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21-28 mai 1871… La semaine sanglante de la république criminelle met fin à la grande expérience sociale de la Commune de Paris…

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Commune de Paris 1871

 

L’an prochain sera la 150ème anniversaire de cette si riche expérience de la Commune de Paris (mais aussi de celles de Lyon et autres villes de France), ne serait-il pas historiquement correct de fêter dignement sa mémoire en… remettant en place la révolution sociale des communes d’associations libres ?
Balançons par dessus bord cette fange étatico-capitaliste qui n’a que trop duré et qui arrive au bout de son rouleau mortifère…
Chiche ?… Vive la Commune Universelle de notre humanité enfin réalisée contre toutes les impostures et dictatures de la marchandise et de la société divisée facticement dans ce report dominant / dominé n’ayant absolument aucun lieu d’être…
Qu’on se le dise et qu’on agisse en conséquence  !
~ Résistance 71 ~

 

Commune de Paris : Le 21 mai 1871 débutait la semaine sanglante

 

Paris Luttes Info

 

21 mai 2020

 

Source: 

https://paris-luttes.info/le-21-mai-1871-debutait-la-semaine-11832?lang=fr

 

Retour de l’ordre bourgeois dans le sang, la Semaine sanglante reste l’un des évènements les plus sombres du mouvement révolutionnaire français. Pas moins de 30 000 communard·e·s seront tué·e·s dans les combats et 46 835 seront fait prisonnier·e·s. En une semaine Adolphe Thiers et ses sabre-peuple décapitent Paris la Rouge. Mais si la Commune tombe, sa mémoire perdure.

Retour de l’ordre bourgeois dans le sang, la Semaine sanglante reste l’un des événements les plus sombres du mouvement révolutionnaire français. Environ 30 000 communard·e·s seront tué·e·s dans les combats et 46 835 seront fait prisonnier·e·s. Ils et elles seront ensuite 95 à être condamné·e·s à mort, 4 586 seront déporté·e·s, pour beaucoup en Nouvelle-Calédonie, 1 247 seront condamné·e·s à la réclusion perpétuelle et 3 359 à des peines de prison variables. Si elle avait débuté dans la liesse populaire et l’union entre le peuple de Paris et les bataillons de l’armée [1], la Commune finit dans le sang. L’espoir suscité par l’expérience révolutionnaire régnant sur Paris depuis déjà deux mois était une défiance impardonnable pour le vieux monde. La réponse d’Adolphe Thiers fut sans pareille dans l’histoire de Paris. En une semaine, du dimanche 21 mai au dimanche 28 mai, l’armée versaillaise reprend Paris dans ce qui reste l’événement le plus meurtrier de l’histoire de la ville.

Déroulement de la Semaine sanglante

Dimanche 21 mai

Le dimanche 21 mai, entre 14 et 15 heures, Jules Ducatel, piqueur des Ponts et Chaussées et indicateur de l’armée versaillaise, découvre que la porte de Saint-Cloud et ses environs ne sont plus gardés. Il alerte les lignes versaillaises positionnées dans des tranchées creusées en contrebas, du côté du parc des Princes. Informé par le capitaine de frégate Auguste Trève, le général Douay en réfère à Adolphe Thiers, qui ordonne à l’armée régulière de pénétrer dans Paris. Libéré sur ordre de Douay après avoir été brièvement arrêté par les soldats qui craignaient une ruse des fédérés, Ducatel guide ensuite la division Vergé, alors commandée par le colonel Piquemal, vers le Trocadéro.

Le Conseil de la Commune, qui est en train de juger Cluseret, ancien délégué à la guerre tombé en disgrâce pour incompétence, n’envoie aucun renfort, malgré la demande qu’avait formulée le général Dombrowski qui commande le secteur.

Le Comité de salut public dépêche un observateur qui est fait prisonnier par les versaillais. L’armée de la République occupe Auteuil et Passy. Ils fouillent systématiquement les maisons, procèdent sur dénonciation à des arrestations et commencent à fusiller les gardes nationaux du secteur, qui seront ensuite conduits au cimetière de Longchamp. Au même moment se déroule la dernière réunion du Conseil de la Commune.

Lundi 22 mai

Au matin, les versaillais occupent les 15e et 16e arrondissements. Le reste de Paris apprend enfin la nouvelle par une affiche signée de Charles Delescluze, délégué à la Guerre. À la suite de cette proclamation, une grande partie des combattants de la Commune se replie dans leurs quartiers pour les défendre, abandonnant toute lutte coordonnée et rendant impossible toute contre-attaque pour repousser les versaillais. Des barricades s’érigent un peu partout dans Paris dans une ultime volonté défensive. L’armée de Thiers prend dans la journée le 7e, 8e et 17e arrondissement, durant leur offensive, les troupes versaillaises procèdent à de très nombreuses exécutions sommaires. Tout communard combattant est abattu.

Mardi 23 mai

Implacablement les forces versaillaises continuent à envahir Paris. Sur leur route les exécutions sommaires sont nombreuses. Face au chaos et à la débandade des forces communardes, le Comité de salut public publie, en vain, un appel à la fraternisation entre les troupes versaillaises et le peuple. Pendant les combats le général Jaroslaw Dombrowski est tué rue Myrha. Cet ancien général de l’armée russe avait offert ses compétences à la Commune de Paris et avait commandé la 11e légion de la Garde nationale. Il était, avec son compatriote polonais Walery Wroblewski, en exil à Paris après avoir participé aux insurrections polonaises de 1861-1864. Il y réclamait déjà la démocratie, la fin du servage et l’indépendance polonaise face à l’Empire russe.

Dans la soirée débutent les premiers incendies de grands bâtiments parisiens.

Mercredi 24 mai

Les incendies, qui débutèrent la veille, continuent et s’amplifient. Les dirigeants communards évacuent et font incendier volontairement l’Hôtel de Ville, la Préfecture de police et le Palais de justice. À la prison de la Roquette, les communards exécutent l’archevêque de Paris Georges Darboy et cinq autres otages, dont le président Bonjean. Face à l’implacable répression, l’espoir de changer le vieux monde s’est transformé en politique de la terre brûlée.

Jeudi 25 mai

Des combats acharnés à la Butte-aux-Cailles font rage. Le général Wroblewski résiste tant bien que mal face aux forces versaillaises. Place du Château d’Eau Charles Delescluze, délégué à la Guerre de la Commune, est tué. Wroblewski est proposé pour le poste de commandement en chef des forces de la Commune. Il le refuse, arguant du peu d’hommes restants capables de se battre de manière disciplinée et coordonnée, et terminera la Semaine sanglante en se battant comme simple soldat.

Vendredi 26 mai

Pendant la journée du 26 mai, toutes les forces communardes sur la rive gauche de la Seine sont tuées, arrêtées ou mises en déroute. Seul le nord-est de la ville continue le combat autour des Buttes-Chaumont et du cimetière du Père-Lachaise. Les exécutions sommaires sont nombreuses dans les deux camps. Au Panthéon de nombreux·ses communard·e·s sont massacrés et 52 prisonniers de la Roquette soupçonnés de sympathie pour Thiers sont exécutés au 85 de la rue Haxo.

Samedi 27 mai

Large offensive versaillaise au cimetière du Père-Lachaise où l’on combat à l’arme blanche entre les tombes. 147 Fédérés, combattants de la Commune, sont fusillés et jetés dans une fosse ouverte au pied du mur des Fédérés. Ce mur deviendra le lieu habituel de la commémoration de la Commune. Les Buttes-Chaumont tombent aussi sous la coupe des troupes versaillaises. Le soir même il ne reste plus que le quartier de Belleville aux mains des communards.

Dimanche 28 mai

Dans une ultime bataille, les dernier·e·s Communard·e·s tombent à Belleville. Si le lieu de la dernière barricade est incertain, une plaque commémorative des derniers combats se trouve rue de la Fontaine-au-Roi, dans le 11e arrondissement de Paris. Face aux 130 000 soldats versaillais déployés pour l’opération de reprise de la ville, entre 25 000 et 30 000 communard·e·s combattant.es auront résisté tant bien que mal. Il ne reste plus que le fort de Vincennes encerclé par les Allemands, il se rendra sans combattre le lundi 29 mai.

Répressions et conséquences de la Commune

Le bilan officiel, rapporté par le général Appert devant l’Assemblée nationale en 1875, fait état de 43 522 arrestations, dont 819 femmes et 538 enfants. 7 700 qui avaient été arrêtés par erreur sont relâchés. Mais au camp de Satory où sont parqués beaucoup des arrêtés, le calvaire continue : aucune hygiène, peu de soins pour les blessés, les épidémies se développent. On abat 300 prisonniers pour tentative de fuite dans la nuit du 27 au 28 mai. Des prisonniers fédérés furent transférés dans les pontons et ports de l’ouest de la France ; à Brest, Lorient, Cherbourg et Rochefort, ces transferts eurent lieu dans des wagons à bestiaux dans des conditions sanitaires volontairement déplorables. Environ 20 000 y furent détenu·e·s pendant plusieurs mois, au moins 1 000 y moururent. 

Aucun bilan officiel ne vient par contre établir le nombre exact de morts durant la Semaine sanglante. Il est vrai qu’entre les exécutions sommaires et les morts des combats, il a longtemps été compliqué d’établir un nombre qui fasse consensus. Ainsi le nombre de morts a été longtemps gonflé artificiellement pour rendre le massacre encore plus sanglant qu’il ne l’était, ou alors minimisé par les autorités responsables du massacre. Choisir un chiffre dans la large fourchette entre 10 000 et 100 000 morts était alors un choix politique de ralliement ; au même titre qu’aujourd’hui, choisir de retenir les chiffres de la préfecture ou les chiffres de la CGT pour une manifestation n’est pas politiquement neutre. Avec les années et le recul, on considère généralement qu’il y aurait eu environ 30 000 morts. Un tiers serait mort au combat, les deux tiers restants étant tués lors d’exécutions sommaires.

Car c’est là que la Semaine sanglante fut la plus horrible. Car à l’arrière des combats et après avoir reconquis chaque quartier, l’armée versaillaise a systématiquement fait appel à des mouchards pour débusquer les sympathisants de la Commune. La reconquête militaire s’accompagnant d’une purge politique de tous les opposants au régime de Thiers. Le tout dans l’urgence la plus totale. Car le gouvernement souhaitait restaurer l’État de droit une fois la ville reprise. Il fallait donc exécuter le plus rapidement possible le maximum de Communard·e·s pour éviter que la justice puisse être indulgente avec les insurgés. Ainsi sur les 46 835 communard·e·s fait·e·s prisonnier·e·s, « seulement » 95 seront condamné·e·s à mort quand il y aurait eu environ 20 000 exécutions sommaires. Cette même « justice » préfèrera en fin de compte déporter massivement les communard·e·s vers la Nouvelle-Calédonie afin de s’assurer qu’ils ne « contamineraient » plus la société.

La répression des différentes insurrections de 1870-1871 continua année après année. Empêcher toute résurgence insurrectionnelle devient le leitmotiv du gouvernement de Thiers. Si Paris est purgée des révolutionnaires tués, déportés, emprisonnés ou en exil, le gouvernement cherche à affaiblir tout mouvement révolutionnaire, et criminalise ainsi l’appartenance à l’Internationale le 14 mars 1872 [2], provoquant un fort recul de l’organisation. Adolphe Thiers se souvient que la Commune de Paris fut précédée par la Commune de Lyon ; où Mikhail Bakounine et d’autres membres de l’AIT avaient proclamé la Commune de Lyon au balcon de l’Hôtel de Ville. La répression exacerbe les débats déjà houleux entre bakouniniens et marxistes au sein de l’organisation. Mikhail Bakounine en sera exclu lors du congrès de La Haye (du 2 au 9 septembre 1872) et la Première Internationale finira par disparaître en 1876, marquant une scission définitive du mouvement socialiste entre antiautoritaires et autoritaires.

Mais si la Commune et ses aspirations sont écrasées, ses idées ne craignent pas la mitraille. La IIIe République, devenue républicaine après la fin du gouvernement de Thiers, s’inspirera des réalisations de la Commune de Paris pour mettre en place ce qui reste encore de ses plus grandes réformes démocratiques. La séparation de l’Église et de l’État, la scolarité gratuite pour tous, le droit d’association ou encore la loi Waldeck-Rousseau autorisant les syndicats, la réaffirmation de la liberté de la presse, etc. ; mais tout en renforçant les dispositifs légaux et policiers de répression contre toute contestation politique radicale. 

Ainsi les lois scélérates de 1893-1894 modifient la loi de 1881 sur la liberté de la presse qui ne punissait que la provocation directe ; désormais la provocation indirecte est condamnable, la fameuse « apologie » qui permet encore aujourd’hui la répression à tout va de tout discours non conforme à la normalité républicaine. Le tout sans compter toutes les boucheries orchestrées, organisées et perpétrées par cette fameuse République civilisatrice lors de sa vaste campagne de colonisation en Afrique, en Asie et dans le Pacifique ; ou pendant les deux guerres mondiales. 

La Semaine sanglante fut ainsi une expérience concentrée de ce que fut la Troisième République dans son ensemble, entre réalisation démocratique, répression et bain de sang.

Une mémoire musicale de la Commune

La Semaine sanglante fut un événement qui marqua profondément le monde ouvrier et révolutionnaire, mais derrière la grande Histoire, l’événement marqua aussi les poètes et auteurs qui y participèrent. 

Eugène Pottier et Jean-Batiste Clément furent deux d’entre eux. Rapidement après la fin de la Commune, ils écrivirent chacun un poème, qui fut ensuite mis en chanson : l’Internationale d’Eugène Pottier, qui devint célèbre dès le congrès d’Amsterdam de la IIe internationale en 1904, avant de devenir l’hymne de l’URSS en 1922 ; et la Semaine sanglante de Jean Baptiste Clément, qui dénonce les horreurs et crimes des versaillais pendant la période éponyme.

Avant d’être l’hymne officiel de l’Union soviétique de 1922 à 1944, et d’être charcuté par de nombreux gouvernements et groupes pour mieux coller aux doctrines et régimes qui la récupérèrent, L’Internationale fut bien écrite dans le sillage de la Commune. 

Eugène Pottier, membre de la Garde nationale durant le siège de Paris de 1870, rejoint la Commune et siège à la Comission des Services publics dans le deuxième arrondissement où il est élu. Il participe aux combats de la Semaine sanglante contre les troupes versaillaises. C’est suite à ces événements qu’il devra se cacher dans Paris pour éviter la répression qui s’abat sur la ville. C’est lors de cet exil intérieur qu’il écrira L’Internationale. Il fuit ensuite en Angleterre, mais, condamné à mort par contumace le 17 mai 1873, il décide de s’exiler aux États-Unis et rejoint le Parti ouvrier socialiste d’Amérique. Il ne rentrera en France qu’en 1880, suite à la loi d’amnistie du 11 juillet 1880 qui amnistie les Communard·e·s et permet le retour de nombre d’entre eux en France. En 1888, un an après la première édition imprimée des paroles du poème, la chorale lilloise du Parti ouvrier demande à un de ses membres, Pierre Degeyter, de composer une musique originale pour L’Internationale. Le 23 juillet 1888, pour la première fois, la chorale de la Lyre des Travailleurs interprète le chant sur l’air nouveau. Sa partition est publiée en 1889.

Écrite juste après les événements et chantés sur l’air du Chant des Paysans de Pierre Dupont, le premier couplet de La Semaine sanglante s’ouvre avec le froid constat des événements :

« Sauf des mouchards et des gendarmes,
On ne voit plus par les chemins,
Que des vieillards tristes en larmes,
Des veuves et des orphelins.
Paris suinte la misère,
Les heureux mêmes sont tremblants.
La mode est aux conseils de guerre,
Et les pavés sont tout sanglants.
 »

Mais si Jean-Baptiste Clément dépeint la triste situation de Paris après la Semaine sanglante, ville reconquise dans le sang par tous les représentants du vieux monde : militaires, politiciens, religieux, bourgeois, capitalistes, vendus et autres mouchards ; il exprime aussi le futur retour de l’ordre dans une fête morbide des décorations militaires et des bénédictions de curetons. Si chacun de ces couplets, à l’exception du dernier, est une triste description de la situation, il ponctue chacun d’entre eux par un refrain qui appelle encore et toujours à la révolution.

« Oui mais !
Ça branle dans le manche,
Les mauvais jours finiront.
Et gare
 ! à la revanche
Quand tous les pauvres s’y mettront.
Quand tous les pauvres s’y mettront.
 »

La chanson, écrite ainsi juste après les événements, ne se contente pas d’une amère description d’une défaite, mais vise bien à exhorter à continuer le combat, considérant que des des dizaines de milliers de morts et d’arrestations ne suffiraient jamais à stopper l’enthousiasme du poète qui se demande « à quand enfin la République de la Justice et du Travail ? »

Si la chanson La Semaine sanglante fut une réponse immédiate et explicite au massacre, une autre chanson de Jean-Batiste Clément rentrera dans l’Histoire comme un hommage à la Commune et plus particulièrement à tous les épisodes révolutionnaires qui finirent dans les larmes et le sang. Car avant d’être jouée par les chœurs de l’armée française en 2016, place de la République, en l’honneur des victimes des derniers attentats ; le Temps des cerises fut avant tout dédicacé « à la vaillante citoyenne Louise, l’ambulancière de la rue Fontaine-au-Roi, le dimanche 28 mai 1871 », communarde rencontrée aux hasards des rues par le poète, alors tenancier d’une barricade comme tant d’autres cette semaine-là. 

De simple chanson d’amour perdu, écrite en 1866 et chantée sur un air mélancolique, le Temps des cerises devint un symbole pour tous ceux et celles qui vécurent intensément la lutte contre la République bourgeoise, contre le capitalisme sauvage et contre le fascisme. Elle devint alors une classique pour toutes les familles du socialisme, de l’anarchisme et du communisme, traversant le temps et les clivages politiques. 

L’appropriation populaire et collective de la chanson en fera un classique repris autant par Coluche, la jouant au violon avec des gants de boxe, que dans Porco Rosso, film d’animation japonais de Hayao Miazaki de 1992, se déroulant dans l’Italie fasciste des années 1920.

Se souvenir, c’est déjà lutter !

Si la Commune de Paris reste aujourd’hui une référence commune de toutes les familles de gauche, toujours critiquée, revisitée, réinterprétée, mais bien partagée [3], c’est autant par l’espoir suscité par ses réalisations que par la répression sans pareille dont elle fut la victime. 

À une époque où le « Roman national » fait son grand retour et où chaque événement de l’Histoire française est réinséré dans un roman à visée normalisatrice d’une pseudo « Identité nationale », il faut rappeler qu’encore aujourd’hui, presque 150 ans après les faits, la Commune reste une oubliée des programmes scolaires et de l’histoire française. Aujourd’hui, le nouveau discours au centre, à droite et même à l’extrême-droite essaye de refaire de la Troisième République la référence idéologique par excellence et continuant ainsi à faire de la Commune une oubliée volontaire. Surtout quand la laïcité de 1905 sert à l’extrême-droite pour stigmatiser toute population non catholique, et que les débats sur les « bienfaits » de la colonisation sont rouverts. Il serait dommage de perturber cette foire à la saucisse idéologico-historique en rappelant que la Troisième République est née dans un bain de sang.

Face à l’oubli volontaire des politicards et de l’État, comme symptôme d’une ultime répression, la mémoire de la Commune, une mémoire révolutionnaire et internationaliste, est donc une arme pour rappeler que de tout temps le vieux monde peut vaciller, mais que plus il vacille, plus ses chiens montrent les crocs et mordent au sang. Que toute action révolutionnaire entraine une action contre-révolutionnaire et que la violence de l’État est toujours liée à son désir de maintenir une société d’exploitation et de contrôle. Quel que soit le régime ou quel que soit le numéro de la République en place, la lutte des classes perdure à tous les niveaux de la vie.

Note

Sur la Commune de 1871 :

• le web officiel des Amis de la Commune : Association qui cherche à faire vivre l’histoire et la mémoire de la Commune en proposant de nombreux textes, images, photographies, chansons, bibliographies, filmographies sur leur site.

• Initialement publié sur Rebellyon.info

Notes

[1] Article sur le 18 mars 1871 : Le 18 mars 1871 : Le peuple et la Garde nationale fraternisent contre la République bourgeoise

[2] Article de Rebellyon sur la criminalisation de l’appartenance à l’AIT : https://rebellyon.info/L-appartenance-a-l-A-I-T-devient

[3] Sur la Commune de l’Internationale Situationiste : https://infokiosques.net/lire.php?i…

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Dans l’esprit de la Commune :

Michel_Bakounine_La_Commune_de_Paris_et_la_notion_detat

Pierre_Kropotkine_La_Commune_de_Paris_PDF

Louise-Michel_De-la-commune-a-la-pratique-anarchiste

3ri-et-societe-des-societes-du-chiapas-zapatistes-aux-gilets-jaunes-en-passant-par-le-rojava-fevrier-2019

zenon_pourquoi suis je anarchiste ?

Pierre_Bance_Lheure_de_la_commune_des_communes_a_sonne

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Emile_Pouget_textes-choisis-anarchistes-du-pere-peinard

Un monde sans argent: le communisme

Inevitable_anarchie_Kropotkine

Le_monde_nouveau_Pierre_Besnard

L’anarchie pour la jeunesse

Erich_Mühsam la liberté de chacun est la liberté de tous

Appel au Socialisme Gustav Landauer

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

Gilets Jaunes, où en sommes-nous ? Où allons-nous ?…

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 15 février 2020 by Résistance 71

 

Sous cet article de Paris-Luttes Info, devenons S.U.P.R.A Gilets Jaunes par la Solidarité, l’Union, la Persévérance, la Réflexion et l’Action et les vrais chiffres du chômage par Jo.
Le mouvement des Gilets Jaunes se restructure pour la phase 2, celle qui aura éliminé toutes les illusions démocratiques de la dictature marchande et se concentrera sur LA véritable solution : la mise en place pas à pas de la résurgence du pouvoir réintégré au sein du corps social et menant à la société des sociétés
~ Résistance 71 ~

 

 

Ils nous détruisent, détruisons-les !

 

Paris-Luttes Info

 

12 février 2020

 

url de l’article :

https://paris-luttes.info/ils-nous-detruisent-detruisons-les-13476?lang=fr

 

Pour prolonger la réflexion sur les traumatismes que nous subissons, comment sommes-nous arrivé·e·s dans cette situation ? Comment en tirer une force ?

Je conserve aussi un souvenir vivace d’un 1er mai : 2018, le Macdo en flamme et le pont d’Austerlitz. Si je n’étais pas dans le bloc ce jour-là, j’étais quelques rangs plus loin, avec une amie. Alors que les CRS chargent devant, le cortège tente de reculer, mais se retrouve étranglé par le pont, et les flics empêchent de s’échapper par les côtés. Et soudain, c’est une pluie de grenades lacrymogènes qui s’abat sur la foule. Une foule pas préparée, pas équipée. Une foule compressée, qui tente de s’enfuir pendant que les flics continuent de leur tirer dessus, dans le dos. Dans le nuage épais de gaz, les personnes commencent à suffoquer, à se pousser et à se piétiner par pur instinct de survie. Un camion de pompier venu éteindre le Macdo compresse encore un peu plus la foule. Sur le pont, les flics continuent à tirer, certain·e·s s’imaginent déjà sauter pour fuir l’enfer. La préf’ avait prévu le coup, puisque des bateaux attendent aux abords.

Si j’avais déjà été gazé dans des manifs précédentes, c’est la première fois que je me suis véritablement senti en danger. Et en colère quand j’ai vu que les syndicats avaient déserté par un itinéraire bis probablement négocié à l’avance.

Mais ce qui a achevé le traumatisme, c’est la répression féroce qui s’est abattue sur les manifestations des Gilets jaunes. Samedi après samedi, tout l’arsenal de guerre est systématiquement déployé et massivement utilisé : grenades lacrymogènes, grenades assourdissantes, grenades de désencerclement, lanceurs de balles de défense, canons à eau. La vision du canon d’une arme pointé droit vers moi reste gravée dans ma mémoire. Si par chance je n’ai jamais été blessé, j’ai vu mon lot de visages en sang, de mutilé·e·s, soigné·e·s avec les moyens du bord en attendant que les flics daignent laisser passer les pompiers.

Depuis, je ne peux plus voir passer quelque chose dans le ciel du coin de l’œil sans immédiatement relever la tête pour vérifier si ce n’est pas une grenade. Depuis, à la moindre détonation, tout mon corps se tend, anticipant les mouvements de foule, préparant les gestes à adopter.

Surtout, depuis, je ne suis plus serein entouré de flics. Le mois dernier, à deux manifestations, j’ai fait une crise d’angoisse.

16 janvier, Montparnasse place d’Italie. Toutes les rues partant du parcours sont barrées par des camionnettes ou des grilles antiémeute, protégées par deux rangs de flics armurés, cagoulés, casqués, cachés derrière leurs boucliers, tonfa à la main. Tout l’avant du cortège est encadré par trois lignes du même style. Au bout du boulevard Saint-Michel, ils décident d’arrêter le cortège, sans raison. Ils resserrent leurs rangs et se rapprochent méchamment des manifestant·e·s. Une pure tentative d’intimidation. Et qui fonctionne : étant légèrement claustrophobe, me retrouver ainsi prisonnier, sans certitude quant à ce qui va se produire, fait naître en moi une profonde angoisse. Jusqu’à place d’Italie, ce sera des colonnes entières de centaines de ces nervis qui défileront. Je me sens tellement mal que je ne m’attarde pas.

29 janvier, place d’Italie Invalides. Dès le début du parcours, trois lignes de miliciens encadrent de chaque côté le cortège. Mais cette fois, ils ne sont pas sur le trottoir : ils sont sur la route, enserrant les manifestant·e·s. Immédiatement, l’angoisse arrive. Je me sens physiquement oppressé. Je me sens rabaissé au rang de bétail à canaliser, et je ne peux pas l’accepter. C’est ma dignité humaine qui est atteinte. À Port-Royal, je m’arrête, j’attends que le cortège me dépasse, et je m’en vais, ne pouvant pas le supporter plus longtemps.

Paradoxalement, si les dernières manifestations ont été tranquilles, symboliquement, elles sont d’une violence incroyable. Toute liberté d’expression et de manifestation a été anéantie par une présence policière massive, dans des quartiers transformés en déserts. Ils n’ont même plus besoin de matraquer et de gazer : ils nous rendent inoffensifs par la peur et la marginalisation.


Quand la rue est jaune de monde…

Qu’est-ce qui a changé ?

Comment en sommes-nous arrivé·e·s là, alors que nous avons connu avec les Gilets jaunes un pic historique de conflictualité et un rapport de force en notre faveur ? Souvenons-nous, on pouvait vraiment crier « Et la rue elle est à qui ? Elle est à nous ! », parce qu’elle était vraiment à nous. On pouvait aller où l’on voulait, c’était les flics qui nous courraient après.

Comparé aux manifestations contre la réforme des retraites des derniers mois, le parallèle est saisissant. La transformation du cortège de tête est significative : d’un assemblage hétéroclite de manifestant·e·s déters et uni·e·s, on arrive à la reproduction d’un cortège syndical classique : des groupes affinitaires et corporatistes plus intéressés par leur image et qui, parce qu’il faut faire de jolies photos pour Instagram ou le groupe Facebook, rompent la dynamique du cortège et mettent ainsi en danger les manifestant·e·s plus vénères parti·e·s devant. L’individualisme et le culte de la personnalité appliqués aux mouvements sociaux. On pourrait en rire tellement c’est ridicule, mais quand les flics profitent qu’un groupe s’est arrêté, parce que ça fait cinq minutes qu’il n’a pas posté sur Twitter, pour couper le cortège et réprimer et interpeller des camarades, et que ceux qui faisaient les gros bras pour les photos restent immobiles en regardant les copain·ine·s se faire tabasser et en attendant que la voie se dégage, c’est beaucoup moins drôle.

Plus déprimant encore, l’apathie des manifestant·e·s. Combien d’occasions manquées de s’extraire du parcours officiel par une rue qui n’était pas surveillée, à se retrouver à une dizaine pendant que dans le cortège, on nous regarde les yeux ronds, en nous criant « C’est pas par là ! » ? On sait que ce n’est pas par là. On sait qu’au bout du parcours officiel il n’y aura rien d’autre que de la lacrymo ou de la merguez. On sait que si on part « pas par là », on ne sait pas forcément où l’on va, mais au moins on sera libre de le choisir. Cette volonté inébranlable de la majorité des manifestant·e·s à vouloir absolument aller au bout du parcours pour pouvoir rentrer chez soi tranquillement est déconcertante est démotivante. Surtout quand elle est assortie du discours « oui, mais s’il y a de la casse on ne parlera pas de nos revendications ». Pourtant, l’actualité nous montre le contraire : alors que les médias se foutent totalement des manifestations maintenant qu’elles sont des promenades tranquilles, quand les pompiers ont attaqué frontalement la police, forçant les grilles antiémeute, on a parlé de leurs revendications, et mieux, le gouvernement a cédé.

Pour autant, nous ne devons pas nous enfermer dans une fascination morbide pour les affrontements avec les flics. Ça ne sert à rien d’avoir comme unique but de se battre contre eux, car à moins d’être équipé·e·s comme les pompiers, ils gagneront toujours, et nous aurons toujours plus de blessé·e·s. Il devrait être admis qu’il faut plutôt attaquer ceux qu’ils protègent, et pourtant ces affrontements stériles ont un pouvoir d’attraction (spectaculaire ou viriliste ?) qui anéantit les initiatives pour d’autres actions plus efficaces. Deux exemples : le 28 décembre, alors que le cortège est bloqué rue du Renard par des affrontements, le chemin est complètement libre jusqu’aux Halles toutes proches. Malgré de nombreux appels, ce n’est qu’à une vingtaine que nous nous y rendrons, et si nous avons réussi à faire fermer le centre commercial, ce qu’il aurait été possible de faire en étant plus suivi·e·s par ceux·elles qui ont préféré regarder les affrontements laisse songeur. De même, le 4 janvier, après avoir investi la gare du Nord, les flics débarquent pour évacuer les lieux. L’occasion était trop belle : reformer un cortège pour investir un autre lieu avant que les renforts n’arrivent. Malgré tous nos efforts, nous ne sommes qu’une dizaine à ne pas vouloir rester bloqués sur un affrontement qui tournera rapidement à notre désavantage : les voltigeurs et les régiments de flics sont tout près, la manifestation du jour ayant pris fin à la gare de l’Est. Et c’est effectivement ce qui s’est produit : tout le monde a fini par se disperser. Encore une occasion manquée.

Que peut-on faire ?

Faut-il admettre que les manifestations ne sont plus des espaces de lutte, mais ont uniquement un but performatif, faire de belles images ? Faut-il alors laisser tomber les grands rassemblements syndicaux, qu’ils ne redeviennent qu’un moyen pour les centrales de se compter ? La question se pose, surtout au regard de ce qu’ils ont obtenu ces derniers temps : malgré une participation exceptionnelle, absolument rien. Parce qu’ils ont perdu toute conflictualité, ils n’obtiendront plus jamais rien. On le voit, seuls les secteurs disposant de moyens de pression conséquents ou équipés pour la conflictualité voient leurs luttes aboutir.

Nous sommes nombreux·euses à avoir fait ce constat, et à ne pas vouloir nous y résoudre. Mais nous-mêmes sommes atomisés en groupes, ne dépassant parfois pas une ou deux personnes, et nous retrouvant physiquement ensemble à la faveur d’un événement publié sur Démosphère ou PLI. Moi-même, n’ayant pas grandi à Paris et ayant tardivement développé une conscience politique, sans parler de mon appréhension sociale, n’ai que très peu de contacts militants.

Malgré tout, nous devons nous nourrir de nos échecs collectifs récents et de nos traumatismes individuels pour imaginer des modes d’actions plus efficaces : nous ne pouvons pas faire semblant d’attendre le grand soir pour être des centaines de milliers de déters et mettre à bas ce système oppressant. Au contraire, nous devons profiter de notre éparpillement, de notre décentralisation pour nourrir des actions plus ciblées, ayant un réel but politique, et aussi étrange que cela puisse paraître, qui nous mettront moins en danger : si nous surgissons quand ils ne nous attendent pas, et que nous disparaissons sans les attendre, ils ne nous attraperont pas.

Et surtout, soyons bienveillant·e·s entre nous : on a tous des envies de modes d’action différentes, mais au lieu de nous battre pour savoir qui a raison, soutenons-nous, et coordonnons-nous ! Notre union dans l’objectif et nos différences dans les actions ne peuvent que nous renforcer.

Cessons de jouer selon leurs règles, ou nous serons toujours perdant·e·s.

= = =

Gilets Jaunes An I !

Il y a maintenant plus d’un an de lutte écoulé qui nous montre on ne peut plus clairement qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il n’y en a en fait jamais eu et qu’il ne saurait y en avoir !

Ceci se doit de devenir une évidence incontournable pour toutes et tous, membres de notre lutte organique pour une société enfin libre.

Ainsi, toute négociation avec l’État et les représentants de l’oligarchie est non seulement futile mais contre-productive. Ignorons-les !

Solidarité – Union – Persévérance – Réflexion – Action

Devenons S.U.P.R.A Gilets Jaunes !

Reprenons le pouvoir par les Assemblées Populaires et dans le même temps:

  • Boycottons les institutions
  • Boycottons l’élection et l’impôt absorbant l’intérêt de la dette odieuse
  • Boycottons les entreprises du CAC40 et des transnationales criminelles
  • Achetons et promouvons les produits locaux
  • Réaménageons nos campagnes et nos communautés agricoles
  • Rassemblons-nous en comités populaires de voisinage, de travail…
  • Restons incontrôlables et imprévisibles !

Tout le Pouvoir aux Ronds-Points !

Pour une société émancipée et donc libre !

Groupe Gilets Jaunes de _______________

Aussi…

Cinq textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

 

Les véritables stats du chomage (JBL1960):

https://jbl1960blog.wordpress.com/2020/02/14/vrais-chiffres-du-chomage-et-donnees-corrigees-analyses-et-decryptage/

Lettre de contestation des amendes pour manif’ « non autorisée »:

Modele-contestation-AMENDE_135_EUR

 

Paroles de Gilets Jaunes : grève générale sauvage et révolution sociale… Vive la Commune !

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, gilets jaunes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 9 janvier 2020 by Résistance 71

 

L’heure n’est plus à pinailler sur des points de détail d’exposés, nous sommes de manière générale en accord avec les conclusions émises dans cette réflexion de J-Y Jézéquel citant également J Baschet, qui rejoignent tout à fait les nôtres et celles, par exemple, du collectif “Guerre de Classe”.

Solidarité Union Persévérance Réflexion Action, devenons S.U.P.R.A humain / Gilets Jaunes pour réaliser ensemble notre humanité achevée, émancipée de l’État, donc du pouvoir coercitif, de la marchandise, de l’argent et du salariat.

Vive la Commune des Communes des associations libres !..

Ce n’est pas de révolution dont il s’agit ici, celle-ci comme son nom l’indique ne faisant que nous ramener au point de départ ; mais il s’agit d’une véritable évolution, celle de nous faire passer au delà de la division et de la coercition du rapport dominant/dominé, au rapport émancipateur de l’organisation organique de notre humanité, faisant finalement triompher notre être sur l’avoir marchand.

Faisons de 2020 l’année où les communes unies de la base osent franchir la porte de notre émancipation déjà pourtant historiquement bien entrouverte.

Note: Nous pensions publier ce texte la semaine dernière, mais l’actualité géopolitique mondiale en a décidé autrement. Cette analyse mérite d’être lue et diffusée afin d’éveiller les consciences politiques toujours plus avant.

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir, que ce soit au niveau domestique ou internationale, la solution est l’émancipation définitive des peuples au sein des communes et associations libres. Le moment est venu de faire complète peau neuve par la révolution sociale, tout le reste n’est que pisser dans un violon…

~ Résistance 71 ~

 

 

Paroles de Gilets Jaunes et blocage généralisé

 

Jean-Yves Jézéquel

 

28 décembre 2019

 

url de l’article:

https://www.mondialisation.ca/paroles-de-gilets-jaunes-et-blocage-generalise/5640062

 

Nous sommes une majorité en France à ne pas vouloir « réussir » dans le monde de la macronie. Nous sommes une majorité dans le monde à ne pas vouloir de « Rolex » avant 50 ans. Nous sommes une majorité en France et dans le monde à ne pas vouloir que des millions de personnes « ne soient rien » pour permettre à quelques unes de les dominer en se prenant pour les « élites » seules utiles, seules nécessaires, seules indispensables pour la défense d’intérêts devenus ceux d’une caste égocentrée et sans avenir possible!

Nous devons mettre en place un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple: une démocratie. Nous devons faire sécession d’avec le système habituel d’étatisation. 

L’auto-gouvernement des citoyens présuppose et entraîne la déprofessionnalisation de la politique. C’est à nous d’organiser les communes libres et l’auto-gouvernement des Régions. Nous devons créer nos propres instances de justice, nos propres écoles, nos propres hôpitaux et centres de soins, en repensant le fonctionnement de toutes ces infrastructures. Nous devons « décoloniser les Provinces ». Nous n’avons pas besoin d’attendre quelque chose de ceux qui prétendent nous « gouverner »: faisons, agissons, dès maintenant sans attendre d’avantage. 

L’ultralibéralisme est l’ennemi à abattre parce que c’est lui qui a engendré un endettement croissant des Etats. Les Etats ont ainsi organisé, comme Macron le fait en France, un transfert massif de l’argent public issu des impôts vers le système bancaire principal détenteur du capital. En France, les deux tiers de l’impôt sur le revenu financent les intérêts de la dette!

Les Etats sont devenus complètement dépendants des marchés financiers par la « dette » et sont contraints de continuer à emprunter à ces mêmes marchés financiers, assurant à ses derniers une béatitude éternelle sur le dos de ceux qui alimentent par leurs impôts, ce monstre esclavagiste.

Les agences de notations veillent à ce que les Etats ne puissent pas s’écarter de l’orthodoxie idéologique de l’ultralibéralisme: une dégradation entraîne aussitôt « une hausse des taux d’intérêts de l’emprunt obligé!» 

C’est un mécanisme de vampirisation efficace qui a été organisé par le système financier capitaliste parasitaire. Ce sont donc les organismes bancaires qui décident quelle politique les Etats doivent appliquer: un comble absolu!

Toutes les politiques sont décrédibilisées. Les hommes politiques pratiquent obligatoirement la trahison, puisque pour être élus, ils ont besoin de promettre le mieux aux électeurs en les trahissant aussitôt élus, puisqu’ils ne peuvent rien faire sans la permission du système financier bancaire auquel ils doivent obéissance…

De là vient que le peuple ne veut plus des politiques qui le « représentent »: il veut gouverner lui-même par une démocratie directe!

C’est absolument logique et le point de rupture entre le peuple et la puissance bancaire qui veut garder son pouvoir totalitaire sur les sociétés!

De plus, la marchandisation s’est généralisée, jusque dans le domaine de la subjectivité humaine. C’est le système financier qui a supplanté l’économie: la finance n’est plus du tout au service de l’économie, c’est l’économie qui est au service de la finance. On a là un inversement pervers du couple « économie/finance ». La finance est dominante et elle fait la pluie et le beau temps à son gré, au gré des fluctuations boursières et des purs intérêts du Capital, quant à eux ne se souciant absolument pas de la condition humaine liée à la réalité économique.

Les Etats se trouvent piégés par la menace de la spéculation monétaire, le comportement pervers des marchés, la fuite des capitaux, la hausse des taux d’intérêt, la délocalisation des activités… C’est l’ensemble de ces mécanismes prédateurs qui bride les Etats et les tient sous leur domination.

Il s’agit donc fondamentalement de sortir absolument de la logique capitaliste, car on ne peut pas retrouver le « capitalisme » qui existait avant l’avènement de l’ultralibéralisme. Le capitalisme ne peut que produire ce qui nous détruit aujourd’hui en nous conduisant de plus au désastre écologique qui vient.

Le consumérisme compulsif avec l’obligation de la productivité est inhérent au capitalisme. La surenchère obligatoire et permanente du marchandisme, entraîne la catastrophe climatique qui va en s’accélérant rapidement. Il n’y a pas de capitalisme vert, une solution qui pourrait venir de la logique capitaliste. Toutes les énergies alternatives entraînent à leur tour de nouveaux problèmes écologiques à partir du moment où elles continuent de s’inscrire dans une logique productiviste, et c’est bien le cas…

Or, arrêter le productivisme dans la logique du capitalisme qui fait loi actuellement, équivaut à une chute spectaculaire dans la « crise » majeure, entraînant une autre catastrophe humanitaire inévitable. On est donc pris entre deux feux: celui de l’ultralibéralisme et celui de l’écologie, incompatibles entre eux.

Là où on en est arrivé, à cause de la logique capitaliste devenue l’ultralibéralisme, ne permet déjà plus d’arrêter le désastre à venir. Celui-ci aura donc lieu et il va détruire massivement les expressions diverses de la vie sur Terre. Seuls, ceux qui sont à l’écoute des règles de la vie sur Terre, pourront peut-être s’en sortir et constitueront un noyau de rescapés ayant l’obligation de repenser radicalement la façon de vivre de l’espèce menacée de disparition totale.

La question qui se pose à l’humanité présente, dit Jérôme Baschet, dans son livre « Une juste colère », éditions Divergences, 2019, est de « savoir si l’humanité parviendra à se débarrasser du capitalisme avant que celui-ci ne se débarrasse d’elle ! » 

Nous devons également nous rappeler ici, que le capitalisme n’est pas simplement une domination du monde de la finance à travers la consommation et la production marchande, c’est aussi une emprise sur tous les aspects de la subjectivité humaine, faisant de la vie des personnes une marchandise à plein temps. A cause de cela, les grèves et les manifestations ne sont plus suffisantes, il faut également concevoir la stratégie du « blocage », car le blocage fait échec à toute l’organisation capitaliste de la domination et de l’exploitation de l’homme comme marchandise…

C’est parce que le capitalisme a envahi les multiples aspects de la vie que le chômage de masse est apparu. Les chômeurs devenus légions ont rejoint les autres exclus du système et tous ensemble ils sont d’office condamnés à l’inexistence sociale.

Les citoyens se sont sentis radicalement dépossédés de leur droit d’exister décemment, de leur responsabilité, de leur souveraineté et de leur vie tout court. La réaction violente du gouvernement contre les Gilets Jaunes a prouvé que les personnes étaient massivement dépossédées de leur propre existence et empêchées de vivre normalement. Cela donne à la situation actuelle un caractère insupportable et parfaitement odieux qui ne peut que légitimer la réaction d’une résistance défensive proportionnée…

Chacun a le devoir de défendre sa vie. Si le gouvernement illégitime actuellement en place, se comporte comme un tyran, il va de soi que les citoyens ont le devoir de le traiter comme n’importe quel tyran: par l’élimination. Mais, avec lui, c’est le système tout entier qu’il faut radicalement éliminer.

Ce qui se passe donc actuellement dans la résistance des Gilets Jaunes, n’a rien à voir avec une pure et simple lutte des classes, et en particulier celle du prolétariat. C’est l’ensemble des citoyens qui est confronté à cette dépossession généralisée du droit d’existence décente.

Pour les « profiteurs d’en haut », ceux qui ne sont pas devenus eux-mêmes profiteurs avec ceux d’en haut, sont ceux qui « ne sont rien », dixit Macron.

C’est donc toute l’humanité qui est menacée par les « profiteurs d’en haut », ceux qui sont parvenus à « posséder une Rolex avant 50 ans », car la majorité des personnes formant l’humanité est radicalement dépossédée de son droit à une existence décente. C’est le capitalisme qui menace de détruire l’humanité: il faut donc s’y opposer sans attendre. 

Il ne s’agit plus de libérer le travail du capital, comme cela a été le cas dans la lutte des classes pendant longtemps, il s’agit aujourd’hui de se libérer de la tyrannie de « l’emploi », c’est-à-dire du « travail pénal », comme j’ai l’habitude de le qualifier, et non pas du travail créatif et réalisant…

L’asservissement des individus au travail pénal ou à « l’emploi » (en d’autres termes, à l’exploitation: les personnes sont « employées », utilisées et donc jetées dès qu’elles ne sont plus rentables) ne permet plus aux personnes d’accéder à une existence sociale décente et respectable. La résistance à l’économisme marchand, la destitution de ceux qui l’animent, la révolte et la sécession d’avec ce pouvoir prédateur, les initiatives de vie émancipée de la vision capitaliste des profiteurs d’en haut, doivent ensemble déboucher sur une réappropriation de tout ce qui explique la dépossession actuelle généralisée du droit à une existence décente. C’est là que les peuples ne doivent pas attendre quelque chose des gouvernants. Ils doivent gouverner eux-mêmes, ce qui présuppose le renversement de ce système mis en place par les « profiteurs d’en haut ».

C’est la raison pour laquelle, seule une démocratie réelle est aujourd’hui l’objectif et le sujet majeur de la révolte généralisée. Il faut maintenant que s’installent l’auto-organisation des villes et villages et l’autogouvernement des régions. Il s’agit de « décoloniser les provinces », comme le dit Michel Onfray, de généraliser les assemblées populaires; plus de « représentants » politiques. La dépossession de la souveraineté politique des citoyens doit cesser. 

Ces assemblées populaires doivent organiser la vie collective, émancipée de l’étatisation, sans tarder et sans perdre son temps dans des palabres interminables, au niveau des villages, des quartiers, des communes qui se fédéreront en régions auto gouvernées.

Les exemples ne manquent pas : nous avons déjà évoqué dans des articles précédents, le cas de la Commune de Paris en 1871, le cas de Marinaleda en Espagne, qui est une expérience avérée, fonctionnant depuis 1977, le cas du Val-de-Suse en Italie, le cas du Chiapas au Mexique qui a 25 ans d’expérience, le cas de Tarnac dans le Limousin, le collectif « Notre Dame des Landes »…

Nous avons largement exposé le cas du Chiapas comme exemplaire pour le projet des Gilets jaunes. Au Chiapas, « le peuple dirige et le gouvernement obéit ». C’est le peuple qui a décidé de se constituer comme gouvernement, sans demander l’avis du « gouvernement » mexicain en place. Pour cela il a constitué une « armée populaire de tradition zapatiste» capable de faire entendre au gouvernement mexicain qu’il ne devait pas l’empêcher de conquérir la démocratie!

Toutes les décisions générales doivent être prises en accord avec les assemblées locales. L’expérience du Chiapas démontre que les initiatives qui sont prises sans l’avis des assemblées locales sont toutes vouées à l’échec. On pourra se référer à l’article déjà publié sur « le Chiapas exemplaire », dans www.mondialisation.ca du 30 septembre 2019 et aussi à la synthèse de Jérôme Baschet dans son livre « Une juste colère », éditions Divergences, 2019, pages 80-86.

Les Français ont une capacité collective à s’autogouverner et cela légitime la destitution des pouvoirs étatiques en place. Le système politique « représentatif » était basé sur l’affirmation que le peuple est ignare, « il ne sait rien et surtout pas ce qu’il veut »; il est synonyme d’anarchie. Le régime « représentatif » implique une infantilisation des citoyens et une organisation qui les dépossède de leur souveraineté politique. Une vraie démocratie implique la souveraineté réelle du peuple. De cette manière, le pouvoir n’est plus une expression de la psycho pathologie humaine, (une perversion qui prétend être légitime et qui au nom de cette gageure s’exerce sur le peuple), il devient le « pouvoir de faire ». Il est clair que cette autonomie du pouvoir venant d’en bas élimine en soi les impératifs capitalistes imposés aux gouvernements qui s’imposent aux peuples depuis l’en haut des « élites » au service des intérêts financiers dont elles profitent elles-mêmes.

C’est une logique des espaces libérés de la mainmise des impératifs de l’économisme marchand que nous voulons mettre en place. Le démantèlement complet du système productif marchand doit faire place à un imaginaire créatif important pour ne pas simplement faire marcher un nouveau système de propriété même s’il est conçu au bénéfice de tous. Ce qui devra être produit n’est pas seulement déterminé par la question des « besoins », mais aussi par les décisions des assemblées communales concernées et qui impliquent une organisation collective… Ce qui doit se substituer à la valeur marchande, c’est le « bien vivre » explicité par Evo Morales en Bolivie et les communautés amérindiennes. Il ne s’agit pas de vouloir toujours « mieux vivre », ce qui entraîne le productivisme, il s’agit de « bien vivre ». Le « bien vivre » des humains s’éprouve, se vit, s’expérimente à travers l’existence de chacun. Le « bien vivre » met en échec la logique de l’économisme marchand, grâce aux espaces libérés de la tyrannie capitaliste dans sa forme actuelle ultralibérale. Ces espaces émancipés et libérés de la logique marchande vont devenir la seule organisation capable de résister au désastre écologique final qui vient. Certes, l’organisation mafieuse et violente du monde capitaliste tentera de s’imposer à ces expériences nouvelles. C’est pourquoi, le peuple doit être prêt à se défendre même avec les armes contre ces pouvoirs mafieux esclavagistes. « … La multiplication des espaces libérés et la perspective d’un blocage généralisé du monde » (Cf., J.Baschet, op.cit. page 97) de l’économisme marchand, sont complémentaires. La communauté de destin n’est pas un « nous » homogène, c’est un « nous » multiple, un ensemble qui fonctionne avec les différences et donc les complémentarités.

Il ne s’agit en aucun cas d’opposer une conception de l’individuel avec une conception du collectif. La propagande ultralibérale dit que seul l’individuel est libre alors que le collectif ne peut être envisagé que comme renoncement à la liberté individuelle et à la singularité. En réalité les singularités individuelles ne peuvent s’exprimer que grâce à la complémentarité des multiples formant un collectif coopératif. De même, selon la culture judéo chrétienne, l’homme serait en dehors de la nature et supérieur à la nature, le représentant du créateur de la nature se plaçant au-dessus de la nature. C’est ce qui l’a amené à saccager la nature, à dominer la nature, à l’exploiter et à la polluer. (Cf., Eugen Drewermann, « Le progrès meurtrier », éditions Stock, 1993) Il s’agit également de récuser ce fondement culturel désastreux et considérer que la Terre ne nous appartient pas, puisque c’est nous qui appartenons à la Terre.

Le monde que nous devons créer est un monde qui intégrera la pluralité des mondes (*). Les lieux sont singuliers et il y a une manière spécifique de les habiter. « Le bien vivre est un principe commun qui ouvre à la multiplicité de ses formes concrètes, en fonction de la diversité des lieux et des trajectoires des collectifs concernés. » (Cf., J.Baschet, op. cit., page 109)

(*) note de R71: ce que nous appelons avec Gustav Landauer, la “société des sociétés”.

Conclusion

Le capitalisme doit être aboli radicalement, car il est en soi biocide, écocide, pathologique et foncièrement humanicide, dit Jérôme Baschet dans son livre « une juste colère » (page 112 et 113). C’est le fanatisme productiviste de la marchandisation qui nous conduit à la destruction. Il n’y a pas d’autre solution que de rentrer en guerre contre cet économisme marchand. La solution n’est pas dans le fait de s’emparer de l’État et de le transformer, mais elle est dans le fait de libérer des espaces d’autonomie complète, permettant de sortir de toute dépendance avec cet économisme marchand. Bloquer tout ce qui permet de nous tuer et de nous déposséder de tout est la voie obligatoire de la résistance présente et urgente. Multiplier les « espaces libérés » ne sera pas suffisant. Il faut également intensifier les soulèvements et les blocages afin de ruiner cette entreprise de destruction qu’est l’économisme marchand.

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

Gilets Jaunes + Grève Illimitée (expropriatrice) = Héritage de la Commune de Paris

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, média et propagande, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 24 décembre 2019 by Résistance 71

 

La Commune de Paris en 45 secondes chrono de lecture sous cette introduction… et quelques lectures complémentaires à l’issue.

“L’anarchie, l’abolition complète des États et l’organisation du simple au composé par la fédération libre des forces populaires, des producteurs et des consommateurs…” nous disait Pierre Kropotkine dans sa “Commune de Paris” (1882), ainsi que ceci, parfaitement au goût du jour dans cette déliquescence politico-sociale ambiante et le renouveau issu du mouvement des Gilets Jaunes depuis novembre 2018:

“Terrassée mais non vaincue, la Commune renaît aujourd’hui. La ‘Commune’ devient le but précis et visible de la révolution [sociale] qui gronde déjà près de nous.”

De fait, œuvrons pour cette confédération des communes libres à venir tout en gardant présent à l’esprit que la commune [libre] n’est que l’outil de la révolution sociale établissant la société des sociétés, qui restaurera la vie, l’être sur la dictature achevée de l’avoir.

Gilets Jaunes… L’heure est proche !

~ Résistance 71 ~

 

 

La Commune de Paris 1871

 

Anarchisme Avenir

 

Republié par R71 décembre 2019

 

Napoléon III a perdu la guerre contre les Prussiens: le second Empire tombe. Le nouveau gouvernement signe la paix. Paris est dans une misère et sort d’un siège qui l’a durement affaibli, les Parisiens se soulèvent. Le gouvernement leur envoie l’armée, qui refuse de tirer. En mars 1871, la ville se déclare libre et instaure son propre gouvernement: la Commune, avec comme figure Louise Michel anarchiste française qui sera accompagné de nombreux anarchistes durant cette révolution.

Le 29 mars, le conseil de la Commune forme en son sein 10 commissions: Exécutive, militaire, subsistance, finances, justice, sûreté général, travail, industrie et échanges, services publics et enseignements.

Cette commune qui durera 73 jours, sera une expérience d’autogestion avec la distribution de nourriture à tous , les femmes travaillent, l’école est obligatoire, toutes les habitations sont réquisitionnés pour permettre un hébergement à tous, les usines fonctionnement en comité d’ouvriers et font tourner la production vers uniquement des biens utiles. La solidarité est également organisé avec une pension de 365 francs versé aux orphelins et 600 francs pour les veuves. La liberté de la presse est réaffirmée le 19 mars par le comité central. Une véritable guerre civile va être déclenchée entre les communards et le gouvernement de Versailles. Cette commune fera 20 000 morts et 40 000 parisiens jugés et resteront détenus de long mois sans être jugés.

À jamais la commune de Paris marqua l’Europe, pour Karl Marx c’est la première insurrection prolétarienne autonome et pour les anarchistes une expérience importante dans la voix d’une création de société sans gouvernement.

Source: 

https://anarchismeavenir.wordpress.com/2018/02/06/la-commune-de-paris-1871/ 

= = =

“C’est par des actes révolutionnaires, en abolissant la propriété individuelle des moyens de production, que les Communes de la prochaine révolution affirmeront et constitueront leur indépendance.

Le jour où, en conséquence de la situation révolutionnaire, les gouvernements seront balayés par le peuple et la désorganisation jetée dans le camp de la bourgeoisie qui ne se maintient que par la protection de l’Etat, ce jour là, et il n’est pas bien loin, le peuple insurgé n’attendra plus qu’un gouvernement quelconque décrète dans sa sagesse inouïe des réformes économiques. Il abolira lui-même la propriété individuelle par l’expropriation violente, en prenant possession, au nom du peuple entier, de toute la richesse sociale accumulée par le travail des générations précédentes. Il ne se bornera pas à exproprier les détenteurs du capital social par un décret qui resterait lettre morte ; il en prendra possession sur le champ et il établira ses droits en l’utilisant sans délai. Il s’organisera lui-même dans l’atelier pour le faire marcher ; il échangera son taudis contre un logement salubre dans la maison du bourgeois ; il s’organisera immédiatement pour utiliser toute la richesse entassée dans les villes et il en prendra possession comme si cette richesse ne lui avait jamais été volée par la bourgeoisie… Jamais on n’a travaillé comme on travaillera le jour où le travail sera devenu libre, où chaque progrès du travailleur sera une source de bien-être pour la commune entière…”

~ Pierre Kropotkine, 1882 ~

Gilets Jaunes… L’heure est proche !…

= = =

Lectures complémentaires:

Michel_Bakounine_La_Commune_de_Paris_et_la_notion_detat

Pierre_Kropotkine_L’anarchie-dans-l’evolution-socialiste-2eme-edition-1892

Pierre_Kropotkine_La_Commune_de_Paris_PDF

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

zenon_pourquoi suis je anarchiste ?

Francis_Cousin Ce n’est qu’un début…

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Pierre_Bance_Lheure_de_la_commune_des_communes_a_sonne

Louise-Michel_De-la-commune-a-la-pratique-anarchiste

Manifeste pour la Société des Sociétés

 

4ème Assemblée des Assemblées des Gilets Jaunes 1-3 Novembre 2019: Appel à rejoindre la grève générale reconductible du 5 décembre !

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 5 novembre 2019 by Résistance 71


Tout le pouvoir aux ronds-points !

 

Nous dirons même plus: 

Grève générale illimitée et EXPROPRIATRICE, pour une véritable reprise en main de l’affaire politico-économique et en fin de compte, de nos vies !

~ Résistance 71 ~

 

Grève reconductible du 5 décembre: Les Gilets Jaunes se joignent à l’appel !

 

Paris-Luttes Info

 

4 novembre 2019

 

Source:

https://paris-luttes.info/greve-reconductible-du-5-decembre-12831?lang=fr

 

La quatrième Assemblée des Assemblées GJ s’est tenue ce week-end à Montpellier, rassemblant environ 600 personnes mandatées par 200 assemblées locales de ronds-points. L’Assemblée appelle notamment les Gilets Jaunes à participer au mouvement de grève reconductible à partir du 5 décembre.

Communiqué de l’Assemblée des Assemblées (ADA) GJ réunie à Montpellier les 1, 2 et 3 novembre 2019 :

“L’ADA réunie à Montpellier ce jour estime, après une année de mobilisation acharnée, que la situation est à un tournant.

L’heure est à la convergence avec le monde du travail et son maillage de milliers de syndicalistes qui comme nous, n’acceptent pas.

Il faut un rassemblement du peuple français dans toutes ses composantes : paysans, retraités, jeunes, artistes, personnes en situation de handicap, petits artisans, ouvriers, chômeurs, précaires, travailleurs du public comme du privé….

Nous avons cette occasion à saisir, à partir du 5 décembre, date à laquelle des centaines de milliers de travailleurs seront en grève et en assemblées générales pour la reconduire jusqu’à la satisfaction de nos revendications.

L’ADA de Montpellier appelle les Gilets Jaunes à être au cœur de ce mouvement, avec leurs propres revendications et aspirations, sur leurs lieux de travail ou sur leurs ronds-points, avec leurs Gilets bien visibles !

La défaite du gouvernement sur sa réforme des retraites ouvrirait la voie à d’autres victoires pour notre camp.

Tous dans la rue à partir du 5 décembre, en grève ou sur le rond-point ou en action de blocage !

Tous ensemble, tous unis et cette fois, en même temps !”

= = =

4 textes modernes pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


GJ contre l’État = Société contre l’État

Gilets Jaunes: Jérôme Rodrigues va entrer en grève de la faim contre l’état (RT)

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Pour l’un d’entre nous (qui y était), cela a une réminiscence directe avec la grève de la faim publique entreprise par le Gen Chamlong Srimuang à Bangkok en mai 1992, contre le pouvoir putschiste du Gen Premier Ministre Suchinda. Chamlong demandait la démission du PM Suchinda qui refusait de quitter le pouvoir après le putsch. Des dizaines de milliers de manifestants s’étaient rassemblés à Bangkok pour le soutenir durant des semaines avant et durant sa grève de la faim.

La crise se termina dans un bain de sang (plus de 1000 personnes toujours comptées “disparues” depuis les évènements) qui vit l’armée thaïlandaise ordonnée de tirer dans la foule, ce qui amena la chute du gouvernement dont le PM fut publiquement admonesté (les deux protagonistes en fait le furent) par le roi Bhumipol après quelques jours de quasi guerre civile, des images qui firent le tour du monde .

Il est important que Jérôme reçoive tout le soutien populaire et logistique nécessaire des Gilets Jaunes. La France n’est pas (encore) une dictature militaire comme l’était la Thaïlande des années 1990 (bien plus soft aujourd’hui, même si elle en est toujours une…) et il ne doit pas engager seul le bras de fer avec le pouvoir coercitif, qui s’enfonce pas à pas dans l’illégalité, comme le démontre une fois de plus le fiasco étatique sur la procédure de Jérôme.

Cet évènement a le potentiel générateur du grand souffle du changement tant attendu, car l’issue finale n’est pas seulement que justice soit rendue à Jérôme (peut-on y croire ?… vraiment ?… l’état corrompu bouffant au râtelier et aux ordres de ses maîtres de la finance transnationale…) , mais que le système soit remplacé par la conscience politique incarnée dans une société des sociétés. Soutien inconditionnel à Jérôme !

Hoka Hey !

~ Résistance 71 ~

 

 

Jérôme Rodrigues annonce une grève de la faim contre l’État

 

RT France

 

2 juillet 2019

 

url de l’article original:

https://francais.rt.com/france/63540-si-je-dois-mourir-je-mourrai-gilet-jaune-jerome-rodrigues-annonce-greve-faim-contre-etat

 

“Si je dois mourir, je mourrai.” (J. Rodrigues)

 

Alors que la justice a ordonné au ministère de l’Intérieur et à la préfecture de transmettre le dossier d’enquête administrative de l’IGPN sur les circonstances la blessure de Jérôme Rodrigues, ce dernier les accuse de ne pas appliquer la décision.

Jérôme Rodrigues, l’une des figures les plus médiatiques des Gilets jaunes, gravement blessé à l’œil le 26 janvier lors de l’acte 11 du mouvement à Paris, a annoncé sur son compte Twitter le 1er juillet qu’il allait démarrer une grève de la faim «devant» le ministère de l’Intérieur à partir de «vendredi matin», soit le 5 juillet. 

«Une décision de justice a été rendue, l’Etat français est dans l’obligation de me fournir l’enquête administrative [je n’ai] rien reçu à ce jour», a-t-il notamment dénoncé.

Le Gilet jaune originaire de Tremblay-en-France accuse le ministère de l’Intérieur de ne pas lui transmettre le dossier d’enquête administrative menée par l’inspection générale de la police nationale (IGPN) à la suite de sa blessure, attribuée à un tir des forces de l’ordre.

En juin, le tribunal administratif de Paris avait en effet enjoint au ministre de l’Intérieur et au préfet de police de lui communiquer «sans délai» les actes de «l’enquête administrative et de l’enquête menée par l’inspection générale de la police nationale concernant les blessures qu’il a subies», d’après la retranscription du jugement donnée par Le Parisien. Depuis, les sollicitations seraient, selon ses dires, restées lettre morte. Jérôme Rodrigues et son avocat Arié Alimi s’en sont d’ailleurs plaints à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux depuis quelques jours.

«Si un juge demande que j’aille en prison, j’y vais ce soir moi !», fustige le Gilet jaune contacté par RT France. Pour lui, l’Etat français ne «respecte pas la loi». «Si je dois mourir, je mourrai», déclare-t-il déterminé.

Ils sont entrés dans l’illégalité

«Ils sont entrés dans l’illégalité», a déclaré de son côté à RT France l’avocat de Jérôme Rodrigues Arié Alimi, qui dit n’avoir «jamais vu ça» dans sa carrière. Ce dernier assure s’être vu opposer un refus ferme par la Place Beauvau, une information que RT France n’a pas été en mesure de vérifier auprès de l’institution.

Quoi qu’il en soit, l’avocat de Jérôme Rodrigues a prévu de saisir le tribunal administratif, ce qu’il ne peut pas faire avant au moins trois mois, s’il n’obtient pas les informations qu’il réclame au ministère de l’Intérieur.

Cette procédure administrative est distincte des demandes que pourrait faire la justice dans le cadre de l’information judiciaire ouverte le 13 février sur cette affaire et menée par deux juges d’instructions pour «violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique avec arme».

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Notre « dossier Gilets Jaunes »

 

 

 

Gilets Jaunes 30ème round… Plus que jamais TOUT LE POUVOIR AUX RONDS-POINTS !

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Gilets Jaunes !

Les bientôt sept mois de lutte écoulés nous montrent on ne peut plus clairement qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il n’y en a en fait jamais eu et qu’il ne saurait y en avoir !

Ceci se doit de devenir une évidence incontournable pour toutes et tous, membres de notre lutte organique pour une société enfin libre.

Ainsi, toute négociation avec l’État et les représentants de l’oligarchie est non seulement futile mais contre-productive. Ignorons-les !

Solidarité – Union – Persévérance – Réflexion – Action

Devenons S.U.P.R.A Gilets Jaunes !

Reprenons le pouvoir par les Assemblées Populaires et ainsi:

  • Boycottons les institutions
  • Boycottons l’élection et l’impôt absorbant l’intérêt de la dette odieuse
  • Boycottons les entreprises du CAC40 et des transnationales criminelles
  • Achetons et promouvons les produits locaux
  • Réaménageons nos campagnes et nos communautés agricoles
  • Rassemblons-nous en comités populaires de voisinage, de travail…
  • Restons incontrôlables et imprévisibles !

Tout le Pouvoir aux Ronds-Points !

Pour une société émancipée et donc libre !

Groupe Gilets Jaunes de _______________

= = =

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:


Tout le pouvoir aux Ronds-Points !

Gilets Jaunes 29ème round: Toujours Debout !…

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17 novembre 2018 – 1er juin 2019

 

3ème Assemblée des Assemblées
Montceau-les-Mines 28-30 juin 2019

 


Tout le pouvoir aux Ronds-Points !…

 

 

Gilets Jaunes 26ème round: Solidarité – Union – Persévérance – Réflexion – Action !

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11 mai 2019

Gilets Jaunes !

Les bientôt six mois de lutte écoulés nous montrent on ne peut plus clairement qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il n’y en a en fait jamais eu et qu’il ne saurait y en avoir !

Ceci se doit de devenir une évidence incontournable pour toutes et tous, membres de notre lutte organique pour une société enfin libre.

Ainsi, toute négociation avec l’État et les représentants de l’oligarchie est non seulement futile mais contre-productive. Ignorons-les !

Solidarité – Union – Persévérance – Réflexion – Action

Devenons S.U.P.R.A Gilets Jaunes !

Reprenons le pouvoir par les Assemblées Populaires et ainsi:

  • Boycottons les institutions
  • Boycottons l’élection et l’impôt absorbant l’intérêt de la dette odieuse
  • Boycottons les entreprises du CAC40 et des transnationales criminelles
  • Achetons et promouvons les produits locaux
  • Réaménageons nos campagnes et nos communautés agricoles
  • Rassemblons-nous en comités populaires de voisinage, de travail…
  • Restons incontrôlables et imprévisibles !

Tout le Pouvoir aux Ronds-Points !

Pour une société émancipée et donc libre !

Groupe Gilets Jaunes de _______________

= = =

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 


Vive la Commune !
Vive la Société des Sociétés !

Gilets Jaunes 1er mai 2019: La véritable victoire du jour est celle sur le syndicalisme foie jaune !..

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Le syndicalisme est enfin mort !

 

Guerre de Classe

 

Mai 2019

 

url de l’article: 

http://guerredeclasse.fr/2019/05/02/le-syndicalisme-est-enfin-mort/

 

“En même temps, et tout à fait en dehors de l’asservissement général qu’implique le régime du salariat, les ouvriers ne doivent pas s’exagérer le résultat final de cette lutte quotidienne. Ils ne doivent pas oublier qu’ils luttent contre les effets et non contre les causes de ces effets, qu’ils ne peuvent que retenir le mouvement descendant, mais non en changer la direction, qu’ils n’appliquent que des palliatifs, mais sans guérir le mal. Ils ne doivent donc pas se laisser absorber exclusivement par les escarmouches inévitables que font naître sans cesse les empiétements ininterrompus du capital ou les variations du marché. Il faut qu’ils comprennent que le régime actuel, avec toutes les misères dont il les accable, engendre en même temps les conditions matérielles et les formes sociales nécessaires pour la transformation économique de la société. Au lieu du mot d’ordre conservateur: “Un salaire équitable pour une journée de travail équitable”, ils doivent inscrire sur leur drapeau le mot d’ordre révolutionnaire: “Abolition du salariat”.”
~ Karl Marx – Salaire prix et profit – 1865 ~

Le 1er mai, en tant que fête de l’aliénation salariale, c’est toujours et comme d’habitude la pitoyable parade carnavalesque du fétichisme de la marchandise et de ses clowns syndicaux…

Toutefois, ce 1er mai 2019 fut plus qu’un simple défilé grotesque du folklore habituel car il s’inscrivait en prolongation du vaste mouvement des Gilets Jaunes. Soulèvement social incendiaire et réfractaire qui dès son origine fut clairement affirmé comme anti-politique et anti-syndical…Maintenant, en ce qui concerne les gilets jaunes – comme en témoigne l’éviction instantanée du larbin Martinez – la rupture d’avec les syndicats est définitivement consommée et l’intuition de départ est confirmée ! Il n’y aura plus d’espace disponible pour les imposteurs syndicaux… Ce qui compte désormais c’est l’auto-mouvement de conscience de la masse asservie…Comme l’a rappelé Macron lui-même, en tant que parfait symbole de tout le cynisme étatique marchand, le 1er mai est une fête célébrant l’amour du travail et ses valeurs…… Elle vise à encenser et valoriser la merde qu’est le salariat afin de toujours plus nous enfermer dans l’amour répandu de la servitude volontaire… 

Le Salariat c’est pire que l’esclavage ! Loin d’être notre émancipation il est au contraire la privation absolue de notre véritable vie humaine. Il est la condition même de l’existence du capital en tant que les prolétaires participent à sa valorisation par la plus-value extorquée !

Les syndicats ont toujours oeuvré à la botte de l’Etat et ils sont d’ailleurs financés par lui… Ils sont donc parfaitement intégrés à son appareillage. Et si toutefois nous avons tendance à l’oublier, à chaque fois qu’un mouvement social radical a eu lieu dans l’histoire, les syndicats étaient là pour le neutraliser… Le syndicalisme a toujours dévoyé la lutte de classe radicale afin de l’encaserner dans la lutte réformiste, et la défense réformiste du prolétariat permet au capital de se moderniser…Nous ne voulons pas fêter le travail, nous voulons l’abolir ! Nous ne voulons pas plus d’argent, nous voulons l’abolir ! L’argent est un poison qui anéantit la vie… Il est le substrat de toutes les horreurs qui se répandent sur le monde… L’activité humaine devra un jour se trouver libérée du salariat.

Après bientôt 26 semaines consécutives de mobilisation, qu’ont obtenu les Gilets Jaunes ? Rien ! Rien à part des humiliations, du mépris, des mutilations et une répression toujours plus violente de la part de l’Etat…

Nous vivons actuellement une crise généralisée du mode de production capitaliste, qui interdit toute possibilité d’aménagement des conditions de la servitude volontaire…

Les Gilets jaunes n’obtiendront rien sur le terrain des réaménagements de l’économie politique… et c’est tant mieux ! Tant mieux, pour la simple et bonne raison qu’une prolongation de ce monde marchand infernal serait le pire des futurs envisageables…

Nous, prolétaires, esclaves du salariat, devons comprendre à travers toutes les luttes de classes passées que ce que l’humanité piétinée et asservie doit combattre, ce ne sont pas tel ou tel parti politique et leurs idées ; ce qu’elle doit exiger, ce ne sont pas une meilleure gestion ou répartition des impôts, pas plus qu’un mode de représentation démocratique direct ou indirect… Il n’existe pas d’Etat qui soit humain, et il conviendra bien lors de la revanche finale de l’abolir, ainsi que toutes les catégories aliénatoires de l’économie politique qui en découlent et sont les agents actifs de notre servitude maintenue !

Nous savons pertinemment que les souverains, les hommes d’Etat, ont de tout temps subi les conditions économiques mais que ce ne sont jamais eux qui leur ont fait la loi !
La seule chose qui compte désormais pour l’avenir du mouvement social, c’est d’aller toujours plus loin dans une absolue récusation de tous les terrains aliénés qui voudraient nous reconduire d’une manière ou d’une autre sur le terrain de l’économie politique ! 

La politique est morte, le crétinisme médiatique est mort… aujourd’hui le syndicalisme est enterré !

Vive la révolution sociale, pour une vie humaine émancipée de la pourriture marchande !

= = =

Sept textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

“L’État, c’est ainsi que s’appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement et le mensonge que voici sort de sa bouche: ‘Moi, l’État, je suis le peuple !’… Là où le peuple existe encore, il ne comprend pas l’État et il le hait comme un mauvais œil et comme un pêché contre les coutumes et les droits… L’État, lui, ment dans tous les idiomes du bien et du mal ; et quoi qu’il dise, il ment et ce qu’il possède il l’a volé. Tout est faux en lui, il mord avec des dents volées, lui qui mord si volontiers. Fausses sont même ses entrailles… ‘Sur Terre il n’est rien de plus grand que moi: je suis le doigt qui crée l’ordre, le doigt de dieu’, voilà ce que hurle ce monstre…”

“Là où cesse l’État, c’est là que commence l’Homme, celui qui n’est pas superflu : là commence le chant de ce qui est nécessaire, la mélodie unique et irremplaçable. Là où cesse l’État — regardez donc mes frères ! Ne les voyez-vous pas, l’arc-en-ciel et les ponts du surhumain ?”

~ Friedrich Nietzsche ~