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Communiqué EZLN et Conseil National Indigène janvier 2017

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 11 janvier 2017 by Résistance 71

Décision politique très intéressante dans un contexte politique mexicain très particulier.
Notre position: cela peut s’avérer être une expérience intéressante, mais cela peut aussi être la source de l’infiltration, de la discorde et de la destruction étatique, l’histoire nous enseigne que toutes les expériences anarchistes d’accoquinage avec l’État et ses institutions se sont mal terminées. Nous sommes donc sceptiques et prudents, mais en même temps avons une grande confiance dans l’analyse et l’action (praxis) zapatiste. A suivre donc avec intérêt dans le courant de cette année…

~ Résistance 71 ~

 

Et elle a tremblé, rapport depuis l’épicentre

 

EZLN &CNI

 

10 janvier 2017

 

url de l’article en français:

http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2017/01/10/et-elle-a-tremble-rapport-depuis-lepicentre/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+EnlaceZapatista+%28Enlace+Zapatista%29

 

Aux Peuples Originaires du Mexique

À la Société Civile du Mexique et du Monde

À la Sexta Nationale et Internationale

Aux Médias de Communication Libres

Frères, sœurs

Le moment des peuples est venu, de semer ce que nous sommes et de nous reconstruire. Le moment est venu de passer à l’offensive et voici l’accord qui se dessine sous nos yeux, dans les individus, dans les communautés, dans les peuples, dans le Congrès National Indigène ; le temps est venu que la dignité gouverne ce pays et ce monde et qu’à son passage fleurisse la démocratie, la liberté et la justice.

Nous annonçons que lors de la deuxième étape du Ve CNI, nous avons minutieusement évalué les résultats de la consultation des peuples que nous sommes, le Congrès National Indigène, qui a eu lieu les mois d’octobre, novembre et décembre 2016, résultats qui de toutes les manières, formes et langues qui nous représentent dans la géographie de ce pays, nous émettons les accords des assemblées communales, des terres collectives, des collectifs, municipales, intermunicipales et régionales, qui une fois de plus nous amène à comprendre et assumer avec dignité et révolte la situation que traverse notre pays, notre monde.

Nous saluons les messages de soutien, d’espoir et de solidarité qu’ont envoyés des intellectuels, des collectifs et des peuples qui reflètent l’espérance face à notre proposition que nous avons nommé « Que Tremble la Terre Jusque dans Ses Entrailles » et que nous avons rendue publique lors de la première étape du Ve CNI, nous saluons également les voix critiques, nombre d’entre elles avec des arguments fondemmentalement racistes, qui reflètent une indignation rageuse et le mépris à la pensée qu’une femme indigène prétende non seulement concourrir à l’élection présidentielle, mais envisager de changer réellement, depuis en-bas, ce pays endolori.

À eux tous, nous disons qu’en effet tremble la terre et nous avec elle, et que nous prétendons secouer la conscience de la nation, qu’en effet nous prétendons que l’indignation, la résistance et la rébellion figurent sur les bulletins électoraux de 2018, mais que notre intention n’est d’entrer en rien en compétition avec les partis et toute la classe politique qui nous doit encore beaucoup ; chaque mort, chaque disparu, chaque prisonnier, chaque expulsion, chaque répression et tout le mépris. Ne vous méprennez pas sur nous, nous ne prétendons pas rivaliser avec eux parce que nous ne sommes pas les mêmes, nous ne sommes pas leurs discours mensonger et pervers.

Nous somme la parole collective d’en-bas et à gauche, celle qui secoue le monde lorsque la terre tremble avec des épicentres d’autonomie, et qui nous rend si orgueilleusement différents que :

  1. Alors que le pays est submergé de peur et de terreur qui naissent des milliers de morts et de disparus, dans les municipalités de la montagne et de la côte du Guerrero, nos peuples ont créé les conditions pour la sécurité et la véritable justice ; à Santa Maria Ostula, Michoacan, le peuple Nahua s’est uni à d’autres communautés indigènes afin de maintenir la sécurité entre les mains des peuples, où l’épicentre de la résistance est l’assemblée communale de Ostula, garante de l’étique d’un mouvement qui a imbibé les municipalités de Aquila, Coahuayana, Chinicuila et Coalcomán. Sur le plateau purépecha la communauté de Cheran a démontré que par l’organisation, en sortant les politiciens de leurs structures du mauvais gouvernement et en exerçant leurs propres formes de sécurité et de gouvernement on peut non seulement construire la justice, mais aussi comme dans d’autres géographies du pays depuis en-bas, depuis la rébvellion se reconstruisent de nouveaux pactes sociaux, autonomes et justes, et nous ne cesserons pas de construire depusi en-bas, la vérité et la justice, niée pour les 43 étudiants de l’école normale d’Ayotzinapa, Guerrero, disparus, pour les 3 compagnons étudiants qui ont été assassinés et pour les compagnos nblessés, tous par le narco-gouvernement mexicain et ses forces répressives.

Pendant ce temps, les mauvais gouvernements criminalisent la lutte sociale, la résistance et la rébellion, persécutant, traquant, faisant disparaître, emprisonant et assassinant des hommes et des femmes accomplies qui luttent pour des causes justes.

  1. Alors que la destruction gagne tous les coins du pays, sans connaître de limites, éloignant l’appartenance à la terre et au sacré, le peuple Wixarika, avec les comités de défense de la vie et de l’eau de l’altiplano de la région de San Luis Potosi ont démontré que peuvent être défendus un territoire, son envoirronement et équilibres, en se basant sur la reconnaissance que nous ne formons qu’un avec la nature, avec une vision sacrée qui renouvelle chaque jour les liens ancestraux avec la vie, la terre, le soleil et les ancêtres, incluant 7 municipalités sur le territoire sacré cérémonial de Wirikuta à San Luis Potosi.
  2. Alors que les mauvais gouvernements déforment les politiques de l’État en matière éducative en la mettant au service des entreprises capitalistes afin que ça cesse d’être un droit, les peuples originaires créent des écoles primaires, des collèges, des lycées et des universités avec leurs propres systèmes éducatifs, basés sur la protection de note terre mère, la défense du territoire, la production, les sciences, les arts, sur nos langues et bien que la majorité des ces processus se développent sans soutien d’aucun niveau du mauvais gouvernement, ils sont au service de toutes et tous.
  3. Alors que les médias de communication à gages, porte-voix de ceux qui prostituent chacun des mots qu’ils répandent et qu’ils trompent les peuples du champ et de la ville en les endormant, faisant passer pour des déliquants ceux qui pensent et défendent ce qui leur appartient et sont toujours présentés commes des méchants, des vandales, des inadaptés. Alors que ceux qui vivent de l’ignorance et de l’aliénation sont présentés comme socialement bons, et ceux qui oppriment, répriment, exploitent et spolient sont toujours les bons, ceux qui méritent d’être respectés et qui gouvernent pour se servir. Et pendant que cela se passe, les peuples ont créé elurs propres médias de communication élaborant diverses formes afin que la conscience ne soit pas occulté par les mensonges que les capitalistes imposent, les utilisant en plus pour renforcer l’organisation d’en-bas, où naît la parole vraie.
  4. Alors que la « démocratie » représentative des partis politiques est devenue une façon de moquer la volonté populaire, où les votes s’achètent et se vendent comme une marchandise de plus et se manipulent par la pauvreté dans laquelle les capitalistes maintiennent les sociétés des champs et des villes, les peuples originaires continuent à prendre soin et à renforcer des formes de consensus et des assemblées en tant qu’organes de gouvernement où la voix de toutes et tous deviennent des accords profondément démocratiques, incluant des régions entières à travers des assemblées concernant les accords d’autres assemblées et ceux-ci à leur tour surgissant de la volonté profonde de chaque famille.
  5. Alors que les gouvernements imposent leurs décisions bénéficiant à quelques-uns, supplantant la volonté collective des peuples, criminalisant et réprimant ceux qui s’opposent à leurs projets de mort qu’ils imposent sur le sang de nos peuples, comme pour le Nouvel Aéroport de la Ville de Mexico, feignant de consulter pendant qu’ils imposent la mort, nous, peuples originaires, possédons les manières et les formes constante de consultation préalable, libre et informée pour des sujets, grands ou petits.
  6. Alors qu’à travers leurs privatisations les mauvais gouvernements remettent la souveraineté énergétique du pays à des intérêts étrangers et que les hausses du prix de l’essence dénoncent le mensonge capitaliste qui trace uniquement des voies inégalitaires, et que la réponse rebelle des peuples indigènes et non-indigènes du Mexique, que les puissants ne pourront ni occulter ni faire taire ; nous, les peuples, faisons front et luttons pour arrêter la destruction de nos territoires par le fracking, les parcs éoliens, les mines, les puits de pétrole, les gazoducs et les oléoducs dans des états tel le Veracruz, le Sonora, le Sinaloa, La Basse Californie, le Morelos, l’Oaxaca, le Yucatan et tout le territoire national.
  7. Alors que les mauvais gouvernements imposent une alimentation toxique et transgénique à tous les consommateurs des champs et des villes, les peuples Mayas maintiennent une lutte infatigable afin d’arrêter la culture de transgéniques dans la péninsule du Yucatan et dans tout le pays afin de conserver la richesse génétique ancestrale, qui, en plus, représente notre vie et l’organisation collective et la base de notre spiritualité.
  8. Alors que la classe politique ne fait que détruire et promettre, nous, les peuples, construisons non pour gouverner mais pour exister dans l’autonomie et la libre détermination.

Nos résistances et rébellions constituent le pouvoir d’en-bas, elles n’offrent ni promesses ni bons mots, mais des processus réels de transformation radicale où toutes et tous participent et qui sont tangibles dans les diverses et gigantesques géographies indigènes de cette antino. C’est pourquoi en tant que Congrès National Indigène, réuni pour ce Ve Congrès, 43 peuples de ce pays, nous nous sommes ACCORDÉS pour nommer un Conseil Indigène de Gouvernement avec des représentants, hommes et femmes, de chacun des peuples, tribus et nations qui le composent. Et que ce conseil se propose de gouverner ce pays. Et qui aura comme voix une femme indigène du CNI, c’est à dire ayant du sang indigène et une connaissance de sa culture. C’est à dire qui aura comme porte-parole une femme indigène du CNI qui sera candidate indépendante à la présidence du Mexique lors des élections de l’année 2018.

C’est pour ça que le CNI, en tant que Maison de Tous les Peuples, nous sommes les principes qui configure l’étique de notre lutte et dans laquelle tiennent tous les peuples origianires de ce pays, ces principes auxquels se réfèrent le Conseil Indigène de Gouvernement sont :

Obéir et non commander

Représenter et non supplanter

Servir et non se servir

Convaincre et non vaincre

Descendre et non monter

Proposer et non imposer

Construire et non détruire

C’est ce que nous avons inventé et réinventé non par goût, mais comme l’unique forme que nous avons de continuer à exister, c’est à dire ces nouveaux chemins sortis de la mémoire collective de nos propres formes d’organisation, qui sont les produits de la résistance et de la révolte, du faire front chaque jour à la guerre qui n’a jamais cessé et qui n’a jamais pu en finir avec nous. Dans ces formes il n’a pas seulement été possible de tracer la voie pour la reconstitution intégrale des peuples, mais aussi de nouvelles formes plus civilisées, des espoirs collectifs qui deviennent communautaires, municipales, régionales, d’état et qui apportent des réponses précises aux problèmes réels du pays, loin de la classe politique et de sa corruption.

Depuis ce Ve Congrès National Indigène nous appelons les peuples originaires de ce pays, aux collectifs de la Sexta, aux travailleurs et travailleuses, fronts et comités de lutte du champ et des villes, à la communauté étudiante, intellectuelle, artistique et scientifique, à la société civile non organisée et à toutes les personnes de coeur à serrer les rangs et passer à l’offensive, à démonter le pouvoir d’en-haut et nous reconstituer non seulement comme peuple, mais aussi comme pays, depuis en-bas et à gauche, à nous unir en une seule organisation où la dignité sera notre dernier mot et notre première action. Nous vous appelons à nous organiser et arrêter cette guerre, à ne pas avoir peur de nous construire et de nous semer sur les ruines laissées par le capitalisme.

C’est ce que nous demande l’humanité et notre mère qui est la terre, en cela nous découvrons qu’est venu le temps de la dignité rebelle que nous matérialiserons en convoquant une assemblée constitutive du Conseil Indigène de Gouvernement pour le Mexique au mois de Mai 2017 et dès ce moment-là, nous jeterons des ponts aux compañeros et compañeras de la société civile, lesmédias de communication et les peuples originaires afin de faire trembler la terre jusque dans ses entrailles, vaincre la peur et récupérer ce qui appartient à l’humanité, à la terre et aux peuples, pour la récuppération des territoires envahits ou détruits, pour le retour des disparus du pays, pour la liberté de toutes et tous les prisonniers politiques, pour la vérité et la justice pour les assassinés, pour la dignité du champ et de la ville. C’est à dire, n’ayez aucun doute, nous y allons pour tout, après tout nous savons que nous avons face à nous peut-être la dernière chance, en tant que peuples originaires et en tant que société mexicaine, de changer pacifiquement et radicalment nos propres formes de gouvernement, en faisant que la dignité soit l’épicentre d’un monde nouveau.

Depuis Oventik, Territoire Zapatiste, Chiapas, Mexique

Plus Jamais un Mexique Sans Nous

Congrès National Indigène

Armée Zapatiste de Libération Nationale

Résistance au colonialisme: Appeler un chat un chat au Chiapas… Le terrorisme d’état contre les enseignants au Mexique

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Notes sur la guerre contre les enseignants en résistance (l’heure de la police 3)

Juin 2016

Enlace Zapatista

url de l’article:

http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2016/06/22/note-sur-la-guerre-contre-le-corps-enseignant-en-resistance-lheure-du-policier-3/

Note sur la guerre contre le corps enseignant en résistance:
(L’heure du policier 3).

Juin 2016.

Du cahier de notes du Chat-chien:

.- On ne sait pas dans le reste du pays, mais au Chiapas au moins, ceux d’en haut sont en train de perdre la guerre médiatique.

En milieu rural et urbain, nous avons vu des familles entières soutenir les enseignantEs. Et nous ne nous faisons pas référence à des soutiens du type: “Ce poing levé, oui il se voit”, “le peuple, uni, ne sera jamais vaincu”, et les slogans qui, malgré les distances entre les calendriers et les géographies sont toujours les mêmes, car en bas la solidarité continue à être un principe élémentaire. Si au cours des mobilisations antérieures des enseignantEs rebelles, la “citoyenneté” (ce terme qui occulte l’inégalité), se montrait excédée et offusquée, les choses ont  changé désormais.

Il y a chaque fois plus de familles qui viennent en aide aux enseignantEs, qui les aident pour leurs voyages et leurs manifestations, qui s’angoissent lorsqu’ils sont agresséEs, qui leur donnent à manger, à boire et leur proposent un abri. Il s’agit de familles qui, selon la taxonomie de la gauche électorale, seraient “abruties” par la télévision, “qui sont des grapilleuses de sandwichs”, “qui sont aliénées”, “qui n’ont pas de conscience”. Mais apparemment, la colossale campagne médiatique déployée contre le corps enseignant en résistance a échoué. Le mouvement de résistance contre la réforme éducative s’est transformé en un miroir pour toujours plus de vrais gens (c’est-à-dire pas ceux des organisations sociales et politiques, mais les gens ordinaires). Comme si, face à la tragédie qui vient, un sentiment collectif d’urgence était né. Comme si chaque coup de matraque, chaque bombe lacrymogène, chaque tir de flashball, chaque ordre d’arrestation étaient des slogans éloquents : “aujourd’hui c’est elle, c’est lui qu’on a attaqué ; demain ce sera ton tour”. C’est peut-être pour cela que derrière chaque professeur, il y a des familles entières qui sympathisent avec leur cause et avec leur lutte.

Pourquoi ? Pourquoi un mouvement qui a été férocement attaqué sur tous les fronts continue à grandir ? Pourquoi, si ce sont des “vandales”, des “fainéants”, des “terroristes”, des “corrompus”, des “opposants au progrès”, beaucoup de gens d’en bas, un certain nombre des classes moyennes, et même quelques-uns d’en haut, saluent même silencieusement le corps enseignant, qui défend ce que n’importe quelle personne défendrait ?

.- “La réalité c’est du mensonge”. C’est ce titre qui aurait pu faire la une du quotidien chiapanèque mal nommé “Cuarto Poder” [“Le quatrième pouvoir”] (un média nostalgique de l’époque des fincas et des seigneurs de la potence et du couteau), quand il “dénonçait” que la fête populaire du 9 juin dernier célébrée en soutien aux enseignantEs en résistance dans les rues de Tuxtla Gutiérrez, capitale du Chiapas, Etat du sud-est mexicain, était fausse. Parachicos, danseurs, musiciens, tenues traditionnelles, personnes en fauteuil roulant, marimbas, tambours, pipeaux et flûtes, le meilleur de l’art zoque et des milliers de personnes saluant la résistance des enseignantEs.  Une pancarte priant: “Merci maître, de m’apprendre à lutter” démontre la “réussite” de la guerre médiatique contre la CNTE. Une autre signalait: “je ne suis pas enseignant, mais je suis chiapanèque et je suis contre la réforme éducative”.

Mais celle qui a dérangé les directeurs de “Cuarto Poder”, c’était celle qui disait plus ou moins: “Si le Guëro Velasco, ils le foutent à gouverner dans le désert, il faut pas plus de quelques mois pour que le sable commence à manquer”. (Note de Résistance 71: Ceci ne peut que rappeler la formule de Coluche qui disait: “Y sont balèzes les technocrates, c’est des mecs.. tu leur donne le Sahara, dans un an ils importent du sable…”, comme quoi les grands esprits…)

.- Bon, 3 ans après la promulgation de la soi-disant “réforme éducative”, ce monsieur Nuño n’est toujours pas capable de présenter un argument éducatif quelconque, même minime, en faveur de son “programme d’ajustement du personnel”. Ses arguments ont été jusqu’à maintenant les mêmes que n’importe quel contremaître de l’époque de Porfirio Diaz: cris hystériques, coups, menaces, licenciements, emprisonnements. Les mêmes qu’emploieraient n’importe quel triste et gris prétendant à la police postmoderne.

.- Ils les ont déjà frappés, déjà gazés, déjà emprisonnés, déjà menacés, déjà virés injustement, déjà calomniés, ils ont déjà décrété de facto l’état de siège dans la ville de Mexico. Quoi de plus ? Qu’ils les fassent disparaître ? Qu’ils les assassinent ? Vraiment ? La réforme “éducative” naîtra sur le sang et les cadavres des enseignantes et enseignants? Ils vont remplacer les campements des enseignants par des campements de policiers et de militaires ? Les blocages de manif’ par des blocages avec des tanks et des baïonnettes ?

.-Leçons pour Nuño sur le Terrorisme. La prise d’otage (la détention de membres de la direction de la CNTE, c’est ça et pas autre chose), pour n’importe quel terrorisme (celui de l’Etat et celui de ces miroirs fondamentalistes) est un moyen pour forcer à un dialogue et à une négociation. Nous ne savons pas si là-bas en haut, vous vous en êtes rendus compte ou non, mais il se trouve que c’est l’autre bord (le corps enseignant), le côté qui cherche le dialogue et la négociation. Ou bien le ministère de l’Education Publique se serait-il déjà affilié à ISIS [Daesh], et qu’il ne prend des otages que pour semer la terreur ?

.- Il y a une anecdote qui circule dans les services secrets gouvernementaux des grandes puissances. Elle raconte que pour gagner la bataille médiatique dans la guerre contre le Vietnam, les service secrets nord-américains créaient, c’est bien le mot, des scénarios de victoires fracassantes, de faiblesse chaque fois plus grande de l’ennemi, et de la force morale et matérielle de leurs propres troupes. Mais il se trouve que la stratégie baptisée “gagner les coeurs et les esprits”, qui devait à l’origine être livrée au Vietnam, due en fait être livrée dans les rues des grandes villes de l’Union Américaine. Après ce mois d’avril 1975 – qui remémorait la défaite à Playa Girón, dans la digne Cuba, durant le même mois, mais en 1961-, un fonctionnaire nord-américain avait affirmé: “le problème c’est que nous fabriquons tellement de mensonges pour les médias que nous finissons par les croire nous-mêmes. Nous avons créé une scénographie de victoire qui dissimulait notre défaite. Notre propre fracas a empêché que nous ne percevions les craquements de notre effondrement. Ce n’est pas mal de mentir, ce qui est mauvais c’est de croire à ses propres mensonges”. Bref, c’est sûr que nous, les femmes, les hommes zapatistes, on n’y connait pas grand chose sur les médias, mais depuis notre humble opinion, c’est un mauvais calcul que de mettre au-devant de la campagne médiatique d’une privatisation effrontée un contremaitre triste et gris qui veut être policier.

.- Initier à la science et à l’art l’enfance dans ces premiers pas, c’est cela que font les enseignants, enseignantes et enseignantEs.

Je donne foi.

Miaou-Ouaf.

 

Résistance politique: Visions d’espoir et de destruction en Amérique Centrale (Dean Henderson)

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¡Ya Basta!

 

Dean Henderson

 

15 Juillet 2015

 

url de l’article original:

http://hendersonlefthook.wordpress.com/2015/07/15/ya-basta/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ma compagne et moi-même sommes juste revenus d’un mois de périple à travers le sud du Mexique, le Guatémala et le Bélize. Comme d’habitude, ceci fut moins des vacances qu’un parcours du combattant rempli de moments d’euphorie et de profonde tristesse.

Du bon côté des choses, les Zapatistes (EZLN) ont établi six zones autonomes où le gouvernement mexicain est occupé à construire de nouvelles lignes à haute tension, des écoles, des sytèmes d’eau potable et de drainage des eaux usées. Malgré n’avoir tiré que quelques coups de feu pendant leur siège de cinq grandes municipalités du Chiapas en 1994 en réponse à la mise en place des accords nord-américians de libre échange (NAFTA), la critique profonde, efficace et cohérente de l’EZLN du capitalisme néo-libéral a payé de véritables dividendes pour le peuple.

Leur message a résonné dans le monde entier alors qu’ils se retiraient dans la jungle de Lacandon. Après le massacre d’Ocosingo par l’armée mexicaine qui assassina 80 personnes, l’opinion publique mondiale s’est renforcée derrière ces rebelles à très vaste majorité indigènes (NdT: peuples descendants directement des Mayas), ce qui força le passage des accords de San Andreas.

D’un autre côté la Guatemalan National Revolutionary Unity (UNRG), qui vît le jour après le coup d’état de la CIA contre le nationaliste Jacobo Arbentz Guzman en 1954 au profit de l’entreprise américain United Fruit Company (aujourd’hui Chiquita dont les gros actionnaires étaient les frères Dulles, dont l’un était… le directeur de la CIA de l’époque), qui opérait dans les plateaux du nord-guatémaltèque depuis plus de 40 ans. L’UNRG luttait dans une guerilla contre les tristement célèbres “sept familles” qui possédaient 80% des terres arables du pays.

En 1996, les rebelles, en grande majorité de nations Maya, ont signé des accords de paix avec le gouvernement guatémaltèque. Et pourtant, quelques 20 ans plus tard, la même oligarchie demeure fermement en place tandis que la plupart des Guatémaltèques semblent être plus pauvres que jamais. Le président Otto Perez Molina est un diplômé de l’École des Amériques, incubatrice des escadrons de la mort des Etats-Unis (NdT: créés par la France lors de la bataille d’Alger en 1957 et dont les cadres de l’armée française enseignèrent les techniques à l’Escuola de las Americas gérée par le Pentagone et alors basée au Panama. Elle est aujourd’hui de retour dans l’état de Georgie, pas très loin de QG de Coca Cola… coïncidence ou pas ?…), qui a servi dans les sanguinaires Kaibiles entraînés par les israéliens et qui fut le directur du renseignement militaire guatémaltèque (bref, un bon larbin/bourreau du système). Il contrôle aussi (pour services rendus à l’empire…) la plus grosse brasserie du pays: Gallo.

En parallèle d’une pauvreté dévastatrice et d’une énorme disparité de revenus, se déroule une vaste pollution de ce qui était auparavant des lacs pristines au Guatémala ainsi que son réseau de rivières. Même le lac Atilan, autrefois un paradis des nations Kachiket et Tzutzil et de quelques hippies occidentaux, est maintenant une zone contaminée et le poisson ne peut plus y être mangé.

Mais il se passe des choses au Guatémala. Le vice-président a été viré sur accusations de corruption lorsque nous visitions le pays, des protestations grondent autour d’un mouvement qui cible ses demandes en attaquant les oligarques et le Volcan Fuego tremble. Avec 38% de la population guatémaltèque étant en dessous de l’âge de 14 ans, quelque chose doit et va se produire…

Le Bélize demeure un havre de transition des cargaisons de drogues pour la couronne britannique. Les familles des triades chinoises, fidèles à la couronne britannique au travers de leur histoire maçonique durant les guerres de l’opium, possèdent pratiquement toutes les affaires inhérentes ensemble avec des familles escrocs brahmanes d’Inde. Des expatriés continuent à acheter les terres, les Mennonites produisent presque toute la nourriture et les Mayas, Créoles et Garifuna se tapent tout le boulot et n’arrivent pas à joindre les deux bouts.

Le gouvernement a reçu des fonds de Petro Caribe du Vénézuéla, une initiative pour aider la région qui commença sous feu le président Hugo Chavez, mais l’argent est le plus souvent détourné par le gang de la drogue qui semble gouverner le Bélize, qui jusqu’en 1981 était connu sous le nom de Honduras Britannique. La reine Elisabeth II figure sur tous les billets du Dollar de Bélize.

Noua avons commencé notre boucle depuis Cancun et sommes retourné au Mexique via Chetumal. Les gens de la péninsule du Yucatan semblent être en meilleure condition qu’avant, mais la crise environnementale n’a pas épargné la Riviera Maya. Les plages de Cancun à Tulum sont recouvertes d’algues après que des années durant des égoûts furent déversés directement dans la Mer des Caraïbes.

Nous avons rencontré des gens très intéressants tout au au long de notre voyage, avons expérimenté une excellente cuisine et avons eu la chance de demeurer avec le superbe peuple Maya pendant près d’un mois ; mais la pauvreté, la corruption et la destruction de l’environnement dont nous fûmes les témoins demeureront dans nos cœurs et nos esprits et ne pourront que nous propulser dans la bataille ici, à la maison, dans le ventre même de la bête.

Ils sont en train de tuer les pauvres, ils sont en train de tuer la Terre-Mère.

Ya Basta!

Paroles et faits autogestionnaires: Comment en finir avec le processus électoral inique (EZLN)

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Texte d’un porte-parole de ceux qui s’autogèrent et s’auto-déterminent dans le sud du Mexique depuis 1994. Sagesse autochtone et réalisme politique, que nous devrions absorber et adapter à nos vies. Pour que triomphent enfin “ceux d’en bas” pour l’égalité et la justice pour tous. Les paroles du sub Moisès sont d’or…

~ Résistance 71 ~

 

“Ce n’est plus d’être heureux que je souhaite maintenant, mais seulement d’être conscient.” (Albert Camus)

“Omettre ou minimiser ces voix de la résistance est créer l’idée que le pouvoir ne réside qu’avec ceux qui ont les armes, possèdent la richesse, les journaux et les stations de radio et télévision. Je désire montrer que les gens qui paraissent n’avoir aucun pouvoir, soient-ils des travailleurs, des gens de couleurs, des femmes, une fois qu’ils s’ORGANISENT et créent des mouvements, ont une voix qu’aucun gouvernement ne peut supprimer.” (Howard Zinn)

« Tout comme il y a une globalisation capitaliste néolibérale, il y a une globalisation de la rébellion. » (EZLN)

 

Au moment des élections organisez la résistance

 

Avril~Mai 2015

 

Par le Subcomandante Insurgente Moisés

Aux compas de la sixième:

 

url de l’article:

http://bsnorrell.blogspot.com/2015/05/zapatistas-in-times-of-elections.html?spref=bl

 

~ Traduction Résistance 71 ~

 

A ceux qui lisent ces mots parce qu’ils les intéressent, alors même qu’ils ne font pas partie de la 6ème:

Ces jours, à chaque fois que se produit ce qu’ils appellent un “processus électoral”, on entend et on voit les choses qui sortent immanquablement disant que l’EZLN appelle à l’abstention, que l’EZLN dit que les gens ne devraient pas voter. Ils disent cela et d’autres idioties, ces grosses têtes qui n’étudient pas l’histoire ni même n’essaient de comprendre quoi que ce soit. Et ils mettent même toutes ces absurdités dans les livres d’histoire et les biographies, ils font payer pour cela en plus. C’est à dire qu’ils font payer pour des mensonges. Comme les politiciens.

Bien sûr on sait qu’ils ne sont pas du tout intéressés en ces choses, que ceux d’en-haut inventent afin d’essayer de convaincre ceux d’en-bas qu’ils sont concernés à leur sujet.

En tant que Zapatistes, nous n’appelons pas les gens à ne pas voter, nous ne les appelons pas non plus à voter. En tant que Zapatistes, à chaque fois que nous en avons l’opportunité, nous disons aux gens qu’ils doivent s’organiser pour résister et pour lutter afin d’obtenir ce dont ils ont besoin.

Nous, comme bien des peuples originels de ces terres, savons déjà comment les partis politiques opèrent et c’est une mauvaise histoire de gens mauvais.

Et pour nous Zapatistes, ceci est une histoire appartenant déjà au passé.

Je pense que feu le père Juan Chavez Alonso a dit que les partis politiques séparent et divisent les gens, créant confrontation et conflits entre eux, même au sein des membres d’une même famille,

Et nous nous voyons ceci se produire encore et toujours.

Nous savons tous que dans beaucoup de communautés où nous vivons, il y a des gens qui ne sont pas Zapatistes et qui ne sont pas organisés, qui survivent en espérant que le mauvais gouvernement leur donnera quelques broutilles en échange de quelques photos pour la RP qui présente le gouvernement sous un bon jour.

Ainsi nous voyons qu’à chaque fois qu’il y a des élections, certains s’habillent en rouge, d’autres en bleu, d’autres encore en vert ou en jaune, certains en couleurs délavées etc… Et ils se battent entre eux ; parfois ils se battent entre membres d’une même famille. Pourquoi se disputent-ils ? Et bien ils se battent au sujet de qui va les diriger, d’à qui ils vont obéir, qui va leur donner des ordres.. Ils pensent que quelque soit la couleur qui gagne, les gens qui ont soutenu cette couleur vont recevoir plus. Nous voyons bien qu’ils disent qu’ils sont très au courant et décisifs dans leur choix de parti politique et parfois même ils se trucident pour une putain de couleur. C’est la même chose pour tous ceux qui veulent obtenir une position politique, peu importe qu’ils soient habillés en rouge, vert ou bleu ou même s’ils ont parfois une nouvelle couleur à faire valoir.

Et ils disent qu’ils appartiennent et viennent du peuple et donc que le peuple les soutient. Mais ils ne viennent pas du peuple, ils viennent des mauvais gouvernements qui un jour sont les représentants locaux et le jour suivant les leaders des syndicats, puis les fonctionnaires des partis et les présidents municipaux, c’est comme cela qu’ils fonctionnent, sautant d’une position à une autre et aussi souvent d’une couleur à une autre. Ce sont les mêmes personnes, avec les mêmes noms de famille comme toujours, les fils, petits-fils, oncles, neveux, parents, beaux-frères, petits-amis, amants, amis des mêmes tricheurs et des mêmes caïds de cour de récré, comme toujours. Ils disent toujours la même chose: qu’ils vont sauver les gens, que cette fois-ci ils vont faire attention et bien se comporter, qu’ils ne voleront pas trop, qu’ils vont aider ceux qui n’ont rien, qu’ils vont les sortir de la pauvreté…

Et puis, ils dépensent leur argent qui n’est bien sûr pas le leur mais celui qui vient des impôts, mais ces petites frappes et ces tricheurs ne dépensent pas tout cet argent pour aider ceux qui sont au fond du trou. Non, non. Ils le dépensent dans leur propagande politique, affichant posters et photos, faisant des pubs électorales à la radio à la télévision, mettant des pages de pub dans les journaux et les magazines et même passant des spots dans les cinémas.

Les gens dans les communautés qui sont des partidistas (personnes qui s’identifient à un parti politique) pendant le temps des élections sont très conscients de la couleur qu’ils supportent et dès qu’il devient clair qui a gagné, alors ils changent de couleur car ils croient qu’ils recevront aussi des dividendes pour leur “soutien”.

Supposez par exemple qu’ils reçoivent une télévision. Et bien, en tant que Zapatistes nous disons qu’on leur a donné une poubelle, parce qu’avec cette télé, ils vont recevoir une montagne d’ordure et de détritus.

Peu importe que les partis leur ont donné ce qui fut promis auparavant, maintenant ils ne vont rien leur donner du tout.

Et si les partis leur ont donné quoi que ce soit, ce fut pour les rendre encore plus fainéants. Ils ont oublié comment travailler la terre. Ils sont juste là, attendant le prochain chèque du gouvernement pour le dépenser en picole. Ils sont dans leurs maisons, se moquant de nous parce que nous cultivons la terre, tandis qu’ils s’assoient attendant tranquillement que leurs femmes ou leurs filles reviennent avec la pitance du gouvernement.

Il en est ainsi jusqu’au jour où la paie promise ne vient pas. Pas de préavis, ce n’est pas annoncé par la presse soudoyée, personne ne vient leur dire qu’ils sont leur propre sauveur. Il n’y a simplement plus de soutien, alors ces frères et sœurs comprennent qu’ils n’ont rien, qu’il n’y a plus d’argent pour la picole, mais qu’il n’y en a plus non plus pour le maïs, les haricots, le savon ou des sous-vêtements. Alors ils doivent retourner vers le petit lopin de terre fermière qu’ils avaient abandonné et qui est si rempli de mauvaises herbes qu’ils ne peuvent plus le traverser et parce qu’ils ont oublié comment travailler, bientôt leurs mains sont couvertes d’ampoules et ils ne peuvent plus tenir leur machette. Ils sont devenus inutiles à ce point en ne vivant que des subsides du gouvernement au lieu de travailler.

Ceci se produit déjà. Ils n’en parlent pas aux infos contrôlées de toutes façons par le mauvais gouvernement. Au contraire, les infos disent qu’il y a beaucoup de soutien et de subsides du gouvernement, mais rien ne vient pour les gens. Où va donc cet argent que le gouvernement dit qu’il dépense en subsides dans sa campagne contre la pauvreté ? Et bien nous savons déjà que ceux au dessus ont dit qu’il y allait avoir de moins en moins de sous, voire même plus du tout. Pensez-vous que si tous les paysans habitués aux subsides cessent de travailler cela va faire travailler ceux au dessus ? Non, non. Le mec plus haut est habitué à recevoir pour ne rien donner en échange. Il ne sait pas comment vivre honorablement de son travail, la seule chose qu’il connaisse est de vivre s’il a une position qui lui est assignée par son gouvernement.

Donc maintenant qu’il y a moins d’argent, il n’y a plus de distributions. Tout l’argent reste plus haut dans les échelons et ne redescend plus vers le bas. Le gouverneur prend sa part du butin, le juge également, puis la police, un peu va aux représentants locaux, un peu au président municipal, des miettes aux fiduciaires, des poussières au dirigeants syndicaux et il n’y a plus rien pour les partidistas et leurs familles.

Avant il y avait un petit quelque chose, maintenant, plus rien. “Que se passe t’il ?” demande le partidista. Il pense que c’est à cause de la couleur, que ça ne marche plus alors.. il essaie une autre couleur. Pareil. Dans leurs assemblées les partidistas sont en colère, ils crient, accusent, s’accusent les uns les autres de choses, ils s’appellent traîtres, s’invectivent, se traitent de vendus, de corrompus, mais en fin de compte c’est toujours ceux qui hurlent et ceux sur qui on crie qui sont les traîtres, les vendus et les corrompus.

Ainsi donc, ceux qu’ils appellent la base du parti perdent espoir, se font du souci et se sentent mal. Ils arrêtent de plaisanter parce qu’ils comprennent que dans les maisons des Zapatistes, il y a du maïs, des haricots, des légumes, il y a un peu d’argent pour des médicaments et des vêtements. Notre travail collectif nous aide à nous soutenir les uns les autres quand nous sommes dans le besoin. Il y a une clinique, il y a une école et ce n’est pas gràce au gouvernement qui ne nous aide en rien, Nous, par nous-mêmes nous sommes aidés les uns les autres en tant que compañeros et compañeras zapatistes de la 6ème.

Alors le frère partidista vient vers nous tout triste et nous demande ce qu’il doit faire, disant qu’il s’est fait baiser.

Savez-vous ce que nous lui disons alors:

Nous ne lui disons pas qu’il doit changer de parti, pour celui qui est maintenant le moindre mal.

Nous ne lui disons pas de voter.

Nous ne lui disons pas de ne pas voter.

Nous ne lui disons pas qu’il devrait devenir zapatiste, parce que nous savons tous déjà, au travers de notre propre histoire, que tout le monde n’a pas le cœur ni la force d’être un Zapatiste.

Nous ne nous moquons jamais de lui.

Nous lui disons qu’il doit simplement s’organiser.

“Alors que dois-je faire?” demande t’il.

Alors nous lui disons: “Tu vas voir par toi-même ce qu’il y a à faire, ce qui émerge de ton cœur et de ta tête, personne d’autre ne va te dire ce qu’il faut faire.”

Alors il dit: “La situation est vraiment, vraiment mauvaise.”

Nous ne lui mentons pas, ni ne lui faisons de grands discours, nous lui disons la simple vérité qui est: “Cela va empirer.”

– * –

On sait comment çà se passe.

Mais aussi, en tant que Zapatiste, nous savons très bien qu’il y a encore des gens dans d’autres parties de la ville et de la campagne qui se laissent piéger à devenir des partidistas.

Bien qu’être impliqué avec un parti semble être attractif parce que vous pouvez faire de l’argent sans travailler, sans être harassé de travail pour faire quelques sous ; mais ceux d’au-dessus trompent les gens. C’est leur boulot et c’est comme çà qu’ils survivent.

Nous voyons bien qu’il y a des gens qui y croient, que oui, maintenant la situation va s’améliorer que ce leader politique va arranger les choses et leurs problèmes, qu’il va bien se comporter, qu’il ne va pas trop voler, qu’il ne sera impliqués que dans quelques scandales seulement et que bon, ils doivent lui donner une chance…

Nous disons que tout ceci n’est que la petite histoire qui doit se produire. Que les gens doivent apprendre d’eux-mêmes que personne ne va résoudre leurs problèmes pour eux, et que bien au contraire nous devons prendre les affaires en main pour les résoudre nous-mêmes en tant que collectifs organisés.

Ce sont les gens qui créent les solutions, jamais les partis politiques ou les leaders.

Nous ne disons pas cela pour faire bien, parce que ça “sonne bien”. Nous disons cela parce que nous le voyons tous les jours dans la réalité, parce que nous le faisons déjà, ceci est notre quotidien.

– * –

On pourrait dire qu’il y a longtemps, avant qu’ils ne deviennent partie intégrante de l’appareil institutionnel, certains partidistas de la gauche cherchèrent à construire une conscience chez les gens. Qu’ils ne cherchaient pas le pouvoir au travers des élections, mais qu’ils désiraient faire bouger les gens pour qu’ils s’organisent, qu’ils luttent et changent le système. Pas seulement le gouvernement, mais le système dans son entièreté.

Pourquoi dis-je les partidistas de la gauche institutionnelle ? Et bien parce que nous savons qu’il y a des partis de gauche qui ne sont pas impliqués dans les affaires présentée ci-dessus, ils ont leur forme, mais ne se vendent pas, ni n’abandonnent, ni ne changent leur croyance que nous devons en finir avec le système capitaliste. Parce que nous savons et en tant que Zapatistes nous n’oublions pas, que l’histoire de la lutte d’en-bas est aussi écrite avec leur sang.

Mais l’argent est l’argent et au-dessus c’est au-dessus et les partidistas de la gauche institutionnelle ont changé leur façon de penser et maintenant ils recherchent des positions payées. C’est aussi simple que cela: le fric, ou en d’autres termes: la paye, le salaire.

Croyez-vous vraiment qu’il soit possible de créer une conscience politique en dédaignant, en humiliant et en calmomniant ceux d’en-bas ? En leur disant qu’ils ne sont qu’une bande de “bouffeurs de sandwich” qui ne pensent pas ? qu’ils sont ignorants ?

Pensez-vous vraiment pouvoir créer une conscience politique en demandant aux gens de voter pour vous tout en leur disant simultanément qu’ils sont des imbéciles qui se vendraient pour une télé ?

Pensez-vous créer une conscience politique si vous leur dites “Hé vous les partidistas de la gauche, ce tricheur et cette petite frappe qui dit être l’espoir pour le futur bossait pour une autre couleur auparavant et ce n’est qu’un rat”, alors les gens vous répondent que vous êtes vendu à Peña Nieto ?

Pensez-vous que vous créez de la conscience politique si vous mentez au peuple, leur disant que nous, les Zapatistes, disons de ne pas voter, parce que vous voyez que vous n’aurez peut-être pas assez d’électeurs dans vos registres, ou en d’autres termes, fini de payer et vous chercher quelqu’un sur qui rejeter le blâme ?

Pensez-vous créer de la conscience politique si vous avez maintenant les mêmes personnes bossant pour votre parti qui étaient avant des rouges, des bleus ou des jaunes ?

[…]

Si au Chiapas, Velasco frappe les gens de la main, ses partidistas frappent les gens alentours avec leur racisme non-voilé.

Il est très clair que la seule chose pour laquelle les partidistas créent de la conscience est qu’en plus d’être arrogants, ce sont aussi de parfaits imbéciles.

Que pensent-ils?

Qu’après avoir été insultés, trompés et calominiés, que les gens d’en-bas vont se mettre à genoux devant cette couleur politique, voter pour eux et implorer d’être sauvés ?

Ce que nous, Zapatistes, disons est ceci: Vous avez la preuve que pour être un politicien de parti d’en-haut, vous devez être sans honte, imbécile ou un criminel… ou les trois à la fois.

-*-

Nous, Zapatistes, disons que nous ne devrions pas être effrayés d’avoir le peuple qui gouverne. C’est la voie la plus saine et le plus juste. Parce que ce sont les gens eux-mèmes qui vont procéder au changement qui est vraiment nécessaire et cela est la seule façon pour qu’un nouveau système de gouvernement se mette à exister.

Ce n’est pas que nous ne savons ce que choisir un candidat ou des élections sont. Nous, les Zapatistes, avons un calendrier et une géographie différents pour le comment avoir des élections en territoire rebelle, en résistance.

Nous avons nos propres méthodes où les gens choisissent et cela se fait sans dépenser des millions, encore moins en produisant des tonnes de détritus en plastique, des bannières, photos, posters représentant des rats et des criminels.

Il est vrai que cela fait juste 20 ans que nous avons choisi notre système autonome, de manière véritablement démocratique. C’est comme cela que nous avons marché ensemble, dans la liberté que nous avons obtenue pour nous-mêmes et avec une “autre” justice d’un peuple organisé dans le processus du choix. Où tout le monde trouve un accord et organise le politique pour s’assurer que les gens obéissent à leur mandat. Où les gens s’organisent pour déterminer le travail qui sera effectué par les représentants. En d’autres termes: le peuple commande au gouvernement (NdT: Dans la plus pure tradition ancestrale amérindienne des sociétés à la chefferie sans pouvoir, où le chef est endetté vis à vis du peuple et n’est qu’un porte-parole sans aucun pouvoir, celui-ci étant dilué dans le peuple qui décide en assemblées…)

Le peuple s’organise en assemblées, où les gens commencent par exprimer leur avis, de là des propositions émergent sur un sujet donné et ces propositions sont étudiées en évaluant avantages et inconvénients, pour analyser ce qui est le mieux pour le bien commun. Avant de prendre une décision, les propositions sont renvoyées vers le peuple et l’assemblée pour être approuvées de façon à ce qu’une décision puisse être prise en accord avec la majorité des communautés (NdT: petite différence ici mais notoire avec les nations natives plus au nord du sous-continent où les décisions sont prises à l’unanimité…).

Ceci est la vie zapatiste dans les communautés. Ceci est une véritable culture.

Est-ce que cela vous semble lent ? C’est pourquoi nous disons que cela se fait en accord avec notre calendrier.

Pensez-vous que c’est parce que nous sommes des peuples indigènes ? C’est pourquoi nous disons que ceci est en accord avec notre géographie.

Il est vrai que nous avons commis bien des erreurs et avons connu bien des échecs. Et il est aussi vrai que nous en connaîtrons encore d’autres.

Mais ce sont NOS ECHECS.

Nous les commettons, nous en payons le prix.

Ce n’est pas comme dans les partis politiques où les leaders se plantent, où ils font même payer pour leurs erreurs et ce sont ceux du dessous qui paient les pots cassés.

Voilà pourquoi les élections qui pointent au moins de Juin ne nous concernent pas en quoi que ce soit.

Nous n’appelons pas les gens à voter, ni à ne pas voter. Cela ne nous intéresse tout simplement aucunement.

Mieux, cela ne nous inquiète nullement.

Pour nous, Zapatistes, ce qui nous intéresse est de savoir comment résister et confronter les têtes multiples du capitalisme et de son système qui nous exploite, nous opprime, nous réprime, nous fait disparaître et nous vole,

Le capitalisme n’opprime pas dans un seul endroit et d’une seule façon. Il vous opprime si vous êtes une femme, il vous opprime si vous êtes un col bleu ou un col blanc, il vous opprime si vous êtes un paysan, si vous êtes jeune, si vous êtes un enfant. Il vous opprime si vous êtes un enseignant, un élève, un étudiant, si vous êtes un artiste ; il vous opprime si vous pensez, si vous êtes humain, si vous êtes une plante, un animal, de l’eau ou la terre.

Il importe peu le nombre de fois où il le lave ou le parfume, le système capitaliste “dégouline de la tête aux pieds, de chaque pore de la peau, de sang et de saleté” (vous pouvez vous amuser à chercher qui a écrit cela et où…)

Ainsi notre idée n’est pas du tout de promouvoir le vote.

Ni de promouvoir l’abstention ou le vote blanc.

Ni de donner des recettes sur le comment confronter le capitalisme.

Ni d’imposer notre façon de penser aux autres.

Le séminaire est afin de voir les différentes têtes du système capitaliste, d’essayer de comprendre s’il y a de nouvelles façons de nous attaquer ou si les méthodes sont les mêmes qu’avant.

Si nous sommes intéressés par d’autres façons de penser, c’est afin de voir si nous avons raison sur ce que nous pensons qui arrive, qu’il va y a voir une crise économique terrible et dévastatrice qui va se connecter avec d’autres mauvaises choses et que cela occasionnera des dégàts énormes partout et à tout le monde, dans le monde entier.

S’il est vrai que cela arrive, ou que cela est déjà en train de se produire, nous devons penser pour savoir si cela marchera de continuer à faire les mêmes choses qui ont été faites avant.

Nous croyons que nous avons l’obligation de penser, d’analyser, de réfléchir, de critiquer, de trouver notre propre vitesse d’exécution, notre mode de fonctionnement, dans nos endroits et en notre temps.

Maintenant je demande à ceux d’entre vous qui lisent ceci: que vous votiez ou non, est-ce un mal de penser à ce qui se passe dans le monde dans lequel nous vivons, de l’analyser, de le comprendre ? Est-ce que penser de manière critique empêche de voter ou de s’abstenir de voter ? Est-ce que cela nous aide à nous organiser ou pas ?

– * –

Pour en finir avec les élections:

Pour que ce soit clair et que vous ne soyez pas induits en erreur par ce que nous disons et ne disons pas.

Nous comprenons qu’il y a ceux qui pensent que c’est possible de changer le système de l’intérieur par le vote dans les élections.

Nous disons que cela est difficile parce que c’est le même dominant qui organise les élections, qui décide qui seront les candidats, qui dit comment, quand et où voter, qui annonce qui a gagné et qui dit si les élections furent légales ou pas.

Mais eh, il y a des gens qui pensent que cela peut marcher. Okay, nous ne disons pas non, mais nous ne disons pas oui non plus.

Alors, votez pour une couleur ou un autre délavée, ou ne votez pas, ce que nous disons en revanche est que nous devons NOUS ORGANISER et prendre la décision de qui gouverne entre nos mains et les faire obéir au peuple !

Si vous avez déja décidé que vous n’irez pas voter, nous ne disons pas que c’est bien ou mal. Nous disons simplement que ce n’est pas suffisant, que vous devez vous organiser. Et bien sûr que vous devez vous préparer à ce qu’ils vous accusent pour les misères des partis de la gauche institutionnelle.

Si vous avez décidé que vous allez voter et aussi déjà pour qui, alors pareil, notre opinion est que ce n’est ni bien ni mal. Mais ce que nous disons clairement néanmoins est que vous devez vous préparer parce que vous allez être sérieusement en colère quand viendra le temps des fraudes et des trahisons de paroles données. Ceux du pouvoir sont des experts en triche. Ce qui va se passer a déjà été décidé par ceux d’en-haut.

Nous savons aussi qu’il y a des leaders qui mentent et trompent les gens. Ils disent qu’il n’y a que deux voies pour changer le système: la lutte électorale et la lutte armée.

Ils disent cela parce qu’ils sont ignotants et sans honte, ou les deux.

En premier lieu, ils ne se battent pas pour changer le système ou prendre le pouvoir, mais pour être au gouvernement. Ce n’est pas la même chose. Ils disent qu’une fois en place au gouvernement, ils feront les bonnes choses, mais ils font très attention de bien clarifier qu’ils ne vont pas changer les système, qu’ils vont juste se débarrasser de ce qui est mauvais.

Peut-être devraient-ils étudier un peu mieux et apprendre qu’être au gouvernement ne veut pas dire avoir le pouvoir.

Vous pouvez constater qu’ils ne réalisent pas que s’ils se débarrassaient des mauvaises parties du capitalisme, il n’y aurait alors plus de capitalisme et je vais vous dire pourquoi: parce que le capitalisme est l’exploitation de l’homme par l’homme et du grand nombre par le petit nombre. Même en incluant les femmes, c’est la même chose. C’est le système où les uns s’enrichissent du travail des autres. Si ces partidistas disent que cela est bien et qu’ils doivent juste faire attention que leurs élus ne poussent pas le bouchon trop loin, ok, laissez les dire.

Mais il y a plus que les deux voies décrites (la voie électorale et la voie armée) pour entrer au gouvernement. Ils oublient que le gouvernement peut tout aussi bien être acheté, pas seulement cela, mais peut-être ont-ils aussi oublié qu’il est parfaitement possible de gouverner sans même être au gouvernement.

Si ces gens disent que cela n’est possible qu’avec des armes ou des élections, la seule chose qu’ils nous disent en fait, est qu’ils ne connaissent rien à leur histoire, qu’il n’ont pas bien étudié, qu’ils n’ont aucune imagination et qu’ils n’ont aucune honte.

Ce serait suffisant pour eux de voir juste un peu de ce qu’il se passe en-bas. Mais leurs cous sont déjà courbaturés de trop regarder en haut.

C’est pourquoi nous, les Zapatistes, ne sommes jamais fatigués de dire organisez-vous, organisons-nous, chaque personne là où elle est, luttons et organisons-nous, travaillons pour nous organiser, commençons par penser comment commencer à nous organiser et rassemblons nous afin d’unifier nos organisations pour vivre dans un monde où le peuple commande et le “gouvernement” obéit.

En résumé, comme nous l’avons dit au préalable et nous le redisons maintenant: que vous votiez ou non… ORGANISEZ-VOUS

Et bien, nous, Zapatistes, pensons que nous devons avoir de bonnes idées afin de nous organiser. Ce qui revient à dire nous avons besoin de théorie, de pensée critique.

Avec la pensée critique, nous pouvons analyser les modes de l’ennemi, de celui qui nous opprime, nous exploite, nous réprime, nous méprise et nous vole.

Mais avec la pensée critique nous pouvons également analyser et critiquer notre propre chemin.

Pour cette raison, nous appelons toute la 6ème à se rassembler pour penser, analyser, théoriser et de voir comment nous voyons le monde, notre lutte et notre histoire.

Nous en appelons à ce que vous ayez vos propres séminaires et partagiez avec nous ce que vous y cultivez.

– * –

En tant que Zapatistes, nous allons continuer à nous gouverner nous-mêmes comme nous le faisons déjà, là où le peuple dirige et le gouvernement obéit.

Comme le disent si bien nos compañeros: Hay lum tujbil vitil ayotik. Ce qui veut dire: comme il est bon le chemin que nous empruntons.

Une autre: Nunca ya kikitaybajtic bitilon zapatista. Ce qui veut dire: nous ne cesserons jamais d’être zapatistes.

Encore une: Jatoj kalal yax chamon te yax voon sok viil zapatista. Même mort, on m’appelera toujours zapatiste.

Depuis les montagnes du sud-est mexicain.

Au nom de l’EZLN, des femmes, hommes, enfants et anciens de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (Ejercito Zapatista de Liberacion Nacionale)

Subcomandante Insurgente Moisés

Mexico, April-May of 2015.

[i] The text uses “cabrón,” like bully or asshole, and “cabra,” (literally “goat”), playing with the feminine form of gendered nouns in Spanish. We will use “cheats and bullies” throughout the rest of the translation for this phrase.

[ii] The text uses “compañeroas,” to give a range of possible gendered pronouns including male, female, transgender and others.

[iii] A reference to those who accept gifts or handouts—often a sandwich at a rally—from the political parties in return for support.

[iv] A reference to the slap Chiapas governor Manuel Velasco gave to an assistant at a December 9, 2014, public event, which was caught on camera.

[v] From Karl Marx’ Capital Volume 1, Chapter 31.

[vi] The text uses “unoas” (some) and “otroas,” (others) to give a range of possible gendered pronouns including male, female, transgender and others.

Résistance politique: Soutenir les Zapatistes du Chiapas, s’inspirer de leur lutte universelle et adapter la méthode…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 4 novembre 2014 by Résistance 71

Si nous sommes tous des colonisés, nous ne sommes pas, bien évidemment, tous des « zapatistes », des amérindiens ou des peuples autochtones de nations sous domination coloniale directe. Le message de lutte est universel à tous les peuples. La réalité pratique se doit d’être adaptée à l’environnement géographique et socio-politique de chacun des peuples concernés. Inspirons-nous du Chiapas et créons le confédéralisme démocratique en contre-pouvoir efficace au marasme systémique ambiant et sclérosé.

— Résistance 71 —

 

Chiapas

 

Alternative Libertaire

 

22 Octobre 2014

 

url de l’article:

http://www.alternativelibertaire.org/?Chiapas

 

Une compilation d’articles et de communiqués, ainsi que sur les luttes politiques au Mexique et des peuples indigènes du continent sud-américain. En rejoignant la « Sexta » des Zapatistes, Alternative libertaire entend défendre l’autonomie des peuples et les expériences d’auto-organisation et d’autogestion.

Le soulèvement

Le soulèvement zapatiste du 1er janvier 1994 a permis de mettre en lumière des problématiques sociales et politiques propres aux peuples indigènes, du Mexique comme d’ailleurs. Usage du territoire, représentation politique, perte des cultures, discrimination raciale, ces thèmes se sont retrouvés sur le devant de la scène mexicaine et internationale, et le soulèvement a provoqué ou renforcé de nombreux autres mouvements indigènes, ainsi que suscité une grande vague de solidarité internationale.

Les relations développées avec la société civile mexicaine et internationale, ainsi que l’intense préparation politique des zapatistes pendant les dix ans précédents le soulèvement, ont débouché sur un mouvement avec une forte capacité organisationnelle, un large soutien populaire, et un discours inspirateur pour de nombreuses luttes. Le discours anticapitaliste, les pratiques horizontales, les revendications d’autonomie, ont participé entre autres à populariser ce mouvement dans les milieux libertaires du monde entier.

Le but n‘est pas de retracer ici l’histoire du mouvement, mais de voir où il se situe aujourd’hui et ce qu’il peut nous apporter dans nos luttes.

Un nouveau cycle du mouvement zapatiste

Dès la fin des combats de 1994, l’EZLN à tissé des liens avec la société civile mexicaine et les mouvements altermondialistes au travers des marches du Chiapas jusqu’à Mexico ou de rencontres internationales sur leur territoire. Dans le même temps les zapatistes ont organisé leur autonomie dans les « territoires récupérés » lors de l’insurrection. Après deux années d’intense travail avec la société civile mexicaine et internationale (autour de la 6ème déclaration) en 2006 et 2007, ils et elles se sont concentré-e-s sur le développement de leurs capacités productives, politiques, sociales.

Vous êtes en territoire rebelle zapatiste. Ici le peuple commande et le gouvernement obéit.

Le « pouvoir » de l’EZLN (Armée Zapatiste de Libération Nationale) a été transmis à des instances civiles, les Juntas de buen gobierno (conseils de bon gouvernement), et de nombreux projets d’éducation, de santé, d’agriculture, de communication ont été mis en place ou renforcés. Les conditions de vie des communautés zapatistes se sont améliorées, malgré la répression constante du mouvement de la part des gouvernements local et fédéral. Les médias et nombre de mouvements politiques hostiles aux zapatistes ont profité de ce moment de moindre visibilité pour déclarer la disparition du mouvement. Mais le déclenchement d’une nouvelle phase de mobilisation depuis décembre 2012 leur a donné tort.

Le 21 Décembre 2012, environ 40.000 bases de apoyo (bases de soutien) zapatistes ont défilé silencieusement dans les cinq villes que l’EZLN avait prises par les armes le 1er janvier 1994. Le communiqué émis ce jour-là disait seulement « VOUS AVEZ ENTENDU ? C’est le son de votre monde en train de s’effondrer, C’est celui du notre qui resurgit. Le jour qui fut jour, était nuit, Et nuit sera le jour qui sera le jour. ».

Quelques jours après, l’EZLN a commencé à émettre des communiqués à un rythme soutenu, expliquant le relatif silence des années précédentes et la volonté de reprendre le travail de communication national et international, la nomination d’un nouveau subcomandante, et l’entrée dans une nouvelle phase de leur mouvement : « le temps du oui ». C’est-à-dire une phase de construction active d’une autre société et non plus de simple opposition ou résistance à la société existante. Puis, détaillant les premières étapes de cette nouvelle phase : 
 la escuelita (petite école), sorte d’université populaire organisée par les zapatistes dans leurs communautés depuis août 2013 jusqu’au début 2014 pour partager leur expérience avec des individu-e-s et des organisations sociales nationales et internationales qui les soutiennent. 
 la reprise d’un travail unitaire avec d’autres mouvements indigènes mexicains, notamment au travers de la Catedra Tata Juan Chavez des 17 et 18 août 2013.

Le moment d’entrée dans cette nouvelle phase de mobilisation répond à un contexte particulier.

D’une part, la généralisation de la violence. Le Mexique est devenu ces dernières années l’un des pays les plus violents au monde, avec le déclenchement de la « guerre contre le narcotrafic » sous le mandat du président Calderón (2006-2012) du PAN (Parti Action Nationale, droite conservatrice catholique), qui a fait 60 000 morts dont bon nombre de « dommages collatéraux ». Cette violence s’est ajoutée à la corruption et à l’autoritarisme de la classe politique mexicaine, détruisant encore plus le tissu social du pays, et masquant la répression (assassinats, disparitions, emprisonnements) dont souffrent les mouvements sociaux et indigènes.

D’autre part, le retour du PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel) au pouvoir. Le PRI a gouverné le Mexique pendant 70 ans d’affilés jusqu’à l’arrivée du PAN au pouvoir en 2000. Il symbolise la corruption, le clientélisme, la répression, le virage néolibéral, l’état mafieux (pratiques que le PAN a perpétuées avec plaisir), et son retour au pouvoir fin 2012 ne peut faire que craindre le pire.

Enfin, la mise en place de l’agenda néolibéral des élites nord-américaines. Intégration commerciale profitant aux multinationales, extraction sauvage des ressources naturelles, pillage des ressources biologiques, privatisations (éducation, énergie, etc.), aux conséquences socio-économiques désastreuses pour la majorité de la population, et notamment pour les peuples indigènes dépossédés de leurs territoires et de leurs cultures.

Un élément primordial dans cette nouvelle phase de mobilisation est aussi d’ordre culturel et spirituel. Le 21 décembre 2012 représente dans la cosmovision maya le passage à un nouveau cycle de leur calendrier, le 14eme Baktun, chaque baktun durant environ 394 ans. Cet aspect culturel a déterminé le choix de la date de la mobilisation du 21 décembre, et donne le sens du communiqué émis à cette occasion, l’entrée dans un nouveau cycle devant s’accompagner de l’entrée dans un autre modèle de société que les zapatistes s’efforcent de construire.

Plus récemment, suite à l’attaque du Caracol La Realidad et de l’assassinat du compa Galeano, perpétué par des paramilitaires, les zapatistes, par la voix du Sous-commandant Marcos, ont confirmé l’engagement dans cette nouvelle étape du mouvement. En effet, en décidant la « disparition » du personnage de Marcos, ils montrent au monde que leur mouvement est autogestionnaire et horizontal. L’évolution est notoire, comme le montre cet extrait du communiqué Ombre et Lumière de l’EZLN :

« Au cours de ce ces vingt dernières années, une relève complexe et à plusieurs niveaux s’est opérée au sein de l’EZLN. 
Certains n’ont vu que ce qu’il y avait de plus évident : la relève générationnelle. 
Aujourd’hui, en effet, ce sont celles et ceux qui étaient tout jeunes ou qui n’étaient pas encore nés au début de notre soulèvement qui luttent et conduisent la résistance. 
Cependant, certains lettrés n’ont pas eu conscience des autres relèves qui ont eu lieu : 
Une relève de classe : le passage d’une origine de la classe moyenne éclairée à une origine indigène paysanne. 
Une relève de race : de dirigeants métis, on est passé à des dirigeants nettement indigènes. 
Et le plus important, une relève dans la pensée. De l’avant-gardisme révolutionnaire, on est passé au « commander en obéissant » ; de la prise du Pouvoir d’en Haut à la création du pouvoir d’en bas ; de la politique professionnelle à la politique quotidienne ; des leaders aux communautés ; de la ségrégation de genre à la participation directe des femmes ; de la moquerie envers l’autre à la célébration de la différence. »

Aternative libertaire adhère à la Sexta, c’est-à-dire à la Sixième Déclaration de la Selva Lacandona, rédigée en 2005. Ce texte avait contribué à créer un nouveau réseau fédérant les groupes en lutte.

L’EZLN et le mouvement zapatiste ont montré au cours de ces dernières décennies qu’il n’y avait pas de fatalité dans ce monde dominé par le néolibéralisme, les injustices et les gouvernements à la botte des capitalistes. Même les plus pauvres, les plus oublié-e-s, peuvent se lever et crier Ya Basta ! Assez ! Et choisir une autre voie, basée sur la justice, la démocratie, la dignité, la solidarité, l’égalité.

Ce qu’ont réussi à construire les zapatistes depuis la création de l’EZLN représente une source d’optimisme et d’inspiration pour tous ceux et toutes celles qui luttent pour un monde meilleur. Les conditions politiques, sociales, culturelles, ne sont pas les mêmes en France et au Chiapas, et n’appellent pas les mêmes réponses, mais un désir commun doit nous animer, comme partout sur cette planète : reprendre le contrôle de nos vies. Et sur ce plan là, les zapatistes sont un exemple.

Alternative libertaire lutte depuis longtemps contre toutes les oppressions : capitaliste, étatique, patriarcale, raciste. Nous participons dans la mesure de nos capacités aux mouvements sociaux et aux luttes sur nos lieux de travail, et diffusons autant que possible nos idées communistes libertaires pour créer une société libre de toute forme de domination.

Depuis le soulèvement zapatiste, nous avons suivi avec intérêt et solidarité l’évolution de cette lutte, et l’avons diffusée dans les pages de notre journal. Mais nous n’avons jamais formalisé notre solidarité, ni n’avons participé aux rencontres et activités organisées par les zapatistes ou les mouvements de solidarité. Il est malheureusement difficile de s’engager sur tous les fronts. Mais aujourd’hui, alors que les conséquences économiques, sociales et écologiques du néolibéralisme se font de plus en plus dramatiques et irréversibles, il nous semble important de participer à la nouvelle dynamique que les zapatistes essayent d’impulser. C’est pourquoi nous avons décidé de rejoindre la Sexta Declaración de la Selva Lacandona.

Ces derniers mois, à l’occasion des 20 ans du soulèvement, nous avons participé dans différentes villes de France à des activités de solidarité en commun avec d’autres groupes et collectifs de soutien aux zapatistes, avec des débats publics, des repas de solidarité, et la participation à des rassemblements de soutien. Avec ces collectifs, nous tentons tant bien que mal d’apporter notre aide.

Nous souhaitons ainsi diffuser la lutte zapatiste et les revendications d’autonomie des peuples indigènes du Chiapas et d’ailleurs, et exiger l’application des accords de San Andres, la libération des prisonniers politiques et la fin du harcèlement militaire et de la violence politique dont sont trop souvent victimes les peuples du Chiapas et du reste du Mexique.

Résistance politique: Rencontre EZLN et Congrès National Indigène au Chiapas… La résistance s’organise plus avant

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Rencontre de partage avec le Congrès national indigène

 

lundi 16 juin 2014, par SCI Moisés

 

Armée zapatiste de libération nationale. 
Mexique. 
29 mai 2014.

 

url de l’article en français:

http://www.lavoiedujaguar.net/Rencontre-de-partage-avec-le

En español:

http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2014/05/30/comparticion-con-cni/

 

Au Congrès national indigène et aux peuples indigènes du Mexique, 
À la Sexta,

Compañeras et compañeros,

Recevez toutes et tous nos salutations zapatistes. Voici où nous en sommes de la rencontre de partage entre les peuples zapatistes et les peuples originaires du Congrès national indigène (CNI).

Premièrement. Les compañer@s du CNI que nous invitons à cette première session de partage sont les mêmes que ceux qui l’étaient déjà aux dates qui ont été suspendues.

Deuxièmement. Nouvelles dates et lieu de cette rencontre.

Lieu : Caracol de La Realidad.

Arrivée : samedi 2 et dimanche 3 août 2014. Ainsi pourront-ils se déplacer sans se presser et en faisant attention, pour arriver dans les meilleures conditions à La Realidad.

Partage : du lundi 4 au vendredi 8 août.

Résolutions et accords du partage : samedi 9 août.

Départ : dimanche 10 août

Troisièmement. Seuls les zapatistes et le Congrès national indigène sont concernés par cette rencontre. Personne d’autre ne sera admis, pas même les médias libres ou les compas de la Sexta.

Quatrièmement. La séance des résolutions et des accords de la rencontre, elle, sera ouverte aux compas de la Sexta et aux médias libres.

Cinquièmement. Tout ce qui concerne l’hébergement et la restauration de nos invités à la rencontre — c’est-à-dire les compañeras et compañeros du CNI — est pris en charge par les zapatistes.

Nous nous activons dès à présent pour que tout soit prêt, pour que nos compas du Congrès national indigène n’aient à souffrir ni de la pluie ni du soleil, et pour faire de notre mieux question alimentation.

Sixièmement. Nous appelons toute la Sexta nationale et internationale à donner un coup de main pour participer aux frais de déplacement de nos invités. Pour la plupart, ils vont venir de très loin et voyageront à leurs frais.

Dans presque tous les lieux où vivent et luttent ces compañeras et compañeros du CNI qui vont venir, il y a aussi des compas de la Sexta qui trouveront certainement comment réunir les ressources pour que les invité•e•s fassent bon voyage.

Nous, les peuples originaires, nous sommes les gardiens de la terre. La terre ne rémunère pas ceux qui la soignent et qui l’aiment, elle ne donne pas de postes au gouvernement, elle n’est pas aux informations, elle ne vote pas, elle ne donne pas de récompenses. La terre donne la vie, c’est tout.

Septièmement. C’est avec une grande douleur que nous avons appris qu’un compañero du Congrès national indigène, qui était venu à La Realidad pour prendre part à notre douleur et à notre rébellion, est mort dans un accident alors qu’il retournait à sa terre.

Ce compa décédé s’appelle David Ruiz García, du peuple originaire ñhañú, communauté San Francisco Xochicuatla, commune de Lerma, dans l’État de Mexico, Mexique.

Nous envoyons une grande accolade compañera à sa famille, à son peuple, et à ses compañeras et compañeros de lutte du CNI.

Ce compañero David n’est pas mort au cours d’une balade, mais en accomplissant son devoir : la mission que lui avaient donnée les compañeras et compañeros de son peuple et du Congrès national indigène était de se joindre à nous, les zapatistes, dans l’hommage à notre compa Galeano.

C’est pourquoi nous avons estimé que, pour honorer la mémoire de ce compañero, nous donnerons son nom à cette première rencontre de peuples originaires du Mexique et peuples zapatistes.

D’où le nom :

Rencontre de partage « Compañero David Ruiz Garcia » 
entre le Congrès national indigène et les peuples zapatistes.

C’est notre modeste hommage pour embrasser ce collègue et pour lui permettre de marcher encore une fois avec les peuples indigènes de notre pays, le Mexique.

C’est tout, compañeras et compañeros.

Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain. 
Pour le Comité clandestin révolutionnaire indigène, 
Commandement général de l’Armée zapatiste de libération nationale, 
sous-commandant insurgé Moisés.

Dans La Réalité zapatiste. 
Mexique, mai 2014. 
Année 20 de la guerre contre l’oubli.

Traduit par h.g.

Source du texte d’origine : 
Enlace Zapatista

Résistance politique: L’organisation du bon gouvernement populaire…

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Petite école campement pour la paix, partage et reconstruction

 

mercredi 4 juin 2014, par SCI Moisés

 

Armée zapatiste de libération nationale 
Mexique 


27 mai 2014

 

url de l’article en français:

http://www.lavoiedujaguar.net/Petite-ecole-campement-pour-la

En español:

http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2014/05/28/escuelita-campamento-de-paz-comparticion-y-reconstruccion-comunicado-del-subcomandante-insurgente-moises/

 

Aux compañeras et compañeros de la Sexta au Mexique et dans le monde 
Aux sœurs et frères du Congrès national indigène et des peuples originaires de notre pays

Compas,

Le sous-commandant insurgé Moisés vous salue pour vous communiquer certaines choses.

Premièrement. PETITE ÉCOLE. 
Compañer@s de la Sexta du Mexique et du monde. 
Nous voulons vous dire que, pour l’instant, nous pensons que nous allons continuer le travail de la petite école, dans le premier degré pour les nouveaux et le second degré pour ceux qui ont réussi, car ceux qui sont passé le premier degré peuvent avancer, mais tous les élèves n’ont pas rempli les objectifs fixés. Bientôt, nous vous donnerons la date pour la petite école du premier degré, et du second degré, mais pas pour tou•te•s.

Deuxièmement. CAMPEMENT POUR LA PAIX. 
Compañer@s de la Sexta du Mexique et du monde. 
Nous vous informons que nous avons reçu la parole et la proposition du Centre de droits de l’homme Fray Bartolomé de Las Casas d’installer un campement civil pour la paix dans la communauté de La Realidad, où a été commis le crime contre notre compañero Galeano. Nous avons déjà répondu favorablement au Frayba, où les témoins et les observateurs sont les bienvenus car la situation n’est toujours pas résolue. Les assassins sont toujours libres et la force qui les pousse à faire n’importe quoi, c’est l’alcool, et, pour certains, la consommation de drogues. Les compañer@s bases d’appui zapatistes doivent rentrer chez eux, ils ne pourront pas rester tout le temps dans le Caracol, car ils doivent travailler pour subvenir aux besoins de leur famille. Ainsi, le campement civil pour la paix est très important. Pour l’organisation, nous vous demandons de vous coordonner avec le Centre des droits de l’homme Fray Bartolomé de Las Casas. Selon nos informations, le premier campement s’installera le mercredi 4 juin 2014.

Troisièmement. PARTAGE. 
Nous allons aussi reprendre le partage avec les sœurs et frères du Congrès national indigène, mais cela sera détaillé dans un autre communiqué.

Quatrièmement. RECONSTRUCTION. 
Comme vous le savez déjà, les paramilitaires, au service des mauvais gouvernements, ont détruit l’école et la clinique des bases d’appui zapatistes. Et de même que nous avons désenterré le compa Galeano, nous devons reconstruire l’école et la clinique. Les compañer@s bases d’appui de La Realidad ont déjà trouvé un nouvel endroit, alors nous vous invitons à obtenir du matériel pour la construction et l’installation de l’école et de la clinique.

Ainsi les mauvais gouvernements vont comprendre que quelles que soient les destructions perpétrées contre nous, nous construirons toujours plus. Dans le passé, lorsque Zedillo a détruit l’Aguascalientes de Guadalupe Tepeyac, pour un détruit nous avons alors construit cinq Aguascalientes.

Enfin, je vous informe que j’ai vu les informations données, par les médias à la solde, sur ce qui est arrivé en réalité à La Realidad. Et c’est vrai ce qu’avait dit feu le sous-commandant Marcos : ils n’ont rien entendu, rien compris.

Ceux d’en haut ne comprennent pas que nous n’avons rien perdu. Bien au contraire, nous récupérons un compañero. Et ceux de dehors ne comprennent pas qu’ils ont bien perdu eux, car ils n’ont plus d’yeux pour nous voir ni nous comprendre.

Ils n’entendent pas que, là où ils se trouvent, le cri de la douleur et de la rage s’agrandit. Ils n’entendent pas qu’ils sont déjà seuls.

Et ils accusent les médias libres d’être zapatistes, ou d’être payés par les zapatistes, comme si le fait de dire la vérité de la réalité de La Realidad était un travail à payer et non un devoir. Mais nous savons qu’ils disent cela par colère, car les médias à la solde ne transmettent pas la réalité.

Car les zapatistes, si nous avons de l’argent, nous construisons la vie, et nous ne détruisons pas la vérité. Pas comme les mauvais gouvernements qui utilisent l’argent pour construire des mensonges et détruire des vies.

Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain, 
sous-commandant insurgé Moisés.

Mexique, mai 2014, 
en l’an 20 de la guerre contre l’oubli.

Traduit par C.F.

Source du texte d’origine : 
Enlace Zapatista