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Résistance au colonialisme: 26 janvier « Jour de l’Invasion » ou briser le Grand Silence Australien

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26 janvier 2018, un autre jour de l’invasion en terre australe

 

Résistance 71

 

26 janvier 2018

 

Dans leur grande mascarade habituelle, les chantres du colonialisme occidental fêtent ce qu’ils appellent “Australia Day” tous les 26 janvier en commémoration de la prise de possession de la plus grande île du monde, l’Australie, par la troupe impériale de sa très disgrâcieuse empaffée.

Si beaucoup d’encre alimentée par les témoignages a coulé sur le destin tout aussi tragique qui a sévi sur les populations autochtones des continents africain et américain, on sait peu de l’invasion, du vol, du pillage et de l’appropriation de ces lointaines terres australes par ces colons blancs et chrétiens, les mêmes ou peu s’en faut qui sévirent sous d’autres cieux, ce pour le bien des “sauvages” et l’expansion de la “civilisation” bien entendu.

Depuis 1788, date néfaste d’arrivée des bateaux britanniques au sud de ce qui est aujourd’hui Sydney, à Botany Bay, la chape du “Grand Silence” s’est étendue sur un continent entier. Rien ne semble avoir existé avant et juste après l’arrivée des colons, qui agirent sous la doctrine du “terra nullius” voulant que lorsque les forces impériales arrivent quelque part, elles arrivent dans un grand désert humain et se saisissent des terres et ressources vacantes. Officiellement, personne ne vit là, puisqu’il n’y a pas de blancs chrétiens, seuls dignes de considération.

Ainsi donc, un pays artificiellement créé sur un vol de terre flagrant n’est pas soudainement frappé d’amnésie sur son passé, il fonctionne et écrit son histoire moderne sur une ardoise vierge en maintenant ce mécanisme narratif du “il ne s’est rien passé puisque la terre était vierge à notre arrivée”… Et pourtant l’histoire est toute autre. Certains historiens ont levé la chape de plomb dont est enveloppée l’histoire de cette jeune colonie. L’un d’entre eux est le professeur Henry Reynolds, historien, chercheur à l’université de Tasmanie, qui a publié plusieurs livres dont son devenu célèbre ouvrage “Pourquoi ne nous a t’on rien dit ? Une recherche personnelle pour la vérité au sujet de notre histoire”, publié en 1999 aux éditions Penguin Australia.

Nous en avons traduit quelques exergues à l’occasion des célébrations du “jour de l’invasion”, échantillons qui font monter le volume sur l’exécrable bruit de fond du “Grand Silence” australien. Laissons lui donc la parole…

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-[]- Pourquoi ne savions nous pas ? Pourquoi ne nous a t’on rien dit ? Pourquoi la même question revient-elle toujours encore et encore de la part des gens qui au gré des différentes époques ont souvent agi comme s’ils lisaient tous le même script ? Pourquoi tant de gens se demandent-ils, me demandent-ils, toujours les mêmes questions sur leur éducation (historique), leur héritage culturel et sur l’ensemble de la société australienne ?…

[…] J’ai commencé à lire au sujet de l’histoire de l’Australie durant ma licence en 1959, puis lors de ma maîtrise en 1961-62… Les livres qui me donnèrent une compréhension rudimentaire de notre histoire nationale ne fournissaient aucune logique sur les problèmes et conflit récurrents. Le passé et le présent semblaient n’avoir aucune connexion l’un avec l’autre. En 1916, l’historien Ernest Scott publia un livre qui devint essentiel dans le système éducatif australien: “Une courte histoire de l’Australie”. Dans ce livre, Scott expliquait comment l’histoire de l’Australie commença avec un “grand espace vide sur la carte” qui fut au fur et à mesure comblé en résultat de l’aventure de la découverte européenne. Les Aborigènes n’y furent mentionnés subrepticement que 4 fois dans tout l’ouvrage.

[…] En 1966, je fus professeur dans un collège à Townsville (Queensland) […] mes cours y reflétaient l’état de l’histoire écrite australienne de l’époque. Le livre que j’utilisais pour mes cours était bien entendu le classique “L’Australie: une histoire politique et sociale”, livre compilation édité par le professeur Gordon Greenwood.

Une des caractéristiques les plus étonnantes du livre de Greenwood était que les Aborigènes en étaient pratiquement complètement absents. Ils ne furent mentionnés que 4 fois, en passant. Ils n’eurent même pas droit à une note dans l’index de fin de livre. Dans son chapitre sur “L’ascendance pastorale 1820-50”, l’historien économique R.M. Hartwell a déclaré que dans sa période désignée l’Australie avait “de larges pans de terres vides pour les pâturages, une terre qui n’attendait qu’à être occupée.” Plus loin il insistait sur un point: “En tant que processus de colonisation, l’aménagement de la terre fut peu compliqué: le continent était vide, car les infortunés Aborigènes n’offraient aucune opposition culturelle ou économique sérieuse et les colonisateurs n’étaient que d’une seule nationalité.”

[…]

Plus je lisais et plus il devenait clair qu’entre 1900 et 1960, les Aborigènes furent littéralement sortis de l’histoire australienne. “Le Grand Silence Australien” s’est étendu sur la nouvelle nation dès sa fédération et ne fut pas brisé pendant plus d’un demi siècle. En 1959, un professeur d’histoire à l’université nationale australienne, J.A. La Nauze, fit une conférence à ses pairs  sur l’écriture de l’histoire nationale pendant les trente années s’étalant de 1929 à 1959. Il nota un profond manque d’intérêt pour les Aborigènes et ceci était de fait une des caractéristiques principales du manque dans l’écriture historique qui se démarquait des autres histoires racontées dans d’autres sociétés coloniale blanches: “à l’encontre des Maoris de Nouvelle-Zélande, des Amérindiens ou des Bantous d’Afrique du Sud, l’aborigène australien n’est noté dans notre histoire que comme une note anthropologique mélancolique de bas de page.” Néanmoins, La Nauze ne trouva pas cela bizarre et ne dit pas que cela se devait de changer.

[…]

Au cours de ma recherche, je suis retourné vers Greenwood et son Australie et l’ai vu de mes propres yeux. C’était un des derniers et un des plus signifiant produits du culte de l’oubli du pays. […] Comme beaucoup de jeunes universitaires en Australie à cette époque, j’ai noté la relégation aborigène dans l’obscurité avec une intense insatisfaction qui souvent explosait en cris de colère à la condescendance culturelle et l’insensibilité que cela impliquait. Nous sentions bien que l’Australie avait sérieusement été trahie par ses historiens.

[…]

La terrible vérité fut que dans ces zones “pionnières” où blancs et noirs vivaient côte à côte, les Européens avaient virtuellement pouvoir et droit de vie et de mort sur les Aborigènes. Ceci fut effectif dans les endroits les plus reculés de l’Australie jusqu’à la fin des années 1930. Quiconque pouvait tuer un homme aborigène ou violer une femme aborigène sans risquer grand-chose devant un tribunal.

[…]

Un correspondant anonyme du Lancaster Advertiser écrivit ceci au journal en 1831:

“[…] Sont-ils même des sujets britanniques ? Ou sont-ils des ennemis étrangers qui n’ont pas encore été subjugués et qui résistent notre autorité et domination usurpées ? Nous sommes en guerre contre eux ! Ils nous regardent comme des ennemis, des envahisseurs, des agresseurs et des persécuteurs. Ils résistent à notre invasion. Ils n’ont jamais été subjugués, ils ne sont donc pas des sujets en rébellion, mais une nation blessée, se défendant à sa façon, défendant ses possessions de droit qui lui ont été arrachées de force…

[…] Ainsi en Tasmanie, comme nous l’avons vu, les officiers de l’armée comparèrent les tactiques employées par les Aborigènes avec celles de la guérilla qu’ils avaient observé en Espagne lors des guerres de conquête napoléoniennes. A la fin des années 1850, les habitants de la province du Queensland faisaient même un parallèle avec la mutinerie indienne. En 1861, un membre de l’assemblée du Queensland a dit à ses collègues qu’ils devaient considérer les Aborigènes comme une “tribu hostile, comme ils le firent des Maoris de Nouvelle-Zélande”. En 1865, des colons du nord Queensland argumentaient que les indigènes locaux étaient tout aussi difficiles à gérer que “les hordes sauvages du Soudan”.

[…] Au moins 2000 Européens et 20 000 Aborigènes moururent de mort violente et plus encore furent blessés. Bien des colons en vinrent à réaliser qu’ils étaient impliqués dans une forme de guerre bien distincte et que les Aborigènes étaient quant à eux engagés dans une défense tout à fait compréhensible et légitime de leur territoire contre des envahisseurs.

[…] Quelques années plus tard, un colon de Tasmanie leva quelques points sensibles au sujet de la conquête, de la résistance et de la guerre. Il argumenta de la sorte: “Les Aborigènes étaient originellement les propriétaires légaux de l’île… Les colons britanniques avaient pris leur terre de force, ils les avaient persécutés, les avaient sacrifiés… Nous sommes en guerre avec eux: ils nous regardent comme des ennemis, des envahisseurs, des persécuteurs, ils résistent notre invasion…”

[…] De fait, nous ne trouvons aucun problème à considérer nos jeunes hommes mourant pour des bouts de terre en France et en Belgique (1ère guerre mondiale), mais nous avons un problème à admettre que les colons ont combattu pour établir la règle britannique sur l’Australie. Nous aimons penser que le continent nous est tombé sur les genoux et nous balayons d’un revers de main le fait que nous avons tué et détruit pour l’acquérir. Nous nous sentons plus confortables dans la peau d’innocents sous-fifres que de nous voir comme des maîtres et seigneurs calculateurs.

~ Fin de notre traduction des extraits ~

Titre original: “Why Weren’t We Told ? A personal search for the truth about our history”, Reynolds H., 1999, Penguin Australia

 

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Résistance au colonialisme: Manifestations avant et pendant Australia Day du 26 janvier… Appel des Guerriers de la Résistance Aborigène

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“Jusque dans les années 1830, les officiels britanniques à la fois en Angleterre et sur place dans les colonies [australiennes] écrivaient au sujet des Aborigènes comme étant des ennemis étrangers… Un colon de Tasmanie plus tard écrivit que ‘les Aborigènes sont les propriétaires originels de la terre et les vrais possesseurs de l’île. Les colons britanniques leur ont pris leurs terres par la force, les ont persécutés, et sacrifiés. Nous sommes en guerre contre eux: ils nous regardent comme des ennemis, des envahisseurs et des oppresseurs, des persécuteurs ; ils résistent à notre invasion…”
~ Henry Reynolds, professeur d’histoire université de Tasmanie ~

 

 

Australie: Les Guerriers de la Résistance Aborigène appellent à un mouvement de résistance de 7 jours menant au jour de l’invasion

Date: du 20 au 26 janvier 2018

 

Warriors for Aboriginal Resistance (WAR), Australie

 

30 décembre 2017

 

Source: 

https://warriorpublications.wordpress.com/2017/12/30/australia-warriors-of-the-aboriginal-resistance-war-call-for-7-days-of-resistance-in-the-lead-up-to-invasion-day-jan-20th-26th/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les Warriors of the Aboriginal Resistance (WAR) invitent tout le monde à participer à un mouvement de 7 jours de résistance qui commencera le 20 janvier pour se terminer le 26 janvier 2018. Les Warriors of the Aboriginal Resistance seront les hôtes d’une série d’évènements dans la semaine qui précèdera les manifestions du “Jour de l’Invasion” dans un bon nombre de villes, de régions et d’endroits plus isolés à travers le pays (Australie).

WAR encourage les foules participantes à créer des activités locales pour maximiser la participation de la communauté et du partage de l’information en fabriquant des banderoles, des pancartes, des T-shirts, des autocollants, des instruments de percussion, des boomerangs et des lances pour les danses traditionnelles, la cuisine de nourriture traditionnelle, des activités de tissage, de chants en langue aborigène, organisation de repas avec les anciens et des temps pour raconter les histoires ancestrales, la peinture du drapeau dans les espaces publics, des drapeaux, cérémonies avec les familles et la communauté. WAR demande à tous et toutes de participer aux Stolenwealth Games (NdT: jeu de mot en contraste avec les Commonwealth Games entre nations de l’ex-empire britannique mais toujours sous contrôle de la City de Londres…) de mars 2018. Nous sommes en train de lever des fonds pour l’organisation des transports par bus et pour payer les dépenses de voyage pour les membres de la communauté qui veulent se rendre aux manifestations. WAR ne soutient aucune activité dont le résultat serait l’emprisonnement.

#7daysofresistance #stolenwealth #invasionday

7 jours de résistance fut une initiative proposée par les Warriors of the Aboriginal Resistance en 2016 pour encourager le public à être pro-actif dans le temps menant au jour de l’invasion chaque année (NdT: qui est pour les colons bien entendu “Australia Day”…) Ces 7 jours de résistance ont reçu un succès quant à l’activation de la communauté pour prendre part à des activités créatrices afin de protester contre les célébrations coloniales du 26 janvier. La ville de Melbourne a vu trois conseils locaux voter en faveur de rendre honneur aux peuples aborigènes en ne célébrant pas ce jour et de plus à recevoir le conseil des propriétaires traditionnels de la terre et de la communauté indigène au sens plus large afin de trouver des façons plus appropriées de se souvenir de ceux qui ont combattu dans les guerres pionnières (NdT: frontier wars en anglais)

Le jour national de deuil a été un moment national d’inspiration pour les actions de la communauté emmenée par des activistes aborigènes importants le 26 janvier 1938 sur Elizabeth Street à Sydney, NSW. La résistance aborigène a été la fondation de l’existence aborigène, car nous n’aurions pas pu survivre si nous n’avions pas honoré les guerres pionnières et tous ceux des nôtres qui y trouvèrent la mort. Les Stolenwealth Games seront le thème principal pour la manifestation du 26 janvier 2018 afin de contester les célébrations dans le monde de ce que la “couronne” appelle le “Commonwealth”.

http://koorihistory.com/1938-day-of-mourning/

http://treatyrepublic.net/content/australias-dirty-little-colonial-wars

– Pour se débarrasser de plus de célébrations du 26 janvier

– Pour changer créativement l’environnement pour résister au 26 janvier

– Pour éveiller sur l’histoire du génocide en Australie

– Pour promouvoir la manifestation des Stolenwealth Games de mars 2018

 

Résistance au colonialisme: L’Australie botte en touche la question de la domination en rapport avec la doctrine chrétienne de la découverte (Steven Newcomb)

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Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux auront de chance d’être répudiés.

— Résistance 71 ~

 

La réponse de l’Australie à la doctrine de la découverte

Éviter l’affaire de la domination qui réside au sein de la doctrine de la découverte

 

Steven Newcomb

 

17 mars 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/australias-response-doctrine-discovery/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

A lire: le livre de Steven Newcomb (larges extraits traduits par nos soins) en version PDF: « Païens en terre promise, décoder la doctrine chretienne de la découverte » (2008)

 

En 2012, au Forum Permanent sur les Problèmes Indigènes de l’ONU, Kate Gumley, alors chef de la délégation australienne, avait fait un discours intitulé: ”La doctrine de la découverte”. Le premier paragraphe de ce document illustre très bien comment le gouvernement australien bottait subtilement en touche le problème de la domination. “Le point clef de l’agenda de la discussion de cet après-midi est la doctrine de la découverte, un concept de droit public international qui a reçu l’attention de ce forum parce qu’il adresse directement la question de la conquête légale [de la terre] durant la période de la colonisation [sic].” (NdT: autant d’hypocrisie et d’aplomb mensonger est à peine croyable, mais c’est comme çà qu’ils s’en sortent…)

Les hauts-fonctionnaires du gouvernement australien qui ont écrit cette déclaration n’ont pas identifié la question que les représentants des peuples indigènes soulevaient en appelant à la focalisation sur la soi-disant “doctrine de la découverte”. Ce que l’état australien a cadré comme étant une “conquête légale” n’est, en fait, rien d’autre que l’affirmation par des gouvernements d’état de la possession d’un “droit de domination” sur nos peuples et nations originels.

Si on nous en avait donné l’opportunité, nous aurions pu demander au gouvernement australien: Est-ce que les envahisseurs ont le droit de dominer d’autres nations sur leurs propres terres et territoires ? Sur quel cadre de référence ou standard de jugement pourrions-nous répondre à cette question ? Sommes-nous obligés par une quelconque loyauté que nous aurions contracté envers nos envahisseurs et leurs descendants de répondre à de telles questions uniquement du point de vue de leur façon de voir ou standards de jugement invasifs ?
Malheureusement, le Forum Permanent des Affaires Indigènes de l’ONU ne se prête pas à un dialogue étendu ou spécifique avec les représentants des gouvernements de quelque état que ce soit, comme l’Australie par exemple. Si j’avais pu entrer dans un tel dialogue avec les délégués du gouvernement australien au sujet de leur intervention, je leur aurais demandé dans quel contexte plaçaient-ils les mots de “conquête” et de “légal” et de quel point de vue ?

Prenez par exemple l’idée de “conquête” comme une affirmation de “victoire” dans le contexte d’une invasion illégale des terres et territoires d’une nation originelle donnée, sur le continent de l’Australie. Au moment de l’invasion, la nation originelle de cet endroit vivait son propre mode de vie, dans son propre pays, dans cette partie du monde bien précise, sans déranger personne. Le but des envahisseurs est de se saisir de ce pays, de cette terre et de contrôler ou de tuer la nation envahie en lui faisant la guerre. Les descendants actuels de ces envahisseurs appellent le système de domination qui en a résulté une “conquête légale”.

En réalité, l’invasion étrangère et ce qui en a découlé est illégitime. Les descendants actuels des envahisseurs tentent de cadrer la “domination” comme étant quelque chose de “légal”. Ils font cela dans un effort de rendre l’invasion et tout l’après celle-ci à l’échelle inter-générationnel, acceptable du point du vue des colonisateurs. Une tactique des envahisseurs et de leurs descendants est de ne juger ou d’évaluer les résultats politiques ou autres que de leur propre perspective. Tout comme les chrétiens fondamentalistes considèrent que leur religion est la seule et unique religion qui vaille ; les envahisseurs et leurs descendants considèrent maintenant leur “avis” sur la “légalité” de l’affaire comme étant le seul, unique et valable “avis” sur la “légalité” en question.

Le philosophe du droit Steven I. Winter fait remarquer que chaque catégorie et chaque doctrine, incluant la “doctrine de la découverte”, “repose sur une image mentale des formes d’association humaine qui sont justes ou réalistes” dans une situation donnée. Aussi loin qu’est concerné l’image mentale des descendants des envahisseurs européens, l’invasion européenne chrétienne et son résultat de domination est à la fois juste et réaliste car fondée sur le christianisme et la bible. Les nations originelles envahies sont étiquetées n’avoir aucun droit fondamental de contester ou de défier le système de domination qui en a résulté.

En maintenant à l’écart les cadres d’interprétation des nations originelles, il devient alors possible pour les envahisseurs et leurs descendants de s’adresser aux Nations-Unies, avec l’identité politique d’un état de domination et de prétendre que ce système de domination qui a émergé en tant que résultat de l’invasion génocidaire de cette terre par leurs ancêtres est une “conquête légale”. Ceci est une partie de la façon dont le gouvernement australien (NdT: quelque soit sa couleur politique, c’est toujours la même chose…) déguise et masque cette image de l’invasion et son résultat en utilisant des euphémismes (des mots sonnant bien pour exprimer de terribles actions) comme par exemple “la légalité de l’installation européenne” (c’est à dire l’invasion, la domination, l’extermination et la déshumanisation) et “travailler en vue d’un futur réconcilié.

Parler de “futurr réconcilié” est un futur dans lequel ceux qui ont été envahis et dominés pendant des générations se seront “réconciliés avec eux-mêmes” afin de vivre de manière permanente sous le système de domination imposé, dans ce cas-ci sous ce qui est appelé “L’État australien”. La construction et la manifestation de ce système de domination est ce que le gouverneent australien étiquette du doux euphémisme de “conquête légale”, affirmant et clâmant ainsi le résultat de domination comme étant un résultat valide et légal.

Tant que nous n’exposerons pas de manière explicite le “système de domination des états”, ce système continuera de détruire des écosystèmes entiers et créera les problèmes que nous avons besoin de résoudre une fois pour toute. Reproduire un système destructeur au nom de la “réconciliation” avec ce même système n’est en aucun cas une recette du succès pour une réelle cicatrisation. Ceci ne fait que créer ce que Gregory Bateson appelait “le double lien” (baisés si on le fait, baisés si on le fait pas). Ce n’est pas suffisant de dire ce en quoi nous sommes en faveur. Nous devons mettre en contraste ce pour quoi nous sommes en faveur avec ce pour quoi nous ne sommes pas d’accord. Le contraste crée une vision plus profonde et révèle le double lien.

Dans le bouquin de James C. Scott: “La domination et l’art de la résistance” (1990), l’auteur (NdT: anthropologue de renom auteur de “Zomia”) cite Barrington Moore pour avoir dit: “Une tâche culturelle principale à laquelle doit faire face un groupe opprimé est de fragiliser ou de faire exploser la justification de la strate dominante.” Quelle est la justification pour la domination de nos nations originelles ? Dans la loi fédérale américaine sur les Indiens, comme ceci est graphiquement illustré de nos jours avec l’affaire de Standing Rock et du DAPL, c’est un empire fondé sur le christianisme qui possède(rait) une destinée manifeste de subjuguer la terre et de dominer tous les êtres vivants pour son profit.

Il est grand temps de rejeter ces systèmes de domination comme étant non seulement invalides mais également humainement inadmissibles en refusant d’accepter ce concept, de ne plus les accepter comme “conquête légale”.

Non au DAPL! Mni Wiconi. L’eau est la vie !

Résistance au colonialisme: Fête nationale australienne… La conscience politique anti-coloniale est en marche !…

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L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debouts, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !

~ Résistance 71 ~

« Pourquoi ne nous a t’on rien dit ? Pourquoi tant de personnes posent-elles toujours cette même question, sur eux-mêmes, sur moi, sur leur éducation, leur héritage, sur la totalité de la société australienne ? »
~ Henry Reynolds, professeur d’histoire et maître de recherche à l’université de Tasmanie ~

 

Des milliers de manifestants en Australie contre les célébrations d’Australia Day

 

Lucy Mae Beers, Ollie Gillman et Max Margan,

 

26 janvier 2017

 

url de l’article:

https://warriorpublications.wordpress.com/2017/01/26/australia-thousands-march-against-invasion-day-celebrations/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Une bagarre s’est déclanchée entre la police et des milliers de manifestants contre le “jour de l’invasion” de l’Australie, après qu’un homme ait voulu mettre le feu à un drapeau.

Les manifestants, enroulés dans des drapeaux aborigènes, ont marché dans Ultimo à Sydney le jour de la fête nationale australienne, étiquetant l’arrivée de la première flotte (anglaise) en 1788 un “jour de meurtre”.

Des vidéos choquantes montrent un policier attrapant un manifesrant autour de la taille en le poussant ensuite au sol alors qu’un autre policier lui saute sur le visage tandis que de la fumée les entoure.

D’autres manifestants brandissaient de longs bâtons et certains furent vus essayant de disperser la fumée avec des vêtements.

Un manifestant fut arrêté après avoir soi-disant voulu mettre le feu à un drapeau (australien), la police utilisant un petit extincteur pour éteindre un petit feu.

La police a dit qu’elle interrogeait un jeune de 20 ans en relation avec un “incident isolé dans ce qui fut autrement une manifestation très pacifique”. Un policier a été blessé dans une échauffourée et a été conduit à l’hôpital d’après la chaîne ABC News.

La première ministre de la province de Nouvelle-Galles du Sud (NSW), Gladys Berejiklian a dénoncé la violence en disant qu’elle était “déçue” du déroulement de la journée.

“Nous sommes en démocratie et tout le monde a le droit de manifester, mais aujourd’hui est au sujet de célébrer ce qui nous rassemble et je pense que la plupart des gens sont très déçus de ce qu’ils ont vu aujourd’hui.” A t’elle dit. “Ce n’est pas acceptable de faire cela en un jour comme aujourd’hui, mais quoi qu’il en soit, vous êtes libres d’exprimer vos points de vue.”

Avant que la manifestation ne tourne à la violence, la foule, avec beaucoup de personnes arborant le drapeau aborigène, se rassemblèrent à Redfern où ils écoutèrent des discours dénonçant la célébration de la fête national australienne que beaucoup d’indigènes voient comme “le jour de l’invasion”.
Quelques milliers de personnes, criant des solgans tels que: “Toujours été et sera toujours une terre aborigène”, ont défilé dans le centre ville de Sydney.

“C’est une disgrâce nationale que d’avoir un jour de congé le jour de cette fête nationale, un jour qui a marqué le début du génocide”, a dit l’organisateur Dave Bell à la foule présente.

“Il y a énormément de tristesse attachée à ce jour néfaste. Asseyons-nous ensemble et trouvons une journée qui nous aidera à aller de l’avant dans la célébration.”
Le sénateur écologiste lee Rhiannon a twitté que 10 000 personnes prirent part à la manifestation, mais la police n’a reconnu que “quelques milliers”.

Un homme torse nu a rejoint les manifestant avec l’inscription “Rien à foutre de la fierté australienne” (“Fuck Aussie Pride”) en travers de son dos.

Tout comme les manifestants à Sydney, environ 3000 manifestants se sont rassemblés devant le parlement de Melbourne avant que la foule ne grossisse, rassemblant toujours plus de gens alors que la manifestation se déplaçait sur le même parcours que la parade de la fête nationale avait emprunté une demie-heure plus tôt.

“On ne célèbre pas le 11 septembre, on ne célèbre pas Hiroshima, c’est vraiment stupide de célébrer ce jour”, a dit Michael Planske durant la manifestation.

Les gens ont aussi marché pour protester contre la fête nationale australienne dans les villes de Hobart, Brisbane, attirant d’énormes foules.

A Canberra, quelques centaines de manifestants ont marché de la tente de l’ambassade aborigène aux portes du parlement en criant: “Toujours été, sera toujours terre aborigène”.

Puis ils ont fait in sit-in d’une heure devant les portes du bâtiment, demandant qu’un traité soit établi aors qu’une ligne de défense policière s’était formée pour interdire l’accès au bâtiment.

“Que voulons-nous ? Un traité. Qu’avons-nous eu ? Que dalle”, entonnèrent-ils.

Occident, colonialisme et génocide passé et présent: L’Australie et la continuité ethnocidaire coloniale (John Pilger)

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L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux s’émancipant de l’idéologie colonialiste et se tenant la main dans la main avec les peuples autochtones du monde pour un retour planétaire à la société humaine naturelle, égalitaire, solidaire, anti-autoritiare et anti-étatique. La connexion des peuples occidentaux avec les luttes indigènes d’auto-détermination sera le salut de l’humanité. Parce que nous sommes tous des colonisés !…

— Résistance 71 —

 

Famine en Australie: le sale secret d’Utopia

 

John Pilger

 

11 Avril 2016

 

url de l’article original:

http://johnpilger.com/articles/starvation-in-australia-utopia-s-dirty-secret

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

J’ai reçu un coup de téléphone de Rosalie Kunoth-Monks l’autre jour. Rosalie est une ancienne du peuple Arrernte-Alyawarra qui vit sur Utopia, une vaste région dans le “cœur rouge” de l’Australie. La ville la plus proche est Alice Spring (Territoire du Nord), plus de 300km au travers un très ancien paysage de spinifex et de nuages de poussière rouge tourbillonnants. Les premiers Européens qui vinrent ici, peut-être rendus fous par la chaleur, ont imaginé une Utopia blanche dont ils n’avaient aucun droit pour ce faire ; car c’est un endroit sacré, la patrie, la terre ancestrale de la plus vieille présence continuelle humaine sur la planète Terre.

Rosalie était sous stress, défiante et éloquente. Sa distinction caractéristique de quelqu’un qui n’a pas peur de parler, de l’ouvrir dans une société si souvent sourde aux cris et aux angoisses de son peuple premier, son unicité singulière, sont bien mérités. Elle apparaît dans mon film documentaire “Utopia” (2013) avec une description très intense d’un peuple ignoré, mis à l’écart: “On ne veut pas de nous dans notre propre pays.” Elle a décrit l’héritage d’un génocide : un mot que l’australie politique craint et fuit.

Il y a une semaine, Rosalie et sa fille Ngaria ont alerté que les gens meurent de faim sur Utopia. Elles ont dit que les anciens du peuple indigène des terres ancestrales n’ont reçu aucune nourriture d’un programme pour les personnes âgées du gouvernement australien et géré, administré par le conseil régional. “Un vieux monsieur en phase terminale de maladie de Parkinson a reçu deux paquets de viande hâchée et du pain blanc”, a dit Ngaria, “La vieille dame qui vit près de chez lui n’a elle rien reçu”. Appelant pour des largages de vivres, Rosalie dit: “La communauté entière, incluant des enfants et les anciens n’ont souvent rien à manger quotidiennement.” Elle et sa fille Ngaria et leur communauté ont fait à manger et distribué de la nourriture du mieux possible.

Ceci n’est pas rare. Il y a quatre ans, je me suis rendu dans le cœur rouge et y ait rencontré la Dr. Janelle Trees, une médecin généraliste dont les patients aborigènes vivent à quelques kilomètres de stations balnéaires pour touristes ayant des suites à 1000 dollars la nuit à proximité de Uluru (Ayer Rock). Elle m’a dit: “La malnutrition est très commune. J’ai voulu donner à un patient un anti-inflammatoire pour une infection qui serait anticipable si les conditions de vie étaient meilleures, mais je n’ai pas pu lui administrer parce qu’elle n’avait pas assez de nourriture nécessaire pour pouvoir ingérer les tablettes en toute sécurité. Je sens parfois que je gère des situations médicales au sein de la classe laborieuse anglaise au début de la 1ère révolution industrielle.

Il y a de l’amiante dans beaucoup des maisons aborigènes et quand quelqu’un a une fibre d’amiante dans les poumons et développe un mésothélioma, le gouvernement s’en moque. Lorsque les enfants ont des infections chroniques et terminent dans ces statistiques incroyables concernant les peuples indigènes mourant de maladie rénale et vulnérables à des ratio battants tous les records du monde pour les maladies cardiaques rhumatismales, rien n’est fait. Je me pose la question: pourquoi ?

Quand Rosalie m’a appelé d’Utopia, elle a dit: “Ce n’est pas tant la famine physique qui importe que le traumatisme subi par mon peuple, des communautés dans leur entièreté. On nous trompe tout le temps. L’Australie blanche met en place des organisations et des structures qui prétendent nous aider, mais ce n’est qu’une prétention, rien de plus. Si nous nous y opposons, c’est un crime. Le simple fait d’appartenir est un crime. Le suicide est rampant. (elle me donne alors des détails de la souffrance de sa famille). Ils sont là pour assassiner nos valeurs, pour briser notre mode de vie traditionnel jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de nous”. (NdT: ethnocide, débouchant sur le génocide, modus operandi classique)

Le conseil régional de Barkly dit que son programme pour les personnes âgées fonctionne et proteste que le conseil est “le plus pauvre des trois tiers du gouvernement et est très dépendant des gouvernements des Territoire du Nord et fédéral pour son financement afin de rendre ces services au fin fond de la brousse.” Barbara Shaw, la présidente du conseil, est d’accord pour dire que “c’est totalement inacceptable que des gens doivent être affamés dans un pays si riche et développé que l’Australie” et que “cela est écœurant et mal que des indigènes expérimentent une telle pauvreté.”

La famine et la pauvreté et la division souvent semées parmi les peuples indigènes eux-mêmes alors qu’ils essaient d’identifier ceux responsables, proviennent en grande partie d’un épisode extraordinaire connu sous le nom de “l’intervention”. Ceci est le sale secret de l’Australie.

En 2007, le premier ministre australien d’alors John Howard, envoya l’armée dans les communautés aborigènes du Territoire du Nord pour “sauver les enfants” qui, comme l’affirmait son ministre des affaires aborigènes Mal Brough, étaient harcelés et abusés par des gangs pédophiles en “nombres impensables”.

Exposée par la suite comme une vaste fraude par la Commission Australienne sur le Crime, la police de l’état du Territoire du Nord et un rapport dythirambique de pédiâtres, cette “intervention” permit néanmoins au gouvernement de détruire bien des vestiges de l’auto-détermination du Territoire du Nord, la seule partie de l’Australie où les peuples aborigènes avaient gagné des droits territoriaux fédéralement régulés. Ici, ils avaient administré leur patrie avec la dignité de l’auto-détermination et en connexion avec la terre et leur culture et, comme Amnesty International le rapporta, une baisse de plus de 40% du taux de mortalité. La distribution de la nourriture ne fut jamais un problème.

C’est cette “vie traditionnelle” qui est un anathème à une industrie blanche parasitique de fonctionnaires, de contractants, d’avocats et de consultants qui contrôle et souvent profite grassement de l’Australie aborigène, ne serait-ce qu’indirectement au travers des structures corporatrices imposées aux organisations indigènes. Les terres ancestrales reculées sont vues comme une menace idéologique, car elles expriment un communalisme en porte-à-faux avec le néo-conservatisme qui régit l’Australie et demande “l’assimilation”.

C’est comme si l’existence persistante d’un peuple qui a survécu et résisté à maintenant plus de deux siècles de massacre colonial et de vol manifeste, demeure un spectre sur l’Australie blanche: une réminiscence de ceux à qui la terre appartient vraiment.

Note de Résistance 71: Replacez cette judicieuse remarque de Pilger dans le contexte des Etats-Unis, du Canada, de la Nouvelle-Zélande, d’Israël et des pays d’Amérique latine. Le même schéma se répète partout… Il est la clef de compréhension des solutions du futur: un peuple occidental émancipé se tenant la main dans a main avec les peuples indigènes du monde pour la construction de la société juste, équitable, solidaire et donc libre de tous pour tous, entre nous qui partageons cette même planète…

Je connais ces communautés et leur peuple qui m’ont montré les conditions qui leur étaient imposées. Beaucoup se sont vus refuser l’eau courante, l’assainissement des eaux et l’électricité. Que les conditions nutritives de base rejoignent maintenant cette liste n’est en rien surprenant.

D’après un rapport de richesse globale émanant de la banque du Crédit Suisse, l’Australie est l’endroit le plus riche de la planète. Les politiciens de Canberra en sont parmi ses plus riches citoyens ; ils adorent suspendre de l’art aborigène sur les murs blancs de leurs bureaux et dans leur parlement moderne. Leur dotation auto-générée est légendaire. La dernière ministre en date du parti travailliste (NdT: équivalent PS en France) pour les Affaires Aborigènes, Jenny Macklin, a fait refaire son bureau au frais du contribuable australien pour la modique somme de 331 144 A$ (225 000 Euros). Durant son ministère, le nombre d’Aborigènes vivant dans la pauvreté et dans des bidonvilles a augmenté de près du tiers.

Quand le professeur James Anaya, le très respecté rapporteur de l’ONU pour les droits des peuples indigènes, décrivit “l’intervention” australienne comme étant raciste, le porte-parole de l’opposition sur les affaires indigènes, Tony Abbott, a dit à Anaya “d’aller se faire voir aileurs” et de ne pas toujours “juste écouter la vieille brigade des victimes”. Abbott fut promu premier ministre de l’Australie, il fut évincé l’an dernier.

Lorsque j’ai commencé à filmer l’Australie indigène il y a quelques trente années, une campagne mondiale avait lieu pour mettre fin au régime d’apartheid en Afrique du Sud. Ayant rapporté depuis l’Afrtique du Sud, je fus frappé par la similarité entre la suprématie blanche et la complaisance, le sentiment de défense et l’indifférence des gens que se voyaient eux-mêmes comme libéraux. Par exemple, l’incarcération des noirs en Australie et bien plus importante per capita que celles des noirs en Afrique du Sud de l’apartheid. Les indigènes ici vont en prison, sont tabassés et meurent en détention de manière très routinière. Dans les communautés désespérées, de jeunes enfants, parfois aussi jeunes que 10 ans, se suicident.

Et pourtant, pas encore d’opprobe internationale, pas de boycotts, n’ont perturbé la surface de l’Australie “la chanceuse”. Comme l’appel de Rosalie nous le rappelle, cette surface se doit d’être pulvérisée sans plus de délai.

Résistance au colonialisme: Pour l’université de Nouvelle-Galles du Sud, Cook a « envahi et colonisé » l’Australie…

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“Pourquoi ne nous a t’on rien dit ? Pourquoi les mêmes questions refont-elles inlassablement surface comme si beaucoup de gens, en des temps différents, en des endroits différents, lisaient en fait le même script ? Pourquoi tant de gens posent-ils les mêmes questions sur eux-mêmes, sur moi, sur leur éducation, leur héritage, sur la totalité de la société australienne ?”

~ Henry Reynolds, 1999 ~

 

Une université australienne (université de Nouvelle-Galles du Sud) dit que les Anglais ont envahi l’Australie au XVIIIème siècle

Press TV

31 Mars 2016

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/Detail/2016/03/31/458399/Australia-university-guidelines-Captain-Cook/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Une université australienne de renom a défendu sa décision de conseiller à ses étudiants d’utiliser le terme “d’envahi” plutôt que celui “d’établi” pour décrire l’arrivée des Britanniques dans le pays au XVIIIème siècle.

L’Université de Nouvelle-Galles du Sud (UNSW) a maintenu sa décision d’utiliser aussi le mot “d’occupée” et de “colonisée” en ce qui concerne l’appropriation de la terre après avoir été accusée de “réécrire l’histoire”.

Il est fortement conseillé aux étudiants de l’UNSW de ne pas dire que James Cook a “découvert” l’Australie, faisant remarquer que les peuples aborigènes et les insulaires du détroit de Torrès vivaient là bien longtemps avant l’arrivée de Cook.

Décrire l’arrivée des Européens comme un ‘établissement’ est une tentative de voir l’histoire australienne depuis les côtes de l’Angleterre plutôt que depuis les côtes de l‘Australie elle-même.” expliquent les recommandations.

Le capitaine Cook est arrivé: il était donc impossible pour Cook d’être la toute première personne à ‘découvrir’ l’Australie. La plupart des Aborigènes natifs du continent trouvent offensant l’utilisation du mot ‘découverte’ “ est-il dit dans les recommandations.

Les étudiants sont aussi avisés d’utiliser le terme “peuple aborigène” plutôt que le terme “Aborigènes”.

Ces recommandations ont déclenché la colère de plusieurs commentateurs, le quotidien australien du Daily Telegraph menant la meute des critiques imprimant en manchette de sa Une: “L’Université de Nouvelle-Galles du Sud réécrit les livres d’histoire pour dire que Cook a envahi l’Australie”. L’université a balayé les accusations qui disent qu’elle essaie de “dicter” le langage à utiliser par ses étudiants.

Le guide de recommandations n’impose aucunement quel langage doit être utilisé. Il utilise plutôt un format de démonstration de ce qui est approprié ou pas en donnant de multiples exemples,” a dit l’université.

Reconnaître le pouvoir du langage utilisé, le guide de la terminologie est fait pour être une ressource dans l’assistance aux personnels et aux étudiants de décrire correctement les peuples australiens indigènes dans leur histoire et leur culture”, explique la déclaration.

L’université est décidée à donner à tous nos étudiants une expérience d’enseignement inclusive et positive en respectant et en apprenant aux sujets des peuples indigènes, ceci fait partie de cela.

Une politicienne australienne de tout premier rang a pris position pour l’UNSW et ses recommandations, disant qu’elle soutenait toutes les universités à enseigner “la vérité”.

Depuis des années, les écoles et institutions australiennes n’ont pas dit la vérité au sujet de la manière dont fut établie l’Australie”, a dit Mercredi dernier la premier ministre de la province du Queensland Annastacia Palaszczuk.

Beaucoup d’indigènes du continent ont perdu la vie, ils furent massacrés et la vérité doit toujours être dite”, a t’elle dit. Il y avait déjà plus de 250 nations de peuples aborigènes vivant sur la côte Est de ce qui est aujourd’hui l’Australie lorsque Cook a pris possession de la terre pour le compte de la couronne et de l’empire britannique en 1770.

On refusa plus tard à ces peuples leurs droits à la terre, à leur citoyenneté et un statut d’égalité durant le processus de la colonisation et de la confiscation des terres.

Environ 500 000 personnes de la population actuelle de 22 millions de l’Australie, clâment un héritage et des valeurs culturelles aborigènes.

Amnesty International a critiqué le gouvernement australien pour ce qu’il décrit comme étant une politique raciale discriminatoire envers les peuples aborigènes.

Les communautés indigènes sont considérées comme étant les plus désavantagées en Australie, souffrant d’un bien plus haut taux d’incarcération, de chômage, de détresses sanitaires, médicales et de mortalité infantile que le reste de la population.

Résistance politique: « Jour de Survie » aborigène en Australie, appel à l’action directe de John Pilger contre l’apartheid australien…

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En vieillisant John Pilger prend de plus en plus les allures militantes d’un Howard Zinn.
Pilger boucle la boucle, Australien exilé en GB pour une carrière journalistique d’enquête d’exception, il a réalisé trois documentaires sur l’ignominie coloniale de son pays, l’Australie, le dernier en date “Utopia” fut projeté sur les écrans en 2014. Sa carrière l’a amené à réaliser des documentaires exceptionnels (que l’on peut voir sur son site internet gratuitement http://johnpilger.com ) sur la guerre du Vietnam, le Cambodge post Khmer Rouge (Pilger fut le premier journaliste à entrer au Cambodge après sa libération par les troupes vietnamiennes et à rapporter de l’horreur intra muros, cf son remarquable documentaire: “Cambodia Year Zero” et deux autres qui s’ensuivirent), la guerre génocidaire au Timor Oriental et bien d’autres.
Au crépuscule de sa carrière et de sa vie, il revient aux origines, son Australie natale et le toujours vivace problème de son idéologie raciste et colonialiste. Pilger sera t’il un fédérateur du mouvement aborigène ? Fera t’il le lien entre le colonialisme australien et ceux des Etats-Unis, du Canada et de la plus proche Nouvelle-Zélande ? Le monde a besoin maintenant d’un mouvement fédérateur de résistance native et non-native, active, au colonialisme incessant de l’occident et de sa société anglo-saxonne aujourd’hui toujours plus dominante et oppressive que jamais. Souhaitons-le, espérons-le. Il aura toujours plus de notre soutien, parce que l’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie colonialiste qui les oppriment à un degré moindre et qui se tiendront côte à côte, main dans la main, avec leurs frères autochtones de tous les continents pour mettre en place, enfin, une “société des sociétés » égalitaire, non-coercitive, anti-autoritaire et autogérée. Cet appel au véritable socialisme anti-capitaliste et anti-étatique, en retour à l’esprit originel sociétal humain (la véritable “nation”), est la voie du futur pour une humanité émancipée et libre.

~ Résistance 71 ~

“Au XIXème siècle, nous avons dû aller au-delà nos propres limites constitutionnelles pour mettre fin à l’esclavage.”

“Notre époque a besoin de l’esprit de Tom Paine, de Frederick Douglass, de celui d’Henry David Thoreau et d’Eugene Debs.
Laissez l’État se soucier de son pouvoir. La marque dans l’histoire de notre gouvernement, de fait de tous les gouvernements, est une marque de violence, de cruauté, de ruguosité, d’intrusion. Nous, membres de la nation, ferions mieux d’augmenter notre propre pouvoir, parce que nous sommes simplement les défenseurs les plus dépendants de notre propre liberté.”
~ Howard Zinn ~

“’L’État est au citoyen ce que le maître est à l’esclave.”
~ Socrate ~

 

Jour de survie ou les sombres secrets de l’Australie et sa politique malhonnête

“L’Australie est une version de L’Afrique du Sud de l’apartheid… Demandez à un noir sud-africain qui a regardé derrière la façade…”

John Pilger

26 janvier 2016

url de l’article (avec vidéo du discours):

http://www.informationclearinghouse.info/article44052.htm

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 26 janvier 2016, John Pilger a parlé lors d’une manifestation devant l’hôtel de ville de Sydney au sujet de la signification cachée du “Jour de Survie”.

Vidéo du speech de Pilger que nous mettrons aussi en section commentaire:

http://vimeo.com/153153967 durée: 6min40

 

Pourquoi sommes-nous ici ? Pourquoi faisons-nous ceci tous les 26 janvier, année après année ? Bien sûr nous savons pourquoi, le peuple indigène dit à l’Australie: “Regarde, nous sommes toujours là ! Nous avons survécu aux massacres et au cynisme. Nous avons suvécu !”

Mais est-ce suffisant, je me le demande ? Est-ce que la survie sans l’action est vraiment suffisante ?

Les sources du pouvoir en Australie, spécifiquement le pouvoir politique et médiatique, tirent à la fois confort et leurre de l’idée même du “Jour de Survie”.

Oui, oui, disent-ils, nous comprenons bien. Nous avons une place pour vous sur la grande façade australienne, juste à côté de Qantas, d’Anzac et de Fair Go. Leur leurre est que tant que le peuple indigène a un rôle factice dans le grand théâtre d’Australia Day, alors tout va bien. Tant qu’il y a un peu de danse et de cérémonie de fumer sur Harbour Bridge, alors tout va bien.

Les sociétés comme l’Australie, avec leurs sombres secrets et politique malhonnête, se nourissent d’image et de symbole. Elles admirent leur propre image de patriotisme stupide, irraisonnée, tout en admirant secrètement leur capacité de réduire au silence et de détourner le mécontentement, la dissidence ainsi que de contrôler, de phagocyter les gens pour que rien ne change jamais. C’est un système raffiné de division. Comment fonctionne t’il ?

Prenez par exemple l’idée de “réconciliation”. Pas mal, mais qu’est-ce que cela veut dire ? Qui a t’il à réconcilier entre l’oppression et la souffrance, la pauvreté et le privilège ? Est-ce que cela inclut la justice ? Bien sûr que non ! La réconciliation n’est que pour faire se sentir bien la majorité en faisant quelques gestes symboliques et autres discours tout aussi symboliques. Rien de plus.

Est-ce acceptable pour nous aujourd’hui ?

Est-ce que ceci est acceptable pour ceux d’entre nous qui savent que l’Australie est une version de l’apartheid sud-africain ? Demandez à un Africain du Sud noir qui a regardé derrière les façades…

Est-ce que l’idée du Jour de Survie est suffisante pour les jeunes-hommes indigènes qui meurent avant l’âge de 40 ans ?

Est-ce suffisant pour ceux qui succombent à la terrible détresse et à la violence en prison et en détention policière ?

Est-ce suffisant pour cette jeune femme indigène de 22 ans d’Australie de l’Ouest, son nom était Mlle Dhu, qui est morte en détention et qui fut moquée par les policiers alors qu’elle baignait dans son propre vomi ?..

Est-ce suffisant pour les enfants qui deviennent sourds et aveugles à cause de maladies de la pauvreté ?

Est-ce suffisant pour les centaines de familles à qui on donne l’assaut au petit matin pour leur voler leurs enfants ?

Les banderoles pour l’Australia Day sur George Street dans Sydney nous le disent aussi: Relaxez-vous, amusez-vous, réfléchissez. Personnellement, je rajouterai une autre banderole sur fond rouge sang où il serait inscrit la chose suivante: “Aucun pays depuis l’Afrique du Sud de l’apartheid n’a été plus condamné par l’ONU pour son racisme que l’Australie.” Il est temps, grand temps de faire tomber les façades. L’image est un mensonge. Aucune autre nation coloniale n’a fait si peu de chose pour venir à termes avec son peuple indigène. Aucune nation coloniale n’a fait si peu pour faire tomber la mentalité coloniale qui nous emprisonne toutes et tous dans le passé.

Ce que je trouve de particulièrement tragique est cette peur cachée, non dite instillée dans la toute petite classe indigène éduquée.Cette peur dit qu’à moins qu’ils n’agitent le drapeau (australien), même défensivement, ils seront largués du bus des privilèges blancs en rase campagne. Jusqu’à ce qu’un traité moral et légal ne soit signé avec les nations premières de ce pays, il n’y aura jamais que quelques poches de privilèges et aucune justice en quoi que ce soit.

Par traité, je veux dire une série historique de lois qui rende au peuple indigène son pouvoir sur sa propre vie et ses communautés et un partage de droit de la vaste richesse de l’Australie… Un traité qui inscrive l’obligation légale pour l’éducation, le logement et la couverture sociale et de santé.

Ceci se produira seulement si chaque jour n’est pas seulement un “Jour de Survie”, mais un jour d’action ; d’action directe. De ce type d’action directe qui horrifie les médias qui gardent le système du diviser pour mieux régner.

Mais par dessus tout, n’ayez pas peur. L’action directe est la seule raison pour laquelle nous avons encore quelques libertés en Australie, Lisez le rendu du verdict du procès de Lionel Murphy par la haute cour, ce grand juriste et réformateur, qui en 1982 a dit que le peuple aborigène avait tous les droits de se défendre et de lutter en retour. Murphy cita Oscar Wilde disant que sans ce qu’il appelait “l’agitation”, l’action directe, “il n’y aurait aucune avancée vers la civilisation.” Il est de votre ressort de décider comment vous allez agir ; mais vous devez le faire. Il n’y a plus d’alternative maintenant. (NdT: ici John Pilger, grand ennemi du thatchérisme, joue avec l’expression qui a rendu tristement célèbre Margaret Thatcher: “There Is No Alternative”, qui fut traduit par l’acronyme TINA)

Une chose est certaine: peu importe le nombre de drapeaux qui seront agités aujourd’hui, jusqu’à ce que l’Australie Indigène puisse reprendre sa nationalité, le reste d’entre nous ne pourra jamais affirmer la sienne.