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Gilets Jaunes 10ème round: Tout le pouvoir aux ronds-points !!

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Résistance 71

 

18 janvier 2019

 


Simple mot d’ordre !!

 

Nous pensons que ce célèbre poème romantique anglais
du XIX ème siècle sied à merveille au mouvement:

 

Levez-vous tels les lions après la sieste,
En nombre invincible,
Secouez vos chaînes et jetez-les
au sol comme rosée du matin,
Chaînes sur vous tombées durant votre sommeil.
Vous êtes nombreux, ils sont peu.

En anglais (mieux):

Rise like lions after slumber,
In unvanquishable number
Shake your chains to earth like dew,
which in sleep had fallen on you.
Ye are many, they are few.

~ Percy Bisshe Shelley (1792-1822) ~

 

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Gilets Jaunes: Mot d’ordre (groupe des In-Contrôlables)

Posted in actualité, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 16 janvier 2019 by Résistance 71

 

Pour l’heure un seul mot d’ordre de mobilisation impératif:

 

Halte à la répression d’État !

Libération immédiate de tous les emprisonnés !

Amnistie de tous les condamnés !

Arrêt des poursuites judiciaires faussaires !

Celui qui pactise et papote avec l’État policier et ses domestiques n’est pas de notre camp!

 

Les In-Contrôlables

Gilets Jaunes: De Commercy à Montreuil… Pour une France des Assemblés Populaires…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 13 janvier 2019 by Résistance 71

… de la Commune des communes menant à la Société des sociétés, parce qu’il n’y a pas, n’y a jamais eu et ne peut y avoir de solutions au sein du système étatico-capitaliste. Ainsi, du Chipas mexicain, au Rojava kurde en passant par la France et tous les peuples natifs des continents, le vent de la révolte et du changement radical de paradigme politique s’est mis à souffler de plus en plus fort. Il est plus que grand temps de réaliser que la lutte d’émancipation de l’humanité est universelle et qu’en cela et bien plus encore, nous sommes tous inter-reliés.

~ Résistance 71 ~

 

 

Appel des Gilets Jaunes de Montreuil (93) en réponse à l’appel de Gilets Jaunes de Commercy (Meuse)

 

Paris-Luttes Info

 

11 janvier 2019

 

Source: https://paris-luttes.info/appel-des-gilets-jaunes-de-11468?lang=fr

 

Les gilets jaunes de Montreuil ont entendu l’appel de l’assemblée populaire de Commercy à se retrouver dans une grande assemblée des assemblées, une commune des communes, le 26 janvier prochain. Nous les remercions et leur répondons avec l’appel de Montreuil.

 

 

A Montreuil aussi, nous avons enfilé des gilets jaunes et nous nous sommes installés tous les jours en face du rond-point de Croix de Chavaux comme partout en France. Ça nous a permis de nous rencontrer autour d’une soupe, de débattre autour d’un brasero, de tisser des solidarités malgré des horizons très différents et de parvenir à sortir de l’isolement. Cela nous a aussi permis de rappeler que les banlieues parisiennes, comme à Pantin, à Saint-Denis, à Ivry, à Aulnay, ont bien rejoint le mouvement.

Le gilet jaune est le symbole d’une révolte. 

Il est bien trop tôt pour rentrer chez soi et il n’est pas trop tard pour en sortir !

Nous sommes révoltés à cause de l’humiliation et du mépris. L’extrême richesse de certains, la soif de pouvoir des politiciens, le saccage de la planète par les plus riches et les violences de l’État sont allés trop loin.

Les mains arrachées, les manifestants éborgnés, la jeunesse alignée à genoux, les milliers d’inculpés et les centaines d’incarcérés sont venus s’ajouter à la répression policière quotidienne exercée à l’encontre des quartiers populaires depuis des années. Nous n’oublions aucune victime du « maintien de l’ordre » et nous affirmons notre solidarité aujourd’hui comme demain.

On essaie comme toujours de séparer les « bons gilets jaunes » et les « casseurs ». 300 personnes qui s’affrontent avec la police pour défendre un rond point, c’est de l’autodéfense populaire et 3000 personnes qui attaquent des banques ou des ministères, c’est le soulèvement d’un peuple en colère !

Pour obtenir ce que nous désirons, ne tombons pas dans le piège des médias et du pouvoir en définissant des limites à notre mouvement.

Ni les miettes que nous propose le gouvernement, ni un « débat national » dirigé par lui-même, ni l’obtention du RIC n’arrêteront le magnifique moment qui est en train de s’ouvrir.

Certains doutent et ont peur de l’incertitude de l’après. Nous répondons que dans la façon dont s’organise la révolte des gilets jaunes nous avons déjà beaucoup de pistes pour vivre dans des territoires désirables.

Face à la révolte, la plus vieille des techniques du pouvoir est de nous diviser. Nous ne devons pas tomber dans ce piège.

Plutôt que le chacun pour soi, l’individualisme et la soif d’argent qui permettent le maintien de ce pouvoir, c’est la solidarité et le partage que nous avons à développer : Nous avons vu qu’ensemble nous sommes bien plus forts !

Nous savons bien que ceux qui privent les habitants de ce pays d’une vie digne ne sont ni les immigrés ni les exilés mais bien l’insolente richesse de certains et ce système injuste

Voilà pourquoi nous pensons que la différence ne doit pas constituer une frontière : ni la couleur de peau, ni le lieu de naissance, ni le genre, ni l’orientation sexuelle, ni la religion ne serviront de prétexte pour nous diviser. Nous devons être unis dans nos différence si nous voulons bâtir un monde plus juste et plus beau.

En Irak, Tunisie, Belgique, Kurdistan, Syrie, Japon, Hongrie, Espagne, Burkina Faso, Égypte, Angleterre, Maroc, Italie et dans bien d’autres endroits des gens mettent des gilets jaunes pour montrer leur colère : Notre révolte n’a pas de frontière !

Nous ne laisserons plus personne, qu’il soit président, maire ou « représentant » décider à notre place de nos conditions d’existence.

L’organisation par rond point, par quartier, par village, par commune nous permet de reprendre le contrôle de nos territoires et donc de nos vies.

C’est cela qu’il nous faut continuer et viser si nous voulons que les choses changent vraiment.

A Montreuil, nous lançons un « club gilets jaunes » à l’image de ce qui se faisait durant la Révolution Française où l’on se rencontrait dans des clubs d’éducation populaire. Car se réapproprier le savoir permet de nous rendre moins manipulables et de faire émerger une intelligence collective au service d’actions concrètes pour améliorer notre quotidien.

Nous appelons à la multiplication de ce genre de club sur tous les territoires.

Sans pour autant effacer la diversité et l’autonomie de nos organisations et initiatives locales nous pensons qu’il est important de nous lier et de nous rencontrer pour renforcer le mouvement des gilets jaunes.

C’est pour cela que nous serons présents à Commercy et que nous appelons depuis Montreuil à ce que des gilets jaunes de partout participent à l’assemblée des assemblées.

C’est le début d’une révolution qui veut construire une société plus digne et plus juste, pour nous et nos enfants. Nous nous arrêterons pas même si cela doit prendre 100 ans. Pour que le peuple décide lui-même de comment il veut vivre.

Entendez cet appel : continuons le début, prenons le chemin de la révolution !

P.-S.

Mail : chavaux@riseup.net

Groupe Facebook : Les Gilets Jaunes de Montreuil

Point fixe de 16h à 20h du lundi au vendredi Place Jacques Duclos (Métro Croix de Chavaux)

Club Gilet Jaunes de Montreuil tous les vendredis à partir de 19h30 à la Parole Errante

Départ collectif à 10h Place Jacques Duclos tous les samedis

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

Quelques textes politiques fondateurs

 

Gilets Jaunes… 9ème round et terrorisme d’état

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“Il faut sinon se moquer, en tout cas se méfier des bâtisseurs d’avenir. Surtout quand pour bâtir l’avenir des hommes à naître, ils ont besoin de faire mourir les hommes vivants. L’homme n’est la matière première que de sa propre vie. Je refuse d’obéir.”

~ Jean Giono ~

 

 

“Aucun État centralisé, bureaucratique et par là même militaire, s’appela-t-il même république, ne pourra entrer sérieusement et sincèrement dans une confédération internationale. Par sa constitution, qui sera toujours une négation ouverte ou masquée de la liberté à l’intérieur, il serait nécessairement une déclaration de guerre permanente, une menace contre l’existence des pays voisins. Fondé essentiellement sur un acte ultérieur de violence, la conquête, ou ce que dans la vie privée on appelle le vol avec effraction, — acte béni par l’Église d’une religion quelconque, consacré par le temps et par là même transformé en droit historique, — et s’appuyant sur cette divine consécration de la violence triomphante comme sur un droit exclusif et suprême, chaque État centraliste se pose par là même comme une négation absolue du droit de tous les autres États, ne les reconnaissant jamais, dans les traités qu’il conclut avec eux, que dans un intérêt politique ou par impuissance.”

~ Michel Bakounine, 1895 ~

 

Gilets Jaunes… De Commercy à Montreuil pour une France des Assemblées Populaires !

Gilets Jaunes: Compte-rendu de l’AG des Gilets Jaunes du Loiret du 4 janvier 2019

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« Ce n’est pas avec la désobéissance civile
que nous avons un problème… mais avec
l’obéissance civile ! »
~ Howard Zinn ~

 

Assemblée Générale des Gilets Jaunes du Loiret le 4 janvier 2019

 

Nuage Fou

 

9 janvier 2019

 

Source:

https://www.monde-libertaire.fr/?article=Assemblee_Generale_des_Gilets_Jaunes_du_Loiret_le_04_Janvier

 

Une première assemblée générale des « Gilets Jaunes du Loiret » s’est tenue le vendredi 4 Janvier à Chalette sur Loing, à l’endroit même où se déroulait le 77ème congrès de la Fédération Anarchiste au printemps dernier. La convocation s’est faite en mode propagation horizontale, par des contacts sur le terrain entre les personnes des nombreux ronds-points occupés du Loiret. Des animateurs du mouvement soucieux de faire émerger un niveau régional ont circulé pour annoncer l’événement et connaître et recruter de nouveaux activistes afin d’assurer la préparation et le bon déroulement de l’AG. Il y a effectivement beaucoup à faire et toutes les bonnes volontés semblent acceptées. Annoncée pour 19 heures, l’assemblée a réuni de l’ordre de cinq à six cents participants, peut-être plus. On trouve des participants de tous les âges, pas mal de 40 ans et plus, et à en juger par les styles vestimentaires pas ou peu de ces cadres et cadres-sups qui représentent la base électorale de Macron. Un bon tiers de femmes et à titre d’exemple, le petit rond-point de l’entrée de Nemours était représenté par une douzaine de personnes.

Une estrade meublée de quelques tables alignées fait face à des rangées de chaises, alors que sur le mur, un projecteur passe quelques planches qui introduisent les thèmes de discussion et structurent le déroulement de l’AG. Sur l’estrade ce sont huit hommes et une femme, qui assurent le déroulement de l’assemblée. Alors que chaque « coordinateur » dispose du micro assez librement pour introduire ou commenter les thèmes discutés, la prise de parole par les participants se fait simplement et sans contrôle ; il suffit de venir devant l’estrade et se manifester ou prendre la queue lorsqu’il y a du monde qui attend. Un mode FIFO – Premier Arrivé, Premier Servi. Les personnes qui parfois réagissent en hurlant dans le fond la salle sont invitées à se rendre devant l’estrade pour articuler clairement (autant que possible) leur message. Certains se déplacent alors que d’autres se désistent et se taisent ; il y a de l’écoute, bien que globalement, on assiste plutôt à une suite de monologues qu’à des échanges contradictoires sur le mode du dialogue. Chacun expose ses vues. Malgré une organisation un peu bricolée sur le pouce, au fil de son déroulement, pas de prise de pouvoir des organisateurs, et le souci de laisser chacun s’exprimer sans censure. 

Actions directes et répression

Le contenu des débats oscille entre un ordre du jour bien préparé par les organisateurs et des prises de paroles individuelles de l’assemblée, pour certaines structurées, soucieuses de mettre en avant des propositions ou analyses, et d’autres plus viscérales, telle ou tel venant à l’estrade pour y prendre le micro et soulager sa colère en la partageant avec l’assemblée. Ces sorties sont de l’ordre du cri, de la révolte, contre le gouvernement, contre sa politique, et contre la répression qui s’abat de plus en plus durement sur les gilets jaunes, soit en manifestation, soit de façon beaucoup moins médiatisée sur chacun des ronds-points occupés.

Les réactions à la répression du mouvement sont nombreuses, et en particulier – et cela n’étonnera personne – contre la brutalité de la répression policière, que de nombreux Gilets Jaunes découvrent à l’occasion du mouvement, mais aussi contre la montée en puissance des actions judiciaires à l’encontre de l’action directe. Ce mouvement qui est non parlementaire, non partisan, non électoral et n’est pas encadré par des organisation ayant intérêt à s’approprier des négociations, met l’action directe au cœur de ses modes d’actions, avec au centre, l’occupation – illégale – des ronds-points. Après plusieurs semaines de sidération, l’Etat a commencé à cibler judiciairement les occupants des ronds-points ainsi que les militants engagés dans des actions illégales.

Un appel à eu lieu pour soutenir les neufs inculpés pour le murage aux parpaings du centre d’impôts de Montargis. Leur procès pour « dégradation de biens publics » doit s’ouvrir le 3 avril prochain.

Afin de garder l’initiative et prendre de vitesse policiers et gendarmes qui surveillent les sites FB, il est proposé et décidé que les appels à action ne mentionnent plus que le lieu et les dates et heures des rassemblement. Les actions faites ou proposées vont du blocages de routes et de points d’accès aux centres logistiques, aux manifestations devant les préfectures, les banques ou les centres des impôts. La communication bienveillante avec la population, qui continue de soutenir très massivement le mouvement – son mouvement – sans toutefois s’y impliquer directement, est considérée comme très importante, avec la promotion d’actions symboliques ou non-violentes et qui ne nuisent pas à la population: lâcher de ballons jaunes dans les centre villes, diffusion de tracts expliquant les lois devant les centres Pôle Emploi, les banques, les MacDo, sur les marchés, ou encore la participation massive aux conseils municipaux. Suite à une action de participation citoyenne au conseil, le maire de Montargis a décrété un huit-clos. N’étant pas ou peu prisonnier de formes d’actions traditionnelles qui faudrait répéter ou réactiver, on constate – avec le plus grand plaisir – que l’imagination est au pouvoir et il y a une réelle créativité. Un Gilet jaune a, par exemple, mis l’Élysée en vente sur Le Bon Coin.. 

Des luttes spécifiques

On note également la parole donnée à des associations mobilisées pour des causes spécifiques. Deux d’entre elles ont pris la parole: l’une lutte contre la pédophilie sur l’Internet et l’autre contre le trafic d’organes. A priori peu de rapport avec les Gilets Jaunes, sauf peut-être le partage d’une lutte contre une forme d’horreur insupportable… chacune émeut la salle en décrivant l’horreur contre laquelle elle se bat et le peu de soutien, voire les coups, qu’elle reçoit de l’Etat. Plus directement connectée à l’histoire du mouvement, le collectif d’action directe Orléanais « Action Non Violente COP21 », dont depuis 2015 les membres endossent le gilet jaune, font un discours sur l’aéroport subventionné par le Conseil Régional et détaillent l’absence de taxes sur le kérosène utilisé par les avions au service de la mondialisation du commerce et des loisirs des plus aisés – un des sujets « écolos » révélé au grand public par le mouvement des gilets jaunes. Ils rappellent que la COP21 qui a réuni la totalité des pays moteurs de la mondialisation aurait pu, si elle l’avait voulu, décider de taxer ce kérosène ainsi que le fioul qui propulse sur les mers les porte-containers, l’infrastructure marine de la mondialisation. Le discours se conclue par l’annonce d’un appel prochain pour bloquer l’aéroport subventionné contre leur gré par les impôts de Gilets Jaunes. Les handicapés sont également représentés, avec un discours sur la dureté de leur condition et le peu d’intérêt de l’état pour les plus démunis d’entre eux. Il est vrai que l’on voit des fauteuils roulants sur nombre de ronds-points.

Trois thèmes nationaux

Trois thèmes d’ordre national ont été débattus: la « Consultation Nationale » annoncée par E. Macron dans son discours, les Élections Européennes à venir, et le RIC – Référendum d’Initiative Citoyenne. 

Pour la « Consultation » c’est essentiellement un grand scepticisme qui s’est manifesté. Elle est perçue comme un enfumage, une tactique de démobilisation visant à reprendre l’initiative perdue, occuper durablement le terrain tout en affichant une forme d’ouverture bienveillante, le temps de déployer efficacement et massivement l’autre tactique, juridico-policière, destinée à faire taire par la force les gilets jaunes les plus motivés. Donc essentiellement un appel à la méfiance, si ça n’est au boycott. 

Pour le second thème, les élections européennes, le débat tourne autour d’un éventuel vote pour une liste Gilets Jaunes. En introduction, il est annoncé qu’il y aura au moins une liste se réclamant des Gilets Jaunes (il semble que Florian Philippo, l’ancien leader du Front National ait déposé la marque…). On sent que la tribune est moins en accord avec l’assemblée, en particulier un intervenant, présenté comme « parisien » qui explique trop longuement que voter est « un droit », est nécessaire, que ne pas voter c’est voter Macron, etc. etc. La mayonnaise ne prend pas, l’assemblée est massivement contre une telle liste et contre le vote. En complément un jeune participant prend longuement et vigoureusement le micro pour inciter l’assemblée à se mobiliser sur la reconnaissance du vote blanc, et en particulier à son utilisation pour invalider des élections où il serait majoritaire. 

Le RIC 

Dernier thème traité, le RIC suscite une adhésion quasi unanime, à part celle du « parisien » (à la pensée complexe) qui tente justement de présenter la complexité d’un tel référendum. Sur la planche projetée au mur, le RIC est techniquement présenté comme un simple ajout à l’article de la constitution relatif aux modalités par lesquelles le peuple souverain exprime ses volontés. Pour l’assemblée, il est perçu comme l’arme par laquelle un peuple qui depuis des décennies a vu sa souveraineté confisquée par une toute puissante et arrogante oligarchie politico-financiaro-médiatique, la recouvrerait soudainement. L’outil lui permettrait de reprendre l’initiative : décider de lois, contrôler et éventuellement démettre les élus, invalider des décisions indûment prises par des parlementaires soumis à la botte du gouvernement ou à la soupe des lobbies, ou encore décider de la validité de traités internationaux qui engagent le pays et restreignent son autonomie décisionnelle. En toile de fond, et treize années plus tard, on sent dans la salle que l’ombre du « NON » au référendum de 2005 sur la constitution européenne reste très présente. La décision citoyenne prise en dépit des menaces des « économistes » et du pilonnage médiatique en faveur du « oui », a été piétinée par Nicolas Sarkozy et, sur le moment, sans grande réaction populaire. Mais elle pèse lourdement ; les gens de rien ont quand même de la mémoire, et le vase de Pandore est plein à ras bord de dénis de justice et de démocratie ; maintenant qu’il est ouvert, il se déverse. La revendication du RIC résume à la fois le fondement de ce mouvement : reprendre l’initiative et la conserver, et son évolution express, en six semaines : pour ne pas subir des lois injustes il faut les définir soi-même. Parti d’une simple revendication économique apparemment anecdotique – une taxe de trop sur l’essence – et se politisant au fil de son essor, le mouvement a réalisé l’ampleur et la complexité des réformes à apporter pour inverser les fondamentaux de la gestion du pays. Plutôt qu’une courte liste de revendications vitales, ou à l’opposé, qu’une liste potentiellement infinie et contradictoire de revendications particulières, la proposition consensuelle est de redonner aux citoyens, non plus « la parole », mais tout à la fois l’initiative et la décision pour les fabrication des lois et le contrôle de ses représentants. Réactiver la démocratie en retournant à sa source, la démocratie directe. 

Deux grands absents

Pour conclure, quelques mots sur le sujet de la représentation du mouvement et de la difficile coordination des initiatives locales. Une méfiance radicale de la représentation continue d’irriguer ce mouvement parti de la base et qui entend continuer de se diriger de lui-même. Les organisateurs de l’AG se présentent comme des facilitateurs et sont très en retrait ; lorsqu’ils se présentent ils prennent grand soin d’indiquer qu’ils ne représentent personne. Alors que le terme de « mandaté », pourtant classique dans le cadre de cette problématique, est absent, on trouve pléthore de mots utilisés pour éviter celui de « représentant », un mot qui fait bondir l’assemblée. Ainsi, B…, lors de sa première prise de parole, indique qu’elle n’est que la « porte-voix » de son groupe, qu’elle aucun pouvoir, n’en veut surtout pas, qu’elle est révocable à tout moment et que cela lui convient parfaitement. 

De fait, il y a du leadership et des leaders, en particulier ceux qui ont pris l’initiative de cette nécessaire assemblée régionale, mais deux phénomènes d’égale importance empêchent leur transformation en chef. La population des Gilets Jaunes a un tel sentiment de s’être fait manipuler depuis des décennies par des « représentants démocratiquement élus » qu’aucun leader n’ose en endosser, ni le titre, ni le rôle ; il se ferait réduire en poudre (de perlimpinpin). De façon complémentaire, la nature émergente du mouvement, totalement décentralisé et composé de centaines ou de milliers de groupes autonomes et autogérés, fait qu’il n’y a pas (encore?) de procédure de légitimation de leader/représentant/délégué/mandaté/etc. acceptée par un nombre suffisant de groupes pour être valide et s’imposer au niveaux régionaux ou national. A ce stade c’est la capacité individuelle de leadership conjuguée à une implication très réelle et visible dans l’occupation physique des rond-points et lors les actions, qui produit et légitime des figures à même de partager et propager des propositions et des décisions au-delà de chaque micro-communauté. 

Derniers mots sur les accusations de beaufisme, racisme, antisémitisme, etc. utilisés entre autres par le gouvernement pour dénigrer le mouvement. On ne peut pas bien sûr ignorer la présence active des militants et sympathisants du RN au sein du mouvement des gilets jaunes ; c’est un fait. Pour être plus catégorique, il faudrait consulter le travail des géographes qui analysent les cartes du vote FN et celles de la mobilisation des Gilets Jaunes. Mais, et seuls à titres d’exemples, on sait que c’est le cas par exemple sur le rond-point Cacahuètes, comme l’a noté un compagnon de Montargis, ou encore dans la région Lyonnaise où des groupes identitaires sont très actifs. Ces frontistes étaient donc nécessairement présents au sein l’assemblée, mais en mode silencieux. A un moment, lors d’un bref échange sur le pouvoir des banques, on a entendu une voix stridente hurler contre les « sionistes », mais elle s’est tue aussitôt et n’en entraîné derrière elle ni approbations ni applaudissements – Flop. Aucune thèse raciste ou anti-migrant n’a été soutenue, proposée au débat ou même criée anonymement du fond de la salle. 

De façon intéressante – et peut-être symétrique – on peut noter un autre grand absent dans l’imaginaire convoqué pendant les discussions de cette AG, c’est le capitalisme et l’idéologie néolibérale qui le soutient. Les innombrables critiques ou invectives se focalisent sur les personnes, essentiellement les acteurs politiques les plus visibles – le président, son gouvernement, la « représentation » – mais on voit peu apparaître les commanditaires et pas du tout l’idéologie, soit parce que le moment n’est pas théorique, ou par manque d’une solide culture politique, soit plutôt parce qu’une telle critique, nécessairement radicale risquerait de promouvoir au sein du mouvement une image « gauchiste », voire extrême-gauchiste. Une bonne partie de l’assemblée ne s’y reconnaîtrait probablement pas, en particulier la frange des artisans, petits entrepreneurs et employés du care ou du tertiaire qui fournit au mouvement une partie substantielle de ses acteurs. On peut interpréter ce double silence très présent au sein du débat par le fait que tant l’extrême-droite que l’extrême-gauche ou les libertaires retiennent leur parole, afin de ne pas nuire à leur intégration dans un mouvement qui ne les accueillerait pas en tant que tels. Ils se réservent pour accompagner, le moment venu et dans l’action concrète, la mutation en cours d’une révolte sociale en contestation politique, un instant disponible pour basculer et prendre telle ou telle orientation. 

Une dernière remarque… malgré quelques appels minoritaires à l’armée pour « mettre de l’ordre » dans le pays, le refus fondamental et ancré dans la durée d’une verticalité, qui priverait à nouveau les nofaces de visage et de voix les novox, est une problématique peut-être inédite pour la récupération du mouvement à court terme par une extrême-droite dont le culte du chef est une, si cela n’est la, valeur fondamentale.

Un rajout à l’article reçu : 

Lundi 14 janvier 2019 Emission « trous noirs » de 16h à 18h sur Radio libertaire : Luttes sociales

« Chaud, chaud, lʼhiver sera chaud ! », Jupiter craint lʼ« annus horrribilis » qui sʼannonce, fustige ceux qui ne sont « que les porte-voix dʼune foule haineuse », encourage ses forces du désordre à évacuer les points de blocage, afin de rafistoler un État qui nʼest pas de droit, mais de guingois. Autour des ronds-points, ces « ZAD du pauvre », plusieurs directions divergentes sʼouvrent, dont celle des Gilets Jaunes de Commercy appelant à une grande réunion nationale des comités populaires locaux le 26 janvier : « Ensemble créons l’assemblée des assemblées, la commune des communes, c’est le sens de l’histoire, c’est notre proposition ».

Lʼhiver des métamorphoses ? sʼinterroge Freddy Gomez, notre invité avec Samuel Hayat, Les Gilets jaunes, lʼéconomie morale et le pouvoir, avec Patrick, muni de ses armes de dérision massive sur le rond-point de Nemours, une chanson et sa guitare, et avec Mohamed, animateur de l’émission La santé dans tous ses états.

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

Gilets Jaunes: Ne pas succomber aux chants des sirènes…

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Résistance 71

 

7 janvier 2019

 

8ème round à grand succès pour le mouvement des Gilets Jaunes qui a regagné samedi dernier un gros taux de participation partout dans le pays et la propagande des larbins ne sait plus que faire pour falsifier les estimations ; peu importe, la participation ne peut à partir de maintenant, qu’augmenter à la vue de la seule réponse visible et irrémédiable d’un État aux abois, très proche de KO debout, comme certains cerbères ont pu le ressentir sur un certain pont de Paris: la violence et la surenchère dans la violence.
A ce sujet, il nous faut bien comprendre que tout peuple sous le joug d’un État, donc d’un pouvoir coercitif (à des degrés différents certes selon les endroits, mais coercitif quoi qu’il en soit), est en état de légitime défense permanente devant la violence économique et sociale employée, non-stop, par les institutions de tout poil. Les peuples opprimés, dont le peuple français fait partie, ont un droit naturel à leur défense qui ne peut donc être que légitime.

Néanmoins, les tentatives de cooptation et de récupération du mouvement ne vont faire que redoubler et en cela, le pire ennemi du mouvement des Gilets Jaunes… est lui-même, si une frange de celui-ci, celle qui veut en croquer du système, participer à la classique mascarade et piège étatique sous la forme d’un regroupement bidon en parti politique et/ou de création de listes électorales pour les « européennes », voire les « municipales », prend de l’ampleur grâce à la propagande des merdias qui ne manquent pas de lui donner audience. Le chant des sirènes politiques est mielleux, sirupeux et trompeur à souhait. Comme Ulysse et son équipage, nous devons garder la cap de notre rafiot, nous attacher au mât et ne succomber en aucun cas aux chants de ces sirènes, qui ne veulent que notre destruction.

Gilets Jaunes ! L’émancipation de notre société de la fange étatico-capitaliste vers une société libre et égalitaire ne se fera que par et pour nous-mêmes, rien ni personne d’autre ne le fera pour nous. Méfions-nous en permanence de ces incessants chants tentant de nous hypnotiser, écartons-nous de l’illusion démocratique, de ce miroir aux alouettes proposé qui ne fera, comme toujours, que profiter à termes, une infime portion du mouvement, choisie par le système pour le ruiner de l’intérieur au profit de l’oligarchie au pouvoir.

Rappelons-nous que voter au sein du système, c’est abdiquer, voter c’est se soumettre à la dictature de la division politique induite de la majorité et consolider, renforcer nos chaînes. Voter, c’est pisser dans un violon et céder au muselage universel !

Il n’y a pas de solutions au sein du système, il n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir. Qu’on se le dise !

Nous, le peuple, devons avancer d’un bloc, ensemble, par-delà les antagonismes induits qu’on nous rappelle sans cesse afin de nous diviser pour mieux faire régner l’oligarchie mortifère. L’heure est venue de court-circuiter le système et ses institutions obsolètes par les Assemblées Populaires de ronds-points, de quartiers, de communes, de lieux de travail. Suivons l’appel des Gilets Jaunes de Commercy dans la Meuse. Prenons les décisions nous-mêmes.

Non à la délégation au sein du système corrompu et moribond… Oui aux communes libres et à la Commune des Communes, outil fonctionnel de la Société des Sociétés.

Ci-dessous quelques textes essentiels pour nous aider à garder le cap et nous prévenir du chant des sirènes..

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

Club des Gilets Jaunes de Montreuil (93): Discussion sur la France des sections et des communes, clubs dans le révolution française…

Posted in actualité, altermondialisme, gilets jaunes, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 5 janvier 2019 by Résistance 71

En amuse-gueule pour celles et ceux qui pourront participer à cette assemblée et aussi pour tous ceux qui désirent en savoir plus sur le sujet, nous avons compilé et republié certains textes ayant trait à cette période de la révolution française (1791-1794), qui fut sans doute la seule période où le peuple organisé influa sur les destinées internes du pays avant d’être écrasé dans le sang par les jacobins et leur révolution bourgeoise capitaliste. La France des sections, auto-organisée depuis les communes a fait trembler le pouvoir bourgeois installé aux commandes depuis 1789. Cette France représentant le souffle révolutionnaire réel, qui fut étouffée par le pouvoir coercitif de l’argent personnifié dans l’état-nation bourgeois pour nous donner ce que nous vivons au quotidien, ne demande qu’à ressurgir aujourd’hui… Aidons-là!

A (re)lire et diffuser sans modération:

JP-Marat_Les_chaines_de_lesclavage_Ed_Fr_1792 (ce texte fut initialement publié par Marat en 1774 soit 15 ans avant la révolution, le texte présenté ici en PDF est la version de la réédition de 1792)

Les_amis_du_peuple_révolution_française

JP_Marat_625numéros_de_L’ami_du_peuple

~ Résistance 71 ~

 


La France des Sections

 

1ère séance du club des GJ de Montreuil (93), Sophie Wahnich sur la révolution française et la France des sections, des clubs et des communes

 

Paris-Luttes Info

 

3 janvier 2019

 

Source: 

https://paris-luttes.info/1ere-seance-du-club-gj-montreuil-11403?lang=fr

 

Pour entamer son cycle de rencontres, le Club des Gilets jaunes de Montreuil accueillera l’historienne de la Révolution française Sophie Wahnich qui reviendra sur l’histoire des sociétés populaires au cours de la Révolution française (sections, communes, clubs, etc).

« Société populaire, réinvention, acte I »

– RDV le vendredi 11 Janvier 2019 à la Parole errante 9, rue François Debergue M°Croix de chavaux

Pour entamer son cycle de rencontres, le Club des Gilets jaunes de Montreuil accueillera l’historienne de la Révolution française Sophie Wahnich qui reviendra sur l’histoire des sociétés populaires au cours de la Révolution française (sections, communes, clubs, etc).

Il s’agira par là d’arracher cette histoire insurrectionnelle à la contre-révolution libérale et nationaliste qui l’a tronquée, démoralisée et capturée en la mettant au service du grand récit de l’ordre. L’occasion de réveiller les imaginaires, de travailler les écarts avec la situation présente, et peut-être de concevoir des formes de traduction entre hier et aujourd’hui.

L’exposé de Sophie Wahnich devrait graviter autour des questions suivantes : quelles étaient les dynamiques et les tensions qui travaillaient ces sociétés populaires ? Comment le pouvoir en leur sein a-t-il été confisqué par quelques-uns ? De quelle manière les femmes ont-elles fait irruption sur la scène publique ? Que recouvrirent les termes d’« étranger » et de « français », au gré des évènements et des positionnements ? Quel rôle a joué la déclaration des droits dans l’action populaire ? Comment l’usage nécessaire de la violence a-t-elle été tout à la fois encouragée et limitée ?


En deçà du contenu des discussions, l’enjeu de ce club est de parvenir à tenir dans la durée une double exigence :

1° Affirmer et vérifier la capacité de n’importe qui à prendre part à la formulation des problèmes et à l’expérimentation des solutions.

2° Tenir ensemble, à distance de toute exercice scolaire, l’intelligence du moment politique présent, et les logiques d’organisation et d’action collectives.

Ce qui appelle tout un chacun.e à la plus grande attention pour que cette double exigence soit respectée et maintenue vivante.

En préparation de la venue de Sophie Wahnich, une séance d’arpentage se déroulera vendredi 4 Janvier, à 19h30 à la librairie Michèle Firk (9, rue François Debergue) à Montreuil.

Elle consistera à lire et échanger par petits groupes sur des extraits du livre « L’intelligence politique de la révolution française » de Sophie Wahnich (Éditions Textuel), puis à partager ce que les uns et les autres ont compris lors d’un échange en plénière.

Manière de mettre au travail en amont la pensée de Sophie Wahnich tout autant que de mettre chacun en situation de réfléchir, de s’exprimer et de construire un espace commun.

D’autres rendez-vous du club devraient être prochainement annoncés…