INDIAN BROTHERHOOD 053108-1. BUSINESS # 133649848RC0001 Date modified 2019-04.  Ceci est un abandon volontaire et illégal personnel au Canada.

Le Canada et l’ANP n’ont jamais obtenu ma permission pour parler en mon nom ou me représenter en quoi que ce soit, ce qui viole ouvertement Kaianerokowa, la Grande Loi de la Paix ainsi que la loi internationale.

Un certificat de statut indien No 0—-1 m’a été imposé par l’entreprise coloniale privée appelée “gouvernement du Canada”. l’ANP et les Premières Nations mènent des affaires secrètes au nom du Canada pour anéantir mon droit de naissance sur ce continent sans m’en rendre compte et sans mon consentement explicite. Ces entités signent un cadre d’accord légal frauduleux pour m’exterminer et pour affirmer un titre de propriété de la Couronne (NdT City de Londres) sur ma propriété connue sous le nom d’onowaregeh, l’Île de la Grande Tortue (le sous-continent nord-américain).

Je ne vote pas pour l’ANP ni pour le Conseil Mohawk de Kanawakeh (CMK) car ce sont des entités illégales qui tentent d’exercer un pouvoir dictatorial sur moi. On ne m’a jamais rendu compte des dépenses illégales de l’ANP sur mon compte ou de ma propriété ni sur leur désintérêt complet de mes droits souverains, violant de ce fait, mes droits fiduciaires. Je désire discuter de ces actions illégales avec vous face à face au plus tôt. Je fais la demande officielle qu’un rapport de ces activités me soit adressé, rapport où figurera la liste des actionnaires de l’entreprise de l’ANP comme j’en ai le droit.

Afin de protéger ma souveraineté, j’ai le droit de parler et de me représenter moi-même à toutes les réunions de l’ANP avec le gouvernement du Canada ainsi que d’obtenir toute information me concernant. Je suis en ce moment particulièrement préoccupée par l’entreprise privée canadienne se faisant appelée “Assemblée des Nations Premières” qui signe le cadre d’accord légal frauduleux. En tant qu’onkwehonweh souveraine, je suis tout à fait opposée à cette dernière tentative de m’exterminer moi et tous les onkwehonweh et de nous voler le titre de propriété inhérent sur l’Île de la Grande Tortue.

Peuple présent, passé et futur

Audrey Horn Indian Status number 0——1

= = =

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Message zapatiste pour le centenaire de l’assassinat d’Emiliano Zapata… (EZLN)

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SCI Moisès

 

Message de l’armée zapatiste de libération nationale à l’occasion du centenaire de l’assassinat du général Emiliano Zapata

 

ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE

 

MÉXICO

 

Avril 2019

 

À la famille et aux amis de Samir Flores Soberanes,

À l’Assemblée de la résistance d’Amilcingo,

Au Front des peuples en défense de la terre et de l’eau Morelos-Puebla-Tlaxcala,

Au Congrès national indigène,

Au Conseil indigène de gouvernement,

À la Sexta nationale et internationale,

Aux réseaux de soutien au CIG et aux réseaux en résistance et rébellion,

À celles et ceux qui luttent contre le système capitaliste,

Frères et sœurs,

Compañeros et compañeras,

C’est le sous-commandant insurgé Moisés qui vous écrit au nom des femmes, des hommes, des enfants et des anciens zapatistes. Les mots que nous vous envoyons sont collectifs et c’est à moi, en tant que porte-parole de l’EZLN, qu’il revient de les écrire.

De la même manière, l’accolade envoyée depuis les montagnes de sud-est mexicain et qui arrive aujourd’hui aux dignes terres d’Emiliano Zapata et de ses successeurs – comme l’a été et l’est Samir Flores Soberanes, notre frère et compañero de lutte dans la défense de la vie – n’est pas seulement la mienne mais celle de tous les peuples zapatistes tzotziles, choles, tojolabales, zoques, mames, métisses et tzeltales.

Recevez-la, frères et sœurs, car c’est une accolade que nous vous envoyons nous, les zapatistes de l’EZLN, parce que nous vous respectons et nous vous admirons.

Nous n’avons pas pu être présents avec vous mais c’est ce que nous aurions voulu. La raison [de notre absence] est très simple et elle porte le drapeau du mauvais gouvernement. En effet, dans nos montagnes et vallées, la présence militaire, policière, paramilitaire ainsi que celle d’espions, de taupes et d’informateurs a augmenté. Les survols d’avions et d’hélicoptères militaires ont fait leur réapparition et avec eux, les opérations des véhicules d’assaut, comme au temps de Carlos Salinas de Gortari ; d’Ernesto Zedillo Ponce de León, tuteur politique de l’actuel titulaire du pouvoir exécutif ; de Vicente Fox Quesada après la trahison des Accords de San Andrés ; du psychopathe Felipe Calderón Hinojosa ; et du voleur à cravate et à mèche Enrique Peña Nieto. C’est la même chose mais aujourd’hui avec une plus grande fréquence et une plus grande agressivité.

Et les patrouilles et les survols ne suivent pas les routes du narcotrafic, ni les caravanes épuisées des frères et sœurs migrants fuyant une guerre qui refuse de dire son nom…pour entrer dans une autre que cache un pouvoir exécutif fédéral bavard et querelleur. Non, cette menace de mort parcourt les airs et les terres des communautés indigènes qui ont décidé de se maintenir en résistance et rébellion pour défendre la terre car la vie est en elle.

De plus, aujourd’hui, des membres de l’Armée fédérale et des Forces aériennes s’aventurent dans les montagnes et apparaissent dans les communautés en disant que la guerre arrive et qu’ils n’attendent que les ordres du “grand chef”. Et certains se font passer pour ce qu’ils ne sont pas, et qu’ils ne seront jamais, afin de connaitre les supposés “plans militaires” de l’EZLN, ignorant peut-être que l’EZLN dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit… Ou peut-être leur plan consiste-t-il à monter une provocation pour ensuite rendre coupable l’EZLN de ses conséquences, selon la même méthode qu’utilisèrent à leur époque Ernesto Zedillo Ponce de León et son larbin Esteban Moctezuma Barragán, aujourd’hui chargé de tendre une embuscade au corps enseignant démocratique.

En réalité, le mauvais gouvernement actuel ne se distingue pas de celui de ses prédécesseurs. Ce qui change maintenant, c’est la justification : aujourd’hui la persécution, le harcèlement et les attaques à nos communautés sont réalisées au nom “du bien de tous” et se font sous le drapeau de la supposée “IVème transformation”.

Mais ce n’est pas de cela dont nous voulions vous parler. Après tout, n’importe quelle dénonciation est ensuite discréditée par le pouvoir exécutif fédéral, qui la range dans la catégorie “radical de gauche conservatrice”. Est-ce à dire que quiconque n’ayant pas de salaire et critique le suprême gouvernement n’arrive même pas à être un “fifi” [utilisé par López Obrador pour désigner les “jeunes conservateurs”, les “fils à papa”, qui s’opposent à sa politique] ? Serait-ce ça ? À moins que la réalité ne réside dans les déclarations matinales dévorées ensuite en festin par ses légions sur les réseaux sociaux, dites “modernes” seulement parce que le fanatisme qu’elles suscitent est digital ; n’utilisent-ils pas les mêmes arguments que ceux qui ont applaudi et applaudissent encore les excès des tyrannies qui ont existé dans le monde? On pourrait bien leur répéter les mots d’Emiliano Zapata Salazar : “En tous temps, l’ignorance et l’obscurantisme n’ont produit que des troupeaux d’esclaves pour la tyrannie.“

Concernant ce qui se passe sur ces terres chiapanèques, et bien, c’est exactement la même chose que ce que nous endurons depuis déjà plus de 25 ans. Et nous répétons ce que nous avons déjà signalé : là-bas en-haut, c’est la même chose…et ce sont les mêmes. Et la réalité leur enlève le maquillage grâce auquel ils voudraient simuler un changement.


3RI

Frères et sœurs,

Compañeros et compañeras,

Ce que nous voulons vous dire, vous faire remarquer, c’est à quel point votre résistance est grande.

Non seulement en tant que symbole parce que vous la portez face à ceux d’en-haut qui célèbrent une trahison, celle qui a assassiné un individu du nom d’Emiliano Zapata Salazar et qui a échoué dans la tentative de mettre fin à une cause ; celle qui aujourd’hui subsiste dans de nombreux sigles sur tout le territoire que nous appelons encore le Mexique : le zapatisme.

Votre cause est source d’inspiration pour n’importe quelle personne honnête de ce monde, car votre lutte est pour la vie. Ce n’est pas un pari pour de l’argent, des postes ou des cadeaux. Elle se bat pour les générations futures qui ne pourront pas exister si l’arrogance du Chef triomphe et que les communautés sont détruites.

C’est pour cela que votre lutte mérite non seulement d’être saluée et soutenue, mais qu’elle elle devrait être reproduite dans tous les recoins de la planète où, sous le drapeau des supposés “ordre et progrès”, la nature et ceux qui l’habitent sont détruits.

Il y a des fois où les causes se concrétisent en une personne, un homme, une femme ou un.e autre. Et alors cette cause porte un prénom, un nom, un lieu de naissance, une famille, une communauté, une histoire. Comme pour Emiliano Zapata Salazar, c’est le cas pour le frère et compañero Samir Flores Soberanes qu’ils ont voulu acheter, qu’ils ont voulu faire se rendre, qu’ils ont voulu convaincre d’abandonner ses idéaux. Et puisqu’il ne s’est pas laissé faire, ils l’ont assassiné. Parce qu’il ne s’est pas vendu, parce qu’il ne s’est pas rendu et parce qu’il n’a pas capitulé.

Ceux qui se sont sentis soulagés par son assassinat, et qui ont ensuite réalisé une supposée “consultation”, se moquant ainsi de la tragédie, ont pensé que tout était terminé, que la résistance contre un mégaprojet, criminel comme tous les mégaprojets, s’éteindrait avec les larmes qu’ont arrachées l’absence de notre frère et compañero.

Ils se sont trompés, comme se sont trompés Carranza et Guajardo quand ils ont cru que Chinameca était la fin de Zapata.

Tout comme se trompe l’actuel pouvoir exécutif fédéral quand, étalant son ignorance sur l’histoire et la culture du pays qu’il dit “diriger” (son livre de chevet n’est pas “Qui gouverne” mais “Qui dirige”), prétend rendre amis Francisco I. Madero et Emiliano Zapata Salazar. Car, tout comme Madero a voulu acheter Zapata, le mauvais gouvernement a voulu acheter Samir et les peuples qui résistent avec des aides, des projets et bien d’autres mensonges.

Les peuples et Samir ont répondu avec leur détermination à la résistance, et cela aurait rendu fier Emiliano Zapata qui faisait remarquer qu’on ne l’achetait pas avec de l’or et qu’ici (en terres de Morelos) il restait encore des hommes – et nous ajoutons “et des femmes et des autres” – avec un peu de vergogne.

L’ignorance et l’arrogance qui donnent une identité à l’actuel chef du mauvais gouvernement, ne sont pas non plus nouvelles. Comme ce n’est pas non plus nouveau qu’il ait une cour d’adulateurs, un groupe de canailles qui arrangent l’histoire pour le compte du tyran et le présentent comme le point culminant de tous les temps. Et ils l’applaudissent et répètent, avec une lèche sans pudeur, toutes les idioties qui sortent de sa tête. Lui, il décrète que le néolibéralisme est terminé et sa cour arrange les chiffres, les faits, les projets pour les occulter derrière la scène de l’auto-dénommée “Quatrième transformation”, qui n’est rien de plus que la continuation et l’approfondissement de l’étape la plus brutale et sanguinaire du système capitaliste.

Mais, en plus, le groupe d’adulateurs que le tyran convoque, est rejoint par des larbins de tous types et de toutes conditions, ceux qui n’ont plus de vie, et tuent, pour satisfaire les désirs manifestes ou supposés du cerbère de service.

C’est pour ça que le titulaire de l’exécutif n’a pas besoin d’ordonner qu’on assassine, qu’on fasse disparaître, qu’on dénigre, qu’on calomnie, qu’on emprisonne, qu’on renvoie, qu’on bannisse ceux qui ne lui rendent pas de culte.

Il suffit que sur l’estrade ou dans les médias ou dans les réseaux sociaux, il exerce ce que lui appelle le “droit de réplique” pour que les larbins voient de quelle manière accomplir les désirs de leur maître et seigneur.

Mais tous les tyrans ont peur quand se lève une cause juste et humaine, comme la vôtre – qui est la nôtre.

Ils pensent qu’en assassinant les leaders et les visages visibles, les causes meurent avec eux.

Nous ne savons pas qui a assassiné le compañero Samir. Nous savons qui l’a signalé. Qui, avec une voix geignante et hystérique, l’a fait remarqué pour qu’ensuite des sicaires, soucieux de faire plaisir au chef des forces armées fédérales, accomplissent la sentence prononcée sur l’estrade convertie en tribunal.

Il n’y a pas eu de “droit de réplique” pour Samir Flores Soberanes, il n’y en a pas non plus pour les peuples qui résistent contre le projet de mort appelé “Projet intégral Morelos”, alors que ce mégaprojet n’apportera de bénéfices qu’aux grands capitalistes basés en Italie et en Espagne, le même pays auquel on réclame de demander pardon pour la conquête qui a commencé il y a 500 ans et qu’aujourd’hui le mauvais gouvernement poursuit.

Tout cela, vous, vous le savez déjà, sœurs, frères, compañeros, compañeras. Mais nous le répétons à cause de l’assassinat de Samir qui nous met en colère et en rage et à cause de l’arrogance de celui qui là-bas en haut croit qu’il dirige mais ne gouverne même pas.

Nous sommes en colère, nous sentons cette rage parce qu’à ceux d’en bas ne sont offerts que le mépris des aumônes déguisées en programmes d’assistance ou les menaces pour qui refuse de se plier ; et que pour ceux d’en-haut, qui trahissent ensuite ceux qu’ils caressent aujourd’hui, il y a des sourires, des acclamations et des déclarations tranquillisantes.

Compañeros et compañeras,

Frères et sœurs,

Nous savons aussi que celui-ci, tout comme les mauvais gouvernements antérieurs, veut détourner l’image d’Emiliano Zapata Salazar pour que, avec sa mort, meure aussi la défense de la terre, qui est ce que nous, peuples originaires, appelons la vie.

Et nous savons le plus important, ce qui compte vraiment : nous, peuples originaires, poursuivrons la rébellion et la résistance.

Peu importe qu’ils nous appellent “conservateurs” ou qu’ils appelaient “bandits” les zapatistes de l’Armée libératrice du Sud il y a 100 ans.

Comme ses prédécesseurs, le mauvais gouvernement actuel et ses larbins “modernes” peuvent nous dire ce qu’ils veulent.

Notre parole et notre silence sont plus grands que leurs petits cris hystériques.

La lutte zapatiste persistera, les peuples originaires continueront à vivre.

Partout sur la planète, dans les villes et les campagnes, se construit aussi la lutte de groupes, collectifs et organisations de femmes, d’occupants, d’artistes, de jeunes, de scientifiques, de travailleurs, d’employés, d’enseignants, d’étudiants, d’autres.

Ce n’est pas leur taille qui compte mais leur fermeté. Avec eux, elles, elleux, avec respect et solidarité, il faudra ériger un réseau mondial de rébellion et de résistance contre la guerre qui, si le capitalisme triomphe, signifiera la destruction de la planète.

Les mauvais gouvernements viendront et s’en iront, mais la couleur de la terre persistera et avec elle toutes les couleurs de ceux qui dans le monde se refusent à la résignation et au cynisme, ceux qui n’oublient pas et ne pardonnent pas, ceux qui tiennent les comptes des dommages, des enfermements, des disparitions, des morts, des oublis.

Dans cette pensée et ce cœur collectifs, le monde qui aujourd’hui agonise renaîtra.

Les tyrans de toutes les couleurs tomberont avec le système qu’ils servent.

Et pour le monde, il y aura finalement une vie, comme la vie doit être, c’est-à-dire libre.

En attendant qu’arrive ce moment, chaque jour qui passe, nous ne cesserons de porter la vie de lutte d’Emiliano Zapata Salazar et de Samir Flores Soberanes.

Et dans notre lutte quotidienne, le cri qui est aujourd’hui notre drapeau deviendra réel : Zapata et Samir vivent, et la lutte continue pour…

LA TERRE ET LA LIBERTÉ !

Depuis les montagnes du sud-est mexicain,

Sous-commandant insurgé Moisés,

Mexique, avril 2019.

Source:

http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2019/04/21/message-de-larmee-zapatiste-de-liberation-nationale-a-loccasion-du-centenaire-de-lassassinat-du-general-emiliano-zapata/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+EnlaceZapatista+%28Enlace+Zapatista%29

 

 

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Une femme membre du conseil des anciens de la nation Mohawk avait dit ceci à des badauds qui se pressaient pour savoir ce qu’il se passait à Kahnawakeh lors de la crise d’Oka en 1990:

“Regardez bien ce qui se passe ici, car lorsqu’ils en auront fini avec nous… Ce sera votre tour !”

Dans cet esprit, Kahentinetha Horn, fondatrice en 1990 pendant la révolte d’Oka, de la voix de la nation mohawk: Mohawk Nation News (MNN), entre  dans sa 80ème année de lutte anticoloniale. Son message est à lire et à diffuser sans modération car il peut servir de base fondatrice d’un lâcher-prise collectif du monde pervers et criminel créé pour le seul profit du plus petit nombre dans lequel nous baignons depuis tant de générations, lâcher-prise déjà amorcé dans l’évolution du mouvement des Gilets Jaunes depuis novembre de l’an dernier.

Parce qu’en fin de compte…

Nous sommes tous des colonisés ! Ce n’est qu’une question de degré. C’est ce que nous disait déjà l’ancienne du conseil en 1990 à Kahnawakeh… Rien n’a changé depuis, parce que le système est toujours en place. Il est plus que grand temps de le balayer au musée des horreurs de l’histoire et de mettre en place la société des sociétés, celle où l’Homme émancipé retrouvera sa nature organique faite d’amour, de solidarité et d’abnégation et où il réalisera l’harmonie dans l’aboutissement de la complémentarité supplantant l’antagonisme (cf notre manifeste pour la société des sociétés).

Pour ce faire, l’”Homo occidentalis” devra se tenir debout, la main dans la main avec ses frères opprimés et colonisés de tous les continents, pour que surgisse et se mette en place notre complémentarité dans la diversité, seule capable par l’amour et la compassion, de mettre un terme aux antagonismes fabriqués depuis des siècles.

~ Résistance 71 ~

 


Kahentinetha,
fondatrice Mohawk Nation News

 

Arrêtons l’encadrement-piège

 

Mohawk Nation News

 

8 avril 2019

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2019/04/08/stop-the-framework/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Kahentinetha commence à vivre la 80ème année de sa vie et elle a un message à nous délivrer.

La corporation [coloniale] du gouvernement du Canada a fabriqué des règles pour en finir avec nous afin qu’ils puissent avoir un faux pays sur des terres volées. Comme pour les pensionnats pour Indiens, les écoles pour Indiens, les rafles des années 60, les programmes CAS, les prisons, l’éducation publique et le génocide continu, ils essaient d’effacer la vérité. Le dernier programme en date du “exterminer Onkwehonweh et voler Onowarekeh” est appelé “l’accord d’encadrement” (“Framework Agreement”).

Ils pensent que le génocide sera précis et final. On nous force à prendre des médicaments qui affectent la pensée et l’esprit : les systèmes éducatif et électronique. Tout ceci n’est que contrôle psychologique. Seules les identifications corporatrices [coloniales] sont reconnues et autorisées. Ceux qui ne sont pas d’accord sont éliminés. Il ne restera plus que les traîtres de First Nations Inc. qui signeront frauduleusement les actes de vente de tout ce que nous avons et qui engrangeront l’argent. Des mots comme “conflit”, “peur”, “jalousie” et “haine” dirigés vers les dictateurs seront expurgés du langage officiel. De nouvelles langues autochtones simplifiées sont en train d’être créées et mandatées pour limiter notre capacité de penser et de nous connecter avec nos ancêtres.

Seuls des noms pour les banques peuvent être utilisés afin de nous aider à oublier qui nous sommes. Les religions ont été créées pour faire bouger la société native de sa racine naturelle vers le contrôle corporatiste colonial. Le désordre planifié est appelé “harmonie”. Les récalcitrants sont envoyés dans les maisons de travail, dans des prisons camps de la mort et d’endoctrinement militaire. Les “anciens” ayant la connaissance sont “mis à la retraite”. Les généticiens vont continuer à gérer les programmes de stérilisation de la population. Les unités familiales sont créés par l’état depuis la mise en place des lois sur les terres indiennes de 1924 (Indian Lands Acts du 25 octobre 1924). Les enfants sont assignés à des “familles”. Nous sommes entraînés à ne pas avoir d’impulsions naturelles. Ceux qui sont étiquetés comme “fauteurs de trouble”, intelligents, intègres, courageux, visionnaires et capables d’endurer la douleur, sont éliminés. Sont étiquetés dangereux tous ceux qui résistent, qui peuvent voir plus loin que le bout de leur nez, qui posent des questions, qui refusent la propagande et le conditionnement quotidiens, parlent des programmes secrets et ne font aucunes excuses.

Seuls ceux qui reçoivent la mémoire préconçue seront acceptables. Les différences naturelles sont très belles.

Onkwehonweh a son passé enraciné dans son esprit et il ne peut pas être effacé, changé. Ces souvenirs se remémorent au moyen de la langue ancestrale. Ensemble, Onkwehonweh reçoit les instructions de nos ancêtres et apprend le secret et la véritable histoire du monde.

L’accord d’encadrement fournit tout l’entraînement qui est créé et administré par le gouvernement de l’ombre.

Nous fûmes entraînés à supporter la douleur, à l’intérioriser. L’accord d’encadrement est le plan de contrôle. Ils essaient de recréer les frontières de la mémoire en réécrivant l’histoire. Les véritables souvenirs demeurent avec nous. Lorsque nous transgressons les frontières de ce qui a été créé pour nous, alors nous libérons nos souvenirs. Nous pouvons voir et entendre bien au-delà de ce qu’ils nous disent.

Nous avons été retirés du temps naturel par l’imposition du calendrier grégorien et du son naturel par l’imposition de la fréquence de 440Hz. La musique vit profondément dans la terre et est la base de toute forme de cicatrisation. Ils ne veulent pas que nous pensions à ce que nous voyons, ce que nous entendons ou ce qui nous rappelle qui nous sommes. Ils veulent que nous nous asseyons dans une chaise toute la journée, à ne rien faire en attendant leurs directives. Rentrez chez vous et recommencez demain, et que nous leur laissions nos enfants pour qu’ils soient les esclaves de la nouvelle génération coloniale.

Savoir ce qu’est quelque chose n’est pas savoir comment on ressent quelque chose. Être seul, curieux, voir au-delà. Notre pouvoir est un morceau d’énergie source dans chacun de nos esprits. C’est comme cela que nous sommes souverains. Personne ne peut nous dire que penser, seulement ce qu’ils pensent.

Les souvenirs sont le passé qui détermine le futur. Plus on fait d’expérience, plus on veut savoir. Nous savons qui sont notre mère et notre père. Nous avons eu du bonheur et de la peine. L’owistah, ou la maladie de l’amour démesuré de soi, le narcissisme, a amené une grande douleur, la mort et la destruction.

Nous avons la réalité, les émotions et l’amour. L’amour est en train de nous être retiré pour être remplacé par la peur.

Nous ne voulons pas de la douleur et de la perte de notre mère et des gens alentours. Nous nous rappelons nos enfants qui nous ont été arrachés et que nous n’avons jamais revus. La lumière nous fut retirée de nos yeux. Les envahisseurs savent très bien ce que veut dire de tuer nos jeunes et nos vieux. Ils ne ressentent rien à notre égard. Ils craignent les remous que nous faisons et ce qui est à fleur de peau maintenant. Ils détestent qu’on leur rappelle quel culte assassin ils sont. Et pourtant, avec le souvenir même de ce qu’ils nous ont fait pour avoir ce qu’ils ont, ils planifient toujours de nous éliminer.

Nous avons été totalement en paix durant des milliers d’années entre les nations d’Onowarekeh (Île de la Grande Tortue), jusqu’à ce qu’ils ramènent la guerre. Les envahisseurs sont offusqués que ces souvenirs soient de nouveau rappelées au goût du jour ; alors ils ont imaginé un plan appelé “l’accord d’encadrement” pour nous achever une bonne fois pour toute.

La Nature nous a donné force et courage. Les traîtres nous observent et nous rapportent à l’entreprise coloniale. Nous tirons notre force de qui nous sommes et la donnons à nos enfants, pour leur protection. Les conseils de bandes des nations premières se sont alignées avec les envahisseurs pour les aider à mettre en place leur agenda criminel.

Nous voulons tout ce qui nous a été volé, ces choses qui étaient si chaudes, bien et superbes. Le plan de cet accord d’encadrement pour notre extermination ne se produira jamais.

Le Canada ne célèbrera pas son génocide final planifié. Nous nous aimons les uns les autres. Ils ont essayé de nous prendre ça. La maladie de l’owista a transformé l’amour en mort et destruction, en mépris et en meurtre. Lorsque nous serons attaqués nous tiendrons nos bébés près de nous. Nous ressentirons bonheur, musique et amour. Les envahisseurs vivent une vie d’ombres et d’échos, ne sachant pas s’ils sont eux-mêmes réels. Nos souvenirs sont réels. Les règles et lois de l’entreprise coloniale ne sont que des mensonges. Le futur est dans nos esprits. Nous, Onkwehonweh (habitants originels de l’Ile de la Grande Tortue), ne permettrons jamais que nos esprits soient assassinés.

Aussi longtemps que couleront les élixirs de vie des femmes, nous continuerons notre devoir de création.

= = =

Lectures complémentaires:

Effondrer-les-empires-coloniaux-par-apostasie-collective-de-jo-busta-lally

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

Peau_Noire_Masques_Blancs.Frantz_Fanon

Manifeste pour la Société des Sociétés

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

si-vous-avez-oublie-le-nom-des-nuages-vous-avez-oublie-votre-chemin

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

Gilets Jaunes, Chiapas, Oaxaca, Acapatzingo, Rojava, luttes anticoloniales… en marche vers la société des sociétés ! (2ème partie)

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Vers la Société des Sociétés…

Parce qu’il n’y a pas de solutions au sein du système
et qu’il ne saurait y en avoir !…

 

Acapatzingo, communauté autonome urbaine 

Un monde nouveau au cœur de l’ancien

 

mardi 2 avril 2019, par Raúl Zibechi

 

Source:

https://www.lavoiedujaguar.net/Acapatzingo-communaute-autonome-urbaine-Un-monde-nouveau-au-coeur-de-l-ancien

 

1ère partie

2ème partie

 

Dans un deuxième temps, une nouvelle orientation est fixée à la suite de réunions et de débats dans les communautés, et il est décidé que le fonctionnement de tous les espaces de formation doit se faire autour de trois axes : la science, la culture et la formation politique. On s’engage à « travailler à la construction d’un système d’éducation en propre qui embrasse tous les niveaux de la maternelle au baccalauréat […] et qui revendique l’organisation comme forme de vie et comme unique moyen de lutter contre le système d’exploitation imposé [17] ».

En parallèle, apparaissent diverses initiatives : un espace pour les jeunes initialement appelé « assemblée des jeunes » ; des fêtes thématiques pour aborder des sujets comme la sexualité, la toxicomanie, les bandes organisées, la violence domestique, etc. ; un atelier de radio destiné aux jeunes ; un atelier de fabrication de T-shirts dans l’idée de créer des coopératives de production ; un atelier vidéo ; un atelier d’instruments de musique. Une équipe de psychologues s’est constituée qui travaille avec les membres des coopératives pour construire des formes de vie plus entières et moins aliénantes. Selon les psychologues, en aidant les personnes à se remettre de la violence due à l’oppression et à l’aliénation :

« […] la communauté d’Acapatzingo nous a enseigné et inculqué une notion de la psychologie très différente de celle en vigueur dans d’autres milieux. Il s’agit d’une psychologie qui ne prétend pas adapter les personnes à la société telle qu’elle est aujourd’hui, mais les fortifier et les soutenir pour qu’elles acquièrent des compétences et puissent transformer cette société, la construire à la mesure de nos besoins. [18] »

Au cours des années qui ont suivi, des liens se sont forgés avec d’autres collectifs, comme les Jeunes en résistance alternative et la Brigade des rues, qui ont enrichi le travail culturel et politique. En octobre 2012 a eu lieu la première rencontre des commissaires, qui avait pour thème « Capitalisme, autonomie, socialisme », dans la communauté Acapatzingo. De manière générale, le travail se fait partout sur la base des critères et méthodes diffusés par l’éducation populaire : autoformation collective avec des coordinateurs qui agissent en qualité d’initiateurs de débats, réunions en cercle pour faciliter la participation, tableaux de papier pour visualiser les différentes positions et les accords conclus, partir du quotidien qui est le nôtre, éveiller l’esprit critique, comprendre la réalité en la transformant, etc.

La troisième question est celle des règlements. Examinons en détail l’un de ces règlements, celui que s’est donné l’installation de Centauro del Norte. Il s’agit d’un terrain occupé en 2007 dans la zone de Pantitlán, où vivent quelque cinquante familles dans des logements temporaires disposés en lignes et séparés par des allées. Les secteurs correspondant à chaque brigade sont différenciés par leurs couleurs. Les logements, bien que rustiques, ne sont pas précaires : ils sont dotés de murs en dur, d’un sol en ciment et d’un toit léger. Dans l’installation prédominent la propreté et l’ordre, dans un climat général de dignité et d’organisation ; des espaces sont réservés aux jeux des enfants. On trouve des alarmes à différents endroits pour les situations d’urgence, et des espaces de regroupement, identifiés par un marquage au sol, sont prévus pour quand sonnent les alarmes.

Le Règlement général, similaire dans les différentes installations, contient douze pages et a été approuvé par tous les habitants du lieu. Le mouvement, signale le texte, veut offrir une possibilité de logement aux familles qui n’en ont pas mais « acceptent de rompre avec les habitudes et pratiques individualistes » pour construire un projet de vie collectif et solidaire qui se propose de « construire un pouvoir populaire [19] ».

La présence aux assemblées est obligatoire et les absences répétées peuvent donner lieu à l’exclusion de l’installation. L’assemblée a décidé de créer quatre commissions : la maintenance, chargée des travaux collectifs, la surveillance, la culture (dont les caractéristiques ont été décrites plus haut) et la santé, qui se charge de la prévention en matière de santé physique et mentale, du suivi des malades chroniques, et de l’organisation de campagnes de vaccination et de sensibilisation à une alimentation saine.

Note de R71: Intéressant de constater que la France des sections durant la révolution française dans les communes et surtout dans les grandes villes, fonctionnait grosso modo de la même façon…

Le règlement régit d’une manière stricte la vie collective : il interdit la maltraitance physique et psychologique, la diffusion de musique à trop fort volume, et précise que les conflits de voisinage doivent trouver une solution par le dialogue, tout en stipulant que la commission de surveillance peut intervenir dans les cas graves. Lorsque se produit un acte de violence physique, « l’agresseur devra assumer les frais de prise en charge et de traitement de l’agressé » et dans les cas graves, il peut être exclu de l’installation à titre temporaire ou définitif. Tout vol entraîne l’exclusion définitive indépendamment de la somme volée, voire l’expulsion de toute la famille dans certains cas [20].

Des espaces de jeu sont aménagés pour les enfants et il est prévu de tenir des assemblées d’enfants et de créer des commissions avec le soutien des adultes. Les aires communes doivent être propres et il est interdit d’y consommer des drogues ou de l’alcool. Les horaires et tâches des gardes sont définis de manière stricte. Les journées de travail collectif décidées par l’assemblée ou les commissions sont obligatoires.

Dans l’installation Centauro del Norte, j’ai pu observer que les personnes les plus actives sont les femmes, fières de montrer aux visiteurs le site, les espaces de santé, la bibliothèque que l’on trouve dans toutes les installations, et d’expliquer en détail le travail des commissions. Les enfants, de dix ans et plus, se montrent disposés à participer à des activités collectives. Chaque installation dispose d’un endroit pour la tenue des assemblées, qui fait parfois office de cantine. Dans tous les lieux que j’ai pu visiter, j’ai demandé ce qui est fait face à la violence domestique. Chaque fois on m’a répondu la même chose : l’agresseur doit quitter le site pendant un temps qui peut durer de quelques semaines à trois mois en fonction de ce que décide la femme, « pour qu’il réfléchisse ». Il ne peut revenir que si la femme est d’accord. La communauté apporte un soutien affectif à la famille.

Dans certaines installations, des affiches bien en vue indiquent le nom de la personne interdite de séjour. À Acapatzingo, on m’a assuré que, lorsqu’une agression se produit dans un foyer, les enfants sortent dans la rue et font retentir un sifflet, système utilisé par la communauté en cas d’urgence. L’atmosphère à l’intérieur des installations est paisible, au point que même dans des lieux très peuplés comme à Acapatzingo (qui compte environ trois mille habitants), il est courant de voir des enfants jouer tout seuls en toute tranquillité dans un espace sûr et protégé par la communauté.

III. Autonomie et communauté : le monde nouveau

L’expérience vécue à Acapatzingo et dans les communautés du FPFVI nous enseigne que des communautés urbaines peuvent être créées malgré les énormes difficultés et l’« obstacle structurel » auxquels elles se heurtent du fait que leurs membres dépendent d’un travail salarié et précaire [21]. Elle nous montre en outre que le monde ne change pas grâce aux grandes manifestations de rue mais que la nouveauté surgit dans les marges du système et à petite échelle : « Les grandes transformations ne commencent pas par le haut ni par des faits monumentaux et épiques, mais par des mouvements de petite taille et qui semblent sans intérêt au politique et à l’analyste d’en haut. [22] »

Les sociétés changent à partir du quotidien, par le biais de pratiques locales menées dans des espaces restreints, nécessairement autonomes, parce que l’autonomie est le périmètre qui protège les pratiques contre-hégémoniques. Disons que l’autonomie est le moyen permettant aux mondes autres d’exister. Ils en ont besoin pour se protéger précisément parce que ce sont des mondes différents. Il est impossible de savoir quand et comment ces pratiques et modes de vie se développeront, et encore plus de les diriger et les déterminer. En tant que militants, nous pouvons travailler à ce que les choses soient d’une façon déterminée dans un espace concret, mais nous ne pouvons pas — et nous ne devons pas — aspirer à définir à partir d’une position supérieure ce que sera la réalité globale.

Pour survivre, les gens d’en bas doivent tisser des liens avec d’autres personnes comme eux, établir ces relations fortes qui expliquent leur résistance et leur résilience, matérielles comme symboliques. Durant ce parcours, ils créent diverses formes de communautés, d’ejidos ou de colonias, généralement constituées de groupes de familles ayant une certaine stabilité et pérennité. Elles se disent et nous les appelons des « communautés » au sens large, et elles se reconnaissent comme telles. Toutes occupent un espace physique délimité, que nous nommons « territoire ». Dans les villes, ces communautés et territoires s’installent habituellement à la périphérie, bien que quelques-unes se trouvent dans des zones centrales, mais toujours dans des espaces marginaux par rapport à l’accumulation de capital. Ce sont souvent des espaces dégradés sur le plan environnemental et physique.

Par communauté, j’entends des pratiques et des façons de faire, de vivre, de produire et de reproduire la vie, qui se déroulent dans des espaces particuliers, avec des modalités et des temporalités pour la prise de décisions, et des mécanismes pour les faire respecter. Autrement dit, la communauté est aussi une forme de pouvoir, qui se différencie des autres parce que ce n’est pas un pouvoir d’État ni un pouvoir hiérarchique. Parmi les pratiques qui construisent une communauté, il faut insister sur la réciprocité, très différente de la solidarité parce qu’elle ne repose pas sur la relation sujet-objet mais sur la pluralité de sujets, et l’union fraternelle, qui suppose un lien intégral, matériel et spirituel, et qui est l’une des formes que prend l’horizontalité au sein de la communauté.

Les pratiques qui constituent une communauté ont pour fondements l’assemblée pour la prise de décisions, la rotation des tâches, le contrôle des responsabilités par la base, un ensemble de manières de faire que les zapatistes ont synthétisées dans les sept principes du « commander en obéissant » : servir et non se servir ; représenter et non se substituer ; construire et non détruire ; obéir et non commander ; proposer et non imposer ; convaincre et non vaincre ; baisser et non monter. Cet ensemble de pratiques témoigne du fait que la communauté n’est pas une institution ou une organisation, mais avant tout des formes de travail, dont deux sont particulièrement intéressantes : les travaux collectifs et les accords.

Les travaux collectifs constituent des pièces clés, le cœur de la communauté et, comme le soulignent les zapatistes, le moteur de l’autonomie. Je veux dire par là que la communauté ne peut se réduire à la propriété collective mais que la propriété ou les espaces communs doivent être maintenus par des activités permanentes, constantes, car ce sont elles qui peuvent changer les habitudes et les inerties individualistes et égocentriques. Certaines sociétés se sont limitées à la propriété collective ou publique des moyens de production sans réaliser de travaux collectifs. Il en a résulté une reproduction des valeurs et des modes de faire, c’est-à-dire la culture, du système capitaliste.

La conception occidentale de la communauté est centrée sur la propriété collective, y compris dans l’analyse marxiste. Même quand Marx a revalorisé le rôle de la commune rurale lors de ses échanges avec la populiste russe Véra Zassoulitch, il a continué de la considérer du point de vue de la propriété. Il a considéré que sa caractéristique fondamentale est « la propriété commune de la terre » qui permet l’appropriation collective du produit [23]. Il est évident que la propriété collective joue un rôle important dans l’existence d’une communauté, mais je pense qu’il ne faut pas la réduire à cette variable. Le faire reviendrait à adopter une perspective économiciste et à sous-estimer tous les autres aspects. Considérer la communauté comme un ensemble de pratiques (dans la production, la santé, l’éducation, les formes de vie…) ouvre le concept de communauté au lieu de l’enfermer dans les formes de propriété.

Un des aspects centraux de ces pratiques réside dans les travaux collectifs consacrés à soigner, protéger, faire grandir et produire les biens communs de la communauté. À Acapatzingo, l’une des formes que prennent les travaux collectifs sont les tours de garde, mais ce n’est pas la seule. Les équipements collectifs, les rues et les réseaux d’égouts ont été construits collectivement.

Les accords sont le résultat de longs débats en assemblée, qui peuvent se prolonger tout le temps nécessaire jusqu’à ce qu’on arrive à l’accord, qui est une sorte de consensus car les décisions ne sont pas prises par le vote. L’accord suppose que la communauté se dote de moyens coercitifs pour faire appliquer les décisions. Mais cette coercition se distingue de celle de l’État pour une raison simple : elle n’est pas exercée par un corps spécialisé, séparé de la communauté et placé au-dessus d’elle (bureaucratie), mais c’est toute la communauté qui veille à ce que ses décisions soient appliquées. Les règlements remplissent ce double rôle ; ils représentent les accords et définissent les mécanismes nécessaires pour les faire appliquer.

Les communautés enracinées dans un territoire sont souvent harcelées par le système, l’État et le capital, qui ont besoin d’imposer leur ordre dans tous les espaces et de soumettre toutes les personnes à leurs lois. Sur ce point, les communautés peuvent choisir de se plier à l’ordre étatique-capitaliste ou de résister en conservant une position extérieure vis-à-vis de lui. Dans ce cas, elles deviennent des communautés et territoires en résistance. Pour affirmer leurs spécificités, pour se défendre contre les tentatives de subordination, elles doivent s’affirmer comme des espaces autonomes, c’est-à-dire autogouvernés.

Des formes d’oppression existent bien sûr dans les communautés, comme dans tout collectif humain. Dans les communautés autonomes en résistance, rurales, comme les communautés zapatistes, et urbaines, comme Acapatzingo, ces formes d’oppression ne sont pas occultées, elles sont à la vue de tous et il est possible de travailler sur elles. C’est notamment le cas des oppressions de genre et de génération, qui touchent les femmes et les enfants. Durant plusieurs activités auxquelles j’ai participé à Acapatzingo, j’ai pu vérifier que les femmes interviennent en public davantage que les hommes, dans un rapport de trois ou quatre contre un. C’est très différent de ce qui se passe dans d’autres espaces de résistance urbaine, où ce sont les hommes qui prennent la parole bien que les femmes soient majoritaires.

Le travail de reproduction n’est pas invisibilisé ni dévalorisé. De fait, les tâches de nettoyage et d’entretien sont régies par les règlements ; la communauté possède une certaine latitude pour tenter de réguler ce qui se passe dans les familles quand des situations de violence se produisent ; les jardins potagers, la santé et l’éducation ont une importance particulière dans la coopérative même si, comme dans tous les travaux collectifs, la présence des femmes est majoritaire. Bien qu’il existe une forte division sexuelle du travail, beaucoup de tâches remplies par les femmes dans la société capitaliste relèvent ici du collectif et du communautaire, et elles ne sont pas jugées inférieures au travail salarié ou lié à la production.

Les communautés urbaines ont aussi leurs limites et problèmes. D’un côté, il y a ceux en rapport avec la vie urbaine, centre du pouvoir des classes dominantes, des appareils répressifs de l’État, des mafias et de la culture consumériste. De l’autre, dans les villes, il est très difficile aux communautés d’assurer leur survie sans recourir au marché du travail et d’acquérir une certaine autonomie alimentaire vu qu’elles ne possèdent pas suffisamment de terres cultivables. Dans les villes, elles peuvent cependant constituer des alliances avec des professionnels de la santé et de l’éducation, comme le font les communautés du FPFVI.

Mais la critique principale vient de ceux qui sous-évaluent les expériences locales parce qu’elles ne permettraient pas de régler les problèmes de l’humanité. Dernièrement, David Harvey a formulé une attaque en règle contre la démocratie radicale et l’horizontalité remarquant qu’elles « peuvent bien fonctionner en petits groupes mais sont impossibles à appliquer à l’échelle de toute une région métropolitaine, sans parler des sept milliards de personnes qui vivent actuellement sur Terre [24] ».

Pour moi, cette position souffre de deux grandes lacunes. La première est liée à la construction du sujet et le second au type de transition qu’elle imagine et promeut. Les universitaires font en général référence aux sujets ou aux mouvements antisystémiques de manière très générale, sans prendre en compte le fait que ces acteurs ne peuvent prendre chair que dans des espaces concrets, dans le cadre de relations concrètes, c’est-à-dire dans des espaces-temps relativement contrôlés par les gens d’en bas. À d’autres époques, ces espaces ont été, dans les villes, l’usine, la taverne, le quartier ou la colonie, les églises ou les universités. Le système s’est chargé de détruire ou d’étouffer ces espaces-temps de différentes manières allant de la répression frontale à la marchandisation.

Dans la réalité actuelle du capitalisme, les personnes qui peuvent participer à des mouvements ont besoin de créer des espaces pour se rencontrer, se reconnaître, échanger des expériences et se construire comme sujets collectifs : radios communautaires, centres culturels, groupes d’affinité, « jardins communautaires » — pour reprendre l’expression dévalorisante de Harvey [25] — et les multiples espaces qui naissent à contre-courant de la culture dominante. Les militants ne se forment pas en lisant des auteurs classiques ou actuels, même si de telles lectures leur sont souvent très utiles une fois qu’ils ont fait leurs choix de vie, mais en agissant et en partageant.

La seconde lacune tient à l’hypothèse formulée sur les modalités de la transition vers un monde différent. Imaginer une transition qui pourrait prendre en charge les biens communs à l’échelle mondiale, c’est penser à une transition dirigée par un État, capable de changer les choses du sommet jusqu’à la base. Rien de semblable ne s’est produit jusqu’à maintenant et cela apparaît bien peu plausible. Quoi qu’il en soit, une transition de ce type est tributaire de la pensée des Lumières eurocentrique. Il paraît nécessaire de se pencher sur d’autres transitions, notamment celle de la féodalité au capitalisme, transition longue de plusieurs siècles, non dirigée mais chaotique, progressive mais pas linéaire, émaillée de soulèvements, d’insurrections et de révolutions.

Nous nous trouvons dans la phase finale du système-monde et, en parallèle de l’hégémonie états-unienne. Beaucoup d’éléments, notamment la question environnementale, indiquent que l’évolution la plus probable est une transition désordonnée, qui peut prendre la forme d’une désintégration douloureuse mais qui peut créer cependant les conditions d’une reconstruction sur de nouvelles bases [26]. Dans cette reconstruction, les communautés urbaines et rurales en résistance joueront un rôle significatif et pourraient devenir une référence décisive pour la société du futur. Quelque chose de similaire s’est déjà produit au cours de l’histoire. Pour parvenir à ce monde nouveau, le mieux que l’on puisse faire est d’approfondir, d’améliorer et d’étendre cette poignée de communautés autonomes.


…des sociétés, l’union dans la complémentarité

Notes

[1] FPFVI-UNOPII, « Reglamento general Centauro del Norte », miméo, 2009.

[2] Antonio Negri, Job : la fuerza del esclavo, Buenos Aires, Paidós, 2003, p. 161.

[3] FPFVI-UNOPII, « Reglamento general Centauro del Norte », miméo, 2009.

[4] Negri, op. cit., p. 184.

[5] FPFVI-UNOPII, « Una construcción con esfuerzo colectivo », décembre 2008.

[6] FPFVI-UNOPII, « Ponencia para acto en la casa de Dr. Margil en Monterrey », novembre 2006.

[7] Eric Hobsbawm, Historia del Siglo XX, Barcelone, Crítica, 1995, p. 308.

[8] FPFVI-UNOPII, « Ponencia para acto en la casa de Dr. Margil en Monterrey », novembre 2006.

[9] Raúl Zibechi, Entretien avec Enrique Reynoso, décembre 2009.

[10] Lancée par l’Armée zapatiste de libération nationale en 2005 — note Dial.

[11] Ibid.

[12] Humberto Maturana et Francisco Varela, De máquinas y seres vivos, Santiago de Chile, Editorial Universitaria, 1995.

[13] Ibid.

[14] Mot construit sur le mot wagon, qui désigne une rame de métro.

[15] FPFVI-UNOPII, « Una construcción con esfuerzo colectivo », décembre 2008.

[16] Id., p. 4.

[17] Id., p. 5-6.

[18] Id., p. 7.

[19] FPFVI-UNOPII, « Reglamento general Centauro del Norte », miméo, 2009, p. 2.

[20] Id., p. 6-7.

[21] César Enrique Pineda, « Acapatzingo : construyendo comunidad urbana », Contrapunto, n° 3, Centro de Formación Popular del Oeste, Montevideo, Universidad de la República, novembre 2013, p. 58.

[22] Sous-commandant insurgé Marcos, « Ni le Centre ni la Périphérie », intervention au Colloque Aubry, San Cristóbal de Las Casas, 13 décembre 2007

[23] Karl Marx et Friedrich Engels, Escritos sobre Rusia. II. El porvenir de la comuna rural rusa, Mexico, Ediciones Pasado y Presente, « Cuadernos de Pasado y Presente » n° 90, 1980, p. 40.

[24] David Harvey, Ciudades rebeldes. Del derecho a la ciudad a la revolución urbana, Madrid, Akal, 2012, p. 184.

[25] David Harvey, « No hay nada malo en tener un huerto comunitario, pero debemos preocuparnos de los comunes a gran escala », Diagonal, 15 mars 2013.

[26] Immanuel Wallerstein, « Marx y el subdesarrollo », dans Impensar las ciencias sociales, Mexico, Siglo XXI, 1998.

 

Abattre le colonialisme: le Canada entité entrepreneuriale coloniale de la City de Londres et génocide continu (MNN)

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La Grande Loi de la Paix du continent américain

 

La partie de poker du Canada

 

Mohawk Nation News

 

15 mars 2019

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2019/03/16/canadas-card-game/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le coup de poker du Canada a explosé en plein vol ! Le Canada est une dictature fasciste gérée par un petite groupe de l’élite criminelle. Le Canada est en fait une entreprises coloniale privée géré comme toute autre entreprise, simplement le Privy Council (NdT: conseil privée de la reine d’Angleterre qui décide et/ou donne son aval sur tout) en est le conseil d’administration, qui supervise ceux qui en font fonctionner les rouages. Leur fonction essentielle étant de perpétrer cette illusion de liberté tout en faisant tout pour augmenter les dividendes versés aux actionnaires de l’entreprise. Ces actionnaires sont la “Couronne” (NdT: la City de Londres) et la “couronne” est le Vatican. Le Canada a montré sa main lorsque le Privy Council est sorti de derrière le rideau pour montrer son rôle véritable, celui de diriger les officiants de l’entreprise. Les députés sont les abeilles ouvrières dont le boulot consiste à maintenir l’illusion de liberté et de “démocratie” sur l’ensemble des gens. Tout système pyramidal est géré comme votre loge maçonnique locale, suivant une formule de grille de contrôle pyramidale où chacun ne sait que le strict minimum permettant le fonctionnement et le cloisonnement du système.

Quelques membres du Privy Council représentant les actionnaires de l’élite de la Couronne sont sortis de l’ombre, des gens comme Michael Warwick, Keith Lynch [PCO, SNC], Frank Labucci {ancien juge de a Cour Suprême), David Lametti, Joe Wild de PCO et des Affaires Indiennes. Le public canadien devrait demander qui sont ces personnes non-élues et devraient aussi se demander si le peuple a besoin de ce Privy Council ? Seuls les actionnaires de la City de Londres en ont besoin !

Les hauts-fonctionnaires de l’entreprise coloniale sont: le premier ministre est le PDG, le leader de l’opposition le vice-président et le ministre des finances en est le trésorier.

Le contraire absolu du fascisme corporatiste est Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix.

Nous ne pourrons connaître la paix dans le monde que lorsque la dictature du 51% du système entrepreneurial étatique sera connu pour ce qu’il est: une mascarade de démocratie et sera éliminé. Quand les esclaves continuent de voter pour le système, le 1% (NdT: en fait le 0,0001%) continuera de tout posséder et de tout gérer à sa convenance.

Quand ceci prendra fin , alors la guerre prendra fin et le monde connaîtra la paix.

La solution pour éliminer le corporatisme entrepreneurial (colonial) est d’éliminer la clause de non-responsabilité des actionnaires et de fait les rendre responsables de tous les crimes commis envers la Nature par leur entreprise. La première question qui se pose dans toute consultation avec les peuples natifs originels du continent est celle-ci: “Nous voulons la liste complète des actionnaires de l’entreprise. Nous voulons savoir à quelles familles nous avons à faire, quelles corporations/entreprises font des affaires et du commerce sur nos terres ? Elles sont ici pour nous tuer et pour utiliser, piller nos terres et nos ressources afin de faire fonctionner leur machine de guerre autour du monde.”

Si les Canadiens arrêtaient de voter pour ce système inique et demandait au lieu de cela un referendum constitutionnel, ils pourraient alors célébrer leur émancipation de l’esclavage. (NdT: pourvu que ce sit hors système, l’État et la société marchande doivent être mise à bas !…)

Le Canada est coupable du plus grand crime humanitaire de l’histoire. Le Canada est une dictature fasciste qui est couramment dans le processus d’exterminer Onkwehonweh (peuples natifs) afin de forcer de manière illégale sa juridiction sur l’Île de la Grande Tortue et le monde. Le Canada vient juste de montrer ses cartes.

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

Et…

Kaianerekowa la Grande Loi de la Paix

Païens en Terre Promise, décoder la doctrine Chrétienne de la Découverte

Meurtre par Décret, le Crime de Génocide au Canada

Aimé Césaire: Discours sur le Colonialisme

Frantz Fanon: Peau Noire Masques Blancs

Comprendre le système légal colonial pour mieux le démonter avec:
– Peter d’Errico
– Steven Newcomb

Effondrer le colonialisme (Résistance 71 )

James C. Scott:

– L’art de ne pas être gouverné
– Contre le Grain, Histoire Profonde des Premiers États

 


1492-2019… continuité génocidaire

Gilets Jaunes: vision pour une société émancipée planétaire… 25 ans de Chiapas Zapatiste en exemple à adapter

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Gilets Jaunes !… Le monde nous observe…

Réseau de Rébellion et Résistance International

 

Vingt-cinq ans d’insurrection zapatiste : 

« C’est une forme de démocratie réelle, radicale »

 

19 mars 2019, par Jérôme Baschet

 

Source:

https://www.lavoiedujaguar.net/Vingt-cinq-ans-d-insurrection-zapatiste-C-est-une-forme-de-democratie-reelle

 

Le 1er janvier 1994, jour d’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange nord-américain (Alena), commençait le soulèvement zapatiste dans le sud du Mexique. Communes autonomes, conseils de bon gouvernement, assemblées régionales, propriété collective des terres : Jérôme Baschet revient pour Rapports de force, site d’information pour les mouvements sociaux, sur cette expérience longue de vingt-cinq ans.

Quelle est la part du Chiapas qui est contrôlée par les zapatistes, et comment cela se passe-t-il avec les structures de l’État mexicain ?

L’expérience zapatiste se déploie dans la moitié orientale du Chiapas, qui est une région où la population indienne est très largement majoritaire. Cela représente une superficie équivalente à celle d’une région comme la Bretagne, ce qui n’est pas tout à fait négligeable en termes d’extension territoriale. Il faut cependant préciser qu’il ne s’agit pas d’un territoire homogène, car des zapatistes y cohabitent avec des non-zapatistes. Il y a donc coexistence sur le même territoire de deux systèmes politiques. Les communes autonomes zapatistes et les régions zapatistes avec leurs conseils de bon gouvernement sont totalement dissociées des structures administratives et politiques de l’État mexicain. Les communes n’en reçoivent aucun financement et n’ont aucun contact avec elles. Mais ces deux systèmes politiques coexistent, le plus souvent sans trop de tensions au niveau des villages et des communes.

Cependant, depuis vingt-cinq ans, l’État fédéral mexicain a déployé contre l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) toute la batterie des politiques contre-insurrectionnelles : interventions directes de l’armée en 1994 et 1995, paramilitarisation massive avec déplacement de population et massacres dans les années 1995-2000, division des communautés et création artificielle de conflits internes, programmes assistancialistes à visée clientéliste, incitations d’autres groupes ou organisations à attaquer les zapatistes et à s’emparer de leurs terres, etc. Pour ce dernier exemple, cela a conduit à l’assassinat de Galeano à La Realidad en 2014.

Les zapatistes ont résisté à tout cela durant vingt-cinq ans, et aujourd’hui, ils ont en outre annoncé qu’ils s’opposeraient fermement aux grands projets de développement mis en place — dans un déni total des droits des peuples indiens — par le nouveau gouvernement fédéral supposément progressiste. Ils ont affirmé très clairement, lors de l’anniversaire des vingt-cinq ans du soulèvement de 1994, qu’ils résisteraient à ces projets dès lors que ceux-ci s’attaqueraient aux territoires indiens, et notamment zapatistes, comme c’est le cas du si mal nommé « Train maya », destiné au tourisme.


Société des Sociétés

Que sont et comment fonctionnent les conseils de bon gouvernement ? Est-ce une forme de démocratie directe intégrant plus ou moins de fédéralisme en plus de l’autonomie ?

Les conseils de bon gouvernement sont les instances régionales de l’autonomie zapatiste. Elles en constituent le « troisième niveau », puisque l’autonomie s’organise d’abord au sein des villages, dont l’instance principale est l’assemblée communautaire. Puis ensuite au niveau des communes, chacune rassemblant des dizaines de villages. Enfin, la région englobe de trois à sept communes. Son étendue est du même ordre que celle d’un département français. Il y a cinq conseils de bon gouvernement dans les territoires zapatistes, siégeant chacun dans un centre régional dénommé « caracol » (escargot).

Les conseils de bon gouvernement, tout comme les conseils municipaux autonomes, sont élus pour trois ans, pour des mandats non renouvelables et révocables à tout moment. Ils interagissent pour l’élaboration des décisions avec une assemblée régionale, mais les principaux projets qui ne font pas l’objet d’un ample accord au sein de l’assemblée régionale sont renvoyés en discussion dans tous les villages, pour recueillir avis, amendements, oppositions, avec mission pour l’assemblée suivante d’élaborer une synthèse de toutes les remontées rapportées par les délégués des villages. Cela implique parfois plusieurs allers-retours avant l’adoption d’un projet.

L’autonomie est donc un mode de fonctionnement politique qui se construit par en bas, à partir des villages, puis par fédération ou coordination de ceux-ci au niveau des communes, puis des communes au niveau des régions. C’est une forme de démocratie réelle, radicale, fondée sur un principe de « déspécialisation » de la politique et de participation de tous aux instances décidant des affaires communes. Elle implique cependant — et cela nécessairement dès lors que l’on dépasse un niveau strictement local — des formes de délégation. Cependant, ces formes de délégation maintiennent le primat des assemblées et s’emploient à déjouer les risques de dissociations entre ceux qui assument temporairement des charges politiques et le reste des habitants de ces territoires.

Peut-on considérer que c’est une révolution politique et sociale ? Qu’en est-il de sa dimension économique ?

Les zapatistes préfèrent le vocabulaire de la rébellion à celui de la révolution. Parce qu’ils veulent se démarquer d’une conception classique de la révolution qui était étroitement liée à la conquête du pouvoir d’État et la centralité de celui-ci comme instrument de la transformation sociale et économique. Et ils ont bien raison de s’en dissocier car cette conception-là de la révolution a montré, au cours du vingtième siècle, son tragique échec. Cela dit, si vous construisez une réalité collective qui se déploie en sécession complète vis-à-vis des structures de l’État, que vous défendez un mode de vie échappant largement aux catégories fondamentales du capitalisme, et dont l’objectif, nullement limité à la dimension locale, entend lutter contre le capitalisme pour contribuer à sa destruction, alors il ne serait pas tout à fait absurde de prétendre qu’il s’agit d’une dynamique de type révolutionnaire.

S’agissant du domaine productif, les zapatistes entendent défendre une agriculture paysanne revitalisée par les pratiques agroécologiques : rejet des pesticides chimiques, défense des semences natives, prise en compte des enjeux écologiques, etc. Cela veut dire qu’ils produisent eux-mêmes l’essentiel de leur alimentation traditionnelle, à base de maïs, haricots rouges et courges, à quoi s’ajoutent les animaux de basse-cour et divers produits comme le riz, les fruits ou le miel. Il s’agit de formes d’autosubsistance qui se développent sur des terres dont la propriété est collective et l’usage familial. À cela il faut ajouter une capacité à soutenir l’autonomie collective, grâce aux dizaines de milliers d’hectares de terres récupérées en les reprenant aux grands propriétaires, lors du soulèvement de 1994. Ces terres sont la base matérielle de l’autonomie. C’est grâce à elles et aux travaux collectifs qui y sont accomplis que peuvent être couverts les besoins du système de santé, tout comme ceux qu’entraîne l’exercice de l’autogouvernement et de la justice autonome.

La capacité de produire par soi-même se développe aussi dans le cadre de coopératives artisanales dans les domaines du textile, de la cordonnerie, la charpenterie, la ferronnerie ou les matériaux de construction. Enfin, le Chiapas est une importante zone de production de café : les familles zapatistes disposent de petites parcelles dont la production est commercialisée à travers des coopératives et, surtout, des réseaux de distribution solidaires qui se sont organisés dans plusieurs pays d’Amérique et d’Europe. C’est un soutien très important que l’on peut ainsi apporter aux familles zapatistes car, en complément des cultures d’autosubsistance, c’est ce qui leur assure de modestes apports monétaires leur permettant d’acheter les produits de première nécessité qu’elles ne produisent pas.

Quelle est la place de l’EZLN aujourd’hui dans la révolution zapatiste, sachant que tout commence par une insurrection armée le 1er janvier 1994 ?

Il faut bien comprendre que le nom même de l’EZLN (Armée zapatiste de libération nationale) est trompeur. Il y a bien une dimension militaire qui s’est manifestée lors du soulèvement armé du 1er janvier 1994, qui n’a pas disparu, et a été rappelé lors de la célébration des vingt-cinq ans. Mais la partie militaire est nettement minoritaire au sein de l’EZLN. La très large majorité de ses membres sont des civils qui vivent dans les villages rebelles du Chiapas. Plus largement, la trajectoire de l’expérience zapatiste a consisté à mettre de côté les armes au profit de formes politiques civiles. Par contre, l’absence d’un accord de paix avec le gouvernement mexicain n’a pas permis d’y renoncer complètement. L’essentiel de l’expérience zapatiste, en particulier à partir de 2003, tient à la construction de l’autonomie dans les territoires rebelles du Chiapas. Cette expérience-là est entièrement civile. Elle se développe à côté de la structure militaire de l’EZLN, au point que ceux qui ont des responsabilités au sein de celle-ci ne peuvent y prendre part.

Le zapatisme est un peu passé en dessous des radars depuis dix ans. A-t-il encore une portée en tant que source d’inspiration ou modèle ? Que représente-t-il au Mexique ?

Pour être un peu plus précis, on a surtout entendu parler du zapatisme entre 1994 et 2001, du soulèvement armé à la marche vers Mexico en passant par la Rencontre intercontinentale pour l’humanité et contre le néolibéralisme. Ensuite, entre 2001 et 2012, les médias en ont très peu parlé, avec une longue phase de silence des zapatistes eux-mêmes entre 2009 et 2012. Pourtant, le silence des médias, voire des zapatistes eux-mêmes ne signifiaient pas que cette expérience avait cessé d’exister ni que de nombreuses personnes du monde entier continuaient à s’y intéresser. Depuis 2013, on en parle davantage me semble-t-il, car les zapatistes ont multiplié les initiatives nationales et internationales.

En 2013, ils ont organisé, en guise de bilan de vingt ans de construction de l’autonomie, la « Petite École zapatiste » qui a permis à plus de cinq mille personnes de se rendre dans les villages rebelles pour mieux comprendre le fonctionnement de leur autonomie. En 2014, ils ont organisé le Festival mondial des rébellions et des résistances contre le capitalisme. En 2015, ils ont convoqué un séminaire international sur « La pensée critique face à l’hydre capitaliste », puis, en 2016 et 2017, ils ont organisé d’autres rencontres internationales consacrées aux arts et aux sciences. En 2017, ils ont contribué, conjointement avec le Congrès national indigène, à la formation d’un Conseil indien de gouvernement au niveau national, qui s’est efforcé en vain de présenter sa porte-parole comme candidate indépendante lors de l’élection présidentielle de 2018.

Donc, oui : l’expérience zapatiste représente une source d’inspiration plutôt qu’un modèle, au Mexique et au-delà. Du moins, pour tous ceux qui pensent qu’il ne peut y avoir de solution au désastre actuel qu’à partir du moment où l’on cherche à sortir du système capitaliste, et qu’un anticapitalisme conséquent doit se construire par le biais d’une autre politique qui renonce à la centralité des formes d’organisation étatiques.

Pourquoi n’y a-t-il pas eu de contagion de cette rébellion au reste du Mexique depuis vingt-cinq ans ? N’est-ce pas un échec du mouvement ?

Il faut noter que les horizons de lutte des zapatistes ne sont pas seulement nationaux, mais aussi planétaires. Il faudrait donc parler aussi d’un échec au niveau planétaire. Mais cet échec n’est pas celui des zapatistes : il est le nôtre, à tous et toutes. Tant que le capitalisme n’aura pas disparu de notre planète, les zapatistes auront en effet échoué. Et nous tous avec eux. Mais où, sur cette planète, peut-on rencontrer un ample territoire où les gens ont construit des formes d’autogouvernement populaire, parviennent à résister aux attaques des forces liées aux intérêts du capital, et maintiennent des formes de vie et d’organisation autodéterminées ? Hormis le Chiapas et le Rojava, ainsi que des expériences d’autonomie telles que les ZAD, je ne vois pas.

Il est certain que la contagion de l’autonomie que les zapatistes s’efforcent de susciter n’a pas été jusqu’à présent à la hauteur de ce qu’on pourrait, autant qu’eux, souhaiter. Il ne faudrait cependant pas minimiser les avancées. Les zapatistes ont largement incité à la création du Congrès national indigène, qui rassemble de nombreuses luttes des peuples indiens du Mexique. Leur exemple est très important pour le développement d’autres formes d’autonomie. Par exemple, celle des autorités communautaires du Guerrero, ou celle de la commune de Cherán dans l’État du Michoacán qui depuis 2011 a réussi à s’auto-organiser pour repousser les assauts des narcotrafiquants.

Les zapatistes ont montré qu’une autre voie de transformation radicale était possible. C’est celle qu’ils dénomment autonomie et qui associe autogouvernement populaire et formes de vie autodéterminées. Elle ne demande qu’à croître partout où la dévastation provoquée par l’hydre capitaliste se fait de plus en plus flagrante et où toutes les solutions traditionnelles ont montré leurs limites ou leurs impossibilités. Cet esprit de l’autonomie n’est peut-être pas si éloigné de ce qui s’exprime dans les courants les plus novateurs des gilets jaunes, tels qu’on peut les voir à l’œuvre notamment dans la récente Assemblée des assemblées convoquée, fin janvier, à Commercy.

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération: