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Résistance au colonialisme: 26 janvier « Jour de l’Invasion » ou briser le Grand Silence Australien

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26 janvier 2018, un autre jour de l’invasion en terre australe

 

Résistance 71

 

26 janvier 2018

 

Dans leur grande mascarade habituelle, les chantres du colonialisme occidental fêtent ce qu’ils appellent “Australia Day” tous les 26 janvier en commémoration de la prise de possession de la plus grande île du monde, l’Australie, par la troupe impériale de sa très disgrâcieuse empaffée.

Si beaucoup d’encre alimentée par les témoignages a coulé sur le destin tout aussi tragique qui a sévi sur les populations autochtones des continents africain et américain, on sait peu de l’invasion, du vol, du pillage et de l’appropriation de ces lointaines terres australes par ces colons blancs et chrétiens, les mêmes ou peu s’en faut qui sévirent sous d’autres cieux, ce pour le bien des “sauvages” et l’expansion de la “civilisation” bien entendu.

Depuis 1788, date néfaste d’arrivée des bateaux britanniques au sud de ce qui est aujourd’hui Sydney, à Botany Bay, la chape du “Grand Silence” s’est étendue sur un continent entier. Rien ne semble avoir existé avant et juste après l’arrivée des colons, qui agirent sous la doctrine du “terra nullius” voulant que lorsque les forces impériales arrivent quelque part, elles arrivent dans un grand désert humain et se saisissent des terres et ressources vacantes. Officiellement, personne ne vit là, puisqu’il n’y a pas de blancs chrétiens, seuls dignes de considération.

Ainsi donc, un pays artificiellement créé sur un vol de terre flagrant n’est pas soudainement frappé d’amnésie sur son passé, il fonctionne et écrit son histoire moderne sur une ardoise vierge en maintenant ce mécanisme narratif du “il ne s’est rien passé puisque la terre était vierge à notre arrivée”… Et pourtant l’histoire est toute autre. Certains historiens ont levé la chape de plomb dont est enveloppée l’histoire de cette jeune colonie. L’un d’entre eux est le professeur Henry Reynolds, historien, chercheur à l’université de Tasmanie, qui a publié plusieurs livres dont son devenu célèbre ouvrage “Pourquoi ne nous a t’on rien dit ? Une recherche personnelle pour la vérité au sujet de notre histoire”, publié en 1999 aux éditions Penguin Australia.

Nous en avons traduit quelques exergues à l’occasion des célébrations du “jour de l’invasion”, échantillons qui font monter le volume sur l’exécrable bruit de fond du “Grand Silence” australien. Laissons lui donc la parole…

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-[]- Pourquoi ne savions nous pas ? Pourquoi ne nous a t’on rien dit ? Pourquoi la même question revient-elle toujours encore et encore de la part des gens qui au gré des différentes époques ont souvent agi comme s’ils lisaient tous le même script ? Pourquoi tant de gens se demandent-ils, me demandent-ils, toujours les mêmes questions sur leur éducation (historique), leur héritage culturel et sur l’ensemble de la société australienne ?…

[…] J’ai commencé à lire au sujet de l’histoire de l’Australie durant ma licence en 1959, puis lors de ma maîtrise en 1961-62… Les livres qui me donnèrent une compréhension rudimentaire de notre histoire nationale ne fournissaient aucune logique sur les problèmes et conflit récurrents. Le passé et le présent semblaient n’avoir aucune connexion l’un avec l’autre. En 1916, l’historien Ernest Scott publia un livre qui devint essentiel dans le système éducatif australien: “Une courte histoire de l’Australie”. Dans ce livre, Scott expliquait comment l’histoire de l’Australie commença avec un “grand espace vide sur la carte” qui fut au fur et à mesure comblé en résultat de l’aventure de la découverte européenne. Les Aborigènes n’y furent mentionnés subrepticement que 4 fois dans tout l’ouvrage.

[…] En 1966, je fus professeur dans un collège à Townsville (Queensland) […] mes cours y reflétaient l’état de l’histoire écrite australienne de l’époque. Le livre que j’utilisais pour mes cours était bien entendu le classique “L’Australie: une histoire politique et sociale”, livre compilation édité par le professeur Gordon Greenwood.

Une des caractéristiques les plus étonnantes du livre de Greenwood était que les Aborigènes en étaient pratiquement complètement absents. Ils ne furent mentionnés que 4 fois, en passant. Ils n’eurent même pas droit à une note dans l’index de fin de livre. Dans son chapitre sur “L’ascendance pastorale 1820-50”, l’historien économique R.M. Hartwell a déclaré que dans sa période désignée l’Australie avait “de larges pans de terres vides pour les pâturages, une terre qui n’attendait qu’à être occupée.” Plus loin il insistait sur un point: “En tant que processus de colonisation, l’aménagement de la terre fut peu compliqué: le continent était vide, car les infortunés Aborigènes n’offraient aucune opposition culturelle ou économique sérieuse et les colonisateurs n’étaient que d’une seule nationalité.”

[…]

Plus je lisais et plus il devenait clair qu’entre 1900 et 1960, les Aborigènes furent littéralement sortis de l’histoire australienne. “Le Grand Silence Australien” s’est étendu sur la nouvelle nation dès sa fédération et ne fut pas brisé pendant plus d’un demi siècle. En 1959, un professeur d’histoire à l’université nationale australienne, J.A. La Nauze, fit une conférence à ses pairs  sur l’écriture de l’histoire nationale pendant les trente années s’étalant de 1929 à 1959. Il nota un profond manque d’intérêt pour les Aborigènes et ceci était de fait une des caractéristiques principales du manque dans l’écriture historique qui se démarquait des autres histoires racontées dans d’autres sociétés coloniale blanches: “à l’encontre des Maoris de Nouvelle-Zélande, des Amérindiens ou des Bantous d’Afrique du Sud, l’aborigène australien n’est noté dans notre histoire que comme une note anthropologique mélancolique de bas de page.” Néanmoins, La Nauze ne trouva pas cela bizarre et ne dit pas que cela se devait de changer.

[…]

Au cours de ma recherche, je suis retourné vers Greenwood et son Australie et l’ai vu de mes propres yeux. C’était un des derniers et un des plus signifiant produits du culte de l’oubli du pays. […] Comme beaucoup de jeunes universitaires en Australie à cette époque, j’ai noté la relégation aborigène dans l’obscurité avec une intense insatisfaction qui souvent explosait en cris de colère à la condescendance culturelle et l’insensibilité que cela impliquait. Nous sentions bien que l’Australie avait sérieusement été trahie par ses historiens.

[…]

La terrible vérité fut que dans ces zones “pionnières” où blancs et noirs vivaient côte à côte, les Européens avaient virtuellement pouvoir et droit de vie et de mort sur les Aborigènes. Ceci fut effectif dans les endroits les plus reculés de l’Australie jusqu’à la fin des années 1930. Quiconque pouvait tuer un homme aborigène ou violer une femme aborigène sans risquer grand-chose devant un tribunal.

[…]

Un correspondant anonyme du Lancaster Advertiser écrivit ceci au journal en 1831:

“[…] Sont-ils même des sujets britanniques ? Ou sont-ils des ennemis étrangers qui n’ont pas encore été subjugués et qui résistent notre autorité et domination usurpées ? Nous sommes en guerre contre eux ! Ils nous regardent comme des ennemis, des envahisseurs, des agresseurs et des persécuteurs. Ils résistent à notre invasion. Ils n’ont jamais été subjugués, ils ne sont donc pas des sujets en rébellion, mais une nation blessée, se défendant à sa façon, défendant ses possessions de droit qui lui ont été arrachées de force…

[…] Ainsi en Tasmanie, comme nous l’avons vu, les officiers de l’armée comparèrent les tactiques employées par les Aborigènes avec celles de la guérilla qu’ils avaient observé en Espagne lors des guerres de conquête napoléoniennes. A la fin des années 1850, les habitants de la province du Queensland faisaient même un parallèle avec la mutinerie indienne. En 1861, un membre de l’assemblée du Queensland a dit à ses collègues qu’ils devaient considérer les Aborigènes comme une “tribu hostile, comme ils le firent des Maoris de Nouvelle-Zélande”. En 1865, des colons du nord Queensland argumentaient que les indigènes locaux étaient tout aussi difficiles à gérer que “les hordes sauvages du Soudan”.

[…] Au moins 2000 Européens et 20 000 Aborigènes moururent de mort violente et plus encore furent blessés. Bien des colons en vinrent à réaliser qu’ils étaient impliqués dans une forme de guerre bien distincte et que les Aborigènes étaient quant à eux engagés dans une défense tout à fait compréhensible et légitime de leur territoire contre des envahisseurs.

[…] Quelques années plus tard, un colon de Tasmanie leva quelques points sensibles au sujet de la conquête, de la résistance et de la guerre. Il argumenta de la sorte: “Les Aborigènes étaient originellement les propriétaires légaux de l’île… Les colons britanniques avaient pris leur terre de force, ils les avaient persécutés, les avaient sacrifiés… Nous sommes en guerre avec eux: ils nous regardent comme des ennemis, des envahisseurs, des persécuteurs, ils résistent notre invasion…”

[…] De fait, nous ne trouvons aucun problème à considérer nos jeunes hommes mourant pour des bouts de terre en France et en Belgique (1ère guerre mondiale), mais nous avons un problème à admettre que les colons ont combattu pour établir la règle britannique sur l’Australie. Nous aimons penser que le continent nous est tombé sur les genoux et nous balayons d’un revers de main le fait que nous avons tué et détruit pour l’acquérir. Nous nous sentons plus confortables dans la peau d’innocents sous-fifres que de nous voir comme des maîtres et seigneurs calculateurs.

~ Fin de notre traduction des extraits ~

Titre original: “Why Weren’t We Told ? A personal search for the truth about our history”, Reynolds H., 1999, Penguin Australia

 

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Résistance au colonialisme: L’Australie botte en touche la question de la domination en rapport avec la doctrine chrétienne de la découverte (Steven Newcomb)

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Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux auront de chance d’être répudiés.

— Résistance 71 ~

 

La réponse de l’Australie à la doctrine de la découverte

Éviter l’affaire de la domination qui réside au sein de la doctrine de la découverte

 

Steven Newcomb

 

17 mars 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/australias-response-doctrine-discovery/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

A lire: le livre de Steven Newcomb (larges extraits traduits par nos soins) en version PDF: « Païens en terre promise, décoder la doctrine chretienne de la découverte » (2008)

 

En 2012, au Forum Permanent sur les Problèmes Indigènes de l’ONU, Kate Gumley, alors chef de la délégation australienne, avait fait un discours intitulé: ”La doctrine de la découverte”. Le premier paragraphe de ce document illustre très bien comment le gouvernement australien bottait subtilement en touche le problème de la domination. “Le point clef de l’agenda de la discussion de cet après-midi est la doctrine de la découverte, un concept de droit public international qui a reçu l’attention de ce forum parce qu’il adresse directement la question de la conquête légale [de la terre] durant la période de la colonisation [sic].” (NdT: autant d’hypocrisie et d’aplomb mensonger est à peine croyable, mais c’est comme çà qu’ils s’en sortent…)

Les hauts-fonctionnaires du gouvernement australien qui ont écrit cette déclaration n’ont pas identifié la question que les représentants des peuples indigènes soulevaient en appelant à la focalisation sur la soi-disant “doctrine de la découverte”. Ce que l’état australien a cadré comme étant une “conquête légale” n’est, en fait, rien d’autre que l’affirmation par des gouvernements d’état de la possession d’un “droit de domination” sur nos peuples et nations originels.

Si on nous en avait donné l’opportunité, nous aurions pu demander au gouvernement australien: Est-ce que les envahisseurs ont le droit de dominer d’autres nations sur leurs propres terres et territoires ? Sur quel cadre de référence ou standard de jugement pourrions-nous répondre à cette question ? Sommes-nous obligés par une quelconque loyauté que nous aurions contracté envers nos envahisseurs et leurs descendants de répondre à de telles questions uniquement du point de vue de leur façon de voir ou standards de jugement invasifs ?
Malheureusement, le Forum Permanent des Affaires Indigènes de l’ONU ne se prête pas à un dialogue étendu ou spécifique avec les représentants des gouvernements de quelque état que ce soit, comme l’Australie par exemple. Si j’avais pu entrer dans un tel dialogue avec les délégués du gouvernement australien au sujet de leur intervention, je leur aurais demandé dans quel contexte plaçaient-ils les mots de “conquête” et de “légal” et de quel point de vue ?

Prenez par exemple l’idée de “conquête” comme une affirmation de “victoire” dans le contexte d’une invasion illégale des terres et territoires d’une nation originelle donnée, sur le continent de l’Australie. Au moment de l’invasion, la nation originelle de cet endroit vivait son propre mode de vie, dans son propre pays, dans cette partie du monde bien précise, sans déranger personne. Le but des envahisseurs est de se saisir de ce pays, de cette terre et de contrôler ou de tuer la nation envahie en lui faisant la guerre. Les descendants actuels de ces envahisseurs appellent le système de domination qui en a résulté une “conquête légale”.

En réalité, l’invasion étrangère et ce qui en a découlé est illégitime. Les descendants actuels des envahisseurs tentent de cadrer la “domination” comme étant quelque chose de “légal”. Ils font cela dans un effort de rendre l’invasion et tout l’après celle-ci à l’échelle inter-générationnel, acceptable du point du vue des colonisateurs. Une tactique des envahisseurs et de leurs descendants est de ne juger ou d’évaluer les résultats politiques ou autres que de leur propre perspective. Tout comme les chrétiens fondamentalistes considèrent que leur religion est la seule et unique religion qui vaille ; les envahisseurs et leurs descendants considèrent maintenant leur “avis” sur la “légalité” de l’affaire comme étant le seul, unique et valable “avis” sur la “légalité” en question.

Le philosophe du droit Steven I. Winter fait remarquer que chaque catégorie et chaque doctrine, incluant la “doctrine de la découverte”, “repose sur une image mentale des formes d’association humaine qui sont justes ou réalistes” dans une situation donnée. Aussi loin qu’est concerné l’image mentale des descendants des envahisseurs européens, l’invasion européenne chrétienne et son résultat de domination est à la fois juste et réaliste car fondée sur le christianisme et la bible. Les nations originelles envahies sont étiquetées n’avoir aucun droit fondamental de contester ou de défier le système de domination qui en a résulté.

En maintenant à l’écart les cadres d’interprétation des nations originelles, il devient alors possible pour les envahisseurs et leurs descendants de s’adresser aux Nations-Unies, avec l’identité politique d’un état de domination et de prétendre que ce système de domination qui a émergé en tant que résultat de l’invasion génocidaire de cette terre par leurs ancêtres est une “conquête légale”. Ceci est une partie de la façon dont le gouvernement australien (NdT: quelque soit sa couleur politique, c’est toujours la même chose…) déguise et masque cette image de l’invasion et son résultat en utilisant des euphémismes (des mots sonnant bien pour exprimer de terribles actions) comme par exemple “la légalité de l’installation européenne” (c’est à dire l’invasion, la domination, l’extermination et la déshumanisation) et “travailler en vue d’un futur réconcilié.

Parler de “futurr réconcilié” est un futur dans lequel ceux qui ont été envahis et dominés pendant des générations se seront “réconciliés avec eux-mêmes” afin de vivre de manière permanente sous le système de domination imposé, dans ce cas-ci sous ce qui est appelé “L’État australien”. La construction et la manifestation de ce système de domination est ce que le gouverneent australien étiquette du doux euphémisme de “conquête légale”, affirmant et clâmant ainsi le résultat de domination comme étant un résultat valide et légal.

Tant que nous n’exposerons pas de manière explicite le “système de domination des états”, ce système continuera de détruire des écosystèmes entiers et créera les problèmes que nous avons besoin de résoudre une fois pour toute. Reproduire un système destructeur au nom de la “réconciliation” avec ce même système n’est en aucun cas une recette du succès pour une réelle cicatrisation. Ceci ne fait que créer ce que Gregory Bateson appelait “le double lien” (baisés si on le fait, baisés si on le fait pas). Ce n’est pas suffisant de dire ce en quoi nous sommes en faveur. Nous devons mettre en contraste ce pour quoi nous sommes en faveur avec ce pour quoi nous ne sommes pas d’accord. Le contraste crée une vision plus profonde et révèle le double lien.

Dans le bouquin de James C. Scott: “La domination et l’art de la résistance” (1990), l’auteur (NdT: anthropologue de renom auteur de “Zomia”) cite Barrington Moore pour avoir dit: “Une tâche culturelle principale à laquelle doit faire face un groupe opprimé est de fragiliser ou de faire exploser la justification de la strate dominante.” Quelle est la justification pour la domination de nos nations originelles ? Dans la loi fédérale américaine sur les Indiens, comme ceci est graphiquement illustré de nos jours avec l’affaire de Standing Rock et du DAPL, c’est un empire fondé sur le christianisme qui possède(rait) une destinée manifeste de subjuguer la terre et de dominer tous les êtres vivants pour son profit.

Il est grand temps de rejeter ces systèmes de domination comme étant non seulement invalides mais également humainement inadmissibles en refusant d’accepter ce concept, de ne plus les accepter comme “conquête légale”.

Non au DAPL! Mni Wiconi. L’eau est la vie !

Résistance au colonialisme: Fête nationale australienne… La conscience politique anti-coloniale est en marche !…

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L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debouts, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !

~ Résistance 71 ~

« Pourquoi ne nous a t’on rien dit ? Pourquoi tant de personnes posent-elles toujours cette même question, sur eux-mêmes, sur moi, sur leur éducation, leur héritage, sur la totalité de la société australienne ? »
~ Henry Reynolds, professeur d’histoire et maître de recherche à l’université de Tasmanie ~

 

Des milliers de manifestants en Australie contre les célébrations d’Australia Day

 

Lucy Mae Beers, Ollie Gillman et Max Margan,

 

26 janvier 2017

 

url de l’article:

https://warriorpublications.wordpress.com/2017/01/26/australia-thousands-march-against-invasion-day-celebrations/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Une bagarre s’est déclanchée entre la police et des milliers de manifestants contre le “jour de l’invasion” de l’Australie, après qu’un homme ait voulu mettre le feu à un drapeau.

Les manifestants, enroulés dans des drapeaux aborigènes, ont marché dans Ultimo à Sydney le jour de la fête nationale australienne, étiquetant l’arrivée de la première flotte (anglaise) en 1788 un “jour de meurtre”.

Des vidéos choquantes montrent un policier attrapant un manifesrant autour de la taille en le poussant ensuite au sol alors qu’un autre policier lui saute sur le visage tandis que de la fumée les entoure.

D’autres manifestants brandissaient de longs bâtons et certains furent vus essayant de disperser la fumée avec des vêtements.

Un manifestant fut arrêté après avoir soi-disant voulu mettre le feu à un drapeau (australien), la police utilisant un petit extincteur pour éteindre un petit feu.

La police a dit qu’elle interrogeait un jeune de 20 ans en relation avec un “incident isolé dans ce qui fut autrement une manifestation très pacifique”. Un policier a été blessé dans une échauffourée et a été conduit à l’hôpital d’après la chaîne ABC News.

La première ministre de la province de Nouvelle-Galles du Sud (NSW), Gladys Berejiklian a dénoncé la violence en disant qu’elle était “déçue” du déroulement de la journée.

“Nous sommes en démocratie et tout le monde a le droit de manifester, mais aujourd’hui est au sujet de célébrer ce qui nous rassemble et je pense que la plupart des gens sont très déçus de ce qu’ils ont vu aujourd’hui.” A t’elle dit. “Ce n’est pas acceptable de faire cela en un jour comme aujourd’hui, mais quoi qu’il en soit, vous êtes libres d’exprimer vos points de vue.”

Avant que la manifestation ne tourne à la violence, la foule, avec beaucoup de personnes arborant le drapeau aborigène, se rassemblèrent à Redfern où ils écoutèrent des discours dénonçant la célébration de la fête national australienne que beaucoup d’indigènes voient comme “le jour de l’invasion”.
Quelques milliers de personnes, criant des solgans tels que: “Toujours été et sera toujours une terre aborigène”, ont défilé dans le centre ville de Sydney.

“C’est une disgrâce nationale que d’avoir un jour de congé le jour de cette fête nationale, un jour qui a marqué le début du génocide”, a dit l’organisateur Dave Bell à la foule présente.

“Il y a énormément de tristesse attachée à ce jour néfaste. Asseyons-nous ensemble et trouvons une journée qui nous aidera à aller de l’avant dans la célébration.”
Le sénateur écologiste lee Rhiannon a twitté que 10 000 personnes prirent part à la manifestation, mais la police n’a reconnu que “quelques milliers”.

Un homme torse nu a rejoint les manifestant avec l’inscription “Rien à foutre de la fierté australienne” (“Fuck Aussie Pride”) en travers de son dos.

Tout comme les manifestants à Sydney, environ 3000 manifestants se sont rassemblés devant le parlement de Melbourne avant que la foule ne grossisse, rassemblant toujours plus de gens alors que la manifestation se déplaçait sur le même parcours que la parade de la fête nationale avait emprunté une demie-heure plus tôt.

“On ne célèbre pas le 11 septembre, on ne célèbre pas Hiroshima, c’est vraiment stupide de célébrer ce jour”, a dit Michael Planske durant la manifestation.

Les gens ont aussi marché pour protester contre la fête nationale australienne dans les villes de Hobart, Brisbane, attirant d’énormes foules.

A Canberra, quelques centaines de manifestants ont marché de la tente de l’ambassade aborigène aux portes du parlement en criant: “Toujours été, sera toujours terre aborigène”.

Puis ils ont fait in sit-in d’une heure devant les portes du bâtiment, demandant qu’un traité soit établi aors qu’une ligne de défense policière s’était formée pour interdire l’accès au bâtiment.

“Que voulons-nous ? Un traité. Qu’avons-nous eu ? Que dalle”, entonnèrent-ils.

Colonialisme, génocide et apartheid… La face cachée de l’Australie (John Pilger)

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Utopia

Documentaire de John Pilger (2013)

Source: http://johnpilger.com/videos/utopia 

En 1985, Pilger sort son premier grand documentaire sur son pays natal l’Australie, il y relate les conditions coloniales génocidaires décimant les communautés aborigènes.

2012-13, 27 ans plus tard, Pilger refait un documentaire sur le même sujet: rien n’a changé.

De la « guerre oubliée » au tourisme de luxe dans un camps de la mort reconverti en hôtel en passant par l’hypocrisie criminelle et génocidaire politicarde à la botte des intérêts miniers et du gros business transnational, Pilger nous invite à découvrir l’Australie, la vraie, celle de l’apartheid, du génocide, de l’ethnocide et du racisme colonial institutionnalisé. L’auteur de ces lignes a vécu en Australie et a été témoin en bien des occasions de la perversion coloniale noyée dans l’insouciance consumériste affligeante.

A voir donc en section commentaire: « Utopia » (version anglaise), remarquable documentaire coup de poing de John Pilger, un des tous derniers grands reporters héroïques.

Résistance 71

27 Mai 2016

Résistance au colonialisme: Pour l’université de Nouvelle-Galles du Sud, Cook a « envahi et colonisé » l’Australie…

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“Pourquoi ne nous a t’on rien dit ? Pourquoi les mêmes questions refont-elles inlassablement surface comme si beaucoup de gens, en des temps différents, en des endroits différents, lisaient en fait le même script ? Pourquoi tant de gens posent-ils les mêmes questions sur eux-mêmes, sur moi, sur leur éducation, leur héritage, sur la totalité de la société australienne ?”

~ Henry Reynolds, 1999 ~

 

Une université australienne (université de Nouvelle-Galles du Sud) dit que les Anglais ont envahi l’Australie au XVIIIème siècle

Press TV

31 Mars 2016

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/Detail/2016/03/31/458399/Australia-university-guidelines-Captain-Cook/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Une université australienne de renom a défendu sa décision de conseiller à ses étudiants d’utiliser le terme “d’envahi” plutôt que celui “d’établi” pour décrire l’arrivée des Britanniques dans le pays au XVIIIème siècle.

L’Université de Nouvelle-Galles du Sud (UNSW) a maintenu sa décision d’utiliser aussi le mot “d’occupée” et de “colonisée” en ce qui concerne l’appropriation de la terre après avoir été accusée de “réécrire l’histoire”.

Il est fortement conseillé aux étudiants de l’UNSW de ne pas dire que James Cook a “découvert” l’Australie, faisant remarquer que les peuples aborigènes et les insulaires du détroit de Torrès vivaient là bien longtemps avant l’arrivée de Cook.

Décrire l’arrivée des Européens comme un ‘établissement’ est une tentative de voir l’histoire australienne depuis les côtes de l’Angleterre plutôt que depuis les côtes de l‘Australie elle-même.” expliquent les recommandations.

Le capitaine Cook est arrivé: il était donc impossible pour Cook d’être la toute première personne à ‘découvrir’ l’Australie. La plupart des Aborigènes natifs du continent trouvent offensant l’utilisation du mot ‘découverte’ “ est-il dit dans les recommandations.

Les étudiants sont aussi avisés d’utiliser le terme “peuple aborigène” plutôt que le terme “Aborigènes”.

Ces recommandations ont déclenché la colère de plusieurs commentateurs, le quotidien australien du Daily Telegraph menant la meute des critiques imprimant en manchette de sa Une: “L’Université de Nouvelle-Galles du Sud réécrit les livres d’histoire pour dire que Cook a envahi l’Australie”. L’université a balayé les accusations qui disent qu’elle essaie de “dicter” le langage à utiliser par ses étudiants.

Le guide de recommandations n’impose aucunement quel langage doit être utilisé. Il utilise plutôt un format de démonstration de ce qui est approprié ou pas en donnant de multiples exemples,” a dit l’université.

Reconnaître le pouvoir du langage utilisé, le guide de la terminologie est fait pour être une ressource dans l’assistance aux personnels et aux étudiants de décrire correctement les peuples australiens indigènes dans leur histoire et leur culture”, explique la déclaration.

L’université est décidée à donner à tous nos étudiants une expérience d’enseignement inclusive et positive en respectant et en apprenant aux sujets des peuples indigènes, ceci fait partie de cela.

Une politicienne australienne de tout premier rang a pris position pour l’UNSW et ses recommandations, disant qu’elle soutenait toutes les universités à enseigner “la vérité”.

Depuis des années, les écoles et institutions australiennes n’ont pas dit la vérité au sujet de la manière dont fut établie l’Australie”, a dit Mercredi dernier la premier ministre de la province du Queensland Annastacia Palaszczuk.

Beaucoup d’indigènes du continent ont perdu la vie, ils furent massacrés et la vérité doit toujours être dite”, a t’elle dit. Il y avait déjà plus de 250 nations de peuples aborigènes vivant sur la côte Est de ce qui est aujourd’hui l’Australie lorsque Cook a pris possession de la terre pour le compte de la couronne et de l’empire britannique en 1770.

On refusa plus tard à ces peuples leurs droits à la terre, à leur citoyenneté et un statut d’égalité durant le processus de la colonisation et de la confiscation des terres.

Environ 500 000 personnes de la population actuelle de 22 millions de l’Australie, clâment un héritage et des valeurs culturelles aborigènes.

Amnesty International a critiqué le gouvernement australien pour ce qu’il décrit comme étant une politique raciale discriminatoire envers les peuples aborigènes.

Les communautés indigènes sont considérées comme étant les plus désavantagées en Australie, souffrant d’un bien plus haut taux d’incarcération, de chômage, de détresses sanitaires, médicales et de mortalité infantile que le reste de la population.

Résistance au colonialisme: Réécriture raciste de l’histoire par le premier ministre australien…

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Nous parlons souvent ici du colonialisme toujours actif et des gouvernements coloniaux au pays du goulag levant (ex-USA) et au Canada ainsi qu’en Israël, mais nous avons aussi mentionné le colonialisme génocidaire australien. L’illustration ici de l’outrageant racisme d’un suprémaciste colon, premier sinistre australien et idiot patenté de son état.

— Résistance 71 —

 

“Cru et basique”: Le premier ministre australien compare la nation à la lune avant la colonisation britannique

 

RT

 

14 Novembre 2015

 

url de l’article original:

http://rt.com/news/205687-abbott-indigenous-people-bush/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le premier ministre australien Tony Abbott a causé une explosion de colère sur la toile après avoir déclaré qu’avant la colonisation britannique de 1788, la pays “n’était rien que des buissons”, oubliant apparemment les peuples indigènes du pays.

Lorsque nous regardons cette ville glorieuse, lorsque nous constatons son développement extraordinaire, il est dur de penser qu’en 1788 il n’y avait rien à part des buissons et que les marins et les détenus (NdT: l’Australie a été peuplée en premier lieu par les forçats déportés par la Grande-Bretagne…) ont dû penser qu’ils étaient arrivés presque sur la lune.” A t’il dit dans une réunion de petit-déjeuner avec le premier ministre britannique David Cameron à Sydney.

Tout a dû sembler si extraordinairement cru et basique,” a t’il dit. Vendredi, des manifestants aborigènes contre le G20 se sont rassemblés pour protester contre le nombre de morts des leurs entre les mains de la police.

Un des manifestants a dit à Buzzfeed: “Il rigole non ? Ne réalise t’il pas à quel point cela nous offense ?

L’attitude d’Abbott est le genre de connerie qui mène à la situation que nous avons en ce moment. Vous venez de constater pourquoi nous sommes rassemblés ici aujourd’hui”, a dit un autre manifestant.

Les médias sociaux ont exprimé leur incrédulité concernant sa capacité apparente à oublier l’histoire aborigène du pays. “Waouh, simplement Waouh!” écrit une personne sur Twitter.

Le commentaire “rien que des buissons” de Tony Abbott est une illustration de la valeur qu’il place sur les droits des peuples indigènes et sur l’environnement”, ajoute un autre.

Notre premier ministre vient juste de réécrire l’histoire de l’Australie”, dit une troisième personne.

Ce n’est pas la première fois qu’Abbott a fait ce genre ce commentaires. En Août, lançant un projet sur les 100 plus grands moments de l’histoire de l’Australie au musée national, Abbott déclara que “l’arrivée de la première flotte (britannique) a été le moment le plus important de l’histoire de ce continent.

Ce fut le moment où ce continent entra dans le monde moderne”, avait-il dit.

En réponse au commentaire d’Abbott, le directeur du panel de conseil du premier ministre, Warren Mundine, a dit à ce moment là: “Ce fut aussi un grand moment désastreux pour le peuple indigène.

Depuis 1788, il y a eu un grand déclin de la population (des premières nations). L’enlèvement forcé des enfants aborigènes à leurs parents en bien des endroits a depuis été appelé du terme de la “génération volée”.

La destinée de la population aborigène en Australie a incité des universitaires tel Dirk Moses, à explorer le sujet dans le cadre d’études sur le génocide.