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Résistance politique: “Chiapas, feu et parole d’un peuple qui dirige et dont le gouvernement obéit” (essentiel EZLN version PDF)

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Présentation PDF EZLN

“Chiapas, feu et parole d’un peuple qui dirige et dont le gouvernement obéit”

 

Résistance 71

 

22 octobre 2018

 

 

— Le zapatisme n’est pas une idéologie
Ce n’est pas une doctrine à vendre et achetée
C’est… une intuition
Quelque chose de si ouvert et de si flexible que
Cela se produit en tout lieu
Le zapatisme pose la question:
“Qu’est-ce qui m’a exclu ?
Qu’est-ce qui m’a isolé ?”
En chaque endroit, la réponse est différente
Le zapatisme ne fait que poser la question
Et stipule que la réponse est plurielle
Que la réponse est inclusive…
Marcos, 1994 —

En adéquation avec l’appel venu récemment des montagnes du sud-est mexicain pour la formation d’un Réseau de Résistance et de Rébellion International contre l’oppression de la société capitaliste marchande et avec l’aide de Jo de JBL1960, nous avons compilé une bonne moitié des textes de l’EZLN que nous avons publiés, parfois traduits depuis 2012 sur ce blog, dans un pdf essentiel pour tous ceux qui désirent aller de l’avant dans l’émancipation par la pensée et l’action critiques menant sur le chemin de la complétion de notre humanité.

Après 10 ans de préparation clandestine, le cri des opprimés natifs originels de cette région du monde “¡Ya Basta!” “Assez est assez !” a retenti en 1994 et résonne toujours de plus en plus fort dans le monde, amplifié par les caisses de résonance que sont devenus les états de nos sociétés moribondes, coquilles vides de substance politique, sociale et culturelle.

Ces textes politiques essentiels, souvent émis par le porte-parole du mouvement, le charismatique et facétieux “Marcos” au nom de tous les compañeros et compañeras de la Sixta et des peuples opprimés du monde, nous montrent le chemin de la réalisation dans chaque endroit, ici et maintenant de nos sociétés émancipées par les associations volontaires qui, unifiées dans la grande compréhension de la complémentarité, créeront la société des sociétés qui réalisera pleinement l’Homme et le réconciliera avec la Nature qu’il bafoue depuis des siècles et des siècles.

 

Compilation PDF textes de l’EZLN
Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

 


« Vous êtes en territoire zapatiste en rébellion »

Les paroles ci-dessous nous expliquent qui sont les Zapatistes et affirment que leur lutte n’est pas seulement la leur, mais celle de nous tous, peuples opprimés, majorité des 99,9% trompés, bafoués, exploités et à terme assassinés par les 0,1% d’une “élite” auto-proclamée qui doit s’entendre dire une fois pour toute: “Assez, est assez !” Il suffit de dire NON ! Ensemble…

Voici qui nous sommes.
L’Armée Zapatiste de Libération Nationale.
La voix qui s’arme pour être entendue.
Le visage qui se cache pour être vu.
Le nom qui se cache pour être nommé.
L’étoile rouge qui appelle l’humanité et le monde, pour être entendue, vue et nommée.
Le demain à être moissonné dans le passé.

Derrière notre masque noir,
Derrière notre voix armée,
Derrière notre nom innommable,
Derrière nous, que vous voyez,
Derrière nous, nous sommes vous.

Derrière, nous sommes les mêmes femmes et hommes ordinaires,
Qui se répètent dans toutes les races,
Peints de toutes les couleurs,
Parlant dans toutes les langues,
Et vivant dans tous les endroits.
Les mêmes femmes et hommes oubliés.
Les mêmes exclus,
Les mêmes intolérés,
Les mêmes persécutés,
Nous sommes vous.

Derrière nous, vous êtes nous.
Derrière notre masque se trouve le visage de toutes les femmes exclues,
De tous les indigènes oubliés,
De tous les jeunes méprisés,
De tous les migrants battus,
De tous ceux emprisonnés pour leurs paroles et leurs pensées,
De tous les homosexuels persécutés,
De tous les travailleurs humiliés,
De tous ceux morts par négligence,
De tous les femmes et hommes ordinaires,
Qui ne comptent pas,
Qui ne sont pas vus,
Qui sont sans nom,
Qui n’ont pas de lendemain

Nous sommes les Zapatistes.
Nous vous avons invité pour que nous puissions nous parler,
Pour que vous voyez tout ce que nous sommes.

~ Comité Indigène Révolutionnaire Clandestin, depuis les montagnes du sud-est mexicain, le 27 juillet 1996 —

(Traduction Résistance 71 )

 

Notre page « Textes Fondateurs pour un Changement Politique »

 

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Résistance au colonialisme: Appeler un chat un chat au Chiapas… Le terrorisme d’état contre les enseignants au Mexique

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Notes sur la guerre contre les enseignants en résistance (l’heure de la police 3)

Juin 2016

Enlace Zapatista

url de l’article:

http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2016/06/22/note-sur-la-guerre-contre-le-corps-enseignant-en-resistance-lheure-du-policier-3/

Note sur la guerre contre le corps enseignant en résistance:
(L’heure du policier 3).

Juin 2016.

Du cahier de notes du Chat-chien:

.- On ne sait pas dans le reste du pays, mais au Chiapas au moins, ceux d’en haut sont en train de perdre la guerre médiatique.

En milieu rural et urbain, nous avons vu des familles entières soutenir les enseignantEs. Et nous ne nous faisons pas référence à des soutiens du type: “Ce poing levé, oui il se voit”, “le peuple, uni, ne sera jamais vaincu”, et les slogans qui, malgré les distances entre les calendriers et les géographies sont toujours les mêmes, car en bas la solidarité continue à être un principe élémentaire. Si au cours des mobilisations antérieures des enseignantEs rebelles, la “citoyenneté” (ce terme qui occulte l’inégalité), se montrait excédée et offusquée, les choses ont  changé désormais.

Il y a chaque fois plus de familles qui viennent en aide aux enseignantEs, qui les aident pour leurs voyages et leurs manifestations, qui s’angoissent lorsqu’ils sont agresséEs, qui leur donnent à manger, à boire et leur proposent un abri. Il s’agit de familles qui, selon la taxonomie de la gauche électorale, seraient “abruties” par la télévision, “qui sont des grapilleuses de sandwichs”, “qui sont aliénées”, “qui n’ont pas de conscience”. Mais apparemment, la colossale campagne médiatique déployée contre le corps enseignant en résistance a échoué. Le mouvement de résistance contre la réforme éducative s’est transformé en un miroir pour toujours plus de vrais gens (c’est-à-dire pas ceux des organisations sociales et politiques, mais les gens ordinaires). Comme si, face à la tragédie qui vient, un sentiment collectif d’urgence était né. Comme si chaque coup de matraque, chaque bombe lacrymogène, chaque tir de flashball, chaque ordre d’arrestation étaient des slogans éloquents : “aujourd’hui c’est elle, c’est lui qu’on a attaqué ; demain ce sera ton tour”. C’est peut-être pour cela que derrière chaque professeur, il y a des familles entières qui sympathisent avec leur cause et avec leur lutte.

Pourquoi ? Pourquoi un mouvement qui a été férocement attaqué sur tous les fronts continue à grandir ? Pourquoi, si ce sont des “vandales”, des “fainéants”, des “terroristes”, des “corrompus”, des “opposants au progrès”, beaucoup de gens d’en bas, un certain nombre des classes moyennes, et même quelques-uns d’en haut, saluent même silencieusement le corps enseignant, qui défend ce que n’importe quelle personne défendrait ?

.- “La réalité c’est du mensonge”. C’est ce titre qui aurait pu faire la une du quotidien chiapanèque mal nommé “Cuarto Poder” [“Le quatrième pouvoir”] (un média nostalgique de l’époque des fincas et des seigneurs de la potence et du couteau), quand il “dénonçait” que la fête populaire du 9 juin dernier célébrée en soutien aux enseignantEs en résistance dans les rues de Tuxtla Gutiérrez, capitale du Chiapas, Etat du sud-est mexicain, était fausse. Parachicos, danseurs, musiciens, tenues traditionnelles, personnes en fauteuil roulant, marimbas, tambours, pipeaux et flûtes, le meilleur de l’art zoque et des milliers de personnes saluant la résistance des enseignantEs.  Une pancarte priant: “Merci maître, de m’apprendre à lutter” démontre la “réussite” de la guerre médiatique contre la CNTE. Une autre signalait: “je ne suis pas enseignant, mais je suis chiapanèque et je suis contre la réforme éducative”.

Mais celle qui a dérangé les directeurs de “Cuarto Poder”, c’était celle qui disait plus ou moins: “Si le Guëro Velasco, ils le foutent à gouverner dans le désert, il faut pas plus de quelques mois pour que le sable commence à manquer”. (Note de Résistance 71: Ceci ne peut que rappeler la formule de Coluche qui disait: “Y sont balèzes les technocrates, c’est des mecs.. tu leur donne le Sahara, dans un an ils importent du sable…”, comme quoi les grands esprits…)

.- Bon, 3 ans après la promulgation de la soi-disant “réforme éducative”, ce monsieur Nuño n’est toujours pas capable de présenter un argument éducatif quelconque, même minime, en faveur de son “programme d’ajustement du personnel”. Ses arguments ont été jusqu’à maintenant les mêmes que n’importe quel contremaître de l’époque de Porfirio Diaz: cris hystériques, coups, menaces, licenciements, emprisonnements. Les mêmes qu’emploieraient n’importe quel triste et gris prétendant à la police postmoderne.

.- Ils les ont déjà frappés, déjà gazés, déjà emprisonnés, déjà menacés, déjà virés injustement, déjà calomniés, ils ont déjà décrété de facto l’état de siège dans la ville de Mexico. Quoi de plus ? Qu’ils les fassent disparaître ? Qu’ils les assassinent ? Vraiment ? La réforme “éducative” naîtra sur le sang et les cadavres des enseignantes et enseignants? Ils vont remplacer les campements des enseignants par des campements de policiers et de militaires ? Les blocages de manif’ par des blocages avec des tanks et des baïonnettes ?

.-Leçons pour Nuño sur le Terrorisme. La prise d’otage (la détention de membres de la direction de la CNTE, c’est ça et pas autre chose), pour n’importe quel terrorisme (celui de l’Etat et celui de ces miroirs fondamentalistes) est un moyen pour forcer à un dialogue et à une négociation. Nous ne savons pas si là-bas en haut, vous vous en êtes rendus compte ou non, mais il se trouve que c’est l’autre bord (le corps enseignant), le côté qui cherche le dialogue et la négociation. Ou bien le ministère de l’Education Publique se serait-il déjà affilié à ISIS [Daesh], et qu’il ne prend des otages que pour semer la terreur ?

.- Il y a une anecdote qui circule dans les services secrets gouvernementaux des grandes puissances. Elle raconte que pour gagner la bataille médiatique dans la guerre contre le Vietnam, les service secrets nord-américains créaient, c’est bien le mot, des scénarios de victoires fracassantes, de faiblesse chaque fois plus grande de l’ennemi, et de la force morale et matérielle de leurs propres troupes. Mais il se trouve que la stratégie baptisée “gagner les coeurs et les esprits”, qui devait à l’origine être livrée au Vietnam, due en fait être livrée dans les rues des grandes villes de l’Union Américaine. Après ce mois d’avril 1975 – qui remémorait la défaite à Playa Girón, dans la digne Cuba, durant le même mois, mais en 1961-, un fonctionnaire nord-américain avait affirmé: “le problème c’est que nous fabriquons tellement de mensonges pour les médias que nous finissons par les croire nous-mêmes. Nous avons créé une scénographie de victoire qui dissimulait notre défaite. Notre propre fracas a empêché que nous ne percevions les craquements de notre effondrement. Ce n’est pas mal de mentir, ce qui est mauvais c’est de croire à ses propres mensonges”. Bref, c’est sûr que nous, les femmes, les hommes zapatistes, on n’y connait pas grand chose sur les médias, mais depuis notre humble opinion, c’est un mauvais calcul que de mettre au-devant de la campagne médiatique d’une privatisation effrontée un contremaitre triste et gris qui veut être policier.

.- Initier à la science et à l’art l’enfance dans ces premiers pas, c’est cela que font les enseignants, enseignantes et enseignantEs.

Je donne foi.

Miaou-Ouaf.

 

Résistance politique et organisation: Second niveau de la escuelita zapatista…

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… parce que savoir et pratiquer, c’est se libérer ! Excellente méthode, les zapatistes ne cesseront de nous étonner et de nous épater !

— Résistance 71 —

 

Deuxième niveau de la petite école zapatiste

 

Lundi 3 août 2015, par EZLN

 

Armée zapatiste de libération nationale
Mexique

 

27 juillet 2015.

 

url de l’article:

http://www.lavoiedujaguar.net/Deuxieme-niveau-de-la-petite-ecole

 

À la Sexta nationale et internationale,
Aux ex-élèves de la petite école zapatiste,

Compas,

Bon, eh bien les dates de ce qui constituera le deuxième niveau de la petite école zapatiste (réservé à celles et ceux qui ont été admis au premier niveau) se rapprochent.

Comme nous l’avions annoncé auparavant, ce sera le 31 juillet, le 1er et le 2 août 2015.

Non, ne vous dépêchez pas. Il ne s’agit pas de venir en terres zapatistes. Il s’agit plutôt de ne pas venir jusqu’ici, ou tout au moins pas pour la petite école. Le deuxième niveau sera universel et aura lieu à l’extérieur des terres zapatistes.

On vous explique :

Bon comme on l’a déjà dit, nous nous rendons compte que la situation économique est difficile. En fait, pas seulement la situation économique : la répression gouvernementale contre les peuples originaires yaquis (dans le Sonora) et nahuas (à Santa María Ostula, Michoacán, et à Ayotitlán, Jalisco), ainsi que contre le professorat démocratique (à Oaxaca dans un premier temps, mais cela touchera ensuite les autres entités de l’État mexicain) nous rappelle à toutes et tous que ceux d’en haut ne respectent pas leur parole, et que la trahison fait déjà partie intégrante de leur manière de faire de la politique.

Au niveau économique, bon on sait bien que ce n’est pas évident de trouver l’argent pour survivre au quotidien, et encore moins pour voyager facilement et rester plusieurs jours par ici.

Nous le savons bien, nous autres les femmes et les hommes zapatistes, que si nous appelons à venir à la petite école pour continuer à apprendre à nous regarder, il y en aura, c’est sûr, qui pourront se le permettre.

Mais la majorité de celles et de ceux qui ont été admis au premier niveau sont des compas qui n’ont pas de moyens et/ou qui ont des engagements à tenir vis-à-vis des tâches qu’ils accomplissent dans les géographies dans lesquelles ils luttent. C’est-à-dire que, comme on dit, ils ne peuvent pas passer leur temps à venir par ici. Pas parce qu’ils ne le veulent pas, mais parce qu’ils ne peuvent pas. Il y en a qui ont déjà fait tout ce qu’ils ont pu pour venir à la pépinière d’idées du mois de mai dernier, et du coup c’est assez difficile qu’ils puissent venir de nouveau cette année.

L’objectif, ce n’est pas que la petite école soit réservée à celles et ceux qui n’ont pas de problèmes d’argent pour voyager. Ce que nous les femmes et les hommes zapatistes nous voulons, c’est que nos compas de la Sexta puissent nous voir, nous regarder et nous écouter de manière directe, et, comme cela devrait aller de soi, en retirent ce qu’ils pensent pouvoir leur être utile, et laissent de côté ce qu’ils pensent ne pas être utile pour eux, ou bien ce qui les gêne.

Comme nous prenons tout cela en compte, eh bien nous devons réfléchir à comment faire pour continuer à parler avec vous et continuer à apprendre de manière mutuelle.

Et donc nous avons organisé les prochains niveaux (du deuxième au sixième) de façon à ce que vous n’ayez pas besoin de venir à tout bout de champ, mais on va dire une fois par an. Évidemment, en vous avertissant à l’avance, lorsque se présente la possibilité qu’on puisse vous recevoir par ici.

Voilà la situation, et donc nous vous informons que, pour le deuxième niveau, il n’y a pas de classe en territoire zapatiste. Bien sûr, si vous voulez venir à la fête des Caracoles, avec plaisir. Mais vous n’avez pas besoin de venir à l’école, quoi.

Mais par contre si, il va bien y avoir cours et, bien entendu, examen. On va faire les choses de cette manière :

  1. Celles et ceux qui ont validé le premier niveau recevront à partir du 30-31 juillet et du 1er août de cette année 2015 un courrier électronique (au cas où vous en avez un, et sinon et bien on l’enverra à ceux qui vous ont contacté pour le premier niveau). Dans ce courrier électronique, il y aura une adresse électronique sur laquelle sera hébergée une vidéo. Dans cette vidéo, un groupe spécial de professeurs et professeures zapatistes vous expliqueront ce qu’ils vous expliqueront. Pour pouvoir regarder cette vidéo, vous aurez besoin d’un code ou d’un « mot de passe » comme on dit, qui vous sera fourni dans ce même courrier que vous aurez reçu.

Bon, la vidéo, vous n’êtes pas obligé de la voir tout seul. Vous pouvez vous retrouver entre collectifs, groupes ou bien organisations pour la regarder. Vous pouvez le faire dans les locaux des équipes de soutien de la commission Sexta de l’EZLN présentes dans différents endroits du Mexique, ou bien dans les locaux des groupes et des collectifs et organisations de la Sexta dans le reste du monde.

Jusque-là, il n’y a pas de problèmes. Que ce soit de manière individuelle ou que ce soit en collectif, vous allez voir et écouter nos compañeras et compañeros vous dire quelque chose et vous expliquer une partie de la généalogie de la lutte zapatiste. Parce que vous, vous avez déjà écouté, vu et même partagé le quotidien des bases de soutien zapatistes, en compagnie de vos votanes et de leurs familles. Mais cela n’est qu’une partie de la lutte pour la liberté selon le zapatisme. Il manque d’autres parties.

C’est comme si nous ne vous avions donné qu’une partie du puzzle. C’est-à-dire comme on dit, qu’il manque ce qu’il manque encore.

Vous aurez également à étudier le chapitre I du livre La Pensée critique face à l’hydre capitaliste, les parties intitulées « Un peu de ce qui a changé » ; « Vers une généalogie de la lutte des femmes zapatistes » et « Notes de résistance et d’autonomie ». Si vous n’avez pas le livre en question, ne vous tracassez pas, parce que ces parties sont déjà en ligne sur la page Enlace Zapatista, même si c’est mieux que vous vous procuriez le livre, parce qu’à l’intérieur il y a l’idée intégrale, comme on dit.

  1. Après avoir vu, écouté et étudier ce que disent les compañeras et compañeros dans la vidéo, et après avoir étudié ces parties du livre, vous devrez écrire INDIVIDUELLEMENT six questions. Pas plus, pas moins. Six questions quant à ce que vous avez écouté et regardé dans la vidéo. Ces six questions, vous allez les envoyez à une adresse mail qui sera communiquée dans le courrier que vous allez recevoir. La date pour répondre est n’importe quel jour et n’importe quelle heure entre le 3 août 2015 et le 3 octobre 2015 inclus.
  2. Il n’y aura pas de réponse individuelle aux questions, mais des réponses collectives. C’est-à-dire qu’ici nous allons rassembler les questions et nous allons faire des écrits, des vidéos et des enregistrements qui répondront à ces questions. Lorsque vous lirez un texte de la comandancia, ou écouterez un enregistrement des votanes, vous saurez qu’ils répondent à votre question. Sinon, ne désespérez pas, cela veut dire qu’il y aura une autre parole où on vous répondra. Il n’y aura pas de réponses individuelles, mais des réponses générales et collectives.
  3. Les questions sont importantes. Comme c’est le cas dans notre style zapatiste, celles-ci sont plus importantes que les réponses. C’est-à-dire que ce sont les questions que vous ferez qui détermineront votre passage au troisième niveau.
  4. C’est-à-dire que, comme on dit, ce dont il s’agit, c’est que vous vous rendiez compte que ce qui intéresse les femmes et les hommes zapatistes, ce ne sont pas les certitudes, mais les doutes. Parce que nous pensons que les certitudes immobilisent, c’est-à-dire qu’elles rendent tranquille, content•e et fixe, sans mouvement, comme si la personne en question était déjà parvenue à terme ou savait déjà la réponse. En échange, les questions font qu’une personne se bouge, cherche, qu’elle ne se sente pas tranquille et ne soit pas satisfait•e, comme tracassé•e durant le jour ou durant la nuit. Et les luttes d’en bas à gauche, compas, naissent de ces inquiétudes, des doutes, de l’absence de tranquillité. Si une personne se sent satisfaite, c’est parce qu’elle est train d’attendre qu’on lui dise ce qu’il faut faire, ou qu’on lui a déjà dit ce qu’il faut faire. Si une personne ne se sent pas satisfaite, cela veut dire qu’elle cherche ce qu’il faut faire.
  5. Et donc dès à présent, on vous fait savoir ce qui sera évalué pour passer au troisième niveau : les six questions que vous, individuellement, allez faire. C’est cela que les votanes prendront en compte pour savoir s’ils vous intègrent dans la liste qui dit « admis au troisième niveau ».

Bon, c’est tout ce que nous avons à vous dire pour le moment, compas. Et puis, malgré tout cela et la petite école, il faut bien continuer à nous soutenir mutuellement et à soutenir ceux qui luttent pour vérité et justice, comme le village nahua d’Ostula qui exige justice pour l’attaque qu’ils ont subi, durant laquelle a été assassiné l’enfant Edilberto Reyes García par l’armée fédérale ; comme le village nahua d’Ayotitlán, attaqué par des hommes de main et des policiers au service de la multinationale minière Ternium ; comme les proches des 47 absents d’Ayotzinapa ; comme les proches des enfants de la garderie ABC (ce n’est pas parce que la nouvelle n’est pas diffusée dans les journaux qu’ils ont cessé de lutter pour obtenir justice) ; comme les proches des prisonniers, prisonnières et disparu•e•s politiques du monde entier ; comme le professorat rebelle ; comme la Grèce d’en bas à gauche, qui ne s’est pas fait bernée par la fable du référendum ; comme les prisonniers et prisonnières qui continuent à tenir tête au Pouvoir et à l’État, même derrière les barreaux ; comme celles et ceux qui lui tiennent tête, dans les rues et dans les champs de toutes les géographies ; comme les peuples originaires qui maintiennent leur défense de la Terre-Mère ; comme celles et ceux qui ne se vendent pas, qui ne titubent pas, qui ne se rendent pas.

Parce que c’est la résistance et la rébellion qui rompent les géographies d’en haut. Parce qu’en haut, lorsqu’ils prédisent la défaite, le découragement et le manque de fermeté, il y a toujours un•e, une ou un qui dit « NON ». Parce que regardez-bien comment sont les choses : aux racines de la liberté, il y a toujours un « NON » qui se cramponne à la terre, qui s’en nourrit, et qui grandit avec elle.

Voilà voilà. Et n’oublions ni l’aujourd’hui ni l’hier, c’est comme cela que nous nous souviendrons demain de ce qui reste à faire.

Sous-commandant insurgé Moisés,
directeur de la petite école.

Sous-commandant insurgé Galeano, 
concierge de la petite école.

Mexique, juillet 2015.

Note de Résistance 71: Rappelons que le SCI Galeano est l’ex-SCI Marcos, qui n’est plus le porte-parole emblématique de l’EZLN et a laissé la place au SCI Moisés en 2014…

Cas particuliers

29 juillet 2015.

Si vous n’avez pas reçu le courrier d’admission au deuxième niveau cela peut être dû au fait que…

… l’adresse du courrier électronique avec lequel vous vous êtes enregistré•e n’est plus valide, ou bien a été effacée, ou bien que le mot de passe a été oublié.

… que vous avez encore la même adresse mais que vous n’avez pas reçu l’admission parce que nous nous somme emmêlé les pinceaux et que nous avons de nouveau besoin de vos données personnelles… ou bien parce que vous n’avez pas été admis•e au deuxième niveau. Si, après avoir effectué ce que nous précisons plus bas, vous n’avez toujours pas reçu dans une période d’un mois le courrier d’admission, c’est parce que vous n’avez pas validé le premier niveau.

Dans tous les cas, la manière de résoudre cela est très simple : il suffit d’envoyer un nouveau courriel à l’adresse casosespeciales@ezln.org.mx , depuis une nouvelle adresse électronique, dans laquelle vous allez détailler :

– votre nom complet et votre date de naissance ;
– votre lieu de résidence ;
– votre clé d’enregistrement, si vous vous en souvenez ou si vous l’avez encore ;
– la date à laquelle vous avez suivi le cours ;
– le lieu où vous avez suivi le cours (si c’était dans une communauté, en précisant le nom de la communauté et le nom du caracol auquel appartient la communauté) ; (si c’était par vidéoconférence, le nom du lieu, du quartier, de la ville, du pays et du continent où vous avez assisté à la vidéoconférence) ;
– le nom de votre votán.

Source du texte d’origine :Enlace Zapatista

Traduction : CSPCL.

Éducation: pédagogie critique zapatiste (Mexique)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, société libertaire with tags , , , , , , , on 21 mars 2013 by Résistance 71

Dates et autres choses pour la petite école zapatiste

 

19 mars 2013, par EZLN, SCI Moisés

 

ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE 
Mexique

Mars 2013.

Compañeras et compañeros, sœurs et frères, de la Sexta,

Sur les visites, les caravanes et les projets

Vous savez que nous sommes en train de préparer nos cours pour les petites écoles, c’est là-dessus que nous allons nous concentrer pour que ça marche bien et que nous ayons de bons et bonnes élèves.

Et nous, de concert avec les autorités, nous pensons qu’il y a des choses que nous n’allons pas pouvoir voir en entier pour ne pas nous distraire, comme par exemple vous donner des interviews, échanger des expériences, ou recevoir des caravanes, ou des brigades de travail, ou discuter une idée de projet. Alors, s’il vous plaît, ne faites pas le voyage pour rien, parce que ni les Conseils de bon gouvernement, ni les autorités autonomes, ni les commissions de projets ne vont pouvoir s’occuper de vous.

Si quelqu’un•e, personne, groupe ou collectif, pense mener une caravane avec du soutien pour les communautés, nous leur demandons comme une faveur d’attendre que vienne leur temps pour cela, ou si leur voyage est déjà organisé, qu’ils veuillent bien déposer tout au Cideci, auprès du Docteur Raymundo, là-bas, à San Cristóbal de Las Casas (Chiapas, Mexique).

Nous ne disons jamais non, sauf maintenant, NON, parce que nous voulons nous concentrer sur l’école. Nous voulions vous prévenir, pour que ça ne soit pas mal compris, du pourquoi de ce refus de s’occuper de vous.

Nous voulons vous dire cela pour que vous ne programmiez pas vos voyages qui demandent des conversations avec nos autorités, nous n’allons pas pouvoir vous satisfaire pour la simple raison que tout notre effort est dédié à notre petite école, pour vous, pour les gens du Mexique et ceux du monde, c’est pour cela qu’il faut tout notre effort.

Et ainsi, nous allons nous trouver dans les Conseils de bon gouvernement des cinq Caracoles, nous ne pourrons pas nous occuper de vous. Mais en revanche, vous pouvez visiter les Caracoles.

De même avec les projets déjà en marche des cinq Conseils, il y a des choses que nous n’allons pas pouvoir faire. Seulement ce qui est à notre portée, qui n’implique pas des consultations ou beaucoup de mouvement pour nos villages. Si ce n’est pas le cas, on verra à une autre occasion.

Nous voulons que vous nous compreniez, pour nous ce n’est pas le moment des caravanes, ni des projets, ni des interviews ou échanges d’expériences et autres choses. Pour nous, les hommes et les femmes zapatistes, c’est le moment de nous préparer pour la petite école. Nous N’allons PAS avoir le temps pour autre chose, à moins que ça vienne du mauvais gouvernement qui cherche à nous flanquer un grand bazar, alors là, si, ça change les choses.

Avec vous, compañeras et compañeros, sœurs et frères, nous pensons qu’il y a de la compréhension.

Sur l’école

Je vous transmets les premiers renseignements pour la petite école, pour que ceux qui vont prendre les cours puissent préparer leurs affaires.

1. À la fête des Caracoles sont invités tous ceux et toutes celles qui se seront sentis convoqués. La fête a lieu dans les cinq Caracoles, vous pouvez donc aller là où vous préférez. L’arrivée est le 8 août, fête les 9 et 10, et retour le 11. Attention : la fête des dix ans des Caracoles, ce n’est pas la même chose que l’école. Ne pas confondre.

2. Par cette fête, les bases de soutien zapatistes célèbrent le dixième anniversaire des Conseils de bon gouvernement, mais pas seulement.

3. Ces jours-là commence notre petite école très différente où nos chef•fe•s, c’est-à-dire les bases de soutien zapatistes, vont faire cours sur comment a été leur pensée et leur action dans la liberté selon le zapatisme, leurs réussites, leurs erreurs, leurs problèmes, leurs solutions, ce qui a avancé, ce qui est en cours et ce qui manque, parce qu’il manque toujours ce qu’il manque.

4. Le premier cours (nous allons en faire beaucoup, suivant ce que pourront les participants) du premier niveau est de sept jours, incluant l’arrivée et le retour. Arrivée le 11 août, le cours commence le 12 août 2013 et finit le 16 août 2013. Et le 17 août 2013, c’est le départ. Ceux qui auront fini le cours et voudront rester plus longtemps pourront visiter d’autres Caracoles que celui où ils auront suivi le cours. Le cours est le même dans tous les Caracoles, mais ils peuvent connaître d’autres Caracoles différents de celui de leur cours, mais ce sera à leurs frais.

5. Petit à petit, nous allons vous dire comment faire pour l’inscription à la petite école de la liberté selon les femmes et hommes zapatistes. Mais nous vous disons tout de suite qu’elle est laïque et gratuite. La préinscription se fera avec les équipes de soutien à la Commission Sexta, nationale et internationale, sur la page web d’Enlace Zapatista, et à travers des courriers électroniques. L’enregistrement des élèves se fera au Cideci, à San Cristóbal de Las Casas (Chiapas). On va commencer à envoyer les invitations, selon les possibilités, à partir du 18 mars 2013.

6. Mais n’entrera pas qui veut à l’école, c’est nous qui allons inviter directement. Ces compas que nous invitons, nous allons en prendre soin, nous allons leur donner à manger, un endroit pour dormir propre et riant, et nous allons leur mettre à chacun un gardien ou une gardienne, bref, chacun son « Wotan » qui veille à ce qu’il soit bien et qu’il ne souffre pas trop pendant le cours, seulement un peu, mais un peu, ça, toujours.

7. Les élèves vont devoir étudier très dur. Le premier niveau a quatre thèmes qui sont : Gouvernement autonome I, Gouvernement autonome II, Participation des femmes au gouvernement autonome, et Résistance. Chaque thème a son manuel. Les manuels ont entre 60 et 80 pages chacun, et ce que vous a donné à connaître le SupMarcos est seulement une petite partie de chaque livre (3 ou 4 pages). Chaque manuel a un coût de 20 pesos, ce que coûte sa fabrication d’après nos calculs.

8. Le cours dure sept jours pour le premier niveau, et selon le temps dont dispose le ou la compa, parce que nous savons qu’il ou elle a son travail, sa famille, son combat, son engagement, c’est-à-dire son calendrier et sa géographie.

9. Le premier cours est seulement de premier degré, il en manque beaucoup d’autres, aussi l’école ne finit-elle pas vite, elle prend du temps. Qui passe le premier niveau pourra passer le second.

10. Sur les dépenses : le compa, la compa doit s’occuper de son voyage jusqu’à arriver au Cideci, à San Cristóbal de Las Casas (Chiapas), et pour retourner à son coin. Du Cideci, vous allez à votre école, et à la fin, le retour est jusqu’au Cideci, et de là chacun•e retourne dans son coin. À l’école, c’est-à-dire au village, vous n’aurez pas de souci, les haricots, les tortillas et les petits légumes ne vont pas manquer à votre table. C’est-à-dire que les frais de chaque étudiant, c’est les zapatistes qui vont les couvrir. Chaque étudiant ou étudiante va vivre chez une famille zapatiste. Pendant les jours d’école, ce sera la famille de l’élève. Avec cette famille, il va manger, travailler, se reposer, chanter, danser, et ils vont le conduire à son école, soit au centre d’éducation. Et le « Wotan », c’est-à-dire le gardien ou la gardienne, va toujours l’accompagner. Bref, nous allons être aux petits soins pour chaque étudiant et étudiante. Et s’il tombe malade, nous allons le soigner, et si c’est grave nous allons le conduire à l’hôpital. Mais pour ce qu’il y a dans sa tête à son arrivée et à son départ, là, nous ne pouvons rien faire, c’est à chaque compañero ou compañera de savoir ce qu’il fait de ce qu’il a regardé, écouté et appris. Dit autrement, on va leur enseigner la théorie, et la pratique, c’est à chacun de voir ça dans son coin.

11. Pour pouvoir payer les frais de votre école, c’est nous qui allons voir ça. Nous pouvons faire un festival de musique ou de danse, ou des peintures, ou de l’artisanat, mais ne vous en faites pas, nous cherchons comment faire, et en plus il y a toujours des gens bien qui soutiennent les choses bien. Pour qui veut faire un don pour l’école, nous allons mettre une boîte sur le lieu d’enregistrement des élèves, au Cideci, avec les compas de l’Université de la Terre, à San Cristóbal de Las Casas (Chiapas, Mexique). Là, dans la boîte, quelqu’un qui veut donner quelque chose le fait, et personne ne sait qui a donné ni combien, pour que certain•e•s ne se flattent pas de donner beaucoup et que d’autres ne soient pas tristes d’avoir donné peu. Il ne sera pas permis que dans les écoles, les Caracoles ou les familles, vous donniez de l’argent ou des cadeaux. Tout ce que vous voudrez donner, c’est au Cideci, aux compas de l’Université de la Terre, à San Cristóbal de Las Casas (Chiapas, Mexique). Là-bas, on va tout rassembler puis répartir également entre tou•te•s, si tant est qu’il y ait quelque chose. Sinon, tant pis, ce qui compte, c’est vous.

12. Il y a d’autres façons de prendre le cours de l’école zapatiste. Nous allons demander leur soutien aux compas des médias libres, libertaires, autonomes, et à qui s’y connaît en visioconférences. Parce que nous savons bien que beaucoup de gens ne vont pas pouvoir venir pour des questions de travail, de famille, ou personnelles. Et aussi qu’il y a des personnes qui ne comprennent pas l’espagnol, mais qui ont envie d’apprendre comment les hommes et les femmes zapatistes ont fait ce qu’ils ont fait et défait ce qu’ils ont défait. Alors nous allons avoir un cours spécial pour être pris avec une caméra vidéo et envoyé là où il y aura un groupe d’élèves demandeurs et qui soient prêts avec leur manuel, et là ils verront le cours, et grâce à ce truc d’internet, ils peuvent poser leurs questions sur le cours que sont en train de donner les maîtres et maîtresses, les bases de soutien zapatistes.

Pour planifier cela, nous allons inviter à une réunion spéciale quelques médias alternatifs pour nous mettre d’accord sur comment on va faire les visioconférences, et aussi qu’ils prennent des photos et des vidéos des endroits dont on parle dans les cours, pour que tout le monde puisse vérifier si c’est vrai ou pas ce que sont en train d’enseigner les professeurs et professeures.

Et un autre moyen, c’est que nous allons faire une copie des cours en DVD pour que celles et ceux qui ne peuvent aller nulle part et qui ne peuvent étudier le cours que chez eux puissent le faire, et ainsi apprendre aussi.

13. Pour pouvoir assister à la petite école zapatiste, vous devrez prendre un cours de préparation où on va vous expliquer comment est la vie dans les villages zapatistes, leurs règles internes. Pour que vous ne risquiez pas de commettre un délit. Et ce que vous aurez besoin d’emporter. Par exemple, vous ne devez pas emmener ce qu’on appelle des tentes de camping qui, de toute façon, ne servent à rien ici, parce que nous allons vous installer dans des familles indigènes zapatistes.

14. Une fois pour toutes nous vous disons qu’il est INTERDIT de produire, vendre ou acheter, échanger et consommer n’importe quelle sorte de drogues et d’alcools. Il est aussi interdit de porter et d’utiliser n’importe quel type d’armes, qu’elles soient à feu ou « blanches ». Qui demandera à être intégré à l’EZLN ou toute autre chose militaire sera expulsé•e. On n’est pas en train de recruter ni de promouvoir la lutte armée, mais l’organisation et l’autonomie pour la liberté. Est interdite aussi la propagande de tout type, politique et religieuse.

15. Il n’y a pas de limite d’âge pour assister à la petite école ; mais si ce sont des mineurs, ils doivent venir avec un adulte qui se donne pour responsable du ou de la mineure.

16. Quand vous vous inscrirez, après avoir été invité•e•s, nous vous demandons de préciser si vous êtes autre, femme ou homme, pour voir comment nous nous arrangeons, parce que chacun•e est un individu, une individue, et sera respecté•e et accueilli•e comme tel•le. Ici, on ne discrimine pas pour raisons de genre, de préférence sexuelle, race, credo, nationalité. Tout acte de discrimination sera puni d’expulsion.

17. Si quelqu’un souffre d’une maladie chronique, nous lui demandons de venir avec ses médicaments et de nous prévenir à l’inscription pour être à son service.

18. Quand vous vous inscrirez, après avoir été invité•e•s, nous vous demanderons de préciser votre âge physique et vos conditions de santé, pour vous installer dans une des écoles ou vous ne souffrirez pas plus qu’à l’habitude.

19. Si vous êtes invité•e et que vous ne pouvez pas assister à cette première date, n’ayez pas de chagrin. Vous nous faites seulement savoir quand vous pouvez, et nous, nous vous faisons le cours quand vous pouvez venir. De même, si quelqu’un ne peut pas terminer le cours, ou ne peut pas arriver pour la date où il est inscrit, il n’y a pas de problème, vous pourrez compléter plus tard. Souvenez-vous aussi que vous pouvez assister aux visioconférences ou aux cours qui vont être donnés hors du territoire zapatiste.

20. Dans d’autres écrits je vous expliquerai d’autres choses et j’éclaircirai des doutes que vous pourriez avoir. Mais ce que je vous ai dit ici est l’essentiel.

C’est tout pour l’instant.

Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain, 
sous-commandant insurgé Moisés, 
recteur de la Petite École zapatiste.

Mexique, Mars 2013