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Gilets Jaunes 10ème round: Tout le pouvoir aux ronds-points !!

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Résistance 71

 

18 janvier 2019

 


Simple mot d’ordre !!

 

Nous pensons que ce célèbre poème romantique anglais
du XIX ème siècle sied à merveille au mouvement:

 

Levez-vous tels les lions après la sieste,
En nombre invincible,
Secouez vos chaînes et jetez-les
au sol comme rosée du matin,
Chaînes sur vous tombées durant votre sommeil.
Vous êtes nombreux, ils sont peu.

En anglais (mieux):

Rise like lions after slumber,
In unvanquishable number
Shake your chains to earth like dew,
which in sleep had fallen on you.
Ye are many, they are few.

~ Percy Bisshe Shelley (1792-1822) ~

 

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Gilets Jaunes 10ème round: Le peuple installe son pouvoir…

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Gilets Jaunes, gardons-nous des leurres et des subterfuges que sont le « Grand Débat » proposé par Micronus et le RIC dans son contexte étatique puisque constitutionnel.
Généralisons les assemblées populaires et le pouvoir des ronds-points comme l’ont appelé les GJ de Commercy et de Montreuil.
Entrer en palabres avec l’État et sa clique de représentants ne peut être que stérile et nous amener à la division.
Pour que vive la Commune des communes dans une société des sociétés horizontale et émancipée.

~ Résistance 71 ~

Voir aussi:
« Gilets Jaunes 10ème round: Tout le pouvoir aux Ronds-Points! »

 

 

Le “Peuple profond” installe son pouvoir

 

Philippe Grasset

 

13 janvier 2019 

 

Source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article10813

Au hasard des heures, j’ai vu quelques images et échanges des habituels convives des talk-shows de cette fin de journée, samedi. C’était désespérément plat, morne, croulant sous les redites et les sempiternelles analyses, les gémissements que nous entendons depuis des semaines, quelques vociférations fatiguées de la même indignation ahurie et désormais chuchotée (au cas où la fortune du destin les priverait de leurs maîtres en cours pour leur en désigner de nouveaux). Enfin, couvrant tout cela de l’ombre sinistre d’une grande aile noire, l’inévitable constat d’une mobilisation de plus en plus montante des GJ, après le premier samedi de rentrée qui avait démontré la vacuité de la narrative de l’“essoufflement”, et des GJ dans un désordre de mieux en mieux organisé sans perdre la vertu du désordre, évitant autant que faire se peut les violences, déployant une insoumission pacifique d’une remarquable efficacité, s’installant dans leurs domaines comme dans leurs meubles

Je me suis fait alors la remarque que nous étions en train de vivre un moment historique de plus : de voir se mettre en place une structuration extraordinaire, à la fois dépourvue de structures contraignantes et visibles, à la fois complètement libérée de ce fait et en voie d’institutionnalisation sans emprisonnement, suffisamment enfin pour manifester une légitimité désormais évidente. C’est un deuxième pouvoir, une sorte de “pouvoir des samedis” qui se met en place ; le “Peuple profond” contre un DeepState qui n’a plus rien de régalien, qui se dissout dans l’imposture comme son modèle de “D.C.-la-folle”. (C’est la raison de l’emploi de l’expression anglo-américaine installée en un néologisme comme marque de l’infamie.)

Les GJ forment désormais un pouvoir parallèle et une structure souveraine encore plus que souterraine, dont la légitimité tend évidemment à surpasser celle des autorités pseudo-“légales” ; il ne leur est même pas nécessaire de la supplanter tant les autres font bien cela, tous seuls, sans aide de quiconque… La morosité de tout l’appareil du communicationnisme de soutien, dont les nantis de la presseSystème en première ligne, est désormais la marque d’un réel découragement et la confirmation du sentiment que j’essaie ici de restituer.

Je considérerais donc, d’une façon symbolique pour le jour, que la France est entrée samedi dans une ère nouvelle. Désormais deux pouvoirs sont installés, et la façon stupide et indigne dont le nouveau pouvoir (les GJ) a été traité explique qu’il se soit radicalisé dans son essence, pour déployer toutes ses exigences, révéler sa vraie nature et s’affirmer clairement antiSystème.

La résilience et l’entêtement impassibles des insaisissables et inclassables GJ, l’espèce d’entente collective qui les meut et semble les ordonner comme en un ballet, comme si tous ces gens répondaient à un élan qui est en-dehors d’eux pour mieux les rassembler, tout cela ne cesse de me stupéfier. Les GJ, c’est tout le monde, c’est vous, c’est moi, c’est votre voisin, que sais-je encore ; et pourtant c’est un mystère, une énigme, comme une sorte de bataillon immense, sacrée et secret, venue d’un ailleurs dont on ne sait rien pour on ne sait quelle mission chargée de tant de secrets marqués du sceau du sacré… La seule certitude qui veuille bien nous habiter, c’est celle de juger que tout cela, et leur mission par conséquent, est décisif...

En face, les mots nous manquent… C’est le désordre et la confusion, la panique et la colère, la haine et l’incompréhension, et dominant le tout, comme un Empereur qui vient d’être oint de la ruse moqueuse du Seigneur, l’omniprésente Bêtise trône. La bêtise des modernes puissants et des postmodernes très-intelligents est un phénomène qui vous coupe le souffle. Passez en revue la violence policière exacerbée par la consigne de la bourgeoisie globaliste en son pouvoir de pacotille ; les boutades furieuses-monstrueuses et infantiles-impuissantes du philosophe de salon à la belle chevelure, qui voudrait bien qu’on en finisse en tirant la chasse, non pardon en tirant avec la quatrième armée du monde sur les Gilets-Jaunes ; les complots italiens de la secrétaire d’État de l’Égalité des Chances, des femmes et des hommes, et de leur Sottise bien-tempérée…

Par-dessus tout ça, l’Angelot du miracle de Noël, Jupiter tonnant des mécaniques, rappelant que la République“ c’est des droits” mais “c’est aussi des devoirs”… Cet homme est une énigme d’impuissance et de maladresse, une énigme invertie parce que sa mise à nu ne peut être qu’une catastrophe. J’arrête là, pour souffler un peu et surtout pour citer cette actrice, – surprenante incursion pourrait-on penser, – qui trouve des mots absolument appropriés pour décrire l’énigme (Isabelle Adjani, dans Elle, repris par Spoutnik-français) :

» “C’est incroyable d’être à ce point dans l’incapacité de communiquer !” […] Il y a une grande “frilosité gênée” dans [sa] façon de communiquer… Comme [s’il] refusait d’être associé, d’une façon ou d’une autre, à la frange la plus pauvre de la population. “On a l’impression qu’il ne faut pas qu’il soit touché par ça, et qu’il ne faut pas toucher à ça. Une impossibilité tactile, en tout cas avec le corps du pauvre. Il ne sait pas. Il y a là quelque chose qui est complètement en réserve et qui rend les gens fous.”

 » […Les] Gilets jaunes ne peuvent plus tolérer le discours aseptisé des politiques qui les gouvernent. “Ils ont mal, ils ont des échardes sur la langue à force d’avaler la langue de bois des politiques qui les assomment depuis des décennies”. »

Que voudrais-je dire de plus, à ce point ?

… Eh bien, ceci :la révolution s’est installée en France, sans crier gare, sans slogan ni guillotine. Elle ne la quittera plus jusqu’à ce que les événements qui doivent se faire, se fassent en vérité.

= = =

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

Gilets Jaunes… 9ème round et terrorisme d’état

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“Il faut sinon se moquer, en tout cas se méfier des bâtisseurs d’avenir. Surtout quand pour bâtir l’avenir des hommes à naître, ils ont besoin de faire mourir les hommes vivants. L’homme n’est la matière première que de sa propre vie. Je refuse d’obéir.”

~ Jean Giono ~

 

 

“Aucun État centralisé, bureaucratique et par là même militaire, s’appela-t-il même république, ne pourra entrer sérieusement et sincèrement dans une confédération internationale. Par sa constitution, qui sera toujours une négation ouverte ou masquée de la liberté à l’intérieur, il serait nécessairement une déclaration de guerre permanente, une menace contre l’existence des pays voisins. Fondé essentiellement sur un acte ultérieur de violence, la conquête, ou ce que dans la vie privée on appelle le vol avec effraction, — acte béni par l’Église d’une religion quelconque, consacré par le temps et par là même transformé en droit historique, — et s’appuyant sur cette divine consécration de la violence triomphante comme sur un droit exclusif et suprême, chaque État centraliste se pose par là même comme une négation absolue du droit de tous les autres États, ne les reconnaissant jamais, dans les traités qu’il conclut avec eux, que dans un intérêt politique ou par impuissance.”

~ Michel Bakounine, 1895 ~

 

Gilets Jaunes… De Commercy à Montreuil pour une France des Assemblées Populaires !

Gilets Jaunes: Compte-rendu de l’AG des Gilets Jaunes du Loiret du 4 janvier 2019

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« Ce n’est pas avec la désobéissance civile
que nous avons un problème… mais avec
l’obéissance civile ! »
~ Howard Zinn ~

 

Assemblée Générale des Gilets Jaunes du Loiret le 4 janvier 2019

 

Nuage Fou

 

9 janvier 2019

 

Source:

https://www.monde-libertaire.fr/?article=Assemblee_Generale_des_Gilets_Jaunes_du_Loiret_le_04_Janvier

 

Une première assemblée générale des « Gilets Jaunes du Loiret » s’est tenue le vendredi 4 Janvier à Chalette sur Loing, à l’endroit même où se déroulait le 77ème congrès de la Fédération Anarchiste au printemps dernier. La convocation s’est faite en mode propagation horizontale, par des contacts sur le terrain entre les personnes des nombreux ronds-points occupés du Loiret. Des animateurs du mouvement soucieux de faire émerger un niveau régional ont circulé pour annoncer l’événement et connaître et recruter de nouveaux activistes afin d’assurer la préparation et le bon déroulement de l’AG. Il y a effectivement beaucoup à faire et toutes les bonnes volontés semblent acceptées. Annoncée pour 19 heures, l’assemblée a réuni de l’ordre de cinq à six cents participants, peut-être plus. On trouve des participants de tous les âges, pas mal de 40 ans et plus, et à en juger par les styles vestimentaires pas ou peu de ces cadres et cadres-sups qui représentent la base électorale de Macron. Un bon tiers de femmes et à titre d’exemple, le petit rond-point de l’entrée de Nemours était représenté par une douzaine de personnes.

Une estrade meublée de quelques tables alignées fait face à des rangées de chaises, alors que sur le mur, un projecteur passe quelques planches qui introduisent les thèmes de discussion et structurent le déroulement de l’AG. Sur l’estrade ce sont huit hommes et une femme, qui assurent le déroulement de l’assemblée. Alors que chaque « coordinateur » dispose du micro assez librement pour introduire ou commenter les thèmes discutés, la prise de parole par les participants se fait simplement et sans contrôle ; il suffit de venir devant l’estrade et se manifester ou prendre la queue lorsqu’il y a du monde qui attend. Un mode FIFO – Premier Arrivé, Premier Servi. Les personnes qui parfois réagissent en hurlant dans le fond la salle sont invitées à se rendre devant l’estrade pour articuler clairement (autant que possible) leur message. Certains se déplacent alors que d’autres se désistent et se taisent ; il y a de l’écoute, bien que globalement, on assiste plutôt à une suite de monologues qu’à des échanges contradictoires sur le mode du dialogue. Chacun expose ses vues. Malgré une organisation un peu bricolée sur le pouce, au fil de son déroulement, pas de prise de pouvoir des organisateurs, et le souci de laisser chacun s’exprimer sans censure. 

Actions directes et répression

Le contenu des débats oscille entre un ordre du jour bien préparé par les organisateurs et des prises de paroles individuelles de l’assemblée, pour certaines structurées, soucieuses de mettre en avant des propositions ou analyses, et d’autres plus viscérales, telle ou tel venant à l’estrade pour y prendre le micro et soulager sa colère en la partageant avec l’assemblée. Ces sorties sont de l’ordre du cri, de la révolte, contre le gouvernement, contre sa politique, et contre la répression qui s’abat de plus en plus durement sur les gilets jaunes, soit en manifestation, soit de façon beaucoup moins médiatisée sur chacun des ronds-points occupés.

Les réactions à la répression du mouvement sont nombreuses, et en particulier – et cela n’étonnera personne – contre la brutalité de la répression policière, que de nombreux Gilets Jaunes découvrent à l’occasion du mouvement, mais aussi contre la montée en puissance des actions judiciaires à l’encontre de l’action directe. Ce mouvement qui est non parlementaire, non partisan, non électoral et n’est pas encadré par des organisation ayant intérêt à s’approprier des négociations, met l’action directe au cœur de ses modes d’actions, avec au centre, l’occupation – illégale – des ronds-points. Après plusieurs semaines de sidération, l’Etat a commencé à cibler judiciairement les occupants des ronds-points ainsi que les militants engagés dans des actions illégales.

Un appel à eu lieu pour soutenir les neufs inculpés pour le murage aux parpaings du centre d’impôts de Montargis. Leur procès pour « dégradation de biens publics » doit s’ouvrir le 3 avril prochain.

Afin de garder l’initiative et prendre de vitesse policiers et gendarmes qui surveillent les sites FB, il est proposé et décidé que les appels à action ne mentionnent plus que le lieu et les dates et heures des rassemblement. Les actions faites ou proposées vont du blocages de routes et de points d’accès aux centres logistiques, aux manifestations devant les préfectures, les banques ou les centres des impôts. La communication bienveillante avec la population, qui continue de soutenir très massivement le mouvement – son mouvement – sans toutefois s’y impliquer directement, est considérée comme très importante, avec la promotion d’actions symboliques ou non-violentes et qui ne nuisent pas à la population: lâcher de ballons jaunes dans les centre villes, diffusion de tracts expliquant les lois devant les centres Pôle Emploi, les banques, les MacDo, sur les marchés, ou encore la participation massive aux conseils municipaux. Suite à une action de participation citoyenne au conseil, le maire de Montargis a décrété un huit-clos. N’étant pas ou peu prisonnier de formes d’actions traditionnelles qui faudrait répéter ou réactiver, on constate – avec le plus grand plaisir – que l’imagination est au pouvoir et il y a une réelle créativité. Un Gilet jaune a, par exemple, mis l’Élysée en vente sur Le Bon Coin.. 

Des luttes spécifiques

On note également la parole donnée à des associations mobilisées pour des causes spécifiques. Deux d’entre elles ont pris la parole: l’une lutte contre la pédophilie sur l’Internet et l’autre contre le trafic d’organes. A priori peu de rapport avec les Gilets Jaunes, sauf peut-être le partage d’une lutte contre une forme d’horreur insupportable… chacune émeut la salle en décrivant l’horreur contre laquelle elle se bat et le peu de soutien, voire les coups, qu’elle reçoit de l’Etat. Plus directement connectée à l’histoire du mouvement, le collectif d’action directe Orléanais « Action Non Violente COP21 », dont depuis 2015 les membres endossent le gilet jaune, font un discours sur l’aéroport subventionné par le Conseil Régional et détaillent l’absence de taxes sur le kérosène utilisé par les avions au service de la mondialisation du commerce et des loisirs des plus aisés – un des sujets « écolos » révélé au grand public par le mouvement des gilets jaunes. Ils rappellent que la COP21 qui a réuni la totalité des pays moteurs de la mondialisation aurait pu, si elle l’avait voulu, décider de taxer ce kérosène ainsi que le fioul qui propulse sur les mers les porte-containers, l’infrastructure marine de la mondialisation. Le discours se conclue par l’annonce d’un appel prochain pour bloquer l’aéroport subventionné contre leur gré par les impôts de Gilets Jaunes. Les handicapés sont également représentés, avec un discours sur la dureté de leur condition et le peu d’intérêt de l’état pour les plus démunis d’entre eux. Il est vrai que l’on voit des fauteuils roulants sur nombre de ronds-points.

Trois thèmes nationaux

Trois thèmes d’ordre national ont été débattus: la « Consultation Nationale » annoncée par E. Macron dans son discours, les Élections Européennes à venir, et le RIC – Référendum d’Initiative Citoyenne. 

Pour la « Consultation » c’est essentiellement un grand scepticisme qui s’est manifesté. Elle est perçue comme un enfumage, une tactique de démobilisation visant à reprendre l’initiative perdue, occuper durablement le terrain tout en affichant une forme d’ouverture bienveillante, le temps de déployer efficacement et massivement l’autre tactique, juridico-policière, destinée à faire taire par la force les gilets jaunes les plus motivés. Donc essentiellement un appel à la méfiance, si ça n’est au boycott. 

Pour le second thème, les élections européennes, le débat tourne autour d’un éventuel vote pour une liste Gilets Jaunes. En introduction, il est annoncé qu’il y aura au moins une liste se réclamant des Gilets Jaunes (il semble que Florian Philippo, l’ancien leader du Front National ait déposé la marque…). On sent que la tribune est moins en accord avec l’assemblée, en particulier un intervenant, présenté comme « parisien » qui explique trop longuement que voter est « un droit », est nécessaire, que ne pas voter c’est voter Macron, etc. etc. La mayonnaise ne prend pas, l’assemblée est massivement contre une telle liste et contre le vote. En complément un jeune participant prend longuement et vigoureusement le micro pour inciter l’assemblée à se mobiliser sur la reconnaissance du vote blanc, et en particulier à son utilisation pour invalider des élections où il serait majoritaire. 

Le RIC 

Dernier thème traité, le RIC suscite une adhésion quasi unanime, à part celle du « parisien » (à la pensée complexe) qui tente justement de présenter la complexité d’un tel référendum. Sur la planche projetée au mur, le RIC est techniquement présenté comme un simple ajout à l’article de la constitution relatif aux modalités par lesquelles le peuple souverain exprime ses volontés. Pour l’assemblée, il est perçu comme l’arme par laquelle un peuple qui depuis des décennies a vu sa souveraineté confisquée par une toute puissante et arrogante oligarchie politico-financiaro-médiatique, la recouvrerait soudainement. L’outil lui permettrait de reprendre l’initiative : décider de lois, contrôler et éventuellement démettre les élus, invalider des décisions indûment prises par des parlementaires soumis à la botte du gouvernement ou à la soupe des lobbies, ou encore décider de la validité de traités internationaux qui engagent le pays et restreignent son autonomie décisionnelle. En toile de fond, et treize années plus tard, on sent dans la salle que l’ombre du « NON » au référendum de 2005 sur la constitution européenne reste très présente. La décision citoyenne prise en dépit des menaces des « économistes » et du pilonnage médiatique en faveur du « oui », a été piétinée par Nicolas Sarkozy et, sur le moment, sans grande réaction populaire. Mais elle pèse lourdement ; les gens de rien ont quand même de la mémoire, et le vase de Pandore est plein à ras bord de dénis de justice et de démocratie ; maintenant qu’il est ouvert, il se déverse. La revendication du RIC résume à la fois le fondement de ce mouvement : reprendre l’initiative et la conserver, et son évolution express, en six semaines : pour ne pas subir des lois injustes il faut les définir soi-même. Parti d’une simple revendication économique apparemment anecdotique – une taxe de trop sur l’essence – et se politisant au fil de son essor, le mouvement a réalisé l’ampleur et la complexité des réformes à apporter pour inverser les fondamentaux de la gestion du pays. Plutôt qu’une courte liste de revendications vitales, ou à l’opposé, qu’une liste potentiellement infinie et contradictoire de revendications particulières, la proposition consensuelle est de redonner aux citoyens, non plus « la parole », mais tout à la fois l’initiative et la décision pour les fabrication des lois et le contrôle de ses représentants. Réactiver la démocratie en retournant à sa source, la démocratie directe. 

Deux grands absents

Pour conclure, quelques mots sur le sujet de la représentation du mouvement et de la difficile coordination des initiatives locales. Une méfiance radicale de la représentation continue d’irriguer ce mouvement parti de la base et qui entend continuer de se diriger de lui-même. Les organisateurs de l’AG se présentent comme des facilitateurs et sont très en retrait ; lorsqu’ils se présentent ils prennent grand soin d’indiquer qu’ils ne représentent personne. Alors que le terme de « mandaté », pourtant classique dans le cadre de cette problématique, est absent, on trouve pléthore de mots utilisés pour éviter celui de « représentant », un mot qui fait bondir l’assemblée. Ainsi, B…, lors de sa première prise de parole, indique qu’elle n’est que la « porte-voix » de son groupe, qu’elle aucun pouvoir, n’en veut surtout pas, qu’elle est révocable à tout moment et que cela lui convient parfaitement. 

De fait, il y a du leadership et des leaders, en particulier ceux qui ont pris l’initiative de cette nécessaire assemblée régionale, mais deux phénomènes d’égale importance empêchent leur transformation en chef. La population des Gilets Jaunes a un tel sentiment de s’être fait manipuler depuis des décennies par des « représentants démocratiquement élus » qu’aucun leader n’ose en endosser, ni le titre, ni le rôle ; il se ferait réduire en poudre (de perlimpinpin). De façon complémentaire, la nature émergente du mouvement, totalement décentralisé et composé de centaines ou de milliers de groupes autonomes et autogérés, fait qu’il n’y a pas (encore?) de procédure de légitimation de leader/représentant/délégué/mandaté/etc. acceptée par un nombre suffisant de groupes pour être valide et s’imposer au niveaux régionaux ou national. A ce stade c’est la capacité individuelle de leadership conjuguée à une implication très réelle et visible dans l’occupation physique des rond-points et lors les actions, qui produit et légitime des figures à même de partager et propager des propositions et des décisions au-delà de chaque micro-communauté. 

Derniers mots sur les accusations de beaufisme, racisme, antisémitisme, etc. utilisés entre autres par le gouvernement pour dénigrer le mouvement. On ne peut pas bien sûr ignorer la présence active des militants et sympathisants du RN au sein du mouvement des gilets jaunes ; c’est un fait. Pour être plus catégorique, il faudrait consulter le travail des géographes qui analysent les cartes du vote FN et celles de la mobilisation des Gilets Jaunes. Mais, et seuls à titres d’exemples, on sait que c’est le cas par exemple sur le rond-point Cacahuètes, comme l’a noté un compagnon de Montargis, ou encore dans la région Lyonnaise où des groupes identitaires sont très actifs. Ces frontistes étaient donc nécessairement présents au sein l’assemblée, mais en mode silencieux. A un moment, lors d’un bref échange sur le pouvoir des banques, on a entendu une voix stridente hurler contre les « sionistes », mais elle s’est tue aussitôt et n’en entraîné derrière elle ni approbations ni applaudissements – Flop. Aucune thèse raciste ou anti-migrant n’a été soutenue, proposée au débat ou même criée anonymement du fond de la salle. 

De façon intéressante – et peut-être symétrique – on peut noter un autre grand absent dans l’imaginaire convoqué pendant les discussions de cette AG, c’est le capitalisme et l’idéologie néolibérale qui le soutient. Les innombrables critiques ou invectives se focalisent sur les personnes, essentiellement les acteurs politiques les plus visibles – le président, son gouvernement, la « représentation » – mais on voit peu apparaître les commanditaires et pas du tout l’idéologie, soit parce que le moment n’est pas théorique, ou par manque d’une solide culture politique, soit plutôt parce qu’une telle critique, nécessairement radicale risquerait de promouvoir au sein du mouvement une image « gauchiste », voire extrême-gauchiste. Une bonne partie de l’assemblée ne s’y reconnaîtrait probablement pas, en particulier la frange des artisans, petits entrepreneurs et employés du care ou du tertiaire qui fournit au mouvement une partie substantielle de ses acteurs. On peut interpréter ce double silence très présent au sein du débat par le fait que tant l’extrême-droite que l’extrême-gauche ou les libertaires retiennent leur parole, afin de ne pas nuire à leur intégration dans un mouvement qui ne les accueillerait pas en tant que tels. Ils se réservent pour accompagner, le moment venu et dans l’action concrète, la mutation en cours d’une révolte sociale en contestation politique, un instant disponible pour basculer et prendre telle ou telle orientation. 

Une dernière remarque… malgré quelques appels minoritaires à l’armée pour « mettre de l’ordre » dans le pays, le refus fondamental et ancré dans la durée d’une verticalité, qui priverait à nouveau les nofaces de visage et de voix les novox, est une problématique peut-être inédite pour la récupération du mouvement à court terme par une extrême-droite dont le culte du chef est une, si cela n’est la, valeur fondamentale.

Un rajout à l’article reçu : 

Lundi 14 janvier 2019 Emission « trous noirs » de 16h à 18h sur Radio libertaire : Luttes sociales

« Chaud, chaud, lʼhiver sera chaud ! », Jupiter craint lʼ« annus horrribilis » qui sʼannonce, fustige ceux qui ne sont « que les porte-voix dʼune foule haineuse », encourage ses forces du désordre à évacuer les points de blocage, afin de rafistoler un État qui nʼest pas de droit, mais de guingois. Autour des ronds-points, ces « ZAD du pauvre », plusieurs directions divergentes sʼouvrent, dont celle des Gilets Jaunes de Commercy appelant à une grande réunion nationale des comités populaires locaux le 26 janvier : « Ensemble créons l’assemblée des assemblées, la commune des communes, c’est le sens de l’histoire, c’est notre proposition ».

Lʼhiver des métamorphoses ? sʼinterroge Freddy Gomez, notre invité avec Samuel Hayat, Les Gilets jaunes, lʼéconomie morale et le pouvoir, avec Patrick, muni de ses armes de dérision massive sur le rond-point de Nemours, une chanson et sa guitare, et avec Mohamed, animateur de l’émission La santé dans tous ses états.

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

Gilets Jaunes: Ne pas succomber aux chants des sirènes…

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Résistance 71

 

7 janvier 2019

 

8ème round à grand succès pour le mouvement des Gilets Jaunes qui a regagné samedi dernier un gros taux de participation partout dans le pays et la propagande des larbins ne sait plus que faire pour falsifier les estimations ; peu importe, la participation ne peut à partir de maintenant, qu’augmenter à la vue de la seule réponse visible et irrémédiable d’un État aux abois, très proche de KO debout, comme certains cerbères ont pu le ressentir sur un certain pont de Paris: la violence et la surenchère dans la violence.
A ce sujet, il nous faut bien comprendre que tout peuple sous le joug d’un État, donc d’un pouvoir coercitif (à des degrés différents certes selon les endroits, mais coercitif quoi qu’il en soit), est en état de légitime défense permanente devant la violence économique et sociale employée, non-stop, par les institutions de tout poil. Les peuples opprimés, dont le peuple français fait partie, ont un droit naturel à leur défense qui ne peut donc être que légitime.

Néanmoins, les tentatives de cooptation et de récupération du mouvement ne vont faire que redoubler et en cela, le pire ennemi du mouvement des Gilets Jaunes… est lui-même, si une frange de celui-ci, celle qui veut en croquer du système, participer à la classique mascarade et piège étatique sous la forme d’un regroupement bidon en parti politique et/ou de création de listes électorales pour les « européennes », voire les « municipales », prend de l’ampleur grâce à la propagande des merdias qui ne manquent pas de lui donner audience. Le chant des sirènes politiques est mielleux, sirupeux et trompeur à souhait. Comme Ulysse et son équipage, nous devons garder la cap de notre rafiot, nous attacher au mât et ne succomber en aucun cas aux chants de ces sirènes, qui ne veulent que notre destruction.

Gilets Jaunes ! L’émancipation de notre société de la fange étatico-capitaliste vers une société libre et égalitaire ne se fera que par et pour nous-mêmes, rien ni personne d’autre ne le fera pour nous. Méfions-nous en permanence de ces incessants chants tentant de nous hypnotiser, écartons-nous de l’illusion démocratique, de ce miroir aux alouettes proposé qui ne fera, comme toujours, que profiter à termes, une infime portion du mouvement, choisie par le système pour le ruiner de l’intérieur au profit de l’oligarchie au pouvoir.

Rappelons-nous que voter au sein du système, c’est abdiquer, voter c’est se soumettre à la dictature de la division politique induite de la majorité et consolider, renforcer nos chaînes. Voter, c’est pisser dans un violon et céder au muselage universel !

Il n’y a pas de solutions au sein du système, il n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir. Qu’on se le dise !

Nous, le peuple, devons avancer d’un bloc, ensemble, par-delà les antagonismes induits qu’on nous rappelle sans cesse afin de nous diviser pour mieux faire régner l’oligarchie mortifère. L’heure est venue de court-circuiter le système et ses institutions obsolètes par les Assemblées Populaires de ronds-points, de quartiers, de communes, de lieux de travail. Suivons l’appel des Gilets Jaunes de Commercy dans la Meuse. Prenons les décisions nous-mêmes.

Non à la délégation au sein du système corrompu et moribond… Oui aux communes libres et à la Commune des Communes, outil fonctionnel de la Société des Sociétés.

Ci-dessous quelques textes essentiels pour nous aider à garder le cap et nous prévenir du chant des sirènes..

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

Club des Gilets Jaunes de Montreuil (93): Discussion sur la France des sections et des communes, clubs dans le révolution française…

Posted in actualité, altermondialisme, gilets jaunes, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 5 janvier 2019 by Résistance 71

En amuse-gueule pour celles et ceux qui pourront participer à cette assemblée et aussi pour tous ceux qui désirent en savoir plus sur le sujet, nous avons compilé et republié certains textes ayant trait à cette période de la révolution française (1791-1794), qui fut sans doute la seule période où le peuple organisé influa sur les destinées internes du pays avant d’être écrasé dans le sang par les jacobins et leur révolution bourgeoise capitaliste. La France des sections, auto-organisée depuis les communes a fait trembler le pouvoir bourgeois installé aux commandes depuis 1789. Cette France représentant le souffle révolutionnaire réel, qui fut étouffée par le pouvoir coercitif de l’argent personnifié dans l’état-nation bourgeois pour nous donner ce que nous vivons au quotidien, ne demande qu’à ressurgir aujourd’hui… Aidons-là!

A (re)lire et diffuser sans modération:

JP-Marat_Les_chaines_de_lesclavage_Ed_Fr_1792 (ce texte fut initialement publié par Marat en 1774 soit 15 ans avant la révolution, le texte présenté ici en PDF est la version de la réédition de 1792)

Les_amis_du_peuple_révolution_française

JP_Marat_625numéros_de_L’ami_du_peuple

~ Résistance 71 ~

 


La France des Sections

 

1ère séance du club des GJ de Montreuil (93), Sophie Wahnich sur la révolution française et la France des sections, des clubs et des communes

 

Paris-Luttes Info

 

3 janvier 2019

 

Source: 

https://paris-luttes.info/1ere-seance-du-club-gj-montreuil-11403?lang=fr

 

Pour entamer son cycle de rencontres, le Club des Gilets jaunes de Montreuil accueillera l’historienne de la Révolution française Sophie Wahnich qui reviendra sur l’histoire des sociétés populaires au cours de la Révolution française (sections, communes, clubs, etc).

« Société populaire, réinvention, acte I »

– RDV le vendredi 11 Janvier 2019 à la Parole errante 9, rue François Debergue M°Croix de chavaux

Pour entamer son cycle de rencontres, le Club des Gilets jaunes de Montreuil accueillera l’historienne de la Révolution française Sophie Wahnich qui reviendra sur l’histoire des sociétés populaires au cours de la Révolution française (sections, communes, clubs, etc).

Il s’agira par là d’arracher cette histoire insurrectionnelle à la contre-révolution libérale et nationaliste qui l’a tronquée, démoralisée et capturée en la mettant au service du grand récit de l’ordre. L’occasion de réveiller les imaginaires, de travailler les écarts avec la situation présente, et peut-être de concevoir des formes de traduction entre hier et aujourd’hui.

L’exposé de Sophie Wahnich devrait graviter autour des questions suivantes : quelles étaient les dynamiques et les tensions qui travaillaient ces sociétés populaires ? Comment le pouvoir en leur sein a-t-il été confisqué par quelques-uns ? De quelle manière les femmes ont-elles fait irruption sur la scène publique ? Que recouvrirent les termes d’« étranger » et de « français », au gré des évènements et des positionnements ? Quel rôle a joué la déclaration des droits dans l’action populaire ? Comment l’usage nécessaire de la violence a-t-elle été tout à la fois encouragée et limitée ?


En deçà du contenu des discussions, l’enjeu de ce club est de parvenir à tenir dans la durée une double exigence :

1° Affirmer et vérifier la capacité de n’importe qui à prendre part à la formulation des problèmes et à l’expérimentation des solutions.

2° Tenir ensemble, à distance de toute exercice scolaire, l’intelligence du moment politique présent, et les logiques d’organisation et d’action collectives.

Ce qui appelle tout un chacun.e à la plus grande attention pour que cette double exigence soit respectée et maintenue vivante.

En préparation de la venue de Sophie Wahnich, une séance d’arpentage se déroulera vendredi 4 Janvier, à 19h30 à la librairie Michèle Firk (9, rue François Debergue) à Montreuil.

Elle consistera à lire et échanger par petits groupes sur des extraits du livre « L’intelligence politique de la révolution française » de Sophie Wahnich (Éditions Textuel), puis à partager ce que les uns et les autres ont compris lors d’un échange en plénière.

Manière de mettre au travail en amont la pensée de Sophie Wahnich tout autant que de mettre chacun en situation de réfléchir, de s’exprimer et de construire un espace commun.

D’autres rendez-vous du club devraient être prochainement annoncés…

Gilets Jaunes: 2ème Appel de Commercy (Meuse) pour une Assemblée des Assemblées le 26 janvier 2019…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 30 décembre 2018 by Résistance 71


Le 1er Appel de Commercy

 

Bonjour

2ème Appel des Gilets Jaunes de Commercy : assemblée des assemblées à Commercy.

 

 

Si vous êtes intéressés par notre démarche, relayez cette vidéo et ce message en masse.

Nous proposons que  l’assemblée des assemblées se tienne le samedi 26 janvier à 14h à Commercy ou environs.

Ordre du jour et modalités pratiques à venir sur notre page Facebook  » Les Gilets Jaunes de Commercy  » (https://www.facebook.com/Les-Gilets-Jaunes-de-Commercy-440617629803047/?ref=br_rs)

Inscription et remarques à adresser sur giletsjaunescommercy@gmail.com

Hébergement possible sur demande.

N’hésitez pas à nous contacter si possible avant le 13 janvier 2018

Solidairement,

Un Gilet Jaune de Commercy

Notre page Facebook

Notre chaîne YouTube

Notre adresse:

La cabane des gilets jaunes
Place Charles de Gaulle
55200 COMMERCY (FRANCE)

= = = Fin de communiqué = = =

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