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Nouvel Ordre Mondial et idéologie: La longue campagne de l’OTAN contre l’histoire…

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Article analyse très intéressant qui permet de ne pas perdre de vue que tout aujourd’hui est une affaire idéologique, même les choses en apparence les plus anodines poussées par l’agenda mondialiste totalitaire. Il est à noter que suite à la publication de cet article, l’auteur Mateusz Piskorski a été arrêté en Pologne suite à des pressions de l’OTAN et est donc devenu de facto un prisonnier politique dans son pays.

— Résistance 71 —

 

La guerre contre l’histoire est une campagne à long terme de l’OTAN

 

Mateusz Piskorski

 

23 Mai 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article191848.html

 

L’Otan est une alliance immémoriale qui a libéré l’Europe du nazisme et nous protège de l’ours russe, c’est tout au moins ce que nous devrions croire. La vérité historique est très différente, mais l’Alliance tente de la réécrire. Une tâche à long terme aux sombres conséquences.

Varsovie accueillera le sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Otan qui tiendront une réunion du Conseil de l’Atlantique-Nord, les 8 et 9 juillet 2016. Ce 25ème sommet de l’Alliance devrait développer l’accord conclu à Newport, en 2014. Il s’agira notamment d’installer la Force d’action rapide en Europe orientale de manière à pouvoir défendre le flanc Est de l’Alliance. Le ministre polonais des Affaires étrangères, Witold Waszczykowski, a déjà annoncé que l’installation de bases militaires permanentes des États-Unis et de l’Otan sur le territoire polonais sera annoncé lors du sommet.

2 500 participants et 1 500 journalistes étrangers devraient être présents. Le stade national, situé au centre de Varsovie, a été réquisitionné pour l’événement. Les mesures de sécurité ont été renforcées à la fois pour faire face à d’éventuelles menaces terroristes et pour prévenir les manifestations que des partis opposés à la tenue du sommet ont annoncé vouloir organiser.

Parallèlement à la préparation de l’événement, une intense campagne d’information a été menée, dont l’objectif principal est d’agiter la peur d’actions et de plans prétendument agressifs de la Russie. La guerre contre la mémoire fait partie de cette campagne à long terme. Ici, il convient de reconnaître que la réévaluation des faits historiques et la négation du rôle de l’Union soviétique dans la Grande Victoire 1945 ont une certaine assise historique et politique dans les pays baltes et la Roumanie, où les auteurs de l’« histoire » de l’Otan ont choisi de se référer, le plus souvent possible, directement aux mouvements collaborationnistes locaux et de présenter leurs activités à titre d’exemples de la « lutte pour l’indépendance » vis-à-vis de l’Union soviétique.

La situation est perçue différemment en Pologne, où il est assez difficile de trouver des appuis a la thèse selon laquelle la libération n’a pas sauvé le peuple polonais du génocide hitlérien. Le reformatage de l’histoire moderne a été coordonné par des organismes publics tels que l’Institut polonais de la mémoire nationale. Toutes ces activités visent à éviter la dissonance cognitive de telle sorte que la population d’Europe de l’Est ne peut pas regarder les monuments et se souvenir de sa libération de l’Allemagne nazie par l’Armée rouge, quelque chose qui sous-entend que la Russie est l’éternel ennemi et l’agresseur.

Le reformatage de la perception des faits historiques fait partie de cette guerre à long terme, un projet assez complexe. Il est impossible d’atteindre son objectif au cours des deux mois qui précèdent ce sommet. Cependant, d’autres efforts peuvent être entrepris.

Dans le cadre de la guerre de l’information, les médias d’Europe orientale publient régulièrement des documents sur le positionnement des têtes nucléaires dans la région de Kaliningrad. L’existence de cette région comme un territoire de la Fédération de Russie est présenté comme une menace pour l’existence même des pays voisins. Sur le flanc Sud, un tel rôle dans le processus de l’escalade de la perception du danger est dévolu à la Transnistrie. Ainsi, Kaliningrad effraie les Peuples baltes et polonais, tandis que la Transnistrie est utilisée pour effrayer les Roumains et, dans une moindre mesure, les Bulgares.

La guerre de l’information est menée systématiquement et professionnellement. Tout a débuté avec la nécessité de préparer l’opinion publique lors du déploiement de systèmes de « défense » antimissile en Europe de l’Est.

Avec le processus de normalisation des relations entre l’Occident et l’Iran, les responsables des relations publiques de l’Otan ont été finalement contraints de l’admettre : les systèmes de missiles sont destinés exclusivement à contrer l’imaginaire « menace russe ».

La Pologne tente de jouer un rôle de premier plan dans les zones du Nord et de la Baltique dans la course aux armements en Europe orientale. À son tour, la Roumanie tente de prendre l’initiative autour de la mer Noire. Mais c’est d’autant plus difficile que la Turquie a agi en tant que chef de la coalition anti-russe depuis un semestre. Cette même Turquie qui a affiché certaines ambitions géopolitiques.

Néanmoins, Bucarest tente d’utiliser l’absence totale de confiance de Washington pour Recep Tayyip Erdoğan pour fournir au Pentagone d’autres services. L’initiative de la création d’une flotte de la mer Noire avec la participation de l’Otan qui y serait représentée par des États qui n’en sont pas encore membres, l’Ukraine et la Géorgie, tel que proposé par le ministre roumain de la Défense Mihnea Motoc illustre cette approche.

La préparation du sommet a été soigneusement surveillée par le département d’État US. L’adjoint de John Kerry, Anthony Blinken, a récemment visité un certain nombre de pays d’Europe orientale. Les entretiens qu’il a eu avec ses collègues de l’Est tournaient autour d’un seul point : les anciens membres du bloc de l’Est devraient soutenir sans réserve la position de Washington lors du sommet, en particulier en ce qui concerne le dispositif que l’Otan construit sur son flanc Est et son financement par les budgets nationaux.

Blinken a prétendu que la Russie a l’intention de provoquer les forces de l’Otan avant le sommet. Comme preuve, il a évoqué les patrouilles de l’Armée de l’Air russe en mer Baltique. Cependant, il a oublié de reconnaître que ce qui a soulevé l’inquiétude russe, c’est la présence de navires de guerre US violant probablement le Traité INF [1]. Mais selon pour les États-uniens, il vaut mieux ne pas en parler dans la guerre de l’information.

Blinken a fait en sorte que le président US se sente à l’aise dans la capitale polonaise. Afin d’organiser le sommet dans le meilleur environnement, Varsovie a interdit toute manifestation pendant la durée de l’événement, par souci anti-terroriste bien sûr.

Tout cela a été fait pour assurer le bien-être du patron de la nouvelle Europe pro-US, Barack Obama. Cependant, les dépenses officielles du ministère de la Défense polonais pour organiser ce sommet seront de 40 millions de dollars ; une information qui pourrait causer des malentendus et conduire le Peuple polonais à faire monter le tension pendant le sommet.

 

[1] « Escalade nucléaire en Europe », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 19 avril 2016.

La croisée des chemins dans les relations russo-occidentales…

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Comme très souvent, très bonne analyse de l’excellent Pepe Escobar.

— Résistance 71 —

 

Grand marché eurasiatique ou guerre nucléaire ?

 

Pepe Escobar

 

6 avril 2015

 

url de l’article en français:

http://lesakerfrancophone.net/grand-marche-eurasiatique-ou-guerre-nucleaire/

 

Une source haut placée dans la diplomatie européenne a révélé à Asia Times que le gouvernement de la chancelière allemande Angela Merkel n’y est pas allé de main morte avec Pékin, dans le but de faire dérailler son partenariat stratégique à plusieurs volets avec la Russie.

Pékin ne va pas nécessairement prêter l’oreille à ce geste politique de Berlin, car la Chine est trop occupée à accorder les cordes de son instrument qu’est la Nouvelle route de la soie paneurasiatique, qui implique des liens d’affaires et de commerce étroits à la fois avec l’Allemagne et la Russie.

La tactique allemande fait ressortir encore plus la pression exercée par les éléments durs au sein du gouvernement des USA, qui sont résolus à prendre pour cible la Russie et à l’encercler. En dépit de tous les beaux discours autour de l’indignation causée par les manigances de la U.S. National Security Agency (NSA) qui l’a mise sous écoute, la chancelière suit la voie tracée par Washington. Si elle avait été vraiment outrée, elle aurait levé unilatéralement les sanctions imposées à la Russie. Comme Merkel ne l’a pas fait, nous voici donc en présence de la bonne vieille tactique de négociation du bon et du méchant.

Bref, Washington ne peut tolérer que l’Allemagne et la Russie s’engagent dans des relations commerciales et politiques étroites, qui menaceraient directement son hégémonie dans l’Empire du Chaos.

Ainsi, toute la tragédie ukrainienne n’a absolument rien à voir avec les droits de la personne et le caractère sacré des frontières. Rappelons que l’Otan a arraché le Kosovo à la Yougoslavie-Serbie sans même se donner la peine de tenir un vote, comme on l’a fait en Crimée.

Ces S-500 sont à surveiller

Parallèlement à cela, une autre tactique fascinante est en cours. Certains éléments du royaume du baratin formé par les groupes de réflexion aux USA, qui ont des liens étroits avec la CIA, commencent à tergiverser à propos de la guerre froide 2.0, par crainte d’avoir mal jugé ce qui se passe vraiment sur l’échiquier géopolitique.

J’arrive de Moscou, où l’on a l’impression que le Service fédéral de sécurité et les services du renseignement militaire russe sont de plus en plus exaspérés par les provocations sans fin de Washington et de l’Otan, des pays baltes à l’Asie centrale, de la Pologne à la Roumanie, de l’Azerbaïdjan à la Turquie.

Vous trouverez ici un résumé détaillé mais partiel de ce que l’ensemble de la Russie considère comme une menace existentielle, soit la volonté de Washington et de l’Otan d’empêcher la Russie de s’engager dans le commerce et le développement en Eurasie, de détruire son périmètre de défense et de l’amener à s’engager dans une guerre frontale.

Une guerre frontale n’est pas une idée particulièrement géniale. Les missiles antimissiles et antiaériens russes du système S-500 peuvent intercepter tout missile balistique intercontinental, missile de croisière ou avion existant. Ils sont propulsés à une vitesse de 25 000 km/h, atteignent une altitude de 185 km, parcourent horizontalement 3 500 km et peuvent intercepter jusqu’à dix missiles en approche. Aucun système antimissiles des USA ne peut les arrêter.

Du côté des USA, certains disent que le système S-500 est déployé en accéléré, ce qu’a corroboré à Asia Times une source proche des services secrets des USA. Les Russes n’ont rien confirmé. Officiellement, Moscou dit que le système sera déployé en 2017. Ce qui veut dire que tôt ou tard, l’espace aérien appartiendra aux Russes. Il est dès lors facile d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

La politique de l’administration Obama, qui consiste à promouvoir l’hystérie guerrière contre la Russie tout en lui livrant une guerre économique (à coup de sanctions), monétaire (contre le rouble) et pétrolière apparaît alors comme l’œuvre d’une bande de spécimens appartenant à une sous-classe de la zoologie.

Au sein de l’Union européenne, certains adultes voient déjà les signes avant-coureurs d’une guerre nucléaire. Les systèmes de défense conventionnels de l’Otan ne sont pas de taille, tout comme l’accroissement de la puissance militaire en cours d’ailleurs, car le tout peut être démoli par les quelque 5 000 armes nucléaires tactiques dont Moscou dispose.

Dans le doute, ne t’abstiens pas de les intimider !

Il faut évidemment du temps pour transformer les mentalités actuellement fixées sur la guerre froide 2.0, mais certains signes laissent croire que les Maîtres de l’Univers prêtent l’oreille, comme dans cet article qui, pourrait-on dire, brise la glace (publiquement).

Admettons que la Russie décide de mobiliser cinq millions de personnes et de passer à la production militaire. L’Occident reviendrait alors aussitôt sur sa politique et proposerait une entente cordiale. Admettons aussi que Moscou décide de confisquer tout ce qui reste des richesses acquises de façon douteuse par les oligarques. Le taux d’approbation de Vladimir Poutine, déjà loin d’être négligeable, grimperait à au moins 98 %. Poutine a fait preuve d’assez de retenue jusqu’à maintenant, ce qui n’a pas empêché sa diabolisation hystérique puérile de se poursuivre.

Nous assistons à une perpétuelle escalade. Les révolutions de couleur; le coup d’État de Maidan ; les sanctions; le méchant Hitler-Poutine; l’entrée de l’Ukraine dans l’Otan; des bases de l’Otan partout. Sauf que dans la réalité, le contre-coup d’État en Crimée et les victoires sur le champ de bataille par les armées des Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk ont fait dérailler les plans les plus détaillés du département d’État des USA et de l’Otan. En plus de cela, Merkel et François Hollande ont été contraints de conclure une entente cordiale avec la Russie (Minsk 2), parce qu’ils savaient que c’était l’unique moyen d’empêcher Washington d’armer davantage Kiev.

Poutine est essentiellement engagé dans un processus très complexe de préservation et d’épanouissement de l’histoire et de la culture de la Russie, teinté de panslavisme et d’eurasisme. Le comparer à Hitler ne tient même pas la route comme blague de jardin d’enfants.

Mais il serait étonnant que les néocons à Washington comprennent quoi que ce soit à l’histoire et à la culture russes. La plupart d’entre eux n’arriveraient même pas à répondre à des questions portant sur Leo Strauss et Carl Schmitt, leurs héros adorés. En outre, leur anti-intellectualisme et leur arrogance exceptionnaliste n’offrent un espace privilégié qu’à une intimidation sans borne.

Une de mes sources, universitaire aux USA, a envoyé une lettre à Nancy Pelosi avec copie conforme à un néocon notoire, l’époux de Victoria, reine du Nulandistan. Voici la réponse du néocon, à partir de son adresse courriel à la Brookings Institution : Va donc te faire f… ! Un autre exemple éloquent de mari et femme faits l’un pour l’autre.

Il semble toutefois y avoir, dans l’entourage du gouvernement, des gens avec un QI décent qui sont prêts à affronter la cellule néoconservatrice au sein du département d’État, les néocons qui infestent les pages éditoriales du Wall Street Journal et du Washington Post, toute une série de groupes de réflexion et bien sûr l’Otan, dont le chef militaire en place, le général Breedlove/Follehaine, fait tout pour se distinguer dans son interprétation postmoderne du docteur Folamour.

L’agression russe est un mythe. La stratégie adoptée jusqu’ici par Moscou est purement défensive. Moscou s’engagerait sans hésiter dans une coopération stratégique avec l’Occident si cette dernière comprenait les intérêts de la Russie en matière de sécurité. Si les intérêts de l’ours sont bafoués, comme lorsqu’on le provoque, l’ours se défendra. Quiconque possède une compréhension minimale de l’histoire sait que l’ours a déjà enduré quelques souffrances. Il ne s’effondra pas et ne disparaîtra pas non plus.

Par ailleurs, un autre mythe a été démoli, celui voulant que les sanctions nuiraient grandement aux exportations et aux surplus commerciaux de la Russie. Elle a bien sûr été blessée, mais le mal était supportable. La Russie possède des matières premières à profusion et une immense capacité de production intérieure, ce qui suffit à répondre à la majeure partie de la demande dans le pays.

Ce qui nous ramène à l’UE, à la Russie, à la Chine et à tout ce qui se trouve autour, qui pourraient se joindre au plus grand marché commercial de l’histoire couvrant l’ensemble de l’Eurasie. C’est ce que Poutine a proposé en Allemagne il y a quelques années. C’est aussi ce à quoi s’affaire déjà la Chine. Que proposent les néocons en retour? Une guerre nucléaire en sol européen.

Empire colonial occidental: La Russie doit être brisée…

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Question essentielle: Poutine pliera t’il ? Si non, quel est l’échappatoire à ne guerre thermonucléaire ? 

— Résistance 71 —

 

Seul Moscou peut les arrêter

 

Mike Whitney

 

22 mars 2015

 

url de l’article en français:

http://arretsurinfo.ch/seul-moscou-peut-les-arreter/

 

« Afin de survivre et de conserver son rôle de chef de file sur la scène internationale, les Etats-Unis ont désespérément besoin de plonger l’Eurasie dans le chaos et de couper les liens économiques entre l’Europe et la région Asie-Pacifique… la Russie est le seul pays à l’intérieur de cette zone d’instabilité à avoir le potentiel d’offrir une résistance. Il s’agit du seul Etat qui est prêt à affronter les Américains. Miner la volonté politique de la Russie à organiser une résistance … est d’une importance vitale pour les Etats-Unis. »
– Nikolaï Starikov [1]

« Notre premier objectif est de prévenir la ré émergence d’un nouveau rival, que ce soit sur le territoire de l’ancienne Union Soviétique ou ailleurs, ce qui ferait peser une menace identique sur l’ordre [mondial] à celle que posait auparavant l’Union Soviétique. C’est le facteur dominant sous-jacent dans la nouvelle stratégie de défense et cela exige que nous nous efforcions d’empêcher toute puissance hostile de dominer une région, dont les ressources, sous son contrôle effectif, seraient suffisantes pour générer une puissance mondiale. »
– La Doctrine Wolfowitz, version originale du Guide de Planification de la Défense, rédigé par le Sous-Secrétaire à la Défense Paul Wolfowitz, et transmis au New York Times le 7 mars 1992

Les Etats-Unis ne veulent pas une guerre avec la Russie; ils pensent simplement qu’ils n’ont pas le choix. Si le Département d’Etat n’avait pas lancé un coup d’état en Ukraine pour renverser le président élu, Viktor Ianoukovitch, il aurait été impossible pour les États-Unis de s’insérer entre la Russie et l’UE, et ainsi, de perturber les routes commerciales vitales qui étaient en train de renforcer les nations sur les deux continents. L’intégration économique de l’Asie et de l’Europe – y compris les plans d’un train à grande vitesse depuis la Chine [La Nouvelle Route de la Soie] jusqu’en UE – pose un danger clair et immédiat pour les Etats-Unis dont la part dans le PIB mondial continue à se réduire et dont l’importance dans l’économie mondiale continue de diminuer. Ignorer ce nouveau rival (UE-Russie) reviendrait pour les Etats-Unis à jeter l’éponge et à accepter un avenir dans lequel ils devraient faire face à une graduelle mais constante érosion de leur pouvoir et de leur influence dans les affaires du monde. Personne à Washington n’est prêt à laisser cela se produire, et c’est pourquoi les Etats-Unis ont lancé leur guerre par procuration en Ukraine.

Les Etats-Unis veulent séparer les continents, « empêcher l’émergence d’un nouveau rival« , installer un péage entre l’Europe et l’Asie, et se positionner comme le garant de la sécurité régionale. À cette fin, les Etats-Unis sont en train de reconstruire un Rideau de Fer le long des centaines de kilomètres qui vont de la Mer Baltique à la Mer Noire. Des chars, des véhicules blindés et de l’artillerie sont envoyés dans la région pour renforcer une zone tampon autour de l’Europe, afin d’isoler la Russie et pour créer un terrain propice à une prochaine agression étasunienne. Des rapports sur l’équipement lourd et le déploiement d’armes apparaissent dans les médias presque quotidiennement, même si ces nouvelles sont généralement omises dans la presse US. Un résumé rapide de quelques-uns des récents titres de presse aidera les lecteurs à saisir l’ampleur du conflit qui se développe dans l’ombre:

« Les USA, la Bulgarie organiseront des exercices militaires dans les Balkans« , « L’OTAN entame des exercices en Mer Noire« , « L’armée a envoyé encore plus de troupes et de chars en Europe », « La Pologne demande une plus grande présence militaire étasunienne« , « Un convoi militaire de l’Armée étasunienne envoyé sur 1.600 kilomètres à travers l’Europe« , « Plus de 120 chars étasuniens et véhicules blindés arrivent en Lettonie », « Les USA et la Pologne organiseront des exercices sur les missiles en mars – Pentagone »

Comprenez-vous? Il y a une guerre, une guerre entre les Etats-Unis et la Russie.

A noter également comment la plupart des titres de presse soulignent l’implication étasunienne et non pas de l’OTAN. En d’autres termes, les provocations contre la Russie proviennent de Washington, et non pas de l’Europe. C’est un point important. L’UE a soutenu les Etats-Unis sur des sanctions économiques, mais elle n’est pas du tout prête à s’engager dans des préparatifs militaires le long de son périmètre. C’est l’idée de Washington, et le coût est assumé par les seuls Etats-Unis. Naturellement, déplacer des chars, des véhicules blindés et de l’artillerie au travers du monde est un projet coûteux, mais les Etats-Unis sont tout à fait disposés à en payer le prix, si cela les aide à atteindre leurs objectifs.

Et quels sont les objectifs de Washington?

Il est intéressant de noter que même les analystes politiques situés à l’extrême droite semblent d’accord sur ce point. Voyez par exemple cette citation du PDG de STRATFOR, George Friedman telle qu’il l’a résumée dans une récente présentation au Conseil des Affaires Étrangère de Chicago :

« L’intérêt primordial des Etats-Unis, pour lequel pendant des siècles nous avons fait la guerre – la Première, la Deuxième, et la Guerre froide – a été la relation entre l’Allemagne et la Russie, parce que unies, ce sont les seules forces qui peuvent nous menacer. De façon à s’assurer que cela ne se produise pas … » [2]

Bingo. L’Ukraine n’a rien à voir avec la souveraineté, la démocratie ou la (prétendue) l’agression russe. Tout cela n’est que de la propagande. C’est une question de pouvoir. Il s’agit de l’expansion impériale. Il s’agit de sphères d’influence. Il s’agit de conjurer l’irréversible déclin économique. Tout cela fait partie du monde géopolitique de la terre brûlée où on ne fait pas-de-prisonniers dans lequel nous vivons, basé sur les rapports de force, et non pas du faux Disneyworld créé par les médias occidentaux. Le Département d’Etat US et la CIA ont renversé le gouvernement élu d’Ukraine et ont ordonné à la nouvelle junte de lancer une guerre désespérée d’extermination à l’encontre de son propre peuple, à l’Est, parce qu’ils estimaient qu’ils n’avaient pas d’autre option. Si le plan ambitieux de Poutine visant à créer une zone de libre-échange entre Lisbonne à Vladivostok était allé de l’avant, où en seraient les Etats-Unis ? Dehors dans le froid, c’est là qu’ils seraient. Les Etats-Unis allaient devenir une île isolée d’importance déclinante dont les énormes déficits de la balance commerciale et le niveau stratosphérique de la dette nationale auraient pavé la voie à une brutale restructuration, à un déclin du niveau de vie, à une inflation galopante et à un essor de l’agitation sociale. Peut-on vraiment croire que Washington aurait laissé cela arriver, alors qu’il dispose d’une « rutilante » machine de guerre d’un billion de dollars?

Diable, non. En outre, Washington estime qu’il a un droit historique à régner sur le monde ; c’est bien ce à quoi il faut s’attendre quand le sentiment de puissance et d’orgueil atteignent leur phase terminale. Voyez par exemple cet extrait d’un article de l’économiste Jack Rasmus publié par CounterPunch :

« Derrière les sanctions, l’objectif des Etats-Unis est que la Russie quitte l’orbite économique européenne. L’Europe était en train de devenir trop intégrée et dépendante de la Russie. Il s’agissait non seulement du gaz et des matières premières, mais aussi des relations commerciales et des flux de capitaux qui allaient s’approfondissant sur de nombreux fronts entre la Russie et l’Europe, avant que la crise ukrainienne ne fournisse le prétexte à l’introduction de sanctions.

L’intégration économique croissante de la Russie avec l’Europe menace à long terme les intérêts économiques des capitalistes étasuniens. Stratégiquement, le coup d’Etat précipité des Etats-Unis en Ukraine peut être vu, par conséquent, comme un moyen de provoquer une intervention militaire russe, ce qui est l’événement nécessaire afin d’approfondir et d’élargir les sanctions économiques qui permettraient finalement d’en finir avec la croissance des relations économiques entre l’Europe et la Russie sur le long terme. Ce qui permettrait non seulement de garantir aux USA que leurs intérêts économiques en Europe demeurent dominants, mais également d’ouvrir de nouvelles perspectives de profit pour les intérêts étasuniens en Europe et aussi en Ukraine…

Quand les règles du jeu de la concurrence entre les capitalistes se brisent totalement, le résultat, c’est la guerre – qui est la forme ultime de la concurrence capitaliste. » [3]

Voyez-vous? Les analystes de droite et de gauche sont d’accord. L’Ukraine n’a rien à voir avec la souveraineté, la démocratie ou l’agression russe. C’est le vieux plan du coupe-gorge géopolitique, où le dernier homme qui reste debout, l’emporte.

Les États-Unis ne peuvent pas permettre à la Russie de récolter les bénéfices de ses vastes ressources. Oh, non. Elle doit être châtiée, elle doit être brutalisée, elle doit être sanctionnée, isolée, menacée et intimidée. C’est comme ça que le système fonctionne. Le truc du marché libre, c’est juste des bobards pour le petit peuple.

La Russie va devoir faire face à des guerres chaotiques et fratricides sur ses frontières et à des « révolutions colorées » turbulentes dans sa capitale. Elle devra résister à des représailles de la part de ses partenaires commerciaux, à des attaques sur sa monnaie et à des complots pour la déposséder de ses recettes (pétrolières). Les Etats-Unis vont faire tout ce qui est en leur pouvoir pour envenimer les choses, diaboliser Poutine, pour retourner Bruxelles contre Moscou, pour saboter l’économie russe.

Diviser et régner, telle est la devise. Qu’ils se prennent tous à la gorge : les Sunnites contre les Chiites, une ethnie ukrainienne contre une autre, les Russes contre les Européens. C’est le plan de Washington, et c’est un plan qui n’échoue jamais.

Les éminences grises étasuniennes sont convaincues que la récession économique aux USA ne peut être arrêtée qu’en revendiquant l’Asie Centrale, en démembrant la Russie, en encerclant la Chine, et en détruisant tous les plans d’intégration économique entre l’UE et l’Asie. Washington est déterminé à l’emporter dans ce conflit existentiel, à affirmer son contrôle hégémonique sur les deux continents, pour conserver sa position en tant que seule superpuissance dans ce monde.

Seule la Russie peut en empêcher les États-Unis et nous pensons qu’elle le fera.

 

Notes :

[1] Western Financial System Is Driving It to War, (19.02.2015)

[2] https://www.youtube.com/watch?v=oaL5wCY99l8 (Temps de 1:40 à 1:57)

[3] http://www.counterpunch.org/2015/03/13/the-global-currency-wars/

URL de cet article : http://arretsurinfo.ch/seul-moscou-peut-les-arreter/

Campagne occidentale anti-russe: La tentative de révisionnisme propagandiste historique des états membres de l’OTAN…

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Pour l’occident en déconfiture, c’est le zéro absolu de la nullité dans un élan collectif oscillant entre le ridicule et l’abject.

¡Ya Basta!

— Résistance 71 —

 

La tentative des néoconservateurs américains de réviser l’histoire de la seconde guerre mondiale

 

Wayne Madsen

 

26 Mars 2015

 

url de l’article:

http://www.voltairenet.org/article187158.html

 

Depuis l’effondrement de l’Union soviétique, les États-Unis placent leurs anciens collaborateurs nazis au pouvoir en Europe de l’Est. Simultanément, Washington tente de priver l’actuelle Fédération de Russie de son mythe national en remettant en question son rôle durant la Seconde Guerre mondiale. De la sorte, les États-Unis entendent à la fois détruire la zone d’influence russe et l’identité russe elle-même. Cette opération se fait au prix d’une réécriture de l’Histoire et d’une réhabilitation du nazisme.

Après la chute de l’Union soviétique, l’ancien président des États-Unis et un jour combattant de la Guerre froide, a consacré les quelques années qui lui restaient à vivre à veiller à ce que la Russie prenne sa place dans la communauté internationale. Nixon a conseillé Bill Clinton, alors président, sur la bonne manière de traiter avec la Fédération de Russie, l’État reconnu à l’échelle internationale qui avait succédé à l’Union des Républiques socialistes soviétiques.

Une chose que Nixon n’aurait jamais tolérée est la tendance conservatrice actuelle à dénier à la Russie un rôle majeur dans la Seconde Guerre mondiale —connue en Russie comme la « Grande guerre patriotique »— et dans la victoire des alliés sur l’Allemagne nazie. Les dirigeants actuels des États-Unis et leurs compagnons de route en Grande-Bretagne, en Europe de l’Est et dans d’autres pays se feraient admonester par Nixon pour leur refus de participer à la cérémonie annuelle du 9 mai, ou « Jour de la victoire », à Moscou.

Nixon, qui avait critiqué l’administration de George H. W. Bush pour l’aide pathétiquement inadéquate fournie à la Russie après l’effondrement de l’Union soviétique, aurait peu de temps à perdre avec les cercles politiques états-uniens qui veulent maintenant faire dépérir la Russie et la mettre à genoux.

Parmi ceux qui font pression pour un renforcement des sanctions contre la Russie et ignorent son rôle significatif dans la victoire de la Seconde Guerre mondiale, il y a les fils et les filles des émigrés fascistes et nazis d’Europe de l’Est, qui sont arrivés au États-Unis au cours des années qui ont suivi la guerre, la plupart grâce à l’« Operation Paperclip » de la CIA [1], la CIA, afin d’échapper à des procès pour avoir soutenu la cause nazie dans leurs pays d’origine. Ces émigrés ont contribué à former divers groupes d’extrême-droite qui tournaient autour des « Nations captives », l’organisation fédératrice encouragée par l’administration Eisenhower et celles qui lui ont succédé. De cette constellation d’organisations fascistes a émergé le sioniste ukraino-américain Lev Dobriansky et sa fille, ancienne responsable au Département d’État de George W. Bush, Paula Dobriansky, ainsi que l’ancien soutien de la Gestapo allemande en Hongrie, Gyorgy Schwartz, qui s’est plus tard baptisé lui-même George Soros [2]. Aujourd’hui, on trouve leur progéniture idéologique dans les gouvernements de toute l’Europe centrale et de l’Est.

Les groupes gravitant autour des milieux émigrés aux États-Unis, par exemple la Fondation Heritage [3], l’American Enterprise Institute (AEI) [4] et la Brookings Institution [5], tout comme Human Rights Watch fondé par George Soros, poussent à une réécriture de l’histoire après la guerre. Il semble que beaucoup de ces groupes néocons et historiquement révisionnistes préféreraient des commémorations affligées de la défaite des régimes fantoches nazis dans les pays baltes, l’Ukraine, la Biélorussie et la Moldavie plutôt que de reconnaître la victoire de l’Union soviétique sur le nazisme.

Les marionnettes de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) dans divers pays de l’Europe centrale et de l’Est sont impliquées dans une guerre de propagande contre la Russie visant à assurer que la célébration du 9 mai à Moscou ne rassemble qu’une maigre participation internationale officielle. Les effets de cette guerre de la propagande sont perceptibles dans la récente déclaration du général tchèque Andor Šándor, le commandant du Renseignement militaire tchèque, qui a pris sa retraite en 2002, en se plaignant de l’espionnage à large échelle des Russes à Prague. Cette histoire a fuité dans le but d’exercer une nouvelle pression sur le président tchèque Milos Zeman, qui avait dit qu’il ignorerait un prétendu consensus de l’Otan pour boycotter les célébrations du 9 mai, et s’est envolé pour Moscou. L’opposition tchèque a déjà annoncé qu’elle essayerait de faire revenir le parlement sur le financement du voyage de Zeman à Moscou. Prague est, par nature, un point sensible dans les relations de la Russie avec l’Ouest. La République tchèque refuse toujours d’autoriser les troupes de l’Otan à se baser sur son sol, même si Prague continue à héberger des activités anti-russes comme Radio Free Europe/Radio Liberty et diverses organisations non gouvernementales (ONG) soutenues par Soros. Les interlocuteurs de Soros au Parlement européen exercent aussi des pressions sur le président serbe Tomislav Nikolic pour qu’il annule ses projets d’aller à Moscou mettant en jeu l’adhésion de la Serbie à l’Union européenne.

Trois anciens ambassadeurs états-uniens en Ukraine, Steven Pifer, John Herbst, et William Taylor, ont exhorté de manière scandaleuse les dirigeants occidentaux comme le Premier ministre britannique David Cameron, le président français Francois Hollande, et la chancelière allemande Angela Merkel (elle devrait s’envoler pour Moscou le 10 mai pour y déposer une gerbe lors d’une cérémonie) —qui ont annoncé leur décision de boycotter la cérémonie du 9 mai et la parade militaire à Moscou— à assister à la place à une célébration du « Jour de la victoire » en Europe à Kiev. Ces trois larbins ont écrit dans une tribune libre dans le Los Angeles Times que « même si les présidents Clinton et George W. Bush s’étaient rendus à Moscou en 1995 et en 2005 pour d’autres anniversaires de la Victoire », le président Barack Obama ne célébrerait pas l’événement à Moscou, mais à Kiev [6]. Les ambassadeurs refusent de reconnaître que si les dirigeants occidentaux devaient observer cette célébration à Kiev, ils se tiendraient aux côtés de néo-nazis et de paléo-nazis de toutes obédiences, y compris des partisans d’Adolf Hitler et du chef nazi ukrainien et membre de la SS allemande, Stepan Bandera.

Les trois ex-ambassadeurs US, Pifer, Herbst, et Taylor sont loin d’être les seuls à appeler à ce que le sacrifice de 27 millions de citoyens soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale soit célébré dans une ville où les néo-nazis et les mercenaires skinheads de toute l’Europe jouissent du pouvoir politique et militaire. Pifer travaille pour la Brookings Institution, un centre important de l’actuelle agit-prop anti-russe, tandis que Herbst était un entremetteur militant au soutien de l’Agence pour le développement international (USAID), de la CIA et des médias grand public pro-occidentaux en Ukraine pour la révolution orange à Kiev. Taylor, en tant que coordinateur en chef de l’aide gouvernementale états-unienne à l’ancienne Union soviétique et à l’Europe de l’Est, a travaillé étroitement avec l’organisation de Soros et le National Endowment for Democracy (NED) [« La NED, vitrine légale de la CIA », par Thierry Meyssan, Оdnako (Russie), Réseau Voltaire, 6 octobre 2010.]] pour récolter des fonds au profit de groupes d’extrême-droite pro-américains dans la région.

Tandis qu’Obama et ses amis dans l’Otan ne seront pas à Moscou, le Premier ministre grec Alexis Tsipras, qui a demandé des réparations de guerre à l’Allemagne pour son pays, dédaignera le boycott de l’Otan et se joindra à Zeman pour assister à la cérémonie sur la place Rouge. Les dirigeants de l’Islande, de la Norvège, des Pays-Bas, de la Slovaquie et de la Hongrie pourraient aussi rompre les rangs de l’Otan et s’envoler vers Moscou pour la cérémonie du 9 mai.

Dans ce qui ne peut qu’être considéré comme un camouflet diplomatique pour le régime de Kiev et ses soutiens occidentaux, les dirigeants des Républiques populaires de Donetsk et Lugansk, en Ukraine de l’Est, seront présents sur la place Rouge, aux mêmes tribunes que les dirigeants de 30 autres pays, dont la Chine, l’Inde, la Serbie, la Macédoine, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, l’Égypte et l’Afrique du Sud, une situation qui conférera un semblant de reconnaissance de facto de leur statut. En plus, les dirigeants des républiques d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie devraient aussi être présents, ce qui constitue une défaite diplomatique pour les autorités de Géorgie, qui voient ces républiques comme parties intégrantes de leur État.

Pendant ce temps, tandis qu’ils appellent à boycotter le « Jour de la victoire » le 9 mai à Moscou, les dirigeants des États baltes sont les hôtes de diverses commémorations nazies dans leurs capitales. La présidente de la Lituanie, Dalia Grybauskaitė, une diplômée du Foreign Service School [département de politique étrangère, NdT] de l’université Georgetown à Washington, un des terrains de recrutement favoris de la CIA, ne fait rien pour empêcher les cérémonies annuelles devant la tombe de la marionnette nazie lituanienne et constructeur de camps de concentration Juozas Ambrazevicius Brazaitis, dont le corps a été rapatrié il y a quelques années de Putnam, au Connecticut, en Lituanie, et ré-inhumé à Kaunas avec tous les honneurs militaires. Le président d’Estonie, Toomas Hendrik Ilves, un ancien chef du bureau estonien de Radio Free Europe, financée par la CIA, a soutenu la décision du gouvernement estonien en 2007 de déplacer une statue soviétique de la victoire de Talinn vers une base militaire à la périphérie de la ville, où elle siège dorénavant tout près du centre de cyberguerre de l’Otan. Pendant que les dirigeants de Lettonie rejoignaient leurs partenaires baltes dans la compétition pour le boycott de la cérémonie de Moscou, des vétérans et des partisans de la Légion lettone, Division de la Waffen SS allemande pendant la guerre, paradaient fièrement dans les rues de Riga lors d’une cérémonie organisée chaque année depuis 1991 [7]. Le président letton Andris Bērziņš n’a rien fait pour contrecarrer la cérémonie nazie en Lettonie, bien qu’il trouve abominable qu’un dirigeant occidental reconnaisse le rôle de la Russie en célébrant le jour de la victoire sur Hitler. Bērziņš a été longtemps associé à la Stockholms Enskilda Bank, propriété de la famille suédoise Wallenberg, accusée de collaboration avec l’Allemagne nazie pendant la guerre, ce qui lui vaut une place sur une liste de blocus du gouvernement états-unien.

Donald Tusk, président du Conseil européen, et le président de la Pologne Bronislaw Komorowski ont rejoint leurs amis baltes pour essayer de revoir le rôle de la Russie dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Le ministre polonais des Affaires étrangères Grzegorz Schetyna a tenté de ré-écrire l’histoire en affirmant que ce sont les Ukrainiens, et non les Russes, qui ont libéré Auschwitz. Le ministre russe des Affaires étrangères a répondu à Schetyna en lui disant que « chacun sait qu’Auschwitz a été libéré par l’Armée rouge, dans laquelle toutes les nationalités ont héroïquement servi », ajoutant que la Pologne « dénaturait » l’Histoire.

Se livrer à une parodie de l’Histoire, c’est exactement ce que font les dirigeants de l’Otan en exerçant des pressions sur les dirigeants de pays qui vont de la Corée du Sud et du Japon à la Bulgarie et à l’Autriche pour qu’ils n’envoient pas de représentants officiels à Moscou.

Cette action rappelle vraiment le boycott des jeux Olympiques d’été de Moscou, en 1980, lancé sous l’égide des États-Unis et diplomatiquement immature ; un choix réputé pour avoir causé plus de tort à long terme au mouvement olympique qu’un dommage à court terme à l’URSS.

 

[1] « « Operation Paperclip » : des V2 à la Lune », Réseau Voltaire, 24 août 2004.

[2] « George Soros, spéculateur et philanthrope », Réseau Voltaire, 15 janvier 2004.

[3] « Le prêt-à-penser de la Fondation Heritage », Réseau Voltaire, 8 juin 2004.

[4] « L’Institut américain de l’entreprise à la Maison-Blanche », Réseau Voltaire, 21 juin 2004.

[5] « La Brookings Institution, think tank des bons sentiments », Réseau Voltaire, 30 juin 2004.

[6] “Kiev, not Moscow, should be the choice for marking V-E Day”, Steven Pifer, John Herbst & William Taylor, Los Angeles Times, March 16, 2015.

[7] « La présidente de la Lettonie réhabilite le nazisme », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 16 mars 2005.

L’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord prépare activement la guerre avec la Russie en Europe…

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Nous le disons dès que nous en avons l’opportunité: Il faut toujours écouter ce qu’a à dire Leonid Ivashov, l’ancien chef d’état major de l’armée russe au moment des attentats du 11 septembre 2001.

Une fois de plus il est pile poil sur le coup. Tout ceci va sans doute amener la « bombe de la vérité » sur le 11 septembre. Ivashov aura t’il l’honneur de la lâcher, ce serait mérité pour lui qui sait depuis tant d’années et « ronge son frein » patiemment en silence (forcé).

— Résistance 71 —

 

L’OTAN se prépare à la guerre avec la Russie en Europe

Général russe: Nous sommes en guerre

 

Kurt Nimmo

 

19 février 2015

 

url de l’article original:

http://www.infowars.com/nato-prepares-for-war-with-russia-in-europe/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le magazine “Stars and Stripes” (NdT: Le mag de l’armée du pays du goulag levant) rapporte que le commandement terrestre de l’OTAN utilise des techniques employées contre les Talibans en Afghanistan pour préparer ses forces terrestres à une guerre contre la Russie en Europe.

Le magazine cite “l’agression russe en Ukraine et les préoccupations que cela soulève sur le côté sud de l’OTAN.” Il y est aussi dit que l’alliance met en place “des améliorations sur la promptitude et le temps de réponse”, elle a envoyé des évaluateurs de combat.

Le guide politique s’est aligné. La structure militaire est alignée et l’attention et l’énergie sont toutes alignées”, a dit au journal le Lt. Gen John W. Nicholson, commandant du commandement des forces terrestres de l’alliance (NdT: N’oublions jamais que les forces de l’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord, sont sous commandement américain…). “Ces menaces à la stabilité du monde qui nous entoure, spécifiquement à l’Est et au Sud, ont clairement donné de l’énergie au leadership politique et militaire de l’alliance afin de mettre en place ces améliorations de promptitude et de réponse nous concernant”.

Un nouveau plan très simple: Armer l’Ukraine

“Roll Call”, un journal couvrant les développements législatifs et politiques sur la colline du Capitole (NdT: Là où siège le congrès du pays du goulag levant), rapporte que “la sécurité en Europe demande un nouveau plan d’action: l’accélération des initiatives de modernisation des forces de l’OTAN en Europe de l’Est et immédiatement délivrer le surplus d’équipement de la guerre froide à l’Ukraine.

Benjamin Jensen, un universitaire en résidence a l’école de service international de l’American University et qui gère le programme d’études avancées pour le commandement du corps des Marines (USMC) et de son collège de cadres, écrit que “le prochain National Defense Authorization Act (NDAA) devrait inclure une procédure d’accélération de ventes d’armes aux pays étrangers comme les membres de l’OTAN de l’europe de l’Est. Ces pays ont besoin d’une forte garantie que les Etats-Unis sont impliqués et volontaires pour l’OTAN et désireux de suppléer à leurs stocks d’armes et de munitions qu’ils envoient pour défendre la souveraineté de l’Ukraine.

Pour l’establishment de la défense, la Russie est une menace aux états baltes

Jeudi, le secrétaire à la défense britannique, Michael Fallon a dit qu’il croit que la Russie représente “un danger actuel et immédiat” pour les états baltes de la Latvie, de la Lithuanie et de l’Estonie

Fallon a dit qu’il était impératif que l’OTAN soit préparée pour une agression de la part de la Russie “de quelque manière que ce soit”. Il a dit que la Russie utiliserait ce que le BBC décrit comme “des tactiques secrètes” pour minimiser la souveraineté des états baltes.

Le 24 février, l’OTAN va utiliser le jour de l’indépendance de l’Estonie pour faire parader des troupes à 300m de la frontière russe, une action que les Russes considèrent comme étant une provocation.

Pour un général russe: Nous sommes en guerre

Plus tôt ce mois-ci, le général russe Leonid Ivashov, l’ancien chef d’état major de l’armée russe (NdT: en fonction lors des attentats du 11 septembre 2001) et ancien chef des relations internationales du ministère de la défenee russe et actuel président de l’Académie d’Études Géopolitiques de la Russie, a dit que la Russie était en guerre avec l’OTAN et l’occident.

“Apparemment, les officiels de l’UE et le ministre des affaires étrangères américain John Kerry se sont dédiés, et continuent à se dédier, à étudier de près et profondément la doctrine du Dr Goebbels… Ils présentent tout ce qui se passe à l’opposé de la réalité. Ceci constituait une des formules par laquelle la propagande nazie fut employée avec le plus de succès… Ils accusent la partie qui se défend d’agression. Ce à quoi nous assistons en Syrie et en Ukraine est un projet occidental, un nouveau type de guerre: dans les deux endroits vous voyez une approche anti-russe très claire et comme cela est bien connu, les guerres aujourd’hui, commencent toujours avec des opérations de guerre psychologique et d’information… J’assume que le ministère des affaires étrangères comprend bien que nous sommes en guerre,” a dit Ivashov.

Tyrannie globale et guerre mondiale: L’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord (OTAN) se réunit à Newport ces 4 et 5 Septembre pour décider de la guerre…

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L’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord (OTAN) n’a aucune raison d’exister, elle doit être abolie. Les peuples doivent forcer la fermeture de cette ignominie barbare d’un autre temps. Les armées de l’OTAN régulières ou secrètes (Gladio, Al Qaïda, EIIL/EI etc…) sont des armées de racketeurs faites pour piller le monde et générer le chaos constructeur de tyrannie pour l’oligarchie.

Mort à l’OTAN ! Le temps des peuples arrive !

— Résistance 71 —

 

Sommet de l’OTAN la guerre ou la paix ?

 

Jim Dean

 

1er Septembre 2014

 

url de l’article:

http://www.veteranstoday.com/2014/09/03/nato-summit-war-or-peace/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les citoyens du monde viennent à Newport, Pays de Galles. Le siège commence. 25 km de barrière en mailles métalliques d’acier renforcé de 5m de haut pour contrôler les foules, 20 000 membres de milices armés jusqu’aux dents en uniformes sombres ont commencé à arriver chaque jour. Les plans de défense militaire ont été finalisés. Déjà l’adrénaline est dans l’air. Un combat se profile… Sommes-nous à Gaza ?

Non, c’est le sommet de l’OTAN. Vous, vous droits civiques, votre quête pour la paix et vos demandes de retour à une vraie démocratie et la poursuite du bonheur, n’êtes pas les bienvenus ici. Vous n’avez aucune importance ! Jeudi et Vendredi 4 et 5 septembre 2014, le combat va commencer. Un combat du choix. Un choix entre la guerre ou la paix. qu’en dites-vous ? Qu’en dit le monde ? Moi je dis: “Bougez vos fesses à Newport !”

On dirait que le monde entier est en guerre. A travers la majorité de la planète, des horreurs ont été amenées souvent dans des endroits distants et paisibles, le tout par la veulerie d’un empire qui n’a plus de limites. Sa quête incessante pour le profit a dénudé les ressources et les âmes de nations innocentes. La barbarie et l’inhumanité ont été forcées sur le monde qui va inscrire ces ordures dans l’histoire. La condition naturelle humaine de résistance, résistance à l’oppression et la terreur, arrive à Newport.

En préparation de cette manifestation de masse, l’empre totalitaire en pleine expansion positionne des armes et de la logistique de combat qui sont la vitrine des méthodes et armes modernes de terreur, qui feraient pâlir d’envie les Hitler, Staline et Pol Pot. Le perpétrateur de cette tyrannie croissante porte un nom: l’OTAN (NdT: qui comme chacun sait depuis longtemps veut dire Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord).

_________________________

Nous sommes l’ennemi

La foule semble avoir un message du tout ou rien. Alors que les citoyens triment sous les mesures d’austérité dont les gouvernements les gavent, ces mêmes gouvernements approuvent encore et toujours plus de budgets pour la guerre. Ce ne sont pas des guerres pour la liberté et l’argent de cette guerre n’est pas dépensé pour des causes humanitaires (NdT: comme si une guerre pouvait être “humanitaire”…) La guerre aujourd’hui est oppressive. L’oppression de la civilisation, l’oppression de l’Homme. Ici dans les rues de Newport, au nord de Cardiff, les leaders de l’OTAN se cachent derrière des fortifications et des murs de pierres au château de Cardiff et au Manoir Celte.

Ce journaliste qui écrit a été le témoin de cette attitude auparavant à la Convention Nationale du Parti Démocrate de Charlotte en Caroline du Nord et au sommet de l’OTAN à Chicago en 2012.

Les puissants, riches et arrogants sont là pour montrer leur omnipotence croissante et pour envoyer un message au monde en pleine paupérisation: “Nous sommes vos maîtres et toute résistance est futile !”

Heureusemet pour le reste du monde civilisé, l’histoire et la véritable nature de la condition humaine ont montré que ceci est une proposition foireuse, vouée à l’échec. C’est pourquoi les humains se rendent en masse à Newport…

Ukraine, Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord et guerre du gaz…

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Ne jamais oublier… OTAN = Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord

Tout est dit !…

— Résistance 71 —

 

Dans le conflit ukrainien, on peut observer la relation entre le pétrole, le gaz et l’OTAN dans toute sa splendeur

 

Interview de Daniele Ganser

 

21 Août 2014

 

url de l’article:

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article4924

 

Selon Daniele Ganser, spécialiste dans le domaine de l’OTAN, nous assistons en Ukraine à la prochaine étape de l’extension de cet organisme. L’Allemagne devrait suivre le pas parce que les Américains disposent du commandement en chef et veulent empêcher la naissance d’un nouvel axe Moscou-Berlin. Les USA dressent à cette fin les Etats européens les uns contre les autres – afin de continuer à les contrôler.
L’OTAN est la plus grande et la plus puissante alliance militaire depuis nombre d’années. Les « Deutsche Wirtschafts Nachrichten » ont parlé avec l’historien et le spécialiste en matière de l’OTAN, Daniele Ganser à propos de la structure de celle-ci, du rôle de l’Allemagne dans l’organisation, de son influence dans l’UE et de son implication dans le conflit de l’Ukraine.

Deutsche Wirtschafts Nachrichten : Le Danois Rasmussen démissionne bientôt en tant que Secrétaire général. Son successeur sera probablement le Norvégien Stoltenberg. Quelle est selon vous, l’influence des Européens au sein de l’OTAN ?

Daniele Ganser : Je pense que l’influence des Européens au sein de l’OTAN est petite, parce que celle-ci est menée par les USA. On le voit à travers le fait que les Européens peuvent toujours désigner le Secrétaire général et celui-ci apparaît très souvent dans les médias en Europe. C’est pourquoi, on a l’impression que le Secrétaire général est la personne la plus importante de l’OTAN. Toutefois, ce n’est pas vrai ! La personne encore beaucoup plus influente au sein de l’OTAN est le SACEUR (Commandant suprême des forces alliées en Europe) et c’est toujours un général américain. Ce commandement militaire est encore plus puissant que le poste officiel de Secrétaire général. L’ancien Président Nixon l’a formulé une fois de cette façon : « Le seul organisme international qui n’ait jamais fonctionné, c’est l’OTAN, tout simplement parce qu’il s’agit d’une alliance militaire et que nous étions aux commandes ».

Par quelles voies l’OTAN impose-t-elle ses intérêts à l’UE ?

L’OTAN a ses ambassadeurs dans tous les pays membres. Ce sont des ambassadeurs envoyés par chaque pays afin d’être informés des projets de l’OTAN dans les étapes suivantes. Les voies sont opérationnelles de telle façon que l’OTAN – et en premier les USA – disent : C’est comme ça et maintenant vous devez faire ça. Cela était ainsi en particuliers lors du 11-Septembre et de la Guerre contre l’Afghanistan. La plupart du temps, les Européens obéissent tout simplement. Ils n’ont jamais dit : Nous devons nous développer indépendamment. Une politique extérieure et de sécurité européenne commune ne fonctionne pas vraiment. On est toujours indécis : doit-on aller en Irak avec les Américains ? Les Anglais l’ont fait, pas les Français. Ou bien doit-on bombarder avec les Américains la Lybie, pays membre de l’OPEC ? Les Français l’ont fait, pas les Allemands. Les USA réussissent très bien à dresser les différents pays européens les uns contre les autres. En ce moment, on se sert de l’Allemagne contre la Russie, bien sûr pour des intérêts américains. C’est l’ancien système du « divide et impera » – « diviser pour régner ». Ce n’est pas dans l’objectif de Washington que l’UE et la Russie coopèrent et construisent un grand espace économique, disposant en plus des plus grandes réserves de pétrole et de gaz. Ce ne serait pas dans l’intérêt des Etats-Unis.

En raison du manque de transparence, il est difficile de savoir comment se présente le financement de l’OTAN en détail. Des députés néerlandais ont dû le constater récemment. Savez-vous quelque chose de concret à ce sujet ?

Non, parce que l’OTAN n’est effectivement pas une organisation transparente. Je partage cette frustration des députés néerlandais, parce que je me suis efforcé d’obtenir des informations sur les armées secrètes de l’OTAN. On a simplement ignoré mes questions et on ne m’a fait part de rien. Quelques personnes pensent que l’OTAN est une organisation démocratique et transparente. Cependant, ce n’est pas le cas. C’est une organisation militaire qui tente continuellement à garder ses secrets. Le budget du Pentagone est finalement pertinent pour le financement et il comprend environ 700 milliards de dollars par an ou deux milliards par jour. Alors la question est bien sûr de savoir si ici une journée du Pentagone équivaut à une journée de l’OTAN et comment on calcule cela. Mais ce sont des opérations comptables et on peut calculer cela de différentes manières.

Quel rôle joue l’OTAN dans le conflit en Ukraine ?

Mon avis est que la guerre en Ukraine est centrée autour de l’OTAN et du gaz naturel. L’OTAN a depuis 1990 entrepris un mouvement en direction de l’Est. La première étape a été de retirer en Allemagne la RDA au Pacte de Varsovie et de l’accueillir dans l’OTAN. Pour cela, on a eu besoin à cette époque de l’accord de Gorbatchev. C’est-à-dire que cette fusion entre la RFA et la RDA – qui est très précieuse et que je salue beaucoup – n’était possible qu’avec l’acceptation de la Russie, de la reprise de l’Allemagne réunie, par l’OTAN. Mais les Russes ont aussi affirmé leur refus d’une extension de l’OTAN. Et Gorbatchev a dit que l’OTAN le lui avait garanti.
Cependant, l’OTAN n’a pas tenu parole. L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont été accueillies dans l’OTAN, de même la Pologne, la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie, la Slovénie, la République Tchèque et la Slovaquie. Plus tard ont suivi encore l’Albanie et la Croatie. Si vous le considérez du point de vue russe, alors l’OTAN a rompu sa parole et maintenant, elle tente encore de prendre les éléments manquants – l’Ukraine et la Géorgie – et d’encercler ainsi la Russie. 
Dans les médias occidentaux, on dit toujours : les Russes sont complètement irrationnels et se comportent bizarrement. Mais en fait ils se comportent comme un joueur d’échecs qui déplacement après déplacement, perdent ici une tour, là un cavalier et là encore un pion. Les Russes se sentent harcelés. Et cette extension de l’OTAN n’est aucunement mentionnée par les médias occidentaux, pas même prise en compte. On peut communiquer ceci tout simplement en prenant une carte de l’OTAN en 1990 et une de 2014.

S’agit-il de la part de l’OTAN uniquement d’un encerclement militaire de la Russie ou bien en veut-elle aussi aux ressources de ce pays ?

C’est la même chose. L’Arabie Saoudite et la Russie se partagent la première place au niveau international quant à l’exploitation du pétrole. Les Russes produisent environ 10 millions de barils par jour. Les Saoudiens produisent également environ 10 millions de barils par jour. La Russie est au niveau de sa superficie le plus grand pays de la terre et dispose de très grandes réserves de gaz naturel. La lutte mondiale pour les réserves de pétrole et de gaz naturel est aussi une lutte contre la Russie. Poutine ne veut en aucun cas que l’Ukraine adhère à l’OTAN. Du point de vue russe, la chute de Ianoukovytch a été orchestrée par les services secrets occidentaux. Qu’on le voit ou non comme Poutine, cela ne joue aucun rôle. Mais pour lui, il est légitime de dire : quand l’hiver viendra, je pourrais aussi vous couper le gaz. Ou bien je peux dire : Vous me devez davantage d’argent pour le gaz. Cela veut dire que dans le conflit ukrainien on peut observer la relation entre le pétrole, le gaz et l’OTAN dans toute sa splendeur.

Quels sont les indices montrant que le coup d’Etat en Ukraine a été orchestré par les services secrets occidentaux ?

Ce que nous savons jusqu’à présent est que 2014 est l’année de la destitution de Ianoukovytch et de l’installation au pouvoir de Poro­schenko. C’est un fait. Et si l’on observe un peu de plus près, alors on voit les finesses. Quand est-il destitué ? Il est renversé en février 2014. Et maintenant, on en vient au nœud du débat, c’est-à-dire à l’aggravation des protestations par les tireurs d’élite de Maïdan. Il est intéressant de constater : les tireurs d’élite – selon les informations en ma possession – tiraient aussi bien sur les manifestants que sur les policiers. Cela est très inhabituel. Ici, on peut très bien penser que c’était une action des services secrets pour précipiter l’Ukraine dans le chaos. Ce que nous avons ici comme indice, c’est l’entretien téléphonique entre Urmas Paet, ministre des Affaires étrangères de l’Estonie et Catherine Ashton, Haute représentante des Affaires étrangères de l’UE. Dans cet entretien, il est question que derrière les tireurs d’élite de Maïdan ne se cache pas Ianoukovytch, mais quelqu’un de la nouvelle coalition. Celle-ci est le groupe autour de Klitschko, Jazenjuk et Poroschenko, qui est arrivé au pouvoir après le coup d’Etat.
S’il s’avère que Poroschenko est venu au pouvoir grâce aux tireurs d’élite, alors nous avons donc affaire avec un putsch du gouvernement sans nous en apercevoir. Cela allait si vite que l’on doit vraiment avouer : nous sommes trop bêtes pour le comprendre réellement. Il se peut que Poutine soit moins stupide et ait vu ceci correctement. Je ne veux pas dire que l’on doit croire Poutine aveuglément, car lui aussi possède son agenda. La question à laquelle nous devons répondre dans l’histoire économique et aussi dans l’histoire contemporaine : s’agit-il d’un évènement comme en 1953 lorsque la CIA, le service secret américain, et le MI6, le service secret britannique ont renversé le gouvernement de Mossadegh en Iran, parce qu’il voulait nationaliser le pétrole ? A l’époque, on a déguisé des agents en terroristes, qui ont commis des attentats et ainsi déclenché un chaos dans tout le pays. On appelle cela la « stratégie de la tension », donc on crée volontairement un chaos et des tensions pour renverser de cette manière un gouvernement, cela fonctionne, c’est prouvé historiquement.

Les derniers mois, l’OTAN a intensifié les manœuvres. A la suite d’un manœuvre de l’OTAN dans plusieurs Etats européens la sécurité aérienne est même tombée en panne. Est-ce qu’il s’agit là seulement de présence militaire ou est-ce qu’il y a d’autres raisons pour les mouvements des troupes ?

Que ce soit du côté de la Russie ou de l’OTAN je ne peux qu’affirmer qu’il y ait une augmentation de la présence militaire. Mais contrairement à l’opinion de beaucoup de commentateurs, je pense que nous ne nous trouvons pas au bord de la troisième guerre mondiale comme au temps de la crise de Cuba en 1962. Pourtant, nous sommes dans un climat de méfiance. Moscou et Washington se méfient l’un de l’autre, et Berlin est coincé entre les deux.

En Allemagne se trouvent plusieurs bases militaires de l’OTAN, dont la base aérienne américaine Ramstein et le centre de commandement Africom à Stuttgart. Quel est le rôle actuel et futur de l’Allemagne dans la stratégie de l’OTAN ?

L’Allemagne est dans l’OTAN une jeune associée parce que les USA commandent l’OTAN. Du point de vue des USA, l’Allemagne est un pays occupé. Certes, cela fait mal en lisant cela en tant que lecteur allemand, mais c’est la situation actuelle. Les Etats-Unis ont des bases militaires en Allemagne et le téléphone mobile de la chancelière Merkel est mis sur écoute par le service secret militaire américain NSA. Et lorsque les Américains disent : nous partons vers l’Hindou Kouch, les soldats allemands doivent s’y rendre et abattre les Afghans bien qu’ils n’aient jamais eu de problèmes avec eux auparavant. Cela veut dire que malheureusement l’Allemagne a pris la position d’un vassal. Et on a de la peine en Allemagne à se libérer de cette position. 
La raison est toute simple : les USA sont l’empire. Un empire se distingue toujours par le fait qu’il est la plus grande économie nationale du monde, mesuré au PIB. Ce sont les USA. Il a le plus grand nombre de porte-avions et la force aérienne la plus puissante quant au nombre, au type et à la modernité. Ce sont également les USA. Il détient la monnaie de réserve mondiale. C’est le dollar, donc encore une fois les USA. Et finalement, les USA disposent du plus grand nombre de bases militaires dans le monde, donc pas seulement à Guantànamo, à Diego Garcia et en Afghanistan, mais aussi à Ramstein etc. Ce qui importe en outre : l’empire domine les médias et veille à ce qu’ils informent de manière bienveillante. Voilà donc la position de l’Allemagne : elle se trouve dans une position inférieure dans l’empire américain, et la plupart des médias allemands n’osent pas parler ouvertement de ce fait. La Suisse n’est d’ailleurs pas mieux lotie se trouvant également sous la pression de l’empire US, mais au moins nous ne sommes pas membre de l’OTAN et nous n’avons pas non plus de bases militaires américaines – nous les Suisses ne voulons pas de cela.

En revanche, la Suisse est, tout comme la Finlande, membre d’un stade préliminaire de l’OTAN …

… du « Partnership for Peace », c’est vrai. C’est vivement critiqué en Suisse, et à juste titre, car nous ne voulons en aucun cas devenir membre de l’OTAN. Cela veut dire que certains politiciens le veulent bien, mais pas la population suisse. Lors d’une votation le Non emporterait largement, car les citoyens suisses rejettent les guerres d’agression de l’OTAN. L’opinion publique par rapport aux Etats-Unis a tourné en mal ces dernières années. 
Les USA apparaissent comme des menteurs parce qu’ils mènent dans le monde entier des guerres économiques. Ils ont écouté les transferts de données du monde – surtout les données SWIFT – à l’aide du service secret américain NSA et abusent de ces données au détriment des banques suisses UBS et Credit Suisse. Ils dénigrent les Suisses parce que des banques suisses ont aidé en effet des citoyens américains à frauder le fisc ce qui n’était pas juste. Mais en même temps les Suisses observent avec étonnement que la fraude fiscale aux USA – soit en Delaware soit en Angleterre, par des trusts – est toujours possible. C’est pourquoi les Suisses ne comprennent pas que les USA jouent aux redresseurs de torts contre la fraude fiscale tout en négligeant les failles dans leur propre pays. C’est pourquoi l’opinion publique est ici de plus en plus anti-américaine.

Le 11-Septembre 2001 joue aussi un rôle-clé par rapport à l’OTAN car à ce moment-là la clause de défense mutuelle d’après l’article 5 est entrée en vigueur. Est-ce que la clause de défense mutuelle est toujours en vigueur ?

C’est une question intéressante. On devrait la poser à l’OTAN. Après le 11-Septembre, il y eu un large débat là-dessus. En tout cas, la clause de défense mutuelle a été proclamée après le 11-Septembre, cela c’est clair. Les Américains sont venus en Europe et ont dit : c’était comme cela, et maintenant on y va dans l’Hindou Kouch. Puis 9/11 était une histoire fixe qu’on pouvait avaler ou pas. En outre, c’était le premier cas de défense mutuelle de l’OTAN dans l’histoire. Là aussi, le rôle de l’empire se manifeste. La plus importante souveraineté d’interprétation dont l’empire dispose est d’interpréter lui-même chaque événement historique. Les attentats du 11-Septembre sont contestés parmi les historiens – ils existent différents avis à ce sujet. Mais dès qu’un historien ne lève la tête qu’un tout petit peu, il est hué comme théoricien conspirateur. Et cela signifie que nous n’avons pas le droit de dire : attention, lors de la mise en vigeur de l’article 5, certaines questions se posent. L’OTAN ne veut pas en parler. Elle ne veut pas de débats critiques au sujet du 11-Septembre et de l’Opération Gladio. Elle essaie simplement de supprimer ces sujets. Mais je crois, qu’elle n’y arrivera pas à long terme parce que nous vivons à l’époque de l’information. Les gens sont de plus en plus en mesure de s’acquérir différentes perspectives par rapport à un thème, et ça c’est bien.

• •

Daniele Ganser est historien et chercheur dans le domaine de la paix. Il analyse les thèmes de l’énergie, de la guerre et de la paix d’une perspective géopolitique. Il met l’accent sur l’histoire internationale contemporaine depuis 1945, les services secrets, les unités spéciales, la stratégie de guerre secrète et la géostratégie ainsi que le pic pétrolier et des guerres de ressources. Son livre « Nato-Geheimarmeen in Europa – Inszenierter Terror und verdeckte Kriegsführung » a été publié en 2005 (« Les Armées secrètes de l’OTAN – Réseaux Stay Behind, Gladio et Terrorisme en Europe de l’Ouest » a été publié en 2011) et traduit en dix langues.

Source : Deutsche Wirtschafts Nachrichten DWN du 29/7/2014 (http://deutsche-wirtschafts-nachrichten.de/2014/07/14/nato-experte-aus-sicht-der-usa-ist-deutschland-ein-besetztes-land/)
(Traduction Horizons et débats)
Horizons et debats > 2014 > N° 19, août 2014

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Daniel Ganser sur Résistance 71:

https://resistance71.wordpress.com/2014/05/18/la-strategie-de-la-tension-et-le-terrorisme-detat-ou-quand-lhistoire-prouve-letat-terroriste/

Article connexe sur l’OTAN:

https://resistance71.wordpress.com/2012/11/03/nouvel-ordre-mondial-lorganisation-terroriste-de-latlantique-nord-et-son-ideologie-totalitaire-ruine-le-monde/

L’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord ou le besoin de la guerre pour exister.. et engranger les milliards

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Le gros problèmes des banquiers faiseurs de guerre depuis au moins les guerres napoléonniennes est aujourd’hui le suivant: Comment déclencher une guerre mondiale si bénéfique et juteuse pour certains intérêts privés tout en remplissant la mission fixée de toujours tuer le plus de gens possible, tout en évitant une guerre thermo-nucléaire qui signifierait la fin de l’humanité et donc également des oligarques, dont les familles seraient réduites à vivre comme les rats qu’ils sont, dans leurs bunkers anti-nucléaires pour… le milliard d’années à venir !… Pas glop quand même comme perspective d’avenir ! Le bon côté des radiations est qu’elles ne font aucune différence entre la valeur des comptes en banque lorsqu’elles touchent…

— Résistance 71 —

 

Ukraine l’OTAN veut la guerre à tout prix

 

Pepe Escobar

 

10 Août 2014

 

url de l’article en français:

http://french.irib.ir/analyses/commentaires/item/336519-ukraine-l’otan-veut-la-guerre-à-tout-prix

 

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord est prête à tout :

ça lui démange de faire la guerre à tout prix sur le champ de bataille ukrainien.

Commençons par le commandant suprême du Pentagone, le ministre de la Défense américain Chuck Hagel, qui s’est fait lyrique à propos de la « menace » de l’ours russe : « Lorsque l’on voit le rassemblement de troupes russes et la sophistication de ces troupes, l’entraînement de ces troupes, l’équipement militaire lourd qui est positionné le long de cette frontière, c’est bien sûr une réalité, c’est une menace, c’est une possibilité – absolument ».

La porte-parole de l’Otan, Oana Lungescu, n’est pas parvenue à préciser si c’était une « menace » ou une « réalité », absolument ou pas, mais elle a tout vu : « Nous n’allons pas jouer aux devinettes sur ce que la Russie à en tête, mais nous pouvons voir ce que la Russie fait sur terrain – et c’est très inquiétant. La Russie a amassé environ 20.000 soldats prêts au combat à la frontière orientale de l’Ukraine ».

Dans un langage caractéristique d’une précision redoutable, Lungescu a ensuite ajouté que la Russie enverrait « très probablement » des troupes en Ukraine de l’Est sous couvert d’une « mission humanitaire ou de maintien de la paix ». Et l’affaire était réglée.

Hagel et sa sous-fifre roumaine contrôlée à distance, Lungescu, n’ont de toute évidence pas lu cet article [en anglais] ou tout simplement ignoré l’explication détaillée donnée par le porte-parole de l’armée de l’air russe : il se trouve que cette « menace » ou ce « rassemblement » expire ce vendredi, le dernier jour des exercices militaires annoncés à l’avance.

Fogh Anders Rasmussen, alias « Fogh of War » (brouillard de guerre) [1]

« Brouillard de guerre » devient nerveux

Juste au bon moment, le secrétaire général de l’OTAN, Fogh Anders Rasmussen, est arrivé à Kiev écumant d’une rage guerrière, prêt à jeter les fondations du sommet de l’OTAN, qui se tiendra le 4 septembre au Pays de Galles, où l’Ukraine, intronisée comme alliée majeure non-membre de l’Otan, pourrait être présentée pour devenir, à la vitesse de l’éclair, entièrement militarisée par l’Otan. En outre, l’Otan s’apprête à « rassembler des troupes » sérieusement en Pologne, en Roumanie, dans les Etats baltes et même en Turquie.

Mais ensuite, toutes sortes de Khaganat de dérivés de Nuland (comme dans Victoria Nuland, la ministre américaine des Affaires étrangères déléguée aux affaires européennes et eurasiatiques) ont commencé à inventer des histoires à tour de bras. On peut imaginer le vaniteux Rasmussen tentant vainement de se ressaisir.

Il a dû faire quelques efforts tandis qu’on lui présentait le spectacle du Président ukrainien Petro Porochenko – un oligarque approuvé, jusqu’au cou dans les pratiques douteuses – faisant de son mieux pour évincer les manifestants d’origine du Maïdan, au centre de Kiev. Ce sont les gens qui, en fin d’année dernière, ont démarré la protestation, qui fut plus tard détournée par le Banderastan (comme dans Prince Bandar ben Sultan), le secteur de la droite des néonazis et les maîtres néocons américains.

La protestation originale du Maïdan – une sorte d’Occupy Kiev – était contre la monstrueuse corruption et pour la fin de la valse perpétuelle des oligarques ukrainiens. Ce que les manifestants ont obtenu a été encore plus de corruption, la valse habituelle des oligarques, un Etat en faillite en guerre civile et menacé d’un nettoyage ethnique avoué d’au moins 8 millions de citoyens et, par-dessus le marché, un Etat en faillite en route vers plus d’appauvrissement sous « l’ajustement structurel » du Fonds monétaire international. Il ne faut pas s’étonner qu’ils n’aient pas quitté la Place Maïdan.

Donc, Maïdan – la redite – a déjà commencé avant même l’arrivée du Général Hiver. Le roi du chocolat, Porochenko, doit les déloger aussi vite que possible parce que des manifestations renouvelées à Kiev ne s’harmonisent tout simplement pas avec le récit hystérique des médias institutionnels occidentaux, selon lequel « tout est la faute de Poutine ». Le pire, c’est que la corruption est encore plus méchante qu’auparavant – à présent avec plein de connotations néonazies.

Avec Brouillard de Guerre qui est déjà furieux parce que « la Russie n’envahira pas », le pompeusement nommé « Secrétaire d’Etat » au Conseil de la Défense et à la Sécurité Nationale d’Ukraine, le néonazi Andrey Parubiy – qui est le candidat le plus probable pour avoir ordonné la frappe le mois dernier contre l’avion civil MH17 – a décidé de se retirer. Un rat approuvé abandonnant un bateau qui coule, manoeuvre essentiellement provoquée par le fait qu’il n’a pas obtenu de mettre les bouchées double pour un nettoyage ethnique étendu en Ukraine orientale, et qu’il a dû endurer un cessez-le-feu. Porochenko n’est pas un imbécile : après des tonnes de mauvaises relations publiques, il sait que son « soutien » à l’échelle nationale se réduit comme peau de chagrin.

Aggravant encore tout ce cinéma, un croiseur américain lanceur de missiles entre à nouveau dans la Mer Noire « pour promouvoir la paix ». Le Kremlin et les services secrets russes n’ont pas de mal à voir de quoi il s’agit.

Et puis, il y a cette horrible crise des réfugiés qui se développe en Ukraine orientale. Mardi dernier, durant une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, Moscou a demandé des mesures humanitaires d’urgence – en vain, comme on pouvait le prévoir. Washington a bloqué cette demande parce Kiev l’avait bloquée (« Il n’y a aucune crise humanitaire à arrêter »). L’ambassadeur russe Vitaly Churkin a dramatiquement décrit la situation à Donetsk et à Lougansk comme étant « désastreuse », soulignant que Kiev intensifie les opérations militaires .

Selon l’ONU elle-même, au moins 285.000 personnes sont devenues réfugiées en Ukraine orientale. Kiev insiste pour dire que le nombre de réfugiés intérieurs est « seulement » de 117.000 ; les Nations Unies en doutent. Moscou maintient que le nombre ahurissant de 730.000 Ukrainiens se sont enfuis vers la Russie ; le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés en convient. Certains de ces réfugiés, fuyant la localité de Semenivka et la ville de Slaviansk, ont détaillé l’utilisation que fait Kiev du N-17, une version encore plus létale du phosphore blanc.

Lorsque l’Ambassadeur Churkin a mentionné Donetsk et Lougansk, il se référait aux casseurs de Kiev parés à une attaque massive. Ils pilonnent déjà le quartier de Petrovski à Donetsk. Près de la moitié des habitants de Lougansk se sont enfuis, la plupart vers la Russie. Ceux qui sont restés derrière sont essentiellement des vieillards et des familles avec de jeunes enfants.

Crise humanitaire n’est pas suffisant pour décrire ce qu’il se passe : il n’y a plus d’eau, d’électricité, de communications, de carburant et de médicaments à Lougansk. L’artillerie lourde de Kiev a partiellement détruit quatre hôpitaux et trois cliniques. En un mot, Lougansk c’est la Gaza ukrainienne.

Dans une symétrie cynique, exactement comme elle a donné à Israël un blanc seing à Gaza, l’administration Obama donne un blanc seing aux bouchers de Lougansk. Et il y a même une diversion, Obama a longuement réfléchi pour savoir s’il fallait bombarder les casseurs de l’Etat Islamique du Calife en Iraq ou peut-être larguer un peu d’aide humanitaire. Il a opté pour un bombardement (peut-être) « limité » et probablement pour des largages moins limités de nourriture et d’eau.

Donc, soyons clairs ! Pour le gouvernement américain, « il pourrait y avoir une catastrophe humanitaire » sur le mont Sinjar en Irak, impliquant 40.000 personnes. Quant aux 730.000 Ukrainiens de l’Est, chiffre minimum, ils ont le droit solennel d’être pilonnés, bombardés, frappés par voie aérienne et transformés en réfugiés.

La Nouvelle Somalie

Les lignes rouges de Moscou sont assez explicites : l’OTAN hors de l’Ukraine ; la Crimée fait partie de la Russie ; aucun soldat américain à proximité des frontières russes ; une protection totale pour l’identité culturelle russe du Sud et de l’Est de l’Ukraine.

Pourtant, la crise humanitaire – véritable – (que Washington réfute) est à elle seule un autre sujet sérieux. Les forces de Kiev ne sont pas équipées pour une guerre urbaine prolongée. Mais en supposant que ces forces – un mélange de soldats réguliers, de milices financées par les oligarques semant la terreur et la mort, de la garde nationale ukrainienne infestée de « volontaires » néonazis et de mercenaires étrangers entraînés par les Américains – décident de se livrer à un carnage de masse pour prendre Donetsk et Lougansk, alors il est probable que Moscou devra prendre en compte ce que les types de l’Otan présentent comme une « intervention terrestre limitée » en Ukraine.

La bande de communicants de l’OTAN est assez bête pour croire que si Poutine peut déguiser l’intervention en mission humanitaire ou de maintien de la paix, il peut également la vendre à l’opinion publique russe. Sa cote de popularité est à un niveau astronomique de 87%. Seul un – improbable – carnage de masse perpétré par Kiev changerait la donne et influencerait l’opinion publique. Considérant que c’est exactement ce que veut l’OTAN, Brouillard de Guerre fera des heures sup’ pour forcer ses vassaux à provoquer un tel carnage.

Enfin, tenant compte des derniers développement, ce que les faits sur le terrain indiquent est que l’actuelle valse des oligarques à Kiev se délite déjà – comme dans l’exemple ICI [2]. Moscou n’aura même pas besoin de se donner la peine de penser à « envahir ». En attendant, le génocide au ralenti de Porochenko en Ukraine de l’Est, de même que sa répression de la redite du Maïdan à Kiev, continueront d’obtenir un blanc seing. Tous saluent l’Ukraine comme la nouvelle Somalie, un Frankenstein bien opportun créé par l’Empire du Chaos exceptionnaliste.

Pepe Escobar

 

Notes :

[1] le « brouillard de guerre » désigne le caractère flou ou incertain des informations dont disposent les belligérants à propos de leurs ennemis. En anglais : fog of war.

[2] « Les Ukrainiens mobilisés pour la guerre, les femmes brûlent les ordres de mobilisation. »

Pepe Escobar
Asia Times Online, le 09 août 2014
article original : « NATO is desperate for war »

Traduction [JFG- QuestionsCritiques]

Coup d’état occidental en Ukraine: Les tireurs de la place Maïdan tiraient sur les policiers ET les manifestants !…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , on 6 mars 2014 by Résistance 71

Le même modus operandi avait été utilisé en Libye et en Syrie… C’est devenu un triste « classique » des « révolutions » de l’occident pour renverser les gouvernements. On peut s’attendre à pire puisque des mercenaires d’une filiale de BackWater/Xe/Academi, Greystone Limited, arrivent en masse à Kiev et sont dispersés en Ukraine occidentale et septentrionale… Tout ceci en parfaite connivence bien sûr avec l’UE et l’OTAN. De fait, il est plus que probable que les cellules armées ouest-ukrainiennes soient des cellules entretenues depuis le réseau « stay behind » du Gladio, l’armée secrète de l’OTAN depuis l’après seconde guerre mondiale.

N’oublions jamais que l’OTAN est l’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord

— Résistance 71 —

 

Policiers et manifestants abattus par des tireurs inconnus en Ukraine

 

RIA Novosti

 

5 mars 2014

 

url de l’article:

http://fr.ria.ru/world/20140305/200651842.html

 

Les autorités estoniennes ont confirmé l’authenticité d’un entretien dans lequel le ministre des Affaires étrangères Urmas Paet aurait déclaré à la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton que les mêmes snipers inconnus avaient tiré à la fois sur les manifestants et les policiers lors des troubles à Kiev.

L’entretien entre M. Paet et Mme Ashton a eu lieu le 26 février, après une visite du ministre estonien dans la capitale ukrainienne. Selon un communiqué de la diplomatie estonienne, M. Paet a fait part de ce qu’il avait appris lors de ses rencontres à Kiev et a exprimé sa préoccupation au sujet de la situation en Ukraine.

On retient particulièrement un fragment de la conversation dans lequel M. Paet a fait état de snipers embusqués qui avaient tiré sur des gens à Kiev. Le ministre a déclaré tenir cette information du docteur Olga Bogomolets, médecin qui avait soigné les manifestants et les policiers blessés sur la place de l’Indépendance.

« Olga m’a dit qu’à en juger d’après les preuves dont elle disposait, les mêmes tireurs avaient abattu des policiers et des personnes rassemblées sur la place », a affirmé M. Paet lors de son entretien avec Mme Ashton.

D’après le ministre, Mme Bogomolets lui a montré des photos et cité des avis médicaux confirmant que les balles ayant fait des morts des deux côtés avaient été tirées par les mêmes armes.

« Mais ce qui inquiète particulièrement les gens, c’est que la coalition [en place à Kiev] refuse d’enquêter sur ces épisodes. On devient de plus en plus conscient que ce n’était pas Ianoukovitch qui se trouvait derrière ces tireurs, mais quelqu’un qui fait actuellement partie de la nouvelle coalition », a confié M. Paet à Mme Ashton.

Le ministre estonien a refusé de commenter cet enregistrement.

« Il est dommage que la conversation ait été interceptée. Et ce n’est pas sans raison qu’elle a été mise en ligne aujourd’hui », a conclu M. Paet.

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et aussi:

http://french.ruvr.ru/news/2014_03_05/L-Estonie-confirme-l-authenticite-des-conversations-sur-les-snipers-a-Maidan-0528/

Ce que le plan de l’empire a toujours été à terme: la géostratégie de l’encerclement de la Russie

Posted in actualité, France et colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 5 février 2012 by Résistance 71

Et après tout cela, les grands guignols de la politique occidentale impérialiste et criminelle voudrait que la Russie, la Chine et le monde « non aligné » sur les fadaises criminelles et les diktats impérialistes de l’axe du mal Washington-Londres-Paris-Berlin-Tel Aviv, leur fassent confiance. On croit rêver !

Il est impossible aujourd’hui d’accorder quelque crédit que ce soit à l’Occident. Sa vocation est d’entraîner le monde dans sa spirale mortifère auto-destructrice afin que la gouvernance mondiale  prônée par son « élite » auto-proclamée et psychopathe, finisse par être instaurée contre vents et marées, pour le bénéfice du tout petit nombre et le grand désavantage des peuples que ces mêmes clowns pathétiques méprisent au plus haut point de leur arrogance sociopathe.

L’heure de la résistance des peuples a sonné, cela commence par arrêter d’élire des pantins décérébrés à la tête des nations et de reprendre le pouvoir pour le diluer totalement et définitivement dans l’autogestion. 2012 nous donnera peut-être cette opportunité, à nous de la saisir !…

— Résistance 71 —

 

OTAN: actualité de la stratégie d’encerclement de la Russie

 

Par Jean Géronimo

Juin 2011,

 

Url de l’article original:

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29007

 

Intervention à l’Institut de la Démocratie et de la Coopération, 3 décembre 2010, Paris. (Papier original, actualisé à la marge.)
Publié en juin 2011 : « L’actualité de la stratégie d’encerclement de la Russie », Revue Europe et Orient, « Turquie : une démocratie inachevée », Institut Tchobanian, n° 12, juin 2011.

Introduction : un rapprochement trompeur…

A l’heure du surprenant et radical rapprochement de la Russie avec l’Occident, il serait opportun de s’interroger sur la réalité de la menace de l’axe Otan/USA. Dans ce cadre, il s’agira de revenir sur la perception russe des dangers issus de l’ingérence occidentale dans sa proche périphérie et, en particulier, de la volonté américaine de se rapprocher des ex-républiques de l’URSS présentant un caractère stratégique.

Selon une lecture plus globale de l’évolution géopolitique, la stratégie américaine garde une cohérence structurelle, au sens où elle reste guidée par la ligne Brzezinski centrée, d’une part, sur l’encerclement de la Russie et, d’autre part, sur la déstabilisation de sa ceinture périphérique en vue de son contrôle.

A l’issue de la fin de la Guerre froide, ce maintien d’une relative inertie stratégique nous amène à nous interroger sur l’évolution passée, présente et future de la Russie, pour, en dernière instance, nous interroger sur son statut international hérité du post-communisme.

Dans une première partie, nous verrons donc le rôle de l’Otan comme levier de la politique étrangère américaine, en phase de Guerre froide.

Dans une seconde partie, nous présenterons la ligne structurellement anti-russe conduite par la puissance américaine depuis la fin de la Guerre froide.

Dans une troisième partie, nous analyserons les enjeux cachés du récent rapprochement russo-américain.

Dans une quatrième et dernière partie, nous nous interrogerons sur le statut post-soviétique de la puissance russe en transition identitaire et sur sa volonté de retour vers l’Europe.

I – Historiquement, l’Otan apparait comme un levier de la politique étrangère américaine.

La politique extérieure américaine est marquée par 2 phases principales : l’endiguement de la puissance soviétique (1) puis, à partir de 1991, le reflux de la puissance russe (2).

1/ L’endiguement de la puissance soviétique, comme stratégie dominante en phase de Guerre froide.

– Après la seconde Guerre mondiale, le nouvel ordre mondial est caractérisé par l’équilibre stratégique de la Guerre froide : (USA + Otan) versus (URSS + Pacte de Varsovie).

– A l’origine, la théorie de G. Kennan du « Containment » )[1] (endiguement) de la puissance soviétique – par la suite, appelée aussi « doctrine Truman » – a pour objectif de bloquer l’expansion du bloc communiste sous leadership russe, en aidant les pays prêts à s’y opposer. A l’époque, l’Administration Truman (1945–1953) redoute l’offensive militaire d’une Union soviétique surpuissante qui, désormais, « fait peur ». D’autant plus que cette dernière développe une force de frappe nucléaire impressionnante, qui égalisera la puissance américaine au début des années 70.

– L’endiguement : c’est l’amorce d’une ligne anti-soviétique, présentant une relative cohérence sur long terme et qui sera, plus tard, reprise par le conseiller à la sécurité du président Carter, Z. Brzezinski.

– L’objectif : contenir l’expansion du communisme en Afrique, Asie, Europe et Amérique latine, quel qu’en soit le prix (dont l’émergence de dictatures militaires fascisantes, notamment au Chili).

Ex : en Amérique latine, on peut rappeler le Coup d’Etat de 1973 contre S. Allende au Chili (« la révolution assassinée », pour reprendre le titre d’un ouvrage).

– Une stratégie alternative a été d’encourager les mouvements nationalistes et démocratiques, pour déstabiliser le pouvoir russe.

Ex : la révolution polonaise de Solidarnosc, en 1989, avec le rôle des ONG étrangères, principalement américaines (ancêtre des révolutions « colorées » qui toucheront plus tard l’espace post-soviétique).

– Une autre stratégie a été de créer des conflits périphériques ou d’accélérer la course aux armements pour épuiser l’économie soviétique (à 2 exemples).

Ex 1: Afghanistan en 1979, formation et armement des combattants islamistes (dont talibans) pour enliser l’armée soviétique dans une guerre coûteuse (il faut donner à l’URSS « sa guerre du Vietnam », selon Z. Brzezinski)

Ex 2 : le projet surréaliste de « Guerre des étoiles » de R. Reagan, au début des années 1980 (bouclier spatial anti-missiles).

à Avec l’appui de son levier otanien, lui conférant un vernis de légitimité internationale, il s’agit pour la puissance américaine d’éroder les bases économiques et idéologiques de la domination soviétique. Dans ce cadre, l’Otan apparaît comme un véritable bouclier politico-militaire contre l’avancée soviétique, destiné in fine à rééquilibrer le « balancier stratégique ». On peut donc parler d’une Otan défensive, adaptée au contexte stratégique de la Guerre froide.

2/ Le reflux de la puissance russe, comme stratégie post-guerre froide.

– 25 décembre 1991 : la démission contrainte du président Gorbatchev marque la chute finale de l’Union soviétique, « La plus grande catastrophe géopolitique du XX° siècle », selon V. Poutine.

– La stratégie d’endiguement, est alors radicalisée et transformée en stratégie de reflux (roll back) de la puissance russe issue de la fin de la Guerre froide. On remarque l’influence décisive de Brzezinski dans cette inflexion stratégique.

– L’objectif tacite de l’Amérique est alors de profiter de la fragilité temporaire de la Russie en transition vers le marché, pour la repousser et l’expulser de ses postions fortes et traditionnelles.

– L’Otan est au cœur de cette stratégie et elle est instrumentalisée par Washington, pour renforcer cette orientation et lui donner une apparente légitimité (impression d’un consensus).

– Il s’agit aussi de créer les conditions structurelles d’une irréversibilité : empêcher tout retour en arrière et surtout, toute velléité de reconquête impériale russe. En d’autres termes, l’objectif est de verrouiller la position hégémone des Etats-Unis, en créant les mécanismes adéquats, voire en influençant les institutions en charge de la gouvernance mondiale.

à Contrairement à la promesse faite en 1989 à Gorbatchev à Berlin, l’Otan continue de s’étendre, notamment vers l’Europe de l’Est et réduit, de ce fait, le glacis sécuritaire de la Russie. Il s’agit d’une véritable provocation pour Moscou, qui voit l’encerclement otanien se resserrer autour d’elle. La Russie a l’impression d’être trahie. Dans ce cadre, on peut donc parler d’une Otan offensive, intégrant les nouveaux rapports de force issus du post-communiste comme une réelle opportunité d’élargir sa zone de responsabilité, donc d’intervention.

II – Ligne structurelle anti-russe depuis l’implosion de l’URSS, en 1991.

– La transition post-communiste est caractérisée, contrairement aux croyances initiales, par l’émergence d’un monde unipolaire, du fait de la disparition du seul contrepoids idéologique (l’Union soviétique) à la domination américaine.

– Au sens de F. Fukuyama, c’est alors « la fin de l’histoire » (1992) )[2] et, pour reprendre D. Bell, c’est aussi « la fin des idéologies » (1960))[3] . En tant que vainqueur historique de la Guerre froide, le libéralisme s’impose comme la seule idéologie légitime.

– Au nom de sa supériorité morale et de sa « destinée manifeste », la puissance américaine cherche à étendre la démocratie libérale à l’échelle planétaire, par la force s’il le faut. En quelque sorte, elle devient la nouvelle puissance messianique, succédant dans ce rôle à l’Union soviétique. Dans son discours de Munich en novembre 2007, V. Poutine dénonce cet unilatéralisme armé de la puissance américaine. Pour certains, ce discours marque le retour d’une forme atténuée de Guerre froide.

à Globalement, la stratégie anti-russe conduite par l’Administration américaine depuis décembre 1991 s’exprime selon 3 axes : politique, économique et stratégique.

1 – Axe Politique.

à Décrédibiliser l’autorité russe dans son espace d’influence historique.

– Ingérence politique via les ONG anglo-saxonnes (ex du Kirghizstan : 8000 ONG étrangères en 2005, lors du renversement du président Akaïev, soit 25 ONG au km² : un record du monde !).

– Soutien aux révolutions libérales « de couleur » (Géorgie 2003, Ukraine 2004, Kirghizstan 2005 et 2010), avec un rôle décisif des ONG étrangères, alimentées par des financements américains.

– Instrumentalisation des mouvements liés au nationalisme religieux, dont les courants islamistes radicaux (Kirghizstan, Tadjikistan, Ouzbékistan…).

– Cette effervescence ethno-religieuse est aujourd’hui une véritable bombe à retardement pour la Russie, d’autant plus qu’elle tend à se répandre au Nord Caucase.

à Remettre en cause la légitimité du pouvoir et des prérogatives de Moscou en CEI.

– S’imposer comme leadership idéologique alternatif à la domination russe.

– Initier un rapprochement politique avec certaines républiques ex-soviétiques (Azerbaïdjan, Ouzbékistan, Kurdistan, Kazakhstan). NB : depuis peu, le Kazakhstan est devenu un couloir de transit aérien pour les forces de l’Alliance, suite au voyage de H. Clinton en Asie centrale.

2 – Axe Economique.

à Développer un partenariat économique avec les Etats de la CEI (aide financière, technologique, formation du capital humain…).

– Ex : L’initiative de la Dette (PPTE) )[4] vise, en théorie, à réduire le poids de la dette et la pauvreté au Kirghizstan. Dans les faits, grâce à la conditionnalité de l’aide, elle cherche à imposer un modèle politique émancipant ce pays de la tutelle russe (conditions drastiques imposées par le FMI et la Banque mondiale, en vue d’une économie assainie et désétatisée)) [5] .

– Proposer des circuits énergétiques alternatifs aux tubes russes (Nabucco, BTC : Bakou/Tibilissi/Ceyhan…). NB : Brzezinski a été l’ambassadeur du projet BTC.

– En réaction, la Russie cherche à développer d’autres projets de tubes (South et North Stream), pour court-circuiter les itinéraires américains.

– Grâce au levier énergétique, parfois utilisé comme instrument de pression, la Russie cherche à renverser les alliances en se rapprochant de l’Europe, de la Chine et de l’Inde. A terme, elle aspire à créer un axe eurasien pour contrebalancer l’hyperpuissance américaine.

à Entraver le développement de la Russie pour freiner son retour comme grande puissance.

– Freiner l’adhésion russe à l’OMC. A ce jour, la question de l’intégration de la Russie n’est toujours pas réglée (veto géorgien, succédant au veto américain).[6]

– Imposer un modèle inadapté au contexte macro-économique russe, caractérisé par une dérégulation anarchique et un retrait inquiétant de l’Etat. Cette orientation, validée par Boris Eltsine, est une aberration dans une économie de la taille d’un continent, exigeant à la fois le maintien d’une certaine centralisation et d’une forte autorité étatique. Tendanciellement, l’espace historique russe est en effet menacé par des forces centrifuges fragilisant le contrôle central, donc son unité et sa stabilité.

– Ex : les réformes proposées par le Consensus de Washington (J. Sachs), durant la transition post-communiste, ont déstructuré l’économie russe et appauvri la société (décroissance, c’est-à-dire croissance négative sur 1992-1998), au profit d’une nouvelle élite privilégiée, devenue une véritable Nomenklatura capitaliste flirtant avec l’économie mafieuse. On a alors assisté à l’émergence d’une véritable bourgeoisie « compradoro-mafieuse », pour reprendre l’expression de Lilly Marcou dans son livre « Le crépuscule du communisme » (1997, p. 96) )[7] .

– Le paradoxe de la transition russe est que la nouvelle classe privilégiée, issue en partie de l’ancienne Nomenklatura communiste, a transformé sa rente politique en rente économique, via le processus douteux de privatisation initié par l’Administration Eltsine. Sur ce point, voir l’ouvrage de J. Sapir sur le « Chaos russe » (1996))[8] .

3 – Axe Stratégique.

à Encercler la puissance russe et l’isoler.

– Installation de bases ou d’infrastructures militaires occidentales (à dominante américaine) d’une part, en périphérie russe (Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan …) et d’autre part, en Europe de l’Est (récemment, une base militaire au Kosovo )[9] ).

– Prendre le contrôle des ex-républiques soviétiques stratégiques, considérées comme des Etats-pivots dans l’optique du verrouillage de la domination américaine en Eurasie (les « pivots géopolitiques » de Brzezinski (2000)))[10] .

à Fragiliser l’Etat russe, dans son centre et dans sa  périphérie post-soviétique.

– Au centre (l’intérieur) : il s’agit de fragmenter l’espace russe, via le soutien informel, d’une part, aux mouvements séparatistes et ethno-religieux et, d’autre part, aux partis d’opposition. (Interrogation par rapport à la Tchétchénie, au Caucase Nord, où on suspecte une ingérence américaine). NB : on rappellera que Brzezinski a dirigé le Comité pour la paix en Tchétchénie (ONG installée dans les locaux de radio Freedom House !).

– En périphérie (l’extérieur) : il s’agit de détacher la CEI de la domination russe, d’une part, par une stratégie de soutien aux Etats hostiles à la Russie (Géorgie, Ukraine)[11] , Azerbaïdjan) ou aux Etats indécis (Kirghizstan, Ouzbékistan) et d’autre part, par une stratégie de compression de l’influence russe (via l’érosion des liens économique, politique et militaire, historiquement noués entre le Centre moscovite et les Républiques périphériques).

III – Rapprochement récent : « une paix des braves » mais trompeuse …

En apparence, il s’agit d’une main tendue par l’Amérique à la Russie, mais la réalité est tout autre. On va donc parcourir les principaux problèmes de ce rapprochement.

à Réduction des armes nucléaires stratégiques dans le cadre du traité START II.

– La fonction politique de l’atome russe serait doublement pénalisée, d’une part, par le projet anti-missiles ABM (qui, dans sa première version – celle de G.W. Bush –, neutralise la force de frappe nucléaire russe) et, d’autre part, par le Traité START II (qui comprime le potentiel nucléaire russe).

à Réactivation du partenariat stratégique Russie-Otan-USA au Sommet de Lisbonne de novembre 2010.

– Longtemps, le Conseil Russie-Otan a été perçu comme un « aimable club de discussion » par la Russie, c’est à dire comme un simple mécanisme d’entérinement des décisions américaines. Ce conseil donnait l’apparence d’une concertation et, en quelque sorte, une forme de légitimité internationale aux décisions unilatérales de l’Administration américaine.

à Réintégration de la Russie dans le projet du Bouclier anti-missile européen.

– Projet encore très flou et pouvant pénaliser la Russie. Ce flou vient d’être dénoncé par le président D. Medvedev en février 2010, n’hésitant pas à menacer l’Occident de mesures de rétorsion (dont l’implantation de rampes de missiles nucléaires aux portes de ce dernier), en cas d’échec du projet. Il s’agit surtout pour l’Otan d’obtenir la collaboration russe dans l’élaboration du bouclier européen, présenté comme un projet collectif aux objectifs nobles et purement sécuritaires.

– Flexibilité et souplesse du nouveau bouclier de l’administration Obama, pouvant être utilisé – en très peu de temps – contre la Russie, en cas de crise. Autrement dit, dans sa version rénovée, ce bouclier reste une menace latente pour la sécurité nationale russe.

– L’objectif du bouclier commun peut être aussi de lier les mains de Moscou et de l’enfermer dans un projet de long terme qui verrouille ses orientations stratégiques.

à Réactivation du rôle de l’ONU dans le maintien de la paix et la gestion de la sécurité mondiale, via la soumission de l’Otan au contrôle onusien.

– Décision pour l’heure purement formelle et laissant inchangée la perception américaine de l’ONU comme frein politique aux actions militaires de l’axe Otan/USA. Alors que dans la perception russe, l’Otan reste un résidu de la Guerre froide dont l’omniscience et l’élargissement n’ont plus de légitimité aujourd’hui. Dans la nouvelle doctrine stratégique russe, définie en janvier 2010, l’alliance reste une menace majeure (la première).

– La relance du rôle de l’ONU était, à l’origine, au coeur de la « Perestroïka internationale » prônée par M. Gorbatchev à la fin des années 80, dans l’optique de créer un nouvel ordre mondial plus démocratique. Cette orientation a été reprise par le gouvernement russe actuel.

– Approche plus égalitaire de la gouvernance mondiale (économique, politique, sécuritaire), dans le sens du monde multipolaire d’E. Primakov, revendiqué par ce dernier en tant que premier ministre de la Russie en 1998-1999. Cette multipolarité est aujourd’hui un thème récurrent du discours politique russe, notamment poutinien.

à En fait, un pacte tacite, fondé sur des concessions mutuelles.

Pacte temporaire et stratégique, dans le cadre d’une véritable partie d’échecs à l’échelle de l’Eurasie (voir l’ouvrage référence de Brzezinski, »le Grand échiquier », paru en 1997 mais toujours d’actualité).

– Ce pacte est porteur, à terme, d’une nouvelle forme de conflictualité, d’autant plus que la menace chinoise croissante et le retour des républicains américains au pouvoir renforceront l’instabilité géopolitique.

– Principale concession russe : l’espace russe comme couloir de transit pour l’Alliance. Cela revient à créer et à légitimer les conditions d’une présence américaine durable en périphérie post-soviétique, surtout en Asie centrale.

IV –  Le statut post-impérial de la Russie et les nouvelles bases de sa puissance.

La transition post–communiste est marquée par la tentative russe de restructurer les fondements de sa puissance pour accélérer son retour sur la scène mondiale.

à Statut de l’atome russe

– Historiquement, l’atome apparait comme un levier de la puissance géopolitique russe et de son identité internationale.

– Or, l’évolution actuelle (sous la double impulsion du bouclier ABM et du traité START II) risque de remettre en cause cette fonction politique de l’atome, centrée sur la dissuasion et la projection de force.

– Le pouvoir international de la Russie, dans le prolongement du soviétisme, est fondé sur la tryptique : EAE (Etat, Atome Energie))[12] . Ce sont les variables structurantes de la puissance géopolitique russe sur longue période.

à Montée de la question énergétique.

– La lutte pour le contrôle des espaces économiques vitaux (surtout énergétiques) )[13] s’intensifie. Pour rappel, Z Brzezinski a reconnu le rôle politique croissant de l’énergie dans l’ancien espace soviétique, notamment en zone centre-asiatique. Cela est clairement affirmé par Brzezinski dans son ouvrage de 2008, co-écrit avec B. Scowcroft : « L’Amérique face au monde ». L’accès à l’énergie y est décrit comme « une source majeure de puissance politique » (Brzezinski & Scowcroft, 2008, p. 212)

– La « guerre des tubes » (oléoducs / gazoducs) se renforce, réactivant par ce biais, le Grand jeu. Dans l’esprit de Brzezinski, le contrôle des ressources énergétiques mais aussi – et peut être, surtout – le tracé des tubes, ont un impact géopolitique certain. Avec la Chine, l’Amérique représente donc, à terme, une menace potentielle pour la Russie.

– La puissance américaine reste une économie de prédation – selon E. Todd, « Après l’Empire » (2004)[14] – de plus en plus dépendante de l’extérieur pour son approvisionnement en matières premières et énergétiques, mais aussi en biens manufacturés et industriels. Son déficit extérieur mesure donc sa « capacité de prélèvement » impériale sur le reste du monde (la périphérie dominée), via le pouvoir politique du dollar – qui autorise un endettement quasi infini.

à Enjeu géopolitique centré sur le contrôle de la CEI

– Véritable lutte d’influence au cœur de l’espace historique russe, liée à l’évolution des alliances et des rapports de force en Eurasie post-communiste.

– La Russie sait que son retour comme grande puissance sur la scène internationale implique, au préalable, une reprise en mains de la CEI, son « Etranger proche » et pré-carré historique. Son renforcement régional déterminera donc, dans une large mesure, sa capacité de rebond géopolitique.

à Création d’un espace commun Europe/Russie.

– Cette structure commune est aujourd’hui ardemment souhaitée par la Russie sur le double plan stratégique et économique, via le projet sécuritaire de D. Medvedev (nouvelle architecture de sécurité européenne) et le projet économique de V. Poutine (union économique européenne, de Lisbonne à Vladivostok).

– Dans le même temps, cette orientation vers la « grande Europe » remettrait en cause l’omniscience politico-stratégique de l’Otan et de l’Amérique dans l’espace européen. Et au-delà, elle remettrait en cause l’unilatéralité actuelle de l’ordre libéral mondial, vecteur d’asymétrie dans sa gouvernance.

Conclusion : la partie d’échecs se poursuit …

Ainsi, en dépit du récent rapprochement russo-occidental, l’axe Otan-USA reste une menace larvée et insidieuse pour la Russie post-soviétique, avide de défendre ses intérêts nationaux, désormais élargis à sa proche périphérie. Malgré les espoirs nés de la fin de la Guerre froide, la Russie est contrainte de maintenir une veille stratégique sur l’espace eurasien.

Le leadership américain, associé au levier otanien, montre une certaine inertie comportementale et surtout, reste enclin à étendre son influence dans l’espace historique de la Russie. Sa nouvelle doctrine militaire, établie en 2011, précise son intention de préserver son « leadership militaire et économique » pour les 10 prochaines années et cela, en dépit de la rigueur budgétaire justifiée par la crise. En ce sens, sous une forme certes atténuée, la stratégie d’encerclement de la Russie reste d’actualité.

L’avancée occidentale est aujourd’hui centrée sur le contrôle des points névralgiques, principalement énergétiques, de la périphérie post-soviétique. De ce point de vue, on peut redouter, à terme, une montée de la conflictualité américano-russe, de plus en plus arbitrée par la Chine.

Après la brève lune de miel inaugurée par l’administration Obama, on peut donc s’attendre au retour d’une forme rénovée de Guerre tiède, dans le cadre de laquelle les trois superpuissances avancent leurs pions. Au cœur de l’Eurasie, la partie d’échecs se poursuit …

Jean Géronimo, Docteur, spécialiste de la Russie, UPMF – Grenoble.


 

 

[1] Kennan G.F., « Sources of Soviet Conduct », by X, Foreign Affairs, n°4, juin 1947 (pp. 566-582). En juin 1947, dans un article, « The Sources of Soviet Conduct », Kennan note la détermination de Staline à internationaliser la révolution communiste. Afin de contenir l’expansionnisme soviétique, il prône une politique d’endiguement, connue comme doctrine Truman.

[2]Fukuyama F. (1992) : « La fin de l’histoire et le dernier homme », éd. Flammarion.

[3] Bell D. (1960) : « La fin des idéologies », éd. PUF.

[4] PPTE : pays pauvres et très endettés.

[5] Voir notre article : « Les leviers d’une stratégie anti-russe », Géronimo J., Nouvelles Fondations – La Revue, n° 6, juillet 2007. Site : http://www.gabrielperi.fr/Les-leviers-d-une-strategie-anti.

[6] Le 16/12/2011, l’OMC a donné son feu vert à l’adhésion russe (après un marchandage tacite de Moscou avec Washington).
[7] Marcou L. (1997) : « Le crépuscule du communisme », Presses de Sciences Po.

[8] Sapir J. (1996) : « Le chaos russe », éd. La Découverte.

[9] Le camp Bondsteel est situé au sud de la province du Kosovo prés d’Urosevac, entre Pristina et Skopje en Macédoine. Créé en 1999, il est intégré dans un dispositif de bases situées en Europe orientale, de la Bosnie à l’Albanie, via la Croatie. Il s’agit d’une des bases stratégiques les plus importantes en Europe et sans doute, hors des Etats-Unis.

[10] Brzezinski Z. (2000) : « Le grand échiquier – L’Amérique et le reste du monde », éd. Hachette (1° éd. : Bayard, 1997).

[11]Il s’agit de l’Ukraine de l’ancien président V. Youchenko, défait aux élections présidentielles de février 2010.

[13] Les critères de puissance EAE sont présentés dans notre article : « Le retour de l’atome rouge », Géronimo J., Revue regard sur l’Est, 30/09/2007, http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=765

[12] Brzezinski Z./Scowcroft B. (2008) : « L’Amérique face au monde », éd. Pearson.

[14] Todd E. (2004) : « Après l’Empire – Essai sur la décomposition du système américain », éd. Gallimard, collection Folio actuel.