Archive pour sionisme colonialisme et génocide

Résistance au colonialisme : Sionisme, Nakba et loi polonaise (Gilad Atzmon)

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La Nakba et la loi polonaise

Gilad Atzmon

5 juillet 2021

url de l’article original:
https://gilad.online/writings/2021/7/4/the-nakba-and-the-polish-law

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Israël semble ennuyé par une nouvelle loi polonaise qui met une date butoir de 30 ans pour que les juifs puissent reprendre possession des propriétés qui leur furent saisies. La loi doit toujours être approuvée par le sénat polonais et pourtant les officiels israéliens la nomme déjà la “loi holocauste” insistant sur son “immoralité” et la honte qu’elle génère.

La semaine dernière, le ministre israélien des affaires étrangères Yair Lapid a insisté sur le fait que la loi “est une honte qui n’effacera pas les horreurs ni la mémoire de l’holocauste.” Je ne vois pas en quoi cette loi interfère avec les horreurs ou la mémoire de l’holocauste. Je pense en fait que la vile tentative de presser des milliards de dollars de la Pologne au nom d’une tragédie humaine pourrait avoir un impact négatif sur ce chapitre historique et la façon dont il est mémorisé.

Les Polonais n’ont pas apprécié l’ingérence de “l’état juif” dans leurs affaires intérieures. Vendredi, le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a rétorqué à Lapid en insistant “Tout ce que je peux dire, c’est que temps que je suis le premier ministre, la Pologne ne paiera pas pour les crimes allemands : ni en zloty, ni en euro, ni en dollar.” Le ministre polonais des AE s’est fait l’écho de la position de Morawiecki argumentant que les commentaires de Lapid étaient de mauvaise foi “La Pologne n’est en rien responsable de l’holocauste, une atrocité commise par l’occupant allemand, crime également commis sur des citoyens polonais d’origine juive.” La crise a semblé escalader durant le week-end. Dimanche, la Pologne et Israël convoquaient les ambassadeurs respectifs pour des réunions alors que la querelle entre les deux pays ne semblaient pas s’amenuiser.

Je ne suis pas en position de juger ce qui est juste et qui a tort ou raison dans ces affaires de restitution. Supposons que la loi polonaise soit “une horrible injustice et une honte qui nuit aux droits des survivants de l’holocauste et à leurs héritiers”, comme le prétend Lapid. Dans ce cas, on devrait s’attendre à ce que celui-ci soutienne dynamiquement les Palestiniens dans leur droit au retour et leur droit d’être compensés pour le crime colossal commis contre eux à partir de 1948.

En 1948, plus de 700 000 Palestiniens (la très vaste majorité de la population indigène de la Palestine), subirent un nettoyage ethnique en règle aux mains du nouvellement établi état juif. Ce crime racial catastrophique (incluant une longue liste de massacres comme celui de Deir Yassin) est appelé la Nakba. Il s’est produit moins de 4 ans après la libération d’Auschwitz…

Pendant la guerre de 1948 et peu de temps après. le jeune pays d’Israël a rayé de la carte des villes et villages palestiniens. Il a ensuite utilisé des législations pour empêcher les Palestiniens de retourner chez eux et a mis en application tous les moyens possibles pour s’approprier et piller la propriété de ces derniers, dépossédant dans le processus ces quelques Palestiniens qui s’accrochaient à leur terre. Pourtant, Israël n’a jamais admis son pêché originel de nettoyage ethnique.

Se reposant sur une cause morale, Israël affirme représenter les demandes juives de restitution en Pologne. Je me demande : cette même règle ne devrait-elle pas aussi s’appliquer aux Palestiniens ? Israël ne devrait-il pas mettre la même loi morale en avant et reconnaître aux Palestiniens leur droit à la terre, à leurs villages, villes, champs et vergers ?

C’est l’Allemagne nazie, alors occupante de la Pologne qui amena le désastre sur la communauté juive de ce pays. En Palestine, une jeune armée de défense et des groupe paramilitaires juifs commirent des crimes colossaux contre la population indigène (NdT: pas sans rappeler les atrocités commises par les colons du “nouveau monde” sur les populations indigènes du continent des Amériques, dont l’excavation récente de charniers d’enfants au Canada ne représente qu’une petite portion… Nous ne vivons en rien dans un monde “post-colonial” nous vivons en plein dedans, guerre et colonisation étant les marques de fabrique de l’État et des rouages marchands étroitement imbriqués). Alors que l’Allemagne nazie cessa d’exister en 1945, la force de défense israélienne existe toujours quant à elle. Le parti travailliste (qui forma directement le premier gouvernement israélien) est toujours actif et est même un membre de la coalition actuelle de gouvernement en Israël. Le parti du Likoud est une excroissance de l’Irgoun originel et du Stern Gang (tous deux complice de certains des atrocités et massacres commis en Palestine), il est et de loin le plus gros parti politique représenté à la Knesset (parlement israélien). Les institutions israéliennes et sionistes responsables du crime de 1948 n’ont jamais cessé d’exister. Elles n’ont jamais reconnu leurs crimes, et se sont encore moins repenties.

Les survivants de l’holocauste ont été indemnisés de différentes manières pour le crime qui fut commis contre eux par les Européens. Israël a bénéficié de très larges compensations de la part du gouvernement allemand. En revanche, les Palestiniens vivent toujours dans des prisons à ciel ouvert et dans des camps de réfugiés, et sont soumis à des embargos et à des abus incessants.

Le temps est venu pour Israël de reconnaître son horrible passé. Dès maintenant, Israël devrait se rendre à l’évidence que la cause palestinienne ne s’estompe pas et ne disparaît pas dans l’air du temps. Si Israël cherche à se réconcilier avec la région, alors il doit d’abord appliquer à lui-même ce code moral qu’il demande à la Pologne de suivre.

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Gaza, conflit sionisme-Palestine et droit international avec Norman Finkelstein

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« Ils avaient pour habitude de dire que les Palestiniens
se battent comme des héros, maintenant ils disent que les héros
se battent comme des Palestiniens. »

“Les Israéliens n’ont qu’un seul droit, celui de faire leurs valises et de quitter la Palestine !”
~ Norman Finkelstein, 14 mai 2021 ~

Ceci est aussi valable pour les populations de colons des continents de l’Amérique (Nord et Sud) et d’Océanie…
~ Résistance 71 ~

Norman Finkelstein : Israël n’a aucun droit de se défendre contre Gaza

Norman Finkelstein & Jamie Stern-Weiner

Août 2018

Selon le droit international, tout type de recours à la force à Gaza est interdit à Israël, quelles que soient les circonstances.

Source : http://normanfinkelstein.com/2018/07/28/israel-has-no-right-to-self-defense-against-gaza/

Traduction : lecridespeuples.fr

Depuis le 30 mars 2018, date à laquelle les manifestations largement non violentes à Gaza ont commencé, la communauté internationale a fermement condamné les attaques armées israéliennes.

Une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies a « déploré tout recours à la force excessif, disproportionné et indiscriminé par les forces israéliennes contre des civils Palestiniens », tandis que le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies dénonçait « l’usage disproportionné et indiscriminé de la force ». Après que des snipers israéliens aient tué Razan al-Najjar, une ambulancière palestinienne non armée âgée de vingt-et-un ans, le coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient a averti Israël qu’il « devait calibrer son utilisation de la force ». Dans un rapport accablant, Human Rights Watch a conclu que « le recours répété par les forces israéliennes à la force létale dans la bande de Gaza… contre des manifestants qui ne représentaient aucune menace imminente pour la vie peut constituer des crimes de guerre ».

Bien que ces condamnations soient les bienvenues, la question reste néanmoins de savoir si elles vont assez loin. En termes simples, est-ce qu’Israël a le droit de recourir à la force, de quelque manière que ce soit et quelles que soient les circonstances, contre la population de Gaza ?

Le débat juridique en cours porte sur deux questions interdépendantes :

  • Les snipers israéliens ont-ils recouru à une force « excessive » ou « disproportionnée » contre les manifestants (comme l’affirment les critiques), ou la quantité de force déployée était-elle nécessaire pour empêcher les manifestants de franchir la clôture (comme Israël le prétend) ?
  • La conduite d’Israël à l’égard des manifestations à Gaza est-elle régie par les lois relatives aux droits de l’homme (comme le prétendent les critiques) ou par le droit international humanitaire (comme Israël le prétend) ? Le droit international humanitaire s’applique dans les situations de conflit armé, tandis que les lois relatives aux droits de l’homme régissent l’application des lois nationales. La différence est importante, car les lois relatives aux droits de l’homme imposent des contraintes plus strictes à l’emploi de la force.

Dans ces deux controverses, toutes les parties partent d’une prémisse commune : Israël a le droit de recourir à la force pour empêcher les habitants de Gaza de franchir la clôture. Le différend se résume à cette question : quelle quantité de force est légitime ? Les critiques qui allèguent une force « disproportionnée » ou « excessive » légitiment tacitement le recours par Israël à une force « proportionnée » ou « modérée », tandis que ceux qui insistent sur l’applicabilité des lois relatives aux droits de l’homme considèrent que le recours à la force par Israël est légitime en cas de « menace imminente » à la vie d’un sniper.

Cette présomption existe même au pôle le plus critique du débat sur Gaza. Le groupe israélien de défense des droits de l’homme B’Tselem a condamné comme « illégal » le recours à la force létale par Israël contre des personnes non armées qui « s’approchaient de la clôture, l’endommageaient ou tentaient de la franchir ». Mais il a concédé « [qu’] évidemment, l’armée a le droit d’empêcher de telles actions, et même de détenir les individus qui tentent de les mener à bien ». Un haut responsable de Human Rights Watch a déclaré que le recours par Israël aux balles réelles à Gaza était « illégal ». Mais il a suggéré que « le recours à des moyens non létaux tels que le gaz lacrymogène, le skunk [liquide chimique pestilentiel] et les billes d’acier revêtues de caoutchouc » serait considéré légal. Le Comité international de la Croix-Rouge a averti Israël que « la force létale ne devait être utilisée qu’en dernier recours et lorsqu’elle est impérieusement requise pour protéger la vie [d’Israéliens] ». Même les principales organisations palestiniennes de défense des droits de l’homme ont qualifié l’usage de la force par Israël d’ « excessif », d’ « indiscriminé » et de « disproportionné » plutôt que d’intrinsèquement illégal.

Mais le fait est qu’Israël ne peut légitimement revendiquer aucun droit de recourir à la force de quelque manière que ce soit à Gaza, que cet usage de la force soit modéré ou excessif, proportionné ou disproportionné, que les manifestants soient armés ou désarmés, qu’ils constituent une menace imminente pour la vie ou pas. Si ce fait n’est pas de notoriété publique, c’est parce que le débat actuel ne tient pas compte de réserves décisives du droit international et des abrégés de la situation spécifique à Gaza.

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Ce que dit le droit international

Pour justifier son usage de la force à Gaza, Israël revendique le droit d’empêcher toute intrusion étrangère sur son territoire souverain. Un commentateur juridique israélien observe que cette préoccupation déclarée pour le caractère sacré de la « frontière » de Gaza est sélective et opportuniste. Israël envahit Gaza à volonté ; ce n’est que lorsque les Palestiniens cherchent à traverser la clôture dans l’autre sens que celle-ci devient sacro-sainte. Cette hypocrisie mise à part, le prétendu droit à la légitime défense d’Israël n’a toujours aucun fondement juridique. Au contraire, le recours à la force par Israël est contraire au droit international.

Les Palestiniens de Cisjordanie —y compris Jérusalem-Est— et de Gaza luttent pour obtenir leur « droit à l’autodétermination », qui a été reconnu et validé sur le plan international (Cour internationale de justice). Comme le souligne James Crawford, éminent juriste, le droit international interdit le recours à la force militaire « par une puissance administrante pour réprimer l’insurrection populaire généralisée dans une unité d’autodétermination », tandis que « le recours à la force par une entité non-étatique dans l’exercice d’un droit à l’autodétermination est juridiquement neutre, c’est-à-dire qu’il n’est aucunement réglementé par le droit international. »

Les manifestants à Gaza ont choisi de recourir à la non-violence pour obtenir leurs droits internationalement reconnus —une tactique que, bien sûr, le droit international n’interdit pas non plus. Mais cette décision prudente n’est pas une exigence légale. Même si les habitants de Gaza décidaient d’utiliser des armes contre les snipers israéliens qui entravent leur droit à l’autodétermination, le recours à la force militaire par Israël serait toujours légalement interdit.

La répartition des droits et des devoirs dans le discours occidental conventionnel —qui accorde de fait à Israël le droit d’utiliser la force violente pour se défendre contre les habitants de Gaza, alors qu’elle les oblige à mener leur lutte pour l’autodétermination de manière non-violente— bouleverse le droit international.

On pourrait objecter que dans la mesure où Israël est un occupant belligérant à Gaza, il a le droit, en vertu de la quatrième Convention de Genève de 1949, d’utiliser la force pour maintenir l’ordre public. Mais cette objection n’est pas recevable pour trois raisons.

Premièrement, la quatrième Convention de Genève oblige un occupant belligérant à subvenir aux besoins et à assurer le bien-être de la population occupée. En effet, la « Protection des civils en temps de guerre » est la raison d’être de cette Convention. Israël, cependant, a soumis la population civile de Gaza à un siège prolongé qui constitue une « punition collective » illégale selon le Comité international de la Croix-Rouge, et qui a rendu Gaza physiquement « invivable » selon l’ONU. La quatrième Convention de Genève ne garantit pas le droit d’Israël à préserver l’ordre à Gaza alors même qu’il viole de manière flagrante son obligation complémentaire de protéger le bien-être de la population civile de Gaza. De fait, les troubles qu’Israël prétend avoir le droit de réprimer découle directement du blocus criminel qu’il a imposé.

Deuxièmement, même si Israël est qualifié d’occupant belligérant à Gaza, le droit d’un peuple à l’autodétermination est une norme impérative (jus cogens) du droit international, à laquelle aucune dérogation n’est possible. Si, comme c’est ici le cas, le droit de l’occupation belligérante empiète sur le droit à l’autodétermination, le droit de Gaza à l’autodétermination l’emporte sur le droit d’Israël de maintenir l’ordre ; et si, comme c’est ici le cas, la lutte pour l’autodétermination est menée de manière non-violente, alors le prétendu droit d’Israël d’utiliser la force armée pour maintenir l’ordre est manifestement infondé.

Troisièmement, de fait, l’occupation de Gaza par Israël est désormais illégale, et Israël a par conséquent renoncé à ses droits d’occupant belligérant. La Cour internationale de Justice a statué en 1971 que puisque l’Afrique du Sud avait refusé de mener des négociations de bonne foi pour mettre fin à son occupation de la Namibie, cette occupation était devenue illégale. Le refus d’Israël, depuis plus d’un demi-siècle, de mener des négociations de bonne foi sur la base du droit international pour se retirer de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, et de Gaza, a également eu pour effet de délégitimer son occupation.

Il y a également une autre dimension juridique primordiale qui a été ignorée. C’est un principe fondamental du droit international qu’aucun État ne peut recourir à des mesures violentes avant d’avoir épuisé tous les « moyens pacifiques » (Charte des Nations Unies, article 2). Ce principe est aussi sacré pour la primauté du droit que le serment d’Hippocrate analogue, primum non nocere (avant tout, ne pas nuire), l’est pour la médecine. L’élan derrière les manifestations à la clôture de Gaza est le siège illégal d’Israël, et leur objectif est d’y mettre fin. Même le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a concédé : « Ils étouffent économiquement, et par conséquent, ils ont décidé de foncer sur la clôture ».

Si Israël veut protéger ses frontières, il n’a pas besoin de recourir à la coercition létale ou non-létale. Il lui suffit simplement de lever le siège. L’équipe de choc du Président Donald Trump pour le Moyen-Orient —son beau-fils Jared Kushner, l’ancien avocat en droit de la faillite David Friedman, l’ancien conseiller juridique de l’Organisation Trump Jason Greenblatt, et l’ancien gouverneur de Caroline du Sud Nikki Haley— allèguent, au contraire, que c’est le Hamas qui « maintient les Palestiniens de Gaza en captivité » et est « le premier responsable… de la perpétuation des souffrances du peuple de Gaza ». Mais s’ils sont tombés dans le terrier d’Alice (au pays des merveilles, dans un monde complètement absurde), nous ne sommes pas tenus de les y suivre. « Israël, en tant que puissance occupante », a statué le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (l’autorité en la matière), « doit lever le blocus qui viole… la quatrième Convention de Genève interdisant les sanctions collectives et empêche la réalisation d’un large éventail de droits de l’homme. »

De plus, le Hamas a constamment offert à Israël une trêve de longue durée (hudna) en échange de la fin du siège, et il a réitéré cette proposition tout au long des manifestations actuelles. Le 7 mai, une semaine avant qu’Israël tue plus de soixante manifestants à Gaza, Haaretz a rapporté que « les dirigeants du Hamas » avaient « transmis à Israël des messages indiquant leur volonté de négocier un cessez-le-feu de longue durée » en échange de, entre autres choses, « l’assouplissement du siège ». « Le Hamas continue de transmettre des messages aux autorités (civiles et militaires israéliennes) chargées de la défense selon lesquels il est toujours  intéressé par une « hudna », a révélé un correspondant militaire israélien chevronné quelques jours plus tard. « Le Hamas lui-même a transmis l’année dernière à Israël différentes versions d’une hudna restreinte ou élargie, qui comprend non seulement Gaza mais aussi la Cisjordanie ».

L’armée israélienne a pris au sérieux ces offres de cessez-le-feu : « Le Hamas, selon les services de renseignement, est prêt à parvenir à un accord ». En effet, un officier supérieur a vivement insisté sur le fait que c’était « le moment de parvenir à un accord avec le Hamas », exhortant le gouvernement israélien à saisir cette occasion afin de prévenir « d’autres escalades armées ». Mais les autorités israéliennes n’étaient pas intéressées : « Les exigences et les conditions du Hamas n’ont jamais été discutées, car Israël refuse de parler au Hamas ». Le rejet par Israël de cette étape préliminaire pacifique constitue une double violation du droit international : l’imposition d’un blocus illégal et le recours illicite à la force armée lorsque les moyens pacifiques n’ont pas été épuisés.

Un droit d’empoisonner les enfants ?

Un des principes du droit est qu’aucun droit ne peut découler d’actes illégaux (ex injuria non oritur jus), et il est évident que le droit à la légitime défense n’existe pas dans toutes les situations. Un violeur ne peut prétendre à la légitime défense si la victime le martèle de coups de poing. Un propriétaire de théâtre n’a pas le droit de se défendre si les spectateurs s’en prennent à lui après qu’il ait mis le feu à l’édifice et les empêche de fuir. Le comportement d’Israël vis-à-vis de Gaza entre dans cette catégorie d’actes qui rendent nul et non avenu le droit à la légitime défense. S’il en était autrement, cela équivaudrait à valider le droit d’utiliser la force militaire pour maintenir une occupation illégale aggravée par un siège illégal.

S’il est malgré tout largement admis qu’Israël a le droit de recourir à la force pour empêcher les Gazaouis de violer sa « clôture frontalière », c’est parce que de savantes arguties sur les considérations d’ordre technique du droit ont occulté les enjeux humanitaires de la situation.

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Qu’est-ce qu’est Gaza ?

L’étroite bande côtière compte parmi les zones les plus densément peuplées de la planète. Plus de 70% de ses deux millions d’habitants sont des réfugiés, tandis que plus de la moitié —un million— sont des enfants de moins de dix-huit ans. Pendant plus de dix ans, Israël a imposé à ce morceau de territoire un siège dévastateur. Cinquante pour cent de la main-d’œuvre de Gaza est maintenant au chômage, 80% dépend de l’aide alimentaire internationale et 96% de l’eau du robinet est contaminée.

Au début du mois de juillet, Israël a resserré davantage ses restrictions sur les marchandises autorisées à entrer à Gaza et a complètement interdit les exportations ; et par la suite, il a bloqué l’entrée de carburant, provoquant une urgence médicale, car des hôpitaux déjà débordés ont dû fermer. Selon l’organisation israélienne de défense des droits de l’homme Gisha, cette « mesure radicale de punition collective » constituait un retour aux « périodes les plus difficiles du siège » et équivalait à « une guerre économique ouverte contre la population civile de Gaza ». Cela a été suivi mi-juillet par des attaques aériennes sur des dizaines de cibles à Gaza.

Israël a justifié le siège renforcé et les attaques aériennes en réaction aux cerfs-volants enflammés envoyés au-dessus du périmètre de la clôture par des manifestants de Gaza. Mais ces soi-disant « cerfs-volants terroristes » ont causé des destructions estimées au total à 2 millions de dollars et, selon des sources militaires israéliennes, « ne constituent pas une menace immédiate ou sérieuse ». Comme l’a sobrement rapporté un correspondant militaire israélien, « les dégâts psychologiques causés par les incendies le long de la frontière sont pires que les dégâts réels ». « Toutes ces jérémiades à propos des cerfs-volants me rendent fou », râla un officier israélien de haut rang pour éluder la question des cerfs-volants. « C’est aussi tout le contraire de ce que vous entendez de la plupart des gens qui vivent ici… Les gens disent ouvertement : nous aimons cet endroit, nous voulons vivre ici malgré les incendies. »

« Nous ne sommes pas des terroristes », a plaidé un lanceur de cerfs-volants de l’autre côté de la clôture. « Nous sommes une génération sans espoir et sans horizon qui vit sous un siège suffocant, et c’est ce message que nous essayons d’envoyer au monde. En Israël, ils pleurent sur les champs et les forêts qui ont brûlé. Mais qu’en est-il de nous, qui mourons tous les jours ? » « Les activistes du cerf-volant, principalement des adolescents, ont juré de « continuer… jusqu’à… ce que les exigences du peuple palestinien de lever le blocus » soient satisfaites.

À la fin du mois de juillet, un retour partiel au statu quo ante a été rétabli, Israël permettant à un filet de marchandises d’entrer dans Gaza tandis que le Hamas serrait la bride des cerfs-volants. Mais il y a de fortes chances que les événements récents se reproduisent —manifestations non violentes à Gaza, provocations israéliennes violentes, riposte du Hamas, siège renforcé—, culminant dans un autre assaut militaire israélien qui sera, d’après les menaces du ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman, « plus douloureux que l’opération Bordure protectrice. »

Si et au moment où la nouvelle conflagration arrive(ra), et qu’Israël proclame qu’il ne fait que défendre sa frontière, la riposte rhétoriquement correcte sera que la barrière séparant Gaza d’Israël n’est pas plus une « frontière » que Gaza n’est un État. Le professeur distingué de l’université hébraïque, Baruch Kimmerling, a qualifié Gaza de « camp de concentration », tandis que l’ancien Premier ministre britannique, David Cameron, l’a désignée comme une « prison à ciel ouvert ». L’équipe éditoriale d’Haaretz l’a appelé un « ghetto », le journal The Economist une « déchetterie humaine » et le Comité international de la Croix-Rouge un « navire en perdition ». Gaza est ce que le responsable en chef des droits de l’homme de l’ONU a appelé un « bidonville toxique » dans lequel toute une population civile est « enfermée de leur naissance jusqu’à leur mort ».

Est-ce qu’Israël a le droit d’utiliser la force pour incarcérer le million d’enfants de Gaza dans un « ghetto » ou un « bidonville toxique » ? Les habitants de Gaza n’ont-ils pas le droit de s’évader d’un « camp de concentration » ?

Aujourd’hui, trouve-t-on des gens qui débattent pour savoir si l’Allemagne nazie a utilisé ou non une force « excessive » et « disproportionnée » pour réprimer le soulèvement du Ghetto de Varsovie ? Qui se demande maintenant si l’Allemagne nazie avait un « droit à la légitime défense » contre l’Organisation juive de combat —qui a résisté les armes à la main ? De telles questions sont-elles seulement concevables ?

On pourrait objecter que Gaza n’est pas le Ghetto de Varsovie. Mais comme l’a remarqué un journaliste israélien qui a servi à Gaza lors de la première Intifada, « le problème ne réside pas dans la similitude… mais dans le fait qu’il n’y ait pas assez de manque de similitude ». L’Organisation mondiale de la santé a déclaré que « plus d’un million de personnes dans la bande de Gaza risquent de contracter des maladies hydriques », tandis qu’un expert israélien prédit que Gaza sera bientôt envahie par des épidémies de typhus et de choléra comme celles qui ont décimé les Juifs dans le Ghetto de Varsovie.

L’objectif principal du droit international humanitaire est de protéger les civils des ravages de la guerre. L’objectif principal du droit international relatif aux droits de l’homme est de protéger la dignité des personnes. Comment l’un ou l’autre de ces corps de lois pourrait-il donc être utilisé pour justifier un recours à la force —quel qu’elle soit— conçu pour piéger des civils dans un enfer dans lequel ils sont avilis, tourmentés et tués ?

Si, à titre spéculatif, on reconnaissait à Israël le droit légal d’utiliser la force pour empêcher les habitants de Gaza d’échapper à leur « prison », cela exposerait simplement la profonde inadéquation de la loi.

Dans son opinion dissidente sur l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice (CIJ) de 1996 sur la légalité de la menace ou de l’emploi d’armes nucléaires, le juge Weeramantry a relevé l’ironie suivante : la CIJ condamne le recours aux balles « dum-dum » (éclatant à l’impact pour maximiser les dégâts sans tuer), mais rechigne à condamner l’utilisation d’armes nucléaires. « Il semblerait étrange, écrit-il, que l’expansion dans le corps d’un seul soldat d’une seule balle soit une cruauté excessive que le droit international ne peut tolérer depuis 1899, mais que l’incinération en une seconde de cent mille civils ne le soit pas ». Le juge Weeramantry a ensuite fait remarquer :

« Chaque branche de la connaissance tire bénéfice d’un processus consistant à prendre de temps en temps du recul vis-a-vis d’elle-même et à se scruter objectivement pour détecter les anomalies et les absurdités. Si une anomalie ou une absurdité flagrante devient apparente mais n’est pas remise en question, cette discipline risque d’être perçue comme *se noyant* dans ses propres considérations techniques. »

L’idée qu’Israël aurait le droit d’enfermer de force un million d’enfants dans un espace invivable est une absurdité, et les avocats qui se demandent si Israël a utilisé ou non une force « excessive » pour empêcher les Gazaouis de fuir leur ghetto *se noient* dans leurs considérations techniques.

« Des êtres humains innocents, pour la plupart des jeunes », a observé Sara Roy, du Centre d’études sur le Moyen-Orient de l’Université de Harvard, « sont en train d’être lentement empoisonnés par l’eau qu’ils boivent et probablement par le sol dans lequel ils plantent ».

La seule question moralement saine posée par la situation à Gaza est la suivante : Israël a-t-il le droit, au nom de la « légitime défense », d’empoisonner un million d’enfants ?

Il est consternant que cette simple question n’ait pas seulement été contournée, mais ne soit même pas visible dans le débat actuel.

Norman G. Finkelstein est l’auteur de nombreux ouvrages sur le conflit israélo-palestinien. Son dernier livre s’intitule Gaza : enquête sur son martyre.

Jamie Stern-Weiner est le rédacteur en chef de Moment de vérité : Les questions les plus difficiles sur Israël et la Palestine.

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5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

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La cause palestinienne (Naïm Qassem)

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La cause palestinienne

Le point de vue du Hezbollah

Naïm Qassem

Extrait du livre “Hezbollah, son histoire de l’intérieur” de N. Qassem, version anglaise 2005

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Notre traduction de très larges extraits du livre en format PDF

[…]

IV. La cause palestinienne

Note de R71: Ce segment fait 34 pages en anglais, est à lire en entier dans quelque version que ce soit. Qassem résume parfaitement ici en ces quelques pages, ce que bien d’autres auteurs n’ont pas pu faire en 300 pages ou plus…

Le projet sioniste et les étapes de la fondation

L’histoire moderne du XXème siècle n’a pas été témoin d’une situation comparable à celle des Palestiniens. Des sionistes du monde entier s’en vinrent en Palestine pour occuper la terre et forcer à l’exode la majorité de sa population existante, le tout sous le gardiennage de la “communauté internationale”. L’occupation sioniste de la Palestine devint un droit affirmé international, tandis que les demandes de ré-instauration de plein droit des Palestiniens sur leur terre étaient perçues comme une agression inacceptable. Le Conseil de Sécurité de l’ONU a agi seulement en faveur et en soutien de cette vision déformée. Il est incorrect de dénommer et de classer cette cause comme simplement une dispute ou une rivalité, car c’est un grand crime contre l’humanité.

La première conférence mondiale sioniste s’est tenue du 19 au 31 août 1897 à Bâle, en Suisse, sous le directorat de Theodore Herzl. La conférence appelait à une “patrie pour les juifs en Palestine”.

[…] Quelques uns cherchèrent des explications dans la Torah promettant que le “peuple élu de Dieu” devra contrôler la Palestine, tandis que d’autres considéraient que la présence des juifs dans une endroit géographique spécifique serait la solution à la souffrance à laquelle ils ont été soumis dans un grand nombre de pays européens et russe. […] De la sorte, le projet sioniste fut établi avec un fort point de focalisation sur le fanatisme religieux et le préjudice sémite, utilisant des méthodes les plus draconiennes pour parvenir à leurs objectifs.

Il ne fut donc pas étrange que la voracité pour l’occupation de la terre de Palestine augmente de jour en jour, d’abord avec les saisies de terres et de villages, suivies par une guerre de gangsters menée contre les Palestiniens (menée sous les auspices de la Grande-Bretagne durant le mandat britannique sur la Palestine, plus tard culminant avec la déclaration d’un état juif sur une terre palestinienne occupée en 1948. Subséquemment, toute la Palestine fut occupée ainsi que certaines parties des pays voisins comme l’Egypte, la Syrie et la Jordanie), occupées en 1967. L’entité sioniste continua son expansion territoriale et ses affirmations légales, car la fondation de base du mouvement sioniste raciste est le mouvement d’expansion, un objectif soutenu par des fondements religieux tirés de la Torah. D’après celle-ci la Palestine est un héritage du peuple d’Israël dont les vies ne se stabiliseront pas sauf au travers de l’expulsion des habitants originels de la Palestine.

[…]

Les Britanniques reconnurent la création de l’entité sioniste, s’assurant que la Palestine demeurait dans le cadre de leur mandat colonial ainsi que le stipulait les accords Sykes-Picot de 1916 entre la France et la Grande-Bretagne, les deux vainqueurs de la 1ère guerre mondiale. Le gouvernement britannique émit ensuite la déclaration de Balfour le 2 novembre 1917, une lettre écrite par le ministre britannique des affaires étrangères d’alors, Arthur James Balfour et adressée à Lord Rothschild.

[…]

Le soutien américain à Israël

[…] Le soutien des Etats-Unis à Israël est exprimé au travers de la mise à disposition de ces circonstances qui servent à exercer une agression sur le peuple palestinien afin de dessiner les contours géographiques et politiques d’Israël, de s’assurer que les Palestiniens acquiescent et de sécuriser une signature palestinienne qui ne servirait qu’à légitimer Israël et à minimiser ses peurs existentielles.

[…] Nous en sommes parvenus à ces conclusions:

  1. La création d’une entité sioniste sur la terre de Palestine représente une agression manifeste sur le paisible peuple palestinien et remplace une population par une autre, dispersant de ce fait, les véritables propriétaires aux quatre vents et les places en confrontation directe avec un groupe international d’extorqueurs. Ceci n’est pas un conflit frontalier entre deux pays voisins. C’est le déracinement d’une nation et d’un peuple, la substitution de l’un par l’autre.
  2. Les justifications historico-religieuses qui remontent à plus de 3000 ans et la rationalisation nationaliste parlant d’un désir de création d’un état juif ne légitiment en rien la création de celui-ci en Palestine, car les changements qui se sont produits dans l’histoire sont des faits du passé et chaque nation de ce monde possède une histoire qui est différente de la présente. La paix dans le monde ne pourra se réaliser que si les nations et les populations manifestent, expriment leur existence et réaffirment la liberté et l’indépendance de leurs peuples.
  3. Le soutien absolu pour la création d’une telle entité sioniste fut accordé d’abord par la Grande-Bretagne puis par les super-puissances, les Etats-Unis et l’URSS, ainsi que la France (qui a partagé la récompense issue de la 1ère guerre mondiale avec la Grande-Bretagne…). Si ce n’était pour cette conspiration internationale qui a persisté soit individuellement ou au travers de l’ONU, Israël n’aurait jamais pu survivre.
  4. Le plan israélien a continué d’être exprimé par son expansion militaire et l’imposition forcée de ses conditions jusqu’à ce que l’occupation atteigne des parties des pays arabes voisins comme la Syrie, l’Egypte, la Jordanie et le Liban. Les résolutions internationales ne représentaient que des interludes durant lesquelles Israël réorganisait sa stratégie d’occupation en préparation d’une nouvelle extension de son hégémonie…

Si on se base sur les conclusions énoncées, la discussion ne s’arrête donc pas aux frontières d’Israël, mais se transcende pour inclure le projet qui pèse sur la vie de toutes les nations arabes, un plan qui avance vite et dangereusement. A chaque phase, de nouvelles terres sont arrachées et une nouvelle réalité est créée, faisant pauser le complot sans l’arrêter pour autant. Le moyen de l’arrêter est de le refuser en résistant, par la confrontation directe ou l’intifada, le refus, l’auto-défense et la persévérance.

[…]

Le ciblage des civils israéliens

Frapper la sécurité d’Israël affecte quoiqu’il en soit les civils israéliens, ce qui posent deux problèmes: celui de questionner la pureté des actions légitimes de résistance et celui d’avoir des répercussions dans la sphère internationale pour le soutien de la cause palestinienne. Une vision plus compréhensive changerait sans aucun doute l’impression colportée, car l’armée israélienne est engagée dans le processus de tuer à la fois les combattants de la résistance et des civils, que ce soit chez eux dans leurs maisons, sur leurs lieux de travail et en utilisant tous les moyens possibles pour y parvenir, des raids aériens aux tirs de tireurs embusqués en passant par des attentats à la bombe. Ceci est considéré comme une méthode efficace pour handicaper les actions de la résistance. Les colons israéliens sont armés et leur acompte des meurtres de civils palestiniens sous la bannière de “l’auto-défense” ou des représailles est demeuré pour le moins ignoré. Les Palestiniens doivent faire face à un très haut degré de racisme dans les territoires occupés.

Comment les Palestiniens devraient-ils réagir pour se défendre ? Il n’y a pas d’alternative à une activité de résistance qui cible en tout premier lieu l’armée israélienne ; mais lorsque ces membres de l’armée s’aliènent et cherchent refuge dans des villages et des villes se protégeant derrière un bouclier humain et lorsque les colons israéliens continuent d’assassiner et d’agresser, transformant ainsi la population civile israélienne en une forme d’armée, alors la cible devient la société de militants.

[…] L’opinion des nations du monde et de la “communauté internationale” ne peut pas s’accommoder de la justesse de la cause palestinienne, de la sorte la question de sa légitimité ne peut pas être ternie. L’opinion est plutôt fondée sur l’idée qu’Israël est opprimée et qu’elle peut répliquer comme bon lui semble. On demande aux Palestiniens de supporter l’injustice et on les punit lorsqu’ils entreprennent des actions défensives. La bannière de la protection des civils n’est dressée que devant les visages palestiniens, ce qui démontre le biais international de mettre en accusation et sous siège tout succès palestinien.

De l’autre côté, les Israéliens ne sont en aucun cas soumis à autant de pression. On leur laisse libre-court du choix des méthodes et des mesures à prendre et ce indépendamment de l’aspect criminel de celles-ci.

[…] L’histoire sioniste regorge de violations des droits humains les plus fondamentaux. Citons en simples exemples toutes ces images de massacres. d’occupation, d’expulsions et d’agressions vues au travers des médias. L’annexion de la Palestine est jonchée de ces massacres de populations civiles comme à Deir Yassin (1948) et Haïfa (1938 et 1948), Kfar Kassem, Khan Younès (1956), Jérusalem (1938), Samiramis (1947), al-Ramlah (1948).

Toutes les cibles furent des civils, hommes, femmes, enfants, et tous ces massacres faisaient partie du plan de domination sioniste établi pour les territoires avant 1948. Les gangs d’assassins sionistes ont perpétré ces massacres en bénéficiant de la couverture et du gardiennage du gouvernement britannique. L’armée israélienne plus tard, mit en place ces actions ouvertement sous un plan organisé ciblant les civils en utilisant le prétexte de la protection pour les colons s’installant. Ceci n’est que la preuve que le projet sioniste, dans toute sa puissance, est incapable de parvenir à ses objectifs sauf au moyen de massacres. Bien des gouvernements israéliens qui se sont succédés ont suivi exactement le même chemin, tandis que la communauté internationale se murait dans un silence assourdissant, ne faisant rien pour condamner ou même empêcher de tels crimes.

Focaliser sur le ciblage de la sécurité d’Israël touche là où cela fait mal et flotte sur un chemin incomparable avec les massacres initiés par les sionistes, car c’est un acte d’auto-défense, une réaction à une agression. Les voix qui s’élèvent pour condamner les Palestiniens ne sont qu’une forme suspicieuse de soutien à l’agression sioniste, car lorsque cette condamnation n’est adressée qu’aux Palestiniens, ceci ne sert qu’à donner une couverture politique nécessaire à l’occupation expansionniste.

Dans le contexte du ciblage de la sécurité d’Israël, des résultats rapides ne sont pas de mise. Une pierre se désintègre longtemps après avoir été soumise à l’érosion de gouttes d’eau.

Une telle menace continue à la sécurité d’Israël l’affaiblit et disperse ses pouvoirs, révélant aux nations du monde la difficulté de son existence.

[..] Malgré un favoritisme de plus d’un siècle en faveur d’Israël, de possibles changements sur la scène internationale doivent être pris en considération. Tous les empires qui ont régné dans l’histoire ont un jour cessé d’exister et la chute de l’URSS n’est qu’un signe contemporain de l’ordre universel qui dicte la montée et la prospérité des nations puis leur déclin et leur effondrement.

[…]

La responsabilité des Arabes et des musulmans

Les Arabes et les musulmans sont responsables de fournir à Jérusalem et au reste de la Palestine soutien et assistance. Ceci est vrai à la fois à cause du commandement religieux de défendre le sanctifié et de refuser son occupation et son oppression et donc de réfuter l’établissement agressif israélien et ses aspirations expansionnistes.

Ce qui est requis est la consécration de la lutte palestinienne comme une cause centrale de la nation entière de l’Islam, mobilisant et amassant ainsi le potentiel financier, médiatique, culturel, politique et militaire pour le succès de cet objectif.

[…]

= = =

Notre traduction du livre de Naïm Qassem “Hezbollah, son histoire de l’intérieur”, 2005

Handala2

Palestinelibre
Solidarité Union Persévérance Réflexion Action Résistance !

Résistance au colonialisme : Palestine.. L’état sioniste a volontairement mis le feu aux poudres.. Le plan d’attaque de Gaza est vieux de près d’un an…

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Salve de la résistance palestinienne

 

« Les trois axiomes de la politique intérieure d’Israël » (extrait du livre d’Ilan Pappe « The Ethnic Clearing of Palestine », 2006 page 239), traduit de l’anglais par Résistance 71

« La première des trois lignes de conduite, ou plutôt axiomes, d’Israël est que le conflit israélo-palestinien a son origine en 1967. Pour le résoudre tout ce dont on avait besoin était un accord qui déterminerait le statut futur de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. En d’autres termes, comme ces zones ne constituent que 22% du territoire de la Palestine, Israël a réduit d’un coup de crayon toute résolution de paix à seulement une toute petite partie du territoire originel palestinien. Non seulement cela, mais Israël demandait et continue à demander aujourd’hui, toujours plus de compromis territoriaux, soit en résonance avec l’approche économique favorisée par les Etats-Unis ou comme dictés par une carte sur laquelle les deux camps politiques se sont mis d’accord en Israël.

Le second axiome est que tout ce qui est visible dans ces zones, la Cisjordanie et la bande de Gaza, peut toujours encore être divisé et que ces divisions, cette faculté à toujours plus diviser, est une des clefs du processus de paix. Pour Israël, cette division du visible inclut non seulement la terre mais aussi le peuple et les ressources naturelles.

Le troisième axiome israélien est que rien de ce qui s’est produit avant 1967, incluant la Nakba et le nettoyage ethnique, ne sera jamais négociable. Les implications ici sont très claires: cela retire complètement de l’équation du processus de paix le problème des réfugiés et met directement sur la touche et sans appel le droit des Palestiniens au retour à la terre. »

 

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Palestine occupée : L’état sioniste a mis délibérément le feu aux poudres

 

Par Adnan Abu Amer

 

9 mai 2021

 

Url de l’article en français:
https://www.chroniquepalestine.com/palestine-occupee-etat-sioniste-a-mis-deliberement-feu-aux-poudres/

 

À un moment où les affrontements dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem occupée se poursuivent, les milieux militaires et policiers israéliens ont exprimé des inquiétudes quant à la poursuite du soulèvement qui a éclaté à la porte de Damas et à la mosquée Al-Aqsa.

Ces événements ont été suivis par la série de roquettes lancées depuis la bande de Gaza vers les territoires occupés, en solidarité avec Jérusalem.

Pendant ce temps, l’intensité des critiques en Israël concernant la façon dont les services de sécurité et l’armée d’occupation avaient reculé devant les missiles de Gaza après avoir capitulé à la porte de Damas est devenue plus intense.

Cela a accordé au Hamas une victoire morale supplémentaire qui obligera Israël à faire face à plus de confrontations à l’avenir, alors que les médias et les plateformes de médias sociaux à Jérusalem et dans tout le monde arabe ont été envahis par un titre final et décisif : Israël est vaincu.

Les affrontements qui ont suivi l’installation de barrages militaires à l’entrée de la porte de Damas sont un autre épisode à ajouter aux événements, y compris le retrait des portes électroniques à l’esplanade des mosquées, l’échange de prisonniers avec le Hamas, la première Intifada et de nombreux autres jalons dans l’histoire.

Les sionistes ont payé cher ces événements, malgré la désinformation commanditée via les médias israéliens.

Le rejet israélien de la politique des autorités d’occupation visant à contenir les affrontements à la porte de Damas s’est encore intensifié, car immédiatement après la suppression des points de contrôle, des centaines de jeunes Palestiniens se sont rassemblés et ont scandé des slogans en soutien à Mohammed al-Daif, actuel dirigeant d’Izz Ad-Din Al-Qassam (branche militaire du Hamas).

“Le chef d’état-major des Brigades Izz ad-Din al-Qassam, Mohammed Deif, salue les citoyens palestiniens du quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem occupée pour leur détermination.
Il confirme que la résistance palestinienne et les dirigeants des Brigades Al-Qassam suivent avec attention ce qui se passe dans le quartier.
Le chef d’état-major envoie un dernier avertissement clair à l’occupation israélienne et aux colons, que s’ils ne cessent pas immédiatement leur agression contre notre peuple dans le quartier de Sheikh Jarrah, nous ne resterons pas les bras croisés et nous leur ferons payer un prix très élevé.”
Hamas.ps

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Al-Daif a menacé d’élargir la portée des affrontements si les restrictions imposées aux habitants de Jérusalem étaient maintenues, ce qui signifie que la défaite et la reddition israélienne devant la victoire héroïque du peuple de Jérusalem ont donné aux Palestiniens une autre victoire morale.

Les décisions d’Israël dans la ville sainte occupée ont poussé les Palestiniens à déployer leur énergie pour monter d’un cran leur mobilisation à Jérusalem, en Cisjordanie et à Gaza. D’un autre côté, on peut dire que tous les facteurs et indicateurs ont notablement évolué, indiquant que l’opération de la résistance à Naplouse peut alimenter des attaques ultérieures de même nature, ou dans le cadre d’un plan d’escalade bien conçu.

Immédiatement après les attaques en Cisjordanie, la machine de communication du Hamas a commencé à fonctionner 24 heures sur 24. Les porte-parole du mouvement ont salué les attaques et les ont reliées sans hésitation aux violents affrontements à Jérusalem, alors que la semaine à venir sera déjà chargée d’événements et de dates importantes, augmentant la tension et incitant les parties impliquées à aller vers une nouvelle escalade.

Le dernier vendredi du Ramadan est le 7 mai, et la nuit de Qadr sera célébrée le dimanche (la nuit du 27e jour du mois sacré), suivie le lendemain de la Journée juive de Jérusalem, célébrée cette année pendant le mois de Ramadan.

Si cela ne suffit pas, une semaine plus tard vient le jour de la Nakba, sachant que les troubles à Jérusalem n’ont pas diminué après l’ouverture de la porte de Damas et la suppression des barrages militaires israéliens. Par conséquent, les Palestiniens sont très désireux de rallumer la flamme de la résistance à Jérusalem.

Après les violents événements de Jérusalem, le Hamas tente de stopper l’expulsion des familles palestiniennes du quartier de Sheikh Jarrah, incitant fortement la population de Jérusalem-Est à descendre dans la rue.

La politique israélienne actuelle a été liée à ce que l’extrême droite considère comme un recul dans l’approche habituelle à l’égard des organisations palestiniennes. Les secteurs les plus violents de la société israélienne ont renoncé à exiger que le gouvernement frappe le Hamas par une débauche de violence armée, comme à l’habitude. Cependant, des personnalités israéliennes ont lancé des appels désespérés à l’action, répétant en boucle que “le Hamas va toujours vers l’escalade” et attribuant aux initiatives égyptiennes de médiation, l’apparente volonté israélienne de mettre un terme aux affrontements.

Face au Hamas, l’appareil répressif israélien a peur de lancer une campagne générale contre le mouvement et de devoir payer un prix sanglant, ajoutant à cela les effets des rapports de La Haye et de Goldstone.

Entre autres faits, cela hante encore les autorités d’occupation, comme un soulèvement en Cisjordanie et la conviction que toute opération militaire contre le Hamas les forcerait à réoccuper la bande de Gaza, 16 ans après leur retrait.

Israël reste réticent à entreprendre une action militaire contre le mouvement du Hamas et, en règle générale, le public israélien est d’accord avec cette réticence. Les Israéliens qui supportent la fin du siège de Gaza ont peur de paraître stupides si l’armée israélienne s’avérait incapable de garantir la sécurité sans contrôle du territoire aujourd’hui assiégé. Quant aux critiques, il veulent que les Israéliens connaissent le coût élevé qu’ils paieront si cessait le blocus de Gaza.

L’option préférée des Israéliens est de frapper le Hamas, mais ils sont sûrs que le mouvement de résistance n’en souffrira guère. PEn effet, les répliques israéliennes aux tirs de roquettes Al-Qassam ont rarement causé de réels dommages aux zones palestiniennes, les dirigeants du Hamas sachant se protéger des assassinats ciblés, et beaucoup de progrès ont été faits.

En ce qui concerne les niveaux politique et sécuritaire, ils conviennent tous que dans la situation actuelle, il n’y a pas d’autre solution que se restreindre et investir dans le Dôme de fer et la barrière souterraine en béton autour de la bande de Gaza.

Certains estiment que les accès dans Gaza doivent être détruits toutes les quelques années pour que le Hamas soit amené à réfléchir avant d’essayer d’entraîner Israël dans un conflit et ait de sérieuses inquiétudes sur une nouvelle occupation.

Mais le vrai problème réside dans le fait que le comportement d’Israël face à Gaza est caractérisé par un sentiment de désespoir, alors que l’armée israélienne et les dirigeants politiques utilisent cette rhétorique lâche pour justifier leur approche de «mordillement des lèvres» [lip-biting] devant les 40 roquettes récemment lancées par le Hamas.

Les événements récents dans la bande de Gaza et en Cisjordanie sont évidemment liés à ce qui se passe à Jérusalem occupée. Le tout s’est terminé par le retrait par Israël des barrières au pied de l’escalier de la porte de Damas, concédant ainsi au Hamas ce qui s’apparente à une victoire et à la confirmation que les tirs de fusées en provenance de Gaza étaient une riposte aux pratiques israéliennes à Jérusalem.

La politique israélienne envers les Palestiniens se caractérise par le silence et un certain “profil-bas”, et les autorités d’occupation ont adopté une conduite qui peut être qualifiée de “reddition honteuse face à l’intimidation palestinienne”.

Ils ont cédé sans sourciller et sans tenir compte du fait que le Hamas pourra aisément trouver, dans la politique agressive israélienne à Jérusalem, de nouvelles raisons d’inciter à l’insurrection.

* Adnan Abu Amer dirige le département des sciences politiques et des médias de l’université Umma Open Education à Gaza, où il donne des cours sur l’histoire de la Cause palestinienne, la sécurité nationale et lsraël. Il est titulaire d’un doctorat en histoire politique de l’université de Damas et a publié plusieurs ouvrages sur l’histoire contemporaine de la Cause palestinienne et du conflit israélo-arabe. Il travaille également comme chercheur et traducteur pour des centres de recherche arabes et occidentaux et écrit régulièrement pour des journaux et magazines arabes.

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De nouvelles munitions utilisées par Israël sur Gaza

Strategika 51

14 mai 2021

Source : https://strategika51.org/2021/05/13/de-nouvelles-munitions-utilisees-par-les-israeliens-a-gaza/

Nos suspicions sur l’usage par Israël de munitions d’un nouveau type à Gaza sont confirmées. En plus de nouvelles charges provoquant une série d’explosions multiples et un bruit caractéristique, l’aviation israélienne utilise un nouveau type de missiles ailés comme on le voit dans les photographies ci-dessous : (NdR71: voir les photos sur l’article original)

Il semble également que l’attaque contre Gaza ait été décidée depuis des mois et plus précisément depuis les péripéties fort mouvementées de la dernière élection présidentielle US.

Un important stock de bombes anti-bunker ont été livrées par Washington à Israël en prévision de cette opération. La provocation de l’esplanade des Mosquées à Jérusalem serait donc délibérée et pilotée par l’équipe de Netanyahou afin de sortir de l’impasse politique et judiciaire dans laquelle se débat un premier ministre qui ne veut plus quitter le pouvoir en dépit de ses interminables affaires de corruption.

Cette confrontation est loin d’être spontanée.

source : https://strategika51.org

 

gaza
Handala veille…

Hamas1

Résistance au colonialisme : Entité sioniste, le début de la fin…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, crise mondiale, guerres imperialistes, média et propagande, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 12 mai 2021 by Résistance 71

jerusalem

Analyse originale et très pertinente de Maria Poumier sur la situation moyen-orientale en général et sur l’entité sioniste en particulier.
~ Résistance 71 ~

Israël a perdu la main

Maria Poumier

9 mai 2021

Source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article12817

Cette année, bien des coups durs ont été portés à l’Israël torve et méprisant :

La cour internationale des Droits de l’homme accepte de poursuivre ce pays pour ses crimes commis depuis 2014 en territoires occupés et à Gaza . Comme le publie le blog de Mediapart, « observons la réalité en face : pour la première fois depuis le démembrement de l’empire Ottoman les Palestiniens vont pouvoir faire entendre leur voix devant une cour pénale ».

La campagne BDS se poursuit avec un certain succès, au moins médiatique. Les grosses cibles sont Carterpillar et JCB, qui fournissent les bulldozer servant à raser les habitations palestiniennes. Et les ciments français Lafarge ont largement contribué au terrorisme applaudi par Israël en Syrie, c’est reconnu depuis 2018. C’est une campagne populaire, qui rebondit devant le Conseil de l’Europe, quoique M Macron, valet s’il en est, fasse son possible pour y mettre fin judiciairement, avec l’aide de son ministre de la justice soi-disant de gauche.

« Apartheid israélien » est devenu un terme courant en Israël même, validé par l’autorité du journaliste senior Gideon Levy. Et le quotidien Haaretz, dans sa version digitale et son blog, surprend par la vigueur croissante de son révisionnisme critique contre une partie des dogmes israéliens.

Israël reste le seul pays au monde à avoir légalisé la torture. Et ne se prive pas d’abattre des enfants palestiniens, tel Saïd Youssef Oudeh, 16 ans, le « Pelé palestinien », près de Naplouse, le 5 mai dernier, nouveau héros qui rappelle le petit martyr Faris Odeh qui avait lancé une pierre sur un tank, en 2000, immortalisé par sa célèbre photo, puis fut abattu d’une balle dans le dos le 8 novembre 2000. Il avait quatorze ans.

Après le plan de paix trumpien et les accords d’Abraham, tout espoir d’un État palestinien indépendant a disparu, et, si des roquettes continuent à tomber sur des agglomérations israéliennes, souvent tirées depuis Gaza, on ne voit plus guère comment les Palestiniens pourraient reprendre l’initiative des attaques contre l’État juif.

Mais l’effet boomerang, après 73 ans de crimes et d’abus systématiques de la part d’envahisseurs occidentaux illégitimes, est en marche, et devient fort visible.

L’Europe découvre l’urgence de la défense des autochtones chez elle, car elle se trouve sujette à des vagues migratoires : or les « Palestiniens » de chez nous, ce ne sont pas les Arabes, ou les musulmans, mais les habitants millénaires de nos contrées. Cette Europe n’ignore pas que c’est l’Israël global qui pousse à l’affaiblissement de nos pays par un chaos social et une guerre civile latente. Dans les manifestations de Gilets jaunes, les drapeaux palestiniens ont toute leur place. Le nationalisme israélien, qui voudrait continuer à faire de tout juif un agent « sayan » du Mossad, et détourner tant les cerveaux européens que les secrets industriels de nos pays, se trouve donc devant un miroir qui lui renvoie l’image de ses mains sales, dans le pot de confiture qu’il croyait sans fond du « fais ce que je te dis, ne dis pas ce que je fais, et ne fais surtout pas ce que je fais »…

Le président Trump poussait l’Israël à s’enfoncer dans ses fantasmes de toute puissance, lui faisant miroiter le rêve d’une grande expulsion de Palestiniens en Jordanie et l’annexion de tous les territoires jusqu’au Jourdain, avec un plein soutien US. Et les pays arabes étaient censés payer 25 milliards pour faire taire la population palestinienne déclarée dissoute, sa spoliation achevée, la question du droit au retour abolie, les lois pour étendre la propriété foncière juive renforcées. Mais tout cela se trouve désormais bloqué.

Le nouveau président Biden se trouve obligé, au plan intérieur et au niveau de la propagande, de prendre le contre pied de son prédécesseur, au point que certains organes juifs le déclarent prêt à favoriser en sous-main, y compris avec des armes, une nouvelle intifada, au nom des droits de l’homme. Toujours est-il qu’il promet une aide de 235 millions de dollars par an aux Palestiniens, ce que Trump avait supprimé.

Le piège qui se referme sur la classe dirigeante israélienne est un piège juif : ce sont les juifs mettant en place un pouvoir mondial unique qui voient désormais l’État juif comme un obstacle à l’uniformisation du monde au profit de la technocratie US. Ce sont les ONG financées par George Soros qui poussent les Européens à traîner Israël devant la CEDH.

Netanyahou et ses successeurs se retrouvent en position de candidats au statut de vassaux de la Russie, à la recherche d’un protecteur plus fiable que les US. Mais Poutine a besoin de garder un contrôle sur la Syrie, et de renforcer ses liens avec l’Iran, face aux agressions US, combinaison de sanctions économiques et d’encerclement militaire. Ainsi donc l’Israël conquérant fait place à un État quémandeur, encerclé à son tour, même s’il se permet encore des opérations aériennes sur la Syrie. Les Chinois applaudissent des accords de coopération construits patiemment depuis dix ans au moins avec l’État juif. Mais la Chine a maintenant signé des accords militaires avec l’Iran. Les opérations navales israéliennes contre l’Iran sont piteuses. Et, ironie sardonique de l’histoire, c’est le sabotage par des plongeurs israéliens d’un vieux gros cargo libyen transportant du pétrole iranien vers la Syrie qui provoqué l’inondation des côtes israéliennes par une marée noire, le 21 février, Et c’est paru dans le Wall Street Journal. Et il y a bien plus de détails collectés ici par israël Shamir.

Une rumeur circule en Russie : ce sont les laboratoires israéliens qui se sont emparés du Covid 19, lorsqu’il ne ravageait que la Chine, et qui l’ont répandu en Iran, ciblant avec un certain succès l’équipe dirigeante. La biotechnologie israélienne cultive autant la fabrication d’enfants artificiels destinés à suppléer à la stérilité galopante de la population juive, que l’expérimentation d’armes de bioterrorisme, déjà largement à l’œuvre en Afrique, depuis les travaux du docteur Wouther Basson, dans les années 1980, et la mise au point de vaccins qui non seulement font apparaître des maladies là où elles n’existaient pas, mais diminuent fortement la fertilité des femmes. Voici une piste en cours d’exploration :  » On ignore en général qu’Israël est l’un des pays leaders dans le domaine de la guerre bactériologique. L’Institut de recherche biologique de Ness Ziona développe des bactéries et des virus mortels ; dans certains cas, leur efficacité a été testée sur des Palestiniens. Nous ne savons pas comment ni où le Covid est apparu ; mais le premier pays touché par le Covid (après l’épidémie de Wuhan, en Chine) a été l’Iran, où des membres du gouvernement sont tombés malades en même temps, avec une souche particulièrement coriace et mortelle. » [1]

La Journée d’al Qds avait été instituée par l’imam Khomeiny en 1979. Elle engageait l’Iran comme le premier pays dans la défense des droits des Palestiniens et du droit international devant servir à protéger tous les peuples de la manie mafieuse d’Israël, et de la perversité acquise dans le monde du crime par ses fondateurs En 1982, le grand Israël Shahak faisait connaître le plan Oded Yinon, d’affaiblissement voire de destruction de tous les pays voisins d’Israël. La destruction du Liban, de la Syrie, de l’Irak, du Yemen et de l’Iran, objectif central, semblaient à portée de main, après la défaite arabe de 1973. Tout cela se concrétisa d’abord par la destruction de l’Irak, puis fut amplifié et financé par le Plan US « pour un nouveau siècle », enfin par la doctrine Cebrowski, visant encore plus loin que le Moyen Orient.

Mais tout ceci se trouve remis en question. Israël fait toutes les provocations possibles pour forcer les US à rentrer en guerre avec l’Iran, mais n’y parvient pas, le président Biden poussant plutôt, comme son prédécesseur Obama, à la normalisation des relations avec l’Iran, de peur que l’Iran bascule encore plus franchement vers la Russie et la Chine. Or déjà l’axe de la résistance, s’il a perdu le soutien des gouvernements arabes, s’appuie sur les colosses russe et chinois, autrement plus efficaces.

Les Israéliens ne cessent d’attaquer l’Iran, assassinant systématiquement ses savants, détruisant ses centres de recherche nucléaire : cette année, Israël se réjouissait de l’attentat où périt Mohsen Fakhrizadeh le 27 novembre 2020, du pétrolier Saviz torpillé en Mer rouge le 7 avril, des explosions dans le centre nucléaire de Natanz le 12 avril.

Mais cette année pour la première fois, c’est , le 21 avril qui n’a pas su se protéger d’un missile tiré depuis la Syrie. Le site de la fabrique de missiles Tomer, et le QG du Mossad, ont subi des attaques. Et les Israéliens savent désormais que leurs dôme de fer et autres systèmes de défense aériens ne les protègent plus, ni leurs supposées installations secrètes, car  » le système de défense antimissile Patriot, de fabrication américaine, n’a pas réussi à arrêter le missile entrant. L’agence de presse russe a rapporté que des dispositifs électroniques russes basés en Syrie avaient brouillé le système de défense antimissile israélien dans 12 districts, permettant ainsi au missile d’atteindre Dimona. ’Il s’agissait d’une réponse russe aux violations israéliennes de nos accords sur la Syrie’, a ajouté l’agence.  » Tandis que l’Iran, désormais assuré du bouclier nucléaire chinois, est prêt à revenir aux accords du JCPOA lui permettant de développer son industrie nucléaire civile sans plus risquer d’épuiser ses ressources dans la construction de bombes nucléaires dans l’immédiat.

Face à l’épidémie de Covid 19, l’Iran a de l’avance dans sa recherche, élabore ses propres thérapies, et achète des vaccins chinois et russes. Au même moment, Israël qui a tout misé sur des accords mafieux avec les laboratoires Pfizer, déjà poursuivis en justice depuis longtemps pour mise en danger de la vie d’autrui avec ses expérimentations hasardeuses, connaît des statistiques catastrophiques sur les effets dits secondaires de sa politique de vaccination de masse, en particulier avec les effets stérilisants des injections de produits comportant modification de l’ARN : les femmes accouchent d’enfants qui meurent aussitôt, des enfants et des hommes jeunes sont terrassés subitement par l’inflammation du cœur. Officiellement, tout va pour le mieux dans le pays phare de « l’Occident ».

On dit que les autochtones d’Amérique, systématiquement exterminés par la colonisation puritaine anglo-saxonne, se sont déjà vengés, depuis l’outre-tombe, en nous offrant le tabac qui donne lieu au cancer des poumons pour tous. Et que leurs frères de l’Amérique catholique, décimés dans des proportions bien moindres poursuivent la revanche, non seulement au plan de la reconquête démographique, mais aussi avec leur arme biologique spécifique, la production et l’exportation de la cocaïne, qui fait perdre toute lucidité aux gens de pouvoir en Occident.

L’Extrême Orient, et tout particulièrement l’Afghanistan, se venge à son tour avec l’exportation de l’opium, tandis que pour le Maghreb c’est le hashcich addictif qui rend la jeunesse occidentale stupide, et enchaînée à sa passion, la consommation qui l’empoisonne. Oui, le retour de bâton sur le dos de toutes les civilisations usurpatrices tape fort et en profondeur.

Les Occidentaux qui admiraient la politique étrangère de Donald Trump y voient remis en action le modèle jacksonien, et lui faisaient confiance pour pacifier le Moyen Orient. Or le président Jackson avait fait de grandes campagnes pour exterminer les Indiens. Ceux-ci une fois considérablement affaiblis et réduits en nombre, se virent certes accorder quelques droits, dans leur pays, mais sont encore loin d’avoir repris leur souveraineté sur leur territoire, à moins de considérer que les Mexicains catholiques soient les héritiers légitimes des autochtones, ce qui n’est pas dépourvu de sens.

Depuis cette année, l’État juif se sait condamné à dépasser son séparatisme viscéral et le cynisme sans limites de ses fondateurs ; les Palestiniens, maintenant leur supériorité démographique, et ne pouvant pas être soumis aux armes biologiques israéliennes, qui ne respectent généralement pas l’ethnie des uns ou des autres, et d’ailleurs ayant très peu cédé au chantage vaccinal covidique, comme d’ailleurs les pays pauvres en général, voient donc accrues leur résistance physiologique, et leur capacité à se reproduire, physiquement et spirituellement, à l’inverse de leurs oppresseurs. Ils accèderont un jour à l’égalité des droits dans un seul État, conséquence inéluctable de la fusion culturelle qui se sédimente lentement mais sûrement, et des pressions conjuguées tant des US que de la Russie sur les dirigeants israéliens, sur des registres complémentaires.

Israël sait qu’il a perdu sa capacité d’initiative, face aux Palestiniens, face à l’Iran, mais aussi bien au-delà. L’Etat des juifs est déchiré par les rivalités, impuissant. C’est au tour des grandes, très grandes (Bill Gates, Pierre Omidyar l’Iranien, Google etc…), et moyennes puissances (Turquie ?) de le faire chanter. Et ce sont tous les dogmes mensongers de l’Etat voyou en chef qui sont minés.

On a très peu de photos de l’imam Khomeini souriant. On en a beaucoup plus de son grand disciple, le général al Qassem Soleimani : il pouvait manifester sa joie de porter des coups efficaces contre le sionisme prédateur et l’impérialisme occidental, son sourire proclamait le triomphe de l’esprit. Après son assassinat, ses efforts pour réconcilier l’Arabie saoudite avec l’Iran sont repris par d’autres. Le château de cartes israélien s’écroulera de lui-même, comme l’annonce le commandant du Hezbollah Hassan Nasrallah : à partir du moment où les US ne soutiennent plus comme un seul homme, à bout de bras, sa colonie sioniste, celle-ci s’effrite d’elle-même. Et le général Soleimani, qui avait sauvé le Liban en 2006, conseillé le président Poutine et le président Bachar al Assad, puis chassé Daesch d’Irak, continue sa marche tranquille, à l’écoute des peuples.

[1] Bien des gens se posent des questions sur ce virus ui a ciblé la classe dirigeante iranienne, d’autant plus que des chercheurs israéliens étaient associés, avec les Américains, au laboratoire de Wuhan. Exemple : « Dans le monde entier, les seules élites politiques qui ont subi des pertes humaines importantes à ce jour ont été celles de l’Iran, et elles sont mortes à un stade très précoce, avant même que des flambées importantes ne se produisent presque partout ailleurs dans le monde en dehors de la Chine. Ainsi, nous avons les Etats-Unis qui assassinent Qassem Soleimani, un haut commandant militaire de l’Iran le 2 janvier, puis quelques semaines plus tard, une grande partie des élites dirigeantes iraniennes est infectée par un nouveau virus mystérieux et mortel, dont beaucoup mourront rapidement en conséquence. Un individu rationnel pourrait-il considérer cela comme une simple coïncidence ? », écrit Ron Unz, un puissant web-journaliste (que Facebook et même google cherchent à faire taire).

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5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

KN

Sionisme parasite, grand fléau de l’humanité… Un officier de la CIA se lâche (Veterans Today)

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Au sujet du parasite sioniste

 

Robert David Steele (ex-CIA)

 

5 juillet 2020

 

url de l’article original:

https://www.veteranstoday.com/2020/07/05/on-the-zionist-parasite-america-first-demands-an-end-to-israel-first-treason-update-on-zionist-funding-control-of-black-lives-matters-pieczenik-video-713/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Une personne très érudite et emplie de principes, bien que pauvrement informée sur le parasite sioniste aux Etats-Unis, m’a amené à croire que le président Trump n’acceptera jamais d’aide de Cynthia McKinney (ou de moi), à cause de notre vision très profonde sur le sujet du sionisme que nous voyons comme un parasite qui a vidé de sa substance toute l’économie américaine, capturé à la fois les gouvernements des états et le gouvernement fédéral (et maintenant George Soros se focalise sur les gouvernements locaux des counties) et a minimisé notre société jusqu’à détruire toute notre foi en la famille et en la liberté.

Ci-dessous figure ma réponse à ce collègue de grande valeur.

J’offre cette réponse à votre considération et suggère que vous cherchiez quelques conseils auprès de sa grâce ex-évêque anglican de Jérusalem et du Moyen-Orient, ainsi qu’auprès de notre ami mutuel Sacha Stone. Vous pourriez trouver plus qu’intéressant de vous entretenir avec sa grâce qui est facilement contactable depuis Jérusalem en vidéo-conférence. Son appel récent au président Trump est dans le lien ci-dessous.

Bishop Riah Abu El Assal: Appeal for Peace in Palestine

En tant qu’officier du renseignement et du contre-espionnage qui est plus familier que vous avec les menaces concernant l’intégrité des Etats-Unis, je suis décontenancé par votre message de soumission inconditionnelle au parasite sioniste qui est en train de détruire les Etats-Unis et qui ne doit jamais être confondu avec la foi judaïque.

Je suis particulièrement troublé par le fait que vous avez suggéré que toutes mes préoccupations professionnelles et civiques légitimes au sujet de la menace sioniste, soient de quelque manière que ce soit antisémites. Je ne pense pas que vous soyez parfaitement au courant et mis à jour des dégâts causés aux Etats-Unis, et au monde, par les sionistes et l’état profond pour qui ils sont, aux Etats-Unis (NdT: en France et ailleurs…), une police secrète virtuelle.

Je me réfère ici particulièrement aux agents non enregistrés d’Israël, une puissance étrangère, que sont l’Anti Defamation League (ADL) et l’American Israeli Public Action Committee (AIPAC). L’ADL sponsorise les 1,087 #RESIST Meetups pour qui les charges sont levées et des sionistes comme en particulier Les Wexner, ont financé les opérations de pièges au chantage sexuels sur mineurs / pédophiles du Mossad, pas seulement avec Maxwell-Epstein, mais à travers les Etats-Unis et ils ont aussi financé les attentats du 11 septembre avec le vice-président d’alors Dick Cheney fournissant la couverture interne. (NdT: voir les liens sur l’article original…)

Les sionistes, très pointus à fomenter et provoquer des guerres raciales, ont financé le NAACP (qui a eu un président sioniste pendant les 70 premières années), ils ont financé les mouvements Antifa et Black Lives Matter (BLM) dont le but est la destruction de la famille sans aucune préoccupation pour tous les afro-américains tués par leurs semblables ou les organisations comme Planned Parenthood (NdT: où sévissait le père de Bill Gates, William Gates II…) ou le National Institute of Health (NIH) ou le Center  for Disease Control (CDC), qui ont stérilisé des noirs (NdT: et des Amérindiens) pendant des décennies et qui ont utilisé des méthodes illicites incluant l’espionnage cybernétique, des mariages forcés pour contrôler les mâles et utilisé la corruption et le piège du chantage pédophile pour voler et non pas gagner, le contrôle d’une richesse bien plus conséquente que leur petit nombre.

Ils violent toutes les lois et protocoles des Etats-Unis en toute impunité et sont les éléments dominants du vol de Wall Street sur Mains Street (la rue du commun), du vol de propriété intellectuelle des citoyens américains et du trafic des enfants pour des avantages économiques et politiques.

Les sionistes, avec la City de Londres et le Vatican, sont nos ennemis rapprochés.

Ceci est quelque chose que je ne perdrai jamais de vue. Éradiquer le parasite sioniste est la priorité numéro 1.

Le président ne gagnera pas un déferlement électoral sans reconnaître publiquement cette réalité géopolitique et culturelle et en assurant sa base, qui est bien plus sensible à ce sujet que les médias contrôlés par les sionistes et qui ne le reconnaîtront jamais, et de tous ceux qui ont perdu l’espoir de pouvoir un jour purger le système de sa corruption, et de savoir que America First ne veut pas dire Israel First.

La synagogue de Satan est bien établie parmi les sionistes, dans les rangs jésuites du Vatican et au sein des familles royales de la plupart des pays européens. Elle est particulièrement implantée dans la monde bancaire et au plus haut niveau des services de renseignement mondiaux.

[NdT: la fin de l’article est une liste de livres et documents de références, en anglais, à compulser depuis l’article original de VT]

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

Petit précis historique sur la création de l’entité sioniste… La décolonisation d’Israël a commencé (Thierry Meyssan)

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La décolonisation d’Israël a commencé

 

Thierry Meyssan

 

26 mai 2020

 

url de l’article original: https://www.voltairenet.org/article209739.html

 

Voilà trois quarts de siècle qu’une colonie anglo-saxonne, devenue un arsenal US, tente de conquérir toutes les terres du Nil à l’Euphrate (l’Égypte, la Palestine, la Jordanie, le Liban, la Syrie et une partie de l’Iraq). Et voici quelques années que des citoyens de cette même colonie aspirent à la transformer en un État normal. Ce conflit d’un autre âge a franchi une étape avec la nomination d’un gouvernement bicéphale : deux Premiers ministres représentant les deux visions politiques vont se paralyser mutuellement. Les seules avancées ne pourront être qu’en matière sociale et de santé, accélérant encore la modernisation de la société et donc, la fin du fantasme colonial.

La nomination du gouvernement de coalition israélien ne clôt pas la bataille acharnée ouverte depuis six ans entre deux visions opposées et inconciliables d’Israël [1], ni la paralysie gouvernementale qui dure depuis un an et demi. Au contraire, elle marque le début de l’agonie d’un des deux protagonistes et la lente transformation du pays en un État normal.

Il n’est pas fortuit que ce débat ait éclaté sous les coups de l’ex-Soviétique Avigdor Liberman autour des privilèges des étudiants de yeshivas. L’ancien ministre de la Défense en affirmant que l’alibi religieux ne dispense personne du service national a contesté le nœud du mensonge sur lequel est fondé l’Israël d’il y a soixante-douze ans.

L’appel du général Ehud Barack d’en finir avec Benjamin Netanyahu par la voie judiciaire a échoué. Les partisans du rêve colonial sont toujours là. Ils ont plongé leurs concitoyens dans une sorte d’effroi en les persuadant qu’ils sont menacés par les étrangers. Comme au temps des ghettos, pour les « protéger », ils les ont enfermés derrière un Mur qui les sépare même de leurs concitoyens arabes.

Rappelons qu’Israël n’est pas le produit de la culture juive, mais de la volonté des puritains anglais [2].

Dès le XVIIème siècle, le Lord protecteur Cromwell s’engagea à créer un État juif en Palestine, thème qui ne fut pas repris lors de la restauration dynastique. Au XVIIIème siècle, les leaders de la guerre d’Indépendance US, héritiers de Cromwell, se prononcèrent également pour cette création de sorte que le Royaume-Uni et les États-Unis sont les parrains naturels de cette entité. Au XIXème siècle, le Premier ministre de la reine Victoria, Benjamin Disraeli, théorisa le sionisme comme instrument de l’impérialisme britannique et inscrivit la « Restauration d’Israël » au programme du Congrès international de Berlin de 1878. À cette époque aucun juif ne soutenait ce projet farfelu.

Il fallut attendre l’affaire Dreyfus en France pour que Theodor Herzl s’engage à convertir la diaspora juive au sionisme anglo-US. Il conçut un système colonial sur le modèle de celui mis en pratique par Cecil Rhodes en Afrique et parvint à rallier progressivement de nombreux intellectuels juifs athées.

Lorsque les gouvernements britannique et états-unien furent occupés par des puritains (David Llyod George et Woodrow Wilson) durant la Première Guerre mondiale, un accord fut conclu entre les deux pays pour créer Israël. Le principe d’un « foyer national juif » fut rendu public par une lettre du ministre des Affaires étrangères Lord Balfour à Lord Rotschild, puis le président Wilson fixa officiellement la création d’Israël comme l’un des 14 buts de guerre des États-Unis. À la conférence de la paix, l’émir Fayçal souscrivit au projet sioniste et s’engagea à le soutenir.

Des juifs commencèrent à coloniser la Palestine mandataire avec l’aide de la bourgeoisie locale, mais au détriment du petit peuple, puis à s’émanciper de Londres. En 1948, un juif athée, Ben Gourion, précédant cette fois de cinq ans le modèle rhodésien, proclama l’indépendance d’Israël avant que les Nations unies n’en aient défini les frontières. Ce n’est qu’alors que les rabbins apportèrent massivement leur soutien au projet colonial.

Depuis soixante-douze ans, la Palestine endure une guerre perpétuelle. À l’issue de plusieurs vagues d’immigration successives, l’État d’Israël s’est inventé de toutes pièces une « culture » autour d’un peuple imaginaire (incluant des ethnies allant du Caucase à l’Éthiopie), d’une langue artificielle (l’hébreu actuel n’a pas grand rapport avec le patois antique et s’écrit en caractères araméens) et d’une histoire fictive (malgré les objurgations de l’Unesco, on a confondu l’antique cité-État de Jérusalem avec l’État d’Israël). 

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L’assimilation de cette création intellectuelle au projet colonial puritain s’est solidifiée autour d’une interprétation sacralisée de certains crimes nazis, qualifiés d’« holocauste » par les puritains et de « shoah » par les juifs.

Rien dans cette construction factice ne résiste à l’analyse. Tout y est fait pour faire accroire en la continuité d’un Peuple et d’un État, alors qu’il ne s’agit que d’une colonie anglo-saxonne.

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Cependant tous les États coloniaux ont disparu aujourd’hui à l’exception d’Israël et, avec le temps, la majorité des Israéliens d’aujourd’hui sont nés en Israël. Désormais deux conceptions de cet État cohabitent : 

  • d’un côté les partisans du colonialisme anglo-saxons qui revendiquent la souveraineté des terres du Nil à l’Euphrate. Ils se pensent en île des pirates, abritant des criminels du monde entier et refusant tout accord d’extradition. Ils s’affirment comme un « peuple élu », supérieur aux autres hommes, et considèrent Israël comme « L’État juif ». 
  • de l’autre des gens qui veulent vivre en paix avec leurs voisins, quelle que soit leur religion ou leur absence de religion et quelle que soit leur ethnie. Ils ne veulent rien avoir à faire avec les fantasmes coloniaux des siècles passés, mais n’entendent rien abandonner de ce qu’ils ont hérité de leurs pères, même si ceux-ci l’ont volé. Ils aimeraient que l’on résolve les ahurissants problèmes sociaux de leur patrie.

Ce sont deux visions inconciliables qui sont incarnées par deux Premiers ministres, Benjamin Netanyahu et son « suppléant » le général Benny Gantz.

Jamais ce tandem ne pourra résoudre quoi que ce soit des conflits avec les peuples arabes. Tout au plus pourra-t-il enfin considérer les terribles injustices du pays. Par exemple près de 50 000 citoyens étant passés par les camps de la mort nazis survivent aujourd’hui dans le pays comme ils peuvent, sans aide de l’État qui les ignore, mais a encaissé les indemnités qui leur étaient destinées en prétendant les sauver.

Par la simple pression du Temps et de la Démographie, après trois élections législatives successives et inutiles, la décolonisation d’Israël a commencé.

Notes

[1] “The Geopolitical Approach : Two States for Two Peoples”, by Commanders for Israel’s Security, Voltaire Network, 30 October 2014. La solution à deux États pose l’inégalité essentielle des Juifs et des Arabes. Elle est profondément raciste, mais elle représente une rupture avec le projet de conquête coloniale en lui opposant une forme de paix. L’assassinat de son concepteur, le Premier ministre Yitzhak Rabin, en 1995, atteste qu’Israël n’était pas encore prêt à y renoncer.

[2] « Qui est l’ennemi ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 août 2014.

 

Effondrer le colonialisme: La falsification sioniste de l’histoire

Posted in actualité, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 27 septembre 2019 by Résistance 71

“Après 70 ans d’excavations et de fouilles extensives sur la terre d’Israël, les archéologues ont trouvé que les actions du patriarque sont des histoires de légende ; nous n’avons pas séjourné en Egypte, ni fait un exode, nous n’avons pas conquis la terre. Il n’y a pas non plus de mention de l’empire de David et de Salomon. Ceux qui s’y intéressent savent tout cela depuis des années, mais Israël est un peuple têtu et ne veut pas en entendre parler.”
~ Professeur Ze’ev Herzog, chef du département d’archéologie et d’études de l’ancien Proche-Orient à l’université de Tel-Aviv, dans un entretien avec le magazine Ha’aretz le 29 octobre 1999

“Le sionisme a sécularisé et nationalisé le judaïsme. Pour y parvenir, les penseurs sionistes affirmèrent la possession du territoire biblique et recréèrent, en fait le réinventèrent, comme le berceau de leur nouveau mouvement nationaliste. Comme ils le voyaient, la Palestine étaient occupée par des ‘étrangers’ et avaient été repossédée. ‘Étrangers’ ici voulait dire tout non-juif qui avait vécu en Palestine depuis la période romaine. En fait pour bien des sionistes, la Palestine n’était même pas une terre ‘occupée’ quand ils arrivèrent dessus en 1882, mais plutôt une terre ‘vide’: les natifs palestiniens qui vivaient là leur étaient invisibles ou sinon, ils faisaient partie de la dureté et des obstacles de la nature et à ce titre devaient être conquis et retirés du paysage. Rien, ni pierres, ni Palestiniens, devaient se mettre sur le chemin de la ‘rédemption’ nationale de la terre convoitée par le mouvement sioniste. Jusqu’à l’occupation de la Palestine par la Grande-Bretagne en 1918, le sionisme était un mélange d’idéologie nationaliste et de pratique colonialiste…”
~
Ilan Pappe, professeur et chaire d’histoire à l’université d’Exeter, “The Ethnic Cleansing of Palestine”, 2006 ~

 

 

Sionisme… Un siècle de falsification

 

Pierre Stambul

 

Février 2010

 

Source:

https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Dossier-Palestine-Sionisme-Un

 

Le sionisme est une forme de messianisme dévoyé qui a voulu créer un « homme nouveau » en éradiquant son passé. Pas étonnant donc qu’en matière d’invention pure et simple de mythes nationaux, Israël batte tous les records. Archéologues et « nouveaux historiens » israéliens l’ont bien mis en lumière ces dernières années.

Le sionisme est un nationalisme particulier : il a inventé une histoire, une langue et une identité. Comme tous les nationalismes, il pratique la négation de l’autre. C’est un colonialisme sans métropole qui ne vise pas à asservir le peuple colonisé mais à l’expulser. C’est une idéologie qui instrumentalise l’antisémitisme et le génocide nazi : les sionistes cultivent le complexe de Massada [1]. Ils et elles ont « peur de ne plus avoir peur » et la peur permet toutes les exactions. L’idéologie sioniste a créé un État sur des bases contraires à l’égale citoyenneté de toutes et tous et en a fait un pion avancé de l’Occident au Proche-Orient.

Une histoire merveilleuse mais inventée

Les fondateurs du sionisme pour la plupart n’étaient pas croyants, mais ils sont allés chercher dans la Bible les justifications d’un projet colonial. L’archéologie a établi avec certitude que les Hébreux sont un peuple autochtone. Ils ne sont pas venus de Mésopotamie et n’ont jamais été en esclavage en Égypte. Les trompettes n’ont jamais sonné à Jéricho. La conquête sanglante de Canaan par Josué qui sert aujourd’hui de justification aux colons religieux de Cisjordanie est une fiction. Le grand royaume unifié de David et Salomon que les sionistes ont voulu reconstruire n’a pas existé. À l’époque présumée de Salomon et de son temple, Jérusalem n’était qu’un village.

Certes, tout n’est pas faux dans le discours biblique. La Palestine antique a toujours été peuplée par plusieurs peuples (Hébreux, Cananéens, Moabites, Iduméens, Philistins…) avec des religions différentes [2], mais cette réalité contredit le récit sioniste.

Pour les sionistes, le peuple juif a été expulsé de sa terre en 70 après J.-C. par l’empereur Titus et s’est dispersé dans le monde. Or la religion juive était déjà présente dans différentes régions, de Babylone à Alexandrie ou Rome. C’est la religion qui s’est dispersée, pas le peuple. La religion juive a été prosélyte pendant des siècles et c’est la victoire du christianisme qui l’a obligée à cesser de l’être. Les conversions au judaïsme se sont poursuivies en Afrique du Nord (les Berbères) ou entre Caspienne et mer Noire (les Khazars) très tard. Bref, les Juifs d’aujourd’hui sont majoritairement des descendants de convertis. Il n’y a eu ni exil, ni retour [3]. Et les descendants des Hébreux de l’Antiquité sont essentiellement… les Palestiniens.

Une fausse réponse à l’antisémitisme

Le centre des histoires juives, c’est la diaspora. Les langues, les traditions, les rites et les cultures des différentes communautés juives viennent de Pologne, du Maghreb, d’Espagne, d’Allemagne, de Salonique ou du Yémen. Dans le monde chrétien, les Juifs ont vécu massacres, expulsions, discriminations, enfermement. Avec le début de l’émancipation des Juifs en Europe à la fin du XVIIIe siècle, l’antijudaïsme chrétien s’est transformé en antisémitisme racial, les Juifs personnifiant pour tous les nationalistes l’obstacle à leurs rêves fous de nations ethniquement pures. Les références des Juifs à la Palestine sont purement symboliques. D’ailleurs, quand l’Empire ottoman a ouvert ses portes aux Juifs espagnols, très peu sont allés en Palestine.

À la fin du XIXe siècle, la moitié des Juifs vivent dans un seul pays : l’Empire russe. Prolétarisés, beaucoup ont abandonné la religion et adhéré à diverses idéologies socialistes dont celle du Bund [4]. C’est dans ce contexte que naît le sionisme.

Une théorie de la séparation et un effaceur d’identité

Parodiant les nationalismes européens qui vont mener à la boucherie de 1914 ou au nazisme, les sionistes considèrent que l’antisémitisme est inéluctable et renoncent a priori à tout combat pour l’émancipation ou l’égalité des droits. Le sionisme postule l’impossibilité du mélange, clame que les Juives et les Juifs ne peuvent vivre qu’entre eux, que la diaspora n’est qu’une parenthèse. Il ne combatte pas l’antisémitisme, il l’utilise pour convaincre les Juifs de partir. Lord Balfour qui a voulu en Palestine un « foyer national juif » était un antisémite. Son but était à la fois d’implanter un morceau d’Occident au Proche-Orient et de se débarrasser de ses Juifs.

Le sionisme repose sur toute une série de mensonges fondateurs : « une terre sans peuple pour un peuple sans terre » ; « En 1948, les Arabes sont partis d’eux-mêmes » ; « du désert, nous avons fait un jardin »…

Pour créer l’Israélien nouveau, il a fallu tuer la figure du Juif cosmopolite, universaliste, engagée dans la société et dans les luttes et le remplacer par un nationaliste militariste, chauvin et imbu de sa supériorité. Il a fallu effacer les langues, les traditions et les cultures juives. Il a fallu inventer une solution territorialiste, reposant sur un processus de conquête coloniale, de négation, de marginalisation et d’expulsion de l’indigène. Le courant dit révisionniste du sionisme qui naît vers 1930 avec Jabotinsky [5] a imposé ses idées aujourd’hui : le « transfert » de tous les Palestiniens au-delà du Jourdain.

En fait, le sionisme a gommé les différences idéologiques. Toutes les institutions qu’il a créées, y compris le syndicat Histadrouth n’ont eu qu’un seul but : créer et renforcer un État pour les Juifs excluant les autochtones.

Retour au crime fondateur

L’ouverture des archives a établi avec certitude ce que les Palestiniennes et les Palestiniens ont toujours dit : l’expulsion de 800 000 personnes en 1948 était délibérée et il n’y aura pas de solution à cette guerre sans réparation de ce crime fondateur. La confiscation des terres, les villages rasés dont les traces ont été effacées et le refus du retour des expulsés étaient prémédités. Le remplacement des Palestiniens par les Juifs venus du monde arabo-musulman a été organisé. Le sionisme a construit un État ethnique où les non-Juifs sont des sous-citoyens. Il a fait de cet État une tête de pont de l’Occident. La conquête de 1967 n’est pas accidentelle, c’est la gauche sioniste qui a décidé la colonisation et qui a aidé à la création du courant national-religieux pour la réaliser. La colonisation est devenue le centre de la politique israélienne et 500 000 Israéliennes et Israéliens habitent aujourd’hui les territoires conquis en 1967.

Le sionisme ne s’est pas achevé avec la création d’Israël. Ce qui est à l’œuvre aujourd’hui, c’est « l’achèvement de la guerre de 1948 », la tentative de faire en sorte que les Palestiniens, comme les Aborigènes d’Australie, ne puissent plus jamais revendiquer leurs droits.

Ce qui rend le crime possible, c’est un travail idéologique en profondeur, la destruction des identités juives, le complexe de Massada qui persuade les Israéliens que les Palestiniens poursuivent l’œuvre des nazis et que les seules victimes, ce sont les Juifs. C’est une exploitation organisée de la mémoire du génocide alors que la résistance juive au nazisme n’était en général pas sioniste. C’est la certitude entretenue qu’« il n’y a pas de partenaire pour la paix » et que tout compromis signifie « les Juifs à la mer ».

Le sionisme est à la fois criminel pour les Palestiniens et suicidaire pour les Israéliens. Sans rupture avec le sionisme ou passage à un postsionisme, il n’y aura pas de paix.

Pierre Stambul

  • Pierre Stambul est militant de l’Union juive française pour la paix et Ami d’AL.

[1] À Massada, les zélotes révoltés contre Rome en 74 après J.-C. ont préféré le suicide à la reddition.

[2] Israël Finkelstein, Neil Asher Silberman, La Bible dévoilée, les nouvelles révélations de l’archéologie, Bayard, 2002.

[3] Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé, Fayard, 2008.

[4] Parti socialiste révolutionnaire juif en Europe orientale, très hostile au sionisme.

[5] Vladimir Jabotinsky (1880-1940), leader sioniste inspiré par le fascisme mussolinien.

= = =

Lectures complémentaires:

Nous_sommes_tous_des_colonisés (PDF)

Pierre_Clastres_De l’ethnocide

La Bible Déterrée Israel Finkelstein

Effondrer le colonialisme

Ashraf Ezzat Mythe Biblique

 

Revue du dernier livre de l’historien israélien Ilan Pappé « Ten Myths about Israel »

Posted in actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 26 mai 2017 by Résistance 71

« Au moment où le ministre des affaires étrangères britannique, Lord Balfour, donna sa promesse au mouvement sioniste en 1917 d’établir une patrie pour les juifs en Palestine, il ouvrit la porte à un conflit sans fin qui engouffrerait bientôt le pays et son peuple. »

« Les villageois palestiniens furent déshumanisés afin d’en faire des ‘cibles légitimes’ pour la destruction et l’expulsion… »

« De fait, si vous étiez un juif sioniste en 1948, ceci ne voulait dire qu’une seule chose: implication totale dans la des-arabisation de la Palestine. »

~ Ilan Pappe, 2006 ~

-[]- Voici ce que nous écrivions en préambule de la traduction d’une analyse de Gilad Atzmon sur Ilan Pappe en mai 2013, l’auteur de l’article ci-dessous nous rejoint pour faire remarquer l’interchangeabilité de la situation entre les Palestiniens et avant eux, les Amérindiens (du nord et du sud), Les Aborigènes d’Australie, la Maoris de Nouvelle-Zélande, les peuples et nations originels d’Afrique du Sud, malheureusement toujours d’actualité:

« Excellente analyse de G. Atzmon. Stupéfiant de constater également que les ressorts du colonialisme sont identiques partout. Remplaçons les mots « Palestine » et « Palestiniens » par « indigènes », « natifs », « indiens, « amérindiens » ou tout autre peuple colonisé, et nous nous apercevons avec effroi que les fondements racistes et suprémacistes sont identiques. Les sionistes pratiquent en Palestine les vieilles recettes coloniales de contrôle et de construction hégémonique que les autres nations coloniales ont appliquées à partir de 1492 avec l’effet génocidaire que nous connaissons…

Plus au sujet de la colonisation bientôt sur ce blog… »

— Résistance 71 —

 

A lire aussi: « L’Egypte antique n’a connu ni pharaons ni Israélites »

 

Dix mythes au sujet d’Israël: Génocide et racisme démasqués

Revue du dernier livre de l’historien israélien Ilan Pappe

 

Irwin Jerome

 

21 mai 2017

 

url de l’article original:

http://www.globalresearch.ca/ten-myths-about-israel-genocide-and-racism-unmasked/5591225

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Est-ce qu’Israël et son tristement célèbre mur de la séparation (NdT: mur de l’apartheid) est représentatif d’un état démocratique moderne évoluant, fondé sur des principes et des enseignements bibliques, comme appliqués envers le peuple palestinien, originel de l’endroit appelé Palestine, ou n’est-ce qu’un exemple de plus d’un de ces états d’apartheid, de nettoyage ethnique possédant les mêmes tendances racistes et génocidaires des puissances coloniales impérialistes du XIXème siècle, comme les Etats-Unis, le Canada, l’Australie et l’Afrique du Sud, qui envahirent jadis également des terres où vivaient ancestralement des peuples et nations indigènes et commirent une destruction sans nom à leur égard, détruisant leurs modes de vie, déportant leurs survivants dans des “réserves” ou des états de styles du Bantoustan afin d’y être éventuellement ignorés puis oubliés?

Le professeur d’histoire Ilan Pappe, un des historiens les plus radicaux d’Israël, qui enseigne et écrit maintenant depuis son exil [en Grande-Bretagne], répond amplement à ces question dans son dernier livre “Ten Myths about Israel”. Ouvrage ne faisant que quelques 148 pages, mais un chef-d’œuvre historique qui se lit comme une épopée volumineuse, offrant des réflexions et des témoignages d’archives éloquents, clairs, concis, sans faille, au sujet de la véritable histoire indigène de la Palestine, des Palestiniens et du nettoyage ethnique dont ils sont les victimes aux mains des juifs depuis la Nakba (NdT: la “catastrophe” en arabe) de 1948.

La Nakba, un temps où: 700 000 arabes palestiniens furent violemment expulsés de leur terre ; 400 à 600 villages furent pillés et/ou détruits et 11 des 12 villes majeures détruites, ce qui annihila de fait toute vie urbaine en Palestine. Pour les Israéliens, ceci correspond à leur “déclaration d’indépendance” ; mais pour les Palestiniens arabes, ceci est simplement connu sous le triste vocable du “temps de la catastrophe” (Nakba), qui quelques 60 ans plus tard, en 2008, mena à la guerre de Gaza et à l’opération “Plomb Durci” d’Israêl, qui tua plus de 1400 Palestiniens, dont 107 d’innocentes victimes civiles, suivie plus tard par l’Opération “Protective Edge”, qui tua plus de 2300 Gazaouis dont 1492 civils non combattants dont 551 enfants et 209 femmes, laissant plus de 10 000 Palestiniens blessés dont 3371 enfants ; opération qui détruisit quelques17 000 maisons et en détruisit partiellement plus de 30 000 autres.

De tels faits et statistiques sont tirés des écrits de Pappe et ce qui les causa, donne au monde une plateforme importante pour le XXIème siècle de laquelle nous pouvons à la fois regarder en arrière et vers le futur, vers les véritables origines historiques et l’identité de non seulement Israêl et le sionisme, mais aussi des peuples arabes indigènes du moderne Eretz Israel, ainsi que des états contemporains similaires de biens des puissances coloniales et impérialistes de longue date et de leur propre traitement des peuples indigènes vivant sur leurs terrres {NdT: usurpées) et dont les territoires et ressources naturelles continuent aujourd’hui d’être convoités et exploités par ces puissances mondiales le tout dans le but de l’expansion et de la construction perpétuelle de leur empire.

Avi Shlaïm du journal britannique du “Guardian” déclare Ilan Pappe être “un des rares élèves israéliens du conflit de Palestine qui écrit au sujet de la version palestinienne de l’histoire et ce avec une véritable connaissance des faits et une certaine et véritable empathie.” Le magazine du New Statesman reconnaît Pappe être “Avec Edward Saïd, l’écrivain le plus éloquent sur l’histoire palestinienne”. John Pilger, célèbre journaliste d’enquête australien nomme Pappe “l’historien le plus brave, honnête et incisif d’Israël”, tandis que l’auteur de ces lignes voit Pappe plus comme le I.F. Stone ou le Howard Zinn israélien, osant exposer et élucider du côté obscur d’Israël l’histoire sordide que très peu d’autres ont osé même toucher.

En cela, quoi qu’on en pense, “Ten Myths about Israel” va très loin dans le démembrement de la fausse information et de la désinformation ainsi que de la mythologie qui est quotidiennement propagée par les Dr La Pirouette de la pressetituée occidentale, qui essaient de continuer à faire croire cette mythologie telle que: “La Palestine était une terre vide d’habitants”, que “les juifs étaient un peuple sans terre”, que le “sionisme est le judaïsme”, que le “sionisme n’est pas un colonialisme”, que “les Palestiniens ont volontairement quitté leur terre/patrie en 1948”, que “ la guerre de 1967 était une guerre sans choix”, qu’”Israël est la seule démocratie du Moyen-Orient”, que “les accords d’Oslo de 1993 furent un véritable processus de paix”, que “de la seconde Intifada des années 1980 commença un mouvement terroriste contre Israël” et que finalement “La victoire du Hamas dans les élections de 2006 commença un mouvemet terroriste à l’encontre d’Israël.”

Les étudiants en civilisation occidentale, ayant connaissance de politiques génocidaires similaires et de mythologies perpétrées dans des pays commes les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud, contre leurs propres peuples indigènes, qui ont supporté l’impact de l’impérialisme et du colonialisme occidental et soufferts la même perte d’auto-détermination, d’indépendance nationale et du “droit de retour et de réclâmer leur héritage ancestral”, reconnaîtront instantanément dans les écrits de Pappe les mêmes schémas culturels qui se répètent dans l’Israël moderne.

Longtemps après le fait du quand les peuples indigènes ont finalement été conquis (NdT: tous ne l’ont pas été, notemment en Amérique du nord où la notion de “conquête” est une vue de l’esprit et un narratif exclusivement colonial…) et privés de la plupart sinon de tous leurs territoires ancestraux et de leurs ressources naturelles, qui que soit l’envahisseur / agresseur , celui-ci s’en sort toujours en faisant peu ou prou les mêmes réponses aux questions posées. Peu importe l’étendue de la destruction, du viol, du meurtre, des assassinats et des massacres qui furent commis contre les peuples et nations indigènes en question, une fois le chaos perpétré se dissipant et que l’affaire devient un point réthorique, les envahisseurs et bourreaux en arrivent toujours à engager un débat pour enclancher des “actes de réconciliation”, des déclarations publiques “d’excuses” et des appels pour des “réparations”. Mais malgré parfois les bonnes intentions, tout ceci ne sonne que trop souvent bien creux. Mais même là, par les très nombreux problèmes que soulèvent Pappe au sujet de l’attitude des plus racistes des gouvernements successifs israéliens envers les Palestiniens et les Arabes et le déni de toute faute et de tout acte malveillant concernant leurs actes abominables, des mots d’excuses israéliens sont encore bien loin d’être prononcés.

Mais, comme le fait remarquer Pappe, le bon côté réside dans le fait que dans la société civile existante, à la fois du côté israélien que du côté palestinien, les gens parlent de ce que leur leadership politique refuse, ignore ou néglige de placer au centre de leur agenda national. Ils savent aussi, que malgré les réticences qui existent parmi les gens les dissuadant d’en parler, la majorité des juifs et des palestiniens savent exactement ce qu’il s’est passé sur le terrain pendant bien des décennies depuis 1948. Ils ne sont pas, comme le déclare à juste titre Pappe, “sourds à tous ces cris, cette douleur et dévastation de ceux qui ont été tués, violés ou blessés depuis 1948, arrêtés, mis en prison dans les années 1950… massacrés dans le village de Kafir Qassim en 1956… ou lorsque des citoyens de l’état furent assassinés par l’armée simplement parce qu’ils étaient Palestiniens…

Ils savent au sujet des crimes de guerre commis durant la guerre de 1967 et les bombardements des camps de réfugiés en 1982… Ils n’ont pas oublié les abus physiques infligés à la jeunesse palestinienne dans les territoires occupées dans les années 1980… Les juifs israéliens ne sont pas sourds et peuvent toujours aujourd’hui entendre les voix des officiers ordonnant l’exécution de gens innocents et les rires des soldats présents et témoins de la scène… Ils ne sont pas non plus aveugles.. Ils ont vu les restes des 531 villages palestiniens détruits et des voisinages en ruines…

Ils voient ce que tout Israélien peut voir mais que la plupart, choisit de ne pas voir… Les restes de villages sous les maisons construites des kiboutzim et sous les sapins des forêts du Fond de la Jeunesse Juive. Ils n’ont pas oublié ce qu’il s’est passé même si le reste de leur société l’a… Peut-être à cause de tout cela comprenent ils pleinement la connexion entre le nettoyage ethnique de 1948 et les évènements qui s’ensuivirent jusqu’à aujourd’hui… Ils refusent aussi d’ignorer la connexion évidente entre la construction du mur et de la politique plus large du nettoyage ethnique…

Les expulsions de 1948 et l’emprisonnement du peuple derrière les murs aujourd’hui sont les conséquences inévitables de la même idéologie ethnique raciste… Dans et hors d’israël, des ONG palestiniennes comme BADIC, ADRID et Al-Awada coordonnent leurs luttes afin de préserver la mémoire de 1948 et d’expliquer pourquoi il est crucial d’engager les évènements de cette année là au nom du futur.

Le petit livre d’Ilan Pappe qui parle de ces “Ten Myths about Israel” est de la dynamite qui devrait être lu par chaque être humain de cette planète qui se considère être membre de sa propre société civile. Plus que cela, il est encore plus important de le lire pour ceux qui ne se sentent pas (encore) membres de la société civile.

Sionisme, colonialisme et lois scélérates d’amalgame…

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Pour les Palestiniens sionisme rime avec colonialisme

 

Ramzy Baroud

 

25 décembre 2016

 

url de l’article en français:

http://chroniquepalestine.com/palestiniens-sionisme-rime-colonialisme/

 

Le 12 décembre, le gouvernement britannique a officiellement adopté une nouvelle définition de l’antisémitisme qui inclut la critique légitime d’Israël.

La définition a été adoptée au début de l’année par le groupe pro-israélien IHRA, bien qu’elle ait été envisagée mais abandonnée par l’Agence européenne anti-racisme en 2005.

C’est une initiative assez dangereuse qui mènera probablement à un approfondissement du fossé qui sépare la société civile et l’élite politique britanniques.

Les groupes israéliens et pro-israéliens en Occident ont toujours voulu imposer une confusion entre le racisme en tant que tel et la critique de l’État israélien accusé de violer de nombreuses résolutions des Nations Unies et de commettre de nombreux crimes de guerre dans les territoires occupés, en particulier dans la bande de Gaza.

L’adoption de la nouvelle définition survient à la suite d’une crise montée de toutes pièces dans la politique britannique, où le parti travailliste, sous l’autorité de Jeremy Corbyn, a été faussement accusé d’être « complaisant » à l’égard de l’antisémitisme parmi ses membres. Cette « crise » a été provoquée par des groupes pro-israéliens pour bloquer la campagne à l’intérieur du Labour (Parti travailliste) visant à faire respecter par Israël ses obligations internationales et à mettre fin au siège et à l’occupation de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

En octobre dernier, un groupe multipartite a publié un rapport qui n’a fait qu’ajouter à la confusion, condamnant l’utilisation du mot « sioniste » comme péjoratif et affirmant qu’une telle utilisation « n’a pas sa place dans la société civile ».

Alors que les manœuvres visant à mettre Israël à l’abri de la liberté d’expression en Grande-Bretagne battent encore leur plein, le débat aux États-Unis a été depuis longtemps étouffé. Il y a peu de place pour la moindre critique d’Israël dans les grands médias américains ou dans la société « bien pensante ». Cela a pour effet que la politique américaine au Moyen-Orient reste totalement inféodée aux intérêts israéliens et aux diktats des groupes de pression pro-israéliens, pour ne citer que ceux-là.

Le Royaume-Uni adopte maintenant la même position, qui n’est cependant pas une nouveauté. En fait, vendredi de la semaine dernière était un anniversaire d’une grande signification sur cette question même.

Le 16 décembre 1991, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la résolution 46/86, avec la courte déclaration suivante: « L’Assemblée générale décide de révoquer la détermination contenue dans sa résolution 3379 (XXX) du 10 novembre 1975. »

Il s’agissait de l’annulation d’une résolution antérieure qui assimilait l’idéologie politique d’Israël, le sionisme, avec le racisme.

Le texte plus long de la résolution initiale, numéro 3379 de 1975, était fondé sur un ensemble clair de principes, y compris la résolution 2106 de l’ONU de 1965 qui définissait la discrimination raciale comme « toute distinction, exclusion, restriction ou préférence fondée sur la race, la couleur, Nationale ou ethnique ».

Le renversement de cette résolution est le résultat d’un lobbying vigoureux de la part des États-Unis, et de pressions qui ont duré des années. En 1991, Israël a insisté sur le fait qu’il ne participerait pas aux pourparlers de paix de Madrid organisés par les États-Unis sans le désaveu préalable de la résolution 3379. L’ONU étant l’un des sponsors des pourparlers de Madrid, la pression américaine a finalement payé et les membres de l’ONU ont été obligés de renverser leur décision.

Cependant, l’assimilation du sionisme au racisme n’est pas la seule comparaison souvent invoquée par les critiques d’Israël.

Récemment, l’envoyé équatorien aux Nations Unies, Horacio Sevilla, a été catégorique dans ses commentaires lors d’une session de l’ONU, marquant le 29 novembre comme Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien.

Nous avions répudié « avec toute notre force la persécution et le génocide » déclenchés par « le nazisme contre le peuple hébreu », a-t-il ajouté, « mais je ne me souviens de plus semblable dans notre histoire contemporaine que l’expulsion, la persécution et le génocide que l’impérialisme et le sionisme ont appliqués au peuple palestinien ».

La diatribe des condamnations qui s’ensuivit était attendue, alors que les responsables israéliens saisissaient encore une autre occasion de lancer des accusations d’antisémitisme contre l’ONU pour avoir systématiquement ciblé Israël, alors que, parait-il, elle s’abstiendrait de censurer les autres contrevenants.

En ce qui concerne Israël, toute critique de son État et de son idéologie politique serait donc antisémite, tout comme les exigences qu’Israël rende des comptes sur ses actions militaires.

Mais pourquoi Israël est-il tellement préoccupé par ces questions de vocabulaire ?

Au cœur de l’existence même d’Israël se cache un sentiment de vulnérabilité que toutes les ogives nucléaires et la puissance de feu ne peuvent pas faire disparaître.

Interdire l’utilisation du terme sionisme est ridicule et impraticable, sinon totalement impossible !

Pour les Israéliens qui adoptent ce terme, le sionisme peut signifier plusieurs choses, tandis que pour les Palestiniens, qui ont appris à le détester, c’est en fin de compte une seule et même idéologie.

Dans un article paru en 2012, l’auteur israélien Uri Avnery a présenté les nombreuses nuances du sionisme – le socialisme débutant (obsédé par la couleur rouge et se mobilisant autour des syndicats juifs et des kibboutzim); le sionisme religieux qui se considère comme le « précurseur du Messie »; le sionisme de droite qui exige un « État juif dans toute la Palestine historique » et le sionisme dit « libéral et laïque » comme le présentait son fondateur Theodor Herzl.

Pour un Palestinien dont la terre a été illégalement confisquée, la maison rasée par ces forces « sionistes », les nuances exposées par Avnery n’ont guère de signification. Pour eux, le terme « sioniste » est essentiellement péjoratif et évoque l’idéologie et le sionisme politique qui préconisent, participent ou justifient les actions agressives israéliennes.

Dans son article intitulé « Le sionisme du point de vue de ses victimes », le défunt professeur palestinien Edward Said expliquait : « Il n’est pas déraisonnable de constater que l’ensemble de l’expérience palestinienne-arabe semble unanime quant à l’idée que le sionisme a imposé parmi les Arabes une injustice unique, et que même avant que les Britanniques aient remis la Palestine aux colons sionistes pour y voir ensuite établi officiellement un État en 1948, les Palestiniens s’y sont collectivement opposés et ont tenté par tous les moyens de résister au colonialisme sioniste. »

De nombreux pays partagent la perception palestinienne du sionisme comme forme de colonialisme, et cette perception dominante est un fait historique et non le produit d’un quelconque égarement antisémite collectif.

La raison pour laquelle la question et le débat à propos du sionisme ne doiventt céder à aucune intimidation est que l’essence du même sionisme n’a jamais changé par rapport à sa version coloniale primitive.

L’historien israélien Ilan Pappe est d’accord avec cela : « L’idéologie sioniste et sa stratégie n’ont pas changé depuis ses débuts », a-t-il écrit. « L’idée était: ‘Nous voulons créer un État juif en Palestine, mais aussi une démocratie juive’. Donc les sionistes devaient avoir une majorité juive tout le temps… Par conséquent, le nettoyage ethnique était la seule solution applicable du point de vue sioniste. »

Cela reste la principale force motrice de la politique israélienne à l’égard des Palestiniens et du refus d’Israël de rompre avec une entreprise coloniale datant du XIXe siècle pour en faire un État moderne et démocratique pour tous ses citoyens.

Pour ce faire, il faudrait sacrifier ce qui est le noyau de son idéologie sioniste, construit sur un amalgame d’identités ethno-religieuses, et adopter une forme universelle de la démocratie dans un État où les Juifs et les Arabes seront traités comme des égaux.