Archive pour mouvement gilets jaunes résistance politique

Gilets Jaunes: Comment contester les amendes de la répression étatique pour participation à manif « non autorisée »…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 11 février 2020 by Résistance 71

 

 

Gilets Jaunes: comment contester les amendes de 135 euros pour “manifestation non autorisée”

 

Paris Lutttes Info

 

9 février 2020

 

url de l’article:

https://paris-luttes.info/gilets-jaunes-comment-contester-12606?lang=fr

 

Vous trouverez ici un modèle de lettre pour contester les contraventions pour manifestation non autorisée qui sont distribuées de plus en plus systématiquement dans le cadre du mouvement des gilets jaunes. (voir PDF ci-dessous)

Aux côtés des déploiements policiers toujours plus grandiloquents, des blessures et des arrestations, l’arsenal répressif vise aussi le portefeuille. Samedi 7 septembre à Rouen, pour la rentrée des Gilets jaunes, au moins 111 personnes ont été verbalisées (135€ à 750€) pour « participation à une manifestation non autorisée ». Des personnes qui, pour la plupart d’entre elles, manifestent déjà contre leurs conditions financières difficiles, voire invivables.

À chaque avancée répressive, il nous faut penser l’autodéfense : masques et lunettes contre les gaz, protections contre les blessures, caisses de soutien pour les frais juridiques, etc. Ici, on relaie un modèle de lettre qui permet de contester les contraventions pour manifestations non autorisées. Nous n’en garantissons pas sa réussite systématique, mais elle aurait déjà fonctionné pour nombre de cas…

Modele-contestation-AMENDE_135_EUR
PDF

Aussi: Coordination anti-répression Île de France

 


Le défi celtique… du XXIème siècle ?

Luttes d’émancipations et insurrections… De la France au Chili en passant par ailleurs… Union !

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 7 février 2020 by Résistance 71

 

“L’État, c’est ainsi que s’appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement et le mensonge que voici sort de sa bouche: ‘Moi, l’État, je suis le peuple !’… Là où le peuple existe encore, il ne comprend pas l’État et il le hait comme un mauvais œil et comme un pêché contre les coutumes et les droits… L’État, lui, ment dans tous les idiomes du bien et du mal ; et quoi qu’il dise, il ment et ce qu’il possède il l’a volé. Tout est faux en lui, il mord avec des dents volées, lui qui mord si volontiers. Fausses sont même ses entrailles… ‘Sur Terre il n’est rien de plus grand que moi: je suis le doigt qui crée l’ordre, le doigt de dieu’, voilà ce que hurle ce monstre…”
~ Friedrich Nietzsche ~

“Qu’est-ce que l’État ? C’est le signe achevé de la division dans la société, en tant qu’il est l’organe séparé du pouvoir politique: la société est désormais divisée entre ceux qui exercent le pouvoir et ceux qui le subissent. La société n’est plus un. Nous indivisé, une totalité une, mais un corps morcelé, un être social hétérogène… »
~ Pierre Clastres ~

 

 

Unité et différences dans les insurrections de France et du Chili

 

Raoul Vaneigem

 

Janvier et 5 février 2020

 

Source:

https://www.lavoiedujaguar.net/Unite-et-differences-dans-les-insurrections-de-France-et-du-Chili

 

Lettre de Raoul Vaneigem aux insurgées et aux insurgés du Chili, pour faire suite à une demande de précision sur la notion de « bien public », suivie de « Réponse et nouvelles du Chili ».

La France a occupé et continue d’occuper dans l’imaginaire des révolutions une place particulière. Elle est le pays où pour la première fois dans l’histoire une révolution a brisé l’immobilisme et l’obscurantisme qu’imposait la prépondérance d’une économie essentiellement fondée sur l’agriculture. Sa victoire n’a pas signifié le triomphe de la liberté, elle a seulement marqué la victoire d’une économie de libre-échange qui, très vite, a étouffé les aspirations à une vraie liberté.

La vraie liberté, c’est la liberté vécue. Les philosophes des Lumières en avaient pris conscience. Les Diderot, d’Holbach, Rousseau, Voltaire en avaient gravé l’évidence dans la mémoire universelle, et avant eux les principaux penseurs de la Renaissance, Montaigne, La Boétie, Rabelais, Castellion (à qui l’on doit le propos « Tuer un homme, ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme »).

Bien que présente dans nombre de pays d’Europe, la lutte pour la liberté revêt en France une singulière acuité. Dès les XIe et XIIe siècles les insurrections communalistes se multiplient et s’intensifient. Elles ont pour but de libérer les villes de l’autorité tyrannique de la classe aristocratique, dont les revenus viennent principalement des paysans, des serfs qui travaillent leurs terres. Les nobles n’ont pas l’intention de laisser échapper à leur emprise ces « communes » qui génèrent de nouvelles sources de revenus. Artisans, commerçants, tisserands, petits producteurs sont le ferment d’un capitalisme naissant. Ils se heurtent à la noblesse et au régime féodal qui entrave leur expansion.

Une rumeur répand sa traînée de poudre : « L’air des villes rend libre. » Elle va contribuer à identifier cette bourgeoisie, dont le nom est tiré de bourg (ville) à un idéal de liberté, qui en est en fait son idéologie. Car il apparaît rapidement que cette bourgeoisie exerce à son tour une oppression sur la classe des travailleurs qu’elle exploite impitoyablement, comme en témoigne la Complainte des tisseuses de soie de Chrétien de Troyes (1135-1190).

Bien que la bourgeoisie ne cesse de croître en puissance et d’opprimer les classes laborieuses, son combat contre l’arrogance aristocratique entretient — de bon gré et de mauvais gré — un esprit de subversion et de revendication qui perce de coups redoutables la carapace et les murailles du régime de droit divin, faisant vaciller la citadelle du pouvoir aristocratique. C’est ce qui explique le caractère contradictoire de la révolution française de 1789 : d’une part le formidable essor d’une liberté qui se révèle comme le véritable devenir de l’humanité ; d’autre part la terrible mystification qui consiste à réduire la liberté à la libre circulation des biens et des personnes, indistinctement traités comme des marchandises.

Après avoir décapité la monarchie de droit divin, le libre-échange instaure une monarchie du profit, plus inhumaine encore que le despotisme féodal. Girondins et jacobins fraient le chemin à une manière de monarchisme désacralisé, à un bonapartisme où le progrès de l’industrialisation exige l’esclavage du plus grand nombre. C’est dans sa lignée que s’inscrivent les deux régimes illustrant le mieux la barbarie de notre histoire : le nazisme où l’Homme devient pur objet ; le bolchevisme où, au nom de l’émancipation de l’Homme, le rêve communiste tourne au cauchemar.

Entre la fascination de ces deux extrêmes, l’idéal politique occidental a perpétué une forme édulcorée de ce jacobinisme que les conquêtes de Napoléon avaient implanté partout en Europe. C’est un mélange de bureaucratie tentaculaire et de théâtre citoyen où progressisme et conservatisme font l’objet d’une mise en scène rafistolée au goût du jour. Le peuple insurgé doit savoir que s’il perturbe le spectacle en y entrant il n’aura de place réservée qu’à l’état de cadavre.

Ni dictature absolue ni expression de la volonté du peuple, qu’est-ce d’autre que cet avorton engendré par la rapacité financière si ce n’est un totalitarisme démocratique ?

À l’exception d’un éphémère gouvernement du peuple par le peuple, que la Commune de Paris avait tenté de promouvoir, le capitalisme n’a jamais desserré son étreinte, il n’a fait que moderniser son emprise. Les luttes sociales ont été des coups de gueule assez efficaces pour que les gestionnaires du profit jettent quelques aumônes aux révoltés mais insuffisants pour que la menace d’une éradication totale les fasse trembler.

Dans le même temps que Robespierre faisait décapiter Olympes de Gouges, qui luttait pour les droits de la femme, la Révolution française avait promulgué dans sa fameuse Déclaration une version formelle des Droits de l’homme. Le fait que ces droits ont été et sont toujours bafoués par la plupart des gouvernements les a auréolés d’un esprit de subversion que l’État s’est empressé d’édulcorer et d’institutionnaliser.

Dans la guérilla menée en France contre l’occupation nazie et ses nombreux collaborateurs se constitue le Conseil de la Résistance. Il est l’organisme chargé de diriger et de coordonner les différents mouvements insurrectionnels, toutes tendances politiques comprises. Le conseil est composé de représentants de la presse, des syndicats et des membres de partis hostiles au gouvernement de Vichy à partir de la mi-1943. Son programme, adopté en mars 1944, prévoit un « plan d’action immédiat » (c’est-à-dire des actions de résistance), mais il comporte aussi une liste de réformes sociales et économiques à appliquer dès la libération du territoire.

Il ne faut pas se leurrer. Ces réformes ont pour but d’éviter une conflagration révolutionnaire, rendue possible par l’armement des factions séditieuses. Le Parti communiste français s’emploiera à briser les velléités révolutionnaires du peuple en arme et lui livrera, pour l’apaiser, un ensemble d’avantages qui s’inscrivent dans la lignée de la res publica issue de la Première République française. C’est ce qui va constituer pour les Français un « bien public » destiné à améliorer l’existence du plus grand nombre.

Ces mesures en matière de santé, d’aide à la famille, d’allocations de chômage, de protection pour les travailleurs, d’alimentation de qualité, d’enseignement pour toutes et tous ont été très vite adoptées par la plupart des pays européens. Elles n’existent ni au Chili ni dans la plus grande partie du monde. Or, comble d’absurdité, c’est dans cette absence, dans ce vide humanitaire que le gouvernement français, obéissant aux lois mondiales du profit, voit un modèle à imiter, un objectif à atteindre.

Il liquide les acquis sociaux pour les revendre aux intérêts privés, il ruine les hôpitaux publics, il supprime les trains, les écoles, il soutient l’industrie agro-alimentaire qui empoisonne les aliments, il implante au mépris des citoyens ses nuisances énergétiques et bureaucratiques, il incite à consommer de plus en plus alors qu’il accroît la paupérisation. Surtout, il écrase la joie de vivre sous la pression d’une morne désespérance. Le profit rythme partout la danse macabre d’une mort rentabilisée.

Une réponse inespérée est venue spontanément tant du Chili que de la France. C’est maintenant un même peuple qui, par-delà les spécificités de l’évolution historique, se trouve confronté aux mêmes problèmes, aux mêmes questions. Au reste, ces interrogations que posent la résistance et l’auto-organisation insurrectionnelle, ne les entend-on pas se propager dans le monde et intéresser les pays les plus divers ?

Partout le peuple prend conscience de la vie qu’il porte en lui et de la mort à laquelle le condamne l’État, « le plus froid des monstres froids » ?

Ma perception du mouvement dit des Gilets jaunes en France n’engage que moi. Ce n’est qu’un témoignage dont mon enthousiasme personnel s’est emparé. Pourquoi ? Parce qu’il n’est pas un jour où, depuis mon adolescence, je n’ai aspiré à un tel renversement de l’ordre des choses. Libre à chacune et à chacun de puiser dans le fouillis de mes idées ce qui lui semble pertinent et de rejeter ce qui ne lui convient pas.

L’apparition du mouvement informel et spontané des Gilets jaunes a marqué le réveil d’une conscience à la fois sociale et existentielle qui n’était plus sorti de sa léthargie depuis le coup de semonce de Mai 1968.

Bien qu’ayant échoué à mettre en œuvre le projet d’une autogestion de la vie quotidienne, la tendance la plus radicale du Mouvement des occupations de Mai 1968 pouvait néanmoins se prévaloir d’avoir contribué à un authentique bouleversement des mentalités et des comportements. Une prise de conscience, dont les effets commencent à peine à se concrétiser aujourd’hui, a marqué dans l’histoire de l’humanité un point de non-retour. Elle a créé une situation qui, si exposée qu’elle puisse être à des régressions épisodiques, ne reviendra jamais en arrière ; les hommes tardent encore à en convenir mais il n’est pas une seule femme qui n’en soit convaincue dans sa chair.

L’épaisseur du silence sciemment entretenu enjoint de répéter inlassablement une vérité que le martèlement du mensonge échoue à briser. La dénonciation, par les situationnistes, du welfare state — de l’état de bien-être consumériste, du bonheur vendu à tempérament — a porté un coup mortel à des vertus et à des comportements imposés depuis des millénaires et passant pour d’inébranlables vérités : le pouvoir hiérarchique, le respect de l’autorité, le patriarcat, la peur et le mépris de la femme et de la nature, la vénération de l’armée, l’obédience religieuse et idéologique, la concurrence, la compétition, la prédation, le sacrifice, la nécessité du travail. L’idée s’est alors fait jour que la vraie vie ne pouvait se confondre avec cette survie qui ravale le sort de la femme et de l’homme à celui d’une bête de somme et d’une bête de proie.

Cette radicalité, on a cru qu’elle avait disparu, balayée par les rivalités internes, les luttes de pouvoir, le sectarisme contestataire ; on l’a vue étouffée par le gouvernement et par le parti communiste, dont ce fut la dernière victoire. Elle fut surtout, il est vrai, dévorée par la formidable vague d’un consumérisme triomphant, celui-là même que la paupérisation croissante assèche aujourd’hui lentement mais sûrement.

Il faut rendre cette justice à la colonisation consumériste : elle a popularisé la désacralisation des valeurs anciennes plus rapidement que des décennies de libre-pensée. L’imposture d’une libération, prônée par l’hédonisme de supermarché, propageait une abondance et une diversité de produits et de choix qui n’avaient qu’un inconvénient, celui de se payer à la sortie. De là naquit un modèle de démocratie où les idéologies s’effaçaient au profit de candidats dont la campagne promotionnelle était menée selon les techniques publicitaires les plus éprouvées. Le clientélisme et l’attrait morbide du pouvoir achevèrent de ruiner une pensée dont les derniers gouvernements en date ne craignent pas d’exhiber l’effarant délabrement.

Où en sommes-nous aujourd’hui ? Jamais la France n’a connu un mouvement insurrectionnel aussi persistant, aussi innovant, aussi festif. Jamais on n’a vu autant d’individus se débarrasser de leur individualisme, passer outre de leurs options religieuses, idéologiques, caractérielles, refuser les chefs et les leaders autoproclamés, rejeter l’emprise des appareils syndicaux et politiques. Quel plaisir d’entendre l’État déplorer que les Gilets jaunes n’aient pas de responsables que l’on pourrait saisir par les oreilles comme des lapins. Le peuple ne l’a pas oublié : chaque fois qu’une organisation a prétendu gérer ses intérêts, elle l’a pris au piège, elle l’a abusé et anéanti.

Les revendications corporatistes ont généré une colère qui s’est généralisée parce que, au-delà de la barbarie répressive, du mépris, de la provocation d’un gouvernement d’escrocs, ce qui est visé n’est rien d’autre que le système mondial qui au nom du profit saccage la vie et la planète.

Dans la rue se retrouvent côte à côte les conducteurs de train, de bus et de métro, les avocats, les éboueurs, les danseurs d’opéra, les égoutiers, les écoliers, des étudiants, les professeurs, les chercheurs, la police scientifique, une petite faction de policiers refusant la fonction de tueurs que leurs chefs leur assignent, les travailleurs des secteurs « gaz et électricité », les fonctionnaires chargés des impôts et des taxes, les petites et moyennes entreprises en proie à la rapacité du fisc, les pompiers, très souvent au premier rang dans les affrontements avec les flics, les employés de Radio France, le personnel des hôpitaux, où les économies budgétaires assassinent bel et bien les patients trop démunis pour se payer l’hôpital privé.

Des voisins qui ne s’étaient jamais parlé se découvrent en redécouvrant la solidarité. Comme lors des opérations de résistance menées contre le nazisme, on assiste à un harcèlement systématique des « collaborateurs ». Les ministres, les notables et leurs larbins ne quittent plus leurs tanières sans risquer de succomber non sous le feu d’armes meurtrières mais sous les tomates du ridicule, de la dérision, de l’humour corrosif.

Une mutation est en train de s’opérer au sein des insurrections nationales et internationales. À la phase de colère aveugle, qui se heurte de front à l’intransigeance du pouvoir et de ses forces armées, doit maintenant succéder une phase de colère lucide capable de saper l’État à la base. Il s’agit maintenant de substituer la légitimité d’une volonté populaire à l’autorité que l’État a usurpée par farce électorale. Un État qui n’est plus aujourd’hui que l’instrument des intérêts privés gérés par les multinationales.

Nous assistons à un formidable renversement de perspective. La liberté enfin rendue à son authenticité est résolue d’anéantir l’économie de libre-échange qui jadis l’inspira involontairement et formellement avant de l’étouffer sous le poids croissant de sa tyrannie. C’est la revanche de la liberté vécue sur les libertés du profit.

La terre dont nous revendiquons la libre jouissance n’est pas une abstraction, elle n’est pas une représentation mythique. C’est le lieu de notre existence, c’est le village, le quartier, la ville, la région où nous nous battons contre un système économique et social qui nous empêche d’y vivre. Puisque nous n’avons rien d’autre à attendre des instances étatiques que le mensonge et la matraque, il nous appartient désormais de « faire nos affaires » en nous défaisant du monde des affaires.

C’est à nous de jeter les bases sociales et existentielles d’une société qui brise le joug de la destruction rentabilisée. Il nous incombe d’oser investir notre rage et notre créativité dans des Communes où notre existence se réinvente à la chaleur de la générosité et de la solidarité humaines. Qu’importent les erreurs et les tâtonnements ! C’est une tâche de longue haleine que de fédérer internationalement un grand nombre de petites collectivités qui ont l’avantage incomparable d’agir directement sur le milieu où elles sont implantées.

Cessons d’aborder nos problèmes par le haut. Des sommets de l’abstraction, il ne se déverse que des chiffres qui nous déshumanisent, nous transforment en objets, nous réduisent à l’état de marchandises. La politique du grand nombre instaure toujours un chaos qui en appelle à l’Ordre noir de la mort. Il ne faut plus que le ciel des idées soit la négation de nos réalités vécues.

La vérité fait partout entendre le chant de la vie. La dimension humaine est une qualité, non une quantité. L’individu devient collectif lorsque la poésie d’un seul rayonne pour tous.

Notre bien public c’est la terre. Elle est notre vraie patrie et nous sommes résolus d’en chasser les envahisseurs mercantiles qui la mutilent en la découpant en parts de marché. Notre liberté est une et indivisible.

31 janvier 2020

Raoul Vaneigem

Réponse et nouvelles du Chili

datées du 5 février 2020

Pour le moment, je vous dis que la lutte se poursuit dans cette longue et étroite bande de terre. Le combat direct avec la police se poursuit, car la répression est également « à domicile » ces jours-ci. De plus, ce que vous dites dans votre texte se produit également ici, à savoir que les fonctionnaires de la capitale ne peuvent pas sortir dans la rue sans devenir la cible de la dérision publique.

Les collectivités humaines de tout le Chili s’organisent pour récupérer les territoires usurpés et pillés par l’État et les colonisateurs qui l’ont précédé. Un exemple en est la récupération de terres (400 hectares) que les communautés mapuche de la commune de Los Sauces, province de Malleco, région d’Araucanie, ont effectué le dernier vendredi de janvier.

Ce qui s’en vient, c’est l’autogestion généralisée de nos besoins, la destruction totale des chaînes qui nous lient physiquement et spirituellement à l’économie terroriste. La terre vivra à nouveau et nous vivrons avec elle.

= = =

Lectures complémentaires:

L’abbcedaire de Raoul Vaneigem

L’essentiel-et-l’indispensable-de-Raoul_Vaneigem

Raoul_Vaneigem-extraits-de-lappel-a-la-vie-contre-la-tyrannie-etatique-et-marchande

Manifeste pour la Société des Sociétés

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

3ri-et-societe-des-societes-du-chiapas-zapatistes-aux-gilets-jaunes-en-passant-par-le-rojava-fevrier-2019

 


Conscience Gilet Jaune

 

Gilets Jaunes… à tout jamais !

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 31 janvier 2020 by Résistance 71

 

 

 

Gilets Jaunes An II !

 

Il y a maintenant plus de 14 mois de lutte écoulés qui nous montrent on ne peut plus clairement qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il n’y en a en fait jamais eu et qu’il ne saurait y en avoir !

Ceci se doit de devenir une évidence incontournable pour toutes et tous, membres de notre lutte organique pour une société enfin libre.

Ainsi, toute négociation avec l’État et les représentants de l’oligarchie est non seulement futile mais contre-productive. Ignorons-les !

Solidarité – Union – Persévérance – Réflexion – Action

Devenons S.U.P.R.A Gilets Jaunes !

Reprenons le pouvoir par les Assemblées Populaires et dans le même temps:

  • Boycottons les institutions
  • Boycottons l’élection et l’impôt absorbant l’intérêt de la dette odieuse
  • Boycottons les entreprises du CAC40 et des transnationales criminelles
  • Achetons et promouvons les produits locaux
  • Réaménageons nos campagnes et nos communautés agricoles
  • Rassemblons-nous en comités populaires de voisinage, de travail… Créons les Communes libres librement associées
  • Restons incontrôlables et imprévisibles !

Tout le Pouvoir aux Ronds-Points !

Pour une société émancipée et donc libre !

Groupe Gilets Jaunes de _______________

Aussi…

Cinq textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 


Gaulois penseur… et réfractaire !

Gilets Jaunes, grévistes et peuple en lutte… Réfléchissons sur l’ordre et le désordre et agissons en conséquence !

Posted in actualité, autogestion, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société des sociétés, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 21 janvier 2020 by Résistance 71

 


le penseur… Gaulois réfractaire

 

 

État, anarchie, ordre et désordre

 

Pierre Kropotkine

 

Source: Encyclopédie Anarchiste (1934)

 

De quel ordre s’agit-il ? Est-ce de l’harmonie que nous rêvons, nous, les anarchistes? De l’harmonie qui s’établira librement dans les relations humaines, lorsque l’humanité cessera d’être divisée en deux classes, dont l’une est sacrifiée au profit de l’autre? De l’harmonie qui surgira spontanément de la solidarité des intérêts, lorsque tous les hommes formeront une seule et même famille, lorsque chacun travaillera pour le bien-être de tous et tous pour le bien-être de chacun? Evidemment, non! Ceux qui reprochent à l’Anarchie d’être la négation de l’Ordre, ne parlent pas de cette harmonie de l’avenir ; ils parlent de l’ordre tel qu’on le conçoit dans notre société actuelle. Voyons donc ce qu’est cet « Ordre » que l’Anarchie veut détruire.

L’Ordre, aujourd’hui, ce qu’ils entendent par « l’Ordre », c’est les neuf dixièmes de l’humanité travaillant pour procurer le luxe, les jouissances, la satisfaction des passions les plus exécrables à une poignée de fainéants. L’Ordre, c’est la privation, pour ces neuf dixièmes, de tout ce qui est la condition nécessaire d’une vie hygiénique, d’un développement rationnel des qualités intellectuelles. Réduire les neuf dixièmes de l’humanité à l’état de bêtes de somme vivant au jour le jour, sans jamais oser penser aux jouissances procurées à l’homme par l’étude des sciences, par la création artistique, voilà « l’Ordre! ».

« L’Ordre » c’est la misère, la famine devenue l’état normal de la société. C’est le paysan irlandais mourant de faim ; c’est le peuple d’Italie réduit à abandonner sa campagne luxuriante, pour rôder à travers l’Europe en cherchant un tunnel quelconque à creuser, où il risquera de se faire écraser, après avoir subsisté quelques mois de plus. C’est la terre enlevée au paysan pour l’élève du bétail ou du gibier qui servira à nourrir les riches, c’est la terre laissée en friche plutôt que d’être restituée à celui qui ne demande pas mieux que de la cultiver.

L’Ordre, c’est la femme qui se vend pour nourrir ses enfants ; c’est l’enfant réduit à être enfermé dans une fabrique ou à mourir d’inanition. C’est le fantôme de l’ouvrier insurgé aux portes du riche, le fantôme du peuple insurgé aux portes des gouvernants.

L’Ordre, c’est une minorité infime élevée dans les chaires gouvernementales, qui s’impose pour cette raison à la majorité et qui dresse ses enfants pour occuper plus tard les mêmes fonctions, afin de maintenir les mêmes privilèges par la ruse, la corruption, la force, le massacre.

L’Ordre, c’est la Guerre continuelle d’homme à homme, de métier à métier, de classe à classe, de nation à nation. C’est le canon qui ne cesse de gronder, c’est la dévastation des campagnes, le sacrifice des générations entières sur les champs de bataille, la destruction en une année des richesses accumulées par des siècles de dur labeur.

L’Ordre, c’est la servitude, l’enchaînement de la Pensée, l’avilissement de la race humaine, main­ tenue par le fer et par le fouet. C’est la mort soudaine par le grisou, la mort lente par l’enfouissement de milliers de mineurs déchirés ou enterrés chaque année par la cupidité des patrons et pourchassés à la baïonnette, dès qu’ils osent se plaindre. Voilà « l’Ordre! » 

Et le désordre, ce qu’ils appellent le désordre : C’est le soulèvement du peuple contre cet ordre ignoble, brisant ses fers, détruisant ses entraves et marchant vers un avenir meilleur. C’est ce que l’humanité a de plus glorieux dans son histoire : c’est la révolte de la pensée à la veille des révolutions ; c’est le renversement des hypothèses sanctionnées par l’immobilité des siècles précédents ; c’est l’éclosion de tout un flot d’idées nouvelles, d’inventions audacieuses, c’est la solution des problèmes de la science.

Le désordre, c’est l’abolition de l’esclavage antique, c’est l’insurrection des communes, l’abolition du servage féodal, les tentatives d’abolition du servage économique.

Le désordre, c’est l’insurrection des paysans soulevés contre les prêtres et les seigneurs, brûlant les  châteaux pour faire place aux chaumières, sortant de leurs tanières pour prendre leur place au soleil.

Le désordre – ce qu’ils nomment le désordre – ce sont les époques pendant lesquelles des générations entières supportent une lutte incessante et se sacrifient pour préparer à l’humanité une meilleure existence, en la débarrassant des servitudes du passé. Ce sont les époques pendant lesquelles le génie populaire prend son libre essor et fait, en quelques années, des pas gigantesques, sans lesquels l’homme serait resté à l’état d’esclave antique, d’être rampant, de brute avilie dans la misère.

Le désordre, c’est l’éclosion des plus belles passions et des plus grands dévouements, c’est l’épopée du suprême amour de l’humanité! 

= = =

Pierre Kropotkine sur Résistance 71

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


Veuillez laissez l’État dans les WC…
où vous l’avez trouvé en entrant !

 


Gilets Jaunes… par Cernunnos !…

Gilets Jaunes résistance politique: Compte-rendu de la manif / action sur Rouen du 21 décembre 2019

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 22 décembre 2019 by Résistance 71


Tout le pouvoir aux Ronds-Points !

 

CR manif GJ Rouen

 

GJ du Rond-Point des Vaches

 

22 décembre 2019

 

Bonjour,

Belle manif en ce samedi 21 décembre. Départ place du Général De Gaulle alias place des Gilets Jaunes… allons place St Marc puis général Leclerc, désir commun de tourner et de remonter la rue Jeanne d’Arc, l’artère principale du centre… à la hauteur de la rue du Gros Horloge… là… un peloton de mobiles… face à face… nous bravons en scandant  : « laissez nous passer »… et autres désirs de continuer la manif… avance des gens d’armes… résistance, refus de partir… on reste en nombre, gens du commun parmi eux beaucoup de G.J. et de syndiqués… grande mobilisation de gens d’armes, policiers et baqueux… gazeuses poivrées et avancée des F.O… résistaaaaance.. une copine tombe, malaise, une autre a une crise de tétanies… un copain arrêté ( ils l’ont relâché peu après paraît-il ) … un lent repli s’opère…

Je relève dans un compte redu de « Rouen dans la rue » à propos de la manif de mardi cette navrante inversion quand ils écrivent : » Déception immense ( ils parlent du fait de ne pas être montés à la gare où il n’y a d’ailleurs personne mais symbole quand tu nous tiens )  donc pour ceux qui mettent leur corps en jeu pour amorcer la conflictualité nécessaire à cette lutte ».

Première remarque : un vrai terme macronien çà « conflictualité », on veut se la jouer  communiquant !  un face à face, voire un affrontement peuvent se révéler judicieux et ils sont l’oeuvre de la manif elle-même, pas forcément l’ oeuvre de quelques-uns qui s’autooctroient la marche à suivre…. il n’y a aucune  » déception immense » ( on est toujours au théââtre là! ) , vous tentez et çà marche pas alors basta ! Nous avons été quelques g.j pendant plusieurs manifs à orienter, par un bavardage assidu et spontané, l’orientation improvisée des parcours et cà marchait bien… on était pas toujours d’accord sur la gauche ou la droite mais le désir était partagé…et aujourd’hui il le fut de nouveau et pas seulement avec des G.J !

Ils écrivent plus loin : » la force de ce mouvement réside peut-être dans les actions de blocage, dans la nuisance réelle des grèves des secteurs clés et dans les rencontres entre ceux qui décident d’agir ensemble ». tiens donc la conflictualité est nécessaire mais l’agir ensemble dans les blocages, voire pour certains dans les grèves, çà c’est peut-être!!!!!! la force de ce mouvement ! La force de ce mouvement réside nécessairement dans les rencontres possibles entre gens du commun, c’est l’événement social même !

Vous essayez de plaquer votre idée de la manif, de ce qu’elle doit être sans la ressentir, sans la vivre, sans prendre le temps des rencontres possibles ! « Nécessaire »! « Nécessaire » est-ce que nous G.J. on a des gueules de nécessaire ?

Et pour finir une info de la legal team de Paris

https://www.gj-magazine.com/gj/interdit-de-manifester-pendant-6-mois-et-sans-proces-le-dernier-coup-tordu-contre-les-gilets-jaunes/

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

Au-delà de la grève générale… vers la société des sociétés, à bas l’État, la marchandise et le salariat !

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 19 décembre 2019 by Résistance 71


… Expropriatrice !

 

Allons au-delà de la grève générale*

 

Paris-Luttes Infos

 

18 décembre 2019

 

url de l’article:

https://paris-luttes.info/allons-au-dela-de-la-greve-13121?lang=fr

 

(*) Note de R71: Au-delà de la grève générale, c’est non seulement la grève générale illimitée et expropriatrice, mais c’est surtout emprunter la seule voie possible vers la société des sociétés et des communes libres confédérées: A bas l’État ! A bas la marchandise ! A bas l’argent et à bas le salariat !… Qu’on se le dise !..

 

Nous y sommes : nous avons passé le 5 et le 17 décembre 2019, nous avons débuté des blocages dans tout le pays ! Première victoire. Néanmoins, nous n’avons pas encore les conditions d’une victoire totale. Certes, le gouvernement pourrait reculer sur la réforme des retraites… Mais que gagnerions-nous ?

Au mieux, un système de retraite par répartition qui contrebalance des cadences de travail effrénées. Aucun changement pour la Santé en grève depuis des mois ; aucun changement pour les précaires intérimaires pour qui « grève » rime avec « perdre son boulot de deux mois et le chômage des deux mois suivants ». 

Et que dire de ces cortèges syndicaux où l’on se met bien en rang derrière les lignes de policiers, que dire de ces AG dont la lourdeur bureaucratique plombe nos journées ?

Nous souhaitons ici critiquer pour aller plus loin que nos routines et nos prêts-à-penser, pour nos camarades, nos ami·e·s, nos copain·ine·s, et donner envie de s’organiser dans la grève et en dehors.

Au-delà de la retraite : un Pacte des grévistes

La mobilisation actuelle ne porte qu’une seule revendication : le retrait de la réforme sur les retraites. Ou, au mieux, la retraite à 60 ans à taux plein. Nous acceptons un terrible compromis avec le capitalisme : « Tuez-vous à la tâche et l’on vous libèrera plus tard, si vous survivez jusque-là ! »

Bon nombre de précaires ne songent ni à la retraite ni à la défendre : car comment songer à la vie après 60 ans, quand le quotidien est déjà une bataille ? 

Comment songer à une retraite quand la France refuse de te régulariser ? 

Et est-ce qu’une victoire sur la réforme des retraites augmentera le nombre de lits dans les hôpitaux publics par exemple ?

Devons-nous rappeler les revendications des secteurs en lutte dans ce mouvement ? 

L’éducation et la réforme du bac, la grève depuis des mois dans les urgences et chez les pompiers, le droit de retrait des cheminots pour s’opposer à la suppression des agents d’escales, et la liste est encore longue : tous ces secteurs étaient mobilisés bien avant la lutte contre la réforme des retraites et nous l’avons comme oublié. Aujourd’hui, nos camarades de la Santé ne souhaitent pas s’inscrire dans une convergence des luttes, pour que leurs revendications ne se dissolvent pas dans la revendication unique. 

Nous devons faire ce constat : oui, les revendications issues de nos combats disparaissent au détriment d’une pseudo-convergence des luttes. Et tant que cette situation perdurera, tous et toutes, nous perdrons tout.

N’avons-nous rien appris de Nuit debout et des Gilets jaunes ? 

Ces deux mouvements ont produit de multiples tribunes, des pots communs de revendications dans lesquels chacun·e pouvait piocher. 

Pas de représentants et rien à négocier : à nos ennemis de nous convaincre d’arrêter de lutter !

Parce que le mouvement actuel s’inscrit dans une grève générale de plusieurs secteurs déjà en lutte, nous souhaiterions la création d’un Pacte entre grévistes. Nous proposons :

  • Qu’un pot commun de revendications soit créé.
  • Que chaque nouveau collectif de grévistes rajoute ses revendications spécifiques à ce pot commun.
  • Que la grève se perpétue jusqu’à ce que toutes les revendications de ce pot commun soient acceptées.
  • Que nous n’ayons rien à négocier : car c’est aux patrons et à leur gouvernement de se plier à nos exigences.

Par ce pacte, chaque secteur en lutte pourrait compter sur les autres pour porter ses revendications. Les salarié·e·s d’entreprises privées, d’associations pourraient rentrer dans la bataille en se sachant soutenu·e·s par de plus gros secteurs. Nous sortirions de l’unique revendication sur les retraites et attirerions de nouvelles personnes dans la grève. Et en gagnant, nous gagnerions tout, sur tous les fronts, au même moment.

Au-delà des syndicats, de leurs cortèges et de leurs AG

Aujourd’hui, comme si le mouvement contre la loi Travail et les Gilets jaunes n’avaient jamais eu lieu, nous déléguons aux intersyndicales la responsabilité de déposer un trajet de manifestation et de l’amender selon le bon vouloir de la préfecture. Et nous allons gaiement dans ces cortèges sans proposer grand-chose d’ailleurs.

Ce problème est criant à Paris : la grève des transports et le « culte du chiffre » de manifestant·e·s, que les centrales syndicales portent, nous obligent quand on est en région parisienne, à monter sur Paris, en bus à pied à vélo, et à s’épuiser sans construire localement.

Plusieurs appels proposaient de manifester dans nos villes et villages, à ne pas rejoindre un seul grand cortège, mais à déambuler avec plusieurs cortèges pour multiplier l’impact économique et être vu·e·s de partout…

Devons-nous rappeler l’inutilité d’être un million sur un boulevard bordé de flics ?

Giletjaunons la grève ! La spontanéité est ce qui nous manque le plus

Des assemblées générales de grévistes se sont mises en place par secteur de travail ou interprofessionnel, par lieux de travail ou par zone géographique. Ces AG ont permis au 5 décembre de naître et à la grève de durer.

Mais pour légitimer ses actions, tout doit y être voté, parfois à l’extrême : 

« Est-ce que l’AG autorise telle action qui ne se fera peut-être pas ?
Est-ce que l’AG autorise tel·le·s personnes à être dans telle ou telle AG lointaine
 ?
Et moi, qu’est ce que j’y fais, oh pauvre humain corruptible
 ? » 

L’on délègue sa responsabilité à une haute instance, l’Assemblée locale souveraine, Petit Dieu de la Révolution, Porteuse de la vérité collective et Dé-faiseur de rois.

Non : l’organisation collective doit se fonder sur des petits groupes porteurs d’actions et de revendications. Ni déesses ni maîtresses de nos destins collectifs, les assemblées doivent être de simples caisses de résonance de toutes les mouvances qui la composent, avec leurs contradictions : nous ne devons pas chercher de consensus. Et entre nous, disons : « Qui aime nous suive ! » plutôt que : «  Qui est pour, qui est contre, adjugé vendu ! » 

Enfin localement, les unions locales syndicales doivent laisser de la place aux autres groupes affinitaires, jusque dans l’organisation matérielle et financière des bourses du travail (plan d’impressions, financement des tracts, etc.).

En résumé sur ce point :

  • Des millions de cortèges partout ! Pas des millions de moutons quelque part !
  • Nous sommes ensemble… en n’étant pas d’accord entre nous, et en le disant bien fort !

Notre horizon : nous organiser partout par nous-mêmes, pour nous-mêmes

La grève générale n’est pas une modalité d’action anodine : elle n’a pas pour finalité la victoire dans un secteur précis ni sur une loi précise. Arrêter le travail toutes et tous ensemble au même moment abolit nos habitudes, nos règles, nos lois et nous oblige à reconstruire autre chose.

Mais que voulons-nous construire ?

N’oublions pas que le blocage des raffineries n’aura d’impact que dans deux mois, quand les stocks de pétrole en réserve seront vides. Il nous faudrait tenir jusque-là, et alors que ferions-nous ?

Macron et son gouvernement pourraient ne rien lâcher, et dans ce cas notre seule victoire possible ce serait de profiter de la grève pour tout changer, sans leur avis.

Si nous revenons au travail, ça sera pour le transformer.
Sortons des rapports marchands et mettons en place de la gratuité dans un maximum de secteurs.

Note

Autogestion partout !

Note de R71: Autogestion oui, mais pas pour gérer la merdasse du capital et de l’État . Vive les Communes Libres !

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


Tout le pouvoir aux Ronds-Points !…

Gilets Jaunes: Compte-Rendu d’actions de blocage des Gilets Jaunes sur Rouen + video Adresse Solennelle CGT-énergie Paris

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, documentaire, gilets jaunes, militantisme alternatif, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 17 décembre 2019 by Résistance 71

 

Gilets Jaunes Rouen, Action Blocage Transport en Commun

 

GJ Groupe Action Rouen

 

CR reçu par courriel le 17 décembre 2019

 

Bonjour,

Bonne ambiance en cette fin de nuit ( 4H30 ) entre G.J. en nombre et syndiqués de l’interprofessionnelle lors du blocage du dépôt de bus de Rouen. Aucun bus  n’est sorti… 

Environ 140 personnes réparties aux deux entrées et sorties… Discussion entre nous et aussi entre G.J. et conducteurs de bus restés à l’intérieur… Le jour se lève… Les roues des caddies du Lidl d’a côté finissent de cramer… A partir de 8H30 des syndiqués commencent à repartir pour assister à leur A.G. Dommage de tenir celles-ci vers les 9H le jour d’un blocage! … les rangs se dégarnissent…. la trentaine de G.J restants décident de lever le siège à 9H30…. beaucoup de gens ont été privés de chagrin ce matin c’est pas beau çà !

Voir aussi cette vidéo reçu d’un copain, tu vas être content Joël !

Video Appel CGT-Energie-Paris:

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

Contre l’imposture traîtresse de la hiérarchie syndicale… GiletJaunissons la grève : Tout le pouvoir aux ronds-points et aux conseils des travailleurs !

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 12 décembre 2019 by Résistance 71

 

 

Déclaration de l’AG des Gilets Jaunes de Belleville

 

9 décembre 2019

 

Source:

https://www.platenqmil.com/blog/2019/12/10/une-greve-gilet-jaunee

 

Une grève gilet-jaunée. Voilà la belle surprise de ce jeudi 5 décembre, les trois quarts des centaines de milliers de manifestants (un million et demi dans toute la France, 250 000 à Paris !), lycéens, étudiants, enseignants, travailleurs, chômeurs, grévistes qui ont marché en dehors des syndicats l’ont fait en criant à tue-tête des slogans gilets jaunes. Et, surprise encore, même dans le cortège syndical arrivant finalement avec ses ballons à 20h sur la Place de la Nation (après être parti six heures plus tôt de la Gare de l’Est !), ce sont les classiques chants des Gilets jaunes que l’on entend, à commencer par « Ré-vo-lu-tion ! ». La détermination des Gilets jaunes a fini par imprégner la société toute entière, et en 2019 c’est le dernier style de la contestation. C’est un bon début, mais il manque encore le versant pratique. En particulier ce prodige que constituent la multiplication, la divergence et l’exploration des manifestations sauvages.

Une convergence a déjà eu lieu. C’est la révélation du jeudi 5 et du vendredi 6 décembre au terme d’assemblées générales où l’on a pu mesurer la distance qui sépare les pratiques horizontales des Gilets jaunes et la logique de représentation corporatiste. Un Gilet jaune prend la parole à St Lazare après des prises de parole successives de travailleurs en lutte (enseignants, cheminots, ratp, etc.) : « Pour moi le mouvement des Gj c’est déjà la convergence, c’est un mouvement où il y a des jeunes, des plus anciens, et tous les corps de métiers représentés. Ce que je vois en face de moi, c’est pas des enseignants, des cheminots, c’est des humains ! Et c’est ce qui me plaît ici, c’est de voir des personnes différentes. Maintenant je préfèrerais vous voir devant l’assemblée ou devant l’Elysée. »

C’est ce chemin qu’il reste à faire ! Mais d’abord, il faut bien comprendre que les Gilets jaunes ne se définissent pas par leur profession, ils ne se définissent pas par ce qui les asservit, mais par ce qui les enrichit, par le fait d’être en lutte, par ce sentiment d’appartenir à une communauté d’humains qui partagent un même but, une même finalité. C’est cette force, ce sentiment unitaire qu’il nous faut arriver à partager avec tous.

Ils vont nous la faire à l’envers. Tout le monde, les syndiqués comme les non-syndiqués s’accordent à dire que les représentants des syndicats « vont nous la faire à l’envers », ajoutant : « comme d’habitude ». Nous sommes prévenus. De longue date. Et nous ne les laisserons pas faire.

Désectorialiser la grève. Pour cela, il nous faut faire dérailler le train-train de la négociation syndicale que tentent d’installer médias et gouvernement. Allons dans les AG professionnelles pour les désectorialiser. Créons des assemblées fondées sur la démocratie directe. Créons des lieux ouverts, créons des QG. Généralisons la critique ad hominem de toute forme de représentation comme les Gilets jaunes l’ont fait sur les politiques et les journalistes.


Tout le pouvoir aux ronds-points !

Faisons de décembre 2019 l’aboutissement et la réalisation de décembre 2018.

Pour le retrait de la loi sur les retraites !

Pour la justice fiscale, sociale et pour la démocratie directe !

Pour des lieux publics de rencontre et de délibération !

Dissolution de l’assemblée ! Macron et ta clique, dégagez !

Assemblée des Gilets jaunes de Belleville (9 décembre 2019)

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


L’émancipation réelle c’est: A bas l’État,
A bas la marchandise, A bas l’argent, A bas le salariat !

France et terrorisme d’État en marche: « Le dissident Gilet Jaune est bien un résistant… »

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 11 décembre 2019 by Résistance 71

 


« L’État est la négation de l’humanité. » Bakounine

 

Criminaliser les Gilets Jaunes en France : le terrorisme d’état en marche ?

 

Jean-Yves Jézéquel

 

1er décembre 2019

Source:

https://www.mondialisation.ca/criminaliser-les-gilets-jaunes-en-france-le-terrorisme-detat-en-marche/5639402

 

L’actualité des Gilets jaunes nous oblige à parler de terrorisme d’État, car celui-ci est directement en cause puisqu’il a été révélé brutalement par le comportement de Didier Lallement, Préfet de Police de Paris, nommé récemment à ce poste par les tyrans de la macronie, puisque son prédécesseur démissionné de force se montrait trop respectueux du droit constitutionnel. Ce haut fonctionnaire de l’État français républicain a manifestement et délibérément confirmé le 16 novembre dernier, Place d’Italie, le terrorisme d’État en marche, en répondant à une dame pacifique qui se disait Gilet jaune. Cet aveu du Préfet de police de Paris, retourné sur les lieux du crime pour y constater son efficacité, a été filmé et diffusé sur Internet: on ne peut donc pas le contester. Lallement affirme clairement et sans honte: « Nous ne sommes pas dans le même camp, Madame! » Il représente pourtant théoriquement la « République Française » et il était donc tenu à un devoir de neutralité, même si personnellement il est opposé aux revendications plus que légitimes d’au moins 70% de la population de ce pays. Certes, il est évident que Lallement fait partie des bobos et des nantis du système, grassement payé par les impôts de ce peuple qu’il place dans un « camp adverse »! On peut dores et déjà se dire que ce comportement relève d’une forme de délire!

Avant d’en faire une analyse un peu plus détaillée, rappelons que le terrorisme d’État consiste en une pratique de la terreur par un État dit de « Droit », sur sa propre population, comme méthode de gouvernement. La terreur permet au pouvoir en place de briser, à force de mesures extrêmes, arbitraires, illégales, anticonstitutionnelles, violentes, et de sidération collective, ceux qui lui résistent. Inutile d’insister sur le fait que le recours à la terreur rend d’office illégitime tout pouvoir qui se révèle ainsi être intrinsèquement pervers et que le devoir des citoyens est de renverser un tel pouvoir.

Le phénomène de sidération a la particularité de créer dans l’individu sidéré un morcellement. Cette situation psychique est qualifiée de « psychotique » par les psychologues. Quand l’État nous sidère par sa pratique avérée de la terreur, c’est la santé mentale qui nous est ouvertement interdite et la pathologie est en même temps décrétée, anachroniquement et paradoxalement, comme la «normalité»! 

Le fait de criminaliser un comportement, celui des Gilets jaunes, jugé arbitrairement et implicitement par Lallement, comme « non conventionnel », selon les termes de la loi Valls sur le terrorisme, ne peut avoir pour but que d’installer la «légitimité» d’un « non-sens » et ainsi, de  prolonger indéfiniment l’effet de sidération. Le spectacle insensé de la violence policière organisée à la Place d’Italie le 16 novembre dernier, a gravé et laissé dans la « conscience collective », (obligatoirement morcelée des citoyens qui ont assisté, à cette occasion, à une surenchère de la toute-puissance accordée à une police qu’il est formellement interdit de critiquer, ceux-ci étant dans le « bon camp » et le peuple opprimé dans le « mauvais camp »), une énorme sidération des citoyens pétrifiés devant la toute puissance de la répression policière, bénéficiant d’une absolue impunité! 

Lallement a organisé le spectacle de la brutalité terroriste du Pouvoir, afin de nous donner «à voir», ce qu’il en coûte à tout citoyen ne se terrant pas dans le silence muet de la sidération face à la toute-puissance de l’État terroriste! Moi, l’État, j’ai le pouvoir arbitraire de maltraiter ou de massacrer n’importe qui sans l’avis d’un juge qui de toute façon est lui aussi dans le même «camp»! Tous les citoyens de ce pays qui protestent, sont placés d’office dans la même situation que celle de «terroristes», de « foule haineuse », de gens qui « ne sont rien » ou qui «menacent la République». Nulle preuve du désastre ultralibéral n’est nécessaire; nulle légitimité constitutionnelle à protester n’est nécessaire: l’État est tout puissant et s’autorise à réprimer, à brutaliser, à intimider, à dissuader les revendications. Ceux qui ne se soumettent pas à la toute puissance de l’État terroriste sont dans un « autre camp »!

En observant le traitement judiciaire odieux qui est fait contre les Gilets jaunes, avec la complicité d’une magistrature collabo, le citoyen spectateur passe d’une image qu’il voit sur ses écrans de télévision à une image qu’il ne voit pas, celle de l’invisibilité du choc de la lutte du «  camp du bien » contre « le camp du mal ». Puis, grâce à la mise en scène spectaculaire de Lallement sur la place d’Italie, le mal est identifié à l’image des Gilets jaunes. La personnification du mal est un soulagement extraordinaire offert par le Pouvoir aux citoyens bobos partisans macroniens qui peuvent désormais clairement « choisir leur camp »: celui de la complète complicité avec le terrorisme d’État ou celui de l’option du terrorisme contre l’État! 

C’est l’artifice rhétorique habituel du Pouvoir qui gère son «management de la terreur», dans le but de provoquer une sidération des citoyens et de les conditionner pour «la fabrique du consentement». C’est l’absurdité du discours officiel qui fait qu’on ne peut pas le contester. 

La sidération pétrifie. Nous voyons tous que quelque chose n’est pas net et profondément incohérent dans ce discours officiel de Lallement et de ceux qu’il représente, mais cette faille qui apparaît dans le discours a pour but de nous «morceler». 

Le psittacisme journalistique, quant à lui, a une force incantatoire et le compte rendu en boucle des violences des «casseurs» assimilés aux Gilets jaunes, compte rendu quasi jubilatoire pratiqué par les supports médiatiques officiels, est une exhibition qui s’impose à tous les citoyens. En réalité, il n’y a pas de représentation possible des faits; c’est chaque fois une exhibition, impliquant une manipulation, et c’est par cela que l’effet de sidération est garanti. La sidération vient de l’impossibilité pour chacun d’entre nous de déchiffrer le réel; elle ne vient pas en soi de la violence exhibée elle-même. 

Le citoyen ainsi «morcelé» à son insu, ne peut retrouver son «unité individuelle» que par une surenchère dans ses paroles d’adhésion à ce qui lui a été assené. Ensuite, une fusion identification s’opère avec le Pouvoir qui a montré, nommé, déclaré les faits. «Le bon camp de la légitimité étatique», comme la fusion entre les surveillants et les surveillés, peut se mettre en place. Le Pouvoir a les mains libres pour décréter une dictature devenue parfaitement «légitime» dans son discours. Des gens bien intentionnés (les bobos macroniens et profiteurs d’en haut) vont s’étonner que la police ne tire pas encore à balles réelles sur ce peuple qui appartient à «un autre camp» incompatible avec le leur!

(Cf., les BHL et autres Luc Ferry) Si quelqu’un ose montrer les failles dans le discours du Pouvoir, alors apparaît la psychose qui a pour effet immédiat de supprimer tout mécanisme de défense. Le Pouvoir peut abolir l’État de Droit, installer une authentique dictature et peut déclarer tout ce qu’il veut, jusqu’à rejeter la vie privée hors des libertés fondamentales. Le citoyen voit se dresser des sens interdits partout, il est piégé, nassé; il n’a plus les moyens de se défendre, sauf s’il en vient à prendre les armes! C’est ainsi que la guerre civile est préparée et programmée par les charlatans de l’irresponsabilité politique dont Lallement est un brillant serviteur. 

Le dissident Gilet jaune est bien un résistant. Dans le «camp» macronien, on va faire entendre que cette classe «haineuse», celle de ceux qui «ne sont rien», ne peut pas avoir raison contre la majesté de la République sacralisée et «innocente» en tant que sacrée. Le dissident contestataire devient donc le «traître» ou le «complotiste», le «récalcitrant», « l’ennemi de la République », « le fainéant » qui ne veut pas « traverser la rue pour trouver un emploi », le « salaud de pauvre » accusé en même temps, dans un amalgame exécrable, « d’antisémitisme », « d’homophobie » et autres injures… Pour le macronien moyen, il faut faire taire impérativement ce divergent par tous les moyens. Tous les «frondeurs» et «résistants» de l’histoire ont été persécutés par les Pouvoirs en place et il n’y a rien d’étonnant à cela puisque le Pouvoir ne s’inquiète que de sa pérennité et de ses intérêts immédiats jamais compatibles avec ceux d’une démocratie. 

Ce management de la terreur, révélé par Lallement et pratiqué par l’État, ne peut que déboucher sur la guerre civile! Les «responsables savent parfaitement ce qu’ils font», c’est pourquoi, nous ne pouvons pas leur pardonner! 

Lallement choisissait la place d’Italie pour autoriser la manifestation du premier anniversaire de la révolte des Gilets jaunes, le 16 novembre dernier.

Cette place avait l’avantage d’être entourée de travaux: on pouvait donc facilement y organiser la casse.

Le maire du 13ème arrondissement protestait vigoureusement mais l’État tout-puissant lui disait de la fermer!

Avant 14h00, heure du début de la manifestation autorisée, des «policiers casseurs» étaient déjà à l’œuvre depuis 10h00 du matin pour dresser des barricades au nez et à la barbe de leurs collègues CRS. 

Le dispositif policier ceinturait la Place d’Italie et laissait faire sans intervenir. 

Des feux étaient allumés et un camion des services de propreté de la ville de Paris arrivait tout naturellement sur la place et déversait devant la police des palettes de bois pour alimenter le feu des barricades: ce fait a été filmé par un témoin et diffusé sur Internet en direct. On était à deux heures du début de la manifestation.

Le monument militaire de la place d’Italie était profané devant la police qui ne bronchait pas.

La police laissait la place se remplir et organisait immédiatement la nasse.

La violence organisée se mettait en route et les télévisions collabos étaient à l’oeuvre pour montrer à quel point ces Gilets jaunes, fêtant l’anniversaire d’une année de lutte et de sacrifices consentis, étaient des ordures à éliminer impitoyablement.

Le gazage était déclenché, puis le concert des grenades GLI F4, des LBD 40 et de toute l’artillerie habituelle était orchestré par Lallement depuis le pupitre de la préfecture de Paris. Puis satisfait du travail accompli, fier de son fascisme transcendant, il allait compter les nombreuses victimes de cette violence policière…

Tout le monde était massacré: Gilets jaunes et journalistes de la presse indépendante, passants, touristes et visiteurs, sans distinction…

Lallement déclarait hypocritement qu’il avait organisé un «canal d’évacuation» avant l’intervention violente des «Forces de l’Ordre» transformées en milices!

A 14h00 il déclarait «interdite» une manifestation qui était autorisée! Les gens qui étaient là étaient nassés, et ne pouvaient en aucun cas savoir que tout à coup la manifestation n’était plus autorisée!

On les verbalisait donc «en veux-tu en voilà»: contraventions de 135 euros, interpellés, arrêtés, menottés, nassés, gazés, massacrés…

Les casseurs étant des gens de la police, comme on l’a relevé, pouvaient se replier tranquillement derrière les rangs de leurs confrères en uniformes pour se protéger de la colère de ceux qui les avaient repérés… Dans la France macronienne, on connaît désormais les BAC Blocs.

Lallement commettait une série d’infractions graves:

Article 223-1 du Code pénal: mise en danger délibéré de la vie d’autrui…

Articles 322-1: complicité de dégradations volontaires de biens publics…

Articles 222-9 à 222-13: Violences volontaires par l’autorité publique…

Article 432-4: Atteinte à la liberté par séquestration arbitraire effectuée par l’autorité publique… Interpellations, gardes à vue illégales, violences sur des gens présents sur les lieux de bonne foi (manifestation autorisée) mais interdite sans préavis sans qu’ils ne puissent le savoir!

Article 432-10: Délit de concussion.  C’est la perception d’argent qui n’est pas dû! Les gens qui ont été verbalisés n’avaient pas à payer ces amendes illégales…

Enfin, seul le Procureur de Paris peut déclencher aujourd’hui une enquête et identifier les responsabilités pénales et disciplinaires. Mais comble d’ironie, le nouveau Procureur de Paris est justement un ami de Macron qui a été placé à ce poste clé et qui a organisé les gardes à vue préventives des Gilets jaunes! La «démocratie» est décidément magnifique et elle est belle à voir en France!

Le Procureur de Paris s’avère être dans « le même camp » que Lallement, comme l’IGPN, comme la magistrature, comme le Parlement, comme le Conseil Constitutionnel… etc. Tout est verrouillé et le pouvoir ne souffre pas d’être partagé: pas de contre-pouvoir, pas d’échappatoire, pas de liberté, pas de fraternité, pas d’égalité de tous devant la loi; seulement le pouvoir absolu d’un côté et la soumission absolue de l’autre… une parfaite dictature.

CONCLUSION

La République révèle enfin son vrai visage et sa réelle nature: un « camp de répression» dans lequel le peuple est parqué pour être dressé non seulement à la soumission mais plus encore, dressé à aimer sa soumission, grâce au mensonge qui a assez duré. Le peuple Français vient de découvrir que le « camp » de la République n’est pas au service des intérêts du bien commun du peuple tout entier, mais au service d’une caste de privilégiés qui ont organisé le dressage du peuple pour l’exploitation et le pillage du peuple. La caste des tyrans du « camp » spécialisé en dressage, ne supporte plus que ce peuple ait encore quelque chose à revendiquer. Elle veut « remettre de l’ordre »: les Maîtres d’un côté (le camp des élites) les esclaves de l’autre (le camp des maltraités, de « ceux qui ne sont rien », de « la foule haineuse »)… 

Pour le moment, nous connaissons le cas de cette pauvre dame qui fermait ses volets à Marseille, visée de sang froid par un tir de LBD 40, et décédée des suites de cette agression criminelle de la police française. Puis un Gilet jaune, filmé levant les bras au ciel, était lui aussi abattu de sang froid par un sniper de la police, sur les Champs Élysées, le samedi 24 novembre 2018 et dont personne n’a jamais plus entendu parler. La scène était captée en direct par le téléphone d’un «étrange témoin» enregistrant à la fois les policiers meurtriers et la victime s’écroulant sur le sol! Pour le moment, la tuerie de masse n’a pas encore été ordonnée, mais tout indique qu’elle ne va pas tarder, peut-être déguisée en attentat islamiste du genre « Promenade des Anglais ». On nous serine depuis un bon moment que «nos compatriotes djihadistes égorgeurs sont de retour de Syrie», comme si le terrain était déjà psychologiquement préparé pour une nouvelle mise en scène du terrorisme d’État et pour la justification de la violence par la confortable opportunité d’un bouc émissaire de service…

Je ne sais pas pourquoi cette histoire du Préfet Lallement s’impose à mon esprit et me renvoie subtilement à celle d’Anders Behring Breivik, ce Norvégien de 32 ans qui avait planifié et réalisé le carnage du 22 juillet 2011 à Oslo et sur l’île d’Utoya: 77 morts par balles et 151 blessés à lui tout seul. Il avait organisé froidement ce massacre pour satisfaire ses convictions idéologiques, dans la pure tradition du conservatisme chrétien, illuminé par sa mission spirituelle de nouveau Templier, incarnant les vraies valeurs de notre « grande culture judéo-chrétienne, paulinienne », exaltée et inspirant la perfection indépassable de l’ultralibéralisme au service d’une élite qui pense résolument, tout comme le Préfet Lallement, qu’elle «sera là pour toujours» (Cf., allocution de Lallement le samedi 16 novembre 2019). Cette élite est persuadée qu’elle verra prochainement en France la fin des Gilets jaunes écrasés par la puissance du terrorisme d’État! La guerre du «camp Lallement», me fait penser à la guerre du «camp Breivik», comme s’il y avait entre ces gens-là un lien mystérieux qui les unissait au-delà de la raison et de la conscience…

Mais qui a déjà entendu dire qu’un Pouvoir, qu’un État, qu’un Empire et ses Légions toute puissantes «auraient été là pour toujours» en ayant eu le dernier mot sur les peuples?! Non Monsieur Lallement, ce cas de figure n’existe pas: «vous n’êtes pas là pour toujours», le Pouvoir «n’est pas là pour toujours», l’État «n’est pas là pour toujours», car le mensonge n’a qu’une durée de vie limitée. En revanche, le peuple lui est assurément là comme il était là avant l’erreur étatique et comme il sera encore là après le jour de sa chute finale, et cela jusqu’à ce que la Terre Mère ait décidé elle même de la fin ultime de l’aventure humaine sur la planète…

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

L’organisation anarchiste de Proudhon à nos jours (Alexandre Skirda en PDF)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 2 décembre 2019 by Résistance 71

 

Résistance 71

 

2 décembre 2019

 

Très belle compilation et analyse de l’organisation anarchiste au gré de l’histoire depuis les années 1840 mise en page par Jo de JBL1960.
De Proudhon à mai 68 en passant par la Commune, la révolution russe de 1905 et 1917, le makhnovisme dont il est un spécialiste, l’Espagne 36, Alexandre Skirda, historien français anarchiste d’origine ukrainienne nous fait revivre les grands moments historiques où la société humaine s’est organisée contre l’État avec plus ou moins de succès, plus ou moins aussi de trahison. L’annexe de fin de texte fait une grande part à ce que fut « la Plateforme » (1927), directement issue du makhnovisme ukrainien.
Cet écrit donne une idée de ce qui a été fait, de ce qui peut être repris et de ce qui doit être abandonné, il est une fenêtre ouverte sur l’expérience de l’organisation anarchiste sur une période de près de 150 ans, ses succès et ses échecs.
A lire et diffuser pour mieux comprendre le fond de l’affaire à laquelle nous faisons face.

Version PDF:
Alexandre_Skirda_Organisation_anarchiste_de_Proudhon_a_nos_jours

 

Lectures complémentaires vitales:

 

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie