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La croisée des chemins dans les relations russo-occidentales…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 9 avril 2015 by Résistance 71

Comme très souvent, très bonne analyse de l’excellent Pepe Escobar.

— Résistance 71 —

 

Grand marché eurasiatique ou guerre nucléaire ?

 

Pepe Escobar

 

6 avril 2015

 

url de l’article en français:

http://lesakerfrancophone.net/grand-marche-eurasiatique-ou-guerre-nucleaire/

 

Une source haut placée dans la diplomatie européenne a révélé à Asia Times que le gouvernement de la chancelière allemande Angela Merkel n’y est pas allé de main morte avec Pékin, dans le but de faire dérailler son partenariat stratégique à plusieurs volets avec la Russie.

Pékin ne va pas nécessairement prêter l’oreille à ce geste politique de Berlin, car la Chine est trop occupée à accorder les cordes de son instrument qu’est la Nouvelle route de la soie paneurasiatique, qui implique des liens d’affaires et de commerce étroits à la fois avec l’Allemagne et la Russie.

La tactique allemande fait ressortir encore plus la pression exercée par les éléments durs au sein du gouvernement des USA, qui sont résolus à prendre pour cible la Russie et à l’encercler. En dépit de tous les beaux discours autour de l’indignation causée par les manigances de la U.S. National Security Agency (NSA) qui l’a mise sous écoute, la chancelière suit la voie tracée par Washington. Si elle avait été vraiment outrée, elle aurait levé unilatéralement les sanctions imposées à la Russie. Comme Merkel ne l’a pas fait, nous voici donc en présence de la bonne vieille tactique de négociation du bon et du méchant.

Bref, Washington ne peut tolérer que l’Allemagne et la Russie s’engagent dans des relations commerciales et politiques étroites, qui menaceraient directement son hégémonie dans l’Empire du Chaos.

Ainsi, toute la tragédie ukrainienne n’a absolument rien à voir avec les droits de la personne et le caractère sacré des frontières. Rappelons que l’Otan a arraché le Kosovo à la Yougoslavie-Serbie sans même se donner la peine de tenir un vote, comme on l’a fait en Crimée.

Ces S-500 sont à surveiller

Parallèlement à cela, une autre tactique fascinante est en cours. Certains éléments du royaume du baratin formé par les groupes de réflexion aux USA, qui ont des liens étroits avec la CIA, commencent à tergiverser à propos de la guerre froide 2.0, par crainte d’avoir mal jugé ce qui se passe vraiment sur l’échiquier géopolitique.

J’arrive de Moscou, où l’on a l’impression que le Service fédéral de sécurité et les services du renseignement militaire russe sont de plus en plus exaspérés par les provocations sans fin de Washington et de l’Otan, des pays baltes à l’Asie centrale, de la Pologne à la Roumanie, de l’Azerbaïdjan à la Turquie.

Vous trouverez ici un résumé détaillé mais partiel de ce que l’ensemble de la Russie considère comme une menace existentielle, soit la volonté de Washington et de l’Otan d’empêcher la Russie de s’engager dans le commerce et le développement en Eurasie, de détruire son périmètre de défense et de l’amener à s’engager dans une guerre frontale.

Une guerre frontale n’est pas une idée particulièrement géniale. Les missiles antimissiles et antiaériens russes du système S-500 peuvent intercepter tout missile balistique intercontinental, missile de croisière ou avion existant. Ils sont propulsés à une vitesse de 25 000 km/h, atteignent une altitude de 185 km, parcourent horizontalement 3 500 km et peuvent intercepter jusqu’à dix missiles en approche. Aucun système antimissiles des USA ne peut les arrêter.

Du côté des USA, certains disent que le système S-500 est déployé en accéléré, ce qu’a corroboré à Asia Times une source proche des services secrets des USA. Les Russes n’ont rien confirmé. Officiellement, Moscou dit que le système sera déployé en 2017. Ce qui veut dire que tôt ou tard, l’espace aérien appartiendra aux Russes. Il est dès lors facile d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

La politique de l’administration Obama, qui consiste à promouvoir l’hystérie guerrière contre la Russie tout en lui livrant une guerre économique (à coup de sanctions), monétaire (contre le rouble) et pétrolière apparaît alors comme l’œuvre d’une bande de spécimens appartenant à une sous-classe de la zoologie.

Au sein de l’Union européenne, certains adultes voient déjà les signes avant-coureurs d’une guerre nucléaire. Les systèmes de défense conventionnels de l’Otan ne sont pas de taille, tout comme l’accroissement de la puissance militaire en cours d’ailleurs, car le tout peut être démoli par les quelque 5 000 armes nucléaires tactiques dont Moscou dispose.

Dans le doute, ne t’abstiens pas de les intimider !

Il faut évidemment du temps pour transformer les mentalités actuellement fixées sur la guerre froide 2.0, mais certains signes laissent croire que les Maîtres de l’Univers prêtent l’oreille, comme dans cet article qui, pourrait-on dire, brise la glace (publiquement).

Admettons que la Russie décide de mobiliser cinq millions de personnes et de passer à la production militaire. L’Occident reviendrait alors aussitôt sur sa politique et proposerait une entente cordiale. Admettons aussi que Moscou décide de confisquer tout ce qui reste des richesses acquises de façon douteuse par les oligarques. Le taux d’approbation de Vladimir Poutine, déjà loin d’être négligeable, grimperait à au moins 98 %. Poutine a fait preuve d’assez de retenue jusqu’à maintenant, ce qui n’a pas empêché sa diabolisation hystérique puérile de se poursuivre.

Nous assistons à une perpétuelle escalade. Les révolutions de couleur; le coup d’État de Maidan ; les sanctions; le méchant Hitler-Poutine; l’entrée de l’Ukraine dans l’Otan; des bases de l’Otan partout. Sauf que dans la réalité, le contre-coup d’État en Crimée et les victoires sur le champ de bataille par les armées des Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk ont fait dérailler les plans les plus détaillés du département d’État des USA et de l’Otan. En plus de cela, Merkel et François Hollande ont été contraints de conclure une entente cordiale avec la Russie (Minsk 2), parce qu’ils savaient que c’était l’unique moyen d’empêcher Washington d’armer davantage Kiev.

Poutine est essentiellement engagé dans un processus très complexe de préservation et d’épanouissement de l’histoire et de la culture de la Russie, teinté de panslavisme et d’eurasisme. Le comparer à Hitler ne tient même pas la route comme blague de jardin d’enfants.

Mais il serait étonnant que les néocons à Washington comprennent quoi que ce soit à l’histoire et à la culture russes. La plupart d’entre eux n’arriveraient même pas à répondre à des questions portant sur Leo Strauss et Carl Schmitt, leurs héros adorés. En outre, leur anti-intellectualisme et leur arrogance exceptionnaliste n’offrent un espace privilégié qu’à une intimidation sans borne.

Une de mes sources, universitaire aux USA, a envoyé une lettre à Nancy Pelosi avec copie conforme à un néocon notoire, l’époux de Victoria, reine du Nulandistan. Voici la réponse du néocon, à partir de son adresse courriel à la Brookings Institution : Va donc te faire f… ! Un autre exemple éloquent de mari et femme faits l’un pour l’autre.

Il semble toutefois y avoir, dans l’entourage du gouvernement, des gens avec un QI décent qui sont prêts à affronter la cellule néoconservatrice au sein du département d’État, les néocons qui infestent les pages éditoriales du Wall Street Journal et du Washington Post, toute une série de groupes de réflexion et bien sûr l’Otan, dont le chef militaire en place, le général Breedlove/Follehaine, fait tout pour se distinguer dans son interprétation postmoderne du docteur Folamour.

L’agression russe est un mythe. La stratégie adoptée jusqu’ici par Moscou est purement défensive. Moscou s’engagerait sans hésiter dans une coopération stratégique avec l’Occident si cette dernière comprenait les intérêts de la Russie en matière de sécurité. Si les intérêts de l’ours sont bafoués, comme lorsqu’on le provoque, l’ours se défendra. Quiconque possède une compréhension minimale de l’histoire sait que l’ours a déjà enduré quelques souffrances. Il ne s’effondra pas et ne disparaîtra pas non plus.

Par ailleurs, un autre mythe a été démoli, celui voulant que les sanctions nuiraient grandement aux exportations et aux surplus commerciaux de la Russie. Elle a bien sûr été blessée, mais le mal était supportable. La Russie possède des matières premières à profusion et une immense capacité de production intérieure, ce qui suffit à répondre à la majeure partie de la demande dans le pays.

Ce qui nous ramène à l’UE, à la Russie, à la Chine et à tout ce qui se trouve autour, qui pourraient se joindre au plus grand marché commercial de l’histoire couvrant l’ensemble de l’Eurasie. C’est ce que Poutine a proposé en Allemagne il y a quelques années. C’est aussi ce à quoi s’affaire déjà la Chine. Que proposent les néocons en retour? Une guerre nucléaire en sol européen.

Enjeu géopolitique: L’Eurasie sur un échiquier 3D ?…

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Très bonne analyse de contexte du toujours excellent Pepe Escobar, valide dans un contexte de dimension géopolitique « classique », néanmoins cet article suscite quelques questions de notre part car l’histoire nous a prouvé que le plus souvent rien n’est ce qui paraît être:

Et si « l’animosité » sino-yankee n’était qu’une façade de plus, la collusion financière et industrielle entre la Chine et le pays du goulag levant (ex-USA) est de plus en plus forte. Les travaux d’analyse historique du professeur Antony Sutton, que nous avons traduit en grande partie sur ce blog, ont montré que l’URSS a été une création de Wall Street et de la City de Londres. Dans la même veine, la même chose ne se reproduit-elle pas devant nos yeux ? N’est-ce pas David Rockefeller lui-même qui poussa à la « normalisation » des relations entre Washington et Pékin du temps de Mao et qui fit secrètement envoyer son larbin Kissinger à Pékin avant que Nixon ne s’y rende en 1972 ? N’est-ce pas D. Rockefeller qui se félicitait dans un éditorial du New York Times en 1970 du « grand leadership du timonier Mao » ?… N’est-ce pas les Etats-Unis qui lâchèrent Chiang Kaï Chek en rase campagne pour soutenir Mao qu’ils voyaient plus « maléables » et profitable à terme?

Nous l’avons dit ici même depuis bien longtemps: la Chine a plus d’intérêts à s’allier avec l’empire actuel que la Russie, les « élites » autoproclamées chantres du N.O.M ont la Chine comme modèle de contrôle de société. A ce titre, la Russie n’est-elle pas en train de se faire piéger ? Fait-elle partie aussi d’une alliance de 3ème niveau ? Sommes-nous sur un échiquier non pas bi-dimensionnel mais tri-dimensionnel ? Doit-on voir au delà des marionnettes politiciennes qu’on agite devant nos yeux, Obama, Xi Jinping et Poutine en étant les « stars » ? Quelles sont les transnationales positionnées derrière les grands travaux énoncés par Pepe Escobar dans son article ?

Autant de questions qui valent la peine d’être posées, mais aussi d’être répondues…

— Résistance 71 —

 

Le canard boiteux sorti de la caravane de la route de la soie

 

Pepe Escobar

 

13 Novembre 2014

 

url de l’article:

http://www.informationclearinghouse.info/article40202.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il n’y a pas de plus belle illustration du vers où le monde multopolaire se dirige que ce qui vient juste de se passer au sommet de l’Asia Pacific Economic Cooperation (APEC) de Pékin.

Regardez bien les photos officielles. Tout est dans le positionnement et ceci étant la Chine, pleine de signification symbolique. Devinez qui est à la place d’honneur, côte à côte avec le président chinois Xi Jinping et devinez où se trouve le blaireau leader de la “nation indispensable”, où a t’il été relégué ? Les Chinois peuvent aussi être les maîtres de l’envoi d’un message de dimension mondiale.

Lorsque le président Xi a instamment demandé “d’ajouter du bois de chauffage dans le feu de l’économie de l’Asie-Pacifique et du monde”, c’est ce qu’il voulait dire, sans faire attention aux conclusions inprécises résultant du sommet.

1) Pékin va aller de l’avant sans retenue pour le Free Trade Area of the Asia-Pacific (FTAAP), la vision chinoise d’un accord commercial “tout inclusif, tout gagnant” qui fait véritablement la promotion de la coopération Asie-Pacifique au lieu du partenariat trans-pacifique (TPP) écrit par les corporations américaines et piloté par les Etats-Unis.

2) Le modèle est établi pour “une connectivité généralisée”, des mots mêmes de Xi, ce qui implique que Pékin va mettre en place l’Asian Infrastructure Investment Bank (AIIB ou Banque d’Investissement d’Infrastructure Asiatique), un nouvel accord gazier très important entre Pékin et Moscou, celui-ci au travers du gazoduc Altaï de Sibérie Occidentale, la Chine ayant déjà envoyé pas moins de 40 milliards de dollars pour le commencement de la construction de la ceinture économique de la route de la soie et la route de la soie maritime du XXIème siècle.

Une fois de plus, tout converge vers la plus spectaculaire, la plus ambitieuse et largement connectée offensive d’infrastructure pluri-nationale jamais tentée: les multiples nouvelles routes de la soie, un réseau très complexe de chemins de fer ultra-rapides, de pipelines, de ports, de cables fibre-optique et d’une structure de télécommunication ultra moderne ; ceci est déjà en train de se construire au travers de l’Asie Centrale, relié à la Russie, à l’Iran, à la Turquie et à l’Océan Indien, se branchant sur l’Europe jusqu’à Venise et Berlin.

Ceci est l’inter-connexion de Pékin et le “rêve d’Asie-Pacifique” de Xi, qui se trouve bien au-delà de l’Asie Orientale, les yeux fixés sur un commerce pan-Eurasiatique, ayant en son centre, qui d’autre, que l’empire du milieu.

La campagne “Allons à l’Ouest” a été officiellement lancée en Chine à la fin des années 1990. Les nouvelles routes de la soie sont une “poussée à l’Ouest et au sud” turbo-compressée, étendant les marchés, les marchés et les marchés. Pensez à l’Eurasie d’un futur proche comme une grande ceinture de soie chinoise et sous certaines latitudes, dans un condominium avec la Russie.

Vous voulez votre guerre chaude ou froide?

Alors que Pékin rêve, Noam Chomsky a été très vocal au sujet d’une réaction en chaîne catastrophique du style de 1914, faite par l’occident et qui pourrait bien déraper hors de contrôle et les enjeux, une fois de plus, sont nucléaires. Moscou est absolument horrifiée par cette possibilité immonde et ceci explique pourquoi la Russie, sous les provocations incessantes des Etats-Unis, ainsi que sous le coup de sanctions économiques, a exercé une retenue titanesque. Non seulement la Russie ne peut pas être “isolée” comme l’ont tenté les Etats-Unis avec l’Iran, mais Moscou a identifié et dénoncé la fumisterie néoconservatrice en Ukraine.

A la réunion du Club Valdaï de Sotchi, le président Poutine a tiré toutes les conclusions nécessaires dans un discours crucial, qui fut manifestement ignoré par les médias corporatistes occidentaux. Les élites de Washington et de Wall Street n’ont absolument aucune intention d’autoriser un minimum de multipolarité dans les relations internationales. Ce qui reste est le chaos. C’est ce que j’ai dit à plusieurs reprises, durant les années de gouvernement Obama et cela est au centre de mon nouveeau livre “Empire of Chaos”.

Moscou est au courant de tous les liens complexes d’inter-relations avec l’Europe, spécifiquement l’Allemagne et avec le toujours disparaissant, mais néanmoins toujours influent consensus de Washington et pourtant la Russie détient le joker pour être une puissance eurasiatique ; troublée, il y aurait toujours un pivot possible sur l’Asie.

Gorbatchev avait raison lorsqu’il a indiqué à Berlin comment, brisant une promesse qui lui avait été personnellement faite par le père Bush, l’OTAN s’est embarquée dans une expansion toujours plus à l’Est et comment l’occident, essentiellement les Etats-Unis et quelques uns de ses vassaux européens, semblent maintenant obsédés de lancer une nouvelle guerre froide, avec un nouveau mur de Berlin se tenant métaphoriquement à Kiev.

Le pivot de Moscou vers l’Asie et tournant le dos à l’occident se produit sur plusieurs niveaux, depuis des mois maintenant, tout le monde peut le voir. On peut dévaster des hectares de forêt supplémentaires pour écrire comment le résultat a été directement influencé par ce qu’Obama a lui-même décrit comme le “Ne faites pas de choses idiotes” de la doctrine de politique étrangère, qu’il baptisa à bord de l’avion présidentiel Air Force One en revenant d’un nouveau voyage en Asie en Avril dernier.

Au sujet de l’énergie, la pirouette du Financial Times concernant un autre méga-accord gazier entre la Russie et la Chine, l’étiquetant “La vengeance de Poutine”, est d’une connerie proverbiale. La Russie se tourne vers l’Est parce que c’est là que la demande se trouve. Au sujet de la finance, Moscou vient juste de mettre fin à l’étalonage du rouble sur le dollar US et l’euro ; ce qui a fait instantanément chuter le dollar contre le rouble. VTB pour sa part a annoncé qu’il allait peut-être quitter la bourse de Londres pour aller à Shanghaï. Hong Kong attire déjà les géants de l’énergie russes.

Maintenant mélangez ces développements clef avec le double accord énorme sur l’énergie en yuan-rouble et vous avez l’image d’une Russie se protégeant activement contre des attaques spéculatives politiquement motivées de l’occident contre sa monnaie.

Le partenariat symbiotique et stratégique entre la Russie et la Chine s’étend visiblement à l’énergie, à la finance et aussi de manière inévitable à la technologie militaire. Ceci crucialement inclut la vente par Moscou à Pékin de son système de défense anti-aérien S-400 et son futur S-500.

Le système S-500 peut intercepter n’importe lequel des missiles balistiques intercontinentaux américain ou missiles de croisières (comme les Tomahawk), tandis que les missiles intercontinentaux russes déployés à vitesse “V”, équipé du système MIRV sont simplement imbattables. Pékin de son côté, développe déjà des missiles sol-mer qui peuvent torcher tout ce que la marine US pourrait leur envoyer, des portes-avions aux sous-marins en passant par les systèmes de défense anti-aérienne mobiles.

Se joindre à la caravane

Stratégiquement, Pékin et Washington ne pouvaient être que des pôles opposés dans ce que j’appelle la naissance du siècle eurasien.

Pékin a clairement identifié Washington/Wall Street se battant à mort pour préserver le court moment unipolaire. La Chine et les pays du BRICS, travaillent vers ce que Xi a défini comme un “nouveau modèle de relations au pouvoir”. L’état d’esprit de Washington/Wall Street est “toi ou moi” au lieu d’une situation “gagnant-gagnant” ; les maîtres de l’univers auto-proclamés croient qu’ils peuvent toujours monopoliser le pillage parce que la Russie, puis la Chine, battront éventuellement en retraite pour éviter la confrontation.. Ceci est quelque part l’aspect en Asie-Pacifique aujourd’hui qui ressemble à l’Europe de 1914.

Avec ce genre de truc passant pour de “l’analyse” dans les cercles académiques états-uniens et avec les élites de Washington/Wall Street au travers de leur pays des think tanks complètement myopes, s’accrochant toujours à leurs platitudes de contes de fées (mythiques) comme le “rôle historique” des Etats-Unis comme arbitre de l’Asie moderne et équilibreur clef du pouvoir, il ne faut pas du tout s’étonner que l’opinion publique occidentale ne puisse même pas s’imaginer de l’impact de ces nouvelles routes de la soie dans la géopolitique du XXIème siècle.

Un quart de siècle après la chute du mur de Berlin, les Etats-Unis sont totalement dirigés par une oligarchie. L’Europe est géopolitiquement inepte et inutile. La “démocratie” a été dégradée en une pathétique auto-parodie à travers l’ensemble de l’occident. Un impérialisme “humanitaire” tout autant que néoconservateur en Irak, Libye, Syrie, Ukraine et plus a mené de désastre en désastre. Le turbo-capitalisme financier est une bombe à retardement.

La Russie et la Chine ne proposent peut-être pas un système alternatif, du moins, pas encore… Mais quoi qu’il en soit, alors que les chiens de guerre, de la haine et de l’inégalité aboient, la caravane sino-russe passe. La caravane vend l’intégration économique eurasienne, pas des bombes. Une véritable intégration de l’Asie-Pacifique est peut-être encore un rêve lointain ; mais pourtant ce que l’APEC a montré et de manière graphique une fois de plus, est l’implosion spectaculaire, au ralenti, de la domination géopolitique de l’ancienne nation indispensable.