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Résistance au colonialisme: La dictature de la pensée occidentale à l’origine des lois coloniales toujours en vigueur (Steven Newcomb)

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A lire, la version PDF de « Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte »
(Steven Newcomb, 2009, traduction de larges extraits par Résistance 71)

Pour mieux comprendre la notion de pouvoir et de justice dans le paradigme autochtone: « Un manifeste indigène » (Taiaiake Alfred)

 

L’esprit de l’homme blanc est à l’origine de la soi-disante loi fédérale indienne

 

Steven Newcomb

 

28 juin 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/mind-white-man-origin-us-federal-indian-law/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

“Remonter à l’origine de la loi fédérale indienne est une tâche difficile.” – Felix S. Cohen

La loi est un pur produit de l’esprit humain.” – Steven L. Winter

Les concepts et les idées qui constituent la loi fédérale indienne américaine sont issus de là où toutes les idées ont leur origine, dans l’esprit humain. Mais pas n’importe quels humains ont créé ces concepts. Nos ancêtres indigènes n’ont pas créé les idées appelées aujourd’hui la “loi fédérale indienne”. Les descendants des colons européens créèrent les idées que vous lirez si vous prenez par exemple The Handbook of Federal Indian Law, de Felix Cohen. Je ne vois pas très bien pourquoi Cohen a eu des difficultés a comprendre un point clef: l’origine de la loi fédérale indienne est l’esprit de l’homme blanc.

L’esprit occidental, celui de l’homme blanc, a créé les idées qui ont été utilisées et continuent de l’être pour opprimer nos nations originelles. Lorsque les colonisateurs ont envahi nos territoires traditionnels, ils avaient avec eux des penseurs dont le boulot était de planifier et de comploter. Il y a eu de tels penseurs au cours des siècles. Ces esprits brillants étaient formés dès leur plus jeune âge à penser aux meilleurs moyens et pratiques pour phagocyter nos terres et territoires et pour imposer sur nos peuples et nations un vocabulaire limité et des idées qui créeraient un système de réalité dominatrice qui serait utilisé pour dominer et contraindre nos nations. Nous vivons aujourd’hui avec le résultat de cet héritage destructeur.

Nos ancêtres n’avaient pas le bénéfice de connaître en détail  la mentalité des colonisateurs. La plupart de nos ancêtres n’ont pas eu le bénéfice de pouvoir aller lire les archives des colons et, basés sur cette étude, de formuler des arguments en anglais, en français ou en espagnol/portugais, qui pourraient être utilisés pour identifier et fondamentalement défier les grands silences des colonisateurs et leurs assomptions les plus profondément cachées.

Lorsque les membres de nos familles furent forcés, enfants, dans les pensionnats blancs de la domination, la pédagogie du contrôle était faite “pour tuer l’Indien et sauver l’humain en lui”. On leur a appris à imiter et à embrasser le schéma mental du “dieu bénit l’Amérique” du colonisateur plutôt que de défier ces schémas dominateurs. “L’Indien” qui était désigné pour mourir était celui qui avait le plus de chance de défier ces schémas de l’agenda colonisateur de l’homme blanc. Ainsi, le système impérialiste américain de domination voulait dévorer nos ancêtres pendant leur enfance en les forçant dans les entrailles de l’empire (les rendant ainsi colon-isé), de façon à ce qu’ils puissent être “assimilés” (digérés) dans le corps politique de l’empire et finir par vivre tranquillement dans le corps de l’empire, captifs, si on peut dire, du “ventre” de la bête.

Enfants, nos ancêtres furent forcés à incorporer les pensionnats pour Indiens dans un effort de retirer tout ce qui pourrait maintenir nos nations ensemble. Nos nations devaient être et furent démantelées en suivant les coutures. Pour la plupart, nos nations n’étaient même pas référées comme étant des nations ; au lieu de cela, on apprît à nos ancêtres de se référer à la notion de “tribu” au lieu de nation  ou à un bas-ordre de “nations tribales”. Après quelques générations, ce vocabulaire dénaturant est devenu une partie imbriquée de la fabrique même de notre existence colonisée. Nos langues, que nos ancêtres firent évoluer au cours des millénaires devaient être étouffées, suffoquées. Ceci devait se faire en ne laissant pas nos ancêtres “respirer un mot” de leur langue maternelle durant leur enfance. Un système de punition vicieux et psychologiquement endommageant tout autant que ridicule fut mis en place et appliqué à tous ces enfants qui voulaient continuer à parler leur langue maternelle, ce qui était de fait la chose la plus naturelle du monde à faire. Le plan tordu des colonisateurs était de s’assurer que nous ne serions plus capables de parler les mots, de penser ou de connaître les enseignements de nos ancêtres. Dans la plus grande des mesures, ce programme fut un succès, il n’a échoué qu’en quelques circonstances.

A cause de l’héritage de ces pensionnats de la domination, le cliché de “devoir obtenir une éducation” ne veut jamais dire d’avoir besoin d’apprendre le langage et le système de connaissance traditionnel de nos propres nations pré-américaines. Cela veut dire “vous devez obtenir une éducation d’homme blanc” en apprenant à penser de la même manière que dans le système occidental des colonisateurs, en adhérant au système de la domination fédérale sur les Indiens (érigée en “loi”). Personne n’a encore expliqué comment maîtriser et maintenir le système de domination des idées utilisé contre nos nations, est supposé les libérer.

Aujourd’hui, malgré tout ce qui s’est passé, nous avons le bénéfice de la connaissance interne [du système de domination]. Nous avons l’avantage de pouvoir lire et analyser les archives historiques de la structure de l’argumentaire de l’homme blanc ainsi que de ses processus mentaux. Nous avons la capacité d’utiliser la théorie cognitive, qui explique les opérations de l’esprit humain, d’examiner les concepts et les idées qui font et constituent le système de domination de la loi fédérale indienne américaine qui a été et continue d’être utilisé contre nos peuples et nations originels.

Le système fédéral indien de la domination des Etats-Unis assume que nos nations et nos peuples sont sujets, doivent obéir à l’esprit de l’homme blanc ; mais si nous demandons “sur quelle base assumez-vous que nos nations doivent être sujettes à l’esprit de l’homme blanc ?” La réponse qui revient en boucle est : “sur la base de l’esprit de l’homme blanc.Comment nous sommes-nous donc retrouvés dans cet imbroglio dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui ? Simple. L’esprit de l’homme blanc a été capable de construire des idées et des arguments qui ont été utilisés pour donner l’impression [l’illusion] que nos nations sont de droit, sujettes à l’esprit (NdT: et donc à la domination) de l’homme blanc. Si nous ne faisons aucun effort pour défier ce raisonnement, alors nous nous sommes simplement résignés à notre propre destinée de dominés.

Si nous nous laissons mentalement conditionner à vivre nos vies selon le schéma conceptuel de l’homme blanc, nous continuerons à être mentalement emprisonné dans ce système conceptuel, qui continuera à être appelé “la loi”. Notre rechignement à défier les activités mentales de l’homme blanc a eu pour résultat que nous traitions les idées prévalantes de l’homme blanc comme “loi”. C’est “leur loi”. Alors que nos peuples et nations commencèrent à utiliser l’anglais comme langue principale de communication avec dans le même temps nos propres langues qui étaient réprimées et effacées au sein des pensionnats pour Indiens, nous internalisions dans nos esprits les assomptions très dominatrices qui sont toujours utilisées aujourd’hui pour dénaturer et retirer leur pouvoir à nos nations.

Nous avons besoin d’une approche différente et d’un genre différent de conversation au sujet du système de la loi fédérale indienne de domination, une approche qui questionne et défie la plus basique des assomptions qui dit que nos peuples et nations sont sujets à l’esprit de l’homme blanc par le simple fait que celui-ci a pensé de telle façon et parce qu’il l’a affirmé sur la base de la doctrine chrétienne de la découverte et de la domination.

Résistance au colonialisme: L’origine du système de domination américain (Steven Newcomb)

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A lire impérativement sur le sujet:

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte » (Steven Newcomb, 2008 version PDF)

« Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada » (TIDC, 2016) version PDF

 

L’Amérique comme système de domination

 

Steven Newcomb

 

19 mai 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/america-as-a-domination/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans son livre “America As A Civilization” (1957), publié il y a 60 ans, Max Lerner y inclut une section sur les “sources de l’héritage”. Il y dit ceci: “En tant que continent impérialiste et colonisateur, l’Europe a donné une part considérable de sa force et de son héritage à la civilisation américaine, qui était destinée à la remplacer en puissance et en vitalité.” (sic)

Lerner fait ici allusion à la trajectoire impérialiste de la chrétienté occidentale qui travailla durant des siècles à s’imposer de manière coercitive sur les nations et peuples libres en colonisant le continent existant à l’Ouest de l’océan Atlantique. Les termes “colonisateur” et “impérialiste” sont deux synonymes des schémas de domination européens chrétiens qui furent transportés au-delà du vaste océan au nom de la “civilisation” humaine et chrétienne, ceci a résulté en la création d’un système de domination et de déshumanisation appelé “l’Amérique”.

Lerner fournit la preuve pour soutenir son affirmation lorsqu’il écrit: “Dans un long segment trouvé chez Tocqueville, il y a une étude remarquable sur le contact et le heurt entre trois cultures ethniques en Amérique, l’indienne, la nègre et l’européenne.

Notez bien les termes de domination que nous avons placé en italique dans la phrase qui s’ensuit: “De Tocqueville décrit l’extermination de la première par la prédation des conquérants, la dégradation de la seconde par l’esclavage et les effets des deux sur la troisième, dont les membres furent les possédants et les poursuivants.”

Mais Lerner emploie de manière habile des mots qui cachent le schéma de domination qui se cache en arrière-plan en ne disant jamais ce nom. Alors qu’il aurait pu écrire “conquérants prédateurs”, il a choisi le terme obscur de “prédation des conquérants” (NdT: subtilité de langage qui existe là en anglais mais pas vraiment en français, en tout les cas difficile à rendre…). Il utilise le terme de “dégradation” au lieu de déshumanisation. Et plutôt que de focaliser sur le comment la dominantion et la déshumanisation furent le résultat de l’extermination et de la mise en esclavage de ceux qui furent soumis à un tel traitement, il dirige l’attention du lecteur vers les effets de ces schémas sur les dominants blancs qu’il nomme les “possesseurs et poursuivants”. Pensez au comment cela aurait pu être plus véridique si Lerner avait intitulé cette section de son livre “Les sources de l’héritage de domination américain”.

Il est tout à fait frappant de constater à quel point la prose de Lerner décrit la domination sans même jamais mentionner ce mot bien spécifique. Prenez par exemple sa description caractéristique des Espagnols dans ce qui suit:

“chasseurs de trésor, conquérants, esclavagistes, prirent la terre sans aucun scrupule, saisirent la richesse, les temples et les palaces, enchaînèrent les Indiens, travail forcé, résistance sanglante, insurrection réprimée dans un bain de sang…”

Quand Lerner dit “la barbarie de la conquête excita la barbarie des conquérants”, il crée par là un faux sens d’équivalence entre les actes de ceux qui envahissaient en comparaison des actes de ceux qui étaient envahis. Il ne dit aucunement que nos peuples et nations étaient alors envahis. Il ne fait que les appeler “les conquis”, c’est à dire “les vaincus”. Lerner écrit ensuite au sujet des “armes de la civilisation”, qui sont toutes des tehniques de domination er des vecteurs de destruction et de mort: “armes à feu et alcool, les systèmes de propriété foncière de la terre des Européens et leurs spéculateurs, les commerçants et les faiseurs de traités, la force et la fraude, la tuberculose et la varicelle.” Lerner continue en citant ce qu’il appelle un cas “d’ironie du sort” tocquevillienne:

Les Espagnols furent incapables d’exterminer la race indienne au moyen de ces atrocités sans précédent qui les marqua du sceau de l’infâmie, ils n’eurant pas plus de succès à supprimer les droits de la race indienne, mais les Américains et les Etats-Unis sont parvenus à réaliser ces deux choses avec une félicité bien singulière, avec tranquillité, légalité, philanthropie, sans effusion de sang (sic) et sans violer un seul grand principe de moralité aux yeux du monde. Il est impossible de détruire des humains en ayant plus de respect pour l’humanité.” (NdT: comment peut-on écrire une pareille ineptie sans sourciller ?… Epoustoufflant !…)

En considérant l’histoire sanglante qui arriva à nos ancêtres, il est bizarre que de Tocqueville dise que les Américains remplirent leur but “sans effusion de sang”. Et pourtant, ce point général est bien mentionné lorsque nous considérons l’expérience politique appelée “Amérique” et sa tendance à faussement se représenter comme “la nation exceptionnelle”, ce qui veut dire exceptionnellement morale et juste.

De là, Lerner tire ensuite une comparaison raciste entre “la culture des conquérants européens” (dominateurs), qu’il appelle “une société technique, rationaliste, acquisitrice et hautement mobile” et les peuples natifs qu’il rabaisse comme “la culture symbolique, passive, rituelle et non-rationnelle des Indiens”. Il suffit de lire le livre de Charles C. Mann “1491”, ou “Indian Givers” de Jack Weatherford et l’Encyclopédie des Amérindiens pour constater à quel point il est mensonger que de dire de nos ancêtres qu’ils étaient “irrationnels”. De plus, une simple observation de la résistance ds nations premières révèle que nos ancêtres n’étaient pas vraiment “passifs”.

Malgré la poussée pour la domination au moyen de la colonisation, de l’esclavage, de l’extermination et du déplacement des populations, Lerner dit au lecteur que les “Britanniques vinrent en Amérique apportant avec eux les hauts principes de morale.” Dans le même paragraphe, il nous dit que “toute la politique du déplacement des Indiens et des réserves dans le territoire sud avait pour but d’ouvrir le royaume du coton pour les propriétaires d’esclaves du sud.” Il continue en disant:

Prenez l’assurance puritaine d’un but de droiture commune, plus le centrisme de l’esprit yankee du “aller et prendre”, plus la faim de terre des pionniers et la faim de profits des spéculateurs fonciers, plus le dynamisme de la ‘course impérialiste vers l’Ouest’ et la doctrine de la ‘destinée manifeste’ de l’Amérique, ajoutez tout cela et vous avez une recette pour le glas de la culture indienne.

Une combinason toxique et mortelle pour les nations autochtones pour sûr ; et tout cela pointe une fois de plus vers les schémas d’oppression qui ont résulté dans l’élaboration de la loi et politique fédérales indiennes. Maintenant, 60 ans après que Lerner ait écrit son livre, nous devons nous demander comment nous, peuples et nations autochtones, faisons l’effort d’identifier et de nommer la domination et la déshumanisation qui nous furent imposées et à nos ancêtres avant nous, et qui sont maintenues aujourd’hui au moyen de schémas de réalité institutionnels et métaphoriques sur lesquels la société dominante s’appuie toujours et sur les précédents et jurisprudences de la Cour Suprême des Etats-Unis et les cadres législatifs actuels. Voici le point que je veux mentionner: Tant que nous n’apprendrons pas à diagnostiquer correctement et précisément et à nommer le système de domination auquel nous avons à faire, nous ne serons jamais capables de nous adresser à ce sytème de manière compréhensive et puissante.

Colonialisme, Vatican et héritage de la domination…

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Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats pontificaux auront de chance d’être répudiés.

— Résistance 71 ~

 

A lire: « Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008 (version PDF en français, traduction de Résistance 71, mise en page JBL1960)

 

Le Vatican et son héritage de domination

 

Une institution comme le Vatican ne peut pas “conquérir” puis prétendre qu’elle ne porte aucune responsabilité

 

Steven Newcomb

 

20 mars 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/vatican-legacy-domination/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le mois dernier, la pape François a rencontré des représentants des peuples indigènes à Rome. En cette occasion, François a émis une déclaration qui a été largement vue comme une indication tacite faite de son soutien à l’initiative de Standing Rock dans leur dispute en regard de l’affaire du Dakota Access Pipeline. Bien que le pape François n’ait pas mentionné cette controverse en particulier, il a dit que “le droit à un consentement préalable informé” devrait prévaloir “lorsqu’on plannifie des activités économiques qui pourraient interférer avec les cultures indigènes et leur relation ancestrale avec la Terre.

Ce que la nouvelle au sujet de cette excellente déclaration du pape a laissé de côté quoi qu’il en soit, est le rôle du Vatican dans la mise en marche d’un ordre global de domination qui continue à être utilisé par les gouvernements ses états et des entreprises afin d’opprimer des nations et peuples indigènes. Afin que le pape puisse fournir une plus grande contribution au dialogue global au sujet des peuples indigènes, il me semble qu’il devrait ouvertement discuter du système de domination global mis en place par le Vatican et qu’on peut retracer au travers de decrets pontificaux émis par les prédecesseurs du pontife actuel.

Voici le scenario: le Vatican est une massive institution ayant plus d’un milliard de fidèles et une énorme influence globalement. Au cours de quelques siècles, cette institution a promulgué et maintenu un état d’esprit de domination et de deshumanisation. Cet état d’esprit a eu pour résultat la publication de toute une série de documents par cette institution vaticane, documents qui sont facilement accessibles aujourd’hui sur internet.
Question : Après toute cette destruction qui s’en est suivie sur la base de documents qu’elle a délivrés, quelle responsabilité incombe au Vatican pour avoir émis ces documents en première instance ? Quelle responsabilité incombe pour avoir plannifié et mis en place des plans conceptuels pour créer un système global de domination qui continue à être utilisé contre des nations et peuples qui continuent à être dominés aujourd’hui et sont ainsi appelés “peuples indigènes” ?

Les documents pontificaux mortifères datant des XIVème et XVème siècles peuvent être exprimés en termes arithmétiques très simples, utilisant des mots clefs tirés de ces documents pontificaux:

envahir + capturer + vaincre + subjuguer + réduire en esclavage + saisir toutes les possessions et propriétés = civilisation et domination ou, seconde réponse possible, l’affirmation d’un “pouvoir plénier” américain sur nos nations originelles.

L’archevêque Silvano Tomasi du Conseil Pontifical pour La Justice et la Paix m’avait référé à la déclaration de la Conférence Canadienne des Evêques désavouant la “doctrine de la découverte” et la notion de “terra nullius” (cette idée que les terres des peuples indigènes étaient vacantes ou vides lorsque les chrétiens envahirent sur ce continent dit des “Amériques”). Ceci mène à une autre question: en termes pratiques, qu’est-ce que cela veut dire pour des évêques de l’église catholique de dire maintenant qu’ils rejettent “la doctrine de la découverte””, spécifiquement étant donné que le Vatican a, par le moyen de cette doctrine, accumulé des millionss d’acres de terre et une très très vaste richesse dite être “incalculable” ?

Est-ce que cela veut dire que maintenant le pape François et le Vatican sont prêts à dire que nos nations et peuples originels ont parfaitement le droit de vivre libres des systèmes de domination construits sur la base des doctrines de la découverte et de la domination et un système comme la loi fédérale indienne des Etats-Unis (NdT: et la loi sur les Indiens , Indian Act, au Canada) ? Que veut dire le rejet de la doctrine du Vatican en termes des grandes surfaces de terre et de la grande richesse qu’il a réussi à accumuler sur la base même de ces doctrines ?

Il est grand temps pour le Saint Siège d’ouvrir le dialogue avec les peuples et nations indigènes, tout en examinant en détail les éléments clef qui furent utilisés pour la construction du modèle global de l’empire chrétien de la domination. Cette discussion doit démarrer avec une insistance sur les éléments suivants: l’histoire du peuple élu sur la terre promise de l’Ancien Testament qui fut utilisée contre nos peuples et nations premiers ; les termes de domination et de deshumanisation en latin écrits dans des documents émis par différents papes (exemple de mots: subjicere, reducere, deprimantur, etc) ; les chartes royales issues par différents rois d’Angleterre en imitation des documents et décrets du Vatican, des verdicts de tribunaux variés (NdT: dont la cours suprême des Etats-Unis et ce à maintes reprises…) fondés sur ces mêmes documents et schémas de domination.

La plupart des gens ne réalisent pas que les éléments présentés ci-dessus forment la toile de fond et le contexte, juste comme exemple, les actions de la police militarisée de l’état du Dakota du Nord contre les défenseurs pacifiques de l’eau à Standing Rock sur le territoire non cédé (NdT: et clairement protégé par les traités de Fort Laramie de 1851 et 1868) de la grande Nation Sioux Oceti Sakowin. Une telle violence infligée aux peuples natifs et à leurs supporters non-natifs ne représente qu’un des exemples de la manifestation contemporaine du système de domination créé sur la base du modèle global de domination du Vatican.

La menace très réelle pour l’eau et l’eau potable de millions de personnes ainsi que pour les écosystèmes exercée par le DAPL est rendue évidente par le fait que plus de 4000 fractures hydrauliques ayant occasionné des fuites se sont déjà produires dans cet état. Ce n’est pas une question de savoir si cela va se produire mais quand. La situation complète à Standing Rock et le refus des Etats-Unis de reconnaître l’intégrité territoriale de la nation Oceti Sakowin est très emblématique de l’état d’esprit et de l’attitude du système de domination et de deshumanisation auquel le Vatican et son saint siège doivent répondre dans les détails.

Toute institution, que ce soit le Vatican ou le gouvernement d’un pays comme les Etats-Unis, ne devraient pas être capables de lâcher sur la planète les types de schémas mentionnés plus haut, comme envahir, capturer, vaincre, subjuguer, saisir toute possession ou propriété, pour ensuite prétendre ne subir aucunement la responsabilité qui en incombe.

Continuité coloniale, doctrine chrétienne de la découverte, Trump et privatisation des « réserves » indiennes…

Posted in actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 30 décembre 2016 by Résistance 71

A lire: « Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008 (traduction Resistance 71)

 

Un plan foireux de privatisation des terres indiennes en marche ?

Le gouvernement Trump prévoit de “mettre les terres indiennes dans des mains privées”…

 

Steven Newcomb

 

26 décembre 2016

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/misguided-plan-privatize-native-nation-lands/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

“Des conseillers de Trump visent à privatiser les réserves indiennes riches en pétrole” fut la récente manchette d’une info divulguée par l’agence de presse Reuters et sa journaliste Valérie Volcovici. Son histoire cadre les terres et les ressources des nations autochtones comme appartenant aux Etats-Unis sans explication aucune de cette supposition. Mme Volcovici écrit par exemple: “les réserves des indigènes américains ne couvrent que juste 2% de la supercie des Etats-Unis, mais elles contiennent près de 20% du pétrole et du gaz naturel de la nation, ainsi que ses vastes réserves de charbon.” La “nation” à laquelle elle se réfère en utilisant la forme possessive est évidemment les Etats-Unis.

Mme Volcovici commence son article en applicant immédiatement le mot “nation” aux Etats-Unis et non pas aux nations natives indigènes. A de rares exceptions mineures près, elle utilise le plus souvent les termes “d’Américains natifs” et de “tribus” plutôt que celui de “nations”. De plus, son utilisation de la forme possessive suggère que les réserves de pétrole, le gaz et de charbon appartiennent de droit aux Etats-Unis et non pas à nos nations natives.

Le narratif de Reuters dit qu’un groupe de personnes conseille le président élu Donald Trump sur les affaires indiennes. Ils veulent “libérer ces ressources énergétiques de ce qu’ils appellent une bureaucratie fédérale suffoquante qui détient 56 millions d’acres de terre tribales.” Tandis que le narratif clairement stipule que les Etats-Unis “détiennent le titre de propriété” de ces terres, il n’explique pas le fondement sur lequel s’appuie les Etats-Unis pour affirmer un tel “droit” au titre des terres des nations natives. Nous allons y revenir dans un moment.

En tout cas, un plan a été élaboréé dans quelques quartiers de l’administration naissante Trump pour fournir l’opportunité de “mettre ces terres indiennes entre des mains privées.” Ceci, dit Mme Volcovici, est une “idée politiquememt explosive”. Si le plan réussi, “cela pour mettre un terme à plus d’un siècle de politique fabriquée pour préserver les tribus indiennes sur les réserves appartenant aux Etats-Unis et qui sont gouvernés par les leaders tribaux comme nations souveraines.

Il manque clairement qurlque chose. Quelle “nation souveraine” au monde a sa terre, son territoire “possédé” par une autre nation ? Ce point est mis en évidence lorsque Mme Volcovici dit plus avant: “Les tribus ont le droit d’utiliser la terre mais celle-ci ne leur appartient pas.”

Arrêtons nous ici et demandons-nous ceci: Sur quelle logique les Etats-Unis ont-ils déclaré que nos nations natives ont le droit d’utiliser la terre, mais que le gouvernement fédéral est le juste propriétaire de la terre ? La logique est bien évidemment, la doctrine chrétienne de la découverte et de la domination, fondée sur des bulles pontificales du Vatican datant du XVème siècle (NdT: Romanus Pontifex et Inter Caetera) et sur les chartes royales d’Angleterre. Pour une raison ignorée, ceci n’a pas été cité dans l’histoire de Mme Volovici.

Voici comment cette logique aurait pu être intégrée dans son rapport: “D’après la loi fédérale indienne, les nations natives ont le droit d’occupation et d’utilisation des sols, mais, en conséquence des bulles pontificales et des chartes royales d’Angleterre, ainsi que de la doctrine chrétienne de la découverte et de la domination intégrées dans la loi fédérale des Etats-Unis, ils ne sont pas propriétaires de la terre.” Ces 55 mots de plus aurait ajouté un certain volume à l’article de Mme Volcovici.

Où est la proposition en provenance de ceux qui ont formé La Coalition Native Américaine pour que Trump se débarrasse de la pernicieuse doctrine chrétienne de la découverte et de la domination de façon à ce que nos nations aient de plein droit la propriété du territoire ancestral et de son intégrité en tant que nations à part entière ? Pour une raison indéterminée, cette proposition ne fait pas partie du plan. Ailleurs dans son article, Mme Volcovici a déclaré: “les fondations légales pour les réserves indiennes datent des traités faits entre 1778 et 1871 pour mettre fin aux guerres entre les Indiens indigènes et les développeurs européens.

Ceci est finement écrit de sa part. Son phrasé place le point de focus sur la date des “fondations légales” des réserves indiennes, plutôt que sur les “fondations” en elles-mêmes, qui, si elle s’était donnée la peine de chercher, l’aurait ramené en boucle vers les bulles pontificales, les chartes royales d’Angleterre et la doctrine de la découverte. Si les traités étaient la base réelle pour la création des réserves, il y aurait alors aujourd’hui un grand litige entre les frontières des réserves et les frontières des traités, ; ceci n’étant pas…

L’article fait remarquer que le plan de “privatisation” est court sur les détails: “Les leaders de la coalition de Trump n’ont pas fourni de détails sur le comment ils proposent d’alouer la propriété et les droits de la terre et des ressources minières ou du comment s’assurer que cela reste sous contrôle indien.” “Cela doit être fait en maintenant la souveraineté”, déclare Ross Schwimmer, vice-président de la coalition de Trump, ancien “Chef Principal” de la nation Cherokee en Oklahoma (NdT: notons que les Cherokee ne sont pas natifs d’Oklahoma, mais on été forcés à quitter leurs terres ancestrales dans ce qui est connu sous le nom de la “piste des larmes” au XIXème siècle, pour se réétablir en Oklahoma.). Il était auparavant secrétaire d’état aux Affaires Indiennes dans l’administration Reagan, une drôle d’époque lorsque le ministre de l’intérieur de Reagan James G. Watt déclara en 1983 que les réserves indiennes étaient “un exemple d’échec du socialisme”.

L’utilisation du mot “privé” dans “privatisation”, un terme qui a essentiellement été utilisé en rapport avec la “corporatisation” de la terre et des ressources, indique que la Native American Coalition for Trump n’a pas la protection de la nationalité indigène particulièrement en tête, malgré ce que professe Schwimmer. Ainsi la question demeure: Ceci denote t’il le point de départ d’une nouvelle “ère de termination” ou d’une nouvelle période de distribution de terre à la Dawes, ce qui eut pour résultat de voir plus de 90 millions d’acres de terre être retirés du contrôle des nations indiennes ?

Résistance au colonialisme: Quand une petite trahison sémantique a de grandes conséquences coloniales (Steven Newcomb)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 3 mai 2016 by Résistance 71

Les nations amérindiennes luttent contre le terrorisme depuis 1492…

~ Résistance 71 ~

 

L’héritage: Les pensionnats américains de la domination et le vote des autochtones

Steven Newcomb

25 Avril 2016

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/04/25/legacy-us-boarding-schools-domination-native-vote

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans son “Doubts About Voting? Just Think Montana, »
le journaliste Mark Trahant, Shoshone-Bannock, dit: “Les électeurs amérindiens sont enregistrés pour voter dans l’état du Montana à un ratio plus important que tout autre groupe ethnique.” Ainsi, il échoue totalement à nous classifier comme appartenant à des nations autochtones distinctes des Etats-Unis d’Amérique ; il nous définit en revanche comme un “groupe ethnique” parmi la multitude de groupes de la sorte existant aux Etats-Unis.

L’article de Trahant nous rappelle une phrase du président Obama invoquée lors d’une réunion des leaders des nations natives indiennes à la Maison Blanche: “E Pluribus Unum”, qui en latin veut dire “Unité dans la multitude”. Parce que les Etats-Unis furent fondés comme l’empire américain (Richard Van Alstyne, The Rising American Empire, 1962), la phrase est en fait plus précisément: “E Pluribus Unum Imperium”, c’est à dire “de la multitude à l’unicité d’un empire”. Un “imperium” légal note René Maunier dans son livre “La sociologie coloniale”, volume 1, 1942, est “une domination ou une subjection au sens propre”. Maunier observe plus loin: “Lorsque nous parlons du pouvoir qu’un État exerce, nous pourrions impliquer une réelle domination” (Ibid).

L’Imperium, ou empire américain, comme l’ont conçu George Washington, James Madison, John Marshall et bien d’autres, a travaillé sans relâche pour diminuer et éventuellement mettre un terme à l’existence de nos nations et peuples originels sur ce continent. Lorsque des écrivains/journalistes autochtones décident d’écrire au sujet de notre appartenance à quelque “groupe ethnique” des Etats-Unis (de l’empire américain), ils jouent directement la main de l’agenda anti-nation native qui remonte à la fondation même des Etats-Unis. Cela a été un objectif de longue durée pour cette entité de mettre un terme à toute velléité de conscience nationale de nos nations autochtones et de la remplacer par la conscience nationale des Etats-Unis.

Les preuves de la guerre états-unienne contre nos nations originelles afin de nous garder sous le joug et de nous détruire, abondent. Une telle preuve est par exemple trouvée dans le rapport annuel d’Ely Parker, haut-commissaire aux affaires indiennes, qui fut publié le 23 décembre 1869. Une partie de ce rapport s’adresse à l’élaboration de traités entre les Etats-Unis et les nations indiennes, une chose que Parker tend à ridiculiser.

Parker était un Seneca (NdT: membre de la Confédération des 6 Nations Iroquoises, Haudenosaunee) qui est devenu plus dévoué apparemment aux Etats-Unis qu’aux nations autochtones. Il devint un général de l’armée nordiste lors de la guerre de sécession et un avocat dans le système légal de l’homme blanc. Il a servi de haut-commissaire en chef aux Affaires Indiennes de 1869 à 1871. Parker écrivit ce qui suit comme négation de toute idée de nationalité/nation indienne:

“Les tribus indiennes des Etats-Unis ne sont pas des nations souveraines capables de faire des traités car aucune d’elles n’a un gouvernement organisé ayant un pouvoir et une force inhérente tels, que cela sécuriserait une fidèle observation des composants de ce caractère. Elles sont tenues pour être pupilles du gouvernement des Etats-Unis et le seul titre que la loi leur concède envers la terre qu’ils occupent est à peine celui de la possession.”

Parker épousait bien évidemment la vision que les nations indiennes ne sont pas des nations souveraines parce qu’elles ne possèdent ni la force politique, ni la force militaire pour forcer les Etats-Unis à se plier aux accords de traité que les Etats-Unis avaient juré de suivre. Le commissaire Parker dit plus loin:

“Mais, parce que ces traités ont été faits avec elles, généralement en vue de l’extinction de leur supposé titre absolu de propriété de la terre qu’ils habitent, ou sur laquelle ils èrent, elles ont reçu la fausse impression de la notion d’indépendance nationale.”

Aujourd’hui, l’idée d’indépendance nationale pour les nations indiennes, c’est à dire “un désir d’exister indépendamment de la domination politique des Etats-Unis”, semble être la chose la plus éloignée dans l’esprit de bien des autochtones.

En 1882, une décennie après la déclaration de Parker sur les traités avec les Indiens, un autre haut-commissaire aux Affaires Indiennes, Hiram Price, se fit l’avocat “d’utiliser des sociétés religieuses à des fins régulières et missionnaires parmi les Indiens”. Il proposa d’utiliser ces sociétés religieuses:

Pour le plus haut et noble but d’aider ces gens sans tuteurs et non-civilisés vers une plus haute et meilleure place dans l’existence. Il n’y a pas d’autre façon ni d’autre moyen, à mon avis, pour que notre population indienne soit rapidement et de manière permanente récupérée et sauvée de la barbarie, de l’idolâtrie et de la vie sauvage, que par les opérations éducatives et missionnaires du peuple chrétien de notre pays (Prucha, p.157).

En 1889, un an avant le massacre du chef Big Foot et de son peuple Hunkpapa à Wounded Knee, Thomas J. Morgan, commissaire aux Affaires Indiennes, introduisit une nouvelle politique indienne. Morgan lança ce que je nommerais une forme de guerre psychologique faite pour assimiler les enfants indiens dans la mentalité de la société (coloniale) dominante. Il appela cela “l’inculcation du patriotisme dans les écoles pour Indiens”. Le mot “inculquer” remonte au sombre mot “calcare” ou “marcher sur, piétiner”. Cela veut généralement dire “enseigner ou imprégner par de fréquentes répétitions”. Par un tel processus, a dit Morgan “les Indiens sont destinés à être absorbés dans la vie nationale, non pas comme Indiens, mais comme Américains.” Morgan annonça que:

Sur le campus de toutes les écoles les plus importantes devra être érigé un poteau pour les couleurs sur lequel flottera, lorsque la météo est bonne, le drapeau américain. Dans toutes les écoles quelques soient leur taille et leur caractère, soutenues totalement ou partiellement par le gouvernement, la “bannière étoilée” devrait être un objet familier et les élèves seront enseignés de respecter le drapeau comme symbole de la puissance et de la protection de leur nation.

La grande poussée pour “le vote autochtone” dans les élections américaines m’a frappé quant au succès sur le long terme, du plan américain de laver le cerveau des enfants indiens avec ce moyen du patriotisme envers les Etats-Unis et afin de retirer de nos nations autochtones originelles toute conscience nationale en relation de ce que nous sommes. Aujourd’hui, le vote autochtone en “pays indien” est une conséquence directe de la guerre psychologique qui a été engagée contre nos ancêtres lorsqu’ils étaient enfants dans les pensionnats américains de la domination coloniale. L’indépendance originelle et l’existence politique de nos nations indigènes sont ignorées de manière routinière en faveur du vocable péjoratif de “tribus” et de “tribal” ; nos propres frères nous caractérisent d’une manière subordonnée en nous qualifiant de n’être qu’un “groupe ethnique” des Etats-Unis, ceci en parfaite adéquation et continuité de la politique de Parker ; de fait le drapeau américain est souvent traité comme s’il était le drapeau de toutes nos nations natives de cette terre.

Les Amérindiens votant dans les élections américaines en tant “qu’Américains” avait été prédit par le commissaire Morgan lorsqu’il écrivit: “Les Indiens sont destinés à être absorbés dans la vie nationale, non pas en tant qu’Indiens mais en tant qu’Américains.” Le “vote autochtone” crée la fausse impression que nous avons donné notre consentement libre à l’adhésion au système américain de domination qui nous a été et nous est toujours imposé, à nous, nos peuples et nos nations.

Lutte anti-coloniale: Décoloniser la loi fédérale indienne (Steven Newcomb)

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Que devons-nous faire ? Décoloniser la loi fédérale indienne

 

Steven Newcomb

 

8 Mars 2016

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/03/08/what-shall-we-do-decolonize-us-federal-indian-law

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le documentaire “The Doctrine of Discovery: Unmasking the Domination Code,” réalisé par Sheldon Wolfchild (Dakota), nous raconte une puissante histoire. Sheldon et moi-même avons créé ce documentaire sur la base de mon livre Païens en terre promise: décoder le doctrine de la découverte”, Fulcrum, 2008 et sur d’autres recherches que j’ai commencées à lire avec les livres de Vine Deloria Jr durant mes années adolescentes au début des années 1970.

Après que les audiences aient visionné le documentaire, elles ont tendance à demander “que pouvons-nous faire ?” A chaque fois qu’on me demande cela ou une autre question similaire, je pense toujours à combien il sera difficile de changer les attitudes, les valeurs et les croyances de la société dominante états-unienne en relation avec nos nations autochtones. Cela est bien plus vite dit que fait. Ce n’est pas comme si le respect pour nos nations puisse être légiférer en existence par exemple.

Toutes les audiences qui regardent “La doctrine de la découverte” sont introduites à un schéma de reconnaissance auquel j’ai travaillé depuis le début de mes recherches. En résultat, le film permet aux gens de voir, de constater les schémas mentaux et comportementaux de la domination chrétienne que l’on peut tracer jusqu’aux documents pontificaux du Vatican datant du XVème siècle et que ceux-ci sont toujours utilisés contre nos peuples et nations originels. Apprendre à reconnaître de tels schémas est très important parce que, comme le dit le dicton, savoir c’est pouvoir. Les personnes qui veulent que les Etats-Unis arrêtent d’utiliser la doctrine de domination ancrée dans la chrétienté contre nos nations ont besoin de savoir pourquoi il est important pour tout le monde sur notre Terre-Mère de défier le “droit” assumé de dominer les autres.

The Doctrine of Discovery: Unmasking the Domination Code,” montre pourquoi lorsque les hauts-fonctionnaires du gouvernement américain clâment que nos ancêtres “avaient besoin de la civilisation humaine et chrétienne”, ils appelaient en fait pour la domination de nos nations et nos peuples. Les spectateurs du documentaire sont informés que le terme “civilisation” dans ce contexte implique “le passage en force d’un schéma culturel particulier sur une population étrangère” Le mot “passage en force” démontre ici que ce processus implique une certaine forme de coercition et de domination. Comme contre-mesure, je m’assure que le docmentaire parle de nos nations comme celles “originelles et toujours libres de droit de ce continent” de l’Île de la Grande Tortue (Amérique du Nord). En d’autres termes et ce malgré les dires des Etats-Unis et d’autres pays (NdT comme le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et tous les pays d’Amérique Latine…), nos nations continuent d’être libres de droit de toute doctrine de domination imposée par la doctrine chrétienne de la découverte.

Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles nos audiences sont particulièrement choquées au visionnage de ce documentaire La Doctrine de la Découverte. Le film leur enseigne à “voir” les assomptions déshumanisantes qui furent et sont toujours acceptées, comme la vision du pape et autres monarques chrétiens d’avoir “un droit divin” de donner aux monarques chrétiens un “droit” à la domination sur nos nations originelles et sur nos territoires. Le film montre à quel point de telles attitudes ont souvent résulté en des massacres indiscriminés de nos ancêtres, hommes, femmes, enfants, vieillards et même les nourrissons et eurent pour effet direct l’enrichissement éhonté des sociétés chrétiennes qui écrasaient, volaient et pillaient nos territoires nationaux.

Le droit assumé se fondant sur la Génèse de la Bible 1:28, qui dit de subjuguer et de dominer, tout en essayant dans l’ensemble d’éliminer nos peuples et nations par le moyen d’actes génocidaires, fut basé sur certaines comparaisons métaphoriques faites par le monde chrétien. Les chrétiens virent nos nations comme “paiënnes” et “infidèles” ainsi que “barbares”, ainsi donc “sous-humaines”. Ils comparèrent même nos ancêtres à des “bêtes” (bestias en espagnol). Le monde chrétien pensa les territoires de nos nations comme étant dénués du christianisme et donc en cela, en grand besoin de la “civilisation” chrétienne et de sa domination.

De tels schémas de pensée et d’attitude résultèrent des suppositions sur ce que les empires chrétiens puis américain, alors qu’ils procédaient à leurs expansions coloniales hors d’eux-mêmes et au travers du continent des Amériques, avaient parfaitement le droit d’exercer une domination de base chrétienne sur nos peuples et nos nations. Les autochtones qui se considèrent aujourd’hui comme chrétiens pourraient bien vouloir me questionner métaphoriquement alors que je caractérise nos nations comme “païennes”. Prenez la nation Cherokee par exemple, elle pourrait bien dire qu’une fois le christianisme embrassé et adopté, on ne peut plus être considéré comme “païens” correct ? Faux.

Le documentaire “The Doctrine of Discovery” montre que pour que la doctrine de la découverte et sa domination ne s’appliquent pas à nos nations, il aurait fallu qu’elles soient des nations chrétiennes AVANT l’arrivée invasive des chrétiens européens. Les terres qui n’étaient pas déjà habitées par des chrétiens lorsque les chrétiens arrivèrent comme force coloniale étaient bien sujettes à l’affirmation par le monde chrétien d’un droit biblique de subjuguer la terre et de dominer tous les êtres vivant dessus. D’après la doctrine de la domination chrétienne, vous ne pouvez pas devenir chrétien après l’arrivée des chrétiens et utiliser cela pour que votre nation échappe au droit de domination chrétien. Votre adhésion à la chrétienté n’aura pas d’effet rétroactif, parce qu’en tant que non-chrétien, vous étiez considéré par le monde chrétien comme “nullus”, “nul et non avenu”. Le documentaire “The Doctrine of Discovery: Unmasking the Domination Code” fait reconnaître ces schémas de fonctionnement.

Réflexion faite, quoi de plus clair que le fait que chacune de nos nations autochtones puisse tracer son existence à un temps bien antérieur à celui où les chrétiens ont envahi ce continent ? Qui a t’il de plus clair que le fait que les hommes blancs qui ont siégé dans la Cour Suprême de l’état initialement, aient mentalement créé et imposé certaines idées métaphoriques sur nos nations, des idées qui font que le gouvernement fédéral des Etats-Unis (NdT; et du Canada) assume maintenant que nos nations libres de droit sont obligées d’accepter et d’obéir à la domination qu’on leur inflige ? Le documentaire argumente sur le fait que nous ayions besoin de rejeter de telles affirmations de domination qui sont toujours imposées contre nos nations sur la base de la “supériorité” et de “l’ascendance” chrétienne sur notre culture.

Lorsque le juge de la CS des Etats-Unis John Marshall a dit que ceux-ci avaient adopté le principe du “peuple chrétien” en appliquant le “droit à la découverte” de terres qui étaient habitées par des “païens”, lui en tant que juge, la CS unanime dans sa décision en tant que corps constitué et le gouvernement fédéral des Etats-Unis ont alors mis en application un contexte biblique et une forme de raisonnement contre nos peuples et nos nations originels. Ce schéma biblique de raisonnement au sujet des nations “païennes” non-chrétiennes n’ayant seulement qu’un “droit d’occupation des sols” et une indépendance “dimininuée”, est devenu un précédent établi de la Cour Suprême des Etats-Unis en résultat du verdict de l’affaire Johnson contre M’Intosh en 1823, que le gouvernement des Etats-Unis commença à imposer sur nos nations il y a cent quatre-treize ans.

The Doctrine of Discovery: Unmasking the Domination Code” est un documentaire qui démontre que nous avons grandement besoin de rejeter l’imposition des Etats-Unis de pensée biblique sur nos nations originelles. Maintenant que feu le juge Antonin Scalia se doit d’être remplacé à la CS, il sera nécessaire au président Obama ou son successeur de nommer un nouveau juge sur le banc. Lorsque confirmé(e), il ou elle sera attendu(e) de prendre des décisions au sujet de nos nations autochtones, utilisant la tradition américaine telle que celle de la “subjugation”, de “l’occupation simple des sols”, de la “conquête”, “conquérir”, “pouvoir plénier” et bien plus encore et ce toujours sur se fera sur cette base de la doctrine chrétienne de la découverte et de la domination.

Colonialisme occidental et doctrine chrétienne de la découverte… Le documentaire !

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“Une histoire de vérité historique, de spiritualité et de résistance dite au nom des peuples et nations originels de l’Île de la Grande Tortue et de partout ailleurs sur Terre. Nous sommes toujours là et libres de droit.”

~ Sheldon Wolfchild & Steven Newcomb ~

 

La doctrine de la découverte ou démasquer le code de la domination

 

Présentation du documentaire de Sheldon Wolfchild (Lakota) et Steven Newcomb (Shawnee)

 

38 Plus 2 Productions

 

Octobre 2015

 

Source:

http://www.38plus2productions.com/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 Note de Résistance 71: Nous mettons deux bandes annonces en sections commentaires sous l’article. DVD en vente sur le site de 38Plus2 Productions.

Ce documentaire puissant qui fera date “The Doctrine of Discovery: Unmasking The Domination Code” est le résultat des efforts de collaboration du réalisateur et acteur Dakota Sheldon Wolfchild et du juriste co-producteur Steven Newcomb, Shawnee, Lenape. Le film, basé sur le livre résultant de plus de 30 ans de recherches de Steven Newcomb: Pagans in the Promised Land: Decoding the Doctrine of Christian Discovery (Fulcrum, 2008), amène sur le grand écran une histoire incroyable et pourtant si peu connue:

Note de Résistance 71: Le livre de Newcomb a été en grande partie traduit et publié sur ce blog: “Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte”.

Les premiers chrétiens qui ont localisé des terres inhabitées par des chrétiens et peuplées de païens, d’infidèles et de non-croyants donc de sauvages, affirmèrent le droit de s’assujetir un droit de domination. Sur la base exclusive de cet argument au fondemenent religieux, la cour Suprême des Etats-Unis a plus tard défini le titre de propriété des nations et peuples originels comme “n’étant qu’un simple droit d’occupation des sols” sujet à un droit de domination de la part des Etats-Unis. Les premiers “chrétiens” qui clamèrent la “domination ultime”, a dit la Cour Suprême, ont pu retirer la terre des “natifs” qui “étaient des païens”, bien que ceux-ci soient en possession du sol.

Birgil Kill Straight, un leader de la nation Oglala Lakota, fournit une vision de la sagesse traditionnelle et des enseignements des Sept Lois des Oglala Lakota. Le documentaire montre que les enseignements traditionnels des nations et peuples originels forments une alternative au système de domination et de déshumanisation proposé par la chrétienté (empire chrétien).

Le théologien Luis Rivera-Pagán, qui a été interviewé pour ce film, fait remarquer dans son livre: A Violent Evangelism: The Religious and Political Conquest of the Americas (1992), qu’une historiographie précise doit rendre compte des justifications théologiques et religieuses de cette affirmation du droit de domination sur les nations et peuples originels. Rivera-Pagán parle des effets dévastateurs de “la dévaluation absolue d’un être humain”, ou, en d’autres termes de la déshumanisation.

Le film appelle le saint siège au Vatican de révoquer les décrets/bulles pontificaux qui ont mis en marche le système de domination et montre bien que les valeurs et les enseignements des nations originelles sont une voie sacrée pour toute Vie.

Voir deux courtes bandes-annonce ci-dessous…

 Note de Résistance 71 : Ce documentaire a pris près de 8 ans à réaliser après que Sheldon Wolfchild eut fini la lecture du livre de Steven Newcomb et en eut été bouleversé.
La durée de réalisation fut longue, car Woldchild et Newcomb (qui en est le co-producteur) ont refusé toute somme d’argent fédérale ou privée, toute forme de subvention, pour faire ce documentaire, de la sorte, PERSONNE n’a pu contrôler la ligne éditoriale et le résultat final. Le montage final a pris plus d’un an et demi pour maintenir le documentaire dans une durée raisonnable de 60 minutes (61 minutes en fait). Le documentaire est diffusé en salle de cinéma aux Etats-Unis, un DVD est disponible ansi qu’un kit éducatif destiné à l’enseignement comprenant le DVD et deux livrets d’enseignement rédigés par Steven Newcomb. De nombreux professeurs d’enseignement secondaire et tertiaire ont participé aux conférences-débats et vont commencer à enseigner cette origine profonde de l’entreprise coloniale chrétienne débutée au XVème siècle sur ordre et couverture du Vatican qui en fabrica la couverture “légale”, régissant les lois et politiques sur les nations et peuples originels jusqu’à aujourd’hui aux Etats-Unis, au Canada et dans d’autres endroits sur la planète comme toute l’Amérique Latine, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

 Les sept lois Lakota

Woope Sakowin (Sept lois)

  • 1) Wacante Oganake, “Aider, partager, donner, être généreux”.
  • 2) Wowaunsila, “Pitié et compassion”.
  • 3) Wowauonihan, “Respecter et honorer”
  • 4) Wowacintanka, « Patience et Tolérance. »
  • 5) Wowahwala, “Humilité et recherche de l’humilité.”
  • 6) Woohitike, “Être guider par vos principes, être discipliné, brave et courageux.”
  • 7) Woksape, “Compréhension et sagesse”