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Terrorisme d’État: La réalité historique des attentats fausse-bannière…

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 18 avril 2015 by Résistance 71

« Heureusement, la propagande offre au politicien habile et sincère un instrument de choix pour modeler et façonner la volonté du peuple… L’important pour les hommes d’état contemporains n’est pas tant de savoir plaire à l’opinion que de savoir l’amener à partager leurs vues. »
~ Edward Bernays, 1928 ~

Cette citation du neveu de Sigmund Freud et père de la propagande moderne (il fut étudié de près par tous les régimes totalitaires de son temps et après, de Mussolini à Hitler en passant par Staline puis Mao) est issue de son livre « Propagande, comment manipuler l’opinion en démocratie », qu’il écrivit en 1928.

Ce qui laisse pantois est la toute dernière phrase du livre qui dit ceci:  » La propagande ne cessera jamais d’exister. Les esprits intelligents doivent comprendre qu’elle leur offre l’outil moderne dont ils doivent se saisir à des fins productives, pour créer de l’ordre à partir du chaos. »

ORDO AB CHAO ou l’ordre du chaos est la devise du Nouvel Ordre Mondial et quoi de mieux pour créer le « chaos constructeur de la gouvernance mondiale » que le terrorisme faux-drapeau couvert par les couches superposées de la propagande étatiste idoine ?…

— Résistance 71 —

 

Le grand secret de l’Histoire: le terrorisme des opérations sous fausse bannière.

 

Tyler Durden

 

6 avril 2015

 

url de l’article:

http://lesmoutonsenrages.fr/2015/04/17/attentats-sous-fausse-banniere-mythe-ou-realite/#more-80346

 

Ce vieil adage est bien vrai: si l’on ne retient pas l’Histoire, on est condamné à la répéter.

Le plus grand secret de l’Histoire que les gens n’ont donc pas encore intégré, puisque c’est un secret, est le terrorisme sous fausse bannière.

Il existe de nombreuses attaques sous fausse bannière bien documentées dans lesquelles un gouvernement est l’instigateur et qui, pour des raisons politiques, en reporte la faute sur son ennemi.

Les opérations sous fausse bannière ont, sans arrêt, changé le cours de l’Histoire, dans le monde entier. Sauf si le peuple prend conscience de ce style d’opération, les gouvernements continueront à les utiliser pour provoquer de plus en plus de guerres désastreuses.

Dans les exemples suivants, les officiels gouvernementaux qui ont participé à ces attaques (ou en ont sérieusement proposé) l’ont avoué, oralement ou par écrit :

  1. – En 1931, les troupes japonaises ont déclenché une petite explosion dans un train et ont accusé la Chine pour justifier l’invasion de la Mandchourie. C’est une histoire connue sous le nom de  l’incident de Munkenou l’incident de Mandchourie. Le tribunal militaire international de Tokyo a trouvé que «plusieurs des participants à ce plan, dont Hashimoto (un officier supérieur de l’armée japonaise) ont plusieurs fois admis leur participation à ce complot et ont déclaré que le but de cet incident était de donner une excuse à l’occupation de la Mandchourie par l’armée du Kwantun ». Voyez ici.
  2. – Un haut officier de la SS nazi a avoué au tribunal de Nuremberg que, sous les ordres du chef de la Gestapo, lui et d’autres militaires nazis ont attaqué leur propre peuple et des infrastructures pour en rejeter la faute sur les Polonais afin de justifier l’invasion de la Pologne.
  3. – Le général nazi Franz Halder a aussi témoigné au tribunal de Nuremberg que le dirigeant nazi Goering avait admis avoir donné l’ordre de mettre le feu au parlement allemand (le Reichstag) en 1933 et avait accusé à tort les communistes de cet acte criminel.
  4. – Le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev a admis par écrit que l’Armée rouge soviétique avait bombardé le village russe de Mainila en 1939, tout en accusant la Finlande de cette attaque, et s’en est servi comme prétexte pour lancer la guerre d’hivercontre la Finlande. Le président russe Boris Eltsine a admis que la Russie avait été l’agresseur dans la guerre d’hiver.
  5. – Le parlement russe, l’actuel président russe Poutine et l’ancien dirigeant soviétique Gorbatchev ont tous reconnu que Joseph Staline avait ordonné à sa police secrète d’exécuter 22 000 officiers de l’armée polonaise à Katyn, en 1940, et en a fait porter la faute aux nazis.
  6. – Le gouvernement britannique a admis avoir bombardé, entre 1946 et 1948,  cinq bateaux transportant des juifs cherchant à fuir l’holocauste pour se réfugier en Israël et avoir créé un faux groupe appelé Défenseurs de la Palestine arabe, qu’il a accusé d’avoir bombardé ces bateaux. (Voir ici, ici et ici)
  7. – Israël a reconnu qu’en 1954 une cellule terroriste israélienne opérant en Égypte avait placé des bombes dans plusieurs bâtiments, dont des bureaux diplomatiques américains, et avait laissé des preuvesimpliquant les Arabes. (Une des bombes s’est déclenchée prématurément, permettant aux Égyptiens d’identifier les coupables et plusieurs Israéliens impliqués ont avoué.) (Voir ici et ici)
  8. – La CIA a admis qu’elle avait employé des Iraniens dans les années 1950 pour se faire passer pour des communistes cherchant à commettre des attentats, tout cela pour essayer de retourner la population contre le premier ministre élu démocratiquement.
  9. – Le premier ministre turc a reconnu que le gouvernement turc avait organisé les attentats de 1955 contre le consulat turc en Grèce, endommageant par la même occasion le lieu de naissance, situé a proximité, du fondateur de la Turquie moderne, tout en faisant porter la responsabilité à la Grèce et justifier les violences anti-grecques.
  10. – Le premier ministre britannique a avoué à son secrétaire de la défense que le président américain Dwight Eisenhower et lui avaient approuvé un plan en 1957 pour lancer des attaques sur la Syrie et en reporter la faute sur le gouvernement syrien comme moyen de parvenir à un changement de régime
  11. – Un ancien premier ministre italien, un juge italien et un ancien chef du contre-espionnage italien ont admis que l’OTAN, avec l’aide du Pentagone et de la CIA, ont organisé des attentats en Italie et d’autres pays européens pour que la population se joigne aux gouvernements dans leur lutte contre le communisme. Comme l’a fait remarquer un participant à ce programme secret: «Vous devez attaquer des civils, des gens, des femmes et des enfants, des innocents et des inconnus totalement éloignés de la sphère politique. La raison en est très simple. Tout cela pour pousser les gens, le peuple italien, à se tourner vers l’État pour demander plus de sécurité.» (Voir aussi ici) (L’Italie et d’autres pays européens avaient déjà rejoint l’OTAN avant que ces attentats ne soient perpétrés.) Et regardez cette émission spéciale de la BBC. Ils ont aussi exécuté des attentats en France, en Belgique, au Danemark, en Allemagne, en Grèce, en Hollande, en Norvège, au Portugal, au Royaume Uni et encore dans d’autres pays.

Les attentats sous fausse bannière exécutés sous ce programme OTAN/CIA comportent entre autres :

L’assassinat du premier ministre turc (1960)

Des attentats à la bombe au Portugal (1966)

Le massacre de la Piazza Fontana en Italie (1969)

Des attaques terroristes en Turquie (1971)

Les attentats à la bombe de Peteano (1972)

Les fusillades de Brescia en Italie et un attentat à la bombe dans un train (1974)

Des fusillades à Istanbul (1977)

Le massacre d’Atocha à Madrid (1977)

L’enlèvement et le meurtre d’un Premier ministre italien (1978)

Les attentats de la gare de Bologne en Italie (1980)

La fusillade et l’assassinat de 28 passants à Brabant en Belgique (1985)

  1. – En 1960, le sénateur américain George Smathers propose que les États Unis lancent «une fausse attaque sur la baie de Guantanamo qui nous donnerait l’excuse pour déclencher une bataille puis d’aller renverser Castro
  2. – Des documents du département d’État montrent que, en 1961, le chef de l’armée et d’autres fonctionnaires de haut niveau discutaient de l’opportunité de faire exploser un consulat en République dominicaine pour avoir le prétexte d’envahir le pays. Le plan ne fut jamais exécuté mais tout ce beau monde l’envisageait comme une sérieuse possibilité.
  3. – Comme le gouvernement américain l’a reconnu, des documents de 1962 récemment déclassifiés montrent que le chef des armées a donné son accord à un plan pour faire exploser des avions AMÉRICAINS (sous un plan très élaboré d’échange d’avions) et pour commettre aussi des actes terroristes sur le sol américain, en accuser des Cubains et justifier ainsi une invasion de Cuba. Regardez l’article de ABC, les documents officiels et l’interview par Peter Jennings de l’ancien journaliste d’investigation d’ABC world news.
  4. – En 1963, le département de la Défense américain a écrit un mémo poussant à des attaques à l’intérieur de l’Organisation des États d’Amérique, dans des pays comme la Jamaïque ou Trinité et Tobago, pour ensuite en accuser le gouvernement cubain.
  5. – Le département de la Défense américain a même été jusqu’à proposer de secrètement payer quelqu’un dans le gouvernement Castro pour attaquer les États-Unis: «La seule solution restante à envisager serait alors de corrompre un des subordonnés militaire de Castro pour qu’il lance une attaque sur Guantanamo.»
  6. – La NSA a avoué qu’elle avait menti à propos de ce qu’il s’était réellement passé dans le golfe du Tonkin en 1964, manipulant les données pour qu’elles montrent des bateaux vietnamiens tirer sur un navire américain, justifiant ainsi le déclenchement de la guerre du Vietnam.
  7. – Un comité d’enquête du Congrès américain a montré que, dans le cours de sa campagne «Cointelpro», le FBI avait utilisé de nombreux provocateurs, des années 1950 jusqu’aux années 1970, pour perpétrer des violences et les utiliser pour faussement accuser des activistes politiques.
  8. – Un haut général turc a admis que les forces turques avaient incendié une mosquée à Chypre dans les années 1970 pour en faire porter la responsabilité sur leurs ennemis. Il expliqua: «Au cours de certaines guerres on accuse l’ennemi d’actes de sabotage pour augmenter la résistance populaire. On l’a fait à Chypre, on a même brûlé une mosquée.» En réponse à l’air incrédule de son interlocuteur, le général a ajouté «C’est juste un exemple
  9. – Un document déclassifié de la CIA, datant de 1973, a révélé un programme pour entraîner des forces de police et militaires étrangères à la manière de fabriquer des dispositifs piégés, en faisant croire qu’ils les entraînaient seulement à la façon d’enquêter sur les actes terroristes:

Voici le programme:

  1. Enseigner aux stagiaires les techniques de base pour utiliser des explosifs de démolition, commerciaux ou militaires, et la manière de les utiliser dans des opérations de terrorisme ou de sabotage industriel.
  2. Présenter aux stagiaires le matériel et l’équipement disponibles sur le marché, ceux qui sont susceptible d’être utilisés par des terroristes ou des saboteurs pour fabriquer des explosifs.
  3. Familiariser les stagiaires avec les concepts d’analyse de la cible et de planification des opérations utiles à un terroriste ou un saboteur.
  4. Présenter aux stagiaires les moyens et techniques concernant les dispositifs piégés avec des travaux pratiques sur des dispositifs déjà fabriqués ou à fabriquer eux même.

Le programme fournit aux stagiaires de bonnes opportunités de familiarisation et d’entrainement en manipulant, préparant et utilisant les diverses charges explosives, agents incendiaires, outils de terrorisme et techniques de sabotage.

  1. – Le gouvernement a admis (et ici) qu’en 1978 les services secrets allemands ont fait exploser une bombe contre le mur extérieur d’une prison et placé des outils d’évasion pour qu’un prisonnier, un membre de la Faction armée rouge, puisse s’évader et qu’on lui fasse porter la responsabilité d’un attentat.
  2. – Un agent du Mossad a reconnu qu’en 1984 le Mossad avait placé un émetteur radio dans la résidence de Kadhafi à Tripoli pour transmettre de fausses émissions enregistrées par le Mossad, dans le but de faire croire que Kadhafi soutenait le terrorisme.
  3. – Le Conseil sud-africain pour la vérité et la réconciliation a trouvé qu’en 1989, le Bureau de coopération civile (une branche secrète des forces de défense sud-africaines) avait proposé à un expert en explosifs de «participer à une opération destinée à discréditer l’ANC en faisant exploser le véhicule de police de l’officier chargé de l’enquête sur le meurtre», faisant ainsi croire que l’ANC était responsable de l’opération.
  4. – Un diplomate algérien ainsi que plusieurs officiers de l’armée algérienne ont reconnu que, dans les années 1990, l’armée algérienne massacrait fréquemment des civils et en accusait les militants islamiques. (Voir la vidéo)
  5. – Une publication de 1994 de l’armée américaine, les Tactiques techniques et procédures de défense internes pour les Forces spéciales, rééditée en 2004, recommande ouvertement d’employer des terroristes et d’utiliser des opérations sous fausses bannières pour déstabiliser les régimes de gauche en Amérique latine. Des attaques sous fausse bannière ont donc été exécutées en Amérique du sud et d’autres régions du monde dans le cadre de la guerre salede la CIA. (Voir ici)
  6. – Dans le même genre, un manuel d’opérations psychologiquesrédigé par un contractant de la CIA pour le compte des rebelles contras du Nicaragua fait remarquer l’intérêt d’assassiner quelqu’un de son bord pour créer un martyr pour la cause. Le manuel a été authentifié par le gouvernement américain. Le Washington Post, l’AP et d’autre médias ont fait un tel remue-ménage autour de cette affaire que, durant la campagne présidentielle de 1984, le président Reagan, a été confronté à cette question à la télévision nationale:

«En ce moment, nous faisons face à cette extraordinaire histoire de manuel de guérilla de la CIA distribué aux anti-sandinistes que nous soutenons, manuel qui professe non seulement le meurtres de sandinistes, mais aussi l’utilisation de criminels pour tuer des membres de la guérilla que nous soutenons, afin d’en faire des martyrs.»

  1. – Une équipe indonésienne enquêtant sur les violents pillages qui se sont déroulés en 1998 a déterminé que «des membres de l’armée ont été impliqués dans les pillages, certains dans le but délibéré de les provoquer
  2. – Des officiers supérieurs du renseignement et de l’armée russe ont reconnu que le KGB avait, en 1999, fait exploser des appartements occupés par des Russes pour en accuser les Tchétchènes et justifier l’invasion de la Tchétchénie. (Voir ce rapport et cette discussion)
  3. – Comme le rapportent la BBC, le New York Times, et l’AP, des officiels de Macédoine ont admis que le gouvernement avait tué de sang-froid sept immigrants innocents et prétendu que c’étaient des soldats d’al-Qaïda qui tentaient de tuer des policiers macédoniens, ceci pour essayer de se joindre à la guerre contre la terreur
  4. – Des officiers supérieurs de la police de Gènes, en Italie, ont avoué que, en juillet 2001, au G8 de Gènes, la police avait placé des cocktails Molotov et simulé le poignardage d’un officier de police pour justifier une violente répression contre les manifestants.
  5. – Les États-Unis ont lancé de fausses accusations contre l’Irak en disant qu’il avait joué un rôle dans les attaques du 11 septembre, comme le montre un mémo du secrétariat à la Défense, et ces accusations ont été la justification principale pour déclencher la guerre contre ce pays. Même après que la Commission sur le 11 septembre n’a reconnu aucune relation entre les deux, Dick Cheney a dit avoir des preuves accablantesde relations entre al-Qaida et le régime de Saddam Hussein, que Cheney avait probablementdes informations inaccessibles à la commission du 11 septembre et que les médias ne faisaient pas leur devoir en rapportant de tels liens. Les hauts fonctionnaires américains reconnaissent maintenant que la guerre d’Irak a été lancée pour le pétrole, pas pour le 11 septembre ou les armes de destruction massive. A la suite des déclarations de quelques loups solitaires, de nombreux officiels américains disent maintenant que le 11 septembre a été du terrorisme d’état, mais que ce n’était pas l’Irak qui était derrière les terroristes. (De nombreux officiels ont aussi supposé que le 11 septembre était une opération sous fausse bannière organisée par quelques voyous dans le gouvernement américain, mais une telle affirmation sort du sujet de notre discussion. Le point actuel est que les États-Unis ont accusé l’Irak tout en sachant que l’Irak n’avait rien à voir la dedans.)
  6. – Même si le FBI reconnait maintenant que les attaques à l’anthrax ont été lancées par un ou plusieurs scientifiques travaillant pour le gouvernement, un haut dirigeant du FBI a dit que des officiels de la Maison Blanche leur avaient ordonné d’accuser al-Qaida pour ces attaques à l’anthrax (rappelez vous à quoi les lettres ressemblaient). Des officiels du gouvernement confirment aussi que la Maison Blanche avait essayé de lier ces attaques à l’Irak pour justifier un changement de régime dans ce pays.
  7. – Selon le Washington Post, la police indonésienne a reconnu que les militaires avaient tué des professeurs américains à Papua en 2002 et accusé le groupe séparatiste papou pour qu’il soit placé sur la liste des organisations terroristes.
  8. – Le très respecté ancien président indonésien Gus Dur a aussi reconnu que le gouvernement avait probablement joué un rôle dans les attentats de Bali en 2002.
  9. – La police gardant le sommet de l’Union européenne de 2003 en Grèce a été filmée en train de donner des cocktails Molotovà un manifestant pacifique.
  10. – L’ancien avocat du département de la Justice, John Yoo a suggéré en 2005 que les Américains devraient lancer l’offensive contre al-Qaida en «créant une fausse organisation terroriste. Elle pourrait avoir ses propres sites web, centres de recrutement et d’entrainement et opérations de financement. Elle pourrait lancer de fausses opérations terroristes et se donner le crédit pour les vrais, semant la confusion dans les rangs d’al-Qaida, semant le doute entre ses rangs et remettant en question la validité de ces communications
  11. – Dans le même genre, le professeur John Arquilla de la Naval Postgraduate School, un analyste stratégique réputé pour avoir développé le concept de guerre du net, a poussé les services de renseignement occidentaux à créer de nouveaux pseudo gangsde terroristes comme moyen de perturber les vraisréseaux terroristes. Selon Seymour Hersh, un journaliste ayant été honoré d’un prix Pulitzer, la stratégie des pseudo gangs est déjà utilisée par le Pentagone:

«Selon la nouvelle méthode de Rumsfeld, m’a-t-on-dit, les stratèges militaires américains auront l’autorisation, à l’étranger, de se faire passer pour des hommes d’affaires corrompus cherchant à acheter de la contrebande pouvant être utilisée à la fabrication de systèmes nucléaires. Selon des conseillers du Pentagone, des citoyens locaux pourront être recrutés et envoyés rejoindre des guérillas ou des terroristes…»

«Ces nouvelles règles permettront à la communauté des Forces spéciales de mettre en place ce qu’ils appellent des groupes d’action dans le pays cible et qui pourront être utilisés pour infiltrer et éliminer des organisations terroristes. « Vous souvenez-vous de ces groupes paramilitaires d’extrême droite du Salvador?», me demanda l’ancien officiel du renseignement, en se référant à ces gangs ayant commis des atrocités au début des années 1990. «Nous les avons créés et financés. L’objectif maintenant est d’embaucher des gens locaux partout où nous en avons besoin. Et nous ne dirons rien au congrès à ce sujet.» Un ancien officier militaire, au courant des actions commandos du Pentagone a dit: «Nous allons marcher côte à côte avec les voyous.»

  1. – En juin 2005, United Press Internationala publié ce rapport :

«Des officiers des renseignements américains nous ont fait savoir que quelques rebelles en Irak utilisent des pistolets Beretta 92, tous récents mais avec leurs numéros de série non visibles. Ces numéros ne semblent pas avoir été physiquement enlevés. On dirait plutôt qu’ils sont sortis de la chaine de production sans numéro de série. Ce qui indiquerait que ces armes étaient destinées à des groupes de terrain ou des cellules terroristes avec l’accord du gouvernement. Des analystes soupçonnent que ces armes ont été fournies par le Mossad ou la CIA et qu’elles sont utilisées par des agents provocateurs, car les autorités américaines montrent ces attaques de rebelles contres de civils pour délégitimer la résistance

  1. – En 2005, des soldats israéliens déguisés ont avoué avoir jeté des cailloux sur d’autres soldats israéliens pour pouvoir accuser les Palestiniens et utiliser cette excuse pour réprimer les manifestations pacifiques palestiniennes.
  2. – En 2007, la police du Québec a reconnu que les voyous qui portaient des cailloux au milieu d’une manifestation pacifique étaient en réalité des policiers déguisés (voir ca aussi).
  3. – En 2008 un manuel sur les opérations spéciales de terrain recommande que l’armée américaine manipule à ses fins des organisations non étatiques telles que groupes paramilitaires, individus, chefs d’entreprises, organisations politiques étrangères, organisations de résistance, expatriés, terroristes transnationaux, terroristes désillusionnés, contrebandiers ou tout autre groupe d’indésirables. Le manuel indique ouvertement que les opérations spéciales américaines peuvent utiliser autant le terrorisme que le contre-terrorisme (mais aussi des activités criminelles transnationales comme le trafic de drogue, d’armes et des transactions financières illégales.)
  4. – Aux manifestations du G20 de 2009, à Londres, un membre du parlement britannique a vu des policiers en civil en train d’inciter la foule à la violence.
  5. – En 2011, des politiciens égyptiens ont reconnu (ici aussi) que des fonctionnaires avaient pillé les musées de leurs objets de grande valeur et mis cela sur le dos des manifestants pour les discréditer.
  6. – Un colonel de l’armée colombienne a avoué que son unité avait tué 57 civils puis leur avait mis des uniformes pour faire croire qu’ils étaient des rebelles tués au combat.
  7. – Embrose Evans-Pritchard, le très respecté journaliste du Telegraph, a dit que l’ancien chef des renseignements saoudien, le prince Bandar, avait récemment reconnu que le gouvernement saoudien contrôlait les terroristes tchétchènes.
  8. – Des sources américaines de haut niveau ont admis que le gouvernement turc, membre de l’OTAN, avait organisé l’attaque chimique dont on avait accusé le gouvernement syrien. Un membre haut placé du gouvernement turc a reconnu que des plans était prévus pour perpétrer des attaques et accuser le gouvernement syrien de celles-ci.
  9. – Le chef de la sécurité ukrainienne a reconnu que les tirs de snipers qui ont déclenché le coup d’État ont été réalisés dans ce but. Des officiels ukrainiens ont précisé que les snipers ukrainiens avaient tiré sur les deux camps afin de provoquer le maximum de désordre.
  10. – L’agence d’espionnage britannique a admis (voir ici) qu’elle exécute des cyber attaques sous fausse bannièresur des cibles, piégeant ces cibles en écrivant des propos offensifs ou illégaux… pour ensuite prétendre que ce sont elles qui les ont écrites.
  11. – Des soldats américains ont avoué que s’ils tuaient des innocents en Irak ou en Afghanistan, alors ils abandonnaient des armes près des corps pour faire croire qu’ils étaient des militants.
  12. – De la même manière, la police piège des innocents pour des crimes qu’ils n’ont pas commis. Cette pratique est si connue que le New York Timesécrit en 1981: «Dans le jargon policier américain, un throwdown est une arme que l’on place intentionnellement près de la victime

En 1999, Newsweekrapporte:

Perez, un ancien policier de Los Angeles, fut surpris en train de voler huit livres de cocaïne du casier à preuves de la police. Après avoir plaidé coupable, il demanda un allègement de sentence en racontant une étonnante histoire de tentative de meurtre et de throwdown, mot d’argot pour une arme déposée par des policiers pour justifier légalement une fusillade. Perez a dit que son partenaire, l’officier Nino Durden, et lui avaient tué un membre désarmé du Gang de la 18e Rue, puis placé un fusil semi automatique près du suspect inconscient pour déclarer que celui-ci avait essayé de leur tirer dessus.

Wikipedia note:

«Dans le cadre de son allègement de peine, Perez impliqua des dizaines d’officiers de la division antigang, en racontant qu’ils battaient régulièrement les membres des gangs, plaçait des preuves sur les suspects, falsifiaient les rapports et provoquaient eux mêmes des fusillades.»

(En aparté, même si ce ne sont techniquement pas des attaques sous fausse bannière, la police a été prise piégeant des innocents par de nombreux autres moyens, aussi)

C’est tellement commun qu’il y a un nom pour cela.

Un ancien officier des renseignements a récemment soutenu que: «La plupart des terroristes sont des terroristes sous fausse bannière ou sont créés par nos propres services de sécurité

Cela pourrait être une exagération (et, comme on a vu dans les exemples ci-dessus, les États-Unis ne sont pas les seuls à avoir employé cette méthode). Le fait est que c’est une stratégie largement utilisée.

Cette forme de tromperie est si commune qu’on lui a donné un nom il y a des centaines d’années.

Le terrorisme sous fausse bannière est défini comme un gouvernement qui attaque son propre peuple, pour reporter l’accusation sur d’autres et justifier la guerre qu’ils vont leur faire.

Ou, comme le définit Wikipédia :

«Une opération sous fausse bannière est une opération secrète conduite par des gouvernements, des corporations ou autres organisations, qui est planifiée pour faire croire qu’elle a été perpétrée par une autre entité. Le terme vient du concept militaire d’utiliser un faux drapeau, c’est à dire utiliser un drapeau d’un pays qui n’est pas le sien. Les opérations sous fausse bannière ne se limitent pas aux temps de guerre ou de contre-révolution et ont aussi été utilisée en temps de paix, par exemple durant la stratégie de la tension en Italie.» (NdT : Voir exemple N 11)

Le mot vient de l’époque des bateaux en bois, lorsqu’un bateau hissait le pavillon de son ennemi avant de l’attaquer. De cette inversion de bannière vient le terme attaque sous fausse bannière.

En fait, ce concept est si bien accepté que les règles d’engagement naval, aérien ou terrestre interdisent toutes les attaques sous fausse bannière. Plus précisément, les règles d’engagement statuent qu’une force militaire peut porter le drapeau de l’ennemi, imiter leurs insignes ou en porter les vêtements… mais que la ruse doit être révélée avant l’attaque.

Pourquoi les règles d’engagement sont elles si spécifiques? Surement parce que les nations ont utilisé les attaques sous fausse bannière depuis des siècles. Et les règles de guerre ont au moins essayé que les attaques sous fausses bannière ne soient pas utilisées comme justificatif au déclenchement d’une guerre.

En d’autres mots, ces règles d’engagement montrent que les attaques sous fausse bannière sont des tactiques récurrentes.

Tout au long de l’histoire les dirigeants ont reconnu le danger d’une attaque sous fausse bannière:

«Le terrorisme est la meilleure arme politique car rien ne permet de mieux diriger les gens que la peur d’une mort soudaine.» – Adolf Hitler

«Bien sur que le peuple ne veut pas la guerre… Mais, après tout, c’est aux dirigeants d’un pays d’en choisir la politique, et c’est assez simple d’y rattacher les gens, que ce soit dans une démocratie, une dictature fasciste, une régime parlementaire ou une dictature communiste… Avec ou sans voix, le peuple peut toujours être amené à suivre la volonté des dirigeants, C’est facile. Tout ce qu’il y a à faire, c’est de leur dire qu’ils sont attaqués, dénoncer les pacifistes pour leur manque de patriotisme et exposer le pays à un danger. Cela marche de la même façon dans tous les pays.» – Hermann Goering

«La manière la plus simple de contrôler le peuple est de perpétuer des actes de terreur. Le peuple réclamera de telles lois si sa sécurité est mise en jeu.» – Joseph Staline

Allez-vous rester silencieux alors que votre gouvernement utilise les méthodes d’Hitler, de Goering ou de Staline? Ou allez-vous répandre le message et montrer aux autres cette pièce manquante cruciale du puzzle de l’histoire… Le terrorisme sous fausse bannière.

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Propagande, société du spectacle et manipulation des masses ou l’illusion parfaite de la « démocratie » occidentale…

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Infantilisation des adultes, puérilisation des enfants, le marketing de la société des consommateurs

 

Entretien avec Bernard Stiegler

 

15 Août 2014

url de l’article original:

http://lesmoutonsenrages.fr/2014/08/15/infantilisation-des-adultes-puerilisation-des-enfants-le-marketing-de-la-societe-des-consommateurs-par-bernard-stiegler/

 

« L’infantilisation des adultes, la puérilisation des enfants, la destruction des rapports de générations, tout cela revient à réfléchir au pouvoir immense du marketing sur une société devenue un troupeau de consommateurs. »

Conférence Isègoria management : Bernard Stiegler parle du « vivre ensemble » et des dérives sociétales.

Qu’est-ce qu’un consommateur ? C’est un producteur, un ouvrier qui se définit non seulement comme une source de travail, mais aussi comme un pouvoir d’achat. L’ouvrier doit être capable d’acheter ce qu’il produit, rouler en voiture pour commencer, comme hier les riches. Autrement dit, Henri Ford élargit l’assiette des marchés des biens industriels produits par le capitalisme. Il pose un principe : n’importe qui doit pouvoir acheter – consommer. Pour cela, il pratique une politique de salaires élevés et lance des lignes de voitures bon marché, produites à coût très bas, par un travail très séquencé – le fameux « travail en miettes ». Ce n’est pas par philanthropie. Henri Ford a compris, de manière empirique, que s’il ne mène pas ces actions conjointes, il va se retrouver – comme le prédisait Marx – avec une surproduction considérable, ce qui bloquera la croissance capitaliste. Cette stratégie va se révéler plus que payante : elle va être à l’origine de ce qu’on appelle le mode de vie américain, l’American way of life. Une production de masse pour une consommation de masse. Edward Louis Bernays invente la « propaganda » et comment manipuler l’inconscient Ce faisant, l’industrie américaine commence d’étudier comment influencer et contrôler les comportements de ces nouveaux « consommateurs ».

Dans les années 1920-1930, Edward Louis Bernays, met au point les premières méthodes de « relations publiques » – le futur marketing autant que la « progaganda », titre de son ouvrage de 1928 – pour le cigarettier Philip Morris, qui va accrocher au tabac, avec les dégats de santé que l’on sait, des millions de gens à travers le monde. Utilisant les analyses venues de Gustave Le Bon sur la psychologie des foules, et les travaux de Sigmund Freud, il affirme que la foule ne pense pas, soumise à des pulsions et des effets collectifs – celés dans le Ça. Il faut donc moins la convaincre que la manipuler par des actions symboliques capables d’atteindre son inconscient. Ainsi, Bernays a distillé des symboles phalliques dans les publicités pour le tabac, ou encore organisé des défilés de « fumeuses » très chic et « libérées », « Les torches de la liberté », pour convaincre les femmes de fumer en public. Bernays a encore travaillé en politique. Il a inventé le « petit déjeuner » du président avec des people, pour le rendre sympathique, ou encore promu l’entrée en guerre des Etats Unis en 1918, contre l’opinion publique américaine. Ses thèses sur la façon de s’adresser à l’inconscient public seront reprises dans les années 1950 par Louis Cheskin et Ernest Dichter, l’auteur de « La stratégie du désir. Une philosophie de la vente » » (préfacée par le publicitaire Marcel Bleustein-Blanchet, fondateur de Publicis). Ce sont les pères des « études de motivation », qui reprennent à leur compte toute la théorie de l’appareil psychique de Freud, en vue de s’adresser au désir du consommateur : exciter le Ça, convaincre par là le moi, flatter les tendances régressives du surmoi, bref travailler sur l’ensemble de l’appareil psychique par les affiches de rue, les slogans, la radio, les pages des magazines, l’événementiel, les plaquettes, les tracts. Nous entrons véritablement dans l’ère du « marketing psychologique ».

LE PSYCHOPOUVOIR

De fait, après Henri Ford, la grande industrie a systématisé sa logique commerciale et capitalistique, comme sa recherche de profits maximisés. Dès 1937, un grand « pavillon de la publicité » fait sensation à l’Exposition Universelle de Paris, où on vante le métier de « publicitaire » et parle de « consommation » et de « motivation de la consommation ». Pendant la guerre, les Américains mettent en place une task force, regroupant cybernéticiens, psychologues et psychanalystes pour mieux convaincre les soldats d’aller combattre, et de bombarder une Allemagne protégée par des tirs aériens nourris. Ces stratégies, n’oublions pas, ont beaucoup joué par la suite dans l’élaboration de ce qu’on a appelé ensuite aux Etats-Unis le « soft power », c’est-à-dire la bonne manière de parler à la population, de développer et pacifier le pays sans contraindre la population – plutôt en construisant ses désirs. Pour cela, tous les gouvernements vont promouvoir l’American Way of life, présenté comme le summum de la bonne vie possible – jusqu’au jour où la dure réalité rattrape le rêve, comme nous l’avons vu pendant les cracks des années 1990, et aujourd’hui, avec la crise générale. Le « soft power », l’épopée de l’Américan way of life s’est beaucoup traduit dans la vie quotidienne par le pouvoir de conviction du marketing et de la publicité en faveur de la consommation. Depuis les années 1950, la grande industrie a véritablement aiguisé sa science du marketing, cherchant toutes les manières pour induire chez le consommateur, artificiellement, des désirs et des comportements qui le transforment en acheteur. Quand elle investit un milliard de dollars sur un produit, elle ajoute 10%, cent millions, pour sa publicité. Aujourd’hui ces recherches continuent, de plus en plus sophistiquées, comme par exemple le « neuromarketing » : il vise à identifier les zones du cerveau responsables de la sécrétion d’hormones, afin de vérifier si l’imagerie publicitaire les active. On fait appel pour cela à l’imagerie cérébrale pour savoir si l’hypothalamus a été excité ou non. On cherche encore à déclencher des réflexes conditionnés en s’appuyant sur des symboles référentiels de la « culture teenager », « people » ou bien « ethnique ». Le psychopouvoir entre à la maison Cette stratégie de création de désirs et de contrôle des comportements, je l’appelle le « psychopouvoir ».

Si, classiquement, on appelle avec Michel Foucault le contrôle de la production – du travail, des gestes en miettes, de la fatigue, de l’organisation du temps – le « biopouvoir », le contrôle de la consommation relève du « psychopouvoir ». La consommation devient l’espace du contrôle de la volition : de la volonté, de la motivation, des désirs conscients et inconscients. Aujourd’hui, le grand vecteur de tout cette stratégie est bien sûr la télévision. Avec elle, nous entrons dans la diffusion de masse, la captation de masse. La télévision c’est le truc qui tue, si je puis dire, la killer application. Avec elle, le psychopouvoir industriel va entrer tout à coup dans des millions de foyers. Elle va devenir un nouveau membre de la famille, agrandir le cercle – jusqu’à peu à peu se substituer à la structure familiale. Ce n’est pas un hasard si Ray Bradbury, dans Farhenheit 451, publié en 1953, montre une télévision du futur qui s’appelle « La Famille ». De fait, vingt ans plus tard, des théories apparaissent qui étudient comment catégoriser les programmes et la publicité par « tranche d’âge », comment s’adresser à chacune d’entre elles selon leurs centres d’intérêts, leurs occupations récurrentes, leurs désirs de vie, leur vie sexuelle – bref, toute la famille. Donc, si je suis un groupe international qui vend de l’assurance, de l’automobile, du voyage ou des jouets, je peux grâce à ces études tenter de capter l’attention de tous. Si je suis un groupe diversifié, je vais vouloir capter quelqu’un pour la vie, depuis l’enfance !

LA TELEVISION DEVIENT LA FAMILLE

C’est comme au jeu des 7 familles, je séduit le fils, le père, la grand-mère, et transmet le message de génération en génération. Ce faisant, truffée de messages publicitaires, la télévision, progressivement, détourne les processus d’identification des enfants à leurs parents vers l’invité permanent, le troisième membre de la famille, la télévision et ses programmes, ses publicités. Bientôt, progressivement, les parents se retrouvent court-circuités par des films, des spots, des personnages, des musiques, des appels pressants, tout une culture publicitaire, et ils n’existent plus véritablement comme les modèles dominants de la cellule familiale. De plus, ils deviennent eux-mêmes des téléspectateurs – 4h30 par jour en moyenne en France – ils se retrouvent captés par les images et les appels à leurs propres désirs, comme leurs enfants, ils se retrouvent comme eux captés, isolés. Si bien qu’au final, la télévision est bien devenue « La Famille » : elle l’a remplacé, elle lui a substitué ses valeurs, ses jeux, ses joies, ses contradictions. Elle a délité les échanges entre les générations. Selon la Kayser Family Foundation, les adolescents américains passent 6 h 30 par jour devant la télévision – captivés et capturés Avant cinq ans imprimer la compulsion d’achat.

Depuis une dizaine d’années, les spécialistes du marketing et des programmes se demandent comment faire pour que les enfants s’identifient à leurs programmes et leurs spots plutôt qu’aux projets de leurs parents. Bien sûr, ils ne le disent pas comme ça, ils parlent de programme éducatif, ou de publicités créatives, mais l’enjeu est là. Pourquoi faudrait-il que les enfants vivent une telle identification si tôt, très jeunes, si possibles avant cinq ans ? D’abord, à cause du caractère indélébile de l’impact produit à cet âge, qui va permettre de produire le plus tôt possible cette « fidélisation » des consommateurs dont parle beaucoup Jeremy Rifkin dans « L’Âge de l’accès ». Une mise en condition qui conduit à évaluer ce qu’on appelle la « Lifetime value », selon la théorie marketing modélisant le pouvoir d’achat d’un individu influencé toute sa vie par la publicité. Pour y parvenir, les chercheurs du marketing se sont appuyés sur les travaux de Freud concernant les « processus d’identification primaire ». Selon le père de la psychanalyse, sans cette première identification presque toujours faite en miroir des parents et des proches, l’appareil psychique infantile ne se forme pas pleinement, l’enfant ne devient pas un être raisonnable et construit : il tourne « fou » si vous voulez. Ces processus d’identification primaires sont primordiaux pour qu’un enfant se socialise, acquière un surmoi c’est-à-dire un sens moral – et toute cette base psychique qui se produit avant l’âge de cinq ans, s’enfouit dans l’inconscient. Ensuite, elle est acquise, l’adolescent ne s’en rend plus compte, mais elle le pilote dans la vie par rapport à ce que Freud appelle les « identifications secondaires ».

LE SURMOI CEDE AU PULSIONNEL

Quand l’enfant devient adolescent puis adulte, il s’identifie alors à des gens qui ne sont plus ses parents. C’est ainsi qu’on coupe le cordon, on s’identifie à une rock star, un joueur de foot, à Arthur Rimbaud ou Marylin, à je ne sais qui … On admire, on aime des personnages, des vies, des figures qui vont nous aider à constituer notre personnalité. C’est ce que Freud appelle la segmentation du Moi, une structure en couches constituée par la succession des modèles auxquels nous nous sommes identifiés. Bien sûr, au cours de cette constitution, on est confronté régulièrement à des contradictions internes. Par exemple, adolescent, on va s’identifier difficilement à quelqu’un qui contredit nos principes religieux, ou certaines traditions familiales, ou à certaines règles apprises à l’école, si on en a. C’est dans ces moments, explique Freud, que les processus d’identification primaire nous servent d’arbitre dans nos conflits entre nos identifications secondaires. On comprend bien que si avant cinq ans, la télévision remplace la famille, si elle contribue largement à la mise en place des identifications primaires – à des personnages publicitaires, des slogans, à une imagerie, des valeurs de consommation, une simplicité de comportement, etc -, ses programmes et son marketing vont jouer un rôle primordial dans la formation de la personnalité.

C’est là qu’interviennent les actuelles chaînes de télévision pour enfants de moins de trois ans, lancées depuis quelques années dans le monde entier. La télé devient Papa-Maman J’ai été à l’origine, avec un groupe de pédopsychiatres, du mouvement contre ces « télévisions pour les bébés ». Une étude de la CNAF en France (allocations familiales) a montré que les enfants exposés précocement aux écrans éprouvent des difficultés à faire des études supérieures. En développant ces télévisions, qui se présentent toutes comme « éducatives », le marketing des chaînes voudrait remplacer l’éducation parentale par celle de la télévision. Ainsi ils inventent des émissions, des jeux, des modes qui rivalisent avec les parents, les court-circuitent. Ces télévisions remplacent aussi la nounou, le grand parent, la sœur, la mère qui pourrait les garder. Elle supplante des personnes vivantes avec qui interagir, échanger, se former, développer une relation passionnelle riche. Il en résulte la destruction des relations intergénérationnelles et de l’activité psychique – sans l’autre, comment se développer ? Ce renversement des relations de décision diminue l’influence de la famille, des professeurs, tout le domaine de la vie adulte, des valeurs complexes et de l’autorité – ce que Freud appelle le « surmoi ». Or un enfant sans surmoi, sans référence, obéit à ses pulsions. Il devient un consommateur pulsionnel, un spectateur traversé d’images. C’est le but recherché. Former des individus infantilisés, gaves d’images et pulsionnels.

BAS LES VIEUX, VIVE LE COOL

Pensez que les chaînes de télévisions pour bébé proposent des émissions pour endormir les petits, conseillant même de mettre devant ceux qui font des mauvais rêves. Quand un enfant fait un cauchemar, il est important de le faire parler, l’écouter. Le mettre devant une télévision pour apaiser ses peurs, c’est le rendre muet. Il va enfouir le cauchemar. C’est ainsi que se fabrique les psychotiques. Les psychiatres disent qu’ils traitent désormais de nombreux enfants psychotiques, plus que des névrosés. La névrose est un problème de surmoi. Une chercheuse américaine de Los Angeles, Katherine Hayles, a mis en place des procédures d’analyses des capacités intellectuelles de ses étudiants, dans une très bonne université. Elle a constaté qu’ils n’étaient plus capables de se concentrer sur un texte pendant plus d’une demi-heure. Elle est arrivée à considérer que leurs cerveaux n’étaient plus habitués à fournir un effort prolongé de concentration, à force de faire des jeux vidéos, suivre plusieurs médias en même temps, le Net, la radio, la télé, parfois sur un seul écran d’ordinateur. L’étude révèle que les étudiants échouaient à soutenir le type d’attention propre à l’adulte de la génération précédente, c’est-à-dire l’attention profonde, la capacité à se concentrer sur un travail, à écouter quelqu’un parler longtemps, à prendre le temps de réfléchir – et donc de devenir quelqu’un de sensé, de responsable : un être majeur. Les enfants prescripteurs des parents En captant l’attention des enfants dès le plus jeune âge, les experts du marketing comptent sur leur pouvoir prescripteur auprès des parents. Le meilleur moyen de faire acheter un parent hésitant, c’est de convaincre ses enfants en jouant sur le conflit des générations.

Voyez toutes ces publicités qui exaltent les valeurs jeunes, fraîches, pulsionnelles, contre celle des vieux – qui ne sont pas « cool », ne comprennent rien, n’ont plus d’enthousiasme, etc. C’est là toute la politique des marques, des marchands de jouets qui inondent les chaînes pour enfants et ados. Ils jouent sur le conflit générationnel, mais surtout, ils anéantissent la différence intergénérationnelle. Une étude de marketing se félicitait récemment que 61% des actes d’achat des adultes étaient prescrits par les enfants. Vous comprendrez alors pourquoi les enfants sont des cibles fondamentales. On dévalorise les parents, on ridiculise leurs problèmes et leurs ennuis d’adulte, on se moque de leur autorité et de la nécessité qu’ils ont de dire “non” à tous les désirs des enfants – entre autres, ses désirs de consommation. Quand un parent ne sait plus dire « non » à ses enfants, ou encore quand il copie ses valeurs pour faire jeune et demeurer en contact avec lui, il s’infantilise. D’ailleurs, les psychologues rappellent qu’il est bon que le père soit en conflit avec son fils, et que, dans une famille vivante, le grand-père soit là pour arbitrer le conflit. Le grand-père rappelle au père qu’il a été un fils, et montre au fils que son père a aussi été un adolescent en colère. Ainsi le conflit a des chances de se résoudre. À partir du moment où l’on détruit les différences intergénérationnelles, élimine les espaces de conflit, abolit les lieux de rencontre, remplace la vie de famille par le télévision, tout le monde y perd et s’infantilise. L’appareil psychique des enfants et des adolescents s’en trouve rétréci, comme celui des adultes.

PLUS DE MAJEURS, PLUS DE MINEURS: TOUS CONSOMMATEURS !

Prenez la récente campagne de publicité lancée par la chaîne Canal J. Des affiches représentaient de jeunes enfants, en fait des préadolescents. On voyait un grand-père qui faisait l’idiot, tentait les amuser, et les gamins faisaient des têtes consternées. La légende de l’affiche disait : « Nos enfants valent mieux que ça. Canal J ». Autrement dit, il fallait que le père et le grand-père débarrassent le plancher. Le seul apport ludique, le seul échange drôle et intéressant, le seul prescripteur symbolique valable pour les enfants devient alors Canal J. La télé – entendez une série de programmes qui les enferment dans leur univers « jeune ». Le risque, c’est d’escamoter le dialogue intergénérationnel, l’échange contradictoire, le frottement des esprits – cet espace conflictuel et communautaire où s’élabore ce que Emmanuel Kant appelle « la majorité ». Plus de mineur, plus de majeur. Plus d’adulte, tous des enfants Il existe une relation étroite entre ce marketing qui abolit le dialogue intergénérationnel, puérilise les enfants, infantilise les adultes, et le fait qu’aujourd’hui, un peu partout dans le monde, on supprime l’excuse de minorité pour les individus mineurs qui commettent des actes criminels. C’est une décision très grave. On veut faire passer des enfants en cours d’Assise, les mettre en prison dès 12 ans, comme en Angleterre. Mais si la loi stipule que les mineurs n’ont plus droit à l’excuse de minorité, le droit à être des enfants avant de devenir des adultes responsables, cela signifie qu’ils ne sont plus des mineurs, mais des majeurs.

Or si les mineurs ne sont plus considérés comme des mineurs, en conséquence les majeurs ne sont plus majeurs eux-mêmes – c’est à dire adultes. On est majeur du fait de n’être pas mineur. Si on dilue la minorité d’un point de vue juridique, on dilue aussitôt la majorité, c’est-à-dire qu’on prive les parents de leur responsabilité d’adulte. Tout le monde devient adulte, ou tout le monde devient enfant ? Un enfant n’aurait plus la possibilité de devenir un adulte, de changer, d’évoluer ? Un adulte devrait être traité comme un enfant ? Le fait de rendre indifférentes minorité et majorité implique sur un plan pénal qu’il n’existe plus de différence entre les parents et les enfants. Cependant la question pénale est fondamentale, elle constitue l’horizon symbolique par excellence. C’est le droit. Le Surmoi. À travers le marketing et la liquidation du droit des mineurs, notre société conduit à la liquidation des différences entre les générations. Du coup il n’est pas surprenant de voir combien l’âge de l’enfance se prolonge, les adolescents restent chez leurs parents jusqu’à 30 ans, les parents eux-mêmes se mettent à jouer aux mêmes jeux que leurs enfants, à voir les mêmes films, à s’habiller comme eux – tandis que nous assistons à la liquidation d’une véritable culture adulte, élaborée, complexe, problématique, riche. Privés de leur pouvoir d’exercer leur pouvoir de parents par une culture « djeune » qui les ridiculisent, les adultes deviennent à leur tour de grands enfants.

Média propagande et Nouvel Ordre Mondial: La sauce propagandiste occidentale ne prend plus…

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Vers la fin de la propagande états-uniennes

 

Thierry Meyssan

 

21 Avril 2014

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article183332.html

 

L’Empire anglo-saxon est basé depuis un siècle sur la propagande. Elle est parvenue à nous convaincre que les États-Unis sont « le pays de la liberté » et qu’ils ne livrent de guerres que pour défendre leurs idéaux. Mais la crise actuelle à propos de l’Ukraine vient de changer les règles du jeu : désormais Washington et ses alliés ne sont plus les seuls locuteurs. Leurs mensonges sont ouvertement contestés par le gouvernement et les médias d’un autre grand État, la Russie. À l’heure des satellites et de l’Internet, la propagande anglo-saxonne ne fonctionne plus.

Depuis toujours les gouvernants tentent de convaincre de la justesse de leurs actes, car jamais les foules ne suivent les hommes qu’elles savent mauvais. Le XXème siècle a été le théâtre de méthodes nouvelles de propagation d’idées qui ne s’encombraient pas de la vérité. Les Occidentaux font remonter la propagande moderne au ministre nazi Joseph Goebbels. C’est une manière de faire oublier que l’art de fausser la perception des choses fut développé auparavant par les Anglo-Saxons.

En 1916, le Royaume-Uni créa la Wellington House à Londres, suivie par la Crewe House. Simultanément, les États-Unis créèrent le Committee on Public Information (CPI). Considérant que la Première Guerre mondiale opposait des masses et non plus des armées, ces organismes tentèrent d’intoxiquer leur propre population tout autant que celles de leurs alliés et que celles de leurs ennemis.

La propagande moderne commence avec la publication à Londres du rapport Bryce sur les crimes de guerre allemands, qui fut traduit en trente langues. Selon ce document, l’armée allemande avait violé des milliers de femmes en Belgique, les armées britanniques luttaient donc contre la barbarie. On découvrit à la fin de la Première Guerre mondiale que l’ensemble du rapport était une supercherie, faite de faux témoignages avec l’aide de journalistes.

De son côté, aux États-Unis, George Creel inventa un mythe selon lequel la Guerre mondiale était une croisade des démocraties pour une paix réalisant les droits de l’humanité.

Les historiens ont montré que la Première Guerre mondiale répondait à des causes autant immédiates que profondes, la plus importante étant la compétition entre grandes puissances pour étendre leur empires coloniaux.

Les bureaux britanniques et états-unien étaient des organismes secrets, travaillant pour le compte de leurs États. À la différence de la propagande léniniste, qui ambitionnait de « révéler la vérité » aux masses ignorantes, les Anglo-Saxons cherchaient à les tromper pour les manipuler. Et pour cela, les organismes étatiques anglo-saxons devaient se cacher et usurper de fausses identités.

Après la disparition de l’Union soviétique, les États-Unis ont négligé la propagande et lui ont préféré les Relations publiques. Il ne s’agissait plus de mentir, mais de tenir la main des journalistes pour qu’ils ne voient que ce qu’on leur montre. Durant la guerre du Kosovo, l’Otan fit appel à Alastair Campbell, un conseiller du Premier ministre britannique, pour raconter à la presse une histoire édifiante par jour. Pendant que les journalistes la reproduisaient, l’Alliance pouvait bombarder « en paix ». Le story telling visait moins à mentir qu’à détourner l’attention.

Cependant, le story telling est revenu en force avec le 11-Septembre : il s’agissait de concentrer l’attention du public sur les attentats de New York et de Washington pour qu’il ne perçoive pas le coup d’État militaire organisé ce jour-là : transfert des pouvoirs exécutifs du président Bush à une entité militaire secrète et placement en résidence surveillée de tous les parlementaires. Cette intoxication fut notamment l’œuvre de Benjamin Rhodes, aujourd’hui conseiller de Barack Obama.

Au cours des années suivantes, la Maison-Blanche installa un système d’intoxication avec ses principaux alliés (Royaume-Uni, Canada, Australie et bien sûr Israël). Chaque jour ces quatre gouvernements recevaient des instructions, voire des discours pré-écrits, du Bureau des médias globaux pour justifier la guerre en Irak ou calomnier l’Iran [1].

Pour diffuser rapidement ses mensonges, Washington s’appuyait, depuis 1989, sur CNN. Avec le temps, les États-Unis créèrent un cartel de chaines d’information satellitaires (Al-Arabiya, Al-Jazeera, BBC, CNN, France 24, Sky). En 2011, lors du bombardement de Tripoli, l’Otan parvint par surprise à convaincre les Libyens qu’ils avaient perdu la guerre et qu’il était inutile de résister encore. Mais en 2012, l’Otan a échoué à reproduire ce modèle et à convaincre les Syriens que leur gouvernement allait inévitablement tomber. Cette tactique a failli parce que les Syriens ont eu connaissance de la manipulation effectuée par les chaînes de télévision internationales en Libye et ont pu s’y préparer [2]. Et cet échec marque la fin de l’hégémonie de ce cartel de « l’information ».

La crise actuelle entre Washington et Moscou à propos de l’Ukraine a contraint l’administration Obama à revoir son système. En effet, désormais Washington n’est plus seul à parler, il doit contredire le gouvernement et les médias russes, accessibles partout dans le monde via les satellites et Internet. Le secrétaire d’État John Kerry a donc désigné un nouvel adjoint pour la propagande, en la personne de l’ancien rédacteur en chef de Time Magazine, Richard Stengel [3]. Avant même de prêter serment, le 15 avril, il occupait déjà sa fonction et, dès le 5 mars, envoyait aux principaux médias atlantistes une « fiche documentaire » sur les « 10 contre-vérités » que Vladimir Poutine aurait énoncées sur l’Ukraine [4]. Il récidivait le 13 avril avec une seconde fiche présentant « 10 autres contre-vérités » [5].

Ce qui frappe en lisant cette prose, c’est son ineptie. Elle vise à valider l’histoire officielle d’une révolution à Kiev et à discréditer le discours russe sur la présence de nazis dans le nouveau gouvernement. Or, on sait aujourd’hui qu’en fait de révolution, il s’agissait bien d’un coup d’État fomenté par l’Otan et mis en œuvre par la Pologne et Israël en mixant des recettes des « révolutions colorées » et des « printemps arabes » [6]. Les journalistes qui ont reçu ces fiches et les ont relayées connaissent parfaitement les enregistrements de conversations téléphoniques de l’assistante du secrétaire d’État Victoria Nuland, sur la manière dont Washington allait changer le régime au détriment de l’Union européenne, et du ministre estonien des Affaires étrangères, Urmas Paets, sur la véritable identité des snipers de la place Maidan. En outre, ils ont pris connaissance ultérieurement des révélations de l’hebdomadaire polonais Nie sur la formation deux mois avant le début des événements des émeutiers nazis à l’Académie de police polonaise. Quant à nier la présence de nazis au sein du nouveau gouvernement ukrainien, cela revient à clamer que la nuit est lumineuse. Il n’est pas nécessaire de se rendre à Kiev, il suffit de lire les écrits des ministres actuels ou d’écouter leurs propos pour le constater [7].

En définitive, si ces argumentaires permettent de donner l’illusion d’un consensus des grands médias atlantistes, ils n’ont aucune chance de convaincre des citoyens curieux. Au contraire, il est si facile avec Internet de découvrir la supercherie que ce type de manipulation ne pourra qu’entamer un peu plus la crédibilité de Washington.

L’unanimisme des médias atlantistes le 11-Septembre a permis de convaincre l’opinion publique internationale, mais le travail réalisé par des très nombreux journalistes et citoyens, dont j’ai été le précurseur, a montré l’impossibilité matérielle de la version officielle. Treize ans plus tard, des centaines de millions de personnes ont pris conscience de ces mensonges. Ce processus ne pourra que se développer avec le nouveau dispositif de propagande états-unien. En définitive, tous ceux qui relayent les argumentaires de la Maison-Blanche, notamment les gouvernements et les médias de l’Otan, détruisent eux-mêmes leur crédibilité.

Barack Obama et Benjamin Rhodes, John Kerry et Richard Stengel n’agissent qu’à court terme. Leur propagande ne convainc les masses que quelques semaines et contribue à les révolter lorsqu’elles comprennent la manipulation. Involontairement, ils sapent la crédibilité des institutions des États de l’Otan qui les relayent consciemment. Ils ont oublié que la propagande du XXème siècle ne pouvait réussir que parce que le monde était divisé en blocs qui ne communiquaient pas entre eux, et que son principe monolithique est incompatible avec les nouveaux moyens de communication.

La crise en Ukraine n’est pas terminée, mais elle a déjà profondément changé le monde : en contredisant en public le président des États-Unis, Vladimir Poutine a franchi un pas qui empêche désormais le succès de la propagande états-unienne.

[1] « Un réseau militaire d’intoxication », Réseau Voltaire, 8 décembre 2003.

[2] « L’OTAN prépare une vaste opération d’intoxication », par Thierry Meyssan, Komsomolskaïa Pravda , Réseau Voltaire, 10 juin 2012.

[3] « Le rédacteur en chef de Time Magazine, nouveau patron de la propagande US », Réseau Voltaire, 16 avril 2014.

[4] « Fiche documentaire du département d’État : 10 contre-vérités sur l’Ukraine », Réseau Voltaire, 5 mars 2014.

[5] « Note aux médias du Département d’État : 10 contre-vérités russes à propos de l’Ukraine », Réseau Voltaire, 13 avril 2014.

[6] « Ukraine : la Pologne avait formé les putschistes deux mois à l’avance », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 17 avril 2014.

[7] « Qui sont les nazis au sein du gouvernement ukrainien ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 2 mars 2014.

 

Média et propagande: L’effondrement des médias de masse est une réalité au pays du goulag levant (ex-USA)…

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Les signes sont les mêmes en France et au Canada, même si ce n’est pas encore « officiel », mais çà va venir, la propagande passe de moins en moins… L’éveil des peuples aux mensonges perpétuels des merdias à la botte est réel… Reste maintenant à agir en conséquence et ne pas se relâcher.

— Résistance 71 —

 

L’effondrement des médias de masse: Le New York Times est désormais “futile” d’après ses propres journalistes

 

Paul Joseph Watson

 

5 Février 2014

 

url de l’article original:

http://www.infowars.com/msm-collapsing-ny-times-now-irrelevant-according-to-its-own-writers/print/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans un autre exemple montant à quel point les médias de masse sont dans un état d’effondrement, les propres journalistes du New York Times (NYT) ont dit à un quotidien que les articles d’opinion du NYT sont maintenant vu comme “futiles” et n’ont plus aucun impact sur le discours public de quelque manière que ce soit.

Ceci est un revirement spectaculaire si on se repositionne ne serait-ce qu’il y a encore 5 ans, lorsque qu’un éditorial d’opinion était regardé avec respect et tenu en un certain niveau de poids sur l’opinion publique.

Le New York Observer a interrogé plus d’une douzaine d’écrivains passés et présents du NYT et virtuellement tous s’accordent à dire que la vieille dame grise devient de plus en plus insignifiante.

“Je pense que les éditoriaux sont vus par la plupart des reporters comme étant futiles dans les grandes largeurs et il n’y a pas un grand respect pour la page éditoriale”, a dit une source au journal. “Les éditoriaux sont insipides, et ceci représente un pêché capital.”

“Ils sont complètement réflexivement libéraux, franchement prévisibles, de manière générale assez pauvrement écrits et totalement ineffectifs”, dit un autre. “Essayez de vous rappeler de la dernière fois que quelqu’un a parlé d’un de ces éditoriaux. Vous savez, je peux en citer un récent, celui de l’affaire Snowden, mais la plupart n’y paie aucune attention et des millions de dollars sont dépensés pour ce truc.”

Ceci est une autre conséquence du fait que de plus en plus de gens se détournent des médias de masse du fait de leur habitude et de leurs efforts à déformer la vérité et à mentir au public afin de servir les intérêts de l’état.

La presse entrepreneuriale, corporatiste, est en pleine panique parce qu’elle perd très vite sa capacité de dicter la réalité et de façonner les narratifs, voilà pourquoi des gens comme Hillary Clinton se sont plaints du fait que l’establishment est “en train de perdre la guerre de l’information” au profit de sources médiatiques émergentes.

En 2012, le NYT a rapporté une perte nette de 85% de ses revenus en résultat de pertes de revenus publicitaires à cause de la chute dramatique du lectorat, mais ils ne sont pas au plus mal considérant les autres médias de masse.

De novembre 2012 à novembre 2013, MSNBC a perdu près de la moitié de son audimat en juste 12 mois, perdant plus de 45% de son audience. CNN a aussi perdu 48% de son audience sur la même période.

Le refus de la presse corporatiste de défier l’autorité et de couvrir de véritables sujets a aussi mené à un record absolu de perte de confiance en les médias. L’an dernier un sondage Gallup a trouvé qu’à peine 23% du public américain fait encore confiance à l’institution des informations télévisées.

 

Média et propagande: La matrix de l’audiovisuel a des hoquets…

Posted in 11 septembre, actualité, désinformation, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 9 février 2013 by Résistance 71

Pour le directeur de France Télévision, Thierry Meyssan et le Réseau Voltaire ont raison

 

Alain Benajam

 

Le 8 Février 2013

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article177437.html

 

C’est ce que l’on peut supposer après avoir vu l’opus de propagande les Réseaux de L’extrême, les Obsédés du Complot diffusé par France Télévisions sur France 5.

M. Rémy Pflimlin a été promu au poste de directeur général de France Télévisions par Nicolas Sarkozy, tout un symbole. Nicolas dit « l’américain » [1] ne pouvait que promouvoir un homme qui était en accord avec ses idées.

En fait d’idées, celles de Nicolas étaient fort simples, dépouillées à l’extrême, elles se résumaient ainsi : « le maître est aux Etats-Unis et j’obéis aux ordres. Il m’a dit de faire la guerre, en dépit de mes propres intérêts et de ceux de la France. J’ai engagé l’armée française en supplétive de celle des Etats-Unis. »

Blackboulé par les Français excédés, François Hollande, en digne successeur à la tête du « Parti de l’étranger », comme disait De Gaulle, a conservé M. Pflimlin à ce poste clef pour l’édification des masses aux bienfaits états-uniens. M. Hollande représentant l’aile gauche de ce parti antinational, il ne pouvait avoir de divergence avec M. Pflimlin sur l’aspect principal de son action : faire admettre les guerres des Etats-Unis au bon peuple de France.

La guerre états-unienne contre la Libye, par France interposée, a été promue sur les antennes de France Télévisions à grands coups de propagande mensongère sur le « dictateur-qui-massacre-son-peuple », alors que les terroristes salafistes maison, drogués et encadrés par des forces spéciales « occidentales » mettaient le pays à feu et à sang en massacrant, en égorgeant, en pendant à tout va ceux qui ne se pliaient pas derechef à leur vision particulièrement rétrograde de l’islam.

Le nouveau Gauleiter de gauche des Etats-Unis en France, M. Hollande, a eu moins de chance avec la sous-traitance de la guerre des Etats-Unis contre la Syrie, où il tomba sur un os. Cet os était l’Armée arabe syrienne, composée de conscrits, donc du peuple syrien qui se battit ardemment contre les milices islamistes de l’OTAN. Un autre os était le refus de la Chine et de la Russie d’avaliser une manœuvre identique à celle qui fut imposé contre la Libye, celle d’outrepasser une résolution de l’ONU, comme il a été fait avec la résolution 1973.

Cependant, la propagande états-unienne se déversa à grand flot sur nos ondes montrant, comme toujours, la cible à abattre, le « dictateur-qui-massacre-son-peuple », alors que là encore nous pouvions observer grâce à des médias plus indépendants, puisque hors de la zone OTAN, que les terroristes salafistes venus de tous pays, armés et financés par les Etats-Unis et leurs affidés, mettaient – comme en Libye – le pays à feu et à sang, massacrant leurs opposants de la manière la plus barbare.

Seul le nom du chargé d’affaire des Etats-Unis en France avait changé. Mais la politique demeurait la même et, pour M. Pflimlin, c’était identique.

Pourtant, cette lourde propagande journalière de promotion des guerres états-uniennes se trouvait contrée par un certain nombre de sites internet et d’intellectuels. Comme une bonne part de la population, notamment jeune, se détourne des habituelles lucarnes à pensée conforme, une fraction notable de citoyens, selon les sondages, se mit à ne plus croire les grossières balivernes de France Télévisions. Pour les sous-fifres des maîtres du monde, il devenait urgent de réagir.

Un récent sondage [2] mettait même le feu. Pour le directeur du Centre de recherches politiques de Sciences Po Paris, Pascal Perrineau, « le “ressentiment” observé depuis une trentaine d’années cède désormais la place à “l’hostilité” franche ». Ce sondage montre également où se situe la fracture entre les élites et la Nation.

Cette fracture indique très nettement qu’elle se situe dans le rapport des Français avec la mondialisation et en conséquence les abandons de souveraineté. En effet, 65% des sondés pensent qu’« il faut renforcer les pouvoirs de décision de notre pays, même si cela doit conduire à limiter ceux de l’Europe ».

Cependant, ces abandons de souveraineté ont été imposés depuis la fin de la guerre par les Etats-Unis, abandons servant à pouvoir mieux dominer la zone qui leur était dévolue par les accords de Yalta de 1945. Si les Français voulaient recouvrer leur indépendance un jour, ce serait bien en confrontation avec les Etats-Unis.

Une fois débarrassée de ce qui peux la masquer, la fracture devient visible comme étant bien les rapports des Français avec les Etats-Unis et leur impérialisme guerrier.

L’axe de la propagande médiatique est particulièrement juste, en indiquant les craintes elle nous indique également ce qui est important. C’est tout l’intérêt de l’émission de France 5, Les Réseaux de l’Extrême, produite par Caroline Fourest, que de nous montrer où se situe réellement cette fracture. Et il se trouve que nous sommes d’accord.

On comprend donc bien que la cible désignée par la propagande médiatique ce sont les intellectuels et organisations anti-impérialistes, c’est-à-dire ceux qui s’opposent à la politique des Etats-Unis.

Au centre de cette cible se trouvent bien ceux qui remettent en cause la version officielle des attentats du 11 septembre 2001. Et le centre absolu est bien Thierry Meyssan avec le Réseau Voltaire, qui furent les premiers à porter un doute sur cette version officielle et par la suite à dénoncer les guerres impérialistes dont ces attentats étaient la justification.

En nous indiquant comme cœur de cible, la propagande médiatique montre au peuple français que nos analyses sont justes. Nous ne nous sommes pas trompés.

La remarquable émission de Caroline Fourest sur France Télévisions [3] montre parfaitement la réalité. Mais, en reflet, elle nous indique quels sont les camps en opposition et qui sont les alliés présents et combattants dans chacun de ces deux camps opposés, que l’on peut épurer en camp états-unien d’un côté et camp national de l’autre.

Dans le camp du pouvoir états-unien :

  1. Il y a, d’abord, les journalistes pris dans leur ensemble, nous dit Mme Fourest. Ceci est confirmé par la perception des Français que reflète le récent sondage, qui nous précise bien que : 72% des sondés estiment en effet que les journalistes sont « coupés des réalités et ne parlent pas des vrais problèmes des Français ». 73% pensent aussi que les journalistes ne sont pas indépendants et « ont tendance à céder aux pressions du pouvoir politique ».
  2. Les politiciens dans leur ensemble. Le sondage nous montre ce qu’en pensent les Français : 62% pensent que les hommes et les femmes politiques sont « corrompus pour la plupart ». 82%, qu’ils « agissent principalement pour leurs intérêts personnels ». Et 87% sont d’avis que l’« on a besoin d’un vrai chef en France pour remettre de l’ordre » ! Aucun politicien en France ne pourrait se désigner en dehors de ce camp.
  3. Les pro-impérialistes, c’est à dire pro-USA, se désignant comme tels par leur opposition farouche à tout ce qui est anti-impérialiste, donc anti-états-unien, et notamment par leur opposition déterminée à ceux qui remettent en cause toutes les versions officielles états-uniennes, désignés à leur tour comme des « complotistes », terme qui devient un nouveau néologisme signifiant anti-impérialiste.
  4. Les pro-sionistes soutenant la politique colonialiste et criminelle de l’Etat d’Israël.
  5. Les partisans de la mondialisation, de l’abandon de souveraineté des nations, de l’OTAN, de l’Union européenne et de l’euro.

Ce camp est particulièrement virulent contre tout ce qui est national et la vision du drapeau tricolore déclenche chez eux une forte allergie. Ceux qui le brandissent sont qualifiés de fascistes.

Dans le camp national :

  1. En premier lieu ceux qui remettent en cause la version officielle des attentats du 11 septembre 2001. Puisque ces attentats permirent de justifier une nouvelle politique impérialiste des Etats-Unis.
  2. Les anti-impérialistes qui critiquent les guerres états-uniennes, même sous-traitées, particulièrement celles mises en œuvre selon le plan dit Bush de remodelage du Grand Moyen-Orient, notamment celles déclenchées contre l’Afghanistan, l’Irak, la Somalie, la Libye et maintenant contre la Syrie, conformément au plan dévoilé par le général Westley Clark dès 2007.
  3. Les indépendantistes qui veulent que la France recouvre son indépendance en sortant de l’OTAN, de l’Union européenne et de la zone euro et que la France retrouve ses valeurs républicaines et nationales.
  4. Ceux qui veulent en finir avec la financiarisation de l’économie, avec le pouvoir des banques et avec l’imposition de la dette obligatoire qui favorise le soutien du dollar par l’euro.

On s’aperçoit que cette fracture ne recoupe en rien la césure actuelle droite-gauche : ceux du camp national sont autant qualifiés d’extrême droite que d’extrême gauche. En tous cas, ce sont des extrémistes, selon Les Réseaux de l’Extrême.

Dans cette opposition farouche de ces deux nouveaux camps politiques, dans cette nouvelle césure en dehors de celle traditionnelle de droite et de gauche, le point crucial qui fait qu’on se trouve dans l’un ou l’autre camp est bien la remise en cause de la version officielle des attentats du 11 septembre 2001 et il faut remercier Caroline Fourest et France télévision de nous l’avoir démontré.

Thierry Meyssan, « le Picasso du “complotisme” » avec le Réseau Voltaire sont bien à l’avant-garde du combat national.

Belle publicité ! Nous vous en remercions M. Pflimlin.

Résistance politique: enfumage et propagande mode d’emploi…

Posted in actualité, désinformation, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M with tags , , , , on 14 mai 2011 by Résistance 71
La théorie de la « théorie du complot »
Emrah KAYNAK

Une grande part des débats relatifs à l’annonce de la mort de Ben Laden est consacrée à disqualifier la réflexion critique en l’assimilant à des délires paranoïaques. Celui qui fait état de suspicion envers les diverses versions officielles est aussitôt affublé du terme peu élogieux de conspirationniste. Les médias institutionnels se rangent de façon acritique du côté du pouvoir et tentent avec acharnement de rendre cohérent l’incohérent.

Le concept « théorie du complot » est utilisé de façon abusive et systématique pour discréditer la moindre interrogation rationnelle. Les contours indéfinis de cette notion-cadre permettent d’englober sans distinction toute une série de réflexions. Le procédé est simple. Il s’agit de mettre sur un pied d’égalité diverses théories dont les plus faibles remettent en question les doutes légitimes. Les questions pertinentes se voient étouffées sous un fatras d’hypothèses immotivées.

La défiance envers les discours officiels n’est que la résultante logique de diverses tentatives de machination confirmées. Le pouvoir étasunien est accoutumé à l’intoxication comme le démontre le cas emblématique de l’assassinat de Kennedy. En dépit de ses nombreuses aberrations, la thèse bancale du tireur isolé n’a toujours pas été révisée.

On se souvient encore mieux de la propagande grossière qui a mené à la guerre et l’occupation de l’Irak. Des dirigeants politiques de haut rang, des experts et des journalistes soi-disant réfléchis nous rabâchaient sans cesse avec les « armes de destruction massive » qu’ils ne trouveront jamais.

On nous a présenté ensuite des plans détaillés de centres de commandements hypersophistiqués d’Al-Qaida dans les grottes de Tora Bora qui se sont révélées parfaitement imaginaires. On n’a pas oublié non plus l’opération de sauvetage en Irak de Jessica Lynch totalement mise en scène sans parler de l’affaire des couveuses au Koweït destinée à émouvoir le peuple étasunien et justifier leur entrée en guerre.

Ce sont ces mêmes journalistes et experts, candides ou complices, qui raillent aujourd’hui les observateurs qui font preuve de prudence méthodologique envers des sources confondues à de nombreuses reprises pour manipulations caractérisées.

Récuser a priori l’existence d’interventions concertées et clandestines à visée géostratégique revient à nier l’existence même de services secrets. Une agence de renseignement n’est pas une agence de presse et la CIA ne peut donc être traitée comme une source impartiale. Faute de preuves tangibles des circonstances de la mort de Ben Laden, nous sommes priés de nous en remettre à la bonne foi du directeur de la CIA ou du président des Etats-Unis. Or vérité, politique et guerre n’ont jamais fait bon ménage.

Que sait-on à propos d’Oussama Ben Laden si ce n’est ce que les autorités étasuniennes nous en disent ? Il est admis par tous qu’Al-Qaida est une filiale de combattants arabes formés par les services secrets étasuniens, pakistanais et saoudiens pour lutter contre l’influence communiste et panarabiste.

Cette mouvance occulte n’a jamais autant servi les intérêts des Etats-Unis qu’aujourd’hui. Qui parle à perte de vue d’Al-Qaida ? La labellisation Al-Qaida suffit à disqualifier ipso facto des mouvements insurrectionnels populaires dans des pays occupés. Ces incantations martelées et répétées acquièrent valeur de démonstration.

Aussitôt la mort de Ben Laden annoncée, on nous prévient déjà que la lutte contre le terrorisme n’a pas pris fin et qu’il faut se méfier encore davantage de la vindicte islamiste. Al-Qaida aurait promis de venger la mort de son fondateur. Cet ennemi est si commode qu’il procure l’argument nécessaire au maintien de troupes étrangères en Afghanistan.

La peur est un appui de première main pour les propagandistes. Un public qui a peur est enclin à se soumettre à l’autorité et à exalter son identité nationale. Il suffit de dire que les islamistes haïssent le monde occidental et qu’ils veulent le détruire pour s’assurer le soutien inconditionnel à la politique impérialiste des Etats-Unis.

Les théoriciens du complot ne seraient-ils pas ceux qui soutiennent la thèse d’un complot international djihadiste, ceux qui voient des conspirateurs à la moindre expression d’une critique, ceux qui propagent une vision schématique du monde divisé entre le bien et le mal, la liberté et l’obscurantisme pour justifier leurs interventions militaires ?

Emrah Kaynak

http://www.legrandsoir.info/La-theorie-de-la-theorie-du-complot.html