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Gilets Jaunes, Chiapas, Oaxaca, Acapatzingo, Rojava, luttes anticoloniales… en marche vers la société des sociétés ! (2ème partie)

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Vers la Société des Sociétés…

Parce qu’il n’y a pas de solutions au sein du système
et qu’il ne saurait y en avoir !…

 

Acapatzingo, communauté autonome urbaine 

Un monde nouveau au cœur de l’ancien

 

mardi 2 avril 2019, par Raúl Zibechi

 

Source:

https://www.lavoiedujaguar.net/Acapatzingo-communaute-autonome-urbaine-Un-monde-nouveau-au-coeur-de-l-ancien

 

1ère partie

2ème partie

 

Dans un deuxième temps, une nouvelle orientation est fixée à la suite de réunions et de débats dans les communautés, et il est décidé que le fonctionnement de tous les espaces de formation doit se faire autour de trois axes : la science, la culture et la formation politique. On s’engage à « travailler à la construction d’un système d’éducation en propre qui embrasse tous les niveaux de la maternelle au baccalauréat […] et qui revendique l’organisation comme forme de vie et comme unique moyen de lutter contre le système d’exploitation imposé [17] ».

En parallèle, apparaissent diverses initiatives : un espace pour les jeunes initialement appelé « assemblée des jeunes » ; des fêtes thématiques pour aborder des sujets comme la sexualité, la toxicomanie, les bandes organisées, la violence domestique, etc. ; un atelier de radio destiné aux jeunes ; un atelier de fabrication de T-shirts dans l’idée de créer des coopératives de production ; un atelier vidéo ; un atelier d’instruments de musique. Une équipe de psychologues s’est constituée qui travaille avec les membres des coopératives pour construire des formes de vie plus entières et moins aliénantes. Selon les psychologues, en aidant les personnes à se remettre de la violence due à l’oppression et à l’aliénation :

« […] la communauté d’Acapatzingo nous a enseigné et inculqué une notion de la psychologie très différente de celle en vigueur dans d’autres milieux. Il s’agit d’une psychologie qui ne prétend pas adapter les personnes à la société telle qu’elle est aujourd’hui, mais les fortifier et les soutenir pour qu’elles acquièrent des compétences et puissent transformer cette société, la construire à la mesure de nos besoins. [18] »

Au cours des années qui ont suivi, des liens se sont forgés avec d’autres collectifs, comme les Jeunes en résistance alternative et la Brigade des rues, qui ont enrichi le travail culturel et politique. En octobre 2012 a eu lieu la première rencontre des commissaires, qui avait pour thème « Capitalisme, autonomie, socialisme », dans la communauté Acapatzingo. De manière générale, le travail se fait partout sur la base des critères et méthodes diffusés par l’éducation populaire : autoformation collective avec des coordinateurs qui agissent en qualité d’initiateurs de débats, réunions en cercle pour faciliter la participation, tableaux de papier pour visualiser les différentes positions et les accords conclus, partir du quotidien qui est le nôtre, éveiller l’esprit critique, comprendre la réalité en la transformant, etc.

La troisième question est celle des règlements. Examinons en détail l’un de ces règlements, celui que s’est donné l’installation de Centauro del Norte. Il s’agit d’un terrain occupé en 2007 dans la zone de Pantitlán, où vivent quelque cinquante familles dans des logements temporaires disposés en lignes et séparés par des allées. Les secteurs correspondant à chaque brigade sont différenciés par leurs couleurs. Les logements, bien que rustiques, ne sont pas précaires : ils sont dotés de murs en dur, d’un sol en ciment et d’un toit léger. Dans l’installation prédominent la propreté et l’ordre, dans un climat général de dignité et d’organisation ; des espaces sont réservés aux jeux des enfants. On trouve des alarmes à différents endroits pour les situations d’urgence, et des espaces de regroupement, identifiés par un marquage au sol, sont prévus pour quand sonnent les alarmes.

Le Règlement général, similaire dans les différentes installations, contient douze pages et a été approuvé par tous les habitants du lieu. Le mouvement, signale le texte, veut offrir une possibilité de logement aux familles qui n’en ont pas mais « acceptent de rompre avec les habitudes et pratiques individualistes » pour construire un projet de vie collectif et solidaire qui se propose de « construire un pouvoir populaire [19] ».

La présence aux assemblées est obligatoire et les absences répétées peuvent donner lieu à l’exclusion de l’installation. L’assemblée a décidé de créer quatre commissions : la maintenance, chargée des travaux collectifs, la surveillance, la culture (dont les caractéristiques ont été décrites plus haut) et la santé, qui se charge de la prévention en matière de santé physique et mentale, du suivi des malades chroniques, et de l’organisation de campagnes de vaccination et de sensibilisation à une alimentation saine.

Note de R71: Intéressant de constater que la France des sections durant la révolution française dans les communes et surtout dans les grandes villes, fonctionnait grosso modo de la même façon…

Le règlement régit d’une manière stricte la vie collective : il interdit la maltraitance physique et psychologique, la diffusion de musique à trop fort volume, et précise que les conflits de voisinage doivent trouver une solution par le dialogue, tout en stipulant que la commission de surveillance peut intervenir dans les cas graves. Lorsque se produit un acte de violence physique, « l’agresseur devra assumer les frais de prise en charge et de traitement de l’agressé » et dans les cas graves, il peut être exclu de l’installation à titre temporaire ou définitif. Tout vol entraîne l’exclusion définitive indépendamment de la somme volée, voire l’expulsion de toute la famille dans certains cas [20].

Des espaces de jeu sont aménagés pour les enfants et il est prévu de tenir des assemblées d’enfants et de créer des commissions avec le soutien des adultes. Les aires communes doivent être propres et il est interdit d’y consommer des drogues ou de l’alcool. Les horaires et tâches des gardes sont définis de manière stricte. Les journées de travail collectif décidées par l’assemblée ou les commissions sont obligatoires.

Dans l’installation Centauro del Norte, j’ai pu observer que les personnes les plus actives sont les femmes, fières de montrer aux visiteurs le site, les espaces de santé, la bibliothèque que l’on trouve dans toutes les installations, et d’expliquer en détail le travail des commissions. Les enfants, de dix ans et plus, se montrent disposés à participer à des activités collectives. Chaque installation dispose d’un endroit pour la tenue des assemblées, qui fait parfois office de cantine. Dans tous les lieux que j’ai pu visiter, j’ai demandé ce qui est fait face à la violence domestique. Chaque fois on m’a répondu la même chose : l’agresseur doit quitter le site pendant un temps qui peut durer de quelques semaines à trois mois en fonction de ce que décide la femme, « pour qu’il réfléchisse ». Il ne peut revenir que si la femme est d’accord. La communauté apporte un soutien affectif à la famille.

Dans certaines installations, des affiches bien en vue indiquent le nom de la personne interdite de séjour. À Acapatzingo, on m’a assuré que, lorsqu’une agression se produit dans un foyer, les enfants sortent dans la rue et font retentir un sifflet, système utilisé par la communauté en cas d’urgence. L’atmosphère à l’intérieur des installations est paisible, au point que même dans des lieux très peuplés comme à Acapatzingo (qui compte environ trois mille habitants), il est courant de voir des enfants jouer tout seuls en toute tranquillité dans un espace sûr et protégé par la communauté.

III. Autonomie et communauté : le monde nouveau

L’expérience vécue à Acapatzingo et dans les communautés du FPFVI nous enseigne que des communautés urbaines peuvent être créées malgré les énormes difficultés et l’« obstacle structurel » auxquels elles se heurtent du fait que leurs membres dépendent d’un travail salarié et précaire [21]. Elle nous montre en outre que le monde ne change pas grâce aux grandes manifestations de rue mais que la nouveauté surgit dans les marges du système et à petite échelle : « Les grandes transformations ne commencent pas par le haut ni par des faits monumentaux et épiques, mais par des mouvements de petite taille et qui semblent sans intérêt au politique et à l’analyste d’en haut. [22] »

Les sociétés changent à partir du quotidien, par le biais de pratiques locales menées dans des espaces restreints, nécessairement autonomes, parce que l’autonomie est le périmètre qui protège les pratiques contre-hégémoniques. Disons que l’autonomie est le moyen permettant aux mondes autres d’exister. Ils en ont besoin pour se protéger précisément parce que ce sont des mondes différents. Il est impossible de savoir quand et comment ces pratiques et modes de vie se développeront, et encore plus de les diriger et les déterminer. En tant que militants, nous pouvons travailler à ce que les choses soient d’une façon déterminée dans un espace concret, mais nous ne pouvons pas — et nous ne devons pas — aspirer à définir à partir d’une position supérieure ce que sera la réalité globale.

Pour survivre, les gens d’en bas doivent tisser des liens avec d’autres personnes comme eux, établir ces relations fortes qui expliquent leur résistance et leur résilience, matérielles comme symboliques. Durant ce parcours, ils créent diverses formes de communautés, d’ejidos ou de colonias, généralement constituées de groupes de familles ayant une certaine stabilité et pérennité. Elles se disent et nous les appelons des « communautés » au sens large, et elles se reconnaissent comme telles. Toutes occupent un espace physique délimité, que nous nommons « territoire ». Dans les villes, ces communautés et territoires s’installent habituellement à la périphérie, bien que quelques-unes se trouvent dans des zones centrales, mais toujours dans des espaces marginaux par rapport à l’accumulation de capital. Ce sont souvent des espaces dégradés sur le plan environnemental et physique.

Par communauté, j’entends des pratiques et des façons de faire, de vivre, de produire et de reproduire la vie, qui se déroulent dans des espaces particuliers, avec des modalités et des temporalités pour la prise de décisions, et des mécanismes pour les faire respecter. Autrement dit, la communauté est aussi une forme de pouvoir, qui se différencie des autres parce que ce n’est pas un pouvoir d’État ni un pouvoir hiérarchique. Parmi les pratiques qui construisent une communauté, il faut insister sur la réciprocité, très différente de la solidarité parce qu’elle ne repose pas sur la relation sujet-objet mais sur la pluralité de sujets, et l’union fraternelle, qui suppose un lien intégral, matériel et spirituel, et qui est l’une des formes que prend l’horizontalité au sein de la communauté.

Les pratiques qui constituent une communauté ont pour fondements l’assemblée pour la prise de décisions, la rotation des tâches, le contrôle des responsabilités par la base, un ensemble de manières de faire que les zapatistes ont synthétisées dans les sept principes du « commander en obéissant » : servir et non se servir ; représenter et non se substituer ; construire et non détruire ; obéir et non commander ; proposer et non imposer ; convaincre et non vaincre ; baisser et non monter. Cet ensemble de pratiques témoigne du fait que la communauté n’est pas une institution ou une organisation, mais avant tout des formes de travail, dont deux sont particulièrement intéressantes : les travaux collectifs et les accords.

Les travaux collectifs constituent des pièces clés, le cœur de la communauté et, comme le soulignent les zapatistes, le moteur de l’autonomie. Je veux dire par là que la communauté ne peut se réduire à la propriété collective mais que la propriété ou les espaces communs doivent être maintenus par des activités permanentes, constantes, car ce sont elles qui peuvent changer les habitudes et les inerties individualistes et égocentriques. Certaines sociétés se sont limitées à la propriété collective ou publique des moyens de production sans réaliser de travaux collectifs. Il en a résulté une reproduction des valeurs et des modes de faire, c’est-à-dire la culture, du système capitaliste.

La conception occidentale de la communauté est centrée sur la propriété collective, y compris dans l’analyse marxiste. Même quand Marx a revalorisé le rôle de la commune rurale lors de ses échanges avec la populiste russe Véra Zassoulitch, il a continué de la considérer du point de vue de la propriété. Il a considéré que sa caractéristique fondamentale est « la propriété commune de la terre » qui permet l’appropriation collective du produit [23]. Il est évident que la propriété collective joue un rôle important dans l’existence d’une communauté, mais je pense qu’il ne faut pas la réduire à cette variable. Le faire reviendrait à adopter une perspective économiciste et à sous-estimer tous les autres aspects. Considérer la communauté comme un ensemble de pratiques (dans la production, la santé, l’éducation, les formes de vie…) ouvre le concept de communauté au lieu de l’enfermer dans les formes de propriété.

Un des aspects centraux de ces pratiques réside dans les travaux collectifs consacrés à soigner, protéger, faire grandir et produire les biens communs de la communauté. À Acapatzingo, l’une des formes que prennent les travaux collectifs sont les tours de garde, mais ce n’est pas la seule. Les équipements collectifs, les rues et les réseaux d’égouts ont été construits collectivement.

Les accords sont le résultat de longs débats en assemblée, qui peuvent se prolonger tout le temps nécessaire jusqu’à ce qu’on arrive à l’accord, qui est une sorte de consensus car les décisions ne sont pas prises par le vote. L’accord suppose que la communauté se dote de moyens coercitifs pour faire appliquer les décisions. Mais cette coercition se distingue de celle de l’État pour une raison simple : elle n’est pas exercée par un corps spécialisé, séparé de la communauté et placé au-dessus d’elle (bureaucratie), mais c’est toute la communauté qui veille à ce que ses décisions soient appliquées. Les règlements remplissent ce double rôle ; ils représentent les accords et définissent les mécanismes nécessaires pour les faire appliquer.

Les communautés enracinées dans un territoire sont souvent harcelées par le système, l’État et le capital, qui ont besoin d’imposer leur ordre dans tous les espaces et de soumettre toutes les personnes à leurs lois. Sur ce point, les communautés peuvent choisir de se plier à l’ordre étatique-capitaliste ou de résister en conservant une position extérieure vis-à-vis de lui. Dans ce cas, elles deviennent des communautés et territoires en résistance. Pour affirmer leurs spécificités, pour se défendre contre les tentatives de subordination, elles doivent s’affirmer comme des espaces autonomes, c’est-à-dire autogouvernés.

Des formes d’oppression existent bien sûr dans les communautés, comme dans tout collectif humain. Dans les communautés autonomes en résistance, rurales, comme les communautés zapatistes, et urbaines, comme Acapatzingo, ces formes d’oppression ne sont pas occultées, elles sont à la vue de tous et il est possible de travailler sur elles. C’est notamment le cas des oppressions de genre et de génération, qui touchent les femmes et les enfants. Durant plusieurs activités auxquelles j’ai participé à Acapatzingo, j’ai pu vérifier que les femmes interviennent en public davantage que les hommes, dans un rapport de trois ou quatre contre un. C’est très différent de ce qui se passe dans d’autres espaces de résistance urbaine, où ce sont les hommes qui prennent la parole bien que les femmes soient majoritaires.

Le travail de reproduction n’est pas invisibilisé ni dévalorisé. De fait, les tâches de nettoyage et d’entretien sont régies par les règlements ; la communauté possède une certaine latitude pour tenter de réguler ce qui se passe dans les familles quand des situations de violence se produisent ; les jardins potagers, la santé et l’éducation ont une importance particulière dans la coopérative même si, comme dans tous les travaux collectifs, la présence des femmes est majoritaire. Bien qu’il existe une forte division sexuelle du travail, beaucoup de tâches remplies par les femmes dans la société capitaliste relèvent ici du collectif et du communautaire, et elles ne sont pas jugées inférieures au travail salarié ou lié à la production.

Les communautés urbaines ont aussi leurs limites et problèmes. D’un côté, il y a ceux en rapport avec la vie urbaine, centre du pouvoir des classes dominantes, des appareils répressifs de l’État, des mafias et de la culture consumériste. De l’autre, dans les villes, il est très difficile aux communautés d’assurer leur survie sans recourir au marché du travail et d’acquérir une certaine autonomie alimentaire vu qu’elles ne possèdent pas suffisamment de terres cultivables. Dans les villes, elles peuvent cependant constituer des alliances avec des professionnels de la santé et de l’éducation, comme le font les communautés du FPFVI.

Mais la critique principale vient de ceux qui sous-évaluent les expériences locales parce qu’elles ne permettraient pas de régler les problèmes de l’humanité. Dernièrement, David Harvey a formulé une attaque en règle contre la démocratie radicale et l’horizontalité remarquant qu’elles « peuvent bien fonctionner en petits groupes mais sont impossibles à appliquer à l’échelle de toute une région métropolitaine, sans parler des sept milliards de personnes qui vivent actuellement sur Terre [24] ».

Pour moi, cette position souffre de deux grandes lacunes. La première est liée à la construction du sujet et le second au type de transition qu’elle imagine et promeut. Les universitaires font en général référence aux sujets ou aux mouvements antisystémiques de manière très générale, sans prendre en compte le fait que ces acteurs ne peuvent prendre chair que dans des espaces concrets, dans le cadre de relations concrètes, c’est-à-dire dans des espaces-temps relativement contrôlés par les gens d’en bas. À d’autres époques, ces espaces ont été, dans les villes, l’usine, la taverne, le quartier ou la colonie, les églises ou les universités. Le système s’est chargé de détruire ou d’étouffer ces espaces-temps de différentes manières allant de la répression frontale à la marchandisation.

Dans la réalité actuelle du capitalisme, les personnes qui peuvent participer à des mouvements ont besoin de créer des espaces pour se rencontrer, se reconnaître, échanger des expériences et se construire comme sujets collectifs : radios communautaires, centres culturels, groupes d’affinité, « jardins communautaires » — pour reprendre l’expression dévalorisante de Harvey [25] — et les multiples espaces qui naissent à contre-courant de la culture dominante. Les militants ne se forment pas en lisant des auteurs classiques ou actuels, même si de telles lectures leur sont souvent très utiles une fois qu’ils ont fait leurs choix de vie, mais en agissant et en partageant.

La seconde lacune tient à l’hypothèse formulée sur les modalités de la transition vers un monde différent. Imaginer une transition qui pourrait prendre en charge les biens communs à l’échelle mondiale, c’est penser à une transition dirigée par un État, capable de changer les choses du sommet jusqu’à la base. Rien de semblable ne s’est produit jusqu’à maintenant et cela apparaît bien peu plausible. Quoi qu’il en soit, une transition de ce type est tributaire de la pensée des Lumières eurocentrique. Il paraît nécessaire de se pencher sur d’autres transitions, notamment celle de la féodalité au capitalisme, transition longue de plusieurs siècles, non dirigée mais chaotique, progressive mais pas linéaire, émaillée de soulèvements, d’insurrections et de révolutions.

Nous nous trouvons dans la phase finale du système-monde et, en parallèle de l’hégémonie états-unienne. Beaucoup d’éléments, notamment la question environnementale, indiquent que l’évolution la plus probable est une transition désordonnée, qui peut prendre la forme d’une désintégration douloureuse mais qui peut créer cependant les conditions d’une reconstruction sur de nouvelles bases [26]. Dans cette reconstruction, les communautés urbaines et rurales en résistance joueront un rôle significatif et pourraient devenir une référence décisive pour la société du futur. Quelque chose de similaire s’est déjà produit au cours de l’histoire. Pour parvenir à ce monde nouveau, le mieux que l’on puisse faire est d’approfondir, d’améliorer et d’étendre cette poignée de communautés autonomes.


…des sociétés, l’union dans la complémentarité

Notes

[1] FPFVI-UNOPII, « Reglamento general Centauro del Norte », miméo, 2009.

[2] Antonio Negri, Job : la fuerza del esclavo, Buenos Aires, Paidós, 2003, p. 161.

[3] FPFVI-UNOPII, « Reglamento general Centauro del Norte », miméo, 2009.

[4] Negri, op. cit., p. 184.

[5] FPFVI-UNOPII, « Una construcción con esfuerzo colectivo », décembre 2008.

[6] FPFVI-UNOPII, « Ponencia para acto en la casa de Dr. Margil en Monterrey », novembre 2006.

[7] Eric Hobsbawm, Historia del Siglo XX, Barcelone, Crítica, 1995, p. 308.

[8] FPFVI-UNOPII, « Ponencia para acto en la casa de Dr. Margil en Monterrey », novembre 2006.

[9] Raúl Zibechi, Entretien avec Enrique Reynoso, décembre 2009.

[10] Lancée par l’Armée zapatiste de libération nationale en 2005 — note Dial.

[11] Ibid.

[12] Humberto Maturana et Francisco Varela, De máquinas y seres vivos, Santiago de Chile, Editorial Universitaria, 1995.

[13] Ibid.

[14] Mot construit sur le mot wagon, qui désigne une rame de métro.

[15] FPFVI-UNOPII, « Una construcción con esfuerzo colectivo », décembre 2008.

[16] Id., p. 4.

[17] Id., p. 5-6.

[18] Id., p. 7.

[19] FPFVI-UNOPII, « Reglamento general Centauro del Norte », miméo, 2009, p. 2.

[20] Id., p. 6-7.

[21] César Enrique Pineda, « Acapatzingo : construyendo comunidad urbana », Contrapunto, n° 3, Centro de Formación Popular del Oeste, Montevideo, Universidad de la República, novembre 2013, p. 58.

[22] Sous-commandant insurgé Marcos, « Ni le Centre ni la Périphérie », intervention au Colloque Aubry, San Cristóbal de Las Casas, 13 décembre 2007

[23] Karl Marx et Friedrich Engels, Escritos sobre Rusia. II. El porvenir de la comuna rural rusa, Mexico, Ediciones Pasado y Presente, « Cuadernos de Pasado y Presente » n° 90, 1980, p. 40.

[24] David Harvey, Ciudades rebeldes. Del derecho a la ciudad a la revolución urbana, Madrid, Akal, 2012, p. 184.

[25] David Harvey, « No hay nada malo en tener un huerto comunitario, pero debemos preocuparnos de los comunes a gran escala », Diagonal, 15 mars 2013.

[26] Immanuel Wallerstein, « Marx y el subdesarrollo », dans Impensar las ciencias sociales, Mexico, Siglo XXI, 1998.

 

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Réseau de Résistance et de Rébellion International: Lettre de soutien aux Zapatistes du Chiapas

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 22 janvier 2019 by Résistance 71

Les nations natives interpellent et bousculent le représentant de l’entité coloniale « Canada » appelé « premier ministre » , Justin Trudeau, lors d’une réunion publique ; le soutien international pour la lutte d’émancipation zapatiste du Chiapas mexicain qui nous donne une leçon de fonctionnement de société organique non-pyramidale depuis un quart de siècle, ne fait que croître.
Le mouvement des Gilets Jaunes n’est que partie du grand mouvement d’émancipation et de libération  international qui commence à déployer ses ailes.
Nous sommes tous inter-reliés. Leur combat est le notre, le notre est le leur.

Debout les damnés de la terre !
Solidarité ! Union ! Persévérence ! Réflexion ! Action ! (SUPRA)
Pour que vive la société des sociétés que les zapatistes appellent « le monde dans les mondes », la fin programmée de l’État !
Vive la Commune !

~Résistance 71 ~

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 


« Planter l’arbre de demain…
Voilà ce que nous voulons faire. »
SCI Marcos, 1999

 

Lettre internationale de solidarité et de soutien  à la résistance et à l’autonomie zapatistes 

 

janvier 2019

 

samedi 19 janvier 2019

 

Source:

https://www.lavoiedujaguar.net/Lettre-internationale-de-solidarite-et-de-soutien-a-la-resistance-et-l

 

Nous, universitaires, intellectuels, artistes, activistes et personnes de bonne volonté, ainsi qu’organisations, associations et collectifs de divers pays, manifestons notre solidarité et notre soutien à l’EZLN — Ejército Zapatista de Liberación Nacional — en un moment crucial de son histoire ; nous répudions l’actuelle campagne de désinformation, mensonges et calomnies qui se développe à son encontre au Mexique et au-delà.

Pour nous, tout comme pour de nombreuses personnes dans le monde, la lutte zapatiste constitue un exemple de résistance, de dignité, de cohérence et de créativité politique. Il y a vingt-cinq ans, son « ¡Ya basta ! » fut un événement de grande portée et l’une des premières réactions marquantes face à la globalisation néolibérale, ouvrant la voie à la critique d’un modèle dont le triomphe paraissait alors absolu et définitif. Ce fut aussi, et c’est encore aujourd’hui, l’expression de la lutte légitime des peuples indiens contre la domination et le mépris subis durant des siècles, et pour l’exercice de leur droit à l’autonomie. L’autogouvernement populaire que les zapatistes ont mis en œuvre à travers leurs Conseils de bon gouvernement constitue un exemple de démocratie réelle et radicale susceptible de nourrir des aspirations largement partagées à travers le monde, et digne d’être étudié dans toutes les facultés de sciences sociales de la planète. La construction de l’autonomie zapatiste représente la recherche constante, honnête et critique d’un projet alternatif et émancipateur essentiel pour affronter les défis d’un monde qui paraît s’enfoncer sans cesse davantage dans une profonde crise à la fois économique, sociale, politique, écologique et humaine.

Nous exprimons notre préoccupation face à la situation que connaissent les communautés zapatistes et les peuples indiens du Mexique, du fait de la multiplication des projets miniers, touristiques, agro-industriels, d’infrastructures ou autres, qui affectent leurs territoires et leurs modes de vie, ainsi que l’ont dénoncé le Congrès national indigène et le Conseil indigène de gouvernement. En ce moment précis, nous nous inquiétons tout particulièrement des grands projets promus par le nouveau gouvernement mexicain, tel que le Couloir transisthmique, la plantation d’un million d’hectares d’arbres destinés à la filière agro-industrielle et le mal nommé « Train maya », récemment dénoncé comme une humiliation et une provocation par le sous-commandant Moisés, porte-parole de l’EZLN.

Outre les effets dévastateurs pour l’environnement, de ce projet comme du développement touristique massif qu’il entend déclencher, nous relevons l’empressement avec lequel les travaux du « Train maya » ont été lancés, le 16 décembre 2018, sous couvert d’un pseudo-rituel à la Terre Mère, dénoncé par le porte-parole zapatiste comme une offense intolérable. Nous nous inquiétons que se prépare ainsi une nouvelle attaque contre les communautés indiennes et qu’ait été tenu pour nul le caractère obligatoire de la consultation réelle, préalable, libre et informée, prévu par la convention 169 de l’OIT et la Déclaration de l’ONU sur les peuples originaires, ce qui revient à violer les engagements internationaux pourtant ratifiés par le Mexique.

Nous partageons le rejet exprimé par l’EZLN face à des grands projets qui affectent gravement les territoires autonomes et les formes de vie des peuples indiens, en particulier des peuples mayas qui habitent le sud-est du Mexique.

Nous dénonçons par avance toute agression contre les communautés zapatistes, soit directement de la part de l’État mexicain, soit à travers des groupes « civils », armés ou non armés.

Nous rendons le gouvernement mexicain responsable de toute confrontation qui pourrait survenir dans le cadre de la mise en œuvre de ces grands projets, qui correspondent à un modèle suranné de « développement », insoutenable et destructeur, décidé depuis les sommets du pouvoir et en violation ouverte des droits des peuples originaires.

Nous appelons les personnes généreuses à surmonter l’actuelle désinformation concernant aussi bien l’expérience zapatiste que les grands projets mentionnés, et à demeurer en alerte face au risque d’agressions contre les communautés zapatistes et les peuples originaires du Mexique.

Signataires :

Arundhati Roy (écrivaine, Inde)

Raoul Vaneigem (écrivain, Belgique)

Pablo Gonzalez Casanova (sociologue, Universidad Nacional Autónoma de México, Mexique)

Juan Villoro (écrivain, Mexique)

Winona Laduke (dirigeante indienne, USA)

Immanuel Wallerstein (sociologue, Yale University, New Haven, USA)

Paul Leduc (cinéaste, Mexique)

Giorgio Agamben (philosophe, Italie)

Gustavo Esteva (UniTierra-Oaxaca, Mexique)

Silvia Federici (professeure, Hofstra University, Hempstead, USA)

Raúl Zibechi (écrivain et journaliste, Uruguay) 

Havin Güneser (International Initiative Freedom for Abdullah Öcalan – Peace in Kurdistan)

Ignacio Ramonet (journaliste et écrivain, France)

Marcos Roitman (sociologue, professeur Universidad Complutense, Madrid, Espagne)

Isabelle Stengers (philosophe, Université libre de Bruxelles, Belgique)

Gilberto López y Rivas (anthropologue, UNAM, Mexique)

Michael Löwy (philosophe et sociologue, CNRS, Paris, France)

Carlos Fazio (journaliste et enseignant, UNAM, Mexique)

Raj Patel (écrivain et professeur, University of Texas, USA)

Toni Negri (philosophe, Paris, France)

Carlos Marentes (dirigeant syndical, Sindicato de Trabajadores Fronterizos, USA)

Bertha Navarro (productrice de cinéma, Mexique)

Hugo Blanco Galdos (directeur de Lucha Indígena, Pérou)

Barbara Zamora (avocate, Mexique)

Martin Almada (prix Nobel alternatif de la paix 2002, Paraguay)

David Graeber (anthropologue, London School of Economics, Royaume-Uni)

Arturo Escobar (professeur, Universidad del Valle, Cali, Colombie ; University of North Carolina, USA)

Carolina Coppel (productrice de cinéma, Mexico)

Eduardo Viveiros de Castro (anthropologue, Universidade Federal, Rio de Janeiro, Brésil)

Deborah Danowsky (philosophe, Pontifica Universidade Catolica, Rio de Janeiro, Brésil)

Paulina Fernandez (professeure de sciences politiques, UNAM, Mexique)

Paul Theroux (écrivain, USA)

Fernanda Navarro (philosophe, UNAM, Mexique)

Raúl Fornet-Betancourt (écrivain et professeur, Aachen, Allemagne)

Claudia von Werlhof (professeure, université d’Innsbruck, Autriche)

George Caffentzis (philosophe, University of Southern Maine, Portland, USA)

Miguel Altieri (professeur, University of California, Berkeley, USA)

Beatriz Aurora (peintre, Mexique)

Serge Latouche (économiste, professeur université Paris-Sud, France)

Carlos W. Porto Gonçalves (géographe, Universidade Federal, Río de Janeiro, Brésil)

Chukki Nanjundaswamy (dirigeante paysanne, KRRS, La Via Campesina, Inde)

Baramee Chaiyarat (dirigeant paysan, Assembly of the Poor, La Via Campesina, Thaïlande)

Jan Douwe van der Ploeg (professeur, Wageningen University, Hollande)

Saturnino « Jun » Borras Jr. (professeur, Institute of Social Sciences, Hollande)

Marthin Hadiwinata (dirigeant de Traditional Fisherfolk Union, Indonésie)

Carmen Castillo (cinéaste, Chili-France)

Boaventura de Sousa Santos (professeur, Universidad de Coimbra, Portugal)

Daniel Giménez Cacho (comédien, Mexique)

William I. Robinson (sociologue, professeur, University of California, Santa Barbara, USA)

Claudio Lomnitz (anthropologue, Columbia University, New York, USA)

Collectif d’artistes Chto Delat (Russie)

Bonga (compositeur-interprète, France)

Alain Damasio (écrivain, Marseille, France)

Serge Quadruppani (écrivain et traducteur, France)

Maguy Marin (chorégraphe, Lyon, France)

Surnatural Orchestra (groupe musical, France)

Serge Pey (poète, Toulouse, France)

Sylvie Glissant (directrice de l’Institut du Tout-Monde, France)

Fabien Cohen (secrétaire général de France Amérique latine, France)

Mireille Fanon-Mendès France (présidente de la Fondation Frantz Fanon International)

Eric Alliez (philosophe, Kingston University, Londres, Royaume-Uni, et université Paris-8, France)

Anselm Jappe (philosophe, France/Italie)

Eleni Varika (professeure, université Paris-8, France)

Christian Laval (sociologue, professeur, université Paris-Nanterre, France)

Pierre Dardot (philosophe, chercheur, université Paris-Nanterre, France)

Pierre Sauvêtre (enseignant-chercheur, université Paris-Nanterre, France)

Judith Revel (philosophe, professeure, université Paris-Nanterre, France)

Rémy Toulouse (éditeur, La Découverte, Paris, France)

Loïc Blondiaux (professeur de sciences politiques, université Paris-1, France)

Yvon Le Bot (sociologue, Paris, France)

Michel Wieviorka (sociologue, Paris, France)

Geneviève Azam (économiste, Toulouse, France) 

Barbara Glowczewski (anthropologue, directrice de recherches, CNRS, Paris, France)

François Cusset (professeur d’études américaines, université Paris-Nanterre, France)

François Gèze (éditeur, Paris, France)

Christophe Bonneuil (historien, directeur de recherches, CNRS, Paris, France)

Josep Rafanell i Orra (psychologue et écrivain, Paris, France)

Ludivine Bantigny (historienne, Université de Rouen-Normandie, France)

Gilles Rivière (anthropologue, directeur d’études, EHESS, Paris, France)

Irène Bellier (anthropologue, directrice de recherches, CNRS, France)

Thomas Coutrot (économiste, ancien porte-parole d’Attac-France, France)

Alain Musset (géographe, directeur d’études, EHESS, Paris, France)

Jean-Claude Bonne (historien de l’art, directeur d’études, EHESS, Paris, France)

Jérôme Baschet (historien, EHESS, Paris, France)

Éric Michaud (historien de l’art, directeur d’études, EHESS, Paris, France)

Houari Touati (directeur d’études, EHESS, Paris, France)

Jacques Revel (historien, EHESS, Paris, France)

Philippe Minard (historien, professeur, université Paris-8 et EHESS, France)

María Stavrinaki (enseignante-chercheuse, université Paris-1 Sorbonne, France)

Jean-Louis Tornatore (professeur, Université de Bourgogne, France)

Alessandro Stella (historien, directeur de recherches, CNRS, Paris, France)

François Jarrige (historien, Université de Bourgogne, France)

Carlo Vercellone (économiste, professeur, université Paris-8, France)

Philippe Corcuff (professeur de sciences politiques, Institut d’études politiques, Lyon, France)

Alexis Chaussalet (Attac-France, Paris, France)

Franck Gaudichaud (professeur, Université de Grenoble, coprésident de France Amérique latine)

Marc Hatzfeld (anthropologue, Durban, Corbières, France) 

Guillaume Faburel (enseignant-chercheur, université Lyon-2, France)

Régine Plas (professeure, université Paris-Descartes, France)

Géronimo Diese (scientifique-activiste, France)

Marc Tomsin (éditeur, Rue des Cascades, Paris, France)

Johan Badour (éditeur, Divergences, Paris, France)

Aline Pailler (journaliste, ancienne députée au Parlement européen, Ariège, France)

Alexandre Escudier (chercheur, Fondation nationale des sciences politiques, Paris, France)

Gil Bartholeyns (enseignant-chercheur, Université de Lille, France)

Thomas Golsenne (enseignant-chercheur, Université de Lille, France)

Élise Lowy (sociologue, revue EcoRev’, Paris, France)

Anna Fontes (professeure, université Sorbonne nouvelle Paris-3, France)

Vanessa Manceron (anthropologue, CNRS, Paris, France)

Karine Parrot (juriste, professeure, université de Cergy-Pontoise, France)

Patricia Pol (enseignante-chercheuse, université Paris-Est Créteil, France)

Françoise Escarpit (journaliste, Bordeaux, France)

Sylvia Pérez-Vitoria (socio-économiste, Paris, France)

Paul Ariès (directeur de la revue Les Zindigné(e)s, France)

Béatrice Bonne (traductrice, Paris, France)

Annick Stevens (philosophe, Université populaire de Marseille, France)

Jean-Michel Guillon (chercheur, université Paris-Sud, Orsay, France)

Brice Bonfanti (poète-œuvrier, Grenoble, France)

Bertrand Meunier (photographe, Tendance Floue, Paris, France)

Jacques Kebadian (cinéaste, Paris, France) 

Nicolas Défossé (cinéaste, Paris, France)

Jean-François Galotte (cinéaste, Colombes, France)

Claudine Baschet (comédienne, Paris, France)

François-Xavier Drouet (cinéaste, Faux-la-Montagne, France)

Christine Pellicane (directrice de compagnie, Paris, France)

Philippe Maymat (comédien, Paris, France)

Aïda Kebadian (peintre, Paris, France)

Yannick Reix (directeur du Café des images, Caen, France)

Christian Valdelièvre (producteur, France-Mexique) 

Christian Mahieux (Réseau syndical international de solidarité et de lutte, France)

Stéphane Enjalran (Union syndicale Solidaires, France)

Verveine Angeli (Union syndicale Solidaires, France)

Cybèle David (fédération SUD Éducation, France)

Nara Cladera (fédération SUD Éducation, France)

Éric Decamps (fédération SUD Rail, France)

Raphaël Millon (Solidaires Jeunesse et Sports, France)

Marc Tzwangue (Union syndicale SUD Industrie, France)

Yann Renoult (SUD Éducation 93, France)

Élodie Douvry (SUD Éducation 93, France)

Hortensia Ines (SUD Éducation 66, France)

Valérie Duguet (SUD Éducation 87, France)

Marco Candore (artiste, Paris, France)

Franssou Prenant (cinéaste, Paris, France) 

Dominique Dou (écrivaine, Paris, France)

Christian Carez (photographe, Beersel, Belgique)

Claire Doyon (cinéaste, Paris, France)

Éric Premel (cinéaste, ancien directeur du Festival de cinéma de Douarnenez, France)

Valentin Schaepelynck (enseignant-chercheur, université Paris-8, France)

Chloé Maillet (professeure d’histoire de l’art, ESBA, Angers, France)

Christine Lapostolle (professeure, École européenne supérieure d’arts de Bretagne, France)

Kristina Solomoukha (artiste et professeure, EESAB, Rennes et EnsAD, Paris, France)

Francesca Cozzolino (enseignante-chercheuse, EnsAD, Paris, France)

Gaelle Hauptmann (artiste, Quimper, France)

Jean Rochard (producteur de musique, Paris, France)

Jean-Baptiste Vidalou (écrivain, France)

Régis Hébette (directeur du théâtre L’Échangeur, Bagnolet, France)

Claire Moyrand (écrivaine, Paris, France)

Guillaume Lasserre (critique d’art, Paris, France)

Émile Ouroumov (directeur du centre d’art BBB, Toulouse, France)

Benjamin Landsberger (producteur exécutif, Maisons-Laffitte, France)

Stéphane Kayler (médias audiovisuels, Paris, France)

Paolo Codeluppi (artiste et photographe, Bagnolet, France)

Maryline Brustolin (galeriste d’art, Paris, France)

Dominique Mathieu (artiste, Paris, France)

Caroline Simpson Smith (directrice adjointe du Théâtre-Sénart, Lieusaint, France)

Laurence Loutre-Barbier (éditrice, Fage, Lyon, France)

Vivianna Mélo Saint-Cyr (psychologue, Paris, France)

David Benassayag (éditeur et directeur de centre d’art, Cherbourg, France)

Yves Raynaud (graphiste, Villiers-sur-Morin, France)

Hélène Roux (sociologue, université Paris-1, France)

Willy Gianinazzi (historien, Paris, France)

Maud Pérez-Simon (professeure, université Sorbonne nouvelle Paris-3, France)

Violaine Delteil (socio-économiste, université Sorbonne nouvelle Paris-3, France) 

Patrick Dieuaide (université Sorbonne nouvelle Paris-3, France)

Odile Henry (sociologue, université Paris-8, France)

Vicente Romero (enseignant-chercheur, université Paris-8, France)

Guillaume Goutte (correcteur de presse, CGT, Paris, France)

Angeles Alonso Espinosa (anthropologue, Paris, France)

David Scemla (avocat, Paris, France)

Marie-Christine Callet (Paris, France)

Nadine Verdier (Attac-France, Cahors, France)

Michèle Plantain (Attac-France, Noyelles-sur-Selle, France)

Marc Saracino (fondateur du festival de cinéma Résistances, Foix, France)

Marie-Luce Rauzy (éditrice, EHESS, Marseille, France)

Davide Gallo Lassere (chercheur, université Paris-Nanterre, France)

Fabrice Flipo (philosophe, Paris, France)

Pierre Bance (éditeur, Paris, France)

Pierre Rousset (activiste, Europe solidaire sans frontières, France)

Gustave Massiah (économiste, Initiatives pour un autre monde, France)

Laura Voilqué (association La Ligne d’horizon, Paris, France)

Ladislas de Monge (Villon, France)

Claude Micmacher (architecte, Réseau français des écocentres, Périgueux, France)

Jocelyne Cambuzat (Limoges, France)

Omar Kezouit (Attac-Paris, France)

Pascal Girard (enseignant, Vanves, France)

Marcel Caucheteux (Attac-France, Lille, France)

Dolores Vázquez-Salvadores (professeure d’espagnol, Paris, France)

Arnaud Tomès (professeur de philosophie, Strasbourg, France)

Néstor Vega Salazar (Paris, France)

Lise Bouzidi Vega (Paris, France)

Violeta Salvatierra (études chorégraphiques, université Paris-8, France)

Jacqueline Balvet (Attac-France, Gard, France)

Christian Godeux (Cévennes, France)

Pierre Mallet (marin, Marseille, France)

Matías Possner (Grupo Chiapas, Autriche)

Pablo Campoy (politologue, Hollande)

Didier Harpagès (enseignant, Hondschoote, France)

Guy Michel (enseignant, Sauvian, France)

Christian Ferrié (professeur de philosophie, Strasbourg, France)

Suzanne Hildebrandt (politologue, Strasbourg, France)

Stéphane Douailler (philosophe, professeur, université Paris-8, France) 

Anouk Anglade (étudiant, université Paris-8, France)

Blandine Gravelin (université Paris-1, France)

Rozenn Milin (journaliste, Landunvez, France)

Yolaine Puche (employée, Tours, France)

Raphaël Guesuraga (enseignant, Saint-Leu-la-Forêt, France) 

Vasiliki Zachari (chercheur, EHESS, Paris, France)

Alizé Lacoste Jeanson (anthropologue, Bordeaux, France)

Nicolas Flesch (écrivain, Paris, France)

Garance Tefnin (Saint-Alban-des-Hurtières, France)

Gécile Menard (directeur de collège, Paris, France)

Catherine Gégout (ex-conseillère municipale, Paris, France)

Gabriel Gau (conseiller municipal, Paris, France)

Fany Gaillanne (conseillère municipale, Paris, France)

Marie-Christine Haensler Dussel (Attac-Valenciennes, Marly, France)

Jean-Michel Armagnac (Agen, France)

Ani Kebadian (Paris, France)

Jacques Voilqué (Paris, France)

Sylvie Poignant (Paris, France)

Jeanne Dacenko (Paris, France)

Joseph Dekkers (Paris, France)

Renaud Tefnin (Yvignac La Tour, France)

Moira Gey Smith (architecte, Paris, France)

Julien Grimaud (enseignant, Dunkerque, France)

Amélie Benassayag (Argenton-sur-Creuse, France)

Jean Robert (écrivain et architecte, Cuernavaca, Mexique)

Ofelia Medina (comédienne, Mexique)

Begonia Lecumberri (activiste, Mexique) 

Mercedes Olivera (anthropologue, CESMECA, Mexique)

Eduardo Matos Moctezuma (archéologue, Mexique)

Marina de Tavira (comédienne, Mexique)

Sylvia Marcos (professeure, UNAM, Mexique)

Cristina Rivera-Garza (écrivaine, Mexique)

Julieta Egurrola (comédienne, Mexique)

Elmer Mendoza (écrivain, Mexique)

Alicia Castellanos (anthropologue, UAM, Mexique)

Antonio Ortuño (écrivain, Mexique)

Jorge Alonso (chercheur et professeur, CIESAS-Occidente, Guadalaraja, Mexique)

Fernando Matamoros (BUAP, Puebla, Mexique)

Sergio Tischler (BUAP, Puebla, Mexique) 

Rocío Noemi Martínez (historienne de l’art, Mexique)

Joani Hocquenghem (écrivain, Oaxaca, Mexique)

Peter Rosset (professeur, ECOSUR, Mexique)

Ronald Nigh (professeur, CIESAS, Mexique)

Omar Felipe Giraldo (professeur, ECOSUR, Mexique)

Henry Veltmeyer (professeur, Universidad Autónoma de Zacatecas, Mexique)

Darcy Tetreault (professeur, Universidad Autónoma de Zacatecas, Mexique)

Katharine Crocker Blake (entrepreneure, Chiapas, Mexique)

Raúl Delgado Wise (professeur, Universidad Autónoma de Zacatecas, Mexique)

Benjamín Cann (dramaturge, Mexique)

Brian Nissen (peintre, Mexique)

Nadia Baram (photographe, Mexique)

Francisco Hinojosa (écrivain, Mexique)

Jordi Soler (écrivain, Mexique)

María René Prudencio (dramaturge, Mexique)

Daniela Rea (journaliste, Mexique)

Álvaro Enrigue (écrivain, Mexique)

Javier Ledesma (éditeur, Mexique)

Oscar Benassini (éditeur, Mexique)

Nayeli García (chercheuse, COLMEX, Mexique)

Luis de Tavira (directeur de théâtre, Mexique)

Alberto Villarreal (directeur de théâtre, Mexique)

Raquel Araujo Madrea (directrice de théâtre, Mexique)

Marcela Turati (journaliste, Mexique)

Raúl Silva (journaliste, Mexique)

Amelia Hinojosa (galeriste d’art, Mexique)

Liliana García (historienne, Mexique)

Lorena Mata (enseignante, Mexique)

Natalia Beristáin (cinéaste, Mexique)

Pedro de Tavira (comédien, Mexique)

Stefanie Weiss (comédienne, Mexique)

Carlos Mendoza (philosophe et théologien, Mexique)

Yael Weiss (éditrice et traductrice, Mexique)

Pablo Reyna (chercheur, Mexique)

Ana Lydia Flores Marín (Universidad Iberoamericana, Mexique)

Alejandra Rangel (promotrice culturelle, Mexique)

Antonio Gritón (artiste plastique, Mexique)

Diego Enrique Osorno (journaliste, Mexique)

Alma Karla Sandoval (écrivaine, Mexique)

Naief Yehya (écrivain, Mexique)

Rubén Marín (journaliste, Mexique)

Paloma Robles (journaliste, Mexique)

Luciana Kaplan (cinéaste, Mexique)

Carlos Chimal (écrivain, Mexique)

Luz Emilia Aguilar Zínser (critique de théâtre et chercheuse, Mexique)

Carlos Amorales (artiste plastique, Mexique)

Daniel Aguilar Ruvalcaba (artiste plastique, Mexique)

Carmen Boullosa (écrivaine, Mexique)

Maya Goded (photographe, Mexique)

Guillermo Quijas (éditeur, Mexique)

Gerardo Herrera Corral (physicien, Mexique)

Emiliano Ruiz Parra (journaliste, Mexique)

Verónica Gerber Bicecci (écrivaine, Mexique)

Mónica del Villar (chercheuse et éditrice, Mexique)

Jaime Bernardo Díaz Díaz (ethnologue, Mexique)

Giovanna Zacarías (comédienne, Mexique)

Emiliano Monge (écrivain, Mexique)

Malely Linares Sánchez (enseignante, UNAM, Mexique)

Gerardo Alatorre Frenk (chercheur, Universidad Veracruzana, Mexique)

Samir Delgado (poète, Tren de los Poetas, Mexique)

Valeria Luiselli (écrivaine, Mexique)

Luisa Riley (documentaliste, Mexique)

Guillermo Espinosa Estrada (écrivain, Mexique)

Jorge Comensal (écrivain, Mexique)

Perla Yadira Coronado (universitaire, Mexique)

Rubén Luna Castillo (universitaire, Mexique)

Ma. Eugenia Sánchez Díaz de Rivera (universitaire, Mexique)

Eduardo Almeida Acosta (universitaire, Mexique)

Raúl Delgado Wise (sociologue, Mexique)

Inés Durán Matute (universitaire, Mexique)

Rodrigo Camarena González (universitaire, Mexique)

Carlos López Beltrán (écrivain et philosophe, Mexique)

Carmen Díaz Alba (professeure, Mexique)

Raúl Romero (sociologue, Mexique)

Francisco Morfín (philosophe de l’éducation, Mexique)

Raúl Arvizu (directeur général pour l’Amérique latine d’Ocean Future Societies, Mexique)

Rodrigo Navarro (Ocean Future Societies, Mexique)

Oralba Castillo Nájera (professeure, UAEM, Cuernavaca, Morelos)

Norma Domínguez Quezada (professeure, Cuernavaca, Morelos)

Margarita Armella Delachica (professeure, Cuernavaca, Morelos)

Luz María Goribar del Río (thérapeute, Cuernavaca, Morelos)

Laura Bustos Hernández (Cuernavaca, Morelos)

María de Lourdes Lara (Cuernavaca, Morelos)

Tania Violeta Dávila Ramírez (psychologue, Cuernavaca, Morelos)

Aurora Suárez (Cuernavaca, Morelos)

Servando Gaja (enseignante, Cuernavaca, Morelos)

Martha Mata (anthropologue, Cuernavaca, Morelos)

Carolina Domínguez Quezada (sociologue, Cuernavaca, Morelos)

Coline Pla (études latinoaméricaines, Cuernavaca, Morelos)

Ignacio López Guerrero (metteur en scène, Cuernavaca, Morelos)

Cristina del Carmen Vargas Bustos (thérapeute, Cuernavaca, Morelos)

Javier Ávila Aguirre, S.J. (Chihuahua, Mexique)

Francisco Stockton Leal (Chihuahua, Mexique)

Luis Aragón (Chihuahua, Mexique)

Ricardo Ruiz Suárez Estrada (Chihuahua, Mexique)

Roberto Carlos Robles Campos (Chihuahua, Mexique)

Gloria Ilsel Loera Romero (Chihuahua, Mexique)

Horacio Lagunas Cerda (anthropologue, Chihuahua, Mexique)

Juan Jaime Loera González (Chihuahua, Mexique)

Irma Henze (psychanalyste, Chihuahua, Mexique)

Itzel Cervantes (Chihuahua, Mexique)

Isabel Saldivar Ayala (Chihuahua, Mexique)

Citlali Quintana Sapien (Chihuahua, Mexique)

Patricia Martínez Escarza (Chihuahua, Mexique)

Alma Rosa Dozal Estrada (Chihuahua, Mexique)

Horacio Almanza Alcalde (Chihuahua, Mexique)

Brenda Govea Medina (Chihuahua, Mexique)

Georgina Gaona Pando (Chihuahua, Mexique)

Tatiana Amor Aderman (Chihuahua, Mexique)

Aline González Espinosa (Cuernevaca, Mexique)

Óscar Ocampo Ayala (Cuernevaca, Mexique)

Alma Sánchez Sanjz (Cuernevaca, Mexique)

Carmen Jurado (Cuernevaca, Mexique)

Diana Villalobos Díaz (Chihuahua, Mexique)

María Elena Orozco (anthropologue, UPN, Chihuahua, Mexique)

Susana Navarrete López (anthropologue, Chihuahua, Mexique)

Pablo Ortiz Gurrola (Chihuahua, Mexique)

Adriana Alcaraz (Chihuahua, Mexique)

Julika Bond (enseignante, Mexique)

Rodrigo Rey Rosa (écrivain, Guatemala)

Edith Lopez Ovalle (artiste plastique, Guatemala/Mexique)

Jorge Fondebrider (écrivain, Argentine)

Vanda Ianowski (enseignante, Universidad Nacional del Comahue, Argentine)

Vivian Scheinsohn (archéologue, Argentine) 

Juan Wahren (Universidad de Buenos Aires, Argentine)

Miguel Teubal (écrivain, Buenos Aires, Argentine)

Bárbara Belloc (écrivaine et éditrice, Argentine)

Teresa Arijón (poète, Argentine)

Alcira Cuccia (écrivaine, Argentine)

Martín Caparrós (écrivain, Argentine)

Eduardo Nash (HIJOS, Argentine)

Nicolás David Falcoff (musicien, Argentine)

Guillerima Acosta (musicien, Argentine)

Néstor Augusto López (revue Herramienta et Comunizar, Buenos Aires, Argentine)

Luis Menéndez Bardamu (sociologue, Universidad de Buenos Aires, Argentine)

Irene del Sol (pédiatre, Universidad de Buenos Aires, Argentine)

Carlos Gamerro (écrivain, Argentine)

Javier Capera (directeur de la revue FAIA, Argentine)

Patricio Pron (écrivain, Argentine)

Edgardo Cozarinsky (écrivain, Argentine)

Daniel Vidal (peintre, Argentine)

Luis Altieri (peintre, Argentine)

Miguel Vitagliano (écrivain, Argentine)

Sergio Chéjfec (écrivain, Argentine)

Marcela Claudia Lafon (Neuquén, Argentine)

Luis Daniel Hocsman (chercheur et professeur, CONICET, Argentine)

Valentin Val (indépendant, Argentine/Mexique)

Hilda Imas (employée, GCBA, Buenos Aires, Argentine)

Lucia Scrimini (Buenos Aires, Argentine)

Jorge Aulicino (poète, Argentine)

René Vasco Irurzun (Argentine)

Neka Jara (Argentine)

Maba Jara (Argentine)

Juan Sotelo (Buenos Aires, Argentine)

Pablo René Pons (Argentine)

Vilma Almendra (Pueblos en camino, Colombie)

Emmanuel Rozental (Pueblos en camino, Colombie)

Claudia Isabel Serrano Otero (Universidad del Cauca, Popayán, Colombie)

Claudia Liliana Meza Romero (Bogotá, Colombie)

Patricia Botero (professeure, Universidad de Antioquia, Medellín et Universidad de la Tierra Manizales, Manizales, Colombie)

Carlos Arango Calad (psychologue, Universidad del Valle, Cali, Colombie)

Derly Constanza Cuetia Dagua (Pueblo Nasa et Pueblos en Camino, Cauca, Colombie)

Dora María Yagarí González (Medellín, Colombie)

Héctor Abad Faciolince (écrivain, Colombie)

Diógenes Díaz (anthropologue, Colombie)

Valentina Díaz (collectif Hierba, Colombie)

Elba Mercedes Palacios (collectif Sentipensar Afrodiaspórico, Colombie)

Oscar Olivera (Guerrerxs del Agua, Cochabamba, Bolivie)

Marcela Olivera (Guerrerxs del Agua, Cochabamba, Bolivie)

Natali Olivera (Guerrerxs del Agua, Cochabamba, Bolivie)

Camila Olivera (Guerrerxs del Agua, Cochabamba, Bolivie)

Marcelo Rojas (Guerrerxs del Agua, Cochabamba, Bolivie)

Freddy Beltrán (Guerrerxs del Agua, Cochabamba, Bolivie)

Roberto Escóbar (Guerrerxs del Agua, Cochabamba, Bolivie)

Max Fuentes (Guerrerxs del Agua, Cochabamba, Bolivie)

Aleida Liendo (Guerrerxs del Agua, Cochabamba, Bolivie)

Pavel López Flores (CIDES-UMSA, La Paz, Bolivie)

Grimaldo Rengifo Vázquez (Programa Andino de Tecnologías Campesinas, Lima, Pérou)

Gladys Faiffer Ramírez (Programa Andino de Tecnologías Campesinas, Lima, Pérou)

Jorge Agurto (directeur de Servindi, Pérou)

David Roca Basadre (journaliste, Pérou)

Alonso Cueto (écrivain, Pérou)

Malena Martinez Cabrera (cinéaste, Pérou/Autriche)

Sara Santacruz Vinueza (sociologue, Quito, Équateur)

Nitram (hip-hop autonome rebelle, Quito, Équateur)

Ana Vera (Surkuna, Équateur)

Catherine Walsh (professeure, Universidad Andina Simón Bolívar, Équateur)

Natalia Sierra (professeure et chercheuse, Équateur)

Miriam Lang (Universidad Andina Simón Bolívar, Quito, Équateur)

Manuel Bayón (géographe, Équateur)

Fredi Casco (artiste, Asunción, Paraguay)

Ticio Escobar (critique culturel, Asunción, Paraguay)

Roberto Marquez (directeur du groupe musical Illapu, Chili)

Adrian Arancibia (poète, Chili)

Andrés Figueroa Cornejo (journaliste, Resumen Latinoamericano et Kaos en la Red, Chili)

Bruno Montané (poète, Chili/Espagne)

Milton Fornaro (écrivain, Uruguay)

Eric Nepomuceno (écrivain, Brésil)

Peter Pál Pelbart (philosophe, Pontificale Universidad Catolica, São Paulo, Brésil)

Amarildo Ferreira Júnior (professeur, IFRR, Boa Vista, Brésil)

Bruno Delbecchi (journaliste, Salvador de Bahia, Brésil)

Inácio Neutzling (Instituto Humanitas Unisinos, Sao Leopoldo, Brésil) 

Pedro de Assis Ribeiro de Oliveira (sociologue, professeur, Juiz de Fora, Brésil)

Salvador Schavelzon (professeur, Universidad de São Paulo, Brésil)

Lia Pinheiro Barbosa (professeure, Universidade Estadual do Ceará, Brésil)

André Langer (sociologue, Faculdade Vicentina, Curitiba, Brésil) 

Maria Clara Lanari Bo (éducatrice, Rio de Janeiro, Brésil)

Francis Pacheco da Silva (professeur, Estado do Rio Grande do Sul, Viamão, Brésil)

Patricia Rios Brandi (Porto Alegre, Brésil)

Alexander Panez Pinto (collectif LEMTO/UFF, Brésil)

Emiliano Teran Mantovani (Observatorio de Ecología Política, Caracas, Venezuela)

Francisco Javier Velasco (anthropologue, OEP, Caracas, Venezuela)

Liliana Buitrago Arévalo (chercheuse, OEP, Caracas, Venezuela)

Juan M. Planas (sociologue, OEP, Caracas, Venezuela)

Alberto Barrera Tyszca (écrivain, Venezuela)

Samantha Hargreaves (directrice de WoMin African Alliance, Afrique du Sud)

Kirk Helliker, (professeur, Rhodes University, Afrique du Sud)

Richard Pithouse (professeur, Academic University of the Witwatersrand, Afrique du Sud)

Marjorie Jobson (activiste, Khulumani Support Group, Afrique du Sud)

Patrick Bond (professeur, University of the Witwatersrand, Afrique du Sud)

Britt Baatjes (professeure et chercheuse, Port Elizabeth, Afrique du Sud)

Patrick Chan (coopérativiste, Afrique du Sud)

Anne Harley (chercheuse, Paulo Freire Project, University of KwaZulu-Natal, Afrique du Sud)

Ben Cousins (professeur, University of the Western Cape, Afrique du Sud)

Ruth Hall (professeure, University of the Western Cape, Afrique du Sud)

Fatma Alloo (écrivaine, Zanzíbar, Tanzanie)

Elaine Hsiao (International Union for the Conservation of Nature, Rwanda)

Somayeh Khajvandi (sociologue, Kurde d’Iran installée en France)

Behrouz Safdari (traducteur, Kurde d’Iran installé en France)

Farzan Nasr (traducteur et artiste, Ispahan, Iran)

Amin Bozorgian (sociologue, iranien installé en France)

Shalmali Guttal (directrice de Focus on the Global South, Thaïlande et Inde)

Pravin Mote (dirigeant d’All Inde Forum of Forest Movements, Inde)

Devjit Nandi (dirigeant d’All Inde Forum of Forest Movements, Inde)

Ashlesha Khadse (coordination d’Amrita Bhoomi Center, La Via Campesina, Inde)

Ashish Kothari (activiste, Kalpavriksh Environmental Action Group, Inde)

Avijit Chatterjee (activiste des droits indigènes, Inde)

Jai Sen (directeur d’Inde Institute for Critical Action, Inde)

Abha Bhaiya (activiste féministe, Jagori Rural Charitable Trust, Inde)

Kamal Mitra Chenoy (professeur, Jawaharlal Nehru University, Inde)

Laksmi A. Savitri (professeure, University of Gadjah Mada, Indonésie)

Natrin Chaonsri (activiste, Thai Poor Act, Thaïlande)

Lapapan Supamanta (activiste, Rural Initiatives for Community and Ecology Association, Thaïlande)

Mary Ann Manahan (chercheuse activiste, Marcha Mundial de Mujeres, Philippines)

Corazon Valdez Fabros (avocate, International Peace Bureau, Philippines)

Sang-Gyoon Kim (documentaliste, Corée du Sud)

Sadaharu Oya (professeur, Hokkai-Gakuen University, Japon)

Yoann Moreau (anthropologue, École des Mines, Yagisawa, Japon)

Freya Higgins-Desbiolles (professeure, University of South Australia, Australie)

Bernard Duterme (sociologue, directeur du CETRI – Centre tricontinental, Belgique)

Geert Carpels (Wodeck, Belgique)

Mieke Krul (Virginal-Samme, Belgique)

Ariane Vaneigem (Braine, Belgique)

Fanchon Daemers (artiste-musicienne, Spa, Belgique)

Anne Hustache (Bruxelles, Belgique)

Philippe Delsupehe (Bruxelles, Belgique)

Jean Delsupehe (Bruxelles, Belgique)

Caroline Delsupehe (Bruxelles, Belgique)

Stephan Peleman (Rumst, Belgique)

Isabelle Privé (Lessines, Belgique)

Jean-Marie Hoppe (Lessines, Belgique)

Thérèse Dubrule (Lessines, Belgique)

Michel et Michèle Meli (Olignies, Belgique)

Daniel Betche (Lessines, Belgique)

Brigitte Tack (Linkebeek, Belgique)

Chiara Vaneigem (Mons, Belgique)

Antoine Boute (écrivain, Bruxelles, Belgique)

Eleni Konstantinidou (Thessalonique, Grèce)

Ivan Akimov (musicien, Kesmarok, Slovaquie)

Ovidiu Tichindeleanu (écrivain, IDEA, Roumanie)

Vyacheslav Azarov (Union des anarchistes d’Ukraine, Ukraine)

Andrii Ishchenko (historien, coordinateur du syndicat Zahist Pratzi, Ukraine)

Oleg Yasinsky (journaliste, Ukraine-Chili)

Andriy Manchuk (journaliste, Ukraine)

Vladimir Mironenko (peintre et journaliste, Biélorussie)

Olzhas Kozhakmet (journaliste, Kazakhstan)

Boris Kagarlitsky (directeur de l’Institute for Globalisation Studies and Social Movements, Russie)

Andrey Konstantinov (scientifique, Russie)

Marina Stepanova (scientifique, Russie)

Vladimir Khazanov (Russie)

Mikhaïl Smirnov (enseignant Russie)

Svyatoslav Konstantinov (étudiant, Russie)

Artem Kirpichenok (historien et journaliste, Russie)

Rustem Safronov (journaliste, agence Sputnik, Russie)

Nikita Sutyrin (documentaliste, Russie)

Nika Dubrovsky (peintre et activiste, Russie)

Rosalba Icaza (professeure et chercheuse, Hollande)

Rolando Vazquez (professeur et chercheur, Hollande)

Jennifer C. Franco (chercheuse, TransNational Institute, Hollande)

Ulli Röding (Red Ya Basta Netz, Allemagne)

Ingrid Marek (assistante sociale, Allemagne)

Peter Clausing (coordinateur de Companer@s de México del Sur AC, Allemagne)

Miriam Boyer (activiste, Mexique via Berlin, Allemagne)

Piran Azad (médecin, Allemagne)

Christian Arnsperger (professeur, Université de Lausanne, Suisse)

Olivier de Marcellus (activiste, Suisse)

Johanna Jacobi (professeure, Université de Bern, Suisse)

Vasna Ramasar (professeure, Lund University, Suède)

Harris Charalambides (avocat, Chypre)

Tomás Ibáñez (professeur, Universidad Autónoma de Barcelone, Espagne)

Santiago López Petit (philosophe, Universidad de Barcelona, Espagne)

Teresa Niuvo (activiste, Catalogne)

Carlos Taibo (professeur de sciences politiques, Universidad Autónoma de Madrid, Espagne)

Miguel Amorós (historien, Barcelone, Espagne)

Pepe Mejía (journaliste et activiste social, Madrid, Espagne)

Jaime Pastor (politologue et éditeur de Viento Sur, Espagne)

Joaquin Valdivielso (philosophe, professeur, Universitat de les Illes Balears, Espagne)

Federico Demaria (chercheur, Universidad Autónoma de Barcelone, Espagne)

Emmánuel Lizcano (Universidad Nacional de Educación a Distancia, Madrid, Espagne)

Claudio Cattaneo (professeur, Universidad Autónoma de Barcelone, Espagne)

Daniela Del Bene (chercheuse, Universidad Autónoma de Barcelone, Espagne)

Arnim Scheidel (professeur, Universidad Autónoma de Barcelone, Espagne)

Ines Morales Bernardos (étudiante, Universidad de Cordoba, Espagne)

Olga Clavería Iranzo (arts graphiques, Ségovie, Espagne)

Teresa González de Chávez Fdez (îles Canaries, Espagne)

Ana Miranda (europarlementaire, Bloque Nacionalista Galego, Espagne)

Rocío Paula Martínez Oliart (libraire, Madrid, Espagne)

Paula Canal (agent littéraire, Espagne)

Marina Garcés (philosophe, Espagne)

Juan Cruz (écrivain, Espagne) 

Frederic Amat (peintre, Espagne)

María Grazia Macchia (libraire, Madrid, Espagne)

Giuseppe Maio (éditeur, Madrid, Espagne) 

Hector Zamora (artiste plastique, Lisbonne, Portugal)

Jorge Pinto (professeur, Universidade de Lisboa, Portugal)

Aldo Zanchetta (animateur social, Lucques, Italie)

Brunella Zanchetta (animatrice, Lucques, Italie)

William Otchere-Darko (étudiant, Universitá di Milan-Bicocca, Italie)

Federico Venturini (activiste, Italie)

Alessio Ciacci (promoteur social, Italie)

Salvatore Palidda (professeur, Universitá degli Studi, Genova, Italie)

Angelo Baracca (physicien, professeur, Universitá di Firenze, Italie) 

Vittorio Sergi (professeur, Universitá degli Studi di Urbino, Italie)

Gianfranco Crua (Carovane Migranti, Italie)

Patrizia Peinetti (Carovane Migranti, Italie)

Silvana Botassis (docteur, Milan, Italie)

Roberto Bugliani (écrivain, La Spezia, Italie)

Andrea Vento (enseignante, Pise, Italie)

Serena Campani (enseignante, Pise, Italie)

Adele Cozzi (Bologne, Italie)

Mauro Rubichi (animateur social, Livourne, Italie)

Francesca Martinez Tagliavia (professeure, Scuola de Belle Arti, Palerme, Italie)

Ugo Zamburru (psychiatre, Centro Cultural Caffè Basaglia, Turin, Italie) 

Ornella Granito (président de Caffè Basaglia, Turin, Italie)

Ferdinando Scianna (photographe, Italie)

Marco Bassani (Italie)

Gianni Monti (Potere al Popolo, Assemblea Beni Comuni/Diritti, Florence, Italie)

Elisa Patrizia Frediani (Lucques, Italie)

Simone Ferrari (Italie)

Gaia Capogna (Roma, Italie)

Alessio Ciacci (écologue, Lucca, Italie)

Suna Di Gino (Italie)

Patrick Bresnihan (professeur, Trinity College, Irlande)

Laurence Cox (professeur, National University of Ireland Maynooth, Irlande)

Cecilia Brunson (galeriste d’art, Londres, Royaume-Uni)

Adnan Celik (chercheur, University of Sussex, Royaume-Uni)

Nicholas Hildyard (analyste activiste, The Corner House, Royaume-Uni)

Anna Harris (psychologue, Royaume-Uni)

Larry Lohmann (analyste activiste, The Corner House, Royaume-Uni)

Keith Hyams (professeur, University of Warwick, Royaume-Uni)

Raymond Bryant (professeur, King’s College of London, Royaume-Uni)

Anthony Ince (professeur, Cardiff University, Royaume-Uni)

Michel Pimbert (professeur, University of Coventry, Royaume-Uni)

Stefano Portelli (chercheur, University of Leicester, Royaume-Uni)

Natalia Paszkiewicz (professeure, University of Bath, Royaume-Uni)

Emily Caruso (directrice de Global Diversity Foundation, Royaume-Uni)

Carlotta Molfese (chercheuse, Plymouth University, Royaume-Uni)

Alice Taherzadeh (chercheuse, Cardiff University, Royaume-Uni)

Hung-Ying Chen (chercheur, Durham University, Royaume-Uni)

Ana Cecilia Dinerstein (professeure, Bath University, Royaume-Uni)

Nina I. Moeller (chercheuse, University of Manchester, Royaume-Uni)

Sarah Sexton (analyste activiste, The Corner House, Royaume-Uni)

Peter Newell (professeur, University of Sussex, Royaume-Uni)

Regina Hansda (chercheuse, Newcastle University, Royaume-Uni)

Leonidas Oikonomakis (anthropologue, Durham University, Royaume-Uni)

Erik Swyngedouw (professeur, University of Manchester, Royaume-Uni)

Richard White (professeur, Bath Spa University, Royaume-Uni)

Siobhan McGrath (professeure, Durham University, Royaume-Uni)

Eurig Scandrett (Queen Margaret University, Edinburgh, Écosse)

Malú Huacuja del Toro (écrivaine, New York, USA)

Enzo Traverso (professeur, Cornell University, USA)

John Gibler (poète et journaliste, USA)

Walter Mignolo (professeur, Duke University, USA)

Francisco Goldman (écrivain, USA/Guatemala)

Peggy Rivage-Seul (professeure, Berea College, Berea, USA)

Anu Sharma (professeure, Wesleyan University, Middletown, USA)

Frédéric Neyrat (philosophe, University of Wisconsin-Madison, USA)

Laura Weigert (professeur, Rutgers University, New Brunswick, USA)

Nelson Maldonado-Torres (professeur, Rutgers University, New Brunswick, USA)

Rubén Martínez (écrivain, USA)

John Oakes (éditeur, OR Books, USA)

Philip McMichael (professeur, Cornell University, USA)

Richard Stahler-Sholk (professeur, Eastern Michigan University, USA)

Ángel Luis Lara (professeur, State University of New York, USA)

Kathleen McAfee (professeure, San Francisco State University, USA)

John Vandermeer (professeur, University of Michigan, USA)

Tomás Alberto Madrigal (travailleur de la santé, USA)

Matt Meyer (secrétaire général d’International Peace Research Association, USA)

Rudolph Bell (historien, Rutgers University, New Brunswick, USA)

Margaret Cerullo (sociologue, Hampshire College, USA)

MaryAnne Tenuto (coordination de Chiapas Support Committee, USA)

Jack Kloppenburg (professeur, University of Wisconsin, USA)

Elizabeth Fitting (professeure, Dalhousie University, Canada)

David Homel (écrivain, Canada)

Haroon Akram-Lodhi (professeur, Trent University, Canada)

Tony Weis (professeur, University of Western Ontario, Canada)

Susanna Hecht (professeure, University of California UCLA, USA)

Arnoldo García (poète, Chiapas Support Committee, USA)

Susannah R. McCandless (directrice de Global Diversity Foundation North America, USA)

Melanie Bush (professeure, Adelphi University, USA)

Anne Petermann (directrice de Global Justice Ecology Project, USA)

Adam Jadhav (étudiant, University of California at Berkeley, USA)

Dianne Rocheleau (professeure, Clark University, USA)

Luis Malaret (professeur, Community College of Rhode Island, USA)

Peter Swift (étudiant, University of Wisconsin, USA)

Emma McDonell (étudiant, Indena University, USA)

Isabel Castillo (codirectrice de River Road Unitarian Universalist Congregation, USA)

Ivette Perfecto (professeure, University of Michigan, USA)

Leslie Gross-Wyrtzen (étudiant, Clark University, USA)

Ashwani Vasishth (professeur, Ramapo College, USA)

Joe Parker (professeur, Pitzer College, USA)

Stefan Ali (avocat, Columbus, Ohio, USA)

Jared Sacks (Columbia University, New York, USA)

Isaac Butler-Brown (professeur de musique, Wesleyan University, Middletown, USA)

Kate Gilbert (étudiant, Wesleyan University, Middletown, USA)

Alice Markham-Cantor (écrivaine, USA)

J.P. Sapinski (professeur, Université de Moncton, Canada)

Leah Temper (chercheuse, McGill University, Canada)

Bob Thomson (activiste, Peoples’ Social Forum, Canada)

Deborah Barndt (professeure, York University, Toronto, Canada)

Bengi Akbulut (professeur, Concordia University, Canada)

Elisa Brilli (professeur, University of Toronto, Canada)

Didier Méhu (historien, Université Laval, Québec, Canada)

Sylvie Poirier (anthropologue, Université Laval, Québec, Canada)

Marcel Sévigny (Fabrique d’autonomie collective, Pointe-Saint-Charles, Montréal, Canada)

Angela Miles (Toronto Women for a Just and Healthy Planet, Toronto, Canada)

Stephan Dobson (York University, Toronto, Canada)

Carla Bergman (écrivaine, Vancouver, Canada)

Francis Dupuis-Déri (professeur de sciences politiques, Université du Québec à Montréal, Canada)

Joanne Robertson (écrivain et protecteur de l’eau, Sault Ste. Marie, Canada)

Dave Bleakney (Canadian Union of Postal Workers, Ottawa, Canada)

Claude Rioux (éditeur, Éditions de la rue Dorion, Montréal, Canada)

Arthur Clark (physicien, Calgary Centre for Global Community, Calgary, Canada)

Justin Podur (York University, Toronto, Canada)

Mike Antoniades (Toronto, Canada)

Solomon Thompson (psychologue, York University, Canada)

Organisations et collectifs :

Réseau syndical international de solidarité et de lutte

Union syndicale Solidaires (France)

Fédération SUD Éducation (France)

Union syndicale Solidaires 66 (France)

Comités syndicalistes révolutionnaires (France)

Attac-France, France

Association Terre et Liberté pour Arauco, Wallmapu (France)

Collectif Guatemala (Paris, France)

Club Communal de Tarnac (France)

Radio Zinzine (Aix-en-Provence, France)

Comité de rédaction de la revue EcoRev’ (France)

Association La Ligne d’horizon – Les Amis de François Partant (France)

Collectif Questions de classe(s) – revue N’Autre école (France)

Collectif Résistance 71 (Internationaliste)

Jeunes Écologistes (France)

Compagnie de théâtre Tamèrantong ! (Paris, France)

Compagnie de théâtre Jolie Môme (Saint-Denis, France)

Compagnie de théâtre du Timon (Paris, France)

Compagnie de théâtre Izidoria (Lyon, France)

Compagnie de théâtre La Bad’j (Saint-Denis, France)

Compagnie de danse Djab (Marseille, France)

Compagnie Tatcha (Nantes, France)

Compagnie musicale Mohein (Bordeaux, France)

Compagnie de théâtre Débrid’arts (Aix-en-Provence, France)

Compagnie de théâtre Désordinaire (Montreuil, France)

Mouvement de libération du Kurdistan (représentation en Amérique latine)

Universidad de la Tierra (Puebla, Mexique)

Centro Social Ruptura de Guadalajara (Mexique)

Collectif Paso Doble de Apoyo al CIG (Morelos, Mexique)

Red Morelense de Resistencia y Rebeldía en apoyo al CIG (Mexique)

Comisión de Solidaridad y Defensa de los Derechos Humanos, AC (Chihuahua, Mexique)

CECADDHI, AC (Chihuahua, Mexique)

Collectif Pirata Tlahuicas (Cuernavaca, Mexique)

Collectif la Flor de la Palabra (Cuernavaca, Mexique)

Collectif #artecorreomigrante (Chihuahua, Mexique)

Red de apoyo al CIG de Chihuahua (Mexique)

Consejo Civico de Organizaciones Populares e Indígenas de Honduras (Copinh, Honduras)

HIJOS (Guatemala)

Movimiento Campesino de Nicaragua

HIJOS (Mar de Plata, Argentine)

Asamblea Comarcal Contra el Saqueo (Lago Puelo, Provincia de Chubut, Argentine)

Frente Popular Dario, Santillan, Corriente Nacional de Argentine

Asamblea Vecinal de Puerto Pirámides (Chubut, Patagonie, Argentine)

Asamblea en Defensa del Territorio de Puerto Madryn (Puerto Madryn, Argentine)

Fundaciòn Uñopatun (Provincia Rio Negro, Argentine)

Página Web Comunizar (Argentine)

Radio communautaire El Grito (Traslasierra, Córdova, Argentine)

Después de la deriva (programme de radio, Buenos Aires, Argentine)

Semillero de experiencias autónomas anticapitalistas (Argentine)

Collectif La Fogata (Buenos Aires, Argentine)

Arte x Libertad (Rosario, Argentine)

Mestizas (Rosario, Argentine)

Unión Solidaria de Comunidades (Pueblo Diaguita Cacano, Santiago del Estero, Argentine)

Sociedad Civil Coheju (Gran Buenos Aires, Argentine)

Grupo de Apoyo a la Sexta Declaración del EZLN (Rosario, Argentine)

Casa de la Memoria (Rosario, Argentine)

Radio La Colectiva (Buenos Aires, Argentine)

Collectif Familiares y Amigxs de Luciano Arruga (Argentine)

Radio Zona Libre (Argentine)

Coordinadora Andina de Organizaciones Indígenas (Équateur)

Ecuarunari (Équateur)

Guerrerxs del Agua (Fundación Abril, Escuela Andina del Agua, Cochabamba, Bolivie)

Alianza Territorial Mapuche (pays mapuche au Chili)

Observatorio de Ecología Política de Venezuela (Caracas, Venezuela)

CRY-GEAM (Defensa de la Naturaleza, Barrancabermeja, Colombie)

Red Latina sin Fronteras

Minga del Pensamiento (Colombie)

Creapaz (Colombie)

La Matria (Colombie)

Mala Hierba (Colombie)

Comunativa (sud-ouest de Colombie)

Organización de Mujeres Campesinas e Indígenas (Conamuri, La Via Campesina, Paraguay)

Movement for National Land Reform (La Via Campesina, Sri Lanka)

Focus on the Global South (Thaïlande)

Woman Health (Philippines)

Sindicato de Trabajadores Fronterizos (La Via Campesina, USA)

Food First/Institute for Food and Development Policy (USA)

Chiapas Support Committee (USA)

Kesaj Tchavé (groupe musical, Slovaquie)

Sindicato Labrego Galego (Espagne)

Solidaridad Directa con Chiapas (Zurich, Suisse)

Moins !, journal romand d’écologie politique (Vevey, Suisse)

Εκδόσεις των ξένων (Éditions des Étrangers, Grèce)

Kaffeekollektiv Aroma Zapatista eG (Allemagne)

Projekt Knotenpunkt Schwalbach am Taunus, Red Ya Basta Netz Deutschland et Ya Basta Rhein-Main (Allemagne)

Gruppe BASTA (Allemagne)

Global Diversity Foundation (Royaume-Uni)

Friends of the Landless Association (Finlande)

NGO Action from Ireland (Irlande)

Afrika Kontakt (Danemark)

Internationalt Forum (Danemark)

Bizilur, Asociación para la Cooperación y el Desarrollo de los Pueblos (País Vasco)

Collectif CaféZ (Liège, Belgique)

= = =

 

Resistance politique: De la nécessité d’une mémoire collective

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Réseau Résistance Rébellion International

 

Mexique 2018 De l’idéologie et de la réalité I

 

Georges Lapierre

 

8 novembre 2018

 

url de l’article: https://www.lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXV

 

Il est grand temps de distinguer l’idéologie de la réalité, et vice versa ! La fin visée par une autre anthropologie est d’arriver après un voyage mouvementé à la vaste plage de la réalité. Le plus souvent nous parlons idéologiquement de la réalité. Tous ceux qui prétendent décrire ou analyser la réalité dans laquelle nous nous trouvons sont des idéologues et, bien souvent, les idéologues sont aussi des militants qui cherchent à imposer leur vision ou une certaine vision de la réalité. Ces idéologues sont en général payés par l’État et leur vision de la réalité ne s’éloigne pas de celle voulue par la pensée dominante, leur appréhension ne s’écarte guère d’un convenu plus ou moins implicite et ce qu’ils présentent comme des nouveautés a la saveur du bon sens et du bon goût reconnaissable entre mille, et dans laquelle tous se reconnaissent avec une certaine satisfaction. Quand ils ne sont pas directement payés par l’État, les idéologues portent en eux l’idée de l’État, quoi qu’ils disent et quoi qu’ils fassent. L’idéologie est le propre d’une pensée séparée. Les idéologues ne sont pas poètes, la réalité se chante, elle ne se décrit pas. Dans cet essai, dans cette réflexion à caractère idéologique (fatalement), je cherche seulement à m’approcher d’une réalité qui m’échappera toujours.

Heureusement, la réalité est une anguille et si elle se laisse parfois deviner, elle ne se laisse pas si facilement surprendre et confondre par le premier idéologue venu, et par les autres aussi. Nous pouvons seulement tenter de réduire la distance entre l’idée que nous nous faisons de la réalité et la réalité elle-même. La société mexicaine, par exemple, est une réalité dans la seule mesure où les Mexicains vivent ensemble plus ou moins bien, avec de nombreuses difficultés. Pour l’instant, ils arrivent à vivre ensemble, il n’y a pas encore de rupture nette, la guerre sociale n’est pas déclarée, elle n’a pas éclaté de manière frontale, elle reste larvée. Cependant nous n’en sommes pas loin : dans les années 1970, elle a été conjurée par l’intervention de l’armée fidèle à une certaine idée de la paix sociale, fidèle, donc, à une certaine idéologie. Aujourd’hui encore, l’armée continue à jouer un rôle non négligeable même s’il peut paraître plus ambigu. Notre époque appelle ce flou et joue sur la confusion des valeurs pour imposer une vision du monde unique et totalitaire. Les tueurs des cartels de la drogue ou des mafias locales épousent le rôle qui, autrefois, revenait aux paramilitaires pour semer la terreur parmi la population et mettre fin par le meurtre ou par des menaces à peine voilées aux velléités de résistance et d’opposition à des projets non désirés. On ne sait plus si les « escadrons de la mort » mis en place par certains hommes d’État et encadrés par l’armée ou la marine sont l’instrument de la guerre contre les cartels ou un instrument de guerre dirigé contre la population des barrios [1]. C’est le règne de la confusion la plus totale, s’y perdent toutes les valeurs et tous les points de repères qui existaient autrefois, la boussole est devenue folle. Cette confusion généralisée profite au pouvoir, elle le rend fuyant et insaisissable.

Les interventions « clandestines » des forces de l’ordre ne sont pas sans évoquer le rôle joué par l’armée en Argentine et au Chili du temps de la dictature militaire, fin des années 1970, début des années 1980 : arrestation des suspects à leur domicile, sur leur lieu de travail, dans la rue, séquestration, torture, assassinat et disparition. Des bataillons de la marine mexicaines ont été mis en cause récemment dans un rapport de l’ONU, mais ce n’est là qu’une partie immergée de l’iceberg — d’ailleurs on n’en parle plus, un pays si exemplaire ! Le chiffre des disparus, que ce soit par les forces de l’ordre (armée et police) ou par les cartels de la drogue, atteint des proportions considérables et l’on est en droit de se demander s’il ne dépasse pas très largement le chiffre des disparus en Argentine ou au Chili sous dictature militaire. Avec une différence, le suspect en Argentine (ou au Chili, etc.) était relativement ciblé par son appartenance politique (communiste, socialiste, syndicaliste ou péroniste), au Mexique, il est moins défini, ce n’est pas son appartenance ou son engagement politique qui le rend suspect, c’est autre chose, tout un chacun peut devenir suspect : jeune, pauvre, témoin involontaire mais gênant, journaliste, accusateur… L’engagement politique en lui-même compte peu sauf s’il vient faire obstacle au désir irrépressible d’enrichissement d’une certaine catégorie de la population.

Cette réalité mexicaine, vécue au présent dans ces années de transition, marquant le passage du parti unique à la démocratie, ou de l’État providence à la société marchande, apparaîtra dans toute sa crudité seulement dans quelques années. Cette dictature militaire, qui n’est pas dite, clairement appuyée par les États-Unis, a été mise en place du temps de Felipe Calderón ; elle reste implicite, elle n’est pas idéologique, du moins en apparence, comme elle a pu l’être en Argentine ou dans d’autres pays d’Amérique latine. Elle est plus pragmatique, elle déblaie le chemin afin que les multinationales et les investissements de capitaux ne se heurtent pas à un mouvement social trop ample et trop fort, et qui leur serait contraire. Elle fait place nette à un autre pouvoir, à une pensée pratique qui s’érige comme pouvoir absolu, et qu’il n’est plus possible de contester ouvertement.

J’ajouterai que l’arrivée à la tête de l’État d’Andrés Manuel Lopez Obrador en décembre de l’année 2018 pourrait bien annoncer la fin de cette période de transition marquée par une dictature militaire en sourdine, disfrazada de civil, dont le Mexique a le secret. Après les bruits de bottes d’une présence militaire accablante, le retour d’Andrés Manuel Lopez Obrador annonce dans la liesse et le consentement général l’arrivée tant espérée de la démocratie dans le ciel glorieux d’une paix sociale enfin recouvrée sur des amoncellements de morts et de disparus. Un nouveau pouvoir se reconstitue, il s’appuie sur des formes anciennes pour muer, changer de peau, acquérir plus de puissance. Et il n’est plus contesté désormais : les Mexicains semblent vaincus, ils renoncent à une lutte trop inégale. La victoire d’Andrés Manuel Lopez Obrador scelle la défaite des Mexicains. Tout entre dans l’ordre. Cette période dite de transition fut une période délicate comme toutes les périodes de transition. Elle accompagnait une transformation profonde du pouvoir, un travail d’accouchement d’une puissance nouvelle, une mue qui risquait de laisser le pouvoir à la merci de ceux qui le contestent. Cette formation d’un monde nouveau devait être accompagnée et protégée. Le soulèvement des peuples indiens du Sud-Est en 1994, deux ans après la signature d’un traité de libre commerce entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, a pu être perçu comme un avertissement. Toutes les instances du pouvoir se sont alors employées à réduire cette menace latente que pouvait représenter la population mexicaine lors de ce passage d’une forme de pouvoir à une autre forme de pouvoir se confondant avec la montée en puissance de l’argent. Cette période de transition marquée par la montée en puissance de l’argent fut accompagnée par des résistances sourdes, des oppositions passives et des rébellions. On peut penser que la voie de l’argent est désormais libre et que ce nouveau pouvoir qui s’est constitué dans la douleur des Mexicains n’a plus à craindre une opposition qui mettrait en péril sa puissance et son hégémonie.

Notre temps serait-il marqué par la fin des idéologies et le retour à une sorte de réalisme (ou présentisme) ? Je ne le pense pas car il y aura toujours une réflexion plus ou moins tendancieuse sur la réalité que nous sommes amenés à vivre ; cependant il est fort possible que la société marchande n’ait plus besoin de propagande idéologique comme dans le siècle passé ; l’idéologie du progrès, par exemple, semble avoir fait son temps. Certains philosophes ou historiens philosophes parlent de « présentisme » pour fustiger notre époque [2]. Ce présent perpétuel qu’ils dénoncent ne serait-il pas la marque de la réalité ? La réalité se conjugue au présent, dans la mesure même où elle est directement vécue (ce qui ne veut pas dire qu’elle soit consciemment vécue). La mémoire est l’histoire au présent. La mémoire d’un peuple, la mémoire collective, est l’histoire de ce peuple vécue au présent. Ce qui est à déplorer ce n’est pas le présent mais l’absence de mémoire et surtout l’absence de mémoire collective, cette mémoire collective qui fleurit chez les peuples zapatistes comme chez bien d’autres peuples, qui fleurit aussi, fragile et délicate, parmi les occupants de Notre-Dame-des-Landes. Cette mémoire collective était comme le levain de la vie communale, elle disparaît avec l’effacement et la disparition de la vie communale. Au lieu de vivre directement notre histoire, nous avons fait de l’histoire une idéologie, nous l’avons coupée du présent pour en faire soit un objet d’étude, soit un développement idéologique pour en invoquer le sens comme argument irréfutable d’une propagande.

Une collectivité se constitue et se construit à travers son histoire, qui reste toujours une histoire singulière directement vécue par les membres de cette collectivité ; et cette histoire singulière constitue l’héritage, pour ainsi dire génétique, des membres de la communauté (au point d’être la mémoire génétique de la communauté ainsi constituée ?), elle est à la fois un facteur de reconnaissance et matière à revendication. Cette histoire « réelle » n’a rien à voir et s’oppose à l’« histoire officielle » qui reste l’expression du point de vue de l’État sur le passé, d’un point de vue séparé sur le passé, idéologique, donc, faisant la promotion de ce qui existe ; elle s’oppose aussi, plus fondamentalement à l’idéologie de l’Histoire.

Quant au devenir, il est le mouvement du présent, il est sa propre pensée en mouvement, la pensée spéculative se projetant dans le futur : la pensée spéculative générant l’activité sociale, faisant en sorte que la vie commune se reproduise. Nous avons bien une relation immédiate avec le futur, mais toute société se trouve dans une relation proche, pour ne pas dire immédiate, avec son futur. C’est l’idéologie qui apporte une distance, qui marque une rupture entre présent et futur, quand le futur s’oppose au présent, quand le futur n’est plus perçu comme le prolongement du présent mais fait apparaître une autre réalité, qui n’existe pas encore, qui n’existe pas encore comme présent. Le futur des communautés zapatistes se vit au présent dans les communautés zapatistes, si je puis dire. Leur reproduction future en tant que communautés humaines, en tant que communautés de pensée, en tant que communautés zapatistes se joue au présent. C’est ainsi que le futur est aussi présent dans les communautés ayuuk ou chontales, comme il est présent dans les collectivités qui se trouvent sur le territoire de Notre-Dame-des-Landes. Le futur n’est pas un au-delà de la vie collective, il est son présent, il est son développement et sa reproduction, il ne se détache pas du présent.

C’est l’idéologie qui apporte une séparation et qui détache le futur du présent. Le futur devient alors un projet à venir, qui ne se trouve plus dans la continuité du présent. La proposition zapatiste de mettre fin au système capitaliste et d’œuvrer à la construction d’un monde non capitaliste dans un futur plus ou moins lointain est une proposition idéologique. Cette proposition n’est pas abstraite de la réalité, elle trouve bien une certaine consistance dans le mode de vie des peuples indiens, mais elle est en décalage avec la société mexicaine, elle est en porte-à-faux avec la société mexicaine. Elle n’est sans doute pas idéologique pour les peuples indiens, elle le devient pour tous ceux qui, dans la société mexicaine, ne sont pas indiens — dans le sens où ils n’appartiennent pas à un peuple héritier d’une culture qui lui est propre, ni à une communauté reposant sur un mode d’être ensemble.

L’idéologie apporte un point de vue, une réflexion, séparée de la réalité, séparée du présent qui reste le sceau, la marque indélébile de la réalité, aussi ne peut-elle échapper par la force des choses ou de par sa propre nature à sa fonction de propagande : soit de propagande pour ce qui existe, cette fameuse séparation ; soit de propagande pour ce qui pourrait exister. Faire l’éloge de l’histoire comme passé ou comme référence, ou faire l’éloge du futur comme projet à venir revient à se détourner du présent et de la réalité, à rendre la réalité évanescente pour la remplacer par une simple idée de la réalité. Il se trouve que nous vivons dans le présent, il se trouve que nous vivons au sein de la réalité aussi bien quand nous faisons nos courses à Bonneveine ou quand nous regardons la télévision. Et cette réalité nous emporte, nous pétrit et nous nourrit, nous ne lui échappons pas. Nous ne lui échappons pas, par contre, elle, elle nous échappe, elle nous échappe de plus en plus, elle ne nous appartient plus. Elle est la réalité mise en place, créée au jour le jour, inventée sans cesse par une pensée générant le réel et cette pensée n’est pas la nôtre, elle nous échappe bel et bien, elle nous est bel et bien étrangère. Il ne s’agit pas seulement de critiquer idéologiquement la réalité que nous connaissons, il s’agit, plus fondamentalement, d’inventer notre propre réalité.

Il est bien possible que la société marchande se trouve à ce point aboutie qu’elle n’ait plus besoin d’idéologie, qu’elle n’ait plus besoin de se présenter comme un idéal à atteindre à travers une propagande tout azimut. Elle est désormais une réalité qui se vit au présent : fin de l’Histoire. Ce soudain ancrage dans le réel, que nous pouvons aussi déceler dans d’autres civilisations passées ou présentes, reste, à mon sens, une donnée de notre temps, et elle concerne notre monde, occidental, chrétien et capitaliste. Cependant cette fin de l’idéologie et cet ancrage dans le présent ne touchent pas seulement notre « civilisation » marchande, elle se fait générale et se répercute sur les autres idéologies, qui, elles, s’opposaient à l’idéologie portée par la société capitaliste, un peu comme si l’idéologie majuscule, portée par notre monde, avait entraîné dans son sillage et son dépérissement les idéologies qui lui étaient contraires comme le socialisme, le communisme, l’anarchisme, et que l’aboutissement ou la réalisation d’un projet civilisateur devait entraîner avec lui, dans son engloutissement dans la mer de la réalité, toutes les idéologies contraires qui accompagnaient son mouvement vers sa réalisation. Il me semble que nous nous retrouvons tous avec les pieds sur terre, mais ce n’est peut-être qu’une impression personnelle.

Autrement dit, le devenir marchand de notre civilisation, qui a commencé à prendre forme et tournure à la fin du Moyen Âge, s’est accompagné d’une propagande à la fois critique et élogieuse : critique de la société féodale, de la réalité sociale qui prévalait alors reposant sur le pouvoir d’une classe sociale théocratique et guerrière ; élogieuse d’un mode d’être ensemble reposant sur l’initiative individuelle et l’activité marchande perçue comme activité sociale et générique s’émancipant des cadres imposés par la féodalité et reposant sur la liberté de l’individu (du bourgeois) face aux obligations de la vie collective. En même temps que s’exprimait cette idéologie portée par les bourgeois se formulait l’idéologie contraire, qui, elle, marquait son attachement aux valeurs communautaires et sociales de la chrétienté pour s’opposer à l’argent et à l’activité égoïste que l’argent encourageait et incitait. Ces deux aspects concurrents et opposés sont liés entre eux comme les deux faces opposées d’une pièce de monnaie. La victoire d’un courant de pensée et sa réalisation entraînent dans le même temps la fin de la propagande contraire qui l’accompagnait comme son ombre. J’ajouterai que cette fin de l’idéologie majuscule accompagnée de ses ombres et son engloutissement dans le réel ne signifient pas la fin des idéologies bien au contraire, celles-ci poussent et prolifèrent désormais comme des champignons sur un cadavre, elles font florès, pure logorrhée, pure diarrhée verbale, mais elles n’ont plus véritablement de sens, ou, du moins, elles ont perdu le sens qui prévalait encore il y a peu quand elles se trouvaient liées solidairement au devenir capitaliste du monde.

Notes

[1] À lire le recueil de textes de Javier Valdez Cárdenas : Periodismo escrito con sangre. Antología periodística. Textos que ninguna bala podrá callar, Grijalbo, 2018. Javier Valdez Cárdenas fut journaliste et écrivain, il a vécu à Culiacán, au nord du Mexique, il a été assassiné, il y a un peu plus d’un an, par qui ? Il a écrit sur les narcos, son livre est magnifique et pourrait être traduit en français.

[2] Je renvoie le lecteur au livre de Jérôme Baschet, Défaire la tyrannie du présent (Baschet, Jérôme, Défaire la tyrannie du présent. Temporalités émergentes et futurs inédits, La Découverte, 2018). C’est un livre qui présente un grand intérêt dans la mesure même où il met en exergue ce qui, à mon sens, apparaît comme un des caractères définissant le mieux notre époque : cet attachement au présent, cette vision limitée à un futur immédiat, cet effacement et occultation du passé et de l’histoire. Il s’en désole. Je ne m’en désolerais pas car cette prédilection pour le présent pourrait bien marquer la fin de l’idéologie et le retour à la réalité. Certes la réalité que nous sommes amenés à vivre est critiquable : une société marchande et individualiste. Mais la critique de cette réalité doit-elle être seulement idéologique ? Cette confrontation brutale à la réalité d’une société capitaliste, à son présent, ne nous contraint-elle pas à saisir sa critique sur un autre plan que celui de l’idéologie ? N’avons-nous pas à opposer à cette réalité une autre réalité ? Par sa référence au mouvement zapatiste, c’est bien cette question qu’aborde de biais le livre de Jérôme Baschet (et c’est là un des mérites du livre), mais sans la poser directement en ces termes.

Communiqué EZLN et Conseil National Indigène janvier 2017

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Décision politique très intéressante dans un contexte politique mexicain très particulier.
Notre position: cela peut s’avérer être une expérience intéressante, mais cela peut aussi être la source de l’infiltration, de la discorde et de la destruction étatique, l’histoire nous enseigne que toutes les expériences anarchistes d’accoquinage avec l’État et ses institutions se sont mal terminées. Nous sommes donc sceptiques et prudents, mais en même temps avons une grande confiance dans l’analyse et l’action (praxis) zapatiste. A suivre donc avec intérêt dans le courant de cette année…

~ Résistance 71 ~

 

Et elle a tremblé, rapport depuis l’épicentre

 

EZLN &CNI

 

10 janvier 2017

 

url de l’article en français:

http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2017/01/10/et-elle-a-tremble-rapport-depuis-lepicentre/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+EnlaceZapatista+%28Enlace+Zapatista%29

 

Aux Peuples Originaires du Mexique

À la Société Civile du Mexique et du Monde

À la Sexta Nationale et Internationale

Aux Médias de Communication Libres

Frères, sœurs

Le moment des peuples est venu, de semer ce que nous sommes et de nous reconstruire. Le moment est venu de passer à l’offensive et voici l’accord qui se dessine sous nos yeux, dans les individus, dans les communautés, dans les peuples, dans le Congrès National Indigène ; le temps est venu que la dignité gouverne ce pays et ce monde et qu’à son passage fleurisse la démocratie, la liberté et la justice.

Nous annonçons que lors de la deuxième étape du Ve CNI, nous avons minutieusement évalué les résultats de la consultation des peuples que nous sommes, le Congrès National Indigène, qui a eu lieu les mois d’octobre, novembre et décembre 2016, résultats qui de toutes les manières, formes et langues qui nous représentent dans la géographie de ce pays, nous émettons les accords des assemblées communales, des terres collectives, des collectifs, municipales, intermunicipales et régionales, qui une fois de plus nous amène à comprendre et assumer avec dignité et révolte la situation que traverse notre pays, notre monde.

Nous saluons les messages de soutien, d’espoir et de solidarité qu’ont envoyés des intellectuels, des collectifs et des peuples qui reflètent l’espérance face à notre proposition que nous avons nommé « Que Tremble la Terre Jusque dans Ses Entrailles » et que nous avons rendue publique lors de la première étape du Ve CNI, nous saluons également les voix critiques, nombre d’entre elles avec des arguments fondemmentalement racistes, qui reflètent une indignation rageuse et le mépris à la pensée qu’une femme indigène prétende non seulement concourrir à l’élection présidentielle, mais envisager de changer réellement, depuis en-bas, ce pays endolori.

À eux tous, nous disons qu’en effet tremble la terre et nous avec elle, et que nous prétendons secouer la conscience de la nation, qu’en effet nous prétendons que l’indignation, la résistance et la rébellion figurent sur les bulletins électoraux de 2018, mais que notre intention n’est d’entrer en rien en compétition avec les partis et toute la classe politique qui nous doit encore beaucoup ; chaque mort, chaque disparu, chaque prisonnier, chaque expulsion, chaque répression et tout le mépris. Ne vous méprennez pas sur nous, nous ne prétendons pas rivaliser avec eux parce que nous ne sommes pas les mêmes, nous ne sommes pas leurs discours mensonger et pervers.

Nous somme la parole collective d’en-bas et à gauche, celle qui secoue le monde lorsque la terre tremble avec des épicentres d’autonomie, et qui nous rend si orgueilleusement différents que :

  1. Alors que le pays est submergé de peur et de terreur qui naissent des milliers de morts et de disparus, dans les municipalités de la montagne et de la côte du Guerrero, nos peuples ont créé les conditions pour la sécurité et la véritable justice ; à Santa Maria Ostula, Michoacan, le peuple Nahua s’est uni à d’autres communautés indigènes afin de maintenir la sécurité entre les mains des peuples, où l’épicentre de la résistance est l’assemblée communale de Ostula, garante de l’étique d’un mouvement qui a imbibé les municipalités de Aquila, Coahuayana, Chinicuila et Coalcomán. Sur le plateau purépecha la communauté de Cheran a démontré que par l’organisation, en sortant les politiciens de leurs structures du mauvais gouvernement et en exerçant leurs propres formes de sécurité et de gouvernement on peut non seulement construire la justice, mais aussi comme dans d’autres géographies du pays depuis en-bas, depuis la rébvellion se reconstruisent de nouveaux pactes sociaux, autonomes et justes, et nous ne cesserons pas de construire depusi en-bas, la vérité et la justice, niée pour les 43 étudiants de l’école normale d’Ayotzinapa, Guerrero, disparus, pour les 3 compagnons étudiants qui ont été assassinés et pour les compagnos nblessés, tous par le narco-gouvernement mexicain et ses forces répressives.

Pendant ce temps, les mauvais gouvernements criminalisent la lutte sociale, la résistance et la rébellion, persécutant, traquant, faisant disparaître, emprisonant et assassinant des hommes et des femmes accomplies qui luttent pour des causes justes.

  1. Alors que la destruction gagne tous les coins du pays, sans connaître de limites, éloignant l’appartenance à la terre et au sacré, le peuple Wixarika, avec les comités de défense de la vie et de l’eau de l’altiplano de la région de San Luis Potosi ont démontré que peuvent être défendus un territoire, son envoirronement et équilibres, en se basant sur la reconnaissance que nous ne formons qu’un avec la nature, avec une vision sacrée qui renouvelle chaque jour les liens ancestraux avec la vie, la terre, le soleil et les ancêtres, incluant 7 municipalités sur le territoire sacré cérémonial de Wirikuta à San Luis Potosi.
  2. Alors que les mauvais gouvernements déforment les politiques de l’État en matière éducative en la mettant au service des entreprises capitalistes afin que ça cesse d’être un droit, les peuples originaires créent des écoles primaires, des collèges, des lycées et des universités avec leurs propres systèmes éducatifs, basés sur la protection de note terre mère, la défense du territoire, la production, les sciences, les arts, sur nos langues et bien que la majorité des ces processus se développent sans soutien d’aucun niveau du mauvais gouvernement, ils sont au service de toutes et tous.
  3. Alors que les médias de communication à gages, porte-voix de ceux qui prostituent chacun des mots qu’ils répandent et qu’ils trompent les peuples du champ et de la ville en les endormant, faisant passer pour des déliquants ceux qui pensent et défendent ce qui leur appartient et sont toujours présentés commes des méchants, des vandales, des inadaptés. Alors que ceux qui vivent de l’ignorance et de l’aliénation sont présentés comme socialement bons, et ceux qui oppriment, répriment, exploitent et spolient sont toujours les bons, ceux qui méritent d’être respectés et qui gouvernent pour se servir. Et pendant que cela se passe, les peuples ont créé elurs propres médias de communication élaborant diverses formes afin que la conscience ne soit pas occulté par les mensonges que les capitalistes imposent, les utilisant en plus pour renforcer l’organisation d’en-bas, où naît la parole vraie.
  4. Alors que la « démocratie » représentative des partis politiques est devenue une façon de moquer la volonté populaire, où les votes s’achètent et se vendent comme une marchandise de plus et se manipulent par la pauvreté dans laquelle les capitalistes maintiennent les sociétés des champs et des villes, les peuples originaires continuent à prendre soin et à renforcer des formes de consensus et des assemblées en tant qu’organes de gouvernement où la voix de toutes et tous deviennent des accords profondément démocratiques, incluant des régions entières à travers des assemblées concernant les accords d’autres assemblées et ceux-ci à leur tour surgissant de la volonté profonde de chaque famille.
  5. Alors que les gouvernements imposent leurs décisions bénéficiant à quelques-uns, supplantant la volonté collective des peuples, criminalisant et réprimant ceux qui s’opposent à leurs projets de mort qu’ils imposent sur le sang de nos peuples, comme pour le Nouvel Aéroport de la Ville de Mexico, feignant de consulter pendant qu’ils imposent la mort, nous, peuples originaires, possédons les manières et les formes constante de consultation préalable, libre et informée pour des sujets, grands ou petits.
  6. Alors qu’à travers leurs privatisations les mauvais gouvernements remettent la souveraineté énergétique du pays à des intérêts étrangers et que les hausses du prix de l’essence dénoncent le mensonge capitaliste qui trace uniquement des voies inégalitaires, et que la réponse rebelle des peuples indigènes et non-indigènes du Mexique, que les puissants ne pourront ni occulter ni faire taire ; nous, les peuples, faisons front et luttons pour arrêter la destruction de nos territoires par le fracking, les parcs éoliens, les mines, les puits de pétrole, les gazoducs et les oléoducs dans des états tel le Veracruz, le Sonora, le Sinaloa, La Basse Californie, le Morelos, l’Oaxaca, le Yucatan et tout le territoire national.
  7. Alors que les mauvais gouvernements imposent une alimentation toxique et transgénique à tous les consommateurs des champs et des villes, les peuples Mayas maintiennent une lutte infatigable afin d’arrêter la culture de transgéniques dans la péninsule du Yucatan et dans tout le pays afin de conserver la richesse génétique ancestrale, qui, en plus, représente notre vie et l’organisation collective et la base de notre spiritualité.
  8. Alors que la classe politique ne fait que détruire et promettre, nous, les peuples, construisons non pour gouverner mais pour exister dans l’autonomie et la libre détermination.

Nos résistances et rébellions constituent le pouvoir d’en-bas, elles n’offrent ni promesses ni bons mots, mais des processus réels de transformation radicale où toutes et tous participent et qui sont tangibles dans les diverses et gigantesques géographies indigènes de cette antino. C’est pourquoi en tant que Congrès National Indigène, réuni pour ce Ve Congrès, 43 peuples de ce pays, nous nous sommes ACCORDÉS pour nommer un Conseil Indigène de Gouvernement avec des représentants, hommes et femmes, de chacun des peuples, tribus et nations qui le composent. Et que ce conseil se propose de gouverner ce pays. Et qui aura comme voix une femme indigène du CNI, c’est à dire ayant du sang indigène et une connaissance de sa culture. C’est à dire qui aura comme porte-parole une femme indigène du CNI qui sera candidate indépendante à la présidence du Mexique lors des élections de l’année 2018.

C’est pour ça que le CNI, en tant que Maison de Tous les Peuples, nous sommes les principes qui configure l’étique de notre lutte et dans laquelle tiennent tous les peuples origianires de ce pays, ces principes auxquels se réfèrent le Conseil Indigène de Gouvernement sont :

Obéir et non commander

Représenter et non supplanter

Servir et non se servir

Convaincre et non vaincre

Descendre et non monter

Proposer et non imposer

Construire et non détruire

C’est ce que nous avons inventé et réinventé non par goût, mais comme l’unique forme que nous avons de continuer à exister, c’est à dire ces nouveaux chemins sortis de la mémoire collective de nos propres formes d’organisation, qui sont les produits de la résistance et de la révolte, du faire front chaque jour à la guerre qui n’a jamais cessé et qui n’a jamais pu en finir avec nous. Dans ces formes il n’a pas seulement été possible de tracer la voie pour la reconstitution intégrale des peuples, mais aussi de nouvelles formes plus civilisées, des espoirs collectifs qui deviennent communautaires, municipales, régionales, d’état et qui apportent des réponses précises aux problèmes réels du pays, loin de la classe politique et de sa corruption.

Depuis ce Ve Congrès National Indigène nous appelons les peuples originaires de ce pays, aux collectifs de la Sexta, aux travailleurs et travailleuses, fronts et comités de lutte du champ et des villes, à la communauté étudiante, intellectuelle, artistique et scientifique, à la société civile non organisée et à toutes les personnes de coeur à serrer les rangs et passer à l’offensive, à démonter le pouvoir d’en-haut et nous reconstituer non seulement comme peuple, mais aussi comme pays, depuis en-bas et à gauche, à nous unir en une seule organisation où la dignité sera notre dernier mot et notre première action. Nous vous appelons à nous organiser et arrêter cette guerre, à ne pas avoir peur de nous construire et de nous semer sur les ruines laissées par le capitalisme.

C’est ce que nous demande l’humanité et notre mère qui est la terre, en cela nous découvrons qu’est venu le temps de la dignité rebelle que nous matérialiserons en convoquant une assemblée constitutive du Conseil Indigène de Gouvernement pour le Mexique au mois de Mai 2017 et dès ce moment-là, nous jeterons des ponts aux compañeros et compañeras de la société civile, lesmédias de communication et les peuples originaires afin de faire trembler la terre jusque dans ses entrailles, vaincre la peur et récupérer ce qui appartient à l’humanité, à la terre et aux peuples, pour la récuppération des territoires envahits ou détruits, pour le retour des disparus du pays, pour la liberté de toutes et tous les prisonniers politiques, pour la vérité et la justice pour les assassinés, pour la dignité du champ et de la ville. C’est à dire, n’ayez aucun doute, nous y allons pour tout, après tout nous savons que nous avons face à nous peut-être la dernière chance, en tant que peuples originaires et en tant que société mexicaine, de changer pacifiquement et radicalment nos propres formes de gouvernement, en faisant que la dignité soit l’épicentre d’un monde nouveau.

Depuis Oventik, Territoire Zapatiste, Chiapas, Mexique

Plus Jamais un Mexique Sans Nous

Congrès National Indigène

Armée Zapatiste de Libération Nationale

Résistance au colonialisme: Déclaration du Congrès National Indigène et de l’EZLN (Trump ou pas…)

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QUE TREMBLE LA TERRE JUSQUE DANS SES ENTRAILLES [1]

Déclaration du Congrès National Indigène et de l’EZLN
(Octobre 2016)

2 novembre 2016

Source en français: Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte (CSPCL)

http://cspcl.ouvaton.org/spip.php?article1239

 

Aux peuples du monde

Aux médias libres

A la Sexta Nationale et Internationale

Convoqués pour la commémoration du 20e anniversaire du Congrès National Indigène et de la vive résistance des peuples, nations et tribus originaires de ce pays le Mexique, et qui parlentamuzgo, binni-zaá, chinanteco, chol, chontal de Oaxaca, coca, náyeri, cuicateco, kumiai, lacandón, matlazinca, maya, mayo, mazahua, mazateco, mixe, mixteco, nahua, ñahñu, ñathô, popoluca, purépecha, rarámuri, tlapaneco, tojolabal, totonaco, triqui, tzeltal, tsotsil, wixárika, yaqui, zoque, chontal du Tabasco ainsi que des frères aymara, catalan, mam, nasa, quiché ettacana, nous disons avec fermeté que notre lutte est en bas et à gauche, que nous sommes anticapitalistes et qu’est venu le temps des peuples, le temps de faire vibrer ce pays avec le battement ancestral du coeur de notre terre-mère.

C’est ainsi que nous nous sommes réunis pour célébrer la vie durant le Cinquième Congrès National Indigène qui a eu lieu du 9 au 14 octobre 2016 au CIDECI-UNITIERRA, Chiapas, là où encore une fois nous nous rendons compte de l’aggravation de la spoliation et de la répression qui n’ont pas cessées depuis 524 années quand les puissants ont initié une guerre ayant pour but d’exterminer ceux qui sommes de la terre et qui, étant ses enfants, n’avons pas permis sa destruction et sa mort au profit de l’ambition capitaliste qui ne connaît pas de but autre que cette même destruction. La résistance pour continuer à construire la vie, aujourd’hui se fait parole, apprentissage et accords.

Dans nos villages nous nous construisons chaque jour dans les résistances pour bloquer la tempête et l’offensive capitaliste qui ne cesse pas, mais devient au contraire chaque jour plus agressive et s’est convertie en une menace civilisationnelle, non seulement pour les peuples indigènes et paysans, mais aussi pour les peuples des villes qui doivent eux aussi créer des formes dignes et rebelles pour ne pas être assassinés, spoliés, contaminés, rendus malades, réduits en esclavage, séquestrés ou victimes de disparition forcée. Depuis nos assemblées communautaires nous avons décidé, expérimenté et construit nos destins depuis des temps immémoriaux, et c’est en ça que maintenir nos formes d’organisation et de défense de notre vie collective n’est pas possible autrement que par la rébellion face aux mauvais gouvernements, leurs entreprises et leur crime organisé.

Nous dénonçons que :

  1. Chez le peuple Coca, état de Jalisco, l’entrepreneur Guillermo Moreno Ibarra a envahi 12 hectares de forêt dans la hameau appelé El Pandillo, de mèche avec les institutions agraires, enutilisant la criminalisation de ceux qui luttent, ce qui a entrainé que 10 habitants soient convoqués par la justice durant 4 ans. Le mauvais gouvernement est en train d’envahir l’île de Mezcala qui est terre sacrée communale, tout en refusant dans le même temps de reconnaître le peuple coca dans la législation indigène de l’état, avec comme objectif de les effacer de l’histoire.
  2. Les peuples Otomi Ñhañu, Ñathö, Hui hú, et Matlatzinca de l’état de Mexico et du Michoacán sont en train d’être attaqués par le biais de l’imposition du méga-projet de construction de l’autoroute privée Toluca-Naucalpan et du train interurbain, détruisant maisons et lieux sacrés, achetant les consciences et falsifiant les assemblées communales avec la présence de la police, en plus des recensements truqués des membres des terres communales qui permettent de supplanter la voix de tout un peuple, de la privatisation et de la spoliation de l’eau et du territoire sur le volcan Xinantlécatl, plus connu sous le nom de Nevado de Toluca, auquel les mauvais gouvernements retirent la protection qu’eux-mêmes avaient mis en place pour les offrir aux entreprises touristiques. On sait que l’intérêt qui se cache derrière tous ces projets est de spolier l’eau et la vie de la région. Dans la zone du Michoacán l’identité est niée au peuple otomí, tandis qu’un groupe de gendarmes est entré dans la région pour garder les collines, interdisant aux indigènes de s’y rendre et de couper du bois.
  3. Quant aux peuples originaires résidents de la ville de México, ils se font spolier des territoires qu’ils ont conquis afin de pouvoir gagner leur vie en travaillant, en leur volant leurs marchandises et en utilisant la force policière. On les méprise et les réprime pour porter leurs habits et pratiquer leur langues, en plus du fait qu’on les criminalise en les accusant de vendre de la drogue.
  4. Le territoire du Peuple Chontal d’Oaxaca est envahi par les concessions minières qui démantèlent les terrains communaux, ce qui affectera 5 communautés, leurs habitants et leurs ressources naturelles.
  5. Chez le Peuple Maya de la péninsule du Campeche, Yucatan et Quintana Roo, des terres sont spoliées pour la culture de soja transgénique et de palme africaine, la contamination des nappesphréatiques par des produits chimiques agricoles, la construction de parcs éoliens, de fermes solaires, les projets d’écotourisme et d’entreprises immobilières. Ils sont de la même manière en résistance contre les tarifs élevés de l’électricité, ce qui a entraîné harcèlement et mandats d’arrêt. A Calakmul, Campeche, 5 communautés ont été expulsées par l’imposition d’aires naturelles protégées, les compensations pour les services écosystémiques et la fixation du carbone. A Candelaria, Campeche la lutte continue pour obtenir la certitude de la possession de la terre. Dans les 3 états une forte criminalisation est à l’oeuvre contre ceux qui défendent le territoire et les ressources naturelles.
  6. Quant au peuple Maya du Chiapas, Tzotzil, tzeltal, tojolabal, chol et Lacandón, on continue de les spolier de leurs territoires pour privatiser les ressources naturelles, ce qui a entrainé desemprisonnements et des assassinats de ceux qui défendent le droit à rester sur leur territoire. Ils sont discriminés et constamment réprimés lorsqu’ils se défendent et s’organisent pour continuer à construire leur autonomie, ce qui augmente les violations des droits de l’homme procédées par les forces de police. Il existe des campagnes de fragmentation et de division au sein des organisations, tout comme les assassinats de compañeros qui ont défendu leur territoire et leurs ressources naturelles à San Sebastián Bachajón. Les mauvais gouvernements continuent d’essayer de détruire l’organisation des communautés bases de soutien de l’EZLN, et d’assombrir l’espoir qui émane d’elles et qui offre une lumière à tout le monde.
  7. Le peuple Mazateco de Oaxaca a été envahi par des propriétés privées, où le territoire et la culture sont exploités pour le tourisme, comme la nomination de Huautla de Jiménez au titre de “Village Magique” pour rendre légale la spoliation et la commercialisation des savoirs ancestraux, cela accompagné de concessions minières et d’exploration de spéléologues étrangers dans les grottes existantes. Tout ceci imposé par un harcèlement croissant de la part des trafiquants de drogue et par la militarisation du territoire. Les féminicides et les viols des femmes dans la régionsont en augmentation, toujours avec la complicité par omission des mauvais gouvernements.
  8. Quant aux peuples Nahua et Totonaca de Veracruz et Puebla, ils s’affrontent aux fumigations aériennes qui rendent malades nos peuples. Il y a l’exploration et l’exploitation de minérais et d’hydrocarbures par le biais de la fracturation hydraulique et 8 sources sont en danger à cause de nouveaux projets qui contaminent les rivières.
  9. Les peuples Nahua et Popoluca du sud de Veracruz affrontent le harcèlement du crime organisé et subissent les risques de la destruction territoriale et de la disparition en tant que peuple du fait des menace de l’exploitation minière, des éoliennes et par dessus tout de l’exploitation des hydrocarbures à travers le fracking [fracturation hydraulique].
  10. Le Peuple Nahua, situé dans les états de Puebla, Tlaxcala, Veracruz, Morelos, Etat de Mexico, Jalisco, Guerrero, Michoacan, San Luis Potosi et dans la ville de México fait face à une lutte constante pour contenir l’avancée dudit “Projet Intégral Morelos”, qui comprend des gazoducs, des aqueducs et une centrale thermoélectrique. Les mauvais gouvernements désireuxd’arrêter la résistance et la communication des peuples, cherche à spolier la radio communautaire d’Amiltzingo, dans le Morelos. De même, la construction du Nouvel Aéroport de la Ville de México et les chantiers complémentaires menacent les territoires aux alentours du lac de Texcoco et du bassin de la vallée de México, principalement Atenco, Texcoco et Chimalhuacán. Tandisque dans le Michoacán, le peuple nahua fait face au saccage de ses ressources naturelles et minérales par des tueurs à gage accompagnés par la police ou l’armée et par la militarisation et laparamilitarisation de leurs territoires. Tenter d’arrêter cette guerre a entrainé l’assassinat, la persécution, l’emprisonnement et le harcèlement des leaders communautaires.
  11. Le peuple Zoque d’Oaxaca et du Chiapas fait face à l’invasion par des concessions minières et de supposée propriétés privées sur des terres communales de la région des Chimalapas ; également à trois centrales hydroélectriques et à l’extraction d’hydrocarbures par fracking. Il y a des zones-couloirs dédiées à l’élevage et en conséquence la coupe excessive des forêts pour en faire des prairies. Des semences transgéniques sont également cultivées. Dans le même temps il existe des migrants zoques dans différents états du pays qui reconstituent leur organisation collective.
  12. Le Peuple Amuzgo du Guerrero fait face à la spoliation de l’eau de la rivière San Pedro pour des zones résidentielles et pour l’approvisionnement de la ville d’Ometepec. Leur radio communautaire a été l’objet d’une persécution et de harcèlements constants.
  13. Le peuple Raramuri de Chihuahua subit la perte de surfaces de culture pour construire des routes, l’aéroport de Creel et le gazoduc qui arrive des Etats-Unis jusqu’à Chihuahua, en plus del’existence de projets miniers japonais, de barrages et du tourisme.
  14. Le peuple Wixárika de Jalisco, Nayarit et Durango se confronte à la destruction et la privatisation de leurs lieux sacrés dont dépendent tous leurs milieux sociaux, politiques et familiaux, àla spoliation de leurs terres communales au bénéfice de caciques, qui profitent de l’incertitude sur les limites entre les états de la République, et les campagnes de division orchestrées depuis les mauvais gouvernements.
  15. Le peuple Kumiai de Basse Californie continue de lutter pour la reconstitution de ses territoires ancestraux, contre les invasions de particuliers, la privatisation de leurs lieux sacrés et l’invasion des territoires par des gazoducs et des autoroutes.
  16. Le Peuple Purépecha du Michoacán a comme problème la déforestation, exercée grâce à la complicité entre les mauvais gouvernements et les groupes narcos-paramilitaires qui saccagent les forêts et les bois. Pour eux l’organisation souterraine des communautés est un obstacle au saccage.
  17. Chez le peuple Triqui de Oaxaca la présence des partis politiques, de sociétés minières, de paramilitaires et des mauvais gouvernements encouragent la désintégration des liens communautaires en vue du pillage de leurs ressources naturelles.
  18. Quant au peuple Chinanteco de Oaxaca, ils détruisent leurs formes d’organisation communautaire avec la répartition agraire, l’imposition des mécanismes de paiements pour les servicesenvironnementaux, pour la capture de carbone et l’écotourisme. Une autoroute à 4 voies est projetée qui traverse le territoire et le divise. Sur les rivières Cajono et Usila, les mauvais gouvernements ont projeté trois barrages qui auront des impacts sur les peuples chinantèques et zapotèques. Il y a des concessions minières et l’exploration de puits de pétrole.
  19. Le peuple Náyeri de Nayarit fait face à l’invasion et la destruction de leurs territoires sacrés sur le site dénommé Muxa Tena sur la Rivière San Pedro via le projet hydroélectrique Las Cruces.
  20. Le Peuple Yaqui de Sonora maintient la lutte sacrée contre le gazoduc qui traversera son territoire et en défense des eaux du fleuve Yaqui que les mauvais gouvernements ont décidé de faire venir jusqu’à la ville de Hermosillo, état de Sonora, malgré les décisions de justice et les recours internationaux qui ont fait la démonstration de la légalité et la légitimité de leurs arguments. Cela en s’appuyant sur la criminalisation et le harcèlement contre les autorités et les portes-paroles de la tribu Yaqui.
  21. Les peuples Binizza et Ikoot s’organisent et s’articulent pour contenir l’avancée des projets éoliens, miniers et hydroélectriques, des barrages et des gazoducs, spécialement dans la zone appelée Zone Économique Spéciale de l’isthme de Tehuantepec, et des infrastructures qui menacent le territoire et l’autonomie des peuples dans l’Isthme de Tehuantepec, qui sont qualifiés detalibans de l’environnement et de talibans des droits indigènes selon les paroles exprimées par l’Association Mexicaine de l’Énergie en référence à l’ Assemblée Populaire du Peuple Juchiteco.
  22. Le peuple Mixteco de Oaxaca subit la spoliation de son territoire agraire affectant du même coup ses us et coutumes via des menaces, des assassinats et des emprisonnements qui cherchent à faire taire les voix des mécontents, tout en promouvant des groupes paramilitaires armés par les mauvais gouvernements, comme c’est le cas pour San Juan Mixtepec, état de Oaxaca.
  23. Les peuples Mixteco, Tlapaneco et Nahua de la montagne et de la côte du Guerrero font face à l’imposition de mégaprojets miniers soutenus par le narcotrafic, ses paramilitaires et les mauvais gouvernement, qui se disputent entre eux les territoires des peuples originaires.
  24. Le mauvais gouvernement mexicain continue de mentir et d’essayer d’occulter sa décomposition et sa responsabilité absolue dans la disparition forcée des 43 étudiants de l’école normale rurale Raúl Isidro Burgos d’Ayotzinapa, Guerrero.
  25. L’Etat maintient séquestré les compañeros Pedro Sánchez Berriozábal, Rómulo Arias Míreles, Teófilo Pérez González, Dominga González Martínez, Lorenzo Sánchez Berriozábal et Marco Antonio Pérez González originaires de la communauté Nahua de San Pedro Tlanixco dans l’état de Mexico, le compañero zapotèque de la région Loxicha Álvaro Sebastián, les compañeros Emilio Jiménez Gómez et Esteban Gómez Jiménez, prisonniers originaires de la communauté de Bachajón, Chiapas, les compañeros Pablo López Álvarez, ainsi que Raúl Gatica García et Juan Nicolás López du Conseil Indigène et Populaire de Oaxaca Ricardo Flores Magón, maintenus en exil. Récemment un juge a dicté une sentence de 33 ans de prison contre le compañero Luis Fernando Sotelo pour avoir exigé la présentation en vie des 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa, et sont maintenus séquestrés les compañeros Samuel Ramírez Gálvez, Gonzalo Molina González et Arturo Campos Herrera de la CRAC- PC (Coordination Régionale des Autorités Communautaires-Police Communautaire). Tout comme des centaines de prisonniers indigènes et non indigènes sont maintenus emprisonnés dans tout le pays pour défendre leurs territoires et exiger justice.
  26. Chez le peuple Mayo le territoire ancestral est menacé par des projets routiers visant à joindre Topolobampo avec l’état du Texas, Etats-Unis ; au moment même où d’ambitieux projets touristiques se dessinent dans la région de Barranca del Cobre.
  27. La nation Dakota voit son territoire sacré être envahi et détruit par des gazoducs et des oléoducs, raison pour laquelle un blocage permanent est maintenu pour protéger ce qui leur appartient.

Pour tout cela, nous réitérons que la protection de la vie et de la dignité, c’est à dire la résistance et la rébellion depuis en bas à gauche, est notre devoir auquel nous pouvons que répondre demanière collective. La rébellion donc, nous la construisons depuis nos petites assemblées dans des localités qui se joignent en de grandes assemblées communales, ejidales, de conseils de bon gouvernement, et en accords pris en tant que peuples, qui nous unissent sous une identité. A travers le partage, l’apprentissage et la construction de nous autres qui sommes le Congrès National Indigène, nous nous voyons et ressentons par le biais de nos douleurs, de nos mécontentements et de nos fondements ancestraux.

Pour défendre ce que nous sommes, notre cheminement et notre apprentissage se sont consolidés par le biais du renforcement des espaces collectifs où prendre des décisions, en recourant à des moyens juridiques nationaux et internationaux, à des actions de résistance civile pacifique, en mettant de côté les partis politiques qui n’ont généré que la mort, la corruption et l’achat des dignités, en faisant des alliances avec différents secteurs de la société civile, en fabriquant des moyens de communication à soi, des polices communautaires et des autodéfenses, desassemblées et des conseils populaires, des coopératives, l’exercice et la défense de la médecine traditionnelle, l’exercice et la défense de l’agriculture traditionnelle et écologique, les rituels etles cérémonies coutumières pour payer la terre-mère et continuer de cheminer avec elle et en elle, par la semence et la défense des graines natives, par des forums, des campagnes de diffusion et des activités socio-culturelles.

C’est cela le pouvoir d’en bas qui nous a maintenus vivants et c’est pour cela que commémorer la résistance et la rébellion, c’est aussi ratifier notre décision de continuer à être en vie en construisant l’espoir d’un futur possible uniquement sur les ruines du capitalisme.

Considérant que l’offensive contre les peuples ne cessera pas, mais qu’ils prétendent au contraire la faire croître jusqu’à en finir avec la dernière trace de ce que nous sommes en tant que peuples des villes et des campagnes, c’est porteurs de profonds mécontentements qui surgissent aussi sous des formes de résistances et de rébellion nouvelles, diverses et créatives, que ce Cinquième congrès national Indigène a fait le choix d’initier une consultation au sein de chacun de nos peuples pour démonter depuis le bas le pouvoir que d’en haut on nous impose et qui ne nous offre qu’un panorama fait de mort, de violence, de spoliation et de destruction.

Au vu de tout ce qui a été dit précédemment, nous nous déclarons en assemblée permanente et nous consulterons chacune de nos géographies, de nos territoires et de nos cheminements au sujet de l’accord pris par ce cinquième CNI de nommer un conseil indigène de gouvernement dont la parole sera matérialisée par une femme indigène, déléguée du CNI en tant que candidate indépendante qui se présentera au nom du Congrès National Indigène et de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale durant le processus électoral de l’année 2018 pour la présidence de ce pays.

Nous ratifions que notre lutte n’est pas pour le pouvoir, nous ne le cherchons pas ; mais nous en appellerons aux peuples originaires et à la société civile pour nous organiser afin d’arrêter cette destruction et nous renforcer dans nos résistances et rébellions, c’est-à-dire dans la défense de la vie de chaque personne, famille, collectif, communauté ou quartier. Pour construire la paix et la justice, en retissant nos fils depuis le bas, depuis là où nous sommes ce que nous sommes.

C’est le temps de la dignité rebelle, le temps de construire une nouvelle nation pour et par toutes et tous, de renforcer le pouvoir d’en-bas et de gauche anticapitaliste, le temps que payent les coupables pour la douleur des peuples de ce Mexique multicolore.

Enfin, nous annonçons la création de la page officielle du CNI à l’adresse : www.congresonacionalindigena.org

Depuis le CIDECI-UNITIERRA, Chiapas, octobre 2016

Pour la reconstitution Intégrale de nos peuples

Jamais plus un Mexique sans nous

Congrès National Indigène

Armée Zapatiste de Libération Nationale

Notes

[1] note : « que retiemble en sus centros la tierra », extrait de la première strophe de l’hymne national mexicain

Et pendant ce temps là dans les communautés zapatistes…

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ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE.

Mexique.

12 Mai 2016

url de l’article en français:

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Aux Compañer@s de la Sexta:

A qui de droit:

Compañeroas, compañeros et compañeras:

Maintenant nous allons vous parler un peu de comment vont les communautés zapatistes où résistent et luttent les bases de soutien.

Ce que nous allons vous relater maintenant vient des rapports des propres compañeras et compañeros zapatistes, responsables dans les villages, responsables de commissions (par exemple santé, éducation, jeunes etc.), autorités autonomes et responsables organisateurs. Mais avec les Comp@s du Comité nous l’avons vérifié pour voir si ce ne sont pas des mensonges, ou s’ils ne les changent pas pour que ça paraisse bien et cacher ce qui ne va pas. Le travail de ces écrits, ce n’est pas de dire des mensonges à nos comp@s de la Sexta, ni à ceux qui soutiennent et sont solidaires. Ni à vous, ni à eux, ni à elles, ni à personne d’autre.

Si nous n’avançons pas correctement, nous le disons clairement, non pas pour que vous vous sentiez plus tristes que vous ne l’êtes à cause de tout ce qui se passe là-bas, dans vos géographies et dans vos calendriers. Nous le disons car c’est notre manière de vous rendre des comptes, c’est-à-dire de vous informer, et que vous sachiez si nous prenons le chemin que nous vous avions dit, ou bien si en fait nous sommes passés à autre chose, peut-être en répétant les mêmes vices que nous critiquons.

Mais si nous avançons correctement, et bien nous voulons aussi que vous le sachiez, pour qu’ainsi vous vous réjouissiez avec le cœur collectif que nous sommes.

Comment savons-nous si nous avançons correctement ou non ? Et bien pour nous, femmes et hommes zapatistes, c’est très simple : les peuples parlent, les peuples commandent, les peuples font, les peuples défont. Au moment où quelqu’un prend le mauvais chemin, rapidement le collectif lui donne comme qui dirait sa remontée de bretelles, et ou il se corrige, ou il prend la porte de sortie.

C’est ça notre autonomie : le chemin c’est le nôtre, c’est nous qui le prenons, nous qui faisons les bons choix, nous qui nous trompons, nous qui nous corrigeons.

En résumé nous vous disons la vérité, car vous devez en avoir vraiment marre des mensonges et en être lassés. Et bien qu’elle fasse parfois mal, la vérité soulage toujours.

C’est à dire que nous ne voulons pas faire comme les mauvais gouvernements qui se sont beaucoup maquillé ces derniers jours, soit-disant pour faire plaisir au visiteur de passage, pour qu’il ne voit pas ce qu’il se passe en bas[1]. Mais ce maquillage n’a servi qu’à démontrer combien les gouvernements sont faux. Vous croyez vraiment que n’importe qui de modérément intelligent ne verrait pas la réalité? Qu’il se manifeste ou pas par rapport à cette réalité, et la forme avec laquelle il le fait, c’est autre chose, et c’est son problème.

Bon, en un peu de mots. Ce que nous vous racontons maintenant vient en complément de ce qui a déjà été expliqué dans les livres de la Petite École Zapatiste. Si vous n’avez pas assisté à la Petite École Zapatiste, que ce soit en communauté ou extra-muros, ou bien si vous ne connaissez pas ce que disent les livres de texte, et bien nous vous recommandons de les lire. Á l’intérieur, vous allez apprendre comment s’est déroulé le processus de construction de l’autonomie.

Ce qu’il se passe là, c’est nouveau, ce sont des nouvelles choses qui apparaissent, c’est à dire que ça n’existait pas il y a un ou deux ans :

  • La croissance zapatiste se maintient. Il y a de plus en plus de jeunes hommes et jeunes filles qui rentrent.
  • Pour ce qui est de la santé, les compañeras et les compañeros sont sur le bon chemin. Ce qu’on voit, c’est que dans leurs cliniques autonomes il y a moins de personnes qui arrivent car le travail de prévention a beaucoup augmenté, grâce aussi au suivi que procurent les promoteurs de santé autonome. C’est à dire que les gens sont moins malades. Dans les cliniques zapatistes autonomes, ceux qui arrivent de plus en plus fréquemment ce sont les gens des partis politiques.
  • Pour ce qui est de l’éducation, pour l’éducation primaire c’est pareil. Mais maintenant il y a une nouvelle exigence des communautés: le collège et le lycée. Dans certaines zones il y a un collège, mais pas partout. Maintenant, il y a des jeunes hommes et des jeunes femmes qui demandent l’éducation supérieure. Ils ne veulent pas des ateliers, mais des études supérieures dans les Sciences et dans les Arts. Mais pas des études selon le mode capitaliste des universités institutionnelles, mais des études selon notre mode. Sur ce point on a encore beaucoup à faire.
  • Pour ce qui est de l’économie, sans vous raconter ce qui existe déjà et qui se maintient en termes de travaux collectifs et individuels (milpa, haricot, plants de café, volaille, banane, mouton, bétail, boutique, miel d’abeille, potager, achat et vente de bétail, et autres types de produits), ce qu’on a constaté c’est que leur production a augmenté, ce qui a amélioré l’alimentation et la santé, surtout chez les jeunes et les enfants.
  • Dans certaines zones les promoteurs de santé autonome sont déjà en train de se former en échographie, en étude de laboratoire, en consultation générale, en odontologie et en gynécologie. De plus des campagnes de santé préventive sont réalisées dans les régions. Dans une zone, avec les bénéfices obtenus par le travail collectif, du bétail, du matériel de laboratoire et des appareils d’échographie ont déjà pu être acquis. Ils ont déjà des compañeros et compañeras formés à l’usage de ces appareils, produit de l’enseignement réciproque entre promoteurs de santé d’un caracol à l’autre, c’est-à-dire qu’ils se sont donnés des cours entre eux -mêmes. Et une autre clinique-hôpital est déjà en construction, pour qu’à partir de maintenant on puisse y faire de petites chirurgies, comme cela se fait déjà à la Realidad ou à Oventik.
  • Pour ce qui est du travail de la terre, les collectifs de milpa [culture de maïs et de plantes associées] et de bétail se sont beaucoup développés. Avec les bénéfices, en plus de se procurer des appareils et des médicaments pour les cliniques, ils se sont acheté un tracteur.
  • Pour le commerce, les épiceries coopératives ont obtenu leur indépendance économique, et ont maintenu des prix bas pour les familles zapatistes. Cela c’est possible car il n’y a personne qui s’enrichit sur la hausse des produits de consommation de base.
  • Dans les boutiques autonomes, il n’y pas de vêtements de marques exclusives ni les dernières modes pour s’habiller, mais il ne manque ni les naguas [jupes traditionnelles], habits, blouses, pantalons, chemises, chaussures (la majorité fabriquées dans les cordonneries autonomes), ni de ce que chacun utilise pour couvrir ses parties intimes.
  • Dans les collectifs de production et de commerce, ce sont les compañeras qui ont le plus avancé. Il y a quelques années, une quantité résultant du travail collectif de la comandancia, des comités et des insurgé-e-s, (oui, nous aussi nous travaillons pour produire et obtenir de l’argent), a été destinée à chaque municipalité autonome, pour que les compañeras bases de soutien la travaillent en collectif dans ce qui serait décidé par elles-mêmes.

Et il se trouve qu’elles s’en sont sorties meilleures administratrices que les hommes, car dans une municipalité les compañeras ont non seulement mis en place avec succès un collectif de bétail, mais maintenant elles sont tellement avancées qu’elles mettent leurs vaches «à partager» dans d’autres villages avec des collectifs de femmes («à partager» disent les zapatistes, quand ce qui a été obtenu se partage en deux, et que cette moitié est donnée à une autre «partie » ).

  • Il s’est passé la même chose avec les épiceries coopératives: elles en sont déjà à faire des prêts aux autres collectifs de région ou aux villages, et même à des compañeras
  • Toutes les municipalités autonomes effectuent un travail collectif de milpa, et d’autres ont du bétail. Toutes les régions ont un travail collectif qui donne des bénéfices. Par exemple, lors de la dernière célébration, les régions ont coopéré pour la vache qu’ils ont mangé durant la fête et pour les musiciens.
  • La grande majorité des villages effectuent des travaux collectifs. Dans certains villages, les hommes ne travaillent pas en collectif mais les compañeras si, et il y a des villages où se sont 2 collectifs, un collectif de compañeros et un collectif de compañeras. Individuellement tous luttent pour aller bien, et ils ont réussi à aller de l’avant et s’en sortir. Tant les milicien-e-s que les insurgé-e-s travaillent dans des collectifs de production pour subvenir à leurs besoins et soutenir les villages.
  • Dans le caracol d’Oventik, il ont déjà une tortilleria Nous ne savons pas combien coûte actuellement le kilo de tortilla dans vos géographies, mais à Oventik il est à 10 pesos le kilo. Et elles sont de maïs, pas de farine industrielle. Les transports publics font même des voyages spéciaux pour aller y acheter leurs tortillas. Dans la zone de Los Altos au Chiapas, là oú se trouve le caracol d’Oventik, on ne produit pas de maïs. Le maïs est produit dans les régions de la Selva et est commercialisé entre les collectifs de zone, pour que les familles zapatistes aient du maïs à bon prix et sans intermédiaires. Pour ça, on utilise des camions qui ont été donnés aux Conseils de Bon Gouvernement par des personnes bien attentionnées dont on ne va pas dire le nom, mais elles et nous savons de qui il s’agit.
  • Dans beaucoup de villages zapatistes, environ 50% travaille en collectif, et le reste en individuel. Dans d’autres, la majorité travaille en individuel. Bien que l’on promeuve le travaille collectif, le travail individuel qui n’exploite pas d’autres individus est respecté. Tant dans le travail collectif que dans le travail individuel, non seulement ils se maintiennent, mais en plus ils progressent.
  • Suivant chaque endroit, c’est comme cela que s’organisent les travaux collectifs. Il y a des collectifs dans les villages, et dans certains, il y a des collectifs d’hommes, des collectifs de femmes et des collectifs de jeunes. Il y a des collectifs de région ou de commune. Il y a des collectifs de zone ou de Conseil de Bon Gouvernement. Quand un collectif est plus avancé, il soutient les autres collectifs qui sont plus en retard. Ou bien, comme dans certaines régions, le travail collectif de production alimentaire est destiné aux internats qui existent pour les écoles secondaires autonomes.

-*-

Tout ce que nous vous racontons sur ces avancées ne vient pas du commandement zapatiste, c’est-à-dire que ce n’est pas sorti de la tête de quelques-uns, mais provient des réunions de partage entre les villages eux-mêmes.

Lors de ces réunions de partage, ils se racontent leurs travaux, leurs avancées, leurs problèmes et  leurs erreurs. De là sortent de nombreuses et de nouvelles idées qu’ils échangent entre eux. En d’autres mots, les compañeros et compañeras s’apprennent les uns les autres.

Et on vous dit bien sûr que nous, en tant que commandants, nous apprenons aussi, et beaucoup, de nos compañeras et compañeros zapatistes.

C’est terrible et merveilleux ce que nous regardons et ce que nous écoutons, ça l’est tellement que nous ne savons pas ce qui va ressortir de toute cette avancée.

Nous ne vous parlons pas pour le moment du réarmement des paramilitaires, de l’augmentation des patrouilles militaires, aériennes et terrestres, et de tout ce que font les mauvais gouvernements pour essayer de nous détruire. Nous ne vous donnons pas plus de détails, parce que nous savons bien que pour vous non plus ce n’est pas facile, que vos résistances et rébellions endurent des agressions tous les jours, à toutes heures et de toutes parts. Et que, quoi qu’il en soit, vous restez rebelles et en résistance.

Mais nous savons que vous savez que tout ce que nous vous racontons se déroule au milieu des agressions, des attaques, des harcèlements, des calomnies et des silences complices. Au milieu d’une guerre, donc.

Et bien que lors des périodes sombres, comme celle qu’on subit en ce moment, surgissent des « commerçants de l’espoir », nous, l@s zapatistes, nous ne nous laissons pas emporter par les balivernes ecclésiales, séculières ou laïques de soi-disant « nouveaux constituants » qui veulent « nous sauver » et qui ont recours aux mêmes vieilles méthodes de coercition qu’ils disent critiquer, et qui mentent sur de soi-disant soutiens de l’EZLN, tandis qu’ils tentent de rééditer l’histoire avec le soutien d’ « avant-gardes » obsolètes, qui ne sont plus depuis longtemps à la hauteur de leur propre héritage.

L’EZLN ne soutien aucune vente de bijoux de pacotille. Nous sommes en 2016, pas en 1521, réveillez-vous.

-*-

Compas de la Sexta, Frères et Sœurs du Congrès National Indigène :

De toutes nos forces, et au milieu de toutes ces turpitudes, nous les femmes et les hommes zapatistes nous nous préparons au pire, pour ce qui arrive.

Nous n’avons pas peur. Pas parce que nous sommes téméraires, mais parce que nous avons confiance en nos compañer@s.

C’est comme si, face à la tempête qui secoue déjà les ciels et les sols du monde, les bases de soutien zapatistes avaient grandi. Que c’est maintenant que brille le plus leur habilité, leur sagesse, leur imagination et leur créativité.

En réalité ce que cherche ces paroles, plus que d’informer ou de rendre des comptes, c’est de vous embrasser, vous tous, vous toutes et touzes, et vous rappeler qu’ici, dans ce recoin du monde, vous avez des compas qui ne vous oublient pas, malgré les distances entre les calendriers et les géographies.

Mais tout ne va pas bien. Pour être clair, il faut vous dire qu’il y a un défaut que nous voyons : les femmes zapatistes sont en train d’avancer plus que les hommes. C’est-à-dire que ça n’avance pas au même rythme.

Le temps où l’homme était le seul à rapporter la paye pour la maison s’estompe de plus en plus. Maintenant, dans certaines zones, les collectifs de femmes donnent du travail aux hommes. Et ils sont nombreux, les foyers zapatistes où la femme est celle qui va donner de l’argent à l’homme pour qu’il s’achète tant sa chemise que son pantalon, son bandana et puis son peigne, pour qu’il soit bien bel homme, lors des prochaines activités que nous annoncerons bientôt.

Parce que, peut-être que nous sommes sales, laids et mauvais, mais en tous cas : nous sommes bien peignés.

Depuis les montagnes du sud-est mexicain.

Sous-commandant Insurgé Moisés. Sous-commandant Insurgé Galeano.

Mexique, février 2016.

Du Carnet de Notes du Chat-Chien :

Fragment de la conversation entre quelques partidistes et quelques zapatistes :

Partidistes : En tant qu’EZLN, vous ne recevez pas de programme du gouvernement comme Procampo, Prospera, Nuevo Amanecer de los Ancianos?

Zapatistes : Non.

Partidistes : En tant qu’organisation, qui les subventionne?

Zapatistes : Nous sommes organisés et nous avons des bases de soutien qui travaillons ensemble et nous gouvernons, et nous avons des travaux collectifs et avec ça nous obtenons des ressources économiques pour soutenir notre résistance.

Partidistes : -Et de quelle manière nous en tant que société civile pouvons-nous nous organiser, et comment pouvez-vous nous conseiller, nous guider et nous enseigner ?

Zapatistes : Faites-vous votre idée de la situation avec les médias libres ou avec le Congrès National Indigène. Nous nous ne sommes pas là pour dire et pour décider comment vous allez vous organiser ni pour donner un nom à votre organisation. Que le peuple pense et décide quoi faire et comment il va s’organiser.

Partidistes : Que devons-nous faire?

Zapatistes:  Notre idée est de faire tomber le système capitaliste.

-*-

Rapport sur la discussion tenue, un matin très tôt du mois de février, entre celui qu’on appelle Sous-commandant Insurgé Moisés et le dénommé SupGaleano :

SupMoy : Le rapport dit qu’il y a des menaces de mort et que le gouvernement veut attaquer les caracoles pour en finir une fois pour toutes avec le zapatisme, que c’est parce qu’ils font mauvaise impression aux gouvernements.

SupGal : …

SupMoy : Qu’ils nous cherchent toi et moi pour nous tuer.

SupGal : « Nous tuer » ? C’est pas plutôt « nous arrêter » ?, « nous capturer » ?

SupMoy: Non, le rapport dit, « pour les tuer ».

SupGal : Ptain d’sa mère, et pourquoi moi ? Ça c’est du racisme-colonialiste-hétéro-patriarcal-eurocentré. Si c’est toi le porte-parole, c’est toi qui prends. Moi je suis que le dernier bastion du machisme zapatiste, et t’as vu qu’on est en franc déclin. En plus, pourquoi la violence ? Avant, ils disaient seulement « arrêter », « convocation », « détention », maintenant « tuer ». Et en plus moi je suis déjà mort plusieurs fois, ils ne me le prennent pas en compte ? C’est bon, qu’ils le classifient et mettent « mission accomplie ». Mais ne change pas de sujet, je te dis qu’il ne faut pas mettre dans le communiqué l’histoire des collectifs de femmes.

SupMoy : Et pourquoi non?

SupGal: Ben parce que si on le dit on va avoir des problèmes avec le genre masculin. Toute une tradition de films de Pedro Infante et de chansons de José Alfredo Jiménez risquent de disparaître. Toi tu es d’accord avec le fait que disparaissent des cultures ancestrales ? Non, n’est-ce pas ?

SupMoy: Ben comme disait le défunt : les dés sont jetés, parce que je l’ai déjà mis.

SupGal: Comment?!! Et la solidarité de genre?

SupMoy : Vaut mieux que tu réfléchisses à quoi faire pour que les hommes se motivent plus et fassent avancer leurs collectifs.

SupGal: Ok, ok, ok. On a besoin de retourner à nos racines, comme on dit. Je vais faire un programme spécial pour Radio Insurgente. Rien de Games of Thrones ni rien de rien ; que des chansons du grand camarade et dirigeant, premier du nom, roi de Garibaldi, père des dragons, et seigneur des sept lieux : Pedro Infante.

SupMoy: Hahahahahaha. Ils ne vont pas te le diffuser. C’est une compañera qui s’occupe de la programmation.

SupGal: P’tain d’sa mère, maudite loi révolutionnaire des femmes! Et de José Alfredo Jiménez?

SupMoy: Uuy ! De lui encore moins.

SupGal: Mmh… Les Bukis alors ?…  Les Téméraires ?… Brindis?… Los Tigres del Norte? Piporro?

La discussion a continué jusqu’à ce que le chat-chien, se faisant les ongles, conclue : ouaf-miaou.

C’était tôt le matin, il faisait très froid et, malgré le fait qu’une ombre se dressait sur la face de la terre, une petite lumière réchauffait le mot « résistance ».

J’atteste sur l’honneur de genre.

Note : Cet écrit a été réalisé sur un logiciel libre de traitement de textes à code source ouvert, avec un système d’exploitation GNU/Linux sous distro UBUNTU 14.04 LTS, sur un ordinateur de la marque très célèbre et très select « La Migaja Z.A. de C.V. de R.L » (note : « Z.A » ce sont les initiales de « Zapatiste Autonome » ; « C.V » de « Coopération Virtuelle » ; « R.L. » de « Rébellion Ludique »), modèle « Deus Ex Machina 6.9 », reconstruit (c’est-à-dire qu’il s’est cassé, mais qu’on l’a remonté comme un casse-tête) au Département de Haute Technologie Alternative Zapatiste (DATAZ, de par ses initiales en espagnol). Ok, ok, ok, au final ça donne une figure géométrique tridimensionnelle que nous appelons « KEKOSAEDRO » -parce que personne ne sait ce que c’est-, et il y a quelques câbles et quelques vis qui nous sont restés dans les mains, mais il marche bien… jusqu’à ce qu’il ne marche plus. « UBUNTU », en langue zoulou, signifie aussi « Je suis parce que nous sommes ». Dîtes « OUI » au logiciel libre. ¡Fuck Microsoft, Apple and so forth (if you know what I mean)! ¡Linux rules!

[1]Référence à la visite du pape François au Chiapas durant le mois de février 2016.

Résistance au colonialisme: Réponse de l’EZLN et du Sup Marcos/Galeano à l’avis de prescription du mandat d’arrêt mexicain à son encontre depuis 1995…

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Pourquoi ne vous auto-prescrivez-vous pas ceci ? [i]

Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN)

Mexique

Au ministère fédéral de la justice du Mexique:

Tout ce temps, les seuls terroristes ont été ceux qui, pour plus de 80 ans, ont si mal gouverné ce pays. Vous êtes simplement l’évier où les génocidaires viennent se laver les mains et ensemble vous avez converti le système judiciaire en une latrine bouchée pathétiquement conçue, le drapeau national en un rouleau de papier toilette réutilisable et le sceau national en un logo fait de malbouffe, fastfood non digérée. Tout le reste n’est que pur théâtre afin de simuler une justice là où il n’y a qu’impunité éhontée, de simuler un “gouvernement institutionnel” là où il n’y a rien de plus que dépossession et répression.

Alors, autoprescrivez-vous ceci: [IMAGE à voir sur l’article original, elle vaut le coup !…]

De 6 pieds sous terre.

Le décédé et regretté (ha!) SupMarcos

(signature)

Pourquoi tant de sérieux ?

J’adhère et souscrit ( et non pas prescrit/expire):

SupGaleano

(signature)

Autorisé par le commandement général de l’EZLN

Subcomandante Insurgente Moisés

(signature)

Mexique

Février 2016

P.S. Alors, ceci veut-il dire que Tampiqueño [ii] est maintenant libre de quitter la communauté et d’aller manger du crabe farci ? Il paiera la facture bien entendu, autrement oubliez. Il est donc libre maintenant de faire ce que tous les autres Mexicains peuvent faire ? C’est à dire que maintenant il est libre d’être exploité, moqué, escroqué, humilié, espionné, extorqué, kidnappé, assassiné et de souffrir toutes ces insultes à son intelligence par ceux qui disent et prétendent gouverner ce pays ? Je dis et demande çà parce que ce sont les seules choses que garantissent les “institutions” à tout citoyen de ce pays qui n’est pas d’en-haut.

[i] Ce communiqué est une réponse de l’EZLN à l’annonce récente faite par le ministère fédéral de la justice du Mexique et son conseil judiciaire qui a conclu que le mandat d’arrêt contre le Subcomandante Insurgente Marcos (d’alors) pour des actions provenant du soulèvement du 1er Janvier 1994, avait expiré (“se prescribe” en espagnol), par le fait de la clause de prescription de 20 ans des crimes dont il était accusé. Les accusations étaient: terrorisme, sédition, mutinerie, rébellion et conspiration.

L’EZLN ici joue sur le double sens du mot “prescribirse” (expire et prescrire). L’autorité judiciaire mexicaine dit que son mandat d’arrêt “se prescribe” (a expiré) et l’EZLN répond, “pourquoi ne pas vous “autoprescribirse” (auto-expirer/prescrire)….cela.”

[ii] “El Tampiqueño” est le nom donné par l’EZLN à la personne que le gouvernement mexicain proclama être en 1995 derrière le Subcomandante Insurgente Marcos.

Source: http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2016/02/26/why-dont-you-self-prescribe-this/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~