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Effondrement systémique: Séisme politico-social au Liban (Réseau Voltaire)

Posted in actualité, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , on 27 octobre 2019 by Résistance 71

La décrépitude du système étatico-capitaliste est entrée en phase terminale. Le plus important: Arrêtons de vouloir écoper un Titanic voué à couler et concentrons nous sur la reprise du pouvoir décisionnaire pour remettre en place une société de l’être générique en larguant à tout jamais la société de l’avoir parasitaire et inégalitaire qui nous a été imposée depuis des siècles. Elle n’est en rien inéluctable, il suffit de dire NON ! et d’agir en conséquence, ensemble et pour le bien commun dans la jouissance de la satiété collective achevée en paix avec nous-mêmes et la Nature.
Il n’y a pas de solution a sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! Qu’on se le dise !…

~ Résistance 71 ~

 

Les Libanais prisonniers de leur constitution

 

Thierry Meyssan

 

21 octobre 2018

 

url de l’article original: 

https://www.voltairenet.org/article208011.html

 

Depuis cinq jours, le Liban est le théâtre d’émeutes et de manifestations gigantesques qui paralysent le pays. Il est presque impossible de circuler, toutes les routes étant coupées. Le mouvement s’est rapidement étendu à l’ensemble du pays. Présent sur place, Thierry Meyssan a pu constater qu’il n’était absolument pas spontané. Selon lui, le groupe qui a initié les émeutes n’accepte pas le changement de paradigme de la politique régionale. Les Libanais, quant à eux, tentent de se révolter contre un système constitutionnel dont ils sont prisonniers.

Depuis plusieurs mois, les États-Unis enjoignent aux banques libanaises de couper les relations entre le Hezbollah et la diaspora chiite, notamment en Afrique. Les finances du Parti de Dieu proviennent pour la plus grosse moitié de dons de la diaspora et pour une plus petite moitié de l’Iran. En agissant ainsi, le département du Trésor US espérait contraindre le Hezbollah à devoir passer sous les fourches caudines iraniennes et à se rebeller contre lui. Il s’agissait de créer une situation comparable à celle qui avait prévalu durant la guerre de Bosnie-Herzégovine, lorsque le Pentagone finançait le Hezbollah et l’a considéré à tort comme un simple proxy. Le parti avait cherché d’autres sources de financement et rompu définitivement avec Washington.

Cette politique a cependant eu comme effet collatéral de déséquilibrer les banques libanaises. Le produit intérieur brut du Liban (agriculture et tourisme) est extrêmement faible. La dette publique est évaluée à plus de 86 milliards de dollars, soit plus de 150 % du PIB. Les fonds considérables déposés dans les banques libanaises proviennent avant tout du blanchiment des revenus des drogues latino-américaines. L’association des banques libanaises répartit entre ses membres, y compris des agents du Hezbollah, les profits des cartels autorisés par Washington qui structurent la vie politique dans de nombreux États latino-américains. Pour interdire au Hezbollah de profiter de cette manne, le département US du Trésor a coupé les versements en dollars à l’ensemble des banques libanaises.

L’économie libanaise est largement dollarisée. Tous les commerces acceptent indistinctement des dollars ou des livres libanaises. Cependant, en moins d’un mois, les dollars sont devenus une denrée rare. De nombreuses banques ont fermé leurs guichets. Les retraits d’argent, y compris en livres libanaises, ont été limités.

Par voie de conséquence, pour éviter une dévaluation que le pays n’a pas connu depuis 1997, le gouvernement et le parlement ont voté de nouvelles taxes que la rue a immédiatement rejetées. Depuis la fin de la colonisation française, le pays est constitutionnellement divisé en 17 communautés ethnico-religieuses qui, depuis la fin de la guerre civile, se partagent les fonctions publiques selon un système de quotas. Cette organisation favorise la corruption et empêche tout mouvement social. Pendant douze ans, de 2005 à 2017, le Liban fut le seul État au monde à ne pas avoir de budget. Il est matériellement impossible de savoir ce qu’est devenu l’argent du pays.

En 2016, une révolte transcommunautaire avait éclaté face à l’absence de services publics et particulièrement au non-stockage et non-ramassage des ordures. Les choses ont évolué positivement sur le terrain, mais ont été enterrées politiquement. Le pays n’a toujours d’électricité que 12 heures par jour et pas d’eau courante. Il est vite apparu à tous que tant que le Liban serait gouverné par ses communautés, il ne parviendrait pas à résoudre ses problèmes, mais la réforme de la loi électorale est restée superficielle et n’a pas profondément changé la donne. Elle a été bloquée par les puissances occidentales, dont Israël, qui craignaient, à juste titre, une élection massivement favorable au Hezbollah. Mais la tutelle occidentale n’est plus à l’ordre du jour.

La révolte qui a débuté le 17 octobre 2019 reprend les thèmes de la crise des ordures de 2016. Contrairement à ce que prétend la presse internationale, elle a été planifiée : l’armée, qui avait été prévenue, s’était déployée la veille sur tout le territoire ; les émeutiers qui ont dressé des barrages de poubelles partout dans le pays étaient, et sont toujours, reliés par téléphone à un ordonnateur central. Sur de nombreuses barricades, ils sont contenus par la police, mais dans d’autres endroits ils sont au contraire aidés par les policiers favorables à l’Arabie saoudite. Seule, pour le moment, l’armée reste neutre.

Très vite, les émeutes de quelques-uns ont laissé la place à une révolte généralisée de toutes les communautés et de toutes les classes sociales, comme si les Libanais n’attendaient que l’occasion pour s’exprimer.

Les manifestants ont réclamé la démission des trois présidents : celui de la République (chrétien), le général Michel Aoun, celui du gouvernement (sunnite), Saad Hariri, et celui du parlement (chiite), Nabih Berry. Ils réclament de nouvelles élections générales qui ne changeront rien, tant que l’on n’aura pas modifié la loi électorale. Depuis le départ de la Force syrienne de paix, en 2005, inlassablement le pays se mord la queue.

La donne politique a pourtant changé ce qui explique cette révolte. Le président du gouvernement, Saad Hariri, était jusqu’ici l’homme de Riyad. Mais en novembre 2017, il fut arrêté à son arrivée en Arabie saoudite et tabassé en public sur le tarmac. Soumis aux mêmes conditions d’incarcération que les autres membres de la famille royale (Saad Hariri est le fils illégitime d’un prince du clan Fadh), il fut retenu prisonnier jusqu’à ce que le Hezbollah proteste et le président Michel Aoun menace de saisir le Conseil de sécurité. Libéré, il a vite pris ses distances avec l’Arabie saoudite pour se rapprocher du Hezbollah et du président Aoun. Il avait pourtant, durant une décennie accusé le Hezbollah et ses alliés d’être impliqués dans l’assassinat de son père, Rafiq Hariri.

Les Forces libanaises de Samir Geagea (chrétien maronite) ont retiré leurs quatre ministres du gouvernement, demandé la démission du Premier ministre et, ce qui est contradictoire, réclamé la constitution d’un cabinet de technocrates. Il est possible que le Parti socialiste progressiste de Walid Jumblatt (druze) agisse de même. Ces deux partis sont intiment liés aux États-Unis et à l’Arabie saoudite.

Surtout, le Proche-Orient est en pleine mutation. Les États-Unis retirent leurs troupes de Syrie et bientôt du Qatar. La Russie apparaît à la fois comme le faiseur de paix et le technicien de l’exploitation pétrolière. Les clans libanais liés à Washington n’acceptent pas cette évolution et, au travers de ces manifestations contre la corruption générale, menacent leurs rivaux de ne pas couler tous seuls.

Le Hezbollah a été le premier à venir au secours de ses alliés. Son secrétaire général, sayyed Hassan Nasrallah, s’est immédiatement opposé à des élections générales sans changement de la loi électorale. Saad Hariri a annoncé un ambitieux programme de réforme économique sur lequel tout le monde est d’accord, mais que jusqu’à présent personne ne voulait implémenter. Les quatre partis de la coalition gouvernementale devraient l’accepter. Il comprend la réduction de moitié des salaires mirobolants des anciens ministres et des anciens députés, la levée du secret de leurs comptes bancaires et la lancée de poursuites judiciaires contre ceux qui se sont enrichis aux frais de l’État. Mais on peut douter que ce programme soit appliqué par Saad Hariri lorsqu’on sait que son père fut l’un des premiers bénéficiaires de ce système. Mais ce ne fut pas grand-chose comparé aux sommes détournées par l’ancien Premier ministre, Fouad Siniora, qui a pris la fuite, il y a trois jours. Au-delà de la lutte contre la corruption, les mesures annoncées par le Premier ministre touchent tous les secteurs de la société des prêts au logement à la suppression du ministère de l’Information.

Toutefois le problème restera entier tant que l’on ne changera pas la loi électorale. Depuis plusieurs années, beaucoup suggèrent une remise du pouvoir à l’armée, seule capable de casser le système confessionnel français. Celle-ci est composée de soldats principalement chiites et d’officiers principalement chrétiens.

Surveillance et totalitarisme technologique… Comment Nasrallah nargue les services de renseignement mondiaux…

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« En réalité, le Hezbollah est originellement un réseau de Résistance chiite à l’occupation israélienne du Liban. Il a successivement été armé par la Syrie puis, après le retrait de la force syrienne de maintien de la paix au Liban en 2005, par l’Iran. Il n’a jamais eu comme objectif de « jeter les juifs à la mer », mais au contraire, il ne cesse d’affirmer son intention d’établir l’égalité en Droit pour tous. »
~ Thierry Meyssan (juin 2019) ~

 

 

Comment H. Nasrallah nargue les services de renseignement mondiaux

 

Al Manar

 

Janvier 2019

 

url de l’article: http://french.almanar.com.lb/1230319

 

Le chef du Hezbollah Sayyed Hassan Nasrallah a nargué les services du renseignement mondiaux, notamment ceux d’Israël, à l’affut de ses moindres faits et gestes, lors d’une interview de trois heures diffusée par la chaîne Mayadeen TV samedi.

Nasrallah a montré qu’il possède la capacité technique requise pour se faire interviewer en direct pendant tout ce temps sans crainte d’être détecté.

Plus important encore, Nasrallah a montré qu’il peut recevoir des messages électroniques au moyen d’une connexion internet à proximité, ce qui lui permet de répondre à des questions et d’obtenir des nouvelles de dernière heure de partout dans le monde.

C’est une indication claire que Nasrallah fait confiance à la compétence technique du Hezbollah, qui est capable de bloquer tout signal d’interception et assez efficace pour aveugler tous les services du renseignement locaux ou internationaux qui cherchent à le localiser.

Le Hezbollah semble posséder des capacités électroniques supérieures à celles de nombreux pays du Moyen-Orient et d’ailleurs. Ce qui est inhabituel, c’est que Nasrallah les a montrées à la face du monde, en ligne, à des dizaines de milliers de personnes qui ont regardé l’interview.

La capacité électronique du Hezbollah n’est pas nouvelle. Israël a tenté d’intercepter physiquement ses réseaux fixes à fibre optique et d’intercepter électroniquement les téléphones portables de bon nombre d’officiers et de dirigeants du Hezbollah. Les capacités d’interception d’Israël ont permis par le passé à l’armée israélienne de s’introduire dans le réseau téléphonique du Hezbollah et d’y découvrir tout un réseau de connexions qui a entraîné la destruction de centaines de maisons, bureaux et bases du Hezbollah pendant la guerre de 2006.

Ce n’est pas un secret qu’en interceptant un téléphone portable, il est possible d’en identifier d’autres dans un même lieu et de créer une liste des numéros IMEI, même si l’utilisateur a changé de carte SIM tout en gardant le même numéro de téléphone portable.

Le Hezbollah a reconnu l’erreur de ses membres et a lancé un sérieux avertissement à tous ses membres et dirigeants en leur interdisant d’apporter un téléphone portable au travail. L’inobservation de ces instructions a été à l’origine d’une bonne partie de la destruction que le Hezbollah a subie pendant la guerre de 2006.

À la même époque, le Hezbollah s’est servi de la même technologie existante pour intercepter et capturer des espions. En 2006, le Hezbollah a tendu une embuscade aux Forces d’opérations spéciales (FOS) israéliennes en créant une fausse piste signalant la présence d’un de ses principaux dirigeants parmi les plus recherchés à al-Rasoul al-A’zam, sur la route menant à l’aéroport de Beyrouth. Un des membres présents a révélé à la dernière minute le plan qui aurait entraîné la mort et l’arrestation de nombreux soldats des FOS.

Quelques années plus tard, le même espion est tombé dans son propre piège, en utilisant maladroitement son téléphone portable. La carte SIM qu’il utilisait pour communiquer avec Israël a été interceptée par le Hezbollah après qu’il l’eut insérée, par mégarde, dans son appareil libanais. Il a tôt fait de réaliser son erreur, mais pas assez vite pour s’enfuir en Israël. La capacité du Hezbollah lui a permis d’arrêter de nombreux espions, dont l’identité de certains n’a pas été révélée publiquement.

Loin de se terrer, comme la propagande israélienne a cherché à le dépeindre après la guerre de 2006, Sayyed Nasrallah n’a pas hésité à parler en toute confiance installé dans un appartement élégant. En fait, Sayyed Nasrallah a rencontré des politiciens locaux, des responsables régionaux et d’autres dirigeants du Hezbollah dans divers appartements à Beyrouth, mais jamais les mêmes.

C’est une autre indication de ses mouvements fréquents, une procédure de sécurité nécessaire pour quelqu’un de sa stature faisant partie de la liste des personnes les plus recherchées de nombreux pays, y compris ceux du Moyen-Orient et de l’Europe qui collaborent avec Israël et les USA.

L’équipe professionnelle chargée de la sécurité de Nasrallah le transporte partout à l’intérieur du Liban et à l’étranger. Il se déplace de Beyrouth à Damas en empruntant une même et longue route achalandée pour rencontrer le président Bachar al-Assad.

Nasrallah dispose d’une équipe chargée des médias électroniques qui lui fournit sur le champ les nouvelles de dernière heure et un résumé de tous les journaux et organes de presse qui publient de l’information ou des articles en lien avec le Moyen-Orient.

Les capacités électroniques du Hezbollah semblent être constamment mises à jour conformément à la technologie et aux mesures de sécurité de pointe requises pour faire face à ses ennemis et protéger ses dirigeants et sa capacité militaire.

La bataille entre Israël et le Hezbollah ne se fait pas seulement sur le plan militaire, mais aussi sur le plan du renseignement et de la technologie.

= = =

A lire pour mieux comprendre les enjeux impérialistes historiques au Moyen-Orient:

Hezbollah son histoire de linterieur naim qassem

La Bible Déterrée Israel Finkelstein

 

Résistance au colonialisme et à l’hégémonie yankee… Fin de partie pour l’empire au Liban !

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, politique et social, résistance politique with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 27 novembre 2018 by Résistance 71

 

Lecture complémentaire:

Comprendre ce qu’il se passe au Moyen-Orient, les enjeux…

Hezbollah son histoire de linterieur naim qassem

 

Le Hezbollah au Liban: L’hégémonie des Etats-Unis est finie

 

Elijah J. Magnier

 

21 novembre 2018

 

url de l’article original:

https://ejmagnier.com/2018/11/21/le-hezbollah-au-liban-lhegemonie-des-usa-cest-fini/

 

La politique de l’administration américaine envers le Liban est de toute évidence mouvante et instable, avec à sa tête un président qui manque de connaissances générales sur le Moyen-Orient et par-dessus tout sur le rôle du Hezbollah dans la région. Le président Donald Trump serait apparemment prêt à réduire son soutien militaire à l’armée libanaise et à imposer de nouvelles sanctions au Liban, sans savoir que ce faisant, il renforce l’Axe de la résistance et jette le Pays du Cèdre dans les bras de la Russie et de l’Iran. Pendant que les USA infligeaient d’autres sanctions au Hezbollah, leurs partenaires européens ont tenu ces derniers mois des réunions secrètes avec des dirigeants de l’organisation pendant la visite de leurs délégations officielles à Beyrouth.

L’hégémonie des USA s’effrite peu à peu au Moyen-Orient. En Irak, le groupe armé « État islamique » (Daech) a pris son essor sous l’œil attentif et complaisant de l’administration américaine dans les mois qui ont suivi son occupation de Mossoul en juin 2014. Washington considérait Daech comme un atout stratégique, sans s’apercevoir que sa politique sans scrupule se retournerait contre ses propres intérêts au Moyen-Orient. Il s’est ainsi mis à dos l’Europe, mais surtout les peuples du Moyen-Orient, en particulier les minorités qui ont souffert énormément de la tyrannie de Daech.

La politique impitoyable des USA a mené à la création des Hachd al-Chaa’bi (les Forces de mobilisation populaire). Ces forces sont devenues depuis un membre essentiel de l’Axe de la résistance, qui rejette l’hégémonie américaine et dont l’idéologie axée sur l’indépendance comprend des objectifs similaires à ceux de l’Iran et du Hezbollah. Ces forces nationales sont généralement hostiles à Israël et à la présence des forces américaines en Mésopotamie.

De plus, les nouveaux dirigeants irakiens (le premier ministre Adel Abdel Mehdi, le président du parlement Mohamed al-Halbousi et le président Barham Salih) ont été choisis en parfaite harmonie avec la volonté de l’Iran. Si l’Irak doit choisir entre Téhéran et Washington, il ne prendra pas position en faveur de sanctions contre le peuple iranien, peu importe les conséquences. Puis si les USA forcent la main de l’Irak à cet égard, ils perdront la Mésopotamie au profit de l’Iran et de la Russie. Moscou a d’ailleurs déjà sa place au centre opérationnel de Bagdad qu’il partage avec des conseillers militaires irakiens, syriens et iraniens de haut rang, en étant prêt à combler le vide si les USA cessent ou limitent leur soutien militaire à l’Irak, tout en veillant à ce que Daech ne revienne pas occuper quelque ville que ce soit en Mésopotamie.

En Syrie, les USA, ainsi que leurs partenaires européens et arabes, visaient un changement de régime et sont devenus inextricablement liés à une politique de destruction délibérée du Levant, dont l’objectif est la chute du président Bachar al-Assad. Le Qatar à lui seul aurait investi plus de 130 milliards de dollars dans cet objectif raté. Aujourd’hui, l’estimation la plus faible des coûts de reconstruction de la Syrie oscille entre 250 et 350 milliards de dollars. La guerre imposée à la Syrie a entraîné la formation de nombreux groupes syriens entraînés par l’Iran et le Hezbollah, qui ont naturellement partagé leur expérience de la guerre avec leurs alliés. Si Assad le souhaite, ces groupes formeront une alliance solide avec l’Axe de la résistance qui prend de l’ampleur en Irak et qui existe depuis des décennies au Liban.

En Palestine, le Hamas s’est joint à la campagne visant un changement de régime en Syrie au début de la guerre en 2011. Ses dirigeants politiques ont alors déclaré leur animosité envers Assad et bon nombre de combattants du Hamas se sont ralliés à al-Qaeda tandis que d’autres ont opté pour Daech, notamment dans le camp palestinien de Yarmouk, au sud de Damas. Ces combattants palestiniens ont partagé avec les combattants syriens et étrangers leur expérience de la guérilla apprise de l’Iran et dans les camps d’entraînement du Hezbollah. Quelques-uns d’entre eux ont commis des attaques suicide contre les forces de sécurité irakiennes et des civils en Mésopotamie, et contre l’armée syrienne et ses alliés, dont le Hezbollah, au Levant.

Mais l’administration américaine a décidé de prendre ses distances de la cause palestinienne et de s’engager inconditionnellement en faveur de la politique d’apartheid israélienne à l’endroit de la Palestine. Bref, les USA soutiennent Israël aveuglément. Ils ont déclaré que Jérusalem est la capitale d’Israël, ont suspendu l’aide financière aux institutions de l’ONU qui soutiennent les réfugiés palestiniens (écoles, soins médicaux, logements) et ont rejeté le droit de retour des Palestiniens.

Tout cela a poussé divers groupes palestiniens, y compris l’Autorité palestinienne, à reconnaître que toute négociation avec Israël est inutile et que les USA ne peuvent plus être considérés comme un partenaire fiable. En outre, le changement de régime raté en Syrie et les conditions humiliantes rattachées au soutien financier arabe ont été, d’une certaine façon, les dernières gouttes qui ont fait déborder le vase et convaincu le Hamas de changer sa position, en renonçant à l’accord d’Oslo et en se joignant à l’Axe de la résistance.

Les 48 heures qu’ont duré la dernière bataille à Gaza les 12 et 13 novembre ont mis en lumière une unité sans précédent entre le Hamas, le Djihad islamique et de nombreux autres groupes palestiniens (13 groupes au total étaient réunis pour la toute première fois dans un même centre de commandement militaire), ainsi que leur proximité à l’Iran et au Hezbollah. C’est une autre illustration de l’échec de la politique des USA au Moyen-Orient.

Au Liban, le Hezbollah a acquis une expérience unique et impressionnante de la guerre au cours des cinq dernières années de lutte contre les groupes extrémistes que sont al-Qaeda et Daech, en combattant aux côtés de deux armées classiques sur de nombreux fronts : l’armée syrienne et l’armée de la superpuissance russe. Les USA semblent maintenant prêts à monter la pression sur le Liban afin de paralyser encore plus son économie. Ces sanctions vont probablement affecter davantage le Liban que le Hezbollah comme tel.

Les USA ont mis sur leur « liste des terroristes » des propriétaires de bureaux de change au Liban qui ont échangé des euros obtenus de l’Iran contre des dollars. Ils ont arrêté un homme d’affaires bien connu qui profite de la sympathie que lui témoigne le Hezbollah et qui vend ses propriétés à rabais aux militants du Hezbollah et à leurs familles.

Avec la collaboration de l’ancien premier ministre Haidar Abadi, les USA ont également obtenu de Bagdad de geler plus de 90 millions de dollars dus à un entrepreneur en construction libanais qui avait honoré des contrats dans diverses villes irakiennes, parce que les Américains l’accusent d’être proche du Hezbollah.

En outre, le département du Trésor des USA oblige la banque centrale libanaise à fournir une quantité impressionnante de renseignements et de données sur les civils, sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme, et a réussi à geler les comptes de nombreux chiites, y compris ceux qui n’ont absolument rien à voir avec le Hezbollah.

Enfin, l’administration américaine a ajouté à sa liste des terroristes le secrétaire général du Hezbollah, son adjoint et divers hauts dirigeants. Ces hommes ne pourront ainsi jamais visiter Disneyland ou se la couler douce à Las Vegas!

Les USA ne semblent pas s’apercevoir que l’Iran et la Russie ne demandent pas mieux que de voir les USA lever leur soutien conditionnel à l’armée et au gouvernement libanais. En coordination avec le gouvernement libanais, l’Iran peut construire de nombreuses usines au Liban, fort de son expérience dans divers domaines, dont l’industrie pharmaceutique, la production automobile, les services publics et l’industrie militaire. Pour sa part, la Russie s’active déjà à établir des relations avec les responsables libanais, en les invitant à Moscou, ce qui lui permettra d’accroître sa présence et de s’implanter au Liban.

Les USA ne peuvent rien faire aujourd’hui pour réduire la puissance militaire du Hezbollah. Sayyed Nasrallah serait apparemment prêt à lancer ses missiles de précision contre Israël pour montrer sa force et, surtout, pour faire ressortir toute la faiblesse d’Israël dans une guerre à venir. Il ne fait aucun doute qu’Israël possède un arsenal militaire impressionnant ayant une grande capacité de destruction. Sauf que depuis 1949, Israël n’a jamais eu à subir les tirs de missiles de précision, aux ogives contenant des centaines d’explosifs, capables de survoler l’ensemble du territoire israélien et d’atteindre n’importe quelle cible.

Si le Dôme de fer d’Israël arrive à intercepter 80 % des missiles du Hezbollah, les conséquences découlant des 2 000 missiles (sur 10 000, dont 8 000 seraient interceptés) qui atteindraient leurs cibles avec 400 à 500 kg de charge explosive chacun sont inconcevables pour Israël. C’est l’équivalent d’un million de kg d’explosifs, et ce, dans l’éventualité où le Hezbollah se limitait à 10 000 missiles (Israël soutient que le Hezbollah possède 150 000 roquettes et missiles).

Le Hezbollah représente une partie importante de la population libanaise. C’est une organisation non conventionnelle, qui a fini par faire partie intégrante « du cœur et de l’esprit » de la population, une ancienne stratégie que le Hezbollah a adoptée pour mieux s’intégrer à la population et à la société dans laquelle il vit.

Le Hezbollah a déployé sa force à l’échelle nationale à une occasion, soit le 7 mai 2008, lorsque le groupe a pris la capitale libanaise en ne tirant que quelques coups de feu et en beaucoup moins de temps qu’il n’a fallu à Israël pour occuper Beyrouth en 1982. Le Hezbollah n’a pas besoin de recourir à la force militaire pour contrôler le Liban. D’autant plus que les chiites libanais ne sont dorénavant plus les seuls à faire partie de l’Axe de la résistance. L’Axe n’hésitera pas à se retourner contre les USA s’il est poussé à prendre le contrôle du pays, ce qui pourrait survenir si les USA poursuivent leurs efforts en vue de subjuguer le Liban à leur hégémonie.

Guerre impérialiste et ingérence au Moyen-Orient: La nouvelle guerre du Liban aura sûrement lieu…

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“La solution pratique, légitime et objective [pour la libération de la terre] est donc représentée par des opérations de résistance qui forcent un effet clair et direct, la retraite de l’ennemi et la reconsidération des agendas politiques et des méthodes… Le bloc fondamental sur lequel toutes les tactiques reposent est représenté dans la perception qu’on a de ce qui constitue une solution plausible: la résistance ou la négociation ? Les deux modes ont clairement démontré leurs résultats.

Il n’y a pas de restitution de terres après des négociations et une occupation ne peut pas soutenir la pression d’une résistance.

La dépendance et la subordination aux régimes [politiques] piègent l’activité de la résistance dans une conjoncture d’obligations et de système de requis, compromettant ainsi la liberté et l’efficacité qui généralement caractérisent une telle activité [de résistance].”

~ Naïm Qassem (2005) ~

 

Vers une nouvelle guerre au Liban

 

Thierry Meyssan

 

14 Mars 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article190702.html

 

Depuis mai 2008, le Liban ne respecte plus sa propre constitution et n’a plus de budget. Le pays, aujourd’hui à la dérive, est redevenu une proie facile pour Israël. L’échec de l’opération contre la Syrie conduit le parti colonial à se chercher une nouvelle cible. Si une seconde guerre civile peut encore être évitée, il sera difficile d’empêcher une nouvelle invasion.

Depuis l’accord de Doha et l’élection anticonstitutionnelle de Michel Sleiman comme président de la République, en 2008, le Liban n’a pas connu d’événement politique marquant jusqu’à août dernier. Au cours des sept derniers mois, le pays a été secoué lors de la « crise des ordures » par des manifestations susceptibles de déboucher sur une seconde « révolution du Cèdre », puis par une crise de confiance avec l’Arabie saoudite et ses alliés, enfin par une mise en cause internationale du Hezbollah. Trois événements qui, pris séparément, semblent s’expliquer par eux-mêmes et ne débouchent sur rien. Et pourtant…

En août 2015, débuta subitement la « crise des ordures » : l’État ne parvint pas à renouveler le contrat de ramassage des poubelles par la société Sukleen. En quelques jours, le pays dans son ensemble devint une vaste poubelle, les déchets s’amoncelant dans les rues. Des manifestations se formèrent accusant le gouvernement d’incurie. Bientôt des milliers de manifestants clamaient dans le centre de la capitale que les politiciens eux-mêmes étaient des ordures, pillant l’État au détriment des citoyens. Des médias évoquaient un début de révolution colorée comparable à la « révolution du Cèdre » organisée par les États-Unis après l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri ; d’autres médias évoquaient une extension du « printemps arabe » [1]. En définitive la fureur populaire retomba car le système communautaire unique du Liban —imposé par la France— attache chaque citoyen à sa communauté religieuse et l’empêche de se positionner sur les questions nationales.

Toutefois, sept mois plus tard, la crise des ordures n’est toujours pas résolue. Certes, la capitale et les grandes villes sont nettoyées, mais dans de nombreuses régions, les poubelles s’accumulent répandant une odeur nauséeuse. La persistance et la généralisation de ce problème ont des conséquences en matière de santé publique. Les virus se propagent et presque tous les Libanais sont malades épisodiquement. Elles ont aussi des conséquences économiques. De facto, le tourisme, principale source de revenu officiel du pays, est en forte baisse.

La seconde crise a débuté avec l’annulation du don saoudien de 3 milliards de dollars à l’Armée libanaise [2]. En réalité, ce « don » était la rémunération versée à l’Armée libanaise pour avoir détruit le témoignage de Majed el-Majed qu’elle avait arrêté lors de son transport en ambulance, le 26 décembre 2015. Le célèbre terroriste était le représentant du prince Bandar Ben Sultan au Levant. Il était suspecté de connaître personnellement la totalité des politiciens qui soutiennent secrètement les jihadistes. Son témoignage aurait gravement mis en difficulté le royaume saoudien. L’homme eut la bonne idée de mourir après quelques jours de détention sans que son témoignage détaillé ne soit enregistré [3].

Pour justifier l’annulation de son « don », Riyad évoqua la réaction du Liban à l’exécution de cheikh Nimr Baqr al-Nimr. Le 2 janvier 2016, la pétro-dictature avait en effet décapité le chef de son opposition. Or, il se trouve que cette personnalité était un religieux chiite, ce qui souleva une vague d’indignation dans toutes les populations chiites du monde, y compris au Liban [4]. L’Arabie saoudite mobilisa ses alliés pour affirmer son droit absolu à tuer qui il souhaite parmi ses sujets, tandis que le Liban se tint prudemment sur la réserve. Riyad décida d’y voir une forme d’ingratitude au regard des milliards déversés durant des années pour soutenir le 14-Mars, c’est-à-dire la coalition des partis communautaires libanais collaborant avec Israël.

Surtout, Riyad décida de couler l’économie libanaise en interdisant à ses sujets de se rendre au Liban et en faisant étendre cette interdiction aux Bahreïnis et aux Émiratis. Privé de ses touristes du Golfe, les commerces et les banques sont immédiatement entrés en récession.

La troisième crise est celle concernant le Hezbollah. Ce réseau de résistance à l’occupation israélienne s’est progressivement transformé en parti politique et participe au gouvernement. Principalement soutenu par la Syrie dans la période 1982-2005, il se tourne progressivement vers l’Iran après le départ de l’Armée arabe syrienne du Liban. Dans la période 2006-2013, il reçoit un arsenal considérable des Gardiens de la Révolution iraniens. Cependant, depuis l’élection de cheikh Hassan Rohani en Iran, le Hezbollah se prépare à une rupture et développe ses propres sources de financement en s’appuyant sur la diaspora libanaise et/ou chiite à l’étranger, principalement en Afrique et en Amérique latine. Suite à la signature de l’accord 5+1 avec l’Iran, le 14 juillet 2015, le Hezbollah s’engage contre les jihadistes aux côtés de l’Armée arabe syrienne, tout en prenant progressivement ses distances avec Téhéran.

Le 16 décembre 2015, le Congrès des États-Unis a adopté à l’unanimité une loi interdisant aux banques de travailler avec le Hezbollah ou des organes liés à la Résistance libanaise et visant, en outre, à empêcher la diffusion de la chaîne de télévision Al-Manar [5]. Immédiatement le Trésor a pris des sanctions contre Ali Youssef Charara, PDG de la société Spectrum Investment Group, accusé de participer au système de financement de la Résistance [6]. La loi états-unienne a été suivie par des résolutions du Conseil de coopération du Golfe et de la Ligue arabe qualifiant le Hezbollah de « mouvement terroriste ».

Le dispositif est désormais complet : l’économie libanaise est ruinée et le principe de la Résistance à l’occupation israélienne est assimilé à du terrorisme. La chaîne de télévision Al-Manar ne devrait plus être accessible par NileSat et ArabSat, limitant considérablement son audience.

Deux options sont désormais possibles pour Washington et Tel-Aviv : soit une guerre classique, comme en 2006, soit —plus simple et plus discret— une guerre civile, comme le Liban l’a connue de 1975 à 1990. Le dernier président constitutionnel du Liban, Émile Lahoud, appelle à une réforme immédiate de la loi électorale, de manière à ce que le prochain parlement ne soit pas représentatif des communautés religieuses, mais de la population. C’est le seul moyen d’éviter la guerre civile.

[1] « Au Liban, une manifestation populaire pour « la chute du régime » », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 24 août 2015.

[2] « L’Arabie saoudite annule son don de 3 milliards au Liban », Réseau Voltaire, 20 février 2016.

[3] « Le silence et la trahison qui valaient 3 milliards de dollars », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 15 janvier 2014.

[4] « La mort du cheikh El-Nimr fait vaciller le régime des Saoud », par André Chamy, Réseau Voltaire, 3 janvier 2016.

[5] “Hezbollah International Financing Prevention Act of 2015 (H.R.2297)”, Voltaire Network, 16 December 2015.

[6] « Treasury Sanctions Hizballah Financier and His Company », U S Department of the Treasury, January 7, 2016.

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En parallèle à cet article de Meyssan, cette information émanant de l’IRIB / Sahar TV, chaîne d’information iranienne francophone, confortant l’analyse de T. Meyssan et laissant penser que le choix d’une nouvelle guere civile a été fait par les sionistes:

“Israël incapable de faire la guerre contre le Liban (Mohamed Raad, chef de la délégation politique du Hezbollah au perlement libanais)

Sahar TV

14 mars 2016

Le Chef de la fraction du Hezbollah, au Parlement libanais, a assuré que les Sionistes étaient incapables de faire la guerre contre le Liban.

«Le Liban est conscient de l’incapacité de l’ennemi sioniste face à la Résistance», a déclaré le Chef de la fraction du Hezbollah, au Parlement libanais, Mohammed Raad, avant de souligner : «Israël n’est pas capable d’entamer une nouvelle guerre contre le Hezbollah».

Il a, ensuite, regretté la trahison de certains dirigeants arabes, vis-à-vis de Qods, de la Palestine, du Liban, de la Syrie, de la Jordanie, et même de la Mecque et de Médine, en affirmant : «Ces dirigeants agissent en faveur des intérêts des Sionistes».

Source: http://francophone.sahartv.ir/infos/moyen_orient-i30151-israël_incapable_de_faire_la_guerre_contre_le_liban_(mohammad_raad)

Ingérence impérialiste au Moyen-Orient: Attentat de Beyrouth… A qui profite le crime ?…

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, neoliberalisme et fascisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , on 20 octobre 2012 by Résistance 71

Et comme de bien entendu, la pressetituée relaie la ligne du partie criée par la marionnette de service Saad Hariri: la Syrie et le Hezbollah sont les perpétrateurs… Ben voyons ! C’est tellement logique n’est-ce pas ?… Ils ont tellement intérêt à le faire que mais c’est pourtant bien sûr !

Prenons quelques pas de recul, cela préserve toujours la sanité. Cet article que nous avons traduit le fait assez bien à chaud et à la lumière de ce qu’on sait déjà.

— Résistance 71 —

 

A qui profite l’assassinat de Wissam al-Hassan ?

 

Kurt Nimmo

Le 19 Octobre 2012

 

url de l’article original:

http://www.infowars.com/wissam-al-hassan-assassination-cui-bono/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La Syrie est accusée pour le terrible assassinat qui s’est déroulé plus tôt aujourd’hui, du chef de la sécurité libanaise Wissam al-Hassan dans le quartier Achrafieh de Beyrouth. L’attentat suicide à la voiture piégée a tué 8 personnes et blessé 78.

Hassan est une figure charnière au Liban. Il était très impliqué dans l’enquête sur l’ancien ministre de l’information Michel Samaha qui est un soutien d’Al-Assad et est accusé de comploter des attaques terroristes au Liban. Hassan avait mené plus tôt une enquête sur l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais Rafik Hariri. A la fois la Syrie et le Hezbollah sont accusés de cette attaque.

Le fils de Rafik, Saad al-Hariri, un ancien premier ministre libanais et milliardaire a accusé Al-Assad de l’assassinat de al-Hassan. “Qui a tué Wissam al-Hassan est clair comme de l’eau de roche. Certainement le peuple libanais ne restera pas silencieux devant ce crime haineux et moi, Saad Hariri, je promets de ne pas rester silencieux”, a t’il dit à Future Television.

Le plus jeune des Hariri mène le mouvement pour le futur, un mouvement politique sunnite aligné sur le parti libanais Kataeb, aussi connu sous le nom de Phalange Chrétienne, une organisation paramilitaire de la jeunesse maronite, établie en 1936 par Pierre Gemayel, qui l’avait modelée d’après la Phalange espagnole et le parti fasciste italien. Dans les années 1970, la phalange a travaillé avec les Israéliens (particulièrement le Likud) contre l’OLP au Liban. Elle fut impliquée en 1982 dans le massacre de 3500 Palestiniens dans les camps de Sabra et Chatila à Beyrouth.

Le mouvement du futur est opposé à la coalition du 8 Mars, coalition composée de plus d’une douzaine de groupement politiques libanais, incluant le Hezbollah et le mouvement Amal. La coalition du 8 Mars fut formée en réponse à la révolution du cèdre de 2005 qui suivit le meurtre de Rafik Hariri. La révolution du cèdre demanda aux troupes syriennes de quitter le Liban et d’arrêter d’interférer avec la politique du pays.

En Europe et aux Etats-Unis, la révolution du cèdre a été dépeinte comme étant un effort populaire pour déloger l’influence syrienne. Qui qu’il en soit, d’autres observateurs croient que ce fut la continuation des révolutions colorées mise en place et dirigées par la CIA dans les anciens états soviétiques et les Balkans.

“Des agents du Mossad et de la CIA ont conjointement orchestré des vagues de protestations anti-syriennes, nommées par l’occident “la révolution du cèdre”, pour le cèdre figurant sur le drapeau national libanais, ceci fut fait en suivant les lignes toutes tracées des révolutions colorées créées par la CIA et l’OTAN et qui ont renversées avec succès des gouvernements indépendants et installées à leur place des régimes satellites pro-américains”, écrit Manjit Singh.

Le départ de la Syrie d’un Liban déchiré par la guerre civile après une longue occupation légitimisée par le parlement libanais avec l’accord de Taïf, soutenu par la Ligue Arabe, fut une courte victoire pour Israël et les Etats-Unis. En 2006, après que le Hezbollah eut forcé Israël de se retirer du Liban pour la seconde fois, les gains de la révolution du cèdre furent mis en doute par un grand nombre de Libanais qui se retournèrent contre l’influence des Etats-Unis dans la région.

Contrairement au narratif qui émerge maintenant des Etats-Unis, à savoir que la Syrie et le Hezbolah sont responsables de l’assassinat de Wissam al-Hassan, le contraire est en fait probablement vrai: l’assassinat d’al-Hassan est un autre évènement violent mis en scène dans un Liban en proie aux tensions sectaires et a été perpétré pour donner un autre prétexte afin de mettre plus de pression sur la Syrie et de remettre de l’huile sur le feu pour renverser al-Assad et ultimement réduire l’influence politique chi’ite en Syrie, au Liban, en Irak et éventuellement en Iran.

Israël considère la Syrie comme son adversaire principal dans le voisinage et a juré de sortir al-Assad. “La Syrie défie Israël sur le sol libanais”déclare le “Clean Break” un document émis par le Study Group on a New Israeli Strategy Towards 2000. “Une approche efficace, et une approche que les américains pourraient trouver sympathique, serait qu’Israël saisisse l’initiative stratégique le long de ses frontières nord en engagerant le Hezbollah, la Syrie et l’Iran, comme étant les principaux agents d’agression au Liban.”

Ce rapport a été enfanté par l’Institute for Advanced Strategic and Political Studies, un think-tank israélien et néoconservateur de Washington. Bien que les médias de l’establishment nous disent que les néocons ont perdu leur jadis grosse influence dans les cercles de la politique étrangère du gouvernement américain, leur vision de l’hégémonie d’Israël et de poursuivre une balkanisation du monde arabo-musulman, demeurent l’agenda primordial de la politique étrangère de l’establishment et ce malgrè le départ des néoconservateurs depuis lors.

La Syrie et le Hezbollah n’ont absolument rien à gagner des récents évènements qui leur sont attribués. Après l’attaque d’aujourd’hui, le Hezbollah a dénoncé “l’horrible crime comme une tentative de déstabiliser le Liban et l’unité nationale”, le ministre iranien des affaires étrangères Mr Al Akhbar Salehi a condamné “l’explosion terroriste dans le quartier Ashrafieh de Beyrouth” et a formulé “sa peur que le désaccord entre les Libanais puisse empirer car il y a ceux qui veulent exploiter cet incident criminel.”

L’ambassadeur israélien Ron Prosor d’un autre côté, a dit au cours d’un débat au conseil de sécurité de l’ONU sur la situation au Moyen-Orient le 15 Octobre dernier, que “L’Iran a donné des fonds au Hezbollah, les a entraîné, fournis un arsenal technologiquement avancé afin qu’il puisse kidnapper l’état libanais et le transformer en un poste avancé pour le terrorisme.”