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Yankland : le véritable coup d’état du capitole… L’extrême main mise des GAFAM sur la communication (OSRE)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 28 janvier 2021 by Résistance 71

 

 

 

Le véritable coup d’État du capitole

 

Maxence Smaniotto

 

13 janvier 2021

 

url de l’article original:
http://rebellion-sre.fr/le-veritable-coup-detat-du-capitole/

 

Présenté, à tort, comme une tentative de coup d’État de la part des supporters de Donald Trump, les événements du Capitole mettent en lumière une multitude de conflits et paradoxes, soulevant un nombre égal de questionnements. Dans le fracas des guerres hybrides mondiales qui s’attaquent à toute sorte de stabilité et d’autorité, y compris à l’autorité d’une élection démocratique, les plateformes numériques nagent comme un poisson dans l’eau… ou volent comme un oiseau bleu dans les airs.

L’oiseau s’envole

Décidemment, un lien mystérieux lie les USA avec le mois de janvier, mois dont l’étymologie est à faire remonter au dieu romain bifront Janus, la divinité des commencements et des fins, des clés et des mystères et, surtout, des choix. Un visage tourné vers le passé, l’autre, vers l’avenir. Les USA, jeune pays, semble être le seul, dans l’histoire de l’humanité, à avoir fait du Progrès sa propre Tradition. Aussi paradoxale que cela puisse paraître pour nous, fils de cette vieille Europe fatiguée, ses racines sont profondément ancrées dans l’avenir, non pas dans le passé. Ainsi, chaque nouveau président élu, considéré, par ses électeurs, comme porteur de nouveaux espoirs et non pas de continuité, prête sermon le 20 janvier, une main sur la Bible : c’est l’Inauguration Day, le jour de l’investiture.

Janvier devint un mois charnière pendant la présidence de Donald Trump. 2018 : shutdown de quarante-huit heures. 2019 : Nancy Pelosi, farouche opposante au président américain et qui, en mai 2017 affirmait que l’élection de Trump était le fruit d’un imbroglio, est élue présidente de la Chambre des représentants. 2019 : meurtre, sous les ordres de la présidence américaine, du général iranien Qassem Soleimani et, quelques jours plus tard, ouverture du premier procès de destitution de Donald Trump devant le Sénat.

Janvier 2021 restera avec toute probabilité gravé dans l’histoire mondiale comme le mois où les USA auront perdu ce qui leur restait de crédit en tant que supposé « bastion mondial des libertés ». Car l’oiseau bleu de Twitter a fini par remplacer l’aigle à tête blanche américaine dans le sceau des États-Unis.

Les évènements qui ont eu lieu au Capitole dans la journée du 06 janvier ne furent point, comme tentent de nous en persuader un grand nombre de médias et de commentateurs, une tentative de coup d’État. C’en fut un, et sous tous les points de vue. Les gagnants ne sont ni l’extrême droite, ni les extrêmes populistes. Ni les extrêmes désespérés qui craignent l’arrivée au pouvoir d’un personnage comme Joe Biden et, surtout, de ceux qui l’ont porté au pouvoir, reflets de l’hyperclasse états-unienne.

Les vainqueurs de ce putsch portent des barbes hipster, s’habillent en mode casual, leurs bureaux sont cosy, et estiment que l’âme humaine n’est qu’une séquence d’algorithmes que n’importe quelle IA pourra bientôt imiter. Ils s’appellent Jack Dorsey, Kevin Systrom, Mark Zuckerberg, Adam Mosseri, Mark Krieg. Leurs créatures portent des noms cools et sympas : Twitter, Facebook, Instagram, Snapchat, Google. En 2021, presque tout le monde en a besoin pour pouvoir travailler ou communiquer. Or, la racine grecque du mot « travail » est « ergon », la même qui donnera origine à « organisme », « énergie ». Le travail, lorsqu’il n’est pas le simple acte aliénant nécessaire à payer des impôts, est synonyme de vie. Si l’on pousse à l’extrême cette réflexion, il devient désormais clair que pour exister, en 2021, il faut avoir un compte, et parfois même plusieurs, sur les plateformes numériques évoquées plus haut. Un mot de travers, et la divinité algorithmique puni le fauteur et ramène la paix et l’harmonie dans la community. On n’existe plus.

Les élites ont fait sécession du reste de la population, et sont actuellement en train de mener leur coup d’État, utilisant l’irruption d’une poignée de Rednecks au Capitole comme prétexte. Déjà en 2005, le milliardaire Warren Buffet, troisième fortune la plus importante au monde en 2019, avait déclaré, à la chaîne télévisée CNN : « Il y a une guerre des classes, c’est un fait. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner. Et elle ne devrait pas. » Aujourd’hui, la classe dont Mr. Buffet appartient gagne et s’en réjouie, car devenue, par besoin d’image et de conscience, humanitariste, donc légitime à mener ce combat.

Twitter a justifié sa décision de supprimer le compte de Donal Trump non pas sur ce qu’il a déclaré mais, plutôt, sur ce qu’il aurait pu affirmer. On peut lire, dans le message expliquant cette décision : « We have permanently suspended the account do to the risk of furthers incitement of violence ». Cet argument se fonde sur deux tweets du président états-unien, où il en aurait été question de glorification de la violence de ses supporters. L’argument apparaît fallacieux, une fois lesdits tweets lus. Peu de jours plus tard, le 9 janvier, Twitter supprime un message du Guide suprême iranien, l’Ayatollah Ali Khamenei. Ce dernier y exprimait sa défiance à l’égard des vaccins anti-Covid importés des États-Unis et du Royaume Uni, et faisait allusion à l’affaire du sang contaminé au VIH en France, dans les années 1980. « Le tweet enfreint la politique sur les informations trompeuses sur le Covide-19 » a indiqué un porte-parole de la plateforme numérique.

Le putsch libéral-libertaire

Ils sont nombreux à préférer se concentrer sur l’arbre qui cache la forêt lorsqu’ils critiquent le choix, de la part des plateformes numériques, de censurer non seulement les usagers lambdas, mais également des chefs d’État et des leaders religieux, y compris lorsqu’ils sont démocratiquement élus, comme ce fut le cas pour le président brésilien Jair Bolsonaro en mars 2020. Il faut bien avouer qu’un certain nombre de ceux qui condamnent les plateformes numériques d’avoir supprimé les comptes de Donald Trump ne le font que pour défense du président américain, et ils ne condamnent guère ce que cela implique pour la souveraineté d’un pays. Ils n’auraient guère protesté si la même chose fût arrivée à Nancy Pelosi, à Justin Trudeau, à Éric Dupond-Moretti ou au pape François I.

Mais il faut aller plus loin.

Le point, n’est pas d’être pour ou contre Donald Trump, de défendre ou au contraire condamner ce personnage. Trump et la censure dont il a été victime est l’arbre qui cache la forêt de l’emprise des géants du numérique sur la parole d’un chef d’État. Les prétendus défenseurs des libertés applaudissent des deux mains car ils savent pertinemment qu’ils ne sont pas les prochains sur la liste, et que la démocratie, cette farce que les attaques contre Trump ont enfin révélé, ne peut qu’être conforme à l’idée qu’ils s’en font. Le scandale n’est pas forcément là où l’on prétend le voir. Il se situe ailleurs, et tient au fait que tout le monde, du péquenot au chef d’État ou religieux, est aujourd’hui obligé d’utiliser les plateformes numériques pour pouvoir exister en un monde devenu chaque jour plus virtuel, et de se soumettre à leurs « standards de la communauté ». Les conséquences sur les institutions et sur la vie politique d’un pays sont terribles.

Nous sommes tous tombés dans le piège de ces réseaux (a)sociaux gratuits qui ont créé des nouvelles catégories dans les classifications des addictions. Nous avons octroyé, en cliquant sur une case qui certifiait notre libre consentement, une grande partie de nos libertés, individuelles autant que collectives, à des entreprises privées dont le poids économique et culturel, donc politique, est bien supérieur à celui d’un État, leur capacité d’influencer et diriger étant immense et hors de contrôle – sauf le leur. Tweeter, c’était 3,46 milliards de dollars de chiffre d’affaire pour 2019, avec 326 millions d’utilisateurs par mois, et 1,3 milliards de comptes crées entre 2006 et 2020. Facebook, c’est 2,74 milliards d’utilisateurs actifs chaque mois, 1,82 milliards d’utilisateurs actifs chaque jour, et 70,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2019. Pour ce qui est des colosses du numérique, auxquels les réseaux sociaux sont en symbiose, Alibaba, par exemple, généra 38,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires entre janvier et novembre 2019, et 65 milliards en 2020. Des chiffres importants, mais bien derrière celles d’Amazon, qui à, quant à lui, généré 296,3 milliards de dollars sur l’année 2019-2020. Leur poids et leur influence étant écrasants sur le plan économique et médiatique, ils représentent sans aucun doute une menace pour les États dans leur ensemble, tant au niveau de la souveraineté que des institutions. Ils n’ont plus besoin de l’État – c’est désormais vrai l’inverse, comme le montre très bien le scandale Facebook-Cambridge Analytica. Ainsi, Jack Ma, le fondateur d’Alibaba, est porté disparu depuis octobre 2020, à la suite d’un discours très critique à l’encontre du gouvernement chinois, qui a d’ailleurs récemment annoncé nationaliser Alibaba, tandis que Jeff Bezos projette d’envoyer des êtres humains coloniser l’espace. Les institutions de Chine et des USA présentent deux façons très différentes de ménager cette menace à leur hégémonie et à leur souveraineté.

Car l’État, au sens que le juriste Carl Schmitt lui donnait dans la période weimarienne, est en passe de devenir obsolète ; sa rigidité, dont nous sommes tous les témoins, en est un symptôme révélateur. Les élites, d’essence progressiste car déracinées et déracinatrices, sont en train d’accomplir leur sécession après avoir dissout les liens organiques qui structuraient les communautés et qui les retenaient encore, comme l’avait déjà souligné en son temps Christopher Lasch. Cette hyperclasse n’a même plus besoin d’un territoire, car elles vivent et dominent l’immatériel de l’univers du numérique. Elles sont globalement éprises de messianisme et millénarisme. Leurs entreprises se sont donné l’objectif d’apporter la paix et l’harmonie – celle qui correspond à leurs critères, bien entendu. C’est à elles que les dirigeants élus doivent s’adresser s’ils veulent que leur parole soit lue et entendue. Peu importe qui sera élus, alors ; d’autres décideront ce qu’il dira, surtout lorsqu’il se rebellera.

Ces élites sont en train de remplacer l’État afin de « libérer » les individus. Elles ont les moyens pour imposer leur programme, leurs conceptions de la liberté et de la démocratie, c’est-à-dire les modalités avec lesquelles le peuple peut participer à la vie collective du pays, et d’imposer leur Vérité, dont ils s’estiment être les garants grâce à leur artillerie d’hashtags, algorithmes et « standards de la communauté ». Dès lors, l’attaque au Capitole peut être vue comme une spectacularisation, l’énième, qui, devenant un prétexte, a permis le vrai coup d’État, celui des plateformes numériques contre les libertés individuelles, institutionnelles et communautaires. C’est un président des États-Unis, démocratiquement élu, qui fut censuré, pas le dernier des conspirationnistes. Le fait qu’il soit Donald Trump n’est qu’un prétexte pour dissimuler l’emprise que ces entreprises ont sur la parole d’un chef d’État et plus globalement sur la liberté de parole. Et cela au nom de la liberté de parole et de la démocratie, cette dernière tellement pourrissante qu’il n’a suffi qu’une poignée de manifestants habillés comme pour un Carnaval pour que le « gendarme du monde libre » s’estime proche de l’implosion. Il est dès lors légitime de se demander ce qui adviendra par la suite, car le piège s’est refermé : tout le monde a été obligé de migrer dans l’enclos des plateformes numériques. La tonte va-t-elle commencer ou a-t-elle déjà démarré ?

Des standards uniformisateurs et inversions des valeurs

Le vrai scandale, au fond, ce n’est pas que Donald Trump ait été censuré. Ce qui est scandaleux, c’est qu’aujourd’hui, des chefs d’État et religieux aient besoin de recourir aux plateformes numériques pour avoir une existence et se faire entendre. Et qu’ils soient dès lors obligés, afin de demeurer utilisateurs de ces incontournables services appartenant à des entreprises privées, de se soumettre (« adhérer » est le mot consacré à cet acte de soumission) aux critères décidés par les CEO de ces mêmes plateformes, critères qui ne sont rien d’autre qu’une émanation d’une culture particulière qui se prétend universelle : la leur. Ainsi, les mêmes critères, les mêmes « standards de la communauté » contraignent les représentants des USA, d’Iran, de Pérou, de Japon, de Russie et du Cameroun, c’est-à-dire de cultures très différentes aux valeurs différents, avec des visions du monde parfois diamétralement opposées, à devoir se conformer à des mêmes standards pensés en un bureau californien par des individus atteints de troubles des relations interpersonnelles. Plus globalement, ces critères sont calqués sur une culture anglosaxonne qui a adopté l’idéologie libérale-libertaire propre à la Silicon Valley.

Ceci engendre deux problèmes. Tout d’abord, l’uniformisation de la pensée politique, ce qui réduit considérablement la marge de liberté de choix dans le processus démocratique et, plus globalement, dans n’importe quel processus. Et deuxièmement, une inversion des valeurs, propre à ces enfants du déconstructionnisme et des théories postmodernistes. Aujourd’hui, la dystopie porte des uniformes arc-en-ciel, et est en passe de produire l’un des plus grands glissements conceptuels de l’histoire de l’humanité : faire passer la démocratie et la liberté d’expression pour des concepts d’extrême droite qui, une fois bien définis, sera dès lors naturel combattre.

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

Organiser la révolution sociale avec Fesse Bouc, Gogole, Touitteur et autres inepties technotroniques… Vraiment ?…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, désinformation, gilets jaunes, guerres hégémoniques, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 1 septembre 2019 by Résistance 71

 

De l’utilisation des “moyens de communication modernes” dans les milieux militants

 

Le Monde Libertaire

 

juin 2019

 

url de l’article:

https://www.monde-libertaire.fr/?article=De_lutilisation_des__moyens_modernes_de_communication__dans_les_milieux_militants

 

Il y a quelques mois de cela, je fus par hasard invitée à lire l’essai de Stéphane Hessel intitulé Indignez Vous ! (2010), texte qui promeut la résurgence de l’indignation, comme moteur d’un véritable « esprit de la Résistance ». Un point du texte, qui n’était certes pas central et semblait même plutôt anodin, retint cependant mon attention. Voilà ce qu’il y était dit : « Je constate avec plaisir qu’au cours des dernières décennies se sont multipliés, les organisations non gouvernementales, les mouvements sociaux (…) qui sont agissants et performants. Il est évident que pour être efficace aujourd’hui, il faut agir en réseau, profiter de tous les moyens modernes de communication. » J’aimerais partager l’interrogation qui me traversa à l’occasion de cette lecture. D’une part, les techniques modernes peuvent-elles être considérées comme de simples moyens ? Et d’autre part, permettent-elles vraiment d’incarner un esprit de résistance ?

Souvent, lorsque l’on pose la question des médias que l’on utilise pour lutter, on se voit souvent rétorquer que « la fin justifie les moyens ». C’est à dire que si l’intention que nous mettons dans notre action est défendable (sensibiliser, informer, mobiliser, échanger, organiser à propos des diverses causes qui nous sont chères), l’utilisation des nouvelles techniques de l’information et de la communication (réseaux sociaux, mails, téléphones, internet…) se verrait automatiquement justifiée – et cela même si l’on est plus ou moins conscient des questions que ces techniques soulèvent. Par rapport à cette question difficile, Sartre proposait dans Qu’est-ce que la littérature ? (1947) la thèse suivante : « La fin est l’unité synthétique des moyens employés. Il y a donc des moyens qui risquent de détruire la fin qu’ils se proposent de réaliser, en brisant par leur simple présence l’unité synthétique où ils veulent entrer. » Il prenait ensuite l’exemple d’un parti aux fins authentiquement révolutionnaires, mais qui mentirait pour arriver au pouvoir. Même si l’objectif de ce parti était la fin de l’oppression, pour Sartre, l’utilisation des techniques de propagande étant elle-même oppression, elle contribuerait à créer une « humanité mentie et menteuse », participerait à sa manière à l’avènement d’un monde qui était pourtant rejeté au départ. Anders disait qu’à ce titre, tout moyen est davantage qu’un moyen et qu’il est insuffisant de concevoir de manière uniquement instrumentale les techniques que nous utilisons : « Affirmer que ce système des instruments, le macro-instrument, ne serait qu’un « moyen », et qu’il serait donc à notre disposition pour réaliser des fins que nous aurions d’abord librement définies, est complètement absurde. Ce système des instruments est notre « monde ». Et un « monde » est tout autre chose qu’un moyen (1). » Il serait alors illusoire de diviser notre existence en « moyens » et « fins » clairement distincts, les uns restant de simples instruments ou médias, qui obéiraient à des finalités déterminées par l’homme et ne se contenteraient que de construire un monde à l’image de ses plus belles intentions.

McLuhan fut un des premiers théoriciens de la communication et des médias à vouloir attirer l’attention sur le média lui-même et non son contenu, le média étant selon lui n’importe quel prolongement de nous-mêmes susceptible de transmettre un message de façon plus ou moins implicite et abstraite. Cela comprend finalement tout ce que nous appelons Technique : le langage, les voitures, le téléphone, l’argent, le logement, la radio, etc. Sa théorie étonna beaucoup à l’époque : pour McLuhan, le message, c’est le médium, en tant qu’il « façonne le mode et détermine l’échelle de l’activité et des relations des hommes (2). » Ce message nous est martelé comme subliminalement à chaque fois que nous employons un média x, et c’est donc moins son contenu ou l’emploi que nous en faisons qui importe que « le changement d’échelle, de rythme ou de modèles qu’il provoque dans les affaires humaines ». « Le chemin de fer n’a pas apporté le mouvement, le transport, la roue, ni la route aux hommes, mais il a accéléré et amplifié l’échelle des fonctions humaines existantes, créé de nouvelles formes de villes et de nouveaux modes de travail et de loisirs. Et cela s’est produit partout où le chemin de fer a existé, que ce soit dans un milieu tropical ou polaire, indifféremment des marchandises qu’il transportait, c’est-à-dire indifféremment du contenu du médium « chemin de fer » (3). » Ainsi, il nous invite à regarder au-delà de l’évidence pour comprendre l’importance des changements qui se jouent à travers la généralisation d’un média. Celui-ci, bien plus que le simple instrument au service d’un message militant auquel on tente de le réduire (qu’il s’agisse de communication sur des événements, d’organisation en interne…), infère par lui-même un projet de société, et participe à un certain type de monde. On parle souvent de militer contre le nucléaire et son monde, contre Notre-Dame-des-Landes et son monde. C’est pourquoi, en proposant une réflexion sur l’utilisation d’Internet dans des organisations militantes, je propose de critiquer plus largement Internet et son monde, car vivre aujourd’hui, « ce n’est pas vivre comme en 1950, l’ordinateur en plus, mais vivre dans le monde de l’ordinateur (4). »

Ainsi, la plupart des organisations et mouvements militants ont suivi la tendance des vingt dernières années qui a consisté à créer des pages Web, faire de la communication sur les réseaux sociaux, s’organiser par l’intermédiaire des « nouvelles technologies de l’information et de la communication », échanger sur diverses plateformes, et passer par des « outils numériques » pour mener à peu près n’importe quel projet. Mais quel est précisément le message véhiculé par Internet, indépendamment de nos contenus militants ? C’est celui d’une société organisée à l’échelle planétaire, c’est-à-dire une échelle qui dépasse largement l’échelle humaine (5). C’est celui d’un monde d’extractions minières et de processus industriels, d’organisation militarisée du travail, d’esclavage moderne, de chaînes de productions mondialisées, de concentration capitalistique des richesses, de villes-usines, de guerres et de situations d’exploitation de l’homme par l’homme. C’est celui d’une société thermo-industrielle et nucléaire, qui demande toujours plus d’énergie, et donc de croissance, peu importe qu’elle soit dite verte ou non. C’est celui d’un monde d’infrastructures complexes et gigantesques dont les citoyens ne peuvent qu’être dépossédés, d’une prolétarisation généralisée donc. Internet est, indépendamment des contenus qu’il fait circuler, le rouage de la Mégamachine au service d’un Empire Industriel : il crée un monde de flux, d’accélération généralisée, d’instantanéité, de relations par écrans interposés ; un monde où l’espace et le temps sont abolis, ainsi que l’ensemble de la réalité compressé sur un même plan.

Le développement du numérique dans les associations et le militantisme 2.0 ne sont qu’un enfumage qui vise plus à justifier la production industrielle de moyens dont nous sommes toujours plus dépendants, jusque dans la sphère politique, au détriment d’une véritable réflexion sur le monde qu’ils contribuent à créer. Il est devenu évident d’utiliser ce qui semble à première vue faciliter l’échange, l’engagement, et le partage, face aux difficultés rencontrées pour porter une voix, face aux rapports de force qui sont en notre défaveur. D’une part quel est le réel impact de cette voix, réduite à de l’information, et noyée dans des montagnes de mails, dans une mer de notifications, dans un flux toujours plus assaillant de données ? Lorsque l’homme ne s’informe plus mais « est informé » disait Ellul, on assiste à une forme de désinformation par excès d’information, qui paralyse l’action plus qu’elle ne la favorise. D’autre part, quelle est la réelle pertinence d’une communication de masse, impersonnelle, pensée à travers des critères techniciens (efficacité, quantité, vitesse, économie), en comparaison à un échange humain véritable qui demande une réelle écoute et présence, pour tenter de mettre en commun deux mondes différents ? Enfin, nous devrions nous demander si l’utilisation tous azimuts des « moyens modernes de communication » ne nous rendrait pas aveugles au fait que ceux-ci sont porteurs d’un message contraire au projet que nous défendons.

« L’abandon de la critique des machines et du monde technologique qu’elles produisent (…) a conduit à l’acceptation béate et émerveillée, deux siècles plus tard, de l’Internet et des outils numériques, même dans les milieux voulus les plus subversifs (6). » Pourtant, si nous prônons un idéal de société sans domination et sans exploitation, porté sur l’autogestion et la réappropriation du politique, la préservation du vivant et des espaces naturels, ne devrions-nous pas chercher d’autres manières de faire plus cohérentes, en dehors d’Internet et son monde, qui se situent aux antipodes de tout cela ? Si nous prétendons être des esprits critiques, en quête d’émancipation, refusant les logiques autoritaires et d’exploitation du vivant, ne devrions-nous pas nous indigner devant la tyrannie d’Internet – tyrannie qui fait de l’attirail du « bon communicant » un « must have » et de notre présence sur les réseaux une nécessité pour exister aux yeux du reste du monde ? En nous indignant et en refusant l’investissement d’espaces virtuels pour mener notre lutte, nous participerions peut-être déjà à la création d’un monde autre. Un monde où des rues et espaces seraient réinvestis, où se multiplieraient des lieux pour se rencontrer, échanger et construire en vrai. Un monde où la régularité des rencontres remplacerait la nécessité d’une connexion journalière pour déterminer des dates et horaires. Un monde où des brochures, textes, journaux seraient distribués et partagés plus régulièrement et inviteraient à la discussion « in real life ». Un monde où quelques affiches, flyers, et bouche-à-oreille suffiraient à réunir.

Laïnae

1) L’obsolescence de l’homme : Sur l’âme à l’époque de la deuxième révolution industrielle, Günther Anders, 1956.

2) Pour comprendre les médias : les prolongements technologiques de l’homme, Marshall McLuhan, 1964.

3) Op. cit.

4) Rendez-nous notre objet d’aliénation favori !, Pièces et main d’œuvre, 2007.

5) Lire à ce sujet Une question de taille, Olivier Rey, 2014.

6) Internet ou le retour à la bougie, Hervé Krief, 2018.

 

Dictature technotronique et la police de la pensée: Alphabet de Google et la City de Londres (Dean Henderson)

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Dictature technotronique

 

La police de la pensée “Alphabet” de la couronne / City de Londres

 

Dean Henderson

 

22 août 2019

 

url de l’article original:

https://hendersonlefthook.wordpress.com/2019/08/22/the-crowns-alphabet-thought-police/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ces derniers mois, il y a eu une purge majeure de l’information sur l’internet DARPA. Les vidéos anti-vaccination et sur les chemtrails / épandages chimiques ont été ciblées et aussi certains livres mis au pilon sur Amazon. Ce site (Lefthook) a été enterré bien profondément par les algorithmes de Google et de YouTube.

Alors que des millions de personnes continuent de se réveiller au complot diabolique des banquiers de la Couronne / City de Londres voulant tuer une très large partie de l’humanité, leur gendarme de la Silicon Valley financé lui aussi par la City, se désespère d’étouffer aussi  toute information mettant en lumière cette cabale, qui récemment a été très occupée avec le lancement de son système Alphabet, sorte de sorcellerie électronique franc-maçonne à la sauce Wikipedia, conçu pour déjouer le grand éveil. L’outil principal est justement appelé Alphabet , une des actions les plus chères au monde et propriétaire à la fois de Google et de YouTube.

Le timing de cette purge n’est absolument pas une coïncidence. Le 16 février dernier, à la conférence sur la sécurité de Munich, Google a sorti un article de 30 pages qui exhibait sa stratégie pour combattre les “fake news” sur ses plateformes variées de l’internet, incluant YouTube.

Leurs propositions orwelliennes incluaient de “donner aux gens un contexte au sujet de l’information qu’ils voient” en “rendant directement visibles des sources faisant foi” et en empêchant le chargement sur YT de “théories conspirationnistes bizarres”.

Les associés de Google dans cet effort incluent la First Draft Coalition, le Trust Project et l’International Fact-Checking Network. Tous des vitrines pour des organisations médiatiques de masse et d’ONG gérées par l’élite mondialiste. Un des principaux intervenants dans cette vaste censure de l’internet est Haymarket Media, un groupe basé à Londres lancé cette année par un ancien attaché de cabinet du gouvernement Thatcher, Michael Heseltine.

Haymarket a son QG à Bridge House, QG de Bridge House Estates, une fondation charitable fondée sur la charte de 1282 de l’entreprise de la City de Londres, qui, avec City Cash et City Fund sont les trois fonds fiduciaires gérés par la corporation de la City de Londres (NdT: la véritable “couronne”…)

De manière intéressante, United States Federal Bridge Certification Authority (FBCA) est la base pour les communications sécurisées inter-gouvernementales des Etats-Unis. Bon nombre de ces communications sont sous-contractées et administrées par l’entreprise SERCO. Est-ce que la FBCA est espionnée par le City Bridge Fund et Bridge House Estates ?

Haymarket est le principal associé médiatique du Trust Project, qui placera une “Marque de Confiance” sur les site jugés valables. (NdT: “trust” en anglais veut dire “fond fiduciaire” en terme bancaire, mais aussi “confiance” en terminologie commune..). Le Trust Project fut fondé par Haymarket Media, the Globe & Mail (NdT: une des feuilles de chou nationales canadiennes), Hearst TV, le Washington Post et le magazine “The Economist” entres autres. The Economist est à 21% propriété de la famille Rothschild. D’autres proprios incluent Cadbury, la famille Schröder qui servit en son temps de banquier à un certain Adolf Hitler, la famille Agnelli, la famille Lazare et le baron Layton.

La First Draft Coalition est aussi basée à Londres. Ses associés incluent, CNN. BBC, ABC News, Facebook, The Telegraph et le Washington Post. Le financement se produit au travers de la Google News Initiative, les Koch Brothers, le lieutenant des Rothschild la Soros Open Society Foundation, la Fondation Ford (NdT: intérêts Rockefeller) et la Bill & Melinda Gates Foundation.

First Draft cible particulièrement les “communautés de la conspiration”. Leur site internet parle d’inoculer contre les “conspirations au sujet des réseaux mondiaux du pouvoir”, disant “debunker ou expliquer ces conspirations… leur donne non seulement une légitimité mais aussi un set de mots clefs pour votre audience à utiliser pour rechercher plus d’information… Avant l’internet, de telles communautés étaient marginales et avaient du mal à être connectées parce que c’était plus difficile de se rencontrer face à face. Aujourd’hui de telles communautés se développent et se portent très bien…

Le 3ème associé de Google dans la censure est l’International Fact-Checking Coalition, qui est gérée depuis le Poynter Institute. Des financiers importants de celui-ci incluent la Fondation Mellon, la fondation Charles Koch, la NED (NdT: officine de la CIA) et l’Open Society Foundation de George Soros. Les “élites” globalistes sont très nerveuses. Le charme vaudou de leur Alphabet franc-maçon est en train de se dissiper. Ils savent que les gens se réveillent du fait que tout ce qu’on leur a dit est un mensonge fait pour servir l’agenda luciférien des banquiers de la City de Londres. Ce dernier épisode frénétique de la censure emmené par l’Alphabet-Google de l’oligarchie, bien qu’alarmant, devrait en fait être vu comme une victoire tactique du Grand Réveil qui s’opère…