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Cirque géopolitique impérialiste : 7 mensonges à propos de l’Afghanistan (Thierry Meyssan)

Posted in 11 septembre, 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 27 août 2021 by Résistance 71

 

 

ZB-OBL-Pakistan
B.B Brzezinski-Ben Laden, couple de l’année 1980

 

Et comme par hasard, 5 jours avant la fin de l’ultimatum du retrait, un attentat à la bombe à l’aéroport de Kaboul revendiqué par nul autre que Daesh, la légion mercenaire de l’empire, ce après que la Turquie du voyou frère musulman Erdogan, membre de l’OTAN, vous savez cette Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord, ait transféré des “djihadistes” de Syrie en Afghanistan.
Ils continuent à prendre les gens pour des cons… on ne change pas une recette qui marche (de moins en moins quand même fort heureusement…)
~ Résistance 71 ~

 

7 mensonges à propos de l’Afghanistan

 

Thierry Meyssan

 

18 août 2021

 

Source: https://www.voltairenet.org/article213760.html

 

En couvrant la chute de Kaboul, les médias occidentaux répètent sans réfléchir sept mensonges de la propagande occidentale. En se trompant sur l’histoire de l’Afghanistan, ils masquent les crimes commis dans ce pays et rendent impossible de prévoir le destin que Washington lui a écrit. Et si les Talibans n’étaient pas les plus méchants…

Les présidents français, Emmanuel Macron, et états-unien, Joe Biden, se sont adressés solennellement à leurs nations à propos de la prise de Kaboul par les Talibans, le 15 août 2021.

1— LA GUERRE D’AFGHANISTAN N’EST PAS UNE RÉPONSE AU 11-SEPTEMBRE, ELLE AVAIT ÉTÉ PLANIFIÉE AVANT LES ATTENTATS

Selon ces deux responsables politiques, l’invasion de l’Afghanistan par les États-Unis en 2001 aurait eu pour seul objet de « poursuivre ceux qui nous ont attaqués le 11 septembre 2001 et faire en sorte qu’Al-Qaïda ne puisse pas se servir de l’Afghanistan comme base pour perpétrer de nouvelles attaques » [1].

Joseph Goebbels, le ministre de la Propagande du IIIème Reich, aurait dit qu’« Un mensonge répété dix fois reste un mensonge ; répété dix mille fois, il devient la vérité ». Mais les faits sont têtus et n’en déplaise à MM. Macron et Biden, la guerre de 2001 a été décidée à la mi-juillet 2001, lors de l’échec des négociations de Berlin entre d’un côté les États-Unis, le Royaume-Uni et de l’autre non pas le gouvernement afghan, mais les Talibans. Le Pakistan et la Russie assistaient en observateurs à ces discussions secrètes. La délégation talibane est entrée en Allemagne en violation de l’interdiction de voyager édictée à son égard par le Conseil de sécurité des Nations unies. Après l’échec de ces négociations, le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Naiz Naik, revenant dans son pays, a sonné l’alarme. Le Pakistan s’est alors cherché de nouveaux alliés. Il a proposé à la Chine de lui ouvrir une porte sur l’océan Indien (ce que nous voyons aujourd’hui avec la « route de la Soie »). Les États-Unis et le Royaume-Uni ont commencé à amasser leurs troupes sur zone : 40 000 hommes en Égypte et presque toute la flotte britannique en mer d’Oman. Ce n’est qu’après la mise en place de ce dispositif qu’eurent lieu les attentats du 11-Septembre.

2— AL-QAIDA N’EST PAS UNE MENACE POUR LES ANGLO-SAXONS, MAIS UN INSTRUMENT

Selon le président Biden : « Notre mission de réduire la menace terroriste d’Al-Qaïda en Afghanistan et de tuer Oussama ben Laden a été un succès ».

Or, c’est le directeur des services secrets extérieurs de la France, Alexandre de Marenches, qui a proposé à son homologue US dans le cadre du Cercle Pinay [2] de provoquer une intervention soviétique en Afghanistan afin de les y piéger [3]. Le conseiller de Sécurité nationale du président Carter, Zbigniew Brzeziński, alla chercher à Beyrouth le milliardaire anticommuniste Oussama Ben Laden et lui demanda de prendre la tête de mercenaires arabes pour livrer une campagne terroriste contre le gouvernement communiste afghan [4]. Ben Laden était à Beyrouth pour rencontrer l’ancien président libanais Camille Chamoun, membre de la Ligue anticommuniste mondiale [5]. Washington avait choisi Ben Laden pour deux raisons : Premièrement, c’était un membre d’une société secrète, la Confrérie des Frères musulmans, ce qui lui permettait de recruter des combattants ; deuxièmement, il était l’un des héritiers de la plus grande société de BTP du monde arabe. À ce titre, il disposait des hommes et du savoir-faire nécessaire pour transformer les rivières souterraines de l’Hindou Koush en voies de communication militaires.

Par la suite, ce même Oussama Ben Laden servit de conseiller militaire au président bosniaque, Alija Izetbegović, en 1992-94. Ses combattants le suivirent là-bas. Ils abandonnèrent le nom de « Moudjahidines » pour celui de « Légion arabe ». Son campement fut visité par des commandos russes, qui y furent fait prisonniers. Cependant avant d’être arrêtés, ils avaient eu le temps de fouiller sa salle de commandement et de constater que tous les documents militaires étaient rédigés en anglais et non pas en arabe [6].

Plus tard encore, Oussama Ben Laden a utilisé ses combattants pour des opérations ponctuelles. Il les sollicitait en les choisissant selon ses besoins dans son « fichier », en arabe « Al-Qaïda » (القاعدة‎).

Il est donc indiscutable qu’Oussama Ben Laden a été durant de longues années un agent des États-Unis. Cependant ceux-ci affirment qu’il se seraient retourné contre eux ce que rien, absolument rien, n’atteste. Quoi qu’il en soit, Oussama ben Laden était gravement malade. Il avait besoin de soins quotidiens dans une chambre stérile. Il fut donc pris en charge à l’hôpital américain de Dubaï en juillet 2001, ainsi que l’a révélé Le Figaro [7]. Cette information a été démentie par le dit hôpital, mais m’a été confirmée par cheikh Khalifa ben Zayed Al Nahyane (l’actuel président des Émirats arabes unis) qui m’assura l’y avoir visité en présence du chef de poste local de la CIA. Enfin Oussama ben Laden fut traité à l’hôpital militaire de Rawalpindi (Pakistan) [8] où il mourut en décembre 2001. Ses obsèques eurent lieu en Afghanistan, en présence de deux représentants du MI6 britannique qui rédigèrent un rapport à ce sujet.

S’opposant aussi et de manière indiscutable à la théorie du retournement d’Oussama ben Laden contre ses employeurs de la CIA, le fait que jusqu’en 1999 —c’est-à-dire après les attentats qui lui furent attribués contre les Tours Khobar en Arabie saoudite et contre les ambassades US de Nairobi (Kenya) et de Dar-es-Salam (Tanzanie)— il disposait d’un bureau de relations publiques à Londres. C’est depuis ce bureau qu’il a lancé son Appel au Jihad contre les juifs et les croisés.

Le fait que durant dix ans, on ait entendu et vu des enregistrements de personnes se déclarant être Oussama Ben Laden ne trompe que ceux qui veulent y croire : les experts suisses de l’Institut Dalle Molle d’intelligence artificielle perceptive, qu’à l’époque les grandes banques utilisaient dans des affaires délicates, étaient formels. Ces enregistrements sont des faux (y compris celui diffusé par le Pentagone où il revendique les attentats du 11-Septembre) et ne correspondent pas au vrai Ben Laden. Si la reconnaissance faciale et vocale était alors une spécialité, c’est aujourd’hui une technique courante. Vous pouvez vous-même vérifier avec des logiciels que l’on trouve un peu partout qu’il n’y a pas un Ben Laden, mais plusieurs personnes qui ont joué ce rôle.

Après la mort de Ben Laden, Ayman al-Zawahiri devint l’émir d’Al-Qaïda. Il exerce toujours cette fonction. Ce dernier —qui avait supervisé l’assassinat du président égyptien Anouar el-Sadate— vécut plusieurs années après 2001 à l’ambassade US de Bakou (Azerbaïdjan) [9]. Il était, au moins dans cette période, protégé par les Marines US. On ignore où il réside actuellement, mais rien ne permet de penser qu’il ne soit plus sous protection états-unienne.

3— LES ÉTATS-UNIS NE SE CONCENTRENT PAS SUR LA « LUTTE ANTITERRORISTE », MAIS FINANCENT ET ARMENT LE TERRORISME

Le président Biden a longuement expliqué, lors de son allocution sur la chute de Kaboul, que les États-Unis n’étaient pas là pour construire des États, mais uniquement pour lutter contre le terrorisme.

On répète cette expression de « lutte contre le terrorisme » depuis vingt ans, mais cela ne la rend pas plus signifiante. Le terrorisme n’est pas un adversaire en chair et en os. C’est une méthode de combat. Toutes les armées du monde peuvent y recourir dans certaines circonstances. Durant la Guerre froide, les deux blocs l’ont largement utilisé l’un contre l’autre.

Depuis que le président George W. Bush (le fils) a déclaré la « guerre au terrorisme » (c’est-à-dire la « guerre à la guerre »), le recours à cette technique militaire n’a cessé d’augmenter. Les Occidentaux pensent d’abord aux attentats dans quelques grandes villes, mais le pire a été atteint avec la création de petits États terroristes au Moyen-Orient élargi jusqu’au sinistre « État islamique du Levant » (Daesh) et aujourd’hui l’Émirat islamique d’Afghanistan.

Les Afghans, les Iraquiens, les Libyens et les Syriens ont d’abord cru à la narration états-unienne des événements, mais ils ne se font plus d’illusion. Après 20 ans de guerre, ils ont compris que les États-Unis ne leur veulent aucun bien. Washington ne combat pas le terrorisme, mais crée, finance et arme des groupes qui pratiquent le terrorisme.

4— LES TALIBANS N’ONT PAS LIVRÉ DE GUERRE, ILS ONT PRIS CE QUE LES ÉTATS-UNIS LEUR ONT DONNÉ

Les présidents Macron et Biden jouent l’étonnement face à la « prise de Kaboul » par les Talibans. Selon eux, « Les dirigeants politiques afghans ont abandonné et ont fui le pays. L’armée afghane s’est effondrée, parfois sans chercher à se battre ». Mais comment ont-ils fui, sinon avec des avions militaires occidentaux ? Et l’armée afghane n’a pas « cherché parfois à se battre », c’est l’inverse : elle n’a cherché que « parfois » à se battre. Il faut savoir que les frontières afghanes étaient parmi les plus sûres au monde. Des soldats US y enregistraient l’identité de chacun avec des moyens électroniques, notamment une reconnaissance de l’iris.

L’armée afghane était composée de 300 000 hommes —c’est-à-dire plus que les armées françaises— très bien entraînés par les États-Unis, la France et d’autres. Elle était suréquipée avec du matériel sophistiqué. Toute son infanterie disposait de gilets pare-balles et de systèmes de vision nocturne. Elle avait une aviation très compétente. Au contraire, les Talibans n’ont pas plus de 100 000 hommes, c’est-à-dire trois fois moins. Ce sont des gueux en sandales et armés de Kalachnikovs. Ils n’avaient pas d’aviation —Ils en ont soudainement une aujourd’hui avec des pilotes entraînés sortis d’on ne sait où—. S’il y avait eu des combats, ils auraient été vaincus à coup sûr.

Le changement de régime avait été décidé sous la présidence de Donald Trump. Il devait intervenir le 1er mai. Mais le président Joe Biden a modifié ce calendrier pour changer l’Histoire. Il a utilisé ce délai pour installer des bases militaires dans les pays riverains et y acheminer au moins 10 000 mercenaires. Il a mobilisé l’armée turque qui est déjà présente dans le pays, mais dont personne ne parle. Celle-ci a déjà recruté au moins 2 000 jihadistes vivant à Idleb (Syrie) et continue à en engager.

Il importe de se souvenir que durant la guerre contre les Soviétiques, le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, était déjà membre de la Confrérie des Frères musulmans et le chef d’une milice, la Millî Görüş (celle qui ouvre aujourd’hui des mosquées en Allemagne et en France). C’est à ce double titre qu’il était venu s’agenouiller devant Gulbuddin Hekmatyar, le leader afghan des Frères musulmans et futur Premier ministre. Par la suite, ce dernier a fait allégeance à Al-Qaïda ce qui ne l’a pas empêché de se présenter à l’élection présidentielle afghane de 2019 sous protection états-unienne.

Les alliés ont commencé il y a plusieurs mois à rapatrier leurs ressortissants. Ils pensaient en avoir le temps avant le 11 septembre, voire au pire avant le 30 août minuit. Mais Washington en a décidé autrement en choisissant le 15 août, date de la fête nationale indienne. Un avertissement lancé à New Dehli qui n’apprécie pas que les Pachtous du président Ghani soient remplacés par ceux de l’émir Akhundzada alors qu’ils soutiennent d’autres ethnies.

Les scènes de panique que nous avons vues aux aéroports de Kaboul nous ont rappelé celles de Saïgon lors de la défaite US au Vietnam. C’est effectivement tout à fait identique. Les Afghans qui s’accrochent aux aéronefs ne sont pas pour la plupart des traducteurs des ambassades occidentales, mais des agents de l’« Opération Oméga » mise en place sous la présidence Obama [10]. Ce sont des membres de la Khost Protection Force (KPF) et de la Direction nationale de la Sécurité (NDS), des supplétifs de la contre-insurrection, comme les Vietnamiens de l’« Opération Phoenix ». Ils étaient chargés de torturer et d’assassiner des Afghans opposés à l’occupation étrangère. Ils ont commis tant de crimes que face à eux les Talibans sont des enfants de chœur [11].

Bientôt c’est un tout autre paysage que nous verrons en Afghanistan.

5— LES ÉTATS-UNIS N’ONT PAS PERDU L’AFGHANISTAN AU PROFIT DE LA CHINE, MAIS CONTRAINT LES SOCIÉTÉS CHINOISES À ACCEPTER LEUR PROTECTION

Les États-Unis n’ont rien perdus en Afghanistan parce qu’ils ne veulent pas y installer la paix. Ils n’ont rien à faire du million de morts qu’ils y ont occasionnés en 20 ans. Ils veulent juste que cette région soit instable, qu’aucun gouvernement ne puisse y contrôler l’exploitation des richesses naturelles. Ils entendent que les sociétés, de quels pays développés qu’elles viennent, ne puissent les exploiter qu’en acceptant leur protection.

C’est le schéma popularisé par Hollywood du monde globalisé, protégé par une enceinte, dont des forces spéciales vont surveiller à l’étranger des sites d’exploitation dans des régions sauvages.

Cette stratégie a été élaborée par Donald Rumsfeld, le secrétaire à la Défense de George W. Bush, et par l’amiral Arthur Cebrowski, qui avait déjà informatisé les armées US. Elle est devenue, le 11 septembre 2001, la manière de penser de l’état-major US. Elle a été vulgarisée par l’adjoint de Cebrowski, Thomas Barnett, avec son livre The Pentagon’s New Map [12].

C’est ce changement de paradigme que le président Bush a qualifié de « Guerre sans fin ». Par ces mots, il voulait dire que les États-Unis lutteraient éternellement contre le terrorisme, ou plutôt qu’ils instrumenteraient éternellement des groupes terroristes pour empêcher toute organisation politique de ces régions.

Oui, des sociétés chinoises exploitent déjà des mines en Afghanistan, mais désormais, elles devront payer un tribut aux États-Unis ou feront l’objet d’attentats terroristes. C’est du racket, et alors ?

6— LES OCCIDENTAUX NE DÉFENDENT PAS LES LUMIÈRES FACE À L’OBSCURANTISME, MAIS LES INSTRUMENTENT SANS COMPLEXE

La première dame des États-Unis, Laura Bush, nous a tous fait pleurer en nous racontant l’histoire de petites filles massacrées par les Talibans parce qu’elles avaient osé se mettre du rouge à ongle. Mais la vérité est tout autre.

Lorsque le président Carter, Zbigniew Brzeziński et Alexandre de Marenches ont soutenu les islamistes afghans, en 1978, ils combattaient les communistes qui ouvraient des écoles pour les filles. Parce que pour eux la lutte contre les alliés de l’URSS passait avant les droits de l’Homme. De même aujourd’hui, le président Biden et son secrétaire d’État Antony Blinken soutiennent les Talibans parce que, pour eux, le contrôle de l’accès aux richesses naturelles du Moyen-Orient élargi passe avant les Droits de l’homme. Et ils font la même chose en Iraq, en Libye et en Syrie.

Les États-Unis n’ont pas seulement soutenu les islamistes dans les pays en guerre. Ainsi, ils ont mis en pouvoir au Pakistan le général Muhammad Zia-ul-Haq, un membre de la Confrérie des Frères musulmans, pour que son pays serve de base arrière aux combattants anti-Soviétiques. Il renversa la démocratie, pendit le président Zulfikar Ali Bhutto et rétablit la charia. La fille du président Bhutto, Benazir Bhutto, qui fut Premier ministre pakistanais dans les années 90, fut assassinée à son tour par les Talibans.

Inutile de revenir sur les crimes de la contre-insurrection occidentale, la panique de leurs Collaborateurs aux aéroports de Kaboul suffit.

Si l’islamisme et la laïcité ont été utilisés pour manipuler les Afghans et pour enfumer les Occidentaux, la vie politique en Afghanistan ne repose pas sur ces concepts, mais d’abord sur les divisions ethniques. Il y en a une quinzaine, dont la plus nombreuse, les Pachtouns, sont également fortement implantés au Pakistan. Ce pays reste tribal et n’est pas encore une Nation. D’autres ethnies sont soutenues par d’autres pays de la région parce qu’elles sont aussi présentes chez eux.

7— LA FRANCE N’A PAS TOUJOURS SOUTENU LES CRIMES DES ÉTATS-UNIS EN AFGHANISTAN, MAIS UNIQUEMENT DEPUIS LE PRÉSIDENT SARKOZY

Selon le président Emmanuel Macron : « Le Président Jacques Chirac, dès octobre 2001 a décidé la participation de la France à l’action internationale, par solidarité avec nos amis et alliés américains qui venaient de subir une attaque effroyable sur leur sol. Avec un objectif clair : combattre une menace terroriste qui visait directement notre territoire et celui de nos alliés depuis l’Afghanistan, devenu le sanctuaire du terrorisme islamiste » [13].

C’est une manière distrayante de gommer un conflit caractéristique de la France. En octobre 2001, le président Chirac s’est violemment opposé à ce que l’armée française participe à l’occupation anglo-saxonne de l’Afghanistan. Il n’a autorisé de déploiement que dans le cadre de la résolution 1386 du Conseil de sécurité des Nations unies. Les soldats français étaient certes placés sous les ordres de l’Otan, mais dans le cadre de la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS). Ils ne participaient qu’à l’assistance à la reconstruction. Ils ne faisaient pas de prisonniers, mais arrêtaient éventuellement des combattants qu’ils remettaient immédiatement au gouvernement afghan. C’est le président Nicolas Sarkozy qui changea ce statut et rendit la France complice des crimes des États-Unis. C’est à cause de ce changement que la France exfiltre actuellement des membres de la « Khost Protection Force (KPF) et de la Direction nationale de la Sécurité (NDS). Et elle en paiera probablement le prix.

[1] « Allocution de Joe Biden sur l’Afghanistan », par Joseph R. Biden Jr., Réseau Voltaire, 16 août 2021.

[2] « Les gentlemen du Cercle Pinay », Réseau Voltaire, 11 mars 2004.

[3] Dans le secret des princes, Christine Ockrent & Alexandre de Marenches, Stock (1986).

[4] « Oui, la CIA est entrée en Afghanistan avant les Russes … », par Zbigniew Brzeziński, Le Nouvel Observateur (France), Réseau Voltaire, 15 janvier 1998.

[5] « La Ligue anti-communiste mondiale, une internationale du crime », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 mai 2004.

[6] Conversation de l’auteur, en 2003, avec un officier du KGB ayant participé à cette opération.

[7] La CIA a rencontré Ben Laden à Dubaï en juillet », par Alexandra Richard, Le Figaro, 31 octobre 2001.

[8] « Hospital Worker : I Saw Osama », CBS Evening News, 28 janvier 2002.

[9] Classified Woman : The Sibel Edmonds Story : A Memoir, Sibel Edmonds (2012).

[10] Obama’s Wars, Bob Woodward, Simon & Schuster (2010.

[11] « Armed Governance : the Case of the CIA-Supported Afghan Militias », Antonio De Lauri & Astri Suhrke, in Afghanistan : Militias Governance and their Disputed Leadership. Taliban, ISIS, US Proxy Militais, Extrajudicial Killings, War Crimes and Enforced Disappearances, Musa Khan Jalalzai, Vij Books India Pvt Ltd (2020).

[12] « La doctrine Rumsfeld/Cebrowski », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 25 mai 2021.

[13] « Allocution d’Emmanuel Macron sur l’Afghanistan », par Emmanuel Macron, Réseau Voltaire, 16 août 2021.

 

diviser1

Mars 2011 ~ mars 2021… 10 ans de destruction de la Libye par l’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord

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ou OTAN en emporte le sang…
Démantelons cette ignominie qui n’a aucune raison d’être !

 

En plus de ce qui est dit dans l’article de Dinucci, quelques autres indices du pourquoi Kadhafi et la Libye devaient être anéantis, extraits utiles:

« La démocratie véritable ne peut s’établir que par la participation du peuple lui-même et non au travers de l’activité de ses substituts… Il est du droit des peuples de proclamer un nouveau principe : ‘Pas de substitut au pouvoir du peuple’… Il apparaît clairement ainsi que la représentation est une imposture. »

« Les plus tyranniques dictatures que le peuple ait connues se sont établies à l’ombre des assemblées parlementaires. Le parti [politique] est la dictature contemporaine. »

« La solution ultime au problème social] consiste à abolir le salariat, par la libération de l’Homme de l’asservissement par lequel celui-ci le maintient. Il faut retourner à la loi naturelle qui a organisé les rapports humains bien avant l’apparition des classes, des gouvernements et des législations positivistes… L’équité dictée par la loi naturelle veut que chaque composant qui participe à la production en ait sa part, car si on élimine l’un d’entre eux, il n’y a pas de production. »

« La maison de l’individu étant un de ses besoins fondamentaux, nul ne peut construire dans le but de louer… Il n’y a pas de salariés dans la société socialiste, il y a des associés… Le revenu appartient à l’individu, ce n’est pas un salaire versé en contrepartie d’une production faite au profit d’un tiers… La terre n’est la propriété de personne. »

« L’étape finale sera atteinte lorsque a société socialiste nouvelle parviendra au stade de la disparition du profit et de la monnaie. Cela se fera par la transformation de la société en une société entièrement productive et lorsque la production atteindra le stade de la pleine satisfaction des besoins matériels des membres de la société. A cette étape finale, le profit disparaîtra de lui-même et on se passera de monnaie. »

~ Mouammar Kadhafi, « Le livre vert », 1975 ~

NdR71 : « Le livre vert » peut-être téléchargé gratuitement sur scribd, il existe une très belle édition papier petit format très bon marché aux éditions Hades, réédité en 2016

 

Pourquoi l’OTAN a détruit la Libye il y a dix ans

 

Manlio Dinucci

 

18 mars 2021

 

source de l’article en français:
https://www.mondialisation.ca/pourquoi-lotan-a-detruit-la-libye-il-y-a-dix-ans/5654519

 

ll y a dix ans, le 19 mars 2011, les forces USA/OTAN initiaient le bombardement aéronaval de la Libye. La guerre fut dirigée par les États-Unis, d’abord via le Commandement Africa, puis par l’OTAN sous commandement USA. En sept mois, l’aviation USA/OTAN effectue 30 mille missions, dont 10 mille d’attaque, avec plus de 40 mille bombes et missiles. L’Italie -avec le consensus multi-partisan du Parlement (Partito democratico au premier rang)- participe à la guerre avec 7 bases aériennes (Trapani, Gioia deL Colle, Sigonella, Decimomannu, Aviano, Amendola et Pantelleria) ; avec des chasseurs bombardiers Tornado, Eurofighter et d’autres, avec le porte-avions Garibaldi et d’autres navires de guerre. Avant même l’offensive aéro-navale, avaient été financés et armés en Libye des secteurs tribaux et groupes islamistes hostiles au gouvernement, et infiltrées des forces spéciales notamment qataris, pour propager les affrontements armés à l’intérieur du pays.

Ainsi est démoli cet État africain qui, comme documentait la  Banque Mondiale en 2010, maintenait “de hauts niveaux de croissance économique”, avec une augmentation annuelle du PIB de 7,5%, et enregistrait “de hauts indicateurs de développement humain” parmi lesquels l’accès universel à l’instruction primaire et secondaire et, pour plus de 40% aux universités. Malgré les disparités, le niveau de vie moyen était en Libye plus haut que dans les autres pays africains. Environ deux millions d’immigrés, en majorité africains, y trouvaient du travail. L’État libyen, qui possédait les plus grandes réserves pétrolifères de l’Afrique plus d’autres en gaz naturel, laissait des marges de profit limitées aux compagnies étrangères. Grâce à l’exportation énergétique, le balance commerciale libyenne avait un excédent de 27 milliards de dollars annuels. Avec de telles ressources l’État libyen avait investi à l’étranger environ 150 milliards de dollars. Les investissements libyens en Afrique étaient déterminants pour le projet de l’Union Africaine de créer trois organismes financiers : le Fonds monétaire africain, avec siège à Yaoundé (Cameroun) ; la Banque centrale africaine, avec siège à Abuja (Nigeria) ; la Banque africaine d’investissement, avec siège à Tripoli. Ces organismes auraient servi à créer un marché commun et une monnaie unique de l’Afrique.

Ce n’est pas un hasard si la guerre OTAN pour démolir l’État libyen commence moins de deux mois après le sommet de l’Union Africaine qui, le 31 janvier 2011, avait donné son feu vert pour la création dans l’année du Fonds monétaire africain. Le prouvent les e-mails de la secrétaire d’État de l’Administration Obama, Hillary Clinton, mis en lumière ensuite par WikiLeaks : États-Unis et France voulaient éliminer Kadhafi avant qu’il n’utilise les réserves en or de la Libye pour créer une monnaie pan-africaine alternative au dollar et au franc CFA (la monnaie imposée par la France à 14 de ses ex-colonies). Ceci est prouvé par le fait que, avant qu’en 2011 n’entrent en action les bombardiers, ce sont les banques qui entrent en action : elles séquestrent les 150 milliards de dollars investis à l’étranger par l’État libyen, dont la plus grande partie disparaît. Dans la grande rapine se distingue Goldman Sachs, la plus puissante banque d’affaires étasunienne, dont Mario Draghi (NdR71: aujourd’hui premier ministre italien, ben voyons…) a été vice-président.

Aujourd’hui en Libye les entrées de l’export énergétique se trouvent accaparées par des groupes de pouvoir et des multinationales, dans une situation chaotique d’affrontements armés. Le niveau de vie moyen de la majorité de la population s’est effondré. Les immigrés africains, accusés d’être “des mercenaires de Kadhafi”, ont été emprisonnés jusque dans des cages de zoo, torturés et assassinés. La Libye est devenue la principale voie de transit, aux mains de trafiquants d’êtres humains, d’un chaotique flux migratoire vers l’Europe qui a provoqué beaucoup plus de victimes que la guerre de 2011. À Tawerga les milices islamistes de Misrata soutenues par l’OTAN (celles qui ont assassiné Kadhafi en octobre 2011) ont accompli un véritable nettoyage ethnique, contraignant presque 50 mille citoyens libyens à fuir sans pouvoir y revenir. De tout cela est responsable aussi le Parlement italien qui, le 18 mars 2011, engageait le Gouvernement à “adopter toute initiative (c’est-à-dire l’entrée en guerre de l’Italie contre la Libye) pour assurer la protection des populations de la région”.

 


Kadhafi en savait beaucoup trop sur Gladio et devenait dangereux,
tout en tenant Sarkozy financièrement via sa campagne électorale…

France, colonialisme, islam politique, djihadisme et la nébuleuse étatico-terroriste : deux textes pour mieux comprendre…

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“De fait, la chose la plus essentielle est de rassembler ce peuple disséminé partout en nulle part, en groupes ; la chose primordiale est de les rendre saisissables. Quand nous les aurons entre nos mains, nous pourrons alors faire beaucoup de choses qui sont impossibles pour nous à faire aujourd’hui et nous permettra alors peut-être de capturer leurs esprits après que nous ayons capturé leurs corps.”
~ Officier du corps expéditionnaire français, Algérie, 1845, cité par J.C.Scott, 2009 ~

 

La “crise” française avec l’islam, héritage de 200 ans de brutalité coloniale

Emmanuel Macron n’est pas le premier dirigeant français à vouloir libérer l’islam. C’est une vieille tradition « laïque » de la France.

 

Par Joseph Massad

 

Source : Middle East Eye, 9 octobre 2020

 

url de l’article en français :
https://lecridespeuples.fr/2021/02/06/la-crise-francaise-avec-lislam-heritage-de-200-ans-de-brutalite-coloniale/

 

Février 2021

 

Joseph Massad est Professeur d’histoire politique et intellectuelle arabe moderne à l’Université Columbia de New York. Il est l’auteur de nombreux livres et articles, tant universitaires que journalistiques. Parmi ses ouvrages figurent Colonial Effects: The Making of National Identity in Jordan, Desiring Arabs et, publié en français, La Persistance de la question palestinienne (La Fabrique, 2009). Plus récemment, il a publié Islam in Liberalism. Son travail a été traduit dans une douzaine de langues.

La France est en crise.

L’extrémisme radical français [anti-]chrétien (officiel ou non), se réclamant de ce que les Français appellent ostensiblement la laïcité, continue de multiplier ses attaques contre les musulmans, français ou non.

Le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) a recensé 1 043 incidents islamophobes en 2019 (une augmentation de 77 % depuis 2017), à savoir : 68 agressions physiques (6,5 %), 618 actes de discrimination (59,3 %), 210 faits de discours de haine et d’incitation à la haine raciale (20,1 %), 93 faits de diffamation (8,9 %), 22 actes de vandalisme de lieux de culte musulmans (2,1 %) et 32 faits de discrimination liés à la lutte contre le terrorisme (3,1 %).

La haine des musulmans ressentie par les [pseudo-]chrétiens et soi-disant « laïcs » français apparaît quotidiennement dans le discours du gouvernement, des commentateurs et des médias français.

En réalité, la normalisation des discours de haine contre les musulmans non seulement légitimise la discrimination institutionnalisée que subissent les musulmans français, mais incite également à la violence à leur encontre tant en France qu’à l’étranger. On peut citer la fusillade devant la mosquée de Brest et la prise pour cible de son imam, Rachid Eljay, en juin 2019, ainsi que l’attaque contre la mosquée de Bayonne qui a fait quatre blessés en octobre 2019.

À l’étranger, le terroriste qui a perpétré l’attentat de Christchurch (Nouvelle-Zélande) en 2019, tuant 51 fidèles musulmans et en blessant 49 autres, a mentionné l’influence du penseur français islamophobe Renaud Camus sur ces actions. 

En octobre 2019, le Président français Emmanuel Macron et son ministre de l’Intérieur de l’époque Christophe Castaner ont lié le terrorisme en France aux signes associés à la foi et la culture musulmanes : la barbe, la prière cinq fois par jour, le fait de manger halal, etc.

Voir 17 octobre 1961 : le jour où la France a jeté les Algériens dans la Seine

« Libérer » l’islam

La semaine dernière, Macron a affirmé : « L’islam est une religion en crise dans le monde entier aujourd’hui, nous ne le voyons pas seulement dans notre pays ». Il a ajouté qu’il voulait « libérer » l’islam en France des influences étrangères en améliorant la surveillance du financement des mosquées.

Mais Macron n’est pas le premier dirigeant français à vouloir « libérer » l’islam.

C’est une vieille tradition « laïque » française. Lorsque Napoléon Bonaparte a envahi l’Égypte et la Palestine en 1798, son plan génial était de mentir aux Égyptiens en annonçant que lui et son armée étaient « de fidèles musulmans » et qu’ils venaient libérer les musulmans et l’islam de la tyrannie des mamelouks.

Sa supercherie n’a pas fonctionné et les Égyptiens se sont soulevés contre lui, tout comme les Palestiniens. Il est rentré vaincu en France après que son armée eut commis des atrocités indicibles en Égypte et en Palestine. La crise de Napoléon et de la France avec l’islam il y a deux siècles venait de cette défaite dans la ville palestinienne d’Acre. Lorsque la France a envahi l’Algérie trente ans plus tard, les Français n’avaient plus besoin de mentir aux musulmans pour les conquérir, les détrousser et détruire leurs lieux de culte.

Le casus belli officiel invoqué par le roi Charles X pour justifier l’invasion de l’Algérie en 1830 était le refus de la France de payer sa créance pour le grain que des négociants algériens avaient fourni à l’armée française de Napoléon pendant la campagne italienne sous la première République. Étant donné que ces négociants algériens, Bacri et Busnach, étaient issus de familles de banquiers juifs originaires de Livourne, le débat public à l’époque en France avait une « teneur antisémite ».

Ironiquement, c’est ce même Charles X qui, en 1825, a contraint les esclaves libérés de Haïti – dont la révolution avait renversé le colonialisme et l’esclavage français – à payer des millions de francs d’indemnité pour les pertes de leurs anciens maîtres en échange de la reconnaissance diplomatique de la France et de la levée du blocus punitif de Haïti. 

En 1827, Hussein Dey, le dirigeant ottoman d’Alger, a demandé le paiement de la dette au consul français, Pierre Deval, qui a impudemment refusé. Furieux de l’affront du consul, le dey l’a frappé avec un chasse-mouche (ce que les Français appellent le « coup d’éventail ») – et l’a qualifié de « vaurien idolâtre, infidèle et méchant ».

L’invasion de l’Algérie

L’invasion a été lancée à la mi-juin 1830 et Alger est tombée le 5 juillet. La France alors en difficulté financière a vidé les caisses d’Alger, dérobant jusqu’à 43 millions de francs en or et en argent, sans compter les sommes qui ont disparu et celles qui ont été dépensées par l’armée d’occupation française. Peut-être que les pays pauvres d’Afrique de l’Ouest encore aujourd’hui endettés vis-à-vis de la France pourraient prouver à quel point ils sont assimilés à la « francitude » en envahissant la France pour dérober l’argent de l’État.

Les objectifs immédiats de l’invasion, énumérés par le roi Charles X devant l’Assemblée nationale le 2 mars, étaient de venger les Français de l’insulte algérienne, de « mettre fin à la piraterie et rendre l’Algérie à la chrétienté ».

Conformément aux engagements chrétiens de la France, l’armée française conquérante s’est emparée des mosquées, les a converties en églises et cathédrales sous la menace des armes, notamment la grande mosquée ottomane de Ketchaoua à Alger, construite en 1612 et devenue cathédrale Saint-Philippe en décembre 1832.

Cette même année, les Français ont éliminé l’intégralité de la tribu des Ouffia, n’épargnant ni femme ni enfant et s’emparant de l’ensemble de ses biens.  

Tout comme les intellectuels suprémacistes chrétiens français blancs d’aujourd’hui témoignent d’une haine et d’un racisme absolus envers les musulmans, au début des années 1840, le célèbre penseur français Alexis de Tocqueville déclarait à cet égard : « Il peut donc et il doit donc y avoir deux législations très distinctes en Afrique parce qu’il s’y trouve deux sociétés très séparées. Rien n’empêche absolument, quand il s’agit des Européens [colons en Afrique], de les traiter comme s’ils étaient seuls, les règles qu’on fait pour eux ne devant jamais s’appliquer qu’à eux. »

Il objectait aux âmes sensibles qui s’opposaient à la barbarie française et aux razzias contre la population algérienne : « J’ai souvent entendu en France des hommes que je respecte, mais que je n’approuve pas, penser qu’il soit mal de brûler les moissons, de vider les silos et enfin de s’emparer des hommes sans armes, des femmes et des enfants. Ce sont là, à mon sens, des nécessités fâcheuses, mais auxquelles tout peuple qui voudra faire la guerre aux Arabes sera obligé de se soumettre. Et, s’il faut dire ma pensée, ces actes ne me révoltent pas plus ni même autant que plusieurs autres que le droit de la guerre autorise évidemment et qui ont lieu dans toutes les guerres d’Europe. »

La barbarie coloniale

En 1871, les musulmans algériens se sont une fois de plus révoltés contre la domination française, 150 000 personnes ont rejoint les forces d’un dirigeant kabyle local, el-Mokrani.

En réaction, la machine génocidaire française a tué des centaines de milliers de personnes, ce qui, combiné aux décès dus à la famine provoquée par les Français à la fin des années 1860, a engendré la mort d’un million d’Algériens (environ un tiers de la population). Les Français ont rasé des dizaines de villes et villages en éliminant l’intégralité de l’élite de la société algérienne. Mais même cela n’a pas résolu la « crise » de la France avec l’islam.

En 1901, la préoccupation des Français vis-à-vis de leur « crise » avec l’islam s’est accrue. Cela fut particulièrement manifeste lorsque la France, qui « est et deviendra de manière croissante et sans aucun doute une grande puissance musulmane » étant donné son acquisition de nouvelles colonies ayant de grandes populations musulmanes, a eu besoin de savoir à quoi ressemblerait l’islam au XXe siècle.

Voir également ‘Séparatisme médiatique’ : la croisade désespérée de Macron pour museler la presse occidentale

C’est devenu un tel sujet de préoccupation qu’une « quête » coloniale de connaissance a débuté. L’éditeur de l’important journal colonial français Questions diplomatiques et coloniales, Edmond Fazy, a décidé de creuser la question de « l’avenir de l’islam » d’ici l’an 2000.

L’avenir de l’islam

Comme de nombreux chrétiens français islamophobes aujourd’hui, Fazy s’inquiétait du nombre croissant et sous-estimé de musulmans à travers le monde (il citait le chiffre de 300 millions, représentant un cinquième de la population mondiale) et la propagation de leur religion « simple » en Afrique. 

De nombreux contributeurs de son journal ont jugé bon de manipuler la théologie islamique et de transformer les oulémas musulmans pour produire non seulement un islam moderne qui serait toléré par la modernité européenne, mais qui, espéraient-ils, affaiblirait l’Empire ottoman.

L’avis le plus pratique a néanmoins été donné par l’école française des arabistes, constituée des colons français en Afrique du Nord (pieds-noirs). L’un deux, Edmond Doutté, de l’école algérienne, spécialiste de la religion et de l’islam, a évoqué sa rencontre avec le fanatisme et l’intolérance musulmane.

Les musulmans éduqués de manière traditionnelle semblent « s’être éloignés de nous » par rapport aux ouvriers indigènes, qui fraternisent avec les colons et apprennent « nos coutumes ». Plutôt que de réprimer « les manifestations religieuses exagérées » de l’islam qui subsistait, la tâche des Européens était plus productive. 

« Nous pouvons, au contraire, favoriser la naissance d’un nouvel islam plus favorable au compromis et à la tolérance vis-à-vis de l’Europe ; encourager la jeune génération des oulémas qui œuvrent dans cette direction ; et accroître le nombre de mosquées, madrasas et universités musulmanes, en s’assurant que leur personnel adhère aux nouvelles théories. »

Les commentaires de Doutté semblent familiers car ils pourraient facilement avoir été formulés par un quelconque politicien ou intellectuel français – ou occidental – aujourd’hui.

Quant à M. William Marcais, directeur de la madrasa Tlemcen fondée par les Français pour former les juges musulmans algériens sur des bases « rationalistes », il était en faveur d’un « nouvel » islam « moderne » que les Français élaboraient et auquel il participait, un islam qui « était étroitement lié au destin de la France ». 

Le moment de payer l’addition

Le projet de transformer l’islam en quelque chose que la chrétienté européenne et la laïcité française puissent tolérer perdure encore en 2020, mais avec des résultats non satisfaisants en ce qui concerne Macron, en particulier alors que le financement des groupes djihadistes en Syrie n’a jusqu’à présent pas engendré l’islam tant voulu par la France.

Les actuelles discriminations institutionnalisées par l’État français contre ses citoyens musulmans ne ralentissent pas sous Macron. La France est aujourd’hui encore submergée par un discours dominant de chauvinisme et de haine qui n’est pas sans rappeler celui qui a toujours dominé la culture française avant même la Révolution française.

Il est vrai que la culture de la haine fasciste et suprémaciste chrétienne blanche généralisée à travers l’Europe et les États-Unis aujourd’hui, réminiscence de la culture européenne de la haine des années 1930, ne concerne pas uniquement la France, mais les Français (tout comme les Israéliens) excellent à l’exprimer avec le minimum d’euphémismes. 

Voir également, du même auteur, Assimilation des Français musulmans « Merci, très peu pour nous »

La crise à laquelle la France continue d’être confrontée avec les musulmans est la crise du chauvinisme français, et le refus des Français laïcs et suprémacistes [pseudo-]chrétiens blancs de reconnaître que leur pays est une puissance néocoloniale de troisième rang avec une culture dominante rétrograde qui persiste à se raccrocher à des gloires passées imméritées, alors qu’ils devraient se repentir de leurs péchés génocidaires qui s’étendent des Caraïbes à l’Asie du Sud-Est, en passant par l’Afrique, et qui a tué des millions de personnes depuis la fin du XVIIIe siècle.

Ce que les Français ont à faire, c’est de payer leurs dettes envers tous ceux qu’ils ont détroussés et tués à travers le monde depuis lors. Il n’y a que ça qui pourra mettre un terme à la crise de la France avec l’« islam » et avec elle-même. 

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Texte connexe:

 

La France face au djihadisme de son allié turc

 

Thierry Meyssan

 

9 février 2021

 

Source : https://www.voltairenet.org/article212135.html

 

Le président Emmanuel Macron et le gouvernement de Jean Castex ont rédigé un projet de loi afin de combattre l’instrumentation politique de la foi musulmane. Ce texte est en cours de discussion au Parlement.

Il s’articule autour de quatre idées fortes, dont l’interdiction du financement des associations cultuelles par des États étrangers. Chacun a bien conscience qu’il s’agit là de la tête de l’islamisme, mais personne n’ose nommer ces États : la Turquie et le Qatar, téléguidés par le Royaume-Uni et les États-Unis. En effet, lutter contre l’islamisme en France a de nombreuses et brutales conséquences en politique étrangère. Aucun parti n’ose aborder ce problème rendant inopérants tous les efforts menés dans cette lutte.

La France a déjà connu cette hésitation face à l’islamisme au milieu des années 90. À l’époque, le Royaume-Uni et les États-unis soutiennent les jihadistes en Algérie contre l’influence française. Londres offre également l’asile politique à ces « démocrates » qui luttent contre un régime militaire. Le ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua, se lance alors dans une épreuve de force qui le conduira à faire abattre les membres d’un commando du Groupe islamique armé (GIA) qui avaient détourné un avion d’Air France et à expulser le chef de poste de la CIA à Paris (par ailleurs compromis dans une affaire d’espionnage économique). La question fut ainsi réglée pour 20 ans.

La Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) a inspiré un dossier de presse, dans le Journal du Dimanche du 7 février 2021, sur la manière dont « Erdoğan infiltre la France ». Notez bien : le journal ne met pas en cause la Turquie, mais le seul président Erdoğan. De même, dans un premier temps au moins, il ne cite ni le Qatar, ni le Royaume-Uni, ni les États-Unis. Surtout, il cite la Millî Görüş qu’il accable, sans noter que c’était la milice du Premier ministre Necmettin Erbakan et que le président Erdoğan en fut un des chefs. Enfin, il omet d’aborder le rôle présumé des services secrets turcs dans les attentats du 13 novembre 2015 (le Bataclan).

C’est ce thème que nous allons développer en rectifiant de nombreux préjugés.

Islam : foi et politique

Mahomet était à la fois un prophète, un chef de guerre et un prince. L’islam qu’il a fondé était à la fois un rite particulier du christianisme [1], sa politique face aux tribus de la péninsule arabique et le droit qu’il a promulgué. Personne n’a été capable à sa mort de distinguer son héritage spirituel de son action politique et militaire. Au contraire, ses successeurs politiques (en arabe : « Califes ») ont hérité de son autorité en matière religieuse, bien qu’ils n’aient aucune connaissance théologique et que parfois même ils ne croyaient pas en Dieu.

Aujourd’hui les musulmans vivant en Europe aspirent à faire le tri dans cet islam, à n’en conserver que la partie spirituelle et à abandonner les aspects datés, notamment la Charia. Au contraire, le président Erdoğan, qui souhaite officiellement être déclaré Calife des musulmans, le 29 octobre 2023 (centenaire de la République turque), fait tout pour s’y opposer.

Il s’agit donc d’un combat entre deux civilisations. Non pas entre la culture européenne et celle de la Turquie, mais la civilisation contemporaine contre une autre, disparue il y a déjà un siècle.

Erdoğan : un voyou islamiste devenu président

Le président Erdoğan n’est pas un politicien comme les autres. Il a commencé sa carrière comme un voyou qui faisait le coup de poing dans les rues de la capitale. Il est entré en politique dans les années 70 en adhérant à une milice islamiste, l’Akıncılar, jusqu’à rejoindre celle créée lors de la chute du Premier ministre Necmettin Erbakan en 1997, la Millî Görüş. Cette organisation de nervis était financée par l’Iraq du président Saddam Hussein et placée sous le contrôle du Grand maître de l’Ordre soufi des Naqchbandis, le général Ezzat Ibrahim Al-Douri, futur vice-président iraquien.

L’Anglo-Tunisien Rachid Ghanoucchi, une des grandes figures de la Confrérie des Frères musulmans, a déclaré : « Dans le monde arabe de ma génération, lorsque les gens parlaient du mouvement islamique, ils parlaient d’Erbakan. Lorsqu’ils parlaient d’Erbakan, c’était de la manière dont ils parlaient d’Hassan al-Banna et de Sayyed Qutb ». Aussi, bien que le mouvement islamiste soit divisé d’un point de vue organisationnel entre d’un côté les Frères musulmans et de l’autre les Naqchbandis, ils forment sans aucun doute une seule et unique idéologie.

C’est au nom de la Millî Görüş que Recep Tayyip Erdoğan a joué un rôle efficace dans les guerres d’Afghanistan aux côtés de Gulbuddin Hekmatyar et dans les guerres de Tchétchénie aux côtés de Chamil Bassaïev. Une fois devenu président il s’est imposé comme le chef de ce courant durant la guerre de l’Otan en Syrie. Il est aujourd’hui à la fois le leader des Frères musulmans (implantés au Moyen-Orient élargi et en Europe) et des Naqchbandis (implantés surtout en Bosnie-Herzégovine, dans le Daghestan russe, en Asie du Sud et au Xinjiang chinois).

Les réseaux islamistes

La transformation de l’Ordre des Naqchbandis et la création de la Confrérie des Frères musulmans sur le modèle de la Grande Loge Unie d’Angleterre ont été pilotées par le Royaume-Uni dans le contexte du « Grand jeu » qui l’opposait à l’empire russe et de la conquête coloniale du Soudan. Aujourd’hui encore, le MI6 opère un contrôle direct de ces deux organisations. Les donateurs changent (Arabie saoudite d’abord, puis Qatar et Turquie), mais jamais le donneur d’ordre.

Avant la Première Guerre mondiale, les Britanniques utilisèrent l’université Al-Azhar du Caire pour unifier le monde musulman derrière une unique version du Coran (il y en avait une quarantaine à l’époque). Il s’agissait d’exclure du texte les passages utilisés par la cruelle secte soudanaise du Mahdi contre l’Empire britannique. Le Grand imam d’Al-Ahzar fut envoyé convertir les musulmans soudanais au « vrai » islam qui venait de naître.

La première forme de la Confrérie des Frères musulmans fut fondée par l’Égyptien Hassan el-Banna. Elle avait été imaginée dans le prolongement de l’investissement britannique dans l’islam. La seconde forme de la Confrérie fut organisée après la Seconde Guerre mondiale et l’exécution d’Hassan el-Banna, directement par le MI6. Rapidement, les États-Unis y introduirent un intellectuel maçonnique athée, Sayyed Qutb. Celui-ci se convertit à l’islam qu’il conçut comme une arme pour prendre le pouvoir. Il créa une idéologie binaire (eux et nous, l’interdit et l’autorisé) et prêcha le jihad. Progressivement, sous contrôle des Britanniques et avec le financement de l’Arabie saoudite (Ligue islamique mondiale), la Confrérie s’étendit à la totalité de ce que nous appelons aujourd’hui le Moyen-Orient élargi. Ils prirent le pouvoir au Pakistan rendant possible la guerre de la CIA contre les Soviétiques en Afghanistan. Puis, ils se transformèrent en une véritable armée et se battirent en Bosnie-Herzégovine aux côtés du Pentagone. Ils interviennent aujourd’hui dans plusieurs conflits, notamment au Sahel, en Libye, en Syrie, en Iraq, au Yémen et en Afghanistan [2].

L’Iran de Rohollah Khomeiny repose également sur une conception de l’islam politique. L’ayatollah avait rencontré Hassan el-Banna au Caire, non pas pour se rallier à lui, mais pour se partager le monde musulman avec lui. Le Guide de la Révolution actuel, Ali Khamenei, a traduit deux livres de Sayyed Qutb qu’il dit admirer. Il invite systématiquement les Frères aux congrès qu’il organise sur l’islam, mais les deux groupes ne manquent jamais une occasion de médire l’un de l’autre en privé. Une sorte de paix armée s’est établie entre eux.

Les Européens en général et les Français en particulier commencent juste à s’intéresser à l’islam politique qu’ils ne parviennent pas à distinguer de la spiritualité musulmane malgré les travaux de Louis Massignon.

La Turquie et l’Otan

Revenons à la Turquie. Les États-Unis l’ont inclue dans l’Otan parce qu’elle était frontalière de l’Union soviétique. Ils ont pu apprécier la valeur de ses soldats durant la guerre de Corée, sans lesquels ils auraient essuyé une honteuse défaite. Ils ont eux-même organisé une migration de travail des citoyens turcs en Allemagne de l’Ouest afin de stabiliser sa population dans le camp atlantiste. En outre, les Turcs kurdes ayant créé le PKK avec l’aide des Soviétiques, les autorités d’occupation US en Allemagne pouvaient les surveiller directement.

Par la suite, lorsque l’Union soviétique s’est dissoute, les États-Unis ont relâché leur pression. Les travailleurs turcs ont commencé à déborder d’Allemagne de l’Ouest vers d’autres pays frontaliers, dont la France.

Durant la Guerre froide, les États-Unis avaient installé le quartier général européen des Frères musulmans à Munich, puis à Genève autour de Saïd Ramadan (époux de la fille d’Hassan el-Banna et père de Tariq et Hanni Ramadan). Après chaque coup d’État manqué au Moyen-Orient, l’Otan faisait accorder l’asile politique par l’Allemagne ou la France. De sorte que ces deux pays ont historiquement élevé leurs ennemis en leur sein. Charles Pasqua fut le premier à s’opposer à cette alliance de dupes. Les dossiers alors accumulés par les Renseignement généraux français ont été récemment compilés par Jean-Loup Izambert [3].

Avec le virage islamiste imposé à la Turquie par Recep Tayyip Erdoğan, l’agence des biens religieux (Diyanet) a considérablement développé son emprise sur la diaspora. Elle a multiplié le nombre des imams mis à disposition et s’est appuyée sur la Millî Görüş, et plus récemment sur les Loups Gris (une autre milice turque, également liée à l’Otan, mais désormais interdite en France [4]).

Erdoğan et les attentats de 2015 et 2016 à Paris et Bruxelles

Les enquêtes sur les attentats de Paris-Saint Denis et de Bruxelles-Zaventem, en 2015 et 2016, n’ont pas été réalisées comme des actions de combattants isolés. Selon les enquêteurs français et belge, il s’agissait d’opérations de type militaire. La question est donc quelle armée les a organisées ?

Les enquêteurs ont montré que les deux groupes étaient très étroitement liés. Il s’agit donc du même donneur d’ordre.

Quatre jours avant les attentats de Bruxelles-Zaventem, le président Erdoğan a explicitement menacé l’Union européenne en général et la Belgique en particulier d’un attentat [5]. Le lendemain de ce bain de sang, la presse favorable au président ne cachait pas sa joie [6].

Il ne fait donc guère de doutes qu’il a identiquement souhaité les attentats de Paris-Saint Denis, la France ayant trahi ses engagements pour la Turquie en Syrie [7].

Comme toujours, le seul jihadiste identifié comme ayant appartenu à la fois au commando de Paris et à celui de Bruxelles (Mohammed Abrini, « l’homme au chapeau ») a été identifié comme étant un informateur des services secrets britanniques [8].

Vous avez dit « financement des jihadistes opérant sur le sol français » ?

Notes :

[1] C’est ainsi qu’il fut présenté lorsque les Omeyyades arrivèrent à Damas, avant que le Coran ne soit transcrit par écrit.

[2] Voir l’histoire mondiale des Frères musulmans en six parties, par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 21 juin 2019.

[3] 56— tome I : L’État français complice de groupes criminels, 56 — tome II : Mensonges et crimes d’État, IS édition (2015 et 2017).

[4] « Les Loups gris tentent des pogroms antiarméniens en France », « La France va interdire les Loups Gris turcs », Réseau Voltaire, 30 octobre et 3 novembre 2020.

[5] « Erdoğan menace l’Union européenne », par Recep Tayyip Erdoğan, Réseau Voltaire, 18 mars 2016.

[6] « La Turquie revendique le bain de sang de Bruxelles », par Savvas Kalèndéridès, Traduction Christian Haccuria, Réseau Voltaire, 24 mars 2016.

[7] « Le mobile des attentats de Paris et de Bruxelles », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 28 mars 2016.

[8] “First Isis supergrass helps UK terror police”, Tom Harper, The Times, June 26th, 2016. « Terror suspect dubbed ’the man in the hat’ after Paris and Brussels attacks becomes British police’s first ISIS Supergrass », Anthony Joseph, Daily Mail, June 26th, 2016.

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5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

 

Gilets Jaunes et géopolitique: Avec la bidasserie face aux Gilets Jaunes, les conditions d’un BLOODY SATURDAY à la française (presque) réunies… (avec VT)

Posted in actualité, gilets jaunes, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 21 mars 2019 by Résistance 71

On ne sait pas pourquoi… On avait gardé cet article traduit sous le coude… Une intuition sans doute…

Lisez ce qui y est dit au sujet des paras anglais faisant du maintien de l’ordre à Londonderry dans la banlieue de Belfast et comment, avec l’aide du Gladio, ils en sont arrivés à BLOODY SUNDAY…

Avec la bidasserie du plan “sentinelle”, pour contrôler la foule des GJ, on est parti pour un BLOODY SATURDAY à la française, presque toutes les conditions seront réunies, manquera plus que quelques snipers du Gladio 2.0, nul doute que ce ne sera pas bien difficile à trouver !!

Envoyer l’armée faire du “maintien de l’ordre”, c’est comme donner des allumettes à un pyromane dans une grange… Envoyer l’armée faire du « maintien de l’ordre » sur sa population, alors là on est dans l’art de la dictature contemporaine…

~ Résistance 71 ~

 


Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord

 

Gladio 2.0 – L’Europe divisée, Conquête à suivre ?

 

Ian Greenhalgh

 

14 mars 2019

 

url de l’article original:

https://www.veteranstoday.com/2019/03/14/gladio-redux-europe-divided-conquest-to-follow-i/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans la nuit de samedi dernier, une grosse bombe a explosé à Londonderry dans la province britannique de l’Ulster en Irlande du Nord. La bombe était placée dans un van stationné dans une rue du centre ville, un groupuscule du nom de New IRA a revendiqué l’attentat. Il n’y a eu aucune victime, que des dégâts matériels, mais cet évènement signale de manière claire que se renouvelle la stratégie de la tension de l’OTAN dans l’ère de la guerre froide, stratégie menée durant l’Opération Gladio ; il y a de toute évidence l’intention  de réenflammer les vieilles rancœurs et la violence de la guerre civile en Ulster.

Il est très important de bien comprendre les tenants et aboutissements de cette Opération Gladio, car elle fut le précurseur de toute cette vague d’attentat sous faux-drapeaux et du terrorisme actuel, elle fut le cœur de ces “armées de la nuit” qui ont remplacé la guerre traditionnelle à la fin du XXème siècle avec une “guerre bon marché”, une “guerre de basse intensité”, qui est à la base de l’instabilité mondiale aujourd’hui. Commençons.

Note de R71: Il convient ici de noter que cette stratégie n’est que l’outil d’un système d’oppression mondial géré par des cartels banquiers et de grandes entreprises transnationales qui ont à terme et depuis la première guerre mondiale, acheté le politique pour livrer le monde à la dictature croissante de la marchandise en mouvement. Tout cela n’est que logique de système oppresseur, qui ne pourra s’arrêter qu’avec la mise à bas de ce système et son remplacement par une société des sociétés enfin émancipée de la dictature de la division du pouvoir politique.

La guerre froide fut une période difficile pour les nations non-alignées, en fait, être “non-alignées” était comme danser sur le fil du rasoir. Ainsi, nous commencerons avec la véritable histoire du colonel Kadhafi et le rôle qu’il joua en dansant sur ce fil du rasoir, dans la création de l’Opération Gladio.

En 1969, la CIA renverse le gouvernement libyen et installe au pouvoir le colonel Mouamar Kadhafi à la tête d’un régime despotique, juste un des 200 changements de régimes opérés par la CIA dans le monde depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

La Libye est un très vaste pays mais a une petite population qui vit dans une petite bande de terre fertile le long de la côte méditerranéenne, le reste du pays est une vaste étendus de sable, partie du désert du Sahara. Il y a de considérables dépôts de pétrole dans les sous-sols, mais ce n’est pas la richesse pétrolière qui intéresse la CIA, mais plutôt la situation géographique de la Libye: cette très vaste étendue désertique était ce qui plaisait beaucoup aux planificateurs de Langley.

Pourquoi donc la CIA serait-elle tant intéressée par une étendue de désert ? la réponse est à la fois simple et dérangeante. L’endroit offre la place rêvée pour la construction de bases secrètes et de “black sites” d’où pourront être menés un bon nombre d’opérations scabreuses nécessitant une extrême discrétion hors du regard du congrès des Etats-Unis et de fait loin de tout regard indiscret la zone étant désertique et non-habitée.

Il y a un second facteur géographique, la position de la Libye sur la côte sud de la Méditerranée, à un saut de puce de l’Europe, si on voulait construire une base qui serait responsable de contrôler et d’alimenter des opérations clandestines en Europe. La Libye est en cela parfaitement localisée.

Ces opérations clandestines se constituaient d’une série de campagnes terroristes à travers les nations européennes, opérations qui seront collectivement connue sous le nom d’”Opération Gladio” ou de “Programme Gladio”. La  stratégie en était très simple: des groupes terroristes étaient créés et utilisés pour mener des campagnes de violence extrême afin de terroriser les populations des nations ciblées et les forcer à se tourner politiquement vers les partis politiques de droite, présentés comme la valeur la plus sûre pour lutter contre cette terreur venue des groupes “d’extrême gauche”.

Les groupes terroristes faisant parties du programme Gladio incluaient l’ETA basque, la Bande à Baader-Meinhof en Allemagne de l’Ouest, les Brigades Rouges italiennes et le plus connu de tous: l’IRA, l’Irish Republican Army d’Irlande du Nord. Leurs campagnes de terreur commença en 1970, moins d’un an après l’installation de Kadhafi en Libye. Un des gros attentats commis qui fit la une de tous les journaux fut celui de la gare de Bologne en 1982, faisant un très grand nombre de victimes.

Une des pires et plus meurtrières campagnes qui fut déclenchée fut celle qui eut lieu en Irlande du Nord et l’histoire de comment ce conflit fut créé résonnera de manière familière à nos lecteurs russes car les évènements peuvent être mis en parallèle de ceux qui eurent lieu sur la place du Maïdan à Kiev en 2014. La province de l’Ulster a une majorité démographique protestante qui est très fidèle à l’état britannique et une minorité catholique qui a souffert pendant très longtemps de discrimination aux mains des protestants, ce qui voulait dire que les catholiques avaient un standard de vie inférieur et étaient plus pauvres que les protestants.

En 1969, les catholiques en eurent ras le bol et commencèrent des manifestations pacifiques dans Belfast et autres villes principales de l’Ulster. La réaction de la majorité protestante tourna violente et les marches pacifiques tournèrent en véritables pugilats alors que la police protestante regardait et ne faisait jamais rien pour protéger les manifestants catholiques agressés.

Le gouvernement britannique ne se satisfit pas de la situation, les catholiques étaient après tous des citoyens britanniques, il envoya alors l’armée pour protéger la population catholique et espéra calmer ainsi la vague de violence.

Les deux endroits où les rencontres entre catholiques et protestants tournaient toujours au pire se situaient dans la zone Est de Belfast sur Falls Road et Shankill road dans la banlieue de Londonderry où la zone du Bogside était le théâtre d’affrontements quasi continuels sous la forme de batailles de rues. L’armée fut donc envoyée dans ce chaudron de violence et d’émeutes. L’unité qui y fut envoyée fut sans aucun doute le plus mauvais choix à faire: le célèbre régiment parachutiste.

Les paras de ce régiment britannique s’étaient rendus célèbres et avaient reçu le respect de leur opposition dans une série d’âpres batailles contre les forces nazies durant la seconde guerre mondiale, en particulier dans la célèbre bataille pour le contrôle d’un pont sur le Rhin dans la ville hollandaise d’Arnhem, le pont qui fut connu sous le vocable “d’un pont trop loin” et fut le sujet d’un livre et d’un film éponymes.

Durant la seconde guerre mondiale, les combats en Europe de l’Ouest n’étaient que rarement intenses et brutaux, bien moins que les combats se déroulant en Europe de l’Est entre l’armée rouge et l’envahisseur nazi, mais la bataille d’Arnhem rivalisa d’âpreté et d’intensité avec la bataille de Stalingrad dans le combat urbain, alors que deux divisions de chars SS allemandes, toutes deux ayant combattues en Russie et en Normandie, contre-attaquèrent contre un simple bataillon de parachutistes britanniques qui tenaient le point nord du pont tant convoité. Les troupes aéroportées armées légèrement n’avaient que très peu de chances contre les panzers allemands et après une semaine complète de résistance acharnée mais futile, les paras britanniques furent vaincus.

Lorsque l’officier SS commandant les forces nazies reçût la rédition du commandant britannique, il le complimenta sur la qualité de leur combat et fit la remarque que les paras devaient voir une bonne expérience du combat urbain maison par maison, car ils avaient donné à ses hommes aguerris aux combats urbains en Russie, la pire résistance rencontrée et une victoire très difficile. Le commandant britannique fit montre d’un flegme des plus britanniques et répliqua qu’au contraire, ses hommes n’avaient jamais combattu en ville et avança “qu’ils feraient mieux la prochaine fois”…

Cette épisode illustre parfaitement le caractère de ce régiment parachutiste, ce sont des troupes de choc d’élite, entraînés pour prendre l’ennemi frontalement avec la plus grande férocité, ce sont les hommes que vous envoyez dans une situation particulièrement difficile et vous pouvez compter sur eux pur écraser l’ennemi ou pour mourir en essayant.. Ce qu’ils ne sont pas en revanche, ce sont les bonnes troupes à envoyer dans une action de maintien de l’ordre dans les rues de villes britanniques.

Quoi qu’il en soit, ces troupes furent envoyées dans les rues de Londonderry avec pour mission de maintenir l’ordre et d’empêcher l’escalade de la violence. La scène était propice dès ce moment pour une escalade explosive de la situation déjà devenue ultra-sensible. Le jour d’infamie arriva en ce 30 janvier 1972, jour passé à la postérité historique sous le nom de “Bloody Sunday” (NdT: et immortalisé par l’envoûtante chanson du groupe irlandais U2 et la voix de Bono)

Une marche, manifestation pacifique avait été organisée et alors que la longue colonne de manifestants composée essentiellement de catholiques, passa par le tristement célèbre Bogside, théâtre déjà de tant de violence, elle arriva à un point d’étranglement entre de très hauts bâtiments d’habitation.

Des tirs nourris furent dirigés sur les soldats du 1er Bataillon du Régiment Parachutiste qui encadraient la marche. Ils répondirent au feu de la manière dont ils sont entraînés: répondre à une agression par une hyper agression débordante. Quand la fumée se dissipa, 28 civils avaient été abattus, 14 perdirent la vie et la mèche avait été allumée pour les décennies de violence que l’histoire britannique nomme “les troubles”.

Les manifestants ont toujours affirmé que personne dans la marche n’était armé, que personne parmi eux n’avaient tiré sur les paras, de la même manière, les paras affirmèrent que des balles pleuvaient sur eux, touchant leurs véhicules et le sol tout autour d’eux, bien qu’aucun d’entre eux ne fut touché par ces tirs nourris. De fait, les deux côtés disent la vérité, des tirs furent effectivement dirigés vers les paras, mais ces tirs ne provenaient pas des manifestants pacifiques. 

Ce scénario devrait aujourd’hui nous être familier, car c’est précisément la même tactique que nous avons vu de nouveau se jouer sur la place du Maïdan de Kiev en 2014. A Londonderry, des tireurs embusqués avaient tiré sur les paras, provoquant leur retour de feu sur le seul “ennemi” qu’ils pouvaient voir: la masse des civils pacifiques. C’était Gladio en action, les tireurs avaient été entraîné par la CIA dans des camps secrets d’entrainement implantés profondément dans le désert libyen. Leurs armes provenaient de la CIA et de ses stocks d’armes engrangés dans les entrepôts de ce même désert libyen.

Avant Bloody Sunday, l’IRA se composait de quelques groupes hétéroclites et éparses, de quelques douzaines de jeunes catholiques en colère dans la zone de Falls Road dans l’Est de Belfast ; en quelques semaines, des milliers de jeunes catholiques se portèrent volontaires pour rejoindre l’IRA et le groupe mit en place des cellules actives terroristes dans chaque ville de la province d’Ulster. Les armes furent livrées par bateau en provenance de la Libye et le financement commença à affluer, d’une part par la communauté irlandaise sympathisante américaine, mais pas le gros du financement qui lui, provenait de l’argent de la CIA. Ceci était Gladio en opération de terrain et tout cela dépendait des bases secrètes sur le territoire libyen.

Mais pourquoi donc la CIA voudrait créer et sponsoriser des campagnes terroristes dans des pays européens qui étaient ses alliés de l’OTAN ?

La réponse est qu’il y avait une peur que l’Europe ne vire à gauche, que des gouvernements socialistes, communistes, ne soient élus et que ces gouvernements potentiels, hostiles à la guerre froide et prônent une détente avec l’URSS, qu’ils voudraient se rapprocher du bloc de l’Est. En terrorisant les populations européennes de ses alliés de l’OTAN, les Etats-Unis provoquaient une réaction à droite des masses vers les partis de droite qui se disaient fermes contre les terroristes qui étaient vus comme des mouvements gauchistes épousant l’idéologie communiste.

L’économie américaine a été construite, depuis les années 1940, autour d’un énorme complexe militaro-industriel et de la sécurité privé et afin de maintenir ce complexe de l’avant et une économie forte, ils doivent vendre des armes à la fois à l’armée américaine et à ses alliés de l’OTAN. C’est pourquoi la guerre froide dura si longtemps (NdT: 1946-1991… 45 ans ! certains disent que la guerre froide fut la 3ème GM), le bloc communiste du Pacte de Varsovie (NdT: qui fut créé en réponse à la création de l’OTAN et non pas l’inverse !…) devint la parfait croquemitaine pour effrayer la population américaine avec le continu soutien des politiciens et de la propagande, politiciens qui ont été achetés et payés par les financiers derrière le complexe militaro-industriel.

Si on laissait l’Europe virer à gauche et devenir socialiste, se rapprocher du bloc de l’Est, les énormes bénéfices des ventes d’armes qui ont maintenu le complexe militaro-industriel dans sa position dominante étaient directement menacés. S’il devait y avoir une paix et une confiance durables, ce serait un véritable désastre pour leurs marges de profit. C’est pourquoi la CIA a créé Gladio, pourquoi l’Europe des années 1970, des “années de plomb”, fut laminée par les attentats terroristes et la violence, le but était de maintenir la guerre froide fonctionnelle en empêchant des gouvernements de gauche, socialo-communistes, prendre le contrôle des pays clefs d’Europe et mettre en place un processus de paix et de rapprochement.

Ce qui nous amène à la situation actuelle où une nouvelle guerre froide a été créée en diabolisant la Russie et en racontant les contes à dormir debout du comment Poutine a l’intention de recréer l’URSS en ré-annexant l’Ukraine et les républiques baltes, contes qui remplissent depuis des années les médias occidentaux propagandistes à la botte oligarchique. Mais de nos jours, il faudra être particulièrement convaincant pour convaincre les Européens que la Russie est en fait notre ennemi et tente de conquérir des territoires à l’Est du continent.

La méthode pour convaincre les gens en Europe qu’ils doivent élire et soutenir des gouvernements de droite anti-russe est la même méthode utilisée avec succès auparavant: Opération Gladio 2.0, simplement cette fois-ci, la base ne se trouvera plus en Libye mais plutôt en Pologne et en Ukraine où des gouvernements d’extrême-droite nationalistes ont déjà été mis en place par les interférences de la CIA et où se trouvent maintenant les bases secrètes d’entrainement et les stocks d’armes.

Pourquoi la GB est-elle ciblée ? Parce que le gouvernement conservateur de droite est sur le point de s’effondrer et nous sommes devant la possibilité de voir arriver au pouvoir un gouvernement de la gauche travailliste. Le chef du parti travailliste Jeremy Corbyn est un fervent opposant du militarisme et de la politique avouée du parti, s’il devait être élu, il retirerait la GB de l’OTAN et couperait les fonds pour la défense, ce qui verrait les troupes britanniques basées en Europe de l’Est être rapatriés en Angleterre et verrait aussi un terme à la diabolisation de la Russie, élément qui fut prévalent dans la politique du gouvernement conservateur.

Personne en Irlande du Nord (toujours britannique) ou au Royaume-Uni ou en République d’Irlande de fait, ne veut voir un retour aux “Troubles”, ni personne ne veut une escalade avec la Russie, mais et c’est là que réside le côté maléfique de ce plan, un retour aux bons vieux mauvais jours de la guerre froide et de la campagne de terreur de l’IRA.

La fin de partie est dans la destruction de la Russie de Poutine de la même façon dont la première guerre froide se termina par l’effondrement de l’URSS. Le prix à récolter sont les vastes ressources naturelles que la Russie renferme et le contrôle de leur exploitation ; une fois de plus, le tout pour le profit du complexe militaro-industriel privé et la poignée de famille bancaire milliardaire qui mène secrètement tout ce cirque.

 


GLADIO 2.0

L’utilisation de la crise des migrants en Europe pour une intervention de l’OTAN en Syrie…

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« Une différence fondamentale entre les dictatures modernes et les tyrannies du passé est que la terreur n’est plus utilisée comme moyen d’exterminer ou de terroriser les opposants, mais comme un instrument pour régner sur les masses de gens qui sont parfaitement obéissantes. La terreur telle que nous la connaissons aujourd’hui frappe sans aucune provocation préliminaire, ses victimes sont innocentes même du point de vue des persécuteurs. »

~ Hannah Arendt ~

 

Résistance 71

 

5 Septembre 2015

 

La tragédie des migrants syriens (et libyens) si elle est bien réelle et touche une foule de braves gens n’ayant rien demandé à personne, elle n’en est pas moins une tragédie planifiée, orchestrée par l’oligarchie occidentale. Il devient de plus en plus transparent que la logistique derrière cette massive migration est soutenue par la 5ème colonne impérialiste des ONG à la botte de la NED et autres entités oppressive de l’empire, disséminée sur le parcours du combattant de ces pauvres gens. Il convient néanmoins de se demander quel est le but de tout cela ?

Voici notre vue (toujours à trois balles bien sûr..) sur la question:

Cette tragédie réelle, mais néanmoins orchestrée est faite pour amener les peuples européens à accepter la solution déjà toute préparée des criminels gérant nos états pour les banquiers: la source du problème est la situation en Syrie qui n’avance pas et empoisonne l’empire, la source du problème est Bachar al-Assad. Si on veut solutionner cela et arrêter cette situation humanitaire intolérable, l’OTAN se doit d’intervenir en Syrie, virer le régime Assad pour y mettre son régime marionnette quel qu’il soit (pas l’EIIL qui sera recyclé par ses créateurs dans le Caucase et en Ukraine contre les Russes et au Xinjiang contre la Chine…). Les banquiers poussent la crise humanitaire jusqu’au point où les peuples européens accepteront que leurs pays aillent bombarder la Syrie pour en finir avec Assad et donc le croiront-ils, du problème de tous ces “pauvres bougres” frappant à notre porte, dérangeant le peu de confort qu’il nous reste…

Les merdias occidentaux présentent depuis le début les évènements de Syrie comme une “guerre civile” alors qu’il est évident depuis 2012 qu’il s’agit d’une guerre d’invasion étrangère par procuration menée et pilotée par l’occident et ses alliés régionaux: Les roitelets du Golfe, Israël, la Jordanie et surtout, un membre de l’OTAN, faisant office de base arrière des mercenaires “djihadistes” de l’occident: la Turquie.

Bref, la tragédie des migrants est une tragédie humanitaire dont le seul responsable est l’occident. La machine propagandiste occidentale est à l’œuvre pour utiliser cette crise exacerbée à dessein, pour forcer la main de ses peuples à finalement accepter une intervention militaire de l’OTAN en Syrie, qui verra la Russie soit plier, soit s’engager dans le conflit. Les banquiers veulent la guerre mondiale pour sauver une fois de plus leur système financier criminel arrivé au bout du rouleau.

La question est: les peuples marcheront-ils dans la combine ? Tomberont-ils dans le piège qui leur est maintenant tendu ? Il est impossible de faire une guerre d’envergure sans le soutien de l’opinion publique. Toute cette affaire tragique de migrants, couverte de la manière la plus honteuseent émotionnelle possible par les médias, n’a que ce but en tête: gagner les opinions publiques européennes à une intervention militaire massive de l’OTAN en Syrie. Une fois de plus l’occident sème la mort et la terreur et joue sur l’émotionnel pour imposer ses « guerres humanitaires ». La tragédie et la misère dévolues aux pauvre gens pris dans le tourbillon des évènements sont bien réelles certes, mais les effets en sont honteusement manipulés à des fins colonialistes et d’imposition d’un agenda terroriste.

Allons-nous accepter la 3ème guerre mondiale ? Allons-nous  commencer à traquer les vrais terroristes là où ils sont ?

OTAN sans frontières ou le terrorisme universel…

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L’offensive globale de l’OTAN

 

Manlio Dinucci

 

6 Mai 2015

 

Source: http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=235255&cid=19&fromval=1&frid=19&seccatid=381&s1=1

 

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord n’a plus de frontières.

En Europe -après s’être étendue à sept pays de l’ex Pacte de Varsovie, trois de l’ex URSS et deux de l’ex Yougoslavie (démolie par la guerre de 1999)- elle est en train d’incorporer l’Ukraine. Les forces armées de Kiev, qui depuis des années participent aux opérations Otan dans diverses aires (Balkans, Afghanistan, Irak, Méditerranée et Océan Indien), sont de plus en plus intégrées dans celles de l’Alliance sous commandement USA. Le 24 avril a été signé un accord qui les insère de fait dans le réseau de commandement, contrôle et communication Otan.

Au moment même où le parlement de Kiev approuve à l’unanimité une loi qui exalte comme « héroïque » le passé nazi de l’Ukraine et, alors qu’il déclare « criminelle » toute référence au communisme en mettant hors la loi le PC, il qualifie de « combattants pour l’indépendance ukrainienne » les nazis qui massacrèrent des dizaines de milliers de juifs.

En Lituanie et en Pologne, l’Otan a déployé des chasseurs-bombardiers qui «patrouillent» dans les cieux des trois républiques baltes, aux limites de l’espace aérien russe : l’Italie, après avoir conduit la «mission» dans le premier quadrimestre 2015, y reste au moins jusqu’en août avec 4 chasseurs-bombardiers Eurofighter Typhoon.

En Asie centrale, «région stratégiquement importante », l’Otan est en train d’incorporer la Géorgie qui, déjà intégrée dans ses opérations, «aspire à devenir membre de l’Alliance ». Elle continue en outre à «approfondir la coopération » avec le Kazakstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, le Turkmenistan et l’Ouzbékistan, pour contrecarrer l’Union économique eurasiatique (comprenant la Russie, la Biélorussie, le Kazakstan, l’Arménie et, depuis mai, le Kirghizistan).

Elle reste « profondément engagée en Afghanistan » (considéré, dans la géographie impériale, comme partie de l’ « Atlantique Nord »), pays de grande importance géostratégique face à la Russie et Chine, où la guerre Otan continue avec des forces spéciales, drones et chasseurs-bombardiers (52 attaques aériennes rien qu’en mars).

En Asie occidentale, l’Otan poursuit l’opération militaire couverte contre la Syrie et en prépare d’autres (l’Iran est toujours dans le viseur), comme le montre le déplacement à Izmir (Turquie) du Landcom, le commandement de toutes les forces terrestres de l’Alliance. En même temps l’Otan renforce le partenariat (expérimenté dans la « campagne de Libye ») avec quatre monarchies du Golfe -Bahrein, Emirats Arabes Unis, Koweit, Qatar- et la coopération militaire avec l’Arabie Saoudite qui, dénonce « Human Rights Watch », massacre au Yémen avec des bombes à fragmentation fournies par les USA.

En Asie orientale, l’Otan a conclu avec le Japon un accord stratégique qui « élargit et approfondit le long partenariat », à quoi se joint un accord analogue avec l’Australie, en fonction antichinoise et antirusse.

Dans la même finalité les plus grands pays de l’Otan participent tous les deux ans, dans le Pacifique, à ce qui est défini par le commandement de la Flotte USA comme « la plus grande manœuvre maritime du monde».

En Afrique, après avoir démoli la Libye, l’Otan est en train de potentialiser son assistance militaire à l’Union Africaine, à qui elle fournit aussi « planification et transport aéronaval », dans le cadre stratégique du Commandement Africa des Etats-Unis

En Amérique Latine, l’Otan a stipulé un « Accord sur la sécurité » avec la Colombie qui, déjà engagée dans des programmes militaires de l’Alliance (parmi lesquels la formation de forces spéciales), peut en devenir rapidement le partenaire.

On ne devra pas s’étonner si, sans trop attendre, l’Italie enverra ses chasseurs-bombardiers « patrouiller » les cieux de la Colombie dans une « mission » Otan contre le Venezuela.

Manlio Dinucci : est géographe et journaliste. Il a une chronique hebdomadaire “L’art de la guerre” au quotidien italien il manifesto.

Parmi ses derniers livres:  Geocommunity (en trois tomes) Ed. Zanichelli 2013; Geolaboratorio, Ed. Zanichelli 2014;Se dici guerra…, Ed. Kappa Vu 2014.

 

Source : IlMaifesto ; traduit par Mondialisation.ca

Terrorisme d’états de l’OTAN: Coup de semonce russe…

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Avertissement de la Russie à l’OTAN

 

Al Manar

 

22 Avril 2015

 

url de l’article:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=232373&cid=19&fromval=1&frid=19&seccatid=33&s1=1

 

Le général Valery Gerasimov, chef d’État-major de l’Armée russe a mis en garde les pays européens qui envisagent d’accueillir les systèmes de missiles de l’Otan sous commandement américain, que Moscou considère ces installations comme des cibles prioritaires, car elles possèdent des capacités offensives.

Selon lui, les États-Unis et leurs partenaires de l’Otan veulent mettre la Russie à genoux en alimentant les conflits à sa frontière, comme en Ukraine. 

«Les MK-41 lance-missiles verticaux qui font partie du complexe AEGIS Ashore, système de missiles basé au sol déployé en Roumanie et en Pologne, peuvent tirer non seulement des fusées anti-missiles SM-3, mais aussi des missiles de croisière Tomahawk», a déclaré le général Gerasimov lors d’une conférence sur la défense dans la capitale russe, Moscou, jeudi dernier.
 «Les nations non-nucléaires qui hébergent des éléments du système ABM deviennent des cibles prioritaires pour nos contre-mesures», a-t-il averti.

 «Nous considérons le déploiement de systèmes de défense anti-missiles globaux par les Américains comme une étape supplémentaire des États-Unis et de leurs alliés dans leur projet de destruction du système actuel de sécurité internationale afin de s’assurer la domination du monde», a déclaré Gerasimov.

Il a poursuivi: «Il devient évident que la poursuite de la mise en œuvre des plans de défense antimissile des États-Unis et de l’Otan crée une véritable menace pour les forces nucléaires stratégiques russes.» 


«Nous ne savons pas quel genre d’ordres reçoivent les nouvelles autorités ukrainiennes de la part de leurs tuteurs occidentaux et où l’agression de Kiev pourra continuer à l’avenir», a-t-il dit.

Pendant ce temps, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a déclaré que Washington a franchi toutes les lignes en tentant de faire glisser l’Ukraine dans son camp dans le cadre d’un plan plus large visant à élargir l’Otan et aliéner les voisins de la Russie.

«Les pays de l’Otan poursuivent activement une expansion de leur espace géopolitique, installent des capacités militaires en Europe de l’Est et essaient de fermer la frontière de la Russie. Le but de leurs exercices dans l’Europe de l’Est et dans la région Arctique indique leur nature antirusse», il dit. 

Choïgou a également accusé l’Otan d’accroître le potentiel de guerre en Europe de l’Est en banalisant «l’utilisation d’armes nucléaires tactiques américaines déployées dans plusieurs pays européens».

EI = Armée mercenaire de l’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord, elle même le bras armé de la City de Londres et de Wall Street…

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Créé, armé, entraîné et financé par l’occident et les roitelets du Golfe l’EIIL ou l’EI se purge de ses cadres maghrébens et libyens pour passer sous commandement géorgien, tchétchenne et ouïghour. Le chaos total est planifié s’étendre aux monarchies du Golfe, puis à la Russie et à la Chine. L’Iran vient de proposer son aide pour combattre l’EI aux états occidentaux impliqués, instigateurs de toute la terreur mondiale de ces trente dernières années, ceux-ci ont bien sûr refusé tant il est clair que si les Pasdarans iraniens et le Hezbollah libanais entraient dans la danse, l’affaire EI serait règlé une bonne fois pour toute en 15 jours…

Les soi-disantes attaques aériennes des « coalisés contre l’EI » en Irak ne sont qu’un écran de fumée, qui donne le signal de la transformation plus avant de l’organisation mercenaire islamiste de l’OTAN. A ce titre, il est possible de qualifier « l’opération EI » comme étant une opération Gladio 2.0

Question: Étant les prochaines sur la liste de la propagation du chaos créateur du Nouvel Ordre Mondial, comment vont réagir la Russie et la Chine ?

— Résistance 71 —

 

Qui compose « l’Émirat Islamique » ?

 

Thierry Meyssan

 

22 Septembre 2014

 

url de l’article :

http://www.voltairenet.org/article185337.html

 

Alors que l’opinion publique occidentale est abreuvée d’informations sur la constitution d’une prétendue coalition internationale pour lutter contre l’« Émirat islamique », celui-ci change discrètement de forme. Ses principaux officiers ne sont déjà plus des arabes, mais des Géorgiens et des Chinois. Pour Thierry Meyssan, cette mutation montre qu’à terme l’Otan entend utiliser l’« Émirat islamique » en Russie et en Chine. Dès lors, ces deux pays doivent intervenir maintenant contre les jihadistes, avant qu’ils ne retournent semer le chaos dans leur pays d’origine.

L’« Émirat islamique » a d’abord affiché son origine arabe. Cette organisation est issue d’« Al-Qaïda en Irak » qui combattait non pas les envahisseurs états-uniens, mais les chiites irakiens. Elle est devenue « Émirat islamique en Irak », puis « Émirat islamique en Irak et au Levant ». En octobre 2007, l’armée de terre US saisit à Sinjar près 606 fiches des membres étrangers de cette organisation. Elles furent dépouillées et étudiées par des experts de l’Académie militaire de West Point.

Pourtant, quelques jours après cette saisie, l’émir al-Baghdadi déclara que son organisation ne comprenait que 200 combattants et qu’ils étaient tous Irakiens. Ce mensonge est comparable à celui des autres organisations terroristes en Syrie qui déclarent ne compter qu’incidemment des étrangers, alors que l’Armée arabe syrienne estime à au moins 250 000 le nombre de jihadistes étrangers ayant combattu en Syrie au cours des trois dernières années. Au demeurant, le calife Ibrahim (nouveau nom de l’émir al-Baghdadi) prétend désormais que son organisation est composée largement d’étrangers, que le territoire syrien n’est plus pour les Syriens et le territoire irakien n’est plus pour les Irakiens, mais ils sont pour ses djihadistes.

Selon les fiches saisies à Sinjar, 41 % des terroristes étrangers membres de l’« Émirat islamique en Irak » étaient de nationalité saoudienne, 18,8 % étaient Libyens, et 8,2 % seulement étaient Syriens. Si l’on rapporte ces chiffres à la population de chacun des pays concernés, la population libyenne a fourni proportionnellement 2 fois plus de combattants que celle d’Arabie saoudite et 5 fois plus que celle de Syrie.

Concernant les jihadistes syriens, leur origine était dispersée dans le pays, mais 34, 3 % venaient de la ville de Deir ez-Zor qui, depuis le retrait de l’« Émirat islamique » de Raqqa, est devenue la capitale du Califat.

En Syrie, Deir ez-Zor a la particularité d’être peuplée majoritairement d’arabes sunnites organisés en tribus, et de minorités kurde et arménienne. Or, jusqu’à présent, les États-Unis n’ont été capables de détruire les États qu’en Afghanistan, en Irak, et en Libye, c’est-à-dire des pays où la population est organisée en tribus. Ils ont par contre échoué partout ailleurs. De ce point de vue, Deir ez-Zor en particulier et le Nord-Est de la Syrie en général peuvent donc être potentiellement conquis, mais pas le reste du pays, comme on le voit depuis trois ans.

Depuis deux semaines, une purge affecte les officiers maghrébins. Ainsi, les Tunisiens qui ont pris l’aéroport militaire de Raqqa, le 25 août, ont-ils été arrêtés pour désobéissance, jugés et exécutés par leurs supérieurs. L’« Émirat islamique » entend remettre à leur place ses combattants arabes et promouvoir des officiers tchétchènes aimablement fournis par les services secrets géorgiens.

Une autre catégorie de jihadiste fait son apparition : les Chinois. Depuis juin, les États-Unis et la Turquie ont transporté des centaines de combattants chinois et leurs familles au Nord-Est de la Syrie. Certains d’entre eux deviennent immédiatement des officiers. Ce sont principalement des Ouïghours, des Chinois de Chine populaire, mais musulmans sunnites et turcophones.

Dès lors, il est évident que, à terme, l’« Émirat islamique » étendra ses activités en Russie et en Chine, que ces deux pays sont ses cibles finales.

Nous allons certainement assister à une nouvelle opération de communication de l’Otan : son aviation repoussera les jihadistes hors d’Irak et les laissera s’installer à Deir ez-Zor. La CIA fournira de l’argent, des armes, des munitions et des renseignements aux « révolutionnaires syriens modérés » (sic) de l’ASL, qui changeront alors de casquette et les utiliseront sous le drapeau de l’« Émirat islamique », comme c’est le cas depuis mai 2013.

À l’époque, le sénateur John McCain était venu illégalement en Syrie rencontrer l’état-major de l’ASL. Selon la photographie diffusée alors pour attester de la rencontre, cet état-major comprenait un certain Abou Youssef, officiellement recherché par le département d’État US sous le nom d’Abou Du’a, en réalité l’actuel calife Ibrahim. Ainsi, le même homme était —à la fois et en même temps— un chef modéré au sein de l’ASL et un chef extrémiste au sein de l’« Émirat islamique ».

Muni de cette information, on appréciera à sa juste valeur le document présenté au Conseil de sécurité, le 14 juillet, par l’ambassadeur syrien Bachar al-Jaafari. Il s’agit d’une lettre du commandant-en-chef de l’ASL, Salim Idriss, datée du 17 janvier 2014. On y lit : « Je vous informe par la présente que les munitions envoyées par l’état-major aux dirigeants des conseils militaires révolutionnaires de la région Est doivent être distribuées, conformément à ce qui a été convenu, pour deux tiers aux chefs de guerre du Front el-Nosra, le tiers restant devant être réparti entre les militaires et les éléments révolutionnaires pour la lutte contre les bandes de l’ÉIIL. Nous vous remercions de nous envoyer les justificatifs de livraison de l’ensemble des munitions, en précisant les quantités et qualités, dûment signés par les dirigeants et chefs de guerre en personne, afin que nous puissions les transmettre aux partenaires turcs et français ». En d’autres termes, deux puissances de l’Otan (la Turquie et la France) ont acheminé des munitions pour deux tiers au Front Al-Nosra (classé comme membre d’Al-Qaïda par le Conseil de sécurité) et pour un tiers à ASL afin qu’il lutte contre l’« Émirat islamique », dont le chef est un de ses officiers supérieurs. En réalité, l’ASL a disparue sur le terrain et les munitions étaient donc destinées pour deux tiers à Al-Qaïda et pour un tiers à l’« Émirat islamique ».

Grâce à ce dispositif à double casquette, l’Otan pourra continuer à lancer ses hordes de jihadistes contre la Syrie tout en prétendant les combattre.

Cependant, lorsque l’Otan aura installé le chaos partout dans le monde arabe, y compris chez son allié saoudien, il retournera l’« Émirat islamique » contre les deux grandes puissances en développement, la Russie et la Chine. C’est pourquoi ces deux puissances devraient intervenir dès à présent et tuer dans l’œuf l’armée privée que l’Otan est en train de constituer et d’entraîner dans le monde arabe. Faute de quoi, Moscou et Pékin devront l’affronter bientôt sur leur propre sol.

Tyrannie globale et guerre mondiale: L’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord (OTAN) se réunit à Newport ces 4 et 5 Septembre pour décider de la guerre…

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L’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord (OTAN) n’a aucune raison d’exister, elle doit être abolie. Les peuples doivent forcer la fermeture de cette ignominie barbare d’un autre temps. Les armées de l’OTAN régulières ou secrètes (Gladio, Al Qaïda, EIIL/EI etc…) sont des armées de racketeurs faites pour piller le monde et générer le chaos constructeur de tyrannie pour l’oligarchie.

Mort à l’OTAN ! Le temps des peuples arrive !

— Résistance 71 —

 

Sommet de l’OTAN la guerre ou la paix ?

 

Jim Dean

 

1er Septembre 2014

 

url de l’article:

http://www.veteranstoday.com/2014/09/03/nato-summit-war-or-peace/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les citoyens du monde viennent à Newport, Pays de Galles. Le siège commence. 25 km de barrière en mailles métalliques d’acier renforcé de 5m de haut pour contrôler les foules, 20 000 membres de milices armés jusqu’aux dents en uniformes sombres ont commencé à arriver chaque jour. Les plans de défense militaire ont été finalisés. Déjà l’adrénaline est dans l’air. Un combat se profile… Sommes-nous à Gaza ?

Non, c’est le sommet de l’OTAN. Vous, vous droits civiques, votre quête pour la paix et vos demandes de retour à une vraie démocratie et la poursuite du bonheur, n’êtes pas les bienvenus ici. Vous n’avez aucune importance ! Jeudi et Vendredi 4 et 5 septembre 2014, le combat va commencer. Un combat du choix. Un choix entre la guerre ou la paix. qu’en dites-vous ? Qu’en dit le monde ? Moi je dis: “Bougez vos fesses à Newport !”

On dirait que le monde entier est en guerre. A travers la majorité de la planète, des horreurs ont été amenées souvent dans des endroits distants et paisibles, le tout par la veulerie d’un empire qui n’a plus de limites. Sa quête incessante pour le profit a dénudé les ressources et les âmes de nations innocentes. La barbarie et l’inhumanité ont été forcées sur le monde qui va inscrire ces ordures dans l’histoire. La condition naturelle humaine de résistance, résistance à l’oppression et la terreur, arrive à Newport.

En préparation de cette manifestation de masse, l’empre totalitaire en pleine expansion positionne des armes et de la logistique de combat qui sont la vitrine des méthodes et armes modernes de terreur, qui feraient pâlir d’envie les Hitler, Staline et Pol Pot. Le perpétrateur de cette tyrannie croissante porte un nom: l’OTAN (NdT: qui comme chacun sait depuis longtemps veut dire Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord).

_________________________

Nous sommes l’ennemi

La foule semble avoir un message du tout ou rien. Alors que les citoyens triment sous les mesures d’austérité dont les gouvernements les gavent, ces mêmes gouvernements approuvent encore et toujours plus de budgets pour la guerre. Ce ne sont pas des guerres pour la liberté et l’argent de cette guerre n’est pas dépensé pour des causes humanitaires (NdT: comme si une guerre pouvait être “humanitaire”…) La guerre aujourd’hui est oppressive. L’oppression de la civilisation, l’oppression de l’Homme. Ici dans les rues de Newport, au nord de Cardiff, les leaders de l’OTAN se cachent derrière des fortifications et des murs de pierres au château de Cardiff et au Manoir Celte.

Ce journaliste qui écrit a été le témoin de cette attitude auparavant à la Convention Nationale du Parti Démocrate de Charlotte en Caroline du Nord et au sommet de l’OTAN à Chicago en 2012.

Les puissants, riches et arrogants sont là pour montrer leur omnipotence croissante et pour envoyer un message au monde en pleine paupérisation: “Nous sommes vos maîtres et toute résistance est futile !”

Heureusemet pour le reste du monde civilisé, l’histoire et la véritable nature de la condition humaine ont montré que ceci est une proposition foireuse, vouée à l’échec. C’est pourquoi les humains se rendent en masse à Newport…

Ukraine, Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord et guerre du gaz…

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Ne jamais oublier… OTAN = Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord

Tout est dit !…

— Résistance 71 —

 

Dans le conflit ukrainien, on peut observer la relation entre le pétrole, le gaz et l’OTAN dans toute sa splendeur

 

Interview de Daniele Ganser

 

21 Août 2014

 

url de l’article:

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article4924

 

Selon Daniele Ganser, spécialiste dans le domaine de l’OTAN, nous assistons en Ukraine à la prochaine étape de l’extension de cet organisme. L’Allemagne devrait suivre le pas parce que les Américains disposent du commandement en chef et veulent empêcher la naissance d’un nouvel axe Moscou-Berlin. Les USA dressent à cette fin les Etats européens les uns contre les autres – afin de continuer à les contrôler.
L’OTAN est la plus grande et la plus puissante alliance militaire depuis nombre d’années. Les « Deutsche Wirtschafts Nachrichten » ont parlé avec l’historien et le spécialiste en matière de l’OTAN, Daniele Ganser à propos de la structure de celle-ci, du rôle de l’Allemagne dans l’organisation, de son influence dans l’UE et de son implication dans le conflit de l’Ukraine.

Deutsche Wirtschafts Nachrichten : Le Danois Rasmussen démissionne bientôt en tant que Secrétaire général. Son successeur sera probablement le Norvégien Stoltenberg. Quelle est selon vous, l’influence des Européens au sein de l’OTAN ?

Daniele Ganser : Je pense que l’influence des Européens au sein de l’OTAN est petite, parce que celle-ci est menée par les USA. On le voit à travers le fait que les Européens peuvent toujours désigner le Secrétaire général et celui-ci apparaît très souvent dans les médias en Europe. C’est pourquoi, on a l’impression que le Secrétaire général est la personne la plus importante de l’OTAN. Toutefois, ce n’est pas vrai ! La personne encore beaucoup plus influente au sein de l’OTAN est le SACEUR (Commandant suprême des forces alliées en Europe) et c’est toujours un général américain. Ce commandement militaire est encore plus puissant que le poste officiel de Secrétaire général. L’ancien Président Nixon l’a formulé une fois de cette façon : « Le seul organisme international qui n’ait jamais fonctionné, c’est l’OTAN, tout simplement parce qu’il s’agit d’une alliance militaire et que nous étions aux commandes ».

Par quelles voies l’OTAN impose-t-elle ses intérêts à l’UE ?

L’OTAN a ses ambassadeurs dans tous les pays membres. Ce sont des ambassadeurs envoyés par chaque pays afin d’être informés des projets de l’OTAN dans les étapes suivantes. Les voies sont opérationnelles de telle façon que l’OTAN – et en premier les USA – disent : C’est comme ça et maintenant vous devez faire ça. Cela était ainsi en particuliers lors du 11-Septembre et de la Guerre contre l’Afghanistan. La plupart du temps, les Européens obéissent tout simplement. Ils n’ont jamais dit : Nous devons nous développer indépendamment. Une politique extérieure et de sécurité européenne commune ne fonctionne pas vraiment. On est toujours indécis : doit-on aller en Irak avec les Américains ? Les Anglais l’ont fait, pas les Français. Ou bien doit-on bombarder avec les Américains la Lybie, pays membre de l’OPEC ? Les Français l’ont fait, pas les Allemands. Les USA réussissent très bien à dresser les différents pays européens les uns contre les autres. En ce moment, on se sert de l’Allemagne contre la Russie, bien sûr pour des intérêts américains. C’est l’ancien système du « divide et impera » – « diviser pour régner ». Ce n’est pas dans l’objectif de Washington que l’UE et la Russie coopèrent et construisent un grand espace économique, disposant en plus des plus grandes réserves de pétrole et de gaz. Ce ne serait pas dans l’intérêt des Etats-Unis.

En raison du manque de transparence, il est difficile de savoir comment se présente le financement de l’OTAN en détail. Des députés néerlandais ont dû le constater récemment. Savez-vous quelque chose de concret à ce sujet ?

Non, parce que l’OTAN n’est effectivement pas une organisation transparente. Je partage cette frustration des députés néerlandais, parce que je me suis efforcé d’obtenir des informations sur les armées secrètes de l’OTAN. On a simplement ignoré mes questions et on ne m’a fait part de rien. Quelques personnes pensent que l’OTAN est une organisation démocratique et transparente. Cependant, ce n’est pas le cas. C’est une organisation militaire qui tente continuellement à garder ses secrets. Le budget du Pentagone est finalement pertinent pour le financement et il comprend environ 700 milliards de dollars par an ou deux milliards par jour. Alors la question est bien sûr de savoir si ici une journée du Pentagone équivaut à une journée de l’OTAN et comment on calcule cela. Mais ce sont des opérations comptables et on peut calculer cela de différentes manières.

Quel rôle joue l’OTAN dans le conflit en Ukraine ?

Mon avis est que la guerre en Ukraine est centrée autour de l’OTAN et du gaz naturel. L’OTAN a depuis 1990 entrepris un mouvement en direction de l’Est. La première étape a été de retirer en Allemagne la RDA au Pacte de Varsovie et de l’accueillir dans l’OTAN. Pour cela, on a eu besoin à cette époque de l’accord de Gorbatchev. C’est-à-dire que cette fusion entre la RFA et la RDA – qui est très précieuse et que je salue beaucoup – n’était possible qu’avec l’acceptation de la Russie, de la reprise de l’Allemagne réunie, par l’OTAN. Mais les Russes ont aussi affirmé leur refus d’une extension de l’OTAN. Et Gorbatchev a dit que l’OTAN le lui avait garanti.
Cependant, l’OTAN n’a pas tenu parole. L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont été accueillies dans l’OTAN, de même la Pologne, la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie, la Slovénie, la République Tchèque et la Slovaquie. Plus tard ont suivi encore l’Albanie et la Croatie. Si vous le considérez du point de vue russe, alors l’OTAN a rompu sa parole et maintenant, elle tente encore de prendre les éléments manquants – l’Ukraine et la Géorgie – et d’encercler ainsi la Russie. 
Dans les médias occidentaux, on dit toujours : les Russes sont complètement irrationnels et se comportent bizarrement. Mais en fait ils se comportent comme un joueur d’échecs qui déplacement après déplacement, perdent ici une tour, là un cavalier et là encore un pion. Les Russes se sentent harcelés. Et cette extension de l’OTAN n’est aucunement mentionnée par les médias occidentaux, pas même prise en compte. On peut communiquer ceci tout simplement en prenant une carte de l’OTAN en 1990 et une de 2014.

S’agit-il de la part de l’OTAN uniquement d’un encerclement militaire de la Russie ou bien en veut-elle aussi aux ressources de ce pays ?

C’est la même chose. L’Arabie Saoudite et la Russie se partagent la première place au niveau international quant à l’exploitation du pétrole. Les Russes produisent environ 10 millions de barils par jour. Les Saoudiens produisent également environ 10 millions de barils par jour. La Russie est au niveau de sa superficie le plus grand pays de la terre et dispose de très grandes réserves de gaz naturel. La lutte mondiale pour les réserves de pétrole et de gaz naturel est aussi une lutte contre la Russie. Poutine ne veut en aucun cas que l’Ukraine adhère à l’OTAN. Du point de vue russe, la chute de Ianoukovytch a été orchestrée par les services secrets occidentaux. Qu’on le voit ou non comme Poutine, cela ne joue aucun rôle. Mais pour lui, il est légitime de dire : quand l’hiver viendra, je pourrais aussi vous couper le gaz. Ou bien je peux dire : Vous me devez davantage d’argent pour le gaz. Cela veut dire que dans le conflit ukrainien on peut observer la relation entre le pétrole, le gaz et l’OTAN dans toute sa splendeur.

Quels sont les indices montrant que le coup d’Etat en Ukraine a été orchestré par les services secrets occidentaux ?

Ce que nous savons jusqu’à présent est que 2014 est l’année de la destitution de Ianoukovytch et de l’installation au pouvoir de Poro­schenko. C’est un fait. Et si l’on observe un peu de plus près, alors on voit les finesses. Quand est-il destitué ? Il est renversé en février 2014. Et maintenant, on en vient au nœud du débat, c’est-à-dire à l’aggravation des protestations par les tireurs d’élite de Maïdan. Il est intéressant de constater : les tireurs d’élite – selon les informations en ma possession – tiraient aussi bien sur les manifestants que sur les policiers. Cela est très inhabituel. Ici, on peut très bien penser que c’était une action des services secrets pour précipiter l’Ukraine dans le chaos. Ce que nous avons ici comme indice, c’est l’entretien téléphonique entre Urmas Paet, ministre des Affaires étrangères de l’Estonie et Catherine Ashton, Haute représentante des Affaires étrangères de l’UE. Dans cet entretien, il est question que derrière les tireurs d’élite de Maïdan ne se cache pas Ianoukovytch, mais quelqu’un de la nouvelle coalition. Celle-ci est le groupe autour de Klitschko, Jazenjuk et Poroschenko, qui est arrivé au pouvoir après le coup d’Etat.
S’il s’avère que Poroschenko est venu au pouvoir grâce aux tireurs d’élite, alors nous avons donc affaire avec un putsch du gouvernement sans nous en apercevoir. Cela allait si vite que l’on doit vraiment avouer : nous sommes trop bêtes pour le comprendre réellement. Il se peut que Poutine soit moins stupide et ait vu ceci correctement. Je ne veux pas dire que l’on doit croire Poutine aveuglément, car lui aussi possède son agenda. La question à laquelle nous devons répondre dans l’histoire économique et aussi dans l’histoire contemporaine : s’agit-il d’un évènement comme en 1953 lorsque la CIA, le service secret américain, et le MI6, le service secret britannique ont renversé le gouvernement de Mossadegh en Iran, parce qu’il voulait nationaliser le pétrole ? A l’époque, on a déguisé des agents en terroristes, qui ont commis des attentats et ainsi déclenché un chaos dans tout le pays. On appelle cela la « stratégie de la tension », donc on crée volontairement un chaos et des tensions pour renverser de cette manière un gouvernement, cela fonctionne, c’est prouvé historiquement.

Les derniers mois, l’OTAN a intensifié les manœuvres. A la suite d’un manœuvre de l’OTAN dans plusieurs Etats européens la sécurité aérienne est même tombée en panne. Est-ce qu’il s’agit là seulement de présence militaire ou est-ce qu’il y a d’autres raisons pour les mouvements des troupes ?

Que ce soit du côté de la Russie ou de l’OTAN je ne peux qu’affirmer qu’il y ait une augmentation de la présence militaire. Mais contrairement à l’opinion de beaucoup de commentateurs, je pense que nous ne nous trouvons pas au bord de la troisième guerre mondiale comme au temps de la crise de Cuba en 1962. Pourtant, nous sommes dans un climat de méfiance. Moscou et Washington se méfient l’un de l’autre, et Berlin est coincé entre les deux.

En Allemagne se trouvent plusieurs bases militaires de l’OTAN, dont la base aérienne américaine Ramstein et le centre de commandement Africom à Stuttgart. Quel est le rôle actuel et futur de l’Allemagne dans la stratégie de l’OTAN ?

L’Allemagne est dans l’OTAN une jeune associée parce que les USA commandent l’OTAN. Du point de vue des USA, l’Allemagne est un pays occupé. Certes, cela fait mal en lisant cela en tant que lecteur allemand, mais c’est la situation actuelle. Les Etats-Unis ont des bases militaires en Allemagne et le téléphone mobile de la chancelière Merkel est mis sur écoute par le service secret militaire américain NSA. Et lorsque les Américains disent : nous partons vers l’Hindou Kouch, les soldats allemands doivent s’y rendre et abattre les Afghans bien qu’ils n’aient jamais eu de problèmes avec eux auparavant. Cela veut dire que malheureusement l’Allemagne a pris la position d’un vassal. Et on a de la peine en Allemagne à se libérer de cette position. 
La raison est toute simple : les USA sont l’empire. Un empire se distingue toujours par le fait qu’il est la plus grande économie nationale du monde, mesuré au PIB. Ce sont les USA. Il a le plus grand nombre de porte-avions et la force aérienne la plus puissante quant au nombre, au type et à la modernité. Ce sont également les USA. Il détient la monnaie de réserve mondiale. C’est le dollar, donc encore une fois les USA. Et finalement, les USA disposent du plus grand nombre de bases militaires dans le monde, donc pas seulement à Guantànamo, à Diego Garcia et en Afghanistan, mais aussi à Ramstein etc. Ce qui importe en outre : l’empire domine les médias et veille à ce qu’ils informent de manière bienveillante. Voilà donc la position de l’Allemagne : elle se trouve dans une position inférieure dans l’empire américain, et la plupart des médias allemands n’osent pas parler ouvertement de ce fait. La Suisse n’est d’ailleurs pas mieux lotie se trouvant également sous la pression de l’empire US, mais au moins nous ne sommes pas membre de l’OTAN et nous n’avons pas non plus de bases militaires américaines – nous les Suisses ne voulons pas de cela.

En revanche, la Suisse est, tout comme la Finlande, membre d’un stade préliminaire de l’OTAN …

… du « Partnership for Peace », c’est vrai. C’est vivement critiqué en Suisse, et à juste titre, car nous ne voulons en aucun cas devenir membre de l’OTAN. Cela veut dire que certains politiciens le veulent bien, mais pas la population suisse. Lors d’une votation le Non emporterait largement, car les citoyens suisses rejettent les guerres d’agression de l’OTAN. L’opinion publique par rapport aux Etats-Unis a tourné en mal ces dernières années. 
Les USA apparaissent comme des menteurs parce qu’ils mènent dans le monde entier des guerres économiques. Ils ont écouté les transferts de données du monde – surtout les données SWIFT – à l’aide du service secret américain NSA et abusent de ces données au détriment des banques suisses UBS et Credit Suisse. Ils dénigrent les Suisses parce que des banques suisses ont aidé en effet des citoyens américains à frauder le fisc ce qui n’était pas juste. Mais en même temps les Suisses observent avec étonnement que la fraude fiscale aux USA – soit en Delaware soit en Angleterre, par des trusts – est toujours possible. C’est pourquoi les Suisses ne comprennent pas que les USA jouent aux redresseurs de torts contre la fraude fiscale tout en négligeant les failles dans leur propre pays. C’est pourquoi l’opinion publique est ici de plus en plus anti-américaine.

Le 11-Septembre 2001 joue aussi un rôle-clé par rapport à l’OTAN car à ce moment-là la clause de défense mutuelle d’après l’article 5 est entrée en vigueur. Est-ce que la clause de défense mutuelle est toujours en vigueur ?

C’est une question intéressante. On devrait la poser à l’OTAN. Après le 11-Septembre, il y eu un large débat là-dessus. En tout cas, la clause de défense mutuelle a été proclamée après le 11-Septembre, cela c’est clair. Les Américains sont venus en Europe et ont dit : c’était comme cela, et maintenant on y va dans l’Hindou Kouch. Puis 9/11 était une histoire fixe qu’on pouvait avaler ou pas. En outre, c’était le premier cas de défense mutuelle de l’OTAN dans l’histoire. Là aussi, le rôle de l’empire se manifeste. La plus importante souveraineté d’interprétation dont l’empire dispose est d’interpréter lui-même chaque événement historique. Les attentats du 11-Septembre sont contestés parmi les historiens – ils existent différents avis à ce sujet. Mais dès qu’un historien ne lève la tête qu’un tout petit peu, il est hué comme théoricien conspirateur. Et cela signifie que nous n’avons pas le droit de dire : attention, lors de la mise en vigeur de l’article 5, certaines questions se posent. L’OTAN ne veut pas en parler. Elle ne veut pas de débats critiques au sujet du 11-Septembre et de l’Opération Gladio. Elle essaie simplement de supprimer ces sujets. Mais je crois, qu’elle n’y arrivera pas à long terme parce que nous vivons à l’époque de l’information. Les gens sont de plus en plus en mesure de s’acquérir différentes perspectives par rapport à un thème, et ça c’est bien.

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Daniele Ganser est historien et chercheur dans le domaine de la paix. Il analyse les thèmes de l’énergie, de la guerre et de la paix d’une perspective géopolitique. Il met l’accent sur l’histoire internationale contemporaine depuis 1945, les services secrets, les unités spéciales, la stratégie de guerre secrète et la géostratégie ainsi que le pic pétrolier et des guerres de ressources. Son livre « Nato-Geheimarmeen in Europa – Inszenierter Terror und verdeckte Kriegsführung » a été publié en 2005 (« Les Armées secrètes de l’OTAN – Réseaux Stay Behind, Gladio et Terrorisme en Europe de l’Ouest » a été publié en 2011) et traduit en dix langues.

Source : Deutsche Wirtschafts Nachrichten DWN du 29/7/2014 (http://deutsche-wirtschafts-nachrichten.de/2014/07/14/nato-experte-aus-sicht-der-usa-ist-deutschland-ein-besetztes-land/)
(Traduction Horizons et débats)
Horizons et debats > 2014 > N° 19, août 2014

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Daniel Ganser sur Résistance 71:

https://resistance71.wordpress.com/2014/05/18/la-strategie-de-la-tension-et-le-terrorisme-detat-ou-quand-lhistoire-prouve-letat-terroriste/

Article connexe sur l’OTAN:

https://resistance71.wordpress.com/2012/11/03/nouvel-ordre-mondial-lorganisation-terroriste-de-latlantique-nord-et-son-ideologie-totalitaire-ruine-le-monde/