Archive pour gilets jaunes résistance politique

Communiqué et compte-rendu de la seconde Assemblée des Assemblée des Gilets Jaunes, St Nazaire, avril 2019 (PDF)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, économie, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 15 mai 2019 by Résistance 71

 

Communiqué de la Maison du Peuple de St Nazaire

 

15 mai 2019

 

Voici en version PDF le CR de la 2ème AdA qui s’est tenue à la Maison du Peuple de St Nazaire du 5 au 7 avril 2019. A lire et diffuser très largement:

compte-rendu-complet-2e-ada-stnazaire
(format PDF)

Agenda Mouvement des Gilets Jaunes

mai 2019

Source:

https://saint-nazaire.assembleesdesgiletsjaunes.fr/agenda/ 

Ensemble d’actions proposées par différents groupes lors de la 2e Assemblée des assemblées. Si des dates ou des informations manquent ou seraient erronées, merci d’écrire à inscriptionassemblee@riseup.net

Actions à venir

>18 mai / Acte 27 : « Nous exigeons l’annulation des peines de prisonniers et condamnés du mouvement ! », appel proposé lors de la 2e Assemblée des assemblées à se retrouver partout pour manifester et nous rassembler devant les tribunaux et les prisons ! Retrouvons-nous pour exprimer toute notre solidarité avec nos blessés, nos condamnés et leur famille.

> 26 mai : appel à l’action et à la mobilisation pour la période des élections européennes, proposé lors de la 2e Assemblée des assemblées. Un rassemblement à Bruxelles, en lien avec les Gilets jaunes belges a été lancé. Les groupes locaux sont également encouragés à se mobiliser à la manière de leur choix pendant cette période électorale.

> Mois de juin, à partir du 3 : mobilisations pour défendre les droits sociaux, la santé, le pôle emploi, les EHPAD, les MDPH (Maison départementale des personnes handicapées, la CAF.

> Mois de juillet, à partir du 1er : actions visant les stations-service, les raffineries, le secteur des transports routiers, les aéroports, etc. Actions pendant le Tour de France.

> Mois d’août, à partir du 5 : actions visant les hypermarchés, les GAFA (géants du web : Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), le secteur logistique, les KHOL (entreprises représentant presque la moitié du CAC40 : Kering, Hermès, L’Oréal et LVMH).

> 24-26 août : actions visant le G7 qui a lieu à Biarritz.

Plus d’infos ici :

htps://www.facebook.com/G7-NON-CEST-NON-341188540081017/

> Mois de septembre, à partir du 2 : actions visant les médias, instituts de sondage, les élites (privées et publiques), etc.

Mois d’octobre :actions visant les prisons et tribunaux.

 

 


Tout le pouvoir aux Ronds-Points !

 

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

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Gilets Jaunes 26ème round: Solidarité – Union – Persévérance – Réflexion – Action !

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11 mai 2019

Gilets Jaunes !

Les bientôt six mois de lutte écoulés nous montrent on ne peut plus clairement qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il n’y en a en fait jamais eu et qu’il ne saurait y en avoir !

Ceci se doit de devenir une évidence incontournable pour toutes et tous, membres de notre lutte organique pour une société enfin libre.

Ainsi, toute négociation avec l’État et les représentants de l’oligarchie est non seulement futile mais contre-productive. Ignorons-les !

Solidarité – Union – Persévérance – Réflexion – Action

Devenons S.U.P.R.A Gilets Jaunes !

Reprenons le pouvoir par les Assemblées Populaires et ainsi:

  • Boycottons les institutions
  • Boycottons l’élection et l’impôt absorbant l’intérêt de la dette odieuse
  • Boycottons les entreprises du CAC40 et des transnationales criminelles
  • Achetons et promouvons les produits locaux
  • Réaménageons nos campagnes et nos communautés agricoles
  • Rassemblons-nous en comités populaires de voisinage, de travail…
  • Restons incontrôlables et imprévisibles !

Tout le Pouvoir aux Ronds-Points !

Pour une société émancipée et donc libre !

Groupe Gilets Jaunes de _______________

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 


Vive la Commune !
Vive la Société des Sociétés !

Résumé du 25ème round des Gilets Jaunes, 1er mai 2019…

Posted in actualité, crise mondiale, gilets jaunes, militantisme alternatif, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 2 mai 2019 by Résistance 71

 

En avant pour la Société des Sociétés !

Tout le pouvoir aux Ronds-Points !

A bas l’État, l’argent et le salariat !

Gilets Jaunes: 1er mai et 25ème round… Qui ose gagne !…

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Tout le pouvoir aux Ronds-Points !…

 

Tout est possible !

 

Paris Luttes Info

 

30 avril 2019

 

url de l’article: https://paris-luttes.info/tout-est-possible-12073?lang=fr

 

1er mai 2019, une journée pour tout tenter, une journée pour tout rêver.

Le 25e rendez-vous des GJ n’est pas comme les autres. Et c’est tant mieux. Le mouvement a besoin de sortir de sa routine et de sa ritualisation des manifs du samedi. Planifié, non pas un samedi, mais un jour férié, date historique pour les luttes sociales à travers le monde, ce nouveau rendez-vous devrait voir de nouvelles personnes venir collaborer à la chute du système : syndicalistes, écolos, anarchistes, mais aussi et surtout des milliers de citoyens anonymes en colère.

Cette date du premier mai arrive quelques jours après l’annonce des « décisions » de Macron suite au Grand Débat. Des annonces qui n’ont convaincu personne en dehors de la République en marche. Une allocution qui a confirmé le mépris de classe et la position ultra-autoritaire et inflexible du pouvoir, aussi bien le pouvoir politique que le pouvoir économique, policier et judiciaire.

Le message est clair : vous pourrez gesticuler encore des mois, la politique du gouvernement ne changera pas. Et le système encore moins. Si cette posture tient d’une tactique pour décourager les GJ et autres forces révolutionnaires, on sait qu’après avoir vraiment tremblé en novembre et décembre, le système a réussi à reprendre la main sur la gestion des révoltes, qui n’ont quasiment plus connu de caractère insurrectionnel en 2019, y compris lors des ultimatums du 16 mars et 20 avril. La force du système ultra libéral, c’est de comprendre les nouvelles situations et de s’y adapter ultra rapidement.

Il faudra donc beaucoup plus qu’un premier mai massif et déterminé pour réussir à ébranler le système. Mais ce 1er mai est essentiel pour que la lutte continue, qu’elle mute pour tromper encore le système, pour le faire dérailler. Ouvrir des brèches, tenter des expériences, se rencontrer, échanger, créer des alliances de rue éphémères…

Mercredi, chaque citoyen dans la rue aura les clés de la réussite de cette journée. Ce ne sont pas les syndicats qui ont les clés, ce ne sont pas les associations, ce ne sont pas les « figures » des GJ. Non, c’est chaque citoyen, qui, selon ses choix, ses paroles, ses actes, déterminera l’évolution de cette journée et donc de la suite du mouvement : une tentative de manif sauvage, lancer un chant repris par des milliers de manifestants, refuser d’entrer dans la nasse de fin de manif (prévue Place d’Italie a priori), se déguiser pour tourner en dérision le pouvoir, monter des barricades, repeindre la rue en jaune, entrer dans un bâtiment pour une occupation éphémère….

Tout est possible. La journée, la nuit et la vie nous appartiennent. N’ayons pas peur de l’inconnu, car seul cet inconnu peut nous permettre de vivre différemment.

La solution ne viendra pas d’un transpalette ou d’une banque en feu. Elle ne viendra pas non plus d’un manifestant déguisé en clown ou d’une fanfare invisible. Mais elle viendra de tout cela et des brèches que toutes ces individualités pourront créer. Des brèches dans lesquelles il appartiendra de s’engouffrer et d’improviser.

Le pouvoir craint plus qu’il ne le dit cette journée du 1er mai. Sa stratégie est connue d’avance : contrôler l’ensemble du cortège pour l’amener dans la nasse géante de fin de manif. Avant cela, dès que possible, scinder le cortège pour isoler les manifestants les plus déterminés et faire un max de répression et d’arrestation. Tout faire pour obliger les milliers de citoyens en colère à choisir leur camp : celui des gentils manifestants qui respectent les règles de la République, et les méchants anarchistes black bloc assoiffés de feu et de sang.

Ne leur offrons pas cette chance de nous séparer, idéologiquement, mais aussi physiquement dans la rue. Soyons soudés dans nos différences de pratiques et de tactiques. Respectons-nous, car nous avons le même adversaire, et que la différence ne nous fait pas peur.

Mercredi : chaque personne dans la rue aura le pouvoir de changer les choses. Le mouvement des GJ a prouvé la force de l’horizontalité et de l’action individuelle dans une lutte collective. Alors, n’ayez pas peur de vous lancer dans des initiatives. Parlez-en à vos proches et à vos camarades de lutte. Il reste quelques heures pour préparer ce 1er mai. C’est largement suffisant pour réfléchir et proposer des actions surprises, qu’elles soient festives, musicales ou offensives. Mercredi, chaque initiative sera une reprise éphémère de liberté et d’existence. Chaque acte subversif sera une victoire face à ce système qui veut nous faire croire que rien ne pourra jamais changer et qu’il faut retrouver nos « vies d’avant ».

Nous savons que nos vies d’après peuvent être bien plus joyeuses et solidaires. Et nous sommes prêts à nous battre pour cet horizon. Cela commence mercredi.

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Tract_Gilets_Jaunes

Gilets Jaunes !

Les cinq mois de lutte écoulés nous montrent on ne peut plus clairement qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il n’y en a en fait jamais eu et qu’il ne saurait y en avoir !

Ceci se doit de devenir une évidence incontournable pour toutes et tous, membres de notre lutte organique pour une société enfin libre.

Ainsi, toute négociation avec l’État et les représentants de l’oligarchie est non seulement futile mais contre-productive. Ignorons-les !

Solidarité – Union – Persévérance – Réflexion – Action

Devenons S.U.P.R.A Gilets Jaunes !

Reprenons le pouvoir par les Assemblées Populaires et ainsi:

  • Boycottons les institutions
  • Boycottons l’élection et l’impôt absorbant l’intérêt de la dette odieuse
  • Boycottons les entreprises du CAC40 et des transnationales criminelles
  • Achetons et promouvons les produits locaux
  • Réaménageons nos campagnes et nos communautés agricoles
  • Rassemblons-nous en comités populaires de voisinage, de travail…
  • Restons incontrôlables et imprévisibles !

Tout le Pouvoir aux Ronds-Points !

Pour une société émancipée et donc libre !

Groupe Gilets Jaunes de _______________

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Rappel vital de Jo en ce 1er mai sur l’enfumage total dont nous sommes victimes sur les retraites entre autre…

https://jbl1960blog.wordpress.com/2019/04/30/mensonges-de-decembre-davril/

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 


L’autonomie c’est la vie…
La soumission c’est la mort !

Gilets Jaunes: Sortir de l’obéissance aveugle… qui mène dans le mur

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 28 avril 2019 by Résistance 71

Ce qui est dit ci-dessous du 23ème round du Mouvement des Gilets Jaunes est aussi vrai pour ceux d’avant et d’après… et ce sera rebelote le 1er mai en marchant avec les foies jaunes syndicaux de la CGT et consorts, réformistes béats mangeant dans la main de l’état et du patronat, subventions obligent…
Rien n’a jamais bougé dans le conformisme et la soumission à quelque système que ce soit. Si on veut réellement en sortir, il faut nous tenir la main, ensemble, boycotter état et institutions, former partout les assemblées populaires telles que mises en place à Commercy, St Nazaire et ailleurs. On ne peut pas négocier avec le système et ses gardes-chiourme, la chienlit étatico-capitaliste. Y croire est au mieux utopiste, au pire complice de l’oppression menée envers nous tous.

Tout le pouvoir aux ronds-points !!

« Nous n’avons pas de problème avec la désobéissance civile, le problème est l’obéissance civile. » (Howard Zinn) – quelques textes complémentaires pour comprendre et en sortir sous cet article –

« Le plus grand des dangers vient de l’obéissance civile, de la soumission de la conscience individuelle à l’autorité gouvernementale. Une telle obéissance, soumission a mené aux horreurs dont nous a vous été les témoins dans les états totalitaires et dans les états libéraux, cela mène à l’acceptation publique de la guerre à chaque fois qu’un soi-disant gouvernement démocratique le décide… Dans le monde dans lequel nous vivons, le règle de la loi ne fait que maintenir les choses telles qu’elles sont. Ainsi pour changer les choses, il est nécessaire d’enfreindre la loi, de commettre des actes de désobéissance civile, comme les noirs des états du sud et les pacifistes le firent. »
~ Howard Zinn ~

L’historien Howard Zinn termine sont autobiographie de cette façon:

« Être rempli d’espoir dans les mauvaises périodes n’est simplement pas folie romantique. C’est basé sur le fait que l’histoire humaine n’est pas seulement une histoire de cruauté, mais aussi de compassion, de sacrifice, de courage et de gentillesse.
Ce sur quoi nous choisissons d’insister dans cette histoire complexe va déterminer nos vies… Le futur est une infinie succession de présents et vivre maintenant comme nous pensons que l’humain devrait vivre, en défi de tout le mal qui nous entoure, est déjà en soi, une merveilleuse victoire. »

Zinn et bien d’autres le disent: c’est une affaire de choix, mais pour faire le bon choix, encore faut-il avoir la bonne vision des choses, pour ce faire, être bien informé. C’est notre point de vue et notre mission depuis près d’une décennie…

A bas l’État, à bas les institutions, à bas l’argent, à bas le salariat pour que s’établisse la Société des Sociétés dans la complémentarité de notre diversité et hors antagonisme forcément induit par les institutions de la division politique de la société.

~ Résistance 71 ~

 

 

A force d’être traités comme des animaux

 

Paris-Luttes Info

 

25 avril 2019

 

url de l’article original:

https://paris-luttes.info/a-force-d-etre-traite-comme-des-12044?lang=fr

 

Réflexion, suite à l’acte XXIII des Gilets jaunes, sur la nécessité de dépasser les classiques – et inoffensives – manifestations déclarées type Bercy/Bastille/République. Face à un pouvoir de plus en plus autoritaire, il devient vital d’agir en primitif et de prévoir en stratège afin que vive ce mouvement

L’acte XXIII laisse le goût amer de l’inachevé. Des milliers de GJ se sont une nouvelle fois déplacés à Paris, peut-être plus que le 16 mars lors du premier ultimatum. Au-delà du nombre, c’est la détermination qui frappe et qui trouble le pouvoir. Semaine après semaine, la population dans la rue semble déterminée à ne pas reculer. À ne plus reculer. Pourtant, ce samedi 20 avril, la stratégie policière fut plus forte que la détermination de dizaines de milliers de citoyens. Mais à quel prix ? Et pour quels résultats dans les semaines et mois à venir ?

Dès le début de la matinée, nous comprenons que cette journée ne ressemblera en rien à celle de l’acte XVIII. Les premiers rassemblements non déclarés de 10h ne comptent pas assez de GJ pour empêcher les policiers présents de nasser puis de pousser tout le monde à se disperser (y compris dans le métro). La très grosse majorité des GJ se retrouve donc vers 12h pour le départ de la manif déclarée de Bercy.

Le monde est là. La détermination aussi. On sent une vraie dynamique. Sauf qu’il s’agit d’une manif déclarée Bercy/Bastille/République. Le parcours ultra classique des manifs syndicales. Les forces de l’ordre ont donc préparé le terrain et savent exactement comment gérer la situation, au point de prendre l’initiative de couper le cortège en plusieurs groupes (au moins trois différents). Le tout, très loin des quartiers des ultras riches et des lieux de pouvoir. Surtout, elles arrivent à pousser tous les GJ sur la place de la République, lieu officiel de fin de manif. Il est 15h15, l’acte XXIII parisien touche déjà à sa fin.

Car tous les Parisiens savent que terminer à République signifie désormais s’enfermer dans une nasse géante. S’enfermer au sens propre puisque, comme par le passé, la préfecture donne la consigne d’empêcher toute sortie de la place, et ce pendant plus de 3 heures !

Non seulement il n’est plus possible de manifester. Non seulement plus personne sur la place ne peut sortir. Mais les forces de l’ordre se prêtent à un jeu totalement abject consistant à inonder la place de lacrymo. Pire : des groupes de 15 à 20 policiers font des incursions au centre même de la place, remplie de milliers de manifestants. Au moindre projectile, c’est la charge, avec comme but d’attraper (et de frapper) ceux qui ne seront pas assez rapides (rarement ceux ayant lancé des projectiles).

On est loin, très loin du maintien de l’ordre. S’il s’agissait de maintenir une situation sans débordement, il suffisait de laisser la place de la République ouverte et sans charge ni gaz. Non, l’objectif de la préfecture (et donc du pouvoir) était bien d’enfermer en plein soleil des milliers de personnes, de les nasser, de les compresser, de les gazer et de les charger. Dans quel but ? Probablement les terroriser et les dissuader de revenir manifester les actes suivants. Il s’agit bien d’une stratégie de la terreur.

Il y avait de nombreuses personnes âgées, de nombreux enfants. La plupart novices quant aux pratiques de manifestations, notamment de manif de GJ parisiennes. Plusieurs personnes ont perdu leurs nerfs, se sont mises à pleurer, à crier, à paniquer. Et forcément, certains se sont énervés aussi. Car c’est une sensation très bizarre de se sentir enfermé dans un espace rempli de milliers de personnes avec des mouvements de foule importants à chaque gazage et charge. De quoi vraiment paniquer et/ou devenir fou. Certains étaient prêts à se mettre en danger pour pouvoir sortir. D’autres, jusqu’ici pacifiques, rejoignaient les GJ les plus offensifs. Plus la journée passait, plus la panique se faisait sentir, plus la tension devenait palpable. Des centaines de citoyens voulaient absolument sortir, coûte que coûte. Plusieurs GJ ont alerté les forces de l’ordre que cela pouvait se terminer en drame. On sentait qu’à la moindre étincelle, une personne pouvait véritablement péter un plomb. Et ce n’était pas les GJ les plus offensifs qui étaient potentiellement ceux qui auraient pu totalement vriller sous le coup de la panique et d’une crise de nerfs.

Mais à force d’être traités comme des animaux, comment s’étonner que certains commencent à agir comme des bêtes féroces ? À une époque, lorsqu’on voulait se débarrasser d’un chien, on l’énervait pour qu’à son tour il s’énerve et morde. On pouvait alors l’accuser d’avoir la rage, d’être dangereux… et le piquer.

La grande leçon de cette journée, c’est qu’il n’est plus possible de composer avec le pouvoir et son bras armé. Dans un pays démocratique, protester de façon concertée avec les autorités, cela a du sens. Dans un pays qui bafoue jour après jour les libertés fondamentales, cela revient à capituler.

Aujourd’hui, tenter d’accepter les règles de manifestation du pouvoir revient simplement à lui faciliter la tâche pour casser le mouvement et le meurtrir, y compris physiquement. D’autant que lui, ne se prive pas pour s’affranchir de ses propres « règles » : Les GJ qui avaient déclaré la manif (jusqu’à 22h) se sont fait insulter et gazer. Ce 20 avril a d’ailleurs fait monter d’un cran la violence aveugle et gratuite de la part des forces de l’ordre, avec des passages à tabac et des GAV totalement abusives, y compris de journalistes. Jamais, depuis 5 mois, les reporters qui suivent le mouvement n’avaient autant été la cible de la répression.

Face à cette situation, il apparait de plus en plus évident que la stratégie des manifestations déclarées ne peut aboutir à autre chose que faire mourir le mouvement : elles n’empêchent en rien les violences, les gaz et les arrestations abusives. Mais elle permet au pouvoir de contenir la colère. Agir en primitif, prévoir en stratège. Cette maxime du poète résistant René Char est plus que jamais d’actualité.

Car l’espoir reste là, la flamme brûle plus que jamais : samedi, au milieu des lacrymos et des charges successives, des centaines de GJ se sont mis à chanter « Nous on est là », tout en avançant face aux CRS. Charge de la police, matraquage, gazage. Et rebelote : les GJ revenaient, chantaient et avançaient. Si la démarche peut sembler vouée à l’échec, c’est la dynamique créée qui importe. Et cette dynamique résiste au gaz et aux matraques.

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Sept textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

Gilets Jaunes et le chemin de l’ultime émancipation… Pour une abolition totale de l’argent, du salariat et de l’État (Internationale Incontrôlable)

Posted in actualité, crise mondiale, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 26 avril 2019 by Résistance 71


Gilets Jaunes… contre l’état
et la société marchande

 

Pour une abolition totale de l’argent, du salariat et de l’état

 

Internationale In-contrôlable

 

Avril 2019

 

url de l’article:

http://guerredeclasse.fr/2019/04/23/pour-une-abolition-totale-et-definitive-du-salariat-de-letat-et-de-largent/

 

“ En même temps, et tout à fait en dehors de l’asservissement général qu’implique le régime du salariat, les ouvriers ne doivent pas s’exagérer le résultat final de cette lutte quotidienne. Ils ne doivent pas oublier qu’ils luttent contre les effets et non contre les causes de ces effets, qu’ils ne peuvent que retenir le mouvement descendant, mais non en changer la direction, qu’ils n’appliquent que des palliatifs, mais sans guérir le mal. Ils ne doivent donc pas se laisser absorber exclusivement par les escarmouches inévitables que font naître sans cesse les empiétements ininterrompus du capital ou les variations du marché. Il faut qu’ils comprennent que le régime actuel, avec toutes les misères dont il les accable, engendre en même temps les conditions matérielles et les formes sociales nécessaires pour la transformation économique de la société. Au lieu du mot d’ordre conservateur: «Un salaire équitable pour une journée de travail équitable», ils doivent inscrire sur leur drapeau le mot d’ordre révolutionnaire: «Abolition du salariat».”

Karl Marx – Salaire, prix et profit – 1865

“… le passage de la propriété foncière au travail salarié constitue un véritable mouvement dialectique en tant que processus historique accompli puisque le dernier produit de la propriété foncière moderne est bien l’instauration généralisée du travail salarié qui, ensuite, apparaît comme la base de toute la merde contemporaine.”

Karl Marx – Lettre à Engels du 2 avril 1858

“ Mais la lutte reprendra sans cesse, avec une ampleur toujours croissante, et il ne peut y avoir de doute quant au vainqueur final – le petit nombre des accapareurs, ou l’immense majorité travailleuse. Et la classe ouvrière française n’est que l’avant-garde du prolétariat moderne.”

Karl Marx, La guerre civile en France – 1871

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Actuellement en cette crise gigantesque et fantastique des Gilets Jaunes, nous voyons circuler des revendications arbitraires concernant le salariat : certains réclament plus d’argent, une meilleure retraite, de meilleures conditions de travail ! Autant le dire de suite, ces revendications n’obtiendront pas satisfaction et c’est tant mieux ! 

Le salariat n’a pas toujours existé, cependant il contient en lui tous les modes d’exploitation antérieurs (Antique, féodal, etc..) en réalisant la synthèse supérieure qui est la pire de toutes ! 

Pour imposer le salariat, le Capital a du passer par une période d’accumulation primitive qui, arrachant les paysans féodaux à leurs terres, consista à les déporter vers les villes au sein des corporations sous le joug du travail libre, n’hésitant pas à massacrer les plus récalcitrants. Cette réalité sociale historique constitue ainsi la base de notre société actuelle. Citons Marx à cette occasion.

“Le début des manufactures fut marqué en même temps par une période de vagabondage, causé par la disparition des troupes armées féodales et par le renvoi des armées que l’on avait rassemblées et que les rois avaient utilisées contre leurs vassaux, et causé également par l’amélioration de l’agriculture et la transformation en pâturage de larges zones de terres de culture. Il découle déjà de ces faits que ce vagabondage est exactement lié à la décomposition de la féodalité. Dès le XIII° siècle, on trouve quelques périodes de ce genre, mais le vagabondage ne s’établit de façon permanente et généralisée qu’à la fin du XV° siècle et au début du XVI° siècle. Les vagabonds étaient en tel nombre que le roi Henri VIII d’Angleterre, entre autres, en fit pendre 72 000 et il fallut une misère extrême pour arriver à les mettre au travail, et cela au prix de difficultés énormes et après une longue résistance. La prospérité rapide des manufactures, surtout en Angleterre, les absorba progressivement. La création du prolétariat sans feu ni lieu – licenciés des grands seigneurs féodaux et cultivateurs victimes d’expropriations violentes et répétées – allait nécessairement plus vite que son absorption par les manufactures naissantes. D’autre part, ces hommes brusquement arrachés à leurs conditions de vie habituelles ne pouvaient se faire aussi subitement à la discipline du nouvel ordre social. Il en sortit donc une masse de mendiants, de voleurs, de vagabonds. De là, vers la fin du XV° siècle et pendant tout le XVI°, dans l’ouest de l’Europe, une législation sanguinaire contre le vagabondage. Les pères de la classe ouvrière actuelle furent châtiés d’avoir été réduits à l’état de vagabonds et de pauvres. La législation les traita en criminels volontaires; elle supposa qu’il dépendait de leur libre arbitre de continuer à travailler comme par le passé et comme s’il n’était survenu aucun changement dans leur condition.”

Karl Marx – L’idéologie Allemande – 1845

“C’est ainsi que la population des campagnes, violemment expropriée et réduite au vagabondage, a été rompue à la discipline qu’exige le système du salariat par des lois d’un terrorisme grotesque, par le fouet, la marque au fer rouge, la torture et l’esclavage. […] Voilà de quel prix nous avons payé nos conquêtes; voilà ce qu’il en a coûté pour dégager les « lois éternelles et naturelles » de la production capitaliste, pour consommer le divorce du travailleur d’avec les conditions du travail, pour transformer celles-ci en capital, et la masse du peuple en salariés, en pauvres industrieux (labouring poor), chef-d’œuvre de l’art, création sublime de l’histoire moderne . Si, d’après Augier, c’est « avec des taches naturelles de sang, sur une de ses faces » que « l’argent est venu au monde », le capital y arrive suant le sang et la boue par tous les pores”
Karl Marx – Le Capital – livre 1 – Section 8 – l’accumulation primitive – 1867

Soyons clairs : le salariat c’est pire que l’esclavage ! c’est l’exploitation humaine la plus insidieuse, c’est la réalité la plus inhumaine et la plus dégradante qui soit ! Elle fait de chaque humain une marchandise qui chaque jour doit à nouveau se vendre si il ne veut pas crever de faim… Nous vivons actuellement la consécration absolue du Capitalisme dans sa domination planétaire enfin réalisée, et cette réalité que nous vivons est celle de sa crise terminale qui rend impossible tout réformisme dans une revalorisation marchande des conditions d’existence… 

Nous devons comprendre cela et le saisir comme une chance inouïe ! Ce qu’il y aurait de pire pour nous Gaulois réfractaires, c’est de pouvoir à nouveau rénover les conditions d’exploitation et ainsi retourner dans une dynamique de soumission et de revalorisation capitaliste… Notre vie n’est pas une marchandise ! Il existe aujourd’hui dans ce rapport social malade un amour de la servitude jamais atteint… Et comme nous le rappelait Paul Lafargue dans «Le droit à la paresse» : “Honte au prolétariat Français! Des esclaves seuls eussent été capables d’une telle bassesse. Il faudrait vingt ans de civilisation capitaliste à un Grec des temps héroïques pour concevoir un tel avilissement.”

En un mot, nous n’avons jamais été autant domestiqués et aussi inconscients sur notre propre réalité de vie asservie… Le prolétariat, c’est à dire la classe laborieuse que nous sommes reproduit le rapport social capitaliste qui programme notre mort… Débarrassons-nous en une fois pour toutes ! A bas toutes les restructurations économiques et politiques ! Battons-nous sur une frontière de classe clairement établie et libérons-nous de notre enfermement ! Nous n’avons rien à perdre d’autre que nos chaînes, et nous avons un monde à gagner !

Nous devons saisir RADICALEMENT que si nous voulons une vie humaine nous devons détruire ce rapport social de soumission qui reproduit le capital… Ce qui reproduit le Capital est le rapport prolétarien salarié qui créé la valeur nécessaire à la réalité capitaliste. Il ne faut donc pas se battre sur une base de revalorisation horaire de notre condition d’esclaves ou quémander misérablement un peu plus d’argent… Il convient bien d’abolir une fois pour toutes le salariat ! Demander un peu plus d’argent est une revendication illusoire quant à notre vie humaine ! L’Argent est un asservisseur et un rapport social de domination ! Il apporte la mort et la division, tout comme il apporte l’inversion des qualités et perceptions naturelles et humaines en toutes circonstances. 

L’Argent, c’est notre dépossession, et l’Etat n’est en réalité que le chef d’orchestre ostentatoire de cette dépossession. Nous n’avons pas à négocier la longueur de nos chaînes ! Si nous conservons le salariat nous conserverons obligatoirement et nécessairement toute la merde qui en découle. Cette crise sociale qui intervient, c’est aussi la fin de ces illusions stupides… 

Il est temps de commencer à comprendre que ce qui nous arrive est aussi ce qui nous ressemble. Pour cesser de ressembler à la pourriture capitaliste il conviendra d’abolir la condition prolétarienne. 

Si l’énergie vitale de la lutte du prolétariat qui advient comprend cela, alors tout est possible… 

Si nous persistons dans l’erreur alors c’est pour l’éternité que nous serons brisés, et les générations futures hériteront naturellement de toute la dégradation liée à cette aberration mentale de conscience fausse. Le capitalisme est l’anti-naturalisme achevé ! 

Toutes les guerres, les famines, les horreurs sont le produit de cette merde gigantesque qu’est l’accumulation du capital… Retrouvons le chemin humain de la communauté universelle pour une vie enfin humaine ! Toutes les cliques capitalistes de l’extrême gauche à l’extrême droite du capital comptent nous enfermer dans cette logique de l’économie politique pour l’éternité ! Nous le disons clairement : nous n’aurons jamais de vie humaine si nous conservons l’Argent le salariat et l’Etat… 

Notre vie nous est volée en permanence, et nous ne voulons assurément plus d’une sur-vie augmentée… Nous voulons la véritable vie humaine débarrassée de la marchandisation du monde et de l’Être, dans une absolue récusation de la chosification d’accumulation d’avoirs…
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«Le combat ou la mort la lutte sanguinaire ou le néant. C’est ainsi que la question est invinciblement posée.»
George Sand

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Note de lectures complémentaires R71:

Bien des penseurs anarchistes sont aussi arrivés à ces conclusions, l’abolition de l’état et du salariat fut même source de tension entre anarchistes et communistes autoritaires d’état, emmenés par Marx et Engels, durant la 1ère internationale. Sur le fond, il y a concordance, la divergence fut sur les moyens d’y parvenir, l’heure n’est plus à la division idéologique mais au regroupement dans l’essence de la lutte pour retrouver l’essence de la vie tant malmenée par les tares cancéreuses que son l’État et le capitalisme.

Aujourd’hui, la forme achevée du capitalisme veut ultimement se débarrasser de son compère l’État pour mettre en place la grille eugéniste de contrôle planétaire gérée par le capital transnational.

Nous sommes entrés dans la phase de vérité pour l’humanité: l’esclavage sous sa forme moderne généralisée ou réalisation de la communauté universelle de l’Être, embrassant la complémentarité de sa diversité et rejetant les antagonismes induits n’ayant plus lieu d’être. Ce qu’avec Gustav Landauer nous appelons: la Société des Sociétés

Il en est de même pour le salariat ; car après avoir proclamé l’abolition de la propriété privée et la possession en commun des instruments de travail, comment peut-on préconiser, sous une forme ou sous une autre, le maintien du salariat ? Et c’est bien, cependant, ce que font les collectivistes lorsqu’ils nous préconisent les bons de travail.
Si les socialistes anglais du commencement de ce siècle ont prêché les bons de travail, cela se comprend. Ils cherchaient simplement à mettre d’accord le Capital et le Travail. Ils répudiaient toute idée de toucher violemment à la propriété des capitalistes. Ils étaient si peu révolutionnaires qu’ils se déclaraient prêts à subir jusqu’au régime impérial, pourvu que ce régime favorisât leurs sociétés de coopération. Au fond, ils restaient bourgeois, charitables si l’on veut, et c’est pourquoi — Engels nous le dit dans sa préface au manifeste communiste de 1848 — à cette époque les socialistes étaient des bourgeois, tandis que les travailleurs avancés étaient communistes.”

~ Pierre Kropotkine, “La conquête du pain”, 1892 ~

Lectures complémentaires:

Abolition du salariat et de l’État:

https://resistance71.wordpress.com/2018/11/18/resistance-politique-communisme-et-anarchie-1ere-partie-pierre-kropotkine/

La_Conquête_du_Pain_Kropotkine

Notre page « Pierre Kropotkine »

Kropotkine_Entraide_facteur_de_levolution

Un monde sans argent: le communisme

Ecrits-choisis-anarchistes-sebastien-faure-mai-2018

Appel au Socialisme Gustav Landauer

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

 


VIVE LA COMMUNE !…

Gilets Jaunes: Réflexions sur la violence politique et l’injonction du compromis avec le pouvoir…

Posted in actualité, altermondialisme, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 7 avril 2019 by Résistance 71

 

Pour une violence sans but : « les gilets jaunes exigent sans savoir quoi » ou l’injonction à faire un compromis avec le pouvoir

 

Paris Luttes-Info

 

6 avril 2019

 

url de l’article:

https://paris-luttes.info/pour-une-violence-sans-but-les-11931?lang=fr

 

Il ne s’agit pas de disqualifier l’action politique orientée vers un but, la révolution qui propose des revendications concrètes, mais de penser autrement la violence : la violence n’est jamais orientée vers un but.

Un mouvement si complexe – et tel qu’on ne peut pas si simplement dire « ils veulent le RIC » ou « ils veulent une VIe République » – nous impose de ne plus penser la violence par rapport à son but : la violence exprime un dégout (du capitalisme pourrait-on dire ?), elle ne propose rien.

L’idée selon laquelle le « mouvement des gilets jaunes » — toujours pensé comme une entité ordonnée et unique — avait au début des « revendications légitimes », qui se sont ensuite dissoutes dans une « violence gratuite » est devenue une constante répétée inlassablement dans les médias, et par leurs spectateurs.

Notez que l’expression « revendications légitimes » est toujours elliptique : les médias se contentent d’évoquer une légitimité, sans jamais préciser, même allusivement, le contenu de ces revendications — joli tour de passe-passe qui dispense ces médias de s’interroger sur le fond politique du mouvement, pour ne critiquer plus que sa forme.

Autrement dit, il faut se méfier de tous ceux qui utilisent l’expression « revendications légitimes » : il s’agit souvent, mais pas toujours, de disqualifier le mouvement, d’éviter toute pensée proprement politique. 

Raphaël Enthoven est un maître dans l’art : ses maximes occultent d’autant plus la nécessité politique du mouvement qu’elles sont toujours formulées dans une langue intellectuelle et bourgeoise.

La critique médiatique de la « violence gratuite » repose sur le présupposé que toute action est orientée vers un but représentable a priori, vers des revendications concrètes, et la légitimité de cette action est dès lors mesurée et jugée, non à sa cause, mais à son but. On analyse toujours la violence par rapport à son but, par rapport à ses revendications (au même titre que les désirs sexuels seraient orientés vers la reproduction). 

Conception occidentale, que partage une partie de la gauche, notamment la gauche léniniste : l’avant-garde révolutionnaire qu’envisage Lénine serait avant-garde en cela qu’elle s’autoriserait a priori une représentation claire des buts à atteindre par la révolution, faisant de la révolution un moyen ordonné à ces buts.

Essayons de penser une violence sans but, c’est-à-dire non une violence gratuite, parce qu’il y a des nécessités révolutionnaires qui relèvent de l’invivable, mais une violence qui ne « propose » pas, qui ne travestit pas son urgence dans le langage du droit, c’est-à-dire dans le langage du pouvoir. La violence ne propose pas, elle exprime : une colère, un dégoût, une détestation…

Cela ne disqualifie ni ne contredit pas ceux, à l’extrême gauche, qui proposent des modèles de gouvernement ; il ne s’agit pas de dire que les violents n’ont pas de revendications concrètes — certains en ont — il s’agit de dire que la violence n’est pas orientée vers ces revendications. 

Autrement dit, l’acte politique qui menace de destituer le pouvoir est l’acte sans but, qu’on appellera violence.

C’est à cette violence que s’intéresse le philosophe contemporain Giorgio Agamben, qui, dans la fin du Karman et dans Moyens sans fin (après une analyse historique du primat métaphysique et occidental accordé à l’action, ordonnée à un but) développe une éthique du « geste ». 

Pensé à la manière du geste du danseur, dont la signification n’est pas à trouver du côté d’un quelconque but (moins la danse classique que la danse contemporaine, du coup), le geste politique est un moyen sans fin. 

Il y a peut être quelque chose du geste dans la grève générale prolétarienne, que Walter Benjamin, dans Critique de la violence, oppose à la grève qui s’exerce dans le cadre du droit — et qui, en tant qu’elle s’exerce dans un cadre, est déjà l’acceptation d’un ordre des choses où cette grève aurait sa place, lui confisquant toute possibilité de contester cet ordre. Le véritable geste gréviste ne pourra être qu’une grève qui déborde le droit qu’on lui a accordé. 

Note de R71: ce qu’on peut appeler la “grève générale illimitée et expropriatrice”, où les travailleurs reprennent possession des entreprises pour organiser eux-mêmes n’ont pas la merde marchande, mais la production et la distribution selon les besoins de tous.

Il en est de même pour la manifestation : il y a la manifestation autorisée, institutionnalisée, avec son parcours, ses revendications ; et la manifestation sauvage, l’émeute. Le geste se joue hors de toute autorisation, il est toujours sauvage, là où toute revendication est déjà de l’ordre de l’acceptation du monde dans lequel on est. 

Ainsi, de nombreux collectifs de 68 affirmaient qu’il ne fallait pas revendiquer quoi que ce soit : « soyez réalistes, demandez l’impossible ». Ce geste pur, refus des règles du pouvoir, est toujours insupportable pour les autorités. C’est sa puissance destituante. 

Au contraire, les manifestations pacifistes et autorisées, avec leurs parcours et leurs revendications, sont toujours supportables, toujours confortables pour ceux qui exercent un pouvoir, par exemple un gouvernement. 

Pas de négociation avec le pouvoir. 

L’acte politique, par opposition au vote, c’est quand des gens s’invitent et font effraction dans un jeu institutionnel déterminé par le pouvoir.

C’est peut-être ça l’anarchisme : refuser les règles du jeu, ne rien attendre du pouvoir, renoncer à l’idée que le pouvoir va octroyer quoi que ce soit, se l’octroyer.

Grèves, blocages, manifs sauvages.

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble en minimisant la violence, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération: