Archive pour France terrorisme d’état en syrie

Guerre impérialiste en Syrie: Une opération de provocation à l’arme chimique organisée par la France et la Belgique serait en cours

Posted in actualité, France et colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 30 mars 2019 by Résistance 71

D’après un général russe, les services spéciaux français et belge préparent une attaque chimique de provocation en Syrie

 

Al Manar

 

30 mars 2019

 

url de l’article original: http://french.almanar.com.lb/1306098

 

La France et la Belgique prévoient d’organiser une provocation à l’arme chimique en Syrie, a affirmé la Défense russe.

«Les services secrets de France et de Belgique préparent une provocation à l’arme chimique en Syrie afin d’accuser les forces aérospatiales russes d’avoir porté des frappes contre les civils», a déclaré vendredi aux journalistes le chef du Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie, le général de brigade Victor Kouptchichine.

«Les représentants des services secrets occidentaux ont déjà tenu une réunion appropriée avec les chefs de file des terroristes à Idlib», a-t-il indiqué.

Selon des informations détenues par le Centre, les formations armées illégales qui déploient leurs activités sur le territoire de la zone de désescalade d’Idlib préparent des provocations en vue d’accuser les militaires russes et les troupes gouvernementales syriennes d’avoir employé des substances toxiques.

«Pour organiser ces provocations, des représentants des services secrets français et belges sont arrivés à Idlib. Une rencontre s’est tenue sous leur direction avec des chefs de file des groupes terroristes Hayat Tahrir al-Cham (anciennement Front al-Nosra) et Tanzim Hurras ad-Din (ayant prêté allégeance à Al-Qaïda), ainsi qu’avec des représentants de l’organisation soi-disant humanitaire des Casques blancs», a poursuivi Victor Kouptchichine.

Il a ajouté que la réunion avait été consacrée à la mise en scène d’images «censées prouver que la Russie et la Syrie ont employé des substances toxiques contre les civils».

Toujours selon Victor Kouptchichine, chaque participant à la mise en scène de l’attaque chimique sera payé 100 dollars US (presque 90 euros).

Il a fait remarquer également que les organisateurs de la provocation pourraient avoir recours à des gaz toxiques réels afin de garantir «l’authenticité» des photos et des vidéos.

Dans ce contexte, le Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie a appelé les chefs des formations armées illégales à refuser toute provocation armée et à s’engager dans la voie d’un règlement pacifique dans les régions qu’ils contrôlent.

Du 14 au 27 mars, des représentants des services secrets belges ont filmé les frappes aériennes réalisées par les forces aérospatiales russes contre des entrepôts de munitions et des centres d’assemblage de drones de groupes terroristes dans la zone de désescalade d’Idlib, afin de s’en servir par la suite comme «preuves» de l’emploi d’armes chimiques, a souligné le ministère russe de la Défense.

Le 23 mars, sous contrôle des services secrets français, une substance toxique, supposément à base de chlore, a été livrée depuis Saraqeb dans les localités de Khan Cheikhoun, Maaret al Horma et Kafr Zita, a encore révélé le ministère.

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Illusion démocratique: État d’urgence, répression et obscurantisme politico-religieux…

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Contre la répression et l’obscurantisme religieux

 

Tierra y Libertad

 

Federación Anarquista

 

Décembre 2015

 

url de l’article original:

http://www.nodo50.org/tierraylibertad/329articulo3.html

 

~ Traduit de l’espagnol par Résistance 71 ~

 

La Fédération Anarchiste Francophone se positionne contre l’escroquerie environnementale de la COP21 (21ème conférence internationale contre le changement climatique), organisée par les mêmes personnes qui sont responsables de tous les problèmes environnementaux à l’échelle mondiale et aussi contre l’obscurantisme religieux de l’État Islamique et de ses attaques de la population en France et dans d’autres endroits.

Aujourd’hui plus que jamais la liberté est attaquée au profit de l’obscurantisme étatique et religieux. Alors que le gouvernement français organise la répression contre les anticapitalistes et les libertaires venus à Paris pour la COP21, collabore avec des régimes islamistes comme les états turc, iranien et saoudien et qui est tant contre les populations kurdes pourtant en première ligne du combat contre l’État Islamique.

Après les attaques terroristes du 13 Novembre 2015 revendiquées par l’EI, l’état français, qui est en guerre en Syrie et aussi au Niger, au Mali, au Tchad, vient de déclarer l’état d’urgence sur tout le territoire français, lui permettant de violer les libertés civiles.

Pendant la COP21, la fermeture des frontières déjà prévue a probablement ajouté à la répression contre les actions anticapitalistes. Les plans Vigipirates ont démontré leur inutilité et l’état d’urgence ne sera pas efficace. Tout cela en fait va profiter principalement aux islamistes et aux fascistes de tout poil, enchantés d’assister à la militarisation et à la polarisation de la société française, ainsi que de voir la détérioration des libertés individuelles. A la racine du problème, après des années, la pauvreté, le racisme et la stigmatisation des français d’origine étrangère, spécifiquement ceux des banlieues, qui a fait monter la radicalisation de centaines de jeunes qui sont partis faire le djihad en Syrie et en Irak, ou commettent simplement ces attaques ayant tué plus de 128 personnes innocentes.

Dans ces endroits où la pauvreté est forte, la manipulation pour les radicalisés islamistes se voit facilitée par l’absence d’organisations offrant une perspective émancipatrice.

Si le gouvernement français poursuit hypocritement une collaboration avec les états théocratiques, s’il stigmatise les jeunes Français d’origine étrangère ou de confession musulmane, s’il continue à donner des leçons de morale, s’il continue les mêmes desseins anti-écologiques avec sa campagne impérialiste en Afrique afin de protéger les mines d’uranium d’Areva, le terrorisme fondamentaliste et d’état continuera.
Contre l’État et l’obscurantisme, organisons la résistance sociale et libertaire !

La relation des attentats du 13 Novembre à Paris avec l’ingérence et la géopolitique de la France…

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Attentats du 13 Novembre la politique et l’avenir de la France en question

 

Youssef Hindi

 

4 Décembre 2015

 

url de l’article original:

http://www.geopolintel.fr/article992.html

 

La soumission de la France au camp atlantiste à l’origine des attentats ?

Une chose est certaine, la France n’a pas été frappée par le terrorisme en raison de sa lutte contre celui-ci, mais indirectement à cause de son soutien aux terroristes. À savoir ces rebelles réputés modérés comme ceux d’Al-Nosra, alias Al-Qaïda, dont Laurent Fabius nous disait, en décembre 2012, qu’ils faisaient « du bon boulot ». Plus largement, les français ont payé le prix de la politique intérieure et étrangère de la France qui s’est alignée sur celle de ses ennemis objectifs : les États-Unis et leurs alliés historiques.

Le point de départ de cette analyse se situe à la fin des années Quatre-vingt-dix (l’on pourrait remonter aussi bien à la fin de la Seconde Guerre mondiale), lorsque Zbigniew Brzezinski, l’un des plus influents géostratèges américains, publia son livre majeur, « Le grand échiquier » (1997). A l’époque, le géopolitologue américain voyait ce qui restait résiduellement d’esprit d’indépendance chez les dirigeants français, sous la présidence Chirac, comme un obstacle à l’hégémonie américaine. L’objectif était alors, selon la logique de Washington, de soumettre impérativement la France aux États-Unis. En 1997, Brzezinski écrivait qu’il fallait « faire de l’Europe l’un des piliers vitaux d’une grande structure de sécurité et de coopération placée sous l’égide américaine et s’étendant à toute l’Eurasie ». Il poursuivait « Pour le dire sans détour, l’Europe de l’Ouest reste dans une large mesure un protectorat américain et ses États rappellent ce qu’étaient jadis les vassaux et les tributaires des anciens empires » 1 ; pour ce faire il entendait « s’opposer tactiquement aux positions françaises et soutenir le leadership allemand » 2. L’Allemagne est devenue pour les étasuniens, surtout depuis l’instauration de l’euro en 2002 (qui a aidé positivement la balance commerciale allemande), le petit empire régional qui soumet l’Europe à la domination américaine – condition sine qua non de son leadership européen – par la neutralisation de la France, économiquement (avec la monnaie unique qui a contribué à détruire l’industrie française, ce qu’avait déjà entamé la politique du franc fort pour préparer le pays à l’euro dans la seconde moitié des années 90) et diplomatiquement. La France étant, jusqu’à une période récente, la nation européenne ayant une vision, un poids et une ambition géopolitique relativement autonome. Brzezinski citait, à titre d’exemple de cette classe politique néo-gaulienne, Alain Juppé, lequel préconisait, en mai 1995 à l’Assemblée Nationale, un affinement de la vocation de puissance mondiale de la France, ce que Brzezinski qualifiait d’illusion 3.

Cette « illusion » disparut totalement en mai 2007 avec l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy et de tout un lot d’atlantistes, voire de néo-conservateurs, au Quai d’Orsay et dans d’autres ministères clés. Je ne mentionnerai pas ici un à un tous les hommes politiques et les leaders d’opinion français et européens cooptés par les États-Unis via des organisations comme la French-American foundation et le programme des Young Leaders 4.

C’est en 2011 que nous avons vu se réaliser dans les faits le projet de Brzezinski, lorsque l’atlantiste Sarkozy, qui, après avoir définitivement réduit la France à l’état de vassal des États-Unis, attaqua la Libye et que Bernard-Henry Levy eut court-circuité le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, pour engager la France dans un conflit piloté par l’OTAN. Une guerre qui a coûté la vie à plus d’une centaine de milliers de libyens et pour laquelle le contribuable français a dépensé plus de 300 millions d’euros. C’est d’ailleurs une des utilités de l’OTAN que de faire supporter aux vassaux européens le coût des guerres de Washington à la place des États-Unis.

Or le soutien de la France aux groupes terroristes est flagrant (et bien documenté) depuis la guerre du Golfe des Syrtes. Le gouvernement de Sarkozy envoya des agents de la DGSE pour diriger sur le terrain des mercenaires financés par le Qatar, coordonnant les attaques aériennes avec l’avancée au sol de faux rebelles mais vrais terroristes luttant en principe pour la liberté, contre la tyrannie etc. Le gouvernement de Hollande poursuivit sur cette lancée en armant les groupes terroristes de Syrie, comme l’ASL, une émanation des Frères Musulmans qui démarra les hostilités en 2011 contre le gouvernement de Damas.

Le 14 août 2014, Laurent Fabius, loin de revenir sur sa déclaration de décembre 2012, annonçait dans un Tweet que des armes très performantes étaient sur le point d’être livrées aux combattants en Syrie ; dès lors, il ne fut pas étonnant de voir les membres de Daech, sur des photos, munis du fusil d’assaut Famas, une arme de fabrication française. En effet, contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’existe pas de frontière ni d’opposition réelle entre les dizaines de groupes terroristes opérant en Syrie et en Irak. Les terroristes « modérés » de l’ASL livrent à Daech, via notamment leur allié Al-Nosra, les armes qu’ils reçoivent des occidentaux, lorsque Daech ne bénéficie pas de livraisons directes.

Avec l’accession de M. Sarkozy à la présidence, la France a eu les deux pieds dans la sphère d’influence du camps atlantiste et s’est vue également devenir de facto l’alliée des grands pourvoyeurs du terrorisme international : l’Arabie-Saoudite et le Qatar… Les deux pétromonarchies avec lesquelles un certain nombre d’hommes et de femmes politiques de gauche comme de droite entretiennent des liens particulièrement étroits…

Quelques jours après le massacre du 13 novembre dernier, Manuel Valls, déclarait, en contradiction absolue avec la réalité des faits, que le Qatar et l’Arabie Saoudite, qui selon lui combattent Daech, étaient déterminés à lutter contre le terrorisme. Il alla jusqu’à pointer du doigt des liens supposés entre « le régime de Bachar » et Daech.

Faut-il rappeler que les anglais, et les étasuniens à leur suite, ont soutenu le wahhabisme et les Saoud dès leurs premières poussées expansionnistes en Arabie, et qu’ils ont largement participé à la diffusion de la doctrine wahhabite à travers le monde ? Doctrine du terrorisme que les occidentaux s’étonnent de voir influencer tant de jeunes musulmans et de nouveaux convertis.

Faut-il aussi redire que le terrorisme wahhabite a dès son origine été un outil géostratégique des Britanniques et des États-Unis contre leurs ennemis ? D’ailleurs Zbigniew Brzezinski, alors conseiller à la Sécurité nationale des États-Unis sous la présidence de Jimmy Carter, a été un des maître d’œuvre d’une manœuvre de coordination de la CIA avec les services pakistanais et saoudiens, dans le but de financer et d’armer les futures terroristes, dont Ben Laden, ceci dès la fin des années 70 afin d’attirer l’Union Soviétique dans le cimetière afghan 5.

Le terrorisme domestique, quelles utilités ?

Étrangement, ce dont on ose moins parler c’est l’utilisation du terrorisme dans le cadre de la politique intérieure, tout particulièrement en temps de crise. Il est en effet très mal vu de supposer qu’un État occidental, « démocratique » et « [libéral », puisse recourir à l’arme du terrorisme contre sa propre population ; mais concernant, par exemple, la récente série d’attentats ayant frappé la Turquie, de grands journaux français et des experts médiatisés n’ont pas hésité à parler de la probable implication des Services secrets turcs, mettant en évidence, comme l’a fait le journal Le Point, une « connivence du pouvoir » avec les terroristes, et parle des « doutes [existant quant aux compétences] des services de renseignement turcs, déjà vivement critiqués pour ne pas avoir pu empêcher la meurtrière attaque d’Ankara » 6.

Les mêmes accusations pourraient être portées à l’encontre du pouvoir français et des services de renseignements aux ordres. D’ailleurs, le même journal révélait en 2012 les graves défaillances de la DCRI dans l’affaire Merah. Mohamed Merah qui avait un agent de liaison dans la DCRI et qui, selon toute vraisemblance, travaillait pour le Renseignement intérieur 7.

Car lorsque l’on se penche sur les trois principales affaires de terrorisme qui ont frappées la France depuis 2012, l’on remarque des faits récurrents comme des pièces d’identité et des passeports retrouvés sur les lieux du crime, des individus suivis de près et bien connus des services de renseignements, ce à quoi s’ajoute le fait que les services français furent avertis à plusieurs reprises par des Services étrangers de la préparation d’attentats, de celui Charlie Hebdo comme de ceux du 13 novembre.

Le rôle trouble des Services secrets français dans l’affaire Merah a mené à une enquête parlementaire en 2013 8 dont le rapport révèle, entre autres choses, que les services agissent en dehors du cadre de la loi et que leurs moyens sont dérisoires ; ce qui contraste avec le zèle du gouvernement dans la mise en place de la loi sur le renseignement ( l’équivalent français du Patriot Act I et II) dont l’objectif apparent est plus la surveillance de la population et des opposants politiques que la prévention du terrorisme.

En effet, nous avons appris, à la suite des derniers attentats, par l’ancien directeur de la DCRI, Bernard Squarcini, que Manuel Valls, alors ministre de l’intérieur, avait refusé la liste des djihadistes français que voulaient lui communiquer les services de renseignements syriens. À la suite des attentats du 13 novembre, l’actuel ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, réaffirmait le refus de collaborer avec les services syriens. Si donc l’exécutif ne laisse pas faire les attentats, il ne fait en tout cas rien pour les prévenir.

Dès lors, selon un spécialiste de la question terroriste et ancien instructeur au centre des forces dirigeantes de l’Armée Allemande, Christoph Hörstel 9, nous assisterions en France à un management de la terreur consistant à fabriquer ou laisser faire des attentats pour distraire la population et surtout détourner sa colère. Cet expert affirme que tous les gouvernements membres de l’OTAN mentent, car les auteurs des attentats seraient, d’après lui, dans 95% des cas très bien connus des services de sécurité.

En 2009, lors d’une interview, François Hollande, alors premier secrétaire du Parti Socialiste, portait des accusations extrêmement graves. Il déclarait : « au nom de la lutte contre le terrorisme, on est en train de faire des amalgames et des confusions… celui qui n’est plus dans la norme, qui a un comportement déviant, peut être assimilé à un terroriste. Ce qui peut être une atteinte grave aux libertés ». Il allait plus loin encore en affirmant « qu’il y a une intention politique du pouvoir de donner le sentiment qu’il y a une menace et que le pouvoir y répond, pour justifier son intervention sécuritaire », qu’il décrivait « comme une dérive sécuritaire qui justifie des lois répressives au nom d’une menace qui parfois est réelle mais qui est parfois virtuelle, voire même inexistante ». Le but de cette manœuvre, selon François Hollande, étant « de montrer une efficacité qui fait défaut sur le plan économique et sociale… ».

Le pouvoir politique et un certain nombre de médias amalgament ou confondent sciemment la lutte contre le terrorisme et la réduction des libertés fondamentales 10 ; or, comme nous l’avons constaté, le nombre d’attentats ne diminue pas au fur et à mesure que la surveillance de la population et des opposants politiques s’accroît, bien au contraire…

L’on ne peut finalement comprendre ce phénomène que si l’on analyse l’évolution d’un régime politique qui n’est plus capable d’absorber la contestation et qui risque ainsi de voler en éclats, d’imploser en raison de son raidissement, ceci dans le contexte d’une délégitimation croissante de la caste politique française 11. Le principal danger aujourd’hui étant l’activation de tensions intercommunautaires, autrement dit d’une confrontation horizontale qui détournerait la population française du véritable objet de sa contestation et de son éventuelle révolte. Une éventualité à laquelle s’est préparée l’Exécutif le 30 juin 2011 (environ 8 mois avant l’affaire Merah) en autorisant par décret les représentants de l’État, les fonctionnaires et les militaires, à tirer à balles réelles sur la population pour le maintien de l’ordre public 12.

Prospective et solutions

La stratégie américaine visant à faire de l’Europe la tête de pont géostratégique fondamentale de l’Amérique (dixit Brzezinski) pour pénétrer en profondeur dans le Continent a réussi via l’élargissement de l’Union Européenne et l’installation de bases de l’OTAN jusqu’aux frontières russes.

Aujourd’hui la France se trouve à la croisée des chemins… Face à la crise politique (et non à la menace terroriste) profonde qui pourrait conduire à une chute du régime, François Hollande entend s’accorder les pleins pouvoirs par l’application de l’article 16 et l’article 36 de la Constitution, tout en les modifiant, car l’article 36 particulièrement prévoit de transférer les pouvoirs à l’autorité militaire 13. La France amorce donc un pas vers une dictature sociale-démocrate policière, notamment en écartant l’armée seule capable de déposer le Président et de limoger le gouvernement en cas de guerre civile et/ou de déstabilisation du pouvoir. Étrangement, en 2014 le Sénat a voté la possibilité de destituer le président de la République pour manquement à ses devoirs 14.

Si l’on prend de la hauteur de vue et que nous nous risquons à une analyse à la frontière de la paranoïa, nous pourrions déduire que le président Hollande et son gouvernement sont en train de se glisser dans un piège qu’ils ont l’air de ne pas voir. Parce que le chemin suivi à l’heure actuelle devrait aboutir en toute logique à abolir l’État en tant que tel, cela dans la perspective d’un transfert final du pouvoir vers le Politburo de Bruxelles.

Scénario qui correspond parfaitement aux finalités de la stratégie américaine dont l’objectif est de neutraliser définitivement la France seul pays d’Europe pouvant réorienter l’évolution du sous-Continent européen, en agissant de façon à établir un axe stratégique avec la Russie… Paris-Berlin-Moscou. C’est le vœu qu’exprimait le ministre des Affaires étrangères français, Hervé de Charrette, en 1996, lorsqu’il déclarait « Si la France veut jouer un rôle international, elle tirera profit de l’existence d’une Russie plus forte. Elle doit l’aider à réaffirmer sa puissance… ». Ce à quoi avait répondu favorablement son homologue Russe 15… Le pire cauchemar des étasuniens, comme l’écrivait Brezinski : « Si les liens transatlantiques se distendaient, c’en serait fini de la primauté de l’Amérique en Eurasie. Sa maîtrise de l’océan Atlantique, sa capacité à pénétrer en profondeur sur le continent se trouveraient alors très limitées » 16.

La déstabilisation de la France, si elle ne conduit pas à sa disparition en tant qu’État souverain sous domination transatlantique de l’UE/USA, pourrait bien ouvrir une fenêtre providentielle à une nouvelle élite française capable de replacer l’Eurasie dans sa sphère géopolitique naturelle, de Brest à Vladivostok et non pas de Washington à Tel-Aviv.

Telle est la base de la stratégie contre-atlantiste à établir. N’oublions pas que la géopolitique détermine la politique intérieure et non le contraire.

 

Notes

(1) Zbigniew Brzezinski, Le grand échiquier, 1997, p. 88.

(2) Zbigniew Brzezinski, Le grand échiquier, 1997, p. 104.

(3) Zbigniew Brzezinski, Le grand échiquier, 1997, p. 92.

(4) Voir le site de la French-American Foundation : http://french-american.org/

(5) Voir l’interview de Brzezinski : http://michelcollon.info/034-Pourqu…

(6) Le Point, Attentat d’Ankara : une enquête accablante pour la Turquie, 14/10/2015 : http://www.lepoint.fr/monde/attenta…

(7) Voir l’article du Point, Mohamed Merah travaillait pour les RG, 07/06/2012 : http://www.lepoint.fr/societe/merah…

(8) Voir le résumé du rapport : http://www.france24.com/fr/20130517…

(9) Voir son interview sur Russia Today : https://www.youtube.com/watch?v=hZh…

(10) Voir l’article du Point, 84% des Français acceptent une limitation des libertés en échange de plus de sécurité, le 17/11/2015.

(11) Voir l’ouvrage d’Emmanuel Todd sur la disparition de la démocratie en France, Après la démocratie, 2008.

(12) Décret n° 2011-795 du 30 juin 2011 relatif aux armes à feu susceptibles d’être utilisées pour le maintien de l’ordre public, voir le détail : http://www.legifrance.gouv.fr/jopdf…

(13) Voir l’article du journal le Monde du 16 novembre 2015 : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs…

(14) Voir l’article du Figaro du 22/10/2014 : http://www.lefigaro.fr/politique/le…

(15) Le Nouvel Observateur, 12/08/1996.

(16) Zbigniew Brzezinski, Le grand échiquier, 1997, p. 88.

Guerre par procuration en Syrie: La guerre du gaz fait rage et la France fait les mauvais choix…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 22 novembre 2015 by Résistance 71

Mise à jour du 23 Novembre: Poutine déclare que la demande de gaz natural va augmenter de 30% d’ici à 2040. Ceci confirme notre hypothèse de la guerre du gaz en Syrie.

 

L’erreur fatale de la France en Syrie ?

 

Sahar TV

 

20 Novembre 2015

 

url de l’article original:

http://francophone.sahartv.ir/infos/article-i10113-syrie_l’erreur_fatale_de_la_france_!!

 

Le principal magazine économique allemand destiné aux milieux d’affaires wirtschaftswoche revient sur la guerre en  Syrie et ses « perdants » :

 » l’Occident observe en Syrie les tumultes crée par lui-même. Les coordinations Irano-Russes sur le terrain des combats  en Syrie nous mènent à voir à travers, les Etats-Unis et les pays arabes de la région les vrais perdants de ce conflit. » ».Le Président russe, Vladimir Poutine peut neutraliser la crise syrienne enquelques mois et se confirmer en tant qu’une puissance a par entier. En effet, les perdants, ce sont   les Etats-Unis, les pays littorales du golfe-Persique, ceux-la même qui  sont armés par la France, à savoir, l’Arabie, le Qatar, et les Emirats-arabes-Unis.L’influence des Etats-Unis fléchit  rapidement au Moyen-Orient. Et le vide qui s’ est créé dans la foulee, c’est la Russie et l’Iran qui le remplissent.

Ces 2 pays construisent une alliance et une grande armée capables de stabiliser en une courte période de temps le régime Bachar Assad. Si le régime Bachar Assad se stabilise, ce serait un scandale et une humiliation suprême pour les gouvernements américain, britannique, et français.Ces pays ont refusé la solution diplomatique dans le conflit syrien avec la participation de BacharAssad. fin septembre,lorsque la Chancelière allemande, Angela Merkel a  proposé la participation d’Assad dans lerèglement à la crise syrienne, les partenaires de Merkel ont refusé cette solution ».

A l’heure qu’il est,  la répartition du travail entre la Russie et l’Iran se consolide.Alors que la Russiepoursuit ses frappes aériennes contre la  Syrie, l’Iran parvient à obtenir des acquisimportants sur le terrain par combattants et le Hezbollah interposés. Mais quid de la coalition pro americaine? Les frappes aériennes des Etats-Unis et de laFrance contre la Syrie ont eu des acquis minimes. A vrai dire, les tentatives de l’Occident destinées à destabiliser le régime Assad ont fourni à l’Iran l’occasion de développer sa puissance et son influence dans la région et de restituer à la Russie,  sa place de puissance suprême sur la scènemondiale.mais où se situe Le prochain arrêt ? En ’Irak ». Et quel en sera l’impact?

« Il s’ agit d’ un changement radical pour le marché du gaz et du pétrole. Les négociations se poursuivent entre la Russie et l’Iran. Une partie des productions du pétrole russe est d’ailleurs exportée via l’Iran dans le circuit asiatique. Dans le même temps, la Russie , en se faisant aider par l’Irak et l’Iran, pourrait créer un équilibre énergétique avec l’Arabie, en contrant les effets nefastes dexl’omnipotence saoudienne. Quant au marché du gaz naturel, les Emirats–Arabes-Unis et le Qatar sont de loin les deux grands perdants ».  

 » le Qatar possède la 3 e réserve mondiale de gaz naturel dans lemonde. En l’absence d’un gazoduc,  le gaz naturel du Qatar se transforme en liquide avant d’être transporté à bord des grands navires spécialisés, soit une entreprise très coûteuse.Si la Russie réussit sa politique énergétique en y faisant impliquer  l’Iran, le rêve du Qatar fera long feu.Dansce cas, le besoin en gaz naturel  de l’Europe sera assuré par la Russie, l’Iran et la Turquie » « cette perspective pourrait pousser les perdants a toute sorte de folie. Les rebelles d’al-Nosra en Syrie sont lies a Al-Qaida . Quant à Daech,  il  est financé et armé par le Qatar et l’Arabie, et à cet egard,  on ne peut pas rejeter le scénario selon lequel les attaques terroristes sont organisées et assurées financièrement par les pays arabes littorales du golfe Persique. Lespays arabes ne veulent pas la paix en Syrie et ils ne veulent pas non plus des réfugiés syriens chez eux. Pour eux la seule question qui compte est celle de s’ emparer des régions syriennes . L’intervention de la Russie en Syrie, a faussé tous ces calcules. .la France vient d’etre frappée écoute par les attentats terroristes, cette même France qui fournit depuis des mois des armes aux pays arabes.Jamais,la France n’avait exporté autant d’armement que ces derniers mois vers le Moyen Orient.

Jusqu’à fin octobre l’industrie d’armement français a exporté des armements d’une valeur de 15 milliards d’Euros.en 2014, le montant de ses exportations en armement aura été de 8,2milliards d’Euros. Les armements de guerres fabriquées en France, sont exportés particulièrement aux pays arabes du golfe Persique et en Egypte. Ces exportations font de la France un allié de facto de l’Arabie, du Qatar, et des Emirats-Arabes-Unis dans toutes les guerres qui frappent le MO. Que l’Allemagne prenne garde, et qu’elle n’entre surtout pas dans l’aventurisme militaire français   !!!

D’unepart le Qatar se trouve l’un des plus grands investisseurs étrangers en France. A présent, les pays arabes de la région mènent la guerre contre le Yémen. Alors que l’Arabie bombarde des positions des Houthies au Yémen, les forces émiraties se ont déployées au sud du Yémen. Au Yémen comme en Syrie, une guerre par procuration fait rage, une guerre à laquelle la France a pris part. Dans la mesure où la France a donné aux pays arabes littoraux du golfe Persique des assurances sécuritaire dans le cadre de ses contrats en armement et qu’elle a déployé ses chasseurs bombardiers à Abou Dabi. Après les attentats terroristes contre Paris, Merkel a assuré la France de son soutien. Mais l’Allemagne devra surveiller à ce qu’elle n’intervienne pas dans la politique étrangère et de l’aventurisme militaire dirigé par la France, car un piège à double sens à l’issue incertain….

État profond, intérêts hégémoniques étrangers et soutien de la France aux djihadistes, armée mercenaire de l’empire…

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L’État profond français

 

Maxime Chaix

 

23 Juin 2015

 

url de l’article:

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Al-Qaïda : terroriste en Occident, alliée au Moyen-Orient

Depuis le 11-Septembre, on observe un basculement de nombreux États occidentaux vers une forme d’ultrasécuritarisme, imposé verticalement au nom de la lutte antiterroriste. Ce phénomène se caractérise notamment par l’adoption de mesures introduisant la notion de « précrime » dans la loi, ce qui est préoccupant. En effet, nous avons récemment pu observer la mise en œuvre de législations et de dispositifs « préventifs » en Grande-Bretagne,[1] en Australie,[2] et en France.[3] Dans ce dernier cas, la nouvelle loi sur le renseignement instaure la détection algorithmique de comportements jugés « suspects » sur le Web, malgré toutes les dérives que ce système pourrait engendrer.[4] Ainsi, à travers la normalisation de la surveillance de masse et le renforcement du contrôle d’Internet, le combat légitime contre le fléau du terrorisme islamiste est perverti. En effet, il permet aux gouvernements des pays en question de renforcer les pouvoirs profonds de l’Exécutif, voire au-delà – au niveau abyssal et mal contrôlé des services de renseignement. Ce processus marginalise le rôle du juge, pérennise des lois d’exception et fragilise notre État de droit. Hélas, la majorité des peuples occidentaux semble accepter que des législations et des dispositifs démocracides soient imposés au nom de la lutte antiterroriste.

Or, du fait du conformisme, de l’incompétence, voire de la complicité[5] de la plupart des médias grand public, une réalité profonde aussi déplaisante qu’irréfutable est dissimulée : depuis 2011, certains États occidentaux – dont le gouvernement français – ont soutenu des réseaux terroristes en Syrie, principalement via la Turquie[6] et les hydrocarbomonarchies du golfe Persique.[7] Datant de 2012, une évaluation secrète du Renseignement militaire du Pentagone confirme[8] ce soutien clandestin de l’Occident et de ses alliés moyen-orientaux en faveur de groupes jihadistes sur le territoire syrien ; dans ce document, cette agence anticipe avec deux ans d’avance la création d’un « État Islamique » à cheval entre l’Irak et la Syrie.[9]

À l’origine de ces révélations, corroborées ensuite par des lanceurs d’alerte de premier plan,[10] le journaliste Nafeez Ahmed expliqua en 2014 que cette stratégie anti-Assad avait été coordonnée par les renseignements militaires des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France et d’Israël.[11] Dans ce cadre, ces agences ont activé au Moyen-Orient un réseau de bases de soutien et d’entraînement des rebelles dits « modérés »,[12] afin de déstabiliser la Syrie en profondeur. Il en a résulté une amplification du chaos dans ce pays. Par exemple, un nombre inconnu de mercenaires entraînés par la CIA en Jordanie ont visiblement rejoint les rangs de Daech.[13] Monsieur Ahmed souligna également que la levée partielle, par l’Union européenne, de l’embargo sur les exportations pétrolières provenant de Syrie avait permis à des milices jihadistes affiliées à al-Qaïda de vendre du pétrole à des pays européens.[14] La politique syrienne de l’Occident a donc renforcé des réseaux extrémistes pourtant décrits comme des ennemis dans les médias dominants. Or, l’instrumentalisation périlleuse de groupes islamistes par les puissances occidentales et leurs alliés n’est pas une nouveauté, le soutien massif de la CIA aux « Arabes afghans » dans les années 1980 en étant l’exemple le plus connu du grand public ; par la suite, ce mode opératoire a de nouveau été appliqué en Bosnie, au Kosovo et en Libye.[15]

Les politiques profondes de l’État français, les hydrocarbomonarchies et le jihad anti-Assad

Après les attentats de Paris au début de l’année 2015, j’avais dénoncé l’implication de l’État français dans le soutien militarisé et clandestin d’une opposition « syrienne » pas aussi « modérée » qu’elle nous avait été décrite par les médias et le gouvernement.[16] L’année précédente, le Président Hollande avait lui-même reconnu cette politique profonde de déstabilisation et d’ingérence en Syrie, consistant à armer secrètement des factions rebelles depuis 2012 ;[17] selon Le Canard Enchaîné, elle n’aurait été interrompue qu’en janvier 2015, les livraisons d’armes des services français aux rebelles « modérés » étant « souvent interceptées, voire revendue[s] au Front Al-Nosra (Al-Qaïda) ou à l’État islamique »[18] – et ce quelles que soient les intentions desdits services et de leurs responsables. Celles-ci ne sont pas encore clairement établies : en 2014, le député et ancien juge antiterroriste Alain Marsaud avait exprimé sa « conviction » que les renseignements français avaient infiltré, voire soutenu, des milices extrémistes en Syrie, souhaitant alors la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire.[19]

Dans tous les cas, en coordonnant sa politique syrienne avec le Qatar et d’autres pays hostiles à Bachar el-Assad, l’État français a offert son appui diplomatique à des « rebelles » dont la modération est loin d’être avérée. En 2012, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius avait d’ailleurs déclaré au journal Le Monde que les jihadistes du Jahbat al-Nosra – c’est-à-dire d’al-Qaïda en Syrie – faisaient « un bon boulot » sur le terrain,[20] Daech faisant alors partie de cette milice avant la scission en avril 2013 entre al-Nosra et l’EI.[21] L’année précédente, d’autres groupes jihadistes liés à al-Qaïda, dont le GICL d’Abdelhakim Belhadj, avaient été intégrés aux opérations de l’OTAN en Libye.[22] Au préalable, la DGSE et les services secrets qataris avaient joué un rôle actif dans la déstabilisation de Benghazi,[23] afin de faciliter le déclenchement de cette guerre « planifiée depuis des mois » – selon l’ancien responsable de la DST, le préfet Yves Bonnet.[24] Puis l’intervention occidentale fut lancée en mars 2011, 5 000 soldats des forces spéciales qataries ayant été déployés pour soutenir des factions islamistes[25] dans cette campagne militaro-« humanitaire » aux conséquences désastreuses.[26]

Alors qu’un parlementaire européen du FN – dont je combats pourtant le parti national-xénophobe –, est attaqué en « diffamation » par le Qatar via un avocat lié à Jacques Chirac et un autre conseil proche de François Hollande,[27] rappelons que le chef d’al-Qaïda en Syrie – Mohammed al-Joulani – a récemment pu s’exprimer 47 longues minutes sur Al-Jazira, la chaîne officielle qatarie.[28] Durant cette opération de guerre psychologique,[29] il a indiqué que le numéro un d’al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, avait appelé ses troupes à ne pas cibler les intérêts occidentaux pour ne pas desservir le combat contre Bachar el-Assad.[30] Au vu de ces informations alarmantes, la plainte du Qatar contre le député Philippot constitue non seulement une aberration orwellienne, mais également une ingérence flagrante dans les affaires intérieures françaises. Néanmoins, cette démarche est ouvertement soutenue par la maire de Paris,[31] bien qu’elle porte gravement atteinte aux libertés d’expression et de la presse[32] – pourtant « sacralisées » depuis les attentats tragiques de janvier 2015 dans la ville qu’elle administre.

À des niveaux plus profonds, cette plainte illustre d’inquiétantes relations profondes entre l’État français et le Qatar, et plus généralement entre l’Exécutif et les hydrocarbomonarchies du golfe Persique. En effet, il est clair que de puissants intérêts énergétiques, financiers, industriels et géostratégiques renforcent ces relations bilatérales.[33] Cependant, à travers des politiques clandestines mais avérées, ces monarchies dictatoriales soutiennent des réseaux terroristes au Moyen-Orient,[34] et même à travers le monde.[35] Dans le cas de la Syrie, depuis la montée en puissance d’un nouveau réseau extrémiste – coagulé autour du Jahbat al-Nosra et appelé l’« Armée de la conquête » –, les médias français ne font pas mystère d’une alliance entre le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie pour soutenir cette milice d’al-Qaïda et faire tomber le régime de Bachar el-Assad.[36] Sur le terrain, il semblerait que Daech en soit le principal bénéficiaire, selon le journaliste Jean-Michel Quatrepoint.[37]

Le paradoxe qui découle de ces politiques aventuristes est que la démocratie est menacée en Occident au nom de la lutte antiterroriste, alors que les principaux réseaux jihadistes sont aujourd’hui des alliés des pouvoirs profonds de l’OTAN, du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) et d’Israël[38] dans la déstabilisation de l’« Axe chiite » (Iran, Irak, Syrie, Sud-Liban). Dans ce contexte politique schizophrène, nous observons en Occident une succession de dérives autoritaires légitimées par la lutte antiterroriste, alors que des milices jihadistes sont discrètement soutenues par les puissances occidentales et leurs alliés au Moyen-Orient. Il en résulte un débat public orwellien, dans lequel la plupart des groupes terroristes sont présentés comme des ennemis de la démocratie – ce qu’ils sont indiscutablement –, alors que des intérêts supérieurs conduisent les États occidentaux à les utiliser contre des nations « ennemies ». Du fait d’une certaine orwellisation médiatique,[39] la majorité des populations occidentales ignore ces politiques profondes et s’abstient de protester contre des mesures ultrasécuritaires imposées au nom de la lutte antiterroriste. Ainsi, depuis l’adoption de la loi sur le renseignement, nous observons le renforcement et la légitimation du système répressif et liberticide de l’« État profond » en France,[40] et plus généralement en Occident. Il convient donc, avant de développer cet argumentaire, de définir cette notion fondamentale.

Le système de gouvernance abyssale de l’« État profond »

Selon le docteur en Sciences politiques et ancien diplomate canadien Peter Dale Scott – dont je suis le principal traducteur francophone –, l’« État profond » est « un pouvoir qui ne provient pas de la Constitution, mais de sources extérieures et supérieures à celle-ci, et qui est plus puissant que l’État public. »[41] Afin d’illustrer un tel pouvoir, je vais citer un exemple méconnu, mais sur lequel nous reviendrons à travers cette analyse. Il s’agit des réseaux clandestins que la NSA a tissés avec la DGSE, dont les procédures d’échange massif de renseignements échapperaient au contrôle et à la supervision des responsables politiques français – selon les informations du journal Le Monde basées sur des documents internes de la NSA.[42]

Dans son dernier livre, L’État profond américain, Peter Dale Scott indique que « l’expression “État profond” [gizli devlet ou derin devlet] est née en Turquie en 1996. Elle faisait référence à des éléments [initialement] soutenus par les États-Unis – avant tout dans les services secrets et dans l’armée – qui avaient à maintes reprises employé la violence afin d’interférer dans le processus démocratique de la Turquie et le rediriger de force. »[43] La définition de base de cette notion se réfère donc à des éléments nationaux agissant clandestinement et illégalement pour le compte d’une puissance étrangère, en l’occurrence les États-Unis. Ainsi, toujours selon Le Monde, la loi sur le renseignement adoptée en France en juin 2015 est une loi « sous influence », qui renforcera et légalisera un système de surveillance favorable à la NSA et souhaité par celle-ci – mais déjà établi à des niveaux profonds.[44] D’après Antoine Lefébure, un expert en technologies de la communication à l’origine de ces révélations, cette nouvelle loi mettra la France « sous la coupe des Américains », essentiellement grâce à l’emprise de la NSA sur nos services de renseignement.[45]

Comme nous venons de le souligner, cette « omnipuissante »[46] agence états-unienne collabore déjà avec la DGSE, mais dans un cadre extralégal et visiblement non supervisé par l’État français.[47] Il n’en demeure pas moins que le gouvernement, malgré une autorité incertaine sur ses propres services secrets, vient de faire adopter un projet de loi qui confèrera à auxdits services des pouvoirs exhorbitants – notamment en matière de surveillance de masse, donc d’espionnage économique, politique et industriel. Au vu des intérêts étrangers satisfaits par cette nouvelle loi, via la pérennisation de dispositifs favorables aux services de renseignement des États-Unis (et potentiellement d’autres puissances), je parlerais donc d’un État profond « français » – les guillemets étant de rigueur.

Plus exactement, il s’agit d’un État profond supranational, extralégal et clandestin, qui semble disposer d’une autonomie opérationnelle et décisionnelle vis-à-vis du pouvoir politique élu, voire d’une influence décisive sur nos propres dirigeants. Et ce système a un caractère permanent, pour ne pas dire structurel, selon un document interne de la NSA cité par Antoine Lefébure : « Pour toute une série de raisons, nos relations entre services de renseignements sont rarement perturbées par des conflits politiques nationaux ou internationaux. D’abord, nous [, à la NSA,] aidons nos partenaires à traiter ce qui échappe à leur vigilance, comme eux nous aident. Ensuite, dans la plupart des capitales de nos alliés étrangers, peu d’officiels de haut niveau, en dehors de ceux des services de renseignement, sont conscients d’une quelconque relation entre leurs services de renseignement et la NSA américaine. »[48]

En 2008, Peter Dale Scott avait défini l’« État profond » comme une « “puissante coalition” parallèle, principalement composée d’agences clandestines – telles que la CIA – qui « répondent (…) au[x volontés des milieux opulents et influents,] mais qui ont peu, voire aucun enracinement populaire ».[49] Depuis, il s’est distancé de cette définition, puisqu’elle lui semblait trop restrictive. Néanmoins, sachant qu’elle est axée sur le milieu des services secrets, et qu’elle souligne l’illégitimité populaire de cette « “puissante coalition” parallèle », je retiendrai cette définition de l’« État profond » dans mon analyse des cercles de pouvoir abyssaux qui subvertissent, surveillent, et influencent décisivement notre gouvernement.

En effet, nous avons pu remarquer l’empressement suspect du pouvoir exécutif français à faire adopter son projet de loi sur le renseignement, alors que les révélations d’Edward Snowden ont démontré le manque de contrôle de l’État sur ses propres services secrets – comme l’a confirmé à maintes reprises le journal Le Monde. Nous pouvons aussi observer la mise en œuvre récurrente de politiques atlantistes allant bien souvent à l’encontre des intérêts européens et nationaux, telles que le régime de sanctions contre la Russie[50] ou l’annulation de la vente des Mistral.[51] Ainsi, à des niveaux stratégiques, il est clair que l’action du gouvernement français est souvent conditionnée par des forces ayant la volonté d’instrumentaliser la France[52] – et même l’Union européenne –[53] dans le cadre de la politique étrangère des États-Unis.

Comme l’a déclaré le Président Poutine à la suite de la rencontre trilatérale du 7 février dernier, organisée en préparation des accords de Minsk II, « [i]l est difficile de parler à des gens qui chuchotent même chez eux de peur des écoutes américaines [– en référence au Président Hollande et à la Chancelière Merkel]. Et ceci n’est pas une blague, je ne plaisante pas. »[54] Le caractère exceptionnellement confidentiel de cette importante rencontre avec Poutine au Kremlin – à laquelle Hollande et Merkel ont participé sans aucun membre de leurs cabinets respectifs –,[55] tend à démontrer la crainte de ces deux dirigeants face aux pouvoirs profonds qui les surveillent, donc les influencent nécessairement. Au moment où je finalise cet article, Wikileaks.org, Mediapart.fr et Liberation.fr révèlent que la NSA a espionné les Présidents Hollande, Sarkozy et Chirac entre 2006 et 2012 – ainsi que d’autres leaders politiques français de premier plan. La « peur des écoutes américaines » évoquée par le Président Poutine était donc fondée. Selon l’ancien officier de la CIA Ray McGovern – qui était chargé par l’Agence de rédiger les briefings présidentiels quotidiens de Reagan et de Bush père –, une telle crainte est partagée par le Président Obama, qui se méfie de ses propres services secrets.[56]

Depuis l’assassinat de Kennedy, il est clair que les pouvoirs profonds des milieux « sécuritaires » – que l’auteur James Douglass a appelés l’« Indicible » –, ont acquis une influence de plus en plus décisive sur les autorités politiques légitimes.[57] Peter Dale Scott le démontre avec de solides arguments dans son dernier livre, L’État profond américain. En France, ce phénomène inquiétant se caractérise aujourd’hui par l’adoption précipitée de la loi sur le renseignement, et l’absence de volonté du gouvernement de recadrer ses propres services secrets à la suite des révélations d’Edward Snowden, qui ont été relayées par Le Monde et d’autres médias grand public.

L’État profond « français » en guerre contre le peuple

En instrumentalisant la peur du terrorisme, l’État profond « français » vient d’imposer à notre pays des mesures dangereusement liberticides, notamment en termes de surveillance extrajudiciaire, généralisée et permanente. D’aucuns m’opposeraient le fait que cette loi a été votée par le Parlement, et qu’elle serait donc légitime. Au contraire, comme l’a expliqué le député écologiste Sergio Coronado au journaliste Jacques Follorou, « [o]n a amputé la capacité du Parlement à faire son travail. (…) [Le] monde du renseignement (…) reste un sujet très difficile d’accès pour le Parlement. Le député lambda ne dispose d’aucune source. (…) De plus, la procédure accélérée choisie par le gouvernement pour faire adopter cette loi interdit d’aborder le fond du sujet et fait de nous une chambre d’enregistrement. »[58]

Les détracteurs de cette législation sont nombreux, et ils ne se limitent pas à des parlementaires ou à des organisations de la société civile, comme la Quadrature du Net.[59] Par exemple, le bâtonnier du barreau de Paris, Maître Pierre-Olivier Sur, a déclaré au Figaro que « [c]e projet de loi [sur le renseignement était] un mensonge d’État. Le président de la République l’a présenté lui-même récemment à la télévision comme un texte essentiel pour lutter contre le terrorisme, alors qu’il va s’appliquer bien au-delà, à beaucoup d’autres domaines. Ce projet menace gravement les libertés publiques. »[60] En appelant les députés à ne pas voter ce texte, il l’a décrit comme « un faux-semblant [,] consistant à faire croire qu’il ne concernerait que la lutte contre le terrorisme alors qu’en réalité [,] il s’appliquera bien au-delà et jusqu’au quotidien de tous les citoyens. »[61] Pour relativiser l’alarmiste de ces propos, d’aucuns pourraient rappeler l’implication de Maître Sur dans la défense médiatique de Nicolas Sarkozy durant le scandale des écoutes – une démarche critiquée par le journal Libération.[62]

 

Or, la ministre de la Justice elle-même, Mme Christiane Taubira, a émis de sérieuses réserves sur ce texte peu après son adoption en première lecture par l’Assemblée Nationale. Au micro d’Europe 1, elle est allée jusqu’à affirmer qu’elle aurait pu manifester contre ce projet de loi si elle ne faisait pas partie du gouvernement.[63] Nous, citoyens français, devons nous en préoccuper de toute urgence. En effet, l’État public incarné par le Parlement vient de légaliser, de renforcer et de pérenniser – sans peut-être même en avoir conscience –, le système répressif et mal contrôlé de l’État profond « français ». Et la surveillance de masse n’en est pas le seul enjeu.

L’État profond « français » et la guerre économique globale des États-Unis

À un niveau abyssal, cet inquiétant dispositif de surveillance massive n’est pas seulement liberticide. En effet, il pourrait être économiquement et socialement destructeur pour la France. Avant de développer cet argument clé, rappelons la mise en garde lancée par François Mitterrand peu avant sa mort : « La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort. »[64] Plus que jamais, cet aveu du Président Mitterrand doit être pris au sérieux par nos « élites », qui sont bien trop nombreuses à avoir été adoubées (voire « formées ») par des réseaux de pouvoir atlantistes faisant passer les intérêts des États-Unis avant ceux de la France.[65] Le cas contraire, nous perdrons définitivement cette guerre économique globale, coordonnée depuis Washington et analysée en détail par le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R).[66]

Revenons maintenant à l’article du Monde cité précédemment. D’une importance capitale, cette analyse écrite par Antoine Lefébure expose la réalité profonde d’une relation transatlantique visiblement déséquilibrée et mal maîtrisée par l’État français : « Pour ce qui concerne la France, nous n’avons pas de documents, mais le bureau de l’ambassade des États-Unis qui suit ce dossier a été très actif. Nous pouvons donner le nom de ce bureau, le SUSLAF (Special US Liaison Advisor France) qui travaille avec un unique interlocuteur français, affectueusement nommé « senior sigint », c’est-à-dire [le] patron du renseignement électronique. Il s’agit du directeur technique de la DGSE Patrick Pailloux, un polytechnicien bon expert du domaine. (…) D’après nos sources, le projet de loi français [sur le renseignement] enchante le SUSLAF et l’administration Obama. Il va permettre à la NSA de développer son partenariat avec la France. Néanmoins, soucieux d’une certaine autonomie, notre pays travaille sur des technologies made in France, une perspective qui fait saliver nos industriels tricolores. »[67] _

 

Dans sa définition de l’« État profond », Peter Dale Scott inclut des « agences comme la CIA et la NSA, ainsi que des entreprises privées telles que Booz Allen Hamilton, auxquelles plus de la moitié du budget du Renseignement US est sous-traitée. [Ce système de l’] État profond inclut finalement les puissantes banques et autres multinationales, dont les intérêts et les opinions sont largement représentés au sein de la CIA et de la NSA. »[68] En extrapolant ces propos, et en reprenant l’analyse précitée du Monde, il est clair que l’État profond « français » a comme objectif de signer de juteux contrats avec la puissance publique, c’est-à-dire aux frais des contribuables. Il en résulte que nous sommes contraints de financer la surveillance extrajudiciaire qui nous est imposée, ce qui est inacceptable.

 

Il est également évident que des échanges de technologies, de savoir-faire et de renseignements motivent un tel partenariat. D’aucuns pourraient donc justifier ces relations profondes par des intérêts industriels favorables à l’économie française. Or, comme l’a souligné Antoine Lefébure dans un autre article publié par Slate.fr, « [d]ans [l]e domaine [du renseignement], le lobbying doit être discret, cantonné à quelques interlocuteurs sûrs. Avec un pays considéré comme “difficile” comme la France, les Américains font preuve d’une grande habileté, allant jusqu’à flatter quelques industriels nationaux pour s’en servir comme bras de levier. Grâce à cette action, il y a des dirigeants français pour laisser croire possible la réalisation d’un équivalent tricolore de la NSA, bien entendu en plus intelligent et moins onéreux. (…) Le problème de ce genre d’illusions, quand elle se développe, protégée sous le secret-défense, est qu’elle peut perdurer longtemps et constituer un véritable gouffre financier. »[69]

 

Par ailleurs, comme Monsieur Lefébure l’a indiqué dans son article du Monde, « [e]n Allemagne [,] la NSA apprend aux espions du BND à utiliser son logiciel XKEYSCORE, excellent outil de surveillance massive du comportement des internautes. Nous venons d’apprendre qu’ils ont écouté, à la demande de la NSA, des officiels français (l’Élysée et le Quai d’Orsay) et des industriels européens, notamment Airbus ! La NSA aurait-elle demandé le même genre de “services” à son partenaire français ? [Le rapporteur de la loi sur le renseignement, le député Jean-Jacques] Urvoas lui-même, a reconnu qu’il n’en savait rien. Combien sont-ils, parmi nos élus, ceux qui ont assez d’informations et de capacité d’analyse sur ce qui se passe dans ce domaine réservé pour mesurer les conséquences d’une loi dangereuse qu’ils votent dans l’urgence [?] »[70]

 

Comme l’a révélé dans ce même quotidien le journaliste Jacques Follorou, la DGSE est à l’origine du développement et du transfert de certaines technologies sensibles aux renseignements allemands, que ces derniers ont finalement utilisées pour espionner les intérêts franco-européens pour le compte de la NSA. D’après Monsieur Follorou, « l’affaire d’espionnage qui secoue actuellement l’Allemagne semblait classique. L’Agence nationale de la sécurité américaine (NSA) aurait utilisé, entre 2004 et 2015, les infrastructures d’interception du renseignement allemand pour espionner, notamment, des entreprises allemandes et françaises ainsi que des diplomates du Quai d’Orsay ou des membres de l’Élysée. L’ironie de cette histoire montre, selon nos informations, que la France a elle-même, dès 2005, contribué à bâtir le système de surveillance allemand dont elle a été victime. Ce centre d’interceptions, installé en Bavière, à Bad Aibling, est considéré par la NSA comme “le plus puissant d’Europe” dans un document révélé par son ancien consultant Edward Snowden. »[71]

 

Vous l’aurez compris, cette loi sur le renseignement – adoptée via une procédure accélérée pour neutraliser le débat public –, menace les intérêts supérieurs de la France. En effet, elle favorise un allié historique qui agit pourtant comme un prédateur agressif dans une guerre économique globale, y compris contre la France. Comme l’avait expliqué Jean-Pierre Chevènement, « [l]e déclin américain est incontestable, mais il est limité et sera très lent. Et comme les États-Unis ne peuvent pas faire la police dans le monde entier, ils mènent une politique de domination très intelligente, basée sur des alliances, la pénétration économique, leur attractivité culturelle plutôt que sur les conquêtes territoriales. »[72] Selon les révélations du Monde, cette pénétration économique se réalise parfois au niveau stratégique mais confidentiel, donc mal contrôlé, des services de renseignement.

 

Il en résulte une accélération du déclin socioéconomique et industriel de la France, encouragé par l’espionnage de nos propres entreprises et responsables politiques par des services « alliés », dont la NSA et le BND allemand – voire potentiellement par l’État profond « français » lui-même. En effet, selon un autre article de Jacques Follorou, des « documents internes à la NSA ou au GCHQ [britannique] attestent que les décisions inhérentes à la création de ce versement dans un vaste pot commun de données privées et publiques françaises se sont prises, en grande partie, au niveau des directeurs des services secrets techniques de ces pays. Ils posent la question du pouvoir et de la place prise par les techniciens du renseignement qui ont pu, à certains égards, s’affranchir de leur tutelle politique et des lois protégeant les libertés. (…) Résultat : le niveau de coopération est tel qu’aujourd’hui des données personnelles venant d’Afrique ou du Moyen-Orient, transitant par la France et appartenant à des individus de nationalité française – hommes d’affaires, diplomates, voire agents de la DGSE en mission – ou même à des chefs d’État africain[s], peuvent tomber entre les mains de la NSA au nom de l’antiterrorisme. »[73]

 

Malgré ces informations alarmantes, l’Exécutif français a fait adopter cette loi sur le renseignement en raccourcissant son processus d’adoption parlementaire. De plus, le Président Hollande souhaite accélérer[74] les négociations d’un Traité transatlantique (TAFTA) qui, selon un certain nombre d’experts, favoriserait principalement les multinationales états-uniennes du fait de la prédominance du dollar dans l’économie mondiale – les citoyens européens étant les potentiels grands perdants de cet accord.[75] Rappelons également que le gouvernement français a décidé d’abandonner sa souveraineté nucléaire – civile et militaire – aux États-Unis dans le dossier Alstom,[76] ainsi qu’une filiale clé de la surveillance satellitaire au profit des services de l’État profond américain (NSA, NRO, DIA, CIA, etc.).[77]

 

Selon Le Figaro, au moment où l’État souhaitait racheter 20 % du capital d’Alstom au groupe Bouygues – ce qui ne lui donne aucun poids décisif dans le conseil d’administration de cette entreprise –,[78] il a cédé une partie de ses actions dans GDF-Suez, mais à un niveau lui faisant perdre sa minorité de blocage dans le CA de cette multinationale stratégique. D’après la CGT et la CFE-CGC, qui ont ensuite saisi le Conseil d’État pour contester cette cession, le gouvernement abandonne « sa souveraineté sur le gaz », affaiblissant « son pouvoir de protection du Groupe et du service public. »[79] Alcatel est un autre fleuron stratégique qui a été dépecé, notamment à travers l’intervention secrète de la NSA, comme l’ont révélé l’expert en intelligence économique Franck DeCloquement et le journaliste Antoine Dreyfus.[80] Par ailleurs, au vu de la débâcle commerciale, politique et diplomatique que constitue ce que nous pourrions appeler « l’affaire des Mistral », la France semble avoir perdu son autonomie de décision dans ses exportations militaires, un domaine qui est pourtant régalien et stratégique.[81] Enfin, la politique de sanctions contre l’Iran qui nous a été imposée par les États-Unis a engendré de sérieux dégâts sur l’économie française, selon un rapport de la délégation de la commission des finances du Sénat.[82] Nous pourrions ainsi multiplier les exemples démontrant que l’un de nos principaux alliés historiques mène, en réalité, une véritable guerre économique contre la France.

Il en résulte une accélération du déclin commercial, technologique et industriel de notre pays, avant tout en faveur d’une puissance étrangère hégémoniste – dont la DGSE semble être officieusement devenue une extension, voire un réseau d’influence à part entière. Et la tendance ne pourra hélas s’inverser de sitôt au vu de la proportion de « Young Leaders » composant notre gouvernement actuel[83] et son « opposition »,[84] certains d’entre eux faisant partie intégrante de l’État profond « français ». Par conséquent, à défaut de pouvoir inverser cette tendance en votant aux prochaines élections nationales, je vous remercie d’avance de transmettre cet article à vos responsables politiques (députés, sénateurs, ministres, Président de la République, etc.). Ce faisant, n’hésitez pas à leur demander des comptes, car il est inacceptable que nous financions, en tant que contribuables, un État profond supranational qui déstabilise notre économie et menace notre démocratie dans ses fondements mêmes.

 

Et puisque des millions de vies humaines sont en jeu, il est encore moins acceptable que l’État français, via ses services spéciaux, mène des politiques clandestines et irresponsables qui conduisent à renforcer des réseaux jihadistes au Moyen-Orient, alors que le gouvernement est censé lutter contre le fléau du terrorisme islamiste. J’en appelle donc à la mobilisation générale, pacifique et constructive de tous les citoyens français attachés à nos libertés publiques et à nos valeurs républicaines, y compris au sein de la DGSE et des autres services de renseignement de notre pays. Cet État profond « français » constituant une menace permanente, exigeons de nos dirigeants qu’ils le placent sous contrôle des autorités politiques légitimes, notamment via le Parlement. Dans le cas contraire, ce système de gouvernance abyssale, démocracide et illégale[85] restera le principal danger qui pèse sur notre tissu socioéconomique, notre État de droit et nos libertés fondamentales.

 

Note de Résistance 71: L’article, très bien documenté, comporte quelques 35 pages de notes que nous n’avons pas reproduite ici. Veuillez les consulter sur l’article original, merci de votre compréhension.

 

 

Ingérence française au Moyen-Orient: Des militaires français en mission commandée pour l’Élysée avec le monstre de la CIA: l’État Islamique

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D’ “anciens” militaires français parmi les djihadistes de Daesh

 

Réseau Voltaire

 

21 Janvier 2015

 

url de l‘article original:

http://www.voltairenet.org/article186490.html

 

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a confirmé les informations de Radio France International selon qui une dizaine d’« anciens » militaires français combat actuellement aux côtés des jihadistes. Il a en outre précisé qu’il s’agissait là de cas extrêmement rares.

Dans ce cas comme dans les précédents, tous les « anciens » militaires français impliqués aux côtés des jihadistes étant soit des légionnaires, soit des membres de la DGSE, le ministre aurait pu diligenter une enquête administrative sur le recrutement de jihadistes au sein de ces deux unités. Il n’en a rien fait.

Pour notre part, nous confirmons que ces « anciens » militaires n’obéissent plus au ministère de la Défense, mais sont en mission de l’Élysée, à la demande expresse du général Benoît Puga, chef d’état-major du président de la République (photo).

Déjà, en février 2012, 19 militaires français avaient été arrêtés en Syrie alors qu’ils encadraient les jihadistes de l’« Armée syrienne libre » [1]. Ils avaient été relâchés en deux fois dans le cadre d’un accord politique conclu avec le président Sarkozy lors de la libération de Baba Amr où la France avait installé un Émirat islamique. Venu accueillir lui-même à la frontière syro-libanaise les premiers prisonniers relâchés, l’amiral Édouard Guillaud, chef d’état-major des armées françaises, avait prétendu qu’il s’agissait d’« anciens » légionnaires. Cependant, le matériel de communication Otan dont ils disposaient lors de leur arrestation ainsi que les honneurs qui leur furent rendus par l’amiral attestent qu’il n’en était rien.

En janvier 2014, la France et la Turquie avaient armé al-Qaïda pour attaquer l’Émirat islamique en Irak et au Levant (ÉIIL), ainsi que l’atteste un document présenté par l’ambassadeur de Syrie à l’Onu et dont l’ambassadeur de France Gérard Araud n’a pas contesté l’authenticité [2]. Il s’agissait alors d’empêcher le plan états-unien de création d’un Kurdistan indépendant en Irak et au Nord de la Syrie. Mais à la suite d’un accord avec les États-Unis, en mai 2014, la France cessait les hostilités contre l’ÉIIL et envoyait un encadrement militaire. En juin 2014, l’ÉIIL devint l’Émirat islamique (Daesh), proclama le califat et nettoya ethniquement une partie de l’Irak. Durant les bombardements de la Coalition anti-Daesh, Paris et Washington veillaient à repousser les islamistes sur la ligne qui leur avait été attribuée (plan Wright), sans leur infliger de perte substantielle. Quoi qu’il en soit, en novembre 2014, les États-Unis profitaient de cette opération pour éliminer David Drugeon, que la presse états-unienne présentait avec insistance comme un officier de la DGSE incorporé au sein d’al-Qaïda [3].

Les derniers anciens militaires français tués lors de combats contre l’armée de la République arabe syrienne l’ont été en avril 2014, alors qu’ils attaquaient le village chrétien de Sadniyé à la tête d’éléments d’al-Qaïda. Une dizaine de corps avaient été retrouvés portant chacun notamment un drapeau français tatoué à l’épaule.

[1] « La débâcle de Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 avril 2012.

[2] Lire l’intervention de Bachar Ja’afari in « Résolution 2165 et débats (aide humanitaire en Syrie) », Réseau Voltaire, 14 juillet 2014.

[3] David Drugeon était probablement l’officier traitant des Frères Kouachi responsables du massacre de Charlie Hebdo. Cf. « Selon McClatchy, Mohammed Mehra et les frères Kouachi seraient liés aux services secrets français », Réseau Voltaire, 9 janvier 2015.

Ingérence impérialiste au Moyen-Orient: La France proche alliée de la Turquie est complice de ses crimes…

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Pour Ankara le massacre est-il une option politique ?

 

Thierry Meyssan

 

27 Octobre 2014

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article185716.html

 

La nouvelle alliance entre la Turquie et la France porte-t-elle uniquement sur des questions économiques, voire sur l’entrée dans l’Union européenne, ou est-elle proprement politique ? Dans ce cas, Paris doit-il couvrir la politique d’Ankara quelle qu’elle soit ? Ce soutien va-t-il jusqu’à celui de génocides ?

Pour la seconde fois, l’administration Obama a mis en cause la Turquie pour son soutien à l’Émirat islamique (Daesh). D’abord, le 2 octobre, le vice-président des États-Unis, Joe Biden, dans une intervention à l’École Kennedy de Harvard [1]. Puis le 23 octobre, le sous-secrétaire au Trésor, David S. Cohen, devant la Fondation Carnegie [2]. Tous deux ont accusé Ankara de soutenir les jihadistes et d’écouler le pétrole qu’ils volent en Irak et en Syrie.

Devant les dénégations du président Recep Tayyip Erdoğan, Joe Biden avait présenté des excuses. Le gouvernement turc avait alors autorisé le PKK à venir au secours des Kurdes syriens de Kobané, assiégés par Daesh. Las ! le comportement d’Ankara n’a pas convaincu et Washington a renouvelé ses accusations.

La Turquie et la question des nettoyages ethniques

Je ne pense pas que ce qui soit en cause soit le soutien aux jihadistes. La Turquie n’agit à leur propos qu’en conformité avec le plan US, et, au moins jusqu’à la mi-octobre, Daesh reste contrôlé par la CIA. Mais Washington ne peut pas admettre qu’un membre de l’Otan soit visiblement impliqué dans le massacre qui menace les habitants de Kobané. La politique de l’administration Obama est simple : Daesh a été créé pour accomplir ce que l’Otan ne peut pas faire, le nettoyage ethnique, tandis que les membres de l’Alliance doivent prétendre n’y être pour rien. Le massacre des Kurdes syriens n’est pas nécessaire à la politique de Washington et l’implication de la Turquie constituerait un crime contre l’humanité.

L’attitude de la Turquie apparaît ici comme involontaire. Et c’est bien le problème. La Turquie est un État négationniste. Jamais il n’a admis le massacre qu’il a commis, de 1,4 million d’Arméniens, de 200 000 Assyriens et chrétiens de rite grec et de 50 000 Assyriens en Perse (1914-1918) et à nouveau de 800 000 Arméniens et Grecs (1919-25) [3]. Loin de clore ce chapitre douloureux de son histoire, le message de condoléances adressé par M. Erdoğan, le 23 avril dernier, a au contraire manifesté l’incapacité de la Turquie de reconnaître les crimes des Jeunes Turcs [4].

Ankara a tenté par le passé de liquider les Kurdes du PKK. Beaucoup ont fui vers la Syrie. Le président el-Assad leur a donné la nationalité syrienne, au début de la guerre, et les a armés afin qu’ils défendent le territoire national. Au contraire, pour Ankara, leur massacre serait une bonne nouvelle, et Daesh pourrait faire ce sale boulot..

L’implication turque dans des nettoyages ethniques récents

Durant la guerre de Bosnie-Herzégovine (1992-95), l’Armée turque soutint la « Légion arabe » d’Oussama Ben Laden qui nettoya ethniquement le pays en massacrant quantité de Serbes orthodoxes. Les jihadistes survivants de ces combats ont rejoint les groupes armés en Syrie, dont Daesh.

En 1998, l’Armée turque participa à la formation militaire de l’UÇK, dont les attentats furent réprimés par le gouvernement yougoslave, justifiant l’intervention de l’Otan. Durant la guerre qui suivit, Hakan Fidan (actuel chef des services secrets turcs, le MIT) était l’agent de liaison entre l’Otan et la Turquie. En définitive, l’UÇK chassa les Serbes orthodoxes et profana leurs lieux de culte. En 2011, Hakan Fidan envoya des jihadistes au Kosovo pour être formés au terrorisme par l’UÇK, puis attaquer la Syrie.

Durant l’occupation de l’Irak, les États-Unis s’appuyèrent officiellement sur la Turquie et l’Arabie saoudite pour reconstruire le pays. La politique qui fut alors conduite provoqua la guerre civile et des massacres systématiques, principalement de chiites et de chrétiens. Comme l’a expliqué l’ancien conseiller de la Maison-Blanche pour la Sécurité de la Patrie, Richard A. Falkenrath, cette politique était conçue pour enkyster le jihadisme, l’utiliser sur place et s’assurer qu’il ne vienne pas aux États-Unis [5].

En septembre 2013, des centaines de jihadistes de l’Armée syrienne libre (la milice soutenue par la France et qui arbore le drapeau de la colonisation française) soutenus par des éléments du Front al-Nosra (branche syrienne d’Al-Qaïda) sont arrivés de Turquie pour prendre le village de Maloula, violer ses femmes, tuer ses hommes et profaner ses églises. Maloula n’offre aucun intérêt stratégique militaire. Cette attaque était uniquement un moyen de persécuter visiblement les chrétiens dont Maloula est le symbole syrien depuis près de deux mille ans.

En mars 2014, des centaines de jihadistes du Front al-Nosra et de l’Armée de l’islam (pro-Saoudiens) sont arrivés de Turquie, encadrés par l’Armée turque, pour mettre à sac la ville de Kessab. La population réussit à fuir avant d’être massacrée. Lorsque l’Armée arabe syrienne vint à la rescousse, la Turquie la combattit et abattit un de ses avions. Kessab présente un intérêt stratégique pour l’Otan, en raison de la proximité d’une base de radars russes qui surveille la base turque de l’Alliance d’Incirlik. Les habitants de Kessab sont des Arméniens dont les familles ont fui les massacres perpétrés par les Jeunes Turcs.

La Turquie actuelle admet-elle les génocides ?

Force est donc de se poser la question : en niant que le massacre des Arméniens en général et de diverse minorités principalement chrétiennes, survenu de 1915 à 1925, a été organisé par le Comité Union et Progrès, la Turquie n’affirme-t-elle pas qu’un génocide n’est pas un crime, mais une politique comme une autre ?

La politique de l’actuel gouvernement turc se fonde sur la « doctrine Davutoğlu », du nom de l’actuel Premier ministre. Selon ce professeur de Sciences politiques, la Turquie doit rétablir son influence de l’ère ottomane et unifier le Proche-Orient sur la base de l’islam sunnite.

Dans un premier temps, l’administration Erdoğan a prôné la résolution des conflits laissés en suspens depuis la chute de l’Empire ottoman, qu’elle a qualifié de politique de « zéro problème » avec ses voisins. Saisissant la balle au bond, la Syrie et l’Iran négocièrent alors une zone de libre-échange qui provoqua un boom économique dans les trois pays. Mais en 2011, durant la guerre de l’Otan contre la Libye, la Turquie abandonna son attitude conciliatrice pour s’imposer comme puissance belligérante. Depuis lors, elle s’est à nouveau fâchée avec tous ses voisins, à l’exception de l’Azerbaïdjan.

Le soutien français à la Turquie

Durant les guerre contre la Libye et contre la Syrie, la Turquie et la France se sont rapprochées jusqu’à forger un véritable pacte, dans la lignée de l’alliance franco-ottomane voulue par François Ier et Soliman Le Magnifique ; une alliance qui dura deux siècles et demi et ne prit fin qu’avec Napoléon Bonaparte, puis ressurgit brièvement durant la guerre de Crimée.

La nouvelle alliance fut ratifiée par le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui leva en février 2013 le veto français à l’adhésion de la Turquie à l’UE et s’engagea désormais à en favoriser l’entrée.

Sur ce, François Hollande et Laurent Fabius, Recep Tayyip Erdoğan et Ahmet Davutoğlu commanditèrent une opération conjointe pour faire assassiner le président Bachar el-Assad et son ministre des Affaires étrangères Walid el-Mouallem par du personnel de nettoyage du palais présidentiel, mais l’opération échoua.

À l’été 2013, la Turquie organisa le bombardement chimique de la ghoutta et en accusa la Syrie. Soutenue par la France, elle chercha à impliquer les États-Unis dans un bombardement de la capitale et un renversement de la République arabe syrienne. Les deux pays tentaient de ramener Washington à son projet initial de renversement de la République arabe syrienne.

Un document, remis au Conseil de sécurité des Nations unies, atteste qu’après le vote secret par le Congrès US, en janvier 2014, de l’armement et du financement de rebelles syriens pour nettoyer ethniquement la région, la France et la Turquie ont continué secrètement à armer ensemble le Front al-Nosra (c’est-à-dire Al-Qaïda) pour qu’il lutte contre Daesh. Il s’agissait toujours de ramener Washington à son projet initial.

On notera au passage, que ce n’est pas seulement la Turquie, mais aussi la France, qui ont armé les jihadistes ayant attaqué les villes chrétiennes de Maloula et de Kessab, violé leurs femmes, tués leurs hommes et profané leurs églises.

La corruption des dirigeants français par la Turquie

Alors que la presse évoque fréquemment la corruption de la classe dirigeante française par le Qatar, elle ne dit mot sur l’investissement colossal de la Turquie dans des politiciens français.

Le preuve de cette corruption : le silence des dirigeants français sur l’évolution intérieure de la Turquie (record du monde de l’emprisonnement de journalistes, d’avocats et d’officiers supérieurs), sur son soutien au terrorisme international (la Justice turque a établi qu’Erdoğan a rencontré 12 fois le banquier d’Al-Qaïda ; la Turquie abrite quatre camps d’Al-Qaïda et a organisé le transit de dizaines de milliers de jihadistes), sur le pillage de la Syrie (des milliers d’usines ont été démontées dans le district d’Alep et transférées en Turquie) et sur ses massacres (Maloula, Kessab, et bientôt peut-être Kobané).

Le patronat turc —fidèle allié d’Erdoğan —a créé, en 2009, l’Institut du Bosphore chargé de promouvoir les liens entre les deux pays [6]. Son comité scientifique, co-présidé par Anne Lauvergeon [7], comprend la crème des politiciens français de l’UMP (Jean-François Coppé [8] et Alain Juppé [9]), du Parti socialiste (Élisabeth Guigou [10] et Pierre Moscovici [11] ), beaucoup de très proches du président Hollande (Jean-Pierre Jouyet [12] et Henri de Castries [13]), et même d’anciens communistes, pour ne citer que quelques exemples.

Il n’est certainement pas dans l’esprit de ces personnalités, dont certaines sont honorables, d’approuver les massacres commis par Ankara. C’est pourtant ce qu’elles font.

En s’alliant à la Turquie, la France est devenue complice active de ses massacres.

[1] “Remarks by Joe Biden at the John F. Kennedy Forum”, by Joseph R. Biden Jr., Voltaire Network, 2 October 2014.

[2] “Remarks by U.S. Treasury Under Secretary David S. Cohen on Attacking ISIL’s Financial Foundation”, David S. Cohen, Carnegie Endowment for Internationale Peace, 23 octobre 2014.

[3] Statistics of Democide : Genocide and Mass Murder Since 1900, R.J. Rummel, Transaction, 1998, p. 223-235.

[4] Les Jeunes-Turcs étaient un parti politique nationaliste révolutionnaire et réformateur ottoman, officiellement connu sous le nom de Comité Union et Progrès (CUP). Il s’allia aux minorités et renversa le sultan Abdülhamid II. Arrivé au pouvoir, il mit en œuvre une politique de turquification qui le conduisit à planifier le génocide des minorités, principalement des Arméniens.

[5] Cité in « If Democracy Fails, Try Civil War », Al Kamen, The Washington Post, 25 septembre 2005.

[6] Voir le site internet de l’Institut du Bosphore.

[7] Ancienne collaboratrice de François Mitterrand, elle devint directrice d’Areva (2001-11). Elle est actuellement présidente de la Commission sur l’innovation.

[8] Député, ancien ministre et ancien président de l’UMP.

[9] Maire de Bordeaux, ancien Premier ministre et ancien président de l’UMP, il devint ministre des Affaires étrangères au début des guerres contre la Libye et la Syrie.

[10] Ancienne collaboratrice de François Mitterrand et ancienne ministre, actuelle présidente de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

[11] Député et ancien ministre, il a été désigné pour devenir commissaire européen.

[12] Haut-fonctionnaire, ami de longue date de François Hollande, il est aujourd’hui secrétaire général de l’Élysée.

[13] Ami de longue date de François Hollande, il est aujourd’hui directeur général des assurances AXA.