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Résistance au colonialisme: Non au jour de Colomb, célébration du plus grand génocide de l’histoire de l’humanité !…

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Nous avons publié ce texte en octobre 2016 qu’il est toujours bon de rappeler en ce jour férié de “Christophe Colomb”  en Amérique, jour qui fête les actions génocidaires d’un mercenaire italien en mission pour le Vatican et la couronne d’Espagne, un massacreur patenté, ange de la mort d’un occident chrétien pilleur et génocidaire, toujours adulé dans nos livres d’histoire falsifiée.

Nous y ajoutons quelques citations de circonstance…

Ce jour est, de fait, le jour marquant la résistance des nations amérindiennes au terrorisme chrétien sur leurs terres ancestrales depuis 1492, qu’on se le dise !…

~ Résistance 71 ~

“Un des plus gros problèmes pour les peuples amérindiens est celui des missionnaires. On a souvent dit que lorsqu’ils arrivèrent sur ce continent, ils n’avaient que le livre et nous avions la terre ; maintenant nous avons le livre et ils ont la terre. […] Colomb a réussi à combiner la religion et l’immobilier dans sa proclamation de découverte, s’emparant du Nouveau Monde pour le catholicisme et l’Espagne. Depuis cette époque, les missionnaires furent toujours incapables de faire la distinction entre leur mission religieuse et leur insatiable faim de terre.
[…] L’acquisition de terres et le travail de missionnaire sont deux choses qui ont toujours marché la main dans la main au gré de l’histoire américaine.”
~ Vine Deloria Jr. ~

“J’appelle le christianisme le plus grand fléau, la grande dépravation intrinsèque, le grand instinct de vengeance, pour qui aucun moyen n’est assez venimeux, ou secret, sous-terrain et mesquin ; je l’appelle la grande immortelle immoralité de la race humaine…”
“On ne se ‘convertit’ pas au christianisme, on doit d’abord être suffisamment malade pour ce faire…”
~ Frédéric Nietzsche ~

“Puis [le juge] Marshall affirma que les monarques européens se sont convaincus eux-mêmes qu’ils étaient justifiés d’assumer “l’ultime domination” sur les terres nouvellement “découvertes” du continent parce que les Indiens seraient adéquatement compensés par la civilisation européenne et le christianisme. Comme le dit Marshall, les Indiens recevraient la civilisation et le christianisme “en échange” de “l’indépendance illumitée” pour les Européens. […]
La répétition des expressions peuple chrétien et prince ou peuple chrétiens et la distinction faite entre les deux catégories de peuple chrétien et de natifs, qui étaiet païens, nous permet de bien saisir le fondement et le contexte religieux de ce concept de découverte. Ceci est aussi pourquoi il est plus précis de se référer à la conception principale qui régit le verdict de l’affaire Johnson contre McIntosh comme étant celle de la découverte chrétienne que simplement la découverte ou découverte européenne. Le fait que [le juge] Marshall ait aussi associé le principe de découverte chrétienne avec les affirmations de domination euro-chrétiennes, est illustré par son insistance sur le fait que le roi d’Angleterre donna à John Cabot et à d’autres explorateurs anglais le “droit de prendre possession” des terres barbares et paiennes. L’expression de Marshall droit de prendre possession, dont Thomas Hobbes dit qu’il “est appelé dominion”.
C’est pourquoi la déclaration de Marshall disant que les Anglais ont assumés un “droit de prendre possession” fut une autre façon que de dire, au nom de la cour suprême des Etats-Unis, que les peuples chrétiens avaient assumé la “domination” sur toutes terres non-chrétiennes qu’ils avaient localisées sur le continent nord-américain.”
~ Steven Newcomb, “Païens en terre promise”, 2009 ~

 

Journée Christophe Colomb mythe et réalité de la célébration morbide de l’holocauste du continent américain

 

Résistance 71

 

10 octobre 2016

 

Tous les écoliers d’Amérique du Nord apprennent ce poème qui commence par ces vers devenus forcément célèbres:

“In fourteen hundred ninety-two

Colombus sailed the ocean blue,”

Poème écrit pour immortaliser auprès de la jeunesse la “découverte” du “nouveau monde” par la chrétienté occidentale au XVème siècle.

Colomb, un aventurier italien, mercenaire du roi d’Espagne, de son nom espagnol Cristobal Colón, qui veut dire “le colonisateur porteur de la croix” posa le pied sur les îles des Caraïbes le 12 octobre 1492, où il fit de suite érigé une croix et des gibets, histoire de donner d’entrée, le ton de l’aventure.

Le narratif colonial nous dit qu’il apporta les lumières de la civilisation chrétienne en ces terres païennes, le poème à sa gloire citant même le “commerce des épices” avec les locaux.

Si bon nombre connaît le narratif officiel, immortalisé par le “Gégé” national dans un film de propagande de commande réalisé par Ridley Scott en 1992, dont le but évident fut de redorer l’image de Colomb ternie par la vérité historique émergeant pas à pas et contrant le narratif propagandiste colonialiste.

Le 12 octobre fut célébré pour la première fois 300 ans après l’arrivée de Colomb, le 12 octobre 1792. Le 12 octobre fut déclaré fête nationale “Colombus Day” en 1912, puis de nouveau par le président FDR en 1934. Ce n’est que plus tard, sous la présidence de Richard Nixon, en 1971, que “Colombus Day” fut établi comme fête nationale ayant lieu tous les seconds lundis du mois d’octobre.

L’arrivée de Colomb en ce jour néfaste de 1492 marqua le début du plus grand holocauste de l’histoire de l’humanité qui vit la destruction et l’annihilation d’entre 30 et plus de 100 millions d’indigènes, selon les sources, depuis cette époque sur l’ensemble du continent des Amériques. Si les chiffres sont toujours débattus, le massacre généralisé, qui continue de nos jours alors que nous écrivons ces lignes, aux Etats-Unis, au Canada, au Brésil, dans la forêt amazonienne et là où des intérêts liés aux ressources naturelles et leur exploitation par les corporations et gouvernements sont en jeu, lui est totalement avéré par les archives.

Célébrer le jour de Colomb, célébrer le mythe de la civilisation apportée au “nouveau monde”, c’est célébrer le plus grand holocauste qui s’est tenu sur cette planète et pour l’expliquer un peu mieux, laissons la place aux historiens et à la parole historique autochtone.

Ce que nous dit l’histoire hors propagande coloniale

Dans la préface de l’incontournable ouvrage de Dee Brown “Bury my Heart at Wounded Knee” (1970, réédité en 2000 et 2007) il est fort justement dit ceci: “Si les anglo-américains ont ‘gagné’ l’Ouest du continent, alors pourquoi ne par raconter l’histoire du point de vue de ceux qui l’ont ‘perdu’: les Apaches, les Nez-Percés, les Utes, les Cheyennes, les Sioux, les Arapahos, les Navajos ?… Pour les Indiens du reste, l’Est a toujours été la direction de laquelle le trouble est venu. […] Dee Brown fut capable de montrer comment le gouvernement des Etats-Unis a employé une méthode consistante de mensonge et de tromperie ainsi que de manipulation pour arracher leurs terres ancestrales, nation autochtone après nation autochtone.

C’est aussi ce à quoi se sont attelés depuis lors, des historiens tels que Howard Zinn, David Stannard, Roxanne Dunbar-Ortiz, Charles C. Mann, ainsi que des historiens, juristes et militants autochtones tels Vine Deloria Jr, Taiaiake Alfred, Ward Churchill, Russell Means, Steven Newcomb que nous allons citer pour illustrer ce propos et éclairer l’histoire du côté des soi-disant “vaincus” et ainsi réviser les positions historiques colonialistes et eurocentristes de la doctrine officielle faisant la promotion de fêtes nationales comme le “Colombus Day” et “Thanksgiving” afin de maintenir la bonne conscience coloniale dans les esprits citoyens sous emprise.

Voyons d’abord ce que nous disent les études historiques sur le continent des Amériques avant l’arrivée de Colomb, dans la période dite pré-colombienne. L’histoire coloniale officielle fait toujours état de populations autochtones éparses, peu nombreuses, mal organisées et peu nombreuses, bref, le portrait typique d’un monde obscur et barbare ne demandant qu’à recevoir la civilisation chrétienne. Là encore, l’histoire classique parle toujours des “Européens”, du continent avant l’arrivée des “Européens”, les “Européens” qui découvrirent le “nouveau monde”, de la “civilisation européenne” et tout ce qui est utile pour occulter le fait que dans les écrits de l’époque, il n’était fait nulle mention des “Européens”, mais des Chrétiens. Les documents officiels, décrets pontificaux, chartes royales ne parlent que de “terres païennes”, “d’ennemi du Christ”, de “barbares et d’infidèles” à “réduire en esclavage perpétuel”, à “dominer”, à “subjuguer”, ce qui fut effectivement fait en respectant la lettre des décrets et chartes publiés.

D’autre part, la controverse sur les chiffres de la démographie autochtone dans la période pré-colombienne tend à se dissiper au fur et à mesure de la publication d’éudes de plus en plus approfondies sur la question. L’histoire officielle veut nous faire croire depuis des décennies que la population amérindienne pré-colombienne était de quelques centaines de milliers d’individus vivant disséminés sur le continent de manière nomade et arriérée. Cette vision d’un monde obscur et de survie extrême, servant la doxa coloniale, est balayée par les nouvelles recherches anthropologiques et archéologiques.

Ainsi nous apprenons ceci dans l’ouvrage récent de l’historienne Roxanne Dunbar-Ortiz “An Indigenous History of the United States”, 2014, p.17 que: “La population totale du continent était d’environ 100 millions à la fin du XVème siècle, les 2/5 de la population se situant en Amérique du Nord, incluant ce qui est aujourd’hui le Mexique. Le région centrale du Mexique à elle seule comportait quelques 30 millions de personnes. A la même époque, la population de l’Europe de l’Atlantique à l’Oural était de 50 millions…

L’Amérique pré-colombienne:

Charles C. Mann, journaliste au magazine “Science”, auteur de 4 ouvrages dont “1491, nouvelles révélations sur les Amériques avant Colomb”, Vintage Book, 2005 ~ Extraits traduits par Résistance 71~

Lorsque Cortez arriva, d’après les chercheurs de l’université de Berkeley, Californie, Cook et Borah, 25.2 millions de personnes vivaient dans la région centrale du Mexique seule, une zone de 125 000 km2. Après son arrivée, la démographie de toute la région s’effondra. Dans les années 1620-25, il ne restait plus que 730 000 Indiens, approximativement 3% de la population originale avant la première apparition des colons. Cook et Borah ont calculé que cette zone précise n’a pas retrouvé sa population du XVème siècle avant la fin des années 1960.

Dès l’époque de Bartolomé de Las Casas, les Européens (chrétiens) ont su que leur arrivée avait amené une catastrophe pour les populations des Américains natifs. “Nous les chrétiens, avons détruit bien des royaumes ; où l’Espagnol passa, conquît et découvrit, ce fut comme si un feu avait traversé l’endroit, détruisant tout sur son passage.” écrivit Pedro Cieza de León, le grand voyageur de l’après conquête du Pérou.”

“Il est vrai que les conquistadores ne voulaient pas la mort en masse des Indiens ; mais ce désir n’était en rien motivé par un élan humanitaire. Les Espagnols voulaient en effet que les indigènes soient utilisés comme source de travail forcé (esclavage). De fait, les morts en masse des Indiens fut un tel coup dur financier aux colonies, qu’elles menèrent, d’après Borah à une ‘dépression économique’, qui dura plus d’un siècle. Pour se repourvoir en main d’œuvre, les Espagnols commencèrent à importer des esclaves d’Afrique.

N’oublions pas non plus que lorsque les chrétiens arrivèrent sur ce continent, y vivaient déjà les grandes civilisations centralisées Inca et Maya, et plus au nord les confédérations des grandes nations des plaines centrales (Cheyennes, Sioux, Arapahos, Commanches, Apaches), au nord-est la confédération iroquoise, les nations algonquines, toutes avec un mode de gouvernance gérant, de manière centralisée (Inca, Aztèque) ou non, des millions de personnes.

La culture nord-américaine a gravé dans sa littérature l’épopée romancée des premiers explorateurs à atteindre la côte Pacifique: Meriwether Lewis et William Clark plus connus sous le vocable de Lewis & Clark, décrivant les étendues vierges et sauvages du sous-continent. Voici ce qu’en dit Charles Mann:

Incroyable d’imaginer aujourd’hui des bisons vivant de New York à l’état de Georgie. Une créature des grandes plaines, le Bison bison fut importé à l’Est par les Indiens suivant une route de feu de prairie géré et contrôlé par les indigènes, alors que cela changeait des forêts en pâturages pour que le bison puisse survivre si loin des ses terres originelles. Le feu des Indiens a eu un gros impact sur le milieu du continent que les Amérindiens transformèrent en une prodigieuse grande ferme d’élevage. Les Amérindiens ont brûlé tant de fois les prairies centrales et du Midwest, que cela a étendu leur superficie, en toute probabilité, les grands pâturages célébrés aujourd’hui par les cow-boys furent établis et entretenus par les peuples vivant là les premiers. ‘Lorsque Lewis & Clark se dirigèrent vers l’Ouest depuis St Louis, ils n’explorèrent pas une étendue sauvage mais une très vaste pâture gérée par et pour les Indiens”, écrivit l’éthnologue Dale Lott.

Roxanne Dunbar-Ortiz: Docteur ès Histoire de l’université d’UCLA, chaire d’études des nations amérindiennes de l’université d’état à Hayward, Californie, auteure de plusieurs ouvrage dont “Une histoire indigènes des Etats-Unis”, 2014

Extraits traduit par Résistance 71

Quand on lit ce qui suit, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec la société celtique qui mena l’Europe de l’Irlande au Danube pendant plus de 800 ans…

“Au moment des invasions européennes chrétiennes, les peuples indigènes avaient occupé et façonné chaque parcelle des Amériques, établi des réseaux extensifs d’échange et des routes de communication et ils subvenaient à leur population en s’adaptant à des environnements naturels spécifiques, mais ils adaptaient aussi la nature à leurs besoins. […] L’universitaire David Wade Chambers écrit: “… Les Amériques pré-colombiennes étaient sillonnées et reliées par un réseau complexe de routes et de chemins qui devinrent les premiers chemins empruntés par les occupants et furent ensuite transformés en autoroutes.’ […] L’Amérique du nord en 1492 n’était pas une étendue sauvage vierge de toute civilisation mais un réseau complexe de nations indigènes, les peuples du maïs. Le lien entre les peuples du nord et du sud du continent peut être observé par la distribution du maïs depuis la Mésoamérique… Cette brève revue d’une Amérique du Nord pré-coloniale suggère la magnitude de ce qui fut perdu par l’humanité et contredit tout à fait le mythe entretenu par les occupants colons des chasseurs-cueilleurs néolithiques vadrouillant sur la terre pour juste survivre. Celles-ci étaient des civilisations fondées sur une agriculture avancée et caractérisées par un système politique de gouvernance.

L’holocauste

David Stannard:

Historien, professeur d’études américaines à l’université d’Hawaii, auteur de six ouvrages et de nombreux articles universitaires. Son livre phare est “American Holocaust: The Conquest of the New World”, publié aux éditions Oxford Press, 1992, dont nous avons traduit l’extrait ci-dessous.

Pour remettre ceci dans une perspective contemporaine, le ratio de survivants natifs sur le continent des Amériques après le premier contact avec les Européens, fut moins de la moitié de ce que serait le ratio de survie aujourd’hui aux Etats-Unis si chaque blanc ou noir mourait. La destruction des Indiens sur le continent fut et de très loin, le plus important génocide de l’histoire de l’humanité. C’est pourquoi, comme un historien l’a dit abruptement, loin du romantisme et de la chevalerie habituellement employés pour symboliser l’établissement des chrétiens d’Europe aux Amériques, le symbole le plus approprié à la réalité serait en fait une pyramide de crânes. […]

De plus, la question importante pour le futur dans ce cas n’est pas “cela peut-il encore se produire?” mais plutôt si “cela peut-il être arrêté ?” Car le génocide des Amériques et dans d’autres endroits du monde où des peuples indigènes survivent, n’a jamais vraiment cessé. Aussi récemment qu’en 1986, la Commission des Droits de l’Homme pour l’Organisation des Etats-Unis a observé que 40 000 personnes simplement “disparurent” au Guatémala durant les quinze années précédentes. 100 000 autres ont été ouvertement assassinées. Ceci représente l’équivalent aux Etats-Unis de plus de 4 000 000 de personnes qui seraient massacrées ou retirées sous décret officiel du gouvernement, un chiffre qui est presque six fois le chiffre de toutes les morts américaines durant la guerre de sécession, 1ère guerre mondiale, seconde guerre mondiale, guerres de Corée et du Vietnam, le tout combiné.

Dunbar-Ortiz cite dans son livre sus-mentionné, l’auteur de la fameuse histoire “Le merveilleux magicien d’Oz” L. Frank Baum, qui écrivit en 1890 5 jours après le massacre de Wounded Knee, le 3 janvier 1891: “Les pionniers (sic) avaient déclaré auparavant que notre seule sécurité dépend de l’extermination totale des Indiens. Les ayant trompé pendant des siècles nous ferions mieux, afin de protéger notre civilisation, de faire suivre cela par un autre méfait et de faire disparaître de la face du monde ces créatures sauvages et indomptables.”

[…]

En 1913, la cour suprême des Etats-Unis déclara dans sa décision de maintenir le peuple Pueblos comme pupille du gouvernement fédéral: ‘Ils sont essentiellement un peuple simple, non informé et inférieur’.”

Le mensonge du narratif historique va jusque dans les caractères mêmes des soi-disants héros de la longue guerre des Etats-Unis contre les Indiens. C’est ainsi que le narratif s’est enrichi des images hollywoodiennes de la cavalerie pimpante coloniale chargeant les méchants Indiens tuant les pauvres fermiers blancs qui ne leur avaient rien fait, tout comme dans les films de John Ford, qui participèrent grandement à la propagande du statu quo colonial. A ce sujet voici ce que nous dit Dunbar-Ortiz dans son livre p.148:

Comme l’a écrit l’historien amérindien Jace Weaver: “Les guerres indiennes des Etats-Unis ne furent pas combattues par la cavalerie blanche américaine comme montré dans les films de John Ford, mais par des Africains-Américains, et des immigrants irlandais et allemands enrôlés.” La chanson célèbre et envoûtante de Bob Marley “Buffalo Soldier” capture parfaitement l’expérience coloniale des Etats-Unis: “Said he was a buffalo soldier / Win the war for America.


Howard Zinn

De tous les historiens américains, Howard Zinn de l‘université de Boston, fut celui qui en 1980, jeta l’énorme pavé dans la mare coloniale lorsqu’il publia son livre choc devenu culte aujours’hui (plus de 2 millions de copies vendus pour un livre d’histoire, pas mal du tout !…) “Une histoire populaire des Etats-Unis” qui s’ouvre sur le chapitre qui frogorifia l’Amérique “Christophe Colomb, les Indiens et le progrès humain” . Il récidiva dans le chapitre 5 de son livre entretien avec Donaldo Macedo en 2005: “Christophe Colomb et la civilisation occidentale”, qui reprend tous les thèmes de son premier chapitre de 1980.

En voici quelques extraits, nous avons par ailleurs traduit et publié ce chapitre sur Résistance 71 en septembre 2012.

“Laissez-moi ici vous faire une confession: Je ne savais pas grand chose de Colomb jusqu’à il y a environ une douzaine d’années, quand j’ai commencé à écrire mon livre “Une histoire populaire des Etats-Unis”. Je possédais un doctorat en Histoire (Ph.D) de l’université de Colombia, ce qui veut dire que j’avais reçu l’entrainement adéquat d’un historien, mais ce que je savais en fait de Christophe Colomb n’était que ce que j’avais appris à l’école primaire. […]

Ainsi, comment devais-je donc raconter l’histoire de Christophe Colomb ? J’en vins à la conclusion que je devais la voir au travers des yeux des gens qui étaient là lorsqu’il arriva, les gens qu’il appelait les “indiens”, parce qu’il croyait être arrivé en Asie. Et bien, ils n’ont laissé aucun mémoire, aucune histoire. De plus, ils avaient été exterminés en quelques décennies après l’arrivée de Colomb.

[…] Oui il était concerné par Dieu, mais il l’était plus encore par l’or. Partout sur l’île d’Ispagnola (aujourd’hui Haïti) où lui, ses frères et ses hommes passèrent le plus clair de leur temps, il fit ériger des crucifix partout. Mais ils construisirent également des échafauds partout sur l’ïle, on en comptait 340 en 1500. Des crucifix et des échafauds, cette terrible juxtaposition historique.

[…] Les atrocités se multiplièrent. Las Casas témoigna d’Espagnols embrochant des indiens au fil de leurs épées pour le plaisir, fracassant la tête de nouveaux-nés sur les rochers; lorsque les indiens résistaient, les Espagnols les traquaient, équipés pour les tuer de chevaux, d’armures, de lances, d’épieux, d’arquebuses, d’arbalètes et de chiens dressés particulièrement féroces. Des indiens prirent parfois ce qui appartenait aux Espagnols, pour ce que les indiens n’avaient pas de concept de ce qu’était la possession privée et donnait eux-mêmes tout à fait librement ce qui leur appartenait, ils furent décapités ou brûlés vifs au bûcher.

Nous vous engageons à lire notre traduction complète du chapitre.

Dans le premier chapitre sur Colomb de son livre “Une histoire populaire des Etats-Unis”, Zinn dit ceci:

En deux ans [après l’arrivée de Colomb], par le meurtre, les mutilations ou le suicide, plus de la moitié des 250 000 Indiens vivant sur Ispañola (aujourd’hui Haïti) étaient morts. […] En 1550 ils n’étaient plus que 500. Un rapport datant de l’année 1650 indique qu’aucun des Indiens originels Arawaks/Tainos ou leurs descendants n’existait sur l’île.”

Puis plus loin: “lorsqu’il arriva sur Ispaõla en 1508, Bartolomé de Las Casas dit “Il y avait 60 000 personnes vivant sur l’île incluant les Indiens, ainsi entre 1494 et 1508, plus de trois millions de personnes périrent de la guerre, de l’esclavage et du travail dans les mines. Qui des générations futures croira cela ? Moi-même écrivant ceci en tant que témoin oculaire ayant connaissance de ceci, ai-je du mal à le croire…

“Ce que Colomb fit aux Indiens Arawaks aux Bahamas et à Haïti, Cortez le fit aux Aztecs du Mexique, Pizzaro aux Incas du Pérou et les occupants colons anglais en Virginie et dans la Massachussetts le firent aux Indiens Powhatans et aux Péquots.

Que nous disent les natifs sur le sujet ?

Vine Deloria Jr: Historien, théologien et ancien directeur du Congrès National Indigène, auteur de nombreux ouvrages dont le fameux “Custer est mort pour vos pêchés”, 1978.

“l’acquisition de terres et le travail des missionnaires fonctionnent toujours ensemble dans l’histoire américaine.

[…] Les premiers colons ne fuirent pas les persécutions religieuses autant qu’ils voulaient les perpétuer dans des circonstances qui leur étaient favorables.

Taiaiake Alfred: Professeur de Science Politique, responsable de la chaire de gouvernance indienne à l’université de Victoria, Colombie Britannique, Canada. Auteur de plusieurs ouvrages de référence comme “Wasase” et “Peace, Power and Rightousness”, dont nous avons traduit de larges extraits.

 “La plupart des non-indigènes ont toujours vu les peuples indigènes en termes problématiques: comme obstacles au progrès de la civilisation, comme pupilles de la couronne, des reliques des temps sauvages, la lie de la société moderne, des criminels, des terroristes… C’est toujours l’objectif des gouvernements canadien et américain de faire disparaître les Indiens ou, si cela échouait, de les empêcher de bénéficier de leurs territoires ancestraux.


Steven Newcomb

Steven Newcomb: Juriste, co-fondateur de l’Indigenous Law Institute, auteur de “Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte”, Fulcrum, 2008, dont nous avons aussi traduit et publié de larges extraits.

Newcomb a intensivement recherché et publié sur la motivation fondamentale qui envoya Colomb sur le continent du nouveau monde et tous ceux après lui: l’hégémonie coloniale, la conquête et l’extension de l’empire chrétien, de la chrétienté. Ceci a commencé à la fin du XIème siècle avec la première croisade et a atteint son point culminant avec les bulles pontificales Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493) qui envoyèrent, justifièrent la conquête du monde “païen” par la “grâce” d’un dieu vengeur et mystificateur et pour le bénéfice de ses représentants de “droit divin” sur terre, le pape et les rois et reines, c’est à dire la chrétienté: l’empire chrétien ou “imperii christianorum”…

Quand, de la perspective aborigène, nous rejetons la fausse affirmation des chrétiens européens que “dieu” les a envoyé pour prendre possession et coloniser les terres indigènes des “Amériques”, il est évident que les chrétiens européens n’avaient aucune autorité légitime sur les nations indigènes et leurs territoires ancestraux. Ce que les chrétiens européens clâmèrent au nom de la loi, sur la base inconsciente du modèle cognitif du conquérant n’était rien d’autre que le droit d’empire et de domination, qui était intégral à la mentaité de domination de la chrétienté.

Durant le XVème et le XVIème siècles et plus tard, les monarchies et nations de la chrétienté levèrent le vieux narratif de l’ancien testament et le thème du peuple élu et de la terre promise du contexte géographique général du Moyen-Orient et commencèrent à le transférer au reste du monde. […] Ainsi, ils ont conçu que pour eux-mêmes, ils avaient reçu l’ordre de dieu de prendre possession des parties les plus importantes de la terre’. […] Les monarques et les conquistadores de la chrétienté transformèrent le ‘commandement ‘ de Yaveh aux Hébreus de prendre la terre de Canaan en une version globalisée chrétienne de la même doctrine.

Christophe Colomb fonctionna sur ce système. De fait, il était mandaté par ce système incarné par le roi d’Espagne et protégé par les bulles Dum Versitas (1452), Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493). Le colonialisme occidental est avant tout un colonialisme religieux utilisant le bras séculier des états monarchiques de “droit divin” ne rendant compte qu’au “vicaire de dieu” sur terre: le pape.

Russel Means: Activiste Lakota de renom, membre fondateur de l’American Indian Movement (AIM), figure du siège de Wounded Knee en 1973, acteur, philosophe et sociologue, que nous avons traduit et publié également. Il la publié deux ouvrages remarquables, le premier son autobiographie “Where White Men Fear to Tread” en 1995 et le second juste avant sa mort en 2012 “Si vous avez oublié le nom des nuages vous avez perdu votre chemin”, qui est une superbe introduction à la pensée et à la philosophie amérindienne. Ce petit livre de juste 100 pages dont chaque mot est pesé, fut le testament spirituel de ce grand activiste. Nous avons traduit et publié de larges extraits de l’ouvrage sur Résistance 71.

“Pour les peuples indigènes de ce continent, la célébration du jour de Colomb est l’affirmation ultime que depuis 1492, la société occidentale nous a regardé comme négligeables et périssables. Colomb était un assassin païen qui a soi-disant ‘découvert’ le paradis sur terre, qui était la patrie de mes ancêtres et il s’est attaché à faire de cet endroit un enfer sur terre pour eux.”

[…] “Ainsi, Colomb, afin de pouvoir s’enrichir et de mettre les Indiens en esclavage, a dû convaincre l’église que nous étions des sous-hommes et que nous pouvions donc être réduits en esclavage ou massacrés en toute impunité. Afin de persuader l’église de cela, Colomb accusa les Indiens d’actions anti-naturelles comme par exemple de cannibalisme, un mensonge éhonté…”

En fait, Colomb n’avait même pas besoin de “convaincre” l’église qui était déjà convaincue de tout cela puisque les papes Nicolas V et Alexandre VI (Rodrigo Borgia) avaient déjà émis des bulles en ce sens, autorisant la mise en esclavage perpétuelle des païens et des infidèles. Et la saisie des terres non-chrétiennes dans le monde. Bulles qui n’ont non seulement toujours pas été abrogées en 2016, mais qui ont servi de fondement aux décisisons de la Cour Suprême des Etats-Unis et de celle du Canada par jurisprudence, pour maintenir la “loi de la terre” sur le continent nord-américain. La loi de la terre, coloniale, est gravée dans le marbre et repose sur des décrets pontificaux racistes et inhumains datant du XVème siècle… Qui dit mieux ?…


Vol des terres natives 1784-1895

A l’occasion de ce jour de Colomb 2016, voici ce qu’a à dire une femme de la nation Ojibwe, Tessa McLean, activiste et déléguée du forum permanent pour les peuples indigènes à l’ONU (traduction Résistance 71):

“Ma famille a survécu les tactiques des pensionnats pour Indiens utilisés durant la trisrement célèbre phase du ‘tuer l’Indien, sauver l’Homme’.
Ma famille apprend comment survivre dans la lutte contre les femmes indigènes disparues et assassinées.
Ma famille apprend à survivre aux abus d’alcool et de drogues.
Ma famille apprend comment survivre au génocide.
Je dis que Christophe Colomb nous a apporté cette destruction.
Il a le premier assassiné nos femmes.
Il nous a le premier violé et mutilé.
Il a apporté la mort et la maladie, ce qui s’est transformé avec le temps en abus d’alcool et de drogue.
Il a en premier volé nos terres et nos ressources pour remplir ses poches.
Ceci peut sembler familier jusqu’à Standing Rock aujourd’hui dans le Dakota du Nord, où nos frères et sœurs se battent toujours pour leurs droits à la terre et contre les industries d’extraction et d’exploitation et ce depuis 524 ans.

La boucle est bouclée dans le cycle sans fin du consensus du statu quo oligarchique. Nous proposons de sortir du cycle induit “évolution-révolution” pour prendre la tangente et retrouver la linéarité de la société humaine vers le véritable progrès. Depuis quelques millénaires nous avons été enfermés et leurrés à accepter comme inéluctable, le cercle vicieux de la domination du plus petit nombre. Briser les chaînes c’est RElinéariser le cycle vers le progrès infini. Nous vivons dans une société globale volontairement muselée pour le profit et la domination du plus petit nombre.

Nous laisserons le mot de la fin à l’historienne Roxanne Dunbar-Ortiz, qui en conclusion de son livre, “An Indigenous Peoples’ History of the United States” nous dit ceci (traduction Résistance 71):

“Il y a 45 ans, l’archéologue Robert Silverberg écrivit au sujet de l’appel des ‘tribus perdues’ aux Anglo-américains: ‘le rêve d’une race préhistorique perdue au cœur du continent américain était une satisfaction profonde et si les disparus avaient été des géants, ou des hommes blancs, ou des israélites, ou des Danois, ou des Toltecs ou de grands juifs blancs toltec vikings, cela aurait été encore mieux.’ Tout sauf des Indiens, car cela aurait fourni la preuve rappelant aux descendants des colons anglais que le continent avait été volé, un génocide commis et la terre repeuplée par des colons en quête d’authenticité mais qui ne la trouvèrent jamais à cause du mensonge avec lequel ils vivent, suspecant la vérité, mais ayant bien trop peur de l’affronter… (p.233)

[…] Comment donc la société américaine peut-elle venir à bout de son passé ? Comment peut-elle reconnaître sa responsabilité ? L’Historien autochtone Jack Forbes a toujours insisté sur le fait que bien que les personnes en vie actuellement ne sont pas responsables de ce que leurs ancêtres ont fait, ils n’en sont pas moins responsables de la société dans laquelle ils vivent et celle-ci est un produit du passé. Tout le monde et toute chose dans le monde est aujourd’hui affecté, le plus souvent négativement, par la domination américaine et son interventionnisme, souvent violent avec des moyens militaires directs ou par procuration. C’est un problème des plus urgent. L’historien et enseignant Juan Gomez-Quiñones écrit: ‘L’ancestrie et les héritages amérindiens devraient être une partie intégrante des curricula des collèges et lycées ainsi que des universités et ce avec une intégration complète des histoires et cultures amérindiennes dans les currucula universitaires.’
Les peuples indigènes offrent des possibilités de vie après l’empire, des possibilités qui n’effacent ni les crimes du colonialisme ni ne demandent la disparition des peuples originels colonisés sous le couvert de les inclure dans la société à titre individuel. Ce processus commence vraiment par le fait d’honorer les traités établis avec les nations indigènes, de restaurer les sites sacrés, à commencer avec les Black Hills et incluant la vaste majorité des parcs nationaux détenus fédéralement et toutes les terres et objets sacrés dérobés et de payer des réparations pour la reconstruction et l’expansion des nations autochtones. Dans le processus, le continent se trouvera radicalement reconfiguré, physiquement et psychologiquement. Pour que ce futur se réalise, cela demandera des programmes éducatifs intensifs et le plein soutien et la participation active des descendants des colons, des Africains mis en esclavage, des Mexicains colonisés ainsi que de la population immigrante.” (p.235-6)

Nous ne disons pas autre chose lorsque nous affirmons que l’avenir de l‘humanité passe par les occidentaux émancipés de l’idéologie coloniale se tenant main dans la main avec leurs frères colonisés de tous les continents pour construire ensemble, solidairement la société des sociétés.

Le temps n’est plus seulement à la critique mais à l’action, le progrès passe par l’éradication du colonialisme et de son pilote historique: l’État, qui est la négation de l’Humanité. Ceci se voit aujourd’hui comme le nez au milieu de la figure, il suffit de lâcher-prise de ce modèle politique fallacieux et arrêter d’avoir peur de notre ombre. La vérité nous libèrera.

“Dans un monde de mensonges, dire la vérité est un acte révolutionnaire.”
~ George Orwell ~

 


Résistance au terrorisme depuis 1492 !

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Résistance politique: La colonisation (Jean Grave 1912)

Posted in actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, chine colonialisme, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 6 avril 2018 by Résistance 71

Lectures complémentaires:

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Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

Manifeste pour la societe des societes

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

 

La colonisation 

 

Jean Grave

 

“Les temps nouveaux”, 1912

 

La colonisation prend trop d’expansion à notre époque pour que les anarchistes ne disent pas leur mot sur cette question. À l’heure où les nations dites civilisées se disputent des zones d’influence en Afrique : en Tripolitaine[1], au Congo, au Maroc, se partageant les peuples comme un bétail, tout cela cachant les plus louches combinaisons financières ; les pasteurs de peuples, n’étant plus que les chargés d’affaires des requins de la finance, des tripoteurs d’affaires véreuses, nous devons nous élever contre ce produit hybride du patriotisme et du mercantilisme combinés – brigandage et vol à main armée, à l’usage des dirigeants.

Un particulier pénètre chez son voisin ; il brise tout ce qui lui tombe sous la main, fait la rafle de ce qu’il trouve à sa convenance, c’est un criminel ; la « Société » le condamne. Mais qu’un gouvernement se trouve acculé à une situation intérieure où le besoin d’un dérivatif extérieur se fasse sentir ; qu’il soit encombré chez lui de bras inoccupés, dont il ne sait comment se débarrasser, de produits qu’il ne sait comment écouler, que ce gouvernement aille porter la guerre chez des populations lointaines, qu’il sait trop faibles pour pouvoir lui résister, qu’il s’empare de leur pays, les soumette à tout un système d’exploitation, leur impose ses produits, les massacre si elles tentent de se soustraire à l’exploitation qu’il fait peser sur elles, oh ! alors, ceci est moral ! Du moment que l’on opère en grand, cela mérite l’approbation des honnêtes gens ; cela ne s’appelle plus vol ni assassinat ; il y a un mot honnête pour couvrir les malhonnêtes choses que la société commet ; on appelle cela « civiliser » les populations arriérées !

Et que l’on ne crie pas à l’exagération ! Un peuple n’est réputé colonisateur que quand il a su tirer, d’une contrée, le maximum des produits qu’elle peut rendre. Ainsi, l’Angleterre est un pays colonisateur, parce qu’elle sait faire « rendre » à ses colonies le bien-être pour ceux qu’elle y envoie, qu’elle sait faire rentrer dans ses coffres les impôts dont elle les frappe.

Dans les Indes, par exemple, ceux qu’elle y envoie font des fortunes colossales ; le pays, il est vrai, est bien ravagé de temps à autre par des famines épouvantables, qui déciment des centaines de milliers d’hommes : qu’importent les détails, si John Bull[2] peut y écouler ses produits manufacturés, en tirer, pour son bien-être, ce que le sol de la Grande-Bretagne ne peut lui fournir. Ce sont les bienfaits de la civilisation !

Aujourd’hui, il est vrai, il faut déchanter. L’Inde fait concurrence aux produits de la « Mère Patrie ». Qu’à cela ne tienne, les capitalistes y transporteront leurs capitaux et leurs usines, et, comme les Hindous se nourrissent d’une poignée de riz, on pourra encore édifier des fortunes ; tant pis si les ouvriers anglais paient la différence. Pour leur faire prendre patience, on leur promettra l’empire du monde, et on les lancera contre les Boers ou les Allemands.

En France, c’est autre chose, on n’est pas colonisateur. Oh ! rassurez-vous, cela ne veut pas dire que l’on soit moins brigand, que les populations conquises soient moins exploitées, non ; seulement, on est moins « pratique ». Au lieu d’étudier les populations que l’on conquiert, on les livre aux fantaisies du sabre, on les soumet au régime de la « Mère Patrie » ; si les populations ne peuvent s’y plier, tant pis pour elles, elles disparaîtront petit à petit, sous l’action débilitante d’une administration à laquelle elles n’étaient pas habituées. Qu’importe ? Si elles se révoltent, on leur fera la chasse, on les traquera comme des fauves, le pillage sera alors non seulement toléré, mais commandé ; cela s’appellera une « razzia ».

La bête féroce que l’on élève et entretient sous le nom de soldat est lâchée sur des populations inoffensives qui se voient livrées à tous les excès que pourront imaginer ces brutes déchaînées : on viole les femmes, on égorge les enfants, des villages sont livrés aux flammes, des populations entières sont chassées dans la plaine où elles périront fatalement de misère. Ce n’est rien que cela, laissez passer, c’est une nation policée, qui porte la civilisation chez des sauvages !

Certes, à bien examiner ce qui se passe tous les jours autour de nous, tous cela n’a rien d’illogique ni d’anormal ; c’est bien le fait de l’organisation actuelle ; rien d’étonnant à ce que ces « hauts faits » d’armes obtiennent l’assentiment et les applaudissements du monde bourgeois. La bourgeoisie est intéressée à ces coups de brigandage, ils lui servent de prétexte à entretenir des armées permanentes, cela occupe les prétoriens qui vont, dans ces tueries, se faire la main pour un « travail » plus sérieux ; ces armées elles-mêmes servent de débouché à toute une série d’idiots et de non-valeurs dont elle serait fort embarrassée et qui, au moyen de quelques mètres de galons, deviennent ses plus enragés souteneurs. Ces conquêtes lui facilitent toute une série de tripotages financiers, au moyen desquels elle écumera l’épargne des gogos à la recherche des entreprises véreuses, elle accaparera les terrains volés aux vaincus ; ces guerres occasionnent des tueries de travailleurs dont le trop-plein la gêne chez elle. Les pays conquis ayant « besoin » d’une administration, nouveau débouché à toute une armée de budgétivores et d’ambitieux qu’elle attache ainsi à son char, tandis qu’inemployés, ils pourraient la gêner sur sa route.

Plus encore, ce sont des populations à exploiter, qu’elle pourra courber sous le travail, auxquelles elle pourra imposer ses produits, qu’elle pourra décimer sans avoir à en rendre compte à personne. En vue de ces avantages, la bourgeoisie n’a donc pas à hésiter, et la bourgeoisie française l’a tellement bien compris qu’elle s’est lancée à toute vapeur dans les entreprises coloniales.

Mais ce qui nous étonne, ce qui nous écœure, c’est qu’il y ait encore des travailleurs qui approuvent ces infamies, ne ressentent aucun remords de prêter la main à ces canailleries, et n’aient pas compris cette injustice flagrante de massacrer des populations chez elles, pour les plier à un genre de vie qui n’est pas le leur. Oh ! nous connaissons les réponses toutes faites qu’il est d’usage de débiter lorsqu’on s’indigne des faits trop criants : « Ils se sont révoltés, ils ont tué des nôtres, nous ne pouvons pas supporter cela… Ce sont des sauvages, il faut les civiliser… Nous avons besoin des terres qu’ils ne savent pas cultiver… Les besoins du commerce l’exigent… Oui, peut-être, on a eu tort d’aller chez eux, mais les colonies nous ont trop coûté d’hommes et d’argent pour les abandonner, etc., etc. »

« Ils se sont révoltés, ils ont tué des nôtres. » Eh bien ! après ? Qu’allait-on chercher chez eux ? Que ne les laissait-on tranquilles ? Est-ce qu’ils sont venus nous demander quelque chose ? On a voulu leur imposer des lois qu’ils ne veulent pas accepter, ils se révoltent, ils font bien, tant pis pour ceux qui périssent dans la lutte, ils n’avaient qu’à ne pas prêter la main à ces infamies.

« Ce sont des sauvages, il faut les civiliser. » Que l’on prenne l’histoire des conquêtes et que l’on nous dise après quels sont les plus sauvages, de ceux que l’on qualifie de la sorte ou des « civilisés » ? Quels sont ceux qui auraient le plus besoin d’être « civilisés », des conquérants ou des populations inoffensives qui, la plupart du temps, ont accueilli les envahisseurs à bras ouverts et, pour prix de leurs avances, en ont été torturées, décimées ? Prenez l’histoire des conquêtes de l’Amérique par l’Espagne, des Indes par l’Angleterre, de l’Afrique, de la Cochinchine et du Tonkin[3] par la France, et, à l’heure actuelle, la Tripolitaine par l’Italie, et venez, après, nous vanter la civilisation ! Bien entendu, dans ces historiques, vous n’y trouverez que les « grands faits » qui, par leur importance, ont laissé une trace dans l’histoire ; mais s’il fallait vous faire le tableau de tous les « petits faits » dont ils se composent, et qui passent inaperçus, s’il fallait mettre au jour toutes les turpitudes qui disparaissent dans la masse imposante des faits principaux, que serait-ce alors ? On reculerait écœuré devant ces monstruosités.

J’ai, pour ma part – ayant passé quelque temps dans l’infanterie de marine – entendu raconter une foule de scènes qui prouvent que le soldat qui arrive dans un pays conquis s’y considère, par le fait, comme un maître absolu ; pour lui, les habitants sont des bêtes de somme qu’il peut faire mouvoir à son gré ; il a droit de prise sur tout objet à sa convenance, malheur à l’indigène qui voudra s’y opposer, il ne tardera pas à apprendre que la loi du sabre est la seule loi ; l’institution qui défend la Propriété en Europe ne la reconnaît pas sous une autre latitude. Le soldat, en cela, est encouragé par les officiers qui prêchent d’exemple, par l’administration qui lui met la trique en main pour surveiller les indigènes qu’elle emploie à ses travaux.

Que de faits répugnants vous sont racontés là, naïvement comme choses très naturelles, et, lorsque, par hasard – si l’indigène s’est révolté, a tué celui ou ceux qui l’opprimaient –, vous dites qu’il a bien fait, il faut entendre les cris de stupeur qui accueillent votre réponse : « Comment ? puisque nous sommes les maîtres ! puisque l’on nous commande ! il faut bien nous faire obéir ; si on les laissait faire, ils se révolteraient tous, ils nous chasseraient. Après avoir dépensé tant d’argent et tant d’hommes, la France perdrait le pays, elle n’aurait plus de colonies ! »

Voilà où la discipline et l’abrutissement militaires amènent l’esprit des travailleurs ; ils subissent les mêmes injustices, les mêmes turpitudes qu’ils aident à faire peser sur les autres ; et ils ne sentent plus l’ignominie de leur conduite, ils en viennent à servir, inconsciemment, d’instruments au despotisme, à se vanter de ce rôle, à ne plus en comprendre toute la bassesse et l’infamie.

Les civilisateurs européens, Italiens, Français ou autres, feraient bien mieux de tirer partie des terres qui sont incultes chez eux, avant d’aller voler celles des autres.

Quant aux besoins du commerce, voilà bien le vrai motif : Messieurs les bourgeois s’étant embarrassés de produits qu’ils ne savent comment écouler, ils ne trouvent rien de mieux que d’aller déclarer la guerre, pour imposer ces produits à de pauvres diables impuissants à se défendre.

Certes, il serait facile de s’entendre avec eux, on pourrait trafiquer par la voie des échanges ; comme ils ne sont pas très ferrés sur la valeur des objets, ceux-ci n’ayant, pour eux, de valeur qu’autant qu’ils leur tirent l’œil, il serait facile de les « enfoncer » et de réaliser de beaux bénéfices ; n’en était-il pas ainsi avant que l’on pénétrât dans le continent noir ? N’était-on pas, par l’intermédiaire des peuplades de la côte, en relation avec les peuplades de l’intérieur ? N’en tirait-on pas déjà les produits que l’on en tire à présent ?

Oui, cela est possible, cela a été, mais voilà le diable ! Pour opérer de la sorte, il faut du temps, de la patience, impossible d’opérer en grand, il faut compter avec la concurrence : « Le commerce a besoin qu’on le protège ! » On sait ce que cela veut dire : vite, deux ou trois cuirassés en marche, une demi-douzaine de canonnières, un corps de troupes de débarquement, saluez, la civilisation va faire son œuvre. Nous avons pris une population forte, robuste et saine, dans quarante ou cinquante années d’ici nous vous rendrons un troupeau anémié, abruti, misérable, décimé, corrompu, qui en aura pour très peu de temps à disparaître de la surface du globe. Alors sera complète l’œuvre civilisatrice !

Si l’on doutait de ce que nous avançons, que l’on prenne les récits des voyageurs, qu’on lise la description des pays où les Européens se sont installés par droit de conquête, partout la population s’amoindrit et disparaît, partout l’ivrognerie, la syphilis et autres importations européennes les fauchent à grands coups, atrophient et anémient ceux qui survivent. Et peut-il en être autrement ? Non, étant donnés les moyens que l’on emploie. Voilà des populations qui avaient un autre genre de vie que nous, d’autres aptitudes, d’autres besoins ; au lieu d’étudier ces aptitudes et ces besoins, de chercher à les adapter à notre civilisation, graduellement, insensiblement, en ne leur demandant de prendre, de cette civilisation, que ce qu’ils pouvaient s’assimiler, on a voulu les plier d’un coup ; on a tout rompu ; non seulement elles ont été réfractaires, mais l’expérience leur a été fatale.

Que le rôle de l’homme soi-disant civilisé aurait pu être beau, s’il avait su le comprendre, et si lui-même n’avait été affligé de ces deux pestes : le gouvernement et le mercantilisme, deux plaies affreuses dont il devrait bien songer à se débarrasser avant de chercher à civiliser les autres.

La culture des peuplades arriérées pourrait se poursuivre pacifiquement et amener à la civilisation des éléments nouveaux susceptibles, en s’y adaptant, de la revivifier. Que l’on ne vienne pas nous parler de la duplicité et de la férocité des barbares ! Nous n’avons qu’à lire les récits de ces hommes, vraiment courageux, qui sont partis au milieu de populations inconnues, poussés par le seul idéal de la science et le désir de connaître. Ceux-là ont su s’en faire des amis, ont pu passer chez eux sans en avoir rien à craindre ; la duplicité et la férocité ne sont venues que de ces misérables trafiquants qui se décorent faussement du nom de voyageurs ; ne voyant, dans leurs voyages, qu’une bonne affaire commerciale ou politique, ils ont excité, contre le blanc, l’animosité de ces populations, en les trompant dans leurs échanges, en ne tenant pas les engagements consentis, en les massacrant, au besoin, quand ils pouvaient le faire impunément.

Faut-il apporter des faits ? Qu’on lise les livres de Vigné d’Octon[4] ; Chez les Hova, de Jean Carol[5]. Les atrocités des Chanoine et des Voulet[6] ne sont pas si loin de nous que l’on ne se les rappelle encore. Quant aux exploits des « civilisateurs » italiens en Tripolitaine, ils sont de l’heure présente.

Allons, allons, philanthropes du commerce, civilisateurs du sabre, rengaînez vos tirades sur les bienfaits de la civilisation. Ce que vous appelez ainsi, ce que vous déguisez sous le nom de colonisation a un nom parfaitement défini dans votre Code, lorsqu’il est le fait de quelques individualités obscures ; cela s’appelle : « Pillage et assassinats en bandes armées ». Mais la civilisation n’a rien à voir avec vos pratiques de bandits de grands chemins.

Ce qu’il faut à la classe dirigeante, ce sont des débouchés nouveaux pour ses produits, ce sont des peuples nouveaux à exploiter ; c’est pour cela qu’elle envoie les Soleillet, les de Brazza, les Crampel, les Trivier, les Fourreau, les Lamy[7], etc., à la recherche de territoires inconnus pour y ouvrir des comptoirs qui livreront ces pays à son exploitation sans bornes ; elle commencera par les exploiter commercialement, pour finir par les exploiter de toutes les façons lorsqu’elle aura placé ces peuplades sous son protectorat ; ce qu’il lui faut, ce sont des terrains immenses qu’elle s’annexera graduellement, après les avoir dépeuplés ; ne faut-il pas beaucoup de place pour y déverser le trop-plein de la population qui l’embarrasse ? Et acheter les parlementaires qui se font leurs complices à la Chambre ?

Vous, dirigeants, des civilisateurs ? Allons donc ! Qu’avez-vous fait de ces peuplades qui habitaient l’Amérique et qui disparaissent tous les jours, décimées par les trahisons, auxquelles, au mépris de la foi jurée, vous arrachez, peu à peu, les territoires de chasse que vous aviez dû leur reconnaître ? Qu’avez-vous fait de ces peuplades de la Polynésie, que les voyageurs s’accordaient à nous montrer comme des populations fortes, vigoureuses – de vrais types de beautés – et qui, maintenant, disparaissent sous votre domination ?

Vous des civilisateurs ? Mais du train dont marche votre civilisation, si les travailleurs devaient succomber dans la lutte qu’ils vous livrent, vous ne tarderiez pas à périr à votre tour, sous votre indolence et votre paresse, comme sont tombées les civilisations grecque et romaine, qui, ayant perdu toutes les facultés de lutte pour ne conserver que celle de jouir, ont succombé bien plus sous le poids de leur avachissement que sous les coups des barbares, qui, venant à prendre part à la lutte, dans la plénitude de leurs forces, n’ont pas eu grand peine à renverser cette civilisation en pleine décomposition.

Comme vous avez pris à tâche de détruire les races, non pas inférieures, mais seulement retardataires, vous tendez de même à détruire la classe des travailleurs, que vous qualifiez aussi d’inférieure. Vous cherchez tous les jours à éliminer le travailleur de l’atelier, en le remplaçant par des machines. Votre triomphe serait la fin de l’humanité ; car, perdant peu à peu les facultés que vous avez acquises par la nécessité de lutter, vous retourneriez aux formes ancestrales les plus rudimentaires, et l’humanité n’aurait bientôt plus d’autre idéal que celui d’une association de sacs digestifs, commandant à un peuple de machines, servies par des automates, n’ayant plus d’humain que le nom.

[1] Possession ottomane depuis le xvie siècle, la Libye, dont la Tripolitaine est une des trois grandes régions, est colonisée par l’Italie en 1912.

[2] Personnage représentant l’Anglais typique.

[3] Après avoir colonisé la Cochinchine, région du Vietnam sud, et le Tonkin, région du Vietnam nord, les Français les intègrent en 1887 à l’Union indochinoise.

[4] Médecin de la Marine, écrivain et homme politique, Paul Vigné d’Octon (1859-1943) est l’auteur d’un pamphlet anticolonialiste, La Sueur du burnous (1911).

[5] Dans Chez les Hova. Au pays rouge (1898), Jean Carol (1848-1922), de son vrai nom Gabriel Lafaille, critique l’attitude des colons français à Madagascar.

[6] Appelée Mission Voulet-Chanoine, l’expédition française menée par les capitaines Paul Voulet et Julien Chanoine part en Afrique en 1899 pour la conquête coloniale du Tchad et se révèle particulièrement sanguinaire.

[7] Paul Soleillet (1842-1886), Pierre Savorgnan de Brazza (1852-1905), Paul Crampel (1864-1891), Élisée Trivier (1842-1912), Fernand Foureau (1850-1914), François Lamy (1858-1900), explorateurs français qui ont participé activement à la conquête coloniale de l’Afrique.

Résistance au colonialisme: Réunion à Tyendinaga le 10 avril… Venez nombreux en territoire mohawk (MNN)

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“Il n’y a qu’une seule chose de plus triste que de se rappeler d’avoir été libre, c’est d’oublier que vous l’avez été.”
~ Leonard Peltier ~

“La grande loi de la paix (kaianerekowa) est la véritable loi naturelle de l’île de la Grande Tortue”
~ Haudenosaunee, confédération iroquoise ~

A lire: La voix de “ceux qui portent le fardeau de la responsabilité de la paix”:

https://resistance71.wordpress.com/2013/11/28/societe-contre-letat-auto-defense-de-lautogestion-la-voie-du-guerrier/

 

Effondrer le colonialisme

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

 

Réunion des gardiens de la paix (Rotiskenrakete) à Tyendinaga (territoire Mohawk)

 

Mohawk Nation News 

 

2 avril 2018

 

Source: http://mohawknationnews.com/blog/2018/04/02/all-nations-rotiskenrakete-meet-tyendinaga/

 

Les vacances de l’homme blanc sont finies. Vous avez tous eu vos œufs en chocolat et vos bougies du bazar à 1 dollar, vous avez chanté vos chansons au sujet du Jeannot lapin de Pâques ; maintenant il est grand temps de se préoccuper de nos responsabilités envers notre peuple, nos enfants et les générations futures.

Chacun d’entre nous est responsable. C’est ensemble que nous déciderons de notre futur. Quoi que ce soit que chacun d’entre nous connaisse et qui peut sauver notre peuple doit être dit et amené à l’attention de tous à cette réunion.

D’après kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix, nous avons tous et toutes un esprit que nous devons utiliser pour survivre.

CONTACT: KWERADIO 613.967.0463  613.921.7735, ou email info@kweradio.ca.

Fini de se déguiser en “guerriers”, d’agiter des drapeaux et de ne rien faire. Nous avons besoin d’êtres humains qui vont se dresser pour la défense du peuple.

La réunion se tiendra à la longue maison de Tyendinaga (Sadie Lane) le 7 avril 2018 à 10:00 du matin. Prenez la sortie vers Marysville sur l’autoroute 401 (en provenance de Toronto) et trouvez votre chemin jusque là !

(NdT: des membres de R71 ont été plusieurs fois à Tyendinaga, l’occasion d’y retourner ?…)

TOUT LE MONDE EST LE BIENVENU. Venez et montrez votre considération pour le futur de tous nos enfants.

Résistance au colonialisme: De la mythologie sioniste à la tragédie palestinienne

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Par Ziad Medoukh*   Préface du livre « De la mythologie sioniste à la tragédie palestinienne » de Chérif Abdedaïm

 

Novembre 2016

 

Source:

http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/de-la-mythologie-sioniste-a-la-tragedie-palestinienne/

 

La cause palestinienne a toujours été celle du peuple algérien. L’Algérie est presque le seul pays arabe dont le gouvernement et le peuple ont soutenu et soutiennent encore la cause et la lutte du peuple palestinien pour ses droits et sa liberté, et ce, depuis l’indépendance de ce pays en 1962 à nos jours.

Donc, il ne serait pas étonnant qu’un enfant de ce peuple, journaliste, écrivain engagé, militant et historien comme Chérif Abdedaïm écrive ce livre captivant sur l’histoire du sionisme, mouvement colonial, basée sur des mythes, des mensonges et des mystifications.

Je ne veux pas revenir sur ce qu’a offert l’Algérie à la Palestine, mais ce qui m’a attiré dans le livre de Chérif Abdedaïm, c’est son approche singulière de cette question centrale sur la scène internationale, en l’occurrence la question palestinienne.

Outre l’explication historique détaillée du conflit israélopalestinien,l’auteur insiste dans son récit sur la propagande sioniste, persistante, pour continuer à occuper et à coloniser la Palestine historique ; passant en revue les différents crimes et massacres israéliens depuis 1948 jusqu’au dernier massacre de Ghaza en 2014 en transitant par celui de Sabra et Chatila en 1982.

Un livre très passionnant qui nous permet donc de comprendre l’histoire du sionisme comme doctrine politique et toutes les mesures illégales en violation des droits fondamentaux du peuple palestinien et des peuples arabes.

Pour comprendre la réalité et l’actualité dans les territoires palestiniens marquées par la poursuite des agressions israéliennes au quotidien à l’encontre des Palestiniens (le mur de l’apartheid en Cisjordanie, l’accélération de la colonisation et le blocus israélien inhumain contre Ghaza et les différentes offensives militaires contre les civils palestiniens), nous devrions lire plusieurs fois ce livre très intéressant qui retrace l’histoire du sionisme depuis 1896 avec la tenue du premier congrès sioniste à Bâle (en 1897) en passant par la déclaration Balfour en 1917 et la déportation des Palestiniens en 1948.

La politique israélienne a toujours été une politique d’instrumentalisation des mythes et de la manipulation de la religion pour continuer à écraser les Palestiniens et les chasser de leur terre d’origine avec la complicité des Nations unies et des pays occidentaux. Le livre de Chérif Abdedaïm nous dévoile cette histoire noire de ce mouvement colonial et raciste.

Dans sa présentation accompagnée des dates, des déclarations et des évènements, Chérif Abdedaïm montre que le mythe sioniste « une terre sans peuple pour un peuple sans terre » a toujours été d’actualité pour tous les gouvernements israéliens de gauche comme de droite.

Le sionisme sous toutes ses formes (sionisme politique, économique, culturel et religieux) n’a pas réussi à faire partir les Palestiniens de leur terre, ni à faire de la Palestine historique une terre promise pour les juifs du monde ; et ce, malgré la conjugaison de plusieurs facteurs : toutes les mesures répressives israéliennes, la pression du lobby sioniste notamment en Europe et aux États-Unis et les pressions exercées sur les défenseurs et les sympathisants de la cause palestinienne en les accusant d’antisémitisme. Si cette politique sioniste n’a pas réussi, selon l’auteur, c’est parce qu’elle fait face à la détermination d’un peuple qui se bat, un peuple qui résiste, qui existe, qui persiste, un peuple qui a décidé de rester digne sur sa terre.

Pour moi, Palestinien de Ghaza, je place ce livre de Chérif Abdedaïm dans la catégorie des meilleurs écrits sur l’histoire du sionisme. Un livre historique, non seulement fourmillant de détails et de précisions, mais aussi un livre d’analyse, objectif, pour toutes les générations afin qu’elles comprennent que la soi-disant paix israélienne n’est qu’un grand mensonge, une grande mystification comme toute l’histoire du sionisme et que la liberté des Palestiniens ne pourrait être arrachée qu’avec leurs sacrifices et leur combat pour leur indépendance, et ce, avec l’appui de tous ceux qui soutiennent cette juste cause à l’instar de mon ami et frère algérien Chérif Abdedaïm.

*Ziad Medoukh, poète et écrivain palestinien d’expression française.   Citoyen de Ghaza.  Février 2016

Résistance au colonialisme: La vaste fumisterie de la Déclaration des Peuples Indigènes de l’ONU…

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Recoloniser, Révangéliser, Réconcilier, Redominer

Steven Newcomb

29 Mai 2016

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/05/29/re-colonize-re-evangelize-re-conciliate-re-dominate

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Les mots sont le moyen par lequel nous configurons et créons notre réalité. Quand nous changeons les mots, nous changeons notre réalité. Les mots que nous utilisons dans notre vie quotidienne, dans notre interaction avec les autres, constituent une réalité à part entière. Le changement d’un seul mot, parfois même d’une lettre de l’alphabet, peut avoir pour résultat un renversement complet de la réalité. Prenez par exemple (en anglais) la différence entre les mots “people” sans “s” et le mot “peoples” (avec un “s”). Le premier mot indique des individus (NdT: les gens en français), le second indique des peuples entiers (NdT: les peuples, les nations..)

Le préfice “re” veut dire “faire de nouveau”. R(e)-évangéliser par exemple, veut dire refaire ces actions impliquées dans l’expansion et la divulgation de l’évangélisation chrétienne, un processus par lequel de la combinaison des mots et de l’attitude, résulta une somme énorme de terre, de pouvoir, de richesse, se retrouvant sous la domination du monde (empire) chrétien, de l’église catholique (NdT: et des églises réformées également par la suite), des monarchies chrétiennes européennes et des états.

“Re-coloniser” veut dire, refaire, ou renforcer, les schémas comportementaux de colonisation et de domination (pensée et attitude), qui furent appliqués pendant des siècles. Initialement, pacifier des autochtones en colère impliqua le besoin de se les “concilier”, ce qui veut dire “calmer quelqu’un, faire en sorte qu’il ne soit plus en colère” ou “pacifier quelqu’un ou un groupe de personnes qui ont un ressentiment en faisant en sorte qu’ils abandonnent leur ressentiment”.

L’effort d’une nation pour s’engager dans la conquête physique d’une autre nation implique que la nation qui agresse entre violemment ou envahisse la terre natale d’une autre nation ; ceci est plus correctement appelé “invasion de la patrie ou terre ancestrale”. Dans cette démarche, quelle type de réalité se contitue t’elle dans un processus de “conquête spirituelle” au nom de l’évangélisation ? La conquête spitituelle se fait en envahissant physiquement une nation libre et indépendante et en envahissant, colonisant l’esprit même de la nation et du peuple qui sont envahis, en utilisant des techniques de guerre psychologique contre la nation envahie.

L’évangélisme, d’après l’écrit du théologien Walter Brueggemann dans son Biblical Perspectives on Evangelism (1993), est un “conte narratif” qui a “trois scènes”. “Dans la première scène, dit-il, il y a combat, lutte et conflit entre de puissantes forces qui bataillent pour le contrôle de l’endroit, le contrôle des récompenses, le contrôle du futur.” Il va même plus loin et déclare : “L’évangélisation n’a aucun sens à moins que l’on ait une perception et une compréhension du drame qui se joue… dans sa fonction de combat et de lutte.” L’évangélisation chrétienne était vue comme partie de la lutte cosmique entre le bien et le mal sur Terre. Brueggemann dit que dans la tradition évangéliste “des évènements qui se sont produits dans un endroit ont une grande importance dans un autre endroit”, et que “les victoires remportées à une époque continuent de compter de manière décisive dans une autre époque.” (p.17)

Les prêtres catholiques qui vinrent dans notre partie de l’Île de la Grande Tortue/Abaya Yala (ou “hémisphère occidental”) dirent de manière explicite que l’objectif de leur évangélisation était “la conquête spirituelle” de nos ancêtres qu’ils dénommaient “les gentils”. Ceci veut dire que les prêtres étaient activement engagés dans une bataille pour la chrétienté ou l’empire chrétien afin de contrôler le futur, incluant le futur de nos nations. Les évangélisateurs dominant amenèrent avec eux l’image de la “mère Marie”, qu’ils appelaient “La Conquistadora” ou la conquérante (dominatrice) qui s’engage dans la “conquête”. Re-évangéliser est s’engager dans une nouvelle évangélisation ou s’engager dans des activités de “conquête spirituelle” (domination), au nom de la “réconciliation”.

Le ré-conciliation mode XXIème siècle est, de mon point de vue, un effort moderne pour renouveler le processus d’évangélisation initial en persuadant nos nations et nos peuples d’accepter volontairement un statut politique diminué afin que nous ne restions plus le contrôle exercé sur nos existances par “l’État”. Je le vois comme une extension des mêmes schémas de pensée et d’attitude qui émanèrent des bulles pontificales de l’église catholique et du pape Alexandre VI (Rodrigo Borgia) et de son plan d’extension de la domination chrétienne par “l’empire chrétien”, colportée hors des frontières européennes sous le nom d’évangélisation.

La définition acceptée de l’ONU pour les “peuples indigènes” suit la tradition des bulles pontificales en utilisant l’idée que le mot “indigène” veut dire peuples existant de manière permanente sous la domination de “l’État”. Une fois que vous avez appris à voir et reconnaître ce schéma, l’image devient très claire: il y a des siècles, il y avait des nations originelles, distinctes et libres vivant sur la planète. Puis nos nations furent soudainement envahies par les monarchies de la chrétienté occidentale.

Le fait que nos nations étaient déjà libres et indépendantes avant l’invasion de nos territoires par les puissances politiques chrétiennes est la base pour la définition de l’ONU en référence de nos nations originelles libres avant l’invasion ou “pré-invasion”. Le préfixe “pré” reconnaît l’existence originellement libre de nos nations avant que nos ancêtres, nations et territoires ne fussent envahis par les monarchies de la chrétienté occidentale. Aujourd’hui, certains d’entre nous continuent de souscrire au point de vue que nos nations originellement libres ont le droit de vivre libres de toute domination parce que le système de domination qui nous a envahi n’a jamais été valide ni acceptable.

Nos nations vivent maintenant sous une affirmation de droit de domination post-invasion. Une invasion est définie comme “une armée ennemie envahissant un territoire”. Envahir est le fait “d’entrer de force ou de manière hostile, venir en tant qu’ennemi… pénétrer et s’étendre…” L’invasion fait partie de la colonisation, que l’historien Samuel Morison a défini comme “une forme de conquête (domination) dans laquelle une nation prend possession d’un territoire lointain.” Il ajoute que la nation envahissante “amène ses propres personnes” et “contrôle ou élimine les habitants autochtones.” (The Oxford History of the American People, 1965, p. 34).

La définition des Nations-Unies des peuples indigènes utilise implicitement l’imagerie de l’invasion de nos terres et de nos territoires pour illustrer les sociétés dominantes émergeant graduellement de cette histoire et existant jusqu’à aujourd’hui. L’ONU appelle ces sociétés dominantes “prévalentes aujourd’hui” ou “maintenant prévalentes” (c’est à dire dominantes aujourd’hui) en relation avec nos nations originelles libres. Ceci suggère que les sociétés “maintenant prévalentes” dominent activement nos peuples et nations caractérisés comme “indigènes”, c’est à dire nations et peuples dominés.

Au vu de ce qui précède, une question se pose: Pourquoi tant de gens considèrent-ils la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes (DDPI) de l’ONU être la base d’une réforme fondamentale alors qu’elle ne contient aucune provision pour mettre fin au système de domination qui a été établi et imposé à nos nations par des états aussi variés que le Canada, les Etats-Unis et d’autres pays ?

Une fois que nous réalisons pleinement que la DDPI de l’ONU ne fut jamais écrite avec les mots nécessaires pour mettre fin au système de domination établi dans la réalité et maintenu par les états, nous nous trouvons alors face à face avec un point particulier auquel on ne peut échapper: Lorsque, par exemple, le gouvernement canadien dit, comme il l’a récemment fait, qu’il va s’engager dans un processus de “réconciliation” en mettant en application les mots de la DDPI de l’ONU de manière consistante avec la constitution canadienne, ceci nous dit que nous pouvons nous attendre à toujours plus dans ce jeu de la domination, simplement cela porte un autre nom.

Note de Résistance 71: Au sujet de la “constitution” canadienne, elle est inexistante. La “constitution” canadienne est en fait une charte commerciale plus connue sous le nom de British North America Act de 1867 (BNAA 1867). Le “Canada” fut enregistré en 1867 en tant qu’entreprise coloniale de la “couronne” c’est à dire de la City de Londres dont la vitrine politique est la “couronne” représentée par la dynastie royale britannique. Le BNAA fut voté par le parlement britannique et est à cet égard une décision coloniale de dominion britannique. Le Constitution Act of Canada de 1982 est une fraude (clause dérogatoire de la section 33 et non ratification par le peuple).
Il est aussi à noter que la nationalité “canadienne” n’existe que depuis 1947, auparavant les “Canadiens” vivant dans le dominion du Canada était sujet britannique avec un statut spécial. Aujourd’hui, la reine d’Angleterre est toujours souveraine du Canada et nomme un gouverneur général qui ne répond qu’au souverain britannique. Le chef de l’état du “Canada” est la reine Elisabeth II d’Angleterre et ses héritiers. Tous les passeports canadiens sont émis au nom de la reine d’Angleterre. Le gouverneur général du Canada nomme au nom de la reine les sénateurs, les juges de la cour suprême etc…
Pas plus d’indépendance “canadienne” que de beurre en branche donc. Les Etats-Unis d’Amérique et le Canada ne sont que des créations de la “couronne”/City de Londres et du monde de la haute finance transnationale.

Résistance politique: L’effet du 100ème singe ou … la solution à 10%

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100 Singes

 

Mohawk Nation News

 

13 Octobre 2015

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2015/10/13/100-monkeys/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’histoire raconte qu’au début des années 1800, les banquiers ont écrit le script du vol de la moitié de la masse territoriale d’Ongwe’honweh, peuples d’Onowa:regeh, l’Île de la Grande Tortue, son peuple naturel. Ils formèrent une “Family Compact” dans le haut-Canada en Ontario et une “Château Clique” dans le bas-Canada au Québec. Ces gens étaient John Robinson, l’évêque Strachan, William Osgoode, Jonas Jones, Aeneas Shaw, Col. James FitzGibbon, William Henry Bouleton, Allan Napier McNabb, Henry Sherwood et James Buchanan. A Montréal ce furent James McGill and John Molson. Leur descendance est responsable de toute la merde qu’ils ont laissée à Montréal.

Le script mettait en place sa matrice artificielle appelée “corporatisme” (dans le sens de cartel entrepreneurial et non pas d’association des métiers compémentaires..). Ils voleraient donc notre terre, nos ressources et accumuleraient richesse et pouvoir. La seule vraie loi de la terre d’alors et d’aujourd’hui est Kaia’nereko:wa

La Family Compact et le Château Clique avec les banquiers constituèrent les membres du comité directeur de la COURONNE (13 familles) pour la corporation coloniale du Canada. Ces compacts font tout le sale boulot comme par exemple… tuer les Indiens et voler leurs possessions.

Dans cette pièce de théâtre, les acteurs contrôlent illégalement tout: la politique publique, les revenus, le patronage, les prêts et les attributions de terre, les banques, la construction de canaux, de chemin de fer, la citoyenneté etc… Ils ont appointé des conseils législatifs pour gérer tout cela (le gouvernement de l’ombre). Les entreprises, corporations que sont les municipalités étaient toutes des républiques indépendantes, propriétés des banques représentant les actionnaires de la COURONNE (NdT: La City de Londres et sa banque d’Angleterre/Vatican sous contrôle Rothschild…). Les fonds pour payer pour tout sont venus des fonds fiduciaires d’Ongwe’hon:weh. Ce grand théâtre est toujours en train de se jouer aujourd’hui même.

Nous n’avons jamais cru en toute cette supercherie. Nous sommes un peuple naturel et nous avons bien vu que tout cela n’était pas réel et totalement fictif. Au final, nous devions être totalement absorbé dans le corps politique artificiel qu’ils avaient créé et qui n’est qu’un leurre, une illusion. Tout ceci n’est basé que sur une fiction totale, celle qui veut qu’ils peuvent posséder notre Terre-Mère.

Aujourd’hui, la Family Compact et le Chateau Clique ont une peur bleue de l’effet dit du 100ème singe (NdT: voir vidéo ci-dessous..). Les gens sont les singes entraînés à être aveugles, soumis et obéissants. Quand 10% des esprits endormis de l’humanité se réveillent, l’effet du 100ème singe va se mettre en branle. Ceci aura pour conséquence le réveil de tout le monde à cette fiction fabriquée de toute pièce qu’est le système.

L’entreprise de la Ville de Montréal, établie en 1832 par la Family Compact est responsable d’avoir chié dans nos bottes. Ils ont intérêts à mettre leurs excréments ailleurs et pas dans Kaniatarowano:onwe, la rivière du peuple naturel. La solution ultime au problème majeur de la guerre est de rendre respnsables les actionnaires des crimes de leurs entreprises/corporations en éliminant les clauses de responsabilité limitée dans les lois commerciales d’entreprises.

Comme le dit cette contine: 15 petits singes sautaient sur le lit, l’un dentre eux tomba et les autres dirent: “Plus de singes pour sauter sur le lit”…

Le groupe de Rock pour TV, the Monkees, a dépeint la nature naïve du public: “Here we come, walking down the street… we get the funniest looks from everyone we meet. Hey, hey, we’re the monkeys. And people say we monkey around. We’re too busy singing to put anybody down. We’re just trying to be friendly. Come and watch us sing and play. We’re the young generation. And we’ve got something to say”.

= = =

Articles connexes:

 

La solution à 10%

 

La “couronne” City de Londres

 

La dictature des 3 cités-états de la Couronne

 

Vidéos:

l’effet du 100ème singe sur une superbe musique/chanson de Geoffrey Oryema (Ouganda)

http://www.youtube.com/watch?v=BT2CqfdpNjg

Geoffrey Oryema en concert, duo avec Peter Gabriel:

http://www.youtube.com/watch?v=8whgLjMUBaE

 

 

 

Dire non au colonialisme… Pour une répudiation de la Doctrine Chrétienne de la Découverte

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Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux auront de chance à être répudiés.

— Résistance 71 ~

 

Démanteler la doctrine de la découverte

 

Idle No More

 

15 Août 2015

 

url de l’article original:

http://www.idlenomore.ca/dismantling_the_doctrine_of_discovery

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En savoir plus sur la Doctrine Chrétienne de la Découverte

 

Idle No More maintient ses relations avec l’ International Tribunal of Justice Abya Yala  qui est en train d’être organisé au Guatémala pour les 15-17 Septembre 2015. Nous continuerons de soutenir le mouvement de résistance continental afin de faire mettre en application l’auto-gouvernance et la souveraineté de nos peuples et nations par la reconnaissance de ceux-ci. Nous travaillerons ensemble par-delà les frontières afin de construire une véritable décolonisation du continent par l’adoption d’une stratégie adéquate, dans l’esprit de l’autogestion et de l’auto-détermination de nos nations et peuples indigènes originels à ce continent.

Nous soutenons la formation d’une Commission Indigènes Continentale (Continental Indigenous Commission North-Central-South Abya Yala – Turtle Island) afin de délivrer les conclusions du Tribunal International de Justice Abya Yala dans les territoires Lenape-Delaware de Philadelphie, de Pennsylvannie en Septembre, lorsque le pape François 1er sera présent. Nous espérons que cette commission adressera directement le problème de la sanctification continuelle des doctrines coloniales de la découverte au travers de la bulle papale Inter Caetera. L’Indigenous Law Institute (NdT: de Steven Newcomb) a reconnu que cette bulle “a été et continue d’être dévastatrice pour nos religions, nos cultures et la survie de notre population.” Dans un Communiqué to the Vatican, le 5ème sommet continental d’Abya Yala V Continental Summit Abya Yala qui s’est tenu sur les Cauca Territories en Colombie, a appelé le pape François 1er à révoquer publiquement la doctrine chrétienne de la découverte (et sa bulle Inter Caetera).

Notre position est que l’État du Vatican et le pape François doivent prendre la responsabilité du rôle qu’a eu et continue d’avoir l’église catholique en tant qu’auteurs intellectuels de la docrine de la découverte. La Doctrine de la Découvete continue de marginaliser les peuples indigènes et de normaliser des violations criminelles des droits de l’Homme, comme par exemple le droit de consentir librement et de manière informée ainsi que le droit à l’auto-détermination des peuples indigènes,

Idle No More endorse et soutient la Continental Proclamation Abya Yala donnée au Forum Permanent des Problèmes Indigènes des Nations-Unies le 18 Mai 2006 qui déclare:

Que la bulle du pape Alexandre VI Inter Caetera est par-là même annulée, ainsi que tout processus de la Doctrine de la Découverte qui prétend déformer la relation d’harmonie, de justice et de paix de nous, les peuples indigènes de l’humanité dans notre entièreté.

La Doctrine de la Découverte n’a jamais eu de quelconque validité légale et ne sert qu’à perpétuer le processus de la colonisation et de la violation des droits des peuples indigènes en ayant donné le titre de propriété des terres indigènes aux colons en ignorant ou en invalidant le titre à la terre des peuples et nations indigènes.

Nous en appelons à tous les peuples et nations indigènes de l’Île de la Tortue Abya Yala de joindre leur force et de se soulever dans un mouvement continental fondé sur nos cérémonies traditionnelles pendant la célébration de l’équinoxe d’automne le 23 Septembre. Nous appelons nos coalitions et nos alliés sur la Terre-Mère de faire ce pas avec nous ainsi qu’en solidarité et en volontarisme de démanteler la Doctrine (Chrétienne) de la Découverte.