Archive pour fédération anarchiste

Intermède chansonnier…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, militantisme alternatif, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 2 juin 2018 by Résistance 71

LE TRIOMPHE DE L’ANARCHIE

Paroles: Charles d’Avray, 1901

Tu veux bâtir des cités idéales,
Détruis d’abord les monstruosités,
Gouvernement, casernes, cathédrales
Qui sont pour nous autant d’absurdités.
Dès aujourd’hui vivons le communisme,
Ne nous groupons que par affinités,
Notre bonheur naîtra de l’altruisme,
Que nos désirs soient des réalités!

REFRAIN:

Debout, debout, compagnons de misère,
L’heure est venue, il faut nous révolter.
Que le sang coule et rougisse la terre,
Mais que ce soit pour notre liberté.
C’est reculer que d’être stationnaire,
On le devient de trop philosopher.
Debout, debout, vieux révolutionnaires,
Et l’anarchie enfin va triompher!
Et l’anarchie enfin va triompher!

Empares-toi maintenant de l’usine,
Du Capital, ne sois plus serviteur,
Reprends l’outil et reprends la machine,
Tout est à tous, rien n’est à l’exploiteur.
Sans préjugés, suis les lois de nature,
Et ne produis que par nécessité,
Travail facile ou besogne très dure
N’ont de valeur qu’en leur utilité.

REFRAIN

On rêve amour au-delà des frontières,
On rêve amour aussi de ton côté,
On rêve amour dans les nations entières,
L’erreur fait place à la réalité.
Oui, la Patrie est une baliverne,
Un sentiment doublé de lâcheté,
Ne deviens pas de la viande à caserne,
Jeune conscrit, mieux te vaut déserter.

REFRAIN

Quand ta pensée invoque ta confiance,
Avec la science il faut te concilier,
C’est le savoir qui forge la conscience,
L’être ignorant est un irrégulier.
Si l’énergie indique un caractère,
La discussion en dit la qualité,
Entends, réponds, mais ne soit pas sectaire,
Ton avenir est dans la vérité.

REFRAIN

Place pour tous au banquet de la vie,
Notre appétit seul peut se limiter,
Que pour chacun la table soit servie,
Le ventre plein, l’Homme peut discuter.
Que la nitro comme la dynamite
Soient là pendant qu’on discute raison,
S’il est besoin, renversons la marmite,
Mais de nos maux, hâtons la guérison.

REFRAIN

= = =

La chanson interprêtée par Marc Ogeret:

https://www.youtube.com/watch?v=dx53bKWie6I

 

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Résistance politique: Union et solidarité contre le terrorisme d’état !…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société libertaire, syndicalisme et anarchisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 31 mai 2018 by Résistance 71


Pour la société des sociétés

 

Le gouvernement se radicalise, radicalisons nos solidarités !

 

Groupe anarchiste Salvador-Segui

 

28 mai 2018

 

Source: 

https://salvador-segui.org/2018/05/24/radicalisons-nos-solidarites/

 

Depuis plusieurs semaines maintenant, les cheminots ont engagé un rapport de force historique avec le gouvernement et la Direction de la SNCF contre le projet qui vise à achever ce qu’il reste du service public ferroviaire tout en passant au crible le statut cheminot. La classe politique au pouvoir ne s’embarrasse même plus de son image pseudo-progressiste, attachée au dialogue social et vient de réaffirmer sa détermination à passer en force sur cette réforme. Pour autant, la mobilisation est visiblement loin de faiblir ! Il faut dire qu’au cours de cette première année de présidence macronienne, les coups n’ont cessé de pleuvoir sur les travailleurs comme sur les plus précaires. Ordonnances de la loi Travail, réforme de l’assurance chômage, baisse des APL, réforme de l’ISF, loi ORE, casse du système public ferroviaire, la liste a de quoi donner des sueurs froides à quiconque connaît la dure réalité du système capitaliste.

Pour autant, des foyers de lutte existent et doivent être soutenus. Bien sûr chez les cheminots. La tactique éculée de stigmatisation de ces derniers peine à prendre, et ce, au grand dam des politiques et des patrons. Au contraire, la solidarité en acte, elle, est bel et bien là ! Des caisses de grève se sont multipliées et ont atteint des sommes astronomiques, signe d’une détermination fleurissante chez les travailleurs et travailleuses à stopper un gouvernement embarqué, depuis son arrivée au pouvoir, dans une frénésie libérale de casse sociale. À la poste, nombre de secteurs sont également entrés dans la lutte. La contestation avait également gagné les lycées et les universités, étudiants et professeurs, contre la loi ORE, jusqu’à ce que ceux-ci subissent la répression violente de l’État.

Récemment, les médias n’ont pas manqué de monter en épingle certaines « violences » qui ont émaillées la manifestation du 1er Mai. S’il apparait difficile de soutenir cette violence tous azimuts et systématique dans les cortèges, surtout lorsque celle-ci se fait au détriment des autres formes de mobilisation, ne nous y trompons pas : elle n’est que l’expression d’une violence plus quotidienne et insidieuse, une violence économique, politique et sociale structurée et entretenue, main dans la main, par les systèmes étatique et capitaliste. Cette violence c’est celle des mesures gouvernementales qui rognent un par un tous les acquis sociaux des travailleurs, c’est celle des licenciements qui se succèdent au nom de la « compétitivité », c’est celle des forces policières qui protègent les intérêts du patronat à coup de matraques, c’est celle d’un gouvernement qui, au fil des réformes conduites et annoncées, se radicalise, réprimant à tout va et passant systématiquement en force ses mesures.

Aujourd’hui, il nous faut organiser et ancrer les luttes là où elles émergent et sont prêtes à grandir. Nos victoires locales, pourront servir de modèles à d’autres, pour se déployer avec le concours de toutes celles et tous ceux prêts à se battre. Il nous faut soutenir les luttes en cours, à la hauteur de nos moyens individuels ou de nos organisations ; entretenir et développer nos liens de solidarité. Ainsi, nous pourrons favoriser la prise de conscience de ce système d’exploitation capitaliste. Ainsi nous pourrons contrer ce système politique centralisateur et autoritaire. De là pourront se créer les nouvelles institutions, par le maîtrise des travailleurs à la base.

Notre première ambition doit être la suivante : nous réapproprier les services publics pour les rendre accessibles à toutes et tous : ces services doivent être de qualité, tendre à la gratuité ; il faut que leur gestion passe aux mains des collectifs des travailleurs regroupés en syndicat ou structure de classe, seuls capables de contrôler et d’organiser la production avec les usagers des secteurs concernés, et ce, à la hauteur des besoins de tous et de chacun. Par extension, la gestion d’un quartier, d’une commune, doit se faire sur une base égalitaire et doit permettre à toutes et à tous de bénéficier des services municipaux indispensables.

= = =

Lectures complémentaires:

Manifeste pour la Société des Sociétés

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

Manifeste contre le travail

Un monde sans argent: le communisme

Inevitable_anarchie_Kropotkine

L’anarchie pour la jeunesse

Errico_Malatesta_écrits_choisis

petit_precis_sur_la_societe_et_letat

Appel au Socialisme (PDF)

Résistance politique: Ce qu’il faut dire avec Sébastien Faure (version PDF)

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Résistance 71

 

27 mai 2018

 

 

Nous publions avec ce très beau pdf réalisé par Jo de JBL1960, une compilation de textes de Sébastien Faure dont ses fameux « 12 preuves de l’inexistence de dieu » et « Électeur, écoute ».
Nous suggérons aux lecteurs d’imprimer ce pdf afin de le lire à leur aise, dans la mesure où ces textes amènent pas mal de grain à moudre dans le champ de la réflexion et de la pensée critiques qui fait tant défaut depuis quelques décennies.
Bonne lecture à toutes et à tous !…

Sébastien Faure en PDF:

Ecrits-choisis-anarchistes-sebastien-faure-mai-2018

 

Résistance politique: Pour que le souffle et l’esprit de la Commune renaissent…

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« Au nord de la France, toutes les villes
industrielles, aussi bien que les villes
du Midi, voulaient leur Commune. »
~ Louise Michel, 1898 ~

Pour renouer avec l’esprit communard:

Manifeste de la societe des societes

 

La Commune de Paris, toujours si actuelle

 

Claude Willard

Président de l’association des Amis de la Commune

 

Source:

http://www.commune1871.org/?La-Commune-de-Paris

Repris par LGS: https://www.legrandsoir.info/hommage-a-claude-willard-et-a-la-commune-de-paris.html

 

Agé de 95 ans Claude Willard vient de nous quitter. Historien, professeur à Paris 8, Président des Amis de la Commune de Paris, il a participé au Maitron, la Pensée, les Cahiers d’Histoire … Il nous rappelle ici que l’œuvre de la Commune demeure d’une extraordinaire actualité car porteuse de valeurs combattues par les héritiers de ceux qui massacrèrent les communards. – Claire Vérilhac

Une œuvre toujours au cœur de l’actualité

La Commune demeure ensevelie sous une chape de silence, bien qu’elle soit ou plutôt parce qu’elle est porteuse de valeurs, valeurs battues en brèche par les héritiers de ceux qui massacrèrent les Communards.

Une révolution ouvrière

L’insurrection communarde naît d’un sursaut patriotique contre la faillite, voire la trahison, des équipes dirigeantes durant la guerre franco-prussienne de 1870-1871, et d’un puissant réflexe républicain contre les périls d’une restauration monarchique. Comme le proclame le Journal officiel du 21 mars 1871,  » Les prolétaires de la capitale, au milieu des défaillances et des trahisons des classes gouvernantes, ont compris que l’heure était arrivée pour eux de sauver la situation en prenant en main la direction des affaires publiques.  » Cette révolte, réponse à la provocation de Thiers du 18 mars, se transforme en révolution ouvrière.

Ouvrière par la masse de ses combattants (84% des Communards arrêtés sont des travailleurs manuels), par le fort pourcentage d’ouvriers (environ 30%) au sein du Conseil général de la Commune, par la constante pression exercée du dehors, enfin par sa législation sociale. Mais cette classe ouvrière est fille de son temps, d’un capitalisme en pleine ascension, intermédiaire donc entre l’artisanat sans-culotte et le prolétariat d’usine, une classe ouvrière adolescente, mal structurée, se lançant  » à l’assaut du ciel « . Cette hétérogénéité, jointe à sa naissance spontanée du 18 mars, explique largement l’inexpérience, l’isolement, les rivalités paralysantes de la Commune, mais aussi sa diversité foisonnante (néo-jacobins, proudhoniens, néo-proudhoniens, blanquistes, bakounistes, marxistes, francs-maçons…), source d’un héritage pluriel.

La démocratie citoyenne

Au nom de la souveraineté populaire et dans le droit fil de la Constitution de 1793, la Commune engendre une vraie démocratie. Le Comité central de la Garde nationale, installé à l’Hôtel de Ville depuis la soirée du 18 mars, précise, dans son appel du 22 mars aux électeurs, sa conception de la démocratie :  » Les membres de l’assemblée municipale, sans cesse contrôlés, surveillés, discutés par l’opinion, sont révocables, comptables et responsables  » ; et, le 24 mars :  » Quand nous pourrons avoir les yeux partout où se traitent nos affaires, partout où se préparent nos destinées, alors, mais alors seulement, on ne pourra plus étrangler la République.  »

Les élus de la Commune, révocables, corsetés par un mandat impératif, demeurent sous la férule d’un véritable  » ministère des masses  » : chambres syndicales, clubs, comités de femmes, presse maintiennent une forte pression, à laquelle convie le club Nicolas-des-Champs :  » Peuple, gouverne-toi toi-même par tes réunions publiques, par ta presse ; pèse sur ceux qui te représentent ; ils n’iront jamais trop loin dans la voie révolutionnaire.  » Lorsque les ouvriers boulangers, obtenant la suppression du travail de nuit, se rendent à l’Hôtel de Ville remercier la Commune, ils sont vertement tancés par le journal Le prolétaire :  » Le peuple n’a pas à remercier ses mandataires d’avoir fait leur devoir […] Car les délégués du peuple accomplissent un devoir et ne rendent pas de services.  »

Donc une démocratie au sens étymologique du terme (démo = peuple ; kratos = pouvoir), le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple, la démocratie la plus authentique qui ait jamais existé à travers l’histoire, une démocratie directe reposant sur une citoyenneté active, à l’échelle, il est vrai d’une ville et durant une soixantaine de jours. Mais quelle remise en cause de la délégation du pouvoir et de la bureaucratie !

Cette souveraineté populaire, pleinement assumée, s’inscrit fort bien dans la filiation de la Constitution de 1793, qui proclamait  » le droit à l’insurrection  » comme  » le plus sacré des droits et le plus imprescriptible des devoirs « .

Prémisses de l’autogestion

La démocratie s’étend à l’entreprise. L’atelier de réparation d’armes du Louvre se dote d’un règlement autogestionnaire : chaque atelier élit, pour quinze jours, au conseil de direction, un ouvrier chargé de transmettre les réclamations et d’informer ses camarades des décisions prises. Dans l’orbite des chambres syndicales ou de comités de l’Union des Femmes surgissent de nombreux ateliers coopératifs. Cette pratique inspire le décret du 16 avril, prévoyant la remise en marche par les ouvriers associés des ateliers que leurs patrons ont désertés.

Vers l’émancipation féminine

Constituant vital de cette démocratie directe, les femmes. Elles sont sur le devant de la scène depuis le 18 mars (Louise Michel à Montmartre). Jules Vallès, dans Le Vengeur du 12 avril 1871, décrit avec enthousiasme :  » J’ai vu trois révolutions, et, pour la première fois j’ai vu les femmes s’en mêler avec résolution, les femmes et les enfants. Il semble que cette révolution est précisément la leur et qu’en la défendant, ils défendent leur propre avenir.  »

Est alors créé le premier mouvement féminin de masse, l’Union des Femmes, qu’animent Elisabeth Dmitrieff, aristocrate révolutionnaire russe de 20 ans, et Nathalie Le Mel, une bretonne de 45 ans, ouvrière relieuse.

Après des siècles de phallocratie, balayant son dernier avatar en date, le proudhonisme (adepte de la femme au foyer), dont plusieurs de ses membres pourtant se réclament, la Commune ouvre une brèche vers la libération des femmes. Les projets d’instruction pour les filles visent à affranchir les femmes des superstitions et de l’emprise de l’Eglise, considérée comme l’âme de la contre-révolution. Les femmes obtiennent à travail égal, salaire égal , et créent de nombreux ateliers autogérés. Dans quelques quartiers les élus appartenant à l’Internationale associent des femmes à la gestion municipale. En cette époque où règne, étouffant,  » l’ordre moral « , la Commune officialise l’union libre, conférant à la famille constituée hors mariage (concubins, enfants naturels) sa première reconnaissance légale. Enfin, la Commune bannit la prostitution considérée comme une forme de  » l’exploitation commerciale de créatures humaines par d’autres créatures humaines.  »

Durant la Semaine sanglante, les femmes combattent sur les barricades, à l’image de Jeanne-Marie que glorifie Arthur Rimbaud, et de Louise, l’infirmière de la Fontaine-au-Roi, à qui J. B. Clément dédie Le Temps des Cerises.

Ce rôle pionnier des Communards suscite la haine des Versaillais, qui forgent le mythe des  » pétroleuses « . Et Alexandre Dumas fils, auteur de La Dame aux Camélias, ose écrire :  » Nous ne dirons rien de leurs femelles par respect pour toutes les femmes à qui elles ressemblent quand elles sont mortes.  »

Les étrangers

Dans notre monde gangrené par le racisme, la xénophobie, le nationalisme, la Commune incarne la devise que Marx avait inscrite au bas du Manifeste communiste de 1848 :  » Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !  »

Nombreux sont les étrangers qui participent à la Commune : les travailleurs immigrés, nombreux, surtout Belges et Luxembourgeois, les Garibaldiens et les révolutionnaires qui cherchaient asile dans le pays incarnant les Droits de l’homme. Fait unique dans l’histoire mondiale, plusieurs étrangers occupent une place dirigeante. Un juif hongrois, ouvrier bijoutier, Léo Frankel, siège au Conseil général de la Commune. La commission des élections, le 30 mars 1871, valide ainsi son élection :  » Considérant que le drapeau de la Commune est celui de la République universelle ; considérant que toute cité a le droit de donner le titre de citoyen aux étrangers qui la servent […], la commission est d’avis que les étrangers peuvent être admis, et vous propose l’admission du citoyen Frankel..  » Léo Frankel est promu ministre du Travail et inspire toute l’œuvre sociale de la Commune. Des généraux polonais, Dombrowski et Wrobleski, assument des commandements militaires. Elisabeth Dmitrieff dirige l’Union des Femmes.

En retour, la Commune est entourée, durant son existence et après sa défaite, de la solidarité agissante du mouvement ouvrier international.

Une œuvre très novatrice

Bien que bornée par le temps et absorbée par les impératifs militaires, l’œuvre de la Commune est d’une richesse foisonnante.

La Commune entend réaliser l’aspiration du mouvement ouvrier français du XIXe siècle :  » l’émancipation des travailleurs par les travailleurs eux-mêmes « . Fidèle à la Constitution de 1793, qui assignait à la société politique l’objectif d’établir  » le bonheur commun « , la Commune se veut  » la Sociale « . Répondant aux aspirations populaires, elle abolit le travail de nuit, interdit les amendes et retenues sur les salaires, combat le chômage, interdit l’expulsion des locataires (par ailleurs exonérés des termes encore dus), exerce un droit de réquisition sur les logements vacants.

L’armée est remplacée par la Garde nationale, c’est-à-dire le peuple en armes, élisant ses officiers et sous-officiers.

La Commune établit la gratuité de la justice, la liberté de la défense, supprime le serment politique des fonctionnaires et magistrats, eux aussi élus et révocables.

Les Églises séparées de l’Etat, la Commune instaure l’école laïque, gratuite et obligatoire, crée un enseignement professionnel, y compris pour les filles, et entame une réforme de l’enseignement. Pour en débattre démocratiquement, se réunissent dans plusieurs écoles instituteurs, parents d’élèves et membres de la Société pour l’Education nouvelle (soucieuse de rénover l’enseignement).

La Commune est aussi pionnière de l’éducation populaire. Elle instaure des cours publics, que Louise Michel évoquera avec enthousiasme :  » Partout les cours étaient ouverts, répondant à l’ardeur de la jeunesse. On y voulait tout à la fois, arts, sciences, littérature, découvertes, la vie flamboyait. On avait hâte de s’échapper du vieux monde.  » La Commune rouvre bibliothèques, musées, théâtres. Les concerts donnés aux Tuileries sont très prisés. Dans cet épanouissement de la culture populaire, un rôle important est dévolu à la Fédération des Artistes (avec Courbet, Daumier, Manet, Dalou, Pottier…), qui place en tête de son programme  » la libre expansion de l’art, dégagé de toute tutelle gouvernementale et de tous privilèges « .

Tout, certes, n’est point réalisé. Mais que d’anticipations !

La Commune n’est pas morte !

La répression est féroce, à la mesure de la peur et de la haine des classes dirigeantes : 25 000 à 30 000 massacrés (dont femmes et enfants), 36 000 prisonniers, 4586 déportés en Nouvelle-Calédonie.

Et pourtant, comme le chante Eugène Pottier,

 » Tout ça n’empêch’pas, Nicolas,

qu’la Commune n’est pas morte « 

Victor Hugo exprime la même pensée :  » Le cadavre est à terre, mais l’idée est debout.  »

Dans le court terme, le spectre de la Commune hante les  » réalistes  » (tel le Versaillais en chef, Thiers) et, par là, contribue à faire échouer les tentatives de restauration monarchique. Comme le prévoyait Jules Vallès :  » Avec nos fusils d’insurgés, nous avons calé la République.  » Sans parler des futures réalisations de la IIIe République, en premier lieu, la laïcité de l’école, longtemps propre à la France.

Mais surtout, comme la Révolution française, la Commune constitue un événement fondateur. Elle inspire le mouvement ouvrier international, de la Commune de Carthagène en 1873 à la Révolution russe de 1917, à la Révolution spartakiste, à la Commune de Canton de 1927 et à la révolte du Chiapas aujourd’hui. Elle marque en profondeur tout le mouvement ouvrier français de la fin du XIXe et du XXe siècle, élément de ses spécificités. Elle hante encore la genèse du Front populaire, la Résistance et mai 1968, nos combats d’aujourd’hui et demain.

L’œuvre de la Commune demeure d’une extraordinaire actualité parce que, viscéralement démocratique, elle a su, dans les termes de son époque, poser et essayer de résoudre des problèmes qui nous tenaillent toujours. Certes, à temps nouveaux, solutions neuves. Si jamais l’histoire ne se répète, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir.

Dans notre univers inégalitaire, inhumain, dominé par le pouvoir de l’argent, prônant le culte de la réussite individuelle, et où le ventre de la  » bête immonde  » engendre toujours racisme, xénophobie, fanatisme, redonnons chair et vie au triptyque gravé de façon très formaliste au fronton de nos édifices publics : Liberté, Égalité, Fraternité.

L’association des Amis de la Commune de Paris, héritière de La Fraternelle créée par les Communards à leur retour d’exil, a pour but de faire fleurir son héritage, si fécond pour nos combats d’aujourd’hui et de demain.

Texte de Claude Willard, président de l’association « Les Amis de la Commune de Paris ».


« J’appartiens toute entière à la
révolution sociale…Ce que je réclame
de vous qui vous affirmez conseil de guerre,
c’est le champs de Satory où sont déjà
tombés nos frères… »
~ Louise Michel, 16 décembre 1871 ~

Résistance politique: Anarchisme et stratégie

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Anarchisme et stratégie

 

Groupe J. Déjacque Nantes

 

13 décembre 2017

 

Source: http://fa-nantes.over-blog.com/2017/12/anarchisme-et-strategie.html

 

Les notions d’anarchisme et de stratégie semblent être antinomiques. « Stratégie » signifie conduite de l’armée et paraît s’opposer au refus des chefs, du commandement et du militarisme des anarchistes, en lien avec leur rejet de l’état. Cela contribue à faire passer les anarchistes pour des idéalistes et des moralistes,  privés de pouvoir  et de capacité politique. Cette vision est caricaturale. La caricature inverse existe elle aussi : l’anarchiste comme adepte des actions violentes. A mon sens, les anarchistes, en pratique, sont moins contre le commandement (acratie) que pour le partage absolu du pouvoir (pancratie). Quant à l’antimilitarisme, et même le pacifisme, ils sont à nuancer. Certains anarchistes furent en même temps des combattants (Makhno, Durruti, etc.) ou du moins des militants engagés dans la lutte. L’histoire de l’anarchisme est souvent adossée à celle des guerres et des conflits (la Commune, la révolution russe ou espagnole, les armées zappatistes ou kurdes, etc.). Cette histoire n’est pas rigoureusement pacifiste, même s’il existe toutes sortes de courants, y compris non violents et centrés sur l’éducation et la désobéissance civile davantage que la lutte armée.

Nous pouvons aussi prendre le mot « stratégie » au sens large de méthode et l’étendre à la politique et la diplomatie. De cette façon, nous verrons qu’il existe bien des stratégies anarchistes ou, du moins, utilisées par les anarchistes. Cette analyse sera l’occasion de rappeler quels sont les objectifs politiques des anarchistes et les moyens disponibles pour y parvenir. Cette réflexion nous paraît utile, étant donné la confusion ou l’apathie qui règne actuellement dans les milieux militants qui souhaitent faire face au mur néolibéral et néoconservateur dressé contre eux.

Tout d’abord, lorsque l’on parle de stratégie, il faut rappeler qu’elle consiste au sens propre à déterminer les moyens en vue de gagner une guerre. Mais la fin de la guerre, indique Clausewitz, correspond à un objectif politique, comme un changement de régime. Quel est dans ce cas l’objectif politique des anarchistes ? On peut répondre : l’égale liberté, c’est-à-dire la liberté pour toutes et tous. Il ne s’agit ici ni de l’égalité sans liberté des prisonniers, ni de la liberté de quelques-uns de dominer les autres. Précisons. Contre quel genre de manque de liberté et d’égalité le projet anarchiste se construit-il ? Il s’agit traditionnellement des autorités étatiques, capitalistes et religieuses auxquelles correspondent les inégalités politiques, économiques et domestiques.

Voyons d’abord la première forme d’autorité, celle de l’Etat. Elle consiste à capter le pouvoir politique de décision des individus à travers le système de la représentation. Le but de l’Etat est de défendre à l’intérieur les intérêts de la bourgeoisie, avec la police et l’armée et, à l’extérieur, de repousser les « étrangers » par le patriotisme, le racisme, la ségrégation et les frontières. La seconde forme d’autorité est celle de l’entreprise et de la propriété. Le capital ici s’oppose au travail. L’autorité capitaliste entretient les inégalités de classe. La troisième forme d’autorité est celle de l’église et du patriarcat. Elle investit la sphère domestique et morale et veille à l’éducation. Les ségrégations entretenues par la croyance religieuses sont sexistes, mais aussi agistes et spéciste, l’homme dominant la femme, l’enfant et l’animal selon un ordre établi comme naturel.

La critique anarchiste de l’autorité et de l’inégalité découle initialement de la pensée moderne et rationaliste héritée des lumières. Mais à l’ère postmoderne, depuis le milieu du XXe siècle, l’anarchisme intègre de plus en plus les critiques du progrès, de la raison, de la science, de la technique et de l’humanisme. Ces critiques sont également développées par les réactionnaires, ce qui n’est pas sans générer des tensions internes (débats sur la laïcité, la non mixité, le spécisme, l’intersectionnalité etc.). Toutefois, la critique de la modernité fait également partie de la tradition marxiste et anarchiste, dans sa critique de la révolution bourgeoise jacobine, du formalisme des droits de l’homme, de l’exploitation industrielle etc.

Maintenant que nous avons compris ce que combat l’anarchisme, voyons ce qu’il préconise pour la construction d’une société sans état, sans capitalisme et sans religion. Nous ne parlons pas encore ici de la stratégie destinée à instaurer et défendre l’anarchisme, mais de la manière dont une société anarchiste fonctionne. Toutefois, les principes antiautoritaires et égalitaires de la société anarchiste doivent pouvoir se retrouver dans la stratégie de conquête et de conservation de l’organisation anarchiste.

Pour remplacer l’organisation étatique par une organisation libertaire et égalitaire, l’état doit laisser place à la fédération des communes, des régions et des pays dans une organisation ascendante. Le principe est le même en ce qui concerne l’organisation pyramidale des entreprises. Les ateliers doivent être autogérés et les branches de métiers doivent se fédérer. Tous les métiers doivent être également valorisés par la rotation ou la spécialisation volontaire. Au niveau scolaire et familial, l’éducation doit viser l’égalité, l’autonomie, le travail coopératif, l’épanouissement de tous et toutes, la liberté d’opinion et d’expression, l’égalité des chances, etc.

Ces principes d’organisation politique, sociale et morale ne sont pas des recettes, au sens où l’invention et la diversité des approches doivent être possibles. Les difficultés sont nombreuses et, sans doute, il ne peut y avoir d’organisation parfaite. A tout moment, les manifestations d’autorité et d’inégalité peuvent resurgir et s’imposer. Cela surtout dans le cadre stratégique, dont nous allons parler, où l’usage du commandement et de la force peuvent être difficile à contourner.

Maintenant que nous avons compris quels sont les buts politiques, sociaux et moraux des anarchistes, voyons maintenant quels peuvent être leurs stratégies pour parvenir à leur fin et pour la défendre. Une première stratégie peut être qualifiée d’éducative. Elle consiste à se concentrer sur l’éducation et l’information et vise l’évolution des mentalités. C’est l’approche non violente par excellence. L’échelle est avant tout locale et concerne les modes de vie, avec la réforme de soi en priorité. La dimension est domestique et morale. Les tactiques employées ici sont la production d’ouvrages, d’affiches, les prises de parole et la production culturelle. Comme moyen de pression sont employés la désobéissance, la grève du zèle, le refus de collaborer. Ensuite, la stratégie syndicaliste se concentre sur l’organisation socio-économique de la production et de la consommation. Le principe est celui de l’autogestion de l’activité avec la prise de décision collective. Les tactiques employées sont celles des mutuelles, des conseils, des bourses du travail, des banques populaires, des grèves etc. Enfin, la stratégie insurrectionnelle, davantage politique, impose un rapport de force : manifestation, occupation, sabotage, blocage. Les tactiques utilisées comprennent la destruction matérielle, mais les anarchistes se refusent en principe à blesser ou tuer.

Ces trois stratégies ne sont pas nécessairement alternatives mais peuvent constituer des moments d’une stratégie plus globale : d’abord diffuser une idéologie, puis organiser des groupes de manière libertaire et égalitaire et enfin construire une défense entraînée, financée et équipée, c’est-à-dire un pouvoir capable de sécuriser l’organisation politique. Une société anarchiste, même pacifique, a des ennemis prêts à la détruire. Mais la stratégie doit s’efforcer d’intégrer des formes libertaires et égalitaires, ce qui peut s’avérer difficile dans les situations limites. Un commandement peut être nécessaire, ponctuellement, pour la rapidité de réaction. Dans ce cas, des précautions doivent être prises : rotation des tâches et des mandats, contrôle démocratique.

Nous avons d’abord rappelé en quoi consiste le projet anarchiste : une société sans autorité et égalitaire débarrassée de l’Etat, du capitalisme et de la religion. C’est du moins le projet formulé à la fin du XIXe siècle. Au début du XXIe siècle, ces enjeux n’ont pas disparu mais ont intégré les luttes contre le sexisme, l’homophobie, le racisme, le spécisme, le validisme, la technologie etc. Nous avons rappelé les principes propres à l’organisation anarchiste : fédéralisme, autogestion, éducation libre, étant entendu que le combat contre l’autorité ne doit pas déboucher sur un chaos, mais sur un certain type d’organisation politique social, économique et culturel – qui, d’ailleurs, peut intégrer les cultures préexistantes, pour ne pas rejouer le rouleau compresseur colonial. Enfin, après avoir défini les adversaires, en gros l’Etat, le capital et l’église, et les solutions, nous avons traité des moyens stratégiques. Il s’agit d’un travail culturel d’éducation, social d’organisation et politique de défense. C’est peut-être en ce dernier sens que le mot « stratégie » est le plus propre et, en même temps, pose le plus de problèmes, l’anarchisme préférant la diplomatie à la stratégie, l’argumentation à la ruse, la persuasion à la coercition.

Nous voyons donc qu’anarchisme et stratégie ne s’opposent pas totalement. L’anarchisme est un modèle de société précis qui cherche à se développer et se maintenir, sans quoi il faudra se contenter de la survie de groupes affinitaires, de clubs fermés, des petites chapelles où s’épuisent parfois sans compter les militantes et militants. Il ne s’agit pas pour autant de mener une campagne de conquête du pouvoir avec les techniques marketings des partis. Mais l’enjeu est tout de même de constituer une force politique réelle, quelle que soit l’échelle, capable d’offrir une  protection contre l’autorité et l’inégalité. N’oublions pas que ce que combattent les anarchistes tue à plus ou moins petit feu. Aussi les anarchistes ne peuvent se passer d’étudier la stratégie de leurs adversaires, les formes de répression, de contrôle et de propagande, pour les contrecarrer. Les organisations anarchistes doivent maîtriser leurs outils de lutte pour ne pas être condamnés à répéter les mêmes erreurs et pour s’adapter et à leur nouvel environnement. Il semble qu’un travail considérable ait été fait par l’extrême droite ces dernières décennies, souvent en étudiant les savoirs faire d’extrême gauche, lorsque l’on voit son influence aujourd’hui. Au tour à présent des anarchistes de mieux comprendre leurs adversaires conservateurs et libéraux et de redevenir influents.

Communiqué suite au 76ème Congrès de la Fédération Anarchiste

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La Fédération Anarchiste, réunie en son 76e congrès à Paris les 11 et 12 novembre 2017, a débattu de la situation politique et sociale et des enjeux de la lutte des classes.

Source: FA, novembre 2017

L’Etat « macroniste » se radicalise et accèlere le programme capitaliste mené par Gattaz, l’OCDE, le FMI et consorts, dans la continuité des gouvernements précédents.

Le capitalisme ne connait pas de frontières et la lutte pour l’émancipation doit également s’affranchir des Etats et étendre le combat révolutionnaire à l’échelle mondiale. C’est pourquoi nous développons l’Internationale des Fédérations anarchistes.

Le mouvement social et syndical peine à construire un rapport de forces et la convergence des luttes.

La strategie de mobilisation dans la rue ne remplace pas le blocage économique. Seule la grève générale reconductible peut menacer les profits et ouvrir ainsi une perspective révolutionnaire.

La Fédeération anarchiste est engagée dans ce mouvement social et syndical qui doit assumer et affirmer sa légitimité politique et opposer un projet de société en rupture avec le modèle capitaliste et du chacun-pour-soi qu’on nous impose.

La Fédération anarchiste participera de toutes ses forces au mouvement social et s’opposera a toute tentative de tutelle politique y compris celle de Mélenchon qui crée la division en portant la lutte sur le terrain parlementaire.

Notre rôle est de préserver le mouvement social de toute contamination politicienne et électorale.

La Charte d’Amiens demeure pertinente aujourd’hui ; malgré ses imperfections et ses limites, elle reste à nos yeux un outil nécessaire affirmant les principes de l’action syndicale :

  • L’amélioration continue et immédiate des conditions de travail et la transformation sociale ;
  • L’indépendance par rapport aux partis et a l’Etat ;
  • La construction de la grève générale expropriatrice et autogestionnaire qui abolira le salariat.

Notre mouvement doit également diffuser des pratiques d’auto-organisation et d’action directe. La propagande par l’exemple et les alternatives en actes sont à même de développer des pratiques en rupture avec le consumérisme et la délégation.

Les religions ont toujours été l’outil des puissants, du patriarcat et du militarisme. Au côté du Capital, elles incitent à la résignation et à l’ignorance. La Fédération anarchiste revendique haut et fort « Ni dieu ni maitre ». L’émancipation de l’humanité nécessite une lutte radicale et définitive avec l’idée de dieu.

La Fédération anarchiste appelle les individus et les groupes attachés à l’émancipation sociale a s’organiser et à oeuvrer pour une société fédéraliste libertaire et autogestionnaire, pour un monde débarrassé des classes, des religions et des Etats et toutes les dominations.

Fédération Anarchiste

Paris, le 12 novembre 2017

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Il n’y a pas de solution au sein du système, il n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !

Pour un changement radical de paradigme politico-social:

Manifeste de la societe des societes

~ Résistance 71 ~

Résistance politique: quoi de neuf sur le front… national ?

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La seule grève valide et efficace dont la simple perspective fait trembler l’oligarchie dans ses loques: La grève générale illimitée et expropriatrice… Tout le reste n’est que pisser dans un violon. Le but de cette grève doit être le changement radical de société pour parvenir enfin à la société des sociétés, finalité émancipatrice de l’humanité.

~ Résistance 71 ~

A lire et diffuser sans modération:

Manifeste de la societe des societes

L’anarchie pour la jeunesse

Errico_Malatesta_écrits_choisis

Exemple_de_charte_confederale_Bakounine

La Morale Anarchiste de Kropotkine)

petit_precis_sur_la_societe_et_letat

Appel au Socialisme (PDF)

 

Le capital décide, l’État exécute

 

Groupe Anarchiste Salvador Ségui

 

14 novembre 2017

 

Source: https://salvador-segui.org/2017/11/14/16-novembre-loi-travail/ 

 

 

Si d’aucuns n’y ont pas cru pendant les élections, il est aujourd’hui plus difficile de nier que la politique de ce gouvernement est une politique de classe. De la bourgeoisie, par la bourgeoisie, pour la bourgeoisie. Depuis cet été, les mesures proposées et votées s’attaquent aux plus fragiles (hausse de la CSG et baisse des APL, facilitation des licenciements, précarisation des relations de travail) et sont favorables aux plus riches (baisse de l’ISF). De plus, la systématisation du gouvernement par ordonnance, parfaitement légale, émaille quelque peu le vernis démocratique de la République.

Non content de creuser les inégalités et d’étaler son mépris – sous le principe très paternaliste que ceux qui ont le pouvoir l’auraient acquis de par leurs qualités naturellement supérieures, ce qui leur donnerait à la fois le droit de le garder au détriment des autres, mais également le devoir de l’exercer (au détriment des autres) –, Macron se moque ouvertement de ses administrés, « qui ne sont rien », sinon « des fainéants et des cyniques », ceux qui « foutent le bordel ».

Mais ce qui est encore plus caractéristique de cette dynamique de fond, c’est l’attaque simultanée et intraitable de toutes les solidarités, sur la lancée des politiques des gouvernements précédents.

C’est l’individualisation et la mise en concurrence des carrières professionnelles et des droits des travailleurs à travers la casse du Code du travail, laissant le salarié seul dans un un rapport très inégal face à son employeur. C’est l’affaiblissement des derniers garde-fous contre la délinquance patronale (conseils de prud’hommes, DS, DP, CHSCT, etc.). C’est l’attaque financière et morale des services publics (éducation, santé, transports). C’est une vision élitiste de l’éducation, au service des intérêts capitalistes. C’est la baisse des prestations sociales et la culpabilisation de ceux qui en bénéficient, quand ce n’est pas leur suppression pure et simple. C’est la mise en péril des associations, par la baisse des financements publics et la fin des contrats aidés, alors même que l’action sociale de proximité se décharge de l’État vers les associations. C’est la remise en question du droit syndical, en réduisant les possibilités de contestation et en ne laissant la place qu’à des structures d’accompagnement. C’est l’exacerbation d’un patriotisme nationaliste et militariste.

C’est, enfin, la criminalisation des mouvements sociaux de protestation, que ce soient les grèves, les manifestations ou les dénonciations de violences policières, où des militants sont jugés et condamnés très lourdement sous des prétextes mis en scène. Par ailleurs, la récente loi « sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme » vient appuyer la répression policière, dont les exactions jouissent au contraire d’une relative impunité.

La seule réponse que nous pouvons opposer est de renforcer nos liens, à la base, et sans attendre une aide providentielle de l’État ou du sort.

Si la confédération syndicale semble aujourd’hui l’organisation de classe la plus indiquée pour parvenir à un rapport de force susceptible de défendre les acquis sociaux et en obtenir de nouveaux, par la construction d’une grève généralisée et reconductible, encore faut-il que les syndicats se ressaisissent des principes de la charte d’Amiens : d’une part l’indépendance vis-à-vis des organisations politiques, d’autre part le double objectif d’amélioration immédiate des conditions de travail et d’ouverture à des perspectives révolutionnaires d’expropriation capitaliste et d’autogestion, sans quoi nous nous condamnerions à subir sans fin les attaques d’une classe dirigeante.

Par ailleurs, les axes et les collectifs de luttes sont multiples. La faiblesse dont ils font preuve à cause de leur éclatement, ainsi que la force dont ils font preuve malgré cet éclatement, doit nous pousser aujourd’hui à reconsidérer et confronter nos pratiques militantes pour œuvrer ensemble à la construction d’un mouvement social conséquent et cohérent, pour l’émancipation de toutes et tous.

Groupe anarchiste Salvador-Seguí

Paris, le 14 novembre 2017