Archive pour OTAN organisation terroriste

Gilets Jaunes et géopolitique: Avec la bidasserie face aux Gilets Jaunes, les conditions d’un BLOODY SATURDAY à la française (presque) réunies… (avec VT)

Posted in actualité, gilets jaunes, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 21 mars 2019 by Résistance 71

On ne sait pas pourquoi… On avait gardé cet article traduit sous le coude… Une intuition sans doute…

Lisez ce qui y est dit au sujet des paras anglais faisant du maintien de l’ordre à Londonderry dans la banlieue de Belfast et comment, avec l’aide du Gladio, ils en sont arrivés à BLOODY SUNDAY…

Avec la bidasserie du plan “sentinelle”, pour contrôler la foule des GJ, on est parti pour un BLOODY SATURDAY à la française, presque toutes les conditions seront réunies, manquera plus que quelques snipers du Gladio 2.0, nul doute que ce ne sera pas bien difficile à trouver !!

Envoyer l’armée faire du “maintien de l’ordre”, c’est comme donner des allumettes à un pyromane dans une grange… Envoyer l’armée faire du « maintien de l’ordre » sur sa population, alors là on est dans l’art de la dictature contemporaine…

~ Résistance 71 ~

 


Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord

 

Gladio 2.0 – L’Europe divisée, Conquête à suivre ?

 

Ian Greenhalgh

 

14 mars 2019

 

url de l’article original:

https://www.veteranstoday.com/2019/03/14/gladio-redux-europe-divided-conquest-to-follow-i/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans la nuit de samedi dernier, une grosse bombe a explosé à Londonderry dans la province britannique de l’Ulster en Irlande du Nord. La bombe était placée dans un van stationné dans une rue du centre ville, un groupuscule du nom de New IRA a revendiqué l’attentat. Il n’y a eu aucune victime, que des dégâts matériels, mais cet évènement signale de manière claire que se renouvelle la stratégie de la tension de l’OTAN dans l’ère de la guerre froide, stratégie menée durant l’Opération Gladio ; il y a de toute évidence l’intention  de réenflammer les vieilles rancœurs et la violence de la guerre civile en Ulster.

Il est très important de bien comprendre les tenants et aboutissements de cette Opération Gladio, car elle fut le précurseur de toute cette vague d’attentat sous faux-drapeaux et du terrorisme actuel, elle fut le cœur de ces “armées de la nuit” qui ont remplacé la guerre traditionnelle à la fin du XXème siècle avec une “guerre bon marché”, une “guerre de basse intensité”, qui est à la base de l’instabilité mondiale aujourd’hui. Commençons.

Note de R71: Il convient ici de noter que cette stratégie n’est que l’outil d’un système d’oppression mondial géré par des cartels banquiers et de grandes entreprises transnationales qui ont à terme et depuis la première guerre mondiale, acheté le politique pour livrer le monde à la dictature croissante de la marchandise en mouvement. Tout cela n’est que logique de système oppresseur, qui ne pourra s’arrêter qu’avec la mise à bas de ce système et son remplacement par une société des sociétés enfin émancipée de la dictature de la division du pouvoir politique.

La guerre froide fut une période difficile pour les nations non-alignées, en fait, être “non-alignées” était comme danser sur le fil du rasoir. Ainsi, nous commencerons avec la véritable histoire du colonel Kadhafi et le rôle qu’il joua en dansant sur ce fil du rasoir, dans la création de l’Opération Gladio.

En 1969, la CIA renverse le gouvernement libyen et installe au pouvoir le colonel Mouamar Kadhafi à la tête d’un régime despotique, juste un des 200 changements de régimes opérés par la CIA dans le monde depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

La Libye est un très vaste pays mais a une petite population qui vit dans une petite bande de terre fertile le long de la côte méditerranéenne, le reste du pays est une vaste étendus de sable, partie du désert du Sahara. Il y a de considérables dépôts de pétrole dans les sous-sols, mais ce n’est pas la richesse pétrolière qui intéresse la CIA, mais plutôt la situation géographique de la Libye: cette très vaste étendue désertique était ce qui plaisait beaucoup aux planificateurs de Langley.

Pourquoi donc la CIA serait-elle tant intéressée par une étendue de désert ? la réponse est à la fois simple et dérangeante. L’endroit offre la place rêvée pour la construction de bases secrètes et de “black sites” d’où pourront être menés un bon nombre d’opérations scabreuses nécessitant une extrême discrétion hors du regard du congrès des Etats-Unis et de fait loin de tout regard indiscret la zone étant désertique et non-habitée.

Il y a un second facteur géographique, la position de la Libye sur la côte sud de la Méditerranée, à un saut de puce de l’Europe, si on voulait construire une base qui serait responsable de contrôler et d’alimenter des opérations clandestines en Europe. La Libye est en cela parfaitement localisée.

Ces opérations clandestines se constituaient d’une série de campagnes terroristes à travers les nations européennes, opérations qui seront collectivement connue sous le nom d’”Opération Gladio” ou de “Programme Gladio”. La  stratégie en était très simple: des groupes terroristes étaient créés et utilisés pour mener des campagnes de violence extrême afin de terroriser les populations des nations ciblées et les forcer à se tourner politiquement vers les partis politiques de droite, présentés comme la valeur la plus sûre pour lutter contre cette terreur venue des groupes “d’extrême gauche”.

Les groupes terroristes faisant parties du programme Gladio incluaient l’ETA basque, la Bande à Baader-Meinhof en Allemagne de l’Ouest, les Brigades Rouges italiennes et le plus connu de tous: l’IRA, l’Irish Republican Army d’Irlande du Nord. Leurs campagnes de terreur commença en 1970, moins d’un an après l’installation de Kadhafi en Libye. Un des gros attentats commis qui fit la une de tous les journaux fut celui de la gare de Bologne en 1982, faisant un très grand nombre de victimes.

Une des pires et plus meurtrières campagnes qui fut déclenchée fut celle qui eut lieu en Irlande du Nord et l’histoire de comment ce conflit fut créé résonnera de manière familière à nos lecteurs russes car les évènements peuvent être mis en parallèle de ceux qui eurent lieu sur la place du Maïdan à Kiev en 2014. La province de l’Ulster a une majorité démographique protestante qui est très fidèle à l’état britannique et une minorité catholique qui a souffert pendant très longtemps de discrimination aux mains des protestants, ce qui voulait dire que les catholiques avaient un standard de vie inférieur et étaient plus pauvres que les protestants.

En 1969, les catholiques en eurent ras le bol et commencèrent des manifestations pacifiques dans Belfast et autres villes principales de l’Ulster. La réaction de la majorité protestante tourna violente et les marches pacifiques tournèrent en véritables pugilats alors que la police protestante regardait et ne faisait jamais rien pour protéger les manifestants catholiques agressés.

Le gouvernement britannique ne se satisfit pas de la situation, les catholiques étaient après tous des citoyens britanniques, il envoya alors l’armée pour protéger la population catholique et espéra calmer ainsi la vague de violence.

Les deux endroits où les rencontres entre catholiques et protestants tournaient toujours au pire se situaient dans la zone Est de Belfast sur Falls Road et Shankill road dans la banlieue de Londonderry où la zone du Bogside était le théâtre d’affrontements quasi continuels sous la forme de batailles de rues. L’armée fut donc envoyée dans ce chaudron de violence et d’émeutes. L’unité qui y fut envoyée fut sans aucun doute le plus mauvais choix à faire: le célèbre régiment parachutiste.

Les paras de ce régiment britannique s’étaient rendus célèbres et avaient reçu le respect de leur opposition dans une série d’âpres batailles contre les forces nazies durant la seconde guerre mondiale, en particulier dans la célèbre bataille pour le contrôle d’un pont sur le Rhin dans la ville hollandaise d’Arnhem, le pont qui fut connu sous le vocable “d’un pont trop loin” et fut le sujet d’un livre et d’un film éponymes.

Durant la seconde guerre mondiale, les combats en Europe de l’Ouest n’étaient que rarement intenses et brutaux, bien moins que les combats se déroulant en Europe de l’Est entre l’armée rouge et l’envahisseur nazi, mais la bataille d’Arnhem rivalisa d’âpreté et d’intensité avec la bataille de Stalingrad dans le combat urbain, alors que deux divisions de chars SS allemandes, toutes deux ayant combattues en Russie et en Normandie, contre-attaquèrent contre un simple bataillon de parachutistes britanniques qui tenaient le point nord du pont tant convoité. Les troupes aéroportées armées légèrement n’avaient que très peu de chances contre les panzers allemands et après une semaine complète de résistance acharnée mais futile, les paras britanniques furent vaincus.

Lorsque l’officier SS commandant les forces nazies reçût la rédition du commandant britannique, il le complimenta sur la qualité de leur combat et fit la remarque que les paras devaient voir une bonne expérience du combat urbain maison par maison, car ils avaient donné à ses hommes aguerris aux combats urbains en Russie, la pire résistance rencontrée et une victoire très difficile. Le commandant britannique fit montre d’un flegme des plus britanniques et répliqua qu’au contraire, ses hommes n’avaient jamais combattu en ville et avança “qu’ils feraient mieux la prochaine fois”…

Cette épisode illustre parfaitement le caractère de ce régiment parachutiste, ce sont des troupes de choc d’élite, entraînés pour prendre l’ennemi frontalement avec la plus grande férocité, ce sont les hommes que vous envoyez dans une situation particulièrement difficile et vous pouvez compter sur eux pur écraser l’ennemi ou pour mourir en essayant.. Ce qu’ils ne sont pas en revanche, ce sont les bonnes troupes à envoyer dans une action de maintien de l’ordre dans les rues de villes britanniques.

Quoi qu’il en soit, ces troupes furent envoyées dans les rues de Londonderry avec pour mission de maintenir l’ordre et d’empêcher l’escalade de la violence. La scène était propice dès ce moment pour une escalade explosive de la situation déjà devenue ultra-sensible. Le jour d’infamie arriva en ce 30 janvier 1972, jour passé à la postérité historique sous le nom de “Bloody Sunday” (NdT: et immortalisé par l’envoûtante chanson du groupe irlandais U2 et la voix de Bono)

Une marche, manifestation pacifique avait été organisée et alors que la longue colonne de manifestants composée essentiellement de catholiques, passa par le tristement célèbre Bogside, théâtre déjà de tant de violence, elle arriva à un point d’étranglement entre de très hauts bâtiments d’habitation.

Des tirs nourris furent dirigés sur les soldats du 1er Bataillon du Régiment Parachutiste qui encadraient la marche. Ils répondirent au feu de la manière dont ils sont entraînés: répondre à une agression par une hyper agression débordante. Quand la fumée se dissipa, 28 civils avaient été abattus, 14 perdirent la vie et la mèche avait été allumée pour les décennies de violence que l’histoire britannique nomme “les troubles”.

Les manifestants ont toujours affirmé que personne dans la marche n’était armé, que personne parmi eux n’avaient tiré sur les paras, de la même manière, les paras affirmèrent que des balles pleuvaient sur eux, touchant leurs véhicules et le sol tout autour d’eux, bien qu’aucun d’entre eux ne fut touché par ces tirs nourris. De fait, les deux côtés disent la vérité, des tirs furent effectivement dirigés vers les paras, mais ces tirs ne provenaient pas des manifestants pacifiques. 

Ce scénario devrait aujourd’hui nous être familier, car c’est précisément la même tactique que nous avons vu de nouveau se jouer sur la place du Maïdan de Kiev en 2014. A Londonderry, des tireurs embusqués avaient tiré sur les paras, provoquant leur retour de feu sur le seul “ennemi” qu’ils pouvaient voir: la masse des civils pacifiques. C’était Gladio en action, les tireurs avaient été entraîné par la CIA dans des camps secrets d’entrainement implantés profondément dans le désert libyen. Leurs armes provenaient de la CIA et de ses stocks d’armes engrangés dans les entrepôts de ce même désert libyen.

Avant Bloody Sunday, l’IRA se composait de quelques groupes hétéroclites et éparses, de quelques douzaines de jeunes catholiques en colère dans la zone de Falls Road dans l’Est de Belfast ; en quelques semaines, des milliers de jeunes catholiques se portèrent volontaires pour rejoindre l’IRA et le groupe mit en place des cellules actives terroristes dans chaque ville de la province d’Ulster. Les armes furent livrées par bateau en provenance de la Libye et le financement commença à affluer, d’une part par la communauté irlandaise sympathisante américaine, mais pas le gros du financement qui lui, provenait de l’argent de la CIA. Ceci était Gladio en opération de terrain et tout cela dépendait des bases secrètes sur le territoire libyen.

Mais pourquoi donc la CIA voudrait créer et sponsoriser des campagnes terroristes dans des pays européens qui étaient ses alliés de l’OTAN ?

La réponse est qu’il y avait une peur que l’Europe ne vire à gauche, que des gouvernements socialistes, communistes, ne soient élus et que ces gouvernements potentiels, hostiles à la guerre froide et prônent une détente avec l’URSS, qu’ils voudraient se rapprocher du bloc de l’Est. En terrorisant les populations européennes de ses alliés de l’OTAN, les Etats-Unis provoquaient une réaction à droite des masses vers les partis de droite qui se disaient fermes contre les terroristes qui étaient vus comme des mouvements gauchistes épousant l’idéologie communiste.

L’économie américaine a été construite, depuis les années 1940, autour d’un énorme complexe militaro-industriel et de la sécurité privé et afin de maintenir ce complexe de l’avant et une économie forte, ils doivent vendre des armes à la fois à l’armée américaine et à ses alliés de l’OTAN. C’est pourquoi la guerre froide dura si longtemps (NdT: 1946-1991… 45 ans ! certains disent que la guerre froide fut la 3ème GM), le bloc communiste du Pacte de Varsovie (NdT: qui fut créé en réponse à la création de l’OTAN et non pas l’inverse !…) devint la parfait croquemitaine pour effrayer la population américaine avec le continu soutien des politiciens et de la propagande, politiciens qui ont été achetés et payés par les financiers derrière le complexe militaro-industriel.

Si on laissait l’Europe virer à gauche et devenir socialiste, se rapprocher du bloc de l’Est, les énormes bénéfices des ventes d’armes qui ont maintenu le complexe militaro-industriel dans sa position dominante étaient directement menacés. S’il devait y avoir une paix et une confiance durables, ce serait un véritable désastre pour leurs marges de profit. C’est pourquoi la CIA a créé Gladio, pourquoi l’Europe des années 1970, des “années de plomb”, fut laminée par les attentats terroristes et la violence, le but était de maintenir la guerre froide fonctionnelle en empêchant des gouvernements de gauche, socialo-communistes, prendre le contrôle des pays clefs d’Europe et mettre en place un processus de paix et de rapprochement.

Ce qui nous amène à la situation actuelle où une nouvelle guerre froide a été créée en diabolisant la Russie et en racontant les contes à dormir debout du comment Poutine a l’intention de recréer l’URSS en ré-annexant l’Ukraine et les républiques baltes, contes qui remplissent depuis des années les médias occidentaux propagandistes à la botte oligarchique. Mais de nos jours, il faudra être particulièrement convaincant pour convaincre les Européens que la Russie est en fait notre ennemi et tente de conquérir des territoires à l’Est du continent.

La méthode pour convaincre les gens en Europe qu’ils doivent élire et soutenir des gouvernements de droite anti-russe est la même méthode utilisée avec succès auparavant: Opération Gladio 2.0, simplement cette fois-ci, la base ne se trouvera plus en Libye mais plutôt en Pologne et en Ukraine où des gouvernements d’extrême-droite nationalistes ont déjà été mis en place par les interférences de la CIA et où se trouvent maintenant les bases secrètes d’entrainement et les stocks d’armes.

Pourquoi la GB est-elle ciblée ? Parce que le gouvernement conservateur de droite est sur le point de s’effondrer et nous sommes devant la possibilité de voir arriver au pouvoir un gouvernement de la gauche travailliste. Le chef du parti travailliste Jeremy Corbyn est un fervent opposant du militarisme et de la politique avouée du parti, s’il devait être élu, il retirerait la GB de l’OTAN et couperait les fonds pour la défense, ce qui verrait les troupes britanniques basées en Europe de l’Est être rapatriés en Angleterre et verrait aussi un terme à la diabolisation de la Russie, élément qui fut prévalent dans la politique du gouvernement conservateur.

Personne en Irlande du Nord (toujours britannique) ou au Royaume-Uni ou en République d’Irlande de fait, ne veut voir un retour aux “Troubles”, ni personne ne veut une escalade avec la Russie, mais et c’est là que réside le côté maléfique de ce plan, un retour aux bons vieux mauvais jours de la guerre froide et de la campagne de terreur de l’IRA.

La fin de partie est dans la destruction de la Russie de Poutine de la même façon dont la première guerre froide se termina par l’effondrement de l’URSS. Le prix à récolter sont les vastes ressources naturelles que la Russie renferme et le contrôle de leur exploitation ; une fois de plus, le tout pour le profit du complexe militaro-industriel privé et la poignée de famille bancaire milliardaire qui mène secrètement tout ce cirque.

 


GLADIO 2.0

L’utilisation de la crise des migrants en Europe pour une intervention de l’OTAN en Syrie…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 5 septembre 2015 by Résistance 71

« Une différence fondamentale entre les dictatures modernes et les tyrannies du passé est que la terreur n’est plus utilisée comme moyen d’exterminer ou de terroriser les opposants, mais comme un instrument pour régner sur les masses de gens qui sont parfaitement obéissantes. La terreur telle que nous la connaissons aujourd’hui frappe sans aucune provocation préliminaire, ses victimes sont innocentes même du point de vue des persécuteurs. »

~ Hannah Arendt ~

 

Résistance 71

 

5 Septembre 2015

 

La tragédie des migrants syriens (et libyens) si elle est bien réelle et touche une foule de braves gens n’ayant rien demandé à personne, elle n’en est pas moins une tragédie planifiée, orchestrée par l’oligarchie occidentale. Il devient de plus en plus transparent que la logistique derrière cette massive migration est soutenue par la 5ème colonne impérialiste des ONG à la botte de la NED et autres entités oppressive de l’empire, disséminée sur le parcours du combattant de ces pauvres gens. Il convient néanmoins de se demander quel est le but de tout cela ?

Voici notre vue (toujours à trois balles bien sûr..) sur la question:

Cette tragédie réelle, mais néanmoins orchestrée est faite pour amener les peuples européens à accepter la solution déjà toute préparée des criminels gérant nos états pour les banquiers: la source du problème est la situation en Syrie qui n’avance pas et empoisonne l’empire, la source du problème est Bachar al-Assad. Si on veut solutionner cela et arrêter cette situation humanitaire intolérable, l’OTAN se doit d’intervenir en Syrie, virer le régime Assad pour y mettre son régime marionnette quel qu’il soit (pas l’EIIL qui sera recyclé par ses créateurs dans le Caucase et en Ukraine contre les Russes et au Xinjiang contre la Chine…). Les banquiers poussent la crise humanitaire jusqu’au point où les peuples européens accepteront que leurs pays aillent bombarder la Syrie pour en finir avec Assad et donc le croiront-ils, du problème de tous ces “pauvres bougres” frappant à notre porte, dérangeant le peu de confort qu’il nous reste…

Les merdias occidentaux présentent depuis le début les évènements de Syrie comme une “guerre civile” alors qu’il est évident depuis 2012 qu’il s’agit d’une guerre d’invasion étrangère par procuration menée et pilotée par l’occident et ses alliés régionaux: Les roitelets du Golfe, Israël, la Jordanie et surtout, un membre de l’OTAN, faisant office de base arrière des mercenaires “djihadistes” de l’occident: la Turquie.

Bref, la tragédie des migrants est une tragédie humanitaire dont le seul responsable est l’occident. La machine propagandiste occidentale est à l’œuvre pour utiliser cette crise exacerbée à dessein, pour forcer la main de ses peuples à finalement accepter une intervention militaire de l’OTAN en Syrie, qui verra la Russie soit plier, soit s’engager dans le conflit. Les banquiers veulent la guerre mondiale pour sauver une fois de plus leur système financier criminel arrivé au bout du rouleau.

La question est: les peuples marcheront-ils dans la combine ? Tomberont-ils dans le piège qui leur est maintenant tendu ? Il est impossible de faire une guerre d’envergure sans le soutien de l’opinion publique. Toute cette affaire tragique de migrants, couverte de la manière la plus honteuseent émotionnelle possible par les médias, n’a que ce but en tête: gagner les opinions publiques européennes à une intervention militaire massive de l’OTAN en Syrie. Une fois de plus l’occident sème la mort et la terreur et joue sur l’émotionnel pour imposer ses « guerres humanitaires ». La tragédie et la misère dévolues aux pauvre gens pris dans le tourbillon des évènements sont bien réelles certes, mais les effets en sont honteusement manipulés à des fins colonialistes et d’imposition d’un agenda terroriste.

Allons-nous accepter la 3ème guerre mondiale ? Allons-nous  commencer à traquer les vrais terroristes là où ils sont ?

OTAN sans frontières ou le terrorisme universel…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, France et colonialisme, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 7 mai 2015 by Résistance 71

L’offensive globale de l’OTAN

 

Manlio Dinucci

 

6 Mai 2015

 

Source: http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=235255&cid=19&fromval=1&frid=19&seccatid=381&s1=1

 

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord n’a plus de frontières.

En Europe -après s’être étendue à sept pays de l’ex Pacte de Varsovie, trois de l’ex URSS et deux de l’ex Yougoslavie (démolie par la guerre de 1999)- elle est en train d’incorporer l’Ukraine. Les forces armées de Kiev, qui depuis des années participent aux opérations Otan dans diverses aires (Balkans, Afghanistan, Irak, Méditerranée et Océan Indien), sont de plus en plus intégrées dans celles de l’Alliance sous commandement USA. Le 24 avril a été signé un accord qui les insère de fait dans le réseau de commandement, contrôle et communication Otan.

Au moment même où le parlement de Kiev approuve à l’unanimité une loi qui exalte comme « héroïque » le passé nazi de l’Ukraine et, alors qu’il déclare « criminelle » toute référence au communisme en mettant hors la loi le PC, il qualifie de « combattants pour l’indépendance ukrainienne » les nazis qui massacrèrent des dizaines de milliers de juifs.

En Lituanie et en Pologne, l’Otan a déployé des chasseurs-bombardiers qui «patrouillent» dans les cieux des trois républiques baltes, aux limites de l’espace aérien russe : l’Italie, après avoir conduit la «mission» dans le premier quadrimestre 2015, y reste au moins jusqu’en août avec 4 chasseurs-bombardiers Eurofighter Typhoon.

En Asie centrale, «région stratégiquement importante », l’Otan est en train d’incorporer la Géorgie qui, déjà intégrée dans ses opérations, «aspire à devenir membre de l’Alliance ». Elle continue en outre à «approfondir la coopération » avec le Kazakstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, le Turkmenistan et l’Ouzbékistan, pour contrecarrer l’Union économique eurasiatique (comprenant la Russie, la Biélorussie, le Kazakstan, l’Arménie et, depuis mai, le Kirghizistan).

Elle reste « profondément engagée en Afghanistan » (considéré, dans la géographie impériale, comme partie de l’ « Atlantique Nord »), pays de grande importance géostratégique face à la Russie et Chine, où la guerre Otan continue avec des forces spéciales, drones et chasseurs-bombardiers (52 attaques aériennes rien qu’en mars).

En Asie occidentale, l’Otan poursuit l’opération militaire couverte contre la Syrie et en prépare d’autres (l’Iran est toujours dans le viseur), comme le montre le déplacement à Izmir (Turquie) du Landcom, le commandement de toutes les forces terrestres de l’Alliance. En même temps l’Otan renforce le partenariat (expérimenté dans la « campagne de Libye ») avec quatre monarchies du Golfe -Bahrein, Emirats Arabes Unis, Koweit, Qatar- et la coopération militaire avec l’Arabie Saoudite qui, dénonce « Human Rights Watch », massacre au Yémen avec des bombes à fragmentation fournies par les USA.

En Asie orientale, l’Otan a conclu avec le Japon un accord stratégique qui « élargit et approfondit le long partenariat », à quoi se joint un accord analogue avec l’Australie, en fonction antichinoise et antirusse.

Dans la même finalité les plus grands pays de l’Otan participent tous les deux ans, dans le Pacifique, à ce qui est défini par le commandement de la Flotte USA comme « la plus grande manœuvre maritime du monde».

En Afrique, après avoir démoli la Libye, l’Otan est en train de potentialiser son assistance militaire à l’Union Africaine, à qui elle fournit aussi « planification et transport aéronaval », dans le cadre stratégique du Commandement Africa des Etats-Unis

En Amérique Latine, l’Otan a stipulé un « Accord sur la sécurité » avec la Colombie qui, déjà engagée dans des programmes militaires de l’Alliance (parmi lesquels la formation de forces spéciales), peut en devenir rapidement le partenaire.

On ne devra pas s’étonner si, sans trop attendre, l’Italie enverra ses chasseurs-bombardiers « patrouiller » les cieux de la Colombie dans une « mission » Otan contre le Venezuela.

Manlio Dinucci : est géographe et journaliste. Il a une chronique hebdomadaire “L’art de la guerre” au quotidien italien il manifesto.

Parmi ses derniers livres:  Geocommunity (en trois tomes) Ed. Zanichelli 2013; Geolaboratorio, Ed. Zanichelli 2014;Se dici guerra…, Ed. Kappa Vu 2014.

 

Source : IlMaifesto ; traduit par Mondialisation.ca

Terrorisme d’états de l’OTAN: Coup de semonce russe…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , on 23 avril 2015 by Résistance 71

Avertissement de la Russie à l’OTAN

 

Al Manar

 

22 Avril 2015

 

url de l’article:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=232373&cid=19&fromval=1&frid=19&seccatid=33&s1=1

 

Le général Valery Gerasimov, chef d’État-major de l’Armée russe a mis en garde les pays européens qui envisagent d’accueillir les systèmes de missiles de l’Otan sous commandement américain, que Moscou considère ces installations comme des cibles prioritaires, car elles possèdent des capacités offensives.

Selon lui, les États-Unis et leurs partenaires de l’Otan veulent mettre la Russie à genoux en alimentant les conflits à sa frontière, comme en Ukraine. 

«Les MK-41 lance-missiles verticaux qui font partie du complexe AEGIS Ashore, système de missiles basé au sol déployé en Roumanie et en Pologne, peuvent tirer non seulement des fusées anti-missiles SM-3, mais aussi des missiles de croisière Tomahawk», a déclaré le général Gerasimov lors d’une conférence sur la défense dans la capitale russe, Moscou, jeudi dernier.
 «Les nations non-nucléaires qui hébergent des éléments du système ABM deviennent des cibles prioritaires pour nos contre-mesures», a-t-il averti.

 «Nous considérons le déploiement de systèmes de défense anti-missiles globaux par les Américains comme une étape supplémentaire des États-Unis et de leurs alliés dans leur projet de destruction du système actuel de sécurité internationale afin de s’assurer la domination du monde», a déclaré Gerasimov.

Il a poursuivi: «Il devient évident que la poursuite de la mise en œuvre des plans de défense antimissile des États-Unis et de l’Otan crée une véritable menace pour les forces nucléaires stratégiques russes.» 


«Nous ne savons pas quel genre d’ordres reçoivent les nouvelles autorités ukrainiennes de la part de leurs tuteurs occidentaux et où l’agression de Kiev pourra continuer à l’avenir», a-t-il dit.

Pendant ce temps, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a déclaré que Washington a franchi toutes les lignes en tentant de faire glisser l’Ukraine dans son camp dans le cadre d’un plan plus large visant à élargir l’Otan et aliéner les voisins de la Russie.

«Les pays de l’Otan poursuivent activement une expansion de leur espace géopolitique, installent des capacités militaires en Europe de l’Est et essaient de fermer la frontière de la Russie. Le but de leurs exercices dans l’Europe de l’Est et dans la région Arctique indique leur nature antirusse», il dit. 

Choïgou a également accusé l’Otan d’accroître le potentiel de guerre en Europe de l’Est en banalisant «l’utilisation d’armes nucléaires tactiques américaines déployées dans plusieurs pays européens».

EI = Armée mercenaire de l’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord, elle même le bras armé de la City de Londres et de Wall Street…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 23 septembre 2014 by Résistance 71

Créé, armé, entraîné et financé par l’occident et les roitelets du Golfe l’EIIL ou l’EI se purge de ses cadres maghrébens et libyens pour passer sous commandement géorgien, tchétchenne et ouïghour. Le chaos total est planifié s’étendre aux monarchies du Golfe, puis à la Russie et à la Chine. L’Iran vient de proposer son aide pour combattre l’EI aux états occidentaux impliqués, instigateurs de toute la terreur mondiale de ces trente dernières années, ceux-ci ont bien sûr refusé tant il est clair que si les Pasdarans iraniens et le Hezbollah libanais entraient dans la danse, l’affaire EI serait règlé une bonne fois pour toute en 15 jours…

Les soi-disantes attaques aériennes des « coalisés contre l’EI » en Irak ne sont qu’un écran de fumée, qui donne le signal de la transformation plus avant de l’organisation mercenaire islamiste de l’OTAN. A ce titre, il est possible de qualifier « l’opération EI » comme étant une opération Gladio 2.0

Question: Étant les prochaines sur la liste de la propagation du chaos créateur du Nouvel Ordre Mondial, comment vont réagir la Russie et la Chine ?

— Résistance 71 —

 

Qui compose « l’Émirat Islamique » ?

 

Thierry Meyssan

 

22 Septembre 2014

 

url de l’article :

http://www.voltairenet.org/article185337.html

 

Alors que l’opinion publique occidentale est abreuvée d’informations sur la constitution d’une prétendue coalition internationale pour lutter contre l’« Émirat islamique », celui-ci change discrètement de forme. Ses principaux officiers ne sont déjà plus des arabes, mais des Géorgiens et des Chinois. Pour Thierry Meyssan, cette mutation montre qu’à terme l’Otan entend utiliser l’« Émirat islamique » en Russie et en Chine. Dès lors, ces deux pays doivent intervenir maintenant contre les jihadistes, avant qu’ils ne retournent semer le chaos dans leur pays d’origine.

L’« Émirat islamique » a d’abord affiché son origine arabe. Cette organisation est issue d’« Al-Qaïda en Irak » qui combattait non pas les envahisseurs états-uniens, mais les chiites irakiens. Elle est devenue « Émirat islamique en Irak », puis « Émirat islamique en Irak et au Levant ». En octobre 2007, l’armée de terre US saisit à Sinjar près 606 fiches des membres étrangers de cette organisation. Elles furent dépouillées et étudiées par des experts de l’Académie militaire de West Point.

Pourtant, quelques jours après cette saisie, l’émir al-Baghdadi déclara que son organisation ne comprenait que 200 combattants et qu’ils étaient tous Irakiens. Ce mensonge est comparable à celui des autres organisations terroristes en Syrie qui déclarent ne compter qu’incidemment des étrangers, alors que l’Armée arabe syrienne estime à au moins 250 000 le nombre de jihadistes étrangers ayant combattu en Syrie au cours des trois dernières années. Au demeurant, le calife Ibrahim (nouveau nom de l’émir al-Baghdadi) prétend désormais que son organisation est composée largement d’étrangers, que le territoire syrien n’est plus pour les Syriens et le territoire irakien n’est plus pour les Irakiens, mais ils sont pour ses djihadistes.

Selon les fiches saisies à Sinjar, 41 % des terroristes étrangers membres de l’« Émirat islamique en Irak » étaient de nationalité saoudienne, 18,8 % étaient Libyens, et 8,2 % seulement étaient Syriens. Si l’on rapporte ces chiffres à la population de chacun des pays concernés, la population libyenne a fourni proportionnellement 2 fois plus de combattants que celle d’Arabie saoudite et 5 fois plus que celle de Syrie.

Concernant les jihadistes syriens, leur origine était dispersée dans le pays, mais 34, 3 % venaient de la ville de Deir ez-Zor qui, depuis le retrait de l’« Émirat islamique » de Raqqa, est devenue la capitale du Califat.

En Syrie, Deir ez-Zor a la particularité d’être peuplée majoritairement d’arabes sunnites organisés en tribus, et de minorités kurde et arménienne. Or, jusqu’à présent, les États-Unis n’ont été capables de détruire les États qu’en Afghanistan, en Irak, et en Libye, c’est-à-dire des pays où la population est organisée en tribus. Ils ont par contre échoué partout ailleurs. De ce point de vue, Deir ez-Zor en particulier et le Nord-Est de la Syrie en général peuvent donc être potentiellement conquis, mais pas le reste du pays, comme on le voit depuis trois ans.

Depuis deux semaines, une purge affecte les officiers maghrébins. Ainsi, les Tunisiens qui ont pris l’aéroport militaire de Raqqa, le 25 août, ont-ils été arrêtés pour désobéissance, jugés et exécutés par leurs supérieurs. L’« Émirat islamique » entend remettre à leur place ses combattants arabes et promouvoir des officiers tchétchènes aimablement fournis par les services secrets géorgiens.

Une autre catégorie de jihadiste fait son apparition : les Chinois. Depuis juin, les États-Unis et la Turquie ont transporté des centaines de combattants chinois et leurs familles au Nord-Est de la Syrie. Certains d’entre eux deviennent immédiatement des officiers. Ce sont principalement des Ouïghours, des Chinois de Chine populaire, mais musulmans sunnites et turcophones.

Dès lors, il est évident que, à terme, l’« Émirat islamique » étendra ses activités en Russie et en Chine, que ces deux pays sont ses cibles finales.

Nous allons certainement assister à une nouvelle opération de communication de l’Otan : son aviation repoussera les jihadistes hors d’Irak et les laissera s’installer à Deir ez-Zor. La CIA fournira de l’argent, des armes, des munitions et des renseignements aux « révolutionnaires syriens modérés » (sic) de l’ASL, qui changeront alors de casquette et les utiliseront sous le drapeau de l’« Émirat islamique », comme c’est le cas depuis mai 2013.

À l’époque, le sénateur John McCain était venu illégalement en Syrie rencontrer l’état-major de l’ASL. Selon la photographie diffusée alors pour attester de la rencontre, cet état-major comprenait un certain Abou Youssef, officiellement recherché par le département d’État US sous le nom d’Abou Du’a, en réalité l’actuel calife Ibrahim. Ainsi, le même homme était —à la fois et en même temps— un chef modéré au sein de l’ASL et un chef extrémiste au sein de l’« Émirat islamique ».

Muni de cette information, on appréciera à sa juste valeur le document présenté au Conseil de sécurité, le 14 juillet, par l’ambassadeur syrien Bachar al-Jaafari. Il s’agit d’une lettre du commandant-en-chef de l’ASL, Salim Idriss, datée du 17 janvier 2014. On y lit : « Je vous informe par la présente que les munitions envoyées par l’état-major aux dirigeants des conseils militaires révolutionnaires de la région Est doivent être distribuées, conformément à ce qui a été convenu, pour deux tiers aux chefs de guerre du Front el-Nosra, le tiers restant devant être réparti entre les militaires et les éléments révolutionnaires pour la lutte contre les bandes de l’ÉIIL. Nous vous remercions de nous envoyer les justificatifs de livraison de l’ensemble des munitions, en précisant les quantités et qualités, dûment signés par les dirigeants et chefs de guerre en personne, afin que nous puissions les transmettre aux partenaires turcs et français ». En d’autres termes, deux puissances de l’Otan (la Turquie et la France) ont acheminé des munitions pour deux tiers au Front Al-Nosra (classé comme membre d’Al-Qaïda par le Conseil de sécurité) et pour un tiers à ASL afin qu’il lutte contre l’« Émirat islamique », dont le chef est un de ses officiers supérieurs. En réalité, l’ASL a disparue sur le terrain et les munitions étaient donc destinées pour deux tiers à Al-Qaïda et pour un tiers à l’« Émirat islamique ».

Grâce à ce dispositif à double casquette, l’Otan pourra continuer à lancer ses hordes de jihadistes contre la Syrie tout en prétendant les combattre.

Cependant, lorsque l’Otan aura installé le chaos partout dans le monde arabe, y compris chez son allié saoudien, il retournera l’« Émirat islamique » contre les deux grandes puissances en développement, la Russie et la Chine. C’est pourquoi ces deux puissances devraient intervenir dès à présent et tuer dans l’œuf l’armée privée que l’Otan est en train de constituer et d’entraîner dans le monde arabe. Faute de quoi, Moscou et Pékin devront l’affronter bientôt sur leur propre sol.

Tyrannie globale et guerre mondiale: L’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord (OTAN) se réunit à Newport ces 4 et 5 Septembre pour décider de la guerre…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, colonialisme, France et colonialisme, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 4 septembre 2014 by Résistance 71

L’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord (OTAN) n’a aucune raison d’exister, elle doit être abolie. Les peuples doivent forcer la fermeture de cette ignominie barbare d’un autre temps. Les armées de l’OTAN régulières ou secrètes (Gladio, Al Qaïda, EIIL/EI etc…) sont des armées de racketeurs faites pour piller le monde et générer le chaos constructeur de tyrannie pour l’oligarchie.

Mort à l’OTAN ! Le temps des peuples arrive !

— Résistance 71 —

 

Sommet de l’OTAN la guerre ou la paix ?

 

Jim Dean

 

1er Septembre 2014

 

url de l’article:

http://www.veteranstoday.com/2014/09/03/nato-summit-war-or-peace/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les citoyens du monde viennent à Newport, Pays de Galles. Le siège commence. 25 km de barrière en mailles métalliques d’acier renforcé de 5m de haut pour contrôler les foules, 20 000 membres de milices armés jusqu’aux dents en uniformes sombres ont commencé à arriver chaque jour. Les plans de défense militaire ont été finalisés. Déjà l’adrénaline est dans l’air. Un combat se profile… Sommes-nous à Gaza ?

Non, c’est le sommet de l’OTAN. Vous, vous droits civiques, votre quête pour la paix et vos demandes de retour à une vraie démocratie et la poursuite du bonheur, n’êtes pas les bienvenus ici. Vous n’avez aucune importance ! Jeudi et Vendredi 4 et 5 septembre 2014, le combat va commencer. Un combat du choix. Un choix entre la guerre ou la paix. qu’en dites-vous ? Qu’en dit le monde ? Moi je dis: “Bougez vos fesses à Newport !”

On dirait que le monde entier est en guerre. A travers la majorité de la planète, des horreurs ont été amenées souvent dans des endroits distants et paisibles, le tout par la veulerie d’un empire qui n’a plus de limites. Sa quête incessante pour le profit a dénudé les ressources et les âmes de nations innocentes. La barbarie et l’inhumanité ont été forcées sur le monde qui va inscrire ces ordures dans l’histoire. La condition naturelle humaine de résistance, résistance à l’oppression et la terreur, arrive à Newport.

En préparation de cette manifestation de masse, l’empre totalitaire en pleine expansion positionne des armes et de la logistique de combat qui sont la vitrine des méthodes et armes modernes de terreur, qui feraient pâlir d’envie les Hitler, Staline et Pol Pot. Le perpétrateur de cette tyrannie croissante porte un nom: l’OTAN (NdT: qui comme chacun sait depuis longtemps veut dire Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord).

_________________________

Nous sommes l’ennemi

La foule semble avoir un message du tout ou rien. Alors que les citoyens triment sous les mesures d’austérité dont les gouvernements les gavent, ces mêmes gouvernements approuvent encore et toujours plus de budgets pour la guerre. Ce ne sont pas des guerres pour la liberté et l’argent de cette guerre n’est pas dépensé pour des causes humanitaires (NdT: comme si une guerre pouvait être “humanitaire”…) La guerre aujourd’hui est oppressive. L’oppression de la civilisation, l’oppression de l’Homme. Ici dans les rues de Newport, au nord de Cardiff, les leaders de l’OTAN se cachent derrière des fortifications et des murs de pierres au château de Cardiff et au Manoir Celte.

Ce journaliste qui écrit a été le témoin de cette attitude auparavant à la Convention Nationale du Parti Démocrate de Charlotte en Caroline du Nord et au sommet de l’OTAN à Chicago en 2012.

Les puissants, riches et arrogants sont là pour montrer leur omnipotence croissante et pour envoyer un message au monde en pleine paupérisation: “Nous sommes vos maîtres et toute résistance est futile !”

Heureusemet pour le reste du monde civilisé, l’histoire et la véritable nature de la condition humaine ont montré que ceci est une proposition foireuse, vouée à l’échec. C’est pourquoi les humains se rendent en masse à Newport…

Ukraine, Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord et guerre du gaz…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 22 août 2014 by Résistance 71

Ne jamais oublier… OTAN = Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord

Tout est dit !…

— Résistance 71 —

 

Dans le conflit ukrainien, on peut observer la relation entre le pétrole, le gaz et l’OTAN dans toute sa splendeur

 

Interview de Daniele Ganser

 

21 Août 2014

 

url de l’article:

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article4924

 

Selon Daniele Ganser, spécialiste dans le domaine de l’OTAN, nous assistons en Ukraine à la prochaine étape de l’extension de cet organisme. L’Allemagne devrait suivre le pas parce que les Américains disposent du commandement en chef et veulent empêcher la naissance d’un nouvel axe Moscou-Berlin. Les USA dressent à cette fin les Etats européens les uns contre les autres – afin de continuer à les contrôler.
L’OTAN est la plus grande et la plus puissante alliance militaire depuis nombre d’années. Les « Deutsche Wirtschafts Nachrichten » ont parlé avec l’historien et le spécialiste en matière de l’OTAN, Daniele Ganser à propos de la structure de celle-ci, du rôle de l’Allemagne dans l’organisation, de son influence dans l’UE et de son implication dans le conflit de l’Ukraine.

Deutsche Wirtschafts Nachrichten : Le Danois Rasmussen démissionne bientôt en tant que Secrétaire général. Son successeur sera probablement le Norvégien Stoltenberg. Quelle est selon vous, l’influence des Européens au sein de l’OTAN ?

Daniele Ganser : Je pense que l’influence des Européens au sein de l’OTAN est petite, parce que celle-ci est menée par les USA. On le voit à travers le fait que les Européens peuvent toujours désigner le Secrétaire général et celui-ci apparaît très souvent dans les médias en Europe. C’est pourquoi, on a l’impression que le Secrétaire général est la personne la plus importante de l’OTAN. Toutefois, ce n’est pas vrai ! La personne encore beaucoup plus influente au sein de l’OTAN est le SACEUR (Commandant suprême des forces alliées en Europe) et c’est toujours un général américain. Ce commandement militaire est encore plus puissant que le poste officiel de Secrétaire général. L’ancien Président Nixon l’a formulé une fois de cette façon : « Le seul organisme international qui n’ait jamais fonctionné, c’est l’OTAN, tout simplement parce qu’il s’agit d’une alliance militaire et que nous étions aux commandes ».

Par quelles voies l’OTAN impose-t-elle ses intérêts à l’UE ?

L’OTAN a ses ambassadeurs dans tous les pays membres. Ce sont des ambassadeurs envoyés par chaque pays afin d’être informés des projets de l’OTAN dans les étapes suivantes. Les voies sont opérationnelles de telle façon que l’OTAN – et en premier les USA – disent : C’est comme ça et maintenant vous devez faire ça. Cela était ainsi en particuliers lors du 11-Septembre et de la Guerre contre l’Afghanistan. La plupart du temps, les Européens obéissent tout simplement. Ils n’ont jamais dit : Nous devons nous développer indépendamment. Une politique extérieure et de sécurité européenne commune ne fonctionne pas vraiment. On est toujours indécis : doit-on aller en Irak avec les Américains ? Les Anglais l’ont fait, pas les Français. Ou bien doit-on bombarder avec les Américains la Lybie, pays membre de l’OPEC ? Les Français l’ont fait, pas les Allemands. Les USA réussissent très bien à dresser les différents pays européens les uns contre les autres. En ce moment, on se sert de l’Allemagne contre la Russie, bien sûr pour des intérêts américains. C’est l’ancien système du « divide et impera » – « diviser pour régner ». Ce n’est pas dans l’objectif de Washington que l’UE et la Russie coopèrent et construisent un grand espace économique, disposant en plus des plus grandes réserves de pétrole et de gaz. Ce ne serait pas dans l’intérêt des Etats-Unis.

En raison du manque de transparence, il est difficile de savoir comment se présente le financement de l’OTAN en détail. Des députés néerlandais ont dû le constater récemment. Savez-vous quelque chose de concret à ce sujet ?

Non, parce que l’OTAN n’est effectivement pas une organisation transparente. Je partage cette frustration des députés néerlandais, parce que je me suis efforcé d’obtenir des informations sur les armées secrètes de l’OTAN. On a simplement ignoré mes questions et on ne m’a fait part de rien. Quelques personnes pensent que l’OTAN est une organisation démocratique et transparente. Cependant, ce n’est pas le cas. C’est une organisation militaire qui tente continuellement à garder ses secrets. Le budget du Pentagone est finalement pertinent pour le financement et il comprend environ 700 milliards de dollars par an ou deux milliards par jour. Alors la question est bien sûr de savoir si ici une journée du Pentagone équivaut à une journée de l’OTAN et comment on calcule cela. Mais ce sont des opérations comptables et on peut calculer cela de différentes manières.

Quel rôle joue l’OTAN dans le conflit en Ukraine ?

Mon avis est que la guerre en Ukraine est centrée autour de l’OTAN et du gaz naturel. L’OTAN a depuis 1990 entrepris un mouvement en direction de l’Est. La première étape a été de retirer en Allemagne la RDA au Pacte de Varsovie et de l’accueillir dans l’OTAN. Pour cela, on a eu besoin à cette époque de l’accord de Gorbatchev. C’est-à-dire que cette fusion entre la RFA et la RDA – qui est très précieuse et que je salue beaucoup – n’était possible qu’avec l’acceptation de la Russie, de la reprise de l’Allemagne réunie, par l’OTAN. Mais les Russes ont aussi affirmé leur refus d’une extension de l’OTAN. Et Gorbatchev a dit que l’OTAN le lui avait garanti.
Cependant, l’OTAN n’a pas tenu parole. L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont été accueillies dans l’OTAN, de même la Pologne, la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie, la Slovénie, la République Tchèque et la Slovaquie. Plus tard ont suivi encore l’Albanie et la Croatie. Si vous le considérez du point de vue russe, alors l’OTAN a rompu sa parole et maintenant, elle tente encore de prendre les éléments manquants – l’Ukraine et la Géorgie – et d’encercler ainsi la Russie. 
Dans les médias occidentaux, on dit toujours : les Russes sont complètement irrationnels et se comportent bizarrement. Mais en fait ils se comportent comme un joueur d’échecs qui déplacement après déplacement, perdent ici une tour, là un cavalier et là encore un pion. Les Russes se sentent harcelés. Et cette extension de l’OTAN n’est aucunement mentionnée par les médias occidentaux, pas même prise en compte. On peut communiquer ceci tout simplement en prenant une carte de l’OTAN en 1990 et une de 2014.

S’agit-il de la part de l’OTAN uniquement d’un encerclement militaire de la Russie ou bien en veut-elle aussi aux ressources de ce pays ?

C’est la même chose. L’Arabie Saoudite et la Russie se partagent la première place au niveau international quant à l’exploitation du pétrole. Les Russes produisent environ 10 millions de barils par jour. Les Saoudiens produisent également environ 10 millions de barils par jour. La Russie est au niveau de sa superficie le plus grand pays de la terre et dispose de très grandes réserves de gaz naturel. La lutte mondiale pour les réserves de pétrole et de gaz naturel est aussi une lutte contre la Russie. Poutine ne veut en aucun cas que l’Ukraine adhère à l’OTAN. Du point de vue russe, la chute de Ianoukovytch a été orchestrée par les services secrets occidentaux. Qu’on le voit ou non comme Poutine, cela ne joue aucun rôle. Mais pour lui, il est légitime de dire : quand l’hiver viendra, je pourrais aussi vous couper le gaz. Ou bien je peux dire : Vous me devez davantage d’argent pour le gaz. Cela veut dire que dans le conflit ukrainien on peut observer la relation entre le pétrole, le gaz et l’OTAN dans toute sa splendeur.

Quels sont les indices montrant que le coup d’Etat en Ukraine a été orchestré par les services secrets occidentaux ?

Ce que nous savons jusqu’à présent est que 2014 est l’année de la destitution de Ianoukovytch et de l’installation au pouvoir de Poro­schenko. C’est un fait. Et si l’on observe un peu de plus près, alors on voit les finesses. Quand est-il destitué ? Il est renversé en février 2014. Et maintenant, on en vient au nœud du débat, c’est-à-dire à l’aggravation des protestations par les tireurs d’élite de Maïdan. Il est intéressant de constater : les tireurs d’élite – selon les informations en ma possession – tiraient aussi bien sur les manifestants que sur les policiers. Cela est très inhabituel. Ici, on peut très bien penser que c’était une action des services secrets pour précipiter l’Ukraine dans le chaos. Ce que nous avons ici comme indice, c’est l’entretien téléphonique entre Urmas Paet, ministre des Affaires étrangères de l’Estonie et Catherine Ashton, Haute représentante des Affaires étrangères de l’UE. Dans cet entretien, il est question que derrière les tireurs d’élite de Maïdan ne se cache pas Ianoukovytch, mais quelqu’un de la nouvelle coalition. Celle-ci est le groupe autour de Klitschko, Jazenjuk et Poroschenko, qui est arrivé au pouvoir après le coup d’Etat.
S’il s’avère que Poroschenko est venu au pouvoir grâce aux tireurs d’élite, alors nous avons donc affaire avec un putsch du gouvernement sans nous en apercevoir. Cela allait si vite que l’on doit vraiment avouer : nous sommes trop bêtes pour le comprendre réellement. Il se peut que Poutine soit moins stupide et ait vu ceci correctement. Je ne veux pas dire que l’on doit croire Poutine aveuglément, car lui aussi possède son agenda. La question à laquelle nous devons répondre dans l’histoire économique et aussi dans l’histoire contemporaine : s’agit-il d’un évènement comme en 1953 lorsque la CIA, le service secret américain, et le MI6, le service secret britannique ont renversé le gouvernement de Mossadegh en Iran, parce qu’il voulait nationaliser le pétrole ? A l’époque, on a déguisé des agents en terroristes, qui ont commis des attentats et ainsi déclenché un chaos dans tout le pays. On appelle cela la « stratégie de la tension », donc on crée volontairement un chaos et des tensions pour renverser de cette manière un gouvernement, cela fonctionne, c’est prouvé historiquement.

Les derniers mois, l’OTAN a intensifié les manœuvres. A la suite d’un manœuvre de l’OTAN dans plusieurs Etats européens la sécurité aérienne est même tombée en panne. Est-ce qu’il s’agit là seulement de présence militaire ou est-ce qu’il y a d’autres raisons pour les mouvements des troupes ?

Que ce soit du côté de la Russie ou de l’OTAN je ne peux qu’affirmer qu’il y ait une augmentation de la présence militaire. Mais contrairement à l’opinion de beaucoup de commentateurs, je pense que nous ne nous trouvons pas au bord de la troisième guerre mondiale comme au temps de la crise de Cuba en 1962. Pourtant, nous sommes dans un climat de méfiance. Moscou et Washington se méfient l’un de l’autre, et Berlin est coincé entre les deux.

En Allemagne se trouvent plusieurs bases militaires de l’OTAN, dont la base aérienne américaine Ramstein et le centre de commandement Africom à Stuttgart. Quel est le rôle actuel et futur de l’Allemagne dans la stratégie de l’OTAN ?

L’Allemagne est dans l’OTAN une jeune associée parce que les USA commandent l’OTAN. Du point de vue des USA, l’Allemagne est un pays occupé. Certes, cela fait mal en lisant cela en tant que lecteur allemand, mais c’est la situation actuelle. Les Etats-Unis ont des bases militaires en Allemagne et le téléphone mobile de la chancelière Merkel est mis sur écoute par le service secret militaire américain NSA. Et lorsque les Américains disent : nous partons vers l’Hindou Kouch, les soldats allemands doivent s’y rendre et abattre les Afghans bien qu’ils n’aient jamais eu de problèmes avec eux auparavant. Cela veut dire que malheureusement l’Allemagne a pris la position d’un vassal. Et on a de la peine en Allemagne à se libérer de cette position. 
La raison est toute simple : les USA sont l’empire. Un empire se distingue toujours par le fait qu’il est la plus grande économie nationale du monde, mesuré au PIB. Ce sont les USA. Il a le plus grand nombre de porte-avions et la force aérienne la plus puissante quant au nombre, au type et à la modernité. Ce sont également les USA. Il détient la monnaie de réserve mondiale. C’est le dollar, donc encore une fois les USA. Et finalement, les USA disposent du plus grand nombre de bases militaires dans le monde, donc pas seulement à Guantànamo, à Diego Garcia et en Afghanistan, mais aussi à Ramstein etc. Ce qui importe en outre : l’empire domine les médias et veille à ce qu’ils informent de manière bienveillante. Voilà donc la position de l’Allemagne : elle se trouve dans une position inférieure dans l’empire américain, et la plupart des médias allemands n’osent pas parler ouvertement de ce fait. La Suisse n’est d’ailleurs pas mieux lotie se trouvant également sous la pression de l’empire US, mais au moins nous ne sommes pas membre de l’OTAN et nous n’avons pas non plus de bases militaires américaines – nous les Suisses ne voulons pas de cela.

En revanche, la Suisse est, tout comme la Finlande, membre d’un stade préliminaire de l’OTAN …

… du « Partnership for Peace », c’est vrai. C’est vivement critiqué en Suisse, et à juste titre, car nous ne voulons en aucun cas devenir membre de l’OTAN. Cela veut dire que certains politiciens le veulent bien, mais pas la population suisse. Lors d’une votation le Non emporterait largement, car les citoyens suisses rejettent les guerres d’agression de l’OTAN. L’opinion publique par rapport aux Etats-Unis a tourné en mal ces dernières années. 
Les USA apparaissent comme des menteurs parce qu’ils mènent dans le monde entier des guerres économiques. Ils ont écouté les transferts de données du monde – surtout les données SWIFT – à l’aide du service secret américain NSA et abusent de ces données au détriment des banques suisses UBS et Credit Suisse. Ils dénigrent les Suisses parce que des banques suisses ont aidé en effet des citoyens américains à frauder le fisc ce qui n’était pas juste. Mais en même temps les Suisses observent avec étonnement que la fraude fiscale aux USA – soit en Delaware soit en Angleterre, par des trusts – est toujours possible. C’est pourquoi les Suisses ne comprennent pas que les USA jouent aux redresseurs de torts contre la fraude fiscale tout en négligeant les failles dans leur propre pays. C’est pourquoi l’opinion publique est ici de plus en plus anti-américaine.

Le 11-Septembre 2001 joue aussi un rôle-clé par rapport à l’OTAN car à ce moment-là la clause de défense mutuelle d’après l’article 5 est entrée en vigueur. Est-ce que la clause de défense mutuelle est toujours en vigueur ?

C’est une question intéressante. On devrait la poser à l’OTAN. Après le 11-Septembre, il y eu un large débat là-dessus. En tout cas, la clause de défense mutuelle a été proclamée après le 11-Septembre, cela c’est clair. Les Américains sont venus en Europe et ont dit : c’était comme cela, et maintenant on y va dans l’Hindou Kouch. Puis 9/11 était une histoire fixe qu’on pouvait avaler ou pas. En outre, c’était le premier cas de défense mutuelle de l’OTAN dans l’histoire. Là aussi, le rôle de l’empire se manifeste. La plus importante souveraineté d’interprétation dont l’empire dispose est d’interpréter lui-même chaque événement historique. Les attentats du 11-Septembre sont contestés parmi les historiens – ils existent différents avis à ce sujet. Mais dès qu’un historien ne lève la tête qu’un tout petit peu, il est hué comme théoricien conspirateur. Et cela signifie que nous n’avons pas le droit de dire : attention, lors de la mise en vigeur de l’article 5, certaines questions se posent. L’OTAN ne veut pas en parler. Elle ne veut pas de débats critiques au sujet du 11-Septembre et de l’Opération Gladio. Elle essaie simplement de supprimer ces sujets. Mais je crois, qu’elle n’y arrivera pas à long terme parce que nous vivons à l’époque de l’information. Les gens sont de plus en plus en mesure de s’acquérir différentes perspectives par rapport à un thème, et ça c’est bien.

• •

Daniele Ganser est historien et chercheur dans le domaine de la paix. Il analyse les thèmes de l’énergie, de la guerre et de la paix d’une perspective géopolitique. Il met l’accent sur l’histoire internationale contemporaine depuis 1945, les services secrets, les unités spéciales, la stratégie de guerre secrète et la géostratégie ainsi que le pic pétrolier et des guerres de ressources. Son livre « Nato-Geheimarmeen in Europa – Inszenierter Terror und verdeckte Kriegsführung » a été publié en 2005 (« Les Armées secrètes de l’OTAN – Réseaux Stay Behind, Gladio et Terrorisme en Europe de l’Ouest » a été publié en 2011) et traduit en dix langues.

Source : Deutsche Wirtschafts Nachrichten DWN du 29/7/2014 (http://deutsche-wirtschafts-nachrichten.de/2014/07/14/nato-experte-aus-sicht-der-usa-ist-deutschland-ein-besetztes-land/)
(Traduction Horizons et débats)
Horizons et debats > 2014 > N° 19, août 2014

= = =

Daniel Ganser sur Résistance 71:

https://resistance71.wordpress.com/2014/05/18/la-strategie-de-la-tension-et-le-terrorisme-detat-ou-quand-lhistoire-prouve-letat-terroriste/

Article connexe sur l’OTAN:

https://resistance71.wordpress.com/2012/11/03/nouvel-ordre-mondial-lorganisation-terroriste-de-latlantique-nord-et-son-ideologie-totalitaire-ruine-le-monde/

L’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord ou le besoin de la guerre pour exister.. et engranger les milliards

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 13 août 2014 by Résistance 71

Le gros problèmes des banquiers faiseurs de guerre depuis au moins les guerres napoléonniennes est aujourd’hui le suivant: Comment déclencher une guerre mondiale si bénéfique et juteuse pour certains intérêts privés tout en remplissant la mission fixée de toujours tuer le plus de gens possible, tout en évitant une guerre thermo-nucléaire qui signifierait la fin de l’humanité et donc également des oligarques, dont les familles seraient réduites à vivre comme les rats qu’ils sont, dans leurs bunkers anti-nucléaires pour… le milliard d’années à venir !… Pas glop quand même comme perspective d’avenir ! Le bon côté des radiations est qu’elles ne font aucune différence entre la valeur des comptes en banque lorsqu’elles touchent…

— Résistance 71 —

 

Ukraine l’OTAN veut la guerre à tout prix

 

Pepe Escobar

 

10 Août 2014

 

url de l’article en français:

http://french.irib.ir/analyses/commentaires/item/336519-ukraine-l’otan-veut-la-guerre-à-tout-prix

 

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord est prête à tout :

ça lui démange de faire la guerre à tout prix sur le champ de bataille ukrainien.

Commençons par le commandant suprême du Pentagone, le ministre de la Défense américain Chuck Hagel, qui s’est fait lyrique à propos de la « menace » de l’ours russe : « Lorsque l’on voit le rassemblement de troupes russes et la sophistication de ces troupes, l’entraînement de ces troupes, l’équipement militaire lourd qui est positionné le long de cette frontière, c’est bien sûr une réalité, c’est une menace, c’est une possibilité – absolument ».

La porte-parole de l’Otan, Oana Lungescu, n’est pas parvenue à préciser si c’était une « menace » ou une « réalité », absolument ou pas, mais elle a tout vu : « Nous n’allons pas jouer aux devinettes sur ce que la Russie à en tête, mais nous pouvons voir ce que la Russie fait sur terrain – et c’est très inquiétant. La Russie a amassé environ 20.000 soldats prêts au combat à la frontière orientale de l’Ukraine ».

Dans un langage caractéristique d’une précision redoutable, Lungescu a ensuite ajouté que la Russie enverrait « très probablement » des troupes en Ukraine de l’Est sous couvert d’une « mission humanitaire ou de maintien de la paix ». Et l’affaire était réglée.

Hagel et sa sous-fifre roumaine contrôlée à distance, Lungescu, n’ont de toute évidence pas lu cet article [en anglais] ou tout simplement ignoré l’explication détaillée donnée par le porte-parole de l’armée de l’air russe : il se trouve que cette « menace » ou ce « rassemblement » expire ce vendredi, le dernier jour des exercices militaires annoncés à l’avance.

Fogh Anders Rasmussen, alias « Fogh of War » (brouillard de guerre) [1]

« Brouillard de guerre » devient nerveux

Juste au bon moment, le secrétaire général de l’OTAN, Fogh Anders Rasmussen, est arrivé à Kiev écumant d’une rage guerrière, prêt à jeter les fondations du sommet de l’OTAN, qui se tiendra le 4 septembre au Pays de Galles, où l’Ukraine, intronisée comme alliée majeure non-membre de l’Otan, pourrait être présentée pour devenir, à la vitesse de l’éclair, entièrement militarisée par l’Otan. En outre, l’Otan s’apprête à « rassembler des troupes » sérieusement en Pologne, en Roumanie, dans les Etats baltes et même en Turquie.

Mais ensuite, toutes sortes de Khaganat de dérivés de Nuland (comme dans Victoria Nuland, la ministre américaine des Affaires étrangères déléguée aux affaires européennes et eurasiatiques) ont commencé à inventer des histoires à tour de bras. On peut imaginer le vaniteux Rasmussen tentant vainement de se ressaisir.

Il a dû faire quelques efforts tandis qu’on lui présentait le spectacle du Président ukrainien Petro Porochenko – un oligarque approuvé, jusqu’au cou dans les pratiques douteuses – faisant de son mieux pour évincer les manifestants d’origine du Maïdan, au centre de Kiev. Ce sont les gens qui, en fin d’année dernière, ont démarré la protestation, qui fut plus tard détournée par le Banderastan (comme dans Prince Bandar ben Sultan), le secteur de la droite des néonazis et les maîtres néocons américains.

La protestation originale du Maïdan – une sorte d’Occupy Kiev – était contre la monstrueuse corruption et pour la fin de la valse perpétuelle des oligarques ukrainiens. Ce que les manifestants ont obtenu a été encore plus de corruption, la valse habituelle des oligarques, un Etat en faillite en guerre civile et menacé d’un nettoyage ethnique avoué d’au moins 8 millions de citoyens et, par-dessus le marché, un Etat en faillite en route vers plus d’appauvrissement sous « l’ajustement structurel » du Fonds monétaire international. Il ne faut pas s’étonner qu’ils n’aient pas quitté la Place Maïdan.

Donc, Maïdan – la redite – a déjà commencé avant même l’arrivée du Général Hiver. Le roi du chocolat, Porochenko, doit les déloger aussi vite que possible parce que des manifestations renouvelées à Kiev ne s’harmonisent tout simplement pas avec le récit hystérique des médias institutionnels occidentaux, selon lequel « tout est la faute de Poutine ». Le pire, c’est que la corruption est encore plus méchante qu’auparavant – à présent avec plein de connotations néonazies.

Avec Brouillard de Guerre qui est déjà furieux parce que « la Russie n’envahira pas », le pompeusement nommé « Secrétaire d’Etat » au Conseil de la Défense et à la Sécurité Nationale d’Ukraine, le néonazi Andrey Parubiy – qui est le candidat le plus probable pour avoir ordonné la frappe le mois dernier contre l’avion civil MH17 – a décidé de se retirer. Un rat approuvé abandonnant un bateau qui coule, manoeuvre essentiellement provoquée par le fait qu’il n’a pas obtenu de mettre les bouchées double pour un nettoyage ethnique étendu en Ukraine orientale, et qu’il a dû endurer un cessez-le-feu. Porochenko n’est pas un imbécile : après des tonnes de mauvaises relations publiques, il sait que son « soutien » à l’échelle nationale se réduit comme peau de chagrin.

Aggravant encore tout ce cinéma, un croiseur américain lanceur de missiles entre à nouveau dans la Mer Noire « pour promouvoir la paix ». Le Kremlin et les services secrets russes n’ont pas de mal à voir de quoi il s’agit.

Et puis, il y a cette horrible crise des réfugiés qui se développe en Ukraine orientale. Mardi dernier, durant une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, Moscou a demandé des mesures humanitaires d’urgence – en vain, comme on pouvait le prévoir. Washington a bloqué cette demande parce Kiev l’avait bloquée (« Il n’y a aucune crise humanitaire à arrêter »). L’ambassadeur russe Vitaly Churkin a dramatiquement décrit la situation à Donetsk et à Lougansk comme étant « désastreuse », soulignant que Kiev intensifie les opérations militaires .

Selon l’ONU elle-même, au moins 285.000 personnes sont devenues réfugiées en Ukraine orientale. Kiev insiste pour dire que le nombre de réfugiés intérieurs est « seulement » de 117.000 ; les Nations Unies en doutent. Moscou maintient que le nombre ahurissant de 730.000 Ukrainiens se sont enfuis vers la Russie ; le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés en convient. Certains de ces réfugiés, fuyant la localité de Semenivka et la ville de Slaviansk, ont détaillé l’utilisation que fait Kiev du N-17, une version encore plus létale du phosphore blanc.

Lorsque l’Ambassadeur Churkin a mentionné Donetsk et Lougansk, il se référait aux casseurs de Kiev parés à une attaque massive. Ils pilonnent déjà le quartier de Petrovski à Donetsk. Près de la moitié des habitants de Lougansk se sont enfuis, la plupart vers la Russie. Ceux qui sont restés derrière sont essentiellement des vieillards et des familles avec de jeunes enfants.

Crise humanitaire n’est pas suffisant pour décrire ce qu’il se passe : il n’y a plus d’eau, d’électricité, de communications, de carburant et de médicaments à Lougansk. L’artillerie lourde de Kiev a partiellement détruit quatre hôpitaux et trois cliniques. En un mot, Lougansk c’est la Gaza ukrainienne.

Dans une symétrie cynique, exactement comme elle a donné à Israël un blanc seing à Gaza, l’administration Obama donne un blanc seing aux bouchers de Lougansk. Et il y a même une diversion, Obama a longuement réfléchi pour savoir s’il fallait bombarder les casseurs de l’Etat Islamique du Calife en Iraq ou peut-être larguer un peu d’aide humanitaire. Il a opté pour un bombardement (peut-être) « limité » et probablement pour des largages moins limités de nourriture et d’eau.

Donc, soyons clairs ! Pour le gouvernement américain, « il pourrait y avoir une catastrophe humanitaire » sur le mont Sinjar en Irak, impliquant 40.000 personnes. Quant aux 730.000 Ukrainiens de l’Est, chiffre minimum, ils ont le droit solennel d’être pilonnés, bombardés, frappés par voie aérienne et transformés en réfugiés.

La Nouvelle Somalie

Les lignes rouges de Moscou sont assez explicites : l’OTAN hors de l’Ukraine ; la Crimée fait partie de la Russie ; aucun soldat américain à proximité des frontières russes ; une protection totale pour l’identité culturelle russe du Sud et de l’Est de l’Ukraine.

Pourtant, la crise humanitaire – véritable – (que Washington réfute) est à elle seule un autre sujet sérieux. Les forces de Kiev ne sont pas équipées pour une guerre urbaine prolongée. Mais en supposant que ces forces – un mélange de soldats réguliers, de milices financées par les oligarques semant la terreur et la mort, de la garde nationale ukrainienne infestée de « volontaires » néonazis et de mercenaires étrangers entraînés par les Américains – décident de se livrer à un carnage de masse pour prendre Donetsk et Lougansk, alors il est probable que Moscou devra prendre en compte ce que les types de l’Otan présentent comme une « intervention terrestre limitée » en Ukraine.

La bande de communicants de l’OTAN est assez bête pour croire que si Poutine peut déguiser l’intervention en mission humanitaire ou de maintien de la paix, il peut également la vendre à l’opinion publique russe. Sa cote de popularité est à un niveau astronomique de 87%. Seul un – improbable – carnage de masse perpétré par Kiev changerait la donne et influencerait l’opinion publique. Considérant que c’est exactement ce que veut l’OTAN, Brouillard de Guerre fera des heures sup’ pour forcer ses vassaux à provoquer un tel carnage.

Enfin, tenant compte des derniers développement, ce que les faits sur le terrain indiquent est que l’actuelle valse des oligarques à Kiev se délite déjà – comme dans l’exemple ICI [2]. Moscou n’aura même pas besoin de se donner la peine de penser à « envahir ». En attendant, le génocide au ralenti de Porochenko en Ukraine de l’Est, de même que sa répression de la redite du Maïdan à Kiev, continueront d’obtenir un blanc seing. Tous saluent l’Ukraine comme la nouvelle Somalie, un Frankenstein bien opportun créé par l’Empire du Chaos exceptionnaliste.

Pepe Escobar

 

Notes :

[1] le « brouillard de guerre » désigne le caractère flou ou incertain des informations dont disposent les belligérants à propos de leurs ennemis. En anglais : fog of war.

[2] « Les Ukrainiens mobilisés pour la guerre, les femmes brûlent les ordres de mobilisation. »

Pepe Escobar
Asia Times Online, le 09 août 2014
article original : « NATO is desperate for war »

Traduction [JFG- QuestionsCritiques]

Média propagande et terrorisme d’état: La légion mercenaire djihadiste de l’OTAN

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique française, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 23 mai 2014 by Résistance 71

Pour ceux qui n’étaient pas encore convaincus qu’OTAN = Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord, nous publions cette excellent analyse. La caste dominante occidentale est lancée depuis le XVème siècle, dans une folle course pour la colonisation totale du monde, course qui commença avec la mise en place d’une idéologie visant à convaincre d’abord les peuples occidentaux chrétiens de leur supériorité sur les païens et les sauvages des contrées lointaines. Qui peut arrêter cette hégémonie ?

Nous, les peuples en rétablissant un système politico-social égalitaire, système qui a régit les sociétés humaines durant des millénaires avant l’avènement de l’État et de son renforcement oligarchique.

En lisant l’article ci-dessous et ce qu’il expose, la question brûle les lèvres: Qu’allons-nous faire contre ? Voter dimanche ?…. Allons, allons…

— Résistance 71 —

 

Lettre ouverte aux Européens coincés derrière le rideau de fer israélo-américain

 

Hassan Hamadé

 

21 mai 2014

 

url de l’article:

http://www.voltairenet.org/article183881.html

 

Vu d’Occident, l’Otan mène la guerre contre le terrorisme. Mais sitôt sorti de ce monde bien ordonné, la vérité est autre : l’Otan est le maître du terrorisme international, protégeant des camps d’entraînement d’Al-Qaïda en Libye et en installant d’autres sur son propre sol, en Turquie. Jamais Al-Qaïda n’a renversé de gouvernement ni conquis de nation, toujours il a détruit des sociétés, appliquant pour Washington la doctrine straussienne du chaos constructeur. Pour Hassan Hamade, la civilisation débuta en Syrie, tandis que l’Europe, l’Amérique du Nord et Israël ne sont encore qu’au stade de la barbarie. Vous n’en avez pas conscience et pensez être supérieurs ? Il vous ouvre les yeux.

Je vais vous raconter des choses graves que le rideau de fer imposé à l’Union européenne vous empêche de savoir. Je vais vous parler de la liaison dangereuse qui vous uni, à votre insu, à la plus redoutable des nébuleuses terroristes opérant sur la scène internationale : Al-Qaïda !

Oui, Al-Qaïda, celle que le dictionnaire politico-sécuritaire de votre « Occident » définit comme la mère accoucheuse de la plus cruelle des mouvances terroristes se réclamant de l’islam.

Al-Qaïda est considéré comme l’ennemi stratégique du « monde civilisé », tout en constituant une menace imminente pour les pays que vous imaginez « en voie de civilisation ». Et pour que ces derniers puissent continuer leur marche dans votre voie, ils ont besoin d’être protégés de ce danger terroriste qui les guette. C’est pourquoi tout contact avec Al-Qaïda ou avec ses branches, ses réseaux ou ses dérivées est strictement interdit, condamné, et le cas échéant réprimé. C’est un principe indiscutable que les États-Unis ont établi. Ils se sont arrogés le monopole de veiller à son respect et de contrôler son application. Mais ce respect n’a jamais dépassé les limites du discours politico-médiatique, c’est-à-dire celles de la propagande, dans sa plus simple et basse expression, car on ne peut plus parler de médias libres chez vous, dans l’espace atlantiste, mais plutôt d’outils de propagande.

Cette propagande s’est révélée plus que jamais mensongère sur le théâtre d’opération syrien où certaines branches et dérivées d’Al-Qaïda —tels le Front Al-Nosra et l’Émirat islamique en Irak et au Levant— ont gagné une notoriété mondiale en participant à la guerre d’anéantissement que livre l’axe israélo-US au plus ancien pays du monde, la Syrie. Durant ces trois années de guerre d’agression, la nébuleuse d’Al-Qaïda a fait preuve d’une discipline exemplaire dans l’application stricte et rigoureuse des plans établis par le commandement US. Elle s’est montrée la plus à même d’exécuter la stratégie du « chaos constructeur » qui passe nécessairement par la destruction de la société syrienne, en même temps que par celle des infrastructures économiques et étatiques. Il s’agit d’une vaste invasion de la barbarie pour détruire la civilisation.

L’Otan, en respectant scrupuleusement les directives de Washington, apporte sa protection immédiate à la formation et au fonctionnement du front armé engagé dans le projet israélo-US de démantèlement de la Syrie, en transformant ce berceau commun de la Chrétienté et de l’Empire arabe en « champs de carnage où triomphe la mort » [1]. Cette œuvre apocalyptique s’inscrit dans la lignée des crimes suprêmes, fierté anglo-saxonne sanguinaire, après Hiroshima et Nagasaki (1945) la Palestine (depuis 1948…) le Vietnam (1962-1975) l’Irak (depuis 1991…) pour n’en citer qu’un échantillon choisi seulement au cours des récentes décennies.

Le mensonge, toujours le mensonge, principal levier de la propagande US, dans le domaine politico-sécuritaire comme dans le domaine économique, se manifeste selon la technique saisie par le fameux Observatoire du mensonge de George Orwell, ainsi cette impitoyable entreprise belliciste est mise en marche sous les drapeaux combinés de la « Démocratie » et des « Droits de l’homme ». Les gouvernements sous-traitants, chargés de mener cette entreprise, sont appelés « les Amis de la Syrie ». Les combattants de base, des dizaines de milliers de djihadistes, issus de plus de 80 nationalités, sont désignés comme des « opposants armés  » ou des « combattants de la liberté » etc.. plus menteur que çà, tu meurs.

N’est-ce pas le mensonge qui a donné à cette gigantesque déstabilisation du monde arabe l’appellation de « printemps arabe » ? Force est de constater que partout où passe ce « printemps » s’installe la confrérie des Frères musulmans. Dans son ombre, fleurissent les organisations terroristes les plus violentes et démarre le processus de destruction des sociétés. Nombreux sont les exemples à commencer par la Libye dont la partie sud, le Fezzan, s’est transformée en un sanctuaire de camps militaires d’Al-Qaïda, entre les villes de Ghat (près de la frontière algérienne) et de Sabbah (proche du Niger). Selon les services atlantistes, il y existe trois camps où sont formés des terroristes qualifiés (des experts en explosifs et dans la préparation des voitures piégés, etc…) pour répondre aux besoins du voisinage africain (Mali, Niger, Tchad, Algérie, Nigeria). Ces terroristes pas comme les autres entretiennent des relations très solides avec certaines organisations extrémistes, comme Aqmi et Boko Haram. Leurs universités du terrorisme répondent aux « besoins » d’autres pays, tel que la Syrie, devenue ces temps-ci une destination privilégiée pour ses lauréats. Les cours y sont donnés par des « professeurs » pakistanais, égyptiens, saoudiens, yéménites et autres. Pour les deux mois de décembre 2013 et janvier 2014, cette très prestigieuse université a envoyé en Syrie 5 000 djihadistes de nationalités multiples… [2]

Une idée de la situation dans cette zone a été donnée par l’ex-chef d’état major des armées françaises, l’amiral Édouard Guillaud, lors d’une rencontre avec une vingtaine de journalistes, à Paris, le 26 janvier 2014, une semaine avant son départ à la retraite. Il déclarait : « Le Sud de la Libye est devenu un véritable trou noir (…) un lieu de régénération, d’approvisionnement en armes des terroristes, c’est le nouveau centre de gravité du terrorisme  ».

Graves sont ces révélations. Surtout lorsqu’elles viennent d’un homme qui n’a vécu aucun cas de conscience face à la mission qu’il était chargé d’exécuter en Libye, en étroite coordination avec son homologue britannique. Mais ces révélations pour choquantes qu’elles puissent paraitre ont le mérite d’être vraies. Cependant, les aveux de l’amiral ne s’arrêtent pas là. Il va beaucoup plus loin jusqu’à proposer une nouvelle intervention militaire (cela veut dire un nouveau round de destruction de ce qui n’a pas été encore totalement détruit dans le pays). Il déclare in texto : « L’idéal serait de monter une opération internationale avec l’accord des autorités [libyennes]. Et il faudra bien, un jour, se poser la question d’une intervention. Mais le problème, c’est qu’il faudrait d’abord qu’il y ait un État dans le Nord du pays » [3].

L’Otan et la « commodité du mensonge »

À écouter l’amiral dans ses aveux, on ne dirait pas que la France ait joué un quelconque rôle dans la guerre d’agression de 2011, la destruction de l’État libyen et la transformation de son vaste territoire en un « nouveau centre de gravité du terrorisme ». N’est-ce pas cette participation à l’une des entreprises guerrières les plus sales, les plus criminelles et les plus mensongères qui a été malhonnêtement présentée comme une noble assistance de la part de la France et du Royaume-Uni à la genèse du prétendu « printemps arabe » ? Sans parler des 160 000 victimes des innombrables massacres et tueries qui ont accompagnés cette guerre d’agression [4]

Venons-en à la « commodité du mensonge » [5] qui ne cesse de marquer le discours atlantiste sur cette gigantesque déstabilisation qui frappe plusieurs pays pris pour cibles par la stratégie du « chaos constructeur » états-unien. Cette « commodité du mensonge », relayée par le terrorisme du système médiatique, veut vous faire croire et nous faire croire encore que l’Otan se trouve incapable de paralyser ces usines de production de terroristes si ce n’est de les anéantir. La réalité des faits, sur le terrain, offre un démenti catégorique, sans appel, à ces mensonges grotesques compte-tenu de la parfaite domination de l’espace aérien libyen par l’aviation franco-britannique ainsi que de la surveillance continue du territoire sud-libyen par les satellites « occidentaux » qui guettent le moindre mouvement, le moindre bruit, dans l’immensité du Sahara, avec une attention toute particulière réservée aux « trois centres de formation accélérée au djihad ». Nul n’ignore l’extrême précarité de ces académies de terrorisme situées en plein air, dans l’étendue sahraouie, sans aucune couverture, s’offrant en cibles faciles à tout ennemi qui pourrait venir du ciel.

Ceci étant, l’aviation franco-britannique, à elle seule, assure la véritable protection à ces trois bases d’Al-Qaïda dans la zone du sud Libyen. Cette réalité, pour perverse qu’elle puisse vous paraitre, et que le rideau de fer israélo-US vous occulte, apporte, par voie de conséquence, un net démenti aux allégations mesquines de Paris, de Londres et des autres capitales de l’Alliance du mensonge commode, selon lesquelles le bloc « occidental » est déterminé à accomplir la grande et lourde tache de terroriser les terroristes, de les « détruire », selon l’expression de François Hollande.

Essayons de planer, ensemble cette fois-ci, dans le vide de la bonhomie, toujours guidés par les discours pédagogiques de vos dirigeants atlantistes, toujours orientés par la pensée unique que propagent vos médias, conformément au code de conduite défini dans le dictionnaire du politiquement correct, et imaginons le président français sérieux dans sa volonté de « détruire » ce terrorisme. Une seule conclusion s’impose : qu’il le fasse et nous serons les premiers à l’applaudir. Il a devant lui trois cibles faciles à détruire. C’est pour lui un jeu d’enfant compte tenu de sa parfaite maitrise de l’air. Chacun sait que dans une zone géographique désertique, telle que le Fezzan, celui qui maitrise l’air contrôle le sol. Le président doit passer à l’attaque, sans perdre plus de temps. Il est bien placé pour le faire, surtout que c’est dans cette redoutable usine de terroristes que sont formés les combattants les plus dangereux qui menacent les « intérêts français » au Mali, dans toute la zone du Sahel et ailleurs sur le continent africain.

Boko, Alep et « Damas sur Scène »

L’affaire Boko Haram [6] est venue s’ajouter au dossier pour mettre en évidence une fois de plus la perversité des gouvernements totalement inféodés au diktat de Washington. D’abord Boko Haram, qui n’est qu’un mouvement d’imbéciles et de criminels, trouve ses besoins en « terroristes qualifiés » assurés provisoirement par cette même Académie des hautes études en terrorisme du Fezzan. Pourquoi donc tous ces coups de théâtre —dont la scène la plus mensongère fut présentée à Paris, en forme de conférence réunissant autour d’un personnage excessivement médiocre cinq présidents africains directement concernés par le dossier en question, sous le contrôle direct de la bannière étoilée— et ne pas attaquer directement la source, au Fezzan ? Il faudrait être absolument stupide, pour prendre au sérieux ce soudain réveil de l’humanisme, de la Maison-Blanche, de l’Élysée ou du 10 Downing Street, ou prendre pour de vraies les larmes, celles de crocodiles versées sur le triste sort des filles nigérianes par les épouses, les concubines et les maitresses des chefs d’États otanesques. Pourtant, toutes et tous, non seulement demeurent insensibles aux multiple appels à l’aide de la population civile de la métropole martyre d’Alep —une population assoiffée, affamée, ensanglantée, prise en otage par les takfiristes—, mais ils apportent leur soutien illimité à ces terroristes qui « font du bon boulot » selon Laurent Fabius [7].

N’oubliez pas que dans l’arbre généalogique de la confrérie des Frères musulmans, Boko Haram, le Front Al-Nosra, l’Émirat islamique en Irak et au Levant, le Front islamique et compagnie sont de véritables sœurs jumelles, prises en charge à leurs naissances par les monarchies du Golfe, toujours sous les directives anglo-saxonnes. Cependant, les sœurs jumelles reconnaissent, toutes, à Al-Qaïda un droit d’ainesse indiscutable confirmé par une prodigieuse historicité qui remonte à la fameuse guerre d’Afghanistan contre l’URSS, dans les années 80 du siècle dernier.

Il s’agit d’un choix posé par Washington seul. Voilà pourquoi le président Hollande, tout comme David Cameron, s’avère animé d’une exceptionnelle force d’inertie. Il parait que, pour faire usage de la force des armes, il lui faudrait avoir la permission de Washington. Oui, la permission de Washington. « Nous devons attendre la décision du Congrès »… ainsi parla François Hollande. C’était le 6 septembre 2013. La Maison-Blanche venait de reculer sans prévenir ses Alliés, après la mise en garde du président russe Vladimir Poutine qui n’avait pas hésité à qualifier, solennellement, son visiteur le secrétaire d’État US John Kerry de « menteur » lorsqu’il accusait la Syrie de bombarder chimiquement sa propre population. Donc il est encore tôt, trop tôt même, pour oublier cette fameuse déclaration du président Hollande, révélatrice d’une extrême vassalité vis-à-vis de son supérieur hiérarchique otanesque. Il est des déclarations qui resteront gravées dans les annales des relations internationales. Celle du 6 septembre 2013 en est une, elle en dit long sur la véritable nature des relations transatlantiques, plutôt des relations entre l’occupant US et l’occupé européen. Le premier ordonne, certes en fonction de ses intérêts, le second exécute. Et les intérêts de l’Européen où sont-ils ?

C’est là où s’opère la combinaison diabolique entre le dirigeant européen et la violence du rideau de fer dont la principale vocation consiste à priver le plus large public de tout accès à la vérité. Il s’agit d’un trucage continu de l’information auquel se livre la machine médiatique. Par le biais de « l’info-flation » [8] le public subit, toujours à son insu, une opération de décervelage, un décervelage en masse des masses à travers lequel le système médiatique atteint le plus haut degré du terrorisme appliqué. C’est bien à ce niveau que se situe la dimension invisible qui caractérise le rideau de fer israélo-US et qui le différencie de celui qui existait dans l’ex-bloc de l’Est. Son rôle consiste à camoufler les véritables contradictions stratégiques entre les intérêts européens et les intérêts états-uniens de sorte que vous, public coincé derrière ce rideau de fer, ne puissiez pas remarquer que vos dirigeants servent les intérêts de l’Empire et non les vôtres. C’est bien à cause de ces créatures médiocres qui vous gouvernent que vous vous retrouvez depuis trois ans, et sans vous en rendre compte, en liaison honteuse et criminelle avec Al-Qaïda et ses ramifications, dans le même camp que les égorgeurs d’enfants, les éventreurs de femmes, les cannibales, marchant bras-dessus-bras-dessous avec la confrérie des Frères musulmans, participant activement, toujours sans vous en rendre compte, à l’anéantissement de la Syrie, notre nation-mère, la belle Syrie, berceau de la chrétienté avec son insolite exemplarité du vivre en commun entre religions, confessions et ethnies. C’est ainsi que les gouvernements atlantistes ne cessent d’innocenter les organisations terroristes, de tous les massacres que les dizaines de milliers de leurs combattants étrangers commettent sur le sol syrien, et d’attribuer leurs tueries aux forces gouvernementales.

Missions suspectes des trois bases d’Al-Qaïda en Turquie

La propagande atlantiste est tellement primitive que ses auteurs et ses dépositaires s’enflamment à la moindre remise en question de sa version officielle. Ce fut le cas de l’ambassadeur de France à l’Onu, Gérard Araud, menteur de vocation, ultra-sioniste d’adoption, sans conviction, qui n’a pas trouvé autre que le qualificatif d’« agent » pour faire taire le très sérieux correspondant de la chaine panarabe Al-Mayadeen, Nizar Abboud, dont le crime suprême a été d’oser demander au diplomate, en toute politesse, un éclaircissement sur les relations triangulaires, Qatar-France-Al-Qaïda. Exactement la même médiocrité, musclée et arrogante, qu’étale fièrement son supérieur hiérarchique, Laurent Fabius, qui n’a pas hésité à exprimer son estime pour le Front Al-Nosra qualifiant ses crimes abominables de « bon boulot » [9]. Ceci alors qu’Al-Nosra annonçait « la bonne nouvelle aux frères djihadistes du monde entier » : la fusion totale de ses structures organisationnelles avec celles de la très redoutable Al-Qaïda Fi Bilad Ar-Rafideine (Al-Qaïda en Mésopotamie) qui est la version irakienne de l’Aqmi maghrébine et du Boko Haram nigérian. Désolé de revenir à ces déclarations pour défendre la vérité que l’info-flation cherche toujours à vous occulter.

Cette expression, révélatrice d’un sadisme absolu, du chef de la diplomatie française, signifie en matière de terrorisme appliqué que les lauréats de l’Académie du Fezzan font du « bon boulot » s’ils se dirigent tout droit vers la Syrie et font du « mauvais boulot » s’ils rejoignent Boko Haram au nord du Nigeria et dans les environs du Sahel. La prestigieuse Académie continue à desservir les deux destinations, conformément aux directives de Washington que vos gouvernements européens sont déterminés à appliquer à la lettre.

Toujours dans le cadre des directives de Washington, ruissellent les pétrodollars des monarchies du Golfe pour couvrir le financement de l’énorme logistique déployée en vue d’assurer le transfert des djihadistes, d’un pays à l’autre ou d’un continent à l’autre, en toute fluidité, sans aucun obstacle, par mer, air et terre, ainsi que pour l’organisation et la gestion des structures d’accueil et d’hébergement. Car il s’agit de plusieurs dizaines de milliers de combattants farouches, venus du Caucase, du Maghreb, d’Égypte, du Pakistan, d’Afghanistan, d’Arabie Saoudite etc… L’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, Lakhdar Brahimi avait avancé, en avril 2013, le chiffre approximatif de 30 à 40 000 combattants étrangers [10], alors que des estimations beaucoup plus sérieuses évoquent des chiffres dépassant les 100 000 combattants… puis il s’agit de l’injection de ces djihadistes au cœur même du pays à abattre. L’exemple de la Syrie en est le plus éloquent.

Attaquée par ces « combattants de la liberté », infiltrés par les cinq frontières terrestres depuis le Liban, Israël, la Jordanie, l’Irak et la Turquie, ainsi que par la Méditerranée, la Syrie résiste depuis plus de trois ans. C’est bien grâce à cette résistance que tous vos masques sont tombés sur la scène internationale. C’est la chute finale sur le plan idéologique. Désormais, votre « Occident » ne peut plus dire un seul mot en matière de terrorisme. Votre « Occident » ne peut plus cacher son véritable visage de principal fabricant de terroristes. Il en est le protecteur, le financier, le commanditaire, le commandant. Triste vérité.

Le terrorisme constitue une des principales composantes de l’arsenal militaire de votre Otan. Ceci ne cesse d’être prouvé et certifié. L’axe Otan-Al-Qaïda se révèle à qui veut voir et à qui veut entendre. Aujourd’hui même, se déploient au cœur de la Turquie, c’est à dire au cœur du bouclier oriental de l’Alliance atlantique, trois camps militaires d’Al-Qaïda, regroupant chacun plusieurs milliers de combattants, répartis dans trois régions de grande importance [11] :

1. Le camps de Şanlıurfa, situé dans la zone frontalière avec la Syrie. C’est un point de départ et une base arrière pour des raids qu’effectue Al-Qaïda à l’intérieur du territoire syrien. De ce camps sont parties les troupes de choc qui ont attaqué récemment la très symbolique région de Kassab, un des fiefs de la présence arménienne en Syrie et un exemple vivant d’ouverture socioculturelle, fierté du patriotisme syrien [12].

2. Le camps d’Osmaniye mérite une attention très particulière car il projette la lumière sur des dimensions soigneusement occultées par le rideau de fer. Son emplacement, en soi, est très énigmatique d’autant qu’il est révélateur du niveau de confiance qui règne au sein de l’intimité CIA-Al-Qaïda. D’abord le camps est situé dans une zone sécurisée par la présence de la très grande base militaire de la US Air Force d’Incirlik. Voisinage certes très significatif, mais ce n’est pas tout.

Non loin de ces deux bases supposées être des ennemies existentielles du « monde civilisé », se trouvent les intersections des oléoducs et des gazoducs en provenance d’Irak et d’Asie centrale qui débouchent dans le port turc de Géihan sur le littoral méditerranéen. Stop !

Al-Qaïda-oléoducs-gazoducs … ça devrait nous rappeler quelque chose que le rideau de fer néglige volontairement : l’Algérie des années 90 du siècle dernier. Souvenez-vous mes amis européens qu’alors que vos intérêts étaient régulièrement attaqués et endommagés, les milliers de kilomètres de pipe–line qui sillonnaient et sillonnent toujours l’immense territoire algérien furent épargnés, voir même protégés. Ce n’est pas par simple coïncidence que la confiance règne entre l’Empire et ses ennemis présumés. L’Empire, parait-il leur accorde le soin de veiller sur la sécurité de son artère vitale. Méfiez-vous des attraits du discours officiel, c’est dans ce qui est officieux que se cache parfois la vérité.

3. Le camps de Karaman, situé dans la zone nord-ouest d’Adana, considéré comme une académie d’études avancée en matière de terrorisme appliqué. Ce camps est plus proche d’Istanbul que de la frontière syrienne. Il semble moins impliqué dans la guerre que ne le sont les deux autres. Ce qui pose des points d’interrogations quant à son objectif véritable en territoire turc. Rien de beau, ni de bon, ne peut venir de cette nébuleuse infernale. C’est la boussole indispensable dans toute recherche concernant le rôle d’Al-Qaïda ou de sa progéniture.

En ce qui concerne ces bases précisément il s’agit d’essayer d’explorer quel avenir est réservé à la Turquie dans l’optique du « chaos constructeur » en plein application dans la région. Pour cela, il ne faudrait exclure aucune hypothèse, dont les scénarii les plus catastrophiques ou les comparaisons qui se présentent à l’esprit, sans sollicitation de notre part, compte tenu de l’intensité des cas du Pakistan et de l’Ukraine. N’est-ce pas l’extrême gravité des enjeux qui à poussé Kemal Kılıçdaroğlu, président du Parti Républicain du Peuple, kémaliste et principale force de l’opposition, à mettre en garde le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan, lors de la récente bataille des municipales, l’incitant à rompre immédiatement ses relations avec Al-Qaïda pour épargner à la Turquie des retombées néfastes sur sa propre sécurité nationale : « Nous avons demandé à Erdoğan de se désengager d’avec Al-Qaïda sinon ce serait dangereux pour la sécurité nationale de la Turquie ».

L’ambigüité qui entoure la mission de ce camps de Karaman exige une surveillance continue et justifie toutes les craintes relatives à cette présence d’Al-Qaïda sur la ligne de front de l’Alliance qui prétend diriger la « guerre contre le terrorisme ».

Ce n’est qu’un petit exemple, parmi tant d’autres, sur la tombée des masques et l’effondrement de la citadelle des mensonges bâtie autour de l’Otan depuis des dizaines d’années. Votre « Occident » et ses mauvaises fréquentations menacent la paix du monde et l’avenir de l’humanité. La légèreté extrême de vos dirigeants ainsi que leurs magouilles et leur cupidité criminelle transforment vos régimes politiques en des dictatures prédatrices incompatibles avec l’existence même d’un État de droit. La politique qu’ils mènent en votre nom glisse de manière irréversible vers le totalitarisme.

Dure est cette constatation, mais elle a le mérite d’être sincère.

 

[1] Pierre Corneille dans Le Cid

[2] « Ouverture tardive de la chasse au Jihad en Libye », par C.A., Le Canard enchaîné, 5 février 2014.

[3] Le Canard Enchainé, 5 février 2014.

[4] Estimation selon les rapports internes de la Croix-Rouge internationale.

[5] La raison assiégée, par Al Gore, Seuil éd. 2008. Lire le chapitre réservé à cette commodité.

[6] « « La face cachée de l’Affaire Boko Haram (Africom Brezynski, Plan Yinon) » », Reggan Lawson, YouTube, 17 mai 2014.

[7] Cité in « Pression militaire et succès diplomatique pour les rebelles syriens », par Tsabelle Mandraud (avec Gilles Paris), Le Monde, 14 décembre 2012

[8] C’est-à-dire l’inflation d’informations. Le système de propagande occidental est fondé sur la surabondance et non plus sur la rareté. Ndlr.

[9] Op. Cit.

[10] « Briefing to the Security Council by the Joint Special Representative of the United Nations and the League of Arab States for Syria », par Lakhdar Brahimi, 19 avril 2013.

[11] “Israeli general says al Qaeda’s Syria fighters set up in Turkey”, par Dan Williams, Reuters, 29 janvier 2014.

[12] « L’armée turque aide des mercenaires étrangers à pénétrer en Syrie » ; « L’armée turque détruit un avion de combat syrien » ; « Le Conseil de sécurité refuse de condamner l’attaque turco-terroriste de Kassab », Réseau Voltaire, 22, 23 mars et 4 avril 2014.

La « stratégie de la tension » et le terrorisme d’état ou quand l’histoire prouve l’État terroriste…

Posted in 11 septembre, actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , on 18 mai 2014 by Résistance 71

Pour quiconque peut encore penser une minute que les états dits « démocratiques » sont incapables de faire le mal, qu’ils sont tous dévoués au bien-être et à la sécurité de leurs peuples, qu’ils luttent contre le « terrorisme » pour le bien commun, l’historien suisse et spécialiste de l’histoire de l’OTAN et de ses crimes, Daniele Ganser, se charge de faire revenir ces personnes sur terre.

L’État n’est pas, n’a jamais été et ne sera JAMAIS la solution et le modèle pour une société humaine libre et émancipée, mais est bien au contraire une des plus grosses parties de nos problèmes.

N’oublions jamais que l’État est coercitif, répressif et oligarchique par nature et qu’une association d’États comme celle de l’OTAN, ne peut-être qu’une Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord en l’occurrence.

L’Union Européenne est la branche économique de l’opération Gladio, avec le projet de traité transatlantique, la phase de destruction des peuples entrera dans sa phase finale. Le boycott de cette fumisterie criminelle est la seule possibilité pour démanteler la grille de contrôle orwellienne mise en place.

— Résistance 71 —

 

Les historiens le 11 Septembre et les armées secrètes du Gladio

 

Daniele Ganser

 

16 Mai 2014

 

url de l’article:

http://www.silviacattori.net/article5650.html

 

Les historiens d’aujourd’hui et de demain font face à un énorme défi : relater les événements du 11 septembre 2001. Ce qu’ils écriront sera enseigné dans les livres d’histoire. Mais que raconteront-ils ? Est-ce Ben Laden qui a envoyé 19 musulmans attaquer par surprise les USA ? Ou bien écriront-ils que l’administration du Président George W. Bush est responsable de l’attaque, soit en la concevant elle-même, soit en la laissant délibérément se produire de façon à générer un choc au sein de la population américaine et à créer un prétexte pour augmenter drastiquement les dépenses militaires et pour attaquer l’Afghanistan et l’Irak ?

J’ai étudié la plupart des données relatives aux événements du 11-Septembre, et je suis convaincu qu’une nouvelle enquête est nécessaire. Mais lorsque j’ai remis en cause la narrative officielle du 11/9 dans mon pays natal, la Suisse, j’ai dû faire face à de vigoureux reproches de la part de nombreuses personnes. On m’a par exemple demandé pourquoi un gouvernement, quel qu’il soit, devrait attaquer sa propre population ou, chose un peu moins criminelle, laisser délibérément un groupe étranger mener une telle attaque ? Tandis que les dictatures brutales comme le régime de Pol Pot au Cambodge, sont connus pour le peu de considération qu’ils portent à la vie et à la dignité de leurs concitoyens, on est amené à penser qu’une démocratie occidentale ne se permettrait jamais un tel abus de pouvoir. Et si des éléments criminels au sein d’une démocratie occidentale, en Amérique du Nord ou en Europe, avaient perpétré un tel crime, les élus ou les médias ne s’en rendraient-ils pas compte et ne le dénonceraient-ils pas ? Est-il concevable que des criminels à l’intérieur d’un gouvernement puissent mener des opérations terroristes contre des citoyens innocents, lesquels soutiennent ce même gouvernement au travers des impôts qu’ils paient tous les ans ?

Est-il possible que personne ne le remarque ? Voilà des questions difficiles, même pour des chercheurs spécialisés dans l’histoire des guerres secrètes. En fait, il existe des exemples historiques de telles opérations menées par des démocraties occidentales. Dans cet article, je ne traiterai pas directement du 11-Septembre, mais plutôt de ce que l’Histoire peut nous apprendre. Je vous propose d’examiner certaines des informations les plus récentes concernant les guerres secrètes durant la Guerre froide. Il existe bel et bien une stratégie militaire secrète qui utilise le terrorisme contre les populations civiles. Cela s’appelle la « stratégie de la tension. » Et une telle stratégie a effectivement été mise en oeuvre par des démocraties occidentales.

La stratégie de la tension

Il est sans doute correct de dire que parmi les presque 7 milliards d’êtres humains vivant sur Terre, moins de 1 % a un jour entendu parler de « stratégie de la tension ». Et parmi eux, peu nombreux sont ceux capables d’en citer quelques exemples historiques.

Il s’agit d’une stratégie de l’ombre, connue seulement de quelques militaires et d’officiers des services secrets (et de quelques criminels) qui l’ont mise en place, de quelques officiers de police et de juges qui l’ont combattue, et de certains journalistes et chercheurs qui ont écrit à son sujet.

Fondamentalement, la stratégie de la tension vise à toucher le côté émotionnel des gens et a pour but de répandre au maximum la peur parmi le groupe visé.

La « tension » se réfère à la détresse émotionnelle et à la peur psychologique, alors que « stratégie » correspond à la technique permettant d’amener à cette détresse et à cette peur. Un attentat terroriste dans un lieu public comme une gare, un marché, un car de ramassage scolaire, est un exemple typique de procédé auquel la stratégie de la tension fait appel. Après l’attaque – et c’est là un élément essentiel – les agents secrets qui l’ont commis imputent le crime à leurs opposants politiques en effaçant les preuves ou en en créant de fausses.

Notez bien que l’objectif ultime de la stratégie de la tension n’est pas de tuer ou de blesser des personnes lors d’un attentat terroriste, comme le pensent la plupart des gens. Les cibles sont à la fois l’opposant politique, qu’il faut discréditer par cet attentat, et ceux qui ne sont pas touchés physiquement, mais qui ont connaissance de l’attentat et qui sont amenés à avoir peur pour leur vie et celles de leurs proches.

Étant donné que l’objectif de la stratégie de la tension est de discréditer l’opposant et de créer la peur, les véritables cibles ne sont pas les personnes qui sont tuées, que leur nombre soit de quelques dizaines ou de plusieurs milliers, mais les millions de gens qui ne sont pas atteints physiquement, mais sont plongés dans la détresse émotionnelle.

La stratégie de la tension forme une partie de ce que l’on appelle communément « la guerre psychologique » (Psychological warfare, ou PSYWAR en anglais – NdT). Comme l’indique l’expression, cette forme de guerre ne s’attaque pas aux corps des êtres humains, aux tanks, navires, satellites ou maisons dans le but de les détruire, mais vise les esprits, le psychisme. Laissons de côté le fait que les philosophes, psychologues, neurologues ou théologiens ne sont jamais parvenus à définir complètement ce qu’est l’ « esprit », et partons du principe, dans le cadre de cet article, qu’il s’agit simplement de la capacité humaine à penser et à ressentir. Si des personnes peuvent accéder à nos pensées et à notre ressenti sans que nous le remarquions, elles peuvent exercer un énorme pouvoir sur nous.

Mais si nous nous apercevons que notre psychisme est manipulé au travers d’une guerre psychologique, cette technique perd alors une partie de ses effets.

La guerre psychologique a joué un rôle central dans la Seconde Guerre mondiale et toutes celles qui lui ont succédé. Elle a été utilisée par les commandements américains en Europe, aux Amériques, en Asie, en Australie et en Afrique. On la désigne parfois sous le vocable populaire de « propagande », mais la propagande est seulement une des formes de guerre psychologique. La stratégie de la tension en est une autre, bien moins connue. Le Département américain de la Défense définit la guerre psychologique comme « l’utilisation planifiée de la propagande et d’autres actions psychologiques dans le but premier d’influencer les opinions, les émotions, les attitudes et les comportements de groupes étrangers hostiles, de manière à contribuer à l’accomplissement d’objectifs nationaux. »[1]

La guerre psychologique peut prendre des formes très différentes et apparemment sans liens – tracts, affiches ou reportages à la télévision, tous conçus pour formater la pensée et les sentiments du groupe visé. Ou bien, elle peut se manifester sous la forme d’une attaque terroriste menée par des agents secrets et dont on fait porter la responsabilité à un opposant politique.

Inutile de préciser que la stratégie de la tension, version terrorisme, celle qui tue des personnes innocentes, est une forme de guerre psychologique bien plus brutale et radicale que le largage de tracts depuis un avion survolant un territoire ennemi. Mais ces deux formes de guerre psychologique ont en commun le fait de viser l’esprit, les émotions et les pensées des gens.

Je vais maintenant donner quelques exemples historiques de stratégie de la tension ayant utilisé le terrorisme.

Au jour d’aujourd’hui, les informations les plus pertinentes sur la stratégie de la tension sont sans aucun doute celles provenant d’Italie, où des juges, des parlementaires et des universitaires continuent de mettre en commun leurs efforts pour essayer de comprendre et de détailler cette stratégie secrète.

Le juge Casson et l’attentat terroriste de Peteano Le juge italien Felice Casson a redécouvert cette stratégie lors de son enquête sur plusieurs attaques terroristes survenues en Italie dans les années 1960, 1970 et 1980. D’après Casson, l’affaire la mieux documentée dans laquelle la stratégie de la tension a été utilisée s’est produite dans le village italien de Peteano. C’est là que le 31 mai 1972, trois membres de la police paramilitaire italienne, les Carabinieri, ont été attirés vers une Fiat 500 abandonnée par un appel anonyme et ont été tués lorsqu’ils ont ouvert le coffre du véhicule en déclenchant la bombe qui s’y trouvait.

Pendant des années, cet attentat terroriste a été mis sur le compte des Brigades rouges, une organisation terroriste d’extrême gauche en Italie. Mais lorsque le juge Casson a rouvert cette affaire, il a découvert que c’était en réalité le néofasciste catholique Vincenzo Vinciguerra, un militant anticommuniste, qui avait commis ce crime.

Casson a également découvert, à sa grande surprise, que Vinciguerra n’avait pas opéré seul, mais qu’il avait été protégé par des membres des services secrets militaires italiens, appelés aujourd’hui SISMI (Servizio per le Informazioni e la Sicurezza Militare).[2]

Le juge Casson a procédé à l’arrestation de Vinciguerra, lequel a confirmé lors de son procès en 1984 qu’il avait été relativement aisé pour lui d’échapper à la justice et de se cacher, étant donné qu’une large portion de l’appareil sécuritaire italien, y compris le SISMI, partageait ses convictions anticommunistes, et avait par conséquent soutenu en silence ces crimes afin de discréditer la gauche italienne et tout particulièrement le Parti communiste (PCI), lequel était relativement fort à l’époque. Après l’attentat à la bombe, Vinciguerra se souvient que « c’est tout un mécanisme qui s’est mis en route… Les carabiniers, le ministre de l’Intérieur, les services de douane, et les services secrets civils et militaires ont accepté de fait les raisons idéologiques derrière cette attaque. »

Casson a mis en évidence le fait qu’au travers de ce crime et d’autres pour lesquels on avait accusé les Brigades rouges – l’ennemi politique par excellence – c’était en fait le Parti communiste italien qui avait été discrédité. Les chefs des services secrets militaires et les politiques ont avancé qu’après ce crime, le « danger communiste » justifiait l’augmentation des dépenses militaires et la réduction des libertés civiles dans l’intérêt de la sécurité de l’État. De cette façon, la stratégie de la tension, comme celle mise en oeuvre par l’acte terroriste de Pataneo, a permis de propager la peur dans toute l’Italie, de discréditer un opposant politique, et de mettre en place des mesures de sécurité conservatrices. Ce fut très efficace, puisque personne ne savait à l’époque que les services secrets étaient derrière cette attaque.[3]

« En ce qui concerne les services de renseignement, l’attentat de Peteano fait partie de ce qui a été surnommé la stratégie de la tension, » a expliqué le Juge Casson à la BBC lors d’une interview en 1991. La tension créée à l’intérieur du pays a servi à promouvoir des tendances sociales et politiques extrêmement réactionnaires et conservatrices. Alors que cette stratégie était mise en oeuvre, il était nécessaire de protéger ceux qui étaient effectivement derrière, puisque des preuves les impliquant étaient peu à peu découvertes. Des témoins ont dissimulé des informations pour couvrir les extrémistes de droite.[4]

Vinciguerra faisait partie de l’organisation fasciste italienne, Ordine Nuovo (Nouvel Ordre) qui cultivait d’étroites relations avec le SISMI. Un haut membre d’Ordine Nuovo, Clemente Graziani, a affirmé dans un livre paru en 1963, qu’en tant que catholique, il était de son devoir de combattre par tous les moyens les communistes impies, y compris par des opérations de « tension » qui, à première vue peuvent paraitre brutales et immorales. Il expliqua que les communistes s’étaient eux aussi engagés dans des méthodes sales, et que si Ordine Nuovo n’utilisait pas le terrorisme pour les combattre, ils ne seraient jamais vaincus : « le terrorisme a évidemment l’inconvénient de tuer aussi des personnes âgées, des femmes, des enfants, » a fait remarquer Graziani. Il a ajouté que « des opérations de cette nature sont encore considérées comme des crimes méprisables et abjects, et surtout inutiles pour vaincre un conflit. Mais les standards de la guerre révolutionnaire renversent ces principes moraux et humanitaires. Ces formes d’intimidation terroriste sont aujourd’hui considérées non seulement comme acceptables, mais absolument nécessaires. »[5]

Autres attentats terroristes Peteano n’est pas un cas isolé en Italie, mais fait partie d’une longue série d’attentats terroristes qui a débuté en 1969. Le 12 décembre de cette année-là, quatre bombes explosaient sur les places publiques à Rome et Milan, tuant 16 civils innocents et en blessant 80 autres ; la plupart des victimes sont tombées à Milan, Piazza Fontana. Après le massacre, comme le veulent les règles de la stratégie de la tension, les services secrets militaires italiens, le SID, a posé des bombes dans la villa de l’éditeur gauchiste bien connu, Giangiacomo Feltrinelli, de façon à pouvoir accuser de terrorisme les communistes et d’autres membres de l’extrême gauche.[6] Ce n’est que des années plus tard qu’on a appris que Feltrinelli n’avait absolument rien à voir avec ce crime et qu’en réalité, l’extrême droite italienne, dont Ordine Nuovo, avait perpétré ces atrocités dans le but de promouvoir la stratégie de la tension.

Les attentats les plus meurtriers eurent lieu en 1974, environ deux ans après celui de Peteano.

Le 28 mai, une bombe explosait lors d’une manifestation anti-fasciste à Brescia, où s’étaient rassemblées plus de 3000 personnes, tuant 8 personnes et en blessant 102 autres. Pour couvrir les traces des poseurs de bombe d’extrême droite, la place avait été nettoyée au jet d’eau plusieurs heures avant que les magistrats enquêteurs ne puissent se rendre sur la scène de crime pour protéger les preuves. Une commission du Sénat italien a plus tard fait observer que « les enquêtes menées immédiatement après le massacre étaient caractérisées par un tel nombre d’erreurs incroyables que cela laissait sans voix. »[7] Puis, le 4 août, une bombe explosait dans le train express Italicus reliant Rome à Berlin, tuant 12 civils innocents et en blessant 48 autres.

Mais l’attaque la plus meurtrière eut lieu en 1980, un samedi après-midi chaud et ensoleillé qui se trouvait aussi être le premier jour des grandes vacances d’été en Italie. Une explosion massive ravagea la salle d’attente de seconde classe à la gare de Bologne, tuant 85 personnes lors de la déflagration et faisant 200 blessés.

La raison de ces attaques

Cette série d’attentats terroristes jeta le discrédit sur les communistes italiens et propagea la terreur parmi la population italienne, étant donné que personne ne savait qui allait être le prochain sur la liste. Il était impossible de protéger l’ensemble des infrastructures de transport, sans parler des places publiques, et il était donc clair pour tous les spécialistes en sécurité de l’époque que les sociétés démocratiques seraient toujours vulnérables à ce genre d’attentats terroristes. « Il fallait s’en prendre aux civils, au peuple, aux femmes, aux enfants, aux anonymes sans lien avec un quelconque jeu politique, » a déclaré le néofasciste Vincenzo Vinciguerra après son arrestation, lorsqu’il détailla la stratégie de la tension à laquelle il avait lui-même participé. « La raison en est très simple, » a-t-il ajouté : « [ces actions] étaient censées forcer les gens, le peuple italien, à se tourner vers l’État pour demander plus de sécurité. C’était la logique politique derrière tous ces massacres et les attentats à la bombe qui restèrent impunis, du fait que l’État ne peut pas s’accuser lui-même, ou se déclarer lui-même responsable pour ce qui s’est passé. »[8]

Les révélations sur Gladio

Le juge italien Felice Casson, qui avait redécouvert la stratégie de la tension, voulait savoir pourquoi des individus au sein même du gouvernement et des services secrets italiens avaient soutenu cette stratégie criminelle.

Après l’arrestation de Vinciguerra, le poseur de bombe de Peteano, il décida d’en savoir plus. « Je voulais faire la lumière sur ces années de mensonges et de mystères, c’est tout. [Je voulais] que l’Italie, pour une fois, connaisse la vérité. »[9] À l’été 1990, le juge Casson a demandé l’autorisation au premier ministre italien Giulio Andreotti de pouvoir fouiller dans les archives des services secrets militaires (SISMI) à Rome.

Permission lui fut accordée, et Casson fit une découverte sensationnelle : il découvrit que sous le nom de code « Gladio » (glaive), se cachait une armée secrète qui avait été mise en place par les services de renseignement militaires italiens en étroite collaboration avec la CIA dans les années qui avaient suivi la Seconde Guerre mondiale. Cette armée secrète devait fonctionne comme une unité de guérilla en cas d’invasion et d’occupation de l’Italie par l’armée soviétique. Les données mises à jour par Casson indiquaient que cette mystérieuse armée Gladio était liée à l’OTAN et qu’en l’absence d’invasion de la part des Soviétiques, elle semblait avoir manipulé la politique italienne au travers d’un certain nombre d’actions secrètes pendant la guerre froide dans le but d’affaiblir les communistes italiens.

Casson informa par voie confidentielle une commission parlementaire de ses recherches qui allaient bien au-delà de son enquête initiale. Ce fut une surprise totale pour les Sénateurs, et le 2 août 1990, le premier ministre et chef de l’exécutif italien, Giulio Andreotti, ordonna « d’informer le parlement dans les 60 jours à venir au sujet de l’existence, des caractéristiques et des raisons d’être d’une structure parallèle occulte dont on dit qu’elle a opéré au sein de nos services de renseignements militaires, avec l’objectif de conditionner la vie politique du pays. »[10] Le 24 octobre 1990, Andreotti remit un rapport de 10 pages intitulé « Ce qu’on appelle le ‘SID parallèle’ – ou Affaire Gladio » à la Commission d’enquête du Sénat dirigée par le sénateur Gualtieri. Le rapport d’Andreotti confirmait l’existence d’une armée secrète à l’intérieur des services secrets militaires, connue sous le nom de code de « Gladio ».

Andreotti ajouta que cette structure existait toujours et était

opérationnelle. Ne voulant pas endosser seul toutes les conséquences de ces accusations de conspiration, Andreotti insista le jour même devant le parlement sur le fait que « chacun des chefs de gouvernements avait été mis au courant de l’existence de Gladio. »[11] Cette affirmation mettait notamment en cause l’ex-premier ministre Bettino Craxi (1983-1987) et surtout Francesco Cossiga, un ancien premier ministre (1978 – 1979) qui occupait le poste de président en 1990.

Les hauts magistrats furent obligés de prendre position. Craxi affirma qu’il n’avait pas été informé, jusqu’au moment où il fut confronté à un document sur Gladio portant sa propre signature en tant que premier ministre. Cossiga expliqua qu’il était « fier d’avoir pu garder le secret pendant 45 ans. »[12]

Dans son rapport, Andreotti confirmait les découvertes de Casson, et expliquait que Gladio était la branche italienne d’une armée secrète « Stay-Behind » mise en place au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par la CIA et le SIFAR, dans le cadre d’un réseau international de groupes clandestins de résistance dans les pays de l’OTAN, pour combattre une éventuelle invasion soviétique. En cas d’invasion, les armées Stay-Behind devraient organiser un mouvement de résistance et opérer derrière les lignes ennemies. Ces armées étaient supervisées et coordonnées par deux centres top-secret de guerre non conventionnelle de l’OTAN nommés Allied Clandestine Committee (ACC) et Clandestine Planning Committee (CPC).

Andreotti raconta qu’ « une fois constituée cette organisation de résistance secrète, l’Italie était appelée à participer… aux tâches du CCP (Clandestine Planning Committee) fondé en 1959, opérant au sein du SHAPE [Supreme Headquarters Allied Powers Europe, de l’OTAN]… ; en 1964, les services secrets italiens intégrèrent également l’ACC (Allied Clandestine Committee).[13]

Ayant à faire face à des protestations acerbes de la presse italienne, Andreotti affirma que les services secrets italiens en général, et les membres de Gladio en particulier, n’avaient rien à voir avec le terrorisme que l’Italie avait subi durant la Guerre froide.

Il expliqua que « les individus présélectionnés n’ont pas de casier judiciaire, ne font partie d’aucun mouvement politique et ne participent en aucune manière à un quelconque mouvement extrémiste. »[14]

Vinciguerra, le poseur de bombe de Peteano, qui s’était trouvé au coeur de la stratégie de la tension, dément ces affirmations. Dès la tenue de son procès en 1984, il avait déclaré : « Avec l’attentat de Peteano et tous ceux qui ont suivi, plus personne ne devrait douter de l’existence d’une structure active et clandestine, capable d’élaborer dans l’ombre une telle stratégie de tueries. Cette structure, » poursuivait-il, « est imbriquée dans les organes mêmes du pouvoir. Il existe en Italie une organisation parallèle aux forces armées, composée de civils et de militaires, et à vocation antisoviétique, c’est-à-dire destinée à organiser la résistance contre une éventuelle occupation du sol italien par l’Armée rouge. » Sans citer le nom de Gladio, Vinciguerra était clairement en train de parler de l’armée secrète, plusieurs années avant que le premier ministre Andreotti confirme son existence. Vinciguerra la décrivit en 1984 comme « une organisation secrète, une super organisation disposant de son propre réseau de communications, d’armes d’explosifs et d’hommes formés pour s’en servir. » Il insista sur le fait que cette « super-organisation, en l’absence d’invasion soviétique, avait reçu de l’OTAN l’ordre de lutter contre un glissement à gauche du pouvoir dans le pays. Et c’est ce qu’ils ont fait, avec le soutien des services secrets de l’État, du pouvoir politique et de l’armée. »[15]

Les précédents chefs des services de renseignements italiens furent choqués par les révélations du premier ministre Andreotti, qui avait révélé ce que beaucoup considéraient comme l’un des plus grands secrets. Le Général Vito Miceli, chef du Renseignement italien de 1970 à 1974, protesta dans la presse italienne : « J’ai été emprisonné parce que je refusais de révéler l’existence de cette super-organisation secrète, et voilà qu’Andreotti s’amène devant le Parlement et raconte tout ! »[16] La presse italienne se montra très critique à propos des révélations sur Gladio et sur le fait que la CIA avait joué un rôle central dans cette opération secrète. Le quotidien La Stampa commenta : « Aucune raison d’État ne peut justifier que l’on entretienne, couvre ou défende une structure militaire secrète composée d’éléments recrutés sur des critères idéologiques – dépendant ou, au minimum, sous l’influence d’une puissance étrangère -, et servent d’instrument pour un combat politique. Il n’y a pas de mot pour qualifier cela, si ce n’est ‘haute trahison’ ou ‘crime contre la Constitution.’ »[17]

Le parti communiste italien (PCI), convaincu que c’était lui et non des troupes étrangères, qui était la vraie cible des armées Gladio durant toute la période de la Guerre froide, fut particulièrement scandalisé : « Avec ce mystérieux SID parallèle, fomenté pour faire obstacle à un impossible coup d’État de la gauche, nous avons surtout risqué de nous exposer à un coup d’État de la droite… Nous ne pouvons pas croire à cela…, que ce super-SID ait été accepté comme un outil militaire destiné à opérer ‘dans le cas d’une occupation ennemie’. Le seul véritable ennemi est et a toujours été le parti communiste italien, c’est-à-dire un ennemi de l’intérieur. » [18]

Le rôle de la CIA

Aux États-Unis, cette affaire a été parfaitement ignorée par les médias. Dans l’un des rares articles traitant du sujet, le Washington Post, titrant « “CIA Organized Secret Army in Western Europe ; Paramilitary Force Created to Resist Soviet Occupation” (La CIA organise une armée secrète en Europe de l’Ouest ; des forces paramilitaires créées pour résister à une occupation soviétique), expliquait qu’un officier du renseignement avait, sous couvert d’anonymat, déclaré : « Cette opération concerne uniquement l’Italie. Nous n’avons aucun contrôle sur elle. S’il y a des allégations selon lesquelles la CIA est impliquée dans des activités terroristes en Italie, elles sont totalement dépourvues de sens. »[19] Il est extrêmement difficile de faire des recherches et de clarifier les détails des opérations de stratégie de la tension, car personne n’est prêt à confirmer publiquement qu’un tel a ordonné ceci, ou qu’un autre a participé à une opération terroriste qui a fait des victimes parmi les civils innocents et a jeté l’effroi parmi la population visée avant d’accuser un ennemi politique de l’avoir perpétrée. Si, comme dans le cas de l’Italie, différents services de renseignement sont impliqués, en l’occurrence le SISMI italien et la CIA américaine, alors la tâche devient encore plus ardue, car les services commencent à s’accuser et à se contredire mutuellement.

À la différence de l’officier anonyme du renseignement US cité par le Washington Post qui accusait implicitement les Italiens pour la campagne de terreur subie par leur pays, le chercheur Philip Willan a affirmé que le gouvernement US et sa communauté du renseignement en étaient responsables : « Il est loin d’être aisé de déterminer qui était responsable des décisions au jour le jour quant à la stratégie de la tension. Mais il ne fait pratiquement aucun doute que la responsabilité globale pour cette stratégie repose sur les épaules du gouvernement et des services secrets des États-Unis… Des questions restent à propos de l’adoption de méthode ayant amené à la mort de centaines de victimes innocentes. »[20]

Lors d’une émission télévisée italienne en 1990, l’amiral Stansfiels Turner, directeur de la CIA entre 1977 et 1981, ne voulut pas confirmer les déclarations de Willan et refusa obstinément de répondre aux questions sur Gladio. Par respect pour les victimes des nombreux massacres, le journaliste italien qui menait l’interview insista pour que Turner clarifie ce qu’était la stratégie de la tension. Turner arracha alors son micro et cria : « j’ai dit, pas de questions sur Gladio ! » et l’interview prit fin.[21]

Certains officiers de la CIA se sont montrés plus bavards sur les stratégies secrètes durant la Guerre froide et sur les opérations illicites de la CIA. L’un d’eux s’appelle Thomas Polgar, retraité en 1981 après une carrière de 30 ans à la CIA. Questionné sur les armées secrètes de Gladio en Europe, Polgar confirma que les armées secrètes Stay-Behind étaient coordonnées « par une sorte de groupe de planification de guerre non conventionnelle lié à l’OTAN. » Polgar insista sur le fait que « tous les services secrets nationaux avaient été impliqués à un degré ou à un autre, » ajoutant qu’« en Italie dans les années 1970, certaines personnes étaient allées un peu plus loin que la charte définie par l’OTAN. »[22]

Des membres du Parlement italien décidèrent de creuser davantage. Huit sénateurs, la plupart appartenant au parti démocratique de gauche (PDS pour Partito Democratico della Sinistra), qui avait remplacé l’ancien PCI après l’effondrement de l’Union soviétique en 1991, poursuivirent leur enquête sur Gladio et la stratégie de la tension. Sous la présidence du sénateur Giovanni Pellegrini, ils entendirent des témoins, prirent connaissance des documents et présentèrent un rapport de 326 pages en 2000.[23] Les anciens communistes conclurent que pendant la Guerre froide, l’armée secrète Gladio avait, avec la CIA, les services secrets militaires et certains néofascistes italiens, combattu les communistes et les socialistes italiens de peur de trahir l’OTAN « de l’intérieur. » Le rapport expliquait que « ces massacres, ces bombes, ces opérations militaires avaient été organisés, promus, ou soutenus par des hommes à l’intérieur des institutions italiennes, et comme cela a été découvert plus récemment, par des gens liés aux structures de renseignement des États-Unis. »[24]

D’après les importantes découvertes du Sénat italien, la stratégie de la tension avait donc été mise en oeuvre par des membres appartenant aussi bien aux communautés de sécurité nationale italiennes qu’américaines, dont la CIA et le SISMI, qui avaient établi des liens avec des extrémistes pour poser les bombes. Le Général Giandelio Maletti, ancien chef des services de contre-espionnage italiens, l’a confirmé en mars 2001, quelques mois seulement avant les attentats terroristes du 11 septembre 2001.

Lors d’un procès contre des membres d’extrême droite accusés d’être impliqués dans le massacre en 1969 de Piazza FOntana à Milan, le Général Maletti a déclaré : « La CIA, appliquant les directives de son gouvernement, voulait créer un nationalisme italien capable de stopper ce qu’elle voyait comme un glissement à gauche, et pour cette raison, elle peut avoir utilisé le terrorisme d’extrême droite… L’impression générale était que les Américains étaient prêts à tout pour arrêter le glissement de l’Italie à gauche. » Et il a ajouté : « N’oubliez pas que Nixon était au pouvoir et que c’était un homme étrange, un politicien très intelligent, mais aussi quelqu’un qui prenait des initiatives peu orthodoxes. »[25]

Enquêtes aux États-Unis

Aux États-Unis, mis à part le travail souvent ignoré et pourtant important de Jeffrey Mackenzie Bale[26], il n’y a eu pratiquement aucunes recherches au sujet des opérations de stratégie de la tension en Italie sponsorisées par les USA. Arthur Rowse, un ancien employé du Washington Post, est l’un des autres rares Américains à avoir parlé de ce phénomène. Dans la conclusion d’un de ses précieux articles, il dressait les « leçons de Gladio » dans ces termes : « Aussi longtemps que le public américain restera dans l’ignorance de ce chapitre noir des relations étrangères américaines, les agences qui en sont responsables ne subiront que peu de pression pour modifier leurs méthodes. » Il ajoutait : « La fin de la Guerre froide… a changé peu de choses à Washington. Les USA… attendent toujours un véritable débat national sur la fin, les moyens et les coûts de notre politique nationale de sécurité. »[27]

La découverte en Italie des armées Stay-Behind de l’OTAN en 1990 et le débat qui s’en est suivi sur la stratégie de la tension eut des implications internationales importantes. Alors que le détail de cette opération émergeait, le Times de Londres conclut que « cette histoire semble sortie tout droit d’un roman policier. »[28] Pendant un bref instant, le public a pu entrevoir le monde secret du terrorisme, les mensonges, les opérations secrètes [cover-ups]. La presse britannique conclut que « Gladio, avec sa stratégie de la tension, était l’un des secrets politico-militaires les mieux gardés et les plus néfastes depuis la Seconde Guerre mondiale. »[29]

La réponse de l’OTAN

En révélant que l’OTAN coordonnait le réseau international secret dont Gladio était seulement l’une des branches, Andreotti avait mis une grosse pression sur le quartier général de l’OTAN en Belgique. Mes recherches ultérieures ont confirmé que des armées secrètes Stay-Behind ont existé dans tous les pays d’Europe de l’Ouest, opérant sous différents noms de code : au Danemark “Absalon“, en Allemagne « TD BDJ“, en Grèce “LOK“, au Luxembourg “Stay-Behind“, aux Pays-Bas “I&O“, en Norvège “ROC,” au Portugal “Aginter,” en Suisse “P26,” en Turquie “Counter-Guerrilla,” et en Autriche “OWSGV.”[30]

L’OTAN, la plus grande alliance militaire au monde, réagit de manière confuse aux révélations sur ce réseau secret, en diffusant deux commentaires contradictoires. Le 5 novembre 1990, après presque un mois de silence, l’OTAN nia catégoriquement les allégations d’Andreotti au sujet de l’implication de l’OTAN dans l’opération Gladio et ses armées secrètes. Jean Marcotta, porte-parole sénior de l’OTAN, déclara depuis le quartier général de l’OTAN à Mons en Belgique, que « l’OTAN n’a jamais considéré la guérilla ou les opérations clandestines ; elle s’est toujours occupée d’affaires militaires et de la défense des frontières alliées. »[31] Pourtant, le 6 novembre 1990, un autre porte-parole de l’OTAN expliqua que le démenti de l’OTAN formulé les jours précédents était faux. Par la suite, l’OTAN se contenta d’un court communiqué à l’adresse des journalistes, expliquant que l’OTAN ne faisait pas de commentaires sur des affaires relevant du secret militaire et que Marcotta n’aurait rien dû dire du tout.[32] La presse internationale protesta contre les politiques malsaines de relations publiques de l’alliance militaire, et un journal britannique écrivit : « Alors que le continent subit choc après choc, un porte-parole de l’OTAN formule un démenti : ‘’aucune connaissance de Gladio ou de Stay-Behind’’. Puis, un communiqué de sept mots annonça que ce démenti était « incorrect », sans en dire plus. »[33]

Afin de clarifier la position de l’OTAN, j’ai appelé leur Bureau de la Sécurité où Isabelle Jacob m’a informé qu’il était peu probable que quiconque réponde à des questions sensibles sur Gladio, et m’a conseillé de coucher par écrit ces questions et de les leur faire parvenir par mon ambassade. La mission suisse de l’OTAN à Bruxelles fit alors suivre mes questions sur Gladio à l’OTAN, l’une d’elles étant : « Pourquoi le porte-parole sénior de l’OTAN, Marcotta, a-t-il démenti catégoriquement le 5 novembre 1990 toute connexion entre l’OTAN et Gladio, tandis que le 7 novembre, un autre porte-parole de l’OTAN affirmait que la déclaration formulée par Marcotta deux jours auparavant était fausse ? »

En mai 2001, le chef du service de presse et des services médias de l’OTAN, Lee McClenny, se fendit d’un simple démenti : « Je ne suis pas au courant qu’un lien quelconque entre l’OTAN et l’Opération Gladio’. De plus, je ne trouve aucun document indiquant que quelqu’un du nom de Jean Marcotta ait été un porte-parole de l’OTAN. »[34]

Mais en coulisses, l’OTAN fut forcée de communiquer plus ouvertement sur cette affaire sensible de Gladio, comme le révèlent d’autres sources. Après la débâcle des communiqués publics, le secrétaire général de l’OTAN, Manfred Wörner, briefa à huis clos les différents ambassadeurs de l’OTAN sur Stay-Behind, le 7 novembre 1990. Un article paru dans la presse espagnole, commentait ce briefing : « Le SHAPE (Supreme Headquarters Allied Powers Europe) qui est l’organe dirigeant de l’appareil militaire de l’OTAN, a coordonné les actions de Gladio, d’après les révélations du Secrétaire général Manfred Wörner lors d’une réunion avec les ambassadeurs de l’OTAN des 16 nations alliées. »

L’article ajoutait que « Wörner avait, semble-t-il, demandé plus de temps, de façon à pouvoir mener une enquête sur la fameuse déclaration « aucune connaissance » » formulée par l’OTAN la veille. « Ces précisions ont été présentées à l’occasion de la réunion du Conseil Atlantique au niveau des ambassadeurs, qui, selon certaines sources, se tint le 7 novembre. »[35]

Selon ce même article, Manfred Wörner, le secrétaire général de l’OTAN, avait lui-même été briefé par un officier de haut rang de l’OTAN en Europe, le général américain John Galvin, suppléant du Commandant suprême des forces alliées en Europe (Supreme Allied Commander Europe, ou SACEUR). Au cours de cette réunion à huis clos, le secrétaire général de l’OTAN expliqua que le militaire en question – autrement dit le général John Galvin, Commandant suprême des forces alliées en Europe -, avait indiqué que le SHAPE coordonnait les opérations de Gladio.

À partir de ce moment-là, la position officielle de l’OTAN fut de ne plus commenter des secrets officiels.[36] 
L’OTAN n’a jamais fait de commentaires publics sur la stratégie de la tension, ou sur le fait que des plans ou du personnel de l’OTAN aient été impliqués, et n’a divulgué aucun autre détail sur les armées secrètes. « Étant donné qu’il s’agit d’une organisation secrète, je ne m’attends pas à ce qu’il soit répondu à beaucoup de questions, même si la Guerre froide est terminée, » a déclaré à la presse un diplomate de l’OTAN, qui a insisté pour rester anonyme. « S’il existait le moindre lien avec des organisations terroristes, ce genre d’information serait enterrée très profondément. Sinon, qu’y a-t-il de mal à prendre des précautions pour organiser la résistance si vous pensez que les Soviétiques pourraient attaquer ? »[37]

Ce refus de commenter de la part de l’OTAN ne fut pas du goût du parlement européen, lequel dans une résolution spéciale sur les armées secrètes et la stratégie de la tension, déclara sèchement que « ces organisations opèrent et continuent d’opérer en dehors de tout cadre légal, et ne sont soumises à aucun contrôle parlementaire. » Le parlement écrivit ensuite qu’il « appell[ait] à une enquête complète sur la nature, la structure, les objectifs et tous les autres aspects de ces organisations clandestines. » Une telle enquête ne vit cependant jamais le jour, du fait qu’aussi bien l’OTAN que ses États membres étaient préoccupés par les problèmes qu’une telle enquête pourrait créer. Pourtant le parlement européen déclara clairement qu’il « protestait vigoureusement contre les déclarations de certains officiers américains de SHAPE et de l’OTAN à propos de leur droit d’encourager l’établissement en Europe d’un service secret clandestin et d’un réseau opérationnel. » Et les choses en restèrent là.[38]

En France

Comme nous l’avons mentionné, l’Italie ne fut pas le seul pays où des réseaux Stay-Behind furent impliqués dans des opérations de stratégie de la tension. Des opérations terroristes contre la population civile eurent lieu également en Belgique, en Turquie et en Grèce. Comme en Italie, les armées secrètes ont été formées et équipées par la CIA et son homologue britannique, le MI6, et ont opéré comme une branche secrète des services secrets militaires du pays. Les opérations dans ces trois pays sont détaillées dans mon livre « Les armées secrètes de l’OTAN »[39] Dans le présent article, je n’ai la place que pour une brève discussion sur les opérations en France. Les révélations du premier ministre italien Giulio Andreotti prirent par surprise François Mittérrand, le président socialiste français de 1981 à 1995. Alors qu’il était interrogé par la presse française en 1990, Mitterrand tenta de se distancier de l’affaire des armées secrètes en France, affirmant qu’elles avaient été dissoutes depuis longtemps. Il a notamment déclaré : « Lorsque je suis arrivé, il n’y avait plus grand-chose à dissoudre. Juste quelques vestiges, dont j’ai appris l’existence avec étonnement, car tout le monde avait oublié de m’en parler. »[40]

Mais le premier ministre italien Andreotti ne parut pas apprécier particulièrement la manière dont la Grande Nation [en français dans le texte – NdT] essayait de minimiser son rôle dans le complot Stay-Behind. Il déclara sans ambages à la presse que l’armée secrète en France, loin d’avoir été dissoute depuis longtemps, avait récemment – le 24 octobre 1990 – envoyé des représentants à une réunion secrète au comité d’Allied Clandestine Committee (ACC) de l’OTAN sur Stay-Behind à Bruxelles. Lorsque ces allégations furent confirmées, cela créa un embarras certain à Paris. Mitterrand se refusa alors à tout commentaire.

Un officier de la CIA à la retraite, Edward Barnes, qui avait travaillé en France durant la 4e république avant de quitter le pays en 1956, voulut apporter plus de précisions. Barnes expliqua qu’alors que la menace d’un parti communiste fort persistait en France, les services secrets militaires (SDECE, pour Service de Documentation extérieure et de Contre-Espionnage), sous la direction d’Henri Alexis Ribière, mit sur pied une armée secrète anticommuniste. « Il y avait probablement beaucoup de Français qui voulaient être prêts si quelque chose se produisait, » indiqua Barnes. Se rappelant son propre travail en France, il expliqua que l’invasion soviétique était la première raison d’être de l’armée secrète française, mais que la promotion d’activités politiques anticommunistes dans le pays « pourrait avoir constitué une deuxième motivation. »[41]

Actions terroristes en Algérie

Au début des années 1960, une grande partie de l’armée française et des services secrets commencèrent à désapprouver fortement l’intention du président Charles de Gaulle de permettre à l’Algérie, une ancienne colonie, de devenir indépendante. L’armée secrète, percevant De Gaulle comme un ennemi, s’engagea d’évidence dans des opérations de stratégie de la tension contre ce projet. Certaines « actions terroristes » contre De Gaulle et son plan de paix pour l’Algérie furent menées par des groupes qui incluaient « un nombre limité d’individus » du réseau Stay-Behind français, comme l’admit en 1990 l’amiral Pierre Lacoste, ex-directeur des services de renseignements français (DGSE, ancien SDECE). Lacoste, qui a démissionné en 1985 après que la DGSE eut fait exploser le Rainbow Warrior, le navire de Greenpeace alors que celui-ci protestait contre les essais nucléaires dans le Pacifique, a déclaré que malgré ses liens avec le terrorisme, le programme Stay-Behind en France était justifié par les éventuels plans d’invasion soviétique.[42]

Un des promoteurs des techniques de terreur de la stratégie de la tension était Yves Guerin-Serac, un militant catholique anticommuniste. C’était un spécialiste de la guerre de l’ombre, il avait servi en Corée, au Vietnam et (en tant que membre de la 11e demi-brigade parachutiste de choc), pendant la guerre d’Algérie. L’écrivain et spécialiste des services secrets français, Roger Faligot, appelait cette unité « le fer de lance de la guerre clandestine en Algérie entre 1954 et 1962. »[43] En 1954, environ 300 hommes appartenant à cette unité spéciale avaient débarqué en Algérie. La plupart avaient une grande expérience des opérations secrètes et de la guérilla, puisqu’ils arrivaient directement du Vietnam après que la défaite de la France lors de la bataille de Diên Biên Phu ait mis fin aux velléités de la France de recoloniser ce pays. La mission de Serac et de ses collègues était parfaitement claire : abattre le Front le Libération algérien (FLN) en Afrique du Nord par tous les moyens, après les humiliantes défaites de la Seconde Guerre mondiale et du Vietnam. Ces efforts incluaient l’appel à des opérations de stratégie de la tension visant à discréditer le mouvement de libération algérien.

Après la défaite de la France et la déclaration d’indépendance de l’Algérie en 1962, la guerre secrète ne prit pas fin pour Guerin-Serac, qui tout comme un certain nombre d’autres officiers, se sentaient trahis par le gouvernement français et décidèrent de continuer leur guerre secrète. Serac savait exactement comment mener des opérations de stratégie de la tension pour discréditer les communistes et les membres des mouvements de libération tout autour du globe. Dans un texte de novembre 1969, « Notre activité politique », Serac et d’autres officiers soulignèrent le fait qu’ils avaient dû infiltrer l’ennemi, et perpétrer des atrocités en son nom. Ils écrivaient : « La première phase de notre activité politique consiste à créer le chaos dans toutes les structures du régime…

La destruction de l’État démocratique doit s’opérer autant que possible sous couvert d’activités communistes et prochinoises… De plus, nous avons des gens infiltrés dans ces groupes et évidemment, nous devons adapter nos actions à l’esprit de ce milieu – par la propagande et des actions d’un genre qui semble émaner de nos adversaires communistes… Cela créera un sentiment d’hostilité envers ceux qui menacent la sécurité dans chacun de ces pays, et nous devons en même temps nous dresser comme les défenseurs des citoyens contre la désintégration qu’apportent le terrorisme et la subversion. »[44]

Le juge italien Guido Salvini, qui a enquêté sur la stratégie de la tension, a montré que Serac avait effectivement mené à bien ses plans de stratégie de la tension. Il écrivit : « En 1975, le groupe Guerin-Serac, avec l’Américain Salby et des militants d’extrême droite français, italiens et espagnols, organisèrent une série d’attentats à la bombe… Les bombes visaient les ambassades algériennes dans différents pays, la France, l’Allemagne, l’Italie et la Grande-Bretagne… En réalité, ces attentats étaient l’oeuvre du groupe de Guerin-Serac, qui montrait par là ses grandes facultés de camouflage et d’infiltration… La bombe posée devant l’ambassade algérienne à Frankfort n’explosa pas, et fut méticuleusement analysée par la police allemande… Il faut noter la particulière complexité de fabrication de cette bombe. Elle contenait du C4, un explosif utilisé exclusivement par les forces US qui n’a jamais été utilisé dans aucun attentat par des anarchistes. »[45]

Ces révélations sur Guerin-Serac ainsi que leurs propres affirmations fournissent des preuves évidentes que les armées secrètes en Europe de l’Ouest ont utilisé le terrorisme et tué des civils innocents pour mener à bien leurs objectifs politiques. Ces armées secrètes, comme nous l’avons vu, opéraient sous la supervision de la CIA et de l’OTAN, c’est-à-dire sous le contrôle d’agents militaire et de renseignement américain. Mais revenons à la question des opérations de stratégie de la tension aux USA.

Aux États-Unis

Aux États-Unis, la stratégie de la tension fut largement prônée au début des années 1960 par les plus hauts gradés du Pentagone – le général Lyman Lemnitzer, Chef d’état-major interarmes -, comme moyen de convaincre l’opinion publique américaine de la nécessité d’envahir Cuba et de renverser Fidel Castro. Lemnitzer, qui mourut en 1988, était l’un des officiers de haut rang envoyés par les USA pour négocier la reddition de l’Italie en 1943 et celle de l’Allemagne en 1945. Après avoir combattu en Corée, il devint en 1960 chef d’état-major interarmes. Après le fiasco de la CIA lors de la tentative d’invasion de la Baie des Cochons en 1961, les plus hauts dirigeants du Pentagone, dont Lemnitzer, avancèrent que les techniques de stratégie de la tension devaient être utilisées contre la population américaine afin de créer un prétexte pour entrer en guerre. Sous le nom d’ « Opération Northwood », ils mirent au point un ensemble d’opérations combinées de stratégie de la tension visant à choquer l’opinion publique US et à discréditer Fidel Castro.

À cette époque, le président John F. Kennedy et son ministre de la Défense, Robert McNamara, s’opposèrent à de telles actions, qui impliquaient la mort de citoyens américains et la manipulation sur une vaste échelle de la population américaine. Le plan de Lemnitzer fut ainsi rangé dans les tiroirs.[46]

Comme pour la plupart des opérations de stratégie de la tension, il se passa de nombreuses années avant que l’opinion publique n’ait connaissance de l’Opération Northwood. C’est grâce au remarquable chercheur américain James Bamford que les documents sur l’opération top secrète Northwood furent portés à la connaissance du public en avril 2001, quelques mois seulement avant les attentats terroristes du 11-Septembre, lorsque Bamford publia son livre : Body of Secrets : An Anatomy of the Ultra Secret National Security Agency. Cela se produisit donc 40 ans après que les plans de Northwoods aient été classés « top-secret » par le Pentagone. Les documents originaux sont désormais accessibles en ligne.[47]

Les documents sur l’opération Northwoods détaillent comment le Pentagone avait planifié ses opérations de stratégie de la tension. Parmi ces actions, les officiers US suggéraient, de développer une fausse « campagne de terrorisme cubain dans la zone de Miami et dans d’autres villes de Floride, et même à Washington », de simuler une attaque par l’aviation cubaine contre un avion de ligne, de « couler un bateau de réfugiés cubains (réel ou simulé) », de concocter un incident « Remember the Maine » en faisant exploser un navire américain dans les eaux territoriales cubaines et d’accuser Cuba de sabotage.

Depuis que Bamford a publié ces documents sur l’Opération Northwoods, ceux qui s’intéressent à la stratégie de la tension se demandent jusqu’où certains groupes radicaux au sein du Pentagone étaient prêts à aller et quelles étaient les chances pour que le peuple américain ou ceux des autres pays découvrent ou parviennent à stopper de tels plans. Bamford pose notamment la question de savoir si l’Opération Northwoods était le plan le plus démoniaque jamais conçu par le gouvernement US, ou si l’incident du golfe de Tonkin en 1964 – qui précipita l’entrée en guerre des USA au Vietnam, laquelle se solda par la mort de 56 000 soldats américains et de 3 millions de Vietnamiens – avait constitué un exemple typique d’opération de stratégie de la tension élaborée et mise en oeuvre par le Pentagone.

« À la lumière des documents sur l’Opération Northwoods, » conclut Bamford, « il est clair que le fait de tromper la population et de fabriquer des guerres pour y envoyer des Américains se faire tuer constituait une politique standard et approuvée par les plus hauts niveaux de dirigeants au Pentagone. »[48]

Conclusion

Les deux principaux arguments contre l’idée que les attentats du 11-Septembre ont été menés par le gouvernement US et son armée ne sont que des a priori. L’un est que les gouvernements de pays occidentaux civilisés en général, et le gouvernement US en particulier ne feraient jamais une chose aussi horrible. L’autre est que si les attentats du 11/9 avaient été perpétrés par des forces internes au gouvernement des États-Unis, cela n’aura pas pu rester secret aussi longtemps. Les informations contenues dans cet article montrent que ces deux a priori sont tout à fait discutables.

Daniele Ganser

Journal of 9/11 Studies Volume 39, mai 2014 
(Titre original : La « stratégie de la tension » dans l’après Guerre froide) 
http://www.journalof911studies.com/resources/2014GanserVol39May.pdf

 

Notes de l’auteur :

[1] Wikipedia, « Guerre psychologique », http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_psychologique.

[2] En Italie durant la Guerre froide, les services secrets militaires ont été impliqués dans nombre d’opérations secrètes qui, lorsqu’elles ont été découvertes par la population, ont déclenché des protestations publiques, lesquelles ont forcé les services de renseignement à changer de nom. Créés le 30 mars 1949, soit 4 ans après la défaite de l’Italie dans la Seconde Guerre mondiale, et quelques jours seulement avant que l’Italie ne devienne un membre fondateur de l’OTAN, les services secrets militaires prirent le nom de SIFAR (Servizio Informazioni delle Forze Armate), puis SID (Servizio Informazione Difesa) de 1965 à 1977, avant d’adopter son appellation actuelle, SISMI (Servizio per le Informazioni e la Sicurezza Militare).

[3] Hugh O’Shaughnessy, « Gladio : Europe’s Best Kept Secret, » The Observer, 7 juin 1992. Shaughnesssy écrit : « C’étaient des agents qui devaient « rester derrière » (‘stay behind’) au cas où l’Armée rouge envahissait l’Europe de l’Ouest. Mais dans certains pays, ce réseau qui avait été mis en place avec les meilleures intentions a dégénéré en groupes terroristes prônant l’agitation politique d’extrême droite. »

[4] Newsnight, BBC1, 4 avril 1991

[5] Cité dans « Sénat de la République italienne : Commission d’enquête parlementaire sur le terrorisme en Italie et sur les causes de l’échec dans l’arrestation des responsables des tragédies : le terrorisme, les tragédies et le contexte politico-historique. » (Rome : rédigé par le président de la Commission, le sénateur Giovanni Pellegrin, 1995), p 261.

[6] Sénat de la république, p 157.

[7] Sénat de la république, p 220.

[8] Newsnight, BBC1, 4 avril 1991

[9] Observer, 18 novembre 1990.

[10] Mario Coglitore, ed., La Notte dei Gladiatori. Omissioni e silenzi della Repubblica (Padoue, 1992) p 131.

[11] Leo Müller, Gladio : Das Erbe des Kalten Krieges : Der NATO- Geheimbund und sein deutscher Vorläufer (Hamburg : Rowohlt, 1991) p. 27.

[12] Reuters, 12 novembre 1990.

[13] Franco Ferraresi, « A Secret Structure Codenamed Gladio, » Italian Politics : A Review, 1992 : p. 30. Ferraresi cite directement le document qu’Andreotti a remis à la Commission parlementaire. Le quotidien italien L’Unità l’a publié dans une édition spéciale du 14 novembre 1990. Il figure également dans le livre de Jean Francois Brozzu-Gentile, L’affaire Gladio (Paris : Editions Albin Michel, 1994).

[14] Ferraresi p. 31, citant directement le document d’Andreotti.

[15] Ed Vulliamy, « Secret Agents, Freemasons, Fascists… and a Top-level Campaign of Political ‘Destabilisation’ : ‘Strategy of Tension’ That Brought Carnage and Cover-up, » Guardian, 5 décembre 1990.

[16] Dans le magazine politique italien, Europeo, 16 novembre 1990. Miceli a effectivement été condamné à une peine de prison dans les années 1970 et a passé 6 mois dans un hôpital militaire. En 1974, le magistrat enquêteur, Giovanni Tamburino, au cours de ses investigations sur le terrorisme d’extrême droite en Italie, avait pris l’initiative inédite d’arrêter le général Miceli en l’accusant d’avoir « promu, mis en oeuvre et organisé, avec d’autres, une association secrète mêlant militaires et civiles et visant à provoquer une insurrection armée afin d’amener des modifications illégales de la Constitution de l’État et à la forme de gouvernement. » (Voir aussi le magazine politique britannique Statewatch, janvier 1991). Lors de son procès en novembre 1974, Miceli, auparavant responsable du Bureau de sécurité de l’OTAN, confirma avec nervosité qu’une unité spéciale avait bien existé au sein des services secrets militaires, le SID, mais que ce n’était pas lui qu’il fallait blâmer : « Un super-SID sous mes ordres ? Bien sûr ! Mais je ne l’ai pas moi-même organisé pour faire un coup d’État. C’étaient les États-Unis et l’OTAN qui m’ont demandé de le faire ! » (Voir aussi Brozzu-Gentile, p. 105.) C’était vers la fin de sa carrière dans les services secrets militaires italiens. Après avoir purgé sa peine de prison, il devint parlementaire en 1976 et bénéficia pour le restant de sa vie de l’immunité parlementaire en tant que député fasciste du Movimento Sociale Italiano (MSI). Réélu par deux fois, il démissionna en 1987 à cause d’une maladie et mourut trois ans plus tard.

[17] Cité dans Ferraresi, p. 31.

[18] Norberto Bobbio, cité dans Ferraresi, p. 32.

[19] Washington Post, 14 novembre 1990. Le seul autre article du Post qui comporte le mot-clef « Gladio » fut publié le 8 août 1993. La comparaison avec les 39 articles sur Gladio parus dans le journal britannique Guardian montre bien la pauvreté de la couverture médiatique de Gladio aux États-Unis.

[20] Philip P. Willan, Puppetmasters : The Political Use of Terrorism in Italy (Londres : Constable, 1991) p. 28.

[21] Independent, 1er décembre 1990.

[22] Jonathan Kwitny, « The CIA’s Secret Armies in Europe, » Nation, 6 avril 1992 : p. 445.

[23] Sénat de la République italienne : Commission d’enquête parlementaire sur le terrorisme en Italie et sur les causes de l’échec dans l’arrestation des responsables des tragédies : tragédies et terrorisme dans l’Italie de l’après-guerre à 1974. Rapport du Groupe démocratique de gauche, l’Ulivo (Rome, juin 2000). Cité dans « Le rapport de l’an 2000 du Sénat italien sur Gladio et les massacres. »

[24] Cité dans Philip Willan : « US ‘Supported Anti-left Terror in Italy.’ Le rapport affirme que Washington a utilisé la stratégie de la tension durant la Guerre froide pour stabiliser le Centre-Droit, Guardian, 24 juin 2000.

[25] Philip Willan, « Terrorists ‘Helped by CIA’ to Stop Rise of Left in Italy, » Guardian, 26 mars 2001. Willan, un expert des actions secrètes américaines en Italie, a publié le remarquable ouvrage Puppetmasters (Voir note 24).

[26] Jeffrey Mackenzie Bale, « The ‘Black’ Terrorist International : Neo-Fascist Paramilitary Networks and the ‘Strategy of Tension’ in Italy, 1968–1974 » (Ann Arbor, Mich. : UMI Dissertation Services, 1996).

[27] Arthur Rowse, « Gladio : The Secret US War to Subvert Italian Democracy, » Covert Action Quarterly p. 49 (été 1994).

[28] Times (Londres) 19 novembre 1990.

[29] Observer, 18 novembre 1990.

[30] Voir Daniele Ganser, « Les armées secrètes de l’OTAN », Demi-Lune, 2007.

[31] European, 9 novembre 1990.

[32] European, 9 novembre 1990. Il semble que le représentant de l’OTAN qui a émis ce correctif soit Robert Stratford. Cf. Regine Igel, Andreotti : Politik zwischen Geheimdienst und Mafia (Munich : Herbig Verlag, 1997) p. 343.

[33] Observer, 18 novembre 1990.

[34] Lettre de Lee McClenny, resp. des relations presse de l’OTAN, à l’auteur, datée du 2 mai 2001.

[35] « Gladio. Un misterio de la guerra fria. La trama secreta coordinada por mandos de la Alianza Atlantica comienza a salir a la luz tras cuatro decadas de actividad, » El País, 26 novembre 1990.

[36] El País.

[37] Reuters News Service, 15 novembre 1990.

[38] Débats au Parlement européen (transcriptions officielles), 22 novembre 1990.

[39] Voir note 31.

[40] Cité dans Brozzu-Gentile, p. 141. Egalement par Associated Press, p. 13, novembre 1990.

[41] Kwitny, « The CIA’s Secret Armies in Europe », pp. 446, 447.

[42] Kwitny.

[43] Roger Faligot et Pascal Krop, La Piscine : Les Services Secrets Français 1944–1984 (Paris : Editions du Seuil, 1985), p. 165.

[44] Cité dans Stuart Christie, Stefano Delle Chiaie (Londres : Anarchy Publications, 1984) p. 32. Également dans Lobster (octobre 1989), p.18. Ce document aurait été trouvé dans l’ancien bureau de Guerin-Serac après la révolution portugaise de 1974.

[45] Commission d’enquête parlementaire sur le terrorisme en Italie et sur les causes de l’échec dans l’arrestation des responsables des tragédies. 9e session, 12 février 1997 (www.senato.it/parlam/bicam/terror/stenografici/steno9.htm).

[46] Après avoir refusé le plan de Lemnitzer, Kennedy l’envoya en Europe au poste de Commandant suprême des forces alliées de l’OTAN de janvier 1963 à juillet 1969. Il fut remplacé par le général Andrew Goodpaster, qui occupa le poste de SACEUR de 1969 à 1974, c’est-à-dire pendant les années au cours desquelles les opérations terroristes eurent lieu en Italie.

[47] Sur la homepage de la National Security Archive à http://www.gwu.edu/ nsarchiv/news/20010430. [48] James Bamford, Body of Secrets : Anatomy of the Ultra-Secret National Security Agency (New York : Anchor Books, 2002), p. 91.

Traduction GV pour IlFattoQuotidiano.fr

Source :

http://ilfattoquotidiano.fr/daniele-ganser-les-historiens-le-11-septembre-et-les-armees-secretes-de-gladio/