Résistance politique: Combattre et éradiquer le fléau colonial, première nécessité

“L’histoire du système mondial moderne a été pour sa plus grande partie, une histoire de l’expansion des États et peuples européens sur le reste du monde… L’expansion a impliqué dans la très vaste majorité des régions du monde incriminées, la conquête militaire, l’exploitation économique et d’énormes injustices.”

~ Immanuel Wallerstein, “European Universalism” ~

 

“Du moment que nous avons admis cette grande violence de la conquête, je crois que nous ne devons pas reculer devant les violences de détail, qui sont absolument nécessaires pour la consolider.”

~ Alexis de Tocqueville ~

 

Nous sommes tous des colonisés !

 

Résistance 71

 

16 Mai 2013

 

2ème partie

 

Le problème du colonialisme et de son avatar néo-colonial dans la société “post-coloniale” dans laquelle nous sommes censée vivre, est LE problème vital de notre temps à notre sens car il reflète, recycle et applique sur le terrain toutes les idéologies religieuses, devenues pseudo-scientifiques, de justification de l’oppression du vaste nombre par l’infime minorité.

Il n’y aura pas de changement sociétaire sans une refonte totale de la pensée et de l’attitude occidentales envers le monde en général et de l’occident lui-même en particulier.

Le nœud gordien du problème se situe au cœur même du credo économique de nos sociétés, celui de la propriété privée (à ne pas confondre avec la possession, cf. Proudhon), nous renverrons a ce sujet nos lecteurs aux écrits et démonstrations de Proudhon à ce sujet, car nous nous attacherons ici plus aux phénomènes sociologiques, psychologiques et anthropologiques du problème. Nous nous attacherons ici à montrer que d’un fondement religieux (la chrétienté contre les sauvages et les hérétiques), la raison d’être du colonialisme a glissé vers la pseudo-science une fois la racine religieuse chrétienne tombée en désuétude au XIXème siècle. Quoi qu’il en soit, tout part du même principe, celui d’une suprématie, et du sentiment de supériorité de la civilisation occidentale.

Dans son ouvrage classique et incontournable sur le sujet: “Discours sur le colonialisme” (1955), Aimé Césaire nous dit ceci:

Le grand responsable dans le domaine de la colonisation est le pédantisme chrétien pour avoir posé les équations malhonnêtes:

Christianisme = Civilisation et paganisme = sauvagerie, d’où ne pouvaient que s’ensuivre d’abominables conséquences colonialistes et racistes, dont les victimes devaient être les Indiens, les Jaunes, les Nègres.”

Au nom d’un dieu aussi aléatoire qu’oppresseur, l’occident a fait main basse dès la fin du XVème siècle, sur les terres du nouveau monde et au nom de “l’universalisme” culturel (aujourd’hui devenu “l’humanisme” occidental fondement du “droit d’ingérence” dans les affaires d’autrui…), a massacré, pillé, torturé, mis en esclavage les peuples indigènes aux nouveaux territoires, puis du continent africain et d’une bonne partie de l’Asie. A ce sujet, les écrits à la fois de Christophe Colomb dans son journal et ceux du prêtre, défenseur des indiens, Bartolomé de La Casas, sont formels et sans équivoque: massacres et mise en esclavage furent le lot quotidien au nouveau monde.

Comme l’a fait justement remarquer Nils Andersson, le système colonial est fondé sur six permanences:

  • La primauté du territoire sur les populations
  • L’accaparement des richesses
  • L’évangélisation
  • L’exploitation sociale et humaine des peuples colonisés
  • Le recours à la violence de la guerre et de la répression
  • L’aliénation du colonisé

Si la motivation économique de la colonisation est indéniable, surtout depuis la fin du XVIIIème siècle ; elle ne peut être possible que par une double aliénation.

Celle à la fois du colonisé et du colonisateur. Pour que le concept d’universalisme religieux, revendiqué très tôt par l’Europe, puisse être inculqué, puis lorsque la religion eût faibli, le relais soit pris par le concept d’universalisme culturel, d’humanisme universel de l’occident justifiant le principe d’ingérence toujours de rigueur aujourd’hui, il faut que les esprits de l’opinion soient formatés par une doctrine suprémaciste, que le peuple colonisateur soit convaincu du bien-fondé de la mission à assumer “au nom de l’humanité”. Ainsi la doctrine est simple, elle assume et clâme que l’occident a inventé la science, que de toutes les sociétés, seule l’occident à le pouvoir de penser, que la connaissance est son apanage et le reste du monde n’est qu’une nuit de pensées primitive ne demandant qu’à être éclairée. Nous sommes ici dans l’archétype même de l’ethnocentrisme et de la pensée totale éronnée s’auto- proclamant universelle.

De la même manière, les peuples colonisés doivent-ils être convaincus de la supériorité affirmée de leurs oppresseurs, de leurs bourreaux. Dans un cas comme dans l’autre, ceci relève de la manipulation psychologique totale et n’a aucun fondement scientifique.

Aimé Césaire disait:

Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux bas instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral et montrer qu’à chaque fois qu’il y a au Vietnam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend… et alors, un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour: les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets… Avant d’être victime du nazisme on en a été complice, que ce nazisme là on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil dessus, on l’a légitimé, parce que jusque là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens…

Le politique primant l’économique (l’État naît de la division de la société en oppresseurs et opprimés indépendamment de l’économique, le clivage est d’abord politique avant d’être économique, comme l’a montré fort à propos l’anthropologue Pierre Clastres dans ses travaux de echerche), colonisés et colonisateurs sont tous deux opprimés par le même schéma d’expression de l’autorité: le tribut. Pour assoir son pouvoir, l’oligarchie a très tôt fait payer le tribut à son peuple, car c’est en faisant payer le tribut que l’oligarchie établie son autorité coercitive et c’est en acceptant de payer le tribut que le peuple se soumet à ses maîtres. Ce tribut s’est ensuite tout naturellement étendu aux territoires colonisés sous la forme de l’exploitation en règle des resssources naturelles et humaines tout autant que du tribut que doivent continuer de payer les colons aux oligarques en place. Le principe de colonisation est en fait un phénomème “à tiroir”, exploitant colons et colonisés (certes à des degrés différents, mais ce n’est qu’une question de degré…) au profit du même tout petit nombre, servi par un lot de fonctionnaires parasites accrochés aux basques du système.

Toute la supercherie réside à faire admettre sur des bases on ne peut plus fragiles, que l’État en première instance est source de loi, sécurité, culture, progrès et égalité (dans sa forme de “démocratie représentative”) et que celui-ci, au nom donc de l’universalisme de la suprématie de la culture occidentale (qui n’est qu’un concept eurocentrique surrané…) représente la lumière qui doit rayonner sur le monde, d’abord à la maison, puis chez les “sauvages” incultes, païens et non-civilisés qui doivent se soumettre.

Ainsi, comme le dit Césaire plus avant: “Entre colonisateur et colonisé, il n’y a de place que pour la corvée, l’intimidation, la pression, la police, l’impôt (note de l’auteur: du tribut…), le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la mufflerie, des élites décérébrées et des masses avilies.” Et à ceux qui prétendent et veulent toujours croire que la colonisation c’est: les écoles, les routes, l’éducation, les canaux et les chemins de fer, tous essentiellement bien plus bénéficaires aux colons qu’aux colonisés, Césaire répond:

Moi, je parle de milliers d’hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux, qui, à l’heure où j’écris ces lignes (1955), sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan. Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la vie, à la danse, à la sagesse. Je parle de millions d’Hommes à qui on a inculqué savamment, la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir et le larbinisme.”

Le dogme colonialiste est fondé sur un eurocentrisme forcené, un délire mythomane déclarant comme l’a souligné Immanuel Wallenstein:

La science sociale européenne était résolument universaliste en affirmant que quoi qu’il se fut passé en Europe du XVIème au XIXème siècles, représentait un schéma qui était applicable partout, soit parce que c’était un résultat progressiste de l’humanité qui était irréversible ou parce que cela représentait l’assouvissement des besoins les plus basiques de l’humanité en enlevant les obstacles artificiels à sa réalisation. Ce que nous voyons en Europe n’est pas seulement bon, mais représente le visage du futur partout […] Quand les colonisateurs français du XIXème siècle parlaient de la ‘mission civilisatrice’, ils voulaient dire que par les moyens de la conquête coloniale, la France, ou plus généralement l’Europe, imposerait aux peuples non-européens les valeurs et les normes qui étaient comprises par ces définitions de la civilisation. ”

Comment colonisé et colonisateur s’accommodent-ils de leur situation ? Comment l’un comme l’autre se satisfont-ils du statu quo imposé ? Ceci relève du domaine psychologique et idéologique. En empruntant beaucoup à la théorie gramscienne de l’hégémonie culturelle et à une vision libertaire, anarchiste de la société, le pédagogue critique brésilien Paolo Freire nous donna en 1970 des éléments de réponse dans son brillantissime ouvrage: “La pédagogie des opprimés”, en analysant de manière critique l’idéologie muselant à la fois colonisé et colonisateur, il devisa une pédagogie de la libération, de l’émancipation culturelle, politique et sociale.

Pour le colonisateur, l’oppresseur, tout lui est dû de par la conviction faite sienne de sa supériorité tant culturelle, que raciale. Citons en exemple Jules Ferry, chantre colonialiste de la IIIème république française, qui disait lors d’une intervention à la chambre des députés en 1885 la chose suivante:

Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures… (il est coupé par d’autres députés indignés, puis reprend) Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures...” Ceci fut la ligne historique du colonialisme français de la IIIème république qui mena la France dans les méandres de l’ignominie raciste dont elle ne s’est toujours pas défaite aujourd’hui quoi qu’on en dise et veuille le faire croire (cf. le dogme néo-colonial de la Françafrique toujours si vivace…)

Tout devient dès lors objet de sa domination. Freire analyse: “Pour l‘oppresseur, la conscience, l’humanisation de l’autre, n’apparaît pas comme le but d’une humanité totale, mais plutôt comme une subversion.”

Les colonisateurs/oppresseurs ne perçoivent pas leur monopole, leur hégémonie comme un privilège qui déshumanise les autres. Au delà de leur complexe de supériorité raciale, ils affirment avec aplomb qu’avoir toujours plus est un “droit inaliénable”, un droit qu’ils ont acquis par leur “courage à prendre des risques” et que par conséquent si les autres n’ont pas plus, c’est parce qu’ils sont incompétents, paresseux, voire les deux…  Le colon oppresseur va donc se préserver mentalement et physiquement de la “jalousie” du colonisé/oppressé et confronté aux faiblesses évidentes de ce raisonnement, s’enfoncera dans une dissonnance cognitive pathologique.

Ceci implique qu’en retour du complexe de supériorité de l’oppresseur, il y ait un complexe d’infériorité de l’oppressé, du colonisé. Celui-ci existe, ce complexe d’infériorité savamment entretenu du reste à grand renfort de pseudo-science sociale telles que le malthusianisme et le darwinisme social, qui ont débouchés sur des dogmes ethnologiques et sociologiques erronés, depuis démontés par les travaux d’ethnologues modernes tel Pierre Clastres, est une réalité toute aussi pathologique mais pas irréversible.

Les quatre piliers essentiels de l’oppression (dont le colonialisme fait partie…) selon Paolo Freire sont les suivants:

  • La conquête (physique, culturelle)
  • La Division pour mieux régner
  • La manipulation
  • L’invasion culturelle

Notons au passage que ceci peut à la fois se référer au colonisé mais aussi aux membres d’une nation colonisatrice, qui tombent eux-aussi  sous le coup de la domination, celle du consentement et de sa fabrication à grand renfort de propagande et de fausse-science.

Ainsi pour se libérer de la tutelle oppressive, les peuples doivent faire preuve de:

  • Coopération
  • D’unité pour la libération
  • D’organisation
  • De synthèse culturelle

Ainsi Freire et la pédagogie critique nous indiquent que: “L’authentique libération, le processus d’humanisation, n’est pas un autre dépôt fait dans la tête des Hommes. La libération est une praxis, c’est a dire une réflexion et une action des hommes et des femmes sur leur monde avec pour but de le transformer… Ici, personne n’enseigne à personne, personne ne s’auto-instruit. Les gens s’enseignent les uns aux autres, modérés par leur monde, par les objets connus qui dans un système banquier d’éducation, sont détenus par l’enseignant.

A cela vient s’ajouter une chose essentielle, à notre avis, pour garantir le succès de la sortie et de l’éradication du colonialisme sous toutes ses formes et le possible retour à un paradigme de droit égalitaire et de véritable progressisme libre et non dogmatique où tous et toutes y gagneraient et non pas l’habituelle clique de parasites en contrôle ; comme le note très bien Nils Andersson dans son essai “Fondements et permanences du colonialisme”:

Pour sortir du colonialisme au stade d’une ‘mondialisation’ qui est inscrite dans le processus même des conquêtes coloniales, il y a deux démarches obligées:

  • Rompre avec l’aliénation coloniale
  • Créer les conditions pour que les peuples colonisés, ex-colinisés ET les peuples des métropoles mènent des luttes communes.”

Andersson plus loin dit on ne peut plus pertinemment:

Il en est pour le colonisateur comme pour le colonisé. Les peuples victimes du colonialisme doivent se construire, s’émanciper, se libérer de ce passé et du présent néo-colonial, où suppôts des anciens colonisateurs maintiennent leurs peuples sous leur dépendance et celles des anciens maîtres. Mais l’Homme occidental doit lui aussi assumer son histoire, se libérer de sa propre aliénation de colonisateur, il doit lui aussi faire ‘peau neuve’, sans quoi il ne cesse de reproduire son aliénation domintarice et raciste.”

En conclusion de son essai, Andersson rejoint les thèses d’un auteur natif nord-américain (Mohawk de la confédération iroquoise) dont nous présenterons sur ce blog la traduction de larges extraits d’un texte essentiel pour mieux comprendre le colonialisme dont sont victimes toujours aujourd’hui les peuples natifs des Amériques, le professeur de science politique et spécialiste du droit natif Taiaaiake Alfred, lorsqu’il écrit:

Sortir du colonialisme, qui n’est nullement un système archaïque mais est aujourd’hui un constituant du système globalisé c’est, partant de mouvements locaux et nationaux, là où nous sommes, avec nos différences, nos expériences en conjugant nos mouvements, se donner la capacité d’influer sur l’ordre mondial.

Dans quel but ? Celui de nous émanciper, d’échapper au paradigme mortifère induit par une mini-élite dont l’hégémonie culturelle n’a que trop duré. Le salut sociétaire de l’humanité réside dans la libération du dogme suprémaciste parasite et criminel pour enfin vivre égaux, libres et heureux.

Ceci passe immanquablement par le fin du colonialisme, de son avatar néo-colonialiste, du capitalisme et de l’état garde-chiourme, tous instruments d’oppression de la vaste majorité par le petit nombre.

Lorsque l’occident et ses peuples aliénés auront réalisé et transcendé les leurres et les crimes d’un système qui n’a aucun lieu d’être, alors une révolution copernicienne politique et sociale populaire prendra place, la seule qui libèrera le monde à tout jamais.

Nous sommes tous dans le même bateau comme l’a entrevu parfaitement la 6ème déclaration de la jungle de Lacandon en 2005 par l’EZLN zapatiste du chiapas au Mexique:

Les capitalistes essaient de dominer le monde entier, la planète terre, le néolibéralisme est la théorie, le plan, qui fait fonctionner la globalisation, et le néolibéralisme a ses plans économique, politique, militaire, et culturel. L’objectif de chacun de ces plans est de dominer et de commander à tous et ceux qui n’obéissent pas sont réprimés et exclus afin d’éviter qu’ils contaminent les autres avec des idées de rebellion… Des nations très puissantes comme les Etats-Unis veulent tourner le monde en une gigantesqe entreprise, un marché géant pour vendre et acheter tout ce qui est possible et pour cacher l’exploitation faite autour du monde. Voici pourquoi le mouvement zapatiste EZLN dit que la mondialisation néolibérale est une guerre de conquête du monde entier, une guerre mondiale, une guerre déclenchée par le capitalisme pour dominer la Terre entière. Cette conquête est parfois faite par des armées qui envahissent des nations, mais souvent elle est faite avec l’économie, par le système de la dette et en amenant leur culture capitaliste, qui est la culture de la marchandise, du profit et du marché.”

Les oppressés natifs du sud du Mexique ont le dernier mot de la lucidité. Tendons-leur la main, à eux et à tous les colonisés, qui en retour nous aiderons à surmonter notre culpabilité d’avoir réduit le monde à ce triste paradigme mercantile et obscène.

Bibliographie:

  • Aimé Césaire, “Discours sur le colonialisme”, 1955
  • Nils Andersson, “Fondements et permanence du colonialisme, 2011
  • Jules Ferry, “Les fondements de la politique coloniale”, 1885, archives de l’Assemblée Nationale
  • Georges Clémenceau, “La colonisation est-elle un devoir de civilisation?”, 1885
  • Saïd Bouamama, “L’espace mental colonial comme matrice du racisme contemporain”, 2013
  • Immanuel Wallerstein, “Eurocentrism and its Avatars: the Dilemmas of Social Science”, 1997
  • Pierre Clastres, “La société contre l’État”, 1974
  • Paolo Freire, “La pédagogie des oppressés”, 1970
  • Ira Shor & Paolo Freire, “A Pedagogy for Liberation”, 1987
  • Russell Means, “Where White Men fear to Tread”, 1995
  • Taiaiake Alfred, “Peace, Power, Righteousness”, seconde édition, 2009
  • Taiaiake Alfred, “Wasase”, 2005
  • Diane Engelstad & John Bird, “Nation to Nation, Aboriginal Sovereignty and the Future of Canada”, 1992
  • Peter Nabokov, “Native American Testimony”, revised edition 1999
  • Gloria Munoz Ramirez, “Le Feu et le Mot, une histoire du mouvement zapatiste”, 2008

2ème partie

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53 Réponses to “Résistance politique: Combattre et éradiquer le fléau colonial, première nécessité”

  1. et Charles Martel a vaincu les arabes à Poitiers – et des caravanes remontaient l’Afrique, en passant d’un côté par le Mali et de l’autre l’Ethiopie, avec des métaux, des épices et des esclaves –

    il faudrait ré-étudier l’histoire de l’expansion du christianisme et de la main-mise de Rome ………

    Etc ………… C’est dans le coeur de l’homme que gît tout ce mal et maintenant on voudrait aller sur d’autres planètes

    • Ok pour la première réflexion… pas la seconde, l’Homme n’est pas « mauvais » par nature comme veut le faire croire la pseudo-science du malthusianisme mâtinée de darwinisme-social…

  2. shana230 Says:

    De toutes façons, on en revient toujours aux mêmes maux, et cela grâce à quoi, ou plus exactement à cause de quoi ? de l’Argent et du Pouvoir qu’apporte l’Argent.
    A avoir plus d’argent, à en vouloir encore et toujours plus, plus, plus, car jamais assez, alors on va chercher ailleurs pour essayer de satisfaire un peu plus, non pas ses besoins, mais ses envies, toujours plus malsaines dans ces cas-là !
    Il ne faut surtout pas donner tous les pouvoirs à l’être humain, car beaucoup d’entre eux deviennent pire que les « bêtes » !

    L’homme est-il mauvais par nature, je ne pense pas, mais par contre, dès qu’il en a les moyens, dont sont l’argent et le pouvoir…, il le devient tout naturellement : instinct primaire…??? je ne pense pas que, nous sommes tous les mêmes, mais je n’en mettrai pas ma main au feu pour autant.

    Pour l’argent, l’homme est capable du meilleur, mais surtout du pire lorsque l’argent devient son but ultime, qui souvent lui ouvre tous les pouvoirs !
    A partir de là, il considérera les autres êtres humains comme des marionnettes pour arriver à ses fins et par conséquent des esclaves en quelque sorte !

    • très juste.. c’est bien pour cela que nous pronons avec bien d’autres, un changement radical de société se fondant sur une société non-pyamidale, non-hiérarchique et non-coercitive, fondamentalement égalitaire, constituée de l’association de commune libres.
      Pour bien comprendre la réalité de la société contre l’état, il est important de (re)lire l’anthropologue social Pierre Clastres « La société contre l’État ». Ses recherches ont prouvé qu’il y a d’abord division politique qui favorise l’éclosion de l’État. Historiquement, l’économique a absorbé le politique pour établir une hégémonie oligarchique consolidée.
      Rien n’est inéluctable.
      C’est unis et solidaires que nous vaincrons cette ignominie…

  3. A voir la haine qui se déverse sur les réseaux sociaux, à l’encontre de la journée contre l’esclavage et ses différentes demandes par les associations, on n’en a pas fini avec ce fléau qu’est le racisme.

    Et la constance avec laquelle le Front national entretient son fonds de commerce l’immigration, et tous les stéréotypes qu’il véhicule, ce n’est pas encore pour demain que les choses avanceront.

    Il est également à noter le sentiment d’indifférence qui se répand, face à la violence sociale qui se traduit par de plus en plus de suicides, pour ceux qui n’en peuvent plus : immolations et formes violentes et publiques.

    3 suicides dans l’entreprise Ex Spanghero, passés sous silence par les médias, suite à la fermeture programmée et au licenciement d’un certain nombre d’entre eux;

    Heureusement que les luttes dépassent le niveau national et européen, sinon il serait à craindre qu’elles ne se perdent dans les égoismes individuels.

    • L’éveil et le rejet de cette fange sont en marche, cela devient de plus en plus évident. La conscience politique regagnée, il faudra prendre les bonnes décisions, les seules possibles sachant QU’IL N’Y A PAS DE SOLUTIONS AU SEIN DU SYSTEME… Il faut en sortir et créer… pas à partir du vieux… mais faire peau neuve.
      Cela deviendra aussi évident que le nez au milieu de la figure, comme l’avait dit Schopenhauer.

      • C’est vraiment une belle idee,mais cela parait complique,quand on voit comment le monde fonctionne,avec l’argent qui domine et qui prevaut sur tout ,mais c’est aussi vrai que l’union fait la force et qu’il y a pleins d’exemples dans la vie et a toutes epoques qui lont prouvee,et puis vu ou en est arrive le monde peut-etre que la pire des choses est de ne rien faire,en tout cas cela fait plaisir de voir que ce systeme deplait a beaucoup de monde et que beaucoup aimeraient le voir change

        • Rien n’est inéluctable (sauf la mort…), ce qu’il faut en premier lieu est de faire en sorte que le plus de gens possible perçoivent le fait que le colonialisme n’est pas mort come on veut nous le faire penser avec cette théorie imbécile que l’on vivrait dans un monde « post-colonial », cet enfumage doit cesser. Une fois la compréhension installée, développer une conscience politique par la réflexion et l’action.

          « La rébellion sans la conscience critique est pour ainsi dire une explosion d’impuissance… » (Paolo Freire)

          « Ce n’est plus d’être heureux que je souhaite maintenant, mais seulement d’être conscient. » (Albert Camus)

  4. […] ne vous rappelle rien ?… Quand on vous dit que nous sommes aussi colonisés, nous ne plaisantons pas ! C’est la réalité des choses. Ecoutons ceux qui luttent contre le […]

  5. […] avons vu dans notre précédent article sur le sujet “Tous colonisés”, que si la colonisation est le plus grand fléau de l’humanité, elle n’a pu être possible […]

  6. […] Nous devons venir à terme de notre culpabilité et tendre la main aux peuples que nous opprimons. Les mêmes méthodes sont appliquées contre nous que celles qui ont été et sont appliquées contre les nations […]

  7. […] solidairement contre l’oligarchie, qui nous l’avons dit ici même à maintes reprises (1 et 2), nous opprime de la même manière, mais pas (encore) avec la même intensité que les […]

  8. […] l’avons dit ultérieurement ici, “Nous sommes tous des colonisés !” et le seul moyen d’en sortir est pour nous, peuples occidentaux, responsables de la colonisation […]

  9. […] le disons et ne le répétons jamais assez : Le colonialisme est le fléau absolu dont l’humanité doit impérativement se débarrasser si elle veut vivre  et […]

  10. […] Nous sommes tous des colonisés! et à ce titre devons en sortir ensemble. Union, réflexion, désobéissance civile, boycott des institutions et des entités entrepreneuriales mondialistes pour enfin reprendre le pouvoir pour le diluer et ne plus jamais le laisser échapper à une quelconque oligarchie. […]

  11. […] certes mais aussi idéologique, qui s’exerce insidieusement sur toutes et tous, car "Nous sommes tous des colonisés"… Seul le degré d’application […]

  12. […] Il est temps d’en finir à tout jamais avec ce colonialisme toujours bien vivant et qui a muté dans une nouvelle phase… Tant que nous n’affronterons pas cette hydre, rien ne changera… Nous sommes tous des colonisés ! […]

  13. […] dominés, cela s’applique aussi aux peuples dominants, car n’oublions jamais que nous sommes tous des colonisés de l’idéologie suprémaciste, raciste, coloniale. Si un petit nombre y trouve toujours son […]

  14. […] Amériques, d’Afrique, d’Océanie, d’Asie, mais aussi… d’Europe, car nous sommes tous des colonisés idéologiquement avant que de l’être physiquement et […]

  15. […] Note de Résistance 71: Il est très important de comprendre les tenants et aboutissements de cette affaire légale, car ce jugement de la cour suprême des Etats-Unis datant de 1823 sur l’affaire Johnson contre McIntosh, a non seulement établi la loi sur la propriété aux Etats-Unis, mais ce cas a également fait jurisprudence et a été cité à maintes reprises dans les tribunaux anglo-saxons coloniaux du Canada, d’Australie et de Nouvelle-Zélande afin de confirmer la non-souveraineté et l’impossibilité pour les peuples autochtones à posséder la terre. Avec comme base pseudo-légale la doctrine chrétienne de la découverte fondée sur le droit canon (Vatican), nous nous rendons compte que le droit de propriété des envahisseur du nouveau monde est purement fictif et ancré dans une idéologie profondément religieuse et raciste. De fait, la base territoriale de l’empire, de l’impérialisme anglo-saxon, est usurpée, illégale et criminelle puisque fondée sur le non-droit des nations originelles, dépouillées sans vergogne de leur souveraineté territoriale, politique et culturelle. Tout ceci doit prendre fin, pour le salut de l’humanité… L’empire n’a pas de base territoriale légale, c’est aussi simple que cela. De là, y donner les suites nécessaires devrait être à l’ordre du jour. Les Amérindiens s’y emploient, mais ils ont besoin de nous, car n’oublions jamais que nous sommes tous des colonisés ! […]

  16. […] résurgence autochtone et l’émancipation d’une partie des occidentaux endoctrinés par l’idéologie toxique colonialiste. Pour que le colonialisme existe, il faut y consentir, en être complice directement ou tacitement. […]

  17. […] comment pour parvenir à ses fins colonisatrices l’oligarchie occidentale à dû au préalable convaincre ses populations du bienfondé de cette entreprise criminelle au fondement raciste et supr…. Ainsi, la république française érige t’elle en hérauts du progressisme des individus comme […]

  18. […] des choses pour un être pensant…), mais établir une véritable connexion entre nous, peuple colonisateur mais néanmoins colonisé, et les peuples proprement colonisés des Amériques, relève d’une vision futuriste de […]

  19. […] ! Parce que nous sommes tous des colonisés d’une manière ou d’une autre et aussi parce que l’avenir de l’humanité […]

  20. […] … contrairement à ce que dit la doxa officielle impérialiste. Nous l’avons dit et ne le répéterons jamais assez: Nous ne vivons aucunement dans un monde « post-colonial » comme l’oligarchie essaie de nous le faire croire, mais dans un monde colonial et colonialiste où en fin de compte nous sommes tous des colonisés. […]

  21. […] Ce combat est le combat de tous les peuples, certes celui des peuples toujours sous le joug colonial, mais aussi le notre, occidentaux, car nous sommes tous des colonisés ! […]

  22. […] l’ayons demandé. La colonisation, pour qu’elle soit durable, est avant tout une colonisation des esprits et entre les nations colonisées et nous peuples occidentaux, la même doctrine […]

  23. […] sans que nous l’ayons demandé. La colonisation, pour qu’elle soit durable, est avant tout une colonisation des esprits et entre les nations colonisées et nous peuples occidentaux, la même doctrine s’applique, ce […]

  24. […] est tout aussi facile qu’évident. Nous l’avons dit et le répétons: Nous sommes tous des colonisés ! L’avantage de le savoir est de pouvoir s’orgsaniser et agir en […]

  25. […] que nous sommes tous des colonisés, la solution réside, comme mentionné dans le premier paragraphe du texte ci-dessous, dans […]

  26. […] notre dossier sur le colonialisme et la Doctrine Chrétienne de la Découverte Parce que nous sommes tous colonisés et que  l’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de […]

  27. […] que nous sommes tous colonisés et que  l’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de […]

  28. […] de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie colonialiste se tenant debout, main dans la main avec les peuples colonisés du monde, pour un changement réel […]

  29. […] de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie coloniale, se tenant debout, main dans la main avec tous les peuples colonisés du monde pour que s’opère […]

  30. […] On croit rêver !… ou plutôt cauchemarder… L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie coloniale, se tenant debouts, main dans la main avec tous les peuples colonisés du monde pour que s’opère […]

  31. […] Ces mots issus de la seconde déclaration zapatiste de la jungle de Lacandon le 12 juin 1994 doivent résonner plus que jamais pour tous les peuples du monde, parce qu’en fin de compte, en regard de l’oligarchie globaliste régnante : Nous sommes tous des colonisés ! […]

  32. […] Parce que nous sommes tous des colonisés… Combattons ensemble le fléau colonial et colonialiste, qui ruine le monde. […]

  33. […] de convertir la population occidentale à l’idéologie colonialiste. Ce n’est, comme déjà dit ici par ailleurs, qu’une question de […]

  34. […] Parce que nous sommes tous des colonisés !… […]

  35. […] main dans la main avec les peuples opprimés et colonisés du monde parce qu’en définitive, nous sommes tous des colonisés, ce n’est qu’une question de degré dans une matrice de la domination […]

  36. […] Le texte ci-dessous dépeint la vie des nations autochtones des Amériques sous le joug colonial depuis 1492, sans discontinuer. Expérience intéressante: après avoir lu ce texte, relisez-le non plus en pensant aux Amérindiens, mais détachez-vous et pensez à nous. Ne constatez-vous pas comme nous, que nous sommes tous des colonisés ! […]

  37. […] complémentaire : « Nous sommes tous des colonisés » (Résistance 71, mai […]

  38. […] disons depuis 2013 que “Nous sommes tous des colonisés”… Une fois de plus, on arrive aux mêmes conclusions par des voies […]

  39. […] disons depuis 2013 que “Nous sommes tous des colonisés”… Une fois de plus, on arrive aux mêmes conclusions par des voies […]

  40. […] Lire notre dossier sur la “sémantique coloniale” et notre analyse de mai 2013 : “Nous sommes tous colonisés!” […]

  41. […] Sur R71 en complément de lecture ; Lire notre dossier sur la “sémantique coloniale” et notre analyse de mai 2013 : “Nous sommes tous colonisés!” […]

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