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Anthropologie politique et les valeurs de l’anarchie en tant que partie intégrante de la nature humaine…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, documentaire, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 5 juillet 2019 by Résistance 71

Article très intéressant qui rejoint en bien des points ce que nous avons bien plus longuement détaillé, analysé et développé dans notre “Manifeste pour la société des sociétés” d’octobre 2017. Nous mettons sous l’article quelques lectures complémentaires sur ce sujet que nous développons ici sur ce blog depuis maintenant près de 10 ans. Voici quelques auteurs/chercheurs indispensables à lire pour mieux comprendre la “nature humaine” ici évoquée et notre tendance sociétaire profonde étouffée et bafouée par l’État et la société marchande depuis quelques 5 000 ans (sur les 1,8 millions d’années d’existence de l’espèce humaine…) : Marcel Mauss, Pierre Clastres, Claude Lévi-Strauss, Jacques Lizot, Robert Jaulin, Marshall Sahlins, James C. Scott, David Graeber, Sam Mbah, Alain Guillem, Jean-Paul Demoule, Marylène Patou-Mathis. Vous trouverez en grande partie ces auteurs sur R71 (liens de lecture multiples sous l’article)…
Si le mouvement des Gilets Jaunes veut franchir une étape décisive vers l’émancipation réelle de la société, il serait temps de commencer à sérieusement analyser et intégrer ces notions présentées ci-dessous. Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir. Ceci devrait devenir l’évidence même pour de plus en plus de personnes.

~ Résistance 71 ~

 


L’histoire de l’État… c’est l’histoire de la guerre

 

Les valeurs morales de l’anarchie du point de vue de l’anthropologie

 

Charles MacDonald

 

1er juillet 2019

 

Source: 

https://www.monde-libertaire.fr/?article=Les_valeurs_morales_de_lanarchisme_et_de_la_pensee_libertaire_du_point_de_vue_de_lanthropologie

 

L’anarchisme, avant d’être une théorie politique, est une philosophie sociale très ancienne. Elle repose sur l’idée que les êtres humains ne sont pas faits pour être opprimés et dominés par d’autres et que leur existence collective repose sur une disposition à l’entraide généreuse. Dans les conditions actuelles de la vie collective mondiale aucune de ces deux conditions n’est satisfaite. La quasi totalité des habitants de notre planète vivent dans des conditions d’asservissement patents ou déguisés et poursuivent leur intérêt personnel au détriment d’autres personnes. Comment expliquer que des mouvements spontanés de masse apparaissent avec fréquence et régularité dans les sociétés modernes inégalitaires, pour exiger une complète égalité et une répartition juste des ressources, dans un esprit de partage communautaire et fraternel, et cela en dehors des cadres imposés par l’État ? La France a connu ces dernières années ce phénomène : Gilets Jaunes, ZAD de Notre-Dame des Landes, Indignés, Nuits Debout. En dehors de France, des mouvements de ce type sont fréquents : Occupy Wall Street, Black Blocs, Zapatistes mexicains, Rojava…. Tous ces phénomènes, dont la liste comprend une immense variété de révoltes populaires, de mouvements de contestation et d’expériences communautaires dans l’histoire des deux derniers siècles et bien avant, paraissent hétérogènes et différents mais se rejoignent tous dans le besoin d’une démocratie directe établie hors ou contre les pouvoirs de L’État.

Les théoriciens de l’anarchisme, comme Proudhon, Bakounine, Kropotkine, Makhno, et plus près de nous, Chomsky, pensent que l’anarchisme est inhérent à la « nature humaine ». Emma Goldman écrivait : « Je suis convaincue que l’anarchisme est trop vital et trop proche de la nature humaine pour mourir jamais ». (A Life Worth Living, 1934- ma traduction). Des philosophes et les sciences sociales depuis un demi-siècle ignorent ou refusent la notion de « nature humaine » qu’ils jugent fausse ou non pertinente pour leur propos. Or l’anthropologie sociale (autrefois appelée ethnologie) dans ses développements plus récents, alliée à d’autres disciplines (l’évolutionnisme darwinien appuyé par la génétique mendélienne, la primatologie, l’éthologie, la paléoanthropologie informée par la génétique des populations, la psychologie cognitive, les neurosciences) vient confirmer certaines des convictions des penseurs de l’anarchisme et notamment que l’anarchisme et l’esprit libertaire sont ancrés dans la nature humaine. 

Une brève mise en garde tout d’abord sur la question controversée de la « nature humaine ». Cette notion ne relève pas –ou ne relève plus– de la philosophie mais de la science. Celle-ci tente de distinguer ce qui est génétique, épigénétique et/ou culturel, ce qui est inné et/ou ce qui est acquis, ce qui ressort de la phylogenèse et/ou de l’ontogenèse, ce qui appartient à l’hérédité et/ou ce qui résulte de l’invention consciente, dans le cadre de ce qu’on appelle la co-évolution. Nous sommes loin de tout savoir à ce sujet. 

Homo sapiens est un mammifère qui a une histoire biologique dont les représentants actuels sont le résultat. Cette histoire est enfouie dans un passé de plusieurs centaines de milliers ou même de millions d’années. Nous ne connaissons réellement qu’une infime partie de cette histoire (moins de dix mille ans). Les nouvelles connaissances acquises dans les disciplines que je viens de citer permettent cependant de commencer à construire des hypothèses assez solides sur ce qu’était Homo sapiens avant qu’il ne devienne à une époque extrêmement récente un être urbain, hiérarchisé et soumis aux lois du marché.

Pour reconstruire une partie de cette préhistoire sociale, l’archéologie préhistorique ne possède aucune preuve ou indice directs des formes d’organisation collective jusqu’au néolithique. Les peintures de Lascaux ou de la grotte Chauvet ne disent rien des sociétés ou des groupes qui les ont faites : étaient-ils organisés en clans qui se combattaient ? étaient-ils patriarcaux ou matriarcaux ? se livraient-ils à la promiscuité sexuelle ou pratiquaient-ils le mariage monogame ? avaient-ils des chefs aux pouvoirs étendus ou vivaient-ils dans l’égalitarisme le plus strict? quelques rares indices, assez tardifs, comme des tombes et des restes funéraires accompagnés d’ornements, signalent un début de différenciation sociale. L’évolution de l’outillage lithique permet d’inférer une évolution parallèle de l’appareil cognitif. On a encore d’autres indices mais rien de précis quant à la forme exacte des organisations qui ont jalonné la préhistoire humaine ancienne. 

On sait cependant, grâce à la génétique, plusieurs choses importantes : qu’Homo sapiens ne forme qu’une seule espèce dont l’âge peut remonter jusqu’à 300 000 ans, qu’il a côtoyé, qu’il s’est mélangé à, et qu’il a peut-être éliminé d’autres espèces ou sous-espèces humaines (Neandertal, Denisovan, Homme de Florès), qu’il est passé d’Afrique en Eurasie il y a environ 70 000 ans et que 30 ou 40 000 ans plus tard il s’était répandu sur tous les continents. On sait aussi qu’il était chasseur, cueilleur et charognard et qu’il devait se déplacer fréquemment et sur de longues distances. Ce mode de vie est plus ou moins celui des chasseurs-cueilleurs actuels, certains d’entre eux du moins, et l’on tient là une deuxième source d’information putative. L’ethnologie des chasseurs-cueilleurs modernes (ceux observés au 19ème siècle et jusqu’à maintenant) livre des données qui peuvent être extrapolées avec prudence : On peut ainsi en inférer que durant le paléolithique l’homme se déplaçait en petites bandes nomades de type familial, tendait à être égalitaire et dans l’ensemble pacifique, qu’il exploitait de vastes territoires, qu’il était un chasseur intrépide et bien organisé, avec des armes de jet. On sait qu’il possédait le feu de cuisine, campait ou résidait dans des endroits protégés comme les grottes, ou dans des abris temporaires. Il fabriquait des outils, possédait le langage phonique doublement articulé et des capacités de représentation proches ou identiques aux nôtres dans leur dimension esthétique et symbolique. Tout cela ne donne au final qu’une image très floue de son organisation sociale ou plutôt de ses organisations sociales – car il est vraisemblable qu’il a expérimenté de nombreuses formes de vie collectives qui ont disparu sans laisser aucune trace – et ne permet surtout pas de comprendre comment nos organisations sociales modernes sont apparues. 

On s’est contenté de l’hypothèse de la « révolution néolithique » qui constitue en fait une révolution technologique (« invention » de l’agriculture, de l’élevage, de la métallurgie, de la poterie) accompagnée ou suivie de la naissance de concentrations urbaines et de croissance démographique, ainsi que d’institutions royales et religieuses. Cette séquence qui va de la bande aux royaumes et aux empires, en passant par les tribus et les chefferies, séquence que l’on retrouve indépendamment sur l’ancien et le nouveau monde, reflète bien l’évolution humaine dans sa phase ultime mais n’explique en rien pourquoi et comment cette forme d’organisation extrêmement hiérarchisée, reposant sur une sphère marchande, sur des idéologies de la soumission (abrahamiques par exemple [note] : Christianisme, Islam et Judaïsme.), sur la guerre et la compétition, est apparue et a fini par dominer toutes les autres. 

Deux hypothèses sont logiquement possibles. Cette forme moderne de société hiérarchisée et inégalitaire était contenue dès le départ, en germe, dans les organisations primitives. Ou alors il y a eu, en raison de circonstances spéciales, une mutation de la forme égalitaire en une forme inégalitaire qui, en raison de son efficacité adaptative, a pris le dessus et éliminé toutes les autres formes d’organisation. D’une façon comme d’une autre il reste que 95% ou plus de l’existence terrestre d’Homo sapiens s’est déroulé sous le régime de petites bandes multi-mâles multi-femelles de douze à cinquante individus, de type familial et égalitaire, bandes labiles, en processus constant de fission-fusion, en contact les unes avec les autres, changeant de forme et de composition rapidement, sans pouvoir central, sans organisation politique. Ce qu’enseigne l’observation des chasseurs-cueilleurs (chasseurs à pied, nomades, sans surplus, à stockage limité) est qu’un certain nombre de règles, définissant une éthique minimale, sont systématiquement observées dont en particulier la règle de partage et de mutualisme, de solidarité interne de la bande, de soins aux enfants dispensées par l’ensemble du groupe, de consensus, voire d’unanimité dans les décisions, d’absence de toute forme de pouvoir politique (les « chefs » persuadent mais ne commandent pas). En un mot, si ces conditions prévalaient, l’homme a vécu dans un état de pure anarchie durant presque toute son existence. Il a ainsi acquis et fixé des comportements d’entraide et d’égalitarisme qui définissent sa nature sociale. Les quelques milliers d’années durant lesquelles il a plié sous le joug des contraintes hiérarchiques et a été enfermé dans la cage appelée « civilisation » l’a peut-être transformé mais n’a pas pu éliminer ce fonds de réflexes, d’aspirations, de valeurs qui lui ont permis de survivre en tant qu’espèce vivante. 

Mais comment peut-on être sûr de cela ? A l’ethnologie comparée vient maintenant s’adjoindre une nouvelle source de connaissances dispensées par la biologie et deux de ses branches, l’éthologie et la primatologie. Tout d’abord la biologie renseigne sur certaines contraintes propres à différentes espèces. Il y en a au moins trois qui concernent directement l’espèce humaine. La première est la grégarité, la deuxième la coopération, la troisième la néoténie et la « K-stratégie ». On sait que les humains sont grégaires – vivent en groupes, collectifs, troupes, bandes, tribus ou autre – et non pas solitaires. C’est une donnée prioritaire. Ensuite ils coopèrent efficacement. La coopération existe d’ailleurs à tous les étages du vivant mais l’espèce humaine coopère de façon particulière. Enfin les humains font peu d’enfants (en général un à la fois) et le développement infantile est très long, l’enfant humain n’arrivant à maturité que vers quinze ans et son cerveau à vingt ans ou plus. Enfin, au contraire des insectes sociaux, l’humain est très autonome, sa marge de choix – eu égard principalement à la coopération – est très étendue. Sur cette base les groupes humains se sont formés en tenant compte de ces contraintes : il fallait coopérer avec des sujets très autonomes dans le but de protéger, alimenter et élever une progéniture extrêmement fragile et dépendante sur une longue période de temps. Dans la mesure où le sujet est autonome et où il doit coopérer s’il veut se reproduire, la coopération doit être voulue et ne peut l’être que sur la base d’une répartition équitable des tâches et des produits, du mutualisme (en d’autres termes de l’action altruiste d’intérêt personnel). Le souci de protéger sa famille est peut-être encore le souci le plus fréquemment attesté chez l’adulte. Le groupe familial fondé sur l’entraide et la coopération a été ainsi le creuset de l’évolution sociale. Nous sommes donc restés très coopératifs, très altruistes (mais de façon éclairée et pragmatique), et très profondément pénétrés de la valeur des relations personnelles. L’État moderne en faisant de nous des sujets abstraits a nié notre existence humaine primitive. Mais celle-ci demeure persistante et s’exprime de mille manières au cours de l’histoire ancienne et moderne. Les manifestations diverses de l’esprit libertaire naissent de notre conscience commune et universelle, comme le foyer au centre de la terre qui jaillit par autant de volcans disséminés à la surface du monde.

On peut ainsi parler d’une grande mouvance libertaire et/ou anarchiste, sans tout confondre sous ce terme, car il est clair qu’un autre courant est apparu durant l’histoire, celui de l’autoritarisme, du culte de la force, du pouvoir absolu, de L’État, celui des croyances à des entités fictives toutes-puissantes (la Nation, la Race, la Religion) et donc de la guerre. Ces deux courants s’entrechoquent toujours au sein des sociétés modernes sans qu’on puisse savoir lequel va l’emporter ou si une synthèse est vraiment possible. Après l’échec des expériences communistes, devant la dégradation morale et physique infligée par l’ordre étatiste et capitaliste, il ne reste plus qu’à nous retourner vers les origines anarchiques de notre vie collective pour en tirer les enseignements et les convictions dont nous avons besoin pour inventer une autre forme de vie.

Article tiré du Monde Libertaire, mai 2019

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Lectures complémentaires:

Notre page « La fin de l’État »

Notre page « Anthropologie Politique »

Notre page « Pierre Clastres et l’anthropologie politique »

Notre « Manifeste pour la société des sociétés » (octobre 2017)

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

3ri-et-societe-des-societes-du-chiapas-zapatistes-aux-gilets-jaunes-en-passant-par-le-rojava-fevrier-2019

Francis_Cousin Ce n’est qu’un début…

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

Marshall-Sahlins-La-nature-humaine-une-illusion-occidentale-2008

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Un-autre-regard-anarchiste-sur-la-vie-avec-emma-goldman

Rudolph Rocker_Anarchie de la theorie a la pratique

Abdullah-Ocalan-Confederalisme-democratique

David Graber Fragments Anthropologiques pour Changer l’histoire de l’humanité

L’anarchisme-africain-histoire-dun-mouvement-par-sam-mbah-et-ie-igariwey

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

Manifeste contre le travail

Un monde sans argent: le communisme

Inevitable_anarchie_Kropotkine

L’anarchie pour la jeunesse

40ans_Hommage_Pierre_Clastres

Erich_Mühsam la liberté de chacun est la liberté de tous

Le_Défi_Celtique_Alain_Guillerm

petit_precis_sur_la_societe_et_letat

kropotkine_science-etat-et-societé

 

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Anthropologie politique: « Contre le grain, une histoire profonde des premiers états » avec James C Scott (larges extraits version PDF)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, économie, démocratie participative, documentaire, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, sciences et technologies, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 28 septembre 2018 by Résistance 71

“Il n’y a rien dans la nature de plus pervers que notre idée de la nature humaine. Ce n’est qu’une fabrication de notre imagination… Nous ne sommes pas condamnés comme le pensent nos anciennes philosophies et notre science moderne, par cette irrésistible nature humaine qui fait que nous ne ferions que ce qui nous avantage au dépend de quiconque concerné, menaçant ainsi notre propre existence sociale.
Tout ceci n’a été qu’une gigantesque erreur. Ma modeste conclusion est que la civilisation a été construite sur une idée pervertie et erronée de la nature humaine. Vraiment, franchement désolé, ceci n’est qu’une grosse erreur. Quoi qu’il en soit, il est probablement vrai que cette idée erronée de la nature humaine qui nous pilote, mette en danger notre existence.”
~ Marshall Sahlins, “L’illusion occidentale de la nature humaine”, 2008 ~

Extraits du livre “Against the Grain, a Deep History of the Earliest States”,

“Contre le grain, une histoire profonde des premiers états”, 2017

par James C Scott*

~ Traduit partiellement de l’anglais par Résistance 71 ~

Septembre 2018

(*) L’auteur James C Scott est professeur de science politique et d’anthropologie à l’université de Yale aux Etats-Unis. Il y est le co-directeur du programme sur les études agraires et membre de l’Académie des Arts et des Sciences des Etats-Unis.

James C Scott est devenu par ses recherches profondes et pertinentes, un universitaire spécialiste incontournable pour ceux qui désirent analyser et comprendre l’histoire de la société humaine depuis ses lointaines origines en battant en brèches les poncifs et dogmes de ce que l’anthropologie politique “orthodoxe” a prêché au service du statu quo oligarchique depuis des décennies. Scott s’inscrit dans la lignée anthropologique des Pierre Clastres, Marshall Sahlins et du plus jeune David Graeber. Clastrien revendiqué, Scott commence souvent ses livres et conférences avec cette citation de Clastres tirée de “La société contre l’État” (1974):

Il est dit que l’histoire des peuples qui ont une histoire est l’histoire de la lutte des classes. On pourrait dire avec au moins tout autant de véracité que l’histoire des peuples sans histoire est une histoire de leur lutte contre l’État.

James C Scott est l’auteur de 10 livres dont, outre cet ouvrage dont nous traduisons quelques extraits de l’anglais, les célèbres ‘Seeing like a State”, Yale U, 1998, L’art de ne pas être gouverné, une histoire anarchiste des hauts-plateaux d’Asie du Sud-Est”, Yale U, 2009 et son tout dernier ouvrage dont nous traduisons ici de larges extraits: “Against the Grain, a Deep History of the Eartliest States”, Yale U, 2017. Il participe à de nombreuses conférences dans le monde et la plupart de celles-ci sont disponibles pour visionner gratuitement sur la toile.

Larges extraits du livre “Against de Grain, a Deep History of the Earliest States” ou “Contre le grain, histoire profonde des états initiaux”, traduit de l’anglais par Résistance 71

Le livre, publié aux éditions Yale University Press, se compose d’une préface de l’auteur, d’une introduction, de 7 chapitres (256 pages), suivis de 44 pages de notes bibliographiques.

La version PDF de notre traduction a été réalisée par la toujours excellente Jo de JBL1960 :

« Contre le Grain », James C. Scott (version PDF):
James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-Histoire-Profonde-des-Premiers-Etats

Lectures complémentaires:

Manifeste pour la Société des Sociétés

James_C_Scott_Lart_de_ne_pas_etre_gouverne

David Graber Fragments Anthropologiques pour Changer l’histoire de l’humanité

Marshall-Sahlins-La-nature-humaine-une-illusion-occidentale-2008

40ans_Hommage_Pierre_Clastres