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Résistance politique pour une societé des sociétés: le Conseil National Indigène et l’heure des peuples…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, économie, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 8 janvier 2017 by Résistance 71

Voilà une source de départ de la société des sociétés… Que 2017 soit fructueuse ! Les nations indigènes nous montrent la voie (du jaguar… 😉 )

~ Résistance 71 ~

 

Es la hora de los pueblos

C’est l’heure des peuples

 

Georges Lapierre

 

6 janvier 2017

 

url de l’article en français:

http://www.lavoiedujaguar.net/Es-la-hora-de-los-pueblos

 

Es el momento de los pueblos, de sembrarnos y reconstruirnos.
 Es el momento de pasar a la ofensiva…

Le moment des peuples est venu, celui de semer ce que nous sommes et de nous reconstruire.
 C’est le moment de passer à l’offensive [1].

C’est l’heure des peuples ou de nos peuples, affirme le Congrès national indigène, c’est vite dit et pourtant… Comme si nous nous trouvions au début d’une aventure, sur la ligne d’un départ, nous ne savons pas encore où cela va nous mener, cette entrée dans l’action, ce commencement à être, cette affirmation de ce que nous sommes, de ce que nous aimons, de ce que nous voulons, de nos désirs, de nos souhaits : se mettre en mouvement, les premiers pas, la première parole, dans le sens où l’entendent les Kanak, le premier acte d’une aventure qui consiste à construire un autre monde, une alternative au capitalisme, un monde qui contiendrait d’autres mondes, d’autres vies, d’autres modes de vie. Il faut bien commencer, sans doute allons-nous trébucher au premier pas, pour nous relever ou pour ne pas nous relever. Nous n’avons pas une idée bien définie de ce que nous cherchons, ce n’est pas une idéologie qui nous anime, mais le refus d’être emportés par cette tourmente dévastatrice de toute forme de vie sociale qu’est devenu notre présent. Nous ne partons pas de rien, nous ne partons pas du vide, de cette apesanteur sociale dans laquelle tournent les individus du premier monde, nous ne sommes pas des individus isolés, nous partons de ce que nous sommes encore, de ce qui nous constitue encore : un vivre ensemble, un savoir-vivre, une communauté de pensée. Nous partons de notre mémoire, de notre histoire, de nos nostalgies, de nos usages, de nos coutumes, ce que l’on appelle couramment la tradition. Nous nous appuyons sur quelques fondamentaux qui rendent possible un vivre ensemble : la prise en commun des décisions touchant la collectivité, c’est le rôle de l’assemblée, elle est souveraine, incontournable. Aucune décision nous concernant ne peut venir d’ailleurs, d’en haut, pour nous être imposée contre notre volonté. À cela, nous pouvons ajouter un autre élément, le dialogue, le va-et-vient incessant entre les institutions collectives et l’assemblée ou les différentes assemblées communautaires. Le Conseil indigène de gouvernement reposera sur ce va-et-vient, sur un continuel dialogue entre les déléguées et délégués qui composent ce Conseil de gouvernement et les différentes assemblées communautaires qui les ont désignés.

Du 29 décembre au 1er janvier 2017 eut lieu la deuxième étape du Congrès national indigène. Cette rencontre s’est tenue au Cideci de San Cristóbal de Las Casas. Y étaient invités les délégués des peuples consultés au sujet de la constitution d’un Conseil indigène et de la participation d’une candidate indienne à l’élection présidentielle de 2018. Le Congrès National Indigène s’est ainsi trouvé subitement grossi de tous ces délégués issus des 43 peuples et des 523 communautés qui ont pu être consultés dans 25 États de la République mexicaine — ce qui n’a pas été sans poser quelques problèmes de préséance, mal réglés, à mon sens, par la distinction entre délégués participants et délégués observateurs. Tous ces mandataires ont bien précisé qu’ils ne voulaient pas de partis politiques ni de programmes de gouvernement sur leurs territoires, mais qu’ils retenaient la proposition de l’EZLN et du CNI de former un Conseil indigène de gouvernement, dont le porte-parole serait une candidate indienne à la présidence de la République. « Il n’est pas dans nos intentions de batailler avec les partis politiques et toute la classe politique… Nous ne prétendons pas rivaliser avec eux. Nous ne sommes pas du même monde… Nous ne sommes pas leurs paroles mensongères et perverses. Nous sommes la parole collective venue d’en bas, à gauche, celle qui secoue le monde…
Pretendemos sacudir la conciencia de la nación, que en efecto pretendemos que la indignación, la resistencia y la rebeldía figuren en las boletas electorales de 2018. Nous prétendons secouer la conscience de la nation, nous prétendons, en effet, que l’indignation, la résistance et la rébellion figurent dans les bulletins électoraux de 2018. » Il fut aussi précisé le premier jour, au cours de la lecture des accords, qu’il ne fut pas toujours possible de réaliser cette consultation à cause de l’insécurité due à la présence des narcotrafiquants. Il y eut tout de même 430 actes signés par les communautés approuvant l’initiative de l’EZLN et du CNI. Entre janvier et mai, d’autres actes d’approbation devraient parvenir au CNI.

Il devait y avoir entre 700 et 1 000 délégués, qui ont fait le voyage depuis le Nord désertique du Mexique jusqu’aux montagnes pleines de brouillard du Sud-Est mexicain ; aussi bien ceux qui, comme les Yaquis du Sonora, les Wixáritari de Jalisco, les Purhépechas de Cherán ou les Nahua d’Ostula dans le Michoacán, ont marqué l’histoire récente des luttes indiennes pour l’autonomie que tous ceux qui s’organisent et qui résistent obstinément, au quotidien, pour défendre leur territoire, leur coin de vie, face aux grands projets multinationaux, des chauffeurs indigènes des taxis de Xochimilco ou des vendeurs ambulants de la capitale aux déléguées et délégués des villages perdus dans les montagnes de la Sierra Sur de l’Oaxaca. Tous sont appelés à désigner les membres, femmes et hommes, qui formeront le Conseil national indigène de gouvernement ainsi que la future candidate, qui sera la voix de ce Conseil lors de la compétition électorale de 2018. Cette prochaine étape du cinquième Congrès national indigène aura lieu le 27 et 28 mai.

Au cours de cette rencontre, un contraste a pu se faire jour entre différentes attitudes, entre l’éthique qui préside aux rapports entre les gens dans les petites communautés campagnardes, marquée par le respect mutuel, l’attention, la patience et l’écoute, et l’individualisme caractérisé par le machisme, l’irrespect et le goût pour le pouvoir, avec ce qu’il suppose de petits secrets, de commandements et de passe-droits. Sans aucun doute, les peuples indigènes sauront se garder de l’intrusion dans leur projet d’attitudes et de comportements contraires à l’éthique dont ils sont porteurs. Au-delà de présenter un mode de gouvernement respectueux des vœux de la population, ils proposent aussi, et surtout, une éthique de vie, une manière d’être ensemble reposant sur un certain nombre de règles acquises dès l’enfance, reconnues et assimilées par tous — pour former ainsi une communauté de pensée. L’art du bon gouvernement repose d’ailleurs sur cet art de vivre en collectivité, il en est l’émanation. Cette éthique sourd de la vie communautaire, de la réciprocité des échanges et de la reconnaissance mutuelle (en tant que sujet social).

Le samedi 31 fut consacré à une discussion en groupes réduits (trois tables de discussion) sur deux sujets : les chemins du Congrès national indigène face à la spoliation, au dédain, à l’exploitation capitaliste, et le renforcement de nos résistances et de nos rébellions. C’est le premier thème de discussion, le second portant sur les étapes pour la constitution du Conseil indigène de gouvernement pour le Mexique et la nomination de la candidate pour 2018. La fin de la journée fut consacrée à la synthèse des réponses apportées à ces deux questions. Deux phénomènes préoccupent au plus haut point les peuples indiens : l’activité minière et les projets de mines à ciel ouvert des entreprises transnationales, soutenus et imposés par le gouvernement ; et, dans ce domaine, la militarisation du pays, reconnue tout dernièrement par une loi votée par le Parlement, est des plus inquiétantes (l’armée mexicaine aura désormais pour tâche de protéger et de défendre les intérêts des multinationales et les capitaux engagés au Mexique). L’autre phénomène particulièrement préoccupant est l’extension de la culture et du trafic de la drogue, qui, si elle offre des débouchés commerciaux aux petits paysans, favorise, avec la complicité du pouvoir politique (des pouvoirs politiques, devrai-je dire), la constitution de bandes armées à caractère paramilitaire.

Il est encore trop tôt pour entreprendre une analyse critique des courants souterrains qui parcourent ce mouvement naissant, lui conférant force ou faiblesse. Cependant je me permettrai deux remarques, l’une concernant son implication dans la société mexicaine, l’autre touchant le pragmatisme du mouvement zapatiste. La société mexicaine se trouve dans une position des plus ambiguës : elle est emportée par un mouvement général de décomposition sociale accompagné d’une ouverture sur le monde prestigieux et enchanteur de la marchandise, cet accès soudain à la marchandise venant compenser dans une certaine mesure la perte des valeurs sociales. Le temps passé à gagner de l’argent, à travailler, donc, devient du temps perdu pour le plaisir de se retrouver. Je sens la société mexicaine hésitante, comme assise entre deux options : le goût pour la fête, la dépense somptuaire, la rencontre, la musique, la poésie, la danse, entraînant dans son sillage une activité effrénée, c’est un versant ; l’autre versant consiste à trouver de l’argent, travailler, s’exiler, ou survivre dans un état de manque permanent, frôlant la pauvreté et la misère, la cigale devant se faire fourmi si elle veut continuer à chanter. La société mexicaine peut avoir le sentiment, justifié, de se trouver coincée entre le chant de sirènes des marchandises, pour beaucoup inaccessibles, et le désenchantement permanent d’une vie sociale de plus en plus appauvrie. L’appel du CNI pourrait, non seulement, « secouer la conscience nationale », comme il est dit dans le communiqué, mais, plus fondamentalement, l’état de torpeur hypnotique dans lequel se trouve la société mexicaine.

Le mouvement zapatiste, quant à lui, semble avoir laissé de côté toute idéologie, il n’a pas abandonné pour autant la critique de ce qu’il appelle le système capitaliste, c’est toujours l’idée, ou, plutôt, le souhait qui l’anime, mais cette critique se fait pragmatique, elle s’accroche à ce qui existe, aux autres mondes, aux autres modes de vie, aux autres réalités sociales qui existent encore et qui, du simple fait de leur existence, sont une critique du « système-monde » capitaliste. Il ne s’agit pas de proposer ou d’imposer un modèle abstrait de gouvernement selon l’idée que l’on peut se faire d’un bon gouvernement, mais de partir d’un modèle existant, qui a fait ses preuves et qui a donné satisfaction. Les zapatistes partent de ce qu’ils ont construit à partir de ce qui existait déjà : la forme d’autogouvernement des communautés indiennes tzotziles, tzeltales, choles, tojolabales, mames et métisses du Chiapas. Ils ne proposent pas l’inconnu mais le déjà connu de la société autochtone, dont est en grande partie issue la société mexicaine, un retour aux sources vives de la société mexicaine, en quelque sorte. Ce pragmatisme les conduit à avoir une intelligence stratégique de la réalité ; ils ne se présentent pas comme une avant-garde révolutionnaire mais comme des hommes et des femmes engagés dans une guerre sociale terrible opposant, sur toute la planète, l’humain aux forces d’extermination représentées par le « système-monde » capitaliste.

Oaxaca, le 4 janvier 2017,

Georges Lapierre, avec la collaboration de Luna,
 déléguée de l’assemblée régionale chontale.

Notes

[1] Se reporter aux dernières déclarations du CNI, ¡Y retembló ! Informe desde el epicentro, diffusées par le CSPCL

Organisation de la résistance politique au colonialisme: Xochicuautla (Mexique)

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Dans les montagnes de Xochicuautla inauguration du festival des résistances et des rébellions

 

Guillaume Goutte

 

25 Décembre 2014

 

url de l’article:

http://www.lavoiedujaguar.net/Dans-les-montagnes-de-Xochicuautla

 

Le coup d’envoi du Festival mondial des résistances et des rébellions contre le capitalisme a eu lieu le 21 décembre 2014 au sein de la communauté San Francisco Xochicuautla, dans l’État de Mexico. Rattachée à la municipalité de Lerma, cette petite communauté indigène ñahtö est située dans les montagnes, à environ 2 500 mètres d’altitude, à quelques dizaines de kilomètres du Nevado de Toluca (qu’ici on appelle aussi Xinantécatl), volcan massif qui culmine à 4 680 mètres. Le paysage y est donc magnifique, si l’on parvient toutefois à faire abstraction de la vaste étendue de béton qu’est la ville de Toluca, capitale de l’État de Mexico. En ce mois de décembre, les températures sont plutôt basses en journée — bien que parfois chaudes lorsque le soleil domine —, mais glaciales la nuit venue ; durant les trois jours que nous passerons ici, plusieurs couches de vêtements ne seront pas de trop.

Il n’était pas évident pour le Congrès national indigène (CNI) et l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) d’organiser ici l’inauguration et la première compartición du festival. Car cette partie de l’État de Mexico est l’un des gros bastions du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), actuellement au pouvoir au Mexique, et certaines zones y sont aussi connues pour être le terrain de jeu de groupes de narcotrafiquants. Pour le festival, s’implanter ici relevait donc à la fois du défi et d’un important acte symbolique, et ce d’autant plus que l’actuel président du Mexique, Enrique Peña Nieto, y a son fief, à quelques dizaines de minutes à peine de Xochicuautla : la municipalité d’Atlacomulco, dont il fut le député PRI dès 2003.

Arrivée à la communauté…

Après avoir livré toute une bataille sur les routes de l’État de Mexico — véritable labyrinthe où les indications sont rares —, nous arrivons, vers 13 heures, à la communauté de Xochicuautla. Sur le trajet, quelques kilomètres avant de parvenir à bon port, nous avons pu voir de nos yeux l’avancée des travaux de l’autoroute Toluca-Naucalpan contre laquelle se battent les Ñahtö de Xochicuautla : de gros piliers de béton commencent déjà, ici et là, à jaillir de la montagne, éventrant la forêt, bientôt parés à soutenir l’énorme route.

Arrivés à la communauté, nous sommes accueillis par le service de sécurité, qui veille à ce que personne d’autres que les délégués du CNI et de la Sexta n’entre dans l’enceinte du festival — précaution légitime, Xochicuautla faisant figure de petit village gaulois dans cette zone terriblement priiste. Passé les contrôles, nous descendons enfin de voiture et procédons à l’enregistrement de notre présence pour obtenir le gafete (badge qui nous identifiera comme délégué tout au long du festival). Un vaste chapiteau a été installé, au bord de la route, pour accueillir les interventions et les échanges qui vont avoir lieu pendant ces trois jours. Une grande banderole souhaite la bienvenue à tous et à toutes et les murs de certaines maisons arborent déjà de belles fresques, lesquelles, pour la plupart peintes la veille, mettent en scène des symboles de la résistance indigène. Un coin cuisine a été installé et, déjà, les « marmites » mijotent à côté des casseroles pleines de café. À l’entrée du chapiteau, comme pour rappeler que nous ne sommes pas ici au Club Med, un panneau invite les délégués à ne surtout pas sortir de l’enceinte du festival et à contacter le service de sécurité si nous apercevons certains des hommes et des femmes dont les photos sont affichées — et qui ne sont autres que des flics ou des agents du PRI.

L’accueil du Conseil suprême indigène

Vers 14 heures, tous les délégués sont appelés à se réunir sous le chapiteau pour la cérémonie d’ouverture du festival. Nous accueillons d’abord une délégation de parents d’étudiants disparus d’Ayotzinapa, moment fort intense et particulièrement grave, la réalité de ce crime d’État cessant soudain d’être de simples articles de journaux pour prendre chair dans ces corps marqués par la douleur. S’ensuit une petite procession, baignée dans l’encens et rythmée par une musique semblant jaillir de temps anciens, qui marque l’arrivée, sous le chapiteau, du Conseil suprême indigène autonome de San Francisco Xochicuautla — nos hôtes, donc.

L’un des membres du conseil prend ensuite la parole pour nous souhaiter la bienvenue dans la communauté et saluer tous ces délégués venus d’horizons, d’États, de pays, de luttes, de cultures si variés. Bien sûr, la question du respect de la terre est au cœur de ce discours, et le Conseil suprême indigène insiste sur l’importance aujourd’hui de se battre pour préserver la nature face à l’avidité des entreprises capitalistes qui, pour accumuler toujours plus de capital, sont prêtes à détruire l’équilibre de la planète, avec la complicité des États. Il salue ainsi les peuples, les organisations, les collectifs, les individus qui, partout dans le monde, luttent, avec courage, pour « défendre la vie » contre les gouvernements assassins et corrompus. Pour le Conseil suprême de Xochicuautla, c’est rien moins que le futur de la planète et de nos générations qui se joue en partie au sein de ce premier Festival mondial des résistances, qui doit nous permettre de franchir une nouvelle étape dans le combat anticapitaliste : celle de la mise en lien des rébellions et des luttes, à l’échelle internationale, pour rompre l’isolement.

Après l’intervention du Conseil suprême et celle de la communauté San Lorenzo Huitzizilapan (municipalité de Lerma) — qui se bat, elle aussi, contre le projet d’autoroute Toluca-Naucalpan —, les compañeros de San Sebastián Bachajón (Chiapas) prennent la parole pour exiger la libération immédiate de trois de leurs frères de lutte, actuellement incarcérés et torturés, et pour nous annoncer une bonne nouvelle, à savoir la récupération de plusieurs terres, la veille. Une belle façon de clôturer cette inauguration et cette première journée du Festival mondial des résistances et des rébellions contre le capitalisme, avant d’entamer, le lendemain, l’essentiel : la compartición du CNI et de la Sexta.

Organisation de la résistance autochtone au colonialisme néolibéral: Le Conseil National Indigène invité par les Zapatistes du Chiapas (Mexique)

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Union et solidarité des peuples occidentaux reniant l’idéologie génocidaire colonialiste avec les luttes des peuples et nations autochtones du monde. Là réside la salut véritable de l’humanité !

— Résistsance 71 —

 

Déclaration d’ouverture de la réunion de partage du Chiapas à La Réalidad et message de solidarité à la Palestine

 

EZLN

 

3 Août 2014

 

url de l’article:

http://indigenousresistancejuly2014.blogspot.com/2014/08/zapatistas-photos-national-indigenous.html

 

Camarades du Congrès National Indien.

Nous nous réunissons pour partager nos souffrances et nos douleurs endurées sous le joug du système néolibéral.

Mais pas seulement.

Il est aussi sécurisant de venir partager une connaissance importante, une expérience de la lutte, de l’organisation, des buts et des défis nous unissant.

De venir discuter de la confrontation avec les envahisseurs capitalistes néolibéraux qui nous ont causé tant de tort et de mal.

Ces envahisseurs n’ont jamais été rassasiés des vols et des pillages accomplis par les conquistadores et leurs descendants depuis 1492.

Ces envahisseurs ont trouvé une résistance au sein des peuples, des tribus, des nations originaires de cette terre, de ce pays qui est aujourd’hui le Mexique.

Ils ont tué ceux qui s’opposaient au pouvoir de la monarchie espagnole.

Ces bourreaux, envahisseurs maléfiques, ont souillé leurs mains du sang Indien, volés nos plus anciens grands-parents de la richesse dont ils étaient responsables.

Ils ont de plus persécuté les peuples indiens non seulement du Mexique, mais de l’Amérique Latine afin que nous cessions d’exister, que les peuples indigènes soient éradiqués de la surface de la Terre.

Cela ne fut pas suffisant ; en voici l’exemple, tous ceux qui sont présents ici sont le symbole de leur échec.

Ainsi la communication entre les peuples de nos ancêtres, la relation entre les peuples furent perdues.

C’était sans compter sur le fait que la sagesse, l’intelligence de nos ancêtres ont su se cacher de l’invasion espagnole.

Ainsi, les peuples natifs continuèrent d’exister.

Nous avons grandi dans l’oubli des puissants et nous avons vécu plus de 500 ans dans chaque coin de notre patrie mexicaine.

Nous, peuples indigènes, fûmes ignorés, trahis, négligés, exploités, réduits en esclavage pendant plus de 500 ans en ce domaine.

Maintenant, une fois de plus, revient la machine de destruction et de mort, invention des puissants néolibéraux pour faire disparaître nos peuples.

Ils ont grandi et se sont protégés au moyen de lois modernes et de mauvais dirigeants pour nous envahir une fois de plus.

Ils reviennent avec ce nouveau plan de dépossession, de nous déposséder de notre terre-mère, avec la machinerie du pouvoir de l’argent et ainsi de pouvoir piller toute la richesse des ressources que possède notre Terre-Mère, qu’elle a mis des millions d’années à économiser pour ce voyage.

Cette machine met en branle le système de destruction de nos peuples et de la Terre-Mère.

Et quand nous prononçons ces deux mots connus de nos peuples, ces mots de mort et de destruction, nous regardons le peuple palestinien en nos cœurs. Ce que nous entendons et lisons au sujet de ce “conflit de Gaza”, comme si des forces équilibrées se combattaient, revient à dire “conflit” de mort et de destruction et de ne plus cacher plus longtemps la tuerie, la mort, la destruction.

Mais en tant qu’indiens nous ne savons que trop bien que ce qui se passe n’est pas du tout un “conflit” mais un véritable MASSACRE, voilà ce que fait le gouvernement israélien: une guerre d’extermination contre le peuple palestinien. Tout le reste n’est que mots. Ils veulent cacher la réalité.

Mais nous savons également, en tant qu’Indiens, que le peuple de Palestine résiste et se dresse encore et toujours et il sait que bien que géographiquement bien éloignés, les Zapatistes le soutiennent comme ils l’ont fait auparavant et comme ils le feront toujours et que vous Palestiniens, chérissez notre cœur collectif.

Dans nos papiers, cette machine de guerre issue du pouvoir de l’argent n’a pas de cerveau, est tordue, malfaisante, des animaux sauvages sont contre nous, les peuples indigènes du Mexique.

Ils sont parfaitement en accord avec la destruction, la mort de tous nos peuples, tribus et nations.

Nous, les peuples originels du Mexique, ne sommes pas protégés par les lois et les mauvais gouvernements.

L’espoir est en nous-mêmes.

Personne ne viendra nous sauver, absolument personne, personne ne se battra pour nous.

Il n’y a rien pour nous dans ce sytème, ni lois, ni politiques, rien. Les partis politiques camarades, les lois et les mauvais gouvernements, rien et cela a déjà été bien démontré.

Ils ne pourront plus continuer à nous tromper comme l’indique déjà la participation de ces 83 membres (du Conseil National Indigène). Les autres ne servent que le capitalisme transnational.

Nous devons combattre ensemble pour nous défendre et défendre notre terre ancestrale.

La terre de notre naissance, celle qui nous a donné la vie et celle où nous reposons pour l’éternité.

Ainsi sont toutes les couleurs que nous sommes, toutes les langues parlées par nos cœurs, nous sommes un peuple, nous sommes des tribus, nous sommes des nations. Nous sommes les gardiens et les concierges de cette terre et du Mexique, ce pays, de ce continent et du monde.

Ainsi compagnons commençons-nous aujourd’hui notre marche et notre recherche, notre quête, sur le comment nous allons gérer notre défense commune.

Travaillons ensemble avec sagesse et intelligence.

Aujourd’hui nous partageons l’inauguration de notre partage avec notre compagnon David Ruiz Garcia, que votre cœur suive notre chemin en ce 3 Août 2014, à 10 heures et 21 minutes.

Pour le Comité Indigène Clandestin Indigène du QG de l’Armée Nationale Zapatiste de Libération (EZLN) et au nom de tous les femmes, enfants, hommes et anciens de l’EZLN…

Déclarons formellement l’ouverture de cette première réunion de partage.

Bienvenue à tous

Bienvenue à la parole de ceux qui résistent et combattent. Bienvenu oreilles à l’écoute et compagnons de cœur.

Merci beaucoup.

Depuis la Réalidad Zapatista

Comandante Tacho.

Mexique, Août 2014. 20ème année du commencement de la guerre contre l’oubli.

Résistance politique: L’organisation du bon gouvernement populaire…

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Petite école campement pour la paix, partage et reconstruction

 

mercredi 4 juin 2014, par SCI Moisés

 

Armée zapatiste de libération nationale 
Mexique 


27 mai 2014

 

url de l’article en français:

http://www.lavoiedujaguar.net/Petite-ecole-campement-pour-la

En español:

http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2014/05/28/escuelita-campamento-de-paz-comparticion-y-reconstruccion-comunicado-del-subcomandante-insurgente-moises/

 

Aux compañeras et compañeros de la Sexta au Mexique et dans le monde 
Aux sœurs et frères du Congrès national indigène et des peuples originaires de notre pays

Compas,

Le sous-commandant insurgé Moisés vous salue pour vous communiquer certaines choses.

Premièrement. PETITE ÉCOLE. 
Compañer@s de la Sexta du Mexique et du monde. 
Nous voulons vous dire que, pour l’instant, nous pensons que nous allons continuer le travail de la petite école, dans le premier degré pour les nouveaux et le second degré pour ceux qui ont réussi, car ceux qui sont passé le premier degré peuvent avancer, mais tous les élèves n’ont pas rempli les objectifs fixés. Bientôt, nous vous donnerons la date pour la petite école du premier degré, et du second degré, mais pas pour tou•te•s.

Deuxièmement. CAMPEMENT POUR LA PAIX. 
Compañer@s de la Sexta du Mexique et du monde. 
Nous vous informons que nous avons reçu la parole et la proposition du Centre de droits de l’homme Fray Bartolomé de Las Casas d’installer un campement civil pour la paix dans la communauté de La Realidad, où a été commis le crime contre notre compañero Galeano. Nous avons déjà répondu favorablement au Frayba, où les témoins et les observateurs sont les bienvenus car la situation n’est toujours pas résolue. Les assassins sont toujours libres et la force qui les pousse à faire n’importe quoi, c’est l’alcool, et, pour certains, la consommation de drogues. Les compañer@s bases d’appui zapatistes doivent rentrer chez eux, ils ne pourront pas rester tout le temps dans le Caracol, car ils doivent travailler pour subvenir aux besoins de leur famille. Ainsi, le campement civil pour la paix est très important. Pour l’organisation, nous vous demandons de vous coordonner avec le Centre des droits de l’homme Fray Bartolomé de Las Casas. Selon nos informations, le premier campement s’installera le mercredi 4 juin 2014.

Troisièmement. PARTAGE. 
Nous allons aussi reprendre le partage avec les sœurs et frères du Congrès national indigène, mais cela sera détaillé dans un autre communiqué.

Quatrièmement. RECONSTRUCTION. 
Comme vous le savez déjà, les paramilitaires, au service des mauvais gouvernements, ont détruit l’école et la clinique des bases d’appui zapatistes. Et de même que nous avons désenterré le compa Galeano, nous devons reconstruire l’école et la clinique. Les compañer@s bases d’appui de La Realidad ont déjà trouvé un nouvel endroit, alors nous vous invitons à obtenir du matériel pour la construction et l’installation de l’école et de la clinique.

Ainsi les mauvais gouvernements vont comprendre que quelles que soient les destructions perpétrées contre nous, nous construirons toujours plus. Dans le passé, lorsque Zedillo a détruit l’Aguascalientes de Guadalupe Tepeyac, pour un détruit nous avons alors construit cinq Aguascalientes.

Enfin, je vous informe que j’ai vu les informations données, par les médias à la solde, sur ce qui est arrivé en réalité à La Realidad. Et c’est vrai ce qu’avait dit feu le sous-commandant Marcos : ils n’ont rien entendu, rien compris.

Ceux d’en haut ne comprennent pas que nous n’avons rien perdu. Bien au contraire, nous récupérons un compañero. Et ceux de dehors ne comprennent pas qu’ils ont bien perdu eux, car ils n’ont plus d’yeux pour nous voir ni nous comprendre.

Ils n’entendent pas que, là où ils se trouvent, le cri de la douleur et de la rage s’agrandit. Ils n’entendent pas qu’ils sont déjà seuls.

Et ils accusent les médias libres d’être zapatistes, ou d’être payés par les zapatistes, comme si le fait de dire la vérité de la réalité de La Realidad était un travail à payer et non un devoir. Mais nous savons qu’ils disent cela par colère, car les médias à la solde ne transmettent pas la réalité.

Car les zapatistes, si nous avons de l’argent, nous construisons la vie, et nous ne détruisons pas la vérité. Pas comme les mauvais gouvernements qui utilisent l’argent pour construire des mensonges et détruire des vies.

Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain, 
sous-commandant insurgé Moisés.

Mexique, mai 2014, 
en l’an 20 de la guerre contre l’oubli.

Traduit par C.F.

Source du texte d’origine : 
Enlace Zapatista