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Pas de « réforme » systémique possible, dire Non!… et agir en conséquence

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, syndicalisme et anarchisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 26 février 2021 by Résistance 71


Gilets Jaunes : Tout le pouvoir aux ronds-points

Pour que finalement le plus grand nombre comprenne qu’il n’y a pas de solution au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir.
Nous devons nous rassembler au delà des guerres de clochers qui ne sont que divisions sociale induites et comprendre que notre émancipation totale et définitive passe par l’entraide, la coopération, les associations libres volontairement confédérées, qui mettront en place la Commune Universelle planétaire de notre humanité enfin réalisée dans sa complémentarité organique et fonctionnelle.
Le seul mot d’orde qui tienne la route pour cet objectif est:
A bas l’État ! A bas la marchandise ! A bas l’argent ! A bas le salariat !
Devenons enfin ce que nous sommes en devenant politiquement adulte et en cessant de geindre et de passer notre temps à déléguer notre capacité décisionnaire, c’est à dire notre pouvoir, le seul qui compte vraiment pour œuvrer et réaliser l’intérêt commun non seulement de notre espèce, mais de toute la planète dans une vaste harmonie symbiotique organique.
Depuis des siècles, l’oligarchie nous a mis un voile d’illusion devant les yeux. Nous avançons dans une réalité artificielle, bien réelle certes au quotidien, mais qui n’a aucune raison d’être. Il suffit de dire NON !
Arrêtons de consentir, retrouvons l’esprit communard, il n’est pas si profondément enfoui, pour certain(e)s il est juste là… à fleur de peau.
L’heure vient…

~ Résistance 71 ~

Contre la politique des “sauveurs”

Pour qui veut changer le monde, mais pour de vrai ; pas en réformant le capitalisme

Le Monde Libertaire

Septembre 2020

Source: https://www.monde-libertaire.fr/?article=Contre_la_politique_des_

AVANT-PROPOS

Dans ce livre, et après une vaste table-ronde, on a voulu employer le féminin et le masculin. Au début nous avions décidé de tout mettre au féminin, qui se serait rapporté aux personnes, mais on avait du mal à accepter de parler de pouvoirs au féminin alors que l’on sait d’où vient le pouvoir. C’est pourquoi, tout ce qui a rapport au pouvoir est au masculin, le reste du texte sera un mélange des deux genres. Nous voulons faire comprendre à la lectrice que nous ne sommes pas seulement en train de parler de celles-ci mais de l’ensemble de la population, de même que pendant des siècles on a toujours voulu inclure toute personne dans le générique masculin mais que beaucoup se sont senties en réalité exclues ou méprisées. Nous sommes conscientes que cette décision donnera lieu à controverse. C’est pourquoi, nous vous demandons de tenir compte de l’importance du genre ; nous espérons que dans un avenir proche il n’y ait pas de divergence à ce sujet et que toutes les personnes se sentent inclues dans les textes. 

PRÉSENTATION

Ce petit livre essaye d’être un outil utile pour tout compagnon ou compagne intéressée par la lutte sociale, pour celles qui sont fatiguées par tant de promesses, celles qui ont été maltraitées par le pouvoir et ont la rage, pour les travailleuses, c’est-à-dire le peuple. Il peut être utile à qui ne connaît pas bien le monde libertaire et l’action directe. 

En se démarquant et en s’affichant contre tout parti politique ou organisation pyramidale ou institutionnelle, il cherche à ouvrir le chemin à d’autres formes d’organisation fondées sur le dés-apprentissage, la solidarité et l’entraide, puisque telles ont été les armes les plus puissantes pour le peuple dans son chemin vers l’émancipation. 

Nous n’allons pas proposer une solution selon le mode habituel des partis politiques et des syndicats qui promettent, proposent et ne changent rien. Nous voulons démonter les pièges du système capitaliste et tous ceux qui suivent ce jeu, en découvrant au grand jour l’inefficacité de la classe politique et la force que l’État exerce sur le peuple. 

Nous espérons que ces pages seront une contribution utile pour nous organiser de façon efficace et arriver à des résultats au bénéfice de toutes parce que nous devons comprendre que le changement est en nous. Si nous voulons un changement, nous devrons toutes travailler. Il n’y a pas de sauveurs. 

ORGANISE TA COLÈRE

Nous sommes nombreuses à vivre dans ce monde et une majorité d’entre nous souffre de la domination croissante d’un système, fait sur mesure pour quelques-uns. Un système qui, tout en nous utilisant comme marchandise et main d’œuvre bon marché quand cela l’intéresse, nous abandonne sans le moindre scrupule et de plus en plus souvent, à notre sort. 

Dans les mouvements de contestation, les grèves, les manifestations, nous avons pu constater le ras-le-bol et la colère du peuple, mais un simple coup de gueule ou une action ponctuelle ne suffisent pas à changer notre situation. Une protestation à elle seule, ne change rien, contrairement à ce qu’on nous a fait croire. 

Il est très important de comprendre le fonctionnement du système et le rôle que nous y jouons en tant que classe ouvrière, pour créer une conscience critique et de classe. Notre niveau d’information et notre envie constante d’apprendre peut devenir la plus grande crainte des puissants. Devant un peuple éduqué, le pouvoir ne peut que trembler. 

Comprendre les raisons de notre misère, identifier le problème et nous unir pour l’attaquer à la racine est la seule façon de parvenir à améliorer notre condition. Une conscience de la situation est nécessaire pour pouvoir agir efficacement. Si nous ne comprenons pas et que nous ne remettons pas en question notre fonction dans ce système au quotidien, toute tentative de changement ou de révolution sera impossible, parce que le capital dispose de multiples outils pour éliminer tout foyer de résistance visible, puisqu’aujourd’hui la grande majorité des mouvements contestataires est facilement contrôlée. 

On ne peut rien construire sans une base solide. 

Dans le chaos, les mensonges et la désinformation, en absence d’une conscience claire en tant que classe laborieuse ou classe moyenne, ou bien dans l’ignorance de la lutte des classes en cours, nous restons bras croisés pour voir si cette fois ce sera le parti socialiste, celles de Podemos, ou tout autre parti vendeur de vent qui nous rassurera et nous dira qu’il va nous sauver d’une incertitude et d’une précarité continuelle. Pendant ce temps-là, nous voyons que rien ne change dans le bon sens. 

Plus de 150 ans de lutte contre l’industrialisation et la mécanisation des humaines ont marqué toute une histoire de victoires et de défaites, puisque la bourgeoisie n’a jamais rien cédé gracieusement et que les travailleurs ont dans le passé ont gagné au prix de beaucoup d’efforts et de leurs vies ce que nous sommes en train de perdre maintenant très rapidement. 

Il faut aussi dire au préalable que nous avons une profonde méconnaissance de notre histoire et de la façon dont ont été acquis ces droits, que nos arrière-grands-mères et nos grands-pères ont gagnés. On s’est chargé d’effacer notre histoire et de nous éduquer en nous faisant croire que nos ancêtres étaient dans l’ignorance et l’incapacité de s’organiser mais n’est pas l’exacte vérité. On nous dit que leur qualité de vie fut mauvaise et que nous vivons bien mieux à présent et que nous sommes plus libres, mais en réalité, la structuration sociale est toujours la même qu’il y a cent ou deux cents ans, il est même possible que le partage inégal ou la différence entre riches et pauvres se soit creusé aujourd’hui. Les organisations ouvrières du passé étaient beaucoup mieux organisées que les nôtres pour cette bataille que nous devrons gagner si nous voulons vivre libres. C’est pour toutes ces raisons que nous devons tirer des enseignements de l’histoire. 

Aujourd’hui comme hier, nous croyons à la solidarité, à l’entraide et à l’autogestion, parce qu’elles se sont avérées les outils les plus efficaces pour l’émancipation de la classe ouvrière. Nous constatons que l’égoïsme, l’individualisme et la passivité ont poussé la société à la perte de valeurs et à la folie, mais le plus important est que nous avons appris qu’avec l’union et la solidarité, on peut tout obtenir. Ces méthodes oubliées de l’histoire ont permis d’atteindre de grands objectifs dans le passé. Parmi les acquis, nous trouvons, par exemple, la journée de travail de huit heures, qui n’est certes pas l’objectif final des travailleuses mais a constitué néanmoins une grande victoire. Nos ancêtres ont réussi à toucher au but. Un objectif clair, l’union et une lutte acharnée de leur part ont réussi à mettre en échec l’État et la bourgeoisie, inquiète de voir trembler les soubassements de ce monde conçu à sa mesure et pour son profit et le voir devenir un monde où il n’y aurait pas de place pour l’exploitation et la pauvreté. Aujourd’hui, les gouvernements se chargent parfaitement de nous tenir dans l’oubli de toute cette histoire : mais même si on ne nous la raconte pas, l’anarchisme a une histoire digne de nous remplir de fierté. 

L’histoire est la lutte constante entre ceux qui essayent de soumettre le peuple et ceux qui ne veulent pas se laisser soumettre. La domination et l’esclavage ont toujours été le rêve des grands de ce monde. Ils cherchent à avoir une population soumise, en proie à la peur et la tristesse, allant de la maison au travail et du travail à la maison, produisant pour eux de la richesse et leur procurant du pouvoir. Mais, d’un autre côté, la résistance et la lutte pour se libérer des chaînes et encourager le peuple à apprendre, lutter et décider de son propre avenir, ont toujours existé. 

Les défaites, les coups durs et la paralysie des dernières années ont conduit la société travailleuse à l’oubli et à ne pas s’interroger sur les mécanismes de leurs vies, à abandonner en cours de route les aspirations et les rêves de nos grands-mères, qui ont tout donné pour essayer de franchir la barrière et sortir de la misère économique et mentale que produit le système dans lequel nous vivons. 

Nous nous croyons libres en tant que pièces ou un maillon d’un vaste mécanisme, sans nous rendre compte que nous vivons plus que jamais dans les entrailles d’un capitalisme avancé qui nous mène de façon accélérée à la destruction. 

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Nous ne vivons pas au XIX siècle ni au XX ; les mécanismes et les duperies du capital ont su mieux se dissimuler et se cacher, sous une couche de fausse liberté et démocratie, le système se régénère et continue à tourner à plein rendement. Au nom de la démocratie, on travaille à créer la plus grande des dictatures. Au nom de la démocratie, on arrête, on torture, on contrôle, etc. Quiconque ne voudrait pas participer à leur jeu, est appelé terroriste et l’État paternaliste, en faisant croire à la population que la police et l’armée défendent leur liberté, devient le protecteur et le contrôleur du peuple. 

À la différence de nos ancêtres, qui grâce au lien de la complicité de classe, ont su s’unir et lutter ensemble pour essayer d’œuvrer pour le bien commun, nous aspirons au bien-être personnel. Même le petit patron ou la travailleuse aspirent au succès et à la richesse. L’éducation individualiste que nous recevons depuis l’enfance nous apprend que le succès est en rapport avec l’argent et le pouvoir, et nous y aspirerons tous pour essayer de « réussir dans la vie » comme on dit. Au lieu de nous soutenir mutuellement, nous vivrons selon « la loi de la jungle » pour essayer de nous placer au premier rang. La triste réalité, c’est que tandis que nous nous marchons dessus dans une course absurde pour arriver au sommet, seule une minorité contrôle la situation et elle appartient à une catégorie privilégiée. Nous autres, des classes populaires, nous continuerons sur le mode de la survie pour aller de l’avant. Certaines obtiendront beaucoup, d’autres perdront tout et continueront à être victimes de l’exploitation. L’éducation dans la rivalité fait en sorte que les travailleuses se battent entre elles dans une lutte qui n’a pas de sens, tandis que les riches, les véritables coupables de leur misère, continuent à accumuler des richesses. L’accumulation de richesses non nécessaires n’est pas viable si nous voulons créer une société fondée sur la solidarité et l’entraide. La planète est riche et la terre généreuse, aussi pour en finir avec la pauvreté, le seul chemin est d’en finir avec la richesse, avec sa distribution injuste. En nous battant entre nous, nous n’améliorerons jamais notre situation, notre ennemi est en train de compter des billets de banque dans les grands bureaux où il continue à gagner de l’argent aux dépens de la misère d’autrui, en profitant de la misère des travailleurs. 

Une autre victoire du capital a été que les classes populaires voient les grands patrons comme des battants. Aujourd’hui nous admirons ceux qui se sont enrichis aux dépens du travail d’autrui et nous envions leur vie. Cela marque la mort de la conscience de classe et de l’union des travailleuses pour nous soutenir dans la recherche d’une vie plus juste. Maintenant nous voulons être chefs ! Des gens aisés ! Un exemple frappant en est le nouveau gérant ou propriétaire d’une entreprise qui, après avoir passé des années à un poste plus bas soumise à ses supérieurs, passe dans le camp des oppresseurs pour refaire mille fois ce qu’elle a subi, faisant souffrir les personnes à des postes inférieurs. Quel sens est-ce que ça a ? Que sont devenues la fraternité et la camaraderie ? Maintenant le travailleur croit que l’entreprise lui appartient même si elle est une simple salariée et que son patron garde pour lui une grande partie de la richesse qu’elle produit. 

La personne chef d’entreprise se vante toujours d’avoir su monter une affaire au bon moment, d’avoir su faire le bon investissement etc. Pour justifier son gros compte en banque, elle dira que c’est elle qui a risqué son capital pour monter cette affaire. Elle n’a pas tort, elle a risqué cet argent, mais elle n’aurait pas pu faire fonctionner son entreprise sans ses travailleurs. Pour donner deux exemples, dans une fonderie, celle qui prend vraiment des risques, c’est celle qui travaille tous les jours à verser le liquide brûlant et dans les hauts fourneaux. Dans une mine, celle qui prend des risques, c’est celle qui extrait des minéraux à des centaines de mètres sous terre, et il n’est pas juste qu’un investisseur ou dirigeant de l’entreprise prenne une plus grande part d’argent qu’elles, parce que ce sont elles qui véritablement font fonctionner l’entreprise. Ce qui a permis à la société de progresser pendant des années, c’est la capacité des êtres humains à s’unir pour travailler en groupe et atteindre leurs objectifs. Il est beaucoup plus facile de travailler en groupe que seule, mais quand sonne l’heure de la distribution des bénéfices ou des produits, il n’est pas juste qu’une personne prenne la plus grande part. 

Dans toute entreprise, c’est le chef ou le groupe dirigeant qui gagne davantage, parce que l’économie et notre société sont fondées et soutenues par l’accumulation de capitaux pour un petit nombre et de travail salarié pour les autres. L’inégalité est visible dans la plupart des entreprises, petites, moyennes et grandes et elles sont toutes un exemple clair de capitalisme et de distribution injuste. Actuellement, dans ce féroce marché globalisé. Beaucoup des affaires en question restent de petites entreprises en comparaison avec les monstrueuses multinationales qui brassent l’économie et contrôlent la vie de milliers de travailleuses, celles que nous connaissons toutes. Les grandes multinationales sont au sommet de la pyramide capitaliste. 

De nos jours ce qu’on considèrerait une vie normale, consiste à étudier pour travailler, travailler dur, acheter une maison, procréer et essayer de cotiser pour avoir une retraite. Nous allons toutes au travail, nous faisons notre journée de travail et nous recevons un salaire mais quelle partie de la richesse générée par un travailleur lui revient-elle exactement ?

Le travail salarié, c’est totalement du vol et la fixation de nos salaires est fonction des marchés qui marchent au pas des banques et les multinationales. Le salaire d’une travailleuse normale ne permet quasiment que de tenir le mois, c’est-à-dire payer la maison, construite par les travailleuses, payer la nourriture, également cultivée par les travailleuses et payer les factures de biens communs ou de ressources naturelles détenus par les riches pour prendre ton argent et avoir le bénéfice de l’effort de toute la population. Tu croyais faire partie de l’entreprise, mais l’affaire c’est toi. Devoir payer le crédit immobilier, l’électricité, l’eau, le téléphone, etc t’obligera à travailler toute ta vie. Ils parviennent à nous lier à la vie salariée en nous faisant payer pour tout et en fixant un prix exorbitant pour des besoins de première nécessité comme le logement. Si le prix d’un appartement tourne au bas mot autour de 150 000 euros, combien de salaires et d’années de travail es-tu en train de consacrer à quelque chose d’aussi essentiel qu’avoir un toit digne ?

Se rendre au travail et remplir les fonctions quotidiennes, c’est dur, mais ça l’est encore plus de travailler 40 heures par semaine pour pouvoir survivre ou pour ne pas joindre les deux bouts chaque mois parce que les bénéfices de ce que tu as produit ne te reviennent pas. La liberté ce n’est pas de l’argent et du travail ; dans la société dans laquelle nous vivons, on ne recherche pas le bien-être de la société quand on produit, c’est-à-dire que nous ne travaillons pas pour produire ce dont nous avons besoin pour vivre, nous travaillons pour enrichir les patrons. 

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Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Pathocratie : Sortir les clowns psychopathes du pouvoir et le reprendre par et pour nous-mêmes…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, colonialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , on 2 février 2021 by Résistance 71

Nous avons traduit cet article parce que nous avons trouvé intéressant qu’un avocat spécialisé en droit constitutionnel en arrive à cette analyse, vu qu’il est dans le système et en dépend. Il est intéressant de noter qu’une fois de plus, si on peut s’accorder sur l’analyse faite, c’est sur certaines des solutions proposées que l’on peut toujours diverger, ce qui nous amène à la question essentielle après lecture d’une telle analyse : comment quelqu’un d’intelligent et ayant une bonne dose d’humanité (l’auteur n’est manifestement pas un des psychopathes qu’il décrit…), peut-il encore croire à une quelconque viabilité de la fonctionnalité du système, comment ne peut-on pas voir aujourd’hui comme le nez au milieu de la figure, qu’où que ce soit : il n’y a pas de solution au sein du système et ne saurait y en avoir, qu’il faut en sortir et œuvrer ensemble hors état, hors marchandise, hors argent et hors salariat ?.. Ceci constitue aujourd’hui une évidence irréfutable dont il faut impérativement tenir compte si nous voulons sortir durablement du marasme étatico-capitaliste dans lequel nous nous sommes laissés enfermer.

~ Résistance 71 ~


L’asile armé aux manettes… partout en occident

Nous, le peuple, devrions prendre les décisions

John Whitehead*

Novembre 2020

url de l’article original:
https://americanfreepress.net/we-the-people-should-call-the-shots/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Il y a vingt ans, un journal posait la question dans une manchette : “Qu’elle différence y a t’il entre un politicien et un psychopathe ?” La réponse alors et aujourd’hui demeure la même : Aucune. A mon avis, il n’y a aucune différence entre les psychopathes et les politiciens (NdR71 : Nous serons un peu plus nuancés : depuis la fin de la seconde guerre mondiale, on peut dire que si tous les politiciens ne sont pas des psychopathes, tous les politiciens qui ont eu et ont une influence notamment en géopolitique, l’ont été ou le sont aujourd’hui, c’est même sans aucun doute un pré-requis pour arriver au sommet de la pyramide politique… Un exemple d’actualité parmi tant d’autres : Klaus Schwab, patron de Davos, si grande gueule de nos jours, est un élève de Kissinger, le plus grand psychopathe, criminel de guerre toujours en vie actuellement… On sait donc où cette ordure veut emmener le monde pour le seul bien du système à l’agonie et les autres exemples de cet accabi sont nombreux). Il n’y a pas non plus beaucoup de différence entre le chaos imposé sur les masses innocentes par une clique de criminels parasites, égoïstes, sans scrupules, irresponsables et déjantés et les élus passant leur vie à mentir à leurs concitoyens, échanger des faveurs politiques contre des fonds de campagnes électorales, faire semblant de ne pas entendre les plaintes de leurs électeurs, escroquer les contribuables de leurs impôts payés de leur labeur, favoriser les élites entrepreneuriales, et renforcer le complexe militaro-industriel, sans penser outre mesure aux conséquences dramatiques qu’ont et auront sur les citoyens sans défense leurs actions intempestives et toutes leurs législations liberticides passées à la hâte.

Les psychopathes et les politiciens ont tous deux une forte tendance à l’égoïsme, au narcissisme, à l’exploitation sans vergogne d’autrui, à l’irresponsabilité, au mensonge pathologique, à être des escrocs sans aucun remord. Les politiciens charismatiques, tout comme les criminels psychopathes, démontrent la propention à ne jamais accepter la responsabilité de leurs actions, ont une très haute opinion d’eux-mêmes, sont chroniquement instables, ont des styles de vie socialement déviants, ont besoin d’une stimulation constante, ont un style de vie parasitique et s’affublent d’objectifs irréalistes.

Cela n’a aucune importance de savoir si on parle de “démocrates” ou de “républicains” ; tous ces psychopathes politiques sont issus du même moule, souvent enjolivés d’un semblant de charme facile et d’esprits calculateurs inaltérables. De tels leaders créent éventuellement des pathocraties, sociétés totalitaires enclines au pouvoir, au contrôle, à la destruction de la liberté de manière générale et de ceux qui mettent ces libertés en pratique. Une fois les psychopathes au pouvoir, le résultat est généralement une forme de gouvernement totalitaire ou pathocratie. “A ce point, le gouvernement opère contre les intérêts de son propre peuple mis à part certains groupes privilégiés,” explique James G. Long. 

En d’autres termes, élire un psychopathe dans une fonction publique revient à pratiquer un hara-kiri national, cet acte ritualisé d’auto-destruction suicidaire.Cela signale la mise à l’écart de toute velléité démocratique et fournit la base pour un régime totalitaire légaliste, militariste, inflexible, intolérant et inhumain. Pourquoi donc le faisons-nous encore et encore ? Incroyablement, malgré la preuve évidente des dégâts qui ont déjà été causés à cette nation et à ses citoyens par des hauts-fonctionnaires gouvernementaux psychos, les électeurs continuent d’élire des psychopathes aux plus hautes fonctions de l’État.

En fait, il y a une bonne raison pour laquelle la capitale de cette nation, Washington D.C, est au sommet de la liste des régions peuplées de psychopathes. Lorsque notre propre gouvernement ne nous regarde plus comme des êtres humains ayant une dignité et une valeur, mais comme des choses, des marchandises à manipuler, manœuvrer, à pomper les données, à être molestées par la police, trompées à croire qu’ils ont notre meilleur intérêt à cœur, pour finalement nous maltraiter et nous jeter en prison si nous osons sortir du sentier battu, pour être punis sans aucun remord, tout ça en refusant simultanément de prendre responsabilité de leurs échecs, alors nous ne fonctionnons plus du tout dans une république constitutionnelle (NdT: ici l’auteur ne voit pas que le concept même de “république constitutionnelle” est un leurre et une vaste supercherie… Il a encore un petit bout de chemin à faire…).

Au lieu de cela, nous faisons l’expérience d’une pathocratie : la tyrannie aux mains d’un gouvernement psychopathe, qui “opère contre les intérêts de son peuple à l’exception d’un groupe privilégié.” Pire, la psychopathologie n’est pas confinée à ceux œuvrant en haut lieu au sein de gouvernement. Elle peut se propager comme un virus dans la population (NdT: c’est une construction sociale à ce niveau, construite méticuleusement au moyen de certains rouages du système…). Comme l’a conclu une étude sur la pathocratie : “La tyrannie ne fleurit pas parce que les perpétrateurs sont ignorants de leurs actions. Elle fleurit parce que certaines personnes s’identifient avec ceux qui font la promotion d’actes malfaisants les faisant passés pour vertueux.

L’objectif de l’état corporatiste entrepreneurial moderne est évident : promouvoir, cultiver et intégrer un sens d’identification partagée parmi les citoyens. A cette fin, l’expression “Nous, le peuple” est devenue “nous, l’état policier”. Nous devenons très rapidement des esclaves sous le joug d’une machine gouvernementale bureaucratique, totalitaire, sans nom et sans visage, qui érode sans relâche nos libertés au moyen de lois innombrables de statuts et d’interdictions en tout genre. Toute résistance à un tel régime dépend de la force d’opinion et des esprits de ceux qui résistent, de ceux et celles qui répondent et luttent contre la coercition. Écrivant pour Think Progress, Zach Beauchamp suggère qu’ “un des meilleurs remèdes contre les mauvais leaders pourrait bien être la démocratie politique”.

Mais qu’est-ce que cela veut dire en termes pratiques ? Cela veut dire tenir les politiciens pour responsables de leurs actions et des actions de leurs personnels en utilisant tous les moyens à notre disposition comme le journalisme d’enquête (ce qu’on avait l’habitude de nommer le quart d’état), qui informe et illumine, par les lanceurs d’alerte qui exposent la corruption systémique, par les actions en justice qui mettent à mal les mauvaises actions et par les manifestations et les actions politiques de masse qui rappellent au “pouvoir en place” que “Nous, le peuple” sommes ceux qui prennent les décisions.

NdR71 : Vraiment ? c’est sa solution ? Réformer le système une énième fois ? Il a encore un bout de chemin à faire pour comprendre qu’il n’y a pas de solution au sein du système et ne saurait y en avoir. Y viendra t’il ? ou est-il un autre de ces sempiternels cas de naïveté désespérée et désespérante ?…

Rappelez-vous que l’éducation précède l’action. Les citoyens doivent faire le dur boulot de s’éduquer au sujet de ce que fait le gouvernement et sur le comment le tenir pour responsable. Ne permettez pas de n’exister que dans une caisse de résonance restreinte aux vues auxquelles vous adhérez. Exposez votre analyse à plusieurs points de vue dans des sources médiatiques variées, des sources mainstream et indépendantes, et pensez par vous-mêmes. En cela, peu importe quel est votre penchant politique, ne laissez pas votre jugement partisan tromper les principes qui servent de base à notre république constitutionnelle (NdT: qui est une ineptie en elle-même, incapable de démocratie puisque, comme toute république, elle n’est qu’une aristocratie du pouvoir délégué à une coterie de privilégiés, de surcroit ssujettie à la dictature marchande toute puissante. Rien ne pourra jamais changer tant que le pouvoir demeure séparé du corps social…).

Ceci dit, si nous permettons que ce ne soit que le vote qui soit notre seul moyen de résister à l’état policier, alors la bataille est perdue d’avance. La résistance demandera une citoyenneté désireuse d’être active au niveau local. Si vous attendez pour agir qu’une équipe du GIPN défonce votre porte, que votre nom ne soit mis sur une liste de surveillance terroriste, jusqu’à ce que vous soyez dénoncé pour de telles activités hors-la-loi que de collecter de l’eau de pluie ou de laisser vos enfants jouer dehors sans supervision, alors il sera trop tard.

Voici le peu que je sache : Nous ne sommes pas des numéros administratifs sans visages. Nous ne sommes pas des rouages d’une machine. Nous ne sommes pas des esclaves. Nous sommes des êtres humains et pour le moment, nous avons l’opportunité de demeurer libres, c’est à dire, si nous clamons nos droits sans relâche et résistons à chaque tournant contre chaque tentative du gouvernement de nous enchaîner. Les fondateurs de la nation avaient compris que nos libertés ne découlent pas du gouvernement. Elles ne nous furent pas données pour nous être reprises par la simple volonté de l’État. Elles sont inhérentes à nous et de la même manière, le but de la fonction du gouvernement n’est pas de menacer ou de diminuer nos libertés, mais de les protéger et de les sauvegarder.

Tant que nous ne reviendrons pas à cette façon de penser, tant que nous ne rappellerons pas à nos compatriotes ce que c’est que d’être libres et tant que nous ne dresserons pas fermement de les menaces exercées sur nos libertés, alors nous seront toujours traités comme des esclaves sous le joug d’un état policier bureaucratique piloté par des politiciens psychopathes.

(*) Avocat constitutionnel et écrivain, John W. Whitehead est le fondateur et président de l’Institut Rutherford, ses livres Battlefield America: The War on the American People et A Government of Wolves: The Emerging American Police State 

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie


Déconnectons Hal… maintenant !

L’heure est à la désobéissance civile universelle (Stratégika 51)… et à l’union solidaire vers la société des sociétés (Résistance 71)

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Convergence des luttes, de LA lutte, la seule possible, celle pour notre émancipation totale et définitive du système étatico-capitaliste totalitaire, oppresseur et moribond. Comme bien dit dans cet article / appel à a désobéissance civile universelle. 
Nous devons agir ENSEMBLE, par delà les divisions factices “politiques”, culturelles, religieuses etc… Nous sommes UN sur cette planète, un équipage de ce magnifique vaisseau spatial qu’est la planète Terre et un équipage forme une équipe solidaire fait de tolérance, de compassion, d’entraide pour un but commun : une saine navigation ; le meilleur des équipages n’a aucunement besoin de coercition, il fonctionne de manière organique, comme une seconde nature, il est plus que la somme de ses individualités.
Nous rejoignons totalement l’équipe de Strategika 51 dans leur analyse et leur appel à une désobéissance civile universelle, mais si cela constitue bien entendu un excellent point de départ, ce n’est pas suffisant bien entendu, nous devons penser collectivement sur la manière de gérer notre équipage et agir en ayant toujours présent à l’esprit ce qui doit toujours être évident pour le plus grand nombre :
Il n’y a pas de solution au sein du système et ne saurait y en avoir !
Il est grand temps de grandir politiquement et de cesser les enfantillages et la “politique” de bac à sable qui nous mine depuis quelques 5000 ans. Une société émancipée est une société adulte.
Pour ce faire, quelques saines lectures sous l’appel de Strategika 51…
Oui vive la résistance ! Vive la Commune Universelle de notre humanité enfin réalisée !  Entretenons, développons ce Réseau de Résistance et Rébellion International

Solidarité ! Union ! Persévérance ! Réflexion ! Action !

Devenons ce que nous sommes : S.U.P.R.A. humain !

~ Résistance 71 ~

 


Dans l’esprit de Cheval Fou…

 

Mode : Désobéissance civile universelle

 

Strategika 51

 

10 janvier 2021

 

url de l’article original:
https://strategika51.org/2021/01/09/mode-desobeissance-civile-universelle/

 

Voici venu le temps de la résistance universelle…

Le monde de 2021 ne peut pas revenir, comme par magie et au mépris du temps, à l’état dans lequel il se retrouvait en 1992.

Cette régression envisagée par l’État profond contrôlant directement ou indirectement plus de 160 pays de la planète vise à préserver un ancien statu quo intenable basé sur le mensonge et la propagande la plus crasse.

L’échec total des médias mainstream de l’appareil de propagande universel et sa décrédibilisation auprès des opinions publiques laisse la place à ceux qui se coient les vrais maîtres du jeu pour utiliser leurs outils de contrôle de masse que sont les géants des technologies du net. Les agissements criminels de compagnies écran comme Facebook inc., Twitter, WhatsApp, Instagram, Snapchat et d’autres tous issus de l’État profond sont désormais dévoilés au plus grand nombre. Ces compagnies écran disposent d’un pouvoir exorbitant dépassant de loin celui des États-Nation et confirment la disparition définitive de toute forme de concept lié à celui de la souveraineté. Les souverainistes sont de très grands utopistes totalement déconnectés de la réalité. Quand une compagnie comme Twitter s’arroge le droit « souverain » de clouer le bec au président en exercice des États-Unis d’Amérique et de censurer le guide suprême de la Révolution iranienne, c’est que les élites transnationales pour lesquelles ces grandes compagnies travaillent se foutent de tout concept de souveraineté, d’État-Nation ou autres notions apparentés. Si le monde est toujours partagé par des Etats-Nation, ce n’est que pour mieux garder le bétail humain de plus en plus décérébré dans des enclos en attendant la mise en place d’autres moyens plus subtils de répression et de contrôle.

Dans les faits, le monde issu du Traité de Westphalie n’existe plus. Celui du lendemain de la Conférence de Yalta en 1945 s’effondre. La souveraineté n’existe pratiquement nulle part.

Les élites tirant les ficelles du système financier mondial n’ont plus d’imagination et manquent cruellement d’esprit d’innovation. Sinon elles n’auraient jamais ramené un cacique corrompu comme un Joe Biden pour le mettre dans le rôle purement symbolique de président des États-Unis. Ce poste est devenu un véritable simulacre pour amuser la populace dans le sens de la pensée d’un brillant auteur de science-fiction comme Philip K. Dick. Les magiciens d’Oz ont ainsi réduit l’ensemble des dirigeants jetables du monde dit libre, c’est-à-dire enslavé, à des rôles de pantins exécutant des directives à orientation unique avec objectif apparent l’aliénation de l’espèce humaine et le transhumanisme. Mais au final c’est la pire mise en esclavage de l’espèce depuis le commencement des premiers groupes humains.

Le premier réflexe d’un individu normalement constitué est de refuser l’esclavage. Ce refus peut prendre plusieurs formes variables allant de la désapprobation silencieuse à l’action violente. Or nous vivons tous dans des enclos surveillés et sommes tous esclaves de systèmes socio-économiques à peu près standardisés en dépit de la résistance de certains pays ou sociétés à cette mise au pas.

La prochaine étape est la pire de toutes. S’y opposer est non seulement un réflexe de survie mais une obligation absolue pour éviter l’instauration d’une ère esclavagiste souriante et totalitaire. Peu importe la nationalité, la religion, l’origine ethnique, la langue, l’idéologie, l’ascendance, la confession ou le talent, nous ne sommes que des « produits » d’un fermage et des numéros de série pour les plus chanceux d’entre-nous.

La révolte est un réflexe de survie sain. Face à cette régression, la révolution est un sentier saint. Nous ne sommes plus des guerriers exaltés aux plantes hallucinogènes mais nous savons encore créer un mouvement d’inertie entravant l’avancée du rouleau compresseur. Dans le cas présent, le temps est venu d’entrer en mode de désobéissance civile intelligente et de savoir dire non avec constance. C’est l’ère du refus. Cela ne dissuadera pas le système et ses sous-systèmes de continuer la répression en frappant là où ça fait mal. Mais cela leur montrera qu’il reste encore des gens (Gens) éveillés et rétifs à leur propagande. Il viendra le jour où viendront ceux qui prendront les armes pour nous libérer de ces forces du mal et du désordre sur la planète terre.

Qu’ils nous accusent de conspirationnistes et qu’ils associent ce terme au terrorisme. Les pires comploteurs c’est ceux qui nient tout complot et se cachent derrière une fausse réalité imposée par les mass médias et la propagande. Ils nous auront pas. Nous vaincrons!

La révolution mondiale est un sacrifice inévitable.

Nous ne sommes plus de simples observateurs et d’ailleurs nous ne pouvons plus nous offrir ce luxe d’observer notre mise en esclavage par des tarés corrompus et déshumanisés. Nous sommes la résistance.

Vive la Résistance !

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Lire aussi notre page « Anthropologie politique », elle est hautement éducative pour ce qui vient !

 


Non à la pensée unique !…


Tout le pouvoir aux ronds-points !

Déliquescence systémique et dictature en marche : Thèses et observations sur les objectifs de la lutte en France (Raoul Vaneigem)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, coronavirus CoV19, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 28 décembre 2020 by Résistance 71

 

 

De biens bonnes choses dans cette analyse de Raoul Vaneigem même si parfois il laisse un peu à penser que ce qu’il préconise tient plus d’un énième réformisme futile du système en place, notamment avec le passage où il parle de coopération entre l’État et des assemblées populaires, comme si l’État autoriserait ces dites assemblées, ou encore ce passage sur un autre type de monnaie à terme tout aussi chimérique. La société qu’il entrevoit fort justement ne peut de fait se construire qu’en dehors de toute falsification étatico-capitaliste, sur une base de solidarité et de complémentarité mais totalement hors de tout système marchand, monétaire et étatique. 

Si Raoul lit ces lignes : il est temps de totalement lâcher prise, il n’y a pas de solution au sein du système et ne saurait y en avoir ! Tout doit partir et oui, être remplacé par cet élan naturel de l’humanité vers la Vie… tout simplement. Compagnon, ne t’accroche plus à ces derniers scintillements factices d’un système totalement illusoire et mortifère ! Il n’y a rien à sauvegarder.

Ainsi. adoptons ce principe des peuples originels du continent des Amériques qui dit que chaque décision prise doit l’être en considération de ce que pensera de nos actions la 7ème génération a venir. Ce faisant, il devient très, très difficile de faire fausse route parce que non seulement l’intérêt commun immédiat est évalué et pris en compte, mais aussi celui d’un lointain futur, éradiquant toute velléité égoïste conjoncturelle.

Telle est la voie de la sagesse, celle du respect de toute vie, façonnant le moule de nos décisions présentes et à venir.

~ Résistance 71 ~

 

 

Retour à la base : Thèses et observations sur les objectifs de la lutte en France

 

Raoul Vaneigem

 

22 décembre 2020

 

url de l’article :
https://www.lavoiedujaguar.net/Retour-a-la-base-Theses-et-observations-sur-les-objectifs-de-la-lutte-en-France

 

1. L’autodéfense de la femme est au cœur de l’émancipation individuelle et sociale.

Débarrassée du féminisme étatique et autoritaire, la volonté d’éradiquer le comportement patriarcal est le plus sûr moyen d’en finir avec la peur et le mépris et de la nature et de la vie.

2. Contre les résurgences du patriarcat.

Religieux ou laïque, de gauche ou de droite, le comportement patriarcal est le pilier de la société hiérarchisée. Il faut, pour l’abattre, abolir le règne des chefs, sans distinction de sexe.

3. Contre l’écologie idéologique.

Le viol et la violence sont inhérents à une économie fondée sur l’exploitation de la nature. C’est de son pillage, inaugurant le règne de la marchandise, que date l’infortune de la femme. L’écologie restera une idéologie de marché tant que le combat de la femme pour son autonomie n’impliquera pas une nouvelle alliance avec l’univers de la vie.

4. Contre la manipulation de la peur.

La crainte suscitée par l’apparition d’un virus, à la fois insolite et prévisible, a été délibérément amplifiée par le pouvoir à des fins désormais évidentes :

a) tenter de dissimuler l’état désastreux des structures sanitaires, devenues des entreprises à but lucratif ;

b) obtenir à l’échelle planétaire un confinement des populations qu’aucun régime totalitaire n’avait réussi à imposer ;

c) stimuler le développement du marché sécuritaire. En alimentant le fonds de commerce du populisme fascisant (racisme, sexisme, peur de l’autre), il profite aussi à une gauche trop heureuse d’avoir à combattre sur le front des idéologies plutôt que sur le front social où elle s’est discréditée ;

d) la terreur où chacun se calfeutre joue en faveur du principal souci des gouvernants : durer le plus longtemps possible, même en pourrissant sur pieds.

5. Contre la paupérisation de la vie.

« Jouissez d’aujourd’hui car demain sera pire » a été le slogan consumériste le plus efficace du capitalisme. Désormais, il n’en a plus l’usage car il nous met devant un fait accompli. Il décrète : « Le pire est arrivé, force est de vous en accommoder. » Le modèle chinois est en place, en attente de technologies toujours plus efficaces. Le prochain remède à la paupérisation — hormis la suppression des inutiles — sera le bol de riz et le transhumanisme.

6. Contre le retour du puritanisme.

La nécessité de travailler proscrit la jouissance de soi et du monde. Cet interdit, le patriarcat l’a érigé en dogme. Mais en stimulant le marché des plaisirs consommables, le consumérisme lui a porté des coups mortels. La paupérisation qui menace la course à la consommation provoque le retour du puritanisme sous sa forme particulièrement vicieuse : la peur et le mépris de la vie. Le confinement tue en tuant les relations affectives. N’entendez-vous pas retentir avec un bruit de chaînes ces cris de veillée funèbre : « Fini de rire ! Fini de jouir ! Fini de vivre ! » ?

7. Contre la réification ou transformation en chose.

Le capitalisme ne voit dans la vie qu’un objet marchand. Il ne tolère pas qu’elle échappe à la toute-puissance de l’argent. La machine du profit montre qu’au prétexte d’un virus de passage elle a été capable de déclencher une véritable peste émotionnelle. Une hystérie panique a poussé des millions d’individus à se terrer dans un coin, où le désespoir et la morbidité achevaient de les délabrer.

8. Contre le sacrifice.

Le consumérisme avait fondé son pouvoir de séduction sur le mythe de l’abondance édénique. Le « tout à la portée de tous » prêtait une éphémère séduction à ces libertés de supermarché qui s’arrêtent au tiroir-caisse. Le salaire durement gagné trouvait sa récompense dans un laisser-aller qui avait les vertus d’un défoulement. Avec la paupérisation qui vide le « panier de la ménagère » l’exhortation à se sacrifier remonte en surface, tel le péché originel que l’on croyait enfoui dans le passé. Il faut accepter la Chute, il faut admettre que la vie s’assèche. Le temps est venu de rappeler qu’on ne travaille jamais assez, qu’on ne se sacrifie jamais assez. L’existence non lucrative est un délit. Vivre est un crime à expier. L’éloignement, le repli sécuritaire, la peur de l’autre instaurent une pratique de la délation, un culte de la pudibonderie, un regain de violences, une avancée de l’obscurantisme (à défaut d’oser brûler les livres, le gouvernement français les taxe d’inessentiels).

9. Contre le marché de la tuerie sanitaire et sécuritaire.

a) En France, la gestion politique des soins de santé a prémédité l’assassinat en série des premières victimes de la paupérisation : les retraités, les vieux, les dénués d’efficacité lucrative. La république des nantis a fait peser la main froide de l’argent sur la république des sans-grade. Elle a agi et continue d’agir sous l’emprise d’une économie pour qui le profit à court terme compte plus que la santé d’un peuple. Ne nous y trompons pas : elle annonce sans ménagement la solution finale que la tyrannie mondialiste réserve aux peuples décidés à ruiner l’enrichissement des riches.

b) La sécurité garantie au citoyen par contrat social a laissé place à une idéologie sécuritaire qui accroît et multiplie les dangers, l’agressivité, les actes de folie. La police et la magistrature dont la fonction officielle est de nous prémunir contre les violeurs, les assassins, les empoisonneurs et les pollueurs en sont devenus les sbires en raison des tendances fascisantes encouragées en leur sein par l’État. La stratégie du bouc émissaire — qui accable pêle-mêle gilets jaunes, émigrés, manifestants écologistes, musulmans et incendiaires de poubelles — les frappe à leur tour au cri de « tout le monde déteste la police ». Un tel enfumage a pour but de détourner notre attention de la liberté de nuire laissée à ceux qui dévastent impunément la planète et viennent « jusque dans nos foyers » violer notre liberté de vivre.

10. Contre le progrès technologique complice de la régression humaine.

L’intrusion d’un virus a dévoilé le cynisme des groupes de pression pharmaceutiques et médicaux. On les a vus moins soucieux de soigner les humains que d’engranger les bénéfices d’une morbidité dont la presse oligarchique et ses compteurs de la mort trafiquée amplifiaient la hantise. La logique économique confirme ainsi l’imposture d’un progrès technologique qui, pour justifier ses mensonges d’aujourd’hui, bat le rappel des vérités d’hier. Nul ne conteste l’utilité originelle des antibiotiques, des vaccins contre la tuberculose, la poliomyélite, le tétanos mais quelle confiance accorder à des lobbies qui jettent sur le marché d’anciens médicaments vendus sous de nouvelles appellations ? Comment se fier à des vaccins expérimentaux délivrés à des bien-portants comme l’extrême onction à un agonisant ? Comment tolérer de surcroît que les instances au pouvoir calomnient et poursuivent pénalement les praticiens de terrain qui dénoncent leurs malversations ? À quand la bonne vieille méthode de Staline liquidant les médecins complotistes ?

11. Pour une réinvention permanente.

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. » Le propos de Mark Twain gagne chaque jour en pertinence à mesure que se multiplient, décroissent et renaissent les insurrections planétaires. Chacun s’en aperçoit : les affrontements idéologiques sont des leurres. Le vrai combat est partout où les habitants d’un village ou d’un quartier urbain refusent les pesticides et les nuisances, renouvellent l’enseignement, restaurent les structures hospitalières, posent le problème de la mobilité, sauvent les commerces locaux, étudient le passage de l’agro-alimentaire à une agriculture renaturée, ouvrent des centres d’accueil pour celles et ceux qui subissent au quotidien une oppression bureaucratique, économique, familiale, sexiste ou raciste.

12. Pour une autodéfense sanitaire.

Les mesures coercitives et incohérentes dont nous sommes victimes résultent des malversations budgétaires qui ont ruiné et ruinent les structures hospitalières. Celles et ceux qui œuvrent sur le terrain n’ont nul besoin de complotisme et d’anti-complotisme pour dénoncer les discours qui nous éloignent de la réalité vivante. Cependant, vitupérer le mensonge du haut ne fait pas reculer d’un pouce la politique d’étouffement budgétaire. N’est-ce pas s’enliser dans la victimisation que de ne pas donner la priorité, ici et maintenant, au bien-être individuel et social, de ne pas briser la tyrannie du profit, principale cause du mal-être et des troubles qui en découlent ? L’État fait primer sur l’efficacité des médecins de terrain, en contact direct avec leurs malades, les intérêts de firmes pharmaceutiques multinationales qui stipendient la valetaille politique. Le simple bon sens prescrit de restaurer la relation consensuelle entre patients et praticiens, voire d’encourager une automédication sinon curative du moins préventive.

a) L’examen du virus en vogue nous a appris que son intensité variait d’une région à l’autre. Le traiter sur le plan national et mondial est une sottise. Il appartient aux assemblées citoyennes de décréter l’autodéfense sanitaire. Agir sur le terrain où patients et médecins cohabitent, se connaissent, entretiennent des relations de confiance fait de tous et toutes des aides-soignants s’initiant à éradiquer la morbidité dominante et à révoquer ses cyniques gestionnaires.

b) Tout en faisant preuve, en certains domaines, d’une efficacité incontestable, le progrès médical a jeté le discrédit sur un usage des plantes qualifié de « remède de bonnes femmes », une appellation qui en dit long sur l’esprit patriarcal de la médecine traditionnelle. Toute une flore a été pillée, brevetée, frelatée, vendue à des populations qui en disposaient gratuitement et étaient en mesure d’en améliorer les vertus. À nous d’empêcher sa spoliation par une science sans conscience et de veiller à ce que la phytothérapie ne tombe pas dans le marché alternatif qui s’apprête à la récupérer avec la même avidité boutiquière.

c) La nocivité du confinement, du repli sur soi, de la peur panique d’une mort programmée a montré a contrario la vertu thérapeutique de la joie d’être ensemble, de se rencontrer, de se toucher sans « gestes barrière ». La peur de vivre a toujours galvanisé l’attrait de la mort. Nazisme et stalinisme l’ont démontré. Qui ne fait fête au plaisir d’exister fait fête à la charogne. Ce qui mobilise aujourd’hui les insurgés planétaires c’est le combat sans merci du parti pris de vivre contre le parti de la mort que la civilisation marchande enrégimente en s’autodétruisant.

13. Pour une autodéfense alimentaire.

La fausse garantie de nourrir les populations du globe ne dissimule plus le vrai mobile des monopoles agro-alimentaires, qui est de promouvoir pour tous une nourriture infectée à des fins lucratives. Qui pourrait croire à la philanthropie de groupes qui s’enrichissent en altérant la santé des consommateurs ? Ne voit-on pas l’État et ses commanditaires supranationaux accorder aux pesticides et autres nuisances la liberté commerciale de polluer la planète ? Victimes d’un endettement croissant, nombre de paysans se retrouvent à la fois empoisonnés et empoisonneurs. Cessons d’en faire des boucs émissaires ou des pions sur l’échiquier électoral. La question qui se pose est : comment venir en aide à ceux qui s’orienteront vers la permaculture ou autre forme d’agriculture renaturée ? Si vous êtes lassés du discours abstrait, si vous voulez du concret, voilà la pierre de touche à laquelle frotter les belles intentions écologistes.

14. Pour une autodéfense scolaire et culturelle.

À l’encontre de l’école militarisée qui sévit encore de nos jours, nous désirons promouvoir un enseignement pour tous les âges. Agora, place publique, maison du peuple, centre communal sont les jardins d’un savoir prodigué par cette passion majeure et inextinguible qu’est la curiosité. L’apprentissage ludique du « vivre ensemble » montre qu’il exclut compétition, prédation, culpabilisation, sectarisme. Redécouvrir la joie de vivre en créant un environnement qui la favorise fortifie peu à peu cette autonomie qui nous protège en nous libérant de la protection des autres. C’est un art difficile qui exige une tout autre forme d’intelligence que la ruse et la force requises par les guerres financières et les rivalités de pouvoir. L’intelligence sensible est l’intelligence du vivant ; elle prévaut toujours sur celle du portefeuille.

a) Le grégarisme finit où l’individu se libère de l’individualisme. La créativité dont font montre les insurrections de notre temps annonce la fin de la foule imbécile et versatile. Le calcul égoïste assèche la pensée. L’entraide la revivifie.

b) La qualité l’emporte sur le nombre. Les propos d’un Gilet jaune d’une quinzaine d’années, entendus lors d’une manifestation de rue, laissent à penser par leur acuité que l’intelligence sensible et jubilatoire de quelques-uns suffira à crever la baudruche, démesurément enflée, des préjugés millénaires.

c) L’intelligence sensible est celle de l’être. Elle supplantera la gestion intellectuelle de l’avoir. Paupérisation oblige !

15. Pour une autodéfense énergétique.

Le capitalisme industriel avait favorisé dans son essor l’efflorescence d’inventions nouvelles (électricité, machine à vapeur, chemin de fer). Ce qui subsistait de recherche indépendante est désormais soumis au contrôle accru des intérêts mercantiles qui gèrent les budgets. Le capitalisme financier produit un vide de la science et de la conscience. Cette béance, « dont la nature a horreur », révèle d’autres voies possibles, elle encourage à explorer un savoir issu de la vie ; non plus de la survie, comme ce fut le cas jusqu’à présent. Physique, biologie, art, médecine sont en quête d’une refonte radicale. Alors que, sous le choc du coronavirus, les milieux scientifiques se sont discrédités par leur incompétence, leurs mensonges et leur arrogance, la curiosité et le goût de la recherche sont en quête d’un nouveau dynamisme. Marginalisés par les lobbies scientifiques, nombre d’investigateurs aspirent à la liberté de puiser dans la vie inexplorée de quoi améliorer notre existence quotidienne et son environnement.

a) Il appartient aux collectivités locales et régionales de soutenir les projets contribuant à la gratuité de l’électricité et du chauffage. Seules l’ingéniosité et l’obstination permettront d’évincer la mainmise des mafias vert-dollar sur les énergies renouvelables.

b) Il en va de même pour l’auto-organisation de la mobilité, qui exige la mise en place de transports non polluants et gratuits. Ce que l’État et les mafias pétrolières ont détruit, n’est-ce pas aux collectivités locales de les réinventer ?

c) Nul besoin d’apocalyptisme pour comprendre que nous sommes au cœur d’une mutation de civilisation. Si tout change de base, cela signifie aussi que les décisions à prendre en matière d’environnement relèvent exclusivement des assemblées communales et régionales et n’ont que faire de référendums patronnés par l’État pollueur.

16. Pour une autodéfense monétaire.

La plupart des économistes conviennent que la gestion mondialiste du profit prépare la suppression du cash au profit de cartes bancaires, qui comportent en prime le profil policier de leur utilisateur.

a) Alors que des millions de citoyens vont se trouver dans l’impossibilité d’acquitter taxes et impôts (destinés à enrichir les riches), une initiative se propage : la création de banques coopératives locales, avec une monnaie non capitalisable, dont la valeur d’échange sert, en circuit fermé, à rétribuer les commerces locaux, à subventionner les entreprises d’utilité publique, à soutenir les projets d’indépendance énergétique, à faciliter l’émergence une agriculture renaturée.

b) Une telle mesure a l’avantage d’assurer la primauté de la valeur d’usage sur la valeur d’échange, autrement dit d’annoncer la fin de la marchandise.

17. Il appartient aux assemblées de démocratie directe de hâter par en bas le dépérissement de l’État qui pourrit par le haut.

a) L’État n’est plus qu’un instrument manipulé par les firmes multinationales, qui, avec ou sans le relais de l’Europe, lui imposent leurs lois et leurs juridictions. La répression policière est la seule fonction qui lui incombe encore.

b) Le jacobinisme, traditionnellement chargé d’assujettir la province à Paris, subit de plein fouet la politique incohérente d’un gouvernement qui ne gouverne plus et a fait du mot élite le synonyme d’imbécile. Le danger est de voir lui succéder des régionalismes qui ne feraient qu’ajouter des États dans l’État national.

c) Le parlementarisme masque de moins en moins l’odieux ridicule d’une dictature qui n’a gardé de la démocratie que le nom de baptême. Les élections ont toujours été les arènes où la jactance des élus sollicitait la sottise d’électeurs persuadés d’être représentés par eux. Cependant, l’ineptie, le mensonge, la corruption des politiques, tous partis et factions confondus, ont atteint à un tel cynisme que la probabilité d’une abstention massive s’accroît dangereusement. Si bien que les instances gouvernementales différeraient, voire annuleraient volontiers la bouffonnerie électorale. Ne serait-ce que dans l’espoir de susciter un regain d’intérêt en sa faveur.

d) Le vote et la démocratie directe prennent tout leur sens chaque fois qu’une collectivité locale est appelée à se prononcer sur un problème qui la concerne au premier chef. La vérité du terrain dévoile les mensonges du haut, elle récuse ces statistiques qui se moquent des réalités vécues. Celles et ceux qui sont sur le lieu de leur existence ne sont-ils pas les mieux à même de juger si un décret qui les concerne est inique ou nuisible ? Qui est plus qualifié qu’eux pour décider des moyens de le combattre ?

e) De défenseur de la République qu’il prétendait être, l’État en est à se protéger contre les citoyens à qui il arrache les droits dont il était le garant. Son délabrement le contraint de convertir en milice privée une police dont une partie réprouve les atteintes aux droits de l’homme. Hochet du capitalisme financier, l’État règne sans gouverner. Il n’est plus rien. Son inanité sonne pour nous l’heure d’être tout.

18. Pour une république autogestionnaire abrogeant la république parlementaire et affairiste.

L’époque où nous tentons de vivre parmi les ruines est celle d’une mutation dont les séismes ébranlent le monde entier : la vieille civilisation n’en finit pas d’agoniser, la nouvelle tarde à éclore comme si elle redoutait sa propre audace.

a) La parodie d’une guerre civile entre conservatisme et progressisme participe d’une mise en scène qui dissimule la vraie guerre, la guerre de destruction massive entreprise par le capitalisme. Pendant que s’affrontent rétro-bolchévisme et rétro-fascisme, les mafias mondialistes empoisonnent et polluent impunément villes et villages. Communes, quartiers, régions aspirant à plus d’humanité demeurent isolés et sans voix, tandis que la rage impuissante et l’indignation compulsive se défoulent en provocations de matamores et en incendies de poubelles.

b) L’État et ses commanditaires font primer leurs intérêts en méprisant les nôtres. À nous de nous préoccuper de notre propre sort. Le sens humain est notre légitimité.

c) Notre lutte est inséparablement existentielle et sociale. Elle ne nie pas les options personnelles religieuses et idéologiques, elle est l’entraide qui les dépasse et possède l’art de les harmoniser. Dans le combat de la désobéissance civile, qui se soucie de la couleur de peau, du sexe, des croyances ?

d) Le peuple prenant par lui-même les décisions qui le concernent, lui et son environnement, s’inscrit dans la lignée de l’expérience autogestionnaire menée par les collectivités libertaires espagnoles de 1936. Les zapatistes du Chiapas, les insurgés du Rojava, la tendance la plus radicale du mouvement des Gilets jaunes en France s’en inspirent aujourd’hui unanimement en dépit d’une grande diversité de conditions historiques, politiques et géographiques. L’apparition de petites sociétés cherchant à s’autogérer et à se fédérer de communes en régions, expose inévitablement à des erreurs, à des confusions, à la « chienlit » comme disent les cancrelats d’État. Mais, où il n’y a ni mort d’homme ni culpabilité, tout se corrige. Pourquoi hésiter à expérimenter des sociétés du vivre ensemble alors qu’en permanence nous servons de cobayes dans les laboratoires de la déshumanisation et du profit ?

19. L’émergence de microsociétés passant outre à l’autorité étatique permet-elle une coexistence avec les instances dirigeantes ?

a) Le dialogue avec l’État n’existe plus. Aucune doléance du peuple n’a été reçue, si ce n’est à coups de matraque. Pourtant, malgré la rupture effective — et sans même espérer des manifestations qu’elles obtiennent le retrait de décrets iniques —, il est bon de soumettre l’État à un harcèlement constant. Rappeler leur parasitisme aux instances gouvernementales gagnera en pertinence lorsque les microsociétés qui font retentir les rues des cris de la liberté, opposeront aux diktats du totalitarisme démocratique la légitimité de décrets votés par leurs assemblées de démocratie directe.

b) La colère et la résistance d’un nombre croissant de maires de villages et de quartiers urbains soulignent la ligne de démarcation existentielle et sociale qui sépare en chacun d’eux le fonctionnaire d’État et le garant du bien-être des administrés. Le déchirement sans cesse accru entre intérêts privés et bien public est de nature à rallier aux assemblées de démocratie directe nombre de citoyens déstabilisés par l’appauvrissement, la tyrannie des interdits, les taxes à payer (petites entreprises, paysans, avocats, enseignants, médecins, commerçants, artisans, hôteliers, cafetiers, policiers de proximité écœurés par le rôle que l’État oligarchique leur assigne). Au maire de résister aux menaces et pressions étatiques et mafieuses, de prendre en compte les intérêts de la population, de devenir un interlocuteur éventuel entre l’assemblée et l’État. Le jeu de bascule revêt autant importance (sinon plus) que la révolte d’une partie de la police qui passerait au côté du peuple insurgé avec l’assurance d’exercer un service public auquel seul mettra fin le règne de l’Homme devenu humain.

c) Un collectif autogestionnaire s’efforçant d’esquiver un affrontement avec l’État et le suprématisme économique aurait le mérite d’éviter une violence qui répugne à la plupart des citoyens, même si la majorité silencieuse est un grand cri de haine. Néanmoins, qui niera que la violence est, de toute évidence, indispensable à un gouvernement qui ne doit sa durée qu’à la répression, son ultime fonction. Comme l’écrasement de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes le laisse présager, l’apparition de microsociétés s’émancipant de la tyrannie étatique et marchande suscitera une intervention militaire du gouvernement français, avec l’appoint d’une extrême droite dont il ne cesse de conforter les espérances dictatoriales sous couvert de les combattre.

20. Pour une guérilla démilitarisée.

L’insurrection planétaire en cours émane de la vie quotidienne des femmes, des hommes, des enfants. Le phénomène n’est pas nouveau, ce qui est nouveau, c’est la prise de conscience qui la propage. Ses revendications vont bien au-delà de la satisfaction consumériste. Sa poésie s’échappe du panier de la ménagère avant même qu’il soit vidé par la paupérisation.

a) L’insurrection de la vie quotidienne offre la singularité d’être une insurrection pacifique en ce qu’elle se veut le dépassement de la lutte traditionnelle entre pacifisme réformiste et révolution barricadière.

b) La vie est une arme qui harcèle sans tuer. L’ennemi ne manque pas une occasion de nous entraîner sur un terrain qu’il connaît parfaitement car il en possède la maîtrise militaire. En revanche, il ignore tout de la passion de vivre qui renaît sans cesse, abandonne un territoire dévasté, se le réapproprie, multiplie les occupations de zones à défendre, disparaît et reparaît comme le chat du Cheshire. Il est incapable de comprendre que le combat de la vie pour l’être dissout l’avoir et révoque l’ordre de la misère. Notre guérilla est sans fin. Au contraire de la lutte pour l’avoir qui elle, ne survit pas au dépérissement de l’être qu’elle provoque. La cupidité est un étouffement.

c) « Ne jamais détruire un être humain et ne jamais cesser de détruire ce qui le déshumanise » est un principe de lutte qui a le mérite de s’en prendre à un système d’oppression et non à ceux qui s’en croient le moteur et n’en sont que les rouages. Saboter l’implantation d’une nuisance n’est pas tuer ceux qui en sont responsables.

d) Le temps est avec nous. L’insurrection de la vie quotidienne commence à peine à faire preuve de sa créativité et de sa capacité de renaître sans cesse. Mieux vaudrait se soucier non d’aller plus vite mais d’aller plus loin.

e) Collationner en assemblées les fragments d’une Constitution par et pour le peuple apportera le poids de la légitimité au refus des décrets liberticides que nous impose le totalitarisme démocratique. En nous plaçant devant leur fait accompli, les instances du haut nous défient de leur opposer le nôtre. Or nous n’avons que faire de relever un défi qui ne ferait que nous traîner sur le terrain de l’ennemi. Notre message est clair : le droit de vivre passe outre aux ordonnances de l’argent qui tue.

f) L’important n’est pas le nombre des insurgés mais la qualité des revendications. L’autonomie des individus est la base de l’autogestion. Elle émancipe de l’individualisme, qui prête une liberté fictive aux moutons de la servitude volontaire. Elle apprend à distinguer militantisme et militarisme. L’engagement passionnel ne peut se confondre avec le sacrifice. Le combat pour la liberté refuse les ordres. La confiance et le mandat que lui accorde la solidarité lui suffisent.

g) L’autonomie individuelle dispose d’une puissance de harcèlement inépuisable. Or la peau distendue du Léviathan le rend vulnérable aux piqûres de moustiques.

21. L’autodéfense environnementale est une autodéfense de la joie de vivre.

Que celles et ceux qui trouvent la formule abstraite ou vide de sens se réfèrent à leur propre existence quotidienne et au milieu ambiant qui la conditionne. N’est-ce pas le terrain où leurs problèmes psychologiques, familiaux, sociaux se tortillent et appellent à l’aide ?

a) L’idée que l’on accroît son bonheur en favorisant le bonheur des autres a l’occasion de se concrétiser en ouvrant des centres d’accueil pour celles et ceux qui subissent dans leur quotidien une oppression bureaucratique, économique, familiale, sexiste ou raciste.

b) Il n’est pas jusqu’au problème de l’accueil des migrants que l’entraide ne puisse résoudre. Sous la glaciation statistique qui les réduit à des objets, il y a des êtres humains en détresse qu’un grand nombre de communes auraient le loisir d’héberger en petit nombre, avec l’assentiment de la population locale.

c) C’est bien le moins que la générosité humaine qui vient en aide aux plus faibles implique chez les accueillis comme chez les accueillants une reconnaissance absolue des droits de la femme et des libertés reconnues à l’homosexualité. Il n’est pas tolérable que communautarisme, multiculturalisme ou tradition autorisent des comportements prédateurs que nous tentons d’éradiquer depuis un siècle.

d) Dans un univers de plus en plus en proie à la laideur de l’argent et du calcul égoïste, le retour à la beauté, à l’amitié, à l’amour, à la générosité, à l’entraide propage une subversion qui ridiculise la ritournelle des belles intentions morales et caritatives. Le sens humain se moque de l’humanitarisme, comme la vie authentique des mises en scène qui la falsifient.

e) Le consumérisme a démontré qu’un plaisir acheté est un plaisir gâché. En éteignant le néon des supermarchés, la paupérisation s’éclaire de lumières moins trompeuses. En annonçant l’effondrement de l’inutilité rentable, elle laisse à la disette à venir le temps de renaturer la terre, de retrouver une nourriture saine et des agréments qui ne soient plus frelaté. De même que le coronavirus nous a enseigné à mieux renforcer notre immunité, la faillite économique nous enjoint de recourir à nos ressources créatives. Le do it yourself fait la nique au self made man dont l’affairisme avait fait son héros.

f) La protection des animaux, de la végétation, des paysages, de la nature a cessé d’être un pastel vendu sur le marché écologique. Si utile qu’elle soit et même si elle va au-delà de la compassion, l’aide tutélaire à la terre et à ses espèces a l’inconvénient d’être un impératif. Elle cède aujourd’hui la place à un sentiment fusionnel avec le vivant. La conscience d’une « vie profonde » ravive en nous les composantes minérales, végétales, animales que la superficialité de la survie percevait comme des stratifications mortes. Ainsi s’accomplit sans doute le plus grand pas de l’Homme vers son humanité.

g) L’appel de la totalité a toujours résonné au cœur de notre destinée. Le monde nouveau s’esquisse dans l’émerveillement que les enfants enseignent à qui redécouvre son enfance. Il nous est donné d’apprendre à renaître dans la renaissance du monde.

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Lectures complémentaires :

L’essentiel de Raoul Vaneigem (PDF)

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


Gilets Jaunes 2021 !… An III

Résistance politique : Quand la radicalité (la racine des choses) nous connecte au plus profond

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, coronavirus CoV19, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 19 novembre 2020 by Résistance 71

 

 

“Qu’est-ce que l’État ? C’est le signe achevé de la division dans la société, en tant qu’il est l’organe séparé du pouvoir politique: la société est désormais divisée entre ceux qui exercent le pouvoir et ceux qui le subissent. La société n’est plus un Nous indivisé, une totalité une, mais un corps morcelé, un être social hétérogène… »
~ Pierre Clastres ~

“Oui, il a été inventé là une mort pour les multitudes, une mort qui se vante d’être la vie: en vérité un fier service rendu à tous les prédicateurs de mort. J’appelle État le lieu où sont tous ceux qui boivent du poison, qu’ils soient bons ou méchants… État le lieu où le lent suicide de tous s’appelle… la vie.”
“Là où cesse l’État, c’est là que commence l’Homme, celui qui n’est pas superflu : là commence le chant de ce qui est nécessaire, la mélodie unique et irremplaçable. Là où cesse l’État — regardez donc mes frères ! Ne les voyez-vous pas, l’arc-en-ciel et les ponts du surhumain ?”
~ Friedrich Nietzsche, “De la nouvelle idole” ~

“La division majeure de la société, celle qui fonde toutes les autres, y compris sans doute la division du travail, c’est la nouvelle disposition verticale entre la base et le sommet, c’est la grande coupure politique entre détenteurs de la force, quelle soit guerrière ou religieuse et les assujettis à cette force. La relation politique du pouvoir précède et fonde la relation économique d’exploitation. Avant d’être économique, l’aliénation est POLITIQUE, le pouvoir est avant le travail, l’économique est une dérive du politique, l’émergence de l’État détermine l’apparition des classes.
~ Pierre Clastres ~

 


Dans l’esprit Gilets Jaunes… Aouh ! Aouh ! Aouh !

 

La radicalité nous connecte au fond des choses

 

Camille Mordelynch

 

Tiré de la revue “Rébellion” no89 (octobre 2020), organe de communication de l’Organisation Socialiste Révolutionnaire Européenne (OSRE)

 

Reproduction du texte : Résistance 71

 

La révolte des Gilets Jaunes s’inscrit dans l’histoire des luttes de classe et participe d’un mouvement historique d’abolition des structures d’asservissement, que ce soient celles de l’État, de l’argent, ou de la marchandise. Cette dynamique générale et émancipatrice de la tyrannie capitaliste n’a jusqu’à présent pas aboutie, et la révolution, si nous hâtons son avènement, reste un horizon encore indépassable. Mais comment l’envisageons-nous ?

Tout d’abord selon une nécessité historique, tout mode de production étant limité dans le temps, et donc voué à mourir, la révolution n’aura lieu que lorsque la volonté humaine d’émancipation rencontrera les conditions réelles et objectives de déliquescence du capital, c’est à dire lorsque le capitalisme sera incapable de se régénérer et d’étouffer la protestation. En parlant du socialisme comme dépassement nécessaire du capitalisme parvenu à sa fin (c’est à dire miné par ses contradictions), Rosa Luxembourg écrit :

“Le socialisme ne découle donc pas automatiquement et en toutes circonstances de la lutte quotidienne de la classe ouvrière. Il naîtra de l’exaspération des contradictions internes de l’économie capitaliste et de la prise de conscience de la classe ouvrière, qui comprendra la nécessité de les abolir au moyen de la révolution sociale.”

La révolution adviendra donc lorsque la conscience révolutionnaire parvenue à maturité rencontrera la conjoncture économique favorable à sa mise en application. A un stade suffisamment avancé de décrépitude du capital, le prolétariat conscient de lui-même sera donc en mesure de triompher de la classe détentrice des moyens de production. Il est important de noter qu’à ce moment là, en mettant fin à sa domination, le prolétariat (*) s’auto-abolira en tant que classe exploitée.. Cette finalité plus que cruciale, différencie le vrai du faux : la conscience révolutionnaire authentique veut la suppression de sa propre condition de prolétaire. Le prolétariat affranchi de son aliénation n’est déjà plus le prolétariat.

A l’inverse, les contre-révolutionnaires et en premier lieu les syndicats, ont brillé en janvier dernier par l’endiguement des aspirations à la grève générale. Présents dans la rue pour défendre leurs avantages catégoriels, désireux de négocier des aménagements concernant la réforme des retraites, la bureaucratie syndicale compte soutirer quelques miettes au gouvernement pour mieux reconduire l’aliénation du travailleur. Il n’est pas question de supprimer l’exploitation, mais de la rendre plus supportable. Le syndicalisme, ayant vendu son autonomie au profit des subventions étatiques, ne peut se situer que dans le compromis et le réformisme, tandis que la révolution se trouve au-devant de la radicalité. La révolution, en tant qu’elle bouleverse en profondeur l’ordre établi, ne peut qu’être radicale, a contrario d’un réformisme prisonnier de sa tempérance. Et si l’on en croit son étymologie (radix, la racine), la radicalité nous connecte au fond des choses. : il s’agit de s’en prendre à la racine du problème et non d’en aménager les effets. Le révolutionnaire ne cherche pas à adapter le capital mais à l’anéantir. Il vise un absolu : la libération totale du travailleur et plus généralement celle du genre humain, car c’est effectivement l’affranchissement de l’Homme, reprenant prise avec lui-même, qui est en jeu dans ce combat contre la tyrannie de l’Avoir.

La radicalité révolutionnaire naît de l’intransigeance d’un vouloir vivre : nous sommes guidés par une pulsion d’ordre vitale, par la volonté de VIVRE enfin pleinement. Nous ne voulons plus nous résigner à l’errance imposée par la vaste simulation de notre société moderne. En son sein, le mal-être y est diffus, la perte de sens y est générale. N’y a t’il pas ici la preuve d’une inadéquation ontologique entre ce qui constitue notre humanité, et la vie factice à laquelle cette société nous résout ? Le malaise ambiant témoigne du fait que quelque chose d’inaltérable en nous résiste à un capitalisme qui, dans son expression thanatique et sa logique mécaniste, participe à l’extinction du vital en chosifiant le vivant, le réel, les corps. Ainsi, le capital culmine dans la marchandisation généralisée de tout de qui Est (jusqu’à la procréation, menacée aujourd’hui de tomber sous le joug des lois mercantiles). Mais pour contrer cette conséquence mortifère, l’humanité subversive nichée en notre Être demande à jaillir. De son jaillissement, tous les verrous y seront pulvérisés, avec au bout du chemin,  la création d’une communauté humaine fraternelle, débarrassée de l’égoïsme marchand. C’est ce a quoi aspire le fond d’humanité en chacun de nous, ce fond qui anime la lutte et la fait vibrer : cette vibration d’où résonne l’appel viscéral d’une reconnexion avec le réel par l’autre, par la nature, par la spiritualité. Mais cela implique de tout détruire pour tout reconstruire. Les débris du capitalisme devront s’en tenir à devenir les tombeaux de l’histoire, sans quoi rien de véritablement sain et durable ne pourra germer. La révolution ne se poursuivra qu’en bâtissant quelque chose de radicalement nouveau, faisant de nous les architectes d’un monde à inventer. Autant dire qu’en voulant aller au bout des choses, on ne sait pas bien vers quoi on s’avance, mais l’important est d’avancer toujours plus ! Même si le sens de l’Histoire nous dépasse, il revient à nous de l’écrire.

Notre tâche, que ce soit celle de la révolution ou de ce qui devra suivre, s’annonce colossale. Et si les Gilets Jaunes ont prouvé que la bravoure et l’ardeur révolutionnaires ne sont pas mortes, il nous reste à consolider le caractère offensif de nos esprits pour être à la hauteur des enjeux à venir. Les ateliers révolutionnaires que nous avons récemment mis en place sont une tentative d’œuvrer modestement en ce sens. Ces groupes de partage de connaissances ont été créés dans l’optique de nous nourrir des pensées empreintes de lutte radicale. A nous, héritiers, de les rendre vivantes afin de nous ériger en révolutionnaires radicaux, adroits et instruits, capables de porter le coup fatal au système… par amour de l’humanité !

(*) Note de R71 : précisons ici ce que constitue le prolétariat, qu’est-ce qu’un prolétaire ? C’est quelqu’un qui ne possède que sa force de travail à vendre pour pouvoir vivre en société capitaliste et reproduire par le biais de l’exploitation, les schémas capitalistes de cette exploitation. La société humaine aux XXème et XXIème siècles est constituée de 99% + de prolétaires. Il est important de ne pas assimiler un “prolétaire” à un seul “ouvrier” comme bien des gens le font. Un paysan / agriculteur, un petit patron de PME et un gérant d’agence bancaire sont des prolétaires tout comme l’ouvrier, qu’ils le sachent et l’admettent ou non, là parfois réside le problème… 
Tout salarié est prolétaire car dépendant de son salaire, nouvel forme d’esclavage, pour (sur)vivre. Seuls les grands rentiers, spéculateurs du capital, qui ne travaillent pas et ne vivent que de rentes spéculatives, fictives ou réelles dans un système où l’argent lui-même est devenu une fiction, constituent la “classe capitaliste”, tout le reste est prolétaires assemblés dans un vaste prolétariat mondial, corvéable à souhait. Certes il existe des strates dans le prolétariat, comme par exemple ce qu’on appelle les “classes moyennes”, “inférieures” et “supérieures”, mais ces strates artificielles ne sont en rien des “classes” sociales, il n’y a que deux classes sociales: les “capitalistes” qui vivent richement de spéculation sans travailler (sans doute moins de 1% aujourd’hui de la population mondiale), sans avoir à vendre leur force de travail et les “prolétaires” stratifiés mais qui tous dépendent de revenus salariaux et constituant quelque 99% ++ de la population mondiale.

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“L’Etat, cet instrument de coercition aux mains de minorités privilégiées dans la société, dont la fonction est de mettre les larges masses sous le joug de l’exploitation économique et de la tutelle intellectuelle, est l’ennemi juré de tous les rapports directs des hommes entre eux ; il cherchera toujours à ce que ceux-ci ne s’établissent que par l’intermédiaire de ses médiateurs.
Aussi l’histoire de l’Etat est celle de la servitude de l’homme…”
~ Rudolph Rocker, 1919 ~

« La machine de l’État est oppressive par sa nature même, ses rouages ne peuvent fonctionner sans broyer les citoyens, aucune bonne volonté ne peut en faire un instrument du bien public ; on ne peut l’empêcher d’opprimer qu’en le brisant. »
~ Simone Weil ~

“La vaste majorité des humains est déconnecté de la terre et de ses produits, de la terre et des moyens de production, de travail. Ils vivent dans la pauvreté et l’insécurité. […] L’État existe afin de créer l’ordre et la possibilité de continuer à vivre au sein de tout ce non-sens dénué d’esprit (Geist), de la confusion, de l’austérité et de la dégénérescence. L’État avec ses écoles, ses églises, ses tribunaux, ses prisons, ses bagnes, l’État avec son armée et sa police, ses soldats, ses hauts-fonctionnaires et ses prostituées. Là où il n’y a aucun esprit et aucune compulsion interne, il y a forcément une force externe, une régimentation, un État. Là où il y a un esprit, il y a société. La forme dénuée d’esprit engendre l’État, L’État est le remplaçant de l’esprit.”
~ Gustav Landauer, 1911 ~

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


« Ça suffit ! »

Esprit de résistance… De l’esprit gaulois à aujourd’hui (en photos)

Posted in actualité, crise mondiale, documentaire, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , on 7 novembre 2020 by Résistance 71

 


71

 

7 novembre 2020

 

L’esprit de résistance incarné sur tous les continents en photo, dans l’ordre chronologique. Cet esprit de résistance que nous devons non seulement perpétuer mais pousser à sa limite émancipatrice tant la situation de vie sur cette planète est devenue délétère, étouffante et mortifère.
Compagnons lecteurs, vous pouvez suggérer en commentaires des figures de la résistance mondiale telle que vous la concevez, elles pourront être rajoutées. Néanmoins, disons ici que le critère essentiel de sélection de ces résistants n’est pas une résistance à un ennemi physique, une occupation, mais au concept du système de gouvernance institutionnelle qui nous opprime depuis quelques 5000 ans sur les plus de 1,8 millions d’années d’existence humaine sur cette planète. Cette exposition de l’esprit de résistance n’est pas exhaustive loin s’en faut, elle ne représente que notre vision, celle que nous voulons projeter pour finalement la dépasser et aller au-delà de ce que ces héros de l’humanité ont réalisé… pour aller ensemble, parachevant leur œuvre, vers notre émancipation dans la société des sociétés.

Esprit de résistance des Celtes à aujourd’hui

 

Novembre 2020 : Gilets Jaunes An II sauce COVID… Non à la dictature sanitaire et autre

Posted in actualité, coronavirus CoV19, crise mondiale, gilets jaunes, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 6 novembre 2020 by Résistance 71

Le texte ci-dessous sous forme de tract, format PDF:
Tract_Gilets_Jaunes_AnII_sauce_CoV19

Réactualisation de notre harangue de 2019  (Résistance 71 )

Novembre 2020 – Gilets Jaunes An II !

Il y a maintenant plus de deux ans de lutte écoulés qui nous montrent on ne peut plus clairement qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il n’y en a en fait jamais eu et qu’il ne saurait y en avoir !

La crise sanitaire fabriquée de la “pandémie” du SARS-CoV-2 alias COVID19 mettant en place la grille de contrôle de la dictature technotronique à l’échelle planétaire, vient nous le rappeler sans coup férir.

Ceci se doit de devenir une évidence incontournable pour toutes et tous, membres de notre lutte organique pour une société enfin libre.

Ainsi, toute négociation avec l’État et les représentants de l’oligarchie est non seulement futile mais contre-productive. Ignorons-les !

Solidarité – Union – Persévérance – Réflexion – Action

Devenons S.U.P.R.A Gilets Jaunes !

Reprenons le pouvoir par les Assemblées Populaires et dans le même temps:

  • Boycottons les institutions
  • Boycottons la dictature sanitaire qui est tout sauf sanitaire
  • Boycottons la vaccination COVID obligatoire à venir
  • Boycottons la 5G, technologie de la dictature technotronique et de sa grille de contrôle
  • Boycottons l’élection et l’impôt absorbant l’intérêt de la dette odieuse
  • Boycottons les entreprises du CAC40 et des transnationales criminelles, banques inclues
  • Achetons et promouvons les produits locaux
  • Réaménageons nos campagnes et nos communautés agricoles
  • Rassemblons-nous en comités populaires de voisinage, de travail et décidons de tout pour et par nous-mêmes…
  • Promouvons la gratuité en tout
  • Restons incontrôlables et imprévisibles !

Tout le Pouvoir aux Ronds-Points !

Pour une société émancipée et donc libre !

Groupe Gilets Jaunes de _______________

Aussi…

Cinq textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

Le texte ci-dessus sous forme de tract, format PDF:
Tract_Gilets_Jaunes_AnII_sauce_CoV19

Le 12 septembre 2020… Pour une renaissance Gilets Jaunes, comprenons bien qu’il ne peut y avoir de solutions au sein du système… Tout le pouvoir aux Ronds-Points !…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, coronavirus CoV19, crise mondiale, gilets jaunes, guerres imperialistes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 10 septembre 2020 by Résistance 71

 

 

Gilets Jaunes !

Il y a maintenant près de deux ans de lutte écoulés qui nous montrent on ne peut plus clairement qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il n’y en a en fait jamais eu et qu’il ne saurait y en avoir !

Ceci se doit de devenir une évidence incontournable pour toutes et tous, membres de notre lutte organique pour une société enfin libre.

Ainsi, toute négociation avec l’État et les représentants de l’oligarchie est non seulement futile mais contre-productive. Ignorons-les !

Solidarité – Union – Persévérance – Réflexion – Action

Devenons S.U.P.R.A Gilets Jaunes !

Reprenons le pouvoir par les Assemblées Populaires et dans le même temps:

  • Boycottons les institutions et la dictature sanitaire
  • Boycottons l’élection et l’impôt absorbant l’intérêt de la dette odieuse
  • Boycottons les entreprises du CAC40 et des transnationales criminelles
  • Achetons et promouvons les produits locaux
  • Réaménageons nos campagnes et nos communautés agricoles
  • Rassemblons-nous en comités populaires de voisinage, de travail…
  • Restons incontrôlables et imprévisibles !

Tout le Pouvoir aux Ronds-Points !

Pour une société émancipée et donc libre !

A bas l’État, à bas la marchandise, à bas l’argent, à bas le salariat !

Aussi…

Cinq textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 


Résistance 71

Gilets Jaunes: Comment contester les amendes de la répression étatique pour participation à manif « non autorisée »…

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Gilets Jaunes: comment contester les amendes de 135 euros pour “manifestation non autorisée”

 

Paris Lutttes Info

 

9 février 2020

 

url de l’article:

https://paris-luttes.info/gilets-jaunes-comment-contester-12606?lang=fr

 

Vous trouverez ici un modèle de lettre pour contester les contraventions pour manifestation non autorisée qui sont distribuées de plus en plus systématiquement dans le cadre du mouvement des gilets jaunes. (voir PDF ci-dessous)

Aux côtés des déploiements policiers toujours plus grandiloquents, des blessures et des arrestations, l’arsenal répressif vise aussi le portefeuille. Samedi 7 septembre à Rouen, pour la rentrée des Gilets jaunes, au moins 111 personnes ont été verbalisées (135€ à 750€) pour « participation à une manifestation non autorisée ». Des personnes qui, pour la plupart d’entre elles, manifestent déjà contre leurs conditions financières difficiles, voire invivables.

À chaque avancée répressive, il nous faut penser l’autodéfense : masques et lunettes contre les gaz, protections contre les blessures, caisses de soutien pour les frais juridiques, etc. Ici, on relaie un modèle de lettre qui permet de contester les contraventions pour manifestations non autorisées. Nous n’en garantissons pas sa réussite systématique, mais elle aurait déjà fonctionné pour nombre de cas…

Modele-contestation-AMENDE_135_EUR
PDF

Aussi: Coordination anti-répression Île de France

 


Le défi celtique… du XXIème siècle ?

Luttes d’émancipations et insurrections… De la France au Chili en passant par ailleurs… Union !

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 7 février 2020 by Résistance 71

 

“L’État, c’est ainsi que s’appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement et le mensonge que voici sort de sa bouche: ‘Moi, l’État, je suis le peuple !’… Là où le peuple existe encore, il ne comprend pas l’État et il le hait comme un mauvais œil et comme un pêché contre les coutumes et les droits… L’État, lui, ment dans tous les idiomes du bien et du mal ; et quoi qu’il dise, il ment et ce qu’il possède il l’a volé. Tout est faux en lui, il mord avec des dents volées, lui qui mord si volontiers. Fausses sont même ses entrailles… ‘Sur Terre il n’est rien de plus grand que moi: je suis le doigt qui crée l’ordre, le doigt de dieu’, voilà ce que hurle ce monstre…”
~ Friedrich Nietzsche ~

“Qu’est-ce que l’État ? C’est le signe achevé de la division dans la société, en tant qu’il est l’organe séparé du pouvoir politique: la société est désormais divisée entre ceux qui exercent le pouvoir et ceux qui le subissent. La société n’est plus un. Nous indivisé, une totalité une, mais un corps morcelé, un être social hétérogène… »
~ Pierre Clastres ~

 

 

Unité et différences dans les insurrections de France et du Chili

 

Raoul Vaneigem

 

Janvier et 5 février 2020

 

Source:

https://www.lavoiedujaguar.net/Unite-et-differences-dans-les-insurrections-de-France-et-du-Chili

 

Lettre de Raoul Vaneigem aux insurgées et aux insurgés du Chili, pour faire suite à une demande de précision sur la notion de « bien public », suivie de « Réponse et nouvelles du Chili ».

La France a occupé et continue d’occuper dans l’imaginaire des révolutions une place particulière. Elle est le pays où pour la première fois dans l’histoire une révolution a brisé l’immobilisme et l’obscurantisme qu’imposait la prépondérance d’une économie essentiellement fondée sur l’agriculture. Sa victoire n’a pas signifié le triomphe de la liberté, elle a seulement marqué la victoire d’une économie de libre-échange qui, très vite, a étouffé les aspirations à une vraie liberté.

La vraie liberté, c’est la liberté vécue. Les philosophes des Lumières en avaient pris conscience. Les Diderot, d’Holbach, Rousseau, Voltaire en avaient gravé l’évidence dans la mémoire universelle, et avant eux les principaux penseurs de la Renaissance, Montaigne, La Boétie, Rabelais, Castellion (à qui l’on doit le propos « Tuer un homme, ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme »).

Bien que présente dans nombre de pays d’Europe, la lutte pour la liberté revêt en France une singulière acuité. Dès les XIe et XIIe siècles les insurrections communalistes se multiplient et s’intensifient. Elles ont pour but de libérer les villes de l’autorité tyrannique de la classe aristocratique, dont les revenus viennent principalement des paysans, des serfs qui travaillent leurs terres. Les nobles n’ont pas l’intention de laisser échapper à leur emprise ces « communes » qui génèrent de nouvelles sources de revenus. Artisans, commerçants, tisserands, petits producteurs sont le ferment d’un capitalisme naissant. Ils se heurtent à la noblesse et au régime féodal qui entrave leur expansion.

Une rumeur répand sa traînée de poudre : « L’air des villes rend libre. » Elle va contribuer à identifier cette bourgeoisie, dont le nom est tiré de bourg (ville) à un idéal de liberté, qui en est en fait son idéologie. Car il apparaît rapidement que cette bourgeoisie exerce à son tour une oppression sur la classe des travailleurs qu’elle exploite impitoyablement, comme en témoigne la Complainte des tisseuses de soie de Chrétien de Troyes (1135-1190).

Bien que la bourgeoisie ne cesse de croître en puissance et d’opprimer les classes laborieuses, son combat contre l’arrogance aristocratique entretient — de bon gré et de mauvais gré — un esprit de subversion et de revendication qui perce de coups redoutables la carapace et les murailles du régime de droit divin, faisant vaciller la citadelle du pouvoir aristocratique. C’est ce qui explique le caractère contradictoire de la révolution française de 1789 : d’une part le formidable essor d’une liberté qui se révèle comme le véritable devenir de l’humanité ; d’autre part la terrible mystification qui consiste à réduire la liberté à la libre circulation des biens et des personnes, indistinctement traités comme des marchandises.

Après avoir décapité la monarchie de droit divin, le libre-échange instaure une monarchie du profit, plus inhumaine encore que le despotisme féodal. Girondins et jacobins fraient le chemin à une manière de monarchisme désacralisé, à un bonapartisme où le progrès de l’industrialisation exige l’esclavage du plus grand nombre. C’est dans sa lignée que s’inscrivent les deux régimes illustrant le mieux la barbarie de notre histoire : le nazisme où l’Homme devient pur objet ; le bolchevisme où, au nom de l’émancipation de l’Homme, le rêve communiste tourne au cauchemar.

Entre la fascination de ces deux extrêmes, l’idéal politique occidental a perpétué une forme édulcorée de ce jacobinisme que les conquêtes de Napoléon avaient implanté partout en Europe. C’est un mélange de bureaucratie tentaculaire et de théâtre citoyen où progressisme et conservatisme font l’objet d’une mise en scène rafistolée au goût du jour. Le peuple insurgé doit savoir que s’il perturbe le spectacle en y entrant il n’aura de place réservée qu’à l’état de cadavre.

Ni dictature absolue ni expression de la volonté du peuple, qu’est-ce d’autre que cet avorton engendré par la rapacité financière si ce n’est un totalitarisme démocratique ?

À l’exception d’un éphémère gouvernement du peuple par le peuple, que la Commune de Paris avait tenté de promouvoir, le capitalisme n’a jamais desserré son étreinte, il n’a fait que moderniser son emprise. Les luttes sociales ont été des coups de gueule assez efficaces pour que les gestionnaires du profit jettent quelques aumônes aux révoltés mais insuffisants pour que la menace d’une éradication totale les fasse trembler.

Dans le même temps que Robespierre faisait décapiter Olympes de Gouges, qui luttait pour les droits de la femme, la Révolution française avait promulgué dans sa fameuse Déclaration une version formelle des Droits de l’homme. Le fait que ces droits ont été et sont toujours bafoués par la plupart des gouvernements les a auréolés d’un esprit de subversion que l’État s’est empressé d’édulcorer et d’institutionnaliser.

Dans la guérilla menée en France contre l’occupation nazie et ses nombreux collaborateurs se constitue le Conseil de la Résistance. Il est l’organisme chargé de diriger et de coordonner les différents mouvements insurrectionnels, toutes tendances politiques comprises. Le conseil est composé de représentants de la presse, des syndicats et des membres de partis hostiles au gouvernement de Vichy à partir de la mi-1943. Son programme, adopté en mars 1944, prévoit un « plan d’action immédiat » (c’est-à-dire des actions de résistance), mais il comporte aussi une liste de réformes sociales et économiques à appliquer dès la libération du territoire.

Il ne faut pas se leurrer. Ces réformes ont pour but d’éviter une conflagration révolutionnaire, rendue possible par l’armement des factions séditieuses. Le Parti communiste français s’emploiera à briser les velléités révolutionnaires du peuple en arme et lui livrera, pour l’apaiser, un ensemble d’avantages qui s’inscrivent dans la lignée de la res publica issue de la Première République française. C’est ce qui va constituer pour les Français un « bien public » destiné à améliorer l’existence du plus grand nombre.

Ces mesures en matière de santé, d’aide à la famille, d’allocations de chômage, de protection pour les travailleurs, d’alimentation de qualité, d’enseignement pour toutes et tous ont été très vite adoptées par la plupart des pays européens. Elles n’existent ni au Chili ni dans la plus grande partie du monde. Or, comble d’absurdité, c’est dans cette absence, dans ce vide humanitaire que le gouvernement français, obéissant aux lois mondiales du profit, voit un modèle à imiter, un objectif à atteindre.

Il liquide les acquis sociaux pour les revendre aux intérêts privés, il ruine les hôpitaux publics, il supprime les trains, les écoles, il soutient l’industrie agro-alimentaire qui empoisonne les aliments, il implante au mépris des citoyens ses nuisances énergétiques et bureaucratiques, il incite à consommer de plus en plus alors qu’il accroît la paupérisation. Surtout, il écrase la joie de vivre sous la pression d’une morne désespérance. Le profit rythme partout la danse macabre d’une mort rentabilisée.

Une réponse inespérée est venue spontanément tant du Chili que de la France. C’est maintenant un même peuple qui, par-delà les spécificités de l’évolution historique, se trouve confronté aux mêmes problèmes, aux mêmes questions. Au reste, ces interrogations que posent la résistance et l’auto-organisation insurrectionnelle, ne les entend-on pas se propager dans le monde et intéresser les pays les plus divers ?

Partout le peuple prend conscience de la vie qu’il porte en lui et de la mort à laquelle le condamne l’État, « le plus froid des monstres froids » ?

Ma perception du mouvement dit des Gilets jaunes en France n’engage que moi. Ce n’est qu’un témoignage dont mon enthousiasme personnel s’est emparé. Pourquoi ? Parce qu’il n’est pas un jour où, depuis mon adolescence, je n’ai aspiré à un tel renversement de l’ordre des choses. Libre à chacune et à chacun de puiser dans le fouillis de mes idées ce qui lui semble pertinent et de rejeter ce qui ne lui convient pas.

L’apparition du mouvement informel et spontané des Gilets jaunes a marqué le réveil d’une conscience à la fois sociale et existentielle qui n’était plus sorti de sa léthargie depuis le coup de semonce de Mai 1968.

Bien qu’ayant échoué à mettre en œuvre le projet d’une autogestion de la vie quotidienne, la tendance la plus radicale du Mouvement des occupations de Mai 1968 pouvait néanmoins se prévaloir d’avoir contribué à un authentique bouleversement des mentalités et des comportements. Une prise de conscience, dont les effets commencent à peine à se concrétiser aujourd’hui, a marqué dans l’histoire de l’humanité un point de non-retour. Elle a créé une situation qui, si exposée qu’elle puisse être à des régressions épisodiques, ne reviendra jamais en arrière ; les hommes tardent encore à en convenir mais il n’est pas une seule femme qui n’en soit convaincue dans sa chair.

L’épaisseur du silence sciemment entretenu enjoint de répéter inlassablement une vérité que le martèlement du mensonge échoue à briser. La dénonciation, par les situationnistes, du welfare state — de l’état de bien-être consumériste, du bonheur vendu à tempérament — a porté un coup mortel à des vertus et à des comportements imposés depuis des millénaires et passant pour d’inébranlables vérités : le pouvoir hiérarchique, le respect de l’autorité, le patriarcat, la peur et le mépris de la femme et de la nature, la vénération de l’armée, l’obédience religieuse et idéologique, la concurrence, la compétition, la prédation, le sacrifice, la nécessité du travail. L’idée s’est alors fait jour que la vraie vie ne pouvait se confondre avec cette survie qui ravale le sort de la femme et de l’homme à celui d’une bête de somme et d’une bête de proie.

Cette radicalité, on a cru qu’elle avait disparu, balayée par les rivalités internes, les luttes de pouvoir, le sectarisme contestataire ; on l’a vue étouffée par le gouvernement et par le parti communiste, dont ce fut la dernière victoire. Elle fut surtout, il est vrai, dévorée par la formidable vague d’un consumérisme triomphant, celui-là même que la paupérisation croissante assèche aujourd’hui lentement mais sûrement.

Il faut rendre cette justice à la colonisation consumériste : elle a popularisé la désacralisation des valeurs anciennes plus rapidement que des décennies de libre-pensée. L’imposture d’une libération, prônée par l’hédonisme de supermarché, propageait une abondance et une diversité de produits et de choix qui n’avaient qu’un inconvénient, celui de se payer à la sortie. De là naquit un modèle de démocratie où les idéologies s’effaçaient au profit de candidats dont la campagne promotionnelle était menée selon les techniques publicitaires les plus éprouvées. Le clientélisme et l’attrait morbide du pouvoir achevèrent de ruiner une pensée dont les derniers gouvernements en date ne craignent pas d’exhiber l’effarant délabrement.

Où en sommes-nous aujourd’hui ? Jamais la France n’a connu un mouvement insurrectionnel aussi persistant, aussi innovant, aussi festif. Jamais on n’a vu autant d’individus se débarrasser de leur individualisme, passer outre de leurs options religieuses, idéologiques, caractérielles, refuser les chefs et les leaders autoproclamés, rejeter l’emprise des appareils syndicaux et politiques. Quel plaisir d’entendre l’État déplorer que les Gilets jaunes n’aient pas de responsables que l’on pourrait saisir par les oreilles comme des lapins. Le peuple ne l’a pas oublié : chaque fois qu’une organisation a prétendu gérer ses intérêts, elle l’a pris au piège, elle l’a abusé et anéanti.

Les revendications corporatistes ont généré une colère qui s’est généralisée parce que, au-delà de la barbarie répressive, du mépris, de la provocation d’un gouvernement d’escrocs, ce qui est visé n’est rien d’autre que le système mondial qui au nom du profit saccage la vie et la planète.

Dans la rue se retrouvent côte à côte les conducteurs de train, de bus et de métro, les avocats, les éboueurs, les danseurs d’opéra, les égoutiers, les écoliers, des étudiants, les professeurs, les chercheurs, la police scientifique, une petite faction de policiers refusant la fonction de tueurs que leurs chefs leur assignent, les travailleurs des secteurs « gaz et électricité », les fonctionnaires chargés des impôts et des taxes, les petites et moyennes entreprises en proie à la rapacité du fisc, les pompiers, très souvent au premier rang dans les affrontements avec les flics, les employés de Radio France, le personnel des hôpitaux, où les économies budgétaires assassinent bel et bien les patients trop démunis pour se payer l’hôpital privé.

Des voisins qui ne s’étaient jamais parlé se découvrent en redécouvrant la solidarité. Comme lors des opérations de résistance menées contre le nazisme, on assiste à un harcèlement systématique des « collaborateurs ». Les ministres, les notables et leurs larbins ne quittent plus leurs tanières sans risquer de succomber non sous le feu d’armes meurtrières mais sous les tomates du ridicule, de la dérision, de l’humour corrosif.

Une mutation est en train de s’opérer au sein des insurrections nationales et internationales. À la phase de colère aveugle, qui se heurte de front à l’intransigeance du pouvoir et de ses forces armées, doit maintenant succéder une phase de colère lucide capable de saper l’État à la base. Il s’agit maintenant de substituer la légitimité d’une volonté populaire à l’autorité que l’État a usurpée par farce électorale. Un État qui n’est plus aujourd’hui que l’instrument des intérêts privés gérés par les multinationales.

Nous assistons à un formidable renversement de perspective. La liberté enfin rendue à son authenticité est résolue d’anéantir l’économie de libre-échange qui jadis l’inspira involontairement et formellement avant de l’étouffer sous le poids croissant de sa tyrannie. C’est la revanche de la liberté vécue sur les libertés du profit.

La terre dont nous revendiquons la libre jouissance n’est pas une abstraction, elle n’est pas une représentation mythique. C’est le lieu de notre existence, c’est le village, le quartier, la ville, la région où nous nous battons contre un système économique et social qui nous empêche d’y vivre. Puisque nous n’avons rien d’autre à attendre des instances étatiques que le mensonge et la matraque, il nous appartient désormais de « faire nos affaires » en nous défaisant du monde des affaires.

C’est à nous de jeter les bases sociales et existentielles d’une société qui brise le joug de la destruction rentabilisée. Il nous incombe d’oser investir notre rage et notre créativité dans des Communes où notre existence se réinvente à la chaleur de la générosité et de la solidarité humaines. Qu’importent les erreurs et les tâtonnements ! C’est une tâche de longue haleine que de fédérer internationalement un grand nombre de petites collectivités qui ont l’avantage incomparable d’agir directement sur le milieu où elles sont implantées.

Cessons d’aborder nos problèmes par le haut. Des sommets de l’abstraction, il ne se déverse que des chiffres qui nous déshumanisent, nous transforment en objets, nous réduisent à l’état de marchandises. La politique du grand nombre instaure toujours un chaos qui en appelle à l’Ordre noir de la mort. Il ne faut plus que le ciel des idées soit la négation de nos réalités vécues.

La vérité fait partout entendre le chant de la vie. La dimension humaine est une qualité, non une quantité. L’individu devient collectif lorsque la poésie d’un seul rayonne pour tous.

Notre bien public c’est la terre. Elle est notre vraie patrie et nous sommes résolus d’en chasser les envahisseurs mercantiles qui la mutilent en la découpant en parts de marché. Notre liberté est une et indivisible.

31 janvier 2020

Raoul Vaneigem

Réponse et nouvelles du Chili

datées du 5 février 2020

Pour le moment, je vous dis que la lutte se poursuit dans cette longue et étroite bande de terre. Le combat direct avec la police se poursuit, car la répression est également « à domicile » ces jours-ci. De plus, ce que vous dites dans votre texte se produit également ici, à savoir que les fonctionnaires de la capitale ne peuvent pas sortir dans la rue sans devenir la cible de la dérision publique.

Les collectivités humaines de tout le Chili s’organisent pour récupérer les territoires usurpés et pillés par l’État et les colonisateurs qui l’ont précédé. Un exemple en est la récupération de terres (400 hectares) que les communautés mapuche de la commune de Los Sauces, province de Malleco, région d’Araucanie, ont effectué le dernier vendredi de janvier.

Ce qui s’en vient, c’est l’autogestion généralisée de nos besoins, la destruction totale des chaînes qui nous lient physiquement et spirituellement à l’économie terroriste. La terre vivra à nouveau et nous vivrons avec elle.

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Lectures complémentaires:

L’abbcedaire de Raoul Vaneigem

L’essentiel-et-l’indispensable-de-Raoul_Vaneigem

Raoul_Vaneigem-extraits-de-lappel-a-la-vie-contre-la-tyrannie-etatique-et-marchande

Manifeste pour la Société des Sociétés

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

3ri-et-societe-des-societes-du-chiapas-zapatistes-aux-gilets-jaunes-en-passant-par-le-rojava-fevrier-2019

 


Conscience Gilet Jaune