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Illusion démocratique: d’élections lasses…

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Notre dossier « illusion démocratique »

 

Les élections ça vous amuse encore ?

 

Édito du Monde Libertaire

 

13 avril 2017

 

Source:

http://monde-libertaire.fr/?article=EDITO_DU_ML_n_1787

 

Oui, c’est certain, à coup sûr des gens sont morts fièrement en criant sur les toits qu’ils voulaient une république représentée par un président élu avec à peine 51 % des votant.e.s. Ils sont morts paisiblement, grâce à la concrétisation de leur rêve le plus fou : des élections honnêtes et retransmises en direct vont pouvoir maintenant avoir lieu ! Comble du bonheur : on pourra même voter aux primaires ! Le luxe est à portée de main.

Il paraît qu’on aurait entendu au fond d’une mine en 1883 un homme crier : « l’État providence ou la mort ! ». Il paraît aussi que des barricades ont été dressées et qu’on y aurait entendu : « le régime représentatif est notre salut : le quinquennat, c’est l’avenir ! » On aurait même entendu crier que la suite logique de ces barricades serait le « vote barrage », voter Juppé contre Sarkozy, Hamon contre Valls, Macron contre Fillon et tant qu’à faire, Fillon contre Le Pen. Autant de possibilités, ça donne le tournis !

Vous l’aurez compris, amis lecteurs, et vous l’aviez sûrement oublié : les élections présidentielles approchent. Mépris social, galettes réactionnaires, racismes, misogynie… La crème du gratin français est de sortie, jusqu’à ce que l’un de ces guignols soit considéré par une poignée, comme moins illégitime que les autres à s’en foutre plein les fouilles tout en arrosant ses copains et en enterrant les promesses et autres espoirs populaires.

Mais ne vous inquiétez pas, dans cinq ans, promis, on recommence !

Quelles alternatives alors ? On annonce déjà une abstention record, mais pour autant, nous ne sommes pas dupes : non, tous les abstentionnistes ne sont pas anars. Non, nous ne formons pas le « premier parti de France ». D’ailleurs, il serait complètement insensé de s’en réclamer…

Alors pour ouvrir ce traditionnel débat, Le Monde Libertaire a voulu laisser un maximum d’espace à nos contributeurs.trices, pour que les choses soient claires : non, nous ne sommes pas contre le vote, nous sommes contre cet absurde régime représentatif, ses professionnels et la messe républicaine que sont les élections.

Notre prochain numéro sera consacré aux propositions et perspectives anarchistes : le printemps sera chaud !

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État, pseudo-démocratie capitaliste… petite histoire de l’élection en France

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« Si voter changeait quoi que ce soit, ce serait illégal depuis longtemps. »
~ Emma Goldman ~

 

De la démocratie capitaliste

 

Le Monde Libertaire

 

26 mars 2017

 

url de l’article:

http://monde-libertaire.fr/?article=De_la_democratie_capitaliste

 

Depuis l’avènement du capitalisme, le patronat à toujours agi dans l’ombre des partis politiques. Il se contentait de donner ses directives à ses sectateurs, les serviteurs que sont les hommes politiques.

Il laissait ainsi croire au peuple qu’il n’était pour rien dans les décisions que les politicards prenaient. Il se donnait une sorte de virginité ! L’organisation du fonctionnement de la société capitaliste a évolué au fil des siècles mais elle s’est toujours faite en binôme. A l’époque de la royauté et de l’Empire, il y avait également l’Église et ses représentants : Dieu, le pape et les cardinaux, pour adouber et conseiller les rois et les empereurs et ainsi justifier leur pouvoir sur les peuples. Les cardinaux étaient souvent les conseillers très particuliers des rois (Richelieu, Mazarin…). Avec l’avènement de la République, il y aura les partis politiques et leurs représentants formés dans les « grandes » écoles : l’ENA (École nationale de l’administration), Polytechnique, l’École de la Magistrature… Et, tout ce petit monde, ces têtes phosphorescentes, apportent leur lumière non pas pour nous concocter une République au service du peuple comme on pourrait le croire, mais pour se mettre entièrement au service du grand capital. Voilà comment sont détournés et bafoués les grands principes de la République tels que : « Liberté, Égalité, Fraternité ». Et on appelle cela la souveraineté du peuple en prétendant que c’est le peuple souverain qui décide ! Afin de donner l’illusion au peuple que c’est lui qui commande et qui choisit, les manipulateurs ont inventé un truc imparable : les élections. Le peuple choisit ses représentants à chaque échelon de la société : communal, départemental, régional, national et (ô délices de la démocratie !) le président de la République ! Or, ce tour de passe-passe perdure maintenant depuis la Révolution française car cette souveraineté du peuple, tous ceux et sans exception qui prétendent l’incarner, la bafouent sciemment et la vident de son contenu.

Ils ont inventé les élections, la mise sous tutelle du peuple

La supercherie a commencé les 13 et 14 septembre 1791, avec l’instauration du suffrage censitaire et indirect qui disait que la souveraineté appartient à la nation mais que le droit de vote était restreint… et la souveraineté du peuple lui était subtilisée au profit de la souveraineté de la nation qui est une notion totalement creuse, car la nation est une entité inexistante. Ce qui existe et vit, c’est le peuple. Dès l’instauration du système électoral, le peuple était oublié au profit des riches et des citoyens dit « actifs ». Il était inégalitaire. Les femmes étaient également exclues. Seuls les hommes de 25 ans qui payaient un impôt direct (le cens), égal à la valeur de 3 journées de travail, avaient le droit de voter. Ils sont appelés citoyens actifs. Les autres sont des citoyens passifs et ne peuvent donc participer aux élections. Le suffrage est aussi indirect car les citoyens actifs élisent des électeurs du second degré qui disposent de revenus plus élevés, qui à leur tour, élisent des députés à l’Assemblée nationale législative. Après une brève application du suffrage universel « masculin » pour élire la convention en 1792, le suffrage censitaire et indirect est rétabli par le Directoire en 1795. Il existe toujours des électeurs de premier et de second degré. Pour être électeur du premier degré, il faut payer des impôts ou avoir participé à une campagne militaire. Les électeurs du second degré doivent être titulaires de revenus élevés, évalués entre 100 et 200 journées de travail, selon le cas. Par ailleurs, pour être élu, il faut être âgé de 30 ans minimum, pour siéger au Conseil des Cinq-Cents et de 40 ans pour être au Conseil des Anciens. Comme on peut le constater, tout est mis en œuvre pour que le peuple (financièrement) ne puisse pas voter et être éligible.

En 1799, le suffrage universel « masculin » est limité. La constitution du 22 frimaire de l’An VIII (13 décembre 1799) met en place le régime du Consulat. Elle institue le suffrage « universel masculin » et donne le droit de vote à tous les hommes de plus de 21 ans, ayant demeuré pendant un an sur le territoire. Cette précision montre, si besoin en était, que même les révolutionnaires considéraient les femmes comme des citoyennes de seconde importance, tout en se méfiant de leur sens des responsabilités et de leurs analyses. Ils ne voulaient surtout pas partager le pouvoir avec des êtres qu’ils considéraient comme inférieurs. Mais, ce droit de vote est limité par le système des listes de confiance. Il s’agit d’un scrutin à trois degrés : les électeurs désignent au suffrage universel, un dixième d’entre eux pour figurer sur des listes de confiance communale ; ces derniers choisissent ensuite un dixième d’entre eux pour l’établissement des listes départementales qui, eux-mêmes, élisent un dixième d’entre eux pour former une liste nationale. Le Sénat choisit ensuite sur cette liste nationale, notamment les membres des Assemblées législatives.

Comme on peut le constater, si tous les hommes peuvent voter, il s’agit par ce mode de scrutin de faire le tri et comme il va de soi, d’éliminer le peuple « d’en bas ». Il vote : oui, mais il n’est pas question qu’il accède aux fonctions d’élu. Nous sommes déjà dans la délégation de pouvoir.

En 1815, avec le suffrage censitaire, la chute de l’Empire va permettre l’arrivée d’une monarchie constitutionnelle : la Restauration. Le suffrage universel masculin est aboli et le suffrage censitaire rétabli. Seuls les hommes de 30 ans qui payaient une contribution directe de 300 francs avaient le droit de vote. Pour être élu, il faut avoir 40 ans et payer au moins 1000 francs de contribution directe. La loi électorale du 29 juin 1820, du double vote, permet aux électeurs les plus imposés de voter deux fois. Ces mesures sont faites pour avantager les grands propriétaires fonciers, c’est-à-dire l’aristocratie conservatrice légitimiste. Encore une fois, le système électoral était inique et servait les riches aristocrates et les propriétaires fonciers. C’est bien la preuve que les politiciens au pouvoir ne sont que les serviteurs de ceux qui détiennent la richesse. Mais qui restent dans l’ombre (les patrons) car, à trop se dévoiler, c’est s’exposer aux réactions du peuple. Et, le peuple, ils le craignent.

Après la Révolution des « Trois Glorieuses » (27-28 et 29 juillet 1830), la Restauration fait place à la Monarchie de Juillet. Le droit de vote est élargi, le suffrage est toujours censitaire mais le « cens » nécessaire pour être électeur passe de 300 à 200 francs ou 100 francs pour les cas particuliers et de 1000 à 500 francs pour être élu (loi du 19 avril 1831). De même que l’âge minimum pour voter est abaissé de 30 à 25 ans et celui pour être élu de 40 à 30 ans. Enfin, la loi du double vote, qui permettait aux électeurs les plus imposés de voter deux fois, est supprimée. Malgré quelques avancées, à la lecture de cette loi, on comprend bien que le peuple est toujours maintenu éloigné du droit de vote. Le barrage de l’argent est dissuasif.

En 1848, le suffrage universel « masculin » et le vote secret : le mouvement révolutionnaire qui éclate en février 1848, met fin à la monarchie de Juillet et instaure la République. Le suffrage universel « masculin » est adopté par le décret du 5 mars 1848. Il ne sera plus remis en cause. Sauf que ce décret oublie encore une fois les femmes qui, pourtant, lors des révolutions, jouent un rôle important. Messieurs les Révolutionnaires pourquoi aviez-vous peur des femmes ? Les considériez-vous comme des êtres inférieurs et sans cervelles ? Pourtant, l’histoire a montré qu’elles y avaient toute leur place… Cette société que vous bâtissiez et que vous prétendiez être démocratique ne l’était pas. Elle boitait et c’est peut-être pour cela que les Révolutions échouent ! Sont électeurs tous les Français âgés de 21 ans et jouissant de leurs droits civils et politiques. Le droit d’être élu est accordé à tous les électeurs de plus de 25 ans et le vote devient secret. Certes, tous les Français de 21 ans pourront voter mais, quant à pouvoir être élu, il faudra appartenir à un parti politique à moins d’être un fortuné. Car, une candidature et une campagne électorale coûtent cher et si vous n’avez pas les moyens financiers, l’accès à la presse et à l’impression de profession de foi et autres tracts, vous sera quasiment impossible. Bonjour la liberté individuelle ! Dans ce cas de figure on voit se dessiner l’évolution du système électoral, en France. Oui, le peuple pourra voter mais il n’aura surtout pas le droit de prendre des décisions et, qui plus est, il ne pourra pas individuellement être candidat. Ce pouvoir-là, lui sera confisqué. Seuls les candidats présentés par un parti politique pourront accéder à une campagne électorale. Les élus ne seront pas, contrairement à ce que dit la propagande, les « représentants élus du peuple » mais les représentants des partis politiques et du patronat qui financent les campagnes électorales. Derrière ce système électoral qui se met en place, que d’aucuns présentent comme démocratique, c’est un système autoritaire et autocrate qui va émerger.

Enfin, en 1944, le droit de vote et l’éligibilité pour les femmes et le suffrage universel ont été instaurés. L’ordonnance du 21 Avril 1944 donne aux femmes de plus de 21 ans ce droit d’élire et rend ainsi le droit de vote réellement universel. Les femmes voteront pour la première fois aux élections municipales d’avril-mai 1945. 1945, c’est aussi le droit de vote pour les militaires. L’ordonnance du 17 août 1945 dispose : « Les militaires des trois armées sont électeurs dans les mêmes conditions que les autres citoyens ». Ils sont également éligibles sous certaines conditions. C’est par la lutte que les femmes obtiendront le droit de vote. Elles ont fait la démonstration (comme si cela était nécessaire) qu’elles occupaient une place prépondérante dans la société. C’est donc contraints et forcés que les politiciens machistes du moment ont été amenés à leur accorder le droit de vote. Pour atténuer ce coup donné au système patriarcal, ces mêmes politiciens ont accordé le droit de vote aux militaires, afin de rétablir la domination masculine…

1946-1956, égalité du suffrage en outre-mer : la loi du 7 mai 1946, (dite loi Lamine-Guèye) proclame « citoyens » tous les ressortissants de l’empire colonial. La loi sera inscrite dans la constitution de 1946 (article 80). Le droit de vote demeure toutefois inégalitaire (système du double collège). C’est la loi du 23 juin 1956 (dite loi Defferre) qui institue le suffrage universel et le collège unique dans les territoires d’outre-mer. Il était temps ! Car 108 ans après l’abolition de l’esclavage, les citoyens de l’empire colonial étaient toujours considérés par la métropole comme des citoyens de seconde zone.

1974, droit de vote à 18 ans ! Le président de la république Valéry Giscard d’Estaing abaisse par la loi du 5 juillet 1974, l’âge d’obtention du droit de vote à 18 ans au lieu de 21 ans. Cette loi n’est pas arrivée par hasard. Elle est due à la désaffection des citoyens pour la cause électorale. Il fallait, pour le pouvoir, compenser le taux toujours croissant d’abstentionnistes, et quoi de mieux que de donner le droit de vote aux jeunes à 18 ans. Il s’agissait de sauver « leur démocratie » et « la légitimité des élus » !

L’imposture se perpétue !

Voilà maintenant 226 ans que le droit de vote a été institué. Les citoyens et les citoyennes se sont battus pendant toutes ces années pour obtenir le droit de vote, le droit d’élire, de choisir, de décider. Mais le paradoxe, c’est que ce droit tant chéri leur ôte tous les moyens d’agir ; car dans les faits, et ils ne s’en rendent pas compte, ce sont leurs pouvoirs qu’ils délèguent bien souvent à un illustre inconnu. Ils aliènent totalement leur liberté. Voilà 226 ans que les politicards nous mènent en bateau, il faut que cela cesse !

C’est pourquoi, il y a mieux à faire que de réclamer le droit de vote et son aliénation, de s’enchaîner à un ou plusieurs maîtres en votant. Il faut s’organiser collectivement, fédérer les différents collectifs et organismes sous la forme autogestionnaire, afin d’agir sans tuteur, sans maître à penser et de bannir définitivement de notre vocabulaire le mot « vote » qui est synonyme de frustration, d’aliénation et d’usurpation de pouvoir.

Au fil des années, le système électoral a été trituré pour l’adapter aux besoins des politicards et du patronat. Surtout pour continuer à faire en sorte que les citoyens soient dépossédés de leurs possibilités d’agir eux-mêmes et de gérer leur vie, sans tuteur. Tout est mis en œuvre pour détourner les résultats électoraux. La proportionnelle est devenue une denrée rare, mais quel que soit le mode de scrutin, le mode de représentation, majoritaire à un tour ou à deux tours, uninominal… le tour de passe-passe aura lieu et se fera au détriment du citoyen. Il faut bien comprendre que le but est de mystifier l’électeur qui, s’il se laisse prendre au piège, sera systématiquement Gros-Jean comme devant. C’est ainsi que régulièrement, à dates fixes et pour différents scrutins, les politiciens appellent le peuple à exprimer sa souveraineté à coups de suffrages, de votes. En fait, le peuple, consciemment ou inconsciemment, participe à une véritable escroquerie intellectuelle. En votant, il s’aliène par la délégation de pouvoir qui est une impudente moquerie, une insulte envers lui car ceux à qui il a confié son destin, le considèrent comme incapable de se prendre en charge. Celui qu’il aura élu, ira parfois jusqu’à prétendre qu’il se dévoue, voire se sacrifie pour lui. D’ailleurs, on remarquera qu’une fois l’élection achevée, « l’élu.e. » ne dira plus Souveraineté du peuple mais Souveraineté nationale qui, au demeurant ne veut rien dire car la nation est quelque chose de subjectif qui, à la limite, n’existe pas.

La souveraineté du peuple, c’est la liberté, l’autonomie, la volonté collective. C’est cela ou ce n’est qu’un mot vide. Seulement, ces grands démocrates, n’aiment pas le peuple. Ils s’en méfient. D’où l’importance de le maintenir dans ses chaînes, qu’il se forge lui-même, en participant à son propre suicide, quand le système électoral légalise l’escroquerie que les charlatans nomment « délégation », alors que ce n’est qu’un vol en bande organisée. Le système électoral a toujours fait l’objet d’une grande attention de la part des différents types de gouvernants qui ont exercé le pouvoir, au service des aristocrates, des bourgeois, des financiers, des industriels… C’est sur cette mystification que s’est érigé le capitalisme, qui prive le peuple de sa liberté. Elle donne au peuple l’illusion que c’est lui le maître puisqu’il choisit l’élu. Alors qu’une fois l’élection entérinée, c’est l’élu qui devient le maître et c’est l’électeur qui doit obéir et se taire.

Grand cirque électoral: Mieux comprendre l’affaire Trump

Posted in actualité, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 10 novembre 2016 by Résistance 71

« Si voter changeait quoi que ce soit, ce serait interdit depuis longtemps. »
~ Emma Goldman ~

A lire notre dossier « Illusion démocratique »

Il n’y a pas de solutions au sein du système !

~ Résistance 71 ~

 

Le processus électoral aux États-Unis

 

Robert Bibeau

 

9 novembre 2016

 

url de l’article:

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-seconde-revolution-americaine/

 

La semaine dernière notre webmagazine publiait un excellent résumé de la plus récente mascarade électorale américaine qui vient de connaitre un nouveau rebondissement ce mardi 8 novembre 2016. Certains commentateurs parlent même d’une « Seconde révolution américaine » ! Examinons cette soi-disant « Révolution » anti-establishment.

Notre journaliste écrivait ceci : « Sur les questions électorales, la constitution américaine fonctionne comme une horlogerie abstraite implacable. Tout y est organisé de façon à ce que la classe politique ne puisse pas faire dépôt, comédon, caillot, et, ainsi, coller, se déposer, perdurer. Les élections sont à date fixe (si un président meurt ou est destitué, son vice-président termine le mandat — impossible, donc, soit d’étirer un mandat pour affronter une conjoncture contraire, soit de déclencher des élections anticipées pour profiter d’une conjoncture favorable), les mandats présidentiels sont restreints à deux (Franklin Delano Roosevelt tira sur la corde un peu trop dans les années de guerre et on vit, par le 22e amendement, à ce que ça ne se reproduise pas), le dispositif bicaméral est intégralement électif (pas de sénat nommé et inamovible, donc), le bipartisme est solidement institutionnalisé (fausse alternance politique, centre-droitisme et continuité de fait). Tout, dans ce dispositif, semble conçu pour assurer un roulement bien huilé de la classe politique » (1).

On constate qu’aux États-Unis il n’existe pas de « classe politique indépendante » – pas de dictateur à vie – pas de Politburo inamovible, le système est fait pour que personne ne s’incruste au pouvoir politique afin que les capitalistes s’incrustent au pouvoir économique.

En effet, Les États-Unis se sont forgés dans du neuf. Une fois exterminées les tribus amérindiennes, les pères fondateurs ont rejeté les traces du passé aristocratique britannique et européen – ce que la bourgeoisie du vieux continent n’a pas eu l’opportunité ou la volonté de réaliser. En Europe, règne à la fois le passé, la guerre, et les puissances intervenants les unes chez les autres, ce que l’Union Européenne a finalement consacré. En Amérique, rien de tel, ni le Canada ni le Mexique ne font le poids face à la machine étatsunienne.

Si la classe bourgeoise américaine rejette le concept et la pratique de « classe politique » telle que vécue en France par exemple, c’est pour mieux imposer son pouvoir de classe. En effet, à travers ce « mécanisme d’horlogerie électorale implacable » la classe capitaliste américaine s’assure que c’est bien toute la classe bourgeoise qui conserve le pouvoir politique à travers ses officiers politiques – essentiellement des produits issus de leur classe et au service de leur classe. Le réseau des grandes universités se chargeant de formater les prochains larbins présidentiables. Et pour s’en assurer – chaque représentant y compris le Président (Lincoln, Nixon et Kennedy l’ont appris à leur dépend) est assis sur un siège éjectable. La classe fait consensus sur un personnage ou alors le personnage est écarté. Il semble qu’à l’élection 2016, le consensus fut difficile à établir, c’est que les États-Unis font face à la plus terrible crise sociale de leur histoire. Bref, les États-Unis entretiennent la « classe politique » la plus articulée qui soit, totalement inféodée, à la classe capitaliste détentrice du pouvoir économique.

Donald la tornade

Mais voici que surgit dans l’arène politique américaine un dénommé Donald Trump, soi-disant anti-establishment. Aussitôt une large section de l’establishment économique lance ses chiens de garde politiques et médiatiques aux trousses du malappris. Et nous avons assisté aux élucubrations de la petite bourgeoisie des États-Unis (et du Canada!?…) – féministes – LGBT – écologistes – ONG stipendiées, « progressistes de la go-gauche modérée ». Chacun arrache sa chemise sur le parvis des églises contre l’homme à la main baladeuse, comme si la mascarade électorale américaine visait à sélectionner un marguiller de salle paroissiale.  Pendant que les féministes geignent contre Donald l’insoutenable, des milliers de femmes tombent sous les balles à Mossoul, à Alep, au Yémen, en République Démocratique du Congo par la faute de leur héroïne féminine.

Ce que voyant, les éternels opposants – souvent des gauchisants, se croyant interpelés, ou par simple réflexe pavlovien, se précipitent à la rescousse du multimilliardaire conspué : « s’ils l’attaquent c’est que Donald est contre les énarques » pensent-ils, oubliant que le rêve américain de l’homme super héros – seul contre tous les bobos – est un mythe déclassifié. La classe capitaliste américaine est la classe bourgeoise ayant la plus forte conscience de classe qui soit. Si Donald Trump est là où il se trouve, c’est que toute une faction de la classe capitaliste le soutient fortement, sinon il n’aurait pas été plus loin que Bernie Sanders. Les « révélations » des derniers jours de campagne à propos des courriels de madame Clinton et de la Fondation Clinton émanant de la NSA et du FBI sont éloquentes (2).

Songez qu’un candidat doit collecter un milliard de dollars USD pour mener campagne, de la première primaire – jusqu’à l’investiture. Il y a là un filtre monétaire infranchissable pour s’assurer de la fidélité de l’élu, fonctionnaire politique de la classe capitaliste américaine hégémonique.

Pourquoi des élections ?

Une mascarade électorale démocratique bourgeoise à trois fonctions :

a) Faire croire au peuple qu’il possède un réel pouvoir, car régulièrement on le consulte par voie électorale… C’est la fonction de construire l’illusion démocratique.

b) De la sorte, par le vote, compromettre le peuple et construire du consentement. « Tu as été consulté – tu as voté – tu dois donc vivre avec les conséquences du choix majoritaire (Trump ou Clinton = blanc bonnet = bonnet blanc)».

c) Enfin, à travers cette joute étriquée, sélectionner la marionnette la plus apte à suivre sans regimber les directives du pouvoir des banquiers, des industriels et des rentiers, multimilliardaires détenteurs du véritable pouvoir économique.

Voilà le problème avec Donald Trump. Une forte proportion (mais pas la totalité) de l’establishment se sent soi-disant « inquiète » à propos de cet homme qu’ils prétendent « imprévisible » ce qu’il n’est pas du tout. La suspicion de l’establishment est un soutien au candidat Trump qui déclare clairement qu’il souhaite sortir du guêpier du Moyen-Orient ; il veut s’entendre avec la Russie et négocier avec la Chine plutôt que de les attaquer militairement ; il souhaite maintenir l’entente avec l’Iran si ce dernier s’acquitte de l’entente signée à propos des pétrodollars ; il veut exiger un règlement de l’affaire israélo-palestinienne, cette épine dans le pied de tous les Présidents américains depuis 1967 ; Trump veut renégocier tous les traités de libre-échange à l’avantage des manufacturiers américains ; et réduire les dépenses militaires ; réduire les taxes et les impôts et abolir l’Obama Care qui s’apprête à tripler ses tarifs et jeter sur le pavé des millions d’Américains de la classe moyenne. Et enfin Trump propose de poursuivre la politique de Barack Obama et d’expatrier les millions d’immigrants illégalement entrés aux États-Unis.

Ce ne sont pas les frasques sexuelles de Trump qui dérange une large portion de l’establishment financier – ils ont tous fait pire que lui – mais ce sont ces mesures gouvernementales qui risque de réorienter la politique américaine et vont à l’encontre des intérêts d’une faction alors qu’elles favorisent les intérêts de l’autre faction de la classe capitaliste au pouvoir.  Il ne pourra pas  réaliser la plupart de ces engagements.  Le système politique américain est ainsi fait que chaque instance valide les autres instances du pouvoir  (économique, financier, politique, législatif, exécutif, judiciaire, policier, militaire, médiatique, idéologique, tous imbriqués et interdépendants, l’économique étant dominant).  Ainsi la classe capitaliste américains s’assure qu’elle  conserve tout le pouvoir entre ses mains en tant que classe sociale hégémonique.

La première « Révolution » américaine est déjà ancienne et celle-ci n’est pas la deuxième. La « faction » prolétarienne du peuple américain n’a rien à faire dans cette galère électorale et elle s’est abstenue en grand nombre, chacun devrait suivre cet exemple lors des prochaines élections « nationales ». Nous règlerons nos comptes ailleurs que dans l’arène électorale.

(1)   http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-democratie-electorale-americaine-comme-obstruction-bourgeoise-systematique/

(2)   http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/declaration-choc-un-coup-d-etat-186156

Illusion démocratique: De plus en plus de gens rejoignent le 1er mouvement politique de France… Le mouvement abstentionniste !

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« Si voter servait à quelque chose, ce serait interdit depuis longtemps »
~ Emma Goldman ~

Lu à travers les médias alternatifs déchaînés, cette excellente prise de position d’un citoyen honnête… La prise de conscience politique se produit. 53% d’abstention. On peut mieux faire ! Votards blanc ou nul, rejoignez le grand mouvement abstentionniste, car se déplacer pour voter c’est acquiescer, c’est valider le système criminel et obsolète étatique !… Si les votards blanc/nul ne se déplacent plus, l’abstentionnisme grimpera à 63 ou 65%, passé cette barre, nous le peuple pourrons mettre une sérieuse pression sur les Bozos de la politique de tout poil et de touts bords et sérieusement commencer à réorganiser le paradigme politique. Voter c’est valider les baltringues et leur système criminel qui se foutent royalement de vous !

Prochaine étape: désinscription des listes électorales. Refusez les cartes d’électeur. C’est la première étape du refus de coopération avec un système politique totalement obsolète et parasitaire en parallèle avec le boycott de tout vote et de toute institution.

Le grand chambardement politique, c’est maintenant ! Reprenons le pouvoir qui nous a été usurpé depuis bien trop longtemps ! Grève générale de l’élection et expropriation des mandatés qui ne représentent pas, n’ont jamais représenté le peuple ! Qu’on se le dise !

— Résistance 71 —

 

Le deuil de la démocratie représentative

Gee

7 Décembre 2015

url de l’article original:

http://grisebouille.net/le-deuil-de-la-democratie-representative/

D’abord, un chiffre pour remettre les pendules à l’heure : 91%. C’est le pourcentage de français qui n’a pas voté pour le FN1. Moins d’un français sur 10 a donné une voix à ce parti. Et de fait, que le FN soit « le premier parti de France » n’est pas en soi le symbole d’une droitisation ou d’une radicalisation rampante de la société français. C’est le symbole de la mort de la démocratie représentative, le signe ultime que celle-ci ne représente plus rien ni personne.

Hier, je n’ai pas voté. Je n’irai pas plus dimanche prochain. Ami votant2, je sais que, probablement, tu me méprises, tu as envie de me hurler dessus, de me dire que c’est honteux, que des gens sont morts pour que je puisse voter, qu’à cause de moi le fascisme pourrait s’installer. Je ne t’en veux pas, j’étais pareil il y a à peine 4 ans.

Les étapes du deuil

Tu connais peut-être les 5 étapes du deuil de Elisabeth Kübler-Ross. Ça n’a pas forcément une grande valeur scientifique, mais ça permet de schématiser certains mécanismes émotionnels. Laisse-moi te les énoncer :

  1. Déni
  2. Colère
  3. Marchandage
  4. Dépression
  5. Acceptation

Ami votant, je sais déjà que tu as dépassé le stade du déni : tu sais pertinemment que la démocratie représentative est morte. Sinon, tu voterais pour des idées qui te correspondent, tu voterais pour faire avancer la société, pour donner ton avis sur la direction à prendre. Mais tu ne fais pas cela : au contraire, tu votes « utile », tu votes pour faire barrage à un parti, tu votes pour « le moins pire ». C’est déjà un aveu que le système est mort.

En fait, tu oscilles entre les étapes 2 et 3. Entre la colère envers un système qui se fout de ta gueule, la colère contre les abstentionnistes qui ne jouent pas le jeu… et le marchandage. « Allez, si je vote pour le moins pire, système, tu continues à vivoter ?  Allez, peut-être que si on vote PS cette fois, il fera une vraie politique de gauche ? Allez système, tu veux pas continuer à faire semblant de marcher un peu si je fais des concessions de mon côté ? Si je mets mes convictions de côté, tu veux bien ne pas être totalement lamentable ?»

Encore une fois, je comprends le principe, j’étais au même point lors des dernières élections présidentielles. J’appelais les gens à voter, je critiquais les abstentionnistes qui se permettaient de se plaindre alors que, merde, ils n’avaient pas pris la peine de faire leur devoir de citoyen. Je savais pertinemment que le PS au pouvoir ne ferait aucun miracle, que fondamentalement rien ne changerait par rapport à l’UMP, à part à la marge. Mais il fallait bien choisir le moins pire. La démocratie représentative était déjà morte, je le savais. Le vote utile, on nous le rabâchait depuis avant même que j’ai le droit de vote. Sans parler du référendum de 2005 où ça sentait déjà fort le sapin. Mais je n’avais pas terminé mon deuil. Et puis Hollande est passé.

Les derniers coups de pelle

Je ne pourrais jamais assez remercier François Hollande. Il m’a aidé à terminer mon deuil. En me renvoyant ma voix en pleine figure, en m’appuyant bien profondément la tête dans les restes puants et décomposés de notre système politique. Le quinquennat de François Hollande aura été la plus parfaite, la plus magnifique démonstration que le vote est une arnaque et que le pouvoir du peuple est une immense illusion. Le changement, c’est maintenant ! Rappelle-toi, le PS avait tous les pouvoirs en 2012 : la présidence, l’Assemblée, les villes, les régions… merde, même le Sénat était passé à gauche ! Une première !  Les types avaient les mains libres et carte blanche pour tout. Il fallait écouter Copé, la pleureuse « profondément choquée », nous expliquer l’énorme danger que représentaient ces pleins pouvoirs. Lutter contre la finance ? Imposer les revenus du capital comme ceux du travail ? Interdire le cumul des mandats ?

LOL NOPE.

Au lieu de ça, nous aurons eu la même merde qu’avant. Parfois en pire. Course à la croissance alors même que nous produisons déjà trop pour la planète. Course au plein emploi alors que le travail est condamné à disparaître (ce qui, je le rappelle, devrait être une bonne nouvelle). Course à la productivité alors que les syndromes d’épuisement professionnel se multiplient et que le mal-être des travailleurs se généralise. Diminution de ce qu’on nous matraque comme étant « le coût du travail » mais qu’un employé sensé devrait comprendre comme « mon niveau de vie ». Détricotage méthodique des services publics qui devraient au contraire être renforcés.

Nous n’attendions rien de Hollande, il a réussi à faire pire. Des lois liberticides au nom d’une sécurité qu’elles ne garantiront même pas. Un État d’Urgence à durée indéterminée. Des militants assignés à résidence pour leurs convictions. Des manifestations politiques interdites. Des gamins mis en garde à vue parce qu’ils ne respectent pas une minute de silence. Heureusement que c’est sous un parti qui se dit « républicain » que tout cela se passe, sinon, on pourrait doucement commencer à s’inquiéter.

Vous me traitez d’irresponsable parce que je n’ai pas été voter dimanche ? Moi je me trouve irresponsable d’avoir légitimé notre gouvernement actuel en votant en 2012. Depuis 2012, j’ai fait comme beaucoup de monde : j’ai traversé le stade 4, celui de la dépression. À me dire que nous étions définitivement foutus, que même lorsqu’un parti qui se disait en opposition totale avec le précédent se vautrait à ce point dans la même politique insupportable, il n’y avait plus de solution. Que la démocratie était morte, et que nous allions crever avec elle. Ami votant, admets-le, tu as eu la même réaction. Mais comme toujours, à chaque vote, tu régresses, tu retournes à l’étape 3, au marchandage, à te dire que peut-être, on pourra incliner un peu le système en s’asseyant sur nos convictions.

Moi, j’ai passé le cap. Je suis à l’étape 5, à l’acceptation. La démocratie représentative est morte, point. Que cela soit une bonne chose ou non, l’avenir le dira, mais le fait demeure : ce système est mort. Tu penses que retourner à l’étape de marchandage, c’est garder de l’espoir et qu’accepter la mort de notre système, c’est le désespoir. Je ne suis pas d’accord. Faire son deuil, c’est bien. C’est même nécessaire pour passer à autre chose et, enfin, avancer.

La démocratie est morte, vive la démocratie !

Tu remarqueras que je persiste à ajouter « représentative » quand je parle de mort de la démocratie. Parce que je ne crois pas que la démocratie elle-même soit morte : je pense que la démocratie réelle n’a jamais vécu en France. Le système dans lequel nous vivons se rapproche plus d’une « aristocratie élective » : nous sélectionnons nos dirigeants dans un panel d’élites autoproclamées qui ne change jamais, là où la démocratie voudrait que les citoyens soient tour à tour dirigeants et dirigés. Le simple fait que l’on parle de « classe politique » est le déni même de la notion de représentation qui est censée faire fonctionner notre démocratie représentative : la logique voudrait que ces politiciens soient issus des mêmes classes qu’ils dirigent. Attention, ne crachons pas dans la soupe, notre système est bien mieux qu’une dictature, à n’en pas douter. Mais ça n’est pas une démocratie. Je te renvoie à ce sujet à ce documentaire, J’ai pas voté, que tout le monde devrait voir avant de sauter à la gorge des abstentionnistes.

Des gens sont morts pour qu’on puisse voter ? Non, ils sont morts parce qu’ils voulaient donner au peuple le droit à s’autodéterminer, parce qu’ils voulaient la démocratie. Est-ce qu’on pense sérieusement, en voyant la grande foire à neuneu que sont les campagnes électorales, que c’est pour cela que des gens sont morts ? Pour que des guignols cravatés paradent pendant des semaines pour que nous allions tous, la mort dans l’âme, désigner celui dont on espère qu’il nous entubera le moins ? Je trouve ce système bien plus insultant pour la mémoire des combattants de la démocratie que l’abstention.

Alors oui, j’ai fait mon deuil, et ça me permet d’avoir de l’espoir pour la suite. Parce que pendant que la grande imposture politicarde se poursuit sur les plateaux-télé, nous, citoyens de tous bords, essayons de trouver des solutions. Plus le temps passe, plus le nombre de gens ayant terminé leur deuil augmente, plus ces gens s’intéressent réellement à la politique et découvrent des idées nouvelles, politiques et sociétales : tirage au sort, mandats uniques et non-renouvelables, revenu de base, etc. Des solutions envisageables, des morceaux de savoir, de culture politique… de l’éducation populaire, en somme. Rien ne dit que ces solutions fonctionneront, mais tout nous dit que le système actuel ne fonctionne pas. Et lorsque ce système s’effondrera, ce sera à ces petits morceaux de savoir disséminés un peu partout dans la population qu’il faudra se raccrocher. L’urgence aujourd’hui, c’est de répandre ces idées pour préparer la suite. Ami votant, tu as tout à gagner à nous rejoindre, parce que tu as de toute évidence une conscience politique et qu’elle est gâchée, utilisée pour te battre contre des moulins à vent.

Notre système est un vieil ordinateur à moitié déglingué. Tu peux continuer d’imaginer qu’en réinstallant le même logiciel (PS ou LR, choisis ton camp camarade), il finira par fonctionner. D’autres utilisent la bonne vieille méthode de la claque sur la bécane (le vote FN) : on sait bien que ça ne sert à rien et que ça ne va certainement pas améliorer l’état de l’ordi, mais ça soulage. Certains imaginent qu’en déboulonnant l’Unité Centrale et en hackant petit à petit le système, on finira par faire bouger les choses (la députée Isabelle Attard est un bon exemple, personnellement je la surnomme l’outlier, la donnée qui ne rentre pas dans le modèle statistique du politicien). Ce n’est pas la pire des idées. On a même parlé de rebooter la France. Qui sait, si on arrive à mettre sur pied une telle stratégie en 2017, possible que je ressorte ma carte d’électeur du placard. Mais les plus nombreux, les abstentionnistes, ont laissé tomber le vieil ordinateur et cherchent juste à en trouver un nouveau qui fonctionne.

Alors on fait quoi ? Soyons clairs, je suis comme tout le monde, je n’ai aucune idée de la manière dont on peut passer à autre chose, pour instaurer une vraie démocratie. Une transition démocratique pourrait s’opérer en douceur en modifiant les institutions petit à petit : tout le monde aurait à y gagner. Politiciens compris, car l’alternative est peut-être l’explosion, et c’est une alternative à l’issue très incertaine. Mais clairement, nous ne prenons pas la direction d’une transition non-violente.

Je continue pour ma part à penser que, comme le disait Asimov, « la violence est le dernier refuge de l’incompétence ». Mais nous constatons chaque jour un peu plus notre impuissance dans ce système, et les politiciens actuels seraient bien avisés de corriger le tir avant qu’il ne soit trop tard. Avant que les citoyens ne se ruent dans ce dernier refuge.

Illusion démocratique: Mascarade électorale… Avec 50% les abstentionnistes sont le premier mouvement politique de France… Reste à agir en conséquence…

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Résistance 71

7 Décembre 2015

Peu mieux faire ! Stratégie du second tour, à tous les votards: BOYCOTT de cette fumisterie. Laissons les 20 ou 30% d’indécrottables faire les marioles au second tout, mais une chose est sûre: imaginons les guignols élus se retrouver avec la pression de 75 ou 80% d’abstentionnistes politiques qui demandent des compte dès le lendemain de la mascarade electorale… Position intenable en tout cas pas pour longtemps. Dans le même moment, le peuple s’organise comme il l’a fait dans le passé en dehors des structures et des institutions. C’est le moment du retrait de consentement qui fait passer à l’autogestion, parce que nous, collectivement, sommes 100 fois plus compétents et efficaces que les abrutis qui nous gouvernent localement et nationalement.

Pour ce faire il faut:

  • Cesser d’avoir peur de son ombre
  • Retirer notre consentement à ces Bozos du grand cirque politique et donc refuser d’obéir à ces traîtres tous autant qu’ils sont
  • Regarder et tendre la main à son voisin
  • Se prendre en charge localement, ensemble et ignorer des institutions qui nous ignorent bien depuis des siècles
  • Agir de concert pour le bien commun, la seule action politique valide et qui n’a jamais fait partie du projet politique oligarchique étatique quel que soit la forme de gouvernement adopté

Tout le reste et nous disons bien: TOUT LE RESTE, n’est qu’illusion et foutaise totale.

Maintenant choisissons, parce que le changement (pour le Nouvel Ordre Mondial fasciste supranational) c’est maintenant quelle que soit la clique de baltringues au pouvoir !

Qu’on se le dise !

Résistance politique: Qu’est-ce que voter ? (reprise)

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Article que nous avions publié en Mai 2014 au moment des élections européennes, mais qui est valide en toute circonstance du grand cirque Barnum électoral et de sa fumisterie universelle. Petit rappel de circonstance donc aux votards des 22 et 29 mars 2015. L’article est tiré de  notre dossier « Illusion démocratique »

A lire et diffuser sans modération !

 

Résistance 71

 

19 Mai 2014

 

Demandons-nous au préalable qu’est-ce que la république dans laquelle nous vivons ? Une entité politique appelée “démocratie représentative”, qui comme son nom l’indique, fonctionne sur un système de “représentation” du peuple par, selon le dogme républicain aristocratique issus de la philosophie platonicienne, une “élite éclairée”, menant le peuple sur le chemin de la vérité et de la lumière. Ce dogme présuppose et postule au préalable que les “citoyens”, les gens constituant une “nation”, sont par essence ignares, incapables, non éduqués, infantiles et irresponsables et qu’ils ne peuvent par conséquent pas être responsables des affaires de la société organisée en État et se doivent de se laisser piloter par “ceux qui savent”, par les “éclairés” qu’ils délègueront à la majorité des voix, parmi une caste d’aristocrates auto-proclamée (ce qui ne veut pas dire “nobles” éthymologiquement, mot qui provient du grec ancien: aristoi qui veut dire les meilleurs et kratos qui veut dire pouvoir…”le pouvoir des meilleurs” donc…).

Pour ce faire, de grands rites sont mis en place ayant pour noms “campagnes électorales” et “élections” afin que la masse soi-disant inculte choisisse ses “représentants”, ceux qui vont mener leurs affaires pour eux. Parce que c’est cela la représentation… C’est une délégation de son autorité, de sa souveraineté politique citoyenne à une personne ou un groupe de personnes, issus de partis politiques dûment estampillés “certifié conforme oligarchique”. Suite à un rite quasi-religieux revenant à intervalle de préférence le plus régulier possible, l’élection, la masse de citoyens “incultes et inaptes” délègue son pouvoir, sa souveraineté d’agir à un groupe de personnes qui n’ont absolument plus les mêmes intérêts que ses électeurs. L’électeur devenu votard (ou veau… tard pour certains) a alors abandonné son pouvoir souverain de gouverner pour et par lui-même. Il a délégué sa souveraineté à autrui en pensant, ou plutôt en ayant été préalablement convaincu, que cet autrui œuvrera pour ses intérêts et que tout ira pour le mieux, le pouvoir délégué étant en de bonnes mains. Turlututu… chapeau pointu… Les responsables aristocrates/oligarques ont expliqué et convaincu les votards que voter est un acte responsable. Qu’abdiquer sa souveraineté, sans aucun moyen de contrôle ultérieur, est non seulement une bonne chose mais un devoir ! Prendre plus les gens pour des cons que cela est probablement impossible !

De fait, le rite religieux électoral est la mise en scène de l’abdication de la souveraineté politique de millions de gens, qui le font comme un seul homme (ou femme) à titre de devoir. Y en a t’il encore pour douter que la propagande ne marche pas ?? Pour les politiques, rats dans un fromage riche et crémeux à souhait, faire voter c’est donner aux citoyens trois illusions:

  • L’illusion du choix
  • L’illusion de l’action
  • L’illusion de la responsabilité politique et civique

 

Pour que la recette fonctionne mieux, répétez cette démarche à intervalles réguliers de façon à ce que les votards, dépossédés, mais heureux de l’être, continuent de se soumettre aux diktats d’autrui sans aucun recours, mais en leur expliquant bien que gràce à eux, la “démocratie” est solide et fonctionne.

Voter ce n’est de facto pas agir mais s’engager à ne pas/plus agir, s’engager à ne plus participer à aucun débat politique efficace et concret, abdiquer sa capacité à véritablement influer sur le développement de la société et ne rester confiné qu’à l’illusion des discussions du café du commerce du coin. Voter c’est se déresponsabiliser. Voter c’est abdiquer sa souveraineté, réfléchissez-y ! Techniquement, le votard n’est souverain qu’un très court moment: celui où il met le nom du clown dans l’enveloppe et surtout, au moment où il lâche son papelard inutile dans l’urne, boîte à suggestions des esclaves. Au moment où le votard a lâché son bulletin, il a perdu toute souveraineté avec le “a voté” qui entérine sa démission et sa complicité ultime de la dictature de la majorité. Il est “souverain” une seconde et demie environ, tous les 4, 5 ou 7 ans !

Impressionnant non ??

Ce que l’on nous fait appeler “démocratie” est un système tout aussi totalitaire que le fascisme brun ou son pendant le fascisme rouge, revers de la même médaille aristo-oligarchique. Car, en y réfléchissant bien, il n’y a qu’une question de degré dans la dictature. Il suffit de voir où nos sociétés étatiques occidentales se dirigent depuis quelques décennies… Tout droit vers une fusion des états et des entreprises transnationales, ce qu’est le Nouvel Ordre Mondial et bizarrement, ce qui correspondait à la définition même du fascisme donnée par Mussolini soi-même.

Le vote est un pacte de soumission, répété à intervalles réguliers de façon à ce que les “citoyens”, rétrogradés au rang de spectateurs ayant abdiqués leur droit de réflexion et d’action politiques, valident vote après vote, grand-messe après grand-messe, leur soumission à la caste des aristo-oligarques. “droite ou gauche”, “gauche ou droite”, peu importe le résultat, ce qui compte vraiment, c’est l’acte de soumission et le paiement du tribut inhérent pour le concrétiser. Ainsi le citoyen, d’acteur de la société est devenu un passif votard et payeur/contribuable. Chaque grande messe électorale entérine plus avant sa soumission aux élus et à la classe politique et économique dominante, le tout en le persuadant à grand renfort médiatico-propagandiste que les “citoyen” par leur acte de soumission, participent à la démocratie.

Votards, nous vous mettons au défi de retourner ou de démonter ces arguments de manière rationnelle et argumentée!

Ceci vaut pour toute “démocratie représentative” à l’échelle d’une nation. On nous demande maintenant de voter encore et toujours pour une entité politico-économique européenne.

Qu’en est-il exactement ? Qu’est-ce que l’Union Européenne ?

Une association de grosses entreprises transnationales, un cartel qui a déguisé son monople économique avec l’aide d’un autre cartel, banquier celui-là, représenté par la Banque Centrale Européenne (BCE) qui ne réfère qu’à la City de Londres, à Wall Street et à son QG de la Banque des Règlements Internationaux de Bâle (BRI), le GQG des banques centrales mondiales. Qui pilote l’UE ? La Commission Européenne, dont les “commissaires” (politiques) non élus, inféodés au cartel banquier privé de la BCE, écrivent les législations et amendements que leurs maîtres payeurs leur soufflent dans l’oreille, commission par commission. De là, toute “législation” européenne passe au parlement pour ratification, parfois des “amendements” cosmétiques sont ajoutés pour arrondir certains angles, tout cela étant décidé à huis clos, sans aucune consultation. La différence ? Dans les nations dites “parlementaires”, projet de lois, amendements et règlementations sont au moins écrites et débattues par les groupes et comités parlementaires élus, influencés bien sûr par toute sorte de lobbying possible et imaginable, mais néanmoins le processus se passe au sein des assemblées nationales. Pour l’UE, des commissaires politiques nommés, forcément sous influence, écrivent la législation qui est ensuite présentée devant un par-terre de bénis oui-oui qui entérinent ce qui doit l’être.

Question, pourquoi voter pour élire des représentants fantoches dont la seule fonction est d’acquiescer afin de donner une illusion supplémentaire de “démocratie” ?

La grand-messe électorale européenne du week-end prochain est non seulement un leurre futile à boycotter, mais la meilleure des raisons d’un boycott est, en plus de ce que nous avons déjà mentionné, le fait que le gros enjeu de cette mascarade est de continuer la délégation de pouvoir aux oligarques de façon à ce que le jeu d’enfumage continue comme à l’accoutumée. En ce moment même, la Commission Européenne et Washington sont en pourparlers directs, à huis-clos concernant l’infàme traité trans-atlantique de commerce et de partenariat (http://www.alternativelibertaire.org/?Partenariat-transatlantique-ne ). Traité qui ne vise qu’à une harmonisation des monopoles entrepreneuriaux et banquiers aux dépends des peuples. Un traité qui mettra l’UE et ses gouvernements membres pieds et poings liés devant les grandes entreprises transnationales, Monsanto et ses OGM entre autres, qui pourront attaquer directement devant les tribunaux (que ces entreprises contrôlent) les gouvernements refusant les directives imposées par le traité trans-atlantique. Personne n’est consulté pour ce traité, pas plus que pour son pendant côté océan Pacifique (TPP). Tout se passe dans la nébuleuse des commissions américaines et européennes, totalement infiltrées et inféodées au gros business transnational.

Si voter c’est abdiquer sa souveraineté, voter pour l’Europe c’est se faire le complice à part entière du capitalisme monopoliste qui ne vise qu’à une chose: Finaliser sa grille de contrôle des nations et des peuples à l’échelle planétaire. Quand on parle du Nouvel Ordre Mondial, c’est de cela qu’il s’agit: l’avènement d’un fascisme supranational par le vérouillage d’une grille de contrôle planétaire qui réduira les peuples à l’état de servage perpétuel. C’est le stade ultime du colonialisme ! L’UE et la CEE avant elle, est le “bébé” du groupe Bilderberg et de ses intérêts spéciaux.

Boycottons cette vaste fumisterie et reprenons le pouvoir !

Pour une société égalitaire du, par et pour les peuples émancipés de la société pyramidale coercitive et inégalitaire par essence.

C’est unis que nous établirons la société égalitaire, anti-autoritaire et libre !

Il suffit de dire NON ! et cela passe par le boycott du vote et des institutions !

 

Aux votards de demain: Illusion démocratique: Petit dialogue nécessaire en période électorale (reprise)…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , on 24 mai 2014 by Résistance 71

Elire au lieu d’agir ou agir au lieu d’élire ?

Initialement publié le 3 Mai 2012

~ Résistance 71 ~

 

https://resistance71.wordpress.com/2012/05/03/illusion-democratique-petit-dialogue-necessaire-en-periode-electorale/

 

Autres articles sur l’Illusion Démocratique et la futilité du vote:

 

https://resistance71.wordpress.com/illusion-democratique/